(Pour la Réfouah chéléma de Yé’hia Aharon ben Guemara)

 

Cette année nous avons lu la Paracha Nitsavim séparément de la Paracha Vayélekh que nous lirons ce Chabbat, qui précède le jour le plus saint de l’année, Yom Kippour.

Dans le Dvar Malkhout (page 370) le Rabbi nous enseigne que le Chabbat qui précède Roch-ha-Chana (Paracha Nitsavim) est semblable au Chabbat qui précèda le début de la Création du monde. Ce Chabbat Chouva (Paracha Vayélekh) qui succède à Roche ha Chana, est lui-même semblable au Chabbat qui vint après que fut achevée la Création du monde.

Ce Chabbat ‘Chouva’ est celui de la Téchouva. Entre Roch-ha-Chana et Yom Kippour il y a sept jours. Ces sept jours correspondent aux sept jours de la semaine de l’année entière. Pendant chacun de ces sept jours nous réparons tous les jours de l’année qui vient de passer. Le lundi des 10 jours de Téchouva nous réparons tous les lundis de l’année passée, le mardi nous réparons tous les mardis de l’année…De même pendant ce Chabbat Chouva nous réparons tous les Chabbat de toute l’année.

Dès-lors, il nous apparaît avec clarté la raison pour laquelle les lettres de Chabbat sont les mêmes que celles de Téchouva. Le mot Chouva signifie Retour. La mission de chaque juif est de faire retourner ce monde matériel vers son état spirituel. C’est à celà que se rapporte l’enseignement de la ‘Hassidout selon lequel ‘nous devons faire de ce monde matériel une demeure pour D.ieu’. C’est en cela que consiste notre réparation et il s’agit également de faire de notre corps et de notre âme animale une demeure pour D.ieu. Tout ce que nous accomplissons en ce sens durant les six jours de la semaine, connaît l’élévation le jour du Chabbat car en ce jour sacré toutes les choses de ce monde retournent à leur source, à leur racine céleste.

Cela est également vrai pour l’âme. L’âme descend dans le corps et dans ce monde inférieur pour y accomplir une mission. Les Maîtres de la ‘Hassidout ‘Habad insistent tous cependant sur le fait que cette descente de l’âme dans le corps a pour but une élévation à un endroit encore plus élevé que l’endroit d’où elle provient.

Le Rabbi (‘Dvar Mal’hout’, page 369) nous délivre à ce sujet de précieux enseignements. Il explique que la Paracha Nitsavim fait allusion à l’âme divine quand celle-ci se tient devant l’Eternel avant qu’elle ne descende dans le corps. Puis, par le fait que l’âme s’habille dans le corps et grâce au travail qu’elle accomplit ici-bas dans ce monde, elle connaît une élévation considérable. Cette élévation est allusionnée dans les premiers mots du verset : « Moché alla… ».

Il est écrit en effet (Vayélekh,31,1,2) : « Moché alla et adressa ces paroles à tout Israël. Il leur dit : c’est âgé de 120 ans que je suis aujourd’hui… ». Ces paroles de Moché nous parlent de sa situation alors qu’il parvient à la perfection et au terme de sa mission. Son exemple n’est pas sans nous rappeler notre propre mission, car chaque juif possède en lui-même une étincelle de Moché (Tanya, début du chapitre 42).

Dans la Si’ha qu’il prononça le 11 Chevat 5711 le Rabbi décrivit le bureau du Rabbi précédent comme un endroit où brille ‘une pleine beauté’ :
« Lorsqu’un ‘hassid recevait une instruction du Rabbi dans son bureau, alors dès qu’il passait la porte du bureau du Rabbi, c’était déjà ‘un lieu éloigné’ car par rapport à cette pièce, où il a tenu des audiences privées et où il a étudié et prié, l’autre côté du seuil est déjà un ‘lieu éloigné’ car il manquait déjà de la pleine beauté qui était à l’intérieur… ».

A la lueur de ces paroles nous comprenons que l’entretien privé du Rabbi avec son ‘hassid exprime le fait que ‘chaque juif possède en lui-même une étincelle de Moché’.
Le Rabbi réveille l’étincelle de Moché qui sommeille en chaque juif. Cette étincelle désigne l’attachement de l’âme divine à l’essence divine.

Aussi, « La pleine beauté qui est à l’intérieur du bureau du Rabbi » n’est autre que la lumière qui émane du Rabbi. Lui seul permet le dévoilement du plus haut niveau de nous- même. C’est là le sens du verset « Moché alla et adressa ces paroles à tout Israël ».

Moché lorsqu’il s’adresse à chaque juif, détient la force de révéler l’essence de son âme (appellée aussi ‘Israël’). Par ailleurs, la déclaration de Moché (Vayélekh,31,2) : « …je ne peux plus sortir et entrer et l’Eternel m’a dit tu ne traverseras pas ce Jourdain. » n’est pas sans évoquer ce propos du Rabbi, quand il déclara à ses ‘hassidim ‘qu’il fit tout ce qui était en son pouvoir et que tout dépendait désormais de leurs propres efforts’.

En fait, le Rabbi nous prépare à ce moment, lorsque l’on ‘passe la porte de son bureau’ et que l’on se retrouve seul dans ce monde pour y effectuer notre mission.

A l’évidence le Rabbi réveille l’Essence de notre âme et nous rassasie en même temps des forces dont nous avons besoin pour accomplir notre mission de faire de ce monde une demeure pour l’essence divine. Un ‘hassid se doit donc de suivre l’exemple de Moché qui « alla… », c’est à dire qu’il se doit ‘d’aller de prodiges en prodiges’…

Ce Chabbat ‘Chouva’ de la Paracha Vayélekh n’est donc pas sans exprimer notre attachement au Rabbi, qui est le Moché de notre génération. Il est celui qui nous permet de retourner vers D.ieu. De fait, l’entretien privé avec le Rabbi nous prépare à ce moment unique, le jour de Kippour, lors de la prière de la Neïla.

En effet, le Rabbi nous enseigne que le mot Neïla vient du mot Naoul qui signifie 4 : verrouillé. La prière de la Neïla, qui est la cinquième prière du jour de Kippour fait allusion au cinquième niveau de l’âme, Yé’hida, l’essence de l’âme. Pendant la Neïla, l’Eternel verrouille les portes de la pièce dans laquelle Il Se trouve avec Ses enfants pour un entretien privé.

‘Entretien privé’ se dit en hébreu : Yé’hidout et fait donc aussi allusion à l’essence de l’âme divine, Yé’hida. Durant cet entretien privé l’Eternel bénit Ses enfants en révélant l’Essence de leur âme, en dévoilant leur volonté la plus profonde, la volonté de toutes les volontés, celle de s’attacher à Lui, à tel point qu’à ce moment D.ieu devient véritablement Notre D.ieu.

Ce moment représente donc l’accession à l’aspect le plus profond du divin. Or, ce n’est que par son attachement au Rabbi qu’un Juif peut atteindre ce niveau. Ce n’est que par son attachement à ses enseignements qu’il peut dépasser l’aspect extérieur de la réalité, pour atteindre la perception du divin qui dépasse cette réalité.

Evidemment, notre travail consiste avant tout à nous attacher à la partie révélée de la Torah, tout en dévoilant les forces de la partie révélée de notre âme (dévoiler les forces de notre l’intellect, les sentiments qui naissent dans le coeur, et nos actions qui en découlent).

Mais, le Rabbi nous permet de parvenir au niveau de la Couronne qui surplombe l’enchaînement des mondes. Il nous permet d’accéder à l’Essence divine, à la partie profonde de notre âme, à la partie profonde de la Torah.

Ce Chabbat Téchouva, est donc celui du retour vers l’Essence de notre âme qui est enracinée dans l’Essence divine. Un retour vers l’Essence de la Torah du Rabbi.

Dès-lors, sans aucun doute nous ferons tout ce qui est en notre pouvoir pour ‘répandre à l’extérieur’ les forces qui nous seront données pendant ce Chabbat, afin de faire totalement don de nous-même pour provoquer la venue de notre Juste Machia’h, très bientôt et de nos jours, avec l’aide de D.ieu.

 

Paracha Vayélekh