Texte et Audio : A la lumière du Dvar Mal’hout – Vayakhel-Pékoudeï – Rav Yaacov Abergel

Texte et Audio : A la lumière du Dvar Mal’hout – Vayakhel-Pékoudeï – Rav Yaacov Abergel

L’action de Moché :
Dans les Parachiot Troumah et Tétsavé nous avons lu que l’Eternel ordonne à Moché de construire le Michkan, et dans les Parachiot Vayakhel et Pékoudei c’est Moché qui l’ordonne aux enfants d’Israël.
Le Rabbi nous fait remarquer que la Paracha Ki-Tissa dans laquelle il est raconté le péché du veau d’or sépare les Parachot Troumah et Tetsavé des Parachot Vayakhel et Pékoudei.

De ce fait, nous pouvons nous rendre compte qu’entre l’ordre de D.ieu à Moché et celui de Moché aux enfants d’Israël il y a une chose qui interrompt et perturbe l’ordre divin : le péché du veau d’or. Cependant, juste après que Moché eut ordonné aux enfants d’Israël de construire le Michkan (Paracha Vayakhel), son ordre fut exécuté immédiatement (Paracha Pékoudei).
Le Rabbi tire de cela l’enseignement suivant : bien que le mauvais penchant puisse s’immiscer dans le but de nous empêcher d’accomplir la volonté divine, l’action de Moché réduit à néant son influence malfaisante.

A la lumière de cet enseignement il apparait avec clarté que notre attachement au Rabbi nous permet de briser toutes les limites et de franchir tous les obstacles afin d’atteindre le but de notre mission de faire de ce monde une demeure pour L’Essence divine.

L’ensemble et ses particularités :
Le Rabbi explique dans le Dvar Mal’hout que la Paracha Vayakel met l’accent sur l’Assemblée d’Israël telle qu’elle est dans son ensemble, une unité non-composite : ‘Une grande Assemblée’, au singulier. En revanche, dans la Paracha Pékoudeï, l’accent est mis sur ‘le compte des enfants d’Israël’, c’est à dire sur l’importance de chaque Juif en particulier qui fait partie intégrante de cette ‘grande Assemblée’.

La différence entre le contenu profond de la Paracha Vayakel et celui de la Paracha Pékoudeï peut être comprise grâce à l’explication du Rabbi d’une Michnah de la fin du Traité Kidouchin dans laquelle il est écrit :’J’ai été créé pour servir mon Créateur’ et dans une autre Guirsa du Talmud Babli, il est écrit : ‘Je n’ai été créé que pour servir mon Créateur’.

Le Rabbi explique que lorsqu’il est écrit : ‘Je n’ai été créé que pour servir mon Créateur l’accent est mis sur l’Existence d’Hachem avant même qu’il ne soit question de notre propre existence. D’après cela, lorsque nous méditons au fait que Moché rassemble tout le Peuple pour lui donner l’ordre de construire le Michkan ainsi que cela est mis en évidence dans la Paracha Vayakel nous ressentirons par-dessus-tout ‘qu’il n’y a rien d’autre en dehors de D.ieu’ et que notre existence n’a pour seul but que celui de construire une demeure pour L’Eternel, comme il est écrit : ‘Et vous Me ferez un Sanctuaire’.

En revanche, le Rabbi explique que lorsqu’il est dit ‘Je n’aie été créé que pour servir mon Créateur’ l’accent est mis sur notre propre existence (‘Je n’aie’ ), conformément à l’enseignement selon lequel dans la Paracha Pékoudeï l’importance est mise sur les détails qui constituent un ensemble et non pas l’ensemble lui-même (‘le compte des enfants d’Israël’ et ‘l’énumération de tous les poids de l’offrande du Michkan, en argent et en or et en cuivre, et sont énumérés tous ses accessoires pour tout son service’.

Deux services divins, ‘Vayakel’ et ‘Pékoudeï’ :
Ainsi, le Rabbi nous enseigne que notre service divin qui correspond au contenu profond de ‘Pékoudeï’ consiste à attirer le Divin dans tous les éléments et dans tous les sujets de ce monde matériel (par l’accomplissement des Commandements divins que l’on accomplit au moyen d’objets matériels qui tirent leur vitalité de Klipat Noga, et que l’on sanctifie par le fait de réaliser la Volonté Supérieure du Saint béni soit-Il).
Le travail de Pékoudeï met donc l’accent sur le fait d’agir dans le monde afin d’y dévoiler un niveau du Divin qui s’accorde avec ses limites.
A l’opposé, le Rabbi décrit le travail de ‘Vayakhel’ comme un travail d’élévation : ‘élever tous les sujets de ce monde en y dévoilant le niveau du Divin qui est au-delà du monde’. De fait, le Rabbi souligne que chaque Juif a la possibilité de s’élever et d’élever le monde au-delà des limites au point d’atteindre le niveau de l’Essence divine.

D’une certaine manière nous pouvons expliquer que le niveau de ‘Vayakel’ correspond au niveau de l’Essence de l’âme Juive et que le niveau de ‘Pékoudeï’ représente les quatre degrés de Néfech Roua’h Néchama et ‘Haya du fait que ‘ces quatre catégories de Néfech Roua’h Néchama ‘Haya constituent chacune un degré particulier de l’âme alors que le niveau de l’Essence de l’âme transcende tous les aspects particuliers’.

Dans les notes ajoutées au chapitre 20 de l’ouvrage du Rabbi intitulé ‘Iniana chel Torat Ha ‘Hassidout’ le Rabbi nous enseigne que ‘seule l’Essence divine détient le pouvoir de créer un être physique. Cependant, l’effusion de ce pouvoir essentiel en un être indépendant ne se réalise qu’à travers la Lumière. La Lumière étant l’intermédiaire entre l’Existence ‘Vraie’ (Divine) et l’existence créée. Ainsi, par l’entremise de la Lumière, le pouvoir de l’Essence peut porter à l’existence un objet à partir du véritable néant (Maamar Ye’hayénou, 5694, chapitre 14. Sefer Ha Maamarim 5711, page 39. Voir également Igguéreth Ha Kodech, 20).

De façon similaire, dans le service de D.ieu, bien que la manifestation de l’Essence se produise à travers l’observance active des Mitsvoth, il demeure que l’effusion de l’Essence dans les actes accomplis est tributaire des ressources intérieures humaines (intellectuelles et émotionnelles). C’est pour cette raison que l’amour et la crainte sont appelés ‘les voies de D.ieu’ (Likouteï Si’hot 3, page 956).

‘L’effusion de l’Essence dans les actes accomplis’ représente le dévoilement de l’Essence de l’âme qui ne s’habille pas dans le corps (‘Vayakel’ : le niveau du Divin qui est au-delà du monde) dans les forces de l’âme Néfech Roua’h Néchama et ‘Haya qui sont liées avec le corps (‘Pékoudeï’ : le niveau du Divin qui est lié au monde).

*Notre mission de construire le Michkan implique d’agir dans ce monde avec toutes les forces qui nous ont été données, c’est à dire avec les 10 forces de l’âme qui s’habillent dans le corps : l’intellect, les sentiments et les actions. Ce travail est celui de ‘Pékoudeï’ ainsi qu’il a été expliqué précédemment : Le travail de ‘Pékoudeï ‘met donc l’accent sur le fait d’agir dans le monde et dans tous ses détails et de dévoiler un niveau du Divin qui est lié avec le monde.

*Par ailleurs le Rabbi décrit le travail de ‘Vayakel’ comme un travail d’élévation : ‘élever tous les sujets de ce monde en y dévoilant le niveau du Divin qui est au-delà du monde’.
La prière de ‘Modé Ani’ correspond d’une certaine façon au travail de ‘Vayakel’ car lorsque nous disons cette prière nous mettons en avant que ‘Je n’aie été créé que pour servir mon Créateur’ et l’accent est donc mis, d’abord, sur l’Existence d’Hachem avant même qu’il ne soit question de notre propre existence. Cette prière est le point de départ de notre service divin, le Rabbi l’a décrit comme étant ‘le fondement et le ferment de tout ce que chacun doit accomplir durant toute la journée, dans le domaine de la Torah. On doit dès le réveil considérer en présence de Qui on se tient : devant le suprême Roi des rois, le Saint béni soit-Il, et il convient d’en avoir conscience durant toute occupation ou loisir. C’est là un grand principe de la Torah, de même qu’une immense vertu des Justes qui marchent devant D.ieu, ainsi qu’il est dit : J’ai conscience de la Présence de L’Eternel en face de moi, constamment.

C’est ainsi que la journée entière doit être pénétrée de cette pensée. Tout ceci permet de comprendre le mot prononcé par Rabbi Chalom Dov-Ber de Loubavitch, lorsqu’il était jeune : Il convient, dit-il, de parsemer la journée entière du point qui suit le mot miséricorde (‘Bé Hèmela’) dans le Modé Ani. Il exprimait ainsi l’idée que le dévouement suggéré par le Modé Ani est requis à chaque moment de la journée’.

De fait, l’amour et la crainte d’Hachem désignent nos ‘ressources intérieures’ et dans ce cas ils représentent le travail de ‘Pékoudeï’ lequel s’accorde au sens du verset ‘J’ai été créé pour servir mon Créateur’ où l’accent est mis sur notre propre existence : J’ai : Ani.

Ainsi, dévoiler la force de l’Essence de notre âme qui est enracinée dans l’Essence divine dépend tout d’abord de notre propre travail et de nos propres forces, en exploitant tous les détails de tous les aspects de notre personnalité car ils sont les chemins qui nous conduisent vers D.ieu, vers le dévoilement de Son Essence, au point que celle-ci S’unisse aux forces de notre intellect, à nos sentiments et à nos actes. C’est précisément le contenu profond de la Paracha ‘Vayakel’ qui est celui de la A’hdout (l’Unité).

Vayakel-Pekoudeï : une allusion au prénom ‘Haya-Mouchka :
Il est intéressant de mentionner ici que la date de ce Chabbat est celle de l’anniversaire de la Rabbanite ‘Haya-Mouchka, l’épouse du Rabbi. Nous avons étudié dans le Dvar Mal’hout que le prénom de la Rabbanite ‘Haya-Mouchka est lui-même une allusion à l’union entre l’Essence de l’âme Juive (qui est enracinée dans l’Essence divine) et les forces de l’âme qui s’habillent dans le corps : Néfech Roua’h Néchama et ‘Haya. Dans ce cas le prénom de la Rabbanite, Haya-Mouchka, est lie de manière profonde aux contenus de ‘Vayakel’ et de ‘Pékoudeï’ qui comme il vient d’être expliqué représentent l’Essence de l’âme (‘Vayakel’) et les forces de l’âme (‘Pékoudeï’).
‘Haya désigne la ‘vitalité’ (‘Hayout) et fait donc allusion aux forces de l’âme qui s’habillent dans le corps, et Mouchka (qui est le nom d’un encens) représente l’Essence de l’âme qui ne s’habille pas dans le corps (Ko’hot ha makifim).

 

En guise de Resumé :
L’Admour Hazaken explique dans le Torah-Or sur la Paracha de cette semaine le sens profond de la déclaration des Sages selon laquelle ‘Celui qui se fatigue pendant la semaine mange le jour du Chabbat’.
‘La semaine’ représente le travail que l’on accomplit au moyen des forces de l’âme qui s’habillent dans le corps, et ‘le jour du Chabbat’ représente le dévoilement de l’Essence de l’âme.
Comme il a été dit précédemment ‘dévoiler la force de l’Essence de notre âme qui est enracinée dans l’Essence divine dépend tout d’abord de notre propre travail et de nos propres forces’. D.ieu dévoile la force divine de l’Essence de l’âme de celui qui se fatigue pendant la semaine pour servir D.ieu avec ses propres forces. Le prénom de la Rabbanite, ‘Haya-Mouchka, représente la perfection de notre service divin du fait qu’il exprime l’union entre l’Essence divine, le jour du Chabbat, et les forces de l’âme qui s’habillent dans le corps (l’intellect les sentiments et l’action). Nous parvenons à l’Unité et au dévoilement illimité de l’Essence divine en nous-mêmes par le fait de révéler et d’exploiter tous nos trésors personnels qui sont malgré tout limités. C’est en agissant en ce sens que nous aurons le mérite de susciter notre désir et le désir de D.ieu de résider en ce monde, avec le dévoilement de notre Juste Machia’h, très bientôt et de nos jours, avec l’aide d’Hachem.

Texte et Audio : Tetsavé à la Lumière du Dvar Mal’hout – Rav Yaacov Abergel

Texte et Audio : Tetsavé à la Lumière du Dvar Mal’hout – Rav Yaacov Abergel

 

Pour le mérite de Liba bat Esther

La profondeur de la Emounah 

Dans son discours intitulé ‘Et tu ordonneras aux enfants d’Israël’, le Rabbi précise la différence qui existe entre les 2 niveaux de l’âme : le niveau de ‘Haya’ (ou ‘Mazal’) et le plus haut niveau : l’Essence de l’âme.

L’Essence de l’âme ne possède pas de nom car un nom la limiterait. L’Essence de l’âme désigne l’âme telle qu’elle est enracinée dans l’Essence divine et elle est donc (comme l’Essence divine) au-delà de tout nom, de toute définition, de toutes les limites des lettres et des noms.

Le Rabbi nous donne alors deux raisons pour lesquelles Israël croit en Hachem. La première est que l’âme qui ne s’habille pas dans le corps (‘Haya) voit le Divin. Cette vision est donc au-delà de l’intellect (puisque cette vision vient du niveau de l’âme qui est supérieur au niveau de l’âme qui s’habille dans le corps et donc supérieur aux forces de l’intellect qui s’habillent dans le cerveau).

Ainsi, comme ‘l’âme qui est en-haut’ voit le Divin elle influence l’âme qui est dans le corps en lui donnant la Emounah, Cependant, cette Emounah n’est pas profonde car elle ne vient pas de nous-mêmes mais d’une vision, et toute chose que nous voyons (même quand il s’agit d’une vision de l’esprit) demeure extérieure à nous-mêmes. D’un côté il y a nous-même et de l’autre la chose que nous voyons. A l’opposé, quand il s’agit du dévoilement de l’Essence de l’âme et de la Emounah qui naît de ce dévoilement, il ne s’agit plus d’une vision qui est extérieure à nous-mêmes mais du dévoilement du Divin qui fait ‘Un’ avec nous-même (car l’Essence de l’âme est enracinée dans l’Essence divine) et dans ce cas notre Emounah est profonde.

Le Rabbi définit l’Essence de l’âme comme étant l’Essence de toutes les forces de l’âme qui s’habillent dans le corps. L’influence de l’Essence de l’âme n’est donc pas ‘Makif’ (superficielle) et la possibilité nous est donnée de dévoiler et d’unir ce niveau supérieur de l’Essence divine avec les forces de notre intellect, de nos sentiments et de nos actes.

Le prénom de la Rabbanite : ‘Haya-Mouchka est lui-même une allusion à cette union entre l’Essence divine et les forces de l’âme qui s’habillent dans le corps. ‘Haya désigne la ‘vitalité’ (‘Hayout) et fait donc allusion aux forces de l’âme qui s’habillent dans le corps vitalité ‘Pnimi’, et Mouchka (qui est le nom d’une odeur parfumée) désigne les forces de l’âme qui ne s’habillent pas dans le corps et l’Essence de l’âme elle-même (Ko’hot ha makifim).

Comme il a été dit précédemment, Moché réalise l’union entre la Parole divine avec l’intellect de l’homme et c’est au sujet du verset : ‘Et voici les Lois que tu placeras devant eux’ que Rachi explique que ‘les Lois de D.ieu sont, comme des aliments, ‘dressées sur une table, prêts à être consommés’.

De la même façon, le Rabbi est le Moché de notre génération, il est celui qui dévoile l’Essence de notre âme afin que notre Emounah soit profonde. Il unit les enfants d’Israël avec Or ein-sof. Aussi, l’expression employée par Rachi selon laquelle ‘les Lois de D.ieu sont, comme des aliments, ‘dressées sur une table, prêts à être consommés’ peut tout aussi bien s’appliquer aux concepts de la ‘Hassidout ‘Habad. Les enseignements du Rabbi sont comme des aliments car celui qui s’attache à les étudier avec toutes les forces de son âme finit par les intégrer de manière profonde. A l’exemple de l’Admour Haemtsaeï dont il est dit que ‘si l’on ouvrait ses veines on verrait couler des paroles de ‘Hassidout’, lorsque l’on s’applique à étudier la Torah du Rabbi alors on parvient à ce que ces enseignements qui sont au-delà de ce monde matériel car ils sont liés à l’Essence divine deviennent ‘prêts à être consommés’, c’est à dire qu’ils nous insufflent une nouvelle vitalité, aussi bien matérielle que spirituelle.

Le Rabbi ‘place devant nous’ l’Essence de la Torah ‘comme des aliments dressés sur une table’ signifie dans ce cas que le Rabbi met à notre portée l’Essence divine en nous donnant la possibilité de révéler l’Essence de notre âme afin de faire de nous-même et de ce monde matériel une demeure pour l’Essence divine.

La volonté qui vient du plus profond du cœur 

Comment fait-on de ce monde une demeure pour Hachem ? C’est en attirant ici-bas au moyen de la Torah la lumière infinie de D.ieu, mais une question se pose ici : Il est écrit dans le livre du Tanya ‘qu’aucune pensée ne peut appréhender le Saint béni soit-Il’, or il ne s’agit pas seulement ici de notre propre pensée mais il s’agit aussi des plus hauts niveaux spirituels. C’est à dire même de ‘la Pensée qui est en-haut’ : la Séfira de ‘Ho’hmah du monde d’Atsilout, et même la Torah (qui est du niveau de ‘Ho’hmah) ne peut pas non plus appréhender le Saint béni soit-Il et dans ce cas comment peut-on attirer Or ein Sof au moyen de la Torah ?

Le livre du Zohar répond à cette question. Il n’est pas possible d’appréhender le Saint béni soit-Il au moyen de la pensée mais cela est possible au moyen de la volonté qui vient de l’Essence de l’âme : ‘Réouta dé Liba’ : Cette volonté qui est au-delà de l’intellect et la raison : ‘ratson pachout’ et qui est l’expression du désir du dévoilement de l’Essence divine. Quand un Juif ne désire ni le Gan-éden inférieur ni le Gan-éden supérieur, il ne désire que Atsmout Ein-sof. Animé par cette volonté (définie par l’Admour Haemtsaeï comme étant ‘la volonté de toutes les volontés’) un Juif devient capable de donner tout ce qu’il est pour D.ieu. C’est la force de messirout-néfech, la force de faire totalement don de soi-même pour Hachem. De ne plus agir pour lui-même et d’être prêt à donner jusqu’à sa propre vie pour D.ieu, car l’amour qu’il ressent pour Lui ne connaît plus de limites. Ce niveau est celui de bé’hol méodé’ha : ‘aimer D.ieu de tout ton pouvoir’.

Le Rabbi Rachab nous enseigne que le fait d’éveiller en nous-même cet amour pour D.ieu a pour effet d’attirer Or ein Sof dans la Torah.
Il existe en effet deux niveaux de l’étude de la Torah lichma. Etudier la Torah Lichma signifie que notre étude a pour but de lier notre âme à D.ieu, mais il existe un second niveau (plus élevé) : Etudier la Torah Léchem ha Torah qui signifie que l’on étudie dans le but d’attirer Or ein Sof dans la Torah. Or c’est quand on éveille la force de l’Essence de notre âme que l’on parvient à ce niveau car l’Essence de l’âme Juive est supérieure à la Torah (mais les niveaux de Néfech Roua’h et Néchamah sont eux-mêmes inferieurs a la Torah.
Comment parvient-on à révéler cette volonté qui dépasse l’intellect et la raison ?

Le Rabbi Rachab nous enseigne que c’est par l’étroitesse que l’on parvient à éveiller en nous-même cette volonté. Lorsque l’âme se trouvait dans le Gan-Eden elle n’avait pas cette volonté car l’Essence de l’âme ne brillait pas en elle. C’est précisément lorsque l’âme divine s’habille dans le corps (et dans l’âme animale) que sa soif du Divin se renforce. Lorsque l’âme se trouvait dans le Gan-Eden sa perception du Divin était alors limitée car son amour pour D.ieu ne dépendait que de l’intellect et il était donc limité. A l’opposé, lorsque l’âme divine connaît l’étroitesse que lui imposent le corps et l’âme animale, il naît en elle le désir de D.ieu, la soif du Divin, la volonté pachout qui est au-delà de l’intellect et de la raison.

L’exemple matériel que nous donne le Rabbi Rachab est celui du ‘puit d’eau-vive’. L’eau du puit provient de sources d’eaux souterraines qui elles-mêmes proviennent de la mer. Or l’eau de mer contrairement à l’eau du puit est salée. C’est donc parce que l’eau salée de la mer traverse la terre quelle devient de l’eau douce. De la même façon, l’âme quand elle était en-haut dans le Gan-Eden n’avait pas une volonté qui dépasse totalement l’intellect, son amour et son désir de D.ieu étaient alors limités, mais par le fait d’être confrontée à l’obscurité de la matière (comparée ici à la terre) elle devient comme l’eau douce, pure et animée d’un désir de D.ieu au-delà de toutes les limites.

Ainsi, le Rabbi Rachab établit ici un lien avec la lecture du Chéma-Israël au moment du coucher, car ce moment est celui pendant lequel nous établissons un bilan spirituel de nos pensées nos paroles et nos actes. Le fait de méditer à nos erreurs et aux moyens de les corriger a pour effet de nettoyer notre âme, de la rendre pure, avant de la confier à D.ieu, ainsi qu’il est dit : ‘En Ta main je confie mon esprit’.

Au sujet de la mission sacrée du Rabbi 

Lorsque l’âme du Rabbi Rayats quitta ce monde, le Rabbi ne lui succéda pas immédiatement. Les ‘Hassidim firent tout leur possible pour que le Rabbi accepte de poursuivre cette mission sacrée, mais l’histoire nous a montré que ce sont les paroles de la Rabbanite Haya-Mouchka qui eurent pour effet de convaincre le Rabbi. La Rabbanite dit au Rabbi : ‘A quoi aura servi tout le travail accompli par mon père si tu ne poursuis pas sa Mission ? ‘

La Mission du Rabbi est de préparer ce monde au dévoilement de l’Essence divine : ‘Faire de ce monde matériel une demeure pour D.ieu’. Parmi les propos précédemment cités du Rabbi Rachab (le grand-père de la Rabbanite ‘Haya-Mouchka) il est dit que pour dévoiler la volonté pachout (qui dépasse l’intellect et la raison) il convient d’abord d’établir un bilan spirituel. A partir de l’étroitesse on atteint le niveau de l’Essence. Il semble à l’évidence que la Rabbanite a elle-même établi le bilan moral de toute l’Assemblée d’Israël, qu’elle a elle-même ressenti le manque et l’éloignement du peuple d’Israël.

En effet, Israël est lié à Hachem d’un lien Atsmi : d’un lien qui procède de l’Essence divine. L’Essence de l’âme Juive est enracinée dans l’Essence divine et ce lien a besoin de se révéler, c’est à dire de s’exprimer dans les pensées les paroles et les actes du peuple Juif tout entier. L’absence de ce dévoilement a pour effet que chaque Juif ressent un manque qu’il a besoin de combler, et c’est précisément la Mission du Rabbi de mettre fin à cet éloignement du Divin. Chaque Juif qui se trouve dans les 4 coudées du Rabbi se place sous une colonne de lumière d’où il prend conscience de sa mission profonde. Il reçoit du Rabbi une vitalité nouvelle pour l’accomplir, et n’est plus animé par le seul désir d’assouvir ses besoins personnels, mais par le désir d’agir au-delà de l’intellect, pour consacrer son existence au dévoilement du Machia’h. La Rabbanite savait tout cela, elle savait que seul le Rabbi possédait les moyens d’unir de manière profonde les enfants d’Israël au Saint béni soit-Il.

Dans son discours intitulé ‘Vé Atah Tetsaveh’, le Rabbi définit clairement le rôle du Berger d’Israël, du Moché qui se trouve dans chaque génération, ‘l’extension de Moché’ (tel qu’il est appelé dans le livre du Zohar).

Le terme Tetsaveh est apparenté à Tsavta : Union, et ‘Vé Atah Tetsaveh’ que l’on traduit littéralement par ‘Et tu ordonneras’, signifie de manière profonde : ‘Et tu uniras’. ‘Moché et le Rabbi ‘unissent les enfants d’Israël avec Or ein sof’.

En effet, il est écrit au début de notre Paracha (Tetsaveh, 27, 20) : ‘Et tu ordonneras aux enfants d’Israël qu’ils prennent pour toi de l’huile pure d’olives concassées pour (allumer) le luminaire, pour faire monter la lumière perpétuellement’.

Dans ce verset, L’Eternel s’adresse à Moché et lui ordonne ‘d’ordonner aux enfants d’Israël de lui apporter de l’huile pure’. L’huile ‘pure’ représente la lumière qui provient de la partie la plus élevée de l’âme. De fait, Moché et le Rabbi donnent les moyens aux enfants d’Israël de dévoiler cette lumière.

La Rabbanite pour être la fille du Rabbi savait que le Rabbi possédait les moyens d’enseigner l’Essence de la Torah : la ‘Hassidout, et de permettre par cet enseignement essentiel à chaque Juif d’accomplir les Commandements divins en révélant leurs forces les plus profondes lesquelles découlent de l’Essence de l’âme. Aussi, lorsqu’elle déclara à son époux : ‘A quoi aura servi tout le travail accompli par mon père si tu ne poursuis pas sa Mission ? ‘ et que ces paroles eurent pour effet de convaincre le Rabbi d’accepter la Mission qui lui incombait, elle réussit à unir le Rabbi aux ‘Hassidim. Ainsi, l’expression ‘Vé Atah Tetsaveh’ : ‘Et tu uniras’ s’applique avant tout à la Rabbanite ‘Haya-Mouchka, car c’est par son mérite que le Rabbi devint le Berger d’Israël et que de ce fait il pût lui-même unir les enfants d’Israël à la lumière infinie de D.ieu.

Un enseignement essentiel du Rabbi : deux sortes de Messirout-néfech 

Le Rabbi enseigne dans le Dvar Mal’hout sur notre Paracha que la force des enfants d’Israël pendant le mois d’Adar ne vient pas seulement de la racine de l’âme (telle qu’elle est ‘En-haut’), c’est à dire le niveau de ‘Mazal’, mais aussi et essentiellement du reflet de l’âme qui est descendu ‘En-bas’ et qui s’habille dans le corps, comme cela est exprimé par le mot ‘Nozel’ (‘Mazal’) : ‘couler’. ‘Couler’ comme l’eau d’une source comparable à l’influence, le souffle de Vie qui coule dans le corps.

Le renforcement du Mazal d’Israël pendant le mois d’Adar a pour effet de renforcer l’âme qui s’habille dans le corps, et de renforcer aussi tout ce qui concerne leurs occupations dans tous les sujets du monde.

La date du 7 Adar fait allusion à l’action de faire une demeure (‘Dar’ : דר ) pour le Maître du monde qui a été créé en 7 jours (‘Aleph’ :א )
Même si le Mazal est un dévoilement de L’Essence de l’âme et l’expression de la force et de la puissance, du don de soi qui dépasse l’intellect, dans tous les cas nous ne devons pas agir d’une façon qui consiste à ‘sortir du monde’, conformément à la définition de Messirout-néfech qui désigne le fait de sacrifier sa propre Vie pour sanctifier le Nom de D.ieu. Au contraire, la force et la puissance de Messirout-néfech doit être attirée et dévoilée dans tous les aspects de notre Service divin, de notre travail (Avoda) qui consiste à faire de ce monde inférieur une Demeure pour l’Essence divine.

 

 

Texte et Audio : Terouma à la lumière du Dvar Mal’hout – Rav Yaacov Abergel

Texte et Audio : Terouma à la lumière du Dvar Mal’hout – Rav Yaacov Abergel

 

Pour l’élévation de l’âme de ‘Hanna Bat Moché-Yaakov Marques

 

L’attachement profond au Rabbi :
Le Chabbat de la Paracha ‘Terouma’ qui tombe toujours au début du mois d’Adar, souligne l’importance de notre attachement au Rabbi. En effet, une des raisons pour lesquelles nous devons multiplier notre joie pendant tout le mois d’Adar, est que ce mois est celui de la naissance de Moché (le 7 Adar).

De fait, la joie et le plaisir véritable commencent avec Moché, car il est celui qui qui nous unit avec Or Ein Sof. Aussi, combien cela est vrai pour toute notre génération. Le Rabbi est le Moché de notre génération. Avec lui commence notre joie véritable, car il est celui qui nous prépare à la vie éternelle.

Il est celui qui fait de chacun d’entre nous un ‘Temple’, un ‘Michkan’ capable de contenir le plaisir divin, révélé dans la Torah du Machia’h, ‘la Torah ‘Hadacha’, ‘Terouma’. Il est celui qui révèle et unit le plaisir de D.ieu à celui des enfants d’Israël.

‘Faites-Moi un sanctuaire et Je résiderais parmi vous’ :
Dans le Dvar Mal’hout sur la Paracha Terouma, il est question du Michkan (le temple portatif), et de tous ses ustensiles. C’est dans cette Paracha que L’Eternel déclare aux enfants d’Israël : ‘Faites-Moi un sanctuaire et Je résiderais parmi vous’. Aussi, au début de la Paracha, L’Eternel demande à Moché de parler aux enfants d’Israël afin que ceux-ci ‘mettent à part une partie de leur fortune comme offrande’ (Rachi), pour le Tabernacle.

Lorsque L’Eternel énumère les matériaux de l’offrande des enfants d’Israël il commence par l’or, puis viennent ensuite l’argent et le cuivre. Le Rabbi explique que la raison pour laquelle l’or est cité en premier est parce qu’il désigne les enfants d’Israël eux-mêmes, qui sont aux yeux de L’Eternel comme de l’or.

Plus précisément, l’or désigne le trésor véritable que possède chaque Juif, par le fait que son âme est véritablement ‘une parcelle de divinité d’en-haut’. ‘L’Essence de l’âme Juive est enracinée dans l’Essence divine’ (le Rabbi).

‘Afin que soyez une terre de convoitise’ :
Dans le Hayom-Yom du trente-deuxième jour de l’Omer, il est écrit qu’à Lag Baomer, aux alentours de 5604 (1844), le Tséma’h Tsédek rapporta l’explication suivante du Baal Chem Tov : ‘Il est écrit afin que soyez une terre de convoitise, parole de L’Eternel, D.ieu des Armées célestes’. Tout comme les plus grands Sages n’arriveront jamais à atteindre les grands trésors naturels que D.ieu a placé dans la terre ‘car tout vient de la poussière et tout retourne à la poussière’ de même personne ne pourra jamais atteindre et comprendre tous les niveaux, tous les trésors qui se trouvent en chaque Juif, lequel est la terre de convoitise de D.ieu’.

‘La plus grande joie qu’un Juif peut ressentir’ :
On ne peut se limiter à définir D.ieu comme étant à l’origine des mondes, car les mondes ne sont rien en comparaison à Son Essence. Comme l’a dit notre Maître l’Admour Hazaken : en comparaison à l’Essence divine, les mondes sont tels une goutte par rapport à l’océan. Il en va de même pour l’Essence de l’âme Juive, du fait qu’elle est enracinée dans l’Essence divine on ne peut se limiter à la définir comme étant l’origine de l’intellect et des sentiments (des forces de la partie de l’âme qui est révélée dans le corps).

L’Essence de l’âme Juive est véritablement divine, elle est au-delà de toute forme, de toute définition, et c’est pour cela que le Baal Chem Tov déclare ‘qu’il est impossible d’atteindre et de comprendre tous les trésors qui se trouvent en chaque Juif’. Le trésor qui se trouve en chaque Juif c’est l’Essence de son âme, cette étincelle divine véritable qui est en lui et qui échappe à notre compréhension. C’est par elle qu’un Juif est lié à D.ieu d’un lien essentiel et éternel. Grâce à elle qu’il peut percevoir le Divin et qu’il possède la capacite de faire de ce monde matériel une demeure pour l’Essence divine.

Le Rabbi écrit que la plus grande joie qu’un Juif peut ressentir, et tout particulièrement pendant le mois d’Adar est de prendre conscience que même dans l’exil le plus profond il demeure lié à D.ieu. De fait, le Rabbi écrit que pendant le mois d’Adar ‘chacun ressent une profonde soumission vis-à-vis de D.ieu’.

C’est peut-être pour cette raison que dans l’explication du Baal Chem Tov rapportée par le Tséma’h Tsédek il est mentionné que ‘tout vient de la poussière et tout retourne à la poussière’, car la poussière désigne la soumission la plus totale vis-à-vis de L’Eternel, et que c’est précisément par la soumission qu’un Juif parvient à réveiller en lui la force de l’Essence de son âme, ainsi qu’il est dit (Tanya) : ‘L’Eternel ne réside que dans un endroit qui lui est parfaitement soumis’, sur sa terre de convoitise.

Lorsque nous éveillons la force de l’Essence de l’âme sa lumière se révèle dans l’intellect et les sentiments, et dans tous les vêtements de l’âme, c’est à dire dans la pensée la parole et dans l’action. Dans ce cas un Juif n’agit pas comme il a l’habitude d’agir en considérant ce qui lui convient, mais il agira comme il convient d’agir selon L’Eternel.

‘Augmenter notre joie durant tout le mois d’Adar’ :
Au sujet de la déclaration des Sages selon laquelle ‘de même que durant le mois de Av nous devons diminuer notre Joie (car c’est pendant ce mois que le Temple de Jérusalem a été détruit, le 9 Av), de même au mois d’Adar nous devons multiplier notre Joie’, le Rabbi explique que le fait d’augmenter notre joie durant tout le mois d’Adar a pour effet de transformer la période de deuil du mois de Av en une période de Joie.
Seule l’Essence divine a le pouvoir de transformer l’obscurité en lumière, et l’âme que D.ieu nous a donnée est ‘une parcelle véritable de divinité d’En-haut’ grâce à laquelle nous pouvons agir sur ce monde profane et le transformer en une demeure pour D.ieu. C’est précisément cela la raison de notre joie et de notre soumission pendant le mois d’Adar. C’est en effet le fait de posséder une âme Juive qui est notre plus grande joie. Le dévoilement de l’Essence de l’âme, est le dévoilement du lien le plus profond qui nous unit à notre Père qui est dans le ciel, ainsi que l’a exprimé Rabbi Shimon Bar Yo’haï : ‘Je suis attaché par un lien, en lui je m’unifie, en lui je m’enflamme’.

‘Chanter et louer la grandeur de la Sagesse divine’ :
Par ailleurs, il est écrit dans le livre des Proverbes (1, 20) : ‘La Sagesse de D.ieu est louée, chantée dans la rue’ (‘Ha ‘Ho’hmot ba’houts tarona’), et l’Admour Hazaken explique que la Sagesse de D.ieu (‘Ho’hma) doit se répandre à l’extérieur de sa source (‘ba’houts’) afin que son niveau soit révélé et apprécié dans ce monde. Chaque Juif se doit donc de chanter et de louer la grandeur de la Sagesse divine, de vanter les possibilités qu’elle nous offre, et les actions merveilleuses qu’elle suscite (voir le livre ‘Torah Or’, Parachat Yitro). En louant et en chantant la Sagesse divine, les Juifs dévoilent le plaisir de D.ieu.

Le livre du Zohar (Parachat Toldot, 141b) cite le verset : ‘La Sagesse de D.ieu est louée, chantée dans la rue’, juste après avoir mentionné cet autre extrait des Proverbes (Michleï, 5, 16) : ‘Tes sources se répandent à l’extérieur, dans les rues coulent tes ruisseaux’.

Lorsque le Baal Chem Tov questionna le Machia’h sur sa venue, le Machia’h lui répéta le verset des Proverbes : ‘Je viendrai quand tes sources se répandront à l’extérieur’.
Il apparaît clairement que la venue du Machia’h dépend du dévoilement du plaisir divin. Sa Sagesse bénie doit se répandre à l’extérieur, être louée, chantée et glorifiée par les enfants d’Israël, à l’image de ‘ces sources et de ces ruisseaux qui coulent dans les rues’. Dans ce cas, comme le déclare le Rabbi en reprenant les mots de l’Admour Hazaken, ‘la matérialité du corps et de l’univers sera transfigurée’, ce qui signifie qu’il y aura matérialité, mais quelle sera transcendée, et la lumière divine luira sur Israël sans aucun voile, et le débordement de lumière qui jaillira sur Israël illuminera l’obscurité des nations’ (voir au chapitre 20 de Iniana chel Torat ha ‘Hassidout).

Par ailleurs, dans le Hayom-Yom du du 28 Elloul, il est écrit que c’est la Bénédiction de D.ieu qui enrichit, et le Rabbi nous enseigne que ‘c’est particulièrement vrai pour celui qui consacre son temps aux besoins communautaires et au renforcement du Judaïsme. On dit que D.ieu ne reste pas en dette. Pour chaque action qu’un Juif réalise, Il lui accorde la meilleure récompense, enfants, santé et prospérité matérielle’.

‘Saisir D.ieu Lui-même’ :
L’Admour Hazaken rapporte dans le livre du Tanya un verset de la Paracha Terouma : ‘Et qu’ils prennent pour Moi une offrande’ : ‘Vé ik’hou Li Terouma’.
En hébreu le mot Terouma est compose par les lettres du mot Torah avec un Mèm supplémentaire. Le mot Terouma se décompose donc de la manière suivante :
תרומה
תורה-מ

Le Zohar explique que la lettre Mem qui a pour valeur numérique 40 est une allusion aux 40 jours (et aux 40 nuits) pendant lesquels Moché demeura avec L’Eternel sur le Mont-Sinaï. La façon dont le Zohar décompose le nom Terouma : Torah-Mem exprime donc le fait que D.ieu a enseigne la Torah à Moché sur le Mont-Sinaï pendant quarante jours et quarante nuits.

Par ailleurs le Zohar explique que le mot ‘Li’ (‘pour Moi’) a la même signification que ‘Oti’ : ‘Moi’.
Dans ce cas l’expression du verset : ‘Et qu’ils prennent pour Moi’ signifie aussi : ‘Qu’ils Me prennent.
De fait, l’Eternel a véritablement donné une partie de Lui-même dans la Torah, ainsi qu’Il le déclare Lui-même : ‘J’ai écrit (dans la Torah) Mon Essence et Je l’ai donnée’, et au Zohar d’expliquer que ce verset ‘Et qu’ils prennent, pour Moi, une offrande’ (‘Vé ik’hou Li Terouma’) signifie aussi, qu’au moyen de la Torah nous parvenons à ‘saisir D.ieu Lui-même’, Son Essence (‘qu’ils Me prennent’).

L’Eternel, par le don de la Torah, fit don de Lui-même et donna aux enfants d’Israël la possibilité de s’attacher à Lui de manière profonde.

Dans le livre du Tanya, dans lequel est rapporté cet enseignement de Rabbi Chimon Bar Yo’haï (chapitre 47), l’Admour Hazaken souligne le fait que rien ne sépare le mot ‘Li’ (‘Moi’) du mot ‘Terouma’ (‘la Torah’) pour la simple et bonne raison que ‘le Saint béni soit-Il et la Torah ne font qu’Un’.

Cet enseignement est souvent exprimé dans la partie profonde de la Torah, le Zohar déclare en effet que « le Saint béni soit-Il, Israël et la Torah ne font qu’Un ».

De fait, « l’âme divine d’un juif est véritablement une parcelle de divinité d’En-haut », et la déclaration de l’Eternel selon laquelle : « J’ai écrit (dans la Torah) Mon Essence et Je l’ai donnée », s’applique tout aussi bien à l’âme juive, laquelle peut être comparée à ‘l’offrande’ (‘Terouma’, l’âme juive) que l’Eternel a donnée à chaque juif, et qui n’est autre qu’une partie de Lui-même.

Dès-lors, le lien entre le verset : « Faîtes-Moi un sanctuaire et je résiderais parmi vous », et le verset : « Et qu’ils prennent pour Moi une offrande », apparaît avec » clarté.

‘Faire un sanctuaire pour D.ieu’, comme il a été expliqué, signifie révéler la force de la partie la plus profonde de notre âme, l’essence de notre âme, dans les forces de la partie de l’âme qui s’habillent dans le corps, c’est à dire notre intellect et nos sentiments.

Le Rabbi, dans son discours ‘hassidique intitulé ‘Et tu ordonneras aux enfants d’Israël qu’ils prennent pour toi de l’huile pure d’olives concassées pour allumer le luminaire’, explique longuement que l’Essence de l’âme (‘le Luminaire’) a le pouvoir de s’unir aux forces de l’âme.

Ainsi quand l’Essence de l’âme s’unit avec le cœur d’un enfant d’Israël, celui-ci ressent un amour pour D.ieu au-delà de toutes limites.

Il est important de remarquer que la Torah emploie dans le verset : « Et tu ordonneras aux enfants d’Israël » le terme : « qu’ils prennent pour toi », et qu’elle emploie ce même terme dans le verset : Et qu’ils prennent pour Moi une offrande ».

Ces deux versets sont en fait intimement liés. Un juif détient la possibilité de révéler l’essence de son âme afin que celle-ci illumine et s’unisse à son cerveau et à son cœur, et il y parvient quand il s’attache de manière profonde à la Torah de D.ieu, qui est une ‘partie de Lui-même’.

Texte et Audio : Michpatim à la lumière du Dvar Mal’hout, par le Rav Yaacov Abergel

Texte et Audio : Michpatim à la lumière du Dvar Mal’hout, par le Rav Yaacov Abergel

 

 

 

‘Rien ne peut arrêter La Parole de D.ieu’ :
‘Lorsque l’Eternel parla aux enfants d’Israël sur le Mont Sinaï, il n’y eut pas d’échos car rien ne peut arrêter la Parole de D.ieu’.

Cet enseignement des Sages rapporté par le Rabbi dans une Si’ha exprime le fait que la Parole de D.ieu n’est pas comme la parole de l’homme. De fait, Elle est l’origine de toute la Création. L’Eternel crée les mondes et tout ce qu’ils contiennent au moyen de Sa Parole, et dans ce cas comment la simple paroi d’une montagne pourrait-elle constituer un obstacle capable de renvoyer le son qui émane de Sa Bouche ! Ainsi, la Voix de l’Eternel pénétra non seulement dans la matière de toutes les montagnes du Sinaï, mais aussi dans l’âme de tous les enfants d’Israël.

D’une certaine manière, cet enseignement s’accorde avec la déclaration du Rabbi selon laquelle ‘les paroles dîtes avec douceur pénètrent dans le cœur de celui qui les reçoit et y font leur effet’, car c’est par la force de l’amour de D.ieu pour Israël, que Sa Parole bénie pénétra dans le cœur et dans l’âme des enfants d’Israël.
Les mots du Rabbi pénètrent dans le cœur comme la Parole de D.ieu pénétra dans la paroi des montagnes du Sinaï. En regardant le Rabbi, en l’écoutant, nous ressentons que ‘rien ne peut arrêter La Parole de D.ieu’, que rien ne peut arrêter la révélation de Son Essence bénie, de la venue du Machia’h et de la Délivrance finale.

‘Et Moché pénétra à l’intérieur de la nuée’ :
Les sujets de la Torah doivent être notre vie et l’Admour Hazaken nous enseigne que la Paracha de la semaine que nous lisons chaque Chabbat a forcément un lien avec notre propre existence.

Au sujet de cet enseignement de l’Admour Hazaken, le Rabbi de Loubavitch nous révèle que ce lien s’exprime plus particulièrement quand vient dans l’année le moment de lire la Paracha Michpatim.

En effet, cette Paracha est elle-même une allusion au fait que nous devons véritablement vivre avec la Torah, car la Paracha Michpatim est la dix-huitième Paracha de la Torah et le mot ‘Haï (vivant) a pour valeur numérique le nombre 18.

Le Rabbi a longuement insisté sur le fait que l’existence d’un juif ne devient véritable que lorsque ce Juif ‘voit et entend le Divin’ (voir ‘Iniana chel Torat ha Hassidout’).

A l’évidence, parvenir à percevoir au moyen de notre intellect et de nos sentiments le divin qui se cache dans ce monde exige un travail de notre part. Cependant, l’aide du Rabbi nous est indispensable pour y parvenir.
Dans le discours ‘hassidique intitulé : ‘Et Moché pénétra à l’intérieur de la nuée’ (Adar richon, 5717), le Rabbi explique la signification profonde de la ‘nuée’ :

Le Don de la Torah est lui-même le dévoilement de l’Essence divine. Or, ce dévoilement supérieur n’est possible qu’au moyen du ‘vêtement’ grâce auquel nous devenons véritablement capables de recevoir la révélation de l’Essence de la Torah.

Le Rabbi nous enseigne alors que ce vêtement, capable d’attirer et de recevoir l’Essence divine n’est autre que la ‘nuée’.

Aussi, ‘Et Moché pénétra à l’intérieur de la nuée et s’éleva sur la montagne’ exprime que Moche s’éleva vers le Saint béni soit-Il, mais l’intention profonde du verset est que Moché attire ‘En-bas’ l’Essence divine. C’est pourquoi il est dit que l’Eternel ‘fit à Moché un chemin à l’intérieur de la nuée’ (Rachi, 24, 18) car ce ‘chemin’ permet à l’Essence divine d’être attirée vers le bas, en-bas.

Il en fut de même au moment de la traversée de la mer des Joncs, car le chemin que l’Eternel fit aux enfants d’Israël à l’intérieur de la mer, représente, à l’image du chemin que l’Eternel fit à Moché dans la nuée, le chemin par lequel passe la lumière divine du monde caché pour illuminer ce monde, ainsi qu’il est écrit (Vayera, 18,19) : ‘Pour qu’ils gardent la voie de l’Eternel pour faire le droit et la justice’ ; ce qui signifie que la justice et le droit sont la voie et le chemin pour attirer le Nom de D.ieu dans ce monde, par l’étude de la Torah et par l’accomplissement des Mitsvoth, car ils permettent le dévoilement de l’Essence divine dans ce monde, ainsi qu’il est dit : ‘La gloire de l’Eternel se révèlera et tous verront que c’est la bouche de l’Eternel qui a parlé’.

Le Rabbi nous ouvre le chemin qui mène à la Délivrance :
Du fait que le Rabbi est l’extension de Moché dans notre génération, il est celui à qui l’Eternel ‘a fait un chemin à l’intérieur de la nuée’. Ce chemin par lequel la lumière de l’Essence divine descend pour illuminer ce monde matériel.

Aussi, le Rabbi est celui qui révèle l’Essence de l’âme de chaque Juif. Son enseignement est lui-même comme la ‘nuée’ car il est un ‘vêtement’ dans lequel s’habille la lumière de l’Essence divine du fait que la ‘Hassidout est l’Essence de la Torah.

D’une certaine manière s’attacher au Rabbi est comme se vêtir de ce vêtement grâce auquel nous devenons capables de recevoir la ‘Torah nouvelle’ que l’Eternel révèlera au moment de la Délivrance finale ainsi qu’il est écrit ‘Une Torah nouvelle sortira de Moi’.

Dans le même ordre d’idée le Rav Yoël Kahn écrit que l’Essence de l’âme d’un Juif se révèle quand celui-ci se trouve dans les 4 coudées du Rabbi (voir ‘Séfer Ara’him’).

Aussi, nous devons faire tout ce qui est en notre pouvoir pour nous tenir dans les ‘4 coudées du Rabbi’, sous une colonne de lumière et dans ‘le chemin que l’Eternel fait au Rabbi à l’intérieur de la nuée’ ; ce même chemin qui nous mène directement au troisième Temple, à la Délivrance finale et à la venue de notre Juste Machia’h, très bientôt et de nos jours, ainsi qu’il est écrit dans la Paracha (Michpatim, 23, 20) :
‘Voici, Moi (Ano’hi : L’Essence divine), J’envoie un ange devant toi (Moché : le Rabbi) pour te protéger (il s’agit de la nuée qui est comme un vêtement qui protège) dans le chemin (que l’Eternel fait au Rabbi à l’intérieur de la nuée, et par lequel est attirée l’Essence divine dans ce monde) et ‘pour t’amener vers l’endroit que J’ai préparé’ : L’endroit du troisième Temple, à Jérusalem.

La Torah ‘Hadacha du Rabbi :
Dans le Dvar Mal’hout sur la Paracha du Chabbat précédent (Yitro) le Rabbi soulignait que les 10 Commandements sont mentionnés 2 fois dans la Torah. La première fois représente la Parole d’Hachem et la deuxième fois représente la Parole de Moché. De fait, les enfants d’Israël ne purent supporter d’entendre les deux premiers Commandements de la Bouche de l’Eternel. Lorsque l’Eternel parlait, l’âme des enfants d’Israël quittait leurs corps, ainsi qu’il est écrit (Chabbat, 88b) : ‘A chaque expression divine, leur âme s’envolait…Mais L’Eternel la leur restituait avec la rosée dont Il fera revivre les morts’.

‘Leur âme s’envolait’ car ce fut un dévoilement trop élevé pour le peuple Juif, et c’est précisément pour cela que Moché dût répéter à son tour les Commandements divins, afin de mettre la Parole divine à la portée des enfants d’Israël. En d’autres termes, Moché réalise l’union entre la Parole divine avec l’intellect de l’homme. Lorsque Moché enseigne les 10 Paroles divines elles touchent l’âme et le cœur des enfants d’Israël de manière profonde. Elles sont comprises au moyen de l’intellect, ressenties dans le cœur, et surtout, elles inspirent concrètement l’action. C’est le sens de l’explication de Rachi sur le verset (Michpatim, 21, 1) : ‘Et voici les Lois que tu placeras devant eux’. Les Lois de D.ieu sont, comme des aliments, ‘dressées sur une table, prêts à être consommés’.

Par ailleurs, le Rabbi souligne que d’un autre côté, bien que la parole de Moché possède l’avantage d’être assimilée par l’homme, elle ne dévoile pas la dimension profonde de la Torah, son Essence (comme ce fut le cas quand l’Eternel s’adressa Lui-même aux enfants d’Israël). En fait, c’est le Machia’h qui termine la mission de Moché car lorsqu’il parlera aux enfants d’Israël, il dévoilera l’Essence de la Torah et dans ce cas la dimension profonde de la Torah sera reçue de manière profonde, intégrée, par les Juifs sans que leurs âmes ne quittent leurs corps. Le Machia’h unira l’Essence divine avec les forces de la partie de l’âme qui s’habillent dans le corps (les forces de notre intellect, nos sentiments et nos actions concrètes dans ce monde matériel).

Dans l’un de ses discours hassidiques intitulé ‘Et tu ordonneras aux enfants d’Israël’, le Rabbi définit avec précision la différence qui existe entre les 2 niveaux de l’âme : le niveau de ‘Haya’ (ou ‘Mazal’) et le plus haut niveau : l’Essence de l’âme.

L’Essence de l’âme ne possède pas de nom car un nom la limiterait. L’Essence de l’âme désigne l’âme telle qu’elle est enracinée dans l’Essence divine et elle est donc (comme l’Essence divine) au-delà de tout nom, de toute définition, de toutes les limites que constituent les lettres et les noms qu’elles composent.

Le Rabbi nous donne alors deux raisons pour lesquelles Israël croit en Hachem. La première est que l’âme qui ne s’habille pas dans le corps (‘Haya) voit le Divin. Cette vision est donc au-delà de l’intellect (puisque cette vision vient du niveau de l’âme qui est supérieur au niveau de l’âme qui s’habille dans le corps et donc supérieur aux forces de l’intellect qui s’habillent dans le cerveau). Ainsi, comme ‘l’âme qui est en-haut’ voit le Divin elle influence l’âme qui est dans le corps en lui donnant la Emounah, Cependant, cette Emounah n’est pas profonde car elle ne vient pas de nous-mêmes mais d’une vision, et toute chose que nous voyons (même quand il s’agit d’une vision de l’esprit) demeure extérieure à nous-mêmes. D’un côté il y a nous-même et de l’autre la chose que nous voyons. A l’opposé, quand il s’agit du dévoilement de l’Essence de l’âme et de la Emounah qui naît de ce dévoilement, il ne s’agit plus d’une vision qui est extérieure à nous-mêmes mais du dévoilement du Divin qui fait ‘Un’ avec nous-même (car l’Essence de l’âme est enracinée dans l’Essence divine) et dans ce cas notre Emounah est profonde.

Le Rabbi définit l’Essence de l’âme comme étant l’Essence de toutes les forces de l’âme qui s’habillent dans le corps. L’influence de l’Essence de l’âme n’est donc pas ‘Makif’ (superficielle) et la possibilité nous est donnée de dévoiler et d’unir ce niveau supérieur de l’Essence divine avec les forces de notre intellect, de nos sentiments et de nos actes.

Résumé :
Moché réalise l’union entre la Parole divine avec l’intellect de l’homme et c’est au sujet du verset : ‘Et voici les Lois que tu placeras devant eux’ que Rachi explique que ‘les Lois de D.ieu sont, comme des aliments, ‘dressées sur une table, prêts à être consommés’.

De la même façon, le Rabbi est le Moché de notre génération, il est celui qui dévoile l’Essence de notre âme afin que notre Emounah soit profonde. Il unit les enfants d’Israël avec Or ein-sof. Aussi, l’expression employée par Rachi selon laquelle ‘les Lois de D.ieu sont, comme des aliments, ‘dressées sur une table, prêts à être consommés’ peut tout aussi bien s’appliquer aux concepts de la ‘Hassidout ‘Habad. Les enseignements du Rabbi sont comme des aliments car celui qui s’attache à les étudier avec toutes les forces de son âme finit par les intégrer de manière profonde. A l’exemple de l’Admour Haemtsaeï dont il est dit que ‘si l’on ouvrait ses veines on verrait couler des paroles de ‘Hassidout’, lorsque l’on s’applique à étudier la Torah du Rabbi alors on parvient à ce que ces enseignements qui sont au-delà de ce monde matériel car ils sont liés à l’Essence divine deviennent ‘prêts à être consommés’, c’est à dire qu’ils nous insufflent une nouvelle vitalité, aussi bien matérielle que spirituelle.

Le Rabbi ‘place devant nous’ l’Essence de la Torah ‘comme des aliments dressés sur une table’ signifie dans ce cas que le Rabbi met à notre portée l’Essence divine.

Peut-être que ces paroles de Rachi font aussi allusion à la table qu’Hachem dressera pour les Tsaddikim lors du dévoilement du Machia’h. Pendant ce festin chacun mangera de la chair du poisson, le Léviathan, de la viande du taureau sauvage, le Chor-ha-Bar, et boira du vin que L’Eternel garde en secret, le vin ‘Méchoumar’.
A l’évidence ce vin et ces aliments sont tous des allusions aux enseignements du Rabbi et à tous les secrets qu’ils renferment et qui seront alors dévoilés lors de la Délivrance finale très bientôt et de nos jours, avec l’aide de D.ieu.

Texte et Audio : Yitro ‘A la Lumière du Dvar Mal’hout’ par le Rav Yaacov Abergel

Texte et Audio : Yitro ‘A la Lumière du Dvar Mal’hout’ par le Rav Yaacov Abergel

 

Moché répète les Dix Commandements afin que le peuple d’Israël soit capable d’intégrer de manière profonde la Parole Divine :
Il est dit dans notre Paracha (Yitro, 20, 15-16) que lors du Don de la Torah tous les Juifs’ tremblèrent et se tinrent debout, de loin. Ils dirent à Moché : parle, toi avec nous, et nous t’écouterons, et que D.ieu ne parle pas avec nous de peur que nous mourrions’.
De fait, les enfants d’Israël ne purent supporter d’entendre les deux premiers Commandements de la Bouche de l’Eternel. Lorsque l’Eternel parlait, l’âme des enfants d’Israël quittait leurs corps, ainsi qu’il est écrit (Chabbat, 88b) : ‘A chaque expression divine, leurs âmes s’envolaient… Mais L’Eternel la leur restituait avec la rosée dont Il fera revivre les morts’.

Par ailleurs, dans le Dvar Mal’hout sur notre Paracha le Rabbi souligne que les Dix Commandements sont mentionnés deux fois dans la Torah. La première fois, Paracha Yitro, L’Eternel dit Lui-même les Dix Commandements et la seconde fois, Paracha Vaèt’hanan, Moché répète les Dix Commandements aux enfants d’Israël durant la quarantième année de leur séjour dans le désert. Le Rabbi nous donne la raison de cette répétition. Le rôle de Moche est d’unir les enfants d’Israël avec D.ieu et du fait que lorsque L’Eternel parlait l’âme des enfants d’Israël ‘s’envolait’ Moché dut leur répéter les Commandements afin de Les mettre à leur portée. Pour qu’eux-mêmes soient capables d’intégrer de manière profonde la Parole Divine.

De manière profonde, Moché établit le lien entre l’Essence divine et les forces de l’intellect des enfants d’Israël car lorsque Moché leur enseigna les Dix Commandements, les enfants d’Israël furent touchés au plus profond d’eux-mêmes. L’enseignement de Moché atteignait leurs pensées, leurs sentiments et leurs actions, conformément à l’explication de Rachi du verset : ‘Et voici les Lois que tu placeras devant eux’ (Michpatim, 21, 1), selon laquelle le rôle de Moché fut de présenter les Lois de D.ieu comme des aliments, ‘dressées sur une table, prêts à être consommés’.

Cependant, bien que la parole de Moché possède l’avantage d’être assimilée par chacun, elle n’est ‘que’ la parole d’un homme, c’est à dire que contrairement à la Parole de D.ieu, la parole de Moché ne dévoile pas la dimension la plus profonde de la Torah, son Essence. De fait, c’est avec le dévoilement du Machia’h et le dévoilement de la Torah ‘Hadacha que l’Essence de la Torah sera dévoilée et intégrée de manière profonde par le peuple d’Israël.

Lorsque Machia’h parlera aux enfants d’Israël en leur dévoilant l’Essence de la Torah, leurs âmes ne ‘s’envoleront’ pas comme ce fut le cas au Mont-Sinaï. Le dévoilement de la Torah ‘Hadacha sera perçu de manière profonde sans que l’âme ne quitte le corps. En d’autres termes, le Machia’h unira l’Essence divine avec les forces de la partie de l’âme qui s’habillent dans le corps (l’intellect, les sentiments et l’action).

La signification profonde des dates du 10, du 11 et du 22 Chevat :
Dans une autre Si’ha du Dvar Mal’hout sur cette même Paracha Yitro, le Rabbi explique la signification profonde des dates du 10 Chevat, du 11 Chevat et du 22 Chevat :

*Le ’10 Chevat’, jour de la Hilloula du Rabbi Rayats représente le niveau du chiffre ’10’. ’10’ représente les ’10 Commandements’ lesquels sont liés avec ce monde matériel qui a été lui-même créé par ’10 Paroles’.

*Le 11 Chevat est lié à la prise de fonction du Rabbi un an exactement après le jour de la disparition de son beau-père le Rabbi Rayats. ’11’ représente le niveau de L’Essence divine, le niveau du Divin qui est au-dessus du monde : Ano’hi, le premier mot des Dix Commandements.

*Le 22 Chevat qui est la date du décès de la Rabbanite incarne la perfection du chiffre 11 : 2×11=22.

Le dévoilement divin qui eut lieu lors du don de la Torah ne fut que provisoire. Après Matan-Torah le Mont-Sinaï redevint ce qu’il était. Les âmes des enfants d’Israël quittèrent leurs corps quand ils entendirent la Parole de D.ieu. Comme il a été dit précédemment, ce monde inférieur et limité, symbolisé par le chiffre 10, ne put contenir le dévoilement de l’Essence divine. Le Les âmes des enfants d’Israël quittèrent leurs corps quand ils entendirent la Parole de D.ieu. Aussi, le but recherché après le Don de la Torah fut que l’homme avec ses propres forces agisse dans le but de faire de lui-même et de ce monde matériel une demeure pour l’Essence divine. Purifier son être et purifier ce monde matériel afin que le dévoilement de l’Essence divine ne soit pas provisoire comme ce fut le cas au moment du Don de la Torah, mais que ce dévoilement soit permanent. Attirer l’Essence divine, symbolisée par le chiffre 11, dans ce monde, symbolisé par le chiffre 10… et dans tout ce qu’il contient.

Le Rabbi nous enseigne que la date du 10 Chevat correspond à la fin du travail qui consistait à nous préparer au dévoilement de l’Essence divine.

La date du 11 Chevat correspond au début du dévoilement de l’Essence divine mais sans que ce dévoilement n’ait véritablement fait de ce monde ‘une demeure qui fait Un avec D.ieu’.

Enfin la perfection du niveau du chiffre 11 correspond à la date du 22 Chevat car selon l’enseignement du Rabbi c’est par le mérite des femmes Tsidkaniot, et par le mérite de la Rabbanite ‘Haya-Mouchka (l’épouse du Rabbi) que notre mission de faire de ce monde une demeure pour D.ieu atteindra la perfection du fait que cette ‘demeure’ : nous-mêmes, le monde, et tout ce qu’il contient, feront Un avec D.ieu.

Dans son discours intitulé ‘Et tu ordonneras aux enfants d’Israël’, le Rabbi explique qu’il y a plusieurs niveaux de l’Essence de l’âme :

le niveau de ‘Haya est le niveau inférieur de l’Essence de l’âme car il a pour effet de s’unir aux forces de l’âme, ‘de faire Un’ avec ces forces, mais de façon provisoire. Ce dévoilement est donc ‘comme une chose ajoutée à nous-même’ car il peut y avoir une situation où un Juif fera don de lui-même pendant des années car il brillera en lui-même ce niveau de ‘Haya, mais lorsque ce dévoilement s’arrêtera les forces de son âme (l’intellect, les sentiments, l’action) ne changeront pas.

Le niveau supérieur de l’Essence de l’âme est celui de l’âme telle qu’elle est enracinée dans l’Essence divine. Lorsque ce niveau se dévoile dans l’âme il pénètre au plus profond des forces de l’âme au point de les transformer véritablement et de faire ‘Un’ avec elles.
Pour l’intellect par exemple, lorsque le niveau de ‘Haya se révèle dans l’intellect, un Juif agit au-delà de l’intellect mais quand ce niveau ne brille plus l’intellect redevient ce qu’il était, A l’opposé, lorsque l’Essence de l’âme brille dans l’intellect, l’intellect agit tel qu’il est mais il dévoile aussi l’Essence de l’âme. La lumière de l’Essence de l’âme se révèle dans l’intellect dans les sentiments et dans tous les vêtements de l’âme : la pensée la parole et l’action.

Le 22 Chevat représente ce niveau de l’Essence. Il correspond au niveau décrit par le Rabbi dans le Dvar Mal’hout comme étant ‘la perfection du niveau du chiffre 11′ car ce niveau désigne le pouvoir d’unir le Divin qui est au-delà du monde (’11’) avec le monde (’10’) : de faire de ce monde (’10’) une demeure pour l’Essence divine (’11’).

En résumé,

*le 10 Chevat représente le travail de purification qui nous prépare au dévoilement de l’Essence divine.
* Le 11 Chevat représente le niveau ‘inférieur’ de l’Essence car ce dévoilement élève le monde mais ne le transforme pas (à l’exemple du niveau de ‘Haya).
* Le 22 Chevat représente le plus haut niveau de l’Essence, lequel a le pouvoir de transformer ce monde au point qu’il ne fait plus qu’Un’ avec l’Essence divine, comme le Rabbi dit souvent : le dévoilement de l’Essence de l’âme signifie que l’on ne fait plus qu’Un avec Hachem.

Il est écrit dans le Traité Bra’hot (57b) que ‘Trois choses apaisent l’esprit de l’homme : une voix mélodieuse, une belle vue et une bonne odeur. Trois choses le mettent à l’aise et lui donne un sentiment de bien-être : une belle maison, une belle épouse et de beaux ustensiles’.

A la lumière de cet enseignement le Rabbi exprime le fait qu’il ne s’agit pas seulement de faire de ce monde une demeure pour Hachem, mais il s’agit que cette demeure soit belle. Dans ce cas les enfants d’Israël procurent un grand plaisir au Saint béni soit-Il qui est Lui-même le propriétaire de cette demeure. Notre mission est de transformer ce monde au point qu’il devienne une demeure pour l’Essence divine qui est au-delà du monde. Or, comme l’écrit le Rabbi : ‘La beauté de cette demeure (la force de la rendre belle), qu’il s’agisse de sa beauté spirituelle ou de sa beauté matérielle, dépend du mérite des femmes.

Le Rabbi écrit aussi que ‘la beauté matérielle découle de la beauté spirituelle’, et nous enseigne que la valeur numérique du mot ‘Ner’ (bougie) est égale à 250. Les 248 injonctions positives plus le chiffre 2 (qui est une allusion aux deux mains avec lesquelles on accomplit les Commandements divins, et aussi une allusion à l’amour et à la crainte de D.ieu) font un total de 250. Ainsi les bougies que les femmes et les filles d’Israël allument le soir du Chabbat et les jours de fêtes illuminent les maisons Juives de la lumière, de la beauté de la Kédoucha et de la beauté matérielle de la lumière.

La beauté de cette demeure vient de la vitalité que les femmes d’Israël lui insufflent. C’est la raison pour laquelle le Rabbi souligne que cette demeure doit être emplie d’une bonne odeur parfumée. Cette odeur (spirituelle et matérielle) ajoute à la beauté de la lumière des bougies.

Le prénom de la Rabbanite est une allusion à tout cela. ‘Haya qui désigne la ‘vitalité’ (‘Hayout) est une allusion aux forces de l’âme qui s’habillent dans le corps : la vitalité ‘Pnimi’, et Mouchka désigne les forces de l’âme qui ne s’habillent pas dans le corps et l’Essence de l’âme elle-même : Ko’hot ha makifim).

Ainsi, le 22 Chevat désigne bien la perfection du niveau du chiffre 11, car l’union de ‘Haya avec Mouchka exprime le lien entre le Divin qui s’habille dans le corps et dans ce monde avec le Divin qui est au-delà de ce monde : l’Essence divine.

Il apparait donc à nos yeux que c’est par le mérite de la Rabbanite et de toutes les femmes et les filles d’Israël qui suivent son exemple et sa conduite que nous aurons le mérite d’atteindre la perfection de notre mission de faire de ce monde une demeure pour l’Essence divine, et la perfection de cette mission consiste à faire de ce monde inférieur une belle demeure pour D.ieu du fait que la beauté dans ce cas représente l’union entre l’Essence de lame et les forces de lame qui s’habillent dans le corps, entre lEssence divine et les limites de ce monde inferieur. La beauté représente la Guéoula, lorsqu’il apparaîtra à nos yeux de chair qu’Hachem Israël et la Torah ne sont qu’Un, avec le dévoilement de notre Juste Machia’h, très bientôt et de nos jours, avec l’aide de D.ieu.

Résumé :
D’une certaine manière, les Dix Commandements, lorsqu’ils sont dits par l’Eternel, représentent l’Essence divine laquelle est au-delà de toutes les limites de tous les mondes de la Création. Ce niveau est celui de la partie de l’âme qui ne s’habille pas dans le corps : l’Essence de l’âme divine qui est enracinée dans l’Essence divine et dont la force dépasse donc totalement, infiniment, la partie de l’âme qui s’habille dans le corps et qui est limitée. Ainsi, les 10 Commandements tels qu’ils seront enseignés par le Machia’h, avec l’aide de D.ieu, représentent donc la perfection de la beauté de la Torah : la beauté de la Torah du Machia’h, la beauté de la Torah ‘Hadacha : le dévoilement de l’Essence de la Torah qui détient le pouvoir d’unir l’Essence divine avec l’âme telle qu’elle s’habille dans le corps.

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L’enseignement du Rabbi selon lequel ‘Yitro’ est une allusion au corps et à l’âme animale :
Dans le Likoutey Si’hot (‘Hélek 4, page 1271), le Rabbi pose une question : la Paracha que nous lisons ce Chabbat porte le nom de Yitro (le beau-père de Moché), pourtant il n’est pas seulement question de Yitro dans cette Paracha. Bien au contraire, cette Paracha parle essentiellement du don de la Torah, et du fait que le Don de la Torah est bien plus important que l’histoire de Yitro, pourquoi dans ce cas cette Paracha ne porte-t-elle pas plutôt le nom de ‘Matan Torah’ ?

Le livre du Zohar (début de la Paracha Yitro) nous répond : c’est par le fait qu’il était un idolâtre et qu’il se convertit, disant à Moché (Yitro, 18, 11) : « Maintenant je sais que l’Eternel est plus grand que toutes les divinités », que le Don de la Torah fut désormais possible.

A la lumière de cet enseignement du Zohar le Rabbi explique que ‘Yitro’ est une allusion au corps et à l’âme animale qui ne désirent assouvir que des plaisirs matériels et grossiers. Dans chaque Juif se trouve cet ‘Yitro’ qui le tire vers le bas à l’exemple d’un animal dont les yeux sont continuellement tournés vers la terre et jamais vers le ciel.

Notre travail consiste donc à combattre cet ‘Yitro’ en nous détournant des plaisirs matériels et dénués de divin pour enfin ‘regarder vers le ciel’ à l’exemple de Yitro qui fut un idolâtre et qui finit par reconnaître que « l’Eternel est plus grand que toutes les divinités ».

Lorsqu’un Juif parvient à utiliser toute la force de son âme animale, c’est à dire lorsqu’il emploie à ne désirer seulement que le dévoilement de D.ieu. Lorsque ce juif emploie toute la vitalité de son corps pour accomplir la Volonté du Saint béni soit-Il et qu’il consacre toutes les forces de son âme à l’étude de la Torah alors il parvient à aimer D.ieu au moyen de ses deux penchants.

Son âme ‘animale’, à l’image de Yitro qui au départ était un idolâtre, porte désormais le nom d’âme ‘vitale’, à l’exemple de Yitro qui déclara à Moché lorsqu’il se convertit : « Maintenant je sais que l’Eternel est plus grand que toutes les divinités ».
En effet, chaque juif possède la force de transformer l’obscurité en lumière, de transformer ‘l’âme animale’ en une ‘âme vitale’, et quand il y parvient, il peut désormais servir et aimer D.ieu avec une force dédoublée : la force de son âme ‘animale’ et celle de son âme Divine.

Texte et Audio : Bo à la lumière du Dvar Mal’hout – Rav Yaakov Abergel

Texte et Audio : Bo à la lumière du Dvar Mal’hout – Rav Yaakov Abergel

 

 

Le Combat de D.ieu :

Dans le Likouteï-Si’hot (1951, page 271-284), le Rabbi de Loubavitch cite le Livre du Zohar d’après lequel Pharaon représente la racine et la source de toutes les forces du mal, et son impureté est telle que Moché lui-même craignit d’aller à sa rencontre. C’est précisément la raison pour laquelle le Saint béni soit-Il ne donne pas à Moché l’ordre de s’y rendre seul, car L’Eternel ne dit pas à Moché : ‘Va (seul) chez Pharaon ! ‘ (avec tes propres forces) mais Il lui dit : ‘Viens chez Pharaon !’, ce qui sous-entend que D.ieu Lui-même accompagne Moché.
De manière profonde, le Rabbi accompagne le ‘Hassid ‘au jour le jour’ et tout au long de la Vie du ‘Hassid afin que celui-ci mène à bien la mission sacrée qui lui a été confiée. ‘Viens avec Moi chez Pharaon !’ s’applique donc aussi au lien qui unit le Rabbi à son ‘Hassid, et dans ce cas la force du Rabbi se fond dans celle de son ‘Hassid. Tout comme la mission de Moché consista à briser la force de Pharaon et à l’obliger à libérer les enfants d’Israël, la mission du Chalia’h du Rabbi consiste à briser toutes les limites afin de libérer chaque Juif de l’obscurité de l’exil.

Le Rabbi met en relief le fait que la chute de Pharaon, tout comme le nom de la Paracha : ‘Bo’, font tous deux parties intégrantes de la Délivrance. Plus encore, le contenu profond de ces enseignements s’applique également à notre combat d’aujourd’hui, lequel consiste à faire tout ce qui est en notre pouvoir pour sortir de ‘l’Egypte’ de notre exil et de nos propres limites, afin de provoquer le dévoilement de notre Juste Machia’h.

A l’évidence, un Juif parvient à se délivrer lorsqu’il se soumet à la Volonté de D.ieu ainsi qu’il est dit dans le Zohar de Rabbi Shimon Bar-Yo’haï : ‘Celui qui est esclave de D.ieu est maître de toute la terre’.
A ce sujet, l’Admour Hazaken rapporte le verset suivant du Livre des Téhilim : ‘Car Il (L’Eternel) Se tient à la droite du pauvre, pour le sauver de ceux qui jugent son âme’ (Téhilim, 109, 31).
L’Admour Hazaken nous explique que le ‘pauvre’ désigne l’âme divine, et ‘Il’ Se tient à la droite du pauvre’ désigne le Saint béni soit-Il. L’Eternel illumine l’âme et le cœur de chaque juif, Il le rassasie des forces dont il a besoin pour remporter le combat qu’il mène face au mauvais penchant. Sans l’aide du Tout-Puissant, l’âme divine (le ‘pauvre’) n’aurait aucune chance de remporter le ‘Combat de D.ieu’ (selon l’expression employée par le Rabbi), afin de gouverner le corps en soumettant le cerveau et le cœur à la Volonté du Saint béni soit-Il au point que toutes nos pensées, toutes nos paroles et toutes nos actions soient totalement inspirées par l’Esprit divin.
L’expression : ‘le Combat de D.ieu’ désigne également notre mission du fait que le Combat de D.ieu est aussi notre Combat et tant que nous demeurons en exil L’Eternel est aussi en exil.

Diriger la force du désir vers le bien :

Le Rabbi Rachab dit un jour à son fils Rabbi Yossef-Itz’hak : ‘Il existe deux niveaux dans la recherche spirituelle : la recherche superficielle et la recherche intérieure. Il faut se détacher de la première pour s’engager dans la seconde, dans la recherche intérieure, car c’est la seule véritable’. Le Rabbi bénit ensuite son fils en lui disant : ‘D.ieu fasse que du profond de toi tu te voues à la recherche de l’intériorité de l’Être’.

‘La recherche intérieure’ représente donc le niveau le plus élevé dans la recherche spirituelle. Cette ‘recherche de l’intériorité de l’être’ consiste au départ à ‘diriger l’Essence de nos désirs vers le bien’ :
L’Admour Hazaken dans le Likouteï-Torah sur la Paracha ‘Houkat (page 56b) explique que l’Essence de la volonté d’un juif n’est autre que la force du désir. Or, un juif possède la capacité de diriger la force de ses désirs. Le choix lui est donné de diriger cette force. Le désir peut s’habiller dans des vêtements sales, dans des mauvaises pensées, des paroles vaines, des actes bas ou il peut s’habiller de vêtements royaux, dans des pensées pures, des paroles de Torah ou des Mitsvoth.
L’enseignement de l’Admour Hazaken met l’accent sur le fait que la racine de l’âme animale appartient au domaine de la Sainteté car elle provient de ‘la face du Taureau’ du Char céleste. Cependant le mal est présent dans notre monde et le choix entre le bien et le mal est donné à l’homme. Aussi la force du désir peut être détournée vers le mal. Notre travail, notre mission, consiste donc à ‘s’engager dans la recherche intérieure’ c’est à dire à diriger la force, l’Essence de nos désirs, vers le bien, afin qu’elle ne soit employée qu’au service divin.

Le lien qui existe entre le contenu profond de la Paracha et le jour de la Hiloula du Rabbi Rayats :
Dans la Si’ha du Dvar Mal’hout sur notre Paracha, le Rabbi explique la raison pour laquelle Moché refusait de se rendre chez Pharaon. Il prétexta que ‘sa bouche était lourde’, en d’autres termes qu’il avait des difficultés à parler. L’Eternel répondit à Moché : ‘Qui a donné une bouche à l’homme, ou qui rend muet ou sourd, ou intelligent ou aveugle n’est-ce pas Moi L’Eternel’ (Chemot 4, 11). Par cette remarque, L’Eternel expliquait à Moché qu’Il détenait le pouvoir de transformer n’importe quelle situation. Hachem fit donc un miracle en dévoilant Son Essence dans la bouche de Moché, lui permettant momentanément de parler, ainsi qu’il est dit : ‘Je (Ano’hi : L’Essence divine) serais avec ta bouche’.

Cependant, bien que Moché, sous l’effet du miracle divin, fut capable de parler correctement aux enfants d’Israël, cette guérison ne dura que le temps du miracle, et il n’était pas guéri pour autant de son défaut d’élocution. Il fallut attendre le don de la Torah, lorsque D.ieu donna Son Essence, de manière profonde, ainsi qu’il est dit : ‘J’ai écrit Mon Essence et Je l’ai donnée’, pour que Moché guérisse définitivement. Le dévoilement de l’Essence divine est allusionné dans le premier Commandement : ‘Je (Ano’hi : L’Essence divine) suis L’Eternel ton D.ieu.’

Dans le Dvar Mal’hout, le Rabbi enseigne que l’âme de Moché vient du monde de Tohu qui est ‘un monde dans lequel les lumières sont très élevées et les réceptacles trop petits pour les contenir’.
Cela explique le fait que Moche bégayait. Le bégaiement de Moché signifiait que la lumière de son intellect n’illuminait pas correctement les mots qu’il prononçait. En d’autres termes, Les forces de son intellect ne parvenaient pas à fusionner avec les articulations de sa bouche. De manière encore plus profonde, le Rabbi explique que ‘la bouche de Moché ne fusionnait pas avec son cerveau car les enfants d’Israël ne fusionnaient pas avec Moché’.

En effet, Moché se demandait si les enfants d’Israël étaient capables de recevoir les hautes lumières du monde de Tohou qu’il détenait. Ce doute qui vivait dans l’esprit de Moché s’exprimait physiquement par le fait que sa parole ‘doutait’, qu’il bégayait. Dès-lors, nous pouvons comprendre les raisons pour lesquelles L’Eternel, qui désirait accompagner Moché, lui déclara : ‘Je seconderais ta parole’ et ‘Je t’inspirerais ce que tu devras dire’.

Par ailleurs, le principe selon lequel ‘les lumières élevées de Tohu ne trouvent pas de réceptacles capables de les contenir’ s’applique également à nous-mêmes, et c’est la raison pour laquelle le Rabbi établit une comparaison entre Moché et le Rabbi Rayats. De fait, pendant une certaine période de sa Vie, le Rabbi Rayats s’arrêta de parler et le Rabbi en dévoile la raison profonde : ‘si le Rabbi Rayats n’arrivait pas à parler c’est que ses Hassidim n’étaient pas capables de l’entendre’.
Les ‘Hassidim n’étaient pas des réceptacles capables de recevoir ‘le Silence du Rabbi’ : l’abondance de lumière des enseignements du Rabbi. Notre travail pendant l’exil consiste donc à réparer cela, c’est à dire à révéler et à appliquer les enseignements qui étaient cachés dans le ‘Silence du Rabbi’.

Dévoilement de l’Essence : parler sans avoir à chercher ses mots-L’exemple du Baal Chem Tov :
C’est précisément par le dévoilement de la force de l’Essence divine que nous pouvons y parvenir. L’Essence détient le pouvoir d’atteindre tous les niveaux, tous les endroits. Elle a le pouvoir d’unir l’esprit à la matière. Le pouvoir d’unir les lumières spirituelles du cerveau de Moché avec les mots matériels de sa bouche. Le pouvoir d’unir deux choses qui s’opposent totalement.

L’exemple que l’on peut donner ici est celui du Baal-Chem-Tov. Rabbi Israël Baal-Chem-Tov déclara en effet, que lorsque l’Essence de son âme se révélait dans les mots de sa bouche, il pouvait parler sans avoir à chercher ses mots, sans avoir besoin de faire attention à ce qu’il disait. Les mots coulaient de sa bouche comme le flot d’une source, et cela n’est pas sans nous rappeler la déclaration du Machia’h selon laquelle ‘Je viendrais quand tes sources se répandront à l’extérieur’.

La venue du Machia’h est la révélation de l’Essence divine dans ce monde, et l’expression du verset ‘Viens (avec Moi) chez Pharaon’ qui sous-entend que l’Eternel accompagne la parole de Moché, afin que celle-ci brise la force du ‘grand serpent’, représente le début de la Délivrance finale, car il est le commencement et la préparation au dévoilement de l’Essence divine.

Le Rabbi souligne que chaque Juif possède la force de ‘Viens (avec Moi) chez Pharaon’ car cette force est celle de l’Essence de notre âme qui est enracinée dans l’Essence divine. C’est le dévoilement de cette force qui nous permet de briser tous les désirs de notre âme animale : ‘la peau de serpent’ comme l’appelle le livre du Zohar.

Bien que cela ne soit pas dit dans le Dvar Mal’hout, il est possible, au sujet de l’enseignement du Zohar selon lequel ‘du côté de la sainteté Pharaon représente le dévoilement supérieur de toutes les lumières dans la Séfira de Mal’hout’, de donner l’explication suivante :

Dans le livre du Tanya, l’Admour Hazaken appelle la Séfira de Mal’hout la ‘Bouche de l’Eternel’. Par le souffle de Sa Bouche, l’Eternel crée et maintient en vie toute la Création. L’expression ‘Viens chez Pharaon’ qui représente d’après le Zohar ‘l’Union de la Lumière infinie avec la Bouche de l’Eternel’ s’accorde à l’enseignement du Rabbi selon lequel l’Essence divine se dévoile dans ‘la bouche de Moché’ afin qu’il puisse dispenser sa lumière aux enfants d’Israël.

Ainsi, poursuivre l’action du Rabbi précèdent consiste à continuer à diffuser les Sources à l’extérieur en faisant véritablement don de nous-mêmes. Conformément à l’enseignement selon lequel ‘le Rabbi est la tête qui dirige le peuple’, et les enfants d’Israël sont ‘les pieds de Moché’.
Le Rabbi nous accompagne et ‘seconde notre parole’. Comme il a été expliqué, le bégaiement de Moché et le Silence du Rabbi représentent l’incapacité du peuple Juif, des ‘Hassidim, d’être des réceptacles capables de recevoir et d’intégrer la Lumière de Moché, la Lumiere du Rabbi, mais si le peuple Juif s’attache à se raffiner, à se purifier et à s’investir totalement dans l’étude de la ‘Hassidout, alors il peut dévoiler l’Essence divine et accéder à la vision du Divin, à parvenir à ‘un endroit que la tête ne peut atteindre toute seule’, et dans ce cas Israël dévoilera ‘le Silence du Rabbi’ : le dévoilement de l’Essence de la Torah et de la Délivrance finale, très bientôt, et de nos jours, avec l’aide de D.ieu.

Résumé :
Pharaon représente la racine et la source de toutes les forces du mal. De ce fait, Moché craignit d’aller à sa rencontre. ‘Viens chez Pharaon !’ sous-entend que D.ieu Lui-même accompagne Moché.

De manière profonde, ‘Viens avec Moi chez Pharaon !’ s’applique à la mission de chaque Juif de faire de ce monde inférieur une demeure pour D.ieu. L’Admour Hazaken rapporte le verset du Livre des Téhilim : ‘Car Il (L’Eternel) Se tient à la droite du pauvre, pour le sauver de ceux qui jugent son âme’ (Téhilim, 109, 31) et explique que le ‘pauvre’ désigne l’âme divine, et ‘Il’ Se tient à la droite du pauvre’ désigne le Saint béni soit-Il. Sans l’aide du Tout-Puissant, l’âme divine (le ‘pauvre’) n’aurait aucune chance de remporter le ‘Combat de D.ieu’.
Le Rabbi Rachab a enseigné que le niveau le plus élevé dans la recherche spirituelle est celui de la recherche intérieure. Cette ‘recherche de l’intériorité de l’être’ consiste au départ à ‘diriger l’Essence de nos désirs vers le bien’.

Dans la Si’ha du Dvar Mal’hout sur notre Paracha, le Rabbi explique que la raison pour laquelle Moché refusait de se rendre chez Pharaon était qu’il rencontrait des difficultés à parler. De manière profonde, le bégaiement de Moché signifiait que les forces de son intellect ne parvenaient pas à ‘fusionner avec les articulations de sa bouche’. Le Rabbi dévoile que la bouche de Moché ne fusionnait pas avec son cerveau car les enfants d’Israël ne fusionnaient pas avec Moché. De la même façon, pendant une certaine période de sa Vie le Rabbi Rayats s’arrêta de parler et le Rabbi explique que si le Rabbi Rayats n’arrivait pas à parler c’est que ‘ses Hassidim n’étaient pas capables de l’entendre’. Notre travail pendant l’exil consiste donc à réparer cela, c’est à dire à révéler et à appliquer les enseignements cachés dans le ‘Silence du Rabbi’. C’est précisément par le dévoilement de la force de l’Essence divine que nous pouvons parvenir au dévoilement du ‘Silence du Rabbi’ qui n’est autre que le dévoilement de l’Essence de la Torah et du Machia’h, avec l’aide d’Hachem.

On raconte que le Rav Nissan, Machpiah de la Yéchiva de Brunoy, sortit du bureau du Rabbi en pleurant. Lorsque les ‘Hassidim virent le visage de Rav Nissan ils lui demandèrent la raison de ses larmes et Rav Nissan leur répondit que le Rabbi lui avait confié que lors des entretiens privés que le Rabbi avait avec ses Hassidim il ne leur demandait ‘qu’un très faible pourcentage de ce qu’il désirait vraiment’. En entendant cela Rav Nissan se mit à pleurer.

Puissions-nous avoir la clairvoyance de lire entre les mots du Rabbi et de deviner dans les silences qui ponctuent ses discours ses désirs les plus profonds.

Texte et Audio : Vaéra à la lumière du Dvar Mal’hout – Rav Yaacov Abergel

Texte et Audio : Vaéra à la lumière du Dvar Mal’hout – Rav Yaacov Abergel

 

La définition de l’Artiste donnée par le Rabbi de Loubavitch :

Le Rabbi a donné une définition très profonde de l’Artiste en disant qu’il regarde un objet, en débarrasse l’aspect superficiel, les contours extérieurs, pour parvenir enfin à représenter l’Essence de cet objet. Le véritable Artiste nous donne donc à voir ce que l’on ne voit pas, c’est-à-dire le contenu profond de chaque chose. De la même façon exactement, le Rabbi regarde la réalité, la débarrasse de son aspect superficiel, de ses contours extérieurs, pour enfin voir son contenu profond. Le Rabbi change le regard que nous portons sur la réalité. L’obscurité de l’exil n’est qu’une apparence et elle cache en réalité une très grande lumière. C’est précisément l’objet de la ‘Hassidout que de nous faire prendre conscience d’une part, que tous les éléments négatifs de l’existence cachent un contenu profond et lumineux, et d’autre part, que nous possédons les capacités pour transformer l’obscurité qui est en nous-même, et l’obscurité de ce monde, en lumière. C’est la raison pour laquelle le Rabbi déclare que l’exil fait partie intégrante de la Délivrance, qu’il constitue une étape préparatoire au dévoilement du Machia’h.

Les qualités de l’Artiste peuvent servir d’exemple pour comprendre l’un des sujets de la Si’ha du Dvar Mal’hout sur notre Paracha. En effet, l’une des qualités de l’Artiste est qu’il est inspiré. Cependant, l’inspiration n’est pas toujours suffisante et le véritable Artiste possède également les moyens de réaliser son œuvre de manière concrète. Un Architecte, par exemple, élabore des plans précis qui contiennent toutes les informations sur les différents matériaux de tous les éléments qui composent l’édifice. L’inspiration de l’Architecte doit nécessairement s’accorder à toute la partie technique. L’Architecte imagine au départ un édifice avec sa forme extérieure et intérieure. Il considère l’espace naturel qui l’entoure et trouve les moyens de l’intégrer dans ce cadre de manière harmonieuse. Il peut aussi trouver des astuces pour éclairer l’intérieur du bâtiment en perçant les murs, ou même le toit, pour laisser entrer la lumière du soleil. Toutes les idées qui viennent de l’inspiration de l’Architecte doivent être réalisées dans ce monde matériel.

L’œuvre finale, c’est à dire l’édifice une fois construit, unit en lui-même l’esprit avec la matière. L’inspiration de l’Architecte commence à se matérialiser sous la forme d’un plan, et se matérialise véritablement avec la construction de l’édifice.

Ce qui est vrai pour un Architecte est également vrai pour tout autre Artiste. Un Peintre, par exemple, sait représenter les choses qu’il voit. Mais que serait le Tableau d’un Peintre inspiré si ce Peintre ne possède pas les moyens techniques de ‘matérialiser’ son inspiration ? Certes, l’inspiration de l’Artiste est essentielle mais elle doit nécessairement passer de l’état spirituel à l’état matériel.

L’héritage que les Patriarches ont transmis au peuple Juif :

Il est écrit au début de notre Paracha (Vaéra, 6, 3) : ‘Je suis apparu à Avraham, à Itz’hak et à Yaakov comme D.ieu Tout Puissant (‘Kel Chadaï’), mais sous Mon Nom ‘L’Eternel’ (‘Havayeh’) Je ne me suis pas fait connaitre à eux’.
Dans la Si’ha du Dvar Mal’hout sur notre Paracha le Rabbi nous explique à quels dévoilements correspondent les Noms divins de Kel-Chadaï et de Havayeh.

Tout au long de leurs Vies Avraham Itz’hak et Yaakov dévoilèrent les forces plus profondes qui découlent de l’Essence de l’âme Juive comme la foi en D.ieu (la force de la Emounah) et l’attitude qui consiste à faire don de sa propre vie pour accomplir la Volonté de D.ieu (la force de ‘Messirout néfech).

‘Je suis apparu à Avraham’ représente donc le dévoilement de la force de l’Essence de l’âme et cette force fut transmise par les Patriarches comme héritage aux enfants d’Israël.

Attirer l’Essence divine dans le monde grâce aux Commandements divins :

Bien qu’Avraham possédait un corps sain avant même de se circoncire, grâce à la Mitsvah de la Brit-mila Avraham sanctifia l’un des membres de son corps et en même temps cette Mitsvah eut une influence sur le monde entier. Malgré cela ce n’est qu’avec le dévoilement du Nom Havayeh lors du don de la Torah que les enfants d’Israël purent atteindre la perfection dans l’action d’unir le Divin spirituel avec le monde matériel.
L’Essence divine ne sera véritablement dévoilée qu’au moment de la venue du Machia’h, mais le don de la Torah sur le Mont-Sinaï permit aux enfants d’Israël d’attirer l’Essence divine dans le monde par leur accomplissement des Commandements divins (ainsi qu’il est sous-entendu dans la Parole de L’Eternel : ‘J’ai écrit Mon Essence et Je l’ai donnée’.

D’un côté, le Rabbi souligne que la mission qui consiste à unir les deux contraires que sont le spirituel et le matériel ne fut possible que parce le peuple Juif hérita de la force des Patriarches (seule l’Essence détient le pouvoir d’unir la matière à l’esprit, l’exil à la Délivrance). D’un autre côté, ce sont les enfants d’Israël, par l’accomplissement des Commandements divins, qui provoqueront la Délivrance finale en faisant de ce monde matériel une demeure spirituelle pour D.ieu.

Aussi, de manière profonde il est possible d’expliquer que le lien qui unit les Patriarches aux enfants d’Israël est le même lien qui unit l’Essence de l’âme avec les forces de la partie de l’âme qui s’habille dans le corps, c’est à dire avec les forces de l’intellect, avec les sentiments, et avec l’action.

Le don de la Torah permit de dévoiler la force de l’Essence de l’âme dans les forces de la partie de l’âme qui est révélée dans le corps en accomplissant les Commandements divins et faire ainsi de nous-mêmes et de ce monde matériel une demeure pour l’Essence divine. Faire de ce monde et de nous-mêmes une demeure pour D.ieu consiste à attirer l’Essence divine dans ce monde matériel, et c’est pour cette raison que nous avons rapporté au début de notre propos l’exemple de l’Artiste.

L’Artiste :

Comme il a été expliqué l’Artiste a au départ une inspiration et son travail consiste à matérialiser cette inspiration. Le Rabbi Rachab a donné l’exemple d’un homme qui éprouve du plaisir à concevoir les plans d’une demeure dans laquelle il prévoit de vivre. Le Rabbi Rachab explique que ce plaisir qu’il ressent fait naitre dans son esprit des idées concrètes qu’il va dessiner sur le plan.

Attirer le Divin dans les niveaux les plus bas et les plus grossiers :
D’une certaine manière l’inspiration de l’Artiste ressemble au dévoilement de l’Essence de l’âme et à l’intention d’un Juif de faire de lui-même et de ce monde une demeure pour D.ieu. Ce niveau correspond donc au niveau d’Avraham. Par ailleurs, le travail de l’Artiste qui consiste à réaliser concrètement l’œuvre en restant fidèle à l’inspiration première correspond au service divin des enfants d’Israël lorsqu’ils accomplissent les Commandements divins. Dans ce cas, unir ces deux niveaux consiste à dévoiler nos forces les plus profondes dans toutes nos actions.

Le Rabbi met en valeur l’importance de dévoiler la force de l’Essence de l’âme au point qu’elle nous imprègne de manière profonde et rapporte sur ce sujet l’explication du Rabbi Rayats sur la déclaration de l’Admour Hazaken dans le Livre du Tanya selon laquelle ‘l’âme divine est une parcelle véritable de divinité d’En-haut’ : ‘Hélek Eloka mimaal mamach’.

Le mot ‘mamach’ signifie ici : ‘véritable’ mais le Rabbi Rayats rapporte que le mot ‘mamach’ signifie aussi ‘réalité’ : ‘mamachout’. Ainsi, Hélek Eloka mimaal mamach’ est une allusion au fait de faire pénétrer le divin,’Hélek Eloka mimaal’, de manière profonde dans les niveaux les plus bas et les plus matériels de notre réalité : ‘mamachout’.

De la même façon que l’inspiration de l’Artiste doit pénétrer son œuvre, un Juif doit faire pénétrer le divin dans tous les sujets de sa vie et de ce monde. La lumière et la force de l’Essence de l’âme représentent l’inspiration divine d’un Juif. L’Art d’un Juif consiste alors à attirer ce reflet Divin dans les forces de la partie révélée de son âme, c’est à dire dans les forces de l’intellect, dans les sentiments et finalement dans les actes.

Par ailleurs, plus un Juif agira au-delà de ses propres limites plus il sera inspiré, plus Hachem dévoilera la partie la plus élevée, les forces les plus profondes de son âme, plus il touchera au but de sa mission, de faire de ce monde une demeure pour l’Essence divine, un chef d’œuvre. C’est donc seulement par l’accomplissement des Mitsvoth, qui sont appelées par le Zohar : ‘les membres du Roi’ (le corps de l’Assemblée d’Israël), que l’Essence divine, le ‘Roi’, peut être attirée ici-bas, dans ce monde inférieur.

Le Nom ‘Chnéor-Zalman’ :

Le Rabbi a donné plusieurs significations du prénom de L’Admour Hazaken : Chnéor-Zalman. Chnéor se décompose de la manière suivante : Chné-or et fait donc allusion aux deux (‘chné’) lumières (‘or’) de la Torah : la partie profonde de la Torah et la partie révélée de la Torah. Cependant, le Rabbi met ici en évidence le fait que ces deux lumières s’unissent en un seul nom : Chnéor et la signification profonde de cela est que l’Admour Hazaken est parvenu à unir deux lumières en une seule. La ‘Hassidout représente l’âme de la Torah et la partie révélée de la Torah représente le corps de la Torah et l’Admour Hazaken dévoile le lien qui unit l’un avec l’autre. De manière générale cela signifie que l’Admour Hazaken unit le Divin spirituel avec le monde matériel, et de manière particulière cela consiste à dévoiler la partie profonde de l’âme qui est au-delà de ce monde avec les forces de l’âme qui s’habillent dans le corps.

Le Rabbi explique que ces deux lumières qui s’unissent en une seule expriment le fait que les enseignements de la ‘Hassidout doivent faire Un avec nous-mêmes et c’est à ce sujet que le Rabbi écrit dans son ouvrage intitulé ‘Iniana chel Torat-HaHassidout’, le Rabbi écrit la chose suivante :
‘Selon le principe général d’après lequel ‘le début est ancré dans la fin’, il apparaît que plus la ‘Hassidout est diffusée jusqu’aux aspects les plus grossiers de la Création, pour transformer jusqu’à la nature de l’âme animale qui constitue un extérieur au sein même de l’individu, au point même que l’individu parvienne à sublimer la part du monde qui lui a été assignée à cet effet, et qui caractérise son extérieur véritable, et plus la nature de la ‘Hassidout se trouve intensément exprimée. C’est pourquoi mon saint beau-père soulignait tant lors de ses interventions, le fait que chaque concept étudié en ‘Hassidout doit être cristallisé par les actes car c’est seulement dans sa concrétisation qu’est appréhendée la nature essentielle de la ‘Hassidout’.

Résumé :
Les choses peuvent donc être résumées de la manière suivante. L’Eternel apparut aux Patriarches sous le Nom de ‘Kel Chadaï’ et aux enfants d’Israël, lors du don de la Torah, sous le Nom d’Havayéh. Au moment de la Délivrance finale L’Eternel nous apparaîtra sous un Nom divin ‘qu’aucun œil n’a vu’ : l’Essence du Nom Divin. C’est précisément grâce au dévoilement de nos forces les plus profondes que nous parviendrons à provoquer ce dévoilement. A l’exemple d’un Artiste inspiré, nous devons attirer et révéler dans notre accomplissement des Commandements divins notre inspiration la plus profonde, c’est à dire que nous devons être inspiré par le lien le plus profond de notre âme avec D.ieu. De cette manière nous parviendrons à réaliser notre Œuvre, en faisant de ce monde matériel une demeure pour l’Essence divine, avec le dévoilement de notre Juste Machia’h, avec l’aide de D.ieu.

Texte et Audio : Chemot à  la lumière du Dvar Mal’hout – Rav Yaacov Abergel

Texte et Audio : Chemot à la lumière du Dvar Mal’hout – Rav Yaacov Abergel

 

 

 

Le ‘côté de la Sainteté’ et ‘l’autre côté de la Sainteté’ :

Par Sa Parole Hachem créé et maintient en vie à chaque instant tous les êtres de Sa Création. Sans la Parole d’Hachem Sa Création retournerait au néant, c’est pourquoi il est dit que ‘Sa Parole demeure éternellement dans le ciel’. Cependant il y a une différence entre la vitalité que D.ieu dispense à ceux qui accomplissent Sa Volonté et la vitalité que D.ieu dispense à ceux qui se trouvent de ‘l’autre côté de la Sainteté’. Ainsi, ceux qui se trouvent du côté de la Sainteté, qui pensent parlent et agissent conformément à la Volonté de D.ieu reçoivent leur vitalité de la ‘Face’ de D.ieu, c’est à dire que L’Eternel leur donne leur vitalité avec amour, de Sa Volonté profonde et intérieure.
A l’opposé, lorsqu’il s’agit des ‘Klipoth’, lesquelles représentent ‘l’autre côté de la Sainteté’, Hachem leur accorde leur vitalité à contre cœur, non pas de sa Volonté profonde et véritable mais ‘comme une chose que l’on donne en la jetant par-dessus son épaule et en détournant son regard’.

Les trois Klipoth-ha-tméoth (littéralement : les trois Klipoth totalement impures) désignent le niveau le plus bas de l’impureté et ne possèdent aucun bien à la différence de Klipat-Noga qui est un mélange de bien et de mal. Les aliments interdits et de même les pensées les paroles et les actes sur des sujets interdits reçoivent leur vitalité des trois Klipoth-ha-tméoth.
L’expression ‘Yénikat-ha-hitsonim’ désigne le fait que toutes les Klipoth reçoivent leur vitalité (‘à contre cœur’) de la Sainteté. Dans ce cas la Saintete Se trouve en exil à l’intérieur des Klipoth.

L’objectif de Rabbi Elazar-ben-Azaria :

Dans le Dvar Mal’hout le Rabbi rapporte une discussion entre la Maison de Chamaï et la Maison d’Hillel qui est la même discussion qui opposait Ben Zoma aux Sages, à savoir ‘s’il était possible d’agir dans une situation où il y a ‘Yénikat ha ‘hitsonim’, s’il est possible de transformer l’obscurité de l’exil.

A l’époque de Rabbi Elazar-ben-Azaria les avis étaient partagés. Rabban Gamliel était d’avis qu’à présent la possibilité n’est pas donnée à l’homme de raffiner et de purifier les trois Klipoth ha-tméoth. Selon Rabbin Gamliel le Tikoun (la réparation) des trois Klipoth ha-tméoth n’était possible qu’avec le dévoilement du Machia’h, lorsque ‘D.ieu effacera l’esprit d’impureté de la terre et que la mort sera avalée’ les Klipoth disparaîtront et l’étincelle divine qui les vivifiait sera alors libérée.

A ce sujet le Rabbi rapporte dans le Dvar Mal’hout sur notre Paracha l’attitude de Rabban Gamliel qui lorsqu’il était Nassi n’autorisait pas l’entrée dans la Maison d’étude ‘à tout élève dont le dedans n’est pas pareil à son dehors’. En d’autres termes, seuls ceux qui avaient atteint une parfaite intégrité dans leur service divin pouvaient entrer dans le Beït-ha-Midrache. Ce point de vue de Rabban Gamliel correspond avec le niveau de Sainteté des Temps futurs, lequel exclut tout ce qui est contraire à la Sainteté.

L’attitude de Rabbi Elazar-ben-Azaria s’opposait totalement à celle de Rabban Gamliel. Selon Rabbi Elazar-ben-Azaria, même dans l’obscurité d’un monde étroit et limité et où de nombreux voiles cachent la lumière divine, il est possible et nécessaire de raffiner et d’élever le monde, de ‘sortir d’Egypte’. C’est pour cette raison que Rabbi Elazar-ben- Azaria, lorsqu’il remplaça Rabban Gamliel et devint à son tour Nassi (Bra’hot, 28a) renvoya le gardien de la Yéchiva afin d’ouvrir l’accès de la Maison d’étude même ‘aux élèves dont le dedans n’est pas pareil à son dehors’.

Cette discussion entre les Sages revient à se demander si nous devons évoquer la sortie d’Egypte lors de la récitation du Chéma de la prière du soir, ou bien si cette obligation ne s’applique-t-elle seulement qu’en journée ?
Le Rabbi rapporte la déclaration de Rabbi Elazar-ben-Azaria selon laquelle il fallait évoquer la sortie d’Egypte également ‘pendant la nuit’, ainsi qu’il est dit :

‘Me voici comme âgé de 70 ans, et pourtant je n’ai pas eu le mérite de convaincre mes collègues de l’obligation de faire mention la nuit également de la sortie d’Egypte, jusqu’à ce que Ben Zoma l’ai déduit de ce verset (Deutéronome, 12, 6) : Afin que tu te souviennes du jour où tu es sorti d’Egypte tous les jours de ta vie. ‘Tous les jours de ta vie’ vient inclure les nuits, et selon d’autres Sages ‘les jours de ta vie’ se réfère au devoir de mentionner la sortie d’Egypte de nos jours, et ‘tous les jours de ta vie’ vient inclure les Temps messianiques’ (Brakhot, 28a).

Le ‘Hidouch de Ben-Zoma est que ‘nous devons également faire mention de la ‘sortie d’Egypte pendant la nuit’. Cela signifie que même pendant la nuit et dans la plus grande obscurité spirituelle de l’exil, il est possible et il est même nécessaire de ‘sortir d’Egypte’ contrairement à tous ceux qui pensaient que seule la venue du Machia’h pouvait mettre un terme au règne des Klipoth, car selon eux la majorité des hommes ne possédait pas la force de ‘raffiner les nuits’.

A partir de l’histoire de la Guémara sur l’ouverture de la Maison d’étude, le Rabbi met en évidence que Rabbi Elazar-ben-Azaria ouvrit la porte de la Yéchiva à des élèves qui n’avaient pas encore atteint une parfaite intégrité dans leurs services divins. Permettre à ces élèves d’étudier dans le but de se raffiner et de se transformer nous montre qu’il est possible de ‘raffiner les nuits’ : même pendant la nuit et dans la plus grande obscurité spirituelle il est possible et il est même nécessaire de ‘sortir d’Egypte.

Sortir de ‘l’Egypte de la Sainteté’ :

Le nom ‘Mitsraim’, ‘Egypte’, vient du mot ‘Metsarim’ qui signifie ‘Limites’. Nous devons continuellement ‘sortir d’Egypte’ c’est à dire de nos propres limites, et c’est pourquoi Rabbi Elazar-ben-Azaria ne limita pas l’entrée de la Yéchiva seulement à ceux qui avaient déjà un niveau spirituel élevé.

‘Sortir d’Egypte’ signifie donc que l’on doit sortir de toutes les limites, qu’il s’agisse des limites que nous impose le ‘jour’ ou qu’il s’agisse des limites que nous impose la ‘nuit’.

De façon générale ‘sortir d’Egypte’ signifie sortir des limites qui nous empêchent de servir D.ieu mais de manière plus profonde ‘sortir d’Egypte’ signifie que l’on sort des limites et des obstacles qui existent dans la Sainteté elle-même et cela au point de sortir des limites du monde d’Atsilout, car comme le souligne le Rabbi, Atsilout est lui-même un ‘monde’ et de ce fait malgré sa grandeur il est lui-même limité.

Le Rabbi nous donne à chaque instant la possibilité de sortir de nos propres limites, et si nous savons saisir cette opportunité nous pouvons nous élever sans cesse de prodiges en prodiges et de manière illimitée, au-delà des ‘jours’ et des ‘nuits’. ‘Sortir de l’Egypte de la Kédoucha’.

Au sujet du premier verset du livre de Chemot, d’après lequel il est dit (Chemot,1,1) : ‘Et voici les noms des enfants d’Israël qui viennent en Egypte avec Yaakov’, le Rabbi souligne que ce verset emploie le temps présent. Il est écrit en effet que les enfants d’Israël « viennent en Egypte » mais non pas qu’ils ‘sont venus en Egypte’. L’explication du Rabbi est qu’un Juif ne doit jamais se lier à l’obscurité de l’Egypte. Il doit donc toujours se rapporter à l’enseignement de l’Admour Hazaken d’après lequel ‘chaque jour il doit se voir lui-même comme s’il entrait aujourd’hui en Egypte’.

Pour sortir d’Egypte il faut d’abord être en Egypte. De fait, nous devons ressentir qu’aujourd’hui nous entrons en Egypte, et qu’aujourd’hui nous devons faire tout ce qui est en notre pouvoir pour en sortir.

De cette façon, nous parvenons à dominer l’obscurité de l’exil. Penser qu’aujourd’hui nous entrons en Egypte signifie qu’hier nous sommes parvenus à nous libérer, et qu’aujourd’hui aussi nous parviendrons également à nous libérer. De cette façon l’exil n’a jamais d’emprise sur nous-même car jamais nous ne lui donnons le temps et la possibilité d’agir contre nous. Ainsi, ‘ne jamais nous lier à l’obscurité de l’Egypte’ signifie que nous devons toujours chercher à atteindre un niveau supérieur de Kédoucha car rester au même niveau même s’il s’agit d’un niveau de Kédoucha signifie que l’on est toujours lié à l’obscurité.

Par ailleurs, le Rabbi précise qu’il existe quelques rares possibilités d’élever vers la Sainteté une chose qui tire sa vitalité des trois klipoth-ha-tméoth. L’une d’entre-elles vient de la Téchouva que l’on fait par amour, car alors ‘nos péchés deviennent des mérites’.

Une personne ‘noyée’ dans les trois klipoth-ha-tméoth fera Téchouva en éprouvant une très grande soif de se lier à D.ieu. Or, ces trois klipoth-ha-tméoth dans lesquelles cette personne s’était perdue lui ont permis d’éprouver la soif du Divin. L’élévation de ces trois Klipoth résulte donc du fait qu’elles ont amené cet homme à une Téchouva accomplie avec amour. Ce n’est le cas du cas d’une simple Téchouva (dénuée d’amour) car celle-ci ne permet pas de dégager l’étincelle divine qui est emprisonnée dans la Klipa.

Le Rabbi nous donne dans le Dvar Mal’hout deux autres exemples parmi les possibilités qui nous sont données pour élever vers la Sainteté une chose qui tire sa vitalité des trois klipoth-ha-tméoth. Le premier exemple, lorsque nous permettons à un Juif, du fait d’un danger dans lequel il se trouve, de manger un aliment qui est ordinairement interdit. Le second exemple est celui du converti qui avant sa conversion recevait sa vitalité des trois klipoth-ha-tméoth, et qui élève avec lui au moment de sa conversion l’étincelle divine qui était prisonnière de ces klipoth.

Une histoire en guise de ‘Résumé’ 

Un Hassid ‘Habad qui vit à présent en Amérique du nord raconta qu’il était né en Israël et que vers l’âge de 20 ans il partit vivre à Montréal. Il était Artiste, mais la vie d’Artiste est loin d’être facile et il connut assez rapidement une chute spirituelle et matérielle face à laquelle il dut faire face avec beaucoup de difficultés. Grâce à D.ieu il fit la rencontre d’un Chalia’h du Rabbi. Le Chalia’h l’accueillit dans son Beïth-‘Habad et lui ménagea un endroit où il put installer ses affaires, manger et dormir. Mais plus encore que cela, le Chalia’h initia le jeune homme à la Prière, à l’étude de la Torah et à l’accomplissement des Mitsvoth. Peu à peu ce jeune homme, au départ totalement désemparé, se transforma dans la chaleur de l’univers de la ‘Hassidout. L’étude de la partie profonde de la Torah réveilla la force de l’Essence de son âme et il commença une nouvelle vie sous la colonne de lumière de la Torah et des Commandements divins. Il vivait dans le Beïth-Habad sous lq bienveillance du Chalia’h et tout naturellement il finit par se rendre au 770 Eastern-Parkway, au siège du mouvement ‘Habad et il y rencontra le Rabbi.
Sa rencontre avec le Rabbi fut une source de Bénédictions. Pendant les années qui suivirent il fonda une famille dans une Maison Juive en respectant scrupuleusement les Lois de la Torah, dans une ambiance hassidique, pleine de sens et de profondeur. Il prospéra au-delà de toute attente car non seulement il vécut de son Art mais il pouvait également se permettre de recevoir de très nombreux invités le jour du Chabbat. Il n’oublia cependant jamais toute la bonté et toute l’attention que le Chalia’h avait manifesté à son égard quand il arriva au Canada. A présent, il faisait son possible pour recevoir ses invités du mieux qu’il pouvait. Il prenait toujours soin de les servir lui-même et veillait à satisfaire tous leurs désirs, qu’ils soient spirituels ou matériels.

Un jour pourtant, alors qu’il s’investissait avec ardeur pour s’occuper de ses invités de mauvaises pensées l’assaillirent tout d’un coup. La voix du mauvais penchant résonnait dans sa tête, lui disait que ses invités exagéraient, qu’ils abusaient de sa bonté et de sa gentillesse et qu’il avait mieux à faire que de les servir. Ces gens ne méritaient pas tant d’efforts et d’attentions de sa part. Il ferait mieux de cesser d’accomplir cette Mitsvah et profiter lui-même du repos du Chabbat.

Le ‘Hassid s’arrêta alors de raconter son histoire et me regarda droit dans les yeux. Puis après un silence qui en disait long, il reprit le cours de son histoire et me dit les mots suivants : ‘Grâce à D.ieu, je repris mes esprits, et j’ai pensé que j’étais arrivé à un tournant décisif. Certes, jusqu’à présent j’avais accompli la Mitsvah de recevoir des invites du mieux possible mais à présent je me trouvais au bord de mes propres limites. J’ai alors pensé que maintenant, alors que j’étais au bout de mes forces, maintenant précisément, commence pour moi la Mitsvah de recevoir mes invités !’

 

Texte et Audio : Vayé’hi à la lumière du Dvar Mal’hout – Rav Yaacov Abergel

Texte et Audio : Vayé’hi à la lumière du Dvar Mal’hout – Rav Yaacov Abergel

 

‘L’âme désire le dévoilement de l’Essence divine qui Se trouve dans le corps :

‘Rabbi Eléazar Hakapar disait : C’est malgré toi que tu as été créé, c’est malgré toi que tu es né, c’est malgré toi que tu vis et malgré toi que tu meurs…’.

Le Rabbi pose la question suivante : si l’on nait malgré soi pourquoi dans ce cas devient-on attaché à la vie au point que l’on meurt malgré soi ? A cette question le Rabbi répond qu’avant de naître l’âme ne désire pas descendre dans le corps. En effet, ‘l’âme est une parcelle véritable de Divinité d’En-haut’ et pourquoi devrait-elle quitter sa source divine pour descendre dans un corps et devenir prisonnière d’une âme animale ? Pour quelle raison devrait-elle s’exiler dans un monde rempli d’impureté et où la possibilité est donnée à l’homme de choisir entre le bien et le mal ?
De fait, face à la mission qui lui est imposée de descendre dans le corps afin de le raffiner et de le purifier, l’âme éprouve de la réticence et c’est pourquoi il est dit :’c’est malgré toi que tu es né !’.
Cependant, lorsque l’âme s’habille dans le corps et quelle y accomplit sa mission par l’accomplissement des Commandements divins, elle reçoit grâce au corps une lumière très élevée. De ce fait l’âme s’élève à un niveau supérieur à celui qu’elle avait avant de descendre dans le corps. C’est pour cette raison que lorsque l’âme parvient au terme de la mission qui lui a été confiée elle ne veut plus quitter son corps, et c’est à ce sujet qu’il est dit : ‘c’est malgré toi que tu meurs’.

Dans le Livre Torat-Chalom, le Rabbi Rachab explique ce principe en ces termes :

‘L’âme désire accomplir les commandements divins avec la contribution du corps car par ce moyen il y a un surplus de lumière. Les lumières qui se dévoilent grâce à la contribution du corps émanent de l’Essence divine. De fait, ce dévoilement de lumière est beaucoup plus élevé que la lumière de l’âme elle-même dont le niveau est celui de ‘la lumière qui remplit les mondes’ (Or -mémalé) alors que la lumière qui éclaire l’âme grâce au travail du corps est supérieure du fait qu’elle est du niveau de l’Essence divine (la lumière qui entoure les mondes’ : Or-sovev)’.

Ainsi, à présent, la lumière qui éclaire lame grâce au fait qu’elle s’habille dans le corps est extrêmement élevée, et dans les temps futurs ce principe apparaîtra avec encore plus d’évidence et de clarté puisqu’il est dit que dans les temps futurs ‘l’âme sera nourrie par le corps’. La ‘Hassidout nous enseigne que ‘l’âme sera nourrie par le corps’ signifie que l’âme recevra du corps la force de l’Essence divine qu’il possède (Likouteï-Si’hot, volume 15, page 411).
Au sujet du verset ‘Tu nous as choisi parmi tous les peuples’ l’Admour Hazaken nous enseigne que le contenu profond de ce verset est que L’Eternel a choisi le corps des enfants d’Israël et cela signifie que c’est précisément dans la matière du corps que se trouve la force de l’Essence divine.

Par ailleurs, le Rabbi Rachab souligne que du fait que D.ieu a choisi le corps des enfants d’Israël et du fait que ‘l’âme Juive est une parcelle véritable de divinité d’En-haut’, il va de soi que l’ame désire aussi le corps (Torat-Chalom, page 132).

La différence entre les mois d’hiver et les mois d’été :

Dans le Dvar Mal’hout sur notre Paracha le Rabbi compare la lumière du soleil à la lumière de l’âme. La lumière de l’âme se dévoile dans le corps et cela implique de raffiner et de purifier le corps afin que celui-ci perde sa grossièreté et devienne un bon réceptacle pour la lumière de l’âme.
Pendant l’été le soleil brille avec force, et de la même façon, pendant l’été notre service divin consiste essentiellement à dévoiler la lumière de l’âme qui est ici comparée au soleil. Nous devons donc purifier le corps afin que celui-ci ne constitue pas un obstacle à ce dévoilement, mais le Rabbi souligne que l’essentiel de notre travail consistera à dévoiler la force de la lumière de l’âme.

A l’opposé pendant les mois d’hiver, et tout particulièrement pendant le mois de Tévet, le soleil ne brille plus du tout avec la même force et le froid est alors dominant. De manière profonde cela signifie que pendant la période hivernale la lumière de l’âme ne brille pas avec la même force que pendant les mois d’été et c’est la raison pour laquelle l’essentiel de notre travail pendant les mois d’hiver consiste à ‘purifier notre corps précisément au moyen du corps lui-même et non pas au moyen de la lumière de l’âme’.

La force de l’Essence divine se trouve dans le corps :

Cette déclaration du Rabbi peut surprendre. En effet, comment est-il possible de transformer un corps grossier et matériel en un corps saint, au moyen du corps lui-même et sans la contribution de l’âme ?
Dans le Likouteï-Sihot (volume 15, page 411) le Rabbi nous enseigne que ‘le lien qui unit la matière du corps à D.ieu est plus élevé que le lien qui unit l’âme à D.ieu car c’est précisément dans la matière du corps que se trouve la force de l’Essence divine’.

L’un des points de la Si’ha du Dvar-Mal’hout qui fait l’objet de notre étude est le principe que le Rabbi rapporte ici selon lequel ‘la force de l’Essence divine qui est dans le corps se dévoile lorsque la lumière de l’âme n’est pas dévoilée dans le corps’. En effet, le Rabbi nous enseigne qu’il existe deux façons d’illuminer l’obscurité de l’exil. La première façon consiste à amener de la lumière pour chasser l’obscurité, c’est à dire que dans ce cas la lumière va remplacer l’obscurité. La deuxième façon consiste à ce que l’obscurité elle-même se mette à éclairer, ainsi qu’il est dit : ‘Dans les temps futurs la nuit brillera comme le jour’.

Un exemple du Baal-Chem-Tov :

Le Rabbi illustre ce principe au moyen d’une histoire du Baal Chem Tov que son beau-père le Rabbi Rayats lui rapporta au nom du Tséma’h Tsédek :

‘Un jour, alors qu’il n’y avait pas suffisamment de lumière dans le Beïth Ha Midrache, les élèves du Baal Chem Tov demandèrent à leur Maître ce qu’ils devaient faire. Le Baal Chem Tov leur répondit de détacher quelques stalactites de glace qui étaient accrochées sur le bord du toit du Beïth-Ha- Midrache. Les élèves partirent alors en chercher et lorsqu’ils les déposèrent sur les tables du Beïth-Ha-Midrache elles se mirent à briller et le Beït-Ha-Midrache fut alors inondé de lumière.

La glace est comparée ici au corps de l’homme, car de même que le corps constitue un voile qui cache la lumière de l’âme, la glace représente elle-aussi l’obscurité. En effet, le cerveau et l’intellect sont froids, et le Rabbi nous enseigne l’avantage de l’étude de la ‘Hassidout est qu’elle réchauffe le cœur et l’intellect, lui apporte de la chaleur et de la lumière. Le Rabbi rapporte dans le Hayom-Yom du 11 Sivan les paroles du Rabbi Rachab à ce sujet :

‘Dans le service de D.ieu base sur la ‘Hassidout on retrouve tous les niveaux qui existent. Celui du mort n’a nullement besoin d’être défini, Mais, D.ieu merci, la résurrection des morts existe également dans sa dimension spirituelle. Un mort est froid, et rien n’est plus froid que la logique humaine, que l’intellect naturel. Mais, lorsque l’intellect naturel perçoit un concept divin, et que les sentiments s’enflamment en concevant ce plaisir intellectuel, alors il s’agit d’une véritable résurrection des morts.’

La ‘Hassidout est comparée à l’huile car la lumière de la ‘Hassidout éclaire l’intellect en lui permettant ‘de percevoir un concept divin’ et elle éclaire le cœur au point ‘de s’enflammer en concevant le plaisir de l’intellect’.
La glace est froide et le froid évoque l’obscurité, ainsi que la ‘Hassidout nous l’enseigne. Bien que la glace représente la froideur et l’obscurité, il n’en demeure pas moins qu’elle peut, elle-aussi, éclairer. Il en va de même pour le corps de l’homme et pour tout c et la froideur et le miracle accomplit par le Baal-Chem-Tov vient pour nous enseigner que le corps peut lui-même éclairer sans la contribution de l’âme car il possède un niveau supérieur à l’âme.

Messirout-néfech ou la capacité de faire totalement don de nous-mêmes, d’après un enseignement du Rabbi Rayats :

Dans le Livre du Rabbi Rayats qui regroupe les discours Hassidiques du Rabbi de l’année 5685 (page 257 jusqu’à la page 264), le Rabbi Rayats explique que lorsqu’un Juif termine sa prière et qu’il retrouve ses activités dans ce monde profane, il arrive donc qu’il ne ressente plus dans son cœur la soumission qu’il a ressenti pendant sa prière. Son cœur n’est plus enflammé par l’amour de D.ieu. Il peut alors arriver qu’il tombe dans la grossièreté et l’absence d’humilité. Le Rabbi décrit cet homme comme ‘un homme qui dort dans l’exil’, mais malgré cela le Rabbi souligne que même dans ‘le sommeil de l’exil le cœur de cet homme demeure éveillé !’.
Nous devons comprendre que ‘le cœur de cet homme qui demeure éveillé’ est une allusion à l’Essence de l’âme Juive. L’Essence de l’ame Juive fait Un avec D.ieu et un Juif fait Un avec D.ieu quel que soit la situation et l’exil dans laquelle il se trouve. Même dans la plus profonde obscurité chaque Juif demeure lié à D.ieu, et rien ne peut affecter l’amour que chaque Juif ressent pour son Père qui est dans le ciel. La capacite de Messirout-néfech, c’est à dire la capacité de faire don de sa propre Vie pour sanctifier le Nom de D.ieu n’appartient qu’au Peuple Juif car seuls les enfants d’Israël sont unis au Saint béni soit-Il au point que ‘l’âme Juive est une parcelle véritable de Divinité d’En-haut’.
Or, le Rabbi Rayats écrit que ‘le Point du Cœur d’un Juif’ (c’est à dire l’Essence de l’âme Juive) Se dévoile précisément quand un Juif doit faire face à l’Ennemi, à celui qui soppose a son service divin ou a tout ce qui remet en question le lien essentiel qui l’unit à son Père qui est dans le ciel. Cela veut dire que la capacite des Juifs de faire don d’eux-mêmes se dévoile beaucoup plus facilement pendant l’exil qu’à l’époque du Temple, car ‘lorsqu’un ennemi s’oppose à notre étude de la Torah ou à notre accomplissement des Commandements divins cela réveille l’Essence du point du cœur, lequel représente la Emouna pure qui vit dans l’âme et dans le cœur de tous les enfants d’Israël’.
Le Rabbi met en relief ‘l’importance de ces Juifs simples car ce sont eux précisément, qui s’éloignent du mal et font le bien de manière concrète au-delà de la raison et de l’intellect sans être impressionné ni dérangé par quoi que ce soit. Ils savent seulement qu’ils doivent prier dans un Myniane, dire les Téhilim, accomplir les Commandements divins avec chaleur, éduquer leurs enfants selon la Voie de la Torah et des Mitsvoth, renforcer par tous nos moyens ceux qui ont la crainte de D.ieu et qui se consacrent à l’étude de la Torah car cela est très précieux aux d’Hachem’.

Ainsi, il est possible de dévoiler la force de Messirout-néfech de notre âme beaucoup plus facilement à présent bien que nous vivions dans l’exil le plus profond et le plus obscur, que pendant la période ou le Temple était bien construit et bien présent sur la Terre d’Israël et qu’il éclairait de sa Lumière sainte l’âme et le cœur de tous les enfants d’Israël.

L’exemple du Rabbi Rayats du ‘talon du pied’ (lequel symbolise la matière du corps) et de l’eau bouillante (laquelle est une allusion à l’obscurité de l’exil) :

Afin d’expliquer ce principe, le Rabbi Rayats donne pour exemple le fait qu’il est plus beaucoup plus facile d’entrer le talon que d’entrer la tête dans de l’eau bouillante.
L’intellect se révèle dans le cerveau mais la volonté se révèle plus dans le talon du pied que dans le cerveau.
La force de Messirout-néfech se dévoile dans le talon plus que dans la tête, et cela s’accorde au principe selon lequel la force de l’Essence divine se trouve dans le corps.
Notre génération est la génération du talon du Machia’h et la force du Don de soi (Messirout-néfech) est plus dévoilée dans notre génération que dans celle de Moche qui est elle-même appelée la génération de la Tête.

Le Rabbi Rayats nous enseigne que plus la lumière se dévoile, plus la matière du réceptacle de cette lumière doit être affinée. La matière de la tête est donc plus affinée que la matière du cœur et la matière du cerveau est plus affinée que la matière de l’œil, et la matière des organes respiratoires est plus affinée que la matière du pied, jusqu’à ce que la matière du talon qui est à l’extrémité du pied est la matière qui est la plus grossière et la moins affinée. Cependant, ‘plus une chose est élevée plus elle descend à un niveau très bas’. Par exemple, une pierre qui se trouve tout en haut d’un mur et qui tombe sur le sol s’éloignera davantage si elle tombe du haut du mur que si elle tombe d’un endroit du mur qui est moins élevé.

Il en va de même pour l’intellect. Plus un homme est élevé intellectuellement plus il descendra au niveau de son élevé et saura se mettre à sa portée. Mais si le Maître est moins élevé il ne saura pas enseigner et descendre au niveau de son élevé. Cela est aussi vrai pour toutes les forces de l’âme, car puisque la volonté est supérieure à l’intellect elle descendra à un niveau très bas et agira aussi bien dans les pieds que dans la tête. Mais du fait que la matière de la tête est très affinée et que la lumière de l’intellect se révèle précisément dans la tête et non pas dans le talon, la force de la volonté se révèle moins dans la tête que dans le talon. Le talon est plus réceptif à la volonté que la tête car la lumière de l’intellect est absente dans le talon.

Ainsi, la matière de la tête possède l’avantage par rapport au talon du fait que la matière de la tête est plus affinée que celle du talon et que dans ce cas la lumière de l’intellect se dévoile plus dans la tête que dans le talon. D’un autre côté, la force du talon est que la volonté se dévoile davantage dans le talon que dans la tête. La volonté est une force Makif qui est plus élevée et plus puissante que la force de l’intellect (qui est une force Pnimi. C’est pour cela qu’il est plus facile d’entrer le talon dans de l’eau bouillante que d’y entrer la tête.

Ainsi, d’une certaine façon la force de la volonté qui est au-delà de l’intellect se dévoile plus dans le talon où la lumière de l’intellect ne réside pas. Dans ce cas rien ne s’oppose à ce dévoilement, alors que dans la tête l’intellect constitue un obstacle au dévoilement de la volonté qui est elle-même au-delà de l’intellect.

Fin de la première partie

 

Texte et Audio : Vayigach à la lumière du Dvar Mal’hout – Rav Yaacov Abergel

Texte et Audio : Vayigach à la lumière du Dvar Mal’hout – Rav Yaacov Abergel

 

S’élever au-dessus de ce monde :

Le Rabbi explique Dans le Dvar Mal’hout sur la Paracha Vayigach que la force dont un Juif a besoin pour faire face à l’exil peut s’exprimer de deux façons.

Dans un premier cas la force d’un Juif reste limitée car il compose avec le monde et ne sort pas des limites qu’il lui impose.
Dans un deuxième cas, le fait de vivre dans l’obscurité de l’exil n’empêche absolument pas ce Juif de vivre en étant totalement détaché de tous les sujets de l’exil. Il renforce tellement le lien qui l’unit à Hachem que ses pensées ses paroles et ses actions ont pour effet de transformer la réalité au point que même la plus grande autorité du pays dans lequel il se trouve se pliera à sa volonté (laquelle se fond dans la Volonté du Saint béni soit-Il). Ainsi, le Rabbi explique que la force d’un Juif consiste à s’élever bien au-delà du monde et de l’exil afin d’en briser les limites pour en faire le réceptacle de la Lumière infinie de D.ieu.

L’exemple donné ici est celui de Mordé’haï au temps de Pourim. Il est écrit au sujet du festin que donna le Roi A’hachvéroch (Méguila d’Esther, 1, 8) :
‘On buvait à volonté, sans aucune contrainte, car le Roi avait recommandé à tous les sujets de sa maison de faire la volonté de l’un et de l’autre’.
On explique que l’expression ‘faire la volonté de l’un et de l’autre’, signifie que le roi A’hachvéroch ordonna de faire en même temps, ‘selon la volonté de Mordé’haï et d’Aman’.
Or, comment est-il possible de faire en même temps, selon la volonté de Mordé’haï, ‘un homme Juif’, et d’Aman, ‘un oppresseur et un ennemi’ d’Israël’ ?
Peut-on ‘Faire la volonté de l’un et de l’autre ? Le vent peut-il souffler en même temps dans deux directions opposées pour permettre à deux bateaux de naviguer dans deux directions opposées ? ‘. De fait, il est impossible d’assouvir, en une seule fois, deux désirs qui s’opposent l’un avec l’autre : la volonté de Mordé’haï en même temps que celle d’Aman.

Il est écrit (Méguila, 3, 2) : ‘Tous les serviteurs du roi, admis à la cour royale, s’agenouillaient et se prosternaient devant Aman, car tel était l’ordre donné par le roi en son honneur, mais Mordé’haï ne s’agenouillait ni ne se prosternait’.
L’opposition entre Mordé’haï et Aman exprime notre façon de combattre l’exil : en composant avec le monde et donc en restant soumis aux limites que cet exil nous impose (Aman), ou bien en nous attachant à D.ieu d’un lien si intense que cela nous permet de nous élever bien au-delà de toutes les limites (Mordé’haï).

Chaque Juif a le devoir de se soumettre aux lois du pays dans lequel il vit, évidemment c’est seulement dans le cas où ces lois ne contredisent pas la Hala’ha. Personne ne peut imposer à un Juif d’agir contrairement à la Volonté de D.ieu. Le point que le Rabbi soulève ici ne concerne pas les sujets qui sont liés à la Torah et aux Mitsvoth. Il concerne les sujets qui sont permis par la Torah.
Un Juif peut-il vivre selon les normes et les usages de ce monde conformément à la volonté d’Aman et en même temps selon la volonté de Mordé’haï qui ‘ne s’agenouillait pas et ne se prosternait pas’ ?

A priori nous pouvons penser que le fait que L’Eternel nous a envoyé en exil implique que nous soyons obligés de nous plier aux limites et aux usages qu’il nous impose, et dans ce cas comment est-ce possible d’agir à l’exemple de Morde’haï ? En effet l’attitude de Mordé’haï, contrairement à la volonté d’Aman, exclut totalement l’idée de composer avec le monde et dans ce cas comment est-il possible de ‘faire la volonté de l’un (Aman) et de l’autre (Mordé’haï)’ ?

S’il se soumet aux lois et aux usages du pays (la volonté d’Aman) comment pourra-t-il dans ce cas faire la volonté de Mordé’haï qui consiste à ne ‘jamais s’agenouiller ni à se prosterner’ ?

De fait, les usages et les normes d’un pays, même s’ils ne sont pas contradictoires avec la Hala’ha peuvent constituer des limites dans nos actions qui ont pour but de provoquer la Délivrance.

Le ‘Hidouch que le Rabbi nous enseigne ici est que ‘si nous nous attachons à D.ieu tel qu’Il est au-delà de la façon dont Il dirige ce monde, il devient alors possible d’unir deux contraires : même en nous trouvant dans ce monde et dans l’exil nous pouvons agir conformément au verset selon lequel ‘Il ne s’agenouillait ni ne se prosternait, car nous nous trouverons à un niveau qui est bien au-delà du monde (et de ses limites)’.

L’exemple de l’Arche de l’Alliance :

Cet enseignement du Rabbi n’est pas sans nous rappeler cet autre enseignement du Maguid de Mézeritch. A celui qui désirait obtenir la richesse, le Maguid conseilla ‘d’aller vers le nord, car la Table des pains de proposition se trouve au nord, dans le Temple’. S’il désirait la Torah, ‘il lui fallait se diriger vers le sud, car la Ménorah se trouve vers le sud, dans le Temple’. Enfin, s’il désirait les deux, ‘il lui fallait se diriger vers l’endroit de l’Arche, car l’Arche ne prenait pas de place dans le Temple’.

Chaque Juif détient le pouvoir d’unir deux contraires, d’attirer la lumière infinie de D.ieu dans ce monde inférieur. Il lui suffit pour cela de ‘se diriger vers l’endroit de l’Arche’, c’est-à-dire d’agir par la force de l’Essence de son âme, laquelle se situe bien au-delà de ce monde puisqu’elle est enracinée dans l’Essence divine. Chaque Juif détient la capacité de dévoiler en lui-même la force du lien qui unit son âme à D.ieu. Il doit pour cela tout d’abord utiliser les forces de la partie de l’âme qui s’habille dans le corps (l’intellect, les sentiments, l’action), et c’est par elles qu’il parviendra ensuite à révéler en lui-même la force infinie de l’Essence de son âme.
Révéler l’Essence de son âme c’est parvenir au niveau de l’Arche qui ‘ne prend pas de place dans le Saint des Saints’, donc au-delà de toutes les limites de ce monde matériel.

Dans son discours intitulé ‘Et tu ordonneras aux enfants d’Israël’ le Rabbi explique que le dévoilement de la force de l’Essence de l’âme provient du fait d’avoir le cœur brisé par l’absence du Machia’h et du troisième Temple. Cette souffrance ressentie par un Juif qui provient du fait de vivre dans l’exil, l’amène à dévoiler les forces les plus profondes de son âme. Ainsi, lorsque le Rabbi nous enseigne que nous devons pousser le cri de ‘Ad-matai ?’, ‘Jusqu’à quand ?’, nous devons comprendre que ce cri doit être l’expression de notre souffrance face à l’exil et face à l’absence du Machia’h et que ce cri a pour but d’accomplir une action qui aura pour effet de provoquer la Délivrance finale. Peut-être est-il judicieux d’expliquer que ‘nous ‘agenouiller et nous prosterner’ devant l’exil signifie que l’exil nous affaiblit car il est à l’origine de notre tristesse et de notre inaction. A l’opposé, nous devons nous conformer à l’enseignement du Rabbi Rachab selon lequel l’exil ne doit avoir pour effet sur nous-mêmes que celui de nous faire prendre conscience et de ressentir dans notre cœur de l’amertume face à tout ce qui nous empêche de percevoir le Divin. Dans ce cas, l’exil nous permettra d’accéder à une Téchouva véritable.

Un jour un ‘Hassid qui vivait à Loubavitch emmena son fils qui venait d’atteindre l’âge de rentrer au ‘Héder à un entretien privé avec le Rabbi. Le Rabbi bénit le jeune enfant en ces termes : Investis ton ardeur dans l’étude et ne perds pas ton temps, D.ieu béni soit-Il, te viendra en aide pour que tu sois un érudit et un ‘Hassid. Quand l’enfant et son père sortirent du bureau du Rabbi, le père entraina son fils dans une danse avec les ‘Hassidim qui se trouvaient à ce moment-là dans la Synagogue du Rabbi, car tel était l’usage lorsque l’on sortait du bureau du Rabbi. Le fils fut très étonné du fait que l’on puisse avoir le cœur à danser alors que le Temple de Jérusalem est à présent détruit et que nous sommes toujours en exil. Le père répondit alors à son fils de la manière suivante :
-Tu as raison mon fils, Jérusalem a été détruite et le Temple l’a été également ! Cependant, Loubavitch est pour nous Jérusalem ! La Synagogue du Rabbi est pour nous le Temple ! Le bureau du Rabbi est pour nous le Kodech-Ha-Kodachim (le Saint des Saints), et le Rabbi est pour ses ‘Hassidim l’Arche Sainte dans laquelle se trouve les Tables de la Torah écrites du doigt de D.ieu, béni soit-Il.

L’Attitude de Yéhoudah :

Dans le Livre Torah-Or, sur la Paracha Vayigach, L’Admour Hazaken explique que dans le monde qui a été créé selon l’enchaînement des mondes le niveau de Yossef correspond aux 6 Attributs divins (Midot) du monde d’Atsilout : ‘Hessed, Gvurah, Tiféreth, Netsa’h, Hod Yessod, et le niveau de Yéhoudah correspond à l’Attribut de Mal’hout qui est la dernière des Sefirot du monde d’Atsilout.
Comme nous le voyons dans la Paracha, Yéhoudah est totalement soumis à Yossef, exactement comme Mal’hout est totalement soumise aux Sefirot qui la précèdent puisque la lumière de Mal’hout ne provient pas d’Elle-même mais des Attributs divins qui la précèdent dans l’ordre de l’enchaînement des mondes.

De manière plus profonde encore l’Admour Hazaken explique que les éléments matériels du Michkan suivent l’ordre de l’enchaînement des mondes :
*Le sol du Michkan fait de poussière correspond au règne le plus bas : le règne Minéral : Afar, Domem.
*Les poutres du Michkan faites de bois de Cèdre s’élèvent au-dessus du sol et correspondent au règne Végétal (Tsoméa’h) qui est plus élevé que le règne Minéral.
*Le toit du Michkan fait de peaux d’animaux recouvre l’ensemble du Michkan et correspond au règne Animal qui est plus élevé que le règne végétal.

Cependant, il est écrit que dans les temps Messianiques la lune deviendra aussi grande que le soleil. Cela s’exprimera par le fait que l’Attribut de Mal’hout (la lune) s’élèvera au-dessus de tous les Attributs divins (le soleil), ainsi qu’il est dit : ‘la nuit brillera comme le jour’, et ‘l’épouse vertueuse (Mal’hout) deviendra la couronne de son mari (les Attributs du monde d’Atsilout)’. Ainsi, l’Admour Hazaken nous enseigne que le règne Minéral s’élèvera au-dessus des autres règnes à l’image du toit du troisième Temple qui sera fait de pierres.

Ainsi, selon l’ordre de l’enchaînement des mondes le règne le plus bas est celui de Afar : la poussière inanimée, mais dans les temps futurs c’est le niveau de Afar qui s’élèvera au-dessus des autres règnes.
L’Admour Hazaken nous enseigne que ce principe s’accorde au fait que ‘la fin de l’action est au-départ dans la pensée’. Cela signifie que la terre qui est elle-même l’élément le plus bas de la Création est en réalité le but de la Création. En effet, le ciel est apparu avant la terre dans la Création du monde mais d’après le principe selon lequel ‘la fin de l’action est au-départ dans le pensée’ la terre est apparue en premier dans la Pensée de D.ieu signifie qu’elle est le but de la Création et c’est pour cela qu’elle est apparue en dernier.

Il en va de même au sujet de Yossef et de Yéhoudah car aujourd’hui Yéhoudah reçoit l’influence de Yossef, mais lorsque L’Eternel dévoilera Sa Pensée c’est Yéhoudah qui deviendra Roi d’Israël (à l’exemple de la lune qui deviendra aussi grande que le soleil). Dans notre service divin, Yéhoudah représente le ‘Bitoul’ la soumission la plus totale (à l’exemple du Minéral, ‘la terre que l’on piétine’) et Yossef représente l’amour et la crainte de D.ieu : les Midot (à lexemple du Végétal, comme un arbre qui grandit, l’amour et la crainte de D.ieu grandissent dans le cœur).

L’enseignement que nous devons tirer est que l’attitude que nous devons adopter pour provoquer la Délivrance finale est celle de Yéhoudah.

‘Yéhoudah’ exprime le fait de reconnaître (‘Hodaa’ : ‘reconnaissance’) à chaque instant et dans chaque situation ‘qu’il n’y a rien en dehors de Lui’.

Bien que Yéhoudah savait que pour libérer son frère Benyamin il devait avant tout se soumettre à Yossef, ainsi qu’il est dit (Vayigach, 44, 18) : ‘De grâce, mon maître… Car tu es comme Pharaon…’. Cependant, le Rabbi nous enseigne que Yéhoudah n’a pas agi en étant soumis aux normes et aux usages de ce monde. Il ‘s’approcha de Yossef’ sans même en avoir reçu l’autorisation, et bien que Yéhoudah était soumis à Yossef, une force redoutable l’animait. Ainsi, le Rabbi souligne que Yéhoudah était même d’un niveau supérieur à celui de Mordé’haï. Contrairement à Mordé’haï qui fut nommé comme associé du roi par A’hachvéroch, ou comme Yossef qui fut nommé vice-roi par Pharaon, Yéhoudah agit seulement par ses propres forces lorsqu’il ‘s’approcha de Yossef’, et c’est par cette attitude que Yéhoudah donna la force aux enfants d’Israël de combattre l’exil de l’Egypte, et de s’y installer dans la largesse.
A l’exemple de Yéhoudah, c’est par notre soumission vis-à-vis de l’Eternel et notre soumission vis-à-vis du Rabbi que nous aurons enfin le mérite de provoquer la Délivrance et le dévoilement de notre juste Machia’h, très bientôt et de nos jours, avec l’aide de D.ieu. Toutes les actions du Rabbi ont pour but de provoquer la Délivrance.

*

Tous les enseignements du Rabbi sont imprégnés par le Désir du Dévoilement de D.ieu. Le Rabbi nous enseigne que c’est en dévoilant le lien essentiel qui unit l’âme Juive à Son Père qui est dans le ciel que nous aurons le mérite de dévoiler la Présence du Machia’h dans ce monde matériel. Dévoiler ‘le lien essentiel qui unit L’Eternel à chaque Juif’ consiste à dévoiler l’Essence de notre âme, laquelle ‘fait Un avec D.ieu’.

D’après les enseignements du Rabbi chaque niveau de l’âme : Néfech, Roua’h, Néchama, ‘Haya, Yé’hida, et l’Essence de l’âme représente une façon différente de servir D.ieu :

*Néfech représente le lien que nous établissons avec D.ieu au moyen de l’action. C’est à dire lorsqu’un Juif accomplit la Volonté divine en prenant sur lui-même le joug Divin.

*Roua’h représente le fait de s’unir à D.ieu avec nos Midot, c’est à dire au moyen de nos sentiments, comme l’amour et la crainte de D.ieu.

*Néchama représente le lien avec D.ieu au moyen des forces de notre intellect. Le fait de comprendre au point de ressentir la grandeur de D.ieu.

*’Haya représente le lien qui exprime la volonté de notre âme, ‘Réouta de Liba’, l’attirance de l’âme pour D.ieu, la volonté de l’âme de retourner continuellement vers sa source.

*Yé’hida représente le fait de se lier à D.ieu en dévoilant le ‘Taanoug-ha-atsmi’, le ‘Plaisir essentiel’ que l’âme ressent du fait qu’elle fait Un avec D.ieu. C’est par le don de soi, par la force de Messirout-néfech que l’on parvient à ce dévoilement.

L’Essence de l’âme représente le niveau le plus élevé de l’âme Juive. C’est l’Essence Divine de l’âme qui est au-delà de tout nom et de toute définition. Dans une Si’ha le Rabbi déclare que c’est en diffusant les sources à l’extérieur que l’on parvient à La dévoiler.

*

Résumé :

La force dont un Juif a besoin pour faire face à l’exil peut s’exprimer de deux façons.
Dans un premier cas la force d’un Juif reste limitée car il compose avec le monde et ne sort pas des limites qu’il lui impose. Dans un deuxième cas, le fait de vivre dans l’obscurité de l’exil n’empêche absolument pas ce Juif de vivre en étant totalement détaché de tous les sujets de l’exil. L’enseignement du Rabbi est que ‘si nous nous attachons à D.ieu tel qu’Il est au-delà de la façon dont Il dirige ce monde, il devient alors possible d’unir deux contraires : même en nous trouvant dans ce monde et dans l’exil nous pouvons agir conformément au verset selon lequel ‘Il ne s’agenouillait ni ne se prosternait, car nous nous trouverons à un niveau qui est bien au-delà du monde (et de ses limites)’.
Selon l’ordre de l’enchaînement des mondes le règne le plus bas est celui de Afar : la poussière inanimée, mais dans les temps futurs c’est le niveau de Afar (le ‘Bitoul’, la soumission la plus totale vis à vis de L’Eternel) qui s’élèvera au-dessus des autres règnes de la Création. Le niveau de ‘Afar’ est celui de Yéhoudah, dont nous devons adopter l’attitude pour provoquer la Délivrance finale.

 

Mikets ‘ A la lumière du Dvar Mal’ hout’ – Rav Yaacov Abergel

Mikets ‘ A la lumière du Dvar Mal’ hout’ – Rav Yaacov Abergel

 

 

‘La Volonté de D.ieu de résider dans ce monde est ancrée dans Son Essence’ :

‘Il monta dans la Pensée de D.ieu le désir d’être Roi’, il est dit dans ‘la Pensée’ de D.ieu et il ne s’agit donc pas encore de la Volonté de D.ieu de créer le monde de manière effective. La ‘Hassidout nous enseigne que ‘Ratson-ha- galouïe’ représente la ‘Volonté dévoilée’ de D.ieu de créer le monde, et que cette Volonté fut motivée par le plaisir que D.ieu ressentit que les Tsaddikim allaient Lui donner en accomplissant la Torah et les Mitsvoth.
Le Rabbi Rachab souligne que s’il y a eu la ‘Volonté dévoilée’ de créer le monde c’est qu’il y avait une Volonté antérieure à Celle-ci. Cette Volonté antérieure vient de D.ieu Lui-même (et ne dépend donc pas de l’extérieur) et Elle s’appelle ‘Ha-Ratson-Ha-Mou’hlat-be-Atsmouto’ c’est-à-dire la ‘Volonté qui est ancrée dans Son Essence’. L’exemple donné est celui du désir d’un homme d’avoir sa maison. Ce désir ne vient pas du fait que cet homme a réfléchi et qu’il est arrivé à la conclusion qu’avoir sa maison serait une bonne chose pour lui. Non, ce désir vient du fait qu’il est ancré dans l’Essence de son âme.
De la même façon, le Désir de D.ieu de résider dans ce monde matériel vient de Son Essence.
Ainsi, comme le fait de couronner un roi de chair et de sang va réveiller le désir du roi de régner sur le peuple, les Tsaddikim éveillèrent la Volonté de D.ieu d’être Roi parce que la Volonté de D.ieu d’être Roi est ancrée dans Son Essence.

*La Volonté de D.ieu d’être Roi qui est ancrée dans Son Essence (Appelée aussi Ratson- Pachout) représente l’Essence de la Lumière divine : ‘Etsem-ha-Or’.
‘Etsem-ha-Or’ c’est ‘la possibilité d’éclairer’ qui est enracinée dans l’Essence divine.

*Puis vient le niveau de Guilouïe-lé-Atsmo, le dévoilement pour Lui-même, c’est à dire le niveau de la Pensée de D.ieu qui est encore cachée. Comme un homme qui pense en lui-même et que cette pensée demeure être une pensée d’une chose qu’il ne met pas encore à exécution : il ne veut pas encore cette chose mais ne fait qu’y penser.

* Vient ensuite le niveau de ‘Ratson-ha-galouïe’, c’est-à-dire le dévoilement à l’extérieur, D.ieu envisage la Création de manière concrète. Cette Volonté a donc un lien concret avec le monde et peut donc être considérée comme étant la source de la Création.

Il est bien de donner ici l’exemple des forces de l’âme. Celles-ci sont incluses dans l’Essence de l’âme. Lorsque l’on ferme les yeux nous ne voyons pas, cependant la force de la vision est toujours là mais elle est cependant cachée, ancrée dans l’Essence de l’âme, avant qu’elle ne descende et ne se dévoile dans l’œil. Les membres du corps agissent. La nature du Kéli (du réceptacle) est d’attirer la lumière jusqu’à lui, comme l’œil attire la force de la vision. De la même façon c’est par l’accomplissement des Commandements divins qui sont eux-mêmes des Réceptacles que l’on parvient à dévoiler le Désir de D.ieu qui est ancré dans Son Essence.

Le Rabbi Rachab nous a donc enseigné que l’Attribut de Mal’hout est ancré dans l’Essence de D.ieu, ainsi qu’il a été expliqué précédemment ‘la Volonté de D.ieu de résider dans ce monde est ancrée dans Son Essence’. Cela signifie qu’aucune raison n’est à l’origine de cette Volonté, car c’est uniquement le Plaisir de D.ieu qui est à l’origine de la Création du monde. Dévoiler l’Essence divine dans ce monde matériel s’accorde à notre travail d’accomplissement de la Torah et des Mitsvoth dans le but de dévoiler concrètement le Plaisir de D.ieu, Sa Volonté ‘Pachout’ qui est ancrée dans Son Essence. A l’exemple de l’œil qui attire la force de vision, le don de nous-mêmes et notre Téchouva la plus profonde attire Son Plaisir dans ce monde.

L’huile ou ‘l’Essence de la force de Vie’ :

La différence qui existe entre la Lumière et l’Essence de la Lumière est très souvent relevée dans les enseignements de la ‘Hassidout. Par exemple, dans ses discours de l’année 5672 le Rabbi Rachab nous enseigne qu’il existe deux niveaux de l’huile : l’huile de la Ménorah et l’huile appelée Chémen-Ha-Tov.
La lumière de la Ménorah représente le niveau de ‘Ho’hmah du monde d’Atsilout et l’Huile de la Ménorah, qui est la source de la Lumière, représente le niveau de la ‘Ho’hmah-stima qui est la source de ‘Ho’hma du monde d’Atsilout.

Le Rabbi Rachab nous enseigne alors que Chémen-Ha-Tov représente le niveau de l’Essence de ‘Ho’hmah-stima et ‘c’est précisément notre Téchouva qui constitue le seul moyen de parvenir au dévoilement de l’Essence’.

Dans le Livre ‘Iniana chel Torat-Ha-‘Hassidout’ (chapitre 7) le Rabbi écrit à ce sujet que ‘du fait que la ‘Hassidout constitue l’Essence de la force de Vie, Elle est comparée à l’huile qui représente ‘le Secret des Secrets’. L’Huile symbolise l’Essence la plus affinée de chaque chose. Aussi possède-t-Elle les deux caractéristiques suivantes : d’un côté elle est distincte de toute chose (car si elle devait s’apparenter à un objet particulier, elle perdrait son caractère ‘d’Essence de chaque chose’), et du fait qu »elle est ‘Essence’, elle se doit de pénétrer, et d’être présente en chaque chose, parce que l’Essence est par définition omniprésente…D’un côté, l’huile ne se mélange à aucun liquide, et d’un autre, elle pénètre toute matière. C’est ainsi que la ‘Hassidout est comparée à l’huile car elle possède ces deux propriétés, par sa qualité d’Essence elle ne se confond avec rien d’autre, car elle constitue la teneur même de la force de Vie, par-delà tout rayonnement et toute émanation. D’un autre côté, Elle Se diffuse en chaque chose et imprègne tout’.

L’Huile de la Torah :

Dans le Dvar Mal’hout sur notre Paracha, le Rabbi écrit que la Torah est appelée Lumière : Torah Or : Torah-Lumière car elle chasse l’obscurité et apporte la paix dans le monde, et plus l’obscurité se renforce dans le monde plus il est nécessaire de dévoiler la profondeur de la Torah.
Ainsi quand les Grecs se sont levés contre le peuple d’Israël il y eut un renforcement de la Lumière de la Torah, le dévoilement d’un niveau supérieur que le Rabbi appelle : l’Huile de la Torah.
Le Rabbi nous enseigne que la ‘Sagesse’ des Grecs dérive de l’autre côté de la Sainteté, c’est pourquoi ils avaient pour but de faire oublier la Torah au peuple Juif. Tout simplement, ils ne pouvaient supporter le fait que la Torah est la Sagesse de D.ieu, ainsi qu’il est dit dans le Zohar de Rabbi Shimon Bar Yo’haï : ‘la Torah et D.ieu béni soit-Il ne font qu’Un’ (voir Tanya, chapitre 4).
Les Grecs avaient donc pour désir de rendre l’Huile de la Torah impure. Cela signifie qu’ils ne pouvaient absolument concevoir qu’il puisse exister un lien entre le Saint béni soit-Il et la Torah, et plus encore, qu’il puisse exister un lien entre D.ieu Israël et la Torah, car toujours selon l’enseignement de Rabbi Shimon Bar Yo’haï : ‘D.ieu Israël et la Torah ne font qu’Un’.
La petite fiole d’huile, marquée par le tampon du Cohen gadol est à l’origine du miracle de ‘Hannoucah. Lorsque les Juifs découvrirent la petite fiole d’huile, et que par un miracle divin celle-ci brûla pendant huit jours, l’Eternel fit apparaître aux yeux de tous et dans la plus grande clarté que la Torah était divine.
En fait, les Grecs n’étaient pas contre le fait que les Juifs étudient la Torah. La partie révélée de la Torah, laquelle traite des lois relatives à ce monde physique et matériel, n’excitait pas leur désapprobation. En revanche, ils ne pouvaient supporter le fait que la Torah soit considérée et qualifiée par les Juifs comme étant la Sagesse de D.ieu, qu’elle soit Sainte. Par leur désir de rendre impure la Torah les Grecs s’attaquaient au lien qui unit le Saint béni soit-Il avec les enfants d’Israël. Un des enseignements que nous délivre ici le Rabbi, est que la Torah est la Torah de D.ieu, et cela ne doit jamais quitter l’esprit de celui qui l’étudie. C’est en agissant de la sorte, qu’il ressentira la Sainteté de la Torah. Même lorsqu’il étudie des lois liées à ce monde matériel, il percevra le souffle divin qui est à leur origine.

‘Désirer de toutes nos forces et du plus profond de nous-mêmes la Délivrance’ :

L’Huile de la Torah exprime le fait qu’il existe un niveau de la Torah qui surpasse tous les autres paliers d’interprétation de la Torah, comme l’huile qui flotte au-dessus et qui en constitue l’Essence même.
L’Huile de la ‘Hassidout, à l’exemple de l’huile que l’on verse sur les aliments pour leur donner du goût, donne le goût à la partie révélée de la Torah. A ce sujet, dans le Dvar Mal’hout le Rabbi rapporte les versets suivants :

Pharaon demanda à Yaacov :
‘Combien sont les jours des années de ta vie ?’,
Et Yaakov répondit à Pharaon (Vayigach, 47, 8, 9) :
‘Peu nombreux et malheureux étaient les jours des années de ma vie et ils n’ont pas atteint le nombre des jours des années de la vie de mes pères…’.

Le Rabbi explique que Yaakov considérait que les jours de sa vie étaient ‘peu nombreux’ et ‘malheureux’ car tant que l’exil persiste et que la Délivrance n’arrive pas, sa vie ne représente que ‘peu’ à ses yeux car il manque l’essentiel. Aussi, bien que Pharaon donne à Yaakov ‘la meilleure partie du pays’ afin qu’il s’y installe avec ses fils, Yaakov lui fait savoir qu’il ne peut pas se suffire de cela, et que son installation en Egypte n’a pour seul but que celui de provoquer la Délivrance.
Aussi, le Rabbi insiste sur l’importance de désirer de toutes nos forces et du plus profond de nous-mêmes la Délivrance, car tant qu’elle n’est pas encore là, notre vie ne représente que ‘peu’ de chose.

A la lumière de cette explication du Rabbi, il est possible d’expliquer que la déclaration de Yaakov selon laquelle ‘peu nombreux étaient les jours des années de ma vie’ exprime le très profond désir de Yaakov du dévoilement de la Torah du Machia’h, de la ‘Cinquantième porte de la Connaissance’.

Il est rapporté dans le Traité Nédarim (38a) que cinquante Portes de la Connaissance ont été créées dans le monde, et toutes ont été données à Moché, ‘à l’exception d’une seule’ ainsi qu’il est écrit dans le livre des Téhilim du Roi David (8, 6) :

‘Or, Tu fis de lui (de Moché) un peu moins que les anges célestes’. L’expression ‘un peu moins’ vient pour nous dire qu’il manque à Moché le niveau de ‘la Cinquantième porte de la Connaissance’.
La ‘Hassidout nous enseigne que cette porte correspond à la signification des Commandements divins. Or, les lettres du mot מעט (méat) forment dans un ordre différent le mot טעם (taam) qui signifie : le sens (la raison profonde des Commandements divins).
D’une certaine manière Yaakov considérait les jours de sa vie ‘peu nombreux et malheureux’ car il ne percevait pas la raison, le sens, la signification et le ‘goût’ des Commandements divins (‘Taam’ signifie aussi ‘goût’).
Le Rabbi nous enseigne donc que le dévoilement de l’Huile de la Torah est nécessaire pour deux raisons. La première est que l’Huile de la Torah donne du goût à la partie révélée de la Torah, mais plus encore, elle est l’ingrédient principal de la nourriture de notre âme.

Comme il a été dit précédemment, plus l’exil se renforce plus se renforce le dévoilement de l’Huile de la Torah, mais le Rabbi vient ajouter à cela que ce dévoilement se renforce car nous nous rapprochons du dévoilement du Machia’h. Le Rabbi souligne alors que Machia’h désigne le Roi dont la tête est ‘ointe’ d’Huile.
Le Tséma’h Tsédèk a déclaré à ce sujet que ‘dans les temps futurs ‘il y aura un dévoilement des ‘Taameï-Torah’ (le sens profond des Commandements divins)’. ‘Le dévoilement des Taameï-Torah’ signifie que dans les temps messianiques le Machia’h dévoilera les raisons profondes des Commandements car Taam signifie Raison, Sens, et désigne aussi le Goût (d’un aliment). Ainsi, ‘le dévoilement des Taameï-Torah’ est une allusion au dévoilement de la Lumière d’Or Sovev par l’intermédiaire de la Manne, ainsi qu’il est écrit (Séfer-Ha-Likoutim, lettre Mêm) :

‘Et donc grâce à la manne qui représente la profondeur de la Torah, la profondeur de l’âme s’unit avec la profondeur d’Or Ein Sof’, et c’est le sens du verset : ‘Il t’a nourri de la manne…afin de te faire savoir’ (Dévarim, 8, 3) car le pain permet l’union de la partie dévoilée de l’âme (l’âme qui s’habille dans le corps) avec la Lumière dévoilée de D.ieu (Or-Mémalé, la Lumière divine qui s’habille dans le monde), mais le niveau de la Manne représente le lien entre le niveau caché de l’âme (l’âme qui ne s’habille pas dans le corps : les niveaux de ‘Haya et de Yé’hida) et la Lumière cachée de D.ieu’ (‘Or Sovev’, La lumière divine qui ne S’habille pas dans le monde).

Le Rabbi définit la ‘Hassidout, l’Essence de la Torah, à l’exemple de cette fiole d’huile pure. Comme de l’huile que l’on verse, goutte à goutte, et qui pénètre dans les aliments et leur donne du goût, la ‘Hassidout donne le goût à toutes les parties de la Torah que nous étudions.
Comme l’huile, l’Essence de l’âme Se révèle et pénètre dans toutes les forces de la partie de l’âme qui s’habille dans le corps. Elle illumine notre cerveau et notre cœur et c’est en éveillant la force de l’Essence de notre âme que nous éveilleront le désir d’Hachem qui est ‘ancrée dans Son Essence’ de résider dans ce monde matériel, avec le dévoilement du Machia’h, très bientôt et de nos jours.

Résumé :

La Volonté de D.ieu d’être Roi qui est ancrée dans Son Essence représente l’Essence de la Lumière divine : ‘Etsem-ha-Or’. Le Rabbi écrit à ce sujet que ‘du fait que la ‘Hassidout constitue l’Essence de la force de Vie, Elle est comparée à l’huile qui représente ‘le Secret des Secrets’. L’Huile symbolise l’Essence la plus affinée de chaque chose. Dans le Dvar Mal’hout sur notre Paracha, le Rabbi écrit que la Torah est appelée Lumière : Torah Or : Torah-Lumière car elle chasse l’obscurité et apporte la paix dans le monde, et plus l’obscurité se renforce dans le monde plus il est nécessaire de dévoiler la profondeur de la Torah.
Ainsi quand les Grecs se sont levés contre le peuple d’Israël il y eut un renforcement de la Lumière de la Torah, le dévoilement d’un niveau supérieur que le Rabbi appelle : l’Huile de la Torah. La petite fiole d’huile, marquée par le tampon du Cohen gadol est à l’origine du miracle de ‘Hannoucah. Lorsque les Juifs découvrirent la petite fiole d’huile, et que par un miracle divin celle-ci brûla pendant huit jours, l’Eternel fit apparaître aux yeux de tous et dans la plus grande clarté que la Torah était divine. L’Huile de la ‘Hassidout, à l’exemple de l’huile que l’on verse sur les aliments pour leur donner du goût, donne le goût à la partie révélée de la Torah. Yaakov considérait les jours de sa vie ‘peu nombreux et malheureux’ car il ne percevait pas la raison, le sens, la signification et le ‘goût’ des Commandements divins. Dévoiler l’Essence divine dans ce monde matériel s’accorde à notre travail d’accomplissement de la Torah et des Mitsvoth dans le but de dévoiler concrètement le Plaisir de D.ieu, Sa Volonté ‘Pachout’ qui est ancrée dans Son Essence. A l’exemple de l’œil qui attire la force de vision, le don de nous-mêmes et notre Téchouva la plus profonde attire Son Plaisir dans ce monde.

 

Vayéchev à la lumière du Dvar Mal’hout – Rav Yaacov Abergel

Vayéchev à la lumière du Dvar Mal’hout – Rav Yaacov Abergel

 

 

Raffiner, purifier et élever les étincelles divines :

Il est rapporté dans le traité Pessa’him un commentaire de Rabbi Eléazar sur les déclarations du prophète Osée selon lequel le Saint béni soit-il n’a pas exilé le peuple d’Israël dans le seul but de le punir, ainsi qu’il est dit : ‘Le Saint béni soit-Il n’a exilé le peuple d’Israël parmi les peuples du monde que dans le but de lui ajouter des convertis’. Le Rabbi explique que le nom ‘guérim’ (‘convertis’) est une allusion aux étincelles de sainteté qui se trouvent dans le monde, et si ‘Le Saint béni soit-Il a exilé le peuple d’Israël’ dans de très nombreux endroits du monde, c’est pour raffiner, purifier et élever les étincelles qui se trouvent dans ces endroits’.

En poursuivant dans la même direction, le Maguid de Mèzeritch explique de la manière suivante le sens du verset ‘Yaakov s’installa dans le pays des séjours de son Père dans la terre de Canaan’ :
‘Séjours’ se dit en hébreu ‘Mégourei’ dont la racine ‘Agar’ signifie entasser. De fait, ‘Yaakov s’installa’ exprime le fait que Yaakov amassa et raffina les étincelles divines enfouies dans ce monde matériel, ‘la terre de Canaan’, et les éleva vers ‘son Père’ qui représente ici le Saint béni soit-Il.

Le Rabbi souligne ici que le fait qu’Israël ait été dispersé parmi les peuples est un acte de bonté, une Tsédaka, que le Saint béni soit-Il fait au peuple Juif, car leur travail de purification et d’élévation des étincelles de sainteté s’élève à un niveau supérieur au sien quand ce travail touche aux sujets et aux usages des différents peuples. A l’évidence ils adoptent ces usages uniquement lorsque ceux-ci ne sont pas interdits par la Torah, c’est donc précisément par leurs actions dans ces endroits que les Juifs raffinent et purifient chacun de ces endroits et qu’ils parviennent à faire de tous ces endroits du monde une demeure pour D.ieu.

L’achèvement du raffinement et de la purification de la France :

Dans le Dvar Mal’hout, le Rabbi explique que le raffinement du monde tout entier atteindra sa perfection lorsque le peuple Juif parviendra à l’achèvement du raffinement et de la purification de la France. De fait, Tsarfat (la France) vient du mot Tsirouf : Raffinement, comme l’action de raffiner de l’or afin de le rendre pur. Les Maîtres de ‘Habad, le Rabbi Maharach, le Rabbi Rachab, le Rabbi Rayats et le Rabbi ont tous voyagé en France dans le but de purifier la Klipa de la France qui est la plus basse et la plus grossière parmi toutes les Klipoth.

A l’époque de la guerre qui opposait la France à la Russie, L’Admour Hazaken priait pour la victoire de la Russie bien qu’une victoire de la France aurait été favorable à la condition matérielle des Juifs. Cependant, une éventuelle victoire de la France impliquait pour les Juifs une descente spirituelle que l’Admour Hazaken voulut éviter. En réalité, l’époque napoléonienne laissait présager l’esprit de la Révolution française qui représentait un véritable danger pour le peuple Juif. En effet, pendant la Révolution française le peuple français s’est révolté contre le pouvoir du roi et le 21 janvier 1793, Louis XVI, roi de France monte sur l’échafaud et meurt la tête tranchée par la guillotine. Le corps décapité et la tête du roi furent alors jetés dans une fosse commune.
Le Rabbi révèle que le contenu profond de la Klipa de la France transparait à travers la fin tragique du roi des Français. L’action de couper la tête du roi exprime le désir du peuple français de ne plus se soumettre à l’autorité du roi et de proclamer la République. De manière profonde, la Klipa de la France représente le désir du peuple de ne pas se soumettre à l’autorité du Roi des rois : le Saint béni soit-Il.

A la fin du chapitre 24 du Livre du Tanya, l’Admour Hazaken explique qu’il n’y a pas de plus grand exil que celui que subit l’âme divine lorsqu’un Juif commet un péché, car l’Essence de l’âme Juive est enracinée dans l’Essence divine et lorsqu’un Juif commet un péché son âme, dont la racine et la source sont du côté de la Sainteté, descend dans l’autre côté de la Sainteté.

L’Admour Hazaken compare l’action de commettre un péché à une personne ‘qui saisit la tête du roi pour la précipiter dans une fosse remplie d’immondices’ (Likouteï-Amarime, fin du chapitre 24). De manière étonnante, cette image fictive que nous donne l’Admour Hazaken de ‘la tête du roi que l’on précipite dans une fosse remplie d’immondices’ s’est réellement concrétisé pendant la révolution française par ceux qui ‘jetèrent la tête du roi de France et son corps décapité dans une fosse commune’.

Faut-il voir ici une manifestation de l’esprit prophétique de l’Admour Hazaken ? L’Admour Hazaken pressentait le danger de l’esprit de la Révolution française qui transparaissait déjà à l’époque napoléonienne, et l’image qu’il nous donne dans le Livre du Tanya exprime l’ampleur de la grossièreté de ceux qui tombent dans l’autre côté de la Sainteté lorsqu’ils refusent de se soumettre à la Volonté du Saint béni soit-Il.

Le Rabbi enseigne que c’est en élevant les endroits les plus bas et les plus grossiers que l’on élève en même temps tous les mondes de la Création. Dès-lors nous comprenons la raison pour laquelle le raffinement du monde tout entier atteindra sa perfection lorsque le peuple Juif parviendra à l’achèvement du raffinement et de la purification de la France car la Klipa de la France est la plus basse et la plus grossière parmi toutes les Klipoth.

Le sentiment que l’on ne doit notre existence qu’à nous-mêmes :
Le Rabbi explique que contrairement aux mondes supérieurs qui ressentent le Divin car ils sont proches de la source qui les crée et les maintient en vie, le monde matériel dans lequel nous vivons est le monde qui est le plus éloigné du Divin. La matière cache la lumière Divine qui est la source de son existence, et les êtres de ce monde matériels ont le sentiment qu’ils ne doivent leur existence qu’à eux-mêmes.

Le Rabbi explique que le fait qu’un être ressent qu’il ne doit sa Vie qu’à lui-même provient du fait que la source et la racine de son existence sont encore plus élevées que la source et la racine des mondes supérieurs. En effet, la différence entre les mondes supérieurs et ce monde matériel est que l’Essence du Créateur Se trouve dans la matière et non pas dans les mondes spirituels supérieurs :

‘C’est donc parce que dans ce monde matériel Se trouve l’Essence du Créateur Qui le crée à partir du néant et lui donne Vie à chaque instant qu’un être a le sentiment qu’il ne doit son existence qu’à lui-même. Seul D.ieu ne doit Son existence qu’a Lui-même, mais du fait que l’Essence de D.ieu est en lui, il a le sentiment que rien, a part lui-même, n’est à l’origine de son existence’.

De fait, l’homme a le sentiment qu’il ne doit sa Vie qu’à lui-même car l’Essence de D.ieu est en exil en lui-même du fait que la Klipa lui masque la réalité. La Klipa cache le lien véritable et essentiel qui unit l’homme et la Création au Saint béni soit-Il, et ‘purifier la Klipa’ consiste à ôter ce voile afin de réaliser au point de ressentir que la Parole de D.ieu est la source et la racine de notre existence.

Le Rabbi rapporte dans le Dvar Mal’hout que le prophète Obadia mentionne l’exil et la délivrance de la France (Obadia, 1, 20-21) :
‘Et les exilés de cette légion d’enfants d’Israël répandus depuis Canaan jusqu’à la France. Et des libérateurs monteront sur la montagne de Sion. Et la Royauté appartiendra à L’Eternel’.

La force du Rabbi, la force de l’Essence :

Dès-lors, nous comprenons la raison pour laquelle ‘le raffinement du monde tout entier atteindra sa perfection lorsque le peuple Juif parviendra à l’achèvement du raffinement et de la purification de la France’.
Purifier la Klipa de la France consiste à dévoiler ‘qu’il n’y a rien en dehors de D.ieu’. Le fait d’être coupé du Divin ne peut pas nous mener vers une existence véritable : ‘Celui qui a des yeux mais ne voit pas, des oreilles mais n’entend pas ; qui ne voit ni n’entend le divin, ne vit pas une vie véritable…La véritable existence consiste en la perception, par les yeux et les oreilles du Divin’.
Ces propos mettent en évidence que la valeur de l’existence consiste en ‘une vie de jours réellement vécus’, et à l’évidence celui qui est coupé du Divin ne peut absolument pas vivre une existence véritable.

Le Rabbi Maharach, le Rabbi Rachab, le Rabbi Rayats et le Rabbi ont tous voyagé en France dans le but de purifier la Klipa de la France car seule l’Essence divine détient le pouvoir de transformer l’obscurité en lumière. C’est la raison pour laquelle le Rabbi met en valeur l’importance de purifier la France où l’obscurité est la plus grossière et la plus profonde : ‘Raffiner et purifier l’endroit le plus obscur implique de dévoiler l’Essence divine dans cet endroit’.

L’Essence de la Torah, la ‘Hassidout, est comparée à l’huile car comme l’huile qui a la capacité de pénétrer et d’imprégner les matières les plus dures et les plus résistantes, la ‘Hassidout possède la capacité d’éclairer les endroits les plus obscurs. Ainsi, lorsque les Juifs construisent un Mikveh, une Synagogue, une Yéchiva, ils élèvent l’endroit le plus impur en le transformant en un endroit de Sainteté. La France une fois purifiée peut alors devenir le symbole et l’expression de la Délivrance finale.

Il ne s’agit pas seulement d’éclairer un endroit mais il s’agit de faire en sorte que l’endroit lui-même éclaire, et c’est en révélant l’Essence divine qui est cachée à cet endroit que l’on y parvient : en construisant des édifices de prières et d’études de la partie révélée et de la partie profonde de la Torah.

Le Rabbi nous enseigne alors que la valeur numérique de Tsarfat est égale à 770 et cela signifie que chaque endroit, même celui dont le niveau est le plus bas, peut devenir une source de lumière, à l’exemple de la Maison du Rabbi dont l’adresse est 770 Eastern Parkway. Une Maison pleine de la lumière de la Délivrance finale, avec l’aide d’Hachem, très bientôt et de nos jours.

Résumé :
Le Rabbi souligne ici que le fait qu’Israël ait été dispersé parmi les peuples est un acte de bonté, une Tsédaka, que le Saint béni soit-Il fait au peuple Juif. ‘Le Saint béni soit-Il n’a exilé le peuple d’Israël parmi les peuples du monde que dans le but de lui ajouter des convertis’. Le Rabbi explique que le nom ‘guérim’ (‘convertis’) est une allusion aux étincelles de sainteté qui se trouvent dans le monde. ‘Yaakov s’installa’ exprime le fait que Yaakov amassa et raffina les étincelles divines enfouies dans ce monde matériel, ‘la terre de Canaan’, et les éleva vers ‘son Père’ qui représente ici le Saint béni soit-Il.
Dans le Dvar Mal’hout, le Rabbi explique que le raffinement du monde tout entier atteindra sa perfection lorsque le peuple Juif parviendra à l’achèvement du raffinement et de la purification de la France. La Klipa de la France est la plus basse et la plus grossière parmi toutes les Klipoth. L’homme a le sentiment qu’il ne doit sa Vie qu’à lui-même car l’Essence de D.ieu est en exil en lui-même, du fait que la Klipa lui masque la réalité. La Klipa cache le lien véritable et essentiel qui unit l’homme et la Création au Saint béni soit-Il, et ‘purifier la Klipa’ consiste à ôter ce voile afin de réaliser, au point de ressentir, que la Parole de D.ieu est la source et la racine de notre existence. Le Rabbi souligne que la valeur numérique de Tsarfat est égale à 770 et cela signifie que chaque endroit, même celui dont le niveau est le plus bas, peut devenir une source de lumière.

 

Texte et Audio: Vaïchla’h à  la lumière du Dvar Mal’hout – Rav Yaacov Abergel

Texte et Audio: Vaïchla’h à la lumière du Dvar Mal’hout – Rav Yaacov Abergel

 

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La qualité de Moché et la qualité du Machia’h 

Le Rabbi définit notre Maître Moché comme un Machpia car l’une des qualités qui le caractérise le plus est sa capacité d’enseigner la Torah aux enfants d’Israël. A l’opposé, Machia’h est le Mékabel c’est-à-dire ‘celui qui reçoit’, à l’exemple de la lune qui reçoit toute sa lumière du soleil Machia’h est totalement soumis à D.ieu. Ainsi, conformément au principe selon lequel ‘L’Eternel ne réside que dans un endroit qui Lui est parfaitement soumis’, Machia’h est défini comme celui qui reçoit grâce à sa parfaite soumission.

Afin d’accomplir sa mission, un ‘Hassid doit posséder la qualité de Machpia de Moché, et la qualité de Mékabel du Machia’h.

D’un côté il doit être totalement soumis à la volonté de celui qui l’envoie accomplir une mission. Ainsi, comme la lune qui ne possède pas sa propre lumière car toute sa lumière provient du soleil lui-même, le Chalia’h doit accomplir la mission qui lui a été donnée sans en changer le moindre détail. Il doit suivre à la lettre les instructions de son Maître et faire preuve d’une totale soumission vis-à-vis de lui, à l’exemple du Machia’h dont la qualité essentielle est celle de Mékabel.

D’un autre côté, chaque Juif doit aussi posséder la qualité de Machpia de Moché, c’est-à-dire qu’il doit savoir exploiter les forces qui lui ont été données par D.ieu. C’est à ce sujet que le Rabbi explique que la valeur numérique de ‘Chalia’h’ est 348 et en ajoutant la valeur de 10, laquelle correspond aux 10 forces de l’âme, on obtient 358 qui est la valeur numérique de ‘Machia’h’.

De fait, chaque Juif doit penser et comprendre au moyen des forces de son intellect. Il doit toujours se demander de quelle manière influencer les personnes de son entourage et le monde qui l’entoure. Il doit être comme Moché, un ‘Machpia’.

A la lumière de ce qu’il vient d’être dit il apparaît que Machpia et Mékabel sont deux qualités opposées, et c’est précisément ce qui caractérise un Chalia’h. Le Chalia’h est celui qui possède la faculté d’unir les opposés. Il doit être capable de faire preuve de la plus grande soumission vis-à-vis de celui qui l’envoie et en même temps savoir exploiter son propre potentiel.

Le Rabbi et le ‘Hassid, ‘le soleil et la lune’, le Machpia et le Mékabel 

Dans le Dvar Mal’hout sur notre Paracha le Rabbi, à travers l’observation du soleil et de la lune délivre un enseignement sur la relation qui existe entre le Rabbi et le ‘Hassid :

Le premier jour du mois (‘Roch-‘Hodèch : la ‘tête du mois’) la lune apparaît sous la forme d’un simple point (à l’exemple de la ‘tête’ : ‘Roch’) de lumière qui naît (naissance : nouveauté : ‘Hidouch : ‘Hodèch) dans le ciel. A partir du jour de Roch-‘Hodèch, ce point lumineux va grandir peu à peu pendant quinze jours et le quinzième jour atteindre sa taille maximale. Le 15 du mois est donc un jour de ‘pleine lune’.
Durant la première partie du mois de Kislev, c’est à dire du premier au 15, la lune s’éloigne progressivement du soleil.
Dans la seconde partie du mois, c’est à dire du 15 au 30, la lune se rapproche du soleil. Le jour du 15 (jour de ‘pleine lune’) la lumière du soleil se reflète sur toute la surface de la lune, puis du 15 jusqu’au 30 cette lumière va en diminuant progressivement, jusqu’au jour du 30, à la fin du mois, car ce jour-là correspond au moment où la lune a complètement disparu dans le ciel.

Les trois moments de l’entretien privé avec le Rabbi :

*La période pendant laquelle la taille de la lune diminue, plus elle se rapproche du soleil, correspond au fait que la lumière du ‘Hassid diminue progressivement plus il se rapproche du Rabbi. La lumière du ‘Hassid diminue signifie que le ‘Hassid met sa propre lumière de côté pour se préparer à recevoir la lumière du Rabbi. Ainsi, le contenu spirituel de la diminution de la taille de la lune correspond au travail de soumission et d’annulation du ‘Hassid (voir la note 32 du Dvar Ma’lhout sur la Paracha).

*Juste avant le jour de Roch-‘Hodèch la lune a complétement disparu dans le ciel et cela correspond au moment où le ‘Hassid se trouve à l’intérieur du bureau en face du Rabbi. De fait, on ne peut pas être un Machpia et un Mékabel en même temps. Quand il se trouve devant le Rabbi, il n’émane du ‘Hassid aucune lumière car il se trouve alors dans la position du Mékabel, c’est-à-dire dans la position de ‘celui qui reçoit’ la lumière du Rabbi et il ne peut donc pas en même temps dispenser sa propre lumière à l’extérieur.

*Le jour de Roch-‘Hodèch, lorsque la lune renait dans le ciel sous la forme d’un simple petit point lumineux correspond au moment où le ‘Hassid quitte le bureau après avoir reçu la lumière du Rabbi. Le ‘Hassid n’est plus alors dans la position du Mékabel mais dans celle du Machpia. Comme la lune qui renaît dans le ciel dès qu’elle s’éloigne du soleil, le ‘Hassid commence à illuminer son entourage dès qu’il s’éloigne du Rabbi. Le ‘Hassid devient un Machpia et illumine le monde extérieur de la lumière qu’il a reçue du Rabbi.

La similitude entre la Séfira de Mal’hout et la lune 

Le principe de ‘Mékabel et Machpia’ s’applique également à la Séfira de Ma’lhout. En effet, L’Eternel crée les mondes et tout ce qu’ils contiennent au moyen de Son Souffle, lequel émane de la dernière Lettre de Son Nom Havayé. Cette Lettre correspond à la Séfira de Mal’hout, et à son sujet le Rabbi Rachab délivre l’enseignement suivant :
‘La Parole divine n’est pas comme celle des hommes. La parole humaine est inerte, alors que les articulations de la parole divine sont douées de volonté et de sagesse’ (‘La Source’, cinquième discours, chapitre 2).

Le Rabbi Rachab rapporte également l’enseignement du livre du Zohar selon lequel, au moment de la Création du monde, chaque Lettre s’est présentée devant L’Eternel pour solliciter que le monde soit créé par Elle. Cependant, le Rabbi Rachab souligne que la Lettre Hé, bien qu’Elle représente le souffle divin qui porte le monde du néant à l’existence, ‘désire et aspire à monter à sa source car elle répugne à descendre dans les mondes inférieurs pour leur donner vie car ils sont un mélange de bien et de mal’.

Ainsi, ‘de même que la flamme tend naturellement à monter, la parole de D.ieu, Mal’houth, la lettre Hé, source de la Création, aspire toujours à s’élever, à remonter là-Haut’.
C’est à cela que se rapporte l’enseignement de Rabbi Chimon-bar-Yo’haï au sujet de l’ascension de la Lettre Hé (Zohar 3, 191a) :
‘Au moment où elle se trouve dans un état d’amour sublime…La forte pression de cet amour, qu’elle ne peut supporter, provoque en elle une contraction telle qu’on ne voit d’elle qu’un point, qui est le Youde.’ Ce qui veut dire que le ‘Hé’ devient un Youde, le Youde étant la fusion avec le Divin.

La Lettre Youde exprime la plus totale soumission qui précède les plus hauts dévoilements :

A la lumière de cet enseignement du Zohar nous comprenons les raisons pour lesquelles la Séfira de Mal’hout est comparée à la lune : tout comme la lune reçoit sa lumière du soleil, Mal’hout reçoit sa lumière des Séfirot (plus élevées qu’Elle) du monde d’Atsilout, et tout comme la lune reflète la lumière quelle reçoit du soleil, Mal’hout insuffle aux mondes inférieurs la vitalité dont ils ont besoin, et plus encore : de même que la taille de la lune diminue dans le ciel quand elle se rapproche du soleil, de même lorsque la lettre Hé s’élève vers sa source sa taille diminue au point ‘que l’on ne voit d’elle qu’un point, qui est le Youde’.

Tous ces enseignements s’accordent à la déclaration suivante : ‘L’Eternel ne peut résider que dans un endroit qui Lui est parfaitement soumis’ (Tanya).
En effet, L’Eternel ne fusionne avec le réceptacle qui reçoit Sa lumière que si celui-ci est parfaitement conforme à Sa Volonté. Ainsi, un Juif ne fait qu’Un avec D.ieu que s’il s’annule totalement devant le Saint béni soit-Il. A l’exemple de Yaacov qui ‘se fit tout petit’ lorsqu’il réalisa tout le bien qu’il reçut de D.ieu, un ‘Hassid doit se faire tout petit pour devenir un réceptacle capable de recevoir le dévoilement de la lumière du Rabbi quand il se tient devant lui dans son bureau pour un entretien privé. Exactement comme la Lettre Hé qui lorsqu’elle s’élève vers sa source devient un Youde, un simple point, à l’exemple de la taille de la lune qui diminue lorsqu’elle se rapproche du soleil et qui finit, elle aussi, par devenir un simple point lumineux.

Il apparaît d’après ce qui vient d’être dit que l’endroit dans lequel se révèle la lumière divine est semblable à un point. ‘Ho’hma, qui est la force la plus élevée de l’intellect (du fait qu’elle permet de saisir la Sagesse divine) est également comparée à un point, ainsi qu’il est dit :
‘L’un des aspects de ‘Ho’hma est ‘l’éclair intuitif, la saisie initiale de l’esprit ; bien qu’il soit encore au-dessus de la compréhension effective, car il est sous forme de noyau, généralisé, non appréhendé… ‘ (La Source, 27ème discours, chapitre 2).
En effet, dans l’enchaînement des mondes, la lumière infinie de D.ieu se révèle en premier dans la Séfira de ‘Ho’hma du monde d’Atsilouth, qui est aussi représentée par un point, lequel n’est autre que la lettre Youde du Nom d’Havayé.

L’entretien privé avec le Rabbi tel que le Rabbi le décrit :

Lors du Farbrenguen inaugural du Rabbi le 10 Chevat 5711 (17 janvier 1951) le Rabbi adressa à toute l’Assemblée le message suivant :
‘Rabbi Yossef Itz’hak chargeait ses ‘Hassidim de divers types de missions destinées à renforcer le Judaïsme. On doit cependant garder à l’esprit les mots du Zohar ‘une écorce couvre une autre écorce’. Il y a toujours une dimension plus profonde que ce que l’œil appréhende et le niveau plus profond a ses propres dimensions extérieures et intérieures. Aussi, quand il s’agit de la mission dont le Rabbi a chargé chacun, tout d’abord il y a l’instruction spécifique qu’il lui a donnée, s’installer dans une certaine ville et s’occuper d’un certain type de travail que ce soit d’éducation juive ou de renforcer le judaïsme en général ou d’enseigner Aleph Beth aux enfants.
C’est l’instruction qu’il a reçue et c’est son devoir de la mener à bien, c’est sa mission. Mais il doit se demander : quand le Rabbi l’a envoyé, cette instruction était-elle le but ultime de sa mission ou seulement l’écorce extérieure sous laquelle il y a un but plus profond qu’il doit mener à bien à son poste ? ‘Son poste’ ne signifie pas un lieu éloigné. S’il a reçu une instruction du Rabbi dans son bureau, alors dès qu’il passait la porte du bureau du Rabbi, c’est déjà ‘un lieu éloigné’ car par rapport à cette pièce, où il a tenu des audiences privées et où il a étudié et prié, l’autre côté du seuil est déjà un ‘lieu éloigné’ car il manquait déjà de la pleine beauté qui était à l’intérieur. En allant dans cette ville, l’obligation première est de mener à bien la mission spécifique du Rabbi mais il faut toujours se souvenir qu’il peut y avoir une intention plus profonde, et il y en a très probablement une car le but du Rabbi était de réaliser ce que l’Admour Hazaken voulait. L’Admour Hazaken a dit que les enseignements du ‘Hassidisme ne sont pas pour un certain parti ou un groupe de Juifs mais ils sont pour tous les Juifs sans exception. Et c’est là l’intention profonde derrière toutes les initiatives du Rabbi. Réaliser le but de D.ieu dans la création en diffusant les sources du ‘Hassidisme à l’extérieur, ce qui est l’œuvre qu’il faut accomplir pour amener Machia’h’.

Résumé :

Comme la lune reçoit sa lumière du soleil, le ‘Hassid reçoit sa lumière du Rabbi.
Un ‘Hassid doit posséder la qualité de Machpia de Moché, et la qualité de Mékabel du Machia’h. On ne peut pas être un Machpia et un Mékabel en même temps.
Quand il se trouve devant le Rabbi, il n’émane du ‘Hassid aucune lumière car il se trouve alors dans la position du Mékabel, c’est-à-dire dans la position de ‘celui qui reçoit’ la lumière du Rabbi. En revanche, au moment où le ‘Hassid quitte le bureau du Rabbi il devient un Machpia.
La lumière du ‘Hassid commence à briller à l’extérieur dès qu’il s’éloigne du Rabbi.
Ces enseignements s’accordent à la déclaration suivante : ‘L’Eternel ne peut résider que dans un endroit qui Lui est parfaitement soumis’ (Tanya) car L’Eternel ne fusionne avec le réceptacle qui reçoit Sa lumière que si celui-ci est parfaitement conforme à Sa Volonté. A l’exemple de Yaacov qui ‘se fit tout petit’ lorsqu’il réalisa tout le bien qu’il reçut de D.ieu, un ‘Hassid doit se faire tout petit pour devenir un réceptacle capable de recevoir le dévoilement de la lumière du Rabbi.
Exactement comme la Lettre Hé qui lorsqu’elle s’élève vers sa source devient un Youde, un simple point, à l’exemple de la lune qui diminue dans le ciel lorsqu’elle se rapproche du soleil et qui finit, elle aussi, par devenir un simple point lumineux à l’image de la Lettre Youde.

Il est dit que dans les temps futurs ‘la lune retrouvera sa taille originelle’, dès-lors la lune deviendra un luminaire qui possède sa propre lumière. Ce dévoilement des temps messianiques est équivalent au dévoilement de l’Essence de l’âme Juive.
L’Essence de l’âme d’un Juif se dévoile quand il se trouve dans les quatre coudées du Rabbi, l’âme du ‘Hassid s’unit alors avec l’âme du Rabbi, fusionne avec l’âme du Rabbi, comme ‘la lune qui retrouve sa taille originelle’.

Texte et Audio : Vayétsé à la lumière du Dvar Mal’hout – Rav Yaacov Abergel

Texte et Audio : Vayétsé à la lumière du Dvar Mal’hout – Rav Yaacov Abergel

 

Faire de nous-mêmes et de ce monde une demeure pour l’Essence divine

Il est rapporté dans le Midrache que ‘D.ieu désire que l’homme fasse de ce monde inférieur une demeure pour Lui’. D’après l’enseignement de la ‘Hassidout sur la signification de ce Midrache, ‘faire de ce monde une Demeure pour D.ieu’ signifie que la mission qui a été donnée à l’homme consiste à agir dans le monde afin que celui-ci devienne l’endroit du dévoilement de l’Essence divine. C’est la raison pour laquelle le terme de ‘demeure’ est employé ici, car l’Essence d’un homme se dévoile précisément dans l’endroit où il vit, où il demeure, et quand L’Eternel dévoilera Son Essence dans ce monde celui-ci méritera alors d’être appelé ‘la Demeure de D.ieu’ (voir Tanhouma, Nasso, 16. Be’houkotaï, 3. Béréchit Raba, fin du chapitre 3. Bamidbar Raba, chapitre 13. Tanya, début du Chapitre 36).

Le fait que D.ieu désire résider dans ce monde inférieur doit être compris de manière profonde. En effet, notre mission qui consiste à raffiner ce monde matériel en accomplissant les Commandements divins (dont la majorité est accomplie au moyen de la matière) pour en faire le réceptacle de l’Essence divine, implique de faire aussi de nous-mêmes une demeure pour D.ieu, en raffinant et en purifiant notre corps et notre âme animale.

Shimon ha-Tsaddik déclare dans le Pikei Avoth (1, 2) que ‘le monde repose sur trois choses : l’étude de la Torah, la prière (qui remplace les Sacrifices) et les actes de bienfaisance’, et il est écrit par ailleurs que ‘l’homme est un petit monde’. Dans la Si’ha du 20 Tamouz 5740, le Rabbi unit ces deux citations et nous enseigne que ‘l’homme qui est un petit monde ne subsiste que s’il s’oblige à servir D.ieu au moyen de son étude de la Torah de sa prière et de ses actes de bonté’. Ainsi, à la lumière de cet enseignement du Rabbi nous comprenons que ‘le petit monde’ qu’est l’homme doit lui aussi devenir une demeure pour D.ieu et c’est à cela que se rapporte la Parole de D.ieu du verset de la Paracha Terouma : ‘Faites-Moi un sanctuaire et Je résiderais parmi vous’.

La perfection des jours de la Vie de l’Admour Haemtsaeï

De fait, il est écrit dans le premier Livre des Rois (8, 27) que ‘les cieux, et les cieux des cieux ne peuvent Te contenir’, car L’Eternel a choisi de résider précisément dans ce monde inférieur. Dans le Beït-Ha-Mikdache et dans le cœur et dans l’âme des enfants d’Israël. Non pas seulement dans le côté droit du cœur qui est le siège de l’âme divine, mais également dans le côté gauche du cœur où réside l’âme animale. Aussi, le Livre du Tanya nous enseigne l’importance de soumettre tous les membres du corps, sans exception aucune, à la Volonté du Saint béni soit-Il.

Dans le Dvar Mal’hout sur la Paracha Vayetsé le Rabbi approfondit le sujet de notre mission qui consiste à ‘faire de nous-mêmes et de ce monde une Demeure pour D.ieu’ en prenant l’Admour Haemtsaeï pour exemple.
Au sujet de la déclaration de L’Eternel (Michpatim, 23, 26) : ‘le nombre de tes jours Je remplirai’, le Rabbi explique que L’Eternel remplit les jours de la Vie d’un Tsaddik de façon que le nombre de ses années soit un chiffre rond. Ce fut le cas de l’Admour Haemtsaeï qui naquit le 9 Kislev en l’an 5534 (1773) et qui quitta ce monde 54 ans plus tard, jour pour jour, le 9 Kislev en l’an 1827 (5588). Ce fut aussi le cas de Moché Rabbénou qui naquit le 7 Adar et qui quitta ce monde 120 ans plus tard, jour pour jour, le 7 Adar, ainsi qu’il est dit (Dévarim, 31, 2, Rachi) : ‘Aujourd’hui ont été remplis mes jours et mes années, ce jour-ci je suis né et ce jour-ci je mourrai’

Le Rabbi explique que le chiffre rond du nombre de jours de la Vie du Tsaddik représente la perfection. Le Rabbi déclare alors que ‘même si la Vie d’un Tsaddik n’est pas matérielle et qu’elle est au contraire spirituelle, la perfection de son service divin provient du fait que sa Vie spirituelle pénètre et illumine aussi sa Vie matérielle. De fait, la Vie matérielle du Tsaddik est le réceptacle de sa Vie spirituelle. Plus encore, sa Vie matérielle est le prolongement et la continuité de sa Vie spirituelle, l’une et l’autre s’unissent au point de devenir une seule et même chose’.

La Vie spirituelle du Tsaddik Se reflète dans sa Vie matérielle. En d’autres termes, le monde matériel devient le miroir du monde spirituel.
Les ‘Hassidim de l’Admour Haemtsaeï disaient, par exemple que ‘si l’on ouvrait les veines du Rabbi, on verrait couler de la ‘Hassidout à la place du sang’. La volonté profonde de D.ieu coule dans les veines du Rabbi, l’esprit divin fusionne avec la matière.

Les écrits du Rabbi Rachab

Dans son ouvrage intitulé ‘Iniana chel Torat-ha-Hassidout’, le Rabbi nous enseigne que ‘la ‘Hassidout nous insuffle une vitalité nouvelle’. Dans le même ordre d’idée le Rabbi Rayats écrit au sujet de son père, le Rabbi Rachab, que ‘les mots du Rabbi sont vivants’ :

‘A l’heure actuelle, les mots du Rabbi ont été écrits, imprimés sur du papier, mais ces mots écrits et imprimés vivent, d’une vitalité profonde. Ces mots eux-mêmes poussent un cri. Ces saintes paroles, qui sont issues d’un cœur brûlant, brûlent encore actuellement, D.ieu merci, d’une sainte flamme, comme lorsqu’ils émanaient de leur source et de leur origine. Ces mots poussent un cri, demandent, ordonnent. Quand on étudie quelques lignes d’une lettre du Rabbi, imprimée ou manuscrite, quand on assimile ses mots, ceux-ci mettent en éveil et ils exercent une influence, sur la tête comme sur le cœur’.

A la lumière de ce témoignage du Rabbi Rayats nous pouvons nous rendre compte de la force de l’impact que le Rabbi exerce sur ce monde matériel. Les mots que le Rabbi écrit sur du papier ne sont pas de simples mots inanimés. Ce sont des mots qui vivent, à l’exemple des mots de la Torah de D.ieu.

L’Admour Hazaken explique dans le Likouteï-Torah sur la Paracha Réé la raison pour laquelle ‘la Torah est appelée ‘la voix’ (‘Quand tu écouteras la Voix de l’Eternel’, page 23a).

La voix d’un homme exprime les sentiments cachés dans le cœur. En écoutant une personne parler nous pouvons entendre le sentiment qui transparait dans les mots qu’il prononce le sentiment qui anime cette personne. C’est pour cette raison que le Rabbi nous enseigne que ‘la voix unit le spirituel avec le matériel’, c’est à dire qu’elle unit le sentiment qui est impalpable et abstrait (le spirituel) avec les mots de la parole qui sont eux même concrets et matériels.
Le Rabbi poursuit son enseignement et nous explique que la Torah, aussi, unit le spirituel avec le matériel. La Lumière infinie de D.ieu s’habille dans ‘la matière de la Torah’ c’est-à-dire dans les lettres matérielles écrites avec de l’encre sur le parchemin et dans les 613 commandements divins que l’on accomplit en majorité au moyen de la matière’.
Ainsi, de même que la Torah unit l’Esprit divin avec les mots de la Torah, le Rabbi unit le Divin avec ses écrits.

Le nom du Patriarche ‘Yaacov’ exprime la mission de tous les enfants d’Israël

Dans le Dvar Mal’hout, le Rabbi délivre plusieurs enseignements au sujet de notre mission de faire de ce monde inférieur une demeure pour D.ieu. L’histoire de Yaacov sert d’exemple au sujet du lien que nous devons établir entre le monde spirituel et le monde matériel En effet, il est écrit que ‘Yaacov sortit de Beer-Cheva et il alla vers ‘Harane’ (Vayetsé, 28, 10).
La ‘Hassidout nous enseigne que le voyage de Yaacov lorsqu’il quitta la Maison de son père Itz’hak pour se rendre chez Lavan à ‘Harane, est en soi une descente car Yaacov quitta la Maison d’un Tsaddik et se rendit dans la maison d’un un être vil.
La ‘Hassidout compare donc cette descente, à partir d’un endroit de Sainteté (la maison d’Itz’hak) vers un endroit impur (la maison de Lavan), à la descente de l’âme dans le corps, car l’âme divine provient d’un endroit de Sainteté (l’âme fait ‘Un’ avec Hachem) et descend s’habiller dans un corps et une âme animale, dans un monde où la possibilité est donnée à l’homme de choisir entre le bien et le mal, afin d’accomplir sa mission qui consiste à raffiner et à purifier le corps de l’homme et le corps de ce monde.

Le nom ‘Yaakov’ qui se décompose en ‘Youde-Ekev’ évoque l’union entre l’esprit et la matière. La lettre Youde qui est la première lettre du Nom Havayé symbolise l’attribut divin de ‘Ho’hmah qui lui-même représente le commencement du dévoilement divin dans l’enchaînement des mondes, et le nom Ekev qui signifie talon représente ce monde matériel. Yaakov, Youde-Ekev, exprime donc la mission qui incombe à chaque Juif de faire de ce monde matériel (Ekev) une demeure pour l’Essence divine (Youde).

Dans le Livre du Zohar, Rabbi Shimon Bar-Yohaï a enseigné qu’il y a dans chaque génération un Tsaddik qui est l’équivalent de Moché, et le Rabbi a lui-même comparé ce Tsaddik à la pierre fondamentale (‘Even ha Chtia’) sur laquelle repose le monde.
Il est écrit dans le Midrache que ‘le nom du Machia’h est gravé sur la pierre fondamentale’. Or, cette image du nom du Machia’h gravé sur la pierre fondamentale n’est pas non plus sans exprimer le contenu spirituel de la mission de chaque Juif qui consiste à unir le spirituel au matériel. Le spirituel et le matériel deviennent une seule et même chose, à l’exemple de lettres que l’on grave dans la pierre.

 

Résumé :
D.ieu désire que l’homme fasse de ce monde inférieur une demeure pour Lui’. ‘Faire de ce monde une Demeure pour D.ieu’ signifie que l’homme doit agir dans le monde afin que celui-ci devienne l’endroit du dévoilement de l’Essence divine. L’homme est un ‘petit monde’, qui doit aussi devenir une demeure pour D.ieu. L’Eternel remplit les jours de la Vie d’un Tsaddik de façon que le nombre de ses années soit un chiffre rond. Ce fut le cas de l’Admour Haemtsaeï qui naquit le 9 Kislev en l’an 5534 (1773) et qui quitta ce monde 54 ans plus tard, jour pour jour, le 9 Kislev en l’an 1827 (5588). Le Rabbi explique que ce chiffre rond du nombre de jours de la Vie du Tsaddik représente la perfection : la Vie matérielle du Tsaddik est le réceptacle de sa Vie spirituelle. La Vie matérielle du Tsaddik est le prolongement et la continuité de sa Vie spirituelle, l’une et l’autre s’unissent au point de devenir une seule et même chose. Le nom ‘Yaakov’ qui se décompose en ‘Youde-Ekev’ évoque l’union entre l’esprit et la matière. Le nom du Machia’h qui est gravé sur la pierre fondamentale représente aussi l’union entre spirituel et le matériel, au point que ceux-ci deviennent une seule et même chose, à l’exemple de lettres que l’on grave dans la pierre.

 

Texte et Audio : Toldot  ‘A la lumière du Dvar Mal’hout’par le Rav Yaacov Abergel

Texte et Audio : Toldot ‘A la lumière du Dvar Mal’hout’par le Rav Yaacov Abergel

 

 

La signification profonde du jour de Roch-‘Hodech Kislev

L’Assemblée d’Israël est comparée à la lune. Tout comme la lune reçoit toute sa lumière du soleil, l’Assemblée d’Israël reçoit toute sa lumière du Saint béni soit-Il. Dans le Dvar Mal’hout sur la Paracha Toldot le Rabbi nous enseigne que le jour de Roch-Hodech correspond au moment où la lune qui avait disparu dans le ciel réapparait à nouveau sous la forme d’un simple point lumineux. De manière profonde, le moment de la réapparition de la lune correspond au moment du réveil, au dévoilement des forces de l’âme dans le corps, plus profondément, au dévoilement de l’Essence de l’âme, et plus profondément encore au dévoilement du Maitre de l’Essence de l’âme : Machia’h.

Le mot ‘Hodech est apparenté au mot ‘Hidouch qui signifie Innovation, et le mot ‘Roch’ qui désigne ‘la Tête’ correspond au point lumineux de la lune qui brille dans le ciel le jour de Roch-‘Hodech.

Le Rabbi écrit que ‘le point lumineux de la lune, bien qu’il ne soit qu’un simple point est le point de la naissance de la lune et il inclut donc tout ce qui advient à la lune par la suite, à l’exemple de tout ce qui constitue l’existence d’un homme tout au long de sa Vie au moment de sa naissance, et c’est pourquoi on utilise les mots Roch-‘Hodech : la ‘tête du mois’ exprime que de même que la tête est la source de vitalité de tous les membres du corps, le jour de Roch-‘Hodech est la source de vitalité de tous les jours du mois’.

L’usage en Israël est d’appeler le mois de Kislev ‘le mois de la Délivrance’. Quel jour du mois de Kislev exprime-t-il le plus la Délivrance ?
Nous aurions pu penser que le jour du 15 du mois de Kislev est celui qui exprime le plus la Délivrance car ce jour-là le soleil (qui symbolise la lumière divine) illumine toute la face de la lune (qui symbolise l’Assemblée d’Israël).

Cependant, le Rabbi nous enseigne que pendant le jour de Roch-‘Hodech, l’Etincelle du Machia’h qui brille dans l’âme de chaque Juif se dévoile et c’est pour cela précisément que le jour de Roch-‘Hodech exprime avec le plus de force tous les sujets de la Délivrance finale. L’Etincelle du Machia’h représente le plus haut niveau de l’âme Juive : l’Essence de l’âme. L’Essence de l’âme ne s’habille pas dans le corps car elle enracinée dans l’Essence divine. Le moment du réveil, après une nuit de sommeil, est en soi une renaissance et le Rabbi nous enseigne qu’immédiatement après avoir ouvert les yeux nous disons la prière de Modé-ani afin de remercier D.ieu de nous avoir donné une âme qui fait Un avec Lui, une âme Juive. C’est ce lien essentiel que nous devons nous efforcer de dévoiler tout au long de notre existence, mais il existe cependant des moments particuliers dans notre Vie où D.ieu Lui-même dévoile ce lien et au Rabbi de nous enseigner que le jour de Roch-‘Hodech fait justement partie de ces moments. Le dévoilement de l’Essence de l’âme a ceci de particulier qu’il a pour effet d’insuffler une vitalité nouvelle à tout ce qui constitue notre réalité. Elle transfigure donc les forces de l’âme qui s’habillent dans le corps : l’intellect, les sentiments et les actions.

Ainsi, le jour de Roch-‘Hodech, pendant lequel la lune réapparait dans le ciel sous la forme d’un petit simple point lumineux, est le jour qui exprime le plus la Délivrance car la renaissance de la lune dans le ciel correspond au dévoilement de l’Essence de l’âme, lequel peut être défini comme une véritable renaissance car Hachem nous insuffle à ce moment une vitalité nouvelle qui s’exprime par le fait que notre service divin dépasse totalement notre raison et notre intellect et exprime un amour et une crainte de D.ieu illimités.

La lumière du Rabbi et la lumière du ‘Hassid

Comme il vient d’être dit, la lumière de la lune apparaît au départ (le jour de Roch-Hodech) sous la forme d’un simple point lumineux qui va ensuite en grandissant jusqu’au quinzième jour du mois (le 15 du mois qui est le jour de la pleine lune). A partir du 15, la lumière de la lune va en décroissant et finit par disparaitre dans le ciel le dernier jour du mois.

A ce sujet, le Rabbi nous explique une chose essentielle : Du premier jusqu’au quinzième jour du mois, la lumière de la lune va en grandissant car la lune s’éloigne du soleil. Inversement, pendant les quinze jours qui suivent le jour de la pleine lune (du 15 au 30) la lumière de la lune va en diminuant, car la lune se rapproche du soleil. Le Rabbi décrit ce phénomène physique au moyen d’un exemple : l’exemple du Rabbi et de son ‘Hassid.

La lumière du soleil est comparée à la lumière du Rabbi et la lumière du ‘Hassid est comparée à la lumière de la lune car de même que la lune reçoit sa lumière du soleil, le ‘Hassid reçoit sa lumière du Rabbi.

Ainsi, la période pendant laquelle la taille de la lune diminue dans le ciel car elle se rapproche du soleil correspond au moment où le ‘Hassid se rapproche du Rabbi, du fait que lorsque le ‘Hassid entre dans le bureau du Rabbi, il se fait tout petit quand il se tient devant lui.

Le moment où la lune disparait dans le ciel correspond au moment où le ‘Hassid s’annule totalement devant le Rabbi pour recevoir sa lumière, ainsi qu’il est écrit dans le Livre du Tanya : ‘L’Eternel ne réside que dans un endroit qui lui est parfaitement soumis’. L’absence de la lune dans le ciel exprime donc la totale soumission du ‘Hassid, ce moment pendant lequel le ‘Hassid fait abstraction de sa propre existence pour n’être qu’un réceptacle apte à recevoir la lumière du Rabbi.

Enfin, le moment où le ‘Hassid quitte le bureau du Rabbi correspond au moment où la lumière de la lune recommence à grandir dans le ciel car elle s’éloigne du soleil. La lumière du ‘Hassid quand il se trouve dans le bureau du Rabbi est comparable à la lumière d’une bougie que l’on allumerait en plein jour car dans un tel cas la lumière de la bougie s’annule totalement face à la lumière du jour. Ce n’est que lorsque le soleil se couche, c’est à dire au moment où le ‘Hassid quitte le bureau du Rabbi que la lumière du ‘Hassid recommence à briller.

C’est à tout cela que se rapporte l’enseignement selon lequel ‘l’Essence de l’âme d’un Juif se dévoile lorsqu’il se trouve dans les quatre coudées du Rabbi’.

Le dévoilement de l’Essence de l’âme Juive

Comme Il a été dit précédemment le mot ‘Roch’ désigne la ‘tête’ (le simple point de la lune qui apparaît dans le ciel) et de la même façon l’Essence de l’âme juive est elle-même la ‘tête’ de l’âme car elle ‘garde’ et ‘nourrit’ tous les niveaux de l’âme, ainsi qu’il est dit (‘Prière du matin-Elokaï néchamah’) : ‘Et Tu la gardes en moi’. ‘Tu’ représente l’Essence de l’âme ‘qui fait un avec D.ieu’, et ‘Tu la gardes en moi’ signifie que l’Essence de l’âme qui ne s’habille pas dans le corps garde et nourrit la partie de l’âme qui s’habille dans le corps (voir le discours du Rabbi ‘Vayéchèv Yaakov’).

Le simple point lumineux de la lune qui apparait le jour de Roch-‘Hodech et qui va en grandissant, jour après jour, fait allusion au dévoilement de l’Essence de l’âme qui se révèle au moment où l’on ouvre les yeux et qui éclaire toutes les forces de l’âme : ‘le plaisir la volonté, les forces de l’intellect, les sentiments et les actions, ses pensées ses paroles et ses actes, et son corps’.

Ainsi, la lumière de la lune reflète sur la terre la lumière du soleil et de la même façon le ‘Hassid illumine l’endroit où il se trouve de la lumière du Rabbi.

Par ailleurs, la renaissance de la lune dans le ciel n’est pas non plus sans évoquer la Délivrance finale. En effet la valeur numérique de רגע המולד (le moment de la naissance de la lune) est la même que la valeur numérique de Machia’h : 358.

Le Rabbi définit la ‘Hassidout comme une ‘vitalité nouvelle’ car elle insuffle une vitalité nouvelle aux forces de notre âme et à tous les différents paliers d’interprétation de la Torah. C’est donc grâce à notre profond attachement au Rabbi que nous pouvons recevoir le dévoilement de cette vitalité, et c’est grâce à elle que nous aurons le mérite de recevoir une ‘Torah nouvelle’ (Torah ‘Hadacha) par l’intermédiaire du Machia’h, de vivre sur une ‘Terre nouvelle’ et sous un ‘Ciel nouveau’, très bientôt et de nos jours avec l’aide de D.ieu.

L’obscurité qui précède la lumière

Dans le Dvar Mal’hout, le Rabbi souligne que les enfants d’Israël dévoilent plus que les adultes l’Essence de leur âme. Un enfant Juif n’a nul besoin d’avoir recours à l’intellect, ni même aux sentiments, pour ressentir que D.ieu fait partie de sa Vie. Un enfant ne connait pas les différents Noms divins, il ne connait pas non plus leurs significations profondes. Quand il parle à D.ieu, un enfant dit seulement : Hachem !
Hachem fait partie de sa Vie. Pour un enfant il n’y a pas de différences entre la réalité divine et sa propre réalité ; ces deux réalités ne sont pour lui qu’une seule et même chose.

La prière de ‘Modé-ani’ exprime tout particulièrement ce sentiment de soumission et de reconnaissance. Le Rabbi explique que la première chose que nous faisons à notre réveil après avoir ouvert les yeux est de reconnaitre tout d’abord l’Eternel, car nous disons en premier : ‘Modé’ (‘Reconnais’), et seulement après nous disons ‘ani’ : ‘je’, nous reconnaissons Son existence avant la nôtre.

Le Rabbi nous enseigne que cet état de soumission précède celui du dévoilement, à l’exemple de la lune qui disparait dans le ciel pour renaitre à nouveau, ainsi qu’il a été expliqué. De manière profonde le Rabbi définit le petit point lumineux de la lune comme le ‘point de notre soumission’, car selon un enseignement du Rabbi Rachab, nous devons, tout au long de notre journée, revenir sans cesse à ce ‘point de soumission’, du fait que c’est précisément à partir du sentiment de soumission et d’humilité que nous pouvons grandir et nous élever, tout comme le point lumineux de la lune qui renait dans le ciel le jour de Roch-‘Hodech.

Il est écrit (Chmouel, 1, 20, 18) : ‘Ton absence sera remarquée, ta place étant vide’. Dans ce verset, Yonathan s’adresse à David et lui fait remarquer que son absence à la table du roi ne peut pas passer inaperçue. Si David manque à sa place, le Roi Chaoul s’en rendra compte. C’est précisément parce que David manque à sa place que le Roi se souvient de lui. Le Rabbi nous enseigne que cela est aussi vrai pour la lune le jour de Roch-‘Hodech car c’est après avoir disparue dans le ciel, après avoir ‘manqué à sa place’, que la lune renait et grandit dans le ciel.

Ce principe s’applique à celui de l’obscurité qui précède la Délivrance. La Délivrance ‘manque à sa place’ et c’est précisément ‘parce qu’un Juif ne se trouve pas à sa véritable place, à la table de son Père, sur la terre sainte à Jérusalem, la ville sainte, dans le Beït-Ha- Mikdache, et c’est cette absence précisément qui aura pour effet que l’Eternel se souviendra de lui et le délivrera.’

Résumé

L’Assemblée d’Israël est comparée à la lune. Tout comme la lune reçoit toute sa lumière du soleil, l’Assemblée d’Israël reçoit toute sa lumière du Saint béni soit-Il. Le jour de Roch-Hodech correspond au moment où la lune qui avait disparu dans le ciel réapparait à nouveau sous la forme d’un simple point lumineux. Ce point lumineux de la lune fait allusion au dévoilement de l’Essence de l’âme. En effet, la valeur numérique de רגע המולד (le moment de la naissance de la lune) est la même que la valeur numérique de Machia’h : 358. Le Rabbi dévoile l’Essence de l’âme de chaque Juif. C’est précisément à partir du sentiment de soumission et d’humilité que nous pouvons grandir et nous élever, à l’exemple du point lumineux de la lune qui renait dans le ciel le jour de Roch-‘Hodech.

 

Texte et Audio : Vayéra A la lumière du Dvar Mal’hout – Rav Yaacov Abergel

Texte et Audio : Vayéra A la lumière du Dvar Mal’hout – Rav Yaacov Abergel

 

 

‘L’Eternel lui apparut dans les plaines de Mamré, alors qu’il était assis à l’entrée de la tente, dans la chaleur du jour. Il leva les yeux, il vit, et voici trois hommes qui se tenaient debout.’

D’après le sens simple ‘L’Eternel lui apparut’ se rapporte au fait qu’Hachem Se révéla à Avraham après qu’il eut obéi à l’ordre divin de se circoncire. De manière plus profonde, ‘L’Eternel lui apparut’ se rapporte à ‘l’apparition’ (le dévoilement) de l’âme divine dans le corps au moment de la circoncision. En effet, il n’est pas écrit ‘l’Eternel apparut à Avraham’ mais il est écrit que ‘L’Eternel lui apparut’. ‘Lui’ ne désigne pas seulement Avraham mais inclut l’ensemble des enfants d’Israël. De fait, le huitième jour après le jour de la naissance, chaque Juif reçoit au moment de la circoncision, ‘une parcelle véritable de divinité d’En-Haut’ (‘la deuxième âme d’Israël’). L’Alliance avec l’Eternel s’inscrit alors dans la profondeur de sa chair.

Aussi, du fait que le contenu profond de la Paracha Vayéra est celui du dévoilement de l’âme divine dans le corps, le Rabbi établit ici un lien avec la date du 20 Mar-‘Hechvan qui est le jour de l’anniversaire du Rabbi Rachab qui consacra tous les instants de sa Vie à faire de ce monde une demeure pour l’Essence divine. Le Rabbi nous fait d’ailleurs remarquer que la date du 20 Mar-Hechvan évoque Kéter (la Couronne qui surplombe l’enchaînement des mondes) du fait que la première lettre de Kéter est la lettre Kaf dont la valeur numérique est égale à 20 (comme la date de l’anniversaire du Rabbi Rachab). De plus, le mot hébreu עשרים qui désigne le chiffre 20 a pour valeur numérique 620, exactement comme la valeur numérique de Kéter.

Au début de son ouvrage intitulé Bé Chaa ché Hikdimou le Rabbi Rachab nous enseigne que de façon générale le niveau de Kéter correspond à la Volonté de D.ieu de créer les mondes. Mis à part cette définition, le Rabbi rapporte ici que Rabbi Moshé Cordovéro définit le niveau de Kéter comme étant lié à l’Attente. Rabbi Moshé Cordovéro donne l’exemple d’une personne qui, pendant son étude de la Torah, ne parvient pas à saisir la profondeur d’un concept divin élevé. Dans un tel cas, les Sages de la Torah conseillent à cette personne d’interrompre son étude et d’attendre un certain temps. Le temps, qu’avec l’aide de D.ieu, le sens profond du concept se dévoile à son esprit. Plus encore que cela, le Rabbi Rachab ajoute que dans de nombreux endroits les Sages de la Torah mentionnent le rapport qui existe entre le niveau de Kéter et celui du Silence. Dans le Traité Ména’hot (29b) par exemple, il est raconté que lorsque Moché vit la fin tragique de Rabbi Akiba, il s’exclama devant L’Eternel : Est-ce la Torah ? Et est-ce là son salaire ? Et D.ieu lui répondit : Silence ! Ce sont là mes desseins !
A ce sujet, dans le Likouteï Torah (Bé’houkotaï) l’Admour Hazaken nous enseigne que la meilleure attitude à adopter lorsque nous nous trouvons dans une situation qui dépasse notre entendement est de nous taire. Le Rabbi Rachab rapporte encore que Rachi souligne que le niveau de ‘Kéter’ est celui de l’Espoir, et à la lumière de toutes ces explications, le Rabbi Rachab nous enseigne que le niveau de Kéter, bien qu’il dépasse totalement notre entendement ne demeure pas pour autant totalement inaccessible à celui qui sait attendre et espérer. Or, ce principe est applicable à tous les Maîtres de ‘Habad.

Effectivement, Rabbi Yossef-Itz’hak dans le deuxième chapitre de son ouvrage intitulé Likouteï-Dibbourim écrit au sujet de son père le Rabbi Rachab que ‘l’intellect et les sentiments du Rabbi en leur Essence échappent à notre perception et à notre compréhension. Pour ce qui nous concerne, il est dit, à ce propos (‘Haguiga, 13a) : ‘ne recherche pas ce qui t’est inaccessible, n’examine pas ce qui t’est caché. En revanche, ce que nous pouvons percevoir et comprendre, au moins jusqu’à un certain point, c’est son action. On peut donc observer le comportement du Rabbi avec ses disciples, avec ses Hassidim, avec les simples Juifs. En chaque attitude, en chaque mot d’Iguéret-Ha-Kodech, les lettres dans lesquelles il commente le sens de la prière, le service de D.ieu profond qu’elle implique, la sévère mise en garde de ne pas parler pendant la prière, en chaque directive permettant d’acquérir des traits de caractère favorables, est cachée une part de l’Essence, une part de Vie’.

Ainsi, d’une part ‘l’intellect et les sentiments du Rabbi en leur Essence échappent à notre compréhension’, mais d’autre part ‘nous pouvons percevoir et comprendre, au moins jusqu’à un certain point, son action’.
Ce propos concorde avec la définition de Kéter du Rabbi Rachab d’après laquelle le niveau de Kéter ‘dépasse l’entendement de l’homme sans demeurer pour autant inaccessible à celui qui sait attendre et espérer’. De fait, nos espoirs et nos attentes doivent avoir pour but de comprendre les actions du Rabbi, ainsi que le Rabbi Rayats l’a dit lui-même : bien que ‘l’intellect et sentiments du Rabbi en leur Essence échappent à notre perception, son action demeure accessible à notre compréhension’.

Généralement, la ‘Hassidout définit Kéter en disant qu’elle établit le lien entre l’Essence divine qui est au-delà de tous les dévoilements et notre monde qui est limité par l’espace et par le temps. Plus précisément, dans son ouvrage ‘Bé chaa che hikdimou’ (voir chapitre 222), le Rabbi Rachab écrit que c’est l’attribut de ‘Ho’hma-stima, ‘la Sagesse cachée’ du monde spirituel de Kéter qui sert de liaison entre l’Essence divine et les mondes.

La Sagesse cachée du monde de Kéter est la ‘source’ de la Sagesse révélée du monde d’Atsilout. Le Rabbi Rachab compare la Sagesse cachée à l’huile de la Ménorah du Temple et la Sagesse révélée à la lumière de la Ménorah. (ce n’est pas un hasard, l’huile c’est la ‘Hassidout) de la Ménorah du Temple. Ainsi, de même que l’huile est la ‘source’ de la lumière, la Sagesse cachée (l’huile) est la ‘source’ de la Sagesse révélée (la lumière de la Ménorah).

Il est raconté dans le traité Ména’hot que lorsque Moché vit la fin tragique de Rabbi Akiva il en demanda la raison à L’Eternel. L’Eternel lui répondit : ‘Silence !’
Dans son livre’Bé chaa che hikdimou’ (chapitre 196) le Rabbi Rachab explique que le Saint béni soit-Il ne révéla pas à Moché la raison de la fin tragique de Rabbi Akiva car Moché ne pouvait pas avoir accès à la Sagesse cachée du monde de Kéter.

En effet, le début de cette histoire rapporte que Moché demanda à L’Eternel la signification des Couronnes que L’Eternel dessinait sur des lettres de la Torah. L’Eternel répondit à Moché qu’à partir de ces simples Couronnes un Sage du nom de Rabbi Akiva en déduirait des centaines de Hala’hot. Moché demanda alors à rencontrer ce Sage et se trouva aussitôt en sa présence au moment où il donnait un cours de Torah a ses élèves. Moché fut alors totalement dépasser par les connaissances de Rabbi Akiva.

L’image de Moché qui assiste au cours de Torah de Rabbi Akiva s’accorde à l’enseignement du Rabbi selon lequel ‘dans les temps messianiques Machia’h enseignera la partie profonde de la Torah à Moché’. Le nom ‘Akiva’ lui-même évoque notre génération désignée par le Rabbi comme étant ‘la dernière génération de l’exil et la première génération de la Délivrance’. En effet, la racine du nom Akiva est Ekev qui signifie talon comme notre génération qui est elle-même appelée ‘la génération du talon du Machia’h’.

L’histoire de la Guémara nous apprend que Rabbi Akiva connaissait le sens caché des Taguim, c’est-à-dire de ces Couronnes qui coiffent le sommet de certaines lettres de l’alphabet hébreu. Par ailleurs Rabbi Akiva écrivit un Alpha-Beïta dans lequel il dévoila également des enseignements sur la signification profonde des lettres de l’alphabet hébraïque.

La rencontre entre Moché et Rabbi Akiva nous laisse entrevoir que Rabbi Akiva avait une certaine perception de la profondeur de la Torah contrairement à Moché qui selon le Rabbi Rachab ne pouvait pas avoir accès à la Sagesse cachée du monde de Kéter. Cela s’exprime d’ailleurs par le fait que Moché ne comprenait pas la signification des Couronnes que L’Eternel dessinait sur les lettres. Couronne se dit en hébreu Kéter et le fait que Rabbi Akiva percevait la signification des Couronnes apposées sur les lettres fait allusion au fait qu’il avait une perception plus élevée que Moché du monde spirituel de Kéter, et ce n’est que dans les temps messianiques que Moché percevra la profondeur de la Torah car comme le Rabbi l’a déclaré à maintes reprises, dans les temps messianiques Machia’h enseignera la partie profonde de la Torah à Moché. Le dévoilement de la Torah ‘Hadacha représente le dévoilement de la Sagesse cachée de l’Essence de la Torah.

A la lumière de ce qu’il vient d’être dit nous pouvons nous demander ce que le Rabbi sous-entend quand il établit un lien entre la date d’anniversaire du Rabbi Rachab et le monde spirituel de Kéter. Dans son discours intitulé ‘Ve Ata Tètsaveh’ le Rabbi déclare au sujet de son beau-père le Rabbi Rayats que ‘le Rabbi unit les enfants d’Israël avec Or-ein-sof’. De fait, comme ‘la Sagesse cachée de Kéter établit le lien entre l’Essence divine et notre monde, ‘relie Atsmout ein-sof avec les âmes d’Israël’, le Rabbi unit l’Assemblée d’Israël avec le Saint béni soit-Il. De même que Kéter est définie comme la Couronne qui surplombe l’enchaînement des mondes, le Rabbi couronne l’Assemblée d’Israël ; dans ce cas quel rapport existe-t-il entre le Rabbi et la Sagesse cachée du monde de Kéter ? Le Rabbi a-t-il une perception de la Sagesse cachée ?
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Le Rabbi Rayats répond d’une certaine manière à cette question lorsqu’il déclare que le Rabbi procède de l’Essence, mais d’un autre côté le Rabbi Rachab écrit que ce n’est que dans les temps futurs que Machia’h dévoilera l’Essence de la Torah (la Torah ‘Hadacha), à l’Assemblée d’Israël :
‘A présent, toute notre étude de la Torah ne porte seulement que sur la lumière qui se dévoile de la Torah mais ne porte pas sur l’Essence de la Torah, mais dans le futur en revanche, l’Essence divine de la Sagesse cachée se dévoilera dans notre étude (chapitre 225).’

La perfection de l’union entre le Saint béni soit-Il et les enfants d’Israël atteindra donc la perfection avec le don de la Torah ‘Hadacha. Cependant, comme le Rabbi l’écrit dans son discours Vé Atah tètsaveh, le Rabbi unit les enfants d’Israël avec Or ein-sof et dans ce cas peut-on considérer que la Torah du Rabbi fait partie de la Torah ‘Hadacha ?

Afin de nous enseigner la manière dont la profondeur de la Sagesse cachée se dévoile ici-bas, le Rabbi Rachab nous donne l’exemple de l’amour d’un père pour son fils (chapitre 224). Cet amour procède de l’Essence, c’est à dire qu’il ne dépend d’aucune raison générée par l’intellect. Cet amour ne peut donc pas avoir de fin car rien ne peut l’atteindre ainsi qu’il est dit : ‘les eaux nombreuses ne pourront pas éteindre l’amour’.

Aussi, même si cet amour reste caché dans le cœur du père et que celui-ci ne le dévoile pas à son fils, il n’en demeure pas moins que cet amour existe éternellement dans le cœur du père. Le point soulevé par le Rabbi Rachab est que le père dévoile cet amour lorsque son fils ‘tombe à terre’ (ou lorsque son fils ‘se salit’). Dans un tel cas, le père réagit par de la colère et il réprimande son fils. Or, le Rabbi Rachab souligne que ce qui nous paraît être ici de la rigueur n’est en réalité que l’expression de cet amour infini que le père ressent pour son fils.

De fait, il en va de même pour la Sagesse cachée du monde de Kéter car de même que la colère du père cache l’amour le plus profond qu’il ressent pour son fils, l’obscurité de l’exil cache l’amour d’Hachem pour les enfants d’Israël, ainsi que le déclare le Rabbi Rachab ‘Malgré le fait qu’Hachem aime les enfants d’Israël d’un amour qui émane de Son Essence, L’Eternel cache totalement cet amour avec la force de Sa ‘Ho’hmah’.

En effet, le Rabbi Rachab nous enseigne ici que la profondeur de la Sagesse cachée n’est autre que le plaisir de D.ieu (‘Taanoug’). Cependant, bien que le plaisir de D.ieu constitue le plus haut degré de l’enchaînement des mondes, il change d’état et se dévoile ici-bas sous une autre forme (chapitre 224) : ‘le plaisir de D.ieu se transforme en Sagesse’. A l’exemple de l’amour que le père ressent pour son fils qui devient de la colère, le plaisir de D.ieu devient la Sagesse cachée que le Rabbi Rachab définit comme la source de l’obscurité de l’exil.

Ainsi, de même que la colère du père cache l’amour le plus profond, l’obscurité et les épreuves de l’exil (comme le fut par exemple la fin tragique de Rabbi Akiba) cachent l’amour d’Hachem pour Ses enfants. De même que l’amour est l’essence de la colère, le plaisir de D.ieu est l’Essence de Sa Sagesse. L’expression ‘Sagesse cachée’ exprime donc le fait que le plaisir de D.ieu se cache dans Sa Sagesse et par Elle.

Aussi, notre mission consiste précisément à dévoiler ce plaisir caché et le Rabbi Rachab nous recommande que pour y parvenir nous devons faire à présent tout ce qui est en notre pouvoir pour transformer l’obscurité de l’exil et provoquer le dévoilement du Machia’h grâce à notre travail qui consiste à nous renforcer face à l’obscurité qui est en nous-même, à transformer notre âme animale comme quand nous étudions la Torah avec l’acceptation du joug divin, c’est à dire avec une totale soumission même si l’on ne ressent pas l’amour et la crainte de D.ieu d’une manière dévoilée dans le cœur.

Moché ne comprit pas la fin tragique de Rabbi Akiva ; cependant, depuis le dévoilement de la ‘Hassidout par le Baal Chem Tov et par tous les Maitres de ‘Habad qui lui ont succédé, la fin de Rabbi Akiva apparait bien différemment à nos yeux qu’aux yeux de Moché et de sa génération, ainsi qu’aux yeux des générations après lui qui ne connaissaient pas les enseignements de la partie profonde de la Torah.

C’est précisément l’objet de la ‘Hassidout que de nous enseigner à dévoiler la lumière qui se cache dans l’obscurité de l’exil. Le Rabbi définit donc cet exil comme une étape préparatoire au dévoilement du Machia’h car même les aspects de l’existence qui nous semblent négatifs participent en réalité au projet divin de la Délivrance.

A la lumière de tout ce qu’il vient d’être dit nous comprenons la raison pour laquelle le Rabbi établit le lien qui existe entre la date de l’anniversaire du Rabbi Rachab et le monde spirituel de Kéter. Le Rabbi Rachab ainsi que tous les Maîtres de ‘Habad, jusqu’au Rabbi ont tous une perception de la Sagesse cachée du monde spirituel de Kéter car force en est de constater la portée de leurs enseignements et de leurs actions. Le Rabbi tout particulièrement a littéralement transforme la réalité de ce monde et par le fait de s’attacher à lui de manière profonde, chaque Juif dévoilera dans son service divin et dans toutes ses actions l’Essence du plaisir de D.ieu et provoquera de ce fait le dévoilement du Machia’h, dès à présent avec l’aide de D.ieu.

 

 

 

Texte et Audio : Lè’h Lé’ha à la lumière du Dvar Mal’hout – Rav Yaacov Abergel

Texte et Audio : Lè’h Lé’ha à la lumière du Dvar Mal’hout – Rav Yaacov Abergel

 

 

‘L’Eternel dit à Avram : Va pour toi, hors de la terre de ton pays natal et de la maison de ton père’ (‘Lè’h-Lé’ha’).

Dans le discours ‘hassidique intitulé ‘Va pour toi…’ (Chabbat Parachat Lè’h-Lé’ha, 5702) le Rabbi Rayats nous enseigne que ‘Lè’h-Lé’ha’ (‘Va pour toi’) signifie de manière profonde : ‘Lè’h lé-atsmé’ha !’ c’est à dire ‘Va jusqu’à la source et la racine de ton âme !
En d’autres termes, ‘Lè’h lé-atsmé’ha !’ signifie’Va jusqu’à toi-même !’ et ‘toi-même’ désigne l’Essence de l’âme Juive.

L’expression ‘Lè’h-Lé’ha’ exprime donc en plus de l’action de marcher, de quitter physiquement l’endroit où l’on se trouve pour se rendre à un autre endroit, l’action de s’élever spirituellement, de quitter un niveau spirituel pour atteindre un niveau qui lui est supérieur et d’après l’explication du Rabbi Rayats, il s’agit d’atteindre le plus haut niveau de l’âme Juive : l’Essence de l’âme.

Aussi, le Rabbi Rayats nous enseigne que l’âme qui s’habille dans le corps est un reflet de l’Essence de l’âme qui est enracinée dans l’Essence divine et qui ne s’habille pas dans le corps. Cependant, le Rabbi Rayats rapporte le verset selon lequel ‘Yaakov est la corde de Son héritage’ (Dévarim, 32, 9), comme une corde dont l’extrémité supérieure est attachée en haut, et l’extrémité inferieure en bas. Et lorsque on agite la partie inférieure de la corde le mouvement se répercute jusqu’à l’extrémité supérieure de la corde. De la même façon lorsque l’on réveille les forces de l’âme qui s’habille dans le corps, c’est à dire lorsque l’on investit les forces de l’intellect, des sentiments et de l’action dans l’étude de la Torah et l’accomplissement des Mitsvoth en étant animé par de la passion et que plus encore, nos prières sont dites avec un cœur enflammé par l’amour de D.ieu, alors dans ce cas, par la profondeur du cœur et par le don de nous-mêmes nous parvenons à l’Essence de notre âme. C’est cela le sens profond de ‘Va jusqu’à toi-même !’. De fait, de même qu’une corde relie deux choses, de même la corde de l’âme unit l’homme qui se trouve ici-bas avec le Saint béni-soit-Il.

Le Rabbi Rayats écrit alors que lorsqu’un Juif parvient à dévoiler la force de l’Essence de l’âme dans la partie de l’âme qui s’habille dans le corps (l’intellect, les sentiments et l’action) alors les actions de cet homme et sa prière ‘inscrivent une empreinte dans le ciel ‘ dont l’effet est de provoquer un dévoilement divin dans ce monde matériel. Aussi, à la lumière de ces enseignements du Rabbi précédent nous comprenons la déclaration du Rabbi dans le Dvar Mal’hout sur notre Paracha selon laquelle ‘les sujets de la Paracha Le’h-Lé’ha expriment le contenu général de toute la Torah et du Judaïsme’.

La Paracha ‘Lèh-Léha’ commence par le premier ordre qu’Avraham, le premier Juif, reçut du Saint béni soit-Il. Cet ordre fut celui de quitter ‘l’endroit de sa naissance, la maison de son père’ et d’aller vers ‘la Terre que Je te montrerai’. Le Rabbi nous fait ici remarquer qu’Avraham dut quitter l’endroit où il se trouvait sans même connaitre l’endroit de sa destination. En effet, Hachem lui ordonna de se rendre vers l’endroit qu’Il lui montrera sans même lui dévoiler le nom de cet endroit. Cette remarque du Rabbi s’accorde à l’un des enseignements que le Rabbi prodigua dans le discours qu’il prononça quand il devint officiellement Rabbi de Loubavitch, poursuivant ainsi l’action de son beau-père, le Rabbi précédent :

‘Un ‘Hassid ne se contente jamais de ce qui a été déjà accompli, et même lorsqu’il a eu accompli le travail que le Rabbi lui a demandé, il doit toujours se demander s’il n’y a pas une mission plus profonde qu’il doit à présent réaliser’.

Un ‘Hassid s’efforce toujours d’aller de profondeur en profondeur, ‘de prodiges en prodiges’, et cette attitude implique forcément de révéler chaque fois des forces de plus en plus élevées, de plus en plus profondes. L’attitude d’un ‘Hassid est donc conforme à la définition de ‘Lèh-Léha’ donnée par le Rabbi Rayats d’après laquelle un Juif doit atteindre l’Essence de son âme (la source et la racine de l’âme).

L’ascension vers la source et la racine de l’âme est un dévoilement supérieur, car lorsque la force de l’Essence de l’âme se dévoile dans les forces de l’âme qui s’habillent dans le corps (l’intellect, les sentiments et l’action) elle élève les pensées, les paroles et les actes au-delà de leurs limites.

Ainsi, ‘Lèh-Léha’ représente l’action de s’élever vers la source et la racine de l’âme et plus un Juif dévoile la force de l’Essence de l’âme dans la partie de l’âme qui s’habille dans le corps plus il élève en même temps ses pensées, ses paroles, ses actions dont le but est de faire ce monde une demeure pour l’Essence divine.

C’est au moment où Avraham s’est circoncis que L’Eternel changea son nom Avram en Avraham, ‘Car tu seras désormais le père de toutes les autres nations’ (‘Av’ signifie père, et ‘Am’ signifie peuple) et ‘la Mitsva de la circoncision donne la force de raffiner les peuples du monde, aussi bien la ‘gachmiout’ que la  »Homriout’, et cela au point que le Divin Se dévoile jusque dans les niveaux les plus bas’*.

*Note : la ‘gachmiout’ désigne la réalité. Chaque chose qui possède une longueur, une largeur, un poids et un volume, est ‘gachmi’. A l’opposé,  »Homriout’ signifie ‘grossièreté’ et désigne la bassesse d’un homme ou d’une chose qui sont dépourvus de finesse, aucunement liés à des sujets élevés. Ainsi, contrairement à la grossièreté, la ‘gachmiout’ n’est pas par essence une chose qui est mauvaise, mais elle doit cependant être élevée à la Kédoucha.

‘Hachem donna la Terre d’Israël à Avraham pour qu’Avraham et sa génération après lui, fassent d’une terre ‘gachmit’ une demeure pour D.ieu : la Terre d’Israël.

Ce devoir qui incombe aux enfants d’Israël est le sujet même du don de la Torah, car il consiste à établir un lien entre les niveaux supérieurs et spirituels (‘Elionim’) et les niveaux inférieurs et matériels (‘Ta’htonim’).

L’acquisition de la Terre d’Israël par les enfants d’Israël exprime la perfection de la mission qui incombe à chaque Juif d’élever et de purifier la ‘gachmiout’ et la  »homriout’ de ce monde matériel afin que celui-ci devienne une demeure pour l’Essence divine, et le Rabbi ajoute que c’est pour cela que la perfection de l’accomplissement des Commandements divins qui ont été données au moment du don de la Torah peut être réalisée précisément sur la Terre d’Israël.

Dès-lors nous comprenons qu’avec l’acquisition de la Terre D’Israël la force fut donnée aux enfants d’Israël pour accomplir les Commandements divins après le don de la Torah.

La Mitsvah de la circoncision d’Avraham et l’acquisition de la Terre d’Israël ont pour même but d’unir l’esprit avec la matière comme pour le don Torah. De même qu’Avraham sanctifia son propre corps en accomplissant sur lui-même la Mitsvah de la Mila, de même il reçut l’ordre de D.ieu de quitter sa terre natale et de se rendre sur la terre de Canaan afin de la sanctifier et de la transformer en ‘Erets-Israël’.

Avec ‘Lè’h-Léha’ commença le travail d’unir le ‘haut’ avec le ‘bas’, ainsi que le Rabbi écrit dans notre Si’ha (Lettre 11) :
‘La Mitsvah de la Mila’ exprime la perfection de ‘faire de ce monde une demeure pour D.ieu’ pour ce qui concerne le corps de l’homme, et ‘la Terre d’Israël’ représente la perfection ‘d’une demeure de D.ieu’ pour ce qui concerne notre mission d’agir dans la part de ce monde matériel qu’il nous est donné de sanctifier.

Le Rabbi nous enseigne que nous recevons chaque jour la Torah de manière nouvelle et que de ce fait nous avons constamment besoin de nous préparer à nous élever à un niveau toujours supérieur au précédent. Or, le Rabbi délivre ici un point essentiel : nous n’avons pas reçu la Terre d’Israël telle qu’elle est dans sa totalité. Sur les dix terres qui la composent nous en avons reçu sept, et ce n’est qu’au moment de la Délivrance finale que le peuple d’Israël recevra en plus des sept terres déjà acquises, les trois terres qui lui manquent : Kini Knizi et Kadmoni’.

Le Rabbi précise que nous recevrons ces trois terres de la part des peuples du monde sans avoir recours à la guerre mais au contraire avec leur bonne volonté. Cependant, la ‘Terre que Je te montrerais’, la Terre d’Israël dans sa totalité est notre héritage depuis ‘l’Alliance entre les morceaux’ qui a été conclue avec Avraham, et tant que nous ne possédons pas toute la Terre d’Israël il nous est impossible d’atteindre la perfection dans le domaine de la Torah et des Mitsvoth.

De manière profonde les trois terres Kini Knizi et Kadmoni correspondent aux trois Mo’hin c’est à dire aux trois forces de l’intellect : ‘Ho’hmah Binah et Daat, et les sept terres que nous possédons déjà à présent correspondent aux sept Midot : ‘Hessed, Gvurah, Tifferet, Netsa’h, Hod, Yessod, Mal’hout.

‘De manière profonde, la conquête des sept terres correspond à notre travail qui consiste à raffiner les sept Midot du cœur et l’acquisition des trois terres de Kini Knizi et Kadmoni correspond à notre travail avec les trois forces de notre intellect. A présent, Israël ne possède que sept terres, car pendant l’exil notre travail consiste essentiellement à raffiner nos Midot et nous utilisons à présent les trois forces de l’intellect essentiellement pour raffiner les Midot. Cependant, dans les temps futurs, le travail avec les Mo’hin consistera à unir les trois forces de notre intellect à l’intellect divin’.

Le travail que l’on accomplit actuellement avec les trois forces de l’intellect se limite à l’action exercée par le cerveau (où résident ces trois forces) sur le cœur. Par exemple, au début du livre du Tanya, l’Admour Hazaken enseigne que le fait de méditer à la grandeur de D.ieu fait naître dans le cœur de l’amour pour D.ieu. C’est pourquoi le Rabbi déclare qu’à présent ‘notre travail consiste essentiellement à raffiner nos Midot et nous utilisons à présent les trois forces de l’intellect essentiellement pour raffiner les Midot’.

L’acquisition des terres de Kini Knizi et Kadmoni, correspond au dévoilement des forces de ‘Habad pour elles-mêmes. Quand l’Assemblée d’Israël possèdera la totalité des dix terres (avec aussi Kini Knizi et Kadmoni : ‘Habad), notre travail avec les trois forces de l’intellect ne se limitera plus à raffiner les Midot car il consistera alors au dévoilement de l’Essence de ces forces, et non plus seulement à l’action qu’elles exercent sur le cœur.

Dans les temps futurs ‘l’esprit d’impureté sera effacé de la terre’. Il n’y aura donc plus besoin d’exercer un travail sur le cœur au moyen des forces de ‘Habad du cerveau, car le cœur de chaque Juif aura atteint la pureté véritable et de ce fait les forces de ‘Habad ne seront employées que ‘pour elles-mêmes’.

Le Rabbi écrit que le dévoilement de la Torah ‘Hadacha est celui de la cinquantième porte de la Connaissance ; plus précisément le Rabbi définit ce dévoilement comme étant celui des ‘Mo’hin de la Torah’ (‘Mohin bé etsem’). Ce dévoilement représente donc la perfection du don de la Torah car il touchera le monde de manière très profonde. Le Rabbi explique dans le Dvar Mal’hout que les noms Kini Knizi et Kadmoni font allusion à la force de ce dévoilement. Ces trois noms commencent tous les trois par la lettre Kouf dont le pied qui descend vers le bas exprime le fait que le dévoilement des ‘Mo’hin de la Torah’ aura un effet sur la Création tout entière puisqu’il touchera aussi notre monde inférieur, ainsi qu’il est écrit : ‘la terre sera remplie de la connaissance de D.ieu comme l’eau recouvre la Mer’.

Le Rabbi nous enseigne que la cinquantième porte de la Connaissance (‘Chaar ha Noun’) est allusionnée ici dans ce verset par le nom :’Mer’, dont la valeur numérique est égale à 50. Ainsi, le dévoilement de la cinquantième porte de la Connaissance est défini ici par le Rabbi comme celui de la ‘Mer’ de la Torah.

Pour décrire la ‘Mer’ de la Torah, le Rabbi rapporte le traité Yébamot (121a) dans lequel les Sages établissent une différence entre une petite étendue d’eau dont on peut voir les 4 bords qui l’entourent, et ‘les eaux qui n’ont pas de fin’ qui désignent une très grande étendue d’eau dont les rivages échappent totalement à notre regard. L’emploi par le Rabbi de l’expression ‘les eaux qui n’ont pas de fin’ vient pour mettre en valeur le fait que le dévoilement de la cinquantième porte de la Connaissance (la Torah ‘Hadacha) est celui de ‘la Mer qui n’a pas de fin’. De fait, c’est au sujet de ce dévoilement que le Saint béni Lui-même dit : ‘Une Torah nouvelle sortira de Moi’, et il s’agit donc d’un dévoilement qui est ‘au-delà de toutes les mesures et de toutes les limites’.

Comme nous l’avons rapporté précédemment, lorsque les enfants d’Israël entendirent les deux premiers des dix Commandements de la ‘bouche’ de L’Eternel ‘leurs âmes s’envolèrent’, et L’Eternel les ramena à la vie avec ‘la rosée de la résurrection des morts’, appelée aussi ‘la rosée de la Torah’. Nous avons également mentionné que le Rabbi précise à ce sujet que le niveau de ‘la rosée de la résurrection des morts’ est celui de la ‘Torah ‘Hadacha’.
D’après le sens simple, grâce à ‘la rosée de la résurrection’ les morts reviendront à la vie et tous connaitront alors la vie éternelle. Mais peut-être que l’une des raisons pour lesquelles la rosée de la résurrection est aussi appelée la rosée de la Torah vient du fait que ‘la Torah que nous étudions à présent est comme ‘rien’ en comparaison à la Torah ‘Hadacha’, et que de ce fait nous pouvons considérer le dévoilement de la Torah ‘Hadacha comme une résurrection car elle donne l’accès à la perception profonde et véritable de D.ieu ainsi qu’il est dit : ‘avec nos yeux et nos oreilles’.

En ce sens, une vie éternelle n’a guère peu de valeur si elle n’a pas de contenu. Or, le contenu profond de la vie des temps futurs c’est précisément la Connaissance de D.ieu, et le dévoilement de la cinquantième porte de la Connaissance est donc l’accession à la Vie véritable. Le Rabbi souligne donc que nous devons dès-à-présent nous préparer à ‘entrer sur la Terre d’Israël’, et comme l’acquisition de la totalité de la Terre d’Israël s’accorde avec le dévoilement de la Torah ‘Hadacha qui comme il a été dit représente la perfection du don de la Torah, nous devons également nous préparer à l’acquisition de la Torah nouvelle par l’intermédiaire du Roi Machia’h.

Du fait que ‘D.ieu Israël et la Torah ne font qu’Un’, cette préparation implique des efforts au-delà de notre nature. C’est précisément cela la signification profonde que nous donne le Rabbi de l’expression Lè’h-Lé’ha. Notre travail habituel consiste à dévoiler les forces dévoilées de notre âme (l’intellect les sentiments et les actes), mais du fait que chacun a conscience de l’existence de ces forces, il n’y a rien de nouveau dans leur emploi. A l’opposé, le véritable ‘Hidouch consiste à dévoiler des forces qui sont si profondes que l’on ignorait leur existence avant de les avoir dévoilées. L’exemple donné par le Rabbi au sujet de ces forces ‘dont on ignorait l’existence’ est celui d’un Juif qui étudie la Torah avec tant de profondeur qu’il finit par trouver ses propres ‘Hidouchim, et le Rabbi déclare que cela exprime véritablement l’action d’aller vers ‘la Terre que Je te montrerai.’

Lè’h-Lé’ha exprime donc l’élévation vers un niveau qui est incomparable au niveau précèdent. De fait, chaque Juif se doit ‘d’aller vers lui-même’, c’est à dire qu’il possède les moyens de dévoiler des forces dont on ignorait l’existence avant de les avoir dévoilées. Le dévoilement de ces forces profondes correspond au dévoilement de l’Essence de l’âme, lequel s’accorde au dévoilement de l’Essence de la Torah et au dévoilement de l’Essence divine, car ‘D.ieu Israël et la Torah ne font qu’Un.’

Texte et Audio : Noa’h – A la Lumière du Dvar Mal’hout – Rav Yaacov Abergel

Texte et Audio : Noa’h – A la Lumière du Dvar Mal’hout – Rav Yaacov Abergel

 

Le Nom divin ‘Havayéh’ vient de ‘Hithavout’ : ‘Création’, et désigne la force créatrice au moyen de laquelle l’Eternel crée le monde à partir du néant. Cependant, c’est le Nom divin ‘Elokim’ qui est écrit dans le premier verset de la Torah au sujet de la Création du monde (Béréchit, 1, 1) : ‘Béréchit bara Elokim’ : ‘Au commencement D.ieu (Elokim) créa le ciel et la terre’.

La raison pour laquelle c’est le Nom Elokim qui est mentionné (et non pas le Nom Havayeh) est que ‘Le Nom Havayéh S’habille et Se cache dans le Nom Elokim’, c’est seulement le Nom Elokim qui se dévoile dans les créatures, mais non pas celui de Havayéh (la force créatrice)’.

De fait, le Nom Elokim est venu pour cacher la profondeur de la lumière du Nom Havayeh afin qu’il ne brille qu’un reflet de cette lumière infinie. Ce processus qui consiste à masquer grâce au Nom Elokim la lumière du Nom Havayeh est appelé Tsimtsoum. L’Admour Hazaken déclare dans le Livre du Tanya ‘qu’il n’est dans les possibilités de l’intellect d’aucune créature de comprendre clairement ce processus de dissimulation, de même qu’il ne nous est pas possible de comprendre la Création d’un être en partant de rien’.

Sans le Nom Elokim ce monde limité n’aurait pas pu supporter le seul dévoilement de la lumière infinie du Nom Havayeh. C’est pourquoi il est dit que Havayeh est comme le soleil et Elokim est comme un bouclier qui masque la lumière du soleil, car Havayeh représente la force de dévoilement de la lumière et Elokim représente la force de limitation du dévoilement de cette lumière.

Comme un abat-jour que l’on place sur une lampe pour atténuer l’intensité de sa lumière, le Nom Elokim vient pour atténuer la lumière infinie du Nom Havayeh afin que le monde qui est limité reçoive une lumière qui lui convient, une lumière qui est à sa portée, c’est à dire une lumière limitée.

Le Nom ‘Elokim’ masque la force créatrice du Nom Havayeh au point que nous ne ressentons pas que cette vitalité qui nous anime et anime les mondes provient de D.ieu. Il nous semble alors que nous-mêmes et toute la Création avons une existence autonome et vivons indépendamment de D.ieu.

C’est à ce sujet que la ‘Hassidout souligne que la valeur numérique d’Elokim est la même que celle du mot הטבע : la Nature, car de même que le Nom Havayeh S’habille et Se cache dans le Nom Elokim. Hachem Se cache dans la Nature au point que nous percevons davantage le monde physique que sa dimension spirituelle et profonde, et cela a par exemple comme conséquence le seul désir d’assouvir des plaisirs matériels plutôt que des désirs spirituels.

Dans ce cas, lorsque nous nous efforçons de rechercher le Divin caché, lorsque nos efforts ont pour but de percevoir davantage la dimension spirituelle et profonde de nous-même et de ce monde plutôt que de nous attacher à leurs dimensions physiques et matérielles alors nous dévoilons le Nom Havayeh caché par le Nom Elokim, c’est à dire que nous dévoilons dans ce monde limité (Elokim) le niveau du Divin qui est illimité (Havayeh).

Dans la Paracha Béréchit il est question du monde que D.ieu a créé sans qu’il ne soit question de l’action de l’homme dans le monde. A l’opposé, dans la Paracha Noa’h c’est essentiellement du travail de l’homme dans le monde dont il s’agit et le Rabbi nous enseigne que c’est précisément lorsque l’homme agit dans l’obscurité et dans les limites de ce monde (Elokim) qu’il parvient à dévoiler le Nom d’Havayeh dans le monde, et de ce fait, à élever le monde à un niveau qui est supérieur à celui qu’il avait quand il fut créé.

‘Révéler le Nom Havayéh dans le monde (Elokim’), c’est donc de ‘faire de ce monde matériel (Elokim) une demeure pour L’Essence divine (Havayéh)’, en d’autres termes, de révéler dans les limites de ce monde (Elokim) une lumière illimitée qui est au-delà du monde (Havayeh).

Un des points essentiels parmi les enseignements du Rabbi dans le Dvar Mal’hout sur la Paracha Noa’h est que c’est précisément par notre action dans ce monde matériel que l’on parvient au dévoilement de l’Essence divine.

L’arc en ciel est le symbole de l’Alliance que D.ieu a établi avec Noa’h et évoque la promesse que fit L’Eternel de maintenir le monde en vie éternellement.

Plus profondément, le phénomène naturel de l’arc en ciel incarne la perfection du dévoilement de la lumière d’Havayeh. De fait, l’arc en ciel apparaît au moment où la lumière du soleil se reflète dans les nuages. Or, ces nuages qui donnent la pluie ne proviennent pas du ciel mais de la terre. En effet, le soleil en chauffant l’eau qui est sur la terre provoque son évaporation et la formation de minuscules gouttelettes d’eau qui s’élèvent dans l’air et forment des nuages qui s’épaississent peu à peu et donnent de la pluie.

Le Rabbi nous enseigne que le contenu spirituel du phénomène physique de l’arc en ciel est qu’il symbolise l’action de purifier la matière afin d’y dévoiler la lumière d’Havayeh. Cet enseignement s’accorde donc tout particulièrement au fait que ‘c’est précisément par notre action dans ce monde matériel que l’on parvient au dévoilement de l’Essence divine’.

A l’exemple des nuages qui sont des vapeurs d’eau qui s’élèvent de la terre vers le ciel, les actions de l’homme s’élèvent du haut vers le bas, et comme ces vapeurs d’eau dont la pureté est telle qu’ils reflètent la lumière du soleil, lorsque nous purifions un objet matériel avec lequel nous accomplissons un Commandement divin, nous dévoilons la lumière du Nom divin Havayeh et celle-ci vient se refléter dans cet objet. Dans ce cas l’objet matériel atteint sa dimension véritable car nous y avons introduit de la Sainteté. L’arc en ciel est donc le signe de la possibilité qui nous a été donné de faire de ce monde matériel (Elokim) une demeure pour l’Essence divine (Havayeh).

Le Rabbi nous enseigne que pendant le mois de Tichri notre service divin est animé par un mouvement qui nous élève au-dessus des limites de ce monde. En ce sens, notre service divin pendant le mois de Tichri s’accorde à lumière du Nom Havayeh qui représente le niveau du Divin qui est au-delà de ce monde matériel. A l’opposé, à la fin du mois de Tichri commence notre service divin qui consiste à agir de manière concrète dans ce monde matériel et dévoiler de cette façon la lumière du Nom Havayeh cachée par le Nom Elokim.

Pour se faire cela implique forcément d’examiner de temps en temps notre situation en établissant un bilan moral, spirituel. Il s’agit dans ce cas de parfaire les aspects négatifs de notre comportement. Le Rabbi souligne que lorsque l’on établit un tel bilan et que l’on s’efforce ensuite de corriger concrètement nos pensées nos paroles et nos actes, nos performances n’atteignent pas un niveau supérieur car nos capacités sont elles-mêmes limitées.

Il existe donc une seconde manière d’agir. Celle de se plonger dans la Téfilah et dans l’étude de la Torah. De fait, la lumière de la Torah étant illimitée détient le pouvoir de repousser tous les aspects négatifs de notre vie. Cela s’accorde au principe selon lequel ‘un peu de lumière chasse beaucoup d’obscurité’, et à plus forte raison quand il s’agit de beaucoup de lumière. Cependant, ce bain de Lumière dans lequel se trouve celui qui étudie la Torah et accomplit les Commandements divins n’a pas pour effet de faire disparaître totalement les aspects négatifs de notre personnalité.

En effet, l’ensemble de ces aspects négatifs n’a été que repoussé pendant le temps de notre prière ou celui de notre étude de la Torah, sans que nous ayons examiné chacun de ces aspects en particulier afin de pourvoir nous-mêmes à leur réparation. Le Rabbi préconise donc que la perfection véritable de notre Téchouva consiste à unir ensemble ces deux niveaux.

Nous devons effectivement réparer chaque détail négatif de notre comportement tout en nous élevant en même temps, au niveau supérieur de la Torah et des Mitsvoth. Cette manière d’agir nous permet d’attirer dans chaque détail que nous nous efforçons de corriger, en agissant avec nos forces limitées, la lumière illimitée qui est le fruit de notre prière et de notre étude de la Torah.

On ne parvient donc à transformer les aspects négatifs de notre personnalité que lorsque l’on unit ces deux manières d’agir, c’est à dire lorsque l’on unit notre travail personnel qui est du bas vers le haut (Elokim) avec la lumière divine qui vient du haut vers le bas (Havayeh). On accède de cette façon à une Téchouva supérieure car d’après l’enseignement du Rabbi l’union de ces deux niveaux est l’expression véritable de la révélation du Nom Havayeh dans le Nom Elokim.

Le travail personnel du bas vers le haut (Elokim) nous permet d’agir sur tous les différents aspects négatifs de notre personnalité, et la lumière divine qui descend du haut vers le bas (Havayeh) par le fait de prier et d’étudier la Torah vient parfaire nos efforts en transformant définitivement l’obscurité des éléments négatifs de notre personnalité en lumière.

Dans le Hayom-Yom du 14 Tevet il est écrit au sujet du Chpoler Zeïdé (le Grand-père de Chpola), disciple du Maguid de Mèzeritch, qu’il était un homme animé d’une intense ferveur, infiniment plus que ses amis, les autres disciples du Maguid. Lorsqu’il visita l’Admour Hazaken à Lyadi, en 5569 ou 5570 (1809 ou 1810), il raconta qu’âgé de trois ans, il vit le Baal Chem Tov et déclara à ce sujet : ‘Le Baal Chem Tov posa sa sainte main sur mon cœur et depuis lors j’éprouve une sensation de chaleur’. Le geste d’un Tsaddik, et à plus forte raison le fait de le voir ou d’entendre sa voix, doivent procurer une impression que l’on n’oubliera jamais.

Cette histoire nous laisse imaginer la force de l’union de la lumière divine à nos propres efforts. Lorsque le Baal Chem Tov posa sa sainte main sur le cœur du jeune enfant, il lui laissa une impression que l’enfant ‘n’oublia jamais’.

De la même façon, lorsqu’un homme s’attache à transformer tous les aspects négatifs de sa personnalité, L’Eternel vient poser Sa main sur son cœur pour le purifier, lui procurant ainsi ‘une impression qu’il n’oubliera jamais’. Aussi, avec l’aide de D.ieu’L’Eternel effacera l’esprit d’impureté de la terre et effacera les larmes de tous les visages’, lors de la Délivrance finale très bientôt et de nos jours, avec l’aide d’Hachem.

 

 

 

Texte et Audio : Dvar Mal’hout Béréchit – Rav Yaacov Abergel

Texte et Audio : Dvar Mal’hout Béréchit – Rav Yaacov Abergel

 

 

Peut-être pour nous rappeler l’importance des versets ‘Et c’est nous que Tu as choisis entre tous les peuples et les langues et que Tu as approchés, notre Roi, à ton grand Nom avec amour, pour Te rendre hommage, proclamer Ton Unité et aimer Ton Nom. Béni sois-Tu Eternel, qui choisit Son peuple Israël avec amour’, que nous avons chanté pendant les prières des Fêtes du mois de Tichri, le Rabbi reprend dans le Dvar Mal’hout sur la Paracha Béréchit l’explication de l’Admour Hazaken sur le sens profond de cette déclaration unique des enfants d’Israël au Saint béni soit-Il.

De façon naturelle nous aurions pu penser que le choix de L’Eternel pour les enfants d’Israël s’exprime par le fait qu’Il a donné à chaque Juif une âme qui est ‘véritablement une parcelle de Divinité d’En-haut’, mais le sens du verset est tout autre. D.ieu a choisi le corps des enfants d’Israël car il ne peut y avoir de ‘choix’ entre l’âme d’un Juif et celle d’une personne qui ne l’est pas du fait que par définition un choix ne se fait seulement qu’entre deux choses qui sont absolument identiques, or les âmes des peuples du monde sont totalement différentes de celles du peuple Juif. Le choix d’Hachem s’est donc porte donc sur les corps des enfants d’Israël qui étaient, au départ, identiques à celui des autres peuples.

Quand il s’agit de choisir entre deux choses identiques, la préférence ne dépend pas de l’intellect mais d’un niveau qui le dépasse totalement. C’est pourquoi le Rabbi souligne ici que ce choix provenait de l’Essence divine (laquelle représente un niveau qui est au-delà de l’intellect) car lorsque l’on choisit entre deux choses qui se ressemblent en tout point notre décision ne vient pas de la réflexion et de l’analyse que nous faisons au moyen des forces de notre intellect, mais notre décision provient d’un niveau qui est au-delà de la logique et de la raison. Ainsi, ‘Et c’est nous que Tu as choisis entre tous les peuples’ signifie donc que L’Eternel a choisi le corps des enfants d’Israël.

Le Rav Yossef Weinberg explique ‘qu’Hachem a choisi le corps des enfants d’Israël afin qu’il soit un réceptacle de l’âme, et grâce aux actions que nous accomplissons au moyen du corps (en effet, toutes les actions matérielles des Commandements divins sont réalisées précisément au moyen du corps) un Juif s’unit avec D.ieu’.

Le Rabbi souligne que ‘le monde a été créé pour Israël et pour la Torah’ s’exprime tout particulièrement par les places qu’ils occupent non pas seulement dans les mondes supérieurs mais aussi et surtout par celles qu’ils occupent dans ce monde matériel. C’est à cela que se rapporte le verset ‘Tu nous as choisis entre tous les peuples’. Le fait que L’Eternel ait choisi le corps des enfants d’Israël met en évidence que le corps d’un Juif est différent de celui des peuples du monde, et même s’il s’agit d’un Juif dont l’âme divine est en exil car il n’accomplit pas encore la Torah et les Mitsvoth, il demeure, par son corps, l’élu de D.ieu.

Aussi, bien que la Torah soit au-delà de ce monde, elle atteint sa perfection précisément lorsqu’elle s’habille dans ce monde matériel. Et même si la Torah descend dans ce monde, on peut toujours se rendre compte de sa Sainteté et de sa grandeur.

Dans le même ordre d’idée, le Rabbi souligne que la chose est aussi vraie pour un Juif. Les Juifs font partie intégrante de ce monde matériel, et cela s’exprime tout particulièrement par le fait que le corps d’un Juif est semblable à celui d’un non-Juif. C’est à ce sujet que le Rabbi vient nous expliquer la notion de ‘choix’. Comme il a été dit précédemment, un choix ne peut exister qu’entre deux choses qui sont identiques. Seulement dans ce cas, l’acte de choisir (qui comme on l’a dit dépasse l’intellect et la raison) vient pour faire la différence entre les deux. C’est donc précisément le corps des enfants d’Israël que L’Eternel a choisi, car il est identique à celui des Goyim.

A la lumière de ce qu’il vient d’être dit, il nous est donné de comprendre que même s’il se trouve dans ce monde matériel, en tant que partie intégrante de ce monde, avec un corps identique à celui des autres peuples, il n’en demeure pas moins que L’Eternel a distingué le corps des Juifs parmi ceux de tous les autres peuples.

Il convient ici d’établir un lien entre ce qu’il vient d’être dit et la Si’ha du Rabbi intitulée ‘Le cœur soulève les pieds’ (26 tichri 5738-8 Octobre 1977). Le Rabbi déclare dans cette Si’ha, que ‘le ‘Hassidisme explique que la fonction essentielle d’une route est de relier le coin le plus reculé du royaume, à la capitale, au palais du Roi, et finalement à la chambre privée, la salle du trône du Roi Lui-même. Il en est de même pour le chemin du Juif dans la vie : le long du chemin, sa mission demande qu’il s’investisse dans les choses matérielles, profanes, pour connaitre D.ieu dans toutes ses actions, et dans tous ses chemins. En accomplissant la Volonté de D.ieu, il relie les coins les plus reculés de la Création, même de ce monde, le plus bas de tous, avec la chambre privée du Roi des Rois, le Saint béni soit-Il. L’Action est essentielle et chaque Juif doit aller sur son chemin à l’exemple de notre père Yaakov. Quand il entendit la bonne nouvelle que D.ieu avait assuré sa protection, ‘son cœur fit lever son pied et il alla’, même sur son chemin pour ‘Haran (‘le lieu qui réveille la colère de D.ieu’). Il alla avec la bonne nouvelle de la Torah de Vérité, la Torah de vie qui est un guide pour la vie…Et la force nous est donnée pour l’accomplir’.

‘Relier le coin le plus reculé du royaume à la capitale, au palais du Roi, et finalement à la chambre privée, la salle du trône du Roi Lui-même’, c’est faire de ce monde qui est le plus bas de tous, une demeure pour l’Essence divine. Peut-être est-il possible de dire que le corps est lui-même d’une certaine manière ‘l’endroit le plus reculé du royaume’ car il est comme une ‘prison’ pour l’âme divine, du fait qu’il abrite aussi une âme animale.

Or, le Rabbi souligne que L’Eternel en choisissant le corps des enfants d’Israël a placé le corps d’un Juif à un niveau supérieur : ‘Réchit’. Aussi, le Rabbi écrit que ‘non seulement les enfants d’Israël ne se trouvent nullement sous la domination des autres peuples (pas seulement du point de vue de leurs âmes, mais aussi du point de vue de leurs corps), mais au contraire : même pendant l’exil ils représentent l’essentiel, ‘réchit’, de la Création, et c’est pour eux qu’ont été créés tous les peuples de la terre, et toutes les autres parties du monde…’.

Dans ce cas il est possible d’expliquer que ‘la bonne nouvelle’ que Yaakov entendit, selon laquelle ‘D.ieu avait assuré sa protection’, est liée au fait que ‘L’Eternel a choisi le corps des enfants d’Israël’. En effet, dans un grand nombre de ses discours ‘hassidiques, le Rabbi a enseigné que le corps est l’œuvre de D.ieu qui provient de Son Essence. Bien que d’un côté le corps soit ‘l’endroit le plus reculé du royaume’, car il est comme une prison pour l’âme, d’un autre côté le corps provient de l’Essence divine, et du fait de cette proximité la possibilité nous est donnée de la dévoiler, de faire de nous-même et de ce monde matériel une demeure pour l’Essence divine.

Aussi, à l’exemple de Yaakov qui comprit et ressentit que tout fut créé pour lui dans le but qu’il accomplisse sa mission sacrée, notre cœur doit ‘lever notre pied’ pour faire tout ce qui est en notre pouvoir pour relier ‘l’endroit le plus reculé du royaume’ : les mois ‘profanes’, avec la ‘salle du trône’ : le mois de Tichri. C’est-à-dire que nous devons faire tout ce qui est en notre pouvoir pour attirer la Sainteté dans ce monde profane, afin de provoquer la venue de notre Juste Machia’h très bientôt et de nos jours, avec l’aide de D.ieu.