Pour l’élévation de l’âme de ‘Hannania ben Yaacov, et pour la guérison complète de Ma’hlouf (René) ben Esther et de Katie Sellem
Dans le Dvar Mal’hout sur la Paracha Vaèt’hanan, le Rabbi souligne le principe selon lequel un dévoilement divin atteint la perfection lorsqu’un Juif unit ses actions à celles du Saint béni soit-Il, lorsque la lumière limitée qui provient du travail de l’homme s’unit à la lumière illimitée dispensée par D.ieu.
A ce sujet le Rabbi explique la raison pour laquelle les 10 Commandements sont dits à deux reprises dans la Torah. Une première fois dans la Paracha ‘Yitro’, et une seconde fois dans la Paracha ‘Vaèt’hanan’.
La Paracha ‘Yitro’ met l’accent sur le fait que le don de la Torah sur le Mont-Sinaï, le 6 du mois de Sivan, a eu pour effet de soumettre totalement le monde à la lumière divine qui s’est dévoilée ce jour-là. Ainsi, la Torah nous décrit ce jour en disant ‘qu’il y eut du tonnerre et des éclairs et une nuée lourde sur la montagne, et le son du Choffar était très fort, tout le peuple trembla’ (Yitro, 19, 16). Face à ce dévoilement divin le peuple s’annula et se tint en retrait, ainsi qu’il est dit (Yitro, 20, 15) : ‘Le peuple vit et ils tremblèrent et se tinrent debout, de loin’.
A l’opposé, la Paracha ‘Vaèt’hanan’ exprime le but de tout dévoilement divin, lequel consiste à ce que l’homme parvienne à intérioriser de manière profonde la Parole et la lumière divines que lui a dévoilées L’Eternel, ainsi qu’il est dit (Yitro, 20, 19) : ‘Vous avez vu que c’est des cieux que Je vous ai parlé’.
Dans le Dvar Mal’hout sur notre Paracha, le Rabbi nous enseigne donc que la répétition des 10 Commandements (une première fois dans la Paracha ‘Yitro’ et une seconde fois dans la Paracha Vaèt’hanan) vient pour exprimer l’union de ces deux niveaux.
Les 10 Commandements de la Paracha ‘Yitro’ correspondent au dévoilement de la lumière divine qui provient d’Hachem, ‘d’En-haut’, et les 10 Commandements de la Paracha ‘Vaèt’hanan’ correspondent au dévoilement de la lumière qui provient ‘d’En-bas’, du travail de l’homme qui consiste à intégrer la lumière divine que l’on a reçue, dans nos pensées, nos paroles et nos actes.
C’est précisément l’union de ces deux lumières qui représente l’aboutissement de notre service divin, et l’étude du Dvar Mal’hout tout au long de l’année nous donne les moyens de parvenir à cette union.
De fait, nous avons déjà étudié dans les Parachiot précédentes l’idée que ‘notre service divin atteint la perfection lorsqu’il unit nos actions à celles du Saint béni soit-Il’. Par exemple, dans le Dvar Mal’hout sur la ‘Paracha ‘Houkat’, le Rabbi nous enseigne que le chiffre 7 est lié à la Création du monde (le monde a été créé en 6 jours, et Hachem S’est reposé le septième jour) car il correspond au dévoilement de la lumière divine qui vient ‘d’en-haut’, et le chiffre 10 correspond au travail de l’homme, à l’ajout qu’il apporte à ce monde qui a été créé par D.ieu.
Le Rabbi explique également que le chiffre 10 correspond au mouvement de l’âme, du bas vers le haut, appelé : ‘Ratso’. Lorsque l’âme désire s’élever au-delà de ce monde et des limites qu’il lui impose, afin d’atteindre le divin illimité. A l’opposé, le chiffre 7 représente le mouvement de l’âme appellé ‘Chov’. C’est le travail du ‘haut vers le bas’ que l’âme accomplit précisément lorsqu’elle s’habille dans le corps, et qui consiste à attirer les lumières célestes supérieures, ici-bas dans ce monde inférieur. Aussi, notre travail consiste à unir le niveau du chiffre 7 au niveau du chiffre 10. Unir ‘Ratso’ à ‘Chov’, ainsi quil est écrit (Dvar Mal’hout, ‘Houkat) :
‘La perfection du travail consiste à l’union des 2 ensemble, en même temps que la volonté de l’âme de quitter le corps, doit demeurer le travail de l’âme dans le corps, et le désir de l’âme de quitter le corps ne doit pas être dissocié du sentiment d’agir pour dévoiler le divin ici-bas (dans le corps, et dans le monde)’.
Il en va de même pour l’enseignement du Dvar Mal’hout sur les Parachiot ‘Matot-Masseï’. Le Rabbi nous y enseigne la signification des 3 ‘Hazak que nous disons à voix haute, et d’une voix forte, à la fin de la lecture de la Torah le jour du Chabbat : ‘Hazak ‘Hazak vé Nit’hazèk’, ‘Sois fort ! Sois fort ! Et puissions-nous être renforcés’.
Le premier ‘Hazak, qui est celui de la Paracha ‘Matot’, correspond au dévoilement d’une lumière divine supérieure, dans ce monde inférieur. Un dévoilement du haut vers le bas, comme l’exprime le premier verset de la Paracha Matot : ‘Ceci est la chose que L’Eternel a ordonné’. Le second ‘Hazak, qui est celui de de la Paracha ‘Masseï’, correspond à un dévoilement du bas vers le haut. Ce dévoilement est dû au travail de l’homme, à ses efforts continus pour raffiner ce monde matériel afin de l’élever vers la Sainteté. A nouveau, le Rabbi nous enseigne dans ce Dvar Mal’hout, que la perfection de notre service divin consiste à unir ces deux niveaux. Le troisième ‘Hazak représente l’union de ces deux dévoilements, la lumière divine qui vient ‘d’en-haut’ avec la lumière qui provient ‘d’en-bas’, du travail de l’homme. Grâce à cette union, l’homme n’agit plus seulement avec ses propres forces (‘Masseï’), car L’Eternel participe à son action, en lui donnant la possibilité d’agir au-delà des limites (‘Matot’). C’est pourquoi le ‘Hazak de ‘Matot-Masseï’ exprime de manière profonde, l’union entre la partie de l’âme qui s’habille dans le corps, dont la force est limitée (Masseï), avec la partie de l’âme Juive qui est enracinée dans L’Essence divine, dont la force est illimitée (Matot).
Cette union s’exprime tout particulièrement par le dévoilement du troisième Temple, car celui-ci contient aussi en lui les niveaux du premier et du second Temple. En effet, le premier Temple correspond au dévoilement de la lumière divine qui vient ‘d’en-haut’, alors que le second Temple correspond au dévoilement de la lumière qui provient d’en-bas, du travail de l’homme.
Cette idée se retrouve également dans tous les enseignements du Rabbi qui sont liés à notre service divin pendant le mois de Av, et également pendant le mois d’Elloul, lequel est basé sur le verset : ‘Je suis à mon bien-aimé et mon bien-aimé est à moi’, ‘Ani le Dodi vé Dodi li’.
Il n’est donc pas étonnant que les deux lettres qui composent le nom ‘Av’ sont les initiales de l’expression : ‘Elloul ba’, ‘Elloul arrive’. Aussi, à la lumière de ce qu’il vient d’être dit, nous comprenons que la répétition des 10 Commandements, une première fois dans la Paracha ‘Yitro’, et une seconde fois dans la Paracha ‘Vaèt’hanan’, exprime aussi le caractère essentiel de l’union de ces deux niveaux.
Les 10 Commandements de la Paracha ‘Yitro’ correspondent à la révélation de la Parole de D.ieu sur le Mont-Sinaï, une révélation du ‘haut vers le bas’, alors que les 10 Commandements de la Paracha ‘Vaèt’hanan’ correspondent au travail des enfants d’Israël pour intégrer cette Parole de manière profonde, un travail du bas vers le haut.
D’une certaine manière il est possible de dire, sous la forme d’un ‘Hidouch, que les 10 Commandements de la Paracha ‘Yitro’ correspondent aux enseignements du Rabbi’, et les 10 Commandements de la Paracha Vaèt’hanan correspondent à notre travail pour intégrer de manière profonde ces enseignements. Aussi, en ce jour du 15 Av, qui est un jour de pleine lune, la force nous est donnée pour réaliser l’union entre ces deux niveaux. La lune représente l’Assemblée des enfants d’Israël, et ce jour du 15 Av représente la pleine lumière que nous recevons du Rabbi. A l’évidence, c’est par le fait d’exploiter de toutes nos forces : ‘de tout notre cœur de toute notre âme et de tout notre pouvoir’, la lumière que nous donne le Rabbi, que nous parviendrons à dévoiler l’Essence divine en ce monde.
Dans le Dvar Mal’hout sur notre Paracha, le Rabbi nous enseigne que le chiffre 2 ne désigne pas seulement la répétition d’une chose, mais il exprime aussi ‘la multiplication d’une chose à l’infini’.
En ce sens, le Rabbi explique que la Haftarah que nous lisons ce Chabbat intitulée ‘Na’hamou Na’hamou’, n’exprime pas seulement le fait que lors de la Délivrance finale L’Eternel consolera tous Ses enfants. De fait, la répétition du mot ‘Na’hamou’ exprime le caractère infini des évènements qui auront lieu dans les Temps messianiques, la reconstruction du troisième Temple et le dévoilement de l’Essence de la Torah, ‘Une Torah nouvelle sortira de Moi’, par l’intermédiaire du Machia’h, très bientôt et de nos jours, dès-à-présent avec l’aide de D.ieu.
(Pour l’élévation de l’âme du Rav Yoel ben Raphaël-Na’hman Kahn,
et pour l’élévation de l’âme de ‘Hannania ben Yaakov.
Pour la réfouah chéléma de Ma’hlouf (René) ben Esther et de Katie Sellem)
Rav Yaacov Abergel
חוזר : ‘Hozer : circulaire, répétitif, action de revenir de retourner, de se rappeler…
Le Rav Yoel a’h Kahn était le ‘Hozer du Rabbi. Il était appelé ainsi car il revenait sur les enseignements du Rabbi et grâce à sa mémoire phénoménale il pouvait les mémoriser de manière à ce que grâce à la ‘Hazara (répétition) qu’il tenait après les Farbrenguen du Rabbi, on pouvait retranscrire fidèlement les paroles du Rabbi et permettre ainsi leurs publications.
Comme nous allons le voir avec l’aide d’Hachem, cette faculté si particulière que possédait le Rav Yoel Kahn s’accorde au sujet profond du Dvar Mal’hout sur la Paracha Dévarim. Cela s’exprime avec d’autant plus de force que l’âme de Rabbi Yoel a quitté ce monde le jour du 6 Av 5781 qui est lui-même lié au Chabbat Dévarim.
Le Rabbi explique au sujet du jour du 9 Av que l’apparente destruction du Temple dissimule sa reconstruction. L’Eternel n’a détruit le Temple que dans le but de le reconstruire, et contre toute attente le jour du 9 Av cache la Lumière de la Délivrance finale car ce jour est également celui de la naissance du Machia’h.
Comme cela est très souvent enseigné dans la ‘Hassidout, l’âme Juive est à l’image du Temple car de même que le Temple est l’endroit où réside la Présence divine, l’âme est elle-même ‘véritablement une parcelle de Divinité d’En-haut’, c’est à dire que le Saint béni soit-Il Se révèle dans l’âme Juive.
De ce fait, reconstruire le Temple signifie que l’on retrouve notre véritable réalité en dévoilant les qualités de notre âme divine. L’exil est un sommeil spirituel car lorsque l’homme est dominé par son mauvais penchant il ne perçoit plus le véritable sujet de son existence, sa mission de faire de ce monde une demeure pour D.ieu. Reconstruire le Temple signifie dans ce cas que l’on fait tout ce qui est en notre pouvoir pour se réveiller de ce sommeil en réveillant la force de notre divine afin que celle-ci domine toutes nos pensées nos paroles et nos actes dans le seul but d’attirer la Présence divine dans le troisième Temple et en nous-mêmes.
Le Rav Yoël Kahn souligne dans ses explications sur ‘Iniana chel Torat Ha Hassidout’ (le Sujet profond de la Hassidout) que la Connaissance de la Torah n’est possible que parce que l’homme a étudié toute la Torah lorsqu’il était dans le ventre de sa mère.
En effet, il est enseigné dans le Traité Nidda que pendant les 9 mois de la grossesse un Ange enseigne toute la Torah à l’enfant qui est alors dans le ventre de sa mère. Lorsque l’enfant naît un Ange ‘frappe de son doigt’ la bouche de l’enfant pour lui faire oublier tout ce qu’il a appris. Aussi, lorsqu’il grandit et que cet enfant étudie à nouveau la Torah, qu’il revient et apprend à nouveau ce qu’il avait déjà appris lorsqu’il était dans le ventre de sa mère, alors il acquiert ces enseignements de manière profonde et véritable.
Le Rav Yoel Kahn explique que le but de l’étude de l’enfant pendant les 9 mois de la grossesse est de donner à l’enfant la Torah telle qu’elle est ‘En-haut’, dans les mondes supérieurs. C’est à dire qu’il lui est donné de recevoir le niveau illimité de la Torah. Aussi, du fait que le don de la Torah implique nécessairement que l’homme fasse de nombreux efforts personnels, au moment de la naissance un Ange fait oublier à l’enfant tout ce qui lui a été enseigné afin que la compréhension de la Torah qu’il aura tout au long de sa vie soit le fruit de ses propres efforts. Cependant, du fait que toute la Torah lui a été déjà donnée, son étude personnelle ne consiste qu’à revenir et à savoir ce qu’on lui a déjà enseigné. Son étude consiste à donner une vitalité nouvelle a la Torah illimitée qu’il a reçue avant sa naissance, et c’est donc de cette manière qu’il parviendra à atteindre ce niveau du Divin illimité qui illumine notre sainte Torah. S’il n’avait pas appris auparavant toute la Torah, un Juif ne pourrait saisir qu’un aspect limité de la Torah et non pas toute sa profondeur.
L’étude de la Torah dans ce monde est une obligation qui incombe à chaque Juif à chaque instant de sa vie et qui l’amène à l’accomplissement des Commandements divins tout au long de son existence. Grâce à ses efforts pour étudier la Torah chaque Juif se libère de la réalité qui est dépourvue de toute profondeur et dans laquelle il peut facilement se perdre, ce qu’à D.ieu ne plaise. Par son étude un Juif s’échappe du vide spirituel et revient à la Réalité véritable. Il parvient à nouveau au niveau de la Torah infinie qui lui a été donnée lorsqu’il se trouvait dans le ventre de sa mère.
L’image de cet homme qui étudie la Torah est celle d’un homme qui se réveille, qui quitte l’obscurité de l’exil, de la nuit, et se retrouve à la lumière du Jour Les paroles du Rabbi représentent aussi la Lumière du Jour, et l’exemple du Rav Yoel Kahn, appelé le ‘Hozer du Rabbi, n’est pas sans évoquer ce retour à la Profondeur de la Torah, à ce ‘niveau du Divin illimité’ qu’il appartient à chaque Juif de retrouver. Le fait que chaque Juif étudie la Torah avant de naître, pendant les 9 mois durant lesquels il se trouve dans le ventre de sa mère, exprime le fait que ‘D.ieu Israël et la Torah font Un’. Chaque Juif, par son étude, réveille le lien essentiel qui l’unit à son Père qui est dans le ciel.
Comme il a été dit au nom du Rabbi au sujet du jour du 9 Av, ‘l’apparente destruction du Temple dissimule sa reconstruction. L’Eternel n’a détruit le Temple que dans le but de le reconstruire’.
Peut-être nous est-il permis de dire ici sous la forme d’un ‘Hidouch que la date du 9 Av est aussi une allusion aux 9 mois de la grossesse. Dans ce cas, la ‘destruction’ du Temple s’accorde avec le moment ou l’Ange fait oublier toute la Torah qui a été enseignée à l’enfant. Le Temple n’a été détruit que pour être reconstruit, et de la même façon on fait oublier la Torah à l’enfant pour qu’il la réapprenne. De même que la Torah ne peut être acquise véritablement qu’au moyen de nos propres efforts, de même le troisième Temple et le dévoilement du Machia’h dépendent de notre travail et de nos actions pendant l’exil.
A l’exemple du Rav Yoel Kahn, chaque Juif détient le pouvoir de revenir à ces moments pendant lesquels il étudiait la Profondeur de la Torah. Certes, c’est par l’étude des enseignements du Rabbi qu’il y parvient. C’est en revenant sans cesse aux Paroles du Rabbi qu’il parviendra finalement à provoquer la Délivrance finale, dès-à-présent, avec l’aide d’Hachem.
(Pour l’élévation de l’âme de ‘Hanannia ben Yaacov
et pour la guérison complète de Ma’hlouf (René) ben Esther et de Katie Sellem)
Dans le Dvar Malhout sur les Parachiot Matot-Masseï le Rabbi introduit un sujet qu’il va reprendre dans le Dvar Mal’hout de la période du mois d’Elloul, lequel précède ‘Les jours redoutables’. Ce sujet est celui de l’union entre le travail que l’homme accomplit ‘du bas vers le haut’, avec la lumière divine qu’il reçoit ‘ du haut vers le bas’. La liaison de la Paracha Matot avec la Paracha Masseï est aussi l’expression de cette union sacrée.
Par ailleurs, il est aussi question dans le Dvar Mal’hout sur notre Paracha de la Bénédiction des Cohanim et du jour ou Aaron Ha Cohen quitta ce monde (c’est d’ailleurs la seule fois qu’il est mentionné dans la Torah la date de la disparition d’une personne).
L’Admour Hazaken explique dans le Likouteï-Torah l’importance de la Bénédiction des Cohanim (Korah, page 110).
Les lettres du nom Aaron אהרן forment également le mot נראה lequel signifie : ‘visible’.
Le mot ‘visible’ exprime dans notre cas le dévoilement car ‘grâce à Aaron se produisent ‘tous les dévoilements du haut vers le bas’ avec une grande rapidité et sans aucuns empêchements’.
Pendant la période entre la fête de Roch-ha-Chana et le jour de Yom-Kippour L’Eternel juge chaque Juif et fixe pour lui tout le Bien qui lui sera dispensé pour l’année à venir. Cependant, ce Bien que D.ieu fixe pour chaque homme, reste encore en suspens dans le monde d’Atsilout, et plus précisément dans la Séfira de Mal’hout qui n’est autre que la ‘bouche’ de L’Eternel d’où provient le Souffle grâce auquel L’Eternel crée et maintient en vie les mondes et tous les êtres de la Création.
Ainsi nos bonnes actions tout au long de l’année ont pour effet de faire descendre le Bien qui est en suspens dans la Séfira de Mal’hout, de monde en monde, de niveau en niveau, de palais en palais, jusqu’à ce que ce Bien qui est au départ spirituel se révèle ici-bas en se transformant en un Bien matériel, qu’il s’agisse par exemple de la guérison d’une personne ou d’une Bénédiction pour une longue vie…
Ainsi, du fait que l’homme est jugé selon ses actes, et cela non pas seulement à Roch-ha-Chana mais aussi tous les jours de sa vie, la question se pose si ‘a-t-il le mérite que ce Bien qui a été fixé pour lui et qui se trouve encore dans le monde d’Atsilout descende pour se révéler enfin concrètement dans ce monde ? ‘.
Les actions de cet homme sont-elles dignes de provoquer que ce Bien passe de son état spirituel (puisqu’il se trouve dans le monde d’Atsilout) à un état matériel en devenant un Bien concret ? En effet, si les accusations portées contre cet homme durant son jugement, qui a lieu tous les jours de sa vie, l’emportent face à ses propres mérites, alors ce Bien reste bloqué en-haut et ne se révèle pas ici-bas. De fait, la descente de ce Bien dépend du jugement de cet homme.
Cependant, la Bénédiction d’Aaron (et des Cohanim) détient le pouvoir de faire descendre ce Bien ‘avec rapidité’ à travers les mondes, jusqu’à ce qu’il se révèle enfin pour cet homme, sans rencontrer le moindre obstacle.
La raison à cela est que la Bénédiction d’Aaron relève du niveau de ‘Rav ‘Hessed’, de ‘la Bonté infinie’, la naissance d’enfants, le fait de recevoir des biens matériels et d’être protégé de tout mal expriment cette Bonté qui ne connaît pas de limites. L’exemple donné par l’Admour Hazaken pour imager la descente à travers les mondes de ce flux de Bonté est celui d’un grand fleuve. La puissante force de son cours d’eau est si grande que rien ne peut empêcher sa course. L’eau emporte avec elle tous les obstacles qui se dressent devant elle. De la même façon, grâce à la Bénédiction des Cohanim rien ne peut empêcher le Bien qui se trouve dans le monde d’Atsilout de descendre avec rapidité à travers l’enchaînement des mondes pour se révéler dans la vie d’un Juif. Elle a le pouvoir de neutraliser toutes les accusations portées contre ce Juif.
Le Rabbi écrit dans le Dvar Mal’hout que le niveau de la Bénédiction des Cohanim dépasse celui de la prière et celui de la Bénédiction. En effet, le niveau de la Prière est lié au travail accompli par l’homme du bas vers le haut, et le niveau de la Bénédiction est le sujet du flux de la lumière divine qui descend du haut vers le bas. Or, le niveau de la Bénédiction d’Aaron est qu’elle inclut en elle ces deux niveaux et elle procède donc de l’Essence divine.
Dans notre étude du Dvar Mal’hout l’occasion nous est très souvent donnée de parler du sujet de l’Essence divine. La ‘Hassidout la définit comme étant ‘au-dela de toute division’ (hithalkout), et c’est précisément pour cela qu’elle seule détient ce pouvoir d’unir deux choses contraires (de révéler par exemple la lumière divine illimitée dans ce monde matériel limité).
Le Rabbi qui est lui-même l’Essence de l’âme du peuple d’Israël, détient le pouvoir d’unifier le peuple Juif en révélant dans le cœur de chaque enfant d’Israël l’amour du prochain. De la même façon, Aaron possède la capacité d’unir le niveau de la Prière avec celui de la Bénédiction, le pouvoir d’unir le flux de la Lumière divine qui descend du haut vers le bas avec le travail que l’homme accomplit du bas vers le haut.
Dans le Dvar Mal’hout le Rabbi nous enseigne que la Paracha Matot correspond au dévoilement d’une lumière divine supérieure, dans ce monde inférieur. Un dévoilement du haut vers le bas, comme l’exprime le premier verset de la Paracha Matot : ‘Ceci est la chose que L’Eternel a ordonné’.
A l’opposé, dans la Paracha Masseï la Torah nous raconte les ‘voyages’ des enfants d’Israël dans le désert. Les juifs effectuèrent 42 étapes avant d’arriver sur la terre d’Israël. Leur premier voyage quand ils quittèrent l’Egypte fut celui de la délivrance de leur esclavage, mais la délivrance au-delà de toutes les limites n’était pas encore atteinte. D’autres voyages furent nécessaires avant de parvenir sur une terre « bonne et large ». Les juifs devaient avancer et s’élever encore et encore. D’une étape vers une autre ils dépassaient une limite pour en atteindre une deuxième jusqu’à parvenir en Erets Israël.
Ces étapes symbolisent donc le travail personnel de l’homme lui-même, afin de faire tout ce qui est en son pouvoir pour raffiner le mal, et même pour parvenir à le transformer en bien.
A l’exemple de la Bénédiction des Cohanim, l’union entre la Paracha Matot et la Paracha Masseï symbolise l’union entre le dévoilement de la lumière infinie de D.ieu (du haut vers le bas) avec le travail de l’homme (du bas vers le haut).
L’avantage d’un dévoilement ‘du haut vers le bas’ est qu’il s’agit du dévoilement d’une lumière illimitée, car celle-ci vient de D.ieu. Ce n’est pas le cas quand il s’agit du travail de l’homme qui est ‘du bas vers le haut’, car même si l’homme possède une âme divine, il demeure malgré tout soumis aux limites que lui imposent le corps et ce monde matériel.
Ainsi, l’union de ces deux Parachiot exprime le pouvoir de l’Essence divine d’unir le travail de l’homme avec la Lumière infinie de D.ieu. L’homme n’agit plus seulement au moyen de ses propres forces (Masseï) car L’Eternel participe à son action en lui donnant la possibilité d’agir au-delà de ses propres limites (Matot). Ce faisant Comme un Père et son fils, L’Eternel et le peuple d’Israël agissent alors ensemble afin de provoquer le dévoilement du Machia’h et de la Délivrance finale, dès-à-présent, avec l’aide d’Hachem.
(Pour l’élévation de l’âme de ‘Hananniah ben Yaakov, et pour la guérison complète de Ma’hlouf ben Esther et de Katie Sellem)
Dans le Dvar Mal’hout sur la Paracha Pin’has, le Rabbi raconte un évènement qui survint lors d’un rassemblement des ‘Hassidim autour du Rabbi Rachab. Les jeunes ‘Hassidim qui se trouvaient là étaient si impatients d’entendre le Maamar (le Discours ‘Hassidique du Rabbi) qu’ils se pressèrent de chanter le ‘Nigun’: la Mélodie ‘Hassidique’ que les ‘Hassidim ont l’usage de chanter juste avant le Discours du Rabbi.
Quand, le Rabbi écouta les ‘Hassidim chanter, il remarqua leur impatience Alors, à la fin du chant, au lieu de dire le Maamar, le Rabbi expliqua aux ‘Hassidim qu’ils n’avaient pas agi comme il convient. Il s’agissait bien là d’une erreur car s’imprégner profondément du discours du Rabbi implique de s’y préparer avec la plus grande attention. On ne peut intégrer le discours du Rabbi sans s’y préparer convenablement. Aussi, le Nigun qui introduit le discours hassidique du Rabbi, est d’une importance capitale car il nous prépare à recevoir le discours de
la manière la plus parfaite. Chanter le Nigun en s’investissant de toutes nos forces nous permet de recevoir le discours du Rabbi de manière profonde. C’est pourquoi le Rabbi Rachab définit un homme profond comme une personne qui vit intensément tous les moments de son existence, même un moment qui nous prépare à un évènement important doit être vécu de manière profonde: ‘là où nous sommes nous devons être vraiment!’.
Le ‘Hassid vit profondément toutes les situations de sa vie. Même ce qui semble être à nos yeux comme un ‘détail’, possède en réalité un contenu profond qui mérite qu’on lui accorde toute notre attention, que l’on investisse tout notre être, pour mener à bien notre mission sacrée. A la lumière de cet enseignement du Rabbi Rachab, nous comprenons qu’une Mélodie Hassidique un ‘Nigun’ fait partie intégrante du Maamar.
Par ailleurs, la déclaration du Rabbi Rachab selon laquelle ‘l’homme profond est celui qui s’engage totalement dans tout ce qu’il fait’ s’accorde à la déclaration suivante du Tséma’h Tsédek: ‘Celui qui est profond sait qu’il est inutile de demander une bénédiction pour le service de D.ieu, il faut que ‘l’effort pèse sur les hommes’ (voir le Hayom-Yom du 24 Tamouz 5703).
Dans le Dvar Mal’hout sur la Paracha Pin’has le Rabbi rapporte un autre enseignement lié à ce sujet. Dans cette Paracha, il est question du partage de la Terre d’Israël. Rachi explique dans son commentaire qu’Eléazar, le Prêtre était revêtu du pectoral avec les ‘Ourim’ et les ‘Toumim’ et il disait avec l’inspiration Sainte: ‘Si telle tribu est tirée dans le tirage au sort, c’est tel terrain qui lui sera attribué’.
Auparavant on avait écrit les noms de chaque Tribu sur douze billets, et sur douze autres billets, douze délimitations de terrains. On mélangeait alors tous les billets dans une urne, et le prince de chaque Tribu introduisait sa main à l’intérieur, et prenait deux billets. Il se trouve que sur les deux billets étaient inscrits le nom de sa Tribu et le billet des frontières, exactement comme l’avait déclaré auparavant par inspiration sainte le prêtre Eléazar. Mais plus encore que cela, le sort lui-même (le billet) criait et disait: ‘Moi le sort, j’ai désigné telle frontière pour telle tribu’, comme il est dit (verset 56): ‘Par la bouche du sort’.
De manière générale la prière correspond à la pensée, l’étude de la Torah à la parole, et l’accomplissement des Commandements divins à l’action. Par ailleurs, il existe des Mitsvoth que l’on accomplit sans avoir une intention particulière. Par exemple, nous sommes quittes de la Mitsva de la Tsédaka uniquement par l’action de donner de l’argent à une personne nécessiteuse, et nous ne sommes pas obligés d’avoir une pensée particulière dans ce cas (une ‘cavana’: une intention). Cependant le Rabbi nous enseigne que la perfection est atteinte lorsque nous accomplissons cette Mitsvah au moyen de la pensée, de la parole, et de l’action. Ainsi la perfection de la Mitsvah de la Tsédaka nécessite d’associer à notre acte une bonne pensée, en donnant cet argent avec un visage bienveillant.
Le Rabbi nous enseigne que ‘le sort qui parle’ exprime cette idée. En effet, le Goral rassemble à lui tout seul les trois éléments que sont la pensée, la parole et l’action. La pensée et l’action, par le fait que l’on pensait et que l’on écrivait chaque nom sur un billet, et la parole par le fait que le billet lui-même parlait et désignait ‘telle tribu et tel territoire’.
Ainsi, à l’exemple du Goral, tous nos accomplissements doivent être réalisés avec toute la profondeur de notre pensée de notre parole et de notre action et dans le but de faire de ce monde matériel une demeure pour l’Essence divine. Aussi, peut- être nous est-il permis de dire ici que la perfection de nos actions pour ‘répandre les Sources des enseignements du Baal Chem Tov à l’extérieur et provoquer la venue du Machia’h’ dépend beaucoup de notre capacité à atteindre la profondeur de ces enseignements. En effet, le Rabbi Rachab nous donne une large explication sur la signification de la profondeur d’un enseignement divin (Omek ha Sehel). Chaque concept, chaque enseignement de la Torah, possède une profondeur que l’on ne peut pas vraiment expliquer par des mots. A partir du moment où l’on emploie des mots qui sont eux-mêmes limités on enferme et on limite la lumière du concept. De fait, la profondeur d’un concept divin est insaisissable, est abstraite, au-delà de toutes limites, et il n’appartient qu’à celui qui médite profondément à ces concepts la capacité à déshabiller les lettres et les mots de la Torah pour saisir un tant soit peu cette profondeur. Cette force représente le niveau supérieur de ‘Ho’hmah, c’est ‘coa’h ha Haflaa’ (=nifla: merveille) ou coah ha hafchata (la force de ‘déshabiller’).
Cette force représente le mouvement d’élévation du bas vers le haut, de ‘Ho’hmah vers la Séfira de Kéter, c’est à dire une ascension de l’esprit pour saisir l’abstraction, le divin contenu dans un enseignement de la Torah. C’est pour cela que le qualificatif ‘nifla=merveille’ est employé ici, car lorsque l’on parvient à creuser dans l’aspect superficiel d’un concept, on finit par découvrir la Merveille cachée dans cet enseignement: le divin abstrait et illimité qui se cache derrière les lettres et les mots, la profondeur de l’enseignement : ‘Omek ha Séhel’.
Le niveau inférieur de ‘Ho’hmah correspond à une descente vers le bas: de la première saisie de l’esprit (‘Ho’hmah) vers l’analyse et le raisonnement (Binah). Cette force s’appelle: ‘coa’h ha halbacha’ (lévouch: vêtement) ou ‘coa’h ha yérida’ (la force de faire descendre) car elle représente la faculté d’habiller un concept divin abstrait au moyen de ‘vêtements’ afin de le rendre accessible à l’élève qui ne pourrait pas autrement en saisir toute la profondeur. Ainsi, pour expliquer un enseignement profond à un enfant un Rav racontera une histoire ou bien donnera un exemple simple qui cachent en eux-mêmes la profondeur de cet enseignement. ‘L’histoire’ ou ‘l’exemple’ sont ces ‘vêtements’ grâce auxquels le Rav transmet la profondeur d’un enseignement divin et abstrait.
Le point développé par le Rabbi Rachab est que l’action de faire descendre et de rendre accessible à l’esprit d’un enfant un concept très élevé, ‘coa’h ha Haflaa’, dépend de la force d’aller de profondeur en profondeur, de déshabiller les lettres et les mots pour découvrir la profondeur divine de ce concept,’coa’h ha halbacha’, ainsi qu’il a été expliqué.
Dès lors, nous pouvons déduire de ces enseignements du Rabbi Rachab que ‘répandre à l’extérieur les enseignements de la ‘Hassidout’ dépend forcément de notre capacité à ‘aller vers le haut’, c’est à dire à découvrir leur profondeur véritable: les Merveilles qui se cachent derrière les lettres et les mots des enseignements de la ‘Hassidout. Plus on parvient à saisir la profondeur d’un concept plus on sera capable de le répandre à l’extérieur, de le mettre à la portée de tous.
Le Rabbi Rachab définit la profondeur des concepts divins comme étant une ‘Lumière nouvelle’: ‘Or Hadach’. Or, c’est précisément en ‘faisant descendre’, en répandant à l’extérieur, les enseignements de la ‘Hassidout que l’on a le mérite de découvrir la Lumière Nouvelle de la Torah nouvelle lors du dévoilement du Machia’h, dès à présent avec l’aide de D.ieu.
Pour l’élévation de l’âme de ‘Hananniah ben Yaacov
Le Rabbi sur la Paracha Balak délivre un enseignement sur le fait que Balak qui était le roi de Moav haïssait les Juifs : comment dans ce cas une Paracha de la Torah peut-elle être appelée par son nom ? La réponse à cette question est que Machia’h est de la descendance de Balak. Machia’h est un descendant du Roi David qui lui-même est de la descendance de Ruth la moabite, la petite fille de Balak. C’est pour cela que notre Paracha est appelée en son nom, afin de nous apprendre que le mal personnalisé par Balak, deviendra le plus grand bien : la royauté de Machia’h de la Maison de David.
Le proverbe du Roi Salomon (10, 7) selon lequel ‘le souvenir du Juste est une bénédiction, le nom des méchants pourrira’ s’applique à notre sujet car il est possible de dire (sous la forme d’un Hidouch) que de la même façon qu’une graine se putréfie dans la terre avant de donner naissance a un arbre, ‘le nom des méchants (Balak) pourrira’ et donnera naissance au Machia’h de la Maison de David.
Ainsi, le Rabbi nous donne à comprendre ici que la Paracha Balak est une allusion à la transformation du mal en bien. De fait, la mission de chaque juif est de faire de ce monde matériel une demeure spirituelle pour D.ieu. Transformer le mal, l’obscurité de ce monde, en bien, afin que ‘la nuit éclaire comme le jour’. Tout ce qu’un juif voit et entend vient de D.ieu, Quand un juif rencontre sur son chemin un homme qui agit mal, ou dont l’attitude est négative, même s’il rencontre cet homme par hasard, sans même avoir eu l’intention de l’entendre ou de le voir, doit comprendre que cela aussi vient de D.ieu.
L’Eternel lui montre cet homme afin de réparer en lui-même quelque chose. Quand il voit une attitude particulière chez une personne c’est comme s’il se regardait dans un miroir et qu’il y voyait ses propres défauts. Il sait alors ce qu’il doit rectifier. L’homme n’est pas objectif quand il s’agit de lui-même, il ne sait et il ne peut voir ses manques. C’est pour cela que du ciel on lui montre au moyen d’une autre personne ses propres défauts, ce afin de l’aider à se corriger. En donnant à une Paracha de la Torah le nom de Balak, l’occasion nous est donnée de regarder au fond de nous-même afin de déceler le moindre mal et de le transformer en bien.
Dans son ouvrage intitulé ‘Iniana chel Torat ha ‘Hassidout’ (‘le sujet profond de la ‘Hassidout’) le Rabbi nous donne plusieurs significations de la ‘Hassidout. Parmi elles le Rabbi rapporte la déclaration de l’Admour Hazaken selon laquelle ‘la ‘Hassidout transforme nos forces naturelles en forces divines’ :
Chaque Juif possède une âme animale qui le pousse à assouvir des plaisirs qui sont dénués de sainteté. A l’opposé ‘la deuxième âme d’un Juif est véritablement une parcelle de divinité d’en-haut’, et grâce à elle chaque Juif détient la capacité de soumettre son âme animale afin d’accomplir la Volonté de son Père qui est dans les cieux. Cependant, lorsqu’un Juif parvient à gagner le combat contre son mauvais penchant, c’est à dire lorsqu’il soumet son animale à son âme divine, cela ne signifie pas qu’il est parvenu à transformer la nature de son âme animale. Il est parvenu à la soumettre sans pour autant l’avoir transformée. C’est à ce sujet que l’Admour Hazaken nous enseigne que ‘la ‘Hassidout transforme nos forces naturelles en des forces divines’. Le simple fait que l’intellect, même l’intellect de l’âme divine, peut saisir des concepts divins est un ‘Hidouch. Le Saint béni soit-Il est au-delà de toutes définitions, au-delà de toutes limites, alors que l’intellect de par sa nature est limité, c’est pourquoi que le fait que les sujets divins puissent descendre et s’habiller dans l’intellect est en soi un ‘Hidouch.
Plus encore, la ‘Hassidout a pour effet de faire descendre les sujets divins jusqu’au niveau de l’intellect de l’âme intellectuelle (laquelle représente l’intermédiaire entre l’âme divine et l’âme animale). C’est le point qui nous intéresse tout particulièrement car le Rabbi Rachab nous enseigne dans son ouvrage intitulé ‘Torat Chalom’ qu’à partir des enseignements de la ‘Hassidout sur les forces de l’âme humaine nous parvenons à comprendre les sujets divins tels qu’ils sont dans les mondes supérieurs, ainsi qu’il est dit : ‘De ma chair je verrais D.ieu’ :
L’étude des enseignements de la Hassidout sur la force de ‘Ho’hmah de notre âme nous permet de comprendre la Séfira de ‘Ho’hmah telle qu’elle est dans les mondes supérieurs, de la même façon les enseignements de la ‘Hassidout sur la force de Binah de notre âme nous permet de comprendre la Séfira de Binah telle qu’elle est dans les mondes supérieurs, et à partir des enseignements de la ‘Hassidout sur nos propres Midoth nous pouvons comprendre les Midoth telles quelles sont dans les mondes supérieurs. C’est par ce moyen que nos propres forces naturelles, qui ont fait l’objet de notre étude, deviennent divines !
Dans ses explications sur ce sujet le Rav Yoel Kahn souligne que nous pouvons parvenir à cette transformation seulement dans le cas où nous nous impliquons véritablement dans notre étude.
Un Juif doit être capable de méditer aux sujets divins au point de parvenir à percevoir la profondeur de ces sujets : c’est la force de ‘Ho’hmah qui consiste à déshabiller les lettres et les mots de la Torah afin de découvrir et de saisir un tant soit peu ce qui est insaisissable : la profondeur divine illimitée du concept.
Cette force de ‘Ho’hmah s’accorde avec celui qui remet sans cesse en question les enseignements qu’il reçoit de son Maître dans le but de saisir et de comprendre le Divin abstrait qui est caché dans les mots de la Torah.
A l’opposé, la deuxième force de ‘Hohmah est celle d’habiller un concept divin très élevé en le faisant descendre dans un exemple, une histoire, une parabole, pour le mettre à la portée de l’élève. Cette force de ‘Ho’hmah s’accorde avec celui qui tire des conclusions de tous les enseignements qu’il reçoit de son Maître. Il n’a peut-être pas la capacité de saisir toute la profondeur d’un concept, mais en revanche il sait tirer profit de tout ce qu’il apprend.
Ces deux qualités de ‘Ho’hmah appartiennent au Rabbi, car d’un côté il perçoit le Divin caché dans la Torah et d’un autre côté il sait Le mettre à la portée de tous les enfants d’Israël.
A l’évidence, par notre attachement au Rabbi nous parviendrons à transformer le mal en bien, l’obscurité en lumière jusqu’à ‘faire de ce monde matériel une demeure pour l’Essence divine’, avec le dévoilement de notre Juste Machia’h, très bientôt, dès-a-présent, avec l’aide d’Hachem.
A l’époque de Yéochoua, les enfants d’Israël étaient en guerre pour conquérir la Terre d’Israël. Au milieu du combat Yéochoua redoutait que le soleil se couche car l’obscurité ne lui permettait pas de poursuivre l’ennemi. Yéochoua ordonna donc au soleil d’arrêter sa course et Dieu entendit sa voix. Le miracle se produisit alors et le soleil continua à briller, permettant ainsi à Israël de remporter la victoire.
Ce miracle qui est survenu le jour de guimel Tamouz à l’époque de Yéochoua, d’aller contre la nature en ordonnant au soleil d’arrêter sa course, peut se réaliser encore de nos jours. Nous devons comprendre que la lumière du soleil est aussi un exemple pour désigner la lumière de la Torah et plus particulièrement celle de la Torah du Rabbi. Dans ce cas « ordonner au soleil d’interrompre sa course » signifie que nous devons faire briller la lumière de la Torah du Rabbi de manière incessante et avec toujours plus de force afin que celle-ci ne laisse jamais (et en aucun cas) la place à l’obscurité de l’exil.
Au sujet de la Paracha Houkat le Rabbi nous explique (Likouteï Si’hot, 28, 129-130) que le mot ‘Houkat qui désigne le décret, le commandement divin de la vache rousse est apparenté au mot ‘Hakika : gravure, qui n’est pas sans évoquer les lettres que l’Eternel grava dans la pierre des Tables de l’Alliance.
Une lettre gravée dans la pierre fait un avec elle. On peut effacer en la grattant une lettre écrite sur du parchemin, mais si l’on détruit une lettre gravée dans la pierre, on détruit du même coup la pierre elle-même car elle est confondue avec la lettre qui y est gravée. Le Rabbi nous enseigne que cela est aussi vrai pour un Juif. La Torah doit être gravée en lui au point que si on lui enlève sa Torah (que D.ieu nous en préserve), c’est lui-même que l’on détruit.
Rachi explique (‘Houkat, 19, 2) que le décret de la vache rousse est une décision tranchée par D.ieu et que nous n’avons pas la permission de réfléchir, ni de poser des questions à ce sujet. L’acceptation du joug divin (sans faire intervenir l’intellect) est donc la condition nécessaire pour faire en sorte que la Parole divine devienne une partie de nous-même. Aussi, c’est précisément celui qui se soumet aux décrets divins et qui agit au-delà de la raison et de l’intellect qui détient le pouvoir d’aller contre la nature et qui peut ‘ordonner au soleil d’arrêter sa course’.
A la fin des cinq livres de la Torah il est écrit : « A la main puissante et à la grande crainte que Moché fit régner aux yeux de tout Israël » (Bra’ha, 34, 12).
A la lumière de ce verset nous comprenons que la mission de Moché fut d’ouvrir les yeux de l’Assemblée d’Israël, et il en va de même pour le ‘Moché’ de chaque génération » en l’occurrence le Rabbi. La lumière de son enseignement éclaire notre vision, c’est-à-dire qu’elle nous permet de comprendre et d’intégrer en nous-même de manière profonde la Parole divine. Cela s’accorde avec la déclaration des Sages selon laquelle Machia’h enseignera au moyen de la vision car ‘lorsqu’un homme conçoit dans son intellect un certain concept, celui-ci est comme ajouté à lui-même, ce qui n’est pas le cas lorsqu’il voit une chose, cette chose est gravée au plus profond de lui-même, comme si elle devenait une partie de lui-même, et de ce fait ne peut subir aucun changement’ (Séfer ha Maamarim, 2, 183).
Un Juif parvient à graver en lui-même les enseignements de la ‘Torah de lumière’ lorsqu’il associe à son étude de la partie révélée de la Torah l’étude de sa partie profonde : l’étude de la ‘Hassidouth.
Le jour du Guimel Tamouz donne la force à chacun ‘d’interrompre la course du soleil’, c’est-à-dire de graver de manière fixe en notre âme la lumière des enseignements du Rabbi, afin que nos pensées nos paroles et nos actes provoquent la venue du Machia’h. C’est à cela que se rapporte la déclaration du Tséma’h Tsédek selon laquelle : ‘la profondeur attire la profondeur’. Plus notre attachement au Rabbi est profond, plus nous révélons le désir profond de D.ieu de nous délivrer.
L’un des enseignements que le Rabbi délivre dans le Dvar Mal’hout se base sur la signification profonde du chiffre 7 et du chiffre 10.
L’année pendant laquelle le Rabbi délivra ses enseignements du Dvar Malhout de la Paracha ‘Houkat la date du Chabbat était le 10 Tamouz. Ce Chabbat représentait donc l’union entre le chiffre 7 et le chiffre 10, car le jour du Chabbat est le septième jour de la semaine et ce jour était aussi le dixième jour du mois de Tamouz.
De façon générale, le Rabbi explique que le compte d’après les jours de la semaine correspond à la Création du monde. En effet, le monde a été créé en 6 jours et L’Eternel S’est reposé le septième jour. Ces 7 jours correspondent aux 7 Séfirot.
Quant au compte des jours du mois, il correspond à l’action de l’homme dans le monde. Le mot ‘Hodèch’ : ‘mois’ est apparenté au mot ‘Hidouch : ‘nouveauté’, et le compte des jours du mois désigne donc la nouveauté que l’homme introduit par le travail qu’il accomplit dans le monde.
Le chiffre 10 (comme la date du 10 Tamouz) représente les 10 Séfirot dont découlent les 10 forces de l’âme (l’intellect les sentiments et l’action). Durant l’exil, notre travail pour conquérir la Terre d’Israël consiste essentiellement à raffiner les sept Midot (sentiments), lesquelles correspondent aux sept Terres que L’Eternel nous a déjà données.
Aussi, le Rabbi nous enseigne que le compte des mois, symbolisé par le chiffre 10, englobe en plus des 7 Séfirot qui sont à l’origine de la Création du monde les 3 Séfirot qui sont au-delà de ce monde : les 3 Mo’hin de ‘Habad (‘Ho’hmah, Binah, Daat).
La mission de chaque Juif consiste à apporter la nouveauté à ce monde, créé au moyen des 7 attributs divins, en le menant à la perfection du chiffre 10 par le dévoilement des 3 Mo’hin de ‘Habad. La perfection de ce dévoilement spirituel qui aura lieu dans les temps messianiques s’exprimera aussi de façon matérielle par l’acquisition des terres de ‘Kini’ ‘Knizi’ et ‘Kadmoni’ qui correspondent aux attributs de ‘Ho’hmah Binah et Daat
De fait, le travail que l’on accomplit actuellement sur les 3 forces de l’intellect se limite à l’action que l’intellect exerce sur le cœur mais lors de la Délivrance finale, l’Assemblée d’Israël possèdera la totalité des 10 Terres et notre travail sur les 3 forces de l’intellect s’étendra alors au dévoilement de ces forces pour elles-mêmes. En d’autres termes, l’acquisition des Terres de ‘Kini’ ‘Knizi’ et ‘Kadmoni’ correspond au dévoilement des 3 forces de ‘Habad : la révélation des Secrets des Secrets de la Torah et la révélation des raisons des Commandements divins.
Ainsi, le chiffre 7 représente le niveau du divin qui s’habille dans le monde (‘Hessed, Gvurah, Tiféreth, Nétsa’h Hod Yessod Mal’hout), et le chiffre 10 représente le niveau du divin qui est au-delà de ce monde (‘Ho’hmah, Binah, Daat).
Du fait que le chiffre 7 représente la Création du monde par D.ieu et qu’à l’opposé le chiffre 10 évoque le travail de l’homme et l’ajout qu’il apporte à la Création, le Rabbi énumère les différentes significations que l’on peut donner de ces deux chiffres :
Le chiffre 7 représente la Torah écrite, laquelle provient de D.ieu. Le chiffre 10 représente la Torah orale, laquelle provient de l’homme.
Le chiffre 10 représente le travail de l’âme, telle que celle-ci désire s’élever au-delà de ce monde et des limites qu’il nous impose. Lorsque l’âme tend à s’élever au-delà des limites du corps, afin d’atteindre le divin illimité. C’est le mouvement de l’âme appelé : ‘Ratso’.
Le chiffre 7 représente le mouvement de l’âme appelé ‘Chov’. C’est le travail du haut vers le bas, que l’âme accomplit précisément lorsqu’elle s’habille dans le corps et qui consiste à attirer les lumières célestes supérieures dans ce monde inférieur.
Le Rabbi souligne ici que notre travail consiste à unir le niveau du chiffre 7 au niveau du chiffre 10. Unir ‘Ratso’ à ‘Chov’ (Dvar Mal’hout, ‘Houkat) :
‘La perfection du travail consiste à l’union des 2 ensemble. En même temps que la volonté de l’âme de quitter le corps, doit demeurer le travail de l’âme dans le corps, et le désir de l’âme de quitter le corps ne doit pas être dissocié du sentiment d’agir pour dévoiler le divin ici-bas (dans le corps, et dans le monde)’.
Le chiffre 7 symbolise donc ce monde limité et le chiffre 10 symbolise ce qui est au-delà du monde.
Dans le discours ‘Hassidique ‘Vé Atah Tetsaveh’, le Rabbi explique longuement que l’Essence divine, ‘Atsmout’, ‘transcende toutes les divisions’, et c’est la raison pour laquelle elle détient le pouvoir de s’unir avec les forces limitées de l’âme, de faire de ce monde symbolisé par le chiffre 7, le réceptacle de l’Essence divine, évoquée par le chiffre 10, ainsi qu’il est écrit (‘Vé Atah Tetsaveh’, chapitre 11) : ‘Par le travail des enfants d’Israël (et après que Moché ait dévoilé l’Essence de leurs âmes), même les forces dévoilées de l’âme s’unissent à l’Essence de l’âme’.
A la lumière de ce qui a été dit, nous pouvons comprendre l’une des raisons pour laquelle le Rabbi est comparé à l’Arche sainte. L’Arche sainte est un objet matériel qui possède des mesures précises, cependant il est écrit dans le Traité Yoma que lorsqu’elle était déposée au centre du Saint des Saints ‘elle ne prenait pas de place’.
(En effet, la largeur du Saint des Saints est de 20 ama, or si l’on mesurait à partir de l’extrémité gauche de l’Arche jusqu’au mur de gauche du Saint des Saint, on obtenait 10 ama ; et si l’on mesurait de l’extrémité droite de l’Arche jusqu’au mur de droite, on obtenait aussi 10 ama. Il se trouvait donc que l’Arche ne prenait pas de place).
A l’image de l’Arche, le Rabbi ‘possède des mesures’ car il est un être de chair et de sang, mais d’un autre côté, ‘il ne prend pas de place’ car il est l’émissaire du Saint béni soit-Il et ‘l’émissaire est comme celui qui l’envoie’.
Aussi, la mission du Rabbi est bien de nous donner les moyens d’unir le chiffre 7, c’est-à-dire ce monde matériel ‘qui possède des mesures’, avec le chiffre 10 qui représente le divin illimité ‘qui ne prend pas de place’.
De faire de ce monde un réceptacle capable de recevoir le dévoilement du Machia’h, très bientôt et de nos jours, avec l’aide de D.ieu.
Il existe plusieurs niveaux d’amour et de crainte de D.ieu. L’Admour Hazaken s’attache à les définir et à les décrire dans le livre du Tanya, car tous ces niveaux doivent être comme autant de ‘proies’ que nous devons capturer. Comme un loup qui cherche sa proie nous devons poursuivre la crainte et l’amour de D.ieu.
Le Rabbi nous enseigne que le mot hébreu ‘Hok’ signifie ‘décret’ et désigne une Loi divine qui échappe à notre propre compréhension. Rachi déclare par exemple du fait que le décret de la vache rousse fut tranché par D.ieu, la possibilité ne nous est pas donnée de réfléchir ou de poser des questions. L’acceptation du joug divin sans faire intervenir l’intellect est donc une condition essentielle dans notre service divin car en obéissant à un tel décret l’occasion nous est donnée d’exprimer notre attachement le plus profond à D.ieu. Sans les ‘Houkim’, il aurait été impossible d’exprimer l’Attachement qui dépasse totalement notre raison et notre intellect. Il s’agit donc dans ce cas de faire totalement abstraction de notre compréhension et de nos propres désirs et de n’avoir pour seul but que celui d’accomplir le désir de D.ieu.
Le Rabbi souligne par ailleurs que le mot ‘Hok’ est apparenté au mot ‘Hakika’ : ‘gravure’ et qu’il n’est donc pas sans évoquer les Lettres des mots des 10 Commandements que l’Eternel grava sur les Tables de l’Alliance.
On peut effacer, en la grattant, une lettre écrite sur du parchemin, mais si l’on cherche à détruire une lettre qui est gravée dans la pierre on détruira en même temps et du même coup la pierre car la lettre qui y est gravée fait un avec elle. Le Rabbi nous enseigne donc qu’il en va de même pour un Juif car il fait Un avec la Torah. ‘Dieu Israël et la Torah ne font qu’Un’. Si l’on s’attaque à la Torah d’Israël c’est le peuple Juif que l’on agresse, que D.ieu nous en préserve.
Dans le Dvar Mal’hout sur la Paracha Kora’h, le Rabbi souligne que Kora’h avait parfaitement conscience du niveau supérieur de l’âme Juive, il n’avait pas conscience cependant de la valeur de l’action concrète.
Kora’h est composé par les lettres Kouf Rèch et ‘Hèt.
Le fait que Kora’h avait conscience que le niveau de l’âme Juive dépasse de loin celui de la raison et de l’intellect s’exprime par le fait que le nom ‘Kora’h’ possède les deux lettres ‘Hèt’ et ‘Kouf’ du mot ‘Hok’ qui, comme il a été expliqué, désigne une Loi qui est au-dela de notre compréhension.
Cependant, la deuxième lettre de son nom : ‘Réch’ exprime la faiblesse de Kora’h. En effet, le trait supérieur du ‘Rèch’ correspond à la Pensée, et son trait vertical correspond à la Parole. Par contre il manque à la lettre ‘Rèch’ le troisième axe qui correspond à l’Action. Il manquait à Kora’h une chose essentielle : l’Action.
‘L’Action est essentielle’. Dans son discours du 15 Sivan de l’année 5751 le Rabbi déclare que ‘l’âme d’un Juif, même s’il s’agit de l’âme d’un Juste parfait qui sert D.ieu avec crainte et amour, ne fusionne totalement avec le divin que lorsque ce Juif accomplit une Mitsvah’. Les Commandements divins représentent la profondeur de la Volonté divine et la vitalité qu’ils contiennent n’est pas, contrairement à l’âme, une chose ‘séparée’, car ‘la vitalité des Commandements divins se fond véritablement dans la Volonté de D.ieu’.
Lorsque nous accomplissons la Volonté de D.ieu notre volonté se fond en la Sienne, de ce fait nous pourrions penser que lorsque l’on accomplit une Mitsvah notre âme cesse d’exister car elle fusionne alors avec la lumière divine ! Il semblerait qu’au moment de cette fusion seule existe la réalité divine. Le Rabbi répond qu’en réalité c’est le contraire qui est vrai. Ce n’est qu’à partir du moment où son âme fusionne avec le Divin que commence véritablement la Vie d’un Juif. Ce n’est que lorsqu’il se soumet totalement à D.ieu qu’il commence vraiment à exister :
‘Bien que la fusion de l’âme d’Israël avec le divin atteint un niveau de perfection au moment de l’étude de la Torah et lors de l’accomplissement des Commandements divins, de toutes les façons, du fait qu’Israël et le Saint béni soit-Il ne font qu’Un, cette fusion n’exclut pas la réalité des enfants d’Israël. Au contraire c’est cette fusion qui est leur réalité’.
A la lumière de ce qu’il vient d’être dit nous réalisons l’importance de l’enseignement du Rabbi Rayats selon lequel notre étude de la Torah doit toujours être cristallisée par une action. Dans ce cas, l’étude de concepts divins très profonds aura pour effet que nos actions elles-mêmes seront profondes. Notre étude de la ‘Hassidout aura pour effet que nous agirons au-delà des forces de l’intellect et de la raison.
Le jour du 3 Tamouz, Hachem arrêta la course du soleil pour laisser le temps à Yéochoua et à son armée de vaincre leurs ennemis. Le Rabbi définit ce miracle comme un évènement qui bien qu’il soit au-delà de la nature s’habille dans la nature. Ce miracle s’habille dans la nature par le fait que les enfants d’Israël devaient gagner la guerre, non pas seulement grâce à un miracle divin, mais aussi, grâce à leurs propres forces : de manière naturelle.
Or, c’est précisément la soumission à D.ieu qui permet à un Juif de devenir ‘un réceptacle basé sur les Lois de la Torah, grâce auquel il méritera la double Bénédiction divine’, c’est grâce à ce réceptacle qu’il introduira des lumières divines qui sont au-delà des limites de la nature dans la nature.
Aussi, ce ‘miracle qui s’habille dans la nature’ n’est pas sans évoquer le dévoilement de l’Essence de l’âme (‘le miracle’) dans le corps (‘la nature’) : le dévoilement de la partie de l’âme qui ne s’habille pas dans le corps, qui est au-delà de l’enchaînement des mondes, dans les forces de l’âme qui s’habillent dans le corps (l’enchaînement des mondes).
C’est en autre pour cela que le jour du 3 Tamouz nous étudions le discours du Rabbi intitulé ‘Vé ata Tetsaveh’. Dans ce discours le Rabbi nous enseigne l’importance de dévoiler la partie la plus profonde de notre âme : l’Essence de notre âme. L’exemple choisi par le Rabbi au sujet du dévoilement de l’Essence de l’âme est celui de l’olive que l’on concasse pour en extraire son huile. La chair de l’olive est entièrement imprégnée d’huile, et la manière de l’extraire est de briser l’olive, de la concasser. De la même façon, pour provoquer la venue du Machia’h en suscitant le désir divin de nous délivrer, il convient de libérer la lumière et la force de l’Essence de l’âme. C’est ‘extraire’ le Divin qui est en nous, de manière à ce qu’il sorte de sa cachette, du plus profond de nous-même, pour enfin se répandre à l’extérieur, dans toutes les forces de notre âme, dans notre cerveau, et dans notre cœur, et puis dans nos pensées, dans nos paroles, et dans nos actes, comme le sous-entend la déclaration que fit le Machia’h au Baal Chem Tov : ‘Je viendrai quand tes sources se répandront à l’extérieur. La qualité de chaque enfant d’Israël est son attachement à D.ieu. Celui-ci dépasse totalement et infiniment son intellect et sa raison.
Or, c’est précisément celui qui se soumet aux décrets divins et qui agit au-delà de la raison et de l’intellect qui détient le pouvoir d’éveiller la force de l’Essence de l’âme. Dans ce cas, la nature et ses limites n’ont plus d’emprise sur lui. C’est comme s’il ordonne au soleil ‘d’arrêter sa course’ qu’il s’élève au-delà de toutes les limites et qu’il fait tout ce qui est au-delà de son pouvoir pour provoquer le dévoilement du Machia’h, dès-à-présent, avec l’aide de D.ieu.
Pour l’élévation de l’âme de ‘Hannaniah ben Yaacov
Le Rabbi enseigne que lorsqu’un jeune Juif parvient à l’âge de la maturité, l’âge de sa Bar-Mitsvah, il doit réunir deux qualités. La première est qu’il doit être Bar-Daat, c’est à dire qu’il doit être maître de ses facultés intellectuelles. La seconde est son aptitude à recevoir l’acceptation du Joug divin (Kabalat-ol). Il nous apparaît que la première de ces deux qualités correspond à la division, la répartition (Hilt’halkout), du fait que l’intellect et les midot (sentiments) correspondent aux différents aspects (particuliers) des forces de l’âme, par lesquelles nous nous attachons à D.ieu en accomplissant notre service divin.
D’un autre côté, l’acceptation du Joug divin correspond à l’Unité (A’hdout), c’est à dire à l’Essence de notre âme laquelle représente le ‘point divin’ de l’âme dont découlent la soumission à L’Eternel et le don de soi, grâce auxquels un Juif est prêt à faire don de sa propre vie pour sanctifier le Nom divin car ‘il ne peut pas se séparer de D.ieu’ (Tanya).
Dans le Dvar Malhout sur la Paracha Chela’h le Rabbi nous enseigne que de manière générale la Torah exprime l’Unité (A’hdout) du fait qu’elle est la Sagesse divine qui fait Un avec D.ieu et que les Mitsvoth expriment la Division (Hit’halkout) de par le fait qu’elles sont au nombre de 613 : 248 Commandements positifs et 365 Commandements négatifs. Les Mitsvoth sont les ordres que L’Eternel a adressés à l’homme sur la manière de se comporter dans le monde. Or, la réalité d’un homme et la réalité du monde se partagent en 613, l’homme est appelé ‘petit monde’ car ‘tout ce que D.ieu a créé dans Son monde, Il l’a aussi créé dans l’homme’ : les 248 membres du corps et les 365 vaisseaux sanguins s’accordent avec les Mitsvoth qui sont au nombre de 613.
Plus précisément, la différence entre l’Unité et la Division existent également dans la Torah elle-même. La partie révélée de la Torah avec ses 60 Traités explique chaque détail sur chacune des Lois au sujet de ce qui est permis et de ce qui est interdit, de ce qui est pur et de ce qui est impur…C’est la raison pour laquelle la partie révélée de la Torah représente la Division car d’elle découle la diversité des Lois au moyen desquelles un Juif réalise la purification de ce monde matériel (Birour ha Olam). A l’opposé, la partie profonde de la Torah représente l’Unité car la ‘Hassidout est l’Essence de la Torah et la qualité de l’Essence est qu’elle est indivisible, au-delà de toute forme, de tout aspect particulier, de tout détail.
Plus encore que tout cela, la différence entre l’Unité et la Division existent également dans l’âme d’un Juif. L’unité de l’âme représente le niveau de Yé’hida lequel désigne le ‘point divin’ de l’âme qui est au-delà de toute division : c’est l’Essence de l’âme Juive qui fait Un avec l’Essence divine. A l’opposé, les forces de l’âme de la partie de l’âme qui s’habille dans le corps (Néfech, Rouah, Néchamah) expriment la Division, car lors de sa descente dans le corps chaque membre du corps reçoit une force particulière de l’âme la force de vision dans l’œil, la force de l’audition dans l’oreille…).
A la lumière de ce qu’il vient d’être dit, le Rabbi nous explique que notre mission qui consiste à purifier et à raffiner ce monde matériel pour en faire un réceptacle capable de devenir une demeure pour l’Essence divine doit être accomplie au moyen de l’Unité et de la Division. C’est à dire que nous devons utiliser toutes les forces de notre âme (les forces de l’intellect : les Mo’hin, et les sentiments : les Midot), lorsque nous accomplissons les Commandements divins. Il s’agit donc dans ce cas d’un travail relatif à la Division (la division des forces de l’âme, la division des Commandements divins et la division des Lois de la partie révélée de la Torah). Cependant, même si l’essentiel de notre travail de purification du monde matériel est celui de la Division, il n’en demeure pas moins que nous devons aussi accomplir le travail de l’Unité (l’Unité de l’âme et l’Unité de la Torah), c’est à dire que nous devons dévoiler les forces de la partie de l’âme qui ne s’habille pas dans le corps : l’Essence de l’âme qui est enracinée dans l’Essence divine, ‘qui fait Un avec D.ieu’. Dévoiler l’Unité consiste donc à dévoiler le niveau de Yé’hida : la force de l’Essence de notre âme dans notre âme, en nous attachant à l’étude de l’Essence de la Torah : la ‘Hassidout. C’est en agissant en ce sens que nous pouvons atteindre la perfection dans notre travail de purification du monde et ‘dévoiler dans ce monde limité le niveau du Divin qui est au-delà du monde’.
La Paracha Chela’h que nous lirons avec l’aide de D.ieu ce Chabbat a pour sujet l’histoire des explorateurs que Moché envoya en Erets Israël, alors que la Haftara que nous lirons juste après raconte l’histoire des explorateurs que Yéochoua envoya par la suite en Erets Israël. Le Rabbi établit la différence entre les forces de l’âme et l’Essence de l’âme à travers les différences qui existent entre la mission des explorateurs de Moché et celle des explorateurs de Yéochoua : la mission des explorateurs de Moché correspond à la Division, c’est à dire au service divin que l’on accomplit au moyen des forces de l’âme qui s’habille dans le corps, et la mission des explorateurs de Yéochoua correspond à l’Unité, c’est à dire au service divin que l’on accomplit au moyen du dévoilement de la force de l’Essence de l’âme.
Les explorateurs de Moché sont au nombre de douze. Les 12 princes des tribus que Moché envoya pour explorer la Terre d’Israël représentent donc les forces de la partie de l’âme qui s’habille dans le corps, car de même que l’âme vivifie chaque membre du corps (l’intellect dans le cerveau, les sentiments dans le cœur, la force de la vision dans les yeux…) les 12 explorateurs de Moché visitèrent chaque partie du grand ‘corps’ que représente la Terre d’Israël.
A l’opposé du chiffre 12 qui représente la Division, les explorateurs de Yéochoua, au nombre de 2, représentent l’Unité. Le Rabbi souligne par exemple que les Mitsvoth de la Torah se divisent en 2 catégories : les Commandements positifs et les Commandements négatifs. De fait, ces deux explorateurs incarnent la force de l’Essence de l’âme qui est ‘au-delà de toute division’. C’est pour cette raison qu’ils sont décrits dans le texte de la Haftarah comme étant ‘deux hommes simples’ et non pas des princes de tribu comme ce fut le cas pour les explorateurs de Moché, car la simplicité est précisément la qualité de l’Essence divine qui est indivisible, et aussi la qualité de l’Essence de l’âme de chaque Juif.
Le Rabbi souligne également que l’endroit où les deux explorateurs arrivèrent fut Yéri’ho, la ville dont il est dit qu’elle est le ‘verrou’, ‘la clef’ de la Terre d’Israël. Or, le mot ‘verrouillé’ se dit en hébreu ‘nahoul’ et il a donc la même racine que le nom ‘Neïla’ lequel désigne la cinquième prière du jour de Kippour pendant laquelle Hachem verrouille les portes de la Synagogue pour S’entretenir en privé avec le peuple d’Israël. Le temps de ‘la Neïla’ correspond donc au dévoilement du niveau de Yé’hida (L’Essence de l’âme Juive) et la ville de Yéri’ho dans laquelle parvinrent les deux explorateurs fait donc allusion à ce dévoilement.
Par ailleurs, la Torah nous précise que les deux explorateurs de Yéochoua agirent dans le silence, dans la plus grande discrétion, et cela aussi est une allusion au dévoilement de l’Essence de l’âme. On peut donner ici l’exemple de la prière de la Amida, durant laquelle un Juif se tient droit et silencieux car il se trouve en présence de L’Eternel. La proximité de l’âme avec Dieu a pour effet de demeurer silencieux, et le silence des deux explorateurs de Yéochoua n’est donc pas sans évoquer le dévoilement de l’Essence de l’âme, du lien le plus profond qui nous unit à notre Père qui est dans le ciel, ainsi que l’a exprimé Rabbi Shimon Bar Yohaï juste avant de quitter ce monde : ‘Je suis attaché par un lien, en lui je m’unifie, en lui je m’enflamme’.
Le Rabbi explique dans le Dvar Mal’hout que la mission des explorateurs de Moché et la mission des explorateurs de Yéochoua ont toutes les deux un même but. Celui de purifier la Terre d’Israël, ainsi qu’il a été dit. De fait, notre mission consiste à faire de notre corps, et du corps de ce monde, une demeure pour L’Eternel, pour Son Essence bénie. Ces deux missions correspondent donc à deux services divins qui sont tous les deux nécessaires et qui se complètent. Les explorateurs de Moché sont une allusion à la purification du corps au moyen des forces de l’âme, et ce travail a pour effet d’attirer un dévoilement divin qui s’inscrit dans les limites imposées par ce monde matériel. Les explorateurs de Yéochoua sont une allusion à la purification du corps au moyen de la force de l’Essence de l’âme, et ce travail a pour effet d’attirer un dévoilement divin qui est totalement au-delà des limites de ce monde. Ainsi, raffiner et purifier le corps et ce monde matériel ne doit pas se limiter à exploiter seulement les forces de de la partie de l’âme qui s’habille dans le corps, il s’agit aussi de ‘vider les trésors du palais’, c’est à dire de révéler la partie la plus profonde et la plus intérieure de l’âme, l’Essence de l’âme, pour faire de ce monde une demeure pour ‘Son Essence’, le niveau de A’hdout.
Le Rabbi écrit dans l’un de ses discours le mot ‘Essence’ de la manière suivante : עסענץ
Or, les lettres de ce nom font un total de 340 et si l’on ajoute à ce nombre la valeur du nom חי (la Vie), on obtient le nombre 358 qui est la valeur numérique de Machia’h.
Ainsi, l’Essence de la Vie c’est le Machia’h qui incarne lui-même le niveau de Yé’hida, et avec le dévoilement du Machia’h nous connaîtrons avec l’aide de D.ieu très bientôt et de nos jours le Dévoilement de l’Essence de la Vie……
Pour l’élévation de l’âme de ‘Hannaniah ben Yaacov
‘Quand tu allumeras les lumières vers la face de la Ménorah’, ce verset qui est au début de notre Paracha possède de nombreuses explications. Rachi explique que ‘quand tu allumeras signifie quand tu feras monter’.
Dans le Dvar Mal’hout, le Rabbi fonde son enseignement à partir de cet enseignement de Rachi et du fait que L’Eternel désirait qu’Aaron allume la Ménorah ‘en tenant le feu près de la mèche jusqu’à ce que la flamme monte par elle-même’.
Le corps d’un Juif est précieux aux yeux de l’Eternel et Il désire que nous accomplissions Sa Volonté au moyen des forces de notre âme, et au moyen de notre corps. Cependant, le Rabbi souligne que ‘le corps de par lui-même n’est pas lié au service divin et la preuve de cela est que nous devons l’habituer à ce service, afin que l’habitude devienne une seconde nature’.
En effet, par sa nature, l’âme animale incite l’homme à assouvir constamment des désirs matériels et grossiers, aussi, la mission de chaque Juif consiste à habituer le corps et l’âme animale à la pratique des Mitsvoth et à l’étude de la Torah. En d’autres termes, habituer le corps signifie qu’on le rend ‘docile’ aux Commandements divins en ‘domptant’ peu à peu l’âme animale. Comme on dompte un animal pour lui imposer notre volonté, nous devons forcer notre âme animale à aimer D.ieu. Ce faisant nous réalisons l’injonction divine d’aimer notre D.ieu ‘de tout notre cœur’, c’est à dire ‘avec nos deux penchants’ (Rachi).
Habituer notre corps à accomplir des Mitsvoth au point que ‘l’habitude devient une seconde nature’. Dans ce cas la nature du corps et de l’âme animale se transforment peu à peu, et avec beaucoup de travail nous pouvons même parvenir à ‘transformer l’obscurité en lumière’, à l’exemple des Tsaddikim qui raffinent et purifient totalement l’âme animale afin que celle-ci s’unisse à l’âme divine d’un lien parfait.
D’une certaine manière l’union de la force de l’âme animale avec la force de l’âme divine est comparable à deux flammes qui s’unissent et ne forment plus qu’une seule flamme. Aussi, à la lecture des versets de notre Paracha : ‘Quand tu allumeras les lumières vers la face de la Ménorah…En tenant le feu près de la mèche jusqu’à ce que la flamme monte par elle-même’, nous pouvons expliquer qu’il y a ici une allusion au fait que lorsque l’on habitue le corps à accomplir les
Commandements divins : ‘en tenant le feu près de la mèche’, alors la force de l’âme animale s’unit avec la force de l’âme divine et dans ce cas : ‘la flamme monte par elle-même’.
A la lumière de ce qu’il vient d’être dit nous comprenons la déclaration du Rabbi selon laquelle ‘Un Juif dévoile la force de l’Essence divine qui est dans le corps en le purifiant.
Le travail qui consiste à dompter l’âme animale est une étape vers le niveau supérieur du dévoilement de l’Essence divine dans le corps. A l’exemple de l’Arche qui bien qu’elle soit un objet matériel qui possède des mesures précises ‘ne prenait pas de place dans le Saint des Saints’ parce qu’elle contient les Tables de l’Alliance écrites du doigt de D.ieu, lorsque le corps est débarrassé de ses impuretés il devient un réceptacle de l’Essence divine et dans ce cas, comme l’Arche, ‘il ne prend pas de place’, c’est à dire qu’il s’élève au-delà des limites matérielles de ce monde.
Comme le Rabbi nous l’enseigne dans le Dvar Mal’hout, lorsqu’un Juif parvient à habituer le corps à accomplir les Commandements divins alors ‘l’accomplissement des Mitsvoth n’est plus une chose ajoutée’, mais font partie intégrante de son être et de son existence. Ce Juif fait alors Un avec D.ieu, en purifiant son corps il est parvenu en même temps à dévoiler que ‘même le corps matériel d’un Juif est lié au Saint béni soit-Il’.
L’Admour Hazaken rapporte dans le livre du Tanya un enseignement de l’enfant ‘Yinouka’ lequel compare lequel les Commandements divins à de l’huile, et l’âme animale à la mèche d’une bougie. De fait, la Présence divine, la ‘Chrina’, qui est elle-même comparée à la flamme de la bougie, ne peut se dévoiler à un Juif que lorsque celui-ci accomplit les Commandements divins. Autrement dit, la flamme ne peut s’accrocher à la mèche que si celle-ci est imbibée d’huile.
L’exemple de la mèche qui brûle grâce à l’huile dont elle est imbibée, exprime l’idée que l’âme animale, la ‘mèche doit se consumer’. Cela signifie que lorsqu’un Juif accomplit les Mitsvoth, il brûle tout ce qui est extérieur à son service divin. A l’exemple de la mèche qui trempe dans l’huile, lorsque l’âme animale ‘trempe dans l’huile’, c’est à dire lorsqu’elle s’implique dans l’action des Mitsvoth, elle attire le divin en elle-même et se transforme alors en une âme sainte, conformément à la déclaration de Rachi selon laquelle ‘un Juif doit aimer D.ieu au moyen de ses deux penchants’. C’est seulement en agissant ainsi que le feu peut s’accrocher à la mèche, que la Présence divine peut Se révéler en celui qui accomplit Sa Volonté.
Aussi, le Rabbi préconise que lorsque que l’on s’attache à aider un Juif, on doit se tenir près de lui ‘jusqu’à ce que la flamme monte par elle-même’, c’est-à-dire jusqu’à ce que ce Juif devienne indépendant dans l’accomplissement de son service divin. Cet enseignement s’exprime également dans la déclaration que fit le Machia’h au Baal Chem Tov: ‘Je viendrais quand tes sources se répandront à l’extérieur’. Il ne s’agit pas seulement d’apporter la lumière dans un endroit obscur, mais de faire de cet endroit une source, indépendante, capable de diffuser à son tour la lumière.
L’exemple donné par le Rabbi est celui du Rav et de son élève. Le Rav ne fait pas que dispenser des enseignements à son élève. Il s’attache aussi à développer les forces personnelles de l’élève, de telle manière qu’il puisse ‘tenir seul debout sur ses pied’, et diffuser à son tour la lumière à l’extérieur. Le Rabbi explique que l’attitude du Rav est comparable à celle du Saint béni soit-Il. L’Eternel en donnant la Torah ne fit qu’allumer la flamme, mais ensuite cette flamme devait continuer à ‘monter par elle- même’. A l’image de cet élève qui avance seul, l’Assemblée d’Israël ne compte que sur elle-même quand il s’agit de trouver dans la Torah des réponses aux questions qui se présentent chaque jour. C’est à cela que se rapporte la déclaration selon laquelle ‘la Torah n’est pas dans le ciel’.
Cependant, la profondeur de tous ces enseignements ne se limite pas à l’âme Juive En effet, le monde matériel est lui-aussi tel ‘une mèche qui a besoin d’huile’. Le Rabbi nous enseigne que notre mission consiste aussi à introduire la sainteté dans la matière de ce monde. De fait, la majorité des Commandements divins est accomplie au moyen de la matière, et depuis le don de la Torah, chaque Juif détient la capacité de sanctifier ce monde profane. A partir de la matière profane, la peau d’une vache, et de l’encre que l’on obtient en broyant des végétaux, un Sofer écrit des Parachiot sur du parchemin et crée ainsi un objet de sainteté, une Méguilah d’Esther, une Mézouzah, une paire de Téfilines, un Séfer Torah.
Lorsqu’un Juif introduit la sainteté dans un objet matériel et profane, cet objet devient comme cette flamme qui ‘monte d’elle-même’, car une fois que le Sofer a introduit la sainteté dans ses écrits, ‘la sainteté ne quitte plus son endroit’. L’image du Sofer en train d’écrire est donc comparable à celle d’Aaron ‘tenant le feu près de la mèche’, car lorsqu’il a fini d’écrire alors cette Mézouzah, cette paire de Téfilines, ou ce Séfer Torah, deviennent comme ces ‘flammes qui montent par elles-même’. Ils deviennent ‘indépendants’, du fait qu’ils sont désormais des objets emplis d’une sainteté qui ne les quittera plus, à l’exemple de cet élève qui peut se ‘tenir seul debout sur ses pied’, et diffuser à son tour la lumière qu’il a reçu de son Maître, ainsi qu’il a été dit précédemment.
A travers cet enseignement, selon lequel le monde matériel doit être ‘une flamme qui monte d’elle-même’, le Rabbi souligne que c’est précisément en élevant le niveau le plus bas, que l’on parvient à élever tous les autres niveaux et que l’on finit par atteindre finalement le dévoilement de l’Essence divine. Ainsi, le Rabbi déclare que bien que notre génération soit considérée sur le plan spirituel comme le ‘talon’, en comparaison à la génération de Moché, qui représente la ‘tête’, il n’en demeure pas moins que le talon soutient le corps tout entier, et qu’en élevant le talon, on apporte l’élévation au corps tout entier, c’est à dire à toutes les générations. L’enseignement est clair.
C’est en s’attachant à élever le Juif le plus éloigné que l’on parvient à élever toute l’Assemblée d’Israël. L’attitude d’un ‘Hassid du Rabbi consiste à apporter la lumière dans ces endroits obscurs car ils cachent en réalité une lumière exceptionnelle. Le Rabbi Rayats a expliqué dans l’un de ses discours ‘hassidiques que le talon, bien qu’il soit la partie la plus basse du corps, la partie la plus matérielle et la plus insensible, représente la capacité de Messirout néfech.
En effet, il nous est impossible de rentrer la tête dans de l’eau bouillante, par contre le talon peut supporter une telle chaleur. Il en va de même pour notre génération, laquelle représente le ‘talon du pied’, elle seule possède la capacité de ‘rentrer dans l’eau bouillante’, c’est à dire de faire don de sa propre vie pour sanctifier et faire de ce monde matériel une demeure pour l’Essence divine, avec le dévoilement de notre Juste Machia’h, très bientôt et de nos jours, avec l’aide de D.ieu.
Pour l’élévation de l’âme de ‘Hannaniah ben Yaacov
Hanna, la mère du Prophète Chmouel s’exprima ainsi devant l’Eternel : ‘Nul n’est saint comme l’Eternel, car il n’y a nul autre que Toi, et il n’y a point de rocher comme notre D.ieu’. Le mot ‘rocher’ exprime ici le fait que l’Eternel est notre unique force, notre seule forteresse, notre seul abri.
Par ailleurs, dans le traité Béra’hot (10a), pour expliquer que l’œuvre du Saint béni soit-Il est différente de celle d’un être de chair et de sang, les Sages ont employé l’expression ‘il n’y a point de rocher comme notre D.ieu’, en jouant sur les mots ‘Tsour’ (rocher), et Tsayar (Artiste-Peintre). Le sens de la déclaration de ‘Hanna selon laquelle ‘Il n’y a point de Rocher (Tsour) comme notre D.ieu’ devient alors : ‘Il n’y a point de Peintre comme notre D.ieu’.
La raison donnée par les Sages, au fait qu’il n’existe aucun Artiste que l’on peut comparer au Saint béni soit-Il, est que ‘l’homme dessine une forme sur un mur, mais ne peut lui introduire un souffle de vie une âme ni organes ni entrailles. A l’opposé, le Saint béni soit-Il peut dessiner une forme à l’intérieur d’une forme, lui introduire un souffle de vie, une âme, des organes et des entrailles’.
Ainsi, le sens simple de la Guémara est ici de souligner la différence essentielle entre les œuvres du Saint béni soit-Il et celles d’un être de chair et de sang. L’homme dessine une forme sur un mur sans pouvoir y mettre de souffle vital, le doter d’une âme ou des composantes essentielles de l’organisme, contrairement à D.ieu qui dessine une forme (l’embryon), à l’intérieur d’une forme (la matrice éternelle), et y dépose un souffle, une âme, des entrailles et des intestins.
Cette comparaison établie par les Sages entre les œuvres du Saint béni soit-Il et celles de l’homme s’accorde à l’un des enseignements du Rabbi dans le Dvar Mal’hout sur la Paracha Nasso.
Le Rabbi y rapporte l’enseignement selon lequel ‘l’Eternel a regardé dans la Torah avant de créer le monde’.
Le monde, tel qu’il est, tel qu’il apparaît à nos yeux, fut d’abord ‘écrit’ dans la Torah, et c’est pour cette raison que la ‘Hassidout compare la Torah au carnet de croquis d’un Artiste. A l’exemple de l’Artiste qui dessine des esquisses avant de peindre son tableau, la Torah représente le ‘carnet’ sur lequel l’Eternel a dessiné ‘l’ébauche’ du monde qu’Il s’apprête à créer.
Ainsi, de la même manière que l’esquisse préparatoire précède l’œuvre finale, la Torah a précédé le monde. ‘L’Eternel a regardé dans la Torah avant de créer le monde’ signifie que pour créer le monde L’Eternel’ regarda dans la Torah, comme un Artiste s’inspire de ses croquis pour peindre son Tableau.
Dans les temps messianiques L’Eternel dévoilera la Torah ‘Hadacha (nouvelle) au peuple d’Israël par l’intermédiaire du Machia’h : ‘Une Torah nouvelle sortira de Moi’. Ainsi, en regardant dans la Torah nouvelle l’Eternel créera un monde nouveau, et c’est à ce sujet que L’Eternel dit : ‘Comme ces Cieux nouveaux et comme cette Terre nouvelle que Je ferai naître dureront devant Moi, ainsi subsisteront votre descendance et votre nom’ (Ychaya, 66, 22).
Le Rabbi explique que ‘ces Cieux nouveaux’ et cette ‘Terre nouvelle’ que L’Eternel fera naître lors de la Délivrance finale représentent le dévoilement de la Parole de D.ieu qui est l’origine de la Création du ciel, de la terre, et de tout ce qu’ils contiennent.
A présent, nous ne voyons qu’un monde matériel et nous ne voyons absolument pas la Parole divine qui Se cache dans la matière, ainsi qu’il est dit : ‘S’il était permis à l’œil de voir et de se rendre compte de la force vitale (la Parole divine) et de la spiritualité qui sont contenues dans toute chose créée, et qui prenant leur source dans ‘ce qui émane de la bouche de D.ieu’ et de ‘Son souffle’, y coulent constamment, alors la matérialité de la créature cesserait d’être perçue par nos yeux, celle-ci étant complètement annulée par rapport à la force vitale et la spiritualité qui sont en elle’. (Tanya, Chaar Ha Y’houde Vé Ha Emounah, chapitre 3).
Le dévoilement de la Torah nouvelle représente le dévoilement de l’Essence divine, comme ce fut le cas lors du don de la Torah sur le mont Sinaï, au sujet duquel il est dit: ‘Et tout le peuple vit les Voix’ (Yitro, 20, 15).
Lors de la Délivrance finale tout le peuple verra La ‘Voix’ de l’Eternel, ‘la force vitale et la spiritualité’ qui se cachent à présent dans ce monde matériel. Aussi, bien que L’Eternel Se dévoile dans la Torah, d’une certaine manière toute Son Œuvre, toute l’œuvre de la Création, demeure ‘dépourvue’ de Sa signature.
Ce n’est que dans les temps messianiques qu’il apparaîtra à nos yeux avec clarté que toute la Création vient de la ‘bouche de D.ieu’ et de ‘Son souffle’. Dès-lors, nous pouvons comprendre la déclaration des Sages selon laquelle la Torah que l’homme étudie à l’heure actuelle n’est rien, hével, en comparaison à la Torah que nous enseignera le Machia’h.
En effet, le mot hével désigne la vapeur, la buée, une chose qui est inodore, sans saveur, une chose insignifiante, et l’emploi de ce mot s’oppose à la grandeur de la Torah qui sera dévoilée par le Machia’h : ‘Une Torah nouvelle sortira de Moi’.
‘La Torah qui sortira de Moi’ représente la partie la plus profonde de la Torah, son essence divine. A l’évidence, en comparaison au souffle nouveau que la Torah nouvelle insufflera aux ‘Cieux nouveaux’, à la ‘Terre nouvelle’, la vitalité de la Torah que nous étudions aujourd’hui n’est telle qu’un léger souffle : hével.
A la fin de notre Paracha il est écrit que lorsque Moché pénétrait à l’intérieur de la Tente d’assignation, pour parler avec l’Eternel, il entendait la Voix du Saint béni soit-Il. Rachi explique que l’on pourrait croire que Le son de la Voix était faible, mais le verset dit ‘La voix’ (avec un article défini). C’est La voix qui parlait avec lui au mont Sinaï, mais quand elle arrivait à l’entrée de la tente d’assignation, elle s’arrêtait et ne sortait pas à l’extérieur de la tente. C’était un véritable miracle, la Voix de D.ieu n’était audible qu’à l’intérieur de la Tente.
Le Rabbi nous explique que lorsque l’on se trouve à l’intérieur de la Tente, le dévoilement de D.ieu est si grand que nous n’avons pas d’autre choix que celui d’écouter Sa voix. Cependant, le désir du Saint béni soit-Il est de résider dans ce monde matériel, ‘à l’extérieur de la Tente’. C’est précisément ‘à l’extérieur de la Tente’ que le choix est donné à l’homme d’écouter ou de ne pas écouter la Voix de son Père. Un juif doit donc faire tout ce qui est en son pouvoir pour ‘briser le silence’ en faisant résonner La voix et La volonté de D.ieu ‘à l’extérieur de la Tente’, en accomplissant Ses Commandements de ‘tout son cœur de toute son âme et de tout son pouvoir’.
Le Rabbi déclare qu’un juif cherche D.ieu comme un fils cherche son père qui s’est caché pour qu’il le trouve. Il ajoute que le plus grave n’est pas de ne pas Le trouver mais de s’arrêter de Le chercher.
L’enseignement pour chacun d’entre nous est qu’il ne suffit pas d’agir ‘à l’intérieur de la Tente’, bien au contraire notre travail consiste essentiellement à agir ‘à l’extérieur de la Tente’, conformément à ce qu’a dit le Machia’h au Baal Chem Tov : ‘Je viendrais lorsque tes sources se répandront à l’extérieur’. Il convient dans ce cas de ‘s’armer de puissance, tel un lion, et de fermeté de cœur’ (selon les mots du Tanya, 25) afin d’affronter tout ce qui s’oppose à cette mission sacrée, d’apporter la Parole divine dans chaque endroit et pour chaque juif.
Lorsque Moché entrait dans la tente d’assignation il entendait La voix d’au-dessus du couvercle de l’Arche du témoignage. ‘La voix sortait du ciel passait entre les deux chérubins, et de là, sortait vers la tente d’assignation’ (Rachi). Rabbi Yom-Tov Lippman explique que la lettre Aleph fait allusion à ce dévoilement La forme de la lettre Aleph est composée d’un Vav et de deux Youd. Les deux Youd font allusion aux deux chérubins, et le Vav est une allusion à La Voix de L’Eternel qui passait entre les deux.
Il est intéressant de remarquer que la lettre Aleph (la première lettre, du premier mot, des Dix Commandements, Ano’hi) est une allusion à l’Essence divine. De fait, notre mission est bien de faire de ce monde matériel une demeure pour D.ieu dans laquelle se révèlera Son Essence.
Par ailleurs, les lettres du mot hével sont les mêmes lettres que l’expression ha Lev, le coeur. D’une certaine manière la Torah que nous étudions aujourd’hui représente le cœur, et que la Torah du Machia’h représente la profondeur du cœur. Aussi, conformément à l’enseignement des Sages selon lequel, seul L’Eternel ‘peut dessiner une forme à l’intérieur d’une forme’, il appartient à D.ieu, et seulement à Lui, de dévoiler la Torah nouvelle qui se cache à l’intérieur de la Torah’, ‘la profondeur du cœur de L’Eternel’, ‘une forme à l’intérieur d’une forme’.
Dans le Dvar Mal’hout sur la Paracha Nasso, le Rabbi nous enseigne que chaque ‘Hidouch est l’expression de la Guéoulah. Lorsqu’un Sage dévoile un ‘Hidouch, il dévoile un aspect de la Sagesse divine qui était jusqu’alors en exil dans la Torah. La notion de ‘sortir de l’exil’ existe donc dans la Torah elle-même et la Délivrance de la Torah amène la Délivrance dans le monde. De fait, D.ieu a regardé dans la Torah avant de créer le monde, et ce lien qui existe entre la Torah et le monde s’accorde avec la Délivrance finale.
Chaque fois qu’un Sage délivre un peu plus la Sagesse divine en dévoilant un ‘Hidouch, il délivre un peu plus le monde de l’exil. Cependant, le Rabbi souligne qu’il ne s’agit pas encore de la Délivrance finale car nous sommes encore dans une situation d’exil. Certes, faire des ‘Hidouchim a pour effet d’accélérer le processus de la Délivrance finale, mais bien que les Sages dévoilent des sujets particuliers il reste encore de nombreux sujets qui demeurent en exil.
C’est pour cela que le Rabbi nous enseigne que la perfection de la Délivrance de la Torah sera réalisée par D.ieu Lui-même, ainsi qu’il est dit : ‘Une Torah nouvelle sortira de Moi’, même le ‘Dévoilement’ (‘sortira’) sera l’œuvre de D.ieu (‘de Moi’, et dans ce cas plus aucun sujet demeurera obscur à nos yeux, ainsi qu’il est dit : ‘ton guide ne se dérobera plus à ton regard, tes yeux pourront voir ton guide’ (Ychaya, 30, 20) et ‘Tous Me connaîtront’ (Yirmiyaou, 31, 33), très bientôt et de nos jours, avec l’aide de D.ieu.
(Pour l’élévation de l’âme de ‘Hananiah ben Yaacov et de Eliahou ben David)
Dans le Dvar Mal’hout sur les Parachiot Tazria-Metsora, le Rabbi explique que la lèpre (bien qu’elle soit fixée par la Torah comme un signe d’impureté) cache une très haute lumière. Cet enseignement du Rabbi n’est donc pas sans exprimer, une fois de plus, la supériorité de la lumière qui provient de l’obscurité.
Le jour commémoratif de la Shoah qui a eu lieu il y a quelques jours est une occasion de nous rappeler de l’Artiste-Peintre Charlotte Salomon qui est née à Berlin le 16 Avril 1917 et qui a quitté ce monde à l’âge de 26 ans, à Auschwitz le 10 octobre 1943.
En 18 mois, elle peignit 1325 gouaches ou aquarelles à partir des trois seules couleurs primaires : le rouge, le jaune et le bleu. De l’incompréhension mêlée à de la douleur d’une jeune femme Juive face aux horreurs et aux persécutions que les nazis infligèrent au peuple Juif transparaissent dans le titre que Charlotte Salomon choisit pour intituler cette œuvre autobiographique : ‘Est-ce la vie, ou du Théâtre ?’.
Ce titre exprime le fait que la réalité qu’elle vécut était si choquante et si dure qu’elle semblait ne pas être réelle. Les persécuteurs du Peuple Juif étaient si cruels que l’on pouvait se demander s’ils étaient vrais, s’ils n’étaient pas déguisés. Cela ne pouvait être réel, cette réalité ne pouvait exister. Il devait s’agir d’une pièce de Théâtre, d’un jeu de rôles, avec des personnages qui n’existent pas vraiment.
Nous voyons donc qu’à travers le choix de son titre le ‘Théâtre’ désigne ici l’exil que l’Artiste oppose à ‘la Vie’, à la vraie Vie. D’une certaine manière cette opposition faîte par l’Artiste est comparable à l’opposition qui existe entre le Nom Havayeh et le Nom Elokim.
En effet, le Nom divin Elokim est lié à la nature, au monde, avec ses limites, tel qu’il fut créé par D.ieu. A l’opposé le Nom divin Havayeh désigne la lumière divine et infinie qui est aujourd’hui imperceptible. Le Nom Havayeh représente donc le dévoilement de la ‘vraie Vie’, c’est-à-dire de la lumière divine infinie que nous ne pouvons pas percevoir à présent, mais que l’Eternel dévoilera au moment de la Délivrance finale.
A l’opposé le Nom Elokim correspond au ‘Théatre’, car ce monde tel qu’il fut créé par le Nom Elokim cache l’Essence de la lumière divine. C’est la raison pour laquelle notre monde est l’endroit des ‘Klipot’, de l’impureté, de l’exil, car la possibilité de choisir entre le bien et le mal a été donnée à l’homme.
La ‘Hassidout nous enseigne que notre mission consiste à dévoiler LEssence de la lumière divine (symbolisée par le Nom Havayeh) dans ce monde limité (Elokim).
Le Rabbi Rachab donne à ce sujet l’exemple du Maître et de l’élève. Lorsque le Rav délivre un enseignement à son élève à partir d’un exemple, il ne dévoile pas toute l’ampleur du concept divin qu’il veut lui enseigner. De fait, l’exemple donné n’est qu’un reflet de la lumière de ce concept. L’exemple cache en lui-même l’essence de ce concept.
Cependant, le Rabbi Rachab nous enseigne que si l’élève s’attache de toutes ses forces à approfondir l’exemple que lui a donné son Rav, il parviendra à découvrir l’essence même de cet enseignement, en saisira toute son ampleur
Si le Rav avait commencé par nous enseigner ce concept sans l’habiller dans un exemple, l’élève n’aurait pas été en mesure de comprendre. Le fait de faire descendre ce concept dans un exemple qui est à la portée de l’élève, lui permet par la suite de remonter jusqu’à la source, de découvrir le concept divin tel qu’il est dans son essence.
Il en va de même pour le Nom Havayeh qui représente le dévoilement de la lumière divine qui aura lieu dans les temps messianiques, et le Nom Elokim qui représente ce monde où le divin est imperceptible.
Havayeh représente ‘la Vie’, l’essence du concept divin : L’essence de la Torah que l’Eternel dévoilera par l’intermédiaire du Machia’h.
Elokim représente ‘le Théatre’, l’exemple donné par le Rav dans lequel s’habille et se cache l’essence du concept divin.
Le Rabbi Rachab souligne donc ici que c’est à partir de ‘l’exemple’, c’est à dire de ce monde (‘l’exil’), que l’on parvient à la Délivrance, et il rejoint l’enseignement du Rabbi du Dvar Mal’hout sur notre Paracha selon lequel ‘le vrai sujet de l’exil c’est la Délivrance’.
Comme il a été dit précédemment, en 18 mois, Charlotte Salomon peignit 1325 œuvres à partir des trois seules couleurs primaires. L’obscurité de la Shoah ne l’empêcha pas de peindre. Bien au contraire. A l’exemple d’une l’olive que l’on presse pour extraire l’huile quelle renferme, la terrible oppression qu’elle subit eût pour effet qu’elle dévoila cette lumière unique qui vient de l’obscurité, cette lumière que l’on peut voir dans ses œuvres.
Peu avant son arrestation Charlotte Salomon confia les 1325 gouaches à un ami proche en lui disant : ‘Gardez-les bien, c’est toute ma vie !’. Ces mots expriment bien le fait que la réalisation de son œuvre picturale fut en soi le don véritable de sa propre personne.
Dans le Dvar Mal’hout sur les Parachiot Tazria-Metsora, le Rabbi exprime avec force la supériorité de la lumière qui provient de l’obscurité. Aussi, la lèpre, bien qu’elle soit fixée par la Torah comme un signe d’impureté, cache en réalité une très haute lumière. Le Rabbi rapporte ici l’enseignement de son père, le Rabbi Lévi-Itz’hak, selon lequel la valeur numérique de l’expression ‘ha metsora’ : ‘le lépreux’, est égale à 411 qui est la valeur numérique de ‘Tohou’ qui désigne la Séfira de Kéter (la Couronne qui surplombe l’enchaînement des mondes).
Kéter correspond au niveau de Yé’hida de l’âme Juive, et selon la déclaration du Tsémah Tsédek selon laquelle ‘La profondeur attire la profondeur’, c’est précisément en dévoilant le niveau de Yé’hida, en dévoilant notre soumission la plus totale vis-à-vis d’Hachem, que nous aurons le mérite de dévoiler Sa Volonté la plus profonde, celle de résider en ce monde pour un Chabbat éternel, avec la venue de notre Juste Machia’h, et connaitre enfin une Vie véritable, très bientôt et de nos jours, avec l’aide de D.ieu.