Dans la Torah (Paracha Mikets), il est raconté que Yossef renvoya ses frères pour qu’ils rapportent le blé dans leurs maisons. Par ailleurs, Yossef demanda à ses frères d’aller chercher leur jeune frère Benyamin, et de le lui ramener en Egypte. En agissant de la sorte les frères de Yossef confirmeraient la véracité de leurs paroles et pourraient rester en vie. Cependant, Yossef émit comme condition de garder Chimon prisonnier.

Or, dans le discours Hassidique intitulé ‘Chouva Israël’, le Rabbi Rachab nous enseigne que le dévoilement supérieur de l’Essence de l’âme Juive, tout comme le dévoilement de l’Essence de la Torah, sont illusionnés dans les mots du verset (Chir Ha Chirim, 2, 6) : שמאלו תחת לראשי ו’מ’נו תחבקנ’ :

‘Son bras gauche soutient ma tête et son bras droit m’enlace’.

Le Rabbi Rachab explique que la Droite correspond au dévoilement de l’Essence divine, c’est ‘le niveau de la Torah telle qu’elle est dans Son Essence’ (Chapitre 2 du discours du Rabbi Rachab).

Ainsi, à la lumière de cet enseignement, il est possible de dire sous la forme d’un ‘hidouch que le nom ‘Benyamin’ qui est composé des mots בן (fils) et ימין (droite) n’est pas sans évoquer le dévoilement de l’Essence divine (‘le bras droit de D.ieu’), et cette explication s’accorde avec la Bénédiction que Yaacov adressa à Benyamin avec son commentaire de Rachi. De fait, la Bénédiction de Benyamin est dans la construction du Temple, ‘dans lequel réside la Présence divine’.

Toujours sous la forme d’un ‘hidouch, il est possible d’établir un lien entre l’emprisonnement de Chimon qui aboutit finalement au fait que tous les fils de Yaacov, et Yaacov lui-même, furent libérés de leurs souffrances lorsque Yossef ‘installa son père et ses frères et leur donna une propriété dans le pays d’Egypte’ (Vayigach, 47, 11), avec ‘l’emprisonnement’ de Rabbi Chimon Bar-Yohaï dans une caverne qui aboutit finalement au dévoilement du Livre du Zohar.

L’emprisonnement de Chimon, le fils de Yaacov, dans une prison d’Egypte, et l’enfermement de Rabbi Chimon Bar-Yohaï dans une caverne, aboutirent donc tous les deux à une délivrance : la délivrance des enfants d’Israël, et la délivrance de la partie profonde de la Torah.

Ces deux évènements expriment clairement le principe que la lumière qui vient de l’obscurité est plus élevée que la lumière elle-même, et ce même principe s’applique à l’enseignement du Rabbi dans le Dvar Mal’hout sur notre Paracha.

En effet, le Rabbi nous enseigne que Yéhoudah, le fils de Yaacov, et Mordé’haï Ha Yéhoudi, ‘s’élevèrent au-dessus de toutes les limites du monde et de l’exil’.

Or, c’est par le fait de s’attacher à D.ieu de la manière la plus profonde que l’on parvient à atteindre un tel niveau. Et, lorsque l’on parvient à ce niveau alors on réussit à transformer l’exil en une demeure pour l’Essence de D.ieu.

Notre attitude ne doit pas être celle de s’accomoder à l’exil, mais d’agir dans l’exil tout en ayant une attitude qui le dépasse totalement. On parvient dans ce cas à unir deux contraires : la Volonté de D.ieu qui est au-delà de ce monde avec l’exil et toutes les limites qu’il nous impose.

Concrètement, le Rabbi nous enseigne dans ce Dvar Mal’hout que nous devons ressentir la soumission la plus totale vis-à-vis de D.ieu, à l’exemple de Yéhouda et de Mordé’haï. Ce travail, dans notre service divin, comme l’explique le Rabbi Rachab dans son discours ‘Chouva Israël’, s’accorde avec les mots du verset שמאלו תחת לראשי : ‘Son bras gauche soutient ma tête’.

On parvient au niveau de l’Essence de l’âme (le ‘bras droit’) précisément au moyen du ‘bras gauche’ : lorsque l’on ressent une profonde amertume en prenant conscience de notre éloignement vis-à-vis de D.ieu, de tous les voiles qui nous empêchent de percevoir le divin, lesquels sont dus tout particulièrement à nos péchés, alors nous parvenons à la Téchouva véritable et du plus profond de notre être. Dans ce cas, cette Téchouva a pour effet que D.ieu nous ‘enlace de Son bras droit’, ce qui signifie, comme il a été expliqué précédemment, qu’Il dévoile la partie la plus élevée de notre âme, le niveau de ‘Tu aimeras L’Eternel ton D.ieu de tout ton pouvoir’, un amour pour D.ieu qui dépasse totalement l’amour qui naît de la raison et de l’intellect.

Tout dépend donc de notre attitude face à l’exil. Le Rabbi préconise que nous devons adopter l’attitude de Mordé’haï au sujet duquel il est dit (Méguila, 3, 2) :

‘Tous les serviteurs du roi, admis à la cour royale, s’agenouillaient et se prosternaient devant Aman, car tel était l’ordre donné par le roi en son honneur, mais Mordé’haï ne s’agenouillait ni ne se prosternait’.

Peut-être est-il judicieux d’expliquer à ce sujet que ‘nous ‘agenouiller et nous prosterner’ devant l’exil signifie que l’exil nous affaiblit car il est à l’origine de notre tristesse et de notre inaction. A l’opposé, nous devons nous conformer à l’enseignement du Rabbi Rachab en méditant au fait que l’exil ne doit avoir pour effet que celui de nous faire prendre conscience et de ressentir dans notre cœur de l’amertume face à tout ce qui nous empêche de percevoir le Divin. Dans ce cas, l’exil nous permettra d’accéder à une Téchouva véritable.

L’exemple de Chimon retenu prisonnier dans une prison d’Egypte, tout comme l’exemple de Rabbi Chimon Bar Yo’haï retenu caché dans une caverne, évoquent l’huile cachée dans le cœur d’une olive. Comme nous l’enseigne le Rabbi dans son discours intitulé Vé Ata Tetsaveh, c’est précisément par le fait d’avoir le cœur brisé, à l’exemple d’une olive concassée, que l’on dévoile l’huile : la force de l’Essence divine dévoilée dans notre âme.

De fait, il est possible de dire, toujours sous la forme d’un ‘hidouch, que la valeur numérique de Machia’h משיח, qui est égale à 358, ajoutée à celle de לב (coeur) est égale à 390 qui est la valeur numérique de שמן : l’huile.

Ainsi, le cœur du Machia’h désigne l’huile, la lumière de l’Essence divine qu’il dispense aux enfants d’Israël, et comme l’huile que l’on utilise pour graisser une machine afin de permettre le bon fonctionnement de toutes les parties et de tous les éléments qui la composent, le Rabbi lie et unit tous les membres de l’Assemblée d’Israël en un corps unique, capable d’attiser le désir de D.ieu de résider en ce monde, lors de la Délivrance finale, très bientôt et de nos jours, avec l’aide de D.ieu.

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