Un éclairage universel : le message du Rabbi pour tous les Juifs

Un éclairage universel : le message du Rabbi pour tous les Juifs

Lorsqu’un objet est utilisé pour accomplir sa fonction et son but, il est élevé. Lorsque l’âme remplit son but et purifie le corps et l’âme animale, elle est élevée, « quand tu élèvera… ». Nous devons nous efforcer d’éclairer d’autres âmes juives de manière à ce qu’elles éclairent également d’autres âmes.

 

Discours du Rabbi de Chabbat Parachat Behaalote’ha, 21 Sivan, 5729.
(Torat Menachem Vol. 50, p. 325 et suiv.)

 

1 – La Paracha commence avec les mots « Quand tu monteras les lampes », faisant référence à l’allumage du chandelier dans le Temple. Cette instruction est précise, indiquant que l’allumage doit être fait d’une manière spécifique, d’une manière qui « monte ».

Rachi, interprète ce passage en disant qu’il faut allumer les lampes « jusqu’à ce que la flamme monte d’elle-même ». En d’autres termes, l’acte d’allumer ne doit pas seulement être une initiation, mais doit s’assurer que la flamme est capable de continuer à brûler de manière autonome.

En effet, cette interprétation peut également être appliquée à un niveau plus profond, concernant l’âme humaine elle-même. Le Likoutei Torah établit une analogie entre les lampes du chandelier et les âmes humaines, en se basant sur le verset biblique qui dit « la lampe de l’Éternel est l’âme de l’homme ».

Le devoir des prêtres, qui sont décrits comme « les envoyés du Miséricordieux » et « notre table » (selon les deux opinions citées), est d’allumer et d’éclairer toutes les âmes d’Israël. Ce n’est pas un simple geste de lancement : tout comme l’allumage des lampes du chandelier, le travail des prêtres doit être fait de manière à ce que chaque âme, chaque « lampe », puisse continuer à briller de son propre éclat, à « monter d’elle-même ».

Vous soulevez une question très pertinente. Pourquoi la Torah utilise-t-elle spécifiquement le verbe « monter » au lieu de « allumer » ou « éclairer », ce qui semble être une description plus précise et directe de l’acte d’allumer les lampes du chandelier ?

Le langage précis de la Torah n’est jamais accidentel et chaque mot a une signification profonde. Ici, le mot « monter » peut être interprété comme une référence à l’élévation spirituelle. Dans le contexte de la Paracha, les lampes du chandelier ne sont pas simplement allumées ou éclairées, mais elles sont « élevées ». C’est-à-dire que le processus d’allumage n’est pas simplement un acte physique, mais aussi un acte spirituel qui implique une élévation de l’âme.

2 –  Pour comprendre cela, il faut d’abord :

Ce que vous exprimez reflète une idée fondamentale du judaïsme concernant le rôle de l’humanité dans la création. Bien que D.ieu soit le créateur suprême de l’univers, et que cela est universellement reconnu (comme l’indique la citation que « le nom des cieux est dans la bouche de tous »), cela n’implique pas que le rôle de l’homme est simplement passif. Au contraire, les êtres humains ont un rôle actif et important à jouer dans le processus de la création.

La Torah nous dit « que D.ieu a créé pour faire », une phrase qui est interprétée comme signifiant « pour réparer ». C’est un appel à l’humanité pour continuer le travail de la création, non pas en créant de nouvelles choses ex nihilo, mais en révélant, en perfectionnant, et en élevant les choses que D.ieu a déjà créées.

C’est une mission qui nécessite un engagement actif de la part de l’homme. Comme le dit le verset, « vous êtes appelés homme », soulignant l’importance et la responsabilité de notre rôle. Nous sommes appelés à « monter », à nous élever et à élever le monde qui nous entoure, dans un acte de co-création avec le Divin.

D.ieu a le pouvoir unique de créer quelque chose à partir de rien, un concept connu sous le nom de « creation ex nihilo ». Il s’agit d’une capacité divine qui transcende la compréhension et les capacités humaines. Même si toutes les créatures du monde se réunissaient, elles ne pourraient pas créer même une petite mouche à partir de rien.

Cependant, cela ne signifie pas que l’homme n’a pas de rôle significatif à jouer dans la création. Bien que nous ne puissions pas créer de manière ex nihilo, notre mission consiste à découvrir, à révéler et à rendre manifeste ce qui est déjà présent mais caché dans la création de D.ieu. Ce travail consiste à reconnaître la divinité inhérente à la création et à l’élever à son plein potentiel. En faisant cela, nous participons à l’œuvre de la création de manière significative et valorisante.

Selon le Talmud (Chabbat 10a), en accomplissant les Mitsvot et en œuvrant pour la bonté et la justice dans le monde, l’homme « devient partenaire du Saint, béni soit-Il, dans l’œuvre de la création ».

Cette idée peut sembler paradoxale, étant donné la différence abyssale entre la capacité de D.ieu à créer ex nihilo et la capacité humaine à interagir avec ce qui a déjà été créé. Cependant, le concept de partenariat dans ce contexte n’implique pas une égalité stricte en termes de capacités ou de contributions. Au lieu de cela, il met l’accent sur la signification et la valeur de l’engagement humain dans l’œuvre de la création.

Dans ce partenariat, le rôle de l’homme est de révéler et de manifester les potentialités cachées dans la création, tout en cherchant à vivre selon les valeurs et les commandements de la Torah. Ce faisant, l’homme contribue de manière unique à l’œuvre de la création et participe activement à l’accomplissement du dessein divin pour le monde.

Le partenariat dont il est question ici est donc de nature qualitative et non quantitative. Il ne s’agit pas de mesurer la contribution de l’homme par rapport à celle de D.ieu en termes de taille ou de volume, mais plutôt de reconnaître l’importance de l’engagement humain dans la poursuite des objectifs divins. Ce partenariat est basé sur une collaboration mutuelle dans laquelle chaque partie a un rôle crucial à jouer, et ce rôle est respecté et valorisé pour sa contribution unique à l’ensemble du projet.

3 –  À première vue, il semble difficile de comprendre comment la part d’un homme juif pourrait être équivalente à celle du Saint, béni soit-Il. En effet, le Saint, béni soit-Il, a créé le monde à partir de rien, tandis que le travail des Juifs consiste principalement à révéler ce qui est caché, ce qui n’est pas comparable à la création ex nihilo.

De plus, la grandeur et l’importance de la création par le Saint, béni soit-Il, sont immenses. Cela est illustré par une histoire du Talmud dans le traité Taanit. Cette histoire relate la rencontre d’un des Tannaïm avec un homme extrêmement laid. En lui disant : « Comme cet homme est laid… « , il lui fut répondu : « Va et dis à l’artisan qui m’a fait… ». Autrement dit, bien qu’il ne s’agissait pas d’un mensonge, loin de là, il n’aurait pas dû faire cette remarque car il n’aurait pas dû se concentrer sur le défaut apparent de cet homme, mais plutôt sur sa valeur intrinsèque – qu’il a été créé par le Saint, béni soit-Il. C’est pourquoi il lui fallait se repentir.

Comme il est clairement expliqué dans le Tanya, en se référant précisément aux mots des Sages : « Aime les créatures et rapproche-les de la Torah » – même ceux qui sont simplement appelés « créatures », c’est-à-dire que toute leur valeur réside dans le fait qu’ils ont été créés par le Saint, béni soit-Il. On doit donc les attirer avec de forts liens d’amour. Cela implique que même envers eux, il doit y avoir une manifestation de l’amour juif, et cela jusqu’à l’application du principe « et tu aimeras ton prochain comme toi-même ».

Étant donné l’importance majeure de la création par le Saint, béni soit-Il, comment est-il alors possible qu’un Juif, en œuvrant dans le monde pour révéler ce qui est caché, devienne « partenaire du Saint, béni soit-Il » à un degré égal ?

4 – L’explication en est la suivante :

Lorsqu’un aspect de la création demeure seulement caché (en puissance), il y a en réalité une lacune, et cette lacune ne se réduit pas seulement à une absence de perfection, mais traduit également un non-accomplissement de son objectif ultime. En effet, bien que cet aspect existe en puissance, il existait également à l’état de potentiel avant même la création du monde. L’innovation véritable de la création du monde réside donc dans la matérialisation de ce potentiel, à commencer par la révélation des forces supérieures à travers la création elle-même, qui est l’objectif final de la création : « pour qu’ils Me connaissent », c’est-à-dire pour révéler la grandeur du Créateur.

C’est précisément par le travail de l’homme (« faire », « réparer ») que l’intention de la création se réalise pleinement en ce qui concerne cette révélation, la révélation de la divinité dans le monde. Ainsi, non seulement le travail de l’homme constitue une sorte de partenariat (« un partenaire du Saint, béni soit-Il, dans l’œuvre de la création ») sur un pied d’égalité, mais il va même au-delà – il complète aussi la part du Saint, béni soit-Il.

5 – Tout cela peut être compris par la métaphore de la bougie :

Tant que la bougie n’est pas allumée et ne brille pas – il est évident, même à l’esprit le plus simple, que bien que la bougie existe, son objectif final n’est pas encore accompli. Ce n’est que lorsqu’elle est allumée et qu’elle brille qu’elle atteint son but – tant en ce qui concerne l’espace éclairé par elle, qu’elle-même, car en étant allumée et en brillant, elle s’élève. Avant d’être allumée et de briller, elle est à son niveau le plus bas – un simple objet inanimé, et lorsqu’elle est allumée et brille, elle atteint son niveau le plus élevé, ayant accompli le but de sa création.

Il en va de même – et même plus encore – dans l’équivalent spirituel, concernant « la bougie de l’Éternel, l’âme de l’homme ». Tant qu’elle n’est pas allumée et ne brille pas, bien qu’il y ait la bougie (le réceptacle), l’huile et la mèche, l’essentiel de son but fait toujours défaut (comme le disait le Baal Shem Tov, il peut y avoir une boîte remplie de bougies qui ne brillent pas, etc.). Il est donc nécessaire d’allumer les bougies pour qu’elles brillent.

Et pas seulement cela, mais « il faut allumer jusqu’à ce que la flamme monte d’elle-même » – agir de sorte qu’elle atteigne un état et une position où elle n’a pas besoin de l’aide ou du soutien d’autrui, pas même de « l’aide du Saint, béni soit-Il », pourrait-on dire, car « en vérité, ton travail sera couronné de succès », c’est-à-dire atteindre un état et une position où « mon cœur est vide en moi », c’est-à-dire « il n’a pas de désir malveillant car il l’a tué par le jeûne », comme David, et plus que cela : comme Abraham, car il est écrit à son sujet « tu as trouvé son cœur fidèle devant toi », donc il n’a pas besoin d’aide du tout, comme un fils qui ne dépend pas de la table de son père, ce qui est le degré le plus élevé.

Et quand on allume les bougies et qu’elles brillent etc. – alors les bougies atteignent leur perfection et leur élévation, c’est-à-dire, en plus du fait qu’elles ont accompli leur intention d’éclairer le monde, elles atteignent elles-mêmes la perfection et l’élévation (les âmes).

Et précédemment :

Dans le Tanya, il est expliqué que « l’âme elle-même n’a pas besoin de correction du tout, etc., et n’a pas besoin de se vêtir dans ce monde, etc., sauf pour corriger l’âme animale et le corps, etc. ». Cela peut sembler contradictoire avec ce qui est expliqué à plusieurs reprises dans le service divin à propos de la descente de l’âme qui est une descente pour une élévation.

Cependant, il faut comprendre que l’objectif initial de la descente est la purification du corps et de l’âme animale. Cette seule raison justifie la descente de l’âme. Cependant, une fois que l’âme a accompli sa mission et son service, elle reçoit, car « D.ieu ne prive aucune créature de sa récompense », une « récompense sans fin », ce qui entraîne une « élévation grande et merveilleuse sans fin ».

Plus encore, l’élévation qui se produit dans l’âme par l’accomplissement de sa mission est plus grande que celle qui se produit dans le corps et l’âme animale. L’âme atteint une élévation de « ressemblera au corps du Roi », qui est quelque chose qui n’existe pas dans ce monde.

6 – Selon cela, nous devons interpréter précisément le terme « lorsque tu montes, la flamme monte, etc. », comme une véritable ascension – car par l’allumage, il y a une élévation dans la bougie.

C’est pour cette raison que toute la section est appelée « lorsque tu montes » – car le but de toutes les questions, comme celle de « et quand l’arche se mettait en marche » et toutes les autres questions de la section, est une question de « lorsque tu montes » – une question d’élévation, qui est l’objectif visé.

De là, il est également compris concernant celui qui allume la bougie, que lorsqu’il allume la bougie, et jusqu’à ce que « la flamme monte d’elle-même », alors il y a aussi une élévation en lui. C’est-à-dire que tout comme il y a une élévation dans la bougie qui atteint sa perfection par son allumage (comme mentionné précédemment), il y a également une élévation chez celui qui allume la bougie, car il a accompli la perfection dans la création.

7 – L’enseignement est le suivant :

Les enfants d’Israël doivent être « des bougies pour éclairer » – influencer d’autres Juifs, etc. Et puisqu’il doit y avoir « Tu aimeras ton prochain comme toi-même », on doit agir sur son prochain pour qu’il soit aussi « une bougie pour éclairer » comme lui, c’est-à-dire que l’action sur l’autre doit être faite de manière à « allumer pour qu’il puisse allumer ».

C’est pourquoi l’interaction avec l’autre doit être réalisée de manière à « Voici les lois que tu placeras devant eux », « comme une table dressée et prête à manger devant l’homme ». Autrement dit, il ne faut pas se contenter de lui apprendre une fois, etc., en disant qu’on a déjà rempli sa mission, mais il faut étudier avec lui jusqu’à ce qu’il connaisse lui-même tous les détails de la question, et d’une manière à « mettre devant eux », de sorte qu’il imprègne son intérieur pour en faire sa propre affaire (« une chose à lui »). C’est ce qui est dit juste après le don de la Torah, qu’il doit être fait d’une manière de révélation d’en haut, et après cela commence le travail de l’homme, à partir de l’étude de la Torah (car le commencement de toutes choses est de la Torah), qui doit être fait de manière à « Voici les lois que tu placeras devant eux ». Et de la Torah, cette question est poursuivie dans tous les autres domaines.

Il est évident que l’action à cet égard doit être faite de manière zélée, et avec joie et un visage radieux. Car « tout le monde est jaloux sauf son fils et son élève », et puisqu’il le considère comme son élève, il voudra lui donner de plus en plus, et cela ne lui importera pas qu’après cela, il n’aura plus besoin de lui.

Cette conduite attire toutes les bénédictions, à commencer par la question de la lumière – « D.ieu illumine leurs deux yeux » (comme cité dans l’introduction du Tanya), et jusqu’à éclairer le monde entier, à l’image du chandelier qui n’éclairait pas seulement le Temple, mais de manière à ce que de lui sa lumière sorte dans le monde entier, et jusqu’à ce que « les nations marchent à Ta Lumière ».

(Discours de Chabbat Parachat Behaalote’ha, 21 Sivan, 5729. Torat Menachem Vol. 50, p. 325 et suiv.)

La véritable personnalité du Rabbi : Au-delà de la compréhension humaine

La véritable personnalité du Rabbi : Au-delà de la compréhension humaine

Aujourd’hui plus que jamais, le monde reconnaît la personnalité imposante du Rabbi, qui se manifeste par son leadership mondial, ainsi que par son amour intense pour chaque Juif. Des volumes ont été écrits sur ses réalisations, offrant au monde un aperçu de la force de la personnalité qui embrasse l’homme universel.

 

Quiconque suit les activités du Rabbi est émerveillé par l’étendue et la variété de ses entreprises. On se demande comment un seul être humain peut incorporer une diversité aussi vaste. Au fil des ans, des milliers d’histoires émergent, racontées par les personnes avec qui le Rabbi a interagi personnellement. Chaque histoire est unique et différente, mais elles reflètent toutes la touche personnelle et la sensibilité du Rabbi.

Le Rabbi a personnellement lu les millions de lettres qu’il a reçues. Parmi celles-ci, il a répondu – brièvement ou en détail – à des centaines de milliers de questions couvrant l’ensemble du spectre des problèmes humains et mondiaux. De nombreuses centaines de ces réponses étaient des réponses de la Torah, pleines de sources et de citations. À ce jour, seule une fraction d’entre elles a été publiée dans les 33 volumes de la série Iguerot Kodesh.

Les Farbrenguens du Rabbi étaient l’occasion de partager des milliers d’heures de שיחות et מאמרים qui traitaient d’une gamme impressionnante de sujets. Avant leur publication, le Rabbi a édité et affiné ces discours, ajoutant des milliers de sources, citations et références d’érudits à la fois renommés et obscurs, des premiers Rishonim aux plus récents A’hronim.

Cela défie la crédulité, mais les preuves sont là : dans les impressions, les enregistrements, les vidéos et le témoignage personnel d’innombrables individus de tous les milieux imaginables.

Pourtant, ce n’était pas seulement la quantité, mais plutôt la qualité – chaque problème, chaque réponse, chaque conseil unique par sa clarté et sa profondeur. Comme on l’a déjà noté, « La seule chose à laquelle on peut s’attendre du Rabbi, c’est l’inattendu. »

Plus nous prenons conscience de la grandeur du Rabbi, de son érudition dans la Torah et de ses réalisations, plus nous sommes émerveillés par son envergure, et plus notre compréhension du gouffre béant qui le sépare même des plus grands d’entre nous est grande.

Néanmoins, il est logique de penser qu’en nous familiarisant avec les méthodes et les enseignements du Rabbi, et en nous familiarisant avec certains aspects de ses enseignements, de son style et de sa méthodologie, nous supposerions avoir acquis une certaine connaissance, une certaine intuition, de sa personne.

C’est ainsi en général dans la nature humaine et surtout aujourd’hui, lorsque nous tenons pour acquis que tout le monde est sur un pied d’égalité ; et malgré notre émerveillement et notre respect pour tous les détails mentionnés ci-dessus, sans parler de l’image globale que nous avons du caractère colossal du Rabbi, nous supposons encore que même la grandeur démesurée est seulement relative.

Cependant, la vérité est que toute la grandeur du Rabbi, telle qu’elle se reflète dans ses enseignements et ses réalisations, ne définit pas correctement la personnalité réelle du Rabbi.

L’histoire suivante illustre ce point. Le Rabbi Maharach et son futur beau-père par son premier mariage, R’ Haim Schneur Zalman, étaient tous deux fils du Tsema’h Tsedek. Lors de la célébration du mariage du Rabbi Maharach, le célèbre Hassid R’ Hillel de Paritch s’est tourné vers le père de la mariée, « Tu as fait un Chdou’h avec un מחותן (le Tsema’h Tsedek, le père du marié) que tu ne connais même pas ». Ayant entendu le commentaire de R’ Hillel, le Tsema’h Tsedek a dit, « Il ne connaît pas non plus le marié, c’est-à-dire son frère, le Rabbi Maharash. »

On pourrait supposer que R’ Haim Schneur Zalman devait connaître très bien son père. Pourtant, malgré qu’il soit le fils du Tsema’h Tsedek, et malgré sa propre grandeur, il le connaissait à peine. Le Tsema’h Tsedek et le Rabbi Maharash étaient sur des plans totalement différents.

Par conséquent, nous devrions comprendre que tout ce que nous avons décrit jusqu’à présent ne peut que nous aider à saisir le fait que la personnalité du Rabbi est fondamentalement différente de la nôtre ; et il est impossible pour l’un d’entre nous de la comprendre. Ce qu’il a partagé avec nous à travers ses enseignements et son leadership ne révèle qu’une partie de lui. Le Rabbi lui-même, sa sainte Néchama, est quelque chose au-delà de tout cela, dont nous n’avons absolument aucune idée.

Un Plan Différent

Envisagez le scénario suivant : Vous vous présentez devant le Rabbi et demandez une bénédiction pour la santé, le mariage, les enfants ou la parnasa. Peut-être décrivez-vous votre difficulté. De son côté, le Rabbi répond par un doux « ברכה והצלחה » ou « בשורות טובות », ou offre un dollar supplémentaire pour votre enfant et autres. Souvent, le Rabbi conseillait de vérifier vos Téfilines ou vos Mézouzot, ou d’ajouter un nom, etc. Vous suivez l’instruction du Rabbi et, effectivement, votre problème est résolu. Vous trouvez une amélioration de votre santé ou un changement total dans les affaires, ou vous êtes gratifié d’un enfant – quelque chose que ni les soins médicaux ni vos prières constantes n’ont accompli.

Tout cela se passe alors que le Rabbi vous parle d’une manière douce, apparemment décontractée. Cependant, il est clair que ses bénédictions sont entièrement sur un autre plan ; ses conseils proviennent d’un plan supérieur, et le dollar (pour la Tsédaka) qu’il vous donne est imprégné de sainteté. Sa bénédiction est un canal d’énergie sublime pour changer l’ordre naturel.

En d’autres termes : un bref instant de bénédiction du Rabbi vaut mille heures d’effort et de prière de mille personnes ! Cela nous donne un aperçu de ce que signifie que le Rabbi est ingantzen andersh – « quelque chose de complètement différent ».

De la stérilité à la Sainteté, les enseignements du Rabbi sur « la Marche dans le Désert »

De la stérilité à la Sainteté, les enseignements du Rabbi sur « la Marche dans le Désert »

La Torah, fondement du judaïsme, est bien plus qu’une compilation de lois et de contes. C’est une source inépuisable de sagesses, une clef pour décrypter l’univers dans lequel nous évoluons. Dans ses moindres détails, elle recèle une portée intemporelle et universelle. Au-delà des événements historiques, comme le recensement des Lévites, elle révèle des dimensions spirituelles perpétuellement pertinentes. L’histoire de la marche du peuple juif dans le désert pendant quarante ans, par exemple, n’est pas seulement un récit du passé, mais un modèle éternel de transformation spirituelle applicable à tout un chacun. Ce parcours du désert à la terre promise symbolise le cheminement de l’âme humaine, son potentiel de transformation, de la stérilité spirituelle à la sainteté.

Source : Likouté Si’hot volume 13, première Si’ha sur Nasso

La Torah, livre sacré du judaïsme, est plus qu’un simple recueil de lois et de récits. Elle est une source inépuisable de sagesse, une clé pour comprendre l’univers dans lequel nous vivons. Chaque détail de la Torah, selon Tanya ch. 17, a une portée éternelle. Même les recensements des Lévites, bien que matériellement circonscrits dans le temps, ont une signification spirituelle éternelle, applicable dans chaque génération.

Au cœur de ces enseignements éternels se trouve l’histoire du peuple juif errant quarante ans dans le désert. Cette période d’errance, selon le Likouté Torah Nasso 20a, a été conçue pour soumettre l’énergie des forces du Mal qui puisaient du désert. Les Juifs, en marchant à travers ce désert stérile, ont transformé cet espace en un lieu habité, tuant les serpents et les scorpions, faisant jaillir l’eau du puits de Myriam, et faisant pousser de la verdure et des arbres.

Cette transformation a été rendue possible grâce à la force et à l’inspiration divine que D.ieu a confiées aux Lévites. Mais cette transformation n’est pas seulement une histoire du passé. Elle a une signification éternelle et est applicable à tous les moments de notre vie. En effet, chacun de nous porte en lui un « Tabernacle », un désert qui doit être soumis et transformé par la révélation de la divinité en nous.

Cette leçon est essentielle pour tous les Juifs qui se trouvent dans des situations désertiques, entourés de personnes qui ne connaissent pas la divinité ou qui n’agissent pas selon leurs connaissances. Pour ces Juifs, le message est clair : leur présence dans ces endroits n’est pas un hasard, mais une mission divine. Ils sont chargés de transformer leur environnement, comme les Israélites ont transformé le désert, en un lieu où D.ieu peut résider.

Et même si le passé d’un homme a été marqué par un comportement désertique, il n’est jamais trop tard pour changer. Les Lévites, bien qu’ils n’aient pas commencé à servir dans le sanctuaire avant l’âge de trente ans, ont reçu la force de le faire. De la même manière, quiconque décide de servir D.ieu peut recevoir la force de se purifier de son passé.

La construction d’une demeure pour D.ieu nécessite d’abord de faire disparaître toute souillure, puis d’y installer de beaux meubles. Cette démarche est reflétée dans l’étymologie des noms des familles de Lévites : « Kehat » signifie rassembler les éléments positifs, tandis que « Guershon » signifie se séparer du mal. Cette différence est également reflétée dans leurs rôles respectifs : la famille de Guershon transportait les tentures du sanctuaire, protégeant globalement, tandis que la famille de Kehat transportait les ustensiles du tabernacle, chacun ayant une fonction distincte.

Ainsi, à travers l’histoire de la marche dans le désert, la Torah nous enseigne des leçons intemporelles et essentielles pour notre vie spirituelle. Elle nous invite à transformer nos propres déserts intérieurs, ces zones de stérilité et de résistance spirituelle, en lieux florissants de sainteté et de divinité.

La transformation n’est pas une tâche facile. Elle nécessite de la force, du courage et une profonde détermination. Mais la Torah nous assure que D.ieu nous a donné la capacité de le faire. Les Lévites, malgré leur début tardif, ont été dotés d’une force divine qui leur a permis de transformer le désert en un lieu d’habitation. De la même manière, chaque personne a la capacité innée de transformer son propre « désert » en un lieu où la divinité peut résider.

Au-delà de notre transformation personnelle, la Torah nous enjoint également à transformer notre environnement. Chaque Juif est appelé à enseigner les voies de D.ieu et à partager sa sagesse avec le monde. Nous avons tous la responsabilité de transformer notre environnement en un lieu où la divinité est reconnue et honorée.

Enfin, la construction de notre demeure intérieure pour D.ieu nécessite un processus à deux volets : éliminer le mal et introduire le bien. C’est la leçon des familles de Lévites : Guershon qui élimine les impuretés et Kehat qui rassemble les éléments positifs.

En résumé, l’histoire du désert, telle qu’elle est racontée dans la Torah, est une métaphore puissante pour notre parcours spirituel. Elle nous enseigne la nécessité de transformer à la fois notre intérieur et notre environnement, et elle nous assure que nous avons été dotés de la force divine nécessaire pour accomplir cette mission. En faisant cela, nous préparons le terrain pour la venue du Machia’h, où la Lumière Infinie de D.ieu sera pleinement dévoilée dans la Demeure que nous aurons construite.

Le Rabbi à Berlin de 1927 à 1933

Le Rabbi à Berlin de 1927 à 1933

Au nom du Rabbi précédent

Lorsque le Rabbi est arrivé à Berlin le mardi 3 Tevet 5688, 27 décembre19271, la conférence internationale de l’Agudas Israël se déroulait. Le lendemain serait la première session générale. Le Rabbi a participé à la conférence en tant que représentant du Rabbi précédent.

Après la première journée de la conférence, le Rabbi a écrit un rapport détaillé au Rabbi précédent décrivant les séances de la journée précédente : « Barou’h Hachem, je suis arrivé sain et sauf hier soir… le président, le Dr. Kohn [a parlé]… Il a commencé par lire la bénédiction qui a été reçue du Rabbi de Loubavitch… » Dans les jours suivants, le Rabbi a écrit un autre rapport au Rabbi précédent sur la suite de la conférence.

Au séminaire Rabbiner

À cette époque, Berlin avait un « Beth Midrash L’Rabbanim » bien connu, ou le « Rabbinerseminar zu Berlin », dirigé par le Rav Yechiel Yaakov Weinberg (1884-1966) (Photo). (Le Rav Weinberg a occupé ce poste après la Première Guerre mondiale jusqu’à ce que la Yéchiva soit détruite pendant les pogroms de Kristallnacht en 5698 – 9 et 10 novembre 1938.)
Beaucoup de talmidim du Rav Weinberg ont plus tard rappelé et relaté leurs souvenirs du Rabbi de ces années-là. Le Rabbi venait fréquemment au Beth Midrash pour apprendre ou pour écouter des Chiourim donnés par le Rav Weinberg et par le Rav Haïm Heller (1979-1960), restant souvent après le shiur, participant à de longues discussions de Torah.

Pour être admis à la bibliothèque du gouvernement à l’université Friedrich William de Berlin, il fallait présenter un certificat2 attestant de son éducation.

À cette fin, le Rabbi rendit visite au Rav Yechiel Yaakov Weinberg, alors directeur du séminaire Hildisheimer pour les Rabbins, dont l’ordination semi’ha – d’une institution qui enseignait à la fois la Torah et les matières laïques – suffirait comme le document dont le Rabbi avait besoin.

Afin de se qualifier pour la semi’ha, le Rabbi proposa d’emporter chez lui n’importe quel livre du choix du Rav Weinberg et de revenir le lendemain pour être testé dessus.

L’un des talmidim du Rav Weinberg, le Rav Haïm Na’hman Kovalsky, a raconté l’échange entre le Rabbi et le Rav Weinberg tel qu’il l’a entendu du Rav Weinberg lui-même : Lorsque le Rabbi a demandé à être testé pour la Semi’ha, le Rav Weinberg lui a demandé dans quel domaine de la Torah il pouvait être testé. « Partout où le Rav Weinberg le souhaiterait », a répondu le Rabbi.

Le Rav Weinberg a remis au Rabbi l’un de ses propres ouvrages. « J’ai pensé que je le testerais sur quelque chose que j’ai écrit moi-même, alors je lui ai donné un Kountress que j’avais publié. Le Rabbi a emmené le Kountress chez lui et l’a étudié toute la nuit, revenant le lendemain matin pour être testé. Il connaissait tout le Kountress, avec tous les détails par cœur ! »

Dans les Réchimot du Rabbi,3 la première entrée écrite à Berlin4 est datée, « Tevet. 88. Berlin. » et est intitulée  » « He’arot al [ ] de Harav R. Y.Y. Weinberg », contenant des remarques sur des questions que le Rav Weinberg soulève dans son Kountres intitulé ‘Pinui Atzmos Meisim’ sur le sujet du transfert des restes d’un tombeau à un autre. Bien que ce soit un sujet assez obscur et difficile, le Rabbi l’a maîtrisé avec succès en une nuit, à l’étonnement du Rav Weinberg. (Il convient de noter que, des années plus tard, lorsque les talmidim du Rav Weinberg ont réimprimé son sefer, Chéélot Outechouvot Sridei Eish, ils ont inclus ces notes des Réchimot.)

Le doyen du Rabbiner Seminar à cette époque était le Rav Dr. Yossef Wohlgemuth. Dans une lettre5 à son fils des années plus tard, le Rabbi a dit qu’il avait visité la maison de son père un soir de Chabbat, où il donnait un cours sur le Rambam. Le Rabbi a également dit à la fille du Rav Wohlgemuth, « Ses talmidim lui étaient dévoués comme des ‘hassidim à un Rabbi! »

Rencontre lors d’une journée ordinaire

Le Rav Azriel Zelig Slonim a raconté qu’alors qu’il vivait à Jérusalem, à l’annonce que le Rabbi précédent avait quitté l’URSS et s’était installé à Riga, il a décidé de se rendre à Riga pour Chavouot 5688-1928.

Cependant, à ce moment-là, on ne pouvait pas obtenir de visa d’entrée pour la Lettonie sans une invitation d’un citoyen letton. Néanmoins, il a commencé son voyage et est allé à Berlin, où il chercherait l’aide du Rabbi. (Il avait déjà rencontré le Rabbi quelques années plus tôt lors d’une visite à Yekaterinoslav.)

Le Rav Slonim a relaté :
« Quand je suis arrivé à la maison où le Rabbi séjournait, un après-midi ordinaire pendant le mois de Iyar, on m’a dit ‘il jeûne aujourd’hui’, sous-entendant que c’était une comportement habituel.
« J’ai frappé à la porte, puis en entrant, j’ai vu le Rabbi assis et étudiant le Talmud Yerushalmi tout en portant les Tefillines de Rabbeinu Tam. Le Rabbi m’a reconnu et m’a fait signe de m’asseoir et d’attendre qu’il finisse un certaine passage. »

Après que le Rabbi ait enlevé ses Téfilines, il a accueilli le Rav Slonim avec un chaleureux ‘Chalom Alei’hem’. Le Rav Slonim a expliqué son problème, après quoi le Rabbi est sorti avec lui à la poste et a envoyé un télégramme au Rabbi précédent demandant qu’une invitation soit envoyée, ce qui est arrivé peu de temps après.

Admission à l’université

Les archives de l’Université Friedrich William de Berlin, (connue aujourd’hui sous le nom d’Université Humboldt de Berlin) montrent que le Rabbi est d’abord inscrit en tant qu’étudiant visiteur à l’université, daté du vendredi 27 avril 1928 (7 Iyar 5688).

Dans les registres ultérieurs de l’université, l’adresse que le Rabbi a donnée est « Hansa-Ufer 7, chez [le Dr] Wilensky ». Le Rabbi a écrit dans une lettre concernant le livre Harikma du Dr. Wilensky : « Je connaissais l’auteur ; un homme de talents remarquables, il était extrêmement méticuleux. Quand j’étais à Berlin, il faisait des recherches sur ce livre. Je l’ai vu totalement immergé dedans, transformant la nuit en jour pour ce travail. »8

Pendant ses études universitaires

Vivant à Berlin à la même époque que le Rabbi, le Rav Yossef Ber Soloveitchik a formé une relation qui durerait des années. Le Rav Soloveitchik a rappelé que pendant son séjour à Berlin, souvent quand il avait une question ou un problème à résoudre, que ce soit dans ses études universitaires ou lehavdil dans l’étude de la Torah, il demandait fréquemment de l’aide au Rabbi. Il a noté que chaque fois qu’il visitait le Rabbi, il voyait le Rabbi étudier soit le nigleh soit le Chassidus.

Le Rav Soloveitchik a raconté9 :
« Le Rabbi avait une mémoire exceptionnelle. Dans toute ma vie, je n’ai jamais rencontré quelqu’un avec une telle mémoire ».

« Il y avait des juifs d’autres communautés, étudiant à l’université en même temps. Certains d’entre eux sont aujourd’hui considérés comme de célèbres Gedolei Torah. À l’université, ils se comportaient comme les autres étudiants universitaires. Mais lui [le Rabbi] se comportait comme un juif de Varsovie ou de Russie. Berlin n’a absolument fait aucune impression sur lui ! »
« A l’université, le Rabbi marchait toujours avec un Guemara à la main. Chaque fois qu’une discussion se présentait en classe, le Rabbi consultait se Guemara ».
« Une fois pendant un cours, le professeur se promenait dans la salle et a remarqué que le Rabbi étudiait la Guemara. Le professeur a crié ‘Jeune homme, quel genre de comportement est-ce ?’ et il a défié le Rabbi de répéter ce qu’il venait d’enseigner, ce que le Rabbi a fait parfaitement. »

Nousa’h Ari

Berlin à cette époque était une ville pleine de vie juive. Dans une seule rue, il pouvait y avoir plus de 10 Shuls. La plupart du temps, le Rabbi était à Berlin, il priait au Dombrover Shtiebel, situé à plus d’une heure de marche de l’endroit où le Rabbi et la Rabbitzin vivaient. La raison de cela, semble-t-il, était que la grande majorité des juifs à Berlin priait le Nousa’h Ashkenaz, et le Dombrover Shtiebel priait le Nousa’h Ari.

Chli’hout du Rabbi précédent

Alors que le Rabbi précédent était à Riga, il a nommé le Rabbi, qui était à Berlin, pour superviser les efforts visant à sauver la bibliothèque Loubavitch détenue par l’URSS. Dans une lettre à M. Hans Goslar de Berlin, le Rabbi précédent a écrit :
« Je voudrais vous présenter mon gendre le Rav M. Schneerson, que j’ai nommé pour vous rencontrer concernant ma bibliothèque, l’héritage de [mes] saints ancêtres, qui malheureusement, est restée en Russie… »10

Le même jour, le Rabbi précédent a écrit une lettre au Rabbi, décrivant en détail la situation complexe, chargeant le Rabbi de rencontrer différentes personnes, avec des directives claires sur ce que devraient être les principaux points de discussion.

Le Rabbi précédent a également écrit au Rabbi lui demandant, et à certaines occasions à son frère Reb Israël Arié Leib11, de visiter la bibliothèque à Berlin afin de voir quels manuscrits hébraïques s’y trouvaient, de rechercher un livre ou un manuscrit spécifique, et si possible, de copier leurs catalogues de manuscrits écrits à la main. Le Rabbi et le Rabbi précédent ont maintenu une correspondance continue à ce sujet.12

Le Mikveh chaque jour

Un jour, le gardien du Mikveh est entré dans le Beth Midrash L’Rabbanim rapportant un ‘incident étrange’ qui s’était produit plus tôt ce matin. Il a dit qu’un jeune homme s’était approché de lui pour demander la permission d’utiliser le Mikveh (pour les Yidden Yekkishe, une telle coutume était inconnue, c’est pourquoi il a jugé nécessaire de le signaler). Après avoir appris qui était ce jeune homme, on a demandé au gardien de donner la clé du Mikveh au Rabbi. Le Rav Yossef Ber Soloveitchik (dont nous parlerons plus en détail ci-dessous), a une fois dit au Rav Fabian Schonfeld, l’un de ses talmidim, « Je peux témoigner que lui [le Rabbi] n’a jamais manqué un seul jour d’aller au Mikveh ! »

Correspondance

Le mardi 29 Tammuz 5688- 17 juillet 1928, le Rabbi a écrit une lettre en yiddish, adressée à sa future belle-mère, dans laquelle il décrit la vie alors à Berlin :

…Ici aussi, il a plu tout le temps jusqu’à ces derniers jours, où le temps s’est inversé avec une vague de chaleur inhabituelle. Seulement la nuit il fait plus frais.

Les Allemands se permettent de se promener dans la rue avec leur veste portée sur un bras, et dans l’autre main un mouchoir qu’ils utilisent pour essuyer leur sueur.

Au coucher du soleil, toutes les portes des maisons s’ouvrent. Celui qui se promène dans la rue, peut voir dans chaque maison une famille assise ensemble. Ils contemplent la lune, se sentant satisfaits du monde – et surtout d’eux-mêmes, de leurs femmes et de leurs enfants…

[Rabbi Meir] Hildisheimer6… m’a informé que lorsqu’il a traversé Berlin pendant deux jours, il a visité le Rabbi de Chortkov… J’ai pensé qu’il serait intéressant d’aller voir comment ils se comportent… Je me suis frayé un chemin à l’intérieur et j’ai pu tout voir… Tout le monde lui a dit ‘Chalom’… Ils ont sorti un tonneau de bière… Ils ont chanté et dansé. ‘Vu drei vochen, voss drei vochen, (le fait de se trouver pendant les trois semaines  ne préoccupait personne pour) der Rabbi iz gekumen!’ (le Rabbi est arrivé!)

« …J’ai entendu parler du Farbrenguen de Youd Beth Tamouz à Riga. Alors que je me tenais sur Unter Den Linden7 en attendant un bus, un jeune homme a soudainement couru vers moi en disant, ‘Chalom Ale’hem! Je viens de Riga!’ Il voyageait à Berlin et a dû me reconnaître de chez vous. Alors il m’a parlé du Farbrenguen de Youd Beth Tamouz… »

Dans une autre lettre, datée de « Erev Tishah B’Av—le jour où Machia’h Tsidkenou est né », le Rabbi a écrit :
« J’ai reçu votre invitation. Un grand merci pour votre aimable offre… Comment se passe tout chez vous ? Vous recevrez cette lettre après Tisha B’Av, comment s’est passé votre jeûne ? »
« Il n’y a pas de nouvelles particulières avec moi. La chaleur est devenue un peu plus douce, donc le jeûne sera plus facile. Comment les Juifs allemands vont gérer [demain], alors qu’il est interdit de se saluer avec ‘Gutten Tag’, je ne peux pas le comprendre. Cependant, après tout, Hachem est capable de tout ! »

Pendant qu’il était à Berlin, le Rabbi correspondait avec le Gaon Rogatchover.12

Les Professeurs

Pendant ses deux premières années à Berlin, le Rabbi a suivi les cours de physique du professeur Walther Nernst, considéré comme l’un des pères fondateurs de la chimie physique moderne et qui a également reçu un prix Nobel de chimie en 1920.

Le Dr. Yaakov Hanoka a rapporté quelque chose qu’il a entendu du Rabbi en Yé’hidout : « [Le Rabbi] a dit qu’au début, il ne comprenait pas pourquoi le professeur Nernst, qui était une personne si célèbre, enseignait un cours d’introduction. Le Rabbi m’a alors expliqué avec un sourire que, il s’est avéré qu’un enseignant était payé en fonction du nombre d’étudiants qu’il avait, et il y avait beaucoup plus d’étudiants qui suivaient le cours d’introduction que ceux qui suivaient les cours avancés… »

Un autre professeur que le Rabbi a connu à Berlin était le professeur Erwin Schrödinger. Une fois, lorsque le professeur Paul Rosenbloom était en Yé’hidout, il a évoqué un livre écrit par le professeur Schrödinger, à quoi le Rabbi a commenté : « C’était un très bon conférencier ».

Dans les Mots du Rabbi

Lorsque le Rabbi a rendu visite à son beau frère le  Rashag, Rav Shmaryahou Gurary, qui était en deuil après le décès de sa mère, une discussion a eu lieu concernant le minhag qu’un endeuillé devrait s’asseoir à un endroit différent dans la synagogue, sur quoi le Rabbi a commenté :
« En Russie, je n’avais pas vu ces minhagim, seulement en Allemagne. En Allemagne, il y avait aussi un minhag selon lequel, après la prière, les rabbins d’abord, suivis par toute la congrégation, passaient devant l’avel pour lui souhaiter ‘Gut Shabbos’ avec quelques mots de Ni’houm Aveilim qui sont permis le Chabbat. »13

Une fois, lors d’un repas de Yom Tov, une discussion a eu lieu concernant le chant de Ein Kelokeinu pendant la prière. Le Rabbi a noté : « En présence du Rabbi [précédent] , on ne le chantait pas. Lorsque j’étais à Berlin, je l’ai entendu être chanté pour la première fois. »14

À une autre occasion, lors du repas de Motsei Yom Kippour 5727-1967, une personne a mentionné que l’expression « Bon jeûne » ne concerne que Yom Kippour et  Tishah Béav, à quoi le Rabbi a répondu : « Quand j’habitais en Allemagne, j’ai entendu cette salutation utilisée également pour Tishah Béav. »15

Visites du Rabbi précédent

Pendant l’été de 5689-1929, le Rabbi précédent a effectué sa visite historique en Erets Israël puis aux États-Unis. Avant de quitter l’Europe, le Rabbi précédent a fait une escale à Berlin, où il a été accueilli par le Rabbi et la Rabbitzin. Le Rabbi précédent décrit dans son journal les événements de cette journée :

« Mercredi, 23 Tamouz, notre fille Haya Mouchka et son mari, mon gendre, nous ont rencontrés à l’arrêt à Berlin… La journée s’est passée en discussion… Il semble que la situation négative de son père le pèse ».
« A 22h50, nous voyageons à Vienne en train… nos enfants nous accompagnent. »

Lorsque le Rabbi précédent est rentré d’Amérique, il a de nouveau passé un certain temps à Berlin avec le Rabbi et la Rabbitzin, comme décrit dans son yoman.

Une main chaleureuse

Reb Its’hak Meir Ferstenberg, un Hassid de Gur, qui étudiait à Berlin à la même époque, a raconté l’histoire suivante :

Le Rabbi de Belz est venu à Berlin pour voir un ophtalmologue pour un problème qu’il avait avec sa vue. Pendant qu’il était à Berlin, le Rabbi, accompagné de Reb Itche Meir, est allé voir le Rabbi de Belz.

Le Rabbi de Belz, ne pouvant pas voir facilement, se tenait les yeux fermés, tandis que les gens faisaient la queue pour lui dire ‘Chalom’ l’un après l’autre. Le Rabbi de Belz avait la main dans une serviette et c’est ainsi qu’il disait Chalom. Quand le Rabbi lui a tendu la main, il a levé les yeux, a enlevé la serviette et lui a dit Chalom avec sa main, et a demandé « Ver iz der yungerman – Qui est ce jeune homme ? » en commentant : « Une main chaleureuse ». Tout le monde présent a été étonné et ils ont demandé à Reb Itche Meir, « Qui est-ce ? » À quoi il a répondu, « Il est le gendre du Rabbi de Loubavitch. »

La montée au pouvoir des nazis

Au cours de l’hiver de 5693-1933, le Rabbi précédent s’est rendu à Berlin pour recevoir des soins médicaux. Le Rabbi précédent a alors écrit :
« La nouvelle coutume de ne pas recevoir de lettres est le résultat de mon état de santé fragile… Pendant plus de deux mois, j’étais seul dans un sanatorium à Berlin, avec seulement mon gendre qui venait me voir tous les jours à une heure fixe… »

Pendant ce temps, des nuages sombres commençaient à couvrir le ciel de l’Allemagne. Le parti nazi montait au pouvoir, et le lundi 3 Chevat 5693 – 30 janvier 1933, Adolf Hitler, yema’h shemo, a été nommé chancelier de l’Allemagne. Immédiatement, une nouvelle vague d’antisémitisme a balayé les villes et les villages d’Allemagne. Pour les juifs qui y vivaient, la situation devenait désespérée.

Des années plus tard, lors d’un Farbrenguen, le Rabbi a raconté ce que c’était à ce moment-là à Berlin :
« L’Holocauste n’était pas le résultat d’un individu mentalement déséquilibré qui a contraint les autres à l’aider. Tous ceux qui étaient là, moi y compris, ont vu avec quelle enthousiasme les gens l’acceptaient, exprimant l’espoir qu’il réaliserait leur désir ardent de voir ‘Deutschland über alles’ (l’Allemagne avant tout). »

Le Rabbi et la Rebbetzin ont décidé qu’il était temps de partir, et à l’hiver de 5693-1933 ils ont quitté l’Allemagne pour la France, où ils passeraient les quelques années suivantes, avant d’émigrer finalement aux États-Unis.

A Chassidisher Derher


Notes :

  1. Comme indiqué dans le passeport russe du Rabbi.
  2. Il existe différentes versions de ce qu’était exactement l’échange. Pour l’histoire telle que racontée par d’autres, voir le film Early Years de JEM.
  3. Beaucoup d’entre eux ont été écrits à Berlin. Pour en savoir plus sur les Réchimot en détail, voir le Derher Tammuz 5775.
  4. ‘Hoveret 127.
  5. Iguerot Kodesh vol. 5, p. 187.
  6. Le Rav Hildisheimer était l’un des principaux rabbanim à Berlin à cette époque. Il a joué un rôle clé dans la libération miraculeuse du Rabbi précédent de prison, le Youd-Beth Tammuz de l’année précédente. Après que le Rabbi précédent a quitté la Russie, il a rencontré le Rav Hildesheimer à plusieurs reprises.
  7. Une rue principale de Berlin où se trouve l’université Friedrich William.
  8. Iguerot Kodesh vol. 14 page 369
  9. Ce qui suit a été raconté par le Rav Shalom Ber Kowalsky, un ami proche du Rav Soloveitchik, dans le film Early Years de JEM. Chabad.org/454547.
  10. Iguerot Kodesh Admur HaRayyatz, vol.15, page 116.
  11. Reb Israël Arié Leib vivait également à Berlin à cette époque.
  12. Ces correspondances sont principalement imprimées dans Iguerot Kodesh du Rabbi précédent, vol. 15
  13. Si’hot Kodesh 5730 vol. 1, p. 714
  14. Si’hot Kodesh 5730 vol. 2, p. 542
  15. Torat Menachem 5727 vol. 1, p. 77.
Quelle est la différence entre Simh’a, la joie et Sassone, la réjouissance?

Quelle est la différence entre Simh’a, la joie et Sassone, la réjouissance?

Si’ha du deuxième jour de la fête de Chavouot
(
Torat Menachem 5745, vol. 4, p. 2184)

Les hommes de la Grande Assemblée ont formulé le texte de l’Amidah des fêtes ainsi que celui du Kiddouch qui est récité au début de chaque fête.
Le texte dit :
« Et toi, Seigneur notre D-ieu, tu nous as donné avec amour des fêtes pour la joie (LeSim’ha), des jours fériés et des saisons pour l’allégresse (LeSassone) ».

Ceci est suivi par la mention de la fête en question, dans notre cas : .. la fête de Chavouot, … la saison du don de notre Torah… (Voir Siddour, Amidah, Fêtes)

La prière de l’Amidah, étant si profondément sanctifiée, n’a pas de mots supplémentaires simplement à cause de la licence poétique. De toute évidence, lorsque la liturgie a été formulée, il y avait un sens spécifique et donc un thème unique prévu dans chacune des phrases:
(1) les fêtes pour la joie (Sim’ha),
(2) les jours fériés et les saisons pour l’allégresse (Sassone).

Cela signifie que Sim’ha et Sassone sont deux niveaux et catégories distincts de joie, et que Sim’ha est associée aux « festivals » et Sassone est associée aux « jours fériés et saisons ».

Analysons les termes « Sim’ha » et « Sassone ».

En apparence, nous découvrirons que « Sim’ha » indique généralement une joie révélée, tandis que « Sassone » indique un bonheur caché. La Hassidout dit que « Sim’ha est complètement révélée et Sassone reste dans le cœur » (Shaarei Orah). Avec cela à l’esprit, nous déduirions probablement que Sassone et Sim’ha sont vraiment la même émotion : la première, lorsqu’elle est encore immergée, la seconde, lorsqu’elle devient révélée ; deux états du même sentiment, une substance.

Cependant, cela poserait des difficultés pour expliquer la séquence du verset « … fêtes pour Sim’ha », suivi de « jours fériés et saisons pour Sassone ». Si vous avez déjà la joie révélée de Sim’ha lors des jours fériés, qu’est-ce qui sera ajouté par « jours fériés et saisons pour Sassone ? » Il doit y avoir une qualité supérieure dans Sassone, bien que toujours cachée, que Sim’ha n’a pas et c’est pour cette raison que nous devons ajouter « jours fériés et saisons pour Sassone » – après le Sim’ha !

Nous pouvons éclaircir cette question en nous référant au Guémara dans le traité Souccah :
Il y avait une fois deux Minim (sectaires), l’un s’appelait Sassone et l’autre Sim’ha, « Je suis meilleur que toi, car il est écrit : ‘Ils obtiendront Sassone et Sim’ha.' ». « Moi », dit Sim’ha à Sassone, « je suis meilleur que toi, car il est écrit : ‘Les Juifs avaient Sim’ha et Sassone.' » ». (Souccah 48b)

Le Talmud ne plaisante pas avec cette étrange allégorie. Au contraire, de manière symbolique, nos sages nous ont révélé que chacun, Sim’ha et Sassone, a des qualités qui le rendent supérieur à l’autre, présentant ainsi le débat : lequel est vraiment supérieur ?

Examinons maintenant une autre Guémara. Dans une discussion exégétique du verset, « Les Juifs avaient la lumière, la joie (Sim’ha), l’allégresse (Sassone) et l’honneur » (Esther 8:16), la Guémara déclare :

Sim’ha signifie (littéralement, est) un jour de fête (Yom-Tov) ; et ainsi il est dit : « et vous vous réjouirez en votre jour de fête ». Sassone signifie (littéralement, est) la circoncision ; et ainsi il est dit : « Je suis heureux (Sassone) à cause de Ta parole ». (Mégillah 16b)

Les jours de fête et la circoncision (Yom-Tov et Brit Milah) sont deux sujets complètement sans rapport. Si nous suivons notre schéma initial d’analyse et disons que Sim’ha et Sassone sont deux états de la même entité, l’un révélé et l’autre caché, alors comment cela s’accorde-t-il avec l’affirmation que Sim’ha est la fête et Sassone est la circoncision alors qu’ils n’ont aucune relation entre eux ?

On pourrait essayer de qualifier l’analogie, en disant que la Guémara dans Mégillah signifie que Yom-Tov apporte Sim’ha et Brit Milah apporte Sassone. Mais ce n’est pas vraiment ce que dit la Guémara. Il déclare clairement que les deux égalent (ou « sont ») les deux, et il indique que le thème essentiel de Sim’ha est Yom-Tov et que le contexte essentiel et intrinsèque de Sassone est Brit Milah.

De cette discussion, nous pouvons déduire ce qui suit : Sim’ha et Sassone ne sont pas seulement deux états de la même chose – révélé et caché ; il y a vraiment une différence dans leur être intrinsèque et intérieur. En même temps, Sim’ha est essentiellement associée à des facteurs externes. Sassone, en revanche, est essentiellement lié à des facteurs internes. Par conséquent, Sim’ha est extravertie, tandis que Sassone est introvertie.

Cela correspond bien à l’association avec Yom-Tov et la circoncision. Les Yamim Tovim, les fêtes, sont essentiellement une observance externe, comme le dit la Torah : « Réjouissez-vous dans vos fêtes », à laquelle la Guémara ajoute : « Il n’y a pas de joie sans viande et vin » (Pessa’him 109a) ; une célébration physique, terre-à-terre (avec l’aspect externe révélé).

Sassone fait référence aux aspects intérieurs cachés, tels que Brit Milah ; « Je suis heureux à cause de Ta parole », c’est la joie intérieure et la satisfaction de l’accomplissement du commandement du Saint, béni soit-Il, – c’est-à-dire la joie spirituelle (avec les aspects intérieurs cachés). Une preuve de cette théorie :
Lorsque David Hamele’h entra dans le bain et se vit nu, il s’écria : « Malheur à moi, je suis nu sans préceptes autour de moi ! » Mais lorsqu’il se souvint de la circoncision dans sa chair, son esprit fut apaisé. (Menachos 43b)

Maintenant, si David Hamele’h avait d’abord ressenti de l’angoisse et avait dit : « Malheur à moi », alors lorsqu’il se souvint de la Brit Milah, il aurait dû éprouver une joie immense. Pourquoi le Gemara dit-il simplement que son esprit était « apaisé » ? Et pourquoi a-t-il dit le verset « Je suis heureux (Sassone) à cause de Ta parole », alors qu’il aurait dû dire : « Je me réjouis (sameach) à cause de Ta parole » ! L’explication est comme nous l’avons précisé précédemment : il n’y a rien d’inférieur dans la joie intérieure en ce qu’elle ne se révèle pas – elle est tout aussi intense – mais elle est essentiellement introvertie et elle reste cachée.

En conséquence de cette interprétation, nous comprendrons que Sim’ha et Sassone ont chacun une caractéristique et une qualité que l’autre n’a pas.

Sassone a la qualité d’être intrinsèque et essentiel, ce qui le rend en un sens plus élevé que Sim’ha. Ainsi, maintenant la prière dans l’Amidah a du sens : « les fêtes pour la joie (Sim’ha) », puis passer au niveau supérieur de « fêtes et saisons pour l’allégresse (Sassone) ».

Cependant, Sim’ha conserve une qualité supérieure à Sassone parce qu’elle est extravertie et qu’elle est ressentie et révélée avec exubérance. Ainsi, dans l’aspect de la révélation, Sim’ha est supérieure à Sassone.

Ainsi, lorsque nous parlons de son existence essentielle, Sassone est supérieur et lorsque nous parlons de l’expression humaine et de l’émotion extérieure, Sim’ha dépasse Sassone.

Le sens simple de Sim’ha – la joie – est-il maintenant compatible avec l’adage du Guémara, « Sim’ha est Yom-Tov » ? En un sens, oui, lorsque nous parlons du contexte essentiel de Sim’ha. Après tout, c’est le jour de la fête, et lorsque nous parlons de l’expression de Sim’ha, c’est la joie.

De même, le contexte essentiel de Sassone est Brit Milah et il s’exprime dans une sérénité heureuse.

En revenant maintenant à l’Amidah, nous voyons que le langage de la liturgie décrivant le bonheur des fêtes parle d’abord de « fêtes pour la joie », l’exubérance extrinsèque clairement exprimée, puis il décrit le niveau supérieur de « fêtes et saisons pour l’allégresse », une tranquillité intrinsèque, une joie intérieure (délice).

Ayant ainsi expliqué Sim’ha et Sassone, nous pouvons maintenant porter notre attention sur l’analyse des « festivals, fêtes et saisons », puisque Sim’ha est associé aux festivals – « Moadim », et Sassone est associé aux « fêtes et saisons » – « ‘Haguim – Ouzemanim ».

Le terme « moed » signifie littéralement des moments fixés, comme nous trouvons : « Je te rencontrerai à des moments fixés » (Shmos 25:22). Cela indiquerait que les jours ou les moments désignés sont différents de tous les autres temps et sont uniques d’une manière particulière. Cependant, nous sommes encore dans l’ignorance – nous ne savons pas exactement à quoi ces jours sont destinés. Nous devons donc ajouter le mot « ‘Haguim » – fêtes (qui signifie aussi les sacrifices : « attacher les offrandes du festival (‘Hag) avec des cordes…, Tehillim 118:27).

Ainsi, lorsqu’on parle des « Moadim », qui est la référence générale externe aux fêtes, nous utilisons le mot Sim’ha et lorsque le terme « festivals » est ajouté, qui représente le thème intérieur, nous utilisons le terme Sassone.

En résumé, Sim’ha et Sassone représentent deux niveaux distincts de joie associés aux différents aspects des fêtes et des saisons.

Sim’ha est lié à la joie extériorisée et extravertie, tandis que Sassone est lié à la joie intérieure et introvertie. Les deux termes sont utilisés pour décrire les différentes qualités de joie que l’on peut éprouver lors des festivals, des fêtes et des saisons..

Leçon de leadership de la Paracha Vayakhel : comment être un vrai chef selon la Torah

Leçon de leadership de la Paracha Vayakhel : comment être un vrai chef selon la Torah

Cette étude se base sur un discours du Rabbi, dans Likouteï Si’hot, tome 16, première causerie de la Parchat Vayakhel.

 

Les chefs des tribus ont tardé à apporter leur contribution à l’édification du Sanctuaire. Cette attitude peut sembler surprenante et conduire à se demander pourquoi la Torah fait part d’une telle histoire. Cette prise de position critique ne frôle-t-elle pas la médisance ? En fait, ce récit délivre un enseignement important sur la responsabilité communautaire, qui est également applicable au comportement de chacun.

Moché a réuni les enfants d’Israël et leur a communiqué le programme de la période à venir, à savoir l’édification du Sanctuaire avec leurs contributions. Ces contributions ont été très généreuses et, deux jours plus tard, Moché a donné l’ordre de cesser de les apporter car ce qui était nécessaire avait déjà été réuni.

Cependant, les douze chefs des tribus d’Israël sont restés en retrait. Ce n’est qu’après que tous les enfants d’Israël aient contribué, après que l’édification du Sanctuaire ait commencé, après que les femmes aient commencé à tisser les fils, qu’ils ont apporté leurs propres contributions, qui semblaient bien inutiles et, somme toute, très réduites.

Rachi explique : « Voici ce que se dirent les chefs : l’assemblée a tout donné. Que devons-nous faire ? Ils apportèrent donc des pierres de Choham ». Leur manque d’empressement a été retenu contre eux.

Ces chefs de tribu, de grands Tsaddikim, ont observé l’enthousiasme du peuple, au-delà de ce qu’ils avaient imaginé, et ont constaté qu’il avait apporté tout ce qui était nécessaire. Ils ont compris alors que leur réserve n’était pas la bonne attitude et la Torah le confirme. On peut donc se demander : pourquoi la Torah nous relate-t-elle tout cela ? Pourquoi dit-elle que les chefs de tribu ont contribué après que les femmes ont déjà commencé à tisser, alors que, d’ordinaire, « les versets ne disent pas de mal, pas même d’un animal impur » ?

Il n’y a pas que de bonnes manières, mais bien un principe général, celui de ne pas faire mention de termes négatifs. C’est ainsi que la Torah parle des « animaux qui ne sont pas purs » plutôt que de dire « impurs ». Dès lors, comment suggérer que les chefs de tribus ont manqué d’empressement et qu’ils ont été les derniers à contribuer, et qu’ils ne l’ont fait qu’avec parcimonie ?

En fait, on peut se demander comment des chefs de tribu auraient pu être empêchés de contribuer au Sanctuaire, et il faut bien en conclure que leur manière de participer était la bonne. En contribuant les derniers, ils ne fuyaient pas leurs responsabilités. Ils étaient des chefs de tribu pleinement assumés et, comme ils l’avaient observé chez Moché, notre maître, ils pensaient d’abord à leurs devoirs envers la communauté et seulement après cela à leurs besoins personnels.

Rachi avait dit au préalable que « Moché ne pensait pas à ses affaires personnelles. Descendant de la montagne, il se rendit directement auprès du peuple. » N’est-il pas évident qu’il s’est immédiatement acquitté de la mission que D.ieu lui avait confiée auprès du peuple ? En fait, il ne s’est pas consacré à sa propre préparation pour recevoir la Torah. Car, il est clair qu’une intense préparation morale était nécessaire pour vivre ce grand moment. Malgré cela, il a privilégié son action auprès du peuple, et c’est seulement ensuite qu’il s’est préparé moralement.

Au cours de la période précédant le don de la Torah, les enfants d’Israël se sont mis en condition pour la recevoir et Moché a pu constater qu’ils étaient prêts. Il ne s’est pas préoccupé de sa propre préparation, même morale, ne s’est pas enfermé dans une tente pour étudier et prier en attendant l’instant fatidique. Il a recherché uniquement le bien-être du peuple. Les chefs de tribu ont fait de même. Leur rôle était de faire en sorte que les enfants d’Israël apportent leurs contributions. C’est quand ils l’ont fait pleinement qu’ils ont pensé à ce qu’ils devaient faire eux-mêmes en tant que chefs de tribu qui s’étaient acquittés de la mission qui leur était confiée. Ils ont alors pensé à leur propre participation et ont apporté des pierres de Choham.

Ils considéraient leur mission comme un devoir, non comme un privilège. Ils ont fait passer les besoins de leur tribu avant les leurs, matériellement et spirituellement. Ils se sont employés à obtenir la participation de tous au projet grandiose qu’était l’édification du Sanctuaire, et à ce stade, ne se sont nullement préoccupés de leur propre personne. Ils l’ont fait uniquement après avoir pleinement assumé la mission qui leur était confiée. Il n’y avait donc aucune réserve de leur part. Bien au contraire, les chefs de tribu ont attendu le dernier moment parce qu’ils étaient pleinement conscients de leurs responsabilités.

Du reste, la Torah ne condamne pas leur attitude. Elle les voit comme de véritables responsables communautaires, s’employant à conduire les membres de leur communauté en s’engageant pleinement dans le service de D.ieu.

Une question subsiste, néanmoins, concernant l’attitude de ces chefs de tribu. Ils étaient persuadés d’avoir mal agi. On peut le comprendre en observant l’inauguration du Sanctuaire, quelques mois plus tard, car ils ont été ceux qui ont apporté leurs sacrifices en premier lieu. À cette occasion, ils n’ont pas cherché à compléter ce qui avait été apporté par les autres. Ils ont été les premiers à offrir leur contribution, jour après jour, pendant les douze jours de l’inauguration.

Les enfants d’Israël ont apporté de l’or, de l’argent et les autres matériaux précieux. En revanche, on ne disposait pas de pierres de Choham et les chefs de tribu ont donc complété ce qui manquait dans ce domaine. Cependant, ils ont également considéré que leurs contributions n’étaient pas déterminantes, puisque l’on disposait de suffisamment d’argent pour acheter les pierres qui manquaient. Au final, on aurait pu se passer de leur contribution. Ils ont alors tiré une leçon de cette situation et ont contribué en premier lors de l’occasion suivante.

L’attitude des chefs de tribu, bien qu’adaptée dans sa formulation générale, n’était pourtant pas appropriée dans ce cas précis. En effet, l’édification du Sanctuaire avait pour objectif de mettre en pratique les termes du verset : « Je résiderai parmi vous », afin d’établir que les enfants d’Israël avaient obtenu l’expiation pour la faute du veau d’or. Il fallait donc que chacun apporte sa propre contribution à cette édification et que le Sanctuaire soit prêt au plus vite. De ce fait, il n’était pas judicieux pour les chefs de tribu de ne pas faire preuve d’empressement et d’être les derniers à apporter une contribution. Les chefs de tribu auraient dû, au contraire, l’apporter rapidement afin de hâter l’édification du Sanctuaire.

Comment est-il concevable que des chefs de tribu aient commis une telle erreur, alors qu’ils privilégiaient les besoins de leur tribu ? Il faut bien conclure que leur soumission n’était pas totale, qu’ils conservaient la conscience de leur qualité de chefs. Ils ont donc eu le sentiment que les enfants d’Israël contribuaient grâce à eux et qu’il leur suffisait donc de compléter ce qui manquait. Il y avait donc, jusqu’à un certain point, une forme d’égoïsme. Les chefs de tribu se sont préoccupés des besoins communautaires, ce qui était leur rôle, mais ils n’ont pas fait en sorte que le Sanctuaire soit bâti au plus vite.

On peut tirer de cette analyse une conclusion paradoxale. Parfois, se considérer comme un chef, faire passer les besoins de la communauté avant les siens propres peut avoir pour effet de mettre en avant son ego. De ce fait, les chefs de tribu ont été punis en l’occurrence et ont dû convenir que les enfants d’Israël avaient apporté tout ce qui était nécessaire. De plus, ceci a été consigné dans la Torah afin de souligner l’importance de la pudeur et de l’humilité. Car s’ils possédaient réellement ces qualités, ils auraient eu à cœur de faire en sorte que le Sanctuaire soit achevé au plus vite.

Il découle de ce qui vient d’être dit, comme de chaque idée de la Torah, un enseignement pour chacun et chacune. Un Juif doit exercer une influence sur son entourage, sur ses amis, sur sa famille, en être le «chef». S’il veut le faire de manière parfaite, sans remettre en cause son Sanctuaire personnel, il doit pour cela être profondément soumis à D.ieu, ne pas ressentir qu’il est celui qui accorde l’influence, le chef, que les autres servent D.ieu grâce à lui. Un véritable chef doit être humble et discret, guidé par sa soumission à D.ieu dans l’exercice de sa fonction. Il doit délivrer son influence aux autres tout en se considérant comme faisant partie intégrante de la communauté. Il doit toujours se demander s’il a apporté sa contribution personnelle de la manière qui convient, en étudiant la Torah et en pratiquant les Mitsvot de la meilleure façon possible. En résumé, l’histoire de la contribution tardive des chefs de tribu à l’édification du Sanctuaire nous enseigne l’importance de la responsabilité communautaire et de l’humilité dans le leadership, ainsi que l’importance de ne pas laisser l’ego entraver notre service de D.ieu et notre influence positive sur les autres.

Lettre du Rabbi sur la nécessité qui incombe à chaque Juif de s’attacher au Tsadik afin d’être soumis à la volonté divine

Lettre du Rabbi sur la nécessité qui incombe à chaque Juif de s’attacher au Tsadik afin d’être soumis à la volonté divine

Pourquoi est-il important de se lier au Tsadik ?

…Concrètement, on peut vérifier qu’il est bien difficile de soumettre à D.ieu sa volonté, son intellect et les forces de son âme, lorsque l’on n’est pas aidé pour y parvenir. Chacun est convaincu de sa propre valeur et, dès lors, ne ressent pas le besoin de supprimer sa propre volonté.

…La solution est donc la suivante. Il faut demander de l’aide à celui qui possède l’élévation, qui est parfaitement objectif, en la matière. On peut donc s’en remettre à son conseil pour servir D.ieu.

Source : 4300

À l’initiative du Beth Loubavitch et du Mak’hon Or Ha’Hassidout

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Noa’h – Discours du Rabbi, Chabbat Béréchit 5717-1956 : L’existence véritable

Noa’h – Discours du Rabbi, Chabbat Béréchit 5717-1956 : L’existence véritable

 

Traduit par le Rav Haïm Mellul

 

Les «eaux dévastatrices» du déluge appartiennent à deux catégories. L’une émane de l’abîme profond et l’autre, des trombes du ciel. Et, il en de même pour les difficultés et les obstacles se dressant devant l’homme.

L’abîme profond désigne les tracas liés aux préoccupations matérielles et basses, à la nécessité de gagner sa vie. Les trombes du ciel, par contre, sont des difficultés d’ordre moral, par exemple celles qui découlent des activités communautaires, susceptibles d’empêcher l’homme d’étudier la Torah et de mettre en pratique les Mitsvot.

Certes, il est nécessaire de se consacrer à ces activités communautaires, mais il ne doit en résulter aucune difficulté pour étudier la Torah et mettre en pratique les Mitsvot, par lesquelles on met en pratique les termes du verset : «Vous êtes attachés à l’Eternel votre D.ieu, tous vivants aujourd’hui». Celles-ci créent, en effet, un lien entre l’homme qui les met en pratique et le Tout Puissant, Qui lui accorde ainsi Sa vitalité. Lorsque ce lien est remis en cause, lorsque l’on n’accomplit pas les préceptes du Choul’han Arou’h, à quoi bon assumer toutes ces activités ?

On prétend donc se consacrer aux «trombes du ciel», aux préoccupations morales, mais l’on se trompe sur son propre compte. Une telle visée n’émane pas de l’âme divine, mais bien de l’âme animale. En effet, dès lors qu’elle fait obstacle à l’étude de la Torah et à la pratique des Mitsvot telles que le Choul’han Arou’h les définit, une telle démarche ne peut qu’être étrangère à la sainteté.

Celui qui va à l’encontre de la sainteté, même lorsqu’il se consacre aux «trombes du ciel», connaîtra nécessairement des chutes successives, de sorte qu’à terme, les «trombes du ciel» deviendront une «abîme profonde».

Le moyen de se préserver des eaux du déluge, qu’elles émanent de l’abîme profonde ou des trombes du ciel, est de mettre en pratique le Précepte «viens dans l’arche». Le Baal Chem Tov souligne que le mot Téva désigne l’arche, mais aussi les mots de la Torah et de la prière. Entrer dans l’arche signifie donc se pénétrer de ces mots, être entouré par eux, afin de se protéger de tous les dangers, pour que «Noa’h, l’homme juste» et tous les membres de sa famille conservent leur intégrité.

En conséquence, dès que l’on se réveille, le matin, avant même d’entrer en contact avec le monde et ses «eaux dévastatrices», on dit d’abord le Modé Ani, «Je Te rends grâce, Roi qui vit et existe, car Tu m’as restitué mon âme». Par ces mots, l’homme reconnaît que la vie de son âme émane uniquement de D.ieu. Puis, il récitera les bénédictions du matin, afin de remercier D.ieu pour chaque détail de ce qui lui arrive.En conséquence, dès que l’on se réveille, le matin, avant même d’entrer en contact avec le monde et ses «eaux dévastatrices», on dit d’abord le Modé Ani, «Je Te rends grâce, Roi qui vit et existe, car Tu m’as restitué mon âme». Par ces mots, l’homme reconnaît que la vie de son âme émane uniquement de D.ieu. Puis, il récitera les bénédictions du matin, afin de remercier D.ieu pour chaque détail de ce qui lui arrive.

Ainsi, il constatera que D.ieu «vêtit ceux qui sont nus». Or, ne possède-t-il pas lui-même tous les habits dont il a besoin? Dès lors, que signifie cette bénédiction et que veulent dire les autres?

En fait, nos Sages disent: «Qui est le Sage? Celui qui sait anticiper l’événement» et a donc conscience que toute chose est créée par D.ieu, à tout instant, à partir du néant.Le Zohar rapporte que Rabbi Issa l’ancien priait pour que D.ieu lui accorde sa subsistance. Même lorsqu’un plat était prêt, devant lui, il ne le mangeait pas avant d’avoir récité cette prière. Or, comment pouvait-il prier D.ieu de lui accorder ce plat alors qu’il se trouvait déjà devant lui?

La réponse est la suivante. Chaque créature est intrinsèquement néant, comme elle le fut à l’instant de la création. Elle existe uniquement parce que D.ieu, dans Sa bonté, lui accorde la vie, à tout instant, ainsi qu’il est dit: «Il renouvelle, par Sa bonté, chaque jour et toujours, la création originelle».

On peut donc prier également pour obtenir un plat qui est posé sur la table. Et, il en est de même pour la satisfaction des autres besoins. Car, cet aliment, qui existait il y a un instant est, entre temps, redevenu néant. Il faut donc demander à D.ieu de le renouveler pour pouvoir satisfaire ses besoins.

Celui qui commence sa journée en priant sait que la matière n’a pas d’existence propre, que celle-ci est renouvelée, par D.ieu, en permanence. Le monde entier est créé uniquement pour mener à bien la mission que D.ieu lui confie, ainsi qu’il est dit: «Je l’ai créé pour Mon honneur».

En ayant conscience de tout cela, l’homme peut entrer en contact avec le monde sans craindre ses «eaux dévastatrices».

Avant la prière, en revanche, il accorde à ce monde une place trop prépondérante, considère qu’il possède une existence spécifique, ce qu’à D.ieu ne plaise. Il se dira alors qu’il n’y a nulle raison de se priver de tout ce qui est permis, que l’on peut même s’autoriser tous les comportements dont l’interdiction n’est pas clairement établi. Il faut, en effet, prendre en compte le fait accompli qu’est alors la prédominance du monde.

A l’opposé, celui qui sait que seul D.ieu existe réellement et qu’Il confère en permanence au monde une existence nouvelle, à partir du néant absolu, parce qu’Il désire qu’une demeure y soit bâtie pour Lui, comprend qu’il doit tenir compte uniquement ce qui contribue à la réalisation de cet objectif. Il parviendra donc à une conclusion opposée à la précédente. Pour lui, ce qui est interdit et, en conséquence, contredit cet objectif sera totalement exclu. Et, cette attitude ne se limite pas à ce qui est intrinsèquement mauvais, mais inclut également ce qui est inutile et que l’on mettra de côté.

Lorsque le mauvais penchant soulève une objection, faisant remarquer que ces objets matériels sont tout de même bien utiles, cet homme lui répondra: «Prouve donc ce que tu dis». Il est, en effet, établi pour lui que seule la Divinité existe réellement et celui qui prétend le contraire doit donc en fournir la preuve.Lorsque le mauvais penchant soulève une objection, faisant remarquer que ces objets matériels sont tout de même bien utiles, cet homme lui répondra: «Prouve donc ce que tu dis». Il est, en effet, établi pour lui que seule la Divinité existe réellement et celui qui prétend le contraire doit donc en fournir la preuve.

Une sentence ‘hassidique dit que «ce qui est interdit est exclu; ce qui est permis est inutile».

C’est donc de cette manière que l’on peut pénétrer dans les mots de la Torah et de la prière, se trouver en permanence entouré par eux. Prenant conscience que l’existence véritable est celle de la Torah et de la prière, que tout le reste est à leur service, un homme pourra, même lorsqu’il se consacre, par nécessité, à une activité matérielle, conserver un corps sain. Par chaque action, il servira D.ieu ou préparera ce service.

La seule protection contre les eaux du déluge, qu’elles émanent de l’abîme profonde ou des trombes du ciel, est donc bien l’entrée dans l’arche. C’est de cette manière que l’on peut se préserver de tout ce qui est étranger à la sainteté, que l’on peut satisfaire tous ses besoins en mettant en pratique le Précepte «En toutes tes voies, connais-Le».

L’intégrité à travers l’autre

Néanmoins, on ne peut se contenter de s’enfermer dans l’arche, c’est-à-dire dans les mots de la Torah et de la prière, sans s’intéresser aux autres, en se préoccupant exclusivement de son propre salut.

La Torah nous dit, en effet: «Entre dans l’arche, toi, tes fils, ton épouse et les femmes de tes fils». On ne peut y pénétrer seul, on doit être accompagné par les membres de sa famille. Et, nos Sages expliquent: «Tes fils, ce sont tes élèves». De façon plus générale, cette expression désigne même tous les Juifs, qui sont aussi «ton épouse» ou «tes fils», car la femme est celle qui reçoit. Or, chaque Juif se doit de recevoir de son prochain. Et, tous les Juifs ensemble ne forment qu’une seule entité.

Tous doivent donc entrer dans l’arche. Pour cela, il faut les influencer, les convaincre de «pénétrer» dans les mots de la Torah et de la prière.

Avant le don de la Torah, on aurait pu faire l’erreur de penser: «Pourquoi dois-je me préoccuper des autres? Ne me suffit-il pas d’obtenir mon propre salut?». Malgré cela, D.ieu dit à Noa’h: «Entre dans l’arche, toi, tes fils, ton épouse et les femmes de tes fils». Combien plus en est-il ainsi, après le don de la Torah, lorsque, à Arvot Moav, les enfants d’Israël acceptèrent le principe de la responsabilité collective. Il est donc bien clair que l’on ne peut pas se soucier uniquement de sa propre personne. On doit se préoccuper sincèrement et profondément de la situation de son prochain.

Comme on l’a dit, tous les Juifs ne forment qu’une même entité, qu’un seul corps. Au sein du corps humain, la santé d’un membre est liée à celle des autres. Et, il en est de même pour le grand corps que constitue le peuple d’Israël.

L’intégrité morale d’un Juif rétroagit sur les autres personnes. Et, celui qui ne se préoccupe pas des autres remet en cause sa propre perfection.

Il faut donc exercer une influence positive sur les autres Juifs et, en particulier, sur les membres de sa famille. Bien plus, on ne peut mener une telle activité uniquement pour s’acquitter de son obligation. On doit s’y investir pleinement.

Le Rabbi Rachab prononça une sentence bien connue: «Tout comme il incombe à chaque Juif, érudit de la Torah ou simple homme, de mettre quotidiennement les Tefilin, ce qui est une Mitsva de la Torah, il est tout aussi nécessaire de réfléchir chaque jour, au moins pendant une demi-heure, à l’éducation de ses enfants, à faire tout ce qui est en son pouvoir, et même au-delà de celui-ci, pour qu’ils suivent la voie qui leur est tracée».

On peut se demander pourquoi le Rabbi prend pour référence précisément la Mitsva des Tefilin. En fait, il rappelle ainsi, de manière allusive, que les Tefilin ne sont pas simplement une Mitsva se limitant à l’action concrète, mais qu’elles ont aussi une finalité profonde, celle d’assujettir le cerveau et le coeur à D.ieu, comme l’expliquent le Choul’han Arou’h et le Tanya.

Telle est donc l’influence que l’on doit exercer sur les membres de sa famille. Il ne s’agit pas seulement de s’acquitter de son obligation. On doit investir pleinement son cerveau et son coeur dans cette activité.

Celui qui ne se limite pas à sa propre personne, mais agit et, bien plus, se donne pleinement, pour sauver son prochain des eaux dévastatrices du déluge, pour le faire entrer dans l’arche, peut avoir la certitude de conserver lui-même sa propre intégrité.

On peut donner, à ce propos, l’explication suivante. Pour mener à bien chaque accomplissement, on doit recevoir l’aide de D.ieu. C’est la raison pour laquelle, lorsque Noa’h entra dans l’arche, «D.ieu la ferma pour lui».

Si l’on pénétrait dans l’arche, c’est-à-dire dans les mots de la Torah et de la prière, uniquement par ses forces propres, on pourrait adopter un comportement radicalement différent de ce qu’il devrait être.

Ainsi, nos Sages constatent que les Juifs, à une certaine époque, «ne firent pas précéder la Torah d’une bénédiction». Ils rappellent ainsi que, selon cette bénédiction, D.ieu «nous a donné Sa Torah». Et l’on constate ensuite qu’Il «donne la Torah», au présent. Grâce à cette bénédiction, on prend donc conscience que la Torah vient de D.ieu. En revanche, si on ne la dit pas, on peut étudier la Torah en ayant oublié Celui Qui la donne, ce qu’à D.ieu ne plaise.

Il en est de même pour la prière. On peut la réciter sans la ressentir profondément, sans qu’elle n’ait aucun effet, sans qu’elle ne conditionne l’existence quotidienne, pour la rendre conforme à la Volonté de D.ieu.

Telle est donc la signification de cette entrée dans l’arche. Il ne s’agit pas de s’y isoler, mais, bien au contraire, de la quitter, par la suite, afin de se rendre dans le monde pour y bâtir le Sanctuaire de D.ieu.

Pour que l’effet de la prière se fasse ressentir tout au long du jour, celle-ci doit être dite de telle façon que l’on perde la perception du monde, qu’on lui devienne étranger, que l’on perçoive seulement la Divinité. Puis, après la prière, on entre de nouveau en contact avec la matière et l’on perçoit alors «un monde nouveau», comme Noa’h, lorsqu’il sortit de l’arche.

On raconte que le Baal Chem Tov, chaque fois qu’il s’apprêtait à dire la prière, se demandait s’il survivrait, à l’issue de celle-ci. Il connaissait alors l’extase et n’était donc pas certain de conserver la vie physique.

Pour que la Torah et la prière soient conformes à ce qu’elles doivent être, il faut que «D.ieu ferme l’arche pour lui», que l’on reçoive l’aide du Saint béni soit-Il.Pour bénéficier de cette aide, il faut se préoccuper de son prochain. Ainsi, comme le soulignent nos Sages, commentant le verset «D.ieu fait briller les yeux de l’un et de l’autre», on reçoit personnellement la lumière et l’on «pénètre dans l’arche» exactement comme on doit le faire.

Bien plus, D.ieu demanda à Noa’h d’emporter, dans l’arche, toutes les créatures du monde qui auraient pu disparaître, par exemple les animaux.

Un enseignement pour chaque Juif découle de cette Injonction.

Lorsqu’il y a un objet du monde qui serait détruit ou endommagé si l’on n’intervenait pas, on a le devoir de le transporter dans l’arche, afin de le préserver et de l’élever vers la Divinité. Si l’on considère que l’on n’est pas concerné par cette situation, on remet en cause le principe même de la divine Providence. D.ieu fait que l’on en ait connaissance. On sait que cette créature existe, qu’elle sera détruite ou perdue, si l’on n’agit pas. Il y a là, à n’en pas douter, un message que l’on doit décrypter. De fait, on reçoit ainsi la mission de lui apporter l’élévation.

Dès lors, on reçoit l’aide de D.ieu et l’on pénètre dans l’arche, dont la largeur de l’extrémité supérieure était une coudée, Ama, terme qui est constitué des initiales de la phrase Elokénou Mélé’h Haolam, notre D.ieu, Roi du monde. De cette façon, le D.ieu d’Israël devient, à l’évidence, le Roi du monde. Il accorde à chacun les réceptacles contenant Ses bénédictions pour connaître l’opulence matérielle. Bien plus, Il le fait de Sa propre initiative.

Il est dit que «J’ai placé Mon arc en ciel dans un nuage» et nos Sages expliquent: «L’arc en ciel évoque la Divinité». De la sorte, l’homme peut faire que le monde entier soit un Sanctuaire dans lequel D.ieu réside.

Noms hébraïques que le Rabbi a suggéré aux personnes qui n’en avaient pas reçu

Noms hébraïques que le Rabbi a suggéré aux personnes qui n’en avaient pas reçu

Au fil des ans, des hommes et des femmes se sont tournés vers le Rabbi pour obtenir des bénédictions et des suggestions sur le nom juif qu’ils devaient utiliser lorsqu’ils n’en avaient pas reçu.

Voici une liste de noms et leur équivalent juif.

Une brochure « Veyikare Chemo Beisraël » a été distribuée lors de la convention des émissaires du Beth Loubavitch en Ile de France, qui s’est tenu à Paris. Elle rassemble des références et des remarques du Rabbi sur les noms juifs – donner, ajouter ou changer.

Vous trouverez ci-dessous les noms juifs que le Rabbi a suggéré.

HOMMES :
Brian – Barou’h
Charles – David
Donald – Dan ou David
Frank – Ephraïm
Fredric – Peretz
Jack – Yaakov
Jordan – Yarden
Ken / Kenneth – Kinyan
Luck – Asher
Pascal – Pessa’h
Richard – Shmarya
Robert – Reouven
Tod – Touvia
Yevgeny – Avraham ou Its’hak

FEMMES:
Aisha – ‘Haya
Alice – Aliya
Arlette – Ariela
Brigitte – Breina
Carole – Kreindel Atara
Claire – Kreina
Claudia – Malka
Danielle – Daniela
Debra – Devorah
Dominique – Dina or Sarah
Felicia – Mazal Tov
Flora – Shoshana
Inga – Rivkah
Irene – Ilana
Irene Cecile – Tzila
Iris – Oriah
Jacqueline – Yaakova
Janette – Yona
Leonie – Ariela
Joanne – Yona Taibel
Josette – Yossifa
Josiane – Shoshana
Julie – Yehoudit
Catherine  – Kesser Rina
Linda – Leah ou Malka
Lily – Leah
Lisette – Leah
Louise – Leah
Lyda Matilda – Leah Marta
Machanat – Machala or Machane
Marian – Myriam
Marcella – Mi’hal
Martine – Marta
Michelle – Mi’hal
Monique – Malka
Murielle – Moriel
Nadine – Dina
Najma – Ne’hama ou Kereindel
Nancy – Penina
Olga – Elka
Paula – Poria
Rima – Rina
Sandra – Alexandra
Shantell – Sheindel
Susan – Shoshana
Valerie – Bloria
Wendy – Bina Tirtza
Yanina (variante de Joanna) – Yits’haka

L’enseignement Hassidique que l’on peut tirer du décollage d’un avion

L’enseignement Hassidique que l’on peut tirer du décollage d’un avion

REGLE PHYSIQUE
Pourquoi le vent en sens contraire lors d’un décollage d’avion ?
Les avions, au décollage, se placent toujours face au vent. Cette règle assure leur portance au moment de prendre leur envol. A la construction d’un aéroport, les pistes sont donc toujours installées en fonction des vents dominants !

ENSEIGNEMENT SPIRITUEL
Il est impossible de réaliser un véritable mouvement ascendant sans une sorte d’opposition. Tout comme la pression de l’air crée un mouvement ascendant plus fort que celui qui pourrait être obtenu par flottaison, de même pour qu’une personne transcende le matérialisme du monde et parvienne à une plus grande proximité avec D.ieu , il ne suffit pas d’impliquer la bonne inclinaison, en solo.

C’est précisément par l’opposition du mauvais penchant, et par la pulsion supplémentaire que l’on exerce pour la surmonter, que l’on atteint un «ascenseur» plus puissant, et donc de plus grandes hauteurs.

Le Rabbi de Loubavitch, Iguerot Kodech , Vol. 30, p. 224

 

 

 

Poursuivre ses études académiques?  Une lettre du Rabbi adressée à un Juif indécis quant à son avenir universitaire

Poursuivre ses études académiques? Une lettre du Rabbi adressée à un Juif indécis quant à son avenir universitaire

Je fais réponse à votre lettre dans laquelle vous me décrivez brièvement ce qu’a été votre vie, les problèmes qui se posent actuellement à vous, du fait de votre désir de poursuivre vos études jusqu’à un niveau universitaire supérieur.

De façon générale, pour ce qui concerne la poursuite de vos études, vous prendrez sûrement conseil auprès de ceux qui connaissent votre caractère, vos aptitudes et qui possèdent des notions de pédagogie. Vous me dites que vous êtes élève, depuis un certain temps déjà, d’un séminaire de formation des enseignants. Il ne fait donc pas de doute que vous pouvez consulter l’un des membres de la direction ou des professeurs qui vous connaissent, conformément au principe selon lequel : “ le salut provient des nombreux conseillers ”.

Vous me dites qu’il vous arrive d’être saisi par la peur. Vous savez sans doute que cela est relativement fréquent, à un âge intermédiaire comme le vôtre. Il serait bon de solliciter le conseil d’un médecin spécialiste en ce domaine, puis de se conformer à sa directive et à sa prescription.

Source : Lettre 9392

À l’initiative du Beth Loubavitch et du Mak’hon Or Ha’Hassidout

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Lettre d’encouragement du Rabbi à une femme qui souffre de différentes craintes

Lettre d’encouragement du Rabbi à une femme qui souffre de différentes craintes

Comment gérer ses peurs ?

J’ai reçu, en son temps, la demande de bénédiction que vous m’avez adressée … qui me dit que vous êtes sujette à des angoisses.

Je voudrais vous répéter encore une fois que chaque Juif, femme ou homme, doit raffermir sa confiance en D.ieu.

Chacun croit, d’une foi pure, que D.ieu est le Maître du monde et également de l’existence de chaque individu, homme ou femme.

De même, il est certain que D.ieu est bon. Tout ce qu’Il accomplit est pour le bien et, lorsque l’on est placé sous Sa Providence, il n’y a donc pas lieu d’avoir peur.

Le roi David dit, dans ses Psaumes: « Je ne crains pas le mal, car Tu es avec moi » et il en est de même pour chaque Juif.

Source : Lettre 1442

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Lettre du Rabbi sur l’importance du regard optimiste sur les différentes circonstances de la vie

Lettre du Rabbi sur l’importance du regard optimiste sur les différentes circonstances de la vie

Optimisme ou pessimisme ?

J’ai reçu, avec plaisir, votre lettre … , dans laquelle vous me dites que vous vous sentez un peu mieux. J’espère que cette amélioration se poursuivra, d’autant que nous serons prochainement inscrits et scellés pour une bonne année.

Le fait d’observer le monde avec un sentiment de bonheur n’est pas, comme vous le dites, un moyen de se cacher la vérité, mais bien la manière de se faciliter considérablement l’existence. Ce fait est bien connu et la science médicale l’établit de plus en plus clairement. La situation d’un homme, y compris ses réactions corporelles et physiques aux événements de son environnement, dépend, pour une très large part, de sa propre vision, de la manière dont il perçoit ces événements.

Il est remarquable d’observer que les tenants d’une vie optimiste ont eu, bien souvent, une vie émaillée de ce que l’on appelle des ennuis. A l’opposé, de nombreux pessimistes eurent une vie agréable et rien ne leur manquait, si ce n’est la satisfaction intérieure, le bonheur profond.

… En conséquence, il n’est nullement surprenant que la ‘Hassidout, dont l’objectif est de populariser ce qu’il y a de plus élevé et de meilleur, adopte comme principe fondamental le fait qu’en tout événement auquel on est confronté, on reçoit le moyen de servir D.ieu. Or, on ne sert D.ieu qu’avec une joie véritable. C’est uniquement à cette condition qu’on le fait pleinement.

Source : Lettre 3766

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Un Rabbi est attaché à ses disciples, par tous les 613 membres de leur âme et par ceux de leur corps

Un Rabbi est attaché à ses disciples, par tous les 613 membres de leur âme et par ceux de leur corps

 

Lettre 635

Par la grâce de D.ieu,
3 Tamouz 5710,
Brooklyn, New York,

Nombreux sont ceux (1) qui cherchent à définir les qualités, dans différents domaines, des maîtres de ‘Habad, en général et du chef de notre génération, mon beau-père, le Rabbi, en particulier, un homme plein d’abnégation, érudit de la Torah, parvenu à la perfection morale, un Juste, possédant l’inspiration divine, réalisant des miracles et beaucoup d’autres choses encore (2).

Ces éloges sont d’autant plus considérables, si l’on considère la définition du don de soi et de l’érudition que donne la ‘Hassidout.

Néanmoins, l’essentiel a été omis, dans cette liste. Car, un point fondamental est plus important parce qu’il est plus décisif, en particulier pour nous, ses ‘Hassidim, qui sommes attachés à lui. Ce point est le suivant, il est le chef et un chef de ‘Habad.

De façon générale, le chef est défini comme la tête (3) des enfants d’Israël, par rapport auxquels il est effectivement la tête et le cerveau, leur accordant l’existence et la vitalité. C’est en se liant à lui que l’on peut s’identifier à sa source céleste, en son stade le plus élevé.

Il est différentes catégories de chefs (4). Certains exercent une influence profonde, d’autres se maintiennent à un niveau plus global. De même, leur influence peut s’exercer dans la partie révélée de la Torah, ou dans sa dimension ésotérique, ou encore dans les deux à la fois. Ils peuvent enseigner les voies de la ‘Hassidout ou accorder des bénédictions matérielles.

Certains ont cumulé plusieurs de ces aspects ou même tous à la fois(5).

Tel a toujours été le comportement des chefs de ‘Habad, depuis l’Admour Hazaken, jusqu’à mon beau-père, le Rabbi. Ils ont possédé l’ensemble de ces qualités, ont influencé à la fois de manière profonde et globale, guidé dans la Torah, la prière et les bonnes actions, spirituellement et matériellement.

Ils étaient donc attachés à leurs disciples, par tous les 613 membres de leur âme et par ceux de leur corps.

Chacun et chacune d’entre nous doit savoir, méditer et garder présent à l’esprit qu’il est le chef, la tête, accordant toutes les bénédictions matérielles et spirituelles. Dans ses lettres, il nous a montré comment et de quelle manière s’attacher à lui (6). En le faisant, on s’unifie à son origine première, jusqu’en sa source la plus haute.

Mena’hem Schneerson,

 

Notes

(1) Le Rabbi écrivit cette lettre comme introduction au Sefer Hamaamarim 5710, du précédent Rabbi, où elle figure à la page 254.
(2) Voir, à ce propos, la lettre n°637.
(3) Le Rabbi note, en bas de page: « Voir, à ce propos, le second chapitre du Tanya ».
(4) Le Rabbi note, en bas de page: « Ce sujet est développé dans le Torah Or, à la Parchat Mikets, discours intitulé « Nos Sages enseignent la Mitsva de ‘Hanouka », dans le Séfer Hamitsvot du Tséma’h Tsédek, au troisième chapitre de la Mitsva des lumières de ‘Hanouka, dans le discours « afin de savoir » de 5669″, soit 1909, du Rabbi Rachab.
(5) Le Rabbi note, en bas de page: « Voir le Torah Or, à la même référence, fin du chapitre 7, selon lequel le Machia’h est à la fois un berger et un prince. Le Talmud, au traité Soukka 52b, le cite parmi les princes. On peut en conclure que c’est l’aspect dominant de sa personnalité ».
(6) Voir, à ce propos, la lettre n°561.

Le Rabbi et sa génération : « Ne vous mêlez pas de médecine. Cela ne vous concerne pas! »

Le Rabbi et sa génération : « Ne vous mêlez pas de médecine. Cela ne vous concerne pas! »

Lettre du Rabbi, Iguerot Kodech, tome 4, lettre no 872.

Il est regrettable que vous vous soyez intéressé et que vous consultiez encore les ouvrages de médecine, a propos de ce qui vous semble etre votre maladie.

A mon avis, vous devez vous limiter à ce que demande la Torah, c’est-a-dire à mettre en pratique les prescriptions des médecins, en concentrant votre cerveau et votre coeur, pour tout ce qui concerne votre situation, sur une ferme confiance en D.ieu, béni soit-Il, Qui guérit les malades et accomplit des miracles.

Ne vous mêlez donc pas de médecine ! Cela ne vous concerne pas, surtout si la tranquillité de votre esprit en est troublée, ce qui provoque votre mélancolie.

Vous connaissez l’enseignement de plusieurs maitres de ‘Habad, qui l’ont répété a maintes reprises, selon lequel : « si l’on pense que c’est bien, ce sera effectivement bien ».

 

Lettres du Rabbi : « Le délai entre la décision et le mariage »

Lettres du Rabbi : « Le délai entre la décision et le mariage »

Pour différentes raisons, y compris par crainte de D.ieu, il n’y a pas lieu, de nos jours, de se lier soi-même et, a fortiori, de lier une autre personne, lorsque l’on prévoit de célébrer le mariage beaucoup plus tard. Bien au contraire, plus le délai entre la décision de se marier et la célébration de ce mariage est court, mieux c’est.
(Likouteï Si’hot, tome 14, page 34)

Vous faites allusion à vos fiançailles. Or, y a-t-il une raison, justifiée d’après le Choul’han Arou’h, pour qu’un tel laps de temps s’écoule entre celles-ci et le mariage ? Ou bien s’agit-il d’une pratiques sans fondement ? Si c’est effectivement le cas, il serait bon de la supprimer, d’une manière agréable et diplomatique.
En effet, qui, en notre génération, peut accepter délibérément d’être soumis à l’épreuve ? En tout état de cause, ce délai doit être réduit pour tous les mariages des ‘Hassidim et de ceux qui leur sont liés.
(Iguerot Kodech du Rabbi, tome 11, page 169)

Vous me dites que la date du mariage n’a pas encore été fixée. Sans doute ne la retarderez-vous pas. Avec l’effort qui convient, vous supprimerez sûrement tous les obstacles, en la matière.
(Iguerot Kodech du Rabbi, tome 7, page 400)

Vous m’écrivez que le mariage sera vraisemblablement fixé dans un an, soit à l’issue de votre service militaire et des études que mène votre fiancée, au Beth Yaakov. Ce retard ne me convient pas.
(Iguerot Kodech du Rabbi, tome 5, page 283)

Vous me dites que le mariage de votre sœur a été fixé en Mena’hem Av. Vous comprendrez que je sois surpris par un délai aussi long, d’autant que les fiancés se trouvent dans la même ville.
(Iguerot Kodech du Rabbi, tome 16, page 202)

Vous m’écrivez que le mariage a été fixé en Adar 5716. Je suis étonné que tant de temps s’écoule jusqu’à ce qu’il soit célébré. Sans doute, les deux familles accepteront-elles de l’avancer, en un  moment bon et fructueux.
(Iguerot Kodech du Rabbi, tome 11, page 148)

Le Rabbi à Eli Wiesel : « La plus grande vengeance sur Hitler est de fonder une grande famille, avoir des fils, des filles et des petits-enfants »

Le Rabbi à Eli Wiesel : « La plus grande vengeance sur Hitler est de fonder une grande famille, avoir des fils, des filles et des petits-enfants »

Lettre du Rabbi : Lettre adressée à Elie Wiesel le 24 Nissan 5725-1965

Lundi 26 avril 1965 – 24 Nissan 5725

J’ai eu en main, “ par hasard ”, votre article (1), paru dans le numéro de Pessa’h du Jewish advocat, qui est intitulé : “A propos des Juifs athées”(2). Je dis “ par hasard ” parce que votre article se trouve sur la page suivant celle de ma lettre, consacrée au thème du dialogue. Néanmoins, il va sans dire que, pour nous autres Juifs, le hasard n’existe pas, car tout est effet de la divine Providence. De fait, un Juif recherche systématiquement des allusions et, en l’occurrence, je vois dans la présentation conjointe de ces articles une possibilité de saisir cette opportunité afin de vous écrire ces quelques lignes, après une trop longue interruption de notre correspondance ou des quelques mots que nous échangeons à l’occasion d’une réunion ‘hassidique. De fait, on m’a transmis que vous avez assisté, à différentes reprises, aux réunions ‘hassidiques, mais que vous n’avez pas souhaité vous approcher, pour diverses raisons. Bien évidemment, votre article m’a “ intrigué ” et j’en ai pris connaissance avec intérêt.

Vous écrivez que vous avez imaginé, d’emblée, que la déclaration formulée par ce rabbin tristement célèbre, ou tragicomique, à l’encontre du Maître du monde était l’expression d’une protestation contre un manque d’équité dans le monde. Je suppose qu’il n’y a là qu’une figure de style, car vous savez sûrement que quelqu’un qui a été formé dans un séminaire affilié à un mouvement dont la philosophie s’oppose à la lutte et à la rébellion, qui recherche donc uniquement une vie plus facile et plus confortable, ne peut pas avoir atteint un tel niveau. (Lire la suite)
Bien entendu, je suis d’accord avec vous quand vous dites que l’argument : “ Celui Qui juge la terre entière ne ferait-Il pas justice ? ” peut être authentique et recevoir la détermination qui convient uniquement quand il émane du cœur douloureux de l’homme qui est animé d’une foi profonde. Et, du reste, c’est pour cette raison que le premier qui souleva un tel argument ne fut autre que notre père Avraham, grand croyant et père de tous les “ croyants, fils de croyants ”(3). Nos Sages disent(4) également que le premier qui souleva la question : “ Le Juste connaît le mal et l’impie, le bien ” n’était nul autre que Moché, notre maître, celui qui transmit aux enfants d’Israël et au monde entier l’idéal selon lequel : “ Je suis l’Eternel ton D.ieu ” et “ tu n’auras pas d’autres dieux ”, ces “ autres dieux ” incluant également la compréhension et la rationalité humaines, que l’on divinise en en faisant le décideur en dernière instance.

En conséquence, je suis surpris que vous n’ayez pas adopté cette manière de penser et que vous ne soyez pas parvenu à cette même conclusion. Comme vous le savez, en effet, la réponse qui est faite à l’argument soulevé par Moché, notre maître, selon le récit de nos Sages(5), quand on lui montra que l’on déchirait la chair de Rabbi Akiva avec des peignes de fer : “ Est-ce là la récompense que l’on donne à la Torah ? ”, fut la suivante : “ Tais-toi ! Telle était la Pensée de D.ieu ”. Rappelons-nous que cet argument avancé par Moché n’était pas uniquement des mots. Telle était bien son idée et c’est pour cette raison que la réponse fut : “ Tais-toi !’ ”, qu’on ne lui demanda pas uniquement de cesser de parler de cela, mais bien d’ôter cette idée de son esprit.

La seule réponse qui pouvait être donnée, en la matière, était donc la suivante : “ Telle était la Pensée de D.ieu ”, ce qui, en fait, n’est en aucune façon une explication. Mais, la foi de Moché notre maître n’en fut nullement affaiblie. Et, il en est de même pour tous ceux qui interrogent, qui posent des questions d’une manière authentique. Bien au contraire, leur foi s’en trouve raffermie, comme cela est clairement dit à propos de Job. Il en fut de même pour notre père Avraham qui non seulement resta ferme dans sa foi mais, en outre, fut en mesure de surmonter toutes les épreuves. Il en fut de même également pour d’autre “ rebelles ”, qui furent de profonds croyants, jusqu’au dernier jour de leur vie.

Je pense que vous serez d’accord avec moi pour admettre qu’il n’est pas le fait du hasard que ceux qui ont posé des questions authentiques soient restés fermes en leur foi. D’ailleurs, il n’aurait pas pu en être autrement, car, quand on se pose réellement la question, quand celle-ci est bien l’expression et la conséquence d’un désir sincère de justice et de droiture, il est clair qu’un sentiment aussi profond ne peut émaner que de la conviction que cette justice n’est véritable que dans la mesure où elle provient d’une source surnaturelle(6), c’est-à-dire transcendant à la fois l’intellect et le sentiment des hommes. La question qui est posée ne contredit donc pas cette perception et ce sentiment, pas même en leur dimension profonde et en la base même de leur existence. Néanmoins, après cette première étape impétueuse, on doit prendre conscience que l’approche consistant à poser une question, à rechercher une explication rationnelle à ce qui transcende la logique n’a pas de sens. Aussi, après avoir exprimé son émotion et sa douleur, il faut bien, au final, adopter la conclusion selon laquelle : “ malgré tout cela, je conserve la foi ”, avec encore plus de force.

* * *

Tout ce qui vient d’être dit est basé sur votre article, mais il y a aussi un autre point, une idée qui concerne l’ensemble de ce problème et il est surprenant que ceci ait été occulté. Ce point est le suivant. Après tout, ce prétendu conflit avec la foi n’est pas un fait nouveau, ayant fait son apparition en notre génération. Notre peuple a malheureusement déjà subi des massacres et des persécutions dans les précédentes générations. Les exactions des Croisés, par exemple, en “ proportion ” et de manière relative, n’ont pas été plus légères que celles de Hitler, avec, toutefois, la différence suivante. A l’époque, il n’y avait pas le moindre espoir que la situation puisse changer. Ces massacres avaient été perpétrés au nom de “ cet homme ” et de la trinité qui, selon le Judaïsme, est, à proprement parler, une forme d’idolâtrie que les Juifs ne pouvaient en aucune façon accepter. Après que les Turcs aient été vaincus par les Croisés, il devint clair qu’il n’y avait plus aucune perspective pour les victimes. En revanche, à l’époque d’Hitler, puisse son nom être effacé, les persécutions furent “ simplement ” le fait de la méchanceté et de la nature cruelle des hommes. On pouvait donc espérer que l’humanité prendrait le dessus et, avant tout, que les victimes seraient enfin les vainqueurs, qu’ils marqueraient la fin de Hitler, puisse son nom être effacé.

En d’autres termes, un Juif qui était croyant jusqu’en 1940, né au vingtième siècle, ayant connaissance de l’histoire juive et des événements vécus par notre peuple, des persécutions et des souffrances, de celles des Croisés et de celles qui les précédaient, depuis l’époque de Nabuchodonosor, roi de Babel, pouvait, certes, se demander en quoi lui-même et sa famille étaient spécifiquement concernés par le plan de Hitler. En revanche, le fait qu’en permanence, “ on se dresse contre nous pour nous détruire ” qu’il peut arriver que l’on soit touché personnellement n’était nullement un fait nouveau(6). L’apparition de Hitler ne pouvait donc pas remettre en cause sa foi en le Maître du monde. Seul celui qui, au préalable, était affaibli dans sa foi et recherchait une “ justification ” pour s’écarter du Maître du monde, trouva, pour ainsi dire, un prétexte dans l’épisode de Hitler. De fait, si l’histoire de Hitler révéla un fait nouveau(7), c’est dans un autre domaine, celui du développement de la culture et de la civilisation des hommes.

Beaucoup ont cru, surtout dans les milieux de ceux que l’on a appelé les Maskilim, qu’au vingtième siècle, on avait atteint un tel degré de civilisation, incluant différents systèmes “ hautement ” philosophiques, un enseignement large et répandu, un réseau scolaire et de nombreuses universités, une haute éthique et de belles manières, qu’en conséquence, ce qui s’était passé dans les temps obscurs et moyenâgeux était désormais inconcevable. Cet état d’esprit se révéla dans la littérature, dans la presse et également dans les expressions orales de grandes personnalités et de penseurs. De la sorte, on voulut écarter l’approche “ archaïque ” du Tana’h selon laquelle “ le bienfait des nations est une faute ” et l’affirmation de Rabbi Chimeon Ben Yo’haï(8) selon laquelle : “ c’est un principe(6) établi, on sait que Esav déteste Yaakov ”. Soudain, se produisit la terrible catastrophe. La culture et la civilisation du vingtième siècle se sont effondrés. Et, il est apparu qu’il n’était nullement contradictoire, d’une part, d’être un philosophe ou bien un poète, ayant de bonnes manières, participant à des réunions distinguées, dans les élégants salons de Berlin et, d’autre part, d’arriver à Treblinka, par exemple, et d’y commettre tout ce qui a été perpétré dans cet endroit. Bien plus, il ne s’agit pas là de cas exceptionnel, de “ monstres ”, de terribles créatures à forme humaine, mais bien de cent millions d’hommes, de tout un peuple. Or, pour citer les titres de vos articles, “ le monde est resté silencieux ”. Et, l’on pourrait rajouter un sous-titre, soulignant qu’une grande partie du monde se réjouissait que “ la chose ” était faite et que d’autres s’en chargeaient, ou encore étaient satisfaits malgré le fait que d’autres s’en chargeaient.

Si l’histoire de Hitler devait remettre en cause la foi, d’une certaine façon, cela aurait dû être pour montrer et même pour établir clairement que l’on ne peut pas s’en remettre à la conception humaine de la justice et de la droiture, y compris celle d’un homme ayant une formation supérieure et des diplômes universitaires, lui-même fils d’un académicien diplômé. A notre grand regret et à notre immense peine, on a peur d’énoncer clairement une telle conclusion et, encore plus, les conséquences logiques qu’elle doit avoir, dans l’existence quotidienne. Et, ce mutisme, ce non-dit existent, de la même façon, chez les portes paroles du monde religieux, y compris ceux qui ont observé de leurs propres yeux ce que des hommes ont été capables de faire, quand ils ne dépendent que d’eux-mêmes. Il en est ainsi, comme je le disais au début de cette lettre, parce que l’on cherche à avoir une vie plus aisée et plus confortable, à dormir plus tranquille. Car, il est tellement plus facile d’être en phase avec le monde, bien que ce soit ce même monde qui est resté silencieux et, pour une large part, qui a même été satisfait en son cœur.

* * *

Permettez-moi maintenant une remarque personnelle, en relation avec l’échange que nous avons eu, lorsque nous nous sommes rencontrés, dans mon bureau. Votre série d’articles intitulés : “ Le monde est resté silencieux ” a encore une fois éveillé en moi une idée que je voudrais exprimer, à cette occasion. Se souvenir et ne pas oublier, comme la Torah le dit : “ Souviens-toi de ce que t’a fait Amalek ”, est, bien évidemment, une initiative souhaitable. Selon la précision de nos Sages(9), il s’agit même d’une Injonction positive, surtout quand on constate la tendance qui se développe actuellement, la volonté d’oublier et de faire oublier. Mais, après tout cela, le souvenir reste uniquement une partie du devoir qui nous incombe. Le reste, qui en est sans doute la partie la plus importante, consiste à travailler, à lutter activement(6) contre la soi-disant “ solution finale ” qui avait été conçue par Hitler, au même titre que par Haman.

Cette lutte doit prendre la forme d’action orientées vers : “ ainsi il se multipliera et prospérera ”. Or, on n’atteindra pas ce but en étant mélancolique, en s’employant à se rappeler et à ne pas oublier, aussi important que cela puisse être. Il faut, en outre, renforcer et développer le désir de bâtir le peuple juif en tant que peuple, très simplement en mettant en pratique les termes du verset : “ Ils fructifièrent, se multiplièrent et devinrent très puissants ”, ce qui est exactement l’inverse de la “ solution finale ” qui avait été planifiée. Dans ce domaine comme dans tous les autres, il est nécessaire, en plus de la motivation qui convient, de donner un exemple de sa propre personne. A fortiori est-ce le cas pour quelqu’un qui a personnellement vécu ces événements. Une telle personne doit montrer, non seulement que Hitler, que son nom soit effacé, n’a pas réussi, mais, en outre, qu’on doit le défier, avec tous ceux qui lui viennent en aide. Pour cela, il faut fonder une grande famille, avoir des fils, des filles et des petits-enfants.

Je me permets d’affirmer, avec la plus grande fermeté, qu’aussi important qu’il puisse être de relater à la présente génération ce qui nous est arrivé, notre objectif premier n’en reste pas moins de mettre en pratique les termes de nos Sages(10) : “ tu vis contre ton gré ” en mettant l’accent sur : “ tu vis ”(6), c’est-à-dire en faisant en sorte que cette vitalité soit évidente. En d’autres termes, vous devez faire tout ce qui est en votre pouvoir pour vous arracher à vos souvenirs, dans le moment présent, pour organiser votre vie, pour vous marier, pour bâtir un foyer juif et une famille juive. Ceci sera la chute certaine(6) de Hitler, la preuve qu’il ne sera pas parvenu à supprimer un ‘Hassid de Vichnitz(11). Bien au contraire, vous aurez des enfants et des petits-enfants, des ‘Hassidim de Vichnitz, jusqu’à la fin des générations. Mon but n’est pas ici de prononcer un mot plaisant et, de fait, peu importe qu’il s’agisse, en l’occurrence, d’un ‘Hassid de Vichnitz, de Loubavitch ou de n’importe quel Juif respectueux de la Torah et des Mitsvot. S’il peut en être ainsi, il est clair que c’est bien là la démarche constructive. Vous avez vécu des moments terribles, au cours de votre vie et vous vous trouvez actuellement en Amérique. Si vous le souhaitez vraiment, vous serez en mesure de réaliser tout cela. Et, que D.ieu vous accorde la réussite.

Une plus longue lettre est-elle nécessaire ? Si, dans quelques semaines, vous vous mariez “ conformément à la Loi de Moché et d’Israël ”, avec Mazal Tov, ma lettre et l’effort que vous aurez fait pour la lire auront été justifiés.

 

Notes

(1) Cette lettre est adressée à monsieur Elie Wiesel.
(2) Voir le Likouteï Si’hot, tome 33, à la page 255.
(3) Selon le traité Chabbat 97a.
(4) Dans le traité Bera’hot 7a.
(5) Dans le traite Mena’hot 29b.
(6) Le Rabbi souligne le “ sur ” de “ surnaturelle ”, de même que les mots : “ nullement un fait nouveau ”, “ principe ”, “ activement ”, “ tu vis ” et “ certaine ”.
(7) Voir, à ce sujet, la lettre n°8940.
(8) Dans le Sifri, cité par le commentaire de Rachi sur le verset Vaychla’h 33, 4.
(9) Voir l’Encyclopédie talmudique, à l’article “ Souvenir de ce qu’a fait Amalek ”, à la page 219 et les références qui y sont indiquées.
(10) Traité Avot, fin du chapitre 4.
(11) Puisque telle est l’origine de Elie Wiesel.

Dr. Chaim Shine : « La bénédiction du Rabbi qui a fait la prospérité de la compagnie El Al »

Dr. Chaim Shine : « La bénédiction du Rabbi qui a fait la prospérité de la compagnie El Al »

À la fin des années 1970, je vivais à New York, étudiant pour ma maîtrise en philosophie juive à l’Université Yeshiva, d’où j’ai reçu mon ordination rabbinique. À l’époque, mon oncle, David Shine, vivait également à New York tout en dirigeant la branche nord-américaine d’El Al. Son travail consistait à superviser tous les départements d’El Al aux États-Unis, bien que son objectif principal soit les vols sur la ligne New York / Tel Aviv.

À un moment donné, nous nous sommes rencontrés et il nous a suggéré d’aller visiter le siège social de Habad au 770 Eastern Parkway et d’assister à un rassemblement de Habad. Mon oncle était un survivant de l’Holocauste, qui n’était pas du tout pratiquant et ne se considérait même pas comme un croyant en D.ieu. Mais il avait de nombreux contacts dans la communauté Habad, en raison de la présence Habad à l’aéroport, où les hassidim cherchaient à tendre la main à leurs compatriotes juifs près des portes d’El Al. Il respectait ce qu’ils faisaient et, chaque fois qu’il en avait l’occasion, il les aidait de toutes les manières possibles.

Même si je n’avais aucune association antérieure avec Habad, j’ai accepté son invitation et j’ai décidé d’aller avec lui pour voir une réunion Hassidique Habad. C’est à notre arrivée que j’ai réalisé que je n’avais jamais vu quelque chose comme ça auparavant. Il y avait des milliers de Hassidim dans la une grande synagogue concentrés sur le Rabbi qui était assis à une grande table au milieu, prononçant des paroles de Torah. Mon oncle n’est pas venu en tant que manager d’El Al, il est plutôt arrivé en tant que personne simple et, ensemble, nous nous sommes fondus dans la foule.

C’était un spectacle indescriptible – des milliers de personnes serrés les un contre les autres, captivés par la personnalité du Rabbi et écoutant chaque mot qu’il prononçait. Entre les discours du Rabbi, ils levaient leurs petit verre, et le Rabbi leur disait Léhaim ! Malgré la foule nombreuse, on pouvait dire que chaque personne avait l’impression que le Rabbi ne parlait qu’à lui. Quand nous sommes partis, mon oncle était très enthousiasmé; il m’a dit: « Vous savez quoi, restons en contact et revenons ici une autre fois. »

Peu de temps après, mon oncle m’a fait savoir que, par l’intermédiaire de ses amis Habad, il avait été invité à rencontrer le Rabbi en tête-à-tête, et il m’a demandé si je voulais le rejoindre. Ayant été tellement impressionné par ce que j’avais vu lors de la réunion, j’ai tout de suite accepté.

Le rendez-vous était fixé à 21h00. Le Rabbi a commencé la conversation en yiddish, que mon oncle parlait couramment et que j’ai pu suivre. Le sujet principal discuté était ce qui inquiétait le plus El Al – la sécurité. Il s’agissait de faire le maximum pour protéger la vie du passager, tout en assurant le succès de la compagnie aérienne. El Al était devenu une cible privilégiée pour les terroristes cherchant à détourner un avion et, pour contrer cette menace, El Al et le gouvernement israélien avaient dépensé beaucoup d’argent pour que les gens se sentent en sécurité pendant les vols.

Je ne pouvais pas comprendre comment le Rabbi, en tant qu’érudit de la Torah, pouvait en savoir autant sur de telles questions, mais apparemment il le savait. Il a également compris l’importance que le succès d’El Al avait pour l’État d’Israël. (Plus tard, mon oncle a exprimé son étonnement devant l’expertise du Rabbi et sa connaissance approfondie de la situation.)

Après une longue discussion sur les défis et les problèmes, le Rabbi a déclaré sans hésitation : « Vous devez savoir que, pour que les vols restent sûrs et pour qu’El Al réussisse, El Al doit observer le Chabbat.

Mon oncle a été surpris par cette déclaration : « Qu’est-ce que l’observation du Chabbat et la prévention des détournements ont à voir l’un avec l’autre ? » a-t-il demandé.

Le Rabbi a répondu : « Si les avions d’El Al ne seront pas dans les cieux le Chabbat, alors les cieux protégeront leurs avions le reste de la semaine.

Bien que mon oncle ait semblé être surpris par cela, je sais que cela a eu un fort effet sur lui. À tel point que, quelques années plus tard, de grands débats ont eu lieu quant à savoir si El Al devait arrêter de voler le Chabbat, il était l’un des plus ardents partisans du groupe qui pensait que ces vols devaient être interrompus.

Avant la fin de l’audience, mon oncle a demandé une bénédiction au Rabbi. Pour moi, il était presque inimaginable que mon oncle, non croyant, pouvait croire au pouvoir de la bénédiction d’un Rabbi, pourtant, apparemment, il l’a fait. Le Rabbi lui a remis une pièce de monnaie et l’a béni, demandant à nouveau à El Al d’observer le Chabbat.

Mon oncle a occupé son poste pendant dix ans – des années qui se sont avérées extrêmement prospères pour sa branche – et il a toujours attribué ce succès à la bénédiction du Rabbi.

Même si l’objectif principal de la réunion était mon oncle et ses préoccupations, le Rabbi m’a également demandé mon nom et ce que je faisais aux États-Unis. Il a exprimé sa satisfaction en apprenant que j’étudiais la Torah et, avant notre départ, il m’a donné la bénédiction de réussir dans mes études.

La réunion n’a duré que dix minutes, mais nous sommes tous les deux partis inspirés. Le Rabbi avait ce que je ne peux décrire que comme une sorte d’énergie surnaturelle. Pourtant, je ne me sentais pas éloigné de lui à cause de sa grandeur, je sentais plutôt qu’il était totalement présent avec nous et concentré sur chaque mot que nous disions.

Alors que je travaillais au bureau du Premier ministre d’Israël, j’ai rencontré de nombreuses personnes importantes, mais je n’ai jamais rencontré quelqu’un comme le Rabbi.

Le rabbin Dr. Chaim Shine est un professeur de droit qui enseigne au Shaarei Mishpat Academic Center et au Netanya College. Il est également chroniqueur pour le journal Israel HaYom.

 

 

Le Rabbi et les Chlou’him : #4 – Les forces accordées

Le Rabbi et les Chlou’him : #4 – Les forces accordées

Par le Rav Haïm Mellul

 

Dans une lettre figurant dans ses Iguerot Kodech, tome 9, à la page 324, le Rabbi manifeste sa surprise à quelqu’un qui lui confie, dans une lettre qu’il lui adresse, qu’il ne pense pas posséder les forces nécessaires pour assumer la mission qu’il entend lui confier :

Vous m’écrivez que vous ne possédez pas la détermination nécessaire pour agir sur d’autres cercles. Vous consulterez, à ce propos, le Likouteï Torah, au début de la Parchat Vaykra, qui affirme que, pour tout ce qui concerne la Torah et les Mitsvot, l’homme, ici-bas, est l’émissaire de l’Homme céleste. Vous consulterez ce texte.

En conséquence, je ne comprends pas que vous puissiez manquer de détermination, dans ce domaine.

 

De fait, celui qui est chargé d’une mission par le Rabbi reçoit aussi les forces nécessaires pour la mener à bien. Comme le rapporte le Sefer Ha Cheli’hout, paru en Erets Israël, à la page 518, le Rabbi précise, à ce sujet :

Lorsqu’un Juif se voit confier une mission, il doit savoir que tout est effet de la divine Providence et que : « le Saint béni soit-Il n’agit pas avec infamie envers Ses créatures ». Il est donc certain qu’on lui accorde les forces nécessaires pour assumer cette mission, pleinement et avec succès, comme l’exige la ‘Hassidout, avec joie et enthousiasme. A fortiori en est-il ainsi dans un domaine en lequel le mérite de ce qui est public vient en aide.

 

C’est précisément pour cela que chacun peut être, potentiellement, un émissaire du Rabbi, notamment quand il se pénètre de son enseignement. Dans une causerie figurant dans le Séfer Ha Si’hot 5748 (1988), à la page 240, le Rabbi le souligne :

De nos jours, après que des accomplissements importants et grandioses aient été réalisés pour diffuser la Torah, le Judaïsme et les sources de la ‘Hassidout à l’extérieur, par la force du chef de notre génération, mon beau-père et maître, le Rabbi et par la mission qu’il confie, chacun reçoit les forces nécessaires pour pouvoir établir la vérité.

A fortiori en est-il ainsi quand on étudie l’enseignement du chef de notre génération, quand on investit ses efforts en lui et quand on se consacre à sa diffusion.

 

Déduisant un enseignement de l’épisode des explorateurs, tel qu’il est relaté par la Torah, le Rabbi souligne qu’un émissaire doit prendre en charge l’intégralité des besoins de l’endroit dans lequel il exerce sa mission, sans se contenter de déléguer d’autres personnes pour y agir à sa place. Comme le rapporte le Sefer Ha Cheli’hout, paru en Erets Israël, à la page 152, le Rabbi explique, à ce sujet :

Si un émissaire se contente de « reconnaitre l’endroit », puis qu’il envoie quelqu’un d’autre pour y effectuer le travail, il doit savoir que telle n’est pas l’intention de celui qui l’a délégué. La Torah nous souligne que, même si l’on a obtenu uniquement l’instruction de reconnaitre l’endroit, dès lors que l’on avance « par la force de ce vieillard », on parviendra à « conquérir » l’endroit et à le transformer.

C’est de cette façon qu’un endroit d’opposition aux enfants d’Israël devient, conformément au sens simple des versets, celui dans lequel ils s’installent et résident.

 

Le Rabbi est parfaitement conscient de ce qu’il peut en coûter à l’homme d’assumer la mission qu’il confie. Et, il souligne ainsi, encore une fois, à quel point cette mission est à la portée de tous. Comme l’indique le Sefer Ha Cheli’hout, publié en Erets Israël, à la page 305, le Rabbi indique, à ce sujet :

Il est inimaginable que l’on n’ait pas la force d’assumer la mission. En fait, ce qui est possible, c’est que l’on attende de quelqu’un un effort accru, plus intense. Il faut effectivement renoncer à ses préoccupations personnelles, y compris celles qui appartiennent au domaine de la sainteté.

Parfois, il sera nécessaire de renoncer à un cours de Torah, d’autres fois à une manière de mieux accomplir une Mitsva, par exemple, afin d’être en mesure de se consacrer à une activité urgente, concernant d’autres personnes, ou bien pour les besoins communautaires, en général.

 

Dès lors qu’il s’implique en sa mission, l’émissaire reçoit les forces de la mener à bien. Dans une lettre figurant dans les Iguerot Kodech, tome 5, à la page 190, le Rabbi, faisant allusion à ce sujet, écrit ceci :

Comme on le sait, un Tsaddik et, plus encore, un chef du peuple d’Israël, quand il confie une mission à un Juif, lui insuffle, simultanément, les forces nécessaires pour la mener à bien de la meilleure façon possible. Il en est ainsi à la fois pour la mission proprement dite et pour celui qui l’assume.

Il est clair que, de cette façon, l’émissaire en tirera une santé accrue, physiquement et donc aussi spirituellement.

Evoquant ses émissaires, dans une causerie figurant dans le Sefer Ha Cheli’hout, paru en Erets Israël, à la page 149, le Rabbi ajoute également le point suivant :

Ils doivent savoir que rien ne doit les affecter, car ils n’agissent pas seuls. Ils sont accompagnés par celui qui les mandate, ils se consacrent au domaine du Rabbi. En chaque endroit où ils se rendent, le Rabbi est avec eux. Ils ne doivent donc éprouver aucune crainte.

Il leur faut aller de l’avant, avec détermination, car, comme on l’a dit, ils sont mus par les forces du Rabbi. Il est donc certain qu’ils assumeront avec succès la mission qui leur est confiée.

 

En plus des forces particulières qu’il reçoit, un émissaire doit aussi investir en sa mission les siennes propres. C’est la condition de sa réussite. Comme le rapporte le Sefer Ha Cheli’hout, paru en Erets Israël, à la page 513, le Rabbi précise lui-même cette idée :

Pour mettre tout cela en pratique, vous devez, avant tout, vous servir de vos propres forces. De fait, la vocation de l’homme est de servir D.ieu par ses forces propres. En outre, il est dit que : « l’on vient en aide à celui qui vient se purifier », en lui apportant un ajout supérieur à ce que l’on introduit soi-même.

Nos maîtres et nos chefs vous accorderont des forces particulières, afin que vous ayez une réussite considérable, au-delà des voies de la nature, en votre mission, qui doit être votre rôle essentiel.

 

Un émissaire du Rabbi ne reçoit pas de directives précises et il doit donc se servir de sa propre capacité d’analyse pour mener à bien la mission qui lui est confiée de la meilleure façon possible. Comme le rapporte le Sefer Ha Cheli’hout, paru en Erets Israël, à la page 258, le Rabbi souligne, à ce propos :

Telle est la véritable définition que l’on peut donner d’une telle mission. On envoie un Juif sur un autre continent. Là, il ne reçoit pas de directives particulières, concernant ce qu’il doit faire, en chaque domaine. On ne lui précise pas, à chaque pas, le comportement qu’il doit adopter, jusque dans le moindre détail.

Il doit donc se servir de son propre intellect, évaluer ce qu’il doit faire, en conformité avec les instructions globales qu’il a reçues, au préalable, du chef de notre génération, afin d’assumer la mission qui lui est confiée de la meilleure façon la plus parfaite.

 

Comme le rapporte le Sefer Ha Cheli’hout, paru en Erets Israël, à la page 283, le Rabbi demande également d’encourager ses émissaires :

Il est inutile de souligner que les émissaires méritent d’être encouragés et qu’ils en ont besoin, car ils mettent eux-mêmes en pratique les termes du verset : « Va-t’en pour toi de ton pays, de ta patrie et de la maison de ton père », ils se rendent dans un pays étranger, ayant une langue étrangère, des conditions difficiles, afin d’y assumer la mission de Mitsva consistant à y diffuser le Judaïsme, la Torah et ses Mitsvot dans des coins reculés, compte tenu de la situation du Judaïsme qui y règne.

 

La conviction de l’émissaire est nécessaire également. Il ne doit pas avoir de doute sur l’issue positive de la mission qui lui est confiée. Dans une causerie prononcée le Chabbat Parchat Chela’h 5743 (1983), le Rabbi affirme, à ce sujet :

Quand un Juif assume la mission qui lui est confiée par le Saint béni soit-Il, il doit savoir qu’il parviendra à le faire, sans le moindre doute, comme l’indique le verset : « monter, nous monterons et nous en hériterons, car nous y parviendrons ». Rachi explique : « monter, nous monterons : dans les cieux s’il le faut. S’il nous demande de confectionner des échelles et d’y grimper, nous connaîtrons la réussite, conformément à ses paroles ».

Ainsi, même pour ce qui semble totalement improbable, comme en l’occurrence le fait de monter dans les cieux, dès lors que la mission en est confiée à un Juif, les forces lui sont accordées pour la mener à bien, car il avance par le pouvoir de celui qui le mandate. Il ne fait donc pas de doute que chaque détail de cette mission sera fructueux.

 

Le Rabbi emploie le terme de « serment », à propos de la mission qu’il confie, comme le rapporte le Sefer Ha Cheli’hout, paru à New York, à la page 83 :

Dès que l’on part assumer sa mission, s’appliquent les termes du serment, Chevoua, ainsi qu’il est dit : « je te ferai prêter serment », de la même étymologie que Sova, satiété, car on est alors rassasié de toutes les forces morales nécessaires pour mener à bien cette mission.

 

La mission du Rabbi doit être menée à bien « avec fracas ». C’est ainsi qu’elle peut ouvrir toutes les portes. Dans une causerie rapportée par le Sefer Ha Si’hot 5749, à la page 46, le Rabbi explique :

Plus l’on accomplit pleinement et avec fracas la mission qui a été confiée, plus l’on reçoit des forces, à la fois pour mener à bien cette mission et pour ce dont on a besoin, à titre personnel, toutes les bénédictions concernant les enfants, la santé et la prospérité matérielle, dans la largesse.

 

Mais, le Rabbi choisit lui-même celui qu’il délègue et ceci lui confère un statut particulier. Dans une lettre figurant dans ses Iguerot Kodech, tome 3, à la page 446, le Rabbi écrit ceci :

En outre, le Rabbi vous a personnellement choisi et il vous a confié une mission particulière. Vous savez que, y compris selon la partie révélée de la Torah, l’émissaire d’un homme s’identifie à lui. Vous pouvez en déduire que le Rabbi vous a accordé ses propres forces, afin d’être en mesure de mener à bien cette mission.

Dans une autre lettre, figurant dans ses Iguerot Kodech, tome 15, à la page 247, le Rabbi souligne, bien plus, qu’il se trouve lui-même en chacun de ses émissaires :

Mon beau-père et maître, le saint Rabbi vous a choisi et il a fait de vous son émissaire, chargé de diriger la communauté des enfants d’Israël, dans votre ville. Or, l’émissaire d’un homme s’identifie à lui et l’une des justifications de cette situation est la force que celui qui délègue insuffle à son émissaire. Ainsi, quand il vous donne cette force, c’est comme s’il se trouvait en vous.

 

Bien entendu, celui qui modifie les termes de la mission qui lui est confiée par le Rabbi perd aussitôt les forces qu’il lui insuffle. Dans une lettre figurant dans ses Iguerot Kodech, tome 15, à la page 247, le Rabbi écrit :

Un émissaire fidèle ne modifie pas les termes de la mission qui lui a été confiée. Il possède la force et la détermination de celui qui le mandate, puisque nos Sages, dont la mémoire est une bénédiction, affirment qu’un émissaire s’identifie à celui qui le mandate, ou même aux stades les plus élevés du domaine de la Sainteté, jusqu’à l’Homme céleste, Qui siège sur le Trône et Qui dit à chaque érudit de la Torah :
« Je place Mes Paroles dans ta bouche ».

A l’inverse, un émissaire qui modifie les termes de la mission qui lui a été confiée n’accomplit, dès lors, que sa volonté personnelle, par ses forces propres, c’est-à-dire la volonté et la force d’un être de chair et de sang, possédant une existence physique, duquel il est dit : « la supériorité de l’homme, par rapport à l’animal, est inexistante ».

 

Ce que le Rabbi distribue à ses émissaires, quand il les réunit est également une force qu’il leur accorde, afin d’assumer pleinement leur rôle. Comme le rapporte le Sefer Ha Si’hot 5748 (1987), à la page 102, le Rabbi, à l’occasion d’une de ces réunions, conclut les propos qu’il prononça devant ses émissaires de la façon suivante :

Il est dit que : « Il donnera et Il donnera encore ». On distribuera donc une explication de Torah et une participation à la Tsedaka, qui sont l’aspect essentiel de la force que l’on peut accorder aux émissaires pour qu’ils mènent à bien la mission qui leur est confiée.