par hassidout | 3 Mar, 2023 – 10 Adar 5783 | MAGAZINE, Paracha, Rav Abergel Yaacov |
Pour le mérite de Liba bat Esther
La profondeur de la Emounah
Dans son discours intitulé ‘Et tu ordonneras aux enfants d’Israël’, le Rabbi précise la différence qui existe entre les 2 niveaux de l’âme : le niveau de ‘Haya’ (ou ‘Mazal’) et le plus haut niveau : l’Essence de l’âme.
L’Essence de l’âme ne possède pas de nom car un nom la limiterait. L’Essence de l’âme désigne l’âme telle qu’elle est enracinée dans l’Essence divine et elle est donc (comme l’Essence divine) au-delà de tout nom, de toute définition, de toutes les limites des lettres et des noms.
Le Rabbi nous donne alors deux raisons pour lesquelles Israël croit en Hachem. La première est que l’âme qui ne s’habille pas dans le corps (‘Haya) voit le Divin. Cette vision est donc au-delà de l’intellect (puisque cette vision vient du niveau de l’âme qui est supérieur au niveau de l’âme qui s’habille dans le corps et donc supérieur aux forces de l’intellect qui s’habillent dans le cerveau).
Ainsi, comme ‘l’âme qui est en-haut’ voit le Divin elle influence l’âme qui est dans le corps en lui donnant la Emounah, Cependant, cette Emounah n’est pas profonde car elle ne vient pas de nous-mêmes mais d’une vision, et toute chose que nous voyons (même quand il s’agit d’une vision de l’esprit) demeure extérieure à nous-mêmes. D’un côté il y a nous-même et de l’autre la chose que nous voyons. A l’opposé, quand il s’agit du dévoilement de l’Essence de l’âme et de la Emounah qui naît de ce dévoilement, il ne s’agit plus d’une vision qui est extérieure à nous-mêmes mais du dévoilement du Divin qui fait ‘Un’ avec nous-même (car l’Essence de l’âme est enracinée dans l’Essence divine) et dans ce cas notre Emounah est profonde.
Le Rabbi définit l’Essence de l’âme comme étant l’Essence de toutes les forces de l’âme qui s’habillent dans le corps. L’influence de l’Essence de l’âme n’est donc pas ‘Makif’ (superficielle) et la possibilité nous est donnée de dévoiler et d’unir ce niveau supérieur de l’Essence divine avec les forces de notre intellect, de nos sentiments et de nos actes.
Le prénom de la Rabbanite : ‘Haya-Mouchka est lui-même une allusion à cette union entre l’Essence divine et les forces de l’âme qui s’habillent dans le corps. ‘Haya désigne la ‘vitalité’ (‘Hayout) et fait donc allusion aux forces de l’âme qui s’habillent dans le corps vitalité ‘Pnimi’, et Mouchka (qui est le nom d’une odeur parfumée) désigne les forces de l’âme qui ne s’habillent pas dans le corps et l’Essence de l’âme elle-même (Ko’hot ha makifim).
Comme il a été dit précédemment, Moché réalise l’union entre la Parole divine avec l’intellect de l’homme et c’est au sujet du verset : ‘Et voici les Lois que tu placeras devant eux’ que Rachi explique que ‘les Lois de D.ieu sont, comme des aliments, ‘dressées sur une table, prêts à être consommés’.
De la même façon, le Rabbi est le Moché de notre génération, il est celui qui dévoile l’Essence de notre âme afin que notre Emounah soit profonde. Il unit les enfants d’Israël avec Or ein-sof. Aussi, l’expression employée par Rachi selon laquelle ‘les Lois de D.ieu sont, comme des aliments, ‘dressées sur une table, prêts à être consommés’ peut tout aussi bien s’appliquer aux concepts de la ‘Hassidout ‘Habad. Les enseignements du Rabbi sont comme des aliments car celui qui s’attache à les étudier avec toutes les forces de son âme finit par les intégrer de manière profonde. A l’exemple de l’Admour Haemtsaeï dont il est dit que ‘si l’on ouvrait ses veines on verrait couler des paroles de ‘Hassidout’, lorsque l’on s’applique à étudier la Torah du Rabbi alors on parvient à ce que ces enseignements qui sont au-delà de ce monde matériel car ils sont liés à l’Essence divine deviennent ‘prêts à être consommés’, c’est à dire qu’ils nous insufflent une nouvelle vitalité, aussi bien matérielle que spirituelle.
Le Rabbi ‘place devant nous’ l’Essence de la Torah ‘comme des aliments dressés sur une table’ signifie dans ce cas que le Rabbi met à notre portée l’Essence divine en nous donnant la possibilité de révéler l’Essence de notre âme afin de faire de nous-même et de ce monde matériel une demeure pour l’Essence divine.
La volonté qui vient du plus profond du cœur
Comment fait-on de ce monde une demeure pour Hachem ? C’est en attirant ici-bas au moyen de la Torah la lumière infinie de D.ieu, mais une question se pose ici : Il est écrit dans le livre du Tanya ‘qu’aucune pensée ne peut appréhender le Saint béni soit-Il’, or il ne s’agit pas seulement ici de notre propre pensée mais il s’agit aussi des plus hauts niveaux spirituels. C’est à dire même de ‘la Pensée qui est en-haut’ : la Séfira de ‘Ho’hmah du monde d’Atsilout, et même la Torah (qui est du niveau de ‘Ho’hmah) ne peut pas non plus appréhender le Saint béni soit-Il et dans ce cas comment peut-on attirer Or ein Sof au moyen de la Torah ?
Le livre du Zohar répond à cette question. Il n’est pas possible d’appréhender le Saint béni soit-Il au moyen de la pensée mais cela est possible au moyen de la volonté qui vient de l’Essence de l’âme : ‘Réouta dé Liba’ : Cette volonté qui est au-delà de l’intellect et la raison : ‘ratson pachout’ et qui est l’expression du désir du dévoilement de l’Essence divine. Quand un Juif ne désire ni le Gan-éden inférieur ni le Gan-éden supérieur, il ne désire que Atsmout Ein-sof. Animé par cette volonté (définie par l’Admour Haemtsaeï comme étant ‘la volonté de toutes les volontés’) un Juif devient capable de donner tout ce qu’il est pour D.ieu. C’est la force de messirout-néfech, la force de faire totalement don de soi-même pour Hachem. De ne plus agir pour lui-même et d’être prêt à donner jusqu’à sa propre vie pour D.ieu, car l’amour qu’il ressent pour Lui ne connaît plus de limites. Ce niveau est celui de bé’hol méodé’ha : ‘aimer D.ieu de tout ton pouvoir’.
Le Rabbi Rachab nous enseigne que le fait d’éveiller en nous-même cet amour pour D.ieu a pour effet d’attirer Or ein Sof dans la Torah.
Il existe en effet deux niveaux de l’étude de la Torah lichma. Etudier la Torah Lichma signifie que notre étude a pour but de lier notre âme à D.ieu, mais il existe un second niveau (plus élevé) : Etudier la Torah Léchem ha Torah qui signifie que l’on étudie dans le but d’attirer Or ein Sof dans la Torah. Or c’est quand on éveille la force de l’Essence de notre âme que l’on parvient à ce niveau car l’Essence de l’âme Juive est supérieure à la Torah (mais les niveaux de Néfech Roua’h et Néchamah sont eux-mêmes inferieurs a la Torah.
Comment parvient-on à révéler cette volonté qui dépasse l’intellect et la raison ?
Le Rabbi Rachab nous enseigne que c’est par l’étroitesse que l’on parvient à éveiller en nous-même cette volonté. Lorsque l’âme se trouvait dans le Gan-Eden elle n’avait pas cette volonté car l’Essence de l’âme ne brillait pas en elle. C’est précisément lorsque l’âme divine s’habille dans le corps (et dans l’âme animale) que sa soif du Divin se renforce. Lorsque l’âme se trouvait dans le Gan-Eden sa perception du Divin était alors limitée car son amour pour D.ieu ne dépendait que de l’intellect et il était donc limité. A l’opposé, lorsque l’âme divine connaît l’étroitesse que lui imposent le corps et l’âme animale, il naît en elle le désir de D.ieu, la soif du Divin, la volonté pachout qui est au-delà de l’intellect et de la raison.
L’exemple matériel que nous donne le Rabbi Rachab est celui du ‘puit d’eau-vive’. L’eau du puit provient de sources d’eaux souterraines qui elles-mêmes proviennent de la mer. Or l’eau de mer contrairement à l’eau du puit est salée. C’est donc parce que l’eau salée de la mer traverse la terre quelle devient de l’eau douce. De la même façon, l’âme quand elle était en-haut dans le Gan-Eden n’avait pas une volonté qui dépasse totalement l’intellect, son amour et son désir de D.ieu étaient alors limités, mais par le fait d’être confrontée à l’obscurité de la matière (comparée ici à la terre) elle devient comme l’eau douce, pure et animée d’un désir de D.ieu au-delà de toutes les limites.
Ainsi, le Rabbi Rachab établit ici un lien avec la lecture du Chéma-Israël au moment du coucher, car ce moment est celui pendant lequel nous établissons un bilan spirituel de nos pensées nos paroles et nos actes. Le fait de méditer à nos erreurs et aux moyens de les corriger a pour effet de nettoyer notre âme, de la rendre pure, avant de la confier à D.ieu, ainsi qu’il est dit : ‘En Ta main je confie mon esprit’.
Au sujet de la mission sacrée du Rabbi
Lorsque l’âme du Rabbi Rayats quitta ce monde, le Rabbi ne lui succéda pas immédiatement. Les ‘Hassidim firent tout leur possible pour que le Rabbi accepte de poursuivre cette mission sacrée, mais l’histoire nous a montré que ce sont les paroles de la Rabbanite Haya-Mouchka qui eurent pour effet de convaincre le Rabbi. La Rabbanite dit au Rabbi : ‘A quoi aura servi tout le travail accompli par mon père si tu ne poursuis pas sa Mission ? ‘
La Mission du Rabbi est de préparer ce monde au dévoilement de l’Essence divine : ‘Faire de ce monde matériel une demeure pour D.ieu’. Parmi les propos précédemment cités du Rabbi Rachab (le grand-père de la Rabbanite ‘Haya-Mouchka) il est dit que pour dévoiler la volonté pachout (qui dépasse l’intellect et la raison) il convient d’abord d’établir un bilan spirituel. A partir de l’étroitesse on atteint le niveau de l’Essence. Il semble à l’évidence que la Rabbanite a elle-même établi le bilan moral de toute l’Assemblée d’Israël, qu’elle a elle-même ressenti le manque et l’éloignement du peuple d’Israël.
En effet, Israël est lié à Hachem d’un lien Atsmi : d’un lien qui procède de l’Essence divine. L’Essence de l’âme Juive est enracinée dans l’Essence divine et ce lien a besoin de se révéler, c’est à dire de s’exprimer dans les pensées les paroles et les actes du peuple Juif tout entier. L’absence de ce dévoilement a pour effet que chaque Juif ressent un manque qu’il a besoin de combler, et c’est précisément la Mission du Rabbi de mettre fin à cet éloignement du Divin. Chaque Juif qui se trouve dans les 4 coudées du Rabbi se place sous une colonne de lumière d’où il prend conscience de sa mission profonde. Il reçoit du Rabbi une vitalité nouvelle pour l’accomplir, et n’est plus animé par le seul désir d’assouvir ses besoins personnels, mais par le désir d’agir au-delà de l’intellect, pour consacrer son existence au dévoilement du Machia’h. La Rabbanite savait tout cela, elle savait que seul le Rabbi possédait les moyens d’unir de manière profonde les enfants d’Israël au Saint béni soit-Il.
Dans son discours intitulé ‘Vé Atah Tetsaveh’, le Rabbi définit clairement le rôle du Berger d’Israël, du Moché qui se trouve dans chaque génération, ‘l’extension de Moché’ (tel qu’il est appelé dans le livre du Zohar).
Le terme Tetsaveh est apparenté à Tsavta : Union, et ‘Vé Atah Tetsaveh’ que l’on traduit littéralement par ‘Et tu ordonneras’, signifie de manière profonde : ‘Et tu uniras’. ‘Moché et le Rabbi ‘unissent les enfants d’Israël avec Or ein sof’.
En effet, il est écrit au début de notre Paracha (Tetsaveh, 27, 20) : ‘Et tu ordonneras aux enfants d’Israël qu’ils prennent pour toi de l’huile pure d’olives concassées pour (allumer) le luminaire, pour faire monter la lumière perpétuellement’.
Dans ce verset, L’Eternel s’adresse à Moché et lui ordonne ‘d’ordonner aux enfants d’Israël de lui apporter de l’huile pure’. L’huile ‘pure’ représente la lumière qui provient de la partie la plus élevée de l’âme. De fait, Moché et le Rabbi donnent les moyens aux enfants d’Israël de dévoiler cette lumière.
La Rabbanite pour être la fille du Rabbi savait que le Rabbi possédait les moyens d’enseigner l’Essence de la Torah : la ‘Hassidout, et de permettre par cet enseignement essentiel à chaque Juif d’accomplir les Commandements divins en révélant leurs forces les plus profondes lesquelles découlent de l’Essence de l’âme. Aussi, lorsqu’elle déclara à son époux : ‘A quoi aura servi tout le travail accompli par mon père si tu ne poursuis pas sa Mission ? ‘ et que ces paroles eurent pour effet de convaincre le Rabbi d’accepter la Mission qui lui incombait, elle réussit à unir le Rabbi aux ‘Hassidim. Ainsi, l’expression ‘Vé Atah Tetsaveh’ : ‘Et tu uniras’ s’applique avant tout à la Rabbanite ‘Haya-Mouchka, car c’est par son mérite que le Rabbi devint le Berger d’Israël et que de ce fait il pût lui-même unir les enfants d’Israël à la lumière infinie de D.ieu.
Un enseignement essentiel du Rabbi : deux sortes de Messirout-néfech
Le Rabbi enseigne dans le Dvar Mal’hout sur notre Paracha que la force des enfants d’Israël pendant le mois d’Adar ne vient pas seulement de la racine de l’âme (telle qu’elle est ‘En-haut’), c’est à dire le niveau de ‘Mazal’, mais aussi et essentiellement du reflet de l’âme qui est descendu ‘En-bas’ et qui s’habille dans le corps, comme cela est exprimé par le mot ‘Nozel’ (‘Mazal’) : ‘couler’. ‘Couler’ comme l’eau d’une source comparable à l’influence, le souffle de Vie qui coule dans le corps.
Le renforcement du Mazal d’Israël pendant le mois d’Adar a pour effet de renforcer l’âme qui s’habille dans le corps, et de renforcer aussi tout ce qui concerne leurs occupations dans tous les sujets du monde.
La date du 7 Adar fait allusion à l’action de faire une demeure (‘Dar’ : דר ) pour le Maître du monde qui a été créé en 7 jours (‘Aleph’ :א )
Même si le Mazal est un dévoilement de L’Essence de l’âme et l’expression de la force et de la puissance, du don de soi qui dépasse l’intellect, dans tous les cas nous ne devons pas agir d’une façon qui consiste à ‘sortir du monde’, conformément à la définition de Messirout-néfech qui désigne le fait de sacrifier sa propre Vie pour sanctifier le Nom de D.ieu. Au contraire, la force et la puissance de Messirout-néfech doit être attirée et dévoilée dans tous les aspects de notre Service divin, de notre travail (Avoda) qui consiste à faire de ce monde inférieur une Demeure pour l’Essence divine.
par hassidout | 27 Fév, 2023 – 6 Adar 5783 | MAGAZINE, Paracha |
Dans la Parachat Tétsavé, il est mentionné que de l’huile d’olive pure est apportée à Moïse avant que le Chandelier ne soit allumé, et qu’ensuite, Aaron et ses fils disposeront la lumière du soir au matin. Cette procédure suscite des interrogations quant au rôle de Moïse et d’Aaron et à la signification de la « lumière perpétuelle » et de « du soir au matin ».
Le prophète Zacharie compare le peuple d’Israël à un chandelier, chaque Juif étant une lumière, car « la lumière de D.ieu est l’âme de l’homme ». Ainsi, le peuple juif prend la forme d’un chandelier, que l’on allume en éveillant les âmes des Juifs et en révélant leur désir de se rapprocher de Dieu. Cette tâche incombe à Aaron, le Cohen.
Mais comment allumer le feu de l’âme ? Le service de Dieu a deux formes : l’étude de la Torah et la prière fervente, qui inclut la pratique des Mitsvot. Les deux expressions utilisées pour décrire l’allumage du chandelier dans la Torah correspondent à ces deux formes.
La « lumière perpétuelle » évoque l’étude de la Torah, qui reste la Parole de Dieu même après être descendue dans le monde matériel. L’obligation d’étudier la Torah s’applique en permanence, et on doit s’y consacrer jour et nuit, à chaque instant libre.
Quant à la « lumière du soir au matin », elle évoque la prière fervente et la pratique des Mitsvot, qui ont un temps fixe et précis. C’est la raison pour laquelle l’expression est utilisée pour décrire Aaron, qui offrait des sacrifices remplacés par la prière.
Ainsi, il était nécessaire d’apporter l’huile à Moïse, car cela lui conférait la force de la Torah, qui transcende le temps. Grâce à cela, Aaron pouvait allumer les lumières du chandelier et révéler la sainteté de la Torah, dépassant les limites, au sein de la matière du monde et des Mitsvot.
En fin de compte, toutes les lumières du chandelier, c’est-à-dire toutes les âmes d’Israël, éclaireront d’une clarté fixe et éternelle, celle de la « lumière perpétuelle ».
Discours du Rabbi, Séfer Ha Si’hot 5749-1989, tome 1, page 268
par hassidout | 24 Fév, 2023 – 3 Adar 5783 | MAGAZINE, Paracha, Rav Abergel Yaacov |
Pour l’élévation de l’âme de ‘Hanna Bat Moché-Yaakov Marques
L’attachement profond au Rabbi :
Le Chabbat de la Paracha ‘Terouma’ qui tombe toujours au début du mois d’Adar, souligne l’importance de notre attachement au Rabbi. En effet, une des raisons pour lesquelles nous devons multiplier notre joie pendant tout le mois d’Adar, est que ce mois est celui de la naissance de Moché (le 7 Adar).
De fait, la joie et le plaisir véritable commencent avec Moché, car il est celui qui qui nous unit avec Or Ein Sof. Aussi, combien cela est vrai pour toute notre génération. Le Rabbi est le Moché de notre génération. Avec lui commence notre joie véritable, car il est celui qui nous prépare à la vie éternelle.
Il est celui qui fait de chacun d’entre nous un ‘Temple’, un ‘Michkan’ capable de contenir le plaisir divin, révélé dans la Torah du Machia’h, ‘la Torah ‘Hadacha’, ‘Terouma’. Il est celui qui révèle et unit le plaisir de D.ieu à celui des enfants d’Israël.
‘Faites-Moi un sanctuaire et Je résiderais parmi vous’ :
Dans le Dvar Mal’hout sur la Paracha Terouma, il est question du Michkan (le temple portatif), et de tous ses ustensiles. C’est dans cette Paracha que L’Eternel déclare aux enfants d’Israël : ‘Faites-Moi un sanctuaire et Je résiderais parmi vous’. Aussi, au début de la Paracha, L’Eternel demande à Moché de parler aux enfants d’Israël afin que ceux-ci ‘mettent à part une partie de leur fortune comme offrande’ (Rachi), pour le Tabernacle.
Lorsque L’Eternel énumère les matériaux de l’offrande des enfants d’Israël il commence par l’or, puis viennent ensuite l’argent et le cuivre. Le Rabbi explique que la raison pour laquelle l’or est cité en premier est parce qu’il désigne les enfants d’Israël eux-mêmes, qui sont aux yeux de L’Eternel comme de l’or.
Plus précisément, l’or désigne le trésor véritable que possède chaque Juif, par le fait que son âme est véritablement ‘une parcelle de divinité d’en-haut’. ‘L’Essence de l’âme Juive est enracinée dans l’Essence divine’ (le Rabbi).
‘Afin que soyez une terre de convoitise’ :
Dans le Hayom-Yom du trente-deuxième jour de l’Omer, il est écrit qu’à Lag Baomer, aux alentours de 5604 (1844), le Tséma’h Tsédek rapporta l’explication suivante du Baal Chem Tov : ‘Il est écrit afin que soyez une terre de convoitise, parole de L’Eternel, D.ieu des Armées célestes’. Tout comme les plus grands Sages n’arriveront jamais à atteindre les grands trésors naturels que D.ieu a placé dans la terre ‘car tout vient de la poussière et tout retourne à la poussière’ de même personne ne pourra jamais atteindre et comprendre tous les niveaux, tous les trésors qui se trouvent en chaque Juif, lequel est la terre de convoitise de D.ieu’.
‘La plus grande joie qu’un Juif peut ressentir’ :
On ne peut se limiter à définir D.ieu comme étant à l’origine des mondes, car les mondes ne sont rien en comparaison à Son Essence. Comme l’a dit notre Maître l’Admour Hazaken : en comparaison à l’Essence divine, les mondes sont tels une goutte par rapport à l’océan. Il en va de même pour l’Essence de l’âme Juive, du fait qu’elle est enracinée dans l’Essence divine on ne peut se limiter à la définir comme étant l’origine de l’intellect et des sentiments (des forces de la partie de l’âme qui est révélée dans le corps).
L’Essence de l’âme Juive est véritablement divine, elle est au-delà de toute forme, de toute définition, et c’est pour cela que le Baal Chem Tov déclare ‘qu’il est impossible d’atteindre et de comprendre tous les trésors qui se trouvent en chaque Juif’. Le trésor qui se trouve en chaque Juif c’est l’Essence de son âme, cette étincelle divine véritable qui est en lui et qui échappe à notre compréhension. C’est par elle qu’un Juif est lié à D.ieu d’un lien essentiel et éternel. Grâce à elle qu’il peut percevoir le Divin et qu’il possède la capacite de faire de ce monde matériel une demeure pour l’Essence divine.
Le Rabbi écrit que la plus grande joie qu’un Juif peut ressentir, et tout particulièrement pendant le mois d’Adar est de prendre conscience que même dans l’exil le plus profond il demeure lié à D.ieu. De fait, le Rabbi écrit que pendant le mois d’Adar ‘chacun ressent une profonde soumission vis-à-vis de D.ieu’.
C’est peut-être pour cette raison que dans l’explication du Baal Chem Tov rapportée par le Tséma’h Tsédek il est mentionné que ‘tout vient de la poussière et tout retourne à la poussière’, car la poussière désigne la soumission la plus totale vis-à-vis de L’Eternel, et que c’est précisément par la soumission qu’un Juif parvient à réveiller en lui la force de l’Essence de son âme, ainsi qu’il est dit (Tanya) : ‘L’Eternel ne réside que dans un endroit qui lui est parfaitement soumis’, sur sa terre de convoitise.
Lorsque nous éveillons la force de l’Essence de l’âme sa lumière se révèle dans l’intellect et les sentiments, et dans tous les vêtements de l’âme, c’est à dire dans la pensée la parole et dans l’action. Dans ce cas un Juif n’agit pas comme il a l’habitude d’agir en considérant ce qui lui convient, mais il agira comme il convient d’agir selon L’Eternel.
‘Augmenter notre joie durant tout le mois d’Adar’ :
Au sujet de la déclaration des Sages selon laquelle ‘de même que durant le mois de Av nous devons diminuer notre Joie (car c’est pendant ce mois que le Temple de Jérusalem a été détruit, le 9 Av), de même au mois d’Adar nous devons multiplier notre Joie’, le Rabbi explique que le fait d’augmenter notre joie durant tout le mois d’Adar a pour effet de transformer la période de deuil du mois de Av en une période de Joie.
Seule l’Essence divine a le pouvoir de transformer l’obscurité en lumière, et l’âme que D.ieu nous a donnée est ‘une parcelle véritable de divinité d’En-haut’ grâce à laquelle nous pouvons agir sur ce monde profane et le transformer en une demeure pour D.ieu. C’est précisément cela la raison de notre joie et de notre soumission pendant le mois d’Adar. C’est en effet le fait de posséder une âme Juive qui est notre plus grande joie. Le dévoilement de l’Essence de l’âme, est le dévoilement du lien le plus profond qui nous unit à notre Père qui est dans le ciel, ainsi que l’a exprimé Rabbi Shimon Bar Yo’haï : ‘Je suis attaché par un lien, en lui je m’unifie, en lui je m’enflamme’.
‘Chanter et louer la grandeur de la Sagesse divine’ :
Par ailleurs, il est écrit dans le livre des Proverbes (1, 20) : ‘La Sagesse de D.ieu est louée, chantée dans la rue’ (‘Ha ‘Ho’hmot ba’houts tarona’), et l’Admour Hazaken explique que la Sagesse de D.ieu (‘Ho’hma) doit se répandre à l’extérieur de sa source (‘ba’houts’) afin que son niveau soit révélé et apprécié dans ce monde. Chaque Juif se doit donc de chanter et de louer la grandeur de la Sagesse divine, de vanter les possibilités qu’elle nous offre, et les actions merveilleuses qu’elle suscite (voir le livre ‘Torah Or’, Parachat Yitro). En louant et en chantant la Sagesse divine, les Juifs dévoilent le plaisir de D.ieu.
Le livre du Zohar (Parachat Toldot, 141b) cite le verset : ‘La Sagesse de D.ieu est louée, chantée dans la rue’, juste après avoir mentionné cet autre extrait des Proverbes (Michleï, 5, 16) : ‘Tes sources se répandent à l’extérieur, dans les rues coulent tes ruisseaux’.
Lorsque le Baal Chem Tov questionna le Machia’h sur sa venue, le Machia’h lui répéta le verset des Proverbes : ‘Je viendrai quand tes sources se répandront à l’extérieur’.
Il apparaît clairement que la venue du Machia’h dépend du dévoilement du plaisir divin. Sa Sagesse bénie doit se répandre à l’extérieur, être louée, chantée et glorifiée par les enfants d’Israël, à l’image de ‘ces sources et de ces ruisseaux qui coulent dans les rues’. Dans ce cas, comme le déclare le Rabbi en reprenant les mots de l’Admour Hazaken, ‘la matérialité du corps et de l’univers sera transfigurée’, ce qui signifie qu’il y aura matérialité, mais quelle sera transcendée, et la lumière divine luira sur Israël sans aucun voile, et le débordement de lumière qui jaillira sur Israël illuminera l’obscurité des nations’ (voir au chapitre 20 de Iniana chel Torat ha ‘Hassidout).
Par ailleurs, dans le Hayom-Yom du du 28 Elloul, il est écrit que c’est la Bénédiction de D.ieu qui enrichit, et le Rabbi nous enseigne que ‘c’est particulièrement vrai pour celui qui consacre son temps aux besoins communautaires et au renforcement du Judaïsme. On dit que D.ieu ne reste pas en dette. Pour chaque action qu’un Juif réalise, Il lui accorde la meilleure récompense, enfants, santé et prospérité matérielle’.
‘Saisir D.ieu Lui-même’ :
L’Admour Hazaken rapporte dans le livre du Tanya un verset de la Paracha Terouma : ‘Et qu’ils prennent pour Moi une offrande’ : ‘Vé ik’hou Li Terouma’.
En hébreu le mot Terouma est compose par les lettres du mot Torah avec un Mèm supplémentaire. Le mot Terouma se décompose donc de la manière suivante :
תרומה
תורה-מ
Le Zohar explique que la lettre Mem qui a pour valeur numérique 40 est une allusion aux 40 jours (et aux 40 nuits) pendant lesquels Moché demeura avec L’Eternel sur le Mont-Sinaï. La façon dont le Zohar décompose le nom Terouma : Torah-Mem exprime donc le fait que D.ieu a enseigne la Torah à Moché sur le Mont-Sinaï pendant quarante jours et quarante nuits.
Par ailleurs le Zohar explique que le mot ‘Li’ (‘pour Moi’) a la même signification que ‘Oti’ : ‘Moi’.
Dans ce cas l’expression du verset : ‘Et qu’ils prennent pour Moi’ signifie aussi : ‘Qu’ils Me prennent.
De fait, l’Eternel a véritablement donné une partie de Lui-même dans la Torah, ainsi qu’Il le déclare Lui-même : ‘J’ai écrit (dans la Torah) Mon Essence et Je l’ai donnée’, et au Zohar d’expliquer que ce verset ‘Et qu’ils prennent, pour Moi, une offrande’ (‘Vé ik’hou Li Terouma’) signifie aussi, qu’au moyen de la Torah nous parvenons à ‘saisir D.ieu Lui-même’, Son Essence (‘qu’ils Me prennent’).
L’Eternel, par le don de la Torah, fit don de Lui-même et donna aux enfants d’Israël la possibilité de s’attacher à Lui de manière profonde.
Dans le livre du Tanya, dans lequel est rapporté cet enseignement de Rabbi Chimon Bar Yo’haï (chapitre 47), l’Admour Hazaken souligne le fait que rien ne sépare le mot ‘Li’ (‘Moi’) du mot ‘Terouma’ (‘la Torah’) pour la simple et bonne raison que ‘le Saint béni soit-Il et la Torah ne font qu’Un’.
Cet enseignement est souvent exprimé dans la partie profonde de la Torah, le Zohar déclare en effet que « le Saint béni soit-Il, Israël et la Torah ne font qu’Un ».
De fait, « l’âme divine d’un juif est véritablement une parcelle de divinité d’En-haut », et la déclaration de l’Eternel selon laquelle : « J’ai écrit (dans la Torah) Mon Essence et Je l’ai donnée », s’applique tout aussi bien à l’âme juive, laquelle peut être comparée à ‘l’offrande’ (‘Terouma’, l’âme juive) que l’Eternel a donnée à chaque juif, et qui n’est autre qu’une partie de Lui-même.
Dès-lors, le lien entre le verset : « Faîtes-Moi un sanctuaire et je résiderais parmi vous », et le verset : « Et qu’ils prennent pour Moi une offrande », apparaît avec » clarté.
‘Faire un sanctuaire pour D.ieu’, comme il a été expliqué, signifie révéler la force de la partie la plus profonde de notre âme, l’essence de notre âme, dans les forces de la partie de l’âme qui s’habillent dans le corps, c’est à dire notre intellect et nos sentiments.
Le Rabbi, dans son discours ‘hassidique intitulé ‘Et tu ordonneras aux enfants d’Israël qu’ils prennent pour toi de l’huile pure d’olives concassées pour allumer le luminaire’, explique longuement que l’Essence de l’âme (‘le Luminaire’) a le pouvoir de s’unir aux forces de l’âme.
Ainsi quand l’Essence de l’âme s’unit avec le cœur d’un enfant d’Israël, celui-ci ressent un amour pour D.ieu au-delà de toutes limites.
Il est important de remarquer que la Torah emploie dans le verset : « Et tu ordonneras aux enfants d’Israël » le terme : « qu’ils prennent pour toi », et qu’elle emploie ce même terme dans le verset : Et qu’ils prennent pour Moi une offrande ».
Ces deux versets sont en fait intimement liés. Un juif détient la possibilité de révéler l’essence de son âme afin que celle-ci illumine et s’unisse à son cerveau et à son cœur, et il y parvient quand il s’attache de manière profonde à la Torah de D.ieu, qui est une ‘partie de Lui-même’.
par hassidout | 17 Fév, 2023 – 26 Shevat 5783 | MAGAZINE, Paracha, Rav Abergel Yaacov |
‘Rien ne peut arrêter La Parole de D.ieu’ :
‘Lorsque l’Eternel parla aux enfants d’Israël sur le Mont Sinaï, il n’y eut pas d’échos car rien ne peut arrêter la Parole de D.ieu’.
Cet enseignement des Sages rapporté par le Rabbi dans une Si’ha exprime le fait que la Parole de D.ieu n’est pas comme la parole de l’homme. De fait, Elle est l’origine de toute la Création. L’Eternel crée les mondes et tout ce qu’ils contiennent au moyen de Sa Parole, et dans ce cas comment la simple paroi d’une montagne pourrait-elle constituer un obstacle capable de renvoyer le son qui émane de Sa Bouche ! Ainsi, la Voix de l’Eternel pénétra non seulement dans la matière de toutes les montagnes du Sinaï, mais aussi dans l’âme de tous les enfants d’Israël.
D’une certaine manière, cet enseignement s’accorde avec la déclaration du Rabbi selon laquelle ‘les paroles dîtes avec douceur pénètrent dans le cœur de celui qui les reçoit et y font leur effet’, car c’est par la force de l’amour de D.ieu pour Israël, que Sa Parole bénie pénétra dans le cœur et dans l’âme des enfants d’Israël.
Les mots du Rabbi pénètrent dans le cœur comme la Parole de D.ieu pénétra dans la paroi des montagnes du Sinaï. En regardant le Rabbi, en l’écoutant, nous ressentons que ‘rien ne peut arrêter La Parole de D.ieu’, que rien ne peut arrêter la révélation de Son Essence bénie, de la venue du Machia’h et de la Délivrance finale.
‘Et Moché pénétra à l’intérieur de la nuée’ :
Les sujets de la Torah doivent être notre vie et l’Admour Hazaken nous enseigne que la Paracha de la semaine que nous lisons chaque Chabbat a forcément un lien avec notre propre existence.
Au sujet de cet enseignement de l’Admour Hazaken, le Rabbi de Loubavitch nous révèle que ce lien s’exprime plus particulièrement quand vient dans l’année le moment de lire la Paracha Michpatim.
En effet, cette Paracha est elle-même une allusion au fait que nous devons véritablement vivre avec la Torah, car la Paracha Michpatim est la dix-huitième Paracha de la Torah et le mot ‘Haï (vivant) a pour valeur numérique le nombre 18.
Le Rabbi a longuement insisté sur le fait que l’existence d’un juif ne devient véritable que lorsque ce Juif ‘voit et entend le Divin’ (voir ‘Iniana chel Torat ha Hassidout’).
A l’évidence, parvenir à percevoir au moyen de notre intellect et de nos sentiments le divin qui se cache dans ce monde exige un travail de notre part. Cependant, l’aide du Rabbi nous est indispensable pour y parvenir.
Dans le discours ‘hassidique intitulé : ‘Et Moché pénétra à l’intérieur de la nuée’ (Adar richon, 5717), le Rabbi explique la signification profonde de la ‘nuée’ :
Le Don de la Torah est lui-même le dévoilement de l’Essence divine. Or, ce dévoilement supérieur n’est possible qu’au moyen du ‘vêtement’ grâce auquel nous devenons véritablement capables de recevoir la révélation de l’Essence de la Torah.
Le Rabbi nous enseigne alors que ce vêtement, capable d’attirer et de recevoir l’Essence divine n’est autre que la ‘nuée’.
Aussi, ‘Et Moché pénétra à l’intérieur de la nuée et s’éleva sur la montagne’ exprime que Moche s’éleva vers le Saint béni soit-Il, mais l’intention profonde du verset est que Moché attire ‘En-bas’ l’Essence divine. C’est pourquoi il est dit que l’Eternel ‘fit à Moché un chemin à l’intérieur de la nuée’ (Rachi, 24, 18) car ce ‘chemin’ permet à l’Essence divine d’être attirée vers le bas, en-bas.
Il en fut de même au moment de la traversée de la mer des Joncs, car le chemin que l’Eternel fit aux enfants d’Israël à l’intérieur de la mer, représente, à l’image du chemin que l’Eternel fit à Moché dans la nuée, le chemin par lequel passe la lumière divine du monde caché pour illuminer ce monde, ainsi qu’il est écrit (Vayera, 18,19) : ‘Pour qu’ils gardent la voie de l’Eternel pour faire le droit et la justice’ ; ce qui signifie que la justice et le droit sont la voie et le chemin pour attirer le Nom de D.ieu dans ce monde, par l’étude de la Torah et par l’accomplissement des Mitsvoth, car ils permettent le dévoilement de l’Essence divine dans ce monde, ainsi qu’il est dit : ‘La gloire de l’Eternel se révèlera et tous verront que c’est la bouche de l’Eternel qui a parlé’.
Le Rabbi nous ouvre le chemin qui mène à la Délivrance :
Du fait que le Rabbi est l’extension de Moché dans notre génération, il est celui à qui l’Eternel ‘a fait un chemin à l’intérieur de la nuée’. Ce chemin par lequel la lumière de l’Essence divine descend pour illuminer ce monde matériel.
Aussi, le Rabbi est celui qui révèle l’Essence de l’âme de chaque Juif. Son enseignement est lui-même comme la ‘nuée’ car il est un ‘vêtement’ dans lequel s’habille la lumière de l’Essence divine du fait que la ‘Hassidout est l’Essence de la Torah.
D’une certaine manière s’attacher au Rabbi est comme se vêtir de ce vêtement grâce auquel nous devenons capables de recevoir la ‘Torah nouvelle’ que l’Eternel révèlera au moment de la Délivrance finale ainsi qu’il est écrit ‘Une Torah nouvelle sortira de Moi’.
Dans le même ordre d’idée le Rav Yoël Kahn écrit que l’Essence de l’âme d’un Juif se révèle quand celui-ci se trouve dans les 4 coudées du Rabbi (voir ‘Séfer Ara’him’).
Aussi, nous devons faire tout ce qui est en notre pouvoir pour nous tenir dans les ‘4 coudées du Rabbi’, sous une colonne de lumière et dans ‘le chemin que l’Eternel fait au Rabbi à l’intérieur de la nuée’ ; ce même chemin qui nous mène directement au troisième Temple, à la Délivrance finale et à la venue de notre Juste Machia’h, très bientôt et de nos jours, ainsi qu’il est écrit dans la Paracha (Michpatim, 23, 20) :
‘Voici, Moi (Ano’hi : L’Essence divine), J’envoie un ange devant toi (Moché : le Rabbi) pour te protéger (il s’agit de la nuée qui est comme un vêtement qui protège) dans le chemin (que l’Eternel fait au Rabbi à l’intérieur de la nuée, et par lequel est attirée l’Essence divine dans ce monde) et ‘pour t’amener vers l’endroit que J’ai préparé’ : L’endroit du troisième Temple, à Jérusalem.
La Torah ‘Hadacha du Rabbi :
Dans le Dvar Mal’hout sur la Paracha du Chabbat précédent (Yitro) le Rabbi soulignait que les 10 Commandements sont mentionnés 2 fois dans la Torah. La première fois représente la Parole d’Hachem et la deuxième fois représente la Parole de Moché. De fait, les enfants d’Israël ne purent supporter d’entendre les deux premiers Commandements de la Bouche de l’Eternel. Lorsque l’Eternel parlait, l’âme des enfants d’Israël quittait leurs corps, ainsi qu’il est écrit (Chabbat, 88b) : ‘A chaque expression divine, leur âme s’envolait…Mais L’Eternel la leur restituait avec la rosée dont Il fera revivre les morts’.
‘Leur âme s’envolait’ car ce fut un dévoilement trop élevé pour le peuple Juif, et c’est précisément pour cela que Moché dût répéter à son tour les Commandements divins, afin de mettre la Parole divine à la portée des enfants d’Israël. En d’autres termes, Moché réalise l’union entre la Parole divine avec l’intellect de l’homme. Lorsque Moché enseigne les 10 Paroles divines elles touchent l’âme et le cœur des enfants d’Israël de manière profonde. Elles sont comprises au moyen de l’intellect, ressenties dans le cœur, et surtout, elles inspirent concrètement l’action. C’est le sens de l’explication de Rachi sur le verset (Michpatim, 21, 1) : ‘Et voici les Lois que tu placeras devant eux’. Les Lois de D.ieu sont, comme des aliments, ‘dressées sur une table, prêts à être consommés’.
Par ailleurs, le Rabbi souligne que d’un autre côté, bien que la parole de Moché possède l’avantage d’être assimilée par l’homme, elle ne dévoile pas la dimension profonde de la Torah, son Essence (comme ce fut le cas quand l’Eternel s’adressa Lui-même aux enfants d’Israël). En fait, c’est le Machia’h qui termine la mission de Moché car lorsqu’il parlera aux enfants d’Israël, il dévoilera l’Essence de la Torah et dans ce cas la dimension profonde de la Torah sera reçue de manière profonde, intégrée, par les Juifs sans que leurs âmes ne quittent leurs corps. Le Machia’h unira l’Essence divine avec les forces de la partie de l’âme qui s’habillent dans le corps (les forces de notre intellect, nos sentiments et nos actions concrètes dans ce monde matériel).
Dans l’un de ses discours hassidiques intitulé ‘Et tu ordonneras aux enfants d’Israël’, le Rabbi définit avec précision la différence qui existe entre les 2 niveaux de l’âme : le niveau de ‘Haya’ (ou ‘Mazal’) et le plus haut niveau : l’Essence de l’âme.
L’Essence de l’âme ne possède pas de nom car un nom la limiterait. L’Essence de l’âme désigne l’âme telle qu’elle est enracinée dans l’Essence divine et elle est donc (comme l’Essence divine) au-delà de tout nom, de toute définition, de toutes les limites que constituent les lettres et les noms qu’elles composent.
Le Rabbi nous donne alors deux raisons pour lesquelles Israël croit en Hachem. La première est que l’âme qui ne s’habille pas dans le corps (‘Haya) voit le Divin. Cette vision est donc au-delà de l’intellect (puisque cette vision vient du niveau de l’âme qui est supérieur au niveau de l’âme qui s’habille dans le corps et donc supérieur aux forces de l’intellect qui s’habillent dans le cerveau). Ainsi, comme ‘l’âme qui est en-haut’ voit le Divin elle influence l’âme qui est dans le corps en lui donnant la Emounah, Cependant, cette Emounah n’est pas profonde car elle ne vient pas de nous-mêmes mais d’une vision, et toute chose que nous voyons (même quand il s’agit d’une vision de l’esprit) demeure extérieure à nous-mêmes. D’un côté il y a nous-même et de l’autre la chose que nous voyons. A l’opposé, quand il s’agit du dévoilement de l’Essence de l’âme et de la Emounah qui naît de ce dévoilement, il ne s’agit plus d’une vision qui est extérieure à nous-mêmes mais du dévoilement du Divin qui fait ‘Un’ avec nous-même (car l’Essence de l’âme est enracinée dans l’Essence divine) et dans ce cas notre Emounah est profonde.
Le Rabbi définit l’Essence de l’âme comme étant l’Essence de toutes les forces de l’âme qui s’habillent dans le corps. L’influence de l’Essence de l’âme n’est donc pas ‘Makif’ (superficielle) et la possibilité nous est donnée de dévoiler et d’unir ce niveau supérieur de l’Essence divine avec les forces de notre intellect, de nos sentiments et de nos actes.
Résumé :
Moché réalise l’union entre la Parole divine avec l’intellect de l’homme et c’est au sujet du verset : ‘Et voici les Lois que tu placeras devant eux’ que Rachi explique que ‘les Lois de D.ieu sont, comme des aliments, ‘dressées sur une table, prêts à être consommés’.
De la même façon, le Rabbi est le Moché de notre génération, il est celui qui dévoile l’Essence de notre âme afin que notre Emounah soit profonde. Il unit les enfants d’Israël avec Or ein-sof. Aussi, l’expression employée par Rachi selon laquelle ‘les Lois de D.ieu sont, comme des aliments, ‘dressées sur une table, prêts à être consommés’ peut tout aussi bien s’appliquer aux concepts de la ‘Hassidout ‘Habad. Les enseignements du Rabbi sont comme des aliments car celui qui s’attache à les étudier avec toutes les forces de son âme finit par les intégrer de manière profonde. A l’exemple de l’Admour Haemtsaeï dont il est dit que ‘si l’on ouvrait ses veines on verrait couler des paroles de ‘Hassidout’, lorsque l’on s’applique à étudier la Torah du Rabbi alors on parvient à ce que ces enseignements qui sont au-delà de ce monde matériel car ils sont liés à l’Essence divine deviennent ‘prêts à être consommés’, c’est à dire qu’ils nous insufflent une nouvelle vitalité, aussi bien matérielle que spirituelle.
Le Rabbi ‘place devant nous’ l’Essence de la Torah ‘comme des aliments dressés sur une table’ signifie dans ce cas que le Rabbi met à notre portée l’Essence divine.
Peut-être que ces paroles de Rachi font aussi allusion à la table qu’Hachem dressera pour les Tsaddikim lors du dévoilement du Machia’h. Pendant ce festin chacun mangera de la chair du poisson, le Léviathan, de la viande du taureau sauvage, le Chor-ha-Bar, et boira du vin que L’Eternel garde en secret, le vin ‘Méchoumar’.
A l’évidence ce vin et ces aliments sont tous des allusions aux enseignements du Rabbi et à tous les secrets qu’ils renferment et qui seront alors dévoilés lors de la Délivrance finale très bientôt et de nos jours, avec l’aide de D.ieu.
par hassidout | 27 Jan, 2023 – 5 Shevat 5783 | MAGAZINE, Paracha, Rav Abergel Yaacov |
Le Combat de D.ieu :
Dans le Likouteï-Si’hot (1951, page 271-284), le Rabbi de Loubavitch cite le Livre du Zohar d’après lequel Pharaon représente la racine et la source de toutes les forces du mal, et son impureté est telle que Moché lui-même craignit d’aller à sa rencontre. C’est précisément la raison pour laquelle le Saint béni soit-Il ne donne pas à Moché l’ordre de s’y rendre seul, car L’Eternel ne dit pas à Moché : ‘Va (seul) chez Pharaon ! ‘ (avec tes propres forces) mais Il lui dit : ‘Viens chez Pharaon !’, ce qui sous-entend que D.ieu Lui-même accompagne Moché.
De manière profonde, le Rabbi accompagne le ‘Hassid ‘au jour le jour’ et tout au long de la Vie du ‘Hassid afin que celui-ci mène à bien la mission sacrée qui lui a été confiée. ‘Viens avec Moi chez Pharaon !’ s’applique donc aussi au lien qui unit le Rabbi à son ‘Hassid, et dans ce cas la force du Rabbi se fond dans celle de son ‘Hassid. Tout comme la mission de Moché consista à briser la force de Pharaon et à l’obliger à libérer les enfants d’Israël, la mission du Chalia’h du Rabbi consiste à briser toutes les limites afin de libérer chaque Juif de l’obscurité de l’exil.
Le Rabbi met en relief le fait que la chute de Pharaon, tout comme le nom de la Paracha : ‘Bo’, font tous deux parties intégrantes de la Délivrance. Plus encore, le contenu profond de ces enseignements s’applique également à notre combat d’aujourd’hui, lequel consiste à faire tout ce qui est en notre pouvoir pour sortir de ‘l’Egypte’ de notre exil et de nos propres limites, afin de provoquer le dévoilement de notre Juste Machia’h.
A l’évidence, un Juif parvient à se délivrer lorsqu’il se soumet à la Volonté de D.ieu ainsi qu’il est dit dans le Zohar de Rabbi Shimon Bar-Yo’haï : ‘Celui qui est esclave de D.ieu est maître de toute la terre’.
A ce sujet, l’Admour Hazaken rapporte le verset suivant du Livre des Téhilim : ‘Car Il (L’Eternel) Se tient à la droite du pauvre, pour le sauver de ceux qui jugent son âme’ (Téhilim, 109, 31).
L’Admour Hazaken nous explique que le ‘pauvre’ désigne l’âme divine, et ‘Il’ Se tient à la droite du pauvre’ désigne le Saint béni soit-Il. L’Eternel illumine l’âme et le cœur de chaque juif, Il le rassasie des forces dont il a besoin pour remporter le combat qu’il mène face au mauvais penchant. Sans l’aide du Tout-Puissant, l’âme divine (le ‘pauvre’) n’aurait aucune chance de remporter le ‘Combat de D.ieu’ (selon l’expression employée par le Rabbi), afin de gouverner le corps en soumettant le cerveau et le cœur à la Volonté du Saint béni soit-Il au point que toutes nos pensées, toutes nos paroles et toutes nos actions soient totalement inspirées par l’Esprit divin.
L’expression : ‘le Combat de D.ieu’ désigne également notre mission du fait que le Combat de D.ieu est aussi notre Combat et tant que nous demeurons en exil L’Eternel est aussi en exil.
Diriger la force du désir vers le bien :
Le Rabbi Rachab dit un jour à son fils Rabbi Yossef-Itz’hak : ‘Il existe deux niveaux dans la recherche spirituelle : la recherche superficielle et la recherche intérieure. Il faut se détacher de la première pour s’engager dans la seconde, dans la recherche intérieure, car c’est la seule véritable’. Le Rabbi bénit ensuite son fils en lui disant : ‘D.ieu fasse que du profond de toi tu te voues à la recherche de l’intériorité de l’Être’.
‘La recherche intérieure’ représente donc le niveau le plus élevé dans la recherche spirituelle. Cette ‘recherche de l’intériorité de l’être’ consiste au départ à ‘diriger l’Essence de nos désirs vers le bien’ :
L’Admour Hazaken dans le Likouteï-Torah sur la Paracha ‘Houkat (page 56b) explique que l’Essence de la volonté d’un juif n’est autre que la force du désir. Or, un juif possède la capacité de diriger la force de ses désirs. Le choix lui est donné de diriger cette force. Le désir peut s’habiller dans des vêtements sales, dans des mauvaises pensées, des paroles vaines, des actes bas ou il peut s’habiller de vêtements royaux, dans des pensées pures, des paroles de Torah ou des Mitsvoth.
L’enseignement de l’Admour Hazaken met l’accent sur le fait que la racine de l’âme animale appartient au domaine de la Sainteté car elle provient de ‘la face du Taureau’ du Char céleste. Cependant le mal est présent dans notre monde et le choix entre le bien et le mal est donné à l’homme. Aussi la force du désir peut être détournée vers le mal. Notre travail, notre mission, consiste donc à ‘s’engager dans la recherche intérieure’ c’est à dire à diriger la force, l’Essence de nos désirs, vers le bien, afin qu’elle ne soit employée qu’au service divin.
Le lien qui existe entre le contenu profond de la Paracha et le jour de la Hiloula du Rabbi Rayats :
Dans la Si’ha du Dvar Mal’hout sur notre Paracha, le Rabbi explique la raison pour laquelle Moché refusait de se rendre chez Pharaon. Il prétexta que ‘sa bouche était lourde’, en d’autres termes qu’il avait des difficultés à parler. L’Eternel répondit à Moché : ‘Qui a donné une bouche à l’homme, ou qui rend muet ou sourd, ou intelligent ou aveugle n’est-ce pas Moi L’Eternel’ (Chemot 4, 11). Par cette remarque, L’Eternel expliquait à Moché qu’Il détenait le pouvoir de transformer n’importe quelle situation. Hachem fit donc un miracle en dévoilant Son Essence dans la bouche de Moché, lui permettant momentanément de parler, ainsi qu’il est dit : ‘Je (Ano’hi : L’Essence divine) serais avec ta bouche’.
Cependant, bien que Moché, sous l’effet du miracle divin, fut capable de parler correctement aux enfants d’Israël, cette guérison ne dura que le temps du miracle, et il n’était pas guéri pour autant de son défaut d’élocution. Il fallut attendre le don de la Torah, lorsque D.ieu donna Son Essence, de manière profonde, ainsi qu’il est dit : ‘J’ai écrit Mon Essence et Je l’ai donnée’, pour que Moché guérisse définitivement. Le dévoilement de l’Essence divine est allusionné dans le premier Commandement : ‘Je (Ano’hi : L’Essence divine) suis L’Eternel ton D.ieu.’
Dans le Dvar Mal’hout, le Rabbi enseigne que l’âme de Moché vient du monde de Tohu qui est ‘un monde dans lequel les lumières sont très élevées et les réceptacles trop petits pour les contenir’.
Cela explique le fait que Moche bégayait. Le bégaiement de Moché signifiait que la lumière de son intellect n’illuminait pas correctement les mots qu’il prononçait. En d’autres termes, Les forces de son intellect ne parvenaient pas à fusionner avec les articulations de sa bouche. De manière encore plus profonde, le Rabbi explique que ‘la bouche de Moché ne fusionnait pas avec son cerveau car les enfants d’Israël ne fusionnaient pas avec Moché’.
En effet, Moché se demandait si les enfants d’Israël étaient capables de recevoir les hautes lumières du monde de Tohou qu’il détenait. Ce doute qui vivait dans l’esprit de Moché s’exprimait physiquement par le fait que sa parole ‘doutait’, qu’il bégayait. Dès-lors, nous pouvons comprendre les raisons pour lesquelles L’Eternel, qui désirait accompagner Moché, lui déclara : ‘Je seconderais ta parole’ et ‘Je t’inspirerais ce que tu devras dire’.
Par ailleurs, le principe selon lequel ‘les lumières élevées de Tohu ne trouvent pas de réceptacles capables de les contenir’ s’applique également à nous-mêmes, et c’est la raison pour laquelle le Rabbi établit une comparaison entre Moché et le Rabbi Rayats. De fait, pendant une certaine période de sa Vie, le Rabbi Rayats s’arrêta de parler et le Rabbi en dévoile la raison profonde : ‘si le Rabbi Rayats n’arrivait pas à parler c’est que ses Hassidim n’étaient pas capables de l’entendre’.
Les ‘Hassidim n’étaient pas des réceptacles capables de recevoir ‘le Silence du Rabbi’ : l’abondance de lumière des enseignements du Rabbi. Notre travail pendant l’exil consiste donc à réparer cela, c’est à dire à révéler et à appliquer les enseignements qui étaient cachés dans le ‘Silence du Rabbi’.
Dévoilement de l’Essence : parler sans avoir à chercher ses mots-L’exemple du Baal Chem Tov :
C’est précisément par le dévoilement de la force de l’Essence divine que nous pouvons y parvenir. L’Essence détient le pouvoir d’atteindre tous les niveaux, tous les endroits. Elle a le pouvoir d’unir l’esprit à la matière. Le pouvoir d’unir les lumières spirituelles du cerveau de Moché avec les mots matériels de sa bouche. Le pouvoir d’unir deux choses qui s’opposent totalement.
L’exemple que l’on peut donner ici est celui du Baal-Chem-Tov. Rabbi Israël Baal-Chem-Tov déclara en effet, que lorsque l’Essence de son âme se révélait dans les mots de sa bouche, il pouvait parler sans avoir à chercher ses mots, sans avoir besoin de faire attention à ce qu’il disait. Les mots coulaient de sa bouche comme le flot d’une source, et cela n’est pas sans nous rappeler la déclaration du Machia’h selon laquelle ‘Je viendrais quand tes sources se répandront à l’extérieur’.
La venue du Machia’h est la révélation de l’Essence divine dans ce monde, et l’expression du verset ‘Viens (avec Moi) chez Pharaon’ qui sous-entend que l’Eternel accompagne la parole de Moché, afin que celle-ci brise la force du ‘grand serpent’, représente le début de la Délivrance finale, car il est le commencement et la préparation au dévoilement de l’Essence divine.
Le Rabbi souligne que chaque Juif possède la force de ‘Viens (avec Moi) chez Pharaon’ car cette force est celle de l’Essence de notre âme qui est enracinée dans l’Essence divine. C’est le dévoilement de cette force qui nous permet de briser tous les désirs de notre âme animale : ‘la peau de serpent’ comme l’appelle le livre du Zohar.
Bien que cela ne soit pas dit dans le Dvar Mal’hout, il est possible, au sujet de l’enseignement du Zohar selon lequel ‘du côté de la sainteté Pharaon représente le dévoilement supérieur de toutes les lumières dans la Séfira de Mal’hout’, de donner l’explication suivante :
Dans le livre du Tanya, l’Admour Hazaken appelle la Séfira de Mal’hout la ‘Bouche de l’Eternel’. Par le souffle de Sa Bouche, l’Eternel crée et maintient en vie toute la Création. L’expression ‘Viens chez Pharaon’ qui représente d’après le Zohar ‘l’Union de la Lumière infinie avec la Bouche de l’Eternel’ s’accorde à l’enseignement du Rabbi selon lequel l’Essence divine se dévoile dans ‘la bouche de Moché’ afin qu’il puisse dispenser sa lumière aux enfants d’Israël.
Ainsi, poursuivre l’action du Rabbi précèdent consiste à continuer à diffuser les Sources à l’extérieur en faisant véritablement don de nous-mêmes. Conformément à l’enseignement selon lequel ‘le Rabbi est la tête qui dirige le peuple’, et les enfants d’Israël sont ‘les pieds de Moché’.
Le Rabbi nous accompagne et ‘seconde notre parole’. Comme il a été expliqué, le bégaiement de Moché et le Silence du Rabbi représentent l’incapacité du peuple Juif, des ‘Hassidim, d’être des réceptacles capables de recevoir et d’intégrer la Lumière de Moché, la Lumiere du Rabbi, mais si le peuple Juif s’attache à se raffiner, à se purifier et à s’investir totalement dans l’étude de la ‘Hassidout, alors il peut dévoiler l’Essence divine et accéder à la vision du Divin, à parvenir à ‘un endroit que la tête ne peut atteindre toute seule’, et dans ce cas Israël dévoilera ‘le Silence du Rabbi’ : le dévoilement de l’Essence de la Torah et de la Délivrance finale, très bientôt, et de nos jours, avec l’aide de D.ieu.
Résumé :
Pharaon représente la racine et la source de toutes les forces du mal. De ce fait, Moché craignit d’aller à sa rencontre. ‘Viens chez Pharaon !’ sous-entend que D.ieu Lui-même accompagne Moché.
De manière profonde, ‘Viens avec Moi chez Pharaon !’ s’applique à la mission de chaque Juif de faire de ce monde inférieur une demeure pour D.ieu. L’Admour Hazaken rapporte le verset du Livre des Téhilim : ‘Car Il (L’Eternel) Se tient à la droite du pauvre, pour le sauver de ceux qui jugent son âme’ (Téhilim, 109, 31) et explique que le ‘pauvre’ désigne l’âme divine, et ‘Il’ Se tient à la droite du pauvre’ désigne le Saint béni soit-Il. Sans l’aide du Tout-Puissant, l’âme divine (le ‘pauvre’) n’aurait aucune chance de remporter le ‘Combat de D.ieu’.
Le Rabbi Rachab a enseigné que le niveau le plus élevé dans la recherche spirituelle est celui de la recherche intérieure. Cette ‘recherche de l’intériorité de l’être’ consiste au départ à ‘diriger l’Essence de nos désirs vers le bien’.
Dans la Si’ha du Dvar Mal’hout sur notre Paracha, le Rabbi explique que la raison pour laquelle Moché refusait de se rendre chez Pharaon était qu’il rencontrait des difficultés à parler. De manière profonde, le bégaiement de Moché signifiait que les forces de son intellect ne parvenaient pas à ‘fusionner avec les articulations de sa bouche’. Le Rabbi dévoile que la bouche de Moché ne fusionnait pas avec son cerveau car les enfants d’Israël ne fusionnaient pas avec Moché. De la même façon, pendant une certaine période de sa Vie le Rabbi Rayats s’arrêta de parler et le Rabbi explique que si le Rabbi Rayats n’arrivait pas à parler c’est que ‘ses Hassidim n’étaient pas capables de l’entendre’. Notre travail pendant l’exil consiste donc à réparer cela, c’est à dire à révéler et à appliquer les enseignements cachés dans le ‘Silence du Rabbi’. C’est précisément par le dévoilement de la force de l’Essence divine que nous pouvons parvenir au dévoilement du ‘Silence du Rabbi’ qui n’est autre que le dévoilement de l’Essence de la Torah et du Machia’h, avec l’aide d’Hachem.
On raconte que le Rav Nissan, Machpiah de la Yéchiva de Brunoy, sortit du bureau du Rabbi en pleurant. Lorsque les ‘Hassidim virent le visage de Rav Nissan ils lui demandèrent la raison de ses larmes et Rav Nissan leur répondit que le Rabbi lui avait confié que lors des entretiens privés que le Rabbi avait avec ses Hassidim il ne leur demandait ‘qu’un très faible pourcentage de ce qu’il désirait vraiment’. En entendant cela Rav Nissan se mit à pleurer.
Puissions-nous avoir la clairvoyance de lire entre les mots du Rabbi et de deviner dans les silences qui ponctuent ses discours ses désirs les plus profonds.
par hassidout | 20 Jan, 2023 – 27 Tevet 5783 | MAGAZINE, Paracha, Rav Abergel Yaacov |
La définition de l’Artiste donnée par le Rabbi de Loubavitch :
Le Rabbi a donné une définition très profonde de l’Artiste en disant qu’il regarde un objet, en débarrasse l’aspect superficiel, les contours extérieurs, pour parvenir enfin à représenter l’Essence de cet objet. Le véritable Artiste nous donne donc à voir ce que l’on ne voit pas, c’est-à-dire le contenu profond de chaque chose. De la même façon exactement, le Rabbi regarde la réalité, la débarrasse de son aspect superficiel, de ses contours extérieurs, pour enfin voir son contenu profond. Le Rabbi change le regard que nous portons sur la réalité. L’obscurité de l’exil n’est qu’une apparence et elle cache en réalité une très grande lumière. C’est précisément l’objet de la ‘Hassidout que de nous faire prendre conscience d’une part, que tous les éléments négatifs de l’existence cachent un contenu profond et lumineux, et d’autre part, que nous possédons les capacités pour transformer l’obscurité qui est en nous-même, et l’obscurité de ce monde, en lumière. C’est la raison pour laquelle le Rabbi déclare que l’exil fait partie intégrante de la Délivrance, qu’il constitue une étape préparatoire au dévoilement du Machia’h.
Les qualités de l’Artiste peuvent servir d’exemple pour comprendre l’un des sujets de la Si’ha du Dvar Mal’hout sur notre Paracha. En effet, l’une des qualités de l’Artiste est qu’il est inspiré. Cependant, l’inspiration n’est pas toujours suffisante et le véritable Artiste possède également les moyens de réaliser son œuvre de manière concrète. Un Architecte, par exemple, élabore des plans précis qui contiennent toutes les informations sur les différents matériaux de tous les éléments qui composent l’édifice. L’inspiration de l’Architecte doit nécessairement s’accorder à toute la partie technique. L’Architecte imagine au départ un édifice avec sa forme extérieure et intérieure. Il considère l’espace naturel qui l’entoure et trouve les moyens de l’intégrer dans ce cadre de manière harmonieuse. Il peut aussi trouver des astuces pour éclairer l’intérieur du bâtiment en perçant les murs, ou même le toit, pour laisser entrer la lumière du soleil. Toutes les idées qui viennent de l’inspiration de l’Architecte doivent être réalisées dans ce monde matériel.
L’œuvre finale, c’est à dire l’édifice une fois construit, unit en lui-même l’esprit avec la matière. L’inspiration de l’Architecte commence à se matérialiser sous la forme d’un plan, et se matérialise véritablement avec la construction de l’édifice.
Ce qui est vrai pour un Architecte est également vrai pour tout autre Artiste. Un Peintre, par exemple, sait représenter les choses qu’il voit. Mais que serait le Tableau d’un Peintre inspiré si ce Peintre ne possède pas les moyens techniques de ‘matérialiser’ son inspiration ? Certes, l’inspiration de l’Artiste est essentielle mais elle doit nécessairement passer de l’état spirituel à l’état matériel.
L’héritage que les Patriarches ont transmis au peuple Juif :
Il est écrit au début de notre Paracha (Vaéra, 6, 3) : ‘Je suis apparu à Avraham, à Itz’hak et à Yaakov comme D.ieu Tout Puissant (‘Kel Chadaï’), mais sous Mon Nom ‘L’Eternel’ (‘Havayeh’) Je ne me suis pas fait connaitre à eux’.
Dans la Si’ha du Dvar Mal’hout sur notre Paracha le Rabbi nous explique à quels dévoilements correspondent les Noms divins de Kel-Chadaï et de Havayeh.
Tout au long de leurs Vies Avraham Itz’hak et Yaakov dévoilèrent les forces plus profondes qui découlent de l’Essence de l’âme Juive comme la foi en D.ieu (la force de la Emounah) et l’attitude qui consiste à faire don de sa propre vie pour accomplir la Volonté de D.ieu (la force de ‘Messirout néfech).
‘Je suis apparu à Avraham’ représente donc le dévoilement de la force de l’Essence de l’âme et cette force fut transmise par les Patriarches comme héritage aux enfants d’Israël.
Attirer l’Essence divine dans le monde grâce aux Commandements divins :
Bien qu’Avraham possédait un corps sain avant même de se circoncire, grâce à la Mitsvah de la Brit-mila Avraham sanctifia l’un des membres de son corps et en même temps cette Mitsvah eut une influence sur le monde entier. Malgré cela ce n’est qu’avec le dévoilement du Nom Havayeh lors du don de la Torah que les enfants d’Israël purent atteindre la perfection dans l’action d’unir le Divin spirituel avec le monde matériel.
L’Essence divine ne sera véritablement dévoilée qu’au moment de la venue du Machia’h, mais le don de la Torah sur le Mont-Sinaï permit aux enfants d’Israël d’attirer l’Essence divine dans le monde par leur accomplissement des Commandements divins (ainsi qu’il est sous-entendu dans la Parole de L’Eternel : ‘J’ai écrit Mon Essence et Je l’ai donnée’.
D’un côté, le Rabbi souligne que la mission qui consiste à unir les deux contraires que sont le spirituel et le matériel ne fut possible que parce le peuple Juif hérita de la force des Patriarches (seule l’Essence détient le pouvoir d’unir la matière à l’esprit, l’exil à la Délivrance). D’un autre côté, ce sont les enfants d’Israël, par l’accomplissement des Commandements divins, qui provoqueront la Délivrance finale en faisant de ce monde matériel une demeure spirituelle pour D.ieu.
Aussi, de manière profonde il est possible d’expliquer que le lien qui unit les Patriarches aux enfants d’Israël est le même lien qui unit l’Essence de l’âme avec les forces de la partie de l’âme qui s’habille dans le corps, c’est à dire avec les forces de l’intellect, avec les sentiments, et avec l’action.
Le don de la Torah permit de dévoiler la force de l’Essence de l’âme dans les forces de la partie de l’âme qui est révélée dans le corps en accomplissant les Commandements divins et faire ainsi de nous-mêmes et de ce monde matériel une demeure pour l’Essence divine. Faire de ce monde et de nous-mêmes une demeure pour D.ieu consiste à attirer l’Essence divine dans ce monde matériel, et c’est pour cette raison que nous avons rapporté au début de notre propos l’exemple de l’Artiste.
L’Artiste :
Comme il a été expliqué l’Artiste a au départ une inspiration et son travail consiste à matérialiser cette inspiration. Le Rabbi Rachab a donné l’exemple d’un homme qui éprouve du plaisir à concevoir les plans d’une demeure dans laquelle il prévoit de vivre. Le Rabbi Rachab explique que ce plaisir qu’il ressent fait naitre dans son esprit des idées concrètes qu’il va dessiner sur le plan.
Attirer le Divin dans les niveaux les plus bas et les plus grossiers :
D’une certaine manière l’inspiration de l’Artiste ressemble au dévoilement de l’Essence de l’âme et à l’intention d’un Juif de faire de lui-même et de ce monde une demeure pour D.ieu. Ce niveau correspond donc au niveau d’Avraham. Par ailleurs, le travail de l’Artiste qui consiste à réaliser concrètement l’œuvre en restant fidèle à l’inspiration première correspond au service divin des enfants d’Israël lorsqu’ils accomplissent les Commandements divins. Dans ce cas, unir ces deux niveaux consiste à dévoiler nos forces les plus profondes dans toutes nos actions.
Le Rabbi met en valeur l’importance de dévoiler la force de l’Essence de l’âme au point qu’elle nous imprègne de manière profonde et rapporte sur ce sujet l’explication du Rabbi Rayats sur la déclaration de l’Admour Hazaken dans le Livre du Tanya selon laquelle ‘l’âme divine est une parcelle véritable de divinité d’En-haut’ : ‘Hélek Eloka mimaal mamach’.
Le mot ‘mamach’ signifie ici : ‘véritable’ mais le Rabbi Rayats rapporte que le mot ‘mamach’ signifie aussi ‘réalité’ : ‘mamachout’. Ainsi, Hélek Eloka mimaal mamach’ est une allusion au fait de faire pénétrer le divin,’Hélek Eloka mimaal’, de manière profonde dans les niveaux les plus bas et les plus matériels de notre réalité : ‘mamachout’.
De la même façon que l’inspiration de l’Artiste doit pénétrer son œuvre, un Juif doit faire pénétrer le divin dans tous les sujets de sa vie et de ce monde. La lumière et la force de l’Essence de l’âme représentent l’inspiration divine d’un Juif. L’Art d’un Juif consiste alors à attirer ce reflet Divin dans les forces de la partie révélée de son âme, c’est à dire dans les forces de l’intellect, dans les sentiments et finalement dans les actes.
Par ailleurs, plus un Juif agira au-delà de ses propres limites plus il sera inspiré, plus Hachem dévoilera la partie la plus élevée, les forces les plus profondes de son âme, plus il touchera au but de sa mission, de faire de ce monde une demeure pour l’Essence divine, un chef d’œuvre. C’est donc seulement par l’accomplissement des Mitsvoth, qui sont appelées par le Zohar : ‘les membres du Roi’ (le corps de l’Assemblée d’Israël), que l’Essence divine, le ‘Roi’, peut être attirée ici-bas, dans ce monde inférieur.
Le Nom ‘Chnéor-Zalman’ :
Le Rabbi a donné plusieurs significations du prénom de L’Admour Hazaken : Chnéor-Zalman. Chnéor se décompose de la manière suivante : Chné-or et fait donc allusion aux deux (‘chné’) lumières (‘or’) de la Torah : la partie profonde de la Torah et la partie révélée de la Torah. Cependant, le Rabbi met ici en évidence le fait que ces deux lumières s’unissent en un seul nom : Chnéor et la signification profonde de cela est que l’Admour Hazaken est parvenu à unir deux lumières en une seule. La ‘Hassidout représente l’âme de la Torah et la partie révélée de la Torah représente le corps de la Torah et l’Admour Hazaken dévoile le lien qui unit l’un avec l’autre. De manière générale cela signifie que l’Admour Hazaken unit le Divin spirituel avec le monde matériel, et de manière particulière cela consiste à dévoiler la partie profonde de l’âme qui est au-delà de ce monde avec les forces de l’âme qui s’habillent dans le corps.
Le Rabbi explique que ces deux lumières qui s’unissent en une seule expriment le fait que les enseignements de la ‘Hassidout doivent faire Un avec nous-mêmes et c’est à ce sujet que le Rabbi écrit dans son ouvrage intitulé ‘Iniana chel Torat-HaHassidout’, le Rabbi écrit la chose suivante :
‘Selon le principe général d’après lequel ‘le début est ancré dans la fin’, il apparaît que plus la ‘Hassidout est diffusée jusqu’aux aspects les plus grossiers de la Création, pour transformer jusqu’à la nature de l’âme animale qui constitue un extérieur au sein même de l’individu, au point même que l’individu parvienne à sublimer la part du monde qui lui a été assignée à cet effet, et qui caractérise son extérieur véritable, et plus la nature de la ‘Hassidout se trouve intensément exprimée. C’est pourquoi mon saint beau-père soulignait tant lors de ses interventions, le fait que chaque concept étudié en ‘Hassidout doit être cristallisé par les actes car c’est seulement dans sa concrétisation qu’est appréhendée la nature essentielle de la ‘Hassidout’.
Résumé :
Les choses peuvent donc être résumées de la manière suivante. L’Eternel apparut aux Patriarches sous le Nom de ‘Kel Chadaï’ et aux enfants d’Israël, lors du don de la Torah, sous le Nom d’Havayéh. Au moment de la Délivrance finale L’Eternel nous apparaîtra sous un Nom divin ‘qu’aucun œil n’a vu’ : l’Essence du Nom Divin. C’est précisément grâce au dévoilement de nos forces les plus profondes que nous parviendrons à provoquer ce dévoilement. A l’exemple d’un Artiste inspiré, nous devons attirer et révéler dans notre accomplissement des Commandements divins notre inspiration la plus profonde, c’est à dire que nous devons être inspiré par le lien le plus profond de notre âme avec D.ieu. De cette manière nous parviendrons à réaliser notre Œuvre, en faisant de ce monde matériel une demeure pour l’Essence divine, avec le dévoilement de notre Juste Machia’h, avec l’aide de D.ieu.
par hassidout | 13 Jan, 2023 – 20 Tevet 5783 | MAGAZINE, Paracha, Rav Abergel Yaacov |
Le ‘côté de la Sainteté’ et ‘l’autre côté de la Sainteté’ :
Par Sa Parole Hachem créé et maintient en vie à chaque instant tous les êtres de Sa Création. Sans la Parole d’Hachem Sa Création retournerait au néant, c’est pourquoi il est dit que ‘Sa Parole demeure éternellement dans le ciel’. Cependant il y a une différence entre la vitalité que D.ieu dispense à ceux qui accomplissent Sa Volonté et la vitalité que D.ieu dispense à ceux qui se trouvent de ‘l’autre côté de la Sainteté’. Ainsi, ceux qui se trouvent du côté de la Sainteté, qui pensent parlent et agissent conformément à la Volonté de D.ieu reçoivent leur vitalité de la ‘Face’ de D.ieu, c’est à dire que L’Eternel leur donne leur vitalité avec amour, de Sa Volonté profonde et intérieure.
A l’opposé, lorsqu’il s’agit des ‘Klipoth’, lesquelles représentent ‘l’autre côté de la Sainteté’, Hachem leur accorde leur vitalité à contre cœur, non pas de sa Volonté profonde et véritable mais ‘comme une chose que l’on donne en la jetant par-dessus son épaule et en détournant son regard’.
Les trois Klipoth-ha-tméoth (littéralement : les trois Klipoth totalement impures) désignent le niveau le plus bas de l’impureté et ne possèdent aucun bien à la différence de Klipat-Noga qui est un mélange de bien et de mal. Les aliments interdits et de même les pensées les paroles et les actes sur des sujets interdits reçoivent leur vitalité des trois Klipoth-ha-tméoth.
L’expression ‘Yénikat-ha-hitsonim’ désigne le fait que toutes les Klipoth reçoivent leur vitalité (‘à contre cœur’) de la Sainteté. Dans ce cas la Saintete Se trouve en exil à l’intérieur des Klipoth.
L’objectif de Rabbi Elazar-ben-Azaria :
Dans le Dvar Mal’hout le Rabbi rapporte une discussion entre la Maison de Chamaï et la Maison d’Hillel qui est la même discussion qui opposait Ben Zoma aux Sages, à savoir ‘s’il était possible d’agir dans une situation où il y a ‘Yénikat ha ‘hitsonim’, s’il est possible de transformer l’obscurité de l’exil.
A l’époque de Rabbi Elazar-ben-Azaria les avis étaient partagés. Rabban Gamliel était d’avis qu’à présent la possibilité n’est pas donnée à l’homme de raffiner et de purifier les trois Klipoth ha-tméoth. Selon Rabbin Gamliel le Tikoun (la réparation) des trois Klipoth ha-tméoth n’était possible qu’avec le dévoilement du Machia’h, lorsque ‘D.ieu effacera l’esprit d’impureté de la terre et que la mort sera avalée’ les Klipoth disparaîtront et l’étincelle divine qui les vivifiait sera alors libérée.
A ce sujet le Rabbi rapporte dans le Dvar Mal’hout sur notre Paracha l’attitude de Rabban Gamliel qui lorsqu’il était Nassi n’autorisait pas l’entrée dans la Maison d’étude ‘à tout élève dont le dedans n’est pas pareil à son dehors’. En d’autres termes, seuls ceux qui avaient atteint une parfaite intégrité dans leur service divin pouvaient entrer dans le Beït-ha-Midrache. Ce point de vue de Rabban Gamliel correspond avec le niveau de Sainteté des Temps futurs, lequel exclut tout ce qui est contraire à la Sainteté.
L’attitude de Rabbi Elazar-ben-Azaria s’opposait totalement à celle de Rabban Gamliel. Selon Rabbi Elazar-ben-Azaria, même dans l’obscurité d’un monde étroit et limité et où de nombreux voiles cachent la lumière divine, il est possible et nécessaire de raffiner et d’élever le monde, de ‘sortir d’Egypte’. C’est pour cette raison que Rabbi Elazar-ben- Azaria, lorsqu’il remplaça Rabban Gamliel et devint à son tour Nassi (Bra’hot, 28a) renvoya le gardien de la Yéchiva afin d’ouvrir l’accès de la Maison d’étude même ‘aux élèves dont le dedans n’est pas pareil à son dehors’.
Cette discussion entre les Sages revient à se demander si nous devons évoquer la sortie d’Egypte lors de la récitation du Chéma de la prière du soir, ou bien si cette obligation ne s’applique-t-elle seulement qu’en journée ?
Le Rabbi rapporte la déclaration de Rabbi Elazar-ben-Azaria selon laquelle il fallait évoquer la sortie d’Egypte également ‘pendant la nuit’, ainsi qu’il est dit :
‘Me voici comme âgé de 70 ans, et pourtant je n’ai pas eu le mérite de convaincre mes collègues de l’obligation de faire mention la nuit également de la sortie d’Egypte, jusqu’à ce que Ben Zoma l’ai déduit de ce verset (Deutéronome, 12, 6) : Afin que tu te souviennes du jour où tu es sorti d’Egypte tous les jours de ta vie. ‘Tous les jours de ta vie’ vient inclure les nuits, et selon d’autres Sages ‘les jours de ta vie’ se réfère au devoir de mentionner la sortie d’Egypte de nos jours, et ‘tous les jours de ta vie’ vient inclure les Temps messianiques’ (Brakhot, 28a).
Le ‘Hidouch de Ben-Zoma est que ‘nous devons également faire mention de la ‘sortie d’Egypte pendant la nuit’. Cela signifie que même pendant la nuit et dans la plus grande obscurité spirituelle de l’exil, il est possible et il est même nécessaire de ‘sortir d’Egypte’ contrairement à tous ceux qui pensaient que seule la venue du Machia’h pouvait mettre un terme au règne des Klipoth, car selon eux la majorité des hommes ne possédait pas la force de ‘raffiner les nuits’.
A partir de l’histoire de la Guémara sur l’ouverture de la Maison d’étude, le Rabbi met en évidence que Rabbi Elazar-ben-Azaria ouvrit la porte de la Yéchiva à des élèves qui n’avaient pas encore atteint une parfaite intégrité dans leurs services divins. Permettre à ces élèves d’étudier dans le but de se raffiner et de se transformer nous montre qu’il est possible de ‘raffiner les nuits’ : même pendant la nuit et dans la plus grande obscurité spirituelle il est possible et il est même nécessaire de ‘sortir d’Egypte.
Sortir de ‘l’Egypte de la Sainteté’ :
Le nom ‘Mitsraim’, ‘Egypte’, vient du mot ‘Metsarim’ qui signifie ‘Limites’. Nous devons continuellement ‘sortir d’Egypte’ c’est à dire de nos propres limites, et c’est pourquoi Rabbi Elazar-ben-Azaria ne limita pas l’entrée de la Yéchiva seulement à ceux qui avaient déjà un niveau spirituel élevé.
‘Sortir d’Egypte’ signifie donc que l’on doit sortir de toutes les limites, qu’il s’agisse des limites que nous impose le ‘jour’ ou qu’il s’agisse des limites que nous impose la ‘nuit’.
De façon générale ‘sortir d’Egypte’ signifie sortir des limites qui nous empêchent de servir D.ieu mais de manière plus profonde ‘sortir d’Egypte’ signifie que l’on sort des limites et des obstacles qui existent dans la Sainteté elle-même et cela au point de sortir des limites du monde d’Atsilout, car comme le souligne le Rabbi, Atsilout est lui-même un ‘monde’ et de ce fait malgré sa grandeur il est lui-même limité.
Le Rabbi nous donne à chaque instant la possibilité de sortir de nos propres limites, et si nous savons saisir cette opportunité nous pouvons nous élever sans cesse de prodiges en prodiges et de manière illimitée, au-delà des ‘jours’ et des ‘nuits’. ‘Sortir de l’Egypte de la Kédoucha’.
Au sujet du premier verset du livre de Chemot, d’après lequel il est dit (Chemot,1,1) : ‘Et voici les noms des enfants d’Israël qui viennent en Egypte avec Yaakov’, le Rabbi souligne que ce verset emploie le temps présent. Il est écrit en effet que les enfants d’Israël « viennent en Egypte » mais non pas qu’ils ‘sont venus en Egypte’. L’explication du Rabbi est qu’un Juif ne doit jamais se lier à l’obscurité de l’Egypte. Il doit donc toujours se rapporter à l’enseignement de l’Admour Hazaken d’après lequel ‘chaque jour il doit se voir lui-même comme s’il entrait aujourd’hui en Egypte’.
Pour sortir d’Egypte il faut d’abord être en Egypte. De fait, nous devons ressentir qu’aujourd’hui nous entrons en Egypte, et qu’aujourd’hui nous devons faire tout ce qui est en notre pouvoir pour en sortir.
De cette façon, nous parvenons à dominer l’obscurité de l’exil. Penser qu’aujourd’hui nous entrons en Egypte signifie qu’hier nous sommes parvenus à nous libérer, et qu’aujourd’hui aussi nous parviendrons également à nous libérer. De cette façon l’exil n’a jamais d’emprise sur nous-même car jamais nous ne lui donnons le temps et la possibilité d’agir contre nous. Ainsi, ‘ne jamais nous lier à l’obscurité de l’Egypte’ signifie que nous devons toujours chercher à atteindre un niveau supérieur de Kédoucha car rester au même niveau même s’il s’agit d’un niveau de Kédoucha signifie que l’on est toujours lié à l’obscurité.
Par ailleurs, le Rabbi précise qu’il existe quelques rares possibilités d’élever vers la Sainteté une chose qui tire sa vitalité des trois klipoth-ha-tméoth. L’une d’entre-elles vient de la Téchouva que l’on fait par amour, car alors ‘nos péchés deviennent des mérites’.
Une personne ‘noyée’ dans les trois klipoth-ha-tméoth fera Téchouva en éprouvant une très grande soif de se lier à D.ieu. Or, ces trois klipoth-ha-tméoth dans lesquelles cette personne s’était perdue lui ont permis d’éprouver la soif du Divin. L’élévation de ces trois Klipoth résulte donc du fait qu’elles ont amené cet homme à une Téchouva accomplie avec amour. Ce n’est le cas du cas d’une simple Téchouva (dénuée d’amour) car celle-ci ne permet pas de dégager l’étincelle divine qui est emprisonnée dans la Klipa.
Le Rabbi nous donne dans le Dvar Mal’hout deux autres exemples parmi les possibilités qui nous sont données pour élever vers la Sainteté une chose qui tire sa vitalité des trois klipoth-ha-tméoth. Le premier exemple, lorsque nous permettons à un Juif, du fait d’un danger dans lequel il se trouve, de manger un aliment qui est ordinairement interdit. Le second exemple est celui du converti qui avant sa conversion recevait sa vitalité des trois klipoth-ha-tméoth, et qui élève avec lui au moment de sa conversion l’étincelle divine qui était prisonnière de ces klipoth.
Une histoire en guise de ‘Résumé’
Un Hassid ‘Habad qui vit à présent en Amérique du nord raconta qu’il était né en Israël et que vers l’âge de 20 ans il partit vivre à Montréal. Il était Artiste, mais la vie d’Artiste est loin d’être facile et il connut assez rapidement une chute spirituelle et matérielle face à laquelle il dut faire face avec beaucoup de difficultés. Grâce à D.ieu il fit la rencontre d’un Chalia’h du Rabbi. Le Chalia’h l’accueillit dans son Beïth-‘Habad et lui ménagea un endroit où il put installer ses affaires, manger et dormir. Mais plus encore que cela, le Chalia’h initia le jeune homme à la Prière, à l’étude de la Torah et à l’accomplissement des Mitsvoth. Peu à peu ce jeune homme, au départ totalement désemparé, se transforma dans la chaleur de l’univers de la ‘Hassidout. L’étude de la partie profonde de la Torah réveilla la force de l’Essence de son âme et il commença une nouvelle vie sous la colonne de lumière de la Torah et des Commandements divins. Il vivait dans le Beïth-Habad sous lq bienveillance du Chalia’h et tout naturellement il finit par se rendre au 770 Eastern-Parkway, au siège du mouvement ‘Habad et il y rencontra le Rabbi.
Sa rencontre avec le Rabbi fut une source de Bénédictions. Pendant les années qui suivirent il fonda une famille dans une Maison Juive en respectant scrupuleusement les Lois de la Torah, dans une ambiance hassidique, pleine de sens et de profondeur. Il prospéra au-delà de toute attente car non seulement il vécut de son Art mais il pouvait également se permettre de recevoir de très nombreux invités le jour du Chabbat. Il n’oublia cependant jamais toute la bonté et toute l’attention que le Chalia’h avait manifesté à son égard quand il arriva au Canada. A présent, il faisait son possible pour recevoir ses invités du mieux qu’il pouvait. Il prenait toujours soin de les servir lui-même et veillait à satisfaire tous leurs désirs, qu’ils soient spirituels ou matériels.
Un jour pourtant, alors qu’il s’investissait avec ardeur pour s’occuper de ses invités de mauvaises pensées l’assaillirent tout d’un coup. La voix du mauvais penchant résonnait dans sa tête, lui disait que ses invités exagéraient, qu’ils abusaient de sa bonté et de sa gentillesse et qu’il avait mieux à faire que de les servir. Ces gens ne méritaient pas tant d’efforts et d’attentions de sa part. Il ferait mieux de cesser d’accomplir cette Mitsvah et profiter lui-même du repos du Chabbat.
Le ‘Hassid s’arrêta alors de raconter son histoire et me regarda droit dans les yeux. Puis après un silence qui en disait long, il reprit le cours de son histoire et me dit les mots suivants : ‘Grâce à D.ieu, je repris mes esprits, et j’ai pensé que j’étais arrivé à un tournant décisif. Certes, jusqu’à présent j’avais accompli la Mitsvah de recevoir des invites du mieux possible mais à présent je me trouvais au bord de mes propres limites. J’ai alors pensé que maintenant, alors que j’étais au bout de mes forces, maintenant précisément, commence pour moi la Mitsvah de recevoir mes invités !’
par hassidout | 6 Jan, 2023 – 13 Tevet 5783 | MAGAZINE, Paracha, Rav Abergel Yaacov |
‘L’âme désire le dévoilement de l’Essence divine qui Se trouve dans le corps :
‘Rabbi Eléazar Hakapar disait : C’est malgré toi que tu as été créé, c’est malgré toi que tu es né, c’est malgré toi que tu vis et malgré toi que tu meurs…’.
Le Rabbi pose la question suivante : si l’on nait malgré soi pourquoi dans ce cas devient-on attaché à la vie au point que l’on meurt malgré soi ? A cette question le Rabbi répond qu’avant de naître l’âme ne désire pas descendre dans le corps. En effet, ‘l’âme est une parcelle véritable de Divinité d’En-haut’ et pourquoi devrait-elle quitter sa source divine pour descendre dans un corps et devenir prisonnière d’une âme animale ? Pour quelle raison devrait-elle s’exiler dans un monde rempli d’impureté et où la possibilité est donnée à l’homme de choisir entre le bien et le mal ?
De fait, face à la mission qui lui est imposée de descendre dans le corps afin de le raffiner et de le purifier, l’âme éprouve de la réticence et c’est pourquoi il est dit :’c’est malgré toi que tu es né !’.
Cependant, lorsque l’âme s’habille dans le corps et quelle y accomplit sa mission par l’accomplissement des Commandements divins, elle reçoit grâce au corps une lumière très élevée. De ce fait l’âme s’élève à un niveau supérieur à celui qu’elle avait avant de descendre dans le corps. C’est pour cette raison que lorsque l’âme parvient au terme de la mission qui lui a été confiée elle ne veut plus quitter son corps, et c’est à ce sujet qu’il est dit : ‘c’est malgré toi que tu meurs’.
Dans le Livre Torat-Chalom, le Rabbi Rachab explique ce principe en ces termes :
‘L’âme désire accomplir les commandements divins avec la contribution du corps car par ce moyen il y a un surplus de lumière. Les lumières qui se dévoilent grâce à la contribution du corps émanent de l’Essence divine. De fait, ce dévoilement de lumière est beaucoup plus élevé que la lumière de l’âme elle-même dont le niveau est celui de ‘la lumière qui remplit les mondes’ (Or -mémalé) alors que la lumière qui éclaire l’âme grâce au travail du corps est supérieure du fait qu’elle est du niveau de l’Essence divine (la lumière qui entoure les mondes’ : Or-sovev)’.
Ainsi, à présent, la lumière qui éclaire lame grâce au fait qu’elle s’habille dans le corps est extrêmement élevée, et dans les temps futurs ce principe apparaîtra avec encore plus d’évidence et de clarté puisqu’il est dit que dans les temps futurs ‘l’âme sera nourrie par le corps’. La ‘Hassidout nous enseigne que ‘l’âme sera nourrie par le corps’ signifie que l’âme recevra du corps la force de l’Essence divine qu’il possède (Likouteï-Si’hot, volume 15, page 411).
Au sujet du verset ‘Tu nous as choisi parmi tous les peuples’ l’Admour Hazaken nous enseigne que le contenu profond de ce verset est que L’Eternel a choisi le corps des enfants d’Israël et cela signifie que c’est précisément dans la matière du corps que se trouve la force de l’Essence divine.
Par ailleurs, le Rabbi Rachab souligne que du fait que D.ieu a choisi le corps des enfants d’Israël et du fait que ‘l’âme Juive est une parcelle véritable de divinité d’En-haut’, il va de soi que l’ame désire aussi le corps (Torat-Chalom, page 132).
La différence entre les mois d’hiver et les mois d’été :
Dans le Dvar Mal’hout sur notre Paracha le Rabbi compare la lumière du soleil à la lumière de l’âme. La lumière de l’âme se dévoile dans le corps et cela implique de raffiner et de purifier le corps afin que celui-ci perde sa grossièreté et devienne un bon réceptacle pour la lumière de l’âme.
Pendant l’été le soleil brille avec force, et de la même façon, pendant l’été notre service divin consiste essentiellement à dévoiler la lumière de l’âme qui est ici comparée au soleil. Nous devons donc purifier le corps afin que celui-ci ne constitue pas un obstacle à ce dévoilement, mais le Rabbi souligne que l’essentiel de notre travail consistera à dévoiler la force de la lumière de l’âme.
A l’opposé pendant les mois d’hiver, et tout particulièrement pendant le mois de Tévet, le soleil ne brille plus du tout avec la même force et le froid est alors dominant. De manière profonde cela signifie que pendant la période hivernale la lumière de l’âme ne brille pas avec la même force que pendant les mois d’été et c’est la raison pour laquelle l’essentiel de notre travail pendant les mois d’hiver consiste à ‘purifier notre corps précisément au moyen du corps lui-même et non pas au moyen de la lumière de l’âme’.
La force de l’Essence divine se trouve dans le corps :
Cette déclaration du Rabbi peut surprendre. En effet, comment est-il possible de transformer un corps grossier et matériel en un corps saint, au moyen du corps lui-même et sans la contribution de l’âme ?
Dans le Likouteï-Sihot (volume 15, page 411) le Rabbi nous enseigne que ‘le lien qui unit la matière du corps à D.ieu est plus élevé que le lien qui unit l’âme à D.ieu car c’est précisément dans la matière du corps que se trouve la force de l’Essence divine’.
L’un des points de la Si’ha du Dvar-Mal’hout qui fait l’objet de notre étude est le principe que le Rabbi rapporte ici selon lequel ‘la force de l’Essence divine qui est dans le corps se dévoile lorsque la lumière de l’âme n’est pas dévoilée dans le corps’. En effet, le Rabbi nous enseigne qu’il existe deux façons d’illuminer l’obscurité de l’exil. La première façon consiste à amener de la lumière pour chasser l’obscurité, c’est à dire que dans ce cas la lumière va remplacer l’obscurité. La deuxième façon consiste à ce que l’obscurité elle-même se mette à éclairer, ainsi qu’il est dit : ‘Dans les temps futurs la nuit brillera comme le jour’.
Un exemple du Baal-Chem-Tov :
Le Rabbi illustre ce principe au moyen d’une histoire du Baal Chem Tov que son beau-père le Rabbi Rayats lui rapporta au nom du Tséma’h Tsédek :
‘Un jour, alors qu’il n’y avait pas suffisamment de lumière dans le Beïth Ha Midrache, les élèves du Baal Chem Tov demandèrent à leur Maître ce qu’ils devaient faire. Le Baal Chem Tov leur répondit de détacher quelques stalactites de glace qui étaient accrochées sur le bord du toit du Beïth-Ha- Midrache. Les élèves partirent alors en chercher et lorsqu’ils les déposèrent sur les tables du Beïth-Ha-Midrache elles se mirent à briller et le Beït-Ha-Midrache fut alors inondé de lumière.
La glace est comparée ici au corps de l’homme, car de même que le corps constitue un voile qui cache la lumière de l’âme, la glace représente elle-aussi l’obscurité. En effet, le cerveau et l’intellect sont froids, et le Rabbi nous enseigne l’avantage de l’étude de la ‘Hassidout est qu’elle réchauffe le cœur et l’intellect, lui apporte de la chaleur et de la lumière. Le Rabbi rapporte dans le Hayom-Yom du 11 Sivan les paroles du Rabbi Rachab à ce sujet :
‘Dans le service de D.ieu base sur la ‘Hassidout on retrouve tous les niveaux qui existent. Celui du mort n’a nullement besoin d’être défini, Mais, D.ieu merci, la résurrection des morts existe également dans sa dimension spirituelle. Un mort est froid, et rien n’est plus froid que la logique humaine, que l’intellect naturel. Mais, lorsque l’intellect naturel perçoit un concept divin, et que les sentiments s’enflamment en concevant ce plaisir intellectuel, alors il s’agit d’une véritable résurrection des morts.’
La ‘Hassidout est comparée à l’huile car la lumière de la ‘Hassidout éclaire l’intellect en lui permettant ‘de percevoir un concept divin’ et elle éclaire le cœur au point ‘de s’enflammer en concevant le plaisir de l’intellect’.
La glace est froide et le froid évoque l’obscurité, ainsi que la ‘Hassidout nous l’enseigne. Bien que la glace représente la froideur et l’obscurité, il n’en demeure pas moins qu’elle peut, elle-aussi, éclairer. Il en va de même pour le corps de l’homme et pour tout c et la froideur et le miracle accomplit par le Baal-Chem-Tov vient pour nous enseigner que le corps peut lui-même éclairer sans la contribution de l’âme car il possède un niveau supérieur à l’âme.
Messirout-néfech ou la capacité de faire totalement don de nous-mêmes, d’après un enseignement du Rabbi Rayats :
Dans le Livre du Rabbi Rayats qui regroupe les discours Hassidiques du Rabbi de l’année 5685 (page 257 jusqu’à la page 264), le Rabbi Rayats explique que lorsqu’un Juif termine sa prière et qu’il retrouve ses activités dans ce monde profane, il arrive donc qu’il ne ressente plus dans son cœur la soumission qu’il a ressenti pendant sa prière. Son cœur n’est plus enflammé par l’amour de D.ieu. Il peut alors arriver qu’il tombe dans la grossièreté et l’absence d’humilité. Le Rabbi décrit cet homme comme ‘un homme qui dort dans l’exil’, mais malgré cela le Rabbi souligne que même dans ‘le sommeil de l’exil le cœur de cet homme demeure éveillé !’.
Nous devons comprendre que ‘le cœur de cet homme qui demeure éveillé’ est une allusion à l’Essence de l’âme Juive. L’Essence de l’ame Juive fait Un avec D.ieu et un Juif fait Un avec D.ieu quel que soit la situation et l’exil dans laquelle il se trouve. Même dans la plus profonde obscurité chaque Juif demeure lié à D.ieu, et rien ne peut affecter l’amour que chaque Juif ressent pour son Père qui est dans le ciel. La capacite de Messirout-néfech, c’est à dire la capacité de faire don de sa propre Vie pour sanctifier le Nom de D.ieu n’appartient qu’au Peuple Juif car seuls les enfants d’Israël sont unis au Saint béni soit-Il au point que ‘l’âme Juive est une parcelle véritable de Divinité d’En-haut’.
Or, le Rabbi Rayats écrit que ‘le Point du Cœur d’un Juif’ (c’est à dire l’Essence de l’âme Juive) Se dévoile précisément quand un Juif doit faire face à l’Ennemi, à celui qui soppose a son service divin ou a tout ce qui remet en question le lien essentiel qui l’unit à son Père qui est dans le ciel. Cela veut dire que la capacite des Juifs de faire don d’eux-mêmes se dévoile beaucoup plus facilement pendant l’exil qu’à l’époque du Temple, car ‘lorsqu’un ennemi s’oppose à notre étude de la Torah ou à notre accomplissement des Commandements divins cela réveille l’Essence du point du cœur, lequel représente la Emouna pure qui vit dans l’âme et dans le cœur de tous les enfants d’Israël’.
Le Rabbi met en relief ‘l’importance de ces Juifs simples car ce sont eux précisément, qui s’éloignent du mal et font le bien de manière concrète au-delà de la raison et de l’intellect sans être impressionné ni dérangé par quoi que ce soit. Ils savent seulement qu’ils doivent prier dans un Myniane, dire les Téhilim, accomplir les Commandements divins avec chaleur, éduquer leurs enfants selon la Voie de la Torah et des Mitsvoth, renforcer par tous nos moyens ceux qui ont la crainte de D.ieu et qui se consacrent à l’étude de la Torah car cela est très précieux aux d’Hachem’.
Ainsi, il est possible de dévoiler la force de Messirout-néfech de notre âme beaucoup plus facilement à présent bien que nous vivions dans l’exil le plus profond et le plus obscur, que pendant la période ou le Temple était bien construit et bien présent sur la Terre d’Israël et qu’il éclairait de sa Lumière sainte l’âme et le cœur de tous les enfants d’Israël.
L’exemple du Rabbi Rayats du ‘talon du pied’ (lequel symbolise la matière du corps) et de l’eau bouillante (laquelle est une allusion à l’obscurité de l’exil) :
Afin d’expliquer ce principe, le Rabbi Rayats donne pour exemple le fait qu’il est plus beaucoup plus facile d’entrer le talon que d’entrer la tête dans de l’eau bouillante.
L’intellect se révèle dans le cerveau mais la volonté se révèle plus dans le talon du pied que dans le cerveau.
La force de Messirout-néfech se dévoile dans le talon plus que dans la tête, et cela s’accorde au principe selon lequel la force de l’Essence divine se trouve dans le corps.
Notre génération est la génération du talon du Machia’h et la force du Don de soi (Messirout-néfech) est plus dévoilée dans notre génération que dans celle de Moche qui est elle-même appelée la génération de la Tête.
Le Rabbi Rayats nous enseigne que plus la lumière se dévoile, plus la matière du réceptacle de cette lumière doit être affinée. La matière de la tête est donc plus affinée que la matière du cœur et la matière du cerveau est plus affinée que la matière de l’œil, et la matière des organes respiratoires est plus affinée que la matière du pied, jusqu’à ce que la matière du talon qui est à l’extrémité du pied est la matière qui est la plus grossière et la moins affinée. Cependant, ‘plus une chose est élevée plus elle descend à un niveau très bas’. Par exemple, une pierre qui se trouve tout en haut d’un mur et qui tombe sur le sol s’éloignera davantage si elle tombe du haut du mur que si elle tombe d’un endroit du mur qui est moins élevé.
Il en va de même pour l’intellect. Plus un homme est élevé intellectuellement plus il descendra au niveau de son élevé et saura se mettre à sa portée. Mais si le Maître est moins élevé il ne saura pas enseigner et descendre au niveau de son élevé. Cela est aussi vrai pour toutes les forces de l’âme, car puisque la volonté est supérieure à l’intellect elle descendra à un niveau très bas et agira aussi bien dans les pieds que dans la tête. Mais du fait que la matière de la tête est très affinée et que la lumière de l’intellect se révèle précisément dans la tête et non pas dans le talon, la force de la volonté se révèle moins dans la tête que dans le talon. Le talon est plus réceptif à la volonté que la tête car la lumière de l’intellect est absente dans le talon.
Ainsi, la matière de la tête possède l’avantage par rapport au talon du fait que la matière de la tête est plus affinée que celle du talon et que dans ce cas la lumière de l’intellect se dévoile plus dans la tête que dans le talon. D’un autre côté, la force du talon est que la volonté se dévoile davantage dans le talon que dans la tête. La volonté est une force Makif qui est plus élevée et plus puissante que la force de l’intellect (qui est une force Pnimi. C’est pour cela qu’il est plus facile d’entrer le talon dans de l’eau bouillante que d’y entrer la tête.
Ainsi, d’une certaine façon la force de la volonté qui est au-delà de l’intellect se dévoile plus dans le talon où la lumière de l’intellect ne réside pas. Dans ce cas rien ne s’oppose à ce dévoilement, alors que dans la tête l’intellect constitue un obstacle au dévoilement de la volonté qui est elle-même au-delà de l’intellect.
Fin de la première partie
par hassidout | 6 Jan, 2023 – 13 Tevet 5783 | Paracha, Rav Yossef Its'hak Pevzner |
Meilleur ? Il y a toujours mieux !
Yaakov a vécu les 17 dernières années de sa vie en Égypte, près de sa famille réunie. Pourtant, c’est la terre d’Égypte, bien loin de ses racines et de sa Terre, la Terre d’Israël ! Et il dit que les MEILLEURES années de sa vie étaient celles-ci !…
Le Midrach explique qu’avant d’effectuer ce grand pas, Yaakov envoie son fils Yehouda afin d’instituer des maisons d’étude de la Torah, des écoles et des Yechivot. Yaakov a vu juste ! En accomplissant la volonté d’Hachem même dans un pays immoral tel que l’Égypte de l’époque, Yaakov a effectivement pu vivre ses MEILLEURES années de sa vie LÀ-BAS !
==> Il en est de même pour nous. Tout en étant en exil, sans Beth Hamikdach ni de Kedoucha révélée; néanmoins même là, il est de notre mission d’accomplir les Mitsvot avec enthousiasme et fierté, et ainsi remplir ce monde de bonnes actions !
D’autre part, Yaakov a préféré être enterré en Erets Yisrael. Il ne se suffit pas du bon sens de ses fils qui le savent aimer la Terre d’Israël. Il fait jurer son fils Yossef, gouverneur de la puissance égyptienne, de le faire monter d’Égypte. « Élève moi de l’Égypte ! » – insiste-t-il.
==> Il nous faut être conscient : l’exil n’est pas notre foyer ! Tout en faisant en sorte de rester un Juif fier dans la vie quotidienne et ainsi vivre ses « bons jours » en exil – comme Yaakov – il est indispensable de constamment garder en tête que là où nous appartenons réellement est en Erets Yisrael, avec le Beth Hamikdach et la présence d’Hachem révélée.
Ici, nous nous PRÉPARONS à ce temps et GUETTONS la venue du Machia’h, qui délivrera le peuple juif de l’exil présent ! Trois fois par jour, nous nous exclamons envers Hachem : « Sors nous de cet exil ! ».
Qu’Hachem écoute nos prières, amen !
Chabat chalom !
Rav Yoseph Ytshak Pevzner
par hassidout | 23 Déc, 2022 – 29 Kislev 5783 | MAGAZINE, Paracha, Rav Abergel Yaacov |
‘La Volonté de D.ieu de résider dans ce monde est ancrée dans Son Essence’ :
‘Il monta dans la Pensée de D.ieu le désir d’être Roi’, il est dit dans ‘la Pensée’ de D.ieu et il ne s’agit donc pas encore de la Volonté de D.ieu de créer le monde de manière effective. La ‘Hassidout nous enseigne que ‘Ratson-ha- galouïe’ représente la ‘Volonté dévoilée’ de D.ieu de créer le monde, et que cette Volonté fut motivée par le plaisir que D.ieu ressentit que les Tsaddikim allaient Lui donner en accomplissant la Torah et les Mitsvoth.
Le Rabbi Rachab souligne que s’il y a eu la ‘Volonté dévoilée’ de créer le monde c’est qu’il y avait une Volonté antérieure à Celle-ci. Cette Volonté antérieure vient de D.ieu Lui-même (et ne dépend donc pas de l’extérieur) et Elle s’appelle ‘Ha-Ratson-Ha-Mou’hlat-be-Atsmouto’ c’est-à-dire la ‘Volonté qui est ancrée dans Son Essence’. L’exemple donné est celui du désir d’un homme d’avoir sa maison. Ce désir ne vient pas du fait que cet homme a réfléchi et qu’il est arrivé à la conclusion qu’avoir sa maison serait une bonne chose pour lui. Non, ce désir vient du fait qu’il est ancré dans l’Essence de son âme.
De la même façon, le Désir de D.ieu de résider dans ce monde matériel vient de Son Essence.
Ainsi, comme le fait de couronner un roi de chair et de sang va réveiller le désir du roi de régner sur le peuple, les Tsaddikim éveillèrent la Volonté de D.ieu d’être Roi parce que la Volonté de D.ieu d’être Roi est ancrée dans Son Essence.
*La Volonté de D.ieu d’être Roi qui est ancrée dans Son Essence (Appelée aussi Ratson- Pachout) représente l’Essence de la Lumière divine : ‘Etsem-ha-Or’.
‘Etsem-ha-Or’ c’est ‘la possibilité d’éclairer’ qui est enracinée dans l’Essence divine.
*Puis vient le niveau de Guilouïe-lé-Atsmo, le dévoilement pour Lui-même, c’est à dire le niveau de la Pensée de D.ieu qui est encore cachée. Comme un homme qui pense en lui-même et que cette pensée demeure être une pensée d’une chose qu’il ne met pas encore à exécution : il ne veut pas encore cette chose mais ne fait qu’y penser.
* Vient ensuite le niveau de ‘Ratson-ha-galouïe’, c’est-à-dire le dévoilement à l’extérieur, D.ieu envisage la Création de manière concrète. Cette Volonté a donc un lien concret avec le monde et peut donc être considérée comme étant la source de la Création.
Il est bien de donner ici l’exemple des forces de l’âme. Celles-ci sont incluses dans l’Essence de l’âme. Lorsque l’on ferme les yeux nous ne voyons pas, cependant la force de la vision est toujours là mais elle est cependant cachée, ancrée dans l’Essence de l’âme, avant qu’elle ne descende et ne se dévoile dans l’œil. Les membres du corps agissent. La nature du Kéli (du réceptacle) est d’attirer la lumière jusqu’à lui, comme l’œil attire la force de la vision. De la même façon c’est par l’accomplissement des Commandements divins qui sont eux-mêmes des Réceptacles que l’on parvient à dévoiler le Désir de D.ieu qui est ancré dans Son Essence.
Le Rabbi Rachab nous a donc enseigné que l’Attribut de Mal’hout est ancré dans l’Essence de D.ieu, ainsi qu’il a été expliqué précédemment ‘la Volonté de D.ieu de résider dans ce monde est ancrée dans Son Essence’. Cela signifie qu’aucune raison n’est à l’origine de cette Volonté, car c’est uniquement le Plaisir de D.ieu qui est à l’origine de la Création du monde. Dévoiler l’Essence divine dans ce monde matériel s’accorde à notre travail d’accomplissement de la Torah et des Mitsvoth dans le but de dévoiler concrètement le Plaisir de D.ieu, Sa Volonté ‘Pachout’ qui est ancrée dans Son Essence. A l’exemple de l’œil qui attire la force de vision, le don de nous-mêmes et notre Téchouva la plus profonde attire Son Plaisir dans ce monde.
L’huile ou ‘l’Essence de la force de Vie’ :
La différence qui existe entre la Lumière et l’Essence de la Lumière est très souvent relevée dans les enseignements de la ‘Hassidout. Par exemple, dans ses discours de l’année 5672 le Rabbi Rachab nous enseigne qu’il existe deux niveaux de l’huile : l’huile de la Ménorah et l’huile appelée Chémen-Ha-Tov.
La lumière de la Ménorah représente le niveau de ‘Ho’hmah du monde d’Atsilout et l’Huile de la Ménorah, qui est la source de la Lumière, représente le niveau de la ‘Ho’hmah-stima qui est la source de ‘Ho’hma du monde d’Atsilout.
Le Rabbi Rachab nous enseigne alors que Chémen-Ha-Tov représente le niveau de l’Essence de ‘Ho’hmah-stima et ‘c’est précisément notre Téchouva qui constitue le seul moyen de parvenir au dévoilement de l’Essence’.
Dans le Livre ‘Iniana chel Torat-Ha-‘Hassidout’ (chapitre 7) le Rabbi écrit à ce sujet que ‘du fait que la ‘Hassidout constitue l’Essence de la force de Vie, Elle est comparée à l’huile qui représente ‘le Secret des Secrets’. L’Huile symbolise l’Essence la plus affinée de chaque chose. Aussi possède-t-Elle les deux caractéristiques suivantes : d’un côté elle est distincte de toute chose (car si elle devait s’apparenter à un objet particulier, elle perdrait son caractère ‘d’Essence de chaque chose’), et du fait qu »elle est ‘Essence’, elle se doit de pénétrer, et d’être présente en chaque chose, parce que l’Essence est par définition omniprésente…D’un côté, l’huile ne se mélange à aucun liquide, et d’un autre, elle pénètre toute matière. C’est ainsi que la ‘Hassidout est comparée à l’huile car elle possède ces deux propriétés, par sa qualité d’Essence elle ne se confond avec rien d’autre, car elle constitue la teneur même de la force de Vie, par-delà tout rayonnement et toute émanation. D’un autre côté, Elle Se diffuse en chaque chose et imprègne tout’.
L’Huile de la Torah :
Dans le Dvar Mal’hout sur notre Paracha, le Rabbi écrit que la Torah est appelée Lumière : Torah Or : Torah-Lumière car elle chasse l’obscurité et apporte la paix dans le monde, et plus l’obscurité se renforce dans le monde plus il est nécessaire de dévoiler la profondeur de la Torah.
Ainsi quand les Grecs se sont levés contre le peuple d’Israël il y eut un renforcement de la Lumière de la Torah, le dévoilement d’un niveau supérieur que le Rabbi appelle : l’Huile de la Torah.
Le Rabbi nous enseigne que la ‘Sagesse’ des Grecs dérive de l’autre côté de la Sainteté, c’est pourquoi ils avaient pour but de faire oublier la Torah au peuple Juif. Tout simplement, ils ne pouvaient supporter le fait que la Torah est la Sagesse de D.ieu, ainsi qu’il est dit dans le Zohar de Rabbi Shimon Bar Yo’haï : ‘la Torah et D.ieu béni soit-Il ne font qu’Un’ (voir Tanya, chapitre 4).
Les Grecs avaient donc pour désir de rendre l’Huile de la Torah impure. Cela signifie qu’ils ne pouvaient absolument concevoir qu’il puisse exister un lien entre le Saint béni soit-Il et la Torah, et plus encore, qu’il puisse exister un lien entre D.ieu Israël et la Torah, car toujours selon l’enseignement de Rabbi Shimon Bar Yo’haï : ‘D.ieu Israël et la Torah ne font qu’Un’.
La petite fiole d’huile, marquée par le tampon du Cohen gadol est à l’origine du miracle de ‘Hannoucah. Lorsque les Juifs découvrirent la petite fiole d’huile, et que par un miracle divin celle-ci brûla pendant huit jours, l’Eternel fit apparaître aux yeux de tous et dans la plus grande clarté que la Torah était divine.
En fait, les Grecs n’étaient pas contre le fait que les Juifs étudient la Torah. La partie révélée de la Torah, laquelle traite des lois relatives à ce monde physique et matériel, n’excitait pas leur désapprobation. En revanche, ils ne pouvaient supporter le fait que la Torah soit considérée et qualifiée par les Juifs comme étant la Sagesse de D.ieu, qu’elle soit Sainte. Par leur désir de rendre impure la Torah les Grecs s’attaquaient au lien qui unit le Saint béni soit-Il avec les enfants d’Israël. Un des enseignements que nous délivre ici le Rabbi, est que la Torah est la Torah de D.ieu, et cela ne doit jamais quitter l’esprit de celui qui l’étudie. C’est en agissant de la sorte, qu’il ressentira la Sainteté de la Torah. Même lorsqu’il étudie des lois liées à ce monde matériel, il percevra le souffle divin qui est à leur origine.
‘Désirer de toutes nos forces et du plus profond de nous-mêmes la Délivrance’ :
L’Huile de la Torah exprime le fait qu’il existe un niveau de la Torah qui surpasse tous les autres paliers d’interprétation de la Torah, comme l’huile qui flotte au-dessus et qui en constitue l’Essence même.
L’Huile de la ‘Hassidout, à l’exemple de l’huile que l’on verse sur les aliments pour leur donner du goût, donne le goût à la partie révélée de la Torah. A ce sujet, dans le Dvar Mal’hout le Rabbi rapporte les versets suivants :
Pharaon demanda à Yaacov :
‘Combien sont les jours des années de ta vie ?’,
Et Yaakov répondit à Pharaon (Vayigach, 47, 8, 9) :
‘Peu nombreux et malheureux étaient les jours des années de ma vie et ils n’ont pas atteint le nombre des jours des années de la vie de mes pères…’.
Le Rabbi explique que Yaakov considérait que les jours de sa vie étaient ‘peu nombreux’ et ‘malheureux’ car tant que l’exil persiste et que la Délivrance n’arrive pas, sa vie ne représente que ‘peu’ à ses yeux car il manque l’essentiel. Aussi, bien que Pharaon donne à Yaakov ‘la meilleure partie du pays’ afin qu’il s’y installe avec ses fils, Yaakov lui fait savoir qu’il ne peut pas se suffire de cela, et que son installation en Egypte n’a pour seul but que celui de provoquer la Délivrance.
Aussi, le Rabbi insiste sur l’importance de désirer de toutes nos forces et du plus profond de nous-mêmes la Délivrance, car tant qu’elle n’est pas encore là, notre vie ne représente que ‘peu’ de chose.
A la lumière de cette explication du Rabbi, il est possible d’expliquer que la déclaration de Yaakov selon laquelle ‘peu nombreux étaient les jours des années de ma vie’ exprime le très profond désir de Yaakov du dévoilement de la Torah du Machia’h, de la ‘Cinquantième porte de la Connaissance’.
Il est rapporté dans le Traité Nédarim (38a) que cinquante Portes de la Connaissance ont été créées dans le monde, et toutes ont été données à Moché, ‘à l’exception d’une seule’ ainsi qu’il est écrit dans le livre des Téhilim du Roi David (8, 6) :
‘Or, Tu fis de lui (de Moché) un peu moins que les anges célestes’. L’expression ‘un peu moins’ vient pour nous dire qu’il manque à Moché le niveau de ‘la Cinquantième porte de la Connaissance’.
La ‘Hassidout nous enseigne que cette porte correspond à la signification des Commandements divins. Or, les lettres du mot מעט (méat) forment dans un ordre différent le mot טעם (taam) qui signifie : le sens (la raison profonde des Commandements divins).
D’une certaine manière Yaakov considérait les jours de sa vie ‘peu nombreux et malheureux’ car il ne percevait pas la raison, le sens, la signification et le ‘goût’ des Commandements divins (‘Taam’ signifie aussi ‘goût’).
Le Rabbi nous enseigne donc que le dévoilement de l’Huile de la Torah est nécessaire pour deux raisons. La première est que l’Huile de la Torah donne du goût à la partie révélée de la Torah, mais plus encore, elle est l’ingrédient principal de la nourriture de notre âme.
Comme il a été dit précédemment, plus l’exil se renforce plus se renforce le dévoilement de l’Huile de la Torah, mais le Rabbi vient ajouter à cela que ce dévoilement se renforce car nous nous rapprochons du dévoilement du Machia’h. Le Rabbi souligne alors que Machia’h désigne le Roi dont la tête est ‘ointe’ d’Huile.
Le Tséma’h Tsédèk a déclaré à ce sujet que ‘dans les temps futurs ‘il y aura un dévoilement des ‘Taameï-Torah’ (le sens profond des Commandements divins)’. ‘Le dévoilement des Taameï-Torah’ signifie que dans les temps messianiques le Machia’h dévoilera les raisons profondes des Commandements car Taam signifie Raison, Sens, et désigne aussi le Goût (d’un aliment). Ainsi, ‘le dévoilement des Taameï-Torah’ est une allusion au dévoilement de la Lumière d’Or Sovev par l’intermédiaire de la Manne, ainsi qu’il est écrit (Séfer-Ha-Likoutim, lettre Mêm) :
‘Et donc grâce à la manne qui représente la profondeur de la Torah, la profondeur de l’âme s’unit avec la profondeur d’Or Ein Sof’, et c’est le sens du verset : ‘Il t’a nourri de la manne…afin de te faire savoir’ (Dévarim, 8, 3) car le pain permet l’union de la partie dévoilée de l’âme (l’âme qui s’habille dans le corps) avec la Lumière dévoilée de D.ieu (Or-Mémalé, la Lumière divine qui s’habille dans le monde), mais le niveau de la Manne représente le lien entre le niveau caché de l’âme (l’âme qui ne s’habille pas dans le corps : les niveaux de ‘Haya et de Yé’hida) et la Lumière cachée de D.ieu’ (‘Or Sovev’, La lumière divine qui ne S’habille pas dans le monde).
Le Rabbi définit la ‘Hassidout, l’Essence de la Torah, à l’exemple de cette fiole d’huile pure. Comme de l’huile que l’on verse, goutte à goutte, et qui pénètre dans les aliments et leur donne du goût, la ‘Hassidout donne le goût à toutes les parties de la Torah que nous étudions.
Comme l’huile, l’Essence de l’âme Se révèle et pénètre dans toutes les forces de la partie de l’âme qui s’habille dans le corps. Elle illumine notre cerveau et notre cœur et c’est en éveillant la force de l’Essence de notre âme que nous éveilleront le désir d’Hachem qui est ‘ancrée dans Son Essence’ de résider dans ce monde matériel, avec le dévoilement du Machia’h, très bientôt et de nos jours.
Résumé :
La Volonté de D.ieu d’être Roi qui est ancrée dans Son Essence représente l’Essence de la Lumière divine : ‘Etsem-ha-Or’. Le Rabbi écrit à ce sujet que ‘du fait que la ‘Hassidout constitue l’Essence de la force de Vie, Elle est comparée à l’huile qui représente ‘le Secret des Secrets’. L’Huile symbolise l’Essence la plus affinée de chaque chose. Dans le Dvar Mal’hout sur notre Paracha, le Rabbi écrit que la Torah est appelée Lumière : Torah Or : Torah-Lumière car elle chasse l’obscurité et apporte la paix dans le monde, et plus l’obscurité se renforce dans le monde plus il est nécessaire de dévoiler la profondeur de la Torah.
Ainsi quand les Grecs se sont levés contre le peuple d’Israël il y eut un renforcement de la Lumière de la Torah, le dévoilement d’un niveau supérieur que le Rabbi appelle : l’Huile de la Torah. La petite fiole d’huile, marquée par le tampon du Cohen gadol est à l’origine du miracle de ‘Hannoucah. Lorsque les Juifs découvrirent la petite fiole d’huile, et que par un miracle divin celle-ci brûla pendant huit jours, l’Eternel fit apparaître aux yeux de tous et dans la plus grande clarté que la Torah était divine. L’Huile de la ‘Hassidout, à l’exemple de l’huile que l’on verse sur les aliments pour leur donner du goût, donne le goût à la partie révélée de la Torah. Yaakov considérait les jours de sa vie ‘peu nombreux et malheureux’ car il ne percevait pas la raison, le sens, la signification et le ‘goût’ des Commandements divins. Dévoiler l’Essence divine dans ce monde matériel s’accorde à notre travail d’accomplissement de la Torah et des Mitsvoth dans le but de dévoiler concrètement le Plaisir de D.ieu, Sa Volonté ‘Pachout’ qui est ancrée dans Son Essence. A l’exemple de l’œil qui attire la force de vision, le don de nous-mêmes et notre Téchouva la plus profonde attire Son Plaisir dans ce monde.
par hassidout | 16 Déc, 2022 – 22 Kislev 5783 | MAGAZINE, Paracha, Rav Abergel Yaacov |
Raffiner, purifier et élever les étincelles divines :
Il est rapporté dans le traité Pessa’him un commentaire de Rabbi Eléazar sur les déclarations du prophète Osée selon lequel le Saint béni soit-il n’a pas exilé le peuple d’Israël dans le seul but de le punir, ainsi qu’il est dit : ‘Le Saint béni soit-Il n’a exilé le peuple d’Israël parmi les peuples du monde que dans le but de lui ajouter des convertis’. Le Rabbi explique que le nom ‘guérim’ (‘convertis’) est une allusion aux étincelles de sainteté qui se trouvent dans le monde, et si ‘Le Saint béni soit-Il a exilé le peuple d’Israël’ dans de très nombreux endroits du monde, c’est pour raffiner, purifier et élever les étincelles qui se trouvent dans ces endroits’.
En poursuivant dans la même direction, le Maguid de Mèzeritch explique de la manière suivante le sens du verset ‘Yaakov s’installa dans le pays des séjours de son Père dans la terre de Canaan’ :
‘Séjours’ se dit en hébreu ‘Mégourei’ dont la racine ‘Agar’ signifie entasser. De fait, ‘Yaakov s’installa’ exprime le fait que Yaakov amassa et raffina les étincelles divines enfouies dans ce monde matériel, ‘la terre de Canaan’, et les éleva vers ‘son Père’ qui représente ici le Saint béni soit-Il.
Le Rabbi souligne ici que le fait qu’Israël ait été dispersé parmi les peuples est un acte de bonté, une Tsédaka, que le Saint béni soit-Il fait au peuple Juif, car leur travail de purification et d’élévation des étincelles de sainteté s’élève à un niveau supérieur au sien quand ce travail touche aux sujets et aux usages des différents peuples. A l’évidence ils adoptent ces usages uniquement lorsque ceux-ci ne sont pas interdits par la Torah, c’est donc précisément par leurs actions dans ces endroits que les Juifs raffinent et purifient chacun de ces endroits et qu’ils parviennent à faire de tous ces endroits du monde une demeure pour D.ieu.
L’achèvement du raffinement et de la purification de la France :
Dans le Dvar Mal’hout, le Rabbi explique que le raffinement du monde tout entier atteindra sa perfection lorsque le peuple Juif parviendra à l’achèvement du raffinement et de la purification de la France. De fait, Tsarfat (la France) vient du mot Tsirouf : Raffinement, comme l’action de raffiner de l’or afin de le rendre pur. Les Maîtres de ‘Habad, le Rabbi Maharach, le Rabbi Rachab, le Rabbi Rayats et le Rabbi ont tous voyagé en France dans le but de purifier la Klipa de la France qui est la plus basse et la plus grossière parmi toutes les Klipoth.
A l’époque de la guerre qui opposait la France à la Russie, L’Admour Hazaken priait pour la victoire de la Russie bien qu’une victoire de la France aurait été favorable à la condition matérielle des Juifs. Cependant, une éventuelle victoire de la France impliquait pour les Juifs une descente spirituelle que l’Admour Hazaken voulut éviter. En réalité, l’époque napoléonienne laissait présager l’esprit de la Révolution française qui représentait un véritable danger pour le peuple Juif. En effet, pendant la Révolution française le peuple français s’est révolté contre le pouvoir du roi et le 21 janvier 1793, Louis XVI, roi de France monte sur l’échafaud et meurt la tête tranchée par la guillotine. Le corps décapité et la tête du roi furent alors jetés dans une fosse commune.
Le Rabbi révèle que le contenu profond de la Klipa de la France transparait à travers la fin tragique du roi des Français. L’action de couper la tête du roi exprime le désir du peuple français de ne plus se soumettre à l’autorité du roi et de proclamer la République. De manière profonde, la Klipa de la France représente le désir du peuple de ne pas se soumettre à l’autorité du Roi des rois : le Saint béni soit-Il.
A la fin du chapitre 24 du Livre du Tanya, l’Admour Hazaken explique qu’il n’y a pas de plus grand exil que celui que subit l’âme divine lorsqu’un Juif commet un péché, car l’Essence de l’âme Juive est enracinée dans l’Essence divine et lorsqu’un Juif commet un péché son âme, dont la racine et la source sont du côté de la Sainteté, descend dans l’autre côté de la Sainteté.
L’Admour Hazaken compare l’action de commettre un péché à une personne ‘qui saisit la tête du roi pour la précipiter dans une fosse remplie d’immondices’ (Likouteï-Amarime, fin du chapitre 24). De manière étonnante, cette image fictive que nous donne l’Admour Hazaken de ‘la tête du roi que l’on précipite dans une fosse remplie d’immondices’ s’est réellement concrétisé pendant la révolution française par ceux qui ‘jetèrent la tête du roi de France et son corps décapité dans une fosse commune’.
Faut-il voir ici une manifestation de l’esprit prophétique de l’Admour Hazaken ? L’Admour Hazaken pressentait le danger de l’esprit de la Révolution française qui transparaissait déjà à l’époque napoléonienne, et l’image qu’il nous donne dans le Livre du Tanya exprime l’ampleur de la grossièreté de ceux qui tombent dans l’autre côté de la Sainteté lorsqu’ils refusent de se soumettre à la Volonté du Saint béni soit-Il.
Le Rabbi enseigne que c’est en élevant les endroits les plus bas et les plus grossiers que l’on élève en même temps tous les mondes de la Création. Dès-lors nous comprenons la raison pour laquelle le raffinement du monde tout entier atteindra sa perfection lorsque le peuple Juif parviendra à l’achèvement du raffinement et de la purification de la France car la Klipa de la France est la plus basse et la plus grossière parmi toutes les Klipoth.
Le sentiment que l’on ne doit notre existence qu’à nous-mêmes :
Le Rabbi explique que contrairement aux mondes supérieurs qui ressentent le Divin car ils sont proches de la source qui les crée et les maintient en vie, le monde matériel dans lequel nous vivons est le monde qui est le plus éloigné du Divin. La matière cache la lumière Divine qui est la source de son existence, et les êtres de ce monde matériels ont le sentiment qu’ils ne doivent leur existence qu’à eux-mêmes.
Le Rabbi explique que le fait qu’un être ressent qu’il ne doit sa Vie qu’à lui-même provient du fait que la source et la racine de son existence sont encore plus élevées que la source et la racine des mondes supérieurs. En effet, la différence entre les mondes supérieurs et ce monde matériel est que l’Essence du Créateur Se trouve dans la matière et non pas dans les mondes spirituels supérieurs :
‘C’est donc parce que dans ce monde matériel Se trouve l’Essence du Créateur Qui le crée à partir du néant et lui donne Vie à chaque instant qu’un être a le sentiment qu’il ne doit son existence qu’à lui-même. Seul D.ieu ne doit Son existence qu’a Lui-même, mais du fait que l’Essence de D.ieu est en lui, il a le sentiment que rien, a part lui-même, n’est à l’origine de son existence’.
De fait, l’homme a le sentiment qu’il ne doit sa Vie qu’à lui-même car l’Essence de D.ieu est en exil en lui-même du fait que la Klipa lui masque la réalité. La Klipa cache le lien véritable et essentiel qui unit l’homme et la Création au Saint béni soit-Il, et ‘purifier la Klipa’ consiste à ôter ce voile afin de réaliser au point de ressentir que la Parole de D.ieu est la source et la racine de notre existence.
Le Rabbi rapporte dans le Dvar Mal’hout que le prophète Obadia mentionne l’exil et la délivrance de la France (Obadia, 1, 20-21) :
‘Et les exilés de cette légion d’enfants d’Israël répandus depuis Canaan jusqu’à la France. Et des libérateurs monteront sur la montagne de Sion. Et la Royauté appartiendra à L’Eternel’.
La force du Rabbi, la force de l’Essence :
Dès-lors, nous comprenons la raison pour laquelle ‘le raffinement du monde tout entier atteindra sa perfection lorsque le peuple Juif parviendra à l’achèvement du raffinement et de la purification de la France’.
Purifier la Klipa de la France consiste à dévoiler ‘qu’il n’y a rien en dehors de D.ieu’. Le fait d’être coupé du Divin ne peut pas nous mener vers une existence véritable : ‘Celui qui a des yeux mais ne voit pas, des oreilles mais n’entend pas ; qui ne voit ni n’entend le divin, ne vit pas une vie véritable…La véritable existence consiste en la perception, par les yeux et les oreilles du Divin’.
Ces propos mettent en évidence que la valeur de l’existence consiste en ‘une vie de jours réellement vécus’, et à l’évidence celui qui est coupé du Divin ne peut absolument pas vivre une existence véritable.
Le Rabbi Maharach, le Rabbi Rachab, le Rabbi Rayats et le Rabbi ont tous voyagé en France dans le but de purifier la Klipa de la France car seule l’Essence divine détient le pouvoir de transformer l’obscurité en lumière. C’est la raison pour laquelle le Rabbi met en valeur l’importance de purifier la France où l’obscurité est la plus grossière et la plus profonde : ‘Raffiner et purifier l’endroit le plus obscur implique de dévoiler l’Essence divine dans cet endroit’.
L’Essence de la Torah, la ‘Hassidout, est comparée à l’huile car comme l’huile qui a la capacité de pénétrer et d’imprégner les matières les plus dures et les plus résistantes, la ‘Hassidout possède la capacité d’éclairer les endroits les plus obscurs. Ainsi, lorsque les Juifs construisent un Mikveh, une Synagogue, une Yéchiva, ils élèvent l’endroit le plus impur en le transformant en un endroit de Sainteté. La France une fois purifiée peut alors devenir le symbole et l’expression de la Délivrance finale.
Il ne s’agit pas seulement d’éclairer un endroit mais il s’agit de faire en sorte que l’endroit lui-même éclaire, et c’est en révélant l’Essence divine qui est cachée à cet endroit que l’on y parvient : en construisant des édifices de prières et d’études de la partie révélée et de la partie profonde de la Torah.
Le Rabbi nous enseigne alors que la valeur numérique de Tsarfat est égale à 770 et cela signifie que chaque endroit, même celui dont le niveau est le plus bas, peut devenir une source de lumière, à l’exemple de la Maison du Rabbi dont l’adresse est 770 Eastern Parkway. Une Maison pleine de la lumière de la Délivrance finale, avec l’aide d’Hachem, très bientôt et de nos jours.
Résumé :
Le Rabbi souligne ici que le fait qu’Israël ait été dispersé parmi les peuples est un acte de bonté, une Tsédaka, que le Saint béni soit-Il fait au peuple Juif. ‘Le Saint béni soit-Il n’a exilé le peuple d’Israël parmi les peuples du monde que dans le but de lui ajouter des convertis’. Le Rabbi explique que le nom ‘guérim’ (‘convertis’) est une allusion aux étincelles de sainteté qui se trouvent dans le monde. ‘Yaakov s’installa’ exprime le fait que Yaakov amassa et raffina les étincelles divines enfouies dans ce monde matériel, ‘la terre de Canaan’, et les éleva vers ‘son Père’ qui représente ici le Saint béni soit-Il.
Dans le Dvar Mal’hout, le Rabbi explique que le raffinement du monde tout entier atteindra sa perfection lorsque le peuple Juif parviendra à l’achèvement du raffinement et de la purification de la France. La Klipa de la France est la plus basse et la plus grossière parmi toutes les Klipoth. L’homme a le sentiment qu’il ne doit sa Vie qu’à lui-même car l’Essence de D.ieu est en exil en lui-même, du fait que la Klipa lui masque la réalité. La Klipa cache le lien véritable et essentiel qui unit l’homme et la Création au Saint béni soit-Il, et ‘purifier la Klipa’ consiste à ôter ce voile afin de réaliser, au point de ressentir, que la Parole de D.ieu est la source et la racine de notre existence. Le Rabbi souligne que la valeur numérique de Tsarfat est égale à 770 et cela signifie que chaque endroit, même celui dont le niveau est le plus bas, peut devenir une source de lumière.
par hassidout | 9 Déc, 2022 – 15 Kislev 5783 | MAGAZINE, Paracha, Rav Abergel Yaacov |
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La qualité de Moché et la qualité du Machia’h
Le Rabbi définit notre Maître Moché comme un Machpia car l’une des qualités qui le caractérise le plus est sa capacité d’enseigner la Torah aux enfants d’Israël. A l’opposé, Machia’h est le Mékabel c’est-à-dire ‘celui qui reçoit’, à l’exemple de la lune qui reçoit toute sa lumière du soleil Machia’h est totalement soumis à D.ieu. Ainsi, conformément au principe selon lequel ‘L’Eternel ne réside que dans un endroit qui Lui est parfaitement soumis’, Machia’h est défini comme celui qui reçoit grâce à sa parfaite soumission.
Afin d’accomplir sa mission, un ‘Hassid doit posséder la qualité de Machpia de Moché, et la qualité de Mékabel du Machia’h.
D’un côté il doit être totalement soumis à la volonté de celui qui l’envoie accomplir une mission. Ainsi, comme la lune qui ne possède pas sa propre lumière car toute sa lumière provient du soleil lui-même, le Chalia’h doit accomplir la mission qui lui a été donnée sans en changer le moindre détail. Il doit suivre à la lettre les instructions de son Maître et faire preuve d’une totale soumission vis-à-vis de lui, à l’exemple du Machia’h dont la qualité essentielle est celle de Mékabel.
D’un autre côté, chaque Juif doit aussi posséder la qualité de Machpia de Moché, c’est-à-dire qu’il doit savoir exploiter les forces qui lui ont été données par D.ieu. C’est à ce sujet que le Rabbi explique que la valeur numérique de ‘Chalia’h’ est 348 et en ajoutant la valeur de 10, laquelle correspond aux 10 forces de l’âme, on obtient 358 qui est la valeur numérique de ‘Machia’h’.
De fait, chaque Juif doit penser et comprendre au moyen des forces de son intellect. Il doit toujours se demander de quelle manière influencer les personnes de son entourage et le monde qui l’entoure. Il doit être comme Moché, un ‘Machpia’.
A la lumière de ce qu’il vient d’être dit il apparaît que Machpia et Mékabel sont deux qualités opposées, et c’est précisément ce qui caractérise un Chalia’h. Le Chalia’h est celui qui possède la faculté d’unir les opposés. Il doit être capable de faire preuve de la plus grande soumission vis-à-vis de celui qui l’envoie et en même temps savoir exploiter son propre potentiel.
Le Rabbi et le ‘Hassid, ‘le soleil et la lune’, le Machpia et le Mékabel
Dans le Dvar Mal’hout sur notre Paracha le Rabbi, à travers l’observation du soleil et de la lune délivre un enseignement sur la relation qui existe entre le Rabbi et le ‘Hassid :
Le premier jour du mois (‘Roch-‘Hodèch : la ‘tête du mois’) la lune apparaît sous la forme d’un simple point (à l’exemple de la ‘tête’ : ‘Roch’) de lumière qui naît (naissance : nouveauté : ‘Hidouch : ‘Hodèch) dans le ciel. A partir du jour de Roch-‘Hodèch, ce point lumineux va grandir peu à peu pendant quinze jours et le quinzième jour atteindre sa taille maximale. Le 15 du mois est donc un jour de ‘pleine lune’.
Durant la première partie du mois de Kislev, c’est à dire du premier au 15, la lune s’éloigne progressivement du soleil.
Dans la seconde partie du mois, c’est à dire du 15 au 30, la lune se rapproche du soleil. Le jour du 15 (jour de ‘pleine lune’) la lumière du soleil se reflète sur toute la surface de la lune, puis du 15 jusqu’au 30 cette lumière va en diminuant progressivement, jusqu’au jour du 30, à la fin du mois, car ce jour-là correspond au moment où la lune a complètement disparu dans le ciel.
Les trois moments de l’entretien privé avec le Rabbi :
*La période pendant laquelle la taille de la lune diminue, plus elle se rapproche du soleil, correspond au fait que la lumière du ‘Hassid diminue progressivement plus il se rapproche du Rabbi. La lumière du ‘Hassid diminue signifie que le ‘Hassid met sa propre lumière de côté pour se préparer à recevoir la lumière du Rabbi. Ainsi, le contenu spirituel de la diminution de la taille de la lune correspond au travail de soumission et d’annulation du ‘Hassid (voir la note 32 du Dvar Ma’lhout sur la Paracha).
*Juste avant le jour de Roch-‘Hodèch la lune a complétement disparu dans le ciel et cela correspond au moment où le ‘Hassid se trouve à l’intérieur du bureau en face du Rabbi. De fait, on ne peut pas être un Machpia et un Mékabel en même temps. Quand il se trouve devant le Rabbi, il n’émane du ‘Hassid aucune lumière car il se trouve alors dans la position du Mékabel, c’est-à-dire dans la position de ‘celui qui reçoit’ la lumière du Rabbi et il ne peut donc pas en même temps dispenser sa propre lumière à l’extérieur.
*Le jour de Roch-‘Hodèch, lorsque la lune renait dans le ciel sous la forme d’un simple petit point lumineux correspond au moment où le ‘Hassid quitte le bureau après avoir reçu la lumière du Rabbi. Le ‘Hassid n’est plus alors dans la position du Mékabel mais dans celle du Machpia. Comme la lune qui renaît dans le ciel dès qu’elle s’éloigne du soleil, le ‘Hassid commence à illuminer son entourage dès qu’il s’éloigne du Rabbi. Le ‘Hassid devient un Machpia et illumine le monde extérieur de la lumière qu’il a reçue du Rabbi.
La similitude entre la Séfira de Mal’hout et la lune
Le principe de ‘Mékabel et Machpia’ s’applique également à la Séfira de Ma’lhout. En effet, L’Eternel crée les mondes et tout ce qu’ils contiennent au moyen de Son Souffle, lequel émane de la dernière Lettre de Son Nom Havayé. Cette Lettre correspond à la Séfira de Mal’hout, et à son sujet le Rabbi Rachab délivre l’enseignement suivant :
‘La Parole divine n’est pas comme celle des hommes. La parole humaine est inerte, alors que les articulations de la parole divine sont douées de volonté et de sagesse’ (‘La Source’, cinquième discours, chapitre 2).
Le Rabbi Rachab rapporte également l’enseignement du livre du Zohar selon lequel, au moment de la Création du monde, chaque Lettre s’est présentée devant L’Eternel pour solliciter que le monde soit créé par Elle. Cependant, le Rabbi Rachab souligne que la Lettre Hé, bien qu’Elle représente le souffle divin qui porte le monde du néant à l’existence, ‘désire et aspire à monter à sa source car elle répugne à descendre dans les mondes inférieurs pour leur donner vie car ils sont un mélange de bien et de mal’.
Ainsi, ‘de même que la flamme tend naturellement à monter, la parole de D.ieu, Mal’houth, la lettre Hé, source de la Création, aspire toujours à s’élever, à remonter là-Haut’.
C’est à cela que se rapporte l’enseignement de Rabbi Chimon-bar-Yo’haï au sujet de l’ascension de la Lettre Hé (Zohar 3, 191a) :
‘Au moment où elle se trouve dans un état d’amour sublime…La forte pression de cet amour, qu’elle ne peut supporter, provoque en elle une contraction telle qu’on ne voit d’elle qu’un point, qui est le Youde.’ Ce qui veut dire que le ‘Hé’ devient un Youde, le Youde étant la fusion avec le Divin.
La Lettre Youde exprime la plus totale soumission qui précède les plus hauts dévoilements :
A la lumière de cet enseignement du Zohar nous comprenons les raisons pour lesquelles la Séfira de Mal’hout est comparée à la lune : tout comme la lune reçoit sa lumière du soleil, Mal’hout reçoit sa lumière des Séfirot (plus élevées qu’Elle) du monde d’Atsilout, et tout comme la lune reflète la lumière quelle reçoit du soleil, Mal’hout insuffle aux mondes inférieurs la vitalité dont ils ont besoin, et plus encore : de même que la taille de la lune diminue dans le ciel quand elle se rapproche du soleil, de même lorsque la lettre Hé s’élève vers sa source sa taille diminue au point ‘que l’on ne voit d’elle qu’un point, qui est le Youde’.
Tous ces enseignements s’accordent à la déclaration suivante : ‘L’Eternel ne peut résider que dans un endroit qui Lui est parfaitement soumis’ (Tanya).
En effet, L’Eternel ne fusionne avec le réceptacle qui reçoit Sa lumière que si celui-ci est parfaitement conforme à Sa Volonté. Ainsi, un Juif ne fait qu’Un avec D.ieu que s’il s’annule totalement devant le Saint béni soit-Il. A l’exemple de Yaacov qui ‘se fit tout petit’ lorsqu’il réalisa tout le bien qu’il reçut de D.ieu, un ‘Hassid doit se faire tout petit pour devenir un réceptacle capable de recevoir le dévoilement de la lumière du Rabbi quand il se tient devant lui dans son bureau pour un entretien privé. Exactement comme la Lettre Hé qui lorsqu’elle s’élève vers sa source devient un Youde, un simple point, à l’exemple de la taille de la lune qui diminue lorsqu’elle se rapproche du soleil et qui finit, elle aussi, par devenir un simple point lumineux.
Il apparaît d’après ce qui vient d’être dit que l’endroit dans lequel se révèle la lumière divine est semblable à un point. ‘Ho’hma, qui est la force la plus élevée de l’intellect (du fait qu’elle permet de saisir la Sagesse divine) est également comparée à un point, ainsi qu’il est dit :
‘L’un des aspects de ‘Ho’hma est ‘l’éclair intuitif, la saisie initiale de l’esprit ; bien qu’il soit encore au-dessus de la compréhension effective, car il est sous forme de noyau, généralisé, non appréhendé… ‘ (La Source, 27ème discours, chapitre 2).
En effet, dans l’enchaînement des mondes, la lumière infinie de D.ieu se révèle en premier dans la Séfira de ‘Ho’hma du monde d’Atsilouth, qui est aussi représentée par un point, lequel n’est autre que la lettre Youde du Nom d’Havayé.
L’entretien privé avec le Rabbi tel que le Rabbi le décrit :
Lors du Farbrenguen inaugural du Rabbi le 10 Chevat 5711 (17 janvier 1951) le Rabbi adressa à toute l’Assemblée le message suivant :
‘Rabbi Yossef Itz’hak chargeait ses ‘Hassidim de divers types de missions destinées à renforcer le Judaïsme. On doit cependant garder à l’esprit les mots du Zohar ‘une écorce couvre une autre écorce’. Il y a toujours une dimension plus profonde que ce que l’œil appréhende et le niveau plus profond a ses propres dimensions extérieures et intérieures. Aussi, quand il s’agit de la mission dont le Rabbi a chargé chacun, tout d’abord il y a l’instruction spécifique qu’il lui a donnée, s’installer dans une certaine ville et s’occuper d’un certain type de travail que ce soit d’éducation juive ou de renforcer le judaïsme en général ou d’enseigner Aleph Beth aux enfants.
C’est l’instruction qu’il a reçue et c’est son devoir de la mener à bien, c’est sa mission. Mais il doit se demander : quand le Rabbi l’a envoyé, cette instruction était-elle le but ultime de sa mission ou seulement l’écorce extérieure sous laquelle il y a un but plus profond qu’il doit mener à bien à son poste ? ‘Son poste’ ne signifie pas un lieu éloigné. S’il a reçu une instruction du Rabbi dans son bureau, alors dès qu’il passait la porte du bureau du Rabbi, c’est déjà ‘un lieu éloigné’ car par rapport à cette pièce, où il a tenu des audiences privées et où il a étudié et prié, l’autre côté du seuil est déjà un ‘lieu éloigné’ car il manquait déjà de la pleine beauté qui était à l’intérieur. En allant dans cette ville, l’obligation première est de mener à bien la mission spécifique du Rabbi mais il faut toujours se souvenir qu’il peut y avoir une intention plus profonde, et il y en a très probablement une car le but du Rabbi était de réaliser ce que l’Admour Hazaken voulait. L’Admour Hazaken a dit que les enseignements du ‘Hassidisme ne sont pas pour un certain parti ou un groupe de Juifs mais ils sont pour tous les Juifs sans exception. Et c’est là l’intention profonde derrière toutes les initiatives du Rabbi. Réaliser le but de D.ieu dans la création en diffusant les sources du ‘Hassidisme à l’extérieur, ce qui est l’œuvre qu’il faut accomplir pour amener Machia’h’.
Résumé :
Comme la lune reçoit sa lumière du soleil, le ‘Hassid reçoit sa lumière du Rabbi.
Un ‘Hassid doit posséder la qualité de Machpia de Moché, et la qualité de Mékabel du Machia’h. On ne peut pas être un Machpia et un Mékabel en même temps.
Quand il se trouve devant le Rabbi, il n’émane du ‘Hassid aucune lumière car il se trouve alors dans la position du Mékabel, c’est-à-dire dans la position de ‘celui qui reçoit’ la lumière du Rabbi. En revanche, au moment où le ‘Hassid quitte le bureau du Rabbi il devient un Machpia.
La lumière du ‘Hassid commence à briller à l’extérieur dès qu’il s’éloigne du Rabbi.
Ces enseignements s’accordent à la déclaration suivante : ‘L’Eternel ne peut résider que dans un endroit qui Lui est parfaitement soumis’ (Tanya) car L’Eternel ne fusionne avec le réceptacle qui reçoit Sa lumière que si celui-ci est parfaitement conforme à Sa Volonté. A l’exemple de Yaacov qui ‘se fit tout petit’ lorsqu’il réalisa tout le bien qu’il reçut de D.ieu, un ‘Hassid doit se faire tout petit pour devenir un réceptacle capable de recevoir le dévoilement de la lumière du Rabbi.
Exactement comme la Lettre Hé qui lorsqu’elle s’élève vers sa source devient un Youde, un simple point, à l’exemple de la lune qui diminue dans le ciel lorsqu’elle se rapproche du soleil et qui finit, elle aussi, par devenir un simple point lumineux à l’image de la Lettre Youde.
Il est dit que dans les temps futurs ‘la lune retrouvera sa taille originelle’, dès-lors la lune deviendra un luminaire qui possède sa propre lumière. Ce dévoilement des temps messianiques est équivalent au dévoilement de l’Essence de l’âme Juive.
L’Essence de l’âme d’un Juif se dévoile quand il se trouve dans les quatre coudées du Rabbi, l’âme du ‘Hassid s’unit alors avec l’âme du Rabbi, fusionne avec l’âme du Rabbi, comme ‘la lune qui retrouve sa taille originelle’.
par hassidout | 2 Déc, 2022 – 8 Kislev 5783 | MAGAZINE, Paracha, Rav Abergel Yaacov |
Faire de nous-mêmes et de ce monde une demeure pour l’Essence divine
Il est rapporté dans le Midrache que ‘D.ieu désire que l’homme fasse de ce monde inférieur une demeure pour Lui’. D’après l’enseignement de la ‘Hassidout sur la signification de ce Midrache, ‘faire de ce monde une Demeure pour D.ieu’ signifie que la mission qui a été donnée à l’homme consiste à agir dans le monde afin que celui-ci devienne l’endroit du dévoilement de l’Essence divine. C’est la raison pour laquelle le terme de ‘demeure’ est employé ici, car l’Essence d’un homme se dévoile précisément dans l’endroit où il vit, où il demeure, et quand L’Eternel dévoilera Son Essence dans ce monde celui-ci méritera alors d’être appelé ‘la Demeure de D.ieu’ (voir Tanhouma, Nasso, 16. Be’houkotaï, 3. Béréchit Raba, fin du chapitre 3. Bamidbar Raba, chapitre 13. Tanya, début du Chapitre 36).
Le fait que D.ieu désire résider dans ce monde inférieur doit être compris de manière profonde. En effet, notre mission qui consiste à raffiner ce monde matériel en accomplissant les Commandements divins (dont la majorité est accomplie au moyen de la matière) pour en faire le réceptacle de l’Essence divine, implique de faire aussi de nous-mêmes une demeure pour D.ieu, en raffinant et en purifiant notre corps et notre âme animale.
Shimon ha-Tsaddik déclare dans le Pikei Avoth (1, 2) que ‘le monde repose sur trois choses : l’étude de la Torah, la prière (qui remplace les Sacrifices) et les actes de bienfaisance’, et il est écrit par ailleurs que ‘l’homme est un petit monde’. Dans la Si’ha du 20 Tamouz 5740, le Rabbi unit ces deux citations et nous enseigne que ‘l’homme qui est un petit monde ne subsiste que s’il s’oblige à servir D.ieu au moyen de son étude de la Torah de sa prière et de ses actes de bonté’. Ainsi, à la lumière de cet enseignement du Rabbi nous comprenons que ‘le petit monde’ qu’est l’homme doit lui aussi devenir une demeure pour D.ieu et c’est à cela que se rapporte la Parole de D.ieu du verset de la Paracha Terouma : ‘Faites-Moi un sanctuaire et Je résiderais parmi vous’.
La perfection des jours de la Vie de l’Admour Haemtsaeï
De fait, il est écrit dans le premier Livre des Rois (8, 27) que ‘les cieux, et les cieux des cieux ne peuvent Te contenir’, car L’Eternel a choisi de résider précisément dans ce monde inférieur. Dans le Beït-Ha-Mikdache et dans le cœur et dans l’âme des enfants d’Israël. Non pas seulement dans le côté droit du cœur qui est le siège de l’âme divine, mais également dans le côté gauche du cœur où réside l’âme animale. Aussi, le Livre du Tanya nous enseigne l’importance de soumettre tous les membres du corps, sans exception aucune, à la Volonté du Saint béni soit-Il.
Dans le Dvar Mal’hout sur la Paracha Vayetsé le Rabbi approfondit le sujet de notre mission qui consiste à ‘faire de nous-mêmes et de ce monde une Demeure pour D.ieu’ en prenant l’Admour Haemtsaeï pour exemple.
Au sujet de la déclaration de L’Eternel (Michpatim, 23, 26) : ‘le nombre de tes jours Je remplirai’, le Rabbi explique que L’Eternel remplit les jours de la Vie d’un Tsaddik de façon que le nombre de ses années soit un chiffre rond. Ce fut le cas de l’Admour Haemtsaeï qui naquit le 9 Kislev en l’an 5534 (1773) et qui quitta ce monde 54 ans plus tard, jour pour jour, le 9 Kislev en l’an 1827 (5588). Ce fut aussi le cas de Moché Rabbénou qui naquit le 7 Adar et qui quitta ce monde 120 ans plus tard, jour pour jour, le 7 Adar, ainsi qu’il est dit (Dévarim, 31, 2, Rachi) : ‘Aujourd’hui ont été remplis mes jours et mes années, ce jour-ci je suis né et ce jour-ci je mourrai’
Le Rabbi explique que le chiffre rond du nombre de jours de la Vie du Tsaddik représente la perfection. Le Rabbi déclare alors que ‘même si la Vie d’un Tsaddik n’est pas matérielle et qu’elle est au contraire spirituelle, la perfection de son service divin provient du fait que sa Vie spirituelle pénètre et illumine aussi sa Vie matérielle. De fait, la Vie matérielle du Tsaddik est le réceptacle de sa Vie spirituelle. Plus encore, sa Vie matérielle est le prolongement et la continuité de sa Vie spirituelle, l’une et l’autre s’unissent au point de devenir une seule et même chose’.
La Vie spirituelle du Tsaddik Se reflète dans sa Vie matérielle. En d’autres termes, le monde matériel devient le miroir du monde spirituel.
Les ‘Hassidim de l’Admour Haemtsaeï disaient, par exemple que ‘si l’on ouvrait les veines du Rabbi, on verrait couler de la ‘Hassidout à la place du sang’. La volonté profonde de D.ieu coule dans les veines du Rabbi, l’esprit divin fusionne avec la matière.
Les écrits du Rabbi Rachab
Dans son ouvrage intitulé ‘Iniana chel Torat-ha-Hassidout’, le Rabbi nous enseigne que ‘la ‘Hassidout nous insuffle une vitalité nouvelle’. Dans le même ordre d’idée le Rabbi Rayats écrit au sujet de son père, le Rabbi Rachab, que ‘les mots du Rabbi sont vivants’ :
‘A l’heure actuelle, les mots du Rabbi ont été écrits, imprimés sur du papier, mais ces mots écrits et imprimés vivent, d’une vitalité profonde. Ces mots eux-mêmes poussent un cri. Ces saintes paroles, qui sont issues d’un cœur brûlant, brûlent encore actuellement, D.ieu merci, d’une sainte flamme, comme lorsqu’ils émanaient de leur source et de leur origine. Ces mots poussent un cri, demandent, ordonnent. Quand on étudie quelques lignes d’une lettre du Rabbi, imprimée ou manuscrite, quand on assimile ses mots, ceux-ci mettent en éveil et ils exercent une influence, sur la tête comme sur le cœur’.
A la lumière de ce témoignage du Rabbi Rayats nous pouvons nous rendre compte de la force de l’impact que le Rabbi exerce sur ce monde matériel. Les mots que le Rabbi écrit sur du papier ne sont pas de simples mots inanimés. Ce sont des mots qui vivent, à l’exemple des mots de la Torah de D.ieu.
L’Admour Hazaken explique dans le Likouteï-Torah sur la Paracha Réé la raison pour laquelle ‘la Torah est appelée ‘la voix’ (‘Quand tu écouteras la Voix de l’Eternel’, page 23a).
La voix d’un homme exprime les sentiments cachés dans le cœur. En écoutant une personne parler nous pouvons entendre le sentiment qui transparait dans les mots qu’il prononce le sentiment qui anime cette personne. C’est pour cette raison que le Rabbi nous enseigne que ‘la voix unit le spirituel avec le matériel’, c’est à dire qu’elle unit le sentiment qui est impalpable et abstrait (le spirituel) avec les mots de la parole qui sont eux même concrets et matériels.
Le Rabbi poursuit son enseignement et nous explique que la Torah, aussi, unit le spirituel avec le matériel. La Lumière infinie de D.ieu s’habille dans ‘la matière de la Torah’ c’est-à-dire dans les lettres matérielles écrites avec de l’encre sur le parchemin et dans les 613 commandements divins que l’on accomplit en majorité au moyen de la matière’.
Ainsi, de même que la Torah unit l’Esprit divin avec les mots de la Torah, le Rabbi unit le Divin avec ses écrits.
Le nom du Patriarche ‘Yaacov’ exprime la mission de tous les enfants d’Israël
Dans le Dvar Mal’hout, le Rabbi délivre plusieurs enseignements au sujet de notre mission de faire de ce monde inférieur une demeure pour D.ieu. L’histoire de Yaacov sert d’exemple au sujet du lien que nous devons établir entre le monde spirituel et le monde matériel En effet, il est écrit que ‘Yaacov sortit de Beer-Cheva et il alla vers ‘Harane’ (Vayetsé, 28, 10).
La ‘Hassidout nous enseigne que le voyage de Yaacov lorsqu’il quitta la Maison de son père Itz’hak pour se rendre chez Lavan à ‘Harane, est en soi une descente car Yaacov quitta la Maison d’un Tsaddik et se rendit dans la maison d’un un être vil.
La ‘Hassidout compare donc cette descente, à partir d’un endroit de Sainteté (la maison d’Itz’hak) vers un endroit impur (la maison de Lavan), à la descente de l’âme dans le corps, car l’âme divine provient d’un endroit de Sainteté (l’âme fait ‘Un’ avec Hachem) et descend s’habiller dans un corps et une âme animale, dans un monde où la possibilité est donnée à l’homme de choisir entre le bien et le mal, afin d’accomplir sa mission qui consiste à raffiner et à purifier le corps de l’homme et le corps de ce monde.
Le nom ‘Yaakov’ qui se décompose en ‘Youde-Ekev’ évoque l’union entre l’esprit et la matière. La lettre Youde qui est la première lettre du Nom Havayé symbolise l’attribut divin de ‘Ho’hmah qui lui-même représente le commencement du dévoilement divin dans l’enchaînement des mondes, et le nom Ekev qui signifie talon représente ce monde matériel. Yaakov, Youde-Ekev, exprime donc la mission qui incombe à chaque Juif de faire de ce monde matériel (Ekev) une demeure pour l’Essence divine (Youde).
Dans le Livre du Zohar, Rabbi Shimon Bar-Yohaï a enseigné qu’il y a dans chaque génération un Tsaddik qui est l’équivalent de Moché, et le Rabbi a lui-même comparé ce Tsaddik à la pierre fondamentale (‘Even ha Chtia’) sur laquelle repose le monde.
Il est écrit dans le Midrache que ‘le nom du Machia’h est gravé sur la pierre fondamentale’. Or, cette image du nom du Machia’h gravé sur la pierre fondamentale n’est pas non plus sans exprimer le contenu spirituel de la mission de chaque Juif qui consiste à unir le spirituel au matériel. Le spirituel et le matériel deviennent une seule et même chose, à l’exemple de lettres que l’on grave dans la pierre.
Résumé :
D.ieu désire que l’homme fasse de ce monde inférieur une demeure pour Lui’. ‘Faire de ce monde une Demeure pour D.ieu’ signifie que l’homme doit agir dans le monde afin que celui-ci devienne l’endroit du dévoilement de l’Essence divine. L’homme est un ‘petit monde’, qui doit aussi devenir une demeure pour D.ieu. L’Eternel remplit les jours de la Vie d’un Tsaddik de façon que le nombre de ses années soit un chiffre rond. Ce fut le cas de l’Admour Haemtsaeï qui naquit le 9 Kislev en l’an 5534 (1773) et qui quitta ce monde 54 ans plus tard, jour pour jour, le 9 Kislev en l’an 1827 (5588). Le Rabbi explique que ce chiffre rond du nombre de jours de la Vie du Tsaddik représente la perfection : la Vie matérielle du Tsaddik est le réceptacle de sa Vie spirituelle. La Vie matérielle du Tsaddik est le prolongement et la continuité de sa Vie spirituelle, l’une et l’autre s’unissent au point de devenir une seule et même chose. Le nom ‘Yaakov’ qui se décompose en ‘Youde-Ekev’ évoque l’union entre l’esprit et la matière. Le nom du Machia’h qui est gravé sur la pierre fondamentale représente aussi l’union entre spirituel et le matériel, au point que ceux-ci deviennent une seule et même chose, à l’exemple de lettres que l’on grave dans la pierre.
par hassidout | 25 Nov, 2022 – 1 Kislev 5783 | MAGAZINE, Paracha, Rav Abergel Yaacov |
La signification profonde du jour de Roch-‘Hodech Kislev
L’Assemblée d’Israël est comparée à la lune. Tout comme la lune reçoit toute sa lumière du soleil, l’Assemblée d’Israël reçoit toute sa lumière du Saint béni soit-Il. Dans le Dvar Mal’hout sur la Paracha Toldot le Rabbi nous enseigne que le jour de Roch-Hodech correspond au moment où la lune qui avait disparu dans le ciel réapparait à nouveau sous la forme d’un simple point lumineux. De manière profonde, le moment de la réapparition de la lune correspond au moment du réveil, au dévoilement des forces de l’âme dans le corps, plus profondément, au dévoilement de l’Essence de l’âme, et plus profondément encore au dévoilement du Maitre de l’Essence de l’âme : Machia’h.
Le mot ‘Hodech est apparenté au mot ‘Hidouch qui signifie Innovation, et le mot ‘Roch’ qui désigne ‘la Tête’ correspond au point lumineux de la lune qui brille dans le ciel le jour de Roch-‘Hodech.
Le Rabbi écrit que ‘le point lumineux de la lune, bien qu’il ne soit qu’un simple point est le point de la naissance de la lune et il inclut donc tout ce qui advient à la lune par la suite, à l’exemple de tout ce qui constitue l’existence d’un homme tout au long de sa Vie au moment de sa naissance, et c’est pourquoi on utilise les mots Roch-‘Hodech : la ‘tête du mois’ exprime que de même que la tête est la source de vitalité de tous les membres du corps, le jour de Roch-‘Hodech est la source de vitalité de tous les jours du mois’.
L’usage en Israël est d’appeler le mois de Kislev ‘le mois de la Délivrance’. Quel jour du mois de Kislev exprime-t-il le plus la Délivrance ?
Nous aurions pu penser que le jour du 15 du mois de Kislev est celui qui exprime le plus la Délivrance car ce jour-là le soleil (qui symbolise la lumière divine) illumine toute la face de la lune (qui symbolise l’Assemblée d’Israël).
Cependant, le Rabbi nous enseigne que pendant le jour de Roch-‘Hodech, l’Etincelle du Machia’h qui brille dans l’âme de chaque Juif se dévoile et c’est pour cela précisément que le jour de Roch-‘Hodech exprime avec le plus de force tous les sujets de la Délivrance finale. L’Etincelle du Machia’h représente le plus haut niveau de l’âme Juive : l’Essence de l’âme. L’Essence de l’âme ne s’habille pas dans le corps car elle enracinée dans l’Essence divine. Le moment du réveil, après une nuit de sommeil, est en soi une renaissance et le Rabbi nous enseigne qu’immédiatement après avoir ouvert les yeux nous disons la prière de Modé-ani afin de remercier D.ieu de nous avoir donné une âme qui fait Un avec Lui, une âme Juive. C’est ce lien essentiel que nous devons nous efforcer de dévoiler tout au long de notre existence, mais il existe cependant des moments particuliers dans notre Vie où D.ieu Lui-même dévoile ce lien et au Rabbi de nous enseigner que le jour de Roch-‘Hodech fait justement partie de ces moments. Le dévoilement de l’Essence de l’âme a ceci de particulier qu’il a pour effet d’insuffler une vitalité nouvelle à tout ce qui constitue notre réalité. Elle transfigure donc les forces de l’âme qui s’habillent dans le corps : l’intellect, les sentiments et les actions.
Ainsi, le jour de Roch-‘Hodech, pendant lequel la lune réapparait dans le ciel sous la forme d’un petit simple point lumineux, est le jour qui exprime le plus la Délivrance car la renaissance de la lune dans le ciel correspond au dévoilement de l’Essence de l’âme, lequel peut être défini comme une véritable renaissance car Hachem nous insuffle à ce moment une vitalité nouvelle qui s’exprime par le fait que notre service divin dépasse totalement notre raison et notre intellect et exprime un amour et une crainte de D.ieu illimités.
La lumière du Rabbi et la lumière du ‘Hassid
Comme il vient d’être dit, la lumière de la lune apparaît au départ (le jour de Roch-Hodech) sous la forme d’un simple point lumineux qui va ensuite en grandissant jusqu’au quinzième jour du mois (le 15 du mois qui est le jour de la pleine lune). A partir du 15, la lumière de la lune va en décroissant et finit par disparaitre dans le ciel le dernier jour du mois.
A ce sujet, le Rabbi nous explique une chose essentielle : Du premier jusqu’au quinzième jour du mois, la lumière de la lune va en grandissant car la lune s’éloigne du soleil. Inversement, pendant les quinze jours qui suivent le jour de la pleine lune (du 15 au 30) la lumière de la lune va en diminuant, car la lune se rapproche du soleil. Le Rabbi décrit ce phénomène physique au moyen d’un exemple : l’exemple du Rabbi et de son ‘Hassid.
La lumière du soleil est comparée à la lumière du Rabbi et la lumière du ‘Hassid est comparée à la lumière de la lune car de même que la lune reçoit sa lumière du soleil, le ‘Hassid reçoit sa lumière du Rabbi.
Ainsi, la période pendant laquelle la taille de la lune diminue dans le ciel car elle se rapproche du soleil correspond au moment où le ‘Hassid se rapproche du Rabbi, du fait que lorsque le ‘Hassid entre dans le bureau du Rabbi, il se fait tout petit quand il se tient devant lui.
Le moment où la lune disparait dans le ciel correspond au moment où le ‘Hassid s’annule totalement devant le Rabbi pour recevoir sa lumière, ainsi qu’il est écrit dans le Livre du Tanya : ‘L’Eternel ne réside que dans un endroit qui lui est parfaitement soumis’. L’absence de la lune dans le ciel exprime donc la totale soumission du ‘Hassid, ce moment pendant lequel le ‘Hassid fait abstraction de sa propre existence pour n’être qu’un réceptacle apte à recevoir la lumière du Rabbi.
Enfin, le moment où le ‘Hassid quitte le bureau du Rabbi correspond au moment où la lumière de la lune recommence à grandir dans le ciel car elle s’éloigne du soleil. La lumière du ‘Hassid quand il se trouve dans le bureau du Rabbi est comparable à la lumière d’une bougie que l’on allumerait en plein jour car dans un tel cas la lumière de la bougie s’annule totalement face à la lumière du jour. Ce n’est que lorsque le soleil se couche, c’est à dire au moment où le ‘Hassid quitte le bureau du Rabbi que la lumière du ‘Hassid recommence à briller.
C’est à tout cela que se rapporte l’enseignement selon lequel ‘l’Essence de l’âme d’un Juif se dévoile lorsqu’il se trouve dans les quatre coudées du Rabbi’.
Le dévoilement de l’Essence de l’âme Juive
Comme Il a été dit précédemment le mot ‘Roch’ désigne la ‘tête’ (le simple point de la lune qui apparaît dans le ciel) et de la même façon l’Essence de l’âme juive est elle-même la ‘tête’ de l’âme car elle ‘garde’ et ‘nourrit’ tous les niveaux de l’âme, ainsi qu’il est dit (‘Prière du matin-Elokaï néchamah’) : ‘Et Tu la gardes en moi’. ‘Tu’ représente l’Essence de l’âme ‘qui fait un avec D.ieu’, et ‘Tu la gardes en moi’ signifie que l’Essence de l’âme qui ne s’habille pas dans le corps garde et nourrit la partie de l’âme qui s’habille dans le corps (voir le discours du Rabbi ‘Vayéchèv Yaakov’).
Le simple point lumineux de la lune qui apparait le jour de Roch-‘Hodech et qui va en grandissant, jour après jour, fait allusion au dévoilement de l’Essence de l’âme qui se révèle au moment où l’on ouvre les yeux et qui éclaire toutes les forces de l’âme : ‘le plaisir la volonté, les forces de l’intellect, les sentiments et les actions, ses pensées ses paroles et ses actes, et son corps’.
Ainsi, la lumière de la lune reflète sur la terre la lumière du soleil et de la même façon le ‘Hassid illumine l’endroit où il se trouve de la lumière du Rabbi.
Par ailleurs, la renaissance de la lune dans le ciel n’est pas non plus sans évoquer la Délivrance finale. En effet la valeur numérique de רגע המולד (le moment de la naissance de la lune) est la même que la valeur numérique de Machia’h : 358.
Le Rabbi définit la ‘Hassidout comme une ‘vitalité nouvelle’ car elle insuffle une vitalité nouvelle aux forces de notre âme et à tous les différents paliers d’interprétation de la Torah. C’est donc grâce à notre profond attachement au Rabbi que nous pouvons recevoir le dévoilement de cette vitalité, et c’est grâce à elle que nous aurons le mérite de recevoir une ‘Torah nouvelle’ (Torah ‘Hadacha) par l’intermédiaire du Machia’h, de vivre sur une ‘Terre nouvelle’ et sous un ‘Ciel nouveau’, très bientôt et de nos jours avec l’aide de D.ieu.
L’obscurité qui précède la lumière
Dans le Dvar Mal’hout, le Rabbi souligne que les enfants d’Israël dévoilent plus que les adultes l’Essence de leur âme. Un enfant Juif n’a nul besoin d’avoir recours à l’intellect, ni même aux sentiments, pour ressentir que D.ieu fait partie de sa Vie. Un enfant ne connait pas les différents Noms divins, il ne connait pas non plus leurs significations profondes. Quand il parle à D.ieu, un enfant dit seulement : Hachem !
Hachem fait partie de sa Vie. Pour un enfant il n’y a pas de différences entre la réalité divine et sa propre réalité ; ces deux réalités ne sont pour lui qu’une seule et même chose.
La prière de ‘Modé-ani’ exprime tout particulièrement ce sentiment de soumission et de reconnaissance. Le Rabbi explique que la première chose que nous faisons à notre réveil après avoir ouvert les yeux est de reconnaitre tout d’abord l’Eternel, car nous disons en premier : ‘Modé’ (‘Reconnais’), et seulement après nous disons ‘ani’ : ‘je’, nous reconnaissons Son existence avant la nôtre.
Le Rabbi nous enseigne que cet état de soumission précède celui du dévoilement, à l’exemple de la lune qui disparait dans le ciel pour renaitre à nouveau, ainsi qu’il a été expliqué. De manière profonde le Rabbi définit le petit point lumineux de la lune comme le ‘point de notre soumission’, car selon un enseignement du Rabbi Rachab, nous devons, tout au long de notre journée, revenir sans cesse à ce ‘point de soumission’, du fait que c’est précisément à partir du sentiment de soumission et d’humilité que nous pouvons grandir et nous élever, tout comme le point lumineux de la lune qui renait dans le ciel le jour de Roch-‘Hodech.
Il est écrit (Chmouel, 1, 20, 18) : ‘Ton absence sera remarquée, ta place étant vide’. Dans ce verset, Yonathan s’adresse à David et lui fait remarquer que son absence à la table du roi ne peut pas passer inaperçue. Si David manque à sa place, le Roi Chaoul s’en rendra compte. C’est précisément parce que David manque à sa place que le Roi se souvient de lui. Le Rabbi nous enseigne que cela est aussi vrai pour la lune le jour de Roch-‘Hodech car c’est après avoir disparue dans le ciel, après avoir ‘manqué à sa place’, que la lune renait et grandit dans le ciel.
Ce principe s’applique à celui de l’obscurité qui précède la Délivrance. La Délivrance ‘manque à sa place’ et c’est précisément ‘parce qu’un Juif ne se trouve pas à sa véritable place, à la table de son Père, sur la terre sainte à Jérusalem, la ville sainte, dans le Beït-Ha- Mikdache, et c’est cette absence précisément qui aura pour effet que l’Eternel se souviendra de lui et le délivrera.’
Résumé
L’Assemblée d’Israël est comparée à la lune. Tout comme la lune reçoit toute sa lumière du soleil, l’Assemblée d’Israël reçoit toute sa lumière du Saint béni soit-Il. Le jour de Roch-Hodech correspond au moment où la lune qui avait disparu dans le ciel réapparait à nouveau sous la forme d’un simple point lumineux. Ce point lumineux de la lune fait allusion au dévoilement de l’Essence de l’âme. En effet, la valeur numérique de רגע המולד (le moment de la naissance de la lune) est la même que la valeur numérique de Machia’h : 358. Le Rabbi dévoile l’Essence de l’âme de chaque Juif. C’est précisément à partir du sentiment de soumission et d’humilité que nous pouvons grandir et nous élever, à l’exemple du point lumineux de la lune qui renait dans le ciel le jour de Roch-‘Hodech.
par hassidout | 11 Nov, 2022 – 17 Heshvan 5783 | MAGAZINE, Paracha, Rav Abergel Yaacov |
‘L’Eternel lui apparut dans les plaines de Mamré, alors qu’il était assis à l’entrée de la tente, dans la chaleur du jour. Il leva les yeux, il vit, et voici trois hommes qui se tenaient debout.’
D’après le sens simple ‘L’Eternel lui apparut’ se rapporte au fait qu’Hachem Se révéla à Avraham après qu’il eut obéi à l’ordre divin de se circoncire. De manière plus profonde, ‘L’Eternel lui apparut’ se rapporte à ‘l’apparition’ (le dévoilement) de l’âme divine dans le corps au moment de la circoncision. En effet, il n’est pas écrit ‘l’Eternel apparut à Avraham’ mais il est écrit que ‘L’Eternel lui apparut’. ‘Lui’ ne désigne pas seulement Avraham mais inclut l’ensemble des enfants d’Israël. De fait, le huitième jour après le jour de la naissance, chaque Juif reçoit au moment de la circoncision, ‘une parcelle véritable de divinité d’En-Haut’ (‘la deuxième âme d’Israël’). L’Alliance avec l’Eternel s’inscrit alors dans la profondeur de sa chair.
Aussi, du fait que le contenu profond de la Paracha Vayéra est celui du dévoilement de l’âme divine dans le corps, le Rabbi établit ici un lien avec la date du 20 Mar-‘Hechvan qui est le jour de l’anniversaire du Rabbi Rachab qui consacra tous les instants de sa Vie à faire de ce monde une demeure pour l’Essence divine. Le Rabbi nous fait d’ailleurs remarquer que la date du 20 Mar-Hechvan évoque Kéter (la Couronne qui surplombe l’enchaînement des mondes) du fait que la première lettre de Kéter est la lettre Kaf dont la valeur numérique est égale à 20 (comme la date de l’anniversaire du Rabbi Rachab). De plus, le mot hébreu עשרים qui désigne le chiffre 20 a pour valeur numérique 620, exactement comme la valeur numérique de Kéter.
Au début de son ouvrage intitulé Bé Chaa ché Hikdimou le Rabbi Rachab nous enseigne que de façon générale le niveau de Kéter correspond à la Volonté de D.ieu de créer les mondes. Mis à part cette définition, le Rabbi rapporte ici que Rabbi Moshé Cordovéro définit le niveau de Kéter comme étant lié à l’Attente. Rabbi Moshé Cordovéro donne l’exemple d’une personne qui, pendant son étude de la Torah, ne parvient pas à saisir la profondeur d’un concept divin élevé. Dans un tel cas, les Sages de la Torah conseillent à cette personne d’interrompre son étude et d’attendre un certain temps. Le temps, qu’avec l’aide de D.ieu, le sens profond du concept se dévoile à son esprit. Plus encore que cela, le Rabbi Rachab ajoute que dans de nombreux endroits les Sages de la Torah mentionnent le rapport qui existe entre le niveau de Kéter et celui du Silence. Dans le Traité Ména’hot (29b) par exemple, il est raconté que lorsque Moché vit la fin tragique de Rabbi Akiba, il s’exclama devant L’Eternel : Est-ce la Torah ? Et est-ce là son salaire ? Et D.ieu lui répondit : Silence ! Ce sont là mes desseins !
A ce sujet, dans le Likouteï Torah (Bé’houkotaï) l’Admour Hazaken nous enseigne que la meilleure attitude à adopter lorsque nous nous trouvons dans une situation qui dépasse notre entendement est de nous taire. Le Rabbi Rachab rapporte encore que Rachi souligne que le niveau de ‘Kéter’ est celui de l’Espoir, et à la lumière de toutes ces explications, le Rabbi Rachab nous enseigne que le niveau de Kéter, bien qu’il dépasse totalement notre entendement ne demeure pas pour autant totalement inaccessible à celui qui sait attendre et espérer. Or, ce principe est applicable à tous les Maîtres de ‘Habad.
Effectivement, Rabbi Yossef-Itz’hak dans le deuxième chapitre de son ouvrage intitulé Likouteï-Dibbourim écrit au sujet de son père le Rabbi Rachab que ‘l’intellect et les sentiments du Rabbi en leur Essence échappent à notre perception et à notre compréhension. Pour ce qui nous concerne, il est dit, à ce propos (‘Haguiga, 13a) : ‘ne recherche pas ce qui t’est inaccessible, n’examine pas ce qui t’est caché. En revanche, ce que nous pouvons percevoir et comprendre, au moins jusqu’à un certain point, c’est son action. On peut donc observer le comportement du Rabbi avec ses disciples, avec ses Hassidim, avec les simples Juifs. En chaque attitude, en chaque mot d’Iguéret-Ha-Kodech, les lettres dans lesquelles il commente le sens de la prière, le service de D.ieu profond qu’elle implique, la sévère mise en garde de ne pas parler pendant la prière, en chaque directive permettant d’acquérir des traits de caractère favorables, est cachée une part de l’Essence, une part de Vie’.
Ainsi, d’une part ‘l’intellect et les sentiments du Rabbi en leur Essence échappent à notre compréhension’, mais d’autre part ‘nous pouvons percevoir et comprendre, au moins jusqu’à un certain point, son action’.
Ce propos concorde avec la définition de Kéter du Rabbi Rachab d’après laquelle le niveau de Kéter ‘dépasse l’entendement de l’homme sans demeurer pour autant inaccessible à celui qui sait attendre et espérer’. De fait, nos espoirs et nos attentes doivent avoir pour but de comprendre les actions du Rabbi, ainsi que le Rabbi Rayats l’a dit lui-même : bien que ‘l’intellect et sentiments du Rabbi en leur Essence échappent à notre perception, son action demeure accessible à notre compréhension’.
Généralement, la ‘Hassidout définit Kéter en disant qu’elle établit le lien entre l’Essence divine qui est au-delà de tous les dévoilements et notre monde qui est limité par l’espace et par le temps. Plus précisément, dans son ouvrage ‘Bé chaa che hikdimou’ (voir chapitre 222), le Rabbi Rachab écrit que c’est l’attribut de ‘Ho’hma-stima, ‘la Sagesse cachée’ du monde spirituel de Kéter qui sert de liaison entre l’Essence divine et les mondes.
La Sagesse cachée du monde de Kéter est la ‘source’ de la Sagesse révélée du monde d’Atsilout. Le Rabbi Rachab compare la Sagesse cachée à l’huile de la Ménorah du Temple et la Sagesse révélée à la lumière de la Ménorah. (ce n’est pas un hasard, l’huile c’est la ‘Hassidout) de la Ménorah du Temple. Ainsi, de même que l’huile est la ‘source’ de la lumière, la Sagesse cachée (l’huile) est la ‘source’ de la Sagesse révélée (la lumière de la Ménorah).
Il est raconté dans le traité Ména’hot que lorsque Moché vit la fin tragique de Rabbi Akiva il en demanda la raison à L’Eternel. L’Eternel lui répondit : ‘Silence !’
Dans son livre’Bé chaa che hikdimou’ (chapitre 196) le Rabbi Rachab explique que le Saint béni soit-Il ne révéla pas à Moché la raison de la fin tragique de Rabbi Akiva car Moché ne pouvait pas avoir accès à la Sagesse cachée du monde de Kéter.
En effet, le début de cette histoire rapporte que Moché demanda à L’Eternel la signification des Couronnes que L’Eternel dessinait sur des lettres de la Torah. L’Eternel répondit à Moché qu’à partir de ces simples Couronnes un Sage du nom de Rabbi Akiva en déduirait des centaines de Hala’hot. Moché demanda alors à rencontrer ce Sage et se trouva aussitôt en sa présence au moment où il donnait un cours de Torah a ses élèves. Moché fut alors totalement dépasser par les connaissances de Rabbi Akiva.
L’image de Moché qui assiste au cours de Torah de Rabbi Akiva s’accorde à l’enseignement du Rabbi selon lequel ‘dans les temps messianiques Machia’h enseignera la partie profonde de la Torah à Moché’. Le nom ‘Akiva’ lui-même évoque notre génération désignée par le Rabbi comme étant ‘la dernière génération de l’exil et la première génération de la Délivrance’. En effet, la racine du nom Akiva est Ekev qui signifie talon comme notre génération qui est elle-même appelée ‘la génération du talon du Machia’h’.
L’histoire de la Guémara nous apprend que Rabbi Akiva connaissait le sens caché des Taguim, c’est-à-dire de ces Couronnes qui coiffent le sommet de certaines lettres de l’alphabet hébreu. Par ailleurs Rabbi Akiva écrivit un Alpha-Beïta dans lequel il dévoila également des enseignements sur la signification profonde des lettres de l’alphabet hébraïque.
La rencontre entre Moché et Rabbi Akiva nous laisse entrevoir que Rabbi Akiva avait une certaine perception de la profondeur de la Torah contrairement à Moché qui selon le Rabbi Rachab ne pouvait pas avoir accès à la Sagesse cachée du monde de Kéter. Cela s’exprime d’ailleurs par le fait que Moché ne comprenait pas la signification des Couronnes que L’Eternel dessinait sur les lettres. Couronne se dit en hébreu Kéter et le fait que Rabbi Akiva percevait la signification des Couronnes apposées sur les lettres fait allusion au fait qu’il avait une perception plus élevée que Moché du monde spirituel de Kéter, et ce n’est que dans les temps messianiques que Moché percevra la profondeur de la Torah car comme le Rabbi l’a déclaré à maintes reprises, dans les temps messianiques Machia’h enseignera la partie profonde de la Torah à Moché. Le dévoilement de la Torah ‘Hadacha représente le dévoilement de la Sagesse cachée de l’Essence de la Torah.
A la lumière de ce qu’il vient d’être dit nous pouvons nous demander ce que le Rabbi sous-entend quand il établit un lien entre la date d’anniversaire du Rabbi Rachab et le monde spirituel de Kéter. Dans son discours intitulé ‘Ve Ata Tètsaveh’ le Rabbi déclare au sujet de son beau-père le Rabbi Rayats que ‘le Rabbi unit les enfants d’Israël avec Or-ein-sof’. De fait, comme ‘la Sagesse cachée de Kéter établit le lien entre l’Essence divine et notre monde, ‘relie Atsmout ein-sof avec les âmes d’Israël’, le Rabbi unit l’Assemblée d’Israël avec le Saint béni soit-Il. De même que Kéter est définie comme la Couronne qui surplombe l’enchaînement des mondes, le Rabbi couronne l’Assemblée d’Israël ; dans ce cas quel rapport existe-t-il entre le Rabbi et la Sagesse cachée du monde de Kéter ? Le Rabbi a-t-il une perception de la Sagesse cachée ?
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Le Rabbi Rayats répond d’une certaine manière à cette question lorsqu’il déclare que le Rabbi procède de l’Essence, mais d’un autre côté le Rabbi Rachab écrit que ce n’est que dans les temps futurs que Machia’h dévoilera l’Essence de la Torah (la Torah ‘Hadacha), à l’Assemblée d’Israël :
‘A présent, toute notre étude de la Torah ne porte seulement que sur la lumière qui se dévoile de la Torah mais ne porte pas sur l’Essence de la Torah, mais dans le futur en revanche, l’Essence divine de la Sagesse cachée se dévoilera dans notre étude (chapitre 225).’
La perfection de l’union entre le Saint béni soit-Il et les enfants d’Israël atteindra donc la perfection avec le don de la Torah ‘Hadacha. Cependant, comme le Rabbi l’écrit dans son discours Vé Atah tètsaveh, le Rabbi unit les enfants d’Israël avec Or ein-sof et dans ce cas peut-on considérer que la Torah du Rabbi fait partie de la Torah ‘Hadacha ?
Afin de nous enseigner la manière dont la profondeur de la Sagesse cachée se dévoile ici-bas, le Rabbi Rachab nous donne l’exemple de l’amour d’un père pour son fils (chapitre 224). Cet amour procède de l’Essence, c’est à dire qu’il ne dépend d’aucune raison générée par l’intellect. Cet amour ne peut donc pas avoir de fin car rien ne peut l’atteindre ainsi qu’il est dit : ‘les eaux nombreuses ne pourront pas éteindre l’amour’.
Aussi, même si cet amour reste caché dans le cœur du père et que celui-ci ne le dévoile pas à son fils, il n’en demeure pas moins que cet amour existe éternellement dans le cœur du père. Le point soulevé par le Rabbi Rachab est que le père dévoile cet amour lorsque son fils ‘tombe à terre’ (ou lorsque son fils ‘se salit’). Dans un tel cas, le père réagit par de la colère et il réprimande son fils. Or, le Rabbi Rachab souligne que ce qui nous paraît être ici de la rigueur n’est en réalité que l’expression de cet amour infini que le père ressent pour son fils.
De fait, il en va de même pour la Sagesse cachée du monde de Kéter car de même que la colère du père cache l’amour le plus profond qu’il ressent pour son fils, l’obscurité de l’exil cache l’amour d’Hachem pour les enfants d’Israël, ainsi que le déclare le Rabbi Rachab ‘Malgré le fait qu’Hachem aime les enfants d’Israël d’un amour qui émane de Son Essence, L’Eternel cache totalement cet amour avec la force de Sa ‘Ho’hmah’.
En effet, le Rabbi Rachab nous enseigne ici que la profondeur de la Sagesse cachée n’est autre que le plaisir de D.ieu (‘Taanoug’). Cependant, bien que le plaisir de D.ieu constitue le plus haut degré de l’enchaînement des mondes, il change d’état et se dévoile ici-bas sous une autre forme (chapitre 224) : ‘le plaisir de D.ieu se transforme en Sagesse’. A l’exemple de l’amour que le père ressent pour son fils qui devient de la colère, le plaisir de D.ieu devient la Sagesse cachée que le Rabbi Rachab définit comme la source de l’obscurité de l’exil.
Ainsi, de même que la colère du père cache l’amour le plus profond, l’obscurité et les épreuves de l’exil (comme le fut par exemple la fin tragique de Rabbi Akiba) cachent l’amour d’Hachem pour Ses enfants. De même que l’amour est l’essence de la colère, le plaisir de D.ieu est l’Essence de Sa Sagesse. L’expression ‘Sagesse cachée’ exprime donc le fait que le plaisir de D.ieu se cache dans Sa Sagesse et par Elle.
Aussi, notre mission consiste précisément à dévoiler ce plaisir caché et le Rabbi Rachab nous recommande que pour y parvenir nous devons faire à présent tout ce qui est en notre pouvoir pour transformer l’obscurité de l’exil et provoquer le dévoilement du Machia’h grâce à notre travail qui consiste à nous renforcer face à l’obscurité qui est en nous-même, à transformer notre âme animale comme quand nous étudions la Torah avec l’acceptation du joug divin, c’est à dire avec une totale soumission même si l’on ne ressent pas l’amour et la crainte de D.ieu d’une manière dévoilée dans le cœur.
Moché ne comprit pas la fin tragique de Rabbi Akiva ; cependant, depuis le dévoilement de la ‘Hassidout par le Baal Chem Tov et par tous les Maitres de ‘Habad qui lui ont succédé, la fin de Rabbi Akiva apparait bien différemment à nos yeux qu’aux yeux de Moché et de sa génération, ainsi qu’aux yeux des générations après lui qui ne connaissaient pas les enseignements de la partie profonde de la Torah.
C’est précisément l’objet de la ‘Hassidout que de nous enseigner à dévoiler la lumière qui se cache dans l’obscurité de l’exil. Le Rabbi définit donc cet exil comme une étape préparatoire au dévoilement du Machia’h car même les aspects de l’existence qui nous semblent négatifs participent en réalité au projet divin de la Délivrance.
A la lumière de tout ce qu’il vient d’être dit nous comprenons la raison pour laquelle le Rabbi établit le lien qui existe entre la date de l’anniversaire du Rabbi Rachab et le monde spirituel de Kéter. Le Rabbi Rachab ainsi que tous les Maîtres de ‘Habad, jusqu’au Rabbi ont tous une perception de la Sagesse cachée du monde spirituel de Kéter car force en est de constater la portée de leurs enseignements et de leurs actions. Le Rabbi tout particulièrement a littéralement transforme la réalité de ce monde et par le fait de s’attacher à lui de manière profonde, chaque Juif dévoilera dans son service divin et dans toutes ses actions l’Essence du plaisir de D.ieu et provoquera de ce fait le dévoilement du Machia’h, dès à présent avec l’aide de D.ieu.
par hassidout | 4 Nov, 2022 – 10 Heshvan 5783 | Hala'ha, MAGAZINE, Paracha, Rav Abergel Yaacov |
‘L’Eternel dit à Avram : Va pour toi, hors de la terre de ton pays natal et de la maison de ton père’ (‘Lè’h-Lé’ha’).
Dans le discours ‘hassidique intitulé ‘Va pour toi…’ (Chabbat Parachat Lè’h-Lé’ha, 5702) le Rabbi Rayats nous enseigne que ‘Lè’h-Lé’ha’ (‘Va pour toi’) signifie de manière profonde : ‘Lè’h lé-atsmé’ha !’ c’est à dire ‘Va jusqu’à la source et la racine de ton âme !
En d’autres termes, ‘Lè’h lé-atsmé’ha !’ signifie’Va jusqu’à toi-même !’ et ‘toi-même’ désigne l’Essence de l’âme Juive.
L’expression ‘Lè’h-Lé’ha’ exprime donc en plus de l’action de marcher, de quitter physiquement l’endroit où l’on se trouve pour se rendre à un autre endroit, l’action de s’élever spirituellement, de quitter un niveau spirituel pour atteindre un niveau qui lui est supérieur et d’après l’explication du Rabbi Rayats, il s’agit d’atteindre le plus haut niveau de l’âme Juive : l’Essence de l’âme.
Aussi, le Rabbi Rayats nous enseigne que l’âme qui s’habille dans le corps est un reflet de l’Essence de l’âme qui est enracinée dans l’Essence divine et qui ne s’habille pas dans le corps. Cependant, le Rabbi Rayats rapporte le verset selon lequel ‘Yaakov est la corde de Son héritage’ (Dévarim, 32, 9), comme une corde dont l’extrémité supérieure est attachée en haut, et l’extrémité inferieure en bas. Et lorsque on agite la partie inférieure de la corde le mouvement se répercute jusqu’à l’extrémité supérieure de la corde. De la même façon lorsque l’on réveille les forces de l’âme qui s’habille dans le corps, c’est à dire lorsque l’on investit les forces de l’intellect, des sentiments et de l’action dans l’étude de la Torah et l’accomplissement des Mitsvoth en étant animé par de la passion et que plus encore, nos prières sont dites avec un cœur enflammé par l’amour de D.ieu, alors dans ce cas, par la profondeur du cœur et par le don de nous-mêmes nous parvenons à l’Essence de notre âme. C’est cela le sens profond de ‘Va jusqu’à toi-même !’. De fait, de même qu’une corde relie deux choses, de même la corde de l’âme unit l’homme qui se trouve ici-bas avec le Saint béni-soit-Il.
Le Rabbi Rayats écrit alors que lorsqu’un Juif parvient à dévoiler la force de l’Essence de l’âme dans la partie de l’âme qui s’habille dans le corps (l’intellect, les sentiments et l’action) alors les actions de cet homme et sa prière ‘inscrivent une empreinte dans le ciel ‘ dont l’effet est de provoquer un dévoilement divin dans ce monde matériel. Aussi, à la lumière de ces enseignements du Rabbi précédent nous comprenons la déclaration du Rabbi dans le Dvar Mal’hout sur notre Paracha selon laquelle ‘les sujets de la Paracha Le’h-Lé’ha expriment le contenu général de toute la Torah et du Judaïsme’.
La Paracha ‘Lèh-Léha’ commence par le premier ordre qu’Avraham, le premier Juif, reçut du Saint béni soit-Il. Cet ordre fut celui de quitter ‘l’endroit de sa naissance, la maison de son père’ et d’aller vers ‘la Terre que Je te montrerai’. Le Rabbi nous fait ici remarquer qu’Avraham dut quitter l’endroit où il se trouvait sans même connaitre l’endroit de sa destination. En effet, Hachem lui ordonna de se rendre vers l’endroit qu’Il lui montrera sans même lui dévoiler le nom de cet endroit. Cette remarque du Rabbi s’accorde à l’un des enseignements que le Rabbi prodigua dans le discours qu’il prononça quand il devint officiellement Rabbi de Loubavitch, poursuivant ainsi l’action de son beau-père, le Rabbi précédent :
‘Un ‘Hassid ne se contente jamais de ce qui a été déjà accompli, et même lorsqu’il a eu accompli le travail que le Rabbi lui a demandé, il doit toujours se demander s’il n’y a pas une mission plus profonde qu’il doit à présent réaliser’.
Un ‘Hassid s’efforce toujours d’aller de profondeur en profondeur, ‘de prodiges en prodiges’, et cette attitude implique forcément de révéler chaque fois des forces de plus en plus élevées, de plus en plus profondes. L’attitude d’un ‘Hassid est donc conforme à la définition de ‘Lèh-Léha’ donnée par le Rabbi Rayats d’après laquelle un Juif doit atteindre l’Essence de son âme (la source et la racine de l’âme).
L’ascension vers la source et la racine de l’âme est un dévoilement supérieur, car lorsque la force de l’Essence de l’âme se dévoile dans les forces de l’âme qui s’habillent dans le corps (l’intellect, les sentiments et l’action) elle élève les pensées, les paroles et les actes au-delà de leurs limites.
Ainsi, ‘Lèh-Léha’ représente l’action de s’élever vers la source et la racine de l’âme et plus un Juif dévoile la force de l’Essence de l’âme dans la partie de l’âme qui s’habille dans le corps plus il élève en même temps ses pensées, ses paroles, ses actions dont le but est de faire ce monde une demeure pour l’Essence divine.
C’est au moment où Avraham s’est circoncis que L’Eternel changea son nom Avram en Avraham, ‘Car tu seras désormais le père de toutes les autres nations’ (‘Av’ signifie père, et ‘Am’ signifie peuple) et ‘la Mitsva de la circoncision donne la force de raffiner les peuples du monde, aussi bien la ‘gachmiout’ que la »Homriout’, et cela au point que le Divin Se dévoile jusque dans les niveaux les plus bas’*.
*Note : la ‘gachmiout’ désigne la réalité. Chaque chose qui possède une longueur, une largeur, un poids et un volume, est ‘gachmi’. A l’opposé, »Homriout’ signifie ‘grossièreté’ et désigne la bassesse d’un homme ou d’une chose qui sont dépourvus de finesse, aucunement liés à des sujets élevés. Ainsi, contrairement à la grossièreté, la ‘gachmiout’ n’est pas par essence une chose qui est mauvaise, mais elle doit cependant être élevée à la Kédoucha.
‘Hachem donna la Terre d’Israël à Avraham pour qu’Avraham et sa génération après lui, fassent d’une terre ‘gachmit’ une demeure pour D.ieu : la Terre d’Israël.
Ce devoir qui incombe aux enfants d’Israël est le sujet même du don de la Torah, car il consiste à établir un lien entre les niveaux supérieurs et spirituels (‘Elionim’) et les niveaux inférieurs et matériels (‘Ta’htonim’).
L’acquisition de la Terre d’Israël par les enfants d’Israël exprime la perfection de la mission qui incombe à chaque Juif d’élever et de purifier la ‘gachmiout’ et la »homriout’ de ce monde matériel afin que celui-ci devienne une demeure pour l’Essence divine, et le Rabbi ajoute que c’est pour cela que la perfection de l’accomplissement des Commandements divins qui ont été données au moment du don de la Torah peut être réalisée précisément sur la Terre d’Israël.
Dès-lors nous comprenons qu’avec l’acquisition de la Terre D’Israël la force fut donnée aux enfants d’Israël pour accomplir les Commandements divins après le don de la Torah.
La Mitsvah de la circoncision d’Avraham et l’acquisition de la Terre d’Israël ont pour même but d’unir l’esprit avec la matière comme pour le don Torah. De même qu’Avraham sanctifia son propre corps en accomplissant sur lui-même la Mitsvah de la Mila, de même il reçut l’ordre de D.ieu de quitter sa terre natale et de se rendre sur la terre de Canaan afin de la sanctifier et de la transformer en ‘Erets-Israël’.
Avec ‘Lè’h-Léha’ commença le travail d’unir le ‘haut’ avec le ‘bas’, ainsi que le Rabbi écrit dans notre Si’ha (Lettre 11) :
‘La Mitsvah de la Mila’ exprime la perfection de ‘faire de ce monde une demeure pour D.ieu’ pour ce qui concerne le corps de l’homme, et ‘la Terre d’Israël’ représente la perfection ‘d’une demeure de D.ieu’ pour ce qui concerne notre mission d’agir dans la part de ce monde matériel qu’il nous est donné de sanctifier.
Le Rabbi nous enseigne que nous recevons chaque jour la Torah de manière nouvelle et que de ce fait nous avons constamment besoin de nous préparer à nous élever à un niveau toujours supérieur au précédent. Or, le Rabbi délivre ici un point essentiel : nous n’avons pas reçu la Terre d’Israël telle qu’elle est dans sa totalité. Sur les dix terres qui la composent nous en avons reçu sept, et ce n’est qu’au moment de la Délivrance finale que le peuple d’Israël recevra en plus des sept terres déjà acquises, les trois terres qui lui manquent : Kini Knizi et Kadmoni’.
Le Rabbi précise que nous recevrons ces trois terres de la part des peuples du monde sans avoir recours à la guerre mais au contraire avec leur bonne volonté. Cependant, la ‘Terre que Je te montrerais’, la Terre d’Israël dans sa totalité est notre héritage depuis ‘l’Alliance entre les morceaux’ qui a été conclue avec Avraham, et tant que nous ne possédons pas toute la Terre d’Israël il nous est impossible d’atteindre la perfection dans le domaine de la Torah et des Mitsvoth.
De manière profonde les trois terres Kini Knizi et Kadmoni correspondent aux trois Mo’hin c’est à dire aux trois forces de l’intellect : ‘Ho’hmah Binah et Daat, et les sept terres que nous possédons déjà à présent correspondent aux sept Midot : ‘Hessed, Gvurah, Tifferet, Netsa’h, Hod, Yessod, Mal’hout.
‘De manière profonde, la conquête des sept terres correspond à notre travail qui consiste à raffiner les sept Midot du cœur et l’acquisition des trois terres de Kini Knizi et Kadmoni correspond à notre travail avec les trois forces de notre intellect. A présent, Israël ne possède que sept terres, car pendant l’exil notre travail consiste essentiellement à raffiner nos Midot et nous utilisons à présent les trois forces de l’intellect essentiellement pour raffiner les Midot. Cependant, dans les temps futurs, le travail avec les Mo’hin consistera à unir les trois forces de notre intellect à l’intellect divin’.
Le travail que l’on accomplit actuellement avec les trois forces de l’intellect se limite à l’action exercée par le cerveau (où résident ces trois forces) sur le cœur. Par exemple, au début du livre du Tanya, l’Admour Hazaken enseigne que le fait de méditer à la grandeur de D.ieu fait naître dans le cœur de l’amour pour D.ieu. C’est pourquoi le Rabbi déclare qu’à présent ‘notre travail consiste essentiellement à raffiner nos Midot et nous utilisons à présent les trois forces de l’intellect essentiellement pour raffiner les Midot’.
L’acquisition des terres de Kini Knizi et Kadmoni, correspond au dévoilement des forces de ‘Habad pour elles-mêmes. Quand l’Assemblée d’Israël possèdera la totalité des dix terres (avec aussi Kini Knizi et Kadmoni : ‘Habad), notre travail avec les trois forces de l’intellect ne se limitera plus à raffiner les Midot car il consistera alors au dévoilement de l’Essence de ces forces, et non plus seulement à l’action qu’elles exercent sur le cœur.
Dans les temps futurs ‘l’esprit d’impureté sera effacé de la terre’. Il n’y aura donc plus besoin d’exercer un travail sur le cœur au moyen des forces de ‘Habad du cerveau, car le cœur de chaque Juif aura atteint la pureté véritable et de ce fait les forces de ‘Habad ne seront employées que ‘pour elles-mêmes’.
Le Rabbi écrit que le dévoilement de la Torah ‘Hadacha est celui de la cinquantième porte de la Connaissance ; plus précisément le Rabbi définit ce dévoilement comme étant celui des ‘Mo’hin de la Torah’ (‘Mohin bé etsem’). Ce dévoilement représente donc la perfection du don de la Torah car il touchera le monde de manière très profonde. Le Rabbi explique dans le Dvar Mal’hout que les noms Kini Knizi et Kadmoni font allusion à la force de ce dévoilement. Ces trois noms commencent tous les trois par la lettre Kouf dont le pied qui descend vers le bas exprime le fait que le dévoilement des ‘Mo’hin de la Torah’ aura un effet sur la Création tout entière puisqu’il touchera aussi notre monde inférieur, ainsi qu’il est écrit : ‘la terre sera remplie de la connaissance de D.ieu comme l’eau recouvre la Mer’.
Le Rabbi nous enseigne que la cinquantième porte de la Connaissance (‘Chaar ha Noun’) est allusionnée ici dans ce verset par le nom :’Mer’, dont la valeur numérique est égale à 50. Ainsi, le dévoilement de la cinquantième porte de la Connaissance est défini ici par le Rabbi comme celui de la ‘Mer’ de la Torah.
Pour décrire la ‘Mer’ de la Torah, le Rabbi rapporte le traité Yébamot (121a) dans lequel les Sages établissent une différence entre une petite étendue d’eau dont on peut voir les 4 bords qui l’entourent, et ‘les eaux qui n’ont pas de fin’ qui désignent une très grande étendue d’eau dont les rivages échappent totalement à notre regard. L’emploi par le Rabbi de l’expression ‘les eaux qui n’ont pas de fin’ vient pour mettre en valeur le fait que le dévoilement de la cinquantième porte de la Connaissance (la Torah ‘Hadacha) est celui de ‘la Mer qui n’a pas de fin’. De fait, c’est au sujet de ce dévoilement que le Saint béni Lui-même dit : ‘Une Torah nouvelle sortira de Moi’, et il s’agit donc d’un dévoilement qui est ‘au-delà de toutes les mesures et de toutes les limites’.
Comme nous l’avons rapporté précédemment, lorsque les enfants d’Israël entendirent les deux premiers des dix Commandements de la ‘bouche’ de L’Eternel ‘leurs âmes s’envolèrent’, et L’Eternel les ramena à la vie avec ‘la rosée de la résurrection des morts’, appelée aussi ‘la rosée de la Torah’. Nous avons également mentionné que le Rabbi précise à ce sujet que le niveau de ‘la rosée de la résurrection des morts’ est celui de la ‘Torah ‘Hadacha’.
D’après le sens simple, grâce à ‘la rosée de la résurrection’ les morts reviendront à la vie et tous connaitront alors la vie éternelle. Mais peut-être que l’une des raisons pour lesquelles la rosée de la résurrection est aussi appelée la rosée de la Torah vient du fait que ‘la Torah que nous étudions à présent est comme ‘rien’ en comparaison à la Torah ‘Hadacha’, et que de ce fait nous pouvons considérer le dévoilement de la Torah ‘Hadacha comme une résurrection car elle donne l’accès à la perception profonde et véritable de D.ieu ainsi qu’il est dit : ‘avec nos yeux et nos oreilles’.
En ce sens, une vie éternelle n’a guère peu de valeur si elle n’a pas de contenu. Or, le contenu profond de la vie des temps futurs c’est précisément la Connaissance de D.ieu, et le dévoilement de la cinquantième porte de la Connaissance est donc l’accession à la Vie véritable. Le Rabbi souligne donc que nous devons dès-à-présent nous préparer à ‘entrer sur la Terre d’Israël’, et comme l’acquisition de la totalité de la Terre d’Israël s’accorde avec le dévoilement de la Torah ‘Hadacha qui comme il a été dit représente la perfection du don de la Torah, nous devons également nous préparer à l’acquisition de la Torah nouvelle par l’intermédiaire du Roi Machia’h.
Du fait que ‘D.ieu Israël et la Torah ne font qu’Un’, cette préparation implique des efforts au-delà de notre nature. C’est précisément cela la signification profonde que nous donne le Rabbi de l’expression Lè’h-Lé’ha. Notre travail habituel consiste à dévoiler les forces dévoilées de notre âme (l’intellect les sentiments et les actes), mais du fait que chacun a conscience de l’existence de ces forces, il n’y a rien de nouveau dans leur emploi. A l’opposé, le véritable ‘Hidouch consiste à dévoiler des forces qui sont si profondes que l’on ignorait leur existence avant de les avoir dévoilées. L’exemple donné par le Rabbi au sujet de ces forces ‘dont on ignorait l’existence’ est celui d’un Juif qui étudie la Torah avec tant de profondeur qu’il finit par trouver ses propres ‘Hidouchim, et le Rabbi déclare que cela exprime véritablement l’action d’aller vers ‘la Terre que Je te montrerai.’
Lè’h-Lé’ha exprime donc l’élévation vers un niveau qui est incomparable au niveau précèdent. De fait, chaque Juif se doit ‘d’aller vers lui-même’, c’est à dire qu’il possède les moyens de dévoiler des forces dont on ignorait l’existence avant de les avoir dévoilées. Le dévoilement de ces forces profondes correspond au dévoilement de l’Essence de l’âme, lequel s’accorde au dévoilement de l’Essence de la Torah et au dévoilement de l’Essence divine, car ‘D.ieu Israël et la Torah ne font qu’Un.’
par hassidout | 28 Oct, 2022 – 3 Heshvan 5783 | MAGAZINE, Paracha, Rav Abergel Yaacov |
Le Nom divin ‘Havayéh’ vient de ‘Hithavout’ : ‘Création’, et désigne la force créatrice au moyen de laquelle l’Eternel crée le monde à partir du néant. Cependant, c’est le Nom divin ‘Elokim’ qui est écrit dans le premier verset de la Torah au sujet de la Création du monde (Béréchit, 1, 1) : ‘Béréchit bara Elokim’ : ‘Au commencement D.ieu (Elokim) créa le ciel et la terre’.
La raison pour laquelle c’est le Nom Elokim qui est mentionné (et non pas le Nom Havayeh) est que ‘Le Nom Havayéh S’habille et Se cache dans le Nom Elokim’, c’est seulement le Nom Elokim qui se dévoile dans les créatures, mais non pas celui de Havayéh (la force créatrice)’.
De fait, le Nom Elokim est venu pour cacher la profondeur de la lumière du Nom Havayeh afin qu’il ne brille qu’un reflet de cette lumière infinie. Ce processus qui consiste à masquer grâce au Nom Elokim la lumière du Nom Havayeh est appelé Tsimtsoum. L’Admour Hazaken déclare dans le Livre du Tanya ‘qu’il n’est dans les possibilités de l’intellect d’aucune créature de comprendre clairement ce processus de dissimulation, de même qu’il ne nous est pas possible de comprendre la Création d’un être en partant de rien’.
Sans le Nom Elokim ce monde limité n’aurait pas pu supporter le seul dévoilement de la lumière infinie du Nom Havayeh. C’est pourquoi il est dit que Havayeh est comme le soleil et Elokim est comme un bouclier qui masque la lumière du soleil, car Havayeh représente la force de dévoilement de la lumière et Elokim représente la force de limitation du dévoilement de cette lumière.
Comme un abat-jour que l’on place sur une lampe pour atténuer l’intensité de sa lumière, le Nom Elokim vient pour atténuer la lumière infinie du Nom Havayeh afin que le monde qui est limité reçoive une lumière qui lui convient, une lumière qui est à sa portée, c’est à dire une lumière limitée.
Le Nom ‘Elokim’ masque la force créatrice du Nom Havayeh au point que nous ne ressentons pas que cette vitalité qui nous anime et anime les mondes provient de D.ieu. Il nous semble alors que nous-mêmes et toute la Création avons une existence autonome et vivons indépendamment de D.ieu.
C’est à ce sujet que la ‘Hassidout souligne que la valeur numérique d’Elokim est la même que celle du mot הטבע : la Nature, car de même que le Nom Havayeh S’habille et Se cache dans le Nom Elokim. Hachem Se cache dans la Nature au point que nous percevons davantage le monde physique que sa dimension spirituelle et profonde, et cela a par exemple comme conséquence le seul désir d’assouvir des plaisirs matériels plutôt que des désirs spirituels.
Dans ce cas, lorsque nous nous efforçons de rechercher le Divin caché, lorsque nos efforts ont pour but de percevoir davantage la dimension spirituelle et profonde de nous-même et de ce monde plutôt que de nous attacher à leurs dimensions physiques et matérielles alors nous dévoilons le Nom Havayeh caché par le Nom Elokim, c’est à dire que nous dévoilons dans ce monde limité (Elokim) le niveau du Divin qui est illimité (Havayeh).
Dans la Paracha Béréchit il est question du monde que D.ieu a créé sans qu’il ne soit question de l’action de l’homme dans le monde. A l’opposé, dans la Paracha Noa’h c’est essentiellement du travail de l’homme dans le monde dont il s’agit et le Rabbi nous enseigne que c’est précisément lorsque l’homme agit dans l’obscurité et dans les limites de ce monde (Elokim) qu’il parvient à dévoiler le Nom d’Havayeh dans le monde, et de ce fait, à élever le monde à un niveau qui est supérieur à celui qu’il avait quand il fut créé.
‘Révéler le Nom Havayéh dans le monde (Elokim’), c’est donc de ‘faire de ce monde matériel (Elokim) une demeure pour L’Essence divine (Havayéh)’, en d’autres termes, de révéler dans les limites de ce monde (Elokim) une lumière illimitée qui est au-delà du monde (Havayeh).
Un des points essentiels parmi les enseignements du Rabbi dans le Dvar Mal’hout sur la Paracha Noa’h est que c’est précisément par notre action dans ce monde matériel que l’on parvient au dévoilement de l’Essence divine.
L’arc en ciel est le symbole de l’Alliance que D.ieu a établi avec Noa’h et évoque la promesse que fit L’Eternel de maintenir le monde en vie éternellement.
Plus profondément, le phénomène naturel de l’arc en ciel incarne la perfection du dévoilement de la lumière d’Havayeh. De fait, l’arc en ciel apparaît au moment où la lumière du soleil se reflète dans les nuages. Or, ces nuages qui donnent la pluie ne proviennent pas du ciel mais de la terre. En effet, le soleil en chauffant l’eau qui est sur la terre provoque son évaporation et la formation de minuscules gouttelettes d’eau qui s’élèvent dans l’air et forment des nuages qui s’épaississent peu à peu et donnent de la pluie.
Le Rabbi nous enseigne que le contenu spirituel du phénomène physique de l’arc en ciel est qu’il symbolise l’action de purifier la matière afin d’y dévoiler la lumière d’Havayeh. Cet enseignement s’accorde donc tout particulièrement au fait que ‘c’est précisément par notre action dans ce monde matériel que l’on parvient au dévoilement de l’Essence divine’.
A l’exemple des nuages qui sont des vapeurs d’eau qui s’élèvent de la terre vers le ciel, les actions de l’homme s’élèvent du haut vers le bas, et comme ces vapeurs d’eau dont la pureté est telle qu’ils reflètent la lumière du soleil, lorsque nous purifions un objet matériel avec lequel nous accomplissons un Commandement divin, nous dévoilons la lumière du Nom divin Havayeh et celle-ci vient se refléter dans cet objet. Dans ce cas l’objet matériel atteint sa dimension véritable car nous y avons introduit de la Sainteté. L’arc en ciel est donc le signe de la possibilité qui nous a été donné de faire de ce monde matériel (Elokim) une demeure pour l’Essence divine (Havayeh).
Le Rabbi nous enseigne que pendant le mois de Tichri notre service divin est animé par un mouvement qui nous élève au-dessus des limites de ce monde. En ce sens, notre service divin pendant le mois de Tichri s’accorde à lumière du Nom Havayeh qui représente le niveau du Divin qui est au-delà de ce monde matériel. A l’opposé, à la fin du mois de Tichri commence notre service divin qui consiste à agir de manière concrète dans ce monde matériel et dévoiler de cette façon la lumière du Nom Havayeh cachée par le Nom Elokim.
Pour se faire cela implique forcément d’examiner de temps en temps notre situation en établissant un bilan moral, spirituel. Il s’agit dans ce cas de parfaire les aspects négatifs de notre comportement. Le Rabbi souligne que lorsque l’on établit un tel bilan et que l’on s’efforce ensuite de corriger concrètement nos pensées nos paroles et nos actes, nos performances n’atteignent pas un niveau supérieur car nos capacités sont elles-mêmes limitées.
Il existe donc une seconde manière d’agir. Celle de se plonger dans la Téfilah et dans l’étude de la Torah. De fait, la lumière de la Torah étant illimitée détient le pouvoir de repousser tous les aspects négatifs de notre vie. Cela s’accorde au principe selon lequel ‘un peu de lumière chasse beaucoup d’obscurité’, et à plus forte raison quand il s’agit de beaucoup de lumière. Cependant, ce bain de Lumière dans lequel se trouve celui qui étudie la Torah et accomplit les Commandements divins n’a pas pour effet de faire disparaître totalement les aspects négatifs de notre personnalité.
En effet, l’ensemble de ces aspects négatifs n’a été que repoussé pendant le temps de notre prière ou celui de notre étude de la Torah, sans que nous ayons examiné chacun de ces aspects en particulier afin de pourvoir nous-mêmes à leur réparation. Le Rabbi préconise donc que la perfection véritable de notre Téchouva consiste à unir ensemble ces deux niveaux.
Nous devons effectivement réparer chaque détail négatif de notre comportement tout en nous élevant en même temps, au niveau supérieur de la Torah et des Mitsvoth. Cette manière d’agir nous permet d’attirer dans chaque détail que nous nous efforçons de corriger, en agissant avec nos forces limitées, la lumière illimitée qui est le fruit de notre prière et de notre étude de la Torah.
On ne parvient donc à transformer les aspects négatifs de notre personnalité que lorsque l’on unit ces deux manières d’agir, c’est à dire lorsque l’on unit notre travail personnel qui est du bas vers le haut (Elokim) avec la lumière divine qui vient du haut vers le bas (Havayeh). On accède de cette façon à une Téchouva supérieure car d’après l’enseignement du Rabbi l’union de ces deux niveaux est l’expression véritable de la révélation du Nom Havayeh dans le Nom Elokim.
Le travail personnel du bas vers le haut (Elokim) nous permet d’agir sur tous les différents aspects négatifs de notre personnalité, et la lumière divine qui descend du haut vers le bas (Havayeh) par le fait de prier et d’étudier la Torah vient parfaire nos efforts en transformant définitivement l’obscurité des éléments négatifs de notre personnalité en lumière.
Dans le Hayom-Yom du 14 Tevet il est écrit au sujet du Chpoler Zeïdé (le Grand-père de Chpola), disciple du Maguid de Mèzeritch, qu’il était un homme animé d’une intense ferveur, infiniment plus que ses amis, les autres disciples du Maguid. Lorsqu’il visita l’Admour Hazaken à Lyadi, en 5569 ou 5570 (1809 ou 1810), il raconta qu’âgé de trois ans, il vit le Baal Chem Tov et déclara à ce sujet : ‘Le Baal Chem Tov posa sa sainte main sur mon cœur et depuis lors j’éprouve une sensation de chaleur’. Le geste d’un Tsaddik, et à plus forte raison le fait de le voir ou d’entendre sa voix, doivent procurer une impression que l’on n’oubliera jamais.
Cette histoire nous laisse imaginer la force de l’union de la lumière divine à nos propres efforts. Lorsque le Baal Chem Tov posa sa sainte main sur le cœur du jeune enfant, il lui laissa une impression que l’enfant ‘n’oublia jamais’.
De la même façon, lorsqu’un homme s’attache à transformer tous les aspects négatifs de sa personnalité, L’Eternel vient poser Sa main sur son cœur pour le purifier, lui procurant ainsi ‘une impression qu’il n’oubliera jamais’. Aussi, avec l’aide de D.ieu’L’Eternel effacera l’esprit d’impureté de la terre et effacera les larmes de tous les visages’, lors de la Délivrance finale très bientôt et de nos jours, avec l’aide d’Hachem.
par hassidout | 21 Oct, 2022 – 26 Tishri 5783 | MAGAZINE, Paracha, Rav Abergel Yaacov |
Peut-être pour nous rappeler l’importance des versets ‘Et c’est nous que Tu as choisis entre tous les peuples et les langues et que Tu as approchés, notre Roi, à ton grand Nom avec amour, pour Te rendre hommage, proclamer Ton Unité et aimer Ton Nom. Béni sois-Tu Eternel, qui choisit Son peuple Israël avec amour’, que nous avons chanté pendant les prières des Fêtes du mois de Tichri, le Rabbi reprend dans le Dvar Mal’hout sur la Paracha Béréchit l’explication de l’Admour Hazaken sur le sens profond de cette déclaration unique des enfants d’Israël au Saint béni soit-Il.
De façon naturelle nous aurions pu penser que le choix de L’Eternel pour les enfants d’Israël s’exprime par le fait qu’Il a donné à chaque Juif une âme qui est ‘véritablement une parcelle de Divinité d’En-haut’, mais le sens du verset est tout autre. D.ieu a choisi le corps des enfants d’Israël car il ne peut y avoir de ‘choix’ entre l’âme d’un Juif et celle d’une personne qui ne l’est pas du fait que par définition un choix ne se fait seulement qu’entre deux choses qui sont absolument identiques, or les âmes des peuples du monde sont totalement différentes de celles du peuple Juif. Le choix d’Hachem s’est donc porte donc sur les corps des enfants d’Israël qui étaient, au départ, identiques à celui des autres peuples.
Quand il s’agit de choisir entre deux choses identiques, la préférence ne dépend pas de l’intellect mais d’un niveau qui le dépasse totalement. C’est pourquoi le Rabbi souligne ici que ce choix provenait de l’Essence divine (laquelle représente un niveau qui est au-delà de l’intellect) car lorsque l’on choisit entre deux choses qui se ressemblent en tout point notre décision ne vient pas de la réflexion et de l’analyse que nous faisons au moyen des forces de notre intellect, mais notre décision provient d’un niveau qui est au-delà de la logique et de la raison. Ainsi, ‘Et c’est nous que Tu as choisis entre tous les peuples’ signifie donc que L’Eternel a choisi le corps des enfants d’Israël.
Le Rav Yossef Weinberg explique ‘qu’Hachem a choisi le corps des enfants d’Israël afin qu’il soit un réceptacle de l’âme, et grâce aux actions que nous accomplissons au moyen du corps (en effet, toutes les actions matérielles des Commandements divins sont réalisées précisément au moyen du corps) un Juif s’unit avec D.ieu’.
Le Rabbi souligne que ‘le monde a été créé pour Israël et pour la Torah’ s’exprime tout particulièrement par les places qu’ils occupent non pas seulement dans les mondes supérieurs mais aussi et surtout par celles qu’ils occupent dans ce monde matériel. C’est à cela que se rapporte le verset ‘Tu nous as choisis entre tous les peuples’. Le fait que L’Eternel ait choisi le corps des enfants d’Israël met en évidence que le corps d’un Juif est différent de celui des peuples du monde, et même s’il s’agit d’un Juif dont l’âme divine est en exil car il n’accomplit pas encore la Torah et les Mitsvoth, il demeure, par son corps, l’élu de D.ieu.
Aussi, bien que la Torah soit au-delà de ce monde, elle atteint sa perfection précisément lorsqu’elle s’habille dans ce monde matériel. Et même si la Torah descend dans ce monde, on peut toujours se rendre compte de sa Sainteté et de sa grandeur.
Dans le même ordre d’idée, le Rabbi souligne que la chose est aussi vraie pour un Juif. Les Juifs font partie intégrante de ce monde matériel, et cela s’exprime tout particulièrement par le fait que le corps d’un Juif est semblable à celui d’un non-Juif. C’est à ce sujet que le Rabbi vient nous expliquer la notion de ‘choix’. Comme il a été dit précédemment, un choix ne peut exister qu’entre deux choses qui sont identiques. Seulement dans ce cas, l’acte de choisir (qui comme on l’a dit dépasse l’intellect et la raison) vient pour faire la différence entre les deux. C’est donc précisément le corps des enfants d’Israël que L’Eternel a choisi, car il est identique à celui des Goyim.
A la lumière de ce qu’il vient d’être dit, il nous est donné de comprendre que même s’il se trouve dans ce monde matériel, en tant que partie intégrante de ce monde, avec un corps identique à celui des autres peuples, il n’en demeure pas moins que L’Eternel a distingué le corps des Juifs parmi ceux de tous les autres peuples.
Il convient ici d’établir un lien entre ce qu’il vient d’être dit et la Si’ha du Rabbi intitulée ‘Le cœur soulève les pieds’ (26 tichri 5738-8 Octobre 1977). Le Rabbi déclare dans cette Si’ha, que ‘le ‘Hassidisme explique que la fonction essentielle d’une route est de relier le coin le plus reculé du royaume, à la capitale, au palais du Roi, et finalement à la chambre privée, la salle du trône du Roi Lui-même. Il en est de même pour le chemin du Juif dans la vie : le long du chemin, sa mission demande qu’il s’investisse dans les choses matérielles, profanes, pour connaitre D.ieu dans toutes ses actions, et dans tous ses chemins. En accomplissant la Volonté de D.ieu, il relie les coins les plus reculés de la Création, même de ce monde, le plus bas de tous, avec la chambre privée du Roi des Rois, le Saint béni soit-Il. L’Action est essentielle et chaque Juif doit aller sur son chemin à l’exemple de notre père Yaakov. Quand il entendit la bonne nouvelle que D.ieu avait assuré sa protection, ‘son cœur fit lever son pied et il alla’, même sur son chemin pour ‘Haran (‘le lieu qui réveille la colère de D.ieu’). Il alla avec la bonne nouvelle de la Torah de Vérité, la Torah de vie qui est un guide pour la vie…Et la force nous est donnée pour l’accomplir’.
‘Relier le coin le plus reculé du royaume à la capitale, au palais du Roi, et finalement à la chambre privée, la salle du trône du Roi Lui-même’, c’est faire de ce monde qui est le plus bas de tous, une demeure pour l’Essence divine. Peut-être est-il possible de dire que le corps est lui-même d’une certaine manière ‘l’endroit le plus reculé du royaume’ car il est comme une ‘prison’ pour l’âme divine, du fait qu’il abrite aussi une âme animale.
Or, le Rabbi souligne que L’Eternel en choisissant le corps des enfants d’Israël a placé le corps d’un Juif à un niveau supérieur : ‘Réchit’. Aussi, le Rabbi écrit que ‘non seulement les enfants d’Israël ne se trouvent nullement sous la domination des autres peuples (pas seulement du point de vue de leurs âmes, mais aussi du point de vue de leurs corps), mais au contraire : même pendant l’exil ils représentent l’essentiel, ‘réchit’, de la Création, et c’est pour eux qu’ont été créés tous les peuples de la terre, et toutes les autres parties du monde…’.
Dans ce cas il est possible d’expliquer que ‘la bonne nouvelle’ que Yaakov entendit, selon laquelle ‘D.ieu avait assuré sa protection’, est liée au fait que ‘L’Eternel a choisi le corps des enfants d’Israël’. En effet, dans un grand nombre de ses discours ‘hassidiques, le Rabbi a enseigné que le corps est l’œuvre de D.ieu qui provient de Son Essence. Bien que d’un côté le corps soit ‘l’endroit le plus reculé du royaume’, car il est comme une prison pour l’âme, d’un autre côté le corps provient de l’Essence divine, et du fait de cette proximité la possibilité nous est donnée de la dévoiler, de faire de nous-même et de ce monde matériel une demeure pour l’Essence divine.
Aussi, à l’exemple de Yaakov qui comprit et ressentit que tout fut créé pour lui dans le but qu’il accomplisse sa mission sacrée, notre cœur doit ‘lever notre pied’ pour faire tout ce qui est en notre pouvoir pour relier ‘l’endroit le plus reculé du royaume’ : les mois ‘profanes’, avec la ‘salle du trône’ : le mois de Tichri. C’est-à-dire que nous devons faire tout ce qui est en notre pouvoir pour attirer la Sainteté dans ce monde profane, afin de provoquer la venue de notre Juste Machia’h très bientôt et de nos jours, avec l’aide de D.ieu.
par hassidout | 30 Sep, 2022 – 5 Tishri 5783 | MAGAZINE, Paracha, Rav Abergel Yaacov |
Les sept jours qui séparent Roch-Ha-Chana de Yom Kippour correspondent aux sept jours de la semaine de l’année entière. Avec l’aide d’Hachem, pendant chacun de ces sept jours nous réparons tous les jours de l’année qui vient de passer. Le lundi des 10 jours de Téchouva nous réparons tous les lundis de l’année passée, le mardi nous réparons tous les mardis de l’année, ainsi de suite pendant tous les autres jours de la semaine…Enfin, pendant le Chabbat Chouva nous réparons tous les Chabbat de toute l’année, avec l’aide dHachem.
Le Chabbat a ceci de particulier qu’en ce jour sacré tous les mondes retournent à leur source, à leur racine céleste. C’est pour cela que le Rabbi souligne dans le Dvar Mal’hout que les lettres de ‘Chabbat’ sont les mêmes que celles de ‘Téchouva’ car ‘Chouva’ signifie ‘Retour’. Le contenu profond du ‘Chabbat Chouva’ met donc en évidence la mission de chaque juif d’agir afin que ce monde matériel ‘retourne’ vers son état spirituel, le niveau du Chabbat. C’est à cela que se rapporte la déclaration de l’Admour Hazaken selon laquelle ‘la mission d’un Juif est de faire du spirituel à partir du matériel’ (Hayom-Yom).
Plus précisément et plus profondément, pendant les 10 jours de Téchouva, chaque Juif fait tout ce qui est en son pouvoir pour atteindre et dévoiler la racine de son âme. C’est précisément le sujet que nous avons étudié dans le Dvar Mal’hout sur la Paracha Lè’h-Lé’ha. En effet, Rabbi Yossef-Itzhak nous a enseigné que ‘Lè’h-Lé’ha’ (‘Va pour toi’) signifie de manière profonde : ‘Lè’h lé-atsmé’ha’ c’est à dire ‘Va jusqu’à toi-même !’ et ‘toi-même’ désigne l’Essence de l’âme.
‘Lè’h-Lé’ha’ exprime l’action d’Avraham de quitter physiquement sa terre natale pour se rendre sur la Terre d’Israël, mais de manière profonde ‘Lè’h-Lé’ha’ exprime l’action de s’élever spirituellement, de quitter un niveau spirituel pour atteindre un niveau qui lui est infiniment supérieur car il s’agit d’atteindre le plus haut niveau de l’âme Juive : l’Essence de l’âme.
Autrement dit, ‘Lè’h-Lé’ha’ exprime la Téchouva de l’âme, son retour vers l’endroit où elle est ‘enracinée dans l’Essence divine’, pour enfin révéler en nous- même sa puissance ; pour faire de nous-même et de ce monde matériel une demeure pour l’Essence divine. Ainsi, tout ce que nous accomplirons pendant les 10 jours de Téchouva connaîtra l’élévation le jour du ‘Chabbat Chouva’, et aura pour effet de réparer tous les jours, et tous les Chabbat, de l’année qui viennent de passer.
Dans le Dvar Mal’hout (page 369) le Rabbi explique que la Paracha Nitsavim fait allusion à l’âme divine telle qu’elle ‘se tient devant l’Eternel’ avant de descendre dans le corps. Puis, par le fait que l’âme s’habille dans le corps et grâce au travail qu’elle accomplit ici-bas dans ce monde, elle connaît une élévation considérable. Cette ascension de l’âme, d’un niveau vers un niveau supérieur (jusqu’à atteindre l’Essence de l’âme), est allusionnée par la Paracha Vayélè’h. De fait, la Paracha Nitsavim évoque l’âme avant sa descente dans le corps et la Paracha Vayéle’h évoque le travail que l’âme dans le corps accomplit dans ce monde. Aussi, ces deux Parachiot ne sont pas sans nous rappeler que ‘toute descente a pour but une élévation considérable, vers un endroit supérieur à celui d’où elle a commencé sa descente’.
Il est écrit (Vayéle’h, 31, 1, 2) : ‘Moché alla et adressa ces paroles à tout Israël. Il leur dit : c’est âgé de 120 ans que je suis aujourd’hui’.
Le Rabbi nous enseigne que ce verset évoque la situation de Moché lorsqu’il parvint à la perfection et au terme de sa mission. En effet, ‘Moché alla’ est une allusion à l’élévation de l’âme de Moché vers la perfection de son service divin. Cependant, ce verset n’est pas sans nous rappeler notre propre mission, car chaque juif possède en lui-même une étincelle de Moché (Tanya, début du chapitre 42). Aussi, du fait que le Rabbi est lui-même le Moché de notre génération et du fait que lorsqu’un juif se tient dans les 4 coudées du Rabbi cela provoque le dévoilement de l’Essence de son âme, il apparait clairement combien il est important de s’attacher profondément au Rabbi.
Il est publié dans les Ma’hzorim de la prière de Roch-Ha-Chana et de Yom Kippour un discours ‘hassidique de l’Admour Hazaken intitulé ‘Ha Kol Kol Yaakov’ (La voix est la voix de Yaakov). Dans ce discours, l’Admour Hazaken nous enseigne que la Tsédaka est le moyen d’attirer et de ‘révéler ‘la Lumière de la Face du Roi’ dans ce monde matériel, et de redonner ainsi la vie à tous les esprits abattus’.
A présent, pendant ce dernier exil, le monde reçoit sa vitalité de ‘Klipat Noga’, et de ce fait sa matérialité nous empêche de voir ‘la Lumière de la Face du Roi’. Or, le fait de donner la Tsédaka consiste à ‘planter une graine’ qui aura le pouvoir de ‘faire pousser’, c’est-à-dire de faire naître dans l’obscurité de ce monde inférieur, ‘la Lumière de la Face du Roi’.
‘La voix est la voix de Yaakov’, ‘Ha Kol Kol Yaakov’, et le nom de ‘Yaakov’ se décompose en ‘Youd-Ekev’. Aussi, l’Admour Hazaken nous enseigne ici que la lettre ‘Youde’ de ‘Yaakov’ représente ‘La lumière de la Face du Roi’ que l’on dévoile à partir de la matière de ce monde inférieur : ‘Ekev’, dans laquelle elle se cache. C’est au moyen de l’attribut de la miséricorde, qui est l’attribut de Yaakov, et par l’accomplissement de La Mitsvah de la Tsédaka que l’on parviendra à dévoiler cette lumière qui n’a pas de fin, ‘la Lumière de la Face du Roi’. L’Admour Hazaken dit dans son discours que cette lumière jaillira de l’obscurité ‘comme un éclair qui sort des nuages épais et obscurs dans lesquels il était caché, pour jaillir et éclairer le monde entier.
Cette image n’est pas sans nous rappeler que la Délivrance finale elle-même surgira de l’exil ‘en un clignement d’œil’, à l’exemple de l’éclair qui jaillit dans le ciel en un instant furtif. Dans ce cas ‘la lumière de la Face du Roi’ illuminera notre âme et ce monde pour un Chabbat éternel, dès-à-présent avec l’aide de D.ieu. En un clignement d’œil.
La ‘Hassidout nous enseigne que le Nom divin ‘Elokim’ correspond au niveau du divin qui s’habille dans ce monde, ainsi qu’il est dit (Béréchit, 1,1) : ‘Au commencement, Elokim créa le ciel et la terre’. A l’opposé, le Nom divin ‘Havayé’ désigne le niveau du divin qui transcende les mondes. A ce sujet, dans le Hayom-Yom du 3 Tichri 5704, ‘Chabbat Chouva’, le Rabbi rapporte un enseignement de l’Admour Hazaken. Pendant le Chabbat Paracha Tavo 5528 (1768), l’Admour Hazaken reçut le Tséma’h Tsédek, et lui raconta que son Maître le Maguid de Mèzeritch donna un commentaire qui commençait par les mots ‘Et tu retourneras jusqu’à L’Eternel (Havayé) ton D.ieu (Eloké’ha)’. (‘Eloké’ha est la contraction de l’expression ‘Elokim chel’ha’: ‘ton D.ieu’)
L’Admour Hazaken expliqua que par sa ‘Téchouva’, c’est-à-dire par son ‘Retour’ (‘Chouva’) vers D.ieu, un Juif doit parvenir à ce que ‘Havayé’ (le niveau du divin qui transcende les mondes), devienne ‘ton D.ieu’, ‘Eloké’ha’.
Or, les mots employés par l’Admour Hazaken pour décrire cette Téchouva sont à peu près identiques à ceux prononcés par Yaakov. En effet, l’Admour Hazaken explique ‘qu’un Juif doit parvenir à ce que ‘Havayé’ soit ‘ton D.ieu’ (‘Eloké’ha’), et Yaakov déclare que ‘l’Eternel (Havayé) sera pour moi D.ieu (Elokim)’.
De fait, le retour de Yaakov à la maison de son père n’est pas sans évoquer le retour de l’âme à sa source. Ce ‘Retour’ représente le dévoilement de l’Essence de l’âme dans les pensées les paroles et les actes d’un Juif. Lorsque la lumière infinie et illimitée de D.ieu (le niveau d’Havayé) descend et se dévoile dans les limites de l’homme, et dans les limites de ce monde (dans le niveau d’Elokim).
L’idée du dévoilement de l’Essence divine est constamment présente dans tous les enseignements de toutes les Parachiot du Dvar Mal’hout. Sur la Paracha Vayéle’h, le Rabbi écrit que ‘le monde est dans une situation de ‘Ma’hloket’ (‘Désaccord’) avec D.ieu’. Le monde est ‘en désaccord’ avec D.ieu, signifie que L’Eternel et le monde semblent être séparés l’Un de l’autre. Ainsi, du fait que L’Eternel Se cache dans le monde, sans S’y dévoiler, il nous semble que le monde est en ‘désaccord’ avec D.ieu.
Le Rabbi nous enseigne que c’est précisément par l’action des enfants d’Israël, que la paix est établie entre le monde et D.ieu. C’est par leur étude de la Torah, et par leur accomplissement des Commandements divins, que les enfants d’Israël révèlent D.ieu dans le monde. Chaque Juif détient la capacité de réconcilier le monde avec D.ieu.
C’est à cela que se rapporte ces propos du Rabbi dans le Dvar Mal’hout :
‘Ils attirent et dévoilent, non pas seulement le niveau de la Torah qui est lié à ce monde, mais aussi le niveau de la Torah qui est au-delà de ce monde, jusqu’à dévoiler le niveau de la Torah qui se trouve dans Son Essence’.
Dans le même ordre d’idée, le Rabbi nous donne une explication du verset (Dévarim, 1, 2) : ‘Onze jours depuis ‘Horev (le Mont Sinaï) par le chemin de la montagne de Séir jusqu’à Kadèche Barnéa’.
Les ’11 jours depuis ‘Horev’ sont une allusion à la Couronne, Kéter, qui surplombe les 10 Séfirot du monde d’Atsilout.
Les enfants d’Israël reçurent les 10 Commandements sur le Mont-Sinaï. C’est le niveau du divin qui est lié à ce monde (et aux 10 Séfirot). Puis Les enfants d’Israël quittèrent le Mont-Sinaï, et les ’11 jours depuis le Mont ‘Horev’ représentent donc l’ascension à partir du niveau du divin qui est lié à ce monde (le Mont ‘Horev) jusqu’au niveau du divin qui est au-delà de ce monde.
L’ascension des enfants d’Israël, ‘pour atteindre un niveau supérieur aux 10 Séfirot, et aux 10 Paroles qui correspondent avec ces 10 Séfirot, et par lesquelles le monde fut créé, jusqu’à atteindre même un niveau qui est au-delà des 10 Commandements, eux-mêmes liés à ces 10 Paroles’.
Ainsi, par leur travail, les enfants d’Israël parviennent au niveau de la Couronne qui surplombe tout l’enchaînement des mondes : ‘Kéter’.
Ce sont donc précisément les âmes d’Israël qui peuvent assouvir le désir de D.ieu de faire de ce monde une demeure pour Son Essence. Chaque Juif détient la capacité d’aller ‘de prodiges en prodiges’, à l’exemple de Moché au sujet duquel il est dit (Vayéle’h, 31, 1) : ‘Moche alla et adressa ces paroles à tout Israël’.
Le chiffre 11 représente en effet l’accession à l’aspect le plus profond du divin. Or, ce n’est que par son attachement au Rabbi qu’un Juif peut atteindre ce niveau. Ce n’est que par son attachement à ses enseignements qu’il peut dépasser l’aspect extérieur de la réalité, pour atteindre la perception du divin qui dépasse cette réalité. Evidemment, notre travail consiste avant tout à nous attacher à la partie révélée de la Torah, tout en dévoilant les forces de la partie révélée de notre âme (dévoiler les forces de notre l’intellect, les sentiments qui naissent dans le cœur, et nos actions qui en découlent).
Mais, le Rabbi nous permet de parvenir à la Couronne qui surplombe l’enchaînement des mondes. Il nous permet d’accéder à l’Essence divine, à la partie profonde de notre âme, à la partie profonde de la Torah. Ce Chabbat Téchouva, est donc celui du retour vers l’Essence de notre âme qui est enracinée dans l’Essence divine. Un retour vers l’Essence de la Torah du Rabbi.
Dès-lors, sans aucun doute nous ferons tout ce qui est en notre pouvoir pour ‘répandre à l’extérieur’ les forces qui nous seront données pendant ce Chabbat, afin de faire totalement don de nous-même pour provoquer la venue de notre Juste Machia’h, très bientôt et de nos jours, avec l’aide de D.ieu.
Un Hassid du Baal-Chem-Tov se rendit quelques temps après le saint jour de Yom Kippour chez son Maître. Il ne comprenait pas ce qui lui arrivait. Pendant le saint jour de Kippour, il avait versé d’abondantes larmes. Il avait regretté amèrement ses fautes, et avait pris la ferme décision d’abandonner toutes fautes, de laisser derrière lui tout ce qui pouvaient devenir un voile qui le sépare du Saint béni soit-Il et de Sa Volonté bénie.
Or, peu de temps après avoir été lavé de tous ses péchés, le ‘Hassid succomba à un désir inspiré par son mauvais penchant. Il se rendit donc chez le Baal-Chem-Tov, et lui fit part de son désarroi. Comment avait-il pu succomber ? Il avait pourtant prié d’un cœur sincère et ses larmes versées pouvaient témoigner en sa faveur, en disant à quel point son intention de faire le bien et de s’éloigner du mal était véritable.
Le Baal-Chem-Tov écouta son Hassid et lui fit la réponse suivante :
‘Certes tu as pleuré le jour de Yom-Kippour ! Tes larmes ont effectivement coulé, mais elles ne sont pourtant pas parvenues à t’empêcher de fauter à nouveau après cela. La raison est simple, tu n’as pas compris que lorsque tu pleurais, c’était un cadeau divin ! Hachem t’a permis de pleurer, Il a ouvert ton cœur, et grâce à cela tu as pu libérer tes larmes, tu as pu pleurer. Sans l’aide du Saint béni soit-Il, ton cœur se serait endurci et tu n’aurais pas pu verser une seule larme ! Au lieu de cela tu as cru être le seul responsable de tes larmes, et tu as ressenti de l’orgueil en te disant que tu as fait une Téchouva sincère, que tu étais parvenu à pleurer au moyen de tes propres forces, et c’est pour cela que, peu de temps après, tu es tombé !
Cette histoire n’est pas sans nous rappeler cet autre enseignement du Baal Chem Tov, selon lequel ‘tout vient de D.ieu, même une feuille fragile qui tombe d’un arbre obéit à l’ordre divin’, et cela est aussi vrai pour une simple larme qui coule.
*Note : en hébreu le mot Niggun (le chant) et le mot Dima (larme) ont la même valeur numérique : 119. Mais le Rabbi nous enseigne que les 10 jours de Téchouva doivent être vécus dans la Joie ; des larmes de Joie ? peut-être..
par hassidout | 4 Sep, 2022 – 8 Elul 5782 | MAGAZINE, Paracha, Rav Abergel Yaacov |
Il est écrit au commencement de notre Paracha (Choftim, 16, 18) : ‘Des juges et des policiers tu placeras pour toi dans toutes tes portes (de tes villes) que L’Eternel ton D.ieu te donne’.
Au sujet de ce verset, Rachi explique que les ‘juges’ sont ceux ‘qui tranchent la loi’, et les ‘policiers’ sont ‘ceux qui ont autorité sur le peuple, pour sévir en cas de besoin ‘avec un bâton et une lanière’ afin de faire accepter au coupable la sentence du juge’.
Dans le Dvar Mal’hout, le Rabbi explique que dans les temps messianiques les ‘juges’ n’auront plus l’occasion d’appliquer la moindre sentence du fait que le mal n’aura plus d’emprise sur l’homme, ainsi qu’il est écrit ‘la mort sera avalée et J’effacerais l’esprit d’impureté de la terre’. Dès-lors, la fonction du ‘juge’ ne sera plus de ‘trancher la loi’ car le mal aura disparu de la terre mais elle sera d’enseigner la Torah. Il en va de même pour le policier car celui-ci n’aura plus d’occasions de ‘sévir pour faire accepter la sentence du juge’ car plus aucune sentence ne sera alors prononcée. Le policier sera donc remplacé par le ‘conseiller’, ainsi qu’il est dit (‘Ychaya’, 1, 26) : ‘Je restaurerai tes juges comme autrefois, tes conseillers comme à l’origine’.
Le Rabbi dit que le ‘conseiller’ est différent du ‘policier’ par le fait que le policier n’agit que par la force alors que le conseiller est beaucoup plus proche de l’homme et sait se mettre à son niveau. De ce fait, dans les temps messianiques, les ‘juges’ enseigneront aux enfants d’Israël des concepts divins très élevés et la fonction des ‘conseillers’ sera alors de mettre ces concepts à leur portée. Le ‘conseiller’ est donc celui qui nous permettra d’intégrer la Torah de manière profonde.
Le Rabbi nous donne une signification plus profonde des ‘juges’ et des ‘conseillers’ que nous devons placer aux ‘portes de nos villes’. De fait, le ‘juge’ correspond aux trois forces de l’intellect : ‘Ho’hmah Binah Daat (‘Habad), et le ‘conseiller’ correspond aux sentiments : ‘Hessed Gvurah Tiféreth Netsa’h Hod Yessod Mal’hout. Enfin, les ‘portes’ de nos villes correspondent aux membres du corps.
Pour comprendre cette explication donnée par le Rabbi, il faut revenir au Livre du ‘Tanya’. En effet, chaque jour l’homme doit mener un combat incessant face à son mauvais penchant, et pour illustrer par un exemple cette guerre qui oppose le bon penchant au mauvais penchant l’Admour Hazaken rapporte dans le livre du ‘Tanya’ l’exemple de deux rois qui combattent pour conquérir une cité. Ces deux rois représentent le bon et le mauvais penchant et la cité qu’ils cherchent à conquérir représente le corps de l’homme.
En effet la Torah compare le corps de l’homme à une ‘petite cité’ et à l’exemple de deux rois qui se battent pour conquérir une cité afin de la gouverner, les deux penchants de l’homme (l’âme divine et l’âme animale) se livrent un combat incessant pour prendre possession du corps par le contrôle des pensées des paroles et des actes de l’homme.
Chacun cherche à imposer sa volonté. Le bon penchant, représente l’impulsion vers le bien, l’accomplissement de la Volonté de D.ieu, alors que le mauvais penchant pousse l’homme à céder à des plaisir vains, grossiers, totalement dénués de divin.
Le Rabbi explique donc que le fait de nommer un juge pour chaque ville exprime de manière profonde l’action d’avoir recours à l’intellect lorsque l’on se trouve dans une situation où nous devons réagir contre les désirs vils et grossiers que nous inspirent notre âme animale et notre mauvais penchant. La force de notre intellect nous permet de juger et de prendre la bonne décision afin de gouverner notre ‘cité’ c’est-à-dire tous les membres de notre corps selon la Volonté divine.
En effet, le Rabbi nous enseigne que le concept de ‘juge’ et de ‘conseiller’ existe en chacun d’entre nous.
Le ‘juge’ correspond aux forces de l’intellect de son âme divine, c’est-à-dire aux 3 forces de ‘Habad, et le ‘conseiller’ correspond aux 6 Midot de son âme divine, les sentiments, enfin les ‘toutes tes portes de tes villes’ correspondent aux membres du corps, conformément à l’enseignement du livre du Tanya, selon lequel le corps de l’homme est comparé à une ‘petite cité’.
A ce sujet, le Rabbi nous enseigne que les ‘portes de la ville’ correspondent aux ‘7 portes de l’homme’ qui sont ses 2 yeux, ses 2 oreilles, ses 2 narines, et sa bouche (2+2+2+1=7).
Par ailleurs le Rabbi précise que ses 2 yeux, ses 2 oreilles, et ses 2 narines, correspondent aux 2 injonctions de la Torah : ‘Fais le bien et éloigne toi du mal’, et le chiffre 2 correspond aussi aux 2 sortes de goût que la bouche peut apprécier, ainsi qu’il est dit (Job, 12, 11) : ‘L’oreille n’apprécie-t-elle pas les paroles tout comme le palais déguste les aliments ?’. L’un est sucré, l’autre est amer, et le Rabbi explique que même le goût amer cache en réalité, de manière profonde, de la douceur (à l’exemple des ‘bontés cachées’). Ainsi, à la lumière de ce qu’il vient d’être dit le Rabbi déclare que, ‘l’étude de la Torah d’un Juif doit le mener à l’action, et doit s’exprimer concrètement dans son comportement, qu’il s’agisse de sa force de voir, ou bien de sa force d’entendre, ou encore de sa faculté de sentir, ou de parler, ou de goûter’.
Dans ce cas, le Rabbi souligne que le cerveau et le cœur ainsi que tous les membres du corps doivent être dominés et dirigés par les ‘juges’ qui sont les ‘Mo’hin ‘de l’âme divine, laquelle est définie comme étant une ‘parcelle véritable de divinité d’en-haut’. Plus encore que cela le Rabbi explique ‘placer des juges et des policiers dans toutes tes portes’, signifie que tous les membres du corps (‘nos villes’) doivent se soumettre totalement aux enseignements divins tels que ceux-ci sont dispensés par le ‘Juge’ que L’Eternel place à la tête de chaque génération, en l’occurrence, le Rabbi. De fait, le Rabbi est celui qui ‘fait descendre dans le cœur de chaque Juif l’amour et la crainte de D.ieu’.
De manière générale seul le Tsaddik parvient à transformer totalement son âme animale, et c’est la raison pour laquelle nous disons qu’un Tsaddik possède une âme vitale et non pas une âme animale. Cependant, le Rabbi nous enseigne que L’Eternel donne à Ses enfants, à tous les enfants d’Israël, le jour du Chabbat, une ‘âme supplémentaire’ grâce à laquelle chacun peut goûter au grand amour de D.ieu. Aussi, tous nos efforts durant la semaine doivent aller dans ce sens, c’est à dire que nous devons faire tout ce qui est en notre pouvoir pour éveiller la force de l’Essence de notre âme, l’âme supplémentaire, même pendant la semaine.
Peut-être pouvons-nous dire ici qu’il y a une allusion à cela dans l’expression : ‘le Roi est dans les champs’. De fait, le corps de l’homme a été formé ‘au moyen de la poussière de la terre sur laquelle allait être construit le Beit Ha Mikdache’ (Rachi), et de ce fait le corps de l’homme peut être allusionné par un ‘champ’. Par ailleurs, le Roi désigne l’Essence divine, et ‘le Roi est dans les champs’ est une allusion au dévoilement de l’Essence divine dans le corps de l’homme, et dans ce monde matériel (qui est aussi comparable à un ‘champ’).
Ainsi, le fait qu’au mois d’Elloul ‘le Roi Se trouve dans les champs’, exprime l’idée que chaque juif peut à tout moment, et avec beaucoup plus de facilité, révéler la force de son ‘âme supplémentaire’, l’Essence de son âme, et parvenir ainsi à ressentir dans son cœur le grand amour de D.ieu.
Le Rabbi déclare que les Maîtres de ‘Habad possèdent la qualité du ‘Juge’, et celle du ‘conseiller’, car leurs enseignements véhiculent la force supérieure de la Torah (le ‘Juge’), mais ils possèdent aussi la force du ‘conseiller’ pour les mettre à la portée de chacun afin qu’ils soient ressentis de manière profonde dans le cœur.
Il nous possible de dire aussi que le ‘Juge’ fait allusion à l’Essence de l’âme Juive qui dépasse et transcende les forces de l’âme qui s’habillent dans le corps, et le ‘conseiller’ fait allusion à la partie de l’âme qui est ‘proche’ de l’homme du fait qu’elle s’habille dans le corps.
Tout l’enseignement du Rabbi dans ce Dvar Mal’hout repose sur l’idée d’intégrer le divin de manière profonde. De ce fait le ‘Juge’ désigne celui qui dispense à chacun d’entre-nous la lumière divine illimitée qui nous dépasse totalement, alors que le ‘conseiller’ représente celui qui sert d’intermédiaire entre D.ieu et l’homme avec toutes ses limites.
Dans cet ordre d’idée, le Rabbi délivre à la fin du Dvar Mal’hout l’enseignement selon lequel le ‘Juge’ qui est placé à la tête de chaque génération est comparé à la pierre fondamentale sur laquelle repose le monde : ‘Even ha Chtia’. Cette comparaison exprime le lien essentiel qui unit le Rabbi avec ses ‘Hassidim. Il est écrit dans le Midrache que ‘le nom du Machia’h est gravé sur la pierre fondamentale’. Or, cette image du nom du Machia’h gravé sur la pierre fondamentale n’est pas sans exprimer le fait que le Rabbi détient la force du ‘conseiller’, de graver dans ‘la pierre la plus dure’, c’est à dire dans l’esprit de celui qui est le plus éloigné de la Torah et des Mitsvoth la Volonté de révéler la Présence du Machia’h.
Le désir du Machia’h doit être gravé dans le cœur de chacun d’entre-nous. Ce désir doit animer nos pensées, nos paroles et nos actes chaque instant de notre Vie. Dès-lors chacun agira au-dessus de toutes les limites et cela aura pour effet qu’Hachem agira à son tour au-delà de toutes les limites et nous délivrera, dès-à-présent ! Avec l’aide d’Hachem !