‘Lorsque l’Eternel parla aux enfants d’Israël sur le Mont Sinaï, il n’y eut pas d’échos car rien ne peut arrêter la Parole de D.ieu’.
Cet enseignement des Sages rapporté par le Rabbi dans une Si’ha exprime le fait que la Parole de D.ieu n’est pas comme la parole de l’homme.
De fait, Elle est l’origine de toute la Création. L’Eternel crée les mondes et tout ce qu’ils contiennent au moyen de Sa Parole, et dans ce cas comment la simple paroi d’une montagne pourrait-elle constituer un obstacle capable de renvoyer le son qui émane de Sa Bouche ! Ainsi, la Voix de l’Eternel pénétra non seulement dans la matière de toutes les montagnes du Sinaï, mais aussi dans l’âme de tous les enfants d’Israël.
D’une certaine manière, cet enseignement s’accorde avec la déclaration du Rabbi selon laquelle ‘les paroles dîtes avec douceur pénètrent dans le cœur de celui qui les reçoit et y font leur effet’, car c’est par la force de l’amour de D.ieu pour Israël, que Sa Parole bénie pénétra dans le cœur et dans l’âme des enfants d’Israël.
Les mots du Rabbi pénètrent dans le cœur comme la Parole de D.ieu pénétra dans la paroi des montagnes du Sinaï. En regardant le Rabbi, en l’écoutant, nous ressentons que ‘rien ne peut arrêter La Parole de D.ieu’, que rien ne peut arrêter la révélation de Son Essence bénie, de la venue du Machia’h et de la Délivrance finale.
‘Et Moché pénétra à l’intérieur de la nuée’ :
Les sujets de la Torah doivent être notre vie et l’Admour Hazaken nous enseigne que la Paracha de la semaine que nous lisons chaque Chabbat a forcément un lien avec notre propre existence.
Au sujet de cet enseignement de l’Admour Hazaken, le Rabbi de Loubavitch nous révèle que ce lien s’exprime plus particulièrement quand vient dans l’année le moment de lire la Paracha Michpatim.
En effet, cette Paracha est elle-même une allusion au fait que nous devons véritablement vivre avec la Torah, car la Paracha Michpatim est la dix-huitième Paracha de la Torah et le mot ‘Haï (vivant) a pour valeur numérique le nombre 18.
Le Rabbi a longuement insisté sur le fait que l’existence d’un juif ne devient véritable que lorsque ce Juif ‘voit et entend le Divin’ (voir ‘Iniana chel Torat ha Hassidout’).
A l’évidence, parvenir à percevoir au moyen de notre intellect et de nos sentiments le divin qui se cache dans ce monde exige un travail de notre part. Cependant, l’aide du Rabbi nous est indispensable pour y parvenir.
Dans le discours ‘hassidique intitulé : ‘Et Moché pénétra à l’intérieur de la nuée’ (Adar richon, 5717), le Rabbi explique la signification profonde de la ‘nuée’ :
Le Don de la Torah est lui-même le dévoilement de l’Essence divine. Or, ce dévoilement supérieur n’est possible qu’au moyen du ‘vêtement’ grâce auquel nous devenons véritablement capables de recevoir la révélation de l’Essence de la Torah.
Le Rabbi nous enseigne alors que ce vêtement, capable d’attirer et de recevoir l’Essence divine n’est autre que la ‘nuée’.
Aussi, ‘Et Moché pénétra à l’intérieur de la nuée et s’éleva sur la montagne’ exprime que Moche s’éleva vers le Saint béni soit-Il, mais l’intention profonde du verset est que Moché attire ‘En-bas’ l’Essence divine. C’est pourquoi il est dit que l’Eternel ‘fit à Moché un chemin à l’intérieur de la nuée’ (Rachi, 24, 18) car ce ‘chemin’ permet à l’Essence divine d’être attirée vers le bas, en-bas.
Il en fut de même au moment de la traversée de la mer des Joncs, car le chemin que l’Eternel fit aux enfants d’Israël à l’intérieur de la mer, représente, à l’image du chemin que l’Eternel fit à Moché dans la nuée, le chemin par lequel passe la lumière divine du monde caché pour illuminer ce monde, ainsi qu’il est écrit (Vayéra, 18,19) : ‘Pour qu’ils gardent la voie de l’Eternel pour faire le droit et la justice’ ; ce qui signifie que la justice et le droit sont la voie et le chemin pour attirer le Nom de D.ieu dans ce monde, par l’étude de la Torah et par l’accomplissement des Mitsvoth, car ils permettent le dévoilement de l’Essence divine dans ce monde, ainsi qu’il est dit : ‘La gloire de l’Eternel se révèlera et tous verront que c’est la bouche de l’Eternel qui a parlé’.
Le Rabbi nous ouvre le chemin qui mène à la Délivrance :
Du fait que le Rabbi est l’extension de Moché dans notre génération, il est celui à qui l’Eternel ‘a fait un chemin à l’intérieur de la nuée’. Ce chemin par lequel la lumière de l’Essence divine descend pour illuminer ce monde matériel.
Aussi, le Rabbi est celui qui révèle l’Essence de l’âme de chaque Juif. Son enseignement est lui-même comme la ‘nuée’ car il est un ‘vêtement’ dans lequel s’habille la lumière de l’Essence divine du fait que la ‘Hassidout est l’Essence de la Torah.
D’une certaine manière s’attacher au Rabbi est comme se vêtir de ce vêtement grâce auquel nous devenons capables de recevoir la ‘Torah nouvelle’ que l’Eternel révèlera au moment de la Délivrance finale ainsi qu’il est écrit ‘Une Torah nouvelle sortira de Moi’.
Dans le même ordre d’idée le Rav Yoël Kahn écrit que l’Essence de l’âme d’un Juif se révèle quand celui-ci se trouve dans les 4 coudées du Rabbi (voir ‘Séfer Ara’him’).
Aussi, nous devons faire tout ce qui est en notre pouvoir pour nous tenir dans les ‘4 coudées du Rabbi’, sous une colonne de lumière et dans ‘le chemin que l’Eternel fait au Rabbi à l’intérieur de la nuée’ ; ce même chemin qui nous mène directement au troisième Temple, à la Délivrance finale et à la venue de notre Juste Machia’h, très bientôt et de nos jours, ainsi qu’il est écrit dans la Paracha (Michpatim, 23, 20) :
‘Voici, Moi (Ano’hi : L’Essence divine), J’envoie un ange devant toi (Moché : le Rabbi) pour te protéger (il s’agit de la nuée qui est comme un vêtement qui protège) dans le chemin (que l’Eternel fait au Rabbi à l’intérieur de la nuée, et par lequel est attirée l’Essence divine dans ce monde) et ‘pour t’amener vers l’endroit que J’ai préparé’ : L’endroit du troisième Temple, à Jérusalem.
La Torah ‘Hadacha du Rabbi :
Dans le Dvar Mal’hout sur la Paracha du Chabbat précédent (Yitro) le Rabbi soulignait que les 10 Commandements sont mentionnés 2 fois dans la Torah. La première fois représente la Parole d’Hachem et la deuxième fois représente la Parole de Moché. De fait, les enfants d’Israël ne purent supporter d’entendre les deux premiers Commandements de la Bouche de l’Eternel. Lorsque l’Eternel parlait, l’âme des enfants d’Israël quittait leurs corps, ainsi qu’il est écrit (Chabbat, 88b) : ‘A chaque expression divine, leur âme s’envolait…Mais L’Eternel la leur restituait avec la rosée dont Il fera revivre les morts’.
‘Leur âme s’envolait’ car ce fut un dévoilement trop élevé pour le peuple Juif, et c’est précisément pour cela que Moché dût répéter à son tour les Commandements divins, afin de mettre la Parole divine à la portée des enfants d’Israël. En d’autres termes, Moché réalise l’union entre la Parole divine avec l’intellect de l’homme. Lorsque Moché enseigne les 10 Paroles divines elles touchent l’âme et le cœur des enfants d’Israël de manière profonde. Elles sont comprises au moyen de l’intellect, ressenties dans le cœur, et surtout, elles inspirent concrètement l’action. C’est le sens de l’explication de Rachi sur le verset (Michpatim, 21, 1) : ‘Et voici les Lois que tu placeras devant eux’. Les Lois de D.ieu sont, comme des aliments, ‘dressées sur une table, prêts à être consommés’.
Par ailleurs, le Rabbi souligne que d’un autre côté, bien que la parole de Moché possède l’avantage d’être assimilée par l’homme, elle ne dévoile pas la dimension profonde de la Torah, son Essence (comme ce fut le cas quand l’Eternel s’adressa Lui-même aux enfants d’Israël). En fait, c’est le Machia’h qui termine la mission de Moché car lorsqu’il parlera aux enfants d’Israël, il dévoilera l’Essence de la Torah et dans ce cas la dimension profonde de la Torah sera reçue de manière profonde, intégrée, par les Juifs sans que leurs âmes ne quittent leurs corps. Le Machia’h unira l’Essence divine avec les forces de la partie de l’âme qui s’habillent dans le corps (les forces de notre intellect, nos sentiments et nos actions concrètes dans ce monde matériel).
*Dans l’un de ses discours hassidiques intitulé ‘Et tu ordonneras aux enfants d’Israël’, le Rabbi définit avec précision la différence qui existe entre les 2 niveaux de l’âme : le niveau de ‘Haya’ (ou ‘Mazal’) et le plus haut niveau : l’Essence de l’âme.
L’Essence de l’âme ne possède pas de nom car un nom la limiterait. L’Essence de l’âme désigne l’âme telle qu’elle est enracinée dans l’Essence divine et elle est donc (comme l’Essence divine) au-delà de tout nom, de toute définition, de toutes les limites que constituent les lettres et les noms qu’elles composent.
Le Rabbi nous donne alors deux raisons pour lesquelles Israël croit en Hachem. La première est que l’âme qui ne s’habille pas dans le corps (‘Haya) voit le Divin. Cette vision est donc au-delà de l’intellect (puisque cette vision vient du niveau de l’âme qui est supérieur au niveau de l’âme qui s’habille dans le corps et donc supérieur aux forces de l’intellect qui s’habillent dans le cerveau). Ainsi, comme ‘l’âme qui est en-haut’ voit le Divin elle influence l’âme qui est dans le corps en lui donnant la Emounah, Cependant, cette Emounah n’est pas profonde car elle ne vient pas de nous-mêmes mais d’une vision, et toute chose que nous voyons (même quand il s’agit d’une vision de l’esprit) demeure extérieure à nous-mêmes. D’un côté il y a nous-même et de l’autre la chose que nous voyons. A l’opposé, quand il s’agit du dévoilement de l’Essence de l’âme et de la Emounah qui naît de ce dévoilement, il ne s’agit plus d’une vision qui est extérieure à nous-mêmes mais du dévoilement du Divin qui fait ‘Un’ avec nous-même (car l’Essence de l’âme est enracinée dans l’Essence divine) et dans ce cas notre Emounah est profonde.
Le Rabbi définit l’Essence de l’âme comme étant l’Essence de toutes les forces de l’âme qui s’habillent dans le corps. L’influence de l’Essence de l’âme n’est donc pas ‘Makif’ (superficielle) et la possibilité nous est donnée de dévoiler et d’unir ce niveau supérieur de l’Essence divine avec les forces de notre intellect, de nos sentiments et de nos actes.
Résumé : Moché réalise l’union entre la Parole divine avec l’intellect de l’homme et c’est au sujet du verset : ‘Et voici les Lois que tu placeras devant eux’ que Rachi explique que ‘les Lois de D.ieu sont, comme des aliments, ‘dressées sur une table, prêts à être consommés’. De la même façon, le Rabbi est le Moché de notre génération, il est celui qui dévoile l’Essence de notre âme afin que notre Emounah soit profonde. Il unit les enfants d’Israël avec Or ein-sof. Aussi, l’expression employée par Rachi selon laquelle ‘les Lois de D.ieu sont, comme des aliments, ‘dressées sur une table, prêts à être consommés’ peut tout aussi bien s’appliquer aux concepts de la ‘Hassidout ‘Habad. Les enseignements du Rabbi sont comme des aliments car celui qui s’attache à les étudier avec toutes les forces de son âme finit par les intégrer de manière profonde. A l’exemple de l’Admour Haemtsaeï dont il est dit que ‘si l’on ouvrait ses veines on verrait couler des paroles de ‘Hassidout’, lorsque l’on s’applique à étudier la Torah du Rabbi alors on parvient à ce que ces enseignements qui sont au-delà de ce monde matériel car ils sont liés à l’Essence divine deviennent ‘prêts à être consommés’, c’est à dire qu’ils nous insufflent une nouvelle vitalité, aussi bien matérielle que spirituelle. Le Rabbi ‘place devant nous’ l’Essence de la Torah ‘comme des aliments dressés sur une table’ signifie dans ce cas que le Rabbi met à notre portée l’Essence divine. Peut-être que ces paroles de Rachi font aussi allusion à la table qu’Hachem dressera pour les Tsaddikim lors du dévoilement du Machia’h. Pendant ce festin chacun mangera de la chair du poisson, le Léviathan, de la viande du taureau sauvage, le Chor-ha-Bar, et boira du vin que L’Eternel garde en secret, le vin ‘Méchoumar’. A l’évidence ce vin et ces aliments sont tous des allusions aux enseignements du Rabbi et à tous les secrets qu’ils renferment et qui seront alors dévoilés lors de la Délivrance finale très bientôt et de nos jours, avec l’aide de D.ieu.
Moché répète les Dix Commandements afin que le peuple d’Israël soit capable d’intégrer de manière profonde la Parole Divine :
Il est dit dans notre Paracha (Yitro, 20, 15-16) que lors du Don de la Torah tous les Juifs’tremblèrent et se tinrent debout, de loin. Ils dirent à Moché : parle, toi avec nous, et nous t’écouterons, et que D.ieu ne parle pas avec nous de peur que nous mourrions’.
De fait, les enfants d’Israël ne purent supporter d’entendre les deux premiers Commandements de la Bouche de l’Eternel. Lorsque l’Eternel parlait, l’âme des enfants d’Israël quittait leurs corps, ainsi qu’il est écrit (Chabbat, 88b) : ‘A chaque expression divine, leurs âmes s’envolaient…Mais L’Eternel la leur restituait avec la rosée dont Il fera revivre les morts’.
Dans le Dvar Mal’hout sur notre Paracha le Rabbi souligne que les Dix Commandements sont mentionnés deux fois dans la Torah. La première fois, Paracha Yitro, L’Eternel dit Lui-même les Dix Commandements et la seconde fois, Paracha Vaèt’hanan, Moché répète les Dix Commandements aux enfants d’Israël durant la quarantième année de leur séjour dans le désert. Le Rabbi nous donne la raison de cette répétition. Le rôle de Moche est d’unir les enfants d’Israël avec D.ieu et du fait que lorsque L’Eternel parlait l’âme des enfants d’Israël ‘s’envolait’ Moché dut leur répéter les Commandements afin de Les mettre à leur portée. Pour qu’eux-mêmes soient capables d’intégrer de manière profonde la Parole Divine.
De manière profonde, Moché établit le lien entre l’Essence divine et les forces de l’intellect des enfants d’Israël car lorsque Moché leur enseigna les Dix Commandements, les enfants d’Israël furent touchés au plus profond d’eux-mêmes. L’enseignement de Moché atteignait leurs pensées, leurs sentiments et leurs actions, conformément à l’explication de Rachi du verset : ‘Et voici les Lois que tu placeras devant eux’ (Michpatim, 21, 1), selon laquelle le rôle de Moché fut de présenter les Lois de D.ieu comme des aliments, ‘dressées sur une table, prêts à être consommés’.
Cependant, bien que la parole de Moché possède l’avantage d’être assimilée par chacun, elle n’est ‘que’ la parole d’un homme, c’est à dire que contrairement à la Parole de D.ieu, la parole de Moché ne dévoile pas la dimension la plus profonde de la Torah, son Essence. De fait, c’est avec le dévoilement du Machia’h et le dévoilement de la Torah ‘Hadacha que l’Essence de la Torah sera dévoilée et intégrée de manière profonde par le peuple d’Israël.
Lorsque Machia’h parlera aux enfants d’Israël en leur dévoilant l’Essence de la Torah, leurs âmes ne ‘s’envoleront’ pas comme ce fut le cas au Mont-Sinaï. Le dévoilement de la Torah ‘Hadacha sera perçu de manière profonde sans que l’âme ne quitte le corps. En d’autres termes, le Machia’h unira l’Essence divine avec les forces de la partie de l’âme qui s’habillent dans le corps (l’intellect, les sentiments et l’action).
La signification profonde des dates du 10, du 11 et du 22 Chevat :
Dans une autre Si’ha du Dvar Mal’hout sur cette même Paracha Yitro, le Rabbi explique la signification profonde des dates du 10 Chevat, du 11 Chevat et du 22 Chevat :
Le ’10 Chevat’, jour de la Hilloula du Rabbi Rayats représente le niveau du chiffre ’10’. ’10’ représente les ’10 Commandements’ lesquels sont liés avec ce monde matériel qui a été lui-même créé par ’10 Paroles’.
Le 11 Chevat est lié à la prise de fonction du Rabbi un an exactement après le jour de la disparition de son beau-père le Rabbi Rayats. ’11’ représente le niveau de L’Essence divine, le niveau du Divin qui est au-dessus du monde : Ano’hi, le premier mot des Dix Commandements.
Le 22 Chevat qui est la date du décès de la Rabbanite incarne la perfection du chiffre 11 : 2×11=22.
Le dévoilement divin qui eut lieu lors du don de la Torah ne fut que provisoire. Après Matan-Torah le Mont-Sinaï redevint ce qu’il était. Les âmes des enfants d’Israël quittèrent leurs corps quand ils entendirent la Parole de D.ieu. De faitCommefaitCommeComme il a été dit précédemment, ce monde inférieur et limité, symbolisé par le chiffre 10, ne put contenir le dévoilement de l’Essence divine. Le Le Les âmes des enfants d’Israël quittèrent leurs corps quand ils entendirent la Parole de D.ieu. Aussi, le but recherché après le Don de la Torah fut que l’homme avec ses propres forces agisse dans le but de faire de lui-même et de ce monde matériel une demeure pour l’Essence divine. Purifier son être et purifier ce monde matériel afin que le dévoilement de l’Essence divine ne soit pas provisoire comme ce fut le cas au moment du Don de la Torah, mais que ce dévoilement soit permanent. Attirer l’Essence divine, symbolisée par le chiffre 11, dans ce monde, symbolisé par le chiffre 10,,,, et dans tout ce qu’il contient.
Le Rabbi nous enseigne que la date du 10 Chevat correspond à la fin du travail qui consistait à nous préparer au dévoilement de l’Essence divine.
La date du 11 Chevat correspond au début du dévoilement de l’Essence divine mais sans que ce dévoilement n’ait véritablement fait de ce monde ‘une demeure qui fait Un avec D.ieu’.
Enfin la perfection du niveau du chiffre 11 correspond à la date du 22 Chevat car selon l’enseignement du Rabbi c’est par le mérite des femmes Tsidkaniot, et par le mérite de la Rabbanite ‘Haya-Mouchka (l’épouse du Rabbi) que notre mission de faire de ce monde une demeure pour D.ieu atteindra la perfection du fait que cette ‘demeure’ : nous-mêmes, le monde, et tout ce qu’il contient, feront Un avec D.ieu.
Dans son discours intitulé ‘Et tu ordonneras aux enfants d’Israël’, le Rabbi explique qu’il y a plusieurs niveaux de l’Essence de l’âme : le niveau de ‘Haya est le niveau inférieur de l’Essence de l’âme car il a pour effet de s’unir aux forces de l’âme, ‘de faire Un’ avec ces forces, mais de façon provisoire. Dans son discours intitulé ‘Et tu ordonneras aux enfants d’Israël’, le Rabbi explique qu’il y a plusieurs niveaux de l’Essence de l’âme :
Le niveau de ‘Haya est le niveau inférieur de l’Essence de l’âme car il a pour effet de s’unir aux forces de l’âme, ‘de faire Un’ avec ces forces, mais de façon provisoire. Ce dévoilement est donc ‘comme une chose ajoutée à nous-même’ car il peut y avoir une situation où un Juif fera don de lui-même pendant des années car il brillera en lui-même ce niveau de ‘Haya, mais lorsque ce dévoilement s’arrêtera les forces de son âme (l’intellect, les sentiments, l’action) ne changeront pas.
Le niveau supérieur de l’Essence de l’âme est celui de l’âme telle qu’elle est enracinée dans l’Essence divine. Lorsque ce niveau se dévoile dans l’âme il pénètre au plus profond des forces de l’âme au point de les transformer véritablement et de faire ‘Un’ avec elles.
Pour l’intellect par exemple, lorsque le niveau de ‘Haya se révèle dans l’intellect, un Juif agit au-delà de l’intellect mais quand ce niveau ne brille plus l’intellect redevient ce qu’il était, A l’opposé, lorsque l’Essence de l’âme brille dans l’intellect, l’intellect agit tel qu’il est mais il dévoile aussi l’Essence de l’âme. La lumière de l’Essence de l’âme se révèle dans l’intellect dans les sentiments et dans tous les vêtements de l’âme : la pensée la parole et l’action.
Le 22 Chevat représente ce niveau de l’Essence. Il correspond au niveau décrit par le Rabbi dans le Dvar Mal’hout comme étant ‘la perfection du niveau du chiffre 11′ car ce niveau désigne le pouvoir d’unir le Divin qui est au-delà du monde (’11’) avec le monde (’10’) : de faire de ce monde (’10’) une demeure pour l’Essence divine (’11’).
En résumé, le 10 Chevat représente le travail de purification qui nous prépare au dévoilement de l’Essence divine. Le 11 Chevat représente le niveau ‘inférieur’ de l’Essence car ce dévoilement élève le monde mais ne le transforme pas (à l’exemple du niveau de ‘Haya). Le 22 Chevat représente le plus haut niveau de l’Essence, lequel a le pouvoir de transformer ce monde au point qu’il ne fait plus qu’Un’ avec l’Essence divine, comme le Rabbi dit souvent : le dévoilement de l’Essence de l’âme signifie que l’on ne fait plus qu’Un avec Hachem.
Il est écrit dans le Traité Bra’hot (57b) que ‘Trois choses apaisent l’esprit de l’homme : une voix mélodieuse, une belle vue et une bonne odeur. Trois choses le mettent à l’aise et lui donne un sentiment de bien-être : une belle maison, une belle épouse et de beaux ustensiles’.
A la lumière de cet enseignement le Rabbi exprime le fait qu’il ne s’agit pas seulement de faire de ce monde une demeure pour Hachem, mais il sagit que cette demeure soit belle. Dans ce cas les enfants d’Israël procurent un grand plaisir au Saint béni soit-Il qui est Lui-même le propriétaire de cette demeure. Notre mission est de transformer ce monde au point qu’il devienne une demeure pour l’Essence divine qui est au-delà du monde. Or, comme l’écrit le Rabbi : ‘La beauté de cette demeure (la force de la rendre belle), qu’il s’agisse de sa beauté spirituelle ou de sa beauté matérielle, dépend du mérite des femmes.
A la lumière de cet enseignement le Rabbi exprime le faitnous enseigne qu’il ne s’agit pas seulement de faire de ce monde une demeure pour Hachem, mais il s’agit que cette demeure soit belle. Dans ce cas les enfants d’Israël procurent un grand plaisir au Saint béni soit-Il qui est Lui-même le propriétaire de cette demeure. Notre mission est de transformer ce monde au point qu’il devienne une demeure pour l’Essence divine qui est au-delà du monde. Or, comme l’écrit le Rabbi : ‘La beauté de cette demeure (la force de la rendre belle), qu’il s’agisse de sa beauté spirituelle ou de sa beauté matérielle, dépend du mérite des femmes.
Le Rabbi écrit aussi que ‘la beauté matérielle découle de la beauté spirituelle’, et nous enseigne que la valeur numérique du mot ‘Ner’ (bougie) est égale à 250. Les 248 injonctions positives plus le chiffre 2 (qui est une allusion aux deux mains avec lesquelles on accomplit les Commandements divins, et aussi une allusion à l’amour et à la crainte de D.ieu) font un total de 250. Ainsi les bougies que les femmes et les filles d’Israël allument le soir du Chabbat et les jours de fêtes illuminent les maisons Juives de la lumière, de la beauté de la Kédoucha et de la beauté matérielle de la lumière. La beauté de cette demeure vient de la vitalité que les femmes d’Israël lui insufflent. C’est la raison pour laquelle le Rabbi souligne que cette demeure doit être emplie d’une bonne odeur parfumée. Cette odeur (spirituelle et matérielle) ajoute à la beauté de la lumière des bougies.
Le prénom de la Rabbanite est une allusion à tout cela. ‘Haya qui désigne la ‘vitalité’ (‘Hayout) est une allusion aux forces de l’âme qui s’habillent dans le corps : la vitalité ‘Pnimi’, et Mouchka désigne les forces de l’âme qui ne s’habillent pas dans le corps et l’Essence de l’âme elle-même : Ko’hot ha makifim).
Ainsi, le 22 Chevat désigne bien la perfection du niveau du chiffre 11, car l’union de ‘Haya avec Mouchka exprime le lien entre le Divin qui s’habille dans le corps et dans ce monde avec le Divin qui est au-delà de ce monde : l’Essence divine.
Il apparait donc à nos yeux que c’est par le mérite de la Rabbanite et de toutes les femmes et les filles d’Israël qui suivent son exemple et sa conduite que nous aurons le mérite d’atteindre la perfection de notre mission de faire de ce monde une demeure pour l’Essence divine, et la perfection de cette mission consiste à faire de ce monde inférieur une belle demeure pour D.ieu du fait que la beauté dans ce cas représente l’union entre l’Essence de lame et les forces de l’âme qui s’habillent dans le corps, entre l’Essence divine et les limites de ce monde inferieur. La beauté représente la Guéoula, lorsqu’il apparaîtra à nos yeux de chair qu’Hachem Israël et la Torah ne sont qu’Un, avec le dévoilement de notre Juste Machia’h, très bientôt et de nos jours, avec l’aide de D.ieu.
Résumé : D’une certaine manière, les Dix Commandements, lorsqu’ils sont dits par l’Eternel, représentent l’Essence divine laquelle est au-delà de toutes les limites de tous les mondes de la Création. Ce niveau est celui. Ce niveau est celui de la partie de l’âme qui ne s’habille pas dans le corps : l’Essence de l’âme divine qui est au-delà de la partie de l’âme qui ne s’habille pas dans le corps : l’Essence de l’âme divine qui est enracinée dans l’Essence divine et dont la force dépasse donc totalement, infiniment, la partie de l’âme qui s’habille dans le corps et qui est limitée. Ainsi, les 10 Commandements tels qu’ils seront enseignés par le Machia’h, avec l’aide de D.ieu, représentent donc la perfection de la beauté de la Torah : la beauté de la Torah du Machia’h, la beauté de la Torah ‘Hadacha : le dévoilement de l’Essence de la Torah qui détient le pouvoir d’unir l’Essence divine avec l’âme telle qu’elle s’habille dans le corps.la partie de l’âme qui s’habille dans le corps et qui est limitée, du fait que l’Essence de l’âme est enracinée dans l’Essence divine.
Dans le Dvar Mal’hout sur la Paracha Béchalah le Rabbi explique que ce Chabbat réalise la perfection du jour du 10 Chevat qui est lui-même le jour de la Hiloula du Rabbi Rayats. De fait, ce Chabbat est celui de Chirat-ha-Yam, le Chant de la Mer, et la force d’un Chant est de ‘s’élever d’un niveau spirituel vers un niveau qui lui est supérieur’, et au Rabbi d’ajouter que ‘même l’élévation des mondes le jour du Chabbat est réalisée par le Chant (Chir) et tout particulièrement pendant le Chabbat ‘Chira’ dont la lumière a le pouvoir d’éclairer tous les autres Chabbat de l’année’.
Le Chant incarne le ‘Bitoul’, c’est à dire un état de soumission, d’annulation, qui nous permet d’accéder à un niveau supérieur. C’est pourquoi le Tsémah Tsédek a souligné que lorsque les enfants d’Israël apportaient des sacrifices sur l’Autel du Beïth-ha-Mikdache, ils étaient accompagnés par des Chants. En effet, le sujet des Korbanot (Sacrifices) est une élévation du bas vers le haut et cette élévation n’est possible qu’au moyen des Chants et du ‘Bitoul’.
Le Tséma’h Tsédek mentionne par ailleurs que ‘le sujet du ‘Chant’ est celui de l’éveil de la Sim’ha (de la Joie) qui naît du fait de méditer à la grandeur de D.ieu, et qui a le pouvoir de provoquer le désir et le plaisir d’Hachem, de dévoiler la vitalité de la Lumière d’Or Sovev qui est au-delà du monde. De fait, la Sim’ha vient du niveau de Binah : ‘on ne chante pas sans boire du vin’, et le vin représente le niveau de Binah.
Le Rabbi a mentionné dans le Dvar Mal’hout l’importance du Niggun (Chant) que l’on chante avant d’entendre le Maamar (Discours Hassidique) de la bouche du Rabbi. De la même façon ‘Chirat ha Yam’ que nous lisons le jour du Chabbat de la Paracha Béchala’h précède ‘les 10 Commandements’ que nous lisons le jour du Chabbat de la Paracha Yitro. ‘Chirat ha Yam’ est une préparation au dévoilement de la Parole de D.ieu, tout comme le Niggun qui précède le Maamar est une préparation aux paroles du Rabbi.
Le Niggun nous aide à attirer et à intégrer la lumière du Maamar du Rabbi :
C’est une véritable fusion qui existe entre le Rabbi précédent et le Rabbi. C’est tout particulièrement la Rabbanite ‘Haya-Mouchka, l’épouse du Rabbi, qui permit à cette fusion de se concrétiser, puisque c’est elle qui décida le Rabbi à poursuivre l’œuvre de son père, le Rabbi précédent, en devenant le septième Rabbi de Loubavitch.
Le Maître de ‘Habad détient la capacité de dévoiler l’Essence de l’âme de celui qui se trouve dans ses quatre coudées, et tout le travail d’un ‘Hassid du Rabbi consiste alors à intégrer de manière profonde le dévoilement de la puissance de l’Essence de l’âme.
La puissance de l’Essence de l’âme Juive :
Dans notre Paracha il est écrit : ‘Et par le souffle de Tes narines, les eaux se sont amoncelées, les flots se sont dressés comme une barrière, les profondeurs se sont gelées au cœur de la mer’.
Rachi explique que l’expression ‘au cœur de la mer’ désigne l’Essence et la puissance de la mer. Or, il en va de même pour l’Essence de l’âme Juive que l’on pourrait appeler ‘le cœur de l’âme’ afin d’exprimer sa puissance. L’exemple de Na’hchon-ben-Aminadav qui n’hésita pas à s’élancer dans la mer pour aller recevoir la Torah, convient ici pour décrire la puissance du dévoilement de la force de l’Essence de l’âme :
L’ouverture de la mer des Joncs fut l’un des grands miracles que l’Eternel fit voir aux yeux de tous les enfants d’Israël. Elle prépara le peuple juif au don de la Torah sur le Mont-Sinaï, et elle est en soi une préparation à la Délivrance finale. Dans le Likouteï- Si’hot (‘helek Aleph, pages 134-138), le Rabbi nous enseigne que la mer s’ouvrit par le mérite d’un seul Juif du nom de Na’hchon ben Aminadav.
Ce juste du peuple Juif savait que L’Eternel a fait sortir Ses enfants de l’Egypte afin de les conduire au pied du Mont-Sinaï pour leur donner la Torah. Na’hchon ne fut donc pas du tout impressionné par tous les évènements extérieurs qui se produisirent autour de lui, alors qu’une partie de l’Assemblée d’Israël désirait retourner en Egypte, que d’autres envisageaient de combattre les Égyptiens qui les poursuivaient, il y avait seulement un groupe d’hommes qui pensait que la solution était de rentrer dans la mer. Na’hchon fut l’un de ces hommes. Il ressentait profondément que le projet divin allait se réaliser et ne fut donc nullement apeuré par l’image des Égyptiens qui approchaient. La seule chose qui importait à ses yeux était de gagner le plus vite possible le Mont-Sinaï pour y recevoir la Torah. Il agit donc au-delà de la raison, de la logique, et de l’intellect, et sauta dans la mer.
Le Midrache nous enseigne que Na’hchon avança dans la mer jusqu’à ce que l’eau arrive à ses yeux, mais bien que cela l’empêchait de respirer il ne recula pas, et c’est à cet instant que par un miracle divin la mer s’ouvrit devant lui.
Le Rabbi nous enseigne que D.ieu délivre ceux qui donnent tout ce qu’ils ont, et tout ce qu’ils sont, pour mener Son combat en faisant de ce monde une demeure pour Lui. Le Rabbi précédent fit par exemple le serment ‘de donner jusqu’à sa dernière goutte de sang’ pour ‘répandre les sources de la ‘Hassidout à l’extérieur’. Cette attitude qui défie les limites et l’ordre naturel des choses, fut également celle de Na’hchon ben Aminadav qui n’hésita pas un seul instant à affronter cet obstacle qui semblait pourtant gigantesque, de la mer qui lui faisait face.
Il convient ici d’établir ici un lien avec un autre enseignement du Rabbi sur notre Paracha. Le Rabbi nous enseigne en effet que L’Eternel ordonna aux enfants d’Israël de faire la guerre contre Amalek qui s’opposait de manière évidente à ce que le peuple juif reçoive la Torah. Amalek tente par tous les moyens d’éteindre le feu ardent de l’amour qu’un juif ressent pour D.ieu, et c’est d’ailleurs la raison pour laquelle l’Admour Hazaken nous enseigne dans le Livre du Tanya que les actions d’Amalek sont toutes semblables à la piqure du scorpion dont l’effet est de refroidir le corps.
Le moyen de ne jamais succomber aux attaques d’Amalek, dont le but est d’éteindre la force de notre amour pour D.ieu, est d’éveiller cet amour par notre prière et par notre étude de la Torah.
L’Admour Hazaken nous enseigne dans le livre du Tanya (Igguéret ha Kodech, 12) que l’âme Juive, du fait qu’elle provient de la pensée de D.ieu possède naturellement la qualité d’inspirer l’amour de D.ieu dans le cœur. Cependant ce n’est là qu’une qualité naturelle de l’âme, c’est à dire qu’un juif dispense le bien autour de lui car c’est sa propre nature et il n’a pas besoin de faire un effort particulier pour cela. Aussi, le mérite d’un Juif commence quand il dépasse sa propre nature, à l’exemple de Na’hchon ben Aminadav qui agit au-delà de tout calcul, de tout raisonnement et de toute logique. Un Juif a du mérite quand il dépasse les limites de sa bonté naturelle et il en va de même aussi pour notre étude de la Torah qui a une grande valeur lorsque nous étudions plus qu’à notre habitude.
Il est écrit que ‘Celui qui travaille la semaine mange le jour du Chabbat’ (Baba Beitsa, 16). L’Admour Hazaken explique que ‘Celui qui travaille la semaine’ fait allusion à celui qui durant les six jours de la semaine médite de toutes ses forces à la grandeur de D.ieu, parvenant de cette façon à faire naître dans les deux côtés de son cœur l’amour de D.ieu, et ‘Mange le jour du Chabbat’ évoque le cadeau que cet homme reçoit de D.ieu le jour du Chabbat, car par le mérite du travail personnel qu’il a accompli durant la semaine, D.ieu lui donne comme cadeau, le jour du Chabbat, celui de ressentir le ‘grand amour’ de D.ieu qui dépasse de loin l’intellect et la raison.
Ainsi, un juif doit agir à la manière de Na’hchon ben Aminadav : durant les jours de la semaine il doit sauter dans la mer de la Torah et marcher jusqu’à ce que l’eau atteigne le niveau de ses yeux, c’est à dire qu’il doit accomplir au-delà de ses propres limites son service divin, en s’efforçant de comprendre la Parole divine ou en méditant à la grandeur de D.ieu, et lorsqu’il parviendra à ce que ‘l’eau arrive à ses yeux’ , lorsqu’il dépassera ses propres limites, alors l’Eternel ouvrira la mer devant lui le jour du Chabbat, c’est à dire qu’il lui dévoilera dans son cœur et dans son esprit les plus hautes lumières : ‘il mangera le jour du Chabbat’, comme des aliments que le corps intègre, la Lumière divine devient une partie de nous-mêmes.
Le chiffre 11 :
Dans le Dvar Mal’hout de la Paracha Béchala’h, le Rabbi rapporte un Midrache selon lequel, seulement onze étapes séparaient l’Egypte de la Terre d’Israël, mais l’Eternel détourna Son peuple du chemin le plus direct, en les conduisant dans le désert où ils séjournèrent pendant quarante ans.
La présence des enfants d’Israël pendant une période aussi longue et dans un lieu aussi désolé avait pour but d’élever les étincelles divines, les lumières du monde de Tohou qui tombèrent dans le désert au moment de la ‘brisure des vases’ (Chvirat ha Kélim).
Le travail de purification des étincelles divines permit aux enfants d’Israël de faire pénétrer dans ce monde, de manière profonde, une lumière qui est au-delà de ce monde. C’est à cela que se rapporte le verset (Ki Tavo, 29, 3) :
‘L’Eternel vous a donné un cœur pour comprendre, des yeux pour voir et des oreilles pour entendre’. Il ne s’agit pas en effet seulement de ressentir de voir et d’entendre de manière superficielle, mais bien au contraire d’accéder à une véritable et une profonde perception du divin. L’accession à ce niveau supérieur est symbolisée par le chiffre 11. Le chiffre 11, des onze étapes qui séparaient l’Egypte de la Terre Israël, est une allusion à ce qui dépasse la nature de ce monde.
D’une part, le chiffre 10 représente la Création du monde qui a été créé en 10 Paroles, et d’autre part, le chiffre 11 représente ce qui est au-delà de la Parole divine, et donc au-delà de ce monde. L’enseignement du Rabbi est alors le suivant. Les quarante années passées dans le désert, qui représentent le travail de purification de la matière, permirent d’attirer dans ce monde, et de manière profonde, ‘la lumière qui entoure les mondes’, symbolisée par le chiffre 11.
Les expressions ‘Or Makif’ ou ‘Or Sovev’ désignent ‘la lumière qui entoure les mondes’. La volonté, par exemple, est une force de l’âme ‘qui nous entoure’, du fait qu’elle n’est pas présente et révélée constamment en nous-même. Nous devons en effet la réveiller, puis l’attirer, la rapprocher de nous afin qu’elle se révèle profondément et anime nos pensées nos paroles et nos actes.
La ‘Hassidout explique qu’un chant, avec son refrain qui revient toujours sur lui-même, est à l’image de ‘la lumière qui entoure les mondes’, car il est comme un cercle qui revient toujours à son point de départ. De fait, le Chant, nous permet d’accéder à cette ‘lumière qui nous entoure’, ‘Or sovev’. Il nous fait remonter les niveaux de l’enchaînement des mondes.
C’est à ce sujet que le Rabbi nous enseigne que le Chant ‘Chirat Ha Yam’ inclut en lui les 42 élévations des voyages des enfants d’Israël dans le désert, et qu’il nous permet de ressentir le lien et la fusion de notre âme avec l’Essence divine (symbolisée par le chiffre 11).
Par ailleurs le Rabbi souligne que ‘Chirat Ha Yam’ est lié au chant du Roi Chlomoh, ‘Chir Ha Chirim’, ‘le Chant des Chants’, que l’on appelle aussi ‘le Saint des Saints’. Le Rabbi explique que ‘Chir Ha Chirim’ représente ‘l’élévation (à partir) de la Séfira de ‘Hokhmah vers la Séfira de Kéter’. Autrement dit, cela signifie que ce Chant nous permet d’accéder au dévoilement de l’Essence de la Torah (le chiffre 11). Plus encore que cela, le Rabbi nous enseigne que ‘Chirat Ha Yam’ nous relie directement avec le Chant de la Délivrance, ‘Chir ‘Hadach’. En effet, celui-ci représente l’élévation la plus considérable, ‘le passage de la Séfira de Kéter à l’Ein sof béni’, l’Essence divine’.
Par ailleurs, le mot ‘Chira’ (‘Chant’) de l’expression ‘Chirat Ha Yam’ est du genre féminin, alors que le mot ‘Chir’ (‘Chant’) de l’expression ‘Chir ‘Hadach’ est du genre masculin. La raison est simple, ‘Chirat Ha Yam’ est écrit au féminin car bien que ce chant nous relie à la Séfira de Kéter’, il reste lié à notre exil, contrairement au chant ‘Chir ‘Hadach’ qui est le Chant de la Délivrance finale, lequel exprime la révélation de l’Essence de D.ieu dans un monde qui ne connaîtra plus l’exil. De fait, le Rabbi nous prépare à ce jour, celui de la Délivrance qui sera un Chabbat éternel, quand L’Eternel ouvrira la mer devant nous, et nous dévoilera la Délivrance par l’intermédiaire du Machia’h et Sa Torah nouvelle.
Le Rabbi nous enseigne que le chiffre 22 représente la perfection du chiffre 11. La date du 22 Chevat qui est la Hilloula de la Rabbanite ‘Haya-Mouchka représente donc la Délivrance et le dévoilement de l’Essence divine. La Rabbanite décida le Rabbi de poursuivre l’action du Rabbi précédent en devenant Rabbi de Loubavitch.
Dans le Likouteï-Si’hot (1951, page 271-284), le Rabbi de Loubavitch cite le Livre du Zohar d’après lequel Pharaon représente la racine et la source de toutes les forces du mal, et son impureté est telle que Moché lui-même craignit d’aller à sa rencontre. C’est précisément la raison pour laquelle le Saint béni soit-Il ne donne pas à Moché l’ordre de s’y rendre seul, car L’Eternel ne dit pas à Moché : ‘Va (seul) chez Pharaon ! ‘ (avec tes propres forces) mais Il lui dit : ‘Viens chez Pharaon !’, ce qui sous-entend que D.ieu Lui-même accompagne Moché.
De manière profonde, le Rabbi accompagne le ‘Hassid ‘au jour le jour’ et tout au long de la Vie du ‘Hassid afin que celui-ci mène à bien la mission sacrée qui lui a été confiée. ‘Viens avec Moi chez Pharaon !’ s’applique donc aussi au lien qui unit le Rabbi à son ‘Hassid, et dans ce cas la force du Rabbi se fond dans celle de son ‘Hassid. Tout comme la mission de Moché consista à briser la force de Pharaon et à l’obliger à libérer les enfants d’Israël, la mission du Chalia’h du Rabbi consiste à briser toutes les limites afin de libérer chaque Juif de l’obscurité de l’exil.
Le Rabbi met en relief le fait que la chute de Pharaon, tout comme le nom de la Paracha : ‘Bo’, font tous deux parties intégrantes de la Délivrance. Plus encore, le contenu profond de ces enseignements s’applique également à notre combat d’aujourd’hui, lequel consiste à faire tout ce qui est en notre pouvoir pour sortir de ‘l’Egypte’ de notre exil et de nos propres limites, afin de provoquer le dévoilement de notre Juste Machia’h.
A l’évidence, un Juif parvient à se délivrer lorsqu’il se soumet à la Volonté de D.ieu ainsi qu’il est dit dans le Zohar de Rabbi Shimon Bar-Yo’haï : ‘Celui qui est esclave de D.ieu est maître de toute la terre’.
A ce sujet, l’Admour Hazaken rapporte le verset suivant du Livre des Téhilim : ‘Car Il (L’Eternel) Se tient à la droite du pauvre, pour le sauver de ceux qui jugent son âme’ (Téhilim, 109, 31).
L’Admour Hazaken nous explique que le ‘pauvre’ désigne l’âme divine, et ‘Il’ Se tient à la droite du pauvre’ désigne le Saint béni soit-Il. L’Eternel illumine l’âme et le cœur de chaque juif, Il le rassasie des forces dont il a besoin pour remporter le combat qu’il mène face au mauvais penchant. Sans l’aide du Tout-Puissant, l’âme divine (le ‘pauvre’) n’aurait aucune chance de remporter le ‘Combat de D.ieu’ (selon l’expression employée par le Rabbi), afin de gouverner le corps en soumettant le cerveau et le cœur à la Volonté du Saint béni soit-Il au point que toutes nos pensées, toutes nos paroles et toutes nos actions soient totalement inspirées par l’Esprit divin.
L’expression : ‘le Combat de D.ieu’ désigne également notre mission du fait que le Combat de D.ieu est aussi notre Combat et tant que nous demeurons en exil L’Eternel est aussi en exil.
Diriger la force du désir vers le bien :
Le Rabbi Rachab dit un jour à son fils Rabbi Yossef-Itz’hak : ‘Il existe deux niveaux dans la recherche spirituelle : la recherche superficielle et la recherche intérieure. Il faut se détacher de la première pour s’engager dans la seconde, dans la recherche intérieure, car c’est la seule véritable’. Le Rabbi bénit ensuite son fils en lui disant : ‘D.ieu fasse que du profond de toi tu te voues à la recherche de l’intériorité de l’Être’.
‘La recherche intérieure’ représente donc le niveau le plus élevé dans la recherche spirituelle. Cette ‘recherche de l’intériorité de l’être’ consiste au départ à ‘diriger l’Essence de nos désirs vers le bien’ :
L’Admour Hazaken dans le Likouteï-Torah sur la Paracha ‘Houkat (page 56b) explique que l’Essence de la volonté d’un juif n’est autre que la force du désir. Or, un juif possède la capacité de diriger la force de ses désirs. Le choix lui est donné de diriger cette force. Le désir peut s’habiller dans des vêtements sales, dans des mauvaises pensées, des paroles vaines, des actes bas ou il peut s’habiller de vêtements royaux, dans des pensées pures, des paroles de Torah ou des Mitsvoth.
L’enseignement de l’Admour Hazaken met l’accent sur le fait que la racine de l’âme animale appartient au domaine de la Sainteté car elle provient de ‘la face du Taureau’ du Char céleste. Cependant le mal est présent dans notre monde et le choix entre le bien et le mal est donné à l’homme. Aussi la force du désir peut être détournée vers le mal. Notre travail, notre mission, consiste donc à ‘s’engager dans la recherche intérieure’ c’est à dire à diriger la force, l’Essence de nos désirs, vers le bien, afin qu’elle ne soit employée qu’au service divin.
Le lien qui existe entre le contenu profond de la Paracha et le jour de la Hiloula du Rabbi Rayats :
Dans la Si’ha du Dvar Mal’hout sur notre Paracha, le Rabbi explique la raison pour laquelle Moché refusait de se rendre chez Pharaon. Il prétexta que ‘sa bouche était lourde’, en d’autres termes qu’il avait des difficultés à parler. L’Eternel répondit à Moché : ‘Qui a donné une bouche à l’homme, ou qui rend muet ou sourd, ou intelligent ou aveugle n’est-ce pas Moi L’Eternel’ (Chemot 4, 11). Par cette remarque, L’Eternel expliquait à Moché qu’Il détenait le pouvoir de transformer n’importe quelle situation. Hachem fit donc un miracle en dévoilant Son Essence dans la bouche de Moché, lui permettant momentanément de parler, ainsi qu’il est dit : ‘Je (Ano’hi : L’Essence divine) serais avec ta bouche’.
Cependant, bien que Moché, sous l’effet du miracle divin, fut capable de parler correctement aux enfants d’Israël, cette guérison ne dura que le temps du miracle, et il n’était pas guéri pour autant de son défaut d’élocution. Il fallut attendre le don de la Torah, lorsque D.ieu donna Son Essence, de manière profonde, ainsi qu’il est dit : ‘J’ai écrit Mon Essence et Je l’ai donnée’, pour que Moché guérisse définitivement. Le dévoilement de l’Essence divine est allusionné dans le premier Commandement : ‘Je (Ano’hi : L’Essence divine) suis L’Eternel ton D.ieu.’
Dans le Dvar Mal’hout, le Rabbi enseigne que l’âme de Moché vient du monde de Tohu qui est ‘un monde dans lequel les lumières sont très élevées et les réceptacles trop petits pour les contenir’.
Cela explique le fait que Moche bégayait. Le bégaiement de Moché signifiait que la lumière de son intellect n’illuminait pas correctement les mots qu’il prononçait. En d’autres termes, Les forces de son intellect ne parvenaient pas à fusionner avec les articulations de sa bouche. De manière encore plus profonde, le Rabbi explique que ‘la bouche de Moché ne fusionnait pas avec son cerveau car les enfants d’Israël ne fusionnaient pas avec Moché’.
En effet, Moché se demandait si les enfants d’Israël étaient capables de recevoir les hautes lumières du monde de Tohou qu’il détenait. Ce doute qui vivait dans l’esprit de Moché s’exprimait physiquement par le fait que sa parole ‘doutait’, qu’il bégayait. Dès-lors, nous pouvons comprendre les raisons pour lesquelles L’Eternel, qui désirait accompagner Moché, lui déclara : ‘Je seconderais ta parole’ et ‘Je t’inspirerais ce que tu devras dire’.
Par ailleurs, le principe selon lequel ‘les lumières élevées de Tohu ne trouvent pas de réceptacles capables de les contenir’ s’applique également à nous-mêmes, et c’est la raison pour laquelle le Rabbi établit une comparaison entre Moché et le Rabbi Rayats. De fait, pendant une certaine période de sa Vie, le Rabbi Rayats s’arrêta de parler et le Rabbi en dévoile la raison profonde : ‘si le Rabbi Rayats n’arrivait pas à parler c’est que ses Hassidim n’étaient pas capables de l’entendre’.
Les ‘Hassidim n’étaient pas des réceptacles capables de recevoir ‘le Silence du Rabbi’ : l’abondance de lumière des enseignements du Rabbi. Notre travail pendant l’exil consiste donc à réparer cela, c’est à dire à révéler et à appliquer les enseignements qui étaient cachés dans le ‘Silence du Rabbi’.
Dévoilement de l’Essence : parler sans avoir à chercher ses mots-L’exemple du Baal Chem Tov :
C’est précisément par le dévoilement de la force de l’Essence divine que nous pouvons y parvenir. L’Essence détient le pouvoir d’atteindre tous les niveaux, tous les endroits. Elle a le pouvoir d’unir l’esprit à la matière. Le pouvoir d’unir les lumières spirituelles du cerveau de Moché avec les mots matériels de sa bouche. Le pouvoir d’unir deux choses qui s’opposent totalement.
L’exemple que l’on peut donner ici est celui du Baal-Chem-Tov. Rabbi Israël Baal-Chem-Tov déclara en effet, que lorsque l’Essence de son âme se révélait dans les mots de sa bouche, il pouvait parler sans avoir à chercher ses mots, sans avoir besoin de faire attention à ce qu’il disait. Les mots coulaient de sa bouche comme le flot d’une source, et cela n’est pas sans nous rappeler la déclaration du Machia’h selon laquelle ‘Je viendrais quand tes sources se répandront à l’extérieur’.
La venue du Machia’h est la révélation de l’Essence divine dans ce monde, et l’expression du verset ‘Viens (avec Moi) chez Pharaon’ qui sous-entend que l’Eternel accompagne la parole de Moché, afin que celle-ci brise la force du ‘grand serpent’, représente le début de la Délivrance finale, car il est le commencement et la préparation au dévoilement de l’Essence divine.
Le Rabbi souligne que chaque Juif possède la force de ‘Viens (avec Moi) chez Pharaon’ car cette force est celle de l’Essence de notre âme qui est enracinée dans l’Essence divine. C’est le dévoilement de cette force qui nous permet de briser tous les désirs de notre âme animale : ‘la peau de serpent’ comme l’appelle le livre du Zohar.
Bien que cela ne soit pas dit dans le Dvar Mal’hout, il est possible, au sujet de l’enseignement du Zohar selon lequel ‘du côté de la sainteté Pharaon représente le dévoilement supérieur de toutes les lumières dans la Séfira de Mal’hout’, de donner l’explication suivante :
Dans le livre du Tanya, l’Admour Hazaken appelle la Séfira de Mal’hout la ‘Bouche de l’Eternel’. Par le souffle de Sa Bouche, l’Eternel crée et maintient en vie toute la Création. L’expression ‘Viens chez Pharaon’ qui représente d’après le Zohar ‘l’Union de la Lumière infinie avec la Bouche de l’Eternel’ s’accorde à l’enseignement du Rabbi selon lequel l’Essence divine se dévoile dans ‘la bouche de Moché’ afin qu’il puisse dispenser sa lumière aux enfants d’Israël.
Ainsi, poursuivre l’action du Rabbi précèdent consiste à continuer à diffuser les Sources à l’extérieur en faisant véritablement don de nous-mêmes. Conformément à l’enseignement selon lequel ‘le Rabbi est la tête qui dirige le peuple’, et les enfants d’Israël sont ‘les pieds de Moché’.
Le Rabbi nous accompagne et ‘seconde notre parole’. Comme il a été expliqué, le bégaiement de Moché et le Silence du Rabbi représentent l’incapacité du peuple Juif, des ‘Hassidim, d’être des réceptacles capables de recevoir et d’intégrer la Lumière de Moché, la Lumiere du Rabbi, mais si le peuple Juif s’attache à se raffiner, à se purifier et à s’investir totalement dans l’étude de la ‘Hassidout, alors il peut dévoiler l’Essence divine et accéder à la vision du Divin, à parvenir à ‘un endroit que la tête ne peut atteindre toute seule’, et dans ce cas Israël dévoilera ‘le Silence du Rabbi’ : le dévoilement de l’Essence de la Torah et de la Délivrance finale, très bientôt, et de nos jours, avec l’aide de D.ieu.
Résumé :
Pharaon représente la racine et la source de toutes les forces du mal. De ce fait, Moché craignit d’aller à sa rencontre. ‘Viens chez Pharaon !’ sous-entend que D.ieu Lui-même accompagne Moché.
De manière profonde, ‘Viens avec Moi chez Pharaon !’ s’applique à la mission de chaque Juif de faire de ce monde inférieur une demeure pour D.ieu. L’Admour Hazaken rapporte le verset du Livre des Téhilim : ‘Car Il (L’Eternel) Se tient à la droite du pauvre, pour le sauver de ceux qui jugent son âme’ (Téhilim, 109, 31) et explique que le ‘pauvre’ désigne l’âme divine, et ‘Il’ Se tient à la droite du pauvre’ désigne le Saint béni soit-Il. Sans l’aide du Tout-Puissant, l’âme divine (le ‘pauvre’) n’aurait aucune chance de remporter le ‘Combat de D.ieu’.
Le Rabbi Rachab a enseigné que le niveau le plus élevé dans la recherche spirituelle est celui de la recherche intérieure. Cette ‘recherche de l’intériorité de l’être’ consiste au départ à ‘diriger l’Essence de nos désirs vers le bien’.
Dans la Si’ha du Dvar Mal’hout sur notre Paracha, le Rabbi explique que la raison pour laquelle Moché refusait de se rendre chez Pharaon était qu’il rencontrait des difficultés à parler. De manière profonde, le bégaiement de Moché signifiait que les forces de son intellect ne parvenaient pas à ‘fusionner avec les articulations de sa bouche’. Le Rabbi dévoile que la bouche de Moché ne fusionnait pas avec son cerveau car les enfants d’Israël ne fusionnaient pas avec Moché. De la même façon, pendant une certaine période de sa Vie le Rabbi Rayats s’arrêta de parler et le Rabbi explique que si le Rabbi Rayats n’arrivait pas à parler c’est que ‘ses Hassidim n’étaient pas capables de l’entendre’. Notre travail pendant l’exil consiste donc à réparer cela, c’est à dire à révéler et à appliquer les enseignements cachés dans le ‘Silence du Rabbi’. C’est précisément par le dévoilement de la force de l’Essence divine que nous pouvons parvenir au dévoilement du ‘Silence du Rabbi’ qui n’est autre que le dévoilement de l’Essence de la Torah et du Machia’h, avec l’aide d’Hachem.
On raconte que le Rav Nissan, Machpiah de la Yéchiva de Brunoy, sortit du bureau du Rabbi en pleurant. Lorsque les ‘Hassidim virent le visage de Rav Nissan ils lui demandèrent la raison de ses larmes et Rav Nissan leur répondit que le Rabbi lui avait confié que lors des entretiens privés que le Rabbi avait avec ses Hassidim il ne leur demandait ‘qu’un très faible pourcentage de ce qu’il désirait vraiment’. En entendant cela Rav Nissan se mit à pleurer.
Puissions-nous avoir la clairvoyance de lire entre les mots du Rabbi et de deviner dans les Silences qui ponctuent ses discours ses désirs les plus profonds.
Le ‘côté de la Sainteté’ et ‘l’autre côté de la Sainteté’ :
Par Sa Parole Hachem créé et maintient en vie à chaque instant tous les êtres de Sa Création. Sans la Parole d’Hachem Sa Création retournerait au néant, c’est pourquoi il est dit que ‘Sa Parole demeure éternellement dans le ciel’. Cependant il y a une différence entre la vitalité que D.ieu dispense à ceux qui accomplissent Sa Volonté et la vitalité que D.ieu dispense à ceux qui se trouvent de ‘l’autre côté de la Sainteté’. Ainsi, ceux qui se trouvent du côté de la Sainteté, qui pensent parlent et agissent conformément à la Volonté de D.ieu reçoivent leur vitalité de la ‘Face’ de D.ieu, c’est à dire que L’Eternel leur donne leur vitalité avec amour, de Sa Volonté profonde et intérieure.
A l’opposé, lorsqu’il s’agit des ‘Klipoth’, lesquelles représentent ‘l’autre côté de la Sainteté’, Hachem leur accorde leur vitalité à contre cœur, non pas de sa Volonté profonde et véritable mais ‘comme une chose que l’on donne en la jetant par-dessus son épaule et en détournant son regard’.
Les trois Klipoth-ha-tméoth (littéralement : les trois Klipoth totalement impures) désignent le niveau le plus bas de l’impureté et ne possèdent aucun bien à la différence de Klipat-Noga qui est un mélange de bien et de mal. Les aliments interdits et de même les pensées les paroles et les actes sur des sujets interdits reçoivent leur vitalité des trois Klipoth-ha-tméoth.
L’expression ‘Yénikat-ha-hitsonim’ désigne le fait que toutes les Klipoth reçoivent leur vitalité (‘à contre cœur’) de la Sainteté. Dans ce cas la Saintete Se trouve en exil à l’intérieur des Klipoth.
L’objectif de Rabbi Elazar-ben-Azaria :
Dans le Dvar Mal’hout le Rabbi rapporte une discussion entre la Maison de Chamaï et la Maison d’Hillel qui est la même discussion qui opposait Ben Zoma aux Sages, à savoir ‘s’il était possible d’agir dans une situation où il y a ‘Yénikat ha ‘hitsonim’, s’il est possible de transformer l’obscurité de l’exil.
A l’époque de Rabbi Elazar-ben-Azaria les avis étaient partagés. Rabban Gamliel était d’avis qu’à présent la possibilité n’est pas donnée à l’homme de raffiner et de purifier les trois Klipoth ha-tméoth. Selon Rabbin Gamliel le Tikoun (la réparation) des trois Klipoth ha-tméoth n’était possible qu’avec le dévoilement du Machia’h, lorsque ‘D.ieu effacera l’esprit d’impureté de la terre et que la mort sera avalée’ les Klipoth disparaîtront et l’étincelle divine qui les vivifiait sera alors libérée.
A ce sujet le Rabbi rapporte dans le Dvar Mal’hout sur notre Paracha l’attitude de Rabban Gamliel qui lorsqu’il était Nassi n’autorisait pas l’entrée dans la Maison d’étude ‘à tout élève dont le dedans n’est pas pareil à son dehors’. En d’autres termes, seuls ceux qui avaient atteint une parfaite intégrité dans leur service divin pouvaient entrer dans le Beït-ha-Midrache. Ce point de vue de Rabban Gamliel correspond avec le niveau de Sainteté des Temps futurs, lequel exclut tout ce qui est contraire à la Sainteté.
L’attitude de Rabbi Elazar-ben-Azaria s’opposait totalement à celle de Rabban Gamliel. Selon Rabbi Elazar-ben-Azaria, même dans l’obscurité d’un monde étroit et limité et où de nombreux voiles cachent la lumière divine, il est possible et nécessaire de raffiner et d’élever le monde, de ‘sortir d’Egypte’. C’est pour cette raison que Rabbi Elazar-ben- Azaria, lorsqu’il remplaça Rabban Gamliel et devint à son tour Nassi (Bra’hot, 28a) renvoya le gardien de la Yéchiva afin d’ouvrir l’accès de la Maison d’étude même ‘aux élèves dont le dedans n’est pas pareil à son dehors’.
Cette discussion entre les Sages revient à se demander si nous devons évoquer la sortie d’Egypte lors de la récitation du Chéma de la prière du soir, ou bien si cette obligation ne s’applique-t-elle seulement qu’en journée ?
Le Rabbi rapporte la déclaration de Rabbi Elazar-ben-Azaria selon laquelle il fallait évoquer la sortie d’Egypte également ‘pendant la nuit’, ainsi qu’il est dit :
‘Me voici comme âgé de 70 ans, et pourtant je n’ai pas eu le mérite de convaincre mes collègues de l’obligation de faire mention la nuit également de la sortie d’Egypte, jusqu’à ce que Ben Zoma l’ai déduit de ce verset (Deutéronome, 12, 6) : Afin que tu te souviennes du jour où tu es sorti d’Egypte tous les jours de ta vie. ‘Tous les jours de ta vie’ vient inclure les nuits, et selon d’autres Sages ‘les jours de ta vie’ se réfère au devoir de mentionner la sortie d’Egypte de nos jours, et ‘tous les jours de ta vie’ vient inclure les Temps messianiques’ (Brakhot, 28a).
Le ‘Hidouch de Ben-Zoma est que ‘nous devons également faire mention de la ‘sortie d’Egypte pendant la nuit’. Cela signifie que même pendant la nuit et dans la plus grande obscurité spirituelle de l’exil, il est possible et il est même nécessaire de ‘sortir d’Egypte’ contrairement à tous ceux qui pensaient que seule la venue du Machia’h pouvait mettre un terme au règne des Klipoth, car selon eux la majorité des hommes ne possédait pas la force de ‘raffiner les nuits’.
A partir de l’histoire de la Guémara sur l’ouverture de la Maison d’étude, le Rabbi met en évidence que Rabbi Elazar-ben-Azaria ouvrit la porte de la Yéchiva à des élèves qui n’avaient pas encore atteint une parfaite intégrité dans leurs services divins. Permettre à ces élèves d’étudier dans le but de se raffiner et de se transformer nous montre qu’il est possible de ‘raffiner les nuits’ : même pendant la nuit et dans la plus grande obscurité spirituelle il est possible et il est même nécessaire de ‘sortir d’Egypte.
Sortir de ‘l’Egypte de la Sainteté’ :
Le nom ‘Mitsraim’, ‘Egypte’, vient du mot ‘Metsarim’ qui signifie ‘Limites’. Nous devons continuellement ‘sortir d’Egypte’ c’est à dire de nos propres limites, et c’est pourquoi Rabbi Elazar-ben-Azaria ne limita pas l’entrée de la Yéchiva seulement à ceux qui avaient déjà un niveau spirituel élevé.
‘Sortir d’Egypte’ signifie donc que l’on doit sortir de toutes les limites, qu’il s’agisse des limites que nous impose le ‘jour’ ou qu’il s’agisse des limites que nous impose la ‘nuit’.
De façon générale ‘sortir d’Egypte’ signifie sortir des limites qui nous empêchent de servir D.ieu mais de manière plus profonde ‘sortir d’Egypte’ signifie que l’on sort des limites et des obstacles qui existent dans la Sainteté elle-même et cela au point de sortir des limites du monde d’Atsilout, car comme le souligne le Rabbi, Atsilout est lui-même un ‘monde’ et de ce fait malgré sa grandeur il est lui-même limité.
Le Rabbi nous donne à chaque instant la possibilité de sortir de nos propres limites, et si nous savons saisir cette opportunité nous pouvons nous élever sans cesse de prodiges en prodiges et de manière illimitée, au-delà des ‘jours’ et des ‘nuits’. ‘Sortir de l’Egypte de la Kédoucha’.
Au sujet du premier verset du livre de Chemot, d’après lequel il est dit (Chemot,1,1) : ‘Et voici les noms des enfants d’Israël qui viennent en Egypte avec Yaakov’, le Rabbi souligne que ce verset emploie le temps présent. Il est écrit en effet que les enfants d’Israël « viennent en Egypte » mais non pas qu’ils ‘sont venus en Egypte’. L’explication du Rabbi est qu’un Juif ne doit jamais se lier à l’obscurité de l’Egypte. Il doit donc toujours se rapporter à l’enseignement de l’Admour Hazaken d’après lequel ‘chaque jour il doit se voir lui-même comme s’il entrait aujourd’hui en Egypte’.
Pour sortir d’Egypte il faut d’abord être en Egypte. De fait, nous devons ressentir qu’aujourd’hui nous entrons en Egypte, et qu’aujourd’hui nous devons faire tout ce qui est en notre pouvoir pour en sortir.
De cette façon, nous parvenons à dominer l’obscurité de l’exil. Penser qu’aujourd’hui nous entrons en Egypte signifie qu’hier nous sommes parvenus à nous libérer, et qu’aujourd’hui aussi nous parviendrons également à nous libérer. De cette façon l’exil n’a jamais d’emprise sur nous-même car jamais nous ne lui donnons le temps et la possibilité d’agir contre nous. Ainsi, ‘ne jamais nous lier à l’obscurité de l’Egypte’ signifie que nous devons toujours chercher à atteindre un niveau supérieur de Kédoucha car rester au même niveau même s’il s’agit d’un niveau de Kédoucha signifie que l’on est toujours lié à l’obscurité.
Par ailleurs, le Rabbi précise qu’il existe quelques rares possibilités d’élever vers la Sainteté une chose qui tire sa vitalité des trois klipoth-ha-tméoth. L’une d’entre-elles vient de la Téchouva que l’on fait par amour, car alors ‘nos péchés deviennent des mérites’. Une personne ‘noyée’ dans les trois klipoth-ha-tméoth fera Téchouva en éprouvant une très grande soif de se lier à D.ieu. Or, ces trois klipoth-ha-tméoth dans lesquelles cette personne s’était perdue lui ont permis d’éprouver la soif du Divin. L’élévation de ces trois Klipoth résulte donc du fait qu’elles ont amené cet homme à une Téchouva accomplie avec amour. Ce n’est le cas du cas d’une simple Téchouva (dénuée d’amour) car celle-ci ne permet pas de dégager l’étincelle divine qui est emprisonnée dans la Klipa.
Le Rabbi nous donne dans le Dvar Mal’hout deux autres exemples parmi les possibilités qui nous sont données pour élever vers la Sainteté une chose qui tire sa vitalité des trois klipoth-ha-tméoth. Le premier exemple, lorsque nous permettons à un Juif, du fait d’un danger dans lequel il se trouve, de manger un aliment qui est ordinairement interdit. Le second exemple est celui du converti qui avant sa conversion recevait sa vitalité des trois klipoth-ha-tméoth, et qui élève avec lui au moment de sa conversion l’étincelle divine qui était prisonnière de ces klipoth.
Une histoire en guise de ‘Résumé’ :
Un Hassid ‘Habad qui vit à présent en Amérique du nord raconta qu’il était né en Israël et que vers l’âge de 20 ans il partit vivre à Montréal. Il était Artiste, mais la vie d’Artiste est loin d’être facile et il connut assez rapidement une chute spirituelle et matérielle face à laquelle il dut faire face avec beaucoup de difficultés. Grâce à D.ieu il fit la rencontre d’un Chalia’h du Rabbi. Le Chalia’h l’accueillit dans son Beïth-‘Habad et lui ménagea un endroit où il put installer ses affaires, manger et dormir. Mais plus encore que cela, le Chalia’h initia le jeune homme à la Prière, à l’étude de la Torah et à l’accomplissement des Mitsvoth. Peu à peu ce jeune homme, au départ totalement désemparé, se transforma dans la chaleur de l’univers de la ‘Hassidout. L’étude de la partie profonde de la Torah réveilla la force de l’Essence de son âme et il commença une nouvelle vie sous la colonne de lumière de la Torah et des Commandements divins. Il vivait dans le Beïth-Habad sous lq bienveillance du Chalia’h et tout naturellement il finit par se rendre au 770 Eastern-Parkway, au siège du mouvement ‘Habad et il y rencontra le Rabbi.
Sa rencontre avec le Rabbi fut une source de Bénédictions. Pendant les années qui suivirent il fonda une famille dans une Maison Juive en respectant scrupuleusement les Lois de la Torah, dans une ambiance hassidique, pleine de sens et de profondeur. Il prospéra au-delà de toute attente car non seulement il vécut de son Art mais il pouvait également se permettre de recevoir de très nombreux invités le jour du Chabbat. Il n’oublia cependant jamais toute la bonté et toute l’attention que le Chalia’h avait manifesté à son égard quand il arriva au Canada. A présent, il faisait son possible pour recevoir ses invités du mieux qu’il pouvait. Il prenait toujours soin de les servir lui-même et veillait à satisfaire tous leurs désirs, qu’ils soient spirituels ou matériels.
Un jour pourtant, alors qu’il s’investissait avec ardeur pour s’occuper de ses invités de mauvaises pensées l’assaillirent tout d’un coup. La voix du mauvais penchant résonnait dans sa tête, lui disait que ses invités exagéraient, qu’ils abusaient de sa bonté et de sa gentillesse et qu’il avait mieux à faire que de les servir. Ces gens ne méritaient pas tant d’efforts et d’attentions de sa part. Il ferait mieux de cesser d’accomplir cette Mitsvah et profiter lui-même du repos du Chabbat.
Le ‘Hassid s’arrêta alors de raconter son histoire et me regarda droit dans les yeux. Puis après un silence qui en disait long, il reprit le cours de son histoire et me dit les mots suivants : ‘Grâce à D.ieu, je repris mes esprits, et j’ai pensé que j’étais arrivé à un tournant décisif. Certes, jusqu’à présent j’avais accompli la Mitsvah de recevoir des invites du mieux possible mais à présent je me trouvais au bord de mes propres limites. J’ai alors pensé que maintenant, alors que j’étais au bout de mes forces, maintenant précisément, commence pour moi la Mitsvah de recevoir mes invités !’
‘L’âme désire le dévoilement de l’Essence divine qui Se trouve dans le corps :
‘Rabbi Eléazar Hakapar disait : C’est malgré toi que tu as été créé, c’est malgré toi que tu es né, c’est malgré toi que tu vis et malgré toi que tu meurs…’.
Le Rabbi pose la question suivante : si l’on nait malgré soi pourquoi dans ce cas devient-on attaché à la vie au point que l’on meurt malgré soi ? A cette question le Rabbi répond qu’avant de naître l’âme ne désire pas descendre dans le corps. En effet, ‘l’âme est une parcelle véritable de Divinité d’En-haut’ et pourquoi devrait-elle quitter sa source divine pour descendre dans un corps et devenir prisonnière d’une âme animale ? Pour quelle raison devrait-elle s’exiler dans un monde rempli d’impureté et où la possibilité est donnée à l’homme de choisir entre le bien et le mal ?
De fait, face à la mission qui lui est imposée de descendre dans le corps afin de le raffiner et de le purifier, l’âme éprouve de la réticence et c’est pourquoi il est dit :’c’est malgré toi que tu es né !’.
Cependant, lorsque l’âme s’habille dans le corps et quelle y accomplit sa mission par l’accomplissement des Commandements divins, elle reçoit grâce au corps une lumière très élevée. De ce fait l’âme s’élève à un niveau supérieur à celui qu’elle avait avant de descendre dans le corps. C’est pour cette raison que lorsque l’âme parvient au terme de la mission qui lui a été confiée elle ne veut plus quitter son corps, et c’est à ce sujet qu’il est dit : ‘c’est malgré toi que tu meurs’.
Dans le Livre Torat-Chalom, le Rabbi Rachab explique ce principe en ces termes :
‘L’âme désire accomplir les commandements divins avec la contribution du corps car par ce moyen il y a un surplus de lumière. Les lumières qui se dévoilent grâce à la contribution du corps émanent de l’Essence divine. De fait, ce dévoilement de lumière est beaucoup plus élevé que la lumière de l’âme elle-même dont le niveau est celui de ‘la lumière qui remplit les mondes’ (Or -mémalé) alors que la lumière qui éclaire l’âme grâce au travail du corps est supérieure du fait qu’elle est du niveau de l’Essence divine (la lumière qui entoure les mondes’ : Or-sovev)’.
Ainsi, à présent, la lumière qui éclaire l’âme grâce au fait qu’elle s’habille dans le corps est extrêmement élevée, et dans les temps futurs ce principe apparaîtra avec encore plus d’évidence et de clarté puisqu’il est dit que dans les temps futurs ‘l’âme sera nourrie par le corps’. La ‘Hassidout nous enseigne que ‘l’âme sera nourrie par le corps’ signifie que l’âme recevra du corps la force de l’Essence divine qu’il possède (Likouteï-Si’hot, volume 15, page 411).
Au sujet du verset ‘Tu nous as choisi parmi tous les peuples’ l’Admour Hazaken nous enseigne que le contenu profond de ce verset est que L’Eternel a choisi le corps des enfants d’Israël et cela signifie que c’est précisément dans la matière du corps que se trouve la force de l’Essence divine.
Par ailleurs, le Rabbi Rachab souligne que du fait que D.ieu a choisi le corps des enfants d’Israël, et du fait que ‘l’âme Juive est une parcelle véritable de divinité d’En-haut’, il va de soi que ‘l’âme désire aussi le corps’ (Torat-Chalom, page 132).
La différence entre les mois d’hiver et les mois d’été :
Le principe selon lequel le monde physique reflète le monde spirituel s’applique ici au sujet de notre Paracha. En effet, pendant l’été les jours sont très longs et les nuits sont très courtes, et le Rabbi nous enseigne que cela signifie que pendant l’été notre service divin est essentiellement accompli au moyen de la lumière de notre âme car celle-ci est comparée à la lumière du soleil. En revanche, pendant l’hiver les jours sont très courts alors que les nuits sont très longues et cela signifie que notre accomplissement de la Torah et des Commandements divins est accompli essentiellement au moyen du corps.
De fait, pendant l’été le soleil brille avec force et de la même façon pendant l’été la lumière de l’âme brille avec force dans le corps. Notre travail consiste alors à purifier le corps afin que celui-ci ne constitue pas un obstacle au dévoilement de la lumière de l’âme dans le corps.
A l’opposé pendant les mois d’hiver (et tout particulièrement pendant le mois de Tévet), le soleil ne brille plus du tout avec la même force et le froid est alors dominant. De manière profonde cela signifie que pendant la période hivernale la lumière de l’âme ne brille pas avec la même force que pendant les mois d’été et c’est la raison pour laquelle l’essentiel de notre travail pendant les mois d’hiver consiste à ‘purifier notre corps précisément au moyen du corps lui-même et non pas au moyen de la lumière de l’âme’.
La force de l’Essence divine se trouve dans le corps :
Cette déclaration du Rabbi peut surprendre. En effet, comment est-il possible de transformer un corps grossier et matériel en un corps saint, au moyen du corps lui-même et sans la contribution de l’âme ?
Dans le Likouteï-Sihot (volume 15, page 411) le Rabbi nous enseigne que ‘le lien qui unit la matière du corps à D.ieu est plus élevé que le lien qui unit l’âme à D.ieu car c’est précisément dans la matière du corps que se trouve la force de l’Essence divine’.
L’un des points de la Si’ha du Dvar-Mal’hout est le principe que le Rabbi rapporte ici selon lequel ‘la force de l’Essence divine qui est dans le corps se dévoile lorsque la lumière de l’âme n’est pas dévoilée dans le corps’.
En effet, le Rabbi nous enseigne qu’il existe deux façons d’illuminer l’obscurité de l’exil. La première façon consiste à amener de la lumière pour chasser l’obscurité, c’est à dire que dans ce cas la lumière va remplacer l’obscurité, comme cela se produit en été lorsque les jours sont très longs. La deuxième façon consiste à ce que l’obscurité elle-même se mette à éclairer, comme ce sera le cas dans les temps futurs, ainsi qui est dit : ‘La nuit brillera comme le jour’, mais à présent, pendant l’exil, c’est précisément en hiver que l’obscurité se met à éclairer du fait qu’en hiver ‘le corps travaille seul’ sans le concours de l’âme (en hiver les jours sont très courts)
Un exemple du Baal-Chem-Tov :
Le Rabbi illustre ce principe au moyen d’une histoire du Baal Chem Tov que son beau-père le Rabbi Rayats lui rapporta au nom du Tséma’h Tsédek :
‘Un jour, alors qu’il n’y avait pas suffisamment de lumière dans le Beïth-ha-Midrache, les élèves du Baal Chem Tov demandèrent à leur Maître ce qu’ils devaient faire. Le Baal Chem Tov leur répondit de détacher quelques stalactites de glace qui étaient accrochées sur le bord du toit du Beïth-ha-Midrache. Les élèves partirent alors en chercher et lorsqu’ils les déposèrent sur les tables elles se mirent à briller et le Beït-ha-Midrache fut alors inondé de lumière.
La glace est comparée ici au corps de l’homme, car de même que le corps constitue un voile qui cache la lumière de l’âme, la glace représente elle-aussi l’obscurité. En effet, le cerveau et l’intellect sont froids, et le Rabbi souligne ici que l’avantage de l’étude de la ‘Hassidout est qu’elle réchauffe le cœur et l’intellect, lui apporte de la chaleur et de la lumière. Le Rabbi rapporte dans le Hayom-Yom du 11 Sivan les paroles du Rabbi Rachab à ce sujet :
‘Dans le service de D.ieu basé sur la ‘Hassidout on retrouve tous les niveaux qui existent. Celui du mort n’a nullement besoin d’être défini, Mais, D.ieu merci, la résurrection des morts existe également dans sa dimension spirituelle. Un mort est froid, et rien n’est plus froid que la logique humaine, que l’intellect naturel. Mais, lorsque l’intellect naturel perçoit un concept divin, et que les sentiments s’enflamment en concevant ce plaisir intellectuel, alors il s’agit d’une véritable résurrection des morts.’
La ‘Hassidout est comparée à l’huile car la lumière de la ‘Hassidout éclaire l’intellect en lui permettant ‘de percevoir un concept divin’ et elle éclaire le cœur au point ‘de s’enflammer en concevant le plaisir de l’intellect’.
La glace est froide et le froid évoque l’obscurité, ainsi que la ‘Hassidout nous l’enseigne. Bien que la glace représente la froideur et l’obscurité, il n’en demeure pas moins qu’elle peut elle-aussi éclairer. Il en va de même pour le corps de l’homme. Le miracle survenu dans le Beït-ha-Midrache nous enseigne que le corps peut lui-même éclairer sans la contribution de l’âme.
Messirout-néfech ou la capacité de faire totalement don de nous-mêmes, d’après un enseignement du Rabbi Rayats :
Dans le Livre du Rabbi Rayats qui regroupe les discours Hassidiques du Rabbi de l’année 5685 (page 257 jusqu’à la page 264), le Rabbi Rayats explique que lorsqu’un Juif termine sa prière et qu’il retrouve ses activités dans ce monde profane, il arrive donc qu’il ne ressente plus dans son cœur la soumission qu’il a ressenti pendant sa prière. Son cœur n’est plus enflammé par l’amour de D.ieu. Il peut alors arriver qu’il tombe dans la grossièreté et l’absence d’humilité. Le Rabbi décrit cet homme comme ‘un homme qui dort dans l’exil’, mais malgré cela le Rabbi souligne que même dans ‘le sommeil de l’exil le cœur de cet homme demeure éveillé !’.
Nous devons comprendre que ‘le cœur de cet homme qui demeure éveillé’ est une allusion à l’Essence de l’âme Juive. L’Essence de l’âme Juive fait Un avec D.ieu et un Juif fait Un avec D.ieu quel que soit la situation et l’exil dans laquelle il se trouve. Même dans la plus profonde obscurité chaque Juif demeure lié à D.ieu, et rien ne peut affecter l’amour que chaque Juif ressent pour son Père qui est dans le ciel. La capacite de messirout-néfech, c’est à dire la capacité de faire don de sa propre Vie pour sanctifier le Nom de D.ieu n’appartient qu’au Peuple Juif car seuls les enfants d’Israël sont unis au Saint béni soit-Il au point que ‘l’âme Juive est une parcelle véritable de Divinité d’En-haut’.
Or, le Rabbi Rayats écrit que ‘le point du cœur d’un Juif’ (c’est à dire l’Essence de l’âme Juive) Se dévoile précisément quand un Juif doit faire face à l’Ennemi, à celui qui s’oppose a son service divin ou à tout ce qui remet en question le lien essentiel qui l’unit à son Père qui est dans le ciel. Cela veut dire que la capacite des Juifs de faire don d’eux-mêmes se dévoile beaucoup plus facilement pendant l’exil qu’à l’époque du Temple, car ‘lorsqu’un ennemi s’oppose à notre étude de la Torah ou à notre accomplissement des Commandements divins cela réveille l’Essence du point du cœur, lequel représente la Emouna pure qui vit dans l’âme et dans le cœur de tous les enfants d’Israël’.
Le Rabbi met en relief ‘l’importance de ces Juifs simples car ce sont eux précisément, qui s’éloignent du mal et font le bien de manière concrète au-delà de la raison et de l’intellect sans être impressionné ni dérangé par quoi que ce soit. Ils savent seulement qu’ils doivent prier dans un Myniane, dire les Téhilim, accomplir les Commandements divins avec chaleur, éduquer leurs enfants selon la Voie de la Torah et des Mitsvoth, renforcer par tous nos moyens ceux qui ont la crainte de D.ieu et qui se consacrent à l’étude de la Torah car cela est très précieux aux d’Hachem’.
Ainsi, il est possible de dévoiler la force de messirout-néfech de notre âme beaucoup plus facilement à présent bien que nous vivions dans l’exil le plus profond et le plus obscur, que pendant la période ou le Temple était bien construit et bien présent sur la Terre d’Israël et qu’il éclairait de sa Lumière sainte l’âme et le cœur de tous les enfants d’Israël.
L’exemple du Rabbi Rayats du ‘talon du pied’ (lequel symbolise la matière du corps) et de l’eau bouillante (laquelle est une allusion à l’obscurité de l’exil) :
Afin d’expliquer ce principe, le Rabbi Rayats donne pour exemple le fait qu’il est plus beaucoup plus facile d’entrer le talon que d’entrer la tête dans de l’eau bouillante.
L’intellect se révèle dans le cerveau mais la volonté se révèle plus dans le talon du pied que dans le cerveau.
La force de messirout-néfech se dévoile dans le talon plus que dans la tête, et cela s’accorde au principe selon lequel la force de l’Essence divine se trouve dans le corps.
Notre génération est la génération du talon du Machia’h et la force du Don de soi (Messirout-néfech) est plus dévoilée dans notre génération que dans celle de Moche qui est elle-même appelée la génération de la Tête.
Le Rabbi Rayats nous enseigne que plus la lumière se dévoile, plus la matière du réceptacle de cette lumière doit être affinée. La matière de la tête est donc plus affinée que la matière du cœur et la matière du cerveau est plus affinée que la matière de l’œil, et la matière des organes respiratoires est plus affinée que la matière du pied, jusqu’à ce que la matière du talon qui est à l’extrémité du pied est la matière qui est la plus grossière et la moins affinée. Cependant, ‘plus une chose est élevée plus elle descend à un niveau très bas’. Par exemple, une pierre qui se trouve tout en haut d’un mur et qui tombe sur le sol s’éloignera davantage si elle tombe du haut du mur que si elle tombe d’un endroit du mur qui est moins élevé.
Il en va de même pour l’intellect. Plus un homme est élevé intellectuellement plus il descendra au niveau de son élevé et saura se mettre à sa portée. Mais si le Maître est moins élevé il ne saura pas enseigner et descendre au niveau de son élevé. Cela est aussi vrai pour toutes les forces de l’âme, car puisque la volonté est supérieure à l’intellect elle descendra à un niveau très bas et agira aussi bien dans les pieds que dans la tête. Mais du fait que la matière de la tête est très affinée et que la lumière de l’intellect se révèle précisément dans la tête et non pas dans le talon, la force de la volonté se révèle moins dans la tête que dans le talon. Le talon est plus réceptif à la volonté que la tête car la lumière de l’intellect est absente dans le talon.
Ainsi, la matière de la tête possède l’avantage par rapport au talon du fait que la matière de la tête est plus affinée que celle du talon et que dans ce cas la lumière de l’intellect se dévoile plus dans la tête que dans le talon. D’un autre côté, la force du talon est que la volonté se dévoile davantage dans le talon que dans la tête. La volonté est une force Makif qui est plus élevée et plus puissante que la force de l’intellect (qui est une force Pnimi. C’est pour cela qu’il est plus facile d’entrer le talon dans de l’eau bouillante que d’y entrer la tête.
Ainsi, d’une certaine façon la force de la volonté qui est au-delà de l’intellect se dévoile plus dans le talon où la lumière de l’intellect ne réside pas. Dans ce cas rien ne s’oppose à ce dévoilement, alors que dans la tête l’intellect constitue un obstacle au dévoilement de la volonté qui est elle-même au-delà de l’intellect.
Pour la guérison complète de Eli ben Peîrel et de Raphaêl ben Yamna
Le Rabbi expliqué Dans le Dvar Mal’hout sur la Paracha Vayigach que la force dont un Juif a besoin pour faire face à l’exil peut s’exprimer de deux façons :
Dans un premier cas la force d’un Juif reste limitée car il compose avec le monde et ne sort pas des limites qu’il lui impose.
Dans un deuxième cas, le fait de vivre dans l’obscurité de l’exil n’empêche absolument pas ce Juif de vivre en étant totalement détaché de tous les sujets de l’exil. Il renforce tellement le lien qui l’unit à Hachem que ses pensées ses paroles et ses actions ont pour effet de transformer la réalité au point que même la plus grande autorité du pays dans lequel il se trouve se pliera à sa volonté (laquelle se fond dans la Volonté du Saint béni soit-Il). Ainsi, le Rabbi explique que la force d’un Juif consiste à s’élever bien au-delà du monde et de l’exil afin d’en briser les limites pour en faire le réceptacle de la Lumière infinie de D.ieu.
L’exemple donné ici est celui de Mordé’haï au temps de Pourim. Il est écrit au sujet du festin que donna le Roi A’hachvéroch (Méguila d’Esther, 1, 8) :
‘On buvait à volonté, sans aucune contrainte, car le Roi avait recommandé à tous les sujets de sa maison de faire la volonté de l’un et de l’autre’.
On explique que l’expression ‘faire la volonté de l’un et de l’autre’, signifie que le roi A’hachvéroch ordonna de faire en même temps, ‘selon la volonté de Mordé’haï et d’Aman’.
Or, comment est-il possible de faire en même temps, selon la volonté de Mordé’haï, ‘un homme Juif’, et d’Aman, ‘un oppresseur et un ennemi’ d’Israël’ ?
Peut-on ‘Faire la volonté de l’un et de l’autre ? Le vent peut-il souffler en même temps dans deux directions opposées pour permettre à deux bateaux de naviguer dans deux directions opposées ? ‘. De fait, il est impossible d’assouvir, en une seule fois, deux désirs qui s’opposent l’un avec l’autre : la volonté de Mordé’haï en même temps que celle d’Aman.
Il est écrit (Méguila, 3, 2) : ‘Tous les serviteurs du roi, admis à la cour royale, s’agenouillaient et se prosternaient devant Aman, car tel était l’ordre donné par le roi en son honneur, mais Mordé’haï ne s’agenouillait ni ne se prosternait’.
L’opposition entre Mordé’haï et Aman exprime notre façon de combattre l’exil : en composant avec le monde et donc en restant soumis aux limites que cet exil nous impose (Aman), ou bien en nous attachant à D.ieu d’un lien si intense que cela nous permet de nous élever bien au-delà de toutes les limites (Mordé’haï).
Chaque Juif a le devoir de se soumettre aux lois du pays dans lequel il vit, évidemment c’est seulement dans le cas où ces lois ne contredisent pas la Hala’ha. Personne ne peut imposer à un Juif d’agir contrairement à la Volonté de D.ieu. Le point que le Rabbi soulève ici ne concerne pas les sujets qui sont liés à la Torah et aux Mitsvoth. Il concerne les sujets qui sont permis par la Torah.
Un Juif peut-il vivre selon les normes et les usages de ce monde conformément à la volonté d’Aman et en même temps selon la volonté de Mordé’haï qui ‘ne s’agenouillait pas et ne se prosternait pas’ ?
A priori nous pouvons penser que le fait que L’Eternel nous a envoyé en exil implique que nous soyons obligés de nous plier aux limites et aux usages qu’il nous impose, et dans ce cas comment est-ce possible d’agir à l’exemple de Morde’haï ? En effet l’attitude de Mordé’haï, contrairement à la volonté d’Aman, exclut totalement l’idée de composer avec le monde et dans ce cas comment est-il possible de ‘faire la volonté de l’un (Aman) et de l’autre (Mordé’haï)’ ?
S’il se soumet aux lois et aux usages du pays (la volonté d’Aman) comment pourra-t-il dans ce cas faire la volonté de Mordé’haï qui consiste à ne ‘jamais s’agenouiller ni à se prosterner’ ?
De fait, les usages et les normes d’un pays, même s’ils ne sont pas contradictoires avec la Hala’ha peuvent constituer des limites dans nos actions qui ont pour but de provoquer la Délivrance.
Le ‘Hidouch que le Rabbi nous enseigne ici est que ‘si nous nous attachons à D.ieu tel qu’Il est au-delà de la façon dont Il dirige ce monde, il devient alors possible d’unir deux contraires : même en nous trouvant dans ce monde et dans l’exil nous pouvons agir conformément au verset selon lequel ‘Il ne s’agenouillait ni ne se prosternait’, car nous nous trouverons à un niveau qui est bien au-delà du monde (et de ses limites)’.
L’exemple de l’Arche de l’Alliance :
Cet enseignement du Rabbi n’est pas sans nous rappeler cet autre enseignement du Maguid de Mézeritch. A celui qui désirait obtenir la richesse, le Maguid conseilla ‘d’aller vers le nord, car la Table des pains de proposition se trouve au nord, dans le Temple’. S’il désirait la Torah, ‘il lui fallait se diriger vers le sud, car la Ménorah se trouve vers le sud, dans le Temple’. Enfin, s’il désirait les deux, ‘il lui fallait se diriger vers l’endroit de l’Arche, car l’Arche ne prenait pas de place dans le Temple’.
De fait, chaque Juif détient le pouvoir d’unir deux contraires, d’attirer la lumière infinie de D.ieu dans ce monde inférieur. Il lui suffit pour cela de ‘se diriger vers l’endroit de l’Arche’, c’est-à-dire d’agir par la force de l’Essence de son âme, laquelle se situe bien au-delà de ce monde puisqu’elle est enracinée dans l’Essence divine. Chacun détient la capacité de dévoiler en lui-même la force du lien qui unit son âme à D.ieu. Il doit pour cela tout d’abord utiliser les forces de la partie de l’âme qui s’habille dans le corps (l’intellect, les sentiments, l’action), et c’est par elles qu’il parviendra ensuite à révéler en lui-même la force infinie de l’Essence de son âme.
Révéler l’Essence de son âme c’est parvenir au niveau de l’Arche qui ‘ne prend pas de place dans le Saint des Saints’, donc au-delà de toutes les limites de ce monde matériel.
Dans son discours intitulé ‘Et tu ordonneras aux enfants d’Israël’ le Rabbi explique que le dévoilement de la force de l’Essence de l’âme provient du fait d’avoir le cœur brisé par l’absence du Machia’h et du troisième Temple. Cette souffrance ressentie par un Juif qui provient du fait de vivre dans l’exil, l’amène à dévoiler les forces les plus profondes de son âme. Ainsi, lorsque le Rabbi nous enseigne que nous devons pousser le cri de ‘Ad-matai ?’, ‘Jusqu’à quand ?’, nous devons comprendre que ce cri doit être l’expression de notre souffrance face à l’exil et face à l’absence du Machia’h et que ce cri a pour but d’accomplir une action qui aura pour effet de provoquer la Délivrance finale. Peut-être est-il judicieux d’expliquer que ‘nous ‘agenouiller et nous prosterner’ devant l’exil signifie que l’exil nous affaiblit car il est à l’origine de notre tristesse et de notre inaction. A l’opposé, nous devons nous conformer à l’enseignement du Rabbi Rachab selon lequel l’exil ne doit avoir pour effet sur nous-mêmes que celui de nous faire prendre conscience et de ressentir dans notre cœur de l’amertume face à tout ce qui nous empêche de percevoir le Divin. Dans ce cas, l’exil nous permettra d’accéder à une Téchouva véritable.
L’Attitude de Yéhoudah :
Dans le Livre Torah-Or, sur la Paracha Vayigach, L’Admour Hazaken explique que dans le monde qui a été créé selon l’enchaînement des mondes le niveau de Yossef correspond aux 6 Attributs divins (Midot) du monde d’Atsilout : ‘Hessed, Gvurah, Tiféreth, Netsa’h, Hod Yessod, et le niveau de Yéhoudah correspond à l’Attribut de Mal’hout qui est la dernière des Sefirot du monde d’Atsilout.
Comme nous le voyons dans la Paracha, Yéhoudah est totalement soumis à Yossef, exactement comme Mal’hout est totalement soumise aux Sefirot qui la précèdent puisque la lumière de Mal’hout ne provient pas d’Elle-même mais des Attributs divins qui la précèdent dans l’ordre de l’enchaînement des mondes.
De manière plus profonde encore l’Admour Hazaken explique que les éléments matériels du Michkan suivent l’ordre de l’enchaînement des mondes :
*Le sol du Michkan fait de poussière correspond au règne le plus bas : le règne Minéral : Afar, Domem.
*Les poutres du Michkan faites de bois de Cèdre s’élèvent au-dessus du sol et correspondent au règne Végétal (Tsoméa’h) qui est plus élevé que le règne Minéral.
*Le toit du Michkan fait de peaux d’animaux recouvre l’ensemble du Michkan et correspond au règne Animal qui est plus élevé que le règne végétal.
Cependant, il est écrit que dans les temps Messianiques la lune deviendra aussi grande que le soleil. Cela s’exprimera par le fait que l’Attribut de Mal’hout (la lune) s’élèvera au-dessus de tous les Attributs divins (le soleil), ainsi qu’il est dit : ‘la nuit brillera comme le jour’, et ‘l’épouse vertueuse (Mal’hout) deviendra la couronne de son mari (les Attributs du monde d’Atsilout)’. Ainsi, l’Admour Hazaken nous enseigne que le règne Minéral s’élèvera au-dessus des autres règnes à l’image du toit du troisième Temple qui sera fait de pierres.
Ainsi, selon l’ordre de l’enchaînement des mondes le règne le plus bas est celui de Afar : la poussière inanimée, mais dans les temps futurs c’est le niveau de Afar qui s’élèvera au-dessus des autres règnes.
L’Admour Hazaken nous enseigne que ce principe s’accorde au fait que ‘la fin de l’action est au-départ dans la pensée’. Cela signifie que la terre qui est elle-même l’élément le plus bas de la Création est en réalité le but de la Création. En effet, le ciel est apparu avant la terre dans la Création du monde mais d’après le principe selon lequel ‘la fin de l’action est au-départ dans le pensée’ la terre est apparue en premier dans la Pensée de D.ieu signifie qu’elle est le but de la Création et c’est pour cela qu’elle est apparue en dernier.
Il en va de même au sujet de Yossef et de Yéhoudah car aujourd’hui Yéhoudah reçoit l’influence de Yossef, mais lorsque L’Eternel dévoilera Sa Pensée c’est Yéhoudah qui deviendra Roi d’Israël (à l’exemple de la lune qui deviendra aussi grande que le soleil). Dans notre service divin, Yéhoudah représente le ‘Bitoul’ la soumission la plus totale (à l’exemple du Minéral, ‘la terre que l’on piétine’) et Yossef représente l’amour et la crainte de D.ieu : les Midot (à lexemple du Végétal, comme un arbre qui grandit, l’amour et la crainte de D.ieu grandissent dans le cœur).
L’enseignement que nous devons tirer est que l’attitude que nous devons adopter pour provoquer la Délivrance finale est celle de Yéhoudah.
‘Yéhoudah’ exprime le fait de reconnaître (‘Hodaa’ : ‘reconnaissance’) à chaque instant et dans chaque situation ‘qu’il n’y a rien en dehors de Lui’.
Bien que Yéhoudah savait que pour libérer son frère Benyamin il devait avant tout se soumettre à Yossef, ainsi qu’il est dit (Vayigach, 44, 18) : ‘De grâce, mon maître…Car tu es comme Pharaon…’. Cependant, le Rabbi nous enseigne que Yéhoudah n’a pas agi en étant soumis aux normes et aux usages de ce monde. Il ‘s’approcha de Yossef’ sans même en avoir reçu l’autorisation, et bien que Yéhoudah était soumis à Yossef, une force redoutable l’animait. Ainsi, le Rabbi souligne que Yéhoudah était même d’un niveau supérieur à celui de Mordé’haï. Contrairement à Mordé’haï qui fut nommé comme associé du roi par A’hachvéroch, ou comme Yossef qui fut nommé vice-roi par Pharaon, Yéhoudah agit seulement par ses propres forces lorsqu’il ‘s’approcha de Yossef’, et c’est par cette attitude que Yéhoudah donna la force aux enfants d’Israël de combattre l’exil de l’Egypte, et de s’y installer dans la largesse.
A l’exemple de Yéhoudah, c’est par notre soumission vis-à-vis de l’Eternel et notre soumission vis-à-vis du Rabbi que nous aurons enfin le mérite de provoquer la Délivrance et le dévoilement de notre juste Machia’h, très bientôt et de nos jours, avec l’aide de D.ieu.
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Dans le discours Hassidique intitulé ‘Chouva Israël’, le Rabbi Rachab nous enseigne que le dévoilement supérieur de l’Essence de l’âme Juive, tout comme le dévoilement de l’Essence de la Torah, sont allusionnés dans les mots du verset (Chir Ha Chirim, 2, 6) : שמאלו תחת לראשי ו’מ’נו תחבקנ’ :
‘Son bras gauche soutient ma tête et son bras droit m’enlace’.
Le Rabbi Rachab explique que la ‘Droite’ correspond au dévoilement de l’Essence divine, c’est ‘le niveau de la Torah telle qu’elle est dans Son Essence’ (Chapitre 2 du discours du Rabbi Rachab).
A la lumière de cet enseignement, il est possible de dire que le nom ‘Benyamin’, qui est composé des mots בן (fils) et ימין (droite), évoque aussi le dévoilement de l’Essence divine : ‘la Droite’. (Par ailleurs, Yaacov donna à Benyamin, une Bénédiction qui est liée à la construction du Temple où réside la Présence divine, ‘la Droite’).
Plus encore, il est possible d’établir ici un lien entre l’emprisonnement de Shimon le fils de Yaacov, qui aboutit finalement au fait que tous les fils de Yaacov, et Yaacov lui-même, furent libérés de toutes leurs épreuves lorsque Yossef ‘installa son père et ses frères et leur donna une propriété dans le pays d’Egypte’ (Vayigach, 47, 11), avec ‘l’emprisonnement’ de Rabbi Shimon Bar-Yohaï dans une caverne, qui aboutit finalement au dévoilement du Livre du Zohar.
L’emprisonnement de Shimon, le fils de Yaacov, dans une prison d’Egypte, et l’enfermement de Rabbi Shimon Bar-Yohaï dans une caverne, aboutirent donc tous les deux à une délivrance : la délivrance des enfants d’Israël, et la délivrance de la partie cachée de la Torah.
Ces deux évènements expriment clairement le principe que la lumière qui vient de l’obscurité est plus élevée que la lumière elle-même, et ce même principe s’applique à l’enseignement du Rabbi dans le Dvar Mal’hout sur notre Paracha.
En effet, dans ce Dvar Mal’hout de la Paracha Vayigach, le Rabbi explique que la force d’un juif pour combattre l’exil peut s’exprimer de deux façons :
Dans un premier cas, la force reste soumise et doit s’accorder aux limites que nous imposent le monde, à ses normes, ses usages, et ses lois.
Dans le deuxième cas, un Juif parvient à s’élever totalement au-dessus des choses de ce monde, au-dessus des peuples et de l’exil.
Ainsi, le Rabbi explique que la force d’un Juif ne consiste pas seulement dans le fait de se rendre maître du monde et de l’exil, avec leurs usages, leurs normes et leurs limites, mais elle consiste à s’élever bien au-delà du monde et de l’exil afin d’en briser les limites, pour en faire le réceptacle de la lumière infinie de D.ieu.
Aussi, le Rabbi vient nous donner l’exemple de Mordé’haï Ha Yéhoudi et celui de Yéhoudah, le fils de Yaacov, car ils expriment tous les deux l’attitude qui consiste à s’élever au-dessus du monde, afin de provoquer la Délivrance :
Yéhoudah et Mordé’haï Ha Yéhoudi ‘s’élevèrent au-dessus de toutes les limites du monde et de l’exil’.
C’est par le fait de s’attacher à D.ieu de la manière la plus profonde que l’on parvient à atteindre un tel niveau, à transformer l’exil en une demeure pour l’Essence divine.
Parvenir à ce niveau implique donc que nous ne devons pas nous accomoder à l’exil, mais d’agir dans l’exil en ayant une attitude qui le dépasse totalement. On parvient dans ce cas à unir deux contraires : la Volonté de D.ieu, qui est au-delà de ce monde, avec l’exil et toutes les limites qu’il nous impose.
A l’exemple de Yéhoudah et de Morde’haï, nous devons ressentir la soumission la plus totale vis-à-vis de D.ieu, et ce travail de soumission s’accorde précisément avec les mots du verset שמאלו תחת לראשי : ‘Son bras gauche soutient ma tête’.
On parvient au dévoilement de l’Essence, la ‘Droite’, précisément au moyen de notre soumission, notre ‘bras gauche’ :
Lorsque l’on ressent une profonde amertume en prenant conscience de notre éloignement vis-à-vis de D.ieu (de tous les voiles qui nous empêchent de percevoir le divin, lesquels sont dûs essentiellement à nos péchés), alors nous parvenons à la Téchouva véritable et du plus profond de notre être.
Cette Téchouva, profonde et sincère, a pour effet que D.ieu nous ‘enlace de Son bras droit’, ce qui signifie qu’Il dévoile la partie la plus élevée de notre âme, le niveau de ‘Tu aimeras L’Eternel ton D.ieu de tout ton pouvoir’ (un amour pour D.ieu qui dépasse totalement l’amour qui naît de la raison et de l’intellect).
Tout dépend donc de notre attitude face à l’exil. Le Rabbi préconise que nous devons adopter l’attitude de Mordé’haï au sujet duquel il est dit (Méguila, 3, 2) :
‘Tous les serviteurs du roi, admis à la cour royale, s’agenouillaient et se prosternaient devant Aman, car tel était l’ordre donné par le roi en son honneur, mais Mordé’haï ne s’agenouillait ni ne se prosternait’.
Peut-être est-il judicieux d’expliquer à ce sujet que ‘nous ‘agenouiller et nous prosterner’ devant l’exil signifie que l’exil nous affaiblit car il est à l’origine de notre tristesse et de notre inaction. A l’opposé, nous devons nous conformer à l’enseignement du Rabbi Rachab en méditant au fait que l’exil ne doit avoir pour effet que celui de nous faire prendre conscience et de ressentir dans notre cœur de l’amertume face à tout ce qui nous empêche de percevoir le Divin. Dans ce cas, l’exil nous permettra d’accéder à une Téchouva véritable.
Dans le chapitre 19 de l’ouvrage ‘Iniana chel Torat ha ‘Hassidout’ le Rabbi explique que ‘le bonheur et le plaisir d’Hachem sont le fruit de la transformation par l’homme de l’obscurité en lumière.’ C’est donc précisément lorsque l’on accomplit la mission qui nous incombe de transformer ce monde matériel, en accomplissant les Commandements divins, que l’on réveille le désir et le plaisir de D.ieu. Le Rabbi souligne ici que ‘seule l’Essence divine a le pouvoir de transformer l’obscurité en lumière, de subjuguer le mal et de le muer en bien’, et du fait que le Rabbi décrit la ‘Hassidout comme étant ‘le degré de la Torah qui ne fait qu’Un avec l’Essence divine’, il apparait à l’évidence que la ‘Hassidout, elle-même, détient le pouvoir de transformer l’obscurité en lumière. C’est la raison pour laquelle le Rabbi décrit ici la ‘Hassidout comme une ‘délectation auprès de Lui’ car ‘c’est seulement en retournant l’obscurité en lumière que se trouve exprimée l’Intériorité de la Torah, telle qu’elle se confond avec ce que le Ein-Sof a de plus profond : telle quelle est auprès de Lui’.
Par ailleurs, le Rabbi écrit au chapitre 18 de l’ouvrage cité plus haut que ‘plus la ‘Hassidout est diffusée jusqu’aux aspects les plus bas de la Création et plus la nature de la ‘Hassidout se trouve intensément exprimée’.
Cette déclaration du Rabbi s’accorde à l’enseignement selon lequel c’est précisément dans ce monde matériel que peut être révélée l’Essence divine.
De fait, le travail de chaque Juif consiste à intérioriser la ‘Hassidout au point de transformer jusqu’à la nature de l’âme animale et au point de transformer la part du monde qui lui été assignée.
Le point essentiel est celui de ‘diffuser la ‘Hassidout jusqu’aux aspects les plus bas, qu’il s’agisse de nous-mêmes, en transformant la nature de l’âme animale, ou qu’il s’agisse de la part du monde que nous devons transformer, nous devons atteindre les niveaux les plus bas et les plus obscurs et les transformer en lumière.
Diffuser la ‘Hassidout c’est diffuser l’Essence de la Torah et le pouvoir de l’Essence est comme le pouvoir de l’huile : comme l’huile qui a le pouvoir d’impregner les matières les plus dures, la ‘Hassidout détient le pouvoir de nous éclairer et de nous transformer ainsi que celui d’éclairer et de transformer la part du monde qui nous été assignée.
Dès-lors, nous comprenons la déclaration du Rabbi selon laquelle ‘plus la ‘Hassidout est diffusée jusqu’aux aspects les plus bas de la Création et plus la nature de la ‘Hassidout se trouve intensément exprimée’ : comme il a été dit précédemment, la ‘Hassidout est ‘le degré de la Torah qui ne fait qu’Un avec l’Essence divine’ et c’est pour cette raison que la ‘Hassidout a le pouvoir de transformer l’obscurité en lumière, et ‘plus la ‘Hassidout est diffusée jusqu’aux aspects les plus bas de la Création plus le plaisir de D.ieu se trouve ‘intensément exprimé’ du fait que la nature de la ‘Hassidout est ‘telle qu’elle se confond avec ce que le Eïn-Sof a de plus profond : telle quelle est auprès de Lui’.
L’Admour Hazaken écrit dans le Livre du Tanya (Kountrass, 6) que D.ieu conçoit un plaisir de la ‘Hassidout qui dépasse l’entendement humain. De fait, l’Eternel conçoit ce plaisir qui dépasse notre entendement précisément lorsque nous nous attachons à diffuser la ‘Hassidout jusqu’aux aspects les plus bas de la Création, et surtout, conformément au principe enseigné par le Rabbi selon lequel : ‘c’est seulement dans la concrétisation de la ‘Hassidout que l’on peut appréhender sa nature essentielle’. Atteindre et transformer les niveaux les plus bas c’est réveiller en même temps ce plaisir divin qui dépasse notre entendement.
Les enfants d’Israël qui sont installés dans différents pays n’adoptent jamais les usages des autres peuples qui sont contraires à la Hala’ha. Cependant, le Rabbi déclare la chose suivante : ‘les enfants d’Israël doivent accomplir les Commandements divins dans les endroits où ils se trouvent en habillant la Torah selon les usages de ces endroits, lorsque ces usages ne sont pas contraires à la Hala’ha’.
Cet enseignement s’accorde à la déclaration du Machia’h au Baal-Chem-Tov, selon laquelle le dévoilement du Machia’h dépend du fait de répandre les sources de la ‘Hassidout à l’extérieur car la mission des enfants d’Israël est de raffiner et de purifier chaque endroit du monde pour que cet endroit devienne une demeure pour D.ieu. L’exemple donné par le Rabbi, dans le Dvar Mal’hout sur notre Paracha, est celui de ‘la Marseillaise’.
Le Rabbi a transformé l’hymne français ‘la Marseillaise’ en un chant saint et ‘Hassidique. L’air de l’hymne national français fut gardé par le Rabbi et les Hassidim, mais les paroles originales furent remplacées par celles de ‘Adéreth-vé-ha-émounah-lé-‘haï-ha-olamim.’ Beaucoup furent très impressionnés lorsque les ‘Hassidim de France chantèrent cette nouvelle version ‘Hassidique de la Marseillaise devant le Rabbi pendant cette Hitvaadouth désormais célèbre.
L’exemple de ‘la Marseillaise’ est très particulier, de par le fait qu’il est l’expression véritable du principe d’après lequel : ‘plus la ‘Hassidout est diffusée jusqu’aux aspects les plus bas de la Création et plus la nature de la ‘Hassidout se trouve intensément exprimée’.
En effet, le Rabbi souligne dans le Dvar-Mal’hout que Les Maîtres de ‘Habad, le Rabbi Maharach, le Rabbi Rachab, le Rabbi Rayats et le Rabbi lui-même, ont tous voyagé en France dans le but de purifier la Klipa de la France qui est la plus basse et la plus grossière parmi toutes les Klipoth.
L’achèvement du raffinement et de la purification de la France :
Le Rabbi rapporte dans le Dvar Mal’hout que le prophète Obadia mentionne l’exil et la délivrance de la France (Obadia, 1, 20-21) :
‘Et les exilés de cette légion d’enfants d’Israël répandus depuis Canaan jusqu’à la France. Et des libérateurs monteront sur la montagne de Sion. Et la Royauté appartiendra à L’Eternel’.
Le Rabbi explique que le raffinement du monde tout entier atteindra sa perfection lorsque le peuple Juif parviendra à l’achèvement du raffinement et de la purification de la France. De fait, Tsarfat (la France) vient du mot Tsirouf : Raffinement, comme l’action de raffiner de l’or afin de le rendre pur.
A l’époque de la guerre qui opposait la France à la Russie, L’Admour Hazaken priait pour la victoire de la Russie bien qu’une victoire de la France aurait été favorable à la condition matérielle des Juifs. Cependant, une éventuelle victoire de la France impliquait pour les Juifs une descente spirituelle que l’Admour Hazaken voulut éviter. En réalité, l’époque napoléonienne laissait présager l’esprit de la Révolution française qui représentait un véritable danger pour le peuple Juif. En effet, pendant la Révolution française le peuple français s’est révolté contre le pouvoir du roi et le 21 janvier 1793, Louis XVI, roi de France monte sur l’échafaud et meurt la tête tranchée par la guillotine. Le corps décapité et la tête du roi furent alors jetés dans une fosse commune.
Le Rabbi révèle que le contenu profond de la Klipa de la France transparait à travers la fin tragique du roi des Français. L’action de couper la tête du roi exprime le désir du peuple français de ne plus se soumettre à l’autorité du roi et de proclamer la République. De manière profonde, la Klipa de la France représente le désir du peuple de ne pas se soumettre à l’autorité du Roi des rois : le Saint béni soit-Il.
A la fin du chapitre 24 du Livre du Tanya, l’Admour Hazaken explique qu’il n’y a pas de plus grand exil que celui que subit l’âme divine lorsqu’un Juif commet un péché, car l’Essence de l’âme Juive est enracinée dans l’Essence divine et lorsqu’un Juif commet un péché son âme, dont la racine et la source sont du côté de la Sainteté, descend dans l’autre côté de la Sainteté.
L’Admour Hazaken compare l’action de commettre un péché à une personne ‘qui saisit la tête du roi pour la précipiter dans une fosse remplie d’immondices’ (Likouteï-Amarime, fin du chapitre 24). De manière étonnante, cette image fictive que nous donne l’Admour Hazaken de ‘la tête du roi que l’on précipite dans une fosse remplie d’immondices’ s’est réellement concrétisée pendant la révolution française par ceux qui ‘jetèrent la tête du roi de France et son corps décapité dans une fosse commune’.
Faut-il voir ici une manifestation de l’esprit prophétique de l’Admour Hazaken ? L’Admour Hazaken pressentait le danger de l’esprit de la Révolution française qui transparaissait déjà à l’époque napoléonienne, et l’image qu’il nous donne dans le Livre du Tanya exprime l’ampleur de la grossièreté de ceux qui tombent dans l’autre côté de la Sainteté lorsqu’ils refusent de se soumettre à la Volonté du Saint béni soit-Il.
La force du Rabbi, la force de l’Essence :
Il a été expliqué précédemment que la Klipa de la France est née du désir du peuple français de ne pas se soumettre à l’autorité du Saint béni soit-Il.
Or, Le fait d’être coupé du Divin ne peut pas nous mener vers une existence véritable : ‘Celui qui a des yeux mais ne voit pas, des oreilles mais n’entend pas ; qui ne voit ni n’entend le divin, ne vit pas une vie véritable…La véritable existence consiste en la perception, par les yeux et les oreilles du Divin’. Mener une existence véritable consiste donc avant tout à reconnaître ‘qu’il n’y a rien en dehors de D.ieu’. Dès-lors, nous comprenons la déclaration du Rabbi selon laquelle ‘le raffinement du monde tout entier atteindra sa perfection lorsque le peuple Juif parviendra à l’achèvement du raffinement et de la purification de la France’, car la purification de la France donne la possibilité de vivre ‘une vie de jours réellement vécus’ contrairement à ceux qui se séparent du Divin, ceux qui ‘jetèrent la tête du roi de France et son corps décapité dans une fosse commune’.
L’obscurité de la France est très profonde et le Rabbi souligne que ‘raffiner et purifier l’endroit le plus obscur implique de dévoiler l’Essence divine dans cet endroit’. Or, les Maîtres de ‘Habad possèdent tous la capacité de dévoiler l’Essence divine, et le Rabbi mentionne dans le Dvar-Mal’hout que le Rabbi Maharach, le Rabbi Rachab, le Rabbi Rayats, ont tous voyagé en France dans le but de la purifier et de l’élever. Avant de s’installer aux Etats-Unis, le Rabbi et la Rabbanite vécurent pendant 8 années en France, et c’est à ce sujet que la Rabbanite, de mémoire bénie, dit un jour à l’une des émissaires en France : ‘Nous avons labouré et semé, à vous de récolter’.
La révélation de la ‘Hassidout a introduit une vitalité nouvelle dans notre façon de penser, de parler et d’agir. Nos pensées nos paroles et nos actions peuvent devenir l’expression du plaisir que ressent notre âme du fait qu’elle est enracinée dans l’Essence divine. Lorsque l’on possède la force de cristalliser notre étude de la ‘Hassidout par un acte, alors celui-ci sera accompli avec un plaisir sans égal. Ainsi, faire de ce monde une demeure pour l’Essence de D.ieu implique de dévoiler l’Essence de notre âme en nous attachant à l’Essence de la Torah (par l’étude de la ‘Hassidout). La ‘Hassidout procède de l’Essence et possède donc la capacité de transformer l’obscurité de la part du monde qui nous a été confiée en lumière. C’est la raison pour laquelle la ‘Hassidout est appelée ‘huile’, car comme l’huile qui a la capacité de pénétrer et d’imprégner les matières les plus hermétiques, la ‘Hassidout éclaire les endroits les plus obscurs. Les Maîtres de ‘Habad voyagèrent en France dans ce but, et les ‘Hassidim récoltent les fruits de leurs actions et les poursuivent de toutes leurs forces. Ainsi, lorsque les Juifs de France construisent un Mikveh, des édifices de prière et d’étude de la partie révélée et de la partie profonde de la Torah, ils transforment la France en un endroit de Sainteté qui devient un symbole de la Délivrance finale. Comme il a été dit précédemment, Tsarfat (la France) vient du mot Tsirouf : Raffinement, mais le Rabbi ajoute également que la valeur numérique de Tsarfat est égale à 770, comme le numéro de l’adresse de la Maison du Rabbi sur l’avenue ‘Eastern Parkway’ à Brooklyn. Le rapport entre la Maison du Rabbi et la France est illustré par le fait que les source de la ‘Hassidout ont le pouvoir de transformer l’endroit le plus grossier en un endroit qui une fois éclairé, éclairera à son tour, à l’exemple et à l’image du ‘770’, c’est à dire, une source de lumière pour le monde entier.
Cependant, bien que ‘770’ représente la perfection d’un monde qui est limité, il n’en demeure pas moins que ‘Faratsta’ désigne aussi ‘l’action de faire éclater toutes les barrières, de briser toutes les limites’, mais le Rabbi vient ici préciser qu’il ne s’agit pas ici de ‘briser et annuler les limites du temps et de l’espace’, mais ‘qu’il s’agit de briser toutes les limites, sans que le temps et l’espace ne soient annulés’, et dans ce cas ‘l’espace et le temps sont alors eux-mêmes dans une situation de ‘Faratsta’ car ils atteignent la perfection par le fait que ‘le monde s’élève au-delà de toutes les limites et en même temps l’espace et le temps continuent d’exister’. L’histoire suivante illustre cet enseignement du Rabbi :
Un ‘Hassid rapporta qu’il rencontra le Rabbi, il y a bien des années de cela, lorsque le Rabbi habitait à Paris. Le Rabbi l’avait invité à manger avec lui dans sa Souccah, et le ‘Hassid, bien qu’il fût très intimidé, accepta son invitation. Le ‘Hassid raconta que lorsqu’il se trouva assis, dans la Souccah du Rabbi, et qu’il écoutait avec une profonde attention les paroles que le Rabbi lui adressait, il eut l’impression que les parois de la Souccah s’agrandissaient en même temps que le Rabbi lui parlait. Plus le Rabbi racontait, plus le toit de la Souccah s’élevait un peu plus haut vers le ciel, et plus la Souccah s’élargissait.
La perception que le ‘Hassid avait de la réalité n’était plus la même lorsqu’il se trouva en présence du Rabbi. Plusieurs enseignements de la ‘Hassidout nous éclairent sur ce principe, et sur le fait que le Rabbi dévoile l’Essence de l’âme de tout celui qui se trouve dans ses quatre coudées.
Dans son ouvrage intitulé ‘Iniana-chel-Torat-ha-Hassidout’, le Rabbi rapporte l’enseignement de l’Admour Haemtsaeï selon lequel l’Essence de l’âme ne réside pas dans le corps mais à l’extérieur du corps, dans les quatre coudées qui entourent le corps. A la lumière de cet enseignement il apparait que le ‘770’ représente l’endroit où se révèle l’Essence de l’âme du Rabbi. Dans ce cas, la perfection du chiffre 770 est obtenu lorsque le dévoilement de l’Essence se répand à l’extérieur au-delà de toutes les limites, à l’exemple des parois de la Soucca du Rabbi qui s’élargissent au fur et à mesure que le Rabbi raconte. Les enseignements du Rabbi se répandent tout autour de lui et atteignent tous les Juifs dans tous les endroits du monde ; leur pouvoir véritable est de révéler notre Essence, et tout celui qui a conscience de cela fait tout ce qui est en son pouvoir pour être lui-même un digne réceptacle de ces enseignements. Dès-lors, que l’on se trouve dans les 4 coudées du Rabbi, c’est à dire lorsque le Rabbi dévoile la force de l’Essence de notre âme, on devient soi-même un Luminaire, et l’endroit où l’on se trouve devient aussi une source de lumière, à l’exemple du ‘770’.
Il est écrit que ‘D.ieu Israël et la Torah ne font qu’Un’, et Le Rabbi est précisément celui par qui ces liens se dévoilent de manière concrète. Dans le discours intitulé ‘Vé ata tetsaveh’ le Rabbi définit le berger d’Israël comme ‘celui qui unit les enfants d’Israël avec ‘Or-Ein-Sof’. Le Rabbi nous unit donc à D.ieu. Il est aussi écrit que le Rabbi dévoile l’Essence de notre âme, ce qui signifie que le Rabbi dévoile la partie la plus profonde et la plus divine qui est en nous-même, et c’est aussi précisément pour cela que le Rabbi dévoile le lien le plus profond qui nous unit à notre Père qui est dans le ciel. C’est précisément pour cela que nous ressentons alors un plaisir sans égal, et il en va de même pour la Torah. Par le fait que le Rabbi dévoile l’Essence de notre âme, nous devenons capables de recevoir du Rabbi le dévoilement de l’Essence de la Torah et le plaisir véritable et infini qu’Elle nous procure. Aussi, par le fait que le Rabbi unit les Juifs entre eux, alors nous nous attachons de plus en plus à D.ieu et à Sa Torah, car Hachem aime chaque Juif et nous devons aimer ceux que D.ieu aime.
Que ce soit pendant le jour, ou que soit pendant la nuit, chaque fois que l’on entre dans le ‘770’, on se trouve dans les 4 coudées du Rabbi et tout devient possible. Le ‘770’ est un endroit que l’on peut mesurer. Il possède une superficie et un volume, mais en même temps c’est un endroit qui échappe aux lois de la nature, car c’est l’endroit où le Rabbi dévoile l’Essence de la Torah.
Résumé : Le Rabbi souligne ici que le fait qu’Israël ait été dispersé parmi les peuples est un acte de bonté, une Tsédaka, que le Saint béni soit-Il fait au peuple Juif. ‘Le Saint béni soit-Il n’a exilé le peuple d’Israël parmi les peuples du monde que dans le but de lui ajouter des convertis’. Le Rabbi explique que le nom ‘guérim’ (‘convertis’) est une allusion aux étincelles de sainteté qui se trouvent dans le monde. ‘Yaakov s’installa’ exprime le fait que Yaakov amassa et raffina les étincelles divines enfouies dans ce monde matériel, ‘la terre de Canaan’, et les éleva vers ‘son Père’ qui représente ici le Saint béni soit-Il. Dans le Dvar Mal’hout, le Rabbi explique que le raffinement du monde tout entier atteindra sa perfection lorsque le peuple Juif parviendra à l’achèvement du raffinement et de la purification de la France. La Klipa de la France est la plus basse et la plus grossière parmi toutes les Klipoth. L’homme a le sentiment qu’il ne doit sa Vie qu’à lui-même car l’Essence de D.ieu est en exil en lui-même, du fait que la Klipa lui masque la réalité. La Klipa cache le lien véritable et essentiel qui unit l’homme et la Création au Saint béni soit-Il, et ‘purifier la Klipa’ consiste à ôter ce voile afin de réaliser, au point de ressentir, que la Parole de D.ieu est la source de notre existence. Le Rabbi souligne que la valeur numérique de Tsarfat est égale à 770 et cela signifie que chaque endroit, même celui dont le niveau est le plus bas, peut devenir une source de lumière.
Le Rabbi écrit que l’une des principales qualités de notre Maître Moché est celle de ‘Machpia’, c’est à dire celui qui ‘influence’ les enfants d’Israël en leur enseignant la Torah. A l’opposé, le Machia’h est définit par le Rabbi comme le ‘Mékabel’ c’est-à-dire celui qui possède la qualité de ‘recevoir’ les plus hauts dévoilements divins. Ainsi, conformément au principe selon lequel ‘L’Eternel ne réside que dans un endroit qui Lui est parfaitement soumis’, Machia’h est celui qui est parfaitement soumis à D.ieu au point d’être le seul capable de recevoir de D.ieu la Torah ‘Hadacha et de l’enseigner aux enfants d’Israël au moment de la Délivrance finale.
Chaque Chalia’h du Rabbi se doit de posséder la qualité de ‘Machpia’ (Moché) et la qualité de ‘Mékabel (Machia’h). A l’exemple du Machia’h dont la qualité essentielle est celle de ‘Mékabel’ le Chalia’h doit faire preuve de la plus grande soumission pour accomplir la mission qui lui a été confiée, et comme la lune qui ne possède pas sa propre lumière et qui ne fait que refléter la lumière du soleil, le Chalia’h suit à la lettre les instructions qu’il a reçu du Rabbi sans en changer le moindre détail. Plus encore, le Chalia’h doit également posséder la qualité de ‘Machpia’ de Moché, c’est-à-dire qu’il doit enseigner la partie révélée de la Torah et la ‘Hassidout avec passion afin de créer un lien profond entre tous ceux qui reçoivent son enseignement et le Rabbi. Le Rabbi insuffle une vitalité nouvelle à tout celui qui s’attache à lui de manière profonde. A commencer par le Chalia’h car le simple fait de recevoir une mission du Rabbi est en soi une source de Bénédictions. Le Rabbi souligne d’ailleurs que la valeur numérique de ‘Chalia’h’ est égale à 348 et si l’on ajoute à ce nombre le chiffre 10 qui correspond aux 10 forces de l’âme, on obtient 358 qui est la valeur numérique de ‘Machia’h’.
A la lumière de ce qu’il vient d’être dit il apparaît que le Chalia’h est celui qui possède la faculté d’unir les opposés. Comme le ‘Mékabel’ il fait preuve de la plus grande soumission en accomplissant fidèlement la volonté de celui qui l’envoie, et en même temps il sait exploiter son propre potentiel et comme le ‘Machpia’ il est capable de donner tout ce qu’il a pour mener à bien sa mission.
Le Rabbi et le ‘Hassid (‘le Soleil et la Lune’- ‘le Machpia et le Mékabel’) :
Le Rabbi délivre un enseignement sur la relation entre le Rabbi et le ‘Hassid au moyen de l’exemple du soleil et de la lune.
Le premier jour du mois (‘Roch-‘Hodèch : la ‘tête du mois’) la lune apparaît sous la forme d’un simple point (à l’exemple de la ‘tête’ : ‘Roch’) de lumière qui naît (naissance : nouveauté : ‘Hidouch : ‘Hodèch) dans le ciel. A partir du jour de Roch-‘Hodèch, ce point lumineux va en grandissant jusqu’au quinzième jour qui est appelé ‘jour de pleine lune’ car la lune atteint en ce jour sa taille maximale.
Durant la première partie du mois de Kislev, c’est à dire du premier au 15, la lune s’éloigne progressivement du soleil, et dans la seconde partie du mois, du 15 au 30, la lune se rapproche du soleil. Le jour du 15 qui est le ‘jour de pleine lune’ la lumière du soleil se reflète sur toute la surface de la lune, puis du 15 jusqu’au 30, cette lumière va en diminuant progressivement jusqu’à disparaître complètement dans le ciel le jour du 30.
Les trois moments de l’entretien privé avec le Rabbi :
• Plus la lune se rapproche du soleil plus sa taille diminue et de la même façon plus le ‘Hassid se rapproche du Rabbi plus sa lumière diminue. ‘La lumière du ‘Hassid diminue’ signifie que le ‘Hassid met sa propre lumière de côté avant de recevoir la lumière du Rabbi. Ainsi, le contenu spirituel de la diminution de la taille de la lune correspond au travail de soumission et d’annulation du ‘Hassid (voir la note 32 du Dvar Ma’lhout sur la Paracha).
• Juste avant le jour de Roch-‘Hodèch la lune a complétement disparu dans le ciel et cela correspond au moment où le ‘Hassid se trouve à l’intérieur du bureau du Rabbi, face au Rabbi. De fait, on ne peut pas être un Machpia et un Mékabel en même temps. Quand il se trouve devant le Rabbi, il n’émane du ‘Hassid aucune lumière car il se trouve alors dans la position du Mékabel, c’est-à-dire dans la position de ‘celui qui reçoit la lumière du Rabbi’ et il ne peut donc pas en même temps dispenser sa propre lumière à l’extérieur.
• Le jour de Roch-‘Hodèch, lorsque la lune renaît dans le ciel sous la forme d’un simple petit point lumineux correspond au moment où le ‘Hassid quitte le bureau du Rabbi, après avoir reçu la lumière du Rabbi. Le ‘Hassid n’est plus alors dans la position du Mékabel mais dans celle du Machpia. Comme la lune qui renaît dans le ciel dès qu’elle s’éloigne du soleil, Le ‘Hassid redevient un Machpia et illumine le monde extérieur de la lumière qu’il a reçue du Rabbi dès qu’il s’éloigne du Rabbi.
La similitude entre la Séfira de Mal’hout et la lune :
L’Eternel crée les mondes et tout ce qu’ils contiennent au moyen de Sa Parole. L’Admour Hazaken nous enseigne dans le Livre du Tanya que la dernière Lettre du Nom divin ‘Havayé’ qui est un ‘Hé’, représente le Souffle divin par lequel L’Eternel porte le monde du néant à l’existence. Ce souffle divin correspond dans l’enchaînement des mondes à la Séfira de Mal’hout.
Dans le cinquième discours de son ouvrage intitulé ‘La Source’ (chapitre 2), le Rabbi Rachab rapporte l’enseignement du Livre du Zohar d’après lequel la Lettre ‘Hé’ ‘désire et aspire à monter à sa source car elle répugne à descendre dans les mondes inférieurs pour leur donner vie car ils sont un mélange de bien et de mal’.
Pour comprendre le fait que ‘la Lettre ‘Hé’ désire retourner à sa source’ il est fondamental de savoir que ‘la Parole divine n’est pas comme celle des hommes, car la parole humaine est inerte, alors que les articulations de la parole divine sont douées de volonté et de sagesse’.
A la lumière de cet enseignement nous devons comprendre que ‘de même que la flamme tend naturellement à monter, la parole de D.ieu, Mal’hout : la lettre Hé, source de la Création, aspire toujours à s’élever, à remonter là-Haut’.
Ainsi, la Lettre Hé répugne à descendre dans les mondes inferieurs car Elle craint que la vitalité que l’homme reçoit d’Elle soit employée à mauvais escient. Le fait que dans ce monde matériel la possibilité est donnée à l’homme de choisir entre le bien et le mal est la raison pour laquelle la Lettre Hé aspire davantage retourner à sa source divine plutôt que de prendre le risque de donner de la vitalité à l’autre côté de la Sainteté.
La Lettre Youde exprime la plus totale soumission qui précède les plus hauts dévoilements :
A la lumière de cet enseignement du Zohar, nous comprenons les raisons pour lesquelles la Séfira de Mal’hout est comparée à la lune : tout comme la lune reçoit sa lumière du soleil, Mal’hout reçoit sa lumière des Séfirot (plus élevées qu’Elle) du monde d’Atsilout, et tout comme la lune reflète la lumière qu’elle reçoit du soleil, Mal’hout insuffle aux mondes inférieurs la vitalité dont ils ont besoin, et de même que la taille de la lune diminue dans le ciel plus elle se rapproche du soleil, de même lorsque la lettre Hé s’élève vers sa source divine sa taille diminue au point ‘que l’on ne voit d’Elle qu’un point, qui est le ‘Youde’, ainsi qu’il est écrit (Zohar 3, 191a) :
‘Au moment où Elle (la Lettre ‘Hé’) se trouve dans un état d’amour sublime…La forte pression de cet amour qu’Elle ne peut supporter provoque en Elle une contraction telle qu’on ne voit d’Elle qu’un point, qui est le Youde.’ Ce qui veut dire que le ‘Hé’ devient un ‘Youde’, le ‘Youde’ étant la fusion avec le Divin.
La Lettre ‘Hé’ qui diminue et qui finit par devenir un ‘Youde’ rappelle l’attitude d’un ‘Hassid qui se fait tout petit lorsqu’il se trouve en présence du Rabbi. Cela n’est donc pas sans évoquer l’enseignement de l’Admour Hazaken dans le Livre du Tanya selon lequel ‘L’Eternel ne peut résider que dans un endroit qui Lui est parfaitement soumis’.
La soumission du ‘Hassid est symbolisée par la petitesse de la Lettre ‘Youde’ dont la forme se réduit à un simple point. Le Rabbi a déclaré que la ‘Pchitout’ (la Simplicité de l’homme) est le réceptacle de la Simplicité divine c’est à dire de l’Essence divine qui est aussi appelée aussi ‘Pchitout’. L’Eternel ne fusionne avec le réceptacle qui reçoit Sa lumière que si celui-ci est parfaitement conforme à Sa Volonté. Ainsi, un Juif ne fait qu’Un avec D.ieu que s’il s’annule totalement devant le Saint béni soit-Il. Le Rav Haïm Morde’haï Aïzik ‘Hadakov, chef du secrétariat du Rabbi et son homme de confiance a dit que ‘tout le monde veut suivre les instructions du Rabbi, mais il y a une grande différence entre ceux qui préfèrent que le Rabbi comprenne leur volonté et adapte ses instructions en conséquence, et ceux qui, dès le départ, ne tiennent pas compte de leur volonté personnelle et agissent entièrement selon la volonté du Rabbi. C’est ainsi qu’il faut se comporter’.
L’enseignement du Rav Hadakov met en evidence que le ‘Hassid ne fait qu’Un avec le Rabbi que ‘s’il agit entièrement selon la volonté du Rabbi’ c’est à dire qu’il s’annule totalement devant le Rabbi, qu’il ne tient pas compte de sa propre volonté car son seul désir est celui d’accomplir la volonté du Rabbi.
A l’exemple de Yaacov qui ‘se fit tout petit’ lorsqu’il réalisa tout le bien qu’il reçut de D.ieu, un ‘Hassid doit être un ‘réceptacle vide’ pour recevoir toute la lumière du Rabbi. Le Rabbi Rachab explique à ce sujet qu’être un ‘réceptacle vide’ signifie que lorsque l’on désire apprendre un enseignement du Rabbi on doit tout d’abord et seulement, l’écouter attentivement. C’est-à-dire que l’on doit s’attacher seulement à comprendre ce que le Rabbi nous dit, en faisant abstraction de notre propre compréhension du sujet qu’il nous enseigne. Plus on est vide de nous-mêmes, de notre propre perception, plus on devient capable de recevoir les enseignements du Rabbi tels qu’ils sont véritablement.
Dans l’enchaînement des mondes, la Lumière infinie de D.ieu se révèle tout d’abord dans la Séfira de ‘Ho’hma du monde d’Atsilouth, qui est aussi représentée par un point, lequel n’est autre que la lettre Youde du Nom d’Havayé. Chez l’homme, ‘Ho’hma, qui est la force la plus élevée de l’intellect (du fait qu’elle permet de saisir la Sagesse divine) est également comparée à un point, ainsi qu’il est dit :
‘L’un des aspects de ‘Ho’hma est ‘l’éclair intuitif, la saisie initiale de l’esprit ; bien qu’il soit encore au-dessus de la compréhension effective, car il est sous forme de noyau, généralisé, non appréhendé… ‘ (La Source, 27ème discours, chapitre 2).
L’endroit dans lequel se révèle la Lumière divine est toujours semblable à un point, et ce point représente la force de soumission. Dans le cas du ‘Hassid, plus le ‘Hassid se soumet au Rabbi en faisant le vide en lui-même, en devenant un simple point dont la forme tend vers l’absence de forme, le vide, l’abstraction, plus le ‘Hassid devient un réceptacle capable de tout recevoir. Comme la Séfira de ‘Ho’hmah d’Atsilout est le réceptacle de la Lumière infinie de D.ieu, le ‘Hassid est le réceptacle de la Lumière infinie du Rabbi si et seulement si ‘il met sa propre lumière de côté’ (les forces de son intellect, ses propres sentiments) et crée en lui-même un ‘espace vide’ qui devient le réceptacle de l’Essence de la Torah du Rabbi.
Il en va de même pour les Bénédictions du Rabbi. Le Rabbi Rachab a expliqué que l’on ne doit pas faire intervenir notre intellect lorsque l’on demande une Bénédiction au Rabbi. Nous devons simplement avoir la Emouna que la Bénédiction du Rabbi se réalisera. En agissant de cette façon on n’impose aucune limite au Rabbi. La Emouna ouvre les portes de Bénédictions illimitées. Dévoiler la Emouna en nous-mêmes c’est faire le vide en nous-mêmes et donc devenir le réceptacle de Lumières illimitées.
Résumé : Comme la lune reçoit sa lumière du soleil, le ‘Hassid reçoit sa lumière du Rabbi. Un ‘Hassid doit posséder la qualité de Machpia de Moché, et la qualité de Mékabel du Machia’h. On ne peut pas être un Machpia et un Mékabel en même temps. Quand il se trouve devant le Rabbi, il n’émane du ‘Hassid aucune lumière car il se trouve alors dans la position du Mékabel, c’est-à-dire dans la position de ‘celui qui reçoit’ la lumière du Rabbi. En revanche, au moment où le ‘Hassid quitte le bureau du Rabbi il devient un Machpia. La lumière du ‘Hassid commence à briller à l’extérieur dès qu’il s’éloigne du Rabbi. Ces enseignements s’accordent à la déclaration suivante : ‘L’Eternel ne peut résider que dans un endroit qui Lui est parfaitement soumis’ (Tanya) car L’Eternel ne fusionne avec le réceptacle qui reçoit Sa lumière que si celui-ci est parfaitement conforme à Sa Volonté. A l’exemple de Yaacov qui ‘se fit tout petit’ lorsqu’il réalisa tout le bien qu’il reçut de D.ieu, un ‘Hassid doit se faire tout petit pour devenir un réceptacle capable de recevoir le dévoilement de la lumière du Rabbi. Exactement comme la Lettre Hé qui lorsqu’elle s’élève vers sa source devient un Youde, un simple point, à l’exemple de la lune qui diminue dans le ciel lorsqu’elle se rapproche du soleil et qui finit, elle aussi, par devenir un simple point lumineux à l’image de la Lettre Youde. Il est dit que dans les temps futurs ‘la lune retrouvera sa taille originelle’, dès-lors la lune deviendra un luminaire qui possède sa propre lumière. Ce dévoilement des temps messianiques est équivalent au dévoilement de l’Essence de l’âme Juive. L’Essence de l’âme d’un Juif se dévoile quand il se trouve dans les quatre coudées du Rabbi, l’âme du ‘Hassid s’unit alors avec l’âme du Rabbi, fusionne avec l’âme du Rabbi, comme ‘la lune qui retrouve sa taille originelle’.
Faire de nous-mêmes et de ce monde matériel une demeure pour l’Essence divine :
Il est rapporté dans le Midrache que ‘D.ieu désire que l’homme fasse de ce monde inférieur une demeure pour Lui’. D’après l’enseignement de la ‘Hassidout sur la signification de ce Midrache ‘faire de ce monde une Demeure pour D.ieu’ signifie que la mission qui a été donnée à l’homme consiste à agir dans le monde afin que celui-ci devienne l’endroit du dévoilement de l’Essence divine. C’est la raison pour laquelle le terme de ‘demeure’ est employé ici, car l’Essence d’un homme se dévoile précisément dans l’endroit où il vit, où il demeure, et quand L’Eternel dévoilera Son Essence dans ce monde, il aura alors le mérite d’être appelé ‘la Demeure de D.ieu’ (voir Tanhouma, Nasso, 16. Be’houkotaï, 3. Béréchit Raba, fin du chapitre 3. Bamidbar Raba, chapitre 13. Tanya, début du Chapitre 36).
Préparer ce monde matériel au dévoilement du Machia’h consiste à raffiner ce monde matériel en accomplissant les Commandements divins (dont la majorité est accomplie au moyen de la matière) afin qu’il devienne le réceptacle de l’Essence divine. De la même façon nous devons faire de nous-mêmes une demeure pour D.ieu en purifiant notre corps et notre âme animale afin qu’ils deviennent des réceptacles capables de recevoir le dévoilement de l’Essence de la Torah par l’intermédiaire du Machia’h lors de la Délivrance finale.
Shimon ha-Tsaddik déclare dans le Pirkeï Avoth (1, 2) que ‘le monde repose sur trois choses : l’étude de la Torah, la prière (qui remplace les Sacrifices) et les actes de bienfaisance’, et il est écrit par ailleurs que ‘l’homme est un petit monde’. Dans la Si’ha du 20 Tamouz 5740, le Rabbi unit ces deux citations et nous enseigne que ‘l’homme qui est un petit monde ne subsiste que s’il s’oblige à servir D.ieu au moyen de son étude de la Torah de sa prière et de ses actes de bonté’. A la lumière de cet enseignement, nous comprenons que ‘le petit monde’ qu’est l’homme doit lui aussi devenir une demeure pour D.ieu et c’est à cela que se rapporte la Parole de D.ieu du verset de la Paracha Terouma : ‘Faites-Moi un sanctuaire et Je résiderais parmi vous’.
La perfection des jours de la Vie de l’Admour Haemtsaeï :
Il est écrit dans le premier Livre des Rois (8, 27) que ‘les cieux, et les cieux des cieux ne peuvent Te contenir’. De fait, c’est précisément ce monde inferieur, dans le Beït-Ha-Mikdache, dans le cœur et dans l’âme des enfants d’Israël que L’Eternel a choisi de résider. Non pas seulement dans le côté droit du cœur qui est le siège de l’âme divine mais également dans le côté gauche du cœur où réside l’âme animale. Aussi, le Livre du Tanya nous enseigne l’importance de soumettre tous les membres du corps, sans exception aucune, à la Volonté du Saint béni soit-Il.
Dans le Dvar Mal’hout sur la Paracha Vayetsé le Rabbi approfondit le sujet de notre mission qui consiste à ‘faire de nous-mêmes et de ce monde une Demeure pour D.ieu’ en prenant l’Admour Haemtsaeï pour exemple. Au sujet de la déclaration de L’Eternel (Michpatim, 23, 26) : ‘le nombre de tes jours Je remplirai’, le Rabbi explique que ‘L’Eternel remplit les jours de la Vie d’un Tsaddik de façon à ce que le nombre de ses années soit un chiffre rond’. Ce fut le cas de l’Admour Haemtsaeï qui naquit le 9 Kislev en l’an 5534 (1773) et qui quitta ce monde 54 ans plus tard, jour pour jour, le 9 Kislev en l’an 1827 (5588). Ce fut aussi le cas de Moché Rabbénou qui naquit le 7 Adar et qui quitta ce monde 120 ans plus tard, jour pour jour, le 7 Adar, ainsi qu’il est dit (Dévarim, 31, 2, Rachi) : ‘Aujourd’hui ont été remplis mes jours et mes années, ce jour-ci je suis né et ce jour-ci je mourrai’
Le Rabbi explique que le chiffre rond du nombre de jours de la Vie du Tsaddik représente la perfection. Le Rabbi déclare alors que ‘même si la Vie d’un Tsaddik n’est pas matérielle et qu’elle est au contraire spirituelle, la perfection de son service divin provient du fait que sa Vie spirituelle pénètre et illumine aussi sa Vie matérielle. De fait, la Vie matérielle du Tsaddik est le réceptacle de sa Vie spirituelle. Plus encore, sa Vie matérielle est le prolongement et la continuité de sa Vie spirituelle, l’une et l’autre s’unissent au point de devenir une seule et même chose’.
La Vie spirituelle du Tsaddik Se reflète dans sa Vie matérielle. Le monde matériel devient le miroir du monde spirituel. Les ‘Hassidim de l’Admour Haemtsaeï disaient que ‘si l’on ouvrait les veines de l’Admour Haemtsaei, on verrait couler à la place du sang, de la ‘Hassidout ‘.
Ces paroles s’accordent à la déclaration du Rabbi selon laquelle ‘la ‘Hassidout nous insuffle une vitalité nouvelle’. Les mots du Rabbi : ‘vitalité nouvelle’ semblent faire allusion à ‘la Torah nouvelle’ (‘Torah ‘Hadacha’) que dévoilera le Machia’h au moment de la Délivrance finale. La ‘Hassidout qui coule dans les veines du Rabbi’ exprime l’idée que les mots de ‘Hassidout sont vivants et ils nous insufflent la Vie.
Les écrits vivants du Rabbi Rachab :
Dans son ouvrage intitulé ‘Iniana chel Torat-ha-Hassidout’, le Rabbi nous enseigne que ‘la ‘Hassidout nous insuffle une vitalité nouvelle’ et dans le même ordre d’idée le Rabbi Rayats écrit au sujet des écrits de son père, le Rabbi Rachab, que ‘les mots du Rabbi sont vivants’ :
‘A l’heure actuelle, les mots du Rabbi ont été écrits, imprimés sur du papier, mais ces mots écrits et imprimés vivent, d’une vitalité profonde. Ces mots eux-mêmes poussent un cri. Ces saintes paroles, qui sont issues d’un cœur brûlant, brûlent encore actuellement, D.ieu merci, d’une sainte flamme, comme lorsqu’ils émanaient de leur source et de leur origine. Ces mots poussent un cri, demandent, ordonnent. Quand on étudie quelques lignes d’une lettre du Rabbi, imprimée ou manuscrite, quand on assimile ses mots, ceux-ci mettent en éveil et ils exercent une influence, sur la tête comme sur le cœur’.
A la lumière de ces quelques lignes du Rabbi Rayats nous pouvons nous rendre compte de la force de l’impact que le Rabbi exerce sur ce monde matériel. Les mots que le Rabbi écrit sur du papier ne sont pas de simples mots inanimés. Les mots du Rabbi vivent car ils sont une demeure dans lesquels réside l’Esprit divin. ‘Faire une demeure pour Hachem’ signifie donc aussi employer les lettres et les mots comme on emploie des pierres et des briques. En effet, l’Admour Hazaken mentionne le ‘Séfer-ha-Yetsira’ pour nous enseigner que les Lettres de la Torah sont telles des pierres et des briques que l’on assemble pour construire une maison dans laquelle réside l’Esprit divin. Il en va de même pour les écrits des discours ‘Hassidiques du Rabbi car les Mots du Rabbi peuvent contenir l’Essence divine, et dans ce cas ‘faire de ce monde une demeure pour D.ieu’ signifie que le Rabbi construit une demeure avec des lettres et avec des mots, matériels, une demeure que l’on appelle aussi ‘un Discours ‘Hassidique’. Dès-lors, nous comprenons l’une des raisons pour laquelle les ‘Hassidim de l’Admour Haemtsaeï disaient que ‘si l’on ouvrait les veines du Rabbi, on verrait couler de la ‘Hassidout à la place du sang’ car la ‘Hassidout est l’Essence de la Torah. La Torah est appelée ‘Torah de Vie’ et la ‘Hassidout est l’Essence de la Torah de Vie. Lorsque on étudie quelques lignes d’une lettre du Rabbi, imprimée ou manuscrite, quand on assimile ses mots, ceux-ci mettent en éveil et ils exercent une influence, sur la tête comme sur le cœur’.
‘La Torah unit la matière à l’esprit’ :
L’Admour Hazaken explique dans le Likouteï-Torah sur la Paracha Réé la raison pour laquelle ‘la Torah est appelée ‘la Voix’ (‘Quand tu écouteras la Voix de l’Eternel’, page 23a).
La voix d’un homme exprime les sentiments cachés dans le cœur. En écoutant une personne parler nous pouvons entendre le sentiment qui transparait dans les mots qu’il prononce le sentiment qui anime cette personne.
C’est pour cette raison que le Rabbi nous enseigne que ‘la voix unit le spirituel avec le matériel’, c’est à dire qu’elle unit le sentiment qui est impalpable et abstrait (le spirituel) avec les mots de la parole qui sont eux même concrets et matériels. L’Admour Hazaken poursuit son enseignement et nous explique que la Torah, aussi, unit le spirituel avec le matériel. La Lumière infinie de D.ieu s’habille dans ‘la matière de la Torah’ c’est-à-dire dans les lettres matérielles écrites avec de l’encre sur le parchemin et dans les 613 commandements divins que l’on accomplit en majorité au moyen de la matière’. Ainsi, de même que la Torah unit l’Esprit divin avec les mots de la Torah, le Rabbi unit le Divin avec ses écrits.
Le nom du Patriarche ‘Yaakov’ exprime la mission de tous les enfants d’Israël :
Dans le Dvar Mal’hout, le Rabbi délivre plusieurs enseignements au sujet de notre mission de faire de ce monde inférieur une demeure pour D.ieu. L’histoire de Yaakov sert d’exemple au sujet de ce lien que nous devons établir entre le monde spirituel et le monde matériel.
Il est écrit que ‘Yaakov sortit de Beer-Cheva et il alla vers ‘Harane’ (Vayetsé, 28, 10). La ‘Hassidout nous enseigne que ce voyage que Yaacov entreprit pour se rendre à ‘Harane est en soi une descente car Yaakov quitta la Maison de son père qui était un Juste et se rendit chez Lavan qui était un être vil.
La ‘Hassidout compare donc ce voyage à partir d’un endroit de Sainteté (la maison d’Itz’hak) vers un endroit impur (la maison de Lavan) à la descente de l’âme dans le corps.
De fait, l’âme divine ‘fait Un avec D.ieu’ et elle descend s’habiller dans un corps et dans une âme animale pour agir dans un monde où la possibilité est donnée à l’homme de choisir entre le bien et le mal. La ‘Hassidout souligne à ce sujet que toute descente a pour but une élévation et il en va de même pour l’âme car sa descente dans le corps lui permet de s’élever vers les plus hauts niveaux. Le nom : ‘Yaakov’ fait lui-même allusion à la mission que Yaakov a accompli tout au long de sa vie :
‘Yaakov’ se décompose en ‘Youde-Ekev’.
La lettre Youde qui est la première lettre du Nom Havayé symbolise l’attribut divin de ‘Ho’hmah (la ‘Sagesse’) qui est la première Séfira du monde dAtsilout’ et qui représente donc le commencement du dévoilement divin dans l’enchaînement des mondes. Le nom Ekev qui signifie ‘talon’ représente ce monde matériel. Yaakov, Youde-Ekev, exprime donc la mission qui incombe à chaque Juif de faire de ce monde matériel (‘Ekev’) une demeure pour l’Essence divine (‘Youde’).
Dans le Livre du Zohar, Rabbi Shimon Bar-Yo’haï a enseigné qu’il y a dans chaque génération un Tsaddik qui est l’équivalent de Moché, et le Rabbi a comparé ce Tsaddik à la ‘Pierre fondamentale’ (‘Even ha Chtia’) sur laquelle repose le monde. Par ailleurs, il est écrit dans le Midrache que ‘le nom du Machia’h est gravé sur la Pierre fondamentale’. Cette image des lettres du nom du Machia’h gravées sur la Pierre fondamentale est riche de sens et de profondeur. Elle evoque notamment la mission qui nous incombe d’unir le spirituel au matériel au point que ‘la Vie spirituelle se reflète dans notre Vie matérielle et que le monde matériel devient le miroir du monde spirituel’.
Résumé : D.ieu désire que l’homme fasse de ce monde inférieur une demeure pour Lui’. ‘Faire de ce monde une Demeure pour D.ieu’ signifie que l’homme doit agir dans le monde afin que celui-ci devienne l’endroit du dévoilement de l’Essence divine. L’homme est un ‘petit monde’, qui doit aussi devenir une demeure pour D.ieu. L’Eternel remplit les jours de la Vie d’un Tsaddik de façon à ce que le nombre de ses années soit un chiffre rond. Ce fut le cas de l’Admour Haemtsaeï qui naquit le 9 Kislev en l’an 5534 (1773) et qui quitta ce monde 54 ans plus tard, jour pour jour, le 9 Kislev en l’an 1827 (5588). Le Rabbi explique que ce chiffre rond du nombre de jours de la Vie du Tsaddik représente la perfection : la Vie matérielle du Tsaddik est le réceptacle de sa Vie spirituelle. La Vie matérielle du Tsaddik est le prolongement et la continuité de sa Vie spirituelle, l’une et l’autre s’unissent au point de devenir une seule et même chose. Le nom ‘Yaakov’ qui se décompose en ‘Youde-Ekev’ évoque l’union entre l’esprit et la matière. Le nom du Machia’h qui est gravé sur la pierre fondamentale représente aussi l’union entre spirituel et le matériel, au point que ceux-ci deviennent une seule et même chose.
Pour la guérison complète de Liba bat Esther,
et pour l’élévation de l’âme du Rav Chalom Lapidot, directeur du Talmud Torah Torat-Emeth de Jérusalem
La signification profonde du jour de Roch-‘Hodech Kislev
La ‘Hassidout nous enseigne que l’Assemblée d’Israël est comparée à la lune, car de même que la lune reçoit toute sa lumière du soleil, de même l’Assemblée d’Israël reçoit toute sa lumière du Saint béni soit-Il.
Dans le Dvar Mal’hout sur notre Paracha, le Rabbi nous enseigne que le jour de Roch-‘Hodech correspond au moment où la lune qui avait disparu dans le ciel réapparait à nouveau sous la forme d’un simple point lumineux. De manière profonde, le moment de la réapparition de la lune dans le ciel correspond au moment du réveil, lorsqu’après une nuit de sommeil les forces de l’âme se dévoilent dans les membres du corps.
Le Rabbi nous éclaire sur le sens des mots. ‘Hodech est apparenté au mot ‘Hidouch qui signifie Nouveauté et le mot ‘Roch’ qui désigne ‘la Tête’ désigne ici le point lumineux de la lune qui apparaît et brille dans le ciel le jour de Roch-‘Hodech. Aussi, le Rabbi précise que ‘le point lumineux de la lune, bien qu’il ne soit qu’un simple point est le point de la naissance de la lune et il inclut donc tout ce qui advient à la lune par la suite, à l’exemple de tout ce qui constitue l’existence d’un homme tout au long de sa Vie au moment de sa naissance, et c’est pourquoi on utilise les mots Roch-‘Hodech : la ‘tête du mois’ exprime que de même que la tête est la source de vitalité de tous les membres du corps, de même le jour de Roch-‘Hodech est la source de vitalité de tous les jours du mois’.
Le mois de Kislev est appelé ‘le mois de la Délivrance’. Nous aurions pu penser que le 15 Kislev est le jour de ce mois qui représente le plus la Délivrance car en ce jour le soleil (qui symbolise la Lumière divine) illumine toute la face de la lune (qui symbolise l’Assemblée d’Israël). Cependant, le Rabbi nous enseigne que parmi tous les jours du mois de Kislev c’est précisément le jour de Roch-‘Hodech Kislev qui exprime le plus tous les sujets de la Délivrance finale, du fait que la naissance de la lune sous la forme d’un point lumineux symbolise de manière profonde le dévoilement de l’Etincelle du Machia’h qui se trouve dans l’âme de chaque Juif.
L’Etincelle du Machia’h correspond au plus haut niveau de l’âme que l’on appelle ‘l’Essence de l’âme’. Celle-ci, du fait qu’elle est enracinée dans l’Essence divine détient le pouvoir d’insuffler à toutes les forces de l’âme qui s’habillent dans le corps une vitalité que le Rabbi qualifie de ‘nouvelle’.
Concrètement, le Rabbi nous enseigne que ce moment où la lune réapparait dans le ciel sous la simple forme d’un petit point lumineux correspond au dévoilement de l’Essence de l’âme lorsque nous ouvrons les yeux au moment de notre réveil. De fait, le réveil d’une personne peut en effet être considéré comme une véritable ‘renaissance’ car lorsque nous ouvrons les yeux et que les forces de l’âme qui s’habillent dans le corps (le plaisir, la volonté, les forces de l’intellect, les sentiments, les actions) et les vêtements de l’âme (les pensées, les paroles et les actes) reçoivent une émanation de l’Essence de l’âme, tous reçoivent alors une vitalité nouvelle.
Ce même principe s’applique à la ‘Hassidout qui est l’Essence de la Torah car elle insuffle également une vitalité nouvelle à tous les paliers d’interprétation de la Torah.
Nous avons mentionné précédemment l’enseignement du Rabbi selon lequel ‘on utilise les mots Roch-‘Hodech: la ‘tête du mois’ pour exprimer le fait que de même que la tête est la source de vitalité de tous les membres du corps le jour de Roch-‘Hodech est la source de vitalité de tous les jours du mois’.
Cet enseignement convient aussi à l’Essence de l’âme juive car il est dit (‘Prière du matin-Elokaï néchamah’): ‘Et Tu la gardes en moi’. ‘Tu’ représente l’Essence de l’âme ‘qui fait un avec D.ieu’, et ‘Tu la gardes en moi’ signifie que l’Essence de l’âme qui ne s’habille pas dans le corps garde la partie de l’âme qui s’habille dans le corps (voir le discours du Rabbi ‘Vayéchèv Yaakov’).
Le Rabbi nous enseigne également qu’immédiatement après avoir ouvert les yeux nous disons la prière de ‘Modé-ani’ afin de remercier D.ieu de nous avoir donné une âme qui fait Un avec Lui, une âme Juive. C’est ce lien essentiel que nous devons nous efforcer de dévoiler tout au long du jour et de notre existence.
Il existe des moments et des situations particulières pendant lesquels D.ieu Lui-même dévoile ce lien qui procède de l’Essence. Le jour de Roch-‘Hodech fait partie de ces moments et c’est justement pour cela que le jour de Roch-‘Hodech est le jour qui exprime le plus la Délivrance parmi tous les jours du mois de Kislev qui est lui-même appelé ‘le mois de la Délivrance’.
La lumière du Rabbi et la lumière du ‘Hassid
Le Rabbi définit la ‘Hassidout comme une ‘vitalité nouvelle’ car elle insuffle une vitalité nouvelle aux forces de notre âme et à tous les différents paliers d’interprétation de la Torah. C’est donc grâce à notre profond attachement au Rabbi que nous pouvons recevoir le dévoilement de cette vitalité, et c’est grâce à elle que nous aurons le mérite de recevoir une ‘Torah nouvelle’ (Torah ‘Hadacha) par l’intermédiaire du Machia’h, de vivre sur une ‘Terre nouvelle’ et sous un ‘Ciel nouveau’, très bientôt et de nos jours avec l’aide de D.ieu.
Comme il vient d’être dit, la lumière de la lune réapparaît le jour de Roch-‘Hodech sous la forme d’un simple point lumineux qui va ensuite en grandissant jusqu’au quinzième jour du mois (le 15 du mois qui est le jour de la pleine lune). A partir du 15, la lumière de la lune va en décroissant et finit par disparaitre dans le ciel le dernier jour du mois.
A ce sujet, le Rabbi nous explique une chose essentielle: Du premier jusqu’au quinzième jour du mois, la lumière de la lune va en grandissant car la lune s’éloigne du soleil. Inversement, pendant les quinze jours qui suivent le jour de la pleine lune (du 15 au 30) la lumière de la lune va en diminuant, car la lune se rapproche du soleil. Le Rabbi décrit ce phénomène physique au moyen d’un exemple : l’exemple du Rabbi et de son ‘Hassid.
La lumière du soleil est comparée à la lumière du Rabbi et la lumière du ‘Hassid est comparée à la lumière de la lune car de même que la lune reçoit sa lumière du soleil, le ‘Hassid reçoit sa lumière du Rabbi.
Ainsi, la période pendant laquelle la taille de la lune diminue dans le ciel (car elle se rapproche du soleil) correspond au moment où le ‘Hassid se rapproche du Rabbi, du fait que lorsque le ‘Hassid entre dans le bureau du Rabbi, il s’annule totalement devant le Rabbi (comme pour l’exemple d’un rayon du soleil qui lorsqu’il se trouve à l’intérieur du soleil se fond dans la source lumineuse du soleil et qui ne commence à exister que lorsqu’il sort à l’extérieur du soleil, ainsi qu’il est expliqué dans le Livre du Tanya).
Le moment où la lune disparait dans le ciel correspond au moment où le ‘Hassid s’annule totalement devant le Rabbi pour recevoir sa lumière, ainsi qu’il est écrit dans le Livre du Tanya: ‘L’Eternel ne réside que dans un endroit qui lui est parfaitement soumis’. L’absence de la lune dans le ciel exprime donc la totale soumission du ‘Hassid, ce moment pendant lequel le ‘Hassid fait abstraction de sa propre existence pour n’être qu’un réceptacle apte à recevoir la lumière du Rabbi.
Pour l’élévation de l’âme du Rav Chalom Lapidot
Enfin, le moment où le ‘Hassid quitte le bureau du Rabbi correspond au moment où la lumière de la lune recommence à grandir dans le ciel car elle s’éloigne du soleil. La lumière du ‘Hassid quand il se trouve dans le bureau du Rabbi est comparable à la lumière d’une bougie que l’on allumerait en plein jour car dans un tel cas la lumière de la bougie s’annule totalement face à la lumière du jour. Ce n’est que lorsque le soleil se couche, c’est à dire au moment où le ‘Hassid quitte le bureau du Rabbi que la lumière du ‘Hassid recommence à briller.
C’est à tout cela que se rapporte l’enseignement selon lequel ‘l’Essence de l’âme d’un Juif se dévoile lorsqu’il se trouve dans les quatre coudées du Rabbi’.
L’obscurité qui précède la lumière
Dans le Dvar Mal’hout, le Rabbi souligne que les enfants d’Israël dévoilent plus que les adultes l’Essence de leur âme. Un enfant Juif n’a nul besoin d’avoir recours à l’intellect, ni même aux sentiments, pour ressentir que D.ieu fait partie de sa Vie. Un enfant ne connait pas les différents Noms divins, il ne connait pas non plus
leurs significations profondes. Quand il parle à D.ieu, un enfant dit seulement: Hachem! Hachem fait partie de sa Vie. Pour un enfant il n’y a pas de différences entre la réalité divine et sa propre réalité car ces deux réalités ne sont pour lui qu’une seule et même chose. La prière de ‘Modé-ani’ exprime tout particulièrement ce sentiment de soumission et de reconnaissance. Le Rabbi explique que la première chose que nous faisons à notre réveil après avoir ouvert les yeux est de reconnaitre tout d’abord l’Eternel, car nous disons en premier: ‘Modé’ (‘Reconnais’) et seulement après nous disons ‘ani’ : ‘je’, nous reconnaissons Son existence avant la nôtre.
Le Rabbi nous enseigne que cet état de soumission précède celui du dévoilement, à l’exemple de la lune qui disparait dans le ciel pour renaitre à nouveau, ainsi qu’il a été expliqué. De manière profonde le Rabbi définit le petit point lumineux de la lune comme le ‘point de notre soumission’, car selon un enseignement du Rabbi Rachab, nous devons, tout au long de notre journée, revenir sans cesse à ce ‘point de soumission’ du fait que c’est précisément à partir du sentiment de soumission et d’humilité que nous pouvons grandir et nous élever, tout comme le point lumineux de la lune qui renait dans le ciel le jour de Roch-‘Hodech.
Résumé: L’Assemblée d’Israël est comparée à la lune. Tout comme la lune reçoit toute sa lumière du soleil, l’Assemblée d’Israël reçoit toute sa lumière du Saint béni soit-Il. Le jour de Roch-‘Hodech correspond au moment où la lune qui avait disparu dans le ciel réapparait à nouveau sous la forme d’un simple point lumineux. Ce point lumineux de la lune fait allusion au dévoilement de l’Essence de l’âme. Il est possible de dire ici (sous la forme d’un ‘Hidouch) que la renaissance de la lune dans le ciel évoque la Délivrance finale du fait que la valeur numérique de l’expression: רגע המולד (le moment où la lune réapparaît dans le ciel) est égale à 358 comme la valeur numérique de Machia’h. Le Rabbi dévoile l’Essence de l’âme de chaque Juif. C’est précisément à partir du sentiment de soumission et d’humilité que nous pouvons grandir et nous élever, à l’exemple du point lumineux de la lune qui renait dans le ciel le jour de Roch-‘Hodech.
Le don de soi d’Avraham, Père de tous les enfants d’Israël, à l’occasion du mariage de son fils Itz’hak et de Rivka :
Avraham envoya son serviteur Eliézer chercher un parti pour son fils Itz’hak. Rachi écrit qu’Avraham ‘avait écrit un acte de donation au profit d’Itz’hak qui incluait tout ce qu’il possédait, afin qu’ils s’empressent d’envoyer vers lui leur fille’. ‘Tous les biens de son Maître’ étaient dans la main d’Eliézer’, car d’après le sens simple Avraham voulut qu’à la vue de tout cet argent les parents de la fiancée n’hésiteraient pas à donner leur fille à Itz’hak.
Plus profondément, le Rabbi explique que ce mariage entre Itz’hak et Rivka est le premier mariage Juif après que fut ordonné par D.ieu la Mitsvah de la Brit-Mila. De ce mariage vient tout le peuple d’Israël, jusqu’à la fin de toutes les générations. Le Rabbi met ici l’accent sur le fait qu’Avraham donna à son fils tout ce qu’il possédait. Avraham fit totalement don de lui-même et montra ‘qu’il est le Père de tous les enfants d’Israël, et c’est pour cela qu’il donna tout ce qu’il possédait pour la réussite de ce mariage’.
Chaque Juif est lui-même un Chalia’h qui doit mener à bien la mission qui lui a été donnée par le Rabbi de faire tout ce qui est en son pouvoir pour provoquer la Délivrance finale. Aussi, le Rabbi souligne que de même qu’Avraham a donné tout ce qu’il possédait à Eliezer pour la réussite du mariage de son fils, L’Eternel donne à chaque Juif tout ce qu’Il a pour qu’il réussisse sa mission.
Dans le Dvar Mal’hout le Rabbi nous enseigne que la qualité de notre Maître Moché est celle de Machpia. Moché enseigne la Sagesse de D.ieu exprimée dans la Torah aux enfants d’Israël. Il est donc à l’exemple du soleil dont la lumière éclaire la Terre. A l’opposé, Machia’h représente le Mékabel : ‘celui qui reçoit’, car il est totalement soumis à L’Eternel. C’est pourquoi la lumière du Machia’h est comparée à celle de la lune car toute la lumière de la lune provient du soleil.
Deux qualités essentielles d’un Chalia’h :
Chaque Juif doit posséder ces deux qualités, Machpia et Mékabel, pour accomplir sa mission. D’un côté il doit être totalement soumis à la volonté de celui qui l’envoie accomplir une mission. Tout comme la lune qui ne possède pas sa propre lumière, car toute sa lumière provient du soleil lui-même, le Chalia’h doit accomplir la mission qui lui a été donnée sans en changer le moindre détail. Il doit suivre à la lettre les instructions de son Maître et faire preuve d’une totale soumission vis-à-vis de lui, à l’exemple du Machia’h dont la qualité essentielle est celle de Mékabel.
D’un autre côté, chaque Juif doit aussi posséder la qualité de Machpia de Moché, c’est-à-dire qu’il doit savoir exploiter les forces qui lui ont été données par D.ieu. C’est à ce sujet que le Rabbi explique que la valeur numérique de ‘Chalia’h’ est 348, et en ajoutant la valeur de 10, laquelle correspond aux 10 forces de l’âme, on obtient 358 qui est la valeur numérique de Machia’h. De fait, chaque Juif doit penser et comprendre au moyen des forces de son intellect. Il doit toujours se demander de quelle manière influencer les personnes de son entourage et le monde qui l’entoure. Il doit être un Machpia, à l’exemple de Moché qui est comparé au soleil dont la lumière éclaire la Terre.
A la lumière de ce qu’il vient d’être dit il apparaît que Machpia et Mékabel sont deux qualités opposées et c’est précisément ce qui caractérise un Chalia’h, du fait que le Chalia’h est celui qui possède la faculté d’unir les opposés. Il doit être capable de faire preuve de la plus grande soumission vis-à-vis de celui qui l’envoie et en même temps savoir exploiter son propre potentiel.
L’union de l’esprit avec la matière :
Dans le Dvar Mal’hout le Rabbi nous enseigne que le mariage d’Itzhak et de Rivka exprime l’union entre deux choses opposées : l’esprit et la matière. Itz’hak symbolise l’esprit (l’âme) et Rivka symbolise la matière (le corps).
(Dans le langage de la partie profonde de la Torah l’union de l’esprit avec la matière correspond à l’union des Noms divins ‘Mah’ et ‘Ban’ : ‘Mah’ représente la spiritualité et ‘Ban’ représente la matérialité).
Plus encore, Le Rabbi souligne que ce Mariage est profondément lié à l’Union entre le Saint béni soit-Il et l’Assemblée d’Israël qui allait se réaliser plus tard sur le Mont-Sinaï. La Torah est elle-même comparée au contrat de mariage, la Kétouba de cette Union. De manière profonde la Torah n’est pas non plus sans exprimer l’union entre l’esprit et la matière. Au sujet du verset ‘la voix est celle de Yaakov’, l’Admour Hazaken a expliqué que la Torah est appelée ‘la Voix’ car de même que la voix d’un homme unit le sentiment immatériel avec la parole qui est matérielle, la Torah unit l’Esprit divin, ‘immatériel’, avec les lettres matérielles de la Torah, écrites au moyen de l’encre sur du parchemin.
Le Rabbi unit Or ein-sof avec les enfants d’Israël :
Dans le Séfer-ha-Si’hot (5752, ‘Hélek Alef, page 106), le Rabbi écrit que ‘le Machia’h représente l’union entre Ban et Mah car d’un côté il est un homme de chair et de sang (Ban) et d’un côté il est comme le Saint béni soit-Il (Mah) car il est l’envoyé du Saint-béni-soit-Il et ‘l’envoyé est vraiment considéré comme celui qui l’envoie ».
A l’évidence, l’exemple du Rabbi est l’expression du lien de l’esprit avec la matière. Il est celui qui enseigne la Torah ‘Hadacha, l’Essence de la Torah, dont le pouvoir est d’apporter la plus grande chaleur à la froideur de l’intellect.
C’est grâce aux enseignements du Rabbi qu’un homme éveille sa perception du Divin et qu’il parvient à voir et à ressentir la spiritualité qui vit en lui-même et dans ce monde matériel. Le Rabbi parvient à unir l’âme de la Torah au corps des enfants d’Israël car il est celui qui élève nos perceptions et nos sensations, vers la sensibilité du Divin.
A la lumière de ces enseignements du Rabbi, il est possible de dire que le lien qui unit le Rabbi à ses émissaires venus des quatre coins du monde au 770 pour le ‘Kinous-ha-Chlou’him’ est comparable à l’union entre Itz’hak et Rivkah. Le Rabbi est lui-même l’Essence de l’âme d’Israël. A l’image d’Itz’hak, il vit dans un endroit saint et il est lui-même saint. Les Chlou’him vivent en-dehors des quatre coudées du Rabbi, à l’image de Rivkah qui vit en-dehors de la Terre d’Israël, dans la maison de Bétouel et de Lavan, ‘telle une rose au milieu des épines’.
Le Rabbi s’unit à ses émissaires, en leur donnant une mission, et en leur donnant toutes les forces nécessaires pour l’accomplir. Aussi, le rassemblement du Rabbi et de ses émissaires est telle une union que l’on célèbre sous la ‘Houpa. Or, la chose est connue qu’au moment de la ‘Houpa, le ciel s’ouvre pour entendre les prières des nouveaux mariés, et de la même façon pendant le Kinous-Ha-Chlou’him le ciel s’ouvre au-dessus du 770 pour entendre la prière du Rabbi et de ses ‘Hassidim, la prière d’un seul homme avec un seul cœur’ qui demande le dévoilement de notre Juste Machia’h, dès-à-présent avec l’aide de D.ieu.
Un autre exemple du Rabbi au sujet de l’union de l’esprit avec la matière :
Au sujet de l’union entre l’esprit et la matière il est bien de mentionner ici aussi l’enseignement du Rabbi sur la beauté de Sarah. En effet, le Rabbi explique que la beauté de Sarah venait du fait que ‘l’âme de Sarah puisait sa Lumière de la Lumière d’Or ein Sof (la Lumière infinie de D.ieu)’.
‘Sarah était belle à 7 ans comme à 20 ans comme à 100 ans’.
Ce verset de la Torah est au premier abord étonnant car toute personne est soumise à des changements. Le temps agit sur chacun et l’on voit bien que l’aspect du corps change au fil des années. Comment dans ce cas doit-on comprendre que Sarah était belle à tous les âges ? La réponse du Rabbi est que ‘l’âme de Sarah puisait sa Lumière dans la Lumière infinie de D.ieu’ et dans ce cas le temps ne pouvait avoir aucune emprise, ne pouvait exercer aucune influence sur la beauté de Sarah ‘qui était belle, à 7 ans comme à 20 ans comme à 100 ans’*.
*Note : le Rabbi nous enseigne par ailleurs la signification profonde des chiffres 7, 20, et 100 qui composent l’âge de la Vie de Sarah de la manière suivante :
Le chiffre 100 représente le monde spirituel de Kéter, la Couronne qui surplombe l’enchaînement des mondes.
Le Chiffre 20 représente ‘Ho’hmah et Binah : les deux premières Séfiroth du monde d’Atsilout.
Le chiffre 7 représente les six Midot du monde d’Atsilout : ‘Hessed, Gvurah, Tifféreth, Nétsah, Hod, Yessod, et la Séfira de Mal’hout. Ainsi, 127 ans, les jours de la vie de Sarah évoquent la descente et le dévoilement de la Lumière divine depuis la Séfira de Kéter jusque dans le monde matériel. En d’autres termes, 127 évoque le travail des enfants d’Israël de faire de ce monde matériel une demeure pour l’Essence divine.
Résumé : la mission de chaque Juif consiste à faire de ce monde matériel une demeure pour l’Essence divine. Ainsi, réaliser l’union de l’esprit avec la matière consiste à relier l’étude de la partie révélée de la Torah avec sa partie profonde. De relier également les forces profondes de notre âme (l’Essence de l’âme Juive) avec les forces de l’âme qui s’habillent dans le corps (l’intellect, les sentiments, et l’action). La réussite de notre mission implique un attachement profond au Maitre de notre génération, le Rabbi.
Pour la Refouah chelema de Liba bat Esther, avec l’aide d’Hachem
‘Pourquoi L’Eternel apparut à Avraham, et à nous Il n’est pas apparu ?’ :
Dans le Dvar-Mal’hout sur notre Paracha le Rabbi évoque le jour où le Rabbi Rachab qui n’était âgé que de quatre ou cinq ans entra dans le bureau de son grand-père, le Tsémach Tsédek, en pleurant et en se plaignant du fait que ‘l’Eternel qui était apparu à Avraham ne nous était pas apparu.
A travers l’exemple du Rabbi Rachab qui n’est alors qu’un très jeune enfant et qui pourtant désire au point d’en pleurer le dévoilement de D.ieu, le Rabbi décrit la force de l’attachement à D.ieu des jeunes enfants d’Israël. Celui-ci ne dépend ni des forces de l’intellect ni des sentiments mais il découle de l’Essence de l’âme et il dépasse donc la raison et l’intellect.
Le Rabbi Rachab ne dit pas : ‘L’Eternel ne m’est pas apparu’ mais il dit : ‘L’Eternel ne nous est pas apparu’ ce qui nous montre que bien que très jeune le Rabbi Rachab désire déjà que L’Eternel apparaisse aux yeux de tous et non pas seulement à ses propres yeux. L’Essence divine de l’âme du Rabbi éclaire constamment les forces de son intellect et ses sentiments. L’Essence de l’âme est enracinée dans l’Essence divine et lorsque la force de l’Essence de l’âme se dévoile dans les forces de l’intellect et dans les sentiments, un Juif se soumet totalement à la Volonté de D.ieu au point de faire abstraction de sa propre volonté et de ses propres désirs, exactement comme pour le Rabbi Rachab même lorsqu’il n’était qu’un très jeune enfant : ‘Pourquoi L’Eternel apparut à Avraham, et à nous Il n’est pas apparu ?’.
Par ailleurs, le Rabbi nous fait remarquer que ce n’est pas dans la Paracha Vayéra mais dans la Paracha Lèh-Lé’ha que L’Eternel est apparu pour la première fois à Avraham. Dans ce cas, pour quelle raison le Rabbi Rachab pleura-t-il précisément cette seconde fois et non pas la première ? le Rabbi explique que dans la Paracha Lè’h-Lé’ha il est écrit que L’Eternel est apparu à Avraham afin de lui donner l’ordre de quitter la maison de son père et de se rendre ‘à l’endroit que Je te montrerai’. Cependant la lecture de ce passage n’eut pas pour effet d’émouvoir l’enfant au point de pleurer et de demander : ‘Pourquoi L’Eternel apparut à Avraham, et à nous Il ne nous est pas apparu ?’.
En revanche, l’enfant fut ému lorsqu’il lut le passage de la Paracha Vayéra ou L’Eternel est apparu à Avraham après qu’il se soit circoncis et qu’il eut témoigné par cet acte de la plus haute soumission vis-à-vis de L’Eternel. Le Rabbi Rachab fut bouleversé du fait que L’Eternel ne rendit visite à Avraham que dans le seul but d’être avec lui, en sa présence. C’est pour cela que le Rabbi Rachab pleura et demanda : ‘Pourquoi L’Eternel apparut à Avraham, et à nous Il ne nous est pas apparu ?’.
Le Rabbi Rachab désirait que L’Eternel nous apparaisse sans aucun autre but que celui d’être en notre présence, et au Rabbi de nous enseigner l’importance d’être à l’image de cet enfant qui désire au point d »en pleurer que L’Eternel désire notre présence.
Le dévoilement de l’âme divine dans le corps :
Il est écrit au début de notre Paracha : ‘L’Eternel lui apparut dans les plaines de Mamré, alors qu’il était assis à l’entrée de la tente, dans la chaleur du jour. Il leva les yeux, il vit, et voici trois hommes qui se tenaient debout.’
D’après le sens simple ‘L’Eternel lui apparut’ se rapporte au fait qu’Hachem Se révéla à Avraham après qu’il eut obéi à l’ordre divin de se circoncire, et de manière plus profonde, ‘L’Eternel lui apparut’ se rapporte à ‘l’apparition’ de l’âme divine dans le corps au moment de la circoncision. En effet, il n’est pas écrit ‘l’Eternel apparut à Avraham’ mais il est écrit que ‘L’Eternel lui apparut’. ‘Lui’ ne désigne pas seulement Avraham mais inclut l’ensemble des enfants d’Israël. De fait, le huitième jour après le jour de la naissance, chaque Juif reçoit au moment de la circoncision, ‘une parcelle véritable de divinité d’En-Haut’ (‘la deuxième âme d’Israël’). L’Alliance avec l’Eternel s’inscrit alors dans la profondeur de sa chair.
Du fait que le contenu profond de la Paracha Vayéra est celui du dévoilement de l’âme divine dans le corps, le Rabbi établit ici un lien avec la date du 20 Mar-‘Hechvan qui est le jour de l’anniversaire du Rabbi Rachab qui se consacra toute sa Vie au dévoilement de l »Essence de l’âme de la Torah. Le Rabbi met en relief le fait que la date de l’anniversaire du Rabbi Rachab évoque le monde spirituel de Kéter lequel désigne ‘la Couronne qui surplombe l’enchaînement des mondes » : la première lettre du nom Kéter est la lettre Kaf dont la valeur numérique est égale à 20, comme la date du 20 Mar-‘Hechvan, et de plus, le mot hébreu עשרים qui désigne le chiffre 20 a pour valeur numérique 620 comme la valeur numérique de Kéter.
Au début de son ouvrage intitulé ‘Bé-Chaa-ché-Hikdimou’ le Rabbi Rachab nous enseigne que de façon générale le niveau de Kéter correspond à la Volonté de D.ieu de créer les mondes. Mis à part cette définition, le Rabbi Rachab rapporte que Rabbi Moshé Cordovéro explique que le niveau de Kéter est lié à l’Attente. Rabbi Moshé Cordovéro donne l’exemple d’une personne qui étudie la Torah mais qui ne parvient pas à saisir la profondeur de l’un de ses concepts car il est très élevé. La meilleure chose à faire dans ce cas est d’interrompre son étude et d’attendre un certain temps. Le temps, qu’avec l’aide de D.ieu, le sens profond de ce concept finisse par se dévoiler à ses yeux. D’autre part, le Rabbi Rachab ajoute que dans d’autres endroits de la partie profonde de la Torah les Sages établissent un rapport entre le monde spirituel de Kéter et le monde du Silence.
La définition du Rabbi Rachab de la Sagesse cachée du monde de Kéter :
Généralement, la ‘Hassidout définit Kéter en disant qu’elle établit le lien entre l’Essence divine qui est au-delà de tous les dévoilements et notre monde qui est limité par l’espace et par le temps. Plus précisément, dans son ouvrage ‘Bé chaa che hikdimou’ (voir chapitre 222), le Rabbi Rachab écrit que c’est l’attribut de ‘Ho’hma-stima, ‘la Sagesse cachée’ du monde spirituel de Kéter qui sert de liaison entre l’Essence divine et les mondes.
La Sagesse cachée du monde de Kéter est la ‘source’ de la Sagesse révélée du monde d’Atsilout. Aussi, le Rabbi Rachab compare la Sagesse cachée à l’huile de la Ménorah du Temple, et la Sagesse révélée à la lumière de cette Ménorah. Ainsi, de même que l’huile est la ‘source’ de la lumière, la Sagesse cachée (l’huile) est la ‘source’ de la Sagesse révélée (la lumière de la Ménorah).
Afin de nous enseigner la manière dont la profondeur de la Sagesse cachée se dévoile ici-bas, dans ce monde inférieur, le Rabbi Rachab donne l’exemple de l’amour d’un père pour son fils (chapitre 224). Cet amour procède de l’Essence, c’est à dire qu’il ne dépend d’aucune raison générée par l’intellect. Cet amour ne peut donc pas avoir de fin et rien ne peut l’atteindre. Aussi, même si cet amour reste caché dans le cœur du père et que celui-ci ne le dévoile pas à son fils, il n’en demeure pas moins que cet amour existe éternellement dans le cœur du père. Le point soulevé par le Rabbi Rachab est que le père dévoile cet amour lorsque son fils ‘tombe à terre’ (ou lorsque son fils ‘se salit’). Dans un tel cas, le père réagit par de la colère et il réprimande son fils. Or, le Rabbi Rachab souligne que ce qui nous paraît être ici de la rigueur n’est en réalité que l’expression de cet amour infini que le père ressent pour son fils.
De fait, il en va de même pour la Sagesse cachée du monde de Kéter car de même que la colère du père cache l’amour le plus profond qu’il ressent pour son fils, l’obscurité de l’exil cache l’amour d’Hachem pour les enfants d’Israël, ainsi que le déclare le Rabbi Rachab ‘Malgré le fait qu’Hachem aime les enfants d’Israël d’un amour qui émane de Son Essence, L’Eternel cache totalement cet amour avec la force de Sa ‘Ho’hmah’.
En effet, le Rabbi Rachab nous enseigne ici que la profondeur de la Sagesse cachée est le plaisir de D.ieu (‘Taanoug’). Cependant, le plaisir de D.ieu change d’état et se dévoile ici-bas sous une autre forme (chapitre 224) : ‘le plaisir de D.ieu se transforme en Sagesse’. A l’exemple de l’amour que le père ressent pour son fils qui devient de la colère, le plaisir de D.ieu devient la Sagesse cachée que le Rabbi Rachab définit comme la source de l’obscurité de l’exil.
Ainsi, de même que la colère du père cache l’amour le plus profond, l’obscurité et les épreuves de l’exil cachent l’amour d’Hachem pour Ses enfants. De même que l’amour est l’essence de la colère, le plaisir de D.ieu est l’Essence de Sa Sagesse. L’expression ‘Sagesse cachée’ exprime donc le fait que le plaisir de D.ieu se cache dans Sa Sagesse et par Elle.
Aussi, notre mission consiste précisément à dévoiler ce plaisir caché et le Rabbi Rachab nous recommande que pour y parvenir nous devons faire à présent tout ce qui est en notre pouvoir pour transformer l’obscurité de l’exil et provoquer le dévoilement du Machia’h grâce à notre travail qui consiste à nous renforcer face à l’obscurité qui est en nous-même, à transformer notre âme animale comme quand nous étudions la Torah avec l’acceptation du joug divin, c’est à dire avec une totale soumission même si l’on ne ressent pas l’amour et la crainte de D.ieu d’une manière dévoilée dans le cœur.
La force infinie des Mots du Rabbi :
Lorsque le Rabbi récite un Maamar il dévoile aux enfants d’Israël l’Essence de la Torah. Il existe en effet une similitude entre la Torah et les écrits du Rabbi car de même que le Saint béni soit-Il ‘a écrit Son Essence’ dans la Torah et ‘nous L’a donnée’, de même le Rabbi écrit l’Essence divine dans ses discours ‘Hassidiques.
Dans le Likouteï-Dibbourim Rabbi Yossef-Itzhak décrit la profondeur des ‘Mots du Rabbi’ de la manière suivante :
‘A l’heure actuelle, les Mots du Rabbi ont été écrits, imprimés sur du papier, mais ces Mots écrits et imprimés vivent, d’une vitalité profonde. Ces Mots eux-mêmes poussent un cri. Ces saintes paroles, qui sont issues d’un cœur brûlant, brûlent encore actuellement, D.ieu merci, d’une sainte flamme, comme lorsqu’ils émanaient de leur source et de leur origine. Ces mots poussent un cri, demandent, ordonnent. Quand on étudie quelques lignes d’une lettre du Rabbi, imprimée ou manuscrite, quand on assimile ses Mots, ceux-ci mettent en éveil et ils exercent une influence, sur la tête comme sur le cœur’.
Ces quelques lignes du Rabbi Rayats expriment parfaitement l’idée que d’une part, la ‘Hassidout procède de l’Essence divine et que d’autre part, comme l’enseigne le Rabbi dans son ouvrage intitulé ‘Iniana chel Torat-ha-Hassidout’, ‘la ‘Hassidout nous insuffle une ‘Vitalité nouvelle’. Or du fait que cette ‘Vitalité nouvelle’ procède de l’Essence, Elle détient le pouvoir d’atteindre le cœur de chaque Juif. C’est entre autres raisons pour cela que le Rabbi établit une comparaison entre l’huile et la ‘Hassidout, car tout comme l’huile a la capacité d’imprégner les matières les plus dures, la ‘Hassidout a le pouvoir de toucher le cœur le plus insensible. Or, c’est précisément le contenu profond des propos du Rabbi Rayats lorsqu’il décrit ‘les Mots du Rabbi’. En effet, que représentent de simples ‘mots imprimés sur du papier’ ? En réalité, le Rabbi nous dévoile qu’il ne s’agit pas de simples mots car le Rabbi a le pouvoir de leur insuffler cette ‘Vitalité nouvelle’ qui procède de l’Essence. L’Essence divine imprègne la matière inanimée de ces simples ‘mots imprimés sur du papier’, et ces Mots ‘vivent’ ces mots vivent alors d’une Vitalité profonde. Ils brulent d’une sainte flamme, ils poussent un cri, demandent, ordonnent, et exercent une influence sur la tête comme sur le cœur’.
Conclusion :
Le Rabbi nous enseigne dans le Dvar-Mal’hout que la Mitsva de la Brit-Mila qu’Avraham a accompli représente le dévoilement de l’Alliance entre L’Eternel et les enfants d’Israël jusque dans la chair du corps de chaque Juif. Cette fusion entre l’Essence divine et la matière est aussi exprimée par le fait que l’Essence divine fusionne avec les Mots du Rabbi. Aussi, nous comprenons aujourd’hui qui est l’anniversaire du Rabbi Rachab, la profondeur de la déclaration qu’il fit à son fils peu avant de quitter ce monde matériel, lorsqu’il lui dit ‘qu’il lui laisse, à lui-même et a tous ses ‘Hassidim ses écrits’.
La réalité est que le lien du Rabbi avec ses Hassidim est un lien éternel qui dépasse toutes les limites du temps et de l’espace, et chaque Juif peut recevoir une vitalité nouvelle du Rabbi chaque fois qu’il s’attache à lire et à s’imprégner de ses écrits. La possibilité nous est donc donnée à chaque instant de dévoiler l’Essence divine en nous-même et dans ce monde matériel, et de réussir à faire de nous-mêmes et de ce monde une demeure pour le Roi des rois, le Saint béni soit-Il, ainsi qu’il a été dit : ‘A présent, toute notre étude de la Torah ne porte seulement que sur la lumière qui se dévoile de la Torah mais ne porte pas sur l’Essence de la Torah, mais dans le futur en revanche, l’Essence divine de la Sagesse cachée se dévoilera dans notre étude’.
La réalisation d’un tableau commence par des croquis rapides, des études préparatoires, des ébauches que l’Artiste dessine, réunit dans un carnet de croquis. Au moyen de cet exemple la ‘Hassidout compare la Torah à un ‘carnet de croquis’ dont Hachem s’est servi pour créer les mondes, car de la même façon que ‘D.ieu a regardé dans la Torah avant de créer le monde’ l’Artiste regarde dans son carnet l’ébauche de son œuvre future,
Dans le Dvar Mal’hout sur la Paracha Nasso le Rabbi mentionne le fait que’L’Eternel a regardé dans la Torah avant de créer le monde’ car dans les temps messianiques le devoilement de la Torah ‘Hadacha donnera naissance à un monde nouveau, ainsi qu’il est dit : ‘Comme ces cieux nouveaux et comme cette terre nouvelle que Je ferai naître dureront devant Moi, ainsi subsisteront votre descendance et votre nom’ (Ychaya, 66, 22).
De fait, le Rabbi explique que les ‘cieux nouveaux’ et la ‘terre nouvelle’ que L’Eternel fera naître lors de la Délivrance représentent le dévoilement de la Parole divine qui est à l’origine même de la Création du ciel, de la terre, et de tout ce qu’ils contiennent. A présent, durant l’exil, nous ne voyons pas la Parole divine et c’est à ce sujet que l’Admour Hazaken écrit dans le Livre du Tanya :
‘S’il était permis à l’œil de voir et de se rendre compte de la force vitale (la Parole divine) et de la spiritualité contenue dans toute chose créée, et qui prenant leur source dans ‘ce qui émane de la bouche de D.ieu’ et de ‘Son souffle’, y coulent constamment, alors la matérialité de la créature cesserait d’être perçue par nos yeux, celle-ci étant complètement annulée par rapport à la force vitale et la spiritualité qui sont en elle’ (Tanya, Chaar Ha Y’houde vé Ha Emounah, chapitre 3).
Le dévoilement de la Torah ‘Hadacha représente donc le dévoilement de l’Essence divine, comme ce fut le cas lors du Don de la Torah sur le Mont-Sinaï au sujet duquel il est dit : ‘Et tout le peuple vit les Voix’ (Yitro, 20, 15). Lors de la Délivrance ‘La Voix de l’Eternel’ (‘la force vitale et la spiritualité’) qui est pour l’instant cachée nous apparaîtra. Un peu comme si nous disions que le monde tel qu’il est à présent est comme un tableau qui n’est pas signé, alors que dans les temps messianiques l’œuvre divine de la Création portera La signature du Saint béni soit-Il, c’est-à-dire qu’il apparaîtra à nos yeux que ‘toute la Création vient du souffle de Sa bouche’.
Dès-lors, nous pouvons comprendre la déclaration des Sages selon laquelle ‘la Torah que l’homme étudie à l’heure actuelle n’est ‘rien’ (‘hével’) en comparaison à la Torah que nous enseignera le Machia’h’. En effet, l’emploi du mot ‘hével’ met l’accent sur la grandeur de la Torah qui sera dévoilée par le Machia’h, au sujet de laquelle l’Eternel déclare : ‘Une Torah nouvelle sortira de Moi’.
‘La Torah qui sortira de Moi’, désigne l’Essence de la Torah, c’est-à-dire la partie la plus profonde de la Torah. A l’évidence, en comparaison à la vitalité que la ‘Torah nouvelle’ insufflera aux ‘cieux nouveaux’, à la ‘terre nouvelle’ et à toutes les créatures qu’ils contiennent, la vitalité de la Torah que nous étudions aujourd’hui n’est telle qu’un simple et léger souffle.
La ‘Hassidout nous enseigne que dans les temps futurs la terre, aujourd’hui silencieuse, parlera. La terre que tout le monde piétine s’adressera à l’homme et lui demandera s’il a le droit de la piétiner sans qu’il ne prononce des paroles de Torah. La ‘Hassidout nous enseigne que le cerveau doit dominer le cœur et cela implique que l’homme doit dominer les mauvaises pulsions de son cœur afin d’obéir seulement aux désirs de son âme divine. Celle-ci ne désire que D.ieu, Le servir par la prière et les bonnes actions. C’est cette question que la terre posera à l’homme. Elle lui demandera s’il est parvenu à avoir le corps et le cœur purs, car seulement dans ce cas le mérite lui sera donné de se tenir debout sur la terre. C’est à ce sujet que se rapporte le verset selon lequel la pierre des murs et le bois des poutres témoigneront de nos actes et de nos paroles, ainsi qu’il est dit (‘Habakouk, 2, 11) : « Oui, la pierre des murs crie contre toi, et le chevron dans la charpente lui donne la réplique… »
Il est écrit dans la Paracha Haazinou (32, 1) : ‘Prêtez l’oreille cieux, et je parlerais et que la terre écoute les mots de ma bouche » :
Moché nomma le Ciel et la Terre comme témoins du service divin des enfants d’Israël. Du fait que ceux-ci vivent éternellement, nul autre qu’eux ne pouvaient aussi bien témoigner que les enfants d’Israël accomplissent la volonté du Saint béni soit-Il tout au long de toutes leurs générations.
Le Rabbi explique la raison profonde du choix de Moché. Dans le sens profond, le Ciel d’un juif représente sa pensée, les forces de son intellect. La Terre d’un juif ce sont ses paroles et ses actes. Aussi, quand il étudie la partie révélée et la partie profonde de la Torah, qu’il éveille les forces de son intellect en approfondissant et en comprenant ce qu’il étudie, un juif œuvre et compose le Ciel de son existence. De la même façon, quand il accomplit de manière concrète les commandements divins, il fonde la Terre sur laquelle il se tient.
Quand nous accomplissons une Mitsvah, notre action (la Terre) doit être inspirée et éclairée par une intention profonde (cavana) : le Ciel. Dés-lors nous comprenons que la raison pour laquelle Moché a choisi le Ciel et la Terre pour témoigner de tous nos accomplissements dans notre service divin. Le Ciel et la Terre d’un juif ne sont pas deux choses distinctes l’une de l’autre. Un acte n’est mis en évidence que lorsqu’il est inspiré par une haute intention, et une intention n’est haute que lorsque sa finalité est de se fondre dans un acte.
Ainsi, au Rabbi de conclure que Moché choisit le Ciel et la Terre afin de nous donner les forces nécessaires pour accomplir notre service divin. Afin de servir D.ieu avec notre émounah la plus pure, au moyen de nos forces les plus profondes. Eveiller la partie la plus secrète de notre âme pour servir D.ieu avec la plus grande soumission. Ce sentiment qui exprime notre plus grand désir, celui de la venue du Machia’h, de la Délivrance et du troisième Temple, peut s’inscrire dans l’image du ciel et la terre.
La terre et le ciel se rejoignent et s’unissent en une ligne que l’on n’aperçoit qu’à une distance éloignée. Cette ligne qui s’appelle ‘l’horizon’ arrête notre regard, l’empêche d’aller plus loin et finit toujours par laisser la place à nos pensées, sur notre vie, ce qu’elle a été, ce qu’elle est et ce qu’elle sera. Le libre choix nous est donné. A nous de choisir et d’imaginer ce que seront nos pensées nos paroles, et nos actes.
Rabbi Yossef-Itz’hak déclara un jour qu’il entendait ‘les pas du Machia’h’. Le Rabbi, à son exemple, agit envers nous pour que nous percevions à notre tour la présence du Machia’h, pour que notre horizon soit le support des pensées qui découlent du côté de la sainteté. Plus précisément pour que ces pensées aient pour but de nous impliquer dans le projet divin. Le Rabbi fait tout ce qui est en son pouvoir pour que notre Ciel (notre étude de la Torah) et notre Terre (nos Mitsvoth) s’unissent en un horizon où l’on voit se profiler la silhouette du Machia’h et du troisième temple. Il sème en notre esprit les graines qui donneront naissance aux pensées qui éveilleront dans nos cœur l’amour et la crainte de D.ieu, lesquels animeront nos actions les plus hautes qui susciteront le désir de D.ieu de provoquer finalement la venue de notre Juste Machia’h.
Ainsi, si nous laissons nos pensées se fondre vers l’horizon que nous trace le Rabbi, il est certain que le Ciel et la Terre témoigneront ensemble devant l’Eternel de la qualité de notre service divin. Dans ce cas rien ne s’opposera davantage à la révélation divine lors de la venue de notre juste Machia’h. Les âmes orphelines retrouveront leur Père qui est dans le ciel, sans qu’Il ne se dissimule davantage derrière Ses nombreux vêtements. Sa pureté brillera pour toujours dans tous les mondes et dans toutes les âmes. Sa lumière resplendira sur la terre dans le ciel et dans la Torah et l’homme découvrira enfin ‘une Terre nouvelle, un Ciel nouveau, une Torah nouvelle’.
On raconte que l’Admour Hazaken gardait le silence lorsqu’il était assis parmi les élèves du Maguid de Mézeritch quand il leur donnait un cours de Torah. Bien des années plus tard, un des éleves du Maguid se rendit chez l’Admour Hazaken et il découvrit avec stupéfaction combien l’Admour Hazaken mit à profit l’enseignement qu’il reçut du Maguid, et il déclara à ce sujet que de tous les élèves du Maguid, l’Admour Hazaken est celui qui ‘prit les meilleurs morceaux’.
L’Admour Hazaken gardait le silence devant son Maître. Cela signifie qu’il était un élève totalement soumis au Maguid. Et c’est précisément grâce à cette soumission que l’influence de son Maître le toucha au plus profond de son être, et ne le quitta pas tout au long de son existence.
L’infini du ciel n’est pas sans évoquer la Sagesse de D.ieu, laquelle est insaisissable. La profondeur des mers et des océans n’est pas sans évoquer les secrets qui se cachent dans les mots divins de la Torah. La force infinie, contenue dans la terre silencieuse, de faire pousser des fruits, des plantes et des arbres, n’est pas sans évoquer les commandements divins, lesquels sont justement accomplis au moyen de la poussière de la terre (Rachi). Le Maître est celui qui nous permet de saisir un peu, et de saisir davantage (lorsque nous savons garder le silence quand nous l’écoutons), de cette sagesse infinie divine.
Plus nous lui sommes soumis, plus nous voguons grâce à lui sur la mer de la Torah en découvrant la profondeur de ses secrets. Le Maître nous élève vers les hauteurs des cieux de la Torah afin de libérer notre âme divine de ‘tout ce qui l’empêche de voir la lumière de l’En Sof’ (Tanya).
Il nous fait voyager sur cette terre que nous foulons avec nos pieds et qui ne s’en plaint jamais. Ainsi, lorsque nous parvenons à nous attacher à notre Maître, c’est un feu de vie et de bénédictions que nous faisons descendre du ciel. Par ailleurs, ce qui fait la particularité du Rabbi, c’est que notre soumission à ses enseignements n’exclut pas que le Rabbi attend de chacun d’entre nous d’exprimer ce qui fait notre particularité, ce qui nous différencie les uns des autres. En effet, chaque Juif possède une chose que l’autre ne possède pas. Aussi, nous devons faire tout ce qui est en notre pouvoir pour exploiter les dons particuliers que l’Eternel nous a donnés. Nous devons exprimer nos propres qualités dans nos actes tout en nous soumettant a la volonté du Rabbi, afin de faire de ce monde une demeure pour l’Essence de D.ieu, et devoiler enfin la présence de notre Juste Machia’h, maintenant, avec l’aide d’Hachem.
Audio : ‘La différence entre la Réfouah et la Seguoula’
Une nouvelle lumière approche et chaque juif espère qu’elle sera celle de la Délivrance finale, qu’elle éclairera une terre nouvelle sous un ciel nouveau, qu’elle sera la lumière de la Torah nouvelle que D.ieu délivrera à notre juste Machia’h. Le dévoilement de cette lumière nouvelle « qu’aucun œil n’a vue », comme l’enseignent les Maitres de la ‘Hassidouth ‘Habad, dépend de nos actes et de notre travail pendant l’exil.
Il est très important de préciser que chaque juif participe, par la mission qui lui est confiée, au dévoilement de cette lumière infinie. Même un petit enfant. La seule chose qui nous est demandée est de dépasser nos propres limites. D’agir peu à peu en ce sens. D’approfondir notre cheminement dans notre service divin, de chercher sans cesse à améliorer nos actions, d’élever et de purifier nos sentiments. De parvenir à aimer ce qui est digne d’amour. De nous attacher aux vraies valeurs.
Dans l’univers de la ‘Hassidouth les récits imprégnés par les valeurs du judaïsme ne manquent pas. Parmi ceux qui ont rapporté ces histoires, le Rabbi Yossef-Itz’hak Scheerson, précédent Rabbi de Loubavitch, est sans aucun doute le plus important et le plus talentueux. Rabbi Yossef-Itz’hak en plus du fait qu’il fut dans sa génération comme Moshe le fut dans la sienne, c’est à dire un ‘berger fidèle qui nourrit son troupeau du pain de la Emounah’, est aussi un Ecrivain accompli. Le mot ‘Ecrivain’ est d’ailleurs faible pour exprimer véritablement la portée de ses Ecrits. Car de même que la Torah ne peut être définie comme étant ‘un livre d’histoires’ car elle est infiniment plus que cela (la Torah est en effet la pensée du Saint béni soit-Il) de même les écrits de Rabbi Yossef-Itz’hak contiennent en eux-mêmes l’essence de la ‘Hassidouth (qui est elle-même l’essence de la Torah). Ce ne sont pas de simples récits, même si la plume de Rabbi Yossef-Itz’hak emporte le lecteur dans les plaines de la Russie et lui donne à voir l’existence des premiers ‘hassidim, ou des juifs les plus simples, ou encore des plus grandes figures de la partie profonde de la Torah, comme le Baal Chem Tov ou le Maharal de Prague, la plume de Rabbi Yossef-Itz’hak agit infiniement plus que tout cela. De fait, elle grave dans le coeur du lecteur les profondes valeurs de la Torah.
Et puisque nous approchons du jour de Roch ha Chana et que ce jour est définie par les Sages comme étant celui de « Binian ha Malkhout » (la construction de Malkhout) ce qui signifie, entre autre, que toutes les bonnes actions que tous les enfants d’Israël ont accomplies durant toute l’année sont autant de pierres du nouvel édifice, de la lumière nouvelle, que l’Eternel s’apprête à révéler dans ce monde, quand sonneront les premières sonneries du Choffar, l’occasion nous est donnée de rapporter un des récits de Rabbi Yossef-Itz’hak, du tout début de son œuvre magistrale « Les Mémoires du Rabbi » dans lequel il est précisément question de construction.
Loubavitch était née depuis peu. L’auteur décrit Loubavitch comme « un lieu qui convenait aux esprits élevés. Là ils pouvaient se retirer du monde et se consacrer entièrement à l’étude de la Torah et au service de D.ieu, ou commencer une vie nouvelle basée sur les principles moraux les plus nobles et les plus purs de la Torah. Un jour, Un évènement terrible se produisit à Loubavitch. Un immense incendie se déclara dans la ville et détruisit toutes les maisons et les bâtiments. Tous les habitants durent se mettre au travail pour reconstruire leurs maisons. Chacun partit dans les bois, couper des arbres et ramener
Les troncs et bientôt des maisons s’élevèrent de nouveau dans les rues de Loubavitch. Parmi tous les habitants vivait un homme du nom de Benjamin. Il était un vieil homme qui n’avait pas d’enfants pour l’aider, aussi engagea-t-il des ouvriers. Tandis que tout le monde était occupé à élever des maisons, on remarqua que Benjamin semblait construire un édifice de vastes proportions. Qu’est-ce que cela signifie ? Se demandait-on. Est-ce que Benjamin avait l’intention de remplacer sa petite maison incendiée par une demeure aussi imposante ? On haussait les épaules. On n’osait pas poser de questions à Benjamin, et lui-même ne disait rien. Mais quand le bâtiment fut presque terminé on commença à se demander si Benjamin construisait bien une maison pour lui-même. Le mystère fut bientôt éclairci. Après tout, ce n’était pas une maison pour lui mais une maison de D.ieu ! Benjamin avait construit un Beith-Hamidrache (une maison d’étude).
Voilà ! Tout est là, tout est dit. Qu’ajouter de plus à une telle histoire ? Au final la seule question que l’on doit se poser est : »Quel édifice suis-je en train de construire ? Une maison qui est le reflet de mes propres désirs ou une maison dont les fondations sont celles de la Torah et des Mitsvoth ?
L’exemple de la maison de Benjamin est chargé d’un sens très profond. Sa maison repose sur des colonnes de lumières, elle est ouverte des quatre côtés, à l’image de celle de notre père Avraham. Elle accueille chaque juif et celui-ci peut à tout moment venir s’y abriter, y manger un morceau du pain de la Torah, y boire l’eau de la connaissance de D.ieu…
En fait la maison de Benjamin est celle que nous construisons chaque jour, sans que cela ne soit pour nous une contrainte, mais bien au contraire un véritable plaisir, le plus profond qu’il nous est donné de connaître. Cette maison est bien plus qu’une maison, cette maison c’est le Beïth Ha Mikdache !
Pour le mérite du Rav Yonathan Shpitzer et de son épouse Dvora-Léa
L’Admour Hazaken explique le jour pendant lequel ‘Vous vous tenez debout, vous tous aujourd’hui’ est celui de Roche-ha-Chana, et en Ce jour l’Eternel dévoile l’Essence de l’âme des enfants d’Israël. C’est à ce sujet qu’il est dit que ‘tout Ton peuple est un peuple de Justes’ car la force de l’Essence de l’âme est la même pour chaque juif, pour ‘tout homme d’Israël’, qu’il soit un chef ou qu’il soit un simple porteur d’eau. En ce jour de Roch-Ha-Chana chaque Juif ‘Se tient debout devant l’Eternel’ et le lien le plus profond de son âme avec l’Essence divine se dévoile. A ce sujet la partie profonde de la Torah met laccent sur le fait que nous sonnons du Choffar le jour de Roche-Ha-Chana pour exprimer notre profond désir que L’Eternel règne sur nous.
De nombreux discours des Maîtres de la ‘Hassidout ‘Habad nous parlent du sens profond du son du Choffar, car il est comme un cri qui provient de la profondeur du cœur. Ce cri exprime l’attachement profond de l’âme Juive avec D.ieu. Rabbi Yossef-Itz’hak a souvent exprime son attachement à son père le Rabbi Rachab.
Il écrit par exemple dans son ouvrage intitulé Likouteï Dibbourim que l’intellect ‘l’intellect et les sentiments du Rabbi en leur essence échappent à notre perception et à notre compréhension. Pour ce qui nous concerne, il est dit, à ce propos (‘Haguiga, 13a) : ‘ne recherche pas ce qui t’est inaccessible, n’examine pas ce qui t’est caché.
En revanche, ce que nous pouvons percevoir et comprendre, au moins jusqu’à un certain point, c’est son action. On peut donc observer le comportement du Rabbi avec ses disciples, avec ses Hassidim, avec les simples Juifs.
En chaque attitude, en chaque mot d’Iguéret-Ha-Kodech, les lettres dans lesquelles il commente le sens de la prière, le service de D.ieu profond qu’elle implique, la sévère mise en garde de ne pas parler pendant la prière, en chaque directive permettant d’acquérir des traits de caractère favorables, est cachée une part de l’Essence, une part de Vie’.
En lisant ces lignes du Rabbi Yossef-Itz’hak nous prenons conscience que d’une part ‘l’intellect et les sentiments du Rabbi en leur essence échappent à notre compréhension’, et d’autre part que ‘nous pouvons percevoir et comprendre, au moins jusqu’à un certain point, son action’.
A ce sujet Rabbi Yossef-Itz’hak décrit en quelques lignes, d’une force extraordinaire, la force des ‘mots du Rabbi’ :
‘A l’heure actuelle, les mots du Rabbi ont été écrits, imprimés sur du papier, mais ces mots écrits et imprimés vivent, d’une vitalité profonde. Ces mots eux-mêmes poussent un cri. Ces saintes paroles, qui sont issues d’un cœur brûlant, brûlent encore actuellement, D.ieu merci, d’une sainte flamme, comme lorsqu’ils émanaient de leur source et de leur origine. Ces mots poussent un cri, demandent, ordonnent. Quand on étudie quelques lignes d’une lettre du Rabbi, imprimée ou manuscrite, quand on assimile ses mots, ceux-ci mettent en éveil et ils exercent une influence, sur la tête comme sur le cœur’.
En attachant notre esprit a ces mots de Rabbi Yossef-Itzhak nous pouvons établir une comparaison entre les mots du Rabbi et le son du Choffar. Comme les ‘saintes paroles du Rabbi sont issues d’un cœur brûlant’ le son du Choffar émane de la profondeur du cœur.
‘Les mots du Rabbi poussent un cri’ et le son du Choffar est lui-même un cri. Les mots du Rabbi ‘mettent en éveil et exercent une influence, sur la tête comme sur le cœur’ et le son du Choffar éveille le cœur de chaque Juif à une vraie et profonde Téchouva.
Dans son ouvrage intitulé ‘Bé chaa ché hikdimou’ (‘Et Yaakov sortit de Béer Chéva’, deuxième tome, page 750) le Rabbi Rachab explique que l’Essence de l’âme divine d’un juif est appelée : ‘la fille du Roi’. Le Roi désigne le Machia’h du fait qu’il est effectivement la source de toutes les âmes d’Israël. Plus précisément il est la source de l’Essence de l’âme de chaque juif, c’est-à-dire de la partie de l’âme qui ne s’habille pas dans le corps.
La partie de l’âme qui s’habille dans le corps et qui n’est qu’un reflet de l’Essence de l’âme est appelée Eved (Esclave) car elle est en exil, prisonnière du corps et de l’âme animale. Le travail de l’homme est de raffiner et de purifier sans cesse cette âme animale afin de se libérer de son état d’Eved.
Par ailleurs le Rabbi Rachab explique que l’âme qui s’habille dans le corps est telle un esclave qui n’agit pas de son propre gré et qui travaille malgré lui sans pouvoir exprimer sa propre volonté.
A l’opposé, la partie de l’âme qui ne s’habille pas dans le corps n’est pas et n’est jamais en exil. Du fait qu’elle ne s’habille pas dans le corps, elle n’est jamais prisonnière de l’âme animale. Elle n’est jamais la proie de l’âme animale, n’est jamais liée à elle et n’a jamais le moindre lien avec elle.
Le Rabbi Rachab écrit que ‘la fille du roi’ désigne donc ‘le point du cœur’, ou encore ‘le point de vérité’ de l’âme d’Israël, et c’est à cela que se rapporte le verset : ‘Je dors en exil mais mon cœur est éveillé’ car la caractéristique de la vérité est qu’elle ne s’arrête jamais.
Elle ne connaît aucune interruption ni aucune dissimulation et de la même façon l’Essence de l’âme est liée à D.ieu d’un lien éternel. Elle ressent constamment sa source et ne s’en sépare jamais. Elle désire continuellement D.ieu : ‘mon cœur est éveillé’.
C’est aussi peut-être à ce niveau qu’il est fait allusion dans la Torah lorsque l’Eternel s’adressa pour la première fois à Moché ‘du milieu du buisson’, ainsi qu’il est écrit (Chemot, 3, 2) : ‘L’ange de l’Eternel lui apparut dans une flamme de feu du milieu du buisson’.
Rachi écrit que cette ‘flamme de feu’ désigne ‘le cœur du feu’ et il nous est permis de supposer qu’il y a ici une allusion au ‘point du cœur’, ‘le point de vérité’ de l’âme d’Israël au sujet duquel il est dit : ‘Je dors en exil mais mon cœur est éveillé’.
Ainsi et contrairement au niveau d’Eved de l’âme, laquelle n’agit pas de son propre gré et travaille malgré elle sans pouvoir exprimer sa propre volonté, le niveau de ‘la fille du roi’ de l’âme exprime la volonté propre de l’Essence de l’âme, qualifiée de ‘pachout’ (simple) et de ‘atsmi’ (essentiel), qui est de s’unir à l’Essence divine.
Tout au long de tous les jours de l’année chaque Juif s’efforce de raffiner et de purifier son corps en le soumettant à la royauté de son âme divine. Ce travail est celui de l’âme qui s’habille dans le corps mais durant tout le mois d’Elloul, et le jour de Roche-ha-Chana, nous entendons le son du Choffar, lequel a le pouvoir d’unir l’essence de l’âme (‘la fille du roi’) à l’âme qui s’habille dans le corps (Eved).
A l’évidence, la force de la révélation de l’Essence de l’âme qui exprime la royauté du Machia’h (puisqu’il est la source de l’essence de l’âme de tous les enfants d’Israël) dépend du travail de chaque juif tout au long de l’année.
Ce travail, que l’on appelle ‘Réouta dé Liba’ (la Volonté du cœur) est réalisé au moyen de la prière et par le fait de méditer à la grandeur du Saint béni soit-Il, à Sa lumière bénie qui entoure les mondes, à Son Essence par laquelle Il crée les mondes à partir du néant.
Tous les efforts qu’un juif accomplit en ce sens ont le pouvoir d’attirer à Roche-ha-Chana la Royauté de l’Eternel, du Méle’h- Ha-Kadoch (Le Roi Saint) laquelle s’exprimera avec la plus grande clarté lors de la royauté du Machia’h.
Il est écrit au début de la Paracha Nitsavim (29, 9-10) :
‘Vous vous tenez debout, vous tous aujourd’hui, devant l’Eternel votre D.ieu : vos chefs, vos tribus, vos anciens, vos officiers, tout homme d’Israël. Vos jeunes enfants, vos femmes et ton converti qui est à l’intérieur de ton camp, depuis celui qui taille ton bois jusqu’à celui qui puise tes eaux’.
Dans le Dvar Mal’hout sur la Paracha Nitsavim, le Rabbi rapporte l’enseignement des Sages selon lequel Adam-Ha-Richon, le jour où il fut créé, appela et dit à toute la Création (à tous les règnes de la Création : l’inanimé, le végétal, l’animal) : ‘Venez, nous nous inclinerons, nous nous courberons et nous nous prosternerons devant L’Eternel, qui nous a fait’.
Le Rabbi explique que ‘L’Eternel, qui nous a fait’ évoque le niveau du divin qui est relatif à ce monde, qui permet de le créer et de le maintenir en vie. Par ailleurs, il existe un autre niveau du divin, bien plus élevé que celui-ci.
Le Rabbi explique en effet qu’Adam-Ha-Richon fit prosterner toute la Création devant le couronnement du Saint béni soit-Il, ainsi qu’il est dit (Téhilim, 93, 1) : ‘L’Eternel règne, Il est revêtu de Majesté’.
Ce verset évoque ‘la Royauté de D.ieu qui fut alors dévoilée dans le monde. C’est le niveau du divin qui est bien au-delà et sans aucune mesure avec ce monde.
Le dévoilement de la racine de l’attribut de Mal’hout (l’attribut de la Royauté), laquelle dépasse toutes les autres Séfirot, le niveau de Kéter (la Couronne qui surplombe tout l’enchaînement des mondes), et jusque dans la partie la plus profonde de Kéter, et jusqu’à L’Essence divine elle-même’.
Il existe donc le dévoilement divin qui s’accorde à la Création et à tout ce qu’elle contient (y compris l’homme lui-même). Puis il y a le dévoilement qui dépasse totalement les limites de ce monde.
Ces deux dévoilements divins existent aussi dans la Torah. De fait, la partie révélée de la Torah s’accorde à ce monde matériel et aux limites qu’il nous impose, et la partie profonde de la Torah est liée à tout ce qui dépasse les limites de ce monde.
Ces deux dévoilements existent également dans l’âme elle-même : les forces de l’âme qui s’habillent et se révèlent dans le corps, et les forces de la partie la plus profonde et la plus intérieure de l’âme : l’Essence de l’âme qui ne s’habille pas dans le corps et qui est enracinée dans L’Essence divine.
De manière plus générale, ces deux dévoilements correspondent à la lumière d’Or-Mémalé qui s’habille dans les mondes (‘L’Eternel, qui nous a fait’), et à la lumière d’Or-Sovev qui ne se révèle pas dans le monde, et ne fait que l’entourer (‘L’Eternel règne, Il est revêtu de Majesté’).
Dans le Dvar Mal’hout sur notre Paracha, le Rabbi met donc l’accent sur notre devoir de nous attacher, non pas seulement aux aspects extérieurs de tous les sujets de ce monde, comme la partie révélée de la Torah et la partie révélée de notre âme, mais il consiste aussi à nous attacher à leurs aspects profonds, à dévoiler la Royauté de L’Eternel et de Son envoyé, le Roi Machia’h.
En révélant la partie profonde de la Torah et la partie profonde notre âme nous avons le mérite de faire de ce monde une demeure pour D.ieu, par le don total de nous-même le dévoilement de notre Juste Machia’h, présent, avec l’aide de D.ieu.
Au commencement de la Paracha Ki Tavo (26, 1, 2), il est écrit que ‘les enfants d’Israël, après qu’ils avaient eu conquis la terre, avaient l’obligation de prendre, de leurs champs, des prémices des sept fruits de la terre (le blé, l’orge, le raisin, la figue, la grenade, l’olive et la date), de les placer dans un panier, et de les apporter au Cohen dans le Beït-ha-Mikdache’.
Le Rabbi nous enseigne que cette Mitsva des prémices est à la base de notre service divin et de l’ensemble de tous les autres commandements. Aussi, nous pouvons nous interroger sur la particularité de la Mitsvah des prémices. En effet, nous remercions l’Eternel, et reconnaissons Ses bienfaits tout au long de notre vie, que ce soit dans nos prières, ou que ce soit dans les Bénédictions, que nous Lui adressons. Pour quelle raison la Mitsva des prémices, qui exprime aussi notre reconnaissance pour D.ieu, précède-t-elle dans notre Paracha tous les autres commandements divins ?
Le Rabbi répond que l’âme possède trois vêtements, la pensée la parole et l’action, et que la Mitsva des prémices a ceci de particulier que lorsqu’il accomplit cette Mitsva, un juif exprime sa reconnaissance vis à vis de l’Eternel, non pas seulement par la pensée, ou par la parole, mais il l’exprime par un acte, et ‘l’acte est essentiel’. En d’autres termes, la Mitsva des prémices exprime par un acte la prière de ‘Modé ani’ que l’on dit chaque matin, en ouvrant les yeux.
La Mitsva des prémices n’exprime pas seulement notre reconnaissance pour tous les bienfaits que l’Eternel nous dispense tout au long de notre existence. Le contenu profond de cette Mitsva est lié à la signification du mot bikourim : prémices. Le mot bikourim s’apparente au mot békhor qui signifie premier-né.
De fait, la Torah désigne les enfants d’Israël comme étant les premiers-nés de l’Eternel, car l’âme des enfants d’Israël a précédé la Création du monde. Dans le Dvar Mal’hout de la Paracha Ki Tétsé, le Rabbi nous enseigne que l’âme juive, du fait ‘qu’elle est véritablement une parcelle de divinité d’En-haut’, existait déjà avant la Création du monde et de tout ce qu’il contient.
C’est à cela que se rapporte l’enseignement de Rabbi Shimon Bar Yo’haï selon lequel ‘Le Saint béni soit-Il Israël et la Torah ne font qu’Un’, et Rabbi Shimon enseigne que trois liens les unissent, l’un avec l’autre. Il existe un lien entre le Saint béni soit-Il et la Torah, un lien entre la Torah et Israël, et par-dessus tout, il existe un lien direct entre le Saint béni soit-Il et Israël.
Le Rabbi souligne cependant que l’âme d’Israël précède la Torah, et que l’existence de la Torah ne dépend que d’Israël, car les juifs sont la raison de la Torah. Ainsi, dans une situation où un juif est en danger, l’Eternel nous ordonne de transgresser la Torah, s’il doit en être ainsi pour sauver la vie de ce juif (pikoua’h néfèch).
A l’opposé, l’existence de la Torah ne dépend que des juifs, que de leur accomplissement des commandements divins, lesquels représentent la Volonté du Saint béni soit-Il. C’est ce lien, ce lien essentiel qui unit l’Eternel à chaque juif, qui représente le contenu profond de la Mitsva des prémices.
Chaque juif est le premier-né de l’Eternel, et demeure lié à Lui d’un lien éternel, et lorsqu’un Juif apporte au Temple les prémices des fruits de son champ, il remercie L’Eternel, non seulement pour les bienfaits matériels qu’Il lui dispense, mais aussi et surtout, pour l’avoir fait Juif, pour lui avoir donné une parcelle de Lui-même au moyen de laquelle il a le pouvoir accomplir Sa Volonté bénie.
Le Tséma’h Tsédèk rapporte dans le Livre Or ha Torah sur la Paracha Ki Tavo un enseignement de la Guémara Sotah (46) dans lequel les Sages de la Torah comparent les Mitsvoth à des fruits. Autour de cette idée, le Tséma’h Tsédek explique que de même que la terre possède en elle-même la force de faire pousser des arbres et des fruits à l’infini, chaque Juif est capable de faire don de lui-même au-delà de toutes les limites pour sanctifier le Nom de D.ieu.
Dans le Hayom-Yom du 18 Elloul, qui est le jour de l’anniversaire du Baal-Chem- Tov et de l’Admour Hazaken, le Rabbi rapporte à son tour une explication du Baal-Chem-Tov sur le premier verset de la Paracha Ki Tavo (26, 1), qui s’accorde parfaitement à cet enseignement du Tséma’h Tsédek :
‘Et ce sera quand tu arriveras sur la Terre (le Pays) que l’Eternel ton D.ieu te donne en héritage, que tu en prendras possession et que tu t’y installeras.’
Le Baal Chem Tov explique que la ‘Terre’ (Erets) est de la même étymologie que ‘Méroutsa’ (Empressement) et ‘Ratson’ (Volonté). Dans ce cas, ‘arriver sur la Terre que l’Eternel ton D.ieu te donne en héritage’, signifie qu’un Juif parvient, grâce à ses efforts et à son travail, à recevoir comme don de D.ieu, la Volonté.
De fait, la Volonté est un don d’en-haut, et celui qui ressent en lui-même le profond désir de s’attacher à D.ieu et d’accomplir Ses Commandements, dans la plus grande soumission et le plus grand amour, peut estimer que cette Volonté qui l’anime n’est autre qu’un don qu’il a reçu de l’Eternel.
Ainsi, le Rabbi explique dans le Hayom-Yom au nom du Baal-Chem-Tov, que lorsque l’on a mérité d’être animé par une telle Volonté, on doit alors ‘prendre possession et s’installer sur cette Terre que l’on a reçu en héritage’, c’est-à-dire que l’on doit intérioriser ce que l’on a obtenu, en le faisant descendre ici-bas de façon définitive.
Le Rabbi souligne ici l’importance ‘d’intérioriser ce que l’on a obtenu’, c’est-à-dire que nous devons faire tout ce qui est en notre pouvoir pour faire de nous-mêmes des réceptacles capables de recevoir des dévoilements divins supérieurs. ‘Intérioriser la Volonté’ signifie dans ce cas que nous devons nous préparer pour recevoir cette force, afin que celle-ci ne soit plus comme ‘ajoutée’ à nous-même, mais qu’elle fusionne véritablement avec notre personnalité, notre intellect et nos sentiments.
Cette idée qui revient sans cesse tout au long de l’année dans le Dvar Mal’hout et dans les discours ‘hassidiques du Rabbi consiste à recevoir et à intégrer dans les limites que nous impose le corps une lumière qui dépasse totalement les limites. Ainsi, la ‘Terre’ que nous devons atteindre, n’est autre que la Volonté de servir D.ieu et de faire tout ce qui est en notre pouvoir pour provoquer la venue de notre Juste Machia’h. A ce sujet, il ressort de l’enseignement du Tséma’h Tsédèk qui est rapporté dans le Or ha Torah sur la Paracha Ki Tavo qu’il y a deux sortes de ‘Volonté’, deux niveaux de la ‘Terre’.
Le Tséma’h Tsédek explique qu’un Juif doit tout d’abord ‘arriver sur la Terre’, c’est-à-dire qu’il doit avant tout dévoiler la Volonté que l’on acquiert par ses propres efforts. C’est le premier niveau de la Volonté, la Volonté ‘inférieure’ qui naît de notre propre réflexion et au moyen des forces de notre intellect et de nos sentiments.
Cette Volonté se dévoile au moment de la récitation de la prière du Chéma, après avoir médité à la grandeur du Saint béni soit-Il, en récitant les louanges de ‘Psoukeï de Zimra’. Or, c’est précisément cette ‘Volonté inférieure’ qui constitue le réceptacle et l’étape nécessaire pour entrer sur la ‘Terre supérieure’, c’est-à-dire pour accéder au niveau de la ‘Volonté supérieure’ que l’on reçoit de D.ieu, ainsi qu’il est dit : ‘La Terre que l’Eternel ton D.ieu te donne en héritage’.
C’est ici le point essentiel qui est au centre de cet enseignement. ‘La Terre supérieure’ est un don de l’Eternel aux enfants d’Israël, et elle représente ‘la Volonté simple (Ratson ha pachout) que possède chaque Juif. Cette Volonté qui est au-delà de l’intellect, consiste à faire don de soi-même aux moments où l’on dit ‘E’had’, et ‘Tu aimeras l’Eternel ton D.ieu de tout ton pouvoir’ (prière du Chéma).
Cette ‘Terre’ qui est l’objet de notre désir le plus profond, est l’expression de notre amour pour D.ieu de ‘tout notre pouvoir’. La ‘Terre supérieure’ est l’expression du lien le plus profond qui unit l’Essence de l’âme d’un Juif à l’Essence divine. Dès-lors, à la lumière de ce qu’il vient d’être dit, nous comprenons à présent l’enseignement du Rabbi selon lequel ‘faire tout ce qui est notre pouvoir pour provoquer la venue de notre Juste Machia’h’, signifie que l’on doit tout d’abord aimer l’Eternel au moyen de nos propres forces et en repoussant continuellement nos propres limites.
Nous mériterons alors que l’Eternel nous élèvera et nous permettra de devenir un réceptacle capable de recevoir en cadeau l’amour de D.ieu ‘de tout notre pouvoir’, le niveau de la Terre et de la Volonté supérieures, qui n’est autre que le dévoilement de l’Essence divine dans nos pensées, nos paroles et nos actes.
A l’évidence c’est par notre attachement au Rabbi que nous parvenons à ce dévoilement. C’est par notre attachement à ses enseignements que nous aurons le mérite de recevoir en cadeau la ‘Terre supérieure’, dans notre cœur, et de manière concrète, avec le dévoilement du Machia’h, et du troisième Temple à Jérusalem, très bientôt et de nos jours, avec l’aide d’Hachem.
Le Tséma’h Tsédek cite un verset du ‘Cantique des Cantiques’ (2, 14) pour nous expliquer la mission de l’âme divine dans le corps (voir le ‘Séfer ha Likoutim’ à la Lettre ‘Youde’-‘Yonah’) :
‘Ma colombe, nichée dans les fentes du rocher’, explique que le nom du prophète ‘Yonah’, qui fut jeté à la mer et englouti par un énorme poisson, est une allusion à l’âme divine. La signification de l’image de Yonah, qui adressa à l’Eternel une prière du fond des entrailles de cet énorme poisson (comparable à un ‘étui’) évoque donc l’âme divine prisonnière du corps et de l’âme animale, contre lesquels elle doit mener un combat incessant pour imposer sa volonté.
Par ailleurs, la Paracha ‘Ki Tètsé’ fait aussi allusion à la descente de l’âme dans le corps, et le verset ‘Quand tu sortiras en guerre contre ton ennemi’ met l’accent sur le fait qu’un juif doit mener une véritable guerre face au mauvais penchant.
Cependant le Rabbi donne une explication beaucoup plus profonde de ce verset : ‘Quand tu sortiras en guerre contre ton ennemi’ :
Les termes ‘tu sortiras’ évoquent l’endroit d’où provient l’âme, sa source première. Cet ‘endroit’ désigne en fait l’essence divine qui ne fait qu’un avec l’âme, ainsi qu’il est dit dans le saint Zohar : ‘D.ieu Israël et la Torah ne font qu’un’.
De fait, l’âme d’Israël précède toute la Création, ainsi qu’il est dit dans le Midrache : avant la Création du monde, D.ieu S’adressa aux âmes des Justes d’Israël, et leur demanda si oui ou non il devait créer le monde. Le Rabbi nous enseigne donc que du fait que l’âme d’un Juif a précédé le monde, il ne doit nullement être impressionné par lui, et bien au contraire sa mission consiste à mener le combat de D.ieu, en faisant apparaître aux yeux de l’ennemi la lumière de l’endroit divin d’où provient son âme.
En d’autres termes, sa mission consiste à révéler la lumière de l’Essence divine, et peu importe l’endroit où la situation dans lesquels il se trouve, car c’est précisément dans les profondeurs de l’abîme de ce monde, qu’un juif doit faire une demeure pour D.ieu.
Révéler l’endroit d’où provient son âme s’accorde donc à notre mission de ‘faire de ce monde une demeure pour l’Essence de D.ieu’. De fait, même l’âme animale doit devenir une demeure pour l’Essence de D.ieu, pas moins que cela.
Dans les temps futurs l’âme, qui est pour l’instant comme une colombe ‘nichée dans les fentes du rocher’ sortira finalement de son étui, de son exil.
C’est peut-être pour cela qu’il est dit que ‘le Machia’h voit entre les fentes des murs’ du fait qu’il est lui-même l’Essence de l’âme d’Israël, laquelle se trouve en exil, ‘cachée entre les fentes’, confinée dans un ‘étui’. Ainsi, ‘Machia’h voit entre les fentes des murs’ signifie qu’il observe la profondeur de l’âme de chaque enfant d’Israël et il s’attache à la dévoiler.
Aussi, c’est par notre attachement au Rabbi que l’on peut délivrer l’essence de notre âme afin que celle-ci ‘sorte en guerre contre l’ennemi’, c’est à dire afin que celle-ci transforme totalement l’âme animale et le corps, c’est à dire tout ce qui s’oppose à la révélation de l’Essence divine et au dévoilement du Machia’h.
Par ailleurs il est intéressant de remarquer que juste après le verset ‘Ma colombe, nichée dans les fentes du rocher’, il est écrit (verset 16) :
‘Je suis à mon bien-aimé, et mon bien-aimé est à moi’.
Ce verset contient en effet les initiales du mot : ‘Elloul’, lequel est le mois de la Téchouva, du retour vers D.ieu. De fait, l’âme est comparable au vol de cet oiseau qui était au départ ‘niché dans les fentes du rocher’, et qui s’élève ensuite dans le ciel, à l’exemple de l’âme qui retourne vers sa source divine.
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Durant le Farbrenguen qui eut lieu à Jérusalem à l’occasion du quatrième Yortzeit de son fils Chnéor Zalman (‘Zalmi’), le 10 Elloul 5779, le Rav Yossef Itzhak Pevzner a rapporté une déclaration du Rabbi, au sujet d’un enseignement de son beau-père, le Rabbi précédent :
Pour illustrer et pour ajouter à l’enseignement du ‘Zohar’ selon lequel les 13 attributs divins éclairent le monde durant le mois d’Elloul, l’Admour Hazaken nous a donné l’exemple du ‘Roi qui est dans les champs’. Tous les Maîtres de ‘Habad ont commenté cet exemple, en disant que chaque Juif, durant tout le mois d’Elloul, ‘a le droit’ de s’approcher du ‘Roi’. Cependant, le Rabbi Rayats qui emploie une autre expression déclare lui-même que chaque Juif ‘peut’ s’approcher du ‘Roi’.
Pendant le Farbrenguen, le Rav Yossef Itzhak Pevzner exprima le fait que le Rabbi souligne cette différence de langage. En effet, le Rabbi vit dans les mots du Rabbi Rayats l’expression d’un ‘grand ‘Hidouch’… Etonné, le Rav Pevzner questionna : ‘Pourtant, nous pouvons nous demander, qui a-t-il donc de si différent entre le fait ‘d’avoir l’autorisation’ de s’approcher du Roi, et le fait ‘de pouvoir s’en approcher ? ‘.
Les élèves de la Yéchiva, qui étaient présents au Farbrenguen, répondirent avec justesse ‘qu’avoir l’autorisation de s’approcher du Roi’ exprime le fait que chaque Juif reçoit ‘d’en-haut’ l’autorisation’ de s’approcher du ‘Roi’. A l’opposé, ‘ils peuvent s’approcher du Roi’ exprime le fait que la chose vient ‘d’en-bas’, c’est-à-dire que le désir de s’approcher du Roi vient d’eux-mêmes.
Il est possible ici de répondre à la question du Rav en se rapportant à un enseignement du Rabbi du Dvar Mal’hout sur notre Paracha, la Paracha ‘Ki Tetse’.
Dans ce Dvar Mal’hout, le Rabbi commente le premier verset de la Paracha (Ki Tetse, 21, 10) : ‘Quand tu sortiras en guerre contre tes ennemis…’
Rachi écrit que ‘c’est de la guerre optionnelle, non obligatoire, dont parle le verset’.
De manière profonde, la ‘guerre’ représente, aussi, le combat qu’un Juif mène chaque jour face à son mauvais penchant. Or, ce combat n’a rien ‘d’optionnel’, car il est une obligation. Dans ce cas, comment peut-on désigner cette guerre contre le mauvais penchant comme une guerre ‘optionnelle’ ?
A cette question, le Rabbi répond de la manière suivante :
‘Effectiverment, du point de vue de l’âme, telle que celle-ci s’habille dans le corps, notre combat face au mauvais penchant n’est pas une guerre optionnelle, mais une véritable obligation. De fait, chaque jour nous devons faire tout ce qui est en notre pouvoir pour que notre âme divine impose sa volonté à notre âme animale, afin d’avoir le contrôle de nos pensées, de nos paroles, et de nos actes. Cependant, du point de vue de l’âme, telle que celle-ci est enracinée dans L’Essence divine, il s’agit d’une guerre ‘optionnelle’ car l’essence de l’âme Juive se situe à un niveau qui est au-delà de ce monde’.
Aussi, le Rabbi rapporte le Midrache d’après lequel, avant la Création du monde, L’Eternel s’adressa aux âmes des Tsaddikim, et leur demanda s’il fallait, oui ou non, créer le monde, et à travers ce Midrache, le Rabbi nous enseigne que l’âme d’Israël est ‘une parcelle véritable de divinité d’En-haut’, laquelle est bien au-delà de ce monde.
Ici-même, nous pouvons rapporter la différence qui existe entre le fait ‘d’avoir l’autorisation de s’approcher du Roi’, et celui de ‘pouvoir s’approcher du ‘Roi ».
Il a été expliqué ‘qu’avoir l’autorisation de s’approcher du Roi’ exprime le fait que la chose vient ‘d’En-haut’, et dans ce cas le sens de cette ‘autorisation’ est proche de celui d’une ‘Mitsvah’, c’est-à-dire d’un ‘Ordre’ que l’on reçoit ‘d’En-haut’. Ainsi, il est possible de dire, sous la forme d’un ‘Hidouch, que lorsque les Maîtres de ‘Habad expliquent que pendant le mois d’Elloul chaque Juif a ‘l’autorisation’ de ‘s’approcher du Roi’, ils font référence au niveau de l’âme qui s’habille dans le corps, à ‘la guerre obligatoire’ que nous nous devons mener chaque jour de notre vie.
Par ailleurs, lorsque le Rabbi Rayats déclare que pendant le mois d’Elloul chaque Juif ‘peut’ se rapprocher du ‘Roi’, il fait référence au niveau de l’âme qui est au-delà de ce monde. C’est le niveau de ‘l’âme Juive qui est enracinée dans L’Essence divine’, ce niveau qui exprime le fait que ‘chaque Juif fait Un avec D.ieu’.
Dans ce cas, quand un Juif fait Un avec D.ieu, il n’a pas besoin de recevoir d’ordre de D.ieu, car à ce niveau, la volonté de l’homme se fond dans celle du Saint béni soit-Il. Dès-lors on ne parle plus de ‘guerre obligatoire’ mais de ‘guerre optionnelle’, et c’est donc pour cela que le Rabbi a déclaré que le Rabbi Rayats fit un grand ‘Hidouch quand il employa l’expression : ‘ils peuvent s’approcher du Roi’, car le Rabbi Rayats faisait allusion au lien essentiel qui unit chaque Juif à D.ieu, ce lien au sujet duquel le livre du Zohar déclare : ‘D.ieu Israël et la Torah ne font qu’Un’.
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Ainsi, à la lumière de ce qu’il vient d’être dit nous devons prendre conscience que lorsque ‘nous sortons en guerre contre notre ennemi’, comme il est mentionné dans notre Paracha, nous devons affronter toutes sortes de difficultés, mais nous devons toujours avoir conscience du fait que nous possédons les moyens de soumettre ce monde à notre volonté car celle-ci se fond en celle de D.ieu.
En effet, il est dit (Tanya) : ‘D.ieu se trouve à la droite du pauvre’, c’est-à-dire qu’Il a donné à notre âme divine (‘le pauvre’), tous les pouvoirs pour vaincre le mal qui se trouve de ‘l’autre côté de la Sainteté’ dans ce monde et en nous-mêmes.
En fait, le Rabbi nous enseigne ici qu’un Juif détient le moyen de dominer ce monde, et de dominer sa nature qui le pousse vers le mal, en éveillant la force de l’Essence divine afin que celle-ci se révèle dans les forces de son âme, et en particulier dans ses actes. De fait, comme le Rabbi l’a enseigné, à de nombreuses reprises ‘l’Essence de l’âme d’un Juif est enracinée dans l’Essence divine’, et dans ce cas, si ce Juif parvient à dévoiler ce niveau supérieur, rien ne pourra alors s’opposer à lui, de la même façon que rien ne peut s’opposer à D.ieu, et à Son désir de demeurer dans ce monde, avec le dévoilement de notre Juste Machia’h, dès-à-présent, avec l’aide de D.ieu.