Il y a 45 ans aujourd’hui, alors que Tsahal lançait sa mission audacieuse pour sauver les otages en Ouganda, le Rabbi a fait quelque chose d’inhabituel en 770.
Le raid d’Entebbe, aussi connu sous le nom opération Entebbe ou opération Thunderbolt, s’est déroulé dans la nuit du 3 au 4 juillet 1976, à l’aéroport international d’Entebbe en Ouganda. Organisé par Israël, il a pour objectif de libérer les otages d’un avion détourné par un commando composé de membres du Front populaire de libération de la Palestine et des Cellules révolutionnaires. Réussissant à libérer la quasi-intégralité des otages encore retenus, le raid est considéré comme une réussite militaire israélienne.
Le raid a été appelé opération Tonnerre par les forces militaires israéliennes l’ayant planifiée et exécutée, et a été nommé rétroactivement opération Jonathan après la mort du colonel Jonathan Netanyahou, le seul soldat israélien tué au cours du raid, frère aîné du futur Premier ministre israélien Benyamin Netanyahou.
Salué par la population israélienne, il fut en revanche ressenti comme un camouflet par l’Ouganda et son maréchal-président, Idi Amin Dada, qui voulait profiter de la prise d’otages pour regagner la confiance de la communauté internationale.
Pendant toute la durée de la crise des otages, les juifs du monde entier se sont réunis pour implorer la miséricorde du Ciel pour le sort des personnes capturées.
L’un des plus grands rassemblements a eu lieu le jeudi, 3 Tamouz, à l’appel du « Badatz – Eida Hachareidis » de Jérusalem, où des dizaines de milliers d’écoliers juifs se sont réunis pour prier pour le retour sain et sauf des otages. Ce qui était le plus surprenant, c’est que lors de ce rassemblement qui n’était pas organisé par Loubavitch, les enfants ont récité les douze Psoukim qui avaient été récemment choisies par le Rabbi. Voici la raisons :
Le Rav Avraham Barou’h Pevzner, l’un des Chlou’him envoyés par le Rabbi en Eretz Israël et aujourd’hui le Rav de Anash à Paris, raconte : « Les Chlou’him envoyés en Israël à l’époque entretenaient des relations très chaleureuses avec de nombreux Rabbanim, et en particulier avec le Rav Its’hak Weiss, le Av Beith Din de la Eida Haharidi. « Le matin du grand rassemblement, nous nous sommes rendus chez lui et l’avons rencontré dans son bureau, lui demandant d’autoriser la récitation des douze Psoukim lors du rassemblement. Nous avons expliqué que puisque le but du rassemblement était d’apporter le salut à nos ennemis, et que les enfants juifs ont le pouvoir spécial de le faire, il serait approprié de réciter ces Psoukim spécifiques sélectionnées par le Rabbi qui ont certainement un pouvoir extraordinaire à cet égard.
« Le Rav Its’hak Weiss a lu la liste de Psoukim que nous lui avions remise. Après avoir réfléchi, il nous a demandé : Ces Psoukim ont-ils des pouvoirs spéciaux pour apporter le salut ou le Rabbi les a-t-il choisies en raison de leur valeur éducative, mais pour le salut, n’importe quelle Passouk récité par les enfants pourrait faire l’affaire ? « Nous lui avons répondu que même si le Rabbi ne nous avait pas dit que ces douze Psoukim étaient particulièrement efficaces pour le salut, nous pouvions être certains qu’ils l’étaient, maintenant que le Rabbi les avait choisis. « A notre grande joie, peu de temps après, le Rav nous a informés que les douze Psoukim seraient récités avec toute la foule ! ».
Le Chabbat après-midi, les avions israéliens ont décollé pour une mission de sauvetage à Entebbe, atterrissant à la fin de Motzaei Shabbat et ramenant les otages sains et saufs lors d’une opération spectaculaire.
La nouvelle de cette histoire miraculeuse se répandit rapidement dans le monde entier. Lorsque les ‘hassidim de 770 ont entendu parler de ce qui s’était passé, certains se sont soudainement souvenus d’une chose étrange dont ils avaient été témoins ce Chabbat après-midi : au milieu de la prière de Minha, le Rabbi a soudainement pris un Tehillim et a commencé à réciter quelques Psaumes.
Des miracles à notre époque
Le Chabbat suivant, 12 Tamouz, le Rabbi a longuement parlé des miracles que la nation juive venait de vivre. Vers la fin, le Rabbi a dit qu’il s’agissait en effet d’un grand miracle, dont il parlerait plus longuement dimanche (lors du grand Farbrengen du 13 Tamouz). Le Rabbi a dit que nous devons essayer d’en tirer une leçon et de penser : pourquoi Hachem a-t-il fait une telle chose ? Pourquoi mettre l’ensemble du monde juif dans un état de peur pendant si longtemps ? Le Rabbi a conclu : Nous devons donc renforcer la prise de conscience de la Mitsva des Tefillines et de la Mézouza, dont il est dit qu’ils sont particulièrement protecteurs.
Vérifier leurs Mezouzot
Le lendemain, lors du Farbrengen du 13 Tamouz, le Rabbi a consacré la quasi-totalité des Si’hot à ce sujet, mentionnant notamment le pouvoir de la prière des enfants juifs et les encourageant à nouveau à apprendre par cœur les douze Psoukim récemment sélectionnées.
De plus, le Rabbi a demandé que les Mézouzot des maisons de tous les otages soient vérifiées pour s’assurer de leur cacherout et voir si elles doivent être réparées.
Il est à noter qu’au cours des jours suivants, les Chlouhim d’Israël ont vérifié les Mézouzot des maisons des otages et ont constaté que chacune d’entre elles présentait des lacunes. Après avoir reçu ce rapport, le Rabbi l’a mentionné lors de futurs Farbrenguen.
Récit de l’opération Antebbé
Le 27 juin 1976, le vol Air France 139, un Airbus A300-B4 immatriculé F-BVGG, venant de Tel Aviv en Israël et transportant 246 passagers (dont une majorité d’Israéliens) et douze membres d’équipage, décolle d’Athènes en Grèce, pour rejoindre Paris en France. Peu après le décollage à 12 h 30, le vol est détourné par quatre terroristes. Les preneurs d’otages, deux membres du Front populaire de Libération de la Palestine (Fayez Abdul-Rahim Jaber et Jayel Naji al-Arjam) et deux Allemands (Wilfried Böse, bras droit du terroriste Carlos, et Brigitte Kuhlmann) membres des Revolutionäre Zellen prennent le commandement de l’avion et le détournent vers Benghazi en Libye. Il reste là sept heures pour se réapprovisionner en carburant ; une femme otage (Patricia Heiman, ressortissante britannico-israélienne) fait croire à l’imminence d’une fausse couche, et est relâchée. L’avion redécolle à 21 h 40 pour se poser à 3 h 15 à l’aéroport international d’Entebbe en Ouganda ; Idi Amin Dada, maréchal-président et dictateur du pays, n’est averti (de manière indirecte par l’ambassadeur de France Pierre-Henri Renard) de l’arrivée de l’appareil qu’au moment où l’avion survole déjà Entebbe. L’Ouganda accepte alors de recevoir l’appareil, officiellement «pour raisons humanitaires».
À Entebbe, les quatre preneurs d’otages sont rejoints par trois autres pirates. Le commando semble dirigé par les membres du FPLP, les deux Allemands n’étant apparemment là que pour détourner l’avion, et servir ensuite de surveillants. Amin Dada, venu en personne observer la situation, dit s’être vu refuser l’accès à l’avion par le commando, mais il convainc les preneurs d’otages de quitter leur appareil pour s’installer dans un local de l’aéroport. Les otages sont alors évacués dans le hall de transit du vieux terminal de l’aéroport international d’Entebbe, escortés par les militaires ougandais. Amin Dada leur fournit vivres, eau et matériel pour s’installer correctement dans le terminal ; il affirme plus tard dans la journée à l’ambassadeur de France qu’il a tenté de neutraliser les terroristes, mais que sa manœuvre a échoué. Le commando fait alors son premier communiqué officiel : il demande la libération de 53 prisonniers pro-palestiniens, détenus pour la plupart dans les prisons israéliennes, mais également au Kenya, en France, en Suisse et en RFA.
Le 30 juin, 147 passagers, notamment des femmes, enfants et personnes âgées, sont libérés par leurs ravisseurs, qui fixent un ultimatum : leurs demandes doivent être satisfaites avant le 1er juillet, à 15 heures, sinon ils feront sauter l’avion et les otages restants. Michel Bacos, commandant de bord et l’équipage d’Air France refusent d’être libérés en même temps car leur devoir est de rester avec les passagers. Le délai semblant trop court, l’ultimatum est repoussé dès le lendemain au 4 juillet, à 11 heures ; une seconde vague de passagers est libérée : seul reste l’équipage, qui a refusé de partir sans tous les passagers, les porteurs de passeports israéliens, mais également les passagers juifs ou ayant une double nationalité, soit en tout 106 personnes.
Négociations
Le gouvernement d’Israël, refusant d’abord de discuter avec les ravisseurs, semble alors se laisser fléchir suite aux deux vagues de libération et aux pressions exercées par les familles des passagers toujours retenus en otage. Le commando nomme comme porte-parole l’ambassadeur de Somalie en Ouganda, Hasni Abdullah Farah, « doyen des ambassadeurs arabes ». Les gouvernements concernés par les revendications terroristes sont représentés par l’ambassadeur de France. Idi Amin Dada joue le rôle de médiateur lors de cette table ronde ; ses bonnes relations avec l’Organisation de libération de la Palestine et ses membres qui s’entraînent en Ouganda permet un dialogue non hostile avec les membres du FPLP. Cet avantage ne compense toutefois pas la méfiance d’Israël envers Amin Dada, qui, après avoir tissé des liens diplomatiques avec l’État hébreu à son arrivée au pouvoir, les a reniés un an après. Le 1er juillet, Israël propose une première libération de prisonniers pro-palestiniens, tout en souhaitant mettre les négociations sous l’égide des Nations unies. Les deux propositions sont refusées par le commando. Le 3 juillet, Israël affirme avoir commencé la libération des prisonniers, mais souhaite que l’aéroport où l’échange se ferait soit en territoire français ; la proposition est à nouveau refusée.
Tout en participant à ces négociations, l’État israélien prépare en secret une opération militaire destinée à libérer les otages restants. De leur côté, les terroristes peinent à se mettre d’accord sur ce que leur négociateur doit demander, ce que ce dernier ne manque pas d’évoquer lors des échanges avec les autres parties. Les ravisseurs sont toutefois résolus à tout, les Allemands du commando allant jusqu’à menacer de faire exploser l’aéroport. À l’issue de l’opération, il apparaît que les preneurs d’otages n’ont en fait pas d’explosifs, contrairement à leurs déclarations.
Opération de sauvetage
Plusieurs otages libérés ont pu être interrogés par le Mossad après avoir été récupérés ; le terminal désaffecté dans lequel sont établis les preneurs d’otages et leurs victimes est l’œuvre d’une société israélienne, qui fournit les plans à Tsahal. Durant la préparation de l’opération, une réplique partielle de l’aéroport est construite. Grâce à ces informations, l’État hébreu tente une opération qui implique un voyage de 4 000 kilomètres pour ses forces.
L’opération est déclenchée le 3 juillet, en fin d’après-midi. Quatre avions de transport Hercules C-130 de l’armée de l’air israélienne décollent de la base de Charm el-Cheikh, alors sous contrôle israélien. À bord du premier se trouvent 35 commandos du sayeret Matkal, dont leur chef, Yonatan Netanyahou, qui doivent prendre d’assaut le vieux terminal et libérer les otages. De plus, les appareils transportent aussi une centaine de parachutistes et de fantassins de la brigade Golani et quatre blindés légers BTR-40qui doivent bloquer toute réaction de l’armée ougandaise et assurer la sécurité des Hercules au sol. Volant à basse altitude, les appareils suivent la trajectoire d’un vol d’El-Al reliant Nairobi et Tel Aviv ; arrivés au lac Victoria, l’appareil transportant le commando prend de l’avance pour se poser plus discrètement.
L’appareil de Yonatan Netanyahou atterrit à 23 heures à l’aéroport d’Entebbe, sans être repéré par le contrôle aérien ougandais. Il débarque trois véhicules : deux Land Rover et une Mercedes noire, ressemblant aux voitures utilisées habituellement par les officiels ougandais.
Sur la route d’accès au terminal, deux soldats ougandais tentent d’arrêter ce convoi et les premiers coups de feu sont tirés. Les Israéliens continuent jusqu’au pied de la tour de contrôle adjacente au terminal, où ils débarquent de leurs véhicules et donnent l’assaut au terminal. C’est dans les derniers mètres avant d’entrer dans le bâtiment que le commandant de l’unité, Yonatan Netanyahou, est abattu, apparemment par un preneur d’otages tirant de l’intérieur du terminal. Les autres commandos investissent le terminal par plusieurs entrées. Dans le hall principal où se trouvent les otages, ils abattent les quatre preneurs d’otages présents et, par erreur, deux otages qui se lèvent malgré les ordres de rester couchés donnés au porte-voix. Une troisième passagère a aussi été tuée, mais par des armes des terroristes. Trois minutes après l’atterrissage du premier avion, les otages du terminal sont en sécurité. De son côté, un autre groupe de commandos attaque la salle d’attente VIP et y abat les trois derniers preneurs d’otages qui s’y trouvaient. Lors de l’investissement du reste du terminal, plusieurs soldats ougandais sont également tués par les Israéliens.
Les C-130 suivants se posent à leur tour, débarquant troupes et véhicules qui bloquent la route venant de la ville d’Entebbe et la base aérienne adjacente, où huit MiG stationnés seront mis hors de combat. Les alentours du terminal sont alors sécurisés, à l’exception de tirs sporadiques provenant de la tour de contrôle. De son côté, le nouveau terminal est sécurisé par des parachutistes — l’un d’entre eux est blessé au cou par un policier ougandais et restera paralysé. Les otages sont rassemblés et embarqués dans les avions, sans avoir pu être exactement comptés. Les trois premiers C-130 se rassemblent devant le nouveau terminal pour être ravitaillés en carburant, mais peu après ils sont prévenus que le Kenya les a autorisé à se ravitailler à Nairobi. Les forces israéliennes embarquent dans les avions, dont le dernier décolle à minuit quarante, une heure quarante après le premier atterrissage.
Au total, sept preneurs d’otages sont tués, ainsi que trois otages et un officier israélien (Jonathan Netanyahou). Quant à l’armée ougandaise, elle perd apparemment vingt hommes, même si Amin Dada en évoque « une centaine » ; de plus, plusieurs appareils de combat ougandais sont mis hors de combat. Le ministre ougandais des Affaires étrangères parle de onze avions détruits, tandis que l’ambassadeur de France précise « trois ou quatre MiG-17 sérieusement endommagés, mais non détruits ». Les appareils cités sont quatre MiG-17 et apparemment sept MiG-21(ce qui aurait représenté un quart de l’aviation ougandaise).
Une des otages n’est plus présente dans l’aéroport lors du raid, et ne peut donc être secourue. Il s’agit de Dora Bloch (en), Anglo-Israélienne de 74 ans, à l’hôpital de Kampala, admise à la suite d’un grave malaise. Elle est tuée au lendemain du raid par des soldats ougandais, sans qu’aucune nouvelle d’elle ne puisse filtrer hors de l’Ouganda avant la chute d’Amin Dada. En avril 1987, Henry Kyemba, alors ministre ougandais de la Santé, a raconté à la commission ougandaise des droits de l’homme que Dora Bloch a été traînée de force hors de l’hôpital et assassinée par deux officiers de l’armée suivant les ordres d’Amin Dada. Ses restes furent retrouvés en 1979 à la suite de la guerre entre la Tanzanie et l’Ouganda qui précipita la chute du dictateur.
L’enseignement de Pessa’h Chéni : si un Juif est véritablement engagé à suivre les enseignements de la Torah, D.ieu fournira les moyens et les opportunités pour qu’il puisse réaliser cette aspiration.
Il y eut des hommes qui, se trouvant impurs à cause d’un mort, ne pouvaient pas faire la Pâque ce jour-là. Ils se présentèrent devant Moïse et Aaron, ce jour-là.
Ces hommes dirent à Moïse: «Nous sommes impurs à cause d’un mort; pourquoi serions-nous privés d’offrir l’offrande de l’Éternel au temps fixé parmi les enfants d’Israël?»
Moïse leur répondit: «Attendez, et je vais entendre ce que l’Éternel ordonne à votre sujet.»
L’Éternel parla à Moïse, et dit:
«Parle aux enfants d’Israël, et dis: Lorsque vous ou l’un de vos descendants sera impur à cause d’un mort, ou sera en voyage au loin, il fera la Pâque de l’Éternel.
Ils la feront le quatorzième jour du second mois, sur le soir; ils la mangeront avec des pains sans levain et des herbes amères.»
D.ieu a établi l’ordre du monde de telle manière qu’au sein d’un peuple de plusieurs millions de personnes, il ne peut arriver de temps en temps qu’une personne ne meure pas, D.ieu nous en préserve, avant d’atteindre l’âge de cent vingt ans, comme D.ieu l’a témoigné. Surtout lorsqu’il s’agit d’un grand peuple, béni par D.ieu qui « ne sera pas compté en raison de sa multitude », et chaque jour de nouveaux enfants d’Israël naissent – il est également impossible qu’il n’y ait pas de cas de décès d’un Juif, D.ieu nous en préserve, pendant les jours de préparation à la fête de Pessa’h.
Il s’avère que D.ieu a fait ici une chose et son contraire : D.ieu a ordonné que le 14 Nissan, chaque Juif doit offrir lui-même le sacrifice pascal, et pour cela, il doit être pur ce jour-là. Et en même temps, D.ieu a établi l’ordre du monde de telle manière qu’à chaque 14 Nissan, il y aura nécessairement au moins quelques Israélites qui, selon la Torah, se rendront impurs à ce moment-là.
Et c’était l’argument de ces Juifs : D.ieu a établi l’ordre du monde de telle manière qu’à ce moment, il doit y avoir des Juifs qui se sont rendu « impurs au contact d’un mort ». Et si c’est le cas, quelle est notre faute si nous ne pouvons pas offrir le sacrifice que D.ieu nous a ordonné ?!
D.ieu a reconnu la justesse de leur argument et leur a répondu qu’il était impossible de les priver du commandement du sacrifice pascal. Et en présentant cette question, une autre mitsva et fête est ajoutée pour les enfants d’Israël – la fête de « Pessa’h Chéni », le second Pessa’h.
Cela donne une leçon profonde à chacun d’entre nous :
Beaucoup se demandent : d’un côté, D.ieu exige que les enfants d’Israël soient un peuple saint, capables de reconnaître qu’ils sont séparés et se comportent différemment de toutes les nations du monde : ils observent le Chabbat, mangent casher et accomplissent tous les commandements qui leur ont été prescrits. Et d’un autre côté, D.ieu les place dans une situation où ils doivent consacrer de nombreuses heures aux affaires les empêchant de pouvoir étudier la Torah pendant ces heures-là, qui empêchent les mères de pouvoir se consacrer à l’éducation appropriée de leurs enfants, et qui empêchent les les jeunes filles de pouvoir profiter de ces heures pour se préparer comme il se doit pour que, par la suite, elles puissent établir un véritable foyer juif, une maison construite sur les fondements de la Torah et des Mitsvots.
Et voici l’enseignement de la réponse du Saint béni soit-Il [à ces Juifs qui étaient impurs] : même si cela semble être dans un monde où l’accomplissement des commandements est lié à de grandes difficultés; en particulier en ce qui concerne un commandement qui ne se présente qu’une fois par an [l’offrande de la fête de Pessa’h], et lorsqu’ils ne pouvaient pas accomplir ce commandement ce jour-là en raison d’obstacles du monde, il semble alors perdu – vous devez savoir que si un Juif veut vraiment accomplir la Torah et les commandements, et demande « pourquoi serions-nous diminués », D.ieu lui fournira la possibilité d’accomplir tous les commandements sans diminution.
Et même si, pour cela, ils doivent faire quelque chose de nouveau qui n’existait pas auparavant [comme le Pessa’h Chéni], D.ieu le fera pour ces quelques Juifs qui se trouvent dans une situation où ils ne peuvent autrement accomplir le commandement.
Cet enseignement s’applique également à notre époque : il arrive parfois que, selon toutes les estimations, il semble impossible de se consacrer à l’éducation appropriée des enfants, de se préparer correctement à la vie familiale juive, ou d’étudier la Torah dans la mesure et de la manière requises, car tout cela semble en contradiction avec les réalités du monde. Cependant, il faut comprendre que ce n’est que l’illusion du mauvais penchant.
Il suffit simplement d’éveiller en soi une décision profonde et ferme : il est inconcevable de ne pas faire partie, à Dieu ne plaise, du peuple d’Israël dans l’accomplissement des Mitsvot de Dieu. Lorsque l’on prend cette décision sincère, on constatera que Dieu offre des possibilités particulières pour réaliser ces objectifs.
Cet enseignement nous encourage à ne pas nous laisser décourager par les défis et les obstacles qui se dressent sur notre chemin. Il faut se rappeler que, même si cela semble impossible, si nous faisons preuve de détermination et de foi, Dieu nous aidera à trouver les moyens d’accomplir nos responsabilités spirituelles et d’élever notre famille dans la tradition juive.
Après l’épisode tragique des Explorateurs qui semèrent le doute sur la conquête de la Terre Promise, Moché prononce une prière bouleversante qui dévoile les secrets les plus profonds de l’identité juive. Cette intercession, loin d’être une simple demande de pardon, constitue un véritable manifeste sur la nature exceptionnelle du peuple d’Israël et son rôle unique dans la Création. À travers l’analyse du Zohar et des enseignements hassidiques, découvrons comment cette prière révèle trois qualités fondamentales qui distinguent éternellement Israël de toutes les autres nations.
Source : Likouté Si’hot volume 18, quatrième Si’ha sur Chela’h
L’intercession de Moché après la faute des Explorateurs
Suite à la faute dramatique des Explorateurs qui avaient discrédité la Terre Promise, Moché se dresse pour intercéder en faveur du peuple d’Israël. Sa prière révèle des dimensions profondes sur la nature unique du peuple juif et sa relation avec le divin.
Dans sa supplique, Moché déclare : « Et maintenant, de grâce, que la puissance d’Ado-naï grandisse, comme Tu l’as déclaré en disant : ‘L’Éternel est plein de longanimité et de bienveillance ; Il supporte la faute et la rébellion, sans toutefois les absoudre, faisant justice de la faute des pères sur les enfants jusqu’à la troisième et à la quatrième génération’. Oh ! Pardonne la faute de ce peuple selon Ta clémence infinie ! »
Cette prière soulève une question fondamentale : pourquoi Moché invoque-t-il spécifiquement le Nom divin « Ado-naï », généralement associé à la rigueur divine, plutôt que le tétragramme sacré lié à la miséricorde ?
Trois qualités exceptionnelles du peuple d’Israël
Le Zohar révèle que le peuple d’Israël possède trois qualités uniques qui le distinguent fondamentalement des autres nations :
1 – D.ieu les désire comme but ultime de la Création
« D.ieu les désire » – Contrairement à tous les autres éléments de la Création qui ne sont que des moyens vers un but supérieur, le peuple d’Israël constitue la finalité même de l’existence. Chaque aspect de la Création n’existe que pour permettre l’accomplissement de la mission d’Israël dans ce monde. Cette dimension révèle pourquoi le monde entier n’a été créé que pour Israël, car Israël assure le maintien du monde et de tous les autres peuples.
2 – Il est surnommé après eux – la divinité perceptible
« Il est surnommé comme eux » – De même qu’un surnom révèle l’essence d’une personne, le peuple d’Israël constitue le « surnom » de D.ieu dans ce monde. Chaque Juif porte en lui une étincelle divine authentique, décrite comme « une part divine d’En-Haut, littéralement ». Cette divinité demeure présente même lorsque le Juif vaque à ses occupations quotidiennes, bien qu’elle puisse nécessiter un regard expert pour être discernée.
3 – Il se glorifie par eux – la révélation divine par excellence
« Il se glorifie par eux » – La Présence divine qui se révèle ici-bas, auprès du peuple d’Israël, possède un avantage unique par rapport à sa manifestation dans les mondes supérieurs. Par leur service spirituel dans ce monde matériel, les enfants d’Israël révèlent la grandeur véritable de D.ieu d’une manière impossible ailleurs. Comme l’enseignent nos Sages : « D.ieu déclare à Israël : ‘Je ferai de vous une unité distincte dans le monde' ».
L’erreur fondamentale des Explorateurs
Pour comprendre la réponse de Moché, il faut saisir l’erreur commise par les Explorateurs. Ils avaient développé une conception erronée selon laquelle D.ieu serait limité par les lois naturelles qu’Il a Lui-même établies.
Les Explorateurs pensaient que la conduite miraculeuse divine n’était possible qu’au désert, dans un environnement isolé du monde. En entrant dans un pays habité où la vie quotidienne est régie par les lois naturelles, ils estimaient qu’il deviendrait impossible de maintenir une conduite surnaturelle. Face aux habitants naturellement plus forts que les enfants d’Israël, ils concluaient qu’on ne pouvait plus compter sur le miracle.
Leur déclaration révélatrice « Car il est plus fort que nous » fut interprétée par nos Sages comme « plus fort que Lui » – sous-entendant que même D.ieu ne pourrait pas faire sortir Ses « ustensiles » de cette terre fortifiée.
La réponse de Moché : la toute-puissance divine transcende la nature
Moché répond à cette erreur en invoquant précisément le Nom « Ado-naï » qui, tout en exprimant la conduite naturelle du monde, rappelle surtout que D.ieu demeure le Maître absolu (Adone) de toutes Ses créatures.
Même si D.ieu a établi les lois naturelles, Il conserve éternellement la capacité de les transcender. Plus encore, concernant le peuple d’Israël qui constitue « une part divine d’En-Haut » et « la partie de D.ieu », ce peuple n’est nullement limité par la conduite naturelle et peut dépasser ces limites lorsque nécessaire.
La requête « que la puissance d’Ado-naï grandisse » exprime cette vérité : D.ieu reste tout-puissant et propriétaire absolu de toute la Création, capable de modifier à volonté les règles qu’Il a établies.
Un lien qualitatif qui transcende les circonstances
Cette supériorité qualitative du peuple d’Israël ne se limite pas au domaine de la sainteté explicite. Même lorsque les enfants d’Israël se trouvent dans l’occultation spirituelle de ce monde, même quand leur avantage sur les autres peuples n’apparaît plus clairement, cette vérité fondamentale subsiste : le peuple d’Israël demeure méritant et absolument différent des autres nations.
Cette différence essentielle persiste indépendamment des circonstances extérieures. Elle constitue une réalité ontologique qui ne peut être altérée par les aléas de l’histoire ou les apparences trompeuses du moment présent.
L’intégration divine dans la réalité mondaine
Les trois qualités mentionnées par le Zohar correspondent aux trois traits de caractère fondamentaux – bonté, rigueur et harmonie – qui résident symboliquement dans le cœur, centre vital de l’être humain. Cette analogie souligne comment le peuple d’Israël, en tant que « cœur du monde entier », intègre parfaitement ces dimensions divines dans la réalité concrète de ce monde.
Contrairement à une spiritualité qui fuirait le monde matériel, la vocation d’Israël consiste précisément à révéler la divinité au sein même de la nature et de l’existence quotidienne. Chaque Juif, par sa simple existence et ses actions dans ce monde, fait descendre la Présence divine ici-bas et contribue à la sanctification de la réalité matérielle.
Cette mission unique explique pourquoi Moché pouvait affirmer avec certitude que rien n’est impossible pour D.ieu, même dans le cadre apparent des limitations naturelles. Le peuple d’Israël porte en lui la capacité de transcender ces limitations par sa connexion essentielle avec l’infini divin.
L’enjeu est considérable : mal comprise, notre volonté d’aider peut se transformer en source de blessures durables. Bien comprise, elle devient un instrument de transformation mutuelle, où celui qui guide et celui qui reçoit la guidance grandissent ensemble dans la lumière divine. Ce texte s’adresse à tous ceux qui, dans leur vie familiale, professionnelle ou communautaire, sont amenés à jouer un rôle de mentor, de conseiller ou simplement de frère bienveillant. Il nous met en garde contre les pièges de l’ego spirituel tout en nous montrant la voie d’une influence positive et durable.
Cet enseignement nous rappelle que la véritable élévation spirituelle commence par l’humilité et l’introspection. Avant de prétendre éclairer autrui, assurons-nous que notre propre flamme brille d’une lumière pure, alimentée par l’amour authentique et le respect de chaque âme.
La double nature de notre mission spirituelle
Dans la Hassidout, l’âme divine est comparée à une flamme : « La lampe de l’Éternel, c’est l’âme de l’homme ». Cette métaphore nous enseigne une vérité fondamentale sur notre travail spirituel. Comme un flambeau que l’on lance vers le ciel, nous devons d’abord élever nos préoccupations spirituelles au-dessus du matériel, puis ramener cette lumière pour illuminer notre quotidien.
La Torah nous a donné ses enseignements non seulement pour nourrir notre âme divine, mais aussi pour transformer notre âme animale – cette part de nous qui résiste naturellement à la spiritualité. Le Talmud nous enseigne que cette âme peut devenir soit « une aide », soit « un obstacle ». Notre défi consiste à transformer même l’obstacle en aide précieuse.
La sagesse hassidique a placé cette mission sous le signe de la compassion : nos paroles de guidance doivent s’exprimer dans un cadre de communion fraternelle, avec des mots d’apaisement et de réconciliation.
Quand la médecine devient poison
Lorsque nous cherchons à influencer positivement notre prochain par nos paroles de guidance, nous devons procéder avec une extrême prudence. Certes, parfois les mots d’encouragement spirituel nécessitent d’aborder des sujets délicats – comme le lavage d’une tache tenace qui requiert de l’eau chaude plutôt que froide.
Mais attention : verser un seau d’eau bouillante sur quelqu’un sans discernement, sans vérifier s’il s’agit bien de l’endroit souillé ou d’une zone saine, et surtout sans que notre motivation soit pure, transforme notre intention d’éclairer en destruction. Au lieu de lancer un « flambeau de lumière » qui grandit la lumière, nous éteignons cette flamme ou provoquons des brûlures – non pas sur une chair malade, mais sur une chair parfaitement saine.
Car lorsque notre intention première est simplement de « vider notre seau d’eau chaude », nous blessons généralement les bien-portants qui n’en ont nul besoin. Et même si nous atteignons ceux qui en auraient besoin, au lieu de les nettoyer, nous les brûlons…
Ainsi, non seulement nous nous nuisons à nous-mêmes – faute dont seul le Ciel nous demandera compte – mais nous blessons autrui, ce dont les hommes aussi nous tiendront responsables.
Le piège de l’auto-justification
Le « malin » trouve toujours une explication à tout. Il s’invente une « découverte » : puisqu’il faut demander l’avis non pas du médecin mais du malade, et qu’il se considère lui-même comme le malade… il devient son propre expert ! Il n’a besoin de consulter personne, s’auto-proclame « juge suprême » et décide de quelle manière il lui est permis de réprimander autrui.
Cette logique tordue peut s’aggraver jusqu’à la grossièreté : ne se contentant plus de contrainte par les mots, certains ajoutent la contrainte physique – passant de la « coercition verbale » à la « coercition concrète », comme le mentionne le Talmud.
Une fois qu’ils se sont couronnés de cette mission de « réprimande » réservée aux « hommes pieux et de bonne action », qui osera leur dire quoi que ce soit ? Car celui qui s’y risquerait pourrait bien recevoir à son tour le seau d’eau bouillante…
L’amour et le respect comme fondements
Ceux qui pratiquaient authentiquement cette forme de guidance spirituelle le faisaient avec amour et affection, dans le respect le plus profond de la dignité humaine. Ils s’assuraient d’abord que leur conduite soit empreinte d’amour d’Israël et de respect pour chaque individu.
L’enseignement nous met en garde contre deux approches opposées :
La première approche défaillante : certains mesurent d’abord leur grandeur en tant qu’érudits, s’assurent qu’ils sont bien des « sages », puis calculent dans quelle mesure ils peuvent se permettre d’être « tranchants ».
La seconde approche tout aussi problématique : d’autres commencent par s’assurer de leur « tranchant »… puis vérifient après coup s’ils ont la sagesse suffisante pour justifier une telle attitude. Mais alors il est trop tard – le mal est fait !
De même, ceux qui par nature cherchent à blesser autrui commencent par infliger la blessure, puis se demandent s’ils avaient suffisamment d’amour d’Israël pour garantir la pureté de leurs intentions. S’ils découvrent que non, ils prétendent que « ce qui est fait est fait » – ils sont devenus leurs propres juges !
La distinction cruciale entre lumière et feu
Quand il s’agit de lancer des « flambeaux de lumière », nous devons nous assurer que c’est bien de la « lumière » et non du « feu ». La différence est capitale : la lumière éclaire, tandis que le feu brûle !
Même quand nous sommes certains qu’il s’agit de lumière, nous devons d’abord être des « hommes pieux et de bonne action ». Car seules ces qualités peuvent garantir qu’aucun motif personnel – honneur, ego, matérialité – ne viendra corrompre notre action. Sans cela, nous risquons de provoquer l’exact opposé de ce que nous voulions accomplir, tant pour autrui que pour nous-mêmes.
L’alternative de la sagesse : commencer par soi-même
Même après toutes ces clarifications, supposons que nous concluions qu’en théorie nous avons le droit de dire certaines choses à notre prochain. Reste encore une question : devons-nous vraiment nous efforcer et poursuivre l’opportunité d’être « un fouet pour l’alcôve » ?
S’il y a vraiment nécessité d’une telle action, pourquoi ne pas l’appliquer à soi-même ? Après tout, « l’homme est proche de lui-même » : enfermez-vous dans votre chambre, récitez la longue confession du « Al Het », même celle qui ne suit pas l’ordre alphabétique – ainsi vous ne ferez certainement aucune erreur… et personne ne vous en empêchera !
Pourquoi vous exposer au danger de blesser un Juif de plus ? D’autant que vous ne pouvez pas savoir si vous atteindrez votre cible – il se peut que l’autre vous réponde avec encore plus de force…
Il se peut que votre interlocuteur soit plus matériel que vous, qu’il se considère lui aussi comme le « juge suprême » et puisse vous faire la leçon sur tous vos défauts, tels qu’ils sont en réalité…
Alors pourquoi vous placer dans une situation incertaine, quand en travaillant sur vous-même vous avez une certitude d’efficacité, sans que personne ne vous dérange ? Et puissiez-vous réussir !
La voie authentique des flambeaux de lumière
C’est pourquoi il est dit que « les hommes pieux et de bonne action dansaient devant eux avec des flambeaux de lumière ». Parce qu’ils étaient véritablement « pieux et de bonne action », ils pouvaient être assurés que ce serait de la « lumière » et non du « feu ».
Et même en lançant le flambeau de lumière, la lumière continuait de briller, revenait vers eux, leur permettant d’éclairer par elle-même et leur environnement. Ils perpétuaient ainsi la lumière de « la Mitsva est une lampe et la Torah est lumière », et la clarté que contient la Torah dans tous leurs actes, tout au long de l’année.
Il est écrit dans le Midrash (cité par Rashi au début de la Torah) : Rabbi Yitzchak a dit que la Torah aurait dû commencer par « Ce mois sera pour vous », qui est la première mitzva donnée au peuple d’Israël. Pourquoi alors commence-t-elle par « Au commencement » ? C’est en raison du verset « La puissance de Ses œuvres, Il l’a révélée à Son peuple, en leur donnant l’héritage des nations. »
Cette introduction présente un paradoxe fondamental sur la structure de la Torah : le Midrash suggère que logiquement, la Torah aurait dû commencer par le premier commandement donné collectivement aux Juifs (à propos du mois de Nissan), mais elle commence plutôt par le récit de la Création. La raison proposée est que D.ieu voulait établir la légitimité du droit du peuple juif sur la Terre d’Israël face aux accusations des autres nations.
Puisque la Torah est une Torah de vérité, on peut dire que même selon la vérité profonde, la Torah aurait dû commencer par « Ce mois sera pour vous ». [En particulier, l’expression « il aurait dû » indique une nécessité et non simplement une suggestion.] Cela correspond à la vérité intérieure que le début essentiel de la Torah est effectivement « Ce mois sera pour vous », comme l’explique le Rabbi Rashab dans son discours « Zé », où la paracha HaHodesh est l’essence même du début de la Torah. Cependant, ce concept est dans l’intériorité (pnimiyut), tandis qu’extérieurement (‘Hitsoniout), la Torah commence par « Au commencement ».
Le Rabbi souligne ici que la question du Midrash n’est pas simplement rhétorique, mais reflète une vérité profonde : au niveau de l’essence intérieure, la Torah commence effectivement par « Ce mois sera pour vous », même si extérieurement elle commence par « Bereshit » (Au commencement).
(2) Tichri et Nissan : création et intention
Cette idée peut être comprise à la lumière des deux opinions concernant la date de la création du monde. Selon Rabbi Eliezer, le monde a été créé en Tichri (plus précisément le 25 Eloul), tandis que selon Rabbi Yehoshua, il a été créé en Nissan (le 25 Adar). Ces opinions peuvent être conciliées en comprenant que la pensée divine de créer le monde était en Nissan, mais la création effective a eu lieu en Tichri.
Le Rabbi fait référence à une controverse talmudique célèbre sur la date de la création du monde. Il propose une réconciliation profonde entre ces deux opinions apparemment contradictoires en distinguant entre la conception et l’exécution de la création.
Sachant que la pensée représente l’intériorité et l’intention (le but) de l’acte qui suivra, on comprend que la création effective en Tichri représente l’extériorité de la création, tandis que l’intériorité de la création, sa conception divine, était en Nissan. De même, concernant le début de la Torah, le fait que la Torah commence par « Au commencement » (correspondant à la création effective en Tichri) est extérieur, mais intérieurement, la Torah commence par « Ce mois sera pour vous » (correspondant à Nissan).
Cette analogie établit un parallèle profond entre la structure de la Torah et la structure de la création elle-même : dans les deux cas, il existe un aspect extérieur (Tichri/Bereshit) et un aspect intérieur (Nissan/HaHodesh).
(3) La controverse sur le temps de la rédemption future
Il existe également une controverse entre Rabbi Eliezer et Rabbi Yehoshua concernant le temps de la rédemption future. Rabbi Eliezer estime que nous serons délivrés en Tichri, tandis que Rabbi Yehoshua affirme que nous avons été délivrés en Nissan (lors de la sortie d’Égypte) et que nous serons également délivrés en Nissan (dans le futur). Comme l’explique le Tzemach Tzedek, ils suivent chacun leur position concernant le mode de rédemption.
Cette section étend le parallèle à une troisième dimension : la rédemption. Les mêmes Sages qui débattent sur la date de la création ont également des opinions divergentes concernant la date de la rédemption future, et ces opinions sont cohérentes avec leurs positions sur la création.
Rabbi Eliezer considère que « Si Israël fait techouva (se repent), ils seront délivrés ; sinon, ils ne seront pas délivrés ». C’est pourquoi il estime que la rédemption future viendra en Tichri, car c’est la période où la techouva est acceptée avec plus de force. Le fait que la rédemption de l’Égypte ait eu lieu en Nissan, tandis que la rédemption future se produira en Tichri selon lui, s’explique par la différence fondamentale dans la nature de ces deux rédemptions.
La rédemption d’Égypte s’est produite par un dévoilement venant d’en-haut, et c’est pourquoi elle a eu lieu en Nissan. En revanche, la rédemption future viendra par la techouva, le travail spirituel d’Israël, et aura donc lieu en Tichri.
La distinction entre Nissan et Tichri reflète deux modes d’interaction spirituelle : Nissan représente l’influence divine descendante (itaruta d’le’eila – éveil d’en haut), tandis que Tichri représente l’élévation humaine ascendante (itaruta d’letata – éveil d’en bas).
[Ceci explique également pourquoi la rédemption d’Égypte est comparée à une « fille » (aspect féminin, réceptif), car elle fut suivie d’exils, tandis que la rédemption future est comparée à un « fils » (aspect masculin, permanent), car elle ne sera suivie d’aucun exil. Comme le dit le Talmud : « Quand l’homme ‘sème’ d’abord (initiative divine), une fille naît ; quand la femme ‘sème’ d’abord (initiative humaine), un fils naît ».]
(4) La parabole du roi et sa fille
Le Midrash raconte : « Parabole d’un roi qui avait une fille… il ne cessa de l’aimer jusqu’à ce qu’il l’appelle ‘ma fille’, puis il ne cessa de l’aimer jusqu’à ce qu’il l’appelle ‘ma sœur’, puis il ne cessa de l’aimer jusqu’à ce qu’il l’appelle ‘ma mère’. »
Ces trois appellations – « ma fille », « ma sœur » et « ma mère » – correspondent aux trois fêtes de pèlerinage.
Lors de la sortie d’Égypte (Pessah), Israël était comme une « fille », dans un état de réception passive, n’ayant rien de son propre chef et recevant tout d’en-haut.
Au moment du don de la Torah (Chavouot), Israël fut appelé « ma sœur », car par la Torah, les Juifs deviennent comme des « frères et amis » de D.ieu. Plus généralement, par la Torah, Israël devient uni avec D.ieu, comme il est dit : « Israël, la Torah et le Saint, béni soit-Il, ne font qu’un. »
Par la techouva (qui est au-dessus de la Torah), les Juifs sont appelés « ma mère », car ils deviennent comme ceux qui « nourrissent » D.ieu, pour ainsi dire. C’est pourquoi le jour de Kippour (jour de la techouva complète) est appelé dans la Mishna « le jour du mariage », car c’est alors que la techouva couronne D.ieu comme une « mère » couronne son fils.
Cette parabole décrit l’évolution de la relation entre D.ieu et Israël à travers trois niveaux d’intimité croissante, correspondant aux trois fêtes de pèlerinage et à trois modes de service divin : la réception passive (Pessah/Fille), l’unification mutuelle (Chavouot/Sœur), et l’influence active (Souccot et Yom Kippour/Mère).
Puisque la manifestation de la techouva et du pardon de Yom Kippour se produit durant la fête de Souccot, l’aspect de « mère » est principalement associé à Souccot.
Il est expliqué dans les enseignements hassidiques que la rédemption future se produira au niveau de « ma fille », qui est inférieur aux niveaux de « ma sœur » et « ma mère ». Cela s’explique par le fait que l’avantage de l’état de « fille » (qui, dans le temps de l’exil, caractérise un état de Bitoul absolu où l’on n’a rien de son propre chef) est qu’il atteint l’Essence même de l’Infini divin, au-delà de toute limitation du monde.
C’est pourquoi il est dit qu’en Nissan, nous serons délivrés, car dans la rédemption future, la révélation de l’essence divine se produira, et cette révélation vient par l’annulation totale du soi – l’aspect de « fille ». C’est pourquoi le Machia’h est décrit comme « un pauvre chevauchant un âne » – l’état de pauvreté et d’humilité absolue.
(5) Le service divin pendant l’exil
La raison pour laquelle les révélations divines de l’ère messianique dépendent spécifiquement de notre service pendant l’exil est que l’état d’annulation de soi est particulièrement réalisé pendant la période d’exil. Durant l’époque du Temple, quand la perception de la divinité était manifeste, même dans l’expérience de la divinité, la conscience de soi de l’homme qui percevait était également présente. Mais pendant l’exil, et particulièrement dans la génération précédant immédiatement le Machia’h, le service divin se fait dans une annulation complète du soi, pas du point de vue de l’existence humaine mais uniquement du point de vue de la divinité.
Cette section approfondit une idée paradoxale : l’avantage spirituel de l’exil sur l’époque du Temple. Bien que la présence divine fût clairement perceptible au temps du Temple, cette perception même créait une forme de dualité entre celui qui perçoit et ce qui est perçu. En revanche, l’obscurité spirituelle de l’exil force l’âme juive à servir D.ieu avec une abnégation totale (Bitoul), sans aucune gratification spirituelle personnelle. Ce service désintéressé atteint un niveau divin plus profond, car il touche à l’essence même de D.ieu plutôt qu’à ses manifestations.
(6) Conciliation des opinions halakhiques
Selon la halakha, nous suivons l’opinion de Rabbi Eliezer que les Juifs ne seront délivrés que par la techouva. Et concernant le temps de la rédemption, de nombreux enseignements hassidiques suivent l’opinion de Rabbi Yehoshua que nous serons délivrés en Nissan. Cela peut s’expliquer par le fait que toutes les révélations de l’ère messianique dépendent de nos actions et de notre service pendant l’exil.
Selon Rabbi Yehoshua, le fait que nos actions et notre service pendant l’exil attireront les révélations de l’ère messianique n’est pas dû à notre propre mérite, mais au fait que pendant l’exil, le pouvoir de la révélation divine d’en-haut est déjà présent. C’est pourquoi il affirme que nous serons délivrés en Nissan, qui représente cette influence divine descendante.
Le Rabbi réconcilie ici deux principes apparemment contradictoires de la tradition juive : d’une part, que la rédemption dépend de la techouva (repentir) du peuple juif, et d’autre part, qu’elle viendra en Nissan (symbole de la grâce divine). La conciliation consiste à comprendre que même notre capacité à faire techouva à la fin de l’exil est elle-même un don divin, une manifestation de l’énergie de Nissan (éveil d’en-haut) qui facilite et inspire notre retour à D.ieu.
(7) La techouva de la fin de l’exil
La conciliation entre les deux décisions halakhiques – que les Juifs ne seront délivrés que par la techouva et qu’ils seront délivrés en Nissan – est que lorsque les Juifs font techouva à la fin de leur exil, ils sont immédiatement délivrés. Cela s’explique par le fait que la techouva qu’ils font à la fin de l’exil possède déjà la puissance de la révélation d’en-haut, l’aspect de Nissan.
Même si la techouva est généralement un processus graduel, la techouva de la fin de l’exil s’accomplira d’une manière qui transcende les limitations et l’ordre habituel. Bien que tout changement, même spirituel, suive normalement un certain ordre, dans le cas de la techouva de la fin de l’exil, le processus sera instantané – « immédiatement, ils sont délivrés » – car cette techouva est imprégnée de l’énergie divine transcendante de Nissan.
Cette section explique comment la techouva de la fin de l’exil sera fondamentalement différente de la techouva ordinaire. Au lieu d’être un processus progressif avec des étapes (techouva inférieure, puis supérieure), cette techouva finale sera caractérisée par un « saut » (diloug) radical et immédiat qui transformera instantanément la réalité de l’exil en rédemption. Ce potentiel de transformation instantanée est inhérent à l’énergie de Nissan.
(8) L’intégration du limité et de l’illimité
Le fait que la Torah aurait dû commencer par « Ce mois sera pour vous » est vrai même au niveau le plus profond de la réalité. C’est que la garantie divine que la Torah donne – que le peuple juif fera techouva et sera immédiatement délivré – est une fusion des énergies de Nissan et de Tichri, du dévoilement d’en-haut et de l’effort humain d’en-bas.
Cette fusion est possible car la finalité de la création limitée de Tichri était depuis le début de révéler l’illimité de Nissan à travers le service des mitzvot. Quand, par notre service dans le monde limité, nous révélons que l’intériorité de cette limitation est en fait l’illimité divin, nous accomplissons le but ultime de la création.
Cette partie développe la relation dialectique entre le limité et l’illimité, entre Tichri (création limitée) et Nissan (révélation illimitée). Le Rabbi explique que cette relation n’est pas simplement une juxtaposition, mais une intégration profonde : l’intériorité même du limité est l’illimité. Notre service divin consiste à révéler cette vérité cachée, en montrant comment le monde fini peut devenir un réceptacle pour l’infini divin.
(9) La rédemption future et la révélation de l’intériorité
C’est pourquoi il est dit qu’en Nissan, nous serons délivrés. Car dans la rédemption future, la révélation de l’essence divine se produira, et cette révélation vient par l’annulation totale du soi – l’aspect de « fille » – qui caractérise particulièrement le service divin pendant l’exil.
Il est connu que la création du monde le 25 Eloul correspondait à l’aspect de « ko » (ainsi) – une perception distante et indirecte de la divinité – tandis que le jour de la création du premier homme (1er Tichri), la divinité fut révélée dans le monde sous l’aspect de « zeh » (ceci) – une perception directe et immédiate. De même, « Ce mois sera pour vous », qui est l’intériorité de « Au commencement », représente un niveau de révélation divine encore plus élevé que celui qui peut être atteint par la techouva humaine ordinaire.
Dans la rédemption future, après la techouva de la fin de l’exil, le dévoilement de l’illimité se fera également dans le monde tel qu’il est dans l’aspect de « ko » (ainsi). Cela accomplira finalement le dessein originel de la création : faire une demeure pour l’essence divine dans les mondes inférieurs, précisément dans ce monde physique qui est le plus bas de tous.
Cette dernière section relie tous les thèmes précédents dans une vision eschatologique cohérente. Le Rabbi explique que la rédemption finale ne sera pas simplement un retour à un état antérieur, mais l’achèvement d’un processus cosmique : la transformation du monde limité en une demeure pour l’illimité divin, où même la matérialité la plus grossière (« ko ») révélera l’essence divine la plus profonde (« zeh »). Cette révélation sera possible grâce au service d’abnégation totale accompli pendant l’exil, qui a préparé le monde à devenir un réceptacle pour cette lumière infinie.
Ainsi, même le dévoilement qui se produira dans le monde lors de la rédemption (rendu possible par la techouva d’Israël qui précède) sera dans l’aspect de Nissan – la lumière illimitée qui transcende les mondes. Et ce dévoilement se fera de telle sorte qu’il constituera l’intériorité du monde lui-même, révélée par le Machia’h, notre juste, bientôt et de nos jours.
Dans cet enseignement profond donné à Pourim 1960, le Rabbi de Loubavitch explore la symbolique du bassin d’airain du Tabernacle. À travers cette analyse, il révèle comment la purification spirituelle quotidienne est essentielle pour notre mission de transformer le monde matériel en demeure pour le divin, et met en lumière le rôle particulier des femmes dans ce discernement spirituel.
(Torat Menahem vol. 27, p. 470)
Pour éviter que la boue et la fange des affaires mondaines ne pénètrent à l’intérieur, mains et pieds doivent être lavés dans « les eaux de la connaissance pure ». La pensée, telle qu’elle est influencée par les habitudes du monde, doit être purifiée pour renforcer l’âme divine qui est « véritablement une partie de Dieu d’en haut ».
Lorsque mains et pieds deviennent propres, l’homme peut alors accomplir sa mission dans le monde – transformer les affaires mondaines en sanctuaire et en temple pour le Créateur.
À propos du bassin, il est dit : « Tu feras un bassin de cuivre et son support de cuivre ». Le bassin et son support n’étaient pas faits d’or ou d’argent, mais de cuivre, le moins précieux des métaux. Et d’où provint ce cuivre pour le bassin et son support ? Des « miroirs des femmes assemblées ». Comme le racontent nos Sages, « les filles d’Israël possédaient des miroirs [faits de cuivre]… et elles n’hésitèrent pas à les apporter en contribution pour le Tabernacle ».
De cela, nous apprenons qu’il n’est pas nécessairement besoin d’une personne dotée d’un intellect grandiose, pur et très élevé, ni d’un objet fait d’or ou d’argent ; ce peut être aussi un objet fait de cuivre, le moins noble des métaux. Mais si son don est fait de telle sorte que « tout cœur généreux l’apporte » de tout cœur, alors – puisque cela vient d’un cœur juif pur – il a le pouvoir de laver la poussière, la fange et la boue qui adhèrent aux mains et aux pieds.
La Torah nous révèle une innovation – tout le monde savait que cet élément avait été fourni par les femmes d’Israël :
La nature de la femme est telle que « toute la gloire de la fille du roi est à l’intérieur », tandis que les affaires du monde sont traitées par le mari. Mais c’est précisément pour cette raison, parce que le mari passe de nombreuses heures dans les affaires de ce monde, qu’il lui est plus difficile de discerner et de déterminer ce qui est ‘étranger’ pour lui et ce qui lui appartient.
La femme, quant à elle, qui reste à la maison, « toute la gloire de la fille du roi est à l’intérieur », et « la sagesse des femmes construit sa maison » pour établir son foyer sur les fondements de la Torah et des commandements – bien qu’apparemment « les femmes aient l’esprit léger », étant fille de Sarah, Rebecca, Rachel et Léa, elle a le pouvoir et la capacité – grâce au pouvoir de la foi, une foi simple, qui existe davantage chez les femmes que chez les hommes – de discerner et de déterminer qu’une certaine chose appartient à ce monde matériel et doit donc être lavée et éliminée, alors qu’une autre appartient à la partie du monde qui peut être transformée en sanctuaire et temple pour Lui.
« La main qui fut envoyée contre Ton sanctuaire » [la destruction du Temple] ne concernait que le Temple matériel. Le Temple qui se trouve dans le cœur de chaque enfant d’Israël, dont il est dit « Je demeurerai parmi eux » – à l’intérieur de chacun – ne dépend que de lui seul. Et s’il s’efforce et s’engage en cela, alors il possède un Temple construit sur ses fondations.
À l’image du Tabernacle littéral, fait d' »or, d’argent et de cuivre » matériels, le « sanctuaire » de chacun doit également être construit à partir des affaires de ce monde. Il s’agit de transformer le monde en un lieu sacré, une « maison sainte ».
L’engagement dans les affaires mondaines fait que quelque chose d’elles s’attache à l’homme. Comme c’est la nature humaine, celui qui se débat avec un être souillé se retrouve couvert de poussière, de saleté et même de boue. Dans un tel état, il est impensable d’entrer dans le Temple, comme l’enseigne la Mishna : même sur l’esplanade du Temple, il est interdit d’entrer avec de la poussière sur ses pieds.
C’est pour cela que vient l’affaire du « bassin » dont nous parle notre paracha. Le prêtre qui entre dans le sanctuaire pour offrir un sacrifice ou se prosterner devant l’Éternel devait d’abord se laver les mains et les pieds avec l’eau du bassin. Il en va de même dans le service de chaque Juif : avant d’entrer dans le « sanctuaire », il doit procéder à un lavage.
Que faut-il laver ? Les parties du corps par lesquelles on s’engage principalement dans les affaires du monde – les mains et les pieds.
Comment se fait ce lavage ? En prenant de l’eau et en la versant sur les mains et les pieds. Alors, les mains et les pieds eux-mêmes restent en place, mais la poussière, la fange et la boue qui y adhèrent sont emportées par l’eau qu’on y verse, pour peu qu’elle soit en quantité suffisante.
La notion d' »eau » dans le service divin est, selon les termes de Maïmonide : « les eaux de la connaissance pure ». C’est-à-dire : l’étude de la Torah de la Hassidout, qui amène à « connaître le Dieu de ton père ». « Les eaux de la connaissance pure » ont le pouvoir de laver les mains et les pieds, les parties du corps qui entrent en contact avec le monde, et d’en éliminer les « présupposés du monde » [la façon de penser qui découle des habitudes mondaines].
ואברהם זקן בא בימים גו’, ומביא רבינו הזקן בתו’א בפרשתנו ד’ה להבין ענין מה שאמרו רז’ל יפה שעה אחת בתשובה ומעשים טובים בעולם הזה מכל חיי עולם הבא (ולפני הדרוש – שהוא ‘שייך לפסוק ואברהם זקן בא בימים’) מאמר הזהר על הפסוק באינון יומין עילאין כו’, שהם הלבושים דתורה ומצוות (תשובה ומעשים טובים) שעל ידם תוכל הנשמה ליהנות מזיו השכינה בעוה’ב.
וענין זה שייך גם לימים כפשוטם, שצריכים להיות כל הימים שלמים, היינו שכל יום יהי’ מלא בעשיית מצוה (יומין עילאין). וידוע מאמר הבעל שם טוב ‘לא יניח שום יום מעשיית מצוה כו ».
וזהו בא בימים, שאברהם אבינו עבד את עבודתו בכל יום ויום, שכל ימיו היו יומין שלימין (ולא חסרין ח’ו), ועי’ז ‘בא בימים – באינון יומין עילאין’.
וידוע הדיוק בזה, הרי העיקר הוא לבושי המצוות (יומין עילאין), ומה נוגע בזה ענין הימים (כפשוטם) שלא יניח שום יום מעשיית מצוה כו’, הלא יוכל לעשות למחר שתי מצוות.
דלכאורה גם כשעושה כמה מצוות במשך יום אחד יש לו אותו מספר המצוות כמו כשהי’ מקיימם במשך כמה ימים, וא’כ, מה נוגע שיקיים מצוה בכל יום דוקא, ועד שכאשר חסר לו יום אחד חסר לו לבוש.
‘Les jours d’Abraham étaient avancés’ – Le Alter Rebbe explique dans le Torah Or que cela se rapporte à l’enseignement des Sages : ‘Une heure de repentance et de bonnes actions dans ce monde vaut mieux que toute la vie du monde à venir.’
Le Zohar commente que ‘les jours supérieurs’ sont les vêtements spirituels créés par la Torah et les Mitsvot (repentance et bonnes actions), permettant à l’âme de jouir de la présence divine dans le monde futur.
Cela s’applique aussi aux jours au sens littéral – chaque jour doit être complet, rempli par l’accomplissement d’une mitsva. Le Baal Shem Tov enseignait : ‘Ne laisse passer aucun jour sans accomplir une mitsva.’
C’est le sens de ‘avancé en jours’ – Abraham servait Dieu chaque jour, rendant ses jours complets (non déficients). Ainsi, il est ‘entré dans les jours – les jours supérieurs.’
Une question se pose : si l’essentiel est les ‘vêtements des Mitsvot’, pourquoi insister sur l’accomplissement quotidien ? On pourrait faire deux Mitsvot le lendemain.
Apparemment, accomplir plusieurs Mitsvot en un jour équivaut à les répartir sur plusieurs jours. Alors pourquoi est-il si important d’accomplir une mitsva chaque jour, au point qu’un jour manqué signifie un ‘vêtement’ manquant ?
– 2 –
ב) והנה מזה שמעלה זו דאברהם (בא בימים) בא בקרא לאחרי כו’כ מעלות שלו שבפסוקים שלפנ’ז, ועד שבכתוב זה גופא בתחילה הוא אומר ואברהם זקן ואח’כ מוסיף בא בימים, מובן שענין בא בימים הוא מעלה גדולה יותר גם מהמעלה דזקן.
דהגם שואברהם זקן פי’ שהי’ בעילוי נפלא ביותר, וכמרז’ל שאמר לו הקב’ה לאברהם בא לבוש לבושי (דהקב’ה שנקרא עתיק יומין) שנאמר ואברהם זקן, היינו שואברהם זקן היא מעלת אברהם מה שלובש לבוש הקב’ה כמו שהקב’ה הוא בבחי’ עתיק יומין, הנה בא בימים נעלה עוד יותר.
וצריך להבין מהו גודל העילוי דבא בימים, לבושי המצוות [ובפרט בהענין דעשיית מצוה בכל יום דוקא, הגם שאינו מתוסף עי’ז במספר המצוות], ועד שזה נעלה יותר מענין (ואברהם) זקן שהוא בחי’ (הלבוש ד)עתיק יומין.
– De ce fait, cette qualité d’Abraham (‘avancé en jours’) apparaît dans le verset après plusieurs autres de ses qualités mentionnées dans les versets précédents.
Dans ce même verset, il est d’abord dit ‘Abraham était âgé’ puis s’ajoute ‘avancé en jours’, ce qui indique que ‘avancé en jours’ est une qualité encore supérieure à celle d »âgé’.
Bien que ‘Abraham était âgé’ signifie qu’il avait atteint un niveau spirituel extraordinaire, comme l’enseignent nos Sages ‘Le Saint Béni Soit-Il dit à Abraham : ‘Viens revêtir Mes vêtements’ (ceux du Saint Béni Soit-Il qui est appelé ‘l’Ancien des jours’)’, comme il est dit ‘Abraham était âgé’ – c’est-à-dire que ‘Abraham était âgé’ représente le niveau d’Abraham revêtant le vêtement du Saint Béni Soit-Il tel qu’Il est dans l’aspect d »Ancien des jours’ – ‘avancé en jours’ est encore plus élevé.
Il faut comprendre la grandeur de cette élévation d »avancé en jours’, les vêtements des Mitsvot [en particulier concernant l’accomplissement d’une mitsva chaque jour spécifiquement, bien que cela n’ajoute pas au nombre total de Mitsvot], au point que cela soit plus élevé que l’aspect de ‘(Abraham) âgé’ qui correspond à l’aspect (du vêtement de) ‘l’Ancien des jours’.
– 3 –
ג) ויובן זה בהקדים ביאור הידוע בזה שהנשמה צריכה להלבושים דתורה ומצוות בכדי שתוכל ליהנות מזיו השכינה, כי להיות שהנשמה היא נברא [וכמבואר בכ’מ שהנשמה היא כמו שאלקות נעשה בבחי’ נברא, ועד שהדביקות שלה באלקות היא דביקות בלתי ניכרת] וא’א לנברא להשיג שום השגה באוא’ס ב’ה, לכן בכדי שתוכל הנשמה ליהנות מזיו השכינה שהוא הארה מאוא’ס ב’ה [ובפרט לחזות בנועם הוי’], צריכה היא ללבושים.
וכמשל אור גדול [ביותר, וכמו אור השמש, בחי’ שמש הוי’] שאין יכולים להביט בו, וע’י המסך (שהוא כמו לבוש) יכולים לקבל [ולקלוט] את האור.
והנהידוע שכל ממוצע המחבר ב’ דברים, צ’ל כלול משניהם.
ומזה מובן גם בענין הלבושים דתומ’צ [שהם כמו ממוצע המחבר בחי’ זיו השכינה (שהוא הארה מאוא’ס הבל’ג) עם הנשמה (שהיא נברא ובע’ג)], שיש בהם מב’ הענינים.
דשרשם (של התומ’צ) הוא מרצה’ע וחכמתו ית’ שהם מיוחדים בו ית’ (שהוא וחכמתו ורצונו אחד) – ענין הבל’ג [ועד שרצה’ע וחכמתו ית’ (שרש התומ’צ) הם למעלה גם מבחי’ זיו השכינה], וע’י שירדו למטה בעוה’ז הגשמי ציצית בצמר גשמי ותפילין בקלף גשמי וכן בכל המצוות [ועד’ז הוא גם בתורה שנתלבשה בשכל אנושי, ועד בטענות של שקר, ונתלבשה בדיו על הספר] הם בבחי’ מדידה והגבלה ועד להמדידה והגבלה דעוה’ז הגשמי שאין תחתון למטה ממנו, הנה ע’י ב’ ענינים אלו שבתומ’צ [ענין הבל’ג שבהם מצד שרשם, וענין הגבול שבהם מצד ירידתן למטה] הם נעשים לבוש וממוצע המחבר את הנשמה שהיא נברא ובע’ג (וכמו שהיא מלובשת בגוף גשמי) עם בחי’ זיו השכינה ועד עם בחי’ נועם הוי’ שלמעלה מכל מדידה והגבלה.
– Cela peut être compris en introduisant l’explication connue sur le fait que l’âme a besoin des vêtements de la Torah et des Mitsvot pour pouvoir jouir de la présence divine.
Puisque l’âme est une création [comme expliqué en plusieurs endroits que l’âme est comme la divinité devenue création, au point que son attachement à la divinité est un attachement non perceptible], et qu’une création ne peut saisir aucune compréhension de la Lumière Infinie, bénie soit-elle, l’âme a donc besoin de vêtements pour pouvoir jouir de la présence divine qui est un rayonnement de la Lumière Infinie [et particulièrement pour contempler la douceur divine].
C’est comparable à une grande lumière [très intense, comme la lumière du soleil, l’aspect du ‘soleil divin’] qu’on ne peut regarder directement, mais à travers un écran (qui est comme un vêtement) on peut recevoir [et absorber] la lumière.
Il est connu que tout intermédiaire qui relie deux choses doit inclure des aspects des deux.
Cela s’applique aussi aux vêtements de la Torah et des Mitsvot [qui sont comme un intermédiaire reliant l’aspect de la présence divine (qui est un rayonnement de la Lumière Infinie illimitée) avec l’âme (qui est une création limitée)].
Leur source (de la Torah et des Mitsvot) est dans la Volonté et la Sagesse divine qui sont unies avec Lui (car Lui, Sa sagesse et Sa volonté sont un) – l’aspect illimité [au point que la Volonté et la Sagesse divine (source de la Torah et des Mitsvot) sont aussi au-dessus de l’aspect de la présence divine].
Et par leur descente dans ce monde matériel – le tsitsit dans la laine matérielle, les tefilin dans le parchemin matériel, et ainsi pour toutes les Mitsvot [de même pour la Torah qui s’est revêtue dans l’intellect humain, jusqu’aux arguments fallacieux, et s’est revêtue dans l’encre sur le livre] – elles sont dans un aspect mesuré et limité, jusqu’à la mesure et limite de ce monde matériel qui est le plus bas qui soit.
C’est par ces deux aspects de la Torah et des Mitsvot [l’aspect illimité de leur source et l’aspect limité de leur descente] qu’elles deviennent un vêtement et un intermédiaire reliant l’âme qui est une création limitée (comme elle est revêtue dans un corps matériel) avec l’aspect de la présence divine et même avec l’aspect de la douceur divine qui est au-dessus de toute mesure et limite.
– 4 –
ד) והנה מצד ההתלבשות דתומ’צ בעניני עוה’ז הגשמי שהוא רובו ככולו רע, צריך לנקותן מכל פסולת הנופל בהן, וכמו בלימוד התורה, שמצד זה שהתורה נתלבשה בשכל אנושי ובענינים גשמיים הרי אפשר שהלימוד שלו יהי’ שלא לשמה ועד לדרגא הכי תחתונה בשלא לשמה, ועד’ז במצוות.
וזהו מה שהלבושים דתומ’צ צריכים לרחיצה וכיבוס, שיהי’ לבושים נקיים וכו’ (ואפילו לא יהיו באופן דמלבושי אגאלתי), בדוגמת לבוש הגשמי שבכדי שיהי’ זך ונקי צריך לרחוץ ולכבס אותו.
[וגם לאחרי שהאדם מכבס את הלבושים דתומ’צ שיהיו נקיים מכל פסולת כו’, בכדי שיעלו למעלה, צריכים הם להזדכך ע’י המלאכים, דגפיף להון ונשיק להון.
והענין הוא דהנה כתיב אין צדיק בארץ אשר יעשה טוב ולא יחטא, שמפני שהאדם נמצא בארץ בעוה’ז הגשמי לכן יש בו חטא, חטא מל’ חסרון (עכ’פ).
והגם שהחטא (החסרון) הוא לא באשמתו ח’ו, שהרי ועמך כולם צדיקים, כי אם כמ’ש נורא עלילה על בני אדם שרצון הקב’ה הוא שבנ’א נמצא בעולם כזה [ובדוגמת מלך ששלח את בנו למדינה רחוקה בכדי להראות את חכמת בנו שגם במדינה הרחוקה יכיר את האמת, בחי’ ואמת הוי’ לעולם], אעפ’כ, מכיון שבפועל יש בו (חטא מל’) חסרון, וגם התומ’צ שלו אינם בשלימות, וכמ’ש אין צדיק בארץ אשר יעשה טוב ולא יחטא, שהחסרון (יחטא) הוא גם בהתומ’צ (ביעשה טוב) שלו, לכן בכדי שהתומ’צ שלו יעלו למעלה, צריך הוא לסיוע המלאכים].
EditVoici la traduction du quatrième paragraphe :
En raison de l’incorporation de la Torah et des Mitsvot dans les affaires de ce monde matériel qui est majoritairement mauvais, il faut les purifier de toute impureté qui s’y attache.
Par exemple, dans l’étude de la Torah, comme elle est revêtue dans l’intellect humain et les choses matérielles, il est possible que son étude ne soit pas faite de manière désintéressée (lishma), jusqu’au niveau le plus bas de non-lishma, et de même pour les Mitsvot.
C’est pourquoi les vêtements de la Torah et des Mitsvot nécessitent un lavage et un nettoyage, pour devenir des vêtements propres (et même qu’ils ne soient pas comme ‘j’ai souillé mes vêtements’), similaire à un vêtement physique qui doit être lavé et nettoyé pour devenir pur et propre.
[Et même après que l’homme nettoie les vêtements de la Torah et des Mitsvot pour les purifier de toute impureté, pour qu’ils s’élèvent vers le haut, ils doivent être raffinés par les anges qui les ’embrassent et les étreignent’.
Car il est écrit ‘Il n’y a pas de juste sur terre qui fasse le bien et ne pèche point’ – du fait que l’homme se trouve sur terre dans ce monde matériel, il a donc un péché, le mot ‘péché’ signifiant aussi ‘manque’ (au minimum).
Et bien que le péché (le manque) ne soit pas de sa faute, car ‘Ton peuple, tous sont des justes’, mais comme il est écrit ‘Redoutable en actes envers les fils de l’homme’ – c’est la volonté divine que l’homme se trouve dans un tel monde [comparable à un roi qui envoie son fils dans un pays lointain pour montrer la sagesse de son fils, que même dans un pays lointain il reconnaîtra la vérité, l’aspect de ‘la vérité divine est éternelle’].
Néanmoins, puisqu’en pratique il a un manque, et que même sa Torah et ses Mitsvot ne sont pas parfaites, comme il est écrit ‘Il n’y a pas de juste sur terre qui fasse le bien et ne pèche point’ – le manque (péché) existe aussi dans sa Torah et ses Mitsvot (dans son ‘faire le bien’), donc pour que sa Torah et ses Mitsvot s’élèvent vers le haut, il a besoin de l’aide des anges.]
– 5 –
ה) והנה זה מה שהתומ’צ שבעוה’ז הגשמי צריכים וזקוקים לסיוע המלאכים הוא לא רק מפני שעוה’ז הגשמי הוא רובו ככולו רע, אלא (גם) מצד הגשמיות דעוה’ז.
שלהיותו גשמי הוא באין ערוך לעולמות העליונים (הרוחניים).
וע’ד הידוע בנוגע לנשמת האדם, שאפילו צדיק גמור כשעולה לג’ע צריך טבילה בנהר דינור בכדי לשכוח על חיזו דהאי עלמא, כי מצד האין ערוך דעוה’ז הגשמי לג’ע הרי אפילו מקצת מעניני עוה’ז מונע מלעלות לג’ע [ובדוגמת העליות שבדרגות דג’ע שמגעה’ת לגעה’ע וכו’, שמכיון שהעליות הם באין ערוך, צריך להיות תחילה ביטול ההשגה דגעה’ת.
וכידוע המשל מענין השגת השכל, שבכדי לבוא להשגה עליונה שבאין ערוך להשגה הקודמת (אע’פ שגם השגה העליונה היא בעוה’ז הגשמי) צריך להיות תחילה ביטול השגה הקודמת.
וכמו ר’ז כי סליק לארעא דישראל יתיב מאה תעניתא (או מ’ תעניות) לשכוח תלמוד בבלי בכדי שיוכל ללמוד תלמוד ירושלמי], עד’ז הוא גם בנוגע להתומ’צ של האדם, שמצד היותן מלובשות בענינים גשמיים, צ’ל תחלה שיזדככו ויתפשטו מגשמיותן ע’י המלאכים.
Le fait que la Torah et les Mitsvot dans ce monde matériel nécessitent l’aide des anges n’est pas seulement parce que ce monde est majoritairement mauvais, mais aussi à cause de la matérialité même de ce monde.
Étant matériel, il est incomparable aux mondes supérieurs (spirituels).
C’est similaire à ce qui est connu concernant l’âme humaine : même un juste parfait, quand il monte au Gan Eden (paradis), doit s’immerger dans le fleuve de feu (nahar dinur) pour oublier la vision de ce monde.
Car en raison de l’incomparabilité de ce monde matériel avec le Gan Eden, même une petite partie des affaires de ce monde empêche de monter au Gan Eden.
[Comme les élévations entre les niveaux du Gan Eden, du Gan Eden inférieur au Gan Eden supérieur, etc., puisque ces élévations sont incomparables, il faut d’abord annuler la compréhension du niveau inférieur.
C’est comparable à la compréhension intellectuelle : pour atteindre une compréhension supérieure incomparable à la précédente (même si cette compréhension supérieure est aussi dans ce monde matériel), il faut d’abord annuler la compréhension précédente.
Comme Rabbi Zeira qui, quand il monta en Terre d’Israël, jeûna cent fois (ou quarante fois) pour oublier le Talmud de Babylone afin de pouvoir étudier le Talmud de Jérusalem.]
De même pour la Torah et les Mitsvot de l’homme : comme elles sont revêtues dans des choses matérielles, elles doivent d’abord être raffinées et dépouillées de leur matérialité par les anges.
– 6 –
ו) ויש לומר בדרך אפשר דהגם שהזדככות התומ’צ והעלאתן למעלה נעשה ע’י המלאכים, מ’מ, מכיון שתכלית השלימות דכל ענין הוא כאשר הוא נעשה ע’י עבודת האדם (ולכן אדם רוצה בקב שלו דוקא), לכן גם ענין הזדככות התומ’צ, ההתחלה בזה הוא ע’י עבודת האדם.
וזהו מה שאיתא בתו’א שכיבוס וזיכוך התומ’צ הוא ע’י עבודת התפלה, שהכוונה בזה היא (לא רק שע’י התפלה הוא מנקה את התומ’צ מכל פסולת, שלא יהיו באופן דשלא לשמה וכיו’ב, כי אם), שע’י התפלה נעשה גם (התחלת ה)זיכוך שלהם, מה שמזדככות מגשמיותן ועולות למעלה.
דהנה תפלה היא סולם מוצב ארצה וראשו מגיע השמימה, היינו שהתפלה היא מקשרת את ב’ הקצוות דארץ ושמים (מטה ומעלה), ובפרט ע’פ הידוע שארצה (בתוס’ ה’) הוא מדריגה היותר תחתונה שבארץ הלזו הגשמית גופא, ושמימה (בתוס’ ה’) הוא מדריגה היותר נעלית שבשמים (שמי השמים), והשמימה (בתוס’ ה’ גם בתחילה) הוא למעלה גם משמימה.
וזהו סולם מוצב ארצה וראשו מגיע השמימה, שע’י התפלה ‘יוכל להיות עליית גם (האדם) הנמצא ארצה במדריגות היותר תחתונות שבארץ הלזו הגשמית להשמימה להמדרגות היותר נעלות ונפלאות’.
הנה כמו שהתפלה פועלת בהאדם, שגם כשהוא נמצא ארצה יכול הוא להתעלות להשמימה (אלא שצ’ל גם סיוע המלאכים דחביק לה כו’), עד’ז פועלת היא גם בכל עניני האדם ובפרט בהתומ’צ שלו, שע’י ד’ השליבות דתפלה (שהם כנגד ד’ עולמות) עולות הן מעולם לעולם, ועד שהן עולות בבחי’ השמימה שלמעלה מהעולמות, ועד שהן עולות למהותו ועצמותו ית’ ממש.
On peut dire que bien que le raffinement et l’élévation de la Torah et des Mitsvot se fassent par les anges, néanmoins, puisque la perfection ultime de toute chose est atteinte par le travail de l’homme (c’est pourquoi l’homme préfère sa propre mesure), donc même pour le raffinement de la Torah et des Mitsvot, le commencement se fait par le travail de l’homme.
C’est ce qui est écrit dans le Torah Or que le nettoyage et le raffinement de la Torah et des Mitsvot se font par le travail de la prière.
Cela signifie (non seulement que par la prière on nettoie la Torah et les Mitsvot de toute impureté, pour qu’elles ne soient pas faites de manière non-désintéressée, mais aussi) que par la prière se fait (le début du) leur raffinement, leur purification de la matérialité et leur élévation.
Car la prière est ‘une échelle posée à terre dont le sommet atteint le ciel’, c’est-à-dire que la prière relie les deux extrêmes de la terre et du ciel (bas et haut).
En particulier, selon ce qui est connu, ‘artsah’ (avec un hé) représente le niveau le plus bas de cette terre matérielle, et ‘shamaymah’ (avec un hé) représente le niveau le plus élevé des cieux (les cieux des cieux), et ‘hashamaymah’ (avec un hé au début) est encore plus élevé que ‘shamaymah’.
C’est le sens de ‘une échelle posée à terre dont le sommet atteint le ciel’ – par la prière, ‘même (l’homme) qui se trouve sur terre aux niveaux les plus bas de ce monde matériel peut s’élever vers le ciel aux niveaux les plus élevés et merveilleux’.
Tout comme la prière agit sur l’homme, que même quand il est sur terre il peut s’élever vers le ciel (bien qu’il ait aussi besoin de l’aide des anges), de même elle agit sur toutes les affaires de l’homme et particulièrement sur sa Torah et ses Mitsvot.
Par les quatre échelons de la prière (qui correspondent aux quatre mondes), elles s’élèvent de monde en monde, jusqu’à ce qu’elles s’élèvent au niveau de ‘hashamaymah’ qui est au-dessus des mondes, et jusqu’à ce qu’elles s’élèvent vers Son essence et Son être même.
– 7 –
ז) וזהו אחד הביאורים בהשייכות דלבושי המצוות לענין הימים (כפשוטם), כי עליית המצוות הוא ע’י התפלה, והתפלה הרי היא ‘ענין עבודת היום’ [כמובן גם ממרז’ל תפלות כנגד תמידין תקנום, עולת תמיד העשוי’ בכל יום, שנים ליום], שהתפלה בכל יום מבררת ומעלה את הניצוצות שנתחדשו ביום זה, לכן המצוות [שעלייתן הוא ע’י התפלה] זקוקים ל’עבודת היום’.
אמנםביאור זה מבאר רק השייכות דמצוות לימים.
אבל עדיין אינו מובן ההכרח לעשיית המצוות בכל יום דוקא, דלכאורה, גם כשיחסיר יום אחד ולמחר יעשה שתי מצוות, יזדככו המצוות ע’י התפלה דיום המחרת.
ואין לומר שהתפלה יכולה לזכך ולהעלות רק המצוות השייכות ליום זה, דאין כל טעם לחילוק זה.
ועוד דמכיון דיש ענין התשלומין (ביום שלאח’ז, בתפלה הסמוכה לה) ‘ואין אומרים כיון שעבר יומו בטל קרבנו’, ועד ש(בנוגע לכוונת התפלה) תפלה אחת מלוקטת מתפלות כל השנה מעלית את התפלות דכל השנה, משמע מזה גם בנוגע לעליית המצוות שע’י התפלה, שהתפלה מעלית גם המצוות דיום הסמוך וכו’.
וסמוכין לדבר – התפלות דשבת שהן מעלות התפלות של כל ימי החול עם כל התורה ומע’ט שנכללו בהן.
C’est l’une des explications du lien entre les vêtements des Mitsvot et les jours (au sens littéral), car l’élévation des Mitsvot se fait par la prière, et la prière est ‘le service du jour’ [comme on le comprend aussi de l’enseignement des Sages que les prières ont été instituées en correspondance avec les sacrifices quotidiens, ‘l’holocauste perpétuel fait chaque jour, deux par jour’], car la prière de chaque jour affine et élève les étincelles qui se sont renouvelées ce jour-là, donc les Mitsvot [dont l’élévation se fait par la prière] ont besoin du ‘service du jour’.
Cependant, cette explication ne fait que clarifier le lien entre les Mitsvot et les jours.
Mais on ne comprend toujours pas la nécessité d’accomplir les Mitsvot chaque jour spécifiquement.
Apparemment, même si on manque un jour et qu’on fait deux Mitsvot le lendemain, les Mitsvot seront raffinées par la prière du lendemain. On ne peut pas dire que la prière ne peut raffiner et élever que les Mitsvot liées à ce jour-là, car il n’y a aucune raison logique pour cette distinction.
De plus, puisqu’il existe le concept de compensation (le jour suivant, dans la prière qui suit), ‘et on ne dit pas que si son jour est passé son sacrifice est annulé’, et même (concernant l’intention de la prière) qu’une seule prière rassemblée des prières de toute l’année élève les prières de toute l’année, cela suggère aussi concernant l’élévation des Mitsvot par la prière, que la prière élève aussi les Mitsvot du jour adjacent, etc.
Et on trouve un appui à cela dans les prières du Chabbat qui élèvent les prières de tous les jours de la semaine avec toute la Torah et les bonnes actions qui y sont incluses.
– 8 –
ח) אךהענין הוא, דהנה ידוע שהתכלית דתומ’צ הוא לפעול בירור וזיכוך בעוה’ז הגשמי.
דזהו מה שתורה לא בשמים היא, וכל התורה ניתנה לעשות שלום בעולם, ועאכו’כ מצוות שלא ניתנו אלא לצרף בהן את הבריות.
ועד שמצות צדקה היא שקולה כנגד כל המצוות (ונקראת בשם מצוה סתם), כי התכלית דמצוות [וכן התכלית דירידת הנשמה למטה] שהוא [לא בשביל הנשמה כ’א] בכדי לתקן את הגוף ונה’ב וחלקו בעולם, נשלם ע’י מצות הצדקה (יותר מאשר ע’י שאר כל המצוות), כמבואר בתניא.
וזהו שצריך להיות יומין שלימין דוקא, שבכל יום ויום צריך להיות קיום מצוה, כי מכיון שגדר העולם הוא מקום וזמן, הרי מובן שהתומ’צ (שתכליתם הוא לתקן את העולם) צריכים לתקן גם את הזמן.
ולכן מוכרח שבכל יום תהי’ עשיית מצוה (הגם שגם כשחסר לו יומא חדא יכול הוא לעשות את הלבוש ע’י שיקיים מחר ב’ מצוות), כי בכדי לתקן את הימים (הזמן) גופא צריך להיות כל יומא ויומא עביד עבידתי’.
L’idée est que le but de la Torah et des Mitsvot est d’effectuer un raffinement et une purification dans ce monde matériel.
C’est pourquoi ‘la Torah n’est pas dans les cieux’, et toute la Torah a été donnée pour établir la paix dans le monde, et à plus forte raison les Mitsvot qui n’ont été données que pour raffiner les créatures.
Au point que la mitsva de la charité est considérée comme équivalente à toutes les Mitsvot (et est appelée simplement ‘mitsva’), car le but des Mitsvot [ainsi que le but de la descente de l’âme ici-bas] qui est [non pas pour l’âme mais] pour corriger le corps, l’âme animale et sa part dans le monde, est accompli par la mitsva de la charité (plus que par toutes les autres Mitsvot), comme expliqué dans le Tanya.
C’est pourquoi il doit y avoir spécifiquement des ‘jours complets’, où chaque jour doit contenir l’accomplissement d’une mitsva.
Car puisque la définition du monde est l’espace et le temps, il est compréhensible que la Torah et les Mitsvot (dont le but est de corriger le monde) doivent aussi corriger le temps.
C’est pourquoi il est nécessaire qu’il y ait l’accomplissement d’une mitsva chaque jour (même si quand il manque un jour, on peut créer le vêtement en accomplissant deux Mitsvot le lendemain), car pour corriger les jours (le temps) eux-mêmes, chaque jour doit accomplir son service spécifique.
– 9 –
ט) וזהוואברהם זקן בא בימים, שלאחרי שואברהם זקן הוא גם בא בימים שהוא מעלה גדולה יותר גם מהמעלה דזקן.
דהנה הכוונה האמיתית בהתהוות העולמות (בבחי’ עצמות א’ס) היא מה שנתאוה הקב’ה להיות לו ית’ דירה בתחתונים דוקא.
וכוונה זו נשלמת ע’י עבודת האדם, אתם קרויין אדם, שהאדם דוקא יכול להשלים כוונה זו.
וזהו שנקרא בשם אדם, ע’ש ב’ הקצוות שהוא אדמה לעליון ושהוא נוצר מן האדמה, שגופו נעשה מהאדמה עצמה ובאופן שהי’ תחילה דומם בפ’ע (בלי שום נפש חיונית בתוכו) וכמ’ש גלמי ראו עיניך (ולא כגוף הצומח והחי), כי גם ענין זה שבתואר אדם (על שם האדמה) מורה על מעלתו, שהוא מברר מתקן ומעלה גם את הדומם שהוא תחתון ביותר שאין תחתון למטה ממנו.
ומעלה זו שבו באה בפועל ע’י העבודה דבא בימים דוקא.
שע’י העבודה דזקן (עצמה), אף שגם עי’ז בירר ותיקן את חלקו בעולם (מקום), מ’מ, מכיון שלא תיקן עדיין את הזמן, הרי לא השלים עדיין הכוונה דדירה בתחתונים.
ולכן הגם שעבודה זו מגעת בבחינת עתיק יומין, שהיא בהעתקה (והבדלה) מבחי’ יומין, אין זה תכלית השלימות.
משא’כ ע’י העבודה דבא בימים, כשעובד לתקן את הימים, ועד דאת מספר ימיך אמלא מספר מלשון אבן ספיר (וכמ’ש בתו’א שמספר ימיך הוא כמו השמים מספרים שפירש בזהר מנהרין ומנצצין וספירין), היינו שהאדם מאיר את הימים (הזמן) באור התורה והמצוות, עי’ז הוא משלים הכוונה דדירה בתחתונים (בהתחתון שבעולם הזה גופא), שזה (השלמת כוונה זו) הוא תכלית שלימות מעלת האדם, כנ’ל.
C’est le sens de ‘Abraham était âgé, avancé en jours’ – après qu »Abraham était âgé’, il était aussi ‘avancé en jours’, ce qui est une qualité encore plus grande que celle d »âgé’.
Car l’intention véritable dans la création des mondes est que le Saint Béni Soit-Il désirait avoir une demeure spécifiquement dans les mondes inférieurs.
Cette intention est accomplie par le travail de l’homme, ‘vous êtes appelés homme’, car seul l’homme peut accomplir cette intention. C’est pourquoi il est appelé ‘adam’ (homme), en référence aux deux extrêmes : ‘je ressemble au Très-Haut’ et ‘il fut formé de la terre’.
Son corps fut fait de la terre même, d’abord comme matière inerte (sans âme vitale), comme il est écrit ‘mon embryon, Tes yeux l’ont vu’ (différent du végétal et de l’animal).
Car même cet aspect du terme ‘adam’ (de ‘adamah’, terre) indique sa qualité supérieure : il raffine, corrige et élève même la matière inerte qui est le plus bas niveau possible.
Cette qualité se réalise spécifiquement par le travail d »avancé en jours’.
Car par le travail d »âgé’ seul, bien qu’il raffine aussi sa part dans le monde (espace), comme il n’a pas encore corrigé le temps, il n’a pas encore accompli l’intention d’une demeure dans les mondes inférieurs.
Donc même si ce travail atteint le niveau d »Ancien des jours’, qui est détaché des jours, ce n’est pas la perfection ultime.
En revanche, par le travail d »avancé en jours’, quand on travaille à corriger les jours, jusqu’à ‘Je remplirai le nombre de tes jours’ – ‘nombre’ comme ‘pierre de saphir’ (comme expliqué dans Torah Or que ‘le nombre de tes jours’ est comme ‘les cieux racontent’ que le Zohar interprète comme ‘illuminent et brillent’), c’est-à-dire que l’homme illumine les jours (le temps) avec la lumière de la Torah et des Mitsvot, par cela il accomplit l’intention d’une demeure dans les mondes inférieurs (dans le plus bas de ce monde même), qui est la perfection ultime de la qualité de l’homme, comme mentionné ci-dessus.
(D’après un discours prononcé lors de la Convention des Femmes et Filles ‘Habad, 17 Sivan 5740)
La Question du « Planning Familial »
Outre les arguments déjà mentionnés, certains évoquent le « planning familial » au nom de la « paix du foyer » (Chalom Bayit). Ils affirment que puisque leur situation conjugale n’est pas optimale, il faut attendre que la situation s’améliore à 100% avant d’envisager d’avoir des enfants.
Mais la vérité est que les enfants sont, plus que tout, source de paix entre mari et femme. Ils apportent paix et joie dans le foyer, et restaurent la sérénité et la confiance mutuelle. Si cela est vrai pour les foyers où la paix conjugale nécessite un renforcement, à plus forte raison dans un foyer où règne déjà l’harmonie – là, certainement, chaque enfant qui s’ajoute apporte de la joie à la famille et à tout l’entourage.
Les Arguments Courants
Au-delà des arguments précités, certains prétendent qu’avoir moins d’enfants leur permettra d’avoir plus de temps et d’énergie pour diverses activités positives, craignant que les soins aux enfants ne prennent trop de leur temps et de leur énergie. Certains s’inquiètent même pour la santé ou la beauté de la femme face à de nombreuses maternités. D’autres encore se soucient du « qu’en dira-t-on » et du regard des voisins s’ils se promènent avec plus de deux enfants. Ces arguments et leurs semblables sont ridicules et sans fondement, mais surtout – ils sont totalement opposés à l’esprit du judaïsme et à la parole divine dans Sa Torah sacrée.
La Vision de la Torah
La Torah a placé le commandement « Croissez et multipliez » comme premier commandement, ajoutant les mots « remplissez la terre ». Cela nous montre l’importance et la grande signification de ce sujet aux yeux du Saint béni soit-Il, qui est Celui qui donne la vie, la subsistance et accorde Sa bénédiction à chacun et chacune.
La Joie des Parents
La plus grande joie des parents est de voir leurs enfants grandir et se développer, particulièrement quand ils grandissent dans la voie de la Torah et des Mitsvot. Une telle joie ne peut être complète avec un ou deux enfants seulement. Le merveilleux plaisir est de voir la diversité et la différence entre plusieurs enfants, les qualités et les mérites particuliers de chacun, car chacun se caractérise par quelque chose qui lui est propre. C’est une grande joie de voir plusieurs enfants dans une maison, vivant dans l’affection mutuelle et de voir chaque enfant s’épanouir dans son domaine caractéristique.
Plus tard, lorsque les enfants grandissent et fondent leurs propres foyers et que les parents vieillissent, avec seulement un ou deux foyers, les parents n’ont pas beaucoup d’occasions de visites pour se réjouir, mais quand il y a plusieurs foyers, ils peuvent visiter chaque fois un enfant différent et s’abreuver de satisfaction.
La guerre du Golfe est un conflit qui oppose, du 2 août 1990 au 28 février 1991, l’Irak à une coalition de 35 États, dirigée par les États-Unis à la suite de l’invasion et l’annexion du Koweït par l’Irak. La guerre est divisée en deux phases : l’opération Bouclier du désert (en anglais Desert Shield), du 2 août 1990 au 17 janvier 1991, au cours de laquelle les troupes se renforcent et défendent l’Arabie saoudite, et l’opération Tempête du désert (en anglais Desert Storm), du 17 janvier au 28 février 1991, phase de combat, qui commence avec un bombardement aérien et naval, suivi d’un assaut terrestre et qui se termine avec une victoire des forces de la coalition qui parviennent à repousser l’armée irakienne hors du Koweït et à avancer en Irak. La coalition cesse sa progression et déclare un cessez-le-feu 98 heures après le début de la campagne terrestre. Au cours de la guerre, les combats sont limités à l’Irak, le Koweït et des zones le long de la frontière avec l’Arabie saoudite ; l’Irak lance des missiles Scud contre des cibles militaires de la coalition en Arabie saoudite et contre Israël.
La nouvelle, largement diffusée par les médias, se répandit très vite : “L’armée irakienne a envahi, ce matin, un pays voisin, le Koweït. Le dictateur Sadam Hussein a déployé ses soldats autour des puits de pétrole. Quelques heures leur ont suffi pour les conquérir”.
Rav Haim Mellul – « Le Rabbi de Loubavitch : Des miracles en notre génération »
C’est de cette façon que commencèrent les événements qui allaient conduire à la guerre du Golfe. Le monde entier retenait sa respiration, alors que le dictateur de Bagdad multipliait les menaces. La situation apparaissait extrêmement grave et le risque de guerre chimique semblait imminent. Alors que les experts et les politiciens ne savaient que faire, que la panique se répandait, c’est la voix du Rabbi qui retentit, afin de guider ceux qui étaient désemparés.
L’annexion rapide des puits de pétrole du Koweït devint l’objet de toutes les discussions. Les dirigeants du monde se réunirent, mais ils furent incapables de formuler la moindre proposition. La folie de Sadam Hussein n’avait aucune limite. Rien ne l’arrêtait. Les Nations Unies se réunirent également, mais aucune action ne fut décidée. L’avenir s’annonçait très mal, les bourses chutaient et le prix du pétrole grimpait. Le président irakien annonça qu’il préparait une nouvelle attaque, en direction de l’Arabie saoudite. Il précisa, en outre, qu’à terme, il avait bien l’intention de faire également une incursion en Israël.
Bien entendu, le peuple d’Israël, à cette annonce, fut saisi par la crainte, que les médias entretenaient. Des spécialistes de la guerre chimique donnèrent alors des directives au grand public. Les dirigeant d’Israël protestèrent auprès des Etats-Unis, en soulignant que la paix du monde ne pouvait pas être laissée entre les mains du tyran irakien. Et, la peur fut ressentie également dans le monde orthodoxe, dans les Yechivot et dans les maisons d’étude. L’atmosphère générale était celle d’une veille de guerre.
Comme c’est bien souvent le cas, les Juifs, cherchant à interpréter les événements qui surviennent, bons ou mauvais, recherchent une allusion dans le Midrash. En l’occurrence, on trouva effectivement un passage du Yalkout Chimeoni décrivant la situation dans laquelle le monde se trouvait alors et le définissant comme une phase préalable à la venue du Machia’h. L’un des ‘Hassidim accrocha cet extrait sur l’un des murs de la maison d’étude, au 770 Eastern Parkway, afin de réconforter ceux qui en prendraient connaissance.
Après la prière d’Arvit, le Rabbi distribua quelques dollars pour la Tsédaka aux présents, puis, quittant la synagogue, il s’arrêta, pendant quelques instants, devant ce passage du Yalkout Chimeoni accroché au mur et il en prit connaissance. Toutefois, ses dernières lignes, mentionnant la révélation du Machia’h, n’y figuraient pas et, peu après, le secrétaire du Rabbi téléphonait au jeune homme qui était à l’origine de cette diffusion pour l’interroger sur cette omission. C’est à cette occasion que le Rabbi se référait, pour la première fois, à ce Midrash et tous en déduisirent qu’il s’appliquait effectivement à la présente situation. La joie fut grande, mais la surprise véritable devait se produire le Chabbat suivant.
Ce fut le Chabbat Parchat Réeh, 27 Mena’hem Av. Il était alors très clair que le président irakien était parfaitement capable de mettre ses menaces en application. Le président des Etats-Unis, en collaboration avec l’OTAN, avertit Sadam Hussein que l’invasion du Koweït constituait une violation de la loi internationale, que les grandes puissances ne pouvaient pas passer sous silence de tels agissements et qu’à défaut d’un retrait immédiat de ses troupes, une action militaire devrait nécessairement être envisagée. Aux yeux du monde, la guerre devenait inévitable et, peu après, d’autres pays annoncèrent leur volonté de rejoindre les Etats-Unis dans ce combat, en proposant leurs soldats pour constituer une force internationale d’intervention. Dès lors, le spectre de la guerre se précisa encore plus clairement.
Lors de la réunion ‘hassidique de ce Chabbat, le Rabbi, faisant allusion à la situation dans le monde, dit : “Le passage suivant du Yalkout Chimeoni a d’ores et déjà été largement diffusé : le roi de Perse et celui d’Aram se lancent un défi et les enfants d’Israël en sont effrayés. C’est alors que le Saint béni soit-Il dit à Israël : Mes enfants, ne soyez pas soucieux, car tout ceci est uniquement pour vous !
C’est de cette façon que le monde s’apprête à la venue du Machia’h, à la délivrance véritable et complète. Alors, le roi Machia’h se tiendra sur le toit du Temple et, aux yeux de tous, il proclamera solennellement : « Le temps de votre délivrance est arrivé !”.
Puis, à la fin de cette réunion, le Rabbi réitéra encore une fois ces propos : “Les Juifs n’ont aucune raison d’être soucieux, car le roi Machia’h viendra très vite. Il se tiendra sur le toit du Temple et il annoncera : Le temps de votre délivrance est arrivé !”.
Bien entendu, ces mots suscitèrent la joie des ‘Hassidim. En outre, le Rabbi transmit également le même message à Ely Koulas, un député de la Knesset qui était venu le voir, lors de la distribution des dollars pour la Tsédaka du dimanche 14 Mena’hem Av. Monsieur Koulas sollicita la bénédiction du Rabbi pour les Juifs se trouvant en Terre Sainte et il lui fit part des appréhensions que la situation leur inspirait. Mais, le Rabbi lui affirma qu’il n’y avait rien à craindre et que chacun devait uniquement raffermir sa confiance en D.ieu, Qui, de la sorte, accorderait largement Ses bénédictions.
Les propos du Rabbi furent très vite diffusés dans le monde entier et, de fait, ce n’était pas la première fois que le Rabbi s’employait à calmer les esprits, alors que l’angoisse s’installait. Tous se rappelaient de ses annonces répétées, à la veille de la guerre des six jours, puis de la guerre de Kippour. Ses interventions avaient alors apporté le réconfort à de nombreuses personnes. Déjà à l’époque, le Rabbi avait affirmé qu’il n’y aurait pas d’attaque au gaz. Tous ces récits contribuèrent largement à calmer les esprits et à remonter le moral des Juifs se trouvant en Terre Sainte.
Néanmoins, les spéculations des médias entretenaient aussi le doute et, dans la panique, les magasins d’alimentation, en Erets Israël, se vidèrent très rapidement de leurs stocks. Chaque foyer consacra alors un immense budget à constituer des provisions, au point que les circuits de distribution en soient perturbés. Le Rav Yehossef Ralbag, de Jérusalem, fut interrogé par des milliers d’habitants de la ville sainte : la Hala’ha demandait-elle de se munir de masques à gaz et fallait-il accumuler les provisions, dans la perspective du malheur qui allait s’abattre ? Le Rav Ralbag décida d’interroger le Rabbi.
La réponse du Rabbi, qui fit l’objet d’une large diffusion par les médias, contribua à calmer les esprits, d’une manière significative. Le Rabbi écrivit :
“1. Interrogez un enfant de cinq ans, qui commence tout juste à étudier de la Torah. Il vous indiquera le sens simple du verset : ‘les yeux de D.ieu sont toujours tournés vers’ la Terre Sainte.
2. Pour ce qui est du stockage d’aliments, cela aura pour seul effet de provoquer l’inflation en Terre Sainte.
3. Je ferai mention de tout cela au près du saint tombeau de mon beau-père, le Rabbi”.
Par ailleurs, le Rabbi s’exprima publiquement sur la situation, à l’occasion de la visite du ministre de la police, monsieur Roni Milo, le dimanche 28 Mena’hem Av, lors de la distribution des dollars pour la Tsédaka. Le ministre dit alors au Rabbi : “Ce sont des jours bien tristes pour le peuple d’Israël, qui a désespérément besoin des bénédictions du Rabbi”.
Le Rabbi lui répondit : “Il n’y a pas lieu de s’affecter de ce que disent les nations. Ne dites donc pas que ces jours sont tristes. En tout cas, je n’en ai moi-même pas connaissance. Bien au contraire, nous approchons du mois d’Elloul et D.ieu est alors proche de chaque Juif, bien plus qu’en tout autre mois de l’année. A fortiori est-ce le cas pour ceux qui résident en Terre Sainte”.
Ces propos rassurants firent l’objet d’une large diffusion. En Erets Israël, nombreux étaient ceux qui voulaient connaître avec précision l’avis du Rabbi. La radio diffusa donc, à de multiples reprises, l’enregistrement des propos du Rabbi au ministre Milo, accompagnés d’une interview du Rav Yehouda Leïb Groner, le secrétaire du Rabbi, dans laquelle il expliquait, notamment :
“Dernièrement, le Rabbi répète souvent que la délivrance viendra plus vite qu’on le pense. S’agissant de la sécurité en Terre Sainte, le Rabbi a demandé de transmettre, hier, au cours de la réunion ‘hassidique, qu’il n’y avait pas lieu d’avoir peur, ni même d’être soucieux, face aux récents événements. Il a dit aussi qu’il n’était pas nécessaire de se procurer au plus vite un masque à gaz. De fait, il pense que son usage sera inutile”.
Le Rav Groner répéta encore une fois, au cours de cette interview, les termes du Yalkout Chimeoni, précédemment cité.
Ces paroles rassurèrent de nombreuses personnes qui avaient, au préalable, perdu tout espoir. Entretemps, il devint clair que le président des EtatsUnis, G. Bush, avait réellement l’intention d’attaquer. De jour en jour, d’autres pays annonçaient leur intention de se joindre à lui, d’une manière ou d’une autre, afin de constituer une force internationale de paix.
Le ministère israélien de la sécurité désigna un comité, constitué d’officiers de Tsahal, qui, après quelques jours de travail, rendit ses conclusions et préconisa, notamment, que tous les masques à gaz stockés dans les locaux de l’armée, depuis des années, soient distribués à la population. Cette décision sema la panique et le porte-parole de Tsahal eut beaucoup de difficultés à ramener le calme en expliquant qu’il s’agissait uniquement d’une précaution. Le grand public ne voulait pas admettre cette explication et la peur devint une réalité quotidienne.
Les ‘Hassidim ‘Habad, en revanche, surent garder leur calme, en particulier après l’intervention du Rabbi, au cours de la réunion ‘hassidique du Chabbat Parchat Choftim. Dans la seconde causerie de cette réunion, le Rabbi affirma, notamment :
“ Toutes les dates limites de la délivrance sont dépassées et celle-ci doit donc être immédiate, sans même attendre le temps d’un clin d’œil. La Guemara affirme même qu’à son époque, ces dates limites étaient d’ores et déjà passées, que tout ne dépend désormais que de la Techouva. Or, mon beau-père, le Rabbi chef de notre génération, porte témoignage que cette Techouva a effectivement été réalisée, en notre génération. »
« Tous sont désormais prêts pour la délivrance et il suffit, pour l’obtenir, de bâtir Erets Israël à l’endroit où l’on se trouve et d’introduire le Aleph, initiale du Maître du monde, Aloufo Chel Olam, dans l’exil, Gola, afin de le transformer en délivrance, Gueoula. Dès lors, la consolation émanera du Saint béni soit-Il Luimême, conformément à la promesse faite par la Haftara de ce Chabbat : ‘C’est Moi, Moi Qui vous consolerez’. En outre, le passage du Yalkout Chimeoni qui a été largement diffusé, ces derniers temps, rappelle que le Machia’h se tiendra bientôt sur le toit du Temple et annoncera que la délivrance est une réalité ”.
Le lendemain, dimanche, le Rabbi distribua, comme à l’accoutumée, des dollars pour la Tsédaka et, à tous ceux qui l’interrogeaient sur la situation, il affirma qu’il n’y avait rien à craindre et que le peuple d’Israël était en sécurité. Il répéta, à maintes reprises :
“Erets Israël est l’endroit le plus sûr du monde !” Le Rav Deutsch demanda au Rabbi une bénédiction pour que la paix règne en Terre Sainte et le Rabbi lui répondit :
“ Cet endroit est plus sûr que tout le reste du monde.Il est dit, en effet, que : ‘les yeux de D.ieu son tournés’ vers lui ”.
Une femme indiqua au Rabbi que sa famille se trouvait en Erets Israël et qu’elle était très soucieuse de la situation. Le Rabbi lui répondit: “ Les yeux de D.ieu sont tournés vers la Terre Sainte, du début de l’année à la fin de l’année. Il n’y a donc pas lieu d’avoir peur, surtout quand on réside en Erets Israël ”.
Peu après, l’administration de Tsahal annonça de quelle manière seraient distribués les masques à gaz. Des instructions furent données, d’abord aux habitants des grandes villes, puis au reste de la population.
Les enfants, notamment, furent formés dans les écoles à la manipulation de ces masques. Les radios diffusaient en permanence des consignes de sécurité et expliquaient de quelle manière on pouvait assurer l’étanchéité d’au moins une pièce de la maison. Aux yeux de tous, la distribution des masques faisait la preuve que le danger était imminent.
Le président des Etats-Unis décida, tout d’abord, des sanctions économiques particulièrement sévères contre l’Irak, mais Sadam Hussein ne s’en affecta nullement, y compris quand toutes les nations se liguèrent contre lui. C’est alors que les Etats-Unis décidèrent d’avoir recours à la force. Le président irakien n’en fut nullement effrayé et il conforta ses positions au Koweït en y détruisant brutalement des villes et des villages.
Face au risque de guerre, de nombreuses familles, en Erets Israël, firent alors le choix d’envoyer leurs enfants à l’étranger. Certaines personnes décidèrent d’interroger le Rabbi, à ce sujet. Ainsi, à une femme qui lui faisait part de son projet d’envoyer son fils à New York, le Rabbi répondit simplement : “Mais, pourquoi cela? Que se passe-t-il?”
Le Rabbi rendit l’espoir à de nombreuses personnes et celles-ci commencèrent à envisager qu’il n’y aurait peut-être pas de guerre en Terre Sainte. Les ‘Hassidim ‘Habad, fidèles à l’enseignement du Rabbi, ne se hâtèrent pas de se procurer un masque à gaz. Ils s’employèrent, bien au contraire, à diffuser les propos rassurants du Rabbi auprès de l’ensemble du peuple. Néanmoins, le Rabbi leur fit dire, par l’intermédiaire de son secrétaire, le Rav Yehouda Leïb Groner :
“Il n’y a pas lieu de se singulariser. Si tous reçoivent ces masques, il faut le faire aussi”.
A la même époque, de nombreuses personnes qui avaient l’intention de visiter Erets Israël pendant la période renoncèrent à leur voyage, se disant que ce moment troublé n’était pas propice pour cela. Le Rabbi reçut également de nombreuses questions, à ce sujet et sa réponse fut invariablement la suivante : “Erets Israël est l’endroit le plus sûr du monde. Il n’y a pas de crainte à avoir”.
Les Etats-Unis posèrent un ultimatum à l’Irak, par l’intermédiaire des Nations Unis. Le Koweït devrait être évacué avant le 15 janvier 1991, dernier délai. Simultanément, ils massèrent leurs troupes, des avions et une flotte en Arabie Saoudite. Des missiles et les équipements militaires les plus modernes furent installés dans le désert. En Israël, tous s’interrogeaient : que pense le Rabbi de tout cela ? N’at-il pas changé d’avis ? Y a-t-il maintenant un risque ?
Le peuple d’Israël apprit alors que le tyran irakien avait pointé des missiles de type Scud en direction de la Terre Sainte. On ne savait pas encore quelle était sa précision de tir, mais, en tout état de cause, les dégâts pouvaient être considérables. Puis, par la suite, tout se passa très vite. Sadam Hussein annonça qu’il ne cédera pas aux conditions américaines et qu’il ne quitterait pas le Koweït. Dès lors, la réaction des alliés ne faisait plus de doute.
C’est à ce moment que la fédération des associations juives américaines organisa un voyage de solidarité en Israël. Une délégation partit solliciter la bénédiction du Rabbi pour ce projet, lors de la distribution des dollars pour la Tsédaka du dimanche. Le Rabbi encouragea cette initiative et il indiqua à l’un des dirigeants :
“Votre voyage en Terre Sainte doit faire l’objet d’une large diffusion. C’est une bonne idée et c’est précisément la réaction qu’un Juif doit avoir, dans les conditions actuelles. Erets Israël est l’endroit le plus sûr du monde, car c’est là-bas que se trouve le Temple. Il n’y a donc pas lieu d’avoir peur. En conséquence, vous ferez savoir à tous que vous partez. Vous ne serez pas de ceux qui ont peur euxmêmes et qui effrayent les autres”.
Le Rabbi encouragea tous les voyages de solidarité qui étaient alors organisés.
Par la suite, lors de la réunion ‘hassidique du Chabbat Parchat Vaéra, le Rabbi indiqua encore : “ Il est dit de la Terre Sainte que : ‘les yeux de D.ieu sont toujours tournés vers elle, du début de l’année à la fin de l’année’. Le Saint béni soit-Il protège les Juifs, dans le monde entier, y compris quand ils dorment. A fortiori est-ce le cas pour ceux qui résident en Erets Israël. Il n’y a donc aucune crainte à avoir et il faut être certain que tout se passera bien ”.
Le 15 janvier, Tsahal décréta l’état d’urgence. Dans chaque foyer, une pièce au moins devait avoir l’étanchéité requise pour se protéger contre les attaques chimiques. Selon les instructions diffusées par les services de sécurité, c’est là que devaient être déposés les masques à gaz, de l’eau, des provisions, des jouets pour les enfants. En cette période, l’un des ‘Hassidim demanda au Rabbi s’il pouvait se rendre en Erets Israël à ce moment-là, bien que l’ultimatum soit écoulé. Le Rabbi lui répondit : “Vous effectuerez ce voyage et vous connaîtrez une considérable réussite”.
Le grand rabbin d’Eilat, le Rav Yossef Hecht, transmit au Rabbi une question, émanant des habitants de cette ville, sur la situation particulière d’Eilat et le Rabbi lui répondit :
“Il n’y a pas la moindre crainte à avoir”.
Nombreux furent alors les ‘Hassidim ‘Habad qui profitèrent de cette période pour visiter Erets Israël, alors que d’autres la quittaient, afin d’établir clairement, aux yeux de tous, qu’il n’y avait pas la moindre crainte à avoir, de même que pour apporter leur soutien aux habitants de Terre Sainte et pour diffuser auprès d’eux le message du Rabbi.
C’est ainsi qu’un habitant d’une ville du nord d’Erets Israël adressa à l’un de ces ‘Hassidim la lettre suivante : “Il m’a été très agréable de vous rencontrer, à la veille de la guerre, alors que je me trouvais sous l’emprise d’une terrible angoisse, devant l’incertitude de ce qui allait se passer. Vos propos agréables et rassurants m’ont tranquillisé et je tiens à vous exprimer, par la présente, ma reconnaissance, à vousmême et à celui qui vous a envoyé, ”.
La date fatidique du 15 janvier arriva. Rien ne se passa pendant cette nuit-là, ni au cours de la journée suivante. La tension était à son comble. La vie s’organisait autour des postes de radio, qui diffusaient des informations en permanence. Puis, tout à coup, la nouvelle tomba. Des avions américains bombardaient Bagdad ! Dès le lendemain, la situation paraissait beaucoup plus claire.
Vers minuit, les avions de chasse américains décolèrent de leur base, en Arabie Saoudite et ils détruisirent tous les points stratégiques de la région de Bagdad. L’aviation irakienne ne tenta même pas de réagir. L’armée de terre n’eut elle-même qu’une intervention symbolique. Il sembla que le premier coup avait été décisif.
Mais, l’avenir allait montrer qu’il n’y avait là qu’un début et que toute euphorie aurait encore été déplacée. En fait, les Irakiens n’avaient pas riposté parce que, pour eux, la guerre n’était pas encore commencée, à proprement parler et ce manque de réaction éveilla la suspicion des Américains. Cependant, peu après, tout devint très clair et l’on sut qui était l’ennemi véritable de l’Irak.
Ce fut le jeudi 2 Chevat, vers deux heures du matin, qu’un sifflement strident traversa le ciel d’Erets Israël. Les sirènes retentirent aussitôt et tous se réveillèrent en sursaut, dans la panique la plus totale. Les anciens se rappelèrent de la guerre d’indépendance et les plus vieux pensèrent même au siège du ghetto de Varsovie. Personne ne savait exactement ce qui s’était passé. Il y eut un bruit assourdissant et toutes les vitres tremblèrent, puis s’installa un silence lancinant. La radio annonça : “Israël est attaqué par des missiles. Chacun est invité à rester dans la chambre étanche et à mettre son masque à gaz”.
Le porte-parole de Tsahal précisa que l’on n’avait pas encore été en mesure de déterminer si le missile qui venait de s’abattre était muni d’une tête chimique ou non.
Quelques heures plus tard, le porte-parole indiqua que l’on pouvait désormais ôter les masques à gaz, mais que, pour l’heure, il fallait encore rester dans les chambres étanches. Une heure plus tard, il confirma que le danger était passé et il annonça qu’un miracle s’était produit, inexplicable selon la rationalité des hommes. En effet, les missiles étaient tombés dans des endroits publics sans faire la moindre victime ! Le monde entier assistait à la réalisation de la promesse formulée par le Rabbi. Mais, il n’y avait là qu’un premier miracle, le début d’une merveilleuse succession en chaîne. Peu après, le jour se leva, celui du vendredi, veille du Chabbat.
Des instructions nouvelles furent ensuite données. Chacun devait porter son masque à gaz à la ceinture et, dès que la sirène retentissait, se mettre à l’abri dans la chambre étanche la plus proche, puis être à l’écoute des nouvelles. Ces missiles parvinrent à compromettre la vie quotidienne. Les écoles fermèrent leurs portes, de même que de nombreux lieux de travail. Les rues étaient totalement désertes.
Les missiles étaient lancés à partir de l’ouest de l’Irak, une région qui, pendant la journée, était couverte par la flotte aérienne des alliées, mais, dès la tombée de la nuit, des lances missiles sortaient de leur cachette, tous pointés vers la Terre Sainte.
Peu avant le Chabbat, un télégramme émanant du secrétariat du Rabbi fut envoyé en Terre Sainte. Il portait le texte suivant :
“ Le Rabbi a demandé de diffuser ceci en Erets Israël, en particulier et dans le monde entier, en général :
Ayez un Chabbat de paix et de bénédiction. Notre sainte Torah, Torah de vérité, tranche que : ‘le jour de votre joie : c’est le Chabbat’. Or, une Hala’ha est toujours énoncée en termes clairs et sans ambiguïté. En l’occurrence, la joie doit donc être visible et tangible ”.
La réaction de ceux qui eurent connaissance de ce message fut unanime : aucun dirigeant du peuple juif n’est comparable au Rabbi de Loubavitch !
Au cours des semaines qui suivirent, pas moins de trente-neuf missiles Scud s’abattirent sur Erets Israël. Aucun d’entre eux n’avait une tête chimique. Les miracles qui se produisirent, pendant cette période, émerveillèrent les plus sceptiques.
Des immeubles furent coupés en deux par les missiles, mais ceux-ci furent toujours des locaux professionnels, vides pendant la nuit ou encore des chantiers, qui n’étaient pas encore achevés.
Un vendredi soir, un missile s’abattit sur un quartier très populeux de Tel Aviv, où il aurait pu faire de terribles ravages. Or, ce fut le seul qui n’explosa pas ! Les services de sécurité parvinrent à l’évacuer alors qu’il était encore intact.
Par la suite, lors d’une distribution de dollars pour la Tsédaka, un dimanche, le Rav Goldstein, aumônier de l’armée américaine, vint solliciter la bénédiction du Rabbi, à l’occasion de son départ pour le front, afin de soutenir le moral des soldats juifs. Le Rabbi le bénit et lui souhaita de connaître le succès, puis, juste avant de prendre congé, le Rav Goldstein demanda encore :
“La fête de Pourim approche. Dois-je emporter une Meguila avec moi afin d’en organiser la lecture pour les soldats juifs ?”.
Le Rabbi lui répondit :
“Cela ne sera pas nécessaire. A Pourim, la guerre sera achevée”.
Comme on le sait, la guerre du Golfe parvint à son terme, le jour même de Pourim !
Cette période de miracles fut l’occasion, pour le peuple juif, de prendre conscience de la grandeur du Rabbi, dont l’inspiration divine apparaissait ainsi comme une évidence pour tous. Elle contribua également à faire connaître l’imminence de la délivrance, période en laquelle le Machia’h se tiendra sur le toit du Temple et proclamera : “Vous qui êtes humbles, le temps de votre délivrance est arrivé”.
De nouveau, s’accomplissaient, aux yeux de tous, les termes du verset : “Ils eurent foi en l’Eternel et en Moché Son serviteur”.
Dans un monde où l’éducation des enfants a radicalement changé, passant du foyer familial aux institutions scolaires, la question de la place de D-ieu dans l’enseignement public américain se pose avec acuité. Cette réflexion examine l’évolution de la société américaine, l’interprétation de la Constitution, et plaide pour une réintroduction de l’enseignement spirituel dans les écoles afin de faire face aux défis moraux contemporains.
Dans les générations précédentes, les enfants apprenaient les valeurs de leurs parents à la maison, et les écoles étaient censées leur enseigner les sciences, etc. Mais aujourd’hui (quand les parents « n’ont pas le temps » d’enseigner à leurs enfants), l’éducation des enfants est la responsabilité des écoles. Pourtant, spécifiquement dans les écoles, un « rideau de fer » est érigé pour ne pas laisser entrer D-ieu… Ils soutiennent que la Constitution l’exige, etc., mais la Constitution a été établie par des gens qui sont venus dans ce pays pour pratiquer leur religion sans persécution. Ainsi, il n’y a aucune base pour l’idée qu’ils avaient l’intention d’interdire dans les écoles la mention du Créateur de l’univers ! De plus, la Constitution a été écrite « pour le peuple », et elle permet expressément des amendements lorsque les circonstances changent. Par conséquent, lorsque la situation a changé, de sorte que les enfants ne sont plus enseignés à la maison qu’il y a un « œil qui voit et une oreille qui écoute », et que nous voyons que le taux de criminalité chez les jeunes augmente, etc., le bien du peuple exige de faire quelque chose à ce sujet. Un récent développement positif est que le Président des États-Unis a lancé un appel pour permettre l’enseignement de la reconnaissance de D-ieu dans les écoles publiques.
Extrait d’un Farbrenguen de Youd Beth Tamouz 5743-1983
Dans le passé, les circonstances étaient telles que l’éducation des enfants se déroulait principalement à la maison, par leur père et leur mère, ou par un frère ou une sœur plus âgé(e).
Plus tard, quand il y a eu besoin de connaissances scientifiques, ils ont eu besoin d’un enseignant pour enseigner différentes matières également.
Maintenant, la situation est devenue telle que, pour une raison ou une autre, les parents sont préoccupés et occupés ; oui, par de bonnes choses, toutes les bonnes choses qu’ils ont l’intention de faire. Mais ils ne se consacrent pas à l’éducation de leurs enfants, pour quelque raison que ce soit.
L’enfant reçoit son éducation primaire, dans toutes les matières, non seulement les sciences et les connaissances, mais principalement concernant la façon de se conduire personnellement, et comment agir avec les personnes autour de lui, avec les autres élèves et camarades de classe – il l’obtient du comportement qu’il voit à l’école.
Et comme mentionné, s’il est talentueux, s’il est le meilleur de sa classe, ou s’il pense être le meilleur de la classe, s’il est le plus intelligent de toute la classe – alors il pense que peu importe ce que pense la classe ; il se comportera comme bon lui semble et fera ce qui est bon pour lui !
Viennent alors les instructions de Hachem et elles veulent l’atteindre – ils ferment la porte et érigent un « rideau de fer » pour ne pas laisser D-ieu entrer dans une école publique, ou n’importe quelle école, qu’elle soit « privée » ou non – cela ne fait aucune différence. Chaque école assume la responsabilité la plus grande possible de transformer un enfant en une personne adulte, et une personne adulte comme une personne devrait être.
Alors commence l’argument : qu’en est-il de la Constitution ?
Comme mentionné à de nombreuses reprises : la Constitution a été écrite, comme le texte le stipule explicitement, « pour le peuple » : elle a été écrite pour le bien du peuple pour lequel elle a été écrite et par le peuple qui l’a écrite.
Par conséquent, il est compréhensible que lorsque les circonstances changent – comme mentionné, qu’autrefois on inculquait à un enfant qu’il y a un « œil qui voit et une oreille qui écoute » quand il était à la maison, par son père et sa mère ou son frère ou sa sœur aîné(e),
maintenant il attend, et la réalité est telle que cette connaissance doit lui être donnée partout où il est éduqué. Et où est-il éduqué – pas à la maison, mais à l’école.
Et de plus, comme discuté à de nombreuses reprises : il n’y a aucune raison de soupçonner que ces mêmes personnes qui ont fui aux États-Unis parce qu’on ne leur permettait pas de pratiquer leur religion dans le pays précédent où elles vivaient, aient fui vers un endroit où elles espéraient et étaient sûres de pouvoir y pratiquer leur religion.
Pas comme dans les générations suivantes où les gens ont fui aux États-Unis pour gagner de l’argent, pour « faire un dollar », comme ils l’appellent.
Les fondateurs du pays ont fui vers ce pays à cause de la persécution religieuse, la persécution contre D-ieu ! Et ce sont eux qui ont écrit cette Constitution.
Il n’y a aucune raison de penser que l’esprit de ce qu’ils ont écrit était que D-ieu ne devrait pas être autorisé dans une école publique aux États-Unis !
Quelle que soit la façon dont vous interprétez les mots [de la Constitution] – l’esprit et le contenu de la Constitution sont que lorsqu’il y a persécution religieuse, en d’autres termes, persécution contre D-ieu – cette persécution doit être éliminée, même si cela nécessite de fuir « de votre terre et de votre lieu de naissance et de la maison de votre père » comme ils l’ont fait, lehavdil, comme Avraham Avinu l’a fait en son temps, afin qu’il puisse servir Hachem comme on doit servir Hachem.
Et de plus, comme discuté à de nombreuses reprises : la Constitution elle-même s’est assurée qu’il soit connu qu’il pourrait y avoir, et qu’il y aura, des changements à la Constitution.
Ceci est abordé dans la Constitution elle-même, qu’il ne s’agit pas d’un décret immuable ; plutôt, lorsque les circonstances dans le pays changent, alors un amendement est fait, et il a pleine force constitutionnelle.
Et aucun changement [de circonstances] plus important n’est nécessaire que celui-ci :
Quand on regarde l’histoire américaine à l’époque où la Constitution a été écrite, le pourcentage d’enfants à l’époque qui violaient les principes de conduite entre l’homme et son prochain (nous ne parlons même pas de questions de croyance), c’était un très faible pourcentage, et dans les premières années, cela n’existait pas du tout.
Mais à l’époque moderne, dans les générations récentes, et surtout ces dernières années – Ra’hmana litzlan, cela augmente régulièrement ; d’année en année, le pourcentage d’enfants qui violent les principes de conduite entre l’homme et son prochain, au sens propre, augmente.
Si, face à ce développement, il y a un doute sur le fait de faire quelque chose pour y remédier – aucun éducateur ne dirait cela.
De plus, même une personne ordinaire, qui pense comme un être humain décent, dira sûrement que lorsqu’il s’agit de prévenir la « délinquance juvénile » et autres – on ne peut pas simplement considérer ce qui a été écrit, d’autant plus qu’il a été explicitement écrit que lorsque les circonstances changent, on peut faire un amendement.
Parmi les choses positives qui se sont produites aux États-Unis tout récemment, il y a le fait que la position qui à l’époque a aidé à libérer mon beau-père, afin qu’il puisse s’occuper de répandre la droiture et l’intégrité –
cette position, et celui qui occupe cette position – le président actuel – a lancé un appel pour que des efforts soient faits pour permettre à D-ieu de revenir dans les écoles ! Pas Rachmana litzlan pour ériger un rideau de fer pour ne pas Le laisser entrer, spécifiquement dans les écoles, même s’ils Le laissent entrer au Sénat et au Congrès, et sur chaque centime, sur chaque forme de monnaie et d’argent et d’or ils écrivent, et d’une manière gravée, pour que cela ne puisse pas être effacé, la croyance en D-ieu !
Et quand le même enfant va acheter une sucette ou un jouet et doit payer le commerçant pour cela – il sort une pièce de sa poche qui mentionne D-ieu dessus ! Et de plus – elle mentionne la croyance en D-ieu.
Et quand on lui demande : quel genre de chose est-ce, « D-ieu » – il dit qu’à l’école, on ne lui a rien dit à ce sujet ! Et on ne lui a même pas dit de demander ce que [signifie] l’inscription sur le dollar ou le cent (In god we trust), etc.
Et comme mentionné, ce n’est pas pour diminuer, chas v’shalom, le respect de la loi ou le respect de la Constitution et autres – au contraire, le but est de respecter leur intention véritable.
Et surtout depuis que le président du pays a lancé un tel appel, et n’a pas eu honte et l’a dit tel quel, sans « avoir honte devant les moqueurs », ceux qui viennent et veulent en tirer un petit profit, ou même plus, ils s’en moquent, ou même plus – ils disent que cela va à l’encontre du bien du pays !
Il n’y a jamais eu de possibilité de dire et de comprendre comment c’est contre le bien du pays de dire qu’il y a un « œil qui voit et une oreille qui écoute ».
• …J’ai reçu votre lettre du 9 Nissan et vous y trouverez une réponse en bref dans mon introduction au fascicule édité après le départ de ce monde et dans cette lettre, ce qu’il me semble à ce sujet.
« Quant à votre demande de poser des questions au Rabbi, lorsque vous avez des doutes sur la manière de vous comporter, il est important de comprendre que bien qu’il ne soit plus physiquement présent, si vous maintenez fermement votre attachement à lui et résistez aux tentations du mauvais penchant, il existe des moyens par lesquels le Rabbi peut vous répondre. Une façon de le faire est d’envoyer une lettre au Ohel du Rabbi, en exprimant vos préoccupations et vos questions. Par la Providence Divine, le Rabbi peut trouver un moyen de vous répondre ».
Extrait d’une lettre du 10 Nissan 5710
» …Puisque «sa descendance est en vie» – les ‘Hassidim qui étudient son enseignement de la ‘Hassidout et accomplissent ce qu’il a instauré – alors « lui est en vie ». Et cela continuera ainsi tant que « sa descendance est en vie » jusqu’à la venue de Machia’h ».
« Et même après la venue de Machia’h, lorsque la promesse sera accomplie et que ceux qui dorment dans la poussière se réveilleront et chanteront, il est certain que nous continuerons à étudier son enseignement de la Hassidout et à suivre la voie droite qu’il nous a montrée à travers ses enseignements ».
Et nous irons dans ses chemins éternels. » Car, en même temps qu’on étudiera la Torah de la bouche de Machia’h, « une nouvelle Torah sortira de Moi », chaque ‘Hassid ira avec son Rabbi et nous tous, et chacun de nous – nous irons avec notre Rabbi, le chef de notre génération, qui, même aujourd’hui, « est en vie ».
Extrait d’une Si’ha du 12 Tamouz 5745
« Les bergers d’Israël ne se séparent pas de leur troupeau », et nous sommes attachés maintenant exactement comme au premier instant et au premier jour après la Histalkout du Rabbi.
« Ainsi, nous devons nous accrocher à la « poignée » (de la porte du Rabbi – ndt) et continuer à nous rapprocher, à nous rendre sur sa tombe avec des questions et des demandes, à écrire des lettres et à demander miséricorde et bénédictions. Nous devons également demander que se réalise la promesse « et lui te nourrira », qu’il fournisse les récipients pour recevoir les bénédictions ».
« Ceux qui se sont tenus à la « poignée », ceux qui se tiennent maintenant à la « poignée », et ceux qui se tiendront à la « poignée » à l’avenir, ainsi que tous ceux qui, par la Providence Divine, ont entendu son enseignement ou ont été touchés par lui d’une autre manière, se libèrent ainsi de leur propre limitation. Car, comme il est dit : « Ce n’est pas seulement moi que D.ieu a libéré, etc. », ils sont libérés de leur propre moi limité et s’élèvent vers une connexion plus profonde avec l’infini ».
« Effectivement, la libération individuelle reste potentielle et doit être concrétisée. Ainsi, ce ne sera pas seulement une libération individuelle, mais la Délivrance générale pour l’ensemble du peuple juif. La réalisation de la libération individuelle contribue à l’avènement de la Délivrance collective, où tous les Juifs seront affranchis des contraintes et des limites pour entrer dans une ère de rédemption et de plénitude spirituelle. C’est un processus qui nécessite l’engagement de chaque individu et qui mène finalement à la Délivrance complète pour tout le peuple d’Israël ».
Extrait d’une Si’ha de Chabbat Parchat Yitro 5740
« Ceux qui ont eu l’occasion de se rendre sur les tombes des justes (Ohel) savent qu’il y a des Ohel qui engendrent une sensation d’amertume et de contraction, tandis que d’autres Ohel apportent joie et élévation. Chaque lieu de repos des justes a une énergie spécifique qui peut avoir des effets différents sur ceux qui s’y rendent. Certains endroits peuvent susciter des sentiments de tristesse ou de limitation, tandis que d’autres inspirent la joie et une élévation spirituelle ».
« Le Ohel du Rabbi possède cette caractéristique spécifique. Lorsque l’on se rend sur le Ohel, avant même de méditer, on ressent une élévation et une expansion de l’esprit qui sont associées à la joie. La proximité spirituelle avec le Rabbi peut engendrer une élévation de l’âme et une expérience de joie profonde. C’est un lieu où l’on peut ressentir une connexion intime avec le Rabbi et recevoir une inspiration spirituelle élevée ».
« En effet, tout au long de sa vie, l’œuvre du Rabbi a été orientée vers le rapprochement et l’élévation de tous les Juifs, même ceux considérés comme les plus éloignés ou les plus simples. Son intention était de réaliser la promesse divine de « les rapprocher de la Torah», de permettre à chaque individu de contempler la douceur de D.ieu et de révéler leur part dans l’étude de la Torah et l’accomplissement des Mitsvot ».
Extrait d’une Si’ha du 10 Chevat 5716
Il est certain que lorsque l’on se rend sur le Ohel, l’aide spirituelle est plus intense et palpable. Cependant, même lorsque l’on se trouve à proximité de cet endroit sacré, cela apporte également une assistance spirituelle. Cela est comparable à ce que dit le Talmud, lorsqu’on a « du pain dans son panier », la faim n’est pas aussi grande car on peut la calmer en mangeant. De la même manière, être proche du Ohel ou de tout lieu saint offre une présence et une influence bénéfiques qui peuvent apaiser et nourrir l’âme, même si elles peuvent ne pas être aussi puissantes que lorsque l’on se trouve directement sur le lieu saint lui-même.
« De même, lorsque le mauvais penchant sait qu’il existe un moyen de se recueillir sur la tombe d’un Tsaddik, et non seulement n’importe quel Tsaddik, mais le chef de la génération, dont il est lui-même un élément, il sait que l’aide spirituelle est plus puissante que celle d’un simple Tsaddik. En conséquence, le mauvais penchant ne se manifeste pas avec la même force initiale, car il sait qu’il peut être complètement brisé en présence d’une telle force spirituelle ».
Extrait d’une Si’ha du 10 Chevat 5714
C’est également le sens des paroles du Rabbi Rachab avant son départ de ce monde, quand il dit : « Je vais au Ciel. » Son intention est d’expliquer à son troupeau que même son élévation est liée à eux – puisque, même étant au Ciel, « il se tient et sert ».
Comme disent les Sages, « comme auparavant, il se tient et sert » pour faire descendre tout ce dont ils ont besoin, c’est-à-dire pas seulement pour les choses spirituelles, la Torah et ses Mitsvot, mais aussi pour les choses matérielles.
Nous le voyons pour Moché Rabbénou : par son mérite, la manne est descendue pour les Juifs (et le puits ainsi que les Nuées de Gloire sont revenus pour Moché), à tel point que, lorsque Moché a argumenté « d’où ai-je la viande pour tout ce peuple ? », D.ieu a montré que même le fait de recevoir de la viande doit être par Moché Rabbénou.
« Il en est de même après son départ de ce monde. C’est ce que dit le chef du peuple juif à son troupeau : puisque, pour réussir en tout, spirituellement et matériellement, il est nécessaire d’avoir le « réveil d’En-Haut », pour cela il monte au Ciel, pour qu’il puisse agir afin que le « réveil d’En-Haut » soit plus fort ».
D’autant plus que, d’année en année, l’obscurité se renforce, il y a donc besoin de forces plus grandes. Et puisque, dans chaque chose, il faut aussi une prise sur le matériel, pour cela, il continue et dit : « Les écrits, je vous les laisse. »
Puisque, dans ces « écrits », il a mis son essence lorsqu’il était vivant dans ce monde, par eux, son influence descend même à présent.
Extrait d’une Si’ha de A’haron Chel Pessa’h 5717
• … Il faut donc que la pensée et la méditation sur le départ de ce monde soient comme la première fois. Comme il est expliqué dans les Si’hot du Baal HaHilloula (le Rabbi Précédent – ndt), à propos de la pensée et de l’imagination : il faut revivre la chose comme elle a été la première fois.
Comme il raconte l’histoire avec le militaire, que, quand il s’est représenté comment il s’était tenu devant le roi… il s’est évanoui bien que cela ait été des dizaines d’années plus tard.
« Il en est de même à propos du jour de la Hilloula du 10 Chevat, qu’il doit y avoir la méditation sur ce sujet comme cela était la première fois… Et cela fait que s’évanouissent chez lui toutes les choses indésirables. Et s’annuleront chez lui toutes les choses qui ne sont pas conformes à la volonté du Baal HaHilloula et toutes celles qui viennent de l’esprit de folie ».
Et, quand tout cela va être annulé, il n’y a rien qui empêche de se lier à D.ieu. Et il transforme tout en sainteté…
Extrait d’une Si’ha de Chabbat Parchat Bo 5736
• La bénédiction est comparable à la pluie qui tombe après qu’on ait labouré et semé. Il en est de même au sujet du Pan (la lettre à lire sur le Ohel – ndt), c’est par l’attachement entre le demandeur et celui à qui on demande.
Puisque votre désir et votre volonté sont que je lise votre lettre sur le tombeau du Rabbi (Précédent – ndt), vous fixerez certainement un cours pour étudier son enseignement qu’il publia au cours des dernières années.
(Extrait d’une lettre du 9 Kislev 5714)
• …Il ne faut pas se contenter d’étudier l’enseignement du Tsadik « comme si l’auteur de l’enseignement se tenait devant lui » – avec le mot « comme » seulement.
Après cela, il faut aller à un degré plus haut – que l’auteur de l’enseignement se tient vraiment devant lui, sans le « comme ».
Extrait d’une Si’ha du 10 Kislev 5744
• Il y en a certains chez qui on utilise l’expression « ils nous a abandonnés aux soupirs ». Une expression pareille – je ne la dirai pas car le Rabbi mon beau-père ne disait pas « soupirs » et aussi c’est le contraire du chemin de la ‘Hassidout… Donc, dire que « il nous a abandonnés aux soupirs » – c’est certainement un mensonge. « Aux soupirs » – certainement pas. Et même « a abandonné » – c’est seulement « si tu m’abandonnes » alors « Je t’abandonnerai ».
Mais, quand il n’y a pas la situation de « tu m’abandonnes », automatiquement il n’y a pas la situation de « Je t’abandonnerai », de telle sorte qu’il n’y a ici aucun sujet « d’abandonner ».
La différence entre avant la Histalkout et après la Histalkout n’est que par rapport au mauvais penchant.
Avant la Histalkout, le mauvais penchant ne pouvait pas prétendre : «Ce n’est pas ce que tu as entendu du Rabbi et ce n’est pas ce que le Rabbi t’a ordonné de faire.» Car on pouvait entrer avec le mauvais penchant en entrevue chez le Rabbi, de façon clairement visible, et demander – devant le mauvais penchant – quel ordre lui avait été donné.
Ce n’est pas le cas aujourd’hui – le mauvais penchant ne peut pas entrer là puisqu’on ne le laisse pas y entrer ! Et donc quand on lui dit : «Viens et on va éclaircir quel commandement on m’a donné.» Il répond qu’il est prêt à y aller et, quand on ne le laisse pas entrer, il dit que ce n’est pas de sa faute et, de toute façon, il ne croit pas dans les mots qu’on lui a transmis car ils n’ont pas été dits devant lui.
Aussi, il continue avec toutes les tentations comme auparavant. Et s’il a affaire à quelqu’un qui n’a pas la fermeté qui doit exister chez un ‘hassid – il peut se faufiler peu à peu, comme dit le Talmud : «Au début, on l’a appelé ‘passant’ et à la fin on l’a appelé ‘invité’ et à la fin ‘maître de maison’», D.ieu préserve.
Il faut donc savoir que tout cela vient du mensonge. Tout ce qui ne vient pas de la sainteté n’a pas de vraie existence. Il en est de même et encore plus pour tous les arguments cités – qui sont des arguments de mensonge.
Il faut donc savoir que la vérité est qu’il n’y a pas ici de sujet «d’abandonner». Et personne ne doit se laisser influencer que tout ce que le Rabbi lui a dit, ou qu’il a dit à d’autres en pensant à lui, n’ont pas d’actualité aujourd’hui car les temps ont changé.
Si les choses étaient dites aujourd’hui d’une façon différente, le changement s’exprimerait en cela qu’on lui aurait ordonné d’ajouter bien des fois plus.
Celui qui regarde bien la situation, sans être corrompu par des désirs et des arguments – voit que, depuis la Histalkout, la réussite s’est rajoutée dans tous les sujets dont le Rabbi a voulu qu’on s’occupe – sans commune mesure !
Extrait d’une Si’ha de Sim’hat Torah 5716
• …Il en est de même à propos de faire descendre les « influences » par le Rabbi. Et d’abord ce que j’ai dit à quelqu’un il y a deux ans que ce que l’on veut voir, on le voit.
Quand on explique le sujet de Histalkout au sens premier et on veut voir la grandeur de l’élévation du Rabbi, que le Gan Eden inférieur ne suffit, le « septième ciel » est certes très élevé mais le degré du Rabbi est encore plus élevé – puisque D.ieu est l’essence du Bien, et la nature du Bien est de faire du Bien, D.ieu accomplit sa volonté et lui montre l’élévation du Rabbi, que le Rabbi est plus haut que le « septième ciel » et lui, il se trouve en bas.
Mais, quand on explique le sujet de Histalkout comme le Rabbi explique dans le Maamar « Bati Légani » qu’il fit publier pour le jour anniversaire du décès, que la Histalkout est un dévoilement de la lumière du niveau d’élévation.
C’est-à-dire que, bien que ce soit un sujet d’élévation, cela descend en bas et, comme il est expliqué dans le Zohar, que « le Tsadik qui quitte ce monde se trouve dans tous les mondes plus que de son vivant » – alors on lui montre d’en haut comment il « se trouve » dans le monde en bas et il voit de ses yeux de chair tout ce que le Rabbi fait descendre.
Extrait d’une Si’ha du 20 Mena’hem Av 5713
• Bien que l’on nous demande chaque année d’introduire un changement sans commune mesure (avec la situation précédente – ndt), on ne fait pas obligatoirement référence à des « choses terribles ». On peut se consacrer à des choses qui restent dans le cadre de la nature, limitées.
Toutefois, cette mise en oeuvre ne doit pas être réalisée comme « un accomplissement habituel » mais avec la prise de conscience forte qu’ainsi on renforce son attachement au Rabbi.
De cette manière, même quand le Rabbi s’élève, il nous entraîne avec lui. Tout ce qu’on nous demande, c’est «ouvrez- moi… comme le chas d’une aiguille.»
De notre côté, nous devons faire une «ouverture» au moins «comme le chas d’une aiguille» mais avec la ferme résolution que, quoi qu’il arrive et quel qu’en soit le coût, nous accompagnerons le Rabbi.
Extrait d’une Si’ha du 10 Chevat 5712)
• En ce qui concerne le départ d’un Tsaddik, on trouve que la manière de se conduire va dans deux directions opposées.
D’un côté, il faut alors avoir un comportement de « il pleure et porte le deuil » sur le fait qu’il soit parti. D’un autre côté, c’est aussi le moment d’apprendre de «ses actions, son enseignement et du service de D.ieu qu’il a accompli toute sa vie»… pour continuer à suivre le chemin qu’il nous a indiqué.
C’est ainsi que s’applique la parole de nos Sages selon laquelle si «sa descendance est en vie», alors «lui aussi est en vie.»
Extrait de Likoutei Si’hot vol. 18 p. 411
• Rav P. raconte : «Au début de la Nessiout, je suis venu de Montréal pour quelques jours pendant ‘Hol ‘Hamoëd. Je devais rentrer immédiatement le lendemain de la fête et j’ai demandé au Rabbi si je pouvais aller sur le Ohel (alors que c’était ‘Hol ‘Hamoëd ou Isrou ‘Hag). Il m’a répondu : « Si c’est pour vous un cimetière, alors dans un tel endroit on ne va pas. Mais si vous pensez que le Rabbi a déménagé quelques blocs plus loin, quelle est la différence entre ici et là-bas ? »
Rav Israël D. raconte : « En 5685, le Rabbi précédent a fait de moi un Chalia’h pour aller à Rostov, le 2 Nissan (jour du décès du Rabbi Rachab – ndt). Avant que je sorte de Ye’hidout, il m’a demandé : «Israël, sais-tu comment parler à mon père ?» Je suis resté interloqué. Il m’a dit : «A mon père, il faut parler comme en Ye’hidout ; tu es entré en Ye’hidout chez mon père. Tu dois dire : «Rabbi, je suis un Chalia’h de votre fils et de la Rabbanite. Ils ont fait de moi un Chalia’h. Ensuite, tu diras le Maané Lachon.»
On peut s’interroger: pourquoi faire un Farbrenguen en liaison avec un départ de ce monde. A priori, cet événement représente le contraire de la vie… et le contraire de la joie… alors que le Farbrenguen a pour but d’ajouter de la vie et de la joie dans le service de D.ieu?
Mais, quand un Juif réfléchit au fait que D.ieu conduit le monde entier et donc que c’est également Lui qui réalise le départ de ce monde, quand il sait aussi que la volonté de D.ieu est qu’un Juif Le serve avec joie en tout temps…, il en ressort qu’il n’y a pas de contradiction entre le départ de ce monde et la joie…
En effet, l’existence d’une âme éternelle est réelle même après le départ. De plus, quand il s’agit de l’âme d’un Nassi, cette éternité s’exprime aussi dans la Nessiout dont les effets dans le monde sont également éternels… C’est- à-dire que le Nassi continue d’aider chacun à accomplir la mission confiée par D.ieu : faire de ce monde une « demeure » et un « jardin » pour Lui…
En Israël, il existe un conflit continu entre les communautés de différents niveaux d’observance religieuse concernant l’armée : Qu’est-ce qui est le plus important, servir dans l’armée ou étudier la Torah ? Beaucoup de juifs laïcs ont développé une animosité envers les Ba’hourim de Yéchivot. De nombreux juifs religieux ont développé une animosité envers les soldats. Bien sûr, le Rabbi avait une attitude différente.
LA HAKAFA SPÉCIALE
C’était la nuit de Simchat Torah en 5737*. Le 770 était bondé jusqu’aux chevrons. L’énergie était palpable ; alors que les hakafot s’enchaînaient, le Rabbi encourageait le chant à atteindre des sommets toujours plus hauts.
Soudain, le Rabbi fit signe au gabbaï, Reb Moshe Pinchas Katz. Il l’informa qu’il dirait quelques mots avant la cinquième hakafa.
Dès que le gabbaï annonça : « Ad kan, hakafa daled », le Rabbi commença à se diriger vers le bord de son estrade. D’une voix forte, le Rabbi déclara :
« Durant ces jours de galut, il y en a qui protègent leurs frères juifs en diaspora, et ceux qui protègent leurs frères en Terre Sainte en risquant leur vie aux frontières. Ils sont le vêtement de la protection constante de Hachem… »
« Que tous ceux qui sont ou étaient dans l’armée aillent à la cinquième hakafa, avec le nigun ‘Hoshia et amecha’. »
Alors que des milliers de ‘hassidim et de jeunes regardaient, un large groupe de ‘hassidim – soldats et vétérans – se frayèrent un chemin jusqu’au centre de la synagogue. Ils étaient menés par Reb Zushe Wilmovsky, qui avait combattu pendant la Guerre d’Indépendance. Le Rabbi mena personnellement les versets, puis commença à chanter « Hoshia et amecha… ».
Cette Simchat Torah eut lieu peu de temps après le raid d’Entebbe. Des terroristes avaient détourné un avion rempli de passagers, et dans une opération qui stupéfia le monde entier, Tsahal s’envola jusqu’en Ouganda et secourut les otages avec un minimum de pertes.
Alors que les Juifs d’Erets Israël célébraient les soldats et leur victoire, certains rabbins les décriaient. C’était l’œuvre de Satan, disaient-ils, car Hachem n’accomplit pas de miracles à travers des « mécréants » – les soldats laïcs de l’État sioniste.
Au cours des mois suivants, le Rabbi rejeta publiquement et sans détour ces allégations. C’était un miracle évident de la main de Hachem, dit le Rabbi, et les soldats qui avaient risqué leur vie pour leurs frères juifs avaient un immense mérite.
L’opinion du Rabbi ne fut pas une surprise. Tout au long des années, la haute considération du Rabbi pour les soldats et leur abnégation était bien connue. Ils se mettaient courageusement en danger pour protéger leurs frères juifs, et c’était un profond mérite – indépendamment des questions concernant Erets Israël et le sionisme.
Le Rabbi qualifiait leurs batailles de milchemet mitzva (guerre sainte). Un rav bien connu demanda une fois au Rabbi comment cela pouvait être le cas, si le Rambam écrit que les soldats dans une milchemet mitzva doivent « avoir à l’esprit de sanctifier le nom de Hachem ».
Le Rabbi répondit : « Ils ne sont pas religieux avant d’aller protéger et peut-être après non plus, mais certains d’entre eux sont transformés et inspirés dans les moments de danger évident. Si c’est le cas, à ce moment-là, ils sont considérés comme menant les guerres de Hachem. »
Les miracles étonnants vécus par les soldats de Tsahal étaient spécifiquement dus à leur mérite particulier. « Ce sont des Juifs qui font une abnégation totale, dit le Rabbi, donc ils sont clairement des réceptacles dignes pour que des miracles manifestes se produisent à travers eux. »
L’UNITÉ N’A PAS D’IMPORTANCE
Après la Guerre de Kippour, un soldat écrivit au Rabbi sa déception de ne pas pouvoir servir dans une unité de combat en raison de problèmes de santé.
Le Rabbi répondit :
« La mission d’un soldat est évidemment d’être de la plus grande utilité à l’armée (et non de trouver des occasions de montrer sa force et son intrépidité). Parfois, c’est spécifiquement votre unité qui apporte le plus grand bénéfice, tant que vous y servez sans amertume. »
(Igrot Kodesh vol. 29 pg. 119)
À QUI APPARTIENT LE POUVOIR ?
Après les victoires étonnantes pendant la Guerre des Six Jours, de nombreuses personnes commencèrent à voir Tsahal comme une force de protection surpuissante, en omettant délibérément le nom de Hachem.
Mais dans les sichos et les lettres du Rabbi, il y a un thème récurrent : l’importance de se rappeler que leurs succès viennent directement de la main de Hachem. Et pour mériter les bénédictions continues de Hachem, le Rabbi soulignait souvent qu’il était important que l’armée remplisse les obligations de « Ve’haya machanecha kadosh ».
En tant qu’armée de Juifs protégeant le peuple juif en Erets Israël, le Rabbi cherchait toujours des moyens de renforcer le niveau de judaïsme observé dans l’armée. Chaque Loubavitch qui servait dans l’armée était chargé par le Rabbi de « faire une atmosphère » de judaïsme autour de lui, et le Rabbi soutenait fortement le Rabbinat de Tsahal pour son travail à cet égard.
Un grand nombre des campagnes de mitzvot du Rabbi ont en fait commencé dans l’armée et sont restées une très grande priorité au fil des années. La campagne des Tefilines a notoirement débuté pour les soldats avant la Guerre des Six Jours.6 La campagne de Hanoukka a commencé après la Guerre de Kippour, avec une grande importance accordée aux soldats également.7 La campagne de Pourim – qui a débuté dans les années 5720-1960 – était un projet relativement mineur jusqu’à ce que le Rabbi l’étende à l’armée en 5731-1971. Les campagnes de bayit male sefarim (maison pleine de livres) et de tsedaka (charité) ont commencé avec l’appel du Rabbi après la Guerre de Kippour pour que les soldats reçoivent des ensembles de Tefilines, de sidourim, de Tehilim et de boîtes à tsedaka. Pendant la période de la campagne du Sefer Torah, qui coïncidait avec la première Guerre du Liban, le Rabbi lança une campagne spéciale pour écrire un Sefer Torah pour les soldats.
Beaucoup de ces campagnes étaient personnellement subventionnées par le Rabbi en partie ou en totalité, et le Rabbi attendait toujours de recevoir des rapports détaillés à leur sujet. Dans une occasion notable, lorsque des jeunes gens étaient bloqués pendant une campagne dans le désert du Sinaï un Pourim, le Rabbi attendit qu’ils s’organisent eux-mêmes avant de commencer le Farbrenguen de Pourim au 770 !
Ces campagnes eurent un impact majeur. Elles renforçaient le judaïsme des soldats et leur donnaient espoir et encouragement pendant des périodes très difficiles. Les jeunes gens apportaient les paroles du Rabbi – parfois des messages directement du Rabbi – aux soldats, leur donnant de la force en sachant que quelqu’un se souciait profondément du sacrifice qu’ils faisaient.
Grâce à ces campagnes, le Rabbi put établir un lien personnel avec d’innombrables Juifs en Erets Israël ; un lien qui se poursuivit longtemps après la fin de leur service militaire. Pour le reste de leur vie, les gens se rappelaient et chérissaient ces expériences positives, qui influençaient de nombreux aspects de leur vie.
DES LEÇONS DE L’ARMÉE
Dans de nombreuses lettres, le Rabbi souligne plusieurs leçons que nous pouvons tirer spécifiquement d’une armée. En voici deux :
« L’entraînement militaire inculque aux soldats une nature à effectuer immédiatement la mission avec soumission et abnégation… naaseh avant nishma. »
Et un autre point important : Une mission n’est pas une affaire personnelle du soldat. Elle a un impact sur la survie de toute l’armée… C’est pourquoi le soldat l’exécute sans se demander si elle ou ses composantes sont importantes. Seul le commandant en chef comprend vraiment l’importance de chaque petit détail.
« Ces deux concepts sont les règles fondamentales de la vie pour chaque Juif qui vit son quotidien conformément à la Torah et aux Mitsvot de Hachem… »
TROUVER LE MIRACLE
En période faste, il fallait parfois rappeler au public que le succès vient de Hachem. Mais la Guerre de Kippour n’était pas exactement un succès éclatant, et les gens se souvinrent rapidement que Tsahal n’était pas infaillible. Beaucoup eurent le sentiment que cette guerre n’avait pas eu de miracles comme la Guerre des Six Jours, et commencèrent à dire le contraire : « Pourquoi Hachem nous a-t-Il abandonnés, D.ieu préserve ? » Cette fois, le Rabbi les encouragea, en disant que la main de Hachem les guidait encore. Le Rabbi souligna qu’il y avait eu des miracles qui surpassaient en fait ceux de la guerre précédente :
« Après que les Égyptiens aient réussi à traverser le Canal de Suez, absolument rien ne les empêchait d’avancer jusqu’à Tel Aviv… Pour une raison inexplicable, ils s’arrêtèrent après n’avoir avancé que de 12 kilomètres ! »
L’histoire prouve à quel point ce miracle était grand. Pendant la Seconde Guerre mondiale, les Français construisirent une ligne de défense imprenable appelée la Ligne Maginot. Une ligne de fortifications en béton, d’obstacles et d’installations d’armes si forte que la Ligne Bar Lev dans le Sinaï n’était rien en comparaison. Les nazis, que leur mémoire soit effacée, percèrent la ligne avec leurs puissants blindés (comme les Égyptiens le firent avec la Ligne Bar Lev) et en une journée, ils conquirent toute la France ! »
Pendant la même période, le Rabbi parla longuement13 du moral des soldats. Des milliers de jeunes soldats étaient morts et beaucoup d’autres étaient blessés, et par conséquent, le moral des survivants était très bas. Le point de vue de l’armée était que les soldats avaient besoin de divertissement. L’autre point de vue – que les soldats eux-mêmes exprimaient – était qu’ils avaient besoin d’être élevés spirituellement.
Au lieu d’aborder la question de manière théorique, le Rabbi dit qu’il fallait l’aborder de manière scientifique. En trouvant la solution à un problème, la question n’est pas de savoir ce qui pourrait ou devrait fonctionner ; c’est ce qui a fonctionné dans une situation identique par le passé.
À travers les générations, le peuple juif a cherché la force de différentes manières ; parfois il l’a cherchée dans la Torah, mais d’autres fois – de nombreuses autres fois – il a cherché d’autres voies, en remontant jusqu’au veau d’or.
L’histoire a montré que la seule chose qui a maintenu la nation juive en vie n’était pas une langue commune (il n’y en a pas), ni un habillement commun (nous n’en avons pas), mais l’accomplissement de la Torah et des Mitsvot. Quiconque s’écartait de ce chemin retrouvait son chemin ou s’assimilait. Donc, lorsqu’il y a un problème de moral dans une armée juive, nous devons utiliser la solution éprouvée et véritable – renforcer l’observance de la Torah parmi les soldats, en faisant ainsi appel à l’arme secrète du peuple juif.
Plus spécifiquement, le Rabbi proposa qu’on leur donne des ensembles de Tefilines, de sidourim, de Tehilim et de boîtes à tsedaka. Les avoir à disposition donnerait aux soldats accès à ces objets, et servirait également de rappel physique pour accomplir ces Mitsvot. Pourvoir à leurs besoins spirituels, dit le Rabbi, donnera aux soldats un véritable sens dans leur vie et de l’énergie pour remplir leur mission.
UNE PRÉOCCUPATION CONSTANTE
Le profond amour et la préoccupation du Rabbi pour les soldats s’exprimaient d’innombrables façons. Lorsque le Rabbi parlait de la question de la restitution de territoires, il mentionnait souvent que des soldats avaient perdu la vie en les conquérant. Lorsque des soldats et d’anciens soldats rendaient visite au Rabbi, ils ressentaient tous la profonde préoccupation du Rabbi pour leur bien-être.
Lorsque les soldats blessés visitèrent le 770, le Rabbi leur réserva un accueil sans précédent, prononçant un discours en hébreu puis s’approchant de chacun individuellement, les couvrant d’éloges et d’encouragements.
Cet amour s’étendait également aux familles des soldats. Plusieurs mois après la Guerre des Six Jours, le secrétaire du Rabbi, le Rav Hodakov, envoya une lettre à Tzach en Erets Israël.
« J’ai été informé qu’environ 70 veuves de soldats tombés au combat attendent des enfants… Évidemment, accoucher et s’occuper de la maison et des autres enfants est d’autant plus difficile sans mari et père… Vous soulèverez sûrement la question avec les femmes Habad qui sont actives à cet égard et trouverez comment leur venir en aide. Évidemment, quand les enfants naîtront, Tzach les aidera à organiser un brit avec toute la hidour et la joie. »
Après que les instructions du Rabbi soient arrivées en Erets Israël, Madame Shifra Marozov – qui avait perdu son mari Dovid (voir section suivante) au combat juste deux semaines plus tôt – prit sur elle et commença à contacter ses compagnes veuves, les encourageant et trouvant des moyens de les aider.
L’un des événements les plus célèbres qu’elle organisait avec Tzach était la bar mitsva annuelle pour les orphelins. Chaque année, une immense célébration avait lieu à Kfar Habad, à laquelle assistaient des milliers de personnes. Les politiciens de premier plan du pays faisaient toujours en sorte d’être présents, et le Rabbi envoyait un message personnel aux garçons.
Beaucoup de ces femmes commencèrent une relation personnelle avec le Rabbi. « En 1973 », raconta Mme Marozov, « je me rendis chez le Rabbi. Avant de partir, je dis à mes amies qu’elles pouvaient écrire des lettres que je remettrais personnellement au Rabbi. En peu de temps, j’avais une pile de lettres adressées au Rabbi. Une femme, cependant, m’avait écrit une note directement: ‘Shifra, dis au Rabbi à quel point je suis brisée. Je veux déjà me remarier !' »
Je remis également cette lettre au Rabbi, et il la bénit pour qu’elle trouve un conjoint et fonde un foyer avec lui. Deux semaines passèrent et elle rencontra un célibataire, qu’elle épousa bientôt. »
Elle fit plus tard remarquer : « Vous savez qui était mon marieur ? Le Rabbi de Loubavitch! »
ÉTUDIER LA TORAH OU SERVIR DANS L’ARMÉE
Après la Guerre des Six Jours, les combats se poursuivirent sporadiquement sur le front égyptien. Un jour, les ‘hassidim de Kfar ‘Habad reçurent une nouvelle terriblement choquante.
L’un des leurs, Reb Dovid Marozov, avait été tué au combat alors qu’il servait dans la réserve.
La nouvelle envoya des ondes de choc dans tout le monde Habad, et lors d’un Farbrenguen peu de temps après, le Rabbi parla d’une voix étranglée du « petit-fils de ‘Honyé » qui était décédé en protégeant ses frères et sœurs.
Avant de mentionner son histoire spécifique, le Rabbi souleva une question générale : Qui est le plus méritant ? Les soldats qui protègent au front, ou les étudiants de yeshiva qui protègent la nation par l’étude de la Torah ?
Chacun est important, nota le Rabbi. Le Talmud nous dit que l’étude de la Torah du roi David facilitait les guerres de Yoav, et les guerres de Yoav facilitaient l’étude de la Torah de David, dans une relation de type Issakhar-Zevouloun.
Mais peut-on considérer l’un plus méritant que l’autre ? Dans la relation entre Issakhar et Zevouloun, Zevouloun est considéré plus important pour avoir facilité l’étude d’Issakhar. « Combien plus en ce qui concerne les soldats, dit le Rabbi, qui mettent leur vie en jeu pour protéger leurs frères juifs de leurs ennemis. »
Plusieurs mois plus tard, le Rabbi parla à nouveau de ce sujet, en insistant cette fois sur l’importance de l’étude de la Torah :
« Sans l’étude de la Torah de David, c.-à-d. sans l’affirmation de la Torah que la Terre Sainte appartient à la Nation Sainte, Yoav n’aurait aucune revendication [avec laquelle partir en guerre] ! Pour que l’armée réussisse, il doit y avoir une contrepartie qui fait l’effort spirituel ! Tout comme quelqu’un qui abandonne le front est un déserteur de l’armée, de même, si quelqu’un est dans une yeshiva à étudier la Torah pour le bien de la nation juive mais ferme ensuite sa Guemara pour prouver qu’il peut aussi être un guerrier, il est également un déserteur ! »
En effet, dès les premiers jours de Tsahal, les étudiants de yeshiva étaient exemptés du service militaire en raison de leur étude de la Torah, et le Rabbi critiqua fermement toute tentative de les enrôler même pour de courtes périodes. En 5733*, des membres du Mafdal (un parti politique sioniste religieux) exprimèrent leur soutien à l’enrôlement des étudiants de yeshiva même pour de courtes périodes, et le Rabbi souligna à quel point c’était absurde.
« Moshe Dayan et Ben Gourion ont exempté les étudiants de yeshiva du service militaire, et ce sont spécifiquement ceux qui parlent au nom du judaïsme qui soutiennent l’enrôlement des étudiants de yeshiva ! »
Cependant, lorsque des individus quittaient la yeshiva pour travailler, ils se plaçaient dans une situation différente.
Un individu écrivit une fois au Rabbi, demandant conseil pour obtenir une exemption afin d’aller travailler. Lorsqu’il ne reçut pas de réponse, il demanda à un ami de soulever la question en yé’hidout.
La réponse du Rabbi n’était pas celle qu’il attendait. Le Rabbi cita le Talmud : « Pourquoi penses-tu que ton sang est plus rouge que celui d’un autre ? » S’il étudiait la Torah, dit le Rabbi, il serait éligible à un report, mais de quel droit va-t-il travailler pendant que quelqu’un d’autre met sa vie en jeu pour sa sécurité…
À cette époque, les jeunes israéliens élaboraient souvent des stratagèmes complexes pour obtenir des reports leur permettant de quitter le pays et de venir chez le Rabbi. Cependant, le Rabbi n’exprima jamais son soutien à ces actions et les rejeta toujours lorsqu’on lui demandait.
Un jeune homme écrivit une fois au Rabbi concernant ses problèmes juridiques résultant de ces actions, et le Rabbi coupa personnellement toute cette section de la lettre avant de la retourner avec une réponse. Il écrivit sa réponse (dirigeant le jeune homme à consulter certaines personnes) sur une section de la lettre qui ne contenait aucun détail incriminant, et l’attacha avec un trombone à la partie de la lettre qui contenait le nom du jeune homme.
QUAND LES FEMMES ÉTAIENT ENRÔLÉES…
Lorsque le Rav Tuvia Blau était un jeune homme devenant progressivement un ‘hassid loubavitch, il échangea une fascinante correspondance avec Reb Uriel Tzimmer, qui était à l’époque membre du secrétariat.
Dans une lettre, il fait référence à l’une des plus grandes questions de l’époque : le giyous banot (conscription des filles). L’armée israélienne recrutait des femmes ainsi que des hommes, et à un moment donné, le gouvernement voulut étendre cette obligation aux femmes religieuses également. Inutile de dire que tout le monde orthodoxe était vent debout. En ce qui les concernait, c’était une question de mourir plutôt que de transgresser.
Une immense manifestation de solidarité eut lieu à New York pour cette question – et un certain nombre d’autres préoccupations religieuses – mais le Rabbi n’y assista pas (évidemment). Dans sa lettre, le jeune Tuvia demanda pourquoi c’était le cas. La réponse de Reb Uriel éclaire la perspective plus large du Rabbi sur la question :
« Le Rabbi n’a pas assisté [à la manifestation], les étudiants de yeshiva y ont assisté – avec permission… mais sur un plan plus fondamental, j’ai eu l’occasion d’avoir une yé’hidout où le Rabbi m’a fait part de son opinion sur la question. L’interdiction pour les femmes de servir dans l’armée est en vigueur dès qu’une femme est enrôlée, qu’elle soit religieuse ou non, et l’interdiction s’applique aux hommes et aux femmes de manière égale [pour éviter de se trouver dans un environnement mixte inapproprié]. Pourquoi sont-ils [les Juifs orthodoxes] restés silencieux pendant tout ce temps, ne s’exprimant que lorsqu’ils ont voulu enrôler les filles religieuses ? Si l’enrôlement obligatoire des femmes religieuses est aboli, les Juifs orthodoxes se tairont à nouveau, acceptant essentiellement l’enrôlement général des femmes dans l’armée… »
Comme le Rabbi l’expliqua à Reb Uriel et l’écrivit également dans de nombreuses lettres23, le problème du giyous banot n’était pas (seulement) l’effet qu’il aurait sur la femme individuelle. En plus de l’interdiction de lo silbash (une femme portant des vêtements d’homme), cela créait un problème pour tous les présents. Le Rabbi cita le verset « Ve’haya ma’hanekha kadosh » (ton camp sera saint) ; pour que l’armée reçoive les bénédictions de Hachem, elle devait être un lieu saint.
Une jeune femme voulait s’engager dans l’armée de son plein gré. En réponse, le Rabbi nota que sur la base des versets susmentionnés, « c’est comme si quelqu’un voulait éteindre un incendie, D.ieu préserve, en versant du kérosène sur les flammes, parce que le kérosène est liquide – tout comme l’eau… »
L’un des individus par lesquels le Rabbi eut un impact majeur sur le bien-être des soldats de Tsahal fut le Rav Morde’haï Piron, Grand Rabbin de Tsahal de 1971 à 1977.
Morde’hai Piron (28 décembre 1921 – 28 mai 2014) fut le deuxième grand rabbin militaire dans l’histoire des Forces de défense israéliennes (FDI), après que son prédécesseur, le rabbin Shlomo Goren, ait créé le poste en 1948. Le Rav Piron occupa ce poste de 1969 à 1980, avec le grade de général. À sa retraite de son poste dans les FDI, il s’installa à Zurich pour servir jusqu’en 1992 comme rabbin de l’Israelitische Cultusgemeinde Zürich (ICZ), la plus grande congrégation juive de Suisse.
Le Rav Piron entretenait une relation étroite de longue date avec le Rabbi, et il relata certains détails des programmes que le Rabbi initia avec son aide. Voici quelques extraits de son histoire tirés du livre à paraître :
« Lors d’une audience – en 1973 – le Rabbi parla de la façon dont je pouvais insuffler l’esprit de la Torah aux soldats de Tsahal. Il dit : « Par la force, vous n’obtiendrez rien. La façon de persuader les gens est en leur montrant la richesse de la Torah ». Je me souviens qu’il a également dit : « L’État d’Israël existe aujourd’hui, mais il fait face à de nombreux défis, car tant de nations non-juives ne sont pas prêtes à accepter le fait que le peuple juif a un État et que nous continuerons à y prospérer. »
« En termes pratiques, il me convainquit – car il était si catégorique à ce sujet – que chaque unité de Tsahal devait avoir une paire de Tefilines (en plus d’une petite bibliothèque de livres saints juifs, ainsi qu’une boîte de Tsédaka), afin que chaque fois qu’un soldat voulait mettre les Tefilines, ils soient à sa disposition. En conséquence, nous avons fait venir des ‘hassidim ‘Habad à Tsrifin, la principale base de Tsahal, pour s’y tenir et proposer les Tefilines à de nombreux soldats, qui acceptèrent l’idée de bonne grâce, même avec joie, et étaient prêts à le faire. »
« À cette époque, comme aujourd’hui, il y avait de nombreux ‘hassidim ‘Habad servant dans Tsahal, et le Rabbi me demanda plus d’une fois : « Avez-vous rencontré des soldats ‘Habad ? Comment ces soldats se comportent-ils ? Que font-ils ? Comment vont-ils ? Comment pouvons-nous les aider ? »
« J’étais heureux de signaler que les soldats ‘Habad étaient solides, sérieux, obéissants, et qu’ils voulaient continuer dans l’esprit de ‘Habad. Lorsque je rencontrais de tels soldats, je leur disais : « J’ai rendu visite au Rabbi », et je pouvais voir à quel point ils étaient impressionnés – pour eux, c’était une chose formidable. Et ils me demandaient : « Que s’est-il passé ? De quoi avez-vous parlé ? » Alors je leur disais ce que je pouvais, et cela les renforçait. »
« La campagne des Tefilines fut un grand succès, tout comme la campagne du Rabbi pour fixer des Mezouzot dans tout Tsahal. Le Rabbi considérait cela comme très important, et il m’exhorta à le faire. Et c’est ce que je fis. Dans un effort conjoint avec les Rabbins Ephraim Wolff et Shlomo Maidanchik, j’installai environ 60 000 Mezouzot dans les installations de Tsahal. Par la suite, je reçus une lettre du Rabbi indiquant qu’il était satisfait. »
« Un jour, en plein cœur de la campagne des Mezouzot, je reçus un message urgent disant que je devais me présenter devant le chef d’état-major. Quand j’arrivai, je le trouvai assis là avec le responsable du département du budget. Tous deux avaient une expression très sombre sur le visage. « Nous avons découvert un cas majeur de corruption en rapport avec les Mezouzot », commença le responsable du budget. « Nous payons une grosse somme d’argent pour chacun de ces parchemins de Mezouza. C’est excessif – nous pouvons les faire imprimer par nos fournisseurs pour une fraction du prix ! »
« J’étais nerveux en entrant, mais maintenant je me détendis. Je me mis à expliquer que des parchemins de Mezouza imprimés ne pourraient jamais être cachère – ils devaient être écrits à la main par un scribe ou ils seraient sans valeur. »
« Je m’assurai de transmettre cette histoire au Rabbi pour qu’il puisse en rire. Mais, en vérité, ce n’était pas amusant – c’était très sérieux. C’était une campagne importante et sacrée que nous avions lancée sur l’insistance du Rabbi. Le Rabbi m’avait bien fait comprendre que tout comme la Mezouza protège le foyer juif, elle protège aussi les casernes où vivent les soldats. Elle protège les gardiens de la Nation d’Israël. »
« Parmi les Israéliens qui dirigeaient divers ministères et départements, je n’étais pas le seul à venir voir le Rabbi. En effet, j’oserais dire que tous ceux qui étaient quelqu’un venaient. »
« Je sais avec certitude qu’il y avait des officiers au plus haut niveau de Tsahal, des responsables au plus haut niveau du ministère de la Défense, et des ministres du gouvernement qui étaient régulièrement en contact avec le Rabbi. Et ils étaient impressionnés par lui, tout comme moi. Ils demandaient son avis, qu’ils prenaient très, très au sérieux. »
« Je supposais, bien que je ne puisse en être sûr, que c’est par ces visiteurs que le Rabbi recevait ses informations claires et à jour sur ce qui se passait dans les forces armées israéliennes. Il avait même des connaissances – qui me surprenaient – sur des questions stratégiques et tactiques. »
« Quand je commençais à lui expliquer tel ou tel problème, il était déjà au courant et ajoutait même à mes paroles. Quand je le regardais avec surprise, impressionné par tout ce qu’il savait, il se contentait de sourire. »
« Une fois, il me demanda ce qu’il en était des pourparlers de paix. Dans ma réponse, j’expliquai que si nous décidions de nous retirer de certains endroits, il était possible que, par compromis, les Arabes acceptent un traité de paix – l’espoir étant que si nous faisions preuve de bonne volonté, eux aussi. »
« Le Rabbi était totalement opposé à cette approche. Il estimait que c’était carrément dangereux d’un point de vue sécuritaire, et que nous n’avions pas le droit de céder une partie quelconque de la Terre d’Israël. Il expliqua que la Terre appartient à D.ieu, et qu’Il a choisi de la donner au peuple juif. Alors de quel droit avons-nous d’annuler Son cadeau ? »
« Plus d’une fois, le Rabbi m’écrivit. Certaines de ces lettres ont été publiées, d’autres non. Encore et encore, il souligna que Tsahal peut être un forum pour inculquer les valeurs de la Torah à la jeunesse d’Israël. »
« Dans une lettre, écrite à l’été 1974, le Rabbi écrivit : « Comme nous en avons discuté de nombreuses fois, les soldats sont enclins et prêts à recevoir des conseils en matière de Torah ». Il poursuivit en expliquant que tout comme nos ancêtres déclarèrent au mont Sinaï « nous ferons et nous écouterons », mettant l’action avant la compréhension, de même les soldats suivent les ordres d’abord avant de comprendre la raison. Deuxièmement, dans l’armée, les commandants prennent des décisions en fonction des besoins de bataillons entiers, voire des besoins du pays dans son ensemble, plutôt que des besoins de soldats individuels. Ce sont les prérequis pour recevoir la Torah et ses Mitsvot :
1) mettre l’action avant la compréhension ;
2) que tous les Juifs sont responsables les uns des autres. Selon les termes du Rambam [également connu sous le nom de Maïmonide], c’est une question de loi juive : « Une personne doit toujours se considérer comme étant à égalité entre le mérite et le péché, et le monde comme étant à égalité entre le mérite et le péché. S’il accomplit une mitsva, il fait pencher sa balance et celle du monde du côté du mérite et apporte la délivrance et le salut à lui-même et aux autres. »
« Dans sa correspondance, le Rabbi nous exhortait toujours à saisir l’occasion que nous avions de faire une différence et soutenait tous nos efforts. »
« Son soutien compta le plus pour moi après la Guerre de Kippour, lorsque j’étais responsable de l’inhumation de 2 300 soldats tombés au combat. C’était mon destin, c’est ce que la Providence divine voulait de moi. Ce fut une période très difficile pour moi, car je devais rendre visite à de nombreuses veuves et mères et leur annoncer la nouvelle catastrophique. »
« C’était une période terrible, et le Rabbi comprenait les répercussions que cela avait sur moi. Il essaya de me remonter le moral pour que je ne flanche pas, me disant que ce que j’avais fait pendant la guerre était une très grande mitsva. Et il prédit qu’Israël continuerait à se renforcer. Après avoir traversé cette guerre horrible, au cours de laquelle nous avions défié les pronostics et étions sortis victorieux, nous deviendrions encore plus forts, avec l’aide de D.ieu, allant de force en force. Il insista sur ce point à plusieurs reprises. Entendre cela était si important pour moi. »
Mme Tila Falic Levi est mère de six enfants – ainsi qu’une activiste communautaire – qui est la présidente fondatrice de l’école secondaire de culture juive (JCHS) à Miami. Elle a été interviewée en octobre 2021.
Mme Tila Falic Levi, pouvez-vous nous raconter votre histoire personnelle avec le Rabbi et comment il vous a aidée alors que vous étiez enfant ?
Bien sûr. J’ai grandi à Bal Harbour, en Floride, où mes parents avaient emménagé en raison d’un jeune couple dynamique qui avait fondé une nouvelle communauté juive là-bas – les émissaires du Rabbi, le Rav Sholom Ber Lipsker et son épouse la Hanni. Leur style plaisait à mes parents, qui cherchaient un bel environnement juif pour élever leurs trois jeunes enfants.
En 1990, quand j’avais neuf ans, je suis tombée malade pendant environ six mois, avec des maux d’estomac, de la fièvre et des palpitations cardiaques. Mais les médecins ne parvenaient pas à diagnostiquer ce qui n’allait pas. Ce n’est qu’au Panama, lors du mariage d’un parent, qu’un médecin expérimenté a suggéré que j’avais une thyroïde hyperactive, la maladie de Basedow. À l’époque, on savait peu de choses sur cette maladie et mes parents s’inquiétaient des effets secondaires des traitements. Mon père a alors confié ses inquiétudes au Rabbi Lipskar, qui a immédiatement offert d’écrire au Rabbi pour lui demander conseil.
Et que vous a répondu le Rabbi ?
Dans sa réponse, le Rabbi nous a recommandé non seulement de continuer à manger casher, mais de passer à un niveau encore plus élevé d’observance, le « glatt cacher ». C’était un gros effort pour mes parents à l’époque, mais ils l’ont pris très au sérieux. Même s’ils n’étaient pas Loubavitch, ils ont décidé de suivre le conseil du Rabbi. Et comme personne dans ma famille n’avait encore rencontré le Rabbi, nous avons décidé de nous rendre à New York pour le rencontrer et recevoir sa bénédiction. J’étais très excitée à cette idée !
Racontez-nous cette rencontre.
Quand ce fut mon tour, je lui ai dit avec confiance « Je viens de la synagogue du Rav Lipskar. Je suis la petite fille à qui vous avez dit de manger glatt casher, celle qui a des problèmes de thyroïde». Le Rabbi m’a regardée intensément et m’a donné un billet de 1$, comme il le faisait avec les autres, mais ensuite il m’a donné un second billet en disant « Ceci est pour que tous vos problèmes aient une bonne solution ».
Et ses paroles se sont réalisées ?
Complètement ! Je suis rentrée à la maison certaine d’être guérie. Et je l’étais en grande partie. J’ai dû prendre un médicament pendant 4 ans mais j’ai évité les traitements les plus lourds qui inquiétaient tant mes parents. Éventuellement, j’ai pu arrêter les médicaments. Je dois juste prendre un supplément thyroïdien, mais sinon je n’ai plus de problème de santé lié à ça. J’ai toujours senti que c’était grâce à la bénédiction du Rabbi. Alors toute ma vie, j’ai continué à observer un niveau de cacherout élevé, comme le Rabbi me l’avait recommandé. Je prends cela très au sérieux, le Rabbi me l’a dit, donc je le fais.
En 1979, Benny, un enfant âgé de 2 ans de Crown Heights, a besoin d’être opéré en urgence. Inquiet, le père écrit au Rabbi pour demander conseil et bénédiction. Mais il est loin d’imaginer à quel point le Rabbi va s’investir personnellement pour organiser l’opération, en recommandant l’hôpital, le chirurgien, et même la date, le tout par souci d’économiser de l’argent à la famille. Une histoire stupéfiante qui illustre l’omniscience bienveillante du Rabbi.
Benny, âgé de deux ans, a commencé à se plaindre de douleurs abdominales. Les cris de l’enfant s’intensifièrent de jour en jour et il avait du mal à bouger dans son lit. Le médecin de famille, le docteur Feldman, diagnostiqua une hernie et dit qu’il devait être opéré. Nous avons demandé conseil auprès d’autres spécialistes, et tous s’accordaient sur la nécessité de l’opération. Cependant, chaque médecin recommandait un centre médical différent.
J’ai écrit une lettre personnelle au Rabbi. Je lui ai raconté toute l’histoire, et j’ai ajouté que nous hésitions sur le centre médical où effectuer l’intervention chirurgicale, et j’ai demandé sa bénédiction.
Le lendemain, j’ai reçu un appel du secrétaire personnel du Rabbi. « Il vaudrait mieux que vous demandiez l’avis du docteur Feldman », m’a-t-il dit.
Je me suis précipité au cabinet médical et le Dr Feldman me raconta une histoire surprenante :
« Je suis allé voir le Rabbi aujourd’hui pour une affaire personnelle », raconta le Dr Feldman, « et soudain le Rabbi m’a demandé : « Seriez-vous prêt à me rendre un service personnel ? »
« Bien sûr », ai-je répondu, et le Rabbi a poursuivi : « Il y a ici dans le quartier un bambin, votre patient, qui a besoin d’être opéré d’une hernie. À mon avis, le meilleur endroit pour le faire est l’hôpital Schulich à Toronto. Ce sont les plus grands experts dans ce domaine et ils pratiquent également ce type d’opération sous anesthésie locale uniquement. Sauf que je me demande s’ils sont capables d’opérer sous anesthésie locale un bébé de deux ans, qui pourrait être agité et inquiet. Je vous prie de me rendre un service personnel. Contactez-les et vérifiez s’ils opèrent des hernies chez les nourrissons uniquement sous anesthésie locale ».
Et puis le Rabbi a ajouté quelque chose qui m’a encore plus surpris : « Il vaudrait mieux vérifier s’ils ont un créneau disponible pour l’opération le 12 du mois de Sivan. Car la famille se rend à un événement familial à Toronto la veille, et il serait dommage qu’ils doivent payer deux fois les frais de voyage de New York au Canada ».
J’ai regardé le Dr Feldman abasourdi. Pas un instant je n’avais pensé à demander au Rabbi de faire la vérification pour moi, après tout je l’avais simplement mis au courant de ce qui m’arrivait. Et voilà que le Rabbi fait lui-même la vérification et choisit même le jour de l’opération pour m’épargner des dépenses.
Photo illustration : Le Rabbi serrant la main d’un enfant, vers la fin des années 1960.
Un jour, un enfant a saisi la main du Rabbi, pensant qu’il tenait celle de son père. Le Rabbi a gardé sa main dans la sienne et a continué à marcher avec l’enfant. En cours de route, l’enfant a pris l »extrémité du Sirtouk (veste longue) du Rabbi et l’a utilisée pour essuyer sa sueur.
En entendant ce qui s’était passé, la mère était terrifiée et a rédigé une lettre d’excuses au Rabbi, déclarant qu’elle était « affectée » par cet incident.
Sur la lettre de la mère, le Rabbi, à côté du mot « affectée », a écrit un point d’interrogation et un point d’exclamation »?! ». Puis le Rabbi a ajouté : « Au contraire, j’ai été particulièrement touché par son geste. Vous ne pouvez pas deviner à quel point l’attitude chaleureuse, la simplicité, l’innocence et la sincérité de l’enfant m’ont plu. Si seulement nous pouvions retrouver ne serait-ce qu’une partie de ces qualités chez un adulte…
« Je vous encourage à éduquer cet enfant, ainsi que tous vos enfants, dans le respect de la Torah, le mariage et les bonnes actions… »
(En se basant sur une Si’ha de Balak, du Likoutei Si’hot, volume II, page 338)
La Torah parle longuement de Bilaam le méchant, qui a cherché à maudire Israël mais a été contraint de les bénir. Il est mentionné dans le livre Likoutei Shoshanim (de Rabbi Shimshon Ostropoli) : « Il est dit dans les études du Arizal, Bilaam et Amalek du côté de l’impureté… contre la peur et l’amour dans la sainteté, et voilà, nous les trouverons liés ». C’est-à-dire qu’il y a un lien entre Bilaam et Amalek, qui sont tous deux du côté de la coquille (Kelipah), et en face d’eux dans la sainteté sont la peur et l’amour.
Il explique là-bas le sens des mots « nous les trouverons liés ». Le sujet est suggéré dans leurs noms : si vous écrivez le nom ‘Bilaam’ et en dessous ‘Amalek’, les quatre lettres du côté droit formeront le mot ‘Bilaam’, et les quatre lettres du côté gauche formeront le mot ‘Amalek’.
Contre cela, du côté de la sainteté en ce qui concerne ‘la peur’ et ‘l’amour’, si vous écrivez le mot ‘peur’ et en dessous ‘amour’, les quatre lettres du côté droit formeront le mot ‘peur’, et les quatre lettres du côté gauche formeront le mot ‘amour’. Il y a une allusion ici, que le conseil pour se débarrasser de Bilaam et Amalek est la peur et l’amour.
Parenté proche
Le lien entre Bilaam et Amalek est qu’ils ont tous deux puisé leur force pour combattre Israël à partir d’un certain lien familial qu’ils avaient avec Israël :
Amalek était le petit-fils d’Ésaü (Genèse 36:12), et donc le descendant d’Isaac notre père et le descendant d’Abraham notre père. Par conséquent, il avait certains pouvoirs dont l’origine était dans la sainteté, et de là, il a obtenu une force spirituelle pour combattre Israël.
Aussi sur Bilaam, il est mentionné dans la Guemara (Sanhédrin 105a) qu’il était de la descendance de Laban l’Araméen « Fils de Beor… c’est Laban l’Araméen », et donc tous les fils de Jacob et par conséquent tout Israël sont issus de Laban. Selon les paroles de Laban (Genèse 31:43) « Les filles sont mes filles et les fils sont mes fils… et tout ce que tu vois est à moi » (Rachel et Léa étaient les filles de Laban, et « aussi Bilha et Zilpa étaient ses filles de concubinage » (Rachi Genèse 31:50)). Et comme Bilaam vient de Laban, qui avait un lien avec Israël – de là il avait la force de combattre Israël et de s’y opposer.
Si Amalek et Bilaam étaient juste des non-Juifs – ils n’auraient pas eu la force de combattre Israël. Mais puisqu’il ne s’agit pas simplement de non-Juifs, mais de ceux qui prétendent avoir un lien avec Israël – Amalek prétendant être le petit-fils d’Abraham notre père, et Bilaam prétendant être lié à Laban, d’où est issu tout le peuple d’Israël – c’est de là qu’ils tiraient leur force spirituelle pour sortir et combattre Israël.
De cela, nous pouvons tirer une leçon pour toutes les générations : tout comme le ‘lien familial’ de Bilaam et Amalek leur a donné la force de combattre physiquement le peuple d’Israël, il se peut qu’il se produise quelque chose de similaire dans une guerre spirituelle contre la Torah (en vérité, une guerre contre la Torah est aussi une guerre contre Israël).
Parfois, une personne dit des choses qui sont contraires à la Torah, et pour que ses paroles soient acceptées, elle les revêt d’un manteau de ‘sainteté’, en quelque sorte. Il prétend : je suis un Juif de bonne lignée, « le petit-fils d’Isaac et d’Abraham ». Si cette personne ne se cachait pas derrière un manteau de sainteté, tout le monde saurait immédiatement de quoi il s’agit et serait dissuadé par ses paroles, mais parce qu’il prétend avoir un lien avec la sainteté, cela lui donne la force de persuader des Juifs de ses paroles.
Pour se protéger des ‘Bilaam’ et ‘Amalek’ spirituels, un Juif doit se rappeler qu’il ne doit pas être impressionné par le ‘lien familial’! Il ne doit pas être impressionné par la façon dont les choses sont dites et par la façon dont elles sont présentées. Il doit seulement examiner le contenu des propos eux-mêmes. S’agit-il de paroles qui renforcent le judaïsme, qui encouragent à étudier davantage la Torah et à accomplir les commandements, ou, D.ieu nous en préserve, l’inverse.
Un Juif qui dit des vérités basées sur la Torah et sur la Halaha, qui visent à renforcer et à augmenter l’observance de la Torah et des commandements – il faut l’écouter et respecter ses paroles, quel que soit son lien familial ; tandis que si ses paroles ne correspondent pas à la Torah, s’ils sont contraires à la Torah, alors il ne compte pas du tout quelles sont ses revendications, et même s’il se vante d’être de bonne lignée de Laban et d’Abraham notre père – on ne doit pas être impressionné par cela du tout. Si ses paroles ne correspondent pas à la Torah et s’y opposent, on doit savoir qu’on a affaire à un ‘Bilaam’ et à un ‘Amalek’!
La crainte précède l’amour, mais cela ne suffit pas
Il est vrai que l’origine n’est pas déterminante, mais plutôt le contenu. Il est important de clarifier si ce qui est dit renforce la Torah ou s’y oppose, que D.ieu nous en préserve. Cependant, même dans ce contexte, une question se pose : comment une personne peut-elle se fier à son jugement et être certaine que sa décision est orientée vers la vérité ? Après tout, l’amour de soi peut corrompre une personne, et il n’est pas toujours facile pour elle de discerner et de prendre des décisions en accord avec la vérité.
Par exemple, il nous arrive parfois de voir un Juif proposer une idée dont la vérité est bonne et positive, visant à enrichir la Torah et les commandements, ainsi qu’à renforcer le lien des Juifs avec D.ieu. Cette idée est solidement ancrée dans la Torah et la loi. Pourtant, il y a des Juifs qui s’y opposent en prétendant qu’elle est contraire à la Torah. Mais la véritable raison de leur opposition est que cette idée va à l’encontre de leur orgueil et de leur égoïsme. Ils sont profondément perturbés par le fait qu’une si bonne idée ait été proposée par quelqu’un d’autre et qu’ils ne l’aient pas envisagée eux-mêmes. Ils ne peuvent pas le supporter, c’est pourquoi ils ont tendance à s’y opposer.
En effet, il est difficile pour eux d’admettre que leur opposition découle de l’orgueil et de l’égoïsme, ainsi que du fait que ce n’est pas leur propre idée. Ils revêtent donc leur opposition d’un voile de sainteté en prétendant qu’elle est contraire à la Torah. Parfois, cette « corruption aveugle » les affecte non seulement dans leur relation aux autres, mais aussi dans leur propre perception. Leur amour-propre aveugle leur intelligence et ils sont convaincus que l’idée va réellement à l’encontre de la Torah, alors que la vérité est que leur opposition n’est motivée que par l’orgueil et l’égoïsme.
Comment peut-on se fier à son propre jugement
La question se pose alors : comment peut-on se fier à son propre jugement et déterminer si ce qui nous est présenté est conforme à la Torah ou s’y oppose ? Comment peut-on se prémunir d’Amalek et de Bilaam tout en étant sûr de ne pas être corrompu par l’égoïsme et que notre décision est orientée vers la vérité ? Le conseil à cela est la crainte et l’amour de D.ieu (comme mentionné ci-dessus, ils sont opposés à Amalek et Bilaam dans la Klipa). Les deux sont nécessaires, tant la crainte que l’amour, comme expliqué dans le Tanya (chapitre 4) que l’amour est la racine de tous les 248 commandements positifs et que la crainte est la racine de tous les 365 commandements négatifs. Lorsqu’un Juif a la crainte de D.ieu et son amour, il peut savoir que son cœur est pur et que sa décision n’est pas influencée par des considérations étrangères.
Selon l’allusion ci-dessus (de Rabbi Shalom d’Ostropole), l’ordre est – la crainte, puis l’amour (la ligne supérieure est ‘crainte’ et en dessous ‘amour’); la crainte précède l’amour ! Bien sûr, l’amour de D.ieu est également nécessaire, mais la crainte est « le commencement du service, son essence et sa racine » (Tanya chapitre 41). La base doit être la crainte de D.ieu.
Certes, par amour, un Juif peut se passionner pour les affaires juives, mais s’il est seulement guidé par l’amour, il ne s’occupera que de ce qu’il aime, de ce qui lui est agréable et qui l’attire. Tant qu’il lui manque la crainte, il n’a pas peur de trébucher, et il lui manque ainsi la base. Dans l’amour, l’annulation envers D.ieu n’est pas ressentie. En revanche, dans la crainte de D.ieu, l’annulation envers D.ieu est ressentie. Par conséquent, la crainte doit être la base et la base de tout le service de D.ieu ; la base aussi pour l’amour.
Donc, pour savoir comment se prémunir de Bilaam et d’Amalek et pour comprendre quand ce qui est dit est basé sur la Torah et quand ce n’est pas le cas, un Juif doit veiller à avoir à la fois la crainte et l’amour, et dans cet ordre précis – la crainte précède l’amour, car la crainte de D.ieu est fondamentale. Chaque Juif peut savoir cela en lui-même, s’il a la crainte du ciel.
C’est la façon de se prémunir et de se protéger contre Bilaam et Amalek. Pour savoir comment décider et juger de chaque chose, si elle est appropriée et basée sur la Torah, il peut alors marcher en toute sécurité sur son chemin, et être attiré uniquement par des choses qui sont conformes à la Torah et à la volonté de D.ieu.
De l’Isolation à l’Intégration : Le parcours graduel de la réhabilitation sociale
Cette première lettre s’adresse à une personne qui décrit la situation d’un de ses amis. Cet ami a traversé un événement traumatisant duquel il n’a pas réussi à se remettre, ce qui l’a mené vers la dépression et l’isolement social.
« Selon votre courrier, il semblerait que la première étape pour cet individu soit de se réintégrer progressivement dans la société, en étant plus présent parmi les gens. Cette démarche constituerait un excellent point de départ pour sa réhabilitation. »
« Comme le disent nos sages, « tous les débuts sont difficiles », il est indéniable que cette personne pourrait rencontrer des obstacles lors de son retour parmi les gens. Cependant, il est essentiel qu’elle fasse cet effort et elle pourra certainement compter sur le soutien de ses amis pour l’accompagner dans cette démarche. »
« Cependant, il est important de reconnaître que l’on ne peut pas exiger d’une personne qu’elle fasse plus que ce dont elle est capable, en fonction de ses propres forces. Il est donc évident que cette personne devra réintégrer la société en tenant compte de son état actuel. Il n’est pas réaliste de demander un changement radical du jour au lendemain, où elle reviendrait et s’impliquerait avec les autres pendant de nombreuses heures chaque jour. Au contraire, il serait préférable qu’elle commence par rétablir progressivement le contact avec les gens, en commençant par ceux qui évoluent dans les mêmes cercles qu’elle et avec lesquels elle se sentirait plus à l’aise pour se connecter. L’objectif est d’augmenter progressivement son interaction avec les autres jusqu’à ce qu’elle se sente à l’aise et naturelle dans ses discussions et interactions, sans devoir fournir un effort excessif. »
« En plus de cela, il est crucial que la personne concernée prenne conscience que sa situation actuelle peut être améliorée et traitée jusqu’à une guérison complète. Ce processus ne se produira pas du jour au lendemain, mais plutôt étape par étape. Il est également important qu’elle comprenne que la clé de la guérison réside dans un élément essentiel : le service de Dieu avec joie et générosité. C’est cette attitude qui l’aidera à sortir de sa situation actuelle et à retrouver un fonctionnement social satisfaisant. »
« Étant donné que vous avez posé la question concernant cette personne, je suis certain que vous ferez tout votre possible pour l’aider à se réintégrer dans la société. Finalement, elle vous sera reconnaissante pour vos efforts, même si elle n’exprime pas initialement sa satisfaction face aux tentatives visant à la sortir de son isolement. »
(Iguerot Kodech, volume 19, lettre 7370)
Une Nouvelle perspective sur la réhabilitation : L’Implication sociale en tant qu’outil thérapeutique.
La seconde lettre est adressée à un père dont le fils est tombé dans la dépression et le dysfonctionnement normal.
« Malheureusement, un tel cas n’est pas rare de nos jours. Et vous avez sans doute entendu de la part des médecins traitants qu’il y a de nombreux cas similaires à celui de votre fils ».
« Et je n’écris pas cela pour vous apaiser en disant « un malheur partagé est à moitié soulagé », pour vous soulager par le simple fait qu’il y a beaucoup d’autres personnes qui souffrent d’un problème similaire. Je ne sais pas si cela est approprié ici (je ne suis même pas sûr que cela réduise la gravité du problème). Mais plutôt pour souligner que, puisqu’il s’agit d’un problème courant, les médecins ont beaucoup d’expérience dans ce domaine, et il y a aussi une recherche intensive sur les méthodes de traitement et de guérison.
« Cela conduit à plusieurs conclusions pratiques qui vous aideront. La première conclusion est qu’il est évident qu’il n’est pas question de prédire que les chances de réussite sont faibles ou similaires. Et même si on doute du succès du traitement, il faut toujours ajouter un bémol et préciser que c’est seulement selon l’état actuel des connaissances médicales. De plus, dans le domaine mentionné, la recherche est la plus intensive, car beaucoup de gens en ont besoin, il est donc raisonnable de supposer que la qualité du traitement et les chances de réussite augmenteront. »
« La seconde intention en écrivant ceci est que c’est un problème courant : il est donc utile de rester en contact avec ceux qui sont impliqués dans cette recherche ou qui sont proches d’eux, et de leur demander de temps en temps ce qui est nouveau dans ce domaine. »
« L’accent est mis sur ceux qui sont impliqués dans cette recherche et non sur les médecins traitants. Car avant que les résultats de la recherche n’arrivent aux médecins traitants, beaucoup de temps s’écoule. Les médecins traitants entendent parler de ces nouvelles découvertes dans les revues médicales professionnelles, et avant que ces recherches ne soient publiées, cela prend beaucoup de temps. En effet, les articles y sont imprimés dans des longs rapports qui nécessitent une longue préparation avant leur publication. De plus, ces articles ne sont publiés qu’après que le médicament ait été testé et essayé pendant une longue période. »
« En attendant que les résultats de la recherche médicale parviennent aux médecins et que de nouvelles méthodes de traitement soient mises en œuvre, il existe diverses actions que vous pouvez entreprendre pour améliorer le bien-être de votre fils. »
« Dans des situations semblables, il a été observé que des progrès significatifs sont réalisés lorsque le patient est encouragé à sortir de son espace personnel confiné. Cela peut être accompli en l’incitant à participer à des activités, à se joindre à une organisation, ou à s’impliquer dans un projet éducatif, par exemple. »
« La clé est de lui présenter cette proposition non pas comme un moyen de l’aider, mais plutôt comme une demande de service. Cela peut lui donner un sentiment d’autonomie et de valeur, se sentant nécessaire et utile. Cela peut également lui permettre de se concentrer sur autre chose que sa situation personnelle, ce qui est bénéfique pour son état mental. »
« Il est essentiel de souligner que chaque individu est différent, et ce qui fonctionne pour une personne peut ne pas fonctionner pour une autre. Il est donc important de faire preuve de patience et de flexibilité lors de l’implémentation de nouvelles stratégies et de toujours prendre en compte les sentiments et le confort du patient. »
« Car dans la grande majorité des cas, lorsqu’on lui demande de sortir et de participer à une activité, il refuse, car il a l’impression qu’il s’agit de lui faire du bien ou de le soigner grâce à son engagement social. Ce n’est pas le cas lorsque l’approche est inverse, qu’une certaine institution ou une certaine action a réellement besoin de son aide et de sa participation, etc., et qu’elle ne peut tout simplement pas se passer de lui. Lorsque les choses sont présentées de cette façon, il sera souvent prêt à donner son aide, et graduellement il deviendra plus impliqué avec le monde extérieur. Cependant, comme mentionné précédemment, comme je l’ai écrit précédemment, le discours doit être mené d’une manière qui ne suscite pas de suspicion de sa part qu’il y a une machination ici pour le sortir de son cadre, mais qu’en réalité on a besoin de lui et on est intéressé par sa compagnie. »
(Iguerot Kodech, volume 26, lettre no 9577)
Faire le grand plongeon : comment la natation illustre le défi de la socialisation
La troisième lettre est adressée à une femme qui a écrit décrivant son état d’esprit dépressif et ses anxiétés sociales qui la poussent à se replier sur elle-même et à être antisociale.
« À mon avis, et comme j’ai pu le constater aussi – chaque individu, sans exception, est par nature social, bien que naturellement, tous ne soient pas sociaux au même degré : certains sont plus sociables, d’autres moins. Et lorsqu’on s’efforce d’agir contre cette nature, en s’éloignant de la société des hommes, il est évident que cela entraîne des complications. »
« Quant à ceux qui, pour une raison ou une autre, trouvent difficile d’interagir avec les gens, il n’y a pas d’autre solution que de s’essayer concrètement à la proximité et à la sociabilité avec les gens. »
« Cette approche est comparable à l’apprentissage de la natation. Il est impossible d’apprendre à nager avant de se jeter à l’eau, même si l’on se tient au bord de la piscine. Il faut plonger, et c’est seulement à ce moment-là que l’apprentissage de la natation commence naturellement. Finalement, à force d’essais et d’erreurs, on apprend à nager. Tout le temps passé à réfléchir au bord de la piscine, à se demander comment on va apprendre à nager, est inutile. Car on ne peut apprendre à nager qu’en étant réellement dans l’eau. »
« C’est exactement ce qui vous concerne. Vous argumentez en faveur et contre l’implication dans des rassemblements sociaux et leur fréquentation. Cependant, tout le débat que vous menez se fait dans votre chambre ou dans votre espace personnel, donc cela n’a aucun avantage tant que vous ne vous levez pas et ne sortez pas de votre espace personnel pour rencontrer des gens. »
« Il est clair et simple que je n’essaie pas de vous faire de la morale, mais j’essaie encore une fois, avec l’espoir que peut-être mes mots seront utiles cette fois-ci. Je veux qu’ils vous incitent à vous engager dans une activité qui vous forcera nécessairement (au moins pendant les premiers jours, ce sera par nécessité plutôt que par désir) à être parmi les gens à l’extérieur de votre famille. J’espère ardemment qu’au bout d’un certain temps, vous n’aurez plus besoin de vous ‘forcer’, mais que vous le ferez avec joie et volonté. »
« Vous constaterez que l’intérêt et les avantages, tant pour vous-même que pour la société, sont nombreux lorsque vous développez votre aspect social. En effet, l’homme n’a pas été créé avec une nature sociale sans raison, mais bien parce que la sociabilité lui apporte des bienfaits et lui permet également de contribuer au bien-être des autres. »
« Il est également répandu, dans les enseignements de la Hassidout, une maxime qui affirme qu' »Il est préférable d’être en compagnie d’autres Juifs, même dans l’enfer, que d’être seul au paradis ». Cette citation est attribuée à plusieurs grands maîtres de la Hassidout. »
Au plus fort de la querelle de Kora’h, Moché fait une requête spéciale à D.ieu. Dans le verset 16:15 du livre de Kora’h, Moché, fort irrité, dit à D.ieu : « Ne Te tourne pas vers leur offrande (oblation) ! Je n’ai jamais pris à un seul d’entre eux son âne, je n’ai jamais fait de mal à un seul d’entre eux ».
Rachi commente ce verset en expliquant que Moché demande à D.ieu de ne pas accepter l’offrande d’encens que les rebelles apporteront le lendemain. Moché sait que ces rebelles ont une part dans les offrandes perpétuelles de la collectivité, mais il souhaite que D.ieu n’accueille pas favorablement leur part et que le feu ne la consume pas.
Dans le développement de l’histoire, on analyse la première réaction de Moché à cette querelle. Dans les versets 16:6-7, Moché demande à Kora’h et à son parti de se munir d’encensoirs et de mettre du feu et du parfum dedans devant D.ieu. Il leur dit que celui que D.ieu choisira sera celui qui est saint. Rachi explique que Moché propose aux rebelles de s’adonner au service éminent de la combustion de l’encens, qui est une offrande particulière, mais il leur rappelle également que cette offrande a été la cause de la mort de Nadav et Avihou.
Moché tente ensuite de calmer la situation en disant à Kora’h dans le verset 16:8 : « …est-ce donc peu, pour vous, que le D.ieu d’Israël vous ait distingués de la communauté d’Israël, en vous admettant auprès de lui pour faire le service du tabernacle divin, et en vous plaçant en présence de la communauté pour la servir ? ». Moché envoie chercher Dathan et Aviram, mais ils refusent de se présenter.
Le texte continue en expliquant que Moché demande à D.ieu de ne pas prêter attention à Kora’h et à son groupe, ni à leurs offrandes. Cette demande est faite en raison de leur persistance dans leur rébellion, ce qui pousse Moché à demander une punition plus radicale.
Le texte se poursuit en évoquant l’idée que Moché savait que les rebelles avaient une part dans les offrandes perpétuelles. Dans le midrash Bamidbar Rabba Kora’h 18:10, Moché déclare devant D.ieu qu’il sait qu’ils ont une part dans cette offrande qu’ils apportent, se référant à l’offrande quotidienne du Tamid.
Selon Rachi, ce qui vaut moins d’une Perouta n’est pas considéré comme étant « à soi ». Il modifie donc le texte du midrash et explique que les rebelles ont une part dans les offrandes quotidiennes, celles de toute l’année, car la part de toute l’année a une valeur supérieure à une Perouta.
Le texte approfondit ensuite la question de savoir si un sacrifice collectif peut appartenir à un individu. Selon le Likouté Si’hot, la définition d’une « collectivité » ne se limite pas à une simple association d’individus, mais elle crée une nouvelle entité dans laquelle les individus ne sont plus considérés individuellement, mais indissociables. Ainsi, un sacrifice collectif ne peut jamais être détaché de sa relation avec l’individu qui l’a offert, en tout ou en partie.
Dans ce contexte, Moché précise « je sais qu’ils ont une part… » pour souligner que la part des rebelles dans les offrandes perpétuelles ne peut être dissociée d’eux. Moché, en tant que chef de la génération, est capable de relier les qualités de la communauté et de l’individu, et il sait comment gérer cette relation complexe.
Cet enseignement trouve également un lien avec le 3 Tamouz, qui marque à la fois la libération du Rabbi précédent et la Hilloula du Rabbi actuel. Le Likouté Si’hot souligne que le Rabbi, dans ses actions et son engagement envers le judaïsme, a réussi à concilier l’attention portée à l’ensemble du peuple juif et celle portée à chaque individu. Il était capable de se dévouer au bien-être matériel et spirituel de chaque personne, tout en travaillant pour la délivrance collective et individuelle de la communauté.
Ainsi, cet enseignement souligne l’importance de l’engagement du leader envers la communauté tout en prenant soin de chaque individu. Le Rabbi transmet cette qualité à ceux qui marchent dans ses voies, contribuant ainsi à la délivrance collective et individuelle du peuple juif.
Bentsion Berg, un homme intègre et dévoué à sa foi, a été confronté à un dilemme moral : l’espionnage. Cherchant à concilier ses convictions religieuses et ses opportunités professionnelles, il a consulté le Rabbi pour obtenir des conseils sur cette décision délicate. Guidé par le Rabbi à rester fidèle à ses valeurs, Berg a pris la décision de ne pas se lancer dans l’espionnage, malgré les tentations qui se présentaient à lui. Cette histoire met en lumière l’influence du Rabbi sur les choix moraux de Berg et souligne l’importance de l’intégrité dans les décisions que nous prenons.
Son fils raconte :
Les parents de mon père étaient des immigrants russes arrivés à Chicago en bateau au début du XXe siècle. Même s’ils n’étaient pas religieux, mon père a commencé sa scolarité dans une école religieuse dans les années 1940. C’est là, alors qu’il avait six ou sept ans, qu’il a développé un grand amour pour l’apprentissage et le judaïsme.
Lorsqu’il fut temps de commencer l’école régulière, il voulait continuer à apprendre dans une yeshiva en dehors de la ville, à Montréal ou à New York, mais étant trop jeune, il a fini par aller à l’école publique. Une fois, en sixième année, sa classe a eu une activité de cuisine. Mon père a refusé de goûter la nourriture non casher, et mes grands-parents ont reçu un appel du directeur : « Quels problèmes avons-nous avec votre fils ? »
Après cet incident, il est parti étudier dans le lycée Lubavitcher à Pittsburgh, suivi du légendaire lycée de Crown Heights, au coin de l’avenue Bedford et de la rue Dean. Plus tard, il est parti à la yeshiva à Montréal. Pendant ces années, il est devenu très attaché au Rabbi.
Lorsque mon père a terminé la yeshiva, lui et ses parents voulaient qu’il commence l’université, et il a écrit au Rabbi à ce sujet. Le Rabbi a répondu, par lettre, que l’université n’était pas un endroit pour un étudiant de yeshiva comme lui, et il a également écrit une lettre séparée à mes grands-parents pour leur expliquer pourquoi leur fils ne devrait pas aller à l’université. Pourtant, ils ont insisté pour qu’il y aille, et mon père a même eu une réunion d’une heure avec le Rabbi pour discuter de la question.
« Est-ce que ta visée est la poursuite intellectuelle, ou est-ce que tu veux étudier à l’université pour gagner ta vie ? » lui a demandé le Rabbi.
Mon père a indiqué que c’était la seconde option : obtenir un diplôme universitaire lui permettrait d’obtenir un meilleur emploi et une stabilité financière.
Bien que le Rabbi ait été très clair sur son opposition, mon père voulait quand même y aller. Finalement, le Rabbi a donné son approbation limitée.
« Si tu veux y aller, alors tu dois t’assurer d’avoir une protection contre l’environnement universitaire », stipula le Rabbi. « Chaque matin, avant d’aller à l’école, tu dois avoir une séance d’étude du ‘Chassidout’. »
Mon père a accepté la condition du Rabbi, et il a maintenu ce régime quotidien jusqu’à la fin de sa vie. Quand j’ai grandi, il étudiait la Hassidout tous les matins, priait pendant longtemps, puis faisait le trajet d’une heure pour se rendre à son travail depuis notre maison à Baltimore.
Après avoir obtenu une maîtrise en génie électrique à l’Institut de technologie de l’Illinois en 1966, mon père a ensuite travaillé au Harry Diamond Laboratory, également connu sous le nom de Laboratoires de recherche de l’armée, un prestigieux centre de recherche et développement gouvernemental dirigé par le Pentagone. Plus tard, il est retourné à l’université, à l’université du Maryland, pour obtenir un doctorat en électrophysique.
Lorsqu’il a commencé à travailler au laboratoire, c’était le seul endroit où il pouvait décrocher un emploi avec succès ; l’égalité des chances en matière d’emploi était respectée dans le gouvernement, mais aucun autre endroit n’aurait embauché un Juif religieux avec une barbe. « La seule raison pour laquelle nous t’embauchons, c’est parce que nous sommes obligés », lui a dit un responsable sans ambages, « mais tu n’iras nulle part ». Cependant, au cours de ses vingt-cinq années d’emploi là-bas, mon père a gravi les échelons et a fini par travailler avec les plus hautes instances gouvernementales. Nous apprendrions plus tard qu’il avait travaillé sur la conception du système de missiles Patriot de l’armée américaine dans les années 70, ainsi que sur de nombreux autres « projets noirs » dont il n’était pas autorisé à parler. Lorsque sa division avait besoin de financements spéciaux pour un projet, c’était mon père qu’ils envoyaient au Pentagone pour s’entretenir avec les généraux là-bas.
Il a été confronté à de nombreuses occasions où il recevait des offres pour travailler dans le secteur privé, ainsi que l’opportunité de collaborer avec le gouvernement américain en Israël, en collaboration avec le gouvernement local. Cependant, avant de prendre une décision, qu’elle soit importante ou insignifiante, il cherchait toujours l’avis du Rabbi. À chaque fois qu’il sollicitait son conseil sur ces offres, le Rabbi lui répondait par la négative. Il lui expliquait que, en tant que Juif religieux occupant un poste prestigieux au sein du gouvernement américain, il aurait une influence bien plus grande, non seulement sur les Juifs qui s’engageaient dans le judaïsme, mais également sur les non-Juifs, que dans tout autre endroit. « Si une ville compte un seul médecin », faisait remarquer le Rabbi, « il ne devrait pas partir ».
Des années plus tard, le scientifique refuznik le professeur Herman Branover – que mon père a aidé à quitter la Russie dans les années 70 – écrirait à propos d’un moment où il avait entendu par hasard deux adolescents juifs parler avec enthousiasme d’un grand scientifique juif qui portait une barbe complète et des Tsitsit au Pentagone. « S’il peut le faire au Pentagone », conclurent-ils, « alors aucun Juif ne devrait avoir honte d’être différent où qu’il soit ».
À un certain moment, mon père a été approché par plusieurs Israéliens pour leur transmettre secrètement des informations sur certaines technologies de défense américaines. Encore une fois, il a consulté le Rabbi, qui lui a fortement déconseillé de même parler avec eux, sans parler de s’engager dans une quelconque activité criminelle. Plus tard, lorsque Jonathan Pollard a été arrêté pour avoir vendu des secrets à Israël, le gouvernement a commencé à examiner de très près mon père. Pendant un certain temps, ils le soumettaient à des tests, souvent avec un détecteur de mensonges, le maintenant sur ses gardes, examinant ses loyautés et vérifiant s’il y avait des fuites vers Israël. J’avais une sœur qui était alors scolarisée en Israël, et mon père a dû arrêter de lui téléphoner car passer des appels en Israël pouvait sembler suspect. Pendant quelques semaines, je me souviens même avoir vu des personnes assises dans une voiture de l’autre côté de la rue, surveillant notre maison ; mon père m’a dit qu’elles étaient du gouvernement. Mais bien sûr, ils n’ont rien trouvé d’anormal.
Lors d’une de ses visites chez le Rabbi, mon père lui a apporté un cadeau. Il s’agissait d’une édition très ancienne du Tanya, que le Rabbi n’avait pas dans sa bibliothèque. Le Rabbi a pris le Tanya et a remercié mon père.
« Quand vas-tu écrire quelque chose comme ça ? » lui a demandé le Rabbi, faisant référence à des sujets de Torah. Mon père a souri et haussé les épaules face à cette suggestion, mais le Rabbi a insisté en disant qu’il le pensait sérieusement. Plus tard, mon père a travaillé avec le Professeur Branover sur la création de la revue B’or Ha’Torah sur la Torah et la science, et il y a contribué avec de nombreux articles. Il a également écrit sur d’autres sujets, comme un essai savant sur le jeûne dans la loi juive. La prochaine fois qu’ils se sont rencontrés, le Rabbi a exprimé son appréciation pour avoir écrit l’article sur la Torah, « un véritable dvar Torah », comme il l’a appelé.
« Je ne pensais pas que quelqu’un d’autre avait lu cet article », a remarqué mon père à un ami.
Pendant la maladie de mon père, l’une de mes sœurs s’est rendue chez le Rabbi alors qu’il distribuait des dollars pour la charité. Lorsqu’elle a demandé une bénédiction pour notre père, le Rabbi a demandé : « Travaille-t-il sur ses inventions ? »
Ma sœur a été surprise par cette question et a expliqué qu’il était en soins intensifs, incapable de travailler. Le Rabbi a commenté qu’il était probablement en train de régler des affaires inachevées et lui a dit de lui rappeler qu' »il doit se rétablir rapidement pour poursuivre son travail ». En d’autres termes, le Rabbi a établi un lien entre ses bénédictions pour le rétablissement de mon père et son travail.
Bien qu’à l’origine – et en général – le Rabbi était opposé à ce que mon père, un étudiant de yeshiva, aille à l’université, une fois qu’il avait atteint sa position, le Rabbi était vivement favorable à ce qu’il poursuive ce qu’il faisait et qu’il réussisse dans cette voie.
M. Bentsion Berg est un professionnel de l’informatique vivant actuellement en Floride du Sud avec sa famille. Cet entretien a été réalisé en août 2013.
Les textes ci-dessus abordent la question des noms donnés aux enfants dans la tradition juive. Ils font référence aux réponses et conseils du Rabbi sur le choix des prénoms et leur utilisation.
De manière générale, l’opinion du Rabbi était qu’il n’était pas nécessaire de changer ou d’ajouter des noms sans motif particulier. Cela a également été rapporté concernant le nom « Nimrod ». Par exemple, le Rav Nimrod Hefetz de Kfar Habad a raconté qu’il avait demandé au Rabbi s’il devait changer son nom. Le Rabbi lui aurait répondu qu’il n’y avait pas besoin de le faire.
En général, l’opinion du Rabbi était qu’il ne faut pas ajouter ou changer un nom sans une raison importante. Cette opinion se reflète également dans la réponse suivante (Igurot Kodesh, Partie 8, page 68. Choul’han Menachem, Partie 5, page 123):
« Dans ce qu’il écrit concernant… un nom qui n’a pas d’équivalent en hébreu et est appelé « אלגא » « Elga », et demande s’il doit ajouter un nom. Il est clairement expliqué à plusieurs endroits que les lettres du nom sont un canal de vie qui relie l’âme et le corps, et il est mentionné dans les écrits du Ari zal et généralement parmi les kabbalistes que le nom donné par les parents est celui par lequel D.ieu appelle l’âme dans le monde supérieur. Par conséquent, il ne faut pas changer ou ajouter un nom sans une raison importante. Et puisque les noms « עלקא » או « עלקה » « Alka » ou « Alkah » sont mentionnés dans les livres des noms des femmes, il ne faut pas les changer. »
Cela est également applicable aux paroles du Rabbi concernant de nommer un enfant en référence au grand-père ou à la grand-mère tant qu’ils sont encore en vie, comme décrit ci-dessous.
Lors d’un Farbrenguen de Chabbat Paracha Mikets 5743, le Rabbi a déclaré (Hisvaaduyot Tichri – Mar Heshvan 5743, Vol. 2, p. 760):
« …Concernant le cas de quelqu’un qui donne le nom de son grand-père lorsqu’il est encore en vie, et comment se comporter lorsqu’il est découvert après avoir donné le nom que son grand-père est encore appelé par ce nom (s’il doit changer le nom, etc.) – tout cela dépend des coutumes spécifiques de chaque lieu, selon la situation spécifique, comme expliqué ci-dessous ».
« Par conséquent, ce que nous voyons, c’est qu’il y a des différences dans la façon dont la question est traitée, ce n’est pas une question de repentir concernant la réponse précédente, mais la réponse est en fonction de la situation de la personne qui pose la question, de son affiliation à un groupe spécifique, et de l’endroit où il se trouve, etc., car il existe des différences de coutumes à cet égard… »
« En plus des différences de coutumes mentionnées précédemment, il y a une distinction entre le cas où la question est posée avant de donner le nom ou après avoir déjà donné le nom (et on demande s’il doit le changer), ce qui est lié à la vitalité de l’âme, etc… »
« Par conséquent, la réponse à cette question (ainsi qu’à d’autres questions similaires) est basée sur la situation spécifique de la personne qui pose la question, conformément aux coutumes et à l’endroit spécifique, etc ».
Il est vrai que le Rabbi était généralement en faveur de ne pas changer ou ajouter de noms sans raison importante. Cependant, il s’impliquait personnellement et il engageait des discussions privées avec de nombreuses personnes concernant le choix de leurs noms.
Il y a des exceptions aux règles mentionnées précédemment :
Dans le testament du Rabbi Yehouda Ha’hassid (Sefer Kavod veDa’at, chapitres 3-4), il est dit : « Un homme ne doit pas épouser une femme dont le nom est le même que celui de sa mère… Et s’il l’épouse, il doit changer le nom d’une des deux… Deux personnes dont les noms sont identiques ne devraient pas se marier et avoir des enfants ensemble ».
Dans ce contexte, le Rabbi a répondu à plusieurs reprises que si le mari et son beau-père, ou la femme et sa belle-mère, ont exactement le même nom (et pas lorsque l’un d’eux a un autre nom), ils devraient ajouter un autre nom.
Par exemple, le Rabbi a écrit (Teshoura Simpas’han, 5738) :
« Si la future mariée est pieuse, etc., il faut lui ajouter un autre nom, 30 jours avant les conditions (par quelqu’un qui bénit à la synagogue et similaires), et il est bon de signer occasionnellement de cette manière, alors il n’y a aucune inquiétude du tout ».
Des références supplémentaires concernant ces cas ont été rassemblées dans le livre « Choulhan Menahem » (partie 6, pages 133-141).
Dans le cas où le nom est un nom étranger, non-juif. Dans de nombreux cas, on a annoncé au Rabbi des noms étrangers, et le Rabbi lui-même a choisi le nom hébreu approprié pour le remplacer, généralement un nom similaire au nom d’origine.
Une note contenant plusieurs noms étrangers écrits à la main a été transmise au au Rabbi, et à côté de chaque nom, le Rabbi a écrit le nom hébreu qui devrait le remplacer :
Louise – Leah
Jack – Yaakov
Richard – Shmari
Arlette – Ariella
Julie – Yehudit
Nadine – Dina
Even Israël
Il convient de mentionner que dans le recueil « Zorea Tsedakot Oumatszmiah Yechouot », de nombreux cas similaires qui se sont produits lors de la distribution de reçus de Tsedaka ont été recueillis (pages 129-131).
Dans le livre du Rav Tuvia Silberstrom, « B’lomdei Yeshivat Tomchei Tmimim, Merkazit 770 », il est mentionné : « En tant qu’étudiant à la Yeshiva Tomchei Tmimim, à 770, j’ai passé une année dans une chambre avec le Rav Touvia. Son nom d’origine était un nom étranger, Tod, et quand il est entré en Yehidout auprès du Rabbi, il a demandé au Rabbi quel nom il devrait prendre à la place. Le Rabbi lui a répondu de changer son nom en Touvia, et de se rappeler que « Hachem est bon (Tov)… ».
Une situation rare où le Rabbi a proposé de changer un nom de famille s’est produite avec le Rav Adin Steinzaltz, à qui le Rabbi a proposé lors de la distribution des dollars de changer son nom de famille en un nom hébreu, ce qu’il a effectivement fait en devenant « Even Israël ».
« En ce qui concerne le nom de l’enfant lorsqu’il naîtra dans un moment propice et réussi – comme cela a été largement publié – c’est aux parents de décider. » (Teshoura Simpas’han, 5755).
Cependant, le Rabbi a eu différentes réactions aux questions des parents concernant cela, voici quelques-unes d’entre elles.
Le massacre terrible à l’école professionnelle de Kfar Habad s’est produit le premier jour du mois de Iyar, 5716-1956. Parmi les victimes se trouvait le Rav Shmuel Zilberstrom, que sa mémoire soit bénie.
Plus de trois mois plus tard, le 18 Av, 5716, son frère, le Rav Aharon Mordehai Zilberstrom, que son souvenir soit une bénédiction, a envoyé une lettre au Rabbi :
« Hier, un fils est né [pour nous]. Avant Pessa’h, nous avons clairement dit que si un garçon naît, il sera nommé d’après le Rabbi (précédent). Et maintenant [notre question est], devons-nous le faire [le nommer d’après le Rabbi (précédent)], ou [le nommer d’après la victime décédée, qui était son frère,] Shmuel, ou combiner [les deux noms] ? »
Le Rabbi a répondu dans un message daté du 22 Av, 5716 :
« Mazal Tov. Selon moi, il ne faut rien changer de ce qui a été dit précédemment. »
En effet, la Brit Milah a eu lieu le 24 Av, et le nouveau-né a été nommé sur le nom du Rabbi (précédent) « Yossef Its’hak », selon les instructions du Rabbi (selon la publication de Teshoura, Belevi, Vav Tamouz, 5775, page 29).
Certains ont la coutume de ne pas nommer d’après une personne décédée à un jeune âge. Il semble que l’opinion générale du Rabbi était que ceux qui n’avaient pas de préoccupation à ce sujet n’avaient aucun problème à le faire.
Dans une réponse du Rabbi à quelqu’un qui a demandé s’il y avait une préoccupation à donner un nom en l’honneur de quelqu’un qui est mort en sanctifiant le Nom Divin aux mains des Allemands, le Rabbi a répondu dans son écrit à la main :
« Si vous ne vous en préoccupez pas, alors je m’en préoccupe certainement pas, et au contraire, c’est un grand mérite. »
Il est bien connu que des réponses encourageantes ont été données à ceux qui ont donné des noms en l’honneur du père du Rabbi, le Rav Levi Its’hak, que sa mémoire soit une bénédiction (« qui est décédé avant son temps » – selon les paroles du Rabbi dans un discours, Dévarim, Vaet’hanan, 5747), ainsi qu’en l’honneur de ses frères, le Rav Dovber, que son souvenir soit une bénédiction (qui a été tué pendant l’Holocauste), et le Rav Israël Aryé Leib, que sa mémoire soit une bénédiction (qui est décédé relativement jeune).
Il convient de revenir aux paroles du Rabbi qui ont été prononcées dans un discours lors de Hanoucca, 5743 :
Concernant la question de savoir s’il faut donner à un enfant le nom de son grand-père alors que celui-ci est encore en vie, et comment se comporter lorsque, après avoir donné le nom, on découvre que le grand-père est toujours appelé par ce nom (faut-il changer de nom, etc.), et donc ce que l’on voit, c’est qu’il y a une différence dans la manière de répondre à cette question – cela ne signifie pas qu’il y a un regret par rapport à la réponse précédente, mais la réponse est en fonction de la situation du demandeur, de son affiliation, de l’endroit où il se trouve, etc…
En plus des différences de coutumes mentionnées précédemment (entre les Sepharades ou les Ashkénazes), il y a une différence si la demande de changement de nom se produit avant ou après avoir donné le nom, car alors cela concerne la vitalité de l’âme, etc… Par conséquent, la réponse à cette question (et à des questions similaires) est – en fonction de la situation du demandeur, selon sa coutume et le lieu, etc…
Sur le contexte des paroles du Rabbi – il convient de noter :
Lors de Hanoucca 5743, le Rabbi a reçu un recueil de ‘Hidouché Torah – en Niglé et en Hassidout (par des personnes de Kfar Habad). Le recueil était dans le cadre de l’instruction du Rabbi de publier des Hidouchim de Torah suite aux événements de l’année des 80 ans du Rabbi (11 Nissan 5742) dans tous les endroits [Référence : « Hatev’adoyos » 5742, vol. 3, pages 1269 et suivantes]. Dans ce recueil, un article fascinant de l’éminent Rav Tuvia Haïm Pless, de mémoire bénie (pages 155-153), intitulé « Après avoir donné le nom, il s’est avéré que c’est un nom similaire à celui de son père (ou de sa mère) », il mentionne quatre cas différents sur lesquels le Rabbi s’est prononcé :
Dans une lettre (19 Eloul 5749), le Rabbi répond: « il semble que l’on puisse continuer à utiliser le nom donné ».
Dans la deuxième lettre (22 Nissan 5743), le Rabbi répond: « il semble qu’il ne faille pas utiliser le nom en question ».
Dans la troisième lettre (9 Tamouz 5776), le Rabbi répond: « même si ce n’est pas le même cas et qu’il est possible de faire une distinction, il semble qu’il faille annuler complètement le nom ».
Dans la quatrième lettre, le Rabbi répond: « il semble que cela dépende de la décision des parents ».
Le 15 Tamouz 5742 – en réponse à des parents qui ont oublié et ont donné un deuxième nom similaire à celui de leur grand-père, et qui veulent continuer à utiliser les deux noms tout le temps, exprimant une préoccupation pour l’impact sur le père, et demandant au Rabbi un conseil. La réponse du Rabbi était la suivante : « Il est connu que ceux qui ont deux noms (ou plus) – certains ont l’habitude de les lire (ou de les signer) d’un seul nom, et d’autres utilisent les deux noms, et même parmi nos propres Rebbeim, nous trouvons ces deux pratiques, même pour les enfants – cela est déterminé spécifiquement par les parents, et il leur appartient de discuter entre eux de la façon de l’appeler en pratique, et de toute façon, il n’y a aucune raison de s’inquiéter du tout ».
Le Rav Pless s’est basé sur des sources du Talmud et de la loi juive et a conclu qu’il y a apparemment trois catégories générales de noms : 1) le nom principal (ikar), 2) le nom secondaire (tafel), 3) le nom surnom (nishtake’a).
À partir de là, les paroles du Rabbi peuvent être comprises comme suit :
Il est important de faire tous les efforts pour préserver le nom donné à un nourrisson et ne pas l’annuler ou le remplacer, même s’il s’agit du nom de sa grand-mère ou de sa sœur. Cependant, tout cela dépend si le nom est principal ou secondaire. Si le nom est principal, il devrait être annulé et remplacé.
Donc, dans la première réponse, l’accent est mis sur le fait de laisser le nom et de ne pas l’annuler.
Dans la deuxième réponse, cela implique que le nom double serait secondaire et non principal.
Dans la troisième réponse, il est sous-entendu que si le nom double est le principal, il doit être abandonné et un nouveau nom doit être donné.
Dans la quatrième réponse, il est sous-entendu que pour ce qui est de la détermination du nom, les parents sont les décideurs et il n’y a aucune raison de s’inquiéter du tout.
Cependant, en ce qui concerne l’utilisation de deux noms de manière permanente lorsque qu’il n’y a pas de doublon, certaines personnes ont l’habitude de le faire, etc. Mais en ce qui concerne le fait de le considérer comme principal ou secondaire, cela ne dépend ni de l’opinion des parents ni de l’opinion de la personne elle-même, comme le Rabbi l’écrit dans sa deuxième lettre. Ils devraient s’efforcer à ce que le prénom de leur enfant soit considéré comme principal, etc. »
Et une fois de plus, en ajoutant une note (N.B.) du Rav Pless : « Après avoir écrit ces mots, j’ai reçu une histoire d’un des Anash, qui seul fait foi :
« J’ai donné deux noms à ma fille dès sa naissance, sans savoir que ma mère et ma belle-mère avaient des noms similaires au deuxième nom que j’ai choisis pour ma fille. J’ai informé leRabbi de cela dans une lettre, qui a répondu après un certain temps : « Est-il possible que vous ayez donné deux noms qui sont tous deux les seconds noms de votre mère et de votre belle-mère? ». Le Rabbi m’a proposé trois autres noms parmi lesquels je pouvais choisir et annuler les deux noms que j’avais déjà donnés. J’ai suivi cette suggestion, et bien que trente jours soient passés, j’ai offert à nouveau un Kiddouch et j’ai donné un nouveau nom. »