Tout sur le jeûne du 17 Tamouz jeudi 9 juillet 2020

Tout sur le jeûne du 17 Tamouz jeudi 9 juillet 2020

 

PARIS – Début : 03h25 – Fin : 22h45
TEL AVIV – Début : 04h15 – Fin : 20h23

Un jour de jeûne, un jour de téchouva

Chiva assar béTamouz, le 17 tamouz : le jeûne que nous observons ce jour marque l’entrée dans la période des Trois semaines. C’est en effet le 17 Tamouz 3830 (ou en l’an70) qu’après quatre années de révolte juive les légions romaines ouvrirent une brèche dans les murailles de Jérusalem assiégée.

  • Le jeûne du 17 Tamouz, connu comme Chiva Assar beTamouz est le début de la période des Trois Semaines de deuil pour la destruction de Jérusalem et des deux Saints Temples.
  • Ce jeûne commémore en fait cinq événements tragiques survenus à cette date :
  • Moïse brisa les premières Tables de la Loi lorsqu’il vit le peuple juif adorer le Veau d’Or.
  • Au cours du siège de Jérusalem par les Babyloniens, le sacrifice quotidien fut interrompu par manque de bétail.
  • Apostomos brûla un rouleau de la Torah.1Une idole fut installée dans le saint Temple.
  • Une première brèche fut percée ce jour-là dans les murailles de la ville sainte par les Romains en l’an 69 de l’ère commune, après un long siège. (Trois semaines plus tard, après que les Juifs se soient vaillamment défendus, les Romains détruisirent le second Saint Temple, le jour du 9 Av.)
  • D’après le Talmud de Jérusalem, c’est également en ce jour que les Babyloniens percèrent la muraille de Jérusalem lorsqu’ils vinrent détruire le premier Temple.

Concrètement :

  • Les adultes en bonne santé – à partir de l’âge de bar et bat mitsva – s’abstiennent de manger et de boire depuis l’aube jusqu’à la tombée de la nuit.
  • Les femmes enceintes et qui allaitent ne jeûnent pas.
  • Un malade doit consulter un rabbin. Ceux qui sont dispensés de jeûne, comme les malades et les enfants, ne devraient pas consommer de douceurs en ce jour.
  • Un jour de jeûne est un jour propice, un jour où D.ieu est accessible, attendant notre repentir.
  • Il est permis de se lever avant le début du jeûne pour manger quelque chose, à condition d’avoir eu l’intention de le faire avant d’aller dormir.
  • Au cours de la prière du matin, nous récitons les seli’hot (élégies) relatives à ce jour, figurant à la fin du recueil de prières.
  • Le “long Avinou Malkeinou” est récité lors de l’office du matin et de celui de l’après-midi.
  • La Torah est lue lors de l’office du matin et de celui de l’après-midi. La lecture – qui est la même pour ces deux offices – est Exode 31,11-14 et 34,1-10, et évoque comment, après l’incident du Veau d’Or, Moïse a intercédé auprès de D.ieu en faveur des Israélites jusqu’à obtenir Son pardon pour eux.
  • Dans le rite ‘hassidique et le rite ashkénaze, après la lecture de l’après-midi, la Haftarah des jours de jeûne est lue (Isaïe 55,6 à 58,8).
  • Au cours de la Amidah de l’après-midi, tous ceux qui jeûnent ajoutent un petit passage, aneinou, dans la bénédiction Chéma koleinou.
  • Si le 17 Tamouz tombe un Chabbat, le jeûne est repoussé au dimanche.
  • S’abstenir de manger et de boire est l’aspect superficiel d’un jour de jeûne. À un degré plus profond, un jour de jeûne est un jour propice, un jour où D.ieu est accessible, attendant notre repentir.
  • Nos Sages ont enseigné : “Toute génération au sein de laquelle le Temple n’a pas été reconstruit, c’est comme si le Temple avait été détruit en son temps.” Un jour de jeûne n’est pas seulement un jour triste, c’est un jour lors duquel nous sommes investis du pouvoir de réparer la cause de cette destruction, afin que notre exil s’achève et que nous entrions dans l’ère messianique, puisse-t-elle advenir très prochainement.
Les trois semaines

– Durant les trois semaines suivantes, jusqu’au 9 Av, on augmente les dons à la Tsedaka.
– On évite d’acheter de nouveaux vêtements et on ne prononce pas la bénédiction « Chéhé’héyanou » (par exemple sur un fruit nouveau).
– On ne se coupe pas les cheveux, on n’écoute pas de musique joyeuse et on ne célèbre pas de mariage.
– On évite de passer en jugement.
– Suite à l’appel du Rabbi, à partir du 17 Tamouz, nous intensifions l’étude des lois de la construction du Temple (dans le livre d’Ezékiel, le traité Talmudique Midot et le Rambam – Maïmonide).
– Durant les neuf jours qui précèdent le 9 Av (à partir du dimanche soir 23 juillet 2017), on ne mange pas de viande et on ne boit pas de vin. Par contre, on assistera à un Siyoum (ou on l’écoutera sur radio J à partir du lundi 24 juillet à 14h 30), ce qui est une joie permise durant cette période.

 

Le sens des Trois semaines 

Nos Sages ont abondamment souligné la gravité de ces jours. Ne s’agit-il pas du début de l’exil qui est encore le nôtre comme de celui, si l’on peut dire, de l’exil de la Ché’hina, de la Présence divine ? La destruction du Temple n’est-elle pas une indicible perte pour le peuple juif comme pour l’ensemble de l’humanité? Le temps des trois semaines est certes un temps d’étroitesse. Ben hametsarim,un temps “entre les limites”. Faut-il pourtant s’y laisser enfermer? Pour la tradition juive une tristesse close sur elle-même ne peut pas être la réponse. La commémoration de la perte n’est là que parce qu’elle nous désigne un autre horizon, un projet. Réparer, améliorer, élever, spiritualiser : voilà des maîtres-mots de l’action millénaire du judaïsme. Ce qui a été physiquement détruit peut être spirituellement reconstruit.

Tous les enfants juifs, autrefois, connaissaient ce récit : Rabban Gamliel, Rabbi Elazar ben Azarya, Rabbi Yochoua et Rabbi Aquiba montèrent un jour à Jérusalem. Arrivant devant le mont du Temple et voyant un renard sortir de ce qui avait été le Saint des Saints, les trois premiers éclatèrent en d’amers sanglots. Mais Rabbi Aquiba se mit à rire! “Qu’a-tu donc Aquiba à rire ainsi? Et vous, répondit-il, qu’avez-vous donc à pleurer?”. “Pour ce lieu, dirent les Maîtres, la Torah décrète que le profane qui s’en approcherait mourrait. Voilà que des renards en sortent et nous ne devrions pas pleurer!”. Rabbi Aquiba leur opposa alors les prophéties de Jérémie et de Zacharie. Jérémie qui annonce la ruine de Jérusalem et Zacharie qui transmet la grandiose promesse : “Oui certes, dit l’Eternel, je les ramènerai pour qu’ils habitent dans Jérusalem; ils seront mon peuple et Je serai leur D.ieu en vérité et en justice”.” La première prophétie étant réalisée, conclut Rabbi Aquiba, la seconde le sera certainement à son tour”. Alors les Maîtres dirent : “Aquiba, tu nous a consolés!”.

Consolation : elle commence dès le Chabbat qui suit Ticha béAv, le 9 Av, Chabbat Na’hamou, le Chabbat de la consolation. Et c’est bien plus qu’une consolation que nous vivrons dès le 15 Av, jour de joie entre tous.

L’exil n’est pas un état, il est un chemin. Celui qui mène à l’ultime libération.

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Youd Beth Tamouz : jour anniversaire du Rabbi précédent et jour de sa libération des prisons soviétiques

Youd Beth Tamouz : jour anniversaire du Rabbi précédent et jour de sa libération des prisons soviétiques

Le Rabbi précédent, Rabbi Yossef Its’hak Schneersohn, naquit le 12 Tamouz 5640 (1880). Lorsqu’il pleura de douleur, pendant sa circoncision, son grand-père, le Rabbi Maharach, lui dit: “Pourquoi pleures-tu? Tu seras un Rabbi et tu commenteras la ‘Hassidout en des termes clairs!”.

Le Rabbi précédent accompagna son père à Yalta, où il passa quelques temps, en 5647 (1887). De retour à Loubavitch, il se consacra à l’étude, de 5648 à 5650 (1888 à 1890). Il accumula de très larges connaissances, s’attacha profondément à son père et conçut un immense respect pour ses maîtres. Dès lors, il prit l’habitude de noter tout ce qu’il voyait et entendait. C’est ainsi qu’il rédigea, tout au long de sa vie, un journal dont la valeur est inestimable. Faisant par ailleurs un travail d’historien, il réunit de précieuses informations sur la naissance et le développement du mouvement ‘hassidique.

En Mena’hem Av 5751 (1891), alors qu’il était âgé de onze ans, il se porta courageusement au secours de Rabbi David le boucher de Loubavitch, qui était maltraité par l’unique policier de cette ville. Ceci lui valut sa première arrestation. Il passa quelques heures dans une cellule, empli de crainte, avant que son père ne parvienne à le faire libérer.
Sa Bar Mitsva, en 5753 (1893), fut célébrée avec un faste particulier et dura sept jours. De nombreux discours ‘hassidiques furent récités à cette occasion.

Il s’engagea dans l’activité communautaire en 5655 (1895), en tant que secrétaire particulier de son père et décrivit lui-même cette période comme celle de “son éducation profonde”. A ce titre, il voyagea très souvent à Pétersbourg, usant de son titre de “citoyen d’honneur”, hérité du Tséma’h Tsédek. Il participa à la réunion de Rabbanim de Kovno en 5655 (1895) et à celle de Vilna en 5656 (1896), de Moscou et de ‘Herkov.

En 566l (1901), il effectua différents voyages, à Vilna, Brisk, Lodj et Kœnigsberg, pour préparer la création de l’usine de Doubrovna, désirée par son père. Il partit pour Pétersbourg, en 5662 (1902), pour régler des problèmes communautaires.

En 5664 (1904), il organisa la collecte de fonds introduite par son père, pour financer l’envoi de Matsot aux soldats qui se battaient au front, en Extrême Orient, pendant la guerre opposant la Russie au Japon.

En 5666 (1906), il se rendit en Allemagne et en Hollande, afin de persuader les banquiers d’user de leur influence pour faire cesser les pogroms. I

l participa à la conférence de Vilna de 5668 (1908) et rencontra, en 5669 (1909), les responsables communautaires d’Allemagne. Il organisa la réunion des Rabbanim de Moscou, en 5677 (1917) et de Kharkov en 5678 (1918).

Entre 5662 et 5676 (1902 et 1916), il fut arrêté à quatre reprises, en différentes occasions, à cause de ses activités. 

En lyar 5662 (1902), il fut arrêté à Loubavitch, à la suite d’une dénonciation d’un directeur d’école, adepte de la Haskala.

En Tévet 5670 (1910), il fut arrêté à Pétrograd, à la suite d’une dénonciation émanant d’un Juif.

Enfin, en 5676 (1916), il fut arrêté à cause de son action pour faire réformer les Juifs servant dans l’armée russe. Aucun chef d’accusation ne pouvant être retenu contre lui, il fut à chaque fois libéré, après que l’ordre lui ait été donné de cesser toute activité subversive.

Mais il poursuivait sa mission, avec une ardeur toujours renouvelée.

Il se fiança, à Balivka, en Tamouz 5656 (1896), avec la Rabbanit Ne’hama Dina, fille de Rabbi Avraham Schneersohn de Kichinov, petite fille de Rabbi Israël Noa’h, le Rabbi de Nyéghin et l’un des fils du Tséma’h Tsédek.

La célébration de ses fiançailles dura sept jours. Puis, le mariage eut lieu le 13 Elloul 5657 (1897). C’est pendant l’un des repas de la semaine suivant cette cérémonie que le Rabbi Rachab, son père, fonda la Yechiva Tom’heï Temimim.

En 5658 (1898), son père lui confia la direction de cette Yechiva.

En 5681 (1921), il en créa une extension dans différentes villes de Russie, puis à Varsovie et dans plusieurs villes de Pologne et enfin à Boukhara, en 5687 (1927).

C’est en 5680 (1920) qu’il prit la tête des ‘Hassidim ‘Habad, succédant à son père qui, dans son testament, lui laissa des instructions précises sur le comportement qu’il devait d’adopter. Dès 5681 (1921), il mit au point un plan de renforcement du Judaïsme dans toute la Russie, qui connaissait alors un profond changement, avec la naissance de l’ère bolchevique. Les Juifs furent bien évidemment les premières victimes et ceux qui souffrirent le plus.

Le Rabbi Rayats, au péril de sa vie, perpétua le Judaïsme et donna à chaque communauté les moyens de continuer à fonctionner. Accusé de “contre-révolution”, il était poursuivi, épié, menacé. Par la suite, il établit à Varsovie le centre à partir duquel il put étendre son action sur toute la Russie.

Suite à une dénonciation de la “Yevsektsya”, la section juive du parti communiste, il fut contraint par la police secrète, la “Tchéka”, de quitter Rostov. Il s’installa alors à Pétersbourg. C’est de là qu’il poursuivit son activité de renforcement de la Torah et des Mitsvot. Il s’assura de la présence, dans chaque endroit, de Rabbanim, de ‘Hadarim, de Cho’hatim et de professeurs. Il nomma un comité spécial pour le travail manuel, afin de permettre aux Juifs qui l’avaient adopté de respecter le Chabbat.

La lutte qu’il mena contre le régime fut particulièrement âpre. Les victimes, parmi ses ‘Hassidim, se comptèrent par milliers. Dès qu’ils étaient arrêtés, d’autres les remplaçaient et assumaient leurs fonctions. Tous tiraient leur force du Maître, le Rabbi de Loubavitch.

En Tamouz 5680 (1920), il fut lui-même emprisonné, suite à la dénonciation du chef de la Yevsektsya de Rostov sur le Don. Il fut immédiatement relâché.

En 5684 (1924), il commença à s’occuper de la communauté des ‘Hassidim se trouvant à l’époque en Amérique.

Ceux-ci étaient de plus en plus nombreux et il décida de les structurer. Il créa à cet effet Agoudat ‘Habad, l’association des ‘Hassidim ‘Habad aux Etats Unis d’Amérique et au Canada.

En 5687 (1927), la Yevsektsya désira organiser une réunion des responsables communautaires afin de contrôler les activités des Juifs. Le Rabbi Rayats, craignant que certains ne puissent résister aux pressions, parvint à la faire annuler. C’est alors que la section juive du parti communiste qui, jusqu’alors avait évité de s’en prendre directement au Rabbi, dont la notoriété était très grande, décida de le faire emprisonner.

Le 15 Sivan 5687 (1927), le Rabbi fut arrêté, pour la septième fois de sa vie, accusé de propager le Judaïsme et enfermé dans la prison de Chpolerno, à Leningrad. Pendant son incarcération, il fit preuve d’un immense courage et défendit fièrement l’idéal de la Torah, face à ses bourreaux.

Dans un premier temps, il fut condamné à mort. Mais les interventions internationales se succédèrent pour obtenir sa libération. Face aux pressions, sa peine fut commuée d’abord en dix ans de déportation sur l’île de Solobki, puis en trois ans d’exil à Kastroma.

Le 4 Tamouz, après avoir pu rencontrer sa famille pendant six heures, il partit effectivement pour Kastroma, mais, le 12 Tamouz, il fut informé de sa libération. Le lendemain, 13 Tamouz, il fut effectivement libéré mais contraint de s’installer à Mala’hovka, près de Moscou.

Dès l’année suivante, les 12 et 13 Tamouz furent célébrés avec faste, par tous les ‘Hassidim et amis du Rabbi Rayats, qui vivaient tous comme la leur propre cette fête de la libération. Le Ta’hanoun n’est pas récité pendant ces deux jours.

Des démarches furent faites, après sa libération, pour que le Rabbi Rayats soit autorisé à quitter la Russie et, le lendemain de Soukkot 5688 (1827), il partit définitivement de ce pays. Il s’installa à Riga, en Lithuanie, état alors indépendant. Là, il fonda une Yechiva.

En 5688 et 5689 (1928 et 1929), il parvient à envoyer des Matsot en Russie pour la fête de Pessa’h.

En 5689 et 5690 (1929 et 1930), il visita la Terre Sainte, puis les Etats Unis. La nouvelle de sa venue provoqua la joie des Juifs d’Erets Israël, qui connaissaient son combat en Russie Soviétique et commencèrent immédiatement les préparatifs pour l’accueillir. Il quitta Riga le 22 Tamouz et, le lendemain, rencontra le Rabbi Chlita et la Rabbanit ‘Haya Mouchka, qui habitaient alors à Berlin. Il parvint, en bateau, à Alexandrie, le 29 Tamouz. Là, il prit le train pour Lod, où il arriva le 2 Mena’hem Av.

Il visita Yerouchalaïm et le Kotel Hamaaravi, Tsfat, Tibériade, Miron et la grotte de Rabbi Chimeon Ben Yo’haï, ‘Hevron et la Yechiva Torat Emet, Tel Aviv, Peta’h Tikva et Bné Brak.

Puis, le 16 Mena’hem Av, il reprit le train pour Alexandrie et un bateau le conduisit jusqu’aux Etats Unis, où il resta jusqu’en Tamouz 5690 (1930). Il visita de nombreuses villes, en particulier New York, Boston et Chicago.  En 5694 (1934), il visita Glouboka, dans la région de Vilna, à la demande des ‘Hassidim qui y habitaient.

En 5694 (1934), le Rabbi s’installa à Varsovie. Aussitôt, il créa des extensions de la Yechiva dans de nombreuses villes de Pologne et fonda Igoud Hatemimim, l’association des élèves de la Yechiva.

En 5695 (1935), il commença à publier le périodique “Hatamim”, destiné à servir de bulletin de liaison entre les ‘Hassidim en général et les élèves de la Yechiva en particulier.

En 5696 (1936), il transféra la Yechiva et son domicile de Varsovie à Otvotsk.

En 5699 (1939), il créa Agoudat ‘Habad, l’union internationale des ‘Hassidim ‘Habad, afin de structurer le mouvement Loubavitch.

Il se trouvait à Varsovie lorsque la guerre éclata. C’est là qu’il en vécut les premiers moments, puis, le 9 Adar Chéni 5700 (1940), il parvint à New York et s’installa à Brooklyn. Il passa la fête de Pessa’h à Lakewood, dans le New Jersey. C’est à New York qu’il installa la Yechiva Tom’heï Temimim centrale. Dans un premier temps, il se consacra au salut de ses ‘Hassidim restés en Europe. Puis, il renforça le Judaïsme américain et lutta contre le dicton, populaire dans ce pays, selon lequel “en Amérique, c’est différent”.

En 5701 (1941), il créa le périodique “Hakrya Vehakedoucha”, afin de disposer encore une fois d’un organe officiel. Il organisa son action par la création de Ma’hané Israël, une association dont les membres s’engagent à renforcer la Torah et les Mitsvot par leur propre exemple et par la bonne influence qu’ils exercent sur les autres.

En 5702 (1942), il fonda une extension de la Yechiva à Montréal, au Canada, à Newark, à Worcester et à Pittsburgh. Il visita Chicago du 7 au 14 Chevat. Il créa le Merkaz Leïnyaneï ‘Hinou’h, afin de posséder un réseau d’institutions éducatives et la société d’éditions Loubavitch Kehot.

En 5703 (1943), il créa la bibliothèque Loubavitch “Otsar Ha’hassidim” et, en 5704 (1944), l’association Ni’hoa’h, qui collecte et diffuse les mélodies ‘Habad. Puis, il créa le journal “Kovets Loubavitch” et l’association “Bikour ‘Holim”, pour rendre visite aux malades.

Le Rabbi Rayats affirma maintes fois la proximité de la venue du Machia’h. Il demanda même, le 23 Tichri 5702 (1941), que soit écrit un Sefer Torah pour aller à la rencontre du Machia’h. Celui-ci fut effectivement écrit à partir du 2 lyar de la même année, mais il fut achevé par le Rabbi Chlita, le 10 Tichri 5730 (1970), à l’occasion de la vingtième Hilloula du Rabbi Rayats.

Il fonda en 5705 (1945), le comité d’aide aux réfugiés, destiné à secourir les survivants de la guerre, qui a son siège à Paris. Aux Etats-Unis, il créa l’organisation Chaloh, qui donne accès à l’instruction religieuse aux élèves des écoles publiques. Il fixa un programme d’amélioration de la situation morale des fermiers juifs et de ceux qui habitent, en Amérique, dans les implantations rurales.

En 5708 (1948), il fonda Kfar Safaria ‘Habad, près de Tel Aviv, en Terre Sainte, pour les réfugiés de Russie. Puis, en 5709 (1949), il constitua une commission éducative prenant en charge les enfants des immigrants, en Erets Israël. Cette commission exerçait en particulier son activité dans les camps de transit.

En 5710 (1950), quelques semaines avant son décès, il jeta les fondations d’un programme d’éducation des enfants et de renforcement du Judaïsme dans les pays d’Afrique du Nord. Ainsi, furent créés une école de formation des maîtres, une Yechiva élémentaire, une Yechiva supérieure, un Talmud Torah pour les petits garçons et un autre pour les petites filles. Toutes ces institutions portent le nom générique “tentes de Yossef Its’hak-Loubavitch”.

Le Rabbi Rayats quitta ce monde le Chabbat Bo, 10 Chevat 5710 (1950), à huit heures sept du matin, à la suite d’une forte crise cardiaque et d’une courte agonie. Il est enterré à New York.

Le Rabbi Rayats eut trois filles. La Rabbanit ‘Hanna fut l’épouse de Rabbi Chmaryahou Gour Ary. La Rabbanit ‘Haya Mouchka fut l’épouse du Rabbi Chlita, successeur du Rabbi Rayats. La Rabbanit Cheïna fut l’épouse de Rabbi Mena’hem Mendel Horenstein et tous deux furent assassinés par les nazis, puisse D.ieu venger leur sang.

 

 

12 et 13 Tamouz 1927, le Rabbi précédent fut libéré des prisons soviétiques

C’est le 3 Tamouz que le Rabbi Rayats fut envoyé en exil, pour trois ans, tamuz-av-img1à Kastroma. Le comité constitué pour sauver le Rabbi décida de poursuivre son action et de trouver le moyen d’obtenir sa libération complète. Il s’adressa donc à madame Fichkova, qui était présidente de la croix rouge russe. Celle-ci intervint auprès des autorités russes pour que le Rabbi soit libéré. A l’opposé, Messing, chef de la ” Gué Pé Ou ” de Leningrad, multiplia les interventions contre sa libération. Il affirma que , s’il était libéré et revenait à Leningrad, il serait immédiatement arrêté.

Lorsque le Rabbi Rayats parvint à Kostroma, il reçut l’ordre de se présenter, chaque mardi, aux bureaux de la “Gué Pé Ou” ; Il s’y rendit donc, le mardi 12 Tamouz, accompagné par le ‘Hassid, Rav Elyahou ‘Haïm Althouis. L’officier lui réserva bon accueil et lui dit :
” Vous êtes dispensé de vous présenter ici de nouveau. Nous avons reçu l’ordre de vous libérer . Je suis heureux d’être le premier à vous annoncer la nouvelle “

Mais , le 12 Tamouz était férié à Kastroma et l’on ne put donc délivrer au Rabbi un certificat de libération. Il ne put le recevoir que le lendemain,13 Tamouz.

Dans une lettre qu’il écrivit à propos de la fête de la libération du 12 Tamouz, le Rabbi Rayats précisa :

” Ce n’est pas moi seul que le Saint béni soit-Il libéra, en ce 12 Tamouz, mais tous ceux qui chérissent notre sainte Torah, respectent les Mistsvot et même ceux pour qui Israël n’est qu’un surnom. Ce jour, le douzième du mois de Tamouz, est la fête de la libération de tous ceux qui diffusent la Torah. C’est à cette de date que fut établie aux yeux de tous que l’œuvre que j’ai accomplie, en propageant la Torah et en raffermissant la foi, est légale, dans ce pays. “

Le 13 Tamouz, après que le Rabbi Rayats ait reçu son certificat de libération, de nombreuses personnes se rassemblèrent dans sa maison et il tint une réunion, au cours de laquelle il prononça un discours ‘hassidique, introduit par le phrase ” Béni soit Celui Qui fait du bien à ceux qui ne le méritent pas “.

Le 14 Tamouz, à dix heures du matin, le Rabbi , totalement libre, abandonna la ville de Kastroma, accompagné par deux délégués de la communauté juive de la ville. Le vendredi 15 Tamouz, il arriva chez lui , à Leningrad.

 

 

12 Tamouz, Yortzeit du Rav Nissan Mindel, auteur, rédacteur et membre du personnel administratif du Rabbi

12 Tamouz, Yortzeit du Rav Nissan Mindel, auteur, rédacteur et membre du personnel administratif du Rabbi

 

Nissan Mindel, était auteur, rédacteur et membre du personnel administratif du Rabbi, Rabbi Menahem Mendel Schneerson, le septième Rabbi de Loubavitch.

 

Rav Nissan Mindel est né à Riga, en Lettonie, en mars 1912, l’un des neuf enfants de Yaakov Yitzchak et à Bunia Mindel. Il a quitté Riga pour l’Amérique par la Suède avec le sixième Rabbi de Loubavitch, Rabbi Yossef Itshak Schneersohn et son entourage, arrivant à New York en mars 1940 et s’est installé à Long Beach où il était un des fondateurs du Young Israël de Long Beach. Il est décédé à Crown Heights, Brooklyn en 1999.

Rav Nissan Mindel faisait partie du personnel du Rabbi de Loubavitch. Il a retranscrit une grande partie de l’histoire du Mouvement Loubavitch et a aidé à éditer les mémoires du sixième Rabbi de Lubavitcher, Rabbi  Yossef Its’hak. 

Rav Nissan Mindel a reçu son BA et MA de l’Université de Manchester en Angleterre. En 1962, il a obtenu un doctorat en philosophie de l’Université de Columbia à New York.

Il est l’auteur d’ouvrages publiés par la Kehot Publication Society, notamment la première traduction officielle du Tanya en anglais. Ses travaux incluent:

  • Le Tanya – la traduction officielle en anglais de Schneur Zalman de Liadi
  • Rabbi Schneur Zalman de Liadi – une biographie du fondateur du mouvement Chabad
  • La philosophie de Chabad – un travail explorant les thèmes centraux de la philosophie Habad
  • Les Mémoires de Rabbi de Loubavitch – un ouvrage en trois volumes retraçant les racines du mouvement Habad.
  • La lettre et l’esprit – une compilation de la correspondance en anglais du Rabbi Menachem Mendel Schneerson, couvrant un éventail de sujets juifs
  • Ma prière – un travail en deux volumes sur la prière juive
  • Our People – un ouvrage en plusieurs volumes sur l’histoire juive
  • The Storyteller – une collection d’histoires d’enfants juifs
  • L’appel du Shofar – un livre d’histoires d’enfants juifs
  • L’histoire complète de Tishrei – un travail sur le mois juif de Tishrei
  • The Complete Festival Series – un travail en plusieurs volumes sur les fêtes juives
  • Les Commandements – un bref travail sur les Dix Commandements

 

5 Tamouz : Yortzeit du Rav Bentsion Chemtov (1902-1975)

5 Tamouz : Yortzeit du Rav Bentsion Chemtov (1902-1975)

 

Un chant composé par le Rav Bentsion Chemtov

 

Rav Bentsion Chemtov a”h naquit en 1902. Il apprend dans sa jeunesse à la yeshiva Tom’hei Temimim à Loubavitch.

Lorsque la Révolution russe amène au pouvoir les communistes anti-religieux, le Rav  Chemtov fait partie des 10 jeunes Hassidim choisis par le Rabbi précédent, Rabbi Yossef Itshak Schneerson,  a qui il demande d’être prêt à donner leur vie pour la création et le maintien des Yechivot et Talmudei Torah en Russie.

Accusé de de développer les activités pour le renforcement du judaïsme, les autorités l’emprisonnent en Sibérie.

Fiancé peu de temps avant son emprisonnement avec Esther Golda Futerfass, son mariage n’aura lieu que quatre ans plus tard.

Après sa sortie de prison, il continue ses activités avec Messirout Nefesh.

En 1947,à la demande du Rabbi précédent, il quitte la Russie pour l’Angleterre où il a établi un Talmud Torah à Londres. Il participe activement au développement des Institution Loubavitch dans ce pays.

En 1951, Rabbi Menahem Mendel Schneerson prend la direction du Mouvement Loubavitch et demande au Rav Tsion Chemtov de continuer sa Chli’hout de diffusion de la Torah.

Il se rend régulièrement en Amérique du Nord et du Sud ainsi qu’en Erets Israël.

En 1975, le 5 Tamouz 5735, alors qu’il se trouvait à Kfar Habad afin de créer une école d’imprimerie pour les nouveaux immigrants de Russie, il est victime d’un accident de voiture et décède peu après.

Ses enfants sont :
Rav Avraham Its’hak Shem Tov
  Chaliah  à Philadelphie
,
Mme Bassie Azimov a”h – Chlou’ha à Paris,
Mme Soudak – Chlou’ha à Londres,
Rav Israël Shemtov   Crown Heights,
Rav Menahem Mendel Shemtov a”h  Crown Heights
et  
Rav Chalom Ber Shemtov  Roch Yechiva à Detroit.

 

Photo prise au Beth Loubavitch en 1973
De droite à gauche:
Rav Schlammé,
Rav Nissan Nemanov,
Reb Sender Menkin
 (Grand père de Mme Gourevitch de Lyon),
Rav Ben Tsion Chem Tov,
Rav Chmouel David Belinov,
Rav Korkacz 
(fondateur des boulangerie Korkacz).
Debouts, de droite à gauche:
Haim Mellul, Its’hak Gabay, khamous Malih, Elie Uzan,Yossef Schoukroun, Moché Sarfati
En bas à droite de profil : Mr René Aidan

 

 

Guimel Tamouz : Enseignements du Rabbi sur le sens de la Histalkout

Guimel Tamouz : Enseignements du Rabbi sur le sens de la Histalkout

 

 

 …Puisque «sa descendance est en vie» – les ‘Hassidim qui étudient son enseignement de la ‘Hassidout et accomplissent ce qu’il a instauré – alors « lui est en vie ». Et cela continuera ainsi tant que « sa descendance est en vie » jusqu’à la venue de Machia’h.

Et encore plus après la venue de Machia’h, quand s’accomplira la promesse « Réveillez-vous et chantez, ceux qui dorment dans la poussière », il est certain qu’on continuera à étudier son enseignement de la ‘Hassidout et qu’on continuera à avancer « dans la voie droite qu’il nous a montré de ses voies.

Et nous irons dans ses chemins éternels. » Car, en même temps qu’on étudiera la Torah de la bouche de Machia’h, « une nouvelle Torah sortira de Moi », chaque ‘Hassid ira avec son Rabbi et nous tous, et chacun de nous – nous irons avec notre Rabbi, le chef de notre génération, qui, même aujourd’hui, « est en vie ».

Extrait d’une Si’ha du 12 Tamouz 5745

 


 

• «Les bergers d’Israël ne se séparent pas de leur troupeau» et nous sommes attachés à présent exactement comme ce fut au premier instant et le premier jour après la Histalkout !

Ainsi, il faut se tenir à la « poignée » (de la porte du Rabbi – ndt) jusqu’à se tenir à une porte ouverte, et aller sur le tombeau avec des questions et des demandes, écrire des lettres et demander miséricorde et bénédictions jusqu’à demander également que se réalise « et lui te nourrira » – qu’il fera les récipients avec quoi prendre les bénédictions.

Ceux qui se sont tenus à la « poignée » et ceux qui se tiennent maintenant à la « poignée » et ceux qui se tiendront à la « poignée » dans l’avenir ou bien ceux qui, par la Providence Divine, ont entendu son enseignement ou autre chose de lui, par cela ils se libèrent d’eux- mêmes car il y a « ce n’est pas moi seulement que D.ieu a libéré etc.»

C’est simplement que la libération individuelle reste potentielle et qu’il faut la concrétiser. Ainsi, ce ne sera pas seulement la libération individuelle mais la Délivrance générale pour les Juifs.

Extrait d’une Si’ha de Chabbat Parchat Yitro 5740

 


 

• Ceux qui ont été sur le Ohel des Tsaddikim savent qu’il y a des « Ohel » qui ont un effet d’amertume et de contraction et il y a des « Ohel » qui ont un effet de joie et d’élévation.

Le Ohel du Rabbi (Précédent – ndt) est de cette sorte-ci. Quand on arrive sur le Ohel, avant qu’on médite, cela a un effet d’élévation et de hauteur d’esprit, ce qui a rapport avec la joie.

Car l’oeuvre qu’il a accomplie pendant toute sa vie a aussi été dans ce sens : rapprocher et élever tous les Juifs, même les « créatures »… avec l’intention de réaliser le « et les rapprocher de la Torah », réaliser en eux le « contempler la douceur de D.ieu » et révéler leur part dans la Torah et dans les Mitsvot.

Extrait d’une Si’ha du 10 Chevat 5716

 


 

• Il est certain que, quand on va sur le Ohel, l’aide est plus forte. Mais, même quand on se trouve près de l’endroit, cela aide aussi. Comme le Talmud dit que, quand on a «du pain dans son panier», la faim n’est pas aussi grande car on peut la calmer en mangeant.

De même, quand le mauvais penchant sait qu’il y a un moyen – se recueillir sur le tombeau du Tsaddik, et pas un simple Tsaddik mais le chef de la génération, dont lui-même est un élément, et donc l’aide est plus grande que celle d’un simple Tsaddik – aussi le mauvais penchant a priori ne vient pas avec la même puissance. Car il sait qu’on peut le briser complètement.

Extrait d’une Si’ha du 10 Chevat 5714

 


 

• …J’ai reçu votre lettre du 9 Nissan et vous y trouverez une réponse en bref dans mon introduction au fascicule édité après le départ de ce monde et dans cette lettre, ce qu’il me semble à ce sujet.

Quant à ce que vous demandez qu’à présent on ne peut pas poser de questions au Rabbi (Précédent – ndt) quand on a un doute sur comment se conduire, si vous vous tenez fermement dans votre attachement à lui, sans faire attention aux tentations du mauvais penchant, et que vous envoyez une lettre sur le tombeau du Rabbi (Précédent – ndt), le Rabbi (Précédent – ndt) trouvera un moyen de vous répondre.

Extrait d’une lettre du 10 Nissan 5710

 


 

• C’est également le sens des paroles du Rabbi Rachab avant son départ de ce monde, quand il dit : « Je vais au Ciel. » Son intention est d’expliquer à son troupeau que même son élévation est liée à eux – puisque, même étant au Ciel, « il se tient et sert ».

Comme disent les Sages, « comme auparavant, il se tient et sert » pour faire descendre tout ce dont ils ont besoin, c’est-à-dire pas seulement pour les choses spirituelles, la Torah et ses Mitsvot, mais aussi pour les choses matérielles.

Nous le voyons pour Moché Rabbénou : par son mérite, la manne est descendue pour les Juifs (et le puits ainsi que les Nuées de Gloire sont revenus pour Moché), à tel point que, lorsque Moché a argumenté « d’où ai-je la viande pour tout ce peuple ? », D.ieu a montré que même le fait de recevoir de la viande doit être par Moché Rabbénou.

Il en est de même après son départ de ce monde. C’est ce que dit le chef du peuple juif à son troupeau : puisque, pour réussir en tout, spirituellement et matériellement, il est nécessaire d’avoir le « réveil d’En-Haut », pour cela il monte au Ciel, pour qu’il puisse agir afin que le « réveil d’En-Haut » soit plus fort.

D’autant plus que, d’année en année, l’obscurité se renforce, il y a donc besoin de forces plus grandes. Et puisque, dans chaque chose, il faut aussi une prise sur le matériel, pour cela, il continue et dit : « Les écrits, je vous les laisse. »

Puisque, dans ces « écrits », il a mis son essence lorsqu’il était vivant dans ce monde, par eux, son influence descend même à présent.

Extrait d’une Si’ha de A’haron Chel Pessa’h 5717

 


 

• … Il faut donc que la pensée et la méditation sur le départ de ce monde soient comme la première fois. Comme il est expliqué dans les Si’hot du Baal HaHilloula (le Rabbi Précédent – ndt), à propos de la pensée et de l’imagination : il faut revivre la chose comme elle a été la première fois.

Comme il raconte l’histoire avec le militaire, que, quand il s’est représenté comment il s’était tenu devant le roi… il s’est évanoui bien que cela ait été des dizaines d’années plus tard.

Il en est de même à propos du jour de la Hilloula du 10 Chevat, qu’il doit y avoir la méditation sur ce sujet comme cela était la première fois… Et cela fait que s’évanouissent chez lui toutes les choses indésirables. Et s’annuleront chez lui toutes les choses qui ne sont pas conformes à la volonté du Baal HaHilloula et toutes celles qui viennent de l’esprit de folie.

Et, quand tout cela va être annulé, il n’y a rien qui empêche de se lier à D.ieu. Et il transforme tout en sainteté…

Extrait d’une Si’ha de Chabbat Parchat Bo 5736

 


 

• La bénédiction est comparable à la pluie qui tombe après qu’on ait labouré et semé. Il en est de même au sujet du Pan (la lettre à lire sur le Ohel – ndt), c’est par l’attachement entre le demandeur et celui à qui on demande.

Puisque votre désir et votre volonté sont que je lise votre lettre sur le tombeau du Rabbi (Précédent – ndt), vous fixerez certainement un cours pour étudier son enseignement qu’il publia au cours des dernières années. 

(Extrait d’une lettre du 9 Kislev 5714)

 


 

• …Il ne faut pas se contenter d’étudier l’enseignement du Tsadik « comme si l’auteur de l’enseignement se tenait devant lui » – avec le mot « comme » seulement.

Après cela, il faut aller à un degré plus haut – que l’auteur de l’enseignement se tient vraiment devant lui, sans le « comme ».

Extrait d’une Si’ha du 10 Kislev 5744

 


 

• Il y en a certains chez qui on utilise l’expression « ils nous a abandonnés aux soupirs ». Une expression pareille – je ne la dirai pas car le Rabbi mon beau-père ne disait pas « soupirs » et aussi c’est le contraire du chemin de la ‘Hassidout… Donc, dire que « il nous a abandonnés aux soupirs » – c’est certainement un mensonge. « Aux soupirs » – certainement pas. Et même « a abandonné » – c’est seulement « si tu m’abandonnes » alors « Je t’abandonnerai ».

Mais, quand il n’y a pas la situation de « tu m’abandonnes », automatiquement il n’y a pas la situation de « Je t’abandonnerai », de telle sorte qu’il n’y a ici aucun sujet « d’abandonner ».

La différence entre avant la Histalkout et après la Histalkout n’est que par rapport au mauvais penchant.

Avant la Histalkout, le mauvais penchant ne pouvait pas prétendre : «Ce n’est pas ce que tu as entendu du Rabbi et ce n’est pas ce que le Rabbi t’a ordonné de faire.» Car on pouvait entrer avec le mauvais penchant en entrevue chez le Rabbi, de façon clairement visible, et demander – devant le mauvais penchant – quel ordre lui avait été donné.

Ce n’est pas le cas aujourd’hui – le mauvais penchant ne peut pas entrer là puisqu’on ne le laisse pas y entrer ! Et donc quand on lui dit : «Viens et on va éclaircir quel commandement on m’a donné.» Il répond qu’il est prêt à y aller et, quand on ne le laisse pas entrer, il dit que ce n’est pas de sa faute et, de toute façon, il ne croit pas dans les mots qu’on lui a transmis car ils n’ont pas été dits devant lui.

Aussi, il continue avec toutes les tentations comme auparavant. Et s’il a affaire à quelqu’un qui n’a pas la fermeté qui doit exister chez un ‘hassid – il peut se faufiler peu à peu, comme dit le Talmud : «Au début, on l’a appelé ‘passant’ et à la fin on l’a appelé ‘invité’ et à la fin ‘maître de maison’», D.ieu préserve.

Il faut donc savoir que tout cela vient du mensonge. Tout ce qui ne vient pas de la sainteté n’a pas de vraie existence. Il en est de même et encore plus pour tous les arguments cités – qui sont des arguments de mensonge.

Il faut donc savoir que la vérité est qu’il n’y a pas ici de sujet «d’abandonner». Et personne ne doit se laisser influencer que tout ce que le Rabbi lui a dit, ou qu’il a dit à d’autres en pensant à lui, n’ont pas d’actualité aujourd’hui car les temps ont changé.

Si les choses étaient dites aujourd’hui d’une façon différente, le changement s’exprimerait en cela qu’on lui aurait ordonné d’ajouter bien des fois plus.

Celui qui regarde bien la situation, sans être corrompu par des désirs et des arguments – voit que, depuis la Histalkout, la réussite s’est rajoutée dans tous les sujets dont le Rabbi a voulu qu’on s’occupe – sans commune mesure !

Extrait d’une Si’ha de Sim’hat Torah 5716

 


 

• …Il en est de même à propos de faire descendre les « influences » par le Rabbi. Et d’abord ce que j’ai dit à quelqu’un il y a deux ans que ce que l’on veut voir, on le voit.

Quand on explique le sujet de Histalkout au sens premier et on veut voir la grandeur de l’élévation du Rabbi, que le Gan Eden inférieur ne suffit, le « septième ciel » est certes très élevé mais le degré du Rabbi est encore plus élevé – puisque D.ieu est l’essence du Bien, et la nature du Bien est de faire du Bien, D.ieu accomplit sa volonté et lui montre l’élévation du Rabbi, que le Rabbi est plus haut que le « septième ciel » et lui, il se trouve en bas.

Mais, quand on explique le sujet de Histalkout comme le Rabbi explique dans le Maamar « Bati Légani » qu’il fit publier pour le jour anniversaire du décès, que la Histalkout est un dévoilement de la lumière du niveau d’élévation.

C’est-à-dire que, bien que ce soit un sujet d’élévation, cela descend en bas et, comme il est expliqué dans le Zohar, que « le Tsadik qui quitte ce monde se trouve dans tous les mondes plus que de son vivant » – alors on lui montre d’en haut comment il « se trouve » dans le monde en bas et il voit de ses yeux de chair tout ce que le Rabbi fait descendre.

Extrait d’une Si’ha du 20 Mena’hem Av 5713

 


 

• Bien que l’on nous demande chaque année d’introduire un changement sans commune mesure (avec la situation précédente – ndt), on ne fait pas obligatoirement référence à des « choses terribles ». On peut se consacrer à des choses qui restent dans le cadre de la nature, limitées.

Toutefois, cette mise en oeuvre ne doit pas être réalisée comme « un accomplissement habituel » mais avec la prise de conscience forte qu’ainsi on renforce son attachement au Rabbi.

De cette manière, même quand le Rabbi s’élève, il nous entraîne avec lui. Tout ce qu’on nous demande, c’est «ouvrez- moi… comme le chas d’une aiguille.»

De notre côté, nous devons faire une «ouverture» au moins «comme le chas d’une aiguille» mais avec la ferme résolution que, quoi qu’il arrive et quel qu’en soit le coût, nous accompagnerons le Rabbi.

Extrait d’une Si’ha du 10 Chevat 5712)

 


 

• En ce qui concerne le départ d’un Tsaddik, on trouve que la manière de se conduire va dans deux directions opposées.

D’un côté, il faut alors avoir un comportement de  “il pleure et porte le deuil” sur le fait qu’il soit parti. D’un autre côté, c’est aussi le moment d’apprendre de «ses actions, son enseignement et du service de D.ieu qu’il a accompli toute sa vie»… pour continuer à suivre le chemin qu’il nous a indiqué.

C’est ainsi que s’applique la parole de nos Sages selon laquelle si «sa descendance est en vie», alors «lui aussi est en vie.»

Extrait de Likoutei Si’hot vol. 18 p. 411

 


 

• Rav P. raconte : «Au début de la Nessiout, je suis venu de Montréal pour quelques jours pendant ‘Hol ‘Hamoëd. Je devais rentrer immédiatement le lendemain de la fête et j’ai demandé au Rabbi si je pouvais aller sur le Ohel (alors que c’était ‘Hol ‘Hamoëd ou Isrou ‘Hag). Il m’a répondu : « Si c’est pour vous un cimetière, alors dans un tel endroit on ne va pas. Mais si vous pensez que le Rabbi a déménagé quelques blocs plus loin, quelle est la différence entre ici et là-bas ? »

Rav Israël D. raconte : « En 5685, le Rabbi précédent a fait de moi un Chalia’h pour aller à Rostov, le 2 Nissan (jour du décès du Rabbi Rachab – ndt). Avant que je sorte de Ye’hidout, il m’a demandé : «Israël, sais-tu comment parler à mon père ?» Je suis resté interloqué. Il m’a dit : «A mon père, il faut parler comme en Ye’hidout ; tu es entré en Ye’hidout chez mon père. Tu dois dire : «Rabbi, je suis un Chalia’h de votre fils et de la Rabbanite. Ils ont fait de moi un Chalia’h. Ensuite, tu diras le Maané Lachon.»

On peut s’interroger: pourquoi faire un Farbrenguen en liaison avec un départ de ce monde. A priori, cet événement représente le contraire de la vie… et le contraire de la joie… alors que le Farbrenguen a pour but d’ajouter de la vie et de la joie dans le service de D.ieu?

Mais, quand un Juif réfléchit au fait que D.ieu conduit le monde entier et donc que c’est également Lui qui réalise le départ de ce monde, quand il sait aussi que la volonté de D.ieu est qu’un Juif Le serve avec joie en tout temps…, il en ressort qu’il n’y a pas de contradiction entre le départ de ce monde et la joie…

En effet, l’existence d’une âme éternelle est réelle même après le départ. De plus, quand il s’agit de l’âme d’un Nassi, cette éternité s’exprime aussi dans la Nessiout dont les effets dans le monde sont également éternels… C’est- à-dire que le Nassi continue d’aider chacun à accomplir la mission confiée par D.ieu : faire de ce monde une « demeure » et un « jardin » pour Lui…

Extrait d’une Si’ha du 10 Chevat 5743

11 Nissan : Le Rabbi de Loubavitch et la France

11 Nissan : Le Rabbi de Loubavitch et la France

 

Sim’hat Torah 5734 (1973) : c’était il y a quarante ans et Rabbi Ména’hem Mendel Schneerson, le Rabbi de Loubavitch, que les Juifs, dans le monde entier, ont toujours appelé simplement ” le Rabbi “, entonnait pendant les danses de la fête, à la stupéfaction générale, le cantique traditionnel ” Haadérèt Véhaémouna ” sur l’air de la Marseillaise. Ce chant fut alors, à la fois, la concrétisation et le catalyseur d’une véritable révolution spirituelle qui ne laissa pas la communauté juive de France inchangée.

Loubavitch.fr

Devant un groupe de jeunes juifs français, devant une assemblée essentiellement américaine qui ne comprenait pas ce qui se déroulait sous ses yeux, le Rabbi ouvrit ainsi un chemin qui ne s’est plus jamais refermé. Ce fut certes là un événement unique, sans équivalent. Cependant, on sait, depuis de longues années, que le Rabbi entretint toujours un rapport particulier avec la France. Il manifesta la chaleur de cette relation en de très nombreuses occasions dont l’épisode cité fut sans doute un des points culminants.

Il n’est, bien entendu, pas à notre portée de connaître les raisons profondes d’une telle attitude. Pourtant, peut-être peut-on en retracer l’origine à ces jours anciens de 5693 (1933), l’époque du précédent Rabbi de Loubavitch, Rabbi Yossef Its’hak Schneersohn, où le Rabbi quitta Berlin et la célèbre université où il étudiait, après l’arrivée au pouvoir des nazis, pour Paris et la Sorbonne ? Peut-être faut-il en effet voir en cela la base de ce lien qui se maintint ensuite par delà les océans et les événements d’un monde pris d’une folie meurtrière ? Ce n’est pas pour rien que, bien des années plus tard, alors que l’épouse d’un délégué en France rendait visite à la femme du Rabbi, qui n’était autre que la propre fille de Rabbi Yossef Its’hak, celle-ci, connaissant l’ampleur du succès rencontré par le mouvement loubavitch dans ce pays, lui déclara : ” Nous avons labouré et semé ; votre travail est de récolter. ”

C’est à cette histoire que ces pages sont consacrées. C’est une histoire importante pour chacun de nous, Juifs de France, car nous en sommes les héritiers et les continuateurs. Ce qui est présenté ici n’est, bien entendu, pas exhaustif et ne saurait l’être. Qu’il soit considéré comme un premier pas pour prendre la pleine mesure des transformations spirituelles connues par ce pays et par la communauté.

Nous sommes donc en 1933 et le père du Rabbi, Rabbi Lévi Its’hak, écrit à son fils :

” C’est avec une âme animée d’un désir ardent que nous attendions ta lettre de Paris. Elle nous est finalement arrivée en fin de semaine dernière. Que votre arrivée soit en paix. Installez-vous dans votre nouvel endroit et soyez en paix, en tranquillité et sérénité pour toujours. Réussissez en tout et élevez-vous toujours plus haut… “

Nous savons aujourd’hui ce qu’il en fut.

L’HISTOIRE

La résidence du Rabbi à Paris – Première période

Première partie : 5693 – 5696 (1933 – 1936)

Vers la fin de l’hiver 5693 (1933), Rabbi Yossef Its’hak vint à Paris. Il profita de ce déplacement pour aider à l’installation du Rabbi et de son épouse, la Rabbanit ‘Haya Mouchka.

Comme il l’avait fait à Berlin, le Rabbi continua à Paris à se consacrer, pendant l’essentiel de la journée à l’étude de la Torah, ne laissant que peu de temps pour l’acquisition des connaissances profanes requises par l’Université. A cette époque, un homme fut très proche du Rabbi, il répondait au nom de docteur Méir Chohètman. Il étudia avec le Rabbi à la Sorbonne et eut l’occasion de l’aider. Il raconte :

” Il me fut demandé de l’aider à entrer à l’université. Mais d’abord, il (le Rabbi) voulut apprendre la langue. Je lui proposai un professeur particulier mais il souhaita avoir un cours par écrit. J’allai à la Sorbonne et on me dit d’amener le nouvel étudiant… Il voulait étudier la physique et les mathématiques pour poursuivre le cycle entrepris à Berlin bien que les diplômes obtenus là-bas ne soient pas encore arrivés…

Ils (le Rabbi et son épouse) vivaient dans un petit appartement. Il avait des études fixées dans le judaïsme – Talmud, Paracha, Midrach, ‘Hassidout – et j’étudiai avec lui. Il apprit le français avec une rapidité exceptionnelle et fréquentait les grandes bibliothèques publiques, essentiellement celle de l’université et celle de la communauté juive…

Il priait dans la synagogue ‘hassidique de Rav Avraham ‘Hen… Quand les ‘hassidim l’interrogeaient au sujet de ses études à l’université, il répondait que c’était nécessaire, que, pour savoir quoi répondre, il fallait étudier et connaître. On se rendait compte qu’il avançait dans la voie des membres du Sanhédrin antique qui devaient posséder toutes les langues et les sciences… “

En fait, après son installation à Paris, le Rabbi ne souhaita pas reprendre vraiment ses études profanes. Pour cela, il fallut que son beau- père, Rabbi Yossef Its’hak, vienne à Paris pour des raisons médicales et demande au docteur Chohètman de transmettre à son gendre qu’il souhaitait lui voir continuer ses études universitaires. Une lettre, datée de 5696 (1936) écrite par le Rabbi depuis une maison de repos à Ville-d’Avray témoigne de ce lien particulier avec son beau-père et du rôle que ce dernier entendait lui voir assumer. En tout état de cause, la décision ne fut pas facile à prendre. De plus, il s’agissait de faire entrer le Rabbi à la Sorbonne en milieu d’année, alors que celui-ci ne maîtrisait pas encore le français et qu’il n’était pas en possession des diplômes obtenus à Berlin. Par ailleurs, dans l’université française d’avant-guerre, l’antisémitisme était une opinion répandue et qui semblait à beaucoup légitime. Cependant, des choses importantes étaient décidément en jeu car, malgré ces difficultés et grâce à l’intervention du docteur Chohètman, le Rabbi fut accepté à la grande satisfaction de son épouse et de son beau-père. Il entreprit l’étude de la construction navale et des mathématiques puis plus tard, semble-t-il, celle de la psychologie ainsi que celle d’un certain nombre d’autres domaines qui ne nous sont pas connus avec précision.

De manière générale, le Rabbi ne désirait pas être reconnu comme un érudit et encore moins comme le gendre du Rabbi de Loubavitch de ce temps, ce qui lui aurait valu renommée, manifestations de respect et nombreuses visites. Il prenait toutefois plaisir à discuter de Torah avec les Rabbanim qui, ayant appris sa présence dans la ville, venaient le voir. Les conditions de la vie juive dans le Paris d’alors étaient d’une grande difficulté. Les témoins racontent que le Rabbi et son épouse n’achetaient rien à l’extérieur par souci de cacherout et que la Rabbanit faisait elle-même le pain qu’ils mangeaient. Pour pouvoir consommer du lait, qui constituait l’essentiel de l’alimentation du Rabbi, la Rabbanit allait elle-même à pieds, presque chaque jour, pour en surveiller la traite dans une ferme. Il fallait, pour cela, marcher plusieurs kilomètres… De tels efforts n’arrêtaient pas non plus le Rabbi. Afin de permettre aux Juifs de la capitale de consommer du pain ” Pat Israël “, le Rabbi se rendait chaque semaine, à pieds également et aux petites heures du matin, dans une boulangerie lointaine dans un quartier peu recommandable, pour en allumer le four.

Pendant toute cette période, le Rabbi ne cessa pas d’écrire des pages d’érudition, des commentaires nouveaux qui attirèrent l’attention sur lui. C’est aussi à lui que, malgré l’éloignement, Rabbi Yossef Its’hak, qui se trouvait alors dans les pays baltes, décida de confier la tâche d’organiser et de préparer pour l’édition les lettres qu’il avait écrites à diverses occasions et qui traitaient essentiellement de matières spirituelles et du service de Dieu. Tout cela décrit, il est clair que le Rabbi attirait l’attention par son comportement général. Aussi, Juifs et non-Juifs, y compris au sein de l’université, le considérèrent très vite comme ” un homme saint “. Ce n’était évidemment pas de son fait. Ainsi, pour garder la tête couverte dans la Sorbonne d’avant-guerre, le docteur Chohètman lui suggéra d’utiliser un canotier, le chapeau en vogue dans le Paris d’alors, ce que le Rabbi accepta. De même, contrairement à la coutume d’Europe centrale, il portait une veste courte tous les jours de semaine au lieu du traditionnel vêtement rabbinique plus long. Bien plus tard, il parla de ce choix et indiqua qu’ainsi il put consacrer davantage de temps à l’étude car, dit-il, ” les ‘hassidim ne vinrent pas à moi quand je portai une veste courte. ”

Pendant la période 5695 – 5696 (1935 – 1936), le Rabbi ne cessa pas de voyager entre les lieux de résidence successifs de son beau-père en Lettonie et en Pologne et Paris. Il s’était en effet vu confier de nombreuses tâches et non des moindres. Cependant, son action dans Paris ne se démentait pas. Un homme, ‘Haïm Rudel, qui s’installa plus tard en Israël, raconte :

” Je suis né à Paris en 5691 (1931). En 5696 (1936), je venais à la synagogue de la rue des Rosiers tous les lundi et jeudi où il n’y avait pas d’école. Dans une pièce, il y avait une classe où environ vingt-cinq enfants étudiaient la Torah avec un professeur…

Le Rabbi y venait régulièrement pour veiller au bon déroulement du cours. Il s’intéressait, conseillait et encourageait les élèves et le professeur. Il faisait également la prière de Min’ha et d’Arvit à la synagogue. Il n’habitait pas le quartier mais demeurait dans le 16ème arrondissement. Mon frère Méir, plus âgé que moi, étudiait alors l’ingénierie électrique à la Sorbonne avec le Rabbi. “

Deuxième partie : 5697 – 5700 (1937 – 1940)

Pendant cette période, le Rabbi entreprit, à sa manière discrète et sereine, de diffuser la Hassidout dans Paris. Certes, il fréquentait la Sorbonne mais les témoins du temps attestent qu’il s’y trouvait moins de deux heures par jour et, parfois sautait des jours. Lorsqu’il venait pourtant assister au cours, c’était toujours avec un volume du Talmud ou de Maïmonide dans la main. Il écoutait alors le cours pendant dix à quinze minutes d’affilée avant de retourner à l’étude de l’ouvrage qu’il avait apporté. Quant aux devoirs qu’il devait remettre ou aux examens qu’il devait passer, il les terminait en un temps d’une brièveté surprenante. C’est dans ces conditions qu’il collectionna une série de diplômes dans des domaines très éclectiques, la plupart portant sur les sciences de la nature et le reste sur d’autres sujets.

Dans ce Paris où les ombres montaient, le Rabbi ne renonça à rien. Sur son chemin, il rencontra des Juifs parfois pris de doutes sur la nécessité de l’attachement au judaïsme. Tel rapporte que, fils de ‘hassid, il s’était retrouvé dans la capitale française et ne savait plus que penser du monde. Le Rabbi lui consacra une conversation quasi ininterrompue de dix-huit heures qui le maintint dans la fidélité au judaïsme pour toujours. Tel autre rapporte que, réfugié à Paris après avoir fui Berlin, il cherchait désespérément une Souccah pour la fête. Il finit par rencontrer le Rabbi dans la rue des Rosiers et lui demanda où il pourrait en trouver une. Il ne connaissait pas celui qu’il abordait ainsi et qu’il avait seulement reconnu comme un Juif religieux. Le Rabbi l’invita dans sa propre petite Souccah en plein quartier latin et l’homme garda toute sa vie en mémoire ce soir-là où il crut voir les invités spirituels de la fête apparaître tant l’atmosphère qui régnait dans l’humble demeure était différente. Outre cette référence au quartier latin, deux autres adresses où le Rabbi et son épouse auraient résidé à Paris, nous sont connues : 9 rue Boulard, dans le 14ème arrondissement, et 78 rue Blomet, dans le 15 ème arrondissement. Dans les deux cas, aucun détail n’est parvenu jusqu’à nous.

C’est alors que la guerre éclata. Les nazis, après leurs forfaits commis en Allemagne, déferlèrent sur l’Europe. Ils envahirent alors la Pologne. Rabbi Yossef Its’hak se trouvait, dans cette période, à Varsovie et il dut s’abriter pendant que l’aviation nazie bombardait la ville, et notamment les quartiers connus comme juifs. Il parvint finalement à quitter le pays et arriva à Riga d’où il put enfin s’embarquer pour les Etats-Unis. Paris n’était pas encore une ville occupée et le Rabbi y résidait encore. En ce début de temps de tragédie, c’est lui qui, depuis l’Europe, joua le rôle de plaque tournante pour les actions entreprises afin de sauver Rabbi Yossef Its’hak. C’est encore lui qui se chargea de transmettre toutes les informations à la communauté loubavitch déjà installée aux Etats-Unis.

Pendant cette période, dont chacun mesurait sans peine le danger, le Rabbi, à Paris, s’inquiétait également. Mais son souci était loin de s’attacher à son sort personnel. Il écrivit ainsi :

” J’ai beaucoup de peine du fait que le courrier s’est beaucoup réduit en ce qui concerne la santé du Rabbi. Je m’adresse à vous, je vous prie de me faire connaître tout en détails…

Certainement, vous prenez par écrit les commentaires du Rabbi qui se trouve parmi vous à présent. Peut-être pouvez-vous m’en envoyer une copie ici ? “

A la veille de l’entrée des nazis dans Paris, le Rabbi se fit recenser auprès du commandement militaire français. Cependant, il ne fut pas mobilisé. En Sivan 5700 (juin 1940), les nazis envahirent le pays et occupèrent la capitale. Une des pages les plus dramatiques de l’histoire du peuple juif allait s’ouvrir, donnant au mot martyr un nouveau sens. Pendant toute une année, jusqu’en Sivan 5701 (juin 1941), le Rabbi vécut dans la France de l’occupation. A aucun moment, il n’interrompit son œuvre d’enseignement de la Torah, s’adressant à des Juifs qui ressentaient avec encore plus de force le besoin d’encouragement et de soutien moral et spirituel.

Dès leur arrivée dans la capitale, les nazis entreprirent le recensement de ses habitants. C’était un recensement particulier : il indiquait la race et la religion de chacun. Le but apparaissait à tous : il s’agissait d’effectuer un premier repérage des Juifs. Les nouvelles qui transpiraient des pays occupés par l’envahisseur étaient suffisantes pour comprendre toute la gravité de l’opération. Des escouades de policiers entreprirent ainsi de visiter les habitations, ils arrivèrent à l’endroit où le Rabbi et son épouse demeuraient. Il se trouve que, lorsqu’ils se présentèrent, le Rabbi était absent. Sans doute aussi, son nom de famille n’était-il pas connu, en ce temps-là, comme manifestement juif. En tout état de cause, les enquêteurs repartirent avec, en face de l’identité du Rabbi, la mention ” orthodoxe “, ce qui pouvait s’interpréter comme juif ou chrétien orthodoxe. Lorsque le Rabbi rentra chez lui, il apprit ce qui s’était passé. Sans attendre, il se rendit directement au bureau chargé du recensement et demanda que l’on corrige la rubrique ” religion “. Il devait être inscrit comme ” Juif ” ! Le Rav Rubinstein, en ce temps-là à la tête de la communauté de la rue Pavée, raconta cette histoire des années plus tard, après la guerre, en ne cherchant pas à cacher son émotion devant une telle attitude, seulement comparable à celle de Mordé’haï qui, dans le Livre d’Esther, est désigné comme ” le Juif ” et décrit comme celui ” qui ne se courbe pas et ne se prosterne pas “. Le Rabbi n’avait pas cessé de fréquenter deux synagogues, dont la plus ancienne de Paris, au 17 et au 25 de la rue des Rosiers, y enseignant et y inspirant. Ainsi, dans les ” Réchimot ” du Rabbi, on trouve, depuis 5696 (1936), différents textes portant l’indication ” dit au 17 “.

Le Rabbi et son épouse quittèrent Paris quelques jours avant la fête de Chavouot 5700 (1940). Un ami non-Juif, général dans l’armée française, leur avait préalablement proposé de se cacher dans un pavillon qu’il possédait en dehors de la capitale mais le Rabbi avait refusé l’offre. C’est ainsi qu’il prit place, avec la Rabbanit, dans un des derniers trains qui quittaient la ville et que le couple put franchir la ligne de démarcation et parvenir en zone libre, à Vichy. Le Rabbi n’avait emporté que son talith et ses téfiline qu’il transportait dans une valise. C’était la veille de la fête de Chavouot. Voyant le soleil se coucher, le Rabbi arrêta un taxi, lui confia la valise et lui demanda de la déposer dans un hôtel qu’il lui indiqua. Puis lui-même et son épouse continuèrent le chemin à pieds pendant plusieurs heures après la tombée de la nuit.

La résidence à Vichy dura jusqu’à la fin de l’été puis le Rabbi décida de continuer le voyage jusqu’à Nice. A cette époque, la région n’était pas sous occupation allemande mais italienne, ce qui rendait le danger moins immédiat. Le Rabbi et son épouse y restèrent huit à neuf mois, jusqu’au début de l’été 5701 (1941). Même moins pressant, le péril demeurait. Aussi le Rabbi et la Rabbanit évitaient de sortir autant que possible, ce qui n’empêcha pas le Rabbi de continuer son action. C’est ainsi, raconte une femme bénéficiaire de l’opération, que le Rabbi veilla à la fabrication de faux papiers qui lui permirent de passer la frontière et, probablement, d’avoir la vie sauve. De même, dans cette époque troublée, seuls avaient accès à un hôtel ceux qui pouvaient montrer qu’ils possédaient un billet de cent dollars, une somme alors assez importante. Or ne pas avoir de lieu de résidence constituait, pour un Juif, un danger mortel. Le Rabbi allait donc par les rues de la ville et, lorsqu’il rencontrait un Juif en peine, il lui remettait le seul billet de cent dollars en sa possession afin qu’il trouve une place. Ce billet sauva ainsi bien des vies. Cette attitude fit que le respect de tous envers le Rabbi alla grandissant. Lorsqu’on s’aperçut que celui-ci ne mangeait quasiment rien du fait de ses scrupules particuliers en matière de cacherout, plusieurs personnes, y compris non-juives, s’efforcèrent de résoudre, autant que faire se pouvait, cette difficulté. Ainsi, malgré la pénurie, le propriétaire de l’hôtel remit régulièrement quelques morceaux de sucre à la Rabbanit. Soucieux de l’autre, le Rabbi ne renonça pas, pour autant, au moindre accomplissement spirituel personnel. Ainsi, à l’approche des fêtes du mois de Tichri 5741 (1941), le Rabbi se rendit secrètement à la frontière italienne pour se procurer un étrog qui lui convenait sans tenir compte du risque couru pour cela. De cette expédition, il ramena, du reste, deux étrog, l’un pour lui-même et le second qu’il offrit au Rav Rubinstein qui se trouvait également dans la ville. Et cette attitude ne se démentit jamais.

Pendant ce temps, Rabbi Yossef Its’hak, depuis New York, ne cessait pas ses efforts pour faire sortir le Rabbi et son épouse de l’Europe en flammes. Enfin, un visa d’entrée aux Etats-Unis leur fut accordé. Il devait être reçu à Marseille où une représentation américaine existait encore. Le Rabbi et son épouse durent donc quitter Nice pour Marseille où, bien que le séjour fut très court, le Rabbi fut vite entouré de nombreux Juifs venus chercher auprès de lui sagesse et réconfort. Enfin, le 20 Nissan 5701 (17 avril 1941), le Rabbi reçut le visa attendu. Les difficultés n’étaient pas terminées puisqu’il fallait encore passer en Espagne puis au Portugal avant de s’embarquer enfin de Lisbonne pour les Etats-Unis sur un des tout derniers bateaux à traverser l’Atlantique sous la menace des bombardements allemands et des arraisonnements en haute mer. Mais tout cela constitue une autre histoire. Dans ce cadre, il faut seulement se souvenir que le Rabbi et la Rabbanit arrivèrent dans le port de New York le 28 Sivan 5741 (23 juin 1941) à bord du paquebot Serpa Pinto.

La résidence du Rabbi à Paris – Deuxième période

Après la guerre, le Rabbi eut l’occasion de revenir à Paris dans des conditions tout à fait différentes. Cela se passa en 5707 (1947). Dans l’URSS de Staline, le père du Rabbi, Rabbi Lévi Its’hak Schneerson, avait été condamné, pour son activité religieuse – il était rabbin de Yékatrinoslav – à la relégation dans un village reculé de l’asie soviétique, où son épouse, la Rabbanit ‘Hannah choisit de le rejoindre. La dureté des conditions de vie, le dénuement absolu eurent raison de sa santé. Il quitta ce monde en 5704 (1944) à Alma Ata où il repose jusqu’à ce jour. Il restait à faire sortir la Rabbanit ‘Hannah d’URSS. Cela ne fut pas facile et nécessita de nombreux efforts. Enfin, en Adar 5707 (février 1947), ce fut chose faite. La Rabbanit ‘Hannah, après de nombreuses tribulations, rejoignit le monde libre. Le Rabbi quitta New York pour l’accueillir à Paris. C’est cette visite historique qui est abordée ici.

Le Rabbi arriva donc à Paris au début du mois d’Adar, il quitta la capitale avec sa mère plus de trois plus tard, après la fête de Chavouot. C’est dans cette période que le Rabbi commença à être connu par tous. De fait, dans cet immédiat après-guerre, nombreux furent les ‘hassidim qui avaient pu quitter l’URSS à la faveur de la fin des hostilités et se trouvaient alors à Paris. Ce fut, pour la plupart, leur première rencontre avec le Rabbi, qui leur permit de percevoir sa grandeur et son élévation particulières.

La Rabbanit ‘Hannah était hébergée chez le Rav Zalman Schneerson, qui avait à Paris une action communautaire et, dans ce but, avait créé une association qui s’était rendue propriétaire d’un petit immeuble de trois étages situé 10 rue D.ieu, près de la place de la République. C’est dans cet immeuble, qui existe toujours, que le Rabbi rendit deux fois par jour visite à sa mère et qu’il s’exprima devant les ‘hassidim rassemblés avant de quitter la France. La Rabbanit ‘Hannah y occupait une chambre indépendante tandis que le Rabbi demeurait à l’hôtel Edouard VII, avenue de l’Opéra. Le Chabbat et les jours de fête, le Rabbi se rendait à pieds jusqu’à la résidence de sa mère. Une synagogue se trouvant dans l’immeuble, il y écoutait la lecture de la Torah et, parfois, demandait à dire quelques mots. Puis il prenait le repas avec sa mère. A ce repas, venait se joindre un groupe de ‘hassidim.

Les anecdotes rapportées au sujet de cette période sont nombreuses. On se contentera ici d’en citer quelques unes. Un des témoins de cette période raconte qu’un certain vendredi un livre de ‘Hassidout nouvellement imprimé arriva au Rabbi. Ce Chabbat, la prière du matin se termina vers 12h30 et les présents ne tardèrent pas à rentrer chez eux, d’autant plus qu’il faisait particulièrement chaud. Le Rabbi attendit un instant puis il s’installa dans un coin de la synagogue et étudia l’ouvrage pendant six heures d’affilée jusqu’à l’avoir terminé. Pour lui, chaque instant était irremplaçable. C’est ainsi qu’un jour, un groupe de Juifs se présenta à son hôtel pour lui parler. Le Rabbi les fit attendre quelques instants et, lorsqu’il leur ouvrit la porte, s’en excusa après d’eux. L’un d’eux répondit naturellement : ” Ce n’est pas grave “. Le Rabbi fit observer très sérieusement : ” Que cela signifie-t-il ? Quelques minutes, c’est un laps de temps très précieux. ” Le Rav Ben Tsion Chemtov était un de ses proches et il allait rendre visite au Rabbi à son hôtel. Il eut ainsi l’occasion de remarquer que le lit du Rabbi était encombré de nombreux livres qui n’avaient pas manifestement été déplacés depuis plusieurs jours. Il en conclut que le Rabbi ne s’autorisait que très peu de sommeil et uniquement assis sur une chaise. Ce diagnostic fut confirmé par un autre ‘hassid qui entendit d’un des employés de l’hôtel que, dans la chambre du Rabbi, ” l’électricité était allumée toute la nuit ” et que ” l’on entendait les pas d’un homme allant de long en large. ”

Pendant ces quelques mois où le Rabbi résida à Paris, il apparaît qu’il rencontra de nombreuses personnes dans la plus grande discrétion. Il s’agissait d’entrevues essentielles pour le maintien et le renforcement du judaïsme. Dans de nombreux domaines, l’action du Rabbi se fit sentir avec une grande présence. C’est ainsi qu’existent des lettres retraçant son intervention dans l’accueil des réfugiés qui fuyaient alors l’Union Soviétique et débouchaient à Paris. Il s’occupa également, dans cette même période, de créer à Paris une branche du ” Merkaz Léinyanei ‘Hinou’h “, l’organisation loubavitch chargée des problèmes d’éducation, du ” Ma’hané Israël “, l’œuvre d’action sociale du mouvement loubavitch, une institution de jeunes filles ” Beth Rivka ” et une section des éditions loubavitch ” Kehat “. Il fit notamment éditer en français différents recueils sur le judaïsme. Cette action ne se fit pas sentir qu’en France mais eut des effets également dans d’autres pays d’Europe tels que l’Allemagne, l’Autriche ou la Tchécoslovaquie ainsi que dans les camps de réfugiés existant alors. Bien entendu, malgré l’éloignement, le lien avec son beau-père, Rabbi Yossef Its’hak, ne se distendit à aucun moment. Plus encore, sur un certain nombre de sujets, celui-ci répondit à ceux qui l’interrogeaient qu’il faudrait attendre le retour de son gendre.

Comme il l’avait fait avant-guerre, le Rabbi retrouva le chemin de la rue des Rosiers. Il fut invité un jour à donner un cours dans la synagogue du 25 de la rue. Ce cours exceptionnel a laissé une marque ineffaçable à tous ses auditeurs. La synagogue, pour ce rendez-vous, était comble. Un témoin raconte :

” A la synagogue étaient venus des Rabbis, chefs de communauté, des érudits, des ‘hassidim et de simples Juifs de toute la communauté. Le Rabbi entra dans la synagogue avant la prière de Min’ha. Immédiatement, toute l’assemblée se leva. On conduisit le Rabbi à un endroit noble de la synagogue, devant le mur ‘est’, et on pria. Puis le Rabbi demanda ce qu’on avait l’habitude d’étudier. Il lui fut répondu qu’on étudiait ‘Eïn Yaacov’. Il prit le livre correspondant, y regarda quelques secondes et commença à parler du sujet auquel on s’était arrêté la fois précédente, recourant à tous les degrés d’interprétation du texte avec une clarté incomparable. Il parla ainsi pendant une grande heure. On fit alors la prière du soir puis les responsables de la synagogue demandèrent au Rabbi de dire encore quelques mots. Celui-ci commença par refuser mais, devant l’insistance de tous, finit par accepter. Il s’enquit du texte étudié habituellement : c’était le Choul’han Arou’h, lois des téfiline. Immédiatement le Rabbi se mit à expliquer. L’enseignement dura encore une heure dans un silence absolu. Lorsqu’il eut terminé, les responsables demandèrent au Rabbi de donner aussi le cours de Tanya qui avait normalement lieu à cette heure. Le Rabbi accepta et, en conclusion, relia les trois études qui venaient d’être faites de manière si éblouissante que les présents ne purent cacher leur enthousiasme. Puis il termina ainsi : ‘Yaacov – Rabbi Yossef Its’hak – est déjà prêt pour la Délivrance, le retard n’est dû qu’au ‘troupeau (qui) allaite’. Que chacun mérite d’aller à la rencontre de Machia’h avec son Rabbi et nous irons avec notre Rabbi rapidement, en notre temps, amen’. ”

Le Rabbi s’employa aussi à encourager les ‘hassidim. C’est ainsi que l’un d’eux, qui s’était auparavant trouvé dans un camp de réfugiés en Allemagne, se plaignit que des Juifs appartenant à un certain groupe faisaient quelques problèmes aux ‘hassidim parce que ces derniers s’occupaient de rapprocher des Juifs éloignés de la pratique des Mitsvot. Le Rabbi se contenta de lui répondre : ” Ils ont besoin de crier, nous avons besoin d’agir. ” A cette époque, beaucoup de ‘hassidim se trouvaient à Paris dans l’attente de refonder leur vie quelque part dans le monde. Ils avaient le statut de réfugiés et beaucoup d’entre eux habitaient, à tire provisoire, dans un hôtel, dénommé ” Prima, en banlieue parisienne. Le Rabbi parla longuement devant eux, dans le cadre d’une réunion ‘hassidique de Lag Baomer 5707 (1947), et cette rencontre laissa une marque profonde. Le Rabbi visita aussi diverses institutions éducatives, interrogeant les enfants, les invitant à poursuivre leurs efforts et insistant sur une idée que Rabbi Yossef Its’hak lui avait citée avant qu’il quitte les Etats-Unis : ” Nos enfants sont nos garants. ”

Mais le temps arriva de quitter Paris. Avant de partir, le Rabbi parla aux ‘hassidim pendant toute une nuit, dans la maison de Rav Zalman Schneerson. Cette réunion ‘hassidique est restée dans les mémoires. Tous en comprenaient le sens : c’était une cérémonie d’au revoir. Nombreux furent les participants. Au bout de plusieurs heures d’explication, de commentaires, alors qu’il était déjà minuit et que la plupart de ceux qui étaient venus étaient rentrés chez eux, le Rabbi s’adressa aux ‘hassidim encore là. Il demanda à chacun son nom, indiquant de dire ” lé’haïm ” et expliquant les implications spirituelles et matérielles du nom concerné. Ce n’est qu’après que le Rabbi eut terminé qu’ils se levèrent et dansèrent avec une joie intense jusqu’à huit heures du matin. Au total, cette réunion dura entre dix et onze heures.

Rav Aaron Mordé’haï Zilberstraum, qui y était présent, raconte :

” J’étais responsable de la prière des enfants dans l’école (du Rav Zalman Schneerson). Aussi, j’étais obligé de partir à 6h30 du matin. Plusieurs des présents avaient déjà reçu la bénédiction du départ du Rabbi qui devait prendre le train, à la gare non loin de là, à environ 11h. Le Rabbi commença à me bénir également mais je lui dis que j’avais l’intention de revenir un peu plus tard spécialement pour son départ. Il ne répondit pas et continua à me bénir. J’avais calculé que je resterais avec les élèves de 7h30 à 9h. C’est ce que je fis et, à 9h30, j’allais prendre le train, à la gare près de l’école. Mais, à mon grand étonnement, les employés avaient entamé, à ce moment-là, une grève et je ne parvins pas non plus à trouver un taxi. En résumé, je ne réussis pas à dire au revoir au Rabbi et je dus me contenter de lui envoyer un télégramme. “

Rabbi Yossef Its’hak avait demandé au Rabbi, pour ce voyage de retour avec sa mère, de ne pas prendre l’avion comme à l’aller mais le bateau. C’est ce que fit le Rabbi et beaucoup de Juifs de Paris, dont de nombreux ‘hassidim, l’accompagnèrent en car jusqu’au port pour saluer son embarquement à bord du paquebot Mauritania puis son départ.

Au fil des années

Une fois le Rabbi de retour aux Etats-Unis, et plus exactement à New York dans ce quartier de Crown Heights qu’il ne quitta plus, le souci de ce qui se passait à Paris continua de se faire jour de manière évidente. Cette relation s’exprima d’abord par une correspondance continue avec ceux qui habitaient la France. Les lettres sont, bien entendu, très nombreuses. On se contentera, dans ce cadre, d’en citer quelques-unes à titre d’exemple et dans l’ordre chronologique.

Ainsi, Le Rabbi s’empressa d’écrire aux ‘hassidim demeurant à Paris pour leur dire qu’il était bien arrivé et insister sur la nécessité d’agir dans la ville, y compris à l’extérieur du cercle de la communauté loubavitch. Parmi les encouragements donnés dans la lettre en question, datée de 5707 (1947), on trouve la participation à un groupe d’étude des Michnayot par cœur et notamment :

” Le Rav Friedman, de la synagogue 25, a demandé que l’on associe des fidèles de la synagogue à ce groupe. Certainement, vous lui poserez maintenant la question à ce sujet et l’encouragerez à étendre cette activité. ”

Il s’agit ici de la synagogue du 25 de la rue des Rosiers où le Rabbi était intervenu à plusieurs reprises avant et après-guerre.

Au Rav Ben Tsion Chemtov, dont il a été rappelé plus haut qu’il fut un des proches du Rabbi, celui-ci écrit le 11 Nissan 5711 (17 avril 1951). Il souligne d’abord la responsabilité qui incombe à celui qui se trouve dans un quelconque endroit, relevant qu’il y a toujours été conduit par la Providence Divine pour y accomplir une mission spirituelle, de diffusion du judaïsme, nécessaire à l’endroit. Puis il complète la lettre d’une note manuscrite dans laquelle il cite une ville : Paris. Pour comprendre la portée de ce qui y est dit, sans doute faut-il retrouver l’atmosphère de l’époque. Rabbi Yossef Its’hak a quitté ce monde l’année précédente. Le Rabbi lui a succédé et ce passage a été d’une ampleur spirituelle, morale et émotionnelle dont on ne peut, encore aujourd’hui, que supposer les contours. C’est précisément tout cela qu’en quelques lignes bouleversantes, le Rabbi décrit à son ‘hassid :

” J’ai lu aujourd’hui votre lettre sur le tombeau (de Rabbi Yossef Its’hak). Pessa’h 5747 (1947) à Paris n’était-il pas plus tranquille ? Seule consolation : quatre ans plus proches de la venue de Machia’h, très bientôt, en notre temps, amen. Mais, cela ne va pas. D’un autre côté, ‘quelque chose est-il extraordinaire pour D.ieu ?’ Vous pouvez agir pour Dieu. Et justement dès maintenant. “

Les années passèrent mais elles ne touchèrent jamais à un véritable souvenir vivant. Il n’est donc pas surprenant que le Rabbi parle de la synagogue du 17 rue des Rosiers en ces termes (Iguerot Kodech, vol. XXII, p.148) :

” …que cela se multiplie dans tous les sujets de la synagogue, tant dans le domaine de la prière que dans les cours de Torah étudiés publiquement, ou individuellement. Comme l’explication des sages est connue sur le verset : ‘D.ieu aime les portes de Sion plutôt que les demeures de Yaacov’, les portes indiquées dans la Hala’ha (Bra’hot 8a).

En particulier d’après ce dont je me souviens des années où j’ai demeuré à Paris et où j’ai souvent prié dans la synagogue en question ; ce petit sanctuaire est apte à ce qu’on y fasse grandir la prière et aussi la Torah, car il correspond à son nom, ‘petit sanctuaire’, maison du Roi, le Roi de l’univers (Méguila 27a). “

Enfin, une lettre permet de comprendre tout ce que le Rabbi attendait de cette ville où il avait vécu. Datée du 12 Kislev 5723 (9 décembre 1962), elle est adressée aux ” jeunes qui s’occupent des actions de diffusion des sources (de la ‘Hassidout) à l’extérieur et, en particulier, dans la ville de Paris et ses environs “. En voici la traduction :

” J’accuse réception de votre lettre du 7 Kislev où vous écrivez les grandes lignes des actions indiquées.

Certainement, tout cela est réalisé sans toucher à l’étude de la Torah, sa partie révélée et la ‘Hassidout, ainsi qu’à l’œuvre de la prière etc.

Cela est en effet possible et, comme l’ont enseigné nos Sages, ‘une Mitsva entraîne une autre Mitsva’.

D.ieu veuille que vos actions soient un succès. Le mois de Kislev est le mois des miracles et de la libération et, en particulier, le jour propice du 19 Kislev, la libération de Rabbi Chnéour Zalman et la libération et la délivrance de notre âme, et après cela les jours de ‘Hanoucca qui ajoutent et avancent dans la lumière de jour en jour.

Avec une bénédiction de réussite dans tout ce qui a été dit. “

C’est à partir du début des années 70 que des Juifs français vinrent régulièrement rendre visite au Rabbi. Leur arrivée fut d’abord perçue comme une sorte d’événement. C’était là les prémices d’une communauté en voie d’éclosion. Ils étaient encore bien peu nombreux et fort jeunes mais le groupe allait vite grandir pour atteindre, dans les années 90, des centaines pendant la période des fêtes, et des milliers pendant les douze mois de l’année. L’enthousiasme qui les caractérisait fut rapidement reconnu comme un des éléments de base de leur personnalité nationale et il bouleversa certaines conceptions anciennes dont les porteurs n’avaient peut pas su voir et comprendre les attentes et les changements du monde.

A toute chose importante, il faut un début. Celui de cette évolution fut, sans aucun doute, cette étrange Marseillaise qui, en ce Sim’hat Torah 5734 (1973) retentit dans la synagogue du Rabbi, entonnée par lui entre ces murs du ” 770 ” qui n’avaient connu, jusque là, que les harmonies de l’âme ‘hassidique. C’est cet événement qu’il convient, à présent, de décrire.

Il y a quarante ans, la Marseillaise

Tichri 5734 (1973) : les grandes fêtes avaient commencé, comme tous les automnes, mais, cette année-là, tout fut différent. Le jour de Yom Kippour, Israël dut, une fois de plus, affronter les armées coalisées de ses voisins. Le monde juif, bouleversé, ne savait pas de quoi l’avenir serait fait. Pendant tout l’été précédent, le Rabbi, sans jamais dire à quoi il faisait allusion, n’avait cessé de parler de ” l’ennemi qui veut se venger ” et avait demandé avec insistance que l’on aille voir les enfants, qu’on leur fasse donner la charité et réciter des versets de Torah, soulignant les fortes paroles des Psaumes qui proclament que, par ce moyen, on peut justement ” abattre l’ennemi et le vengeur. ” Les ‘hassidim, partout dans le monde, avaient répondu à cet appel et l’événement était arrivé auquel personne n’aurait pu croire dans l’euphorie maintenue depuis la guerre des six jours. L’histoire l’a retenu sous le nom de guerre de Kippour.

Pendant ce temps, chez le Rabbi, les fêtes avaient commencé avec toute la solennité requise. Cependant, face à la situation, le Rabbi avait choisi une réponse historique et immémoriale : la joie. C’est donc dans cette atmosphère étonnante que ce début d’année juive s’était déroulé. Un groupe de jeunes Français était là, une trentaine de personnes environ. Ils étaient parmi les premiers venus de France à retrouver leurs racines et, pour beaucoup d’entre eux, ils venaient pour la première fois rencontrer le Rabbi. Les fêtes de Souccot s’étaient passées avec une allégresse propre à repousser toutes les tentacules de l’inquiétude puis ce fut le temps de Sim’hat Torah. Chez le Rabbi, cette fête a toujours été un temps privilégié mais personne ne pouvait prévoir ce qui allait se passer cette fois-ci. Un témoin raconte :

” Les Hakafot, les danses de la fête avec les Séfer Torah, s’étaient déroulées dans la plus grande allégresse, comme toujours chez le Rabbi. Et cette joie semblait briser toutes les barrières. La synagogue était pleine et chacun se tenait à sa place pour ne rien perdre de ces moments précieux. Arriva la cinquième Hakafa. On donna les Séfer Torah à quelques-uns des vieux ‘hassidim présents, comme c’était l’habitude et comme cela avait été le cas pour les danses précédentes.

L’un d’entre eux fut remis au Rav Azimov, le délégué du Rabbi à Paris. Tout cela n’avait rien d’étonnant et chacun attendait, avec une joie et une impatience contenues, le début de la Hakafa. C’est alors qu’on vit le Rabbi appeler son secrétaire et lui dire quelques mots que personne, sauf lui, ne pouvait entendre. Cela ne dura pas longtemps. Très vite, le bruit courut dans la vaste salle : le Rabbi voulait que tous les Français présents participent à cette Hakafa ! Il insistait, indiquant qu’ils devaient tous y participer même s’il n’y avait pas assez de Séfer Torah pour en donner un à chacun ! L’émotion envahit tous les cœurs. Compte tenu de l’affluence, quitter sa place et rejoindre le centre de la synagogue où la danse avait lieu n’était pas chose facile. Mais qui aurait refusé de répondre à la demande du Rabbi ? D’une manière ou d’une autre, chacun réussit dans cette entreprise et se trouva bientôt à l’endroit voulu, attendant le début de la Hakafa.

Un des vieux ‘hassidim agit comme la tradition le voulait : il lança un chant ‘hassidique traditionnel que tous allaient reprendre, donnant ainsi le signal du départ à cette cinquième danse de la fête. Le Rabbi avait coutume d’encourager les chants ainsi lancés depuis sa place, à son pupitre installé sur une estrade, afin que tous puissent le voir, dans le coin supérieur droit de la synagogue. Cette fois, cependant, il montra que ce n’était pas ce chant-là qu’il souhaitait en ne réagissant pas à son audition. Très vite, les présents le réalisèrent. Des ” chut… chut… ” se firent entendre et le silence fut rétabli. Le Rabbi quitta alors son pupitre, son livre de prières à la main. Il s’avança jusqu’au bord de l’estrade où il se tenait et entonna un chant que personne ne reconnut dans l’assistance.

Parmi les Français qui participaient à la Hakafa, certains finirent pourtant par identifier les bribes de mélodie qui parvenaient jusqu’à eux au travers de la distance qui les séparaient de l’estrade. Incrédules, ils se mirent à susurrer : ” C’est la Marseillaise, le Rabbi chante la Marseillaise ! ” On les fit rapidement taire : c’était impossible. Que serait venu faire l’hymne national de la France dans une telle assemblée, en une telle occasion ? Mais le Rabbi continuait à chanter et il fallut se rendre à l’évidence.

Ne comprenant rien à ce qui arrivait, les Français commencèrent, à leur tour, à en chanter l’air sans les paroles puisque le Rabbi y avait manifestement mis d’autres mots. C’est dans une atmosphère indescriptible que la Hakafa s’acheva. Cependant, ce n’était pas encore fini. Le Rabbi demanda que tous les Français viennent le rejoindre sur l’estrade où lui-même se tenait. Il fit servir à chacun d’eux un peu de vodka et, accoudé sur son pupitre, attendit que, l’un après l’autre, ils disent ” lé’haïm “, souhaitant à chacun individuellement ” lé’haïm – à la vie ” avec un sourire éblouissant. Chacun retourna ensuite à sa place. On apprit aussi que le Rabbi avait chanté, sur l’air de la Marseillaise, les mots du cantique récité le Chabbat et les jours de fête, ” Haadérèt Véhaémouna “, qui proclame la grandeur de Dieu. Les Français, devenus les héros du jour, passèrent la nuit qui suivit dans un état d’esprit nouveau.

Le lendemain matin, dans la prière de la fête, l’officiant, impressionné par les événements de la veille comme tous ceux qui y avaient assisté, voulut, quand le moment en fut venu, chanter le cantique ” Haadérèt Véhaémouna ” sur l’air de la Marseillaise. Debout à son pupitre, le Rabbi ne fit que quelques très légers signes d’encouragement, manifestant que, sans condamner l’initiative, il ne l’approuvait cependant pas. Personne ne sut comment interpréter ce qui semblait un brutal revirement.

La réponse fut donnée le lendemain, lors de la traditionnelle réunion ‘hassidique qui concluait la fête. Le Rabbi y expliqua que ce chant était lié à la France et qu’il avait été donné spécifiquement aux Français, soulignant que le fait de le chanter à Brooklyn n’avait pas de signification. Puis il demanda, une fois de plus, à tous les Français présents de venir se grouper sur un côté de l’assemblée. L’entreprise fut, là encore, réalisée non sans mal car la trentaine de personnes concernées se trouvait disséminée dans toute la grande salle bondée.

Une fois que ce fut fait, le Rabbi appela le Rav Azimov et lui remit une bouteille de vodka pour en distribuer un peu à chacun des Français. Il lui remit également une ‘halla qui se trouvait devant lui en lui disant que, puisqu’il y avait également des jeunes filles et qu’elles n’avaient pas l’habitude de boire de la vodka, chacune en recevrait un morceau. Rav Azimov servit donc à chacun un peu de vodka et, comme le soir de la fête, le Rabbi dit ” lé’haïm ” à chacun, individuellement, avec ce sourire toujours littéralement éblouissant.

Puis, le Rabbi s’adressa à cette trentaine de personnes en français alors que des milliers d’autres restaient sans comprendre. Il prononça les mots suivants :

“C’est pour faire la révolution en France contre le Yétser Hara (le mauvais penchant – ndlr) as soon as possible (aussi tôt que possible – ndlr) Bésim’ha, avec joie et inspiration. Et le bon D.ieu vous bénira pour être Mékabel Pné Machia’h Tsidkénou (pour accueillir le Messie – ndlr)”.
Ces mots résonnent encore dans la tête de ceux qui les entendirent comme s’ils avaient retenti hier. 

Depuis lors, la Marseillaise s’élève avec les mots de ” Haadérèt Véhaémouna “, chaque Chabbat et jour de fête, dans toutes les synagogues loubavitch de France. Il faut sans doute indiquer que le Rabbi se fit là le continuateur d’une œuvre entamée, d’une autre manière, par Rabbi Chnéor Zalman, le fondateur du ‘hassidime ‘Habad, au début du XIXème siècle. En effet, Rabbi Chnéor Zalman, contemporain de Napoléon Ier et son adversaire, avait adopté une marche militaire de l’armée impériale et en avait fait un chant ‘hassidique, entonné encore aujourd’hui, dans toutes les synagogues loubavitch, à la fin de Yom Kippour, en signe de victoire spirituelle. Dans les deux cas, il s’était agi de transformer un monde, de faire qu’y règnent le souci et la recherche du lien avec Dieu. C’est cette idée que le Rabbi devait expliciter plus tard, notamment dans les deux commentaires dont une traduction est présentée ci-après.

La révolution française spirituelle

C’était le Chabbat 23 Kislev 5752 (30 novembre 1991), au lieu de commencer son enseignement par une référence à ‘Hanoucca, dont on allumait la première flamme le lendemain soir ou à la section de la Torah qu’on lisait cette semaine, le Rabbi adressa en ouverture quelques mots de bienvenue à un groupe de Juifs de France venus en visite. En retour, ils dirent tous ” lé’haïm ” au Rabbi qui répondit d’un signe de tête à chacun. L’assemblée, sentant que ces Français allaient être, en quelque sorte, les invités d’honneur de la réunion, entonna l’air de la Marseillaise avec les mots du cantique ” Haadérèt Véhaémouna. ” Ce chant est un des thèmes majeurs de l’enseignement présenté synthétiquement ci-après, qui reprend également celui prononcé le Chabbat précédent qui en annonçait les grandes lignes.

Lorsque Napoléon, à la tête de ses armées, envahit l’Europe de l’Est, certains chefs spirituels du judaïsme apportèrent leur soutien aux forces françaises ; espérant que leur victoire apporterait une amélioration au statut des Juifs. L’Admour Hazakène (Rabbi Chnéor Zalman, fondateur du ‘hassidisme ‘Habad – ndt), lui, prit le parti du tsar Alexandre Ier . Il expliqua que la victoire de Napoléon aurait, sans aucun doute, un effet positif sur la condition économique et sociale des Juifs mais qu’elle affaiblirait leur engagement spirituel comme leur pratique des commandements de D.ieu. Une victoire de la Russie, inversement, maintiendrait des conditions économiques difficiles mais, en même temps, nourrirait l’atmosphère spirituelle de crainte de D.ieu qui prévalait alors.

Pourquoi l’Admour Hazakène s’opposa-t-il si fermement à Napoléon ? C’est qu’au cœur de la révolution française se trouve le mépris de toute autorité supérieure. Certes, le rejet de la monarchie par les révolutionnaires français fut bien inspiré par des idéaux humanistes de justice et d’égalité. Cependant, ceux-ci n’étaient pas enracinés dans la foi en D.ieu. Aussi, certaines des lointaines répercussions de ce bouleversement idéologique peuvent être considérées comme un refus de toute forme d’autorité morale et, en dernière analyse, comme une volonté de se révolter contre la souveraineté de D.ieu. Cette attitude conduisit à une recherche constante des plaisirs matériels et de la satisfaction des sens au détriment du souci spirituel.

Il convient, toutefois, de se garder de toute interprétation erronée : le judaïsme ne s’oppose pas à la prise en compte de l’aspect matériel de la vie. Cependant, la Torah demande que cette préoccupation n’ait pas pour motivation la seule recherche d’une satisfaction personnelle. Elle doit être, au contraire, orientée vers le service de D.ieu. C’est là que réside la difficulté car l’homme a une tendance naturelle à se préoccuper de son plaisir personnel plutôt que du plaisir Divin. Cependant, notre action sur les choses matérielles est nécessaire pour nous permettre d’accomplir l’intention de D.ieu. En effet, la ‘Hassidout explique que chaque élément constitutif de l’univers contient des ” étincelles ” Divines qui s’y trouvent cachées. Grâce à son potentiel spirituel, l’homme a la capacité de révéler cette énergie Divine qui y est investie. La ‘Hassidout désigne cette œuvre à accomplir sur le monde sous le nom hébraïque de ” tsirouf – raffinement “. C’est ce même mot qui désigne la fonte du minerai. Dans ce processus, les scories sont rejetées et seul le métal précieux est retenu. Dans le même sens, notre rapport au monde exige que nous détournions notre attention des préoccupations matérielles et que nous nous concentrions sur la Divinité Qui s’y trouve.

Le mot qui désigne la France en hébreu, ” Tsarfat “, a étymologiquement la même racine que le terme ” tsirouf “, ce qui implique que ce pays possède un lien étroit avec un tel mode de service de D.ieu. C’est que la France incarne les deux approches qui ont été décrites plus haut : celle qui se résume à la recherche du plaisir matériel et celle qui assume la tâche de raffinement du monde et de révélation de la Divinité. A l’origine, c’est avec la première que la France était associée. Aujourd’hui, au contraire, c’est la deuxième qui y domine. Ce renversement de tendance commença avec les différentes visites qu’y fit le Rabbi Maharach (Rabbi Chmouel, le quatrième Rabbi de Loubavitch) et, plus tard et plus fréquemment, le Rabbi Rachab (Rabbi Chalom Dov Ber, le cinquième Rabbi de Loubavitch). Dans la génération suivante, le Rabbi (Précédent) ne fit pas que séjourner en France. Il y envoya des membres de sa famille en tant qu’émissaires. Cette évolution atteignit son apogée lorsque, après son installation en Amérique, il établit en France différentes branches de ” Tom’hei Temimim ” (la yéchiva loubavitch) ainsi que d’autres institutions éducatives.

Cette dernière étape a entraîné une révolution spirituelle, une véritable renaissance. De ce fait, de nombreux textes ‘hassidiques ainsi que des ouvrages classiques du judaïsme ont été édités en France et des milliers de Juifs venus d’autres pays y ont retrouvé leurs racines juives. Plus encore, nous voyons aujourd’hui des Juifs élevés en France et qui présentent les traits de caractère particulier de ce pays, prendre l’initiative et se consacrer à y répandre le judaïsme.

La pensée ‘hassidique explique que notre rapport au monde doit avoir une double motivation. Outre l’œuvre consistant à élever les étincelles Divines analysée plus haut, nous devons consacrer nos efforts à faire de ce monde une demeure pour D.ieu. Cet effort, qui aboutit à regarder le monde comme la ” demeure de D.ieu “, constitue une ouverture vers une dimension infinie car, de même qu’un homme se montre tel qu’il est vraiment dans sa maison, ainsi D.ieu Se révèlera sans restriction dans ce monde. C’est cette dimension qui apparaîtra aux temps messianiques. Dans ce contexte, nos Sages font référence à Machia’h (le Messie) comme à ” celui qui brise – Haporètz ” (les barrières). Il aura pour tâche de briser les limites du monde et de révéler comme il est, en fait, la demeure de D.ieu.

Là encore, on observe un lien particulier avec la France. Les lettres qui forment son nom en hébreu, ” Tsarfat “, constituent aussi, dans un ordre différent, le mot ” Paratsta “. Ce mot renvoie au verset ” Ouparatsta – Tu t’étendras avec force vers l’ouest, vers l’est, vers le nord et vers le sud. ” La France accomplit ce verset, diffusant les sources de la ‘Hassidout dans toutes les directions et préparant ainsi le monde à l’avènement de la Délivrance. De manière significative, on relève aussi que le mot ” Tsarfat ” équivaut numériquement, en hébreu, à 770, l’adresse du centre de diffusion de la ‘Hassidout établi par le Rabbi (Précédent).

D’après des enseignements du Rabbi de Loubavitch,
Chabbat Parchat Vayichla’h et Chabbat Parchat Vayéchèv,
16 et 23 Kislev 5752 – 23 et 30 novembre 1991

 

Une œuvre nouvelle

En 5789 (1989), le Rabbi avait déjà donné quelques grandes lignes de réflexion sur le même sujet. En voici la traduction.

On connaît le rapport que l’Admour Hazakène eut avec la Russie et la France. A l’époque de la guerre entre ces deux pays, l’Admour Hazakène voulut la victoire de la Russie sur la France car la situation spirituelle des Juifs, en ce qui concerne la crainte de D.ieu etc., serait meilleure sous la domination de la Russie que sous celle de la France. Nous le voyons clairement : pendant toutes les générations (depuis le Baal Chem Tov jusqu’au Rabbi [Précédent – ndt], chef de notre génération, dans les premières années de sa direction) la révélation et la diffusion de l’enseignement de la ‘Hassidout se firent précisément en Russie.

On voit donc que, après la libération de l’Admour Hazakène (des prisons tsaristes – ndt) le 19 Kislev de façon que ” D.ieu a accompli des prodiges… aux yeux des princes et de tous les peuples qui se trouvent dans tous les pays du roi “, le raffinement de la France n’avait pas encore été réalisé. Elle était et restait au degré inférieur en ce qui concerne le comportement en application de la crainte de D.ieu dans le chemin de la ‘Hassidout etc.

A ce sujet, une nouveauté a été accomplie par le chef de notre génération. Avant même qu’il ne prenne la direction, il visita lui-même, agit et raffina etc. également la France. Puis, après qu’il soit sorti de Russie – après la libération des 12 et 13 Tamouz (des prisons staliniennes – ndt) – il envoya des émissaires en France, ainsi que des textes de ‘Hassidout etc. et cela continue et se renforce jusqu’à ce jour. Ainsi, nous voyons clairement, dans les dernières années, l’ampleur de l’action de diffusion des sources (de la ‘Hassidout – ndt) à l’extérieur, en France. Beaucoup de Juifs s’y sont rapprochés de la Torah et du judaïsme, se sont attachés au chef de la génération, dont c’est l’anniversaire de la libération, et étudient son enseignement au point d’être devenus ” des lumières pour éclairer ” par leur engagement dans la diffusion de la Torah, du judaïsme et des sources (de la ‘Hassidout – ndt) à l’extérieur et au point d’agir sur les peuples du monde, dans ce pays-là, pour qu’ils respectent les sept lois noa’hides.

Cela signifie que la libération des 12 et 13 Tamouz souligne l’action et l’influence sur les peuples du monde jusqu’au plus bas etc. (même dans un pays dont l’Admour Hazakène craignit l’influence de la domination sur la situation spirituelle des Juifs.) Ainsi se complète la préparation à la Délivrance véritable et complète où il y aura concrètement et manifestement la demeure de D.ieu en-bas, dans le degré le plus bas existant.

Ce qui a été dit reçoit un accent supplémentaire du fait que, dans cette réunion de la fête de la libération du 12 Tamouz, dans les quatre coudées de celui qui a été libéré ce jour, se trouve également un groupe de Juifs de France, qui ont été rapprochés de la Torah et des commandements comme ils sont imprégnés par le luminaire de la Torah, la ‘Hassidout, en conséquence de la nouveauté introduite par celui qui a été libéré, dans la diffusion des sources (de la ‘Hassidout – ndt) à l’extérieur.

Aussi, il est juste de les honorer en disant ” lé’haïm ” et un chant de joie – le chant de la France tel qu’il a été transformé en sainteté, que l’on chante avec les mots ” Haadérèt Véhaémouna – La beauté et la foi à Celui Qui vit éternellement etc. ” jusqu’à ” Hatehila Vehatiférèt – La louange et la splendeur à Celui Qui vit éternellement “, le sens de ces mots montrant la révélation de ” Celui Qui vit éternellement ” dans tous les domaines du monde qui sont inclus dans les 62 lettres du ” Alef ” jusqu’au ” Tav ” par lesquelles le monde a été créé.

D.ieu veuille qu’ainsi se rajoute chez eux (ainsi que chez tous ceux qui sont réunis ici, parmi tous les Juifs où qu’ils soient) dans tout ce qui a été dit et qu’ils continuent et ajoutent encore en rentrant dans leur endroit jusqu’à ce qu’ils réalisent, dans le monde entier, la révélation de ” Haadérèt Véhaémouna – La beauté et la foi à Celui Qui vit éternellement ” jusqu’à ” Hatehila Vehatiférèt – La louange et la splendeur à Celui Qui vit éternellement. ”

 

Extrait d’un commentaire du Rabbi de Loubavitch,
Chabbat Parchat ‘Houkat-Balak,
12 Tamouz 5749 – 15 juillet 1989

24 Tevet : Hilloula de Rabbi Chneour Zalman de Lyadi, premier Rabbi de Loubavitch (1745-1812)

24 Tevet : Hilloula de Rabbi Chneour Zalman de Lyadi, premier Rabbi de Loubavitch (1745-1812)

Rabbi Chnéour Zalman Baroukhovitch, fils de Rabbi Baroukh et de la Rabbanit Rivka, naquit le 18 Eloul 5505 (1745). Descendant en droite ligne du Maharal de Prague, l’arbre généalogique de sa famille remonte au roi David.

 

Le Baal Chem Tov, par la bénédiction de qui cette naissance se produisit, indiqua aux parents de quelle façon il fallait éduquer l’enfant. Son âme, en effet, issue du monde spirituel d’Atsilout, descendait sur terre pour la première fois, avec la mission de traduire son propre enseignement dans les termes de la raison. À un an, l’enfant parlait déjà comme un adulte. Régulièrement, le Baal Chem Tov était, à sa demande, tenu informé de tout ce qui le concernait.

Très tôt, les qualités intellectuelles de Rabbi Chnéour Zalman furent reconnues. À deux ans, il témoignait d’une mémoire hors du commun et d’une intelligence fabuleuse. À trois ans, il fut conduit chez le Baal Chem Tov, qui lui coupa les cheveux pour la première fois et le bénit. Par la suite, il ne devait plus jamais le revoir. À cinq ans, sa connaissance de la Torah était immense. Il pouvait expliquer clairement le passage du Talmud le plus ardu. Déjà, lors de sa Bar Mitsva, les plus grands érudits le déclarèrent apte à discuter la Loi et lui décernèrent le titre de « Gaon ».

Il se maria, en 5520 (1760), avec la Rabbanit Shterna, fille de Rabbi Yéhouda Leïb Segal et de la Rabbanit Beïla. Le beau-père de Rabbi Chnéour Zalman, un important érudit de la communauté de Vitebsk, appartenait aux mitnagdim et fit souffrir son gendre, lorsqu’il devint un ‘hassid. Rabbi Chnéour Zalman s’installa dans la région de Vitebsk et fut conduit, dans un premier temps, à rechercher le bien-être de ses frères juifs, qu’il engagea à constituer des colonies agricoles. Là, ils pouvaient vivre à l’abri des souffrances que leur imposaient les non-juifs. De plus, ils pouvaient, de la sorte, être exemptés de certains impôts. Pour réaliser tout cela, il acheta des terres avec l’argent qu’il avait reçu pour son mariage. Là, il installa de nombreuses familles juives et nomma également des professeurs pour leur enseigner la Torah.

La philosophie ‘Habad

De 5518 à 5523 (1758 à 1763), Rabbi Chnéour Zalman mit au point les idées fondamentales de son système philosophique, basé sur l’amour et la crainte de D.ieu provoqués par une réflexion profonde. Son enseignement ensuite structuré à partir de la ‘Hassidout, sur l’ordre du Maguid qui, dans un premier temps, refusa de l’orienter dans le service de D.ieu et lui demanda de bâtir son propre système.En effet, il se rendit chez le Maguid de Mézéritch peu après, en 5524 (1764). Il hésita un moment entre Vilna et Mézéritch, puis, considérant qu’auprès du Gaon de Vilna, il se consacrait à l’étude, dans laquelle il était déjà versé, il décida d’aller chez le Maguid, afin d’apprendre à prier. Il devint aussitôt son ‘hassid. Son maître le nomma Maguid de Lyozna en 5527 (1767), puis le chargea, en 5730 (1770), de rédiger le Choul’hane Aroukh, dont il commença immédiatement la compilation.Après la disparition du Maguid, Rabbi Chnéour Zalman introduisit la ‘Hassidout ‘Habad et s’engagea dans la défense de l’enseignement du Baal Chem Tov, contesté par les mitnagdim. A ce titre, il fonda, en 5532 (1772), sa yéchiva à Lyozna. L’accès en était réservé à ceux qui avaient déjà accumulé d’énormes connaissances, aussi bien dans la partie législative de la Torah que dans la Kabbalah. Il se rendit, en 5534 (1774), en compagnie de Rabbi Mena’hem Mendel de Horodok, chez le Gaon de Vilna, qui refusa de les recevoir. Il sortit ensuite vainqueur de la grande confrontation de Minsk, en 5543 (1783), puis de celle de Chklov.Parallèlement, son enseignement reçut une diffusion de plus en plus large. Il rédigea le Choul’hane Aroukh, dont la première partie, les « Lois de l’étude de la Torah », fut publiée en 5554 (1794). Pour ce qui est de la ‘Hassidout, son système de pensée est exposé dans son œuvre monumentale, le Tanya, « Loi écrite de la ‘Hassidout », d’abord diffusée sous forme manuscrite, puis imprimée en 5557 (1797). En outre, une large compilation de ses commentaires se trouve dans deux importants volumes, « Torah Or » et « Likoutei Torah ». Le Tséma’h Tsédek, son petit fils, publia le « Torah Or » en 5597 (1837) et le « Likoutei Torah » en 5608 (1848)

Une ère nouvelle après le 19 Kislev

Il fit alors l’objet d’une dénonciation de la part de ses opposants. En effet, il était responsable, en Russie, de la collecte des fonds pour soutenir la communauté ’hassidique de Terre Sainte, dirigée par Rabbi Mena’hem Mendel de Vitebsk. Or, Erets Israël était alors sous domination turque et la Turquie était l’ennemi de la Russie. Il fut donc arrêté, en 5559 (1799), le lendemain de la fête de Souccot, puis emprisonné à Pétersbourg, dans la forteresse Pétropavlov. Son incarcération sema le désarroi parmi les ‘hassidim ‘Habad et sa première réaction fut de leur écrire une lettre pour leur interdire tout acte de vengeance. Il fut libéré le mardi 19 Kislev, date qui est devenue le Rosh Hachana de la ‘Hassidout, un jour où l’on ne dit pas les ta’hanoun. Par la suite, son enseignement se diffusa largement. Deux ans plus tard, il fut de nouveau convoqué à Pétersbourg, le lendemain de Souccot. Il fut libéré au milieu de la fête de ‘Hanouccah et quitta Pétersbourg le 11 Mena’hem Av 5561 (1801) pour s’installer à Lyadi.Rabbi Chnéour Zalman prit position contre l’invasion française de la Russie, conscient de l’influence néfaste qu’elle aurait sur les Juifs. Poursuivi par les armées de Napoléon Bonaparte, fortes de quarante mille hommes, il dut s’enfuir, sur le conseil du général Nébrowsky et quitter Lyadi, la veille du Chabbat qui bénit le mois d’Eloul 5572 (1812). Avec sa famille et de nombreux ‘hassidim, il erra d’une ville à l’autre et arriva, le 12 Tévet 5573 (1812) dans le village de Pyéna, près de Koursk. C’est là qu’il quitta ce monde, à l’issue du Chabbat, veille du dimanche 24 Tévet (le 26 décembre 1812). Il repose à Haditch près de Poltava.Rabbi Chnéour Zalman eut trois fils et trois filles

Ses trois fils furent
Rabbi Dov Ber, qui lui succéda,
Rabbi ‘Haïm Avraham
et Rabbi Moché.
Tous trois se consacrèrent en particulier à la diffusion des écrits de leur père.

Ses trois filles furent
la Rabbanit Freïda,
la Rabbanit Devorah Léa, mère du Tséma’h Tsédek, qui offrit sa vie en échange de celle de son père à la suite d’une accusation portée contre la ‘Hassidout auprès du tribunal céleste,
et la Rabbanit Ra’hel.

Rabbi Chnéour Zalman de Lyadi est appelé de différentes manières

  • Les ‘Hassidim l’appellent l’Admour HaZakène en hébreu ou l’Alter Rebbe en yiddish, ce qui veut dire « le Vieux Rabbi », du fait qu’il fut le premier Rabbi de ‘Habad et le père de la dynastie des Rabbis de ‘Habad.
  • Il est appelé aussi Baal HaTanya vehaChoul’hane Aroukh, signifiant « l’Auteur du Tanya et du Choul’hane Aroukh », ou seulement Baal HaTanya.
  • Il est fait souvent référence à lui comme «le Rav», du fait de son extraordinaire génie en matière de loi juive. Ainsi, son Choul’hane Aroukh est souvent appelé «Choul’hane Aroukh HaRav» pour le distinguer du Choul’hane Aroukh de Rabbi Yossef Karo dont il est une synthèse magistrale.
  • Dans certains ouvrages de Halakha comme le Michna Broura, on l’appelle par l’acronyme «GRaZ», pour «le Gaon Rabbénou Zalman», ou «RaZ» pour «Rabbénou Zalman».
Le jeûne du 10 Tévet, mardi 7 janvier 2020

Le jeûne du 10 Tévet, mardi 7 janvier 2020

Mardi 7 janvier 2020 : Le jeûne commence à l’aube et se termine à la tombée de la nuit (17h54 à Paris – 17h23 à Jérusalem).

En ce jour funeste commença le siège de la ville sainte de Jérusalem par l’armée babylonienne, sous les ordres du cruel Nabuchodonosor en 3336 (425 ans avant le début de l’ère commune).

A cause de sa gravité – puisqu’il marque le début de la destruction et de l’exil – il ne peut être repoussé à une date ultérieure (comme les jeûnes du 17 Tamouz et du 9 Av) ou avancé à une date précédente (comme le jeûne d’Esther). C’est le seul jeûne qui peut tomber un vendredi – donc veille de Chabbat. Du fait de sa gravité, il aura d’ailleurs une place de choix quand les jours de jeûne seront transformés en jours de joie (avec la venue de Machia’h).

Le but du jeûne est que même le corps physique ressente « la diminution de la graisse et du sang ». On ne mange pas et on ne boit pas. On ne se rince pas la bouche. Mais on peut se laver sans restriction.

Les enfants qui n’ont pas encore atteint l’âge de la Bar ou Bat Mitsva (les filles dès 12 ans et les garçons dès 13 ans) ne jeûnent pas. Les personnes fragiles, les femmes enceintes ou qui viennent d’accoucher ou qui allaitent ne jeûnent pas. Même ceux qui ont la permission de manger s’abstiendront de manger des friandises.

Dans la prière du matin, on récite les Seli’hot spéciales de ce jour après le Ta’hanoun ainsi que « le grand Avinou Malkénou ». Puis on lit dans la Torah le passage Vayi’hal (Chemot – Exode 32 : 11 jusqu’à 34 : 1). Seul celui qui a jeûné peut être appelé à la Torah.

Durant la prière de Min’ha (l’après-midi), on lit dans le rouleau de la Torah le chapitre Vayi’hal. Dans la Amida, on ajoute le passage Anénou (« Réponds-nous, Éternel au jour de notre jeûne car nous sommes dans une grande peine… »).

On récite le Ta’hanoun et « le grand Avinou Malkénou ».

Comme tous les jours de jeûne, on procédera à un examen de conscience approfondi et on évitera de se mettre en colère. On augmentera les dons à la Tsedaka (charité). Rabbi Chnéour Zalman explique qu’un jour de jeûne est aussi un jour de bienveillance divine. Comme ce jeûne du 10 Tévet est particulièrement important, on comprend que la Techouva (retour à D.ieu) procurée par ce jeûne est aussi d’un niveau plus élevé.

Dans de nombreuses communautés, ce jeûne est associé au souvenir des martyrs de la Shoah.

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