(Pour l’élévation de l’âme de Yéoudah Gérard ben Suzanne et Roger et de Yéochoua ben Maïssa)
Le Rabbi poursuit dans le Dvar Mal’hout sur notre Paracha l’enseignement quil a introduit dans le Dvar Mal’hout du Chabbat précédent (A’hareï-Kédochim), et il nous donne des approfondissements sur la signification des mots Gola et Guéoulah.
Il est écrit au tout début de la Torah :
‘Au commencement D.ieu créa le ciel et la terre. Or la terre était informe et vide, et les ténèbres étaient sur la face de l’abîme, et l’esprit de D.ieu planait sur la surface des eaux. »
Sur la fin du verset :’l’esprit de D.ieu planait sur la surface des eaux’,le ‘Midrache Raba’ explique que ‘l’esprit de D.ieu’ désigne ici l’esprit du Machia’h.
Ainsi, il nous est donne ici à comprendre que ‘La terre était informe et vide et les ténèbres étaient sur la face de l’abîme’, car l’esprit du Machia’h, symbolisé par le Nom divin ‘Havayeh’, n’est pas révélé dans la Création, et ne fait que ‘planer sur la surface des eaux’. Ainsi, du fait que la lumière de l’Essence du Nom divin ‘Havayeh’ est imperceptible par la Création alors celle-ci est ‘informe et vide’, à l’image de cet exil symbolisé par le Nom divin ‘Elokim’, car ‘Elokim’ représente le voile qui nous cache la lumière de l’Essence divine.
Dès-lors, nous devons comprendre que c’est précisément par l’action de l’homme que le monde atteint sa perfection, qu’il n’est plus ‘informe et vide’. Notre mission consiste à faire pénétrer la lumière divine, symbolisée par la lettre ‘Aleph’, laquelle est la première lettre de ‘Aloupho chel olam’ : ‘le Maître du monde’, dans l’obscurité de l’exil, et cela s’exprime par le fait que si l’on ajoute la lettre ‘Aleph’ au mot ‘Gola’ (‘l’exil’, le Nom Elokim), on obtient le mot ‘Guéoulah’ (‘la Délivrance’ : le Nom Havayeh).
Dans le Dvar-Mal’hout du Chabbat précédent (A’hareï-Kédochim), le Rabbi explique que ‘le vrai sujet de l’exil est la Délivrance’. Cette déclaration du Rabbi s’accorde à l’expression selon laquelle : ‘Havayeh Hou Ha Elokim !’
De fait, L’Eternel Se cache dans un monde limité, mais c’est précisément à partir de ces limites que l’on peut dévoiler l’Essence divine. C’est précisément ce monde inférieur et limité qui deviendra le réceptacle de l’Essence de D.ieu. C’est pour cela que nous disons ‘Havayeh Hou Ha Elokim !’, pour exprimer le fait que les limites que nous impose l’exil ne contredisent pas la Délivrance, bien au contraire, ‘le vrai sujet de l’exil est la Délivrance’.
Ainsi, les mots ‘Guéoulah’, ‘la Délivrance’, et ‘Gola’, ‘l’Exil’, sont constitués par les mêmes lettres, à l’exception de la lettre ‘Aleph’ que possède le mot Guéoulah mais qui est absent du mot ‘Gola’. Aussi, le Rabbi nous enseigne que ‘de même que le mot Gola constitue une partie du mot Guéoulah, de même l’Exil constitue une partie de la Délivrance’.
De très nombreuses fois le Rabbi souligne que ‘la racine de l’obscurité est plus élevée que la lumière’. En d’autres termes, l’obscurité du monde dans lequel nous vivons peut devenir partie intégrante de la Délivrance (en d’autres termes ‘Elokim peut devenir Havayeh !’). Notre mission dans ce cas consiste simplement à lever le voile de l’obscurité de l’Exil, à révéler le divin qu’il cache à nos yeux, et cela dans tous les sujets de l’existence.
C’est là le sens du mot ‘Délivrance’, car ce mot désigne l’objectif de notre mission de ‘délivrer le divin qui se cache dans l’Exil’. C’est donc pour cela que le Rabbi nous enseigne que le mot ‘Gola’ fait partie du mot ‘Guéoulah’, car finalement l’obscurité de ce monde ne contredit, ni ne s’oppose, à la Délivrance finale, c’est à partir de l’obscurité que l’on parvient à la lumière véritable.
Le Rabbi nous explique donc que si l’on ajoute la lettre Aleph, la première lettre de ‘Aloupho chel Olam’, ‘le Maître du monde), au mot ‘Gola’ (‘l’exil’) on obtient le mot Guéoulah. La Délivrance et le dévoilement du niveau du Nom divin ‘Havayeh’, lequel représente l’Essence du Nom divin, la lumière divine qui est au-delà des limites de ce monde matériel, n’est possible que par l’action concrète de l’homme dans le monde. Par le fait de purifier le monde matériel, de le raffiner, l’homme fait de ce monde inférieur et limité un ‘kéli’, un ‘réceptacle’, capable de contenir et de révéler la lumière du niveau d’Havayeh.
Révéler le Nom ‘Havayeh’ dans le Nom ‘Elokim’ signifie donc que nous devons révéler le Divin, symbolisé par le Nom ‘Havayeh’, dans notre réalité, dans cet exil comparable à cette ‘terre informe et vide’, à ces ‘ténèbres qui sont sur la face de l’abîme’. De fait, l’exil est symbolisé par le Nom ‘Elokim’, car ce Nom divin désigne le ‘bouclier’ qui cache la lumière du soleil, la lumière d’Havayeh, la lumière de la Guéoulah, ainsi qu’il a été dit précédemment.
Ainsi, le Rabbi nous enseigne que le Nom divin ‘Havayeh’ n’est pas perçu par les êtres de la Création. Celle-ci ne perçoit que le Nom divin Elokim. Le travail d’un Juif consiste à introduire le Divin, symbolisé par la lettre Aleph, à dévoiler dans le monde le Nom Havayeh qui est au-delà de ce monde. C’est à dire, que dans la réalité du monde, tel qu’il fut créé par le Nom Elokim, se révèle le Nom Havayeh, et cela au point qu’il apparaît à l’évidence que ‘Havayeh Hou Ha Elokim’ (Dvar Mal’hout Noa’h, Chapitre 3).
(Un des exemples donnés par le Rabbi dans le Dvar Mal’hout, est celui du Compte de l’Omer, dont le but consiste à raffiner, à purifier, le corps et l’âme animale (l’Exil, ‘Gola’). Faire pénétrer la lumière du ‘Aleph’, le Divin, dans l’obscurité du corps, signifie que l’on agit afin de réparer, de rectifier, l’incitation de notre âme animale, qui nous pousse sans-cesse à assouvir des plaisirs grossiers et dénués de divin.
Le point essentiel de l’enseignement du Rabbi, est qu’il ne s’agit pas ‘d’éliminer’ l’âme animale. Il ne s’agit pas de supprimer sa force mais au contraire de l’utiliser, en la libérant de l’emprise du mal, c’est-à-dire de détourner sa force, du côté de l’impureté vers le côté de la sainteté, en se détournant des plaisirs grossiers, pour accéder à des plaisirs raffinés qui s’accordent à la Volonté de D.ieu d’avoir une demeure en nous-mêmes, et en ce monde, avec la venue de notre Juste Machia’h, très bientôt et de nos jours, avec l’aide de D.ieu).
Dans ce Dvar Mal’hout de la Paracha Emor le Rabbi nous enseigne trois niveaux de la lettre ‘Aleph’, trois étapes nécessaires dans notre service divin.
*Le premier niveau est celui du ‘Aleph’, première lettre de ‘Aloupho chel olam’ (‘le Maître du monde’).
Faire pénétrer le ‘Aleph’ dans le mot ‘Gola’ afin d’obtenir la Guéoulah, signifie dans ce cas que l’on a pour devoir de comprendre, de ressentir, et d’enseigner à l’exemple d’Avraham qui reconnaissait l’Eternel à travers tous les détails de la Création, ‘qu’il n’y a rien en dehors de Lui’. Il est le Saint béni soit-Il, Le Maître du monde, et de tout ce qu’il contient.
*Le second niveau est celui de l’étude de la Torah, car ‘Aleph’ s’apparente au mot ‘Oulpena’ qui désigne l’étude. De fait, ‘Aleph’ est également liée à l’expression ‘Aalphé’ha ‘Ho’hmah’ : ‘Je t’enseignerai la Sagesse’ (Livre de Job, 33, 33).
*Enfin le troisième niveau de la lettre ‘Aleph’ représente l’Essence divine. Les trois lettres du mot ‘Aleph’ (Aleph, Lamed, Pé) sont aussi celles du mot ‘Pélé’, ‘miraculeux’.
Ce troisième niveau est donc celui de la révélation de l’Essence divine dans ce monde.
Photo : ‘La Vie et l’œuvre de Charlotte Salomon’, née à Berlin le 16 Avril 1917 et qui a quitté ce monde à Auschwitz le 10 octobre 1943.
(Pour la réussite matérielle et spirituelle de Yamna bat Esther-Malka)
Dans le Dvar Mal’hout sur les Parachiot Tazria-Metsora, le Rabbi explique que selon l’enseignement de la ‘Hassidout, la lèpre, bien qu’elle soit fixée par la Torah par l’intermédiaire des Cohanim comme un signe d’impureté, elle cache en réalité une très haute lumière.
Ce qui ressort dans le Dvar Mal’hout est donc la supériorité de la lumière qui provient de l’obscurité. Il y a quelques jours c’était le jour de la Shoah, et l’occasion nous est donnée ici de nous rappeler de l’Artiste Charlotte Salomon qui naquit à Berlin le 16 Avril 1917 et qui quitta ce monde à Auschwitz le 10 octobre 1943.
Charlotte Salomon s’est consacrée à son œuvre autobiographique ‘Leben ? Oder Theater ?’ Titre que l’on pourrait traduire par ‘Est-ce la vie ou du Théâtre ?’
En 18 mois, elle peint environ 1325 gouaches ou aquarelles à partir des trois seules couleurs primaires : rouge, jaune et bleu.
De l’incompréhension mêlée à de la douleur d’une jeune femme Juive face aux horreurs et aux persécutions que les nazis infligèrent au peuple Juif transparaissent dans le titre que Charlotte Salomon choisit pour intituler cette œuvre autobiographique : ‘Est-ce la vie, ou du Théâtre ?’
A l’évidence ce titre exprime le fait que la réalité était alors si choquante et si dure qu’elle semblait presque ne pas être réelle. A l’exemple d’un acteur qui se déguise pour incarner sur la scène un personnage et qui retrouve après la représentation ses propres vêtements et sa véritable existence, les persécuteurs étaient si cruels que l’on pouvait se demander s’ils étaient vrais, sils n’étaient pas déguisés. Cela ne pouvait être réel, cette réalité ne pouvait exister. Il devait s’agir d’une pièce de Théâtre, d’un jeu de rôles, avec des personnages qui n’existent pas vraiment.
Nous voyons donc qu’à travers le choix de son titre le ‘Théâtre’ désigne ici l’exil que l’Artiste oppose de manière évidente à ‘la Vie’, la véritable Vie.
Cette idée s’accorde très bien à l’enseignement de la ‘Hassidout. En effet, tous les Maîtres de la ‘Hassidout, depuis le Baal Chem Tov jusqu’au Rabbi, nous enseignent la différence entre le Nom ‘Havayeh’ et le Nom ‘Elokim’. Le Nom divin Elokim est lié à la nature, au monde tel qu’il fut créé par D.ieu, avec ses limites. A l’opposé le Nom divin ‘Havayeh’ désigne la lumière divine illimitée qui ne s’habille pas dans ce monde limité.
‘La Vie’ que l’Artiste oppose au ‘Théatre’ n’est donc pas sans évoquer l’opposition du Nom Havayeh avec le Nom Elokim.
Le Nom Havayeh représente ‘la Vie’, c’est à dire la lumière infinie que l’Eternel dévoilera au moment de la Délivrance finale. A l’opposé le Nom Elokim correspond au ‘Théatre’, car le Nom Elokim ne nous laisse voir qu’un aspect très superficiel et très limité de la lumière divine. Cela, à tel point, que notre monde est l’endroit des ‘Klipot’, de l’exil, car il est donné à l’homme la possibilité de choisir entre le bien et le mal.
Cependant, la ‘Hassidout nous enseigne notre mission de dévoiler l’illimité divin précisément à partir, et dans, les limites, de ce monde. Le Rabbi Rachab nous enseigne par exemple à ce sujet que lorsque le Rav délivre un enseignement à travers un exemple, l’élève peut retrouver à partir de cet exemple donné, l’essence même du concept divin de cet enseignement. Si le Rav avait commencé par nous enseigner ce concept sans l’habiller dans un exemple, l’élève n’aurait pas été en mesure de comprendre. Le fait de faire descendre ce concept dans un exemple qui est à la portée de l’élève, lui permet par la suite de remonter jusqu’à la source, de découvrir le concept divin tel qu’il est dans son essence.
Il en va de même pour le Nom Havayeh qui représente le dévoilement de la lumière divine qui aura lieu dans les temps messianiques, et le Nom Elokim qui représente l’exil de ce monde, car c’est un monde limité dans lequel le divin est imperceptible.
De fait, Havayeh représente ‘la Vie’, le concept divin tel qu’il est à sa source, illimité : L’essence de la Torah que l’Eternel dévoilera par l’intermédiaire du Machia’h.
Elokim représente ‘le Théatre’, l’exemple donné par le Rav dans lequel s’habille et se cache l’essence de la lumière divine.
L’enseignement du Rabbi Rachab est clair, c’est à partir de ‘l’exemple’, c’est à dire de ce monde, l’exil, que l’on parvient à la Délivrance, et il rejoint l’enseignement du Rabbi du Dvar Mal’hout sur notre Paracha car le Rabbi nous y enseigne que ‘le vrai sujet de l’exil c’est la Délivrance’.
Charlotte Salomon seulement à partir de 3 couleurs réalise 1325 œuvres. L’exil de la Shoah ne l’arrête nullement à réaliser son œuvre. A l’exemple de l’olive que l’on presse pour en extraire l’huile, l’oppression n’eût pour effet sur elle que celui de dévoiler la lumière qui vient de l’obscurité, cette lumière que l’on peut voir dans ses œuvres.
Peu avant son arrestation Charlotte Salomon confia les 1325 gouaches à un ami proche, le docteur Moridis, afin qu’il les remette à Ottilie Moore et que celle-ci les transmette à ses parents. En remettant son travail au docteur Moridis, Charlotte lui déclara : ‘Gardez-les bien, c’est toute ma vie’. Ces mots expriment bien le fait que la réalisation de son œuvre picturale est en soi le don véritable de sa propre personne.
Ainsi, comme il a été dit précédemment, dans le Dvar Mal’hout le Rabbi souligne la supériorité de la lumière qui provient de l’obscurité. Aussi, la lèpre, bien qu’elle soit fixée par la Torah comme un signe d’impureté, cache en réalité une très haute lumière. Le Rabbi rapporte à ce sujet l’enseignement de son père, le Rabbi Lévi-Itz’hak, selon lequel la valeur numérique de l’expression ‘ha metsora’ : ‘le lépreux’, est égale à 411 qui est la valeur numérique de ‘Tohou’ qui désigne la Séfira de Kéter, la Couronne qui surplombe l’enchaînement des mondes.
Kéter correspond au niveau de Yé’hida de l’âme Juive, et selon la déclaration du Tsémah Tsédek d’après laquelle ‘La profondeur attire la profondeur’, c’est précisément en dévoilant le niveau de Yé’hida, en dévoilant notre soumission la plus totale vis-à-vis d’Hachem, que nous aurons le mérite de dévoiler Sa Volonté la plus profonde, celle de résider en ce monde pour un Chabbat éternel, avec la venue de notre Juste Machia’h et connaitre enfin une Vie véritable, très bientôt et de nos jours, avec l’aide de D.ieu.
pour l’élévation de l’âme de Jacques Yaacov a’h Lasry qui a quitté ce monde le 7ème jour de Pessa’h, mercredi 21 Nissan 5780
et de David ben Golda
Un enseignement sur le discours de l’Admour Hazaken que l’on étudie la dernière nuit de Pessa’h, commençant par le verset : ‘Il frappera le grand fleuve, et Il le divisera en sept ruisseaux’
L’usage des ‘Hassidim ‘Habad, pendant la nuit du dernier soir de la fête de Pessa’h, est d’étudier le discours ‘hassidique de l’Admour Hazaken commençant par le verset (Ichaya, 11,15) :
‘De Sa main, de Son souffle impétueux, Il frappera le grand fleuve, et Il le divisera en sept ruisseaux, où l’on marchera à pied sec’, (Likouteï Torah, Tsav, page 33).
L’ouverture de la mer est liée au niveau de Mal’hout d’Atsilout qui représente la Parole divine par laquelle sont créés le ciel et la terre. De même que chez l’homme sa parole cache son intellect et ses sentiments, la Parole et les lettres qui émanent de la Sefira de Mal’hout du monde dAtsilout, la ‘bouche de l’Eternel’, cache les forces de ‘Habad et les Midot d’Atsilout. De même que pour un homme, c’est seulement la partie extérieure et superficielle de son intellect qui s’habille dans les lettres des mots qu’il prononce, alors que la partie la plus profonde de son intellect demeure cachée, de même Atsilout est appelé le ‘monde caché’ car la Parole divine qui émane de la Séfira de Mal’hout ne dévoile dans le monde de Brya qu’un simple reflet des lumières de ses Séfirot.
La Séfira de Mal’hout est appelée ‘la mer’, et toutes les autres Séfirot d’Atsilout sont comparées à ‘ces fleuves qui se jettent dans la mer’, car Mal’hout ne possède pas une lumière qui lui est propre, mais toute la lumière qu’elle dispense dans les mondes de la Création ne représentent qu’un reflet qui provient des lumières qu’elle a reçues de toutes les autres Séfirot du monde d’Atsilout.
Dans ce cas, ‘l’ouverture de la mer’ représente le dévoilement de toutes ces lumières de toutes les Séfirot du monde d’Atsilout dans le monde de Brya, et dans tous les mondes de la Création. L’Admour Hazaken l’exprime en définissant ‘l’ouverture de la mer’ comme étant ‘l’union de Brya avec le monde d’Atsilout’. Le monde caché d’Atsilout se révèle alors dans le monde de Brya. Les lettres et les mots de la Parole divine qui émanent de Mal’hout, de ‘la bouche de l’Eternel’, ne cachent plus désormais les lumières supérieures des 3 Séfirot de ‘Habad et des 6 Midot qui s’habillent en elle.
‘L’ouverture de la mer’ représente donc ‘l’ouverture de la mer de Mal’hout’, lorsque ‘la bouche de l’Eternel’ dévoile à la Création ce qui se cachait auparavant dans les lettres et dans les mots de la Parole divine par lesquels D.ieu crée les mondes et tout ce qu’ils contiennent.
Aussi, d’après cet enseignement de l’Admour Hazaken, l’ouverture de la mer fut la préparation au don de la Torah par l’intermédiaire de Moché. Cependant, le prophète Ichaya nous a dévoilé dans l’une de ses prophéties que dans les temps messianiques l’Eternel ‘frappera le grand fleuve, et Il le divisera en sept ruisseaux, où l’on marchera à pied sec’, et à l’Admour Hazaken de nous enseigner que la division du grand fleuve constitue une préparation au dévoilement de la Torah nouvelle par l’intermédiaire du Machia’h.
De fait, l’ouverture de la mer représente le dévoilement de la Parole divine et la division du grand fleuve le dévoilement de la pensée divine. En effet, il vient d’être dit au nom de l’Admour Hazaken que les lettres de la parole, qu’il s’agisse de la Parole divine ou bien qu’il s’agisse de la parole de l’homme, cache l’intellect et les sentiments, mais de manière beaucoup plus profonde, les lettres de la pensée cachent l’essence de ‘Ho’hmah.
‘La division du fleuve’ représente donc le dévoilement de l’Essence divine ‘qu’aucun œil na vu’. En effet, l’Admour Hazaken explique que les lettres existent aussi dans la pensée, et comme les lettres de la parole sont des vêtements dans lesquels se cachent l’intellect et les sentiments, les lettres de la pensée sont des vêtements dans lesquels se cache l’Essence de ‘Ho’hmah.
C’est à cela que se rapporte l’enseignement des Sages selon lequel ‘le fleuve qui sort de l’Eden et qui arrose le gan’ désigne l’attribut de ‘Binah’, car ‘Binah’ représente la pensée divine qui, à l’exemple d’un fleuve, ‘n’est jamais immobile et silencieux et il est en mouvement constamment’. Aussi, la division du fleuve représente le dévoilement de l’Eden : le dévoilement de la Parole divine qui crée les mondes et tout ce qu’ils contiennent, telle que celle-ci est liée à Son Essence, c’est à dire avant même que les mondes soient créés.
Ce dévoilement est lié à celui de l’Essence de la Torah et de la cinquantième porte de la Connaissance, que l’Eternel dévoilera à l’Assemblée des enfants d’Israël, par l’intermédiaire du Machia’h très bientôt et de nos jours, avec l’aide de D.ieu.
Le troisième repas de fête qui a été instauré le dernier jour de Pessa’h a été appelé par le Baal Chem Tov : ‘le repas du Machia’h’.
Le Rabbi (Likoutey Si’hot, Tome 7, page 272), explique que durant ce repas la lumière du Machia’h brille clairement.
De fait, les premiers jours de Pessa’h célèbrent et marquent la sortie d’Égypte, mais les derniers jours de la fête, et plus particulièrement le ‘festin du Machia’h’, sont liés avec la Délivrance finale.
Aussi, l’Admour Hazaken, dans son Choul’han Aroukh, écrit qu’il est permis de manger du ‘Hamets durant le repas du huitième jour de Pessa’h, ‘A’haron Chel Pessa’h, après la sortie des étoiles, et bien qu’il n’ait pas encore dit la prière d’Arvit, et qu’il n’ait pas encore dit ‘Tu as effectué, Éternel notre D.ieu, une distinction entre le Saint et le profane’.
Aussi, durant ce repas l’usage ‘hassidique est de manger de la Matsah que l’on a trempée dans un liquide, et cela paraît étonnant. En effet, nous sommes encore sous la dépendance du jour de Pessa’h, ainsi que nous le mentionnons dans les bénédictions qui suivent ce repas : ‘En ce jour de la fête des Matsot’.
C’est en cela que s’exprime la signification du ‘repas du Machia’h’. Il est permis de manger du ‘Hamets (et de tremper la Matsah) car ‘le mal a été transformé en bien’.
Le Rabbi explique, en effet, que les premiers jours de Pessa’h sont ceux pendant lesquels nous sommes sortis d’Égypte, c’est-à-dire que nous avons fui le mal. Et en ce sens nous nous efforçons de ne pas tremper la Matsah pour éviter qu’elle ne gonfle, et l’on sait que le Rabbi pendant le soir du Séder a pour habitude de sécher ses gencives avec des serviettes afin que la Matsah reste sèche lorsqu’il la mange. La Matsah trempée et le ‘Hamets symbolisent la domination et l’orgueil, lesquels représentent la racine du mal. A l’opposé le dernier jour de Pessa’h est celui de notre Délivrance, et c’est pourquoi durant le festin du Machia’h nous mangeons de la Matsah trempée car il n’y a plus lieu de fuir le mal, ainsi qu’il est dit (Zekharia, 13, 2) : ‘J’effacerais l’esprit d’impureté de la terre’.
L’usage ‘hassidique de ne pas tremper la Matsah témoigne donc du fait de s’éloigner le plus possible de l’orgueil, lequel est décrit par le Rabbi comme étant la source de toutes les maladies.
Dès-lors, le fait de ne pas tremper la Matsah signifie que l’on se préserve de toutes les maladies. C’est la raison pour laquelle la Matsah est appelée ‘l’aliment de la guérison’.
A l’évidence, celui qui s’efforce durant tous les jours de la fête de Pessa’h à ne pas tremper la Matsah parvient à transformer le mal en bien et la Matsah qu’il trempe pendant le repas du Machia’h possède une lumière toute particulière.
Dans son ouvrage intitulé ‘Iniana Chel Torat ha ‘Hassidout’ le Rabbi définit ainsi l’Essence divine :
‘L’essence de toute force de vie n’est pas seulement illimitée au sens où elle est éternelle, et n’est pas sujette aux mutations liées au temps, car c’est là la caractéristique de toute essence, mais elle est également illimitée dans la teneur de ce qu’elle véhicule. Elle n’est que perfection et absolu. C’est pourquoi lorsque le degré de l’Essence sera révélé dans les mondes et que ceux-ci seront imprégnés de cette essence de vie, ils atteindront la perfection et l’intégrité véritables. C’est là une des raisons pour lesquelles la vie sera éternelle dans le monde futur. Au temps présent en effet, du fait que le monde ne reçoit qu’un reflet de l’essence de vie la mort est présente, car ce qui procède d’une émanation (contrairement à l’essence) peut être sujet au changement jusqu’à cesser d’être ou d’être détruit. Aux temps futurs en revanche, c’est l’essence de la vie qui prévaudra, et l’essence est immuable’.
A la lumière de ces paroles du Rabbi nous pouvons comprendre que le Rabbi Rachab instaura l’usage de boire 4 coupes de vin et de manger de la Matsah (comme pour le soir du Séder) pendant la ‘Séoudat Machia’h’. Ce repas contient une vitalité toute particulière qui procède de l’essence de vie telle que la définit le Rabbi : ‘Lorsque cette essence de vie se révélera dans les mondes, ils atteindront la perfection et l’intégrité véritables’. Cela est aussi vrai pour l’âme et pour le corps, car dans les temps messianiques ceux- ci s’uniront à l’essence de vie.
Lorsque Moché demanda à l’Éternel de voir ‘Sa face’, D.ieu lui répondit : ‘Tu ne pourras pas voir Ma face et vivre !’.
Il est possible de donner à cette déclaration l’explication suivante : ‘Si tu vois Ma face tu ne pourras plus vivre comme auparavant… ‘.
Voir la Face divine signifie en effet découvrir ‘Son Essence’, laquelle se révèlera dans l’essence de l’âme et dans l’essence de la Torah. C’est à cela que se rapporte la déclaration du Rabbi selon laquelle durant le repas du Machia’h brille la lumière de la Délivrance, car la Matsah trempée est, comme il a été dit, une allusion à la transformation du mal en bien.
Par ailleurs, il est expliqué que l’eau salée que l’on emploie le soir du Séder (dans laquelle on trempe le Karpas) est une allusion aux larmes versées en Égypte par les enfants d’Israël, or ces larmes de douleurs deviendront des larmes de Téchouva et des larmes de joie. Dans les temps futurs ‘D.ieu effacera les larmes de tout visage et la mort sera avalée’.
(Pour l’élévation de l’âme du Rav Leibel ben Morde’haï Avraham Yeshaya Groner)
Au chef du conseil municipal de la ville de Tchébialinsk et membre influent du K.G.B qui lui demandait :
– Quel est votre titre ? Rabbi Yossef Itz’hak répondit :
– Juif !
Le chef, étonné par la réponse du Rabbi, s’exclama :
– Tous ceux qui descendent d’Israël sont juifs. Est-ce là un titre ?
– Absolument. Tous ceux qui descendent d’Israël sont juifs. Et c’est cela qui est leur véritable titre, car il ne s’interrompt pas, il ne se change pas. Tous les autres titres sont perdus par leurs détenteurs s’ils commettent des fautes. Alors que celui de Juif n’est même pas perdu par celui qui agit mal, ainsi qu’il est dit : ‘Un Israël qui a commis une faute reste un Israël ‘, car l’étincelle juive qui réside dans le cœur est éternelle !’
Cette déclaration du Rabbi précédent s’accorde à l’un des enseignements du Rabbi extrait du Dvar Mal’hout sur la Paracha Chemini dont nous commencerons la lecture avec l’aide d’Hachem pendant la prière de Min’ha de ce Chabbat.
Pendant sept jours Moché monta et démonta le Michkan, et seulement le huitième jour il ne le démonta pas. Ce huitième jour, la présence divine se dévoila dans le Michkan (le Temple portatif dans lequel l’Éternel se dévoilait à Moché durant le séjour des enfants d’Israël dans le désert).
Le Rabbi nous enseigne la signification du chiffre sept et du chiffre huit. Le chiffre sept représente la perfection de ce monde, car le monde fut créé en 6 jours et le septième jour, qui est le jour du Chabbat, apporta le repos en ce monde. Ainsi, le chiffre sept symbolise la lumière divine qui s’habille dans la Création, dans ce monde matériel, et qui de ce fait est une lumière limitée.
Le chiffre huit symbolise la lumière divine qui est au-delà du monde, et le huitième jour fut celui de la révélation de la Présence divine. Le point souligné par le Rabbi est que la lumière du huitième jour ne fut pas séparée du monde, car au contraire le monde devint un réceptacle du dévoilement divin. Ce monde limité devint le réceptacle d’une lumière illimitée. La Présence divine unifia deux contraires, l’illimité et le limité.
Aussi, du fait que le Michkan est construit par les mains de l’homme, il apparaît que c’est par son œuvre que l’homme attire le dévoilement de la Présence divine à l’intérieur du Michkan, et que cette lumière peut ensuite se dévoiler dans l’univers entier.
Cet enseignement du Rabbi s’applique au sujet de l’âme. Simplement par le fait que la mission de chaque juif consiste à faire de soi-même un Michkan (un réceptacle) capable de recevoir le dévoilement de l’Essence divine. En ce sens, les sept jours des Milouim, qui précédent et constituent la préparation au dévoilement du huitième jour, correspondent au travail nécessaire pour ce dévoilement, lequel correspond au dévoilement de l’essence de l’âme Juive.
Le chiffre sept correspond donc à la partie de l’âme qui s’habille dans le corps (comme la lumière divine qui s’habille dans le monde) et le chiffre huit à la partie de l’âme qui ne s’habille pas dans le corps (comme la lumière infinie qui ne s’habille pas dans le monde).
La ‘Hassidout aborde longuement le sujet du dévoilement de l’Essence divine (symbolisée par le chiffre huit). Or, la réponse du Rabbi Rayats au membre du K.G.B, exprime avec clarté ce dévoilement. Le Rabbi répond en effet que le véritable titre d’un enfant d’Israël est celui de ‘Juif’ et que ce titre ‘ne se change pas’.
De fait, l’Essence divine a pour qualité de ne pas changer, ainsi que déclare l’Eternel : ‘Je n’ai pas changé’.
L’Admour Hazaken explique dans le Likouteï Torah que l’expression ‘de toute ton âme’ (prière du Chéma) désigne la force de ‘messirout néfech’, la capacité de chaque juif de faire don de sa propre vie pour sanctifier le Nom de D.ieu. Or, cette force ne découle absolument pas de l’intellect. C’est pourquoi nous employons l’expression ‘au-delà de l’intellect’, car cette force découle de l’essence de l’âme, laquelle est bien au-delà de l’intellect, puisque l’essence de l’âme fusionne avec la lumière d’Ein Sof.
Cependant l’Admour Hazaken explique que ‘de toute ton âme’ a également un autre sens. Il enseigne que l’intellect est un réceptacle de l’essence de l’âme. Comme pour les mondes supérieurs, la séfira de ‘Ho’hmah ilaa du monde d’Atsilouth est un réceptacle de la lumière d’Ein Sof.
En effet, la Torah est la Sagesse de D.ieu du monde d’Atsilouth dans lequel s’habille la lumière divine infinie. L’attribut de ‘Ho’hmah du monde d’Atsilouth illumine l’attribut de ‘Ho’hmah des mondes de Bria, Yetsira et Assyia, et s’habille dans les Halakhot de la Torah. De ce fait, quand un Juif étudie une Halakha, alors sa ‘Ho’hmah s’unit à la ‘Ho’hmah divine contenue dans cette Halakha.
Aussi, ‘de toute ton âme’ ne désigne pas seulement la force de ‘messirout néfech’ mais symbolise également l’union des pensées des paroles et des actes de l’homme à la pensée la parole et l’action divines. Par le fait d’unir son intellect à la Sagesse de la Torah, un juif unit l’essence de son âme à l’Essence divine.
Cet enseignement de l’Admour Hazaken s’accorde avec l’enseignement du Rabbi. L’intellect est une force limitée, à l’image du chiffre qui représente ce monde limité comme il a été expliqué précédemment. Or, c’est précisément par l’étude de la Halakha que l’intellect devient un réceptacle de l’essence de l’âme, laquelle est comparable au chiffre huit qui représente la lumière divine infinie, dévoilée dans le Michkan.
De la même façon, nous devons agir dans ce monde limité dans le but d’attirer la lumière de la Délivrance finale et la venue du Machia’h qui dépassent toutes les limites de ce monde. Il convient pour cela de s’attacher à l’exemple du Rabbi précédent, tout simplement, en agissant comme un ‘Juif’.
Dans le Dvar Mal’hout sur la Paracha Tsav, le Rabbi déclare que le contenu profond du mois de Nissan est celui de la Délivrance.
Ce mois est en effet celui de la fête de Pessa’h, ‘le temps de notre liberté’, et cela s’exprime plus particulièrement pendant le Chabbat avant Pessa’h, ‘Chabbat Ha Gadol’.
L’Admour Hazaken rapporte dans son Choul’hane Aroukh le miracle qui fut à l’origine de ce nom : ‘le Grand Chabbat’.
Les égyptiens qui furent avertis par les Juifs que l’Eternel s’apprêtait à frapper l’Egypte de la plaie des premiers-nés, allèrent se plaindre à Pharaon de son refus de laisser partir les enfants d’Israël. Pharaon demeura insensible à leur plainte, et les premiers-nés d’Egypte entreprirent alors une guerre contre son armée. Parmi les nombreux égyptiens qui furent tués, il y avait ceux qui commirent des atrocités aux enfants d’Israël.
Le Rabbi explique que la raison pour laquelle cette guerre fut appelée ‘grand miracle’ et aussi ‘le début des miracles de la Délivrance’, est qu’elle résulte d’un très haut dévoilement divin, allusionné par la lettre Kouf du mot ‘Tsaddik’.
Le pied de la lettre Kouf du mot Tsaddik descend très bas, et évoque de ce fait la force de l’Essence divine, car elle seule a le pouvoir de descendre et de transformer l’obscurité de l’exil en un réceptacle des plus hauts dévoilements divins.
Plus encore, au sujet de la lettre Tsaddik, laquelle est également au centre du Dvar Mal’hout de notre Paracha, le Rabbi rapporte le Téhilim 90 (’90’, comme la valeur numérique de la lettre ‘Tsaddik’), dans lequel il est dit (90, 17) : ‘Que le plaisir de mon Maître notre D.ieu soit avec nous, établis pour nous l’action de nos mains, et que l’accomplissement de nos mains soit établi’.
Selon le Midrach les versets de ce Téhilim furent rédigés par Moché, et le Roi David les intégra dans son livre. Après avoir édifié le Michkan (le Temple portatif), Moché pria afin que l’Eternel s’y révèle.
Rachi explique que Moché dit deux fois ‘établis l’action de nos mains’ :
Une fois pour implorer D.ieu de Se révéler dans le Michkan, et une fois pour révéler Sa lumière infinie dans les actes des enfants d’Israël.
Le Rabbi souligne que l’action de Moché détient le pouvoir d’attirer la lumière d’Or Sovev (la lumière qui entoure les mondes) afin que celle-ci se dévoile et réside dans le Michkan.
C’est aussi l’action de Moché qui permet à la lumière d’Or Sovev de pénètrer ensuite dans le monde et dans les actions des enfants d’Israël.
De fait, Moché est l’intermédiaire qui unit les enfants d’Israël avec le Saint béni soit-il. D’un côté, il est celui qui reçoit les plus hauts dévoilements divins, et d’un autre côté, il est celui qui est capable de mettre ces dévoilements à la portée de tous les Juifs.
Il est essentiel de comprendre que tous les bienfaits matériels et spirituels nous parviennent de D.ieu par l’intermédiaire de Moché. Aussi, en ces derniers moments de l’exil, nous devons réaliser que la réussite de toutes nos actions dépend de la valeur que nous donnons à notre attachement au Moché de notre génération, le Rabbi.
Le Rabbi nous rappelle que le nom ‘Moché’ vient du fait que Batia, la fille de Pharaon, ‘tira’ Moché de l’eau du fleuve lorsqu’elle vit ‘le panier au milieu des joncs’, ainsi qu’il est dit (Chemot, 2, 10) : ‘Elle appela son nom : Moché, et dit ‘Car de l’eau je l’ai tiré’.
Rachi explique que l’expression ‘je l’ai tiré’ signifie ‘l’action de faire sortir’.
Aussi, peut-être nous est-il permis d’expliquer que cette expression évoque la déclaration que fit le Machia’h au Baal Chem Tov : ‘Je viendrai lorsque tes sources se repandront à l’extérieur’.
De fait, la délivrance dépend de ‘l’action de faire sortir’ les sources du Baal Chem Tov à l’extérieur.
Ainsi, à la lumière de cette explication, il apparait à l’évidence que le Rabbi, le Moché de notre génération, est celui qui détient le pouvoir de nous ‘faire sortir’ de l’exil, et que c’est par notre attachement le plus profond à ses enseignements que nous aurons enfin le mérite de vivre la Délivrance et la venue de notre juste Machia’h, très bientôt et de nos jours, avec l’aide de D.ieu.
Rachi écrit au sujet de la naissance de Moché (Chemoth 2, 2) que ‘quand il naquit toute la maison s’emplit de lumière’ (Sotah, 12a).
La ‘maison qui s’emplit de lumière’ ne désigne pas seulement la maison où Moché naquit, mais elle représente aussi la ‘maison d’Israël’, car Moché iIlumine tous les enfants d’Israël.
Il est lui-même la ‘tête’ et les enfants d’Israël sont les ‘pieds’ de Moché. Comme la tête dirige et illumine chaque membre du corps, à chaque génération il y a un Moché qui guide et illumine l’âme de chaque enfant d’Israël.
Aussi, le jour de la venue du Machia’h, très bientôt et de nos jours, avec l’aide D.ieu, est une naissance, car en ce jour le monde entier s’emplira de lumière, ainsi qu’il est dit (Iguéreth HaKodech du Rabbi Yossef Itz’hak, tome 1, lettre 274) :
‘Sais-tu qui est le Machia’h ? C’est celui qui révèlera l’enseignement caché de la Torah dans toute sa profondeur, de sorte que tous en ressentent la clarté.’
Par ailleurs, l’Admour Haemtsaeï écrit au sujet du Machia’h (Droucheï ‘Hatouna, Tome 2, page 522) :
‘Il agira pour celui qui l’attend’, c’est-à-dire que le Machia’h révèlera le plaisir infini à ceux qui l’attendent et souhaitent sa venue, ainsi qu’il est dit : ‘S’il tarde, sois patient’. Cette attente doit s’emplir d’espoir en sa venue ainsi qu’il est écrit : ‘Voici, c’est notre D.ieu, nous avons placé notre espoir en Lui’ et ‘notre âme l’attend’. On évoque également ‘Ceux qui placent leur espoir en D.ieu’.
‘Machia’h agira pour celui qui l’attend’ ne signifie pas (seulement) que nous devons être patients. Bien au contraire, nous devons aussi être impatients. En effet, l’Admour Haemtsaeï définit ici l’attente comme un désir.
Certes, l’attente inclut en elle ‘l’espoir de sa venue’, mais ce qu’elle exprime par-dessus tout c’est le ‘désir de sa venue’, lequel est en fait l’expression du lien le plus profond de l’âme juive avec D.ieu, ‘Kécher atsmi’ : le niveau de l’essence de l’âme, ‘Etsem ha néchamah’.
Dans le Dvar Mal’hout sur la Paracha Vayikra, le Rabbi nous enseigne que lorsque le jour de Roch ‘Hodech Nissan tombe le jour du Chabbat nous sortons trois Livres de la Torah, et le fait de sortir ces trois livres détient le pouvoir de renforcer les enfants d’Israël de manière considérable (‘Hazaka), même durant les années pendant lesquelles Roch ‘Hodech ne tombe pas Chabbat, comme c’est le cas cette année 5780 (voir Dvar Mal’hout, fin de la lettre ב).
Dans le premier Livre, nous lisons la Paracha de la semaine, dans le second nous lisons le sujet de Roch ‘Hodech, et enfin dans le troisième nous lisons : ‘Ce mois-ci (Nissan) sera pour vous le commencement des mois’.
Chaque fois que nous sortons un Séfer Torah nous disons le verset (Bamidbar, 10, 35) : ‘C’était quand l’Arche se mettait en voyage, Moché disait lève-toi Eternel, que Tes ennemis se dispersent et que ceux qui te haïssent fuient de devant Toi…’.
Le Rabbi nous rappelle ici l’enseignement du Tanya selon lequel chaque Juif possède en lui-même une étincelle de Moché. Aussi, quand Moché s’adresse à D.ieu en disant ‘Lève-Toi Eternel’, il exprime l’importance pour chaque Juif d’ajouter dans le domaine de la Sainteté, et lorsque Moché déclare ‘que tes ennemis se dispersent et que ceux qui te haïssent fuient de devant Toi’, il souligne l’importance d’effacer tout ce qui s’oppose à notre élévation et qui perturbent notre service divin.
Par ailleurs, le Rabbi précise que nous sortons également trois Livres de la Torah le jour de Sim’ha Torah.
Cependant, ces trois Livres mettent d’avantage l’accent sur l’action d’étudier la Torah, alors que les trois Livres que nous sortons le jour du Chabbat Roch ‘Hodech Nissan mettent d’avantage l’accent sur les Commandements divins, les Mitsvoth.
Le Rabbi insiste en effet sur le fait que l’acte de la Mitsvah est essentiel pendant le mois de Nissan. La différence entre la Torah et la Mitsvah est connue. La Torah est la pensée du Saint béni soit-Il, laquelle est au-delà du monde. Par contre, la Mitsvah est ordonnée à l’homme pour qu’il agisse dans le monde, qu’il réalise l’union entre lui-même, le monde et D.ieu.
L’importance des Mitsvoth durant tout le mois de Nissan s’exprime aussi par le fait que dans le troisième Livre de la Torah il est question de la sanctification de la lune, qui est la toute première Mitsvah ordonnée aux enfants d’Israël : ‘Ce mois-ci (Nissan) sera pour vous le commencement dans l’ordre du compte des mois’.
Rachi explique que l’Eternel montra à Moché la lune dans le firmament, en lui disant que lorsque la lune se renouvellera dans le ciel, elle sera pour lui ‘le commencement des mois’.
Aussi le mois de Nissan est appelé le mois de la Délivrance, le Rabbi nous explique que contrairement aux trois Livres de la Torah de Sim’hat Torah, lesquels nous renforcent dans notre service divin habituel, les trois Livres du Chabbat Roch ‘Hodech Nissan nous renforcent dans notre service divin ‘nissit’ : ‘miraculeux’ qui relève de notre aptitude à agir au-delà de la nature et de nos habitudes.
Ainsi, dans le troisième livre que nous lisons il est question du Sacrifice de Pessa’h, et le Rabbi explique que le mot ‘Pessa’h’, ‘Saut’, vient pour exprimer le service divin qui est au-delà de toutes les limites.
Dans la lecture du second livre, il est question de Roch ‘Hodech, et le Rabbi enseigne que le mot ‘Hodech’ est lié au mot ‘Hidouch’ (nouveauté), afin de nous inciter à chercher la nouveauté en nous-même, à dépasser nos habitudes pour atteindre le ‘Hidouch, une lumière nouvelle dans notre service divin.
Enfin, dans le premier livre nous lisons la Paracha Vayikra, ‘Il appela Moché et D.ieu lui parla depuis la tente d’assignation en disant’ (Vayikra, 1, 1). Le sujet de ‘Vayikra’ est que Moché reçoit un reflet de lumière afin qu’il puisse s’élever et pénétrer dans la tente d’assignation, dans laquelle l’Eternel se dévoile à lui.
Or, comme il a été dit précédemment, chaque Juif possède une étincelle de Moché, et de ce fait il peut attirer et dévoiler en lui-même un reflet de la lumière infinie de D.ieu. Aussi, et dans le même ordre d’idée le Rabbi déclare que chaque enfant d’Israël possède la force d’attacher sa pensée à D.ieu d’un lien très puissant, au point de ressentir et ‘de voir avec ses yeux’ les dévoilements divins, comme ce sera effectivement le cas au moment de la Délivrance finale.
Cependant, et c’est là un des points essentiels de l’enseignement du Rabbi, même si l’on atteint le plus haut dévoilement, il est impératif que l’âme demeure dans le corps. En effet, la ‘Hassidout nous enseigne qu’un Juste parfait, même lorsqu’il connaît l’extase, tant est grande sa perception du divin, ne perd jamais de vue le désir de D.ieu d’avoir une demeure ici-bas.
Contrairement aux fils d’Aaron, Nadav et Avihou, qui perdirent leurs vies car leur désir de s’attacher à D.ieu dépassait la nécessité que l’âme demeure dans le corps, nous devons toujours élever notre âme vers les cimes les plus élevées, en ayant conscience qu’elle ne doit jamais quitter le corps. Bien que le désir de l’âme de quitter le corps pour s’unir à D.ieu soit très fort, il ne doit jamais mettre en danger notre existence. Aussi, nous devons faire tout ce qui est en notre pouvoir pour nous élever aux plus hauts niveaux et en même temps garder à l’esprit que cette élévation a pour but d’agir dans ce monde.
Pour illustrer cet enseignement, il est possible de donner ici l’exemple de l’Arche des Tables de l’Alliance.
Dans le traité ‘Yoma’ il est dit que lorsque l’Arche était déposée dans le Saint des Saints, il se produisait un miracle. Bien qu’elle possède des mesures précises, l’Arche ne prend pas de place dans le Saint des Saints.
De fait, chaque Juif doit être à l’image de l’Arche. Quand il sert D.ieu, il se doit d’agir au-delà de toutes les mesures, de toutes les limites, à l’exemple de l’Arche ‘qui ne prend pas de place’ et que l’on ne peut mesurer lorsqu’elle est déposée dans le Saint des Saints.
Mais, tout en servant D.ieu, et même si l’âme connaît la plus haute élévation, elle se doit de demeurer dans les limites du corps, à l’exemple de l’Arche ‘que l’on peut mesurer’.
La qualité d’un ‘Hassid consiste à lier la lumière divine infinie avec les limites de ce monde. Il accomplit les Commandements divins, qui possèdent des mesures et des limites, avec un amour infini pour D.ieu.
Dans une Si’ha (Likoutey Si’hot, ‘Helek Aleph, pages 134-138) le Rabbi nous enseigne que ‘la mer s’ouvrit par le mérite d’un seul juif, du nom de Na’hchon ben Aminadav’. Ce juste du peuple juif savait que le Saint béni soit-Il avait libéré Ses enfants de l’Egypte afin de les conduire au pied du Mont-Sinaï et de leur donner la Torah, laquelle n’est autre que l’Arbre de vie, la Sagesse de D.ieu grâce à laquelle les enfants d’Israël pourraient s’attacher à Lui et feraient de ce monde matériel une demeure pour Son Essence bénie.
Na’hchon ne fut donc pas du tout impressionné par tous les évènements extérieurs qui se produisirent autour de lui. Alors qu’une partie de l’Assemblée d’Israël désirait retourner en Egypte, qu’une autre partie envisageait de combattre les égyptiens qui les poursuivaient, et que d’autres souhaitaient fuir dans le désert, il n’y avait seulement qu’un groupe d’hommes qui pensait que la solution était de rentrer dans la mer.
Na’hchon fut l’un de ces hommes. Il ressentait profondément le projet divin, et ne fut donc nullement apeuré par l’image des égyptiens qui approchaient. La seule chose qui importait à ses yeux était de gagner le plus vite possible le Mont Sinaï pour y recevoir la Torah.
Il agit donc au-delà de la raison, de la logique, et de l’intellect, et sauta dans la mer.
Dans le Dvar Mal’hout sur notre Paracha, le Rabbi rapporte le Midrach Raba selon lequel le nom ‘Na’hchon’ vient de ‘Na’hchol’ qui désigne ‘les grandes vagues de la mer’ que Na’hchon n’eut pas peur d’affronter lorsqu’il entra, le premier, dans la mer.
Le nom de Na’hchon n’est donc pas sans évoquer la force de Messirout néfech, et la soumission la plus totale vis-à-vis du Saint béni soit-Il.
Le Midrache nous révèle que Na’hchon avança dans la mer jusqu’à ce que le niveau de l’eau atteint celui de ses yeux, bien que cela l’empêchait de respirer, et alors seulement après cela la mer s’ouvrit devant lui. Nous comprenons de cela que lorsqu’un juif dépasse le niveau de l’intellect, comme ‘l’eau de la mer dépassa le niveau de son nez et atteint celui de ses yeux’, alors l’Eternel ouvre la mer devant lui.
Le Rabbi souligne à ce sujet que la Mitsva de la Tsédaka, plus que tout autre Mitsva, doit être accomplie en cette veille de Pessa’h avec le plus grand dévouement, au-delà de toutes les limites. Dès-lors, rien ne pourra constituer d’obstacle, pas même ces ‘grandes vagues de la mer’, pour voir enfin avec nos yeux de chair, la Délivrance finale avec la venue de notre juste Machia’h, très bientôt et de nos jours. Avec l’aide de D.ieu.
Dans le Dvar Mal’hout de la Paracha Ki-Tissa, le Rabbi explique que l’Eternel a fixé que chaque chose se décompose en trois, la ‘Tête’, le ‘Milieu’ et la ‘Fin’ (‘Roch’, ‘To’h’, ‘Sof’).
La ‘Tête’ est le début d’une chose. Elle contient en elle-même l’intention, le but. Puis vient la chose elle-même, le ‘Milieu’, le contenu, par lequel on peut atteindre le but que l’on s’est fixé au départ. Enfin, vient la ‘Fin’, la réalisation effective de ce but, conformément à la déclaration des Sages selon laquelle ‘la fin d’une action est au début dans la pensée’.
Ces trois niveaux, la ‘Tête’, le ‘Milieu’ et la ‘Fin’, correspondent aux trois lettres hébraïques ‘Aleph’, ‘Beith’, ‘Guimel’.
Le Rabbi nous enseigne que ces trois lettres correspondent aussi à l’enchaînement des mondes, lequel s’inscrit de manière évidente dans notre Paracha.
En effet, dans la Paracha Ki-Tissa il est question des premières Tables que l’Eternel donna à moché, et sur lesquelles sont gravés les 10 Commandements qui commencent par la lettre ‘Aleph’ du mot ‘Ano’hi’ qui est lui-même une allusion à l’Essence divine.
Ces premières Tables représentent donc le premier niveau, ‘Aleph’, le début et la base de toute chose, y compris la Création des mondes et de tout ce qu’ils contiennent. Le monde a été créé pour la Torah, appellée ‘Réchit’, ‘le Commencement’.
Puis vient la lettre ‘Beith’, première lettre du verset ‘Béréchit bara Elokim’, au moyen de laquelle les mondes et tout ce qu’ils contiennent furent créés, ainsi que l’ont déclaré les Sages.
Dans notre Paracha il est question du péché du veau d’or qui est à l’origine du fait que Moché brisa les premières Tables. Le Rabbi nous enseigne dans ce Dvar Mal’hout, que la brisure des Tables est liée à la descente que représente la Création de notre monde, du fait que l’Eternel a créé un monde où la possibilité nous est donnée de choisir entre le bien et le mal.
C’est précisément à ce sujet que le Rabbi nous révèle que le péché du veau d’or est lié à celui de l’arbre de la connaissance du bien et du mal. Le Rabbi déclare en effet que le péché de l’arbre ‘est venu comme une conséquence du premier Tsimtsoum, de la diminution de la taille de la lune (qui voulait être aussi grande que le soleil), et des nombreuses contractions et voiles de la lumière divine, qui participent tous à la Création d’un monde où il est donné la possibilité à l’homme de choisir entre le bien et le mal’.
Ainsi, conformément à l’enseignement du Rabbi selon lequel l’Eternel a fixé que chaque chose se décompose en trois, la ‘Tête’, le ‘Milieu’ et la ‘Fin’ (‘Roch’, ‘To’h’, ‘Sof’). Il y a trois étapes dans le processus de la Création:
‘Aleph’, la lumière divine avant le premier Tsimtsoum, qui correspond aux premières Tables.
‘Beith’, le premier Tsimtsoum, qui correspond à la brisure des premières Tables.
‘Guimel’, le monde de la Délivrance finale qui correspond aux secondes Tables que Moché tailla selon l’ordre divin.
Avant la Création du monde seul D.ieu était présent. La lumière de l’Essence divine éclairait l’univers tout entier. Puis quand l’Eternel décida de créer le monde, ‘il mit Sa grande lumière de côté’ (Tanya), et fit un espace vide (le premier Tsimtsoum), dans lequel l’homme pouvait exister sans ressentir la Présence divine qui occupait jusqu’alors tout l’univers.
De ce fait le premier Tsimtsoum concorde avec la brisure des Tables, car il est une rupture entre la situation où seul l’Eternel est présent, et une situation où l’existence de l’homme et du monde apparaissent.
Les Tables brisées qui résultent du péché du veau d’or donnèrent l’accès à la mission de chaque Juif, de ramener le monde à un état de pureté, en le raffinant au moyen des Mitsvoth. De fait, les premières Tables, brisées, expriment le fait que le monde ne put supporter la révélation de l’Essence divine. Cette révélation ne devient possible qu’après la brisure des Tables, c’est-à-dire quand le peuple Juif s’attache au travail de la Téchouva, lequel consiste à accorder (à préparer) ce monde matériel au dévoilement du Machia’h.
Dès-lors nous pouvons comprendre pourquoi la lumière divine de ‘Kéter’ éclairait le visage de Moché quand il descendit avec les secondes Tables (et non pas quand il descendit avec les premières), ainsi qu’il est dit (Ki-Tissa, 34, 35) :
‘Et les enfants d’Israël voyaient le visage de Moché, la peau de son visage rayonnait’
De fait, le Rabbi explique la raison pour laquelle ‘la peau de son visage rayonnait’. Les premières Tables sont l’oeuvre de D.ieu, alors que les secondes furent taillées par Moché. Ce n’est que par le travail de l’homme (de tailler lui-même les Tables) dans l’exil de ce monde (la ‘brisure’) que l’on accède au niveau de ‘la peau de son visage (de Moché) rayonnait’ :
‘la peau de son visage (de Moché) rayonnait’
Cette expression n’est donc pas sans désigner le dévoilement de la lumière du Machia’h, et à la lumière de tous ces enseignements du Rabbi, il nous est permis de penser que les 120 jours qui séparent le jour du don de la Torah du jour de Kippour, durant lequel Moché descendit avec les secondes tables, font peut-être allusion à cet autre enseignement du Rabbi, dans lequel le Rabbi explique que la venue du Machia’h dépend des ‘larmes de notre Téchouva’; et le Rabbi enseigne que la valeur numérique du mot hébreu ‘dima’ (larme) qui est égale à 119 plus 1 (la valeur du mot en entier) font un total de ‘120’.
Ainsi, et à l’évidence, c’est par notre attachement au Moché de notre génération, le Rabbi, que nous aurons le mérite de vivre une ‘vie entière’, comme l’exprime le chiffre ‘120’, par le dévoilement du Machia’h, et la présence du troisième Temple lors de la Délivrance finale qui sera elle-même un Chabbat éternel, très bientôt et de nos jours avec l’aide d’Hachem.
Le Rabbi, dans le ‘Dvar Mal’hout’ sur la Paracha ‘Tetsavé’, cite dans l’une de ses notes le ‘Or ha Torah’, une œuvre magistrale du Tsémach Tsédek, au sujet de l’enseignement des Sages selon lequel ‘l’olive fit don de sa vie pour sanctifier le Nom divin’.
En effet, il est écrit dans la Torah (Paracha Noa’h, 8, 11) que la colombe rapporta à Noa’h une ‘feuille d’olivier arrachée dans son bec’.
Les Sages expliquent que cette olive fit don de sa propre vie pour sanctifier le Nom divin. Il aurait pu naître de cette olive un bel arbre, mais au lieu de lui donner naissance, l’olive préféra ‘être arrachée’, mourir, car par ce sacrifice elle apporterait une grande lumière dans le monde.
Le Tsémach Tsédek rapporte l’expression ‘une terre d’olive d’huile et de miel’, en mettant l’accent sur le fait que ‘l’olive’ précède le ‘miel’ dans le verset.
De fait, la douceur et le goût sucré du miel représentent ‘Ahava bé taanougim’, ‘l’amour des délices’, le ravissement, mais cependant, ‘l’olive’ est plus proche de la ‘terre’ du verset, car elle symbolise une chose dont le niveau est plus élevé encore que celui de l’amour des délices : la force de messirout néfech : la capacité de faire don de sa propre vie pour sanctifier le Nom divin.
D’une part, l’olive que l’on presse pour en extraire son huile évoque les souffrances que supportent le Juste qui accomplit la Volonté du Saint béni soit-Il (en l’occurence Yossef ha Tsaddik qui est cité ici dans le ‘Or ha Torah’).
D’autre part, et plus encore, le Tsémach Tsédek nous enseigne que ‘Chemen ha tov’, ‘la bonne huile’ représente ‘Ho’hmah illaa’, la ‘Sagesse supérieure’, le dévoilement de la lumière infinie de D.ieu. Dans la Guémara il est dit que l’olive que l’on mange fait perdre la mémoire alors que l’huile d’olive a le pouvoir de redonner la mémoire. L’huile que l’on extrait de l’olive qui sert à allumer le Luminaire, ‘Maor’, est donc liée au dévoilement du Machia’h.
Le Tsémach Tsédek explique que la racine spirituelle du miel est le plaisir ressenti dans le cœur, alors que l’huile, ‘Ho’hmah ilaa’, est plus élevée car elle est l’essence du plaisir.
‘Chémen ha tov’, la ‘bonne huile’, signifie donc l’essence du plaisir, et à la lumière de cet enseignement il devient possible de comprendre de manière profonde la raison pour laquelle le mois de Adar est celui de la Sim’ha, car la Joie véritable est liée au dévoilement de la partie la plus profonde de notre âme, à l’essence de l’âme qui est enracinée dans l’Essence divine, dont découle la capacité de messirout néfech laquelle exprime plus que tout autre qualité de l’âme, notre soumission et notre lien avec le Saint béni soit-Il.
La Paracha ‘Tetsavé’ représente le dévoilement de l’essence de l’âme Juive, et c’est la raison pour laquelle elle est l’unique endroit de la Torah, depuis la naissance du berger d’Israël, où le nom de Moché n’est pas mentionné. La raison à cela est que la Paracha ‘Tetsavé’ contient un dévoilement de Moché infiniment plus grand que celui de son nom.
De fait, dans cette Paracha, il s’agit du dévoilement de l’essence de l’âme de Moché, laquelle est illimitée et ne peut s’habiller dans les lettres de son nom, car ‘le nom n’est qu’un reflet de l’essence’.
Ainsi, dans notre Paracha, D.ieu s’adresse à Moché, non pas en lui disant ‘Moché !’, mais simplement en lui disant ‘Atah !’, ‘Vé Atah tetsavé !’ (‘Et Tu ordonneras !’). ‘Atah’ désigne l’essence de l’âme de Moché, laquelle ne fait qu’Un avec D.ieu, et ne se limite pas à un nom.
Aussi, du fait que ‘Moché fait Un avec les enfants d’Israël’, il va de soi que la Paracha ‘Tetsavé’ met aussi en évidence l’essence de l’âme d’Israël, de chaque Juif.
Le lien qui unit Moché et les enfants d’Israël s’exprime tout particulièrement lorsque Moché demanda à L’Eternel d’être effacé de Son livre s’Il ne pardonnait pas aux enfants d’Israël (Ki Tissa, 32, 32) : Et maintenant si Tu supportes leur faute, et sinon efface-moi de Ton livre que Tu as écrit’.
Il est intéressant de remarquer que les deux chiffres de référence de ce verset sont : 32, 32, deux chiffres que l’on écrit en hébreu de la manière suivante : לב לב
Or, ce chiffre ’32’,לב , ‘lev’, signifie aussi ‘cœur’, et du fait qu’il est ici écrit deux fois, il est possible d’expliquer que la référence de ce verset est elle-même une allusion à l’essence de l’âme Juive : le ‘cœur’ du cœur de l’âme Juive.
Le ‘cœur du cœur’ est à l’exemple de l’huile qui vient de la première pression du cœur de l’olive. De manière profonde, cette huile ‘qui ne contient aucun résidu, aucun déchet’ (Rachi) est l’huile la plus pure qui soit et se trouve au cœur du cœur de chaque Juif. Elle représente la lumière de l’essence de l’âme Juive, et nul n’est besoin d’expliquer que c’est par l’attachement au Rabbi, au Moché de notre génération, que l’on parvient à son dévoilement.
La Paracha Tetsavé est pour nous l’occasion de réfléchir au fait que c’est de notre lien et de notre attachement le plus profond à D.ieu, c’est à dire de notre soumission la plus totale à D.ieu, que dépend notre Joie la plus grande et la plus élevée.
Le Tsémach Tsédek écrit à ce sujet que les olives que l’on brise pour en extraire de l’huile sont à l’image du verset selon lequel au moment de la Délivrance finale ‘nous nous tiendront debout sur le Mont des oliviers’, car ‘se tenir debout’ sur le mont des oliviers signifie que l’on est parvenu à briser l’amertume de l’exil, symbolisée par l’olive dont le goût est amer, en raffinant et en transformant ce monde matériel en une demeure pour l’Essence divine.
Or, c’est précisément en cessant de poursuivre les plaisirs matériels et dénués de divins, chers à l’âme animale et au mauvais penchant, et en s’attachant à l’étude de la Torah ‘qui mène à l’action’ que nous parviendrons à raffiner l’amertume de l’obscurité de ce monde. Car la Torah attire le plaisir divin dans l’âme de l’homme, au point que celui-ci ressente ensuite le plaisir d’accomplir la Volonté de D.ieu exprimée dans Sa Torah.
Et lorsqu’un Juif accomplit une Mitsvah, il dévoile en son âme un reflet de la lumière infinie de D.ieu, et ce faisant, sa volonté de faire tout ce qui est en son pouvoir pour provoquer la venue du Machia’h grandit encore un peu plus en lui.
Dès-lors, plus rien ne peut s’opposer à Sa venue car la force de l’essence de l’âme est enracinée dans l’Essence divine, et dévoiler notre propre essence c’est dévoiler en même temps l’Essence de D.ieu.
(Pour l’élévation de l’âme de ‘Haya Clara bat Samuel et Reine)
Dans le Dvar Mal’hout sur la Paracha Terouma, il est question du Michkan (le temple portatif), et de tous ses ustensiles. C’est dans cette Paracha que l’Eternel déclare aux enfants d’Israël : « Faites-Moi un sanctuaire et Je résiderais parmi vous ». Aussi, au début de la Paracha, L’Eternel demande à Moché de parler aux enfants d’Israël afin que ceux-ci ‘mettent à part une partie de leur fortune comme offrande’ (Rachi), pour le Tabernacle.
Lorsque L’Eternel énumère les matériaux de l’offrande des enfants d’Israël il commence par l’or, puis viennent ensuite l’argent et le cuivre. Le Rabbi explique que la raison pour laquelle l’or est cité en premier est parce qu’il désigne les enfants d’Israël eux-mêmes, qui sont aux yeux de L’Eternel comme de l’or.
Plus précisément, l’or désigne le trésor véritable que possède chaque Juif, de par le fait que son âme est véritablement ‘une parcelle de divinité d’en-haut’. ‘L’essence de l’âme Juive est enracinée dans l’Essence divine’ (le Rabbi).
Il nous est donné ici à comprendre que lorsqu’un Juif fait une offrande pour le Temple de D.ieu c’est aussi un don de lui-même qu’il fait. Cela signifie que pour faire de ce monde, et de lui-même, une demeure pour l’Essence divine, chacun se doit de dévoiler les forces de la partie la plus profonde de son âme : l’essence de son âme, laquelle est comparable à un véritable trésor car elle représente le lien essentiel de l’âme Juive avec le Saint béni soit-Il. C’est grâce à elle qu’il est vrai de dire qu’un Juif fait Un avec D.ieu.
Il existe à ce sujet un enseignement du Tsémach Tsédek, (que le Rabbi reprend dans la Si’ha du 4 Adar richon de l’année 5725), qui s’accorde parfaitement à ce propos.
Le Zohar donne deux explications de ‘Terouma’. La première est que le mot ‘Terouma’ contient les lettres de ‘Torah’ avec un Mêm supplémentaire : תרומה תורה מ
Le mot Terouma est donc une allusion à la Torah que Moche étudia avec L’Eternel sur le mont Sinai pendant 40 jours et 40 nuits, car la valeur numérique de ‘Mêm’ est égale à 40.
La seconde explication vient du fait que la quantité de la Terouma est égale à 2/100ième : תרי ממאה (‘tré’ mi ‘méa’ : ‘deux’ de ‘cent’).
A partir du nombre de lettres des deux versets du ‘Chéma-Israël’, les Sages nous expliquent la signification profonde de ‘Terouma’ :
Le nombre de lettres des mots du premier verset : ‘Chéma Israël Adonaye Elohénou Adonaye E’had’, est égal à 25, et le nombre de lettres du second verset : ‘Baroukh chem kévod malhouto léolam vaed’ est égal à 24, ce qui donne un total de 49 lettres.
Or, du fait que l’on récite deux fois par jour la prière du ‘Chéma-Israël’, on obtient un total de 98 lettres, et si l’on ajoute à ce chiffre, le chiffre 2, on arrive à un total de ‘100’.
Ainsi, les Sages nous enseignent que ce chiffre 2, que l’on ajoute aux 98 lettres du ‘Chéma-Israël’, représente l’Offrande, la Terouma, les deux-centièmes, que chaque Juif se doit d’inclure à la prière du ‘Chéma-Israël’.
Ces ‘deux-centièmes’ représentent de manière profonde la force de ‘messirout néfech’ qui vient de l’essence de l’âme juive, c’est à dire la force de faire don de soi-même à D.ieu au moment où l’on dit dans la prière du ‘Chéma-Israël’ le mot ‘E’had’, lequel désigne l’Unité de D.ieu: ‘Hachem-E’had’.
Aussi, ces deux explications du mot ‘Terouma’ expriment, d’une part, que la Torah est un dévoilement du haut vers le bas : Torah-Mêm : la Torah que L’Eternel a enseigné à Moché pendant 40 jours et 40 nuits, et d’autre part, que pour intégrer ce dévoilement il est nécessaire de faire un travail du bas vers le haut, conformément à la seconde explication, selon laquelle ‘Terouma’ désigne les ‘deux-centièmes’ : la force de ‘messirout néfech’ que chacun se doit de dévoiler au moment de la prière du ‘Chéma-Israël’, en disant le mot ‘E’had’.
« Faites-Moi un sanctuaire et Je résiderais parmi vous ». La Joie du mois d’Adar est liée à la construction de nous-mêmes, et du Temple, c’est pourquoi le Rabbi déclare que la joie du mois d’Adar a le pouvoir de transformer l’obscurité du mois de Av en lumière. Ainsi, faire de soi-même un sanctuaire capable de recevoir le dévoilement de l’essence de l’âme, implique nécessairement d’aimer D.ieu ‘de tout son pouvoir’.
Or, c’est en méditant au fait que D.ieu nous a donné ‘une partie de Lui-même que l’on éveille dans notre cœur la Joie la plus grande. La Joie d’être Juif, et d’avoir conscience que dans toutes les situations de l’existence on demeure attaché au Saint béni soit-Il.
Cependant, le point le plus essentiel de ce Dvar Mal’hout consiste dans le fait que c’est précisément par le ‘bitoul’, c’est à dire par la soumission la plus totale vis-à-vis de L’Eternel que l’on parvient à cette Joie.
‘L’essence de notre âme est enracinée dans l’Essence divine’ signifie aussi que l’essence de l’âme est totalement soumise à L’Essence divine, dès-lors il apparaît que c’est uniquement par notre soumission la plus totale aux Commandements divins, que l’on peut parvenir à dévoiler la force de l’essence de notre âme, ainsi qu’il est dit dans la prière du ‘Chéma-Israël’ : ‘Tu aimeras l’Eternel ton D.ieu de tout ton pouvoir’. Dès-lors chaque Juif éveillera le désir divin de provoquer la venue de notre Juste Machia’h, de nos jours, et dès-à-présent, avec l’aide de D.ieu.
Le Rabbi dans le Dvar Mal’hout de la Paracha Michpatim rapporte le commentaire de Rachi sur le premier verset de la Paracha (21, 1) : ‘Et voici les Jugements que tu exposeras devant eux’.
A la question ‘Pourquoi notre Paracha traitant des Michpatim est-elle juxtaposée à la Paracha concernant le Mizbéa’h (l’Autel du Temple), Rachi répond que cette juxtaposition vient pour nous dire de ‘mettre le Sanhédrin à côté de l’Autel’ (Mé’hilta).
Les Michpatim désignent les ‘jugements et les ordonnances’ qui régissent généralement les rapports humains, que la raison et l’intellect humains cautionnent.
Or, de même que dans la Torah les Michpatim sont juxtaposées aux lois qui concernent l’Autel, de même dans le Temple de Jérusalem, le tribunal des soixante et onze juges, lesquels avaient toute autorité en matière des lois de la Hala’ha, se réunissait dans ‘la Chambre de la pierre taillée’ située dans la cour du Temple, à côté de l’Autel.
A la lumière de ce qu’il vient d’être dit, il est possible de délivrer un enseignement au sujet du Beït-Ha-Mikdache. La partie profonde de la Torah, l’Essence de la Torah, la ‘Hassidout, nous donne la signification profonde de chaque partie qui compose le Temple, et l’Autel est lui-même comparé au coeur de l’homme.
En plus du fait que l’Autel se situe au coeur de l’espace du Temple, il est aussi ‘le coeur du Temple’, du fait qu’il est l’endroit où les Juifs viennent pour apporter des sacrifices à l’Eternel.
Le Rabbi Rayats (‘Bati lé gani’) explique que l’animal que l’on apporte en sacrifice sur l’Autel du Temple est aussi ‘l’animal’ que l’on porte en nous-même. En effet, il est expliqué dans le livre du Tanya, que la prière d’un Juif consiste à éveiller l’amour de D.ieu, au point que celui-ci déborde du côté droit du coeur où règne l’âme divine, pour envahir le côté gauche du coeur où réside l’âme animale.
L’amour pour D.ieu est donc comparé à un feu, et de même que le feu de l’Autel brûle et consume le sacrifice, le feu qui est dans le coeur de l’homme brûle et transforme l’âme animale en un feu brûlant pour D.ieu. C’est pour cette raison que l’Autel du Temple est appellé par les Sages de la partie profonde de la Torah ‘le coeur du Temple’.
Dès-lors, nous pouvons comprendre une des raisons pour laquelle le Sanhédrin est situé à proximité de l’Autel.
De fait, l’autorité du Sanhédrin, composé par le chef du Sanhédrin et de 70 Juges, est comparable à l’autorité qu’exerce le cerveau sur le coeur.
Le Sanhédrin représente en effet la cour suprême, la plus haute institution religieuse d’Israël, qui a le pouvoir de décision sur toutes les questions d’intérêt national, à l’image du cerveau qui exerce son autorité sur tous les membres du corps.
La proximité, dans le Temple de Jérusalem, entre le Sanhédrin et l’Autel n’est donc pas sans évoquer le lien essentiel qui existe entre le cerveau et le coeur, conformément à ce que déclare l’Admour Hazaken dans le livre du Tanya : ‘le cerveau domine le coeur’.
Aussi, il devient possible ici d’établir un lien profond entre ce qu’il vient d’être dit et la Maison du Rabbi dans l’état de New-York, au 770 Eastern Parkway, Brooklynn.
770, le chiffre 7 est une allusion à l’Autel, le coeur du Temple, car 7 représente les 6 attributs émotionnels du coeur et l’attribut de Mal’hout.
Le chiffre 70 est le nombre des Juges du Sanhédrin qui sont sous l’autorité du chef du Sanhédrin.
Ainsi, 770 évoque l’autorité du cerveau sur le coeur. Le chiffre 7 est juxtaposé, soumis, au chiffre 70 comme le coeur se soumet au cerveau.
La Hassidout explique que l’essence de l’âme Juive se révèle en premier dans le coeur, et lorsqu’un Juif parvient à la dévoiler, alors ce n’est plus le cerveau qui domine le coeur, mais c’est le contraire qui se produit et dans ce cas ‘le coeur domine le cerveau’, ‘7 domine 70’.
Cet enseignement s’accorde avec l’enseignement du Rabbi dans le Dvar Mal’hout. Il est dit que dans les temps futurs les peuples du monde feront ‘de leurs épées des socs de charrue et de leurs lances des serpes…’. Aussi lorsque de grands dirigeants des peuples de ce monde se réunirent au siège des nations-unies pour décider de consacrer d’importants budgets pour des causes humanitaires, et de diminuer considérablement les budgets consacrés à l’armement et à la guerre, le Rabbi expliqua que ces décisions résultaient de l’action menée par le Rabbi précédent.
Le Rabbi souligne toujours que l’Essence divine possède la qualité de l’huile de pénétrer dans les matières les plus résistantes et les plus dures. Aussi, le Rabbi par son action a le pouvoir d’agir sur les plus hauts dirigeants de ce monde, d’influencer leurs décisions, pour aller dans le sens de la Délivrance.
Le chiffre 770 évoque ce qu’il vient d’être dit. 7 est une allusion au Rabbi, d’une part parce que le Rabbi est le septième Rabbi de ‘Habad, et d’autre part parce que le Rabbi est le coeur de l’Assemblée d’Israël, et comme il a été dit précédemment, le coeur est l’endroit où se révèle en premier l’Essence divine, l’essence de l’âme. Quant au chiffre 70, il représente les 70 nations du monde. Ainsi, le chiffre 770 évoque la force infinie du Rabbi, de révéler l’Essence divine dans ce monde, la force d’atteindre tous les niveaux de l’existence, jusqu’à faire pénétrer la lumière du Machia’h dans les décrets émis par les dirigeants de toutes les nations.
Il est par ailleurs intéressant de remarquer que devant le siège des Nations unies a été installé une oeuvre d’Art comme symbole de la Paix dans le monde.
Cette oeuvre qui représente un révolver dont le canon a été noué, exprime avec force l’intention des grands dirigeants de désarmer le monde, et de parvenir à réaliser la prophétie d’Ychaya selon laquelle ‘On n’apprendra plus l’art de la guerre’.
Cependant, si l’on fait bien attention, il y a un détail dans le titre de l’oeuvre de l’artiste qui n’est pas sans illustrer les propos du Rabbi.
La valeur numérique de ‘Machia’h’ est égale à 358, comme la valeur numérique de ‘Na’hach’ qui signifie ‘serpent’. Or, dans le titre de son oeuvre, il y a une double allusion au Machia’h. En effet l’artiste nous donne la référence du révolver qu’il a pris pour modèle, ‘Colt Python 357’.
Comme chacun le sait, le Python est lui-même un serpent, et 357 représente les derniers moments de l’exil, qui précèdent 358, le dévoilement de notre Juste Machia’h, très bientôt et de nos jours avec l’aide de D.ieu.
(pour la réussite spirituelle et matérielle de ‘Haïm Belassen)
Le 10 Chevat est le yahrzeit de la grand-mère du Rabbi Yossef-Itz’hak, la Rabbanite Rivkah. En 5710-1950, le 10 Chevat tombait le jour du Chabbat de la Paracha Bo, et en l’honneur de cette occasion le Rabbi Rayats fit publier un discours intitulé ‘Bati lé Gani’, ‘Je suis venu dans mon jardin’. Le matin du jour du Chabbat, le Rabbi Yossef-Itzhak quittait ce monde à l’âge de 69 ans.
Un an plus tard, le 10 Chevat 5711-1951, le Rabbi reprit le thème du dernier Discours de son beau-père, en prononçant son premier discours ‘hassidique introduit par le verset ‘Je suis venu dans mon jardin’, à la fin duquel il définit la mission de notre génération, la septième. Il prononça ces mots en sanglotant.
Vers la fin de son discours ‘Bati lé Gani’, le Rabbi Rayats, pour souligner l’importance de fixer des moments pour étudier la Torah, cite le ‘Midrache Rabba’ (Devarim, 9, 3) qui sous-entend ‘qu’aucun homme ne peut connaître le moment où il devra quitter ce monde’.
Cette remarque des Sages n’est pas sans attirer notre attention. En effet, en lisant entre les lignes du discours ‘Bati lé Gani’, il semble que ce discours s’adresse au Rabbi. Comme si le Rabbi Rayats savait que le jour où il allait quitter ce monde serait celui où son gendre deviendrait à son tour le Rabbi de Loubavitch.
D’une part, au début de son discours, le Rabbi Rayats parle du fait que la Présence divine a quitté ce monde à cause du péché de l’homme, et d’autre part, que ce sont les actions des Tsaddikim qui ont fait redescendre la Présence divine sur terre. Peut-être que nous pouvons voir dans ces deux enseignements une allusion aux deux évènements du jour de Youd-Chevat : le décés du Rabbi Rayats, et l’investiture du Rabbi :
La Présence divine qui quitte ce monde n’est pas sans évoquer la tragique disparition de Rabbi Yossef Itzhak. De même que l’âme du Rabbi quitte ce monde, la Présence divine quitte la terre.
Par ailleurs, l’image du Rabbi qui prend ses fonctions le jour du décès du Rabbi évoque la force des Tsaddikim d’attirer à nouveau la Présence Divine sur terre.
Tout le Discours du Rabbi Rayats semble contenir en lui un message qu’il adresse au futur Rabbi. Le caractère confidentiel et secret de son discours transparaît aussi par le fait que le Rabbi Rayats reprend l’enseignement de son père, le Rabbi Rachab, dans son ouvrage ‘la Source’.
Dans cet ouvrage, le Rabbi Rachab explique que dans les temps futurs ‘une source sortira de la Maison de D.ieu et arrosera la vallée de Chittime’. ‘La maison de D.ieu’ c’est le Beïth-Ha-Mikdache, et le Rabbi Rayats y fait allusion dans le titre de son Discours ‘Bati lé Gani’ :
le mot ‘Bati’ (‘Je suis venu’) contient les lettres du mot ‘Baït’ : la maison.
Par ailleurs ‘lé Gani’ (dans mon jardin) contient le mot ‘Gan’ (jardin) dont la valeur numérique est égale à 53, comme les 53 chapitres du Tanya.
Ainsi, l’expression ‘Bati lé Gani’ sous-entend que le livre du Tanya est ‘la Maison de D.ieu’, dont ‘sortira la Source qui arrosera la vallée de Chittime’, c’est à dire qui effacera l’esprit d’impureté de la terre car ‘Chittime’ vient de ‘Chtout’ qui désigne l’esprit de folie du mauvais penchant : ‘Rouah chtout’.
Le Rabbi vit dans ‘la Maison de D.ieu’, il dispense à ses ‘hassidim les enseignements du Tanya par lesquels chacun peut soumettre l’obscurité du mal : ‘Itkafia’, et même parvenir à transformer cette obscurité en lumière : ‘Hithap’ha’.
La transformation de l’obscurité en lumière n’est possible que par le dévoilement de L’Essence divine, et c’est pour cela que l’un des fondements du discours de ‘Bati lé Gani’ se base sur le dévoilement de ‘la lumière qui brille de manière égale dans tous les mondes de la Création’ : la lumière d’Or Sovev.
Le Rabbi Rayats délivre donc deux enseignements essentiels au futur Rabbi. Le premier est que la ‘lumière d’Or Sovev brille de manière égale dans tous les mondes’, et il sous-entend que c’est aussi le cas pour ce qui concerne le peuple Juif.
En effet, ‘l’âme de chaque Juif est enracinée dans l’Essence divine’, et il n’y a pas de différence entre le Juif qui est érudit et celui qui ne l’est pas, entre le Racha et le Tsaddik, car la lumière d’Or Sovev brille de manière égale dans l’âme de chaque Juif !
Le deuxième enseignement, est que l’esprit de folie du mauvais penchant tient aussi dans le fait qu’il fait croire à un Juif que s’il commet une petite ‘avéra’, il ne sera pas pour autant séparé de D.ieu, il restera Juif !
Or ce n’est pas vrai, l’Admour Hazaken nous enseigne dans le Tanya que l’âme est comme une corde composée de 613 fils, lesquels correspondent aux 613 Commandements divins, et chaque fil de cette corde a son importance.
En rappelant cet enseignement au Rabbi, le Rabbi Rayats souligne que l’Assemblée d’Israël est telle cette corde de 613 fils, chaque fil est important, chaque Juif est important.
Enfin, le message le plus personnel que le Rabbi Rayats adresse à son gendre concerne le moment où le Rabbi transmet sa couronne au futur Rabbi. Il est possible que cette transmission soit liée à la définition que le Rabbi Rachab donne de Kéter, la Couronne.
Dans son discours intitulé ‘Bé Chaa ché Hikdimou’, le Rabbi Rachab écrit que Kéter représente trois choses : le silence, l’attente et l’espoir.
Le silence du Rabbi exprime l’ampleur infinie de sa sagesse et de ses connaissances. L’attente du Rabbi, son espoir, c’est le fait que le Rabbi espère et attend de tous ses ‘hassidim. Il espère et il attend que chacun d’entre nous fasse tout ce qui lui est possible de faire pour provoquer la venue de notre Juste Machia’h, dès à présent avec l’aide d’Hachem.
Dans le Dvar Mal’hout sur la Paracha Bo, le Rabbi nous enseigne que l’âme de Moché vient du monde de Tohu, un monde dans lequel les lumières sont très élevées et les réceptacles trop petits pour les contenir.
L’origine de l’âme de Moché est donc liée à la raison pour laquelle Moché refusait de se rendre chez Pharaon. Il prétexta que ‘sa bouche était lourde’, en d’autres termes, qu’il avait des difficultés à parler. Le bégaiement de Moché exprimait le fait que la lumière de son intellect ne parvenait pas à s’habiller dans des réceptacles, dans des mots, capables de la contenir. Les forces de son intellect ne parvenaient pas à fusionner avec les articulations de sa bouche.
L’Eternel répondit à Moché : ‘Qui a donné une bouche à l’homme, ou qui rend muet ou sourd, ou intelligent ou aveugle n’est-ce pas Moi L’Eternel !’ (Chemot 4, 11). Par cette remarque, L’Eternel expliquait à Moché qu’Il détenait le pouvoir de transformer n’importe quelle situation. Hachem fit donc un miracle en dévoilant Son Essence dans la bouche de Moché, lui permettant ainsi momentanément de parler, ainsi qu’il est dit : ‘Je (Ano’hi : L’Essence divine) serais avec ta bouche’.
Cependant, bien que Moché, sous l’effet du miracle divin, fut capable de parler correctement aux enfants d’Israël, cette guérison ne dura que le temps du miracle, et il n’était pas guéri pour autant de son défaut d’élocution. Il fallut attendre le don de la Torah, lorsque D.ieu donna Son Essence, de manière profonde, ainsi qu’il est dit : ‘J’ai écrit Mon Essence et Je l’ai donnée’, pour que Moché guérisse définitivement. (Le dévoilement de l’Essence divine est allusionné dans le premier Commandement : ‘Je (Ano’hi : L’Essence divine) suis L’Eternel ton D.ieu’.)
L’un des points essentiels du Dvar Mal’hout est que la difficulté de parler de Moché provenait des enfants d’Israël eux-mêmes, car ils étaient incapables d’entendre Moché. Le principe selon lequel les lumières élevées de Tohu ne trouvent pas de réceptacles capables de les contenir s’applique donc à nous-mêmes, et c’est la raison pour laquelle dans le Dvar Mal’hout, le Rabbi compare Moché au Rabbi Rayats, du fait que le Rabbi Rayats s’arrêta de parler vers la fin de sa vie en ce monde. Aussi, le Rabbi explique que, tout comme Moché, si le Rabbi Rayats n’arrivait pas à parler c’est que ses Hassidim n’étaient pas capables de l’entendre. Ils n’étaient pas des réceptacles capables de recevoir l’abondance de lumière des enseignements du Rabbi, et notre travail dans notre génération consiste à réparer cela. Nous devons révéler ce qui se cachait dans le silence du Rabbi Rayats. Appliquer ce qu’il n’a pas pu nous dire à l’époque de son mutisme.
On raconte que le Machpiah de la Yéchiva de Brunoy, le Rav Nissan, sortit en pleurant du bureau du Rabbi, à la suite d’un entretien privé qu’il eut avec le Rabbi. Les ‘Hassidim intrigués lui demandèrent la raison de ses larmes, et Rav Nissan leur répondit que le Rabbi lui avait dit qu’il ne demandait à ses ‘Hassidim qu’un ‘très faible pourcentage’ de ce qu’il désirait vraiment leur demander. C’était là la raison de ses larmes, Rav Nissan pleurait car le Rabbi se taisait, et il se taisait parce que les ‘Hassidim n’étaient pas capables de l’entendre, de l’entendre vraiment.
Le Rabbi nous enseigne donc que notre génération doit réparer ce silence en dévoilant l’essence de notre âme, en dévoilant notre attachement le plus profond au Rabbi, car le Rabbi est lui-même ‘l’extension’ du Rabbi Rayats, du Rabbi précédent.
D’une certaine manière, la bouche de Moché, incapable d’exprimer la force de son intellect, n’est pas sans évoquer le corps humain, car celui-ci cache à présent, pendant l’exil, la force infinie de l’Essence divine. C’est à ce sujet qu’il est dit que dans les temps futurs ‘l’âme sera nourrie par le corps’, car dans les temps messianiques le niveau supérieur du corps se révèlera au point que l’âme recevra toute sa subsistance du corps lui-même.
Aussi, lorsque L’Eternel déclare à Moché : ‘Je (Ano’hi : L’Essence divine) serais avec ta bouche’, Il exprime le fait de dévoiler Son Essence dans le corps de Moché. Dans ce cas la bouche de Moché devient le réceptacle capable de transmettre la Parole de D.ieu aux enfants d’Israël. Peut-être est-il aussi possible de dire que c’est à cela que se rapporte le verset : ‘De ma chair je verrais D.ieu’, car dans les temps futurs le corps deviendra un réceptacle capable de ‘voir D.ieu’, c’est à dire d’être un réceptacle capable de recevoir les plus hauts dévoilements divins.
Aussi, du fait que le Rabbi, le Moché de notre génération, représente la tête de notre génération, et que le peuple d’Israël représente le corps, il nous est donné ici à comprendre que si nous nous attachons aux enseignements du Rabbi de manière profonde, alors nous parviendrons à être véritablement ‘la bouche de Moché’, c’est à dire que nous serons un vrai réceptacle pour recevoir toute la lumière que le Rabbi désire nous donner.
De manière plus profonde:
Il est écrit dans le traité Ména’hot que Moché assista à un cours de Torah de Rabbi Akiba. Moché en fut très impressionné, et il se demanda pourquoi D.ieu lui donna la Torah plutôt qu’à Rabbi Akiba qu’il considérait bien plus apte que lui-même à la recevoir.
Il est possible de dire ici sous la forme d’un ‘Hidouch, que Moché est une allusion à ‘l’âme’ et que Rabbi Akiba est une allusion au ‘corps’. En effet, la racine du nom ‘Akiba’ est ‘Ekev’ : le ‘talon’, qui est la partie la plus grossière et la plus insensible du corps.
Selon l’enchaînement des mondes Moché précède Rabbi Akiba : la lumière précède le réceptacle, mais à leur racine, le réceptacle a précédé la lumière dans la pensée de D.ieu. C’est à ce sujet qu’il est dit que dans les temps futurs ‘l’âme sera nourrie par le corps’, à l’exemple de Moché (l’âme) qui apprend la Torah (qui sera nourrie) de Rabbi Akiba (par le corps).
C’est par notre attachement au Rabbi que nous pouvons dévoiler la force infinie de l’Essence divine en nous-même, parvenir à ce que ‘Rabbi Akiva enseigne la Torah à Moché’, c’est à dire parvenir à ce que le corps (le talon) nourrisse l’âme.
Dans son discours ‘Vé Atah Tetsaveh’, le Rabbi déclare que ‘les pieds permettent à la tête de se rendre à un endroit où la tête ne peut pas se rendre toute seule’. Peut-être que le Rabbi fait ici allusion au fait que dans les temps futurs ‘l’âme sera nourrie par le corps’.
Le bégaiement de Moché symbolise l’incapacité du peuple Juif d’être le réceptacle de la lumière de Moché, mais si le peuple s’attache à se raffiner, à se purifier, à s’investir totalement dans l’étude de la ‘Hassidout, alors il peut dévoiler l’Essence divine et accéder à la vision du Divin, à parvenir à ‘un endroit que la tête ne peut atteindre toute seule’, et dans ce cas il permettra au Rabbi de parler, de parler vraiment, et de dévoiler l’Essence de la Torah, lors de la Délivrance finale, très bientôt, et de nos jours, avec l’aide de D.ieu.
Il est écrit au début de notre Paracha (Vaéra, 6, 3) : ‘Je suis apparu à Avraham, à Itz’hak et à Yaakov comme D.ieu Tout Puissant (‘Kel Chadaï’), mais sous Mon Nom ‘L’Eternel’ (‘Havayeh’) Je ne me suis pas fait connaitre à eux’.
Dans le Dvar Mal’hout sur la Paracha, le Rabbi explique que ‘Je suis apparu à Avraham’ représente le dévoilement de l’Essence divine dans l’âme et dans le corps au moment de la Mitsvah de la Brit-mila.
La Mitsvah de la Brit-Mila exprime le fait que l’Alliance avec D.ieu pénétra jusque dans la chair du corps d’Avraham, et l’occasion nous est donnée ici de nous rappeler de cet autre enseignement du Rabbi selon lequel : ‘le Kéli (le corps) précède l’âme dans la pensée de D.ieu’ (יפה שעה אחת, סוף פרשת וארא, כ »ח טבת ה’תשכ »ט).
L’Admour Hazaken explique dans le livre du Tanya que ‘L’Eternel nous a choisi parmi tous les peuples’ signifie que L’Eternel a choisi le corps des enfants d’Israël, et Avraham en accomplissant, le premier, la Mitsva de la Brit-mila révéla le lien qui unit le corps à l’Essence divine.
Ainsi, les Patriarches sont la racine et la source de toutes les âmes des enfants d’Israël. Ils représentent l’Essence de l’âme d’Israël dont découlent la foi pure en D.ieu et les forces les plus profondes et les plus intérieures de l’âme Juive, telles que celle de faire don de sa propre existence pour sanctifier le Nom de D.ieu.
‘D.ieu nous donne la matière afin que nous la transformions en spirituel’, et en circoncisant le prépuce de sa chair, Avraham fut le premier à agir de la sorte. Par cela, Avraham ouvrit le chemin de ‘Matan Torah’, car il fut le premier à sanctifier son corps, et il transmit alors en héritage les forces de l’Essence de l’âme Juive aux enfants d’Israël de toutes les générations, leur permettant de poursuivre cette mission de faire du corps de ce monde matériel une demeure pour D.ieu.
Avraham Itz’hak et Yaakov qui furent les premiers à dévoiler l’Essence divine dans leurs âmes et dans leurs corps, représentent l’Essence de l’âme Juive : laTête du peuple Juif.
Puis, avec le don de la Torah, par le fait d’accomplir tous les autres Commandements de la Torah, le peuple Juif attira de manière profonde l’Essence divine dans ce monde matériel.
C’est la raison pour laquelle le peuple d’Israël est comparable au corps et aux pieds, et de manière plus profonde, aux forces de l’âme d’Israël, sans lesquelles la tête ne peut se rendre à ‘l’endroit’ de la Délivrance finale, car c’est seulement par l’accomplissement des Mitsvoth, ‘de tout notre pouvoir’, qui sont appelées par le Zohar : ‘Les membres du Roi’ (le corps de l’Assemblée d’Israël), que l’Essence divine, le ‘Roi’, peut être attirée ici-bas, dans ce monde inférieur.
Le dévoilement de l’Essence divine dans l’âme de l’homme commence donc avec les Patriarches, puis le dévoilement de l’Essence de l’âme dans les forces de l’âme (l’intellect, les sentiments et l’action) est accompli par les enfants d’Israël après le don de la Torah.
Ainsi, la mission des enfants d’Israël d’unir les deux contraires que sont le spirituel et le matériel, fut possible parce qu’ils héritèrent de la force des Patriarches, et aussi parce que seule l’Essence divine détient le pouvoir d’unir la matière à l’esprit, l’exil à la Délivrance.
Dès-lors le sens de la déclaration du Rabbi selon laquelle la Délivrance finale dépend désormais de tous ses ‘Hassidim, car le Rabbi a lui-même fait tout ce qu’il fallait en ce sens, apparaît ici à nos yeux avec clarté.
Le Rabbi est à l’image des Patriarches, il représente l’Essence de l’âme qui est liée au corps de l’Assemblée d’Israël, et les ‘Hassidim représentent les pieds de ce corps.
De manière profonde, la mission des ‘Hassidim consiste à révéler le lien entre l’essence de l’âme et la partie de l’âme qui s’habille dans le corps. Révéler les forces illimitées, les plus intérieures et les plus élevées, dans notre intellect nos sentiment et nos actions.
C’est en agissant ainsi que nous aurons le mérite de faire de ce monde limité une demeure pour D.ieu, capable de recevoir les dévoilements illimités de la Délivrance finale et de la venue du Machia’h, très bientôt et de nos jours, avec l’aide de D.ieu.
Doit-on évoquer la sortie d’Egypte lors de la récitation du Chéma de la prière du soir, ou bien cette obligation s’applique-t-elle seulement en journée ?
Le Rabbi évoque cette question dans le Dvar Mal’hout sur la Paracha Chemot, et rapporte que Rabbi Eléazar ben Azaria déclara qu’il fallait évoquer la sortie d’Egypte également ‘pendant la nuit’ dès qu’il remplaça Raban Gamliel à la tête du Sanhédrin, ainsi qu’il est dit (Brakhot, 28a) :
‘Me voici comme agé de 70 ans, et pourtant je n’ai pas eu le mérite de convaincre mes collègues de l’obligation de faire mention la nuit également de la sortie d’Egypte, jusqu’à ce que Ben Zoma l’ai déduit de ce verset (Deut 12, 6): ‘Afin que tu te souviennes du jour où tu es sorti d’Egypte tous les jours de ta vie’, ‘tous les jours de ta vie’ vient inclure les nuits, et selon d’autres Sages ‘les jours de ta vie’ se réfère au devoir de mentionner la sortie d’Egypte ‘de nos jours’, et ‘tous les jours de ta vie’ vient inclure les Temps messianiques’.
Dans le Dvar Mal’hout, le Rabbi explique que sortir d’Egypte signifie que l’on parvient à soumettre le corps et l’âme animale à la volonté de l’âme divine. De fait, la ‘Hassidout souligne que l’âme divine n’a nul besoin d’être réparée car ‘elle est véritablement une parcelle de divinité d’En-haut’. Aussi, la mission des enfants d’Israël consiste à purifier et à raffiner le corps et l’âme animale, c’est pourquoi le Rabbi déclare dans le Dvar Mal’hout que la sortie d’Egypte exprime le fait que ‘l’âme divine sort de l’étroitesse et des limites que lui impose le corps afin de se lier et de s’attacher à D.ieu, et cela par le moyen de l’étude de la Torah et de l’accomplissement des Commandements divins’.
‘D.ieu appela la lumière ‘Jour » (Béréchit, 1 5), ainsi notre ‘devoir de mentionner la sortie d’Egypte pendant le jour’ signifie que lorsque l’on se trouve dans une situation spirituelle favorable, lorsque brille de façon manifeste la lumière divine, nous devons profiter de cette lumière pour sortir d’Egypte, pour nous dégager des limites que nous impose le corps et nous attacher à D.ieu. Cependant le ‘hidouch de Ben Zoma est que ‘nous devons faire mention la nuit également de la ‘sortie d’Egypte’, ce qui signifie que ‘même pendant la nuit et dans la plus grande obscurité spirituelle de l’exil, il est possible et il est même nécessaire de sortir d’Egypte’.
Cet enseignement du Rabbi s’accorde parfaitement aux enseignements que le Rabbi nous délivre dans les Dvar Mal’hout sur les Parachiot Vayé’hi, Vaïgach, et sur la Paracha Toldot.
En effet, dans le Dvar Malhout sur la Paracha Vayé’hi, le Rabbi cite la déclaration des Sages selon laquelle le mois de Tevet est ‘le mois pendant lequel le corps prend plaisir du corps’ (Meguila, 13, 1). L’explication profonde que nous donne le Rabbi de ce verset est que le ‘corps’ d’En-haut : D.ieu Lui-même, Son Essence bénie, prend plaisir du corps ‘d’en-bas’, de chaque Juif’.
Par cette explication le Rabbi nous donne à réfléchir sur l’importance et le niveau du corps d’un Juif : ‘L’Eternel a choisi le corps des enfants d’Israël’ signifie que le corps est d’un niveau supérieur à l’âme. D.ieu a créé la matière inanimée à partir du néant, et Lui seul possède cette force. Ainsi, bien que le corps nous apparaisse comme de la matière inanimée, il n’en demeure pas moins que l’origine du corps n’est autre que l’Essence divine. A présent, dans l’obscurité de l’exil la force de l’Essence divine n’est pas visible à nos yeux, et ce n’est que dans les temps messianiques qu’il nous apparaîtra que ‘l’âme sera nourrie par le corps’.
L’idée qui est ici donnée par le Rabbi est que le lorsque l’on regarde le corps, il nous apparaît au premier regard comme de l’obscurité, alors qu’en réalité il représente la lumière de la Guéoula, le dévoilement de l’Essence divine. ‘Le corps prend plaisir du corps’ signifie donc que L’Eternel réchauffe, illumine, le corps d’un Juif qui accomplit Ses Commandements. L’Eternel éveille la force de Son Essence qui se cache dans le corps d’un Juif, au moment où celui-ci accomplit Sa Volonté bénie.
C’est ici que l’on peut établir un lien avec l’enseignement du Dvar Mal’hout de la Paracha Chemot selon lequel, nous ‘devons faire mention de la sortie d’Egypte (et de la Guéoula, d’après l’avis des Sages) également pendant la nuit’.
Le Rabbi déclare que ‘même pendant la nuit et dans la plus grande obscurité spirituelle de l’exil, il est possible et il est même nécessaire de ‘sortir d’Egypte’.
Il est possible d’expliquer que ces paroles du Rabbi s’applique au corps lui-même : même dans le corps qui représente ‘la nuit et la plus grande obscurité spirituelle de l’exil’ (du fait que l’âme divine est en exil dans le corps) ‘il est possible et il est même nécessaire de sortir d’Egypte’, en accomplissant les Commandements divins (précisément avec le corps), et en révélant ainsi la force de l’Essence divine qu’il cache en lui-même.
On retrouve cette idée dans le Dvar Mal’hout de la Paracha Vaïgach. En effet, le Rabbi nous enseigne au moyen de l’exemple de Yossef et de Yéhoudah que ‘même à notre époque grâce au lien qui l’unit à D.ieu, un Juif peut s’élever au niveau supérieur des temps futurs’, c’est à dire qu’il peut s’élever au-delà de toutes les limites que lui impose l’exil.
Le Rabbi souligne que Yéhoudah ne savait pas que le vice-roi d’Egypte était en réalité son frère, cela ne l’empêche pas pour autant de se laisser impressionner par lui. Il pénètre dans la pièce où se tient le vice-roi sans même en avoir l’autorisation, et il lui parle très durement quand il s’agit de libérer son frère Benyamin (quand il s’agit de ‘sortir d’Egypte’). Ainsi, ‘Même dans l’exil, Yéhoudah agit avec toute sa détermination’, et c’est précisément cette attitude qui donna par la suite aux enfants d’Israël la force de vivre et de réagir face à l’exil de l’Egypte, ainsi qu’il est écrit (Chemot, 1, 7) : ‘ Or les enfants d’Israël avaient augmenté, et abondé, s’étaient multipliés, et étaient devenus très, très puissants…’.
Ainsi, ‘même pendant la nuit et dans la plus grande obscurité spirituelle de l’exil, il est possible et il est même nécessaire de sortir d’Egypte’, et l’attitude qu’il convient d’adopter dans l’exil est celle de Yéhoudah (et aussi de Morde’haï à l’époque d’A’hachvéroch, car celui-ci ne se prosternait pas devant Aman).
L’obscurité de l’exil doit réveiller en nous-même la force de Messirout néfech, la force de faire don de notre propre existence afin de ‘sortir d’Egypte’, et plus encore de transformer l’obscurité en lumière, comme ce sera le cas pendant la Délivrance finale.
Le Rabbi développe cette idée dans le Dvar Mal’hout de la Paracha Toldot. Il nous enseigne à partir de l’exemple de la lune et du soleil, le principe selon lequel l’absence de lumière s’accorde à la révélation de l’Essence. Ainsi, par exemple, un érudit aura plus de difficultés à faire don de sa propre existence qu’un homme simple. L’exemple qui est souvent donné est celui du talon et de la tête : un homme aura moins de difficultés à entrer le talon dans de l’eau bouillante que d’y entrer sa tête. De fait, l’intellect affaiblit la volonté. Cela signifie que la force de faire don de sa propre existence, qui découle de l’essence de l’âme, se révèle précisément dans l’obscurité, dans l’absence de la lumière de l’intellect. Le ‘pied’, qui représente l’homme simple, est le réceptacle de l’essence de l’âme, et non pas la tête (l’érudit), et ce principe s’accorde à l’enseignement du Rabbi, du Dvar Mal’hout de la Paracha Chemot, selon lequel ‘même pendant la nuit et dans la plus grande obscurité spirituelle de l’exil, il est possible et il est même nécessaire de sortir d’Egypte’.
Par ailleurs, le Rabbi nous enseigne dans ce Dvar Mal’hout de la Paracha Chemot que 70 ans sont nécessaires pour raffiner les 7 midot de l’âme animale, et accéder ainsi à la vision du Divin. Le chiffre 770 est donc l’allusion au fait que nous parvenons à la vision du Divin lorsque nous purifions les 7 midot de l’âme animale en 70 ans. Il y a aussi une allusion au fait que cette année le 10 Chevat nous célèbrerons avec l’aide de D.ieu les 70 années du règne du Rabbi. Peut-être nous est-il donc permis de dire que la mission du Rabbi, et notre mission, aboutissent à présent au niveau de la vision du Divin, et que nous allons enfin voir avec nos yeux de chair la venue de notre Juste Machia’h et le troisième Temple, avec l’aide de D.ieu.
‘Le corps prends plaisir du corps’, cette déclaration de la Torah est au centre de l’enseignement du Rabbi dans le Dvar Mal’hout sur la Paracha Vayé’hi.
En effet, bien qu’il ne soit qu’une matière inanimée, ‘D.ieu a choisi le corps des enfants d’Israël’, car il se cache dans le corps une force que ne possède pas l’âme. Cette force est celle de Atsmouth. Cette force que seul L’Eternel possède de créer une chose matérielle à partir du néant. Aussi le Rabbi nous enseigne dans le Dvar Mal’hout que la mission d’un Juif consiste à devoiler le niveau supérieur que possède le corps.
Le mois de Tévet qui est un mois qui est très froid, est une période propice à ce dévoilement. De fait, le froid qui est le contraire de la chaleur représente l’obscurité, alors que le soleil représente le dévoilement de la lumière divine.
Cependant, l’obscurité de la matière inanimée du corps est telle l’obscurité de l’absence de la lumière divine, de chaleur et le Rabbi nous enseigne que c’est précisément au moyen du corps, de l’obscurité, que l’on parvient à dévoiler la force de Atsmouth.
C’est la différence qui existe entre le Tsaddik et le Baal Téchouva. D’une certaine manière le Tsaddik représente la chaleur du soleil, le dévoilement de la lumière divine dans les forces de l’âme, alors que le Baal Téchouva représente le froid car il est un homme simple qui ne possède pas les grandes capacités intellectuelles du Tsaddik. Cependant la force de Méssirout néfech (du fait de faire don de sa propre vie pour sanctifier le Nom divin) est plus dévoilée dans le ‘pied’ (le Baal Téchouva) que dans la ‘tête’ (le Tsaddik). Le pied est un réceptacle pour l’Essence de l’âme (dont découle la force de Messirout néfech) plus que le cerveau. On peut vérifier cela concrètement, par le fait qu’un homme aura moins de mal à entrer son pied dans de l’eau bouillante que sa tête. Un érudit aura plus de difficultés à faire don de sa propre vie qu’un homme simple.
A partir de cet exemple, nous comprenons l’enseignement du Rabbi selon lequel la force de Atsmouth qui est dans le corps, se dévoile pendant le mois de Tévet, quand il fait froid, c’est à dire quand la lumière des forces de l’âme ne brille pas manifestement dans le corps.
C’est le sens de ‘le corps prend plaisir du corps’, car la force de Atsmouth (le premier ‘corps’ du verset) se révèle précisément au moyen de notre corps matériel (le second ‘corps’ du verset), de notre ‘talon’ qui a la capacité de rentrer dans de l’eau bouillante.
Ainsi, le Rabbi nous enseigne que le mois de Tévet est un mois propice pour purifier notre corps, et pour dévoiler la supériorité de ‘la lumière qui vient de l’obscurité’. Dans ce cas, ‘la lumière qui vient de l’obscurité’ désigne la force de Atsmouth, laquelle est supérieure à la lumière de l’âme.
Un des points essentiels du Dvar Mal’hout est que c’est précisément au moyen des Mitsvoth que l’on parvient à ce dévoilement. ‘Le corps prend plaisir du corps’ signifie que L’Eternel a ‘choisi le corps’, c’est à dire qu’Il révèle la force de Son Essence lorsque le corps, lui-même, accomplit Ses Commandements, ainsi quil est dit : ‘l’essentiel est l’acte’.
Ainsi, on peut donner l’exemple d’un ‘Hassid qui quitte la Maison du Rabbi pour partir en Chli’hout. Bien qu’il n’assiste pas aux Farbrenguen du Rabbi car il se trouve alors dans un lieu éloigné, c’est précisément en ce’Hassid que se révèlera l’Essence du Rabbi. Tout comme la force de Atsmouth qui est dans le corps se dévoile quand la lumière des forces de l’âme ne brille pas manifestement dans le corps, l’Essence du Rabbi se dévoile dans un endroit froid et éloigné, là où la lumière des dévoilements des Farbrenguen ne brille pas manifestement.
A la lumière de tout ce qu’il vient d’être dit, il convient de mentionner cette histoire du Baal Chem Tov. Un jour, alors qu’il n’y avait pas suffisamment de lumière dans le Beïth Ha Midrache, les élèves du Baal Chem Tov lui demandèrent ce qu’ils devaient faire. Le Baal Chem Tov leur répondit de détacher quelques stalactites de glaces qui étaient accrochées sur le bord du toit du Beïth Ha Midrache. Les élèves partirent alors en chercher, et lorsqu’ils les posèrent sur les tables du Beïth Ha Midrache, celles-ci se mirent à briller et à innonder de lumière le Beït Ha Midrache.
A l’évidence, nous devons nous attacher aux enseignements du Rabbi pour apprendre à révéler la l’Essence divine qui se cache dans un morceau de glace, révéler par exemple la lumière cachée dans le cœur de chaque Juif, en particulier dans le cœur de celui qui est le plus froid, le plus insensible à la Torah et aux Commandements divins. De fait, c’est en agissant ainsi nous aurons le mérite d’innonder ce monde glacial de la lumière et de la chaleur de la Délivrance finale, très bientôt et de nos jours, avec l’aide de D.ieu.
Dans la Torah (Paracha Mikets), il est raconté que Yossef renvoya ses frères pour qu’ils rapportent le blé dans leurs maisons. Par ailleurs, Yossef demanda à ses frères d’aller chercher leur jeune frère Benyamin, et de le lui ramener en Egypte. En agissant de la sorte les frères de Yossef confirmeraient la véracité de leurs paroles et pourraient rester en vie. Cependant, Yossef émit comme condition de garder Chimon prisonnier.
Or, dans le discours Hassidique intitulé ‘Chouva Israël’, le Rabbi Rachab nous enseigne que le dévoilement supérieur de l’Essence de l’âme Juive, tout comme le dévoilement de l’Essence de la Torah, sont illusionnés dans les mots du verset (Chir Ha Chirim, 2, 6) : שמאלו תחת לראשי ו’מ’נו תחבקנ’ :
‘Son bras gauche soutient ma tête et son bras droit m’enlace’.
Le Rabbi Rachab explique que la Droite correspond au dévoilement de l’Essence divine, c’est ‘le niveau de la Torah telle qu’elle est dans Son Essence’ (Chapitre 2 du discours du Rabbi Rachab).
Ainsi, à la lumière de cet enseignement, il est possible de dire sous la forme d’un ‘hidouch que le nom ‘Benyamin’ qui est composé des mots בן (fils) et ימין (droite) n’est pas sans évoquer le dévoilement de l’Essence divine (‘le bras droit de D.ieu’), et cette explication s’accorde avec la Bénédiction que Yaacov adressa à Benyamin avec son commentaire de Rachi. De fait, la Bénédiction de Benyamin est dans la construction du Temple, ‘dans lequel réside la Présence divine’.
Toujours sous la forme d’un ‘hidouch, il est possible d’établir un lien entre l’emprisonnement de Chimon qui aboutit finalement au fait que tous les fils de Yaacov, et Yaacov lui-même, furent libérés de leurs souffrances lorsque Yossef ‘installa son père et ses frères et leur donna une propriété dans le pays d’Egypte’ (Vayigach, 47, 11), avec ‘l’emprisonnement’ de Rabbi Chimon Bar-Yohaï dans une caverne qui aboutit finalement au dévoilement du Livre du Zohar.
L’emprisonnement de Chimon, le fils de Yaacov, dans une prison d’Egypte, et l’enfermement de Rabbi Chimon Bar-Yohaï dans une caverne, aboutirent donc tous les deux à une délivrance : la délivrance des enfants d’Israël, et la délivrance de la partie profonde de la Torah.
Ces deux évènements expriment clairement le principe que la lumière qui vient de l’obscurité est plus élevée que la lumière elle-même, et ce même principe s’applique à l’enseignement du Rabbi dans le Dvar Mal’hout sur notre Paracha.
En effet, le Rabbi nous enseigne que Yéhoudah, le fils de Yaacov, et Mordé’haï Ha Yéhoudi, ‘s’élevèrent au-dessus de toutes les limites du monde et de l’exil’.
Or, c’est par le fait de s’attacher à D.ieu de la manière la plus profonde que l’on parvient à atteindre un tel niveau. Et, lorsque l’on parvient à ce niveau alors on réussit à transformer l’exil en une demeure pour l’Essence de D.ieu.
Notre attitude ne doit pas être celle de s’accomoder à l’exil, mais d’agir dans l’exil tout en ayant une attitude qui le dépasse totalement. On parvient dans ce cas à unir deux contraires : la Volonté de D.ieu qui est au-delà de ce monde avec l’exil et toutes les limites qu’il nous impose.
Concrètement, le Rabbi nous enseigne dans ce Dvar Mal’hout que nous devons ressentir la soumission la plus totale vis-à-vis de D.ieu, à l’exemple de Yéhouda et de Mordé’haï. Ce travail, dans notre service divin, comme l’explique le Rabbi Rachab dans son discours ‘Chouva Israël’, s’accorde avec les mots du verset שמאלו תחת לראשי : ‘Son bras gauche soutient ma tête’.
On parvient au niveau de l’Essence de l’âme (le ‘bras droit’) précisément au moyen du ‘bras gauche’ : lorsque l’on ressent une profonde amertume en prenant conscience de notre éloignement vis-à-vis de D.ieu, de tous les voiles qui nous empêchent de percevoir le divin, lesquels sont dus tout particulièrement à nos péchés, alors nous parvenons à la Téchouva véritable et du plus profond de notre être. Dans ce cas, cette Téchouva a pour effet que D.ieu nous ‘enlace de Son bras droit’, ce qui signifie, comme il a été expliqué précédemment, qu’Il dévoile la partie la plus élevée de notre âme, le niveau de ‘Tu aimeras L’Eternel ton D.ieu de tout ton pouvoir’, un amour pour D.ieu qui dépasse totalement l’amour qui naît de la raison et de l’intellect.
Tout dépend donc de notre attitude face à l’exil. Le Rabbi préconise que nous devons adopter l’attitude de Mordé’haï au sujet duquel il est dit (Méguila, 3, 2) :
‘Tous les serviteurs du roi, admis à la cour royale, s’agenouillaient et se prosternaient devant Aman, car tel était l’ordre donné par le roi en son honneur, mais Mordé’haï ne s’agenouillait ni ne se prosternait’.
Peut-être est-il judicieux d’expliquer à ce sujet que ‘nous ‘agenouiller et nous prosterner’ devant l’exil signifie que l’exil nous affaiblit car il est à l’origine de notre tristesse et de notre inaction. A l’opposé, nous devons nous conformer à l’enseignement du Rabbi Rachab en méditant au fait que l’exil ne doit avoir pour effet que celui de nous faire prendre conscience et de ressentir dans notre cœur de l’amertume face à tout ce qui nous empêche de percevoir le Divin. Dans ce cas, l’exil nous permettra d’accéder à une Téchouva véritable.
L’exemple de Chimon retenu prisonnier dans une prison d’Egypte, tout comme l’exemple de Rabbi Chimon Bar Yo’haï retenu caché dans une caverne, évoquent l’huile cachée dans le cœur d’une olive. Comme nous l’enseigne le Rabbi dans son discours intitulé Vé Ata Tetsaveh, c’est précisément par le fait d’avoir le cœur brisé, à l’exemple d’une olive concassée, que l’on dévoile l’huile : la force de l’Essence divine dévoilée dans notre âme.
De fait, il est possible de dire, toujours sous la forme d’un ‘hidouch, que la valeur numérique de Machia’h משיח, qui est égale à 358, ajoutée à celle de לב (coeur) est égale à 390 qui est la valeur numérique de שמן : l’huile.
Ainsi, le cœur du Machia’h désigne l’huile, la lumière de l’Essence divine qu’il dispense aux enfants d’Israël, et comme l’huile que l’on utilise pour graisser une machine afin de permettre le bon fonctionnement de toutes les parties et de tous les éléments qui la composent, le Rabbi lie et unit tous les membres de l’Assemblée d’Israël en un corps unique, capable d’attiser le désir de D.ieu de résider en ce monde, lors de la Délivrance finale, très bientôt et de nos jours, avec l’aide de D.ieu.
A l’évidence le Dvar Mal’hout du Rabbi fait partie intégrante de la Torah ‘Hadacha que l’Eternel dévoilera par l’intermédiaire du Machia’h dans les Temps messianiques.
Dans ce cas il convient d’attacher une importance toute particulière au contenu du Dvar Mal’hout de notre Paracha, la Paracha Mikets, où il est question du jour de Youd-Tet Kislev, Rosh-Ha-Chana de la ‘Hassidout, et de la fete de ‘Hannoucah, la fêtes des Lumières.
Parmi les très nombreux enseignements du Rabbi sur l’importance de l’étude de la ‘Hassidout, l’Essence de la Torah, il convient ici de citer l’enseignement du 24 Kislev extrait du Livre Hayom-Yom, et de mentionner aussi une une histoire du ‘Hassid de l’Admour Hazaken, Rabbi Ykoutyael Liepler, en guise d’introduction aux précieux enseignements du Rabbi dans ce Dvar Mal’hout sur notre Paracha.
Dans le Hayom-Yom du 24 Kislev, le Rabbi écrit : ‘La bénédiction du Chabbat se répand sur les jours qui le précèdent et sur ceux qui le suivent. La préparation de ce jour commence le mercredi. Elle est contenue dans le petit passage du ‘Le’hou néranéna’ qui comprend trois versets. On peut donner de ces trois versets l’explication suivante, accessible à tous : ‘Lé’hou néranéna’ : ‘Venez, réjouissons-nous’.
Quand vient le mercredi, on commence à réfléchir : qu’aura-t-on pour célébrer le Chabbat ? La question se pose au sens le plus littéral comme dans la dimension spirituelle : avec quoi ce Chabbat sera-t-il digne de ce nom ? Chacun, de fait, vit le Chabbat différemment de la semaine. En se posant cette question, on devient mélancolique et la solution est donc : ‘Le’hou Néranéna’, ‘Venez, réjouissons-nous’, ayons confiance en D.ieu. Lorsqu’arrive le jeudi, on s’approche du Chabbat et l’on a toujours rien. Le ‘Néranéna’ n’est alors plus aussi aisé et l’on comprend qu’il faut faire quelque chose. Aussi, on étudie la ‘Hassidout dans la nuit de jeudi. Ainsi, le vendredi, on perçoit que L’Eternel est un Grand D.ieu et un grand Roi. Avec cela, un Juif peut faire Chabbat’.
Le Rabbi exprime ici le fait que l’étude de la ‘Hassidout nous permet de ‘percevoir que L’Eternel est un Grand D.ieu et un Grand Roi.
Or, ce n’est que dans la nuit du jeudi que l’on parvient à cette perception de la Grandeur de D.ieu. Aussi, les jours et les nuits qui précèdent la nuit du jeudi sont une préparation à la prise de conscience pendant cette nuit du jeudi consacrée à l’étude de la ‘Hassidout. Auparavant, avant cette nuit du jeudi, on doit ‘commencer à réfléchir’ et se demander : ‘qu’aura-t-on pour célébrer le Chabbat ? ‘, et cette réflexion fait naître dans notre cœur un sentiment de ‘mélancolie’.
C’est précisément ce sentiment de mélancolie qui va susciter et vivifier notre étude de la ‘Hassidout, et c’est précisément cette étude qui va nous nous permettre de prendre conscience que ‘L’Eternel est un Grand D.ieu et un Grand Roi’. Enfin, c’est précisément cette prise de conscience qui nous permettra finalement de célébrer le Chabbat.
Célébrer le Chabbat d’après l’enseignement du Rabbi implique donc forcément d’entrer dans le Chabbat en ayant profondément conscience que ‘L’Eternel est un Grand D.ieu et un Grand Roi’. Cette idée s’accorde avec la définition de la ‘Hassidout que nous donne le Rabbi dans son ouvrage intitulé Iniana chel Torat Ha ‘Hassidout (prononcé à l’occasion du jour saint de Youd-Tet Kislev) selon laquelle la ‘Hassidout insuffle une vitalité nouvelle à toutes les parties de la Torah et à tous les niveaux de l’âme Juive.
Par ailleurs ce sentiment de mélancolie qui représente la source et la vitalité de notre étude de la partie profonde de la Torah, nous rappelle l’un des enseignements essentiels du Discours ‘Hassidique intitulé Vé Atah Tetsaveh.
En effet, dans ce Discours le Rabbi explique que l’on parvient à dévoiler la force de l’Essence de l’âme Juive. Lorsque l’on a le cœur brisé, que l’on ressent de la ‘mélancolie’, on dévoile le ‘Maor’ : le ‘Luminaire de l’âme’. C’est le principe de Katit lé Maor. Le fait de concasser une olive pour en extraire l’huile qu’elle contient est comparable au fait de briser son cœur pour en extraire le sentiment le plus profond qu’il contient. Quand un Juif ‘commence à réfléchir et se demande qu’aura-t-on pour célébrer le Chabbat ? ‘, Jusqu’à quand devrons nous attendre pour que vienne le Machia’h ? Quand se dévoilera L’Eternel qui est un Grand D.ieu et un Grand Roi ?
Quand ce Juif ressent de la mélancolie liée au désir du dévoilement de D.ieu, quand il dévoile cette mélancolie qui est enfouie dans son cœur comme l’huile qui se cache à l’intérieur d’une olive, alors il dévoile en même temps en lui-même la force infinie de l’Essence de son âme : l’huile.
Le deuxième enseignement qui nous permet de comprendre profondément l’enseignement du Rabbi du Dvar Mal’hout sur la Paracha Mikets est celui de l’histoire du ‘Hassid de l’Admour Hazaken, Rabbi Ykoutyael Liepler.
On raconte que lorsque l’Admour Hazaken bénit son ‘Hassid, Rabbi Ykoutyael Liepler, pour une longue vie, le ‘Hassid répondit qu’une longue Vie ne l’interresse pas si celle-ci n’ést pas pleine de sens. Pour lui, la valeur de la Vie est liée à la connaissance de la ‘Hassidout, au fait de percevoir que L’Eternel est un Grand D.ieu et un grand Roi.
Cette même idée est exprimée dans le Dvar Mal’hout de notre Paracha. En effet, lorsque Pharaon demanda à notre père Yaakov : ‘Combien sont les jours des années de ta vie ?’, Yaakov répondit (Vayigach, 47, 8, 9) :
‘Peu nombreux et malheureux étaient les jours des années de ma vie’ : מעט ורעים היו ימי שני חיי
Au sujet de cette étonnante réponse, le Rabbi explique que Yaakov considérait que les jours de sa Vie étaient ‘peu nombreux’ et ‘malheureux’ car tant que l’exil persistait, sa vie ne représentait que ‘peu’ à ses yeux, car il manquait l’essentiel : la Guéoula : la Délivrance finale !
Aussi, bien que Pharaon donne à Yaakov ‘la meilleure partie du pays’ afin qu’il s’y installe avec ses fils, Yaakov lui fit savoir que cela ne pouvait lui suffire car son installation en Egypte n’avait pour seul but que celui de provoquer la Délivrance.
A la lumière de cet enseignement, il est possible d’expliquer que la déclaration de Yaakov selon laquelle ‘peu nombreux étaient les jours des années de ma vie’ exprime le très profond désir de Yaakov du dévoilement de la Torah ‘Hadacha, de la Cinquantième porte de la Connaissance.
Il est en effet rapporté dans le Traité Nédarim (38a) que Cinquante portes de la Connaissance ont étés créées dans le monde, et toutes ont été données à Moché, à l’exception d’une seule, ainsi qu’il est écrit (Téhilim, 8, 6) : ‘Or, Tu fis de lui (de Moché) un peu moins que les anges célestes’ : ותחסרהו מעת
L’expression ‘un peu moins’ (Méat) vient pour nous dire qu’il manque à Moché le niveau de la Cinquantième porte de la Connaissance, et la ‘Hassidout nous enseigne que cette porte correspond à la signification des Commandements divins.
Il est possible de dire sous la forme d’un ‘Hidouch que cet enseignement s’accorde avec le fait que les lettres du mot ‘מעט’ (méat) forment dans un ordre différent le mot ‘טעם’ qui signifie : le ‘sens’, la ‘raison’ profonde des Commandements divins. Par ailleurs la valeur numérique du mot ‘מעט’ est égale à 119, exactement comme la valeur numérique du mot larme : דמעה (dimha).
Ainsi, à la lumière de ce qu’il vient d’être dit, nous comprenons à quel point il est important d’avoir le cœur brisé lorsque l’on médite au fait que l’existence que nous vivons dans cet exil n’est que ‘peu’ de chose en comparaison à la Vie de la Délivrance. Lorsque L’Eternel révèlera le sens de Ses Commandements.
La petite fiole d’huile marquée par le tampon du Cohen Gadol qui est à l’origine du miracle de ‘Hannoucah, exprime le caractère divin de la Torah. Cette petite fiole d’huile exprime le fait que la Torah est la Torah de ‘L’Eternel qui est un Grand D.ieu et un Grand Roi’.
En fait, les grecs n’étaient pas contre le fait que les Juifs étudient la Torah, mais ce qu’ils ne pouvaient supporter c’est que les Juifs La considère comme étant la Sagesse de D.ieu, qu’elle soit Sainte.
Les Grecs, par leur désir d’impurifier la Torah, s’attaquaient au lien qui unit le Saint béni soit-Il avec les enfants d’Israël.
Or, c’est ce même lien que L’Eternel dévoilera au moment de la Délivrance finale, et des-lors les Lumières de ‘Hannoucah brilleront pour l’éternité.
(Pour la réussite spirituelle et matérielle de Sarah bat Ra’hel)
Le Maguid de Mèzeritch explique de la manière suivante le sens du verset ‘Yaakov s’installa dans le pays des séjours de son père dans la terre de Canaan… ‘ :
‘Séjours’ se dit en hébreu : ‘Mégourei’ dont la racine ‘Agar’ signifie ‘entasser’. Ainsi, ‘Yaakov s’installa’ exprime le fait que Yaakov amassa et raffina les étincelles divines enfouies dans ce monde matériel (allusionné par ‘la terre de Canaan’), et de les élever vers ‘son père’, lequel est une allusion au Saint béni soit-Il.
L’éclat de la lumière de ce Chabbat provient de ces étincelles divines, mais aussi des lumières de ‘Hannoucah que nous allumerons pendant la semaine à venir, avec l’aide d’Hachem. Ainsi, les lumières du service divin de Yaakov se fondront dans celles de la Ménorah de la fête de ‘Hannoucah.
Dans son ouvrage ‘Likoutey Dibbourim’, Rabbi Yossef-Itz’hak définit la Hassidout comme ‘le luminaire général qui comprend à la fois le luminaire de la lumière et le luminaire du feu’.
Le service de D.ieu du cerveau correspond au luminaire de la lumière, et le service de D.ieu du coeur correspond au luminaire du feu.
Rabbi Yossef-Itz’hak nous enseigne que le luminaire de la lumière éclaire l’homme au point que celui-ci se trouve dans un rayon de lumière.
Le ‘Hassid ‘ressent ce que son intellect ne comprend pas, la profondeur du cerveau, ce qui échappe à l’intellect humain. Il vit dans la lumière. En tout endroit où il se trouve, cette lumière l’éclaire et il voit plus haut. Sa vision est plus fine que celle des yeux physiques, observant les objets matériels. Quand il regarde ces objets matériels et grossiers que les hommes du commun qualifient de ‘nature’, il voit la vérité.’.
Par ailleurs, au sujet du service de D.ieu du coeur, le luminaire du feu, le Rabbi écrit qu’un ‘Hassid ‘brûle et qu’il est bouillant, ainsi qu’il est écrit (Téhilim, 39, 4) : ‘Alors que je méditais, le feu augmentait’.
Le ‘Hassid est brûlant et il consume tout ce qui l’entoure. Tout ce qu’il fait est pénétré d’une flamme sacrée, d’une vitalité, non pas uniquement pendant la prière, qui est une ascension sur ‘une échelle plantée dans la terre et dont le sommet parvient jusqu’aux cieux (Béréchit, 28, 12) ‘, non pas uniquement en un moment favorable que le Saint béni soit-Il accorde aux âmes d’Israël, afin qu’elles puissent se rapprocher de D.ieu, mais aussi pendant l’étude de la Torah, la pratique des Mitsvot, le service que l’on rend à son prochain, matériellement ou spirituellement. Et, ce feu brûle toutes les tâches et toutes les imperfections des fils de l’homme.’
Pour approfondir d’avantage le sujet du service divin d’un ‘Hassid, le Rabbi Rayats rapporte que l’Admour Hazaken ‘dénigre l’éblouissement sentimental et glorifie l’émerveillement intellectuel’.
Rabbi Yossef Itz’hak souligne donc que ‘le véritable service de D.ieu est celui du cerveau, que l’aspect essentiel de ce service consiste à émettre une lumière qui éclaire, à mener une action sur son prochain’.
Cet enseignement s’accorde avec la déclaration du Rabbi Maharach selon laquelle ‘Il faut faire comme Moché, lors du passage de la mer rouge. Tous les enfants d’Israël virent la Divinité, d’une manière évidente. Ils quittaient alors totalement leur réceptacle, tant ils étaient émerveillés par le Divin…Moché, quant à lui, brûlait froidement. Il y avait un feu et il cuisait, mais tout celà restait froid’.
A la lumière de ce qui vient d’être dit, nous devons comprendre l’importance du cerveau dans notre service divin.
Le cerveau appaise le coeur car il est comme de l’eau, froid et humide, et il refroidit la chaleur qui émane du coeur. C’est là un enseignement fondamental de la ‘Hassidout ‘Habad basé sur le principe que ‘le cerveau doit dominer le coeur’, afin que face au dévoilement de D.ieu, les enfants d’Israël ne ‘quittent pas totalement leur réceptacle’ et suivent de cette manière l’exemple de Moché qui ‘brûlait froidement’ face à ce dévoilement.
L’Eternel s’adressa pour la première fois à Moché ‘du milieu du buisson’, ainsi qu’il est dit (Chemot, 3, 2) : ‘L’ange de l’Eternel lui apparut dans une flamme de feu du milieu du buisson’.
Peut-être nous est-il permis de supposer que ‘le cœur du feu’ représente aussi l’essence de l’âme de Moché, car Rachi explique que la ‘flamme de feu’ est ‘le cœur du feu’, et l’essence de l’âme est elle-même définie par les Maîtres de la Hassidout ‘Habad comme étant ‘le point du cœur’.
Dans ce cas, ‘l’ange de l’Eternel lui apparut’ signifie que l’Eternel dévoila Son Essence bénie dans le cœur de l’âme de Moché.
Celà s’accorde avec l’enseignement du Rabbi Rachab (voir ‘Bé chaa ché hikdimou’, ‘Et Yaakov sortit de Béer Chéva’, tome 2, page 750) selon lequel ‘le point du cœur’ est ‘le point de vérité’ de l’âme d’Israël, au sujet duquel il est dit : ‘Je dors en exil mais mon cœur est éveillé’.
La vérité ne s’arrête jamais. L’essence de l’âme, qui est liée à D.ieu d’un lien véritable et éternel, ressent constamment sa source et ne s’en sépare jamais : ‘mon cœur est éveillé’. L’image de Moché qui se tient debout devant le buisson ardent n’est pas sans évoquer l’image de chaque juif devant le feu et la lumière des bougies de ‘Hannoucah.
Lorsqu’un juif allume les bougies, il revit le moment pendant lequel D.ieu Se révéla à Moché. De fait, les huit lumières de la Ménorah sont celles de la lumière de l’essence divine, laquelle réveille l’essence de l’âme, ‘le coeur du feu’.
Lorsqu’on regarde attentivement les flammes de la Ménorah et que l’on observe leur fixité, on constate qu’elles éclairent en restant immobiles. C’est peut-être à cette fixité que fait allusion le Rabbi Maharach lorsqu’il dit de Moché ‘qu’il brûlait froidement. Il y avait un feu et il cuisait, mais tout celà restait froid’.
A l’image du Rabbi, le feu de l’essence de l’âme du Rabbi brûle en lui constamment sans que cela ne soit réellement visible à nos yeux. Et pourtant ce feu brûle bien en lui, il anime chaque membre de son corps, inspire chacune de ses pensées de ses paroles, chacun de ses actes, vers le seul but de dévoiler la présence du Machia’h. Comme les bougies de ‘Hannoucah, le Rabbi éclaire nos coeurs de la lumière de la Guéoulah, et de la venue de notre Juste Machiah, très bientôt et de nos jours, avec l’aide de D.ieu.
Les Sages de la partie profonde de la Torah nous donnent souvent l’exemple du constructeur d’une maison qui regarde le plan que l’architecte a conçu avant de commencer à construire concrètement cette maison. De la même façon, il est dit que ‘D.ieu regarda dans la Torah et créa le monde’. Cela doit nous faire comprendre que l’image du monde telle qu’elle apparaît à nos yeux cache en réalité des enseignements très profonds. L’observation des phénomènes physiques nous permet de comprendre des concepts divins très élevés. Le monde résulte du regard d’Hachem, car D.ieu regarda dans la Torah avant de le créer. Ce regard constitue en fait Sa pensée profonde, qui est à l’origine de la Création.
Aussi, il est possible de dire que cette pensée profonde, ce regard que L’Eternel porta dans la Torah avant de créer le monde, n’a pas disparu lorsque D.ieu le créa. Tout comme le plan d’une maison continue d’exister, et nous pouvons même dire qu’il ne commence à exister véritablement que lorsque la maison est construite, le regard que D.ieu porta dans la Torah avant de créer le monde continue d’exister dans le monde crée. Le regard divin qui a précédé la Création est imprimé dans la Création. Ce regard, il se cache par exemple derrière un phénomène physique, et le Rabbi, dans le Dvar Mal’hout de la Paracha Vaychla’h, nous donne l’occasion de nous en rendre compte.
Durant la première partie du mois, c’est à dire du premier au 15, la lune s’éloigne progressivement du soleil. Le premier jour du mois (‘Roch ‘Hodèch: la ‘tête du mois’) elle est comme un point (comme une ‘tête’: ‘roch’) de lumière qui naît (naissance : nouveauté: ‘Hidouch: ‘Hodèch) dans le ciel, et ce point grandit peu à peu, jusqu’a ce que la lune soit pleine le 15 du mois qui est alors un jour de ‘pleine lune’.
Dans la seconde partie du mois, c’est à dire du 15 au 30, la lune se rapproche du soleil. Le jour du 15 (jour de ‘pleine lune’) la lumière du soleil se reflète sur toute la surface de la lune, puis du 15 jusqu’au 30 cette lumière va en diminuant progressivement, jusqu’à ce que le 30 elle ait complètement disparue.
D’après le principe selon lequel la lumière de la lune augmente lorsque la lune s’éloigne du soleil, et qu’elle diminue lorsqu’elle se rapproche du soleil, le Rabbi nous enseigne que la seconde partie du mois de Kislev (du 15 au 30) correspond à la révélation de l’Essence divine.
En effet, la date du 19 Kislev et celle de la fête de ‘Hannoucah tombent pendant la seconde partie du mois de Kislev, c’est à dire pendant la période où la lune se rapproche du soleil, et que sa lumière diminue progressivement jusqu’à finir par disparaître dans le ciel à la fin du mois.
Le Rabbi pose alors la question suivante: comment se fait-il que le jour lumineux du 19 Kislev, date de la libération de prison de l’Admour Hazaken, et les jour de ‘Hannoucah, la ‘fête des lumières’, coïncide avec la période où la lumière de la lune diminue dans le ciel ? Nous aurions pu penser en effet que ces jours pleins d’une si grande lumière coïncident par exemple avec un jour où la lune, qui est comparée par les Sages à l’Assemblée d’Israël, est pleine.
Le jour de pleine lune symbolise en effet le fait qu’Israël (‘la lune’) reçoit une grande lumière d’Hachem (‘le soleil’). Or c’est le contraire qui se produit ici. Le 19 Kislev et ‘Hannoucah tombent précisément lorsque la lumière de la lune diminue dans le ciel.
La réponse à cette question peut être donnée à partir d’un enseignement du Rabbi Rachab. Le Rabbi Rachab explique dans son ouvrage intitulé ‘la Source’ (27, 1) que ‘l’intellect affaiblit la volonté’. L’idée exprimée ici est que lorsqu’un Juif éveille la force de son intellect alors du même coup il n’agira pas au-delà de la raison. En d’autres termes quand un Juif est prêt à donner sa vie pour D.ieu, il ne réfléchit pas. Quand un Juif met sa vie en danger pour sanctifier le Nom de D.ieu, il est évident qu’il n’agit plus sous l’emprise de son intellect, car il est alors animé par la force de l’Essence de son âme, laquelle est enracinée dans l’Essence divine.
Ainsi, ‘l’intellect affaiblit la volonté’ signifie ici que plus on révèle les forces de l’âme, comme l’intellect par exemple, plus on diminue la volonté qui est au-delà de l’intellect et de la raison, la force de l’Essence de l’âme. Et, plus on révèle la force de l’Essence de l’âme, plus on diminue la force de l’intellect.
Aussi, la lumière de la lune est comparable à l’intellect (et à toutes les forces de l’âme), car de même que la lumière de la lune est un reflet de la lumière du soleil, l’intellect n’est qu’un reflet de l’Essence de l’âme.
Dès-lors, le moment où la lumière de la lune diminue dans le ciel est comparable au moment où l’homme met son intellect de côté et révèle la force de l’Essence de son âme. Plus l’Essence se révèle, plus les forces de l’âme diminuent. Le contraire est aussi vrai, car plus l’homme agit avec son intellect (la lumière de la lune augmente dans le ciel), moins il révèle la force de l’Essence de son âme (la force d’agir au delà de la raison et de l’intellect).
A la lumière de ce qu’il vient d’être dit, nous pouvons comprendre à présent la raison pour laquelle le jour du 19 Kislev et la fête de ‘Hannoucah tombent pendant la deuxième moitié du mois de Kislev, quand la lumière de la lune diminue dans le ciel, car comme nous l’avons expliqué au nom du Rabbi la diminution de la lumière correspond à la révélation de l’Essence. Ainsi, la période du 15 au 30 Kislev est un moment de l’année pendant lequel l’Essence divine se révèle tout particulièrement.
Le monde qui nous entoure peut être regardé de différentes façons. Si l’on regarde le ciel et que l’on observe la lumière de la lune, on peut effectivement savoir quel jour est celui de Roch ‘Hodèch. Cependant, les éléments du ciel, comme la lune ou le soleil ne composent pas seulement les parties d’une grande horologe qui nous renseigne sur le temps. D.ieu nous fait voir également à travers eux des images qui constituent des enseignements précieux pour notre service divin.
Aussi, le Rabbi nous donne ici à réfléchir à la partie cachée de notre âme. Le Rabbi exprime le fait que le jour du 19 Kislev et les jours de ‘Hannoucah sont des jours pendant lesquels Hachem dévoile Son Essence.
A l’évidence nous devons agir à Son exemple, c’est à dire que nous devons faire tout ce qui est en notre pouvoir pour révéler l’Essence de notre âme, de nous-mêmes, de notre être tout entier.
Comme nous le savons, c’est uniquement par notre attachement au Rabbi et à ses enseignements que nous y parviendrons. Révéler le lien essentiel qui unit notre âme à D.ieu, dans nos pensées nos paroles et nos actes, et aider tous ceux qui nous entourent, tous nos proches, tous nos frères en Israël, tous les peuples du monde (en diffusant les 7 Lois Noa’hides), afin qu’ils parviennent aussi à agir en ce sens, à se lier au Rabbi, au Moshé de notre génération, pour enfin provoquer la venue de notre Juste Machia’h, très bientôt et de nos jours, avec l’aide de D.ieu.