Par le Rav Haïm Mellul

 

Dans une lettre figurant dans ses Iguerot Kodech, tome 9, à la page 324, le Rabbi manifeste sa surprise à quelqu’un qui lui confie, dans une lettre qu’il lui adresse, qu’il ne pense pas posséder les forces nécessaires pour assumer la mission qu’il entend lui confier :

Vous m’écrivez que vous ne possédez pas la détermination nécessaire pour agir sur d’autres cercles. Vous consulterez, à ce propos, le Likouteï Torah, au début de la Parchat Vaykra, qui affirme que, pour tout ce qui concerne la Torah et les Mitsvot, l’homme, ici-bas, est l’émissaire de l’Homme céleste. Vous consulterez ce texte.

En conséquence, je ne comprends pas que vous puissiez manquer de détermination, dans ce domaine.

 

De fait, celui qui est chargé d’une mission par le Rabbi reçoit aussi les forces nécessaires pour la mener à bien. Comme le rapporte le Sefer Ha Cheli’hout, paru en Erets Israël, à la page 518, le Rabbi précise, à ce sujet :

Lorsqu’un Juif se voit confier une mission, il doit savoir que tout est effet de la divine Providence et que : « le Saint béni soit-Il n’agit pas avec infamie envers Ses créatures ». Il est donc certain qu’on lui accorde les forces nécessaires pour assumer cette mission, pleinement et avec succès, comme l’exige la ‘Hassidout, avec joie et enthousiasme. A fortiori en est-il ainsi dans un domaine en lequel le mérite de ce qui est public vient en aide.

 

C’est précisément pour cela que chacun peut être, potentiellement, un émissaire du Rabbi, notamment quand il se pénètre de son enseignement. Dans une causerie figurant dans le Séfer Ha Si’hot 5748 (1988), à la page 240, le Rabbi le souligne :

De nos jours, après que des accomplissements importants et grandioses aient été réalisés pour diffuser la Torah, le Judaïsme et les sources de la ‘Hassidout à l’extérieur, par la force du chef de notre génération, mon beau-père et maître, le Rabbi et par la mission qu’il confie, chacun reçoit les forces nécessaires pour pouvoir établir la vérité.

A fortiori en est-il ainsi quand on étudie l’enseignement du chef de notre génération, quand on investit ses efforts en lui et quand on se consacre à sa diffusion.

 

Déduisant un enseignement de l’épisode des explorateurs, tel qu’il est relaté par la Torah, le Rabbi souligne qu’un émissaire doit prendre en charge l’intégralité des besoins de l’endroit dans lequel il exerce sa mission, sans se contenter de déléguer d’autres personnes pour y agir à sa place. Comme le rapporte le Sefer Ha Cheli’hout, paru en Erets Israël, à la page 152, le Rabbi explique, à ce sujet :

Si un émissaire se contente de « reconnaitre l’endroit », puis qu’il envoie quelqu’un d’autre pour y effectuer le travail, il doit savoir que telle n’est pas l’intention de celui qui l’a délégué. La Torah nous souligne que, même si l’on a obtenu uniquement l’instruction de reconnaitre l’endroit, dès lors que l’on avance « par la force de ce vieillard », on parviendra à « conquérir » l’endroit et à le transformer.

C’est de cette façon qu’un endroit d’opposition aux enfants d’Israël devient, conformément au sens simple des versets, celui dans lequel ils s’installent et résident.

 

Le Rabbi est parfaitement conscient de ce qu’il peut en coûter à l’homme d’assumer la mission qu’il confie. Et, il souligne ainsi, encore une fois, à quel point cette mission est à la portée de tous. Comme l’indique le Sefer Ha Cheli’hout, publié en Erets Israël, à la page 305, le Rabbi indique, à ce sujet :

Il est inimaginable que l’on n’ait pas la force d’assumer la mission. En fait, ce qui est possible, c’est que l’on attende de quelqu’un un effort accru, plus intense. Il faut effectivement renoncer à ses préoccupations personnelles, y compris celles qui appartiennent au domaine de la sainteté.

Parfois, il sera nécessaire de renoncer à un cours de Torah, d’autres fois à une manière de mieux accomplir une Mitsva, par exemple, afin d’être en mesure de se consacrer à une activité urgente, concernant d’autres personnes, ou bien pour les besoins communautaires, en général.

 

Dès lors qu’il s’implique en sa mission, l’émissaire reçoit les forces de la mener à bien. Dans une lettre figurant dans les Iguerot Kodech, tome 5, à la page 190, le Rabbi, faisant allusion à ce sujet, écrit ceci :

Comme on le sait, un Tsaddik et, plus encore, un chef du peuple d’Israël, quand il confie une mission à un Juif, lui insuffle, simultanément, les forces nécessaires pour la mener à bien de la meilleure façon possible. Il en est ainsi à la fois pour la mission proprement dite et pour celui qui l’assume.

Il est clair que, de cette façon, l’émissaire en tirera une santé accrue, physiquement et donc aussi spirituellement.

Evoquant ses émissaires, dans une causerie figurant dans le Sefer Ha Cheli’hout, paru en Erets Israël, à la page 149, le Rabbi ajoute également le point suivant :

Ils doivent savoir que rien ne doit les affecter, car ils n’agissent pas seuls. Ils sont accompagnés par celui qui les mandate, ils se consacrent au domaine du Rabbi. En chaque endroit où ils se rendent, le Rabbi est avec eux. Ils ne doivent donc éprouver aucune crainte.

Il leur faut aller de l’avant, avec détermination, car, comme on l’a dit, ils sont mus par les forces du Rabbi. Il est donc certain qu’ils assumeront avec succès la mission qui leur est confiée.

 

En plus des forces particulières qu’il reçoit, un émissaire doit aussi investir en sa mission les siennes propres. C’est la condition de sa réussite. Comme le rapporte le Sefer Ha Cheli’hout, paru en Erets Israël, à la page 513, le Rabbi précise lui-même cette idée :

Pour mettre tout cela en pratique, vous devez, avant tout, vous servir de vos propres forces. De fait, la vocation de l’homme est de servir D.ieu par ses forces propres. En outre, il est dit que : « l’on vient en aide à celui qui vient se purifier », en lui apportant un ajout supérieur à ce que l’on introduit soi-même.

Nos maîtres et nos chefs vous accorderont des forces particulières, afin que vous ayez une réussite considérable, au-delà des voies de la nature, en votre mission, qui doit être votre rôle essentiel.

 

Un émissaire du Rabbi ne reçoit pas de directives précises et il doit donc se servir de sa propre capacité d’analyse pour mener à bien la mission qui lui est confiée de la meilleure façon possible. Comme le rapporte le Sefer Ha Cheli’hout, paru en Erets Israël, à la page 258, le Rabbi souligne, à ce propos :

Telle est la véritable définition que l’on peut donner d’une telle mission. On envoie un Juif sur un autre continent. Là, il ne reçoit pas de directives particulières, concernant ce qu’il doit faire, en chaque domaine. On ne lui précise pas, à chaque pas, le comportement qu’il doit adopter, jusque dans le moindre détail.

Il doit donc se servir de son propre intellect, évaluer ce qu’il doit faire, en conformité avec les instructions globales qu’il a reçues, au préalable, du chef de notre génération, afin d’assumer la mission qui lui est confiée de la meilleure façon la plus parfaite.

 

Comme le rapporte le Sefer Ha Cheli’hout, paru en Erets Israël, à la page 283, le Rabbi demande également d’encourager ses émissaires :

Il est inutile de souligner que les émissaires méritent d’être encouragés et qu’ils en ont besoin, car ils mettent eux-mêmes en pratique les termes du verset : « Va-t’en pour toi de ton pays, de ta patrie et de la maison de ton père », ils se rendent dans un pays étranger, ayant une langue étrangère, des conditions difficiles, afin d’y assumer la mission de Mitsva consistant à y diffuser le Judaïsme, la Torah et ses Mitsvot dans des coins reculés, compte tenu de la situation du Judaïsme qui y règne.

 

La conviction de l’émissaire est nécessaire également. Il ne doit pas avoir de doute sur l’issue positive de la mission qui lui est confiée. Dans une causerie prononcée le Chabbat Parchat Chela’h 5743 (1983), le Rabbi affirme, à ce sujet :

Quand un Juif assume la mission qui lui est confiée par le Saint béni soit-Il, il doit savoir qu’il parviendra à le faire, sans le moindre doute, comme l’indique le verset : « monter, nous monterons et nous en hériterons, car nous y parviendrons ». Rachi explique : « monter, nous monterons : dans les cieux s’il le faut. S’il nous demande de confectionner des échelles et d’y grimper, nous connaîtrons la réussite, conformément à ses paroles ».

Ainsi, même pour ce qui semble totalement improbable, comme en l’occurrence le fait de monter dans les cieux, dès lors que la mission en est confiée à un Juif, les forces lui sont accordées pour la mener à bien, car il avance par le pouvoir de celui qui le mandate. Il ne fait donc pas de doute que chaque détail de cette mission sera fructueux.

 

Le Rabbi emploie le terme de « serment », à propos de la mission qu’il confie, comme le rapporte le Sefer Ha Cheli’hout, paru à New York, à la page 83 :

Dès que l’on part assumer sa mission, s’appliquent les termes du serment, Chevoua, ainsi qu’il est dit : « je te ferai prêter serment », de la même étymologie que Sova, satiété, car on est alors rassasié de toutes les forces morales nécessaires pour mener à bien cette mission.

 

La mission du Rabbi doit être menée à bien « avec fracas ». C’est ainsi qu’elle peut ouvrir toutes les portes. Dans une causerie rapportée par le Sefer Ha Si’hot 5749, à la page 46, le Rabbi explique :

Plus l’on accomplit pleinement et avec fracas la mission qui a été confiée, plus l’on reçoit des forces, à la fois pour mener à bien cette mission et pour ce dont on a besoin, à titre personnel, toutes les bénédictions concernant les enfants, la santé et la prospérité matérielle, dans la largesse.

 

Mais, le Rabbi choisit lui-même celui qu’il délègue et ceci lui confère un statut particulier. Dans une lettre figurant dans ses Iguerot Kodech, tome 3, à la page 446, le Rabbi écrit ceci :

En outre, le Rabbi vous a personnellement choisi et il vous a confié une mission particulière. Vous savez que, y compris selon la partie révélée de la Torah, l’émissaire d’un homme s’identifie à lui. Vous pouvez en déduire que le Rabbi vous a accordé ses propres forces, afin d’être en mesure de mener à bien cette mission.

Dans une autre lettre, figurant dans ses Iguerot Kodech, tome 15, à la page 247, le Rabbi souligne, bien plus, qu’il se trouve lui-même en chacun de ses émissaires :

Mon beau-père et maître, le saint Rabbi vous a choisi et il a fait de vous son émissaire, chargé de diriger la communauté des enfants d’Israël, dans votre ville. Or, l’émissaire d’un homme s’identifie à lui et l’une des justifications de cette situation est la force que celui qui délègue insuffle à son émissaire. Ainsi, quand il vous donne cette force, c’est comme s’il se trouvait en vous.

 

Bien entendu, celui qui modifie les termes de la mission qui lui est confiée par le Rabbi perd aussitôt les forces qu’il lui insuffle. Dans une lettre figurant dans ses Iguerot Kodech, tome 15, à la page 247, le Rabbi écrit :

Un émissaire fidèle ne modifie pas les termes de la mission qui lui a été confiée. Il possède la force et la détermination de celui qui le mandate, puisque nos Sages, dont la mémoire est une bénédiction, affirment qu’un émissaire s’identifie à celui qui le mandate, ou même aux stades les plus élevés du domaine de la Sainteté, jusqu’à l’Homme céleste, Qui siège sur le Trône et Qui dit à chaque érudit de la Torah :
« Je place Mes Paroles dans ta bouche ».

A l’inverse, un émissaire qui modifie les termes de la mission qui lui a été confiée n’accomplit, dès lors, que sa volonté personnelle, par ses forces propres, c’est-à-dire la volonté et la force d’un être de chair et de sang, possédant une existence physique, duquel il est dit : « la supériorité de l’homme, par rapport à l’animal, est inexistante ».

 

Ce que le Rabbi distribue à ses émissaires, quand il les réunit est également une force qu’il leur accorde, afin d’assumer pleinement leur rôle. Comme le rapporte le Sefer Ha Si’hot 5748 (1987), à la page 102, le Rabbi, à l’occasion d’une de ces réunions, conclut les propos qu’il prononça devant ses émissaires de la façon suivante :

Il est dit que : « Il donnera et Il donnera encore ». On distribuera donc une explication de Torah et une participation à la Tsedaka, qui sont l’aspect essentiel de la force que l’on peut accorder aux émissaires pour qu’ils mènent à bien la mission qui leur est confiée.