(Pour l’élévation de l’âme de ‘Hananiah ben Yaacov)

Dans le Dvar Mal’hout sur la Paracha ‘Hayé Sarah, le Rabbi de Loubavitch explique que le mariage d’Itz’hak et de Rivka représente de manière profonde l’union entre l’esprit et la matière.

Itz’hak symbolise en effet l’esprit, et Rivka symbolise le corps, la matière. La ‘Hassidout nous enseigne par ailleurs que l’union de l’esprit avec la matière correspond à l’union de deux Noms divins : ‘Mah’ et ‘Ban’.

Le Nom ‘Mah’ représente la spiritualité et le Nom ‘Ban’ représente la matérialité.

Dans une Si’ha (Séfer HaSi’hot, 5752, ‘hélek alef, page 106), le Rabbi écrit que ‘le Machia’h représente l’union entre ‘Ban’ et ‘Mah’ car d’un côté, il est un homme de chair et de sang (Ban), et de l’autre il est comme le Saint béni soit-Il (Mah), car « il est l’envoyé du Saint-béni-soit-Il, et ‘l’envoyé’ est vraiment considéré comme celui qui l’envoie’.

De fait, le Machia’h hérite du Saint béni soit-Il cette qualité qui n’appartient qu’à D.ieu de réaliser l’union entre l’Essence divine et ce monde matériel.

Le mariage d’Itz’hak et de Rivka représente également cette fusion de l’Esprit Divin avec la matière. C’est la raison pour laquelle le Rabbi souligne que ce Mariage est le fondement de tous les Mariages Juifs de toutes les générations, mais il est aussi à l’origine de l’Union qui allait se réaliser plus tard sur le Mont Sinaï entre le Saint béni soit-Il et l’Assemblée d’Israël, car la Torah qui fut donnée en ce jour représente l’union du ‘ciel’ et de la ‘terre’, de l’esprit divin avec le monde matériel.

De manière profonde la Torah elle-même exprime l’union entre l’esprit et la matière. L’Admour Hazaken explique au sujet du verset ‘la voix est celle de Yaakov’ que la Torah est aussi appelée ‘la Voix’. De même que la voix d’un homme unit un sentiment immatériel et impalpable, avec la parole qui est matérielle, la Torah est appelée ‘la Voix’ qui unit l’esprit divin qui est impalpable, avec les lettres matérielles écrites au moyen de l’encre sur du parchemin.

Ce fut Eliézer, le serviteur d’Avraham, qui fut le premier Chalia’h de la Torah, il fut désigné par Avraham et il servit d’émissaire pour concrétiser l’union d’Itz’hak et de Rivka, l’Union de l’Esprit avec le corps. De la même façon, L’Eternel désigna Moshé pour unir l’Esprit Divin, qui est donné dans la Torah, avec le Corps de l’Assemblée d’Israël, et de la même façon, Le Saint béni soit-Il désigne le Rabbi pour ‘unir les enfants d’Israël avec Or ein Sof’.

Le Rabbi ‘unit les enfants d’Israël avec Or ein Sof’ de par le fait qu’il délivre les enseignements de la ‘Hassidout, qu’il les met à la portée de tous les juifs, bien que ces enseignements aient tous un contenu extrêmement élevé. De fait, l’Assemblée d’Israël est elle-même comparée à un grand Corps.

Le Rabbi est ‘la tête’ de ce corps. Il le dirige le guide. Il agit de telle sorte qu’il sanctifie le corps de l’Assemblée d’Israël, le raffine, transforme sa grossièreté et l’amène à percevoir le Divin.

L’Essence de la Torah parvient donc, grâce au Rabbi, à pénétrer dans le cœur et dans l’âme du juif le plus simple. Plus encore, ces enseignements finissent même par être cristallisés par des actes concrets, et par cela le Rabbi réalise l’union entre l’esprit divin et l’action matérielle et concrète.

Le Rabbi nous permet donc de réaliser notre mission sacrée de faire de ce monde une demeure pour l’Essence divine. Ce sujet concerne tous les domaines de l’existence. Tous sans exception. Mais peut-être convient-il ici de s’attacher tout particulièrement au sujet de ‘la Beauté’.

Dans l’une de ses Si’hot, le Rabbi a expliqué que la Beauté de Sarah venait du fait que l’âme de Sarah puisait sa Lumière de la Lumière d’Or ein Sof : la Lumière infinie de D.ieu.

‘Sarah était belle à 7 ans comme à 20 ans comme à 100 ans’, cette déclaration, au premier abord, est étonnante. L’homme est soumis aux changements, le temps agit sur lui, et l’on voit bien que l’aspect du corps change au fil des années. Comment dans ce cas doit-on comprendre que Sarah était belle à tous les âges ?

Comme nous l’avons dit, la réponse donnée par le Rabbi est que ‘l’âme de Sarah puisait sa Lumière dans la Lumière infinie de D.ieu’. Pour comprendre cette réponse du Rabbi nous devons comprendre que ‘la Lumière infinie de D.ieu’ est au-delà de l’espace et du temps, au-delà des limites que nous imposent ce monde matériel.

Aussi, du fait que Sarah est l’épouse d’Avraham, le premier Juif, il apparaît clairement qu’elle possède cette qualité, propre à chaque Juif, d’avoir une âme qui est ‘véritablement une parcelle de Divinité d’En-Haut’.

Lorsque nous approfondissons notre étude de l’âme Juive à partir des enseignements des Maîtres de la ‘Hassidout ‘Habad, nous apprenons que ‘l’Essence de l’âme Juive est enracinée dans l’Essence divine’. Cependant, dévoiler en nous-même la force de l’Essence divine exige un travail important de notre part.

L’Essence de notre âme ne s’habille pas dans notre corps. Pour reprendre l’exemple du livre du Tanya, elle est comme l’extrémité de cette corde qui est accrochée tout en haut dans le ciel, et dont la deuxième extrémité descend tout en-bas sur la terre. Aussi, quand on agite cette deuxième extrémité cela a un effet sur la première. De la même façon, lorsque l’homme agit de tout son pouvoir au moyen des forces limitées de la partie de l’âme qui s’habille dans son corps, c’est à dire son intellect, ses émotions, et ses actes, il parvient à ce que L’Eternel dévoile dans son corps la force illimitée de l’Essence de son âme, laquelle est enracinée dans l’Essence divine.

C’est à ce sujet que le Rabbi déclare que ‘l’âme de Sarah puise sa Lumière de la Lumière d’Or ein Sof, de la Lumière infinie de D.ieu’.

L’attachement de Sarah à D.ieu est tel que son corps était empli de cette lumière qui est au-delà de ce monde, de cette lumière infinie qui a le pouvoir de briser les limites du temps, et c’est pour cette raison que Sarah n’était jamais affectée par les affres du temps. C’est pour cela précisément quelle était belle à 7 ans comme à 20 ans, comme à 100 ans, car le temps n’avait aucune emprise sur elle.

 

 

 

 

Le Rabbi nous enseigne d’ailleurs que les chiffres 7, 20 et 100, sont une allusion à l’enchaînement des mondes :

Le chiffre 100 représente la Couronne qui surplombe l’enchainement des mondes : la Séfira de Kéter,

Le Chiffre 20 représente ‘Ho’hmah et Binah : les deux premières Séfiroth du monde d’Atsilout.

Le chiffre 7 représente les six Midot du monde d’Atsilout : ‘Hessed, Gvurah, Tifféreth, Netsah, Hod, Yessod, et la Séfira de Mal’hout.

Ainsi, 127 ans, les jours de la vie de Sarah évoquent la descente de la Lumière divine depuis la Séfira de Kéter jusqu’à celle de Mal’hout. En d’autres termes, ils évoquent le travail qui incombe à’ chaque Juif de faire de ce monde, et de notre corps, une demeure pour l’Essence divine.

Lorsque nous y parvenons, alors nous atteignons ce que nous pouvons appeler ‘la Beauté véritable’, à l’image de notre Matriarche Sarah.

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