Dvar-Mal’hout ‘Vayakel-Pekoudei’ – Rav Yaacov Abergel

Dvar-Mal’hout ‘Vayakel-Pekoudei’ – Rav Yaacov Abergel

Dans les Parachiot Troumah et Tétsavé nous avons lu que l’Eternel ordonne à Moché de construire le Michkan, et dans les Parachiot Vayakhel et Pékoudei c’est Moché qui l’ordonne aux enfants d’Israël.

 

 

Le Rabbi nous fait remarquer que la Paracha Ki-Tissa dans laquelle il est raconté le péché du veau d’or sépare les Parachot Troumah et Tetsavé des Parachot Vayakhel et Pékoudei.

De ce fait, nous pouvons nous rendre compte qu’entre l’ordre de D.ieu à Moché et celui de Moché aux enfants d’Israël il y a une chose qui interrompt et perturbe l’ordre divin : le péché du veau d’or. Cependant, juste après que Moché eut ordonné aux enfants d’Israël de construire le Michkan (Paracha Vayakhel), son ordre fut exécuté immédiatement (Paracha Pékoudei).
Le Rabbi tire de cela l’enseignement suivant : bien que le mauvais penchant puisse s’immiscer dans le but de nous empêcher d’accomplir la volonté divine, l’action de Moché réduit à néant son influence malfaisante.

A la lumière de cet enseignement il apparait avec clarté que notre attachement au Rabbi nous permet de briser toutes les limites et de franchir tous les obstacles afin d’atteindre le but de notre mission de faire de ce monde une demeure pour L’Essence divine.

L’ensemble et ses particularités :
Le Rabbi explique dans le Dvar Mal’hout que la Paracha Vayakel met l’accent sur l’Assemblée d’Israël telle qu’elle est dans son ensemble, une unité non-composite : ‘Une grande Assemblée’, au singulier. En revanche, dans la Paracha Pékoudeï, l’accent est mis sur ‘le compte des enfants d’Israël’, c’est à dire sur l’importance de chaque Juif en particulier qui fait partie intégrante de cette ‘grande Assemblée’.

La différence entre le contenu profond de la Paracha Vayakel et celui de la Paracha Pékoudeï peut être comprise grâce à l’explication du Rabbi d’une Michnah de la fin du Traité Kidouchin dans laquelle il est écrit :’J’ai été créé pour servir mon Créateur’ et dans une autre Guirsa du Talmud Babli, il est écrit : ‘Je n’ai été créé que pour servir mon Créateur’.

Le Rabbi explique que lorsqu’il est écrit : ‘Je n’ai été créé que pour servir mon Créateur l’accent est mis sur l’Existence d’Hachem avant même qu’il ne soit question de notre propre existence. D’après cela, lorsque nous méditons au fait que Moché rassemble tout le Peuple pour lui donner l’ordre de construire le Michkan ainsi que cela est mis en évidence dans la Paracha Vayakel nous ressentirons par-dessus-tout ‘qu’il n’y a rien d’autre en dehors de D.ieu’ et que notre existence n’a pour seul but que celui de construire une demeure pour L’Eternel, comme il est écrit : ‘Et vous Me ferez un Sanctuaire’.

En revanche, le Rabbi explique que lorsqu’il est dit ‘Je n’aie été créé que pour servir mon Créateur’ l’accent est mis sur notre propre existence (‘Je n’aie’ ), conformément à l’enseignement selon lequel dans la Paracha Pékoudeï l’importance est mise sur les détails qui constituent un ensemble et non pas l’ensemble lui-même (‘le compte des enfants d’Israël’ et ‘l’énumération de tous les poids de l’offrande du Michkan, en argent et en or et en cuivre, et sont énumérés tous ses accessoires pour tout son service’.

Deux services divins, ‘Vayakel’ et ‘Pékoudeï’ :
Ainsi, le Rabbi nous enseigne que notre service divin qui correspond au contenu profond de ‘Pékoudeï’ consiste à attirer le Divin dans tous les éléments et dans tous les sujets de ce monde matériel (par l’accomplissement des Commandements divins que l’on accomplit au moyen d’objets matériels qui tirent leur vitalité de Klipat Noga, et que l’on sanctifie par le fait de réaliser la Volonté Supérieure du Saint béni soit-Il).
Le travail de Pékoudeï met donc l’accent sur le fait d’agir dans le monde afin d’y dévoiler un niveau du Divin qui s’accorde avec ses limites.
A l’opposé, le Rabbi décrit le travail de ‘Vayakhel’ comme un travail d’élévation : ‘élever tous les sujets de ce monde en y dévoilant le niveau du Divin qui est au-delà du monde’. De fait, le Rabbi souligne que chaque Juif a la possibilité de s’élever et d’élever le monde au-delà des limites au point d’atteindre le niveau de l’Essence divine.

D’une certaine manière nous pouvons expliquer que le niveau de ‘Vayakel’ correspond au niveau de l’Essence de l’âme Juive et que le niveau de ‘Pékoudeï’ représente les quatre degrés de Néfech Roua’h Néchama et ‘Haya du fait que ‘ces quatre catégories de Néfech Roua’h Néchama ‘Haya constituent chacune un degré particulier de l’âme alors que le niveau de l’Essence de l’âme transcende tous les aspects particuliers’.

Dans les notes ajoutées au chapitre 20 de l’ouvrage du Rabbi intitulé ‘Iniana chel Torat Ha ‘Hassidout’ le Rabbi nous enseigne que ‘seule l’Essence divine détient le pouvoir de créer un être physique. Cependant, l’effusion de ce pouvoir essentiel en un être indépendant ne se réalise qu’à travers la Lumière. La Lumière étant l’intermédiaire entre l’Existence ‘Vraie’ (Divine) et l’existence créée. Ainsi, par l’entremise de la Lumière, le pouvoir de l’Essence peut porter à l’existence un objet à partir du véritable néant (Maamar Ye’hayénou, 5694, chapitre 14. Sefer Ha Maamarim 5711, page 39. Voir également Igguéreth Ha Kodech, 20).

De façon similaire, dans le service de D.ieu, bien que la manifestation de l’Essence se produise à travers l’observance active des Mitsvoth, il demeure que l’effusion de l’Essence dans les actes accomplis est tributaire des ressources intérieures humaines (intellectuelles et émotionnelles). C’est pour cette raison que l’amour et la crainte sont appelés ‘les voies de D.ieu’ (Likouteï Si’hot 3, page 956).

‘L’effusion de l’Essence dans les actes accomplis’ représente le dévoilement de l’Essence de l’âme qui ne s’habille pas dans le corps (‘Vayakel’ : le niveau du Divin qui est au-delà du monde) dans les forces de l’âme Néfech Roua’h Néchama et ‘Haya qui sont liées avec le corps (‘Pékoudeï’ : le niveau du Divin qui est lié au monde).

*Notre mission de construire le Michkan implique d’agir dans ce monde avec toutes les forces qui nous ont été données, c’est à dire avec les 10 forces de l’âme qui s’habillent dans le corps : l’intellect, les sentiments et les actions. Ce travail est celui de ‘Pékoudeï’ ainsi qu’il a été expliqué précédemment : Le travail de ‘Pékoudeï ‘met donc l’accent sur le fait d’agir dans le monde et dans tous ses détails et de dévoiler un niveau du Divin qui est lié avec le monde.

*Par ailleurs le Rabbi décrit le travail de ‘Vayakel’ comme un travail d’élévation : ‘élever tous les sujets de ce monde en y dévoilant le niveau du Divin qui est au-delà du monde’.
La prière de ‘Modé Ani’ correspond d’une certaine façon au travail de ‘Vayakel’ car lorsque nous disons cette prière nous mettons en avant que ‘Je n’aie été créé que pour servir mon Créateur’ et l’accent est donc mis, d’abord, sur l’Existence d’Hachem avant même qu’il ne soit question de notre propre existence. Cette prière est le point de départ de notre service divin, le Rabbi l’a décrit comme étant ‘le fondement et le ferment de tout ce que chacun doit accomplir durant toute la journée, dans le domaine de la Torah. On doit dès le réveil considérer en présence de Qui on se tient : devant le suprême Roi des rois, le Saint béni soit-Il, et il convient d’en avoir conscience durant toute occupation ou loisir. C’est là un grand principe de la Torah, de même qu’une immense vertu des Justes qui marchent devant D.ieu, ainsi qu’il est dit : J’ai conscience de la Présence de L’Eternel en face de moi, constamment.

C’est ainsi que la journée entière doit être pénétrée de cette pensée. Tout ceci permet de comprendre le mot prononcé par Rabbi Chalom Dov-Ber de Loubavitch, lorsqu’il était jeune : Il convient, dit-il, de parsemer la journée entière du point qui suit le mot miséricorde (‘Bé Hèmela’) dans le Modé Ani. Il exprimait ainsi l’idée que le dévouement suggéré par le Modé Ani est requis à chaque moment de la journée’.

De fait, l’amour et la crainte d’Hachem désignent nos ‘ressources intérieures’ et dans ce cas ils représentent le travail de ‘Pékoudeï’ lequel s’accorde au sens du verset ‘J’ai été créé pour servir mon Créateur’ où l’accent est mis sur notre propre existence : J’ai : Ani.

Ainsi, dévoiler la force de l’Essence de notre âme qui est enracinée dans l’Essence divine dépend tout d’abord de notre propre travail et de nos propres forces, en exploitant tous les détails de tous les aspects de notre personnalité car ils sont les chemins qui nous conduisent vers D.ieu, vers le dévoilement de Son Essence, au point que celle-ci S’unisse aux forces de notre intellect, à nos sentiments et à nos actes. C’est précisément le contenu profond de la Paracha ‘Vayakel’ qui est celui de la A’hdout (l’Unité).

Vayakel-Pekoudeï : une allusion au prénom ‘Haya-Mouchka :
Il est intéressant de mentionner ici que la date de ce Chabbat est celle de l’anniversaire de la Rabbanite ‘Haya-Mouchka, l’épouse du Rabbi. Nous avons étudié dans le Dvar Mal’hout que le prénom de la Rabbanite ‘Haya-Mouchka est lui-même une allusion à l’union entre l’Essence de l’âme Juive (qui est enracinée dans l’Essence divine) et les forces de l’âme qui s’habillent dans le corps : Néfech Roua’h Néchama et ‘Haya. Dans ce cas le prénom de la Rabbanite, Haya-Mouchka, est lie de manière profonde aux contenus de ‘Vayakel’ et de ‘Pékoudeï’ qui comme il vient d’être expliqué représentent l’Essence de l’âme (‘Vayakel’) et les forces de l’âme (‘Pékoudeï’).
‘Haya désigne la ‘vitalité’ (‘Hayout) et fait donc allusion aux forces de l’âme qui s’habillent dans le corps, et Mouchka (qui est le nom d’un encens) représente l’Essence de l’âme qui ne s’habille pas dans le corps (Ko’hot ha makifim).

‘Des chaussures qui racontent une Vie’ Par le Rav Yaakov Abergel

‘Des chaussures qui racontent une Vie’ Par le Rav Yaakov Abergel

 Pour l’élévation de l’âme d’Esther-Malka Berdah

 

Rav Yaakov Abergel

 

La peinture occupe une place centrale dans ma vie, et ma mère a toujours joué un rôle essentiel dans ma vie de peintre. Une chose qui m’a marquée dans mon parcours, c’est l’attention particulière qu’elle avait pour un tableau de Vincent Van Gogh qui représente ses chaussures. Elle aimait ce tableau, et la connaissant c’était pour moi une évidence.

L’image de ces chaussures parle d’elle-même, raconte, nous raconte la vie du grand peintre. Comme cela peut paraître étonnant, que de simples chaussures vides, posées à même le sol, nous donnent à imaginer la vie de l’artiste. Tous ses efforts, toute sa fatigue, tous les lieux qu’il a traversés tout au long de sa vie. Ces endroits baignés par la pluie, le vent, le soleil et la neige. On l’imagine qui marche sur le chemin à la recherche de l’image de son prochain tableau.

 


Vieux Souliers aux lacets (Van Gogh, 1886)

Les couleurs, les différentes tonalités, le contour de la forme des souliers, l’usure par endroits du cuir, tout vient exprimer l’action de marcher vers un but, les difficultés pour l’atteindre. Et puis en même temps le tableau est tellement bien peint, que l’on a le sentiment que toute la peine, tous les efforts durement ressentis, tout le travail accompli, tout en valait la peine.

Ces chaussures racontent l’effort et la peine endurés, mais en même temps elles expriment la victoire sur l’obscurité. Non, il n’y a rien d’étonnant à ce que ma mère aimait tant ce tableau de Van Gogh, car elle-même avait connu un parcours comparable à celui de cet homme qui donna toute son âme et tout son cœur pour dévoiler la lumière qui existe déjà dans ce monde, et celle qui se cache dans l’obscurité. Ma mère aimait l’art pour cela. À ses yeux l’art fait partie intégrante de la réalité.

Le Rabbi de Loubavitch a écrit que l’artiste est celui qui parvient à débarrasser son regard des contours extérieurs d’un objet pour saisir l’essence de cet objet. Cela est aussi vrai pour le portrait d’une personne. L’artiste véritable ne se contente pas de reproduire l’exactitude des traits d’un visage, car son but est de peindre l’âme de la personne, son caractère, sa sensibilité, le contenu intérieur et profond du modèle.

Cette définition de l’artiste, donnée par le Rabbi, nous apprend à changer notre regard. Nous devons constamment chercher à voir ce que l’on ne voit pas au premier regard. Nous devons constamment chercher à voir l’aspect profond qui se cache dans chaque être vivant, et dans le monde.

Ma mère aimait ces chaussures de Van Gogh car elle percevait la simplicité de cet artiste, son humilité et en même temps sa grandeur. De fait, la grandeur d’un homme vient de sa simplicité, de sa soumission envers D.ieu. L’Admour Hazaken écrit dans le Livre du Tanya que D.ieu ne réside que dans un endroit qui Lui est parfaitement soumis.

Les chaussures usées par les actions de l’homme, par ses efforts pour accomplir et réussir sa vie expriment assez bien la déclaration du Rabbi selon laquelle un homme doit avoir conscience de sa petitesse, et en même temps il doit avoir conscience de la possibilité qui lui est donnée de s’élever.

Cette lumière qui brille par endroits sur le cuir, la peau de l’animal qui a servi à les confectionner, est telle la lumière divine qui illumine l’homme quand il parvient à faire aimer D.ieu à son âme animale. Comme cela a été longuement expliqué par les Maîtres de la Hassidout Habad.

Le combat d’un Juif consiste à raffiner, à purifier, l’âme animale. En d’autres termes à transformer l’obscurité en lumière. À remplacer des désirs grossiers dénués de Divin par le plaisir de l’étude de la Torah et par celui d’accomplir les Commandements divins.

C’est un dur et long combat, mais au terme de celui-ci, le Rabbi nous enseigne, que l’on parvient à la vision du Divin. Notre regard se débarrasse de toutes les impuretés, et nous pouvons voir alors avec nos yeux de chair, la Parole divine qui se cache dans la Création toute entière.

Pour faire plaisir à ma mère, j’ai peint il n’y a pas très longtemps un tableau qui représente mes chaussures. C’est l’un de mes derniers tableaux, que j’ai montré à ma mère peu de temps avant qu’elle ne quitte ce monde, le lendemain du jour de Kippour qui vient de passer.

J’ai donc décidé de me servir de ce tableau pour la couverture de mon prochain livre, que j’ai intitulé : Des couleurs dans les veines. J’ai pensé que cette dernière peinture convient tout à fait au contenu de mon livre. Peut-être aussi parce que je pense à le lui dédier.

Il y a quelques jours, j’ai montré mon tableau à mon ami Ménahem-Mendel Benhamou. Je lui ai aussi montré le tableau de Van Gogh, et je lui ai raconté l’histoire de ma mère et du plaisir qu’elle ressentait en voyant cette image toute simple de ces chaussures toutes simples.

Après m’avoir écouté, et après avoir réfléchi, il m’a dit que mon tableau lui faisait penser au discours Hassidique du Rabbi qui commence par le verset : ‘Et tu ordonneras aux enfants d’Israël de t’apporter de l’huile d’olives concassées pour allumer le Luminaire’.

La signification profonde de ce verset, que nous donne le Rabbi, est que la mission des enfants d’Israël est de dévoiler ‘l’huile de leur âme’, c’est à dire de faire don total d’eux-mêmes, de dédier le meilleur de toutes leurs pensées, de toutes leurs paroles et de toutes leurs actions, afin de faire tout ce qui est en leur pouvoir pour dévoiler le Machia’h et la Guéoulah.

C’est en s’attachant très très profondément au Rabbi que l’on peut y parvenir. Cet attachement est comparé au lien qui unit la tête avec les pieds, et c’est pour cela que le Rabbi nous enseigne que la tête représente le Berger d’Israël, le Rabbi, et que les pieds représentent le peuple d’Israël.

De fait, le Rabbi de Loubavitch souligne que la tête a besoin des pieds pour se rendre d’un endroit à l’autre. Comme les pieds sont importants ! Ils soutiennent le corps tout entier. Alors, imaginez l’importance des chaussures.

J’ai lu quelque part qu’un Hassid du Maguid de Mèzeritch faisait des kilomètres à pied chaque matin, seulement pour voir le Maguid, nouer les lacets de ses chaussures, après qu’il se soit trempé au Mikveh.

L’action de chaque Juif est essentielle, elle détient le pouvoir de provoquer la Délivrance finale. À la lumière de tout ce qui vient d’être dit, vous pouvez comprendre que cette image de ces humbles chaussures, qui plaisait tant à ma mère, dévoile tous ces efforts que l’on doit accomplir pour extraire l’huile, la plus haute lumière de nous-mêmes, afin d’illuminer le monde de la Lumière divine dont il a besoin, afin d’apporter au Rabbi cette Lumière dont il a besoin pour allumer le Luminaire du Temple, et que celui-ci illumine le monde entier.

Cette Lumière que ma mère m’a fait voir, grâce à ses enseignements, grâce à sa simplicité.

 

 

 


Le Baal Chem Tov raconta une histoire extraordinaire sur les anges qui découvrirent dans le Gan Eden des chaussures usées provenant des danses de Sim’hat Torah. Cette histoire révèle la profondeur spirituelle des réjouissances avec la Torah et comment même les objets les plus simples peuvent s’élever vers les mondes supérieurs. Le message est profond : la joie authentique dans le service de D.ieu transcende toutes les frontières entre le matériel et le spirituel.

(D’après un discours du dernier jour de Pessa’h 5733 – selon le ‘Recueil d’histoires avec explications et enseignements dans le service de D.ieu’, p. 29)

Les anges découvrent un mystère au Gan Eden

À Sim’hat Torah, en général, les Juifs se lèvent un peu plus tard que d’habitude en raison des Hakafot et du repas de fête. Mais les anges n’ont pas ce travail, et ils se lèvent à Sim’hat Torah à la même heure que tous les autres jours. Ils veulent réciter leur chant, mais sans les âmes ils ne le peuvent pas, c’est pourquoi ils allèrent honorer le Gan Eden de leur visite.

Et voilà qu’ils trouvent là-bas des objets qu’ils ne connaissent pas : des chaussures et des sandales. Ils furent très étonnés de cela, car ils avaient l’habitude de trouver au Gan Eden des Tsitsit ou des Tefilin, mais pas des chaussures.

L’explication de l’ange Mikhaël

Ils allèrent interroger l’ange Mikhaël, qui leur répondit que c’était sa marchandise. Et il expliqua que cela provenait des danses des enfants d’Israël avec la Torah, et il commença à énumérer les chaussures : celles-ci viennent de Kaminke, celles-là de Mezritch, etc. Par cela, l’ange Mikhaël se vanta devant l’ange Matate, qui noue des couronnes à partir des prières d’Israël, tandis que lui, l’ange Mikhaël, ferait une couronne encore plus belle à partir des chaussures déchirées des danses de Sim’hat Torah.

Pourquoi précisément des chaussures ?

Il faut se demander : quelle est la précision du fait que l’on trouve précisément des chaussures, et non des chapeaux par exemple, sur lesquels se pose la même question – comment un chapeau arrive-t-il au Gan Eden ?

Mais un chapeau a sa place, au moins spirituellement, au Gan Eden, car le chapeau exprime la crainte du Ciel, et de la même manière pour les autres vêtements du corps. La chaussure, en revanche, a pour fonction de protéger des épines et des ronces, et cette fonction n’existe pas dans la spiritualité, car au Gan Eden il n’y a pas d’épines ni de ronces. Le Gan Eden ne tolère pas le mal, « le mal ne séjournera pas chez Toi » (et c’est pour cette raison qu’Adam fut chassé de là après avoir fauté avec le péché de l’arbre de la connaissance). On comprend donc qu’il y a une nouveauté particulière dans le fait que même une chaussure puisse se trouver au Gan Eden.

 

Nasso ‘A la lumière du Dvar Mal’hout’ – Rav Yaacov Abergel

Nasso ‘A la lumière du Dvar Mal’hout’ – Rav Yaacov Abergel

 

 

La réalisation d’un tableau commence par des croquis rapides, des études préparatoires, des ébauches que l’Artiste dessine, réunit dans un carnet de croquis. Au moyen de cet exemple la ‘Hassidout compare la Torah à un ‘carnet de croquis’ dont Hachem s’est servi pour créer les mondes, car de la même façon que ‘D.ieu a regardé dans la Torah avant de créer le monde’ l’Artiste regarde dans son carnet l’ébauche de son œuvre future,

Dans le Dvar Mal’hout sur la Paracha Nasso le Rabbi mentionne le fait que’L’Eternel a regardé dans la Torah avant de créer le monde’ car dans les temps messianiques le dévoilement de la Torah ‘Hadacha donnera naissance à un monde nouveau, ainsi qu’il est dit : ‘Comme ces cieux nouveaux et comme cette terre nouvelle que Je ferai naître dureront devant Moi, ainsi subsisteront votre descendance et votre nom’ (Ychaya, 66, 22).

De fait, le Rabbi explique que les ‘Cieux nouveaux’ et la ‘Terre nouvelle’ que L’Eternel fera naître lors de la Délivrance représentent le dévoilement de la Parole divine qui est à l’origine même de la Création du Ciel, de la Terre, et de tout ce qu’ils contiennent. A présent, durant l’exil, nous ne voyons pas la Parole divine et c’est à ce sujet que l’Admour Hazaken écrit dans le Livre du Tanya :

‘S’il était permis à l’œil de voir et de se rendre compte de la force vitale (la Parole divine) et de la spiritualité contenue dans toute chose créée, et qui prenant leur source dans ‘ce qui émane de la bouche de D.ieu’ et de ‘Son souffle’, y coulent constamment, alors la matérialité de la créature cesserait d’être perçue par nos yeux, celle-ci étant complètement annulée par rapport à la force vitale et la spiritualité qui sont en elle’ (Tanya, Chaar Ha Y’houde vé Ha Emounah, chapitre 3).

Le dévoilement de la Torah ‘Hadacha représente donc le dévoilement de l’Essence divine, comme ce fut le cas lors du Don de la Torah sur le Mont-Sinaï au sujet duquel il est dit : ‘Et tout le peuple vit les Voix’ (Yitro, 20, 15). Lors de la Délivrance ‘La Voix de l’Eternel’ (‘la force vitale et la spiritualité’) qui est pour l’instant cachée nous apparaîtra. Un peu comme si nous disions que le monde tel qu’il est à présent est comme un tableau qui n’est pas signé, alors que dans les temps messianiques l’œuvre divine de la Création portera La signature du Saint béni soit-Il, c’est-à-dire qu’il apparaîtra à nos yeux que ‘toute la Création vient du souffle de Sa bouche’.

Dès-lors, nous pouvons comprendre la déclaration des Sages selon laquelle ‘la Torah que l’homme étudie à l’heure actuelle n’est ‘rien’ (‘hével’) en comparaison à la Torah que nous enseignera le Machia’h’. En effet, l’emploi du mot ‘hével’ met l’accent sur la grandeur de la Torah qui sera dévoilée par le Machia’h, au sujet de laquelle l’Eternel déclare : ‘Une Torah nouvelle sortira de Moi’.
‘La Torah qui sortira de Moi’, désigne l’Essence de la Torah, c’est-à-dire la partie la plus profonde de la Torah. A l’évidence, en comparaison à la vitalité que la ‘Torah nouvelle’ insufflera aux ‘cieux nouveaux’, à la ‘terre nouvelle’ et à toutes les créatures qu’ils contiennent, la vitalité de la Torah que nous étudions aujourd’hui n’est telle qu’un simple et léger souffle.

La ‘Hassidout nous enseigne que dans les temps futurs la terre, aujourd’hui silencieuse, parlera. La terre que tout le monde piétine s’adressera à l’homme et lui demandera s’il a le droit de la piétiner sans qu’il ne prononce des paroles de Torah. La ‘Hassidout nous enseigne que le cerveau doit dominer le cœur et cela implique que l’homme doit dominer les mauvaises pulsions de son cœur afin d’obéir seulement aux désirs de son âme divine. Celle-ci ne désire que D.ieu, Le servir par la prière et les bonnes actions. C’est cette question que la terre posera à l’homme. Elle lui demandera s’il est parvenu à avoir le corps et le cœur purs, car seulement dans ce cas le mérite lui sera donné de se tenir debout sur la terre. C’est à ce sujet que se rapporte le verset selon lequel la pierre des murs et le bois des poutres témoigneront de nos actes et de nos paroles, ainsi qu’il est dit (‘Habakouk, 2, 11) : ‘Oui, la pierre des murs crie contre toi, et le chevron dans la charpente lui donne la réplique… ‘

Il est écrit (Haazinou, 32, 1) : ‘Prêtez l’oreille Cieux, et je parlerais et que la Terre écoute les mots de ma bouche’ :
Moché nomma le Ciel et la Terre comme témoins du service divin des enfants d’Israël. Du fait que ceux-ci vivent éternellement, nul autre qu’eux ne pouvaient aussi bien témoigner que les enfants d’Israël accomplissent la volonté du Saint béni soit-Il tout au long de toutes leurs générations.

Le Rabbi explique la raison profonde du choix de Moché. Dans le sens profond, le Ciel d’un Juif représente sa pensée, les forces de son intellect. La Terre d’un Juif ce sont ses paroles et ses actes. Aussi, quand il étudie la partie révélée et la partie profonde de la Torah, qu’il éveille les forces de son intellect en approfondissant et en comprenant ce qu’il étudie, un juif œuvre et compose le Ciel de son existence. De la même façon, quand il accomplit de manière concrète les commandements divins, il fonde la Terre sur laquelle il se tient.

Quand nous accomplissons une Mitsvah, notre action (la Terre) doit être inspirée et éclairée par une intention profonde (cavana) : le Ciel. Dés-lors nous comprenons que la raison pour laquelle Moché a choisi le Ciel et la Terre pour témoigner de tous nos accomplissements dans notre service divin. Le Ciel et la Terre d’un Juif ne sont pas deux choses distinctes l’une de l’autre. Un acte n’est mis en évidence que lorsqu’il est inspiré par une haute intention, et une intention n’est haute que lorsque sa finalité est de se fondre dans un acte.
Ainsi, au Rabbi de conclure que Moché choisit le Ciel et la Terre afin de nous donner les forces nécessaires pour accomplir notre service divin. Afin de servir D.ieu avec notre émounah la plus pure, au moyen de nos forces les plus profondes. Eveiller la partie la plus secrète de notre âme pour servir D.ieu avec la plus grande soumission. Ce sentiment qui exprime notre plus grand désir, celui de la venue du Machia’h, de la Délivrance et du troisième Temple, peut s’inscrire dans l’image du ciel et la terre.

La terre et le ciel se rejoignent et s’unissent en une ligne que l’on n’aperçoit qu’à une distance éloignée. Cette ligne qui s’appelle ‘l’horizon’ arrête notre regard, l’empêche d’aller plus loin et finit toujours par laisser la place à nos pensées, sur notre vie, ce qu’elle a été, ce qu’elle est et ce qu’elle sera. Le libre choix nous est donné. A nous de choisir et d’imaginer ce que seront nos pensées nos paroles, et nos actes.

Rabbi Yossef-Itz’hak déclara un jour qu’il entendait ‘les pas du Machia’h’. Le Rabbi, à son exemple, agit envers nous pour que nous percevions à notre tour la présence du Machia’h, pour que notre horizon soit le support des pensées qui découlent du côté de la sainteté. Plus précisément pour que ces pensées aient pour but de nous impliquer dans le projet divin. Le Rabbi fait tout ce qui est en son pouvoir pour que notre Ciel (notre étude de la Torah) et notre Terre (nos Mitsvoth) s’unissent en un horizon où l’on voit se profiler la silhouette du Machia’h et du troisième temple. Il sème en notre esprit les graines qui donneront naissance aux pensées qui éveilleront dans nos cœur l’amour et la crainte de D.ieu, lesquels animeront nos actions les plus hautes qui susciteront le désir de D.ieu de provoquer finalement la venue de notre Juste Machia’h.

Ainsi, si nous laissons nos pensées se fondre vers l’horizon que nous trace le Rabbi, il est certain que le Ciel et la Terre témoigneront ensemble devant l’Eternel de la qualité de notre service divin. Dans ce cas rien ne s’opposera davantage à la révélation divine lors de la venue de notre juste Machia’h. Les âmes orphelines retrouveront leur Père qui est dans le ciel, sans qu’Il ne se dissimule davantage derrière Ses nombreux vêtements. Sa pureté brillera pour toujours dans tous les mondes et dans toutes les âmes. Sa lumière resplendira sur la terre dans le ciel et dans la Torah et l’homme découvrira enfin ‘une Terre nouvelle, un Ciel nouveau, une Torah nouvelle’.

L’infini du ciel n’est pas sans évoquer la Sagesse de D.ieu, laquelle est insaisissable. La profondeur des Mers et des Océans n’est pas sans évoquer les secrets qui se cachent dans les mots divins de la Torah. Le Rabbi nous permet de saisir un peu, et de saisir davantage (lorsque nous lui sommes totalement soumis), de cette sagesse infinie divine. Nous voguons, grâce au Rabbi, sur la Mer de la Torah en découvrant la profondeur de ses secrets. Le Maître nous élève vers les hauteurs des cieux de la Torah afin de libérer notre âme divine de ‘tout ce qui l’empêche de voir la lumière de l’En Sof’ (Tanya).

Il nous fait voyager sur cette Terre que nous foulons avec nos pieds et qui ne s’en plaint jamais. Ainsi, lorsque nous parvenons à nous attacher au Rabbi, c’est un Feu de Vie et de Bénédictions que nous faisons descendre du ciel. Par ailleurs, ce qui fait la particularité du Rabbi, c’est que notre soumission à ses enseignements n’exclut pas que le Rabbi attend de chacun d’entre nous d’exprimer ce qui fait notre particularité, ce qui nous différencie les uns des autres. En effet, chaque Juif ‘possède une chose que l’autre ne possède pas’. Aussi, nous devons faire tout ce qui est en notre pouvoir pour exploiter les dons particuliers que l’Eternel nous a donnés. Nous devons exprimer nos propres qualités dans nos actes tout en nous soumettant a la volonté du Rabbi, afin de faire de ce monde une demeure pour l’Essence de D.ieu, et dévoiler enfin la présence de notre Juste Machia’h, maintenant, avec l’aide d’Hachem.

***

Il est écrit dans la Torah que durant le séjour des enfants d’Israël dans le désert, lorsque L’Eternel S’adressait à Moché, Sa Voix ‘sortait du ciel et passait entre les deux chérubins’ (Bamidbar, Nasso, 7, 89), ainsi qu’il est écrit :
‘Et quand Moché venait à la tente d’assignation pour Lui parler (à D.ieu), il entendait La Voix d’au-dessus du couvercle qui était sur l’Arche du témoignage, d’entre les deux chérubins, et Il lui parlait’.

Dans son livre ‘Alpha-Beïta’, le Rav Yom-Tov Lippman nous enseigne que la lettre aleph est justement une allusion à la Voix de L’Eternel qui ‘sortait du ciel et passait entre les deux chérubins’.
En effet, la lettre ‘aleph’ est composée d’un ‘vav’ et de deux ‘youde’ : les deux ‘youde’ représentent les deux chérubins, et le ‘vav’, entre les deux youde, représente la Voix de L’Eternel qui ‘passait entre les deux chérubins’. Ainsi, la lettre ‘aleph’ fait allusion au dévoilement de la Parole divine à Moché, lequel eut ce mérite car il fut ‘l’homme le plus humble parmi tous les hommes’, ainsi que cela est exprimé par la petite taille de la lettre aleph du mot ‘Vayikra’, comme il a été expliqué précédemment au nom de l’Admour Hazaken.

Par ailleurs, le Rabbi précédent, Rabbi Yossef Itz’hak, a raconté que lorsqu’il avait l’âge d’apprendre les lettres de l’alphabet hébraïque, les professeurs avaient alors l’habitude de prendre le porteur d’eau comme exemple pour enseigner la lettre aleph : le bâton de bois (que le porteur d’eau porte sur ses épaules) avec les deux sceaux suspendus, évoque la forme de la lettre ‘aleph’.

Le bâton représente le ‘vav’ du ‘aleph’, et les deux sceaux d’eau représentent les deux ‘youde’ du ‘aleph’.

Il est intéressant que les ‘Hassidim ont choisi le porteur d’eau comme exemple pour enseigner aux enfants la lettre ‘aleph’. Ce choix s’accorde à l’enseignement du Tanya selon lequel ‘l’Eternel ne réside que dans un endroit qui Lui est totalement soumis’.

La simplicité du porteur d’eau n’est pas sans évoquer l’humilité de notre maître Moché, ‘le berger fidèle qui nourrit les enfants d’Israël de émounah (foi)’. A l’image du porteur d’eau qui porte des sceaux sur ses épaules, Moché donne à boire l’eau de la Torah aux enfants d’Israël.

Il est écrit : ‘Vayikra el Moché’, ‘Il appela Moché’. Aussi, nous devons comprendre que ce verset est aussi une allusion au dévoilement de la ‘Voix de D.ieu’ qui aura lieu dans les temps messianiques, par la révélation de la Torah ‘Hadacha. A l’évidence nous devons faire tout ce qui est en notre pouvoir pour provoquer les jours de la Délivrance finale, en ayant à l’esprit l’image de Moché, en nous souvenant par exemple de cette déclaration du Rabbi selon laquelle ‘un juif doit avoir conscience de sa petitesse, et en même temps de la possibilité qu’il a de s’élever’.

Par ailleurs, Rachi explique que l’on pourrait croire que Le son de la Voix de D.ieu que Moché entendait dans la Tente d’assignation était faible, mais le verset dit ‘La Voix’ (avec un article défini). C’est ‘La’ Voix qui parlait avec lui au mont Sinaï, mais quand elle arrivait à l’entrée de la Tente d’assignation, elle s’arrêtait et ne sortait pas à l’extérieur de la Tente. C’était un véritable miracle, la Voix de D.ieu n’était audible qu’à l’intérieur de la Tente.
Le Rabbi nous explique que lorsque l’on se trouve à l’intérieur de la Tente, le dévoilement de D.ieu est si grand que nous n’avons pas d’autre choix que celui d’écouter Sa Voix.
Cependant, le désir du Saint béni soit-Il est de résider dans ce monde matériel, à ‘l’extérieur de la Tente’.
C’est précisément à ‘l’extérieur de la Tente’ que le choix est donné à l’homme, du fait qu’il n’entend pas la Voix de son Père qui est dans le ciel.
Un juif doit donc faire tout ce qui est en son pouvoir pour briser ce silence en faisant résonner La Voix et La volonté de D.ieu dans ce monde (à ‘l’extérieur de la Tente’) en accomplissant Ses Commandements de ‘tout son cœur de toute son âme et de tout son pouvoir’.
Le Rabbi déclara qu’un juif cherche D.ieu comme un fils cherche son père qui s’est caché pour qu’il le trouve. Il ajouta que ‘le plus grave n’est pas en soi de ne pas Le trouver, le plus grave c’est de s’arrêter de Le chercher’.

Bé’houkotaï ‘A la lumière du Dvar Mal’hout’ – Rav Yaacov Abergel

Bé’houkotaï ‘A la lumière du Dvar Mal’hout’ – Rav Yaacov Abergel

 Pour l’élévation de l’âme de Itz’hak Tangi

 

Dans le Livre du Tanya l’Admour Hazaken nous enseigne que le monde est créé par la Parole de D.ieu, par elle Il crée la matière, tous les êtres de la Création et les maintient en vie à chaque instant. Cependant, l’Admour nous enseigne également que la Pensée de D.ieu est aussi créatrice et c’est à ce sujet que L’Eternel dit : ‘Mes Pensées ne sont pas (comme) vos pensées’.

Lorsque L’Eternel Se représente la Création dans Sa pensée alors celle-ci émerge du néant. La Pensée de D.ieu n’est pas comme celle de l’homme car contrairement à la pensée de l’homme qui ne procède que de l’imagination la Pensée de D.ieu n’est pas de l’imagination car la Création commence à exister concrètement avec Sa pensée. Certes, lorsqu’elle émerge de la pensée de D.ieu la Création n’a pas encore atteint son état définitif et d’une certaine manière nous dirons quelle est encore une ‘partie’ de D.ieu, cependant, cette Pensée existe véritablement, concrètement, ainsi qu’il est dit (Tanya, 48) : ‘Par Sa Pensée et par Sa Connaissance, Il connait toutes les créatures, (Sa Pensée) entoure chaque être, de la tête jusqu’en bas, entoure l’intérieur, jusque dans sa dimension la plus profonde’.

L’Admour Hazaken donne l’exemple du globe terrestre et écrit que ‘la Connaissance de D.ieu représente la Vitalité de l’épaisseur du globe terrestre, ce qui le fait exister à partir du Néant’.

La Pensée de D.ieu est donc à la source de la vitalité de ce monde. Elle vitalise la Création, et de ce fait nous pouvons la rattacher à la lumière d’Or Sovev qui est définie comme ‘la lumière qui entoure, qui crée, et qui maintient en vie les mondes sans pour autant pénétrer à l’intérieur de ceux-ci car ils sont limités et ils ne pourraient pas supporter une lumière qui est elle-même illimitée’.

Contrairement à la Pensée, qui demeure au-delà du monde, la Parole de D.ieu est rattachée à la lumière d’Or Mémalé qui est définie comme ‘la lumière qui remplit les mondes, qui s’habille à l’intérieur de ceux-ci’.

Ainsi, de même que chez l’homme la parole ne dévoile qu’un reflet de la pensée, le monde tel qu’il est n’est qu’un reflet de la Pensée de D.ieu, et ce n’est que dans les temps de la Délivrance que la Pensée de D.ieu sera dévoilée dans la Création par l’intermédiaire du Machia’h, avec le dévoilement de la Torah ‘Hadacha.

La différence entre la Parole et la Pensée est la même différence qui existe entre les lettres de la Parole et les lettres de la Pensée.
Les lettres de la Parole sont comme des lettres écrites sur du Parchemin qui sont simplement posées sur le parchemin sans faire Un avec lui.
Les lettres de la Pensée, au contraire, sont comme des lettres que l’on grave dans de la pierre et qui ne font plus qu’Un avec la pierre.

L’exemple des lettres écrites et des lettre gravées nous aide à comprendre que comme ces lettres gravées qui ne font qu’Un avec la pierre, la Pensée de D.ieu fait qu’Un avec Lui, alors que le monde dans lequel nous vivons nous semble avoir une existence indépendante de D.ieu du fait que l’on ne ressent pas Sa Présence, à l’exemple de ces lettres que l’on écrit sur du parchemin et qui sont indépendantes du parchemin car ne font pas Un avec lui. Ainsi le monde des temps messianiques est à l’exemple de ces lettres gravées dans la pierre car le lien entre D.ieu et toute la Création apparaîtra alors à l’évidence. Le monde et tout ce qu’il contient ne feront plus qu’Un avec D.ieu.

Le Rabbi nous enseigne dans le Dvar Mal’hout que l’union des deux Parachiot Béar et Bé’houkotai exprime le dévoilement de l’Essence divine dans la Création. Cet enseignement est fondé à partir de la question posée par les Sages au début du cinquième chapitre des Pirkeï-Avot : ‘Le monde a été créé par 10 paroles. Pourquoi ces 10 paroles ? Une seule parole n’aurait-elle pas été suffisante ?
Le Rabbi répond à cette question en rapportant l’enseignement du Ramban selon lequel : ‘la matière première du monde, et pas plus, a été créée en une ‘seule parole’, alors que toutes les formes des êtres, avec tous leurs détails ont été créés au moyen de ‘dix paroles’.

De fait, le Rabbi nous enseigne ‘qu’une seule parole’ désigne la force, qui n’appartient qu’à D.ieu de créer l’existence à partir du néant (‘Yèch mi Aïn’), et que ‘les ’10 paroles’ désignent la pluralité qui caractérise le monde’.

‘Une seule parole’ met donc l’accent sur le fait que tout provient de D.ieu et que tout Lui est parfaitement soumis, et c’est la raison pour laquelle le Rabbi associe cette ‘seule parole’ à la partie de la Torah qui est au-delà du monde et qui ‘ne fait qu’Un avec le Créateur.

A l’opposé, ‘les 10 paroles’ représentent la Torah telle qu’elle descend dans le monde et s’habille dans les 613 Mitsvoth (cela s’accorde avec le fait que les 613 Mitsvoth correspondent aux 613 membres du corps).

Le Rabbi approfondit le sens ‘d’une seule parole’ et celui de ’10 paroles’ :
La Paracha Béar évoque le Mont-Sinaï, et correspond aux ’10 paroles’ car ‘la montagne’ exprime l’élévation d’un niveau vers un niveau supérieur, et de ce fait elle n’est pas sans évoquer la pluralité et les différences qui existent dans le monde (comme la Torah telle qu’elle s’habille dans le monde matériel).

La Paracha Bé’houkotaï évoque ‘la seule parole’. Le nom hébreu ‘Hakika qui est apparenté au nom Bé’houkotaï désigne l’action de graver, comme les lettres que D.ieu grava de ‘Son doigt’ sur les Tables de l’Alliance. Les lettres de D.ieu sont unies à la matière du lien le plus profond. Une lettre que l’on grave dans la pierre ne fait plus qu’un avec elle. La pierre se fond dans la lettre, et la lettre se fond dans la pierre. Aussi, les Lettres divines gravées dans les tables désignent la partie de la Torah qui est au-delà du monde et ne fait qu’Un avec le Saint béni soit-Il. C’est pourquoi la Paracha Bé’houkotaï fait allusion à l’Essence de la Torah, la ‘Hassidout, et correspond à une ‘seule parole’.

L’union des Parachiot Béar et Bé’houkotaï exprime l’idée que nous devons faire tout ce qui est en notre pouvoir pour faire de ce monde matériel (’10 paroles’) une demeure pour l’Essence divine (‘Une seule parole’). C’est-à-dire révéler de manière véritable, la force de l’Essence divine de manière qu’elle pénètre et ne fasse plus qu’Un, avec le corps du monde physique et de l’homme.

Le Rabbi souligne que la Fête de Pessa’h évoque ‘Une seule parole’, car elle célèbre la révélation du Saint béni soit-Il Lui-même au sein du peuple juif, et le compte du Omer qui commence au lendemain de Pessa’h représente ‘les 10 paroles’ car il consiste à réparer, à illuminer et à transformer tous les aspects de l’âme animale, à transformer l’obscurité de ce monde dans toute sa pluralité.

Dans cet ordre d’idée, le Rabbi nous explique que la Paracha Bamidbar, laquelle succède aux Parachiot Behar-Be’houkotai et précède le jour de Chavouot, n’est pas sans évoquer les moyens nécessaires pour parvenir à faire de ce monde une demeure pour l’Essence divine. ‘Bamidbar’ signifie ‘Désert’.
Du fait qu’il est inhabitable, le désert représente un endroit qui n’a rien à voir avec l’homme. C’est pourquoi le Rabbi le compare à la partie de la Torah ‘qui n’a rien à voir avec l’homme’, c’est-à-dire la partie de la Torah qui ‘ne fait qu’Un avec D.ieu’ et qui de ce fait est au-delà du monde.

Le désert symbolise la soumission la plus totale, il est ‘comme la terre que tout le monde piétine et qui malgré cela ne se plaint jamais’. A son exemple, grâce à notre soumission nous aurons le mérite de provoquer le dévoilement de la Pensée de D.ieu dans la Création car comme l’a déclaré l’Admour Hazaken : ‘L’Eternel ne réside que dans un endroit qui Lui est parfaitement soumis’.

A l’évidence c’est par notre attachement au Rabbi que ce mérite se concrétisera et dès à présent il est bien de nous attacher à ce que le Rabbi a déclaré au moment de Pourim : ‘Concrètement, il faut diffuser avec encore plus de force l’importance d’une seule action, d’une seule pensée. Chacun doit prendre conscience de son caractère fondamental, car elle peut apporter le salut au monde entier, conformément à la décision hala’hique du Rambam. Cette idée revêt la plus haute importance et il est donc judicieux, chaque fois que des Juifs se réunissent, de faire la proclamation suivante : ‘Ecoutez bien ! Si chacun d’entre vous introduit une action de plus, si trois personnes le font, il sera possible de conclure l’exil et d’obtenir la Délivrance véritable et complète (chacun doit inviter les autres à l’action)’, très bientôt et de nos jours avec l’aide de D.ieu.

11 Nissan et Chabbat Ha Gadol-Paracha Metsora à la lumière du Dvar Malhout’ par le Rav Y. Abergel

11 Nissan et Chabbat Ha Gadol-Paracha Metsora à la lumière du Dvar Malhout’ par le Rav Y. Abergel

 

L’Anniversaire du Rabbi 

‘Quand il naquit toute la maison s’est emplit de lumière (Sotah, 12a)’
Le jour d’un anniversaire est un jour de joie car il rappelle le jour de la naissance, lorsqu’ une nouvelle âme naît dans ce monde, et qu’alors peut commencer le début du service divin. De fait, chaque Juif, le jour de son anniversaire, se doit de méditer à la promesse qu’il fit à l’Eternel avant de descendre dans ce monde : ‘Sois un Juste et ne sois pas un méchant, et même si tout le monde te dit que tu es un Juste, tu seras à tes yeux comme un méchant’.
La ‘Hassidout souligne qu’au moment de cette promesse, l’Eternel rassasie l’âme des forces dont elle aura besoin pour assumer sa mission, mais il est évident que l’homme doit faire tout ce qui est en son pouvoir pour ‘nourrir’ son âme tout au long de son existence. Aussi, l’étude de la ‘Hassidout est indispensable à chaque juif pour mener la mission qui lui est confiée de faire de ce monde matériel une demeure spirituelle pour D.ieu.
Il apparaît à l’évidence que le jour de l’anniversaire d’un Juste est un jour particulièrement lumineux, car le monde et l’Assemblée d’Israël reposent sur ce Juste, et ‘le Juste est le fondement du monde’.

Rachi écrit au sujet de la naissance de Moché (Chemoth 2, 2) que ‘quand il naquit toute la maison s’emplit de lumière’ (Sotah, 12a).

La ‘maison’ qui ‘s’emplit de lumière’ ne désigne pas seulement la maison où Moché naquit, mais elle représente aussi la ‘maison d’Israël’ car Moché éclaire tous les enfants d’Israël. Il est lui-même la ‘tête’ et les enfants d’Israël sont les ‘pieds’ de Moché. Comme la tête dirige et illumine chaque membre du corps, à chaque génération il y a un Moché qui guide et illumine l’âme du Peuple d’Israël. Aussi, le jour de la venue du Machia’h, très bientôt et de nos jours avec l’aide D.ieu, est une naissance, car en ce jour le monde entier s’emplira de lumière, ainsi qu’il est dit (Iguéreth HaKodech du Rabbi Yossef Itz’hak, lettre 274) :

‘Sais-tu qui est le Machia’h ? C’est celui qui révèlera l’enseignement caché de la Torah dans toute sa profondeur, de sorte que tous en ressentent la clarté.’
Par ailleurs, l’Admour Haemtsaeï écrit au sujet du Machia’h (Droucheï ‘Hatouna, Tome 2, page 522) :

‘Il agira pour celui qui l’attend’, c’est-à-dire que le Machia’h révèlera le plaisir infini à ceux qui l’attendent et souhaîtent sa venue, ainsi qu’il est dit : ‘S’il tarde, sois patient’. Cette attente doit s’emplir d’espoir en sa venue ainsi qu’il est écrit : ‘Voici, c’est notre D.ieu, nous avons placé notre espoir en Lui’ et ‘notre âme l’attend’. On évoque également ‘Ceux qui placent leur espoir en D.ieu’.

‘Machia’h agira pour celui qui l’attend’ ne signifie pas (seulement) que nous devons être patients. Bien au contraire, nous devons aussi être impatients. En effet, l’Admour-Haemtsaeï définit ici l’attente comme un désir. Certes, l’attente inclut en elle ‘l’espoir de sa venue’, mais ce qu’elle exprime par-dessus tout c’est le ‘désir de sa venue’, lequel est en fait l’expression du lien le plus profond de l’âme juive avec D.ieu : ‘Kécher atsmi’ : le niveau de Yé’hida.
A la lumière de ce qu’il vient d’être dit, le verset que rapporte Rachi au sujet de la naissance de Moché : (Chemoth 2, 2)’Quand il naquit toute la maison s’emplit de lumière’ (Sotah, 12a) peut être expliqué de la manière suivante.

‘Quand il naquit’, la naissance de Moché, peut tout aussi bien faire allusion à la naissance du Rabbi, qui est lui-même l’équivalent de Moché dans notre génération (‘Hitpachtouta dé Moché’).

Le Rabbi représente l’Essence de l’âme d’Israël, car son âme est une âme collective, et il possède de ce fait la force de révéler l’Essence de l’âme de chaque Juif. Or, du fait que l’âme est comparable à une maison (l’Eternel déclare en effet : ‘Faites-Moi un sanctuaire et Je résiderais parmi vous’, et la ‘Hassidout explique que le ‘sanctuaire’ n’est autre que notre âme), nous pouvons expliquer que ‘Quand il naquit toute la maison s’emplit de lumière’ est une allusion à la Lumière de l’Essence de l’âme qui se révèle dans le corps.

La ‘maison’ désigne en fait la partie de l’âme qui s’habille dans le corps, et ‘Quand il naquit’ est une allusion à la naissance du Rabbi, laquelle représente la révélation de l’Essence de l’âme de chaque Juif.

Dans son discours intitulé ‘Vé Ata Tétsavé’, le Rabbi explique que le niveau supérieur de la révélation de Yé’hida, l’Essence de l’âme, est atteint lorsque la Lumière de l’Essence divine s’unit véritablement aux forces de l’âme (l’intellect et les sentiments). Dans ce cas, le caractère divin et immuable qui ne change pas, ainsi que dit L’Eternel : ‘Je n’ai pas changé’, s’unit aux forces limitées de l’âme qui s’habillent dans le corps (l’intellect, les émotions, la vie du corps).

L’homme parvient alors à la perception véritable du divin. L’infini divin s’unit aux forces limitées de son âme. Telle est la mission du Rabbi. Il est celui qui permet l’union de l’infini avec le fini. Celui par l’intermédiaire de qui, l’âme d’un juif devient un feu perpétuel, car il unit l’Essence de l’âme avec l’âme qui s’habille dans le corps.

C’est cela ‘la maison qui s’emplit de lumière’, lorsque la Lumière de l’Essence divine éclaire l’âme et le corps d’un Juif.
Ainsi, c’est peut-être au sujet de cette union que l’Admour Haemtsaeï déclare que ‘le Machia’h révèlera le plaisir infini à ceux qui l’attendent et souhaitent sa venue’, car le plaisir dont il est ici question n’est autre que celui de la révélation de l’Essence de l’âme, ‘l’infini divin’, dans le corps (‘la maison’)
Dès-lors, il est aisé de réaliser l’importance de ce jour du 11 Nissan, lequel précède notre sortie de l’Egypte et de toutes les limites de ce monde matériel, le soir du Séder. Ce jour contient la force de l’Essence divine, le ‘plaisir infini’, qui est sur le point de se dévoiler, avec l’aide de D.ieu, de manière véritable avec la venue de notre Juste Machia’h, lors de la délivrance finale.

Le Maharal de Prague nous a enseigné que le Machia’h est appelé ‘le lépreux’, car de même que ceux qui sont atteints par la lèpre sont séparés du reste du monde, le Machia’h est lui-même séparé du monde matériel. Il est intéressant d’établir la comparaison avec le Rabbi qui d’un côté est séparé de ce monde matériel du fait qu’il étudie constamment la Torah, mais d’un autre côté il demeure proche de chaque Juif et agit constamment dans ce monde matériel. Cette qualité procède de l’Essence divine car elle-seule est capable d’unir deux choses opposées.

De fait, le Rabbi unit ‘Or ein-sof ‘avec les enfants d’Israël :
Dans le Séfer-ha-Si’hot (5752, ‘Hélek Alef, page 106), le Rabbi écrit que ‘le Machia’h représente l’union entre Ban et Mah car d’un côté il est un homme de chair et de sang (Ban) et d’un côté il est comme le Saint béni soit-Il (Mah) car il est l’envoyé du Saint-béni-soit-Il et ‘l’envoyé est vraiment considéré comme celui qui l’envoie ».

A l’évidence, l’exemple du Rabbi est l’expression du lien de l’esprit avec la matière. Il est celui qui enseigne la ‘Torah ‘Hadacha’, ‘l’Essence de la Torah », dont le pouvoir est d’apporter la plus grande chaleur à la froideur de l’intellect.

C’est grâce aux enseignements du Rabbi qu’un homme éveille sa perception du Divin et qu’il parvient à voir et à ressentir la spiritualité qui vit en lui-même et dans ce monde matériel. Le Rabbi parvient à unir l’âme de la Torah au corps des enfants d’Israël car il est celui qui élève nos perceptions et nos sensations, vers la sensibilité du Divin.

Aussi, du fait que le Rabbi est uni à chaque Juif, le jour de son anniversaire est du même coup l’anniversaire de chaque Juif, et chacun peut ressentir en ce jour la joie, unique, d’être lié au Rabbi, et par son intermédiaire d’être uni à D.ieu, comme un fils est uni à son père.

Chabbat Ha Gadol 

Dans le Dvar Mal’hout (Paracha Tsav), le Rabbi déclare que le contenu profond du mois de Nissan est celui de la Délivrance. Ce mois est le mois de la fête de Pessa’h ‘le temps de notre liberté’ et cela s’exprime plus particulièrement pendant le Chabbat avant Pessa’h, Chabbat Ha Gadol.
L’Admour Hazaken rapporte dans son Choul’hane Aroukh le miracle qui fut à l’origine de ce nom : le Grand Chabbat.

Les Egyptiens qui furent avertis par les Juifs que l’Eternel s’apprêtait à frapper l’Egypte de la plaie des premiers-nés allèrent se plaindre à Pharaon de son refus de laisser partir les enfants d’Israël. Pharaon demeura insensible à cette plainte et les premiers-nés d’Egypte entreprirent alors une guerre contre son armée. Parmi les nombreux égyptiens qui furent tués, il y avait ceux qui commirent des atrocités aux enfants d’Israël. Le Rabbi explique que la raison pour laquelle cette guerre fut appelée grand miracle et aussi le début des miracles de la Délivrance est qu’elle résulte d’un très haut dévoilement divin qui est lui-même allusionné par la lettre Kouf du mot Tsaddik.

Le pied de la lettre Kouf descend très bas et évoque donc de ce fait la force de l’Essence divine qui, Elle seule, a le pouvoir de descendre ici-bas pour transformer l’obscurité de l’exil en un réceptacle capable de recevoir les lumières les plus élevées. Plus encore, au sujet de la lettre Tsaddik, le Rabbi rapporte le Téhilim 90 (’90’ comme la valeur numérique de la lettre Tsaddik), dans lequel il est dit (90, 17) : ‘Que le plaisir de mon Maître notre D.ieu soit avec nous, établis pour nous l’action de nos mains, et que l’accomplissement de nos mains soit établi’.

Selon le Midrach les versets de ce Téhilim furent rédigés par Moché et le Roi David les intégra dans son livre. Après avoir édifié le Michkan (le Temple portatif), Moché pria afin que l’Eternel S’y révèle. Rachi explique que Moché dit deux fois ‘établis l’action de nos mains’ :
Une fois pour implorer D.ieu de Se révéler dans le Michkan, et une fois pour révéler Sa grande Lumière infinie dans les actes du Peuple d’Israël.
Le Rabbi souligne que l’action de Moché détient le pouvoir d’attirer la lumière d’Or-Sovev (la lumière qui entoure les mondes) afin que celle-ci Se dévoile et réside dans le Michkan.
C’est aussi l’action de Moché qui permet à la lumière d’Or-Sovev de se révéler dans le monde et dans les actions des enfants d’Israël.

De fait, Moché est l’intermédiaire qui unit les enfants d’Israël avec le Saint béni soit-il. D’un côté, il est celui qui reçoit les plus hauts Dévoilements divins et d’un autre côté il est celui qui transmet ces Dévoilements aux enfants d’Israël.

Il est essentiel de comprendre que tous les bienfaits matériels et spirituels nous parviennent de D.ieu par l’intermédiaire de Moché. Aussi, en ces derniers moments de l’exil, nous devons réaliser que la réussite de toutes nos actions dépend de la valeur que nous donnons à notre attachement au Moché de notre génération, le Rabbi.

Parachat Metsora

L’un des points essentiels de l’enseignement de la ‘Hassidout sur la lèpre, est que, bien qu’elle soit fixée par la Torah et par l’intermédiaire des Cohanim comme un signe d’impureté, la lèpre cache en réalité une très grande lumière. Le Rabbi rapporte à ce sujet l’enseignement de son père, Rabbi Lévi-Itz’hak, selon lequel la valeur numérique de l’expression Ha Metsora, le lépreux, est égale à 411, comme la valeur numérique du nom ‘Tohou’ dont les lumières sont d’une très grande puissance.
Dans le même ordre d’idée, la ‘Hassidout nous enseigne que les lettres de Néga, ‘la tache de lèpre’, sont les mêmes que celles de Oneg, ‘le plaisir’. De fait, la lumière spirituelle de la lèpre (‘Néga’) est liée au ‘plaisir supérieur’ de D’Hachem : ‘Oneg Ha Elion’.
Il nous est donné ici à comprendre que la lumière spirituelle de la lèpre est tellement élevée qu’elle ne peut trouver ici-bas un réceptacle capable de la contenir. De ce fait, lorsque cette lumière s’échappe du réceptacle au moment où il se brise, car il n’est pas assez solide pour supporter son intensité, la lumière est alors détournée vers l’autre côté de la Sainteté, et finalement utilisée par les forces du mal. Ainsi, ce que l’on appelle ‘l’obscurité’, ‘la lèpre’, résulte du fait qu’une lumière excessivement élevée n’a pas trouvé de réceptacle capable de la supporter de la contenir et de la garder.
Le Rabbi nous donne un exemple concret. Lorsqu’un Juif ressent durant sa prière un amour très fort pour D.ieu et que son âme est alors attirée vers sa source, à tel point qu’elle serait prête à quitter le corps, ‘Ratso’, il est alors essentiel de faire descendre, après la prière, la lumière de cet amour pour D.ieu dans le réceptacle de l’étude de la Torah, ou dans celui de l’accomplissement des Commandements divins, ‘Chov’. S’il n’agit pas ainsi, les signes de la lèpre apparaîtront alors sur sa peau. C’est-à-dire que si la lumière de cet amour pour D.ieu ne s’habille pas dans le réceptacle de l’étude, ou dans celui de l’action concrète, alors cette lumière ‘excessivement élevée qui n’a pas trouvé de réceptacle capable de contenir son intensité, sera finalement détournée vers l’autre côté de la Sainteté et finalement utilisée par les forces du mal’, ainsi qu’il a été expliqué précédemment. De fait, le Rabbi enseigne à ce sujet que celui qui n’étudie pas, ou qui n’accomplit pas une Mitsva après sa prière, ressentira une vive intolérance vis-à-vis de son prochain, et tombera facilement dans la colère, ce qu’à D.ieu ne plaise.
D’après l’enseignement du Rabbi, Chov, le retour de l’âme dans le corps, représente la solution, le remède et la guérison de la lèpre. Chov est lié à la faculté du Bitoul, c’est-à-dire à la soumission la plus totale vis-à-vis de D.ieu et de Sa Volonté bénie.

Par cette soumission, un Juif ajoutera dans son étude de la Torah, et dans son accomplissement des Commandements divins. Grâce à cela son action aura finalement pour effet d’unir les Lumières les plus élevées à des réceptacles capables de les contenir.

‘Machia’h s’asseoit parmi les pauvres’ :
Cette déclaration des Sages n’exprime pas seulement le fait que le Machia’h est capable de se mettre à la portée de chaque Juif, même du moins érudit, mais plus encore, cette déclaration reflète aussi l’enseignement du Rabbi du Dvar Mal’hout sur notre Paracha.
En effet, Machia’h représente la lumière de la Délivrance, laquelle ‘s’asseoit’, c’est à dire ‘descend’ des cimes les plus élevées pour finalement s’habiller de manière profonde en nous-même et dans ce monde matériel.
La Séfira de Mal’hout est définie par l’Admour Hazaken comme étant ‘la bouche de L’Eternel’, au moyen de laquelle Hachem insuffle la vitalité aux mondes et à tout ce qu’ils contiennent. Or, du fait que Mal’hout reçoit toute sa lumière des Séfiroth qui sont au-dessus d’elle et qu’elle-même ne possède pas sa propre lumière, elle est appelée ‘pauvre’.
‘Machia’h s’asseoit parmi les pauvres’ signifie alors que la plus haute lumière, la lumière du Machia’h, descend de manière profonde, ‘s’asseoit’, dans la Séfira de Mal’hout, pour insuffler au monde la vitalité nouvelle de l’Essence divine, la vitalité de la Délivrance finale.
Par ailleurs, les Sages ont comparé Machia’h au léopard. La peau du léopard est recouverte de tâches, et la peau du Machia’h est aussi recouverte de tâches, des tâches de lèpre. Cette comparaison, physique, possède aussi un contenu spirituel qui est lié à leurs forces respectives.
En effet, il est dit que le léopard attaque sa proie de manière foudroyante et n’abandonne jamais. A l’évidence, chaque Juif qui possède une étincelle du Machia’h, a la capacité de poursuivre sa proie : la Délivrance finale sans jamais renoncer, et en investissant toujours ses forces les plus profondes.
A l’image du léopard qui mange sa proie, perché sur la branche d’un arbre pour ne rien laisser aux autres prédateurs, un Juif ‘mange sa proie’ sans rien laisser aux forces du mal, ainsi qu’il a été expliqué au nom du Rabbi. Il fait descendre les plus hautes lumières qu’il a obtenu pendant la prière dans le réceptacle de l’étude de la Torah. Dans ce cas, la lumière s’habille dans le réceptacle de manière profonde car l’homme et le monde deviennent des réceptacles capables de contenir les plus hautes lumières sans jamais rien laisser aux ‘prédateurs’. Des réceptacles capables de recevoir le dévoilement de l’Essence divine, lors de la venue du Machia’h, très bientôt et de nos jours, avec l’aide de D.ieu.

 

Tsav ‘A la lumière du Dvar Mal’hout’ :  ‘La ‘Hassidout, Kirk Douglas, et Vincent Van Gogh’ – Rav Yaacov Abergel

Tsav ‘A la lumière du Dvar Mal’hout’ : ‘La ‘Hassidout, Kirk Douglas, et Vincent Van Gogh’ – Rav Yaacov Abergel

 

 

 

Dans le Dvar Mal’hout sur la Paracha Tsav, le Rabbi déclare que le contenu profond du mois de Nissan est celui de la Délivrance. Ce mois est le mois de la fête de Pessa’h ‘le temps de notre liberté’ et cela s’exprime plus particulièrement pendant le Chabbat avant Pessa’h, Chabbat Ha Gadol.
L’Admour Hazaken rapporte dans son Choul’hane Aroukh le miracle qui fut à l’origine de ce nom : le Grand Chabbat.

Les Egyptiens qui furent avertis par les Juifs que l’Eternel s’apprêtait à frapper l’Egypte de la plaie des premiers-nés allèrent se plaindre à Pharaon de son refus de laisser partir les enfants d’Israël. Pharaon demeura insensible à cette plainte et les premiers-nés d’Egypte entreprirent une guerre contre son armée. Parmi les nombreux égyptiens qui furent tués, il y avait ceux qui commirent des atrocités aux enfants d’Israël. Le Rabbi explique que la raison pour laquelle cette guerre fut appelée grand miracle et aussi le début des miracles de la Délivrance est qu’elle résulte d’un très haut dévoilement divin qui est lui-même allusionné par la lettre Kouf du mot Tsaddik.

Le pied de la lettre Kouf descend très bas et évoque donc de ce fait la force de l’Essence divine qui, Elle seule, a le pouvoir de descendre ici-bas pour transformer l’obscurité de l’exil en un réceptacle capable de recevoir les lumières les plus élevées. Plus encore, au sujet de la lettre Tsaddik, le Rabbi rapporte le Téhilim 90 (’90’ comme la valeur numérique de la lettre Tsaddik), dans lequel il est dit (90, 17) : ‘Que le plaisir de mon Maître notre D.ieu soit avec nous, établis pour nous l’action de nos mains, et que l’accomplissement de nos mains soit établi’.

Selon le Midrach, les versets de ce Téhilim furent rédigés par Moché et le Roi David les intégra dans son livre. Après avoir édifié le Michkan (le Temple portatif), Moché pria afin que l’Eternel S’y révèle. Rachi explique que Moché dit deux fois ‘établis l’action de nos mains’ :
Une fois pour implorer D.ieu de Se révéler dans le Michkan, et une fois pour révéler Sa grande Lumière infinie dans les actes du Peuple d’Israël.
Le Rabbi souligne que l’action de Moché détient le pouvoir d’attirer la lumière d’Or-Sovev (la lumière qui entoure les mondes) afin que celle-ci Se dévoile et réside dans le Michkan.
C’est aussi l’action de Moché qui permet à la lumière d’Or-Sovev de se révéler dans le monde et dans les actions des enfants d’Israël.

De fait, Moché est l’intermédiaire qui unit les enfants d’Israël avec le Saint béni soit-il. D’un côté, il est celui qui reçoit les plus hauts Dévoilements divins et d’un autre côté il est celui qui transmet ces Dévoilements aux enfants d’Israël.

Il est essentiel de comprendre que tous les bienfaits matériels et spirituels nous parviennent de D.ieu par l’intermédiaire de Moché. Aussi, en ces derniers moments de l’exil, nous devons réaliser que la réussite de toutes nos actions dépend de la valeur que nous donnons à notre attachement au Moché de notre génération, le Rabbi.

Le 11 Nissan, l’anniversaire du Rabbi’ :
‘Quand il naquit toute la maison s’est emplit de lumière (Sotah, 12a)’

Le jour d’un anniversaire est un jour de joie, car il rappelle le jour de la naissance, lorsqu’ une nouvelle âme naît dans ce monde, et qu’alors peut commencer le début du service divin.
De fait, chaque juif, le jour de son anniversaire, se doit de méditer à la promesse qu’il fit à l’Eternel avant de descendre dans ce monde, ‘Sois un Juste et ne sois pas un méchant, et même si tout le monde te dit que tu es un Juste, tu seras à tes yeux comme un méchant’.
La ‘Hassidout souligne qu’au moment de cette promesse, l’Eternel rassasie l’âme des forces dont elle aura besoin pour assumer sa mission, mais il est évident que l’homme doit faire tout ce qui est en son pouvoir pour nourrir son âme tout au long de son existence.
Aussi, l’étude de la ‘Hassidout est indispensable à chaque juif pour mener la mission qui lui est confiée de faire de ce monde matériel une demeure spirituelle pour D.ieu, et l’aboutissement de cette mission n’est autre que la révélation du Machia’h.
Il apparaît à l’évidence que le jour de l’anniversaire d’un Juste est un jour particulièrement lumineux, car le monde et l’Assemblée d’Israël reposent sur ce Juste, et ‘le Juste est le fondement du monde’.
Rachi écrit au sujet de la naissance de Moché (Chemoth 2, 2) que ‘quand il naquit toute la maison s’emplit de lumière’ (Sotah, 12a).
La ‘maison’ qui ‘s’emplit de lumière’ ne désigne pas seulement la maison où Moché naquit, mais elle représente aussi la ‘maison d’Israël’, car Moché iIlumine tous les enfants d’Israël.
Il est lui-même la ‘tête’ et les enfants d’Israël sont les ‘pieds’ de Moché. Comme la tête dirige et illumine chaque membre du corps, à chaque génération il y a un Moché qui guide et illumine l’âme de chaque enfant d’Israël.
Aussi, le jour de la venue du Machia’h est une naissance, car en ce jour le monde entier s’emplira de lumière, ainsi qu’il est dit (Iguéreth HaKodech du Rabbi Yossef Itz’hak, tome 1, lettre 274) :
‘Sais-tu qui est le Machia’h ? C’est celui qui révèlera l’enseignement caché de la Torah dans toute sa profondeur, de sorte que tous en ressentent la clarté.’
Par ailleurs, l’Admour Haemtsaeï écrit au sujet du Machia’h (Droucheï ‘Hatouna, Tome 2, page 522) :
‘Il agira pour celui qui l’attend’, c’est-à-dire que le Machia’h révèlera le plaisir infini à ceux qui l’attendent, qui souhaitent sa venue, ainsi qu’il est dit : ‘S’il tarde, sois patient’. Cette attente doit s’emplir d’espoir en sa venue ainsi qu’il est écrit : ‘Voici, c’est notre D.ieu, nous avons placé notre espoir en Lui’ et ‘notre âme l’attend’. On évoque également ‘Ceux qui placent leur espoir en D.ieu’.

‘Machia’h agira pour celui qui l’attend’ ne signifie pas (seulement) que nous devons être patients. Bien au contraire, nous devons aussi être impatients. En effet, l’Admour Haemtsaeï définit ici l’attente comme un désir.
Certes, l’attente inclut en elle ‘l’espoir de sa venue’, mais ce qu’elle exprime par-dessus tout c’est le ‘désir de sa venue’, lequel est en fait l’expression du lien le plus profond de l’âme juive avec D.ieu, ‘Kécher atsmi’ : le niveau de Yé’hida.

A la lumière de ce qu’il vient d’être dit, le verset ‘Quand il naquit toute la maison s’emplit de lumière’ peut être expliqué de la manière suivante :
‘Quand il naquit’, la naissance de Moché, peut tout aussi bien faire allusion à la naissance du Rabbi, qui est lui-même l’équivalent de Moché dans notre génération (‘Hitpachtouta dé Moché’).
Le Rabbi représente l’Essence de l’âme d’Israël, car son âme est une âme collective, et il possède de ce fait la force de révéler l’Essence de l’âme de chaque Juif.
Or, du fait que l’âme est comparable à une maison (l’Eternel déclare en effet : ‘Faites-Moi un sanctuaire et Je résiderais parmi vous’ et la ‘Hassidout explique que le sanctuaire n’est autre que notre âme), nous pouvons expliquer que ‘Quand il naquit toute la maison s’emplit de lumière’ est une allusion à la lumière de l’essence de l’âme qui se révèle dans le corps.
‘La maison’ désigne en fait la partie de l’âme qui s’habille dans le corps, et ‘Quand il naquit’ est une allusion à la naissance du Rabbi, laquelle représente la révélation de l’Essence de l’âme de chaque Juif.

Dans son discours intitulé ‘Vé Ata Tétsavé’, le Rabbi explique que le niveau supérieur de la révélation de Yé’hida, l’essence de l’âme, est atteint lorsque la lumière de l’Essence divine s’unit véritablement aux forces de l’âme (l’intellect et les sentiments).
Dans ce cas, le caractère divin et immuable qui ne change pas, ainsi que dit l’Eternel : ‘Je n’ai pas changé’, s’unit aux forces limitées de l’âme qui s’habillent dans le corps (l’intellect, les émotions, la vie du corps).
L’homme parvient alors à la perception véritable du divin. L’infini divin s’unit aux forces limitées de son âme.
Telle est la mission du Rabbi. Il est celui qui permet l’union de l’infini avec le fini. Celui par l’intermédiaire de qui, l’âme d’un juif devient un feu perpétuel, car il unit l’essence de l’âme avec l’âme qui s’habille dans le corps.
C’est cela ‘la maison qui s’emplit de lumière’, lorsque la lumière de l’Essence divine éclaire l’âme et le corps d’un juif.

Ainsi, c’est peut-être au sujet de cette union que l’Admour Haemtsaeï déclare que ‘le Machia’h révèlera le plaisir infini à ceux qui l’attendent et souhaitent sa venue’ car le plaisir dont il est ici question n’est autre que celui de la révélation de l’Essence de l’âme, ‘l’infini divin’, dans le corps (‘la maison’). Dès-lors, il est aisé de réaliser l’importance de ce jour du 11 Nissan, lequel précède notre sortie de l’Egypte et de toutes les limites de ce monde matériel, le soir du Séder.
Ce jour contient la force de l’Essence divine, le ‘plaisir infini’, qui est sur le point de se dévoiler, avec l’aide de D.ieu, de manière véritable avec la venue de notre Juste Machia’h, lors de la délivrance finale, très bientôt et de nos jours.

‘L’importance d’enseigner aux peuples du monde les 7 Mitsvoth Bneï-Noa’h :
Le Rabbi nous rappelle que le nom ‘Moché’ vient du fait que Batia, la fille de Pharaon, ‘tira’ Moché de l’eau du fleuve lorsqu’elle vit ‘le panier au milieu des joncs’, ainsi qu’il est dit (Chemot, 2, 10) : ‘Elle appela son nom : Moché, et dit ‘Car de l’eau je l’ai tiré’.

Rachi explique que l’expression ‘je l’ai tiré’ signifie ‘l’action de faire sortir’.
Aussi, peut-être nous est-il permis d’expliquer que cette expression évoque la déclaration que fit le Machia’h au Baal Chem Tov : ‘Je viendrai lorsque tes sources se repandront à l’extérieur’.

La délivrance dépend de ‘l’action de faire sortir’ les sources du Baal Chem Tov à l’extérieur. Ainsi, à la lumière de cette explication, il apparait à l’évidence l’importance de la mission qui nous a été confiée par le Rabbi d’enseigner les ‘7 Mitsvoth-Bneï-Noa’h’ aux personnes qui ne sont pas de confession Juive. Le Rabbi souligne souvent le fait que les mondes et tout ce qu’ils contiennent attendent tous de connaitre l’élévation. La lumière d’Or-Ein-Sof, ‘la lumière qui n’a pas de fin’, comme son nom l’indique illuminera la Création tout entière, c’est-à-dire dans ses plus petits et ses moindres détails, car si ce n’est pas le cas alors il ne s’agira pas du dévoilement de la lumière infinie de D.ieu. Or, c’est précisément notre mission d’enseigner aux peuples du monde les 7 Mitsvoth Bneï-Noa’h, car c’est de cette manière que ceux-ci pourront connaître l’élévation en accomplissant la Volonté du Saint béni soit-Il.

Il est important de savoir que les peuples du monde attendent et espèrent de connaître cette élévation. Un exemple parmi tant d’autres exprime avec une force redoutable ce désir. Vincent Van-Gogh est un Artiste-Peintre mondialement connu. Il était par la force des choses un homme très solitaire qui peignit 800 Tableaux en seulement 10 ans. Il vécut grâce à l’aide de son frère Theo qui lui envoya régulièrement de l’argent pour qu’il puisse subvenir à ses besoins et qu’il puisse acheter le matériel nécessaire à la réalisation de son œuvre picturale. Il n’y a donc rien d’étonnant à ce que Van-Gogh parle en ces termes de son existence : ‘Quelqu’un aurait assisté pour un peu de temps seulement au cours gratuit de la grande université de la misère…’. Cependant Van-Gogh est très loin d’être une personne superficielle, préoccupée seulement par le fait d’assouvir des désirs uniquement matériels, comme on peut s’en rendre compte en lisant la suite de ce même propos : ‘…Et aurait fait attention aux choses qu’il voit de ses yeux, et qu’il entend de ses oreilles, et aurait réfléchi là-dessus, […] en apprendrait peut-être plus long qu’il ne saurait dire. Cherchez à comprendre le dernier mot de ce que disent dans leurs chefs-d’œuvre les grands Artistes, les Maîtres sérieux, il y aura D.ieu là-dedans’.
Ainsi, le désir le plus profond de Van-Gogh, son ‘dernier mot’ ainsi qu’il le définit ici, n’est autre que Celui au sujet duquel il est dit : ‘Mais L’Eternel ne vous a pas donné de cœur pour comprendre, des yeux pour voir et des oreilles pour entendre, jusqu’à ce jour’. (Ki Tavo, 29, 3, Livre Devarim). De fait, lorsque Van-Gogh parle de ‘la grande université de la misère’, il n’évoque pas la misère matérielle, non, il fait essentiellement allusion à la misère spirituelle. Vincent Van-Gogh cherche D.ieu et ne s’en cache pas, il écrit : ‘Cela n’empêche que j’ai un besoin terrible de, dirai-je le mot, religion, alors je vais la nuit dehors pour peindre des étoiles et je rêve toujours un Tableau comme cela avec un groupe de figures vivantes, des copains…’.

Pour en revenir à ce qui a été dit précédemment au sujet de l’enseignement du Rabbi selon lequel les peuples du mondent attendent de connaître l’élévation, il suffit de lire attentivement entre les mots de Vincent : ‘En somme je n’en sais rien, mais justement ce sentiment de ne pas savoir rend la vie réelle que nous vivons actuellement, comparable à un simple trajet en chemin de fer. On marche vite, mais on ne distingue aucun objet de très près, et surtout, on ne voit pas la locomotive’.

Les peuples du monde ‘ne voient pas la locomotive’, car la Torah a été au peuple Juif, et l
ui-seul détient la capacité de ‘voir la locomotive’, c’est-à-dire de percevoir le Divin, de percevoir Celui qui ‘crée et maintient en vie le monde et tout ce qu’il contient’, au moyen de l’étude de la Torah et par l’accomplissement des Mitsvoth. Cependant, ces écrits de Van-Gogh témoignent tous de ce désir de D.ieu qui brûle au profond de lui-même. Aussi, comme nous nous trouvons à la veille de la fête de Pessa’h, il est bien de citer pour finir par ces paroles que l’Artiste adressa à son frère Theo, lesquelles expriment bien la sortie d’Egypte, aussi bien pour ce qui concerne les enfants d’Israël que pour ce qui concerne les enfants de Noa’h : ‘Sais-tu ce qui fait disparaître la prison, c’est toute affection profonde, sérieuse. Être amis, être frères, aimer, cela ouvre la prison par puissance souveraine, par charme très puissant. Mais celui qui n’a pas cela demeure dans la mort. Puis la prison s’appelle quelquefois : préjugé, malentendu, ignorance fatale de ceci ou de cela, méfiance, fausse honte. Mais là où la sympathie renaît, renaît la vie’.

A la lumière du Dvar Mal’hout Pékoudeï – Rav Yaacov Abergel

A la lumière du Dvar Mal’hout Pékoudeï – Rav Yaacov Abergel

Pour l’élévation de l’âme de Na’hman ben Yéhoudah et Ela Vasana

 

L’Essence de l’âme (‘Vayakel’) et les aspects particuliers de l’âme (‘Pékoudeï’) :

La Paracha ‘Vayakel’ commence par le fait que Moché rassemble tous les enfants d’Israël, afin de souligner l’importance du respect du Chabbat et de leur intimer l’ordre divin relatif à la construction du ‘Michkan’.

De manière profonde il est possible de dire que l’unité des enfants d’Israël réside aussi dans le fait que l’âme de chaque Juif de cette grande Assemblée, qu’il soit un ‘Tsaddik’ ou qu’il soit un simple Juif, est enracinée dans l’Essence divine. Cela signifie que chaque Juif, quel que soit son niveau, peut parvenir à dévoiler dans son âme une lumière divine qui n’a pas de limite. Chacun peut atteindre un niveau supérieur dans son service divin, et ce faisant il atteint la perfection dans sa mission de faire de ce monde une demeure pour D.ieu.

La ‘Hassidout met ici l’accent sur le fait qu’il s’agit de dévoiler un niveau supérieur du Divin, car la Délivrance finale représente le dévoilement de l’Essence divine dans ce monde matériel.

Rachi décrit le peuple d’Israël comme ‘un seul homme avec un seul cœur’. Cette unité est aussi une caractéristique de l’âme Juive. Le Rabbi écrit ‘qu’au cœur de l’idée du Machia’h se trouve le concept de Ye’hida’ (voir ‘Iniana chel Torat-ha-‘Hassidout’, chapitre 5). Le Rabbi nous enseigne que chaque niveau de l’âme, qu’il s’agisse de l’intellect (‘Néchama’), des sentiments (‘Roua’h’) ou de l’action (‘Néfech’), ‘constitue un degré particulier de l’âme, alors que Yé’hida en est l’Essence même, laquelle transcende tous les aspects particuliers, ainsi que le nom ‘Yéhida’ : ‘Seule’, ‘Unique’, le suggère’.

La Paracha ‘Vayakel’, avec le rassemblement des enfants d’Israël autour de Moché, à l’image des ‘Hassidim autour du Rabbi, n’est pas sans évoquer le fait que toutes les âmes d’Israël se rassemblent au même ‘endroit’, car elles ont toute la même origine, du fait que ‘l’Essence de l’âme de chaque Juif est enracinée dans l’Essence divine’.

Par ailleurs, dans la Paracha ‘Pékoudeï’ il est question de tous les éléments matériels qui composent le ‘Michkan’. Or, tous ces éléments matériels du ‘Michkan’ existent aussi spirituellement, et c’est pour cela que la ‘Hassidout compare l’âme Juive à un ‘Michkan’. Comme le ‘Michkan’ qui est un réceptacle dans lequel se révèle la Présence divine, nous devons faire de nous-mêmes un réceptacle, une demeure, pour l’Essence divine. Ainsi, contrairement à la Paracha ‘Vayakel’ qui ‘évoque l’Essence de l’âme Juive, la Paracha ‘Pékoudeï’ évoque les aspects particuliers de l’âme : les niveaux de l’intellect, des sentiments, et de l’action, dans lesquels chaque Juif se doit d’attirer le Divin.

Le fait que nous lirons ce Chabbat, avec l’aide d’Hachem, la Paracha ‘Pékoudeï’ séparément de la Paracha ‘Vayakel’ (que nous avons lu le Chabbat précédent) met en évidence le service divin que l’on accomplit avec nos propres forces (‘Pékoudei’), cependant, le jour du Chabbat chaque Juif reçoit une âme supplémentaire, et celle-ci représente la force de l’Essence de l’âme Juive. Ainsi, ce Chabbat de la Paracha ‘Pekoudeï’, qui conclut le Livre de Chemot, représente le dévoilement de l’Essence de l’âme dans les forces particulières de notre âme.

Le dévoilement de L’Essence de l’âme (‘Vayakel’) dans les forces particulières de l’âme (Pékoudeï) :
Le Rabbi souligne de nombreuses fois dans ses enseignements que ‘l’âme Juive ne fait qu’Un avec D.ieu’. De la même façon que ‘l’inspiration’ illumine et vivifie l’œuvre d’un Artiste, l’inspiration d’un Juif provient du fait que ‘son âme ne fait qu’Un avec D.ieu’ et illumine ses pensées, ses paroles et ses actes. Plus encore que cela, le Rabbi Rachab nous a enseigné que le plaisir qu’un homme ressent quand il imagine la maison de ses rêves, est à l’origine des idées qui lui viennent au moment où il dessine le plan de cette maison.

A l’évidence, ce principe s’applique également aux enfants d’Israël. Désirer faire du plus profond de son cœur une demeure pour D.ieu, ‘la maison de ses rêves’, c’est vouloir réaliser un chef d’œuvre, et le plaisir qu’un Juif ressent quand il imagine cette sublime demeure est à l’origine des idées qui lui viennent au moment où il accomplit les Commandements divins.

Dans le Livre du Tanya l’Admour Hazaken compare le lien qui unit l’âme Juive à D.ieu au lien qui unit un père à son fils : ‘De même que le fils provient du cerveau de son père, l’âme provient de la pensée de D.ieu’. Le Rabbi mentionne souvent que ‘l’Essence de l’âme Juive est enracinée dans l’Essence divine’ et à la lumière de cet enseignement nous pouvons imaginer que le plaisir que l’âme ressent du fait qu’elle ‘ne fait qu’Un avec D.ieu’ est comparable au plaisir que ressent le fils quand il est dans les bras de son père.

Le Rabbi nous enseigne que dévoiler l’Essence de l’âme (qui ne réside pas dans le corps mais dans les 4 coudées qui entourent le corps) dans l’âme qui s’habille dans le corps, c’est atteindre la perfection dans notre service divin, et c’est précisément en agissant de la sorte que l’on fait de ce monde une belle demeure pour D.ieu.

Dans son discours intitulé ‘Vé Ata Tetsaveh’ le Rabbi nous enseigne que dévoiler l’Essence de l’âme consiste à dévoiler le plus profond désir qui se trouve au plus profond du cœur de chaque Juif, et qui n’est autre que ‘le désir du dévoilement de D.ieu’. A travers cet enseignement, il apparaît que dévoiler l’Essence de l’âme revient à dévoiler le lien de l’âme avec D.ieu. Dans le même ordre d’idée nous pouvons dire que dévoiler l’Essence de l’âme c’est dévoiler le plaisir que l’âme ressent du fait qu’elle ‘ne fait qu’Un avec D.ieu’.

Dévoiler l’Essence de l’âme, c’est atteindre cet ‘endroit’, ce niveau supérieur, où notre âme reconnait son Père, comme un fils qui reconnait son père, et se délecte de Sa présence et de tout l’amour qu’elle reçoit de Lui. Or, c’est précisément ce plaisir qui servira d’inspiration aux enfants d’Israël lorsqu’ils réaliseront l’œuvre de construire une demeure pour D.ieu. Dévoiler l’Essence de l’âme dans l’âme qui s’habille dans le corps, c’est accomplir les Commandements divins en ressentant ce plaisir supérieur.

De la même façon que l’inspiration de l’Artiste doit pénétrer son œuvre, un Juif doit faire pénétrer le divin dans tous les sujets de sa vie et de ce monde. ‘Faire une demeure pour l’Essence divine’ tout le temps que l’on construit Sa demeure, au fil des instants et au fil des jours. En effet, d’après l’enseignement du Rabbi, il ne s’agit pas de considérer que des moments de notre existence soient plus importants que d’autres. Chaque moment possède un contenu particulier que nous devons nous efforcer de saisir, et de vivre avec la même intensité que ceux dont l’importance s’impose de manière évidente à nos yeux.

Le Rabbi souligne l’importance de dévoiler la force de l’Essence de l’âme, au point qu’elle nous imprègne de manière profonde, et rapporte sur ce sujet l’explication du Rabbi Rayats sur la déclaration de l’Admour Hazaken dans le Livre du Tanya selon laquelle ‘l’âme divine est une parcelle véritable de divinité d’En-haut’ : ‘Hélek Eloka mimaal mamach’.

Le mot ‘mamach’ signifie ici : ‘véritable’ mais le Rabbi Rayats rapporte que le mot ‘mamach’ signifie aussi ‘réalité’ : ‘mamachout’. Ainsi, Hélek Eloka mimaal mamach’ est une allusion au fait de faire pénétrer le divin,’Hélek Eloka mimaal’, de manière profonde dans les niveaux les plus bas et les plus matériels de notre réalité : ‘mamachout’.

C’est par l’accomplissement des Mitsvoth, qui sont appelées dans le Zohar : ‘les membres du Roi’, que l’Essence divine : ‘le Roi’, peut être attirée ici-bas, dans ce monde matériel. C’est par l’étude de la partie profonde de la Torah, : la ‘Hassidout, que l’on parviendra à dévoiler le Roi dans nos pensées nos paroles et dans nos actes. Le Rabbi nous donne les moyens de réaliser cela, de faire de nous-mêmes un Michkan, une demeure pour le Roi des rois, avec le devoilement du Machiah, dès-à-présent avec l’aide de D.ieu.

 

Dvar Mal’hout Vayakhel – Chékalim – Rav Yaacov Abergel

Dvar Mal’hout Vayakhel – Chékalim – Rav Yaacov Abergel

 

Pour l’élévation de l’âme d’Israël-Elyahou ben Moshé et Hava Souissa

 

Dans le Dvar Mal’hout (Paracha ‘Ki Tetsé’), le Rabbi a rapporté le Midrache selon lequel, D.ieu s’adressa aux âmes des Justes d’Israël, et leur demanda s’il fallait créer le monde.
A travers ce Midrache, le Rabbi nous enseigne que l’âme d’Israël est ‘une parcelle véritable de divinité d’En-haut’, laquelle est bien au-delà de ce monde.

De fait, notre âme est une arme redoutable dans le combat de D.ieu que nous menons, car elle précède toute la Création. Dans ce cas et sans aucun doute, tout au long de notre mission dans ce monde, c’est la Création elle-même qui doit être impressionnée par nous-mêmes, mais jamais le contraire.

Aussi, lorsque ‘nous sortons en guerre contre notre ennemi’, c’est-à-dire lorsque nous devons affronter toutes sortes de difficultés dans notre mission de faire de ce monde matériel une demeure pour L’Essence divine, nous devons avoir conscience du fait que nous possédons les moyens de soumettre ce monde à notre volonté qui se fond en celle de D.ieu.

En effet, il est dit (Tanya) : ‘D.ieu se trouve à la droite du pauvre’, c’est-à-dire qu’Il a donné à notre âme divine (‘le pauvre’), tous les pouvoirs pour vaincre le mal qui se trouve de ‘l’autre côté de la Sainteté’ dans ce monde et en nous-mêmes.
En fait, le Rabbi nous enseigne ici qu’un Juif détient le moyen de dominer ce monde, et de dominer sa nature qui le pousse vers le mal, en éveillant la force de l’Essence divine afin que celle-ci se révèle dans les forces de son âme, et en particulier dans ses actes.

Comme le Rabbi l’a enseigné, à de nombreuses reprises, ‘l’Essence de l’âme d’un Juif est enracinée dans l’Essence divine’, et dans ce cas, si ce Juif parvient à dévoiler ce niveau supérieur, rien ne pourra alors s’opposer à lui, de la même façon que rien ne peut s’opposer à D.ieu.

L’Essence de l’âme Juive est au centre des discours du Rabbi car c’est en la dévoilant dans nos actes que l’on parvient à susciter le désir divin de provoquer la venue de notre Juste Machia’h. Il est donc essentiel de s’attacher à tous les enseignements que le Rabbi délivre à son sujet.

Avec l’aide d’Hachem nous lirons ce Chabbat la Paracha Vayakhel et la Paracha Chékalim.
Dans le Dvar Mal’hout sur notre Paracha le Rabbi nous explique deux points importants sur la Mitsvah du demi-chékel.
Le premier point est que chaque Juif doit savoir et ressentir ‘qu’à lui seul il n’est qu’une moitié et que pour atteindre l’entièreté, la totalité, il doit s’unir avec l’autre, ainsi qu’il est dit : ‘Tu aimeras ton prochain comme toi-même’. C’est par cette union qu’il atteint le niveau de ‘Chékel-ha-Kodech’, ‘Chékel- chalem’.

Le deuxième point est que ‘chaque Juif fait Un avec Hachem’, et sur ce point le Rabbi rapporte l’enseignement du Maguid de Mèzeritch basé sur le verset (Beaaloteha, 10, 2) : ‘Fais pour toi deux trompettes en argent massif’. Le Maguid de Mèzeritch décompose le mot ‘Hatsotséroth (trompettes) de la manière suivante : ‘Hètsi-tsoura qui signifie : la moitié d’une forme. Comme les deux moitiés d’une seule et même forme, Hachem et l’Assemblée d’Israël sont comme deux moitiés qui une fois réunies ne font qu’Un (à l’exemple donné par le Zohar ‘Hadach d’un homme et d’une femme).

Le Rabbi établit le lien entre ces deux explications :

Quand un Juif ressent qu’Israël et Hachem ne font qu’Un, comme les deux moitiés d’une forme qui une fois assemblées deviennent une forme entière, il ressentira alors qu’un Juif fait Un avec un autre Juif car tous les enfants d’Israël sont des frères par le fait que leurs âmes ont toutes les deux la même racine, un même Père, ainsi que l’explique l’Admour Hazaken au chapitre 32 du Livre du Tanya.

Dans ce cas chaque Juif atteint la perfection de la Mitsvah d’Ahavat Israël et de l’Unité d’Israël. De fait, comme le Rabbi le souligne de nombreuses fois, ‘l’Essence de l’âme de chaque Juif est enracinée dans l’Essence divine’. C’est à cela que se rapporte l’enseignement de l’Admour Hazaken au début du Livre du Tanya selon lequel ‘L’âme de chaque Juif est véritablement une parcelle de Divinité d’En-haut’. Le Rabbi écrit donc à ce sujet dans le Dvar Mal’hout sur notre Paracha que ‘L’âme Juive est une ‘partie’ de l’Essence divine grâce â laquelle on peut ‘saisir’ toute l’Essence’.

Le contenu profond de la Mitsvah du demi-Chékel consiste à ressentir que cette ‘parcelle de Divinité’ représente notre véritable existence et que nous-mêmes et Hachem sont comme les deux moitiés qui composent une forme entière, deux moitiés qui s’unissent et ‘ne font qu’Un ». Le Rabbi met ici l’accent sur le fait que le mot ‘Un’ de l’expression ‘ne font qu’Un’ est ici écrit sans la lettre Aleph. En effet, il est écrit ‘Had et non pas ‘E’had’. De fait, la lettre Aleph est une allusion au ‘Maître du monde’ : ‘Aloupho chel Olam’, alors que ‘Had (E’had sans la lettre Aleph) est une allusion à l’Essence divine dont le niveau supérieur à celui de la lettre Aleph. Ainsi, ‘Hachem et Israël ne font qu’Un’ fait allusion au fait que ‘l’Essence de l’âme Juive est enracinée dans l’Essence divine’. En d’autres termes, ‘Had représente le niveau du Chékel-ha-Kodèch ou Chékel-ha-Chalem.

Le Rabbi nous enseigne par ailleurs que de manière profonde ce niveau supérieur désigne l’Union des 10 forces de l’âme juive qui s’habillent dans le corps avec les 10 Sefirot du monde d’Atsilout, et le total des deux est égal à 20, chiffre qui représente le niveau de l’Essence : le niveau de Kéter, ‘la Couronne qui surplombe l’enchaînement des mondes’. Il s’agit donc de l’Union de l’Essence d’Israël qui est au-delà des forces de l’âme avec l’Essence divine qui est au-delà des 10 Séfiroth.

Le Rabbi explique que notre Union avec Hachem s’exprime par le fait que notre première action dès notre réveil est de dire la Prière de Modé-ani.

Le Rabbi explique en effet que la prière de Modé ani, que nous récitons dès notre réveil, exprime notre reconnaissance à D.ieu de nous avoir restitué notre âme juive. Plus encore, le Rabbi enseigne que Modé-ani signifie que ‘l’Essence de notre âme reconnaît l’Essence divine’. Notre reconnaissance est, et doit être, surtout liée au fait que l’âme qu’Il nous rend ‘est véritablement une parcelle de Divinité d’en-haut’. En d’autres termes, nous remercions l’Eternel, non pas seulement parce qu’Il nous donne à nouveau la vie en nous rendant notre âme, nous Le remercions essentiellement surtout par le fait de nous avoir fait Juif. Il ne s’agit pas de ‘n’importe quelle âme’, ni de ‘n’importe quelle vie’. L’accent est mis ici sur l’importance de rendre grâce à L’Eternel de nous avoir donné une âme Juive qui fait Un avec Hachem et grâce à laquelle nous pouvons percevoir et dévoiler le Divin caché en nous-même et dans ce monde.

Dans le même ordre d’idée, Le Rabbi a rapporté la Michnah, à la fin du Traité Kidouchin, dans laquelle il est écrit : ‘J’ai été créé pour servir mon Créateur’, et dans une autre Guirsa du Talmud Babli, il est écrit : ‘Je n’ai été créé que pour servir mon Créateur’.

Le Rabbi explique la différence de sens de ces deux versets de la manière suivante : lorsqu’il est dit ‘J’ai été créé pour servir mon Créateur’ l’accent est mis sur notre propre existence (J’ai : Ani), et quand il est écrit ‘Je n’ai été créé que pour servir mon Créateur’ l’accent est d’abord mis sur l’Existence d’Hachem avant même qu’il ne soit question de notre propre existence et de notre devoir de construire un Michkan.

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Le fait que nous lirons ce Chabbat avec l’aide d’Hachem la Paracha Vayakhel et la Paracha Chékalim met en évidence l’importance d’ajouter lorsque nous donnons la Tsédaka. La Mitsvah du demi-chékel est liée aux Korbanot (sacrifices) de toute l’Assemblée d’Israël, et le Rabbi souligne que lorsqu’un Juif apporte un Sacrifice ‘il doit donner tout son être’. De la même façon, lorsqu’il donne la Tsédaka il doit le faire ‘avec toutes les forces de son âme’ et il doit aussi les impliquer dans toutes ses pensées, ses paroles et toutes ses actions.

Par ailleurs, le Rabbi nous enseigne que donner la Tsédaka de nous-mêmes, c’est à dire sans en avoir reçu l’ordre de D.ieu, a pour effet de nous purifier. Cet enseignement relève de l’importance d’agir avec le cœur plus que par devoir. Le ‘réveil d’en-bas’ est beaucoup plus fort que le ‘réveil d’en-haut’, et à l’évidence, c’est en agissant en ce sens que ‘nous accélèrerons le processus de la Guéoulah, et dans ce cas, Hachem Lui-même nous donnera Sa Tsédaka en réunissant tous les enfants d’Israël’ et en dévoilant le Machia’h, très bientôt et de nos jours, avec l’aide d’Hachem.

Il est publié dans les Ma’hzorim de la prière de Roch-Ha-Chana et de Yom Kippour un discours ‘hassidique de l’Admour Hazaken intitulé ‘Ha Kol Kol Yaakov’ (La voix est la voix de Yaakov). Dans ce discours, l’Admour Hazaken nous enseigne que la Tsédaka est le moyen d’attirer et de ‘révéler ‘la Lumière de la Face du Roi’ dans ce monde matériel, et de redonner ainsi la vie à tous les esprits abattus’.

A présent, pendant ce dernier exil, le monde reçoit sa vitalité de ‘Klipat Noga’, et de ce fait sa matérialité nous empêche de voir ‘la Lumière de la Face du Roi’. Or, le fait de donner la Tsédaka consiste à ‘planter une graine’ qui aura le pouvoir de ‘faire pousser’, c’est-à-dire de faire naître dans l’obscurité de ce monde inférieur, ‘la Lumière de la Face du Roi’.

‘La voix est la voix de Yaakov’, ‘Ha Kol Kol Yaakov’, et le nom de ‘Yaakov’ se décompose en ‘Youd-Ekev’. Aussi, l’Admour Hazaken nous enseigne ici que la lettre ‘Youde’ de ‘Yaakov’ représente ‘La lumière de la Face du Roi’ que l’on dévoile à partir de la matière de ce monde inférieur : ‘Ekev’, dans laquelle elle se cache. C’est au moyen de l’attribut de la miséricorde, qui est l’attribut de Yaakov, et par l’accomplissement de La Mitsvah de la Tsédaka que l’on parviendra à dévoiler cette lumière qui n’a pas de fin, ‘la Lumière de la Face du Roi’. L’Admour Hazaken dit dans son discours que cette lumière jaillira de l’obscurité ‘comme un éclair qui sort des nuages épais et obscurs dans lesquels il était caché, pour jaillir et éclairer le monde entier.

Cette image n’est pas sans nous rappeler que la Délivrance finale elle-même surgira de l’exil ‘en un clignement d’œil’, à l’exemple de l’éclair qui jaillit dans le ciel en un instant furtif. Dans ce cas ‘la lumière de la Face du Roi’ illuminera notre âme et ce monde pour un Chabbat éternel, dès-à-présent avec l’aide de D.ieu. En un clignement d’œil.

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Une Histoire…
Un roi avait trois fils à qui il voulut un jour offrir trois précieux présents. Il les réunit un jour dans l’une des pièces de son palais, et il demanda à l’aîné de ses fils de regarder par la fenêtre, et de lui dire ce qu’il voyait. L’aîné s’approcha de la fenêtre et lui dit qu’il y avait dans la cour une calèche attelée de puissants chevaux. Le roi lui fit alors cadeau de cette calèche avec ces beaux chevaux, en lui disant qu’elle possédait une très grande valeur.
Cette calèche avec ces chevaux te conduira dans n’importe quel endroit où tu désires aller, en un rien de temps ! Même si cet endroit se trouve à l’autre bout du monde, tu l’atteindras a une vitesse qui défie les lois de la nature !
Puis, le roi fit cadeau d’un miroir a son fils cadet, en lui disant que celui qui regarde dans ce miroir peut découvrir tout ce qui se passe d’un bout à l’autre du monde. Enfin, le roi donna une pomme à son plus jeune fils. Il lui dit alors que cette pomme avait le pouvoir de guérir n’importe quelle maladie.
Les trois fils quittèrent alors leur père en le remerciant de ces merveilleuses attentions qu’il avait eu à leur égard.

Quelque temps plus tard, le fils cadet vit dans le miroir que la fille du roi d’un pays voisin était gravement malade, et qu’aucun des médecins du palais de parvenait à la guérir. Il s’empressa de convoquer ses deux frères, et une fois réunis, il leur fit voir dans le miroir. Quand ils virent la situation désespérée de la princesse, l’accablement de ses parents, du roi et de la reine et celui des gens du palais, ils n’hésitèrent pas un seul instant, et les trois frères prirent place dans la calèche pour se rendre au palais de la princesse malade. Dans le temps d’un clignement d’œil ils arrivèrent devant le palais, et coururent vers les gardes du palais en leur demandant de les conduire immédiatement dans la chambre de la princesse afin de lui donner le médicament qui pouvait la guérir.

Les gardes s’exécutèrent, escortèrent les trois hommes et prévinrent le roi. Ils trouvèrent la princesse dans un état alarmant et se dépêchèrent de lui administrer le médicament. Tous les gens du palais attendaient en regardant plein d’espoir la princesse macher lentement la pomme. Aussitôt, le miracle s’accomplit, en un rien de temps la douleur s’évanouit et le visage de la princesse s’éclaira. Le roi et la reine pleuraient de joie et un soulagement indescriptible envahit la chambre de la princesse. Le roi se tourna alors vers les trois fils et sans cacher son émotion leur exprima sa plus grande reconnaissance.

Vous avez tous les trois un très grand mérite, et je me dois de vous remercier comme il convient de la faire, leur dit-il. Cependant, je tiens à faire cadeau au plus méritant d’entre vous un cadeau exceptionnel. Dites-moi, selon vous, qui d’entre vous a le plus de mérite, et je lui offrirai la plus belle terre de mon royaume !

L’un des fils s’avança vers le roi et lui dit :
Je suis le plus méritant ! Sans moi, nous n’aurions jamais su que votre fille la princesse était très malade ! C’est grâce au miroir que j’ai reçu de mon père, il possède le pouvoir de voir d’un bout à l’autre du monde, et grâce à ce miroir j’ai pu voir que votre fille avait besoin de notre aide !

Le fils cadet prit à son tour la parole et dit au roi :
C’est grâce à moi, grâce à la calèche que mon père m’a offert que nous avons pu arriver à temps pour sauver votre fille ! Cette calèche avec son attelage a le pouvoir de traverser des pays entiers en un rien de temps, sans cela nous ne serions pas arrivés à temps !

Enfin le troisième fils déclara :
C’est évidemment grâce à la pomme que m’a donné mon père que votre fille est saine et sauve aujourd’hui, car cette pomme a le pouvoir de guérir toutes les maladies !

Le roi après avoir entendu les trois fils resta pensif un long moment. Il regardait le sol, en caressant sa barbe de sa main, puis il leva les yeux et en regardant les trois hommes leur dit la chose suivante :

Vous avez tous les trois un très grand mérite, je n’en ai aucun doute ! En disant cela, le roi se tourna ensuite vers celui qui avait don de sa pomme et lui dit :

C’est toi qui as le plus de mérite ! Tes frères n’ont pas hésité à faire tout ce qui était en leur pouvoir pour sauver ma fille, mais ils possèdent encore à présent le miroir et la calèche qui ont permis sa guérison, mais toi c’est différent ! La pomme n’est plus en ta possession ! Tu en a as fait don pour sauver la princesse, et contrairement à tes frères, il ne te reste rien ! C’est donc toi qui as le plus grand mérite, car tu as fait don de tout ce que tu possédais !

Cette histoire est un exemple de ce que représente l’Essence de l’âme Juive. Lorsqu’un Juif réveille la force de l’Essence de son âme il donne tout ce qu’il a pour Hachem, même ‘s’il ne lui reste plus rien’ !

A la lumière du Dvar Mal’hout Ki-Tissa – Rav Yaacov Abergel

A la lumière du Dvar Mal’hout Ki-Tissa – Rav Yaacov Abergel

 

Aleph, Beïth, Guimel :
Dans le Dvar Mal’hout sur la Paracha Ki-Tissa, le Rabbi explique que l’Eternel a fixé que chaque chose se décompose en trois, la tête, le milieu et la fin (Roch, To’h, Sof).
La ‘tête’ est le début d’une chose. Elle contient en elle-même l’intention, le but. Puis vient la chose elle-même, le ‘milieu’, le contenu, par lequel on peut atteindre le but que l’on s’est fixé au départ. Enfin, vient la ‘fin’, la réalisation effective de ce but, conformément à la déclaration des Sages selon laquelle ‘la fin d’une action est au début dans la pensée’.
Ces trois niveaux, la tête, le milieu et la fin, correspondent aux trois lettres hébraïques Aleph, Beïth, Guimel. Le Rabbi nous enseigne que ces trois lettres correspondent aussi à l’enchaînement des mondes, lequel est allusionné dans notre Paracha.
En effet, dans la Paracha Ki-Tissa il est question des premières Tables que l’Eternel donna à Moché, et sur lesquelles sont gravés les 10 Commandements qui commencent par la lettre ‘Aleph’ du mot ‘Ano’hi’ qui est lui-même une allusion à l’Essence divine. Ces premières Tables représentent donc le premier niveau, ‘Aleph’, le début et la base de toute chose, y compris la Création des mondes et de tout ce qu’ils contiennent. Le monde a été créé pour la Torah, appelée ‘Réchit’, ‘le Commencement’.
Puis vient la lettre ‘Beith’, première lettre du verset ‘Béréchit bara Elokim’, au moyen de laquelle les mondes et tout ce qu’ils contiennent furent créés.
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Dans notre Paracha il est question du péché du veau d’or qui est à l’origine du fait que Moché brisa les premières Tables. Le Rabbi nous enseigne dans ce Dvar Mal’hout que la brisure des Tables est liée à la descente que représente la Création de notre monde, du fait que l’Eternel a créé un monde où la possibilité nous est donnée de choisir entre le bien et le mal.
Le péché du veau d’or est lié à celui de l’arbre de la connaissance du bien et du mal. Le Rabbi déclare en effet que le péché de l’arbre ‘est venu comme une conséquence du premier Tsimtsoum, de la diminution de la taille de la lune (qui voulait être aussi grande que le soleil), et des nombreuses contractions et voiles de la lumière divine qui participent tous à la Création d’un monde où il est donné la possibilité à l’homme de choisir entre le bien et le mal.

Ainsi, conformément à l’enseignement du Rabbi selon lequel l’Eternel a fixé que chaque chose se décompose en trois, la ‘Tête’, le ‘Milieu’ et la ‘Fin’ (‘Roch’, ‘To’h’, ‘Sof’), il y a trois étapes dans le processus de la Création :

‘Aleph’, la lumière divine avant le premier Tsimtsoum, qui correspond aux premières Tables.
‘Beïth’, le premier Tsimtsoum, qui correspond à la brisure des premières Tables.
‘Guimel’, le monde de la Délivrance finale qui correspond aux secondes Tables que Moché tailla lui-même, selon l’ordre d’Hachem.
Avant la Création du monde seul D.ieu était présent, puis quand L’Eternel décida de créer le monde, ‘D.ieu mit Sa grande lumière de côté’ (Tanya) et Il créa un espace vide (premier Tsimtsoum) dans lequel l’existence de l’homme devint possible car l’homme pouvait vivre sans ressentir la Présence divine. De ce fait le premier Tsimtsoum concorde avec la brisure des Tables, car il réalise une rupture entre la situation où seul l’Eternel est présent et une situation où l’existence de l’homme et du monde apparaissent.

C’est ici l’un des points essentiels du Dvar Mal’hout. Le Rabbi nous explique que par lui-même, un Juif est incapable de commettre un péché. Si Adam et ‘Hava fautèrent, ou si le peuple d’Israël commit le péché du veau d’or, c’est uniquement parce que l’Eternel les incita en ce sens. Or, L’Eternel a agi ainsi afin de les mettre dans une situation de Téchouva, pour atteindre un niveau supérieur à celui qui était le leur avant la faute.
Les Tables brisées qui résultent du péché du veau d’or donnèrent l’accès à la mission de chaque Juif, de ramener le monde à un état de pureté en le raffinant au moyen des Mitsvoth. De fait, les premières Tables, brisées, expriment le fait que le monde ne put supporter la révélation de l’Essence divine. Cette révélation ne devient possible qu’après la brisure des Tables, c’est-à-dire quand le peuple Juif s’attache au travail de la Téchouva qui consiste à accorder (à préparer) ce monde matériel au dévoilement du Machia’h.

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La préparation au Don de la Torah :
A la fin de la Si’ha de la Paracha Chela’h de l’année 5747, le Rabbi mentionne que ‘Le monde a été créé pour la Torah, pour le Don de la Torah’ et le Rabbi demande dans ce cas ‘pourquoi a-t-il fallu attendre depuis la Création du monde 26 générations avant que L’Eternel donne la Torah au Mont Sinaï ?’ A ce sujet les Sages se sont interrogés sur la raison pour laquelle la Torah commence par la lettre Beïth (Béréchit) et non pas par la lettre Aleph qui est la première de toutes les Lettres. Lorsque la Lettre Aleph elle-même en demanda la raison à L’Eternel qui lui répondit qu’Il avait créé le monde pour la Torah et qu’au moment du Don de la Torah sur le Mont Sinaï Il commencerait par la Lettre Aleph ainsi qu’il est dit : ‘Anohi : Je suis L’Eternel Ton D.ieu’.
Dans ce cas, pourquoi fallait-il que la Lettre Aleph attende 26 générations jusqu’au moment ou D.ieu dit les 10 Commandements qui commençent par la lettre Aleph ?

La réponse à ces questions est que pour que l’homme et le monde puissent recevoir de manière profonde le dévoilement de la Torah, qui est celui d’une Lumière divine qui est totalement au-delà des limites de l’homme et du monde, il est nécessaire que l’homme et le monde deviennent d’abord des réceptacles capables de recevoir un tel dévoilement. Cela implique donc avant tout un travail progressif de purification de l’homme et de ce monde matériel afin qu’ils soient aptes à recevoir le dévoilement de cette Lumière divine illimitée à laquelle la lettre Aleph fait allusion.
La lettre Aleph qui représente le dévoilement de cette Lumière infinie dont la dimension dépasse totalement nos propres limites et les limites de ce monde est donc bien le but de la Création, mais pour que cette Lumière infinie ait pu se dévoiler et s’unir avec la Création tout entière le travail de 26 générations fut nécessaire.

Le Rabbi donne ici l’exemple de l’éducation d’un jeune enfant. Le but de son éducation est aussi allusionné par le sens de la lettre Aleph c’est à dire son obligation d’accomplir les Commandements divins, mais pour qu’il accomplisse sa mission dans le monde il n’est pas possible de l’éduquer en lui dispensant immédiatement des enseignements très élevés car il ne possède pas encore les moyens et les réceptacles pour les recevoir et les intégrer profondément.
Il faut donc lui donner au début des enseignements qui sont à sa portée, et peu à peu il grandit et devient apte à recevoir des enseignements chaque fois plus profonds.
Le Rabbi compare donc l’enfant dans son jeune âge au monde quand il fut créé. Tous deux ont besoin d’être préparés au Don de la Torah. La lettre Beïth représente ce travail de préparation. La Torah commence par la lettre Beïth qui est la première lettre du mot Béréchit et qui représente donc le début du travail, depuis Béréchit, et pendant les 26 générations jusqu’au Don de la Torah sur le Mont-Sinaï.
Ce travail de purification de nous-mêmes et de ce monde matériel permet de faire de nous-mêmes et de ce monde des réceptacles capables d’intégrer la Lumière qui est au-delà de toutes les limites : la Lumière infinie de la Torah.

Le travail personnel de l’homme :
A la lumière de cet enseignement du Rabbi nous pouvons comprendre la raison profonde donnée par le Rabbi pour laquelle Moché brisa les premières Tables que lui donna L’Eternel. Celles-ci étaient l’œuvre du Saint béni soit-Il, ‘écrites du doigt de D.ieu’, et de ce fait leur niveau était d’un dévoilement supérieur et illimité, c’est à dire totalement au-delà de nous-mêmes, de notre perception. En effet, nous n’avons qu’une perception limitée du fait que nous percevons davantage la dimension matérielle de ce monde que sa dimension divine. C’est la raison pour laquelle le Rabbi nous enseigne dans le Dvar Mal’hout sur notre Paracha que ‘ces premières Tables étaient vouées à être brisées car les mondes créés et les êtres n’étaient pas prêts à recevoir le dévoilement de la lettre Aleph (du mot ‘Ano’hi’) laquelle désigne l’Essence divine qui est au-delà des limites du monde et de notre portée’.

Moché brisa les premières Tables quand les Juifs commirent le péché du veau d’or. Cependant, le Rabbi nous explique que ce péché fut à l’origine de la Téchouva qui s’ensuivit. Par cette Téchouva les Juifs se préparèrent à recevoir les secondes Tables, qui contrairement aux premières étaient l’œuvre de Moché et représentaient donc ‘le travail personnel de l’homme, son désir de revenir et de s’attacher à D.ieu. Les secondes Tables expriment profondément le sentiment de Téchouva, notre mission et notre action dans ce monde matériel qui consistent à ‘dévoiler l’intention divine, le but de la Création : le fait que le monde n’a été créé que pour la Torah’.

Le Rabbi souligne donc que ces secondes Tables ne seront donc jamais détruites car elles incarnent la perfection liée à la réalisation du projet divin de faire de ce monde une demeure pour l’Essence divine.
Le Rabbi nous enseigne que les premières Tables furent brisées car elles étaient l’œuvre de D.ieu et le peuple Juif n’était pas encore préparé à un tel1 dévoilement. C’est la raison pour laquelle Moché tailla lui-même les secondes Tables, afin de mettre la Volonté du Saint béni soit-Il à la portée des enfants d’Israël.
Par ailleurs, à travers cet enseignement apparait un autre enseignement du Rabbi (Dvar Mal’hout sur la Paracha Noa’h). Le Rabbi explique que dans la Paracha Béréchit il est question du monde que D.ieu a créé sans qu’il ne soit encore question de l’action de l’homme dans le monde. A l’opposé, dans la Paracha Noa’h c’est essentiellement du travail de l’homme dans le monde dont il s’agit et le Rabbi nous enseigne que c’est précisément lorsque l’homme agit dans l’obscurité et dans les limites de ce monde (Elokim) qu’il parvient à dévoiler le Nom d’Havayeh dans le monde, et de ce fait, à élever le monde à un niveau qui est supérieur à celui qu’il avait quand il fut créé. Le fait que Moché tailla lui-même les secondes Tables exprime aussi ce principe : le dévoilement de l’Essence divine passe obligatoirement par l’action de Moché et des enfants d’Israël.

‘La peau de son visage rayonnait’ :
Le Rabbi souligne à ce sujet que la lumière divine éclairait le visage de Moché quand il descendit avec les secondes Tables et non pas quand il descendit avec les premières, ainsi qu’il est dit (Ki-Tissa, 34, 35) :’Et les enfants d’Israël voyaient le visage de Moché, la peau de son visage rayonnait’.
De fait, les premières Tables sont l’œuvre de D.ieu alors que les secondes furent taillées par Moché et ce n’est que par le travail personnel de l’homme dans ce monde que l’on parvient au niveau de ‘la peau de son visage (de Moché) rayonnait’ : le dévoilement de l’Essence divine.

Dans le Dvar Mal’hout le Rabbi déclare que la force pour accomplir notre mission de provoquer la Guéoulah vient du lien qui nous unit à Moché et au Moché qui existe dans chaque génération. C’est la raison pour laquelle le Rabbi nous enseigne que cette lumière qui émanait du visage de Moché peut aussi ‘éclairer le visage de chaque Juif’ car ‘tous les enfants d’Israël possèdent une étincelle de Moché’.
Notre mission de ramener le monde à un état de pureté et de le préparer au dévoilement de l’Essence divine n’est donc possible que par la force de notre attachement au Rabbi. Il est celui qui nous conduit au terme de cette mission sacrée et nous prépare à ce dévoilement, très bientôt et de nos jours, avec l’aide d’Hachem.

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L’entretien privé avec le Rabbi :
Comme il a été expliqué précédemment, les premières Tables correspondent à la situation qui précède la Création du monde, lorsqu’il n’y avait ‘rien d’autre en dehors de D.ieu’, du fait que le monde n’existait pas encore.

Puis, ‘L’Eternel mit Sa grande lumière de côté’ et créa un grand espace vide (le ‘Halal’) dans lequel Il fit pénétrer un fin rayon (le ‘Kav’), reflet de Sa grande lumière infinie, par lequel Il créa le monde.
Un ‘fin rayon’ fut à l’origine des mondes et de tout ce qu’ils contiennent, car ceux-ci ne pouvaient pas en supporter davantage.
Aussi, dans ce grand ‘espace vide’ la Présence divine devint imperceptible à l’homme. En ce sens, le fait que L’Eternel ‘mit sa grande lumière de côté’ (le Tsimtsoum) peut être considéré comme une descente (comparable à la brisure des Tables), mais c’est sans compter l’enseignement de la ‘Hassidout selon lequel ‘toute descente a pour but une élévation’.
Lorsque L’Eternel créa cet ‘espace vide’, et à l’intérieur de celui-ci le monde, lorsqu’Il dissimula Sa Présence à toute la Création, la possibilité fut donnée à l’homme de choisir entre le bien et le mal.
Or, c’est précisément pour cela que l’homme put s’élever à un niveau supérieur. En transformant l’obscurité en lumière l’occasion lui fut donnée de faire de ce monde une demeure pour L’Essence divine.
Le Rabbi nous enseigne que le péché du veau d’or et la brisure des Tables furent incités par D.ieu pour élever les enfants d’Israël vers la Délivrance finale.
De la même façon le ‘Tsimtsoum’ permit aux enfants d’Israël d’élever le monde et tout ce qu’il contient à un niveau jamais atteint auparavant. L’occasion nous est donnée d’approfondir la signification de ‘L’Eternel mit sa grande lumiere de côté’ :

Dans le livre du Tanya, l’Admour Hazaken explique que nous devons agir à la manière divine. De même que L’Eternel a mis sa grande lumière de côté, un Juif doit mettre de côté toutes ses occupations pour servir D.ieu de tout son cœur et de toute son âme.
Il est possible d’accorder à cet enseignement de l’Admour Hazaken l’explication suivante :
‘Mettre sa grande lumière de côté’ exprime parfaitement une qualité du Rabbi.

Comme il a été expliqué, ‘L’Eternel mit Sa grande lumière de côté’ pour créer un ‘espace vide’ dans lequel le monde pouvait désormais exister.
Or, le Rabbi agit de la même façon, car il sait créer un ‘espace vide’ pour chaque Juif. Cet ‘espace vide’ représente le moment de la Yé’hidout (l’entretien privé avec le Rabbi, dans son bureau). Lorsqu’un Juif entre dans le bureau du Rabbi, il entre dans un endroit que le Rabbi a créé pour lui, un ‘espace vide’ pour le recevoir et être à son écoute. Le Rabbi ‘met sa grande lumière de côte’ signifie dans ce cas qu’il fait totalement abstraction de sa propre existence. De même que l’Eternel fit pénétrer dans cet ‘espace vide’ un fin rayon pour créer le monde, le Rabbi fait le vide en lui-même pour ne considérer que l’existence de celui qu’il reçoit, et pour l’illuminer d’un fin rayon, reflet de sa lumière infinie.
Ce qui vient d’être dit s’accorde aussi tout particulièrement à l’enseignement du Rabbi selon lequel ‘diffuser les sources à l’extérieur est le moyen de dévoiler l’Essence de l’âme (Iniana chel Torat Ha ‘Hassidout).
De fait, il ne s’agit pas seulement d’étudier et de s’élever aux plus hauts niveaux par cette étude. Il s’agit de mettre de côté la grande lumière de notre étude, et de notre existence, pour ne se consacrer qu’à l’existence de notre frère Juif, et provoquer ainsi la venue de notre Juste Machia’h, avec l’aide de D.ieu très bientôt et de nos jours, symbolisée par la lettre Guimel, la Guéoulah, l’aboutissement.
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Le visage du Rabbi ou ‘la peau de son visage rayonnait’ :
Lors d’une Hitvaadout, le Rav Yossef-Itzhak Offen demanda la raison pour laquelle nous ne sommes jamais rassasiés par l’action de regarder le visage du Rabbi. L’explication du Rav offen n’est pas sans nous rappeler les enseignements du Rabbi dans le Dvar Mal’hout sur le rayonnement du visage de Moché. En effet, le Rav Offen expliqua qu’en réalité nous ne nous pouvons pas nous lasser de regarder le visage du Rabbi car le corps d’un Juif vient de l’Essence de D.ieu. De fait, l’Essence divine transparaît sur le visage du Rabbi car bien que le Rabbi soit un homme de chair et de sang, le Rabbi est ‘le Juste sur lequel repose le monde’. ‘Il est l’envoyé du Saint béni soit-Il et l’envoyé est comme celui qui l’envoie’. Le Divin transparaît dans son âme et dans son corps, et de ce fait nous ne pouvons quitter notre regard de lui car son visage est l’expression véritable de l’Essence divine.

 



Rav Yehouda Leib (Leibel) Karasik (1900-1943)

Le Rav Yehouda Leib Karasik (1900 – mars 1943) était un Machpia des communautés Loubavitch de Moscou et Nevel, mort prématurément sur la route au milieu de la Seconde Guerre mondiale. Dans sa jeunesse, il a étudié à la yechiva Loubavitch Tomchei Temimim et a même servi comme répétiteur auprès du Rabbi précédent.

Biographie

Né vers 1900 dans la ville de Lepitch au père de Morde’haï Shmuel Karasik et à la mère de Haya Sarah. Sa famille ne faisait pas partie des hassidim de Loubavitch, mais quand il est venu l’âge d’aller à la yechiva, il a été envoyé à la suite de ses frères aînés étudier à la yechiva Loubavitch Tomchei Temimim où il s’est distingué par ses talents et son caractère, et a été considéré comme l’un des plus grands érudits de la yechiva.

Il a été favorisé par le Rabbi précédent qui servait à l’époque de directeur spirituel de la yechiva, et quand le Rabbi Rashab était absent de Loubavitch, le Rabbi précédent lui a confié les clés de la chambre du Rabbi Rashab pour qu’il prenne de là les écrits hassidiques du Rabbi Rashab et les copie en deux exemplaires.

Même après le début de la Première Guerre mondiale, quand beaucoup des étudiants de la yechiva à Loubavitch ont commencé à fuir les Allemands qui s’approchaient de la région, il est resté avec un petit groupe d’amis à la yechiva Loubavitch et faisait partie des treize derniers étudiants qui y étudiaient. Ce n’est que vers la fin de l’été 1918 qu’il a quitté Loubavitch avec ses amis et après un bref arrêt à Roudnia, Briansk et Krementchoug, il a poursuivi son chemin vers Rostov où résidait le Rabbi Rashab, et a eu le mérite de s’occuper de la préparation du blé pour la cuisson des matzot pour la famille du Rabbi.

Après le décès du Rabbi Rashab le 2 Nissan 1920, il faisait partie de l’équipe des « répétiteurs » du Rabbi précédent et chaque semaine ils entraient dans sa chambre pour faire une « révision » du Maamar donnée le Chabbat.

À cette époque où il résidait à Moscou, quelques mois après le décès du Rabbi Rashab, il a eu le mérite de s’occuper du transfert du corps saint du Rabbi Rashab au cimetière.

Machpia dans les communautés Loubavitch

En 1921, à l’âge de seulement 21 ans, il a été nommé par le Rabbi précédent comme Machpia de la communauté Loubavitch de Moscou, et comme trésorier des fonds du « Maamad » pour la maison du Rabbi, et comme collecteur de fonds pour les yechivot Loubavitch Tomchei Temimim. Vers la fin de cette année, deux propositions de mariage lui ont été faites, une par la Rabbanit Sheterna Sarah et une par la Rabbanit Nehama Dina, mais quand il est venu en audience privée, le Rabbi a rejeté les deux propositions et lui a ordonné d’aller à Nevel et de se marier avec la fille du mélamed Reb Chemariyahu Roitblat (Abelski).

Après son mariage avec Mme Eidel, il a été nommé par le Rabbi précédent comme Machpia à Nevel, et malgré son jeune âge, il était considéré comme l’un des piliers de la communauté, et y insufflait un esprit de service divin. La synagogue où il officiait comme Machpia était la plus grande synagogue de la ville et était appelée par les habitants du nom de « la synagogue de Reb Leibel ».

En Adar I 1927, il a été arrêté par le NKVD avec R’ Elhanan Dov Marozov, R’ Itshak Yaakov Minkovitz et R’ Itshak Goldin, et ils ont été condamnés à l’exil en Sibérie. Trois ans plus tard, sa peine de prison a pris fin et il est retourné à Nevel, où il a continué à œuvrer pour le renforcement du judaïsme malgré les persécutions des communistes. Quand les agents de la police secrète ont renforcé leur oppression, il a demandé à monter en Terre Sainte et a même reçu les autorisations nécessaires et la bénédiction du Rabbi précédent, mais finalement quand il a entendu à quel point son travail sur le terrain de l’éducation des enfants juifs donnait satisfaction au Rabbi précédent – il a renoncé à son désir de monter au pays et a continué à s’adonner à l’influence et à l’éducation des enfants juifs, dormant pendant une longue période dans un jardin à l’extérieur de la maison pendant le rude hiver russe pour que si les agents du NKVD venaient le chercher au milieu de la nuit – ils ne le trouvent pas à la maison.

Fin de vie

En 1939, il a déménagé dans l’une des banlieues de Leningrad, et y a été piégé pendant la Seconde Guerre mondiale lorsque les Allemands ont encerclé la ville et bombardé impitoyablement ses habitants. En raison de la famine et des épidémies qui sévissaient dans la ville, son épouse est décédée au mois de Chevat 5702-1942 et un mois plus tard, son fils Chemrel est également décédé.

Quand il a vu qu’il n’y avait pas d’autre choix et que le danger de rester dans la ville était plus grand que le danger des bombardements guettant ceux qui essaient de fuir la ville, il s’est échappé avec ses trois filles dans un véhicule qui a traversé la rivière gelée, et a continué avec elles vers les montagnes de l’Oural, mais quand ils sont arrivés près de la ville de Koudymkar il s’est affaibli et est décédé au mois d’Adar 5703-1943 à l’âge de seulement 43 ans.

Ses filles ont fait de grands efforts pour l’enterrer dans un cimetière juif, et ont économisé sur leur ration de pain pour payer des paysans non-juifs qui l’immergeraient dans la rivière et creuseraient pour lui une sépulture juive au bord du chemin. Après l’enterrement, l’arbre à côté duquel la tombe a été creusée a été marqué, mais après la guerre, quand les membres de la famille sont revenus et ont essayé de localiser l’arbre, ils n’ont pas réussi et le lieu de sa sépulture est resté inconnu.

Sa famille

Son frère, R’ David Karasik
Son frère, le Rav Eliezer Karasik – Rav de la communauté Loubavitch de Tel Aviv et président de l’Association des Hassidim Loubavitch de la Terre Sainte
Son frère, le Rav Yaakov Baruch Karasik – surveillant de la yechiva Loubavitch Tomchei Temimim
Son frère, R’ Nahum Karasik – dernier Rav de Stchetchdrine
Son beau-frère, R’ Yona Kohen (Poltover)
Son beau-frère, R’ Mordekhaï Eliezer Leptovski
Sa fille Mme Hayaine, épouse de R’ Meir Abtzan
Sa fille Mme Pessa, épouse de R’ Shlomo Matusof – émissaire du Rabbi au Maroc
Sa fille Mme Taïbé, épouse de R’ Zvi Leib Levin – émissaire du Rabbi au Maroc

A la lumière du Dvar Mal’hout Tétsavé – Rav Yaacov Abergel

A la lumière du Dvar Mal’hout Tétsavé – Rav Yaacov Abergel

 

Pour la réussite matérielle et spirituelle de Ména’hem-Mendel ‘Haya-Mouchka Lévi-Itz’hak Shpitzer

 

Dans l’une des notes du ‘Dvar Mal’hout’ sur la Paracha Tétsavé, le Rabbi mentionne l’enseignement des Sages selon lequel ‘l’olive fit don de sa vie pour sanctifier le Nom divin’.
En effet, il est écrit dans la Torah (Paracha Noa’h, 8, 11) que la colombe rapporta à Noa’h une ‘feuille arrachée d’olivier dans son bec’. Les Sages ont expliqué que cette olive ‘fit don de sa propre vie pour sanctifier le Nom divin’ car au lieu de donner naissance à un arbre elle préféra ‘être arrachée’ car son sacrifice allait apporter une grande lumière dans le monde.

Au sujet de cet enseignement le Tsémach-Tsédek cite le verset ‘une terre d’olive d’huile et de miel’ en soulignant que ‘l’olive’ précède le ‘miel’ dans l’ordre des mots du verset. De fait, le goût doux et sucré du miel est une allusion au niveau d’amour d’Hachem appelé ‘Ahava-bé-taanougim’, ‘l’Amour des délices’ : le ravissement.
Par ailleurs, dans ce verset le nom de ‘l’olive’ est lui-même juxtaposé à celui de la ‘terre’ car l’olive incarne un niveau encore plus élevé que celui de ‘l’Amour des délices’. L’olive représente la force de Messirout-néfech, la capacité de faire don de soi-même jusqu’à être capable de donner sa Vie pour sanctifier le Nom divin.

L’olive que l’on presse pour extraire l’huile qu’elle contient est l’exemple souvent donné dans la ‘Hassidout pour exprimer le fait que les oppressions endurées par le Peuple Juif (imagées par une olive que l’on presse) ont pour effet de provoquer le dévoilement de l’Essence de l’âme du Peuple Juif. En effet, le fait d’empêcher un Juif de servir D.ieu comme il se doit de le faire éveille le lien de l’âme Juive à son Père qui est dans le ciel. C’est pour cela que l’Essence de l’âme est comparée ici à de l’huile, car de même que l’huile est cachée à l’intérieur de l’olive, le lien le plus profond qui unit l’âme d’un Juif à son Créateur vit au plus profond de lui-même et constitue son existence véritable car un Juif fait Un avec D.ieu.

Dans dans le ‘Or ha Torah’ le Tsémach Tsédek definit ‘Chémen ha-tov’ (‘la bonne huile’) comme étant la ‘Sagesse supérieure divine’ (‘Hohmah-ilaa’), et il nous enseigne que la racine spirituelle du miel est le plaisir ressenti dans le cœur et que l’huile (‘Ho’hmah-ilaa’) est plus élevée que le miel car elle représente l’Essence du plaisir (à la lumière de cet enseignement nous comprenons la raison pour laquelle le mois d’Adar est celui de la Sim’ha, car la plus grande Joie d’un Juif (telle qu’elle est définie par le Rabbi dans le Dvar Mal’hout) est celle d’être Juif et de savoir que quelque-soit l’épreuve que l’on traverse on demeure toujours lié à D.ieu).

La Paracha Tétsavé représente le dévoilement de l’Essence de l’âme Juive, et c’est la raison pour laquelle elle est l’unique endroit de la Torah, depuis la naissance de Moché, le berger d’Israël, où le nom de Moché n’est pas mentionné. La raison à cela est que la Paracha Tétsavé est le dévoilement de l’Essence de l’âme de Moché, laquelle est illimitée et ne peut pas s’habiller dans les lettres de son nom, car ‘le nom n’est qu’un reflet de l’Essence, et non pas l’Essence elle-même

Ainsi, dans notre Paracha D.ieu s’adresse à Moché, non pas en lui disant ‘Moché !’, mais simplement en lui disant ‘Atah !’, ‘Vé Atah tétsavé !’ (‘Et Tu ordonneras !’). ‘Atah’ désigne l’Essence de l’âme de Moshé qui fait Un avec D.ieu et ne peut se limiter à un nom.

Aussi, du fait que ‘Moshé fait Un avec les enfants d’Israël’ il va de soi que le contenu profond de la Paracha Tetsavé (qui est toujours proche de la date de la naissance de Moché qui est le 7 du mois d’Adar) est aussi celui de la naissance de l’Essence de l’âme de chaque Juif de l’Assemblée d’Israël. Le lien qui unit Moché avec les enfants d’Israël s’exprime tout particulièrement lorsque Moché demanda à L’Eternel d’être effacé de Son livre s’Il ne pardonnait pas aux enfants d’Israël (Ki Tissa, 32, 32) : ‘Et maintenant si Tu supportes leur faute, et sinon efface-moi de Ton livre que Tu as écrit’.

Dans ce verset, le lien qui unit Moché et les enfants d’Israël s’exprime avec une force redoutable, et il est intéressant de remarquer que les deux chiffres de référence de ce verset sont : 32, 32
Or, le chiffre 32 est la valeur numérique du mot ‘Lev’ :לב qui signifie ‘cœur’, et du fait qu’il est écrit ici deux fois, il est possible de dire qu’il y a ici une allusion au ‘cœur du cœur’ : ‘la profondeur du cœur’, ‘Oumka dé Liba’,
Moché ressent pour le peuple d’Israël un amour qui est ancré au plus profond de son âme et c’est du plus profond de cet amour qu’il s’adresse à L’Eternel en lui demandant de pardonner à Son peuple. Si L’Eternel n’est pas prêt à lui pardonner Moché demande alors à D.ieu qu’Il l’efface de Son Livre (la Torah). Cet amour que ressent Moche pour les enfants d’Israël est donc lie à la capacité de sacrifier sa propre vie que l’on appelle ‘messirout-néfech’.
Aussi, à la lumière de ce qu’il vient d’être dit, nul n’est besoin d’expliquer que c’est par l’attachement au Rabbi, qui est le Moché de notre génération, que l’on parvient au dévoilement de l’amour qui vient du ‘cœur du cœur’, c’est à dire le dévoilement de l’amour que chaque Juif ressent pour D.ieu, pour l’Assemblée d’Israël et pour la Torah, grâce auquel nous aurons le mérite d’être délivré, car ‘D.ieu Israël et la Torah ne font qu’Un’.

Lorsque l’âme du Rabbi Rayats quitta ce monde, le Rabbi ne lui succéda pas immédiatement. Les ‘Hassidim firent tout leur possible pour que le Rabbi accepte de poursuivre cette mission sacrée, mais l’histoire nous a montré que ce sont les paroles de la Rabbanite ‘Haya-Mouchka qui eurent pour effet de convaincre le Rabbi. La Rabbanite dit au Rabbi : ‘A quoi aura servi tout le travail accompli par mon père si tu ne poursuis pas sa Mission ? ‘

La Mission du Rabbi est de préparer ce monde au dévoilement de l’Essence divine : ‘Faire de ce monde matériel une demeure pour D.ieu’. Le Rabbi Rachab nous a enseigné que c’est par l’étroitesse que l’on peut atteindre la Lumière d’Or ein-sof. Ce propos s’accorde à celui du Rabbi dans son discours intitulé : ‘Vé atah Tetsavé’.
En effet, dans ce discours le Rabbi nous enseigne qu’un juif dévoile en lui-même la force de l’Essence de son âme (Maor) lorsqu’il a le cœur brisé (katit) du fait de l’absence du Machia’h. Sans le dévoilement du Machia’h notre existence n’est qu’étroitesse. Le fait de souffrir de l’exil de la Présence divine, le fait de ne plus supporter de s’abandonner à des plaisirs grossiers qui émanent de la soif du mauvais penchant et de l’âme animale a pour effet d’attirer le regard et la miséricorde du Saint béni soit-Il sur nous-même.
Le fait de ‘briser la terre’, les désirs matériels, nous permet de dévoiler notre lien le plus vrai et le plus profond avec D.ieu.
Un Juif cache en lui l’huile la plus pure (la force de l’Essence de l’âme) et la mission du Rabbi est de nous enseigner à creuser, à briser tout ce qui nous en sépare. Lorsque le Rabbi nous aide à atteindre la racine de notre âme, nous dévoilons la Volonté la plus profonde, la Volonté de toutes nos volontés qui n’est autre que le dévoilement de D.ieu.

Le Rabbi Rachab nous enseigne que pour dévoiler cette Volonté qui dépasse l’intellect et la raison il convient auparavant d’établir un bilan spirituel. ‘A partir de l’étroitesse on atteint le niveau de l’Essence’, car lorsque l’on établit un bilan spirituel et que l’on mesure notre éloignement vis-à-vis de D.ieu, lorsque l’on ressent ce manque et que notre cœur est brisé du fait de notre exil, alors on attire dans la Torah la Lumière d’Or ein-sof et l’on reçoit ensuite de la Torah (nous-même et ce monde matériel) cette lumière divine infinie.
‘Le monde a été créé pour Israël et pour la Torah’, car la Volonté d’un Juif (sa Volonté la plus profonde qui dépasse l’intellect et la raison) a pour effet d’attirer la Lumière d’Or ein sof (par l’intermédiaire de la Torah) en lui-même et dans ce monde.

A l’évidence la Rabbanite a elle-même établi le bilan moral de toute l’Assemblée d’Israël après qu’elle ait elle-même ressenti le manque et l’éloignement qu’a ressenti le Peuple d’Israël.
En effet, Israël est lié à Hachem d’un lien Atsmi : d’un lien qui procède de l’Essence divine. L’Essence de l’âme Juive est enracinée dans l’Essence divine et ce lien a besoin de se révéler, c’est à dire de s’exprimer dans les pensées les paroles et les actes du peuple Juif tout entier. L’absence de ce dévoilement a pour effet que chaque Juif ressent un manque qu’il a besoin de combler, et c’est précisément la Mission du Rabbi de mettre fin à cet éloignement du Divin. Chaque Juif qui se trouve dans les 4 coudées du Rabbi se place sous une colonne de lumière d’où il prend conscience de sa mission profonde. Il reçoit du Rabbi une vitalité nouvelle pour l’accomplir, et n’est plus animé par le seul désir d’assouvir ses besoins personnels, mais par le désir d’agir au-delà de l’intellect, pour consacrer son existence au dévoilement du Machia’h. La Rabbanite savait tout cela, elle savait que seul le Rabbi possédait les moyens d’unir de manière profonde les enfants d’Israël au Saint béni soit-Il.

Dans son discours intitulé ‘Vé Atah Tétsavé’, le Rabbi définit clairement le rôle du Berger d’Israël, du Moché qui se trouve dans chaque génération, ‘l’extension de Moché’ (tel qu’il est appelé dans le livre du Zohar).
Le terme Tétsavé est apparenté à Tsavta : Union, et ‘Vé Atah Tétsavé’ que l’on traduit littéralement par ‘Et tu ordonneras’, signifie de manière profonde : ‘Et tu uniras’. ‘Moché, tout comme le Rabbi lui-même ‘unissent les enfants d’Israël avec Or ein sof’.

En effet, il est écrit au début de notre Paracha (Tétsavéh, 27, 20) : ‘Et tu ordonneras aux enfants d’Israël qu’ils prennent pour toi de l’huile pure d’olives concassées pour (allumer) le luminaire, pour faire monter la lumière perpétuellement’.
Dans ce verset, L’Eternel s’adresse à Moché et lui ordonne ‘d’ordonner aux enfants d’Israël de lui apporter de l’huile pure’.
L’huile ‘pure’ représente la lumière qui provient de la partie la plus élevée de l’âme. De fait, Moché et le Rabbi donnent les moyens aux enfants d’Israël de dévoiler cette lumière.
La Rabbanite pour être la fille du Rabbi Rayats savait que le Rabbi possédait les moyens d’enseigner l’Essence de la Torah : la ‘Hassidout, et de permettre par cet enseignement essentiel à chaque Juif d’accomplir les Commandements divins en révélant leurs forces les plus profondes lesquelles découlent de l’Essence de l’âme.
Aussi, lorsqu’elle déclara à son époux : ‘A quoi aura servi tout le travail accompli par mon père si tu ne poursuis pas sa Mission ? ‘ et que ces paroles eurent pour effet de convaincre le Rabbi d’accepter la Mission qui lui incombait, elle réussit à unir le Rabbi aux ‘Hassidim. Ainsi, l’expression ‘Vé Atah Tétsavé’ : ‘Et tu uniras’ s’applique avant tout à la Rabbanite ‘Haya-Mouchka car c’est par son mérite que le Rabbi devint le Berger d’Israël et que de ce fait il peut lui-même unir les enfants d’Israël à la lumière infinie de D.ieu et nous conduire immédiatement à la Délivrance finale, avec l’aide d’Hachem.

 

Terouma à la lumière du Dvar Mal’hout  – Rav Yaacov Abergel

Terouma à la lumière du Dvar Mal’hout – Rav Yaacov Abergel

 

Pour l’élévation de l’âme de ‘Hanna Bat Moché-Yaakov Marques

‘Rien ne sépare le mot ‘Li’ (‘Moi’) du mot ‘Terouma’ (‘la Torah’) pour la simple et bonne raison que ‘le Saint béni soit-Il et la Torah ne font qu’Un’ (L’Admour Hazaken) ‘.

L’attachement profond au Rabbi :

Le Chabbat de la Paracha ‘Terouma’ qui tombe toujours au début du mois d’Adar, souligne l’importance de notre attachement au Rabbi. En effet, une des raisons pour laquelle nous devons multiplier notre joie pendant tout le mois d’Adar, est que ce mois est celui de la naissance de Moché (le 7 Adar).

De fait, la joie et le plaisir véritable commencent avec Moché, car il est celui qui qui nous unit avec Or Ein Sof. Aussi, combien cela est vrai pour toute notre génération. Le Rabbi est le Moché de notre génération. Avec lui commence notre joie véritable, car il est celui qui nous prépare à la vie éternelle.

Il est celui qui fait de chacun d’entre nous un ‘Temple’, un ‘Michkan’ capable de contenir le plaisir divin, révélé dans la Torah du Machia’h, ‘la Torah ‘Hadacha’, ‘Terouma’. Il est celui qui révèle et unit le plaisir de D.ieu à celui des enfants d’Israël.

‘Faites-Moi un sanctuaire et Je résiderais parmi vous’ :

Dans le Dvar Mal’hout sur la Paracha Terouma, il est question du Michkan (le temple portatif), et de tous ses ustensiles. C’est dans cette Paracha que L’Eternel déclare aux enfants d’Israël : ‘Faites-Moi un sanctuaire et Je résiderais parmi vous’. Aussi, au début de la Paracha, L’Eternel demande à Moché de parler aux enfants d’Israël afin que ceux-ci ‘mettent à part une partie de leur fortune comme offrande’ (Rachi), pour le Tabernacle.

Lorsque L’Eternel énumère les matériaux de l’offrande des enfants d’Israël il commence par l’or, puis viennent ensuite l’argent et le cuivre. Le Rabbi explique que la raison pour laquelle l’or est cité en premier est parce qu’il désigne les enfants d’Israël eux-mêmes, qui sont aux yeux de L’Eternel comme de l’or.

Plus précisément, l’or désigne le trésor véritable que possède chaque Juif, par le fait que son âme est véritablement ‘une parcelle de divinité d’en-haut’. ‘L’Essence de l’âme Juive est enracinée dans l’Essence divine’ (le Rabbi).

‘Afin que soyez une terre de convoitise’ :

Dans le Hayom-Yom du trente-deuxième jour de l’Omer, il est écrit qu’à Lag Baomer, aux alentours de 5604 (1844), le Tséma’h Tsédek rapporta l’explication suivante du Baal-Chem-Tov : ‘Il est écrit afin que soyez une terre de convoitise, parole de L’Eternel, D.ieu des Armées célestes’. Tout comme les plus grands Sages n’arriveront jamais à atteindre les grands trésors naturels que D.ieu a placé dans la terre ‘car tout vient de la poussière et tout retourne à la poussière’ de même personne ne pourra jamais atteindre et comprendre tous les niveaux, tous les trésors qui se trouvent en chaque Juif, lequel est la terre de convoitise de D.ieu’.

‘La plus grande joie qu’un Juif peut ressentir’ :

On ne peut se limiter à définir D.ieu comme étant à l’origine des mondes, car les mondes ne sont rien en comparaison à Son Essence. Comme l’a dit notre Maître l’Admour Hazaken : en comparaison à l’Essence divine, les mondes sont tels une goutte par rapport à l’océan. Il en va de même pour l’Essence de l’âme Juive, du fait qu’elle est enracinée dans l’Essence divine on ne peut se limiter à la définir comme étant l’origine de l’intellect et des sentiments (des forces de la partie de l’âme qui est révélée dans le corps).

L’Essence de l’âme Juive est véritablement divine, elle est au-delà de toute forme, de toute définition, et c’est pour cela que le Baal-Chem-Tov déclare ‘qu’il est impossible d’atteindre et de comprendre tous les trésors qui se trouvent en chaque Juif’. Le trésor qui se trouve en chaque Juif c’est l’Essence de son âme, cette étincelle divine véritable qui est en lui et qui échappe à notre compréhension. C’est par elle qu’un Juif est lié à D.ieu d’un lien essentiel et éternel. Grâce à elle qu’il peut percevoir le Divin et qu’il possède la capacite de faire de ce monde matériel une demeure pour l’Essence divine.

Le Rabbi écrit que la plus grande joie qu’un Juif peut ressentir, et tout particulièrement pendant le mois d’Adar est de prendre conscience que même dans l’exil le plus profond il demeure lié à D.ieu. De fait, le Rabbi écrit que pendant le mois d’Adar ‘chacun ressent une profonde soumission vis-à-vis de D.ieu’.

C’est peut-être pour cette raison que dans l’explication du Baal-Chem-Tov rapportée par le Tséma’h-Tsédek il est mentionné que ‘tout vient de la poussière et tout retourne à la poussière’, car la poussière désigne la soumission la plus totale vis-à-vis de L’Eternel, et que c’est précisément par la soumission qu’un Juif parvient à réveiller en lui la force de l’Essence de son âme, ainsi qu’il est dit (Tanya) : ‘L’Eternel ne réside que dans un endroit qui lui est parfaitement soumis’, sur sa terre de convoitise.
Lorsque nous éveillons la force de l’Essence de l’âme sa lumière se révèle dans l’intellect et les sentiments, et dans tous les vêtements de l’âme, c’est à dire dans la pensée la parole et dans l’action. Dans ce cas un Juif n’agit pas comme il a l’habitude d’agir en considérant ce qui lui convient, mais il agira comme il convient d’agir selon L’Eternel.

‘Augmenter notre joie durant tout le mois d’Adar’ :

Au sujet de la déclaration des Sages selon laquelle ‘de même que durant le mois de Av nous devons diminuer notre Joie (car c’est pendant ce mois que le Temple de Jérusalem a été détruit, le 9 Av), de même au mois d’Adar nous devons multiplier notre Joie’, le Rabbi explique que le fait d’augmenter notre joie durant tout le mois d’Adar a pour effet de transformer la période de deuil du mois de Av en une période de Joie.

Seule l’Essence divine a le pouvoir de transformer l’obscurité en lumière, et l’âme que D.ieu nous a donnée est ‘une parcelle véritable de divinité d’En-haut’ grâce à laquelle nous pouvons agir sur ce monde profane et le transformer en une demeure pour D.ieu. C’est précisément cela la raison de notre joie et de notre soumission pendant le mois d’Adar. C’est en effet le fait de posséder une âme Juive qui est notre plus grande joie. Le dévoilement de l’Essence de l’âme, est le dévoilement du lien le plus profond qui nous unit à notre Père qui est dans le ciel, ainsi que l’a exprimé Rabbi Shimon Bar Yo’haï : ‘Je suis attaché par un lien, en lui je m’unifie, en lui je m’enflamme’.

‘Chanter et louer la grandeur de la Sagesse divine’ :

Par ailleurs, il est écrit dans le livre des Proverbes (1, 20) : ‘La Sagesse de D.ieu est louée, chantée dans la rue’ (‘Ha ‘Ho’hmot ba’houts tarona’), et l’Admour Hazaken explique que la Sagesse de D.ieu (‘Ho’hma) doit se répandre à l’extérieur de sa source (‘ba’houts’) afin que son niveau soit révélé et apprécié dans ce monde. Chaque Juif se doit donc de chanter et de louer la grandeur de la Sagesse divine, de vanter les possibilités qu’elle nous offre, et les actions merveilleuses qu’elle suscite (voir le livre ‘Torah Or’, Parachat Yitro). En louant et en chantant la Sagesse divine, les Juifs dévoilent le plaisir de D.ieu.

Le livre du Zohar (Parachat Toldot, 141b) cite le verset : ‘La Sagesse de D.ieu est louée, chantée dans la rue’, juste après avoir mentionné cet autre extrait des Proverbes (Michleï, 5, 16) : ‘Tes sources se répandent à l’extérieur, dans les rues coulent tes ruisseaux’.

Lorsque le Baal-Chem-Tov questionna le Machia’h sur sa venue, le Machia’h lui répéta le verset des Proverbes : ‘Je viendrai quand tes sources se répandront à l’extérieur’.
Il apparaît clairement que la venue du Machia’h dépend du dévoilement du plaisir divin. Sa Sagesse bénie doit se répandre à l’extérieur, être louée, chantée et glorifiée par les enfants d’Israël, à l’image de ‘ces sources et de ces ruisseaux qui coulent dans les rues’. Dans ce cas, comme le déclare le Rabbi en reprenant les mots de l’Admour Hazaken :

‘La matérialité du corps et de l’univers sera transfigurée’, ce qui signifie qu’il y aura matérialité, mais quelle sera transcendée, et la lumière divine luira sur Israël sans aucun voile, et le débordement de lumière qui jaillira sur Israël illuminera l’obscurité des nations’ (voir au chapitre 20 de Iniana chel Torat ha ‘Hassidout).

Par ailleurs, dans le Hayom-Yom du du 28 Elloul, il est écrit que c’est la Bénédiction de D.ieu qui enrichit, et le Rabbi nous enseigne que ‘c’est particulièrement vrai pour celui qui consacre son temps aux besoins communautaires et au renforcement du Judaïsme. On dit que D.ieu ne reste pas en dette. Pour chaque action qu’un Juif réalise, Il lui accorde la meilleure récompense, enfants, santé et prospérité matérielle’.

‘Saisir D.ieu Lui-même’ :
L’Admour Hazaken rapporte dans le livre du Tanya un verset de la Paracha Terouma : ‘Et qu’ils prennent pour Moi une offrande’ : ‘Vé-ik’hou-Li Terouma’.
En hébreu le mot Terouma est compose par les lettres du mot Torah avec un Mèm supplémentaire. Le mot Terouma se décompose donc de la manière suivante :
תרומה
תורה-מ

Le Zohar explique que la lettre Mem qui a pour valeur numérique 40 est une allusion aux 40 jours (et aux 40 nuits) pendant lesquels Moché demeura avec L’Eternel sur le Mont-Sinaï. La façon dont le Zohar décompose le nom Terouma : Torah-Mem exprime donc le fait que D.ieu a enseigne la Torah à Moché sur le Mont-Sinaï pendant quarante jours et quarante nuits.

Par ailleurs le Zohar explique que le mot ‘Li’ (‘pour Moi’) a la même signification que ‘Oti’ : ‘Moi’.
Dans ce cas l’expression du verset : ‘Et qu’ils prennent pour Moi’ signifie aussi : ‘Qu’ils Me prennent.

De fait, l’Eternel a véritablement donné une partie de Lui-même dans la Torah, ainsi qu’Il le déclare Lui-même : ‘J’ai écrit (dans la Torah) Mon Essence et Je l’ai donnée’, et au Zohar d’expliquer que ce verset ‘Et qu’ils prennent, pour Moi, une offrande’ (‘Vé- ik’hou-Li-Terouma’) signifie aussi, qu’au moyen de la Torah nous parvenons à ‘saisir D.ieu Lui-même’, Son Essence (‘qu’ils Me prennent’).

L’Eternel, par le don de la Torah, fit don de Lui-même et donna aux enfants d’Israël la possibilité de s’attacher à Lui de manière profonde.
Dans le livre du Tanya, dans lequel est rapporté cet enseignement de Rabbi Chimon Bar Yo’haï (chapitre 47), l’Admour Hazaken souligne le fait que rien ne sépare le mot ‘Li’ (‘Moi’) du mot ‘Terouma’ (‘la Torah’) pour la simple et bonne raison que ‘le Saint béni soit-Il et la Torah ne font qu’Un’.

Cet enseignement est souvent exprimé dans la partie profonde de la Torah, le Zohar déclare en effet que ‘le Saint béni soit-Il, Israël et la Torah ne font qu’Un’.
De fait, « l’âme divine d’un juif est véritablement une parcelle de divinité d’En-haut », et la déclaration de l’Eternel selon laquelle : « J’ai écrit (dans la Torah) Mon Essence et Je l’ai donnée », s’applique tout aussi bien à l’âme juive, laquelle peut être comparée à ‘l’offrande’ (‘Terouma’) que l’Eternel a donnée à chaque juif, et qui n’est autre qu’une partie de Lui-même.