Texte et Audio : Parachat Choftim « Le nom du Machia’h est gravé sur la pierre fondamentale », par le Rav Yaacov Abergel

Texte et Audio : Parachat Choftim « Le nom du Machia’h est gravé sur la pierre fondamentale », par le Rav Yaacov Abergel

(Pour l’élévation de l’âme de ‘Hannania ben Yaacov, et la Réfouah chéléma de Ma’hlouf (René) ben Esther et de Katie Sellem)

 

Il est écrit au début de notre Paracha (Choftim, 16, 18) : ‘Des juges et des policiers tu placeras pour toi dans toutes tes portes (de tes villes) que L’Eternel ton D.ieu te donne’.

Rachi explique que les ‘juges’ sont ceux ‘qui tranchent la loi’ et que les ‘policiers’ sont ‘ceux qui ont autorité sur le peuple, pour sévir en cas de besoin ‘avec un bâton et une lanière’, afin de faire accepter au coupable la sentence du juge’.

Dans le Dvar Mal’hout, le Rabbi explique que dans les temps messianiques, lorsque ‘L’Eternel effacera l’esprit d’impureté de la terre’, les ‘juges’ n’auront plus l’occasion d’appliquer la moindre sentence aux enfants d’Israël, car le mal sera ‘effacé’ et n’aura donc plus aucune emprise sur l’homme. Dès lors, la fonction du ‘juge’ sera alors d’enseigner la Torah, et le ‘policier’ sera remplacé par le ‘conseiller’, ainsi qu’il est dit (‘Ychaya’, 1, 26) : ‘Je restaurerai tes juges comme autrefois, tes conseillers comme à l’origine’.
Ainsi, contrairement à la Paracha Choftim, dans laquelle il est fait mention de ‘juges et de policiers’, la prophétie d’Ychaya mentionne des ‘juges’ et des ‘conseillers’. Le Rabbi souligne à ce sujet que le ‘conseiller’ est bien différent du ‘policier’ : le policier n’agit que par la force alors que le conseiller est proche de l’homme et sait se mettre à son niveau. Dans les temps messianiques, les ‘Juges’ enseigneront la Torah aux enfants d’Israël, des concepts divins très élevés, et la fonction des ‘conseillers’ sera alors de mettre ces concepts à leur portée. Le ‘conseiller’ est donc celui qui nous permettra d’intégrer la Torah de manière profonde.

Cette idée d’intégrer la Torah de manière profonde est au centre des enseignements du Rabbi. Aussi, le Rabbi nous donne une signification plus profonde encore, des ‘juges’ et des ‘conseillers’ que ‘nous devons placer aux portes de nos villes’.
De manière plus profonde le Rabbi nous enseigne ici que le ‘juge’ correspond aux trois forces de l’intellect : ‘Ho’hmah Binah Daat (‘Habad), et que le ‘conseiller’ correspond aux sentiments : ‘Hessed Gvurah Tiféreth Netsa’h Hod Yessod et Mal’hout. Enfin, les ‘portes de la ville’ correspondent aux membres du corps.

Pour comprendre cet enseignement du Rabbi il convient ici de se rapporter au Livre du Tanya. En effet, afin d’illustrer par un exemple la guerre entre le bon et le mauvais penchant l’Admour Hazaken nous explique que le corps est lui-même comparé à une ‘petite cité’. Aussi, à l’exemple de deux rois qui se battent pour conquérir une cité, les deux penchants de l’homme, l’âme divine et l’âme animale, se livrent un combat incessant pour prendre possession du corps ; c’est à dire pour prendre le contrôle des pensées des paroles et des actes de l’homme (‘conquérir une cité’). Chacun cherche à imposer sa volonté. Le bon penchant, représente l’impulsion vers le bien, l’accomplissement de la Volonté de D.ieu alors que le mauvais penchant pousse l’homme à céder à des plaisir vils, grossiers, totalement dénués de divin.

De fait, le ‘Juge’ que nous nommons pour chaque ville représente notre intellect. Face aux désirs grossiers que nous inspire notre âme animale, nous devons faire intervenir notre intellect afin de juger et de prendre la bonne décision qui s’impose. Par ailleurs, le ‘Policier’, représente la force que nous devons employer pour accomplir les jugements et les bonnes décisions prises par notre intellect.

Ainsi, ‘le juge et le policier’ que nous devons ‘placer sur nous dans toutes nos villes’ ne sont pas sans évoquer le travail que nous accomplissons au moyen de notre intellect afin d’aimer D.ieu ‘de tout notre cœur’. Cependant bien qu’il nous faille constamment soumettre notre âme animale en lui imposant la volonté de notre âme divine, nous devons aussi avoir conscience de la possibilité qu’il nous est aussi donné de transformer notre âme animale.

De manière générale seul le Tsaddik parvient à transformer totalement son âme animale et c’est la raison pour laquelle nous disons qu’un Tsaddik possède une âme vitale et non pas une âme animale. Cependant, le Rabbi nous rappelle que L’Eternel donne à tous les enfants d’Israël le jour du Chabbat une ‘âme supplémentaire’ grâce à laquelle chacun peut goûter au grand amour de D.ieu. Aussi, tous nos efforts durant la semaine doivent aller dans ce sens, c’est à dire que nous devons faire tout ce qui est en notre pouvoir pour éveiller la force de l’essence de notre âme, l’âme supplémentaire, même pendant la semaine.

Il y a une allusion à cela dans l’expression : ‘le Roi est dans les champs’ : le Roi est une allusion à l’Essence divine, et le Roi est dans les champs évoque le dévoilement de la force de l’Essence divine dans les forces de l’âme. Ainsi, ‘le Roi Se trouve dans les champs’ exprime l’idée que pendant le mois d’Elloul chaque juif peut révéler la force de son ‘âme supplémentaire’, l’essence de son âme, avec beaucoup plus de facilité, et parvenir ainsi à ressentir dans son cœur le grand amour de D.ieu.

Grâce à l’étude du Dvar Mal’hout du Rabbi nous avons réalisé que ‘placer des juges et des policiers dans toutes tes portes’ signifie que tous les membres du corps (‘nos villes’) doivent obéir aux forces de l’intellect de l’âme divine (le ‘juge’), et aux sentiments qui naissent dans le côté droit du cœur où réside l’âme divine (le ‘conseiller’).

Cependant, à la lumière de l’enseignement du Rabbi il est possible de dire sous la forme d’un ‘Hidouch que le Juge est une allusion au Saint béni soit-Il et que le ‘conseiller’ est une allusion au Rabbi. En effet, l’influence du Juge correspond à un dévoilement du haut vers le bas, un réveil d’en-haut qui transcende l’homme. A l’opposé, le conseiller est proche de l’homme car le conseiller sait se mettre à son niveau en lui transmettant les dévoilements supérieurs et divins du ‘Juge’.

C’est d’ailleurs à ce sujet que le Rabbi déclare dans ce Dvar Mal’hout que les Maîtres de ‘Habad possèdent les deux qualités : la qualité du Juge, et celle du conseiller, car à travers leurs enseignements, ils véhiculent la force supérieure de la Torah (le Juge’, mais ils possèdent aussi la force de la transmettre en la mettant à la portée de l’homme (le conseiller).

Dans le même ordre d’idée, le Juge correspond à l’Essence de l’âme Juive, car celle-ci dépasse l’homme, le transcende (elle ne s’habille pas dans le corps), et le conseiller représente la partie de l’âme qui est ‘proche’ de l’homme car elle s’habille dans le corps de l’homme.

Tout l’enseignement du Rabbi dans ce Dvar Mal’hout repose sur l’idée d’intégrer le divin de manière profonde. C’est pourquoi le ‘Juge’ représente le divin illimité qui nous dépasse totalement alors que le ‘conseiller’ représente celui qui sert d’intermédiaire entre D.ieu, le divin illimité, et l’homme lui-même, avec toutes ses limites. C’est donc pour cela que de manière profonde, et bien que cela ne soit pas dit dans ce Dvar Mal’hout, le ‘conseiller’ est lui-même une allusion au Rabbi.

Il n’y a donc rien d’étonnant au fait que le Rabbi délivre à la fin du Dvar Mal’hout l’enseignement selon lequel le Moché de chaque génération est comparé à la pierre fondamentale sur laquelle repose le monde : Even ha Chtia. Cette comparaison exprime le lien essentiel qui unit le Rabbi avec ses ‘Hassidim, et il est important ici de mentionner le Midrache d’après lequel ‘le nom du Machia’h est gravé sur la pierre fondamentale’.

De fait, cette image du nom du Machia’h qui est gravé sur la pierre fondamentale, exprime avec clarté le fait que le Rabbi détient la force du ‘conseiller’, de graver dans ‘la pierre la plus dure’, c’est à dire dans l’esprit de celui qui est le plus éloigné de la Torah et des Mitsvoth, la Volonté de révéler la Présence du Machia’h, afin que cette Volonté ne fasse plus qu’Un avec lui-même.

Chaque Juif doit donc se soumettre aux enseignements divins tels que ceux-ci sont dispensés par le ‘Juge’, qui est aussi le ‘Conseiller’ que L’Eternel place à la tête de chaque génération, en l’occurrence, le Rabbi. Dès-lors, nous aurons le mérite de graver le Nom du Machia’h dans ce monde matériel, très bientôt et de nos jours, avec l’aide d’Hachem.

 

Réeh à la lumière du Dvar Mal’hout par le Rav Yaacov Abergel

Réeh à la lumière du Dvar Mal’hout par le Rav Yaacov Abergel

 

La ‘Sagesse’ se dit en hébreu ‘Ho’hmah, et d’après la déclaration des Sages, la vision vient de la Sagesse car il est écrit : ‘Qui est le Sage (‘Ha’ham) ? Celui qui voit ce qui nait !’. Cest à ce sujet que dans le ‘Séfer ha Likoutim’ (lettre Rech, page 286) le Tséma’h-Tsédek nous enseigne que la vision spirituelle vient de ‘Ho’hmah du fait que ‘les Sages sont les yeux de l’Assemblée d’Israël’. La raison donnée est que ‘la force de l’intellect consiste à saisir une chose, comment est-elle ? Quelle est-elle ? Exactement comme la vision qui consiste à saisir et à connaître une chose (au moyen de notre regard). C’est pour cela qu’il est écrit que ‘l’insensé marche dans l’obscurité’ (Kohélet, 2, 14) car celui à qui il manque la force de l’intellect ne possède aucune vision spirituelle, il est comme une personne qui avance dans l’obscurité qui ne voit rien de ce qui se trouve dans la maison’. Par ailleurs, même la vision matérielle, c’est à dire au moyen de nos yeux, provient aussi de la qualité de ‘Ho’hmah mais d’un niveau qui est extérieur à l’intellect’.

Il existe donc deux sortes de vision, la vision au moyen de nos yeux de chair et la vision au moyen des yeux de notre intellect, et le Rabbi Rachab nous enseigne que la vision des yeux est plus élevée que la vision des yeux de l’intellect (‘Bé Chaa ché Hikdimou’, chapitre 226, au sujet du verset : ‘A toi, il t’a été donné de voir, pour reconnaître que L’Eternel (Havayéh) Lui est D.ieu (Elokim) ‘, Vaèt’hanan, 4, 35).

En effet, le Rabbi Rachab nous enseigne que nos yeux nous permettent de voir une chose telle qu’elle est vraiment, alors que les yeux de l’intellect ne nous permettent que de l’imaginer. Dans le chapitre 227 de son ouvrage ‘Bé Chaa ché Hikdimou’ le Rabbi Rachab écrit que ‘la vision au moyen de nos yeux de chair est liée au corps et à l’âme animale, et dans les temps futurs ‘l’âme divine recevra cette vision de l’âme animale ».

De fait, le Rabbi nous enseigne que l’âme divine ne descend dans le monde que pour donner à voir le Divin à l’âme animale. Au départ l’âme divine doit raffiner l’âme animale et le corps. Cela signifie que l’âme divine doit ‘faire voir’ le Divin à l’âme animale : au moyen d’exemples matériels l’homme doit méditer au fait que c’est ‘la Parole de D.ieu qui créé, à partir du néant, et maintient en vie toute la Création’. Cela l’âme animale peut parfaitement le comprendre car elle ressent fortement que la matière vieillit et se détériore, elle comprend ‘comme si elle voyait’ qu’il y a une force qui est extérieure à elle, une force divine qui vitalise la matière de monde physique. C’est le sens du verset ‘de ma chair je verrais D.ieu’.

Ainsi, lorsque l’âme divine s’attache ‘à donner à voir le Divin à l’âme animale’, elle purifie l’âme animale au point que dans les temps futurs lorsque les purifications seront terminées, ‘l’âme divine sera nourrie par le corps’, c’est-à-dire que l’âme animale et le corps une fois purifiés permettront à l’âme divine d’accéder à un niveau supérieur au sien : le niveau de la vision du Divin, de voir et de reconnaître avec nos yeux de chair que ‘L’Eternel (Havayéh) est D.ieu (Elokim)’. Il ne s’agit plus d’une perception du Divin au moyen des yeux de l’intellect, mais d’une vision avec nos yeux de chair.

Tout cela s’explique par le fait que l’origine du corps est supérieure à l’origine de l’âme. L’origine de l’âme est du niveau de ‘la lumière qui remplit les mondes’ : Or mémalé, qui est dévoilée dans les mondes. L’origine du corps est du niveau de la lumière qui entoure les mondes : Or sovev. Dans les temps futurs ‘le corps sera au niveau de la lumière d’Or sovev’, l’origine cachée du corps se dévoilera. C’est pourquoi il est dit que ‘l’âme sera nourrie par le corps’ : l’âme recevra du corps, car une fois purifié le corps ne constitue plus un obstacle pour l’âme divine, au contraire, il lui permet d’accéder à une vision véritable du Divin.

Le Rabbi approfondit, au sujet de notre Paracha, certains concepts déjà abordés dans le Dvar Mal’hout de la Paracha précédente : ‘Ekev’. L’un des points que le Rabbi nous enseigne est le rapport que le Rabbi établit entre la Paracha Réeh et le mois d’Elloul. Le Rabbi définit l’attitude que nous devons adopter avant de commencer notre travail pendant le mois d’Elloul. Durant Elloul ‘le Roi est dans les champs’ et tout est propice pour établir le bilan de l’année et prendre de bonnes décisions pour l’année à venir.

Cependant, avant même d’investir nos pensées nos paroles et nos actes dans les trois domaines de notre service divin, c’est-à-dire dans notre Prière, notre étude de la Torah et nos actes de bonté, le Rabbi nous demande d’ouvrir les yeux et de regarder.

Aussi, dans le Dvar Mal’hout le Rabbi explique les mots que l’Eternel adresse aux enfants d’Israël, lesquels sont rapportés au début de notre Paracha (Réeh, 11, 26) : ‘Vois Je donne devant vous aujourd’hui la Bénédiction !’ :

‘Vois !’ (‘Réeh !’), l’Eternel nous ordonne de Voir, c’est-à-dire de comprendre, et aussi de ressentir la chose, comme si cette chose était devant nos yeux.

‘Je’ (‘Ano’hi’). ‘Ano’hi’ est le premier mot des 10 Commandements, et désigne l’Essence divine, qui comme il est souvent expliqué dans les discours du Rabbi, est le plus haut niveau divin, lequel est au-delà de toute la Création, de tous les mondes, de toutes les formes et de toutes les particularités. De fait, c’est l’Eternel Lui-même, Son Essence.

‘donne’ (‘noten’), et ‘tout celui qui donne, donne avec un bon œil (avec largesse)’.

‘devant vous’ (‘lifné’hem’). ‘Lifné’hem’ s’apparente au mot ‘Pnimiout’ et désigne donc ici la ‘profondeur’, la profondeur de l’âme Juive, qui est l’Essence de l’âme, enracinée dans l’Essence divine.

‘aujourd’hui’ (‘hayom’). Selon la ‘Hassidout, le ‘Jour’ représente la lumière et le dévoilement, de façon éternelle.

‘la bénédiction’ (‘bra’ha’). Il s’agit ici de toutes les bénédictions, que celles-ci soient dévoilées, ou bien que celles-ci se cachent dans ce qui nous semble être au premier abord des malédictions, que D.ieu nous en préserve.’

A la lumière de ces explications, le Rabbi nous donne à comprendre qu’avant même de commencer à penser, à parler ou à agir, au sujet de notre travail du mois d’Elloul, nous devons avant tout réaliser très profondément dans notre esprit (et cela au point de ‘voir’ et donc de ressentir), notre véritable réalité, qui ne se limite pas à notre existence ‘révélée’. C’est-à-dire que notre réalité ne doit pas seulement être l’expression de la partie révélée de notre âme, mais elle doit aussi exprimer sa partie cachée, l’Essence de l’âme qui est enracinée dans l’Essence divine.

Le Rabbi revient inlassablement sur cet enseignement. L’âme ne se limite pas à la partie de l’âme qui s’habille dans le corps, car l’essentiel de l’âme ne s’habille pas dans le corps, et il appartient à chaque Juif la possibilité de révéler ce niveau (‘Ano’hi’) dans ses pensées ses paroles et ses actes.

C’est cela même que l’Eternel déclare (Réeh, 11, 26) : ‘Vois Je donne devant vous aujourd’hui la Bénédiction !’.
D’après les explications du Rabbi au sujet de ce verset, l’Eternel nous ordonne ici de méditer au fait qu’Il nous a donné, ‘d’un bon œil’, ‘une partie de Lui-même’, et que cette partie constitue notre véritable existence.
C’est à cela que nous devons attacher ‘de tout notre cœur, de toute notre âme, et de tout notre pouvoir’, notre regard (‘Vois !’), afin de faire tout ce qui est en notre pouvoir pour dévoiler ce niveau. Le Rabbi explique que c’est en agissant au-delà de nos propres limites que l’on éveille le désir de D.ieu d’agir à son tour au-delà de toutes les limites.

Rabbi Tsvi vit une nuit en rêve son père le Baal-Chem-Tov sous la forme d’un volcan en éruption. Le père s’adressa ainsi à son fils :
‘Comme ce volcan, j’ai servi le Saint béni soit-Il tout au long de mon existence !’

Comme il a été dit précédemment, le Rabbi nous enseigne que notre mission la plus essentielle consiste à dévoiler l’Essence de notre âme, car elle est le lien véritable qui nous unit à D.ieu. Dévoiler l’Essence de notre âme a pour effet, quel que soit notre niveau ou notre situation, d’élever nos pensées nos paroles et nos actions à un niveau supérieur et divin.

Dans le Dvar Mal’hout le Rabbi déclare que l’Essence de l’âme est notre ‘véritable réalité’, qu’elle représente ce que nous sommes réellement, véritablement. L’Essence de l’âme est la partie ‘véritable’ de l’âme, car les forces de l’âme qui s’habillent dans le corps (néfèch: la vitalité du corps, roua’h: les sentiments et néchamah: l’intellect) ne sont l’essentiel de notre âme.

Les forces de l’intellect s’habillent dans le cerveau, les sentiments dans le cœur et la vitalité dans le sang (le foie), mais l’Essence de l’âme dépasse toutes ces forces car ‘elle fait Un avec D.ieu’, et de même que l’on ne limite pas le Saint béni soit-Il comme étant seulement le Créateur du monde car Il est infiniment plus que cela (‘les mondes ne sont rien en comparaison à Lui’), on ne limite pas l’Essence de l’âme à être la source des forces de l’âme, car elle infiniment plus que cela. Elle est tout simplement divine.

C’est aussi la raison pour laquelle le Rabbi définit l’Essence de l’âme comme ‘véritable’, car elle est unie à l’Essence divine, fait Un avec D.ieu, et seul D.ieu représente ‘la Vérité vraie’.

Mais aussi, et surtout, l’Essence de l’âme n’est pas perçue et ressentie par un membre du corps en particulier. Elle ne se révèle dans le corps (dans les forces de l’âme qui s’habillent dans le corps) qu’à des moments particuliers (comme le jour du Chabbat, ou le jour de Yom Kippour). Elle peut aussi se révéler par le travail de l’homme (en particulier chez les Tsaddikim).

Le Tséma’h-Tsédèk déclare que ‘la profondeur attire la profondeur’. C’est exactement ce que nous demande le Rabbi. Attirer l’Essence divine dans ce monde en dévoilant la partie la plus profonde de notre âme. Comme un volcan dont jaillit un feu divin. Du cratère du volcan jaillit le feu qui se cache sous la terre, et de la même façon, le feu de l’Essence de l’âme se cache sous ‘la terre’ de l’âme animale et du corps.

C’est en purifiant le corps qui a été créé par D.ieu, à partir de la poussière de la terre, que l’on attire la force de l’Essence de l’âme dans notre corps, dans nos pensées nos paroles et nos actes, et à la lumière de ce qu’il vient d’être dit, nous comprenons à présent que ‘le Baal-Chem-Tov servit D.ieu comme un volcan’. Il révéla du plus profond de ‘la terre’, c’est-à-dire du plus profond de lui-même, et de son corps, la ‘partie’ la plus profonde de son âme, dans ses actes. Celle-ci jaillit comme le feu qui jaillit d’un volcan et qui illumine l’obscurité du monde.

Dans le Dvar Mal’hout sur le Chabbat de la Paracha Réeh durant lequel nous bénirons le mois d’Elloul, le Rabbi explique que l’Eternel bénit Ses enfants en leur donnant une âme dont l’Essence est divine (Réeh, 11,26). Le Rabbi explique que l’Eternel nous demande de ‘voir’, c’est-à-dire de prendre réellement conscience de la valeur infinie de notre âme. De réaliser les niveaux supérieurs qu’elle nous permet d’atteindre, puisque c’est par elle que nous pouvons dévoiler le Machia’h.

La Paracha Réeh est liée au mois d’Elloul, du fait que ce Chabbat nous permet de commencer notre existence véritable en éveillant la force infinie de l’Essence de notre âme. C’est là le message que nous adresse le Rabbi. Celui de nous préparer, ce Chabbat, avec l’intention de recevoir la Bénédiction de l’Eternel, pour commencer notre service divin dès le début du mois d’Elloul, en agissant avec la force de l’Essence de notre âme, au-delà de toutes les limites.

C’est de cette façon que notre service divin accompli à l’image du volcan du Baal-Chem-Tov nous permettra de devenir un réceptacle capable de recevoir le dévoilement de l’Essence divine, par l’intermédiaire de notre Juste Machia’h, très bientôt et de nos jours, avec l’aide d’Hachem.

 

Texte et Audio : ‘A la Lumière du Dvar Mal’hout’ Ekev – Rav Yaakov Abergel

Texte et Audio : ‘A la Lumière du Dvar Mal’hout’ Ekev – Rav Yaakov Abergel

 (Pour la réussite spirituelle et matérielle de Shimon ben Schmouel et Yamna Marquès)

Pour expliquer que le don de soi, la force de messirout-néfèch est plus révélée dans notre génération que dans toutes les autres, y compris celle des Juifs qui connurent le dévoilement de la présence divine dans le Temple de Jérusalem le Rabbi précédent donne l’exemple du talon : ‘Ekev’.

La force de la volonté de l’âme humaine, bien qu’elle soit ‘makif’ c’est à dire bien qu’elle ne s’habille pas plus dans le cerveau que dans les autres membres du corps, se révèle plus particulièrement, essentiellement et principalement, dans les talons. Ainsi, un homme peut entrer son talon beaucoup plus facilement dans de l’eau brûlante que sa tête.

Le Rabbi précédent nous enseigne qu’il en va de même au sujet du corps constitué par toutes les générations des enfants d’Israël. La force de messirout-néfèch est en effet plus dévoilée dans notre génération (appelée la génération du ‘talon du Machia’h’) que dans toutes les autres générations.
Comme le talon qui est la partie inférieure du corps, notre génération est appelée le ‘talon’ en comparaison à la génération de Moché qui est elle-même appelée ‘la tête’ du grand corps constitué par toutes les générations des enfants d’Israël.

Cela est aussi vrai pour le corps constitué par les différentes ‘catégories’ de Juifs, car la force de messirout-néfèch est plus dévoilée chez les juifs simples qui sont du niveau du ‘talon’ que chez les érudits, les baal-mo’hin, qui eux-mêmes représentent le niveau de ‘la tête’, du cerveau.

Le Rabbi nous révèle à partir de cet enseignement de son beau-père un autre enseignement d’une force incroyable : L’obscurité de l’exil réveille et dévoile la force de messirout-néfèch, et ce même si l’obscurité et le dévoilement sont deux contraires qui s’opposent l’un à l’autre car la racine, l’origine de l’obscurité de l’exil, est l’obscurité du premier Tsimtsoum dont le but est de dévoiler la Présence de D.ieu dans le monde.

Le fait que l’Eternel dissimula Sa ‘Grande lumière’ et créa un ‘grand espace vide’ (le premier Tsimtsoum) peut être perçu comme obscur du fait que l’Eternel cacha véritablement Son Essence, ne laissant apparaître qu’un mince reflet de Sa lumière infinie.
Cependant le Rabbi nous explique que ce retrait, cette obscurité n’est pas une fin en soi, elle n’a pour seul but que le dévoilement futur d’une lumière ‘qu’aucun œil n’a vu’ : la lumière de la Délivrance. Cette ‘obscurité’ du premier Tsimtsoum est à l’exemple évoque celle d’un fils qui cherche son père et qui ne le trouve pas. En effet, D.ieu Se cacha dans la Création pour nous donner l’occasion de Le chercher et de Le trouver, exactement comme un père qui se cache dans le seul but que son fils lui exprime son amour en le cherchant de toutes ses forces.
L’obscurité de notre exil est donc à l’exemple d’un enfant (l’Assemblée d’Israël) qui cherche son Père (le Saint béni soit-Il) et la racine de notre exil, son origine, est liée au premier Tsimtsoum car la raison profonde du premier Tsimtsoum est la même que la raison profonde de notre exil : le dévoilement de la Lumière nouvelle et de la Torah du Machia’h.

Finalement, l’obscurité du premier Tsimtsoum est comme une braise, un morceau de bois qui a brûlé et qui nous semble éteint. Hachem a créé un ‘grand espace vide’ mais cela ne signifie pas que cet espace soit vide de Son Essence car Son Essence Se trouve là mais nous ne La percevons pas.
Comme l’étincelle cachée dans un morceau de bois brûlé qui nous semble éteint. Cependant, lorsque l’on souffle sur ce morceau de bois l’étincelle se ravive et devient cette flamme qui apparait avec encore plus de force. Ce souffle représente la force de messirout-néfèch. C’est précisément grâce au travail basé sur la force de messirout-néfèch que l’on révèle de manière concrète la Lumière (‘la raison profonde’) qui se cache dans l’obscurité.

En fait l’obscurité n’a été créée que pour le dévoilement de la lumière qu’elle dissimule de manière profonde. Aussi nous pouvons comprendre à présent que notre génération, celle du talon, celle de l’obscurité la plus profonde, détient le pouvoir de révéler la force de messirout-néfèch, car l’origine de l’obscurité (le premier Tsimtsoum) c’est le désir de D.ieu de dispenser Sa lumière bénie.

Aussi, la Paracha Ekev vient nous rappeler l’importance de faire don de nous-même de manière véritable (messirout-néfèch signifie donner son âme). La force de messirout-néfech qui découle de l’Essence de l’âme consiste à chercher de toutes nos forces notre Père Qui Se cache à notre regard et le Rabbi déclare que ‘le plus grave n’est pas de ne pas Le trouver, mais d’arrêter de Le chercher’.

De fait, l’Essence de l’âme d’un Juif est comparable à cette étincelle qui se cache dans un morceau de bois. ‘Souffler sur ce morceau de bois’ signifie que l’on révèle les forces cachées les plus fortes et les plus profondes de notre âme. C’est réveiller l’amour de D.ieu, qui dépasse la raison et l’intellect.

Le Rabbi écrit dans le Dvar Mal’hout de notre Paracha ‘qu’un Juif est propriétaire de la Réalité’, ‘qu’il lui appartient la force de se réveiller et de réveiller d’autres Juifs, et essentiellement de ‘réveiller’ le Saint béni soit-Il’.

Par ailleurs, le Rabbi écrit dans le Likouteï Si’hot (Tome 21 page 55) que ‘D.ieu doit-être présent dans chaque endroit où se trouve un Juif…Même si l’on ne se trouve pas physiquement, dans un endroit saint, ni même dans une situation sainte, on peut cependant bâtir le sanctuaire de D.ieu’.

‘Bâtir le sanctuaire de D.ieu’ signifie faire de ce monde matériel et de nous-même une demeure pour l’Essence divine. Cet enseignement s’applique à tous les moments de notre Vie, et aussi tout particulièrement durant le mois d’Elloul.

Dans le Dvar Mal’hout de la Paracha ‘Ekev’ il est question du contenu profond de notre service divin pendant le mois d’Elloul. La chose est connue que les lettres qui composent le mot ‘Elloul’ sont les initiales du verset : ‘Ani lé Dodi vé Dodi li’, ‘Je suis à mon bien-aimé et mon bien-aimé est à moi’.
De fait, le mois d’Elloul est propice à la Téchouva, et la partie profonde de la Torah nous enseigne que pendant le mois dElloul’, LEternel Se dévoile à celui qui Le recherche, ainsi qu’il est dit : ‘le Roi est dans les champs’, et dans ce cas il est donné à chacun, ‘Ani’, la possibilité de s’unir à D.ieu, ‘Dodi’, afin que le Saint béni soit-Il Se rapproche aussi de lui, ‘Dodi li’.

C’est-à-dire que le travail d’un Juif consiste à s’unir soi-même (‘Ani’) à D.ieu (‘Dodi’), et alors dans ce cas le Saint béni soit-Il se rapprochera de lui (‘Dodi li’).
Plus précisément, ‘Ani lé Dodi vé Dodi li’ fait allusion à deux types de travail qu’un Juif se doit d’accomplir durant cette période de l’année.
‘Ani lé dodi’, représente le travail qui vient de l’homme, du bas vers le haut, qui consiste à purifier le corps. On accomplit ce travail en agissant de manière progressive (du plus facile vers le plus difficile). Par ailleurs, le Rabbi souligne que bien que notre action demeure limitée, car nous agissons avec nos propres forces, l’avantage est que le fruit de nos efforts a pour effet de pénétrer profondément en nous-mêmes.

‘Dodi li’, le second travail à accomplir, consiste à dévoiler la force infinie de notre âme qui est ‘une parcelle véritable de divinité d’En-haut’, afin d’attirer un dévoilement divin illimité, du haut vers le bas. Cependant, comme il s’agit ici d’un dévoilement du haut vers le bas, et bien qu’il s’agisse ici d’un dévoilement divin supérieur, il ne pénètre pas aussi profondément en nous-même, comme c’est le cas pour un dévoilement du bas vers le haut.

Aussi, le Rabbi écrit que ‘l’on atteint la perfection quand il y a l’union des deux sujets. ‘Ani lé Dodi’ et ‘Dodi li’, ensemble. Lorsque le niveau du divin (‘Dodi’), qui est au-delà du niveau de ‘Ani’ (la réalité de l’homme ici-bas) se dévoile de manière profonde dans le ‘Ani’, c’est-à-dire dans les limites du niveau inférieur, au point de devenir véritablement une seule chose, sans qu’aucune chose ne puisse les différencier.

L’un des points essentiels de cet enseignement du Rabbi est que la perfection du dévoilement de ‘Dodi li’ (le dévoilement de la ‘parcelle véritable de divinité d’En-haut’), jusqu’au dévoilement de l’Essence divine, peut être réalisé grâce au travail de l’homme ici-bas, progressivement du bas vers le haut. Puis le travail ‘Vé Dodi li’ du haut vers le bas (Atsilout, Bryia, Yètsira, Assia) qui succède au travail de ‘Ani lé Dodi’, permet au Divin qui est au-delà de ce monde inférieur de Se dévoiler également dans le ‘Ani’, au point de faire Un avec lui et de devenir un ‘être vrai et éternel’ (‘Yèch amiti vé nits’hi’), au-delà des limites du temps et de l’espace qui sont eux-mêmes soumis à des changements.

A la lumière de ces enseignements du Rabbi, il nous est donné de comprendre que le travail accompli au mois d’Elloul représente la possibilité d’atteindre le dévoilement supérieur de l’Essence de l’âme.
Aussi, le Rabbi met l’accent sur le fait que le travail ‘du bas vers le haut’ de ‘Ani lé Dodi’ est plus essentiel que celui ‘du haut vers le bas’ de ‘Dodi li’. De fait, ce point s’exprime tout particulièrement par le fait que ‘l’Eternel désire une demeure ici-bas’, et le Rabbi explique à ce sujet que c’est en élevant les niveaux inférieurs, ‘ici-bas’, par le travail ‘du bas vers le haut’, que l’on parvient à élever les niveaux supérieurs.

Le Rabbi établit alors ici un lien avec la Paracha ‘Ekev’, durant laquelle nous bénissons le mois d’Elloul.
De fait, ‘Ekev’ signifie ‘le talon’, et représente donc la partie la plus basse du corps de l’homme (et du corps de ce monde). Notre travail pendant le mois d’Elloul consiste avant tout à purifier le corps, ‘le talon’, car c’est l’étape nécessaire qui précède au dévoilement de la lumière de l’Essence de l’âme, ‘Dodi li’.
Le travail de ‘Ani lé Dodi’ pendant les jours de la semaine consiste à purifier et raffiner le corps en accomplissant les commandements divins ‘du bas vers le haut’, et le travail de ‘Dodi li’ représente la fusion de l’âme avec le divin, le jour du Chabbat, au moyen de l’étude de la Torah, ‘du haut vers le bas’.

Il est important de mentionner ici que le Rabbi souligne que l’existence d’un Juif commence réellement au moment où ce Juif soumet son corps et son âme à D.ieu. En effet, que devient l’existence d’un Juif quand il se soumet à D.ieu au point de faire totalement abstraction de lui-même ? A cette question le Rabbi répond que la réalité d’un Juif ne commence que lorsqu’il s’annule devant D.ieu. Le fait de nous annuler devant D.ieu en accomplissant Sa volonté (et en faisant totalement abstraction de notre volonté) nous permet ensuite de fusionner avec le divin. C’est à ce sujet que le Rabbi déclare que ‘la fusion de l’âme d’Israël avec le divin atteint un niveau de perfection au moment de l’étude de la Torah et lors de l’accomplissement des Commandements divins, de toutes les façons, du fait qu’Israël et le Saint béni soit-Il ne font qu’Un, cette fusion n’exclut pas la réalité des enfants d’Israël. Au contraire c’est cette fusion qui est leur réalité’.

La ‘Hassidout nous enseigne que les Mitsvoth sont liées aux dévoilements qui auront lieu pendant la résurrection des morts, car elles représentent le corps, le ‘talon’, du fait qu’elles sont accomplies avec et au moyen de la matière de ce monde. Par ailleurs, l’Admour Hazaken explique dans le Likouteï Torah (Vaèt’hanan) que l’action matérielle a un effet sur notre vie spirituelle. De fait, l’accomplissement des Commandements divins a pour effet de grandir notre émounah. Nous devons agir constamment afin de grandir notre émounah en la venue de Machia’h, à nous attacher à l’enseignement du Rabbi, conformément à ses pensées ses paroles et ses actes, en étant ‘constamment occupés par la pensée et par la parole au sujet de la Délivrance finale, en cherchant à unir tous les sujets de notre temps avec la Délivrance, le travail des enfants d’Israël est de précipiter la Délivrance’ (Le Rabbi).

Parmi les enseignements du Rabbi dans le Dvar Mal’hout il y en a un qui attire tout particulièrement notre attention. Le Rabbi déclare que du fait que l’âme d’un Juif est ‘une parcelle véritable de divinité’, chaque Juif possède la force d’accomplir son service divin ‘du haut vers le bas’ sans être obligé de s’élever progressivement d’un niveau vers un niveau supérieur. Un Juif peut atteindre immédiatement la perfection. Et cela, même si son âme divine est sans cesse confrontée à une âme animale, elle demeure ‘une parcelle de divinité’, enracinée dans l’Essence divine. Dans ce cas, chaque Juif peut exiger de lui-même d’atteindre directement la perfection dans son service divin. Le Rabbi déclare ici que ‘chaque Juif peut exiger de lui-même’, et peut-être faut-il comprendre ici, qu’effectivement la possibilité est donnée à chaque Juif d’atteindre la perfection car il possède les forces nécessaires pour cela (du fait que son âme est enracinée dans l’Essence divine), cependant, il convient de dire ici que c’est le Rabbi qui lui donne les forces pour cela.

 

Texte et Audio : Vaèt’hanan à  la lumière du Dvar Malhout, par le Rav Yaacov Abergel

Texte et Audio : Vaèt’hanan à la lumière du Dvar Malhout, par le Rav Yaacov Abergel

 Pour l’élévation de l’âme du Rav Tzvi Dovber (Berel) a’h ben Pin’has Pachter

 

‘Des jours vécus sans percevoir D.ieu, ne sauraient mériter le nom d’existence’ :

Une histoire hassidique raconte que l’Admour Hazaken bénit un jour le ‘Hassid Rav Yékoutiel Lipler pour une longue vie. Cependant, Rav Yékoutiel tint à préciser à l’Admour Hazaken qu’à ses propres yeux la longévité consiste en une vie de jours réellement vécus. C’est à dire que pour lui, il allait de soi que ‘la véritable existence consiste en la perception du divin par les yeux et par les oreilles’ et non pas comme ‘celui qui a des yeux mais ne voit pas, des oreilles mais n’entend pas ; qui ne voit ni n’entend le divin’.

Au sujet de cette histoire, le Rabbi explique que ‘pour Rav Yékoutiel des jours vécus sans percevoir D.ieu, ne sauraient mériter le nom d’existence ; au contraire, cette sorte de jours lui répugnait’. Mais plus encore, le Rabbi nous enseigne que ‘le sentiment de Rav Yékoutiel ne provient que de la manifestation de l’Essence de l’âme qui caractérise l’union avec l’Essence de D.ieu, rien ne saurait être considéré en dehors de D.ieu’ (‘Iniana chel Torat-ha-Hassidout’, fin du chapitre 12).

‘La vie ne mérite le nom d’existence que si l’on perçoit le divin’, et ce sentiment provient de l’Essence de l’âme Juive. Ce qui nous touche tout particulièrement ici est que le Rabbi souligne que ce sentiment ne peut provenir que de l’Essence de l’âme.

En effet, le Rabbi explique que pour les autres niveaux de l’âme (Néfech, Rouah, Néchama et ‘Haya) le divin constitue un aspect parmi d’autres et ces niveaux peuvent donc s’accommoder d’une vie dénuée de perception du divin. En revanche, ‘l’Essence de l’âme est enracinée dans l’Essence divine’ et ne considère donc rien en dehors de D.ieu.

Le bleu infini :

Rabbi Israël Baal-Chem-Tov ‘se perdit’ un jour sur l’infini bleu de la mer quand il entreprit avec sa fille Odèle, et son Sofer, le Rav Tzvi (du même nom que le Rav Tzvi Dovber Pachter), un voyage en Terre sainte. Ils ‘échouèrent’ un beau jour sur une île déserte, et là-bas, il se passa une chose étrange. Le Baal-Chem-Tov perdit la mémoire.

En un clin d’œil il oublia toute la Torah qu’il connaissait. Il ne savait plus rien, pas un seul verset, pas une seule Michnah. Le Baal-Chem-Tov réagit en demandant à son élève, le Rav Tzvi, de lui réapprendre l’Aleph-Beïth. Ainsi, assis tous les deux sur le sable du rivage, les deux hommes étudièrent. Rav Tzvi enseigna, une par une, toutes les lettres de la langue sainte à son maître. Le Baal-Chem-Tov réapprit ainsi chacune des lettres et à la fin de leur étude la mémoire lui revint.

Cette histoire n’est pas sans nous rappeler un enseignement rapporté dans le traité Nida. Il est écrit qu’avant sa naissance, Hachem enseigne toute la Torah à l’enfant dans le ventre de sa mère. Cependant, lorsque celui-ci vient au monde un ange le touche sur le haut des lèvres afin qu’il oublie tout ce que D.ieu lui a enseigné. Dans ce cas pourquoi lui avoir enseigné toute la Torah, si finalement un ange lui fait oublier tout ce qu’il a appris ?

En réalité l’enfant n’oublie pas tout ce qu’il a appris car il garde une trace de toute la Torah que l’Eternel lui a enseigné. De fait, sans cette marque indélébile l’enfant ne pourrait pas par la suite apprendre et retenir le moindre enseignement. L’Eternel a gravé dans l’âme de chaque juif, avant même que celui-ci ne vienne au monde Sa Parole bénie. L’Aleph, le Beïth, et toutes les autres lettres restent éternellement vivantes dans son âme.

Ce Chabbat, avec l’aide d’Hachem, nous lirons les 10 Commandements, lesquels commencent par le mot Ano’hi qui lui-même commence par la lettre Aleph. Cela s’accorde avec l’enseignement du Rabbi sur la raison pour laquelle chaque enfant juif commence son étude de la Torah par l’étude de l’Aleph car de manière profonde cette lettre représente l’Essence de toutes les lettres hébraïques. Aleph contient donc en elle-même toute l’essence de la Torah, et lorsqu’il apprend la lettre Aleph chaque enfant juif éveille le lien qui unit son âme au Saint béni soit-Il.

Nous pouvons dés-lors comprendre la raison pour laquelle le Baal-Chem-Tov demanda à son Sofer de lui réapprendre l’Aleph-Beïth quand il oublia toute la Torah. Il lui fallait en fait réveiller ce lien profond et immuable qui le lie à D.ieu. Peut-être que nous pouvons établir ici un lien avec le fait que le Rabbi insiste sur la présence des enfants lors de la lecture des 10 Commandements que nous récitons le jour du Chabbat Vaèt’hanan. En effet, d’une certaine manière, cela vient nous rappeler le moment pendant lequel l’enfant se trouve dans le ventre de sa mère, et apprend chaque lettre de la Torah de la bouche du Saint béni soit-Il. Ce moment qui précède la naissance correspond à la formation de l’âme divine, au lien qui unit chaque enfant d’Israël à son Père qui est dans le ciel.

De fait, l’union de l’âme Juive avec D.ieu est au centre du Dvar Mal’hout sur la Paracha Vaèthanan. Le Rabbi reprend le principe selon lequel un dévoilement atteint la perfection lorsqu’il unit les limites du monde au divin illimité, lorsque la lumière infinie s’unit à la lumière qui provient du service divin de l’homme.

A ce sujet le Rabbi explique la raison pour laquelle les 10 Commandements sont dits à deux reprises dans la Torah. Une première fois dans la Paracha Yitro, et une seconde fois dans la Paracha Vaèt’hanan.

La Paracha Yitro met en valeur le fait que le monde et tout ce qu’il contient se soumirent totalement à la Lumière divine qui fut dévoilée au Mont-Sinaï, ainsi qu’il est écrit : ‘il y eut du tonnerre et des éclairs et une nuée lourde sur la montagne, et le son du Choffar était très fort, tout le peuple trembla’ (Yitro, 19, 16). Face au dévoilement divin l’homme s’annule, se tient en retrait, ainsi qu’il est dit (Yitro, 20, 15) : ‘Le peuple vit et ils tremblèrent et se tinrent debout, de loin’.

A l’opposé, la Paracha Vaèt’hanan exprime que le but de tout dévoilement divin consiste à ce que l’homme parvienne à intérioriser de manière profonde la Parole divine, ainsi qu’il est dit (Yitro, 20, 19) :’Vous avez vu que ce sont des cieux que Je vous ai parlé’.

Le premier niveau, de la Paracha Yitro, correspond au dévoilement de la lumière qui vient de D.ieu, ‘d’En-haut’, à l’image du ‘Youde’ supérieur du ‘Aleph’, et le niveau de la Paracha Vaèt’hanan correspond au dévoilement de la lumière qui provient du travail de l’homme, ‘d’En-bas’, à l’image du ‘Youde’ inférieur du ‘Aleph’. Ce travail consiste à intégrer la Parole de D.ieu de manière profonde dans ses pensées ses paroles et ses actions.

C’est précisément l’union de ces deux lumières qui représente l’aboutissement de notre service divin, car cette union est l’expression du dévoilement de l’Essence divine. En effet, le Rabbi souligne que le chiffre 2 (‘deux lumières’) ne représente pas seulement la répétition d’une chose, mais exprime en réalité ‘la multiplication d’une chose à l’infini’.

C’est la raison pour laquelle le Rabbi explique que la Haftarah que nous lisons ce Chabbat intitulée ‘Na’hamou Na’hamou’ n’exprime pas seulement le fait que L’Eternel consolera Ses enfants lors de la Délivrance finale : la répétition du mot ‘Na’hamou’ exprime le caractère infini des évènements qui auront lieu dans les Temps messianiques. La reconstruction du troisième Temple et le dévoilement de l’Essence de la Torah (par l’intermédiaire du Machia’h) : ‘Une Torah nouvelle sortira de Moi’,

Il est écrit (Mikets, 41, 32) : ‘Quant à la répétition du rêve à Pharaon par deux fois, c’est que la chose est prête par D.ieu, et que D.ieu se hâtera de l’accomplir’.
Rachi explique, au sujet de ce verset, que ‘si le rêve s’est répété deux fois, c’est que l’évènement est imminent’, et ‘ce que D.ieu prépare (‘les sept bonnes années’) Il le montre à Pharaon’. Ici encore, la répétition (le chiffre 2) signifie que la chose est vraie, qu’elle est sur le point d’être accomplie par D.ieu. Or, la ‘Hassidout définit la Vérité en mettant l’accent sur le fait qu’elle ne connaît pas d’interruption, qu’elle ne s’interrompt jamais. Ainsi, il apparaît à l’évidence que la signification profonde de ‘la répétition du rêve à Pharaon par deux fois’ s’accorde à l’enseignement du Rabbi selon lequel le chiffre ‘2 ‘est une évocation de l’infini, car la Vérité n’a pas de fin.

Dans la Paracha Ytro, l’accent est mis sur le dévoilement divin :

Il est écrit (Yitro, 19, 16) : ‘il y eut du tonnerre et des éclairs et une nuée lourde sur la montagne’.
A la lumière des enseignements du Rabbi ‘la montagne’ est une allusion à la réalité physique et matérielle de ce monde, et le fait qu’elle soit recouverte d’une épaisse ‘nuée’ exprime l’idée de la réalité qui s’efface face au dévoilement de la Parole divine (imagée par la masse du nuage). Le son du Choffar qui ‘va en grandissant’ accentue cette idée, car en fait, qu’il s’agisse de la vision ‘du tonnerre et des éclairs’, ou d’entendre ‘le son du Choffar qui était très fort’, tous nos sens étaient alors soumis au dévoilement divin au point que nous percevions plus comme auparavant le monde physique car celui-ci était devenu imperceptible. L’apparence de la réalité s’était estompée pour ne laisser apparaître que ce qu’elle dissimule à l’intérieur d’elle-même, c’est-à-dire la Parole divine qui la crée et la vivifie à chaque instant. Cela s’exprime par le fait qu’il est dit (Yitro, 20, 15) : ‘Ils tremblèrent et se tinrent debout, de loin’.

Dans la Paracha Vaèt’hanan, l’accent est mis sur le fait d »intégrer le divin :

Cependant la possibilité nous est donnée d’assister au dévoilement de D.ieu sans ‘se tenir debout, de loin’ et c’est précisément par notre attachement au Rabbi que l’on y parvient, ainsi qu’il est dit (Yitro, 19, 17) : ‘Moché fit sortir le peuple à la rencontre de D.ieu’.

Les enfants d’Israël demandèrent à Moché d’être leur intermédiaire, ainsi qu’il est dit (Vaèt’hanan, 5, 21-24) : ‘Aujourd’hui nous avons vu que D.ieu parle à l’homme et celui-ci peut vivre, tout ce que dira l’Eternel notre D.ieu à toi, nous écouterons et nous ferons’. Un Juif peut entendre la Parole de D.ieu et vivre.

Dans le Dvar Mal’hout de la Paracha Dévarim le Rabbi enseigne que lorsque les trois semaines d’affliction commencent par un Chabbat le jour du 17 Tamouz, et se terminent par un Chabbat le jour du 9 Av, alors il brille Durant ces trois semaines les 3 Mo’hin (‘Ho’hmah, Binah, Daat). Par ailleurs, durant le Chabbat ‘Hazon du 9 Av chaque Juif a une vision du Beït-Ha-Mikdache, il voit le Temple ‘de loin’. Enfin, le Rabbi nous enseigne qu’après le Chabbat ‘Hazon du 9 Av viennent les 7 Chabbat de consolation, lesquels correspondent aux sept Midots (‘Hessed Gvurah Tiférèth Nétsa’h Hod Yessod).

A la lumière de cet enseignement du Rabbi, il est possible de dire que la vision du Temple, du fait qu’elle soit une vision ‘de loin’, est un dévoilement ‘d’En-haut’ (conformément au niveau de la Paracha Yitro), et les 7 semaines qui suivent cette vision correspondent à un travail ‘d’En-bas’ (conformément au niveau de la Paracha Vaèt’hanan). De fait, la perfection est réalisée par l’union de ces deux niveaux, et dans ce cas, durant la période des 7 semaines, un Juif fera tout ce qui est en son pouvoir pour s’attacher aux enseignements du Rabbi et les mettre en pratique de manière concrète afin que sa vision du Temple ne soit plus ‘de loin’, mais que celle-ci pénètre dans son cœur, de manière profonde.

‘Plus profondément encore’ :

Les dix Commandements sont donc mentionnés 2 fois dans la Torah. La première fois représente la Parole d’Hachem et la seconde fois fois représente la Parole de Moché. Le Rabbi nous donne une autre explication à ce sujet : les enfants d’Israël ne purent supporter d’entendre les deux premiers Commandements de la Bouche de l’Eternel. Lorsque l’Eternel parlait, l’âme des enfants d’Israël quittait leurs corps, ainsi qu’il est écrit (Chabbat, 88b) : ‘A chaque expression divine, leur âme s’envolait…Mais L’Eternel la leur restituait avec la rosée dont Il fera revivre les morts’.

‘Leur âme s’envolait’ car ce fut un dévoilement trop élevé pour le peuple Juif, et c’est précisément pour cela que Moché dût répéter à son tour les Commandements divins, afin de mettre la Parole divine à la portée des enfants d’Israël. En d’autres termes, Moché réalise l’union entre la Parole divine avec l’intellect de l’homme. Lorsque Moché enseigne les 10 Paroles divines elles touchent l’âme et le cœur des enfants d’Israël de manière profonde. Elles sont comprises au moyen de l’intellect, ressenties dans le cœur, et surtout, elles inspirent concrètement l’action. C’est le sens de l’explication de Rachi sur le verset (Michpatim, 21, 1) : ‘Et voici les Lois que tu placeras devant eux’. Les Lois de D.ieu sont, comme des aliments, ‘dressées sur une table, prêts à être consommés’.

Par ailleurs, le Rabbi souligne que d’un autre côté, bien que la parole de Moché possède l’avantage d’être assimilée par l’homme, elle ne dévoile pas la dimension profonde de la Torah, son Essence (comme ce fut le cas quand l’Eternel s’adressa Lui-même aux enfants d’Israël). En fait, c’est le Machia’h qui terminera la mission de Moché car lorsqu’il parlera aux enfants d’Israël il dévoilera l’Essence de la Torah, et dans ce cas la dimension profonde de la Torah sera reçue de manière profonde, intégrée, par les Juifs sans que leurs âmes ne quittent leurs corps. Le Machia’h unira l’Essence divine avec les forces de la partie de l’âme qui s’habillent dans le corps (les forces de l’intellect, les sentiments et les actions concrètes).

*Dans le discours intitulé ‘Et tu ordonneras aux enfants d’Israël’, le Rabbi établit la différence qui existe entre les 2 niveaux de l’âme : le niveau de ‘Haya’ (ou ‘Mazal’) et le plus haut niveau : l’Essence de l’âme, laquelle désigne l’âme telle qu’elle est ‘enracinée dans l’Essence divine’ et elle est donc (‘comme’ l’Essence divine) au-delà de de toutes les limites que constituent les lettres et les noms qu’elles composent.

Le Rabbi nous donne alors deux raisons pour lesquelles Israël croit en D.ieu.

La première est que ‘l’âme qui ne s’habille pas dans le corps (‘Haya) voit le Divin’. Cette vision est donc au-delà de l’intellect (puisque cette vision vient du niveau de l’âme qui est supérieur au niveau de l’âme qui s’habille dans le corps, et donc d’un niveau supérieur aux forces de l’intellect qui s’habillent dans le cerveau).

Ainsi, comme ‘l’âme qui est en-haut’ voit le Divin, elle influence l’âme qui est dans le corps en lui donnant la émounah, Cependant, cette émounah n’est pas profonde car elle ne vient pas de nous-mêmes mais d’une vision, et toute chose que nous voyons (même quand il s’agit d’une vision de l’esprit) demeure extérieure à nous-mêmes. D’un côté il y a nous-même et de l’autre la chose que nous voyons. A l’opposé, quand il s’agit du dévoilement de l’Essence de l’âme et de la émounah qui naît de ce dévoilement, il ne s’agit plus d’une vision qui est extérieure à nous-mêmes mais du dévoilement du Divin qui fait ‘Un’ avec nous-même (car l’Essence de l’âme est enracinée dans l’Essence divine) et dans ce cas notre émounah est profonde, fait ‘Un’ avec nous-mêmes.

Le Rabbi définit l’Essence de l’âme comme étant l’Essence de toutes les forces de l’âme qui s’habillent dans le corps. L’influence de l’Essence de l’âme n’est donc pas ‘Makif’ (superficielle) et la possibilité nous est donnée de dévoiler et d’unir ce niveau supérieur de l’Essence divine avec les forces de notre intellect, de nos sentiments et de nos actes.

En guise de conclusion :

Le Rabbi réalise l’union entre la Parole divine avec l’intellect de l’homme et c’est au sujet du verset : ‘Et voici les Lois que tu (Moché) placeras devant eux’ que Rachi explique que ‘les Lois de D.ieu sont, comme des aliments, ‘dressées sur une table, prêts à être consommés’.

De la même façon, le Rabbi est le Moché de notre génération, il est celui qui dévoile l’Essence de notre âme afin que notre émounah soit profonde. Il unit les enfants d’Israël avec Or-ein-sof. Aussi, l’expression employée par Rachi selon laquelle ‘les Lois de D.ieu sont, comme des aliments, ‘dressées sur une table, prêts à être consommés’ peut tout aussi bien s’appliquer aux concepts de la ‘Hassidout ‘Habad. Les enseignements du Rabbi sont comme des aliments car celui qui s’attache à les étudier avec toutes les forces de son âme finit par les intégrer de manière profonde. A l’exemple de l’Admour Haemtsaeï dont il est dit que ‘si l’on ouvrait ses veines on verrait couler des paroles de ‘Hassidout’, lorsque l’on s’applique à étudier la Torah du Rabbi alors on parvient à ce que ces enseignements qui sont au-delà de ce monde matériel car ils sont liés à l’Essence divine deviennent ‘prêts à être consommés’, c’est à dire qu’ils nous insufflent une nouvelle vitalité, aussi bien matérielle que spirituelle.

Le Rabbi ‘place devant nous’ l’Essence de la Torah ‘comme des aliments dressés sur une table’ signifie dans ce cas que le Rabbi met à notre portée l’Essence divine.

Peut-être que ces paroles de Rachi font aussi allusion à la table qu’Hachem dressera pour les Tsaddikim lors du dévoilement du Machia’h. Pendant ce festin chacun mangera de la chair du poisson, le Léviathan, de la viande du taureau sauvage, le Chor-ha-Bar, et boira du vin que L’Eternel garde en secret, le vin ‘Méchoumar’.

A l’évidence ce vin et ces aliments sont tous des allusions aux enseignements du Rabbi et à tous les secrets qu’ils renferment et qui seront alors dévoilés lors de la Délivrance finale très bientôt et de nos jours, avec l’aide de D.ieu.

Texte et Audio : Devarim à la lumière du Dvar Mal’hout, par le Rav Yaacov Abergel

Texte et Audio : Devarim à la lumière du Dvar Mal’hout, par le Rav Yaacov Abergel

 

(Pour la réussite spirituelle et matérielle du Rav Gabriel Beckouche et de son épouse Ménouha-Ra’hel, ainsi que la réussite matérielle et spirituelle de Aziza bat Sultana)

‘L’huile ou ‘l’Essence de la force de Vie’ :

Conformément au principe selon lequel ‘la profondeur attire la profondeur’, c’est en dévoilant nos forces les plus profondes que nous dévoilons le désir de D.ieu d’être Roi, et ce désir atteindra la perfection au moment du dévoilement de notre Juste Machia’h.
Dévoiler nos forces les plus élevées et les plus cachées consiste à dévoiler la partie la plus profonde de notre âme : l’Essence de l’âme. Dans son discours intitulé ‘Vé Atah Tetsaveh’ le Rabbi explique que les enfants d’Israël devaient extraire de ‘l’huile pure d’olives concassées’ et ils devaient ensuite apporter cette huile pure à Moché pour allumer la Ménorah du Beït-ha-Mikdache. De manière profonde, l’action d’extraire l’huile cachée à l’intérieur de l’olive ressemble au dévoilement de forces dont on ne soupçonne pas l’existence avant même de les dévoiler. ‘L’huile’ fait donc allusion à la force de la lumière qui jaillit de l’Essence de l’âme et qui imprègne toutes les forces de l’âme et il en va de même pour la ‘Hassidout que l’on définit comme étant ‘l’huile de la Torah’ car elle imprègne et illumine tous les niveaux de la Torah.

Dans le Livre ‘Iniana chel Torat-Ha-‘Hassidout’ (chapitre 7) le Rabbi définit la ‘Hassidout comme ‘l’Essence de la force de Vie’ et c’est pour cela que la ‘Hassidout est comparée à l’huile qui représente ‘le Secret des Secrets’. Le Rabbi tient alors les propos suivants :

‘L’Huile symbolise l’Essence la plus affinée de chaque chose. Aussi possède-t-Elle les deux caractéristiques suivantes : d’un côté elle est distincte de toute chose (car si elle devait s’apparenter à un objet particulier, elle perdrait son caractère ‘d’Essence de chaque chose’), et du fait qu’elle est ‘Essence’, elle se doit de pénétrer, et d’être présente en chaque chose, parce que l’Essence est par définition omniprésente. D’un côté, l’huile ne se mélange à aucun liquide, et d’un autre, elle pénètre dans toutes les matières. C’est ainsi que la ‘Hassidout est comparée à l’huile car elle possède ces deux propriétés, par sa qualité d’Essence elle ne se confond avec rien d’autre, car elle constitue la teneur même de la force de Vie, par-delà tout rayonnement et toute émanation. D’un autre côté, Elle Se diffuse en chaque chose et imprègne tout’.

De même que la ‘Hassidout est ‘Essence’ et qu’Elle est comparée à l’huile, l’Essence de l’âme Juive est également comparée à l’huile. Dévoiler la lumière qui émane de l’Essence de l’âme dans notre intellect, nos sentiments et nos actions, consiste à appliquer les enseignements du Rabbi dans son discours intitulé ‘Vé Atah Tetsaveh’, selon lequel la lumière qui émane de l’Essence de l’âme est obtenue par l’action d’extraire de ‘l’huile pure d’olives concassées’, que l’on doit ensuite apporter à Moché, pour allumer la Ménorah du Beït-ha-Mikdache.

La tradition ancestrale pour fabriquer de l’huile d’olives est d’utiliser des meules en pierre qui permettent de broyer totalement les olives, mais on peut aussi utiliser un maillet pour écraser les olives jusqu’à ce qu’elles forment une pâte luisante. On ajoute peu à peu de l’eau à cette pâte, et tout en mélangeant on voit apparaitre en surface de petites perles d’huile (c’est ce que l’on appelle le pressurage). Puis on mélange à nouveau avec une cuillère afin de permettre aux petites perles de se détacher de la pâte et commencent à former les prémices de l’huile d’olives.

De manière profonde, l’action de broyer des olives pour en extraire l’huile reflète l’action ‘d’extraire’ la lumière qui émane de la partie la plus profonde de l’âme. En effet, au chapitre 9 de son discours ‘Ve Atah Tetsaveh’, le Rabbi écrit que ‘par le fait d’avoir le cœur brisé d’être en exil on dévoile le Luminaire de l’âme (l’Essence de l’âme)’. ‘Dévoiler le Luminaire de l’âme’ c’est dévoiler la force du lien qui unit l’âme Juive à Son Créateur. Le Rabbi explique que ‘l’âme Juive est enracinée dans l’Essence divine’ et cela a pour effet que l’âme désire D.ieu continuellement. C’est pourquoi le Rabbi déclare dans son discours que ‘le désir caché au plus profond du cœur de chaque Juif est le dévoilement de D.ieu’, car l’âme désire sans cesse recevoir des dévoilements divins. Cependant, dévoiler la force du lien qui unit l’âme à D.ieu implique d’atteindre la profondeur du cœur. L’exemple matériel d’une olive que brise pour en extraire son huile s’applique à l’action de briser le cœur pour libérer la lumière de l’amour le plus profond de l’âme pour D.ieu.

‘Le niveau de ‘Ye’hida de l’univers entier’ :

Dans son ouvrage intitulé ‘Iniana chel Torat-ha-‘Hassidout’ le Rabbi établit le rapport qui existe entre les différents niveaux de l’âme et les différents niveaux de la Torah. Ainsi, l’Essence de l’âme est définie comme étant un ‘Luminaire’ et les forces de l’âme des différents niveaux de l’âme (Néfech, Rouah, Néchamah, ‘Haya et Yé’hida) sont comme des ‘reflets de lumière’ qui émanent de ce ‘Luminaire’. De façon similaire, l’Essence de la Torah est définie comme étant un ‘Luminaire’, et les quatre degrés du ‘PaRDeS’ (le Pchat, le Rémez, le Drach et le Sod) qui correspondent aux quatre paliers d’interprétation de la Torah sont comme des reflets de lumière qui émanent de ce ‘Luminaire’.

De même que l’âme vitale de l’homme vivifie le corps, le souffle de D.ieu est ‘l’âme vitale’ qui vivifie l’univers tout entier.
L’âme vitale de l’univers est ‘le souffle de Sa bouche’ qui émane de la Séfira de Mal’hout et vivifie l’univers et tout ce qu’il contient. Cependant, l’âme vitale n’est qu’une émanation de l’Essence de l’âme de l’univers. Cela signifie que le monde ne perçoit à présent qu’un reflet de l’Essence de l’âme de l’univers. En effet, le niveau de Yé’hida de chaque âme constitue son point quintessentiel, et de la même façon Yé’hida constitue également la quintessence de tout le processus de création.

Au cinquième chapitre de ‘Iniana chel Torat ha ‘Hassidout’, le Rabbi définit ‘le niveau de ‘Ye’hida de l’univers entier’ comme la force de Vie qui transcende toutes les limites :

‘Cette force de Vie est illimitée au sens où elle est éternelle et n’est pas sujette aux mutations liées au temps, mais elle est également illimitée dans la teneur qu’elle véhicule. Elle n’est que perfection et absolu. Au temps présent, du fait que le monde ne perçoit qu’une émanation de l’Essence de Vie, la mort est présente car ce qui procède d’une émanation (contrairement à l’Essence) peut être sujet au changement jusqu’à cesser d’être ou être détruit. Aux temps futurs en revanche, c’est l’Essence de la Vie qui prévaudra, et l’Essence est immuable’.

Ainsi, le corps de l’homme reçoit sa vitalité de l’âme vitale qui n’est qu’un reflet de l’Essence de l’âme qui est enracinée dans l’Essence divine et de ce fait, comme l’explique le Rabbi, le corps ‘est sujet au changement (au vieillissement) jusqu’à cesser d’être ou être détruit’. Il en va de même pour le ‘corps’ de l’univers qui reçoit sa vitalité de l’âme vitale de l’univers (la Séfira de Mal’hout du monde d’Atsilout), et du fait que le monde ne perçoit qu’une émanation de l’Essence de Vie, la mort est présente car ce qui procède d’une émanation (contrairement à l’Essence) peut être sujet au changement jusqu’à cesser d’être ou être détruit.

Ce qui est vrai pour l’homme et pour l’univers est aussi vrai pour la Torah car les Sages ont déclaré que la Torah que nous possédons aujourd’hui est ‘bien peu de chose’ en comparaison à la Torah du Machia’h. Le mot hébreu que les Sages ont employé est celui de ‘Hével’. Ce mot revêt de nombreuses significations. Il peut désigner une ‘chose vaine’ ou ‘vide’, et peut aussi designer ‘le souffle de la bouche’.

‘Tu veux du feu ? Cherche le dans la cendre !’ :

L’Admour Hazaken écrit au début du chapitre 2 du Tanya que ‘la deuxième âme du Juif est véritablement une parcelle de D.ieu en haut, ainsi qu’il est écrit : ‘Et Il souffla dans ses narines un souffle de vie’, et ‘Tu as soufflé l’âme en moi’. Et il est écrit dans le Zohar : ‘Celui qui souffle, le fait du dedans de lui-même, c’est-à-dire du plus profond de lui-même, car c’est une part de sa vitalité la plus interne et la plus profonde que l’homme émet en soufflant avec force’.

A la lumière de cet extrait du Tanya nous pouvons expliquer la parole des Sages selon laquelle ‘la Torah que nous possédons aujourd’hui n’est que Hével (un léger souffle) en comparaison à la Torah du Machia’h’ de la manière suivante :

Il existe deux manières de souffler. Lorsque l’on parle il émane un souffle de la bouche, mais ce souffle est léger c’est à dire qu’il ne vient pas ‘du plus profond de nous-même’ et ne nous coûte aucun effort véritable. A l’opposé, lorsque l’on souffle dans un ballon, notre souffle vient ‘du dedans de nous-même’, du plus profond de nous-même’, et cela nous coûte un véritable effort. Ces exemples nous aident a comprendre la différence entre la Torah que nous étudions à présent et la Torah du Machia’h, La Torah d’aujourd’hui est telle le souffle qui sort de la bouche lorsque nous parlons, c’est à dire que Elle ne révèle pas toute sa profondeur. A l’opposé, la Torah du Machia’h est telle le souffle qui vient du plus profond du Divin, et insufflera aux enfants d’Israël ‘la vitalité la plus interne et la plus profonde’.

De la même façon, l’âme telle qu’elle se révèle dans le corps n’est qu’un léger souffle en comparaison à l’Essence de l’âme que le Rabbi nous enseigne à dévoiler. L’Essence de l’âme est telle ce souffle qui provient du plus profond de nous-même, et lorsqu’Elle Se dévoile, Elle insuffle à nos pensées, nos paroles et nos actes, ‘la vitalité la plus interne et la plus profonde’.

Certes, l’Admour Hazaken écrit que D.ieu ‘a soufflé l’âme en nous-mêmes du plus profond de lui-même, mais cela ne signifie pas que nous n’avons rien à faire pour dévoiler ce niveau supérieur.

Rabbi Moshé-Leïb de Sassov a un jour déclaré : ‘Tu veux du feu ? Cherche le dans la cendre !’
La Torah nous enseigne que les paroles que Moché adressa aux enfants d’Israël juste avant qu’ils n’entrent en Erets Israël sont inscrites dans le livre de Dévarim. Le Rabbi explique que ce Livre (le dernier des 5 livres de la Torah) prépare spirituellement le peuple Juif à l’action concrète de faire de la Terre d’Israël une demeure pour D.ieu.

Un parallèle peut être établi entre la génération de Moshé et notre génération attendu que nous nous apprêtons à entrer en Erets Israël avec le Machia’h.

Pendant le jour du Chabbat ‘Hazon, Hachem nous donne à voir ‘de loin’ le troisième Temple ; cependant c’est d’une vision ‘superficielle’ dont il s’agit, et pour comprendre ce que signifie ‘une vision superficielle’ il convient auparavant de comprendre la différence établie par le Rabbi entre les deux niveaux de l’âme divine : ‘Haya et Yé’hida.

Dans son discours intitulé : ‘Et tu ordonneras aux enfants d’Israël’, le Rabbi explique que ‘Haya est la partie de l’âme ‘qui est en-haut’, c’est-à-dire la partie de l’âme qui ne s’habille pas dans le corps. Un juif croit en D.ieu car son âme ‘qui est en-haut’ voit le divin et ‘transmet’ sa vision à ‘l’âme qui est en bas’ (l’âme qui s’habille dans le corps), mais du fait que ‘Haya est la partie de l’âme qui ne s’habille pas dans le corps, la vision du divin qu’elle nous transmet reste extérieure à nous-mêmes et ne nous touche que superficiellement, en conséquence notre foi en D.ieu qui en dépend ne peut être profonde.

Le second niveau, plus élevé, est Yé’hida, c’est ‘le ‘point’ de l’âme’ qui est enracinée véritablement dans l’Essence divine. ‘Yé’hida’, l’Essence de l’âme, possède la qualité de l’huile d’imbiber chaque chose, et elle détient donc le pouvoir d’éclairer profondément les forces de l’âme qui s’habillent dans le corps (l’intellect et les sentiments). Lorsque Yé’hida se révèle dans le corps notre foi en D.ieu devient alors intérieure et profonde.

A la lumière de ces enseignements du Rabbi nous comprenons que la vision du troisième Temple que nous recevons pendant le Chabbat ‘Hazon est superficielle, à l’exemple du niveau de ‘Haya, et que notre travail consiste à ce qu’elle nous imprègne de manière profonde, a l’exemple du dévoilement de Yé’hida.

Le Rabbi nous enseigne que Moché nourrit de émouna les enfants d’Israël. Le terme ‘nourrit’ est employé ici afin que nous comprenions que notre émouna doit devenir profonde et que c’est précisément par l’action de Moché que cela devient possible. De même que l’aliment que nous mangeons est assimilé par le corps, s’intègre au corps et devient une partie de lui. De la même façon, notre émouna doit être intérieure et profonde et non pas demeurer extérieure à nous-mêmes.

Le dévoilement de Yé’hida implique donc un travail de notre part. A ce sujet, l’Admour Haemtseï (Amreï Binah, 148) parle de l’importance de purifier notre corps et de faire totalement abstraction de toutes nos volontés afin de n’accomplir que la seule volonté de D.ieu. Il est évidemment essentiel de réaliser aussi à quel point notre attachement au Rabbi est important. De fait, la mission du Rabbi consiste à révéler l’Essence de l’âme de chaque Juif et grâce à l’influence que le Rabbi sur ceux qui sont profondément attachés à lui la vision que l’on reçoit ‘d’en-haut’ apparait toujours avec plus de clarté ; comme l’huile qui imbibe toutes choses, grâce au Rabbi cette vision imbibe nos pensées nos parole et nos actes avec toujours plus de force.

Du fait que nous ne voyons que l’aspect superficiel de la réalité, il est essentiel d’étudier la Torah du Rabbi afin de découvrir, ‘Voir’, la profondeur de l’existence, l’Essence de la Torah. Le Rabbi explique par exemple que le jour du 9 Av n’est pas, comme tout nous porte à le croire, le jour où le Temple a été détruit. L’apparente destruction du Temple cache en réalité quelque chose de bien plus élevé. En effet, Hachem n’a détruit le Temple que dans le but de le reconstruire, et contre toute attente le jour du 9 Av cache une lumière infinie.

L’anniversaire du Machiah :

Le Rabbi révèle cette lumière à travers une histoire qui est mentionnée dans le Talmud Yérouchalmi (2a, 5a), dans laquelle il est dit que le Machia’h est né le jour de la destruction (physique) du Temple de Jérusalem :
‘A son voisin qui l’interrogeait sur le fait qu’une vache meugla à deux reprises, un Juif répondit que le premier meuglement était dû à la destruction du Temple, et le second à la naissance du Machia’h’.

Le Machia’h est né le jour où le Temple fut détruit, et du fait que le Mazal d’une personne domine le jour de son anniversaire, le Rabbi nous enseigne que le jour du 9 Av est particulièrement propice à la venue du Machia’h. Aussi, du fait que la venue du Machia’h correspond au dévoilement de l’Essence divine, le Rabbi établit ici le rapport qui existe entre le jour du 9 Av qui tombe le jour du Chabbat, et le jour de Kippour.
Ces deux jours sont tous les deux liés au dévoilement de l’Essence divine et à celui de l’Essence de l’âme Juive, le niveau de ‘Yé’hida’. La ‘Hassidout nous enseigne que la prière de la ‘Neïla’ qui est la cinquième prière du jour de Kippour, entre la prière de Min’ha et la prière d’Arvith, correspond au dévoilement de l’Essence de l’âme, Yé’hida. Or, le Rabbi enseigne que le moment le plus propice à la venue du Machia’h, dans la journée du 9 Av qui tombe le Chabbat, se situe aussi entre la prière de Min’ha et celle d’Arvith (Ce moment correspond au commencement du Jeûne).

Notre service divin pendant le jour de Kippour s’accorde au dévoilement du plus haut niveau de l’âme : l’Essence de l’âme-Yé’hida. Il apparaît clairement en ce jour ‘qu’un Juif fait Un avec le Saint béni soit-Il, chaque jour, tout au long de l’année, à chaque instant, et dans chaque endroit’.

D’après l’enseignement du Rabbi le dévoilement de Yé’hida correspond au travail de ‘la Téchouva supérieure’ laquelle doit être réalisée ‘dans une grande et profonde joie’. C’est pourquoi ‘la Téchouva supérieure’ est liée aux secondes Tables qui furent données par Moché le jour de Kippour.

A la lumière de ce qui vient d’être dit, nous pouvons comprendre la déclaration des Sages selon laquelle ‘Il n’y a pas eu de meilleurs jours pour Israël, que le 15 du mois de Av et le jour de Kippour’, et entrevoir un tant soit peu de la lumière cachée de la destruction du Temple. Nous pouvons comprendre que les cendres du Temple cachent en réalité le feu de la Délivrance finale. We want Machia’h now !

 

Texte et Audio : Matot-Masseï à la lumière du Dvar Mal’hout – Rav Yaacov Abergel

Texte et Audio : Matot-Masseï à la lumière du Dvar Mal’hout – Rav Yaacov Abergel

 (Pour la santé et la réussite de Aaron ben Rachel et de Sim’ha bat Esther Malka, ainsi que de leurs enfants)

Dans la Paracha Masseï, la Torah nous raconte au sujet ‘des voyages’ des enfants d’Israël dans le désert. Il est écrit ‘des voyages’ et non pas un (seul) voyage. Depuis leur sortie d’Egypte, les juifs effectuèrent 42 étapes avant d’arriver sur la terre d’Israël. L’Egypte symbolise l’étroitesse et les limites. En Egypte les enfants d’Israël étaient noyés dans les 49 portes de l’impureté et vécurent de terribles souffrances. Leur premier voyage quand ils quittèrent l’Egypte fut celui de la délivrance de leur esclavage, mais la délivrance au-delà de toutes les limites n’était pas encore atteinte. D’autres voyages furent nécessaires avant de parvenir sur une terre ‘bonne et large’. Les juifs devaient avancer et s’élever encore et encore. D’une étape vers une autre ils dépassaient une limite pour en atteindre une deuxième jusqu’à parvenir en Erets Israël.

Le passage de la limite vers l’infini s’accorde à l’histoire des enfants d’Israël. Chaque juif possède les moyens de briser les limites de lui-même et les limites de ce monde. C’est le droit de chacun, du coupeur de bois et du porteur d’eau jusqu’au grand Sage de la Torah. Chaque étape de notre vie nous élève vers un niveau toujours plus élevé, et le but ultime est d’arriver dans un endroit qui n’a pas de limites.

A la fin de la lecture du quatrième livre de la Torah l’Assemblée dit d’une voix forte : ‘Hazak ‘Hazak vé Nit’hazèk’, ‘Sois fort ! Sois fort ! Et puissions-nous être renforcés !’.

Du fait que nous exprimons à trois reprises le désir d’être fort pour accomplir notre mission de faire de ce monde une demeure pour l’Essence divine, le Rabbi nous donne ici la signification du chiffre 3 :
Le Chiffre 1 représente la Sainteté, telle qu’elle est et que rien ne vient perturber.
Le chiffre 2 représente une situation dans laquelle la Sainteté est opposée aux forces du mal, à ‘l’autre côté de la Sainteté’ (‘Sitra A’hara’).
Enfin le chiffre 3 représente la victoire de l’homme sur les forces du mal. Le Rabbi, décrit alors deux façons de vaincre le mal.

La première est qualifiée comme étant une révélation ‘du haut vers le bas’.
‘Du haut’, car il s’agit d’un dévoilement de la lumière divine, ‘vers le bas’, car cette lumière a pour effet d’éliminer le mal qui s’oppose à l’homme dans ce monde ici-bas.

La deuxième façon de vaincre le mal est un travail que le Rabbi qualifie comme étant ‘du bas vers le haut’, car il s’agit du travail personnel de l’homme lui-même, afin de faire tout ce qui est en son pouvoir pour raffiner le mal, et même pour parvenir à le transformer en bien.

L’avantage d’un dévoilement ‘du haut vers le bas’ est qu’il s’agit du dévoilement d’une lumière illimitée, car celle-ci vient de D.ieu. Ce n’est pas le cas quand il s’agit du travail de l’homme qui est ‘du bas vers le haut’, car même si l’homme possède une âme divine, il demeure malgré tout soumis aux limites que lui imposent son corps.

Cependant, et c’est là le point central essentiel de cet enseignement du Rabbi, le travail réalisé par l’homme possède un avantage incontestable. Certes, la lumière qui vient d’en-haut a pour effet de neutraliser le mal, mais il se peut que cet effet soit temporaire. Pour se débarrasser totalement du mal, pour parvenir à le transformer, à ‘élever le mal vers le bien’, ‘du bas vers le haut’, l’action de l’homme est nécessaire :

Dans le discours ‘Hassidique intitulé ‘Vé Atah Tètsavéh’, le Rabbi explique qu’il peut y avoir une situation dans laquelle un Juif agit durant une longue période en étant éclairé par une Lumière divine (‘du haut vers le bas’) qui le pousse à faire don de lui-même pour accomplir la Volonté divine. Il sera même prêt à renoncer à sa propre vie si cela s’avère nécessaire pour préserver son Judaïsme. Dans ce cas, le mal n’a aucune emprise sur lui, bien car ‘il agit au-delà de la raison et de l’intellect, avec une inébranlable détermination pour faire le bien et fuir le mal pour faire de ce monde une demeure pour D.ieu’ (‘La Source’, Rabbi Rachab).
Cette lumière divine inspiratrice se révèle en s’unissant aux forces de son âme, à son intellect et à ses émotions, et c’est pour cela qu’il parvient à faire don de lui-même (c’est ‘le don total de soi’ : la force de ‘messirout-néfèch’).

Cependant, si cet éclairage divin venait à disparaître, il redeviendrait exactement ce qu’il était auparavant, avant de recevoir l’inspiration divine. C’est-à-dire qu’il retrouverait son intellect et ses sentiments dans leurs états naturels, sans que rien n’ait changé. De fait la force qui le poussait à agir au-delà de ses propres limites était comme ‘une chose ajoutée à son état naturel’. Aussi, le Rabbi explique que l’éclairage divin, sans un travail personnel de l’homme, demeure insuffisant pour changer la nature des forces de l’âme. Ce changement n’est possible que si l’homme accomplit un travail ‘du bas vers le haut’.

Peu à peu, nous nous approchons du mois d’Elloul et des jours redoutables du mois de Tichri. Pendant cette période la Téchouva est au centre de notre service divin et celle-ci doit aussi être inspirée par le lien qui unit nos efforts personnels ‘du bas vers le haut’ (Masseï), avec le dévoilement de la Lumière divine ‘du haut vers le bas’ (Matot) :

Le Rabbi nous enseigne que pendant le mois de Tichri notre service divin est animé par un mouvement qui nous élève au-dessus des limites de ce monde. En ce sens, notre service divin pendant le mois de Tichri s’accorde à lumière du Nom Havayeh qui représente le niveau du Divin qui est au-delà de ce monde matériel.

A l’opposé, à la fin du mois de Tichri commence notre service divin qui consiste à agir de manière concrète dans ce monde matériel et dévoiler de cette façon la lumière du Nom Havayeh cachée par le Nom Elokim.

Pour se faire, cela implique forcément d’examiner de temps en temps notre situation en établissant un bilan moral, spirituel. Il s’agit dans ce cas de parfaire les aspects négatifs de notre comportement. Le Rabbi souligne que lorsque l’on établit un tel bilan et que l’on s’efforce ensuite de corriger concrètement nos pensées nos paroles et nos actes, nos performances n’atteignent pas un niveau supérieur car nos capacités sont elles-mêmes limitées (‘même si l’homme possède une âme divine, il demeure malgré tout soumis aux limites que lui imposent son corps’).

Il existe donc une seconde manière d’agir. Celle de se plonger dans la Téfilah et dans l’étude de la Torah. De fait, la lumière de la Torah étant illimitée détient le pouvoir de repousser tous les aspects négatifs de notre vie. Cela s’accorde au principe selon lequel ‘un peu de lumière chasse beaucoup d’obscurité’, et à plus forte raison quand il s’agit de beaucoup de lumière.

Cependant, ce bain de Lumière dans lequel se trouve celui qui étudie la Torah et accomplit les Commandements divins n’a pas pour effet de faire disparaître totalement les aspects négatifs de notre personnalité. En effet, l’ensemble de ces aspects négatifs n’a été que repoussé pendant le temps de notre prière ou celui de notre étude de la Torah, sans que nous ayons examiné chacun de ces aspects en particulier afin de pourvoir nous-mêmes à leur réparation. Le Rabbi préconise donc que la perfection véritable de notre Téchouva consiste à unir ensemble ces deux niveaux. Nous devons effectivement réparer chaque détail négatif de notre comportement tout en nous élevant en même temps, au niveau supérieur de la Torah et des Mitsvoth. Cette manière d’agir nous permet d’attirer dans chaque détail que nous nous efforçons de corriger, en agissant avec nos forces limitées, la lumière illimitée qui est le fruit de notre prière et de notre étude de la Torah.

On ne parvient donc à transformer les aspects négatifs de notre personnalité que lorsque l’on unit ces deux manières d’agir, c’est à dire lorsque l’on unit notre travail personnel qui est du bas vers le haut (Elokim) avec la Lumière divine qui vient du haut vers le bas (Havayeh). On accède de cette façon à une Téchouva supérieure car d’après l’enseignement du Rabbi l’union de ces deux niveaux est l’expression véritable de la révélation du Nom Havayeh dans le Nom Elokim. Le travail personnel du bas vers le haut (Elokim) nous permet d’agir sur tous les différents aspects négatifs de notre personnalité, et la Lumière divine qui descend du haut vers le bas (Havayeh) par le fait de prier et d’étudier la Torah vient parfaire nos efforts en transformant définitivement l’obscurité des éléments négatifs de notre personnalité en lumière.

Il s’agit donc de réaliser l’union de lumière divine qui vient d’en-haut avec la lumière qui vient de lui-même (‘d’en-bas’), de son propre travail, au moyen de ses propres forces, des forces naturelles de son intellect, de ses sentiments, et de ses actes.
Cet enseignement qui provient du discours ‘Hassidique ‘Vé Atah Tètsavéh’ s’accorde donc parfaitement au contenu profond du Dvar Mal’hout sur l’union des Parachiot ‘Matot-Massei’. De fait, ‘Matot’ représente le dévoilement ‘du haut vers le bas’ de la lumière divine, ainsi qu’il est écrit (30,2) : ‘Ceci est le sujet que L’Eternel a ordonné’, et ‘Massei’ représente le dévoilement ‘du bas vers le haut’ de l’action et du travail de l’homme, ainsi qu’il est dit : ‘Ce sont les voyages des enfants d’Israël’.

C’est précisément à ce sujet que le Rabbi nous donne l’explication profonde de l’expression ‘Hazak ‘Hazak vé Nit’hazèk’, ‘Sois fort ! Sois fort ! Et puissions-nous être renforcés !’ :

Le premier ‘Hazak est celui de la Paracha ‘Matot’. Il correspond au dévoilement d’une lumière divine supérieure, dans ce monde inférieur. Un dévoilement ‘du haut vers le bas’
le ‘Hazak de la Paracha Masseï correspond à un dévoilement ‘du bas vers le haut’. Ce dévoilement est dû au travail de l’homme, à ses efforts continus pour raffiner le monde matériel afin de l’élever vers la Sainteté.

Comme il a été expliqué précédemment, le point fondamental du Dvar Mal’hout se fonde sur la différence qui existe entre le dévoilement ‘du haut vers le bas’ et le dévoilement ‘du bas vers le haut’. Quand il s’agit d’un dévoilement ‘du haut vers le bas’, D.ieu dévoile une lumière illimitée qui détient le pouvoir de neutraliser les forces du mal. Cependant ce dévoilement n’a pas un effet permanent. A l’opposé, par son propre travail, ‘du bas vers le haut’, l’homme a la possibilité de se transformer, et de transformer ce monde matériel, en y faisant pénétrer la Sainteté de manière profonde (voir le Discours ‘Ve Ata Tetsaveh’). La notion de ‘dévoilement du bas vers le haut’ exprime donc l’idée de transformer ‘le bas’ en un réceptacle capable de recevoir de façon permanente les plus hauts dévoilements divins, ‘le haut’.

La situation idéale est celle du troisième ‘Hazak, l’union entre la Paracha Matot avec la Paracha Masseï. C’est à dire. L’union entre le dévoilement de la lumière infinie de D.ieu, ‘du haut vers le bas’, avec le travail de l’homme, ‘du bas vers le haut’.

En effet, l’avantage d’un dévoilement du ‘haut vers le bas’ est qu’il s’agit du dévoilement d’une lumière illimitée, car celle-ci vient de D.ieu (ce n’est pas le cas quand il s’agit du travail de l’homme, car il demeure malgré tout soumis aux limites que lui imposent le corps et ce monde matériel). L’avantage du dévoilement du ‘bas vers le haut’ est que l’homme, par son travail, ne neutralise pas le mal de manière temporaire mais le transforme véritablement. Le troisième ‘Hazak représente donc l’union entre ces deux dévoilements. Dans ce cas, l’homme n’agit plus seulement avec ses propres forces (Masseï), car L’Eternel participe à son action, en lui donnant la possibilité d’agir au-delà des limites (Matot).

D’une certaine manière, le ‘Hazak de Matot-Masseï, exprime l’union entre la partie de l’âme qui s’habille dans le corps, dont la force est limitée (Masseï), avec la partie de l’âme Juive qui est ‘enracinée dans L’Essence divine’, dont la force est illimitée. Ce niveau de L’Essence de l’âme est celui d’Aaron Ha Cohen. Le Rabbi souligne que la date du jour de la Histalkout d’Aaron est mentionnée dans la Torah : Roch Hodech Av. Le chiffre ‘Un’ (le premier jour du mois) fait allusion au niveau de l’âme de Yéhida (Unique).

Le mérite d’Aaron est incarné par la Nuée qui planait au- dessus de l’Assemblée d’Israël. De la même façon, l’Essence de l’âme ‘plane au-dessus’ de partie de l’âme qui s’habille dans le corps. Pendant ce Chabbat, avec l’aide d’Hachem, nous recevrons la force d’unir ces deux parties de l’âme. La force d’attirer Yé’hida, le point de notre âme qui échappe à toutes les limites, afin qu’il ne ‘plane’ plus au-dessus de nous-même et éclaire notre intellect et nos sentiments de manière profonde.

 

Résumé :
Le Rabbi nous enseigne que le mot ‘Masseï’ : ‘Voyages’ désigne l’action de se déraciner d’un état spirituel, pour atteindre un état supérieur et sans commune mesure avec l’état précédent. De ce fait, le mot ‘Voyages’ n’est pas sans exprimer ‘la distance’ qui sépare les forces de l’âme (Masseï) de Yé’hida (Matot), car Yé’hida représente l’ultime point qui se situe au-delà de ce monde, de tous ses détails, de toutes ses formes, de toutes ses limites. Aussi, l’union entre la Paracha Matot et la Paracha Masseï évoque la possibilité qui nous est donnée d’atteindre ce point ultime, car L’Eternel nous donne pendant ce Chabbat des forces illimitées pour parcourir cette distance.
Dans ce cas, nous recevrons l’inspiration divine pour mener à bien notre mission sacrée. Nos pensées nos paroles et nos actes ne seront plus sous aucune emprise, mais briseront véritablement toutes les limites, et nous attacheront au Rabbi de manière profonde, en provoquant le désir de D.ieu de résider dans ce monde, avec la venue du Machia’h, dès à présent, avec l’aide de D.ieu.

 

Texte et Audio : Pin’has à la lumière du Dvar Mal’hout,par le Rav Yaacov Abergel

Texte et Audio : Pin’has à la lumière du Dvar Mal’hout,par le Rav Yaacov Abergel

 

‘Fais ici maintenant la Terre d’Israël !’ :

‘Fais ici maintenant la Terre d’Israël !’, c’est ce que répondit le Tséma’h Tsédek à un ‘Hassid qui lui demandait sa Bénédiction pour aller s’installer en Terre sainte. Le contenu profond de cette histoire que le Rabbi entendit du Rabbi précédent est lié à la Paracha Pin’has dans laquelle il est question du partage de la Terre d’Israël entre toutes les tribus d’Israël.

Rachi explique dans son commentaire qu’Eléazar, le prêtre, était revêtu du pectoral avec les ‘Ourim’ et les ‘Toumim’ et qu’il disait avec l’inspiration Sainte : ‘Si telle tribu est tirée dans le tirage au sort, c’est tel terrain qui lui sera attribué’.

On écrivait les noms des tribus sur douze billets et sur douze autres billets, douze délimitations de terrains. On mélangeait tous les billets dans une urne, et le prince de chaque tribu introduisait sa main à l’intérieur, et prenait deux billets. Il se trouve que sur les deux billets étaient inscrits le nom de la tribu et le terrain attribué, exactement comme l’avait déclaré auparavant par inspiration divine le prêtre Eléazar.
Plus encore que cela, le sort lui-même (le billet) criait et disait : ‘Moi le sort, j’ai désigné telle frontière pour telle tribu’, comme il est dit (verset 56) : ‘Par la bouche du sort’.

De manière générale la prière correspond à la pensée, l’étude de la Torah à la parole, et l’accomplissement des Commandements divins à l’action. Par ailleurs, il existe des Mitsvoth que l’on accomplit sans avoir une intention particulière. Par exemple, nous sommes quittes de la Mitsvah de la Tsédaka uniquement par l’action de donner de l’argent à une personne nécessiteuse, et nous ne sommes pas obligés d’avoir une pensée particulière dans ce cas (‘Cavanna’ : ‘intention’). Cependant le Rabbi nous enseigne que la perfection est atteinte lorsque nous accomplissons cette Mitsvah au moyen de la pensée, de la parole, et de l’action. Ainsi la perfection de la Mitsvah de la Tsédaka nécessite d’associer à notre acte une bonne pensée, en donnant cet argent avec un visage bienveillant.
Le Rabbi explique donc que ‘le sort qui parle’ exprime cette idée. En effet, le Goral inclut en lui-même les trois éléments de la pensée, de la parole et de l’action. La pensée et l’action, par le fait que l’on pensait et que l’on écrivait chaque nom sur un billet, et la parole par le fait que le billet lui-même parlait et désignait ‘telle tribu et tel territoire’.

Le Rabbi souligne ici que l’enseignement selon lequel on atteint la perfection d’une Mitsvah lorsque nous l’accomplissons au moyen de la pensée, de la parole et de l’action ne se limite pas seulement à son accomplissement, mais également à sa préparation. C’est la raison pour laquelle le Goral rassemblait les trois éléments que sont la pensée, la parole et l’action, car même si le Goral n’était qu’une préparation à l’acquisition de la Terre d’Israël, il devait néanmoins être parfait. A travers l’exemple du Goral le Rabbi démontre que toutes les choses qui appartiennent au domaine de la Sainteté, même celles qui nous semble être les plus secondaires, ont toutes une importance.

Le Rabbi élargit encore un peu plus notre vision lorsqu’il déclare que nous devons accorder de l’importance pour chaque instant qu’il nous est donné de vivre. Nous devons considérer chaque instant, chaque situation et rien ne doit être laissé pour compte. Même ce qui semble être à nos yeux comme un simple détail possède en réalité un contenu qui mérite qu’on lui accorde toute notre attention, que l’on investisse tout notre être. C’est à ce sujet que le Rabbi Rachab a déclaré que ‘l’homme profond est celui qui s’engage totalement dans tout ce qu’il fait’ et que ‘là où nous sommes nous devons être vraiment !’.

‘Faire ici la Terre d’Israël’ implique donc forcément de faire maintenant la Terre d’Israël. Il s’agit de faire de l’endroit où l’on se trouve et à tous les moments de notre existence, la Terre d’Israël.
‘Faire ici et maintenant la Terre d’Israël’ signifie d’après l’enseignement du Rabbi que chaque Juif doit s’habituer à la Guéoulah. Il doit ressentir un sentiment de Guéoulah par le fait de transformer ses journées en se libérant lui-même et en faisant de son endroit personnel la Terre d’Israël. Il accomplit son travail à chaque moment de son existence et à tout endroit où il se trouve, au moyen de ses pensées, de ses paroles et ses actes qui ont eux-mêmes atteint la perfection : le niveau de la Terre d’Israël.

Le Rabbi Rachab nous enseigne par exemple que nous devons laver les vêtements des Mitsvoth avec ‘l’eau de la ‘Ho’hmah’. La qualité de ‘Ho’hmah c’est le ‘Bitoul’, la soumission la plus totale. Il n’est pas suffisant d’accomplir les Commandements divins, mais il faut aussi laver les Mitsvoth afin qu’elles soient imprégnées de soumission. Un Juif lave ses Mitsvoth quand il médite et ressent pendant sa Téfila que tous les mondes sont soumis à la Parole divine qui les crée et les maintient en vie à chaque instant. Nous pouvons aussi prendre ici l’exemple de la prière de Nétilat-Yadaïm. ‘L’eau de ‘Hohmah’ représente le travail des Mo’hin et les mains représentent les Midot, ainsi, Nétilat-Yadaïm représente le fait d’attirer le ‘Bitoul de ‘Ho’hmah’ dans les Midot. Atteindre le niveau de la Terre d’Israël représente donc aussi le fait de laver les vêtements de l’âme afin que ceux-ci soient imprégnées de la qualité de ‘Ho’hmah, qu’ils soient tous consacrés au projet divin de faire de ce monde matériel une demeure pour l’Essence divine.

Le Rabbi souligne également que le fait de se libérer soi-même provoque la Délivrance de notre entourage, et chacun se doit de parler, à l’exemple du Goral, aux membres de sa famille, à ses proches et à ses élèves de l’action de Faire ici la Terre d’Israël. Aussi, du fait que les paroles dites avec le cœur pénètrent dans le cœur et y font leur effet et que la personne qui les prononce est elle-même un exemple vivant, la personne qui les entend les prononcera à son tour

Bien que cela ne soit pas mentionné dans la Si’ha du Dvar Mal’hout nous pouvons ici établir un lien avec notre travail qui consiste à nous préparer à recevoir le Rabbi et ses enseignements. Cela signifie que nous devons nous préparer au dévoilement du Machia’h, lequel n’est autre que le dévoilement de l’Essence divine. Or, du fait que nous sommes tous, de manière générale, noyés dans la matérialité (qu’il s’agisse de la matérialité de ce monde physique ou qu’il s’agisse de la matérialité de notre âme animale) nous ne sommes pas des réceptacles capables de recevoir, de percevoir et de ressentir de manière profonde, l’Essence des choses. L’étude de la ‘Hassidout nous habitue à l’abstraction des concepts divins spirituels très élevés. Comprendre et ressentir par exemple que la Parole divine crée et maintient en vie à chaque instant la matière de ce monde. A l’évidence, c’est en purifiant le corps et l’esprit que l’on parvient à découvrir le Divin qui est caché par ‘l’écorce’ de la matière. Aussi, c’est donc en affinant notre corps et notre esprit, au moyen de l’étude et de la prière que l’on efface la matière pour découvrir le Divin abstrait qui vit en elle. Dans ce cas nous faisons la Terre d’Israël dans notre corps lui-même et dans les 4 coudées qui nous entourent, et nous nous préparons à vivre la Délivrance finale et à voir la Parole de D.ieu qui crée et anime à chaque instant toute la Création.

L’obstiné se comporte d’une façon irrationnelle, sa volonté est bien plus forte que celle de l’homme qui s’appuie sur la raison :

Le Rav ‘Hadakov, qui fut le secrétaire du Rabbi, déclara qu’il était stupéfait par la capacité du Rabbi à bouleverser et à changer, si cela s’avérait nécessaire, le programme de sa journée. Nullement soumis aux situations et aux imprévus qui se présentaient à lui, le Rabbi savait briser les limites que nous imposent ce monde.
Le Rabbi lui-même enseigna qu’à l’exemple du saumon, qui pour survivre remonte le courant des rivières pour aller pondre dans le fleuve où il est né, un juif doit parfois savoir ‘remonter le courant’ c’est à dire s’élever au-dessus de la réalité pour avoir un champ de vision plus large, un nouvel angle de vue qui, une fois découvert, lui permet d’agir contre toute attente. L’exemple de Pin’has convient a notre propos :

Zimri avait péché, et tous ignoraient le ‘din’, la loi qu’il convenait de suivre. Moché Aaron et tous les Anciens ne savaient que faire.
Le jeune Pin’has vit l’action de Zimri et se souvenant de la loi que Moché avait oubliée, il lui dit : -J’ai appris de toi que dans un tel cas la Hala’ha est que Zimri doit-etre tué !
Moché lui répondit alors :
-Tu t’es souvenu de cette loi, tu mérites donc de l’appliquer !
Immédiatement Pin’has « prit un javelot dans sa main » (Sanhédrine 82a).

Le Rabbi explique que Pin’has ne s’est pas dit : ‘de quoi devrais-je m’inquiéter ? Il y a ici des Tsadikim, des grands du peuple d’Israël qui sont plus sages que moi. Ils sauront bien quoi faire ! Pour quelle raison devrais-je intervenir ?’.
Au contraire Pin’has se leva immédiatement et dit à Moché ce qu’il convenait de faire d’aprés la loi de D.ieu. Pin’has mérita pour cela de recevoir la prêtrise.

Son attitude est un exemple pour chaque juif. Il y a parfois des sujets qui ne sont pas abordés par les grands de notre génération. Ce n’est pas une raison pour ne pas agir nous-même. Il nous est interdit de penser que si tel grand n’a pas donné d’ordre et si tel autre n’a pas agi, alors nous-mêmes sommes dispensés d’agir. Il ne convient pas de nous justifier, ni d’échapper à nos responsabilités. Si D.ieu nous donne l’occasion d’agir, si nous savons que nous avons les moyens d’agir, alors cela devient une obligation. Si D.ieu nous donne une mission à accomplir alors Il nous donne en même temps les forces nécessaires pour la réaliser, et pour réussir.

Comme pour Pin’has qui avait une mission et trouva la force de l’accomplir sans être intimidé par la présence de tous les Grands d’Israël, nous même possédons notre part dans la Torah et les Mitsvoth, et avons l’obligation d’agir quelque soient les circonstances.

Cet enseignement du Rabbi est précieux, il sous-entend que l’humilité n’exclut pas l’audace et l’obstination. Dans son ouvrage intitulé ‘la Source’ (27ième discours, chapitre 1) le Rabbi Rachab donne l’explication suivante du verset (Chémoth, 34, 9) : ‘Car c’est un peuple au cou raide !’ :Ce ‘cou raide’ n’est pas péjoratif, au contraire c’est la qualité des enfants d’Israël, leur vertu. C’est la détermination inébranlable qu’ils possèdent à se détourner du mal et faire le bien sans aucune argumentation rationnelle ni discussion. L’obstiné se comporte d’une façon irrationnelle, sa volonté est bien plus forte que celle de l’homme qui s’appuie sur la raison. L’intellect affaiblit le désir et lui impose des limites tandis que la volonté, l’aspiration résolue que l’intellect ne gouverne pas, sont sans bornes. C’est pourquoi la détermination de l’obstiné est solide et ferme ».

Chaque juif possède ‘cette obstination irréductible dans sa quête de la sainteté’, elle lui donne la force de remonter le courant des rivières, de faire face à tous les obstacles, de mener à bien sa mission.

‘L’homme profond est celui qui s’engage totalement dans tout ce qu’il fait et là où nous sommes nous devons être vraiment !’ (Rabbi Rachab) :
‘Celui qui est profond sait qu’il est inutile de demander une bénédiction pour le service de D.ieu. Il faut que ‘l’effort pèse sur les hommes’.

Ce proverbe du Tséma’h Tsédek qui est rapporté dans le Hayom-Yom du 24 Tamouz 5703, s’accorde à la déclaration du Rabbi Rachab selon laquelle ‘L’homme profond est celui qui s’engage totalement dans tout ce qu’il fait’.

A la lumière de ces enseignements, le Rabbi souligne dans le Dvar Mal’hout sur la Paracha Pin’has, l’importance que nous devons donner à chaque instant de notre vie et à chaque situation que nous vivons. Rien ne doit être laissé pour compte. Même ce qui semble être à nos yeux comme un simple détail, s’inscrit de manière profonde dans notre vie, car il possède en réalité un contenu qui mérite qu’on lui accorde toute notre attention, que l’on investisse tout notre être, pour mener à bien notre mission sacrée.

‘Là où nous sommes nous devons être vraiment !’.

 

Texte et Audio :  Houkat- Balak à la lumière du Dvar Mal’hout – Rav Yaacov Abergel

Texte et Audio : Houkat- Balak à la lumière du Dvar Mal’hout – Rav Yaacov Abergel

 

Significations du nom ‘Houkat :
Le mot hébreu ‘Hok signifie ‘décret’. Il désigne une loi divine qui échappe totalement à notre compréhension. Il n’en demeure pas moins que nous devons à l’évidence obéir à ce décret, à l’accomplir, car même s’il échappe à notre compréhension il s’agit de la Volonté bénie de D.ieu. Aussi, en obéissant à un tel décret, l’occasion nous est donnée d’exprimer notre attachement à D.ieu, du lien qui nous unit à Lui et qui dépasse totalement l’intellect et la raison. Poursuivre et désirer D.ieu au point d’agir uniquement selon Son désir, et en faisant totalement abstraction de nous-même, de nos propres désirs et même de notre compréhension. Sans les ‘Houkim’, il aurait été impossible d’exprimer notre attachement à D.ieu qui est au-delà de notre raison et de notre intellect.

Par ailleurs, le Rabbi nous explique que le mot ‘Houkat qui désigne le décret, le commandement divin de la vache rousse est apparenté au mot ‘Hakika (gravure) qui évoque les lettres que l »Eternel grava dans la pierre des Tables de l’Alliance (voir le Likouteï Si’hot, 28, 129-130).

‘Hachem a gravé en Lui-même le désir d’être Roi’ :
Dans un discours Hassidique de l’année 5665, le Rabbi Rachab rapporte un enseignement du Zohar selon lequel L’Eternel, uniquement par bonté (car rien ne L’oblige), a ‘gravé’ en Lui-même le désir d’être Roi sur l’Assemblée d’Israël. Le Rabbi Rachab écrit précisément que ‘la Volonté de D.ieu d’être Roi est ancrée dans Son Essence.’

L’étude de ce discours nous amène à réfléchir sur le fait que l’âme d’Israël est ancrée dans l’Essence divine, ce qui signifie que L’Eternel en a décidé ainsi. Ce qui nous touche tout particulièrement dans l’étude que fait le Rabbi Rachab sur le fait que ‘la Volonté de D.ieu d’être Roi sur Israël est ancrée dans Son Essence’ est qu’un Juif peut agir afin d’attiser le désir de D.ieu d’être Roi au point que ce désir se réalise concrètement.

La ‘Hassidout rapporte souvent l’exemple ‘du visage qui se reflète dans l’eau’ pour expliquer que lorsque l’on manifeste de l’amour a une personne, celle-ci nous renvoie à son tour de l’amour. Ce principe est compréhensible quand il s’agit de deux personnes qui sont toutes les deux au même niveau, mais comment est-il possible que D.ieu renvoie à l’homme l’amour qu’il lui manifeste ? L’homme est limité et D.ieu ne l’est pas. Dans ce cas comment un homme peut-il éveiller le désir de D.ieu d’être Roi ?

La réponse donnée par le Rabbi est que D.ieu a Lui-même décidé que lorsqu’un Juif accomplit les Commandements divins il attire dans ce monde la Lumière d’Or-ein-sof. Rien n’oblige D.ieu apprendre une telle décision. C’est uniquement par bonté que L’Eternel agit en ce sens en gravant dans Son Essence le désir d’être Roi sur l’Assemblée d’Israël (voir le Séfer-ha-Maamarim de l’année 5665 (‘Yom-tov chel Roch-ha-Chana ché ‘Hal liyot bé Chabbat’).

Le Rabbi Rachab nous enseigne que c’est le ‘Bitoul’, c’est à dire la soumission la plus totale vis-à-vis de D.ieu qui donne la possibilité à un Juif de ‘réveiller la Volonté et le Plaisir de D.ieu d’être Roi’. Le Rabbi Rachab précise que le son du Choffar est l’expression même du ‘Bitoul’ car il est un ‘cri qui provient de la profondeur du cœur’ et qui exprime donc notre désir le plus profond de vivre enfin le dévoilement de D.ieu.

A la lumière de ces enseignements du Rabbi Rachab, il nous apparait que L’Eternel répond aux prières des enfants d’Israël lorsque ceux-ci dévoilent l’Essence de leur âme, comme c’est le cas lorsque les enfants d’Israël sonnent du Choffar et recitent les versets de la prière de Roch-ha-Chana en implorant L’Eternel d’être Roi sur eux. L’Essence de l’âme Juive fait Un avec D.ieu car Elle est enracinée dans l’Essence divine. Elle est totalement soumise au Divin car Elle Lui est unie. Dévoiler l’Essence de l’âme représente donc le fait d’être totalement soumis à D.ieu.

Enseignements du Rabbi Rayats :
Dans son discours commençant par les mots du verset (Yitro, 20 18) : ‘Et Moché s’approcha du brouillard où était là-bas D.ieu’, le Rabbi Rayats explique la signification profonde des mots de la prière du Chéma selon lesquels nous nous devons ‘d’aimer L’Eternel notre D.ieu, de tout notre coeur, de toute notre âme, et de tout notre pouvoir’.

De fait, un ‘Hassid ne peut vivre sans méditer au fait que la vie qui l’anime à chaque instant lui est dispensée par D.ieu. Cette idée doit le pénétrer au plus profond de lui-même. C’est-à-dire que cette idée doit toucher, influencer, et transformer, la partie la plus basse et la plus grossière de son être, laquelle n’est autre que son âme animale.

En effet, chaque Juif se doit de réaliser l’injonction selon laquelle ‘nous devons aimer D.ieu avec nos deux penchants’. Aussi, il convient d’expliquer à notre âme animale, qu’il est insensé de s’attacher aux plaisirs de ce monde car ils sont totalement dénués de Divin.

Un ‘Hassid s’efforce continuellement de faire comprendre à son âme animale la valeur et l’importance des Commandements divins. Il lui parlera longuement du bien véritable et de la profonde joie qu’elle connaîtra, lorsqu’elle commencera à aimer D.ieu. Ainsi, lorsqu’il parvient à convaincre l’âme animale de tout cela, il réalise l’injonction ‘d’aimer l’Eternel notre D.ieu de tout notre coeur’, avec nos deux penchants, avec notre âme divine, et avec notre âme animale.

Cependant notre travail ne s’arrête pas là, et dans son discours le Rabbi Rayats explique que nous devons atteindre le second niveau en aimant D.ieu de ‘toute notre âme’.

Cet amour exprime le désir qui doit nous animer après la prière du matin. Le désir que la Sainteté divine éclaire par la force de la lumière de la Torah les forces de notre âme, l’intellect et les sentiments, ainsi que ses vêtements, la pensée la parole et l’action.
Puis, enfin, vient le niveau le plus élevé qui n’est autre que celui ‘d’aimer L’Eternel notre D.ieu de tout notre pouvoir’. Rabbi Yossef-Itz’hak écrit que cet amour, qui ne connaît pas de limites, naît lorsque l’on médite au fait ‘qu’aucune pensée ne peut appréhender l’Essence divine’.

Aussi, du fait qu’il est impossible de saisir l’Essence divine au moyen des forces de l’intellect, le Rabbi demande par quelle force et par quel moyen un Juif attire-t-il un amour aussi grand et aussi illimité en son âme ?

‘L’amour de tout ton pouvoir’ découle de l’Essence de l’âme, laquelle est enracinée dans l’Essence divine. Le Rabbi nous enseigne que la révélation de l’Essence divine dans l’âme est réalisée au moyen des 5 sens (et plus particulièrement par la vision).

La ‘sens-ibilité’ d’une personne est liée à ses sens, et c’est la raison pour laquelle un être sensible possède des aptitudes particulières qui ne dépendent absolument pas de l’intellect et de la raison, car l’Essence se révèle, non pas dans les forces de l’âme, mais dans les 5 sens.

Une personne aux mains sensibles (douée de ses mains), même si elle ne connaît pas les techniques du métier, est capable grâce à sa sensibilité d’accomplir avec ses mains des choses remarquables.

Le Rabbi écrit également que ‘l’Essence même du plaisir se révèle dans les sens’. Il donne à ce sujet l’exemple d’une très belle musique qui a pour effet sur l’âme, qu’en l’écoutant elle connaît un tel amour et une telle extase qu’elle est à même de quitter le corps.

C’est là le point essentiel de cet enseignement du Rabbi, du fait qu’ils ont le pouvoir de réveiller et d’intensifier les forces de l’âme, les 5 sens détiennent le pouvoir d’ajouter considérablement à notre amour et à notre crainte de D.ieu. C’est ici que l’on peut établir un lien entre l’enseignement du Rabbi Rayats et celui de son gendre, le Rabbi.

‘Dans le Dvar Mal’hout sur la Paracha Balak’ :
A travers les enseignements du Rabbi nous comprenons que nous ne pouvons absolument pas nous suffire de l’aspect superficiel de la réalité. Au contraire, le regard et le comportement que nous devons adopter est celui de nous attacher profondément aux enseignements du Rabbi afin de toujours percevoir le contenu profond des évènements que nous vivons. L’étude de la partie profonde de la Torah nous donne à voir la profondeur de la Réalité afin que nos pensées nos paroles et nos actes s’inscrivent dans le projet divin qui n’est autre que le dévoilement de l’Essence de D.ieu.

Percevoir le contenu profond de chaque chose est une priorité dans notre mission de faire de ce monde une demeure pour D.ieu. C’est la raison pour laquelle dans le Dvar Mal’hout de la Paracha Balak, le Rabbi écrit que nous devons ajouter dans notre étude des sujets du Machia’h et de la Guéoulah, afin de vivre véritablement ces sujets de manière profonde. le Rabbi nous demande donc d’ajouter dans notre étude des sujets du Machia’h et de la Guéoula car de cette façon nous pourrons vivre véritablement ces sujets de manière profonde, ainsi qu’il est écrit dans le Dvar Mal’hout sur notre Paracha : ‘L’intellect doit être pénétré de ces sujets, et la lumière de notre compréhension doit également se répandre et pénétrer nos sentiments dans le cœur, jusqu’à atteindre notre action concrète, nos pensées nos paroles et nos actes.’

Le Rabbi Rayats a expliqué que l’âme divine et l’âme animale doivent être animées d’une même sensation. Chacune doit ressentir qu’elle est encore éloignée de D.ieu, tant que le Machia’h n’est pas encore là. Le Rabbi déclare que l’on parvient à aimer D.ieu ‘de tout son pouvoir’ précisément grâce à l’âme animale, car lorsque celle-ci parvient à aimer D.ieu, elle élève l’âme divine à un niveau qu’elle n’aurait pu atteindre seule, sans la participation de l’âme animale. C’est la signification du verset ‘De ma chair je verrais D.ieu’, car ce verset signifie que c’est par la transformation de l’obscurité de l’âme animale (‘ma chair’) en lumière, qu’un Juif atteint l’Essence divine (‘je verrais D.ieu’).

A la lumière de ce qui vient d’être dit, nous comprenons que notre travail qui consiste à transformer l’obscurité en lumière, implique d’éveiller nos sens, afin que ceux-ci éveillent à leur tour et renforcent notre crainte et notre amour de D.ieu.

Du fait que l’Essence divine se révèle précisément dans la vue, l’ouïe, l’odorat, le toucher, et le goût, nous comprenons par exemple, l’attention particulière que le Rabbi donne aux Niggunim, ou à celle de regarder les mots de la prière lorsque nous les prononçons. Le Rabbi Rayats écrit ‘qu’un Juif a la capacité (le ‘Houch) de ressentir très profondément le Divin au moyen de la force de la Emounah’.
C’est précisément par une totale soumission à D.ieu que l’on parvient à dévoiler l’Essence divine, et au Rabbi de nous enseigner que ‘l’Essence même du plaisir se dévoile plus dans la vision que dans tous les autre sens’.

Peut-être que cela est dû à la petitesse de la dimension de la pupille de l’œil, qui n’est pas sans évoquer la soumission la plus totale vis-à-vis de l’Eternel, conformément à l’enseignement de l’Admour Hazaken, selon lequel ‘L’Eternel ne réside que dans un endroit qui lui est parfaitement soumis’.

 

Texte et Audio : Kora’h-‘Houkat à la lumière du Dvar-Mal’hout – Rav Yaacov Abergel

Texte et Audio : Kora’h-‘Houkat à la lumière du Dvar-Mal’hout – Rav Yaacov Abergel

Un grand Mazal Tov pour les fiançailles de Raphaël ben Aaron et Sim’ha ha-Cohen et Esther,
et pour la réussite de Ouriel ben Aaron et Simha ha-Cohen

 

Kora’h :

Le mot hébreu ‘Hok signifie ‘décret’. Il désigne une loi divine qui échappe totalement à notre compréhension. Il n’en demeure pas moins que nous devons à l’évidence obéir à ce décret, à l’accomplir, car même s’il échappe à notre compréhension il s’agit de la Volonté bénie de D.ieu. Aussi, en obéissant à un tel décret, l’occasion nous est donnée d’exprimer notre attachement à D.ieu, du lien qui nous unit à Lui et qui dépasse totalement l’intellect et la raison. Poursuivre et désirer D.ieu au point d’agir uniquement selon Son désir, et en faisant totalement abstraction de nous-même, de nos propres désirs et même de notre compréhension. Sans les ‘Houkim’, il aurait été impossible d’exprimer notre attachement à D.ieu qui est au-delà de notre raison et de notre intellect.

Dans le Dvar-Mal’hout sur la Paracha Kora’h, le Rabbi nous enseigne que Kora’h avait parfaitement conscience de ce niveau de l’âme Juive qui dépasse la raison et l’intellect, mais sa grande erreur fut de se limiter à la Pensée et à la Parole. Kora’h n’a pas reconnu la valeur de l’Action. Le Rabbi explique l’attitude de Kora’h en nous donnant la signification profonde des lettres de son nom.

Kora’h est composé par les lettres ‘Kouf’, ‘Rèch’, ‘Hèt’.
Les lettre ‘Kouf’ et ‘Het’ composent le mot ‘Hok’ qui signifie ‘décret’. Comme il vient d’être expliqué, un Juif accomplit les décrets divins avec une totale soumission, c’est à dire sans faire intervenir l’intellect. Il possède donc cette qualité de l’âme qui lui permet d’agir avec une inébranlable détermination. Il agit tout simplement parce que c’est la Volonté de D.ieu et que son âme fait Un avec Lui. Kora’h, possède les deux lettres du mot ‘Hok (‘Hèt et Kouf) et cela nous montre qu’il possède lui aussi cette qualité des enfants d’Israël ; cependant, la deuxième lettre de son nom, ‘Réch’, représente la faiblesse de Kora’h :

L’axe horizontal de la lettre Rèch correspond à la Pensée, et son axe vertical correspond à la Parole, mais il manque à la lettre Rèch le troisième axe qui correspond à l’action. Il manquait donc à Kora’h une chose essentielle : l’Action.

‘Houkat :

En 5751, le Chabbat de la Paracha ‘Houkat tombait le 10 Tamouz. Le Chabbat correspond au septième jour de la semaine, et le 10 Tamouz correspond au dixième jour du mois. Dans le Dvar-Mal’hout, le Rabbi nous donne donc la signification du chiffre 7 et du chiffre 10.

*Le compte des jours de la semaine :
De façon générale, le Rabbi explique que ‘le compte d’après les jours de la semaine’, de manière profonde, correspond à la Création du monde par D.ieu, du fait que le monde a été créé en 6 jours et que L’Eternel S’est reposé le septième jour. Ainsi, ces 7 jours correspondent aux 7 Midoth du monde d’Atsilout.

*Le compte des jours du mois :
Le ‘compte des jours du mois’ correspond au travail de l’homme. En effet, le mot hébreu ‘Hodèch’ (‘Mois’) s’apparente au mot ‘Hidouch (‘Nouveauté’).

‘Hodech désigne donc la nouveauté que l’homme apporte par le travail qu’il accomplit dans ce monde, sa participation à l’œuvre de la Création réalisée par D.ieu.

Le ‘compte des mois’ correspond au chiffre 10 car ce chiffre englobe (en plus des 7 Séfirot qui sont à l’origine de la Création du monde) les 3 Séfirot supérieures qui sont au-delà de ce monde : les 3 Mo’hin de ‘Habad (‘Ho’hmah, Binah, Daat).

Ainsi, le Rabbi nous enseigne que la mission de chaque Juif consiste à ‘apporter la nouveauté à ce monde’ (créé au moyen des 7 Midoth du monde d’Atsilout) ‘en le menant à la perfection du chiffre 10’, en dévoilant les 3 Mo’hin de ‘Habad. Lla perfection de ce dévoilement spirituel qui aura lieu dans les temps messianiques se réalisera aussi matériellement, par l’acquisition des Terres de ‘Kini’ ‘Knizi’ et ‘Kadmoni’, qui correspondent aux attributs divins de ‘Ho’hmah Binah et Daat.

Ainsi, le chiffre 7 représente le niveau du divin qui s’habille dans le monde (‘Hessed, Gvurah, Tiféreth, Nétsa’h Hod Yessod Mal’hout), et le chiffre 10 représente le niveau du divin qui est au-delà de ce monde (‘Ho’hmah, Binah, Daat).
Du fait que le chiffre 7 est lié à la Création du monde (qui ne dépend que de D.ieu), et qu’à l’opposé, le chiffre 10 évoque le travail de l’homme et l’ajout qu’il apporte à la Création, le Rabbi nous donne différentes significations que l’on peut donner à ces deux chiffres :

*Le chiffre 7 représente la Torah écrite car celle-ci provient de D.ieu.
*Le chiffre 10 représente la Torah orale, car celle-ci provient de l’homme.
*Le chiffre 10 représente le travail de l’âme telle que celle-ci désire s’élever au-dela de ce monde et des limites qu’il nous impose.

Lorsque l’âme tend à s’élever au-delà des limites du corps, afin d’atteindre le divin illimité. C’est le mouvement de l’âme appelé : ‘Ratso’.
*Le chiffre 7 représente le mouvement de l’âme appelé ‘Chov’. C’est le travail du haut vers le bas, que l’âme accomplit précisément lorsqu’elle s’habille dans le corps, et qui consiste à attirer les lumières célestes supérieures, ici-bas dans ce monde inférieur.

Le lien entre Kora’h et ‘Houkat : révéler la force de l’Essence de l’âme dans l’action concrète :
Comme nous venons de le mentionner au sujet de la Paracha Kora’h, le Rabbi nous enseigne que Kora’h avait parfaitement conscience de la force de l’âme qui dépasse la raison et l’intellect, mais sa grande erreur fut de limiter le dévoilement de cette force supérieure à la pensée et à la parole. Il manquait à Kora’h la force de l’Action.

Le Rabbi souligne donc ici que le travail des enfants d’Israël consiste à unir le niveau du chiffre ‘7’ au niveau du chiffre ’10’. Unir ‘Ratso’ à ‘Chov’ : ‘La perfection du travail consiste à l’union des 2 ensemble : en même temps que la volonté de l’âme de quitter le corps doit demeurer le travail de l’âme dans le corps, et le désir de l’âme de quitter le corps ne doit pas être dissocié du sentiment d’agir pour dévoiler le divin ici-bas (dans le corps, et dans le monde)’.

Dans le discours ‘hassidique ‘Vé Atah Tetsaveh’, le Rabbi explique longuement que ‘Atsmouth’ (‘l’Essence divine’) ‘transcende toutes les divisions’ et détient donc le pouvoir de s’unir avec les forces limitées de l’âme, de faire de ce monde (‘7′) le réceptacle de l’Essence divine (’10’), ainsi qu’il est écrit (‘Vé Atah Tetsaveh’, chapitre 11) : ‘Par le travail de Moché et par celui des enfants d’Israël même les forces dévoilées de l’âme s’unissent à l’Essence de l’âme’.

Dans l’ouvrage intitulé ‘la Hassidout, étude et enseignement’, (édition du Beth Loubavitch), le Rabbi Rayats rapporte cette histoire du Baal-Chem-Tov :

‘A l’époque de notre Maître le Baal Chem Tov, une communauté Juive fut menacée de destruction, ce qu’à D.ieu ne plaise. Le Baal chem Tov mesura la gravité de la situation et, pendant Roch Hachana et Yom Kippour, multiplia les prières et les supplications.
Pendant la prière de la Neïla, ses saints disciples, considérant sa prière, comprirent que l’accusation portée était particulièrement grave. A leur tour, ils se concentrèrent dans leurs prières et dans leurs supplications, entrecoupées de sanglots déchirants qui émanaient du fond de leur cœur.

Lorsque les présents, hommes et femmes, virent le Baal Chem Tov et ses disciples se concentrer dans la prière, lorsqu’ils les entendirent crier et gémir amèrement, pleurer et implorer, ils en eurent le cœur brisé et, à leur tour, pleurèrent durant leur prière.
Depuis quelques années, un jeune villageois venait passer les jours redoutables dans la synagogue du Baal Chem Tov. Etant totalement ignorant, il restait debout, se contentant d’écouter l’officiant sans prononcer un mot.

Ce villageois connaissait parfaitement le cri des animaux, chèvres, moutons, oiseaux, volaille. Mais d’entre tous, il préférait le chant du coq. Considérant l’émotion qui étreignait la synagogue, entendant les pleurs et les terribles cris des hommes et des femmes, il eut, lui aussi, le cœur brisé, et, à son tour, se mit à hurler : ‘Cocorico, Eternel, aie pitié !’.

Lorsque le cri du coq retentit dans la Synagogue, les hommes eurent peur et les femmes furent saisies de panique. L’un des présents, qui se tenait près de lui, lui intima l’ordre de se taire et l’on voulut même le renvoyer.
Il dit alors : ‘Je suis un Juif moi aussi et votre D.ieu est le mien !’.

Le vieux bedeau, Reb Yossef Youzpa, calma les esprits et demanda au jeune villageois de rester à sa place.
Quelques instants après cet incident, on entendit la voix du Baal Chem Tov, puis celle de ses disciples. Tous achevèrent très vite la prière silencieuse de la Neïla. Le visage du Baal Chem Tov était alors rayonnant de joie.

Avec un plaisir particulier, le Baal Chem Tov commença la prière de l’officiant et, particulièrement ému, il prononça les versets proclamant l’Unité de D.ieu, ‘Ecoute Israël, L’Eternel est notre D.ieu, L’Eternel est Un’, ‘Beni soit le Nom de l’honneur de Son règne pour l’Eternité’, ‘L’Eternel est D.ieu’.

Par la suite, notre Maître, le Baal Chem Tov, entonna des chants joyeux.

Durant le repas que le Baal Chem Tov partagea avec ses disciples, à l’issue de Yom Kippour, il leur raconta, par le détail, l’accusation qui était portée, ce qu’à D.ieu ne plaise, à l’encontre d’une communauté Juive. Il se concentra donc dans sa prière afin d’invoquer la miséricorde divine.

On examina les actions de ces villageois, et je compris que la situation était très difficile. Ma position était particulièrement défavorable. Puis, tout à coup, retentit dans les cieux le cri de cet intègre villageois : ‘Cocorico, Eternel aie pitié !’. Ces mots purs causèrent du plaisir jusque dans les sphères célestes les plus élevées. Dès-lors, les accusations portées contre cette communauté et contre moi-même disparurent’.

D’une certaine manière, cette histoire du Baal-Chem-Tov illustre les enseignements du Rabbi dans le Dvar Mal’hout. La mission de chaque Juif consiste à unir le chiffre ‘7’ qui représente le niveau de la lumière divine qui s’habille dans le monde, au chiffre ’10’ qui représente la lumière divine qui est au-delà de ce monde (qu’un Juif dévoile au moyen des 10 forces de son âme).

Le personnage du jeune villageois qui venait passer les jours redoutables dans la synagogue du Baal Chem Tov est décrit comme une personne ‘totalement ignorante, qui restait debout, se contentant d’écouter l’officiant sans prononcer un mot’. Cependant, c’est précisément le cri de l’intègre villageois au cœur brisé qui retentit dans les cieux. Ce sont précisément ses mots purs qui causèrent du plaisir jusque dans les sphères célestes les plus élevées, et qui annulèrent toutes les accusations portées contre une communauté, et contre le Baal-Chem-Tov lui-même.

La raison à cela est que la simplicité apparente du jeune villageois cache en réalité la qualité de l’Essence divine. Le Rabbi souligne à de très nombreux endroits que chaque Juif est lié à D.ieu d’un lien essentiel. L’âme Juive, d’un porteur d’eau, et d’un coupeur de bois, jusqu’au plus érudit, est enracinée dans l’Essence divine : ‘je suis un Juif moi aussi et votre D.ieu est le mien !’.

Ainsi, l’apparente ‘ignorance’ du jeune villageois exprime en réalité que son cri ‘Cocorico’ provient du niveau de l’âme qui dépasse totalement la raison et l’intellect. De fait, la ‘Hassidout nous enseigne que les mots sont beaucoup trop petits pour contenir ce qui les dépasse, pour contenir la lumière d’un cri qui provient de la profondeur du cœur (‘Oumka de Liba’).

Ce cri qui provient de la profondeur du cœur brisé d’un Juif a le pouvoir de retentir dans les cieux les plus élevés car il provient de l’Essence de l’âme. La force de l’Essence de l’âme a le pouvoir de briser toutes les limites, aussi, notre histoire reflète les deux formes de notre service divin. L’assemblée des fidèles qui prient dans la Synagogue du Baal Chem Tov symbolise le travail que l’on accomplit au moyen des forces de notre âme telles que celles-ci s’habillent dans le corps et demeurent donc malgré tout limitées. De ce fait, cette assemblée est à l’image du chiffre ‘7’, qui, comme il a été expliqué, représente le niveau de la lumière divine qui s’habille dans le monde. A l’opposé, le cri du jeune villageois représente la force de l’Essence de l’âme, le chiffre ’10’, qui évoque la lumière divine qui est au-delà de ce monde que le jeune villageois dévoila en poussant le ‘cri du coq’.

Dans le Dvar Mal’hout, le Rabbi déclare que ce Chabbat septième jour de la semaine qui tombe le dixième jour du Mois nous donne la force d’unir ce qui est au-delà du monde (‘le chiffre 10’) avec le monde lui-même (‘le chiffre 7’).

Le ‘cri du coq’ du villageois s’ajouta aux prières des fidèles, et de la même façon nous devons ajouter à notre service divin naturel la force du ‘cri’ qui provient de l’Essence de notre âme, dans nos pensées nos paroles et dans nos actes. Dans ce cas nous aurons le mérite de provoquer le dévoilement de notre Juste Machia’h, dès-à-présent avec l’aide de D.ieu, conformément à la déclaration du Rabbi précédent, le Rabbi Rayats :

‘Lorsqu’un Juif parvient à dévoiler la force de l’Essence de l’âme dans la partie de l’âme qui s’habille dans le corps (l’intellect, les sentiments et l’action) alors les actions de cet homme et sa prière ‘inscrivent une empreinte dans le ciel ‘ dont l’effet est de provoquer un dévoilement divin dans ce monde matériel’.

 

Texte et Audio : Chela’h et Kora’h à la lumière du Dvar-Mal’hout – Rav Yaacov Abergel

Texte et Audio : Chela’h et Kora’h à la lumière du Dvar-Mal’hout – Rav Yaacov Abergel

 

Chela’h :

La lecture de la Torah du Chabbat de la Paracha Chela’h a pour sujet l’histoire des explorateurs qui furent envoyés par Moché en Erets Israël, et la Haftara que nous lisons juste après, raconte l’histoire des explorateurs que Yéochoua envoya par la suite en Erets Israël.

Dans le Dvar Mal’hout sur la Paracha Chela’h, le Rabbi établit la différence entre les forces de l’âme et l’Essence de l’âme à travers les différences qui existent entre la mission des explorateurs de Moché et la mission des explorateurs de Yéochoua.

*Les explorateurs de Moché sont au nombre de douze. De manière profonde les 12 princes des tribus que Moché envoya pour explorer la Terre d’Israël représentent les forces de la partie de l’âme qui s’habille dans le corps, car de même que l’âme vivifie chaque membre du corps (l’intellect dans le cerveau, les sentiments dans le cœur, la force de la vision dans les yeux.) les explorateurs de Moché visitèrent chaque partie du ‘corps’ que représente la Terre d’Israël.

*A l’opposé du chiffre 12 qui représente comme il vient d’être dit la ‘Hit’halkout’ (la pluralité, la division) le nombre des explorateurs de Yéochoua fut de 2, chiffre qui représente la ‘A’hdout’ : ‘l’Unité’.

Les explorateurs de Yéochoua sont donc une allusion à l’Essence de l’âme, du fait que le caractère de ‘l’Essence’ est celui de l’Unité qui est au-delà de toutes formes, de toutes divisions. L’Essence de l’âme Juive peut être définie comme le ‘point divin’ qui échappe à toutes les limites. Pour cette même raison les deux explorateurs sont décrits dans le texte de la Haftarah comme étant ‘deux hommes simples’ car la simplicité est précisément la qualité de l’Essence divine, laquelle est indivisible.

Ainsi, la mission des explorateurs de Moché correspond au service divin que l’on accomplit au moyen des forces de l’âme qui s’habillent dans le corps, et la mission des explorateurs de Yéochoua correspond au service divin que l’on accomplit par la force de l’Essence de l’âme.

Le Rabbi traita du sujet du dévoilement de l’Essence de l’âme dans les forces de l’âme qui s’habillent dans le corps dès le premier jour de son investiture officielle en tant que Rabbi et dirigeant de ‘Habad. Dans la première Si’ha qu’il prononça ce jour-là, le Rabbi souligna la différence qui existe entre les forces de la partie de l’âme qui s’habille dans le corps (l’intellect, les sentiments, et l’action), et les forces de la partie de l’âme qui ne s’habille pas dans le corps (la Volonté qui dépasse la raison et l’intellect, la Emounah).

Dévoiler la force de l’Essence de l’âme c’est faire tout ce qui est en notre pouvoir pour provoquer la Délivrance finale. C’est pour cela que toute la Torah du Rabbi traite du sujet de l’Essence de l’âme Juive et des moyens qui nous sont donnés pour dévoiler sa force dans nos pensées, nos paroles et nos actes, au jour le jour.

Kora’h :

A partir des lettres du nom de Kora’h, le Rabbi délivre un enseignement sur la personnalité de Kora’h, laquelle s’oppose radicalement aux qualités que l’on doit trouver chez un ‘hassid.

Le nom Kora’h est composé par les lettres Kouf Rèch et ‘Hèt. Chacune de ces trois lettres ressemblent à la lettre Hé, laquelle symbolise le côté de la sainteté. Cependant les différences qui existent entre ces trois lettres et la lettre Hé témoignent du fait que ces trois lettres s’opposent au côté de la sainteté.

La lettre Hé est constituée de trois traits, un en haut, un à droite et un à gauche. L’Admour Hazaken explique dans le Torah Or (95a) que le trait d’en haut et celui de droite évoquent la pensée et la parole, et le trait de gauche correspond à l’action.
Ces trois traits s’inscrivent dans un carré et ils définissent une forme parfaitement équilibrée. De ce fait la lettre Hé exprime donc l’équilibre nécessaire entre la pensée, la parole et l’action.

Ainsi, le trait de gauche n’est pas relié aux deux autres, car entre la pensée et la parole d’une part et l’action d’autre part, il doit y avoir un temps d’arrêt. C’est bien là une des qualités d’un ‘hassid car celui-ci prend son temps avant d’agir et il se doit de méditer à l’action qu’il est sur le point d’accomplir afin qu’elle soit conforme à la volonté divine.

Comme il vient d’être dit, les lettres qui composent le nom de Kora’h s’opposent au côté de la sainteté (symbolisé par la lettre Hé) :
La lettre Kouf ressemble à la lettre Hé car le Kouf est lui aussi constitué de trois traits, un en haut, un à droite et un à gauche. Comme pour la lettre Hé le trait d’en haut est relié à celui de droite, mais contrairement au trait de gauche du Hé le trait gauche du Kouf (qui correspond à l’action) est très long.

Le Rabbi explique que le trait gauche du Kouf descend très bas en un endroit que le trait droit n’atteint pas et évoque la personne qui s’investit dans le monde matériel au-delà de toute mesure. De fait la lettre Kouf est le contraire du Hé et désigne celui qui consacre tout son temps au travail sans fixer de temps pour l’étude de la Torah.

Il apparait dans ce cas que la lettre Kouf est liée à l’autre côté de la sainteté car même les actions dans les domaines permis ne doivent pas empièter sur le temps fixé pour étudier la Torah. Il est en effet expliqué dans le Tanya (chapitre 36, 37) que « l’acte est essentiel » et le Rabbi (Chabbat Parachat Kora’h, 5724-1964 et 5727-1967) nous enseigne donc que la demeure de D.ieu dans ce monde est bâtie, non pas seulement en étudiant la Torah par la pensée et la parole mais aussi en mettant en pratique les Mitsvoth d’une manière concrète.

Par ailleurs le Tséma’h Tsédek (Séfer ha-Likoutim, parachat Reeh) explique que la barre du Kouf ‘qui descend très bas, ‘en un endroit que le trait droit n’atteint pas’, évoque le verset : ‘Ses pieds descendent vers l’endroit de la mort’ et ce n’est pas sans évoquer le sort de Kora’h et de tous les hommes de son assemblée dont il est dit qu’ils furent tous avalés par la terre pour avoir « offensé l’Eternel’ et s’être opposés à Moché.

La deuxième lettre du nom de Kora’h est la lettre Rèch. Cette lettre ressemble également à la lettre Hé. La seule différence entre les deux est l’absence du trait de gauche qui correspond à l’action. La lettre Rèch s’oppose ainsi à l’action concrète, à l’affirmation selon laquelle « l’acte est essentiel ».

Par ailleurs, le fait qu’il manque à la lettre Rèch un seul petit point pour que celle-ci devienne un Hé n’est pas sans exprimer que le Rèch du nom de Kora’h appartient à l’autre côté de la sainteté. En effet ce petit point manquant est semblable à la lettre Youd qui est la plus petite des toutes les lettres de l’alphabet et qui symbolise pour celà la qualité de la soumission et celle de l’humilité. Ces deux qualités manquaient à Kora’h de par l’opposition évidente qu’il manifesta à l’égard de Moché. Le Rabbi écrit en effet au sujet de Kora’h « qu’il désirait le contraire de la paix, introduite par la Torah…Il voulait la controverse… ».

Il est aussi rapporté dans le Séfer ha Harakhim ‘Habad (du Rav Yoël Kahn et du Rav ‘Haïm Dov Beer Lipsker) que le Rèch est la première lettre du mot Roch (la tête) et du fait qu’elle est aussi la première lettre du mot Ra (le mal), elle représente la tête des klipoth (la tête des forces du mal), c’est-à-dire la source de la vitalité des klipoth des mondes inférieurs.

La lettre ‘Hèt ressemble beaucoup à la lettre Hé mais il y a une différence entre elles. Le pied gauche du Hé est séparé du trait supérieur, alors que celui du ‘Hèt est relié au trait supérieur.

Le Rabbi conclut de cela l’enseignement suivant : celui qui est soumis à D.ieu ressent en permanence qu’il est séparé de la Torah (comme le pied du Hé qui est séparé du trait supérieur) et il éprouve un désir permanent de connaître l’élévation (voir Discours du Rabbi, Chabbat, Parachat Kora’h 5724 et 5727). Dés-lors nous comprenons que la forme du ‘Hèt, qui ne possède aucune rupture entre le pied gauche et le trait supérieur, évoque bien l’orgueil de celui qui n’a pas conscience de son éloignement de D.ieu. Le ‘Hèt du nom de Kora’h n’est donc pas sans évoquer l’orgueil de Kora’h qui s’est opposé à Moché dont il est dit qu’il est ‘le plus humble parmi tous les hommes’.

Un lien entre la Paracha Chela’h et la Paracha Kora’h :

Dans son ouvrage intitulé ‘Iniana chel Torat-ha’Hassidout’ (chapitre 20) le Rabbi nous enseigne que l’Essence de l’âme qui est enracinée dans l’Essence divine se dévoile précisément lorsqu’un Juif raffine et sanctifie un objet matériel en accomplissant une Mitsvah au moyen de cet objet. Cependant, bien que la manifestation de l’Essence de l’âme se produise à travers l’observance active des Mitsvoth, il demeure que ‘l’effusion de l’Essence dans les actes accomplis est tributaire des ressources intérieures humaines, intellectuelles et émotionnelles’. C’est pour cette raison que l’amour et la crainte sont appelés ‘les voies de D.ieu’.

Le Rabbi donne un parallèle à ce phénomène dans le pouvoir de l’Essence divine ‘dont l’existence ne provient que d’elle-même’. Bien que ce pouvoir se caractérise tout particulièrement par la création d’un être physique, il n’en demeure pas moins que l’effusion de ce pouvoir essentiel en un être indépendant ne se réalise qu’à travers la ‘Lumière’. La Lumière étant l’intermédiaire entre ‘l’existence vraie’ et ‘l’existence créée’. Ainsi par l’entremise de la Lumière, le pouvoir de l’Essence peut porter à l’existence un ‘objet’ à partir du véritable néant (Maamar Ye’hayénou, 5694). De la même façon l’effusion de l’Essence dans les actes accomplis est tributaire de l’amour et de la crainte de D.ieu.

D’après les enseignements du Rabbi dans le Dvar-Mal’hout, le contenu profond de la Paracha Chela’h est celui du dévoilement des forces les plus profondes de l’âme Juive et le contenu profond de la Paracha Kora’h est celui de l’importance de l’action dans notre service divin. Dans son ouvrage intitulé ‘Iniana chel Torat-ha-‘Hassidout’ le Rabbi nous enseigne que l’Essence de l’âme Se dévoile précisément au moyen de l’action concrète, c’est à dire lorsque l’on accomplit un Commandement divin et que l’on sanctifie un objet matériel. Le Rabbi souligne cependant que ‘l’effusion de l’Essence dans les actes accomplis est tributaire de l’amour et de la crainte de D.ieu’.

Le 2 mars 1961 (Pourim 5721) Le Rabbi de Loubavitch déclara :
« Ecoute, il y a une terre désolée qui est spirituellement sous-développée. Il y a des juifs là-bas qui ne savent même pas qu’il leur manque quelque chose…Va chez le Juif qui est dans un tel besoin, sois là-bas un jour, une semaine, un mois, une année, dix ans. D.ieu a assez d’années à partager, autant d’années que le travail demande, il te donnera ».

Cette déclaration du Rabbi peut servir de synthèse des différents enseignements que nous avons rapportés ici. Certes notre mission de purifier la Terre d’Israël consiste d’abord à nous purifier et a sanctifier la part du monde qui nous a été assignée, mais le Rabbi vient ici pour nous rappeler qu’il existe ‘une terre désolée ou vivent des Juifs qui ne savent même pas qu’il leur manque quelque chose’.

 

Behaalote’ha-Chela’h à la lumière du Dvar-Mal’hout – Rav Yaacov Abergel

Behaalote’ha-Chela’h à la lumière du Dvar-Mal’hout – Rav Yaacov Abergel

 (Pour le mérite et la réussite de Itz »hak Tangi)

 

A partir des enseignements du Dvar-Mal’hout, l’union entre le contenu profond de la Paracha Behaalote’ha et celui de la Paracha Chela’h peut être définie de la manière suivante :

Dans la Paracha Behaalote’ha il est question du fait d’habituer le corps et l’âme animale à accomplir les Commandements divins. Ce travail est longuement décrit dans le Livre du Tanya qui est appellé ‘le Livre de l’Homme moyen’ : ‘le Livre du Bénoni’. Les enseignements de l’Admour Hazaken dans ce Livre portent donc essentiellement sur l’action de lutter contre le mal qui est en nous afin d’accomplir toujours la Volonté du Saint béni soit-Il. L’action, beaucoup plus élevée, de transformer le mal en bien n’est pas à la portée de tout le monde. Seulement les Tsaddikim en sont capables. Les Hassidim racontent que l’Admour Hazaken avait écrit un Livre sur le travail des Tsaddikim qui a disparu dans un incendie, cependant, l’œuvre du Rabbi a travers ses enseignements, et tout particulièrement dans le Dvar-Mal’hout, peut être considérée comme le Livre des Tsaddikim que le Rabbi nous a donné afin de parvenir au niveau du Tsaddik.

Dans le Dvar-Mal’hout de la Paracha Behaalote’ha, le Rabbi nous apprend à ‘habituer le corps et l’âme animale à l’accomplissement des Commandements divins afin que cet accomplissement devienne une seconde nature’. Cet enseignement est la première étape pour élever notre service divin. Puis le Rabbi décrit un niveau supérieur, c’est la deuxième étape qui consiste à dévoiler que ‘la véritable réalité de chaque Juif, même son propre corps, est liée au Saint béni soit-Il’

Dans le Dvar-Mal’hout sur la Paracha Chela’h, le Rabbi définit plus précisément ces deux façons de servir D.ieu : la première façon, la première étape qui est liée au travail du ‘Bénoni’, consiste à exploiter les forces de l’âme qui s’habillent dans le corps afin de purifier le corps pour qu’il devienne un réceptacle capable de recevoir le dévoilement des forces de la partie de l’âme qui ne s’habillent pas dans le corps : c’est la deuxième étape : dévoiler l’Essence de l’âme dont la force est de transformer l’obscurité en lumière, et parvenir ainsi au niveau de Tsaddik, avec l’aide d’Hachem.

Behaalote’ha :
‘Quand tu allumeras les lumières vers la face de la Ménorah’, le verset du début de notre Paracha possède de nombreuses explications. Rachi explique dans son commentaire que ‘quand tu allumeras signifie en fait quand tu feras monter’.

Dans le Dvar Mal’hout, le Rabbi fonde son enseignement à partir de cet enseignement de Rachi et du fait que L’Eternel désirait qu’Aaron allume la Ménorah ‘en tenant le feu près de la mèche jusqu’à ce que la flamme monte par elle-même’.

Le corps d’un Juif est précieux aux yeux de l’Eternel et Il désire que nous accomplissions Sa Volonté au moyen des forces de notre âme, et au moyen de notre corps. Cependant, le Rabbi souligne que ‘le corps par lui-même n’est pas lié au service divin et la preuve de cela est que nous devons l’habituer à ce travail, afin que l’habitude devienne une seconde nature’.

En effet, par sa nature, l’âme animale incite l’homme à assouvir constamment des désirs matériels et grossiers, aussi, la mission de chaque Juif consiste à habituer le corps et l’âme animale à la pratique des Mitsvoth et à l’étude de la Torah. En d’autres termes habituer le corps signifie qu’on le rend ‘docile’ aux Commandements en ‘domptant’ peu à peu l’âme animale. Comme on dompte un animal pour lui imposer notre volonté, nous devons forcer notre âme animale à aimer D.ieu. Ce faisant nous réalisons l’injonction divine d’aimer notre D.ieu ‘de tout notre cœur’, c’est à dire ‘avec nos deux penchants’.

Habituer notre mauvais penchant en habituant notre corps à accomplir des Mitsvoth, au point que ‘l’habitude devient une seconde nature’. Dans ce cas la nature du corps et de l’âme animale se transforment peu à peu, et avec beaucoup de travail nous pouvons même parvenir à ‘transformer l’obscurité en lumière’, à l’exemple des Tsaddikim qui raffinent et purifient l’âme animale afin que celle-ci s’unisse à l’âme divine d’un lien parfait.

D’une certaine manière, l’union de la force de l’âme animale avec la force de l’âme divine est comparable à deux flammes qui s’unissent et ne forment plus qu’une seule flamme. Aussi, à la lecture des versets de notre Paracha : ‘Quand tu allumeras les lumières vers la face de la Ménorah…En tenant le feu près de la mèche jusqu’à ce que la flamme monte par elle-même’, nous pouvons expliquer qu’il y a ici une allusion au fait que lorsque l’on habitue le corps à accomplir les Commandements divins : ‘en tenant le feu près de la mèche’, alors la force de l’âme animale s’unit avec la force de l’âme divine et dans ce cas : ‘la flamme monte par elle-même’.

Chela’h :
La lecture de la Torah du Chabbat de la Paracha Chela’h a pour sujet l’histoire des explorateurs qui furent envoyés par Moché en Erets Israël, et la Haftara que nous lisons juste après, raconte l’histoire des explorateurs que Yéochoua envoya par la suite en Erets Israël.

Dans le Dvar Mal’hout sur la Paracha Chela’h, le Rabbi établit la différence entre les forces de l’âme et l’Essence de l’âme à travers les différences qui existent entre la mission des explorateurs de Moché et la mission des explorateurs de Yéochoua.
La mission des explorateurs de Moché correspond au service divin que l’on accomplit au moyen des forces de l’âme qui s’habillent dans le corps, et la mission des explorateurs de Yéochoua correspond au service divin que l’on accomplit par la force de l’Essence de l’âme.

Ainsi, le Rabbi traite du sujet du dévoilement de l’Essence de l’âme dans les forces de l’âme qui s’habillent dans le corps. Le Rabbi traita de ce sujet dès le premier jour de son investiture officielle en tant que Rabbi et dirigeant de Habad. Dans la première Si’ha qu’il prononça ce jour-là, le Rabbi souligna la différence qui existe entre les forces de la partie de l’âme qui s’habille dans le corps (l’intellect, les sentiments, et l’action), et l’Essence de l’âme (qui ne s’habille pas dans le corps).

C’est le dévoilement de la force de l’Essence de notre âme dans notre âme qui provoquera la Délivrance finale et c’est pour cela que toute la Torah du Rabbi traite du sujet de l’Essence de l’âme Juive et des moyens qui nous sont donnés pour dévoiler sa force dans nos actes, au jour le jour.

Les explorateurs de Moché sont au nombre de douze. De manière profonde les 12 princes des tribus que Moché envoya pour explorer la Terre d’Israël représentent les forces de la partie de l’âme qui s’habille dans le corps, car de même que l’âme vivifie chaque membre du corps (l’intellect dans le cerveau, les sentiments dans le cœur, la force de la vision dans les yeux) les explorateurs de Moché visitèrent chaque partie du ‘corps’ que représente la Terre d’Israël.

A l’opposé du chiffre 12 qui représente comme il vient d’être dit la ‘Hit’halkout’ (la pluralité, la division) le nombre des explorateurs de Yéochoua fut de 2, chiffre qui représente la ‘A’hdout’ : l’Unité.
Les explorateurs de Yéochoua sont donc une allusion à l’Essence de l’âme, du fait que le caractère de ‘l’Essence’ est celui de l’Unité qui est au-delà de toutes formes, de toutes divisions. L’Essence de l’âme Juive peut être définie comme le ‘point divin’ qui échappe à toutes les limites. Pour cette même raison les deux explorateurs sont décrits dans le texte de la Haftarah comme étant ‘deux hommes simples’ car la simplicité est précisément la qualité de l’Essence divine, laquelle est indivisible.

Le Rabbi poursuit son enseignement en soulignant que l’endroit où les deux explorateurs de Yéochoua arrivèrent fut Yéri’ho qui est appellé ‘le verrou’ (‘nahoul’), la ‘clef’ de la terre d’Israël. Or, nahoul a la même racine que Neïla, la cinquième prière du jour de Kippour. Pendant cette prière Hachem verrouille les portes de la Synagogue pour S’entretenir en privé avec le peuple d’Israël.
Ce moment est unique, car pendant le temps de la Neïla l’Essence de l’âme de chaque Juif Se dévoile. Ainsi, Yéri’ho (‘nahoul’), la ville dans laquelle parvinrent les deux explorateurs est une allusion à ce dévoilement, et leur mission évoque la révélation de l’Essence de l’âme dans le corps.

Il est écrit dans la Haftarah que les explorateurs de Yéochoua demeurèrent ‘en dehors de la ville’ et il est possible d’établir ici un lien avec l’enseignement de l’Admour Hazaken selon lequel ‘la ville’ est une allusion au corps de l’homme. En effet, dans le livre du Tanya l’Admour Hazaken emploie l’exemple de deux Rois qui luttent pour conquérir une ville pour décrire la lutte qui oppose le bon au mauvais penchant qui désirent tous les deux prendre le contrôle du corps (lui-même comparé à une ville). A la lumière de cet exemple, ‘les deux explorateurs de Yéochoua qui demeurèrent en-dehors de la ville’ font allusion a la partie de l’ame qui ne s’habille pas dans le corps et évoquent donc l’enseignement du Rabbi selon lequel l’Essence de l’âme ne réside pas dans le corps mais dans les quatre coudées qui l’entourent, ‘en dehors de la ville’ : en dehors du corps (voir Iniana chel Torat-ha-‘Hassidout, Chapitre 20).

Il est écrit que les deux explorateurs de Yéochoua ‘agirent en silence’ et il convient ici de se rapporter à l’enseignement du Rabbi Rachab selon lequel ‘la Séfira de Kéter représente 3 choses : le silence l’attente et l’espoir…L’attente et l’espoir que l’Eternel insuffle Sa Sagesse dans notre esprit…’. Plus encore, le Roi David écrit (Téhilim 4, 5) : ‘Tremblez et ne commettez pas de fautes. Méditez en votre cœur, sur votre couche et restez silencieux pour toujours’ et le Pirkeï Avoth enseigne (Chapitre premier, 17) : ‘Shimon le fils de Rabban Gamliel disait : J’ai passé toute ma vie parmi les Sages, et je n’ai rien trouvé de mieux pour le corps que le silence. Ce n’est pas l’étude qui est essentiel mais l’action. Celui qui augmente ses paroles occasionne des péchés’.

Il est aussi écrit (Chemini, 10, 3) : ‘Aaron se tut’ et Rachi écrit ‘qu’Aaron reçut une récompense pour son silence. Et quelle récompense reçut-il ? Que la Parole de D.ieu s’isolât avec lui, car c’est à lui seul que lui a été dite la section à propos de ceux qui sont ivres et ne doivent pas entrer dans le Sanctuaire’.

Le silence est l’expression de notre plus totale soumission face à L’Eternel comme c’est par exemple le cas lorsque nous prions la Amida en demeurant dans le plus grand silence. Peut-être pouvons-nous aussi parler de silence au sujet de l’Essence de l’âme et dire que l’Essence de l’âme demeure silencieuse car elle se tient constamment devant D.ieu et ressent Sa Présence du fait qu’Elle est liée à l’Essence divine d’un lien essentiel ainsi que l’écrit le Rabbi : L’Essence de l’âme est enracinée dans L’Essence divine, et Rabbi Shimon Bar- Yohaï déclare lui-même : ‘Je suis attaché par un lien, en lui je m’unifie, en lui je m’enflamme’.

Ainsi, conformément à l’enseignement du Rabbi selon lequel les deux explorateurs représentent l’Unité de l’âme, c’est à dire son Essence, le fait que ces deux explorateurs agirent en silence exprime la qualité de soumission et d’annulation de l’âme face à L’Eternel.

Par ailleurs, le Rabbi souligne aussi le fait que contrairement aux explorateurs de Moché, qui étaient connus de tous les membres de l’Assemblée d’Israël, l’identité des deux explorateurs de Yéochoua demeura inconnue pour la plupart. L’absence des noms des explorateurs n’est pas non plus sans évoquer le fait que l’Essence de l’âme ne possède pas de nom. De fait, l’Essence de l’âme est bien au-delà du monde, de ses mesures et de ses limites. Elle ne possède pas de nom car un nom la limiterait.

La mission des explorateurs de Yéochoua évoque donc l’unité, L’Essence divine, à l’exemple de l’Arche Sainte contenant les Tables écrites du doigt de D.ieu dont il est dit ‘qu’elle ne prenait pas de place’ quand on la déposait dans le Saint des Saints’. Cependant, l’Arche Sainte est un objet matériel qui a ses propres dimensions, et que l’on peut mesurer, à l’exemple de la mission des explorateurs de Moché qui représente le travail que l’on accomplit au moyen des forces de l’âme, lesquelles possèdent aussi des mesures, et sont également limitées.

Lien entre Behaalote’ha et Chela’h :
Le Rabbi explique dans le Dvar Mal’hout que la mission des explorateurs de Moché et la mission des explorateurs de Yéochoua ont toutes les deux un même but. Celui de purifier la Terre d’Israël. De fait, notre mission consiste à faire de notre corps, et du corps de ce monde, une demeure pour L’Eternel, pour Son Essence bénie. Ces deux missions correspondent donc à deux services divins qui sont tous les deux nécessaires, et qui se complètent. Les explorateurs de Moché sont une allusion à la purification du corps au moyen des forces de l’âme, et ce travail a pour effet d’attirer un dévoilement divin qui est relatif aux limites imposées par ce monde matériel. Les explorateurs de Yéochoua sont une allusion à la purification du corps au moyen de la force de l’Essence de l’âme, et ce travail a pour effet d’attirer un dévoilement divin qui est totalement au-delà des limites de ce monde.

Ainsi, raffiner et purifier le corps et ce monde matériel ne doit pas se limiter à exploiter seulement les forces de de la partie de l’âme qui s’habille dans le corps, il s’agit aussi de ‘vider les trésors du palais’, c’est à dire de révéler la partie la plus profonde et la plus intérieure de l’âme, l’Essence de l’âme, pour faire de ce monde une demeure pour ‘Son Essence’. Ce n’est qu’en dévoilant la partie profonde de l’âme, et la partie profonde de la Torah, que le travail de raffinement et de purification de la Terre d’Israël atteint la perfection.

C’est à cela que se rapporte la déclaration du Zohar selon laquelle ‘le point se trouve au milieu du palais’, car la perfection de notre service divin est atteinte lorsque l’on parvient à unir la mission des explorateurs de Yéochoua, ‘le point’, à la mission des explorateurs de Moché, ‘le palais’. Lorsque l’Essence de l’âme, ‘le point’, illumine les forces de l’âme, ‘le palais’. Lorsque notre étude de la partie profonde de la Torah, le point, éclaire notre étude de la partie révélée de la Torah, le palais.

Dans son ouvrage intitulé ‘Iniana chel Torat-ha’Hassidout’ (chapitre 20) le Rabbi nous enseigne que l’Essence de l’âme qui est enracinée dans l’Essence divine se dévoile précisément lorsqu’un Juif raffine et sanctifie un objet matériel en accomplissant une Mitsvah au moyen de cet objet. Cependant, bien que la manifestation de l’Essence de l’âme se produise à travers l’observance active des Mitsvoth, il demeure que l’effusion de l’Essence dans les actes accomplis est tributaire des ressources intérieures humaines, intellectuelles et émotionnelles. C’est pour cette raison que l’amour et la crainte sont appelés ‘les voies de D.ieu’.

Ainsi, le Rabbi met en évidence l’importance de dévoiler l’amour et la crainte de D.ieu dans notre cœur et l’Admour Hazaken, dans le Livre du Tanya, décrit lui-même plusieurs niveaux d’amour et de crainte. Or, c’est précisément par notre attachement à ces enseignements et aux directives du Rabbi que nous aurons le mérite d’atteindre avec l’aide d’Hachem les plus hauts niveaux d’amour et de crainte et réveiller ainsi le désir divin de résider en ce monde avec le dévoilement de notre Juste Machia’h, très bientôt et de nos jours.

A la lumière de ce qu’il vient d’être dit nous comprenons la déclaration du Rabbi selon laquelle ‘Un Juif dévoile la force de l’Essence divine qui est dans le corps en le purifiant.’
Le travail qui consiste à dompter l’âme animale est une étape vers le niveau supérieur du dévoilement de l’Essence divine dans le corps. Purifier le corps débarrasse le corps de ses limites. A l’exemple de l’Arche qui bien qu’elle possède des mesures précises ‘ne prenait pas de place dans le Saint des Saints’ parce qu’elle contient les Tables de l’Alliance écrites du doigt de D.ieu, lorsque le corps est débarrassé de ses impuretés il devient un réceptacle de l’Essence divine et dans ce cas, comme l’Arche, ‘il ne prend pas de place’, c’est à dire qu’il s’élève au-delà de toutes les limites matérielles de ce monde. Comme le Rabbi nous l’enseigne dans le Dvar Mal’hout, lorsqu’un Juif parvient à habituer le corps à accomplir les Commandements divins alors ‘l’accomplissement des Mitsvoth n’est plus une chose ajoutée’, mais font partie intégrante de son être et de son existence. Ce Juif fait alors Un avec D.ieu, en purifiant son corps il est parvenu en même temps à dévoiler que ‘même le corps matériel d’un Juif est lié au Saint béni soit-Il’.

A la lumière de tout ce qui a été dit il apparait que l’un des points essentiels de notre service divin, d’après les enseignements du Rabbi est l’importance d’habituer le corps au dévoilement de la force de l’Essence l’âme. Le Rabbi a déclaré que ‘nous devons multiplier les paroles à propos de la venue effective de notre Juste Machia’h, nous manifesterons notre mécontentement ici-bas et surtout là-haut. Alors, D.ieu n’aura pas le choix, si l’on peut ainsi s’exprimer et Il accordera la Délivrance. Puisse D.ieu faire que ce rêve s’accomplisse, mon rêve qui, en réalité, est également le vôtre, celui de la venue de notre Juste Machia’h, de façon immédiate, en ce Chabbat, avant la Prière de Min’ha’.

 

Rav Eliézer Nisilevitch « Du 770 à l’école Chné-Or d’Aubervilliers », par le Rav Yaakov Abergel

Rav Eliézer Nisilevitch « Du 770 à l’école Chné-Or d’Aubervilliers », par le Rav Yaakov Abergel

(Pour l’élévation de l’âme de Meïr ben Yossef et de l’âme de Yossef ben Meïr, et aussi pour le mérite du Rav Its’hak ben Meïr Ha-Cohen)

 

Décrire le Plaisir que l’on ressent lorsque l’on se trouve dans les quatre coudées du Rabbi au 770 Eastern Parkway, c’est essayer de dire avec des mots ce qui est au-delà des mots. Le mot ‘Unique’ que l’on traduit en hébreu par le mot ‘Yé’hida’ est celui que je choisis ici car ‘Yé’hida’ désigne le niveau de l’âme Juive qui correspond au monde spirituel de ‘Kéter’ : ‘la Couronne qui surplombe l’enchaînement des mondes’, et le plus haut niveau de Kéter est celui du Plaisir : le ‘Taanoug’.

Cette année, mon épouse et moi-même avions pour projet de voyager chez le Rabbi pendant le mois de Yiar car le jour de Lag-Ba-Omer est le jour de l’anniversaire de nos deux fils qui sont des frères jumeaux. Grâce à D.ieu notre désir se réalisa. Merci mon D.ieu de nous avoir permis de vivre tous ensemble ces journées au 770. Chaque moment du jour et de la nuit était empli de lumière. Se trouver dans les quatre coudées du Rabbi c’est être un rayon du soleil à l’intérieur du soleil. Le Rabbi dévoile l’Essence de l’âme de chaque Juif qui se trouve près de lui, et le plaisir que l’on ressent dans cette situation extraordinaire est celui du dévoilement des plus hauts sentiments dans le cœur, et des plus hauts dévoilements spirituels dans les forces de l’intellect.

Aussi, lorsque est venu pour nous le moment de partir et que j’ai repensé à tous les moments que nous avions vécus, que j’ai revu toutes les images de notre séjour qui se sont imprimées dans ma mémoire, ce sont des paroles du Baal-Chem-Tov qui m’ont réconforté. Le Baal-Chem-Tov disait qu’il aime tout particulièrement les jours qui suivent la Fête de Chavouoth car il aime à regarder la façon dont la lumière de la Torah que nous avons reçu le jour de Chavouoth se répand pendant les jours qui suivent la Fête dans tous les aspects de notre Vie.

Vivre dans les 4 coudées du Rabbi c’est être comme un rayon de soleil à l’intérieur du soleil, mais quitter la Maison du Rabbi c’est devenir un rayon du soleil qui éclaire le monde extérieur, car le rayon ne commence à éclairer que lorsqu’il qu’il quitte sa source et qu’il s’en éloigne. C’est pourquoi les paroles du Baal-Chem-Tov furent pour moi d’un grand réconfort, car quitter la Maison du Rabbi allait finalement nous permettre de voir de quelle manière la lumière du Rabbi allait se répandre dans tous les aspects de l’Existence durant les jours qui suivirent notre retour sur la Terre d’Israël.

Les choses ne se firent pas attendre car quelques jours après notre arrivée ma famille et moi-même furent conviés aux soirées du Hakhel qui commémoraient le premier Yortseït du Rav Eliézer ben Rav Moshé Nisilevitch. Lors de la première soirée, il fut conclu l’écriture d’un Séfer-Torah et j’eus alors l’occasion de réfléchir au fait que le jour du Yortseït tombait dans la semaine de la Paracha Béaaloté’ha. L’Admour Hazaken a souligné l’importance d’ouvrir les yeux sur le lien entre le contenu spirituel de la Paracha de la semaine avec les évènements de notre vie qui se produisent pendant cette semaine. Il existait un rapport que je me devais de trouver entre les enseignements du Rabbi sur la Paracha Béaaloté’ha et le jour du Yortseît du Rav Eliézer Nisilevitch.

Dans le Dvar Mal’hout sur la Paracha Chemot le Rabbi rapporte que Rabbi El’azar ben Azaria lorsqu’il remplaça Raban Gamliel à la tête du Sanhédrin déclara qu’il fallait évoquer la sortie d’Egypte également ‘pendant la nuit’ (Brakhot, 28a). A l’opposé de l’avis Rabbi El’azar ben Azaria, les Sages pensaient que l’on doit mentionner la sortie d’Egypte seulement pendant le ‘jour’ car ils excluaient la possibilité de se confronter pendant la ‘nuit’ aux forces du mal.

Le Rabbi illustre l’attitude des Sages par le fait que Raban Gamliel interdisait l’entrée dans le Beït-ha-Midrache aux élèves qui n’avaient pas atteint une parfaite intégrité dans leur service divin. A l’opposé, lorsque Rabbi El’azar-ben-Azaria remplaça Raban Gamliel à la tête du Sanhédrin, il fit congédier le gardien du Beït-ha-Midrach, afin de donner libre accès à tous ceux qui désiraient étudier la Torah de D.ieu.
Il n’était pas question, selon le nouveau Prince d’Israël, de faire de différences entre la ‘nuit’ et le ‘jour’, entre ceux qui avaient atteint un niveau supérieur et ceux qui ne l’avaient pas encore atteint.

L’attitude de Rabbi El’azar telle quelle est décrite ici dans ces enseignements du Rabbi s’accorde parfaitement à l’attitude de tous les Chlou’him (Emissaires) du Rabbi en général, et tout particulièrement avec celle du Rav Nisilevitch dont le prénom Eliézer n’est pas sans être lié à celui de Rabbi El’azar ben Azaria.

En effet, l’attitude du Rav Eliézer, de son épouse Mora-‘Haya, de leurs enfants et de tous leurs proches, est telle l’attitude préconisée par Rabbi El’azar-ben-Azaria, laquelle s’accorde parfaitement à la déclaration du Machia’h au Baal-Chem-Tov selon laquelle : ‘Je viendrai lorsque tes sources se répandront à l’extérieur !’,

‘à l’extérieur !’ : ‘à tout endroit !’, ce qui signifie que les enseignements du Baal-Chem-Tov doivent toucher le cœur des plus insensibles, ils doivent atteindre même celui qui n’a pas encore atteint la perfection dans son service divin.

Depuis l’arrivée à Aubervilliers, en 1960, du Rav et de la Rabbanite Kalmenson jusqu’à aujourd’hui, les efforts de chacun allèrent en ce sens. En fait, après le décés du Rabbi Rachab ont commencé en Russie les décrets émis à l’encontre de la Torah et en 5662 le Rabbi Yossef-Yits’hak et neufs élèves de la Yéchiva Tom’heï Temimim prêtèrent serment de donner leurs Vies pour la Torah, jusqu’à leur dernière goutte de sang.

A l’évidence le Tsaddik véritable est bien celui qui ne recherche jamais son propre bien, même pas celui d’assouvir sa soif de servir D.ieu, le Tsaddik véritable est celui qui désire continuellement dévoiler l’Essence divine dans le monde. Peut-être que lorsqu’en 1965 eut lieu l’achat de l’établissement actuel de la communauté Chné-Or dans la rue André Karman qui était alors la rue de la Goutte d’or, que le Rav Kalmenson fit le rapport avec le serment du Rabbi Rayats et de ses neuf élèves. Peut-être que la Providence divine lui fit voir dans le nom de la rue de la ‘goutte d’or’ la force de sa mission et de la mission de tous ceux qui l’entouraient, car la valeur de cette ‘dernière goutte de sang’ est celle d’une ‘goutte d’or’, et même plus encore.

Toujours est-il qu’à l’exemple du Rabbi Précédent et de ses 9 élèves, la famille Kalmenlson et la famille Nisilevitch consacrent leur Vie jusqu’à aujourd’hui pour la Torah et pour l’Education Juive.

J’observais de ma place les personnes présentes à la soirée du Yortseït du Rav Nisilevitch, j’écoutais leurs témoignages et comprenais davantage la correspondance entre le contenu profond de la Paracha Béaalotéha et le jour du Yortseït de Rav Eliézer.

Il est écrit dans la Paracha Béaaloté’ha (8, 1) :
‘L’Eternel parla à Moché en ces termes : ‘Parle à Aaron et dis-lui : quand tu feras monter les lumières, de la Ménorah….’
Rachi explique que puisque la flamme monte, on emploie pour l’allumage de ces lumières l’expression « monter ». Il fallait allumer jusqu’à ce que la flamme monte d’elle-même.

L’âme d’un juif est elle-même comparée à une flamme, car de même que la flamme du feu s’élève constamment vers le haut car elle désire retourner dans sa source qui est dans le ciel, l’âme d’un Juif s’élève vers le haut, car elle désire constamment retourner à sa source, à retrouver son Père qui est dans le ciel.

Aussi, comme pour les flammes de la Ménorah qu’il fallait allumer jusqu’à ce qu’elles montent d’elles-mêmes, les ‘Hassidim du Rabbi ont pour mission de réveiller la flamme qui brûle dans le cœur de chaque Juif, et c’est à ce sujet que le Rabbi nous enseigne que ‘le désir le plus profond qui se trouve dans le cœur de chaque Juif est le dévoilement de D.ieu’. La raison en est simple, ‘l’Essence de l’âme Juive est enracinée dans l’Essence divine’. Dans ce cas, le Rav enseignera la Torah à son élève en lui donnant les moyens de pouvoir l’étudier ensuite avec ses propres moyens, c’est à dire sans qu’il n’ait plus besoin de l’aide du Rav pour se consacrer à l’étude. Le Rav devra pour cela éveiller l’amour et la crainte de D.ieu de son élève et quand il y parvient, quand l’élève désire de lui-même accomplir la Volonté de D.ieu qui est exprimée dans la Torah et étudier la Torah pour unir son esprit à l’Esprit divin, alors le Rav peut se réjouir d’être parvenu à ce que la flamme de son élève ‘monte d’elle-même’, comme les flammes de la Ménorah qu’Aaron avait pour mission de ‘faire monter’.

Rav David Nisilevitch, le frère de Rav Eliézer, était assis à côté de moi, et peu de temps après avoir engagé une discussion avec lui, il me dit que leur père, Rav Moshé Nisilevitch, pleurait quand il disait la Prière de la Amida. J’imaginais la force de ces larmes, j’imaginais qu’elles étaient aussi le ciment de l’éducation que Rav Moshé avait donnée à ses enfants, et je voyais ces mêmes larmes qui brillaient dans la couleur bleue des yeux de son fils, Rav David. J’écoutais ensuite avec une grande attention Rav Arié, le fils de Rav Eliézer, parler de son père. Rav Arié racontait que peu de temps avant de quitter ce monde, son père, Rav Eliézer, lui fit le geste que le Rabbi avait l’habitude de faire : ce mouvement impulsif du bras qui part du bas et va vers le haut, ce mouvement qui inspire le passage de l’obscurité vers la lumière et qui nous intime l’ordre de réagir et de faire tout ce qui est en notre pouvoir pour nous dégager de l’exil et provoquer la Délivrance.

Rabbi Yossef-Yit’hak rapporte un discours ‘Hassidique de son père, le Rabbi Rachab, dans lequel il est dit que la Torah ne peut être acquise que par le don de soi. Certes on peut étudier la Torah sans faire le don de sa propre personne, mais c’est grâce à ce don que l’on peut en révéler l’Essence. En écoutant les témoignages de ceux qui avaient connu le Rav Eliézer, je me rendais compte à quel point ils s’accordaient aux paroles du Rabbi Rachab. D.ieu Hachem Israël et la Torah ne font qu’Un.

Il est écrit dans la Paracha Béaaloté’ha (10, 2) : ‘Fais pour toi deux trompettes en argent massif’.
Au sujet de ce verset, le Rabbi rapporte l’enseignement du Maguid de Mèzeritch selon lequel le mot ‘hatsotséroth (trompettes) se decompose de la manière suivante : ‘Hètsi-tsoura qui signifie : la moitié d’une forme. Comme les deux moitiés d’une seule et même forme, Hachem et l’Assemblée d’Israël sont comme deux moitiés qui une fois réunies ne font qu’Un. Plus encore, le Rabbi applique cet enseignement a la Mitsvah dAhavat Israel et nous enseigne que chaque Juif doit savoir et ressentir ‘qu’à lui seul il n’est qu’une moitié et que pour atteindre l’entièreté, la totalité, il doit s’unir avec l’autre, ainsi qu’il est dit : ‘Tu aimeras ton prochain comme toi-même’.

Le Rabbi établit le lien entre ces deux explications :
Ressentir qu’Hachem et Israël ne font qu’Un nous amène à ressentir que nous faisons Un avec un autre Juif, car tous les enfants d’Israël sont des frères par le fait que leurs âmes ont toutes les deux un même Père, ainsi que l’explique l’Admour Hazaken au chapitre 32 du Livre du Tanya.

Le Rav Nisilevitch a donné tout ce qu’il possédait pour l’Ecole ‘Chné-Or’. Le nom ‘Chnéor’ signifie ‘deux lumières’ et le Rabbi nous fait remarquer que ces ‘deux lumières’ se fondent en Un seul nom. D’après l’enseignement du Rabbi, ces ‘deux lumières’ représentent la partie révélée et la partie profonde de la Torah, ainsi le nom de l’Admour Hazaken : Chnéor-Zalman, l’Auteur du Choul’han-Aroukh et du Livre du Tanya, exprime le fait que l’Admour Hazaken a établi le lien entre la partie révélée de la Torah (le Choul’han Aroukh) et sa partie cachée (le Livre du Tanya). L’Admour Hazaken est parvenu à unir le monde spirituel avec le monde matériel, à dévoiler l’Essence cachée dans ce monde matériel.

Peut-être nous est-il permis de dire que les parents et les enfants de l’Ecole Chné-Or apportent eux-mêmes une lumière dans l’Ecole, et que les dirigeants et les enseignants apportent eux-aussi leurs propres lumières. Dans ce cas, le Nom de l’Ecole ‘Chné-Or’ exprime le fait que ces deux lumières se fondent en Une seule Lumière : la Lumière du Rabbi, cette Lumière que ma famille et moi-même avions vu quand nous étions au 770, cette même Lumière que nous avons vue se répandre pendant le Hakhel qui commémorait le premier Yortseït du Rav Nisilevitch. Cette Lumière qui brillait dans les pensées les paroles et les actes de Mora ‘Haya, l’épouse de Rav Eliézer, et dans ceux de chacun de ses enfants, et de tous les membres de sa famille et de tous leurs amis qui étaient présents.

Qu’Hachem les bénissent et les protègent, afin que chacun d’entre-eux aille ‘de prodiges en prodiges’ pour continuer sa mission sacrée, à l’exemple de Rabbi El’azar ben Azaria qui ouvrit les portes de la Yéchiva à tous ceux qui désiraient étudier la Torah de D.ieu, sans faire de sélection, sans considérer le niveau de chacun.

Le Rabbi nous enseigne que Rabbi El’azar ben Azaria reçut une aide d’un niveau Divin qui dépasse celui de l’enchaînement des mondes, et qu’avec l’aide d’HAchem qu’il en soit ainsi pour tous ceux qui se consacrent à l’épanouissement de l’Ecole ‘Chné-Or’, qu’il s’agisse de tous les membres de la famille du Rav Eliézer Nisilévitch, ou qu’il s’agisse des dirigeants de l’Ecole Chné-Or, de ses élèves et de leurs parents, qu’Hachem les place toujours sous la Lumière du Rabbi, la Lumière de l’Essence de la Torah, jusqu’au moment du Dévoilement de notre Juste Machia’h, avec l’aide de D.ieu, dès-à-présent.

Dédié au Rav Eliézer Nisilévitch.


Chavouot à la lumière du Dvar Mal’hout, par le Rav Yaacov Abergel

Chavouot à la lumière du Dvar Mal’hout, par le Rav Yaacov Abergel

(Pour le mérite de David, Rou’hama et ‘Haya Mouchka Silverstein et de Mickaël et Léa Engelson) 
‘Les gens pensent que la ‘Hassidouth est une explication du Zohar, mais en réalité c’est le contraire qui est vrai’ :
Les enseignements nouveaux : les ‘Hidouchim que les Sages d’Israël ont dévoilés jusqu’à aujourdhui furent tous donnés à Moché le jour du don de la Torah. Ainsi, lorsqu’un Juif fait un ‘Hidouch, il révèle un enseignement qui existait déjà mais qui demeurait jusqu’à présent caché. Le Rabbi explique la raison à cela en expliquant que chaque enseignement nouveau qu’un Sage a le mérite de révéler vient précisément à un moment opportun, c’est à dire quand il est nécessaire que le peuple d’Israël découvre cet enseignement.
Aussi, bien que la ‘Hassidouth fut donnée à Moché sur le Mont-Sinaï, elle demeura cachée et ne fut révélée que bien plus tard, à l’époque du Baal Chem Tov, car c’est précisément en ce temps-là que le peuple d’Israël en avait besoin. En effet, à cet époque le peuple d’Israël fut dévasté par les pogroms et il était tel un homme qui avait perdu connaissance. Or, il est connu que pour réveiller une personne évanouie, on lui murmure à l’oreille son nom.
Ce fut la mission du Baal-Chem-Tov dont le prénom est ‘Israël’ car il murmura à l’oreille de chaque Juif, du plus simple au plus érudit, des paroles de Torah qui eurent le pouvoir de les ramener à la vie.
Le Rabbi rapporte dans son ouvrage intitulé ‘Iniana chel Torat ha-‘Hassidout’ la déclaration du Rabbi Rachab selon laquelle ‘les gens pensent que la ‘Hassidouth est une explication du Zohar, mais en réalité c’est le contraire qui est vrai’. De fait, la ‘Hassidouth est l’Essence de la Torah et si dans le temps, sa révélation fut précédée par celle de la Kabbale ce n’est pas parce qu’elle a moins d’importance qu’Elle. Bien au contraire, la ‘Hassidouth est comparée à l’Huile car de même que l’Huile flotte au-dessus de tous les autres liquides, la ‘Hassidout se situe au-dessus de tous les paliers d’interpretation de la Torah a lexemple de ‘L’Esprit du Machia’h qui planait au-dessus des eaux’ au moment de la Création du monde. Le Rabbi nous enseigne que la ‘Hassidouth fut dévoilée par le Baal Chem Tov car c’est à son époque que le Peuple d’Israël en avait le plus besoin. A ce sujet, Rabbi Zushé d’Anipoli a lui-même déclaré que ‘le Livre du Tanya nous conduira à la Délivrance’.
‘Israël ne connaîtra la guérison complète que lorsqu’il découvrira la 50ième Porte de la Connaissance’ :
Le jour de Chavouoth est lié au Don de ‘la Torah ‘Hadacha’ (‘la Torah Nouvelle’) au sujet de laquelle l’Eternel déclare : ‘Une nouvelle Torah sortira de Moi. Hachem dévoilera à tous les enfants d’Israël par l’intermédiaire du Machia’h ‘la 50ième Porte de la Connaissance’. C’est à ce sujet que le Rabbi explique que la valeur numérique du mot ‘holé’ (‘malade’) est égale à ’49’ car Israël ne connaîtra la guérison complète que lorsqu’il découvrira la 50ième Porte de la Connaissance. Par ailleurs, Chavouoth est le jour où l’âme du Roi David et celle du Baal Chem Tov s’élevèrent vers les mondes supérieurs. Le Rabbi nous enseigne que le Machia’h est lui-même un Roi (comme le Roi David) et aussi un Rav (comme le Baal Chem Tov). Il est celui grâce à qui Israël reprendra véritablement connaissance, ainsi qu’il est dit (fin d’Ychaya) : ‘Le monde sera imprégné de la connaissance de D.ieu comme l’eau de la mer recouvre le sable’.
Le Don de la Torah représente le dévoilement de l’Essence divine. Le Rabbi nous enseigne que le ‘Hidouch essentiel de Matan-Torah fut que la force de l’Essence divine se dévoila dans la Torah. Par cela il y eu un ‘Hidouch dans la Torah et dans les Mitsvoth (lesquels ont le pouvoir de transformer le monde). Il y eut également un ‘Hidouch pour les enfants d’Israël qui reçurent la Torah et en devinrent les propriétaires du fait que la Torah a le pouvoir de dévoiler l’Essence de l’âme des enfants d’Israël.
La qualité de l’Essence divine est qu’elle agit dans le monde, du fait ‘qu’elle est élevée au-dessus du monde et au-dessus de ce qui est au-delà du monde’. C’est précisément pour cela que l’Essence divine peut pénétrer et agir dans tous les endroits, qu’ils soient matériels ou spirituels, et tout cela provient de la perfection infinie de l’Essence. La force de l’Essence divine qui pénétra dans la Torah et les Mitsvoth pénétra aussi dans le monde et le transforma.
Le dévoilement de l’Essence divine à Matan-Torah s’exprime par le fait que le Nom divin ‘Havayéh’ Se révéla dans l’âme et dans le corps de chaque Juif. Hachem dévoila Son Essence dans la Torah ainsi qu’il est écrit ‘J’ai écrit Mon Essence et Je L’ai donnée’. Cela eut pour effet que même lorsque l’Ame descend dans l’obscurité du monde et s’habille dans le corps, Elle est toujours ‘une parcelle véritable de Divinité d’en-haut’ , et quand un Juif étudie la Torah ou accomplit les Commandements divins, la force du lien qui l’unit à l’Essence de D.ieu se dévoile en Lui.
C’est à ce sujet qu’il est dit : ‘Je (Anohi) suis L’Eternel (Havayéh) Ton D.ieu (Elokeï’ha) : Ano’hi représente ici le dévoilement de l’Essence divine et avec Matan-Torah L’Eternel (Havayéh) est devenu Ton D.ieu (Elokeï’ha), c’est à dire que la possibilité nous fut donnée de dévoiler en nous-mêmes, l’âme dans le corps, l’Essence divine.
Le Rabbi nous enseigne que plus le niveau de Divin se dévoile en nous-même lorsque notre soumission est la plus profonde. En d’autres termes, plus un Juif Se rapproche du Divin et plus il est soumis et plus Il se soumet à D.ieu plus il attire le Divin, car ‘D.ieu ne réside que dans un endroit qui lui est parfaitement soumis’. Aussi, chaque Juif possède la force de se soumettre totalement à D.ieu et cela au point d’être prêt à sacrifier sa propre vie si cela est nécessaire. C’est précisément parce qu’il possède cette force de soumission qu’il est capable d’agir dans ce monde matériel et de combattre le mauvais penchant. C’est aussi pour cette raison que la Torah a été donnée dans ce monde ici-bas, afin de purifier ce monde matériel et de vaincre le mauvais penchant.
Le dévoilement de l’Essence divine à Matan-Torah s’exprime par le fait que le Nom divin ‘Havayéh’ Se révéla dans l’âme et dans le corps de chaque Juif. Les quatre Lettres du Nom Havayéh correspondent aux dix forces de l’âme : ‘Ho’hmah (Lettre ‘Youde’) Binah (Lettre ‘Hé’) les six Midot (Lettre ‘Vav’) et Mal’hout (Lettre ‘Hé) ‘ et pour que la lumière divine puisse se dévoiler aussi dans le corps matériel, car c’est cela l’essentiel du ‘Hidouch de Matan-Torah, D.ieu créa le corps des Juifs de manière qu’il convienne à l’âme. C’est la raison pour laquelle D.ieu a formé le corps matériel des Juifs à l’image du Nom Havayéh, afin qu’il soit apte à recevoir le dévoilement de la lumière de l’âme (‘Tsourat ha-nafchi’ d’après le Rabbi Maharach) : la tête est à l’image de la Lettre Youde (telle un point) et le corps est tel la Lettre Vav (tel un axe), les cinq doigts de la main et les cinq doigts des pieds sont comme les deux Lettres Hé du Nom Havayéh (la valeur numérique de la lettre Hé est égale à cinq).
‘Mal’hout ché bé Mal’hout’ :
Dans le compte du Omer le jour de ‘Mal’hout ché bé Mal’hout’ est le jour qui précède le Jour du don de la Torah, le Jour de Chavouot. Pendant tous les jours du compte de l’Omer (49 jours qui correspondent à la transformation des 7 midot de l’âme animale. Chaque ‘mida’ de l’âme animale inclut en elle les 7 ‘midot’ (‘Hessed, Gvurah, Tifféreth, Netsa’h, Hod Yessod et Mal’hout), donc les 7 midot sont composées par 49 facettes (7 fois 7) et à la fin de 49 jours on parvient à la fin du raffinement des 49 facettes de l’âme animale. On a alors transformé ces 49 aspects négatifs de l’âme animale en des aspects positifs et sommes désormais aptes à recevoir le dévoilement de l’Essence divine le jour de Chavouoth.
Dans l’âme de l’homme il y a la mida de Mal’hout qui correspond au second ‘Hé’ du Nom divin Havayéh. Dans le Livre du Tanya l’Admour Hazaken écrit que la séfira de Mal’hout exprime ‘la crainte inférieure’ ou, autrement dit, ‘Kabalat ol Mal’hout Chamaïm’ : ‘l’acceptation du joug divin’ à l’exemple d’un serviteur qui sert son maître tout en ressentant de la crainte.
La séfira de Mal’hout représente la Parole divine : ‘les dix Paroles’ au moyen desquelles L’Eternel créé et vivifie tous les mondes et tous les êtres de la Création. L’Admour Hazaken ajoute dans ‘Iguéreth ha Téchouva’ qu’un roi de chair et de sang gouverne son peuple également au moyen de sa parole. De fait, la force de la parole est allusionnée par la lettre ‘Hé’ car la source de la parole de l’homme est ce souffle qui provient de son cœur et que l’on entend lorsque l’on prononce la lettre Hé.
‘Mal’hout ché bé Mal’hout’ représente l’Essence même de ‘Kabbalat ol’, c’est à dire l’Essence de notre acceptation du joug divin. Un Juif, après avoir compté tous les jours du compte de l’Omer doit parvenir à la décision d’accepter de prendre sur lui le joug de la Torah et des Commandements divins.
Le désir le plus essentiel qui se cache dans le cœur de chaque Juif est que sa propre volonté se fonde en celle de D.ieu, et lorsqu’il décide que D.ieu est son Roi il ne fait qu’exprimer le désir de son âme. L’Essence de l’âme Juive (qui est enracinée dans l’Essence divine) ressent le Divin et Le désire constamment, aussi, ‘Mal’hout ché bé Mal’hout’ est l’expression de notre plus profond désir : celui de recevoir le dévoilement de D.ieu dans notre âme et dans notre corps. Ainsi, à la veille du Jour de Chavouot, chaque Juif décide de manière profonde d’être un serviteur de D.ieu au point que L’Eternel soit son D.ieu ainsi qu’il est dit : ‘Je (Anohi) suis L’Eternel (Havayéh) Ton D.ieu (Elokeï’ha). Par cette décision il devient un réceptacle pour recevoir, par l’intermédiaire de la Torah, l’Essence divine ainsi que D.ieu l’a déclaré : ‘J’ai écrit Mon essence et Je L’ai donnée’.
C’est à l’évidence grâce à notre attachement au Rabbi que nous pourrons recevoir un tel dévoilement. L’œuvre du Rabbi intitulée Dvar Mal’hout n’exprime-t-il pas le fait que le Rabbi lui-même est le Roi (Mal’hout) qui dirige le peuple au moyen de sa parole (Dvar). Les paroles des enseignements du Rabbi nous dirigent véritablement et nous donnent les moyens de nous soumettre à D.ieu au point que toutes nos pensées toutes nos paroles et toutes nos actions ont pour but de faire tout ce qui en notre pouvoir pour provoquer le dévoilement du Machia’h.
Le cinquantième jour de l’Omer représente lui-même le dévoilement de l’Essence de la Torah (la Torah ‘Hadacha) au moment de la Délivrance finale. Or, la Torah ‘Hadacha est liée à l’attribut divin de ‘Binah’ du fait qu’elle elle est ‘le dévoilement de la cinquantième porte de la Connaissance’. L’attribut de ‘Binah’ est lui-même défini par la ‘Hassidout comme la qualité de comprendre une chose à partir d’une (autre) chose : ‘léavin davar mito’h davar’.
Rabbi Shimon Bar Yo’haï nous a enseigne que D.ieu Israël et la Torah ne font qu’Un. Il est possible d’expliquer cet enseignement en disant que comprendre de manière très profonde la Torah de D.ieu et ne faire qu’Un avec Elle implique forcement de ne faire qu’Un avec un autre Juif. C’est à dire que plus nous nous efforçons d’aimer un autre Juif plus L’Eternel nous ouvre la Porte de la compréhension de la Torah. Or, c’est précisément grâce au Rabbi que nous parvenons à ce niveau. Chacun doit commencer par ‘s’accrocher à la poignée du Wagon dans lequel voyage le Rabbi’, en apprenant à consacrer toutes ses pensées, toutes ses paroles et toutes ses actions au dévoilement de notre Juste Machia’h, car telle est la définition que le Rabbi nous donne du contenu profond de. Parvenir à la Royauté du Machia’h en devenant nous-mêmes Rois sur nos pensées nos paroles et nos actes de façons à ce qu’elles soient toutes l’expression de notre désir le plus profond : le dévoilement de D.ieu, du Machia’h et de la Torah ‘Hadacha, avec l’aide d’Hachem, dès à présent.
Texte et Audio : Matot-Masseï à la lumière du Dvar Mal’hout – Rav Yaacov Abergel

Texte et Audio : Emor à la Lumière du Dvar Mal’hout – Rav Yaakov Abergel

 

(Pour le mérite d’Itz’hak Tangi, avec une pluie de Bénédictions pour ‘aller de prodiges en prodiges’ avec l’aide d’Hachem)

 

Dans le Dvar Mal’hout sur la Paracha Emor le Rabbi poursuit l’enseignement sur les Parachiot A’hareï-Kédochim et nous donne des approfondissements sur la signification des mots Gola et Guéoulah :

Il est écrit au tout début de la Torah : ‘Au commencement D.ieu créa le ciel et la terre. Or la terre était informe et vide, et les ténèbres étaient sur la face de l’abîme, et l’Esprit de D.ieu planait sur la surface des eaux’.

A la lecture de ce premier verset de la Torah il est possible de comprendre que le monde tel qu’il fut créé n’avait pas atteint la plus totale perfection car l’Esprit de D.ieu n’était pas dévoilé sur la terre car il ne faisait que ‘planer au-dessus des eaux’.

Il est écrit dans le Midrach Raba que ‘l’Esprit de D.ieu’ désigne l’esprit du Machia’h. Ainsi, le but de la Création est le dévoilement de la Présence divine et du Roi Machia’h (‘l’Esprit de D.ieu’) afin que le monde atteigne sa perfection, que la terre ne soit plus ‘informe et vide’ et que la lumière remplace ‘les ténèbres’. C’est précisément par l’action de l’homme que le monde atteint sa perfection, qu’il n’est plus ‘informe et vide’ et notre mission consiste à faire pénétrer la lumière divine, symbolisée par la lettre ‘Aleph’ car elle est la première lettre de ‘Aloupho chel olam’ (‘Maître du monde’) dans l’obscurité de l’exil. Cela s’exprime par le fait d’ajouter la lettre ‘Aleph’ au mot ‘Gola’ (‘l’Exil’) car on obtient dans ce cas le mot ‘Guéoulah’ (‘la Délivrance’).

Les trois niveaux de la Lettre ‘Aleph’ :
Dans le Dvar Mal’hout sur notre Paracha, le Rabbi nous enseigne trois niveaux de la lettre ‘Aleph’ qui correspondent aux trois étapes nécessaires dans notre service divin :

*Le premier niveau est celui de la lettre ‘Aleph’ telle que la première lettre de ‘Aloupho chel olam’ (‘Maître du monde’) : faire pénétrer le ‘Aleph’ dans le mot ‘Gola’ afin d’obtenir la Guéoulah, signifie dans ce cas que l’on a pour devoir de comprendre, de ressentir, et d’enseigner à l’exemple d’Avraham qui reconnaissait l’Eternel à travers tous les détails de la Création, ‘qu’il n’y a rien en dehors de Lui’. Il est le Saint béni soit-Il, Le Maître du monde et de tout ce qu’il contient.

Reconnaitre qu’il n’y a rien en dehors d’Hachem s’exprime tout particulièrement dans la prière de ‘Modé-ani’ que nous recitons a notre réveil dès que nous ouvrons les yeux. D’après le sens simple (le Pchat), nous récitons la prière de ‘Modé Ani’ afin d’exprimer notre reconnaissance au Roi du monde de nous redonner la vie en nous rendant notre âme. Cependant, la ‘Hassidout ne contredit pas cette explication, mais elle vient ajouter qu’il ne s’agit pas de n’importe quelle âme, ni de n’importe quelle vie. La ‘Hassidout met l’accent sur l’importance de rendre grâce à L’Eternel de nous avoir donné une âme Juive par laquelle nous pouvons percevoir le Divin caché en nous-même et dans ce monde.

*Le second niveau est celui de l’étude de la Torah car ‘Aleph’ s’apparente également au mot ‘Oulpena’ qui désigne l’étude. De fait, ‘Aleph’ est également liée à l’expression ‘Aalphé’ha ‘Ho’hmah’ : ‘Je t’enseignerai la Sagesse’ (Livre de Job, 33, 33).

Dans le Likouteï-Si’hot (‘Hélek 7, page 327), le Rabbi commente le premier verset de notre Paracha : ‘Dis aux Cohanim, les fils d’Aaron, et tu leur diras’.
Apparemment ce verset dit deux fois la même chose : ‘Dis aux Cohanim’ et ‘tu leur diras’.

Les Sages expliquent que ‘Dis’ et ‘tu leur diras’ signifient que les grands doivent expliquer aux petits.

Par ailleurs, l’homme est appelé ‘Olam katan’ : ‘petit monde’, et de même qu’il existe dans le monde des petits et des grands, de-même dans l’homme lui-même (‘le petit monde’) il y a le ‘grand’ et il y a le ‘petit’. Le ‘grand’ qui est dans l’homme c’est sa ‘tête’, les forces de son intellect, sa sagesse, lesquelles représentent le plus haut niveau de l’homme.

Le ‘petit’ qui est dans l’homme ce sont les autres membres du corps. Ce sont les actes qu’il accomplit, qui correspondent à un niveau inférieur à la tête.
Aussi, le principe selon lequel ‘le grand doit prévenir le petit’ s’applique à l’homme lui-même c’est-à-dire que la tête doit contrôler et guider nos actions.
C’est à cela que s’applique l’enseignement d’après lequel ‘Grande est l’étude qui mène à l’action’. L’objectif de l’étude de la Torah est qu’elle doit provoquer que l’élève l’enseigne à son tour. Pour que la Torah soit préservée et que soit maintenue vivante la Parole divine. Une étude qui n’agit pas en ce sens n’a pas de réelle valeur. L’étude véritable est celle qui amène à l’action concrète.

*Enfin le troisième niveau de la lettre ‘Aleph’ représente l’Essence divine. Les trois lettres du mot ‘Aleph’ : Aleph, Lamed, Pé sont aussi celles du mot Pélé : Miraculeux et ce troisième niveau est donc celui de la révélation de l’Essence divine dans ce monde.

‘La Parole divine n’est pas comme celle des hommes, car la parole humaine est inerte, alors que les articulations de la parole divine sont douées de volonté et de sagesse’ :

Il est intéressant de remarquer que la première lettre du mot hébreu : ‘Emor’ est un ‘Aleph’.
La première lettre de chaque mot de la Torah a une importance particulière. En effet, la première place qu’elle occupe dans le mot indique qu’elle influence la signification profonde du mot lui-même.

Cela s’accorde ici avec cet enseignement du Rabbi selon lequel ‘la tête doit contrôler et guider nos actions’.
De fait, ‘la tête’, la première lettre du mot ‘Emor’, la lettre ‘Aleph’, première de l’alphabet hébraïque, ‘contrôle et guide tous les membres du corps’, c’est à dire les autres lettres de ce mot (la lettre ‘Mem’ et la lettre ‘Rech’).

Les Lettres du mot ‘Emor’ :
*La première lettre du mot ‘Emor’, la lettre Aleph désigne le Maître du monde : ‘Aloupho chel Olam’. Par ailleurs Aleph est la premiere Lettre du mot ‘Ano’hi’ : ‘Je suis l’Eternel Ton D.ieu…’, premier mot des Dix Commandements que l’Eternel prononça le jour du don de la Torah.

*La lettre ‘Mem’, seconde lettre du mot ‘Emor’, qui a pour valeur numérique 40, fait allusion aux quarante jours et aux quarante nuits durant lesquels l’Eternel enseigna la Torah à Moché sur le Mont Sinaï.

La place du ‘Aleph’ (l’Essence divine) juste devant la lettre Mem (l’étude de la Torah) est une allusion au fait que ‘l’Essence divine, l’Essence de l’âme d’un juif et l’Essence de la Torah ne font qu’Un’.

De même que ‘la tête contrôle et guide nos actions’, l’Essence divine, ‘la Tête’, est unie avec notre Torah et avec notre âme.
Aussi, lorsque nous révélons en nous-même la force de l’Essence de notre âme, nous parvenons au niveau de Moché, lequel étudia pendant quarante jours et quarante nuits avec l’Eternel. La Torah doit faire ‘Un’ avec nous-même, qu’il fasse jour ou qu’il fasse nuit, que nous soyons dans une situation obscure, ou que nous soyons dans une situation lumineuse, ainsi qu’il est écrit ‘la nuit brillera comme le jour’.

*La Lettre ‘Rech’ qui est la troisième et dernière du mot ‘Emor’, d’après l’enseignement des Sages, ressemble à la lettre ‘Daleth’. Le seul détail qui différencie le ‘Rech’ du ‘Daleth’ est un ‘Youde’. En effet, si on ajoute un petit ‘Youde’ dans le coin arrondi supérieur droit du ‘Rech’, le ‘Rech’ devient alors un ‘Daleth’.
Le ‘Youde’ qui est la plus petite lettre de l’alphabet, représente l’humilité, il exprime la soumission, et c’est précisément cette qualité qui est absente dans la lettre ‘Rech’.

C’est pourquoi le ‘Rech’ est la première des lettres du mot ‘Racha’ (Méchant). Car le Méchant ne se soumet pas à la Volonté du Saint béni soit-Il. C’est également pour cela que le ‘Rech’ qui est aussi la première Lettre du mot ‘Roch’ (la ‘Tête’) représente la ‘Tête des Klipoth’ c’est à dire ‘la Tête des forces du mal’ qui n’est autre que la Séfira de Mal’hout (le souffle divin qui crée et maintient en vie toute la Création), lorsque celle-ci est dans un état d’exil.

Cependant, selon le principe que ‘chaque chose qui descend très bas (les Klipoth) peut être élevée à un niveau supérieur’, la Lettre ‘Rech’ peut aussi désigner le niveau supérieur de Kéter du fait que Kéter désigne la Couronne de la Tête qui surplombe l’enchaînement des mondes.

Ainsi, d’après le principe selon lequel ‘le commencement est ancré dans la fin’, lorsque la Lettre Aleph, le ‘commencement’ du mot ‘Emor’, illumine la lettre ‘Rech’, la ‘fin’ du mot, le ‘Rech’ s’élève au niveau supérieur de Kéter.

Comme il a été dit précédemment c’est la qualité de soumission laquelle est symbolisée par la Lettre ‘Youde’ qui manque à la lettre ‘Rech’. La forme du Youde qui est un simple petit point symbolise l’humilité et la soumission et dans ce cas il apparait à l’évidence que la soumission est indispensable pour être un réceptacle capable de recevoir la lumière du ‘Aleph’ et parvenir grâce à cette lumière à un niveau supérieur.

La Lettre Aleph représente la Lumière du Rabbi qui est lui-même telle une ‘Couronne qui surplombe’ l’Assemblée d’Israël. Le Rabbi dévoile l’Essence de l’âme des enfants d’Israël dont le niveau est même supérieur au niveau de l’âme appelé Yé’hida qui correspond au niveau de Kéter. La Lumière du Rabbi est Celle du dévoilement de l’Essence divine et du fait que ‘L’Eternel ne réside que dans un endroit qui Lui est parfaitement soumis’ il est indispensable d’être totalement soumis au Rabbi pour recevoir ce dévoilement supérieur de la Lumière du Rabbi.

Cela s’exprime avec d’autant plus de force, pendant cette période. Nous lisons, en effet, ce Chabbat la Paracha Emor, et à la sortie du Chabbat commence à briller le trente-troisième jour de l’Omer, qui est celui de la lumière de Rabbi Chimon Bar Yo’haï.

De fait, notre attachement aux Maîtres de l’enseignement de la partie profonde de la Torah s’exprime pendant la période du compte de l’Omer et tout particulièrement en ce jour.

A la lumière de ce qu’il vient d’être dit, nous comprenons que notre attachement au Rabbi (‘Aleph’) et à son enseignement (‘Mem’) permettent de transformer la nature de notre âme animale (‘Rech’) et ce faisant nous prépare au dévoilement de l’Essence de la Torah. C’est également à cela que s’accorde l’enseignement des Sages selon lequel, en prolongeant la lettre ‘Rech’ (le ‘Rech’ du mot ‘Racha’), celui-ci devient la lettre Kaf, laquelle est la première lettre du mot ‘Kéter’ : ‘Couronne’.

 

La Lettre ‘Youde’ :
Le ‘Youde’ rappelle l’attitude d’un ‘Hassid qui se fait tout petit lorsqu’il se trouve en présence du Rabbi. Cela n’est donc pas sans évoquer l’enseignement de l’Admour Hazaken dans le Livre du Tanya selon lequel ‘L’Eternel ne peut résider que dans un endroit qui Lui est parfaitement soumis’.
La soumission du ‘Hassid est symbolisée par la petitesse de la Lettre ‘Youde’ dont la forme se réduit à un simple point. Le Rabbi a déclaré que la ‘Pchitout’ (la Simplicité de l’homme) est le réceptacle de la Simplicité divine c’est à dire de l’Essence divine qui est aussi appelée aussi ‘Pchitout’.
L’Eternel ne fusionne avec le réceptacle qui reçoit Sa lumière que si celui-ci est parfaitement conforme à Sa Volonté. Ainsi, un Juif ne fait qu’Un avec D.ieu que s’il s’annule totalement devant le Saint béni soit-Il. Le Rav Haïm Morde’haï Aïzik ‘Hadakov, chef du secrétariat du Rabbi et son homme de confiance a dit que ‘tout le monde veut suivre les instructions du Rabbi, mais il y a une grande différence entre ceux qui préfèrent que le Rabbi comprenne leur volonté et adapte ses instructions en conséquence, et ceux qui, dès le départ, ne tiennent pas compte de leur volonté personnelle et agissent entièrement selon la volonté du Rabbi. C’est ainsi qu’il faut se comporter’.

Texte et Audio : A’harei-Kedochim à la lumière du Dvar Mal’hout – Rav Yaacov Abergel

Texte et Audio : A’harei-Kedochim à la lumière du Dvar Mal’hout – Rav Yaacov Abergel

 

Dans le Dvar Mal’hout sur les Parachiot ‘A’hareï-Kédochim’ le Rabbi nous enseigne la signification profonde du mot ‘Guéoulah’.

Le mot ‘Guéoulah’ : la Délivrance et le mot ‘Gola’ : ‘l’Exil’, possèdent les mêmes lettres, à l’exception de la lettre Aleph que possède le mot ‘Guéoulah’mais qui est absent du mot ‘Gola’. Aussi, le Rabbi nous enseigne que de même que le mot ‘Gola’ fait partie du mot ‘Guéoulah’ de même l’Exil fait partie de la Délivrance.

En effet, dans le Dvar Mal’hout (Tazria-Metsora) le Rabbi déclare que ‘la racine de l’obscurité est plus élevée que la lumière’. En d’autres termes, l’obscurité de l’exil peut devenir partie intégrante de la Délivrance, et notre mission dans ce cas consiste simplement à lever le voile de l’obscurité de l’Exil afin de révéler le divin caché dans tous les sujets de cet Exil.

Le mot Délivrance désigne l’objectif de notre mission qui consiste à délivrer le divin qui se cache dans l’obscurité et c’est donc pour cela que le Rabbi souligne que le mot Gola fait partie du mot Guéoulah car finalement l’obscurité de ce monde ne contredit, ni ne s’oppose, à la Délivrance finale. Le Rabbi nous explique donc que si l’on ajoute la lettre Aleph, la première lettre de Aloupho chel Olam : Maître du monde, au mot Gola (l’obscurité de l’exil) on obtient le mot Guéoulah.

Il est écrit dans la Paracha Kédochim (19, 17, 18) : ‘Tu ne haïras pas ton frère dans ton cœur…Tu aimeras ton prochain comme toi-même’. Hillel l’Ancien disait à propos de l’accomplissement de ce commandement divin : ‘Là est toute la Torah, le reste n’est que commentaire’ (Chabbat, 31a).

Tous les Maîtres de la ‘Hassidout ‘Habad depuis le Baal Chem Tov ‘ont donné jusqu’à leur dernière goutte de sang’ (d’après l’expression du Rabbi Rayats) pour enseigner l’importance de ce Commandement. L’enseignement du Rabbi au sujet de ce Commandement s’inscrit dans cette lignée sacrée car le Rabbi nous enseigne le moyen d’atteindre les plus hauts niveaux de cette Mitsvah.

Dans le chapitre 32 du livre du Tanya (’32’ comme la valeur numérique du mot hébreu Lev : le Cœur), l’Admour Hazaken nous enseigne que le moyen d’accomplir la Mitsvah d’aimer son prochain consiste à ‘réparer’ le regard que l’on porte sur lui de manière à faire abstraction du mal qui est en lui et de ne considérer que le bien de son âme divine. Aussi, l’Admour Hazaken écrit dans ce chapitre que ‘l’on doit éveiller de la compassion pour l’âme divine, car elle est captive du mal’ et ‘la compassion détruit la haine et suscite l’amour’.

L’âme animale (le corps) nous pousse sans cesse à assouvir des désirs grossiers et l’Admour Hazaken préconise de ‘regarder notre propre corps avec dédain et mépris, et ne trouver de satisfaction que dans la joie de l’âme’.

‘Regarder notre propre corps avec dédain et mépris’ implique de réaliser la bassesse de nos pensées de nos paroles et de nos actes lorsque ceux-ci ne s’accordent pas avec la Volonté du Saint béni soit-Il et ‘de ne trouver de satisfaction que dans la joie de l’âme divine’. De fait, un Juif ne connaît la joie véritable que lorsqu’il parvient à libérer son âme divine de l’obscurité du corps et de l’âme animale.

L’Admour Hazaken nous enseigne que ‘regarder son corps avec mépris et ne trouver de satisfaction que dans la joie de l’âme divine’ est ‘un moyen direct et facile d’atteindre l’accomplissement du Commandement : ‘Tu aimeras ton prochain comme toi-même’.

‘Mépriser le corps’ d’un autre Juif signifie que l’on méprise le mauvais penchant de l’autre, c’est-à-dire que l’on ne porte pas attention à ses mauvais côtés et que l’on ne porte notre regard que sur le fait que ce Juif possède une âme divine. C’est ce regard qui va éveiller notre amour pour ce Juif. C’est grâce à ce regard que l’on va ‘trouver de la satisfaction et de l’amour dans la joie de l’âme divine’.

Cet enseignement de l’Admour Hazaken est essentiel car il nous fait réaliser que les Juifs ont Le même Père, et c’est pourquoi ‘ils sont appelés de vrais frères en vertu du fait que leurs âmes ont la même source, en un D.ieu unique’. Cependant même si les Juifs sont unis par leurs âmes, il n’en demeure pas moins qu’ils sont ‘séparés par leur corps’. Nous ne sommes appelés frères que par notre âme mais non pas par notre corps, ainsi qu’il est écrit : ‘séparés par leur corps’.

C’est précisément à ce sujet que le Rabbi nous dévoile un niveau encore plus élevé de la Mitsvah d’aimer son prochain. Selon l’enseignement du Rabbi il est également possible de ne plus mépriser le ‘corps de l’autre’ et de parvenir ainsi à aimer tout ce qui nous sépare de lui (l’âme animale et le mauvais penchant).

Dans son discours intitulé Vé Ata Tetsavé le Rabbi explique que le niveau de Yé’hida désigne l’âme telle que celle-ci est dans ‘le cerveau de son Père’, Yé’hida est l’Essence de l’âme et elle fait Un avec l’Essence divine. Lorsque la lumière divine de l’Essence de l’âme éclaire notre âme nous ne voyons plus le mauvais penchant et l’âme animale d’un autre Juif avec ‘dédain et mépris’ mais au contraire nous nous attachons à transformer l’obscurité du corps et de l’âme animale de notre frère Juif et de parvenir ainsi à aimer ce Juif sans que ‘le corps nous sépare’.

Lorsque nous dévoilons en nous-même la force de Yé’hida, nous voyons chaque chose telle quelle est à sa racine. Nous ne voyons plus le mauvais penchant simplement comme un instrument du mal mais nous le voyons tel qu’il est à sa racine c’est à dire comme un serviteur du Saint béni soit-il. En effet, l’Admour Hazaken explique dans le Livre du Tanya que le mauvais penchant désire du plus profond de lui-même que l’homme ne tombe pas dans les pièges qu’il lui tend.

La force du Rabbi est de voir le corps de l’autre non pas ‘avec dédain et mépris’, mais de ne voir que la possibilité qui nous est donnée de transformer l’obcurité en lumière.

Ce niveau de l’amour du prochain peut être atteint par chaque Juif lorsque l’Essence de son âme éclaire son regard. La force de l’Essence de l’âme représente la lettre Aleph qui est la première lettre de ‘Aloupho chel Olam’ : ‘Maître du monde’, que l’on ajoute au mot ‘Gola’ lequel représente dans ce cas l’obscurité du corps et de l’âme animale, pour obtenir enfin le mot ‘Guéoulah’ : se délivrer de tout ce qui nous empêche ‘d’aimer son prochain comme soi-même’.

Parvenir à l’Essence signifie que l’on ne voit plus de différences entre le corps et l’âme car ceux-ci sont égaux dans ‘le cerveau du Père’. Ainsi, l’amour du prochain tel qu’il est défini par le Rabbi a ceci d’exceptionnel, que nous pouvons parvenir à être encore plus que des ‘frères’. En effet, le mot ‘frères ‘désigne les âmes qui ont déjà été créées :’la goutte qui provient du cerveau du Père’, mais quand ces âmes sont encore dans le cerveau du Père, conformément à l’expression du Rabbi : ‘l’Essence de l’âme est enracinée dans l’Essence divine’ il s’agit du niveau de l’Essence, laquelle est indivisible.

Il est intéressant de remarquer que c’est précisément dans le chapitre 37 du Tanya que l’Admour Hazaken déclare que ‘la Délivrance dépend de notre travail et de nos actions pendant l’exil’ car ’37’ est la valeur numérique de ‘Yé’hida’, qui désigne l’Essence de l’âme.

Ainsi, c’est par notre attachement au Rabbi que nous parviendrons à ne plus être ‘divisés les uns les autres par le corps’ et à ‘aimer chacun comme nous-mêmes’ et à provoquer ainsi notre propre Délivrance et la Délivrance finale de tout le peuple d’Israël, avec le dévoilement de notre Juste Machia’h, très bientôt et de nos jours, avec l’aide d’Hachem.

Il existe une très belle image du Tséma’h Tsédek au sujet de l’âme (Séfer ha Likoutim, lettre Youde, ‘Yonah’). Le Tséma’h-Tsédek citant le verset du ‘Cantique des Cantiques’ (2, 14) :

‘Ma colombe, nichée dans les fentes du rocher…’, explique que le nom du prophète ‘Yonah’, qui fut jeté à la mer et englouti par un énorme poisson, est une allusion à l’âme divine. La signification de l’image de Yonah, qui adressa à l’Eternel une prière du fond des entrailles de cet énorme poisson évoque donc l’âme divine prisonnière du corps et de l’âme animale, contre lesquels elle doit mener un combat incessant pour imposer sa volonté.

La mission de chaque Juif est de faire de ce monde une demeure pour l’Essence divine. L’enseignement du Rabbi dans le Dvar Mal’hout sur les Parachiot ‘Ahareï-moth-Kédochim’ est que c’est précisément dans ce monde matériel, ici-bas, que peut être dévoilée l’Essence divine. C’est précisément quand l’âme descend dans un corps matériel qu’elle peut dévoiler l’intention divine d’avoir une demeure ici-bas.

Faire une demeure pour D.ieu consiste à purifier le corps, l’âme animale, et la matière de ce monde. C’est dans ce but que la majorité des Commandements divins est accomplie, au moyen de choses matérielles, afin que cet accomplissement nous permette de purifier les objets matériels, y compris le corps d’un Juif qui accomplit ces Commandements.

En fait, qu’il s’agisse du corps d’un Juif ou du corps de ce monde, chacun deux représentent l’exil : ‘Gola’. En effet, ‘l’âme que D.ieu nous a donnée est pure’ et elle descend ensuite dans un endroit qui est le contraire de la pureté, puisqu’elle s’habille dans une âme animale, dans un corps, et dans un monde où dominent les forces du mal, ou la possibilité est donnée à l’homme de choisir entre le bien et le mal.

Or, c’est précisément lorsque l’âme agit dans l’exil du corps et de ce monde quelle peut connaitre l’élévation à un niveau supérieur de celui d’où elle vient. Cette exceptionnelle élévation procède du dévoilement de l’Essence divine.

‘Gola’, l’exil, représente finalement l’unique moyen de dévoiler l’Essence divine. C’est la raison pour laquelle le Rabbi nous enseigne dans ce Dvar Mal’hout que la Délivrance finale n’exclut pas l’exil, et que bien au contraire ‘c’est par notre travail et par nos actions dans cet exil que l’on parvient à provoquer la Délivrance’ comme l’a écrit l’Admour Hazaken dans le livre du Tanya.

Notre travail et nos actions consistent à introduire le Divin dans la réalité afin de la transformer en révélant son contenu véritable. C’est à ce sujet qu’il est dit que si l’on ajoute la lettre א au mot גולה on obtient la Délivrance : גאולה

Machiah Now !

Texte et Audio : ‘A la lumière du Dvar Mal’hout’ Tazria-Metsorah par le Rav Yaacov Abergel

Texte et Audio : ‘A la lumière du Dvar Mal’hout’ Tazria-Metsorah par le Rav Yaacov Abergel

 

 

 

La conception de l’Ame Juive :

L’Admour Hazaken écrit dans le deuxième chapitre du Tanya :
‘Les âmes des juifs ont été conçues dans la pensée de D.ieu, ainsi qu’il est écrit : ‘Israël est mon premier-né’ et ‘Vous êtes les enfants de l’Eternel votre D.ieu. Ainsi, ‘de même qu’un enfant est le produit du cerveau de son père, ainsi l’âme de chaque juif est le produit de la pensée et de la sagesse de D.ieu’.
Un fils est le ‘produit’ de la goutte séminale qui provient du cerveau de son père, après que cette goutte s’est transformée durant les mois de gestation dans le ventre de la mère. Les membres du corps de l’enfant se forment tout au long de cette période à partir de cette goutte ‘jusqu’à ce que même les ongles des pieds se trouvent formés par cette semence’.

L’Admour Hazaken écrit que tous les membres du corps de l’enfant demeurent liés, ‘d’une unité merveilleuse’ à l’Essence de la goutte du père même après que tous les membres du corps se sont formés car même si ces membres reçoivent leur vitalité du cerveau de l’enfant, c’est comme s’ils la recevaient du cerveau du père car le cerveau du fils est de la même Essence que le cerveau de son père.

Il en va de même pour l’âme Juive. L’Admour Hazaken démontre dans le Livre du Tanya que la relation qui existe entre le père et le fils est la même que celle qui existe entre l’Essence divine et l’Essence de l’âme d’Israël.

En effet, les âmes des enfants d’Israël proviennent de la Pensée et de la Sagesse (le ‘cerveau’) de notre Père qui est dans le ciel. L’âme de chaque Juif est l’un des membres du grand Corps que forme toute l’Assemblée d’Israël et l’âme de Moché correspond à la tête (le cerveau) du Corps de cette Assemblée. Aussi, l’Admour Hazaken nous enseigne que de même que les membres du corps reçoivent leur vitalité et sont guidés par le cerveau, les âmes du Corps de l’Assemblée d’Israël reçoivent leur vitalité et sont guidées par la tête, le cerveau : l’âme de Moché.

Ainsi, de même que ‘tous les membres du corps de l’enfant demeurent liés d’une unité merveilleuse à l’Essence de la goutte du père’, les âmes de tous les enfants d’Israël (le corps de l’Assemblée d’Israël) ‘demeurent liées d’une unité merveilleuse’ à l’Essence divine (le ‘cerveau’ de notre Père qui est dans le ciel) par l’intermédiaire de Moché (le Cerveau du Corps de l’Assemblée d’Israël).

L’Admour Hazaken enseigne ici que tous les membres du corps de l’enfant sont formés à partir de la goutte du père et qu’ils demeurent liés ‘d’une unité merveilleuse’ à l’Essence de cette goutte. L’Admour Hazaken démontre ici que même les parties les plus basses du corps : ‘les ongles des pieds’ demeurent liées ‘d’une unité merveilleuse’ à l’Essence de la goutte du père.
Les parties les plus basses du corps désignent ici les âmes les moins élevées du grand Corps que forme l’Assemblée d’Israël et à l’Admour Hazaken d’enseigner que ces âmes n’en demeurent pas moins liées à ‘l’Essence de la goutte du père’.

L’âme juive est ‘le produit de la Pensée et de la Sagesse de D.ieu’. La Pensée et la Sagesse de D.ieu correspondent à la Séfira de ‘Ho’hmah du monde d’Atsilout (‘le cerveau’ de notre Père qui est dans le ciel). La ‘goutte’ qui provient du cerveau du père, c’est l’âme que l’Admour Hazaken définit comme étant ‘une parcelle de divinité véritable’. ‘L’Essence de la goutte’ désigne donc l’Essence de l’âme qui elle-même divine puisqu’elle est ‘une parcelle de divinité véritable’ (‘le cerveau du père’ c’est le ‘Divin véritable’).
A la lumière de ce qu’il vient d’être dit nous comprenons que la déclaration de l’Admour Hazaken selon laquelle ‘tous les membres du corps de l’enfant demeurent liés d’une unité merveilleuse’ à l’Essence de la goutte du père’, signifie que même l’âme du plus simple Juif demeure liée à l’Essence divine.

‘De même que l’enfant demeure lié d’une ‘unité merveilleuse’ à l’Essence du père, un ‘Hassid demeure lié d’une unité merveilleuse à l’Essence du Rabbi’ :

Dans le Dvar Mal’hout sur notre Paracha le Rabbi explique que le nom de la Paracha ‘Tazria’ (‘conçoit’) est fondé sur le verset (12, 2) : ‘Quand une femme conçoit et donne naissance à un garçon’. Le nom Tazria fait donc allusion à la Naissance, à la Vie, et le Rabbi nous enseigne que la Vie représente ici la Délivrance et de la venue du Machia’h, laquelle est allusionnée par le nom de la Paracha ‘Metsora’ : ‘Lépreux’ du fait que le Machiah est appellé ‘le lépreux’.

En effet, bien que cela puisse paraître étonnant, la Lèpre est plus une réparation qu’une punition. Le Rambam explique qu’elle ne fut infligée que dans le but de nous mettre en garde du péché de la Médisance (‘lachon haRa’). Dans ce cas elle ne doit être considérée que comme une guérison, comme le moyen de corriger nos fautes et parvenir de cette façon à une nouvelle vie. Ceux qui étaient atteints par la Lèpre devaient quitter le camp dans lequel résidait la Présence divine. Le Rabbi explique que cette situation, ‘hors du campement’, désigne celle de chaque Juif pendant l’exil.

Ainsi, l’enseignement du Rabbi lorsque ces deux Parachot sont juxtaposées est que nous devons semer (‘Tazria’), pendant l’exil, ainsi que la déclaré le Rabbi : ‘c’est à dire que nous devons faire tout ce qui est en notre pouvoir pour faire de ce monde une demeure pour D.ieu, en ayant conscience que, de même que la lèpre fut le moyen d’accéder à la pureté, l’exil est le moyen d’accéder à la venue du Machia’h’.

Cet enseignement du Rabbi n’est pas sans s’accorder avec celui de l’Admour Hazaken selon lequel ‘même l’âme du plus simple Juif demeure liée à l’Essence divine’. L’Essence divine se trouve en toute chose, même dans l’obscurité la plus profonde et du fait que l’Essence de l’âme de chaque Juif est enracinée dans l’Essence divine, chaque enfant d’Israël détient le pouvoir de révéler sa force quelque-soit son niveau et quelque-soit la situation qu’il vit, même s’il se trouve ‘hors du camp’.

Notre service divin que le Rabbi a défini comme étant ‘miraculeux’ relève de notre aptitude à agir au-delà de notre nature et de nos habitudes. A l’évidence notre service divin peut être qualifié de ‘miraculeux’ lorsque nous sommes attachés profondément car ‘comme les membres du corps qui reçoivent leur vitalité et sont guidés par le cerveau, chaque Juif reçoit sa vitalité et est guidé par la tête, le cerveau de l’Assemblée d’Israël : Roch-bneï-Israël : le Rabbi’.
Cet attachement profond au Rabbi s’exprime tout particulièrement dans la déclaration de l’Admour Hazaken selon laquelle ‘tous les membres du corps de l’enfant demeurent liés d’une unité merveilleuse’ à l’Essence de la goutte du père’. Un ‘Hassid recherche sans cesse à révéler cette ‘unité merveilleuse’ qui l’unit au Rabbi. Le Rabbi est l’Essence de l’Ame d’Israël et il détient la capacité de révéler l’Essence de l’âme de chaque Juif. D’une certaine manière il est possible de dire que de même que l’enfant demeure lié d’une ‘unité merveilleuse’ à l’Essence du père, un ‘Hassid demeure lié d’une unité merveilleuse à l’Essence du Rabbi.

Le mois de Nissan est appelé le mois de la Délivrance et c’est de cette délivrance dont il s’agit, c’est à dire du fait de révéler cette unité merveilleuse qui unit nos pensées nos paroles et nos actes à l’Essence du Rabbi. Notre service divin que le Rabbi définit comme étant ‘miraculeux’ relève de notre aptitude à agir au-delà de notre nature et de nos habitudes. Or cette attitude ne dépend que de nos efforts pour accomplir la mission que nous donne le Rabbi. C’est aussi le sens du mot ‘Pessa’h’ : ‘Saut’ qui vient pour exprimer notre attachement aux Commandements divins et à notre étude de la Torah au-delà de toutes les limites. Le Rabbi a enseigne le sens du nom Roch-‘Hodech en disant que le nom ‘Hodech est apparenté au nom ‘Hidouch : Nouveauté : l’importance de chercher la nouveauté en nous-même, à dépasser nos habitudes pour atteindre le ‘Hidouch : chercher et trouver sans cesse de nouveaux moyens pour provoquer le Dévoilement de notre Juste Machia’h dès à présent avec l’aide d’Hachem.

La lèpre cache une lumière excessivement élevée, liée au ‘plaisir supérieur’ de D.ieu : ‘Oneg-Ha Elion’ :Par ailleurs, dans le Dvar Mal’hout sur les Parachiot Tazria-Metsora, le Rabbi explique que les signes de la lèpre apparaissent sur la peau de celui qui n’a pas encore accompli dans son service divin un certain travail. Cependant, à l’exception de ce manque particulier, la situation spirituelle générale de cet homme ne manque pas d’intégrité. Qu’il s’agisse de ses actions, ou bien qu’il s’agisse des forces de son âme.

Le Rabbi souligne que les signes de la lèpre, qui n’apparaissent que sur l’extérieur de la peau, témoignent du fait que le mal n’atteint pas les forces de son âme, il est seulement superficiel, ‘à l’extérieur de la peau’.
L’un des points essentiels de l’enseignement de la ‘Hassidout sur la lèpre, est que bien qu’elle soit fixée par la Torah et par l’intermédiaire des Cohanim, comme un signe d’impureté, la lèpre cache en réalité une très haute lumière. Le Rabbi rapporte à ce sujet l’enseignement de son père, Rabbi Lévi-Itz’hak, selon lequel la valeur numérique de l’expression ‘Ha Metsora’ (‘le lépreux’) est égale à 411, exactement comme la valeur numérique du nom Tohou.
Dans le même ordre d’idée, la ‘Hassidout nous enseigne que les lettres de ‘Néga’ (‘la tache de lèpre’) sont les mêmes que celles de ‘Oneg’ (‘le plaisir’). De fait, la lumière spirituelle de la lèpre (‘Néga’) est liée au ‘plaisir supérieur de D.ieu’ (‘Oneg-Ha-Elion).
Il nous est donné ici à comprendre que la lumière spirituelle de la lèpre est tellement élevée qu’elle ne peut trouver ici-bas un réceptacle capable de la contenir. De ce fait, lorsque cette lumière s’échappe du réceptacle au moment où il se brise, car il n’est pas assez solide pour supporter son intensité, la lumière est alors détournée vers l’autre côté de la Sainteté, et finalement utilisée par les forces du mal. Ainsi, ce que l’on appelle ‘l’obscurité’, ‘la lèpre’, résulte du fait qu’une lumière excessivement élevée n’a pas trouvé de réceptacle capable de la supporter de la contenir et de la garder.

Un exemple concret du Rabbi sur ‘les signes de la Lèpre’ et le moyen de la guérir :

Le Rabbi nous donne un exemple concret. Lorsqu’un Juif ressent durant sa prière un amour très fort pour D.ieu et que son âme est alors attirée vers sa source, à tel point qu’elle serait prête à quitter le corps, ‘Ratso’, il est alors essentiel de faire descendre, après la prière, la lumière de cet amour pour D.ieu dans le réceptacle de l’étude de la Torah, ou dans celui de l’accomplissement des Commandements divins, ‘Chov’.

S’il n’agit pas ainsi ‘les signes de la lèpre apparaîtront alors sur sa peau’, c’est-à-dire que si la lumière de cet amour pour D.ieu ne s’habille pas dans le réceptacle de l’étude, ou dans celui de l’action concrète, ‘alors cette lumière excessivement élevée qui n’a pas trouvé de réceptacle capable de contenir son intensité, sera finalement détournée vers l’autre côté de la Sainteté et finalement utilisée par les forces du mal’, ainsi qu’il a été expliqué précédemment. De fait, le Rabbi enseigne à ce sujet que celui qui n’étudie pas, ou qui n’accomplit pas une Mitsva après sa prière, ressentira une vive intolérance vis-à-vis de son prochain, et tombera facilement dans la colère, ce qu’à D.ieu ne plaise.

D’après l’enseignement du Rabbi, Chov, le retour de l’âme dans le corps, représente la solution, le remède et la guérison de la lèpre. Chov est lié à la faculté du Bitoul, c’est-à-dire à la soumission la plus totale vis-à-vis de D.ieu et de Sa Volonté bénie. A l’image d’un esclave qui se tient devant son maître, totalement soumis, immobile et silencieux (‘Aaron se tût’). Par cette soumission, un Juif ajoutera dans son étude de la Torah, et dans son accomplissement des Commandements divins. Grâce à cela son action aura finalement pour effet d’unir les lumières les plus élevées à des réceptacles capables de les contenir.

Le Rabbi souligne ici la qualité de la Torah (c’est l’attribut de Tiféret) d’unir deux opposés : Ratso et Chov. Ratso désigne le ciel, la lumière infinie de D.ieu. Chov désigne, la terre, le corps matériel avec ses mesures et ses limites.

Dans le Séfer Ha Maamarim méloukat (4, 44), le Rabbi écrit que lorsqu’un Juif ressent de l’amertume du fait de l’obscurité qui l’empêche de voir la lumière bénie de D.ieu, il attire alors le niveau de ‘Il fit de la pénombre Sa cachette’.

L’explication de ce verset des Téhilim (18, 12) est que la source spirituelle de l’obscurité est plus haute que celle de la lumière. C’est pourquoi l’obscurité de notre exil, ou encore l’obscurité de la lèpre, sont définies par le Rabbi comme des lumières trop puissantes pour être perçues comme telles (Likouteï Si’hot, 11, 132).

‘Plaie’ et ‘Plaisir’ : ‘Néga’ et ‘Oneg’ :

La déclaration du Zohar selon laquelle ‘le point est au milieu du palais’ est dite au sujet du point que l’on place à l’intérieur de l’espace vide de la Lettre Beït. De manière profonde, la lettre Beïth est la première lettre du nom Binah et représente donc l’attribut de Binah, et le point qui est placé au centre du Beïth représente l’attribut de ‘Ho’hmah. Lorsque nous méditons à un concept de la Torah et qu’une idée jaillit dans notre esprit elle apparaît sous la forme d’un ‘point lumineux’ appelé ‘éclair intuitif’ ou que l’on appelle ‘le point de ‘Ho’hmah’. Le point de ‘Ho’hmah contient tous les éléments qui vont nous permettre de construire notre analyse et notre raisonnement pour comprendre le concept de la Torah que nous étudions.

Le Rabbi Rayats explique que l’analyse que nous faisons procède de l’attribut de Binah et cette analyse doit être constamment éclairée par la lumière ‘du point de ‘Ho’hmah’ car dans ce cas ‘le point se trouve au milieu du palais’, c’est à dire que notre analyse est constamment éclairée par la lumière divine de ‘Ho’hmah. En d’autres termes notre réflexion doit être établie sous la lumière abstraite et divine de ‘Ho’hmah et c’est seulement dans ce cas que l’on connaîtra alors le plaisir : ‘Oneg’ dans notre étude de la Torah.

A l’opposé, si l’on construit notre analyse indépendamment de la lumière de ‘Ho’hmah, c’est à dire que ‘le point de ‘Ho’hmah n’est plus au milieu du palais’, alors dans ce cas les lettres du nom ‘Oneg’ forment dans un ordre différent le nom ‘Néga’ qui signifie : ‘Plaie’ car lorsque le point divin de ‘Ho’hmah cesse d’illuminer notre esprit il devient impossible de ressentir le plaisir sublime de l’étude de la Torah. ‘L’éclair de ‘Ho’hmah’ dont l’éclatante et divine lumière se doit d’illuminer constamment notre analyse : ‘le palais de Binah’.

Ainsi, nous devons remettre en question notre analyse lorsque celle-ci n’a pas été élaborée sous l’éclairage de la lumière de ‘l’éclair divin’, de la lumière de ‘Ho’hmah afin par exemple de ne pas enfermer lobjet de notre etude dans les limites de notre logique et de notre raison et parvenir ainsi à saisir un tant soit peu la Sagesse divine qui dépasse notre entendement.

De fait, notre mission consiste à faire de nous-mêmes et ce monde inférieur une demeure pour D.ieu, et le moyen d’y parvenir dépend d’abord du fait de sanctifier nos pensées, nos paroles pour devenir un réceptacle, un ‘palais’, apte à recevoir le dévoilement du Roi des rois, le Saint béni soit-Il.

Dans l’enchaînement des mondes, le plaisir de D.ieu représente le plus haut niveau de la Séfira de Kéter, la lumière de Atik Yomin. La lumière supérieure de la Couronne qui qui surplombe tout l’enchaînement des mondes est ‘le ravissement’, ‘le Plaisir divin’ (‘Taanoug’) qui est au départ de la Création effective des mondes et de tout ce qu’ils contiennent.

Il en va de même chez l’homme, le plaisir est la plus haute qualité de son âme, car il est à l’origine de sa volonté et de ses actions. C’est à cela que se rapporte l’enseignement du Zohar selon lequel ‘le point doit illuminer le palais’. ‘Le plaisir’ est comparable à ce ‘point’. Un Juif doit trouver son plaisir en D.ieu et ce plaisir doit illuminer le palais de ses pensées, de ses paroles et de ses actions.

Dans le Dvar Mal’hout sur notre Paracha, le Rabbi déclare que le plus grand plaisir d’un Juif est d’avoir conscience que dans n’importe quelle situation où il se trouve, il demeure attaché à D.ieu d’un lien essentiel et éternel. L’Essence de l’âme Juive est enracinée dans l’Essence divine. Révéler la force de l’Essence de notre âme consiste à révéler le plaisir qui provient du lien de notre âme avec D.ieu. Aussi le Rabbi nous enseigne que nous devons faire tout ce qui est en notre pouvoir pour éveiller ce plaisir, car il détient le pouvoir de ‘briser toutes les barrières’, ‘de briser toutes les limites’, le pouvoir de pénétrer nos pensées nos paroles et nos actes.
Plus encore que cela, ‘le point est au milieu du palais’ signifie que le Rabbi est au milieu de notre Vie, car plus grand des plaisirs provient du lien le plus profond qui nous unit à Lui.

Texte et Audio : Chemini à la lumière du Dvar-Mal’hout, par le Rav Yaacov Abergel

Texte et Audio : Chemini à la lumière du Dvar-Mal’hout, par le Rav Yaacov Abergel

 

Une signification du Titre ‘Dvar-Mal’hout’

Le Rabbi déclare dans le ‘Dvar Mal’hout’ (Chemini) que ‘Moché a la capacité d’unir les enfants d’Israël avec le Saint béni soit-Il, car l’infini et le fini sont en lui’. En d’autres termes, ‘l’infini est en lui’ signifie que la force de la partie la plus profonde de l’âme de Moché, l’Essence de l’âme de Moché, ‘l’infini’, est dévoilée dans la partie ‘finie’ de son âme (la partie de son âme qui s’habille dans son corps : les forces de l’intellect dans le cerveau, les sentiments dans le cœur, la vitalité dans le sang).

Le Rabbi nous enseigne alors que l’humilité de Moché est la raison pour laquelle il a le mérite que l’infini soit dévoilé en son âme, et c’est à cela que se rapporte la déclaration du Pirkeï Avot selon laquelle : ‘Moché a reçu la Loi du Sinaï et l’a transmise à Yéochoua’ : la Montagne du Sinaï, par le fait qu’elle soit la plus basse parmi toutes les montagnes, exprime l’humilité et la soumission la plus totale vis à vis de l’Eternel, et le Rabbi révèle que ‘Moché a reçu la Loi du Sinaï’ signifie qu’il apprend du ‘Sinaï’, qu’il est animé par la plus grande humilité, et parfaitement soumis à D.ieu.

D’une certaine manière, la force de soumission de Moché et son exceptionnelle humilité sont peut-être liées au titre donné à l’ouvrage du Rabbi : ‘Dvar Mal’hout’. En effet, la ‘Hassidout nous enseigne que la Séfira de Mal’hout (la dernière Séfira du monde d’Atsilout) est qualifiée de ‘pauvre’ car elle ne possède pas une lumière qui lui est propre. Comme la lune qui reçoit toute sa lumière du soleil, la Séfira de Mal’hout reçoit toute sa lumière des autres Séfirot du monde d’Atsilout. A l’exemple de l’élève qui est parfaitement soumis à son Maître et qui de ce fait parvient finalement à le dépasser, la Séfira de Mal’hout finira dans les temps messianiques par s’élever au- dessus de toutes les Séfirot et à leur dispenser sa propre lumière, ainsi qu’il est dit au sujet des temps messianiques : ‘une épouse vertueuse est la couronne de son mari’.

Il en va de même pour la lune car dans les temps messianiques celle-ci ne recevra plus sa lumière du soleil mais dispensera sa propre lumière et deviendra aussi grande que le soleil, ainsi qu’il est dit : ‘la nuit brillera comme le jour’.

Le principe selon lequel l’annulation vis-à-vis de D.ieu provoque les plus hauts dévoilements divins transparaît à travers tous les enseignements du ‘Dvar Mal’hout’. L’image donnée par la ‘Hassidout d’une graine qui se putréfie dans le sol avant de donner naissance à une plante en est le parfait exemple, et elle s’accorde à l’image de la lune dont la taille diminue jour après jour dans l’obscurité du ciel jusqu’à finir par disparaître puis y renaître ensuite à nouveau.

‘Ton absence sera remarquée, ta place étant vide’ 

Dans le ‘Dvar Mal’hout’ (Chemini) le Rabbi cite le livre de Chmouel (1, 20, 18) : ‘Ton absence sera remarquée, ta place étant vide’. Dans ce verset, Yonathan s’adresse à David en lui faisant remarquer que son absence à la table du roi ne peut passer inaperçue. Sans l’ombre d’un doute, le Roi Chaoul se souviendra de David, en voyant qu’il ‘manque à sa place’. C’est précisément parce que David ‘manque’ à sa place que le Roi se ‘souvient’ de lui. Le Rabbi déclare qu’il en va de même pour la lune le jour de Roch ‘Hodech : c’est précisément après avoir diminuée de taille au point de disparaître (de ‘manquer à sa place’) que la lune renaît et grandit à nouveau dans le ciel.

D’après l’enseignement du Rabbi, ce principe s’applique à celui de l’obscurité qui précède la Délivrance. La Délivrance ‘manque à sa place’, c’est précisément ‘Parce qu’un Juif ne se trouve pas à sa véritable place, à la table de son Père, sur la terre sainte à Jérusalem, la ville sainte, dans le Beït-Ha-Mikdache, et c’est cette absence précisément qui aura pour effet que l’Eternel se souviendra de lui et le délivrera.’

A travers ces paroles du Rabbi, nous devons comprendre que c’est ce qui nous fait défaut qui nous permet par la suite d’atteindre le divin illimité. L’absence de David à la Table du Roi Chaoul est une allusion à l’attribut de Gvurah, au Tsimtsoum, à la limitation et à la dissimulation de la lumière divine. Le Rabbi nous dévoile que c’est précisément par l’attribut de Gvurah, le ‘fini’, que l’on peut accéder à ‘l’infini’, ainsi qu’il est dit : ‘celui qui accomplit la Torah dans la pauvreté finira par l’accomplir dans l’opulence’ (Rabbi Yonathan, Pirkeï Avoth).

Ainsi, peut-être est-ce à travers l’idée selon laquelle tout dévoilement divin passe nécessairement par la révélation de notre petitesse, que le Rabbi intitula son recueil ‘Dvar Mal’hout’. En effet, notre petitesse doit être comparable à celle de la Séfira de Mal’hout. A l’évidence, Mal’hout représente la ‘pauvreté’ qui mène à l’opulence, à l’exemple de cette graine qui disparaît dans la terre pour renaître ensuite, à celui de la lune qui disparaît pour réapparaître ensuite.

A l’exemple de Moché dont le nom disparaît dans la Paracha Tetsaveh, à celui du Rabbi qui demande à ses émissaires de ne pas mentionner son nom si cela s’avère nécessaire, c’est par le fait de s’annuler totalement à la volonté du Rabbi, le Moché de notre génération, que l’on parvient à renaître ensuite, à s’élever dans notre service divin dans la plus grande opulence.

‘Celui qui dit une chose qu’il n’a pas entendu de la bouche de son Maître, provoque que la présence divine quitte l’Assemblée d’Israël’ :

Dans notre Paracha, il est question du travail de Moché et d’Aaron, le huitième jour des Milouim, quand ils terminèrent d’apporter des sacrifices.
Il est écrit (9, 24) : ‘un feu sortit de devant l’Eternel et consuma sur l’Autel…Le peuple vit, ils prièrent’.

Dans le Likoutei Si’hot (‘Hélek 12, pages 49-51), le Rabbi explique que les mots ‘un feu sortit’ évoquent le ‘salaire’ d’Israël. De fait, leur service divin fut agréé par le Saint béni soit-Il quand Il fit régner alors sa présence au sein de l’Assemblée des enfants d’Israël.

Puis, dans les versets suivants (10, 1, 2) il est question des enfants d’Aaron, Nadav et Avihou, lesquels ‘apportèrent devant l’Eternel un feu étranger qu’Il ne leur avait pas ordonné (d’apporter). ‘Un feu sortit de devant l’Eternel, les consuma et ils moururent devant l’Eternel’.
Ainsi, les mêmes mots, ‘un feu sortit’, sont employés, une fois au début de la Paracha pour exprimer la présence de l’Eternel au milieu des enfants d’Israël, et une seconde fois pour exprimer la terrible punition que le Saint béni infligea aux fils d’Aaron.

Rachi explique, au nom de Rabbi Eliézer, que ‘Nadav et Avihou ne moururent que, parce qu’ils enseignèrent une loi devant Moché leur Maître’.

Les enfants d’Aaron ne sont pas morts à cause de leur service divin, au contraire, quand ils apportèrent des encens, ils provoquèrent un dévoilement divin, ‘un feu sortit’, comme ce fut le cas lorsque Moché et Aaron apportèrent des sacrifices. Cependant ils n’agirent pas selon un ordre divin, et le feu qui représente un dévoilement divin lorsqu’il est ordonné par D.ieu, ‘les consuma et ils moururent’.

Le Rabbi explique au sujet de Rabbi Eliézer que sa grande sagesse fut de nombreuses fois louées par les Sages d’Israël. Cependant, et malgré sa grandeur, Rabbi Eliézer déclara que ‘Celui qui dit une chose qu’il n’a pas entendu de la bouche de son Maître, provoque que la présence divine quitte l’Assemblée d’Israël’.

De fait, s’il nous est interdit de dire une chose que l’on n’a pas entendu de la bouche de notre Maître, combien est plus grande encore notre punition quand nous disons une telle chose devant notre Maitre lui-même.

Nadav et Avihou, enseignèrent une Halakha devant Moché qui était leur Maître, et ils en furent punis, et cela, même s’ils étaient eux-mêmes des Justes de ce monde.

A la lueur de cet enseignement de Rabbi Eliézer, rapporté par Rachi, le Rabbi semble faire une allusion à l’attachement qui nous lie à lui.

Le silence de l’Admour Hazaken

On raconte que l’Admour Hazaken gardait le silence lorsqu’il était assis à la table du Maguid de Mézeritch, son Maître, quand celui-ci donnait un cours de Torah.

Bien des années après avoir quitté le Maguid, un des élèves du Maguid se rendit chez l’Admour Hazaken. Il découvrit alors combien l’Admour Hazaken mit à profit l’enseignement qu’il reçut à la table du Maguid, et il déclara que de tous les élèves de Rabbi Dov Ber (le Maguid), l’Admour Hazaken fut celui qui ‘prit les meilleurs morceaux’.

Certes, tous ceux qui eurent le mérite d’entendre de la bouche du Maguid des paroles de Torah furent tous marqués par son enseignement, mais l’Admour Hazaken fut celui qui en fut le plus imprégné. L’explication à cela est toute simple. L’Admour Hazaken gardait le silence devant son Maitre. Cela signifie qu’il était un élève totalement soumis aux pensées, aux paroles et aux actes de son Maître. Et c’est précisément grâce à cette soumission que l’influence de son Maître le toucha au plus profond de son être, et ne le quitta pas tout au long de son existence en ce monde.

L’infini du ciel n’est pas sans évoquer la Sagesse de D.ieu, laquelle est insaisissable. La profondeur des mers et des océans n’est pas sans évoquer les secrets qui se cachent dans les mots divins de la Torah. La force infinie contenue dans la terre silencieuse, de faire pousser des fruits, des plantes et des arbres, n’est pas sans évoquer les commandements divins, lesquels sont justement accomplis au moyen de la poussière de la terre (Rachi).

Le Maître est celui qui nous permet de saisir cette sagesse infinie. Plus nous lui sommes soumis, plus nous voyageons avec lui au centre de la mer de la Torah, et découvrons la profondeur de ses secrets. Il nous élève vers les hauteurs des cieux de la Torah afin de libérer notre âme divine de ‘tout ce qui l’empêche de voir la lumière de l’Eïn-Sof’ (Tanya). Il nous fait voyager sur cette terre que nous foulons avec nos pieds et qui ne se plaint jamais pour cela, et nous enseigne ce que nous gagnons à lui ressembler.
Ainsi, lorsque nous parvenons à nous attacher à notre Maître, c’est un feu de vie et de bénédictions que nous faisons descendre du ciel.

Ce qui fait la particularité du Rabbi, c’est que notre soumission à ses enseignements n’exclut pas qu’il attend de chacun d’entre nous d’exprimer nos particularités. Chaque juif possède en effet une chose que l’autre ne possède pas. Aussi, nous devons faire tout ce qui est en notre pouvoir pour exploiter les dons particuliers que l’Eternel nous a donnés. Nous devons exprimer nos propres qualités dans nos actes, et les inscrire dans le projet divin, de révéler le Machia’h en faisant de ce monde une demeure pour D.ieu. D’un autre côté, c’est précisément en nous soumettant aux enseignements du Rabbi que nous pouvons y parvenir, afin de provoquer, enfin, le dévoilement de notre Juste Machia’h, dès-à-présent avec l’aide de D.ieu.

Il est bien de mentionner ici que dans le Likouteï-Torah sur la Paracha Chemini, l’Admour Hazaken nous enseigne que le ‘Léviathan’ désigne le Tsaddik qui est attaché à la partie profonde de la Torah, et que le ‘Chor-ha-bar’ désigne le Tsaddik qui est attaché à la partie révélée de la Torah. Or, la Séouda Chlichit du Chabbat a précisément lieu au moment où se dévoile tout particulièrement le niveau de Yé’hida, l’Essence de l’âme Juive. Ce précieux moment est celui du dévoilement des secrets de la Torah, ‘Razin de Razin’. C’est aussi la raison pour laquelle nous avons l’usage à cette occasion de chanter des Nigunim et d’écouter avec attention, juste après avoir chanté, un discours ‘Hassidique du Rabbi.

Le Rabbi sur le fait que le jour du 9 Av qui est le jour ou le Temple de Jérusalem fut détruit est aussi le jour de la naissance du Machia’h, le Rabbi souligne que la naissance du Machia’h eut lieu au moment de la prière de Min’ha qui précède ce moment du Chabbat, ‘Razin de Razin’.

Chaque Séouda Chlichit, durant chaque Chabbat, nous rappelle le festin de la Délivrance finale. Les Sages nous enseignent en effet que lors de la Délivrance, L’Eternel dressera une table pour les Tsaddikim et que chacun mangera de la chair du poisson (le Léviathan) de la viande du taureau sauvage (le Chor-ha-Bar), et boira du vin que L’Eternel garde en secret (le vin Méchoumar). A l’évidence ce festin possèdera une dimension spirituelle très élevée, notamment par le fait que chacun ressentira le lien profond entre la partie révélée de la Torah (symbolisée par le Chor-ha-Bar) et la partie la plus profonde de la Torah (symbolisée par le Léviathan). A l’image de l’Admour Hazaken et de tous les Maîtres de ‘Habad qui possèdent, chacun, la Connaissance des deux Luminaires de la Torah, et qui surtout, révèlent le lien qui les unit.

Texte et Audio : A la lumière du Dvar Mal’hout –  Tsav, Chabbat Hagadol et 11 Nissan –  Rav Yaacov Abergel

Texte et Audio : A la lumière du Dvar Mal’hout – Tsav, Chabbat Hagadol et 11 Nissan – Rav Yaacov Abergel

 

 

 

L’origine du nom ‘Chabbat-Ha-Gadol’ (‘le Grand Chabbat’) :

Dans le Dvar Mal’hout (Paracha Tsav), le Rabbi déclare que le contenu profond du mois de Nissan est celui de la Délivrance. Ce mois est le mois de la fête de Pessa’h ‘le temps de notre liberté’ et cela s’exprime plus particulièrement pendant le Chabbat avant Pessa’h, Chabbat Ha Gadol.
L’Admour Hazaken rapporte dans son Choul’hane Aroukh le miracle qui fut à l’origine de ce nom : le Grand Chabbat.

Les Egyptiens qui furent avertis par les Juifs que l’Eternel s’apprêtait à frapper l’Egypte de la plaie des premiers-nés allèrent se plaindre à Pharaon de son refus de laisser partir les enfants d’Israël. Pharaon demeura insensible à cette plainte et les premiers-nés d’Egypte entreprirent alors une guerre contre son armée. Parmi les nombreux égyptiens qui furent tués, il y avait ceux qui commirent des atrocités aux enfants d’Israël. Le Rabbi explique que la raison pour laquelle cette guerre fut appelée grand miracle et aussi le début des miracles de la Délivrance est qu’elle résulte d’un très haut dévoilement divin qui est lui-même allusionné par la lettre Kouf du mot Tsaddik.

Le pied de la lettre Kouf descend très bas et évoque donc de ce fait la force de l’Essence divine qui, Elle seule, a le pouvoir de descendre ici-bas pour transformer l’obscurité de l’exil en un réceptacle capable de recevoir les lumières les plus élevées. Plus encore, au sujet de la lettre Tsaddik, le Rabbi rapporte le Téhilim 90 (’90’ comme la valeur numérique de la lettre Tsaddik), dans lequel il est dit (90, 17) : ‘Que le plaisir de mon Maître notre D.ieu soit avec nous, établis pour nous l’action de nos mains, et que l’accomplissement de nos mains soit établi’.

Selon le Midrach les versets de ce Téhilim furent rédigés par Moché et le Roi David les intégra dans son livre. Après avoir édifié le Michkan (le Temple portatif), Moché pria afin que l’Eternel S’y révèle. Rachi explique que Moché dit deux fois ‘établis l’action de nos mains’ :
Une fois pour implorer D.ieu de Se révéler dans le Michkan, et une fois pour révéler Sa grande Lumière infinie dans les actes du Peuple d’Israël.
Le Rabbi souligne que l’action de Moché détient le pouvoir d’attirer la lumière d’Or-Sovev (la lumière qui entoure les mondes) afin que celle-ci Se dévoile et réside dans le Michkan.

C’est aussi l’action de Moché qui permet à la lumière d’Or-Sovev de se révéler dans le monde et dans les actions des enfants d’Israël.

De fait, Moché est l’intermédiaire qui unit les enfants d’Israël avec le Saint béni soit-il. D’un côté, il est celui qui reçoit les plus hauts Dévoilements divins et d’un autre côté il est celui qui transmet ces Dévoilements aux enfants d’Israël.

Il est essentiel de comprendre que tous les bienfaits matériels et spirituels nous parviennent de D.ieu par l’intermédiaire de Moché. Aussi, en ces derniers moments de l’exil, nous devons réaliser que la réussite de toutes nos actions dépend de la valeur que nous donnons à notre attachement au Moché de notre génération, le Rabbi.

Le 11 Nissan, l’anniversaire du Rabbi’ :
‘Quand il naquit toute la maison s’est emplit de lumière (Sotah, 12a)’

Le jour d’un anniversaire est un jour de joie, car il rappelle le jour de la naissance, lorsqu’ une nouvelle âme naît dans ce monde, et qu’alors peut commencer le début du service divin.

De fait, chaque juif, le jour de son anniversaire, se doit de méditer à la promesse qu’il fit à l’Eternel avant de descendre dans ce monde, ‘Sois un Juste et ne sois pas un méchant, et même si tout le monde te dit que tu es un Juste, tu seras à tes yeux comme un méchant’.

La ‘Hassidout souligne qu’au moment de cette promesse, l’Eternel rassasie l’âme des forces dont elle aura besoin pour assumer sa mission, mais il est évident que l’homme doit faire tout ce qui est en son pouvoir pour nourrir son âme tout au long de son existence.

Aussi, l’étude de la ‘Hassidout est indispensable à chaque juif pour mener la mission qui lui est confiée de faire de ce monde matériel une demeure spirituelle pour D.ieu, et l’aboutissement de cette mission n’est autre que la révélation du Machia’h.

Il apparaît à l’évidence que le jour de l’anniversaire d’un Juste est un jour particulièrement lumineux, car le monde et l’Assemblée d’Israël reposent sur ce Juste, et ‘le Juste est le fondement du monde’.

Rachi écrit au sujet de la naissance de Moché (Chemoth 2, 2) que ‘quand il naquit toute la maison s’emplit de lumière’ (Sotah, 12a).
La ‘maison’ qui ‘s’emplit de lumière’ ne désigne pas seulement la maison où Moché naquit, mais elle représente aussi la ‘maison d’Israël’, car Moché iIlumine tous les enfants d’Israël.

Il est lui-même la ‘tête’ et les enfants d’Israël sont les ‘pieds’ de Moché. Comme la tête dirige et illumine chaque membre du corps, à chaque génération il y a un Moché qui guide et illumine l’âme de chaque enfant d’Israël.

Aussi, le jour de la venue du Machia’h, très bientôt et de nos jours, avec l’aide D.ieu, est une naissance, car en ce jour le monde entier s’emplira de lumière, ainsi qu’il est dit (Iguéreth HaKodech du Rabbi Yossef Itz’hak, tome 1, lettre 274) :

‘Sais-tu qui est le Machia’h ? C’est celui qui révèlera l’enseignement caché de la Torah dans toute sa profondeur, de sorte que tous en ressentent la clarté.’

Par ailleurs, l’Admour Haemtsaeï écrit au sujet du Machia’h (Droucheï ‘Hatouna, Tome 2, page 522) :
‘Il agira pour celui qui l’attend’, c’est-à-dire que le Machia’h révèlera le plaisir infini à ceux qui l’attendent et souhaîtent sa venue, ainsi qu’il est dit : ‘S’il tarde, sois patient’. Cette attente doit s’emplir d’espoir en sa venue ainsi qu’il est écrit : ‘Voici, c’est notre D.ieu, nous avons placé notre espoir en Lui’ et ‘notre âme l’attend’. On évoque également ‘Ceux qui placent leur espoir en D.ieu’.

‘Machia’h agira pour celui qui l’attend’ ne signifie pas (seulement) que nous devons être patients. Bien au contraire, nous devons aussi être impatients. En effet, l’Admour Haemtsaeï définit ici l’attente comme un désir.

Certes, l’attente inclut en elle ‘l’espoir de sa venue’, mais ce qu’elle exprime par-dessus tout c’est le ‘désir de sa venue’, lequel est en fait l’expression du lien le plus profond de l’âme juive avec D.ieu, ‘Kécher atsmi’ : le niveau de Yé’hida.

A la lumière de ce qu’il vient d’être dit, le verset ‘Quand il naquit toute la maison s’emplit de lumière’ peut être expliqué de la manière suivante :
‘Quand il naquit’, la naissance de Moché, peut tout aussi bien faire allusion à la naissance du Rabbi, qui est lui-même l’équivalent de Moché dans notre génération (‘Hitpachtouta dé Moché’).

Le Rabbi représente l’Essence de l’âme d’Israël, car son âme est une âme collective, et il possède de ce fait la force de révéler l’essence de l’âme de chaque juif.
Or, du fait que l’âme est comparable à une maison (l’Eternel déclare en effet : ‘Faites-Moi un sanctuaire et Je résiderais parmi vous’ et la ‘Hassidout explique que le sanctuaire n’est autre que notre âme), nous pouvons expliquer que ‘Quand il naquit toute la maison s’emplit de lumière’ est une allusion à la lumière de l’essence de l’âme qui se révèle dans le corps.

‘La maison’ désigne en fait la partie de l’âme qui s’habille dans le corps, et ‘Quand il naquit’ est une allusion à la naissance du Rabbi, laquelle représente la révélation de l’Essence de l’âme de chaque Juif.

Dans son discours intitulé ‘Vé Ata Tétsavé’, le Rabbi explique que le niveau supérieur de la révélation de Yé’hida, l’essence de l’âme, est atteint lorsque la lumière de l’Essence divine s’unit véritablement aux forces de l’âme (l’intellect et les sentiments).
Dans ce cas, le caractère divin et immuable qui ne change pas, ainsi que dit l’Eternel : ‘Je n’ai pas changé’, s’unit aux forces limitées de l’âme qui s’habillent dans le corps (l’intellect, les émotions, la vie du corps).

L’homme parvient alors à la perception véritable du divin. L’infini divin s’unit aux forces limitées de son âme.

Telle est la mission du Rabbi. Il est celui qui permet l’union de l’infini avec le fini. Celui par l’intermédiaire de qui, l’âme d’un juif devient un feu perpétuel, car il unit l’essence de l’âme avec l’âme qui s’habille dans le corps.

C’est cela ‘la maison qui s’emplit de lumière’, lorsque la lumière de l’Essence divine éclaire l’âme et le corps d’un juif.

Ainsi, c’est peut-être au sujet de cette union que l’Admour Haemtsaeï déclare que ‘le Machia’h révèlera le plaisir infini à ceux qui l’attendent et souhaîtent sa venue’ car le plaisir dont il est ici question n’est autre que celui de la révélation de l’Essence de l’âme, ‘l’infini divin’, dans le corps (‘la maison’). Dès-lors, il est aisé de réaliser l’importance de ce jour du 11 Nissan, lequel précède notre sortie de l’Egypte et de toutes les limites de ce monde matériel, le soir du Séder.

Ce jour contient la force de l’Essence divine, le ‘plaisir infini’, qui est sur le point de se dévoiler, avec l’aide de D.ieu, de manière véritable avec la venue de notre Juste Machia’h, lors de la délivrance finale, très bientôt et de nos jours.

‘L’importance d’enseigner aux peuples du monde les 7 Mitsvoth Bneï-Noa’h :

Le Rabbi nous rappelle que le nom ‘Moché’ vient du fait que Batia, la fille de Pharaon, ‘tira’ Moché de l’eau du fleuve lorsqu’elle vit ‘le panier au milieu des joncs’, ainsi qu’il est dit (Chemot, 2, 10) : ‘Elle appela son nom : Moché, et dit ‘Car de l’eau je l’ai tiré’.

Rachi explique que l’expression ‘je l’ai tiré’ signifie ‘l’action de faire sortir’.
Aussi, peut-être nous est-il permis d’expliquer que cette expression évoque la déclaration que fit le Machia’h au Baal Chem Tov : ‘Je viendrai lorsque tes sources se repandront à l’extérieur’.

La délivrance dépend de ‘l’action de faire sortir’ les sources du Baal Chem Tov à l’extérieur. Ainsi, à la lumière de cette explication, il apparait à l’évidence l’importance de la mission qui nous a été confiée par le Rabbi d’enseigner les ‘7 Mitsvoth-Bneï-Noa’h’ aux personnes qui ne sont pas de confession Juive. Le Rabbi souligne souvent le fait que les mondes et tout ce qu’ils contiennent attendent tous de connaitre l’élévation. La lumière d’Or-Ein-Sof, ‘la lumière qui n’a pas de fin’, comme son nom l’indique illuminera la Création tout entière, c’est-à-dire dans ses plus petits et ses moindres détails, car si ce n’est pas le cas alors il ne s’agira pas du dévoilement de la lumière infinie de D.ieu. Or, c’est précisément notre mission d’enseigner aux peuples du monde les 7 Mitsvoth Bneï-Noa’h, car c’est de cette manière que ceux-ci pourront connaître l’élévation en accomplissant la Volonté du Saint béni soit-Il.

Il est important de savoir au point de ressentir que les peuples du monde attendent et espèrent de connaître cette élévation. Un exemple parmi tant d’autres exprime avec une force redoutable ce désir. Vincent Van-Gogh est un Artiste-Peintre mondialement connu. Il était par la force des choses un homme très solitaire qui peignit 800 Tableaux en seulement 10 ans. Il vécut grâce à l’aide de son frère Theo qui lui envoya régulièrement de l’argent pour qu’il puisse subvenir à ses besoins et qu’il puisse acheter le matériel nécessaire à la réalisation de son œuvre picturale. Il n’y a donc rien d’étonnant à ce que Van-Gogh parle en ces termes de son existence : ‘Quelqu’un aurait assisté pour un peu de temps seulement au cours gratuit de la grande université de la misère…’. Cependant Van-Gogh est très loin d’être une personne superficielle, préoccupée seulement par le fait d’assouvir des désirs uniquement matériels, comme on peut s’en rendre compte en lisant la suite de ce même propos : ‘…Et aurait fait attention aux choses qu’il voit de ses yeux, et qu’il entend de ses oreilles, et aurait réfléchi là-dessus, […] en apprendrait peut-être plus long qu’il ne saurait dire. Cherchez à comprendre le dernier mot de ce que disent dans leurs chefs-d’œuvre les grands Artistes, les Maîtres sérieux, il y aura D.ieu là-dedans’.
Ainsi, le désir le plus profond de Van-Gogh, son ‘dernier mot’ ainsi qu’il le définit ici, n’est autre que Celui au sujet duquel il est dit : ‘Mais L’Eternel ne vous a pas donné de cœur pour comprendre, des yeux pour voir et des oreilles pour entendre, jusqu’à ce jour’. (Ki Tavo, 29, 3, Livre Devarim). De fait, lorsque Van-Gogh parle de ‘la grande université de la misère’, il n’évoque pas la misère matérielle, non, il fait essentiellement allusion à la misère spirituelle. Vincent Van-Gogh cherche D.ieu et ne s’en cache pas, il écrit : ‘Cela n’empêche que j’ai un besoin terrible de, dirai-je le mot, religion, alors je vais la nuit dehors pour peindre des étoiles et je rêve toujours un Tableau comme cela avec un groupe de figures vivantes, des copains…’.

Pour en revenir à ce qui a été dit précédemment au sujet de l’enseignement du Rabbi selon lequel les peuples du mondent attendent de connaître l’élévation, il suffit de lire attentivement entre les mots de Vincent : ‘En somme je n’en sais rien, mais justement ce sentiment de ne pas savoir rend la vie réelle que nous vivons actuellement, comparable à un simple trajet en chemin de fer. On marche vite, mais on ne distingue aucun objet de très près, et surtout, on ne voit pas la locomotive’.

Les peuples du monde ‘ne voient pas la locomotive’, car la Torah a été au peuple Juif, et lui-seul détient la capacité de ‘voir la locomotive’, c’est-à-dire de percevoir le Divin, de percevoir Celui qui ‘crée et maintient en vie le monde et tout ce qu’il contient’, au moyen de l’étude de la Torah et par l’accomplissement des Mitsvoth. Cependant, ces écrits de Van-Gogh témoignent tous de ce désir de D.ieu qui brûle au profond de lui-même. Aussi, comme nous nous trouvons à la veille de la fête de Pessa’h, il est bien de citer pour finir par ces paroles que l’Artiste adressa à son frère Theo, lesquelles expriment bien la sortie d’Egypte, aussi bien pour ce qui concerne les enfants d’Israël que pour ce qui concerne les enfants de Noa’h : ‘Sais-tu ce qui fait disparaître la prison, c’est toute affection profonde, sérieuse. Être amis, être frères, aimer, cela ouvre la prison par puissance souveraine, par charme très puissant. Mais celui qui n’a pas cela demeure dans la mort. Puis la prison s’appelle quelquefois : préjugé, malentendu, ignorance fatale de ceci ou de cela, méfiance, fausse honte. Mais là où la sympathie renaît, renaît la vie’.

 

Texte et Audio : Vayikra à la lumière du Dvar Mal’hout – Rav Yaacov Abergel

Texte et Audio : Vayikra à la lumière du Dvar Mal’hout – Rav Yaacov Abergel

 

Chaque Juif possède une étincelle de Moché :

Dans le Dvar Mal’hout sur la Paracha Vayikra, le Rabbi nous enseigne que ‘lorsque le jour de Roch ‘Hodech Nissan tombe le jour du Chabbat nous sortons trois Sefer-Torah, et cela a pour effet de renforcer considérablement les enfants d’Israël, même durant les années pendant lesquelles Roch ‘Hodech Nissan ne tombe pas Chabbat, (comme c’est le cas cette année)’.

Chaque fois que nous sortons un Séfer-Torah nous disons le verset (Bamidbar, 10, 35): ‘C’était quand l’Arche se mettait en voyage, Moché disait lève-toi Eternel, que Tes ennemis se dispersent et que ceux qui te haïssent fuient de devant Toi…’.

Le Rabbi nous rappelle ici l’enseignement du Tanya selon lequel chaque Juif possède en lui-même une étincelle de Moché. Aussi, quand Moché s’adresse à D.ieu en disant ‘Lève-Toi Eternel’, il exprime l’importance pour chaque Juif d’ajouter dans le domaine de la Sainteté, et lorsque Moché déclare ‘que tes ennemis se dispersent et que ceux qui te haïssent fuient de devant Toi’, il souligne l’importance d’effacer tout ce qui s’oppose à notre élévation et qui perturbe notre service divin.

Par ailleurs, dans la Paracha Vayikra il est écrit : ‘Il appela Moché et D.ieu lui parla depuis la tente d’assignation en disant’ (Vayikra, 1, 1). Le sujet de ‘Vayikra’ est que Moché reçoit de D.ieu la force nécessaire qui lui permet d’entrer dans la tente d’assignation où l’Eternel se dévoile à lui. Or, comme il vient d’être dit, chaque Juif possède une étincelle de Moché, et de ce fait il peut attirer et dévoiler en lui-même un reflet de cette force que reçut Moché ; chaque Juif détient la force d’attacher sa pensée à D.ieu d’un lien si puissant qu’il peut ressentir et ‘voir avec ses yeux’ les plus hauts dévoilements divins, comme ce sera effectivement le cas au moment de la Délivrance finale.

L’Arche est l’endroit où se révèle la lumière qui entoure les mondes :

Un jour un ‘Hassid qui vivait à Loubavitch emmena son fils qui venait d’atteindre l’âge de rentrer au ‘Héder à un entretien privé avec le Rabbi. Le Rabbi bénit le jeune enfant en ces termes : Investis ton ardeur dans l’étude et ne perds pas ton temps, D.ieu béni soit-Il, te viendra en aide pour que tu sois un érudit et un ‘Hassid. Quand l’enfant et son père sortirent du bureau du Rabbi, le père expliqua à son fils que le Rabbi est pour ses ‘Hassidim ‘l’Arche Sainte’ dans laquelle se trouve les Tables de la Torah écrites du doigt de D.ieu, béni soit-Il’.

Pour comprendre un tant soit peu, la profondeur des paroles du ‘Hassid à son fils ‘hassidiques, il est nécessaire de savoir que les Tables de la Loi sont ‘écrites du doigt de D.ieu’, c’est à dire qu’elles sont un acte divin. Nous devons comprendre que l’Arche de l’Alliance qui contient ces Tables n’est pas un simple objet matériel. Le traité ‘Yoma’ nous enseigne que bien que l’on puisse en mesurer sa hauteur sa longueur et sa largeur, l’Arche ne prend pas de place dans le Saint des Saint ou elle est déposée. En effet, la largeur totale du Saint des Saints est de 20 ama (environ une dizaine de mètres) et la longueur de l’Arche est de 2,5 ama. Or quand l’Arche est déposée dans le Saint des Saints elle perd ses mesures : elle ne prend plus de place. En effet, si l’on mesure les distances entre les deux extrémités de l’Arche et les deux murs entre lesquels elle se trouve, elles sont chacune de 10 ama.
L’explication à ce phénomène physique est que l’Arche contient en elle-même une lumière infinie. En effet, l’écriture, gravée sur les Tables, est une lumière infinie qui n’a ni fin, ni mesure. De ce fait, l’Arche perd ses propres mesures et échappe aux lois physiques de ce monde lorsqu’elle est déposée dans le Saint des Saints, et le Tsémah Tsédek nous en donne la raison :

‘L’Arche est l’endroit où se révèle la lumière qui entoure les mondes, car elle contient les ‘Tables écrites du doigt de D.ieu’. Or, ‘la lumière qui entoure les mondes’ est l’origine même de l’espace et du temps, et ceux-ci lui sont totalement soumis. A l’évidence donc, l’espace matériel de l’Arche est totalement soumis à cette lumière qui entoure les mondes, qui n’a ni fin ni mesure. L’Arche ne prend donc pas de place’.

D’une certaine manière, il en va de même pour le Rabbi, lequel est ‘l’Arche sainte’ pour ses ‘Hassidim, car le Rabbi, du fait qu’il consacre continuellement son existence aux autres Juifs, considère leur existence plus que la sienne propre. Le Rabbi est comme ‘l’Arche qui n’a pas de mesures’, et le seul but qu’il poursuit est d’attirer l’Essence divine en ce monde matériel. En d’autres termes le Rabbi ‘ne prend pas de place’ car la toute la place qu’il donne à l’Existence est celle du Saint béni soit-Il. Autrement dit, du fait que la volonté du Rabbi se fond en celle de D.ieu, (ainsi qu’il est rapporté dans le livre du Tanya au sujet des Patriarches qui sont tels des ‘chars de la volonté de D.ieu’), c’est l’Existence de D.ieu et l’expression véritable et authentique de Sa volonté qui transparaissent à travers l’Existence du Rabbi.

Par ailleurs, il y a un deuxième enseignement que l’on peut tirer du fait que lorsque l’Arche était déposée dans le Saint des Saints ‘elle ne prenait pas de place’. De fait, chaque Juif doit être à l’image de l’Arche. Quand il sert D.ieu, il se doit d’agir au-delà de toutes les mesures, de toutes les limites, à l’exemple de l’Arche ‘qui ne prend pas de place’ et que l’on ne peut mesurer lorsqu’elle est déposée dans le Saint des Saints. Cependant, tout en servant D.ieu, l’âme, même si elle connaît la plus haute élévation, doit demeurer dans le corps, à l’exemple de l’Arche qui bien qu’elle soit l’œuvre de D.ieu, un objet Divin, demeure aussi être un objet matériel que l’on peut mesurer.
De la même façon, la qualité d’un ‘Hassid consiste à unir la lumière divine infinie aux limites de ce monde matériel. Il accomplit les Commandements divins, qui possèdent des mesures et des limites, avec un amour infini pour D.ieu.

Un enseignement de l’Admour Hazaken sur l’âme des lettres de la Torah :

On raconte que lorsque le Tséma’h Tsédek était un jeune enfant, son grand-père l’Admour Hazaken, le fit entrer au ‘Héder. L’Admour Hazaken demanda à son professeur d’enseigner au jeune enfant la première Paracha du livre de Vayikra. Lorsqu’il revint de son étude, le Tséma’h Tsédek demanda à son grand-père : ‘Pourquoi le mot ‘Vayikra’ est-il écrit avec un petit aleph ? Pourquoi-donc la lettre aleph est-elle plus petite que toutes les autres lettres de ce mot ? ‘. L’Admour Hazaken se concentra profondément puis il répondit à son petit-fils de la manière suivante :
Il existe trois dimensions dans les lettres de la Torah : les petites, les moyennes et les grandes. Par exemple, lorsqu’elle est de grande taille, la lettre aleph est une allusion au sentiment de fierté qui naquit dans le cœur d’Adam-Ha-Richon lorsqu’il médita au fait que le Saint béni soit-Il Lui-même avait formé son corps. Adam se considéra pour cela comme un être important, et cela ne fut d’ailleurs pas sans provoquer par la suite sa chute, quand il commit le péché de l’Arbre de la connaissance du bien et du mal. Quant à la petite lettre aleph du mot ‘Vayikra’, elle fait allusion au fait que Moché était d’une extrême humilité. Même s’il avait conscience de sa position, Moché n’en concevait jamais de la fierté, et il ne se considérait pas comme important.

La Torah est écrite avec des lettres de taille moyenne afin de nous montrer le niveau que nous devons atteindre : le niveau de ‘l’homme moyen’, le ‘Bénoni’. D’un côté, nous devons apprendre d’Adam-Ha-Richon que nous possédons des qualités. Avoir conscience, par exemple, du fait que nous possédons une âme divine, et que par elle nous percevons le divin.

D’un autre côté, nous devons apprendre de Moché, de ne jamais céder à l’orgueil. Aussi, quand nous demandons à un enfant juif d’ajouter dans la Torah et les Mitsvoth, l’enfant ne doit jamais penser : qui suis-je ? Que suis-je ? Comment pourrais-je réussir ?

Bien au contraire, il doit savoir et ressentir la qualité de l’existence d’un Juif, la force de l’âme d’Israël, à l’exemple d’Adam-Ha-Richon qui connaissait ses qualités, mais sans pour autant ressentir le moindre orgueil, à l’exemple de Moché, lequel est le plus humble parmi tous les hommes. En d’autres termes il doit savoir concilier le fait qu’il possède une âme Divine qui est au-delà de toutes les limites avec le fait de vivre dans un monde matériel qui est limité. La lettre Aleph de taille moyenne exprime le fait qu’un Juif doit ‘avoir conscience de sa petitesse et de la possibilité qui lui est donner de s’élever’ en faisant de ce monde une demeure pour l’Essence divine (Le Rabbi).

Cela s’accorde à un autre point qui est essentiel parmi les enseignements du Rabbi. De fait, même si l’on atteint le plus haut dévoilement, il est impératif que l’âme demeure dans le corps. En effet, la ‘Hassidout nous enseigne qu’un Juste parfait, même lorsqu’il connaît l’extase, tant est grande sa perception du Divin, ne perd jamais de vue le désir de D.ieu d’avoir une demeure ici-bas.

Les fils d’Aaron, Nadav et Avihou, perdirent leurs Vies car leur désir de s’attacher à D.ieu était plus fort que la nécessité que l’âme demeure dans le corps. Contrairement à leurs attitudes, nous devons toujours élever notre âme vers les cimes les plus élevées, mais en ayant conscience que l’âme ne doit jamais quitter le corps. Bien que le désir de l’âme de quitter le corps pour s’unir à D.ieu soit très fort, il ne doit jamais mettre en danger notre existence. Aussi, nous devons faire tout ce qui est en notre pouvoir pour nous élever aux plus hauts niveaux et en même temps garder à l’esprit que cette élévation a pour but d’agir dans ce monde.

La voix qui sortait du ciel :

Il est écrit dans la Torah que durant le séjour des enfants d’Israël dans le désert, lorsque L’Eternel S’adressait à Moché, la Voix de l’Eternel ‘sortait du ciel et passait entre les deux chérubins’ qui se trouvent sur l’Arche de l’Alliance, ainsi qu’il est écrit (Nasso, 7, 89) :

‘Et quand Moché venait à la tente d’assignation pour Lui parler, il entendait La voix d’au-dessus du couvercle qui était sur l’Arche du témoignage, d’entre les deux chérubins et Il lui parlait’.

Rabbi Yom-Tov Lippman explique dans son livre intitulé ‘Alpha-Beïta’ que la lettre Aleph est une allusion à ‘La voix qui sortait du ciel et qui passait entre les deux chérubins’. En effet, la forme du Aleph est composée d’un Vav et de deux Youd. Les deux Youd font allusion aux deux chérubins. Vav est une allusion à ‘la voix de L’Eternel qui passait entre les deux chérubins’.

Na’hchon ben Aminadav :

Par ailleurs, dans une Si’ha (Likoutey Si’hot, ‘Helek Aleph, pages 134-138), le Rabbi nous enseigne que ‘la mer s’ouvrit par le mérite d’un seul juif, du nom de Na’hchon ben Aminadav’. Ce juste du Peuple juif savait que le Saint béni soit-Il a libéré Ses enfants de l’Egypte afin de les conduire au pied du Mont-Sinaï et de leur donner la Torah, laquelle n’est autre que l’Arbre de vie, la Sagesse de D.ieu grâce à laquelle les enfants d’Israël pourraient s’attacher à Lui et feraient de ce monde matériel une demeure pour Son Essence bénie. Na’hchon ne fut donc pas du tout impressionné par tous les évènements extérieurs qui se produisirent autour de lui. Alors qu’une partie de l’Assemblée d’Israël désirait retourner en Egypte, qu’une autre partie envisageait de combattre les Egyptiens qui les poursuivaient, et que d’autres souhaitaient fuir dans le désert, il n’y avait seulement qu’un groupe d’hommes qui pensait que la solution était de rentrer dans la mer.

Na’hchon fut l’un de ces hommes. Il ressentait profondément le projet divin, et ne fut donc nullement apeuré par l’image des Egyptiens qui approchaient. La seule chose qui importait à ses yeux était de gagner le plus vite possible le Mont-Sinaï pour y recevoir la Torah. Il agit donc au-delà de la raison, de la logique, et de l’intellect, et sauta dans la mer. De même, notre attitude doit être semblable à la sienne et nous devons savoir et ressentir profondément que notre objectif est le dévoilement du Machia’h et dans ce cas tous les obstacles qui nous séparent du Machia’h ne doivent absolument pas nous impressionner. Chaque épreuve qui se dresse devant nous doit être ‘traversée’ à l’exemple de Nah’chon qui se jeta dans la mer avec le désir de recevoir la Torah. Lorsqu’un Juif se trouve dans les 4 coudées du Rabbi il est animé par le désir de recevoir la Torah ‘Hadacha et cette Volonté ‘fait lever ses pieds’ et lui permet de traverser tout ce qui s’oppose au dévoilement du Machia’h.

Dans le Dvar Mal’hout sur notre Paracha, le Rabbi rapporte le Midrache Raba selon lequel le nom Na’hchon vient de Na’hchol qui désigne ‘les grandes vagues de la mer’ que Na’hchon n’eut pas peur d’affronter lorsqu’il entra, le premier, dans la mer.

Le nom de Na’hchon n’est donc pas sans évoquer la force de Messirout -néfech, et la soumission la plus totale vis-à-vis du Saint béni soit-Il.

Le Midrache nous révèle que Na’hchon avança dans la mer jusqu’à ce que le niveau de l’eau atteint celui de ses yeux, bien que cela l’empêchait de respirer, et alors seulement après cela la mer s’ouvrit devant lui. Nous comprenons de cela que lorsqu’un juif dépasse le niveau de l’intellect, comme ‘l’eau de la mer dépassa le niveau de son nez et atteint celui de ses yeux’, alors l’Eternel ouvre la mer devant lui. Le Rabbi souligne à ce sujet que la Mitsva de la Tsédaka, plus que tout autre Mitsvah, doit être accomplie avec le plus grand dévouement, au-delà de toutes les limites. Dès-lors, rien ne pourra constituer d’obstacle, pas même ces ‘grandes vagues de la mer’, pour voir enfin avec nos yeux de chair, la Délivrance finale avec la venue de notre juste Machia’h, très bientôt et de nos jours. Avec l’aide de D.ieu.