Texte et Audio : Parachat  Béchala’h  ‘Chir ‘Hadach’ par le Rav Yaacov Abergel

Texte et Audio : Parachat Béchala’h ‘Chir ‘Hadach’ par le Rav Yaacov Abergel

Pour l’élévation de l’âme de ‘Hananiah ben Yaacov

 

La fusion avec l’Essence divine s’exprime vraiment dans la relation qui unit le Rabbi à son beau-père le Rabbi précédent. Le Rabbi lui-même nous enseigne que le Maître de ‘Habad dévoile l’essence de l’âme de celui qui se trouve dans ses quatre coudées. Il suffit pour s’en rendre compte d’observer une photo où le Rabbi se tient tout près de son beau-père. Il suffit d’admirer la douceur infinie de leurs regards, l’expression vraie de la lumière infinie de D.ieu qui brille dans leurs yeux.

Dans le Dvar Mal’hout de la Paracha Béchala’h, le Rabbi rapporte un Midrache selonlequel, seulement onze étapes séparaient l’Egypte de la Terre d’Israël, mais l’Eternel détourna Son peuple du chemin le plus direct, en les conduisant dans le désert où ils séjournèrent pendant quarante ans.

La présence des enfants d’Israël pendant une période aussi longue et dans un lieu aussi désolé, avait pour but d’élever les étincelles divines, les lumières du monde de ‘Tohou’ qui tombèrent dans le désert au moment de la brisure des vases (Chvirat ha Kélim).

Le travail de purification des étincelles divines permit aux enfants d’Israël de faire pénétrer dans ce monde, de manière profonde, une lumière qui est au- delà de ce monde.

C’est à cela que se rapporte le verset (Ki Tavo, 29 3)
, ‘L’Eternel vous a donné un cœur pour comprendre, des yeux pour voir et des oreilles pour entendre’. Il ne s’agit pas en effet seulement de ressentir de voir et d’entendre de manière superficielle, mais bien au contraire d’accéder à une véritable et une profonde perception du divin. L’accession à ce niveau supérieur est symbolisée par le chiffre 11. Le chiffre 11, des onze étapes qui séparaient l’Egypte de la Terre Israël, est une allusion à ce qui dépasse la nature de ce monde.

D’une part, le chiffre 10 représente la Création du monde qui a été créé en 10 Paroles, et d’autre part, le chiffre 11 représente ce qui est au- delà de la Parole divine, et donc au-delà de ce monde. L’enseignement du Rabbi est alors le suivant. Les quarante années passées dans le désert, qui représentent le travail de purification de la matière, permirent d’attirer dans ce monde, et de manière profonde, ‘la lumière qui entoure les mondes’, symbolisée par le chiffre 11.

Les expressions ‘Or Makif’ ou ‘Or Sovev’ désignent ‘la lumière qui entoure les mondes’. La volonté, par exemple, est une force de l’âme ‘qui nous entoure’, du fait qu’elle n’est pas présente et révélée constamment en nous- même. Nous devons en effet la réveiller, puis l’attirer, la rapprocher de nous afin qu’elle se révèle profondément et anime nos pensées nos paroles et nos actes.

La ‘Hassidout explique qu’un chant, avec son refrain qui revient toujours sur lui-même, est à l’image de ‘la lumière qui entoure les mondes’, car il est comme un cercle qui revient toujours à son point de départ. De fait, le Chant, nous permet d’accéder à cette ‘lumière qui nous entoure’, ‘Or sovev’. Il nous fait remonter les niveaux de l’enchaînement des mondes.

C’est à ce sujet que le Rabbi nous enseigne que le Chant ‘Chirat Ha Yam’ inclut en lui les 42 élévations des voyages des enfants d’Israël dans le désert, et qu’il nous permet de ressentir le lien et la fusion de notre âme avec l’Essence divine (symbolisée par le chiffre 11).

Par ailleurs le Rabbi souligne que ‘Chirat Ha Yam’ est lié au chant du Roi Chlomoh, ‘Chir Ha Chirim’, ‘le Chant des Chants’, que l’on appelle aussi ‘le Saint des Saints’.

Le Rabbi écrit que ‘Chir Ha Chirim’ représente ‘l’élévation (à partir) de la Séfira de ‘Hokhmah vers la Séfira de Kéter’. Autrement dit, cela signifie que ce Chant nous permet d’accéder au dévoilement de l’Essence de la Torah (le chiffre 11). Plus encore que cela, le Rabbi nous enseigne que ‘Chirat Ha Yam’ nous relie directement avec le Chant de la Délivrance, ‘Chir ‘Hadach’. En effet, celui-ci représente l’élévation la plus considérable, ‘le passage de la Séfira de Kéter à l’Ein sof béni’, l’Essence divine’.

Le mot ‘Chira’ (‘Chant’) de l’expression ‘Chirat Ha Yam’ est du genre féminin, alors que le mot ‘Chir’ (‘Chant’) de l’expression ‘Chir ‘Hadach’ est du genre masculin. La raison est simple, ‘Chirat Ha Yam’ est écrit au féminin car bien que ce chant nous relie à la Séfira de Kéter’, il reste lié à notre exil,

A la lumière de ce qu’il vient d’être dit nous pouvons apporter (sous la forme d’un ‘Hidouch) l’enseignement suivant.

La Torah unit l’esprit à la matière, elle nous permet d’unir ce monde matériel, symbolisé par le nom divin ‘Ban’, avec l’Esprit divin, symbolisé par le Nom divin ‘Mah’.

Or, si nous ajoutons le chiffre 770 (l’adresse de la Maison du Rabbi, laquelle représente l’Essence de la Torah, la ‘Hassidout) à la valeur numérique du Nom divin ‘Ban’ qui est égale au chiffre 52, qui représente le travail de raffinement du corps, nous obtenons le chiffre 822, qui n’est autre que la valeur numérique de l’expression ‘Chir ‘Hadach’

Puisse l’Eternel nous aider à nous attacher avec toujours plus de profondeur au Rabbi, et puisse-t- Il ‘effacer l’impureté de la terre’ et révéler Sa présence dans ce monde, avec le dévoilement de notre Juste Machia’h, dès-à- présent, avec l’aide d’Hachem.

Texte et Audio : Paracha Bo « L’Essence de la Torah » par le Rav Yaacov Abergel

Texte et Audio : Paracha Bo « L’Essence de la Torah » par le Rav Yaacov Abergel

Pour l’élévation de l’âme de ‘Hananiah ben Yaacov.

 

 

Dans le Dvar Mal’hout sur la Paracha Bo, le Rabbi enseigne que l’âme de Moché vient du monde de Tohu, un monde dans lequel les lumières sont très élevées et les réceptacles trop petits pour les contenir.

L’origine de l’âme de Moché est donc liée à la raison pour laquelle Moché refusait de se rendre chez Pharaon. Il prétexta que ‘sa bouche était lourde’, en d’autres termes qu’il avait des difficultés à parler. Le bégaiement de Moché exprimait le fait que la lumière de son intellect ne parvenait pas à s’habiller dans des réceptacles, dans des mots, capables de la contenir. Les forces de son intellect ne parvenaient pas à fusionner avec les articulations de sa bouche.

L’Eternel répondit à Moché: ‘Qui a donné une bouche à l’homme, ou qui rend muet ou sourd, ou intelligent ou aveugle n’est-ce pas Moi L’Eternel’ (Chemot 4,

11) Qui peut le rendre muet…’ Par cette remarque, L’Eternel expliquait à Moché qu’Il détenait le pouvoir de transformer n’importe quelle situation. Hachem fit donc un miracle en dévoilant Son Essence dans la bouche de Moché, lui permettant momentanément de parler, ainsi qu’il est dit : ‘Je (Ano’hi : L’Essence divine) serais avec ta bouche’.

Cependant, bien que Moché, sous l’effet du miracle divin, fut capable de parler correctement aux enfants d’Israël, cette guérison ne dura que le temps du miracle, et il n’était pas guéri pour autant de son défaut d’élocution. Il fallut attendre le don de la Torah, lorsque D.ieu donna Son Essence, de manière profonde, ainsi qu’il est dit : ‘J’ai écrit Mon Essence et Je l’ai donnée’, pour que Moché guérisse définitivement. Le dévoilement de l’Essence divine est allusionné dans le premier Commandement : ‘Je (Ano’hi : L’Essence divine) suis L’Eternel ton D.ieu’.

L’un des points essentiels du Dvar Mal’hout est que la difficulté de parler de Moché provenait des enfants d’Israël eux-mêmes, car ils étaient incapables d’entendre Moché. Le principe selon lequel les lumières élevées de Tohu ne trouvent pas de réceptacles capables de les contenir s’applique donc à nous-mêmes, et c’est la raison pour laquelle dans le Dvar Malhout, le Rabbi compare Moché au Rabbi Rayats, du fait que le Rabbi Rayats s’arreta de parler vers la fin de sa vie en ce monde. Aussi, le Rabbi explique que, tout comme Moché, si le Rabbi Rayats n’arrivait pas à parler c’est que ses Hassidim n’étaient pas capables de l’entendre.
Ils n’étaient pas des réceptacles capables de recevoir l’abondance de lumière des enseignements du Rabbi, et notre travail dans notre génération consiste à réparer cela. Nous devons révéler ce qui se cachait dans le silence du Rabbi Rayats. Appliquer ce qu’il n’a pas pu nous dire à l’époque de son mutisme.

On raconte que le Machpiah de la Yéchiva de Brunoy, le Rav Nissan sortit en pleurant du bureau du Rabbi, à la suite d’un entretien prive qu’il eut avec le Rabbi. Les Hassidim intrigues lui demandèrent la raison de ces larmes, et Rav Nissan leur répondit que le Rabbi lui avait dit qu’il ne demandait à ses ‘Hassidim qu’un ‘très faible pourcentage’ de ce qu’il désirait vraiment leur demander. C’était la raison de ses larmes, Rav Nissan pleurait car le Rabbi se taisait, et il se taisait parce que les ‘Hassidim n’étaient pas capable de l’entendre, de l’entendre vraiment.

Le Rabbi nous enseigne donc que notre génération doit réparer ce silence en dévoilant l’Essence de notre âme, en dévoilant notre attachement le plus profond au Rabbi, car le Rabbi est lui-même ‘l’extension’ du Rabbi Rayats, du Rabbi précédent.

D’une certaine manière la bouche de Moché, incapable d’exprimer la force de son intellect n’est pas sans évoquer le corps humain car celui-ci cache à présent, pendant l’exil, la force infinie de l’Essence divine. C’est à ce sujet qui l’est dit que dans les temps futurs ‘l’âme sera nourrie par le corps’, car dans les temps messianiques le niveau supérieur du corps se révèlera au point que l’âme recevra toute sa subsistance du corps lui-même.

Aussi, lorsque L’Eternel déclare à Moché : ‘Je (Ano’hi : L’Essence divine) serais avec ta bouche’, Il exprime le fait de dévoiler Son Essence dans le corps de Moché. Dans ce cas la bouche de Moché devient le réceptacle capable de transmettre la Parole de D.ieu aux enfants d’Israël. Peut-être est-il aussi possible de dire que c’est à cela que se rapporte le verset : ‘De ma chair je verrais D.ieu’, car dans les temps futurs le corps deviendra un réceptacle capable de ‘voir D.ieu’, c’est à dire d’être un réceptacle capable de recevoir les plus hauts dévoilements divins.

Aussi, du fait que le Rabbi, le Moché de notre génération, représente la tête de notre génération, et que le peuple d’Israël représente le corps, il nous est donné ici à comprendre que si nous nous attachons aux enseignements du Rabbi de manière profonde alors nous parviendrons à être véritablement ‘la bouche de Moché’, c’est à dire que nous serons un vrai réceptacle pour recevoir toute la lumière que le Rabbi désire nous donner.

Il est écrit dans le traité Ména’hot que Moché assista à un cours de Torah de Rabbi Akiba. Moché en fut très impressionné et il se demanda pourquoi D.ieu lui donna la Torah plutôt qu’a Rabbi Akiba qu’il considérait bien plus apte que lui-même à la recevoir. Il est possible de dire ici sous la forme d’un ‘Hidouch, que Moché est une allusion à ‘l’âme’ et que Rabbi Akiba est une allusion au ‘corps’. En effet, la racine du nom ‘Akiba’ est ‘Ekev’ : le ‘talon’, qui est la partie la plus grossière et
la plus insensible du corps.

Selon l’enchaînement des mondes

Moché précède Rabbi Akiba : la lumière précède le réceptacle, mais à leur racine, le réceptacle a précédé la lumière dans la pensée de D.ieu. C’est à ce sujet qu’il est dit que dans les temps futurs ‘l’âme sera nourrie par le corps’ à l’exemple de Moché (l’âme) qui apprend la Torah (qui sera nourrie) de Rabbi Akiba (par le corps).

C’est par notre attachement au Rabbi que nous pouvons dévoiler la force infinie de l’Essence divine en nous-même, parvenir à ce que ‘Rabbi Akiva enseigne la Torah à Moché’, c’est à dire parvenir à ce que le corps (le talon) nourrisse l’âme.

Dans son discours ‘Vé Atah Tetsaveh’ le Rabbi déclare que ‘les pieds permettent à la tête de se rendre à un endroit où la tête ne peut pas se rendre toute seule’. Peut-être que le Rabbi fait ici allusion au fait que dans les temps futurs ‘l’âme sera nourrie par le corps’.

Le bégaiement de Moché symbolise l’incapacité du peuple Juif d’être le réceptacle de la lumière de Moché, mais si le peuple s’attache à se raffiner, à se purifier, à s’investir totalement dans l’étude de la ‘Hassidout, alors il peut dévoiler l’Essence divine et accéder à la vision du Divin, à parvenir à ‘un endroit que la tête ne peut atteindre toute seule’, et dans ce cas il permettra au Rabbi de parler, de parler vraiment, et de dévoiler l’Essence de la Torah, lors de la Délivrance finale, très bientôt, et de nos jours, avec l’aide de D.ieu.

Texte et Audio : Paracha Vaéra  – « Peindre un chef d’œuvre », par le Rav Yaacov Abergel

Texte et Audio : Paracha Vaéra – « Peindre un chef d’œuvre », par le Rav Yaacov Abergel

Pour l’élévation de l’âme de Hananiah ben Yaacov

Avraham Itz’hak et Yaakov, par l’accomplissement de la Mitsvah de la Brit-mila, furent les premiers à dévoiler l’Essence divine dans ce monde. Tout au long de leurs vies ils dévoilent les forces qui découlent de l’Essence de l’âme : la foi en D.ieu, la ‘Emounah’, et l’action de faire don de leur propre vie, pour accomplir la Volonté de D.ieu, la force de ‘Messirout néfech’.

Il est écrit au debut de notre Paracha (Vaéra, 6, 3) : ‘Je suis apparu à Avraham, à Itz’hak et à Yaakov comme D.ieu Tout Puissant (‘Kel Chadaï’), mais sous Mon Nom ‘L’Eternel’ (‘Havayeh’) Je ne me suis pas fait connaitre à eux’.

Dans le Dvar Mal’hout sur la Paracha, le Rabbi explique que ‘Je suis apparu à Avraham’ représente le dévoilement de l’Essence divine dans l’Essence de l’âme Juive Cette force, la force de l’Essence de l’âme, fut transmise par les Patriarches comme héritage aux enfants d’Israël.

A l’exemple de la Mitsvah de la Brit-mila qui consiste à graver dans sa chair l’Alliance avec D.ieu, les enfants d’Israël purent, grâce au don de la Torah, unir le Divin à ce monde matériel. Par le fait d’accomplir les Commandements divins et par la force de l’Essence de l’âme, il devint possible d’attirer l’Essence divine dans ce monde (d’attirer seulement car l’Essence divine ne sera véritablement dévoilée qu’au moment de la venue du Machia’h), ainsi qu’il est dit : ‘J’ai écrit Mon Essence et Je l’ai donnée’.

Ainsi, la mission des enfants d’Israël d’unir les deux contraires que sont le spirituel et le matériel, fut possible parce qu’ils héritèrent de la force des Patriarches, et aussi parce que seule l’Essence divine détient le pouvoir d’unir la matière à l’esprit, l’exil à la Délivrance.

Cependant, bien que nous héritions d’Avraham d’Itz’hak et de Yaakov la force de l’Essence de l’âme, pour mener à bien notre mission sacrée, il n’en demeure pas moins que la mission des Patriarches de provoquer la Délivrance finale ne peut être accomplie sans l’action des enfants d’Israël. De fait, les Patriarches représentent la tête (l’Essence de l’âme) et les membres de l’Assemblée d’Israël représentent le corps et les pieds, sans lesquels la tête ne peut se rendre à ‘l’endroit’ de la Délivrance.

Le sujet du Dvar Mal’hout de notre Paracha, Vaéra est celui de dévoiler la force de l’Essence de l’âme dans le corps de manière profonde, et c’est précisément par l’accomplissement des Mitsvoth que l’on y parvient. Ainsi, le Nom divin ‘El Chadaï représente le dévoilement de l’Essence de l’âme dans le corps, et le Nom divin Havayéh représente la possibilité donnée à chaque Juif de dévoiler la force de l’Essence de l’âme dans les forces de la partie de l’âme qui est révélée dans le corps (l’intellect, les sentiments, l’action), et d’accomplir les Commandements divins afin de faire de lui-même et de ce monde matériel une demeure pour l’Essence divine.

Il est possible ici de donner un exemple afin de comprendre plus profondément cet enseignement, celui d’un Artiste-peintre qui peint un Tableau. Un véritable Artiste est inspiré, mais il possède également la qualité de savoir peindre, de savoir représenter les choses qu’il peint. Le Tableau d’un Peintre qui ne possède que l’inspiration, et qui ne possède pas les moyens techniques qui lui permettront de représenter le portrait de son modèle, ou encore une vue de la mer ou d’un paysage, ne peut convaincre celui qui regarde son œuvre. De la même façon le Peintre qui possède de grands moyens techniques mais qui n’est pas inspiré ne peut pas non plus séduire le public. Du fait qu’il n’est pas inspiré, son œuvre se limite à une représentation fidèle de la réalité à laquelle il manque un ‘Hidouch, un intérêt particulier, une vision particulière que seul possède l’Artiste qui est lui-même inspiré.

Ainsi, le véritable Artiste est celui qui est inspiré et qui en même temps parvient à représenter, à peindre avec habileté son modèle.

L’inspiration particulière qui est au bout de son pinceau pénètre dans la toile, imprègne le Tableau. Son œuvre unit son esprit, son inspiration, à la matière des tubes de couleur qu’il utilise.

Il en va de même pour le service divin d’un Juif. L’inspiration de l’Artiste correspond au Nom divin ‘Kel Chadaï’, à la force de l’Essence de l’âme, aux Patriarches Avraham Itz’hak et Yaakov.

La matière de la toile, les couleurs des tubes, les connaissances de la perspective, des formes et des proportions, correspondent aux Mitsvoth que l’on accomplit au moyen d’objets matériels.

A l’exemple de l’Artiste-peintre, un Juif doit unir l’inspiration divine, la lumière la force de l’Essence de son âme avec les forces de la partie révélée de son âme (l’intellect, les sentiments, l’action).

Par ailleurs, pus un Juif agira au-delà de ses propres limites plus il sera inspiré, plus Hachem dévoilera la partie la plus élevée, les forces les plus profondes de son âme, plus il touchera au but de sa mission, de faire de ce monde une demeure pour l’Essence divine, un chef d’œuvre.

Le Rabbi souligne l’importance de dévoiler la force de l’Essence de l’âme afin que celle-ci nous imprègne de manière profonde. C’est à cela que se rapporte l’explication du Rabbi Rayats au sujet de l’âme divine qui est une ‘parcelle véritable de divinité d’En-haut’ : ‘Hélek Eloka mimaal mamach’.

Le mot ‘mamach’ signifie ici : ‘véritable’. Cependant, le Rabbi rapporte que ‘mamach’ s’apparente aussi à la ‘réalité’, à ce monde bassement matériel, et dans ce cas ‘Hélek Eloka mimaal mamach’ est une allusion au fait de faire pénétrer le divin (‘Hélek Eloka mimaal’) de manière profonde, dans les niveaux les plus bas et les plus matériels de notre réalité (‘mamachout’).

Aussi, il est possible d’expliquer cet enseignement du Rabbi en disant que le lien qui unit les Patriarches aux enfants d’Israël est le même lien qui unit L’Essence de l’âme avec la partie de l’âme qui s’habille dans le corps (les forces de l’intellect, le sentiment et l’action).

Le dévoilement de l’Essence divine dans l’âme de l’homme commence avec les Patriarches, puis le dévoilement de l’Essence de l’âme dans les forces de l’âme (l’intellect, les sentiments et l’action) est accompli par les enfants d’Israël après le don de la Torah.

C’est donc seulement par l’accomplissement des Mitsvoth, qui sont appellées par le Zohar : ‘les membres du Roi’ (le corps de l’Assemblée d’Israël), que l’Essence divine, le ‘Roi’, peut être attirée ici-bas, dans ce monde inférieur.

Cependant, en lisant entre les lignes du Dvar Mal’hout, nous pouvons comprendre que ce qui a été dit au sujet d’Avraham d’Itz’hak et de Yaakov s’applique également au Rabbi, et ce qui a été dit au sujet des enfants d’Israël de la génération de Moché, s’applique aussi à ses Hassidim. En effet, la force du Rabbi est comparable à celle des Patriarches. De fait, le lien qui unit le Rabbi à ses ‘Hassidim est le même lien qui unit les Patriarches avec les enfants d’Israël. Ce même lien qui unit l’Essence de l’âme avec les forces de l’âme. Le Rabbi est le Moché de notre génération, le Maître de l’Essence de l’âme des enfants d’Israël. Il est celui qui dévoile l’Essence de la Torah, et ce faisant unit l’Essence divine à l’Essence de l’âme de chaque Juif.

Le Rabbi poursuit l’action des Patriarches avec une force encore plus redoutable, car du fait que ‘notre génération est la dernière de l’exil et la première de la Délivrance’, il a fallu que le Rabbi dévoile l’Essence de la Torah, afin de nous donner des moyens supérieurs d’agir pour provoquer la fin de l’exil.

Aussi, le Rabbi déclare dans le Dvar Mal’hout que le verset ‘Mais sous Mon Nom ‘L’Eternel’ (Havayeh) Je ne me suis pas fait connaitre à eux’, s’applique également à nous-mêmes, et pas seulement aux Patriarches car le Nom ‘Havayeh’ désigne l’Essence divine, et celle-ci ne sera dévoilée que lors de la venue du Machia’h.

Les choses peuvent donc être résumées de la manière suivante. L’Eternel apparut aux Patriarches sous le Nom de ‘Kel Chadaï’. Puis, Hachem apparut aux enfants d’Israël (lors du don de la Torah) sous le Nom d’Havayéh, et Il apparaîtra dans les Temps messianiques sous le Nom divin ‘qu’aucun œil n’a vu’, l’Essence du Nom Divin.

C’est grâce au dévoilement de la ‘Hassidout, l’huile de la Torah, qui a le pouvoir de pénétrer dans les endroits les plus résistants, qu’il devient possible d’atteindre les parties les moins sensibles du Corps de l’Assemblée d’Israël. La ‘Hassidout permet la résurrection des morts. Elle peut donner vie à tout ce qui est inanimé. Elle peut réveiller le Juif le moins sensible au Judaïsme. Elle peut donner vie à l’intellect, froid, mort et distant, afin que celui-ci ressente la Parole de D.ieu, et recommence une nouvelle vie.

Il est écrit que le Machia’h dévoilera l’Essence de la Torah, ainsi que l’Eternel le déclare Lui-même : ‘Une Torah nouvelle sortira de Moi’. En fait la Torah restera la même, mais son Essence apparaîtra. C’est pour cela que l’on peut parler de la résurrection des mots de la Torah, car la Torah que nous voyons et comprenons aujourd’hui est inanimée en comparaison à ‘la Torah nouvelle qui sortira de D.ieu’.

Les mots de la Torah du Machia’h sont véritablement vivants, car ils dévoileront ce qui ne s’écrit pas, l’Essence de Divine. Les mots de la Torah nous feront revivre, et c’est à ce sujet qu’il est dit que ‘toute chair verra’, et que ‘l’âme sera nourrie par le corps’. Ces deux versets expriment en effet que la ‘Hassidout détient le pouvoir de donner une nouvelle vie au corps, au niveau de ‘l’Inanimé’, le plus bas niveau parmi tous les règnes de la Création.

Dans son discours intitulé ‘Vé Ata Tetsaveh’, le Rabbi explique que si un dévoilement ne touche pas toutes les parties d’un ensemble alors il ne s’agit pas du dévoilement de l’Essence divine. C’est précisément pour cela que nous devons nous attacher le plus profondément possible au Rabbi, car il est le Maître de l’Essence de notre âme, celui qui révèle nos forces les plus profondes, lesquelles ont le pouvoir d’attirer la lumière infinie de D.ieu, dont le dévoilement atteindra toute la Création, absolument toute.

Aussi, ses enseignements nous permettent d’accomplir les Commandements divins, comme jamais il nous a été permis de le faire. En nous enseignant la ‘Hassidout, l’intention profonde et intérieure des Mitsvoth, le Rabbi nous ouvre la porte au dévoilement véritable l’Essence divine, avec le devoilement de notre Juste Machia’h, très bientôt et de nos jours, avec l’aide de D.ieu.

 

 

 

 

Texte et Audio : Paracha Chemot  « Tous les jours de ta vie », par le Rav Yaacov Abergel

Texte et Audio : Paracha Chemot « Tous les jours de ta vie », par le Rav Yaacov Abergel

 

(Pour l’élévation de l’âme de ‘Hananiah ben Yaacov)

On raconte que l’Admour Haemtsaeï vint ranimer un jour son gendre le Tsémach Tsédek, car il avait perdu connaissance en connaissant l’extase, en étudiant la ‘Hassidout. L’Admour Haemtsaeï ranima le Tsémach Tsédek en lui faisant sentir un vêtement qui avait appartenu à l’Admour Hazaken.

Le Rabbi, dans le Dvar Mal’hout sur la Paracha Chemot, rapporte que Rabbi Eléazar ben Azaria déclara qu’il fallait évoquer la sortie d’Egypte également ‘pendant la nuit’ dès qu’il remplaça Raban Gamliel à la tête du Sanhédrin, ainsi quil est dit (Brakhot, 28a) :

‘Me voici comme âgé de 70 ans, et pourtant je n’ai pas eu le mérite de convaincre mes collègues de l’obligation de faire mention la nuit également de la sortie d’Egypte, jusqu’à ce que Ben Zoma l’ai déduit de ce verset (Deut 12, 6) : ‘Afin que tu te souviennes du jour où tu es sorti d’Egypte tous les jours de ta vie’, ‘tous les jours de ta vie’ vient inclure les nuits, et selon d’autres Sages ‘les jours de ta vie’ se réfère au devoir de mentionner la sortie d’Egypte ‘de nos jours’, et ‘tous les jours de ta vie’ vient inclure les Temps messianiques’.

Dans le Dvar Mal’hout, le Rabbi explique que sortir d’Egypte signifie que l’on parvient à soumettre le corps et l’âme animale à la volonté de l’âme divine. De fait, la ‘Hassidout souligne que l’âme divine n’a nul besoin d’être réparée car ‘elle est véritablement une parcelle de divinité d’En-haut’. Aussi, la mission des enfants d’Israël consiste à purifier et à raffiner le corps et l’âme animale, c’est pourquoi le Rabbi déclare dans le Dvar Mal’hout que la sortie d’Egypte exprime le fait que l’âme divine sort de l’étroitesse et des limites que lui impose le corps afin de se lier et de s’attacher à D.ieu, et cela par le moyen de l’étude de la Torah et de l’accomplissement des Commandements divins’.

‘D.ieu appela la lumière ‘Jour’ (Béréchit, 1 5), ainsi notre ‘devoir de mentionner la sortie d’Egypte pendant le jour’ signifie que lorsque l’on se trouve dans une situation spirituelle favorable, lorsque brille de façon manifeste la lumière divine, nous devons profiter de cette lumière pour sortir d’Egypte, pour nous dégager des limites que nous impose le corps et nous attacher à D.ieu. Cependant le ‘Hidouch de Ben Zoma est que nous devons faire mention la nuit également de la ‘sortie d’Egypte’, ce qui signifie que ‘même pendant la nuit et dans la plus grande obscurité spirituelle de l’exil, il est possible et il est même nécessaire de sortir d’Egypte’.

Par ailleurs, au sujet du premier verset du livre de Chemot, d’après lequel il est dit (Chemot,1,1) : ‘Et voici les noms des enfants d’Israël qui viennent en Egypte avec Yaakov’, le Rabbi souligne que ce verset emploie le temps présent. Il est écrit en effet que les enfants d’Israël « viennent en Egypte » mais non pas qu’ils ‘sont venus en Egypte’.

L’explication du Rabbi est qu’un Juif ne doit jamais se lier à l’obscurité de l’Egypte. Même s’il se trouve depuis longtemps en exil et qu’il y ait vécu de nombreuses souffrances et de difficultés, il doit toujours se rapporter à l’enseignement de l’Admour Hazaken selon lequel, chaque jour il doit se voir lui-même comme s’il entrait aujourd’hui en Egypte.

Pour sortir d’Egypte il faut d’abord être en Egypte. De fait, nous devons ressentir qu’aujourd’hui nous entrons en Egypte, et qu’aujourd’hui nous devons faire tout ce qui est en notre pouvoir pour en sortir.

De cette façon, nous parvenons à dominer l’obscurité de l’exil. Penser qu’aujourd’hui nous entrons en Egypte signifie qu’hier nous sommes parvenus à nous libérer, et qu’aujourd’hui aussi nous parviendrons également à nous libérer. De cette façon l’exil n’a jamais d’emprise sur nous-même car jamais nous ne lui donnons le temps et la possibilité d’agir contre nous.

Il est connu que le nom ‘Mitsraim’, ‘Egypte’, vient du mot ‘Metsarim’ qui signifie ‘Limites’. Nous devons continuellement ‘sortir d’Egypte’ c’est à dire de nos propres limites.

Le Tséma’h Tsédèk (Séfer HaLikoutim, lettre Mêm-Métsorah, page Tav chin Tsaddik) établit la différence qui existe entre ‘le pain de la terre’ et ‘le pain du ciel’ qui est la manne.

Le Rabbi explique que ‘le pain de la terre’ nourrit la partie de notre âme qui s’habille dans notre corps, laquelle correspond aux niveaux de Néchamah (les forces de l’intellect), Roua’h (les émotions), et Néfech (la force vitale du corps).

Quant au ‘pain du ciel’, qui n’est autre que la Manne, il nourrit notre être d’une lumière qui ne possède aucune limite.

La manne contrairement à tous les autres aliments n’a pas de goût. Le goût de la manne avait celui que l’on désirait. Si l’on pensait au goût du pain, la manne prenait le goût du pain, si l’on pensait au goût de la viande, la manne prenait le goût de la viande. Aussi la manne du fait qu’elle ne possède aucun goût particulier, et qu’elle peut avoir tous les goûts correspond à la lumière d’Or Sovev car cette lumière ‘ne se limite pas à un goût particulier’, elle est illimitée et n’a ni fin ni mesure.

Le Tséma’h Tsédèk a déclaré que ‘dans les temps futurs ‘il y aura un dévoilement des ‘Taameï Torah’ (le sens profond des Commandements divins)’. ‘Le dévoilement des Taameï Torah’ signifie que dans les temps messianiques le Machia’h dévoilera les raisons profondes des Commandements car ‘Taam’ signifie ‘Raison’, ‘Sens’. Cependant ‘Taam’ désigne aussi le ‘Goût’ (d’un aliment), aussi, « le dévoilement des Taameï Torah’ est une allusion au dévoilement de la lumière d’Or Sovev par l’intermédiaire de la Manne, ainsi qu’il est écrit (Séfer HaLikoutim, lettre Mêm):

‘Et donc grâce à la manne qui représente la profondeur de la Torah, la profondeur de l’âme s’unit avec la profondeur d’Or Ein Sof’, et c’est le sens du verset : ‘Il t’a nourri de la manne…afin de te faire savoir’ (Dévarim, 8, 3) car le pain permet l’union de la partie dévoilée de l’âme (l’âme qui s’habille dans le corps) avec la lumière dévoilée de D.ieu (Or Mémalé, la lumière divine qui s’habille dans le monde), mais le niveau de la Manne exprime le lien entre le niveau caché de l’âme (l’âme qui ne s’habille pas dans le corps, les niveaux de ‘Haya et de Yé’hida) et la lumière cachée de D.ieu’ (‘Or Sovev’, la lumière divine qui ne s’habille pas dans le monde).

A la lumière de ce qui vient d’être dit nous devons comprendre que ‘le pain de la terre’ correspond à la partie révélée de la Torah et que ‘le pain du ciel’ correspond à sa partie profonde, et que celle-ci nous permet de briser toutes les limites, de ‘sortir d’Egypte’.

Le Rabbi Rachab (BéChaa ChéHikdimou, 1, page 63) explique que plus on se trouve à proximité d’une bougie (ou d’une source lumineuse), plus on profite de la lumière qui en émane, et plus on s’éloigne de la source lumineuse moins on profite de sa lumière et de sa clarté.

L’étude de la Hassidout nous permet de nous approcher de la source lumineuse, c’est à dire de la profondeur et de l’Essence de la Torah.

Comme il vient d’être expliqué, ‘le pain de la terre’ (la Torah révélée) vivifie la partie de l’âme qui s’habille dans le corps. ‘Le pain du ciel’ (la ‘Hassidout) unit l’Essence de notre âme à l’Essence divine. La ‘Hassidout est comparée à de la manne car, de même que la manne n’a pas de goût particulier et peut avoir tous les goûts, la ‘Hassidout laquelle est l’Essence de la Torah, n’a pas de ‘goût particulier’ (elle est l’Essence). De fait, ‘la Hassidout vivifie toutes les parties de la Torah (le ‘Pardess’), elle peut avoir ‘tous les goûts’ (c’est à dire qu’elle nous permet de comprendre toutes les parties de la Torah de manière profonde). Le Rabbi est celui qui nous donne le goût de l’Essence de la Torah du Machia’h, ‘le goût du pain du ciel’.

Dans l’un de ses enseignements le Rabbi explique que la ‘Hassidouth fut donnée à Moché sur le mont Sinaï mais qu’elle demeura cachée et ne fut révélée que bien plus tard, à l’époque du Baal Chem Tov, car c’est précisément en ce temps-là que le peuple d’Israël en avait besoin.

En effet, à cet époque le peuple d’Israël, qui était dévasté par les pogroms, était tel un homme qui avait perdu connaissance. Il est connu que pour réveiller une personne évanouie, on murmure son nom dans le creux de son oreille. Ce fut la mission du Baal Chem Tov (dont le prénom est Israël), il murmura à l’oreille de chaque juif, du plus simple au plus érudit, des paroles de Torah dont le parfum détenait le pouvoir de le ramener à la vie.

Le Rabbi Rachab déclara un jour que ‘les gens pensent que la ‘Hassidouth est une explication du Zohar, mais en réalité c’est le contraire qui est vrai’.

La ‘Hassidouth est l’Essence de la Torah. Si, dans le temps, sa révélation fut précédée par celle de la Kabbale ce n’est pas parce qu’elle a moins d’importance. Bien au contraire, la ‘Hassidouth est comparée à de l’huile car elle flotte au-dessus de tous les autres liquides, au- dessus de tous les autres niveaux de la Torah, exactement comme il est dit au sujet du Machia’h : au moment de la Création du monde ‘l’esprit du Machia’h planait au-dessus des eaux’.

Ainsi la ‘Hassidouth fut dévoilée à l’époque du Baal Chem Tov et elle l’est de plus en plus à notre époque car c’est à présent que nous en avons le plus besoin. Rabbi Zoushé (élève du Maguid de Mèzeritch) déclara que le livre du Tanya nous conduirait à la Délivrance.

‘Une nouvelle Torah sortira de Moi’, en ce jour Hachem dévoilera à tous les enfants d’Israël, par l’intermédiaire du Machia’h, la ’50ième’ porte de la Connaissance.

C’est pour cela que le Rabbi expliqua que la valeur numérique du mot ‘Holé (malade) est égale à 49, car Israël ne connaîtra la guérison que lorsque ses yeux verront la 50 ième porte.

A l’exemple de l’Admour Haemtsaeï qui ranima le Tsémach Tsédek en lui faisant sentir un vêtement qui avait appartenu à l’Admour Hazaken, le Machia’h dévoilera la ‘Torah nouvelle’, et grâce à cela le peuple d’Israël reprendra véritablement connaissance, ainsi qu’il est dit (fin du livre d’Ychaya) : ‘Le monde sera imprégné de la connaissance de D.ieu comme l’eau de la mer recouvre le sable’.

Texte et Audio : Parachat Vayé’hi     » Le Fer, ‘Fe’ numéro atomique 26″, par le Rav Yaacov Abergel

Texte et Audio : Parachat Vayé’hi  » Le Fer, ‘Fe’ numéro atomique 26″, par le Rav Yaacov Abergel

(Pour l’élévation de l’âme de ‘Hannania ben Yaacov)

Le Rabbi, dans le Dvar Mal’hout sur notre Paracha, établit le rapport qui existe entre la Paracha Vayé’hi et le jeûne du 10 Tévet. Les quatre jeûnes les plus importants de l’année sont tous liés à la destruction du Temple. Le jour du 10 Tévet, qui est le premier de ces jeûnes, commémore le siège de Jérusalem, par le roi de Bavel et de son armée. A première vue, ce jeûne représente le début de la destruction du Temple, mais la ‘Hassidout nous dévoile son aspect profond.

Le Rabbi donne l’exemple d’une graine que l’on a plantée dans le sol, et qui avant de donner naissance à ce qui deviendra une plante, une fleur ou un arbre, se putréfie dans la terre. Il en va de même pour le Temple. Sa destruction, comparable à cette graine qui se putréfie, n’est en fait que le stade qui précède sa reconstruction.

Ainsi, le siège de Jérusalem, fut l’occasion donnée aux enfants d’Israël de faire Téchouva. Le jeûne du 10 Tévet représente donc de manière profonde le début de notre Délivrance, car celle-ci sera justement provoquée par la Téchouva de tout le peuple d’Israël. Dans les Temps messianiques, ‘l’Eternel effacera l’esprit d’impureté de la terre’ et le Rabbi explique qu’il apparaîtra alors aux yeux de tous l’aspect véritable de la réalité.

Rachi, au nom de Rabbi Elazar explique que ‘Depuis que le Temple a été détruit, une muraille de fer sépare les enfants d’Israël de leur Père qui est dans le ciel’. Le fer symbolise à présent l’exil et la destruction, mais notre mission consiste à dévoiler le niveau qu’il possède du côté de la sainteté.

Aussi, le Rabbi nous enseigne que le moyen de réparer le Temple durant cet exil, consiste à être dur comme le fer quand il s’agit de nous consacrer à l’étude de la Torah, et à tout ce qui a attrait à notre mission sacrée.

Par ailleurs, et c’est là l’un des points essentiels du discours du Rabbi, les lettres du mot ברזל (fer) sont les initiales de Bilha, Ra’hel, Zilpa et Léa, les quatres femmes de Yaakov, qui donnèrent naissance aux 12 Tsadikim des 12 Tribus d’Israël.

Dans l’ordre des lettres du mot ברזלles initiales des deux servantes Bilha et Zilpa précèdent celles des deux Matriarches, Ra’hel et Léa, et cela concorde avec l’enseignement du Rabbi, qui revient toujours dans le Dvar Mal’hout, selon lequel l’Essence divine réside dans les niveaux les plus inférieurs.

En effet, le fait que les initiales des deux servantes précèdent celles des deux Matriarches est une allusion aux Temps messianiques, quand la Séfira de Mal’hout s’élèvera au-dessus de tout l’enchaînement des mondes, ainsi qu’il est dit : ‘Une femme vertueuse (Mal’hout) est la couronne de son mari’.

Les Matriarches représentent le niveau de Mal’hout du monde d’Atsilout, et les servantes, Bilha et Zilpa, représentent le niveau de la descente de Mal’hout dans les mondes inférieurs. C’est à cela que se rapporte le verset des Téhilim selon lequel ‘La pierre négligée par les bâtisseurs est devenue la pierre d’angle’.

Les ‘batisseurs’ sont une allusion aux Patriarches, lesquels construisent Mal’hout en s’unissant aux Matriarches (comme le mariage d’Itz’hak et de Rivka, qui représente l’union entre le Nom divin Mah et le Nom divin Ban, Likoutey Torah, Bra’ha, 86).

Or, les Patriarches ne voulaient pas d’eux-mêmes s’unir aux servantes, ‘car ils répugnaient à descendre dans les mondes inférieurs’ (Dvar Mal’hout). De fait, les Patriarches répugnaient à ce que leurs lumières descendent dans un monde où la possibilité de choisir entre le bien et le mal est donnée à l’homme.

Les servantes, qui représentent la descente du Souffle divin dans le plus bas des mondes, ne sont donc pas sans évoquer notre mission d’éclairer les endroits les plus bas, inférieurs, afin de provoquer la Délivrance finale.

C’est pour cela que la Séfira de Mal’hout finira par s’élever au-dessus de tout l’enchaînement des mondes, car l’Essence divine réside dans les endroits les plus bas, et la capacité des servantes à descendre dans ces endroits pour les raffiner, exprime toute leur grandeur.

Les principes selon lesquels ‘la fin d’une action est au départ dans la pensée’ et ‘le commencement est ancré dans la fin’ viennent confirmer que le niveau véritable des servantes précède celui des Matriarches, du fait qu’elles soient capables de révéler l’Essence divine dans les endroits les plus répugnés.

Cette idée est reprise par le Tsémach Tsédek dans le Or-Ha-Torah (Vayé’hi, page 2233).

Au sujet de la naissance de Yaakov, la Torah nous dit que Yaakov retenait dans sa main le talon d’Essav. Or, le talon est la partie la plus basse du corps, et Essav est lui-même un ‘racha’ (méchant). Aussi, le Tsémach Tsédek explique que la main de Yaakov qui retient le talon d’Essav, exprime le fait que Yaakov est capable d’attirer le divin dans les endroits inférieurs.

Les 17 années que vécut Yaakov en Egypte, furent les dernières, et les plus belles années de sa vie, car durant ces années, il transforma l’obscurité de l’Egypte en lumière. La Bénédiction qu’il adressa alors à ses enfants s’adresse également à nous-même, et le Rabbi souligne qu’elle nous permet jusqu’à aujourd’hui de briser les limites de l’exil, afin d’attirer la lumière de la Délivrance.

puissions-nous avoir le mérite de donner naissance au jour de la Délivrance finale, avec le dévoilement de notre Juste Machia’h, dès à présent, avec l’aide de D.ieu.

(Note : comme la pierre, qui fait partie du règne de l’inanimé, Mal’hout est elle-même ‘inanimée’ car elle n’éclaire pas d’elle-même. Elle reçoit sa lumière de toutes les autres Séfirot. La pierre, comme la Séfira de Mal’hout est donc une allusion aux servantes, lesquelles sont ‘négligées par les bâtisseurs’, c’est-à-dire par Avraham Itz’hak et Yaakov qui craignaient la descente dans les mondes inférieurs).

Texte et Audio : Paracha Vayigach  « Se diriger vers l’endroit de l’Arche », par le Rav Yaacov Abergel

Texte et Audio : Paracha Vayigach « Se diriger vers l’endroit de l’Arche », par le Rav Yaacov Abergel

Pour l’élévation de l’âme de ‘Hananiah ben Yaacov

 

Dans le Dvar Mal’hout de la Paracha Vayigach, le Rabbi explique que la force d’un juif pour combattre l’exil peut s’exprimer de deux façons. Dans un premier cas, la force reste soumise et doit s’accorder aux limites que nous imposent le monde, à ses normes, ses usages, et ses lois. Dans le deuxième cas, un Juif parvient à s’élever totalement au-dessus des choses de ce monde, au-dessus des peuples et de l’exil.

Ainsi, le Rabbi explique que la force d’un Juif ne consiste pas seulement dans le fait de se rendre maître du monde et de l’exil, avec leurs usages, leurs normes et leurs limites, mais elle consiste à s’élever bien au-delà du monde et de l’exil afin d’en briser les limites, pour en faire le réceptacle de la lumière infinie de D.ieu.

Aussi, le Rabbi vient nous donner l’exemple de Mordé’haï, car il exprime l’attitude qui consiste à s’élever au-dessus du monde, afin de provoquer la Délivrance.

Il est écrit au sujet du festin que donna le roi A’hachvéroch à l’époque de Pourim (Méguila d’Esther, 1, 8) : ‘On buvait à volonté, sans aucune contrainte, car le roi avait recommandé à tous les sujets de sa maison de faire la volonté de l’un et de l’autre’.

La Guémara (Méguila, 12, chapitre 1) explique que l’expression ‘faire la volonté de l’un et de l’autre’, signifie que le roi A’hachvéroch ordonna de faire en même temps, ‘selon la volonté de Mordé’haï et d’Aman’. Or, comment est-il possible de faire en même temps, selon la volonté de Mordé’haï, ‘un homme Juif’, et d’Aman, ‘un oppresseur et un ennemi’ d’Israël’ ?

Peut-on ‘Faire la volonté de l’un et de l’autre ? Le vent peut-il souffler en même temps dans deux directions opposées pour permettre à deux bateaux de naviguer dans deux directions opposées ? ‘. Il est impossible d’assouvir, en une seule fois, deux désirs qui s’opposent l’un avec l’autre, la volonté de Mordé’haï en même temps que celle d’Aman.

Il est écrit (Méguila, 3, 2) : ‘Tous les serviteurs du roi, admis à la cour royale, s’agenouillaient et se prosternaient devant Aman, car tel était l’ordre donné par le roi en son honneur, mais Mordé’haï ne s’agenouillait ni ne se prosternait’.

D’une certaine manière, l’opposition entre Mordé’haï et Aman, est telle l’opposition qui existe entre notre façon de combattre l’exil en s’accordant aux limites qu’il nous impose (Aman), et la force illimitée qui nous permet de nous élever bien au-delà des usages de ce monde matériel (Mordé’haï).

Dans l’exil, un Juif doit en effet subir de nombreuses contraintes. Il dépend des lois du pays dans lequel il vit et auxquelles il a l’obligation de se soumettre (lorsque celles-ci ne sont pas contraires à la Volonté de D.ieu). Dans ce cas, il ne peut pas ‘faire la volonté de l’un et de l’autre’. A priori, du fait qu’il se soumet aux lois et aux usages du pays, ‘la volonté d’Aman’, il ne peut réaliser ‘la volonté de Mordé’haï’ de ne jamais ‘s’agenouiller ni de se prosterner’. Cependant, le Rabbi nous enseigne ici, que lorsqu’un Juif s’attache de manière profonde à D.ieu, il parvient à unir deux contraires. A faire pénétrer dans ce monde limité une lumière illimitée. Même en exil il agira à l’exemple de Mordé’haï, au sujet duquel il est dit : ‘Il ne s’agenouillait ni ne se prosternait’.

La qualité de Mordé’haï est allusionnée dans son nom : Mordé’haï Ha Yéhoudi, lequel s’apparente à celui du fils de Yaakov, Yéhoudah.

‘Yéhoudah’ exprime le fait de reconnaître (‘Hodaa’ : ‘reconnaissance’) à chaque instant et dans chaque situation ‘qu’il n’y a rien en dehors de Lui’.

Au sujet de notre Paracha, le Rabbi explique que l’attitude de Yéhoudah, lorsqu’il ‘s’approcha de Yossef’, sans même en avoir reçu l’autorisation, exprime le fait qu’il demeurait totalement insoumis à ce monde. De fait, il parvenait à unir deux contraires, à faire ‘la volonté de l’un et de l’autre’. En effet, bien que Yéhoudah savait que pour libérer son frère Benyamin il devait avant tout se soumettre à Yossef, ainsi qu’il est dit (Vayigach, 44, 18) : ‘De grâce, mon maître…Car tu es comme Pharaon…’, une force redoutable l’animait. Yéhoudah était même d’un niveau supérieur à celui de Mordé’haï. Contrairement à Mordé’haï qui fut nommé comme associé du roi par A’hachvéroch, ou comme Yossef qui fut nommé vice-roi par Pharaon, Yéhoudah agit seulement par ses propres forces lorsqu’il ‘s’approcha de Yossef’. C’est par cette attitude que Yéhoudah donna la force aux enfants d’Israël de combattre l’exil de l’Egypte, et de s’y installer dans la largesse.

Cet enseignement du Rabbi n’est pas sans nous rappeller cet autre enseignement du Maguid de Mézeritch. A celui qui désirait obtenir la richesse, le Maguid conseilla d’aller vers le nord, car la Table des pains de proposition se trouve au nord, dans le Temple. S’il désirait la Torah, il lui fallait se diriger vers le sud, car la Ménorah se trouve vers le sud, dans le Temple. Enfin, s’il désirait les deux, il lui fallait se diriger vers l’endroit de l’Arche, car l’Arche ne prenait pas de place dans le Temple.

Cet enseignement du Maguid s’accorde à celui du Rabbi, car un Juif détient le pouvoir d’unir deux contraires, d’attirer la lumière infinie de D.ieu dans ce monde inférieur. Il lui suffit pour cela de ‘se diriger vers l’endroit de l’Arche’, c’est-à-dire d’agir par la force de l’essence de son âme, laquelle se situe bien au-delà de ce monde puisqu’elle est enracinée dans l’Essence divine. Il parvient à dévoiler ce niveau par sa soumission, à l’exemple de Yéhoudah vis-à-vis de Yossef, car un Juif doit être avant tout en accord avec ce monde, ‘avec ses normes, ses usages, et ses lois’. C’est-à-dire qu’il doit utiliser tout d’abord les forces de la partie de l’âme qui s’habille dans le corps (l’intellect et les sentiments), car c’est par elles qu’il parviendra ensuite à révéler la force de la partie de l’âme qui ne s’habille pas dans le corps, l’essence de l’âme (‘Iniana chel Torat ha hassidout’)

En révélant l’essence de son âme, un Juif parvient à atteindre le niveau de l’Arche, cet endroit qui n’a ni fin ni mesure, et il révèle de ce fait la lumière de la Délivrance. Comme ce fut le cas pour Mordé’haï, dont l’attitude permit l’annulation du décret d’Aman, et comme ce fut le cas pour Yéhoudah, qui permit à son père Yaakov de vivre en Egypte, en exil, les plus belles années de sa vie.

A l’image de Yéhoudah qui agit seulement par ses propres forces, et à l’exemple de sa soumission vis-à-vis de Yossef, nous devons être totalement soumis au Rabbi. Dès-lors, nous aurons enfin le mérite de provoquer la Délivrance et le dévoilement de notre juste Machia’h, très bientôt et de nos jours, avec l’aide de D.ieu.

Texte et Audio : La Paracha de Mikets  « L’Huile du Machia’h », par le Rav Yaacov Abergel

Texte et Audio : La Paracha de Mikets « L’Huile du Machia’h », par le Rav Yaacov Abergel

(Pour l’élévation de l’âme de ‘Hannania ben Yaacov)

Dans le Dvar Mal’hout sur notre Paracha, le Rabbi écrit que la Torah est appellée Lumière, Torah Or, car elle chasse l’obscurité et apporte la paix dans le monde. De fait, plus l’obscurité se renforce dans le monde, plus il est nécessaire de dévoiler la profondeur de la Torah.

Ainsi quand les Grecs se sont levés contre le peuple d’Israël il y eut un renforcement de la Lumière de la Torah, le dévoilement d’un niveau supérieur, que le Rabbi appelle : l’Huile de la Torah.

Le Rabbi nous enseigne que la ‘Sagesse’ des Grecs dérive de l’autre côté de la Sainteté, c’est pourquoi ils avaient pour but de faire oublier la Torah au peuple Juif. Tout simplement, ils ne pouvaient supporter le fait que la Torah est la Sagesse de D.ieu, ainsi qu’il est dit dans le Zohar de Rabbi Shimon Bar Yo’haï : ‘la Torah et D.ieu béni soit-Il sont un’ (voir Tanya, chapitre 4).

Les Grecs avaient donc pour désir de rendre l’Huile de la Torah impure. Cela signifie qu’ils ne pouvaient absolument concevoir qu’il puisse exister un lien entre le Saint béni doit-Il et la Torah, et plus encore, qu’il puisse exister un lien entre D.ieu Israël et la Torah, car toujours selon l’enseignement de Rabbi Shimon Bar Yo’haï : ‘D.ieu Israël et la Torah sont Un’.

La petite fiole d’huile, marquée par le tampon du Cohen Gadol, est à l’origine du miracle de ‘Hannoucah. Lorsque les Juifs découvrirent la petite fiole d’huile, et que par un miracle divin celle-ci brûla pendant huit jours, l’Eternel fit apparaître aux yeux de tous et dans la plus grande clarté que la Torah était divine.

En fait, les grecs n’étaient pas contre le fait que les Juifs étudient la Torah. La partie révélée de la Torah, laquelle traite des lois relatives à ce monde physique et matériel, n’excitait pas leur désapprobation. Par contre, ils ne pouvaient supporter le fait que la Torah soit considérée et qualifiée par les Juifs comme étant la Sagesse de D.ieu, qu’elle soit Sainte.

Par leur désir de rendre impure la Torah les Grecs s’attaquaient au lien qui unit le Saint béni soit-Il avec les enfants d’Israël. Un des enseignements que nous délivre ici le Rabbi, est que la Torah est la Torah de D.ieu, et cela ne doit jamais quitter l’esprit de celui qui l’étudie. C’est en agissant de la sorte, qu’il ressentira la Sainteté de la Torah. Même lorsqu’il étudie des lois liées à ce monde matériel, il percevra le souffle divin qui est à leur origine.

L’Huile de la Torah exprime le fait qu’il existe un niveau de la Torah qui surpasse tous les autres paliers d’interprétation de la Torah. Comme l’huile qui flotte au-dessus de tous les autres liquides, l’Huile de la Torah correspond au niveau qui surpasse tous les autres niveaux de la Torah car il en constitue l’Essence même.

L’Huile de La ‘Hassidout, à l’exemple de l’huile que l’on verse sur les aliments pour leur donner du goût, donne le goût à la partie révélée de la Torah. A ce sujet, dans le Dvar Malhout le Rabbi établit un lien entre notre Paracha et celle de Vayé’hi.

Pharaon demanda à Yaacov :

‘Combien sont les jours des années de ta vie ?’,

Et Yaakov répondit à Pharaon (Vayigach, 47, 8, 9) :

‘Peu nombreux et malheureux étaient les jours des années de ma vie et ils n’ont pas atteint le nombre des jours des années de la vie de mes pères…’.

Le Rabbi explique que Yaakov considérait que les jours de sa vie étaient ‘peu nombreux’ et ‘malheureux’ car tant que l’exil persiste et que la Délivrance n’arrive pas encore là, sa vie ne représente que ‘peu’ à ses yeux car il manque l’essentiel. Aussi, bien que Pharaon fit don à Yaakov de ‘la meilleure partie du pays’ afin qu’il s’y installe avec ses fils, Yaakov lui fit savoir qu’il ne pouvait se suffire de cela, et que son installation en Egypte n’avait pour seul but que celui de provoquer la Délivrance. Aussi, le Rabbi insiste sur l’importance de désirer de toutes nos forces et du plus profond de nous-mêmes la Délivrance, car tant qu’elle n’est pas encore là, notre vie ne représente que ‘peu’ de chose.

A la lumière de cette explication du Rabbi, il est possible d’expliquer que la déclaration de Yaakov selon laquelle ‘peu nombreux étaient les jours des années de ma vie’ exprime le très profond désir de Yaakov du dévoilement de la Torah du Machia’h, de la ‘Cinquantième porte de la Connaissance’.

Il est rapporté dans le Traité Nédarim (38a) que cinquante portes de la Connaissance ont étés créées dans le monde, et toutes ont été données à Moché, ‘à l’exception d’une seule’ ainsi qu’il est écrit dans le livre des Téhilim du Roi David (8, 6) :

‘Or, Tu fis de lui (de Moché) un peu moins que les anges célestes’. L’expression ‘un peu moins’ vient pour nous dire qu’il manque à Moché le niveau de ‘la Cinquantième porte de la Connaissance’.

La ‘Hassidout nous enseigne que cette porte correspond à la signification des Commandements divins. Or, les lettres du mot ‘מעט’ forment dans un ordre différent le mot ‘טעם’ qui signifie : le ‘sens’, la ‘raison’ profonde des Commandements divins.

Yaakov considérait les jours de sa vie comme ‘peu nombreux et malheureux’ tant qu’il ne percevait pas la raison et le sens, la signification et le ‘goût’ des Commandements divins (‘Taam’ signifie aussi ‘goût’).

Le Rabbi nous enseigne donc que le dévoilement de l’Huile de la Torah est nécessaire pour deux raisons. La première est que l’Huile de la Torah donne du goût à la partie révélée de la Torah, mais plus encore, elle est l’ingrédient principal de la nourriture de notre âme.

Comme il a été dit précédemment, plus l’exil se renforce plus se renforce le dévoilement de l’Huile de la Torah, mais le Rabbi vient ajouter à cela que ce dévoilement se renforce car nous nous rapprochons du dévoilement du Machia’h. Le Rabbi souligne alors que le nom Machia’h désigne le Roi dont la tête est ointe d’Huile, et peut-être nous est-il permis ici de de dire, sous la forme d’un ‘hidouch que la valeur numérique de Machia’h משיח, qui est égale à 358, ajoutée à celle de לב (cœur) est égale à 390 qui est la valeur numérique de שמן : l’huile.

De fait, il brille dans le cœur du Machia’h la lumière de l’Huile de la Torah, la lumière de l’Essence divine. Il est celui qui délivre le cœur de chaque Juif et lui permet de vivre une vie véritable :

‘Celui qui a des yeux mais ne voit pas, des oreilles mais n’entend pas ; qui ne voit ni n’entend le divin, ne vit pas une vie véritable…La véritable existence consiste en la perception, par les yeux et les oreilles du Divin’.

 

 

 

Texte et Audio : Paracha Vayéchev ‘Le jour de gloire est arrivé’, par le Rav Yaacov Abergel

Texte et Audio : Paracha Vayéchev ‘Le jour de gloire est arrivé’, par le Rav Yaacov Abergel

(Pour l’élévation de l’âme de ‘Hannaniah ben Yaacov)

 

Dans le ‘Torah Or’, l’Admour Hazaken nous enseigne que les 7 Lumières de la Ménorah du Beith-Ha-Mikdache correspondent aux 7 Midoth de l’Âme. Le sens profond de l’allumage de la Ménorah correspond au travail qui incombe à chaque Juif, de raffiner et de purifier l’âme animale. Allumer les flammes de la Ménorah exprime donc le fait de purifier les 7 mauvaises Midoth qui dérivent de l’autre côté de la Sainteté, afin de les transformer, et ‘les faire basculer’ vers le côté de la Sainteté.

Par ce travail sur l’âme animale, un Juif parvient à purifier son cœur, ce qui signifie qu’il parvient à aimer exclusivement Hachem. C’est à dire qu’il parvient à se détacher de tous les plaisirs grossiers et totalement dénués de Divin.

Toujours dans le ‘Torah Or’, l’Admour Hazaken nous enseigne que la descente de l’âme dans le corps a pour effet de dévoiler la profondeur du cœur. C’est précisément lorsque l’âme divine est en exil dans le corps, du fait qu’elle doit mener un combat incessant face à l’âme animale et au mauvais penchant, que la possibilité lui est donnée de dévoiler le niveau de Réouta de Liba (la Profondeur du cœur).

L’Admour Hazaken explique que le dévoilement de la Profondeur du cœur découle du fait de méditer à tout ce qui nous sépare d’Hachem. Méditer profondément au fait que nous sommes éloignés de D.ieu dévoile dans notre cœur une lumière infinie, l’Essence de notre âme divine, le lien qui unit l’âme de chaque Juif à notre Père qui est dans le ciel.

De ce fait, les Niggunim (Mélodies ‘hassidiques) sont essentiels dans notre service divin.

Lors d’une Hitvaadouth (rassemblement des ‘Hassidim autour du Rabbi), l’usage est de chanter un Niggun avant même que le Rabbi prononce son Maamar (discours ‘hassidique).

Une fois, le Rabbi Rachab remarqua que les ‘hassidim de la Yéchiva se pressèrent de chanter le Niggun (‘la Mélodie ‘hassidique’) qui précède le discours du Rabbi, car ils étaient impatients d’écouter le Maamar du Rabbi.

Au lieu de commencer son discours, le Rabbi expliqua à ses jeunes élèves qu’ils avaient commis là une erreur. Pour s’imprégner du discours du Rabbi il convient au préalable de s’y préparer avec la plus grande attention. Or, c’est précisément en chantant le Niggun, que l’on se prépare à recevoir, et à s’imprégner, du Discours du Rabbi.

D’après cet enseignement du Rabbi Rachab, nous comprenons que le Niggun fait partie du Maamar. Le Chant fait un avec le discours du Rabbi. Cette fusion entre le Chant du ‘hassid et les Paroles du Rabbi n’est pas sans nous rappeler la dernière Mitsvah de la Torah : D.ieu nous ordonne de Lui écrire un Chant. : ‘Et vous m’écrirez un Chant’.

Le ‘Chant’ dont il s’agit est celui de la Torah, car chaque Juif a pour devoir d’écrire un Séfer Torah, mais de manière profonde ‘écrire un Chant’ s’applique parfaitement au Niggun qui précède le Maamar du Rabbi.

L’Admour Hazaken nous enseigne que la Torah est appelée ‘la Voix de Yaacov’, car de même que la voix unit un sentiment intérieur avec les mots que l’on prononce, la Torah unit le sentiment divin, l’intention divine, avec les mots que l’on écrit au moyen de l’encre sur du parchemin.

De la même façon, la Voix des ‘Hassidim (‘la Voix de Yaacov’) lorsqu’ils chantent le Niggun de préparation au Maamar est unie aux mots du Maamar du Rabbi : ‘Et vous m’écrirez un Chant’. Le Chant des ‘Hassidim se fond dans les Paroles du Rabbi

Dans le Dvar Mal’hout sur la Paracha Vayéchev, le Rabbi explique que les ‘Hassidim doivent agir dans l’endroit où ils vivent. A l’image de l’âme divine qui influence l’âme animale, un ‘Hassid a une part dans ce monde physique qu’il se doit de raffiner.

Le point du Dvar Mal’hout, est que cette influence doit être profonde. Or, c’est en éveillant la force de L’Essence divine que l’on peut véritablement transformer un endroit.

L’exemple donné par le Rabbi est celui de la France. De l’autre côté de la Sainteté, la France représente l’exil le plus profond, mais du côté de la Sainteté elle représente la Délivrance finale.

Lorsque le Rabbi chanta la Marseillaise, il en fit un Niggun ‘hassidique. Cet exemple démontre la capacité de dévoiler l’Essence divine, aussi bien dans l’âme d’un Juif, que dans ce monde physique La France que l’on dit en hébreu ‘Tsarfat’ et dont la valeur numérique est égale à 770, devint alors une demeure pour l’Essence divine. Tsarfat, 770, devint à l’exemple de la Maison du Rabbi dont l’adresse est 770 Eastwern Parkway, une demeure, un réceptacle apte à recevoir la lumière de la Guéoulah, très bientôt et de nos jours, dès à présent, avec l’aide d’Hachem.

Texte et Audio : Parachat Vaïchla’h, « Yé’hidout », par le Rav Yaacov Abergel

Texte et Audio : Parachat Vaïchla’h, « Yé’hidout », par le Rav Yaacov Abergel

Pour l’élévation de l’âme de ‘Hananiah ben Yaacov

 

Dans le Dvar Mal’hout sur notre Paracha, le Rabbi explique la raison pour laquelle la date des fêtes juives coïncide toujours avec le jour de la pleine lune. De fait, la lumière que le Saint béni soit-Il dispense à l’Assemblée d’Israël est comparable à la lumière que le soleil dispense à la lune.

Ainsi, La fête de Pessa’h commence le 15 du mois de Nissan, quand la lune est pleine, c’est-à-dire lorsqu’elle reçoit ‘pleinement’ (sur tout le disque lunaire) la lumière du soleil. Il en est de même le jour de Souccoth, le 15 du mois de Tichri, et également le jour de Pourim, le 15 du mois d’Adar.

Le fait que le jour de chacune de ces fêtes tombe la nuit de la pleine lune, exprime que l’Assemblée d’Israël, qui est comparée à ‘la lune’, reçoit ce jour-là un ‘plein’ dévoilement de la lumière divine.
Aussi, le Rabbi pose la question suivante. Pour quelle raison le jour du 19 Kislev, jour de la libération de l’Admour Hazaken, et les jours de ‘Hannoucah, qui sont des jours infiniment lumineux, tombent après le 15 Kislev, pendant les jours où la lumière de la lune va en diminuant ?

La réponse à cette question est que contrairement aux apparences, la diminution de la lumière de la lune correspond à une immense élévation. Pour comprendre cet enseignement du Rabbi, il convient auparavant de savoir que la taille de la lune a été amoindrie à cause de la ‘Brisure des vases’ (Chvirat ha Kélim), lorsque les étincelles divines tombèrent et s’enfouirent dans notre monde matériel. Cela s’exprime par le fait que la lune (laquelle correspond à la Séfira de Mal’hout) reçut désormais sa lumière du soleil (lequel représente les 6 Séfirot du monde d’Atsilout: Hessed Gvurah Tifféret Netsa’h Hod et Yessod).

A l’exemple de la lune qui reçoit sa lumière du soleil, l’homme et le monde ne reçoivent à présent qu’un simple reflet du Luminaire (l’Essence divine). L’âme d’un Juif, bien qu’elle soit divine, n’est pour l’instant qu’un tout petit reflet de l’Essence de l’âme, comme une goutte d’eau en comparaison à l’océan.

Ce n’est que dans les Temps futurs, quand l’Essence divine sera révélée dans ce monde, que la réalité changera. La lune retrouvera sa taille originelle, et cela s’exprimera par le fait que La Séfira de Mal’hout (la lune) qui est pour l’instant la dernière des dix Séfirot, s’élèvera au-dessus de tout l’enchaînement des mondes (et de toutes les Séfirot) ainsi qu’il est dit : ‘la nuit brillera comme le jour’. La lumière de la lune sera si forte que la nuit brillera comme le jour. C’est aussi à cela que se rapporte le verset selon lequel : ‘Une femme vertueuse (Mal’hout, ‘la lune’) est la couronne de son mari (les 6 Séfirot, Zeïr Anpin, ‘le soleil’).

Aussi, le Rabbi explique ici un point essentiel au sujet de la diminution de la lumière de la lune. Du premier jusqu’au quinzième jour du mois, la lumière de la lune va en augmentant car la lune s’éloigne du soleil. Inversement, pendant les quinze jours qui suivent le jour de la pleine lune (du 15 au 30) la lumière de la lune va en diminuant, car la lune se rapproche du soleil.

Le Rabbi Rachab explique dans son ouvrage intitulé ‘la Source’ (27, 1) que ‘l’intellect affaiblit la volonté’. L’idée exprimée ici est que lorsqu’un Juif éveille la force de son intellect alors du même coup il n’agira pas au-delà de la raison. En d’autres termes quand un Juif est prêt à donner sa vie pour D.ieu, il ne réfléchit pas. Quand un Juif met sa vie en danger pour sanctifier le Nom de D.ieu, il est évident qu’il n’agit plus sous l’emprise de son intellect, car il est alors animé par la force de l’Essence de son âme, laquelle est enracinée dans l’Essence divine.

Ainsi, ‘l’intellect affaiblit la volonté’ signifie ici que plus on révèle les forces de l’âme, comme l’intellect par exemple, plus on diminue la volonté qui est au-delà de l’intellect et de la raison, la force de l’Essence de l’âme. Et, plus on révèle la force de l’Essence de l’âme, plus on diminue la force de l’intellect.

Aussi, la lumière de la lune est comparable à l’intellect (et à toutes les forces de l’âme), car de même que la lumière de la lune est un reflet de la lumière du soleil, l’intellect n’est qu’un reflet de l’Essence de l’âme.

Dès-lors, le moment où la lumière de la lune diminue dans le ciel est comparable au moment où l’homme met son intellect de côté et révèle la force de l’Essence de son âme. Plus l’Essence se révèle, plus les forces de l’âme diminuent. Le contraire est aussi vrai, car plus l’homme agit avec son intellect (la lumière de la lune augmente dans le ciel), moins il révèle la force de l’Essence de son âme (la force d’agir au-delà de la raison et de l’intellect).

A la lumière de ce qu’il vient d’être dit, nous pouvons comprendre à présent la raison pour laquelle le jour du 19 Kislev et la fête de ‘Hannoucah tombent pendant la deuxième moitié du mois de Kislev, quand la lumière de la lune diminue dans le ciel, car comme nous l’avons expliqué au nom du Rabbi la diminution de la lumière correspond à la révélation de l’Essence. Ainsi, la période du 15 au 30 Kislev est un moment de l’année pendant lequel l’Essence divine se révèle tout particulièrement.

A la lumière de ce qu’il vient d’être dit, Le Rabbi décrit le dévoilement de l’Essence à l’exemple d’un Hassid qui entre dans le bureau du Rabbi. La lune (Mal’hout) est comparable au ‘Hassid, et la lumière du soleil est elle-même comparable à la lumière de l’Essence divine, la lumière du Rabbi.

Plus le ‘Hassid (la lune) se rapproche du Rabbi (le soleil), plus la lumière du ‘Hassid diminue, au point de s’annuler totalement dans la lumière du Rabbi, à l’exemple d’une bougie que l’on allumerait en plein jour. Bien que la lumière de la bougie continue de briller, elle s’annule totalement face à la lumière du jour. Ce n’est que lorsque le soleil se couche qu’elle brille alors dans l’obscurité.

De la même façon, le ‘Hassid qui se tient dans les quatre coudées du Rabbi est occupé à recevoir la lumière qui règne dans le bureau du Rabbi. Le Rabbi détient le pouvoir de dévoiler l’Essence de l’âme du ‘Hassid, et ce n’est qu’au moment où il quitte son bureau, que la lumière du ‘Hassid commence à briller à l’extérieur.

Nous pouvons comprendre, et ressentir à présent, l’importance d’entrer dans le bureau du Rabbi pour y recevoir notre mission. L’importance de nous attacher au Rabbi. Il est dit dans la Torah que ‘le Chalia’h d’une personne est comme la personne qui l’a envoyé’. La lumière du ‘Hassid, lorsqu’il accomplit la mission qu’il a reçue du Rabbi, s’unit à la lumière du Rabbi, comme la lune, qui dans les Temps futurs recevra sa lumière d’Or Ein Sof, et non plus du soleil.

C’est par son lien au Rabbi, que chaque Juif aura le mérite, très bientôt et de nos jours, de provoquer la venue de notre Juste Machia’h.

 

 

 

Texte et Audio : Paracha Vayetsé  « Que signifie ‘Ouvrir les yeux’ ? », par le Rav yaacov Abergel 

Texte et Audio : Paracha Vayetsé « Que signifie ‘Ouvrir les yeux’ ? », par le Rav yaacov Abergel 

Pour l’élévation de l’âme de ‘Hananiah ben Yaacov

 

Le plus haut niveau de l’âme juive est l’Essence de l’âme, laquelle est ‘enracinée dans l’Essence divine’.

L’Essence de l’âme est si proche du divin qu’elle le ressent. Ce plaisir qu’elle ressent anime son désir, sa volonté, de rejoindre sa source divine, de se lier à D.ieu d’un lien jamais interrompu, et dont aucune raison n’est la cause.

La volonté de l’âme de s’attacher à D.ieu transcende tous les autres désirs. Elle est la volonté de toutes les volontés. Toutes les autres volontés d’un juif ne sont rien en comparaison à cette volonté, exactement de la même façon que les rayons du soleil ne sont rien en comparaison au soleil.

Dans le ‘Kountrass ha Hitpaalouth’, l’Admour Haemtsaeï l’explique au moyen de l’exemple d’un juif à qui l’on attente à sa vie. Si l’on tente d’arracher la vie du corps d’un juif, que D.ieu nous en préserve, on touche à l’essence même de son âme. Tout le point de la volonté de l’essence de son âme s’anime alors, car ce juif est alors touché au plus profond de lui-même.

Toutes ses autres volontés ne sont rien en comparaison à ce point, qui relie son âme à son corps, et dans lequel s’habille sa volonté de vivre, de rester attaché au D.ieu vivant.   

Ce qui vient d’être dit concerne un homme à qui l’on essaie d’ôter la vie sans que cela ait un rapport avec le fait qu’il soit juif. A l’évidence cela est aussi vrai quand on menace de le tuer s’il ne renonce pas à sa judaïcité.

L’Admour Haemtsaeï explique en effet, que pour sanctifier le Nom de D.ieu et pour sauver la vie de son âme divine, laquelle est unie et liée à D.ieu, chaque juif est capable de se séparer de sa vie physique car il ne peut absolument pas commettre un péché qui couperait son âme de D.ieu. 

On raconte par exemple au sujet de Rabbi Yossef Itz’hak, le Rabbi précédent, qu’il ne ressentit pas la moindre peur quand au cours de son incarcération, un officier russe le menaça de son révolver. Le Rabbi nullement impressionné par l’arme répondit à l’officier :

‘Ceux qui ont peur de ce joujou sont ceux qui ont plusieurs dieux et ne vivent que dans un seul monde, mais nous-même, juifs, n’avons qu’Un seul D.ieu et vivons dans deux mondes : ce monde et le monde à venir ! ‘ 

L’Admour Haemtsaeï rapporte aussi l’exemple du Baal-Téchouva. Celui-ci ne ressent que du dégoût pour la vie quand celle-ci n’est que matérielle et totalement dénuée de spiritualité et de divin. Tout le point de la volonté de l’essence de son âme, de s’attacher au D.ieu vivant, est alors en éveil, à l’exemple de celui qui pour sanctifier le Nom de D.ieu, et pour sauver la vie de son âme désire se séparer de sa vie physique.

L’Admour Haemtsaeï nous enseigne à ce sujet que ‘Seulement l’âme de celui qui possède une grande force ne se sépare pas de son corps’. Cette force vient de la volonté de cet homme de se soumettre à la Volonté du Saint béni soit-Il, d’avoir une demeure ici-bas. Le corps de ce juif doit être une demeure pour l’Essence de D.ieu, et dans ce cas l’âme doit impérativement rester dans le corps. 

Ce qui vient d’être dit convient parfaitement avec la Paracha ‘Vayetsé’. Yaakov quitta la maison de son père Itz’hak, qui est un Tsaddik, et parvint à ‘Haran, dans la maison de Lavan, qui est un racha (‘méchant’).  C’est d’une véritable descente dont il est question ici. Une chute à partir d’un endroit extrêmement élevé, car la maison d’Itz’hak est remplie de la lumière divine, vers un endroit des plus obscurs, puisque la maison de Lavan est celle d’un racha.

D’après l’enseignement de la Hassidout, la descente de Yaakov est comparable à la descente de l’âme divine dans le corps.

En effet, l’âme divine (Yaakov) descend dans le corps (la maison de Lavan) afin d’effectuer une mission dans ce monde. Nous pouvons comprendre la nostalgie de l’âme lorsqu’elle se trouve dans le corps et dans ce monde physique. Confrontée alors à la grossièreté et aux vils plaisirs du mauvais penchant contre qui elle doit lutter.

Un juif doit sans cesse lutter pour purifier le côté gauche de son cœur dans lequel réside l’âme animale. Il doit combattre ainsi face à la dualité de ses deux penchants. Son âme divine regarde sans cesse vers le haut, vers sa source divine qui ne désire que D.ieu. Son âme animale, quant à elle, regarde incessamment vers le bas, comme l’animal qui regarde le sol, afin d’assouvir des plaisirs matériels.

Dès-lors, il n’y a rien d’étonnant que l’âme divine désire au fond d’elle-même retourner vers sa source. Comme le fils d’un roi qui a quitté depuis longtemps le palais de son père et qui désire du plus profond de son cœur de regagner son palais et de revoir le visage du roi, son père.

Nous pouvons alors comprendre la raison pour laquelle l’Admour Haemtsaeï déclare que ‘Seulement l’âme de celui qui possède une grande force ne se sépare pas de son corps’. ‘La grande force’ de ce juif est qu’il parvient à sacrifier ses désirs personnels, voire même son désir le plus fort, de regagner le palais de son père, afin de réaliser le désir de son Père qui est dans le ciel. Le désir d’Hachem d’avoir une demeure ici-bas dans ce monde.

Pour réaliser ce désir, un juif doit ‘retenir’ son âme divine, l’empêcher ‘d’aller vers le haut’. L’âme divine malgré son désir de retourner à sa source, doit impérativement rester dans le corps, car c’est précisément dans ce corps et dans ce monde physique qu’elle doit faire une demeure pour D.ieu. A l’exemple de notre père Yaakov dont la grande force s’exprime par le fait qu’il eût 12 fils, tous Tsaddikim, dans l’endroit le plus obscur de la terre. 

Cette grande force anime les Maitres de la Hassidouth. Les ‘Hassidim de l’Admour Haemtsaeï disaient à son sujet que si l’on ouvrait ses veines on y trouverait, non pas du sang, mais des paroles de ‘Hassidout.

La profondeur de la Torah coule dans ses veines, la volonté du ‘Hassid se fond dans La Volonté de D.ieu. L’esprit divin fusionne avec la matière comme la flamme du feu s’unit à la mèche d’une bougie et illumine l’obscurité du jour.

Dans le Dvar Mal’hout, le Rabbi insiste sur le fait que pendant cette période de l’exil juste avant le dévoilement du Machia’h nous devons simplement ‘ouvrir les yeux’. Chacun peut comprendre avec sa propre sensibilité ce que signifie ouvrir les yeux, cependant il est important de savoir l’explication que le Rabbi a lui-même donné : ‘Ouvrir les yeux c’est étudier la Hassidout’.

Par ailleurs, le Rabbi ajoute que l’étude des écrits de l’Admour Haemtsaeï a un caractère central et fondamental dans l’Etude des enseignements de la ‘Hassidout ‘Habad. Que notre Volonté s’accorde donc à la Volonté du Rabbi, afin de provoquer le dévoilement du Machia’h dès maintenant, en un clignement d’œil, avec l’aide d’Hachem.

 

 

Likoutei Si’hot Tome 1 : Les enseignements du Rabbi sur la Parachat Vayetsé

Likoutei Si’hot Tome 1 : Les enseignements du Rabbi sur la Parachat Vayetsé

 

 

La colère de D.ieu dans le monde
(Discours du Rabbi, Chabbat Vayétsé 5711-1950)

1. Notre Sidra commence par: «Yaakov quitta Beer Cheva et se rendit à ‘Haran». Rachi souligne que la Torah répète ici ce qu’elle avait déjà dit, à la fin de la Sidra précédente.

La Torah est particulièrement précise et nos Sages déduisent, d’une seule lettre supplémentaire, de nombreuses hala’hot. Combien plus la répétition, à différentes reprises, de tout un passage, doit-elle délivrer un enseignement pour toutes les générations, pour chaque période et chaque lieu, y compris pour notre époque, car la Torah est éternelle.

2. La Torah énonce deux raisons pour lesquelles cet endroit fut appelé Beer Cheva. D’une part, Cheva est de la même étymologie que Chevoua, le serment, faisant ainsi allusion à celui qui fut prononcé lorsqu’une alliance fut conclue entre Avraham et Avimélé’h. D’autre part, Cheva signifie sept et Beer désigne le puits. Il s’agit, en ce sens, d’une référence aux sept puits qui furent creusés après que Avraham ait conclu la paix avec Avimélé’h.

Ces deux explications décrivent donc une situation de calme pour les Juifs. Or, quittant Beer Cheva, Yaakov «se rendit à ‘Haran», lieu qui a une connotation radicalement opposée. Nos Sages, en effet, rapprochent ce nom de ‘Haron, la colère et en déduisent que ‘Haran est «le lieu de la colère de D.ieu dans le monde».

Or, on peut ici s’interroger. D.ieu nous donna la Torah et les mitsvot, de Sa main pleine et large. Quelle que soit la situation à laquelle on est confronté, on doit toujours mettre en pratique une injonction ou bien ce qui en découle, ou encore se garder de transgresser l’un des 365 interdits ou de leurs dérivés. D.ieu aurait donc pu nous libérer de tous les tracas, du soucis de l’exil, de la nécessité de subvenir à ses besoins matériels. Alors, il nous aurait été bien plus aisé de mettre en pratique les mitsvot.

Plus encore, pourquoi D.ieu ne fit-il pas qu’il nous soit inutile d’avoir recours à la matière? Pourquoi ne pourrions-nous pas résider en permanence dans la tente de la Torah?

c’est pour répondre à ces interrogations que la Torah nous raconte les pérégrinations de Yaakov, c’est-à-dire du premier homme qui fut pleinement représentatif d’israël. En effet, Avraham donna naissance à ichmaël et its’hak, à esav. tous les fils de Yaakov, en revanche, furent intègres.

Lorsque Yaakov dut se marier et fonder un foyer juif, on lui demanda de quitter Beer Cheva, de s’éloigner de la Yechiva de chem et d’ever, afin de se rendre à ‘Haran, lieu de la colère de D.ieu dans le monde.

Avant de donner naissance au peuple juif, il pouvait et devait donc se trouver à Beer Cheva, où D.ieu se révélait pleinement, où il était aisé de pratiquer les mitsvot, difficile de commettre une faute. Puis, il dut fonder une maison juive et il lui fallut alors quitter Beer Cheva pour se rendre à ‘Haran, où la Divinité était cachée et occultée.

De fait, le monde, Olam, est de la même étymologie que Elem, le voile, car il est conçu pour voiler D.ieu. Combien plus en était-il ainsi à ‘Haran.

A ‘Haran, il est très facile de commettre une faute et chaque mitsva requiert un intense effort. Mais, Yaakov parvint à surmonter ces épreuves. c’est ainsi qu’il put bâtir un foyer juif et tous ses enfants furent intègres.

Il y a bien là un enseignement pour chaque Juif. Celui qui est confronté à l’épreuve, réunit toutes ses forces et parvient à la surmonter, pourra, de la sorte, bâtir, de manière effective, un foyer juif, une maison lumineuse et chaleureuse.

3. La méthode que l’on doit adopter, lorsque l’on se trouve dans une telle situation, est décrite par la suite de notre Sidra.

Lorsque Yaakov partit pour ‘Haran, le verset dit que «il pria D.ieu». Ce fut là sa première action. Or, il se rendait en un endroit où il devait rencontrer celle qui allait devenir son épouse. Il aurait donc pu, dans un premier temps, apprendre la langue et les coutumes de ce pays, adopter la mode vestimentaire de ses habitants.

Yaakov ne fit rien de tout cela et sa seule préoccupation fut de prier D.ieu, avec ferveur.

Comme on l’a dit, ce récit relatif à Yaakov, comme tous ceux que la Torah rapporte, délivre un enseignement, pour toutes les générations.

Lorsque quelqu’un s’apprête à fonder un foyer juif, il pourrait se dire que, même si son activité, jusqu’alors, à consisté à étudier la Torah, à prier, à pratiquer les mitsvot, il se doit, maintenant, d’entrer dans le monde. Il lui faut donc mettre tout cela de côté et se consacrer à l’étude et à l’adoption des pratiques du pays, à imiter ceux qui l’habitent.

On doit donc dire à une telle personne que ce n’est nullement le cas. Sa seule préoccupation doit être la prière.

Et, bien au contraire, cette prière doit désormais jouer un rôle essentiel, dans sa vie. Auparavant, il étudiait la Torah, pratiquait les mitsvot et priait, sans se soucier d’aucune autre préoccupation. Mais, une telle attitude est insuffisante, lorsque l’on entre en contact avec le monde. Les épreuves que l’on affronte sont alors incomparablement plus fortes que les précédentes et il faut donc prier D.ieu de parvenir à les surmonter.

4. Se dirigeant vers ‘Haran, Yaakov, comme la Torah le raconte, «prit des pierres de l’endroit et les plaça sous sa tête». Rachi explique: «il en fit un abri, autour de sa tête, car il craignait les bêtes sauvages». Yaakov savait dans quel endroit il se rendait et il était conscient qu’en chemin, avant même d’arriver à ‘Haran, il pouvait rencontrer des bêtes sauvages. Il entoura donc sa tête avec des pierres, afin de se protéger de ces animaux.

Néanmoins, on peut se demander pour quelle raison Yaakov protégea uniquement sa tête et non le reste de son corps. Car, si l’on admet qu’il plaçait sa confiance en D.ieu, il n’aurait pas dû se couvrir la tête et, s’il ne voulait pas avoir recours à une protection surnaturelle, il aurait dû cacher l’ensemble de son corps, y compris ses pieds.

On peut trouver la réponse à cette question dans le verset: «Lorsque tu mangeras par l’effort de tes mains, tu seras heureux et tu connaîtras le bien», qui parle, très précisément, de l’effort des mains. Il est, en effet, deux moyens de gagner sa vie. On peut le faire uniquement par ses mains, afin de garder sa tête pour l’étude de la Torah et le service de D.ieu. On peut aussi s’y consacrer en y investissant également sa tête.

Le verset signifie donc que «tu mangeras par l’effort de tes mains», alors que ta tête se consacrera exclusivement à la Torah et aux mitsvot. En pareil cas, «tu seras heureux et tu connaîtras le bien», non seulement spirituel, mais aussi matériel. En effet, les artifices et les stratagèmes ne s’avèrent être d’aucune utilité et le verset affirme que «le pain n’appartient pas aux plus rusés». Bien au contraire, une telle attitude ne peut être que dommageable, comme l’établissent différents textes.

Lorsque Yaakov partit pour ‘Haran, il savait très bien où il allait. Il avait conscience qu’il devrait travailler chez Lavan, l’araméen, que, sur le chemin déjà, il pourrait rencontrer des bêtes sauvages. Il entoura donc sa tête avec des pierres, afin que celle-ci soit protégée, hors d’atteinte des tracas du voyage ou du travail auprès de Lavan. Il établit ainsi qu’il s’apprêtait à subvenir à ses propres besoins uniquement par l’effort de ses mains.

Il y a là un enseignement pour chacun, qui a le devoir de protéger sa tête. Lorsque celle-ci sera ce qu’elle doit être, les mains, les pieds, le seront également. Et, l’on gagnera sa vie en respectant scrupuleusement le choul’han Arou’h, en mettant en pratique les termes du verset: «la main gauche repousse et la droite rapproche», en courant, avec ses pieds, pour accomplir une mitsva.

5. Avec quoi Yaakov se protégea-t-il? Par quel moyen put-il se mettre à l’abri du monde? Avec des pierres. Non pas avec son intellect, pas plus qu’avec ses sentiments, mais bien avec des pierres, des minéraux inertes, dans lesquels n’apparaît aucun signe de vie. telle fut la protection dont il fit le choix.

Il en découle un enseignement pour tous.

Lorsque l’on se rend dans le monde et que l’on ne désire pas en subir l’influence, on doit, tout d’abord, se soumettre à D.ieu de la façon la plus parfaite, à l’image des pierres. L’intellect et les sentiments ne permettent pas d’obtenir un tel résultat. On doit donc considérer que l’on est une pierre, inerte, ainsi qu’il est dit «je reste silencieux» et «que mon âme soit comme poussière pour tous».

Un minéral ne peut se mouvoir par ses propres moyens. Il faut qu’une personne intervienne pour le déplacer. On doit donc ressentir que l’on est une pierre, un simple serviteur, que D.ieu déplace comme il l’entend. On suivra donc le mouvement qu’il imprègne, afin d’accomplir la mission qu’il confie.

6. La fin de la Paracha décrit la récompense qui découle de tout cela, «cette pierre dont j’ai fait un monument sera la maison de D.ieu». Celle-ci n’est pas bâtie avec de l’argent ou de l’or, mais bien avec de simples pierres. Bien plus, ce ne sont pas là des pierres de la ville, faisant partie d’une maison. Yaakov les trouva au milieu du chemin et elles n’en devinrent pas moins la maison de D.ieu.

Comment obtenir tout cela? en se protégeant de ces pierres et en se liant à D.ieu par un voeu, comme le fit Yaakov. Lorsque, par sa volonté propre, sa compréhension, ses sentiments, on ne désire pas faire une certaine action, on peut, néanmoins, se contraindre à l’accomplir, grâce à ce voeu. Et, c’est ainsi que l’on obtient la plus haute élévation, permettant que les objets les plus ordinaires dont on dispose appartiennent à la maison de D.ieu.

Il y a bien là un enseignement et une leçon pour chacun, en particulier pour les fiancés qui s’apprêtent à bâtir un foyer juif. Ceux-là doivent savoir que le livre de prière et le ‘houmach ne sont pas les seuls objets saints que l’on possède à la maison. Les fourchettes et les cuillères le sont tout autant. Comment bâtir une telle maison? en priant D.ieu, avant toute chose, non seulement en état d’éveil, mais même lorsque l’on dort, car Yaakov dormait et il constata que «ceci est la porte du ciel». L’endroit où l’on se trouve et l’ensemble de la maison deviennent ainsi un Sanctuaire pour D.ieu.

 

L’effort et la confiance
(Discours du Rabbi, 7 Kislev 5712-1951)

7. Notre Sidra raconte de quelle manière un seul et unique Juif se rendit dans un pays étranger, où il parvint dépourvu de tout. De fait, celui-ci pensait disposer de quelques biens, mais il s’aperçut que ce n’était pas le cas et dit: «c’est seulement avec mon bâton que j’ai traversé le Jourdain». Malgré cela, il était enthousiaste et avait le coeur léger, car il plaçait toute sa confiance en D.ieu.

Parvenu à ‘Haran, il prit conscience qu’il ne pouvait s’en remettre à personne, pas même aux membres de sa famille. Son oncle, Lavan, l’avait trompé. Malgré tout cela, il ne perdit pas sa confiance en D.ieu.

Il passa ainsi plusieurs années et fournit de multiples efforts, ainsi qu’il est dit:
«j’ai subi la chaleur, pendant le jour et le froid, pendant la nuit». Mais, il effectua son travail en plaçant sa confiance en D.ieu et il accumula ainsi de nombreux biens, une immense richesse. Plus important encore, tous ses enfants étaient intègres et avaient un bon comportement.

Avraham avait un bon fils, its’hak, mais il en avait un autre, ichmaël. Its’hak avait aussi un bon fils, Yaakov, mais il avait également esav. Or, Avraham et its’hak avaient éduqué leurs enfants en erets israël et non en exil. Cela ne les empêcha pas d’avoir pour enfants ichmaël et esav.

Yaakov, en revanche, se trouvait en exil, de même que ses enfants. Il ne pouvait faire confiance à personne et il s’écria: «D’où me viendra mon aide?».

Il devait à la fois travailler dur et s’assurer que ses douze enfants, ses filles et ses garçons se trouvant au milieu d’un peuple étranger, n’en adoptent pas les pratiques, mais se pénètrent de la Torah que lui-même, leur père âgé de plus de cent ans, avait reçue de ses parents, de ses grand-parents, de chem et d’ever. Il l’avait apportée avec lui et elle avait traversé le Jourdain en même temps que lui.

Or, c’est précisément de cette façon que Yaakov connut la réussite, «et l’homme devint très, très puissant». Il possédait une richesse considérable, qui lui donna la réussite et le bonheur, parce qu’il avait une raison beaucoup plus importante pour être heureux. tous ses enfants étaient intègres. Ses fils et ses filles ne furent nullement touchés par l’exil.

8. Le message et la leçon que ce récit nous délivre, à notre époque, sont bien évidents. Ils concernent la situation des Juifs, en général et de l’éducation, en particulier.

On peut constater que toutes les promesses n’ont aucune valeur, car «l’aide me viendra de D.ieu» et nous ne pouvons nous en remettre qu’à Lui, ce qui est possible uniquement à travers la Torah et les mitsvot.

Les enfants doivent être éduqués dans la tradition d’israël, «un peuple qui réside seul», avoir leur ‘heder, leur Yechiva, dans l’esprit de la Torah de D.ieu, que nous ont légué nos parents et nos grand-parents. Il faut mettre la Torah en pratique avec crainte de D.ieu, sans aucune concession. Ainsi, nos enfants seront intègres et nous avancerons, «avec nos fils et nos filles, avec nos jeunes et nos vieux». Le machia’h viendra et, à juste titre, nous pourrons lui dire: «Voici nos soldats, notre armée «made in America», qui est né et a grandi sur ce continent, mais qui est faite de Juifs intègres, prêts pour la délivrance».

Puisse D.ieu faire que nous allions, très bientôt et de nos jours, à la rencontre de notre juste machia’h, Amen.

 

Les lois du mariage
(Discours du Rabbi, 2 Kislev 5714-1953)

9. Le premier mariage évoqué par la Torah est celui d’its’hak. Néanmoins, la Torah parle uniquement de sa préparation. Le premier que la Torah décrit par le détail est donc celui de Yaakov, élu d’entre les Patriarches, duquel on déduit, du reste, plusieurs lois relatives au mariage juif.

Ainsi, deux lois sont apprises du verset, «emplis cette semaine», qui se rapporte au mariage de Yaakov, la nécessité de faire suivre le mariage de sept jours de festin, d’une part, l’interdiction de mêler deux causes de joie, par exemple un mariage et une autre fête, d’autre part.

On peut s’interroger, à ce propos. N’est-il pas dit que l’on ne peut rien déduire de ce qui se passa avant le don de la Torah?

Bien plus, la nécessité des sept jours du festin est établie par nos Sages. Certes, un avis considère que le premier jour pourrait être instauré par la Torah. Les suivants, en revanche, sont, d’après tous les avis, une institution de nos Sages. Il ne s’agit donc pas, à proprement parler, d’une interprétation de ce verset et l’on peut, du reste, l’expliquer par le fait que l’on ne déduit rien de ce qui s’est passé avant le don de la Torah.

Dès lors, comment apprendre, du même verset, que l’on ne peut mêler deux causes de joie, ce qui, d’après les tossafot, est l’interprétation qui doit être faite de ce verset et donc un principe instauré par la Torah?

10. L’explication est, en fait, la suivante. L’impossibilité de faire une déduction de ce qui s’est passé avant le don de la Torah se limite strictement au domaine de la hala’ha, laquelle fut introduite uniquement lors de la révélation du mont Sinaï. On peut, en revanche, à partir d’un récit précédant le don de la Torah, apprendre à connaître le psychisme des hommes, car celui-ci n’a pas été modifié par la révélation du Sinaï.

Ce qui vient d’être dit permet d’établir une différence entre les deux lois précédemment citées. La nécessité de célébrer sept jours de festin est une hala’ha. L’impossibilité de mêler deux causes de joie, par contre, découle du caractère des hommes. En l’observant, on peut conclure qu’il doit en être ainsi, comme nous le montrerons.

11. On peut envisager deux réactions, de la part de l’homme.

Lorsqu’un homme se trouve dans un certain état d’esprit, qu’il est, par exemple, joyeux, il pourra considérer toute chose de manière optimiste, même si sa joie a une raison bien précise. Mais, on peut également imaginer qu’il se réjouisse uniquement pour cette raison et pour aucune autre, bien plus, que cette joie le trouble, dans toute autre activité. La joie peut donc provoquer des effets opposés, dès lors que les causes sont différentes, l’une pouvant remettre l’autre en cause.

Tel est donc le sens de ce verset, «emplis cette semaine», qu’il faut interpréter de la seconde manière pour en déduire que l’on ne peut mêler deux causes de joie.

La joie des mariés, au même titre que celle qui est inspirée par n’importe quelle autre mitsva, doit pénétrer toutes les préoccupations de l’homme. Accomplir une mitsva, c’est, en effet, mettre en pratique la Volonté de D.ieu. Un homme doit le faire de son plein gré, ainsi qu’il est dit: «Fais que Sa Volonté soit la tienne». Dès lors, elle concentre tous ses efforts et, selon l’expression du Baal chem tov, «l’homme se trouve là où est sa volonté».

L’esprit doit, en conséquence, s’emplir de joie, parce que l’on sait que telle est la Volonté de D.ieu, concernant la réjouissance des mariés. Et, l’on peut déduire d’un récit précédant le don de la Torah qu’une joie peut en déranger une autre. On peut en conclure que l’on ne mélange pas la joie inspirée par une mitsva à celle qui est provoquée par une autre mitsva, car celle-ci en serait troublée.

12. On peut apporter une précision, relative à la dimension spirituelle de ce qui vient d’être dit.

Les Patriarches, avant le don de la Torah, atteignirent, par leurs efforts, la source des créatures. Ils acquirent ainsi la plus haute perfection qu’un homme puisse obtenir par ses forces propres. Néanmoins, tous leurs accomplissements furent spirituels. Car, la matière et l’esprit étaient alors hermétiquement séparés, comme le souligne le midrach rabba, en remarquant que: «Les habitants de rome ne descendront pas en Syrie, les habitants de Syrie ne monteront pas à rome».

Puis, lors du don de la Torah, cette coupure disparut et D.ieu dit: «Je prendrai moi-même la première initiative». Dès lors, «D.ieu descendit sur le mont Sinaï» et “il demanda à moché de monter». A l’heure actuelle, après le don de la Torah, un objet matériel permet donc de s’attacher et de s’unir à l’essence de D.ieu. tout cela est accompli par la force de D.ieu, qui prit, dans ce domaine, la première initiative.

Et, c’est en ce sens que l’on ne déduit rien de ce qui se passa avant le don de la Torah. C’est après ce don que la hala’ha fut introduite. Avant lui, il y avait différents moyens d’atteindre l’élévation spirituelle. Par la suite, en revanche, la Torah fut donnée et la hala’ha s’imposa. Elle introduisit une nouvelle manière d’agir, montra comment on pouvait, en un seul instant et en ayant recours à la matière, quitter le point le plus bas pour atteindre le sommet le plus élevé.

A l’opposé, les caractères de l’esprit humain peuvent être étudiés à travers les événements qui se passèrent avant le don de la Torah. Bien plus, en mettant en pratique la Torah et les mitsvot, on peut réparer ce qui se passa avant que celle-ci ne soit donnée, la cassure des réceptacles spirituels du monde de tohou, la faute de l’arbre de la connaissance du bien et du mal et les autres transgressions.

Avec la faute du veau d’or, le monde retrouva l’impureté émanant du serpent qui conduisit ‘hava à faire la faute, bien qu’il en avait auparavant été libéré. Il est donc important d’étudier les caractères, avant le don de la Torah. Pour transformer quelqu’un, il faut bien le connaître.

Néanmoins, ceci concerne uniquement celui qui subit la transformation. A l’opposé, pour celui qui la réalise, de même que pour la transformation proprement dite, on ne peut rien déduire de ce qui se passa avant le don de la Torah, car la hala’ha, révélée sur le mont Sinaï, modifia ce qui prévalait jusqu’alors.

13. Kislev est le mois de la libération et des miracles. C’est alors que nos maîtres nous ont révélé la dimension profonde de la Torah d’une manière plus complète et plus large. Grâce à celle-ci, on peut aborder avec plus d’enthousiasme la partie révélée de la Torah, accomplir les mitsvot avec plus de chaleur et donc d’une meilleure façon qu’avant d’en avoir connaissance.

L’étude de l’enseignement profond de la Torah vivifie et rend joyeuse celle de sa partie révélée et la pratique des mitsvot.

Et, ce qui a été dit auparavant s’applique également, en la matière. La révélation de la partie profonde de la Torah conditionne la hala’ha, la manière d’avancer dans le service de D.ieu. Il est certains accomplissements auxquels on ne pouvait prétendre auparavant, ou bien parce qu’ils étaient réservés à une élite, ou encore parce qu’ils exigeaient un effort intense. Désormais, le dévoilement de la partie profonde de la Torah permet, en la matière, de suivre la voie royale. Ces réalisations sont à la portée de tous les Juifs, grâce à l’enseignement de la Torah et à ses pratiques. Et, ils peuvent y avoir accès dans la joie.

L’un des grands principes du Baal chem tov est: «servez D.ieu dans la joie». Avant même son époque, on sait que le Ari Zal reçut l’inspiration divine par la joie qu’il éprouva de la pratique des mitsvot.

Pourquoi peut-on apprendre le caractère des hommes en consultant les récits précédant le don de la Torah? Parce que nous devons transformer ce qui s’est alors passé. Les âmes de notre génération, pour la plupart, ne se trouvent pas pour la première fois dans le monde, mais se sont réincarnées afin de rectifier ce qu’elles ont fait auparavant, en particulier pour tout ce qui concerne l’étude de la Torah.

Le choul’han Arou’h de l’Admour hazaken, lois de l’étude de la Torah, précise que l’âme se réincarne autant de fois qu’il le faut pour accomplir l’ensemble des mitsvot, connaître les quatre paliers d’interprétation de la Torah, le sens simple, le sens allusif, le sens analytique et le sens ésotérique, selon ses capacités et sa source spirituelle.

C’est uniquement de cette manière que l’âme parvient à la perfection et qu’elle peut, dans sa source première, se lier profondément à D.ieu.

Traduit par le Rav Haim Mellul

 

 

Texte et Audio : Paracha Toldot  ‘L’huile du mois de Kislev’  par le Rav Yaacov Abergel

Texte et Audio : Paracha Toldot ‘L’huile du mois de Kislev’ par le Rav Yaacov Abergel

(Pour l’élévation de l’âme de Hananiah ben Yaacov)

 

La Paracha Toldot décrit la naissance de Yaakov et de Essav. Yaakov, qui est l’élu des patriarches, est un Juste. Essav, son frère jumeau, est un ‘méchant’.

Il existe cependant un enseignement très particulier de Rabbi Chimon Bar Yo’haï qui n’est pas sans nous inspirer les enseignements du Rabbi et sa vision profonde de la réalité.

Yaakov du fait qu’il avait agi avec ruse, vis à vis d’Essav, pour recevoir la bénédiction d’Itz’hak, craignait de revoir son frère. Aussi, Rachi nous enseigne qu’Essav tenta de tuer Yaakov lorsqu’il le retrouva. Selon Rachi, quand Essav embrassa son frère, il essaya de le mordre dans le cou.

Rabbi Shimon, quant à lui, n’interprète pas de la même façon le ‘baiser d’Essav ».

Dans la Guémara il est écrit que Moché vit un jour le Saint béni soit-Il qui était en train d’ajouter des couronnes sur certaines lettres de la Torah. Moché demanda alors à l’Eternel quel était le sens de ces couronnes.

D.ieu lui répondit qu’un sage du nom de Rabbi Akiva tirerait des enseignements à partir de chacune de ces couronnes (Tagim). Nous apprenons de là, que chaque lettre, chaque point, chaque détail de la Torah possède une signification profonde.

Il en va de même au sujet du verset dans lequel il est question du baiser d’Essav (Vaïchla’h, 33, 4) : « Essav courut à sa rencontre, l’enlaça, tomba sur son cou, l’embrassa, et ils pleurèrent. »

D’après la Hala’ha lorsqu’un Sofer écrit ce verset, il doit mettre un point au-dessus de chacune des lettres du mot ‘Vaïchakéou’ (‘il l’embrassa’). Rabbi Shimon Bar Yo’haï nous révèle la signification profonde de ces points. Il explique que ces points signifient qu’Essav embrassa Yaakov ‘de tout son cœur’.

Le baiser d’Essav était véritable. Il venait de la profondeur de son cœur, de l’essence de son âme.

Ce baiser nous montre qu’un juif quel qu’il soit, (même s’il est vil et grossier) aime D.ieu, la Torah et Israël au plus profond de lui-même.

Aussi, nous-mêmes, dont la mission consiste à rapprocher chaque juif de son Père qui est dans le ciel, de son frère juif, et de la Torah, devons avoir constamment à l’esprit la nature véritable de l’âme de celui que l’on essaie de rapprocher. De fait, la racine de l’âme de chaque juif est liée à l’Essence divine, comme l’exprime l’exemple du baiser d’Essav.

Cela s’accorde avec l’enseignement du Rabbi selon lequel ‘un ‘hassid est un allumeur de réverbères’. ‘Allumer la flamme’ c’est réveiller le lien qui unit un juif à D.ieu, à son frère juif, et à la Torah. C’est amener un juif à ’embrasser Yaakov’, à s’attacher à D.ieu de manière profonde.

Le mois de Kislev est à lui tout seul ‘un baiser’ car il est le mois de la ‘Hassidout, laquelle est un ‘baiser divin’.

La ‘Hassidout est une source de vitalité. La vitalité la plus profonde et la plus intérieure. Une vitalité qui détient la force unique de transformer le mal en bien.

C’est pour cette raison que la ‘Hassidout est comparée à l’huile. L’huile pénètre dans les matières les plus dures et les plus résistantes. De même la ‘Hassidout pénètre jusque dans les niveaux les plus vils et les plus grossiers, jusqu’à toucher l’âme animale.

L’huile pure qui vient ‘des olives concassées que les enfants d’Israël apportent à Moché pour allumer la Ménorah’ n’arrête pas de couler tout le mois de Kislev.

Le 9 Kislev est le jour de l’anniversaire de l’Admour Haemtsaeï. Ses ‘Hassidim disaient à son sujet, que si l’on ouvrait ses veines on y trouverait des paroles de ‘Hassidout.

La ‘Hassidout insuffle la vie véritable. Le 19 Kislev, jour de la libération de l’Admour Hazaken, n’est pas sans nous rappeler, que la ‘Hassidout libère l’âme divine. Les lumières de la fête de ‘Hannouka ne sont pas, elles non plus, sans évoquer la puissance de l’âme juive.

La puissance de la ‘Hassidout, l’Essence de la Torah, vient du lien qui l’unit à D.ieu. Le mois de Kislev est celui de Yé’hida, laquelle désigne l’essence de l’âme juive. Yé’hida est du genre féminin, car Yé’hida reçoit sa lumière de Ya’hid: l’Unique, le Saint béni soit-Il.

Yé’hida est liée à l’Essence divine comme la mèche d’une bougie s’accroche à la flamme.

Il est rapporté dans le livre du Tanya l’enseignement d’un enfant du nom de Ynouka: La mèche d’une bougie correspond à l’âme animale, et l’huile qu’elle absorbe est celle de la Torah et des Mitsvoth.

Lorsqu’un juif accomplit les Commandements divins (l’huile), l’âme animale (la mèche) se consume, c’est à dire qu’elle se transforme et permet alors à la lumière de la Che’hina de s’unir à la mèche.

Il paraît à première vue étonnant qu’un jeune enfant ait pu délivrer un tel enseignement. Mais au regard du Rabbi il n’y a rien d’étonnant.

En effet, dans le Dvar Mal’hout (Paracha Toldot), le Rabbi explique que les enfants d’Israël dévoilent l’essence de leur âme. Un enfant juif n’a nul besoin d’avoir recours à l’intellect, ni même aux sentiments, pour ressentir que D.ieu fait partie de sa vie. Il reconnaît D.ieu, comme nous l’exprimons quand nous disons dès notre lever la prière de ‘Modé ani’.

Le Rabbi explique qu’avant toutes choses nous reconnaissons d’abord l’Eternel, car nous disons en premier : ‘Modé’ (‘Reconnais’), et seulement après nous disons ‘ani’ : je. Ainsi, cette prière exprime pleinement que nous reconnaissons Son existence avant la nôtre.

C’est cela ‘l’huile du mois de Kislev’. Ce mois qui représente à lui tout seul l’huile de la Torah, son essence. Et puis, et avant tout, vient le Rabbi. Son enseignement a pour effet de faire jaillir l’étincelle de vie par laquelle tout arrive. Par laquelle le feu divin brûle et se révèle dans le corps et dans l’âme d’Israël. Ce feu dont la blanche lumière a le pouvoir de dévoiler notre Juste libérateur. Le Machia’h.

 

 

Texte et Audio : ‘Hayé Sarah  « La Beauté de Sarah : la Lumière infinie de D.ieu », par le Rav Yaacov Abergel

Texte et Audio : ‘Hayé Sarah « La Beauté de Sarah : la Lumière infinie de D.ieu », par le Rav Yaacov Abergel

(Pour l’élévation de l’âme de ‘Hananiah ben Yaacov)

Dans le Dvar Mal’hout sur la Paracha ‘Hayé Sarah, le Rabbi de Loubavitch explique que le mariage d’Itz’hak et de Rivka représente de manière profonde l’union entre l’esprit et la matière.

Itz’hak symbolise en effet l’esprit, et Rivka symbolise le corps, la matière. La ‘Hassidout nous enseigne par ailleurs que l’union de l’esprit avec la matière correspond à l’union de deux Noms divins : ‘Mah’ et ‘Ban’.

Le Nom ‘Mah’ représente la spiritualité et le Nom ‘Ban’ représente la matérialité.

Dans une Si’ha (Séfer HaSi’hot, 5752, ‘hélek alef, page 106), le Rabbi écrit que ‘le Machia’h représente l’union entre ‘Ban’ et ‘Mah’ car d’un côté, il est un homme de chair et de sang (Ban), et de l’autre il est comme le Saint béni soit-Il (Mah), car « il est l’envoyé du Saint-béni-soit-Il, et ‘l’envoyé’ est vraiment considéré comme celui qui l’envoie’.

De fait, le Machia’h hérite du Saint béni soit-Il cette qualité qui n’appartient qu’à D.ieu de réaliser l’union entre l’Essence divine et ce monde matériel.

Le mariage d’Itz’hak et de Rivka représente également cette fusion de l’Esprit Divin avec la matière. C’est la raison pour laquelle le Rabbi souligne que ce Mariage est le fondement de tous les Mariages Juifs de toutes les générations, mais il est aussi à l’origine de l’Union qui allait se réaliser plus tard sur le Mont Sinaï entre le Saint béni soit-Il et l’Assemblée d’Israël, car la Torah qui fut donnée en ce jour représente l’union du ‘ciel’ et de la ‘terre’, de l’esprit divin avec le monde matériel.

De manière profonde la Torah elle-même exprime l’union entre l’esprit et la matière. L’Admour Hazaken explique au sujet du verset ‘la voix est celle de Yaakov’ que la Torah est aussi appelée ‘la Voix’. De même que la voix d’un homme unit un sentiment immatériel et impalpable, avec la parole qui est matérielle, la Torah est appelée ‘la Voix’ qui unit l’esprit divin qui est impalpable, avec les lettres matérielles écrites au moyen de l’encre sur du parchemin.

Ce fut Eliézer, le serviteur d’Avraham, qui fut le premier Chalia’h de la Torah, il fut désigné par Avraham et il servit d’émissaire pour concrétiser l’union d’Itz’hak et de Rivka, l’Union de l’Esprit avec le corps. De la même façon, L’Eternel désigna Moshé pour unir l’Esprit Divin, qui est donné dans la Torah, avec le Corps de l’Assemblée d’Israël, et de la même façon, Le Saint béni soit-Il désigne le Rabbi pour ‘unir les enfants d’Israël avec Or ein Sof’.

Le Rabbi ‘unit les enfants d’Israël avec Or ein Sof’ de par le fait qu’il délivre les enseignements de la ‘Hassidout, qu’il les met à la portée de tous les juifs, bien que ces enseignements aient tous un contenu extrêmement élevé. De fait, l’Assemblée d’Israël est elle-même comparée à un grand Corps.

Le Rabbi est ‘la tête’ de ce corps. Il le dirige le guide. Il agit de telle sorte qu’il sanctifie le corps de l’Assemblée d’Israël, le raffine, transforme sa grossièreté et l’amène à percevoir le Divin.

L’Essence de la Torah parvient donc, grâce au Rabbi, à pénétrer dans le cœur et dans l’âme du juif le plus simple. Plus encore, ces enseignements finissent même par être cristallisés par des actes concrets, et par cela le Rabbi réalise l’union entre l’esprit divin et l’action matérielle et concrète.

Le Rabbi nous permet donc de réaliser notre mission sacrée de faire de ce monde une demeure pour l’Essence divine. Ce sujet concerne tous les domaines de l’existence. Tous sans exception. Mais peut-être convient-il ici de s’attacher tout particulièrement au sujet de ‘la Beauté’.

Dans l’une de ses Si’hot, le Rabbi a expliqué que la Beauté de Sarah venait du fait que l’âme de Sarah puisait sa Lumière de la Lumière d’Or ein Sof : la Lumière infinie de D.ieu.

‘Sarah était belle à 7 ans comme à 20 ans comme à 100 ans’, cette déclaration, au premier abord, est étonnante. L’homme est soumis aux changements, le temps agit sur lui, et l’on voit bien que l’aspect du corps change au fil des années. Comment dans ce cas doit-on comprendre que Sarah était belle à tous les âges ?

Comme nous l’avons dit, la réponse donnée par le Rabbi est que ‘l’âme de Sarah puisait sa Lumière dans la Lumière infinie de D.ieu’. Pour comprendre cette réponse du Rabbi nous devons comprendre que ‘la Lumière infinie de D.ieu’ est au-delà de l’espace et du temps, au-delà des limites que nous imposent ce monde matériel.

Aussi, du fait que Sarah est l’épouse d’Avraham, le premier Juif, il apparaît clairement qu’elle possède cette qualité, propre à chaque Juif, d’avoir une âme qui est ‘véritablement une parcelle de Divinité d’En-Haut’.

Lorsque nous approfondissons notre étude de l’âme Juive à partir des enseignements des Maîtres de la ‘Hassidout ‘Habad, nous apprenons que ‘l’Essence de l’âme Juive est enracinée dans l’Essence divine’. Cependant, dévoiler en nous-même la force de l’Essence divine exige un travail important de notre part.

L’Essence de notre âme ne s’habille pas dans notre corps. Pour reprendre l’exemple du livre du Tanya, elle est comme l’extrémité de cette corde qui est accrochée tout en haut dans le ciel, et dont la deuxième extrémité descend tout en-bas sur la terre. Aussi, quand on agite cette deuxième extrémité cela a un effet sur la première. De la même façon, lorsque l’homme agit de tout son pouvoir au moyen des forces limitées de la partie de l’âme qui s’habille dans son corps, c’est à dire son intellect, ses émotions, et ses actes, il parvient à ce que L’Eternel dévoile dans son corps la force illimitée de l’Essence de son âme, laquelle est enracinée dans l’Essence divine.

C’est à ce sujet que le Rabbi déclare que ‘l’âme de Sarah puise sa Lumière de la Lumière d’Or ein Sof, de la Lumière infinie de D.ieu’.

L’attachement de Sarah à D.ieu est tel que son corps était empli de cette lumière qui est au-delà de ce monde, de cette lumière infinie qui a le pouvoir de briser les limites du temps, et c’est pour cette raison que Sarah n’était jamais affectée par les affres du temps. C’est pour cela précisément quelle était belle à 7 ans comme à 20 ans, comme à 100 ans, car le temps n’avait aucune emprise sur elle.

 

 

 

 

Le Rabbi nous enseigne d’ailleurs que les chiffres 7, 20 et 100, sont une allusion à l’enchaînement des mondes :

Le chiffre 100 représente la Couronne qui surplombe l’enchainement des mondes : la Séfira de Kéter,

Le Chiffre 20 représente ‘Ho’hmah et Binah : les deux premières Séfiroth du monde d’Atsilout.

Le chiffre 7 représente les six Midot du monde d’Atsilout : ‘Hessed, Gvurah, Tifféreth, Netsah, Hod, Yessod, et la Séfira de Mal’hout.

Ainsi, 127 ans, les jours de la vie de Sarah évoquent la descente de la Lumière divine depuis la Séfira de Kéter jusqu’à celle de Mal’hout. En d’autres termes, ils évoquent le travail qui incombe à’ chaque Juif de faire de ce monde, et de notre corps, une demeure pour l’Essence divine.

Lorsque nous y parvenons, alors nous atteignons ce que nous pouvons appeler ‘la Beauté véritable’, à l’image de notre Matriarche Sarah.

Texte et Audio : Paracha Vayéra  ‘De ma chair je verrais D.ieu !’, par le Rav Yaacov Abergel

Texte et Audio : Paracha Vayéra ‘De ma chair je verrais D.ieu !’, par le Rav Yaacov Abergel

 Pour l’élévation de l’âme de ‘Hananiah ben Yaakov

 

‘L’Eternel lui apparut dans les plaines de Mamré, alors qu’il était assis à l’entrée de la tente, dans la chaleur du jour’.

Selon l’explication de Rachi ‘la chaleur du jour’ signifie que ‘Le Saint béni soit-Il fit sortir le soleil de son enveloppe afin de ne pas le fatiguer avec des invités’, et le Rabbi souligne que ‘le soleil qui sort de son enveloppe’ évoque le dévoilement du Nom divin ‘Havayéh’ (le soleil), lequel ‘sort de son enveloppe’, c’est-à-dire qu’il n’est plus caché par le Nom divin ‘Elokim’ (son enveloppe).

‘Le soleil qui sort de son enveloppe’ est donc une allusion au dévoilement supérieur de l’Essence divine, laquelle est symbolisée par le nom ‘Havayeh’.

La Mitsvah de la Mila a en effet ceci de supérieur à toutes les autres Mitsvoth de la Torah, qu’elle attire la Sainteté, non seulement dans la matière du corps, mais également dans la matière de ce monde. En effet la promesse que fit Hachem à Avraham de lui donner, et de donner à tous les enfants d’Israël, la Terre d’Israël, dépend de la Mitsvah de la Mila.

Dans le Dvar Mal’hout de la Paracha ‘Le’h Lé’ha’, le Rabbi nous explique que nous ne possédons pas à présent la totalité de la Terre d’Israël, car nous ne possédons que sept des dix Terres qui constituent sa totalité (de manière profonde les sept Terres que nous avons reçues correspondent aux sept Midot : les sept attributs de l’émotion, et chaque Mida inclut en elle les sept Midoth, ce qui fait un total de 49).

Ce n’est que dans les Temps messianiques que nous recevrons les trois Terres de ‘Kini’, ‘Knizi’ et ‘Kadmoni’, lesquelles correspondent aux trois forces de ‘Habad : ‘Hohmah’, ‘Binah’ et ‘Daat’. Il y a d’ailleurs une allusion à ce dévoilement, qui aura lieu au moment de la Délivrance, dans notre Paracha (Vayéra, 18, 2) :  Avraham ‘leva les yeux, il vit, et voici trois hommes qui se tenaient debout devant lui’, car le Rabbi nous enseigne que ces ‘trois hommes’ représentent en réalité l’Essence des 3 attributs divins de ‘Hokhmah’ ‘Binah’ et ‘Daat’.

Ces ‘trois hommes’ ne sont donc pas sans évoquer le don des trois Terres et le dévoilement des trois Mo’hin qui auront lieu pendant la Délivrance, et qui de ce fait ‘se tiennent devant nous’, les enfants d’Avraham, car ‘la chose est proche de nous dans notre bouche et dans notre cœur pour l’accomplir’, et dans les Temps messianiques L’Eternel dévoilera enfin aux enfants d’Israël, par l’intermédiaire du Machia’h, la ‘Cinquantième Porte de la Connaissance’.

Le lien qui existe entre le corps et la Terre d’Israël apparaît ici à l’évidence car l’acquisition de la totalité de la Terre d’Israël dépend directement du fait de nous préparer à la venue du Machia’h, c’est à dire de faire tout ce qui est en notre pouvoir pour sanctifier notre corps, d’abord par la circoncision ‘matérielle’, qui consiste à faire pénétrer l’Alliance avec D.ieu dans notre propre chair, mais aussi par la circoncision ‘spirituelle’ qui consiste à étudier l’Essence de la Torah, la ‘Hassidouth, afin de devenir un réceptacle pour recevoir le dévoilement des trois Terres de ‘Kini’ ‘Knizi’ et ‘Kadmoni’, qui correspondent, comme il vient d’être dit, à la ‘Cinquantième porte de la Connaissance’ : ‘Torah Hadacha’, la Torah du Machia’h.

La ‘Hassidout revient constamment sur le fait que la Volonté du Saint béni soit-Il, le but de Sa Création, est Son désir de résider dans ce monde matériel. Or, ce monde est le plus bas d’entre tous les mondes, et force est de constater que ‘c’est précisément sur cette Terre inférieure que se révèle Son Essence’.

Ce principe essentiel s’exprime tout particulièrement par l’exemple de Moché. Hachem le choisit pour être le Berger d’Israël car ‘il est le plus humble parmi tous les hommes de la Terre’. A l’exemple d’Avraham qui a déclaré de lui-même qu’il n’est que ‘poussière et cendre’, Moché est humble comme ‘la poussière de la Terre que tout le monde piétine et qui ne s’en plaint jamais’.

De manière profonde, la ‘Terre’ représente la soumission la plus totale vis-à-vis de L’Eternel. C’est parce qu’il est humble, qu’il mérite que D.ieu se révèle à lui : ‘L’Essence divine Se révèle précisément sur la Terre’. C’est à ce sujet que le Rabbi rapporte dans le Dvar Mal’hout la déclaration du Roi Chlomo selon laquelle : ‘Les cieux et les cieux des cieux ne peuvent pas Te contenir, mais le Beït Ha Mikdache qui se trouve ici, dans ce monde inférieur, le peut’.

Dans le Dvar Mal’hout le Rabbi explique que lorsqu’un Juif lit dans la Torah : ‘L’Eternel lui apparut’, il doit comprendre que le mot ‘lui’ s’adresse à lui-même. Le mot ‘lui’ ne désigne pas une seule personne, il vient inclure l’ensemble des enfants d’Israël, lesquels reçoivent ‘une parcelle de divinité d’En-Haut’, le huitième jour qui succède à leur venue au monde, au moment de la circoncision. L’Alliance avec l’Eternel s’inscrit alors dans la profondeur de leur chair, comme un signe gravé dans l’âme et dans le cœur.

‘L’Eternel lui apparut’ représente le moment de la circoncision, pendant lequel l’âme divine pénètre profondément dans le corps de l’enfant. Peut-être est-il possible de dire ici sous la forme d’un ‘Hidouch qu’il est aussi fait allusion à cela dans le verset décrivant Avraham ‘alors qu’il était assis à l’entrée de la tente’ (Vayéra, 18, 1).

En effet, l’Admour Hazaken dans l’un de ses discours ‘Hassidiques a comparé l’âme à une tente, et cette image d’Avraham assis à l’entrée de la tente n’est donc pas sans évoquer ce moment unique pendant lequel l’âme s’asseoit dans le corps, c’est à dire le moment de la circoncision, de l’Alliance éternelle entre le Saint béni soit-Il et les enfants d’Israël, de l’Alliance entre l’âme et le corps.

A la lumière de ce qu’il vient d’être dit, le Rabbi raconte l’histoire du Rabbi Rachab (dont l’anniversaire est le 20 du mois de Mar-Hechvan), lorsque âgé de 4 ou 5 ans, il entra dans le bureau de son grand-père, le Tsémach Tsédek en pleurant et en se plaignant, disant : ‘L’Eternel est apparu à Avraham mais à nous il ne nous est pas apparu’.

Cette histoire nous enseigne l’importance de désirer nous-même au point d’en pleurer le dévoilement de D.ieu. L’exemple du Rabbi Rachab lorsqu’il est un enfant parle de lui-même.

Un des mots employés par le Rabbi dans l’histoire qu’il nous raconte attire tout particulièrement notre attention. Le Rabbi Rachab ne dit pas ‘L’Eternel ne m’est pas apparu’, mais il dit : ‘L’Eternel ne nous est pas apparu !’. Le Rabbi Rachab désire que L’Eternel apparaisse aux yeux de tous :’ne nous est pas apparu’, et non pas seulement à ses propres yeux.

Par ailleurs, le Rabbi souligne ici la qualité des jeunes enfants d’Israël. Leur attachement à D.ieu ne dépend pas des forces de leur intellect, ni même de leurs sentiments. Leur attachement à D.ieu découle de l’Essence de leur âme, du lien qui dépasse la raison et l’intellect.

Dans son ouvrage intitulé : ‘La Source’, le Rabbi Rachab nous enseigne que ‘l’intellect affaiblit la volonté’. Cette volonté inébranlable de faire le bien et de s’éloigner du mal, pour ne faire que la Volonté du Saint- béni-soit-Il. Cette volonté de voir avec nos yeux de chair le dévoilement de D.ieu, de Son Temple, de Sa Torah ‘Hadacha, et de Son Machia’h.

Un des points essentiels du Dvar Mal’hout sur notre Paracha, est que chaque Juif possède la capacité de dévoiler et de révéler dans nos actions, la partie la plus profonde son âme. Lorsqu’il nous enseigne ce sujet, le Rabbi déclare que ‘L’âme divine est une parcelle de divinité véritable, et lorsque l’on détient, ‘tofès, une partie de l’Essence, on la détient dans sa totalité. On détient véritablement l’Essence divine’.

Aussi, le mot ‘tofès’ (‘tfisa’ : ‘détention’) est lié à l’acquisition, au ‘kinian’, par lequel un homme devient propriétaire de la chose acquise. Ainsi, chaque Juif ‘tofès’ et acquiert, devient propriétaire de l’Essence divine de manière véritable’.

La circoncision matérielle sur notre chair est la première étape vers cette acquisition. ‘L’Eternel lui apparut’ au moment désigne la première apparition de l’âme divine dans le corps au moment de la Brith-Mila, puis par notre attachement à la partie profonde de la Torah, par notre attachement à tous les enseignements du Rabbi, nous parviendrons à la circoncision de notre cœur, à ‘aimer D.ieu de tout notre pouvoir’, et dans cas L’Eternel nous apparaîtra, et nous Le verrons avec nos yeux de chair, ainsi qu’il est dit : ‘De ma chair je verrais D.ieu !’

Très bientôt et de nos jours, avec l’aide de D.ieu.

 

 

 

Texte et Audio : Paracha Lé’h-Lé’ha  « Arba Amot »  « quatre coudées », par le Rav Yaacov Abergel

Texte et Audio : Paracha Lé’h-Lé’ha « Arba Amot » « quatre coudées », par le Rav Yaacov Abergel

Pour l’élévation de l’âme de Hananiah ben Yaacov et Yamna

 

 

Dans l’une de ses Si’hot, le Rabbi déclare que ‘Chaque nouvelle année amène avec elle une nouvelle mission divine. En conséquence, écrit l’Admour Hazaken dans le Iguéreth Ha Kodech, il y a aussi une nouvelle révélation de lumière divine sans précédent, afin que le Juif utilise cette lumière pour éclairer ce qui a été précédemment impénétrable….

Un Juif s’efforce toujours, chaque jour, de ‘progresser en sainteté, et combien plus quand il y a un changement fondamental’ (le mot ‘Chana’, ‘l’année’, vient du mot ‘Chinouïe’, ‘changement’).

Le début de chaque nouvelle année commence de nouvelles hauteurs, dans la mission pour laquelle l’homme a été créé, un nouveau degré dans son service de D.ieu. Chaque Juif est tenu de progresser chaque jour et encore plus chaque année. Chaque Juif en a l’obligation, et en reçoit la force’.

Cette déclaration du Rabbi n’est pas sans nous rappeler l’ordre que L’Eternel adressa à Avraham (Le’h-Le’ha, 12, 1) : ‘Va pour toi hors de ta terre, de ton pays natal et de la maison de ton père vers la terre que Je te montrerai’.

Chaque Juif se doit de quitter le niveau dans lequel il se trouve, pour atteindre un niveau supérieur. Or, conformément au verset sur lequel se fonde le livre du Tanya de l’Admour Hazaken selon lequel ‘La chose est très proche de toi, dans ta bouche et dans ton cœur pour l’accomplir’, il est possible de dire que ‘la Terre que Je te montrerai’ est très proche de nous, car celle-ci n’est autre que les quatre coudées qui nous entourent.

Afin que les ‘gens n’en viennent pas à se quereller’, les Sages établirent un mode d’acquisition d’après lequel ‘Les objets se trouvant à l’intérieur des quatre coudées entourant une personne lui sont acquis, où qu’elle soit’.

Le fondement de cette Hala’ha procède du fait que les quatre coudées qui nous entourent sont considérées par la Torah comme l’extension de notre propre personne. Dès-lors, nous comprenons sans la moindre difficulté ‘qu’un ‘objet qui se trouve à l’intérieur des quatre coudées qui nous entourent nous est acquis quelque-soit l’endroit où nous nous trouvons’.

De fait, ‘les quatre coudées qui nous entourent sont une extension de nous-mêmes’ pour la simple et bonne raison que l’Essence de notre âme réside en cet endroit.

C’est en effet ce que l’Admour Haemtsaeï nous enseigne dans le ‘Imreï Binah’, quand il déclare que ‘lorsqu’un Juif se trouve en dehors de la terre d’Israël, il sanctifie le sol profane par le simple fait de marcher car l’Essence de son âme, laquelle est enracinée dans l’Essence divine, réside dans les quatre coudées qui l’entourent’.

L’image de cet homme qui sanctifie, au fur et à mesure de sa marche, cette terre profane, exprime la qualité de l’Essence divine de prendre possession de la terre, c’est-à-dire de transformer la terre profane en une terre de sainteté.

Le Rabbi dit à ce sujet (Iniana chel Torat Ha ‘Hassidout, chapitre 20) : ‘Le niveau de Yé’hida se répand dans les quatre coudées qui entourent l’homme. C’est pour cela qu’un homme acquiert un objet sans même qu’il n’aît besoin de le formuler par la parole, et sans même qu’il n’en ait conscience (qu’il ne le sache), car le niveau de Yé’hida n’est ni lié à la raison ni à l’intellect (Yé’hida est au-delà).

La révélation de l’Essence divine dans les quatre coudées a pour but d’acquérir un objet. L’acquisition d’un objet matériel qui n’est pas ‘à la portée’ de l’homme : les forces de l’homme lui-même, les niveaux de Néfèch Roua’h Néchama et ‘Haya qui correspondent aux ‘quatre coudées’, ne lui permettent pas d’attirer et de dévoiler le niveau de Yé’hida.

C’est uniquement quand ces forces sont employées à l’action de raffiner et de purifier un objet matériel et profane pour ‘l’acquérir’, c’est-à-dire pour le transformer en un objet sacré, que se révèle le niveau de Yé’hida dans ces quatre forces de l’âme (les quatre coudées)’.

Cette explication du Rabbi, nous amène à comprendre que les quatre coudées qui nous entourent correspondent aux quatre niveaux de l’âme : Néfech Roua’h Néchamah et ‘Haya, et nous comprenons que l’acquisition d’un objet matériel qui se trouve dans les quatre coudées qui nous entourent, correspond de manière profonde à la transformation d’un objet profane en un objet sacré.

Cependant, le Rabbi nous précise ici que la Ye’hidah ne se dévoile pas seulement dans l’objet matériel, mais également au sein des quatre niveaux de l’âme elle-même (Néfech Roua’h Néchamah et ‘Haya).

C’est là un point essentiel, car le Rabbi explique que ce n’est que par eux, par ces quatre niveaux de l’âme, que la Yé’hida pénètre l’objet matériel.

Ce principe est le même dans la Création du monde. Seul L’Eternel est capable de créer à partir du néant. La Création ne peut venir que du pouvoir de L’Essence divine (dont l’existence ne provient que d’elle même). Or ‘c’est par l’intermédiaire de la lumière que le pouvoir de l’Essence amène (porte) à l’existence un objet à partir du néant’ (Séfer Ha Maamarim, 5711, page 39, et Iguéreth Ha Kodech, 20).

Ainsi, le Rabbi explique (Likouteï Si’hoth, 3, page 956) que la diffusion de l’Essence divine dans les actes que l’on accomplit, dépend des ressources intérieures humaines, des forces de l’âme qui s’habillent dans le corps, c’est-à-dire des forces de l’intellect et des émotions.

A la lumière de tout ce qui vient d’être dit, nous pouvons comprendre que l’acquisition de la Terre d’Israël correspond à la révélation de l’Essence de l’âme, laquelle réside dans les quatre coudées qui nous entourent, au moyen des ‘quatre coudées spirituelles’ de notre âme, des forces de notre intellect (‘Habad), et de nos sentiments.

Notre mission consiste à faire de ce monde profane une demeure pour L’Essence divine, et l’exemple d’Avraham vient pour nous inspirer pour ‘aller de prodiges en prodiges’, ‘Le’h-Le’ha’, afin de parvenir jusqu’au dévoilement de l’Essence divine sur ‘la terre que Je te montrerai’.

De fait, ‘Je’ représente l’Essence divine, et la ‘terre’ représente aussi bien la Terre d’Israël, que le corps de l’homme qui a ‘été formé à partir de la terre sur laquelle allait être construit le Temple’ (Rachi).

Ainsi ‘la terre que Je te montrerai’ est une allusion au dévoilement de L’Essence divine (‘Je’), aussi bien sur la terre que dans le corps de l’homme.

A l’évidence, c’est en suivant les pas du Rabbi que nous aurons le mérite d’atteindre ce niveau, avec le dévoilement de notre Juste Machia’h, très bientôt et de nos jours avec l’aide de D.ieu.

 

 

 

Texte et Audio  : Dvar Mal’hout Parachat Noa’h – « Havayeh Hou Ha Elokim », par le Rav Yaacov Abergel

Texte et Audio : Dvar Mal’hout Parachat Noa’h – « Havayeh Hou Ha Elokim », par le Rav Yaacov Abergel

 

pour l’élévation de l’âme de ‘Hanania ben Yaacov et Yamna

 

Il existe plusieurs Noms divins et chacun d’entre eux est l’expression d’une qualité divine particulière. Le Nom divin ‘Havayéh’ vient de ‘Hithavout’ : ‘Création’, et il désigne donc la force créatrice au moyen de laquelle l’Eternel crée la matière de ce monde à partir du néant. Cependant, c’est le Nom divin ‘Elokim’ qui est employé au sujet de la Création du monde, ainsi qu’il est écrit au début de la Torah (Béréchit, 1, 1) : ‘Béréchit bara Elokim’ (‘Au commencement D.ieu (Elokim) créa le ciel et la terre’).

Dans le Dvar Mal’hout sur notre Paracha, le Rabbi écrit que ‘bien que la force créatrice émane du Nom Havayéh, l’Eternel créa le monde de manière à ce que ‘le Nom Havayéh S’habille et Se cache dans le Nom Elokim’. Donc, c’est seulement le Nom Elokim qui se dévoile dans les créatures, mais non pas celui de Havayéh (la force créatrice)’.

Cet enseignement du Rabbi nous renvoie au début du sixième chapitre de ‘Chaar ha Y’houde vé ha Emounah’ dans lequel l’Admour Hazaken nous enseigne que le sujet du Nom ‘Elokim’ est celui de la ‘Gvura’ (‘rigueur’) et du Tsimtsoum, c’est à dire de la dissimulation de la Présence divine. Comme un voile que l’on place entre nous et le soleil pour nous éclairer tout en atténuant l’intensité de sa lumière, le Nom Elokim est comme un ‘bouclier’, un ‘étui’, qui cache l’intensité de la lumière infinie du Nom Havayéh (‘Or ein sof’ (afin de n’en révéler que le reflet que nous serons capable de supporter.

Le fait que la valeur numérique d’Elokim est la même que celle du mot הטבע (la nature), nous indique que le Nom ‘Elokim’ masque la force créatrice du Nom Havayéh afin qu’un ordre fixe qui revient constamment sur lui-même transparaisse au fil des jours dans la Création, sans que nous ayons conscience que cette vitalité qui anime le monde à chaque instant provient de D.ieu Lui-même. L’Eternel Se cache derrière le Nom ‘Elokim’ au point que notre conscience du monde matériel l’emporte sur notre perception du Divin. L’homme perçoit davantage le monde physique que sa dimension spirituelle et profonde. De ce fait, au lieu de rechercher les plaisirs qui sont du domaine de l’esprit, comme l’étude de la Torah, il recherche continuellement à assouvir les plaisirs du corps.

Dans le Dvar Mal’hout sur la Paracha Noa’h, le Rabbi exprime le fait que ‘le Nom divin ‘Havayeh’ n’est pas perçu par les êtres de la Création. Celle-ci ne perçoit que le Nom divin Elokim. Or, cette déclaration du Rabbi s’accorde avec le le premier verset de la Torah (Béréchit, 1, 1) : ‘Au commencement D.ieu créa le ciel et la terre. Or la terre était informe et vide, et les ténèbres étaient sur la face de l’abîme, et l’esprit de D.ieu planait sur la surface des eaux. »

Les êtres de la Création ne perçoivent que le Nom Elokim, et dans ce cas ils perçoivent la terre comme une ‘terre informe et vide’ car le Nom Havayéh, de D.ieu’, ne fait que ‘planer sur la surface des eaux’, c’est à dire qu’Il demeure caché, ainsi que le Rabbi l’écrit : ‘le Nom Havayéh S’habille et Se cache dans le Nom Elokim’.

‘La terre est informe et vide’ et ‘les ténèbres qui sont sur la surface de l’abîme’ évoquent la dissimulation de la lumière d’Havayéh. C’est en ce sens que le verset parle de ‘ténèbres’, car les ténèbres résultent de l’absence de lumière. L’absence de lumière représente donc le vide, ‘la terre est informe et vide’ car la lumière d’Havayéh ne resplendit pas dans le monde, mais seulement un faible reflet.

Dès-lors, nous devons comprendre que c’est précisément par l’action de l’homme que le monde atteint sa perfection, qu’il n’est plus ‘informe et vide’, et le Chabbat de la Paracha Noa’h vient pour mettre en évidence notre action pour attirer la présence du Machia’h, au point qu’il ne ‘plane plus au-dessus de ce monde, mais qu’il S’y révèle de manière profonde et évidente’. Ce monde ne sera plus ‘informe et vide’ mais il atteindra au contraire la perfection.

‘Noa’h trouva grâce aux yeux de l’Eternel’, car la nouveauté qu’il apporta par son travail fût de dévoiler dans le monde (qui fut créé par le Nom Havayéh qui S’habille et Se cache dans le Nom Elokim) le Nom supérieur d’Havayéh qui est au-delà du monde’.

Le Rabbi nous donne à ce sujet l’exemple de l’arc en ciel.

L’arc en ciel symbolise l’Alliance que D.ieu établit avec l’homme. L’arc en ciel devint le signe de la promesse de l’Eternel de maintenir éternellement le monde en vie. L’Arc en ciel apparait lorsque la lumière du soleil se reflète dans les nuages. Le Rabbi écrit que ce phénomène physique symbolise le travail de purification de la matière, et le dévoilement de la lumière d’Havayeh dans celle-ci. Les nuages sont constitués de vapeurs d’eau qui s’élèvent de la terre, et qui deviennent pures au point de refléter la lumière du soleil, laquelle symbolise la lumière du Nom divin Havayéh. L’arc en ciel est donc le signe qui exprime la promesse de D.ieu de maintenir le monde en vie car il est une allusion au fait que dans un monde matériel (et limité) il est possible de dévoiler et de reconnaître le Nom Havayéh, lequel représente l’existence véritable et la force de créer la matière à partir du néant.

Révéler le Nom Havayéh dans le Nom Elokim signife que ‘l’on unit les mondes entre-eux’, que lon fait fusionner ‘la lumiere qui entoure le monde’ avec ‘la lumiere qui shabille dans le monde’. En dautres termes, c’est réaliser la mission de ‘faire de ce monde inferieur une demeure pour l’Essence divine’, de faire du Nom Elokim une ‘demeure’ pour le Nom Havayeh.

(La suite et la fin de cet l’article est à écouter dans l’audio qui est joint avec cet article, avec l’aide d’Hachem)

Likoutei Si’hot Tome 1 : Les enseignements du Rabbi sur la Parachat Vayetsé

Likoutei Si’hot Tome 1 : Parachat Noa’h – « Arche salvatrice »

Le déluge fut « les eaux malveillantes » que le Saint béni soit-Il fit pleuvoir sur la terre. Plus précisément, ces eaux furent de deux sortes. Il y eut, d’une part, celles de : « l’abîme profonde »(1), d’autre part, celles des : « trombes des cieux »(2).

De façon générale, le déluge fait allusion à la : « pluie des soucis » qui s’abattent sur l’homme(3). Chacun possède un « déluge » qui lui est propre, trouble sa quiétude et l’empêche de mener à bien la mission qui lui est confiée ici-bas, le rôle qui lui est imparti, dans ce monde.

Et, de la même façon, il y a aussi deux sortes de tracas, ceux de : « l’abîme profonde », des biens matériels et grossiers, les difficultés pour gagner sa vie, les soucis du quotidien(4), d’une part, ceux des : « trombes des cieux », les préoccupations plus hautes et plus spirituelles, l’étude de la Torah, la pratique des Mitsvot de la manière qui convient(5), d’autre part.

Dans la pratique, on observe qu’il est relativement aisé de surmonter les difficultés matérielles. En effet, l’homme a conscience de leur caractère négatif. Il sait qu’elles l’empêchent de mener à bien ce qui est sa vocation véritable(6).

A l’inverse, les activités communautaires peuvent induire l’homme en erreur. Elles sont effectivement des actions positives et favorables. Comment, dès lors, parvenir à faire la distinction entre les tracas positifs et ceux qui ne sont que des : « eaux malveillantes »(7) ?

Il y a, en fait, un critère simple qui permet de les distinguer. Si ces activités, aussi importantes soient-elles, mettent en cause l’attachement d’un Juif au Saint béni soit-Il, l’empêchent de se consacrer à l’étude de la Torah et à la pratique des Mitsvot telles qu’elles sont définies par le Choul’han Arou’h, elles ne peuvent être que des : « eaux malveillantes »(8).

Comment se préserver de ces eaux malveillantes ? Il faut, pour cela, s’inspirer de la manière dont le Saint béni soit-Il sauva Noa’h du déluge, selon son acceptation la plus simple(9). Il est dit, à ce propos : « Viens dans l’arche »(10).

Le Baal Chem Tov souligne(11) que Téva signifie l’arche, mais aussi le mot. En ce sens, « viens dans l’arche » signifie également que l’on doit s’introduire dans les mots de la Torah et de la prière, s’entourer de saints mots, au point d’en former une arche, au sein de laquelle on est préservé des difficultés du déluge(12).

Quand un Juif ouvre les yeux, le matin, il s’adresse à D.ieu et Lui dit Modé Ani, « Je Te rends grâce »(13), il récite les bénédictions du matin et fait sa prière. Il doit alors s’introduire en les mots qu’il prononce et méditer à leur signification. Puis, quand il étudie la Torah, il s’efforce de se pénétrer de l’enseignement qu’elle lui délivre(14).

Celui qui adopte un tel comportement gravera en son esprit que le Saint béni soit-Il dirige le monde et accorde Sa Providence à tout ce qui s’y passe. Il comprendra ainsi que la clé de la réussite, dans les domaines matériels comme dans les domaines spirituels, passe par l’accomplissement de la Volonté de D.ieu. Elle ne consiste pas à bâtir de multiples raisonnements(15).

Quand un Juif s’introduit dans les mots de la Torah et de la prière, quand il y médite, de toutes ses forces, il en tire la force et la capacité de surmonter toutes les difficultés que le « déluge » place sur son chemin.

Plus précisément, l’Injonction : « Viens dans l’arche » peut elle-même induire en erreur. En effet, un homme peut penser qu’il doit s’enfermer dans son « arche personnelle » et se dire : « J’ai sauvé ma propre personne »(16). C’est pour cette raison qu’après avoir dit à Noa’h : « Viens dans l’arche », le Saint béni soit-Il ajouta aussitôt : « toi, tes fils, ton épouse et les épouses de tes fils »(17). Il faut faire en sorte que d’autres personnes entrent dans l’arche et soient sauvées également.

Il découle de ce qui vient d’être dit un enseignement éternel, pour chaque Juif. Celui qui est pénétré de la conscience que la finalité est d’accomplir la Volonté du Saint béni soit-Il doit encore convaincre les autres Juifs qu’il en est bien ainsi(18), les conduire à une même prise de conscience. C’est uniquement en adoptant cette attitude que l’on peut être : « Noa’h, un homme Tsaddik ».

Discours du Rabbi, Likouteï Si’hot, tome 1, page 5
Traduit par le Rav Haim Mellul

 


Notes

(1) Béréchit 7, 11. Ces eaux remontaient du centre de la terre.
(2) Béréchit 7, 11. Ces eaux tombèrent des cieux.
(3) Tout au long de son existence ici-bas, dans ce monde matériel. Il s’agit, notamment, des difficultés auxquelles un homme est confronté pour gagner sa vie. Malgré cela, le verset affirme que : « les eaux nombreuses ne pourront pas éteindre l’amour ». Tous les tracas de ce monde n’effacent pas l’amour de D.ieu que chaque Juif porte en son cœur.
(4) Selon la formulation de nos maîtres, « enfants, santé et prospérité matérielle ».
(5) Celles-ci supposent un effort de la part de l’homme.
(6) Dès lors, il est vigilant, reste sur ses gardes et il est donc préservé, jusqu’à un certain point, de telles difficultés.
(7) Alors que l’homme peut s’investir en une activité stérile, avec l’impression qu’elle a un apport positif.
(8) Comme le disent nos Sages, dont la mémoire est une bénédiction : « Qui est le Sage ? Celui qui anticipe l’événement ». Il en résulte que l’on peut émettre un jugement de valeur sur un événement en analysant ce qui en découle.
(9) C’est-à-dire selon le sens simple du verset, celui qui est défini par le commentaire de Rachi.
(10) Béréchit, 1. Le verset dit bien : « viens », non pas : « va ».
(11) On verra, à ce propos, en particulier, le début du discours ‘hassidique intitulé : « Tu feras une fenêtre dans l’arche », prononcé par le Rabbi Rayats en 5695 (1935), de même que les additifs du Kéter Chem Tov, publié aux éditions Kehot, à la page 12.
(12) C’est-à-dire de toutes les activités extérieures à l’étude de la Torah et à la prière.
(13) Avant même de se laver les mains, car sa première pensée est pour D.ieu.
(14) Nos Sages, dont la mémoire est une bénédiction, disent, en effet, que l’on se rend : « de la synagogue à la maison d’étude ». Par la suite, quand il doit affronter les activités de la journée, un Juif est protégé par « l’arche » qu’il a lui-même bâti, par sa prière et par son étude.
(15) C’est ainsi qu’il est dit : « Les pensées sont nombreuses, dans le cœur de l’homme, mais c’est le conseil de l’Eternel qui se réalise ».
(16) Sans ressentir l’obligation de satisfaire les besoins d’autres personnes, tout comme Noa’h ne tenta pas de convaincre ses contemporains de le rejoindre dans l’arche.
(17) Béréchit 6, 18. C’est par eux que l’humanité entière fut rebâtie.
(18) Et, ne pas se contenter de révéler la Présence de D.ieu au sein de ses quatre coudées.

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Texte et Audio : Parachat Béréchit  « D.ieu a choisi », par le Rav Yaacov Abergel

Texte et Audio : Parachat Béréchit « D.ieu a choisi », par le Rav Yaacov Abergel

(Pour l’élévation de l’âme de ‘Hananiah ben Yaacov)

 

Dans le Dvar Mal’hout le Rabbi rapporte deux explications de Rachi sur le mot ‘Béréchit’. D’après son sens simple (le ‘pchat’), le mot ‘Béréchit’ désigne le ‘Commencement’ de la Création du monde. D’après le ‘Drach’, le mot ‘Réchit’ désigne le peuple d’Israël et désigne également la ‘Torah’, ‘D.ieu a créé le monde pour Israël et pour la Torah’.

L’étude de la ‘Hassidout ne vient pas contredire les différentes explications qui ont été données par les Sages. Au contraire, l’enseignement du Rabbi nous permet d’accorder les différentes explications des Sages les unes avec les autres, car le Rabbi nous donne à observer le point essentiel attaché à l’Essence de la Torah, laquelle vivifie toutes les explications, et tous les enseignements délivrés par les Sages depuis le don de la Torah.

Ainsi, le point essentiel du Dvar Mal’hout sur la Paracha Béréchit, est que nous devons comprendre le niveau des enfants d’Israël tels que ceux-ci s’inscrivent dans la Creation du monde, c’est à dire tels que ceux-ci font partie de la Création.

Dans d’autres enseignements sur d’autres Parachiot du Dvar Mal’hout, le Rabbi nous a enseigné et décrit la supériorité de l’âme d’Israël par rapport à la Création de ce monde et de tout ce qu’il contient. Rabbi a souligné par exemple le fait que l’Essence de l’âme Juive est enracinée dans l’Essence divine, et que L’Eternel a demandé aux âmes des Tsaddikim s’il fallait, oui ou non, créer ce monde dans lequel nous vivons finalement aujourd’hui.

Cependant, si l’on médite au fait que les enfants d’Israël ont précédé le monde, alors on ne peut pas se rendre compte véritablement de la supériorité de leur niveau (et du niveau qu’ils peuvent atteindre quand ils agissent dans la réalité de ce monde, car c’est en se confrontant à ce monde inférieur et matériel que l’on peut dévoiler les forces les plus profondes). Par contre, c’est en méditant aux enfants d’Israël tels que ceux-ci s’inscrivent dans le projet divin de la Création du monde, et de tout ce qu’il contient, que l’on peut se rendre compte de manière véritable de la supériorité des enfants d’Israël.

Les exemples donnés par le Rabbi pour comprendre profondément ce concept sont ceux du corps d’un Juif, et celui de la Terre d’Israël. D.ieu a choisi le corps des enfants d’Israël sous-entend que le corps des enfants d’Israël est identique à celui des peuples de la terre. En effet L’Eternel a formé le corps de tout homme à partir de la poussière de la terre et il n’y a donc aucune différence entre le corps d’un Juif et celui d’un non-Juif.

Nous pouvons comprendre le concept de ‘choix’ en méditant au fait que lorsqu’il s’agit de deux choses distinctes l’une de l’autre, on définit au moyen de notre intellect la chose qui possède un niveau supérieur à l’autre, et l’on prendra pour soi la chose qui aux yeux de notre intellect a plus d’importance et de valeur. Donc, nous ne pouvons parler de ‘choix’ que lorsque nous avons face à nos yeux deux choses qui sont absolument identiques. Il ressort de cela que le choix ne dépend pas de notre intellect, mais il le dépasse totalement.

A la lumière de ce qu’il vient d’être dit, nous comprenons le sens de l’enseignement de l’Admour Hazaken selon lequel D.ieu a choisi le corps des enfants d’Israël.

Le corps d’un Juif est identique à celui d’un non-Juif, et du fait que de manière générale le choix dépasse l’intellect et la raison, il apparaît à l’évidence que le choix de D.ieu provient d’un niveau qui dépasse totalement le niveau des Séfirot de ‘Ho’hmah Binah et Daat du monde d’Atsilout, lesquelles représentent ce que l’on peut appeler ‘l’intellect divin’. Le choix de D.ieu provient d’un niveau qui dépasse totalement tous les mondes la Création : l’Admour Hazaken révèle dans le livre du Tanya que le choix de D.ieu provient de Son Essence.

Ce qui est ici important de comprendre est que ‘L’Eternel a choisi le corps des enfants d’Israël’ signifie qu’en choisissant le corps d’un Juif D.ieu a lié ce corps à Son Essence bénie. A présent, nous ne pouvons pas nous rendre compte du niveau supérieur du corps d’un Juif. Ce n’est que dans les temps messianiques, lorsque L’Eternel dévoilera Son Essence dans la Création, que le lien du corps avec l’Essence divine sera dévoilé, et cela au point que l’âme ne vivifiera plus le corps comme c’est le cas à présent, mais l’âme sera elle-même nourrie par le corps.

Rachi écrit (Béréchit, 2, 7) : ‘pour façonner le corps d’Adam ha Richon, D.ieu a pris Sa poussière de l’endroit où le Temple et l’Autel de terre devaient être situés par la suite’.

A la lumière des enseignements du Rabbi, peut-être nous est-il permis de dire ici que le lien essentiel qui unit la terre d’Israël et le Beït-ha-Mikdache est tel le lien qui unit le corps des enfants d’Israël avec L’Essence divine.

Lorsque L’Eternel a choisi le corps des enfants d’Israël, Il en a fait un réceptacle capable de recevoir le dévoilement de l’Essence divine. De même, la terre à partir de laquelle a été formé le corps de l’homme a été donnée aux enfants d’Israël pour devenir l’endroit du dévoilement de l’Essence divine : le Beïth-ha-Mikdache.

Revenons à présent au Dvar Mal’hout sur notre Paracha. Le Rabbi explique que le mot ‘Réchit’ possède les mêmes lettres que le mot ‘Tichri’. De fait, le mois de ‘Tichri’ est un mois empli de sainteté, le temps de la fête de Roch ha Chana, du jour de Kippour, des fêtes de Souccoth et de Simh’at Torah. Aussi, le Chabbat Béréchit représente la charnière entre la Kédoucha et le caractère profane des autres mois de l’année. En effet, d’une part, ce Chabbat vient clôturer le mois de Tichri (avec toute la Kédoucha qu’il contient), et d’autre part, ce Chabbat bénit tous les jours à venir de l’année. En ce sens le Chabbat Béréchit nous donne la force pour révéler la Kédoucha dans ce monde profane.

Si nous méditons à cette explication du Rabbi sur la force du Chabbat Béréchit, nous pouvons adapter son enseignement à la force de l’Essence de l’âme Juive. En effet, l’Essence de l’âme est la partie la plus élevée et la plus sainte de l’âme, ‘le Saint des Saints’ dans lequel L’Essence divine Se révèle pleinement. Par ailleurs, les forces de l’âme qui s’habillent dans le corps peuvent être comparées aux jours profanes de tous les mois de l’année. Ainsi, la définition donnée par le Rabbi du Chabbat Béréchit convient parfaitement à celle de l’Essence de l’âme, et à notre mission de faire de ce monde une demeure pour l’Essence divine, car de même que le Chabbat Béréchit détient la force d’attirer la Kédoucha des fêtes de Tichri dans tous les jours de tous les mois de l’année, la force unique de l’Essence de l’âme attire l’Essence divine dans les forces de l’âme qui s’habille dans le corps. Ainsi, ‘Réchit’ désigne le mois de Tichri, la ‘tête’ de tous les mois de l’année, et désigne également l’Essence de l’âme Juive, la tête des forces de l’âme.

Dans le livre du Zohar, Rabbi Shimon Bar Yohaï définit d’ailleurs l’Essence de l’âme comme étant la ‘tête’ de l’âme, et toutes les forces de l’âme comme étant les ‘pieds’ de l’âme. Cette explication convient à notre propos. Les pieds sont la partie inférieure du corps, tout comme la terre est l’élément le plus bas parmi tous les éléments de la Création.

Le rapport entre la tête et le pied, est le même que celui qui existe entre un père et son fils, entre D.ieu et le peuple Juif, entre le Rabbi et son ‘Hassid. La Paracha Béréchit vient souligner, à la lumière de l’enseignement du Rabbi, que c’est par la soumission la plus totale à la ‘tête’, que le pied trouve la force d’agir dans ce monde pour y dévoiler l’Essence de D.ieu. C’est en dévoilant la force de l’Essence de l’âme que l’on peut toucher le niveau le plus bas : la ‘terre’, qu’il s’agisse de la terre de ce monde physique, ou qu’il s’agisse de la terre à partir de laquelle a été forme notre corps.

La terre d’Israël est à l’exemple du corps de notre père Avraham qui fut le premier à accomplir la Mitsvah de la Mila, car les Sages nous ont appris que ‘la terre elle-même a désiré accomplir la Volonté du Saint béni soit-Il’. C’est la raison pour laquelle les Sages ont déclaré que les lettres du mot ‘Erets’ (la ‘terre’) sont les mêmes que celles du mot ‘Ratson’ (la volonté). A l’image d’Avraham, le ‘corps’ de chaque Juif doit désirer accomplir la Volonté du Saint béni soit-Il, c’est à dire qu’un Juif doit désirer D.ieu du plus profond de lui-même : même son âme animale qui s’habille dans son corps et qui le vivifie, doit désirer D.ieu. C’est en agissant ainsi qu’un Juif devient le réceptacle de l’Essence divine, car le corps de chaque Juif a été façonné par D.ieu afin qu’il devienne le réceptacle du Beit-ha-Mikdache, avec l’aide d’Hachem, très bientôt et de nos jours.