Texte et Audio : Toledot ‘La prière d’un enfant : Hachem !’, par le Rav Yaacov Abergel

Texte et Audio : Toledot ‘La prière d’un enfant : Hachem !’, par le Rav Yaacov Abergel

 

 

L’Assemblée d’Israël est comparée à la lune. Tout comme la lune reçoit toute sa lumière du soleil l’Assemblée d’Israël reçoit toute sa lumière du Saint béni soit-Il. Dans le Dvar Mal’hout sur la Paracha ‘Toldot’, le Rabbi met en évidence le lien qui existe entre la renaissance de la lune dans le ciel, le jour de Roch ‘Hodech, et la renaissance d’un Juif à son réveil. Ce lien s’exprime avec d’autant plus de force lorsque nous entrons dans le mois de Kislev et les enseignements du Dvar Mal’hout sur la Paracha Toldot nous préparent aux enseignements du Rabbi dans le Dvar Mal’hout de la Paracha Vayichla’h qui se basent aussi sur les changements de la lune et sur leurs significations profondes.

Pendant la nuit de Roch ‘Hodech la lune, dont la lumière n’était plus visible pendant le dernier jour du mois de Mar-‘Hechvan, réapparaît dans le ciel le premier jour du mois de Kislev sous la forme d’un simple point lumineux. C’est la raison pour laquelle on emploie l’expression Roch-‘Hodech.

Le mot ‘Hodech’ qui s’apparente au mot ‘hidouch’ (nouveau) évoque la renaissance de la lune et le mot ‘Roch’ : ‘la Tete’, fait allusion au point lumineux de la lune, or, ‘ce point, bien qu’il ne soit qu’un simple point est le point de la naissance de la lune et il inclut donc tout ce qui advient à la lune par la suite, à l’exemple de tout ce qui constitue l’existence d’un homme tout au long de sa Vie au moment de sa naissance, et c’est pourquoi on utilise les mots Roch- ‘Hodech, comme la tête qui est la source de vitalité de tous les membres du corps’.

La lumière de la lune qui comme il vient d’être dit apparaît sous la forme d’un simple point va tous les jours en grandissant, jusqu’au quinzième jour du mois qui est le jour de la pleine lune. A partir du 15, la lumière de la lune va en décroissant, jusqu’au dernier jour du mois quand sa lumière a totalement disparue dans le ciel.

L’usage en Israël est d’appeler le mois de Kislev le mois de la Délivrance. Nous aurions pu penser qu’il est plus judicieux de parler de Délivrance lorsque toute la face de la lune est éclairée c’est-à-dire le 15 du mois, mais le Rabbi nous enseigne que c’est précisément le jour de Roch ‘Hodech, lorsque l’on ne voit qu’un simple point de la lumière de la lune, qui exprime avec le plus de force le jour de la Délivrance finale. C’est la raison pour laquelle le Rabbi nous enseigne que le jour de Roch ‘Hodech, qui est celui de la renaissance de la lune dans le ciel, est comparé au réveil d’une personne car le réveil d’un Juif est celui de l’Essence de son âme.

Comme Il a été dit précédemment le mot ‘Roch’ désigne la ‘tête’ (le simple point de la lune qui apparaît dans le ciel) et de la même façon l’Essence de l’âme juive est elle-même la ‘tête’ de l’âme car elle est enracinée dans l’Essence divine et elle garde et nourrit tous les niveaux de l’âme. C’est à cela que se rapporte le verset (‘Elokaï néchamah’) : ‘Et Tu la gardes en moi’. ‘Tu’ représente l’Essence de l’âme ‘qui fait un avec D.ieu’, et ‘Tu la gardes en moi’ signifie que l’Essence de l’âme qui ne s’habille pas dans le corps garde et nourrit la partie de l’âme qui s’habille dans le corps (voir le discours du Rabbi ‘Vayéchèv Yaakov’).

Dès-lors, le simple point lumineux de la lune qui va en grandissant jour après jour fait allusion à la lumière de l’Essence de l’âme qui se révèle au moment où l’on ouvre les yeux et qui va en grandissant en éclairant toutes les forces de l’âme : ‘le plaisir la volonté, les forces de l’intellect, les sentiments et les actions, ses pensées ses paroles et ses actes, et son corps’.

Dans le Dvar Mal’hout le Rabbi souligne que le fait que le jour de ‘Hodech, et plus particulièrement Roch ‘Hodech Kislev, est lié à la Délivrance car il représente la naissance de la lune qui elle-même évoque le dévoilement de l’Essence divine dans l’âme de chaque Juif, et tout particulièrement dans celles des enfants.

En effet, lorsqu’un adulte s’adresse à D.ieu dans sa prière il ne le fait pas comme le fait un enfant. L’adulte sait qu’il existe plusieurs Noms divins, que chacun représente un attribut particulier. Il sait qu’il existe un enchaînement des mondes. Il a appris la différence qui existe entre l’Essence de D.ieu et les différents dévoilements de Sa lumière, mais contrairement à un enfant il ne se lie pas véritablement à Lui avec l’Essence de son âme. A l’opposé, Un enfant ne connait pas tous les Noms divins et tous les dévoilements divins, et quand il parle à D.ieu il dit seulement : Hachem ! Hachem fait partie de toute sa Vie. Pour un enfant il n’y a pas de différences entre la réalité divine et sa propre réalité car ces deux réalités ne sont qu’une seule et même réalité.

A l’évidence le Rabbi nous enseigne ici l’importance de dévoiler la force de l’Essence de notre âme en suivant l’exemple des enfants qui s’attachent à L’Eternel seulement par le lien qui unit l’âme d’un Juif à son Père qui est dans le ciel.

רגע המולד (‘Réga-ha-Molad’) signifie ‘le moment de la naissance’, et cette expression est employée par le Rabbi a plusieurs reprises dans le Dvar Mal’hout, car comme il a été dit le moment de la naissance de la lune exprime la Délivrance finale. Or, il est possible de dire (sous la forme d’un ‘hidouch) que la valeur numérique de l’expression : Réga-ha-molad, est elle-même une allusion à la Délivrance car elle est égale à la valeur numérique de Machia’h : 358 !

De fait, la ‘Hassidout elle-même est définie par le Rabbi comme une ‘vitalité nouvelle’, elle insuffle une vitalité nouvelle aux forces de notre âme et aux différents paliers d’interprétation de la Torah. C’est par notre attachement au Rabbi que nous recevons cette vitalité nouvelle grâce à laquelle nous aurons le mérite de recevoir une ‘Torah nouvelle’ (Torah ‘Hadacha) par l’intermédiaire du Machia’h, et de vivre sur une ‘Terre nouvelle’ et sous un ‘Ciel nouveau’, très bientôt et de nos jours avec l’aide d’Hachem !

 

Texte et Audio : Hayé Sarah « Donner tout ce que l’on a », par le Rav Yaacov Abergel

Texte et Audio : Hayé Sarah « Donner tout ce que l’on a », par le Rav Yaacov Abergel

 

Avraham envoya son serviteur Eliézer chercher un parti pour son fils Itz’hak. Rachi écrit qu’Avraham ‘avait écrit un acte de donation au profit d’Itz’hak qui incluait tout ce qu’il possédait, afin qu’ils s’empressent d’envoyer vers lui leur fille’. ‘Tous les biens de son Maître’ étaient dans la main d’Eliézer’, car d’après le sens simple Avraham voulut qu’à la vue de tout cet argent les parents de la fiancée n’hésiteraient pas à donner leur fille à Itz’hak.

Plus profondément, le Rabbi explique que ce mariage entre Itz’hak et Rivka est le premier mariage Juif après que fut ordonné par D.ieu la Mitsvah de la Mila. De ce mariage vient tout le peuple d’Israël, jusqu’à la fin de toutes les générations.

Le Rabbi met ici l’accent sur le fait qu’Avraham donna à son fils tout ce qu’il possédait. Avraham fit totalement don de lui-même et montra ‘qu’il est le Père de tous les enfants d’Israël, et c’est pour cela qu’il donna tout ce qu’il possédait pour la réussite de ce mariage’.

La Chli’hout qui commence avec Eliezer se termine avec le Machia’h mais il incombe aussi à chaque Juif de mener à bien la mission qui lui a été donnée de faire tout ce qui est en son pouvoir pour provoquer la Délivrance finale. Aussi, le Rabbi souligne que de même qu’Avraham a donné tout ce qu’il possédait à Eliezer pour la réussite du mariage de son fils, L’Eternel donne à chaque Juif tout ce qu’Il a pour qu’il réussisse sa mission.

Dans le Dvar Mal’hout le Rabbi nous enseigne que la qualité de notre Maître Moché est celle de ‘Machpia’. Moché enseigne la Sagesse de D.ieu exprimée dans la Torah aux enfants d’Israël. Il est donc à l’exemple du soleil dont la lumière éclaire la Terre. A l’opposé, Machia’h représente le ‘Mékabel’, ‘celui qui reçoit’, car il est totalement soumis à L’Eternel. C’est pourquoi la lumière du Machia’h est comparée à celle de la lune car toute la lumière de la lune provient du soleil.

Chaque Juif doit posséder ces deux qualités, ‘Machpia’ et ‘Mékabel’, pour accomplir sa mission.
D’un côté il doit être totalement soumis à la volonté de celui qui l’envoie. Comme la lune qui ne possède pas sa propre lumière car toute sa lumière provient du soleil lui-même, le Chalia’h doit accomplir la mission qui lui a été donnée sans en changer le moindre détail. Il doit suivre à la lettre les instructions de son Maître et faire preuve d’une totale soumission vis-à-vis de lui, à l’exemple du Machia’h dont la qualité essentielle est celle de ‘Mékabel’.

D’un autre côté, chaque Juif doit aussi posséder la qualité de Machpia de Moché, c’est-à-dire qu’il doit savoir exploiter les forces qui lui ont été données par D.ieu. C’est à ce sujet que le Rabbi explique que la valeur numérique de ‘Chalia’h’ est 348 et en ajoutant la valeur de 10, laquelle correspond aux 10 forces de l’âme, on obtient 358 qui est la valeur numérique de ‘Machia’h’. De fait, chaque Juif doit penser et comprendre au moyen des forces de son intellect. Il doit toujours se demander de quelle manière influencer les personnes de son entourage et le monde qui l’entoure. Il doit être un ‘Machpia’, à l’exemple de Moché qui est comparé au soleil dont la lumière éclaire la Terre.

A la lumière de ce qu’il vient d’être dit il apparaît que ‘Machpia’ et ‘Mekabel’ sont deux qualités opposées, et c’est précisément ce qui caractérise un Chalia’h. Le Chalia’h est celui qui possède la faculté d’unir les opposés. Il doit être capable de faire preuve de la plus grande soumission vis-à-vis de celui qui l’envoie et en même temps savoir exploiter son propre potentiel.

Dans le Dvar Mal’hout le Rabbi nous enseigne que le mariage d’Itzhak et de Rivka exprime l’union entre deux choses opposées : l’esprit et la matière. Itz’hak symbolise l’esprit (l’âme) et Rivka symbolise la matière (le corps).
(Dans le langage de la partie profonde de la Torah l’union de l’esprit avec la matière correspond à l’union des Noms divins ‘Mah’ et ‘Ban’, ‘Mah’ représente la spiritualité et ‘Ban’ représente la matérialité).

Plus encore, Le Rabbi souligne que ce Mariage est profondément lié à l’Union entre le Saint béni soit-Il et l’Assemblée d’Israël qui allait se réaliser plus tard sur le Mont Sinaï. La Torah est elle-même comparée au contrat de mariage, la Kétouba de cette Union. De manière profonde la Torah n’est pas non plus sans exprimer l’union entre l’esprit et la matière. Au sujet du verset ‘la voix est celle de Yaakov’ l’Admour Hazaken a expliqué que la Torah est appelée ‘la Voix’ car de même que la voix d’un homme unit le sentiment immatériel avec la parole qui est matérielle, la Torah unit l’Esprit divin, ‘immatériel’, avec les lettres matérielles de la Torah qui sont écrites au moyen de l’encre sur du parchemin.
Au sujet de l’union entre l’esprit et la matière il est bien de mentionner ici aussi l’enseignement du Rabbi sur la beauté de Sarah. En effet, le Rabbi explique que la beauté de Sarah venait du fait que ‘l’âme de Sarah puisait sa Lumière de la Lumière d’Or ein Sof (la Lumière infinie de D.ieu)’.

‘Sarah était belle à 7 ans comme à 20 ans comme à 100 ans’.
Ce verset de la Torah est au premier abord étonnant car toute personne est soumise à des changements. Le temps agit sur chacun et l’on voit bien que l’aspect du corps change au fil des années. Comment dans ce cas doit-on comprendre que Sarah était belle à tous les âges ? La réponse du Rabbi est que ‘l’âme de Sarah puisait sa Lumière dans la Lumière infinie de D.ieu’ et ‘la Lumière infinie de D.ieu’ est au-delà de l’espace et du temps, c’est-à-dire au-delà de toutes les limites que nous imposent ce monde matériel. Le corps de Sarah était empli de cette Lumière qui est au-delà du monde, de cette Lumière infinie qui a le pouvoir de briser les limites du temps et c’est pour cela que Sarah n’était pas affectée par les affres du temps. C’est pour cela précisément quelle était belle à 7 ans comme à 20 ans, comme à 100 ans, car le temps n’avait aucune emprise sur elle

Dans le ‘Séfer ha Sihot’ (5752, hélek alef, page 106), le Rabbi écrit que ‘le Machiah représente l’union entre Ban et Mah car d’un côté il est un homme de chair et de sang (Ban) et d’un côté il est comme le Saint béni soit-Il (Mah) car il est l’envoyé du Saint-béni-soit-Il et ‘l’envoyé est vraiment considéré comme celui qui l’envoie ».

A l’évidence, l’exemple du Rabbi est l’expression du lien de l’esprit avec la matière. Il est celui qui enseigne la Torah ‘Hadacha, l’Essence de la Torah dont le pouvoir est d’apporter la plus grande chaleur à la froideur de l’intellect.
C’est grâce aux enseignements du Rabbi qu’un homme éveille sa perception du Divin et qu’il parvient à voir et à ressentir la spiritualité qui vit en lui-même et dans ce monde matériel.
Le Rabbi parvient à unir l’âme de la Torah au corps des enfants d’Israël car il est celui qui élève nos perceptions et nos sensations, vers la sensibilité du Divin.
A la lumière de ces enseignements du Rabbi, il est possible de dire que le lien qui unit le Rabbi à ses émissaires venus des quatre coins du monde au ‘770’ pour le ‘Kinous-ha-Chlou’him’ est comparable à l’union entre Itz’hak et Rivkah. Le Rabbi est lui-même l’Essence de l’âme d’Israël. A l’image d’Itz’hak, il vit dans un endroit saint et il est lui-même saint. Les Chlou’him vivent en-dehors des quatre coudées du Rabbi, à l’image de Rivkah qui vit en-dehors de la Terre d’Israël, dans la maison de Bétouel et de Lavan, ‘telle une rose au milieu des épines’.

Le Rabbi s’unit à ses émissaires, en leur donnant une mission, et en leur donnant toutes les forces nécessaires pour l’accomplir. Aussi, le rassemblement du Rabbi et de ses émissaires, est telle une union que l’on célèbre sous la ‘Houpa. Or, la chose est connue qu’au moment de la ‘Houpa, le ciel s’ouvre pour entendre les prières des nouveaux mariés, et de la même façon pendant le Kinous-ha- Chlou’him le ciel s’ouvre au-dessus du 770 pour entendre la prière du Rabbi et de ses ‘Hassidim, comme ‘un seul homme avec un seul coeur’, pour demander la venue de notre Juste Machia’h, dès-à-présent avec l’aide de D.ieu.

 

 

 

 

Réflexion Parachat ‘Hayé Sarah, par le Rav Yossef Its’hak Pevzner

Réflexion Parachat ‘Hayé Sarah, par le Rav Yossef Its’hak Pevzner

Le nom de chaque Paracha est son titre, il met en valeur le point central de son contenu. ‘Hayé Sarah veut dire « la vie de Sarah », or dès les premiers versets on nous raconte sa mort – opposée à la vie ! Le reste de la Paracha ne parle pas de Sarah. Le titre de notre Paracha n’est-il pas « hors sujet » ?

Contrairement à la vie du corps qui est limitée, celle de notre Nechama est éternelle – même après la mort physique de la personne.

Mais en fait, il s’agit ici de bien plus que d’une existence spirituelle. En effet, si nous dédions notre vie pour la bonne cause et agissons en conséquence, alors même après la mort physique, ces actes continuent à être perpétués, y compris et surtout dans ce monde-ci, où ils étaient réalisés. Non seulement cela ; ils brillent avec bien plus de force qu’auparavant. Puisqu’à présent seulement, nous avons la preuve que la vie terrestre de la personne était consacrée à des valeurs vraies et éternelles, qui vont perdurer bien après. C’est comme cela la vraie vie !

Les événements racontés dans notre Paracha, qui se sont déroulés après la disparition physique de Sarah, ne font qu’accentuer ses victoires posthumes. Nous parlons de Yits’hak – son fils unique, resté fidèle à ses enseignements ; son mariage – sa femme Rivka a su amener dans la maison la même atmosphère que celle qui régnait chez Sarah. Enfin, Ismaël finit par reconnaître la primauté de Yits’hak. Tout le contenu de notre Paracha est l’expression-même de ce que représente la vie de Sarah.

Réflexion : notre vie est définie et s’exprime par les actes que nous faisons, donnons leur un sens véritable !

Durant ce week-end se tient à New York le congrès international des Chlou’him, émissaires du Rabbi. Ce congrès rassemble des responsables communautaires des 1700 villes réparties dans 105 pays. Chacun de ces Chlou’him, sa femme et ses enfants, se dévoue corps et âme pour chacun – pouvant se trouver jusqu’aux 4 coins du monde. C’est exemplaire et mérite notre reconnaissance !

Chabat chalom
Rav Yosseph Ytshak Pevzner
Pour le mérite des Chlouhim et les institutions

Texte et Audio : Paracha Vayéra « Pourquoi L’Eternel ne nous est pas apparu ? », par le Rav Yaacov Abergel

Texte et Audio : Paracha Vayéra « Pourquoi L’Eternel ne nous est pas apparu ? », par le Rav Yaacov Abergel

 

 

La date du 20 Mar-‘Hechvan est celle de l’anniversaire du Rabbi Rachab, et dans le Dvar Mal’hout le Rabbi établit un lien entre le contenu profond de ce jour et celui de la paracha Vayéra.

Le chiffre 20 correspond à la lettre Kaf laquelle est la première lettre du mot Kéter qui désigne la Couronne qui surplombe l’enchainement des mondes. Par ailleurs, le mot hébreu ‘Essrim’ qui veut dire 20 a pour valeur numérique 620 comme la valeur numérique de Kéter.

La date du 20 Mar-‘Hechvan exprime donc de manière profonde le dévoilement de l’Essence divine dans ce monde profane car le mois de Mar ‘Hechvan qui succède au mois de Tichri représente le commencement de nos actions afin de faire de ce monde matériel une demeure pour l’Essence divine.

Toute la vie du Rabbi Rachab est consacrée au dévoilement de l’Essence divine dans ce monde inférieur, comme l’exprime tout particulièrement la remarque qu’il fit à son grand-père le Tséma’h Tsédek quand il lui demanda en pleurant, alors qu’il n’était qu’un enfant : ‘pourquoi L’Eternel apparut à Avraham et à nous Il n’est pas apparu ?’.

La ‘Hassidout souligne que ‘les cieux et les cieux des cieux ne peuvent pas contenir l’Essence divine’. L’Eternel Se révèle seulement dans le Beït-ha-Mikdache qui se trouve ici-bas, sur la terre. De fait, le niveau supérieur de l’Essence divine ne peut se révéler que dans ce monde inferieur, et ce principe s’applique aussi à la Mitsvah de la Brith-mila qui est la seule Mitsvah de la Torah où l’on voit que le dévoilement de l’Essence divine pénètre jusque dans la chair.

Le Rabbi nous enseigne que ‘L’Eternel lui apparut’ représente le dévoilement de l’âme divine dans le corps au moment de la circoncision. C’est pourquoi il est écrit que ‘L’Eternel lui apparut’. ‘Lui’ désigne chaque Juif. En effet, il n’est pas écrit que ‘L’Eternel apparut à Avraham’ mais il est écrit que ‘L’Eternel lui apparut’ car L’Eternel apparaît à chaque Juif (‘lui’) du fait que l’âme divine se révèle dans le corps de chaque Juif au moment de sa circoncision.

Dans le livre du Tanya l’Admour Hazaken explique le sens de la déclaration des Sages selon laquelle dans les temps messianiques ‘Le soleil sortira de son étui’. ‘La lumière du soleil’ représente la lumière du Nom Havayeh, et dans les temps messianiques ‘le soleil sortira de son étui’ c’est-à- dire que le Nom Hayayeh ne sera plus masqué par le Nom Elokim (qui est comparé ici à un étui). Ainsi, le Rabbi explique dans le Dvar Mal’hout que ‘la chaleur du jour’ est une allusion au dévoilement supérieur de l’Essence divine, laquelle est symbolisée par le nom ‘Havayeh’ qui eut lieu par le mérite de la Mitsvah de la Brith-Mila. Le Rabbi souligne aussi que la Torah mentionne qu’Avraham ‘ était assis à l’entrée de la tente’ (Vayéra, 18, 1).
Dans l’un de ses discours ‘Hassidiques l’Admour Hazaken compare l’âme à une tente et à la lumière de cette comparaison l’image d’Avraham ‘assis à l’entrée de la tente’ n’est pas sans évoquer ce moment pendant lequel l’âme ‘s’asseoit’ dans le corps au moment de la circoncision, de l’Alliance éternelle entre le Saint béni soit-Il et les enfants d’Israël, de l’Alliance entre l’âme divine et le corps.

Plus encore, dans le Dvar Malhout le Rabbi explique que le mot’Assis’ exprime l’idée qu’Avraham reçut ce dévoilement de manière profonde. En effet, ‘asseoir’ une chose(‘Hityachvout’) c’est lui donner toute la stabilité dont elle a besoin. Ce n’était pas la première fois que L’Eternel Se dévoila à Avraham mais avant qu’il ne se soit circoncit Avraham ne pouvait supporter le dévoilement de D.ieu sans tomber ‘face contre terre’, or, après qu’il se soit circoncis il demeura ‘assis’, il fut renforcé.

La Mitsvah de la Milah a en effet ceci de supérieur à toutes les autres Mitsvoth de la Torah, qu’elle attire la Sainteté, non seulement dans la matière du corps, mais également dans la matière de ce monde, la promesse que L’Eternel fit à Avraham, de donner la Terre d’Israël aux enfants d’Israël dépendit de cette Mitsvah.

Dans le Dvar Mal’hout de la Paracha ‘Le’h Lé’ha’, le Rabbi nous a enseigné que nous ne possédons pas la totalité de la Terre d’Israël car nous ne possédons à présent que sept des dix Terres qui constituent sa totalité (de manière profonde les sept Terres que nous avons reçues correspondent aux sept Midot : les sept attributs de l’émotion). Ce n’est que dans les Temps messianiques que nous parviendrons à sa totalité lorsque nous recevrons les Terres de ‘Kini’, ‘Knizi’ et ‘Kadmoni’ qui correspondent aux trois forces de ‘Habad : ‘Hohmah’, ‘Binah’ et ‘Daat’. Il y a d’ailleurs une allusion à l’acquisition de ces Terres dans notre Paracha (18, 2) : ‘Avraham leva les yeux, il vit, et voici trois hommes qui se tenaient debout devant lui’.

Le Rabbi Rachab enseigne que ces ‘trois hommes’ représentent l’Essence des 3 Mo’hin, des attributs divins de ‘Hokhmah’ ‘Binah’ et ‘Daat’, et ces ‘trois hommes’ évoquent ainsi le dévoilement de L’Essence de la Torah, lorsque L’Eternel dévoilera aux enfants d’Israël, par l’intermédiaire du Machia’h la ‘Cinquantième Porte de la Connaissance’, le don de la Torah ‘Hadacha qui aura lieu pendant la Délivrance finale, laquelle ‘se tient devant nous’, est proche de nous.

Le lien qui existe entre le corps et la Terre d’Israël apparaît ici à l’évidence car l’acquisition de la totalité de la Terre d’Israël dépend directement du fait de nous préparer à la venue du Machia’h, c’est à dire de faire tout ce qui est en notre pouvoir pour sanctifier notre corps, d’abord par la circoncision ‘matérielle’, qui consiste à faire pénétrer l’Alliance avec D.ieu dans notre propre chair, mais aussi par la circoncision ‘spirituelle’ qui consiste à étudier l’Essence de la Torah, la ‘Hassidouth, afin de devenir un réceptacle pour recevoir le dévoilement des trois Terres de ‘Kini’ ‘Knizi’ et ‘Kadmoni’, qui correspondent comme il vient d’être dit au dévoilement de la ‘Cinquantième porte de la Connaissance’, la ‘Torah Hadacha’, la Torah du Machia’h.

La ‘Hassidout revient constamment sur le fait que la Volonté du Saint béni soit-Il, le but de Sa Création, est Son désir de résider dans ce monde matériel. Or, ce monde est le plus bas d’entre tous les mondes, et force est de constater que ‘c’est précisément sur cette Terre inférieure que se révèle Son Essence’.

Ce principe essentiel s’exprime tout particulièrement par l’exemple de Moché. Hachem le choisit pour être le Berger d’Israël car ‘il est le plus humble parmi tous les hommes de la terre’. A l’exemple d’Avraham qui a déclaré de lui-même qu’il n’est que ‘poussière et cendre’, Moché est humble comme ‘la poussière de la terre que tout le monde piétine et qui ne s’en plaint jamais’. De manière profonde, la ‘terre’ représente la soumission la plus totale vis-à-vis de L’Eternel. C’est parce qu’il est humble, qu’il mérite que D.ieu se révèle à lui : ‘L’Essence divine Se révèle précisément sur la terre’. C’est à ce sujet que le Rabbi rapporte dans le Dvar Mal’hout la déclaration du Roi Chlomo selon laquelle ‘les cieux et les cieux des cieux ne peuvent pas Te contenir, mais le Beït-ha-Mikdache qui se trouve ici dans ce monde inférieur le peut’.

Dans ce Dvar Mal’hout, le Rabbi raconte l’histoire du Rabbi Rachab alors âgé de 4 ou 5 ans qui entra dans le bureau de son grand-père le Tséma’h Tsédek en pleurant et en lui demandant: ‘L’Eternel est apparu à Avraham mais à nous il ne nous est pas apparu’.

Cette histoire nous enseigne l’importance de désirer nous-même au point d’en pleurer le dévoilement de D.ieu. L’exemple du Rabbi Rachab lorsqu’il est un enfant parle de lui-même. Le Rabbi Rachab ne dit pas ‘LEternel ne m’est pas apparu’ mais il dit : ‘L’Eternel ne nous est pas apparu’. Le Rabbi Rachab désire que L’Eternel apparaisse aux yeux de tous et non pas seulement à ses propres yeux.

Par ailleurs, le Rabbi souligne ici la qualité des jeunes enfants d’Israël. Leur attachement à D.ieu ne dépend pas des forces de leur intellect, ni même de leurs sentiments. Leur attachement à D.ieu découle de l’Essence de leur âme, du lien qui dépasse la raison et l’intellect.

Dans son ouvrage intitulé : ‘La Source’, le Rabbi Rachab nous enseigne que ‘l’intellect affaiblit la volonté’. Cette volonté inébranlable de faire le bien et de s’éloigner du mal pour ne faire que la Volonté du Saint- béni-soit-Il. Cette volonté de voir avec nos yeux de chair le dévoilement de D.ieu, de Son Temple, de Sa Torah ‘Hadacha, et de Son Machia’h.

Un des points essentiels du Dvar Mal’hout sur notre Paracha, est que chaque Juif possède la capacité de dévoiler et de révéler dans nos actions, la partie la plus profonde son âme. Lorsqu’il nous enseigne ce sujet, le Rabbi déclare que ‘L’âme divine est une parcelle de divinité véritable, et lorsque l’on détient (‘tofès) une partie de l’Essence, on la détient dans sa totalité. On détient véritablement l’Essence divine’. Aussi, le mot ‘tofès’ (‘tfisa’ : ‘détention’) est lié à l’acquisition, au ‘kinian’, par lequel un homme devient propriétaire de la chose acquise.

Ainsi, chaque Juif ‘tofès’, acquiert, devient propriétaire de l’Essence divine de manière véritable’.

La circoncision est la première étape vers cette acquisition. ‘L’Eternel lui apparut’ désigne le dévoilement de l’âme divine dans le corps au moment de la Brith-Milah, puis par notre attachement à la partie profonde de la Torah, par notre attachement à tous les enseignements du Rabbi, nous parvenons à circoncire notre cœur, c’est à dire à parvenir à ce qu’il soit pur, au point d’aimer D.ieu de tout notre pouvoir’ et dans cas L’Eternel nous apparaîtra, et nous Le verrons avec nos yeux de chair, ainsi qu’il est dit : ‘De ma chair je verrais D.ieu !’, très bientôt et de nos jours, avec l’aide de D.ieu.

 

Texte et Audio : Paracha Le’h Lé’ha ‘Va jusqu’à toi-même’, par le Rav Yaacov Abergel

Texte et Audio : Paracha Le’h Lé’ha ‘Va jusqu’à toi-même’, par le Rav Yaacov Abergel

 

Dans le discours Hassidique qui commence par le premier verset de la Paracha : ‘L’Eternel dit à Avram : Va pour toi, hors de la terre de ton pays natal et de la maison de ton père’. Le Rabbi Rayats donne comme explication de ‘Le’h-Le’ha’ : ‘Le’h le atsme’ha’, c’est à dire ‘va jusqu’à la racine de ton âme. Atteint l’endroit de la source de ton âme qui est en-haut afin que tes actes inscrivent une empreinte dans le ciel et qu’il y est de ce fait un dévoilement divin ici-bas’.

C’est par un réveil ici-bas, en étudiant la Torah et en accomplissant les Commandements divins en ayant le cœur enflammé par notre amour pour D.ieu et en faisant don de nous-même que l’on parvient à atteindre l’Essence de notre âme, c’est le sens de ‘Leh-Le-ha’ : ‘Le Atsme’ha’ : ‘Va jusqu’à toi-même’ et ‘toi-même’ désigne l’Essence de l’âme Juive.

Dans le Dvar Mal’hout sur notre Paracha, le Rabbi nous enseigne que les sujets de la Paracha Le’h-Lé’ha ‘expriment le contenu général de toute la Torah et du Judaïsme’.

Dans la première Paracha de la Torah, ‘Béréchit’, il est question de la Création du monde par D.ieu.
Dans la deuxième Paracha, ‘Noa’h’, il est question du déluge qui tel un Mikveh vint pour purifier ce monde.
Enfin, dans la troisième Paracha, ‘Le’h-Lé’ha’, il est question de l’union entre le Divin et le monde, et de ce fait, cette Paracha représente la préparation nécessaire au Don de la Torah.

Avraham, le premier Juif, fut le premier à recevoir un ordre de D.ieu. L’ordre divin de quitter ‘l’endroit de sa naissance, la maison de son père’, afin de se rendre vers ‘la Terre que Je te montrerai’ : la Terre d’Israël.
Par ‘l’alliance entre les morceaux’, L’Eternel promet à Avraham de lui donner cette Terre, puis, à la fin de la Paracha, il est question de la Mitsvah de la ‘Milah’, une Alliance éternelle entre le Saint béni soit-Il et les enfants d’Israël, ‘une Alliance dans votre chair, une Alliance éternelle’.

L’entrée sur la Terre d’Israël, représente la mission d’Avraham et de tout le peuple Juif, de sanctifier la Terre d’Israël en y accomplissant les Commandements divins. Or, ce qui est vrai pour la Terre d’Israël l’est aussi pour le corps des enfants d’Israël.

En effet, la circoncision d’Avraham est liée à la promesse de l’Eternel au sujet du don de la Terre d’Israël. De même que nous devons sanctifier la Terre d’Israël, nous devons également sanctifier notre propre corps, et la Mitsvah de la circoncision exprime avec clarté l’union que nous devons établir entre la Sainteté et ce monde matériel.

Avraham fut donc le premier à accomplir cette Mitsvah, et ce faisant, il fit pénétrer l’Alliance établie avec D.ieu dans sa propre chair. C’est pour cette raison que la Paracha Le’h-Lé’ha nous prépare au don de la Torah sur le Mont-Sinaï, car le contenu profond du don de la Torah est aussi celui de l’union entre l’Esprit divin et ce monde matériel. Par le fait de circoncire le prépuce de notre chair, notre corps devient un réceptacle capable de contenir l’âme divine, cette ‘parcelle véritable de divinité d’en-haut’.

De la même façon, par l’accomplissement des Commandements de la Torah nous sanctifions le corps de ce monde afin qu’il devienne un réceptacle capable de recevoir le dévoilement de l’Esprit du Machia’h.

Le Baal Chem Tov a souligné le lien qui existe entre le peuple Juif et la Terre d’Israël. Comme la Terre qui possède la force illimitée de faire pousser des arbres et des fruits à l’infini, chaque Juif possède la force de faire pousser les fruits des Mitsvoth à l’infini.

L’Eternel établit Son Alliance avec Avraham en ‘gravant’ un signe dans sa chair, et Il agit de la même façon lorsqu’Il grava avec Ses lettres de feu les Dix Commandements sur les Tables de la Loi.

L’Admour Hazaken nous a enseigné dans le livre du Tanya que’L’Eternel a choisi le corps des enfants d’Israël’. L’un des plus beaux exemples de cela, est celui de l’Admour Haemtsaeï. En effet, ses ‘Hadissim disent à son sujet que si l’on ouvre ses veines, ‘on verra, non pas du sang, mais des Paroles de ‘Hassidout’.

Comme Avraham qui fit le premier un signe dans sa propre chair, l’Admour Haemtsaeï fit pénétrer au plus profond de lui-même l’Essence de la Torah au point que les Paroles de la ‘Hassidout coulèrent dans ses veines.

Ainsi, à la lumière de ce qu’il vient d’être dit, le lien entre le corps des enfants d’Israël et la Terre d’Israël apparaît à l’évidence. Cependant, le Rabbi pose la question suivante : la Paracha ‘Leh-Léha’ est une préparation au don de la Torah et elle nous prépare également à entrer sur la Terre d’Israël, mais pour quelle raison devons-nous nous préparer au don de la Torah, alors que nous l’avons déjà reçue, et pourquoi devons-nous nous préparer à entrer sur la Terre d’Israël alors que nous y sommes déjà ?

A cette question le Rabbi répond que nous n’avons pas encore reçu la totalité de la Terre d’Israël, et que nous n’avons pas encore reçu la Torah ‘Hadacha : la partie la plus profonde de la Torah, l’Essence de la Torah. C’est donc au don de la ‘Torah nouvelle’, et à celui de la totalité de la Terre d’Israël, que nous devons à présent nous préparer.

A la venue du Machia’h, le peuple d’Israël recevra en plus des sept terres déjà acquises, les trois terres qui lui manquent : ‘Kini’ ‘Knizi’ et ‘Kadmoni’.
Spirituellement, ces trois terres correspondent aux trois forces de l’intellect, les trois ‘Mo’hin’ : ‘Hokmah’ ‘Binah’ et ‘Daat’. Les sept parties de la Terre que nous possédons déjà correspondent aux sept ‘Midot’ : ‘Hessed, Gvurah, Tifferet, Netsa’h, Hod, Yessod, Mal’hout. A présent notre service divin est basé sur notre travail sur les sept ‘Midot’, mais dans les temps messianiques, quand nous recevrons les trois parties de la terre d’Israël, ‘Kini’ ‘Knizi’ et ‘Kadmoni’, nous atteindrons un niveau spirituel supérieur, du fait que nous percevrons l’Essence des ‘Mo’hin’, des trois forces de ‘Habad.

C’est la raison pour laquelle nous devons, dès-à-présent, nous préparer à ‘entrer sur la Terre d’Israël’, nous préparer à l’acquisition matérielle de la totalité de la Terre d’Israël, et à l’acquisition spirituelle de la Torah nouvelle, la ‘Torah ‘Hadacha’, que l’Eternel enseignera au Roi Machia’h.

D’après tout ce qu’il vient d’être dit, il n’est pas étonnant que le Rabbi souligne dans ses enseignements sur la Paracha ‘Le’h-Lé’ha’, où il est question de l’union du Divin avec notre monde matériel, l’importance d’étudier les discours ‘hassidiques de l’Admour Haemtsaeï. Celui dont il est dit que ‘les Paroles de ‘Hassidout coulent dans ses veines’. Ses discours élargissent notre compréhension et notre perception du divin, ils nous insufflent une vitalité nouvelle et nous préparent au don de la ‘Torah nouvelle’.

Comme il a été expliqué précédemment, la Terre d’Israël est liée au corps des enfants d’Israël. ‘L’Eternel a choisi le corps des enfants d’Israël’, et Il a choisi de leur donner la Terre d’Israël. Par ailleurs, il est dit que l’Eternel forma le corps du premier homme, Adam-Ha-Richon, avec la poussière de la Terre, ainsi qu’il est dit : ‘en prenant Sa poussière de l’endroit où allait être construit, par la suite, l’Autel des sacrifices et le Beït Ha Mikdache, (Rachi) ‘.

Aussi, lors des Temps messianiques, il est dit que ‘l’Eternel effacera l’esprit d’impureté de la terre’, et il nous est permis de supposer que ‘la terre’ mentionnée ici dans ce verset est également une allusion au corps des enfants d’Israël, lequel est formé à partir de la poussière de la terre.

‘L’Eternel effacera l’esprit d’impureté de la terre’, signifie dans ce cas, que l’Eternel effacera l’impureté du corps, ‘la terre’, afin qu’il devienne un réceptacle de l’Essence divine et de l’Essence de la Torah. C’est à cela que se rapporte le verset de notre Paracha (12, 1) : ‘Va vers la terre que Je te montrerai’ car ‘La terre que Je te montrerai’ est une allusion au corps débarrassé de toutes ses souillures ainsi qu’il est dit : ‘L’Eternel effacera l’impureté de la terre (du corps)’.

Par ailleurs, la ‘Hassidout nous enseigne que le fait de se trouver dans les quatre coudées du Rabbi a pour effet d’éveiller la force de l’Essence de notre âme. Force est donc de constater que l’acquisition de la Terre d’Israël dépend nécessairement du fait d’acquérir les ‘quatre coudées du Rabbi’, de s’attacher à lui au point d’éveiller en nous-même la force de l’Essence de notre âme. Dans ce cas nous pouvons expliquer que ‘la Terre que Je te montrerai’ représente la révélation de l’Essence de l’âme, laquelle n’est possible que lorsque l’on se trouve dans ‘les quatre coudées du Rabbi’, c’est-à-dire lorsque nous nous attachons à lui de la manière la plus profonde.

Dans son ouvrage intitulé ‘Iniana chel Torat ha Hassidout’, le Rabbi nous enseigne que la révélation de l’Essence divine dans la partie de l’âme qui s’habille dans le corps est réalisée par l’accomplissement des commandements divins au moyen d’objets matériels. Or, la façon d’attirer la lumière de l’Essence divine dépend de la force de l’intellect et des sentiments, lesquels sont appelés ‘les chemins de D.ieu’, car c’est par eux que l’on atteint l’Essence. Ainsi, l’ordre divin ‘Le’h-Lé’ha’ consiste à s’engager dans ‘les chemins de D.ieu’, c’est-à-dire à nous attacher de la manière la plus profonde qui soit, aux enseignements du Rabbi. Faire tout ce qui est en notre pouvoir pour révéler tout d’abord les forces de la partie de l’âme qui s’habillent dans le corps (l’intellect et les sentiments), et parvenir par ce mérite, à nous trouver ensuite dans les ‘quatre coudées du Rabbi’, à briser toutes les limites pour finir par provoquer et par atteindre enfin la venue de notre Juste Machia’h, très bientôt et de nos jours, avec l’aide de D.ieu.

 

Texte et Audio : Paracha Noa’h  « L’Eternel (Havayéh) est D.ieu (Elokim) », par le Rav Yaacov Abergel

Texte et Audio : Paracha Noa’h « L’Eternel (Havayéh) est D.ieu (Elokim) », par le Rav Yaacov Abergel

 

 

Dans la Paracha Béréchit la Torah nous raconte la Création du monde, et à la fin de cette Paracha il est dit que D.ieu décida de détruire le monde car l’homme avait attenté à la perfection du monde qu’Il avait créé. De fait, nous voyons ici que L’Eternel n’avait pas encore donné à l’homme la possibilité de faire Téchouva. A l’opposé, dans la Paracha Noa’h, après que le déluge eût purifié le monde L’Eternel fit la promesse de le maintenir en vie éternellement et Il donna alors la possibilité à l’homme de le raffiner et de le purifier quelle que soit la descente qu’il ait pu connaître.

Le Chabbat de la Paracha Noa’h représente donc la perfection que le monde peut atteindre, non pas tel qu’il fut créé par D.ieu, comme nous l’avons vu dans la Paracha Béréchit, mais de la perfection que le monde peut atteindre lorsque l’homme y accomplit la Volonté du Saint béni soit-Il.

L’idée maîtresse que le Rabbi développe dans le Dvar Mal’hout sur la Paracha Noa’h se base donc sur le sujet de la mission de chaque Juif de ‘révéler le Nom Havayéh dans le Nom Elokim’, c’est à dire de faire de ce monde matériel (Elokim) une demeure pour L’Essence divine (Havayéh), de révéler dans les limites de ce monde une lumière illimitée qui est au-delà du monde.

Le Nom divin ‘Havayéh’ vient de ‘Hithavout’ : ‘Création’, et il désigne donc la force créatrice au moyen de laquelle l’Eternel crée la matière de ce monde à partir du néant. Cependant, c’est le Nom divin ‘Elokim’ qui est employé au sujet de la Création du monde, ainsi qu’il est écrit au début de la Torah (Béréchit, 1, 1) : ‘Béréchit bara Elokim’ (‘Au commencement D.ieu (Elokim) créa le ciel et la terre’).

Dans le Dvar Mal’hout sur notre Paracha, le Rabbi écrit que ‘bien que la force créatrice émane du Nom Havayéh, l’Eternel créa le monde de manière à ce que ‘le Nom Havayéh S’habille et Se cache dans le Nom Elokim’. Donc, c’est seulement le Nom Elokim qui se dévoile dans les créatures, mais non pas celui de Havayéh (la force créatrice)’.

Le fait que la valeur numérique d’Elokim est la même que celle du mot הטבע (la nature), nous indique que le Nom ‘Elokim’ masque la force créatrice du Nom Havayéh afin qu’un ordre fixe qui revient constamment sur lui-même transparaisse au fil des jours dans la Création sans que nous ayons conscience que cette vitalité qui anime le monde à chaque instant provient de D.ieu Lui-même. L’Eternel Se cache derrière le Nom ‘Elokim’ au point que notre conscience du monde matériel l’emporte sur notre perception du Divin. Dans ce cas, l’homme perçoit davantage le monde physique que sa dimension spirituelle et profonde, et de ce fait, au lieu de rechercher les plaisirs qui sont du domaine de l’esprit, comme l’étude de la Torah, il recherche continuellement à assouvir les plaisirs du corps.

La mission de chaque Juif consiste donc à dévoiler le Nom Havayéh qui se cache dans toute la Création, et c’est en accomplissant les Commandements divins que l’on y parvient. Rachi a écrit que ‘la majorité des Commandements est accomplie au moyen de la poussière de la terre’. ‘La poussière de la terre’ désigne la matière physique, comme par exemple la matière du parchemin sur lequel un Sofer écrit une Mézouzah des Téfinines ou un Séfer Torah. En accomplissant la Volonté de D.ieu exprimée dans la Torah un Juif parvient à purifier la matière (‘la poussière de la terre’) pour qu’elle devienne un réceptacle capable de recevoir le dévoilement de la lumière du Nom Havayéh.

Par ailleurs raffiner ‘la poussière de la terre’ ne consiste pas seulement à raffiner des objets matériels (comme une Mézouzah, une paire de Téfiline ou un Séfer Torah…), car il s’agit aussi de purifier notre propre corps, lequel a été créé au moyen de ‘la poussière du sol’ ainsi qu’il est écrit (Béréchit, 2, 7, commentaire de Rachi) : ‘D.ieu a pris Sa poussière de l’endroit dont il est dit : ‘Un Autel de terre tu feras pour Moi’, c’est à dire de l’endroit où le Temple et l’Autel devaient être situés par la suite’.

Purifier le corps c’est purifier l’âme animale, et c’est à ce sujet le Rabbi Rachab cite dans son ouvrage ‘Bé Chaa ché Hikdimou’ (chapitre 226), le verset : ‘A toi, il t’a été donné de voir pour reconnaître que L’Eternel (Havayéh) Lui est D.ieu (Elokim) (Vaèt’hanan, 4, 35).

‘La deuxième âme d’un Juif est véritablement une parcelle de D.ieu en haut’ (Tanya, chapitre 2), de ce fait cette deuxième âme, l’âme divine, n’a pas besoin d’être réparée, elle descend dans le corps dans le seul but de ‘faire voir le Divin à l’âme animale afin que celle-ci ‘reconnaisse que L’Eternel (Havayéh) Lui est D.ieu (Elokim’

‘L’Eternel (Havayéh) est D.ieu (Elokim)’ d’après les enseignements de la ‘Hassidout signifie que le Divin Se devoile dans le corps ou dans un objet materiel, cest a dire que la lumiere infinie de D.ieu Se devoile dans les limites du corps ou dans les limites dun objet.

Lorsqu’il s’agit d’un objet matériel, on peut citer l’exemple de l’Arche qui contient les Tables de pierre écrites du doigt de D.ieu. L’union entre Havayéh : la lumière infinie (la Parole de D.ieu gravée sur les Tables) et Elokim : l’Arche qui est un objet matériel qui possède des mesures et qui est donc limité) s’exprime par le fait que l’Arche lorsqu’elle était déposée dans le Saint des Saints ‘ne prenait pas de place’.

Il en va de même pour le corps d’un Juif. Le Rabbi Rachab nous enseigne que l’origine du corps est plus élevée que celle de l’âme. Nous pouvons nous rendre compte de cela par l’exemple de la vision. La vision des yeux est plus élevée que la vision que l’on a avec les yeux de notre intellect. Nos yeux nous permettent de voir ce que sont les choses de manière véritable, alors que les yeux de l’intellect nous laissent imaginer seulement ce que sont les choses.

Dans le chapitre 227 de son ouvrage ‘Bé Chaa ché Hikdimou’ nous enseigne qu’au départ l’âme divine doit ‘faire voir’ le Divin à l’âme animale. Au moyen d’exemples matériels l’homme doit méditer au fait que c’est ‘la Parole de D.ieu qui créé, à partir du néant, et maintient en vie toute la Création’. Cela l’âme animale peut parfaitement le comprendre car elle ressent fortement que la matière vieillit et se détériore, elle comprend alors qu’il y a une force qui est extérieure à elle, une force divine qui vitalise la matière de monde physique.

Aussi, lorsque l’âme divine s’attache ‘à donner à voir le Divin à l’âme animale’ , elle purifie l’âme animale au point que dans les temps futurs ‘lorsque les purifications seront terminées’ ‘l’âme divine sera nourrie par le corps’, c’est-à-dire que l’âme animale et le corps une fois purifiés permettront à l’âme divine d’accéder à un niveau supérieur au sien : le niveau de la vision du Divin, de voir et de reconnaître avec nos yeux de chair que ‘L’Eternel (Havayéh) est D.ieu (Elokim)’, très bientôt et de nos jours avec l’aide de D.ieu

 

 

 

 

Texte et Audio : Parachat Béréchit – « Son cœur fit lever son pied », par le Rav Yaacov Abergel

Texte et Audio : Parachat Béréchit – « Son cœur fit lever son pied », par le Rav Yaacov Abergel

 

 

Peut-être pour nous rappeler l’importance des versets ‘Et c’est nous que Tu as choisis entre tous les peuples et les langues et que Tu as approchés, notre Roi, à ton grand Nom avec amour, pour Te rendre hommage, proclamer Ton Unité et aimer Ton Nom. Béni sois-Tu Eternel, qui choisit Son peuple Israël avec amour’, que nous avons chanté pendant les prières des Fêtes du mois de Tichri, le Rabbi reprend dans le Dvar Mal’hout sur la Paracha Béréchit l’explication de l’Admour Hazaken sur le sens profond de cette déclaration unique des enfants d’Israël au Saint béni soit-Il.

De façon naturelle nous aurions pu penser que le choix de L’Eternel pour les enfants d’Israël s’exprime par le fait qu’Il a donné à chaque Juif une âme qui est ‘véritablement une parcelle de Divinité d’En-haut’, mais le sens du verset est tout autre. D.ieu a choisi le corps des enfants d’Israël car il ne peut y avoir de ‘choix’ entre l’âme d’un Juif et celle d’une personne qui ne l’est pas du fait que par définition un choix ne se fait seulement qu’entre deux choses qui sont absolument identiques, or les âmes des peuples du monde sont totalement différentes de celles du peuple Juif. Le choix d’Hachem s’est donc porte donc sur les corps des enfants d’Israël qui étaient, au départ, identiques à celui des autres peuples.

Quand il s’agit de choisir entre deux choses identiques, la préférence ne dépend pas de l’intellect mais d’un niveau qui le dépasse totalement. C’est pourquoi le Rabbi souligne ici que ce choix provenait de l’Essence divine (laquelle représente un niveau qui est au-delà de l’intellect) car lorsque l’on choisit entre deux choses qui se ressemblent en tout point notre décision ne vient pas de la réflexion et de l’analyse que nous faisons au moyen des forces de notre intellect, mais notre décision provient d’un niveau qui est au-delà de la logique et de la raison. Ainsi,  »Et c’est nous que Tu as choisis entre tous les peuples’ signifie donc que L’Eternel a choisi le corps des enfants d’Israël.

Le Rav Yossef Weinberg explique ‘qu’Hachem a choisi le corps des enfants d’Israël afin qu’il soit un réceptacle de l’âme, et grâce aux actions que nous accomplissons au moyen du corps (en effet, toutes les actions matérielles des Commandements divins sont réalisées précisément au moyen du corps) un Juif s’unit avec D.ieu’.

Le Rabbi souligne que ‘le monde a été créé pour Israël et pour la Torah’ s’exprime tout particulièrement par les places qu’ils occupent non pas seulement dans les mondes supérieurs mais aussi et surtout par celles qu’ils occupent dans ce monde matériel. C’est à cela que se rapporte le verset ‘Tu nous as choisis entre tous les peuples’. Le fait que L’Eternel ait choisi le corps des enfants d’Israël met en évidence que le corps d’un Juif est différent de celui des peuples du monde, et même s’il s’agit d’un Juif dont l’âme divine est en exil car il n’accomplit pas encore la Torah et les Mitsvoth, il demeure, par son corps, l’élu de D.ieu.

Aussi, bien que la Torah soit au-delà de ce monde, elle atteint sa perfection précisément lorsqu’elle s’habille dans ce monde matériel. Et même si la Torah descend dans ce monde, on peut toujours se rendre compte de sa Sainteté et de sa grandeur.

Dans le même ordre d’idée, le Rabbi souligne que la chose est aussi vraie pour un Juif. Les Juifs font partie intégrante de ce monde matériel, et cela s’exprime tout particulièrement par le fait que le corps d’un Juif est semblable à celui d’un non-Juif. C’est à ce sujet que le Rabbi vient nous expliquer la notion de ‘choix’. Comme il a été dit précédement, un choix ne peut exister qu’entre deux choses qui sont identiques. Seulement dans ce cas, l’acte de choisir (qui comme on l’a dit dépasse l’intellect et la raison) vient pour faire la différence entre les deux. C’est donc précisément le corps des enfants d’Israël que L’Eternel a choisi, car il est identique à celui des Goyim.

A la lumière de ce qu’il vient d’être dit, il nous est donné de comprendre que même s’il se trouve dans ce monde matériel, en tant que partie intégrante de ce monde, avec un corps identique à celui des autres peuples, il n’en demeure pas moins que L’Eternel a distingué le corps des Juifs parmi ceux de tous les autres peuples.

Il convient ici d’établir un lien entre ce qu’il vient d’être dit et la Si’ha du Rabbi intitulée ‘Le cœur soulève les pieds’ (26 tichri 5738-8 Octobre 1977). Le Rabbi déclare dans cette Si’ha, que ‘le ‘Hassidisme explique que la fonction essentielle d’une route est de relier le coin le plus reculé du royaume, à la capitale, au palais du Roi, et finalement à la chambre privée, la salle du trône du Roi Lui-même. Il en est de même pour le chemin du Juif dans la vie : le long du chemin, sa mission demande qu’il s’investisse dans les choses matérielles, profanes, pour connaitre D.ieu dans toutes ses actions, et dans tous ses chemins. En accomplissant la Volonté de D.ieu, il relie les coins les plus reculés de la Création, même de ce monde, le plus bas de tous, avec la chambre privée du Roi des Rois, le Saint béni soit-Il. L’Action est essentielle et chaque Juif doit aller sur son chemin à l’exemple de notre père Yaakov. Quand il entendit la bonne nouvelle que D.ieu avait assuré sa protection, ‘son cœur fit lever son pied et il alla’, même sur son chemin pour ‘Haran (‘le lieu qui réveille la colère de D.ieu’). Il alla avec la bonne nouvelle de la Torah de Vérité, la Torah de vie qui est un guide pour la vie…Et la force nous est donnée pour l’accomplir’.

‘Relier le coin le plus reculé du royaume à la capitale, au palais du Roi, et finalement à la chambre privée, la salle du trône du Roi Lui-même’, c’est faire de ce monde qui est le plus bas de tous, une demeure pour l’Essence divine. Peut-être est-il possible de dire que le corps est lui-même d’une certaine manière ‘l’endroit le plus reculé du royaume’ car il est comme une ‘prison’pour l’âme divine, du fait qu’il abrite aussi une âme animale.

Or, le Rabbi souligne que L’Eternel en choisissant le corps des enfants d’Israël a placé le corps d’un Juif à un niveau supérieur : ‘Réchit’. Aussi, le Rabbi écrit que ‘non seulement les enfants d’Israël ne se trouvent nullement sous la domination des autres peuples (pas seulement du point de vue de leurs âmes, mais aussi du point de vue de leurs corps), mais au contraire : même pendant l’exil ils représentent l’essentiel, ‘réchit’, de la Création, et c’est pour eux qu’ont étés créés tous les peuples de la terre, et toutes les autres parties du monde…’.

Dans ce cas il est possible d’expliquer que ‘la bonne nouvelle’ que Yaakov entendit, selon laquelle ‘D.ieu avait assuré sa protection’, est liée au fait que ‘L’Eternel a choisi le corps des enfants d’Israël’. En effet, dans un grand nombre de ses discours ‘hassidiques, le Rabbi a enseigné que le corps est l’œuvre de D.ieu qui provient de Son Essence. Bien que d’un côté le corps soit ‘l’endroit le plus reculé du royaume’, car il est comme une prison pour l’âme, d’un autre côté le corps provient de l’Essence divine, et du fait de cette proximité la possibilité nous est donnée de la dévoiler, de faire de nous-même et de ce monde matériel une demeure pour l’Essence divine.

Aussi, à l’exemple de Yaakov qui comprit et ressentit que tout fut créé pour lui dans le but qu’il accomplisse sa mission sacrée, notre cœur doit ‘lever notre pied’ pour faire tout ce qui est en notre pouvoir pour relier ‘l’endroit le plus reculé du royaume’ : les mois ‘profanes’, avec la ‘salle du trône’ : le mois de Tichri. C’est-à-dire que nous devons faire tout ce qui est en notre pouvoir pour attirer la Sainteté dans ce monde profane, afin de provoquer la venue de notre Juste Machia’h très bientôt et de nos jours, avec l’aide de D.ieu.

 

Likoutei Si’hot  (Tome 35) : Béréchit  – Deux manières de servir D.ieu

Likoutei Si’hot (Tome 35) : Béréchit – Deux manières de servir D.ieu

Après avoir relaté la création du monde et celle d’Adam, le premier homme, la Torah présente, dans cette Parchat Béréchit, la descendance des deux fils d’Adam, Caïn et Chet(1). L’un et l’autre avaient des personnalités opposées. En effet, Caïn symbolise la destruction, dans le monde, puisque c’est lui qui a tué Havel, remettant en cause, de cette façon, l’édification de ce monde(2). A l’inverse, Chet en représente la construction et, bien plus, «c’est sur lui que fut bâti le monde entier», après le déluge, lorsqu’une édification nouvelle fut introduite par Noa’h(3), qui était lui-même un descendant de Chet.

Cependant, nous découvrons un fait surprenant, dans la suite de cette Paracha. En effet, Caïn et Chet eurent, l’un et l’autre, un fils qui s’appelait ‘Hano’h. Or, les deux ‘Hano’h furent, l’un et l’autre, le contraire de leur père. ‘Hano’h, fils de Caïn, représente la construction. C’est la raison pour laquelle une ville fut bâtie, qui porta son nom, ce qui est bien le symbole de l’édification du monde, de sa pérennité(4). En revanche, ‘Hano’h, descendant de Chet, alla à l’encontre de la construction du monde, duquel il se détacha. C’est la raison pour laquelle il est dit, à son propos : «il n’était plus là, car D.ieu l’avait repris» avant son temps(5).

Dans la Parchat Béréchit, la Torah relate des événements qui s’étalèrent sur plus d’un millénaire(6). Il est donc bien clair qu’elle mentionne uniquement ceux dont la portée fut déterminante, non pas l’intégralité des événements qui se déroulèrent en une aussi longue période. Les faits qu’elle rapporte délivrent donc un enseignement pour les générations suivantes(7). Et, il faut bien en conclure que les récits relatifs à Caïn, à Chet et à leur deux enfants qui, l’un et l’autre, s’appelaient ‘Hano’h, sont une leçon pour chacun d’entre nous.

En fait, Caïn et Chet correspondent à deux manières de servir D.ieu. La première voie(8), celle de Caïn, implique une coupure de ce monde, alors que la voie de Chet est l’alternative à cette coupure, une action menée avec les objets du monde, afin de les transformer et de les rendre partie intégrante du domaine de la sainteté(9).

Or, la perfection du service de D.ieu, pour chaque homme, ne consiste pas à se maintenir en permanence sur la même voie(10). En d’autres termes, il faut être les deux ‘Hano’h à la fois, réunir en soi les deux voies, les deux manière d’agir. De la sorte, ceux qui se sont engagés sur une voie peuvent aussi adopter l’approche qui caractérise la seconde. Et, il en est ainsi pour tous les trois domaines du service de D.ieu, les trois piliers sur lesquels le monde repose, la Torah(11), la prière(12) et les bonnes actions(13).

Pour ce qui concerne la Torah, celle-ci ne peut pas être étudiée en ayant pour objectif de se couper de ce monde(14), comme Caïn. Bien au contraire, son étude doit introduire l’action concrète, à l’image de Chet. L’inverse est vrai également. On ne peut pas étudier la Torah uniquement dans l’optique de son application effective(15), comme l’indique Chet. Il est nécessaire également, pendant cette étude, de ressentir la sainteté de la Torah et le fait qu’elle transcende le monde(16), comme l’indique Caïn.

Pour ce qui est de la prière, celui qui prie avec la plus grande ferveur, comme Caïn, doit aussi avoir pour motivation que sa prière ait une incidence sur le monde(17) et sur les forces de son âme(18), comme Chet. A l’opposé, celui qui prie pour obtenir la satisfaction de besoins matériels(19), comme Chet, n’est pas dispensé pour autant de se soumettre profondément à D.ieu, dans sa prière et de s’attacher à Lui(20), comme Caïn.

S’agissant des Mitsvot, celui qui fait don de sa propre personne pour les mettre en pratique(21), qui parvient à le faire : «de tout ton pouvoir»(22), comme Caïn, n’est pas dispensé, de cette façon, de les accomplir matériellement(23) et de manière ordonnée(24), comme Chet. A l’inverse, celui qui privilégie l’aspect matériel des Mitsvot, qui apporte l’élévation à la matière de ce monde, comme Chet, doit ressentir, quand il agit, qu’il est attaché à D.ieu «de tout ton pouvoir»(25), comme Caïn.

(Discours du Rabbi, Likouteï Si’hot, tome 35, page 7 – Traduit par le Rav Haim Mellul)

 


Notes

(1) Après que le troisième fils, Havel, ait été assassiné par Caïn, avant d’avoir une descendance.
(2) En le privant de tous les descendants que Havel aurait pu avoir. Nos Sages, dont la mémoire est une bénédiction, en déduisent que : «quiconque préserve une âme d’Israël est considéré comme s’il avait préservé le monde entier, mais quiconque cause la perte d’une âme d’Israël est considéré comme s’il avait causé la perte du monde entier.»
(3) Puisque tous les hommes sont bien les descendants de Noa’h.
(4) En effet, une ville a un caractère stable. Une maison peut être détruite et remplacée par une autre, mais l’on ne détruit que de manière exceptionnelle simultanément toutes les maisons d’une ville.
(5) Comme on peut le déduire de la formulation inhabituelle de ce verset, qui ne parle pas formellement de mort, à son propos.
(6) C’est, de fait, la Paracha de la Torah qui couvre la plus longue période, dans le temps.
(7) En effet, Torah est de la même étymologie que Horaa, enseignement.
(8) De ce service de D.ieu.
(9) En libérant la parcelle de Divinité contenu par cet objet, grâce à un usage strictement conforme à la Volonté de D.ieu pour lui permettre de réintégrer sa source.
(10) Seul un ange sert D.ieu de cette façon, car D.ieu ne lui confie qu’une seule mission. C’est la raison pour laquelle, voulant annoncer trois nouvelles à Avraham, D.ieu délègue auprès de lui trois anges. A l’inverse, un homme reçoit six cent treize missions et il doit se demander, en permanence, laquelle lui incombe, à cet instant précis.
(11) Son étude.
(12) Qui remplace les sacrifices offerts dans le Temple.
(13) Qui sont représentatives de l’ensemble des Mitsvot.
(14) En en recherchant uniquement la dimension spirituelle, l’approche conceptuelle, sans se préoccuper de son application concrète.
(15) Ce qui aurait pour effet d’écarter toute partie de la Torah qui n’a pas d’application concrète immédiate.
(16) En effet, la Torah est antérieure au monde et elle est le plan d’architecte de la création.
(17) Que le malade guérisse, que la pluie tombe, quand elle est nécessaire.
(18) En transformant l’intellect et les sentiments de l’homme qui prie.
(19) Ce qui est bien l’objectif premier de la prière.
(20) Le service de D.ieu de la prière doit le conduire à se soumettre à Lui au point de faire abstraction de sa propre personnalité.
(21) S’élevant ainsi au-dessus des limites du monde.
(22) C’est-à-dire : «même s’Il te reprend la vie», en échappant ainsi à toutes les entraves inhérentes à la matière, puisque : «un homme est prêt à donner tout ce qu’il possède pour conserver la vie».
(23) En ayant systématiquement recours à des objets matériels, auxquels il apportera l’élévation.
(24) Car, le service de D.ieu doit être organisé : «du plus facile vers le plus complexe».
(25) Son recours à la matière n’a donc pas d’autre objectif que de mettre en pratique la Volonté de D.ieu.

Texte et Audio : Chabbat ‘Hol Hamoed « Les Juifs retourneront à D.ieu et ils seront immédiatement délivrés »

Texte et Audio : Chabbat ‘Hol Hamoed « Les Juifs retourneront à D.ieu et ils seront immédiatement délivrés »

Pour la Naissance de Lévi-Itz’hak ben Ména’hem-Mendel et ‘Haya-Mouchka Spitzer, et pour l’élévation de l’âme de Mah’louf (René) ben David et Esther

 

Avec l’aide d’Hachem pendant la fête de Sim’hat Torah nous lirons la Bénédiction que Moché adressa aux enfants d’Israël, ainsi qu’il est écrit :’Et voici la Bénédiction par laquelle Moché l’homme de D.ieu a béni les enfants d’Israël’.

Réuven fut béni afin qu’il vive dans ce monde et qu’il ne meure pas dans le monde futur. Yéhoudah fut béni pour qu’il retrouve son peuple en paix au retour de la guerre. Lévi fut béni pour enseigner les Lois de L’Eternel. La Bénédiction de Benjamin fut dans la construction du Temple, celle de Yossef dans la terre (‘Avec les délices des récoltes du soleil’), celle de Zévouloun pour le commerce, celle d »Issachar pour l’étude de la Torah…

Par ailleurs, il est intéressant de porter à présent notre regard sur la Bénédiction que le Rabbi adressa aux enfants d’Israël à l’occasion de la nouvelle année le 4 Tichri 5750 (le 3 Octobre 1989) :

‘Ce que nous avons dit au début de la réunion incluait tous les juifs, en particulier que ce soit une année bonne et douce et que nous soyons tous signés et scellés pour le bien, que ce soit une année de lumière, une année de bénédiction, une année de grandeur, une année d’abondance, une année de majesté, une année de splendeur, une année de bonne réunion, une année de grands mérites de bonne et longue vie avec un bien clair et tangible, une année de connaissance profonde en particulier dans le sens profond de la Torah, une année de subsistance, une année d’étude avec un grand succès, une année élevée en toutes choses, une année de miracles ouverts, une année d’aide divine et de bons signes, une année de force et de splendeur, une année de délivrance, une année de charité, une année où on est redressé, quand D.ieu nous conduira la tête haute sur notre Terre immédiatement, une année de bonne volonté dans la pratique des Mitsvot et l’étude de la Torah, accomplissant la parole de la Michna : ‘Fais de la Volonté de D.ieu ta volonté’, une année de grande joie, une année de salut, une année de prière, une année de louange et une année de repentance avec le plus haut degré de retour, et alors comme la Torah le promet: ‘Les juifs retourneront à D.ieu et ils seront immédiatement délivrés’ avec la Délivrance véritable et complète par Machia’h immédiatement…’ .

La Bénédiction de Moché et la Bénédiction du Rabbi sont toutes les deux adressées aux enfants d’Israël, cependant, la Bénédiction de Moché, bien qu’elle soit appelée par la Torah ‘la Bénédiction’ est elle-même composée par les 12 Bénédictions que Moché adressa à chacune des 12 tribus. A l’opposé, le Rabbi ne fait aucune différence et il bénit chaque juif de la même Bénédiction. La Bénédiction du Rabbi est la même pour tous les enfants d’Israël.

D’une certaine manière il est possible de dire que la Bénédiction du Rabbi représente l’Essence de l’âme Juive et la Bénédiction de Moché représente les forces particulières de l’âme Juive.

En effet l’Essence de l’âme est appelée Yé’hida car le terme de Yé’hida induit l’idée d’absolu, d’unité non-composite. C’est pourquoi le Rabbi souligne que ‘L’Essence est au-delà de tout nom’ car l’Essence de l’âme ne désigne pas une force, ou des forces, en particulier. L’Essence de l’âme ne peut pas avoir de Nom car un Nom la limiterait, or l’Essence est au-delà de toute définition, de toute forme de tout détail. L’Essence ne peut donc pas être limitée par un Nom. Elle est le ‘Point divin de l’âme’, le lien et la qualité qui unissent l’âme à L’Essence divine.

Le Rabbi écrit dans le Hayom-Yom (17 Tichri) : ‘Par l’intermédiaire de Yé’hida on peut lier son âme à D.ieu…Atteindre un enthousiasme intérieur et un sentiment de grand plaisir, d’intense réalisation dans le service divin’.

Dévoiler l’Essence de l’âme nous permet donc de ressentir grâce au lien qui nous unit à notre Père qui est dans le ciel un plaisir infini qui est au-delà de toutes les limites. Ce plaisir vient par notre service divin, au moyen de nos pensées, de nos paroles et de nos actes.

Le Rabbi représente L’Essence de l’âme du peuple d’Israël et lorsqu’un Juif s’attache à appliquer les enseignements du Rabbi il attire l’Essence divine, l’Essence du Rabbi, en lui-même, car l’Essence divine Se dévoile dans tous les Juifs. Cela ne dépend que de ses propres efforts, de sa volonté de dévoiler le Point divin de son âme, le dévoilement du désir le plus profond, le plus vital, le plus intense, le désir de vivre le Dévoilement de D.ieu.

Les Bénédictions que Moché adresse à chacune des 12 Tribus d’Israël ne sont pas sans évoquer les différentes forces de l’âme, les points particuliers, les différences et les aspects particuliers, les détails et les qualités qui composent l’âme Juive. La Bénédiction du Rabbi englobe tous les Juifs et elle évoque le Point unique de l’âme Juive.

De fait la bénédiction du Rabbi est l’Essence même de toutes les Bénédictions. Elle transcende et vivifie toutes les Bénédictions. La Bénédiction du Rabbi ne revêt aucun aspect particulier, elle est illimitée.

Plus que tout autre Sage de la partie profonde de la Torah Le Rabbi révèle l’Essence de l’âme. Il est ‘le Maître de l’Essence de l’âme Juive’ et sa Bénédiction est donc adressée à chaque juif : ‘Ce que nous avons dit au début de la réunion incluait tous les Juifs’. La Bénédiction du Rabbi permet à chaque Juif de s’imprégner par l’esprit de sacrifice et la volonté de tout faire pour attirer en ce monde ‘la lumière, la grandeur, la majesté, la splendeur… ».

De fait, l’Essence ne peut être dévoilée que par le don de soi, ‘Fais de la Volonté de D.ieu ta Volonté’, et le Rabbi nous bénit afin de nous donner les forces pour cela.

Dans le recueil intitulé ‘Iniana chel Torat ha Hassidouth’, le Rabbi explique que les mondes reçoivent à présent qu’un reflet de l’Essence divine, mais dans les temps messianiques l’Essence divine Se révèlera pleinement. Le Rabbi précise que la qualité de l’Essence est qu’elle n’est pas seulement illimitée par le fait qu’elle est éternelle, mais elle est également illimitée dans la teneur de ce qu’elle véhicule. Aussi lorsque l’Essence sera révélée, les mondes atteindront la perfection. C’est à ce monde parfait que la bénédiction du Rabbi nous prépare, ainsi qu’il le dit lui-même au nom de la Torah : ‘Les Juifs retourneront à D.ieu et ils seront immédiatement délivrés’.

 

Texte et Audio : Paracha Haazinou « Le Rabbi précédent entend les pas du Machia’h », par le Rav Yaacov Abergel

Texte et Audio : Paracha Haazinou « Le Rabbi précédent entend les pas du Machia’h », par le Rav Yaacov Abergel

(Mazal-Tov Mazal-Tov à Ménahem-Mendel et Haya-Mouchka Spitzer pour la naissance de leur fils Yom Kippour 5782)

 

La ‘Hassidout nous enseigne que dans les temps futurs la terre, aujourd’hui silencieuse, parlera. Celle que tout le monde piétine s’adressera à l’homme et lui demandera s’il a le droit de la piétiner ainsi alors qu’il ne prononce pas de paroles de Torah !

A l’évidence élever le corps nécessite que l’homme élève d’abord son esprit. Le cerveau doit dominer le cœur et cela implique que l’homme doit dominer les mauvaises pulsions de son cœur afin d’obéir seulement aux désirs de son âme divine. Celle-ci ne désire que D.ieu, Le servir par la prière et les bonnes actions. Ainsi, quand l’homme parvient à ce niveau, il purifie son corps le débarrassant de tous les déchets générés par le mauvais penchant.

C’est cette question que la terre posera à l’homme. Elle lui demandera s’il est parvenu à avoir le corps et le cœur purs, car seulement dans ce cas le mérite lui sera donné de se tenir debout sur la terre. C’est à ce sujet que se rapporte le verset selon lequel la pierre des murs et le bois des poutres témoigneront de nos actes et de nos paroles, ainsi qu’il est dit (‘Habakouk, 2, 11) : « Oui, la pierre des murs crie contre toi, et le chevron dans la charpente lui donne la réplique… »

Il est écrit dans la Paracha Haazinou (32, 1) : ‘Prêtez l’oreille cieux, et je parlerais et que la terre écoute les mots de ma bouche » :
Moché nomma le Ciel et la Terre comme témoins du service divin des enfants d’Israël. Du fait que ceux-ci vivent éternellement, nul autre qu’eux ne pouvaient aussi bien témoigner que les enfants d’Israël accomplissent la volonté du Saint béni soit-Il tout au long de toutes leurs générations.

Le Rabbi explique la raison profonde du choix de Moché. Dans le sens profond, le Ciel d’un juif représente sa pensée, les forces de son intellect. La Terre d’un juif ce sont ses paroles et ses actes. Aussi, quand il étudie la partie révélée et la partie profonde de la Torah, qu’il éveille les forces de son intellect en approfondissant et en comprenant ce qu’il étudie, un juif œuvre et compose le Ciel de son existence. De la même façon, quand il accomplit de manière concrète les commandements divins, il fonde la Terre sur laquelle il se tient.

Quand nous accomplissons une Mitsvah, notre action (la Terre) doit être inspirée et éclairée par une intention profonde : le Ciel. Dés-lors nous comprenons que la raison pour laquelle Moché a choisi le Ciel et la Terre pour témoigner de tous nos accomplissements dans notre service divin. Le Ciel et la Terre d’un juif ne sont pas deux choses distinctes l’une de l’autre. Un acte n’est mis en évidence que lorsqu’il est inspiré par une haute intention, et une intention n’est haute que lorsque sa finalité est de se fondre dans un acte.

Ainsi, au Rabbi de conclure que Moché choisit le Ciel et la Terre afin de nous donner les forces nécessaires pour accomplir notre service divin. Afin de servir D.ieu avec notre émounah la plus pure, au moyen de nos forces les plus profondes. Eveiller la partie la plus secrète de notre âme pour servir D.ieu avec la plus grande soumission.

Ce sentiment qui exprime notre plus grand désir, celui de la venue du Machia’h, de la Délivrance et du troisième Temple, peut s’inscrire dans l’image du ciel et la terre.
La terre et le ciel s’unissent en une ligne que l’on n’aperçoit qu’à une distance éloignée. Cette ligne qui s’appelle ‘l’horizon’ arrête notre regard, l’empêche d’aller plus loin et finit toujours par laisser la place à nos pensées, à notre vie. A ce qu’elle a été, ce qu’elle est et ce qu’elle sera. Le libre choix nous est donné. A nous de choisir et d’imaginer ce que seront nos pensées nos paroles, et nos actes.

Le Rabbi Yossef-Itz’hak déclara un jour qu’il entendait ‘les pas du Machia’h’. Le Rabbi, à son exemple, agit envers nous pour que nous percevions à notre tour la présence du Machia’h, pour que notre horizon soit le support des pensées qui découlent du côté de la sainteté. Plus précisément pour que ces pensées aient pour but de nous impliquer dans le projet divin.

Le Rabbi fait tout ce qui est en son pouvoir pour que notre Ciel (notre étude de la Torah) et notre Terre (nos Mitsvoth) s’unissent en un horizon où l’on voit se profiler la silhouette du Machia’h et du troisième temple. Il sème en notre esprit les graines qui donneront naissance aux pensées qui éveilleront dans nos cœur l’amour et la crainte de D.ieu, lesquels animeront nos actions les plus hautes qui susciteront le désir de D.ieu de provoquer finalement la venue de notre Juste Machia’h.

Ainsi, si nous laissons nos pensées se fondre vers l’horizon que nous trace le Rabbi, il est certain que le Ciel et la Terre témoigneront ensemble devant l’Eternel de la qualité de notre service divin. Dans ce cas rien ne s’opposera davantage à la révélation divine lors de la venue de notre juste Machia’h.

Les âmes orphelines retrouveront leur Père qui est dans le ciel, sans qu’Il ne se dissimule davantage derrière Ses nombreux vêtements. Sa pureté brillera pour toujours dans tous les mondes et dans toutes les âmes. Sa lumière resplendira sur la terre dans le ciel et dans la Torah et l’homme découvrira enfin ‘une Terre nouvelle, un Ciel nouveau, une Torah nouvelle’.

Texte et Audio : Paracha Vayélekh Chabbat Chouva « La beauté », par le Rav Yaacov Abergel

Texte et Audio : Paracha Vayélekh Chabbat Chouva « La beauté », par le Rav Yaacov Abergel

(Pour la Réfouah chéléma de Yé’hia Aharon ben Guemara)

 

Cette année nous avons lu la Paracha Nitsavim séparément de la Paracha Vayélekh que nous lirons ce Chabbat, qui précède le jour le plus saint de l’année, Yom Kippour.

Dans le Dvar Malkhout (page 370) le Rabbi nous enseigne que le Chabbat qui précède Roch-ha-Chana (Paracha Nitsavim) est semblable au Chabbat qui précèda le début de la Création du monde. Ce Chabbat Chouva (Paracha Vayélekh) qui succède à Roche ha Chana, est lui-même semblable au Chabbat qui vint après que fut achevée la Création du monde.

Ce Chabbat ‘Chouva’ est celui de la Téchouva. Entre Roch-ha-Chana et Yom Kippour il y a sept jours. Ces sept jours correspondent aux sept jours de la semaine de l’année entière. Pendant chacun de ces sept jours nous réparons tous les jours de l’année qui vient de passer. Le lundi des 10 jours de Téchouva nous réparons tous les lundis de l’année passée, le mardi nous réparons tous les mardis de l’année…De même pendant ce Chabbat Chouva nous réparons tous les Chabbat de toute l’année.

Dès-lors, il nous apparaît avec clarté la raison pour laquelle les lettres de Chabbat sont les mêmes que celles de Téchouva. Le mot Chouva signifie Retour. La mission de chaque juif est de faire retourner ce monde matériel vers son état spirituel. C’est à celà que se rapporte l’enseignement de la ‘Hassidout selon lequel ‘nous devons faire de ce monde matériel une demeure pour D.ieu’. C’est en cela que consiste notre réparation et il s’agit également de faire de notre corps et de notre âme animale une demeure pour D.ieu. Tout ce que nous accomplissons en ce sens durant les six jours de la semaine, connaît l’élévation le jour du Chabbat car en ce jour sacré toutes les choses de ce monde retournent à leur source, à leur racine céleste.

Cela est également vrai pour l’âme. L’âme descend dans le corps et dans ce monde inférieur pour y accomplir une mission. Les Maîtres de la ‘Hassidout ‘Habad insistent tous cependant sur le fait que cette descente de l’âme dans le corps a pour but une élévation à un endroit encore plus élevé que l’endroit d’où elle provient.

Le Rabbi (‘Dvar Mal’hout’, page 369) nous délivre à ce sujet de précieux enseignements. Il explique que la Paracha Nitsavim fait allusion à l’âme divine quand celle-ci se tient devant l’Eternel avant qu’elle ne descende dans le corps. Puis, par le fait que l’âme s’habille dans le corps et grâce au travail qu’elle accomplit ici-bas dans ce monde, elle connaît une élévation considérable. Cette élévation est allusionnée dans les premiers mots du verset : « Moché alla… ».

Il est écrit en effet (Vayélekh,31,1,2) : « Moché alla et adressa ces paroles à tout Israël. Il leur dit : c’est âgé de 120 ans que je suis aujourd’hui… ». Ces paroles de Moché nous parlent de sa situation alors qu’il parvient à la perfection et au terme de sa mission. Son exemple n’est pas sans nous rappeler notre propre mission, car chaque juif possède en lui-même une étincelle de Moché (Tanya, début du chapitre 42).

Dans la Si’ha qu’il prononça le 11 Chevat 5711 le Rabbi décrivit le bureau du Rabbi précédent comme un endroit où brille ‘une pleine beauté’ :
« Lorsqu’un ‘hassid recevait une instruction du Rabbi dans son bureau, alors dès qu’il passait la porte du bureau du Rabbi, c’était déjà ‘un lieu éloigné’ car par rapport à cette pièce, où il a tenu des audiences privées et où il a étudié et prié, l’autre côté du seuil est déjà un ‘lieu éloigné’ car il manquait déjà de la pleine beauté qui était à l’intérieur… ».

A la lueur de ces paroles nous comprenons que l’entretien privé du Rabbi avec son ‘hassid exprime le fait que ‘chaque juif possède en lui-même une étincelle de Moché’.
Le Rabbi réveille l’étincelle de Moché qui sommeille en chaque juif. Cette étincelle désigne l’attachement de l’âme divine à l’essence divine.

Aussi, « La pleine beauté qui est à l’intérieur du bureau du Rabbi » n’est autre que la lumière qui émane du Rabbi. Lui seul permet le dévoilement du plus haut niveau de nous- même. C’est là le sens du verset « Moché alla et adressa ces paroles à tout Israël ».

Moché lorsqu’il s’adresse à chaque juif, détient la force de révéler l’essence de son âme (appellée aussi ‘Israël’). Par ailleurs, la déclaration de Moché (Vayélekh,31,2) : « …je ne peux plus sortir et entrer et l’Eternel m’a dit tu ne traverseras pas ce Jourdain. » n’est pas sans évoquer ce propos du Rabbi, quand il déclara à ses ‘hassidim ‘qu’il fit tout ce qui était en son pouvoir et que tout dépendait désormais de leurs propres efforts’.

En fait, le Rabbi nous prépare à ce moment, lorsque l’on ‘passe la porte de son bureau’ et que l’on se retrouve seul dans ce monde pour y effectuer notre mission.

A l’évidence le Rabbi réveille l’Essence de notre âme et nous rassasie en même temps des forces dont nous avons besoin pour accomplir notre mission de faire de ce monde une demeure pour l’essence divine. Un ‘hassid se doit donc de suivre l’exemple de Moché qui « alla… », c’est à dire qu’il se doit ‘d’aller de prodiges en prodiges’…

Ce Chabbat ‘Chouva’ de la Paracha Vayélekh n’est donc pas sans exprimer notre attachement au Rabbi, qui est le Moché de notre génération. Il est celui qui nous permet de retourner vers D.ieu. De fait, l’entretien privé avec le Rabbi nous prépare à ce moment unique, le jour de Kippour, lors de la prière de la Neïla.

En effet, le Rabbi nous enseigne que le mot Neïla vient du mot Naoul qui signifie 4 : verrouillé. La prière de la Neïla, qui est la cinquième prière du jour de Kippour fait allusion au cinquième niveau de l’âme, Yé’hida, l’essence de l’âme. Pendant la Neïla, l’Eternel verrouille les portes de la pièce dans laquelle Il Se trouve avec Ses enfants pour un entretien privé.

‘Entretien privé’ se dit en hébreu : Yé’hidout et fait donc aussi allusion à l’essence de l’âme divine, Yé’hida. Durant cet entretien privé l’Eternel bénit Ses enfants en révélant l’Essence de leur âme, en dévoilant leur volonté la plus profonde, la volonté de toutes les volontés, celle de s’attacher à Lui, à tel point qu’à ce moment D.ieu devient véritablement Notre D.ieu.

Ce moment représente donc l’accession à l’aspect le plus profond du divin. Or, ce n’est que par son attachement au Rabbi qu’un Juif peut atteindre ce niveau. Ce n’est que par son attachement à ses enseignements qu’il peut dépasser l’aspect extérieur de la réalité, pour atteindre la perception du divin qui dépasse cette réalité.

Evidemment, notre travail consiste avant tout à nous attacher à la partie révélée de la Torah, tout en dévoilant les forces de la partie révélée de notre âme (dévoiler les forces de notre l’intellect, les sentiments qui naissent dans le coeur, et nos actions qui en découlent).

Mais, le Rabbi nous permet de parvenir au niveau de la Couronne qui surplombe l’enchaînement des mondes. Il nous permet d’accéder à l’Essence divine, à la partie profonde de notre âme, à la partie profonde de la Torah.

Ce Chabbat Téchouva, est donc celui du retour vers l’Essence de notre âme qui est enracinée dans l’Essence divine. Un retour vers l’Essence de la Torah du Rabbi.

Dès-lors, sans aucun doute nous ferons tout ce qui est en notre pouvoir pour ‘répandre à l’extérieur’ les forces qui nous seront données pendant ce Chabbat, afin de faire totalement don de nous-même pour provoquer la venue de notre Juste Machia’h, très bientôt et de nos jours, avec l’aide de D.ieu.

 

Texte et Audio : Paracha Nitsavim « La Délivrance appartient à D.ieu », par le Rav Yaacov Abergel

Texte et Audio : Paracha Nitsavim « La Délivrance appartient à D.ieu », par le Rav Yaacov Abergel

(Pour l’élévation de l’âme de Chlomo ben Yaacov et Yamna et de David Yrhi ben ‘Haya)

 

Dans son ouvrage intitulé ‘Bé chaa ché hikdimou’ (‘Et Yaakov sortit de Béer Chéva’, deuxième tome, page 750) le Rabbi Rachab explique que l’Essence de l’âme divine d’un juif est appelée : ‘la fille du Roi’.

Le Roi désigne le Machia’h du fait qu’il est effectivement la source de toutes les âmes d’Israël. Plus précisément il est la source de l’Essence de l’âme de chaque juif, c’est-à-dire de la partie de l’âme qui ne s’habille pas dans le corps.

La partie de l’âme qui s’habille dans le corps et qui n’est qu’un reflet de l’Essence de l’âme est appelée ‘Eved’ (Esclave) car elle est en exil, prisonnière du corps et de l’âme animale. Le travail de l’homme est de raffiner et de purifier sans cesse cette âme animale afin de se libérer de son état d’Eved. Par ailleurs le Rabbi Rachab explique que l’âme qui s’habille dans le corps est telle un esclave qui n’agit pas de son propre gré et qui travaille malgré lui sans pouvoir exprimer sa propre volonté.

A l’opposé, la partie de l’âme qui ne s’habille pas dans le corps n’est pas et n’est jamais en exil. Du fait qu’elle ne s’habille pas dans le corps, elle n’est jamais prisonnière de l’âme animale. Elle n’est jamais la proie de l’âme animale, n’est jamais liée à elle et n’a jamais le moindre lien avec elle.

Le Rabbi Rachab écrit que ‘la fille du roi’ désigne donc ‘le point du cœur’, ou encore ‘le point de vérité’ de l’âme d’Israël, et c’est à celà que se rapporte le verset : ‘Je dors en exil mais mon cœur est éveillé’ car la caractéristique de la vérité est qu’elle ne s’arrête jamais. Elle ne connaît aucune interruption ni aucune dissimulation et de la même façon l’Essence de l’âme est liée à D.ieu d’un lien éternel. Elle ressent constamment sa source et ne s’en sépare jamais. Elle désire continuellement D.ieu :  » mon cœur est éveillé ».

Ainsi et contrairement au niveau d’Eved’ de l’âme, laquelle n’agit pas de son propre gré et travaille malgré elle sans pouvoir exprimer sa propre volonté, le niveau de ‘la fille du roi’ de l’âme exprime la volonté propre de l’Essence de l’âme, qualifiée de ‘pachout’ (simple) et de ‘atsmi’ (essentiel), qui est de s’unir à l’Essence divine.

Tout au long de tous les jours de l’année chaque juif s’efforce de raffiner et de purifier son corps en le soumettant à la royauté de son âme divine. Ce travail est celui de l’âme qui s’habille dans le corps (Eved), mais durant tout le mois d’Elloul, et le jour de Roche-ha- Chana, nous entendons le son du Choffar, lequel a le pouvoir d’unir l’essence de l’âme (‘la fille du roi’) à l’âme qui s’habille dans le corps (Eved).

A l’évidence, la force de la révélation de l’essence de l’âme qui exprime la royauté du Machia’h (puisqu’il est la source de l’essence de l’âme de tous les enfants d’Israël) dépend du travail de chaque juif tout au long de l’année. Ce travail, que l’on appelle ‘Réouta dé Liba’ (la Volonté du cœur) est réalisé au moyen de la prière et par le fait de méditer à la grandeur du Saint béni soit-Il, à Sa lumière bénie qui entoure les mondes, à Son Essence par laquelle Il crée les mondes à partir du néant. Tous les efforts qu’un juif accomplit en ce sens ont le pouvoir d’attirer à Roche-ha-Chana la Royauté de l’Eternel, du ‘Mélekh Ha Kadoch’ (Le Roi Saint) laquelle s’exprimera avec la plus grande clarté lors de la royauté du Machia’h.

La Paracha Nitsavim fait elle-même allusion à la royauté du Machia’h car il est écrit au début de cette Paracha (29, 9, 10) :
‘Vous vous tenez debout, vous tous aujourd’hui, devant l’Eternel votre D.ieu : vos chefs, vos tribus, vos anciens, vos officiers, tout homme d’Israël. Vos jeunes enfants, vos femmes et ton converti qui est à l’intérieur de ton camp, depuis celui qui taille ton bois jusqu’à celui qui puise tes eaux’.

L’Admour Hazaken explique en effet que Ce jour pendant lequel ‘Vous vous tenez debout, vous tous aujourd’hui’ est celui de Roche-ha-Chana et en Ce jour l’Eternel dévoile l’essence de l’âme de tous les enfants d’Israël. C’est à ce sujet qu’il est dit que ‘tout Ton peuple est un peuple de Justes’ car la force de l’essence de l’âme est la même pour chaque juif, pour ‘tout homme d’Israël’ qu’il soit chef ou qu’il soit un simple porteur d’eau.

C’est à ce sujet que la ‘Hassidout nous enseigne que nous devons sonner du Choffar le jour de Roche-Ha-Chana, afin d’exprimer notre désir à D.ieu, qu’Il continue à régner sur nous.

Dans le Dvar Mal’hout sur la Paracha Nitsavim, le Rabbi rapporte l’enseignement des Sages selon lequel Adam-Ha-Richon, le jour où il fut créé, appela et dit à toute la Création (à tous les règnes de la Création : l’inanimé, le végétal, l’animal) : ‘Venez, nous nous inclinerons, nous nous courberons et nous nous prosternerons devant L’Eternel, qui nous a fait’.

Le Rabbi explique que ‘L’Eternel, qui nous a fait’ évoque le niveau du divin qui est relatif à ce monde, qui permet de le créer et de le maintenir en vie.

Par ailleurs, il existe un autre niveau du divin, bien plus élevé que celui-ci. Le Rabbi explique en effet qu’Adam-Ha-Richon fit prosterner toute la Création devant le couronnement du Saint béni soit-Il, ainsi qu’il est dit (Téhilim, 93, 1) : ‘L’Eternel règne, Il est revêtu de Majesté’.

Ce verset évoque ‘la Royauté de D.ieu qui fut alors dévoilée dans le monde. C’est le niveau du divin qui est bien au-delà et sans aucune mesure avec ce monde. Le dévoilement de la racine de l’attribut de Mal’hout (l’attribut de la Royauté), laquelle dépasse toutes les autres Séfirot, le niveau de Kéter (la Couronne qui surplombe tout l’enchaînement des mondes), et jusque dans la partie la plus profonde de Kéter, et jusqu’à L’Essence divine elle-même’.

Il existe donc le dévoilement divin qui s’accorde à la Création et à tout ce qu’elle contient (y compris l’homme lui-même). Puis il y a le dévoilement qui dépasse totalement les limites de ce monde.

Ces deux dévoilements divins existent aussi dans la Torah. De fait, la partie révélée de la Torah s’accorde à ce monde matériel et aux limites qu’il nous impose, et la partie profonde de la Torah est liée à tout ce qui dépasse les limites de ce monde, et de la même façon dans l’âme : les forces de l’âme qui s’habillent et se révèlent dans le corps et les forces de l’Essence de l’âme laquelle ne s’habille pas dans le corps et est enracinée dans L’Essence divine.

De manière plus générale, ces deux dévoilements correspondent à la lumière d’Or Mémalé qui s’habille dans les mondes (‘L’Eternel, qui nous a fait’), et à la lumière d’Or Sovev qui ne se révèle pas dans le monde, et ne fait que l’entourer (‘L’Eternel règne, Il est revêtu de Majesté’).

Dans le Dvar Mal’hout sur notre Paracha, le Rabbi met donc l’accent sur notre devoir de nous attacher, non pas seulement aux aspects extérieurs de tous les sujets de ce monde, comme la partie révélée de la Torah et la partie révélée de notre âme, mais il consiste aussi à nous attacher à leurs aspects profonds, à dévoiler la Royauté de L’Eternel et de Son envoyé, le Roi Machia’h.

En révélant la partie profonde de la Torah et la partie profonde notre âme nous aurons le mérite de faire de ce monde une demeure pour Son Essence bénie pour avoir provoqué par le don total de nous-même le dévoilement de notre Juste Machia’h, très bientôt et de nos jours, avec l’aide de D.ieu.

 

 

Texte et Audio : Paracha Ki Tavo  – ‘Erets’, la ‘Terre’ est de la même étymologie que ‘Méroutsa’, ’empressement’ et ‘Ratson’, ‘volonté’

Texte et Audio : Paracha Ki Tavo – ‘Erets’, la ‘Terre’ est de la même étymologie que ‘Méroutsa’, ’empressement’ et ‘Ratson’, ‘volonté’

Pour l’élévation de l’âme de René Ma’hlouf Klein ben David et Esther Sellem

Au commencement de la Paracha Ki Tavo (26, 1, 2), il est écrit que ‘les enfants d’Israël, après qu’ils aient conquis la terre, avaient l’obligation de prendre, de leurs champs, des prémices des sept fruits de la terre (le blé, l’orge, le raisin, la figue, la grenade, l’olive et la datte), de les placer dans un panier, et de les apporter au Cohen dans le Beït-ha-Mikdache’.

Le Rabbi de Loubavitch nous enseigne que cette Mitsva des prémices est à la base de notre service divin et de l’ensemble de tous les autres commandements.

Chaque juif dès son réveil récite la prière du ‘Modé ani’. La ‘Hassidout met l’accent sur le fait qu’en récitant cette prière il remercie l’Eternel, non pas seulement parce qu’Il lui donne à nouveau la vie, mais il Le remercie de l’avoir fait juif. Aussi, nous pouvons nous interroger sur la particularité de la Mitsva des prémices. En effet, nous remercions l’Eternel, et reconnaissons Ses bienfaits tout au long de notre vie, que ce soit dans nos prières, ou que ce soit dans les Bénédictions, que nous disons tout au long du jour. Pour quelle raison la Mitsva des prémices, qui exprime aussi notre reconnaissance pour D.ieu, précède-t-elle dans notre Paracha tous les autres commandements divins ?

Le Rabbi répond que l’âme possède trois vêtements, la pensée la parole et l’action, et que la Mitsva des prémices a ceci de particulier, que lorsqu’il accomplit cette Mitsva, un juif exprime sa reconnaissance vis à vis de l’Eternel, non pas seulement par la pensée, ou par la parole, mais il l’exprime par un acte, et ‘l’acte est essentiel’. En d’autres termes, la Mitsva des prémices exprime par un acte la prière de ‘Modé ani’ que l’on dit chaque matin, en ouvrant les yeux.

Par ailleurs, le Rabbi donne le sens profond de ‘Ki Tavo’ : ‘Quand tu entreras’. En quoi notre entrée sur la Terre d’Israël est-elle si importante, et cela à tel point que la Paracha elle-même est nommée sur ce nom : ‘Ki Tavo’, ‘Quand tu entreras ‘ ?

Le Rabbi nous explique alors que toute préparation à un évènement important (en l’occurrence ici notre entrée sur la Terre d’Israël) est essentielle. En réalité, tout ce qui nous paraît comme un détail de notre existence mérite toute notre attention. Aucun détail ne peut être négligé, et chaque évènement doit être vécu de manière intense. Aussi le Rabbi souligne l’importance de nous investir totalement à chaque moment de notre existence, dans tous les évènements et dans toutes les situations de notre vie, même pour tout ce qui nous paraît de moindre importance.

Au commencement de la Paracha ‘Ki Tavo’ (26, 1, 2), il est écrit que les enfants d’Israël, après qu’ils aient conquis la Terre, avaient l’obligation de prendre des prémices des sept fruits de la terre, le blé, l’orge, le raisin, la figue, la grenade, l’olive et la datte, de les placer dans un panier, et de les apporter au Cohen dans le Beït-ha-Mikdache.

De manière profonde, le mot ‘Bikourim’ s’apparente au mot ‘Békhor’ qui signifie ‘Premier-né’. Les ‘Prémices’ représentent donc les enfants d’Israël car ils sont les ‘Premiers-nés’ de l’Eternel, ainsi qu’il est dit au début du second chapitre du Tanya de l’Admour Hazaken, dans lequel il est question de l’âme divine : ‘Les âmes Juives apparurent dans la Pensée divine, ainsi qu’il est écrit : ‘Mon fils aîné Israël’ et : ‘Vous êtes des fils pour L’Eternel votre D.ieu’.

Ainsi, d’une part, le Rabbi nous donne à comprendre que l’entrée en Terre d’Israël est essentielle car toute préparation à un évènement important est en soi un évènement important, et d’autre part, le Rabbi introduit l’enseignement selon lequel ‘l’Essence de l’âme Juive est enracinée dans l’Essence divine.

La Torah désigne les enfants d’Israël comme étant les premiers-nés de l’Eternel, car l’âme des enfants d’Israël a précédé la Création du monde. Dans le Dvar Mal’hout de la Paracha Ki Tétsé, le Rabbi nous enseigne que l’âme juive, du fait ‘qu’elle est véritablement une parcelle de divinité d’En-haut’, existait déjà avant la Création du monde et de tout ce qu’il contient. C’est à cela que se rapporte l’enseignement de Rabbi Shimon Bar Yo’haï selon lequel ‘Le Saint béni soit-Il Israël et la Torah ne font qu’Un’, et Rabbi Shimon enseigne que trois liens les unissent, l’un avec l’autre.

Il existe un lien entre le Saint béni soit-Il et la Torah, un lien entre la Torah et Israël, et un lien direct entre le Saint béni soit-Il et Israël.
Le Rabbi souligne ici que l’âme d’Israël précède la Torah, et que l’existence de la Torah ne dépend que d’Israël, car les juifs sont la raison d’être de la Torah. Ainsi, dans une situation où un juif est en danger, l’Eternel nous ordonne de transgresser la Torah, s’il doit en être ainsi pour sauver la vie de ce juif (pikoua’h néfèch).

A l’opposé, l’existence de la Torah ne dépend que des juifs, que de leur accomplissement des commandements divins, lesquels représentent la Volonté du Saint béni soit-Il. C’est ce lien, ce lien essentiel qui unit l’Eternel à chaque juif, qui représente le contenu profond de la Mitsva des prémices.

Chaque juif est le premier-né de l’Eternel, et demeure lié à Lui d’un lien éternel, et lorsqu’un Juif apporte au Temple les prémices des fruits de son champ, il remercie L’Eternel, non seulement pour les bienfaits matériels qu’Il lui dispense, et de manière plus profonde il Le remercie pour avoir fait de lui Son premier-né, pour lui avoir donné une ‘parcelle véritable’ de Lui-même par laquelle il demeure constamment lié à Lui et accomplit Sa Volonté.

Le Tsémach Tsédèk rapporte dans le ‘Or ha Torah’ sur la Paracha ‘Ki Tavo’ un enseignement de la Guémara Sotah (page 46) dans lequel les Sages de la Torah comparent les Mitsvoth à des fruits. Autour de cette idée, le Tsémach Tsédek explique que de même que la terre possède en elle-même la force de faire pousser des arbres et des fruits à l’infini, chaque Juif est capable de faire don de lui-même au-delà de toutes les limites pour sanctifier le Nom de D.ieu.

Dans le Hayom-Yom du 18 Elloul, qui est le jour de l’anniversaire du Baal Chem Tov et de l’Admour Hazaken, le Rabbi rapporte à son tour une explication du Baal Chem Tov sur le premier verset de la Paracha Ki Tavo (26, 1), qui s’accorde parfaitement à cet enseignement du Tsémach Tsédek :
‘Et ce sera quand tu arriveras sur la Terre (le Pays) que l’Eternel ton D.ieu te donne en héritage, que tu en prendras possession et que tu t’y installeras’
En effet, le Baal Chem Tov explique que la ‘Terre’ (‘Erets’) est de la même étymologie que ‘Méroutsa’ (Empressement) et ‘Ratson’ (Volonté). Dans ce cas, ‘Arriver sur la Terre que l’Eternel ton D.ieu te donne en héritage’ signifie qu’un Juif parvient, grâce à ses efforts et à son travail, à recevoir comme don de D.ieu, la Volonté.

De fait, la Volonté est un don d’en-haut, et celui qui ressent en lui-même le profond désir de s’attacher à D.ieu et d’accomplir Ses Commandements, dans la plus grande soumission et le plus grand amour, peut estimer que cette Volonté qui l’anime n’est autre qu’un don qu’il a reçu de l’Eternel.

Ainsi, le Rabbi explique dans le Hayom-Yom au nom du Baal Chem Tov, que lorsque l’on a mérité d’être animé par une telle Volonté, on doit alors ‘prendre possession et s’installer sur cette Terre que l’on a reçue en héritage’, c’est-à-dire ‘que l’on doit intérioriser ce que l’on a obtenu, en le faisant descendre ici-bas de façon définitive’.
Cette explication mérite toute notre attention. Le Rabbi souligne ici l’importance ‘d’intérioriser ce que l’on a obtenu’, c’est-à-dire que nous devons faire tout ce qui est en notre pouvoir pour faire de nous-mêmes des réceptacles capables de recevoir des dévoilements divins supérieurs. ‘Intérioriser la Volonté’ signifie dans ce cas que nous devons nous préparer pour recevoir cette force, afin que celle-ci ne soit plus comme ‘ajoutée’ à nous-même, mais qu’elle fusionne véritablement avec notre personnalité, notre intellect et nos sentiments.
Cette idée qui revient sans cesse, tout au long de l’année dans le Dvar Mal’hout et les discours ‘hassidiques du Rabbi, consiste à recevoir et à intégrer dans les limites que nous impose le corps une lumière qui dépasse totalement les limites, afin de faire tout ce qui est en notre pouvoir pour provoquer la venue de notre Juste Machia’h, très bientôt et de nos jours, avec l’aide de D.ieu.

Likoutei Si’hot – perspectives hassidiques sur la Paracha de Ki Tavo

Likoutei Si’hot – perspectives hassidiques sur la Paracha de Ki Tavo

Traduit par le Rav Haim Mellul

« De beaux fruits dans un simple panier »
Likouteï Si’hot, tome 29, page 149

La Parchat Tavo est introduite par la Mitsva des prémices, que l’on apportait dans le Temple en les plaçant dans un panier, ainsi qu’il est dit : « Tu les placeras dans un panier… et le Cohen prendra le panier de ta main ».

De façon générale, ces paniers étaient en osier et ils étaient également remis aux Cohanim. Différentes Hala’hot s’appliquent aux prémices et celles-ci permettent d’établir que le don des paniers aux Cohanim est partie intégrante de la Mitsva des prémices.

On peut voir en cela deux éléments opposés. D’une part, les prémices sont sélectionnées parmi les meilleurs fruits, uniquement parmi les sept espèces par lesquelles on prononce l’éloge d’Erets Israël.

Concernant la qualité de ces fruits, il est dit qu’ils ne peuvent pas être prélevés : « ni parmi les dattes des montagnes, ni parmi les fruits des plaines, mais seulement parmi les dattes des plaines et les fruits des montagnes, parce que ce sont les meilleurs ».

Mais, d’autre part, ces fruits doivent nécessairement être apportés dans un panier d’osier, c’est-à-dire fait d’une matière très simple et bon marché, sans valeur spécifique. Comment expliquer ce paradoxe apparent ?

Les âmes divines descendent ici-bas, dans ce monde matériel et inférieur. Elles s’introduisent dans un corps physique, qui devient leur réceptacle, leur « panier ». Or, ce dernier enferme l’âme et rend plus difficile l’expression du lien qui l’attache au Saint béni soit-Il. Il peut même occulter, dissimuler totalement la volonté véritable de cette âme.

Ceci conduit à reformuler la question précédemment posée : pourquoi les prémices, avec toutes leurs qualités, sont-elles placées dans un panier aussi simple ? Pourquoi une âme pure et noble doit-elle descendre ici-bas, s’introduire dans un corps physique, y rester pendant un certain temps, enfermée, limitée?

La réponse à cette question est la suivante : la descente doit se solder par une élévation. La chute vertigineuse de l’âme au sein d’un corps physique doit la hisser vers les hauteurs. En descendant dans ce monde et en étant confrontée à ses difficultés, l’âme révèle sa nature véritable et, de cette façon, elle peut, par la suite, dépasser le niveau qui était le sien avant sa descente.

L’élévation est obtenue grâce aux Mitsvot qui sont mises en pratique, d’une manière concrète, par l’intermédiaire du corps, du « panier ». En effet, l’âme possédait d’ores et déjà, au préalable, avant sa descente, les sentiments les plus hauts, l’amour et la crainte de D.ieu. Le fait nouveau révélé par sa descente dans le monde matériel est la possibilité qui lui est ainsi accordée de mettre en pratique les Mitsvot d’une manière concrète, physiquement.

 

Onze malédictions
(Discours du Rabbi, Chabbat Parchat Tavo 5733-1973)

Les versets disent : « Maudit l’homme qui fera une image sculptée et une idole de métal… Maudit soit celui qui humilie son père et sa mère… Maudit soit celui qui fait de la concurrence déloyale à son prochain… Maudit soit celui qui égare un aveugle sur le chemin… Maudit soit celui qui fait pencher le jugement… Maudit soit celui qui couche avec l’épouse de son père… Maudit soit celui qui couche avec tout animal… Maudit soit celui qui couche avec sa sœur… Maudit soit celui qui couche avec sa belle-mère… Maudit soit celui qui frappe son prochain en secret… Maudit soit celui qui accepte la corruption. »

Rachi explique : « Le mot ‘maudit’ est répété ici à onze reprises, ce qui correspond aux onze tribus. En revanche, le mot ‘maudit’ n’est pas écrit à propos de Chimeon, car Moché n’avait pas l’intention de le bénir, avant sa mort, quand il bénit les autres tribus. Il ne voulait donc pas le maudire non plus. »

Il nous faut comprendre la comparaison qui est faite ici entre les onze malédictions et les onze tribus. En effet, les traits de caractère et les faiblesses de chaque tribu, appelant à la prudence dans certains domaines, étaient déjà bien connues au préalable. Ainsi :

« Maudit l’homme qui fera une image sculptée et une idole de métal » : correspond à la tribu de Dan, qui allait, par la suite, placer, dans la part d’Erets Israël qui lui avait été donnée en partage, un veau pour l’idolâtrie. C’est pour cela que, commentant le verset :
« Il le poursuivit jusqu’à Dan », Rachi dit : « Là, il s’affaiblit, car il vit que ses enfants
allaient y placer un veau ».

« Maudit celui qui humilie son père et sa mère » : correspond à la tribu d’Acher, duquel il est dit, dans la bénédiction de Yaakov : « Le pain d’Acher est gras et il donnera les mets du roi ». Ses enfants devaient donc avoir une existence d’abondance et d’opulence, dont la conséquence pouvait être une révolte de la jeune génération contre ses parents, comme l’indique la Paracha du « fils indocile et rebelle », dont les parents disent : « ce fils, qui est le nôtre, est indocile et rebelle, il n’écoute pas notre voix, il est glouton et ivrogne ».

« Maudit soit celui qui fait de la concurrence déloyale à son prochain » : correspond à la tribu d’Issa’har, duquel il est dit, dans la bénédiction de Yaakov : « Issa’har est un âne ossu qui se couche entre les frontières », c’est-à-dire : « entre les limites ». Cela veut dire qu’il résidait à proximité des frontières des villes. Et, l’on pouvait donc craindre, de sa part, une concurrence déloyale.

« Maudit soit celui qui égare un aveugle sur le chemin » : en l’occurrence, « celui qui est aveugle dans ce domaine, auquel il donne un mauvais conseil », correspond à la tribu de Binyamin, dont de nombreux membres, cinq familles sur dix, périrent au fil de l’épée à cause d’un mauvais conseil qu’ils donnèrent aux enfants d’Israël en chemin. Ainsi, Rachi explique: « Quand Aharon décéda, les colonnes de nuées disparurent et les Cananéens vinrent combattre les enfants d’Israël, qui pensèrent retourner en Egypte. Les fils de Lévi les poursuivirent pour les faire revenir et ils tuèrent sept familles qui, pour la plupart, appartenaient à la tribu de Binyamin ».

« Maudit soit celui qui fait pencher le jugement » : correspond à la tribu de Yehouda, de laquelle devait émaner des juges, en Israël, comme l’indique la bénédiction de Yaakov: « Le sceptre ne quittera pas la tribu de Yehouda et le législateur d’entre ses pieds ».

« Maudit soit celui qui couche avec l’épouse de son père » : correspond à la tribu de Réouven, duquel il est dit : « Réouven alla et il coucha avec Bilha, la servante de son père ». En effet, « il avait troublé sa couche et la Torah le considère comme s’il avait eu une relation avec elle ».

« Maudit soit celui qui couche avec tout animal » : correspond à la tribu de Gad, duquel le verset dit clairement qu’il possédait : « un large troupeau ».

« Maudit soit celui qui couche avec sa sœur » : correspond à la tribu de Naphtali, qui portait ce nom parce que Ra’hel avait dit : « J’ai soutenu les luttes de D.ieu, avec ma sœur ». En d’autres termes, « je me suis associée avec ma sœur ». Il en résulte qu’il y avait, dans cette tribu, une proximité particulière entre les frères et les sœurs, qui pouvait aisément glisser vers des relations immorales.

« Maudit soit celui qui couche avec sa belle-mère » : correspond à la tribu de Yossef, qui fut mis à l’épreuve par les avances de l’épouse de Putiphar, laquelle, par la suite, devint sa belle-mère, quand il épousa sa fille Ossnat.

« Maudit soit celui qui frappe son prochain en secret » : correspond à la tribu de Lévi qui frappa les habitants de Che’hem et les tua, en compagnie de son frère Chimeon. Yaakov dit, à son propos : « Leurs armes sont des instruments de violence », ce qui veut dire que : « cette habileté au crime est une arme dans leurs mains ». En d’autres termes, ils avaient une tendance naturelle à agir de cette façon et ils ne firent que l’exprimer.

« Maudit soit celui qui accepte la corruption » : correspond à la tribu de Zevouloun, dont les membres devaient devenir des commerçants et faire des affaires, comme l’indique la bénédiction de Yaakov, ce qui veut dire que : « Zevouloun s’occupera de négoce ». Ses affaires peuvent le conduire à causer du tort aux autres pour augmenter ses gains.

 

  Retour en Egypte
(Discours du Rabbi, Likouteï Si’hot, tome 19, page 237)

Commentant le verset : « L’Eternel te fera retourner en Egypte dans des bateaux », Rachi explique : « dans des bateaux : sur des navires, en captivité ». Ce commentaire de Rachi soulève les questions suivantes :

Pourquoi Rachi explique-t-il : « dans des bateaux : sur des navires », alors que ce terme est bien connu, puisqu’il apparaît d’ores et déjà dans un verset précédent, sans que Rachi le commente, ce qui veut bien dire que sa signification ne fait pas de doute ?

Pourquoi Rachi réunit-il dans un même commentaire deux explications différentes, d’une part : « bateaux : navires », d’autre part, la façon de retourner en Egypte, « en captivité » ?

L’explication de tout cela est la suivante. Une question se pose ici sur le sens simple du verset : pourquoi la Torah doit-elle préciser que le retour en Egypte s’effectuera dans des bateaux ? Quelle importance peut avoir la manière de ce retour des enfants d’Israël en Egypte?

En conséquence, on aurait pu imaginer qu’il ne s’agisse pas ici de bateaux, mais de peine, comme dans l’expression : « peine et lamentation ». C’est pour écarter cette interprétation que Rachi précise qu’il s’agit bien ici de bateau, selon la signification courante de ce terme.

Pour résoudre cette difficulté sur l’ajout de ce détail par le verset, Rachi ajoute : « en captivité ». Il souligne ainsi qu’il ne s’agit pas, en l’occurrence, d’un simple bateau, mais de celui dans lequel on voyage en état de captivité.

Ainsi, le verset précise que le retour en Egypte s’effectuera sur des bateaux, afin de souligner la dureté des conditions de captivité, à son bord, sous bonne garde, dans un périmètre limité et des bateaux fermés. Une telle forme de captivité est infiniment plus âpre et plus douloureuse qu’un déplacement à pied, dans un espace ouvert.

 

 

TEXTE ET AUDIO : Paracha Ki Tetsé « La ‘Hassidout transforme la matière du cerveau », par le Rav Yaacov Abergel

TEXTE ET AUDIO : Paracha Ki Tetsé « La ‘Hassidout transforme la matière du cerveau », par le Rav Yaacov Abergel

Photo de couverture : Rav Aharon Yossef Belintzky a’h à la Yéchiva de Brunoy dans les années 70

 

(Pour l’élévation de l’âme de ‘Hannania ben Yaacov et la Réfouah chéléma de Mahlouf (René) Klein ben Esther et de Katie Sellem)

 

Un ‘Hassid demanda au Rabbi Rachab : comment obtenir que vous vous souveniez de moi favorablement ? Le Rabbi Rachab lui répondit :
Si je me trouve dans ton cœur ton souvenir me viendra à l’esprit…

Cette réponse du Rabbi Rachab exprime le lien qui unit le Rabbi à un ‘Hassid, et de manière plus profonde le lien qui unit l’âme au Saint béni soit-Il. De fait, l’Essence de l’âme Juive est enracinée dans l’Essence divine, et c’est la raison pour laquelle l’Admour Hazaken définit l’âme Juive comme ‘étant véritablement une parcelle de divinité d’En-haut’.

C’est à ce sujet que le Rabbi nous donne dans le Dvar Mal’hout sur la Paracha Ki Tetsé une explication profonde du verset : ‘Quand tu sortiras en guerre contre ton ennemi’.

‘Tu sortiras’ est la sortie de l’âme de son véritable Endroit au sujet duquel il est dit ‘qu’Israël et le Saint béni soit-Il ne font qu’Un’. L’âme Juive vient de L’Essence de D.ieu. Elle sort de ‘L’endroit du monde’ (D.ieu est désigné par les Sages comme étant ‘L’Endroit du Monde’) et descend pour s’habiller dans un corps, dans ce monde matériel, car le désir du Saint béni soit-Il est de résider ici-bas. Avant que ne fut créé le monde il n’y avait que D.ieu et au moyen de l’enchaînement des mondes, de la descente d’un niveau vers un autre niveau, ce monde matériel fut créé. Parmi tous les mondes de la Création ce monde est celui qui cache le plus la Présence divine.

L’Eternel trouve Son plaisir dans le fait qu’un Juif soumet les forces du mal et transforme l’obscurité en lumière. Son désir est que ce monde inférieur devienne une demeure pour Son Essence. Cela implique que l’âme descende et combatte ‘l’ennemi’ dans un monde où existe le contraire de la Sainteté. Le Rabbi souligne que la mission de l’âme Juive consiste à faire de ce monde une demeure pour Son Essence, c’est à dire une demeure capable de recevoir le plus haut niveau du Divin, lequel dépasse totalement toutes les limites de ce monde. Aussi, accomplir cette mission implique que ‘même après que l’âme d’un homme soit descendue ici-bas, on voit sur cet homme que ‘son âme est une parcelle véritable de Divinité d’En-haut’, on voit chez ce Juif qu’il fait Un avec D.ieu’.

Cette déclaration du Rabbi est un enseignement qui reflète tout le sujet profond de la ‘Hassidout. En effet, ‘voir qu’un Juif fait Un avec D.ieu’ dans un monde où le choix est donné à l’homme entre le bien et le mal veut dire que ce Juif est parvenu à se soumettre totalement à la Volonté du Saint béni soit-Il. Il est parvenu à transformer son âme animale au point que toutes ses pensées toutes ses paroles et toutes ses actions soient consacrées à faire de lui-même et de ce monde matériel des réceptacles capables de recevoir le dévoilement de l’Essence divine.

‘La sortie de l’âme de son véritable Endroit’ n’est pas sans évoquer la promesse qu’elle fait à L’Eternel avant de descendre et de s’habiller dans un corps matériel : ‘Sois un Juste et ne sois pas un méchant ! ‘. Le Tanya nous enseigne qu’avant qu’elle ne descende (avant la naissance) L’Eternel rassasie l’âme des forces dont elle aura besoin pour combattre le mauvais penchant. Force est de constater que ce ‘véritable Endroit’ est celui de la Sainteté et le Rabbi souligne que malgré que ce monde où elle descend soit celui où la lumière divine est la moins perceptible parmi tous les mondes de la Création, il n’en demeure pas moins que l’on doit voir à l’évidence que ce Juif porte sur lui et garde de manière intacte la lumière de cet Endroit de Sainteté.

Il s’agit ici de comprendre l’intention du Rabbi lorsqu’il déclare que ‘l’on voit sur cet homme que son âme est véritablement une parcelle de Divinité d’En haut’.

Le Rav Yoël Kahn explique dans l’un de ses ouvrages que ‘le monde spirituel et le monde matériel sont très éloignés l’un de l’autre, mais la Création est elle-même encore plus éloignée du Créateur’ (voir Souguiot bé ‘Hassidout, page 190). ‘Malgré cette formidable distance qui sépare ce monde matériel et le Saint béni soit-Il, depuis le Don de la Torah, la Torah et les Mitsvoth agissent sur la Réalité et la transforment’. ‘La Force divine de la Torah étant illimitée, elle possède la capacité de se répandre et d’agir sur la matière physique’. On peut citer ici comme exemple la déclaration du Rabbi Rayats selon laquelle ‘l’étude de la Hassidout transforme la matière du cerveau’.

C’est à ce sujet que le Rabbi a lui-même déclaré que ‘chaque Juif est propriétaire de la Réalité’, de par le fait que ses Mitsvoth et son étude de la Torah agissent sur ce monde matériel et le transforment en une demeure pour D.ieu. La Force divine du travail qu’un Juif accomplit sur lui-même (sur son âme et sur son corps) et sur ce monde a le pouvoir de purifier la matière du corps et la matière de ce monde physique.

Nous comprenons alors le sens de la déclaration du Rabbi selon laquelle ‘on voit sur cet homme que son âme est véritablement une parcelle de Divinité d’En haut’, car lorsqu’un Juif accomplit les Commandements divins (dont la plupart sont accomplis au moyen de la matière physique) il sanctifie la matière et dès-lors celle-ci ne cache plus le Divin qui vit en elle.

Ainsi, le Rabbi déclare que ‘même après que l’âme d’un homme soit descendue ici-bas, on voit sur cet homme que ‘son âme est une parcelle véritable de Divinité d’En-haut’, on voit chez ce Juif qu’il fait Un avec D.ieu’.

Or, si un homme est capable de voir qu’une autre personne ‘fait Un avec D.ieu’ c’est que cet homme fait lui-même Un avec D.ieu. En effet, plus un homme se sanctifie plus il devient un réceptacle de la Sainteté, c’est à dire que sa perception du Divin devient de plus en plus forte, ses sens s’affinent de plus en plus, ses yeux voient de mieux en mieux le Divin qui se cache dans chaque homme et dans chaque chose. Plus un homme s’attache à se sanctifier et à accomplir la Volonté de D.ieu plus le Divin Se dévoilera en lui, à l’exemple de la réponse du Rabbi Rachab : ‘Si je me trouve dans ton cœur ton souvenir me viendra à l’esprit’, avec l’aide de D.ieu, lors du dévoilement du Machia’h et de la Délivrance finale, très bientôt et de nos jours….

 

Texte et Audio : Parachat Rééh « Notre véritable réalité », par le Rav Yaacov Abergel

Texte et Audio : Parachat Rééh « Notre véritable réalité », par le Rav Yaacov Abergel

(Pour l’élévation de l’âme de ‘Hannania ben Yaacov, et pour la guérison complète de Mah’louf (René) ben Esther et de Katie Sellem)

 

Un des points que le Rabbi nous enseigne dans le Dvar Mal’hout sur notre Paracha est le rapport que le Rabbi établit entre la Paracha Réeh et le mois d’Elloul.

Le Rabbi définit l’attitude que nous devons adopter avant de commencer le travail du mois d’Elloul. Durant ce mois, ‘le Roi est dans les champs’, et tout est propice pour établir le bilan de l’année et prendre de bonnes décisions pour l’année à venir. Cependant, avant même d’investir nos pensées nos paroles et nos actes dans les trois domaines de notre service divin, c’est-à-dire dans notre Prière, notre étude de la Torah, et nos actes de bonté, le Rabbi nous demande ‘d’ouvrir les yeux et de regarder’.

Aussi, dans le Dvar Mal’hout le Rabbi explique les mots que l’Eternel adresse aux enfants d’Israël, lesquels sont rapportés au début de notre Paracha (Réeh, 11, 26) : ‘Vois Je donne devant vous aujourd’hui la Bénédiction’.
‘Vois’ (‘Réeh’), l’Eternel nous ordonne de Voir, c’est-à-dire de comprendre, et aussi de ressentir la chose, comme si cette chose était devant nos yeux.

‘Je’ (‘Ano’hi’). ‘Ano’hi’ est le premier mot des 10 Commandements, et désigne l’Essence divine, qui comme il est souvent expliqué dans les discours du Rabbi, est le plus haut niveau divin, lequel est au-delà de toute la Création, de tous les mondes, de toutes les formes et de toutes les particularités. De fait, c’est l’Eternel Lui-même, Son Essence.

‘donne’ (‘noten’), et ‘tout celui qui donne, donne avec un bon oeil (avec largesse)’.
‘devant vous’ (‘lifné’hem’). ‘Lifne’hem’ s’apparente au mot ‘Pnimiout’ et désigne donc ici la ‘profondeur’, la profondeur de l’âme Juive, qui est l’essence de l’âme, enracinée dans l’Essence divine.

‘aujourd’hui’ (‘hayom’). Selon la ‘Hassidout, le ‘Jour’ représente la lumière et le dévoilement, de façon éternelle.

‘la bénédiction’ (‘bra’ha’). Il s’agit ici de toutes les bénédictions, que celles-ci soient dévoilées, ou bien que celles-ci se cachent dans ce qui nous semble être au premier abord des malédictions, que D.ieu nous en préserve. ‘

A la lumière de ces explications, le Rabbi nous donne à comprendre qu’avant même de commencer à penser, à parler ou à agir, au sujet de notre travail du mois d’Elloul, nous devons avant tout réaliser très profondément dans notre esprit, et cela au point de Voir, de ressentir, notre véritable réalité, qui est bien loin de se limiter à notre existence ‘révélée’. C’est-à-dire que notre véritable réalité est liée au dévoilement de la partie la plus profonde de notre âme, de son Essence. Notre travail consiste à dévoiler la partie cachée de notre âme, laquelle est enracinée dans l’Essence divine.

En effet, l’âme ne se limite pas à la partie de l’âme qui s’habille dans le corps car l’essentiel de l’âme ne s’habille pas dans le corps et il appartient à chaque Juif la possibilité de révéler l’essentiel de notre âme : le niveau d’Ano’hi’, dans ses pensées ses paroles et ses actes.

L’Essence de l’âme est au cœur des enseignements du car elle est le lien véritable de tout notre être avec D.ieu, et La dévoiler a pour effet d’élever nos pensées nos paroles et nos actions à un niveau supérieur et divin.

Dans le Dvar Mal’hout, le Rabbi déclare donc que l’Essence de l’âme est notre ‘véritable réalité’, qu’elle représente ce que nous sommes réellement, véritablement. L’Essence de l’âme est la partie ‘véritable’ de l’âme, car Elle fait Un avec D.ieu et seul D.ieu représente la Vérité vraie. L’Essence de l’âme ne peut donc pas être perçue et ressentie par un membre du corps en particulier. Elle ne se révèle dans le corps, dans les forces de l’âme qui s’habillent dans le corps, qu’à des moments particuliers, comme le jour du Chabbat ou le jour de Yom Kippour, mais elle peut aussi se révéler par le travail de l’homme, en particulier chez les Tsaddikim.

C’est cela même que l’Eternel déclare à Ses enfants (Réeh, 11, 26) : ‘Vois Je donne devant vous aujourd’hui la Bénédiction’. D’après les explications du Rabbi au sujet de ce verset, l’Eternel nous ordonne ici de méditer au fait qu’Il nous a donné, ‘d’un bon œil’, ‘une partie de Lui-même’, et que cette partie constitue notre véritable existence. C’est à cela que nous devons nous attacher, ‘de tout notre cœur, de toute notre âme, et de tout notre pouvoir’.

Dans le Dvar Mal’hout sur le Chabbat de la Paracha Rééh, durant lequel nous bénirons le mois d’Elloul, le Rabbi explique que l’Eternel bénit Ses enfants en leur donnant une âme dont l’Essence est divine (Rééh, 11, 26). Le Rabbi explique que l’Eternel nous demande de Voir, c’est-à-dire de prendre réellement conscience de la valeur infinie de notre âme, et de dévoiler les niveaux supérieurs qu’elle possède, car c’est en agissant en ce sens que nous aurons le mérite de dévoiler la présence du Machia’h.

La Paracha Rééh est donc liée au mois d’Elloul, du fait que ce Chabbat nous permet de commencer notre existence véritable en éveillant la force infinie de l’Essence de notre âme. C’est ce message que nous adresse le Rabbi, de nous préparer ce Chabbat avec l’intention de recevoir la Bénédiction de l’Eternel pour commencer notre service divin dès le début du mois d’Elloul en agissant par la force de l’Essence de notre âme, au-delà de toutes les limites, jusqu’à provoquer la Délivrance finale.

Paracha Rééh
‘Notre véritable réalité’

(Pour l’élévation de l’âme de ‘Hannania ben Yaacov, et pour la guérison complète de Mah’louf (René) ben Esther et de Katie Sellem)

Un des points que le Rabbi nous enseigne dans le Dvar Mal’hout sur notre Paracha est le rapport que le Rabbi établit entre la Paracha Réeh et le mois d’Elloul.

Le Rabbi définit l’attitude que nous devons adopter avant de commencer le travail du mois d’Elloul. Durant ce mois, ‘le Roi est dans les champs’, et tout est propice pour établir le bilan de l’année et prendre de bonnes décisions pour l’année à venir. Cependant, avant même d’investir nos pensées nos paroles et nos actes dans les trois domaines de notre service divin, c’est-à-dire dans notre Prière, notre étude de la Torah, et nos actes de bonté, le Rabbi nous demande ‘d’ouvrir les yeux et de regarder’.

Aussi, dans le Dvar Mal’hout le Rabbi explique les mots que l’Eternel adresse aux enfants d’Israël, lesquels sont rapportés au début de notre Paracha (Réeh, 11, 26) : ‘Vois Je donne devant vous aujourd’hui la Bénédiction’.
‘Vois’ (‘Réeh’), l’Eternel nous ordonne de Voir, c’est-à-dire de comprendre, et aussi de ressentir la chose, comme si cette chose était devant nos yeux.

‘Je’ (‘Ano’hi’). ‘Ano’hi’ est le premier mot des 10 Commandements, et désigne l’Essence divine, qui comme il est souvent expliqué dans les discours du Rabbi, est le plus haut niveau divin, lequel est au-delà de toute la Création, de tous les mondes, de toutes les formes et de toutes les particularités. De fait, c’est l’Eternel Lui-même, Son Essence.

‘donne’ (‘noten’), et ‘tout celui qui donne, donne avec un bon oeil (avec largesse)’.
‘devant vous’ (‘lifné’hem’). ‘Lifne’hem’ s’apparente au mot ‘Pnimiout’ et désigne donc ici la ‘profondeur’, la profondeur de l’âme Juive, qui est l’essence de l’âme, enracinée dans l’Essence divine.

‘aujourd’hui’ (‘hayom’). Selon la ‘Hassidout, le ‘Jour’ représente la lumière et le dévoilement, de façon éternelle.

‘la bénédiction’ (‘bra’ha’). Il s’agit ici de toutes les bénédictions, que celles-ci soient dévoilées, ou bien que celles-ci se cachent dans ce qui nous semble être au premier abord des malédictions, que D.ieu nous en préserve. ‘

A la lumière de ces explications, le Rabbi nous donne à comprendre qu’avant même de commencer à penser, à parler ou à agir, au sujet de notre travail du mois d’Elloul, nous devons avant tout réaliser très profondément dans notre esprit, et cela au point de Voir, de ressentir, notre véritable réalité, qui est bien loin de se limiter à notre existence ‘révélée’. C’est-à-dire que notre véritable réalité est liée au dévoilement de la partie la plus profonde de notre âme, de son Essence. Notre travail consiste à dévoiler la partie cachée de notre âme, laquelle est enracinée dans l’Essence divine.

En effet, l’âme ne se limite pas à la partie de l’âme qui s’habille dans le corps car l’essentiel de l’âme ne s’habille pas dans le corps et il appartient à chaque Juif la possibilité de révéler l’essentiel de notre âme : le niveau d’Ano’hi’, dans ses pensées ses paroles et ses actes.

L’Essence de l’âme est au cœur des enseignements du car elle est le lien véritable de tout notre être avec D.ieu, et La dévoiler a pour effet d’élever nos pensées nos paroles et nos actions à un niveau supérieur et divin.

Dans le Dvar Mal’hout, le Rabbi déclare donc que l’Essence de l’âme est notre ‘véritable réalité’, qu’elle représente ce que nous sommes réellement, véritablement. L’Essence de l’âme est la partie ‘véritable’ de l’âme, car Elle fait Un avec D.ieu et seul D.ieu représente la Vérité vraie. L’Essence de l’âme ne peut donc pas être perçue et ressentie par un membre du corps en particulier. Elle ne se révèle dans le corps, dans les forces de l’âme qui s’habillent dans le corps, qu’à des moments particuliers, comme le jour du Chabbat ou le jour de Yom Kippour, mais elle peut aussi se révéler par le travail de l’homme, en particulier chez les Tsaddikim.

C’est cela même que l’Eternel déclare à Ses enfants (Réeh, 11, 26) : ‘Vois Je donne devant vous aujourd’hui la Bénédiction’. D’après les explications du Rabbi au sujet de ce verset, l’Eternel nous ordonne ici de méditer au fait qu’Il nous a donné, ‘d’un bon œil’, ‘une partie de Lui-même’, et que cette partie constitue notre véritable existence. C’est à cela que nous devons nous attacher, ‘de tout notre cœur, de toute notre âme, et de tout notre pouvoir’.

Dans le Dvar Mal’hout sur le Chabbat de la Paracha Rééh, durant lequel nous bénirons le mois d’Elloul, le Rabbi explique que l’Eternel bénit Ses enfants en leur donnant une âme dont l’Essence est divine (Rééh, 11, 26). Le Rabbi explique que l’Eternel nous demande de Voir, c’est-à-dire de prendre réellement conscience de la valeur infinie de notre âme, et de dévoiler les niveaux supérieurs qu’elle possède, car c’est en agissant en ce sens que nous aurons le mérite de dévoiler la présence du Machia’h.

La Paracha Rééh est donc liée au mois d’Elloul, du fait que ce Chabbat nous permet de commencer notre existence véritable en éveillant la force infinie de l’Essence de notre âme. C’est ce message que nous adresse le Rabbi, de nous préparer ce Chabbat avec l’intention de recevoir la Bénédiction de l’Eternel pour commencer notre service divin dès le début du mois d’Elloul en agissant par la force de l’Essence de notre âme, au-delà de toutes les limites, jusqu’à provoquer la Délivrance finale.

 


 

 

Texte et Audio : Paracha Ekev « Un Juif est propriétaire de la Réalité (le Rabbi) », par le Rav Yaakov Abergel

Texte et Audio : Paracha Ekev « Un Juif est propriétaire de la Réalité (le Rabbi) », par le Rav Yaakov Abergel

Pour l’élévation de l’âme de ‘Hannania ben Yaacov et la guérison complète de Ma’hlouf, René, ben Esther et de Katie Sellem

 

Les initiales du mois de Av sont les premières lettres de l’expression ‘Elloul ba’ : ‘le mois de Elloul arrive’. Aussi ; le Rabbi écrit dans le Dvar Mal’hout (Ekev) ‘qu’un Juif est propriétaire de la Réalité’, ‘qu’il lui appartient la force de se réveiller et de réveiller d’autres Juifs, et essentiellement de ‘réveiller’ le Saint béni soit-Il’.

Par ailleurs, le Rabbi écrit dans le Likouteï Si’hot (Tome 21, page 55) que ‘D.ieu doit-être présent dans chaque endroit où se trouve un Juif…Même si l’on ne se trouve pas physiquement, dans un endroit saint, ni même dans une situation sainte, on peut cependant bâtir le sanctuaire de D.ieu’.

‘Bâtir le sanctuaire de D.ieu’ signifie construire ce monde et se construire nous-mêmes, notre corps et notre âme. Cet enseignement s’applique à tout moment de notre vie, et peut-être tout particulièrement durant cette période qui précède le mois d’Elloul qui approche. La chose est connue que le mois d’Elloul est propice à la Téchouva. ‘Le Roi est dans les champs’, et les lettres du nom du mois d’Elloul’ sont les initiales du verset : ‘Ani lé Dodi vé Dodi li’ (‘Je suis à mon bien-aimé et mon bien-aimé est à moi’). C’est-à-dire que le travail d’un Juif consiste à s’unir soi-même (Ani) à D.ieu (Dodi), et alors dans ce cas le Saint béni soit-Il se rapprochera de lui (Dodi li).

Plus profondément, ‘Ani lé Dodi vé Dodi li’ fait allusion à deux sortes de travaux que l’on doit accomplir pendant le mois d’Elloul.
‘Ani lé dodi’, représente l’action concrète, laquelle correspond aux Commandements divins, dont la majorité est accomplie au moyen de la matière. Ainsi, nous devons tout d’abord agir sur notre propre corps, afin de le raffiner, de le purifier et de le sanctifier, pour en faire un ‘Temple’ où peut résider L’Eternel, ainsi qu’il est dit : ‘Faites-Moi un sanctuaire et Je résiderais parmi vous’.

A l’évidence, il ne s’agit pas seulement d’agir sur nous-même, mais également d’agir de la même façon sur ce monde matériel. C’est la raison pour laquelle la majorité des Commandements divins est accomplie au moyen de la matière, car la mission de chaque Juif consiste à raffiner ce monde matériel, en dévoilant les étincelles divines qui y sont dissimulées. De fait, ‘nous préparer à la venue du Machia’h’ consiste à faire de nous-même, et de ce monde matériel, une demeure pour l’Essence divine.

Ce travail, ‘Ani lé Dodi’, s’accomplit ‘du bas vers le haut’ en agissant de manière progressive, à l’exemple des 42 étapes que vécurent les enfants d’Israël pendant leur traversée du désert. Aussi, le Rabbi revient ici sur l’enseignement selon lequel, notre action a pour effet de faire pénétrer la lumière divine de manière profonde en nous-mêmes et dans le monde.

‘Dodi li’, le second travail, est un dévoilement ‘du haut vers le bas’. Il correspond à l’étude de la Torah, laquelle se situe au-delà de ce monde. ‘Dodi-li’ consiste à dévoiler la force infinie de notre âme qui est ‘une parcelle véritable de divinité d’En-haut’, afin d’attirer un dévoilement divin illimité, du ‘haut vers le bas’.
Cependant, le Rabbi souligne que tous les dévoilements divins qui viennent ‘d’en-haut’ ne pénètrent pas profondément en nous-mêmes, car c’est seulement par notre propre travail, par un travail ‘du bas vers le haut’, que nous pouvons intégrer de manière profonde chaque dévoilement de la lumière divine.

Aussi, le Rabbi écrit dans le Dvar Mal’hout sur la Paracha Ekev, que ‘l’on atteint la perfection quand il y a l’union des deux sujets’. ‘Ani lé Dodi’ et ‘Dodi li’.
Lorsque le niveau du divin (Dodi), qui est au-delà du niveau de ‘Ani’, de la réalité de l’homme ici-bas, se dévoile de manière profonde dans le ‘Ani’, c’est-à-dire, dans les limites du niveau inférieur, et cela au point de devenir véritablement une seule chose, sans que rien ne puisse les différencier.

L’un des points essentiels de cet enseignement du Rabbi est que la perfection du dévoilement de ‘Dodi-li’, qui correspond au dévoilement de la ‘parcelle véritable de divinité d’En-haut’ (jusqu’au dévoilement de l’Essence de l’âme), dépend du travail qu’un Juif accomplit de manière progressive, ‘du bas vers le haut’, ‘Ani lé Dodi’.

Dans ce cas, le dévoilement de ‘Vé Dodi li’, ‘du haut vers le bas’ (Atsilout, Bryia, Yètsira, Assia) qui succède au travail de ‘Ani lé Dodi’, ‘du bas vers le haut’, consiste à la révélation du divin illimité dans le ‘Ani’, au point de faire Un avec lui, au point que ‘Ani’ devient ‘un être véritable et éternel’ (Yèch amiti vé nits’hi’).

A la lumière de ces enseignements, nous comprenons que le travail accompli au mois d’Elloul nous permet de parvenir au dévoilement de l’Essence de l’âme. C’est la raison pour laquelle le Rabbi met l’accent sur le fait que le travail ‘du bas vers le haut’, ‘Ani lé Dodi’, est plus essentiel que celui ‘du haut vers le bas’, ‘Dodi li’, car c’est en élevant les niveaux les plus inferieurs (‘du bas vers le haut’) que l’on élève aussi tous les autres niveaux, même les plus élevés et que l’on parvient à faire de ce monde une demeure pour D.ieu.

Le Rabbi établit alors ici un lien avec la Paracha de cette semaine : ‘Ekev’, durant laquelle nous bénissons le mois d’Elloul.
‘Ekev’ signifie ‘le talon’, et représente donc la partie la plus basse du corps de l’homme (et du corps de ce monde). Notre travail pendant le mois d’Elloul consiste avant tout à purifier le corps, ‘le talon’ (‘Ani le Dodi’), car c’est l’étape nécessaire qui précède le dévoilement de la lumière de l’Essence de l’âme, ‘Dodi li’.

Il est très important de rappeler ici l’enseignement que nous donne la ‘Hassidout au sujet du corps de l’homme. Le corps de l’homme a été créé par D.ieu, au moyen de Son Essence. Aussi, lorsque l’on s’attache à raffiner, à purifier, et à sanctifier le corps, on dévoile la force de l’Essence divine qui y est dissimulée.
Ce principe s’accorde avec le fait que dans les temps messianiques ‘la Séfira de Mal’hout (la dernière et la plus basse des Séfirot, le talon) s’élèvera au-dessus de toutes les autres Séfiroth’. ‘La lune deviendra alors aussi grande que le soleil’, ‘l’épouse vertueuse deviendra la couronne de son mari’, l’inanimé révèlera son véritable niveau ainsi qu’il est dit : ‘le mur criera et la poutre lui répondra’.

Tous ces exemples expriment le fait que ‘le talon’ bien qu’il soit la partie la plus basse du corps possède néanmoins un niveau supérieur qui apparaîtra au moment de la Délivrance finale. C’est donc en élevant les niveaux les plus bas, les plus ‘inanimés’ que l’on parvient au dévoilement de l’Essence divine.

C’est sans doute pour cela que le Rabbi écrit à la fin de ce Dvar Mal’hout, que nous devons atteindre les niveaux les plus extérieurs pour provoquer la venue de notre Juste Machia’h.
A la question du Baal Chem Tov : ‘Quand viendrez-vous Maître ? Le Machiah répondit : Quand tes sources se répandront à l’extérieur !’. En réfléchissant à ces paroles, le Rabbi conçut qu’il manquait à ‘la diffusion des Sources’ la diffusion de livres en Braille, afin que les personnes non-voyantes puissent aussi s’attacher à l’étude de la ‘Hassidout, l’Essence de la Torah.
D’une certaine manière, il est possible de qualifier une personne non-voyante comme ‘inanimée’. En effet, la Torah emploie le mot qui désigne ‘le contraire de la vie’ pour une personne non-voyante. Aussi, le Rabbi nous enseigne que les non-voyants seront les premiers à guérir au moment de la Délivrance finale. Le Rabbi met donc en évidence l’importance de leur donner dès à présent les moyens d’étudier la ‘Hassidout, car celle-ci détient le pouvoir d’insuffler à celui qui s’adonne à son étude une vitalité nouvelle. Elle redonne la vie à ‘l’Inanimé’, au ‘talon’.
Le lien qui existe entre ‘Ani lé Dodi vé Dodi li’ et la Paracha Ekev, s’exprime donc ici par le fait que c’est en nous attachant aux niveaux les plus bas, ‘du bas vers le haut’ : Ekev (‘Ani lé Dodi’), que nous aurons le mérite d’attirer en nous-mêmes, et dans ce monde, de manière profonde, et éternelle, l’Essence divine, lors de la Délivrance finale et de la venue de notre Juste Machia’h, dès à présent avec l’aide de D.ieu.

TEXTE ET AUDIO : Paracha Vaèt’hanan « Elloul arrive », par le Rav Yaacov Abergel

TEXTE ET AUDIO : Paracha Vaèt’hanan « Elloul arrive », par le Rav Yaacov Abergel

Pour l’élévation de l’âme de ‘Hannania ben Yaacov, et pour la guérison complète de Ma’hlouf (René) ben Esther et de Katie Sellem

 

Dans le Dvar Mal’hout sur la Paracha Vaèt’hanan, le Rabbi souligne le principe selon lequel un dévoilement divin atteint la perfection lorsqu’un Juif unit ses actions à celles du Saint béni soit-Il, lorsque la lumière limitée qui provient du travail de l’homme s’unit à la lumière illimitée dispensée par D.ieu.

A ce sujet le Rabbi explique la raison pour laquelle les 10 Commandements sont dits à deux reprises dans la Torah. Une première fois dans la Paracha ‘Yitro’, et une seconde fois dans la Paracha ‘Vaèt’hanan’.

La Paracha ‘Yitro’ met l’accent sur le fait que le don de la Torah sur le Mont-Sinaï, le 6 du mois de Sivan, a eu pour effet de soumettre totalement le monde à la lumière divine qui s’est dévoilée ce jour-là. Ainsi, la Torah nous décrit ce jour en disant ‘qu’il y eut du tonnerre et des éclairs et une nuée lourde sur la montagne, et le son du Choffar était très fort, tout le peuple trembla’ (Yitro, 19, 16). Face à ce dévoilement divin le peuple s’annula et se tint en retrait, ainsi qu’il est dit (Yitro, 20, 15) : ‘Le peuple vit et ils tremblèrent et se tinrent debout, de loin’.

A l’opposé, la Paracha ‘Vaèt’hanan’ exprime le but de tout dévoilement divin, lequel consiste à ce que l’homme parvienne à intérioriser de manière profonde la Parole et la lumière divines que lui a dévoilées L’Eternel, ainsi qu’il est dit (Yitro, 20, 19) : ‘Vous avez vu que c’est des cieux que Je vous ai parlé’.

Dans le Dvar Mal’hout sur notre Paracha, le Rabbi nous enseigne donc que la répétition des 10 Commandements (une première fois dans la Paracha ‘Yitro’ et une seconde fois dans la Paracha Vaèt’hanan) vient pour exprimer l’union de ces deux niveaux.

Les 10 Commandements de la Paracha ‘Yitro’ correspondent au dévoilement de la lumière divine qui provient d’Hachem, ‘d’En-haut’, et les 10 Commandements de la Paracha ‘Vaèt’hanan’ correspondent au dévoilement de la lumière qui provient ‘d’En-bas’, du travail de l’homme qui consiste à intégrer la lumière divine que l’on a reçue, dans nos pensées, nos paroles et nos actes.
C’est précisément l’union de ces deux lumières qui représente l’aboutissement de notre service divin, et l’étude du Dvar Mal’hout tout au long de l’année nous donne les moyens de parvenir à cette union.

De fait, nous avons déjà étudié dans les Parachiot précédentes l’idée que ‘notre service divin atteint la perfection lorsqu’il unit nos actions à celles du Saint béni soit-Il’. Par exemple, dans le Dvar Mal’hout sur la ‘Paracha ‘Houkat’, le Rabbi nous enseigne que le chiffre 7 est lié à la Création du monde (le monde a été créé en 6 jours, et Hachem S’est reposé le septième jour) car il correspond au dévoilement de la lumière divine qui vient ‘d’en-haut’, et le chiffre 10 correspond au travail de l’homme, à l’ajout qu’il apporte à ce monde qui a été créé par D.ieu.

Le Rabbi explique également que le chiffre 10 correspond au mouvement de l’âme, du bas vers le haut, appelé : ‘Ratso’. Lorsque l’âme désire s’élever au-delà de ce monde et des limites qu’il lui impose, afin d’atteindre le divin illimité. A l’opposé, le chiffre 7 représente le mouvement de l’âme appellé ‘Chov’. C’est le travail du ‘haut vers le bas’ que l’âme accomplit précisément lorsqu’elle s’habille dans le corps, et qui consiste à attirer les lumières célestes supérieures, ici-bas dans ce monde inférieur. Aussi, notre travail consiste à unir le niveau du chiffre 7 au niveau du chiffre 10. Unir ‘Ratso’ à ‘Chov’, ainsi quil est écrit (Dvar Mal’hout, ‘Houkat) :

‘La perfection du travail consiste à l’union des 2 ensemble, en même temps que la volonté de l’âme de quitter le corps, doit demeurer le travail de l’âme dans le corps, et le désir de l’âme de quitter le corps ne doit pas être dissocié du sentiment d’agir pour dévoiler le divin ici-bas (dans le corps, et dans le monde)’.

Il en va de même pour l’enseignement du Dvar Mal’hout sur les Parachiot ‘Matot-Masseï’. Le Rabbi nous y enseigne la signification des 3 ‘Hazak que nous disons à voix haute, et d’une voix forte, à la fin de la lecture de la Torah le jour du Chabbat : ‘Hazak ‘Hazak vé Nit’hazèk’, ‘Sois fort ! Sois fort ! Et puissions-nous être renforcés’.

Le premier ‘Hazak, qui est celui de la Paracha ‘Matot’, correspond au dévoilement d’une lumière divine supérieure, dans ce monde inférieur. Un dévoilement du haut vers le bas, comme l’exprime le premier verset de la Paracha Matot : ‘Ceci est la chose que L’Eternel a ordonné’. Le second ‘Hazak, qui est celui de de la Paracha ‘Masseï’, correspond à un dévoilement du bas vers le haut. Ce dévoilement est dû au travail de l’homme, à ses efforts continus pour raffiner ce monde matériel afin de l’élever vers la Sainteté. A nouveau, le Rabbi nous enseigne dans ce Dvar Mal’hout, que la perfection de notre service divin consiste à unir ces deux niveaux. Le troisième ‘Hazak représente l’union de ces deux dévoilements, la lumière divine qui vient ‘d’en-haut’ avec la lumière qui provient ‘d’en-bas’, du travail de l’homme. Grâce à cette union, l’homme n’agit plus seulement avec ses propres forces (‘Masseï’), car L’Eternel participe à son action, en lui donnant la possibilité d’agir au-delà des limites (‘Matot’). C’est pourquoi le ‘Hazak de ‘Matot-Masseï’ exprime de manière profonde, l’union entre la partie de l’âme qui s’habille dans le corps, dont la force est limitée (Masseï), avec la partie de l’âme Juive qui est enracinée dans L’Essence divine, dont la force est illimitée (Matot).

Cette union s’exprime tout particulièrement par le dévoilement du troisième Temple, car celui-ci contient aussi en lui les niveaux du premier et du second Temple. En effet, le premier Temple correspond au dévoilement de la lumière divine qui vient ‘d’en-haut’, alors que le second Temple correspond au dévoilement de la lumière qui provient d’en-bas, du travail de l’homme.

Cette idée se retrouve également dans tous les enseignements du Rabbi qui sont liés à notre service divin pendant le mois de Av, et également pendant le mois d’Elloul, lequel est basé sur le verset : ‘Je suis à mon bien-aimé et mon bien-aimé est à moi’, ‘Ani le Dodi vé Dodi li’.

Il n’est donc pas étonnant que les deux lettres qui composent le nom ‘Av’ sont les initiales de l’expression : ‘Elloul ba’, ‘Elloul arrive’. Aussi, à la lumière de ce qu’il vient d’être dit, nous comprenons que la répétition des 10 Commandements, une première fois dans la Paracha ‘Yitro’, et une seconde fois dans la Paracha ‘Vaèt’hanan’, exprime aussi le caractère essentiel de l’union de ces deux niveaux.

Les 10 Commandements de la Paracha ‘Yitro’ correspondent à la révélation de la Parole de D.ieu sur le Mont-Sinaï, une révélation du ‘haut vers le bas’, alors que les 10 Commandements de la Paracha ‘Vaèt’hanan’ correspondent au travail des enfants d’Israël pour intégrer cette Parole de manière profonde, un travail du bas vers le haut.

D’une certaine manière il est possible de dire, sous la forme d’un ‘Hidouch, que les 10 Commandements de la Paracha ‘Yitro’ correspondent aux enseignements du Rabbi’, et les 10 Commandements de la Paracha Vaèt’hanan correspondent à notre travail pour intégrer de manière profonde ces enseignements. Aussi, en ce jour du 15 Av, qui est un jour de pleine lune, la force nous est donnée pour réaliser l’union entre ces deux niveaux. La lune représente l’Assemblée des enfants d’Israël, et ce jour du 15 Av représente la pleine lumière que nous recevons du Rabbi. A l’évidence, c’est par le fait d’exploiter de toutes nos forces : ‘de tout notre cœur de toute notre âme et de tout notre pouvoir’, la lumière que nous donne le Rabbi, que nous parviendrons à dévoiler l’Essence divine en ce monde.

Dans le Dvar Mal’hout sur notre Paracha, le Rabbi nous enseigne que le chiffre 2 ne désigne pas seulement la répétition d’une chose, mais il exprime aussi ‘la multiplication d’une chose à l’infini’.
En ce sens, le Rabbi explique que la Haftarah que nous lisons ce Chabbat intitulée ‘Na’hamou Na’hamou’, n’exprime pas seulement le fait que lors de la Délivrance finale L’Eternel consolera tous Ses enfants. De fait, la répétition du mot ‘Na’hamou’ exprime le caractère infini des évènements qui auront lieu dans les Temps messianiques, la reconstruction du troisième Temple et le dévoilement de l’Essence de la Torah, ‘Une Torah nouvelle sortira de Moi’, par l’intermédiaire du Machia’h, très bientôt et de nos jours, dès-à-présent avec l’aide de D.ieu.

 

Texte et Audio : Devarim – Rav Yoel Kahn a’h, le ‘Hozer du Rabbi – « Revenir à la Torah de l’Ange »

Texte et Audio : Devarim – Rav Yoel Kahn a’h, le ‘Hozer du Rabbi – « Revenir à la Torah de l’Ange »

(Pour l’élévation de l’âme du Rav Yoel ben Raphaël-Na’hman Kahn,
et pour l’élévation de l’âme de ‘Hannania ben Yaakov.
Pour la réfouah chéléma de Ma’hlouf (René) ben Esther et de Katie Sellem)

 

Rav Yaacov Abergel

חוזר : ‘Hozer : circulaire, répétitif, action de revenir de retourner, de se rappeler…

Le Rav Yoel a’h Kahn était le ‘Hozer du Rabbi. Il était appelé ainsi car il revenait sur les enseignements du Rabbi et grâce à sa mémoire phénoménale il pouvait les mémoriser de manière à ce que grâce à la ‘Hazara (répétition) qu’il tenait après les Farbrenguen du Rabbi, on pouvait retranscrire fidèlement les paroles du Rabbi et permettre ainsi leurs publications.

Comme nous allons le voir avec l’aide d’Hachem, cette faculté si particulière que possédait le Rav Yoel Kahn s’accorde au sujet profond du Dvar Mal’hout sur la Paracha Dévarim. Cela s’exprime avec d’autant plus de force que l’âme de Rabbi Yoel a quitté ce monde le jour du 6 Av 5781 qui est lui-même lié au Chabbat Dévarim.

Le Rabbi explique au sujet du jour du 9 Av que l’apparente destruction du Temple dissimule sa reconstruction. L’Eternel n’a détruit le Temple que dans le but de le reconstruire, et contre toute attente le jour du 9 Av cache la Lumière de la Délivrance finale car ce jour est également celui de la naissance du Machia’h.

Comme cela est très souvent enseigné dans la ‘Hassidout, l’âme Juive est à l’image du Temple car de même que le Temple est l’endroit où réside la Présence divine, l’âme est elle-même ‘véritablement une parcelle de Divinité d’En-haut’, c’est à dire que le Saint béni soit-Il Se révèle dans l’âme Juive.

De ce fait, reconstruire le Temple signifie que l’on retrouve notre véritable réalité en dévoilant les qualités de notre âme divine. L’exil est un sommeil spirituel car lorsque l’homme est dominé par son mauvais penchant il ne perçoit plus le véritable sujet de son existence, sa mission de faire de ce monde une demeure pour D.ieu. Reconstruire le Temple signifie dans ce cas que l’on fait tout ce qui est en notre pouvoir pour se réveiller de ce sommeil en réveillant la force de notre divine afin que celle-ci domine toutes nos pensées nos paroles et nos actes dans le seul but d’attirer la Présence divine dans le troisième Temple et en nous-mêmes.

Le Rav Yoël Kahn souligne dans ses explications sur ‘Iniana chel Torat Ha Hassidout’ (le Sujet profond de la Hassidout) que la Connaissance de la Torah n’est possible que parce que l’homme a étudié toute la Torah lorsqu’il était dans le ventre de sa mère.

En effet, il est enseigné dans le Traité Nidda que pendant les 9 mois de la grossesse un Ange enseigne toute la Torah à l’enfant qui est alors dans le ventre de sa mère. Lorsque l’enfant naît un Ange ‘frappe de son doigt’ la bouche de l’enfant pour lui faire oublier tout ce qu’il a appris. Aussi, lorsqu’il grandit et que cet enfant étudie à nouveau la Torah, qu’il revient et apprend à nouveau ce qu’il avait déjà appris lorsqu’il était dans le ventre de sa mère, alors il acquiert ces enseignements de manière profonde et véritable.

Le Rav Yoel Kahn explique que le but de l’étude de l’enfant pendant les 9 mois de la grossesse est de donner à l’enfant la Torah telle qu’elle est ‘En-haut’, dans les mondes supérieurs. C’est à dire qu’il lui est donné de recevoir le niveau illimité de la Torah. Aussi, du fait que le don de la Torah implique nécessairement que l’homme fasse de nombreux efforts personnels, au moment de la naissance un Ange fait oublier à l’enfant tout ce qui lui a été enseigné afin que la compréhension de la Torah qu’il aura tout au long de sa vie soit le fruit de ses propres efforts. Cependant, du fait que toute la Torah lui a été déjà donnée, son étude personnelle ne consiste qu’à revenir et à savoir ce qu’on lui a déjà enseigné. Son étude consiste à donner une vitalité nouvelle a la Torah illimitée qu’il a reçue avant sa naissance, et c’est donc de cette manière qu’il parviendra à atteindre ce niveau du Divin illimité qui illumine notre sainte Torah. S’il n’avait pas appris auparavant toute la Torah, un Juif ne pourrait saisir qu’un aspect limité de la Torah et non pas toute sa profondeur.

L’étude de la Torah dans ce monde est une obligation qui incombe à chaque Juif à chaque instant de sa vie et qui l’amène à l’accomplissement des Commandements divins tout au long de son existence. Grâce à ses efforts pour étudier la Torah chaque Juif se libère de la réalité qui est dépourvue de toute profondeur et dans laquelle il peut facilement se perdre, ce qu’à D.ieu ne plaise. Par son étude un Juif s’échappe du vide spirituel et revient à la Réalité véritable. Il parvient à nouveau au niveau de la Torah infinie qui lui a été donnée lorsqu’il se trouvait dans le ventre de sa mère.

L’image de cet homme qui étudie la Torah est celle d’un homme qui se réveille, qui quitte l’obscurité de l’exil, de la nuit, et se retrouve à la lumière du Jour Les paroles du Rabbi représentent aussi la Lumière du Jour, et l’exemple du Rav Yoel Kahn, appelé le ‘Hozer du Rabbi, n’est pas sans évoquer ce retour à la Profondeur de la Torah, à ce ‘niveau du Divin illimité’ qu’il appartient à chaque Juif de retrouver. Le fait que chaque Juif étudie la Torah avant de naître, pendant les 9 mois durant lesquels il se trouve dans le ventre de sa mère, exprime le fait que ‘D.ieu Israël et la Torah font Un’. Chaque Juif, par son étude, réveille le lien essentiel qui l’unit à son Père qui est dans le ciel.

Comme il a été dit au nom du Rabbi au sujet du jour du 9 Av, ‘l’apparente destruction du Temple dissimule sa reconstruction. L’Eternel n’a détruit le Temple que dans le but de le reconstruire’.

Peut-être nous est-il permis de dire ici sous la forme d’un ‘Hidouch que la date du 9 Av est aussi une allusion aux 9 mois de la grossesse. Dans ce cas, la ‘destruction’ du Temple s’accorde avec le moment ou l’Ange fait oublier toute la Torah qui a été enseignée à l’enfant. Le Temple n’a été détruit que pour être reconstruit, et de la même façon on fait oublier la Torah à l’enfant pour qu’il la réapprenne. De même que la Torah ne peut être acquise véritablement qu’au moyen de nos propres efforts, de même le troisième Temple et le dévoilement du Machia’h dépendent de notre travail et de nos actions pendant l’exil.

A l’exemple du Rav Yoel Kahn, chaque Juif détient le pouvoir de revenir à ces moments pendant lesquels il étudiait la Profondeur de la Torah. Certes, c’est par l’étude des enseignements du Rabbi qu’il y parvient. C’est en revenant sans cesse aux Paroles du Rabbi qu’il parviendra finalement à provoquer la Délivrance finale, dès-à-présent, avec l’aide d’Hachem.

 

Texte et Audio : Matot-Massei – « La Bénédiction des Cohanim », par le Rav Yaakov Abergel

Texte et Audio : Matot-Massei – « La Bénédiction des Cohanim », par le Rav Yaakov Abergel

(Pour l’élévation de l’âme de ‘Hanannia ben Yaacov
et pour la guérison complète de Ma’hlouf (René) ben Esther et de Katie Sellem)

 

Dans le Dvar Malhout sur les Parachiot Matot-Masseï le Rabbi introduit un sujet qu’il va reprendre dans le Dvar Mal’hout de la période du mois d’Elloul, lequel précède ‘Les jours redoutables’. Ce sujet est celui de l’union entre le travail que l’homme accomplit ‘du bas vers le haut’, avec la lumière divine qu’il reçoit ‘ du haut vers le bas’. La liaison de la Paracha Matot avec la Paracha Masseï est aussi l’expression de cette union sacrée.

Par ailleurs, il est aussi question dans le Dvar Mal’hout sur notre Paracha de la Bénédiction des Cohanim et du jour ou Aaron Ha Cohen quitta ce monde (c’est d’ailleurs la seule fois qu’il est mentionné dans la Torah la date de la disparition d’une personne).

L’Admour Hazaken explique dans le Likouteï-Torah l’importance de la Bénédiction des Cohanim (Korah, page 110).

Les lettres du nom Aaron אהרן forment également le mot נראה lequel signifie : ‘visible’.

Le mot ‘visible’ exprime dans notre cas le dévoilement car ‘grâce à Aaron se produisent ‘tous les dévoilements du haut vers le bas’ avec une grande rapidité et sans aucuns empêchements’.

Pendant la période entre la fête de Roch-ha-Chana et le jour de Yom-Kippour L’Eternel juge chaque Juif et fixe pour lui tout le Bien qui lui sera dispensé pour l’année à venir. Cependant, ce Bien que D.ieu fixe pour chaque homme, reste encore en suspens dans le monde d’Atsilout, et plus précisément dans la Séfira de Mal’hout qui n’est autre que la ‘bouche’ de L’Eternel d’où provient le Souffle grâce auquel L’Eternel crée et maintient en vie les mondes et tous les êtres de la Création.

Ainsi nos bonnes actions tout au long de l’année ont pour effet de faire descendre le Bien qui est en suspens dans la Séfira de Mal’hout, de monde en monde, de niveau en niveau, de palais en palais, jusqu’à ce que ce Bien qui est au départ spirituel se révèle ici-bas en se transformant en un Bien matériel, qu’il s’agisse par exemple de la guérison d’une personne ou d’une Bénédiction pour une longue vie…

Ainsi, du fait que l’homme est jugé selon ses actes, et cela non pas seulement à Roch-ha-Chana mais aussi tous les jours de sa vie, la question se pose si ‘a-t-il le mérite que ce Bien qui a été fixé pour lui et qui se trouve encore dans le monde d’Atsilout descende pour se révéler enfin concrètement dans ce monde ? ‘.

Les actions de cet homme sont-elles dignes de provoquer que ce Bien passe de son état spirituel (puisqu’il se trouve dans le monde d’Atsilout) à un état matériel en devenant un Bien concret ? En effet, si les accusations portées contre cet homme durant son jugement, qui a lieu tous les jours de sa vie, l’emportent face à ses propres mérites, alors ce Bien reste bloqué en-haut et ne se révèle pas ici-bas. De fait, la descente de ce Bien dépend du jugement de cet homme.

Cependant, la Bénédiction d’Aaron (et des Cohanim) détient le pouvoir de faire descendre ce Bien ‘avec rapidité’ à travers les mondes, jusqu’à ce qu’il se révèle enfin pour cet homme, sans rencontrer le moindre obstacle.

La raison à cela est que la Bénédiction d’Aaron relève du niveau de ‘Rav ‘Hessed’, de ‘la Bonté infinie’, la naissance d’enfants, le fait de recevoir des biens matériels et d’être protégé de tout mal expriment cette Bonté qui ne connaît pas de limites. L’exemple donné par l’Admour Hazaken pour imager la descente à travers les mondes de ce flux de Bonté est celui d’un grand fleuve. La puissante force de son cours d’eau est si grande que rien ne peut empêcher sa course. L’eau emporte avec elle tous les obstacles qui se dressent devant elle. De la même façon, grâce à la Bénédiction des Cohanim rien ne peut empêcher le Bien qui se trouve dans le monde d’Atsilout de descendre avec rapidité à travers l’enchaînement des mondes pour se révéler dans la vie d’un Juif. Elle a le pouvoir de neutraliser toutes les accusations portées contre ce Juif.

Le Rabbi écrit dans le Dvar Mal’hout que le niveau de la Bénédiction des Cohanim dépasse celui de la prière et celui de la Bénédiction. En effet, le niveau de la Prière est lié au travail accompli par l’homme du bas vers le haut, et le niveau de la Bénédiction est le sujet du flux de la lumière divine qui descend du haut vers le bas. Or, le niveau de la Bénédiction d’Aaron est qu’elle inclut en elle ces deux niveaux et elle procède donc de l’Essence divine.

Dans notre étude du Dvar Mal’hout l’occasion nous est très souvent donnée de parler du sujet de l’Essence divine. La ‘Hassidout la définit comme étant ‘au-dela de toute division’ (hithalkout), et c’est précisément pour cela qu’elle seule détient ce pouvoir d’unir deux choses contraires (de révéler par exemple la lumière divine illimitée dans ce monde matériel limité).

Le Rabbi qui est lui-même l’Essence de l’âme du peuple d’Israël, détient le pouvoir d’unifier le peuple Juif en révélant dans le cœur de chaque enfant d’Israël l’amour du prochain. De la même façon, Aaron possède la capacité d’unir le niveau de la Prière avec celui de la Bénédiction, le pouvoir d’unir le flux de la Lumière divine qui descend du haut vers le bas avec le travail que l’homme accomplit du bas vers le haut.

Dans le Dvar Mal’hout le Rabbi nous enseigne que la Paracha Matot correspond au dévoilement d’une lumière divine supérieure, dans ce monde inférieur. Un dévoilement du haut vers le bas, comme l’exprime le premier verset de la Paracha Matot : ‘Ceci est la chose que L’Eternel a ordonné’.

A l’opposé, dans la Paracha Masseï la Torah nous raconte les ‘voyages’ des enfants d’Israël dans le désert. Les juifs effectuèrent 42 étapes avant d’arriver sur la terre d’Israël. Leur premier voyage quand ils quittèrent l’Egypte fut celui de la délivrance de leur esclavage, mais la délivrance au-delà de toutes les limites n’était pas encore atteinte. D’autres voyages furent nécessaires avant de parvenir sur une terre « bonne et large ». Les juifs devaient avancer et s’élever encore et encore. D’une étape vers une autre ils dépassaient une limite pour en atteindre une deuxième jusqu’à parvenir en Erets Israël.

Ces étapes symbolisent donc le travail personnel de l’homme lui-même, afin de faire tout ce qui est en son pouvoir pour raffiner le mal, et même pour parvenir à le transformer en bien.

A l’exemple de la Bénédiction des Cohanim, l’union entre la Paracha Matot et la Paracha Masseï symbolise l’union entre le dévoilement de la lumière infinie de D.ieu (du haut vers le bas) avec le travail de l’homme (du bas vers le haut).

L’avantage d’un dévoilement ‘du haut vers le bas’ est qu’il s’agit du dévoilement d’une lumière illimitée, car celle-ci vient de D.ieu. Ce n’est pas le cas quand il s’agit du travail de l’homme qui est ‘du bas vers le haut’, car même si l’homme possède une âme divine, il demeure malgré tout soumis aux limites que lui imposent le corps et ce monde matériel.

Ainsi, l’union de ces deux Parachiot exprime le pouvoir de l’Essence divine d’unir le travail de l’homme avec la Lumière infinie de D.ieu. L’homme n’agit plus seulement au moyen de ses propres forces (Masseï) car L’Eternel participe à son action en lui donnant la possibilité d’agir au-delà de ses propres limites (Matot). Ce faisant Comme un Père et son fils, L’Eternel et le peuple d’Israël agissent alors ensemble afin de provoquer le dévoilement du Machia’h et de la Délivrance finale, dès-à-présent, avec l’aide d’Hachem.