Pendant la prière de Cha’harit de ce Chabbat Roch ‘Hodech Nissan nous lirons la Torah dans 3 Séfer-Torah. Le Rabbi nous enseigne que ces trois Séfer-Torah mettent l’accent sur notre accomplissement des Commandements divins qui est essentiel pendant le mois de Nissan (contrairement aux 3 Séfer-Torah que nous sortons le jour de Sim’ha Torah qui mettent davantage l’accent sur notre étude la Torah).
L’importance des Mitsvoth durant tout le mois de Nissan s’exprime également par le fait que dans le troisième Sefer-Torah il est question de la sanctification de la lune qui est la toute première Mitsvah que L’Eternel a ordonnée aux enfants d’Israël, ainsi qu’il est écrit : ‘Ce mois-ci (Nissan) sera pour vous le commencement dans l’ordre du compte des mois’.
Rachi explique que L’Eternel montra à Moché la lune dans le firmament, en lui disant que lorsque la lune se renouvellera dans le ciel, elle sera pour lui ‘le commencement des mois’.
Le mois de Nissan est appelé le mois de la Délivrance et le Rabbi nous enseigne que contrairement aux trois Sefer-Torah Torah de Sim’hat Torah, qui nous renforcent dans notre service divin ‘habituel’, les trois Livres du Chabbat Roch ‘Hodech Nissan nous renforcent dans notre service divin que le Rabbi définit comme étant ‘miraculeux’ et qui relève de notre aptitude à agir au-delà de notre nature et de nos habitudes.
Dans notre lecture de la Torah il est aussi question du Sacrifice de Pessa’h, et le Rabbi souligne que le mot Pessa’h (Saut) vient pour exprimer le service divin qui est au-delà de toutes les limites.
De fait, le sujet de Roch Hodech est également lié à notre dépassement personnel du fait que le mot ‘Hodech est apparenté au mot ‘Hidouch : Nouveauté, et cela n’est pas sans exprimer l’importance de chercher la nouveauté en nous-même, à dépasser nos habitudes pour atteindre le ‘Hidouch : une Lumière nouvelle dans notre service divin.
L’Admour Hazaken écrit dans le deuxième chapitre du Tanya :
‘Les âmes des juifs ont été conçues dans la pensée de D.ieu, ainsi qu’il est écrit : ‘Israël est mon premier-né’, et ‘Vous êtes les enfants de l’Eternel votre D.ieu. C’est-à-dire, ‘de même qu’un enfant est le produit du cerveau de son père, ainsi l’âme de chaque juif est le produit de la pensée et de la sagesse de D.ieu’.
Un fils est le ‘produit’ de la goutte séminale qui provient du cerveau de son père, après que cette goutte s’est transformée durant les mois de gestation dans le ventre de la mère. Les membres du corps de l’enfant se forment tout au long de cette période à partir de cette goutte ‘jusqu’à ce que même les ongles des pieds se trouvent formés par cette semence’.
L’Admour Hazaken écrit que tous les membres du corps de l’enfant demeurent liés, ‘d’une unité merveilleuse’ à l’Essence de la goutte du père même après que tous les membres du corps se sont formés car même si ces membres reçoivent leur vitalité du cerveau de l’enfant, c’est comme s’ils la recevaient du cerveau du père car le cerveau du fils est de la même Essence que le cerveau de son père.
Il en va de même pour l’âme Juive. L’Admour Hazaken démontre dans le Livre du Tanya que la relation qui existe entre le père et le fils est la même que celle qui existe entre l’Essence divine et l’Essence de l’âme d’Israël.
En effet, les âmes des enfants d’Israël proviennent de la Pensée et de la Sagesse (le ‘cerveau’) de notre Père qui est dans le ciel. L’âme de chaque Juif est l’un des membres du grand Corps que forme toute l’Assemblée d’Israël et l’âme de Moché correspond à la tête (le cerveau) du Corps de cette Assemblée. Aussi, l’Admour Hazaken nous enseigne que de même que les membres du corps reçoivent leur vitalité et sont guidés par le cerveau, les âmes du Corps de l’Assemblée d’Israël reçoivent leur vitalité et sont guidées par la tête, le cerveau : l’âme de Moché.
Ainsi, de même que ‘tous les membres du corps de l’enfant demeurent liés d’une unité merveilleuse à l’Essence de la goutte du père’, les âmes de tous les enfants d’Israël (le corps de l’Assemblée d’Israël) ‘demeurent liées d’une unité merveilleuse’ à l’Essence divine (le ‘cerveau’ de notre Père qui est dans le ciel) par l’intermédiaire de Moché (le Cerveau du Corps de l’Assemblée d’Israël).
L’Admour Hazaken enseigne ici que tous les membres du corps de l’enfant sont formés à partir de la goutte du père et qu’ils demeurent liés ‘d’une unité merveilleuse’ à l’Essence de cette goutte. L’Admour Hazaken démontre ici que même les parties les plus basses du corps : ‘les ongles des pieds’ demeurent liées ‘d’une unité merveilleuse’ à l’Essence de la goutte du père.
Les parties les plus basses du corps désignent ici les âmes les moins élevées du grand Corps que forme l’Assemblée d’Israël et à l’Admour Hazaken d’enseigner que ces âmes n’en demeurent pas moins liées à ‘l’Essence de la goutte du père’.
L’âme juive est ‘le produit de la Pensée et de la Sagesse de D.ieu’. La Pensée et la Sagesse de D.ieu correspondent à la Séfira de ‘Hokhmah du monde d’Atsilout (‘le cerveau’ de notre Père qui est dans le ciel). La ‘goutte’ qui provient du cerveau du père, c’est l’âme que l’Admour Hazaken définit comme étant ‘une parcelle de divinité véritable’.
‘L’Essence de la goutte’ désigne donc l’Essence de l’âme qui elle-même divine puisqu’elle est ‘une parcelle de divinité véritable’ (‘le cerveau du père’ c’est le ‘Divin véritable’).
A la lumière de ce qu’il vient d’être dit nous comprenons que la déclaration de l’Admour Hazaken selon laquelle ‘tous les membres du corps de l’enfant demeurent liés d’une unité merveilleuse’ à l’Essence de la goutte du père’, signifie que même l’âme du plus simple Juif demeure liée à l’Essence divine.
Dans le Dvar Mal’hout sur notre Paracha le Rabbi pose la question suivante : le nom de la Paracha ‘Tazria’ (‘conçoit’) est fondé sur le verset (12, 2) : ‘Quand une femme conçoit et donne naissance à un garçon’. Le nom Tazria fait donc allusion à la Naissance, à la Vie. Le Rabbi nous explique ici que la Vie représente ici la Délivrance et de la venue du Machia’h, laquelle est allusionnée par le nom de la Paracha Metsora (dont nous lirons le début pendant la prière de Min’ha de Chabbat) : ‘Lépreux’.
En effet, bien que cela puisse paraître étonnant, la Lèpre est plus une réparation qu’une punition. Le Rambam explique qu’elle ne fut infligée que dans le but de nous mettre en garde du péché de la Médisance (‘lachon haRa’). Dans ce cas elle ne doit être considérée que comme une guérison, comme le moyen de corriger nos fautes et parvenir de cette façon à une nouvelle vie. Ceux qui étaient atteints par la Lèpre devaient quitter le camp dans lequel résidait la Présence divine. Le Rabbi explique que cette situation, ‘hors du campement’, désigne celle de chaque Juif pendant l’exil.
Ainsi, l’enseignement du Rabbi lorsque ces deux Parachot sont juxtaposées (ce qui n’est pas le cas cette année) est que nous devons semer (‘Tazria’), pendant l’exil, ainsi que la déclaré le Rabbi : ‘c’est à dire que nous devons faire tout ce qui est en notre pouvoir pour faire de ce monde une demeure pour D.ieu, en ayant conscience que, de même que la lèpre fut le moyen d’accéder à la pureté, l’exil est le moyen d’accéder à la venue du Machia’h’.
Cet enseignement du Rabbi n’est pas sans s’accorder avec celui de l’Admour Hazaken selon lequel ‘même l’âme du plus simple Juif demeure liée à l’Essence divine’. L’Essence divine se trouve en toute chose, même dans l’obscurité la plus profonde et du fait que l’Essence de l’âme de chaque Juif est enracinée dans l’Essence divine, chaque enfant d’Israël détient le pouvoir de révéler sa force quelque soit son niveau et quelque soit la situation qu’il vit, même s’il se trouve ‘hors du camp’.
Comme il a été dit précédemment, les trois Séfer-Torah du Chabbat Roch ‘Hodech Nissan nous renforcent dans notre service divin que le Rabbi a défini comme étant miraculeux et qui relève de notre aptitude à agir au-delà de notre nature et de nos habitudes. A l’évidence notre service divin peut être qualifié de miraculeux lorsque nous sommes attachés profondément car ‘comme les membres du corps qui reçoivent leur vitalité et sont guidés par le cerveau, chaque Juif reçoit sa vitalité et est guidé par la tête, le cerveau de l’Assemblée d’Israël : Roch-bneï-Israël : le Rabbi’.
Cet attachement profond au Rabbi s’exprime tout particulièrement dans la déclaration de l’Admour Hazaken selon laquelle ‘tous les membres du corps de l’enfant demeurent liés d’une unité merveilleuse’ à l’Essence de la goutte du père’. Un ‘Hassid recherche sans cesse à révéler cette unité merveilleuse qui l’unit au Rabbi. Le Rabbi est l’Essence de l’Ame d’Israël et il détient la capacité de révéler l’Essence de lâme de chaque Juif. De même que l’enfant demeure lié d’une unité merveilleuse à l’Essence du père, un ‘Hassid demeure lié d’une unité merveilleuse à l’Essence du Rabbi.
Le mois de Nissan est appelé le mois de la Délivrance et c’est de cette délivrance dont il s’agit, c’est à dire du fait de révéler cette unité merveilleuse qui unit nos pensées nos paroles et nos actes à l’Essence du Rabbi. Les trois Livres du Chabbat Roch ‘Hodech Nissan nous renforcent en ce sens. Notre service divin que le Rabbi définit comme étant ‘miraculeux’ relève de notre aptitude à agir au-delà de notre nature et de nos habitudes. Or cette attitude ne dépend que de nos efforts pour accomplir la mission que nous donne le Rabbi. C’est aussi le sens du mot Pessa’h : Saut qui vient pour exprimer notre attachement aux Commandements divins et à notre étude de la Torah au-delà de toutes les limites ; tout comme le sens du nom Roch- ‘Hodech , ainsi qu’il a été dit : ‘Hodech est apparenté au mot ‘Hidouch : Nouveauté : l’importance de chercher la nouveauté en nous-même, à dépasser nos habitudes pour atteindre le ‘Hidouch : chercher et trouver sans cesse de nouveaux moyens pour provoquer le Dévoilement de notre Juste Machia’h dès à présent avec l’aide d’Hachem.
L’un des enseignements du Rabbi du Dvar Mal’hout sur la Paracha Chemini est basé sur le fait que pendant sept jours Moché monta et démonta le Michkan et que le huitième jour il ne le démonta pas. Ce huitième jour, la Présence divine se dévoila dans le Michkan (le Temple portatif dans lequel l’Éternel Se dévoilait à Moché durant le séjour des enfants d’Israël dans le désert).
Le Rabbi nous enseigne alors la signification du chiffre sept et du chiffre huit. Le chiffre sept représente la perfection de ce monde car le monde fut créé en 6 jours et le septième jour qui est le jour du Chabbat apporta le repos en ce monde. Ainsi, le chiffre sept symbolise la lumière divine qui s’habille dans ce monde matériel et qui de ce fait est une lumière limitée. A l’opposé, le chiffre huit symbolise la lumière divine qui est au-delà du monde et le huitième jour fut donc le jour de la révélation de la Présence divine.
Le point souligné par le Rabbi est que la lumière du huitième jour ne fut pas ‘séparée’ du monde car ce monde limité devint le réceptacle d’une lumière illimitée. Hachem unifia deux contraires, l’illimité et le limité.
Aussi, le Rabbi met en évidence que le Michkan fut construit par les mains de l’homme et il apparaît donc que c’est par son propre travail que l’homme parvient à dévoiler la Présence divine à l’intérieur du Michkan, et par la suite dans l’univers entier.
Cet enseignement du Rabbi s’applique aussi à l’âme car la mission de chaque Juif consiste à faire de soi-même un Michkan (un réceptacle) capable de recevoir le dévoilement de l’Essence de l’âme divine. En ce sens, les sept jours des Milouim qui précédent et qui constituent la préparation au dévoilement du huitième jour de la Présence divine dans le Michkan correspondent au travail de préparation nécessaire pour recevoir le dévoilement de l’Essence de l’âme.
Le chiffre sept correspond donc à la partie de l’âme qui s’habille dans le corps (comme la lumière divine qui s’habille dans le monde) et le chiffre huit à la partie de l’âme qui ne s’habille pas dans le corps (comme la lumière infinie qui ne s’habille pas dans le monde).
L’Admour Hazaken explique dans le Likouteï Torah que l’expression ‘de toute ton âme’ du verset du Chéma Israël désigne la force de messirout néfech ; en d’autres termes, de la capacité de chaque Juif de faire don de sa propre vie pour sanctifier le Nom de D.ieu. Or, cette force ne découle absolument pas de l’intellect. C’est pourquoi nous employons l’expression ‘au-delà de l’intellect’ car cette force découle de l’Essence de l’âme laquelle est bien au-delà de l’intellect, puisque ‘l’Essence de l’âme est enracinée dans l’Essence divine’.
Par ailleurs l’Admour Hazaken explique que l’expression ‘de toute ton âme’ a aussi un autre sens. ‘L’intellect est un réceptacle de l’Essence de l’âme’, de même que pour les mondes supérieurs la Séfira de ‘Ho’hmah-ilaa du monde d’Atsilouth est un réceptacle de la lumière d’Ein Sof.
De fait, la Torah qui est la Sagesse de D.ieu vient de la Séfira de ‘Ho’hmah-ilaa du monde d’Atsilouth où s’habille la lumière d’Or ein-sof. L’attribut de ‘Ho’hmah du monde d’Atsilouth illumine l’attribut de ‘Ho’hmah des mondes de Bria, Yetsira et Assyia et s’habille dans les Halakhot de la Torah. Ainsi, quand un Juif étudie une Halakha, alors sa ‘Ho’hmah s’unit à la ‘Ho’hmah divine contenue dans cette Halakha.
Aussi, ‘de toute ton âme’ ne désigne pas seulement la force de messirout néfech mais symbolise également l’union des pensées des paroles et des actes de l’homme à la pensée la parole et l’action d’Hachem. Par le fait d’unir son intellect à la Sagesse de la Torah, un juif unit l’Essence de son âme à l’Essence divine.
Cet enseignement de l’Admour Hazaken s’accorde avec l’enseignement du Rabbi. L’intellect est une force limitée, à l’image du chiffre sept qui représente ce monde limité comme il a été expliqué précédemment. Or, c’est précisément par l’étude de la Halakha que l’intellect devient un réceptacle de l’Essence de l’âme, laquelle est comparable au chiffre huit qui représente la lumière divine infinie qui se dévoila dans le Michkan.
De la même façon, nous devons agir dans ce monde limité dans le but d’attirer la lumière de la Délivrance finale.
Le Rabbi nous enseigne dans le ‘Dvar Mal’hout’ de la Paracha Chemini que ‘Moché a la capacité d’unir les enfants d’Israël avec le Saint béni soit-Il car l’infini et le fini sont en lui’.
En d’autres termes, ‘l’infini est en lui’ signifie que la force de la partie la plus profonde de l’âme de Moché, l’Essence de l’âme de Moché, ‘l’infini’, est constamment dévoilée dans la partie ‘finie’ de son âme : la partie de l’âme qui s’habille dans le corps : les forces de l’intellect dans le cerveau, les sentiments dans le cœur, la vitalité dans le sang.
Le Rabbi nous enseigne alors que l’humilité de Moché est la raison pour laquelle il a le mérite que l’infini soit dévoilé en son âme, et c’est à cela que se rapporte la déclaration du Pirkeï Avot selon laquelle : ‘Moché a reçu la Loi du Sinaï et l’a transmise à Yéochoua’ : la Montagne du Sinaï, par le fait qu’elle soit la plus basse parmi toutes les montagnes, exprime l’humilité et la soumission la plus totale vis à vis de l’Eternel, et le Rabbi révèle que ‘Moché a reçu la Loi du Sinaï’ signifie qu’il apprend ‘du Sinaï’, qu’il est animé par la plus grande humilité, et parfaitement soumis à D.ieu.
D’une certaine manière, la force de soumission de Moché et son exceptionnelle humilité sont peut-être liées au titre donné à l’ouvrage du Rabbi : ‘Dvar Mal’hout’. En effet, la ‘Hassidout nous enseigne que la Séfira de Mal’hout (la dernière Séfira du monde d’Atsilout) est qualifiée de ‘pauvre’ car elle ne possède pas une lumière qui lui est propre.
Comme la lune qui reçoit toute sa lumière du soleil, la Séfira de Mal’hout reçoit toute sa lumière des autres Séfirot du monde d’Atsilout. A l’exemple de l’élève qui est au départ parfaitement soumis à son Maître et qui grâce à cela parvient parfois à le dépasser, la Séfira de Mal’hout s’élèvera dans les temps messianiques au- dessus de toutes les Séfirot et leur dispenseraq sa propre lumière, ainsi qu’il est dit : ‘une épouse vertueuse (Mal’hout) est la couronne de son mari’ (Zo).
Il en va de même pour la lune car dans les temps messianiques celle-ci ne recevra plus sa lumière du soleil mais dispensera sa propre lumière et deviendra aussi grande que le soleil, ainsi qu’il est dit : ‘la nuit brillera comme le jour’.
Le principe selon lequel l’annulation vis-à-vis de D.ieu provoque les plus hauts dévoilements divins transparaît à travers tous les enseignements du ‘Dvar Mal’hout’. L’image souvent donnée par la ‘Hassidout d’une graine qui se putréfie dans le sol avant de donner naissance à une plante en est le parfait exemple. Elle s’accorde à l’image de la lune dont la taille diminue jour après jour dans l’obscurité du ciel jusqu’à finir par disparaître, puis y renaître ensuite à nouveau.
Dans le ‘Dvar Mal’hout’ sur la Paracha Chemini, le Rabbi cite le livre de Chmouel (1, 20, 18) : ‘Ton absence sera remarquée, ta place étant vide’.
Dans ce verset, Yonathan s’adresse à David en lui faisant remarquer que son absence à la table du roi ne peut passer inaperçue. C’est précisément parce que David ‘manque’ à sa place que le roi se ‘souvient’ de lui. Le Rabbi déclare qu’il en va de même pour la lune le jour de Roch ‘Hodech : c’est précisément après avoir diminuée de taille au point de disparaître, de ‘manquer à sa place’, que la lune renaît et grandit à nouveau dans le ciel.
D’après l’enseignement du Rabbi, ce principe s’applique à celui de l’obscurité qui précède la Délivrance. La Délivrance ‘manque à sa place’, c’est précisément ‘parce qu’un Juif ne se trouve pas à sa véritable place, à la table de son Père, sur la terre sainte à Jérusalem, la ville sainte, dans le Beït Ha Mikdache, et c’est cette absence précisément qui aura pour effet que l’Eternel se souviendra de lui et le délivrera.’
A travers ces paroles du Rabbi, nous devons comprendre que c’est ce qui nous fait défaut qui nous permet par la suite d’atteindre le divin illimité. L’absence de David à la Table du roi Shaoul est une allusion à l’attribut de Gvurah, au Tsimtsoum, à la limitation et à la dissimulation de la lumière divine. Le Rabbi nous dévoile que c’est précisément par l’attribut de Gvurah, le ‘fini’, que l’on peut accéder à ‘l’infini’, ainsi qu’il est dit : ‘celui qui accomplit la Torah dans la pauvreté finira par l’accomplir dans l’opulence’ (Rabbi Yonathan, Pirkeï Avoth).
Ainsi, peut-être est-ce à travers l’idée selon laquelle tout dévoilement divin passe nécessairement par la révélation de notre petitesse, que le Rabbi intitula son recueil ‘Dvar Mal’hout’. En effet, notre petitesse doit être comparable à celle de la Séfira de Mal’hout. A l’évidence Mal’hout réprésente la ‘pauvreté’ qui mène à l’opulence, à l’exemple de cette graine qui disparaît dans la terre pour renaître ensuite, à celui de la lune qui disparaît pour réapparaître ensuite.
A l’exemple de Moché dont le nom disparaît dans la Paracha Tetsaveh, à celui du Rabbi qui demande à ses émissaires de ne pas mentionner son nom si cela s’avère nécessaire, c’est par le fait de s’annuler totalement à la volonté du Rabbi, le Moché de notre génération, que l’on parvient à renaître ensuite, à s’élever dans notre service divin dans la plus grande opulence, jusqu’au dévoilement de notre Juste Machia’h, très bientôt et de nos jours, avec l’aide d’Hachem .
Au sujet ses Parachiot Vayakhel et Pékoudeï le Rabbi nous enseigne que lorsque l’on médite au fait que Moché rassemble tout le Peuple pour lui donner (de manière générale) l’ordre de construire le Michkan (Vayakhel) on ressentira avant tout ‘qu’il n’y a rien d’autre en dehors de D.ieu’ et que toute notre existence n’a pas d’autre but que celui de Lui construire une demeure, ainsi qu’il est dit : ‘Et vous Me ferez un Sanctuaire’.
A l’opposé, si l’on commence par méditer à tous les éléments et à tous les détails qui composent le Michkan (Pékoudeï), alors on ressentira avant tout la réalité de ce monde, son importance et son contenu profond, et notre travail consistera alors à ce que cette réalité soit ’employée’ pour la construction du Michkan.
Le Rabbi rapporte la Michnah à la fin du Traité Kidouchin dans laquelle il est écrit : ‘J’ai été créé pour servir mon Créateur’, et dans une autre Guirsa du Talmud Babli, il est écrit : ‘Je n’ai été créé que pour servir mon Créateur’.
Le Rabbi explique la différence de sens de ces deux versets de la manière suivante : lorsqu’il est dit ‘J’ai été créé pour servir mon Créateur’ l’accent est mis sur notre propre existence (J’ai : Ani), ainsi qu’il vient d’être dit au sujet de la Paracha Pékoudeï), et quand il est écrit ‘Je n’ai été créé que pour servir mon Créateur’ l’accent est d’abord mis sur l’Existence d’Hachem avant même qu’il ne soit question de notre propre existence et de notre devoir de construire un Michkan, ainsi qu’il a été dit au sujet de la Paracha Vayakel.
Aussi, le Rabbi nous enseigne que notre service divin qui correspond au contenu profond de la Paracha Pékoudeï consiste à attirer (Hamcha’ha) le Divin dans ce monde matériel, dans tous les éléments qui le composent ; à l’exemple des Commandements divins que l’on accomplit au moyen d’objets matériels qui tirent leur vitalité de Klipat Noga, et que l’on sanctifie par le fait de réaliser la Volonté Supérieure du Saint béni soit-Il.
Le travail de Pékoudeï met donc l’accent sur le fait d’agir dans le monde et dans tous ses détails et de dévoiler un niveau du Divin qui est lié avec le monde.
A l’opposé, le Rabbi décrit le travail de ‘Vayakhel’ comme un travail d’élévation : ‘élever tous les sujets de ce monde en y dévoilant le niveau du Divin qui est au-delà du monde’.
De fait, le Rabbi souligne que chaque Juif a la possibilité de s’élever et d’élever le monde au-delà de leurs limites au point de s’unir à l’Essence divine.
Dans les notes ajoutées au chapitre 20 de ‘Iniana chel Torat Ha ‘Hassidout’ (traduction de Chlomoh Brodowicz) le Rabbi nous enseigne que seule ‘L’Essence divine détient le pouvoir de créer un être physique. Cependant, l’effusion de ce pouvoir essentiel en un être indépendant ne se réalise qu’à travers la Lumière. La Lumière étant l’intermédiaire entre l’Existence ‘Vraie’ (Divine) et l’existence créée.
Ainsi, par l’entremise de la Lumière, le pouvoir de l’Essence peut porter à l’existence un objet à partir du véritable néant (Maamar Ye’hayénou, 5694, chapitre 14. Sefer Ha Maamarim 5711, page 39. Voir également Igguéreth Ha Kodech, 20). De façon similaire, dans le service de D.ieu, bien que la manifestation de l’Essence se produise à travers l’observance active des Mitsvoth, il demeure que l’effusion de l’Essence dans les actes accomplis est tributaire des ressources intérieures humaines (intellectuelles et émotionnelles). C’est pour cette raison que l’amour et la crainte sont appelés ‘les voies de D.ieu’ (Likouteï Si’hot 3, page 956).
‘L’effusion de l’Essence dans les actes accomplis’ représente le dévoilement de l’Essence de l’âme qui ne s’habille pas dans le corps (Vayakhel : le niveau du Divin qui est au-delà du monde) dans les forces de l’âme qui s’habillent dans le corps (Pékoudeï : le niveau du Divin qui est lié au monde). Notre mission de construire le Michkan implique d’agir dans ce monde avec toutes les forces qui nous ont été données, c’est à dire avec les 10 forces de l’âme qui s’habillent dans le corps : l’intellect, les sentiments et les actions. Ce travail est celui de Pekoudeï ainsi qu’il a été expliqué précédemment : Le travail de Pékoudeï met donc l’accent sur le fait d’agir dans le monde et dans tous ses détails et de dévoiler un niveau du Divin qui est lié avec le monde.
Par ailleurs le Rabbi décrit le travail de ‘Vayakhel’ comme un travail d’élévation : ‘élever tous les sujets de ce monde en y dévoilant le niveau du Divin qui est au-delà du monde’.
La prière de Modé Ani s’accorde au travail de Vayakhel car lorsque nous disons cette prière nous mettons en avant que ‘Je n’ai été créé que pour servir mon Créateur’ et l’accent est d’abord mis sur l’Existence d’Hachem avant même qu’il ne soit question de notre propre existence. Cette prière est le point de départ de notre service divin, le Rabbi l’a décrit comme étant ‘le fondement et le ferment de tout ce que chacun doit accomplir durant toute la journée, dans le domaine de la Torah. On doit dès le réveil considérer en présence de Qui on se tient : devant le suprême Roi des rois, le Saint béni soit-Il, et il convient d’en avoir conscience durant toute occupation ou loisir. C’est là un grand principe de la Torah, de même qu’une immense vertu des Justes qui marchent devant D, ainsi qu’il est dit : J’ai conscience de la Présence de L’Eternel en face de moi, constamment. C’est ainsi que la journée entière doit être pénétrée de cette pensée. Tout ceci permet de comprendre le mot prononcé par Rabbi Chalom Dov-Ber de Loubavitch, lorsqu’il était jeune : Il convient, dit-il, de parsemer la journée entière du point qui suit le mot miséricorde (‘Bé Hèmela’) dans le Modé Ani. Il exprimait ainsi l’idée que le dévouement suggéré par le Modé Ani, est requis à chaque moment de la journée’.
Le fait que nous lirons ce Chabbat, avec l’aide d’Hachem, la Paracha Pékoudeï séparemment de la Paracha Vayakhel (que nous avons lue le Chabbat précédent) met en relief notre travail qui consiste à agir dans le monde et l’accent sur l’enseignement du Rabbi selon lequel ‘dans le service de D.ieu, bien que la manifestation de l’Essence se produise à travers l’observance active des Mitsvoth, il demeure que l’effusion de l’Essence dans les actes accomplis est tributaire des ressources intérieures humaines (intellectuelles et émotionnelles). C’est pour cette raison que l’amour et la crainte sont appelés ‘les voies de D.ieu’.
De fait, l’amour et la crainte d’Hachem désignent nos ‘ressources intérieures’ et dans ce cas ils représentent le travail de Pékoudeï, lequel s’accorde au sens du verset ‘J’ai été créé pour servir mon Créateur’ où l’accent est mis sur notre propre existence : J’ai : Ani.
Ainsi, dévoiler la force de l’Essence de notre âme qui est enracinée dans l’Essence divine dépend tout d’abord de notre propre travail et de nos propres forces, en exploitant tous les détails de tous les aspects de notre personnalité car ils sont les chemins qui nous conduisent vers D.ieu, vers le dévoilement de Son Essence, au point que celle-ci S’unisse aux forces de notre intellect, à nos sentiments et à nos actes. C’est précisément le contenu profond de la Paracha Vayakhel qui est celui de la A’hdout (l’Unité). On parvient à l’Unité par le fait de révéler et d’exploiter tous les trésors personnels qui sont en nous-mêmes. Et c’est en agissant en ce sens que nous aurons le mérite de susciter notre désir et le désir de D.ieu de résider en ce monde, avec le dévoilement de notre Juste Machia’h, très bientôt et de nos jours, avec l’aide d’Hachem.
‘Le Point du Modé Ani’
Un roi avait trois fils à qui il voulut un jour offrir trois précieux présents. Il les réunit un jour dans l’une des pièces de son palais, et il demanda à l’aîné de ses fils de regarder par la fenêtre, et de lui dire ce qu’il voyait. L’aîné s’approcha de la fenêtre et lui dit qu’il y avait dans la cour une calèche attelée de puissants chevaux. Le roi lui fit alors cadeau de cette calèche avec ces beaux chevaux, en lui disant qu’elle possédait une très grande valeur.
Cette calèche avec ces chevaux te conduira dans n’importe quel endroit où tu désires aller, en un rien de temps ! Même si cet endroit se trouve à l’autre bout du monde, tu l’atteindras a une vitesse qui défie les lois de la nature !
Puis, le roi fit cadeau d’un miroir a son fils cadet, en lui disant que celui qui regarde dans ce miroir peut découvrir tout ce qui se passe d’un bout à l’autre du monde. Enfin, le roi donna une pomme a son plus jeune fils. Il lui dit alors que cette pomme avait le pouvoir de guérir n’importe quelle maladie.
Les trois fils quittèrent alors leur père en le remerciant de ces merveilleuses attentions qu’il avait eu à leur égard.
Quelque temps plus tard, le fils cadet vit dans le miroir que la fille du roi d’un pays voisin était gravement malade, et qu’aucun des médecins du palais de parvenait à la guérir. Il s’empressa de convoquer ses deux frères, et une fois réunis, il leur fit voir dans le miroir. Quand ils virent la situation désespérée de la princesse, l’accablement de ses parents, du roi et de la reine et celui des gens du palais, ils n’hésitèrent pas un seul instant, et les trois frères prirent place dans la calèche pour se rendre au palais de la princesse malade. Dans le temps d’un clignement d’œil ils arrivèrent devant le palais, et coururent vers les gardes du palais en leur demandant de les conduire immédiatement dans la chambre de la princesse afin de lui donner le médicament qui pouvait la guérir.
Les gardes s’exécutèrent, escortèrent les trois hommes et prévinrent le roi. Ils trouvèrent la princesse dans un état alarmant et se dépêchèrent de lui administrer le médicament. Tous les gens du palais attendaient en regardant plein d’espoir la princesse macher lentement la pomme. Aussitôt, le miracle s’accomplit, en un rien de temps la douleur s’évanouit et le visage de la princesse s’éclaira. Le roi et la reine pleuraient de joie et un soulagement indescriptible envahit la chambre de la princesse. Le roi se tourna alors vers les trois fils et sans cacher son émotion leur exprima sa plus grande reconnaissance.
Vous avez tous les trois un très grand mérite, et je me dois de vous remercier comme il convient de la faire, leur dit-il. Cependant, je tiens à faire cadeau au plus méritant d’entre vous un cadeau exceptionnel. Dites-moi, selon vous, qui d’entre vous a le plus de mérite, et je lui offrirai la plus belle terre de mon royaume !
L’un des fils s’avança vers le roi et lui dit :
« Je suis le plus méritant ! Sans moi, nous n’aurions jamais su que votre fille la princesse était très malade ! C’est grâce au miroir que j’ai reçu de mon père, il possède le pouvoir de voir d’un bout à l’autre du monde, et grâce à ce miroir j’ai pu voir que votre fille avait besoin de notre aide ! »
Le fils cadet prit à son tour la parole et dit au roi :
« C’est grâce à moi, grâce à la calèche que mon père m’a offert que nous avons pu arriver à temps pour sauver votre fille ! Cette calèche avec son attelage a le pouvoir de traverser des pays entiers en un rien de temps, sans cela nous ne serions pas arrivés à temps ! »
Enfin le troisième fils déclara :
« C’est évidemment grâce à la pomme que m’a donné mon père que votre fille est saine et sauve aujourd’hui, car cette pomme a le pouvoir de guérir toutes les maladies ! »
Le roi après avoir entendu les trois fils resta pensif un long moment. Il regardait le sol, en caressant sa barbe de sa main, puis il leva les yeux et en regardant les trois hommes leur dit la chose suivante :
Vous avez tous les trois un très grand mérite, je n’en ai aucun doute ! En disant cela, le roi se tourna ensuite vers celui qui avait don de sa pomme et lui dit :
« C’est toi qui as le plus de mérite ! Tes frères n’ont pas hésité à faire tout ce qui était en leur pouvoir pour sauver ma fille, mais ils possèdent encore à présent le miroir et la calèche qui ont permis sa guérison, mais toi c’est différent ! La pomme n’est plus en ta possession ! Tu en a as fait don pour sauver la princesse, et contrairement à tes frères, il ne te reste rien ! C’est donc toi qui as le plus grand mérite, car tu as fait don de tout ce que tu possédais ! »
Cette histoire est un exemple de ce que représente l’Essence de l’âme Juive. Lorsqu’un Juif réveille la force de l’Essence de son âme il donne tout ce qu’il a pour Hachem, même ‘s’il ne lui reste plus rien’ !
(Pour l’élévation de l’âme de Yamna Ifrah-Abergel)
Avec l’aide d’Hachem nous lirons ce Chabbat la Paracha Vayakhel et la Paracha Chékalim.
Dans le Dvar Mal’hout sur notre Paracha le Rabbi nous explique deux points importants sur la Mitsvah du demi-chékel.
Le premier point est que chaque Juif doit savoir et ressentir ‘qu’à lui seul il n’est qu’une moitié et que pour atteindre l’entièreté, la totalité, il doit s’unir avec l’autre, ainsi qu’il est dit : ‘Tu aimeras ton prochain comme toi-même’. C’est par cette union qu’il atteint le niveau de ‘Chékel-ha-Kodech’, ‘Chékel- chalem’.
Le deuxième point est que ‘chaque Juif fait Un avec Hachem’, et sur ce point le Rabbi rapporte l’enseignement du Maguid de Mèzeritch basé sur le verset (Beaaloteha, 10, 2) : ‘Fais pour toi deux trompettes en argent massif’. Le Maguid de Mèzeritch décompose le mot ‘Hatsotséroth (trompettes) de la manière suivante : ‘Hètsi-tsoura qui signifie : la moitié d’une forme. Comme les deux moitiés d’une seule et même forme, Hachem et l’Assemblée d’Israël sont comme deux moitiés qui une fois réunies ne font qu’Un (à l’exemple donné par le Zohar ‘Hadach d’un homme et d’une femme).
Le Rabbi établit le lien entre ces deux explications :
Quand un Juif ressent qu’Israël et Hachem ne font qu’Un, comme les deux moitiés d’une forme qui une fois assemblées deviennent une forme entière, il ressentira alors qu’un Juif fait Un avec un autre Juif car tous les enfants d’Israël sont des frères par le fait que leurs âmes ont toutes les deux la même racine, un même Père, ainsi que l’explique l’Admour Hazaken au chapitre 32 du Livre du Tanya. Dans ce cas chaque Juif atteint la perfection de la Mitsvah d’Ahavat Israël et de l’Unité d’Israël. De fait, comme le Rabbi le souligne de nombreuses fois, ‘l’Essence de l’âme de chaque Juif est enracinée dans l’Essence divine’.
C’est à cela que se rapporte l’enseignement de l’Admour Hazaken au début du Livre du Tanya selon lequel ‘L’âme de chaque Juif est véritablement une parcelle de Divinité d’En-haut’. Le Rabbi écrit donc à ce sujet dans le Dvar Mal’hout sur notre Paracha que ‘L’âme Juive est une ‘partie’ de l’Essence divine grâce â laquelle on peut ‘saisir’ toute l’Essence’.
Le contenu profond de la Mitsvah du demi-Chékel consiste à ressentir que cette ‘parcelle de Divinité’ représente notre véritable existence et que nous-mêmes et Hachem sont comme les deux moitiés qui composent une forme entière, deux moitiés qui s’unissent et ‘ne font qu’Un ». Le Rabbi met ici l’accent sur le fait que le mot ‘Un’ de l’expression ‘ne font qu’Un’ est ici écrit sans la lettre Aleph. En effet, il est écrit ‘Had et non pas ‘E’had’.
De fait, la lettre Aleph est une allusion au ‘Maître du monde’ : ‘Aloupho chel Olam’, alors que ‘Had (E’had sans la lettre Aleph) est une allusion à l’Essence divine dont le niveau supérieur à celui de la lettre Aleph. Ainsi, ‘Hachem et Israël ne font qu’Un’ fait allusion au fait que ‘l’Essence de l’âme Juive est enracinée dans l’Essence divine’. En d’autres termes, ‘Had représente le niveau du Chékel-ha-Kodèch ou Chékel-ha-Chalem.
Le Rabbi nous enseigne par ailleurs que de manière profonde ce niveau supérieur désigne l’Union des 10 forces de l’âme juive qui s’habillent dans le corps avec les 10 Sefirot du monde d’Atsilout, et le total des deux est égal à 20, chiffre qui représente le niveau de l’Essence : le niveau de Kéter, ‘la Couronne qui surplombe l’enchaînement des mondes’. Il s’agit donc de l’Union de l’Essence d’Israël qui est au-delà des forces de l’âme avec l’Essence divine qui est au-delà des 10 Séfiroth.
Le Rabbi explique que notre Union avec Hachem s’exprime par le fait que notre première action dès notre réveil est de dire la Prière de Modé-ani.
Le Rabbi explique en effet que la prière de Modé ani, que nous récitons dès notre réveil, exprime notre reconnaissance à D.ieu de nous avoir restitué notre âme juive. Plus encore, le Rabbi enseigne que Modé-ani signifie que ‘l’Essence de notre âme reconnaît l’Essence divine’. Notre reconnaissance est, et doit être, surtout liée au fait que l’âme qu’Il nous rend ‘est véritablement une parcelle de Divinité d’en-haut’.
En d’autres termes, nous remercions l’Eternel, non pas seulement parce qu’Il nous donne à nouveau la vie en nous rendant notre âme, nous Le remercions essentiellement surtout par le fait de nous avoir fait Juif. Il ne s’agit pas de ‘n’importe quelle âme’ ni de ‘n’importe quelle vie’. L’accent est mis ici sur l’importance de rendre grâce à L’Eternel de nous avoir donné une âme Juive qui fait Un avec Hachem et grâce à laquelle nous pouvons percevoir et dévoiler le Divin caché en nous-même et dans ce monde.
Le fait que nous lirons ce Chabbat avec l’aide d’Hachem la Paracha Vayakhel et la Paracha Chékalim met en évidence l’importance d’ajouter lorsque nous donnons la Tsédaka. La Mitsvah du demi-chékel est liée aux Korbanot (sacrifices) de toute l’Assemblée d’Israël, et le Rabbi souligne que lorsqu’un Juif apporte un Sacrifice ‘il doit donner tout son être’. De la même façon, lorsqu’il donne la Tsédaka il doit le faire ‘avec toutes les forces de son âme’ et il doit aussi les impliquer dans toutes ses pensées, ses paroles et toutes ses actions. En agissant en ce sens ‘il accélère le processus de la Guéoulah et dans ce cas Hachem Lui-même donnera Sa Tsédaka en réunissant tous les enfants d’Israël’ et en dévoilant le Machia’h, très bientôt et de nos jours, avec l’aide d’Hachem.
*
Dans les Parachiot Troumah et Tétsavé nous avons lu que l’Eternel ordonne à Moché de construire le Michkan, et dans les Parachiot Vayakhel et Pékoudei c’est Moché qui l’ordonne aux enfants d’Israël.
Le Rabbi nous fait remarquer que la Paracha Ki-Tissa dans laquelle il est raconté le péché du veau d’or sépare les Parachot Troumah et Tetsavé des Parachot Vayakhel et Pékoudei.
De ce fait, nous pouvons nous rendre compte qu’entre l’ordre de D.ieu à Moché et celui de Moché aux enfants d’Israël il y a une chose qui interrompt et perturbe l’ordre divin : le péché du veau d’or. Cependant, juste après que Moché eut ordonné aux enfants d’Israël de construire le Michkan (Paracha Vayakhel), son ordre fut exécuté immédiatement (Paracha Pékoudei).
Le Rabbi tire de cela l’enseignement suivant : bien que le mauvais penchant puisse s’immiscer dans le but de nous empêcher d’accomplir la volonté divine, l’action de Moché réduit à néant son influence malfaisante.
A la lumière de cet enseignement nous comprenons et ressentons que c’est notre attachement au Rabbi qui nous permet de briser toutes les limites et de franchir tous les obstacles afin d’atteindre le but de notre mission de faire de ce monde une demeure pour L’Essence divine.
Dans le Dvar Mal’hout sur la Paracha Ki-Tissa, le Rabbi explique que l’Eternel a fixé que chaque chose se décompose en trois, la tête, le milieu et la fin (Roch, To’h, Sof).
La ‘tête’ est le début d’une chose. Elle contient en elle-même l’intention, le but. Puis vient la chose elle-même, le ‘milieu’, le contenu, par lequel on peut atteindre le but que l’on s’est fixé au départ. Enfin, vient la ‘fin’, la réalisation effective de ce but, conformément à la déclaration des Sages selon laquelle ‘la fin d’une action est au début dans la pensée’.
Ces trois niveaux, la tête, le milieu et la fin, correspondent aux trois lettres hébraïques Aleph, Beith, Guimel. Le Rabbi nous enseigne que ces trois lettres correspondent aussi à l’enchaînement des mondes, lequel est allusionné dans notre Paracha.
En effet, dans la Paracha Ki-Tissa il est question des premières Tables que l’Eternel donna à Moché, et sur lesquelles sont gravés les 10 Commandements qui commencent par la lettre ‘Aleph’ du mot ‘Ano’hi’ qui est lui-même une allusion à l’Essence divine. Ces premières Tables représentent donc le premier niveau, ‘Aleph’, le début et la base de toute chose, y compris la Création des mondes et de tout ce
qu’ils contiennent. Le monde a été créé pour la Torah, appelée ‘réchit’, ‘le Commencement’.
Puis vient la lettre ‘Beith’, première lettre du verset ‘Béréchit bara Elokim’, au moyen de laquelle les mondes et tout ce qu’ils contiennent furent créés.
A la fin de la Si’ha de la Paracha Chela’h de l’année 5747 le Rabbi mentionne que ‘Le monde a été créé pour la Torah, pour le Don de la Torah’ et le Rabbi demande dans ce cas ‘pourquoi a-t-il fallu attendre depuis la Création du monde 26 générations avant que L’Eternel donne la Torah au Mont Sinaï? A ce sujet les Sages se sont interrogés sur la raison pour laquelle la Torah commence par la lettre Beïth (Béréchit) et non pas par la lettre Aleph qui est la première de toutes les Lettres. Lorsque la Lettre Aleph elle-même en demanda la raison à L’Eternel qui lui répondit qu’Il avait créé le monde pour la Torah et qu’au moment du Don de la Torah sur le Mont Sinaï Il commencerait par la Lettre Aleph ainsi qu’il est dit: ‘Anohi : Je suis L’Eternel Ton D.ieu’.
Dans ce cas, pourquoi fallait-il que la Lettre Aleph attende 26 générations jusqu’au moment des 10 Commandements que L’Eternel prononça en commençant par la lettre Aleph?
La réponse à ces questions est que pour que l’homme et le monde puissent recevoir de manière profonde le dévoilement de la Torah qui est celui d’une Lumière divine qui est totalement au-delà des limites de l’homme et du monde, il est nécessaire que l’homme et le monde deviennent d’abord des réceptacles capables de recevoir un tel dévoilement. Cela implique donc avant tout un travail progressif de purification de l’homme et de ce monde matériel afin qu’ils soient aptes à recevoir le dévoilement de cette Lumière divine illimitée à laquelle la lettre Aleph fait allusion.
La lettre Aleph qui représente le dévoilement de cette Lumière infinie dont la dimension dépasse totalement nos propres limites et les limites de ce monde est donc bien le but de la Création, mais pour que cette Lumière infinie ait pu se dévoiler et s’unir avec la Création toute entière le travail de 26 générations fut nécessaire. Le Rabbi établit ici un lien avec l’éducation d’un jeune enfant. Le but de son éducation est aussi allusionné par le sens de la lettre Aleph c’est à dire son obligation d’accomplir les Commandements divins, mais pour qu’il accomplisse sa mission dans le monde il n’est pas possible de l’éduquer en lui dispensant immédiatement des enseignements très élevés car il ne possède pas encore les moyens et les réceptacles pour les recevoir et les intégrer profondément. Il faut donc lui donner au début des enseignements qui sont à sa portée, et peu à peu il grandit et devient apte à recevoir des enseignements chaque fois plus profonds.
Le Rabbi compare donc l’enfant dans son jeune âge au monde quand il fut créé. Tous deux ont besoin d’être préparés au Don de la Torah. La lettre Beïth représente ce travail de préparation. La Torah commence par la lettre Beïth qui est la première lettre du mot Béréchit et représente donc le début du travail, depuis Béréchit et pendant les 26 générations jusqu’au Don de la Torah sur le Mont Sinaï. Ce travail de purification de nous-mêmes et de ce monde matériel afin de devenir des réceptacles capables de recevoir et de nous unir à cette Lumière infinie qui est au-delà de toutes les limites: la Torah.
A la lumière de cet enseignement du Rabbi nous pouvons comprendre la raison profonde donnée par le Rabbi pour laquelle Moché brisa les premières Tables que lui donna L’Eternel. Celles-ci étaient l’œuvre du Saint béni soit-Il, ‘écrites du doigt de D.ieu’, et de ce fait leur niveau était d’un dévoilement supérieur et illimité, c’est à dire totalement au-delà de nous-mêmes, de notre perception. De fait, nous n’avons qu’une perception limitée et nous percevons davantage la dimension matérielle de ce monde que sa dimension divine. C’est la raison pour laquelle le Rabbi nous enseigne dans le Dvar Mal’hout sur notre Paracha que ces premières Tables étaient vouées à être brisées car les mondes créés et les êtres n’étaient pas prêts à recevoir le dévoilement de la lettre Aleph du mot Ano’hi, laquelle désigne l’Essence divine qui est au-delà de notre portée.
Moché brisa les premières Tables quand les Juifs commirent le péché du veau d’or. Cependant, le Rabbi nous explique que ce péché fut à l’origine de la Téchouva qui s’ensuivit. Par cette Téchouva les Juifs se préparèrent à recevoir les secondes Tables, qui contrairement aux premières étaient l’œuvre de Moché et représentaient donc le travail personnel de l’homme, son désir de revenir et de s’attacher à D.ieu. Les secondes Tables expriment profondément le sentiment de Téchouva, notre mission et notre action dans ce monde matériel qui consistent à ‘dévoiler l’intention divine, le but de la Création : le fait que le monde n’a été créé que pour la Torah’.
Le Rabbi souligne donc que ces secondes Tables ne seront donc jamais détruites du fait qu’elles incarnent la perfection liée à la réalisation du projet divin de faire de ce monde une demeure pour l’Essence divine.
Par ailleurs, le fait que les secondes Tables furent l’œuvre de Moché exprime clairement le fait que la mission de Moché (et du Moché qui existe dans chaque génération) consiste à mettre à notre portée la Parole divine. Dans ce cas il est possible d’établir ici un lien avec l’enseignement de la Torah selon lequel le peuple Juif demanda à Moché de lui répéter les 10 Commandements car il ne pouvait pas les entendre de la bouche de L’Eternel : le Rabbi nous enseigne que les premières Tables furent brisées car elles étaient l’œuvre de D.ieu et le peuple Juif n’était pas encore préparé à un tel dévoilement. C’est la raison pour laquelle Moché lui-même tailla les secondes Tables afin de mettre à la portée du peuple Juif le dévoilement de l’Essence divine.
Le Rabbi souligne à ce sujet que la lumière divine éclairait le visage de Moché quand il descendit avec les secondes Tables et non pas quand il descendit avec les premières, ainsi qu’il est dit (Ki-Tissa, 34, 35):’Et les enfants d’Israël voyaient le visage de Moché, la peau de son visage rayonnait’.
De fait, les premières Tables sont l’œuvre de D.ieu alors que les secondes furent taillées par Moché et ce n’est que par le travail personnel de l’homme dans ce monde que l’on parvient au niveau de ‘la peau de son visage (de Moché) rayonnait’: le dévoilement de l’Essence divine.
Dans le Dvar Mal’hout le Rabbi déclare que la force pour accomplir notre mission de provoquer la Guéoulah vient du lien qui nous unit à Moché et au Moché qui existe dans chaque génération. C’est la raison pour laquelle le Rabbi nous enseigne que cette lumière qui émanait du visage de Moché peut aussi ‘éclairer le visage de chaque Juif’ car ‘tous les enfants d’Israël possèdent une étincelle de Moché’.
Notre mission de ramener le monde à un état de pureté et de le préparer au dévoilement de l’Essence divine n’est donc possible que par la force de notre attachement au Rabbi. Il est celui qui nous conduit au terme de cette mission sacrée et nous prépare à ce dévoilement, très bientôt et de nos jours, avec l’aide d’Hachem.
Dans l’une des notes du ‘Dvar Mal’hout’ sur la Paracha Tétsavé, le Rabbi mentionne l’enseignement des Sages selon lequel ‘l’olive fit don de sa vie pour sanctifier le Nom divin’.
En effet, il est écrit dans la Torah (Paracha Noa’h, 8, 11) que la colombe rapporta à Noa’h une ‘feuille arrachée d’olivier dans son bec’. Les Sages ont expliqué que cette olive ‘fit don de sa propre vie pour sanctifier le Nom divin’ car au lieu de donner naissance à un arbre elle préféra ‘être arrachée’ car son sacrifice allait apporter une grande lumière dans le monde.
Au sujet de cet enseignement le Tsémach Tsédek cite le verset ‘une terre d’olive d’huile et de miel’ en soulignant que ‘l’olive’ précède le ‘miel’ dans l’ordre des mots du …
[09:02, 11/02/2022] Yaacov Abergel: Aussi, du fait que ‘Moshé fait Un avec les enfants d’Israël’ il va de soi que le contenu profond de la Paracha Tetsavé (qui est toujours proche de la date de la naissance de Moché qui est le 7 du mois d’Adar) est aussi celui de la naissance de l’Essence de l’âme de chaque Juif de l’Assemblée d’Israël. Le lien qui unit Moché avec les enfants d’Israël s’exprime tout particulièrement lorsque Moché demanda à L’Eternel d’être effacé de Son livre s’Il ne pardonnait pas aux enfants d’Israël (Ki Tissa, 32, 32) : ‘Et maintenant si Tu supportes leur faute, et sinon efface-moi de Ton livre que Tu as écrit’.
Lorsque l’âme du Rabbi Rayats quitta ce monde, le Rabbi ne lui succéda pas immédiatement. Les ‘Hassidim firent tout leur possible pour que le Rabbi accepte de p…
[09:03, 11/02/2022] Yaacov Abergel: A l’évidence la Rabbanite a elle-même établi le bilan moral de toute l’Assemblée d’Israël après qu’elle ait elle-même ressenti le manque et l’éloignement qu’a ressenti le Peuple d’Israël.
En effet, Israël est lié à Hachem d’un lien Atsmi : d’un lien qui procède de l’Essence divine. L’Essence de l’âme Juive est enracinée dans l’Essence divine et ce lien a besoin de se révéler, c’est à dire de s’exprimer dans les pensées les paroles et les actes du peuple Juif tout entier. L’absence de ce dévoilement a pour effet que chaque Juif ressent un manque qu’il a besoin de combler, et c’est précisément la Mission du Rabbi de mettre fin à cet éloignement du Divin. Chaque Juif qui se trouve dans les 4 coudées du Rabbi se place sous une colonne de lumière d’où il prend conscience de sa mission profonde. Il reçoit du Rabbi une vitalité nouvelle pour l’accomplir, et n’est plus animé par le seul désir d’assouvir ses besoins personnels, mais par le désir d’agir au-delà de l’intellect, pour consacrer son existence au dévoilement du Machia’h. La Rabbanite savait tout cela, elle savait que seul le Rabbi possédait les moyens d’unir de manière profonde les enfants d’Israël au Saint béni soit-Il.
Dans son discours intitulé ‘Vé Atah Tétsavé’, le Rabbi définit clairement le rôle du Berger d’Israël, du Moché qui se trouve dans chaque génération, ‘l’extension de Moché’ (tel qu’il est appelé dans le livre du Zohar).
Le terme Tétsavé est apparenté à Tsavta : Union, et ‘Vé Atah Tétsavé’ que l’on traduit littéralement par ‘Et tu ordonneras’, signifie de manière profonde : ‘Et tu uniras’. ‘Moché, tout comme le Rabbi lui-même ‘unissent les enfants d’Israël avec Or ein sof’.
En effet, il est écrit au début de notre Paracha (Tétsavéh, 27, 20) : ‘Et tu ordonneras aux enfants d’Israël qu’ils prennent pour toi de l’huile pure d’olives concassées pour (allumer) le luminaire, pour faire monter la lumière perpétuellement’.
Dans ce verset, L’Eternel s’adresse à Moché et lui ordonne ‘d’ordonner aux enfants d’Israël de lui apporter de l’huile pure’.
L’huile ‘pure’ représente la lumière qui provient de la partie la plus élevée de l’âme. De fait, Moché et le Rabbi donnent les moyens aux enfants d’Israël de dévoiler cette lumière.
La Rabbanite pour être la fille du Rabbi Rayats savait que le Rabbi possédait les moyens d’enseigner l’Essence de la Torah : la ‘Hassidout, et de permettre par cet enseignement essentiel à chaque Juif d’accomplir les Commandements divins en révélant leurs forces les plus profondes lesquelles découlent de l’Essence de l’âme.
Aussi, lorsqu’elle déclara à son époux : ‘A quoi aura servi tout le travail accompli par mon père si tu ne poursuis pas sa Mission ? ‘ et que ces paroles eurent pour effet de convaincre le Rabbi d’accepter la Mission qui lui incombait, elle réussit à unir le Rabbi aux ‘Hassidim. Ainsi, l’expression ‘Vé Atah Tétsavé’ : ‘Et tu uniras’ s’applique avant tout à la Rabbanite ‘Haya-Mouchka car c’est par son mérite que le Rabbi devint le Berger d’Israël et que de ce fait il peut lui-même unir les enfants d’Israël à la lumière infinie de D.ieu et nous conduire immédiatement à la Délivrance finale, avec l’aide d’Hachem.
Il est écrit dans le premier Livre des Rois (8, 27) que ‘Les cieux et les cieux des cieux ne peuvent Te contenir’ et le Rabbi souligne que c’est précisément dans le Michkan (le Temple portatif) qui est dans ce monde matériel que L’Eternel a choisi de résider.
Nous aurions pu penser que la mission de construire le Michkan incombe seulement à des personnes dont le niveau spirituel est supérieur. Mais la réponse est ‘non’. Cette mission incombe à tous les Juifs sans exception aucune, aux enfants aux hommes et aux femmes ! Par ailleurs, un des points essentiels relevés par le Rabbi dans le Dvar Mal’hout est de comprendre la raison pour laquelle lorsqu’Hachem ordonne aux enfants d’Israël de faire un don pour la construction du Michkan Il mentionne l’or avant l’argent et le bronze.
Cela parait étonnant car l’or n’est pas le matériau qui est le plus employé dans le Michkan. De plus les enfants d’Israël ne possédaient pas tous de l’or en grande quantité. Dans ce cas pour quelle raison l’or est-il mentionné en premier ? La réponse donnée par le Rabbi est que l’or est mentionné en premier pour ce qu’il signifie : de manière profonde l’or désigne les enfants d’Israël qui sont aux yeux de L’Eternel comme de l’or.
L’or désigne le trésor véritable que possède chaque Juif par le fait que son âme est véritablement ‘une parcelle de divinité d’en-haut’. Aussi, lorsqu’un Juif fait une offrande pour le Temple de D.ieu, c’est aussi un don de lui-même qu’il fait. Cela signifie que pour faire de ce monde (et de lui-même) une demeure pour l’Essence divine chacun se doit de dévoiler les forces de la partie la plus profonde de son âme : l’Essence de son âme, laquelle est comparable à de l’or car elle représente le lien essentiel de l’âme Juive avec le Saint béni soit-Il. C’est grâce à elle qu’il est vrai de dire qu’un Juif fait ‘Un’ avec D.ieu.
Dans le Dvar Mal’hout le Rabbi déclare que c’est notre soumission la plus totale vis-à-vis d’Hachem qui nous donne la force de construire le Michkan. Comment fait-on de ce monde une demeure pour Hachem ? Le Rabbi Rachab répond que notre étude de la Torah et l’accomplissement des Commandements divins attirent dans ce monde matériel la Lumière d’Or Ein-Sof.
Une question se pose ici : il est écrit dans le livre du Tanya ‘qu’aucune pensée ne peut appréhender le Saint béni soit-Il’ et il ne s’agit pas seulement ici de notre propre pensée car il s’agit aussi des plus hauts niveaux spirituels. C’est à dire même de ‘la Pensée qui est en-haut’ : la Séfira de ‘Ho’hmah du monde d’Atsilout, et même la Torah (qui est du niveau de ‘Ho’hmah) ne peut pas non plus appréhender le Saint béni soit-Il et dans ce cas comment peut-on attirer Or ein Sof au moyen de la Torah ?
Le livre du Zohar répond à cette question. Il n’est pas possible d’appréhender le Saint béni soit-Il au moyen de la pensée mais cela est possible au moyen de la volonté qui vient de l’Essence de l’âme : ‘réouta de liba’ : Cette volonté qui est au-delà de l’intellect et la raison : ‘ratson pachout’ et qui est l’expression du désir du dévoilement de l’Essence divine. Quand un Juif ne désire ni le Gan-éden inférieur ni le Gan-éden supérieur, il ne désire que Atsmout Ein-sof. Animé par cette volonté (définie par l’Admour Haemtsaeï comme étant ‘la volonté de toutes les volontés’) un Juif devient capable de donner tout ce qu’il est pour D.ieu. C’est la force de messirout-néfech, la force de faire totalement don de soi-même pour Hachem. De ne plus agir pour lui-même et d’être prêt à donner jusqu’à sa propre vie pour D.ieu, car l’amour qu’il ressent pour Lui ne connaît plus de limites. Ce niveau est celui de bé’hol méodé’ha : ‘aimer D.ieu de tout ton pouvoir’.
Le Rabbi Rachab nous enseigne que le fait d’éveiller en nous-même cet amour pour D.ieu a pour effet d’attirer Or ein Sof dans la Torah.
Il existe en effet deux niveaux de l’étude de la Torah lichma. Etudier la Torah Lichma signifie que notre étude a pour but de lier notre âme à D.ieu, mais il existe un second niveau (plus élevé) : Etudier la Torah Léchem ha Torah qui signifie que l’on étudie dans le but d’attirer Or ein Sof dans la Torah. Or c’est quand on éveille la force de l’Essence de notre âme que l’on parvient à ce niveau car l’Essence de l’âme Juive est supérieure à la Torah (mais les niveaux de Néfech Roua’h et Néchamah sont eux-mêmes inférieurs à la Torah.
Comment parvient-on à révéler cette volonté qui dépasse l’intellect et la raison ?
Le Rabbi Rachab nous enseigne que c’est par l’étroitesse que l’on parvient à éveiller en nous-même cette volonté. Lorsque l’âme se trouvait dans le Gan-Eden elle n’avait pas cette volonté car l’Essence de l’âme ne brillait pas en elle. C’est précisément lorsque l’âme divine s’habille dans le corps (et dans l’âme animale) que sa soif du Divin se renforce. Lorsque l’âme se trouvait dans le Gan-Eden sa perception du Divin était alors limitée car son amour pour D.ieu ne dépendait que de l’intellect et il était donc limité. A l’opposé, lorsque l’âme divine connaît l’étroitesse que lui imposent le corps et l’âme animale, il naît en elle le désir de D.ieu, la soif du Divin, la volonté pachout qui est au-delà de l’intellect et de la raison.
Construire une demeure pour D.ieu signifie d’abord de réveiller en nous-même l’Essence de notre âme ; lorsque nous y parvenons nous attirons Or ein Sof dans la Torah, et seulement après notre âme et ce monde matériel reçoivent de la Torah cette lumière d’Or Ein-Sof.
La Joie du mois d’Adar est liée à la construction de nous-mêmes et du Temple. C’est pourquoi le Rabbi déclare que la joie du mois d’Adar a le pouvoir de transformer l’obscurité du mois de Av en lumière. Ainsi, faire de soi-même un sanctuaire capable de recevoir le dévoilement de l’Essence de l’âme implique nécessairement d’aimer D.ieu ‘de tout son pouvoir’.
Or, c’est en méditant au fait que D.ieu nous a donné ‘une partie de Lui-même’ que l’on éveille dans notre cœur la Joie la plus grande. La Joie d’être Juif et d’avoir conscience que ‘dans toutes les situations de l’existence on demeure attaché au Saint béni soit-Il’.
L’un des points essentiels de ce Dvar Mal’hout est que c’est précisément par le ‘bitoul’, c’est à dire par la soumission la plus totale vis-à-vis de L’Eternel que l’on parvient à cette Joie que le Rabbi définit comme étant la plus grande des Joies : la perfection de la Sim’ha.
Le Rabbi souligne de nombreuses fois que ‘L’Essence de l’âme est enracinée dans l’Essence divine’, cela signifie entre autres choses que l’Essence de l’âme est totalement soumise à L’Essence divine, dès-lors il apparaît que c’est uniquement par notre soumission la plus totale à la Volonté divine que l’on éveille la Volonté qui est au-delà de l’intellect et de la raison qui vient de l’Essence de notre âme, ainsi qu’il est dit dans la prière du ‘Chéma-Israël’ : ‘Tu aimeras l’Eternel ton D.ieu de tout ton pouvoir’.
Dès-lors, par son attachement au Rabbi chaque Juif attirera la Lumière d’Or Ein-Sof dans la Torah et la Torah dévoilera ensuite dans notre âme et dans le monde cette Lumière infinie comme l’a déclaré le Rabbi en reprenant les mots de l’Admour Hazaken : ‘la matérialité du corps et de l’univers sera transfigurée’, ce qui signifie qu’il y aura matérialité, mais quelle sera transcendée, et la lumière divine luira sur Israël sans aucun voile, et le débordement de lumière qui jaillira sur Israël illuminera l’obscurité des nations’.
(Voir le chapitre 20 de ‘Iniana chel Torat ha ‘Hassidout’ du Rabbi).
Dans le Dvar Mal’hout sur la Paracha du Chabbat précédent (Yitro) le Rabbi soulignait que les 10 Commandements sont mentionnés 2 fois dans la Torah. La première fois représente la Parole d’Hachem et la deuxième fois représente la Parole de Moché. De fait, les enfants d’Israël ne purent supporter d’entendre les deux premiers Commandements de la Bouche de l’Eternel. Lorsque l’Eternel parlait, l’âme des enfants d’Israël quittait leurs corps, ainsi qu’il est écrit (Chabbat, 88b) : ‘A chaque expression divine, leur âme s’envolait…Mais L’Eternel la leur restituait avec la rosée dont Il fera revivre les morts’.
‘Leur âme s’envolait’ car ce fut un dévoilement trop élevé pour le peuple Juif, et c’est précisément pour cela que Moché dût répéter à son tour les Commandements divins, afin de mettre la Parole divine à la portée des enfants d’Israël. En d’autres termes, Moché réalise l’union entre la Parole divine avec l’intellect de l’homme. Lorsque Moché enseigne les 10 Paroles divines elles touchent l’âme et le cœur des enfants d’Israël de manière profonde. Elles sont comprises au moyen de l’intellect, ressenties dans le cœur, et surtout, elles inspirent concrètement l’action. C’est le sens de l’explication de Rachi sur le verset (Michpatim, 21, 1) : ‘Et voici les Lois que tu placeras devant eux’. Les Lois de D.ieu sont, comme des aliments, ‘dressées sur une table, prêts à être consommés’.
Par ailleurs, le Rabbi souligne que d’un autre côté, bien que la parole de Moché possède l’avantage d’être assimilée par l’homme, elle ne dévoile pas la dimension profonde de la Torah, son Essence (comme ce fut le cas quand l’Eternel s’adressa Lui-même aux enfants d’Israël). En fait, c’est le Machia’h qui terminera la mission de Moché car lorsqu’il parlera aux enfants d’Israël, il dévoilera l’Essence de la Torah et dans ce cas la dimension profonde de la Torah sera reçue de manière profonde, intégrée, par les Juifs sans que leurs âmes ne quittent leurs corps. Le Machia’h unira l’Essence divine avec les forces de la partie de l’âme qui s’habillent dans le corps (les forces de notre intellect, nos sentiments et nos actions concrètes dans ce monde matériel).
Dans l’un de ses discours hassidiques intitulé ‘Et tu ordonneras aux enfants d’Israël’, le Rabbi définit avec précision la différence qui existe entre les 2 niveaux de l’âme : le niveau de ‘Haya’ (ou ‘Mazal’) et le plus haut niveau : l’Essence de l’âme.
L’Essence de l’âme ne possède pas de nom car un nom la limiterait. L’Essence de l’âme désigne l’âme telle qu’elle est enracinée dans l’Essence divine et elle est donc (comme l’Essence divine) au-delà de tout nom, de toute définition, de toutes les limites que constituent les lettres et les noms qu’elles composent.
Le Rabbi nous donne alors deux raisons pour lesquelles Israël croit en Hachem. La première est que l’âme qui ne s’habille pas dans le corps (‘Haya) voit le Divin. Cette vision est donc au-delà de l’intellect (puisque cette vision vient du niveau de l’âme qui est supérieur au niveau de l’âme qui s’habille dans le corps et donc supérieur aux forces de l’intellect qui s’habillent dans le cerveau). Ainsi, comme ‘l’âme qui est en-haut’ voit le Divin elle influence l’âme qui est dans le corps en lui donnant la Emounah, Cependant, cette Emounah n’est pas profonde car elle ne vient pas de nous-mêmes mais d’une vision, et toute chose que nous voyons (même quand il s’agit d’une vision de l’esprit) demeure extérieure à nous-mêmes. D’un côté il y a nous-même et de l’autre la chose que nous voyons. A l’opposé, quand il s’agit du dévoilement de l’Essence de l’âme et de la Emounah qui naît de ce dévoilement, il ne s’agit plus d’une vision qui est extérieure à nous-mêmes mais du dévoilement du Divin qui fait ‘Un’ avec nous-même (car l’Essence de l’âme est enracinée dans l’Essence divine) et dans ce cas notre Emounah est profonde.
Le Rabbi définit l’Essence de l’âme comme étant l’Essence de toutes les forces de l’âme qui s’habillent dans le corps. L’influence de l’Essence de l’âme n’est donc pas ‘Makif’ (superficielle) et la possibilité nous est donnée de dévoiler et d’unir ce niveau supérieur de l’Essence divine avec les forces de notre intellect, de nos sentiments et de nos actes. Le prénom de la Rabbanite : ‘Haya-Mouchka est lui-même une allusion à cette union entre l’Essence divine et les forces de l’âme qui s’habillent dans le corps. ‘Haya désigne la ‘vitalité’ (‘Hayout) et fait donc allusion aux forces de l’âme qui s’habillent dans le corps vitalité ‘Pnimi’, et Mouchka (qui est le nom d’une odeur parfumée) désigne les forces de l’âme qui ne s’habillent pas dans le corps et l’Essence de l’âme elle-même (Ko’hot ha makifim).
Comme il a été dit précédemment, Moché réalise l’union entre la Parole divine avec l’intellect de l’homme et c’est au sujet du verset : ‘Et voici les Lois que tu placeras devant eux’ que Rachi explique que ‘les Lois de D.ieu sont, comme des aliments, ‘dressées sur une table, prêts à être consommés’.
De la même façon, le Rabbi est le Moché de notre génération, il est celui qui dévoile l’Essence de notre âme afin que notre Emounah soit profonde. Il unit les enfants d’Israël avec Or ein-sof. Aussi, l’expression employée par Rachi selon laquelle ‘les Lois de D.ieu sont, comme des aliments, ‘dressées sur une table, prêts à être consommés’ peut tout aussi bien s’appliquer aux concepts de la ‘Hassidout ‘Habad. Les enseignements du Rabbi sont comme des aliments car celui qui s’attache à les étudier avec toutes les forces de son âme finit par les intégrer de manière profonde. A l’exemple de l’Admour Haemtsaeï dont il est dit que ‘si l’on ouvrait ses veines on verrait couler des paroles de ‘Hassidout’, lorsque l’on s’applique à étudier la Torah du Rabbi alors on parvient à ce que ces enseignements qui sont au-delà de ce monde matériel car ils sont liés à l’Essence divine deviennent ‘prêts à être consommés’, c’est à dire qu’ils nous insufflent une nouvelle vitalité, aussi bien matérielle que spirituelle.
Le Rabbi ‘place devant nous’ l’Essence de la Torah ‘comme des aliments dressés sur une table’ signifie dans ce cas que le Rabbi met à notre portée l’Essence divine.
Peut-être que ces paroles de Rachi font aussi allusion à la table qu’Hachem dressera pour les Tsaddikim lors du dévoilement du Machia’h. Pendant ce festin chacun mangera de la chair du poisson, le Léviathan, de la viande du taureau sauvage, le Chor-ha-Bar, et boira du vin que L’Eternel garde en secret, le vin ‘Méchoumar’.
A l’évidence ce vin et ces aliments sont tous des allusions aux enseignements du Rabbi et à tous les secrets qu’ils renferment et qui seront alors dévoilés lors de la Délivrance finale très bientôt et de nos jours, avec l’aide de D.ieu.
Il est dit dans notre Paracha (Yitro, 20, 15-16) que lors du don de la Torah tous les Juifs’tremblèrent et se tinrent debout, de loin. Ils dirent à Moché : parle, toi avec nous, et nous t’écouterons, et que D.ieu ne parle pas avec nous de peur que nous mourrions’.
Les enfants d’Israël ne purent supporter d’entendre les deux premiers Commandements de la Bouche de l’Eternel. Lorsque l’Eternel parlait, l’âme des enfants d’Israël quittait leurs corps, ainsi qu’il est écrit (Chabbat, 88b) : ‘A chaque expression divine, leur âme s’envolait…Mais L’Eternel la leur restituait avec la rosée dont Il fera revivre les morts’.
Par ailleurs dans le Dvar Mal’hout sur notre Paracha le Rabbi souligne que les 10 Commandements sont mentionnés deux fois dans la Torah. La première fois à la Paracha Yitro, c’est l’Eternel lui-même qui les prononce. La deuxième fois, à la Paracha Vaèt’hanan, c’est Moché qui les répète aux enfants d’Israël durant la quarantième année de leur séjour dans le désert.
‘Leur âme s’envolait’ car ce fut un dévoilement trop élevé pour le peuple Juif, et c’est précisément pour cela que Moché dût répéter les Commandements, afin de mettre la Parole divine à la portée des enfants d’Israël.
Moché unit l’Essence divine aux forces de l’intellect de l’homme. Lorsqu’il enseigna les 10 Paroles, elles touchèrent l’âme et le cœur des enfants d’Israël de manière profonde. Elles furent comprises au moyen de l’intellect, ressenties dans le cœur, et surtout, elles inspirèrent concrètement l’action. C’est le sens de l’explication de Rachi sur le verset (Michpatim, 21, 1) : ‘Et voici les Lois que tu placeras devant eux’. Les Lois de D.ieu sont, comme des aliments, ‘dressées sur une table, prêts à être consommés’.
D’un autre côté, bien que la parole de Moché possède l’avantage d’être assimilée par l’homme, elle ne dévoile pas la dimension profonde de la Torah, son Essence, comme ce fut le cas quand l’Eternel s’adressa Lui-même aux enfants d’Israël.
En fait, c’est le Machia’h qui terminera la mission de Moché, car lorsque Machia’h parlera aux enfants d’Israël, il dévoilera l’Essence de la Torah, sa signification la plus profonde laquelle sera reçue de manière profonde, intégrée, par les Juifs sans que leurs âmes ne quittent leurs corps. En d’autres termes, le Machia’h unira l’Essence divine avec les forces de la partie de l’âme qui s’habillent dans le corps (l’intellect, les sentiments et l’action).
Dans une autre Si’ha du Dvar Mal’hout sur cette même Paracha Yitro, le Rabbi explique la signification profonde des dates du 10 Chevat, du 11 Chevat et du 22 Chevat :
Le 10 Chevat jour de la Hilloula du Rabbi Rayats représente le niveau du chiffre 10. ’10’ représente les 10 Commandements, lesquels sont liés avec ce monde matériel qui a été lui-même créé par 10 Paroles.
Le 11 Chevat représente la prise de fonction du Rabbi un an après le jour du décès de son beau-père le Rabbi Rayats. ’11’ représente le premier mot prononcé par L’Eternel : Ano’hi. 11 représente donc L’Essence divine, le niveau du Divin qui est au-dessus du monde.
Le 22 Chevat qui est la date du décès de la Rabbanite représente la perfection du chiffre 11 (2×11=22).
Le dévoilement divin qui eut lieu lors du don de la Torah ne fut que provisoire. Après Matan-Torah le Mont Sinaï redevint ce qu’il était. Les âmes des enfants d’Israël quittèrent leurs corps quand ils entendirent la Parole de D.ieu. De fait, ce monde inférieur et limité (symbolisé par le chiffre 10) ne put contenir le dévoilement de l’Essence divine. Le but recherché après le don de la Torah fut que l’homme avec ses propres forces agisse dans le but de faire de lui-même et de ce monde matériel une demeure pour l’Essence divine. De purifier son être et de purifier ce monde matériel afin que le dévoilement de l’Essence divine ne soit plus provisoire comme ce fut le cas pendant le don de la Torah, mais que ce dévoilement soit permanent. Attirer l’Essence divine symbolisée par le chiffre 11 dans notre être et dans ce monde limités (symbolisés par le chiffre 10).
Le Rabbi nous enseigne que la date du 10 Chevat correspond à la fin du travail qui consistait à nous préparer au dévoilement de l’Essence divine. La date du 11 Chevat correspond au début du dévoilement de l’Essence divine mais sans que ce dévoilement n’ait véritablement fait de ce monde ‘une demeure qui fait Un avec D.ieu’. Enfin la perfection du niveau du chiffre 11 correspond à la date du 22 Chevat, car selon l’enseignement du Rabbi c’est par le mérite des femmes Tsidkaniot, et tout particulièrement de la Rabbanite Haya-Mouchka (l’épouse du Rabbi) que notre mission de faire de ce monde une demeure pour D.ieu atteindra la perfection du fait que cette ‘demeure’ (nous-mêmes, le monde et tout ce qu’il contient) fera Un avec D.ieu.
Dans son discours intitulé ‘Et tu ordonneras aux enfants d’Israël’, le Rabbi explique qu’il y a plusieurs niveaux de l’Essence de l’âme : le niveau de ‘Haya est le niveau inférieur de l’Essence de l’âme car il a pour effet de s’unir totalement aux forces de l’âme, ‘de faire Un’ avec ces forces. Ce dévoilement est ‘comme une chose ajoutée à nous-même’ car il peut y avoir une situation où un Juif fera don de lui-même pendant des années car il brillera en lui-même ce niveau de ‘Haya, mais lorsque ce dévoilement s’arrêtera les forces de son âme (l’intellect, les sentiments l’action) ne changeront pas.
Le niveau supérieur de l’Essence de l’âme est celui de l’âme telle qu’elle est enracinée dans l’Essence divine. Lorsque ce niveau se dévoile dans l’âme il pénètre au plus profond des forces de l’âme et fait Un avec elles.
Pour l’intellect par exemple, lorsque le niveau de ‘Haya se révèle dans l’intellect, un Juif agit au-delà de l’intellect mais quand ce niveau ne brille plus l’intellect redevient ce qu’il était, A l’opposé, lorsque l’Essence de l’âme brille dans l’intellect, l’intellect agit tel qu’il est mais il dévoile aussi l’Essence de l’âme. La lumière de l’Essence de l’âme se révèle dans l’intellect dans les sentiments et dans tous les vêtements de l’âme : la pensée la parole et l’action.
Le 22 Chevat représente ce niveau de l’Essence. Il correspond au niveau décrit par le Rabbi dans le Dvar Mal’hout comme étant ‘la perfection du niveau du chiffre 11’ car lui seul a le pouvoir d’unir le Divin qui est au-delà du monde (11) avec le monde (10). De faire de ce monde (10) une demeure pour l’Essence divine (11).
En résumé, le 10 Chevat représente le travail de purification qui nous prépare au dévoilement de l’Essence divine. Le 11 Chevat représente le niveau ‘inférieur’ de l’Essence car ce dévoilement élève le monde mais ne le transforme pas (à l’exemple du niveau de ‘Haya). Le 22 Chevat représente le plus haut niveau de l’Essence, lequel a le pouvoir de transformer ce monde au point qu’il ne fait plus qu’Un avec l’Essence divine, comme le Rabbi dit souvent : le dévoilement de l’Essence de l’âme signifie que l’on ne fait plus qu’Un avec Hachem.
Il est écrit dans le Traité Bra’hot (57b) que ‘Trois choses apaisent l’esprit de l’homme : une voix mélodieuse, une belle vue et une bonne odeur. Trois choses le mettent à l’aise et lui donne un sentiment de bien-être : une belle maison, une belle épouse et de beaux ustensiles’.
A la lumière de cet enseignement le Rabbi nous enseigne qu’il ne s’agit pas seulement de faire de ce monde une demeure pour Hachem, mais il sagit que cette demeure soit belle. Dans ce cas les enfants d’Israël procurent un grand plaisir au Saint béni soit-Il qui est Lui-même le propriétaire de cette demeure. Notre mission est de transformer ce monde au point qu’il devienne une demeure pour l’Essence divine qui est au-delà du monde. Or, comme l’écrit le Rabbi : ‘La beauté de cette demeure (la force de la rendre belle), qu’il s’agisse de sa beauté spirituelle ou de sa beauté matérielle, dépend du mérite des femmes.
Le Rabbi écrit aussi que ‘la beauté matérielle découle de la beauté spirituelle’, et nous enseigne que la valeur numérique du mot ‘Ner’ (bougie) est égale à 250. Les 248 injonctions positives plus le chiffre 2 (qui est une allusion aux deux mains avec lesquelles on accomplit les Commandements divins, et aussi une allusion à l’amour et à la crainte de D.ieu) font un total de 250. Ainsi les bougies que les femmes et les filles d’Israël allument le soir du Chabbat et les jours de fêtes illuminent les maisons Juives de la lumière, de la beauté de la Kédoucha et de la beauté matérielle de la lumière. La beauté de cette demeure vient de la vitalité que les femmes d’Israël lui insufflent. C’est la raison pour laquelle le Rabbi souligne que cette demeure doit être emplie d’une bonne odeur parfumée. Cette odeur (spirituelle et matérielle) ajoute à la beauté de la lumière des bougies.
Le prénom de la Rabbanite est une allusion à tout cela. ‘Haya qui désigne la ‘vitalité’ (‘Hayout) est une allusion aux forces de l’âme qui s’habillent dans le corps : la vitalité ‘Pnimi’, et Mouchka désigne les forces de l’âme qui ne s’habillent pas dans le corps et l’Essence de l’âme elle-même : Ko’hot ha makifim).
Ainsi, le 22 Chevat désigne bien la perfection du niveau du chiffre 11, car l’union de ‘Haya avec Mouchka exprime le lien entre le Divin qui s’habille dans le corps et dans ce monde avec la Divin qui est bien au-delà de ce monde : l’Essence divine.
Il apparait donc à nos yeux que c’est par le mérite de la Rabbanite et de toutes les femmes et les filles d’Israël qui suivent son exemple et sa conduite que nous aurons le mérite de finir notre mission de faire de ce monde une demeure pour l’Essence divine, au point qu’il apparaîtra à nos yeux de chair qu’Hachem Israël et la Torah ne sont qu’Un, avec le dévoilement de notre Juste Machia’h, très bientôt et de nos jours, avec l’aide de D.ieu.
Dans le Dvar Mal’hout sur la Paracha Béchalah le Rabbi explique que ce Chabbat réalise la perfection du jour du 10 Chevat, jour de la Hiloula du Rabbi Rayats. De fait, ce Chabbat est celui de Chirat-ha-Yam, le Chant de la Mer, et la force d’un Chant est de ‘s’élever d’un niveau spirituel vers un niveau qui lui est supérieur’, et au Rabbi d’ajouter que ‘même l’élévation des mondes le jour du Chabbat est réalisée par le Chant (Chir) et tout particulièrement pendant le Chabbat ‘Chira’ dont la lumière a le pouvoir d’éclairer tous les autres Chabbat de l’année’.
Pour expliquer l’élévation et le passage d’un niveau spirituel vers un niveau qui lui est supérieur le Tséma’h Tsédek donne l’exemple de la Colonne qui se trouve entre le Gan Eden inferieur et le Gan Eden supérieur. Cette Colonne représente le ‘Bitoul’.
L’exemple que l’on donne pour le ‘Bitoul ha-Yèch’ est celui d’une graine que l’on plante dans le sol. Avant que la graine donne naissance à de la végétation, des fruits ou une plante, elle se putréfie dans la terre. De la même façon, pour que l’on puisse accéder à une compréhension profonde d’un concept divin de la Torah nous devons tout d’abord atteindre le niveau du ‘Bitoul ha-Yèch’ qui consiste à oublier la première compréhension que nous avons eu de ce concept (à l’exemple de cette graine qui se putréfie pour donner ensuite naissance à un fruit).
Le Chant lui-même incarne le ‘Bitoul’ : ‘l’annulation’ qui nous permet d’accéder à un niveau supérieur. C’est pourquoi le Tsémah Tsédek souligne que lorsque les enfants d’Israël apportaient des sacrifices sur l’Autel du Beïth-ha-Mikdache ils étaient accompagnés par des Chants. En effet, le sujet des Korbanot (Sacrifices) est une élévation du bas vers le haut et cette élévation n’est possible qu’au moyen des Chants et du ‘Bitoul’.
Le Tséma’h Tsédek mentionne par ailleurs que ‘le sujet du ‘Chant’ est celui de l’éveil de la Sim’ha (de la Joie) qui naît du fait de méditer à la grandeur de D.ieu et qui a le pouvoir de provoquer le désir et le plaisir d’Hachem de dévoiler la vitalité de la Lumière d’Or Sovev qui est au-delà du monde. De fait, la Simha vient du niveau de Binah : ‘on ne chante pas sans boire du vin’ et le vin représente le niveau de Binah.
Le Rabbi a mentionné dans le Dvar Mal’hout l’importance du Niggun (Chant) que l’on chante avant d’entendre le Maamar (Discours Hassidique) de la bouche du Rabbi. De la même façon ‘Chirat ha Yam’ que nous lisons le jour du Chabbat de la Paracha Béchala’h précède ‘les 10 Commandements’ que nous lisons le jour du Chabbat de la Paracha Yitro. ‘Chirat ha Yam’ est une préparation au dévoilement de la Parole de D.ieu, tout comme le Niggun qui précède le Maamar est une préparation aux paroles du Rabbi.
Peut-être nous est-il permis de dire ici que ‘le Livre des Mémoires’ du Rabbi Rayats est lui-même comparable à un Chant. Par la connaissance des ‘Hassidim et des Mystiques, de leurs vies et de leurs comportements, le Rabbi Rayats nous permet d’atteindre le niveau du ‘Bitoul’. Les détails innombrables que le Rabbi nous délivre dans cette Œuvre composent un ensemble que l’on ne peut pas limiter à de simples mots sur une page. Chaque page du Livre des Mémoires est telle une partition des notes d’une Mélodie ‘Hassidique.
Les forces de l’âme telles qu’elles se trouvent incluses dans l’Essence de l’âme sont illimitées. C’est pour cela qu’il est dit qu’au moment du don de la Torah ‘les enfants d’Israël virent les Voix’.
Chaque force de l’âme s’habille dans un des membres du corps, la force de la vision s’habille dans l’œil, la force de l’audition dans l’oreille…, et le membre qui habille cette force la limite. Mais lorsque cette force de l’âme se trouve dans l’Essence de l’âme (avant de s’habiller dans un des membres du corps) elle est illimitée :
Le don de la Torah fut la révélation de l’Essence de l’âme et il fut donc permis à l’œil de voir ce que l’on entend c’est-à-dire de voir ce qu’il n’a pas l’habitude de voir : ‘le Peuple vit les Voix’.
Le Rabbi Rayats nous donne à voir par ses Ecrits ce que nous ne voyons pas avec nos propres forces, de ‘voir les Voix’, de voir cette Mélodie ‘Hassidique qui nous prépare à la Torah du Rabbi à l’Essence de la Torah.
Les écrits de Rabbi Yossef-Itz’hak contiennent en eux-mêmes l’Essence de la ‘Hassidouth (qui est elle-même l’Essence de la Torah). Ce ne sont pas de simples récits. L’écriture de Rabbi Yossef-Itz’hak grave dans le cœur du lecteur les valeurs profondes de la Torah.
Au début de son livre intitulé : ‘Le livre des mémoires’, le Rabbi Rayats nous raconte l’histoire d’un des premiers ‘Hassidim nommé ‘Benjamin’ :
Loubavitch était née depuis peu. Le Rabbi décrit Loubavitch comme ‘un lieu qui convenait aux esprits élevés. Là ils pouvaient se retirer du monde et se consacrer entièrement à l’étude de la Torah et au service de D.ieu, ou commencer une vie nouvelle basée sur les principles moraux les plus nobles et les plus purs de la Torah.
Un jour, Un évènement terrible se produisit à Loubavitch. Un immense incendie se déclara dans la ville et détruisit toutes les maisons et les bâtiments. Tous les habitants durent se mettre au travail pour reconstruire leurs maisons. Chacun partit dans les bois, couper des arbres et ramener les troncs et bientôt des maisons s’élevèrent de nouveau dans les rues de Loubavitch. Parmi tous les habitants vivait un homme du nom de Benjamin. Il était un vieil homme qui n’avait pas d’enfants pour l’aider, aussi engagea-t-il des ouvriers. Tandis que tout le monde était occupé à élever des maisons, on remarqua que Benjamin semblait construire un édifice de vastes proportions. Qu’est-ce que cela signifie ? Se demandait-on. Est-ce que Benjamin avait l’intention de remplacer sa petite maison incendiée par une demeure aussi imposante ? On haussait les épaules. On n’osait pas poser de questions à Benjamin, et lui-même ne disait rien. Mais quand le bâtiment fut presque terminé on commença à se demander si Benjamin construisait bien une maison pour lui-même. Le mystère fut bientôt éclairci. Après tout, ce n’était pas une maison pour lui mais une maison de D.ieu ! Benjamin avait construit un Beith-Hamidrache (une maison d’étude).
Qu’ajouter de plus à une telle histoire ! La seule question que l’on doit se poser est : Quel édifice suis-je en train de construire ? Une maison qui est le reflet de mes propres désirs ou une maison dont les fondations sont celles de la Torah et des Mitsvoth ?
La maison de Benjamin est ouverte des quatre côtés à l’exemple de la tente de notre Père Avraham. Elle accueille chaque Juif et celui-ci peut à tout moment venir s’y abriter. La maison de Benjamin est celle que nous construisons chaque jour sans que cela ne soit pour nous une contrainte, mais bien au contraire un véritable plaisir, le plus profond qu’il nous est donné de connaître. Cette maison est bien plus qu’une maison, cette maison c’est le Beïth Ha Mikdache.
Dans le Dvar Mal’hout sur notre Paracha, le Rabbi rapporte le livre du Zohar dans lequel il est dit que Pharaon représente la racine et la source de toutes les forces du mal. Son impureté est telle que Moché lui-même craignit d’aller à sa rencontre (Likouteï Si’hot, 1951, page 271-284).
C’est la raison pour laquelle le Saint béni soit-Il ne donna pas à Moché l’ordre de se rendre seul chez Pharaon, l’Eternel ne dit pas à Moché : ‘Va (seul) chez Pharaon! (Avec tes propres forces) mais Il lui dit : ‘Viens chez Pharaon ! ‘, ce qui sous-entend que D.ieu Lui-même accompagne Moché : ‘Viens avec Moi chez Pharaon ! ‘.
La mission de Moché ne fut pas seulement d’obliger Pharaon à libérer les enfants d’Israël en les laissant quitter l’Egypte. Moché devait également briser la force de Pharaon car la chute de Pharaon fait partie de la Délivrance d’Egypte et le Rabbi souligne que le nom de cette Paracha : ‘Bo’ fait partie intégrante de la Délivrance.
D.ieu a créé chaque chose avec son contraire : de ‘l’autre côté de la Sainteté’ Pharaon est appelé ‘le grand serpent’ (Zohar) car comme il a été dit ‘Pharaon représente la source de toutes les forces du mal’. Par contre, du ‘côté de la Sainteté’ Pharaon représente les plus hauts dévoilements.
Pour se rendre chez Pharaon et combattre son impureté, Moché devait avant tout recevoir de D.ieu des forces particulièrement très élevées. ‘Viens avec Moi chez Pharaon’ signifie donc que Moché devait tout d’abord atteindre le niveau de ‘Pharaon du côté de la Sainteté’. Ce niveau supérieur représente des dévoilements qui sont au-delà de toutes les limites, et c’est pourquoi Hachem devait nécessairement l’accompagner, car seul D.ieu peut donner à Moché (qui est malgré tout un être limité, une âme dans un corps) la force de recevoir de tels dévoilements, grâce auxquels Moché deviendrait capable de briser la force du ‘grand serpent’.
Dès-lors nous comprenons que ‘Viens avec Moi chez Pharaon (de la Sainteté)’ fait partie intégrante de la Délivrance. La sortie d’Egypte fut une préparation au don de la Torah, et le don de la Torah permit à tous les enfants d’Israël d’unir les mondes supérieurs avec notre monde matériel, de faire de ce monde une demeure pour l’Essence divine. La force que L’Eternel donna à Moché, pour lui permettre de recevoir des dévoilements au-delà de toutes les limites (afin de combattre Pharaon) est la même force qu’Il donna à chaque Juif pour lui permettre de recevoir le dévoilement de la Torah et réaliser sa mission d’unir le spirituel au matériel.
Le contenu profond de cet enseignement du Rabbi s’exprime tout aussi bien dans notre combat d’aujourd’hui qui consiste à faire tout ce qui est en notre pouvoir pour dévoiler notre Juste Machia’h en brisant toutes les limites et pour sortir enfin de l’obscurité de l’exil, de l’Egypte.
Le Rabbi explique la raison pour laquelle Moché refusait de se rendre chez Pharaon. Il prétexta que ‘sa bouche était lourde’, en d’autres termes qu’il avait des difficultés à parler. Dans le sens profond, le bégaiement de Moché signifie que la lumière de son intellect ne parvenait pas à se fondre dans les mots qu’il prononçait. Les forces de son intellect ne parvenaient pas à fusionner avec les articulations de sa bouche. En fait, la bouche de Moché ne fusionnait pas avec son cerveau car les enfants d’Israël ne fusionnaient pas avec Moché.
En effet, Moché se demandait si les enfants d’Israël étaient capables de recevoir les hautes lumières du monde de Tohou qu’il détenait. Ce doute qui vivait dans l’esprit de Moché s’exprimait physiquement par le fait que sa parole ‘doutait’, qu’il bégayait.
Dès-lors, nous pouvons comprendre les raisons pour lesquelles l’Eternel, qui désirait accompagner Moché, lui déclarait : ‘Je seconderais ta parole’ et ‘Je t’inspirerais ce que tu devras dire’.
L’enseignement du Rabbi apparaît ici avec clarté. La force de l’Essence divine a le pouvoir d’atteindre tous les niveaux, tous les endroits. Elle a le pouvoir d’unir l’esprit à la matière. Le pouvoir d’unir les lumières spirituelles du cerveau de Moché avec les mots matériels de sa bouche. Le pouvoir d’unir deux choses qui s’opposent totalement.
L’exemple que l’on peut donner ici est celui du Baal-Chem-Tov. Rabbi Israël Baal-Chem-Tov déclara en effet, que lorsque l’Essence de son âme se révélait dans les mots de sa bouche, il pouvait parler sans avoir à chercher ses mots, sans avoir besoin de faire attention à ce qu’il disait. Les mots coulaient de sa bouche comme le flot d’une source, et cela n’est pas sans nous rappeler la déclaration du Machia’h selon laquelle ‘Je viendrais quand tes sources se répandront à l’extérieur’.
La venue du Machia’h est la révélation de l’Essence divine dans ce monde, et le verset ‘Viens (avec Moi) chez Pharaon’, qui sous-entend que l’Eternel accompagne la parole de Moché, afin que celle-ci brise la force du ‘grand serpent’ représente le début de la Délivrance finale, car il est le commencement et la préparation au dévoilement de l’Essence divine.
Le Rabbi insiste sur le fait que la force de ‘Viens (avec Moi) chez Pharaon’ est donnée à tous les enfants d’Israël, de toutes les générations, jusqu’à notre génération, qui est celle de la Délivrance finale.
Aussi, notre mission consiste à ‘aller avec D.ieu chez Pharaon’. C’est-à-dire à dévoiler la force de l’Essence de notre âme qui est enracinée dans l’Essence divine afin qu’elle brise les désirs de notre âme animale, ‘la peau de serpent’ (comme l’appelle le livre du Zohar).
Attirer l’Essence divine en nous-même, afin qu’elle se révèle non pas seulement dans notre âme mais aussi dans notre corps tout entier, dans toute notre existence, au-delà des quatre coudées qui nous entourent. C’est ainsi que nous accomplirons notre mission de faire de ce monde une demeure pour l’Essence divine, en parvenant à briser les forces du mal, ‘la force du grand serpent’, à briser toutes les limites.
Dans le livre du Tanya, l’Admour Hazaken nous enseigne que la Séfira de Mal’hout est aussi appelée ‘la Bouche de l’Eternel’, ‘Par le souffle de Sa Bouche, l’Eternel crée et maintient en vie toute la Création’. Il nous apparaît alors que l’expression ‘Viens chez Pharaon’, laquelle représente (d’après le Zohar) l’union des plus hautes lumières avec la Séfira de Mal’hout s’accorde parfaitement à l’enseignement du Rabbi selon lequel l’Essence divine se dévoilait dans ‘la bouche de Moché’ afin qu’il puisse dispenser sa lumière aux enfants d’Israël. Par ailleurs, le Rabbi ne manque pas de mentionner dans son discours que son beau-père le Rabbi Rayats, à la fin de sa vie terrestre avait comme Moché de grandes difficultés à parler.
Le Rabbi nous demande alors de poursuivre l’action du Rabbi, c’est-à-dire de continuer à diffuser les Sources à l’extérieur en faisant véritablement don de nous-mêmes. Conformément à l’enseignement selon lequel ‘le Rabbi est la ‘Tête qui dirige le peuple’, et les enfants d’Israël sont ‘les Pieds de Moché’, si le Rabbi eut des difficultés à parler, alors le Rabbi déclare dans le Dvar Mal’hout que les ‘Hassidim ont le devoir d’étudier la Torah du Rabbi Rayats afin de compléter ses Paroles.
A l’évidence, cela n’est pas sans sous-entendre que le Rabbi nous accompagne, qu’il ‘seconde notre parole et qu’il inspire ce que nous devons dire’ afin de dévoiler notre Juste Machia’h très bientôt et de nos jours avec l’aide d’Hachem.
L’exemple du Rav et de l’élève revient très souvent dans la ‘Hassidout. Le Rabbi Rachab établit notamment un lien entre le dévoilement de la Parole divine dans le monde et le dévoilement de l’enseignement d’un Rav à son élève.
Imaginez un Rav qui étudie seul la Torah. Pour lui-même, avant même qu’il n’ait l’intention de transmettre un enseignement à son élève. Ce qu’il étudie et qu’il comprend n’est pas à la portée de son élève et lorsque le Rav décide de lui transmettre un enseignement à partir de ce qu’il est en train d’étudier il devra faire un premier Tsimtsoum. C’est à dire qu’il devra mettre de côté toute la profondeur du concept divin qu’il a étudié afin de ne garder et d’enseigner que ce que l’élève est capable de comprendre.
Le deuxième Tsimtsoum que devra faire le Rav consiste cette fois à penser l’enseignement qu’il a décidé de transmettre à son élève en considérant l’aptitude et les moyens que celui-ci possède pour recevoir cet enseignement.
Le Rabbi Rachab souligne que le premier Tsimtsoum est beaucoup plus puissant que le second car il représente une descente depuis l’Essence de l’intellect du Rav pour n’aboutir qu’à un petit rayon de lumière que l’élève sera capable de recevoir, ainsi qu’il a été dit précédemment : ‘il devra mettre de côté toute la profondeur du concept divin qu’il a étudié afin de ne garder et d’enseigner que ce que l’élève est capable de comprendre’.
Cependant le dévoilement de l’enseignement n’est possible qu’après un troisième Tsimtsoum. Celui-ci consiste à ce que le Rav habille l’enseignement obtenu après le premier et le deuxième Tsimtsoum dans des mots. Le dévoilement à l’élève n’est possible que par la parole du Rav.
A la lumière de cet exemple le Rabbi Rachab nous enseigne que les 4 Lettres du Nom Havayeh sont une allusion à la création et à la transmission de la lumière du Rav à son élève.
Or ein sof est au-delà des Lettres du Nom Havayeh. Or ein sof représente l’Essence divine et de ce fait peut être allusionné par l’Essence de l’intellect du Rav.
Le passage de l’Essence au reflet correspond au premier Tsimtsoum qui comme il a été expliqué consiste à définir l’enseignement que l’élève sera en mesure de comprendre. Ce Tsimtsoum est allusionné par la Lettre Youd et par la Lettre Hé du Nom Havayeh
Le deuxième Tsimtsoum qui consiste à définir l’enseignement selon les capacités à le recevoir de l’élève est allusionné par la Lettre Vav.
Enfin, le troisième Tsimtsoum qui consiste à ce que le Rav habille cet enseignement dans des mots est allusionne par la dernière Lettre du Nom Havayeh : la Lettre Hé qui correspond à la Séfira de Mal’hout.
Les Lettres du Nom Havayeh correspondent donc aux 10 Sefirot du monde d’Atsilout lequel représente la Pensée du Saint béni soit-Il, c’est à dire le niveau de la lumière divine dont un simple reflet est dévoilé dans le monde par l’intermédiaire de la Séfira de Mal’hout qui est elle-même la Parole divine qui crée et maintient en vie les mondes et tous les êtres qu’il contient.
Les mondes ne peuvent pas recevoir la lumière divine qui est du niveau de la Pensée de L’Eternel, c’est pourquoi il est dit dans le livre du Tanya que ‘L’Eternel a mis Sa grande lumière de côté’ et ne dispense aux mondes de la Création qu’un simple reflet de lumière qu’ils seront en mesure de recevoir, de la même façon du fait que l’élève ne peut pas recevoir l’Essence de l’intellect du Rav, le Rav met de côté toute la profondeur de son enseignement pour ne transmettre à son élève que ce qu’il sera en mesure de comprendre.
Aussi, de même que les mondes reçoivent leurs existences et leurs vitalités par le moyen de la Parole de L’Eternel (Mal’hout), l’élève reçoit son enseignement par le moyen de la parole du Rav.
Il convient ici d’établir un lien avec un des enseignements du Rabbi dans le Dvar Mal’hout sur notre Paracha.
Il est écrit au début de notre Paracha (Vaéra, 6, 3) : ‘Je suis apparu à Avraham, à Itz’hak et à Yaakov comme D.ieu Tout Puissant, ‘Kel Chadaï’, mais sous Mon Nom ‘L’Eternel’, ‘Havayeh’, Je ne me suis pas fait connaitre à eux’.
Ce verset met en évidence la différence qui existe entre le niveau de la lumière divine qui est dévoilée dans le monde par la Parole de D.ieu, et le niveau de la lumière divine qui est au-delà du monde et qui ne s’y révèle pas encore : la Pensée de D.ieu.
Le Rabbi explique que ce verset s’adresse aussi bien à Moché et à sa génération qu’à notre propre génération, car tant que nous vivons dans l’exil nous ne connaissons pas le dévoilement du Nom Havayeh. En effet, c’est avec le dévoilement du Machia’h que nous aurons le mérite de connaître le dévoilement de L’Essence divine et de l’Essence de la Torah.
Ainsi, les Patriarches sont la racine et la source de toutes les âmes des enfants d’Israël. Ils représentent l’Essence de l’âme d’Israël dont découlent la foi pure en D.ieu et les forces les plus profondes et les plus intérieures de l’âme Juive, telles que celle de faire don de sa propre existence pour sanctifier le Nom de D.ieu.
‘D.ieu nous donne la matière afin que nous la transformions en spirituel’, et en circoncisant le prépuce de sa chair, Avraham fut le premier à agir de la sorte. Par cela, Avraham ouvrit le chemin de ‘Matan Torah’, car il fut le premier à sanctifier son corps, et il transmit alors en héritage les forces de l’Essence de l’âme Juive aux enfants d’Israël de toutes les générations, leur permettant de poursuivre cette mission de faire du corps de ce monde matériel une demeure pour D.ieu.
Avraham Itz’hak et Yaakov qui furent les premiers à dévoiler l’Essence divine dans leurs âmes et dans leurs corps représentent l’Essence de l’âme Juive, puis, avec le don de la Torah, par le fait d’accomplir tous les autres Commandements de la Torah, le peuple Juif attira de manière profonde l’Essence divine dans ce monde matériel. Cependant, ce n’est qu’avec le dévoilement du Machia’h que l’on connaîtra le Nom Havayeh de manière véritable, car l’on assistera alors au dévoilement de la Pensée d’Hachem et l’on verra la Parole divine, pour l’instant cachée, avec nos yeux de chair.
(Fin de la première partie)
Par Sa Parole Hachem créé et maintient en vie à chaque instant tous les êtres de Sa Création. Sans la Parole d’Hachem Sa Création retournerait au néant, c’est pourquoi il est dit que ‘Sa Parole demeure éternellement dans le ciel’. Cependant il y a une différence entre la vitalité que D.ieu dispense à ceux qui accomplissent Sa Volonté et la vitalité que D.ieu dispense à ceux qui se trouvent de ‘l’autre côté de la Sainteté’. Ainsi, ceux qui se trouvent du côté de la Sainteté, qui pensent parlent et agissent conformément à la Volonté de D.ieu reçoivent leur vitalité de la ‘Face’ de D.ieu, c’est à dire que L’Eternel leur donne leur vitalité avec amour, de Sa Volonté profonde et intérieure.
A l’opposé, lorsqu’il s’agit des ‘Klipoth’, lesquelles représentent ‘l’autre côté de la Sainteté’, Hachem leur accorde leur vitalité à contre cœur, non pas de sa Volonté profonde et véritable mais ‘comme une chose que l’on donne en la jetant par-dessus son épaule et en détournant son regard’.
Les trois Klipoth ha-tméoth désignent le niveau le plus bas de l’impureté et ne possèdent aucun bien à la différence de Klipat-Noga qui est un mélange de bien et de mal. Les aliments interdits et de même les pensées les paroles et les actes sur des sujets interdits reçoivent leur vitalité des trois Klipoth ha-tméoth.
L’expression ‘Yénikat ha-hitsonim’ désigne le fait que toutes les Klipoth reçoivent leur vitalité (‘à contre cœur’) de la Sainteté laquelle Se trouve en exil à l’intérieur des Klipoth. Dans le Dvar Mal’hout le Rabbi rapporte une discussion entre la Maison de Chamaï et la Maison d’Hillel qui est la même discussion qui opposait Ben Zoma aux Sages, à savoir ‘s’il était possible d’agir dans une situation où il y a ‘Yénikat ha ‘hitsonim’, en d’autres termes s’il est possible de transformer l’obscurité de l’exil.
A l’époque de Rabbi Elazar ben Azaria les avis étaient partagés. Rabban Gamliel était d’avis qu’à présent la possibilité n’est pas donnée à l’homme de raffiner et de purifier les trois Klipoth ha-tméoth. Selon Rabbin Gamliel le Tikoun (la réparation) des trois Klipoth ha-tméoth n’était possible qu’avec le dévoilement du Machia’h, lorsque ‘D.ieu effacera l’esprit d’impureté de la terre et que la mort sera avalée’ les Klipoth disparaîtront et l’étincelle divine qui les vivifiait sera alors libérée.
A ce sujet le Rabbi rapporte dans le Dvar Mal’hout sur notre Paracha l’attitude de Rabban Gamliel qui lorsqu’il était Nassi n’autorisait pas l’entrée dans la Maison d’étude ‘à tout élève dont le dedans n’est pas pareil à son dehors’. En d’autres termes seuls ceux qui avaient atteint une parfaite intégrité dans leur service divin pouvaient entrer dans le Beït-ha-Midrache.
Ce point de vue de Rabban Gamliel correspond avec le niveau de Sainteté des Temps futurs, lequel exclut tout ce qui est contraire à la Sainteté.
L’attitude de Rabbi Elazar ben Azaria s’opposait totalement à celle de Rabban Gamliel. Selon Rabbi Elazar ben Azaria, même dans l’obscurité d’un monde étroit et limité et où de nombreux voiles cachent la lumière divine, il est possible et nécessaire de raffiner et d’élever le monde, de ‘sortir d’Egypte’. C’est pour cette raison que Rabbi Elazar ben Azaria, lorsqu’il remplaça Rabban Gamliel et devint à son tour Nassi (Bra’hot, 28a) renvoya le gardien de la Yéchiva afin d’ouvrir l’accès de la Maison d’étude même ‘aux élèves dont le dedans n’est pas pareil à son dehors’.
Cette discussion entre les Sages revient à se demander si nous devons évoquer la sortie d’Egypte lors de la récitation du Chéma de la prière du soir, ou bien si cette obligation ne s’applique-t-elle seulement qu’en journée ?
Le Rabbi rapporte la déclaration de Rabbi Elazar ben Azaria selon laquelle il fallait évoquer la sortie d’Egypte également ‘pendant la nuit’, ainsi qu’il est dit (Brakhot, 28a) :
‘Me voici comme âgé de 70 ans, et pourtant je n’ai pas eu le mérite de convaincre mes collègues de l’obligation de faire mention la nuit également de la sortie d’Egypte, jusqu’à ce que Ben Zoma l’ai déduit de ce verset (Deutéronome, 12, 6) : Afin que tu te souviennes du jour où tu es sorti d’Egypte tous les jours de ta vie. ‘Tous les jours de ta vie’ vient inclure les nuits, et selon d’autres Sages ‘les jours de ta vie’ se réfère au devoir de mentionner la sortie d’Egypte de nos jours, et ‘tous les jours de ta vie’ vient inclure les Temps messianiques’.
Le ‘Hidouch de Ben-Zoma, dont le Rabbi souligne ici l’importance est que ‘nous devons également faire mention de la ‘sortie d’Egypte pendant la nuit’, ce qui signifie que même pendant la nuit et dans la plus grande obscurité spirituelle de l’exil, il est possible et il est même nécessaire de ‘sortir d’Egypte’, contrairement à tous ceux qui pensaient que seule la venue du Machia’h pouvait mettre un terme au règne des Klipoth, car selon eux la majorité des hommes ne possédait pas la force de ‘raffiner les nuits’.
A partir de l’histoire de la Guémara sur l’ouverture de la Maison d’étude, le Rabbi met en évidence que Rabbi Elazar ben Azaria ouvrit la porte de la Yéchiva à des élèves qui n’avaient pas encore atteint une parfaite intégrité dans leurs services divins. Permettre à ces élèves d’étudier dans le but de se raffiner et de se transformer nous montre qu’il est possible de ‘raffiner les nuits’ : même pendant la nuit et dans la plus grande obscurité spirituelle il est possible et il est même nécessaire de ‘sortir d’Egypte.
Le nom ‘Mitsraim’, ‘Egypte’, vient du mot ‘Metsarim’ qui signifie ‘Limites’. Nous devons continuellement ‘sortir d’Egypte’ c’est à dire de nos propres limites, et c’est pourquoi Rabbi Elazar ben Azaria ne limita pas l’entrée de la Yéchiva seulement à ceux qui avaient déjà un niveau spirituel élevé.
‘Sortir d’Egypte’ signifie donc que l’on doit sortir de toutes les limites, qu’il s’agisse des limites que nous impose le ‘jour’ ou qu’il s’agisse des limites que nous impose la ‘nuit’.
De façon générale ‘sortir d’Egypte’ signifie sortir des limites qui nous empêchent de servir D.ieu mais de manière plus profonde ‘sortir d’Egypte’ signifie que l’on sort des limites et des obstacles qui existent dans la Sainteté elle-même et cela au point de sortir des limites du monde d’Atsilout car comme le souligne le Rabbi Atsilout est lui-même un ‘monde’ et de ce fait malgré sa grandeur il est lui-même limité.
Le Rabbi nous donne à chaque instant la possibilité de sortir de nos propres limites, et si nous savons saisir cette opportunité nous pouvons nous élever sans cesse de prodiges en prodiges et de manière illimitée, au-delà des ‘jours’ et des ‘nuits’. ‘Sortir de l’Egypte de la Kédoucha’.
Ainsi, de façon sûre et ordonnée chaque Juif peut connaître une extraordinaire élévation, et dans ce cas toutes ses pensées ses paroles et ses actes finiront par dévoiler son désir le plus profond : le désir du dévoilement de D.ieu et du Machia’h, très bientôt et de nos jours avec l’aide d’Hachem.
Dans le Dvar Mal’hout sur la Paracha Vayé’hi le Rabbi mentionne un enseignement au sujet du mois de Tévet qui est le mois le plus froid de l’année selon lequel : ‘Le corps a du plaisir du corps’.
La ‘Hassidout nous enseigne que la lumière du soleil est une allusion à la lumière divine de l’âme.
Chaque Juif doit dévoiler la lumière qui provient des forces de son âme et du fait que l’âme se dévoile dans le corps (et par son intermédiaire) nous devons accomplir un travail de raffinement et de purification du corps afin que celui-ci perde sa grossièreté et devienne un bon réceptacle pour la lumière de l’âme.
A l’exemple du soleil qui brille avec force pendant les mois d’été, notre service divin pendant cette saison consiste essentiellement à dévoiler la lumière des forces de notre âme. Pour se faire nous devons purifier le corps afin que celui-ci ne constitue pas un obstacle à ce dévoilement. Cependant l’essentiel de notre travail consistera à dévoiler la force de la lumière de l’âme.
A l’opposé pendant les mois d’hiver (et tout particulièrement pendant le mois Tévet) le soleil se fait beaucoup moins influent et le froid est alors dominant. De manière profonde cela signifie que la lumière de l’âme ne brille pas avec la même force que pendant les mois d’été et c’est la raison pour laquelle l’essentiel de notre travail sera alors de purifier notre corps précisément au moyen du corps lui-même et non pas au moyen de la lumière de l’âme. Purifier le corps, c’est agir sur l’âme animale afin de la raffiner, de la purifier, de ‘transformer l’obscurité en lumière’ c’est-à-dire de transformer sa grossièreté afin qu’elle-même éclaire.
Le Rabbi illustre ce principe au moyen d’une histoire du Baal Chem Tov que son beau-père le Rabbi Rayats lui rapporta au nom du Tséma’h Tsédek : ‘Un jour, alors qu’il n’y avait pas suffisamment de lumière dans le Beïth Ha Midrache, les élèves du Baal Chem Tov demandèrent à leur Maitre ce qu’ils devaient faire.
Le Baal Chem Tov leur répondit de détacher quelques stalactites de glace qui étaient accrochées sur le bord du toit du Beïth-Ha- Midrache. Les élèves partirent alors en chercher et lorsqu’ils les déposèrent sur les tables du Beïth-Ha-Midrache elles se mirent à briller et le Beït-Ha-Midrache fut alors inondé de lumière.
Cette histoire met en évidence une des deux façons de transformer l’obscurité en lumière. Une première façon consiste à amener de la lumière et dans ce cas la lumière va remplacer l’obscurité. Une deuxième façon consiste à ce que l’obscurité elle-même (‘les stalactites’) se mette à éclairer, ainsi qu’il est dit : ‘Dans les temps futurs la nuit brillera comme le jour’.
Le Rabbi nous explique que la raison pour laquelle on parvient à transformer un corps grossier en un corps saint précisément au moyen du corps lui-même (et non pas au moyen de la lumière de l’âme) vient du fait que l’origine du corps est supérieure à celle de l’âme. Et au Rabbi de nous enseigner que ‘la force de l’Essence divine qui est dans le corps se dévoile précisément lorsque la lumière de l’âme ne brille pas de façon manifeste. A l’exemple de la force de Messirout-néfèch qui se dévoile davantage dans le talon du pied que dans la tête’.
Comme il a été dit précédemment, l’été est une période propice pour dévoiler la lumière de l’âme et l’hiver est lui-même une période propice pour dévoiler l’Essence divine qui se cache dans le corps. C’est à ce sujet qu’il est dit : ‘Le corps a du plaisir du corps’ car le Rabbi nous enseigne que le ‘corps’ désigne ici Atsmout (‘le corps du Roi’ : l’Essence divine), et cette déclaration signifie que le plaisir de D.ieu n’est pas provoqué par le fait ‘d’annuler’ l’obscurité du corps afin qu’il ne s’oppose plus au dévoilement de l’âme mais par le fait d’agir dans le but que le corps lui-même se mette à éclairer.
Le Rabbi Rachab nous donne à ce sujet l’exemple de l’encens (voir ‘Bé chaa ché hikdimou’, Hélek guimel, page 1326). L’odeur de l’encens n’est plus la même lorsqu’on la brûle et ce passage de l’amertume à la douceur est comparable au travail que l’on doit accomplir sur notre âme animale afin de transformer son obscurité en lumière :
Il est possible d’élever l’âme animale grâce à la lumière de l’âme divine, cela est allusionné par le fait que pendant les jours de l’année on allumait la Ménorah du Temple, laquelle symbolise la lumière de l’âme divine, en même temps que l’on brûlait les encens. Nous voyons donc dans ce cas que la transformation de l’âme animale est réalisée au moyen de l’âme divine.
Il n’en est pas ainsi le Jour de Yom Kippour, car en ce jour l’âme animale s’élève d’elle-même. En effet nous pouvons nous rendre compte que même celui qui est totalement détaché du Divin pendant tous les jours de l’année revient vers D.ieu au moment de la prière de la Neïla. Et cela, même si ses nombreux péchés ont complètement obscurci la lumière de son âme divine.
Ce sujet est aussi celui du son du grand Choffar dont le pouvoir est de ramener tous ceux qui se sont égarés au point qu’ils sont véritablement incapables de retrouver leur chemin. Ce sujet est également celui des enfants d’Israël lorsqu’ils étaient esclaves en Egypte. Comme il est enseigné dans la ‘Hassidout, la matière n’a pas été créée selon le processus de l’enchaînement des mondes mais elle provient de l’Essence divine, c’est pourquoi L’Eternel a entendu le cri de Ses enfants, car ce cri provenait de l’âme animale et du corps qui ne pouvait plus supporter les terribles souffrances qu’on lui infligeait. Hachem ne pouvait pas supporter que l’on touche à Son Essence, laquelle est cachée dans le corps de Ses enfants.
Aussi, le Rabbi Rachab nous enseigne que dans notre service divin cela correspond précisément au cri de l’âme animale qui a pour effet de révéler ici-bas la force de l’Essence divine. A l’exemple du son du Choffar (fait à partir de la corne du bélier : d’un animal : allusion au cri de l’âme animale) qui est lui-même un cri qui vient de la profondeur du cœur.
Ainsi, à la lumière de ces enseignements, le Rabbi nous enseigne qu’à partir de l’obscurité la plus profonde la possibilité nous est donnée de faire de ce monde une demeure pour l’Essence divine. De fait, la force de l’Essence divine qui est dans le corps se dévoile dans l’obscurité, c’est à dire lorsque la lumière de l’âme divine ne brille pas manifestement en nous-mêmes, dans ce cas précisément se révèle la force de Atsmout.
L’exemple de ‘la force de messirout néfech qui se dévoile davantage dans le talon que dans la tête’ exprime cette idée. Notre génération est celle du ‘talon’, cela signifie que nous sommes capables d’agir avec la plus totale soumission (messirout néfech) en accomplissant un service divin basé davantage sur notre acceptation du joug divin que sur le dévoilement des forces de l’intellect.
Comme il a été dit précédemment : ‘le plaisir de D.ieu n’est pas provoqué par le fait ‘d’annuler’ l’obscurité du corps afin qu’il ne s’oppose plus au dévoilement de l’âme mais par le fait d’agir dans le but que le corps lui-même se mette à éclairer’. Conformément à cette déclaration le Rabbi mentionne un enseignement du Rabbi Rachab (‘Yom Tov chel Roch-ha-Chana’, Page 210) dans lequel il est expliqué qu’il existe ‘ceux qui servent Hachem avec leurs âmes’ et ‘ceux qui servent Hachem’ avec leurs corps’.
Ceux qui ont ‘le cœur brisé’, c’est à dire ceux qui s’attachent à briser la matérialité du cœur pour faire disparaître sa grossièreté sont ‘ceux qui servent D.ieu avec leurs corps’. Ils accomplissent les Mitsvoth avec la Emouna sans vraiment éveiller l’amour et la crainte de D.ieu qui naissent de l’intellect, mais en éveillant l’amour et la crainte de D.ieu naturels en chaque Juif. L’essentiel de ce travail est le niveau appelé ‘Bitoul ha Yèch’.
‘L’acte est essentiel’ et le Rabbi déclare dans le ‘Likouteï Sihot’ (11, Chemot, page 326-327) que ‘Le corps a du plaisir du corps’ du fait que l’intention divine est véritablement réalisée au moyen des Mitsvoth maassiot.
A l’évidence c’est par l’action des Mitsvoth accomplie avec le corps et en ayant conscience que le corps est lui-même lié à l’Essence divine, que nous aurons le mérite de’faire de ce monde une demeure pour l’Essence divine’ avec le dévoilement de notre Juste Machia’h, très bientôt et de nos jours, avec l’aide de D.ieu.
A la mémoire de mon père z »l décédé alors qu’il disait le Kidoush un Chabbat Vayehi et de ma mère a »h décédée des années plus tard dans la semaine d’une Parchat Vayehi
Le chabbat, nous terminerons la lecture du Sefer Béréchit, Au sujet du Livre de la Genèse, il est écrit : « Maassé avot siman labanim », « le comportement de nos pères » – les patriarches Avraham, Yitzhak et Yaacov – est un enseignement pour leurs enfants, c’est-àdire pour nous-mêmes aujourd’hui.
Commentant le décès de Yaacov, le Talmud rapporte une curieuse discussion. Rabbi Yo’hanane affirme que ce patriarche n’est pas mort. Et pourquoi donc ? La réponse nous interpelle : « Si la descendance de Yaacov est en vie, alors Yaacov, lui aussi, reste en vie ! ». Normalement c’est le père qui donne la vie, alors qu’ici, ce sont les enfants qui, pour ainsi dire, donnent la vie à leurs parents.
Mais pourquoi donc ce principe ne se retrouve que chez Yaacov et pas chez Avraham ou Yitzhak ?
En fait, on ne peut parler de descendance véritable pour Avraham et Yitzhak car chacun de ces deux patriarches eut également un autre fils qui prit un mauvais chemin. De là, on peut déduire un principe fondamental. La descendance n’est pas uniquement biologique. Encore faut-il que les enfants suivent l’exemple de vie que leur ont légué leurs parents.
Le fils (vivant) prend la place du père (disparu) et lui donne pour ainsi dire la vie lorsqu’il suit pleinement l’enseignement de ses ancêtres. Soulignons que ceci n’exclut pas l’épanouissement individuel de chacun.
C’est pourquoi il est dit que « la Torah que Moché nous a donnée est l’héritage de la communauté de Yaacov ».
Allons plus loin dans notre réflexion sur la paracha. Pourquoi le texte du Talmud emploie-t-il l’expression « sa descendance » et non « ses enfants » ? Sa descendance se dit en hébreu «zaro», littéralement, ce terme signifie : «sa graine».
En effet, la descendance de Yaacov est aussi une graine. C’est-à-dire qu’il ne suffit pas que les enfants suivent pieusement ses enseignements, il faut aussi qu’ils soient des graines qui donneront d’autres fruits, qui à leur tour produiront d’autres fruits et cela à l’infini.
Nous avons tous des parents et la plupart d’entre nous aurons des enfants. La plus grande des bénédictions est d’intégrer l’enseignement et l’exemple de vie de nos pa- rents et de transmettre ainsi les valeurs universelles du Judaïsme à nos enfants ainsi qu’à toutes les personnes que nous côtoyons.
Abraham, Yitzhak et Yaacov représentent pour nous tous des idéaux. Ils incarnent différentes façons d’affronter les difficultés que chaque être humain traverse dans sa vie. Ils sont des exemples de résilience.
Oui, l’existence humaine est complexe mais nous ne devons jamais perdre espoir… car après de nombreuses pérégrinations les enfants de Yaacov sont finalement sortis de l’exil pour recevoir la Torah et s’installer en Terre sainte.
Le Rabbi explique Dans le Dvar Mal’hout sur la Paracha Vayigach que la force dont un Juif a besoin pour faire face à l’exil peut s’exprimer de deux façons.
Dans un premier cas la force d’un Juif reste limitée car il compose avec le monde et ne sort pas des limites qu’il lui impose. Dans un deuxième cas, le fait de vivre dans l’obscurité de l’exil n’empêche absolument pas ce Juif de vivre en étant totalement détaché de tous les sujets de l’exil. Il renforce tellement le lien qui l’unit à Hachem que ses pensées ses paroles et ses actions ont pour effet de transformer la réalité au point que même la plus grande autorité du pays dans lequel il se trouve se pliera à sa volonté (laquelle se fond dans la Volonté du Saint béni soit-Il). Ainsi, le Rabbi explique que la force d’un Juif consiste à s’élever bien au-delà du monde et de l’exil afin d’en briser les limites pour en faire le réceptacle de la Lumière infinie de D.ieu.
L’exemple donné ici est celui Mordé’haï au temps de Pourim. Il est écrit au sujet du festin que donna le Roi A’hachvéroch (Méguila d’Esther, 1, 8) : ‘On buvait à volonté, sans aucune contrainte, car le Roi avait recommandé à tous les sujets de sa maison de faire la volonté de l’un et de l’autre’.
La Guémara (Méguila, 12, chapitre 1) explique que l’expression ‘faire la volonté de l’un et de l’autre’, signifie que le roi A’hachvéroch ordonna de faire en même temps, ‘selon la volonté de Mordé’haï et d’Aman’.
Or, comment est-il possible de faire en même temps, selon la volonté de Mordé’haï, ‘un homme Juif’, et d’Aman, ‘un oppresseur et un ennemi’ d’Israël’ ?
Peut-on ‘Faire la volonté de l’un et de l’autre ? Le vent peut-il souffler en même temps dans deux directions opposées pour permettre à deux bateaux de naviguer dans deux directions opposées ? ‘. Il est impossible d’assouvir, en une seule fois, deux désirs qui s’opposent l’un avec l’autre : la volonté de Mordé’haï en même temps que celle d’Aman.
Il est écrit (Méguila, 3, 2) : ‘Tous les serviteurs du roi, admis à la cour royale, s’agenouillaient et se prosternaient devant Aman, car tel était l’ordre donné par le roi en son honneur, mais Mordé’haï ne s’agenouillait ni ne se prosternait’.
L’opposition entre Mordé’haï et Aman est telle l’opposition qui existe entre notre façon de combattre l’exil : en composant avec le monde et donc en restant soumis aux limites que cet exil nous impose (Aman), ou bien en nous attachant à D.ieu d’un lien si intense que cela nous permet de nous élever bien au-delà de toutes les limites (Mordé’haï).
Chaque Juif a le devoir de se soumettre aux lois du pays dans lequel il vit, évidemment c’est seulement dans le cas ou ces lois ne contredisent pas la Hala’ha. Personne ne peut imposer à un Juif d’agir contrairement à la Volonté de D.ieu. Le point que le Rabbi soulève ici ne concerne pas les sujets qui sont liés à la Torah et aux Mitsvoth. Il concerne les sujets qui sont permis par la Torah. Un Juif peut-il vivre selon les normes et les usages de ce monde conformément à la volonté d’Aman et en même temps selon la volonté de Mordé’haï qui ‘ne s’agenouillait pas et ne se prosternait pas’ ?
A priori nous pouvons penser que le fait que L’Eternel nous a envoyé en exil implique que nous soyons obligés de nous plier aux limites et aux usages qu’il nous impose, et dans ce cas comment est-ce possible d’agir à l’exemple de Morde’haï ? En effet l’attitude de Mordé’haï, contrairement à la volonté d’Aman, exclut totalement l’idée de composer avec le monde et dans ce cas comment est-il possible de ‘faire la volonté de l’un (Aman) et de l’autre (Mordé’haï)’ ?
S’il se soumet aux lois et aux usages du pays (la volonté d’Aman) comment pourra-t-il dans ce cas faire la volonté de Mordé’haï qui consiste à ne ‘jamais s’agenouiller ni de se prosterner’ ?
De fait, les usages et les normes d’un pays, même s’ils ne sont pas contradictoires avec la Hala’ha peuvent constituer des limites dans nos actions qui ont pour but de provoquer la Délivrance. Or, le ‘Hidouch que le Rabbi nous enseigne ici est que si nous nous attachons à l’Essence de D.ieu alors nous pouvons accomplir même en exil la volonté de Mordé’haï car nous nous trouvons au-dela de toutes les limites (par le fait d’être attachés à l’Essence divine). En autres termes, lorsqu’un Juif s’attache de manière profonde à D.ieu, il parvient à unir deux contraires, à faire pénétrer dans ce monde limité une lumière illimitée. Même en exil il agira à l’exemple de Mordé’haï, au sujet duquel il est dit : ‘Il ne s’agenouillait ni ne se prosternait’.
La qualité de Mordé’haï qui est allusionnée dans son nom : Mordé’haï ‘Ha Yéhoudi’, est aussi celle Yéhoudah.
‘Yéhoudah’ exprime le fait de reconnaître (‘Hodaa’ : ‘reconnaissance’) à chaque instant et dans chaque situation ‘qu’il n’y a rien en dehors de Lui’.
Le Rabbi nous enseigne que Yéhoudah n’a pas agi en étant soumis aux normes et aux usages de ce monde. Il ‘s’approcha de Yossef’ sans même en avoir reçu l’autorisation. Bien que Yéhoudah savait que pour libérer son frère Benyamin il devait avant tout se soumettre à Yossef, ainsi qu’il est dit (Vayigach, 44, 18) : ‘De grâce, mon maître…Car tu es comme Pharaon…’, une force redoutable l’animait. Yéhoudah était même d’un niveau supérieur à celui de Mordé’haï. Contrairement à Mordé’haï qui fut nommé comme associé du roi par A’hachvéroch, ou comme Yossef qui fut nommé vice-roi par Pharaon, Yéhoudah agit seulement par ses propres forces lorsqu’il ‘s’approcha de Yossef’, et au Rabbi de nous apprendre que c’est par cette attitude que Yéhoudah donna la force aux enfants d’Israël de combattre l’exil de l’Egypte, et de s’y installer dans la largesse.
Cet enseignement du Rabbi n’est pas sans nous rappeller cet autre enseignement du Maguid de Mézeritch. A celui qui désirait obtenir la richesse, le Maguid conseilla ‘d’aller vers le nord, car la Table des pains de proposition se trouve au nord, dans le Temple’. S’il désirait la Torah, ‘il lui fallait se diriger vers le sud, car la Ménorah se trouve vers le sud, dans le Temple’. Enfin, s’il désirait les deux, ‘il lui fallait se diriger vers l’endroit de l’Arche, car l’Arche ne prenait pas de place dans le Temple’.
Cet enseignement du Maguid s’accorde à celui du Rabbi, car un Juif détient le pouvoir d’unir deux contraires, d’attirer la lumière infinie de D.ieu dans ce monde inférieur. Il lui suffit pour cela de ‘se diriger vers l’endroit de l’Arche’, c’est-à-dire d’agir par la force de l’Essence de son âme, laquelle se situe bien au-delà de ce monde puisqu’elle est enracinée dans l’Essence divine. Chaque Juif détient la capacité de dévoiler en lui-même la force du lien qui unit son âme à D.ieu. Il doit tout d’abord utiliser les forces de la partie de l’âme qui s’habille dans le corps (l’intellect, les sentiments, la force de l’action), et c’est par elles qu’il parviendra ensuite à révéler en lui-même la force infinie de la partie de l’âme qui ne s’habille pas dans le corps, l’Essence de l’âme.
En révélant l’Essence de son âme, un Juif parvient à atteindre le niveau de l’Arche, laquelle ‘ne prend pas de place dans le Saint des Saints’ et dont le niveau se situe bien au-delà de toutes les limites de ce monde matériel.
Comme pour Mordé’haï dont l’attitude permit l’annulation du décret d’Aman, et comme ce fut le cas pour Yéhoudah qui permit à son père Yaakov de vivre en Egypte, en exil, les plus belles années de sa vie, c’est par notre soumission vis-à-vis de l’Eternel et notre soumission vis-à-vis du Rabbi qu’Il a choisi pour nous conduire jusqu’à la Délivrance finale, que nous aurons enfin le mérite de provoquer la Délivrance et le dévoilement de notre juste Machia’h, très bientôt et de nos jours, avec l’aide de D.ieu.
Erratum : Le Machia’h est apparu au Baal Chem Tov le jour de Roch Ha Chana, et non pas le jour du 19 Kislev ! Bien que le jour du 19 Kislev soit appelé ‘ le Roch ha Chana de la ‘Hassidout’ il n’est ‘que’ le départ des diffusion des sources à l’extérieur…
Dans le Dvar Mal’hout sur notre Paracha, le Rabbi écrit que la Torah est appelée Lumière, Torah Or, car elle chasse l’obscurité et apporte la paix dans le monde. De fait, plus l’obscurité se renforce dans le monde, plus il est nécessaire de dévoiler la profondeur de la Torah.
Ainsi quand les Grecs se sont levés contre le peuple d’Israël il y eut un renforcement de la Lumière de la Torah, le dévoilement d’un niveau supérieur, que le Rabbi appelle : l’Huile de la Torah.
Le Rabbi nous enseigne que la ‘Sagesse’ des Grecs dérive de l’autre côté de la Sainteté, c’est pourquoi ils avaient pour but de faire oublier la Torah au peuple Juif. Tout simplement, ils ne pouvaient supporter le fait que la Torah est la Sagesse de D.ieu, ainsi qu’il est dit dans le Zohar de Rabbi Shimon Bar Yo’haï : ‘la Torah et D.ieu béni soit-Il ne font qu’Un’ (voir Tanya, chapitre 4).
Les Grecs avaient donc pour désir de rendre l’Huile de la Torah impure. Cela signifie qu’ils ne pouvaient absolument concevoir qu’il puisse exister un lien entre le Saint béni soit-Il et la Torah, et plus encore, qu’il puisse exister un lien entre D.ieu Israël et la Torah, car toujours selon l’enseignement de Rabbi Shimon Bar Yo’haï : ‘D.ieu Israël et la Torah ne font qu’Un’.
La petite fiole d’huile, marquée par le tampon du Cohen gadol est à l’origine du miracle de ‘Hannoucah. Lorsque les Juifs découvrirent la petite fiole d’huile, et que par un miracle divin celle-ci brûla pendant huit jours, l’Eternel fit apparaître aux yeux de tous et dans la plus grande clarté que la Torah était divine.
En fait, les grecs n’étaient pas contre le fait que les Juifs étudient la Torah. La partie révélée de la Torah, laquelle traite des lois relatives à ce monde physique et matériel, n’excitait pas leur désapprobation. Par contre, ils ne pouvaient supporter le fait que la Torah soit considérée et qualifiée par les Juifs comme étant la Sagesse de D.ieu, qu’elle soit Sainte. Par leur désir de rendre impure la Torah les Grecs s’attaquaient au lien qui unit le Saint béni soit-Il avec les enfants d’Israël. Un des enseignements que nous délivre ici le Rabbi, est que la Torah est la Torah de D.ieu, et cela ne doit jamais quitter l’esprit de celui qui l’étudie. C’est en agissant de la sorte, qu’il ressentira la Sainteté de la Torah. Même lorsqu’il étudie des lois liées à ce monde matériel, il percevra le souffle divin qui est à leur origine.
L’Huile de la Torah exprime le fait qu’il existe un niveau de la Torah qui surpasse tous les autres paliers d’interprétation de la Torah. Comme l’huile qui flotte au-dessus de tous les autres liquides, l’Huile de la Torah correspond au niveau qui surpasse tous les autres niveaux de la Torah car il en constitue l’Essence même.
L’Huile de La ‘Hassidout, à l’exemple de l’huile que l’on verse sur les aliments pour leur donner du goût, donne le goût à la partie révélée de la Torah. A ce sujet, dans le Dvar Mal’hout le Rabbi rapporte les versets suivants :
Pharaon demanda à Yaacov :
‘Combien sont les jours des années de ta vie ?’,
Et Yaakov répondit à Pharaon (Vayigach, 47, 8, 9) :
‘Peu nombreux et malheureux étaient les jours des années de ma vie et ils n’ont pas atteint le nombre des jours des années de la vie de mes pères…’.
Le Rabbi explique que Yaakov considérait que les jours de sa vie étaient ‘peu nombreux’ et ‘malheureux’ car tant que l’exil persiste et que la Délivrance n’arrive pas, sa vie ne représente que ‘peu’ à ses yeux car il manque l’essentiel. Aussi, bien que Pharaon donne à Yaakov ‘la meilleure partie du pays’ afin qu’il s’y installe avec ses fils, Yaakov lui fait savoir qu’il ne peut pas se suffire de cela, et que son installation en Egypte n’a pour seul but que celui de provoquer la Délivrance.
Aussi, le Rabbi insiste sur l’importance de désirer de toutes nos forces et du plus profond de nous-mêmes la Délivrance, car tant qu’elle n’est pas encore là, notre vie ne représente que ‘peu’ de chose.
A la lumière de cette explication du Rabbi, il est possible d’expliquer que la déclaration de Yaakov selon laquelle ‘peu nombreux étaient les jours des années de ma vie’ exprime le très profond désir de Yaakov du dévoilement de la Torah du Machia’h, de la ‘Cinquantième porte de la Connaissance’.
Il est rapporté dans le Traité Nédarim (38a) que cinquante portes de la Connaissance ont étés créées dans le monde, et toutes ont été données à Moché, ‘à l’exception d’une seule’ ainsi qu’il est écrit dans le livre des Téhilim du Roi David (8, 6) :
‘Or, Tu fis de lui (de Moché) un peu moins que les anges célestes’. L’expression ‘un peu moins’ vient pour nous dire qu’il manque à Moché le niveau de ‘la Cinquantième porte de la Connaissance’.
La ‘Hassidout nous enseigne que cette porte correspond à la signification des Commandements divins. Or, les lettres du mot מעט (méat) forment dans un ordre différent le mot טעם (taam) qui signifie : le sens (la raison profonde des Commandements divins).
Yaakov considérait les jours de sa vie comme ‘peu nombreux et malheureux’ tant qu’il ne percevait pas la raison, le sens, la signification et le ‘goût’ des Commandements divins (‘Taam’ signifie aussi ‘goût’).
Le Rabbi nous enseigne donc que le dévoilement de l’Huile de la Torah est nécessaire pour deux raisons. La première est que l’Huile de la Torah donne du goût à la partie révélée de la Torah, mais plus encore, elle est l’ingrédient principal de la nourriture de notre âme.
Comme il a été dit précédemment, plus l’exil se renforce plus se renforce le dévoilement de l’Huile de la Torah, mais le Rabbi vient ajouter à cela que ce dévoilement se renforce car nous nous rapprochons du dévoilement du Machia’h. Le Rabbi souligne alors que le nom Machia’h désigne le Roi dont la tête est ‘ointe’ d’Huile.
Le Tséma’h Tsédèk a déclaré à ce sujet que ‘dans les temps futurs ‘il y aura un dévoilement des ‘Taameï Torah’ (le sens profond des Commandements divins)’. ‘Le dévoilement des Taameï Torah’ signifie que dans les temps messianiques le Machia’h dévoilera les raisons profondes des Commandements car Taam signifie Raison, Sens, et désigne aussi le Goût (d’un aliment). Ainsi, ‘le dévoilement des Taameï Torah’ est une allusion au dévoilement de la lumière d’Or Sovev par l’intermédiaire de la Manne, ainsi qu’il est écrit (Séfer HaLikoutim, lettre Mêm) :
‘Et donc grâce à la manne qui représente la profondeur de la Torah, la profondeur de l’âme s’unit avec la profondeur d’Or Ein Sof’, et c’est le sens du verset : ‘Il t’a nourri de la manne…afin de te faire savoir’ (Dévarim, 8, 3) car le pain permet l’union de la partie dévoilée de l’âme (l’âme qui s’habille dans le corps) avec la lumière dévoilée de D.ieu (Or Mémalé, la lumière divine qui s’habille dans le monde), mais le niveau de la Manne exprime le lien entre le niveau caché de l’âme (l’âme qui ne s’habille pas dans le corps : les niveaux de ‘Haya et de Yé’hida) et la lumière cachée de D.ieu’ (‘Or Sovev’, la lumière divine qui ne s’habille pas dans le monde).
Le Rabbi ne se lasse jamais de définir la ‘Hassidout, l’Essence de la Torah, à l’image de cette fiole d’huile pure. Comme de l’huile que l’on verse, goutte à goutte, et qui pénètre dans les aliments et leur donne du goût, la ‘Hassidout donne le goût à toutes les parties de la Torah que nous étudions.
Comme l’huile, l’Essence de l’âme pénètre et se révèle dans toutes les forces de la partie de l’âme qui s’habille dans le corps. Elle illumine notre cerveau et notre cœur et c’est en éveillant sa lumière que nous éveilleront le désir d’Hachem de révèler Son Essence dans ce monde matériel avec le dévoilement du Machia’h, très bientôt et de nos jours.
Lorsque nous méditons à notre propre existence, nous ressentons que nous ne devons notre existence qu’à nous-mêmes, c’est à dire que nous ne ressentons pas que la source véritable de notre vie n’est autre que la Parole de D.ieu qui crée et maintient en vie à chaque instant tous les êtres de Sa Création. Dans le Dvar Mal’hout sur la Paracha Vayéchev le Rabbi nous explique la raison pour laquelle nous avons le sentiment que nous sommes à l’origine de notre existence.
En réalité, seulement Hachem ne doit Son existence qu’a Lui-même car rien ne Le précède, et seulement Hachem possède la capacité de créer la matière à partir du néant. Or, du fait que notre existence provient de l’Essence divine et que Celle-ci se cache au plus profond de nous-même nous avons le sentiment d’être à l’origine de notre propre existence.
Les mondes spirituels supérieurs proviennent d’un niveau inférieur à celui de l’Essence divine. Leurs existences viennent d’un reflet de l’Essence divine, contrairement au monde dans lequel vivons qui est lui-même matériel. En effet, c’est précisément parce qu’il s’agit d’un monde matériel et que la matière doit son existence à l’Essence divine (et non pas à un de Ses reflets) que ce monde peut devenir une demeure pour D.ieu, car en accomplissant les Commandements divins chaque Juif dévoile l’Essence divine qui est enfouie dans la matière.
Au sujet de notre Paracha, le Maguid de Mèzeritch explique de la manière suivante le sens du verset ‘Yaakov s’installa dans le pays des séjours de son père dans la terre de Canaan’ : Séjours se dit en hébreu Mégourei dont la racine ‘Agar’ signifie entasser. Ainsi, ‘Yaakov s’installa’ exprime le fait que Yaakov amassa et raffina les étincelles divines enfouies dans ce monde matériel (‘la terre de Canaan’), et les éleva vers ‘son père’ lequel est une allusion au Saint béni soit-Il.
Dans le Dvar Mal’hout, le Rabbi explique que le raffinement du monde tout entier atteindra sa perfection lorsque nous parviendrons à l’achèvement du raffinement et de la purification de la France. De fait, Tsarfat (la France) vient du mot Tsirouf : Raffinement, comme l’action de raffiner de l’or afin de le rendre pur.
Les Maîtres de ‘Habad, le Rabbi Maharach, le Rabbi Rachab, le Rabbi Rayats et le Rabbi ont tous voyagé en France afin de la purifier car la Klipa de la France est la plus basse et la plus grossière parmi toutes les Klipoth. L’Admour Hazaken a lui-même prié pour la victoire de la Russie qui l’opposait à la France. Bien qu’une victoire de la France aurait été favorable à la condition matérielle des Juifs, cette éventuelle victoire impliquait pour les Juifs une descente spirituelle que l’Admour Hazaken voulut éviter. L’époque napoléonienne laissait transparaître et présager l’esprit de la révolution française lequel représentait un véritable danger pour le peuple Juif. L’image du peuple français en colère qui coupa la tête de leur Roi exprime le contenu profond de cette Klipa : le désir de ne pas se soumettre à l’autorité du Roi des rois, le Saint béni soit-Il.
La ‘Hassidout nous enseigne que c’est en élevant les endroits les plus bas et les plus grossiers que l’on élève en même temps tous les mondes de la Création. C’est la raison pour laquelle l’Essence de la Torah, la ‘Hassidout, est comparée à l’huile car comme l’huile qui a la capacité de pénétrer et d’imprégner les matières les plus dures et les plus résistantes, la ‘Hassidout possède la capacité d’éclairer les endroits les plus obscurs. Aussi, à l’exemple de L’Eternel Qui ‘regarda dans le plan de la Torah avant de construire le monde’, les Juifs en construisant des Mikvaoth, des Synagogues, des Yéchivoth élèvent les endroits les plus impurs en les transformant en des endroits de sainteté. La France une fois purifiée peut alors devenir le symbole et l’expression de la Délivrance finale.
Dans le Dvar Mal’hout le Rabbi nous enseigne que l’influence de chaque Juif doit être profonde, et pour parvenir à cela il doit révéler ses forces les plus profondes car seule les forces qui découlent de l’Essence de l’âme, laquelle est enracinée dans l’Essence divine, ont le pouvoir de transformer l’obscurité en lumière. *
Il ne s’agit pas seulement d’éclairer un endroit mais il s’agit de faire en sorte que l’endroit lui-même éclaire, et c’est en révélant l’Essence divine qui est cachée à cet endroit que l’on y parvient : en construisant des édifices de prières et d’études de la partie révélée et de la partie profonde de la Torah.
Le Rabbi nous enseigne alors que la valeur numérique de Tsarfat est égale à 770 et cela signifie que chaque endroit, même celui dont le niveau est le plus bas, peut devenir une source de lumière, à l’exemple de la Maison du Rabbi dont l’adresse est 770 Eastwern Parkway. Une Maison pleine de la lumière de la Délivrance finale, avec l’aide d’Hachem, très bientôt et de nos jours.
*Le Rabbi nous a enseigné que la valeur de l’existence consiste en ‘une vie de jours réellement vécus’.
‘Celui qui a des yeux mais ne voit pas, des oreilles mais n’entend pas ; qui ne voit ni n’entend le divin, ne vit pas une vie véritable…La véritable existence consiste en la perception, par les yeux et les oreilles du Divin’.
De fait, c’est par son lien avec le Rabbi, par la profondeur de son attachement à ses enseignements, par l’application concrète de ses instructions, par l’accomplissement de la mission qu’il lui a donnée, qu’un Juif, qu’un Hassid, parvient à percevoir le Divin.
La ‘Hassidout nous enseigne que les forces de l’âme d’un juif ne se limitent pas à la force de l’intellect (la capacité de réfléchir), à celle des sentiments (la capacité de ressentir), ni même à la force vitale qui vivifie son corps et le maintienne en vie à chaque instant.
En fait ces forces ne sont que celles de la partie de l’âme qui s’habille dans le corps. Il existe une partie de l’âme qui ne s’habille pas dans le corps, laquelle constitue l’essentiel de l’âme, et qui se nomme l’essence de l’âme.
Cette partie de l’âme représente ‘l’infini de l’âme’. Elle est enracinée dans l’Essence divine, et de ce fait ressent constamment la Présence de D.ieu et Le désire continuellement, éternellement.
Cette partie de l’âme est le Trésor que possède chaque juif, et c’est grâce à elle qu’un Juif est appelé ‘Roi’ (Zohar 2, 26b, début de l’introduction au Tikouné Zohar).
La ‘Hassidout donne souvent l’exemple du constructeur d’une maison qui regarde le plan que l’Architecte a conçu avant de commencer à construire concrètement cette maison. De la même façon, il est dit que ‘D.ieu regarda dans la Torah et créa le monde’. Cela doit nous faire comprendre que l’image du monde telle qu’elle apparaît à nos yeux cache des enseignements très profonds. L’observation des phénomènes physiques nous permet de comprendre des concepts divins très élevés.
Durant la première partie du mois de Kislev, c’est à dire du premier au 15, la lune s’éloigne progressivement du soleil. Le premier jour du mois (‘Roch ‘Hodèch : la ‘tête du mois’) la lune apparaît sous la forme d’un simple point (à l’exemple de la ‘tête’ : ‘Roch’) de lumière qui naît (naissance : nouveauté : ‘Hidouch : ‘Hodèch) dans le ciel, et ce point grandit peu à peu, jusqu’à ce que la lune soit pleine le 15 du mois qui est alors un jour de ‘pleine lune’.
Dans la seconde partie du mois, c’est à dire du 15 au 30, la lune se rapproche du soleil. Le jour du 15 (jour de ‘pleine lune’) la lumière du soleil se reflète sur toute la surface de la lune, puis du 15 jusqu’au 30 cette lumière va en diminuant progressivement, jusqu’à ce que le 30 elle ait complètement disparue.
D’après le principe selon lequel la lumière de la lune augmente lorsque la lune s’éloigne du soleil, et qu’elle diminue lorsqu’elle se rapproche du soleil, le Rabbi nous enseigne que la seconde partie du mois de Kislev (du 15 au 30) correspond à la révélation de l’Essence divine.
En effet, la date du 19 Kislev et celle de la fête de ‘Hannoucah tombent pendant la seconde partie du mois de Kislev, c’est à dire pendant la période où la lune se rapproche du soleil, et que sa lumière diminue progressivement jusqu’à finir par disparaître dans le ciel à la fin du mois.
Le Rabbi pose alors la question suivante : comment se fait-il que le jour lumineux du 19 Kislev, date de la libération de prison de l’Admour Hazaken, et les jour de ‘Hannoucah, la ‘fête des lumières’, coïncident avec la période où la lumière de la lune diminue dans le ciel ?
Nous aurions pu penser en effet que ces jours pleins d’une si grande lumière coïncident par exemple avec un jour où la lune, qui est comparée par les Sages à l’Assemblée d’Israël, est pleine.
Le jour de pleine lune symbolise en effet le fait qu’Israël (‘la lune’) reçoit une grande lumière d’Hachem (‘le soleil’). Or c’est le contraire qui se produit ici. Le 19 Kislev et ‘Hannoucah tombent précisément lorsque la lumière de la lune diminue dans le ciel.
La réponse à cette question peut être donnée à partir d’un enseignement du Rabbi Rachab. Le Rabbi Rachab explique dans son ouvrage intitulé ‘la Source’ (27, 1) que ‘l’intellect affaiblit la volonté’.
L’idée exprimée ici est que lorsqu’un Juif éveille la force de son intellect alors du même coup il n’agira pas au-delà de la raison. En d’autres termes quand un Juif est prêt à donner sa vie pour D.ieu, il ne réfléchit pas. Quand un Juif met sa vie en danger pour sanctifier le Nom de D.ieu, il est évident qu’il n’agit plus sous l’emprise de son intellect car il est alors animé par la force de l’Essence de son âme, laquelle est enracinée dans l’Essence divine.
Ainsi, ‘l’intellect affaiblit la volonté’ signifie ici que plus on révèle les forces de l’âme, comme l’intellect par exemple, plus on diminue la volonté qui est au-delà de l’intellect et de la raison, la force de l’Essence de l’âme. Et, plus on révèle la force de l’Essence de l’âme, plus on diminue la force de l’intellect.
Ainsi, la lumière de la lune est comparable à l’intellect (et à toutes les forces de l’âme), car de même que la lumière de la lune est un reflet de la lumière du soleil, l’intellect n’est qu’un reflet de l’Essence de l’âme. Dès-lors, le moment où la lumière de la lune diminue dans le ciel est comparable au moment où l’homme met son intellect de côté et révèle la force de l’Essence de son âme. Plus l’Essence se révèle, plus les forces de l’âme diminuent.
Le contraire est aussi vrai, car plus l’homme agit avec son intellect (la lumière de la lune augmente dans le ciel), moins il révèle la force de l’Essence de son âme (la force d’agir au-delà de la raison et de l’intellect).
A la lumière de ce qu’il vient d’être dit, nous pouvons comprendre à présent la raison pour laquelle le jour du 19 Kislev et la fête de ‘Hannoucah tombent pendant la deuxième moitié du mois de Kislev, quand la lumière de la lune diminue dans le ciel, car la diminution de la lumière correspond à la révélation de l’Essence. Ainsi, la période du 15 au 30 Kislev est un moment de l’année pendant lequel l’Essence divine se révèle tout particulièrement.
Dans le Dvar Mal’hout, le Rabbi décrit le dévoilement de l’Essence divine à l’exemple d’un Hassid qui entre dans le bureau du Rabbi. La lumière de la lune est en effet comparable à la lumière du ‘Hassid, et la lumière du soleil est elle-même comparable à la lumière du Rabbi.
A l’exemple d’une bougie que l’on allumerait en plein jour, bien que la lumière de la bougie continue de briller, elle s’annule totalement face à la lumière du jour, et ce n’est que lorsque le soleil se couchera que cette bougie brillera dans l’obscurité.
De la même façon, la lumière du ‘Hassid ne brille pas lorsqu’il se trouve en présence du Rabbi, car lorsqu’il se tient dans les quatre coudées du Rabbi il est alors occupé à recevoir la lumière du Rabbi. Mais plus encore, le ‘Hassid (le Mékabel : celui qui reçoit) s’unit et devient comme le Rabbi (le Machpia : celui qui donne) car lorsque l’Essence divine Se révèle la notion de Mékabel et de Machpia n’existe plus. Le Mékabel et le Machpia deviennent égaux. A l’exemple des temps futurs lorsque la lune et le soleil seront au même niveau. La lune ne recevra plus sa lumière du soleil comme c’est le cas à présent mais elle deviendra elle-même un luminaire.
Il est dit dans la Torah que ‘le Chalia’h d’une personne est comme la personne qui l’a envoyé’. La lumière du ‘Hassid, lorsqu’il se trouve devant le Rabbi s’unit à la lumière du Rabbi. Or, de même que la lumière de la lune apparaît quand elle s’éloigne du soleil, la lumière qui émane du ‘Hassid apparaît quand il quitte le bureau du Rabbi, et cette lumière n’est autre que celle du Rabbi. C’est par son lien au Rabbi, que chaque Juif a le mérite de dévoiler notre Juste Machia’h, avec l’aide d’Hachem.
L’Admour Haemtsaeï naquit et quitta ce monde le 9 du mois de Kislev, de même, Moché Rabbénou naquit et quitta ce monde le 7 du mois d’Adar, ainsi qu’il est dit : ‘Aujourd’hui ont été remplis mes jours et mes années, ce jour-ci je suis né et ce jour-ci je mourrai’ (Rachi, Dévarim, 31, 2).
Dans le Dvar Mal’hout le Rabbi souligne l’importance du fait qu’un Tsaddik naisse dans ce monde et quitte ce monde un même jour.
Dans la Paracha Michpatim (23, 26) L’Eternel déclare : ‘le nombre de tes jours Je remplirai’. De fait, L’Eternel remplit les jours de la Vie d’un Tsaddik au point que le nombre de ses années devienne un chiffre rond car la perfection de ce chiffre reflète la perfection de son service divin durant tous les jours de sa Vie. Nous pouvons dès-lors nous rendre compte que chez un Tsaddik comme Moché Rabbénou ou comme l’Admour Haemtsaeï le matériel est le miroir du spirituel.
Dans la ‘Hassidout, lorsque le matériel est le miroir du spirituel on parle de l’union entre la matière et l’esprit.
D’ailleurs, le qualificatif ‘Haemtsaeï’ signifie le ‘Milieu’ et peut également signifier le ‘Moyen’. ‘Haemtsaeï’ exprime donc la capacité de Rabbi Dov-Ber (l’Admour Haemtsaeï) d’unir la matière à l’esprit, de révéler le Divin abstrait dans ce monde physique et matériel. Le ‘chiffre rond’ des jours de sa Vie n’est pas non plus sans évoquer la lumière d’Or-Sovev qui ‘entoure les mondes’, et met en relief la force du Rabbi d’attirer dans un monde limité la lumière divine infinie.
Le Tsémah Tsédek en disant de l’Admour Haemtsaeï que ‘si l’on ouvrait son doigt on verrait couler des paroles de ‘Hasssidout’ exprimait le fait que les mots de la ‘Hassidout sont la vitalité : le sang qui vivifie tous les membres du corps de l’Admour Haemtsaeï. Le sang provient d’ailleurs des aliments que l’on mange et le Rabbi établit ici le lien qui existe entre la lumière divine les repas du Chabbat et l’Admour Haemtsaeï. A l’époque où le Rabbi exprima les propos du Dvar Mal’hout sur la Paracha Vayetsé, le jour du 9 Kislev tombait le jour du Chabbat. L’union entre le spirituel et le matériel apparaissait alors à l’évidence car le Chabbat qui était aussi le jour de l’anniversaire du Rabbi la Sainteté divine supérieure brille et pénètre dans le corps d’un Juif quand il mange, boit et même quand il dort. Le Rabbi déclarait aussi que tout ce qu’il nous reste à faire est d’ouvrir les yeux et de voir que le peuple d’Israël est déjà attablé à la Table du repas de la Délivrance, où l’on mange de la viande du Chor-ha-Bar (taureau sauvage) et de la chair du Léviathan, et où l’on boit du vin vieux. Cette déclaration du Rabbi nous enseigne que ce repas est en soi une élévation pour l’âme et pour le corps. La viande du taureau sauvage, la chair du poisson et le vin vieux deviendront un sang nouveau : une ‘vitalité nouvelle’ pour l’âme et le corps. Le contenu profond de ces aliments représente le dévoilement des ‘secrets des secrets’ de la partie le plus profonde de la Torah, de l’Essence de la Torah : la Torah ‘Hadacha.
Ce lien entre le spirituel et le matériel est développé par le Rabbi à travers l’histoire de notre Patriarche Yaacov. Il est écrit que ‘Yaacov sortit de Beer-Cheva et il alla vers ‘Harane’ (Vayetsé, 28, 10). La ‘Hassidout nous enseigne que le voyage de Yaacov lorsqu’il quitta la Maison de son père Itz’hak pour se rendre chez Lavan à ‘Harane est en soi une descente car Yaacov quitta la Maison d’un Tsaddik et se rendit dans la maison d’un racha. La ‘Hassidout compare donc cette descente, à partir d’un endroit de Sainteté (la maison d’Itz’hak) vers un endroit impur (la maison de Lavan), à la descente de l’âme dans le corps, car l’âme divine provient d’un endroit de Sainteté (elle fait ‘Un’ avec Hachem) et descend s’habiller dans un corps et une âme animale où la possibilité est donnée à l’homme de choisir entre le bien et le mal.
Cependant, le but de cette descente à ‘Harane est de parvenir à un niveau supérieur car lorsqu’un Juif parvient à faire face à tous les voiles (‘Harane) il s’élève à un niveau supérieur. Par exemple, le Rabbi Rachab nous enseigne que c’est précisément le corps qui nous permettra d’accéder à la vision du Divin : du fait que la racine du corps est plus élevée que la racine de l’âme, le corps une fois purifié nourrira l’âme divine ainsi qu’il est dit : ‘dans les temps futurs l’âme sera nourrie par le corps’.
Dans le Dvar Malhout le Rabbi souligne qu’il n’est pas écrit וילר לחרן mais il est écrit וילר חרנה
La ‘Hassidout nous enseigne que la lettre Hé (la dernière lettre du Nom Havayéh) représente le souffle divin qui crée et maintient en vie toute la Création. Ainsi, la lettre hé qui est à la fin du nom ‘Harana est une allusion au fait que Yaakov fait pénétrer le Divin, symbolisé par la lettre Hé, dans ‘Harane qui est la partie du monde la plus grossière. Dans ce cas ‘Harane devient ‘Harana et l’on peut alors se rendre compte que par ses actions Yaacov révèle la force divine au sein de la matière, qu’il transforme ce monde matériel et grossier en un endroit de Sainteté.
Il est raconté dans notre Paracha que Yaacov s’est endormi à l’endroit où allait être situé le Temple et le Rabbi nous enseigne que cette nuit fut donc liée au dévoilement de l’Essence divine. Par ailleurs, le Rabbi nous explique que lorsqu’un homme s’allonge pour dormir sa tête et ses pieds sont alors au même niveau, et nous pouvons donner à cela deux explications.
D’une part, le sens que l’on peut donner au fait que la tête et les pieds sont au même niveau est que lorsque l’âme divine descend et s’habille dans le corps sa lumière et sa force sont masquées par le corps et par l’âme animale. C’est pourquoi nous disons que ‘la tête est au même niveau que les pieds’ car la tête représente la force spirituelle de l’âme divine alors que les pieds représentent l’obscurité et la bassesse de l’âme animale. Dans ce cas le sommeil est comparé à l’obscurité de l’exil car les forces de l’âme sont dans l’obscurité, la tête et les pieds sont à égalité, au même niveau.
Cependant, par l’accomplissement des Mitsvoth, l’âme dans le corps, on libère et dévoile la lumière de l’âme divine et dans ce cas on transforme la ‘Homriouth (grossièreté) en ‘Gachmiouth’ au point que le corps matériel (‘gachmi’) s’unit à l’âme, au point qu’il devient le réceptacle de l’âme divine.
Dans le sens simple ‘être allongé’ représente comme il vient d’être dit une descente car le spirituel est au niveau du matériel, mais dans le sens profond ‘être allongé’ représente un niveau supérieur car il s’agit du dévoilement de l’Essence divine. Le ‘supérieur’ et ‘l’inférieur’ sont dans une totale égalité face au dévoilement de L’Essence qui est elle-même au-delà de toutes notion de haut et de bas, de ‘tête’ et de ‘pied’, face à elle tout est à égalité véritablement.
Il est écrit dans notre Paracha que Yaacov entoura sa tête de pierres pour se protéger des bêtes sauvages. La signification profonde du geste de Yaacov est qu’il voulut renforcer les forces de son âme afin de faire face aux forces du mal comparées ici a des ‘bêtes sauvages’. De ce fait, cette action de Yaacov s’accorde à la première explication du Rabbi sur le fait de libérer la lumière de l’âme divine afin de soumettre le corps et l’âme animale à la Volonté du Saint béni soit-Il. Le Rabbi rapporte le commentaire de Rachi selon lequel Yaacov entoura également son corps de pierres. De fait, le corps lui-même manifesta son désir d’être entouré de pierres, d’être comme la tête : renforcé, protégé (éclairé lui aussi par la lumière divine). Dans ce cas le corps n’est plus seulement le réceptacle de l’âme mais il atteint une parfaite égalité avec l’âme.
Ainsi, le Rabbi nous enseigne que la tête et le corps de Yaacov qui sont entourées de pierres exprime le dévoilement de l’Essence divine dans l’âme et dans le corps, car face au dévoilement de l’Essence le spirituel et le matériel sont au même niveau.
Mais peut-être pouvons-nous expliquer que le Rabbi sous-entend ici plus encore que cela. En effet, il est dit que ‘dans les temps futurs l’âme sera nourrie par le corps’. Dans ce cas il est possible de dire, sous la forme d’un ‘Hidouch, que les pierres qui entourent la tête et le corps de Yaacov représentent les mots de la Torah ‘Hadacha, en s’appuyant sur l’enseignement de l’Admour Hazaken dans le ‘Torah Or’ selon lequel les lettres hébraïques sont telles des pierres qui lorsqu’elles sont assemblées deviennent une Maison dans laquelle réside l’Esprit divin. Ainsi, la tête et le corps de Yaacov entourées de pierres évoque le dévoilement de la Torah ‘Hadacha lequel s’accorde au fait que dans les temps futurs Hachem dévoilera que la racine du corps est supérieure à celle de l’âme (‘l’âme sera nourrie par le corps’), et à l’exemple de la ‘Hassidout qui coule dans les veines de l’Admour Haemtsaeï, les mots de la ‘Torah nouvelle’ nous insuffleront une ‘vitalité nouvelle’ grâce au dévoilement du Machia’h, très bientôt et de nos jours, avec l’aide d’Hachem.