Source : Farbrenguen du Rav Chmouel Azimov à l’issue de l’inauguration d’un Séfer-Torah, au Beth ‘Habad de la place des fêtes, Paris 19ème. Adar 1991- Guerre du golfe.
Par le Rav Yaacov Abergel
Dans cette vidéo, le Rav Chmouel Azimov rapporte comme référence une ‘longue Si’ha’ du Rabbi sur l’importance ‘d’avoir la flamme’, la vitalité, dans toutes les Mitsvoth que l’on accomplit.
Lorsque l’on donne une pièce à la Tsédaka, ce doit être fait ‘chaleureusement, avec vitalité’.
Quand on fait rentrer un nouveau Séfer-Torah dans la Maison de prière, ce doit être ‘avec une flamme’.
Chaque chose doit être accomplie ‘avec une flamme’, à l’exemple du feu perpétuel, ‘Ech tamid’, qui brûle sur l’Autel du Temple, lequel correspond au cœur d’un Juif.
Quand ce feu brûle dans notre cœur, toutes les choses négatives, qu’il s’agisse de choses qui sont à l’origine d’une chute spirituelle, ou qu’il s’agisse de choses liées à notre propre santé, toutes ces choses ‘s’éteignent’, lorsque brûle dans notre cœur ce ‘feu perpétuel’.
Le Rav Azimov illustre cet enseignement au moyen de 4 exemples. La Tsédaka, l’entrée d’un nouveau Séfer Torah dans une Synagogue, le combat face aux tentations du mauvais penchant, et enfin la santé. Quelque soit la situation dans laquelle il se trouve, ‘le feu perpétuel qui brûle dans le cœur éteint les choses négatives’.
L‘acte de donner la charité purifie l’âme de celui qui s’efforce de l’accomplir jour après jour. Elle représente l’un des fondements de notre service divin et le Rav Azimov la rapporte en premier.
Il est écrit dans les ‘Lois de la Tsédaka’ (Choulhan Aroukh, Yoré Déa) que l’on doit donner la Tsédaka avec un visage bienveillant. Le Rabbi insiste toujours sur le fait que ‘les paroles dîtes avec douceur pénètrent dans le cœur et y font leur effet’. De la même façon, celui qui donne la Tsédaka doit le faire ‘avec douceur’, en étant animé par l’amour du prochain, et cet amour doit être ressenti par la personne qui la reçoit.
L’Admour Hazaken explique dans le livre du Tanya que l’argent que l’on donne à un pauvre provient d’un travail que l’on a accompli. Or, ce travail a exigé de notre part d’investir notre énergie, notre vitalité. De ce fait, l’argent est d’une certaine manière comparable au sang, lequel est aussi l’expression de la vitalité dans le corps. Si l’argent est comme le sang qui vivifie le corps, alors celui qui reçoit la Tsédaka reçoit de la vitalité, et lorsque celle-ci est donnée‘avec chaleur’ alors elle détient le pouvoir ‘d’éteindre’ toutes les choses négatives.
Cet enseignement s’accorde avec une explication du Rabbi Rachab sur le verset des ‘Proverbes du Roi Salomon’(21, 14) : ‘Un cadeau donné en secret fait tomber la colère’ (voir ‘Bé Chaa ché hikdimou’, Tome 1, page 417).
Rachi : ‘Un cadeau’ : c’est la Tsédaka.
Le Rabbi nous enseigne qu’il existe deux périodes dans la Délivrance. La première période correspond à la révélation du Machia’h, et la seconde, à la résurrection des morts (voir ‘Ekev Tichméoun’, Séfer Ha Maamarim Méloukat, 2).
L’explication du Rabbi Rachab du verset ‘Un cadeau donné en secret fait tomber la colère’ se rapporte à la seconde période de la Délivrance, la résurrection des morts. De fait, le Rabbi Rachab explique que le ‘cadeau’ est une allusion à la lumière infinie que L’Eternel dévoilera à ce moment, et qui aura pour effet de faire ‘tomber la colère’ : ‘toutes les sévérités tomberont’.
Les ‘sévérités’ font allusion aux douleurs et aux larmes de l’exil, ainsi qu’il est dit : ‘L’Eternel effacera les larmes de tout visage…Et la mort sera avalée’.
A la lumière de ce qu’il vient d’être dit, il apparaît que l’explication que donne Rachi du ‘cadeau’ (la Tsédaka) s’accorde à cette explication du Rabbi Rachab.
Selon Rachi, le ‘cadeau’ représente la ‘Tsédaka’, et selon le Rabbi Rachab il représente le dévoilement de l’Essence divine, la finalité de notre mission de‘faire de ce monde une demeure pour D.ieu’.
Ces deux explications s’accordent l’une avec l’autre. Donner la Tsédaka, c’est donner à l’autre de la vitalité, et de la même façon, l’Eternel insufflera aux mondes, et à tout ce qu’ils contiennent, la vie éternelle, au moment de la résurrection des morts.
Ainsi, l’enseignement du Rabbi rapporté par le Rav Azimov dans cet audio, selon lequel ‘le feu perpétuel qui brûle dans le cœur éteint les choses négatives’, s’exprime ici avec force.
L’acte de donner la charité est défini par les Sages comme étant ‘La’ Mitsvah, et il est dit que c’est précisément cette Mitsvah qui provoquera la Délivrance finale.
Donner à l’autre avec chaleur, en étant animé par le feu de l’amour de D.ieu, l’amour d’Israël et l’amour de la Torah a le pouvoir ‘d’éteindre’ toutes les choses négatives, et cela à tel point que même ‘la mort sera avalée’, et que toutes ‘les larmes seront effacées’.
Le deuxième exemple est celui de l’entrée d’un Séfer-Torah dans une Synagogue.
L’idée que la Torah est un ‘feu perpétuel qui a le pouvoir d’éteindre toutes les choses négatives’ est très souvent exprimée dans les textes de ‘Hassidout.
Par exemple, dans le Dvar Mal’hout sur les Parachiot ‘Béhar Bé’houkotaï’, le Rabbi rapporte que la Torah est comparée au sang qui coule dans les veines, car à l’exemple du sang qui vitalise chaque membre du corps, la Torah, avec ses 613 Mitsvoth, vitalise et purifie les 613 membres du corps (voir Likouteï Torah, Bamidbar, 13, 1).
Par ailleurs, l’inauguration d’un Séfer-Torah dans une Synagogue n’est pas sans évoquer la déclaration du Zohar selon laquelle ‘le point se trouve dans le palais’.
Dans l’ouvrage intitulé ‘la ‘Hassidout, étude et enseignement’ (Editions du Beth Loubavitch, page 181), le Rabbi Rayats explique la signification profonde du point qui se trouve à l’intérieur du Beith :
Selon la ponctuation, le motביתdésigne la seconde lettre de l’alphabet, ‘Beïth’, ou symbolise le Temple de Jérusalem, le ‘Beïth Ha Mikdache’, une Synagogue, ‘Beït-knesset’, ou plus simplement une Maison, ‘Baït’.
Le dessin de la lettre ‘Beïth’, avec le point qui est à l’intérieur, évoque le plan de la partie la plus sainte du Temple de Jérusalem : le ‘Beït Ha Mikdache’.
En effet, la forme de la lettre ‘Beïth’ symbolise les murs du Saint des Saints qui entourent l’Arche (le ‘point’) contenant les Tables de pierre sur lesquelles L’Eternel a gravé les 10 Commandements.
Il est néanmoins possible de donner d’autres explications, plus profondes, de cette image.
Le ‘point’ qui est à l’intérieur de la lettre désigne l’attribut de ‘Ho’hmah, et la lettre qui entoure ce point désigne l’attribut de Binah, le ‘palais’.
L’enseignement du Rabbi rapporté dans le Farbrenguen du Rav Azimov, selon lequel ‘toutes les choses négatives s’éteignent lorsque le feu perpétuel brûle dans notre cœur’, peut être illustré à travers un exemple du Rabbi Rayats (extrait de l’ouvrage intitulé ‘la Hassidouth, étude et enseignements’ (Editions Beth Loubavitch).
Les forces de l’intellect que sont ‘Ho’hmah et Binah sont définis par l’Admour Hazaken dans le livre du Tanya, comme le père (‘Ho’hmah) et la mère (Bina) qui donnent naissance aux émotions.
En effet, les émotions ‘sont le produit de la compréhension. Physiquement, le père et la mère éduquent et guident leurs enfants et ceux-ci se développent en fonction de l’éducation qu’ils reçoivent. Il en est de même pour les émotions, ‘enfants’ des parents que sont ‘Ho’hmah et Binah. La nature profonde des sentiments est forgée en fonction des attributs de l’intellect .
Le Rabbi Rayats explique que la lumière intellectuelle du père (‘Ho’hmah), et de la mère (Binah) doivent éclairer les sentiments dans une juste proportion. Les sentiments sont équilibrés lorsqu’ils résultent d’une juste harmonie entre ‘Ho’hmah et Binah.
Ainsi, lorsque la lumière de la compréhension, qui est le point de ‘Ho’hmah, illumine constamment le développement de l’analyse (Bina) ‘on peut éprouver du plaisir (Oneg)’.
A l’opposé, quand le développement de l’analyse n’est plus éclairé par la lumière de ‘Ho’hmah, il est alors incontrôlé, et peut évoluer dans n’importe quelle direction, et dans ce cas ‘on peut constater une plaie (Néga)’.
Au départ ‘l’éclair de ‘Ho’hmah’ éclaire l’esprit. Cet éclair représente l’apparition d’une idée dans notre esprit sous la forme d’un éclair lumineux, d’une lumière divine, d’une idée encore abstraite. Ensuite, à partir de cette idée, nous construisons une analyse au moyen de laquelle nous parviendrons finalement à une compréhension concrète de l’idée de départ. Cependant, l’homme peut s’enfermer et se limiter par son analyse. C’est le cas, lorsqu’il construit son raisonnement sans que celui-ci ne soit constamment influencé par la lumière de ‘Ho’hmah.
La lumière de ‘Ho’hmah est divine et le raisonnement de l’homme doit toujours être sous son influence. Si ce n’est pas le cas, si l’homme détache sa réflexion de cette lumière, son analyse perdra de son caractère divin, elle sera sous l’emprise de la logique humaine, deviendra ‘matérielle’, limitée.
Ainsi, à la lumière de ce qu’il vient d’être dit, nous comprenons que l’inauguration d’un nouveau Séfer Torah n’est pas non plus sans exprimer l’importance de maintenir dans nos vies l’influence de la lumière divine, car la Torah de D.ieu, ‘le point’, illumine aussi bien, l’espace physique de la Synagogue que l’âme de ceux qui s’y trouvent, ‘le palais’, ainsi quil est dit (Pirkei Avoth, 6, 9) : ‘Je ne peux demeurer que dans un endroit de Torah’.
L’exemple suivant, rapporté par le Rav Azimov dans le Farbrenguen, est celui du combat que l’on mène face au tentations négatives suscitées par le mauvais penchant. Or, ‘lorsque le feu perpétuel brûle dans notre cœur’, même ces tentations ‘s’éteignent’, et le mauvais penchant ne peut plus rien contre nous.
Cette idée est au centre du discours ‘Hassidique du Rabbi commençant par les mots du verset : ‘Tu as libéré mon âme dans la paix’(‘Pada bé Chalom nafchi’).
En effet, ‘D.ieu a crée une chose et son contraire’, mais il existe un niveau, un seul, face à lequel le mauvais penchant ne peut opposer aucune résistance. Ce niveau est celui de du lien de l’âme avec l’Essence divine : l’essence de l’âme Juive.
Aussi, lorsqu’un Juif dévoile en lui-même la force de l’essence de son âme, D.ieu le délivre du combat qu’il mène de manière incessante contre son mauvais penchant. C’est le sens de ‘Tu as libéré mon âme dans la paix’.
Le feu perpétuel qui brûle dans le cœur représente la force de l’essence de l’âme, et ce feu a le pouvoir de libérer l’âme divine de son combat face à l’âme animale, d’éteindre les désirs grossiers suscités par le mauvais penchant. La force de l’essence de l’âme a le pouvoir de nous faire accéder à ‘la paix’, aux plaisirs divins qui naissent dans le cœur de celui qui est attaché à la Parole de D.ieu.
Enfin, le dernier exemple donné est celui de la santé. Dans un corps sain un
‘feu perpétuel brûle dans le cœur’.
Cette idée s’exprime tout particulièrement à travers un enseignement du Rabbi dans l’ouvrage intitulé ‘Iniana chel Torat ha Hassidout’.
Le Rabbi explique que la mort existe à présent car l’Essence divine n’est pas encore révélée dans ce monde, mais après le dévoilement du Machia’h, il se réalisera la prophétie selon laquelle ‘la mort sera avalée et D.ieu effacera les larmes de tous les visages’.
Ici aussi, le ‘feu perpétuel’ est lié à la révélation de la lumière qui procède de l’Essence divine, et qui se dévoilera au moment de la Délivrance finale. C’est à ce sujet qu’il est dit que ‘dans les temps messianiques l’âme sera nourrie par le corps’. Le ‘feu perpétuel’ brûlera dans un corps perpétuel, pour un Chabbat éternel.
Enfin, et pour conclure, peut-être qu’il convient ici d’ajouter que ‘le point qui est au milieu du palais’ n’est pas sans évoquer le sentiment divin qui brûle dans le cœur d’un ‘Hassid du Rabbi.Ainsi, le ‘point’ représente ‘l’étincelle du Machia’h’ que possède chaque Juif en son âme, alors que ‘le palais’ représente les forces de la partie de l’âme qui s’habille dans le corps (l’intellect, les sentiments, l’action).
‘Le point est au milieu du palais’ signifie qu’un Juif éveille en lui le désir de faire tout ce qui est en son pouvoir pour provoquer la venue du Machia’h.
La Délivrance est ‘au milieu’ de sa vie, elle est son but, sa raison d’être. C’est précisément cela la mission du Rabbi, éveiller le désir de la Guéoulah dans le cœur. Le Rabbi allume la flamme dans le cœur de son ‘Hassid de manière à ce que celle-ci ‘monte d’elle-même’, et brûle perpétuellement, ‘Ner tamid’(voir la fin du discours du Rabbi intitulé ‘VéAtah Tetsaveh’).
Enfin, ‘le point qui est au milieu du palais’ n’est pas non plus sans imager le Rabbi, ‘le point’, qui illumine le 770, ‘le Palais’.
(Pour la santé, la réussite spirituelle et matérielle de Liba Bat Esther, à l’occasion de son anniversaire le 48ème jour de l’Omer)
Dans son commentaire du verset ‘D.ieu acheva le septième jour…’ (Béréchit, 2, 2) Rachi écrit que ‘le sixième jour de la Création ‘toutes les œuvres sont en suspend et se tiennent jusqu’au sixième jour du mois de Sivan : le don de la Torah’.
Cette image d’un monde ‘suspendu’ exprime l’idée que la Création n’aboutit véritablement à sa perfection que le jour ou la Torah fut donnée à Israël. Cela s’accorde d’ailleurs à cette autre explication que nous donne Rachi dans la suite de son commentaire : ‘lorsqu’Israël accepta la Torah toutes les œuvres de la Création furent consolidées et l’on considéra que le monde avait été créé à ce moment-la’.
Le Rabbi, dans le ‘Dvar Mal’hout’ sur la Paracha ‘Bamidbar’, rapporte ce commentaire de Rachi afin d’expliquer que le Chabbat, qui fut créé le septième jour, et le don de la Torah ont ceci en commun qu’ils apportèrent le repos et la paix dans le monde. Plus précisément, le Rabbi nous enseigne que la perfection du repos fut atteinte véritablement le jour du don de la Torah.
Ce ‘monde en suspend’ qui dut attendre le jour du don de la Torah, pour connaître enfin un repos véritable, est par ailleurs évoqué au tout début de la Torah (Béréchit, 2, 2) : ‘Or, la terre était informe et vide, et les ténèbres étaient sur la face de l’abîme et l’Esprit de D.ieu planait sur la surface des eaux’.
Le ‘Midrache Rabba’ déclare que ‘l’Esprit de D.ieu’ désigne ici le Machia’h. De ce fait, il apparaît avec clarté que ‘la terre était informe et vide et les ténèbres étaient sur la surface des eaux’ car ‘l’esprit du Machia’h ne faisait que planer sur la surface des eaux’.
C’est donc la même idée que Rachi exprime, lorsqu’il explique que le sixième jour toute la Création fut ‘en suspend’ jusqu’au jour du don de la Torah.
Le Rabbi donne dans le ‘Dvar Malhout’ la signification du ‘repos’. Le repos est lié à la connaissance de D.ieu, ainsi que dit le Rabbi : le repos n’est apparu que lorsque D.ieu a dévoilé à toute la Création la raison de son existence. Cela se produisit le septième jour, le jour du Chabbat, et ce dévoilement atteignit sa perfection le jour du don de la Torah.
Par le don de la Torah, L’Eternel dévoila Sa Volonté profonde, et tous les êtres de la Création connurent enfin un repos véritable. Car le repos vient de la connaissance de D.ieu, de Sa Volonté. Lorsque L’Eternel dévoila la Torah, tous les êtres connurent et ressentirent, le but pour lequel ils furent créés.
C’est cela la signification profonde du Chabbat et du don de la Torah. Le dévoilement de la Volonté de D.ieu, laquelle, lorsqu’elle est ressentie profondément, apporte le repos véritable de l’âme et du corps.
A la lumière de ce qu’il vient d’être dit, nous comprenons que la perfection du repos ne sera atteinte que lors du don de la Torah nouvelle par l’intermediaire du Machia’h. En effet, la Torah qui fut donnée à Moché sur le Mont Sinaï représente la Volonté de D.ieu, dans sa dimension matérielle (la connaissance des Commandements divins dont la majorité est accomplie au moyen de la matière), alors que la Torah que nous enseignera le Machia’h représente la Volonté profonde de D.ieu.
Dès-lors, il est facile de concevoir que lors de la Délivrance finale, le peuple Juif et les peuples du monde, en découvrant la partie la plus intérieure de la Torah, la profondeur de la Volonté divine, connaîtront alors la perfection du repos.
Cependant, chaque Juif peut déjà goûter à la Volonté profonde de D.ieu. Chaque Chabbat il reçoit une âme supplémentaire, laquelle désigne ‘l’essence de l’âme Juive’ qui est ‘enracinée dans l’Essence divine’.
Ce don de D.ieu détient le pouvoir d’affiner les sens. Il donne à chaque Juif la possibilité de percevoir le divin qui se cache dans ce monde matériel.
Les Sages ont déclaré que ‘L’Eternel regarda dans la Torah avant de créer le monde’, et il nous est permis de dire que ‘L’Eternel regarda dans la ‘Hassidout avant de nous dévoiler Sa pensée.
Le Rabbi Rayats a écrit ‘qu’en révélant la profondeur, l’interiorité de la Torah et des Commandements, la ‘Hassidout met en éveil un sentiment divin dans le cœur fidèle du peuple d’Israël’.
A l’évidence nous devons faire tout ce qui est en notre pouvoir pour éveiller ce ‘sentiment divin’ dans nos cœurs. Cependant, il ne suffit pas que ce sentiment ‘plane au-dessus des eaux’. C’est précisément par notre attachement au Rabbi, à ses enseignements, que nous pouvons parvenir à faire descendre ce ‘sentiment divin’ dans un acte tout aussi divin.
C’est en agissant en ce sens, que nous détenons la force d’éveiller le Désir de D.ieu de nous donner la Délivrance finale, et de nous dévoiler Sa pensée.
Le Rabbi Rayats a écrit que ‘L’Eternel étendit Sa sainte main et nous apporta la clarté par l’intermédiaire de notre Maître, le Baal Chem Tov et ses saints disciples, nos ancêtres et Maîtres. Ceux-ci révélèrent l’enseignement de la ‘Hassidout qui, au moyen de différentes explications, établit un lien entre la dimension cachée et la partie révélée de la Torah’.
A nouveau, ces paroles du Rabbi nous donnent l’occasion de réaliser l’importance de l’étude de la ‘Hassidout. Elle nous permet d’unir le monde caché avec ce monde matériel, d’unir la force infinie de la partie la plus profonde de notre âme, l’essence de l’âme, avec notre intellect, nos sentiments, et nos actions.
Enfin, le Rabbi Rayats écrit aussi : ‘La ‘Hassidout introduit lumière et clarté en toute chose. Elle souligne que toute créature, qu’elle soit végétale ou minérale, animale ou humaine, doit être considérée à travers la Parole de D.ieu qui l’anime, la conduit à l’existence, la fait vivre et se perpétuer’.
A la lumière de ces paroles du Rabbi Rayats, il nous est donné à comprendre qu’a l’exemple du Chabbat et du don de la Torah, la ‘Hassidout introduit la lumière et la clarté en toutes choses’. Le Rabbi, dans son ouvrage ‘Iniana chel Torat Ha Hassidout’ déclare que la ‘Hassidout insuffle à la Création ‘une vitalité nouvelle’. De fait, c’est par elle que nous aurons le mérite de voir enfin ‘un ciel nouveau, une terre nouvelle, et une Torah nouvelle’, lors de la Délivrance finale, très bientôt et de nos jours, dès-à-présent avec l’aide de D.ieu.
Au début du cinquième chapitre des ‘Maximes des Pères’ (‘Pirkeï Avot’), il est posé la question suivante : ‘Le monde a été créé par 10 paroles. Et pourquoi ces 10 paroles, une seule n’aurait-elle pas suffit ?
Pour répondre à cette question de manière profonde, le Rabbi rapporte l’enseignement du Ramban selon lequel la ‘matière première’ du monde a été créée en ‘une seule parole’, alors que toutes les formes des êtres, avec tous leurs détails, ont été créés au moyen de ‘dix paroles’.
Le Rabbi nous enseigne donc ‘qu’une seule parole’ désigne la force, qui n’appartient qu’à D.ieu, de créer la forme première de l’existence à partir du néant (‘Yèch mi Aïn’), alors que ‘les dix paroles’ représententla diversité au sein de la Création.
‘Une seule parole’ met donc l’accent sur le fait que tout provient de D.ieu et que tout Lui est parfaitement soumis. C’est la raison pour laquelle le Rabbi compare cette ‘seule parole’ à la partie profonde de la Torah, laquelle est au-delà de ce monde du fait qu’elle fait ‘Un’ avec le Créateur.
A l’opposé, les ‘dix paroles’ représentent la partie révélée de la Torah, laquelle descend dans ce monde matériel pour s’habiller dans 613 Mitsvot.
Cela s’accorde d’ailleurs avec le fait que la Torah purifie non seulement tout ce qui compose ce monde matériel, mais aussi l’âme, et le corps de l’homme avec ses 613 membres et vaisseaux sanguins.
Dans le Dvar Mal’hout, le Rabbi nous enseigne que la Paracha ‘Béhar’, qui désigne le ‘Mont-Sinaï’, évoque les ‘dix paroles’. En effet, la montagne symbolise l’élévation d’un niveau vers un niveau supérieur, c’est-à-dire l’attitude que nous devons adopter, d’aller ‘de prodiges en prodiges’ afin de purifier tous les aspects de ce monde. La Paracha ‘Béhar’ est donc liée avec le chiffre 10, ‘les dix paroles’, car elle met l’accent sur la pluralité, sur les différences et la diversité qui existent dans ce monde matériel.
Quant à la Paracha ‘Bé’houkotaï’, elle évoque la ‘seule parole’. En effet, le nom hébreu ‘Hakika qui est apparenté au nom ‘Bé’houkotaï’, signifie ‘Gravure’ : L’Eternel grava de ‘Son doigt’ les lettres des 10 Commandements sur la pierre des Tables de l’Alliance.
Ces lettres se sont unies à la pierre du lien le plus profond, car les lettres que l’on grave dans la pierre ne font plus qu’Un avec la pierre. Aussi, les lettres divines gravées dans les tables ne sont pas sans évoquer la partie profonde de la Torah qui est au-delà du monde, et ne fait qu’Un avec le Saint béni soit-Il.
C’est la raison pour laquelle la Paracha Bé’houkotaï fait allusion à ‘une seule parole’, car elle évoque l’Essence de la Torah qui ne fait qu’Un avec l’Essence divine.
Ainsi, le Rabbi nous donne ici à comprendre que l’union des Parachiot ‘Béhar’ et ‘Bé’houkotaï’ exprime l’idée que nous devons faire tout ce qui est en notre pouvoir pour faire de ce monde matériel (’10 paroles’) une demeure pour l’Essence divine (‘une seule parole’). C’est-à-dire révéler la force de l’Essence divine de manière à ce que celle-ci pénètre et ne fasse plus qu’Un avec le corps du monde physique, et de l’homme.
La ‘Hassidout nous enseigne que l’intention du don de la Torah fut d’unir les mondes supérieurs à ce monde inférieur, ‘les mondes supérieurs descendirent dans les mondes inférieurs, et les mondes inférieurs s’élevèrent vers les mondes supérieurs’.
Le Rabbi explique que le lien entre les mondes supérieurs et les mondes inférieurs n’est véritable, non pas lorsque le niveau supérieur descend de sa supériorité’ pour s’unir au niveau inférieur (car dans ce cas il ne serait plus réellement supérieur), mais ‘lorsque le niveau supérieur, tel qu’il est dans toute sa supériorité, s’unit au niveau inférieur tel que celui-ci se trouve dans toute son infériorité‘.
Aussi, le Rabbi nous enseigne que ce lien, entre le supérieur et l’inférieur, est réalisé au moyen du compte de l’Omer.
L’Eternel S’est révélé aux enfants d’Israël lors de la sortie d’Egypte, mais ce n’est qu’au lendemain de Pessa’h que commença le travail d’attirer et de dévoiler de manière profonde l’Essence divine en ce monde.
Le ‘Midrach Rabba’ déclare qu’au moment de la Création du monde ‘l’esprit du Machia’h planait au-dessus des eaux’, et il va de soi que la mission de chaque Juif consiste à l’attirer de manière à ce qu’il ne ‘plane’ plus au-dessus du monde mais qu’il s’y révèle totalement.
A l’évidence, chaque jour des 50 jours du compte de l’Omer nous rapproche un peu plus de cette révélation, car en purifiant notre âme et notre corps, nous faisons de nous-même un réceptacle capable de recevoir le dévoilement de la Torah du Machia’h.
Les enseignements du Dvar Mal’hout ont pour but de nous donner les moyens de méditer et de travailler en ce sens, c’est pourquoi l’enseignement du Rabbi ne doit pas ‘planer au-dessus de nous’, mais bien au contraire, pénétrer au plus profond de nos pensées de nos paroles, et de nos actes. De ce fait, l’entretien privé avec le Rabbi constitue un évènement essentiel dans notre vie.
Il a été expliqué précédemment que l’Eternel crée en ‘une seule parole’ la ‘matière première’, puis en ’10 paroles’ Il forme le ciel et la terre et tout ce qu’ils contiennent.
De la même façon le Rabbi donne à son ‘Hassid la ‘matière première’ à partir de laquelle le ‘Hassid peut former et construire une demeure pour D.ieu.
‘Une seule parole’ du Rabbi représente la ‘Yé’hidout’, ‘l’entretien privé’ avec le Rabbi, ce moment unique pendant lequel le ‘Hassid se tient devant le Rabbi et qui a pour effet de réveiller l’essence de l’âme du ‘Hassid. De ce fait, l’essence de l’âme peut être ici comparée à cette ‘matière première’ à partir de laquelle tout peut être formé.
De même que L’Eternel a gravé Ses Commandements sur la pierre des Tables de l’Alliance, le Rabbi grave ses paroles dans le cœur du ‘Hassid. C’est l’attachement de l’esprit à l’esprit, c’est une ‘seule Parole’.
Quant aux ‘dix paroles’, elles représentent toutes les actions que le ‘Hassid accomplit dès qu’il quitte le bureau du Rabbi, dès qu’il agit dans ce monde conformément à la mission qu’il a reçue du Rabbi.
De fait, notre mission consiste à unir la parole du Rabbi, ‘une seule parole’, à toutes nos pensées paroles et actions, ‘dix paroles’, afin de susciter le désir divin de résider dans ce monde, en provoquant dès à présent la venue de notre Juste Machia’h, avec l’aide de D.ieu.
La légende, ou ce fut peut-être la réalité, raconte que lors d’un voyage en Espagne, Rachi fut accusé par l’épouse de l’hôte qui l’hébergeait, de lui avoir volée une robe d’une grande valeur. Face à ces viles accusations, Rachi ne chercha pas à se justifier aux yeux de ses accusateurs. Il préféra payer le prix du vêtement et quitta la maison de son hôte pour continuer sa route. Il eût cependant, avant de partir, un geste qui ne fut pas sans éveiller le doute sur sa culpabilité. En effet, avant de quitter les lieux, il inscrivit quatre fois les lettre du mot שלמה sur la porte de la maison de ses hôtes :
שְׁלֹמֹה שִׁלְמָה שִׂמְלָה שְׁלֵמָה
Rachi ponctua les 12 lettres qui composent ces 4 mots de façon à ce que l’on pouvait lire : ‘Chlomo Chilma Simla Chéléma’, ce qui signifie : ‘Rachi (Chlomo) a payé (chilma) la robe (simla) au prix fort (chéléma)’.
A la vue de ces inscriptions, qui ne pouvaient être écrites que par un homme érudit, l’hôte réalisa son erreur. Un homme aussi raffiné ne pouvait pas être coupable d’un acte aussi bas. Aussi, lorsque sa femme trouva soudainement la robe ‘volée’, l’hôte sortit dans la rue et se mit à la recherche de Rachi, et quand il le trouva, il se confondit en excuses.
L’histoire s’arrête là, mais son contenu peut néanmoins servir à la compréhension d’un enseignement du Rabbi Rachab au sujet de la Délivrance finale.
Les Sages de la Torah nous enseignent que l’élève a besoin de 40 années pour comprendre avec clarté l’enseignement qu’il a reçu de son Maître. Un Maître ne peut pas enseigner à son élève sans mettre les choses à sa portée. Le Rabbi Rachab explique que pour révéler un enseignement à son élève, le Rav doit nécessairement faire un ‘Tsimstsoum’. C’est à dire qu’il doit limiter le concept divin tel qu’il est dans son esprit, et l’exprimer par un exemple concis, ou sous la forme d’une histoire, que l’élève peut comprendre avec facilité.
Cependant, le Rabbi Rachab souligne que l’exemple donné par le Rav à son élève, cache en réalité toute la profondeur du concept divin qu’il lui enseigne. C’est pourquoi il est dit ‘qu’au bout de quarante ans l’élève parvient à comprendre avec clarté l’enseignement qu’il a reçu de son Maître’.
De fait, le ‘Tsimtsoum’ n’a pour seul but que le dévoilement, et même si les exemples que le Rav donne à son élève, ou bien encore les petites histoires qu’il lui raconte pour lui enseigner la Torah, semblent être de simples exemples, ou de simples histoires, il n’en demeure pas moins que si l’élève s’attache de manière profonde à ces simples paroles, il parviendra au bout de quarante ans à saisir l’Essence de la Torah qui se cache dans les simples enseignements qu’il a reçus de son Rav quarante ans auparavant.
A la lumière de ce qu’il vient d’être dit, il est possible d’expliquer les mots qu’écrivit Rachi sur la porte de la manière suivante :
‘Chlomo chilma simla chéléma’
‘Rachi (Chlomo) a payé (Chilma) la robe (Simla) au prix fort (chéléma)’
‘Chlomo‘ (Rachi) représente le Machia’h, lequel est un Roi et aussi un Rav, à l’exemple du Rav qui enseigne à son élève, Machia’h enseignera la Torah ‘Hadacha à l’Assemblée d’Israël.
‘Chilma‘ (‘a payé’) représente le don de soi, la capacité de faire don de soi-même pour l’autre. De fait, la Tsédaka, l’action de donner de l’argent a pour effet d’insuffler à celui à qui l’on donne cet argent de la vitalité, spirituelle et matérielle.
‘Simla‘ (‘la robe’) représente ‘l’exemple’ (le vêtement) que le Rav met à la portée de son élève. La Torah est elle-même le vêtement dans lequel s’habille la Sagesse divine, et la Torah ‘Hadacha est le vêtement dans lequel s’habille la Torah du Machia’h.
‘Chéléma‘ (‘au prix fort’). ‘Chéléma’ désigne la Délivrance finale (‘Guéoulah chéléma’), et la perfection (‘Chlémouth’).
Ainsi, à la lumière de ces explications, il nous est donné de comprendre que par le don de nous-même (‘Chilma’), et par le fait de nous attacher aux enseignements (‘Simla’) du Maître (‘Chlomoh’) de notre génération, le Rabbi, nous parviendrons sans aucun doute à provoquer la Délivrance finale (‘Chéléma’).
Aussi, au lendemain du jour de ‘Lag Ba Omer’, à la veille du Chabbat, et à ces quelques jours qui nous séparent de la fête de Chavouoth, il apparaît dans la plus grande clarté, l’importance de nous attacher aux enseignements, aux exemples, et aux histoires, que nous donnent Rachi dans ses commentaires, à ces nombreuses paraboles qui parsèment le livre du Zohar de Rabbi Chimon Bar Yohaï, et à la richesse infinie des enseignements du Rabbi.
Nul doute qu’à travers le moindre petit exemple, ou la plus simple petite histoire, délivrés par ces Maîtres d’Israël, se cache l’Essence divine, qu’il nous appartient de dévoiler afin de provoquer la Délivrance finale, dès à présent, avec l’aide de D.ieu, à la lumière de ce discours du Rabbi Rachab, sujet de notre étude, commençant par les mots du verset
‘Et tu sauras aujourd’hui et mettras sur ton cœur que L’Eternel, Lui, est notre D.ieu dans les cieux en-haut et sur terre ici-bas il n’y a rien d’autre’.
Les Sages de la partie profonde de la Torah nous donnent souvent l’exemple du constructeur d’une maison qui regarde le plan que l’architecte a conçu avant de commencer à construire concrètement cette maison. De la même façon, il est dit que ‘D.ieu regarda dans la Torah et créa le monde’. Cela doit nous faire comprendre que l’image du monde telle qu’elle apparaît à nos yeux cache en réalité des enseignements très profonds. L’observation des phénomènes physiques nous permet de comprendre des concepts divins très élevés. Le monde résulte du regard d’Hachem, car D.ieu regarda dans la Torah avant de le créer. Ce regard constitue en fait Sa pensée profonde, qui est à l’origine de la Création.
Aussi, il est possible de dire que cette pensée profonde, ce regard que L‘Eternel porta dans la Torah avant de créer le monde, n’a pas disparu lorsque D.ieu le créa. Tout comme le plan d’une maison continue d’exister, et nous pouvons même dire qu’il ne commence à exister véritablement que lorsque la maison est construite, le regard que D.ieu porta dans la Torah avant de créer le monde continue d’exister dans le monde crée. Le regard divin qui a précédé la Création est imprimé dans la Création. Ce regard, il se cache par exemple derrière un phénomène physique, et le Rabbi, dans le Dvar Mal’hout de la Paracha Vaychla’h, nous donne l’occasion de nous en rendre compte.
Durant la première partie du mois, c’est à dire du premier au 15, la lune s’éloigne progressivement du soleil. Le premier jour du mois (‘Roch ‘Hodèch: la ‘tête du mois’) elle est comme un point (comme une ‘tête’: ‘roch’) de lumière qui naît (naissance : nouveauté: ‘Hidouch: ‘Hodèch) dans le ciel, et ce point grandit peu à peu, jusqu’a ce que la lune soit pleine le 15 du mois qui est alors un jour de ‘pleine lune’.
Dans la seconde partie du mois, c’est à dire du 15 au 30, la lune se rapproche du soleil. Le jour du 15 (jour de ‘pleine lune’) la lumière du soleil se reflète sur toute la surface de la lune, puis du 15 jusqu’au 30 cette lumière va en diminuant progressivement, jusqu’à ce que le 30 elle ait complètement disparue.
D’après le principe selon lequel la lumière de la lune augmente lorsque la lune s’éloigne du soleil, et qu’elle diminue lorsqu’elle se rapproche du soleil, le Rabbi nous enseigne que la seconde partie du mois de Kislev (du 15 au 30) correspond à la révélation de l’Essence divine.
En effet, la date du 19 Kislev et celle de la fête de ‘Hannoucah tombent pendant la seconde partie du mois de Kislev, c’est à dire pendant la période où la lune se rapproche du soleil, et que sa lumière diminue progressivement jusqu’à finir par disparaître dans le ciel à la fin du mois.
Le Rabbi pose alors la question suivante: comment se fait-il que le jour lumineux du 19 Kislev, date de la libération de prison de l’Admour Hazaken, et les jour de ‘Hannoucah, la ‘fête des lumières’, coïncide avec la période où la lumière de la lune diminue dans le ciel ? Nous aurions pu penser en effet que ces jours pleins d’une si grande lumière coïncident par exemple avec un jour où la lune, qui est comparée par les Sages à l’Assemblée d’Israël, est pleine.
Le jour de pleine lune symbolise en effet le fait qu’Israël (‘la lune’) reçoit une grande lumière d’Hachem (‘le soleil’). Or c’est le contraire qui se produit ici. Le 19 Kislev et ‘Hannoucah tombent précisément lorsque la lumière de la lune diminue dans le ciel.
La réponse à cette question peut être donnée à partir d’un enseignement du Rabbi Rachab. Le Rabbi Rachab explique dans son ouvrage intitulé ‘la Source’ (27, 1) que ‘l’intellect affaiblit la volonté’. L’idée exprimée ici est que lorsqu’un Juif éveille la force de son intellect alors du même coup il n’agira pas au-delà de la raison. En d’autres termes quand un Juif est prêt à donner sa vie pour D.ieu, il ne réfléchit pas. Quand un Juif met sa vie en danger pour sanctifier le Nom de D.ieu, il est évident qu’il n’agit plus sous l’emprise de son intellect, car il est alors animé par la force de l’Essence de son âme, laquelle est enracinée dans l’Essence divine.
Ainsi, ‘l’intellect affaiblit la volonté’ signifie ici que plus on révèle les forces de l’âme, comme l’intellect par exemple, plus on diminue la volonté qui est au-delà de l’intellect et de la raison, la force de l’Essence de l’âme. Et, plus on révèle la force de l’Essence de l’âme, plus on diminue la force de l’intellect.
Aussi, la lumière de la lune est comparable à l’intellect (et à toutes les forces de l’âme), car de même que la lumière de la lune est un reflet de la lumière du soleil, l’intellect n’est qu’un reflet de l’Essence de l’âme.
Dès-lors, le moment où la lumière de la lune diminue dans le ciel est comparable au moment où l’homme met son intellect de côté et révèle la force de l’Essence de son âme. Plus l’Essence se révèle, plus les forces de l’âme diminuent. Le contraire est aussi vrai, car plus l’homme agit avec son intellect (la lumière de la lune augmente dans le ciel), moins il révèle la force de l’Essence de son âme (la force d’agir au delà de la raison et de l’intellect).
A la lumière de ce qu’il vient d’être dit, nous pouvons comprendre à présent la raison pour laquelle le jour du 19 Kislev et la fête de ‘Hannoucah tombent pendant la deuxième moitié du mois de Kislev, quand la lumière de la lune diminue dans le ciel, car comme nous l’avons expliqué au nom du Rabbi la diminution de la lumière correspond à la révélation de l’Essence. Ainsi, la période du 15 au 30 Kislev est un moment de l’année pendant lequel l’Essence divine se révèle tout particulièrement.
Le monde qui nous entoure peut être regardé de différentes façons. Si l’on regarde le ciel et que l’on observe la lumière de la lune, on peut effectivement savoir quel jour est celui de Roch ‘Hodèch. Cependant, les éléments du ciel, comme la lune ou le soleil ne composent pas seulement les parties d’une grande horologe qui nous renseigne sur le temps. D.ieu nous fait voir également à travers eux des images qui constituent des enseignements précieux pour notre service divin.
Aussi, le Rabbi nous donne ici à réfléchir à la partie cachée de notre âme. Le Rabbi exprime le fait que le jour du 19 Kislev et les jours de ‘Hannoucah sont des jours pendant lesquels Hachem dévoile Son Essence.
A l’évidence nous devons agir à Son exemple, c’est à dire que nous devons faire tout ce qui est en notre pouvoir pour révéler l’Essence de notre âme, de nous-mêmes, de notre être tout entier.
Comme nous le savons, c’est uniquement par notre attachement au Rabbi et à ses enseignements que nous y parviendrons. Révéler le lien essentiel qui unit notre âme à D.ieu, dans nos pensées nos paroles et nos actes, et aider tous ceux qui nous entourent, tous nos proches, tous nos frères en Israël, tous les peuples du monde (en diffusant les 7 Lois Noa’hides), afin qu’ils parviennent aussi à agir en ce sens, à se lier au Rabbi, au Moshé de notre génération, pour enfin provoquer la venue de notre Juste Machia’h, très bientôt et de nos jours, avec l’aide de D.ieu.
Dans le Dvar Mal’hout sur la Paracha Noa’h, le Rabbi nous enseigne que la mission des enfants d’Israël tout au long de leur existence consiste à dévoiler le Nom Havayé’ qui représente le niveau du Divin qui est delà de ce monde, dans ce monde matériel, le niveau du Nom ‘Elokim’.
Cet enseignement selon lequel un Juif par son accomplissement des Commandements divins réalise l’union entre l’infini et ce monde fini, revient constamment dans le Dvar Mal’hout, tout au long de l’année. A chaque nouvelle Paracha, le Rabbi ajoute des éléments supplémentaires et complémentaires à ceux de la Paracha précédente, afin que nous parvenions à comprendre et ressentir véritablement ce en quoi consiste la révélation de l’Essence divine (Havayé’) dans ce monde matériel et limité (‘Elokim’).
Ainsi, l’un des ultimes enseignements du Rabbi du Dvar Mal’hout du livre de Dévarim (Si’ha du Rabbi sur les Hala’hot de la Torah qui ne disparaîtront jamais), s’accorde parfaitement à ce sujet de notre Paracha, Noa’h.
En effet, le Rabbi déclare: ‘A présent, durant l’exil, la Hala’ha va selon Beït Hillel, lors de la venue du Machia’h, elle ira selon Beït Chamaï, et à la résurrection des morts, elle sera à la fois comme Beït Hillel et comme Beït Chamaï’.
Cette déclaration paraît à première vue pour le moins étonnante. Comment est-il possible d’appliquer un Commandement divin en s’acquittant, par un seul acte, de deux deux opinions contraires ?
En effet, de même que l’attribut de la bonté (‘Hessed) s’oppose à celui de la rigueur(Gvurah), l’avis de Hillel s’oppose à celui de Chamaï. Dans ce cas, comment est-il possible que lors de la résurrection des morts, nous accomplirons les Commandements divins en même temps selon Beït Hillel et selon Beït Chamaï ?
Par cette surprenante déclaration, le Rabbi introduit ici le sujet de l’Essence. De fait, la qualité de l’Essence est qu’elle est indivisible. L’Essence échappe à toutes les formes, à toutes les particularités, et à toutes les différences qui existent dans ce monde.
C’est d’ailleurs pour cette raison que les Sages ont comparé la ‘Hassidout, l’Essence de la Torah, à de l’huile. Car de même que l’huile flotte au-dessus de tous les liquides, la ‘Hassidout, l’huile de la Torah, flotte au-dessus de toutes les différentes parties de la Torah.
Dans ‘Iniana chel Torat Ha ‘Hassidout’ le Rabbi explique longuement que la ‘Hassidout vivifie chaque partie de la Torah. Sans son étude un Juif ne pourrait pas ressentir profondément l’aspect intérieur et vivant qui se cache dans les Commandements divins.
Il en va également pour l’âme. Lorsque l’Essence de l’âme se dévoile, et s’unit aux forces de l’âme, l’intellect, les sentiment et l’action, un Juif parvient à un niveau supérieur. Aussi,à l’exemple des pensées des paroles et des actes du Rabbi, les pensées les paroles et les actes d’un Juif, lorsque ceux-ci sont éclairés par la force de l’Essence de l’âme, parviennent à animer le désir divin de la Délivrance finale.
La ‘Hassidout nous enseigne que la révélation de la force de l’Essence divine a ceci de particulier, qu’elle peut unir deux choses qui sont contraires l’une avec l’autre. Il est dit par exemple dans le Traité Yoma, que l’Arche de l’Alliance ne prenait pas de place dans le Saint des Saints. En effet, bien que l’Arche de l’Alliance soit un objet matériel que l’on peut mesurer, elle est aussi un objet divin qui contient les Tables de pierre, ‘écrites du doigt de D.ieu’. Aussi, les Sages ont révélé que lorsque l’Arche était déposée dans le Saint des Saints, il se produisait un miracle: ‘l’Arche ne prenait pas de place!
De fait, lorsque l’Essence divine se révèle dans ce monde, la rencontre entre deux opposés devient possible. L’illimité divin peut s’accorder avec les limites de ce monde.
L’exemple de ‘l’Arche qui ne prend pas de place dans le Saint des Saints’ nous permet de comprendre un tant soi peu la déclaration du Rabbi selon laquelle: ‘A présent, durant l’exil, la Hala’ha va selon Beït Hillel, lors de la venue du Machia’h, elle ira selon Beït Chamaï, et à la résurrection des morts, elle sera à la fois comme Beït Hillel et comme Beït Chamaï’.
Le Rabbi explique dans le Dvar Mal’hout, que la période de la venue du Machia’h et celle de la résurrection des morts correspondent à deux niveaux bien distincts dans notre façon d’appliquer la Volonté du Saint béni soit-Il.
Le Rabbi écrit que ‘les différentes opinions des Hala’hot de la Torah sont ‘une seule Torah’,‘elles ont toutes été données par un seul berger’ (‘Haguigua, 3, 2). ‘D.ieu et la Torah ne font qu’Un’. Or, du fait que L’Eternel ‘porte tout en Lui’, à l’évidence la Torah aussi ‘porte tout en elle’ et peut englober deux avis contraires. L’un positif et l’autre négatif, les deux en même temps, conformément au verset des Téhilim dans lequel il est dit (62, 12): ‘D.ieu prononça une parole, de laquelle j’ai appris deux éléments’. Pour L’Eternel rien n’est impossible, Il peut dévoiler dans la réalité de ce monde, le positif et le négatif ensemble, tels que ceux-ci sont dans Son Essence.
Le Rabbi nous enseigne qu’au moment de la venue du Machia’h, avant la résurrection des morts, notre accomplissement des Commandements divins est soumis aux limites et aux mesures de ce monde matériel. Il n’est possible d’appliquer la Hala’ha, que selon un seul avis.
Cependant, au moment de la résurrection des morts, nous n’accomplirons plus les Mitsvoth telles que celles-ci sont liées avec l’homme. Nous n’accompliront plus les Mitsvoth pour leur aspect utilitaire pour l’homme. Au moment de la résurrection des morts ‘les Hala’hot de la Torah apparaîtront telles qu’elles sont véritablement‘, c’est-à-dire que la Volonté d’Hachem, telle qu’Elle est dans Son Essence, sera révélée.
Ainsi, à la lumière de ce qu’il vient d’être dit, il est possible d’établir une comparaison entre L’Essence de la Volonté divine et l’Arche de l’Alliance. De même que l’Arche possède des mesures précises bien établies, de même ‘les Halahot de la Torah orale ne disparaîtront jamais’.
D’un autre côté, de même qu’il se produisait un miracle: l’Arche ne prenait pas de place dans le Saint des Saints, lors de la résurrection des morts, la Hala’ha sera en même temps comme Beït Hillel et comme Beït Chamaï.
Peut-être pouvons-nous également rapprocher cet enseignement du Rabbi avec la Bra’ha que Itz’hak donna à Yaakov en croyant bénir Essav. Bien que Yaakov est un Tsaddik et que Essav soit un Racha (Méchant), Itz’hak ne fit pas de différences entre ses deux fils. Il n’a pas considéré l’âme d’Essav telle que celle-ci s’habillait dans le corps d’Essav, et telle que celle-ci évoluait dans ce monde physique. Non, Itz’hak considéra la racine de l’âme d’Essav, laquelle était très élevée. Aussi, lorsque l’on regarde une chose à sa racine, au regard de l’Essence, il n’y a plus de différences entre Yaakov et Essav, ou encore entre Beït Hillel et Beït Chamaï.
Cela s’exprime avec encore avec plus de force par le fait qu’Itzhak était aveugle lorsqu’il bénit Yaakov. De fait, d’une certaine manière ‘l’Essence est aveugle’, car en présence de l’Essence les différences entre les opposés n’existent plus, ainsi que le Rabbi, L’Essence d’Israël, nous l’enseigne (‘Hayom Yom’, Chabbat 17 Tichri 5704):
‘Par l’intermédiaire de l’Essence de l’âme, on peut lier son âme à D.ieu. En conséquence, ‘Elle supporte Ton joug’, permet d’accomplir la Torah et les Mitsvoth avec abnégation. Dès-lors, elle est Yé’hida (Unique) pour proclamer Ton unité. ‘Ainsi, la Yé’hida se révèle pleinement’. Grâce à ce dévoilement, la Yé’hida de l’âme animale se transforme en Divinité. On en tire la fermeté nécessaire à l’accomplissement de la Torah et des Mitsvoth, un enthousiasme intérieur et un sentiment de grand plaisir, d’intense réalisation dans le service divin. Pour celui qui parvient à ce stade, tous les attraits du monde deviennent semblables. ‘Le ‘oui’ et le ‘non’ s’équivalent totalement, car il aura perdu le goût et le plaisir pour les sujets matériels’.
Il est écrit au commencement de notre Paracha (Choftim, 16, 18): ‘Des juges et des policiers tu placeras pour toi dans toutes tes portes (de tes villes) que L’Eternel ton D.ieu te donne’.
Rachi explique au sujet de cet ordre de l’Eternel que les juges sont ceux ‘qui tranchent la loi’, et que les policiers sont ceux qui ont autorité sur le people, pour sévir en cas de besoin ‘avec un bâton et une lanière’, afin de faire accepter au coupable la sentence du juge’.
Dans le Dvar Mal’hout sur notre Paracha, le Rabbi explique que dans les temps messianiques ‘L’Eternel effacera l’esprit d’impureté de la terre’, et les juges n’auront alors plus l’occasion d’appliquer la moindre sentence car le mal aura disparu de la terre.
La fonction du juge sera d’enseigner la Torah aux enfants d’Israël, et le policier sera remplacé par le‘conseiller’, ainsi que le Rabbi le souligne en citant le verset d’Ychaya (1, 26): ‘Je restaurerai tes juges comme autrefois, tes conseillers comme à l’origine’.
En effet, contrairement à la Paracha Choftim dans laquelle il est fait mention de ‘juges et de policiers’, la prophétie d’Ychaya mentionne des ‘juges’ et des ‘conseillers’. Le Rabbi explique que la fonction du conseiller consiste à mettre à la portée des enfants d’Israël les concepts divins très élevés que nous enseigneront les juges d’Israël dans les temps futurs.
De manière plus profonde, le Rabbi nous donne une autre signification des ‘juges’ et des ‘conseillers’ que nous devons placer aux ‘portes de nos villes’.
De fait, le ‘juge’ correspond aux forces de l’intellect, c’est-à-dire aux 3 forces de ‘Habad, et le ‘conseiller’ correspond aux 6 Midot, les sentiments, enfin les ‘portes’ correspondent aux membres du corps (conformément à l’enseignement du livre du Tanya, selon lequel le corps de l’homme est comparé à une‘ ville’, ‘une petite cité’. Le Rabbi nous donne à comprendre que ‘placerdes juges et des policiers dans toutes tes portes’, signifie que tous les membres du corps(‘nos villes’) obéissent aux forces de l’intellect de l’âme divine (au ’juge’), et aux sentiments qui naissent dans le côté droit du coeur (le ’conseiller’) où réside l’âme divine.
Chaque Juif doit donc soumettre son corps aux enseignements divins tels que ceux-ci sont dispensés par le ‘Juge’ que L’Eternel place à la tête de chaque génération, en l’occurrence, le Rabbi.
A ce sujet, le Rabbi nous enseigne que les ‘portes de la ville’ correspondent aux ‘7 portes de l’homme’ qui sont ses 2yeux, ses 2oreilles, ses 2 narines, et sa bouche (2+2+2+1=7).
Par ailleurs le Rabbi précise que ses 2 yeux, ses 2 oreilles, et ses 2 narines, correspondent aux 2 injonctions de la Torah: ‘Fais le bien et éloigne toi du mal’, et le chiffre 2 correspond aussi aux 2 sortes de goût que la bouche peut apprécier, ainsi qu’il est dit (Job, 12, 11): ‘L’oreille n’apprécie-t-elle pas les paroles tout comme le palais déguste les aliments?’. L’un est sucré, l’autre est amer, et le Rabbi explique que même le goût amer cache en réalité de manière profonde de la douceur (à l’exemple des ‘bontés cachées’).
Ainsi, à la lumière de ce qu’il vient d’être dit le Rabbi déclare que, ‘l’étude de la Torah d’un Juif doit le mener à l’action, et doit s’exprimer concrètement dans son comportement, qu’il s’agisse de sa force de voir, ou bien de sa force d’entendre, ou encore de sa faculté de sentir, ou de parler, ou de goûter’.
Ce point, essentiel, n’est pas sans exprimer que le fait de soumettre le corps à la Torah a pour effet de révéler que sa racine est plus élevée que celle de l’âme, ainsi que l’Admour Hazaken nous l’enseigne dans le livre du Tanya lorsqu’il explique que ‘l’Eternel nous a choisi parmi tous les peuples’ signifie que L’Eternel a choisi le corps des Juifs.
Dès-lors, il est possible de dire que l’expression hébraïque ‘Eretz ‘héfets’(‘la Terre de Mon désir’) qui désigne la Terre d’Israël, est une allusion à cet enseignement de l’Admour Hazaken.
En effet Rachi nous enseigne que ‘L’Eternel a formé le corps de l’homme avec la terre de l’endroit où allait être construit le Beït-Ha- Mikdache’.
Ainsi, du fait que la ‘Terre d’Israël’ est une allusion au corps d’un Juif, alors la ‘Terre de Mon désir’ est aussi une allusion au fait que L’Eternel a ‘désiré’ (‘choisi’) le corps des enfants d’Israël.
C’est à cela que ce rapporte l’expression ‘le Roi est dans les champs, car ‘les champs’ désignent un endroit de la terre qui possède la force de faire pousser des plantes, des arbres et leurs fruits, à l’infini.
D’une certainé manière, il est possible de dire que les ‘champs’ sont une allusion à Klipat Noga‘. Le livre du Tanya nous enseigne en effet, que notre monde matériel reçoit sa vitalité de Klipat Noga, qui contient du bien et du mal.
Or il nous est donné la possibilité infinie d’utiliser cette vitalité en l’élevant vers le bien, ou que D.ieu nous en préserve, d’employer cette vitalité à des fins dénuées de Sainteté.
‘Le Roi est dans les champs’ signifie dans ce cas que ce monde matériel, ‘les champs’, contiennent des étincelles divines, la Présence du ‘Roi’, que nous avons pour mission d’élever.
Cela est aussi vrai pour notre corps, car notre âme animale reçoit également sa vitalité de Klipat Noga, et à l’évidence nous devons faire tout ce qui est en notre pouvoir pour purifier et raffiner notre corps afin de révéler que ‘L’Eternel l’a choisi parmi tous les autres peuples’.
Peut-être nous est-il permis de dire ici que pendant le mois d’Elloul, le Roi n’est pas seulement dans les champs, car il est aussi dans les ‘chants’.
En effet l’expression du mois d’Elloul ‘Ani lé Dodi vé Dodi li’, ‘Je suis à mon bien-aimé et mon bien-aimé est à moi’, qui provient du ‘Chant des Chants’ de Chlomoh Ha Méle’h, se chante comme une chanson, qui telle un cercle revient toujours à son point de départ, à son refrain, ‘Ani lé Dodi vé Dodi li’, qui décrit le mouvement de l’âme vers son Créateur. L’élan, l’impulsion irrésistible de son amour pour D.ieu.
L’Eternel désire le corps d’un Juif car il est la ‘Terre de Son désir’. C’est par son profond attachement aux enseignements du Rabbi sur la partie profonde de la Torah, que le ‘hassid détient la capacité de dévoiler la force infinie cachée dans la ‘terre de son corps’. Il révèle ainsi que le corps a été crée par D.ieu Lui-même, par Son Essence, et qu’il doit être purifié au moyen de la Torah afin de devenir une demeure pour l’Essence divine, ainsi qu’il est dit: ‘L’Eternel effacera l’esprit d’impureté de la terre (du corps)’.
C’est là le sens de l’expression, ‘Le Roi est dans les champs, du fait que ‘les champs’ désignent le corps de l’homme, défini par les Sages comme étant un ‘arbre des champs’, et le ‘Roi’ n’est autre que l’Essence divine, pour l’instant cachée dans ce monde,et dans le corps, mais qui se révèlera dans les temps messianiques.
Aussi, ‘le Roi est dans les chants’ vient pour exprimer le fait que c’est en accomplissant les Commandements avec une joie profonde, à l’image de celle qui jaillit des Niggunim que l’on chante le jour du Chabbat.
Ces Chants qui imprègnent toutes nos pensées, toutes nos paroles et tous nos actes, expriment notre désir le plus profond et le plus intérieur, celui de provoquer la venue de notre Juste Machia’h, ‘qui se trouve aux portes de Rome’, très bientôt et de nos jours, avec l’aide de D.ieu.