Avraham envoya son serviteur Eliézer chercher un parti pour son fils Itz’hak. Rachi écrit qu’Avraham ‘avait écrit un acte de donation au profit d’Itz’hak qui incluait tout ce qu’il possédait, afin qu’ils s’empressent d’envoyer vers lui leur fille’. ‘Tous les biens de son Maître’ étaient dans la main d’Eliézer’, car d’après le sens simple Avraham voulut qu’à la vue de tout cet argent les parents de la fiancée n’hésiteraient pas à donner leur fille à Itz’hak.

Plus profondément, le Rabbi explique que ce mariage entre Itz’hak et Rivka est le premier mariage Juif après que fut ordonné par D.ieu la Mitsvah de la Mila. De ce mariage vient tout le peuple d’Israël, jusqu’à la fin de toutes les générations.

Le Rabbi met ici l’accent sur le fait qu’Avraham donna à son fils tout ce qu’il possédait. Avraham fit totalement don de lui-même et montra ‘qu’il est le Père de tous les enfants d’Israël, et c’est pour cela qu’il donna tout ce qu’il possédait pour la réussite de ce mariage’.

La Chli’hout qui commence avec Eliezer se termine avec le Machia’h mais il incombe aussi à chaque Juif de mener à bien la mission qui lui a été donnée de faire tout ce qui est en son pouvoir pour provoquer la Délivrance finale. Aussi, le Rabbi souligne que de même qu’Avraham a donné tout ce qu’il possédait à Eliezer pour la réussite du mariage de son fils, L’Eternel donne à chaque Juif tout ce qu’Il a pour qu’il réussisse sa mission.

Dans le Dvar Mal’hout le Rabbi nous enseigne que la qualité de notre Maître Moché est celle de ‘Machpia’. Moché enseigne la Sagesse de D.ieu exprimée dans la Torah aux enfants d’Israël. Il est donc à l’exemple du soleil dont la lumière éclaire la Terre. A l’opposé, Machia’h représente le ‘Mékabel’, ‘celui qui reçoit’, car il est totalement soumis à L’Eternel. C’est pourquoi la lumière du Machia’h est comparée à celle de la lune car toute la lumière de la lune provient du soleil.

Chaque Juif doit posséder ces deux qualités, ‘Machpia’ et ‘Mékabel’, pour accomplir sa mission.
D’un côté il doit être totalement soumis à la volonté de celui qui l’envoie. Comme la lune qui ne possède pas sa propre lumière car toute sa lumière provient du soleil lui-même, le Chalia’h doit accomplir la mission qui lui a été donnée sans en changer le moindre détail. Il doit suivre à la lettre les instructions de son Maître et faire preuve d’une totale soumission vis-à-vis de lui, à l’exemple du Machia’h dont la qualité essentielle est celle de ‘Mékabel’.

D’un autre côté, chaque Juif doit aussi posséder la qualité de Machpia de Moché, c’est-à-dire qu’il doit savoir exploiter les forces qui lui ont été données par D.ieu. C’est à ce sujet que le Rabbi explique que la valeur numérique de ‘Chalia’h’ est 348 et en ajoutant la valeur de 10, laquelle correspond aux 10 forces de l’âme, on obtient 358 qui est la valeur numérique de ‘Machia’h’. De fait, chaque Juif doit penser et comprendre au moyen des forces de son intellect. Il doit toujours se demander de quelle manière influencer les personnes de son entourage et le monde qui l’entoure. Il doit être un ‘Machpia’, à l’exemple de Moché qui est comparé au soleil dont la lumière éclaire la Terre.

A la lumière de ce qu’il vient d’être dit il apparaît que ‘Machpia’ et ‘Mekabel’ sont deux qualités opposées, et c’est précisément ce qui caractérise un Chalia’h. Le Chalia’h est celui qui possède la faculté d’unir les opposés. Il doit être capable de faire preuve de la plus grande soumission vis-à-vis de celui qui l’envoie et en même temps savoir exploiter son propre potentiel.

Dans le Dvar Mal’hout le Rabbi nous enseigne que le mariage d’Itzhak et de Rivka exprime l’union entre deux choses opposées : l’esprit et la matière. Itz’hak symbolise l’esprit (l’âme) et Rivka symbolise la matière (le corps).
(Dans le langage de la partie profonde de la Torah l’union de l’esprit avec la matière correspond à l’union des Noms divins ‘Mah’ et ‘Ban’, ‘Mah’ représente la spiritualité et ‘Ban’ représente la matérialité).

Plus encore, Le Rabbi souligne que ce Mariage est profondément lié à l’Union entre le Saint béni soit-Il et l’Assemblée d’Israël qui allait se réaliser plus tard sur le Mont Sinaï. La Torah est elle-même comparée au contrat de mariage, la Kétouba de cette Union. De manière profonde la Torah n’est pas non plus sans exprimer l’union entre l’esprit et la matière. Au sujet du verset ‘la voix est celle de Yaakov’ l’Admour Hazaken a expliqué que la Torah est appelée ‘la Voix’ car de même que la voix d’un homme unit le sentiment immatériel avec la parole qui est matérielle, la Torah unit l’Esprit divin, ‘immatériel’, avec les lettres matérielles de la Torah qui sont écrites au moyen de l’encre sur du parchemin.
Au sujet de l’union entre l’esprit et la matière il est bien de mentionner ici aussi l’enseignement du Rabbi sur la beauté de Sarah. En effet, le Rabbi explique que la beauté de Sarah venait du fait que ‘l’âme de Sarah puisait sa Lumière de la Lumière d’Or ein Sof (la Lumière infinie de D.ieu)’.

‘Sarah était belle à 7 ans comme à 20 ans comme à 100 ans’.
Ce verset de la Torah est au premier abord étonnant car toute personne est soumise à des changements. Le temps agit sur chacun et l’on voit bien que l’aspect du corps change au fil des années. Comment dans ce cas doit-on comprendre que Sarah était belle à tous les âges ? La réponse du Rabbi est que ‘l’âme de Sarah puisait sa Lumière dans la Lumière infinie de D.ieu’ et ‘la Lumière infinie de D.ieu’ est au-delà de l’espace et du temps, c’est-à-dire au-delà de toutes les limites que nous imposent ce monde matériel. Le corps de Sarah était empli de cette Lumière qui est au-delà du monde, de cette Lumière infinie qui a le pouvoir de briser les limites du temps et c’est pour cela que Sarah n’était pas affectée par les affres du temps. C’est pour cela précisément quelle était belle à 7 ans comme à 20 ans, comme à 100 ans, car le temps n’avait aucune emprise sur elle

Dans le ‘Séfer ha Sihot’ (5752, hélek alef, page 106), le Rabbi écrit que ‘le Machiah représente l’union entre Ban et Mah car d’un côté il est un homme de chair et de sang (Ban) et d’un côté il est comme le Saint béni soit-Il (Mah) car il est l’envoyé du Saint-béni-soit-Il et ‘l’envoyé est vraiment considéré comme celui qui l’envoie ».

A l’évidence, l’exemple du Rabbi est l’expression du lien de l’esprit avec la matière. Il est celui qui enseigne la Torah ‘Hadacha, l’Essence de la Torah dont le pouvoir est d’apporter la plus grande chaleur à la froideur de l’intellect.
C’est grâce aux enseignements du Rabbi qu’un homme éveille sa perception du Divin et qu’il parvient à voir et à ressentir la spiritualité qui vit en lui-même et dans ce monde matériel.
Le Rabbi parvient à unir l’âme de la Torah au corps des enfants d’Israël car il est celui qui élève nos perceptions et nos sensations, vers la sensibilité du Divin.
A la lumière de ces enseignements du Rabbi, il est possible de dire que le lien qui unit le Rabbi à ses émissaires venus des quatre coins du monde au ‘770’ pour le ‘Kinous-ha-Chlou’him’ est comparable à l’union entre Itz’hak et Rivkah. Le Rabbi est lui-même l’Essence de l’âme d’Israël. A l’image d’Itz’hak, il vit dans un endroit saint et il est lui-même saint. Les Chlou’him vivent en-dehors des quatre coudées du Rabbi, à l’image de Rivkah qui vit en-dehors de la Terre d’Israël, dans la maison de Bétouel et de Lavan, ‘telle une rose au milieu des épines’.

Le Rabbi s’unit à ses émissaires, en leur donnant une mission, et en leur donnant toutes les forces nécessaires pour l’accomplir. Aussi, le rassemblement du Rabbi et de ses émissaires, est telle une union que l’on célèbre sous la ‘Houpa. Or, la chose est connue qu’au moment de la ‘Houpa, le ciel s’ouvre pour entendre les prières des nouveaux mariés, et de la même façon pendant le Kinous-ha- Chlou’him le ciel s’ouvre au-dessus du 770 pour entendre la prière du Rabbi et de ses ‘Hassidim, comme ‘un seul homme avec un seul coeur’, pour demander la venue de notre Juste Machia’h, dès-à-présent avec l’aide de D.ieu.

 

Hayé Sarah abergel

 

 

 

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