Pour l’élévation de l’âme de ‘Hannaniah ben Yaacov

 

Le Rabbi enseigne que lorsqu’un jeune Juif parvient à l’âge de la maturité, l’âge de sa Bar-Mitsvah, il doit réunir deux qualités. La première est qu’il doit être Bar-Daat, c’est à dire qu’il doit être maître de ses facultés intellectuelles. La seconde est son aptitude à recevoir l’acceptation du Joug divin (Kabalat-ol). Il nous apparaît que la première de ces deux qualités correspond à la division, la répartition (Hilt’halkout), du fait que l’intellect et les midot (sentiments) correspondent aux différents aspects (particuliers) des forces de l’âme, par lesquelles nous nous attachons à D.ieu en accomplissant notre service divin.

D’un autre côté, l’acceptation du Joug divin correspond à l’Unité (A’hdout), c’est à dire à l’Essence de notre âme laquelle représente le ‘point divin’ de l’âme dont découlent la soumission à L’Eternel et le don de soi, grâce auxquels un Juif est prêt à faire don de sa propre vie pour sanctifier le Nom divin car ‘il ne peut pas se séparer de D.ieu’ (Tanya).

Dans le Dvar Malhout sur la Paracha Chela’h le Rabbi nous enseigne que de manière générale la Torah exprime l’Unité (A’hdout) du fait qu’elle est la Sagesse divine qui fait Un avec D.ieu et que les Mitsvoth expriment la Division (Hit’halkout) de par le fait qu’elles sont au nombre de 613 : 248 Commandements positifs et 365 Commandements négatifs. Les Mitsvoth sont les ordres que L’Eternel a adressés à l’homme sur la manière de se comporter dans le monde. Or, la réalité d’un homme et la réalité du monde se partagent en 613, l’homme est appelé ‘petit monde’ car ‘tout ce que D.ieu a créé dans Son monde, Il l’a aussi créé dans l’homme’ : les 248 membres du corps et les 365 vaisseaux sanguins s’accordent avec les Mitsvoth qui sont au nombre de 613.

Plus précisément, la différence entre l’Unité et la Division existent également dans la Torah elle-même. La partie révélée de la Torah avec ses 60 Traités explique chaque détail sur chacune des Lois au sujet de ce qui est permis et de ce qui est interdit, de ce qui est pur et de ce qui est impur…C’est la raison pour laquelle la partie révélée de la Torah représente la Division car d’elle découle la diversité des Lois au moyen desquelles un Juif réalise la purification de ce monde matériel (Birour ha Olam). A l’opposé, la partie profonde de la Torah représente l’Unité car la ‘Hassidout est l’Essence de la Torah et la qualité de l’Essence est qu’elle est indivisible, au-delà de toute forme, de tout aspect particulier, de tout détail.

Plus encore que tout cela, la différence entre l’Unité et la Division existent également dans l’âme d’un Juif. L’unité de l’âme représente le niveau de Yé’hida lequel désigne le ‘point divin’ de l’âme qui est au-delà de toute division : c’est l’Essence de l’âme Juive qui fait Un avec l’Essence divine. A l’opposé, les forces de l’âme de la partie de l’âme qui s’habille dans le corps (Néfech, Rouah, Néchamah) expriment la Division, car lors de sa descente dans le corps chaque membre du corps reçoit une force particulière de l’âme la force de vision dans l’œil, la force de l’audition dans l’oreille…).

A la lumière de ce qu’il vient d’être dit, le Rabbi nous explique que notre mission qui consiste à purifier et à raffiner ce monde matériel pour en faire un réceptacle capable de devenir une demeure pour l’Essence divine doit être accomplie au moyen de l’Unité et de la Division. C’est à dire que nous devons utiliser toutes les forces de notre âme (les forces de l’intellect : les Mo’hin, et les sentiments : les Midot), lorsque nous accomplissons les Commandements divins. Il s’agit donc dans ce cas d’un travail relatif à la Division (la division des forces de l’âme, la division des Commandements divins et la division des Lois de la partie révélée de la Torah). Cependant, même si l’essentiel de notre travail de purification du monde matériel est celui de la Division, il n’en demeure pas moins que nous devons aussi accomplir le travail de l’Unité (l’Unité de l’âme et l’Unité de la Torah), c’est à dire que nous devons dévoiler les forces de la partie de l’âme qui ne s’habille pas dans le corps : l’Essence de l’âme qui est enracinée dans l’Essence divine, ‘qui fait Un avec D.ieu’. Dévoiler l’Unité consiste donc à dévoiler le niveau de Yé’hida : la force de l’Essence de notre âme dans notre âme, en nous attachant à l’étude de l’Essence de la Torah : la ‘Hassidout. C’est en agissant en ce sens que nous pouvons atteindre la perfection dans notre travail de purification du monde et ‘dévoiler dans ce monde limité le niveau du Divin qui est au-delà du monde’.

La Paracha Chela’h que nous lirons avec l’aide de D.ieu ce Chabbat a pour sujet l’histoire des explorateurs que Moché envoya en Erets Israël, alors que la Haftara que nous lirons juste après raconte l’histoire des explorateurs que Yéochoua envoya par la suite en Erets Israël. Le Rabbi établit la différence entre les forces de l’âme et l’Essence de l’âme à travers les différences qui existent entre la mission des explorateurs de Moché et celle des explorateurs de Yéochoua : la mission des explorateurs de Moché correspond à la Division, c’est à dire au service divin que l’on accomplit au moyen des forces de l’âme qui s’habille dans le corps, et la mission des explorateurs de Yéochoua correspond à l’Unité, c’est à dire au service divin que l’on accomplit au moyen du dévoilement de la force de l’Essence de l’âme.

Les explorateurs de Moché sont au nombre de douze. Les 12 princes des tribus que Moché envoya pour explorer la Terre d’Israël représentent donc les forces de la partie de l’âme qui s’habille dans le corps, car de même que l’âme vivifie chaque membre du corps (l’intellect dans le cerveau, les sentiments dans le cœur, la force de la vision dans les yeux…) les 12 explorateurs de Moché visitèrent chaque partie du grand ‘corps’ que représente la Terre d’Israël.

A l’opposé du chiffre 12 qui représente la Division, les explorateurs de Yéochoua, au nombre de 2, représentent l’Unité. Le Rabbi souligne par exemple que les Mitsvoth de la Torah se divisent en 2 catégories : les Commandements positifs et les Commandements négatifs. De fait, ces deux explorateurs incarnent la force de l’Essence de l’âme qui est ‘au-delà de toute division’. C’est pour cette raison qu’ils sont décrits dans le texte de la Haftarah comme étant ‘deux hommes simples’ et non pas des princes de tribu comme ce fut le cas pour les explorateurs de Moché, car la simplicité est précisément la qualité de l’Essence divine qui est indivisible, et aussi la qualité de l’Essence de l’âme de chaque Juif.

Le Rabbi souligne également que l’endroit où les deux explorateurs arrivèrent fut Yéri’ho, la ville dont il est dit qu’elle est le ‘verrou’, ‘la clef’ de la Terre d’Israël. Or, le mot ‘verrouillé’ se dit en hébreu ‘nahoul’ et il a donc la même racine que le nom ‘Neïla’ lequel désigne la cinquième prière du jour de Kippour pendant laquelle Hachem verrouille les portes de la Synagogue pour S’entretenir en privé avec le peuple d’Israël. Le temps de ‘la Neïla’ correspond donc au dévoilement du niveau de Yé’hida (L’Essence de l’âme Juive) et la ville de Yéri’ho dans laquelle parvinrent les deux explorateurs fait donc allusion à ce dévoilement.

Par ailleurs, la Torah nous précise que les deux explorateurs de Yéochoua agirent dans le silence, dans la plus grande discrétion, et cela aussi est une allusion au dévoilement de l’Essence de l’âme. On peut donner ici l’exemple de la prière de la Amida, durant laquelle un Juif se tient droit et silencieux car il se trouve en présence de L’Eternel. La proximité de l’âme avec Dieu a pour effet de demeurer silencieux, et le silence des deux explorateurs de Yéochoua n’est donc pas sans évoquer le dévoilement de l’Essence de l’âme, du lien le plus profond qui nous unit à notre Père qui est dans le ciel, ainsi que l’a exprimé Rabbi Shimon Bar Yohaï juste avant de quitter ce monde : ‘Je suis attaché par un lien, en lui je m’unifie, en lui je m’enflamme’.

Le Rabbi explique dans le Dvar Mal’hout que la mission des explorateurs de Moché et la mission des explorateurs de Yéochoua ont toutes les deux un même but. Celui de purifier la Terre d’Israël, ainsi qu’il a été dit. De fait, notre mission consiste à faire de notre corps, et du corps de ce monde, une demeure pour L’Eternel, pour Son Essence bénie. Ces deux missions correspondent donc à deux services divins qui sont tous les deux nécessaires et qui se complètent. Les explorateurs de Moché sont une allusion à la purification du corps au moyen des forces de l’âme, et ce travail a pour effet d’attirer un dévoilement divin qui s’inscrit dans les limites imposées par ce monde matériel. Les explorateurs de Yéochoua sont une allusion à la purification du corps au moyen de la force de l’Essence de l’âme, et ce travail a pour effet d’attirer un dévoilement divin qui est totalement au-delà des limites de ce monde. Ainsi, raffiner et purifier le corps et ce monde matériel ne doit pas se limiter à exploiter seulement les forces de de la partie de l’âme qui s’habille dans le corps, il s’agit aussi de ‘vider les trésors du palais’, c’est à dire de révéler la partie la plus profonde et la plus intérieure de l’âme, l’Essence de l’âme, pour faire de ce monde une demeure pour ‘Son Essence’, le niveau de A’hdout.

Le Rabbi écrit dans l’un de ses discours le mot ‘Essence’ de la manière suivante : עסענץ

Or, les lettres de ce nom font un total de 340 et si l’on ajoute à ce nombre la valeur du nom חי (la Vie), on obtient le nombre 358 qui est la valeur numérique de Machia’h.

Ainsi, l’Essence de la Vie c’est le Machia’h qui incarne lui-même le niveau de Yé’hida, et avec le dévoilement du Machia’h nous connaîtrons avec l’aide de D.ieu très bientôt et de nos jours le Dévoilement de l’Essence de la Vie……

 

Paracha Chela'h
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