« Mon père chez le Rabbi » – « Oumka de Liba », par le Rav Yaacov Abergel

« Mon père chez le Rabbi » – « Oumka de Liba », par le Rav Yaacov Abergel

Pour l’élévation de l’âme de ‘Hananiah ben Yaacov

Mon père était un Juif simple, mais un Juif. Il a grandi dans une famille du Maroc, à Marrakech. Une famille simple, mais une famille Juive. Dans les années 80, il se trouvait pour quelques jours de vacances au Canada, et il fut évident pour lui de se rendre chez le Rabbi de Loubavitch, au 770, dans le quartier de Crown Heights, à Brooklynn.

Il m’a raconté des dizaines de fois cette histoire, mais à chaque fois, il mettait l’accent sur un détail particulier. La dernière fois qu’il me l’a racontée, peu de temps avant qu’il ne quitte ce monde, il insista sur le fait que le Rabbi le laissa tenir sa sainte main, un long instant. L’histoire est la suivante.

Mon père se tenait à côté de l’escalier de la maison du Rabbi, et lorsque le Rabbi descendit l’escalier, il s’approcha du Rabbi et saisit sa sainte main pour l’embrasser. Le Rabbi le laissa faire, et quand mon père se redressa le Rabbi fixa mon père dans les yeux pendant ce qui fut pour mon père une éternité. Mon père qui regardait le Rabbi dans les yeux se mit alors à pleurer. Ses larmes coulaient de ses yeux quand le Rabbi le regarda.

Pendant les quelques 40 années qui ont suivies ce moment, mon père ma raconté donc de très nombreuses fois ce moment précieux de sa vie, mais chaque fois qu’il me le racontait j’avais l’impression d’entendre cette histoire pour la première fois.

De fait, j’ai puisé dans cette histoire de nombreux enseignements. Celui qui me vient en premier à l’esprit est que le Rabbi dévoile l’essence de l’âme de chaque Juif. Ces larmes qui jaillissent de la profondeur du cœur de mon père lorsqu’il s’est trouvé dans les 4 coudées du Rabbi sont en effet comparables à celles d’un Juif qui sonne du Choffar en appelant son Père qui est dans le ciel, le jour de Roch Hachana.

Le Rav, le ‘Hassid, le Rav Shimon Yacobovitch, qu’Hachem élève son âme, m’a dit lors d’un Farbrenguen, que la limite entre les larmes de joie et les larmes d’amertume est très sensible. Il m’a parlé des larmes ce jour-la parce que je lui avais dit être très impressionné du fait qu’il lisait les 10 Commandements le jour de Chavouoth (et quand nous les lisons lors de la lecture de la Paracha Yitro) sans pouvoir retenir de chaudes larmes.

Les larmes viennent de la profondeur du cœur, car la force de l’essence de l’âme se révèle précisément dans la profondeur du cœur : ‘Oumka de Liba’.

Parmi les Maamarim du Rabbi, il y a évidemment celui de ‘Vé Ata Tetsaveh’, ‘Et tu ordonneras aux enfants d’Israël’. Dans ce discours ‘Hassidique, le Rabbi parle de l’importance de dévoiler la force de l’Essence de l’âme Juive. Il y a aussi cette histoire du Rabbi Rachab qui voulut embrasser son fils le Rabbi Rayats, et qui décida au lieu de cela de lui écrire un discours ‘Hassidique. Le Rabbi nous explique que le discours qu’il écrivit pour son fils fut appelé : ‘un baiser hassidique’.

Un baiser ‘hassidique vient de l’essence de l’âme, il est comme ces larmes qui viennent de la profondeur du cœur. La Torah elle-même est un baiser ‘hassidique, car elle vient de l’Essence de D.ieu. La Torah est l’expression de l’amour que l’Eternel ressent pour Ses enfants.

Les larmes de mon père qui coulèrent de ses yeux lorsque le Rabbi le regarda, se sont répandue à l’extérieur. Elles font naître en celui qui médite à son histoire, le désir de faire tout ce qui est en son pouvoir, pour provoquer le dévoilement du Machia’h, car D.ieu attend le cœur de l’homme, comme la déclaré un jour l’Admour Hazaken. Ainsi, de la même façon, lorsque mon père me racontait son histoire avec le Rabbi, c’est un baiser ‘hassidique qu’il me donnait, à chaque fois….

 

 

 

 

Texte et Audio : Zot Ha Berakha  ‘La Bénédiction de toutes les Bénédictions’, par le Rav Yaacov Abergel

Texte et Audio : Zot Ha Berakha ‘La Bénédiction de toutes les Bénédictions’, par le Rav Yaacov Abergel

(Pour la Refouah chélémah de ‘Hanania ben Yamna)

 

Le mot hébreu pachout signifie simplicité. La simplicité qui est dénuée de toutes formes exprime l’abstraction. Ce mot caractérise donc l’Essence divine car celle-ci ne peut être incarnée par aucun nom comme l’écrit le Rabbi (Si’ha du 11 Chevat) : « l’Essence elle-même est au-delà de tout nom ».

On peut donner à ce sujet l’exemple des noms divins. En effet, il existe plusieurs noms divins et chacun d’entre-eux exprime un attribut particulier de D.ieu. Le nom Havayé est celui de la divinité qui transcende les mondes. Le nom Elokim est celui de la divinité qui s’habille dans le monde ainsi qu’il est dit : ‘Au commencement, Elokim créa le ciel et la terre’. (Elokim a la même valeur numérique que ‘HaTéva’, la nature).

Cependant les noms divins ne sont que des reflets de l’Essence divine. L’Essence divine transcende tous les noms divins car en comparaison à l’Essence divine, la lumière qui brille dans chacun de ces noms est comme une goutte d’eau de l’Océan.

Dans la Paracha Vé Zot ha Brérakha (‘Et voici la bénédiction par laquelle a béni Moché, l’homme de D.ieu, les enfants d’Israël…’) nous lisons la bénédiction de Moché aux enfants d’Israël. Chaque tribu reçut une bénédiction particulière.

Réuven fut béni afin qu’il vive dans ce monde-ci et qu’il ne meure pas dans le monde futur. Yéhoudah fut béni pour qu’il retrouve son peuple en paix au retour de la guerre. Lévi fut béni pour enseigner les Lois de l’Eternel. La bénédiction de Benjamin fut dans la construction du Temple, celle de Yossef dans la terre (‘Avec les délices des récoltes du soleil’), celle de Zévouloun pour le commerce, celle d »Issa’har pour l’étude de la Torah…Chacune des 12 tribus d’Israël reçut de Moché une bénédiction particulière.

Le 4 Tichri 5750 (le 3 Octobre 1989) à l’occasion de la nouvelle année le Rabbi bénit, à son tour, les enfants d’Israël en ces termes :

‘Ce que nous avons dit au début de la réunion incluait tous les juifs, en particulier que ce soit une année bonne et douce et que nous soyons tous signés et scellés pour le bien, que ce soit une année de lumière, une année de bénédiction, une année de grandeur, une année d’abondance, une année de majesté, une année de splendeur, une année de bonne réunion, une année de grands mérites de bonne et longue vie avec un bien clair et tangible, une année de connaissance profonde en particulier dans le sens profond de la Torah, une année de subsistance, une année d’étude avec un grand succès, une année élevée en toutes choses, une année de miracles ouverts, une année d’aide divine et de bons signes, une année de force et de splendeur, une année de délivrance, une année de charité, une année où on est redressé, quand D.ieu nous conduira la tête haute sur notre terre immédiatement, une année de bonne volonté dans la pratique des Mitsvot et l’étude de la Torah, accomplissant la parole de la Michnah: ‘Fais de la Volonté de D.ieu ta volonté’, une année de grande joie, une année de salut, une année de prière, une année de louange et une année de repentance avec le plus haut degré de retour, et alors comme la Torah le promet: ‘Les juifs retourneront à D.ieu et ils seront immédiatement délivrés’ avec la délivrance véritable et complète par Machia’h immédiatement…’ .

La bénédiction de Moché et celle du Rabbi sont toutes les deux adressées aux enfants d’Israël, cependant il existe une différence entre les deux. La bénédiction de Moché, bien qu’elle soit appellée par la Torah : ‘la bénédiction’, est elle-même composée par 12 bénédictions.

A l’opposé, la bénédiction du Rabbi est la même pour tous les enfants d’Israël. Le Rabbi ne fait aucune différence et il bénit chaque juif de la même bénédiction. C’est bien là une des qualités de Yé’hida, l’Essence, car le terme de Yé’hida induit l’idée d’absolu et d’unité non-composite. ‘L’Essence elle-même est au-delà de tout nom’.

De fait la bénédiction du Rabbi est l’essence même de toutes les bénédictions. Elle transcende et vivifie toutes les bénédictions. La bénédiction du Rabbi ne revêt aucun aspect particulier, elle est illimitée.

Plus que tout autre Sage de la partie profonde de la Torah Le Rabbi révèle l’essence de l’âme. Il n’y a donc rien d’étonnant à ce que la bénédiction qu’il adresse à chaque juif, ‘Ce que nous avons dit au début de la réunion incluait tous les juifs’, soit elle-même imprégnée par l’esprit de sacrifice et la volonté de tout faire pour attirer en ce monde ‘la lumière, la grandeur, la majesté, la splendeur… ».

De fait, l’Essence ne peut être dévoilée que par le don de soi, ‘Fais de la Volonté de D.ieu ta volonté’, et le Rabbi nous bénit afin de nous donner les forces pour cela.

Dans le recueil intitulé ‘Iniana chel Torat ha Hassidouth’, le Rabbi explique que les mondes reçoivent à présent leur vitalité de l’âme de vie, laquelle n’est qu’un reflet de l’Essence divine, mais dans les temps messianiques l’Essence de l’âme qui vivifie ce monde sera révélée.

Le Rabbi précise que la qualité de l’Essence est qu’elle n’est pas seulement illimitée par le fait qu’elle est éternelle, mais elle est également illimitée dans la teneur de ce qu’elle véhicule. Aussi lorsque l’Essence sera révélée, les mondes atteindront la perfection. C’est à ce monde parfait que la bénédiction du Rabbi nous prépare, ainsi qu’il le dit lui-même au nom de la Torah : ‘Les juifs retourneront à D.ieu et ils seront immédiatement délivrés’.

 

 

 

Texte et Audio : Paracha Haazinou  ‘Le Ciel et la Terre d’un Juif ‘, par le Rav Yaacov Abergel

Texte et Audio : Paracha Haazinou ‘Le Ciel et la Terre d’un Juif ‘, par le Rav Yaacov Abergel

 

La ‘Hassidout nous enseigne que dans les temps futurs la terre, aujourd’hui silencieuse, parlera. Celle que tout le monde piétine s’adressera à l’homme et lui demandera s’il a le droit de la piétiner ainsi alors qu’il ne prononce pas de paroles de Torah !

A l’évidence élever le corps nécessite que l’homme élève d’abord son esprit. Le cerveau doit dominer le cœur et cela implique que l’homme doit dominer les mauvaises pulsions de son cœur afin d’obéir seulement aux désirs de son âme divine. Celle-ci ne désire que D.ieu, Le servir par la prière et les bonnes actions. Ainsi, quand l’homme parvient à ce niveau, il purifie son corps le débarrassant de tous les déchets générés par le mauvais penchant. C’est cette question que la terre posera à l’homme. Elle lui demandera s’il est parvenu à avoir le corps et le cœur purs, car seulement dans ce cas le mérite lui sera donné de se tenir debout sur la terre. C’est à ce sujet que se rapporte le verset selon lequel la pierre des murs et le bois des poutres témoigneront de nos actes et de nos paroles, ainsi qu’il est dit (‘Habakouk, 2, 11) : « Oui, la pierre des murs crie contre toi, et le chevron dans la charpente lui donne la réplique… »

Il est écrit dans la Paracha Haazinou (32, 1) : ‘Prêtez l’oreille cieux, et je parlerais et que la terre écoute les mots de ma bouche » :

Moché nomma le Ciel et la Terre comme témoins du service divin des enfants d’Israël. Du fait que ceux-ci vivent éternellement, nul autre qu’eux ne pouvaient aussi bien témoigner que les enfants d’Israël accomplissent la volonté du Saint béni soit-Il tout au long de toutes leurs générations.

Le Rabbi explique la raison profonde du choix de Moché. Dans le sens profond, le Ciel d’un juif représente sa pensée, les forces de son intellect. La Terre d’un juif ce sont ses paroles et ses actes. Aussi, quand il étudie la partie révélée et la partie profonde de la Torah, qu’il éveille les forces de son intellect en approfondissant et en comprenant ce qu’il étudie, un juif œuvre et compose le Ciel de son existence. De la même façon, quand il accomplit de manière concrète les commandements divins, il fonde la Terre sur laquelle il se tient.

Quand nous accomplissons une Mitsvah, notre action (la Terre) doit être inspirée et éclairée par une intention profonde (cavana) : le Ciel. Dés-lors nous comprenons que la raison pour laquelle Moché a choisi le Ciel et la Terre pour témoigner de tous nos accomplissements dans notre service divin. Le Ciel et la Terre d’un juif ne sont pas deux choses distinctes l’une de l’autre. Un acte n’est mis en évidence que lorsqu’il est inspiré par une haute intention, et une intention n’est haute que lorsque sa finalité est de se fondre dans un acte.

Ainsi, au Rabbi de conclure que Moché choisit le Ciel et la Terre afin de nous donner les forces nécessaires pour accomplir notre service divin. Afin de servir D.ieu avec notre émounah la plus pure, au moyen de nos forces les plus profondes. Eveiller la partie la plus secrète de notre âme pour servir D.ieu avec la plus grande soumission.

Ce sentiment qui exprime notre plus grand désir, celui de la venue du Machia’h, de la Délivrance et du troisième Temple, peut s’inscrire dans l’image du ciel et la terre.

La terre et le ciel s’unissent en une ligne que l’on n’aperçoit qu’à une distance éloignée. Cette ligne qui s’appelle ‘l’horizon’ arrête notre regard, l’empêche d’aller plus loin et finit toujours par laisser la place à nos pensées, à notre vie. A ce qu’elle a été, ce qu’elle est et ce qu’elle sera. Le libre choix nous est donné. A nous de choisir et d’imaginer ce que seront nos pensées nos paroles, et nos actes.

Le Rabbi Yossef-Itz’hak déclara un jour qu’il entendait ‘les pas du Machia’h’. Le Rabbi, à son exemple, agit envers nous pour que nous percevions à notre tour la présence du Machia’h, pour que notre horizon soit le support des pensées qui découlent du côté de la sainteté. Plus précisément pour que ces pensées aient pour but de nous impliquer dans le projet divin. Le Rabbi fait tout ce qui est en son pouvoir pour que notre Ciel (notre étude de la Torah) et notre Terre (nos Mitsvoth) s’unissent en un horizon où l’on voit se profiler la silhouette du Machia’h et du troisième temple. Il sème en notre esprit les graines qui donneront naissance aux pensées qui éveilleront dans nos cœur l’amour et la crainte de D.ieu, lesquels animeront nos actions les plus hautes qui susciteront le désir de D.ieu de provoquer finalement la venue de notre Juste Machia’h.

Ainsi, si nous laissons nos pensées se fondre vers l’horizon que nous trace le Rabbi, il est certain que le Ciel et la Terre témoigneront ensemble devant l’Eternel de la qualité de notre service divin. Dans ce cas rien ne s’opposera davantage à la révélation divine lors de la venue de notre juste Machia’h.

Les âmes orphelines retrouveront leur Père qui est dans le ciel, sans qu’Il ne se dissimule davantage derrière Ses nombreux vêtements. Sa pureté brillera pour toujours dans tous les mondes et dans toutes les âmes. Sa lumière resplendira sur la terre dans le ciel et dans la Torah et l’homme découvrira enfin ‘une Terre nouvelle, un Ciel nouveau, une Torah nouvelle’.

Texte et Audio : Paracha Ki Tavo  « L’île au trésor du Baal Chem Tov », par le Rav Yaacov Abergel

Texte et Audio : Paracha Ki Tavo « L’île au trésor du Baal Chem Tov », par le Rav Yaacov Abergel

Pour le mariage de Ména’hem Mendel Spitzer et de ‘Haya Mouchka Abergel, le 18 Elloul 5720

Dans son ouvrage intitulé écrit que ‘Jamais dans la maison du Baal Chem Tov, il ne restait d’argent pour la nuit. Rentrait-il de voyage ? Il réglait les dettes accumulées en son absence, puis il distribuait le reste de l’argent aux pauvres. Revenant d’un voyage, un jour, avec beaucoup d’argent, il acquitta ce qu’il devait et distribua le reste de l’argent. Son épouse, cependant, en avait retenu un peu afin de ne pas acheter à crédit pendant quelques jours. Le soir, le Baal Chem Tov éprouva une gêne dans la prière. Il revint chez lui et demanda : Qui donc a pris de l’argent ?

Son épouse avoua l’avoir fait. Le Baal Chem Tov reprit alors cet argent, et il le fit distribuer aux pauvres, le soir même.’ (‘Les récits hassidiques’, Martin Buber).

Au commencement de la Paracha Ki Tavo (26, 1, 2), il est écrit que ‘les enfants d’Israël, après qu’ils aient conquis la terre, avaient l’obligation de prendre, de leurs champs, des prémices des sept fruits de la terre (le blé, l’orge, le raisin, la figue, la grenade, l’olive et la date), de les placer dans un panier, et de les apporter au Cohen dans le Beït-ha-Mikdache’.

Le Rabbi de Loubavitch nous enseigne que cette Mitsva des prémices est à la base de notre service divin et de l’ensemble de tous les autres commandements. Chaque juif dès son réveil récite la prière du ‘Modé ani’. La ‘Hassidout met l’accent sur le fait qu’en récitant cette prière il remercie l’Eternel, non pas seulement parce qu’Il lui donne à nouveau la vie, mais il Le remercie de l’avoir fait juif.

Aussi, nous pouvons nous interroger sur la particularité de la Mitsva des prémices. En effet, nous remercions l’Eternel, et reconnaissons Ses bienfaits tout au long de notre vie, que ce soit dans nos prières, ou que ce soit dans les Bénédictions, que nous Lui adressons tout au long du jour. Pour quelle raison la Mitsva des prémices, qui exprime aussi notre reconnaissance pour D.ieu, précède-t-elle dans notre Paracha tous les autres commandements divins ?

Le Rabbi répond que l’âme possède trois vêtements, la pensée la parole et l’action, et que la Mitsva des prémices a ceci de particulier, que lorsqu’il accomplit cette Mitsva, un juif exprime sa reconnaissance vis à vis de l’Eternel, non pas seulement par la pensée, ou par la parole, mais il l’exprime par un acte, et ‘l’acte est essentiel’.

En d’autres termes, la Mitsva des prémices exprime par un acte la prière de ‘Modé ani’ que l’on dit chaque matin, en ouvrant les yeux.

Cependant, la Mitsva des prémices n’exprime pas seulement notre reconnaissance pour tous les bienfaits que l’Eternel nous dispense tout au long de notre existence. Le contenu profond de cette Mitsva est lié à la signification du mot bikourim : prémices.

Le mot bikourim s’apparente au mot békhor qui signifie premier-né.

De fait, la Torah désigne les enfants d’Israël comme étant les premiers-nés de l’Eternel, car l’âme des enfants d’Israël a précédé la Création du monde. Dans le Dvar Mal’hout de la Paracha Ki Tétsé, le Rabbi nous enseigne que l’âme juive, du fait ‘qu’elle est véritablement une parcelle de divinité d’En-haut’, existait déjà avant la Création du monde et de tout ce qu’il contient. C’est à cela que se rapporte l’enseignement de Rabbi Shimon Bar Yo’haï selon lequel ‘Le Saint béni soit-Il Israël et la Torah ne font qu’Un’, et Rabbi Shimon enseigne que trois liens les unissent, l’un avec l’autre.

Il existe un lien entre le Saint béni soit-Il et la Torah, un lien entre la Torah et Israël, et par-dessus tout, il existe un lien direct entre le Saint béni soit-Il et Israël.

Le Rabbi souligne cependant que l’âme d’Israël précède la Torah, et que l’existence de la Torah ne dépend que d’Israël, car les juifs sont la raison de la Torah. Ainsi, dans une situation où un juif est en danger, l’Eternel nous ordonne de transgresser la Torah, s’il doit en être ainsi pour sauver la vie de ce juif (pikoua’h néfèch).

A l’opposé, l’existence de la Torah ne dépend que des juifs, que de leur accomplissement des commandements divins, lesquels représentent la Volonté du Saint béni soit-Il. C’est ce lien, ce lien essentiel qui unit l’Eternel à chaque juif, qui représente le contenu profond de la Mitsva des prémices.

Chaque juif est le premier-né de l’Eternel, et demeure lié à Lui d’un lien éternel, et lorsqu’un Juif apporte au Temple les prémices des fruits de son champ, il remercie L’Eternel, non seulement pour les bienfaits matériels qu’Il lui dispense, mais aussi et surtout, pour l’avoir fait juif.

Il s’agit de Le remercier de nous avoir donné une parcelle de Lui-même, d’être constamment en Lui et de pouvoir accomplir Sa Volonté bénie.

Nous pouvons parcourir la terre indéfiniment, ou bien décider de nous enfuir sur l’océan, et d’y voguer des jours, des mois, ou des années, avec pour seul but, de trouver la fameuse île au trésor. Cette île qui se cache secrètement dans le bleu profond d’une carte marine, telle un point perdu au milieu de l’eau transparente et pacifique de l’océan. Cette île que finalement sous l’éclat salé du soleil nous finirons peut-être par atteindre. Aussi, à force de persévérance nous finirons aussi par trouver l’emplacement du trésor, et commencerons à creuser, et à creuser encore dans le sable brûlant. Au bout du compte, quelle sera notre surprise lorsque nous découvrirons que le contenu du fameux trésor n’est en réalité qu’une goutte d’eau en comparaison à l’océan. Le véritable trésor se cache au plus profond de nous-même, il n’est autre que l’essence de notre âme, et la carte qui nous permet de l’atteindre n’est autre que l’étude de la ‘Hassidout.

Il est écrit dans le livre du prophète Osée (9, 10) : ‘J’avais trouvé Israël délicieux comme du raisin dans le désert ; comme les premiers fruits mûrs sur le figuier, j’avais considéré vos ancêtres’. ‘Le raisin dans le désert’, ou ‘l’île dans l’océan’, la voilà la Vérité, celle qui n’a pas de fin, celle qui nous unit à D.ieu.

Au début de la prière du matin nous récitons la liste des préceptes divins ‘qui n’ont pas de mesures’, parmi eux il y a l’offrande des prémices, et il n’y a rien d’étonnant à cela, car cette offrande représente l’essence de notre âme, laquelle ne possède pas, non plus, de mesures. Elle est notre véritable réalité, notre Vérité. Cette même Vérité, qui éveillait une gêne dans la prière du Baal Chem Tov. Cette Vérité sans fin qui le pousse à donner tout ce qu’il possède pour aider ses frères juifs.

Cette Vérité, comme une île au milieu de l’océan qui cache en elle le plus précieux des trésors. Ce trésor qui vibre dans le cœur du Baal Chem Tov, celui de l’Admour Hazaken, et dans le cœur de tous les Maîtres de ‘Habad. Cette Vérité qui anime le Rabbi à tout moment, cette Vérité qui brille plus particulièrement le Jour du 18 Elloul, jour de l’anniversaire des fondateurs du ‘Hassidisme et de la ‘Hassidout ‘Habad, Rabbi Israël Baal Chem Tov et Rabbi Chnéor Zalman de Lyadi.

Le 18 Elloul, comme les 18 Bénédictions de la prière de la Amida, dîtes du plus profond du cœur, pour provoquer la Guéoulah, avec l’aide de D.ieu, par le mérite du Rabbi, très bientôt et de nos jours.

Texte et Audio : Paracha de Ki Tètsé –  « Machia’h voit entre les fentes des murs », par le Rav Yaacov Abergel

Texte et Audio : Paracha de Ki Tètsé – « Machia’h voit entre les fentes des murs », par le Rav Yaacov Abergel

 (Pour la Réfouah chéléma de Sabine Ra’hel bat Dolly Messodi,
et pour l’élévation de l’âme de Esther bat Ra’hel)

 

Le nom de famille du Rabbi de Loubavitch qui est ‘Schneerson’ se décompose de la manière suivante : ‘Schneer-son’, qui signifie ‘le fils (‘son’) de Chnéor (‘Schneer’). 

De fait, la source des enseignements des maîtres de la ‘Hassidout ‘Habad se fondent sur l’enseignement du Baal Chem Tov et celui de l’Admour Hazaken.

Le prénom ‘Chnéor-Zalman’, qui est lui-même à la source du nom de famille du Rabbi, n’évoque pas seulement le fait que le Rabbi est un descendant de l’Admour Hazaken, mais il fait aussi allusion au fait que ses enseignements découlent de la pensée du Maître de la ‘Hassidout ‘Habad, exactement de la même façon que ‘l’âme d’un juif provient de la pensée de D.ieu’ et que ‘la goutte qui donne naissance à un enfant se trouve au départ dans le cerveau de son père’ (livre du Tanya).

Il en va de même au sujet des enseignements du Rabbi. Ceux-ci représentent ‘l’enfant’, qui lui-même est un prolongement et un aboutissement de l’œuvre de son père. Un enseignement du Rabbi est un prolongement de l’enseignement de l’Admour Hazaken et apporte toujours un élément nouveau jusqu’alors inconnu : un ‘Hidouch.

Aussi, le Rabbi délivre un enseignement exceptionnel au sujet de la Paracha Ki Tètsé, basé sur le verset : ‘Quand tu sortiras en guerre contre ton ennemi’, que l’on peut lier à l’enseignement de l’Admour Hazaken selon lequel ‘Dans les temps futurs D.ieu fera sortir le soleil de son étui…’.

‘Le soleil sortira de son étui’ est une allusion au fait que dans les temps messianiques, l’Eternel révèlera la lumière de Son Essence, symbolisée par la lumière du ‘soleil’ : ‘Havayeh’, qui pour l’instant est cachée par un ‘étui’ : ‘Elokim’, lequel masque l’Essence divine et ne laisse pour lumière à la Création qu’un mince reflet, au moyen duquel l’homme ne peut absolument pas ressentir la Présence divine.

Aussi, la déclaration du Tanya selon laquelle ‘Havayeh Elokim est un soleil et un bouclier’ exprime la dissimulation (le Tsimtsoum) : ‘Elokim’, ‘le bouclier’, de la lumière infinie de D.ieu : ‘Havayeh’. 

Ce principe s’applique également à notre âme, car son essence est elle-même ‘en exil’, et ce n’est que dans les temps futurs que l’essence de l’âme ‘sortira de son étui’ : l’essence de l’âme Juive sortira de son exil, et sa force illuminera notre être tout entier, et nous pourrons dès-lors recevoir les plus hauts dévoilements.

Il existe une très belle image du Tséma’h Tsédek au sujet de l’âme (Séfer ha Likoutim, lettre Youde, ‘Yonah’). Le Tséma’h Tsédek citant le verset du ‘Cantique des Cantiques’ (2, 14) :

‘Ma colombe, nichée dans les fentes du rocher…’, explique que le nom du prophète ‘Yonah’, qui fut jeté à la mer et englouti par un énorme poisson, est une allusion à l’âme divine.  La signification de l’image de Yonah, qui adressa à l’Eternel une prière du fond des entrailles de cet énorme poisson (comparable à un ‘étui’) évoque donc l’âme divine prisonnière du corps et de l’âme animale, contre lesquels elle doit mener un combat incessant pour imposer sa volonté.

Par ailleurs, la Paracha ‘Ki Tètsé’ fait aussi allusion à la descente de l’âme dans le corps, et le verset ‘Quand tu sortiras en guerre contre ton ennemi’ met l’accent sur le fait qu’un juif doit mener une véritable guerre face au mauvais penchant.

Cependant le Rabbi donne une explication beaucoup plus profonde de ce verset :  ‘Quand tu sortiras en guerre contre ton ennemi’ :

Les termes ‘tu sortiras’ évoquent l’endroit d’où provient l’âme, sa source première. Cet ‘endroit’ désigne en fait l’essence divine qui ne fait qu’un avec l’âme, ainsi qu’il est dit dans le saint Zohar : ‘D.ieu Israël et la Torah ne font qu’un’.

De fait, l’âme d’Israël précède toute la Création, ainsi qu’il est dit dans le Midrache : avant la Création du monde, D.ieu S’adressa aux âmes des Justes d’Israël, et leur demanda si oui ou non il devait créer le monde. Le Rabbi nous enseigne donc que du fait que l’âme d’un Juif a précédé le monde, il ne doit nullement être impressionné par lui, et bien au contraire sa mission consiste à mener le combat de D.ieu, en faisant apparaître aux yeux de l’ennemi la lumière de l’endroit divin d’où provient son âme.

En d’autres termes, sa mission consiste à révéler la lumière de l’Essence divine, et peu importe l’endroit où la situation dans lesquels il se trouve, car c’est précisément dans les profondeurs de l’abîme de ce monde, qu’un juif doit faire une demeure pour D.ieu.

Révéler l’endroit d’où provient son âme s’accorde donc à notre mission de ‘faire de ce monde une demeure pour l‘Essence de D.ieu’. De fait, même l’âme animale doit devenir une demeure pour l’Essence de D.ieu, pas moins que cela.

Dans les temps futurs l’âme, qui est pour l’instant comme une colombe ‘nichée dans les fentes du rocher’ sortira finalement de son étui, de son exil.

C’est peut-être pour cela qu’il est dit que ‘le Machia’h voit entre les fentes des murs’ du fait qu’il est lui-même l’Essence de l’âme d’Israël, laquelle se trouve en exil, ‘cachée entre les fentes’, confinée dans un ‘étui’. Ainsi, ‘Machia’h voit entre les fentes des murs’ signifie qu’il observe la profondeur de l’âme de chaque enfant d’Israël et il s’attache à la dévoiler.

Aussi, c’est par notre attachement au Rabbi que l’on peut délivrer l’essence de notre âme afin que celle-ci ‘sorte en guerre contre l’ennemi’, c’est à dire afin que celle-ci transforme totalement l’âme animale et le corps, c’est à dire tout ce qui s’oppose à la révélation de l’Essence divine et au dévoilement du Machia’h. 

Par ailleurs il est intéressant de remarquer que juste après le verset ‘Ma colombe, nichée dans les fentes du rocher‘, il est écrit (verset 16) :

‘Je suis à mon bien-aimé, et mon bien-aimé est à moi’.   

Ce verset contient en effet les initiales du mot : ‘Elloul’, lequel est le mois de la Téchouva, du retour vers D.ieu. De fait, l’âme est comparable au vol de cet oiseau qui était au départ ‘niché dans les fentes du rocher’, et qui s’élève ensuite dans le ciel, à l’exemple de l’âme qui retourne vers sa source divine….

 

 

 

 

Texte et Audio : Paracha Kora’h  « Le but de chaque chose est la profondeur de cette chose », par le Rav Yaacov Abergel

Texte et Audio : Paracha Kora’h « Le but de chaque chose est la profondeur de cette chose », par le Rav Yaacov Abergel

 

 

Il existe plusieurs niveaux d’amour et de crainte de D.ieu. L’Admour Hazaken s’attache à les définir et à les décrire dans le livre du Tanya, car tous ces niveaux doivent être comme autant de proies que nous devons capturer. Comme un loup qui agît sans relâche pour capturer sa proie, nous devons nous-même nous attacher à poursuivre la crainte et l’amour de D.ieu.

Le Rabbi délivre à ce sujet un précieux enseignement. Le mot hébreu ‘Hok signifie ‘décret’. Il désigne une loi divine qui échappe totalement à notre compréhension. Il n’en demeure pas moins que nous devons à l’évidence obéir à ce décret, à l’accomplir, car même s’il échappe à notre compréhension, il s’agit de la Volonté bénie de D.ieu. Aussi, en obéisant à un tel décret, l’occasion nous est donnée d’exprimer notre attachement à D.ieu, du lien qui nous unit à Lui et qui dépasse totalement l’intellect et la raison. Poursuivre et désirer D.ieu au point d’agir uniquement selon Son désir, et en faisant totalement abstraction de nous-même, de nos propres désirs et même de notre compréhension. Sans les ‘Houkim’, il aurait été impossible d’exprimer notre attachement à D.ieu qui est au-delà de notre raison et de notre intellect.

Dans le Dvar Mal’hout sur la Paracha Kora’h, le Rabbi nous enseigne que Kora’h avait parfaitement conscience de ce niveau de l’âme Juive, qui dépasse la raison et l’intellect, mais sa grande erreur fut de limiter cette force de l’âme à la pensée et à la parole. Il manquait à Kora’h la reconnaissance et la valeur de l’action, ainsi que le Rabbi nous l’enseigne en nous donnant la signification profonde des lettres de son nom.

Kora’h est composé par les lettres Kouf Rèch et ‘Hèt.

Le Rabbi explique en effet que Kora’h avait conscience du niveau supérieur de l’âme Juive, de ce niveau qui dépasse la raison et l’intellect. Cela s’exprime par le fait que son nom possède les deux lettres du mot ‘Hok (‘Hèt et Kouf) qui désigne, comme il a été expliqué, une loi qui dépasse notre raison et notre intellect. Kora’h avait donc conscience de ce niveau supérieur, qui est la qualité de l’Essence de l’âme d’Israël, mais la deuxième lettre de son nom, Réch, exprime la faiblesse de Kora’h.

L’axe horizontal de la lettre Rèch correspond à la pensée, et son axe vertical correspond à la parole. Par contre il manque à la lettre Rèch le troisième axe, lequel correspond à l’action. Il manquait à Kora’h une chose essentielle : l’Action.

Dans le discours ‘hassidique du 15 Sivan de l’année 5751, le Rabbi explique longuement que seul l’accomplissement des Commandements divins permet à l’âme de parvenir à une totale soumission avec le Divin.

Il en va de même pour ce qui concerne notre étude de la Torah, car celle-ci doit toujours être cristallisée par un acte, et cela même s’il s’agit de l’étude de concepts divins très élevés. Dans ce cas, peut-être est-il possible de dire que le fait d’étudier des sujets qui dépassent notre intellect et notre raison aura pour effet que nous finirons par agir au-delà de notre intellect et de notre raison, afin de faire tout ce qui est en notre pouvoir pour provoquer la venue de notre Juste Machia’h.

Le jour du 3 Tamouz nous étudions le discours du Rabbi intitulé ‘Vé ata tètsavéh’. Dans ce discours le Rabbi nous enseigne l’importance de dévoiler la partie la plus profonde de notre âme, l’Essence de notre âme.

L’exemple choisi par le Rabbi au sujet du dévoilement de l’Essence de l’âme est celui de l’olive que l’on concasse pour en extraire son huile. La chair de l’olive est entièrement imprégnée d’huile, et la manière de l’extraire est de briser l’olive, de la concasser. De la même façon, pour provoquer la venue du Machia’h en suscitant le désir divin de nous délivrer, il convient de libérer la lumière et la force de l’Essence de l’âme. Celle-ci a aussi le pouvoir de libérer notre être tout entier, en illuminant et en élevant nos pensées, nos paroles et nos actes, à un niveau supérieur.

A l’exemple de l’huile que l’on extrait de l’olive pour éclairer la Ménorah du Temple, un Juif se doit d’extraire le divin qui est gravé en lui-même.

En effet, le mot ‘Hok qui désigne, comme il a été expliqué précédemment, un décret divin, s’apparente au mot ‘Hakika’ qui signifie ‘gravure’.

Lorsque l’on grave des lettres dans de la pierre, celles-ci font un avec la pierre, comme l’huile qui fait un avec la chair de l’olive, comme l’âme Juive fait Un avec le Divin.

Ainsi, de manière profonde, extraire l’huile représente le fait ‘d’extraire’ la force de la partie la plus élevée, la plus profonde, et la plus intérieure de notre âme, de nous-même.

C’est révéler ce lien qui unit notre âme avec D.ieu, ce lien qui se situe bien au-delà de l’intellect et de la raison. C’est révéler le divin qui fait ‘Un’ avec notre âme, ainsi qu’il est dit : ‘Dieu Israël et la Torah ne font qu’Un.

C’est ‘extraire’ le Divin qui est en nous, de manière à ce qu’il sorte de sa cachette, du plus profond de nous-même, pour enfin se répandre à l’extérieur, dans toutes les forces de notre âme, dans notre cerveau, et dans notre coeur, et puis dans nos pensées, dans nos paroles, et dans nos actes, comme le sous-entend la déclaration que fit le Machia’h au Baal Chem Tov: ‘Je viendrai quand tes sources se répandront à l’extérieur.

La qualité de chaque enfant d’Israël est son attachement à D.ieu. Celui-ci dépasse totalement et infiniment son intellect et sa raison. Il est véritablement gravé au plus profond de lui-même, et c’est en le dévoilant que chaque Juif parviendra à dévoiler du même coup la présence physique de notre Juste Machia’h, très bientôt et de nos jours, avec l’aide de D.ieu.

Enfin, si nous devons donner l’exemple d’une action qui dépasse l’intellect, donnons l’exemple de l’action du Rabbi de dévoiler chez son ‘Hassid, de manière claire et profonde, ce qui au départ dépassait totalement son intellect et sa raison…

Seule l’Essence divine détient le pouvoir d’unir le Divin illimité aux limites de ce monde. A l’exemple du Rabbi qui est lui-même l’Essence de l’âme de l’Assemblée d’Israël, et du fait que l’Essence de l’âme est enracinée dans l’Essence divine, seul le Rabbi, Moché d’Israël, détient le pouvoir d’unir ce qui dépasse l’intellect, le Divin illimité, avec nos propres limites, à l’intellect, et à toutes les forces de notre âme.

Texte et Audio : Dvar Mal’hout – Paracha Chela’h  « Terminer la conquête »

Texte et Audio : Dvar Mal’hout – Paracha Chela’h « Terminer la conquête »

(pour la réfouah chéléma de ‘Hnina Barbara bat Esther, et de Tsipora bat Esther)

Dans le discours ‘hassidique du 15 Sivan 5751, le Rabbi explique que l’âme d’un Juif, même s’il s’agit de l’âme d’un Juste parfait qui sert D.ieu avec crainte et amour, ne fusionne totalement avec le divin que lorsque ce Juif accomplit une Mitsvah.

Les Commandements divins représentent la profondeur de la Volonté divine et la vitalité qui les anime n’est pas, contrairement à l’âme, une chose ‘séparée’, car la vitalité des Commandements divins se fond véritablement dans la Volonté de D.ieu.

Aussi, le Rabbi souligne ici que la perfection de l’élévation de l’âme et de sa fusion (‘bitoul’) avec le divin n’est réalisée qu’au moyen de l’acte de la Mitsvah, ainsi qu’il est dit :

‘Bien que la fusion de l’âme d’Israël avec le divin atteint un niveau de perfection au moment de l’étude de la Torah et lors de l’accomplissement des Commandements divins, de toutes les façons, du fait qu’Israël et le Saint béni soit-Il ne font qu’Un, cette fusion n’exclut pas la réalité des enfants d’Israël. Au contraire c’est cette fusion qui est leur réalité’.

En d’autres termes, nous aurions pu penser que lorsque l’on accomplit une Mitsvah ‘nous cessons d’exister’ car alors notre volonté se fond en la Sienne.

Notre âme cesse-t-elle ‘d’exister’ lorsqu’elle fusionne avec la lumière divine ? Il semblerait qu’au moment de cette fusion, il n’existe seulement que la réalité divine. Le Rabbi répond qu’en réalité c’est le contraire qui est vrai, car ce n’est qu’au moment où l’âme fusionne avec le Divin que commence réellement notre vie, notre réalité, notre existence. Ce n’est que lorsqu’il se soumet totalement à D.ieu qu’un Juif commence vraiment à exister.

Dans la Parachat Chela’h, il est question des douze princes des tribus que Moché envoya, (sans en avoir reçu l’ordre divin) pour explorer la Terre d’Israël.

Par ailleurs, dans la Haftarah qui suit la lecture de la Paracha, il est question de deux hommes ‘simples’ que Yéochoua envoya secrètement pour explorer la Terre d’Israël, après que l’Eternel le lui ait ordonné.

Le Rabbi nous enseigne que les différences qui existent entre les explorateurs de Moché et ceux de Yéochoua, ne sont pas sans évoquer celles qui existent entre l’Unité (A’hdout) et la Division (Hit’halkout).

De façon générale l’Essence divine, laquelle est indivisible, désigne L’Unité, mais du fait que ‘la Torah lsraël et le Saint béni soit-Il ne font qu’Un’, l’Essence de l’âme d’Israël, et l’Essence de la Torah, la ‘Hassidout, désignent également l’Unité. Ainsi, dans le Dvar Mal’hout sur la Paracha Chela’h, le Rabbi explique que la Haftara, par le fait que Yéochoua envoie seulement deux explorateurs, exprime l’Unité, et qu’à l’opposé, notre Paracha, par le fait que Moché envoie douze explorateurs, exprime la Division.

Le Rabbi précise que la mission des explorateurs de Moché et celle des explorateurs de Yéochoua, ont toutes les deux un même but. Celui de purifier la Terre d’Israël afin d’en faire une demeure pour L’Eternel, pour Son Essence bénie.

Ces deux missions correspondent à deux actions du service divin qui sont toutes les deux nécessaires, et qui se complètent.

Le premier travail qui correspond à la Hit’halkout (la Division), s’accorde à la partie de l’âme qui s’habille dans le corps (Néchamah : les forces de l’intellect, dans le cerveau, Roua’h : les sentiments, dans le coeur, Néfèch : la vitalité du corps, dans le sang).

Il s’agit dans ce cas de conquérir la Terre d’Israël (et aussi ‘la Terre’ que représente notre corps), en la sanctifiant au moyen des forces de notre âme qui s’habillent dans notre corps.

Cependant, raffiner et purifier ce monde matériel ne doit pas se limiter aux ‘simples’ forces de l’âme, car il s’agit aussi de révéler la partie profonde de l’âme, l’Essence de l’âme, pour faire de ce monde une demeure pour ‘Son Essence’ : le niveau de ‘A’hdout’, ‘l’Unité’.

Ce n’est qu’en dévoilant la partie profonde de l’âme, et la partie profonde de la Torah, que le travail de raffinement et de purification de la Terre d’Israël atteint la perfection.

Le Rabbi donne plusieurs exemples dans la Haftara. Le fait que les explorateurs de Yéochoua sont deux hommes simples n’est pas sans évoquer la qualité de ‘simplicité’, ‘pchitout’, de l’Essence divine. En effet, le Rabbi revient très souvent sur ce point. ‘Or pachout’ désigne la lumière de l’Essence divine qui est au-delà de toutes les formes, de toutes les particularités et de tous les détails. Or, cette lumière illumine chaque Juif, même s’il s’agit du plus ‘simple’, l’Essence de son âme est enracinée dans l’Essence divine.

C’est à cela que se rapporte la déclaration des Sages d’après laquelle lorsque les enfants d’Israël entendirent les deux premiers Commandements de la Bouche de L’Eternel leurs âmes s’envolèrent, pour rejoindre leur source, en D.ieu. De fait, la partie la plus élevée de l’âme, qui ne s’habille pas dans le corps, est extrêmement proche de sa source. Elle ressent et désire constamment le Divin.

Il est intéressant de mentionner ici que la Torah a comparé Moché au soleil, et Yéochoua à la lune. Dès-lors, on peut se demander comment cela s’accorde à l’enseignement du Rabbi selon lequel la mission des explorateurs de Yéochoua correspond à l’Essence de l’âme, et la mission des explorateurs de Moché correspond aux forces de l’âme.

A priori, le contraire semble plus vrai. Du fait que Moché est comparé au soleil, n’évoque-t-il pas, plus que Yéochoua, l’Essence de l’âme, que la ‘Hassidout qualifie de ‘Luminaire’ (‘le soleil’) ? N’est-il pas plus logique de penser que Yéochoua, l’élève de Moché, évoque les forces de l’âme, lesquelles ne sont qu’un reflet de l’Essence ?

La raison à cela tient peut-être du fait que dans les Temps messianiques la lune, comparée à Yéochoua, retrouvera sa taille originelle. De fait, la Séfira de Mal’hout (la lune) s’élèvera au-dessus de toutes les Séfirot, ainsi qu’il est dit ‘Une épouse vertueuse est la couronne de son mari’. Aussi, Yéochoua, dont la grandeur véritable apparaîtra lors de la Délivrance, n’est pas sans évoquer l’unité de l’Essence divine, l’unité de l’âme et l’unité de la Torah.

Texte et Audio : Etude du Dvar Mal’hout – Paracha Béalote’ha , par le Rav Yaacov Abergel

Texte et Audio : Etude du Dvar Mal’hout – Paracha Béalote’ha , par le Rav Yaacov Abergel

(Pour la réussite spirituelle et matérielle de Ma’hlouf, Adrien, ben Golda)

 

‘Quand tu allumeras les lumières vers la face de la Ménorah’, ce verset qui est au début de notre Paracha possède de nombreuses explications. Rachi explique dans son commentaire que ‘quand tu allumeras signifie en fait quand tu feras monter’.

Dans le Dvar Mal’hout, le Rabbi fonde son enseignement à partir de cet enseignement de Rachi et du fait que L’Eternel désirait qu’Aaron allume la Ménorah ‘en tenant le feu près de la mèche jusqu’à ce que la flamme monte par elle-même’.

Le corps d’un Juif est précieux aux yeux de l’Eternel et Il désire que nous accomplissions Sa Volonté au moyen des forces de notre âme, et au moyen de notre corps. Cependant, le Rabbi souligne que ‘le corps de par lui-même n’est pas lié au service divin et la preuve de cela est que nous devons l’habituer à ce travail, afin que l’habitude devienne une seconde nature’.

En effet, par sa nature, l’âme animale incite l’homme à assouvir constamment des désirs matériels et grossiers, aussi, la mission de chaque Juif consiste à habituer le corps et l’âme animale à la pratique des Mitsvoth et à l’étude de la Torah. En d’autres termes habituer le corps signifie qu’on le rend docile aux Commandements en domptant peu à peu l’âme animale. Comme on dompte un animal pour lui imposer notre volonté, nous devons forcer notre âme animale à aimer D.ieu. Ce faisant nous réalisons l’injonction divine d’aimer notre D.ieu ‘de tout notre cœur’, c’est à dire ‘avec nos deux penchants’.

Habituer notre mauvais penchant en habituant notre corps à accomplir des Mitsvoth, au point que ‘l’habitude devient une seconde nature’. Dans ce cas la nature du corps et de l’âme animale se transforment peu à peu, et avec beaucoup de travail nous pouvons même parvenir à ‘transformer l’obscurité en lumière’, à l’exemple des Tsaddikim qui raffinent et purifient l’âme animale afin que celle-ci s’unisse à l’âme divine d’un lien parfait.

D’une certaine manière, l’union de la force de l’âme animale avec la force de l’âme divine est comparable à deux flammes qui s’unissent et ne forment plus qu’une seule flamme. Aussi, a la lecture des versets de notre Paracha : ‘Quand tu allumeras les lumières vers la face de la Ménorah…En tenant le feu près de la mèche jusqu’à ce que la flamme monte par elle-même’, nous pouvons expliquer qu’il y a ici une allusion au fait que lorsque l’on habitue le corps à accomplir les Commandements divins : ‘en tenant le feu près de la mèche’, alors la force de l’âme animale s’unit avec la force de l’âme divine et dans ce cas : ‘la flamme monte par elle-même’.

A la lumière de ce qu’il vient d’être dit nous comprenons la déclaration du Rabbi selon laquelle ‘Un Juif dévoile la force de l’Essence divine qui est dans le corps en le purifiant.’

Le travail qui consiste à dompter l’âme animale est une étape vers le niveau supérieur du dévoilement de l’Essence divine dans le corps. Purifier le corps débarrasse le corps de ses limites. A l’exemple de l’Arche qui bien qu’elle possède des mesures précises ‘ne prenait pas de place dans le Saint des Saints’ parce qu’elle contient les Tables de l’Alliance écrites du doigt de D.ieu, lorsque le corps est débarrassé de ses impuretés il devient un réceptacle de l’Essence divine et dans ce cas, comme l’Arche, ‘il ne prend pas de place’, c’est à dire qu’il s’élève au-delà de toutes les limites matérielles de ce monde.

Comme le Rabbi nous l’enseigne dans le Dvar Mal’hout, lorsqu’un Juif parvient à habituer le corps à accomplir les Commandements divins alors ‘l’accomplissement des Mitsvoth n’est plus une chose ajoutée’, mais font partie intégrante de son être et de son existence. Ce Juif fait alors Un avec D.ieu, en purifiant son corps il est parvenu en même temps à dévoiler que ‘même le corps matériel d’un Juif est lié au Saint béni soit-Il’.

L’Admour Hazaken rapporte dans le livre du Tanya un enseignement de l’enfant ‘Yinouka’ lequel compare lequel les Commandements divins à de l’huile, et l’âme animale à la mèche d’une bougie. De fait, la Présence divine, la ‘Chrina’, qui est elle-même comparée à la flamme de la bougie, ne peut se dévoiler à un Juif que lorsque celui-ci accomplit les Commandements divins. Autrement dit, la flamme ne peut s’accrocher à la mèche que si celle-ci est imbibée d’huile.

L’exemple de la mèche qui brûle grâce à l’huile qu’elle contient, exprime l’idée que l’âme animale, la ‘mèche’, doit se consumer. Cela signifie que lorsqu’un Juif accomplit les Mitsvoth, il brûle tout ce qui est extérieur à son service divin. A l’exemple de la mèche qui trempe dans l’huile, lorsque l’âme animale ‘trempe dans l’huile’, c’est à dire lorsqu’elle s’implique dans l’action des Mitsvoth, elle attire le divin en elle-même, et elle se transforme en une âme sainte, conformément à la déclaration de Rachi selon laquelle ‘un Juif doit aimer D.ieu au moyen de ses deux penchants’. C’est seulement en agissant ainsi que le feu peut s’accrocher à la mèche, que la Présence divine peut Se révéler en celui qui accomplit Sa Volonté.

Aussi, le Rabbi préconise que lorsque que l’on s’attache à aider un Juif, on doit se tenir près de lui ‘jusqu’à ce que la flamme monte par elle-même’, c’est-à-dire jusqu’à ce que ce Juif devienne indépendant dans l’accomplissement de son service divin.

Cet enseignement s’exprime également dans la déclaration que fit le Machia’h au Baal Chem Tov : ‘Je viendrais quand tes sources se répandront à l’extérieur’. Il ne s’agit pas seulement d’apporter la lumière dans un endroit obscur, mais de faire de cet endroit une source, indépendante, capable de diffuser à son tour la lumière.

L’exemple donné par le Rabbi est celui du Rav et de son élève. Le Rav ne fait pas que dispenser des enseignements à son élève. Il s’attache aussi à développer les forces personnelles de l’élève, de telle manière qu’il puisse ‘tenir seul debout sur ses pied’, et diffuser à son tour la lumière à l’extérieur.

Le Rabbi explique que l’attitude du Rav est comparable à celle du Saint béni soit-Il. L’Eternel en donnant la Torah ne fit qu’allumer la flamme, mais ensuite cette flamme devait continuer à ‘monter par elle-même’.

A l’image de cet élève qui avance seul, l’Assemblée d’Israël ne compte que sur elle-même quand il s’agit de trouver dans la Torah des réponses aux questions qui se présentent chaque jour. C’est à cela que se rapporte la déclaration selon laquelle ‘la Torah n’est pas dans le ciel’.

Cependant, la profondeur de tous ces enseignements ne se limite pas à l’âme Juive. En effet, le monde matériel est lui-aussi tel ‘une mèche qui a besoin d’huile’.

Le Rabbi nous enseigne que notre mission consiste aussi à introduire la sainteté dans la matière de ce monde. De fait, la majorité des Commandements divins est accomplie au moyen de la matière, et depuis le don de la Torah, chaque Juif détient la capacité de sanctifier ce monde profane.

A partir de la matière profane, la peau d’une vache, et de l’encre que l’on obtient en broyant des végétaux, un Sofer écrit des Parachiot sur du parchemin et crée ainsi un objet de sainteté, une Mézouzah, une paire de Téfilines, un Séfer Torah.

Le point essentiel que nous donne le Rabbi dans le Dvar Mal’hout, est que lorsqu’il a introduit la sainteté dans cet objet matériel, cet objet devient comme cette flamme qui monte d’elle-même, car une fois que le Sofer a introduit la sainteté dans cette Mézouzah, ou dans ces Parachiot, ou dans ce Séfer Torah, la sainteté ne quitte plus son endroit. L’image du Sofer en train d’écrire est donc comparable à celle d’Aaron ‘tenant le feu près de la mèche’, puis lorsqu’il a fini d’écrire alors cette Mézouzah, cette paire de Téfilines, ou ce Sefer Torah, deviennent comme ces ‘flammes qui montent par elles-même’. Ils deviennent indépendants, du fait qu’ils sont désormais des objets emplis d’une sainteté qui ne les quittera plus, à l’exemple de cet élève qui peut se ‘tenir seul debout sur ses pied’, et diffuser à son tour la lumière qu’il a reçu de son Maître, ainsi qu’il a été dit précédemment.

A travers cet enseignement, selon lequel le monde matériel doit être ‘une flamme qui monte d’elle-même’, le Rabbi souligne que c’est précisément en élevant le niveau le plus bas, que l’on parvient à élever tous les autres niveaux, y compris le plus haut niveau, et que l’on finit par provoquer finalement le dévoilement de l’Essence divine.

Ainsi, le Rabbi déclare que bien que notre génération soit considérée sur le plan spirituel comme le ‘talon’, en comparaison à la génération de Moché, qui représente la ‘tête’, il n’en demeure pas moins que le talon soutient le corps tout entier, et qu’en élevant le talon, on apporte l’élévation au corps tout entier, c’est à dire à toutes les générations.

L’enseignement est clair. C’est en s’attachant à élever le Juif le plus éloigné que l’on parvient à élever toute l’Assemblée d’Israël. La ‘Hassidouth revient toujours sur le fait que ‘la lumière qui provient de l’obscurité est plus forte que la lumière elle-même’.

L’attitude d’un ‘Hassid du Rabbi consiste à apporter la lumière dans ces endroits obscurs car ils cachent en réalité une lumière exceptionnelle.

Le Rabbi Rayats a expliqué dans l’un de ses discours ‘hassidiques que le talon, bien qu’il soit la partie la plus basse du corps, la partie la plus matérielle et la plus insensible, représente la capacité de Messirout néfech.

En effet, il nous est impossible de rentrer la tête dans de l’eau bouillante, par contre le talon peut supporter une telle chaleur.

Il en va de même pour notre génération, laquelle représente le ‘talon du pied’, elle seule possède la capacité de ‘rentrer dans l’eau bouillante’, c’est à dire de faire don de sa propre vie pour sanctifier et faire de ce monde une demeure pour D.ieu.

De ce fait, on peut comparer notre génération à la cinquième bougie de ‘Hannoucah. Le Rabbi enseigne que la cinquième bougie ne tombe jamais le jour du Chabbat car elle détient le pouvoir d’éclairer les endroits les plus obscurs, et provoquer ainsi la venue de notre Juste Machia’h, très bientôt et de nos jours, avec l’aide de D.ieu.

 

 

 

 

Texte et Audio : « Torah ’Hadacha », par le Rav Yaacov Abergel

Texte et Audio : « Torah ’Hadacha », par le Rav Yaacov Abergel

 

La Torah telle que nous la connaissons et telle que nous l’étudions ne nous parle pas des lois concernant la Che’hita du Taureau sauvage par le Léviathan qui aura lieu dans les temps futurs.

La raison à cela, donnée par le Rabbi dans le Dvar Mal’hout sur la fête de Chavouot, est que toutes les ’Halahot de la partie révélée de la Torah découlent de la dimension profonde de la Torah. De fait, chaque ’Halaha possède un contenu spirituel profond qui est l’expression de la Volonté profonde et intérieure du Saint béni soit-Il.

Or, du fait que le contenu profond de la Che’hita du Taureau sauvage par le Léviathan est le dévoilement d’une lumière que nous ne sommes pas capables de dévoiler, la Torah ne nous parle pas des lois qui la concernent.

En effet, le contenu profond de cette Che’hita est lié à un raffinement et à une élévation du monde vers la Saintetè qui sont exeptionnels, et qui ne peuvent pas être accomplis par l’homme dont les capacités sont limitès. Seul l’Eternel est capable de réaliser une telle action. Ainsi, du fait qu’il sagit de l’Action de l’Eternel, la Che’hita qu’Il accomplira n’aura pas les limites qui sont imposées à l’homme.

Il nous est donné ici à comprendre que toutes les actions, toutes les Mitsvoth, que nous accomplissons à présent, et qui nous permettent de raffiner ce monde matériel, sont liées à notre étude la partie révélée de la Torah, laquelle est accessible à notre intellect. Cependant, la Che’hita du Taureau sauvage par les nageoires du Léviathan est lié au dévoilement de la Torah ’Hadacha qui ne peut absolument pas être dévoilée au moyen de l’intellect.

Dans le Dvar Mal’hout, le Rabbi souligne que les forces de l’intellect de l’homme ne lui permettent absolument pas de dévoiler la Torah ’Hadacha. Le dévoilement de la Torah ’Hadacha dépasse totalement l’intellect de l’homme et de ce fait il n’appartient qu’à D.ieu. Ainsi, selon le principe d’après lequel l’action de la Mitsvah découle de la Volonté profonde du Saint béni soit-Il, l’Eternel qui est le Seul capable de dévoiler la Torah ’Hadacha, sera aussi le Seul capable de faire la Che’hita du Taureau sauvage par les nageoires du Léviathan.

Par ailleurs, le Rabbi en citant le Rambam, précise que le Machia’h possède deux qualités. Il est un grand Sage, et il est un Prophète. Il est un Prophète parce que D.ieu l’a choisi pour lui transmettre la Torah ’Hadacha. Il est un grand Sage car sa Sagesse dépasse même celle du Roi Chlomo dont il est dit qu’il est le plus Sage parmi tous les hommes.

Il est un grand Sage parceque d’une part il est capable de recevoir et d’intégrer un enseignement qui dépasse totalement l’intellect de l’homme, et il est un grand Sage parce qu’il est capable de transmettre cet enseignement à tous les membres de l’Assemblée d’Israël.

La Chehita du Taureau sauvage par les nageoires du Léviathan représente l’union entre le niveau du Taureau sauvage et le niveau du Léviathan. De manière profonde, le Taureau sauvage évoque le monde dévoilé car il représente la partie révélée de la Torah dont l’étude nous permet d’attirer dans ce monde des lumières qui participent au raffinement de ce monde matériel. A l’opposé, le Léviathan évoque le monde caché et représente ces lumieres supérieures qu’il nous est impossible de dévoiler ici-bas.

Dans les temps messianiques D.ieu unira ces deux niveaux, les sujets spirituels les plus profonds (le Léviathan, le monde caché) seront cristallisés par des actes (le Taureau sauvage, le monde révélé).

Yaakov Abergel

Texte et Audio : Dvar Mal’hout-Paracha Bamidbar  « Revenir à Un », par le Rav Yaacov Abergel

Texte et Audio : Dvar Mal’hout-Paracha Bamidbar « Revenir à Un », par le Rav Yaacov Abergel

 

 

 

Dans le Dvar Ma’lhout sur la Paracha Bamidbar, le Rabbi explique que ‘de par sa nature un homme ne peut pas connaître le repos et la sérénité s’il n’a pas conscience et s’il ne ressent pas le but de son existence, et c’est précisément quand il ressent la raison et le but de son existence qu’il connait le repos de l’âme et du corps, et son repos personnel influence et apporte aussi le repos dans le monde entier’.

Nous sommes sans cesse confrontés à des changements. Dans l’espace, nous sommes constamment en mouvement, obligés de nous rendre d’un endroit vers un autre endroit. Dans le temps, nous vieillissons et passons d’un état vers un autre état. Tous ces changements qui interviennent dans les domaines de l’espace et du temps sont à l’opposé d’une situation de repos.

Cela est aussi vrai dans pour ce qui concerne notre service divin, pour la Mitsvah d’aimer D.ieu, qui inclut en elle les 248 Commandements positifs, et pour la Mitsvah de craindre D.ieu, qui inclut en elle les 365 interdits.

Il est écrit :’Tu aimeras L’Eternel ton D.ieu de tout ton cœur’, or, même l’amour ressenti dans le cœur est sujet à des changements. La ‘Hassidout parle du mouvement du bas vers le haut qu’elle appelle: Ratso, et du mouvement du haut vers le bas : Chov. Ces deux mouvements peuvent être définis de la manière suivante.

Lorsqu’un Juif ressent durant sa prière un amour très fort pour D.ieu, et que son âme est alors attirée vers sa source (cette impulsion de l’âme vers sa source est appelée Ratso), au point qu’elle serait prête à quitter le corps. Il est impératif après la prière que cet homme exprime cet amour intense de D.ieu qui est né dans son cœur pendant la prière, et qu’il fasse descendre cet amour dans le réceptacle de l’étude de la Torah, ou dans celui de l’accomplissement des Commandements divins. Ce retour de la lumière vers le bas est appelé Chov.

Cependant, dans le Dvar Mal’hout, le Rabbi nous enseigne que l’essentiel de notre travail consiste à ‘revenir à Un’ :

אם רץ לבך שוב לאחד

Cette déclaration du ‘Séfer ha Yètsira’ (livre attribué à Avraham Avinou) souligne l’importance de ne pas se laisser envahir par nos émotions, mais de ‘revenir à Un’.

Le Rabbi déclare donc que ‘la perfection de notre service divin est atteinte dans la paix, le repos, au point que même dans une situation de changements, de mouvements tels que Ratso et Chov, on éprouve le sentiment d’une paix profonde. Cela n’est possible que lorsque l’on ressent la Volonté de D.ieu, dans tous les détails de notre service divin’.

Le but de notre service divin ne consiste pas seulement à élever notre âme et à ressentir un amour élevé pour D.ieu, que l’on exprimera dans notre prière et notre étude de la Torah, pour ensuite élever à nouveau notre âme vers un plus haut niveau encore…

‘Revenir à ‘Un’ signifie que l’on doit revenir toujours à la conscience que l’on accomplit la Volonté unique de l’Unique de ce monde. Cette prise de conscience a pour effet que le cœur ne sera plus sujet aux changements et aux mouvements, mais au contraire, le sentiment d’accomplir la Volonté de D.ieu apporte la paix en nous-mêmes et dans tous les détails de notre service divin.

De la même façon, le Chabbat est un jour de repos, spirituel et physique, qui a la force de bénir et d’insuffler de la vitalité à tous les jours de la semaine, car en ce jour l’Eternel dévoile les raisons et Son intention d’avoir créé le monde. Dans ce cas ‘revenir a Un’ signifie que le jour du Chabbat nous revenons au contenu profond de notre existence, à la raison pour laquelle nous avons été créés.

Nous voyons donc que le véritable repos est lié à l’esprit, et c’est la raison pour laquelle le don de la Torah est venu achever la Création, car par le don de la Torah le peuple d’Israël a connu la paix intérieure. L’Eternel parle aux enfants d’Israël avec la Voix de la Torah, et les Paroles de L’Eternel apaisent l’esprit de ceux qui l’entendent. Aussi, de même que la voix de l’homme unit les sentiments aux mots (l’esprit avec la matière), lorsque l’homme accomplit ‘la Voix de la Torah’, il réalise sa mission d’unir l’Esprit divin avec ce monde matériel, et c’est de cette façon que l’homme peut enfin connaître le repos. C’est la prise de conscience de notre propre mission qui nous apporte la paix.

‘Revenir à ‘Un’ signifie que l’on doit revenir à l’Essence divine, au Jour du Chabbat, au don de la Torah, à la conscience que l’on accomplit la Volonté unique de l’Unique de ce monde.

Seule l’Essence divine a le pouvoir de transformer l’obscurité en lumière. L’Essence agit sur tous les sujets de l’existence car elle est au-delà de tous ces sujets, au-delà de toutes les particularités et de tous les détails qui composent les mondes spirituels et matériels. Elle est divine, et échappe donc à toutes les limites dont le monde est l’expression, et c’est pour cela qu’elle seule détient la force de transformer le monde en une demeure pour D.ieu.

Dès-lors, nous pouvons comprendre que l’une des raisons pour lesquelles la Délivrance finale est appelée ‘un Chabbat éternel’, car L’Eternel dévoilera la partie la plus profonde de la Torah, ainsi qu’Il le déclare Lui-même : ‘Une Torah nouvelle sortira de Moi’.

Le dévoilement de la Torah nouvelle est celui de la Volonté la plus profonde et la plus intérieure de D.ieu. L’Eternel révèlera les raisons des Commandements divins, et à la lumière de ce qui a été dit précédemment, c’est par le don de la Torah nouvelle que la paix et le repos atteindront leurs perfections véritables.

Notre travail pendant l’exil consiste donc à ‘revenir à Un’, c’est à dire revenir au lien essentiel qui existe entre notre âme et D.ieu. C’est par notre ‘Bitoul’, notre soumission la plus totale vis-à-vis de l’Eternel que nous y parvenons. Le Rabbi établit la différence qui existe entre la prière du pauvre et la prière du riche. Quand le riche entre dans le palais du Roi, du fait qu’il n’est pas étranger à la richesse il sera attiré par la beauté du palais et en oubliera l’essentiel : le Roi. A l’opposé, le pauvre qui n’a pas du tout de connaissances sur tous les trésors du Roi, sera seulement attiré par le Roi lui-même.

Il en va de même pour la prière. Celui qui est riche car il possède de profondes connaissances, est attiré par les trésors du Roi. Il demande donc à D.ieu de lui dévoiler des secrets de la Torah, mais ce faisant il ne parvient pas à l’essentiel : le Roi lui-même. A l’opposé, le pauvre, qui ne possède aucune de toutes ces profondes connaissances, se tient malgré tout dans le palais du Roi en ressentant pour Lui la soumission la plus totale. Son seul désir sera de voir et de parler au Roi des rois, le Saint béni soit-Il, et par ce désir il dévoilera le lien le plus profond qui l’unit au Roi et il s’attachera à Lui, à Son Essence. C’est cela ‘revenir à Un’.

Texte et Audio : Dvar Mal’hout Béhar-Be’houkotaï  « Mes Pensées ne sont pas comme vos pensées ! », par le Rav Yaacov Abergel

Texte et Audio : Dvar Mal’hout Béhar-Be’houkotaï « Mes Pensées ne sont pas comme vos pensées ! », par le Rav Yaacov Abergel

 

Il existe un lien fondamental entre la Pensée de D.ieu et Sa Parole. Certes, le monde est créé par la Parole de D.ieu, par Ses mots Il crée la matière première du monde, tous les êtres de la Création, et les maintient en vie à chaque instant, mais un point que nous devons savoir est que la Pensée de D.ieu est aussi créatrice, ainsi qu’il est écrit ‘Mes Pensées ne sont pas (comme) vos pensées’.

L’Admour Hazaken explique dans le livre du Tanya que lorsque l’Eternel Se représente la Création dans Sa pensée, celle-ci émerge du néant. La Pensée de D.ieu n’est pas comme celle de l’homme car contrairement à la pensée de l’homme qui ne procède que de l’imagination, la Pensée de D.ieu n’est pas de l’imagination, mais elle est le commencement concret de l’existence. La Création émerge, commence à exister, à partir de Sa pensée.

Certes, la Création lorsqu’elle émerge de la pensée de D.ieu n’a pas encore atteint son état définitif, d’une certaine manière nous dirons quelle est encore une ‘partie’ de D.ieu, cependant, cette Pensée existe véritablement, concrètement, ainsi qu’il est dit (Tanya, 48) : ‘Par Sa Pensée et par Sa Connaissance, Il connait toutes les créatures, (Sa Pensée) entoure chaque être, de la tête jusqu’en bas, entoure l’intérieur, jusque dans sa dimension la plus profonde’.

L’Admour Hazaken donne l’exemple du globe terrestre et écrit que ‘la Connaissance de D.ieu représente la Vitalité de l’épaisseur du globe terrestre, ce qui le fait exister à partir du Néant’.

La Pensée de D.ieu est donc à la source de la vitalité de ce monde. Elle vitalise la Création, et de ce fait nous pouvons la rattacher à la lumière d’Or Sovev, laquelle est définie comme étant la lumière qui entoure, qui crée, et qui maintient en vie les mondes sans pour autant pénétrer à l’intérieur de ceux-ci car ils sont limités et ils ne pourraient pas supporter une lumière qui est elle-même illimité.

Contrairement à la Pensée, qui demeure au-delà du monde, la Parole de D.ieu est rattachée à la lumière d’Or Mémalé, la lumière qui remplit les mondes, qui s’habille à l’intérieur de ceux-ci. Ainsi, de même que chez l’homme sa parole ne dévoile qu’un reflet de sa pensée, le monde tel qu’il est n’est qu’un reflet de la Pensée de D.ieu, et ce n’est que dans les temps messianiques que la Pensée de D.ieu se révèlera de manière concrète dans la Création.

Les raisons des Commandements divins (la Pensée de D.ieu) seront alors révélées par l’intermédiaire du Machia’h, avec le don de la Torah ‘Hadacha.

La différence entre la Parole et la Pensée est la même différence qui existe entre les lettres de la Parole et les lettres de la Pensée.

Les lettres de la Parole sont comme des lettres écrites sur du Parchemin, elles ont une existence indépendante du parchemin, c’est à dire quelle sont déposées sur le parchemin sans faire Un avec lui, contrairement aux lettres de la Pensée. En effet, les lettres de la Pensée sont comme des lettres que l’on grave dans de la pierre et qui font Un avec elle.

A l’exemple de ces lettres gravées dans la pierre, la Pensée de D.ieu fait Un avec Lui.

Le monde dans lequel nous vivons est à l’exemple de ces lettres écrites sur du parchemin, car ce monde a une existence qui nous semble indépendante de D.ieu du fait que nous ne percevons pas encore Sa Présence.

Le monde des temps messianiques est à l’exemple de ces lettres gravées dans la pierre, car au moment de la venue du Machia’h, le lien entre D.ieu et la Création apparaîtra alors à l’évidence, le monde et tout ce qu’il contient fera Un avec Lui de manière évidente, et cela apparaitra alors à nos yeux de chair.

Le Rabbi unit les enfants d’Israël avec l’Essence divine, et l’enseignement qu’il délivre dans le Dvar Malkhout, au sujet de la Paracha Behar-Be’houkotaï, en est l’expression véritable.

La Paracha Behar évoque la réalité de ce monde matériel, et la Paracha Be’houkotaï évoque l’Essence divine. Aussi, l’union de ces deux Parachiot exprime la révélation de l’Essence divine dans tous les niveaux de la Création.

Au début du cinquième chapitre des Pirkeï-Avot les Sages posent la question suivante : ‘Le monde a été créé par 10 paroles. Et pourquoi ces 10 paroles, une seule n’aurait-elle pas suffit ?

Le Rabbi répond à cette question en rapportant l’enseignement du Ramban selon lequel ‘la matière première du monde, et pas plus, a été créée en une ‘seule parole’, alors que toutes les formes des êtres, avec tous leurs détails ont été créés au moyen de ‘dix paroles’.

De fait, le Rabbi nous enseigne qu’une seule parole’ désigne la force, qui n’appartient qu’à D.ieu, de créer l’existence à partir du néant (‘Yèch mi Aïn’), et que les ’10 paroles’ désignent la pluralité qui caractérise le monde.

‘Une seule parole’ met donc l’accent sur le fait que tout provient de D.ieu, et que tout Lui est parfaitement soumis, et c’est la raison pour laquelle le Rabbi associe cette ‘seule parole’ à la partie de la Torah qui est au-delà du monde et qui fait ‘Un’ avec le Créateur.

A l’opposé, ‘les 10 paroles’ représentent la Torah telle qu’elle descend dans le monde en s’habillant dans les 613 Mitsvoth (et cela s’accorde avec le fait que les 613 Mitsvoth correspondent aux 613 membres du corps).

Le Rabbi approfondit le sens d’une ‘seule parole’ et celui de ’10 paroles’.

La Paracha Béhar évoque le Mont-Sinaï, et correspond aux ’10 paroles’. En effet, la montagne exprime l’élévation d’un niveau vers un niveau supérieur, et de ce fait elle n’est pas sans évoquer la pluralité et les différences qui existent dans le monde (ainsi qu’il a été dit au sujet de la partie de la Torah qui s’habille dans le monde matériel).

La Paracha Be’houkotaï évoque la ‘seule parole’. Le nom hébreu ‘Hakika qui est apparenté au nom ‘Bé’houkotaï, signifie Gravure, comme les lettres que D.ieu grava de ‘Son doigt’ sur les Tables de l’Alliance. Les lettres de D.ieu sont unies à la matière du lien le plus profond. Une lettre que l’on grave dans la pierre ne fait plus qu’un avec elle. La pierre se fond dans la lettre, et la lettre se fond dans la pierre. Aussi, les lettres divines gravées dans les tables désignent la partie de la Torah qui est au-delà du monde et ne fait qu’Un avec le Saint béni soit-Il. C’est pourquoi la Paracha Be’houkotaï fait allusion à l’Essence de la Torah, la ‘Hassidout, et correspond à une ‘seule parole’.

L’union des Parachiot Behar et Be’houkotaï exprime l’idée que nous devons faire tout ce qui est en notre pouvoir pour révéler dans notre monde, et en nous-même, (‘les 10 paroles’), à l’Essence divine (‘une seule parole’). En d’autres termes, faire de ce monde matériel une demeure pour l’Essence divine. C’est-à-dire révéler de manière véritable, la force de l’Essence divine de manière à ce qu’elle pénètre et ne fasse plus qu’un, avec le corps du monde physique et de l’homme.

Le Rabbi souligne que la Fête de Pessa’h évoque ‘une seule parole’, car elle célèbre la révélation du Saint béni soit-Il Lui-même au sein du peuple juif, et le compte du Omer qui commence au lendemain de Pessa’h représente ‘les 10 paroles’, car il consiste à réparer, à illuminer, et à transformer tous les aspects de l’âme animale. Transformer l’obscurité de ce monde et de tous les détails qui le composent.

Dans cet ordre d’idée, le Rabbi nous explique que la Paracha Bamidbar, laquelle succède aux Parachiot Behar-Be’houkotai et précède le jour de Chavouot, n’est pas sans évoquer les moyens nécessaires pour parvenir à faire de ce monde une demeure pour l’Essence divine.

‘Bamidbar’ signifie ‘Désert’. Du fait qu’il est inhabitable, le désert représente un endroit qui n’a rien à voir avec l’homme. C’est pourquoi le Rabbi le compare à la partie de la Torah ‘qui n’a rien à voir avec l’homme’, c’est-à-dire la partie de la Torah qui fait « Un’ avec D.ieu, et qui de ce fait est au-delà du monde.

L’enseignement du Rabbi est précieux. C’est par notre soumission la plus totale, symbolisée par ‘le désert que l’on piétine’, que nous aurons le mérite de recevoir la partie de la Torah ‘qui fait Un avec D.ieu’, au point que celle-ci fasse ‘Un’ avec nous-même. Cette partie de la Torah sera enseignée par le Machia’h, et c’est à son sujet que l’Eternel déclare : ‘Une Torah nouvelle sortira de Moi !’.