(Pour l’élévation de l’âme de ‘Hananiah ben Yaacov)

 

Dans le Dvar Mal’hout le Rabbi rapporte deux explications de Rachi sur le mot ‘Béréchit’. D’après son sens simple (le ‘pchat’), le mot ‘Béréchit’ désigne le ‘Commencement’ de la Création du monde. D’après le ‘Drach’, le mot ‘Réchit’ désigne le peuple d’Israël et désigne également la ‘Torah’, ‘D.ieu a créé le monde pour Israël et pour la Torah’.

L’étude de la ‘Hassidout ne vient pas contredire les différentes explications qui ont été données par les Sages. Au contraire, l’enseignement du Rabbi nous permet d’accorder les différentes explications des Sages les unes avec les autres, car le Rabbi nous donne à observer le point essentiel attaché à l’Essence de la Torah, laquelle vivifie toutes les explications, et tous les enseignements délivrés par les Sages depuis le don de la Torah.

Ainsi, le point essentiel du Dvar Mal’hout sur la Paracha Béréchit, est que nous devons comprendre le niveau des enfants d’Israël tels que ceux-ci s’inscrivent dans la Creation du monde, c’est à dire tels que ceux-ci font partie de la Création.

Dans d’autres enseignements sur d’autres Parachiot du Dvar Mal’hout, le Rabbi nous a enseigné et décrit la supériorité de l’âme d’Israël par rapport à la Création de ce monde et de tout ce qu’il contient. Rabbi a souligné par exemple le fait que l’Essence de l’âme Juive est enracinée dans l’Essence divine, et que L’Eternel a demandé aux âmes des Tsaddikim s’il fallait, oui ou non, créer ce monde dans lequel nous vivons finalement aujourd’hui.

Cependant, si l’on médite au fait que les enfants d’Israël ont précédé le monde, alors on ne peut pas se rendre compte véritablement de la supériorité de leur niveau (et du niveau qu’ils peuvent atteindre quand ils agissent dans la réalité de ce monde, car c’est en se confrontant à ce monde inférieur et matériel que l’on peut dévoiler les forces les plus profondes). Par contre, c’est en méditant aux enfants d’Israël tels que ceux-ci s’inscrivent dans le projet divin de la Création du monde, et de tout ce qu’il contient, que l’on peut se rendre compte de manière véritable de la supériorité des enfants d’Israël.

Les exemples donnés par le Rabbi pour comprendre profondément ce concept sont ceux du corps d’un Juif, et celui de la Terre d’Israël. D.ieu a choisi le corps des enfants d’Israël sous-entend que le corps des enfants d’Israël est identique à celui des peuples de la terre. En effet L’Eternel a formé le corps de tout homme à partir de la poussière de la terre et il n’y a donc aucune différence entre le corps d’un Juif et celui d’un non-Juif.

Nous pouvons comprendre le concept de ‘choix’ en méditant au fait que lorsqu’il s’agit de deux choses distinctes l’une de l’autre, on définit au moyen de notre intellect la chose qui possède un niveau supérieur à l’autre, et l’on prendra pour soi la chose qui aux yeux de notre intellect a plus d’importance et de valeur. Donc, nous ne pouvons parler de ‘choix’ que lorsque nous avons face à nos yeux deux choses qui sont absolument identiques. Il ressort de cela que le choix ne dépend pas de notre intellect, mais il le dépasse totalement.

A la lumière de ce qu’il vient d’être dit, nous comprenons le sens de l’enseignement de l’Admour Hazaken selon lequel D.ieu a choisi le corps des enfants d’Israël.

Le corps d’un Juif est identique à celui d’un non-Juif, et du fait que de manière générale le choix dépasse l’intellect et la raison, il apparaît à l’évidence que le choix de D.ieu provient d’un niveau qui dépasse totalement le niveau des Séfirot de ‘Ho’hmah Binah et Daat du monde d’Atsilout, lesquelles représentent ce que l’on peut appeler ‘l’intellect divin’. Le choix de D.ieu provient d’un niveau qui dépasse totalement tous les mondes la Création : l’Admour Hazaken révèle dans le livre du Tanya que le choix de D.ieu provient de Son Essence.

Ce qui est ici important de comprendre est que ‘L’Eternel a choisi le corps des enfants d’Israël’ signifie qu’en choisissant le corps d’un Juif D.ieu a lié ce corps à Son Essence bénie. A présent, nous ne pouvons pas nous rendre compte du niveau supérieur du corps d’un Juif. Ce n’est que dans les temps messianiques, lorsque L’Eternel dévoilera Son Essence dans la Création, que le lien du corps avec l’Essence divine sera dévoilé, et cela au point que l’âme ne vivifiera plus le corps comme c’est le cas à présent, mais l’âme sera elle-même nourrie par le corps.

Rachi écrit (Béréchit, 2, 7) : ‘pour façonner le corps d’Adam ha Richon, D.ieu a pris Sa poussière de l’endroit où le Temple et l’Autel de terre devaient être situés par la suite’.

A la lumière des enseignements du Rabbi, peut-être nous est-il permis de dire ici que le lien essentiel qui unit la terre d’Israël et le Beït-ha-Mikdache est tel le lien qui unit le corps des enfants d’Israël avec L’Essence divine.

Lorsque L’Eternel a choisi le corps des enfants d’Israël, Il en a fait un réceptacle capable de recevoir le dévoilement de l’Essence divine. De même, la terre à partir de laquelle a été formé le corps de l’homme a été donnée aux enfants d’Israël pour devenir l’endroit du dévoilement de l’Essence divine : le Beïth-ha-Mikdache.

Revenons à présent au Dvar Mal’hout sur notre Paracha. Le Rabbi explique que le mot ‘Réchit’ possède les mêmes lettres que le mot ‘Tichri’. De fait, le mois de ‘Tichri’ est un mois empli de sainteté, le temps de la fête de Roch ha Chana, du jour de Kippour, des fêtes de Souccoth et de Simh’at Torah. Aussi, le Chabbat Béréchit représente la charnière entre la Kédoucha et le caractère profane des autres mois de l’année. En effet, d’une part, ce Chabbat vient clôturer le mois de Tichri (avec toute la Kédoucha qu’il contient), et d’autre part, ce Chabbat bénit tous les jours à venir de l’année. En ce sens le Chabbat Béréchit nous donne la force pour révéler la Kédoucha dans ce monde profane.

Si nous méditons à cette explication du Rabbi sur la force du Chabbat Béréchit, nous pouvons adapter son enseignement à la force de l’Essence de l’âme Juive. En effet, l’Essence de l’âme est la partie la plus élevée et la plus sainte de l’âme, ‘le Saint des Saints’ dans lequel L’Essence divine Se révèle pleinement. Par ailleurs, les forces de l’âme qui s’habillent dans le corps peuvent être comparées aux jours profanes de tous les mois de l’année. Ainsi, la définition donnée par le Rabbi du Chabbat Béréchit convient parfaitement à celle de l’Essence de l’âme, et à notre mission de faire de ce monde une demeure pour l’Essence divine, car de même que le Chabbat Béréchit détient la force d’attirer la Kédoucha des fêtes de Tichri dans tous les jours de tous les mois de l’année, la force unique de l’Essence de l’âme attire l’Essence divine dans les forces de l’âme qui s’habille dans le corps. Ainsi, ‘Réchit’ désigne le mois de Tichri, la ‘tête’ de tous les mois de l’année, et désigne également l’Essence de l’âme Juive, la tête des forces de l’âme.

Dans le livre du Zohar, Rabbi Shimon Bar Yohaï définit d’ailleurs l’Essence de l’âme comme étant la ‘tête’ de l’âme, et toutes les forces de l’âme comme étant les ‘pieds’ de l’âme. Cette explication convient à notre propos. Les pieds sont la partie inférieure du corps, tout comme la terre est l’élément le plus bas parmi tous les éléments de la Création.

Le rapport entre la tête et le pied, est le même que celui qui existe entre un père et son fils, entre D.ieu et le peuple Juif, entre le Rabbi et son ‘Hassid. La Paracha Béréchit vient souligner, à la lumière de l’enseignement du Rabbi, que c’est par la soumission la plus totale à la ‘tête’, que le pied trouve la force d’agir dans ce monde pour y dévoiler l’Essence de D.ieu. C’est en dévoilant la force de l’Essence de l’âme que l’on peut toucher le niveau le plus bas : la ‘terre’, qu’il s’agisse de la terre de ce monde physique, ou qu’il s’agisse de la terre à partir de laquelle a été forme notre corps.

La terre d’Israël est à l’exemple du corps de notre père Avraham qui fut le premier à accomplir la Mitsvah de la Mila, car les Sages nous ont appris que ‘la terre elle-même a désiré accomplir la Volonté du Saint béni soit-Il’. C’est la raison pour laquelle les Sages ont déclaré que les lettres du mot ‘Erets’ (la ‘terre’) sont les mêmes que celles du mot ‘Ratson’ (la volonté). A l’image d’Avraham, le ‘corps’ de chaque Juif doit désirer accomplir la Volonté du Saint béni soit-Il, c’est à dire qu’un Juif doit désirer D.ieu du plus profond de lui-même : même son âme animale qui s’habille dans son corps et qui le vivifie, doit désirer D.ieu. C’est en agissant ainsi qu’un Juif devient le réceptacle de l’Essence divine, car le corps de chaque Juif a été façonné par D.ieu afin qu’il devienne le réceptacle du Beit-ha-Mikdache, avec l’aide d’Hachem, très bientôt et de nos jours.

 

 

WhatsApp Rédaction de Hassidout.org