Le mot hébreu pachout signifie simplicité. La simplicité qui est dénuée de toutes formes exprime l’abstraction. Ce mot caractérise donc l’Essence divine car celle-ci ne peut être incarnée par aucun nom comme l’écrit le Rabbi (Si’ha du 11 Chevat) : « l’Essence elle-même est au-delà de tout nom ».
On peut donner à ce sujet l’exemple des noms divins. En effet, il existe plusieurs noms divins et chacun d’entre-eux exprime un attribut particulier de D.ieu. Le nom Havayé est celui de la divinité qui transcende les mondes. Le nom Elokim est celui de la divinité qui s’habille dans le monde ainsi qu’il est dit : ‘Au commencement, Elokim créa le ciel et la terre’. (Elokim a la même valeur numérique que ‘HaTéva’, la nature).
Cependant les noms divins ne sont que des reflets de l’Essence divine. L’Essence divine transcende tous les noms divins car en comparaison à l’Essence divine, la lumière qui brille dans chacun de ces noms est comme une goutte d’eau de l’Océan.
Dans la Paracha Vé Zot ha Brérakha (‘Et voici la bénédiction par laquelle a béni Moché, l’homme de D.ieu, les enfants d’Israël…’) nous lisons la bénédiction de Moché aux enfants d’Israël. Chaque tribu reçut une bénédiction particulière.
Réuven fut béni afin qu’il vive dans ce monde-ci et qu’il ne meure pas dans le monde futur. Yéhoudah fut béni pour qu’il retrouve son peuple en paix au retour de la guerre. Lévi fut béni pour enseigner les Lois de l’Eternel. La bénédiction de Benjamin fut dans la construction du Temple, celle de Yossef dans la terre (‘Avec les délices des récoltes du soleil’), celle de Zévouloun pour le commerce, celle d »Issa’har pour l’étude de la Torah…Chacune des 12 tribus d’Israël reçut de Moché une bénédiction particulière.
Le 4 Tichri 5750 (le 3 Octobre 1989) à l’occasion de la nouvelle année le Rabbi bénit, à son tour, les enfants d’Israël en ces termes :
‘Ce que nous avons dit au début de la réunion incluait tous les juifs, en particulier que ce soit une année bonne et douce et que nous soyons tous signés et scellés pour le bien, que ce soit une année de lumière, une année de bénédiction, une année de grandeur, une année d’abondance, une année de majesté, une année de splendeur, une année de bonne réunion, une année de grands mérites de bonne et longue vie avec un bien clair et tangible, une année de connaissance profonde en particulier dans le sens profond de la Torah, une année de subsistance, une année d’étude avec un grand succès, une année élevée en toutes choses, une année de miracles ouverts, une année d’aide divine et de bons signes, une année de force et de splendeur, une année de délivrance, une année de charité, une année où on est redressé, quand D.ieu nous conduira la tête haute sur notre terre immédiatement, une année de bonne volonté dans la pratique des Mitsvot et l’étude de la Torah, accomplissant la parole de la Michnah: ‘Fais de la Volonté de D.ieu ta volonté’, une année de grande joie, une année de salut, une année de prière, une année de louange et une année de repentance avec le plus haut degré de retour, et alors comme la Torah le promet: ‘Les juifs retourneront à D.ieu et ils seront immédiatement délivrés’ avec la délivrance véritable et complète par Machia’h immédiatement…’ .
La bénédiction de Moché et celle du Rabbi sont toutes les deux adressées aux enfants d’Israël, cependant il existe une différence entre les deux. La bénédiction de Moché, bien qu’elle soit appellée par la Torah : ‘la bénédiction’, est elle-même composée par 12 bénédictions.
A l’opposé, la bénédiction du Rabbi est la même pour tous les enfants d’Israël. Le Rabbi ne fait aucune différence et il bénit chaque juif de la même bénédiction. C’est bien là une des qualités de Yé’hida, l’Essence, car le terme de Yé’hida induit l’idée d’absolu et d’unité non-composite. ‘L’Essence elle-même est au-delà de tout nom’.
De fait la bénédiction du Rabbi est l’essence même de toutes les bénédictions. Elle transcende et vivifie toutes les bénédictions. La bénédiction du Rabbi ne revêt aucun aspect particulier, elle est illimitée.
Plus que tout autre Sage de la partie profonde de la Torah Le Rabbi révèle l’essence de l’âme. Il n’y a donc rien d’étonnant à ce que la bénédiction qu’il adresse à chaque juif, ‘Ce que nous avons dit au début de la réunion incluait tous les juifs’, soit elle-même imprégnée par l’esprit de sacrifice et la volonté de tout faire pour attirer en ce monde ‘la lumière, la grandeur, la majesté, la splendeur… ».
De fait, l’Essence ne peut être dévoilée que par le don de soi, ‘Fais de la Volonté de D.ieu ta volonté’, et le Rabbi nous bénit afin de nous donner les forces pour cela.
Dans le recueil intitulé ‘Iniana chel Torat ha Hassidouth’, le Rabbi explique que les mondes reçoivent à présent leur vitalité de l’âme de vie, laquelle n’est qu’un reflet de l’Essence divine, mais dans les temps messianiques l’Essence de l’âme qui vivifie ce monde sera révélée.
Le Rabbi précise que la qualité de l’Essence est qu’elle n’est pas seulement illimitée par le fait qu’elle est éternelle, mais elle est également illimitée dans la teneur de ce qu’elle véhicule. Aussi lorsque l’Essence sera révélée, les mondes atteindront la perfection. C’est à ce monde parfait que la bénédiction du Rabbi nous prépare, ainsi qu’il le dit lui-même au nom de la Torah : ‘Les juifs retourneront à D.ieu et ils seront immédiatement délivrés’.
La ‘Hassidout nous enseigne que dans les temps futurs la terre, aujourd’hui silencieuse, parlera. Celle que tout le monde piétine s’adressera à l’homme et lui demandera s’il a le droit de la piétiner ainsi alors qu’il ne prononce pas de paroles de Torah !
A l’évidence élever le corps nécessite que l’homme élève d’abord son esprit. Le cerveau doit dominer le cœur et cela implique que l’homme doit dominer les mauvaises pulsions de son cœur afin d’obéir seulement aux désirs de son âme divine. Celle-ci ne désire que D.ieu, Le servir par la prière et les bonnes actions. Ainsi, quand l’homme parvient à ce niveau, il purifie son corps le débarrassant de tous les déchets générés par le mauvais penchant. C’est cette question que la terre posera à l’homme. Elle lui demandera s’il est parvenu à avoir le corps et le cœur purs, car seulement dans ce cas le mérite lui sera donné de se tenir debout sur la terre. C’est à ce sujet que se rapporte le verset selon lequel la pierre des murs et le bois des poutres témoigneront de nos actes et de nos paroles, ainsi qu’il est dit (‘Habakouk, 2, 11) : « Oui, la pierre des murs crie contre toi, et le chevron dans la charpente lui donne la réplique… »
Il est écrit dans la Paracha Haazinou (32, 1) : ‘Prêtez l’oreille cieux, et je parlerais et que la terre écoute les mots de ma bouche » :
Moché nomma le Ciel et la Terre comme témoins du service divin des enfants d’Israël. Du fait que ceux-ci vivent éternellement, nul autre qu’eux ne pouvaient aussi bien témoigner que les enfants d’Israël accomplissent la volonté du Saint béni soit-Il tout au long de toutes leurs générations.
Le Rabbi explique la raison profonde du choix de Moché. Dans le sens profond, le Ciel d’un juif représente sa pensée, les forces de son intellect. La Terre d’un juif ce sont ses paroles et ses actes. Aussi, quand il étudie la partie révélée et la partie profonde de la Torah, qu’il éveille les forces de son intellect en approfondissant et en comprenant ce qu’il étudie, un juif œuvre et compose le Ciel de son existence. De la même façon, quand il accomplit de manière concrète les commandements divins, il fonde la Terre sur laquelle il se tient.
Quand nous accomplissons une Mitsvah, notre action (la Terre) doit être inspirée et éclairée par une intention profonde (cavana) : le Ciel. Dés-lors nous comprenons que la raison pour laquelle Moché a choisi le Ciel et la Terre pour témoigner de tous nos accomplissements dans notre service divin. Le Ciel et la Terre d’un juif ne sont pas deux choses distinctes l’une de l’autre. Un acte n’est mis en évidence que lorsqu’il est inspiré par une haute intention, et une intention n’est haute que lorsque sa finalité est de se fondre dans un acte.
Ainsi, au Rabbi de conclure que Moché choisit le Ciel et la Terre afin de nous donner les forces nécessaires pour accomplir notre service divin. Afin de servir D.ieu avec notre émounah la plus pure, au moyen de nos forces les plus profondes. Eveiller la partie la plus secrète de notre âme pour servir D.ieu avec la plus grande soumission.
Ce sentiment qui exprime notre plus grand désir, celui de la venue du Machia’h, de la Délivrance et du troisième Temple, peut s’inscrire dans l’image du ciel et la terre.
La terre et le ciel s’unissent en une ligne que l’on n’aperçoit qu’à une distance éloignée. Cette ligne qui s’appelle ‘l’horizon’ arrête notre regard, l’empêche d’aller plus loin et finit toujours par laisser la place à nos pensées, à notre vie. A ce qu’elle a été, ce qu’elle est et ce qu’elle sera. Le libre choix nous est donné. A nous de choisir et d’imaginer ce que seront nos pensées nos paroles, et nos actes.
Le Rabbi Yossef-Itz’hak déclara un jour qu’il entendait ‘les pas du Machia’h’. Le Rabbi, à son exemple, agit envers nous pour que nous percevions à notre tour la présence du Machia’h, pour que notre horizon soit le support des pensées qui découlent du côté de la sainteté. Plus précisément pour que ces pensées aient pour but de nous impliquer dans le projet divin. Le Rabbi fait tout ce qui est en son pouvoir pour que notre Ciel (notre étude de la Torah) et notre Terre (nos Mitsvoth) s’unissent en un horizon où l’on voit se profiler la silhouette du Machia’h et du troisième temple. Il sème en notre esprit les graines qui donneront naissance aux pensées qui éveilleront dans nos cœur l’amour et la crainte de D.ieu, lesquels animeront nos actions les plus hautes qui susciteront le désir de D.ieu de provoquer finalement la venue de notre Juste Machia’h.
Ainsi, si nous laissons nos pensées se fondre vers l’horizon que nous trace le Rabbi, il est certain que le Ciel et la Terre témoigneront ensemble devant l’Eternel de la qualité de notre service divin. Dans ce cas rien ne s’opposera davantage à la révélation divine lors de la venue de notre juste Machia’h.
Les âmes orphelines retrouveront leur Père qui est dans le ciel, sans qu’Il ne se dissimule davantage derrière Ses nombreux vêtements. Sa pureté brillera pour toujours dans tous les mondes et dans toutes les âmes. Sa lumière resplendira sur la terre dans le ciel et dans la Torah et l’homme découvrira enfin ‘une Terre nouvelle, un Ciel nouveau, une Torah nouvelle’.
Pour le mariage de Ména’hem Mendel Spitzer et de ‘Haya Mouchka Abergel, le 18 Elloul 5720
Dans son ouvrage intitulé écrit que ‘Jamais dans la maison du Baal Chem Tov, il ne restait d’argent pour la nuit. Rentrait-il de voyage ? Il réglait les dettes accumulées en son absence, puis il distribuait le reste de l’argent aux pauvres. Revenant d’un voyage, un jour, avec beaucoup d’argent, il acquitta ce qu’il devait et distribua le reste de l’argent. Son épouse, cependant, en avait retenu un peu afin de ne pas acheter à crédit pendant quelques jours. Le soir, le Baal Chem Tov éprouva une gêne dans la prière. Il revint chez lui et demanda : Qui donc a pris de l’argent ?
Son épouse avoua l’avoir fait. Le Baal Chem Tov reprit alors cet argent, et il le fit distribuer aux pauvres, le soir même.’ (‘Les récits hassidiques’, Martin Buber).
Au commencement de la Paracha Ki Tavo (26, 1, 2), il est écrit que ‘les enfants d’Israël, après qu’ils aient conquis la terre, avaient l’obligation de prendre, de leurs champs, des prémices des sept fruits de la terre (le blé, l’orge, le raisin, la figue, la grenade, l’olive et la date), de les placer dans un panier, et de les apporter au Cohen dans le Beït-ha-Mikdache’.
Le Rabbi de Loubavitch nous enseigne que cette Mitsva des prémices est à la base de notre service divin et de l’ensemble de tous les autres commandements. Chaque juif dès son réveil récite la prière du ‘Modé ani’. La ‘Hassidout met l’accent sur le fait qu’en récitant cette prière il remercie l’Eternel, non pas seulement parce qu’Il lui donne à nouveau la vie, mais il Le remercie de l’avoir fait juif.
Aussi, nous pouvons nous interroger sur la particularité de la Mitsva des prémices. En effet, nous remercions l’Eternel, et reconnaissons Ses bienfaits tout au long de notre vie, que ce soit dans nos prières, ou que ce soit dans les Bénédictions, que nous Lui adressons tout au long du jour. Pour quelle raison la Mitsva des prémices, qui exprime aussi notre reconnaissance pour D.ieu, précède-t-elle dans notre Paracha tous les autres commandements divins ?
Le Rabbi répond que l’âme possède trois vêtements, la pensée la parole et l’action, et que la Mitsva des prémices a ceci de particulier, que lorsqu’il accomplit cette Mitsva, un juif exprime sa reconnaissance vis à vis de l’Eternel, non pas seulement par la pensée, ou par la parole, mais il l’exprime par un acte, et ‘l’acte est essentiel’.
En d’autres termes, la Mitsva des prémices exprime par un acte la prière de ‘Modé ani’ que l’on dit chaque matin, en ouvrant les yeux.
Cependant, la Mitsva des prémices n’exprime pas seulement notre reconnaissance pour tous les bienfaits que l’Eternel nous dispense tout au long de notre existence. Le contenu profond de cette Mitsva est lié à la signification du mot bikourim : prémices.
Le mot bikourim s’apparente au mot békhor qui signifie premier-né.
De fait, la Torah désigne les enfants d’Israël comme étant les premiers-nés de l’Eternel, car l’âme des enfants d’Israël a précédé la Création du monde. Dans le Dvar Mal’hout de la Paracha Ki Tétsé, le Rabbi nous enseigne que l’âme juive, du fait ‘qu’elle est véritablement une parcelle de divinité d’En-haut’, existait déjà avant la Création du monde et de tout ce qu’il contient. C’est à cela que se rapporte l’enseignement de Rabbi Shimon Bar Yo’haï selon lequel ‘Le Saint béni soit-Il Israël et la Torah ne font qu’Un’, et Rabbi Shimon enseigne que trois liens les unissent, l’un avec l’autre.
Il existe un lien entre le Saint béni soit-Il et la Torah, un lien entre la Torah et Israël, et par-dessus tout, il existe un lien direct entre le Saint béni soit-Il et Israël.
Le Rabbi souligne cependant que l’âme d’Israël précède la Torah, et que l’existence de la Torah ne dépend que d’Israël, car les juifs sont la raison de la Torah. Ainsi, dans une situation où un juif est en danger, l’Eternel nous ordonne de transgresser la Torah, s’il doit en être ainsi pour sauver la vie de ce juif (pikoua’h néfèch).
A l’opposé, l’existence de la Torah ne dépend que des juifs, que de leur accomplissement des commandements divins, lesquels représentent la Volonté du Saint béni soit-Il. C’est ce lien, ce lien essentiel qui unit l’Eternel à chaque juif, qui représente le contenu profond de la Mitsva des prémices.
Chaque juif est le premier-né de l’Eternel, et demeure lié à Lui d’un lien éternel, et lorsqu’un Juif apporte au Temple les prémices des fruits de son champ, il remercie L’Eternel, non seulement pour les bienfaits matériels qu’Il lui dispense, mais aussi et surtout, pour l’avoir fait juif.
Il s’agit de Le remercier de nous avoir donné une parcelle de Lui-même, d’être constamment en Lui et de pouvoir accomplir Sa Volonté bénie.
Nous pouvons parcourir la terre indéfiniment, ou bien décider de nous enfuir sur l’océan, et d’y voguer des jours, des mois, ou des années, avec pour seul but, de trouver la fameuse île au trésor. Cette île qui se cache secrètement dans le bleu profond d’une carte marine, telle un point perdu au milieu de l’eau transparente et pacifique de l’océan. Cette île que finalement sous l’éclat salé du soleil nous finirons peut-être par atteindre. Aussi, à force de persévérance nous finirons aussi par trouver l’emplacement du trésor, et commencerons à creuser, et à creuser encore dans le sable brûlant. Au bout du compte, quelle sera notre surprise lorsque nous découvrirons que le contenu du fameux trésor n’est en réalité qu’une goutte d’eau en comparaison à l’océan. Le véritable trésor se cache au plus profond de nous-même, il n’est autre que l’essence de notre âme, et la carte qui nous permet de l’atteindre n’est autre que l’étude de la ‘Hassidout.
Il est écrit dans le livre du prophète Osée (9, 10) : ‘J’avais trouvé Israël délicieux comme du raisin dans le désert ; comme les premiers fruits mûrs sur le figuier, j’avais considéré vos ancêtres’. ‘Le raisin dans le désert’, ou ‘l’île dans l’océan’, la voilà la Vérité, celle qui n’a pas de fin, celle qui nous unit à D.ieu.
Au début de la prière du matin nous récitons la liste des préceptes divins ‘qui n’ont pas de mesures’, parmi eux il y a l’offrande des prémices, et il n’y a rien d’étonnant à cela, car cette offrande représente l’essence de notre âme, laquelle ne possède pas, non plus, de mesures. Elle est notre véritable réalité, notre Vérité. Cette même Vérité, qui éveillait une gêne dans la prière du Baal Chem Tov. Cette Vérité sans fin qui le pousse à donner tout ce qu’il possède pour aider ses frères juifs.
Cette Vérité, comme une île au milieu de l’océan qui cache en elle le plus précieux des trésors. Ce trésor qui vibre dans le cœur du Baal Chem Tov, celui de l’Admour Hazaken, et dans le cœur de tous les Maîtres de ‘Habad. Cette Vérité qui anime le Rabbi à tout moment, cette Vérité qui brille plus particulièrement le Jour du 18 Elloul, jour de l’anniversaire des fondateurs du ‘Hassidisme et de la ‘Hassidout ‘Habad, Rabbi Israël Baal Chem Tov et Rabbi Chnéor Zalman de Lyadi.
Le 18 Elloul, comme les 18 Bénédictions de la prière de la Amida, dîtes du plus profond du cœur, pour provoquer la Guéoulah, avec l’aide de D.ieu, par le mérite du Rabbi, très bientôt et de nos jours.
(Pour la Réfouah chéléma de Sabine Ra’hel bat Dolly Messodi,
et pour l’élévation de l’âme de Esther bat Ra’hel)
Le nom de famille du Rabbi de Loubavitch qui est ‘Schneerson’ se décompose de la manière suivante : ‘Schneer-son’, qui signifie ‘le fils (‘son’) de Chnéor (‘Schneer’).
De fait, la source des enseignements des maîtres de la ‘Hassidout ‘Habad se fondent sur l’enseignement du Baal Chem Tov et celui de l’Admour Hazaken.
Le prénom ‘Chnéor-Zalman’, qui est lui-même à la source du nom de famille du Rabbi, n’évoque pas seulement le fait que le Rabbi est un descendant de l’Admour Hazaken, mais il fait aussi allusion au fait que ses enseignements découlent de la pensée du Maître de la ‘Hassidout ‘Habad, exactement de la même façon que ‘l’âme d’un juif provient de la pensée de D.ieu’ et que ‘la goutte qui donne naissance à un enfant se trouve au départ dans le cerveau de son père’ (livre du Tanya).
Il en va de même au sujet des enseignements du Rabbi. Ceux-ci représentent ‘l’enfant’, qui lui-même est un prolongement et un aboutissement de l’œuvre de son père. Un enseignement du Rabbi est un prolongement de l’enseignement de l’Admour Hazaken et apporte toujours un élément nouveau jusqu’alors inconnu : un ‘Hidouch.
Aussi, le Rabbi délivre un enseignement exceptionnel au sujet de la Paracha Ki Tètsé, basé sur le verset : ‘Quand tu sortiras en guerre contre ton ennemi’, que l’on peut lier à l’enseignement de l’Admour Hazaken selon lequel ‘Dans les temps futurs D.ieu fera sortir le soleil de son étui…’.
‘Le soleil sortira de son étui’ est une allusion au fait que dans les temps messianiques, l’Eternel révèlera la lumière de Son Essence, symbolisée par la lumière du ‘soleil’ : ‘Havayeh’, qui pour l’instant est cachée par un ‘étui’ : ‘Elokim’, lequel masque l’Essence divine et ne laisse pour lumière à la Création qu’un mince reflet, au moyen duquel l’homme ne peut absolument pas ressentir la Présence divine.
Aussi, la déclaration du Tanya selon laquelle ‘Havayeh Elokim est un soleil et un bouclier’ exprime la dissimulation (le Tsimtsoum) : ‘Elokim’, ‘le bouclier’, de la lumière infinie de D.ieu : ‘Havayeh’.
Ce principe s’applique également à notre âme, car son essence est elle-même ‘en exil’, et ce n’est que dans les temps futurs que l’essence de l’âme ‘sortira de son étui’ : l’essence de l’âme Juive sortira de son exil, et sa force illuminera notre être tout entier, et nous pourrons dès-lors recevoir les plus hauts dévoilements.
Il existe une très belle image du Tséma’h Tsédek au sujet de l’âme (Séfer ha Likoutim, lettre Youde, ‘Yonah’). Le Tséma’h Tsédek citant le verset du ‘Cantique des Cantiques’ (2, 14) :
‘Ma colombe, nichée dans les fentes du rocher…’, explique que le nom du prophète ‘Yonah’, qui fut jeté à la mer et englouti par un énorme poisson, est une allusion à l’âme divine. La signification de l’image de Yonah, qui adressa à l’Eternel une prière du fond des entrailles de cet énorme poisson (comparable à un ‘étui’) évoque donc l’âme divine prisonnière du corps et de l’âme animale, contre lesquels elle doit mener un combat incessant pour imposer sa volonté.
Par ailleurs, la Paracha ‘Ki Tètsé’ fait aussi allusion à la descente de l’âme dans le corps, et le verset ‘Quand tu sortiras en guerre contre ton ennemi’ met l’accent sur le fait qu’un juif doit mener une véritable guerre face au mauvais penchant.
Cependant le Rabbi donne une explication beaucoup plus profonde de ce verset : ‘Quand tu sortiras en guerre contre ton ennemi’ :
Les termes ‘tu sortiras’ évoquent l’endroit d’où provient l’âme, sa source première. Cet ‘endroit’ désigne en fait l’essence divine qui ne fait qu’un avec l’âme, ainsi qu’il est dit dans le saint Zohar : ‘D.ieu Israël et la Torah ne font qu’un’.
De fait, l’âme d’Israël précède toute la Création, ainsi qu’il est dit dans le Midrache : avant la Création du monde, D.ieu S’adressa aux âmes des Justes d’Israël, et leur demanda si oui ou non il devait créer le monde. Le Rabbi nous enseigne donc que du fait que l’âme d’un Juif a précédé le monde, il ne doit nullement être impressionné par lui, et bien au contraire sa mission consiste à mener le combat de D.ieu, en faisant apparaître aux yeux de l’ennemi la lumière de l’endroit divin d’où provient son âme.
En d’autres termes, sa mission consiste à révéler la lumière de l’Essence divine, et peu importe l’endroit où la situation dans lesquels il se trouve, car c’est précisément dans les profondeurs de l’abîme de ce monde, qu’un juif doit faire une demeure pour D.ieu.
Révéler l’endroit d’où provient son âme s’accorde donc à notre mission de ‘faire de ce monde une demeure pour l‘Essence de D.ieu’. De fait, même l’âme animale doit devenir une demeure pour l’Essence de D.ieu, pas moins que cela.
Dans les temps futurs l’âme, qui est pour l’instant comme une colombe ‘nichée dans les fentes du rocher’ sortira finalement de son étui, de son exil.
C’est peut-être pour cela qu’il est dit que ‘le Machia’h voit entre les fentes des murs’ du fait qu’il est lui-même l’Essence de l’âme d’Israël, laquelle se trouve en exil, ‘cachée entre les fentes’, confinée dans un ‘étui’. Ainsi, ‘Machia’h voit entre les fentes des murs’ signifie qu’il observe la profondeur de l’âme de chaque enfant d’Israël et il s’attache à la dévoiler.
Aussi, c’est par notre attachement au Rabbi que l’on peut délivrer l’essence de notre âme afin que celle-ci ‘sorte en guerre contre l’ennemi’, c’est à dire afin que celle-ci transforme totalement l’âme animale et le corps, c’est à dire tout ce qui s’oppose à la révélation de l’Essence divine et au dévoilement du Machia’h.
Par ailleurs il est intéressant de remarquer que juste après le verset ‘Ma colombe, nichée dans les fentes du rocher‘, il est écrit (verset 16) :
‘Je suis à mon bien-aimé, et mon bien-aimé est à moi’.
Ce verset contient en effet les initiales du mot : ‘Elloul’, lequel est le mois de la Téchouva, du retour vers D.ieu. De fait, l’âme est comparable au vol de cet oiseau qui était au départ ‘niché dans les fentes du rocher’, et qui s’élève ensuite dans le ciel, à l’exemple de l’âme qui retourne vers sa source divine….
‘Houkat
D.ieu enseigne à Moché les lois de la « Vache Rousse ».
Après quarante ans d’errance dans le désert, le Peuple juif arrive dans le désert de Tsin. Miryam quitte ce monde et le peuple, privé du puits de Miryam, réclame de l’eau. C’est alors que Moché va frapper le rocher pour qu’en jaillisse de l’eau (au lieu de lui parler). L’eau jaillit mais ni Moché ni Aharon ne pourront entrer en Terre Sainte.
Aharon meurt et son fils Eléazar lui succède. Le peuple parle encore une fois contre D.ieu et Moché et une épidémie le frappe, enrayée par un serpent d’airain brandi par Moché.
Moché mène des batailles contre les rois Si’hon et Og, conquiert leurs terres, à l’est du Jourdain.
Balak
Balak, roi de Moav, engage le prophète Bilaam pour maudire le Peuple juif. Incapable d’y parvenir, ce sont des paroles de bénédictions qui sortent de sa bouche ainsi que la prédiction de la venue de Machia’h.
Le peuple faute avec les filles de Moav qui les poussent à pratiquer l’idolâtrie. L’un des chefs de tribu conduit publiquement une princesse Midianite dans sa tente. Pin’has les tue alors tous deux, ce qui met immédiatement fin à la plaie qui s’était abattue sur le peuple.
Chabbat Paracha ‘Houkat-Balak, Youd Beth Tamouz
Ce Chabbat, le 12 Tamouz, nous célébrons la libération des prisons soviétiques du précédent Rabbi de Loubavitch, Rabbi Yossef Its’hak.
Cette libération partage un lien très particulier avec la Délivrance ultime qui sera conduite par le Machia’h. Nos Sages expliquent que toutes les délivrances, même celles qui n’impliquent pas une libération totale de l’exil, sont connectées les unes aux autres.
Cela s’applique tout spécialement à celle d’un Nassi (dirigeant) d’une génération.
Dans son commentaire de l’un des versets de la Paracha de cette semaine, Rachi déclare : « le Nassi de la génération est équivalent à toute la génération ».
Dans la lettre qu’il envoya en relation avec sa libération, le Rabbi précédent souligne ce point dans ces termes : « Youd Beth (12) Tamouz, D.ieu ne m’a pas libéré moi seul ; ceux qui chérissent notre sainte Torah, ceux qui observent les Mitsvot et quiconque appelé Israël l’ont été également. »
En d’autres termes, sa libération affecta le Peuple juif tout entier.
L’on peut encore aller plus loin : la libération de Youd Beth Tamouz instaura le commencement d’une nouvelle phase dans « la diffusion des sources de la ‘Hassidout vers l’extérieur. » Elle apporta la ‘Hassidout en Amérique, « la moitié inférieure du monde », c’est-à-dire là où le mode de vie était le plus bas, et la transforma en source d’influence qui diffuse ces sources dans le monde entier. Tout cela est donc lié au but ultime de la diffusion de ces enseignements : la venue du Machia’h.
La date du 12 Tamouz fait également allusion à la venue de Machia’h parce qu’alors les 12 tribus seront toutes libérées.
Le Rabbi précédent fut informé de sa libération le 12 Tamouz mais elle ne fut véritablement effective que le 13. Ce chiffre a aussi un lien avec l’ère messianique puisqu’il a la valeur numérique du mot E’had, « un » et qu’alors, l’Unité de D.ieu sera révélée dans l’univers entier.
Cette année, différents facteurs intensifient encore la relation entre Youd Beth Tamouz et la Délivrance par Machia’h.
Parmi eux, citons le fait que tout d’abord, Youd Beth Tamouz tombe Chabbat. Or Chabbat lui-même évoque l’ère de Machia’h. Ainsi à propos du verset « un Psaume, un chant du jour du Chabbat », nos Sages commentent : « un chant pour l’ère qui est entièrement Chabbat et un repos éternel. » Chabbat est un microscosme du monde futur. Si cela est vrai de n’importe quel Chabbat de l’année, a fortiori cela l’est-il d’un Chabbat où l’on célèbre Youd Beth Tamouz.
D’autre part, la Paracha de cette semaine, et comme le souligne Rabbi Chnéor Zalman, « nous devons vivre avec la Paracha », contient des références explicites à la Délivrance par Machia’h.
Dans Hil’hot Mela’him, le Rambam (Maïmonide) écrit : « celui qui ne croit pas (dans le Machia’h) ou n’attend pas son arrivée, ne dénie pas seulement les prophéties des autres prophètes mais (il dénie) également la prophétie de Moché… La portion de Bilaam parle et prophétise sur deux rois oints : le premier roi oint, David… et le dernier roi oint, (le Machia‘h) qui se lèvera et sauvera Israël… »
Le Rambam explique ensuite comment les prophéties qui commencent dans Bamidbar (24 :17) se divisent en deux parties : la première se référant à David et la seconde à Machia’h. Ainsi, quand nous lisons cette Paracha en public, que nous récitons des bénédictions avant et après cette lecture, ces concepts reçoivent davantage d’emphase.
En outre, lors de la prière de Min’ha, nous commençons à lire la Paracha Pin’has qui, elle-aussi, annonce la venue de Machia’h. Nos Sages assimilent en effet Pin’has au prophète Eliyahou qui annoncera la venue de Machia’h.
Il est donc approprié de souligner l’importance de renforcer la foi en la venue de Machia’h et l’impatience avec laquelle nous devons l’attendre. Le Rambam indique l’importance de souhaiter la venue de Machia’h, déclarant que nous devons « attendre sa venue chaque jour ». Pour nous préparer à cet événement, nous devons augmenter notre étude de la Torah et tout particulièrement des sujets qui parlent de la Délivrance messianique, par exemple les chapitres qui clôturent Hil’hot Mela’him, (les lois des rois), appelé également Hil’hot Mélè’h HaMachia’h (les lois du Roi Machia’h). L’étude de ces sujets hâtera la venue du temps où les prophéties se matérialiseront.
Il est également adéquat de continuer à répandre les enseignements de la ‘Hassidout, et en particulier de mettre l’accent sur les enseignements du Rabbi Précédent.
Il est évident que les jours qui viennent : les 13, 14 et 15 Tamouz seront l’occasion de célébrations de la libération du Rabbi Précédent. Il convient que, dans chacun de ces trois farbrenguen (célébration ‘hassidique), l’on prenne trois résolutions positives (une dans chacune des sphères de la Torah, la prière et les actes de bienfaisance).
Que ces activités conduisent à la transformation du jeûne du 17 Tamouz en un jour de célébration, avec la venue du Machia’h. Que cela se produise immédiatement !
Il existe plusieurs niveaux d’amour et de crainte de D.ieu. L’Admour Hazaken s’attache à les définir et à les décrire dans le livre du Tanya, car tous ces niveaux doivent être comme autant de proies que nous devons capturer. Comme un loup qui agît sans relâche pour capturer sa proie, nous devons nous-même nous attacher à poursuivre la crainte et l’amour de D.ieu.
Le Rabbi délivre à ce sujet un précieux enseignement. Le mot hébreu ‘Hok signifie ‘décret’. Il désigne une loi divine qui échappe totalement à notre compréhension. Il n’en demeure pas moins que nous devons à l’évidence obéir à ce décret, à l’accomplir, car même s’il échappe à notre compréhension, il s’agit de la Volonté bénie de D.ieu. Aussi, en obéisant à un tel décret, l’occasion nous est donnée d’exprimer notre attachement à D.ieu, du lien qui nous unit à Lui et qui dépasse totalement l’intellect et la raison. Poursuivre et désirer D.ieu au point d’agir uniquement selon Son désir, et en faisant totalement abstraction de nous-même, de nos propres désirs et même de notre compréhension. Sans les ‘Houkim’, il aurait été impossible d’exprimer notre attachement à D.ieu qui est au-delà de notre raison et de notre intellect.
Dans le Dvar Mal’hout sur la Paracha Kora’h, le Rabbi nous enseigne que Kora’h avait parfaitement conscience de ce niveau de l’âme Juive, qui dépasse la raison et l’intellect, mais sa grande erreur fut de limiter cette force de l’âme à la pensée et à la parole. Il manquait à Kora’h la reconnaissance et la valeur de l’action, ainsi que le Rabbi nous l’enseigne en nous donnant la signification profonde des lettres de son nom.
Kora’h est composé par les lettres Kouf Rèch et ‘Hèt.
Le Rabbi explique en effet que Kora’h avait conscience du niveau supérieur de l’âme Juive, de ce niveau qui dépasse la raison et l’intellect. Cela s’exprime par le fait que son nom possède les deux lettres du mot ‘Hok (‘Hèt et Kouf) qui désigne, comme il a été expliqué, une loi qui dépasse notre raison et notre intellect. Kora’h avait donc conscience de ce niveau supérieur, qui est la qualité de l’Essence de l’âme d’Israël, mais la deuxième lettre de son nom, Réch, exprime la faiblesse de Kora’h.
L’axe horizontal de la lettre Rèch correspond à la pensée, et son axe vertical correspond à la parole. Par contre il manque à la lettre Rèch le troisième axe, lequel correspond à l’action. Il manquait à Kora’h une chose essentielle : l’Action.
Dans le discours ‘hassidique du 15 Sivan de l’année 5751, le Rabbi explique longuement que seul l’accomplissement des Commandements divins permet à l’âme de parvenir à une totale soumission avec le Divin.
Il en va de même pour ce qui concerne notre étude de la Torah, car celle-ci doit toujours être cristallisée par un acte, et cela même s’il s’agit de l’étude de concepts divins très élevés. Dans ce cas, peut-être est-il possible de dire que le fait d’étudier des sujets qui dépassent notre intellect et notre raison aura pour effet que nous finirons par agir au-delà de notre intellect et de notre raison, afin de faire tout ce qui est en notre pouvoir pour provoquer la venue de notre Juste Machia’h.
Le jour du 3 Tamouz nous étudions le discours du Rabbi intitulé ‘Vé ata tètsavéh’. Dans ce discours le Rabbi nous enseigne l’importance de dévoiler la partie la plus profonde de notre âme, l’Essence de notre âme.
L’exemple choisi par le Rabbi au sujet du dévoilement de l’Essence de l’âme est celui de l’olive que l’on concasse pour en extraire son huile. La chair de l’olive est entièrement imprégnée d’huile, et la manière de l’extraire est de briser l’olive, de la concasser. De la même façon, pour provoquer la venue du Machia’h en suscitant le désir divin de nous délivrer, il convient de libérer la lumière et la force de l’Essence de l’âme. Celle-ci a aussi le pouvoir de libérer notre être tout entier, en illuminant et en élevant nos pensées, nos paroles et nos actes, à un niveau supérieur.
A l’exemple de l’huile que l’on extrait de l’olive pour éclairer la Ménorah du Temple, un Juif se doit d’extraire le divin qui est gravé en lui-même.
En effet, le mot ‘Hok qui désigne, comme il a été expliqué précédemment, un décret divin, s’apparente au mot ‘Hakika’ qui signifie ‘gravure’.
Lorsque l’on grave des lettres dans de la pierre, celles-ci font un avec la pierre, comme l’huile qui fait un avec la chair de l’olive, comme l’âme Juive fait Un avec le Divin.
Ainsi, de manière profonde, extraire l’huile représente le fait ‘d’extraire’ la force de la partie la plus élevée, la plus profonde, et la plus intérieure de notre âme, de nous-même.
C’est révéler ce lien qui unit notre âme avec D.ieu, ce lien qui se situe bien au-delà de l’intellect et de la raison. C’est révéler le divin qui fait ‘Un’ avec notre âme, ainsi qu’il est dit : ‘Dieu Israël et la Torah ne font qu’Un.
C’est ‘extraire’ le Divin qui est en nous, de manière à ce qu’il sorte de sa cachette, du plus profond de nous-même, pour enfin se répandre à l’extérieur, dans toutes les forces de notre âme, dans notre cerveau, et dans notre coeur, et puis dans nos pensées, dans nos paroles, et dans nos actes, comme le sous-entend la déclaration que fit le Machia’h au Baal Chem Tov: ‘Je viendrai quand tes sources se répandront à l’extérieur.
La qualité de chaque enfant d’Israël est son attachement à D.ieu. Celui-ci dépasse totalement et infiniment son intellect et sa raison. Il est véritablement gravé au plus profond de lui-même, et c’est en le dévoilant que chaque Juif parviendra à dévoiler du même coup la présence physique de notre Juste Machia’h, très bientôt et de nos jours, avec l’aide de D.ieu.
Enfin, si nous devons donner l’exemple d’une action qui dépasse l’intellect, donnons l’exemple de l’action du Rabbi de dévoiler chez son ‘Hassid, de manière claire et profonde, ce qui au départ dépassait totalement son intellect et sa raison…
Seule l’Essence divine détient le pouvoir d’unir le Divin illimité aux limites de ce monde. A l’exemple du Rabbi qui est lui-même l’Essence de l’âme de l’Assemblée d’Israël, et du fait que l’Essence de l’âme est enracinée dans l’Essence divine, seul le Rabbi, Moché d’Israël, détient le pouvoir d’unir ce qui dépasse l’intellect, le Divin illimité, avec nos propres limites, à l’intellect, et à toutes les forces de notre âme.
(pour la réfouah chéléma de ‘Hnina Barbara bat Esther, et de Tsipora bat Esther)
Dans le discours ‘hassidique du 15 Sivan 5751, le Rabbi explique que l’âme d’un Juif, même s’il s’agit de l’âme d’un Juste parfait qui sert D.ieu avec crainte et amour, ne fusionne totalement avec le divin que lorsque ce Juif accomplit une Mitsvah.
Les Commandements divins représentent la profondeur de la Volonté divine et la vitalité qui les anime n’est pas, contrairement à l’âme, une chose ‘séparée’, car la vitalité des Commandements divins se fond véritablement dans la Volonté de D.ieu.
Aussi, le Rabbi souligne ici que la perfection de l’élévation de l’âme et de sa fusion (‘bitoul’) avec le divin n’est réalisée qu’au moyen de l’acte de la Mitsvah, ainsi qu’il est dit :
‘Bien que la fusion de l’âme d’Israël avec le divin atteint un niveau de perfection au moment de l’étude de la Torah et lors de l’accomplissement des Commandements divins, de toutes les façons, du fait qu’Israël et le Saint béni soit-Il ne font qu’Un, cette fusion n’exclut pas la réalité des enfants d’Israël. Au contraire c’est cette fusion qui est leur réalité’.
En d’autres termes, nous aurions pu penser que lorsque l’on accomplit une Mitsvah ‘nous cessons d’exister’ car alors notre volonté se fond en la Sienne.
Notre âme cesse-t-elle ‘d’exister’ lorsqu’elle fusionne avec la lumière divine ? Il semblerait qu’au moment de cette fusion, il n’existe seulement que la réalité divine. Le Rabbi répond qu’en réalité c’est le contraire qui est vrai, car ce n’est qu’au moment où l’âme fusionne avec le Divin que commence réellement notre vie, notre réalité, notre existence. Ce n’est que lorsqu’il se soumet totalement à D.ieu qu’un Juif commence vraiment à exister.
Dans la Parachat Chela’h, il est question des douze princes des tribus que Moché envoya, (sans en avoir reçu l’ordre divin) pour explorer la Terre d’Israël.
Par ailleurs, dans la Haftarah qui suit la lecture de la Paracha, il est question de deux hommes ‘simples’ que Yéochoua envoya secrètement pour explorer la Terre d’Israël, après que l’Eternel le lui ait ordonné.
Le Rabbi nous enseigne que les différences qui existent entre les explorateurs de Moché et ceux de Yéochoua, ne sont pas sans évoquer celles qui existent entre l’Unité (A’hdout) et la Division (Hit’halkout).
De façon générale l’Essence divine, laquelle est indivisible, désigne L’Unité, mais du fait que ‘la Torah lsraël et le Saint béni soit-Il ne font qu’Un’, l’Essence de l’âme d’Israël, et l’Essence de la Torah, la ‘Hassidout, désignent également l’Unité. Ainsi, dans le Dvar Mal’hout sur la Paracha Chela’h, le Rabbi explique que la Haftara, par le fait que Yéochoua envoie seulement deux explorateurs, exprime l’Unité, et qu’à l’opposé, notre Paracha, par le fait que Moché envoie douze explorateurs, exprime la Division.
Le Rabbi précise que la mission des explorateurs de Moché et celle des explorateurs de Yéochoua, ont toutes les deux un même but. Celui de purifier la Terre d’Israël afin d’en faire une demeure pour L’Eternel, pour Son Essence bénie.
Ces deux missions correspondent à deux actions du service divin qui sont toutes les deux nécessaires, et qui se complètent.
Le premier travail qui correspond à la Hit’halkout (la Division), s’accorde à la partie de l’âme qui s’habille dans le corps (Néchamah : les forces de l’intellect, dans le cerveau, Roua’h : les sentiments, dans le coeur, Néfèch : la vitalité du corps, dans le sang).
Il s’agit dans ce cas de conquérir la Terre d’Israël (et aussi ‘la Terre’ que représente notre corps), en la sanctifiant au moyen des forces de notre âme qui s’habillent dans notre corps.
Cependant, raffiner et purifier ce monde matériel ne doit pas se limiter aux ‘simples’ forces de l’âme, car il s’agit aussi de révéler la partie profonde de l’âme, l’Essence de l’âme, pour faire de ce monde une demeure pour ‘Son Essence’ : le niveau de ‘A’hdout’, ‘l’Unité’.
Ce n’est qu’en dévoilant la partie profonde de l’âme, et la partie profonde de la Torah, que le travail de raffinement et de purification de la Terre d’Israël atteint la perfection.
Le Rabbi donne plusieurs exemples dans la Haftara. Le fait que les explorateurs de Yéochoua sont deux hommes simples n’est pas sans évoquer la qualité de ‘simplicité’, ‘pchitout’, de l’Essence divine. En effet, le Rabbi revient très souvent sur ce point. ‘Or pachout’ désigne la lumière de l’Essence divine qui est au-delà de toutes les formes, de toutes les particularités et de tous les détails. Or, cette lumière illumine chaque Juif, même s’il s’agit du plus ‘simple’, l’Essence de son âme est enracinée dans l’Essence divine.
C’est à cela que se rapporte la déclaration des Sages d’après laquelle lorsque les enfants d’Israël entendirent les deux premiers Commandements de la Bouche de L’Eternel leurs âmes s’envolèrent, pour rejoindre leur source, en D.ieu. De fait, la partie la plus élevée de l’âme, qui ne s’habille pas dans le corps, est extrêmement proche de sa source. Elle ressent et désire constamment le Divin.
Il est intéressant de mentionner ici que la Torah a comparé Moché au soleil, et Yéochoua à la lune. Dès-lors, on peut se demander comment cela s’accorde à l’enseignement du Rabbi selon lequel la mission des explorateurs de Yéochoua correspond à l’Essence de l’âme, et la mission des explorateurs de Moché correspond aux forces de l’âme.
A priori, le contraire semble plus vrai. Du fait que Moché est comparé au soleil, n’évoque-t-il pas, plus que Yéochoua, l’Essence de l’âme, que la ‘Hassidout qualifie de ‘Luminaire’ (‘le soleil’) ? N’est-il pas plus logique de penser que Yéochoua, l’élève de Moché, évoque les forces de l’âme, lesquelles ne sont qu’un reflet de l’Essence ?
La raison à cela tient peut-être du fait que dans les Temps messianiques la lune, comparée à Yéochoua, retrouvera sa taille originelle. De fait, la Séfira de Mal’hout (la lune) s’élèvera au-dessus de toutes les Séfirot, ainsi qu’il est dit ‘Une épouse vertueuse est la couronne de son mari’. Aussi, Yéochoua, dont la grandeur véritable apparaîtra lors de la Délivrance, n’est pas sans évoquer l’unité de l’Essence divine, l’unité de l’âme et l’unité de la Torah.
(Pour la réussite spirituelle et matérielle de Ma’hlouf, Adrien, ben Golda)
‘Quand tu allumeras les lumières vers la face de la Ménorah’, ce verset qui est au début de notre Paracha possède de nombreuses explications. Rachi explique dans son commentaire que ‘quand tu allumeras signifie en fait quand tu feras monter’.
Dans le Dvar Mal’hout, le Rabbi fonde son enseignement à partir de cet enseignement de Rachi et du fait que L’Eternel désirait qu’Aaron allume la Ménorah ‘en tenant le feu près de la mèche jusqu’à ce que la flamme monte par elle-même’.
Le corps d’un Juif est précieux aux yeux de l’Eternel et Il désire que nous accomplissions Sa Volonté au moyen des forces de notre âme, et au moyen de notre corps. Cependant, le Rabbi souligne que ‘le corps de par lui-même n’est pas lié au service divin et la preuve de cela est que nous devons l’habituer à ce travail, afin que l’habitude devienne une seconde nature’.
En effet, par sa nature, l’âme animale incite l’homme à assouvir constamment des désirs matériels et grossiers, aussi, la mission de chaque Juif consiste à habituer le corps et l’âme animale à la pratique des Mitsvoth et à l’étude de la Torah. En d’autres termes habituer le corps signifie qu’on le rend docile aux Commandements en domptant peu à peu l’âme animale. Comme on dompte un animal pour lui imposer notre volonté, nous devons forcer notre âme animale à aimer D.ieu. Ce faisant nous réalisons l’injonction divine d’aimer notre D.ieu ‘de tout notre cœur’, c’est à dire ‘avec nos deux penchants’.
Habituer notre mauvais penchant en habituant notre corps à accomplir des Mitsvoth, au point que ‘l’habitude devient une seconde nature’. Dans ce cas la nature du corps et de l’âme animale se transforment peu à peu, et avec beaucoup de travail nous pouvons même parvenir à ‘transformer l’obscurité en lumière’, à l’exemple des Tsaddikim qui raffinent et purifient l’âme animale afin que celle-ci s’unisse à l’âme divine d’un lien parfait.
D’une certaine manière, l’union de la force de l’âme animale avec la force de l’âme divine est comparable à deux flammes qui s’unissent et ne forment plus qu’une seule flamme. Aussi, a la lecture des versets de notre Paracha : ‘Quand tu allumeras les lumières vers la face de la Ménorah…En tenant le feu près de la mèche jusqu’à ce que la flamme monte par elle-même’, nous pouvons expliquer qu’il y a ici une allusion au fait que lorsque l’on habitue le corps à accomplir les Commandements divins : ‘en tenant le feu près de la mèche’, alors la force de l’âme animale s’unit avec la force de l’âme divine et dans ce cas : ‘la flamme monte par elle-même’.
A la lumière de ce qu’il vient d’être dit nous comprenons la déclaration du Rabbi selon laquelle ‘Un Juif dévoile la force de l’Essence divine qui est dans le corps en le purifiant.’
Le travail qui consiste à dompter l’âme animale est une étape vers le niveau supérieur du dévoilement de l’Essence divine dans le corps. Purifier le corps débarrasse le corps de ses limites. A l’exemple de l’Arche qui bien qu’elle possède des mesures précises ‘ne prenait pas de place dans le Saint des Saints’ parce qu’elle contient les Tables de l’Alliance écrites du doigt de D.ieu, lorsque le corps est débarrassé de ses impuretés il devient un réceptacle de l’Essence divine et dans ce cas, comme l’Arche, ‘il ne prend pas de place’, c’est à dire qu’il s’élève au-delà de toutes les limites matérielles de ce monde.
Comme le Rabbi nous l’enseigne dans le Dvar Mal’hout, lorsqu’un Juif parvient à habituer le corps à accomplir les Commandements divins alors ‘l’accomplissement des Mitsvoth n’est plus une chose ajoutée’, mais font partie intégrante de son être et de son existence. Ce Juif fait alors Un avec D.ieu, en purifiant son corps il est parvenu en même temps à dévoiler que ‘même le corps matériel d’un Juif est lié au Saint béni soit-Il’.
L’Admour Hazaken rapporte dans le livre du Tanya un enseignement de l’enfant ‘Yinouka’ lequel compare lequel les Commandements divins à de l’huile, et l’âme animale à la mèche d’une bougie. De fait, la Présence divine, la ‘Chrina’, qui est elle-même comparée à la flamme de la bougie, ne peut se dévoiler à un Juif que lorsque celui-ci accomplit les Commandements divins. Autrement dit, la flamme ne peut s’accrocher à la mèche que si celle-ci est imbibée d’huile.
L’exemple de la mèche qui brûle grâce à l’huile qu’elle contient, exprime l’idée que l’âme animale, la ‘mèche’, doit se consumer. Cela signifie que lorsqu’un Juif accomplit les Mitsvoth, il brûle tout ce qui est extérieur à son service divin. A l’exemple de la mèche qui trempe dans l’huile, lorsque l’âme animale ‘trempe dans l’huile’, c’est à dire lorsqu’elle s’implique dans l’action des Mitsvoth, elle attire le divin en elle-même, et elle se transforme en une âme sainte, conformément à la déclaration de Rachi selon laquelle ‘un Juif doit aimer D.ieu au moyen de ses deux penchants’. C’est seulement en agissant ainsi que le feu peut s’accrocher à la mèche, que la Présence divine peut Se révéler en celui qui accomplit Sa Volonté.
Aussi, le Rabbi préconise que lorsque que l’on s’attache à aider un Juif, on doit se tenir près de lui ‘jusqu’à ce que la flamme monte par elle-même’, c’est-à-dire jusqu’à ce que ce Juif devienne indépendant dans l’accomplissement de son service divin.
Cet enseignement s’exprime également dans la déclaration que fit le Machia’h au Baal Chem Tov : ‘Je viendrais quand tes sources se répandront à l’extérieur’. Il ne s’agit pas seulement d’apporter la lumière dans un endroit obscur, mais de faire de cet endroit une source, indépendante, capable de diffuser à son tour la lumière.
L’exemple donné par le Rabbi est celui du Rav et de son élève. Le Rav ne fait pas que dispenser des enseignements à son élève. Il s’attache aussi à développer les forces personnelles de l’élève, de telle manière qu’il puisse ‘tenir seul debout sur ses pied’, et diffuser à son tour la lumière à l’extérieur.
Le Rabbi explique que l’attitude du Rav est comparable à celle du Saint béni soit-Il. L’Eternel en donnant la Torah ne fit qu’allumer la flamme, mais ensuite cette flamme devait continuer à ‘monter par elle-même’.
A l’image de cet élève qui avance seul, l’Assemblée d’Israël ne compte que sur elle-même quand il s’agit de trouver dans la Torah des réponses aux questions qui se présentent chaque jour. C’est à cela que se rapporte la déclaration selon laquelle ‘la Torah n’est pas dans le ciel’.
Cependant, la profondeur de tous ces enseignements ne se limite pas à l’âme Juive. En effet, le monde matériel est lui-aussi tel ‘une mèche qui a besoin d’huile’.
Le Rabbi nous enseigne que notre mission consiste aussi à introduire la sainteté dans la matière de ce monde. De fait, la majorité des Commandements divins est accomplie au moyen de la matière, et depuis le don de la Torah, chaque Juif détient la capacité de sanctifier ce monde profane.
A partir de la matière profane, la peau d’une vache, et de l’encre que l’on obtient en broyant des végétaux, un Sofer écrit des Parachiot sur du parchemin et crée ainsi un objet de sainteté, une Mézouzah, une paire de Téfilines, un Séfer Torah.
Le point essentiel que nous donne le Rabbi dans le Dvar Mal’hout, est que lorsqu’il a introduit la sainteté dans cet objet matériel, cet objet devient comme cette flamme qui monte d’elle-même, car une fois que le Sofer a introduit la sainteté dans cette Mézouzah, ou dans ces Parachiot, ou dans ce Séfer Torah, la sainteté ne quitte plus son endroit. L’image du Sofer en train d’écrire est donc comparable à celle d’Aaron ‘tenant le feu près de la mèche’, puis lorsqu’il a fini d’écrire alors cette Mézouzah, cette paire de Téfilines, ou ce Sefer Torah, deviennent comme ces ‘flammes qui montent par elles-même’. Ils deviennent indépendants, du fait qu’ils sont désormais des objets emplis d’une sainteté qui ne les quittera plus, à l’exemple de cet élève qui peut se ‘tenir seul debout sur ses pied’, et diffuser à son tour la lumière qu’il a reçu de son Maître, ainsi qu’il a été dit précédemment.
A travers cet enseignement, selon lequel le monde matériel doit être ‘une flamme qui monte d’elle-même’, le Rabbi souligne que c’est précisément en élevant le niveau le plus bas, que l’on parvient à élever tous les autres niveaux, y compris le plus haut niveau, et que l’on finit par provoquer finalement le dévoilement de l’Essence divine.
Ainsi, le Rabbi déclare que bien que notre génération soit considérée sur le plan spirituel comme le ‘talon’, en comparaison à la génération de Moché, qui représente la ‘tête’, il n’en demeure pas moins que le talon soutient le corps tout entier, et qu’en élevant le talon, on apporte l’élévation au corps tout entier, c’est à dire à toutes les générations.
L’enseignement est clair. C’est en s’attachant à élever le Juif le plus éloigné que l’on parvient à élever toute l’Assemblée d’Israël. La ‘Hassidouth revient toujours sur le fait que ‘la lumière qui provient de l’obscurité est plus forte que la lumière elle-même’.
L’attitude d’un ‘Hassid du Rabbi consiste à apporter la lumière dans ces endroits obscurs car ils cachent en réalité une lumière exceptionnelle.
Le Rabbi Rayats a expliqué dans l’un de ses discours ‘hassidiques que le talon, bien qu’il soit la partie la plus basse du corps, la partie la plus matérielle et la plus insensible, représente la capacité de Messirout néfech.
En effet, il nous est impossible de rentrer la tête dans de l’eau bouillante, par contre le talon peut supporter une telle chaleur.
Il en va de même pour notre génération, laquelle représente le ‘talon du pied’, elle seule possède la capacité de ‘rentrer dans l’eau bouillante’, c’est à dire de faire don de sa propre vie pour sanctifier et faire de ce monde une demeure pour D.ieu.
De ce fait, on peut comparer notre génération à la cinquième bougie de ‘Hannoucah. Le Rabbi enseigne que la cinquième bougie ne tombe jamais le jour du Chabbat car elle détient le pouvoir d’éclairer les endroits les plus obscurs, et provoquer ainsi la venue de notre Juste Machia’h, très bientôt et de nos jours, avec l’aide de D.ieu.
La Torah telle que nous la connaissons et telle que nous l’étudions ne nous parle pas des lois concernant la Che’hita du Taureau sauvage par le Léviathan qui aura lieu dans les temps futurs.
La raison à cela, donnée par le Rabbi dans le Dvar Mal’hout sur la fête de Chavouot, est que toutes les ’Halahot de la partie révélée de la Torah découlent de la dimension profonde de la Torah. De fait, chaque ’Halaha possède un contenu spirituel profond qui est l’expression de la Volonté profonde et intérieure du Saint béni soit-Il.
Or, du fait que le contenu profond de la Che’hita du Taureau sauvage par le Léviathan est le dévoilement d’une lumière que nous ne sommes pas capables de dévoiler, la Torah ne nous parle pas des lois qui la concernent.
En effet, le contenu profond de cette Che’hita est lié à un raffinement et à une élévation du monde vers la Saintetè qui sont exeptionnels, et qui ne peuvent pas être accomplis par l’homme dont les capacités sont limitès. Seul l’Eternel est capable de réaliser une telle action. Ainsi, du fait qu’il sagit de l’Action de l’Eternel, la Che’hita qu’Il accomplira n’aura pas les limites qui sont imposées à l’homme.
Il nous est donné ici à comprendre que toutes les actions, toutes les Mitsvoth, que nous accomplissons à présent, et qui nous permettent de raffiner ce monde matériel, sont liées à notre étude la partie révélée de la Torah, laquelle est accessible à notre intellect. Cependant, la Che’hita du Taureau sauvage par les nageoires du Léviathan est lié au dévoilement de la Torah ’Hadacha qui ne peut absolument pas être dévoilée au moyen de l’intellect.
Dans le Dvar Mal’hout, le Rabbi souligne que les forces de l’intellect de l’homme ne lui permettent absolument pas de dévoiler la Torah ’Hadacha. Le dévoilement de la Torah ’Hadacha dépasse totalement l’intellect de l’homme et de ce fait il n’appartient qu’à D.ieu. Ainsi, selon le principe d’après lequel l’action de la Mitsvah découle de la Volonté profonde du Saint béni soit-Il, l’Eternel qui est le Seul capable de dévoiler la Torah ’Hadacha, sera aussi le Seul capable de faire la Che’hita du Taureau sauvage par les nageoires du Léviathan.
Par ailleurs, le Rabbi en citant le Rambam, précise que le Machia’h possède deux qualités. Il est un grand Sage, et il est un Prophète. Il est un Prophète parce que D.ieu l’a choisi pour lui transmettre la Torah ’Hadacha. Il est un grand Sage car sa Sagesse dépasse même celle du Roi Chlomo dont il est dit qu’il est le plus Sage parmi tous les hommes.
Il est un grand Sage parceque d’une part il est capable de recevoir et d’intégrer un enseignement qui dépasse totalement l’intellect de l’homme, et il est un grand Sage parce qu’il est capable de transmettre cet enseignement à tous les membres de l’Assemblée d’Israël.
La Chehita du Taureau sauvage par les nageoires du Léviathan représente l’union entre le niveau du Taureau sauvage et le niveau du Léviathan. De manière profonde, le Taureau sauvage évoque le monde dévoilé car il représente la partie révélée de la Torah dont l’étude nous permet d’attirer dans ce monde des lumières qui participent au raffinement de ce monde matériel. A l’opposé, le Léviathan évoque le monde caché et représente ces lumieres supérieures qu’il nous est impossible de dévoiler ici-bas.
Dans les temps messianiques D.ieu unira ces deux niveaux, les sujets spirituels les plus profonds (le Léviathan, le monde caché) seront cristallisés par des actes (le Taureau sauvage, le monde révélé).
Dans le Dvar Ma’lhout sur la Paracha Bamidbar, le Rabbi explique que ‘de par sa nature un homme ne peut pas connaître le repos et la sérénité s’il n’a pas conscience et s’il ne ressent pas le but de son existence, et c’est précisément quand il ressent la raison et le but de son existence qu’il connait le repos de l’âme et du corps, et son repos personnel influence et apporte aussi le repos dans le monde entier’.
Nous sommes sans cesse confrontés à des changements. Dans l’espace, nous sommes constamment en mouvement, obligés de nous rendre d’un endroit vers un autre endroit. Dans le temps, nous vieillissons et passons d’un état vers un autre état. Tous ces changements qui interviennent dans les domaines de l’espace et du temps sont à l’opposé d’une situation de repos.
Cela est aussi vrai dans pour ce qui concerne notre service divin, pour la Mitsvah d’aimer D.ieu, qui inclut en elle les 248 Commandements positifs, et pour la Mitsvah de craindre D.ieu, qui inclut en elle les 365 interdits.
Il est écrit :’Tu aimeras L’Eternel ton D.ieu de tout ton cœur’, or, même l’amour ressenti dans le cœur est sujet à des changements. La ‘Hassidout parle du mouvement du bas vers le haut qu’elle appelle: Ratso, et du mouvement du haut vers le bas : Chov. Ces deux mouvements peuvent être définis de la manière suivante.
Lorsqu’un Juif ressent durant sa prière un amour très fort pour D.ieu, et que son âme est alors attirée vers sa source (cette impulsion de l’âme vers sa source est appelée Ratso), au point qu’elle serait prête à quitter le corps. Il est impératif après la prière que cet homme exprime cet amour intense de D.ieu qui est né dans son cœur pendant la prière, et qu’il fasse descendre cet amour dans le réceptacle de l’étude de la Torah, ou dans celui de l’accomplissement des Commandements divins. Ce retour de la lumière vers le bas est appelé Chov.
Cependant, dans le Dvar Mal’hout, le Rabbi nous enseigne que l’essentiel de notre travail consiste à ‘revenir à Un’ :
אם רץ לבך שוב לאחד
Cette déclaration du ‘Séfer ha Yètsira’ (livre attribué à Avraham Avinou) souligne l’importance de ne pas se laisser envahir par nos émotions, mais de ‘revenir à Un’.
Le Rabbi déclare donc que ‘la perfection de notre service divin est atteinte dans la paix, le repos, au point que même dans une situation de changements, de mouvements tels que Ratso et Chov, on éprouve le sentiment d’une paix profonde. Cela n’est possible que lorsque l’on ressent la Volonté de D.ieu, dans tous les détails de notre service divin’.
Le but de notre service divin ne consiste pas seulement à élever notre âme et à ressentir un amour élevé pour D.ieu, que l’on exprimera dans notre prière et notre étude de la Torah, pour ensuite élever à nouveau notre âme vers un plus haut niveau encore…
‘Revenir à ‘Un’ signifie que l’on doit revenir toujours à la conscience que l’on accomplit la Volonté unique de l’Unique de ce monde. Cette prise de conscience a pour effet que le cœur ne sera plus sujet aux changements et aux mouvements, mais au contraire, le sentiment d’accomplir la Volonté de D.ieu apporte la paix en nous-mêmes et dans tous les détails de notre service divin.
De la même façon, le Chabbat est un jour de repos, spirituel et physique, qui a la force de bénir et d’insuffler de la vitalité à tous les jours de la semaine, car en ce jour l’Eternel dévoile les raisons et Son intention d’avoir créé le monde. Dans ce cas ‘revenir a Un’ signifie que le jour du Chabbat nous revenons au contenu profond de notre existence, à la raison pour laquelle nous avons été créés.
Nous voyons donc que le véritable repos est lié à l’esprit, et c’est la raison pour laquelle le don de la Torah est venu achever la Création, car par le don de la Torah le peuple d’Israël a connu la paix intérieure. L’Eternel parle aux enfants d’Israël avec la Voix de la Torah, et les Paroles de L’Eternel apaisent l’esprit de ceux qui l’entendent. Aussi, de même que la voix de l’homme unit les sentiments aux mots (l’esprit avec la matière), lorsque l’homme accomplit ‘la Voix de la Torah’, il réalise sa mission d’unir l’Esprit divin avec ce monde matériel, et c’est de cette façon que l’homme peut enfin connaître le repos. C’est la prise de conscience de notre propre mission qui nous apporte la paix.
‘Revenir à ‘Un’ signifie que l’on doit revenir à l’Essence divine, au Jour du Chabbat, au don de la Torah, à la conscience que l’on accomplit la Volonté unique de l’Unique de ce monde.
Seule l’Essence divine a le pouvoir de transformer l’obscurité en lumière. L’Essence agit sur tous les sujets de l’existence car elle est au-delà de tous ces sujets, au-delà de toutes les particularités et de tous les détails qui composent les mondes spirituels et matériels. Elle est divine, et échappe donc à toutes les limites dont le monde est l’expression, et c’est pour cela qu’elle seule détient la force de transformer le monde en une demeure pour D.ieu.
Dès-lors, nous pouvons comprendre que l’une des raisons pour lesquelles la Délivrance finale est appelée ‘un Chabbat éternel’, car L’Eternel dévoilera la partie la plus profonde de la Torah, ainsi qu’Il le déclare Lui-même : ‘Une Torah nouvelle sortira de Moi’.
Le dévoilement de la Torah nouvelle est celui de la Volonté la plus profonde et la plus intérieure de D.ieu. L’Eternel révèlera les raisons des Commandements divins, et à la lumière de ce qui a été dit précédemment, c’est par le don de la Torah nouvelle que la paix et le repos atteindront leurs perfections véritables.
Notre travail pendant l’exil consiste donc à ‘revenir à Un’, c’est à dire revenir au lien essentiel qui existe entre notre âme et D.ieu. C’est par notre ‘Bitoul’, notre soumission la plus totale vis-à-vis de l’Eternel que nous y parvenons. Le Rabbi établit la différence qui existe entre la prière du pauvre et la prière du riche. Quand le riche entre dans le palais du Roi, du fait qu’il n’est pas étranger à la richesse il sera attiré par la beauté du palais et en oubliera l’essentiel : le Roi. A l’opposé, le pauvre qui n’a pas du tout de connaissances sur tous les trésors du Roi, sera seulement attiré par le Roi lui-même.
Il en va de même pour la prière. Celui qui est riche car il possède de profondes connaissances, est attiré par les trésors du Roi. Il demande donc à D.ieu de lui dévoiler des secrets de la Torah, mais ce faisant il ne parvient pas à l’essentiel : le Roi lui-même. A l’opposé, le pauvre, qui ne possède aucune de toutes ces profondes connaissances, se tient malgré tout dans le palais du Roi en ressentant pour Lui la soumission la plus totale. Son seul désir sera de voir et de parler au Roi des rois, le Saint béni soit-Il, et par ce désir il dévoilera le lien le plus profond qui l’unit au Roi et il s’attachera à Lui, à Son Essence. C’est cela ‘revenir à Un’.
Il existe un lien fondamental entre la Pensée de D.ieu et Sa Parole. Certes, le monde est créé par la Parole de D.ieu, par Ses mots Il crée la matière première du monde, tous les êtres de la Création, et les maintient en vie à chaque instant, mais un point que nous devons savoir est que la Pensée de D.ieu est aussi créatrice, ainsi qu’il est écrit ‘Mes Pensées ne sont pas (comme) vos pensées’.
L’Admour Hazaken explique dans le livre du Tanya que lorsque l’Eternel Se représente la Création dans Sa pensée, celle-ci émerge du néant. La Pensée de D.ieu n’est pas comme celle de l’homme car contrairement à la pensée de l’homme qui ne procède que de l’imagination, la Pensée de D.ieu n’est pas de l’imagination, mais elle est le commencement concret de l’existence. La Création émerge, commence à exister, à partir de Sa pensée.
Certes, la Création lorsqu’elle émerge de la pensée de D.ieu n’a pas encore atteint son état définitif, d’une certaine manière nous dirons quelle est encore une ‘partie’ de D.ieu, cependant, cette Pensée existe véritablement, concrètement, ainsi qu’il est dit (Tanya, 48) : ‘Par Sa Pensée et par Sa Connaissance, Il connait toutes les créatures, (Sa Pensée) entoure chaque être, de la tête jusqu’en bas, entoure l’intérieur, jusque dans sa dimension la plus profonde’.
L’Admour Hazaken donne l’exemple du globe terrestre et écrit que ‘la Connaissance de D.ieu représente la Vitalité de l’épaisseur du globe terrestre, ce qui le fait exister à partir du Néant’.
La Pensée de D.ieu est donc à la source de la vitalité de ce monde. Elle vitalise la Création, et de ce fait nous pouvons la rattacher à la lumière d’Or Sovev, laquelle est définie comme étant la lumière qui entoure, qui crée, et qui maintient en vie les mondes sans pour autant pénétrer à l’intérieur de ceux-ci car ils sont limités et ils ne pourraient pas supporter une lumière qui est elle-même illimité.
Contrairement à la Pensée, qui demeure au-delà du monde, la Parole de D.ieu est rattachée à la lumière d’Or Mémalé, la lumière qui remplit les mondes, qui s’habille à l’intérieur de ceux-ci. Ainsi, de même que chez l’homme sa parole ne dévoile qu’un reflet de sa pensée, le monde tel qu’il est n’est qu’un reflet de la Pensée de D.ieu, et ce n’est que dans les temps messianiques que la Pensée de D.ieu se révèlera de manière concrète dans la Création.
Les raisons des Commandements divins (la Pensée de D.ieu) seront alors révélées par l’intermédiaire du Machia’h, avec le don de la Torah ‘Hadacha.
La différence entre la Parole et la Pensée est la même différence qui existe entre les lettres de la Parole et les lettres de la Pensée.
Les lettres de la Parole sont comme des lettres écrites sur du Parchemin, elles ont une existence indépendante du parchemin, c’est à dire quelle sont déposées sur le parchemin sans faire Un avec lui, contrairement aux lettres de la Pensée. En effet, les lettres de la Pensée sont comme des lettres que l’on grave dans de la pierre et qui font Un avec elle.
A l’exemple de ces lettres gravées dans la pierre, la Pensée de D.ieu fait Un avec Lui.
Le monde dans lequel nous vivons est à l’exemple de ces lettres écrites sur du parchemin, car ce monde a une existence qui nous semble indépendante de D.ieu du fait que nous ne percevons pas encore Sa Présence.
Le monde des temps messianiques est à l’exemple de ces lettres gravées dans la pierre, car au moment de la venue du Machia’h, le lien entre D.ieu et la Création apparaîtra alors à l’évidence, le monde et tout ce qu’il contient fera Un avec Lui de manière évidente, et cela apparaitra alors à nos yeux de chair.
Le Rabbi unit les enfants d’Israël avec l’Essence divine, et l’enseignement qu’il délivre dans le Dvar Malkhout, au sujet de la Paracha Behar-Be’houkotaï, en est l’expression véritable.
La Paracha Behar évoque la réalité de ce monde matériel, et la Paracha Be’houkotaï évoque l’Essence divine. Aussi, l’union de ces deux Parachiot exprime la révélation de l’Essence divine dans tous les niveaux de la Création.
Au début du cinquième chapitre des Pirkeï-Avot les Sages posent la question suivante : ‘Le monde a été créé par 10 paroles. Et pourquoi ces 10 paroles, une seule n’aurait-elle pas suffit ?
Le Rabbi répond à cette question en rapportant l’enseignement du Ramban selon lequel ‘la matière première du monde, et pas plus, a été créée en une ‘seule parole’, alors que toutes les formes des êtres, avec tous leurs détails ont été créés au moyen de ‘dix paroles’.
De fait, le Rabbi nous enseigne qu’une seule parole’ désigne la force, qui n’appartient qu’à D.ieu, de créer l’existence à partir du néant (‘Yèch mi Aïn’), et que les ’10 paroles’ désignent la pluralité qui caractérise le monde.
‘Une seule parole’ met donc l’accent sur le fait que tout provient de D.ieu, et que tout Lui est parfaitement soumis, et c’est la raison pour laquelle le Rabbi associe cette ‘seule parole’ à la partie de la Torah qui est au-delà du monde et qui fait ‘Un’ avec le Créateur.
A l’opposé, ‘les 10 paroles’ représentent la Torah telle qu’elle descend dans le monde en s’habillant dans les 613 Mitsvoth (et cela s’accorde avec le fait que les 613 Mitsvoth correspondent aux 613 membres du corps).
Le Rabbi approfondit le sens d’une ‘seule parole’ et celui de ’10 paroles’.
La Paracha Béhar évoque le Mont-Sinaï, et correspond aux ’10 paroles’. En effet, la montagne exprime l’élévation d’un niveau vers un niveau supérieur, et de ce fait elle n’est pas sans évoquer la pluralité et les différences qui existent dans le monde (ainsi qu’il a été dit au sujet de la partie de la Torah qui s’habille dans le monde matériel).
La Paracha Be’houkotaï évoque la ‘seule parole’. Le nom hébreu ‘Hakika qui est apparenté au nom ‘Bé’houkotaï, signifie Gravure, comme les lettres que D.ieu grava de ‘Son doigt’ sur les Tables de l’Alliance. Les lettres de D.ieu sont unies à la matière du lien le plus profond. Une lettre que l’on grave dans la pierre ne fait plus qu’un avec elle. La pierre se fond dans la lettre, et la lettre se fond dans la pierre. Aussi, les lettres divines gravées dans les tables désignent la partie de la Torah qui est au-delà du monde et ne fait qu’Un avec le Saint béni soit-Il. C’est pourquoi la Paracha Be’houkotaï fait allusion à l’Essence de la Torah, la ‘Hassidout, et correspond à une ‘seule parole’.
L’union des Parachiot Behar et Be’houkotaï exprime l’idée que nous devons faire tout ce qui est en notre pouvoir pour révéler dans notre monde, et en nous-même, (‘les 10 paroles’), à l’Essence divine (‘une seule parole’). En d’autres termes, faire de ce monde matériel une demeure pour l’Essence divine. C’est-à-dire révéler de manière véritable, la force de l’Essence divine de manière à ce qu’elle pénètre et ne fasse plus qu’un, avec le corps du monde physique et de l’homme.
Le Rabbi souligne que la Fête de Pessa’h évoque ‘une seule parole’, car elle célèbre la révélation du Saint béni soit-Il Lui-même au sein du peuple juif, et le compte du Omer qui commence au lendemain de Pessa’h représente ‘les 10 paroles’, car il consiste à réparer, à illuminer, et à transformer tous les aspects de l’âme animale. Transformer l’obscurité de ce monde et de tous les détails qui le composent.
Dans cet ordre d’idée, le Rabbi nous explique que la Paracha Bamidbar, laquelle succède aux Parachiot Behar-Be’houkotai et précède le jour de Chavouot, n’est pas sans évoquer les moyens nécessaires pour parvenir à faire de ce monde une demeure pour l’Essence divine.
‘Bamidbar’ signifie ‘Désert’. Du fait qu’il est inhabitable, le désert représente un endroit qui n’a rien à voir avec l’homme. C’est pourquoi le Rabbi le compare à la partie de la Torah ‘qui n’a rien à voir avec l’homme’, c’est-à-dire la partie de la Torah qui fait « Un’ avec D.ieu, et qui de ce fait est au-delà du monde.
L’enseignement du Rabbi est précieux. C’est par notre soumission la plus totale, symbolisée par ‘le désert que l’on piétine’, que nous aurons le mérite de recevoir la partie de la Torah ‘qui fait Un avec D.ieu’, au point que celle-ci fasse ‘Un’ avec nous-même. Cette partie de la Torah sera enseignée par le Machia’h, et c’est à son sujet que l’Eternel déclare : ‘Une Torah nouvelle sortira de Moi !’.
(Pour l’élévation de l’âme de Yéoudah Gérard ben Suzanne et Roger et de Yéochoua ben Maïssa)
Le Rabbi poursuit dans le Dvar Mal’hout sur notre Paracha l’enseignement quil a introduit dans le Dvar Mal’hout du Chabbat précédent (A’hareï-Kédochim), et il nous donne des approfondissements sur la signification des mots Gola et Guéoulah.
Il est écrit au tout début de la Torah :
‘Au commencement D.ieu créa le ciel et la terre. Or la terre était informe et vide, et les ténèbres étaient sur la face de l’abîme, et l’esprit de D.ieu planait sur la surface des eaux. »
Sur la fin du verset :’l’esprit de D.ieu planait sur la surface des eaux’,le ‘Midrache Raba’ explique que ‘l’esprit de D.ieu’ désigne ici l’esprit du Machia’h.
Ainsi, il nous est donne ici à comprendre que ‘La terre était informe et vide et les ténèbres étaient sur la face de l’abîme’, car l’esprit du Machia’h, symbolisé par le Nom divin ‘Havayeh’, n’est pas révélé dans la Création, et ne fait que ‘planer sur la surface des eaux’. Ainsi, du fait que la lumière de l’Essence du Nom divin ‘Havayeh’ est imperceptible par la Création alors celle-ci est ‘informe et vide’, à l’image de cet exil symbolisé par le Nom divin ‘Elokim’, car ‘Elokim’ représente le voile qui nous cache la lumière de l’Essence divine.
Dès-lors, nous devons comprendre que c’est précisément par l’action de l’homme que le monde atteint sa perfection, qu’il n’est plus ‘informe et vide’. Notre mission consiste à faire pénétrer la lumière divine, symbolisée par la lettre ‘Aleph’, laquelle est la première lettre de ‘Aloupho chel olam’ : ‘le Maître du monde’, dans l’obscurité de l’exil, et cela s’exprime par le fait que si l’on ajoute la lettre ‘Aleph’ au mot ‘Gola’ (‘l’exil’, le Nom Elokim), on obtient le mot ‘Guéoulah’ (‘la Délivrance’ : le Nom Havayeh).
Dans le Dvar-Mal’hout du Chabbat précédent (A’hareï-Kédochim), le Rabbi explique que ‘le vrai sujet de l’exil est la Délivrance’. Cette déclaration du Rabbi s’accorde à l’expression selon laquelle : ‘Havayeh Hou Ha Elokim !’
De fait, L’Eternel Se cache dans un monde limité, mais c’est précisément à partir de ces limites que l’on peut dévoiler l’Essence divine. C’est précisément ce monde inférieur et limité qui deviendra le réceptacle de l’Essence de D.ieu. C’est pour cela que nous disons ‘Havayeh Hou Ha Elokim !’, pour exprimer le fait que les limites que nous impose l’exil ne contredisent pas la Délivrance, bien au contraire, ‘le vrai sujet de l’exil est la Délivrance’.
Ainsi, les mots ‘Guéoulah’, ‘la Délivrance’, et ‘Gola’, ‘l’Exil’, sont constitués par les mêmes lettres, à l’exception de la lettre ‘Aleph’ que possède le mot Guéoulah mais qui est absent du mot ‘Gola’. Aussi, le Rabbi nous enseigne que ‘de même que le mot Gola constitue une partie du mot Guéoulah, de même l’Exil constitue une partie de la Délivrance’.
De très nombreuses fois le Rabbi souligne que ‘la racine de l’obscurité est plus élevée que la lumière’. En d’autres termes, l’obscurité du monde dans lequel nous vivons peut devenir partie intégrante de la Délivrance (en d’autres termes ‘Elokim peut devenir Havayeh !’). Notre mission dans ce cas consiste simplement à lever le voile de l’obscurité de l’Exil, à révéler le divin qu’il cache à nos yeux, et cela dans tous les sujets de l’existence.
C’est là le sens du mot ‘Délivrance’, car ce mot désigne l’objectif de notre mission de ‘délivrer le divin qui se cache dans l’Exil’. C’est donc pour cela que le Rabbi nous enseigne que le mot ‘Gola’ fait partie du mot ‘Guéoulah’, car finalement l’obscurité de ce monde ne contredit, ni ne s’oppose, à la Délivrance finale, c’est à partir de l’obscurité que l’on parvient à la lumière véritable.
Le Rabbi nous explique donc que si l’on ajoute la lettre Aleph, la première lettre de ‘Aloupho chel Olam’, ‘le Maître du monde), au mot ‘Gola’ (‘l’exil’) on obtient le mot Guéoulah. La Délivrance et le dévoilement du niveau du Nom divin ‘Havayeh’, lequel représente l’Essence du Nom divin, la lumière divine qui est au-delà des limites de ce monde matériel, n’est possible que par l’action concrète de l’homme dans le monde. Par le fait de purifier le monde matériel, de le raffiner, l’homme fait de ce monde inférieur et limité un ‘kéli’, un ‘réceptacle’, capable de contenir et de révéler la lumière du niveau d’Havayeh.
Révéler le Nom ‘Havayeh’ dans le Nom ‘Elokim’ signifie donc que nous devons révéler le Divin, symbolisé par le Nom ‘Havayeh’, dans notre réalité, dans cet exil comparable à cette ‘terre informe et vide’, à ces ‘ténèbres qui sont sur la face de l’abîme’. De fait, l’exil est symbolisé par le Nom ‘Elokim’, car ce Nom divin désigne le ‘bouclier’ qui cache la lumière du soleil, la lumière d’Havayeh, la lumière de la Guéoulah, ainsi qu’il a été dit précédemment.
Ainsi, le Rabbi nous enseigne que le Nom divin ‘Havayeh’ n’est pas perçu par les êtres de la Création. Celle-ci ne perçoit que le Nom divin Elokim. Le travail d’un Juif consiste à introduire le Divin, symbolisé par la lettre Aleph, à dévoiler dans le monde le Nom Havayeh qui est au-delà de ce monde. C’est à dire, que dans la réalité du monde, tel qu’il fut créé par le Nom Elokim, se révèle le Nom Havayeh, et cela au point qu’il apparaît à l’évidence que ‘Havayeh Hou Ha Elokim’ (Dvar Mal’hout Noa’h, Chapitre 3).
(Un des exemples donnés par le Rabbi dans le Dvar Mal’hout, est celui du Compte de l’Omer, dont le but consiste à raffiner, à purifier, le corps et l’âme animale (l’Exil, ‘Gola’). Faire pénétrer la lumière du ‘Aleph’, le Divin, dans l’obscurité du corps, signifie que l’on agit afin de réparer, de rectifier, l’incitation de notre âme animale, qui nous pousse sans-cesse à assouvir des plaisirs grossiers et dénués de divin.
Le point essentiel de l’enseignement du Rabbi, est qu’il ne s’agit pas ‘d’éliminer’ l’âme animale. Il ne s’agit pas de supprimer sa force mais au contraire de l’utiliser, en la libérant de l’emprise du mal, c’est-à-dire de détourner sa force, du côté de l’impureté vers le côté de la sainteté, en se détournant des plaisirs grossiers, pour accéder à des plaisirs raffinés qui s’accordent à la Volonté de D.ieu d’avoir une demeure en nous-mêmes, et en ce monde, avec la venue de notre Juste Machia’h, très bientôt et de nos jours, avec l’aide de D.ieu).
Dans ce Dvar Mal’hout de la Paracha Emor le Rabbi nous enseigne trois niveaux de la lettre ‘Aleph’, trois étapes nécessaires dans notre service divin.
*Le premier niveau est celui du ‘Aleph’, première lettre de ‘Aloupho chel olam’ (‘le Maître du monde’).
Faire pénétrer le ‘Aleph’ dans le mot ‘Gola’ afin d’obtenir la Guéoulah, signifie dans ce cas que l’on a pour devoir de comprendre, de ressentir, et d’enseigner à l’exemple d’Avraham qui reconnaissait l’Eternel à travers tous les détails de la Création, ‘qu’il n’y a rien en dehors de Lui’. Il est le Saint béni soit-Il, Le Maître du monde, et de tout ce qu’il contient.
*Le second niveau est celui de l’étude de la Torah, car ‘Aleph’ s’apparente au mot ‘Oulpena’ qui désigne l’étude. De fait, ‘Aleph’ est également liée à l’expression ‘Aalphé’ha ‘Ho’hmah’ : ‘Je t’enseignerai la Sagesse’ (Livre de Job, 33, 33).
*Enfin le troisième niveau de la lettre ‘Aleph’ représente l’Essence divine. Les trois lettres du mot ‘Aleph’ (Aleph, Lamed, Pé) sont aussi celles du mot ‘Pélé’, ‘miraculeux’.
Ce troisième niveau est donc celui de la révélation de l’Essence divine dans ce monde.
À l’occasion de ce Chabbat, qui est aussi Roch ‘Hodech Nissan, nous sortons trois livres de la Torah. Sur l’un d’eux, nous procédons à la lecture de la Paracha de la semaine, sur le second, le passage en rapport avec Roch ‘Hodech, et sur le troisième, les versets sur l’ordonnance divine « Ce mois ci sera pour vous la tête (Roch) de tous les mois », la Parachat ha’Hodech.
Cette situation est extrêmement particulière puisque l’on ne sort habituellement qu’un seul et unique livre de la Torah. Pour les fêtes, spécifiquement, et lorsque un Chabbat est également Roch ‘Hodech, on sortira deux livres de la Torah.
Ce n’est qu’à des occasions rarissimes que l’on utilisera trois rouleaux de la Torah ;
Chaque année à Sim’ha Torah et lors des années particulières pendant lesquelles Roch ‘Hodech Nissan, Tévet ou Adar tombe pendant Chabbat.
Prenons conscience qu’une élévation particulière habite donc ce Chabbat où les trois lectures distinctes sont toutes trois reliées entres elles :
Dans la Parachat ha’Hodech qui est la troisième lecture, nous lisons l’ordonnance de sanctifier le Roch ‘Hodech Nissan. La deuxième lecture nous parle du Roch ‘Hodech (en général).
Enfin, la Paracha de la semaine, Parachat Vayikra, qui est notre première lecture, fut dite originellement, le jour de Roch ‘Hodech Nissan.
En définitive, les trois lectures dans les trois différents livres sont toutes liées à la Paracha du Roch ‘Hodech : Roch ‘Hodech Nissan !
Si de toute chose dans ce monde nous devons tirer un enseignement pour notre service de D.ieu, qui plus est, devrons nous le faire pour un sujet aussi important que la sortie de trois livres de la Torah !
Afin de saisir précisément, l’importance de la sortie des trois livres de la Torah dans notre Chabbat, il nous faut comprendre auparavant, le sens de la sortie de trois livres à l’occasion de la fête de Sim’ha Torah.
Car nous devons nous pénétrer de l’idée que même un événement qui ne se déroule qu’une seule fois par an, comme la sortie des trois livres de la Torah pour Sim’ha torah, nous enseigne comment nous devons nous comporter pendant toute la durée de l’année.
Il en va de même pour les événements qui ne se déroulent qu’une seule fois avec un intervalle de nombreuses années d’écart, comme la sortie de trois livres de la Torah pour le Chabbat Roch ‘Hodech Nissan ; de manière extraordinaire, ceux ci nous influencent pendant toutes ces années d’écart.
La sortie d ‘un Séfer Torah
Mais réfléchissons tout d’abord sur la nature même de la sortie d’un livre de la Torah. À cet instant précis, l’assemblée des fidèles réunis dans la maison de prières dira le verset : « Et lorsque l’on transportait le Aron, Moché disait : Debout Hachem ! Que se retirent tes ennemis, et que l’on voyage loin de ceux qui te haïssent ! » Signalons que ce verset est lui même quelques fois considéré comme un livre à part entière.
Le sens de ces paroles est que, en tous temps et dans chaque juif, il y a une part, un état personnel de Moché notre maître qui « dit » et fait en sorte, qu’il y ait un rajout dans chaque sujet de sainteté, (« Debout Hachem ! ») et l’annulation de toute mauvaise chose qui dérange le service de D.ieu, (Que se retirent tes ennemis, et que l’on voyage loin de ceux qui te haïssent !).
À la lumière de ce verset, la sortie d’un livre de la Torah apporte une force accrue dans la généralité du service de D.ieu. Il est évident que lorsque il s’agit de trois livres de la Torah, on reçoit la possibilité de servir D.ieu dans une manière de ‘Hazaka, une acquisition dans tout son renforcement.
Se renforcer dans un service Naturel aussi bien que Divin !
Il y a deux possibilités générales dans le fait de sortir trois rouleaux de la Torah qui occasionnent le renforcement et la puissance dans le service de D.ieu.
Tout d’abord, le renforcement du service de D.ieu « habituel », celui qui se présente ponctuellement. C’est pour lui que l’on sort trois livres de la Torah à Sim’ha Torah !
Et puisqu’il faut également renforcer le rajout dans le service de D.ieu durant toute l’année, nous sortons trois livres de la Torah pour Roch ‘hodech Nissan qui tombe Chabbat.
La différence sera en corrélation avec la lecture de la Torah dans les trois livres :
Pour Roch ‘hodech Nissan qui tombe Chabbat, nous lisons le passage sur Roch ‘Hodech, Roch ‘Hodech Nissan.
À Sim’ha Torah, nous lisons le commencement de la Torah : « Béréchit, au commencement, D.ieu (Elokim) a créé le ciel et la terre ». Sur ce point, les sages, de mémoire bénie, s’interrogent sur la raison pour laquelle la Torah débute par « Béréchit » et non par « ce mois ci sera pour vous la tête des mois » qui fait mention du premier commandement ordonné aux enfants d’Israël.
La réponse qu’il nous fournissent est que c’est dans le but de nous enseigner (à tous les hommes) que toute la terre appartient à D.ieu ; Il a créé le monde et a décidé de nous octroyer la terre d’Israël, il est donc impossible de prétexter que le peuple d’Israël s’est approprié la terre d’Israël par la force de son bras.
Il a été démontré que la lecture du Roch ‘Hodech Nissan « ce mois ci sera pour vous » représente l’accomplissement des Mitsvot, les commandements divins, le comportement divin qui fait que le mois de Nissan est surnommé « mois de la Guéoula » ; la délivrance, qui est le passage d’un comportement naturel vers un comportement miraculeux.
Sim’ha Torah représente par contre, comme nous l’avons dit, le comportement naturel, « Béréchit, au commencement, D.ieu a créé le ciel et la terre ». Plus encore, le mois de Tichri tout entier est lié au comportement naturel, selon « l’orchestration » de la création du monde, et à la fin des fêtes de Tichri, la fête de Sim’ha Torah, pendant laquelle nous lisons le sujet de la création du ciel et de la terre.
C’est donc là la différence entre la sortie des trois livres lors de Sim’ha Torah, afin de renforcer et d’octroyer la faculté du service de D.ieu dans les normes d’une réalité naturelle et continuelle, alors que le Roch ‘Hodech Nissan est renforcé par la possibilité d’un service divin miraculeux, qui représente le rajout sur l’ordre naturel des choses.
Un service divin miraculeux, au sein du monde de l’action
Nos sages de mémoire bénie ont précisé qu’il fallait lire la Paracha « Ce mois ci sera pour vous… », qui est le premier commandement ordonné au peuple d’Israël, précisément le Chabbat Roch ‘Hodech Nissan.
La différence entre une Mitsva (un commandement) et la Torah, est que la Torah est au dessus du monde, alors que la Mitsva est une ordonnance adressée à l’homme pour lui transmettre comment se comporter ici, dans le monde, afin de se lier à D.ieu.
Nous comprendrons de ce fait que le comportement miraculeux qui est demandé à l’homme, dès le mois de Nissan, ne vise pas uniquement les sujets qui sont au dessus du monde dans l’étude de la Torah (car au contraire, l’étude de la Torah est particulièrement soulignée à Sim’ha Torah ), mais qu’elle pénètre également les actions concrètes, dans les Mitsvot.
Afin que le service de D.ieu dans le monde ne nous apparaisse pas comme un événement commun et naturel, mais bien miraculeux et au delà des habitudes humaines.
Tous ces points apparaissent de manière particulière dans notre année où les initiales forment la déclaration : « elle sera l’année où Tu nous montrera des merveilles ! (elle était déjà auparavant une année de miracles, selon les initiales de l’année précédente). Puisque, dans cette optique, toute l’année doit être une année de miracles et de merveilles, qui plus est, en sera-t-il ainsi au moment du mois de Nissan.
Il est désormais compréhensible que la force octroyée pour un comportement miraculeux effectif par la sortie des trois livres de la Torah lors du Chabbat Roch ‘Hodech Nissan, dans notre année en particulier, est plus élevée que le comportement miraculeux de toutes les autres années.
Le renforcement du comportement miraculeux par la lecture de la Torah
Nous recevons également un renforcement pour le service de D.ieu de manière miraculeuse dans la lecture de la Torah des trois livres du Chabbat Roch ‘Hodech Nissan.
À commencer par la lecture du troisième livre « Ce mois ci sera pour vous… », dans lequel nous voyons, premièrement, selon l’explication de nos sages : « depuis que D.ieu a choisit Yaacov et ses fils, il a fixé un Roch ‘Hodech de Guéoula, de délivrance ». Le sens de cet enseignement vise à nous faire sortir des limites du service de D.ieu d’un ordre naturel et de rentrer dans un travail d’ordre divin.
Deuxièmement, dans la suite, la Paracha nous parle du sujet du sacrifice de Pessa’h, qui selon son étymologie souligne le saut et le bond, un service de D.ieu dans la définition de « saut et de bond ».
La lecture dans le second livre, « le sujet de Roch ‘Hodech », lorsque le mot ‘Hodech est comprit dans le sens de « Nouveauté » qui fait état d’une nouveauté dans un service de D.ieu au delà de l’ordre habituel. Comme nous savons que les jours de la semaine qui dépendent du cycle du soleil, désignent le comportement fixe et habituel, tandis que les jours du mois qui dépendent du cycle lunaire se renouvellent constamment et démontrent l’état de nouveauté.
Une nouveauté particulière apparaît le Chabbat Roch ‘Hodech où s’unifient les deux comportements. Celui du cycle du soleil (le Chabbat), et celui du cycle de la lune (le mois). Ce point vient démontrer que le service de D.ieu dans un degré de nouveauté et de rajout, pénètre également dans un service de D.ieu fixe et habituel.
La lecture dans le premier livre : Vayikra. Dans cette Paracha la Torah parle de « Et Hashem appela Moché et D.ieu lui parla depuis la tente d’assignation ». Et il faut entendre par là, dans le service de D.ieu de chaque juif, un fait qui symbolise le dévoilement de D.ieu dans le « Moché personnel » qui se trouve en chaque juif, à tel point que le dévoilement divin réside vraiment dans son âme et entraîne le ressenti de D.ieu comme s’il le voyait concrètement (un peu de ce qu’il y aura dans la délivrance imminente).
Dans la suite des Parachiot, il est question du dévoilement divin envers le juif, à titre d’exemple, dans la Paracha Chmini qui est également lue lors du Roch ‘Hodech Nissan, nous découvrons le rayonnement et le dévoilement de la présence divine dans le sanctuaire, puis le texte nous rapporte le sujet du service des enfants de Aaron : Nadav et Avihou qui servirent D.ieu avec une telle perfection que leur âme s’est englobée en Lui et qu’ils en sont morts.
Nous devons tirer une leçon des fils de Aaron (puisque nous sommes tous des fils, les élèves de Aaron, tel qu’il est dit : « Soyez d’entre les élèves de Aaron ») afin de servir D.ieu avec perfection, jusqu’à ce que l’âme veuille s’englober dans sa source, mais tout en restant en vie !
Voilà à proprement parler l’enseignement de la Paracha Vayikra ; il doit y avoir pour chacun d’entre nous ce sujet, cette injonction : « Et Il appela Moché, et D.ieu lui parla », afin de servir D.ieu jusqu’à ce que l’âme veuille s’englober dans sa source. Ce point doit être éternel et fixé comme il est écrit dans la Paracha « Et tu n’interromperas pas le sel (de l’autel) car c’est une alliance avec ton D.ieu » comme une alliance fixée pour l’éternité.
En résumé ; lors de lecture des trois livres, nous pénétrons dans trois étapes dans le renforcement du service de D.ieu de manière miraculeuse :
Premièrement, dans la Parachat ha’Hodech, nous apprenons sur la généralité du service de D.ieu de manière miraculeuse.
Deuxièmement, de la lecture du Chabbat Roch ‘Hodech, nous apprenons que le service de D.ieu de manière miraculeuse doit également pénétrer dans le service habituel.
Troisièmement, de la Paracha Vayikra, nous apprenons que le service de D.ieu de manière miraculeuse doit devenir un état fixe et éternel.
Dans la Aftarah, nous rencontrons également le lien entre le prince de la génération avec les enfants d’Israël. Un point qui souligne que tous les enfants d’Israël doivent servir D.ieu d’une manière de Néssiout, qui outre le sens de prince, se lit aussi dans l’étymologie de Ness, le miracle, au dessus d’un service de D.ieu habituel. Et ceci doit s’installer de manière fixe et éternelle, selon le langage de la Aftarah, « un décret de D.ieu pour toujours ».
La sortie des Livres transforme le mal en Bien
La puissance particulière transmise par la sortie des trois livres du Chabbat Roch ‘Hodech Nissan, possède la puissance de transformer le mal en bien. (selon le texte du verset que l’on lit dans la sortie des livres de la Torah : « et que tes ennemis soient éparpillés ».
Ceci est également en allusion dans la lecture des trois livres et dans la Aftarah.
Lors de la lecture de la Paracha Ha’hodech, le verset parle du mois de Nissan qui fait allusion à Nissé-Nissim, « les miracles des miracles » dans la délivrance future.
Nous observons ensuite que la Paracha se termine par l’ordonnance de manger des Matsot, lesquelles font également allusion à l’annulation du penchant au mal, appelé ‘Hamets, le levain. Tel qu’il est écrit : « Et tu retireras le souffle d’impureté de la terre » ; il ne restera plus alors que la Matsa.
Dans la lecture de Roch ‘Hodech, nous apprenons que le sacrifice offert le jour de Roch ‘Hodech vient, (si l’on peut dire) faire expiation pour le fait que D.ieu à rétrécie la lune. Cette expiation vise également tous les sujets négatifs qui découlent de cette « action divine ». Car le rétrécissement de la lune a entraîné à sa suite, la faute de l’arbre de la connaissance et tout ce qui vient ensuite.
Le sacrifice de Roch ‘Hodech entraîne de ce fait, une expiation complète sur toutes les fautes, jusqu’à ce que toutes les fautes se transforment en mérite. Comme un avant goût de la situation qui sera celle de la délivrance, lorsque « et dès lors la lumière de la lune sera équivalente à celle du soleil ».
La connexion du Chabbat qui est la complétude des jours de la semaine qui sont fixés d’après le cycle du soleil, en même temps que Roch ‘Hodech, fixé par le cycle lunaire. Ceci fait allusion au verset : « Et la lumière de la lune sera comme la lumière du soleil ».
Le texte de la Paracha Vayikra nous parle des sacrifices qui viennent apporter l’expiation sur les choses négatives qu’ils transforment en lumière. Tout comme le sel qui accompagne chaque offrande, dont son action, on le sait, est de corriger le goût des aliments, y compris ceux qui sont initialement amers ; transformer l’obscurité en lumière.
Si la Aftara qui nous entretient du sujet de la sanctification du mois est dite après la Paracha traitant de la vache rousse, c’est pour nous enseigner que l’on doit se purifier par les eaux où sont mélangées les cendres de la vache rousse.
Ceci, afin d’offrir le sacrifice de Pessa’h dans un état de pureté, tandis que de concert avec cette idée, la Aftarah nous rapporte le sujet de l’expiation des fautes.
Les versets rajoutés après la lecture de la Aftara, et qui nous rattachent au Roch ‘Hodech, soulignent également l’affirmation de la transformation totale des sujets négatifs ; « Et ce sera lors de chaque mois, et lors de chaque Chabbat, que viendra « chaque chair » se prosterner devant Moi, nous dit l’Éternel ».
Différences de compréhension
Selon l’explication selon laquelle la sortie des trois livres de la Torah lors du Chabbat Roch ‘Hodech Nissan établit la primauté du service de D.ieu d’une manière miraculeuse, nous comprendrons un point supplémentaire.
Il y a une controverse entre les sages et Rabban Chimon ben Gamlièl sur le moment propice à l’étude des lois de Pessa’h. Selon l’avis des sages, il est bon de commencer cette étude trente jours avant la fête de Pessa’h. Par contre, selon l’avis de Rabban Chimon ben Gamlièl, il faudra débuter cette étude, quinze jours avant la fête.
Même si la loi a été fixée pour l’établissement de l’étude dans les trente jours qui précèdent la fête, les sages nous ont dit (par rapport à chaque controverse de la Torah) « celles ci et celles là sont des paroles du D.ieu vivant ! ». Et, partant de ce principe, il nous faut tirer un enseignement pour le service de D.ieu sur le plan spirituel, et ce, même des avis qui ne sont pas garder pour la fixation de la loi. D’autant plus que dans ce cas précis, il nous est donné d’accomplir les deux avis de manière concrète.
Tout simplement en débutant l’étude les lois de Pessa’h, trente jours avant la fête, puis en intensifiant la qualité et la quantité de l’étude, quinze jours avant l’entrée de la fête.
Rabban Chimon ben Gamliel explique que son avis sur les lois de Pessa’h (à partir de Roch ‘Hodech) se base sur le fait que notre maître Moché lui même, n’a commencé l’enseignement des lois de Pessa’h, pour les enfants d’Israël, qu’à partir de Roch ‘Hodech Nissan, lorsqu’il leur a annoncé : « Ce mois ci sera pour vous la tête des mois ».
Ce qui fait allusion au comportement miraculeux, lequel attribue la force de rajouter dans l’étude des lois de Pessa’h dès le Roch ‘Hodech Nissan d’une manière plus élevée. À la manière dont le service de D.ieu devra être, depuis Roch ‘Hodech Nissan, d’une manière miraculeuse et supérieure au service habituel qui le précédait.
Ainsi sera t-il également pour les dons accordés aux nécessiteux pour les besoins de la fête.
La Richesse de la Tsédaka
Chacun de manière générale, devra interroger sa conscience ; donne-t-il véritablement selon ce qu’il peut donner ? Donne t-il un dixième de ses revenus ou un vingtième ? Il serait bon qu’il fasse le point, car selon la hausse de ses bénéfices accumulés entre temps, il aurait dû donner plus. Car force nous est donnée de tirer partie du verset de la Torah et de son explication : « Prélève le dixième de tes revenus afin que tu t’enrichisse ! » (Asser, dixième, et Ocher, richesse, étant de la même étymologie ndt) Il est compréhensible qu’il faut donner de son argent avant même de l’avoir gagné, et ce, afin que l’on puisse le gagner. Et plus l’on donnera, plus grande sera la bénédiction divine ; jusqu’à atteindre une richesse extraordinaire !
Dès Roch ‘Hodech Nissan puisque débute le service de D.ieu d’une manière miraculeuse, il faudra donner plus que selon ses tendances naturelles et ses habitudes, plus qu’un dixième où un vingtième de ses revenus, et jusqu’à un dépassement de toutes les limites !
Nos sages de mémoire bénie, appellent le verset « Ce mois ci sera pour vous » « Mitsva Richona, le premier de nos commandements ». Cette appellation est liée au commandement de la Tsédaka, la charité, laquelle est surnommée : Mitsva, le commandement par excellence, car elle se place au dessus de tous les autres commandements. Et par son intermédiaire, on rajoute également dans l’étude de la Torah en général et des lois de Pessa’h, en particulier, car la Tsédaka purifie le cerveau et le cœur, et ce, jusqu’à « mille fois ainsi ».
Le rajout escompté lors du Roch ‘Hodech Nissan dans le service de D.ieu d’une manière miraculeuse est aussi en allusion dans le nom du prince qui fit don de l’offrande du Roch ‘Hodech Nissan ; « Na ‘hchon ben Aminadav ».
À propos de son offrande, il n’est pas souligné dans le texte de la Torah qu’il s’agit de celle du « prince de la tribu de Yéhouda » comme pour les autres princes dont la qualité de prince est toujours rattachés à leur tribu.
Pour Na’hchon ben Aminadav, c’est au nom de sa qualité personnelle qu’il donne son offrande. Comme le souligne son nom, à savoir , pourquoi s’appelle t-il Na’hchon ? du fait qu’il est descendu le premier dans le torrent (Na’hchol) des eaux. Sa qualité est celle du don de soi, au dessus de la mesure et des limites ; un comportement miraculeux.
Le comportement de Na’hchon permis également d’annuler des éléments indésirables, puisque dans la mer « se noie » la force divine qui se cache et finit par apparaître comme une force naturelle. La mer a été « transpercée et annulée », et plus encore, transformée en sainteté ; une mer démontrant un degré supérieur dans la sainteté, par laquelle on sort totalement des limites et des enfermements.
La Tsédaka, la charité, s’appelle aussi « Kofer » car elle fait allusion à la Kapara, l’expiation de tous les éléments indésirables et les transforme en bien, et l’essentiel est que « grande est la Tsédaka car elle rapproche la Guéoula ! ».
La Tsédaka transforme la tourmente de la mer de l’exil en mer de la délivrance ; « la terre sera remplie de connaissance… comme l’eau recouvre la surface de la mer ».
En conclusion
Et l’essentiel est que les bonnes décisions de chacun pour le rajout dans le service de D.ieu, l’étude des lois de Pessa’h et le don aux nécessiteux pour les besoins de la fête, dans une manière liée au comportement miraculeux, entraînera le comportement miraculeux du Saint bénit soit-il à notre encontre. Tout d’abord, la délivrance complète et véritable dans laquelle ont pourra accomplir toutes les lois de Pessa’h ; le sacrifice du Korban Pessa’h, le 14 Nissan et sa consommation le 15 Nissan, à la table du roi , le saint bénit soit-Il, à Jérusalem, dans le troisième temple !
Que cela vienne immédiatement, le jour du Chabbat (qui est déjà dans une moindre mesure, « ce jour tout entier Chabbat et repos pour l’éternité ») Paracha Vayikra (dont la perfection de la « tente d’assignation » rapportée dans notre Paracha, sera dans le troisième temple qui contient tous les temples qui l’ont précédé) Roch ‘Hodech (lequel fait état du renouvellement de la lune et du renouveau des enfants d’Israël dans la Guéoula, la délivrance) Nissan (le mois de la délivrance, « en Nissan ils ont été délivré, et c’est en Nissan qu’ils seront délivrés ») dans l’année 5751, TavNounShinAlef (qui désigne le fait qu’il imposera la suprématie, TéNaSsé, de la royauté du roi Machia’h) et dans une autre lecture des initiales de notre année, Hi Tihé Chnat Arénou Niflaot, elle sera une année où tu nous montrera des merveilles (« comme aux jours de ta sortie d’Égypte, montre nous des merveilles » dans la délivrance et avec toute la puissance qui s’impose !).
Et sur tous ces points, il y a la puissance de ce qui est dores et déjà établi par le fait de sortir trois livres et que l’on lit dans les trois et que dans leur Aftarah correspondante soit évoqué le sujet de la Guéoula, la délivrance.
Automatiquement, il faut qu’immédiatement se dévoile le tabernacle et le livre de la Torah dans le temple, dans la troisième délivrance lorsque toute chair viendra se prosterner là bas !
Nous seront alors évidemment dans le temple, le 14 Nissan, et c’est dans la joie et l’allégresse que nous remercierons D.ieu par un nouveau chant sur notre délivrance et le rachat de nos âmes ; « Bénis sois Tu, notre D.ieu, qui délivre Israël ! ».
Dans le Dvar Mal’hout sur la Paracha Vayikra, le Rabbi nous enseigne que lorsque le jour de Roch ‘Hodech Nissan tombe le jour du Chabbat nous sortons trois Livres de la Torah, et le fait de sortir ces trois livres détient le pouvoir de renforcer les enfants d’Israël de manière considérable (‘Hazaka), même durant les années pendant lesquelles Roch ‘Hodech ne tombe pas Chabbat, comme c’est le cas cette année 5780 (voir Dvar Mal’hout, fin de la lettre ב).
Dans le premier Livre, nous lisons la Paracha de la semaine, dans le second nous lisons le sujet de Roch ‘Hodech, et enfin dans le troisième nous lisons : ‘Ce mois-ci (Nissan) sera pour vous le commencement des mois’.
Chaque fois que nous sortons un Séfer Torah nous disons le verset (Bamidbar, 10, 35) : ‘C’était quand l’Arche se mettait en voyage, Moché disait lève-toi Eternel, que Tes ennemis se dispersent et que ceux qui te haïssent fuient de devant Toi…’.
Le Rabbi nous rappelle ici l’enseignement du Tanya selon lequel chaque Juif possède en lui-même une étincelle de Moché. Aussi, quand Moché s’adresse à D.ieu en disant ‘Lève-Toi Eternel’, il exprime l’importance pour chaque Juif d’ajouter dans le domaine de la Sainteté, et lorsque Moché déclare ‘que tes ennemis se dispersent et que ceux qui te haïssent fuient de devant Toi’, il souligne l’importance d’effacer tout ce qui s’oppose à notre élévation et qui perturbent notre service divin.
Par ailleurs, le Rabbi précise que nous sortons également trois Livres de la Torah le jour de Sim’ha Torah.
Cependant, ces trois Livres mettent d’avantage l’accent sur l’action d’étudier la Torah, alors que les trois Livres que nous sortons le jour du Chabbat Roch ‘Hodech Nissan mettent d’avantage l’accent sur les Commandements divins, les Mitsvoth.
Le Rabbi insiste en effet sur le fait que l’acte de la Mitsvah est essentiel pendant le mois de Nissan. La différence entre la Torah et la Mitsvah est connue. La Torah est la pensée du Saint béni soit-Il, laquelle est au-delà du monde. Par contre, la Mitsvah est ordonnée à l’homme pour qu’il agisse dans le monde, qu’il réalise l’union entre lui-même, le monde et D.ieu.
L’importance des Mitsvoth durant tout le mois de Nissan s’exprime aussi par le fait que dans le troisième Livre de la Torah il est question de la sanctification de la lune, qui est la toute première Mitsvah ordonnée aux enfants d’Israël : ‘Ce mois-ci (Nissan) sera pour vous le commencement dans l’ordre du compte des mois’.
Rachi explique que l’Eternel montra à Moché la lune dans le firmament, en lui disant que lorsque la lune se renouvellera dans le ciel, elle sera pour lui ‘le commencement des mois’.
Aussi le mois de Nissan est appelé le mois de la Délivrance, le Rabbi nous explique que contrairement aux trois Livres de la Torah de Sim’hat Torah, lesquels nous renforcent dans notre service divin habituel, les trois Livres du Chabbat Roch ‘Hodech Nissan nous renforcent dans notre service divin ‘nissit’ : ‘miraculeux’ qui relève de notre aptitude à agir au-delà de la nature et de nos habitudes.
Ainsi, dans le troisième livre que nous lisons il est question du Sacrifice de Pessa’h, et le Rabbi explique que le mot ‘Pessa’h’, ‘Saut’, vient pour exprimer le service divin qui est au-delà de toutes les limites.
Dans la lecture du second livre, il est question de Roch ‘Hodech, et le Rabbi enseigne que le mot ‘Hodech’ est lié au mot ‘Hidouch’ (nouveauté), afin de nous inciter à chercher la nouveauté en nous-même, à dépasser nos habitudes pour atteindre le ‘Hidouch, une lumière nouvelle dans notre service divin.
Enfin, dans le premier livre nous lisons la Paracha Vayikra, ‘Il appela Moché et D.ieu lui parla depuis la tente d’assignation en disant’ (Vayikra, 1, 1). Le sujet de ‘Vayikra’ est que Moché reçoit un reflet de lumière afin qu’il puisse s’élever et pénétrer dans la tente d’assignation, dans laquelle l’Eternel se dévoile à lui.
Or, comme il a été dit précédemment, chaque Juif possède une étincelle de Moché, et de ce fait il peut attirer et dévoiler en lui-même un reflet de la lumière infinie de D.ieu. Aussi, et dans le même ordre d’idée le Rabbi déclare que chaque enfant d’Israël possède la force d’attacher sa pensée à D.ieu d’un lien très puissant, au point de ressentir et ‘de voir avec ses yeux’ les dévoilements divins, comme ce sera effectivement le cas au moment de la Délivrance finale.
Cependant, et c’est là un des points essentiels de l’enseignement du Rabbi, même si l’on atteint le plus haut dévoilement, il est impératif que l’âme demeure dans le corps. En effet, la ‘Hassidout nous enseigne qu’un Juste parfait, même lorsqu’il connaît l’extase, tant est grande sa perception du divin, ne perd jamais de vue le désir de D.ieu d’avoir une demeure ici-bas.
Contrairement aux fils d’Aaron, Nadav et Avihou, qui perdirent leurs vies car leur désir de s’attacher à D.ieu dépassait la nécessité que l’âme demeure dans le corps, nous devons toujours élever notre âme vers les cimes les plus élevées, en ayant conscience qu’elle ne doit jamais quitter le corps. Bien que le désir de l’âme de quitter le corps pour s’unir à D.ieu soit très fort, il ne doit jamais mettre en danger notre existence. Aussi, nous devons faire tout ce qui est en notre pouvoir pour nous élever aux plus hauts niveaux et en même temps garder à l’esprit que cette élévation a pour but d’agir dans ce monde.
Pour illustrer cet enseignement, il est possible de donner ici l’exemple de l’Arche des Tables de l’Alliance.
Dans le traité ‘Yoma’ il est dit que lorsque l’Arche était déposée dans le Saint des Saints, il se produisait un miracle. Bien qu’elle possède des mesures précises, l’Arche ne prend pas de place dans le Saint des Saints.
De fait, chaque Juif doit être à l’image de l’Arche. Quand il sert D.ieu, il se doit d’agir au-delà de toutes les mesures, de toutes les limites, à l’exemple de l’Arche ‘qui ne prend pas de place’ et que l’on ne peut mesurer lorsqu’elle est déposée dans le Saint des Saints.
Mais, tout en servant D.ieu, et même si l’âme connaît la plus haute élévation, elle se doit de demeurer dans les limites du corps, à l’exemple de l’Arche ‘que l’on peut mesurer’.
La qualité d’un ‘Hassid consiste à lier la lumière divine infinie avec les limites de ce monde. Il accomplit les Commandements divins, qui possèdent des mesures et des limites, avec un amour infini pour D.ieu.
Dans une Si’ha (Likoutey Si’hot, ‘Helek Aleph, pages 134-138) le Rabbi nous enseigne que ‘la mer s’ouvrit par le mérite d’un seul juif, du nom de Na’hchon ben Aminadav’. Ce juste du peuple juif savait que le Saint béni soit-Il avait libéré Ses enfants de l’Egypte afin de les conduire au pied du Mont-Sinaï et de leur donner la Torah, laquelle n’est autre que l’Arbre de vie, la Sagesse de D.ieu grâce à laquelle les enfants d’Israël pourraient s’attacher à Lui et feraient de ce monde matériel une demeure pour Son Essence bénie.
Na’hchon ne fut donc pas du tout impressionné par tous les évènements extérieurs qui se produisirent autour de lui. Alors qu’une partie de l’Assemblée d’Israël désirait retourner en Egypte, qu’une autre partie envisageait de combattre les égyptiens qui les poursuivaient, et que d’autres souhaitaient fuir dans le désert, il n’y avait seulement qu’un groupe d’hommes qui pensait que la solution était de rentrer dans la mer.
Na’hchon fut l’un de ces hommes. Il ressentait profondément le projet divin, et ne fut donc nullement apeuré par l’image des égyptiens qui approchaient. La seule chose qui importait à ses yeux était de gagner le plus vite possible le Mont Sinaï pour y recevoir la Torah.
Il agit donc au-delà de la raison, de la logique, et de l’intellect, et sauta dans la mer.
Dans le Dvar Mal’hout sur notre Paracha, le Rabbi rapporte le Midrach Raba selon lequel le nom ‘Na’hchon’ vient de ‘Na’hchol’ qui désigne ‘les grandes vagues de la mer’ que Na’hchon n’eut pas peur d’affronter lorsqu’il entra, le premier, dans la mer.
Le nom de Na’hchon n’est donc pas sans évoquer la force de Messirout néfech, et la soumission la plus totale vis-à-vis du Saint béni soit-Il.
Le Midrache nous révèle que Na’hchon avança dans la mer jusqu’à ce que le niveau de l’eau atteint celui de ses yeux, bien que cela l’empêchait de respirer, et alors seulement après cela la mer s’ouvrit devant lui. Nous comprenons de cela que lorsqu’un juif dépasse le niveau de l’intellect, comme ‘l’eau de la mer dépassa le niveau de son nez et atteint celui de ses yeux’, alors l’Eternel ouvre la mer devant lui.
Le Rabbi souligne à ce sujet que la Mitsva de la Tsédaka, plus que tout autre Mitsva, doit être accomplie en cette veille de Pessa’h avec le plus grand dévouement, au-delà de toutes les limites. Dès-lors, rien ne pourra constituer d’obstacle, pas même ces ‘grandes vagues de la mer’, pour voir enfin avec nos yeux de chair, la Délivrance finale avec la venue de notre juste Machia’h, très bientôt et de nos jours. Avec l’aide de D.ieu.
Il existe une singularité propre à l’Admour Haemtsayi (Rabbi Dov Ber de Loubavitch, le second Rabbi de ‘Habad) : l’anniversaire de sa naissance et celui de son départ de ce monde – sa « Hiloula » – tombent en effet le même jour, le 9 Kislev. De plus, la fête qui célèbre sa libération des geôles tsaristes tombe le lendemain, le 10 Kislev.
Or, sachant que tous les évènements du calendrier juif sont intrinsèquement liés avec les parachiot qui sont lues les Chabbat des périodes durant lesquelles ils surviennent, il est évident qu’il existe une relation entre l’Admour Haemtsayi et les parachiot « Vayétsé » et « Vayichla’h » que nous lisons ce Chabbat 9 Kislev (5752 – 1991, Ndt) à l’office de Cha’harit et à celui de Min’ha. De cette relation découlent des enseignements notamment dans un sujet lié à notre génération et à la période actuelle, la Délivrance messianique. Nous avons en effet rappelé à plusieurs reprises récemment que la tâche du peuple juif en exil est dorénavant achevée et qu’il ne nous reste plus qu’à accueillir le Machia’h concrètement.
Pourquoi est-ce important ?
La qualité inhérente au fait que le jour du décès coïncide avec celui de la naissance nous est enseignée par le Talmud qui commente ainsi les paroles de Moïse le jour de son départ de ce monde « Je suis aujourd’hui âgé de cent vingt ans » (Deutéronome 31, 2) : « Qu’à voulu dire Moïse par ‘aujourd’hui’ ? : ‘aujourd’hui mes jours et mes années sont complètes’. Ceci t’enseigne que le Saint béni soit-Il complète les années des Tsadikim de jour en jour et de mois en mois, comme il est dit ‘Je comblerai la mesure de tes jours’ (Exode 23, 26) » (Talmud Roch Hachana 11a ; Sota 13b ; Kidouchine 38a)
On peut cependant se demander en quoi ceci représente une quelconque qualité. En effet, la véritable élévation d’un Tsadik est d’ordre spirituel et ne dépend pas du nombre précis d’années qu’il est amené à vivre corporellement. Nous constatons d’ailleurs que la plupart des Tsadikim n’ont pas quitté ce monde le jour de leur anniversaire.
La réponse à cela est que le service divin du Tsadik atteint sa plénitude lorsque sa perfection spirituelle transparaît dans la perfection d’ordre matériel du nombre de ses années. Cela indique qu’il a su raffiner sa propre matérialité au point où celle-ci n’est rien d’autre que le prolongement de sa spiritualité.
En effet, le monde est composé d’espace et de temps et l’année contient en elle tous les changements du temps (en hébreu, « chana – année » découle de « chinouï – changement »), la plénitude des années exprime donc la plénitude matérielle. Cette plénitude s’est exprimée chez les Patriarches qui naquirent et décédèrent tous durant le mois de Nissan, chez Moïse qui naquit et quitta ce monde le 7 Adar, et chez l’Admour Haemtsayi, le « Moïse » de sa génération.
[En vérité, l’enseignement du Talmud selon lequel D‑ieu « complète les années des Tsadikim » implique que cela est ainsi spirituellement pour tous les Tsadikim, même ceux qui n’ont pas quitté ce monde le jour de leur anniversaire (et ceci de deux façons possibles : soit parce qu’en un nombre réduit de jours il ont achevé la tâche impartie à leur dernière année, soit parce qu’ils ont reçu des jours supplémentaires au-delà du nombre parfait de leurs années). Néanmoins, cette perfection est d’autant plus grande quand elle est révélée matériellement lorsqu’un Tsadik quitte ce monde le jour où il est né.]
Pourquoi en dehors de la Terre d’Israël ?
En lisant la Torah, nous constatons que le récit de la vie de Yaakov se trouve principalement dans cette paracha, Vayétsé, et dans la paracha de Vayichla’h, lorsque Yaakov est en dehors de la Terre Sainte, alors que la paracha de Toldot, dont les évènements s’y déroulent, parle peu de Yaakov.
Or, ceci est étonnant. Pourquoi la Torah insiste-t-elle sur les problèmes que Yaakov, qui fut « l’élu parmi les Patriarches » (Midrache Béréchit Rabba § 76 ; Zohar III 119b), eut avec les méchants Essav et Lavan ? Il eut a priori été préférable de mentionner le service divin qu’il accomplit en Terre Sainte, comme cela est d’ailleurs relaté pour Avraham et Its’hak.
La réponse à cela est que, à travers le récit du voyage de Yaakov à ‘Harane et de ses rencontres avec Lavan et Essav, la Torah nous enseigne le comportement que nous devons adopter dans notre relation avec le monde.
Cette histoire qui est la première dans la Torah à décrire la confrontation des Patriarches avec le monde vient enseigner que le but de chaque Juif est d’agir dans le monde et donne les étapes de la réalisation de cette tâche :
« Vayétsé Yaakov miBéer Chéva – Et Yaakov sorti de Béer Chéva » (Genèse 28, 10) fait référence à la sortie de l’âme de sa source céleste, appelé « Béer Chéva » (la Séfira de « Binah » qui est la « source » (« béer ») des sept (« chéva ») Attributs divins du monde de Atsilout).
« Vayélekh ‘Haranah – et il alla à ‘Harane » (Ibid.) désigne la descente de l’âme dans un monde si bas qu’il suscite la colère (« ‘harone af ») de D‑ieu.
Et, malgré cela et contre toute attente, c’est précisément à ‘Harane que Yaakov édifia sa famille, les douze tribus saintes. L’explication de cela est que Yaakov révéla, à travers l’accomplissement de la Torah et des Mitsvot, la lumière de son âme avec laquelle il raffina et sanctifia son corps et son environnement. C’est ce à quoi font allusion les mots « il alla à ‘Harane » : c’est précisément à ‘Harane qu’il « alla » en s’élevant progressivement toujours plus haut.
En outre, ce n’est pas uniquement son âme qui connut une élévation, mais ‘Harane elle-même qui fut également raffinée et sanctifiée à travers lui (c’est pourquoi il est écrit « vayélekh ‘Haranah» pour « il alla à ‘Harane » et non l’expression équivalente « vayélekh lé’Harane », car « vayélekh ‘Haranah » sous-entend grammaticalement que c’est « ‘Haranah » qui « alla »). D’autre part, le mot « ‘Haranah » enseigne que Yaakov révéla au sein de ‘Harane la force divine qui la porte à l’existence : la lettre « Hé » du nom de D‑ieu par laquelle le monde est créé (Talmud Mena’hot 29b).
La Torah relate ensuite que, sur le chemin de ‘Harane, le Soleil se coucha et que Yaakov s’étendit pour dormir, en ayant au préalable disposé autour de sa tête des pierres pour se protéger des animaux malfaisants. Ainsi en est-il pour chaque Juif : lorsque son âme descend ici-bas, dans le monde (en hébreu « olame », de la racine de « élem », « occultation »), elle subit l’occultation de la présence divine (« le Soleil se couche »), et cela le pousse à « s’étendre pour dormir », à connaître une chute si importante que sa tête et ses pieds se retrouvent au même niveau, au point où il doit même s’inquiéter de toutes sortes « d’animaux malfaisants » (les forces du mal qui règnent dans ce bas monde) qui cherchent à porter atteinte à son âme.
Cependant, c’est précisément cette descente qui lui permet de connaître ensuite une élévation jusqu’à un niveau supérieur à celui qu’avait son âme auparavant, comme nous allons l’expliquer plus loin.
La tête avec le pied
En route vers ‘Harane, Yaakov s’étendit pour dormir sur le mont Moriah. Nos Sages enseignent que ce fut la première nuit qu’il s’étendit pour dormir après les quatorze années qu’il venait de passer à étudier la Torah de jour comme de nuit dans la Yéchiva de Chem et de Ever (et où il ne faisait que somnoler légèrement la nuit entre deux sessions d’étude). Ceci suscite cependant une interrogation : si Yaakov s’abstint de se coucher pendant quatorze ans, pourquoi donc choisit-il de le faire à l’endroit précis où le Temple allait être érigé ? Il est vrai qu’il dit ensuite « Assurément, l’É‑ternel est présent en ce lieu, et moi je l’ignorais ! » (Genèse 28, 16), mais il reste à comprendre pourquoi D‑ieu fit en sorte qu’il en fût ainsi.
Pour comprendre cela, il est nécessaire de se pencher sur l’action de se coucher. En effet, la position debout révèle clairement le statut des différents membres du corps : la tête, représentant l’intellect, est en haut ; le cœur, représentant l’affect, est au centre ; les jambes et les pieds, représentant la force d’action, sont en bas. Or, lorsque l’on se couche, il en résulte que la tête et les pieds se retrouvent au même niveau.
La partie supérieure du corps humain représente sa spiritualité, alors que sa partie inférieure représente sa matérialité. Il convient que la spiritualité ait la prépondérance sur la matérialité et la guide. Mais lorsque l’on est couché, la spiritualité et la matérialité sont au même niveau, ce qui constitue en soi une déchéance.
Malgré cela, il arrive que la position allongée exprime au contraire une situation extrêmement élevée. En effet, la différence entre la tête et les pieds n’existe que dans le cadre des limitations du monde. Mais, envers D‑ieu qui est l’Infini Absolu, il n’existe aucune différence entre le spirituel et le matériel, ces derniers sont absolument équivalents.
C’est ce qui se révéla lorsque notre père Yaakov se coucha à l’endroit du Temple : c’est précisément le fait qu’en cet endroit la Lumière Infinie de D‑ieu est révélée qui entraîna chez Yaakov une totale annulation de soi, au point où sa tête et ses pieds se retrouvèrent au même niveau.
Telle fut également la signification du rêve que Yaakov fit alors. Il rêva en effet d’« une échelle dressée sur la terre, dont le sommet atteignait le ciel » (Genèse 28, 12) : une échelle qui reliait et unifiait la Terre et le Ciel.
C’est aussi cette force infinie qui lui conféra la capacité de faire résider dans un endroit aussi bas que ‘Harane la sainteté la plus élevée, par la force de l’Essence Divine.
La dispute des membres
Ce qui précède nous permet de comprendre le sens des pierres que Yaakov disposa autour de sa tête avant de s’endormir :
Le Talmud raconte que, au moment où Yaakov les disposait, les pierres commencèrent à se disputer, chacune exigeant que ce soit sur elle que le Tsadik pose sa tête. Immédiatement, D‑ieu les fondit toutes en une seule pierre. (Talmud ‘Houline 91b).
Cet épisode suscite une question évidente : à quoi peut servir un muret pour protéger la tête si le corps reste à la merci des animaux malfaisants ?
Et même d’après les commentateurs qui expliquent que Yaakov avait en réalité entouré tout son corps avec des pierres, 1. pourquoi la Torah ne mentionne-t-elle que celles qui protégeaient sa tête, et 2. en quoi un muret de simples pierres protège-t-il des animaux féroces, alors qu’il suffit à ces derniers de sauter par-dessus ?!
L’explication profonde de cela, d’après la ‘Hassidout, est que Yaakov se protégea par des procédés spirituels. Il illumina son corps de la puissance de son âme, de la « pierre » de son âme, faisant ainsi disparaître le voile que le matériel maintient habituellement sur le spirituel et cela entraîna qu’aucun animal ne puisse l’atteindre.
Ainsi, comme l’âme réside principalement dans le cerveau, la Torah cite les pierres qui entouraient la tête car leur rôle fut prépondérant. Et c’est précisément à ce sujet que les pierres se disputèrent : celles qui entouraient le corps demandèrent pourquoi elles recevaient moins de lueur de l’âme que celles qui entouraient la tête.
D‑ieu acquiesça alors à leur demande et émit une Lumière Divine unique qui engloba le corps de la tête aux pieds (ce qui eut pour effet de souder les pierres en une pierre unique). Cette révélation divine provint du degré du divin auprès duquel le pied et la tête sont équivalents : l’Essence Divine, « D‑ieu Lui-même ».
Cette révélation eut lieu pour Yaakov au moment où il descendait vers ‘Harane, car c’est précisément dans des situations aussi difficiles qu’un tel dévoilement est nécessaire.
Corriger le monde
C’est ce qui donna à Yaakov le pouvoir de vaincre l’obscurité de ‘Harane et d’y dévoiler la divinité. C’est pour cela que c’est précisément là-bas qu’il édifia une famille intègre, ainsi que le disent nos Sages, « Mitato chelémah – sa ‘couche’ fut intègre » (Midrache Tan’houma (Bober), Vayétsé § 4, et autres). Or, le mot pour « couche » ou « lit », en hébreu « mitah », est lié au mot « matah », le « bas », ce qui souligne que c’est précisément la descente de Yaakov vers le « bas » qui lui valut ce succès. De là découle pour chaque Juif l’enseignement qu’il lui incombe de considérer le « haut » et le « bas » de manière identique et de révéler ainsi l’Essence Divine qui transcende le « haut » et le « bas » dans les dix facultés de son âme.
L’essentiel du travail spirituel de Yaakov à ‘Harane concerna sa propre personne (le dévoilement de son âme et son unification avec son corps) et sa famille (la naissance et l’éducation de ses douze fils de sorte que « sa couche soit intègre »). Cependant, comme cette action doit également concerner le monde, Yaakov voyagea à la rencontre de Essav, comme cela est relaté dans la paracha de Vayichla’h, et tenta de le corriger lui aussi.
Si Essav était un méchant homme, son âme était néanmoins extrêmement élevée : elle prenait sa source dans le niveau de « Tohou » (le jaillissement de lumières divines du « chaos originel »), qui est au-dessus de celui de « Tikoun » (le système ordonné de mondes qui succéda au « Tohou ») d’où l’âme de Yaakov est issue. Yaakov pensait alors que Essav avait été « redressé » et qu’il pouvait y avoir entre eux l’union et l’unification. Mais Essav n’était pas prêt.
Ces deux parachiot, Vayétsé et Vayichla’h, expriment le but de l’ensemble de la Torah et des Mitsvot : raffiner et sanctifier le corps de l’homme en particulier et le monde matériel en général, faire en sorte qu’ils deviennent un « récipient » pour la spiritualité de l’âme, jusqu’à ce que la matière elle-même révèle la Force Créatrice qui l’anime, ne faisant plus qu’une seule chose, qu’une chaîne soudée avec le spirituel, jusqu’à constituer une « demeure » ici-bas pour l’Essence Divine.
Ceci sera atteint lors de la Délivrance messianique, quand le corps physique et le monde matériel atteindront un degré de raffinement tel qu’ils pourront recevoir en eux la Lumière Divine (Tanya chap. 36). Alors, la chair elle-même verra D‑ieu (Isaïe 40, 5), la pierre du mur clamera que D‑ieu la porte à l’existence (‘Habacouc 2, 11), etc.
La profondeur de la Torah
Cette démarche de réunir le spirituel et le matériel à travers la Torah et les Mitsvot a connu un essor particulier depuis la révélation de la ‘Hassidout, la partie profonde de la Torah, qui unit la profondeur de l’âme du Juif avec les degrés profonds du Divin et confère ainsi la capacité d’unir le monde à D‑ieu en profondeur.
La ‘Hassidout « ‘Habad » a, dans cette perspective, la qualité particulière de relier le Divin avec les facultés intellectuelles de l’homme (sagesse-compréhension-connaissance, dont l’acronyme hébraïque est « ‘Habad »), y compris des non-Juifs, ce qui entraîne une situation où le monde entier s’unit à D‑ieu.
C’est également la raison pour laquelle c’est principalement au mois de Kislev que la ‘Hassidout s’est révélée. Celui-ci contient, en effet, plusieurs dates essentielles dans l’histoire du dévoilement de la ‘Hassidout : le 19 Kislev marque la libération de l’Admour Hazakène (Rabbi Chnéour Zalman de Lyadi, le premier Rabbi de ‘Habad) et est également appelé le « Roch Hachana » de la ‘Hassidout ; la naissance et la Hiloula de l’Admour Haemtsayi, second Rabbi de ‘Habad, le 9 Kislev et sa libération le 10 Kislev. Et ‘Hanouccah aussi, le miracle de la fiole d’huile, est lié avec la profondeur de la Torah, « l’huile essentielle » de la Torah.
La raison à cela est que le mois de Kislev est le troisième mois de l’hiver (les mois de pluie). Il correspond ainsi par symétrie au mois de Sivan, troisième mois de l’été, dans lequel, au moment de la fête de Chavouot, eut lieu le don de la Torah et la révélation de sa partie dite « révélée ». La partie profonde de la Torah, quant à elle, fut révélée précisément pendant la saison des pluies, car celles-ci s’élèvent d’abord sous forme de vapeur de la terre vers les cieux, puis retombent ensuite à terre, abreuvant le sol jusqu’à ce que celui-ci soit gorgé d’eau. C’est le même cycle qui caractérise la profondeur de la Torah : elle réunit la matière et l’esprit, la Terre et le Ciel, jusqu’à ce que le monde entier sera totalement gorgé de Lumière Divine.
Cela est présent en allusion dans le nom « Kislev » : c’est lorsque « כס – Kes », les degrés cachés du divin (de la racine de « kissouï », « dissimulation »), se révèlent ici-bas dans les facultés émotionnelles de l’homme, représentées par « לו – lev » (les six « midoth » dont chacune inclut en elle l’ensemble des six, soit 36 déclinaisons, valeur numérique de « לו – lev »).
L’Admour Haemtsayi
Or, ce lien entre le spirituel et le matériel propre à la ‘Hassidout ‘Habad a essentiellement été effectué par l’Admour Haemtsayi. En effet, l’Admour Hazakène qui lui a précédé, révéla la « ‘Hokhmah – sagesse » de la ‘Hassidout, ce qui s’exprima par un enseignement condensé et synthétique. À sa suite, l’Admour Haemtsayi révéla le degré de « Binah – compréhension » à travers un enseignement particulièrement développé, tel le flot d’un large fleuve, issu pourtant d’une source punctiforme.
Ainsi, les concepts de la ‘Hassidout qui apparaissaient de façon concise dans les œuvres de l’Admour Hazakène, font l’objet de larges développements par l’Admour Haemtsayi. Ceci était même perceptible dans sa vie physique, au point où son gendre, le « Tséma’h Tsédek » (troisième Rabbi de ‘Habad) dit un jour « Si l’on coupait un doigt de mon beau-père, ce n’est pas du sang qui jaillirait, mais de la ‘Hassidout ! » La ‘Hassidout était son sang et son âme.
C’est la raison pour laquelle il est appelé l’Admour « Haemtsayi » – le Rabbi « intermédiaire » : étant au niveau de Binah, il relie en effet le Rabbi qui l’a précédé et celui qui l’a suivi, de façon à inclure en lui les trois pères de la ‘Hassidout (qui correspondent aux trois niveaux « ‘HaBaD »), car c’est en lui que s’exprime la finalité de la ‘Hassidout qui est de relier le monde et la Divinité.
Le 9 Kislev
Nous pouvons dès lors comprendre la raison pour laquelle l’Admour Haemtsayi a quitté ce monde le jour anniversaire de sa naissance : chez lui s’exprimait avec force la réunion de la matérialité et du spirituel et ainsi sa plénitude spirituelle s’exprima aussi matériellement à travers un nombre entier d’années.
C’est cette perfection spirituelle et matérielle portée par ce jour du 9 Kislev qui permit sa libération le lendemain, 10 Kislev, et constitua une préparation adéquate au « Roch Hachana de la ‘Hassidout », le 19 Kislev.
Cette année (5752 – 1991, Ndt), le 9 Kislev tombe un Chabbat, ce qui souligne encore plus la réunion parfaite du spirituel et du matériel, car la haute sainteté divine qui se révèle le Chabbat et qui est à l’origine du plaisir divin lié au Chabbat doit pénétrer dans les dimensions matérielles du Juif à travers les repas du Chabbat, le sommeil du Chabbat, au point où l’âme supplémentaire que l’on reçoit le Chabbat (voir Talmud Taanit 26b) effectue un changement dans le corps physique et dans le monde matériel.
Le repas de la Délivrance
Si tout ce qui précède a toujours été valable pour les Juifs de toutes les générations, à plus forte raison est-ce pertinent aujourd’hui, alors que d’après les signes donnés par nos Sages (dans le traité Sanhédrine, dans les Midrachim et dans d’autres sources) nous nous trouvons déjà concrètement à l’étape de la Délivrance (« נמצאים כבר בשלב הגאולה ממש »). Comme nous l’avons dit à plusieurs reprises, nous avons terminé tous les « Birourim » (étapes du raffinement du monde), y compris celui de « Essav qui est Edom » (Genèse 36, 1), comme nous le voyons aujourd’hui chez des peuples qui descendent de Essav et qui se comportent comme des « royaumes de bonté » (« מלכות של חסד »).
Il est donc clair que nous nous trouvons aujourd’hui dans une situation où le corps physique et le monde matériel ont été raffinés au point de pouvoir recevoir toutes les lumières et les sujets spirituels, ce qui inclut la lumière du Machia’h (Zohar III, 34b), la lumière de la Délivrance, jusqu’à la révélation de l’Essence Divine qui se révélera dans l’essence du Machia’h et, à travers cela, dans l’essence de chaque Juif.
Et la seule chose qui manque est qu’un Juif ouvre les yeux correctement, et il verra comment tout est prêt pour la Délivrance ! Il y a déjà la « table dressée », il y a déjà le « bœuf sauvage », le Léviathan et le « vin gardé » et les Juifs se trouvent déjà autour de la table, « la table de leur Père » (Talmud Berakhot 3a), (le Roi des rois, le Saint béni soit-Il), avec le Machia’h, (comme il est écrit dans les livres (Commentaire du Barténora sur Ruth ; Responsa du ‘Hatam Sofer ‘Hochen Michpat vol. 6, chap. 98 ; Sdé ‘Hemed, Péat Hasadé, maarékhet haaleph § 70, et autres) qu’il y a dans chaque génération un homme qui est apte à être le Machia’h), et dans notre génération mon beau-père, le Rabbi ; et quarante ans après le départ de ce monde de mon beau-père le Rabbi, il y a déjà aussi « un cœur pour comprendre, des yeux pour voir et des oreilles pour entendre » (Deutéronome 29, 3).
Il faut seulement maintenant ouvrir le « cœur pour comprendre », ouvrir les « yeux pour voir » et ouvrir les « oreilles pour entendre » et, de la même manière, exploiter tous les 248 membres et les 365 nerfs de son corps physique, pour étudier la profondeur de la Torah telle qu’elle a été révélée dans la ‘Hassidout et pour accomplir les instructions des Rébbeïm, ce qui inclut d’étudier les sujets relatifs à la Délivrance de façon à ce que cela ouvre le cœur, les yeux et les oreilles, et que l’on comprenne, voit et ressente concrètement dans la matérialité du monde la Délivrance, et d’étudier la Torah du Machia’h (la partie profonde de la Torah) avec un niveau de « vision », car tout ceci est accessible, il suffit d’ouvrir les yeux et on verra cela !
Concrètement
Puisque la jonction entre le spirituel et le matériel est déjà une réalité, il nous incombe de révéler cela concrètement.
En premier lieu, un sujet d’actualité en ce jour de l’anniversaire et de la Hiloula de l’Admour Haemtsayi, il faut rajouter dans l’étude de sa Torah, d’une façon caractéristique de la largesse de la Binah, et ceci concerne tous les Juifs, hommes et femmes.
Chez l’Admour Haemtsayi, la plénitude spirituelle s’est exprimée dans la plénitude matérielle par le fait que ses années furent entières. Il appartient également à chacun d’exprimer sa spiritualité et sa « ‘hassidishkeit » dans sa vie matérielle, de sorte que l’on ressente auprès de lui la chaleur et la vitalité de son Judaïsme et de sa « ‘hassidishkeit », au point où ils ne font qu’une seule chose avec lui.
En plus de cela, il faut organiser des Farbrengens (célébrations ‘hassidiques) à l’occasion du 10 Kislev, fête de la libération de l’Admour Haemtsayi, y étudier de sa Torah, y prendre de bonnes résolutions, parmi lesquelles d’organiser des Farbrengens à l’occasion du 19 Kislev dans chaque recoin du monde où se trouvent des Juifs.
De la même manière, il faut organiser des Farbrengens à d’autres dates liées à la ‘Hassidout, et à ‘Hanouccah – selon la tradition des Rabbis de ‘Habad – faire des fêtes à l’intention des membres de sa famille et distribuer de « l’argent de ‘Hanouccah » en particulier aux enfants, garçons et filles. Car, en accomplissant cette coutume, avec la diffusion qui convient et le don en abondance, on augmente d’autant son attachement à nos Rébbeïm, ce qui augmente la force de faire pénétrer leur Torah, leurs instructions et leurs coutumes dans la vie quotidienne de chacun.
Ce qui inclut la coutume juive qui se répand et s’amplifie ces derniers temps d’étudier les sujets liés à la Délivrance et au Machia’h pour se préparer et préparer les autres au dévoilement de la Délivrance messianique, comme nous l’avons dit.
Que D‑ieu veuille donc que, par le mérite des bonnes résolutions dans tous ces sujets, il y ait immédiatement la Délivrance véritable et complète et nous irons tous « sur les nuages du ciel » (Daniel 7, 13 ; Sanhédrine 98a), avec le fruit de notre service divin ainsi qu’avec nos biens matériels, avec les synagogues et les maisons personnelles, vers notre Terre Sainte, à Jérusalem la ville sainte, sur la montagne sainte dans le troisième Temple, dans le Saint des Saints où se trouve la « pierre de fondation » à partir de laquelle le monde entier fut créé (Talmud Yoma 54b).
Et l’essentiel est que cela soit immédiatement.