Texte et Audio : La Bra’ha du Rabbi – Chabbat Hol Hamoed Souccot – Rav Yaacov Abergel

Texte et Audio : La Bra’ha du Rabbi – Chabbat Hol Hamoed Souccot – Rav Yaacov Abergel

 

La Souccah est illuminée par un niveau de sainteté extrêmement élevé, aussi, le Rabbi Dov-Ber, troisième Rabbi de Loubavitch, demanda un jour à ses Hassidim: ‘Comment vous est-il possible de dormir dans Makifim de Binah ?’ Le Rabbi exprimait son étonnement devant le fait que ses Hassidim puissent dormir dans la Souccah, faisant référence au verset (Béréchit, 28, 16) : ‘Voici, D.ieu se trouve dans ce lieu et je ne le savais pas’, et Rachi de commenter : ‘Si j’avais su, je n’aurais pas dormi dans un lieu si sacré’

Un ‘Hassid rapporta qu’il rencontra le Rabbi, il y a bien des années de cela lorsque le Rabbi habitait à Paris. Le Rabbi l’avait invité à manger avec lui dans sa Souccah, et le ‘Hassid bien qu’il fût très intimidé accepta son invitation. Le ‘Hassid raconta que lorsqu’il se trouva assis sous le toit de la Souccah du Rabbi et qu’il écoutait avec attention le Rabbi qui lui parlait, il eut l’impression que les parois de la Souccah s’agrandissaient. Plus le Rabbi racontait, plus le toit de la Souccah
s’élevait un peu plus haut vers le ciel, et plus la Souccah s’élargissait…

Ces deux histoires nous font prendre conscience, d’une part, de la grandeur des dévoilements divins pendant les fêtes de Souccot, et d’autre part, du fait que c’est par l’intermédiaire des Bergers d’Israël que nous pouvons intégrer de manière profonde tous ces dévoilements.

Le Rabbi Yossef-Itzhak nous a enseigné que sept invités ‘hassidiques se joignent aux sept invités que sont Avraham, Itzhak, Yaacov, Moché, Aaron, Yossef et le Roi David. Ces sept invités ‘hassidiques sont le Baal Chem Tov, le Maguid de Mèzeritch, l’Admour Hazaken, l’Admour Haemtsaeï, le Tséma’h-Tsédek, le Rabbi Maharach, le Rabbi Rachab.

Les Invités viennent ensemble dans la Souccah chaque jour de la fête, cependant l’influence de l’un d’entre-eux est particulièrement dominante l’un de ces jours et ses qualités particulières nous enseignent des leçons à appliquer dans notre service de D.ieu. Au début de son ouvrage intitulé Bé Chaa ché Hikdimou le Rabbi Rachab nous enseigne que de façon générale le niveau de Kéter correspond à la Volonté de D.ieu de créer les mondes.

Mis à part cette définition, le Rabbi rapporte ici que Rabbi Moshé Cordovéro définit le niveau de Kéter comme étant lié à l’Attente. Rabbi Moshé Cordovéro donne l’exemple d’une personne qui, pendant son étude de la Torah, ne parvient pas à saisir la profondeur d’un concept divin élevé. Dans un tel cas, les Sages de la Torah conseillent à cette personne d’interrompre son étude et d’attendre un certain temps. Le temps, qu’avec l’aide de D.ieu, le sens profond du concept se dévoile à son esprit.

Plus encore que cela, le Rabbi Rachab ajoute que dans de nombreux endroits les Sages de la Torah mentionnent le rapport qui existe entre le niveau de Kéter et celui du Silence. Dans le Traité Ména’hot (29b) par exemple, il est raconté que lorsque Moché vit la fin tragique de Rabbi Akiba, il s’exclama devant L’Eternel : Est-ce la Torah ? Et est-ce là son salaire ? Et D.ieu lui répondit : Silence ! Ce sont là mes desseins !

A ce sujet, dans le Likouteï Torah (Bé’houkotaï) l’Admour Hazaken nous enseigne que la meilleure attitude à adopter lorsque nous nous trouvons dans une situation qui dépasse notre entendement est de nous taire. Le Rabbi Rachab rapporte encore que Rachi souligne que le niveau de ‘Kéter’ est celui de l’Espoir, et à la lumière de toutes ces explications, le Rabbi Rachab nous enseigne que le niveau de Kéter, bien qu’il dépasse totalement notre entendement ne demeure pas pour autant totalement inaccessible à celui qui sait attendre et espérer. Or, ce principe est applicable à tous les Maîtres de ‘Habad.

Effectivement, Rabbi Yossef-Itz’hak dans le deuxième chapitre de son ouvrage intitulé Likouteï-Dibbourim écrit au sujet de son père le Rabbi Rachab que ‘l’intellect et les sentiments du Rabbi en leur Essence échappent à notre perception et à notre compréhension. Pour ce qui nous concerne, il est dit, à ce propos (‘Haguiga, 13a) : ‘ne recherche pas ce qui t’est inaccessible, n’examine pas ce qui t’est caché.

En revanche, ce que nous pouvons percevoir et comprendre, au moins jusqu’à un certain point, c’est son action. On peut donc observer le comportement du Rabbi avec ses disciples, avec ses Hassidim, avec les simples Juifs. En chaque attitude, en chaque mot d’Iguéret-Ha-Kodech, les lettres dans lesquelles il commente le sens de la prière, le service de D.ieu profond qu’elle implique, la sévère mise en garde de ne pas parler pendant la prière, en chaque directive permettant d’acquérir des traits de caractère favorables, est cachée une part de l’Essence, une part de Vie’.

Ainsi, d’une part ‘l’intellect et les sentiments du Rabbi en leur Essence échappent à notre compréhension’, mais d’autre part ‘nous pouvons percevoir et comprendre, au moins jusqu’à un certain point, son action’. Ce propos concorde avec la définition de Kéter du Rabbi Rachab d’après laquelle le niveau de Kéter ‘dépasse l’entendement de l’homme sans demeurer pour autant inaccessible à celui qui sait attendre et espérer’. De fait, nos espoirs et nos attentes doivent avoir pour but de percevoir et de comprendre les actions du Rabbi, car bien que ‘l’intellect et sentiments du Rabbi en leur Essence échappent à notre perception, son action demeure accessible à notre compréhension’.

Le fait que ‘l’intellect et les sentiments du Rabbi en leur Essence échappent à notre compréhension’ exprime l’attribut de Royauté du Rabbi. La distance qui sépare le Roi de son peuple provient du fait que le Rabbi est lui-même l’intermédiaire entre le Saint béni-soit-Il et l’Assemblée d’Israël. Aussi, le Rabbi nous fait remarquer, comme il a été dit précédemment, que la date d’anniversaire du Rabbi Rachab évoque justement le niveau de Kéter. De même que Kéter est définie comme la Couronne qui surplombe l’enchaînement des mondes, le Rabbi Rachab coiffe l’Assemblée d’Israël.

Généralement, la ‘Hassidout définit Kéter en disant qu’elle établit le lien entre l’Essence divine et les mondes. En d’autres termes, Kéter permet le passage entre l’Essence, qui est au-delà de tous les dévoilements, et notre monde limité par l’espace et par le temps. Cependant dans son livre ‘Bé chaa che hikdimou’ le Rabbi Rachab nous enseigne que plus précisément c’est l’attribut de ‘Ho’hma- stima de Kéter (‘la Sagesse cachée’) qui établit cette liaison.

D’après cet enseignement, il est plus audacieux de parler d’une similitude entre le Rabbi et le niveau de la ‘Sagesse cachée’. Par exemple, dans le Likouteï-Dibbourim, Rabbi Yossef-Itz’hak déclare que ‘le Rabbi procède de l’Essence’. Cette déclaration souligne que le Rabbi a la capacite de dévoiler l’Essence de la Torah et l’Essence de l’âme d’Israël. Dans son ouvrage intitulé ‘Iniana chel Torat-ha-Hassidout’, le Rabbi nous enseigne que la ‘Hassidout a le pouvoir d’insuffler à chacun une vitalité nouvelle.

Le Rabbi attire toujours notre attention sur le fait que l’Essence divine Se dévoile précisément dans ce monde inférieur qui est matériel et limité. D’une certaine façon, le dévoilement des ‘Makifim de Binah’ dans la Soucca s’accorde à ce principe. Le toit de la Soucca (le ‘S’har’) est telle une Couronne qui coiffe les quatre simples parois qui délimitent l’espace de la Soucca, à l’exemple de la Kéter, la Couronne qui surplombe l’enchaînement des mondes. Le dévoilement de ces très hautes lumières a pour effet que ‘le ‘Hassid raconta que lorsqu’il se trouva assis sous le toit de la Souccah du Rabbi et qu’il écoutait avec attention le Rabbi qui lui parlait, il eut l’impression que les parois de la Souccah s’agrandissaient’.

Ce Chabbat, pendant la prière de Min’ha nous lirons avec l’aide de D.ieu le début de la Bénédiction de Moché aux enfants d’Israël : ‘Vé Zot ha Brérakha’, ‘Et voici la Bénédiction par laquelle a béni Moché, l’homme de D.ieu, les enfants d’Israël’.

Chaque tribu a reçu une Bénédiction particulière. Réuven fut béni afin qu’il vive dans ce monde et qu’il ne meure pas dans le monde futur. Yéhoudah fut béni pour qu’il retrouve son peuple en paix au retour de la guerre. Lévi fut béni pour enseigner les Lois de l’Eternel. La Bénédiction de Benjamin fut dans la construction du Temple, celle de Yossef dans la terre (‘Avec les délices des récoltes du soleil’), celle de Zévouloun pour le commerce, celle d »Issa’har pour l’étude de la Torah. Chacune des 12 tribus d’Israël reçut de Moché une Bénédiction particulière.

Par ailleurs, à l’occasion de la nouvelle année, le 4 Tichri 5750 (le 3 octobre 1989), le Rabbi bénit les enfants d’Israël en ces termes :

‘Ce que nous avons dit au début de la réunion incluait tous les juifs, en particulier que ce soit une année bonne et douce et que nous soyons tous signés et scellés pour le bien, que ce soit une année de lumière, une année de Bénédiction, une année de grandeur, une année d’abondance, une année de majesté, une année de splendeur, une année de bonne réunion, une année de grands mérites de bonne et longue vie avec un bien clair et tangible, une année de connaissance profonde en particulier dans le sens profond de la Torah, une année de subsistance, une année d’étude avec un grand succès, une année élevée en toutes choses, une année de miracles ouverts, une année d’aide divine et de bons signes, une année de force et de splendeur, une année de délivrance, une année de charité, une année où on est redressé, quand D.ieu nous conduira la tête haute sur notre terre immédiatement, une année de bonne volonté dans la pratique des Mitsvot et l’étude de la Torah, accomplissant la parole de la Michnah: ‘Fais de la Volonté de D.ieu ta volonté’, une année de grande joie, une année de salut, une année de prière, une année de louange et une année de repentance avec le plus haut degré de retour, et alors comme la Torah le promet: ‘Les juifs retourneront à D.ieu et ils seront immédiatement délivrés’ avec la délivrance véritable et complète par Machia’h immédiatement’ .

La Bénédiction de Moché et celle du Rabbi sont toutes les deux adressées aux enfants d’Israël, cependant une chose les différencie tout particulièrement. La Bénédiction de Moché, bien qu’elle soit appelée par la Torah : ‘La Bénédiction’, est elle-même composée par 12 Bénédictions. A l’opposé, la Bénédiction du Rabbi est la même pour tous les enfants d’Israël. Le Rabbi ne fait donc aucune différence, et il bénit chaque juif de la même Bénédiction. Or, c’est précisément cela la qualité de ‘l’Essence’. ‘L’Essence’ induit l’idée d’absolu et d’unité non-composite : ‘L’Essence elle-même est au-delà de tout nom’. Aussi, nous pouvons dire que la Bra’ha du Rabbi représente l’Essence même de toutes les Bra’hot. Elle transcende et vivifie toutes les Bénédictions. La Bénédiction du Rabbi ne revêt aucun aspect particulier, elle est illimitée.

Puisse chaque Juif recevoir la Bra’ha du Rabbi de manière profonde afin de faire tout ce qui est en son pouvoir pour provoquer le dévoilement de notre Juste Machia’h dès-à-présent, avec l’aide de D.ieu.

 

Vayéle’h  ‘Chabbat Chouva’ par le Rav Yaacov Abergel

Vayéle’h ‘Chabbat Chouva’ par le Rav Yaacov Abergel

 

Les sept jours qui séparent Roch-Ha-Chana de Yom Kippour correspondent aux sept jours de la semaine de l’année entière. Avec l’aide d’Hachem, pendant chacun de ces sept jours nous réparons tous les jours de l’année qui vient de passer. Le lundi des 10 jours de Téchouva nous réparons tous les lundis de l’année passée, le mardi nous réparons tous les mardis de l’année, ainsi de suite pendant tous les autres jours de la semaine…Enfin, pendant le Chabbat Chouva nous réparons tous les Chabbat de toute l’année, avec l’aide dHachem.

Le Chabbat a ceci de particulier qu’en ce jour sacré tous les mondes retournent à leur source, à leur racine céleste. C’est pour cela que le Rabbi souligne dans le Dvar Mal’hout que les lettres de ‘Chabbat’ sont les mêmes que celles de ‘Téchouva’ car ‘Chouva’ signifie ‘Retour’. Le contenu profond du ‘Chabbat Chouva’ met donc en évidence la mission de chaque juif d’agir afin que ce monde matériel ‘retourne’ vers son état spirituel, le niveau du Chabbat. C’est à cela que se rapporte la déclaration de l’Admour Hazaken selon laquelle ‘la mission d’un Juif est de faire du spirituel à partir du matériel’ (Hayom-Yom).

Plus précisément et plus profondément, pendant les 10 jours de Téchouva, chaque Juif fait tout ce qui est en son pouvoir pour atteindre et dévoiler la racine de son âme. C’est précisément le sujet que nous avons étudié dans le Dvar Mal’hout sur la Paracha Lè’h-Lé’ha. En effet, Rabbi Yossef-Itzhak nous a enseigné que ‘Lè’h-Lé’ha’ (‘Va pour toi’) signifie de manière profonde : ‘Lè’h lé-atsmé’ha’ c’est à dire ‘Va jusqu’à toi-même !’ et ‘toi-même’ désigne l’Essence de l’âme.

‘Lè’h-Lé’ha’ exprime l’action d’Avraham de quitter physiquement sa terre natale pour se rendre sur la Terre d’Israël, mais de manière profonde ‘Lè’h-Lé’ha’ exprime l’action de s’élever spirituellement, de quitter un niveau spirituel pour atteindre un niveau qui lui est infiniment supérieur car il s’agit d’atteindre le plus haut niveau de l’âme Juive : l’Essence de l’âme.

Autrement dit, ‘Lè’h-Lé’ha’ exprime la Téchouva de l’âme, son retour vers l’endroit où elle est ‘enracinée dans l’Essence divine’, pour enfin révéler en nous- même sa puissance ; pour faire de nous-même et de ce monde matériel une demeure pour l’Essence divine. Ainsi, tout ce que nous accomplirons pendant les 10 jours de Téchouva connaîtra l’élévation le jour du ‘Chabbat Chouva’, et aura pour effet de réparer tous les jours, et tous les Chabbat, de l’année qui viennent de passer.

Dans le Dvar Mal’hout (page 369) le Rabbi explique que la Paracha Nitsavim fait allusion à l’âme divine telle qu’elle ‘se tient devant l’Eternel’ avant de descendre dans le corps. Puis, par le fait que l’âme s’habille dans le corps et grâce au travail qu’elle accomplit ici-bas dans ce monde, elle connaît une élévation considérable. Cette ascension de l’âme, d’un niveau vers un niveau supérieur (jusqu’à atteindre l’Essence de l’âme), est allusionnée par la Paracha Vayélè’h. De fait, la Paracha Nitsavim évoque l’âme avant sa descente dans le corps et la Paracha Vayéle’h évoque le travail que l’âme dans le corps accomplit dans ce monde. Aussi, ces deux Parachiot ne sont pas sans nous rappeler que ‘toute descente a pour but une élévation considérable, vers un endroit supérieur à celui d’où elle a commencé sa descente’.

Il est écrit (Vayéle’h, 31, 1, 2) : ‘Moché alla et adressa ces paroles à tout Israël. Il leur dit : c’est âgé de 120 ans que je suis aujourd’hui’.

Le Rabbi nous enseigne que ce verset évoque la situation de Moché lorsqu’il parvint à la perfection et au terme de sa mission. En effet, ‘Moché alla’ est une allusion à l’élévation de l’âme de Moché vers la perfection de son service divin. Cependant, ce verset n’est pas sans nous rappeler notre propre mission, car chaque juif possède en lui-même une étincelle de Moché (Tanya, début du chapitre 42). Aussi, du fait que le Rabbi est lui-même le Moché de notre génération et du fait que lorsqu’un juif se tient dans les 4 coudées du Rabbi cela provoque le dévoilement de l’Essence de son âme, il apparait clairement combien il est important de s’attacher profondément au Rabbi.

Il est publié dans les Ma’hzorim de la prière de Roch-Ha-Chana et de Yom Kippour un discours ‘hassidique de l’Admour Hazaken intitulé ‘Ha Kol Kol Yaakov’ (La voix est la voix de Yaakov). Dans ce discours, l’Admour Hazaken nous enseigne que la Tsédaka est le moyen d’attirer et de ‘révéler ‘la Lumière de la Face du Roi’ dans ce monde matériel, et de redonner ainsi la vie à tous les esprits abattus’.

A présent, pendant ce dernier exil, le monde reçoit sa vitalité de ‘Klipat Noga’, et de ce fait sa matérialité nous empêche de voir ‘la Lumière de la Face du Roi’. Or, le fait de donner la Tsédaka consiste à ‘planter une graine’ qui aura le pouvoir de ‘faire pousser’, c’est-à-dire de faire naître dans l’obscurité de ce monde inférieur, ‘la Lumière de la Face du Roi’.
‘La voix est la voix de Yaakov’, ‘Ha Kol Kol Yaakov’, et le nom de ‘Yaakov’ se décompose en ‘Youd-Ekev’. Aussi, l’Admour Hazaken nous enseigne ici que la lettre ‘Youde’ de ‘Yaakov’ représente ‘La lumière de la Face du Roi’ que l’on dévoile à partir de la matière de ce monde inférieur : ‘Ekev’, dans laquelle elle se cache. C’est au moyen de l’attribut de la miséricorde, qui est l’attribut de Yaakov, et par l’accomplissement de La Mitsvah de la Tsédaka que l’on parviendra à dévoiler cette lumière qui n’a pas de fin, ‘la Lumière de la Face du Roi’. L’Admour Hazaken dit dans son discours que cette lumière jaillira de l’obscurité ‘comme un éclair qui sort des nuages épais et obscurs dans lesquels il était caché, pour jaillir et éclairer le monde entier.

Cette image n’est pas sans nous rappeler que la Délivrance finale elle-même surgira de l’exil ‘en un clignement d’œil’, à l’exemple de l’éclair qui jaillit dans le ciel en un instant furtif. Dans ce cas ‘la lumière de la Face du Roi’ illuminera notre âme et ce monde pour un Chabbat éternel, dès-à-présent avec l’aide de D.ieu. En un clignement d’œil.

La ‘Hassidout nous enseigne que le Nom divin ‘Elokim’ correspond au niveau du divin qui s’habille dans ce monde, ainsi qu’il est dit (Béréchit, 1,1) : ‘Au commencement, Elokim créa le ciel et la terre’. A l’opposé, le Nom divin ‘Havayé’ désigne le niveau du divin qui transcende les mondes. A ce sujet, dans le Hayom-Yom du 3 Tichri 5704, ‘Chabbat Chouva’, le Rabbi rapporte un enseignement de l’Admour Hazaken. Pendant le Chabbat Paracha Tavo 5528 (1768), l’Admour Hazaken reçut le Tséma’h Tsédek, et lui raconta que son Maître le Maguid de Mèzeritch donna un commentaire qui commençait par les mots ‘Et tu retourneras jusqu’à L’Eternel (Havayé) ton D.ieu (Eloké’ha)’. (‘Eloké’ha est la contraction de l’expression ‘Elokim chel’ha’: ‘ton D.ieu’)
L’Admour Hazaken expliqua que par sa ‘Téchouva’, c’est-à-dire par son ‘Retour’ (‘Chouva’) vers D.ieu, un Juif doit parvenir à ce que ‘Havayé’ (le niveau du divin qui transcende les mondes), devienne ‘ton D.ieu’, ‘Eloké’ha’.

Or, les mots employés par l’Admour Hazaken pour décrire cette Téchouva sont à peu près identiques à ceux prononcés par Yaakov. En effet, l’Admour Hazaken explique ‘qu’un Juif doit parvenir à ce que ‘Havayé’ soit ‘ton D.ieu’ (‘Eloké’ha’), et Yaakov déclare que ‘l’Eternel (Havayé) sera pour moi D.ieu (Elokim)’.
De fait, le retour de Yaakov à la maison de son père n’est pas sans évoquer le retour de l’âme à sa source. Ce ‘Retour’ représente le dévoilement de l’Essence de l’âme dans les pensées les paroles et les actes d’un Juif. Lorsque la lumière infinie et illimitée de D.ieu (le niveau d’Havayé) descend et se dévoile dans les limites de l’homme, et dans les limites de ce monde (dans le niveau d’Elokim).

L’idée du dévoilement de l’Essence divine est constamment présente dans tous les enseignements de toutes les Parachiot du Dvar Mal’hout. Sur la Paracha Vayéle’h, le Rabbi écrit que ‘le monde est dans une situation de ‘Ma’hloket’ (‘Désaccord’) avec D.ieu’. Le monde est ‘en désaccord’ avec D.ieu, signifie que L’Eternel et le monde semblent être séparés l’Un de l’autre. Ainsi, du fait que L’Eternel Se cache dans le monde, sans S’y dévoiler, il nous semble que le monde est en ‘désaccord’ avec D.ieu.
Le Rabbi nous enseigne que c’est précisément par l’action des enfants d’Israël, que la paix est établie entre le monde et D.ieu. C’est par leur étude de la Torah, et par leur accomplissement des Commandements divins, que les enfants d’Israël révèlent D.ieu dans le monde. Chaque Juif détient la capacité de réconcilier le monde avec D.ieu.

C’est à cela que se rapporte ces propos du Rabbi dans le Dvar Mal’hout :
‘Ils attirent et dévoilent, non pas seulement le niveau de la Torah qui est lié à ce monde, mais aussi le niveau de la Torah qui est au-delà de ce monde, jusqu’à dévoiler le niveau de la Torah qui se trouve dans Son Essence’.

Dans le même ordre d’idée, le Rabbi nous donne une explication du verset (Dévarim, 1, 2) : ‘Onze jours depuis ‘Horev (le Mont Sinaï) par le chemin de la montagne de Séir jusqu’à Kadèche Barnéa’.
Les ’11 jours depuis ‘Horev’ sont une allusion à la Couronne, Kéter, qui surplombe les 10 Séfirot du monde d’Atsilout.
Les enfants d’Israël reçurent les 10 Commandements sur le Mont-Sinaï. C’est le niveau du divin qui est lié à ce monde (et aux 10 Séfirot). Puis Les enfants d’Israël quittèrent le Mont-Sinaï, et les ’11 jours depuis le Mont ‘Horev’ représentent donc l’ascension à partir du niveau du divin qui est lié à ce monde (le Mont ‘Horev) jusqu’au niveau du divin qui est au-delà de ce monde.
L’ascension des enfants d’Israël, ‘pour atteindre un niveau supérieur aux 10 Séfirot, et aux 10 Paroles qui correspondent avec ces 10 Séfirot, et par lesquelles le monde fut créé, jusqu’à atteindre même un niveau qui est au-delà des 10 Commandements, eux-mêmes liés à ces 10 Paroles’.
Ainsi, par leur travail, les enfants d’Israël parviennent au niveau de la Couronne qui surplombe tout l’enchaînement des mondes : ‘Kéter’.
Ce sont donc précisément les âmes d’Israël qui peuvent assouvir le désir de D.ieu de faire de ce monde une demeure pour Son Essence. Chaque Juif détient la capacité d’aller ‘de prodiges en prodiges’, à l’exemple de Moché au sujet duquel il est dit (Vayéle’h, 31, 1) : ‘Moche alla et adressa ces paroles à tout Israël’.

Le chiffre 11 représente en effet l’accession à l’aspect le plus profond du divin. Or, ce n’est que par son attachement au Rabbi qu’un Juif peut atteindre ce niveau. Ce n’est que par son attachement à ses enseignements qu’il peut dépasser l’aspect extérieur de la réalité, pour atteindre la perception du divin qui dépasse cette réalité. Evidemment, notre travail consiste avant tout à nous attacher à la partie révélée de la Torah, tout en dévoilant les forces de la partie révélée de notre âme (dévoiler les forces de notre l’intellect, les sentiments qui naissent dans le cœur, et nos actions qui en découlent).

Mais, le Rabbi nous permet de parvenir à la Couronne qui surplombe l’enchaînement des mondes. Il nous permet d’accéder à l’Essence divine, à la partie profonde de notre âme, à la partie profonde de la Torah. Ce Chabbat Téchouva, est donc celui du retour vers l’Essence de notre âme qui est enracinée dans l’Essence divine. Un retour vers l’Essence de la Torah du Rabbi.
Dès-lors, sans aucun doute nous ferons tout ce qui est en notre pouvoir pour ‘répandre à l’extérieur’ les forces qui nous seront données pendant ce Chabbat, afin de faire totalement don de nous-même pour provoquer la venue de notre Juste Machia’h, très bientôt et de nos jours, avec l’aide de D.ieu.

Un Hassid du Baal-Chem-Tov se rendit quelques temps après le saint jour de Yom Kippour chez son Maître. Il ne comprenait pas ce qui lui arrivait. Pendant le saint jour de Kippour, il avait versé d’abondantes larmes. Il avait regretté amèrement ses fautes, et avait pris la ferme décision d’abandonner toutes fautes, de laisser derrière lui tout ce qui pouvaient devenir un voile qui le sépare du Saint béni soit-Il et de Sa Volonté bénie.
Or, peu de temps après avoir été lavé de tous ses péchés, le ‘Hassid succomba à un désir inspiré par son mauvais penchant. Il se rendit donc chez le Baal-Chem-Tov, et lui fit part de son désarroi. Comment avait-il pu succomber ? Il avait pourtant prié d’un cœur sincère et ses larmes versées pouvaient témoigner en sa faveur, en disant à quel point son intention de faire le bien et de s’éloigner du mal était véritable.
Le Baal-Chem-Tov écouta son Hassid et lui fit la réponse suivante :
‘Certes tu as pleuré le jour de Yom-Kippour ! Tes larmes ont effectivement coulé, mais elles ne sont pourtant pas parvenues à t’empêcher de fauter à nouveau après cela. La raison est simple, tu n’as pas compris que lorsque tu pleurais, c’était un cadeau divin ! Hachem t’a permis de pleurer, Il a ouvert ton cœur, et grâce à cela tu as pu libérer tes larmes, tu as pu pleurer. Sans l’aide du Saint béni soit-Il, ton cœur se serait endurci et tu n’aurais pas pu verser une seule larme ! Au lieu de cela tu as cru être le seul responsable de tes larmes, et tu as ressenti de l’orgueil en te disant que tu as fait une Téchouva sincère, que tu étais parvenu à pleurer au moyen de tes propres forces, et c’est pour cela que, peu de temps après, tu es tombé !

Cette histoire n’est pas sans nous rappeler cet autre enseignement du Baal Chem Tov, selon lequel ‘tout vient de D.ieu, même une feuille fragile qui tombe d’un arbre obéit à l’ordre divin’, et cela est aussi vrai pour une simple larme qui coule.

*Note : en hébreu le mot Niggun (le chant) et le mot Dima (larme) ont la même valeur numérique : 119. Mais le Rabbi nous enseigne que les 10 jours de Téchouva doivent être vécus dans la Joie ; des larmes de Joie ? peut-être..

Texte et Audio : ‘A la Lumière du Dvar Mal’hout’ Ki Tetsé, par le Rav Yaacov Abergel

Texte et Audio : ‘A la Lumière du Dvar Mal’hout’ Ki Tetsé, par le Rav Yaacov Abergel

Pour l’élévation de l’âme de Tsiporah bat Esther

 

Il est possible d’établir un lien entre l’enseignement du Rabbi sur la Paracha Ki Tètsé qui est basé sur le verset ‘Quand tu sortiras en guerre contre ton ennemi’ et l’enseignement de l’Admour Hazaken sur le fait que ‘dans les temps futurs L’Eternel fera sortir le soleil de son étui’.

‘Le soleil sortira de son étui’ est une allusion au fait que dans les temps messianiques, l’Eternel dévoilera Son Essence, symbolisée par la lumière du ‘soleil’ : ‘Havayeh’, qui pour l’instant est cachée par un ‘étui’ : ‘Elokim’, lequel masque l’Essence divine et ne laisse pour lumière à la Création qu’un mince reflet, au moyen duquel l’homme ne peut absolument pas ressentir la Présence divine.

Aussi, la déclaration du Tanya selon laquelle ‘Havayeh Elokim est un soleil et un bouclier’ exprime la dissimulation (le Tsimtsoum) : ‘Elokim’, ‘le bouclier’, de la lumière infinie de D.ieu : ‘Havayeh’.

Ce principe s’applique également à notre âme, car ce n’est que dans les temps futurs que l’Essence de l’âme ‘sortira de son étui’ ; c’est à dire que la force de l’Essence de l’âme Juive illuminera notre être tout entier.

Dans le Dvar Ma’hout sur la Paracha ‘Ki Tetsé’, le Rabbi rapporte le récit du Midrache dans lequel il est rapporté que L’Eternel s’adressa aux âmes des Justes d’Israël et leur demanda s’il fallait oui ou non créer le monde.

A travers ce Midrache, le Rabbi met en valeur le fait que l’âme d’Israël est ‘une parcelle véritable de divinité d’En-haut’ qui est au-delà de ce monde.
De ce fait, notre âme est une arme redoutable dans le combat de D.ieu que nous menons car elle précède toute la Création. Dans ce cas et sans aucun doute tout au long de notre mission dans ce monde, c’est la Création elle-même qui doit être impressionnée par nous-mêmes, mais jamais le contraire.

Aussi, lorsque ‘nous sortons en guerre contre notre ennemi’ comme il est mentionné dans notre Paracha, c’est-à-dire lorsque nous devons affronter toutes sortes de difficultés dans notre mission de faire de ce monde matériel une demeure pour D.ieu, nous devons avoir conscience du fait que nous possédons les moyens de soumettre ce monde à notre volonté qui se fond en celle de D.ieu.

En effet, il est dit (Tanya) : ‘D.ieu se trouve à la droite du pauvre’, c’est-à-dire qu’Il a donné à notre âme divine (‘le pauvre’), tous les pouvoirs pour vaincre le mal qui se trouve de ‘l’autre côté de la Sainteté’ dans ce monde et en nous-mêmes.

En fait, le Rabbi nous enseigne ici qu’un Juif détient le moyen de dominer ce monde, et de dominer sa nature qui le pousse vers le mal, en éveillant la force de l’Essence divine afin que celle-ci se révèle dans les forces de son âme, et en particulier dans ses actes. De fait, comme le Rabbi l’a enseigné, à de nombreuses reprises ‘l’Essence de l’âme d’un Juif est enracinée dans l’Essence divine’ et dans ce cas, si ce Juif parvient à dévoiler ce niveau supérieur, rien ne pourra alors s’opposer à lui, de la même façon que rien ne peut s’opposer à D.ieu.

L’Essence de l’âme Juive est au centre des discours du Rabbi car c’est en la dévoilant dans nos actes que l’on parvient à susciter le désir divin de provoquer la venue de notre Juste Machia’h. Il est donc essentiel de s’attacher à tous les enseignements que le Rabbi délivre au sujet de l’Essence de l’âme, et de manière plus générale aux sujets du Machia’h et de la Guéoula.

Il existe une très belle image du Tséma’h Tsédek au sujet de l’âme (Séfer ha Likoutim, lettre Youde, ‘Yonah’). Le Tséma’h Tsédek citant le verset du ‘Cantique des Cantiques’ (2, 14) : ‘Ma colombe, nichée dans les fentes du rocher’.

Le Tséma’h Tsédek explique que le nom du prophète Yona, qui fut jeté à la mer et englouti par un énorme poisson, est une allusion à l’âme divine. La signification de l’image de Yona, qui adressa à l’Eternel une prière du fond des entrailles de cet énorme poisson (comparable à un ‘étui’) évoque donc l’âme divine prisonnière du corps et de l’âme animale, contre lesquels elle doit mener un combat incessant pour imposer sa volonté.

Par ailleurs, la Paracha ‘Ki Tètsé’ fait aussi allusion à la descente de l’âme dans le corps, et le verset ‘Quand tu sortiras en guerre contre ton ennemi’ met l’accent sur le fait qu’un juif doit mener une véritable guerre face au mauvais penchant.

Cependant le Rabbi donne une explication beaucoup plus profonde de ce verset : ‘Quand tu sortiras en guerre contre ton ennemi’ :
Les termes ‘tu sortiras’ évoquent l’endroit d’où provient l’âme, sa source première. Cet ‘endroit’ désigne en fait l’Essence divine qui ne fait qu’Un avec l’Ame, ainsi qu’il est dit dans le saint Zohar : ‘D.ieu Israël et la Torah ne font qu’un’.

Comme il a été dit précédemment, l’âme d’Israël précède toute la Création (puisqu’avant la Création du monde, D.ieu demanda aux âmes des Justes d’Israël si oui ou non Il devait créer le monde).

Le Rabbi nous enseigne donc que du fait que l’âme Juive a précédé le monde, un Juif ne doit jamais être impressionné par le monde. Bien au contraire sa mission consiste à mener le combat de D.ieu en faisant apparaître aux yeux de l’Ennemi la Lumière de l’Endroit divin d’où provient son Ame.
En d’autres termes, sa mission consiste à dévoiler l’Essence de D.ieu, et peu importe l’endroit où la situation dans lesquels il se trouve car c’est précisément dans les profondeurs de l’abîme de ce monde, qu’un Juif doit faire une demeure pour l’Essence divine. De fait, même l’âme animale doit devenir une demeure pour l’Essence divine, pas moins que cela.

Dans les temps futurs l’âme, qui est pour l’instant comme une colombe ‘nichée dans les fentes du rocher’ sortira finalement de son étui, de son exil. C’est peut-être pour cela qu’il est dit que ‘le Machia’h voit entre les fentes des murs’. Le Roi Machia’h est l’Essence de l’âme d’Israël, laquelle est à présent ‘cachée entre les fentes’, confinée dans un ‘étui’. Ainsi, ‘Machia’h voit entre les fentes des murs’ signifie peut-être aussi qu’il observe la profondeur de l’âme de chaque enfant d’Israël et il s’attache à la dévoiler.

Aussi, c’est par notre attachement au Rabbi que l’on peut dévoiler l’Essence de notre âme afin que celle-ci ‘sorte en guerre contre l’ennemi’, c’est à dire afin que celle-ci transforme l’âme animale et illumine le corps (comme pour les Tsadikim), c’est à dire tout ce qui s’oppose à la révélation de l’Essence divine et au dévoilement du Machia’h.

Par ailleurs il est intéressant de remarquer que juste après le verset ‘Ma colombe, nichée dans les fentes du rocher’, il est écrit (verset 16) : ‘Je suis à mon bien-aimé, et mon bien-aimé est à moi’.

Ce verset contient en effet les initiales du mot : ‘Elloul’ qui est le mois de la Téchouva et du retour vers D.ieu. De fait, l’âme est comparable au vol de cet oiseau au départ ‘niché dans les fentes du rocher’ et qui finit par s’élever dans le ciel, comme l’âme qui désire retourner vers sa source divine, ou comme le son du Choffar qui crie de toutes ses forces le désir d’Israël du dévoilement de D.ieu, du Machiah et du troisième Temple, dès-a-présent avec l’aide de D.ieu. Machia’h maintenant !

Texte et Audio : « La valeur d’un Beth ‘Habad », par le Rav Yaacov Abergel

Texte et Audio : « La valeur d’un Beth ‘Habad », par le Rav Yaacov Abergel

 

Il est écrit au commencement de notre Paracha (Choftim, 16, 18) : ‘Des juges et des policiers tu placeras pour toi dans toutes tes portes (de tes villes) que L’Eternel ton D.ieu te donne’.

Au sujet de ce verset, Rachi explique que les ‘juges’ sont ceux ‘qui tranchent la loi’, et les ‘policiers’ sont ‘ceux qui ont autorité sur le peuple, pour sévir en cas de besoin ‘avec un bâton et une lanière’ afin de faire accepter au coupable la sentence du juge’.

Dans le Dvar Mal’hout, le Rabbi explique que dans les temps messianiques les ‘juges’ n’auront plus l’occasion d’appliquer la moindre sentence du fait que le mal n’aura plus d’emprise sur l’homme, ainsi qu’il est écrit ‘la mort sera avalée et J’effacerais l’esprit d’impureté de la terre’. Dès-lors, la fonction du ‘juge’ ne sera plus de ‘trancher la loi’ car le mal aura disparu de la terre mais elle sera d’enseigner la Torah. Il en va de même pour le policier car celui-ci n’aura plus d’occasions de ‘sévir pour faire accepter la sentence du juge’ car plus aucune sentence ne sera alors prononcée. Le policier sera donc remplacé par le ‘conseiller’, ainsi qu’il est dit (‘Ychaya’, 1, 26) : ‘Je restaurerai tes juges comme autrefois, tes conseillers comme à l’origine’.

Le Rabbi dit que le ‘conseiller’ est différent du ‘policier’ par le fait que le policier n’agit que par la force alors que le conseiller est beaucoup plus proche de l’homme et sait se mettre à son niveau. De ce fait, dans les temps messianiques, les ‘juges’ enseigneront aux enfants d’Israël des concepts divins très élevés et la fonction des ‘conseillers’ sera alors de mettre ces concepts à leur portée. Le ‘conseiller’ est donc celui qui nous permettra d’intégrer la Torah de manière profonde.

Le Rabbi nous donne une signification plus profonde des ‘juges’ et des ‘conseillers’ que nous devons placer aux ‘portes de nos villes’. De fait, le ‘juge’ correspond aux trois forces de l’intellect : ‘Ho’hmah Binah Daat (‘Habad), et le ‘conseiller’ correspond aux sentiments : ‘Hessed Gvurah Tiféreth Netsa’h Hod Yessod Mal’hout. Enfin, les ‘portes’ de nos villes correspondent aux membres du corps.

Pour comprendre cette explication donnée par le Rabbi, il faut revenir au Livre du ‘Tanya’. En effet, chaque jour l’homme doit mener un combat incessant face à son mauvais penchant, et pour illustrer par un exemple cette guerre qui oppose le bon penchant au mauvais penchant l’Admour Hazaken rapporte dans le livre du ‘Tanya’ l’exemple de deux rois qui combattent pour conquérir une cité. Ces deux rois représentent le bon et le mauvais penchant et la cité qu’ils cherchent à conquérir représente le corps de l’homme.

En effet la Torah compare le corps de l’homme à une ‘petite cité’ et à l’exemple de deux rois qui se battent pour conquérir une cité afin de la gouverner, les deux penchants de l’homme (l’âme divine et l’âme animale) se livrent un combat incessant pour prendre possession du corps par le contrôle des pensées des paroles et des actes de l’homme.

Chacun cherche à imposer sa volonté. Le bon penchant, représente l’impulsion vers le bien, l’accomplissement de la Volonté de D.ieu, alors que le mauvais penchant pousse l’homme à céder à des plaisir vains, grossiers, totalement dénués de divin.

Le Rabbi explique donc que le fait de nommer un juge pour chaque ville exprime de manière profonde l’action d’avoir recours à l’intellect lorsque l’on se trouve dans une situation où nous devons réagir contre les désirs vils et grossiers que nous inspirent notre âme animale et notre mauvais penchant. La force de notre intellect nous permet de juger et de prendre la bonne décision afin de gouverner notre ‘cité’ c’est-à-dire tous les membres de notre corps selon la Volonté divine.

En effet, le Rabbi nous enseigne que le concept de ‘juge’ et de ‘conseiller’ existe en chacun d’entre nous.
Le ‘juge’ correspond aux forces de l’intellect de son âme divine, c’est-à-dire aux 3 forces de ‘Habad, et le ‘conseiller’ correspond aux 6 Midot de son âme divine, les sentiments, enfin les ‘toutes tes portes de tes villes’ correspondent aux membres du corps, conformément à l’enseignement du livre du Tanya, selon lequel le corps de l’homme est comparé à une ‘petite cité’.

A ce sujet, le Rabbi nous enseigne que les ‘portes de la ville’ correspondent aux ‘7 portes de l’homme’ qui sont ses 2 yeux, ses 2 oreilles, ses 2 narines, et sa bouche (2+2+2+1=7).

Par ailleurs le Rabbi précise que ses 2 yeux, ses 2 oreilles, et ses 2 narines, correspondent aux 2 injonctions de la Torah : ‘Fais le bien et éloigne toi du mal’, et le chiffre 2 correspond aussi aux 2 sortes de goût que la bouche peut apprécier, ainsi qu’il est dit (Job, 12, 11) : ‘L’oreille n’apprécie-t-elle pas les paroles tout comme le palais déguste les aliments ?’. L’un est sucré, l’autre est amer, et le Rabbi explique que même le goût amer cache en réalité, de manière profonde, de la douceur (à l’exemple des ‘bontés cachées’). Ainsi, à la lumière de ce qu’il vient d’être dit le Rabbi déclare que, ‘l’étude de la Torah d’un Juif doit le mener à l’action, et doit s’exprimer concrètement dans son comportement, qu’il s’agisse de sa force de voir, ou bien de sa force d’entendre, ou encore de sa faculté de sentir, ou de parler, ou de goûter’.

Dans ce cas, le Rabbi souligne que le cerveau et le cœur ainsi que tous les membres du corps doivent être dominés et dirigés par les ‘juges’ qui sont les ‘Mo’hin ‘de l’âme divine, laquelle est définie comme étant une ‘parcelle véritable de divinité d’en-haut’. Plus encore que cela le Rabbi explique ‘placer des juges et des policiers dans toutes tes portes’, signifie que tous les membres du corps (‘nos villes’) doivent se soumettre totalement aux enseignements divins tels que ceux-ci sont dispensés par le ‘Juge’ que L’Eternel place à la tête de chaque génération, en l’occurrence, le Rabbi. De fait, le Rabbi est celui qui ‘fait descendre dans le cœur de chaque Juif l’amour et la crainte de D.ieu’.

De manière générale seul le Tsaddik parvient à transformer totalement son âme animale, et c’est la raison pour laquelle nous disons qu’un Tsaddik possède une âme vitale et non pas une âme animale. Cependant, le Rabbi nous enseigne que L’Eternel donne à Ses enfants, à tous les enfants d’Israël, le jour du Chabbat, une ‘âme supplémentaire’ grâce à laquelle chacun peut goûter au grand amour de D.ieu. Aussi, tous nos efforts durant la semaine doivent aller dans ce sens, c’est à dire que nous devons faire tout ce qui est en notre pouvoir pour éveiller la force de l’Essence de notre âme, l’âme supplémentaire, même pendant la semaine.

Peut-être pouvons-nous dire ici qu’il y a une allusion à cela dans l’expression : ‘le Roi est dans les champs’. De fait, le corps de l’homme a été formé ‘au moyen de la poussière de la terre sur laquelle allait être construit le Beit Ha Mikdache’ (Rachi), et de ce fait le corps de l’homme peut être allusionné par un ‘champ’. Par ailleurs, le Roi désigne l’Essence divine, et ‘le Roi est dans les champs’ est une allusion au dévoilement de l’Essence divine dans le corps de l’homme, et dans ce monde matériel (qui est aussi comparable à un ‘champ’).

Ainsi, le fait qu’au mois d’Elloul ‘le Roi Se trouve dans les champs’, exprime l’idée que chaque juif peut à tout moment, et avec beaucoup plus de facilité, révéler la force de son ‘âme supplémentaire’, l’Essence de son âme, et parvenir ainsi à ressentir dans son cœur le grand amour de D.ieu.

Le Rabbi déclare que les Maîtres de ‘Habad possèdent la qualité du ‘Juge’, et celle du ‘conseiller’, car leurs enseignements véhiculent la force supérieure de la Torah (le ‘Juge’), mais ils possèdent aussi la force du ‘conseiller’ pour les mettre à la portée de chacun afin qu’ils soient ressentis de manière profonde dans le cœur.

Il nous possible de dire aussi que le ‘Juge’ fait allusion à l’Essence de l’âme Juive qui dépasse et transcende les forces de l’âme qui s’habillent dans le corps, et le ‘conseiller’ fait allusion à la partie de l’âme qui est ‘proche’ de l’homme du fait qu’elle s’habille dans le corps.

Tout l’enseignement du Rabbi dans ce Dvar Mal’hout repose sur l’idée d’intégrer le divin de manière profonde. De ce fait le ‘Juge’ désigne celui qui dispense à chacun d’entre-nous la lumière divine illimitée qui nous dépasse totalement, alors que le ‘conseiller’ représente celui qui sert d’intermédiaire entre D.ieu et l’homme avec toutes ses limites.

Dans cet ordre d’idée, le Rabbi délivre à la fin du Dvar Mal’hout l’enseignement selon lequel le ‘Juge’ qui est placé à la tête de chaque génération est comparé à la pierre fondamentale sur laquelle repose le monde : ‘Even ha Chtia’. Cette comparaison exprime le lien essentiel qui unit le Rabbi avec ses ‘Hassidim. Il est écrit dans le Midrache que ‘le nom du Machia’h est gravé sur la pierre fondamentale’. Or, cette image du nom du Machia’h gravé sur la pierre fondamentale n’est pas sans exprimer le fait que le Rabbi détient la force du ‘conseiller’, de graver dans ‘la pierre la plus dure’, c’est à dire dans l’esprit de celui qui est le plus éloigné de la Torah et des Mitsvoth la Volonté de révéler la Présence du Machia’h.

Le désir du Machia’h doit être gravé dans le cœur de chacun d’entre-nous. Ce désir doit animer nos pensées, nos paroles et nos actes chaque instant de notre Vie. Dès-lors chacun agira au-dessus de toutes les limites et cela aura pour effet qu’Hachem agira à son tour au-delà de toutes les limites et nous délivrera, dès-à-présent ! Avec l’aide d’Hachem !

 

 

Texte et Audio : A la lumière du Dvar Mal’hout –  Réeh – Rav Yaacov Abergel

Texte et Audio : A la lumière du Dvar Mal’hout – Réeh – Rav Yaacov Abergel

 

La ‘Sagesse’ se dit en hébreu ‘Ho’hmah, et d’après la déclaration des Sages, la vision vient de la Sagesse car il est écrit : ‘Qui est le Sage (‘Ha’ham) ? Celui qui voit ce qui nait !’. Cest à ce sujet que dans le ‘Séfer ha Likoutim’ (lettre Rech, page 286) le Tséma’h-Tsédek nous enseigne que la vision spirituelle vient de ‘Ho’hmah du fait que ‘les Sages sont les yeux de l’Assemblée d’Israël’. La raison donnée est que ‘la force de l’intellect consiste à saisir une chose, comment est-elle ? Quelle est-elle ? Exactement comme la vision qui consiste à saisir et à connaître une chose (au moyen de notre regard). C’est pour cela qu’il est écrit que ‘l’insensé marche dans l’obscurité’ (Kohélet, 2, 14) car celui à qui il manque la force de l’intellect ne possède aucune vision spirituelle, il est comme une personne qui avance dans l’obscurité qui ne voit rien de ce qui se trouve dans la maison’. Par ailleurs, même la vision matérielle, c’est à dire au moyen de nos yeux, provient aussi de la qualité de ‘Ho’hmah mais d’un niveau qui est extérieur à l’intellect’.

Il existe donc deux sortes de vision, la vision au moyen de nos yeux de chair et la vision au moyen des yeux de notre intellect, et le Rabbi Rachab nous enseigne que la vision des yeux est plus élevée que la vision des yeux de l’intellect (‘Bé Chaa ché Hikdimou’, chapitre 226, au sujet du verset : ‘A toi, il t’a été donné de voir pour reconnaître que L’Eternel (Havayéh) Lui est D.ieu (Elokim) (Vaèt’hanan, 4, 35).

En effet, le Rabbi Rachab nous enseigne que nos yeux nous permettent de voir une chose telle qu’elle est vraiment, alors que les yeux de l’intellect ne nous permettent que de l’imaginer. Dans le chapitre 227 de son ouvrage ‘Bé Chaa ché Hikdimou’ le Rabbi Rachab écrit que ‘la vision au moyen de nos yeux de chair est liée au corps et à l’âme animale, et dans les temps futurs ‘l’âme divine recevra cette vision de l’âme animale ».

De fait, le Rabbi nous enseigne que l’âme divine ne descend dans le monde que pour donner à voir le Divin à l’âme animale. Au départ l’âme divine doit raffiner l’âme animale et le corps. Cela signifie que l’âme divine doit ‘faire voir’ le Divin à l’âme animale : au moyen d’exemples matériels l’homme doit méditer au fait que c’est ‘la Parole de D.ieu qui créé, à partir du néant, et maintient en vie toute la Création’. Cela l’âme animale peut parfaitement le comprendre car elle ressent fortement que la matière vieillit et se détériore, elle comprend ‘comme si elle voyait’ qu’il y a une force qui est extérieure à elle, une force divine qui vitalise la matière de monde physique. C’est le sens du verset ‘de ma chair je verrais D.ieu’.

Ainsi, lorsque l’âme divine s’attache ‘à donner à voir le Divin à l’âme animale’, elle purifie l’âme animale au point que dans les temps futurs ‘lorsque les purifications seront terminées’ ‘l’âme divine sera nourrie par le corps’, c’est-à-dire que l’âme animale et le corps une fois purifiés permettront à l’âme divine d’accéder à un niveau supérieur au sien : le niveau de la vision du Divin, de voir et de reconnaître avec nos yeux de chair que ‘L’Eternel (Havayéh) est D.ieu (Elokim)’. Il ne s’agit plus d’une perception du Divin au moyen des yeux de l’intellect, mais d’une vision avec nos yeux de chair.

Tout cela s’explique par le fait que l’origine du corps est supérieure à l’origine de l’âme. L’origine de l’âme est du niveau de la lumière qui remplit les mondes, qui est dévoilée dans les mondes. L’origine du corps est du niveau de la lumière qui entoure les mondes. Dans les temps futurs ‘le corps sera au niveau de la lumière d’or sovev’, l’origine cachée du corps se dévoilera. C’est pourquoi il est dit que ‘l’âme sera nourrie par le corps’ : l’âme recevra du corps, car une fois purifié le corps ne constitue plus un obstacle pour l’âme divine, au contraire, il lui permet d’accéder à une vision véritable du Divin.

Cette année, comme pendant l’année 5751 qui est à l’origine du Dvar Mal’hout de notre Paracha, Roche-‘Hodech durera deux jours avec l’aide d’Hachem : le jour du Chabbat ‘Réeh’, et le lendemain, Yom-Richon.

A ce sujet, le Rabbi approfondit certains concepts déjà abordés dans le Dvar Mal’hout de la Paracha précédente, ‘Ekev’. Un des points les plus essentiels que le Rabbi nous enseigne est le rapport que le Rabbi établit entre la Paracha Réeh et le mois d’Elloul. Le Rabbi définit en effet l’attitude que nous devons adopter avant de commencer notre travail pendant le mois d’Elloul. Durant Elloul ‘le Roi est dans les champs’ et tout est propice pour établir le bilan de l’année et prendre de bonnes décisions pour l’année à venir.

Cependant, avant même d’investir nos pensées nos paroles et nos actes dans les trois domaines de notre service divin, c’est-à-dire dans notre Prière, notre étude de la Torah et nos actes de bonté, le Rabbi nous demande d’ouvrir les yeux et de regarder.

Aussi, dans le Dvar Mal’hout le Rabbi explique les mots que l’Eternel adresse aux enfants d’Israël, lesquels sont rapportés au début de notre Paracha (Réeh, 11, 26) : ‘Vois Je donne devant vous aujourd’hui la Bénédiction !’ :

‘Vois !’ (‘Réeh !’), l’Eternel nous ordonne de Voir, c’est-à-dire de comprendre, et aussi de ressentir la chose, comme si cette elle était devant nos yeux.

‘Je‘ (‘Ano’hi‘). ‘Ano’hi’ est le premier mot des 10 Commandements, et désigne l’Essence divine, qui comme il est souvent expliqué dans les discours du Rabbi, est le plus haut niveau divin, lequel est au-delà de toute la Création, de tous les mondes, de toutes les formes et de toutes les particularités. De fait, c’est l’Eternel Lui-même, Son Essence.

‘donne‘ (‘noten‘), et ‘tout celui qui donne, donne avec un bon œil (avec largesse)’.

‘devant vous‘ (‘lifné’hem‘). ‘Lifné’hem’ s’apparente au mot ‘Pnimiout’ et désigne donc ici la ‘profondeur’, la profondeur de l’âme Juive, qui est l’Essence de l’âme, enracinée dans l’Essence divine.

‘aujourd’hui‘ (‘hayom‘). Selon la ‘Hassidout, le ‘Jour’ représente la lumière et le dévoilement, de façon éternelle.

‘la bénédiction‘ (‘bra’ha‘). Il s’agit ici de toutes les bénédictions, que celles-ci soient dévoilées, ou bien que celles-ci se cachent dans ce qui nous semble être au premier abord des malédictions, que D.ieu nous en préserve.’

A la lumière de ces explications, le Rabbi nous donne à comprendre qu’avant même de commencer à penser, à parler ou à agir, au sujet de notre travail du mois d’Elloul, nous devons avant tout réaliser très profondément dans notre esprit (et cela au point de ‘voir’ et donc de ressentir), notre véritable réalité, qui ne se limite pas à notre existence ‘révélée’. C’est-à-dire que notre réalité ne doit pas seulement être l’expression de la partie révélée de notre âme, mais elle doit aussi exprimer sa partie cachée, l’Essence de l’âme qui est enracinée dans l’Essence divine.

Le Rabbi revient inlassablement sur cet enseignement. L’âme ne se limite pas à la partie de l’âme qui s’habille dans le corps, car l’essentiel de l’âme ne s’habille pas dans le corps, et il appartient à chaque Juif la possibilité de révéler ce niveau (‘Ano’hi’) dans ses pensées ses paroles et ses actes.

C’est cela même que l’Eternel déclare (Réeh, 11, 26) : ‘Vois Je donne devant vous aujourd’hui la Bénédiction !’.
D’après les explications du Rabbi au sujet de ce verset, l’Eternel nous ordonne ici de méditer au fait qu’Il nous a donné, ‘d’un bon œil’, ‘une partie de Lui-même’, et que cette partie constitue notre véritable existence.
C’est à cela que nous devons attacher ‘de tout notre cœur, de toute notre âme, et de tout notre pouvoir’, notre regard (‘Vois !’), afin de faire tout ce qui est en notre pouvoir pour dévoiler ce niveau. Le Rabbi explique que c’est en agissant au-delà de nos propres limites que l’on éveille le désir de D.ieu d’agir à son tour au-delà de toutes les limites.

Rabbi Tsvi vit une nuit en rêve son père le Baal Chem Tov sous la forme d’un volcan en éruption. Le père s’adressa ainsi à son fils :
‘Comme ce volcan, j’ai servi le Saint béni soit-Il tout au long de mon existence !’.

Comme il a été dit précédemment, le Rabbi nous enseigne que notre mission la plus essentielle consiste à dévoiler la partie la plus pure et la plus élevée de nous-même, l’Essence de notre âme, car elle est le lien véritable qui nous unit à D.ieu. Dévoiler l’Essence de notre âme a pour effet dans nos vies, quel que soit notre niveau ou notre situation, d’élever nos pensées nos paroles et nos actions à un niveau supérieur et divin.

Dans le Dvar Mal’hout le Rabbi déclare que l’Essence de l’âme est notre ‘véritable réalité’, qu’elle représente ce que nous sommes réellement, véritablement. L’Essence de l’âme est la partie ‘véritable’ de l’âme, car les forces de l’âme qui s’habillent dans le corps (néfèch: la vitalité du corps, roua’h: les sentiments et néchamah: l’intellect) ne sont pa l’essentiel de notre âme.

Les forces de l’intellect s’habillent dans le cerveau, les sentiments dans le cœur et la vitalité dans le sang (le foie), mais l’Essence de l’âme dépasse toutes ces forces car ‘elle fait Un avec D.ieu’, et de même que l’on ne limite pas le Saint béni soit-Il comme étant seulement le Créateur du monde car Il est infiniment plus que cela (‘les mondes ne sont rien en comparaison à Lui’), on ne limite pas l’Essence de l’âme à être la source des forces de l’âme, car elle infiniment plus que cela. Elle est tout simplement divine.

C’est aussi la raison pour laquelle le Rabbi définit l’Essence de l’âme comme ‘véritable’, car elle est unie à l’Essence divine, fait Un avec D.ieu, et seul D.ieu représente ‘la Vérité vraie’.

Mais aussi, et surtout, l’Essence de l’âme n’est pas perçue et ressentie par un membre du corps en particulier. Elle ne se révèle dans le corps (dans les forces de l’âme qui s’habillent dans le corps) qu’à des moments particuliers (comme le jour du Chabbat, ou le jour de Yom Kippour). Elle peut aussi se révéler par le travail de l’homme (en particulier chez les Tsaddikim).

Le Tséma’h-Tsédèk déclare que ‘la profondeur attire la profondeur’. C’est exactement ce que nous demande le Rabbi. Attirer l’Essence divine dans ce monde en dévoilant la partie la plus profonde de notre âme. Comme un volcan dont jaillit un feu divin. Du cratère du volcan jaillit le feu qui se cache sous la terre, et de la même façon, le feu de l’Essence de l’âme se cache sous ‘la terre’ de l’âme animale et du corps.

C’est en purifiant le corps qui a été créé par D.ieu, à partir de la poussière de la terre, que l’on attire la force de l’Essence de l’âme dans notre corps, dans nos pensées nos paroles et nos actes, et à la lumière de ce qu’il vient d’être dit, nous comprenons à présent que ‘le Baal Chem Tov servit D.ieu comme un volcan’. Il révéla du plus profond de ‘la terre’, c’est-à-dire du plus profond de lui-même et de son corps la ‘partie’ la plus profonde de son âme, dans ses actes. Celle-ci jaillit comme le feu qui jaillit d’un volcan et qui illumine l’obscurité du monde.

Dans le Dvar Mal’hout sur le Chabbat de la Paracha Réeh, le Rabbi explique que l’Eternel bénit Ses enfants en leur donnant une âme dont l’Essence est divine (Réeh, 11,26). Le Rabbi explique que l’Eternel nous demande de ‘voir’, c’est-à-dire de prendre réellement conscience de la valeur infinie de notre âme. De réaliser les niveaux supérieurs qu’elle nous permet d’atteindre, puisque c’est par elle que nous pouvons dévoiler le Machia’h.

La Paracha Réeh est liée au mois d’Elloul, du fait que ce Chabbat nous permet de commencer notre existence la plus véritable en éveillant la force infinie de l’Essence de notre âme. C’est là le message que nous adresse le Rabbi. Celui de nous préparer ce Chabbat avec l’intention de recevoir la Bénédiction de l’Eternel, pour commencer notre service divin dès le début du mois d’Elloul en agissant avec la force de l’Essence de notre âme, au-delà de toutes les limites.

C’est de cette façon que notre service divin accompli à l’image du volcan du Baal Chem Tov, nous permettra de devenir le réceptacle de la lumière du plus haut dévoilement. Celui de la révélation du Machia’h. Aussi, nous pouvons comprendre le fait que la Paracha Réeh nous parle des animaux qui sont permis à la consommation car l’importance de purifier notre corps est essentielle, et tout doit être fait pour faire de notre corps un écrin à la hauteur du diamant de lumière que l’Eternel s’apprête à nous donner. Le dévoilement ‘d’une Torah nouvelle sortira de Moi’ par l’intermédiaire de notre Juste Machia’h, très bientôt et de nos jours. Avec l’aide d’Hachem.

 

Texte et Audio : A la Lumière du Dvar Mal’hout Ekev – Rav Yaacov Abergel

Texte et Audio : A la Lumière du Dvar Mal’hout Ekev – Rav Yaacov Abergel

 

 

 

Pour expliquer que le don de soi, la force de messirout-néfèch est plus révélée dans notre génération que dans toutes les autres, y compris celle des Juifs qui connurent le dévoilement de la présence divine dans le Temple de Jérusalem le Rabbi précédent donne l’exemple du talon : ‘Ekev’.

La force de la volonté de l’âme humaine, bien qu’elle soit ‘makif’ c’est à dire bien qu’elle ne s’habille pas plus dans le cerveau que dans les autres membres du corps, se révèle plus particulièrement, essentiellement et principalement, dans les talons. Ainsi, un homme peut entrer son talon beaucoup plus facilement dans de l’eau brûlante que sa tête.

Le Rabbi précédent nous enseigne qu’il en va de même au sujet du corps constitué par toutes les générations des enfants d’Israël. La force de messirout-néfèch est en effet plus dévoilée dans notre génération (appelée la génération du ‘talon du Machia’h’) que dans toutes les autres générations.

Comme le talon qui est la partie inférieure du corps, notre génération est appelée le ‘talon’ en comparaison à la génération de Moché qui est elle-même appelée ‘la tête’ du grand corps constitué par toutes les générations des enfants d’Israël.

Cela est aussi vrai pour le corps constitué par les différentes ‘catégories’ de Juifs, car la force de messirout-néfèch est plus dévoilée chez les juifs simples qui sont du niveau du ‘talon’ que chez les érudits, les baal-mo’hin, qui eux-mêmes représentent le niveau de ‘la tête’, du cerveau.

Le Rabbi nous révèle à partir de cet enseignement de son beau-père un autre enseignement d’une force incroyable : L’obscurité de l’exil réveille et dévoile la force de messirout-néfèch, et ce même si l’obscurité et le dévoilement sont deux contraires qui s’opposent l’un à l’autre car la racine, l’origine de l’obscurité de l’exil, est l’obscurité du premier Tsimtsoum dont le but est de dévoiler la Présence de D.ieu dans le monde.

Le fait que l’Eternel dissimula Sa ‘Grande lumière’ et créa un ‘grand espace vide’ (le premier Tsimtsoum) peut être perçu comme obscur du fait que l’Eternel cacha véritablement Son Essence, ne laissant apparaître qu’un mince reflet de Sa lumière infinie.

Cependant le Rabbi nous explique que ce retrait, cette obscurité n’est pas une fin en soi, elle n’a pour seul but que le dévoilement futur d’une lumière ‘qu’aucun œil n’a vu’ : la lumière de la Délivrance. Cette ‘obscurité’ du premier Tsimtsoum est à l’exemple évoque celle d’un fils qui cherche son père et qui ne le trouve pas. En effet, D.ieu Se cacha dans la Création pour nous donner l’occasion de Le chercher et de Le trouver, exactement comme un père qui se cache dans le seul but que son fils lui exprime son amour en le cherchant de toutes ses forces.

L’obscurité de notre exil est donc à l’exemple d’un enfant (l’Assemblée d’Israël) qui cherche son Père (le Saint béni soit-Il) et la racine de notre exil, son origine, est liée au premier Tsimtsoum car la raison profonde du premier Tsimtsoum est la même que la raison profonde de notre exil : le dévoilement de la Lumière nouvelle et de la Torah du Machia’h.

Finalement, l’obscurité du premier Tsimtsoum est comme une braise, un morceau de bois qui a brûlé et qui nous semble éteint. Hachem a créé un ‘grand espace vide’ mais cela ne signifie pas que cet espace soit vide de Lui de Son Essence car Son Essence Se trouve là mais nous ne La percevons pas.

Comme l’étincelle cachée dans un morceau de bois brûlé qui nous semble éteint. Cependant, lorsque l’on souffle sur ce morceau de bois l’étincelle se ravive et devient cette flamme qui apparait avec encore plus de force. Ce souffle représente la force de messirout-néfèch. C’est précisément grâce au travail basé sur la force de messirout-néfèch que l’on révèle de manière concrète la Lumière (‘la raison profonde’) qui se cache dans l’obscurité.

En fait l’obscurité n’a été créée que pour le dévoilement de la lumière qu’elle dissimule de manière profonde. Aussi nous pouvons comprendre à présent que notre génération, celle du talon, celle de l’obscurité la plus profonde, détient le pouvoir de révéler la force de messirout-néfèch, car l’origine de l’obscurité (le premier Tsimtsoum) c’est le désir de D.ieu de dispenser Sa lumière bénie.

Aussi, la Paracha Ekev vient nous rappeler l’importance de faire don de nous-même de manière véritable (messirout-néfèch signifie donner son âme). La force de messirout-néfech qui découle de l’Essence de l’âme consiste à chercher de toutes nos forces notre Père Qui Se cache à notre regard et le Rabbi déclare que ‘le plus grave n’est pas de ne pas Le trouver, mais d’arrêter de Le chercher’.

De fait, l’Essence de l’âme d’un Juif est comparable à cette étincelle qui se cache dans un morceau de bois. ‘Souffler sur ce morceau de bois’ signifie que l’on révèle les forces cachées les plus fortes et les plus profondes de notre âme. C’est réveiller l’amour de D.ieu, qui dépasse la raison et l’intellect.

Le Rabbi écrit dans le Dvar Mal’hout de notre Paracha ‘qu’un Juif est propriétaire de la Réalité’, ‘qu’il lui appartient la force de se réveiller et de réveiller d’autres Juifs, et essentiellement de ‘réveiller’ le Saint béni soit-Il’.

Par ailleurs, le Rabbi écrit dans le Likouteï Si’hot (Tome 21 page 55) que ‘D.ieu doit-être présent dans chaque endroit où se trouve un Juif…Même si l’on ne se trouve pas physiquement, dans un endroit saint, ni même dans une situation sainte, on peut cependant bâtir le sanctuaire de D.ieu’.

‘Bâtir le sanctuaire de D.ieu’ signifie faire de ce monde matériel et de nous-même une demeure pour l’Essence divine. Cet enseignement s’applique à tous les moments de notre Vie, et aussi tout particulièrement durant le mois d’Elloul.

Pendant ce Chabbat de la Paracha ‘Ekev’ nous bénirons, avec l’aide d’Hachem le mois d’Elloul. Or, la chose est connue des ‘Hassidim que les lettres qui composent le mot ‘Elloul’ sont les initiales du verset : ‘Ani lé Dodi vé Dodi li’, ‘Je suis à mon bien-aimé et mon bien-aimé est à moi’.

De fait, le mois d’Elloul est propice à la Téchouva, et la partie profonde de la Torah nous enseigne que pendant le mois dElloul’, les 13 attributs divins de la Miséricorde nous illuminent, et illuminent ce monde, de manière particulière. L’Eternel Se dévoile à celui qui Le recherche, comme il est dit : ‘le Roi est dans les champs’, et dans ce cas il est donné à chacun, ‘Ani’, la possibilité de s’unir à D.ieu, ‘Dodi’, afin que le Saint béni soit-Il Se rapproche aussi de lui, ‘Dodi li’.

C’est-à-dire que le travail d’un Juif consiste à s’unir soi-même (‘Ani’) à D.ieu (‘Dodi’), et alors dans ce cas le Saint béni soit-Il se rapprochera de lui (‘Dodi li’).
Plus précisément, ‘Ani lé Dodi vé Dodi li’ fait allusion à deux types de travail qu’un Juif se doit d’accomplir durant cette période de l’année.

‘Ani lé dodi’, représente le travail qui vient de l’homme, du bas vers le haut, qui consiste à purifier le corps. On accomplit ce travail en agissant de manière progressive (du plus facile vers le plus difficile). Par ailleurs, le Rabbi souligne que bien que notre action demeure limitée, car nous agissons avec nos propres forces, l’avantage est que le fruit de nos efforts a pour effet de pénétrer profondément en nous-mêmes.

‘Dodi li’, le second travail à accomplir, consiste à dévoiler la force infinie de notre âme qui est ‘une parcelle véritable de divinité d’En-haut’, afin d’attirer un dévoilement divin illimité, du haut vers le bas. Cependant, comme il s’agit ici d’un dévoilement du haut vers le bas, et bien qu’il s’agisse ici d’un dévoilement divin supérieur, il ne pénètre pas aussi profondément en nous-même, comme c’est le cas pour un dévoilement du bas vers le haut.

Aussi, le Rabbi écrit que ‘l’on atteint la perfection quand il y a l’union des deux sujets. ‘Ani lé Dodi’ et ‘Dodi li’, ensemble. Lorsque le niveau du divin (‘Dodi’), qui est au-delà du niveau de ‘Ani’ (la réalité de l’homme ici-bas) se dévoile de manière profonde dans le ‘Ani’, c’est-à-dire dans les limites du niveau inférieur, au point de devenir véritablement une seule chose, sans qu’aucune chose ne puisse les différencier.

L’un des points essentiels de cet enseignement du Rabbi est que la perfection du dévoilement de ‘Dodi li’ (le dévoilement de la ‘parcelle véritable de divinité d’En-haut’), jusqu’au dévoilement de l’Essence divine, peut être réalisé grâce au travail de l’homme ici-bas, progressivement du bas vers le haut. Puis le travail ‘Vé Dodi li’ du haut vers le bas (Atsilout, Bryia, Yètsira, Assia) qui succède au travail de ‘Ani lé Dodi’, permet au Divin qui est au-delà de ce monde inférieur de Se dévoiler également dans le ‘Ani’, au point de faire Un avec lui et de devenir un ‘être vrai et éternel’ (‘Yèch amiti vé nits’hi’), au-delà des limites du temps et de l’espace qui sont eux-mêmes soumis à des changements.

A la lumière de ces enseignements du Rabbi, il nous est donné de comprendre que le travail accompli au mois d’Elloul représente la possibilité d’atteindre le dévoilement supérieur de l’Essence de l’âme.
Aussi, le Rabbi met l’accent sur le fait que le travail ‘du bas vers le haut’ de ‘Ani lé Dodi’ est plus essentiel que celui du haut vers le bas de ‘Dodi li’. De fait, ce point s’exprime tout particulièrement par le fait que ‘l’Eternel désire une demeure ici-bas’, et le Rabbi explique au sujet de cette déclaration que c’est en élevant les niveaux inférieurs, ‘ici-bas’, par le travail ‘du bas vers le haut’, que l’on parvient à élever les niveaux supérieurs.

Le Rabbi établit alors ici un lien avec la Paracha ‘Ekev’, durant laquelle nous bénissons le mois d’Elloul.

De fait, ‘Ekev’ signifie ‘le talon’, et représente donc la partie la plus basse du corps de l’homme (et du corps de ce monde). Notre travail pendant le mois d’Elloul consiste avant tout à purifier le corps, ‘le talon’, car c’est l’étape nécessaire qui précède au dévoilement de la lumière de l’Essence de l’âme, ‘Dodi li’.
Purifier et raffiner le corps signifient que l’on doit soumettre le corps à l’accomplissement des Mitsvoth, afin de parvenir à son ‘annulation’, à sa fusion, avec le divin, de la même manière que l’on soumet l’âme au divin : ‘Que je sois aux yeux de tous comme de la poussière’.

D’une certaine manière, le travail de ‘Ani lé Dodi’, les jours de la semaine, représente donc l’annulation du corps par l’accomplissement des Mitsvoth, ‘du bas vers le haut’, et le travail de ‘Dodi li’ représente l’annulation de l’âme le jour du Chabbat, au moyen de l’étude de la Torah, ‘du haut vers le bas’.

Il est important de mentionner ici que l’existence d’un Juif commence réellement au moment où le corps et l’âme fusionnent avec le divin. C’est à ce sujet que le Rabbi déclare que ‘la fusion de l’âme d’Israël avec le divin atteint un niveau de perfection au moment de l’étude de la Torah et lors de l’accomplissement des Commandements divins, de toutes les façons, du fait qu’Israël et le Saint béni soit-Il ne font qu’Un, cette fusion n’exclut pas la réalité des enfants d’Israël. Au contraire c’est cette fusion qui est leur réalité’.

La ‘Hassidout nous enseigne que les Mitsvoth sont liées aux dévoilements de la résurrection des morts, car elles représentent le corps, le ‘talon’, de la Torah, du fait qu’elles sont accomplies avec et au moyen de la matière de ce monde.

Dans le Likouteï Torah (Vaèt’hanan) l’Admour Hazaken explique que l’action matérielle a un effet sur notre vie spirituelle. L’accomplissement des Commandements divins a pour effet de grandir notre Emounah.

Nous devons agir constamment afin de grandir notre Emounah en la venue de Machia’h, à nous attacher à l’enseignement du Rabbi, conformément à ses pensées ses paroles et ses actes, en étant ‘constamment occupés par la pensée et par la parole au sujet de la Délivrance finale, en cherchant à unir tous les sujets de notre temps avec la Délivrance, le travail des enfants d’Israël est de précipiter la Délivrance’ (Le Rabbi).
Très bientôt et de nos jours, avec l’aide d’Hachem,

 

Vaèt’hanan à la lumière du Dvar Malhout, par le Rav Yaacov Abergel

Vaèt’hanan à la lumière du Dvar Malhout, par le Rav Yaacov Abergel

 

 

Rabbi Israël Baal Chem Tov ‘se perdit’ un jour sur l’infini bleu de la mer quand il entreprit avec sa fille Odèle et son Sofer Rabbi Tsvi un voyage en Terre sainte. Ils ‘échouèrent’ un beau jour sur une île déserte et là-bas il se passa une chose étrange. Le Baal Chem Tov perdit la mémoire. En un clin d’œil il oublia toute la Torah qu’il connaissait. Il ne savait plus rien, pas un seul verset, pas une seule Michnah. Le Baal Chem Tov réagit en demandant à son élève Rabbi Tsvi de lui réapprendre l’Aleph-Beïth. Ainsi, assis tous les deux sur le sable de l’ile, les deux hommes étudièrent. Rabbi Tsvi enseigna une par une toutes les lettres de la langue sainte à son maître. Le Baal Chem Tov réapprit ainsi chacune des lettres et à la fin de leur étude la mémoire lui revint, avec peut-être encore plus de force.

Cette histoire n’est pas sans nous rappeler un enseignement rapporté dans le traité Nida. Il est écrit qu’avant sa naissance, Hachem enseigne toute la Torah à l’enfant dans le ventre de sa mère. Cependant, lorsque celui-ci vient au monde un ange le touche sur le haut des lèvres afin qu’il oublie tout ce que D.ieu lui a enseigné. Dans ce cas pourquoi lui avoir enseigné toute la Torah si finalement un ange lui fait tout oublier ?

En réalité l’enfant n’oublie pas tout ce qu’il a appris car il garde une trace de toute la Torah que l’Eternel lui a enseigné. De fait, sans cette marque indélébile l’enfant ne pourrait pas par la suite apprendre et retenir le moindre enseignement. L’Eternel a gravé dans l’âme de chaque juif, avant même que celui-ci ne vienne au monde Sa Parole bénie. L’Aleph, le Beïth, et toutes les autres lettres restent éternellement vivantes dans son âme.

Dans notre Paracha, nous lirons avec l’aide d’Hachem les 10 Commandements, lesquels commencent par le mot Ano’hi qui lui-même commence par la lettre Aleph. Cela s’accorde avec l’enseignement du Rabbi sur la raison pour laquelle chaque enfant juif commence son étude de la Torah par l’étude de l’Aleph car de manière profonde cette lettre représente l’Essence d’Hachem. Aleph contient donc en elle-même toute l’essence de la Torah, et lorsqu’il apprend la lettre Aleph chaque enfant juif éveille le lien qui unit son âme au Saint béni soit-Il.

Nous pouvons dés-lors comprendre la raison pour laquelle le Baal Chem Tov demanda à son Sofer de lui réapprendre l’Aleph-Beïth’ quand il oublia toute la Torah. Il lui fallait en fait réveiller le lien profond et immutable qui le lie à D.ieu. Il n’est donc pas étonnant que le Rabbi insiste sur la présence des enfants lors de la lecture des 10 Commandements que nous récitons le jour du Chabbat Vaèt’hanan. D’une certaine manière cela vient nous rappeler le moment pendant lequel l’enfant se trouve dans le ventre de sa mère et apprend chaque lettre de la Torah de la bouche du Saint béni soit-Il. Ce moment qui précède la naissance correspond à la formation de l’âme divine, à la création du lien qui unit chaque enfant d’Israël à son Père qui est dans le ciel.

Le Rabbi enseigne qu’Aleph est composée par deux Youde, un Youde qui est en-haut et un Youde qui est en-bas, ainsi un axe qui relie les deux. Le Youde supérieur symbolise le Saint béni soit-Il, car Il est au-dessus de toutes les limites. Le Youde inférieur symbolise l’enfant d’Israël, car un juif ne s’unit à Hachem que lorsqu’il est ‘en-bas’, c’est-à-dire quand il ressent de l’humilité et qu’il est totalement soumis à Hachem.

Plus encore, d’après les enseignements du Rabbi Rachab, le Youde supérieur représente l’Essence de l’âme enracinée dans l’Essence divine (l’âme qui est ‘en-haut’) et le Youde inférieur représente l’âme qui s’habille dans le corps (l’âme qui est ‘en-bas’). Quant à l’axe qui relie les deux, il symbolise la Téfilah, du fait que c’est par la Prière qu’un Juif parvient à atteindre l’Essence de son âme, à dévoiler le lien qui l’unit à son Père Qui est dans le ciel.

Lorsque l’Eternel dit à Avraham ‘Lè’h-Lé’ha !’, Il ordonna à Avraham de quitter sa terre natale pour se rendre sur ‘la Terre qu’Il lui montrerait’. Le Rabbi précédent a expliqué que de manière profonde ‘Lèh-Léha !’ signifie ‘Va vers l’Essence de ton âme !’. Or, du fait que l’Essence de l’âme Juive est enracinée dans l’Essence divine il est possible de dire (sous la forme d’un ‘Hidouch) que ‘Lè’h-Lé’ha !’ signifie ‘Viens vers Moi !’ car chaque Juif ‘fait Un avec D.ieu’, et dans ce cas aller vers le plus haut niveau de soi-même c’est aller vers D.ieu, plus précisément vers ‘l’endroit’ ou l’âme de l’homme est enracinée dans L’Essence divine. Le Rabbi définit l’endroit de cette fusion comme l’étincelle du Machia’h qui se trouve en chacun d’entre-nous.

L’union de l’âme Juive avec D.ieu est aussi au centre du Dvar Mal’hout sur la Paracha Vaèthanan. Le Rabbi reprend le principe selon lequel un dévoilement atteint la perfection lorsqu’il unit la limite à l’illimité, c’est-à-dire lorsque la lumière divine s’unit à la lumière qui provient du travail de l’homme.

A ce sujet le Rabbi explique la raison pour laquelle les 10 Commandements sont dits à deux reprises dans la Torah. Une première fois dans la Paracha Yitro, et une seconde fois dans la Paracha Vaèt’hanan.
La Paracha Yitro met en valeur le fait que le monde et tout ce qu’il contient se soumirent totalement à la Lumière divine qui fut dévoilée au Mont-Sinaï, ainsi qu’il est écrit : ‘il y eut du tonnerre et des éclairs et une nuée lourde sur la montagne, et le son du Choffar était très fort, tout le peuple trembla’ (Yitro, 19, 16).
Face au dévoilement divin l’homme s’annule, se tient en retrait, ainsi qu’il est dit (Yitro, 20, 15) : ‘Le peuple vit et ils tremblèrent et se tinrent debout, de loin’.

A l’opposé, la Paracha Vaèt’hanan exprime que le but de tout dévoilement divin consiste à ce que l’homme parvienne à intérioriser de manière profonde la Parole divine, ainsi qu’il est dit (Yitro, 20, 19) :’Vous avez vu que ce sont des cieux que Je vous ai parlé’.

Aussi, le Rabbi nous enseigne que la répétition des ’10 Commandements’ (la première fois dans la Paracha Yitro, et la seconde, dans la Paracha Vaèt’hanan) représente l’union de ces deux niveaux.

Le premier niveau, de la Paracha Yitro, correspond au dévoilement de la Lumière qui vient de D.ieu, ‘d’En-haut’, à l’exemple du Youde supérieur du ‘Aleph’ ; et le niveau de la Paracha Vaèt’hanan correspond au dévoilement de la lumière qui provient du travail de l’homme, ‘d’En-bas’, à l’exemple du Youde inférieur du ‘Aleph’. Ce travail consiste à intégrer la Parole de D.ieu de manière profonde dans ses pensées ses paroles et ses actions.

C’est précisément l’union de ces deux Lumières qui représente l’aboutissement de notre service divin, car selon le Rabbi cette union est liée au dévoilement de l’Essence divine. Le Rabbi souligne donc que le chiffre 2, comme ces ‘deux Lumières’, ne représente pas seulement la répétition d’une chose car il exprime en réalité ‘la multiplication d’une chose à l’infini’.

C’est la raison pour laquelle le Rabbi explique que la Haftarah que nous lisons ce Chabbat intitulée ‘Na’hamou Na’hamou’ n’exprime pas seulement le fait que L’Eternel consolera Ses enfants lors de la Délivrance finale. De fait, la répétition du mot ‘Na’hamou’ exprime le caractère infini des évènements qui auront lieu dans les Temps messianiques. La reconstruction du troisième Temple et le dévoilement de l’Essence de la Torah : ‘Une Torah nouvelle sortira de Moi’, par l’intermédiaire du Machia’h.

Il est écrit (Mikets, 41, 32) : ‘Quant à la répétition du rêve à Pharaon par deux fois, c’est que la chose est prête par D.ieu, et que D.ieu se hâtera de l’accomplir’.
Rachi explique, au sujet de ce verset, que ‘si le rêve s’est répété deux fois, c’est que l’évènement est imminent’, et ‘ce que D.ieu prépare (‘les sept bonnes années’) Il le montre à Pharaon’.

Ici encore, la répétition (le chiffre 2) signifie que la chose est vraie, qu’elle est sur le point d’être accomplie par D.ieu. Or, la ‘Hassidout définit la Vérité en mettant l’accent sur le fait qu’elle ne connaît pas d’interruption, qu’elle ne s’interrompt jamais. Ainsi, il apparaît à l’évidence que la signification profonde de ‘la répétition du rêve à Pharaon par deux fois’ s’accorde à l’enseignement du Rabbi selon lequel le chiffre ‘2 ‘est une évocation de l’infini, car la Vérité n’a pas de fin.

Il est écrit (Yitro, 19, 16) : ‘il y eut du tonnerre et des éclairs et une nuée lourde sur la montagne’.
A la lumière des enseignements du Rabbi ‘la montagne’ est une allusion à la réalité physique et matérielle de ce monde, et le fait qu’elle soit recouverte d’une épaisse ‘nuée’ exprime l’idée de la réalité qui s’efface face au dévoilement de la Parole divine (imagée par la masse du nuage). Le son du Choffar qui ‘va en grandissant’ accentue cette idée, car en fait, qu’il s’agisse de la vision ‘du tonnerre et des éclairs’, ou d’entendre ‘le son du Choffar qui était très fort’, tous nos sens étaient alors soumis au dévoilement divin au point que nous percevions plus comme auparavant le monde physique car celui-ci était devenu imperceptible. L’apparence de la réalité s’était estompée pour ne laisser apparaître que ce qu’elle dissimule à l’intérieur d’elle-même, c’est-à-dire la Parole divine qui la crée et la vivifie à chaque instant. Cela s’exprime par le fait qu’il est dit (Yitro, 20, 15) : ‘Ils tremblèrent et se tinrent debout, de loin’.

Cependant la possibilité nous est donnée d’assister au dévoilement de D.ieu sans ‘se tenir debout, de loin’ et c’est précisément par notre attachement au Rabbi que l’on y parvient, ainsi qu’il est dit (Yitro, 19, 17) : ‘Moché fit sortir le peuple à la rencontre de D.ieu’.

Les enfants d’Israël demandèrent à Moché d’être leur intermédiaire, ainsi qu’il est dit (Vaèt’hanan, 5, 21-24) : ‘Aujourd’hui nous avons vu que D.ieu parle à l’homme et celui-ci peut vivre, tout ce que dira l’Eternel notre D.ieu à toi, nous écouterons et nous ferons’. Un Juif peut entendre la Parole de D.ieu et vivre.

Dans le Dvar Mal’hout de la Paracha Dévarim le Rabbi enseigne que lorsque les trois semaines d’affliction commencent par un Chabbat le jour du 17 Tamouz, et se terminent par un Chabbat le jour du 9 Av, alors il brille Durant ces trois semaines les 3 Mo’hin (‘Ho’hmah, Binah, Daat). Par ailleurs, durant le Chabbat ‘Hazon du 9 Av chaque Juif a une vision du Beït-Ha-Mikdache, il voit le Temple ‘de loin’. Enfin, le Rabbi nous enseigne qu’après le Chabbat ‘Hazon du 9 Av viennent les 7 Chabbat de consolation, lesquels correspondent aux sept Midots (‘Hessed Gvurah Tiférèth Nétsa’h Hod Yessod).

A la lumière de cet enseignement du Rabbi, il est possible de dire que la vision du Temple, du fait qu’elle soit une vision ‘de loin’, est un dévoilement ‘d’En-haut’ (conformément au niveau de la Paracha Yitro), et les 7 semaines qui suivent cette vision correspondent à un travail ‘d’En-bas’ (conformément au niveau de la Paracha Vaèt’hanan). De fait, la perfection est réalisée par l’union de ces deux niveaux, et dans ce cas, durant la période des 7 semaines, un Juif fera tout ce qui est en son pouvoir pour s’attacher aux enseignements du Rabbi et les mettre en pratique de manière concrète afin que sa vision du Temple ne soit plus ‘de loin’, mais que celle-ci pénètre dans son cœur, de manière profonde, pour finir par se cristalliser par un acte qui aura pour effet de provoquer les dévoilements infinis de la Délivrance finale, très bientôt et de nos jours avec l’aide de D.ieu.

 

 

 

‘A la lumière du Dvar Mal’hout’  Dévarim – Rav Yaacov Abergel

‘A la lumière du Dvar Mal’hout’ Dévarim – Rav Yaacov Abergel

 

La Torah nous enseigne que les paroles que Moché adressa aux enfants d’Israël juste avant qu’ils n’entrent en Erets Israël sont inscrites dans le livre de Dévarim.

Le Rabbi explique que ce Livre (le dernier des 5 livres de la Torah) prépare spirituellement le peuple Juif à l’action concrète de faire de la Terre d’Israël une demeure pour D.ieu.

Un parallèle peut être établi entre la génération de Moshé et notre génération attendu que nous nous apprêtons à entrer en Erets Israël avec le Machia’h, et cela s’exprime avec d’autant plus de force quand la Paracha Dévarim tombe avec le Chabbat ‘Hazon.

En effet, pendant le jour du Chabbat ‘Hazon Hachem nous donne à voir le troisième Temple ; cependant c’est d’une vision ‘superficielle’ dont il s’agit, et pour comprendre ce que signifie ‘une vision superficielle’ il convient auparavant de comprendre la différence établie par le Rabbi entre les deux niveaux de l’âme divine : ‘Haya et Yé’hida.

Dans son discours intitulé : ‘Et tu ordonneras aux enfants d’Israël’, le Rabbi explique que ‘Haya est la partie de l’âme ‘qui est en-haut’, c’est-à-dire la partie de l’âme qui ne s’habille pas dans le corps. Un juif croit en D.ieu car son âme ‘qui est en-haut’ voit le divin et ‘transmet’ sa vision à ‘l’âme qui est en bas’ (l’âme qui s’habille dans le corps), mais du fait que ‘Haya est la partie de l’âme qui ne s’habille pas dans le corps, la vision du divin qu’elle nous transmet reste extérieure à nous-mêmes et ne nous touche que superficiellement, en conséquence notre foi en D.ieu qui en dépend ne peut être profonde.

Le second niveau, plus élevé, est Yé’hida, c’est ‘le point de l’âme’ qui est enracinée véritablement dans l’Essence divine. ‘Yé’hida’, l’Essence de l’âme, possède la qualité de l’huile d’imbiber chaque chose, et elle détient donc le pouvoir d’éclairer profondément les forces de l’âme qui s’habillent dans le corps (l’intellect et les sentiments). Lorsque Yé’hida se révèle dans le corps notre foi en D.ieu devient alors intérieure et profonde.

A la lumière de ces enseignements du Rabbi nous comprenons que la vision du troisième Temple que nous recevons pendant le Chabbat ‘Hazon est superficielle, à l’exemple du niveau de ‘Haya, et que notre travail consiste à ce qu’elle nous imprègne de manière profonde, a l’exemple du dévoilement de Yé’hida.

Le Rabbi nous enseigne que Moché nourrit de émouna les enfants d’Israël. Le terme ‘nourrit’ est employé ici afin que nous comprenions que notre émouna doit devenir profonde et que c’est précisément par l’action de Moché que cela devient possible. De même que l’aliment que nous mangeons est assimilé par le corps, s’intègre au corps et devient une partie de lui. De la même façon, notre émouna doit être intérieure et profonde et non pas demeurer extérieure à nous-mêmes.

Le dévoilement de Yé’hida implique donc un travail de notre part. A ce sujet, l’Admour Haemtseï (Amreï Binah, 148) parle de l’importance de purifier notre corps et de faire totalement abstraction de toutes nos volontés afin de n’accomplir que la seule volonté de D.ieu. Il est évidemment essentiel de réaliser aussi à quel point notre attachement au Rabbi est important. De fait, la mission du Rabbi consiste à révéler l’Essence de l’âme de chaque Juif et grâce à l’influence que le Rabbi sur ceux qui sont profondément attachés à lui la vision que l’on reçoit ‘d’en-haut’ apparait toujours avec plus de clarté ; comme l’huile qui imbibe toutes choses, grâce au Rabbi cette vision imbibe nos pensées nos parole et nos actes avec toujours plus de force.

Du fait que nous ne voyons que l’aspect superficiel de la réalité, il est essentiel d’étudier la Torah du Rabbi afin de découvrir, ‘Voir’, la profondeur de l’existence, l’Essence de la Torah. Le Rabbi explique par exemple que le jour du 9 Av n’est pas, comme tout nous porte à le croire, le jour où le Temple a été détruit. L’apparente destruction du Temple cache en réalité quelque chose de bien plus élevé. En effet, Hachem n’a détruit le Temple que dans le but de le reconstruire, et contre toute attente le jour du 9 Av cache une lumière infinie.

C’est précisément cette lumière que le Rabbi dévoile dans le Dvar Mal’hout du Chabbat de la Paracha Dévarim de l’année 5751, lequel tombe le jour du 9 Av, exactement comme cette année, 5772.

De manière générale, lorsque le 9 Av tombe un jour de semaine, il garde sa lumière cachée et celle-ci n’apparaît que six jours après, le 15 Av. En effet, d’après le principe bien connu selon lequel ‘une descente a toujours pour but une élévation’, le jour du 15 Av vient dévoiler la lumière infinie que le 9 Av garde en secret. Le 15 Av est donc lié à la Délivrance finale, et au Rabbi de souligner qu’il est un jour de pleine lune, laquelle n’est pas sans évoquer la perfection atteinte par l’Assemblée d’Israël qui est elle-même comparée à la lune.

Si le jour du 9 Av tombe le jour du Chabbat, comme c’est le cas cette année, alors la force du Chabbat a pour effet de dévoiler le secret du 9 Av, et dés-lors nul n’est besoin d’attendre le 15 Av pour découvrir le bien que cache la destruction du Temple. Aussi, lorsque le jour du 9 Av tombe le jour du Chabbat, le Jeûne est repoussé au lendemain ; tout le côté négatif est repoussé au jour suivant. En d’autres termes, ‘l’ombre’ est chassée pour ne laisser la place qu’à la lumière du 9 Av.

Le Rabbi révèle cette lumière à travers une histoire qui est mentionnée dans le Talmud Yérouchalmi (2a, 5a), dans laquelle il est dit que le Machia’h est né le jour de la destruction (physique) du Temple de Jérusalem.

A son voisin qui l’interrogeait sur le fait qu’une vache meugla à deux reprises, un Juif répondit que le premier meuglement était dû à la destruction du Temple, et le second à la naissance du Machia’h. Le Machia’h est né le jour où le Temple fut détruit, et du fait que le Mazal d’une personne domine le jour de son anniversaire, le Rabbi nous enseigne que le jour du 9 Av est particulièrement propice à la venue du Machia’h. Aussi, du fait que la venue du Machia’h correspond au dévoilement de l’Essence divine, le Rabbi établit ici le rapport qui existe entre le jour du 9 Av qui tombe le jour du Chabbat, et le jour de Kippour.

Ces deux jours sont tous les deux liés au dévoilement de l’Essence divine et à celui de l’Essence de l’âme Juive, le niveau de ‘Yé’hida’. La ‘Hassidout nous enseigne que la prière de la ‘Neïla’ qui est la cinquième prière du jour de Kippour, entre la prière de Min’ha et la prière d’Arvith, correspond au dévoilement de l’Essence de l’âme, Yé’hida. Or, le Rabbi enseigne que le moment le plus propice à la venue du Machia’h, dans la journée du 9 Av qui tombe le Chabbat, se situe aussi entre la prière de Min’ha et celle d’Arvith (Ce moment correspond au commencement du Jeûne).

Notre service divin pendant le jour de Kippour s’accorde au dévoilement du plus haut niveau de l’âme : l’Essence de l’âme-Yé’hida. Il apparaît clairement en ce jour ‘qu’un Juif fait Un avec le Saint béni soit-Il, chaque jour, tout au long de l’année, à chaque instant, et dans chaque endroit’.

D’après l’enseignement du Rabbi le dévoilement de Yé’hida correspond au travail de ‘la Téchouva supérieure’ laquelle doit être réalisée ‘dans une grande et profonde joie’. C’est pourquoi ‘la Téchouva supérieure’ est liée aux secondes Tables qui furent données par Moché le jour de Kippour.

A la lumière de ce qui vient d’être dit, nous pouvons comprendre la déclaration des Sages selon laquelle ‘Il n’y a pas eu de meilleurs jours pour Israël, que le 15 du mois de Av et le jour de Kippour’, et entrevoir un tant soit peu de la lumière cachée de la destruction du Temple. Nous pouvons comprendre que les cendres du Temple cachent en réalité le feu de la Délivrance finale.

Peut-être est-il possible ici d’étendre cet enseignement à la Mitsvah d’Ahavat Israël. En effet, D.ieu déclare : ‘Faites-Moi un sanctuaire et Je residérais parmi vous !’. Chaque Juif est lui-même un Temple où doit résider Hachem. Chaque Juif a pour devoir d’attirer le Divin dans ses pensées, ses paroles, et ses actes. Ainsi, lorsque le 9 Av tombe le Chabbat nous devons ‘repousser le Jeûne au lendemain’. Nous ne gardons que le positif du 9 Av, et nous repoussons au lendemain tout ce qu’il contient de négatif.

Peut-être devons-nous adopter cette attitude vis-à-vis de notre prochain. C’est-à-dire de ne regarder et de ne considérer que ce qui est positif chez lui, et de ne jamais considérer, ‘repousser au lendemain’, son côté négatif. Ce qui est vrai pour le Temple, l’est pour chaque Juif. Aussi, même quand il s’agit d’un Juif qui nous semble totalement éloigné de la Torah et des Commandements divins, à l’image des cendres qui subsistent du Temple après sa destruction, nous devons ‘voir entre les fentes des murs’, voir que ces cendres cachent une étincelle divine que nous avons pour devoir de ranimer, afin d’avoir le mérite de voir la venue du Machia’h très bientôt et de nos jours, avec l’aide de D.ieu.

 

Texte et Audio : A la lumière du Dvar Mal’hout – Matot-Masseï – Rav Yaacov Abergel

Texte et Audio : A la lumière du Dvar Mal’hout – Matot-Masseï – Rav Yaacov Abergel

 

Dans la Paracha Masseï, la Torah nous raconte au sujet « des voyages » des enfants d’Israël dans le désert. Il est écrit « des voyages » et non pas un (seul) voyage. Depuis leur sortie d’Egypte, les juifs effectuèrent 42 étapes avant d’arriver sur la terre d’Israël. L’Egypte symbolise l’étroitesse et les limites. En Egypte les enfants d’Israël étaient noyés dans les 49 portes de l’impureté et vécurent de terribles souffrances. Leur premier voyage quand ils quittèrent l’Egypte fut celui de la délivrance de leur esclavage, mais la délivrance au-delà de toutes les limites n’était pas encore atteinte. D’autres voyages furent nécessaires avant de parvenir sur une terre « bonne et large ». Les juifs devaient avancer et s’élever encore et encore. D’une étape vers une autre ils dépassaient une limite pour en atteindre une deuxième jusqu’à parvenir en Erets Israël.

Le passage de la limite vers l’infini s’accorde à l’histoire des enfants d’Israël. Chaque juif possède les moyens de briser les limites de lui-même et les limites de ce monde. C’est le droit de chacun, du coupeur de bois et du porteur d’eau jusqu’au grand Sage de la Torah. Chaque étape de notre vie nous élève vers un niveau toujours plus élevé, et le but ultime est d’arriver dans un endroit qui n’a pas de limites.

A la fin de la lecture du quatrième livre de la Torah que nous lisons le Chabbat ‘Matot-Massei’, l’Assemblée dit d’une voix forte : ‘Hazak ‘Hazak vé Nit’hazèk’, ‘Sois fort ! Sois fort ! Et puissions-nous être renforcés !’.
Exprimer à trois reprises le désir d’être fort pour accomplir notre mission de faire de ce monde une demeure pour l’Essence divine, est l’occasion donnée au Rabbi de souligner l’importance et la signification du chiffre 3.
De fait, Le Chiffre 1 représente la Sainteté, telle qu’elle est et que rien ne vient perturber. Le chiffre 2 représente une situation dans laquelle la Sainteté est opposée aux forces du mal, à ‘l’autre côté de la Sainteté’ (‘Sitra A’hara’). Enfin le chiffre 3 représente la victoire de l’homme sur les forces du mal.

Le Rabbi, décrit deux façons de vaincre le mal. La première est qualifiée comme étant une révélation ‘du haut vers le bas’. ‘du haut’, car il s’agit d’un dévoilement de la lumière divine, ‘vers le bas’, car cette lumière a pour effet d’éliminer le mal qui s’oppose à l’homme dans ce monde ici-bas.
La deuxième façon de vaincre le mal est un travail que le Rabbi qualifie comme étant ‘du bas vers le haut’, car il s’agit du travail personnel de l’homme lui-même, afin de faire tout ce qui est en son pouvoir pour raffiner le mal, et même pour parvenir à le transformer en bien.

L’avantage d’un dévoilement ‘du haut vers le bas’ est qu’il s’agit du dévoilement d’une lumière illimitée, car celle-ci vient de D.ieu. Ce n’est pas le cas quand il s’agit du travail de l’homme qui est ‘du bas vers le haut’, car même si l’homme possède une âme divine, il demeure malgré tout soumis aux limites que lui imposent le corps et ce monde matériels.
Cependant, et c’est là le point central essentiel de cet enseignement du Rabbi, le travail réalisé par l’homme possède un avantage incontestable. Certes, la lumière qui vient d’en-haut a pour effet de neutraliser le mal, mais il se peut que cet effet soit temporaire. Pour se débarrasser totalement du mal, pour parvenir à le transformer, à ‘élever le mal vers le bien’, ‘du bas vers le haut’, l’action de l’homme est nécessaire.

Dans le discours ‘hassidique intitulé ‘Vé Atah Tètsavéh’, le Rabbi explique qu’il peut y avoir une situation dans laquelle un Juif agit durant une longue période en étant éclairé par une lumière divine (‘du haut vers le bas’) qui le pousse à faire véritablement don de lui-même pour accomplir la Volonté de son Père qui est dans le ciel.
Il sera même prêt à renoncer à sa propre vie, si cela s’avère nécessaire pour préserver son Judaïsme. Dans ce cas, nul n’est besoin d’ajouter que le mal n’a aucune emprise sur lui, bien au contraire il agit au-delà de la raison et de l’intellect, avec une inébranlable détermination pour faire le bien et fuir le mal, afin de faire de ce monde une demeure pour D.ieu.

Cette lumière divine inspiratrice provient de l’Essence de son âme. Celle-ci se révèle aux forces de son âme, à son intellect et à ses émotions, et c’est pour cela qu’il parvient à faire don de lui-même, ‘messirout-néfèch’. Cependant, si cet éclairage divin venait à disparaître, il redeviendrait exactement ce qu’il était auparavant, avant de recevoir l’inspiration divine. C’est-à-dire qu’il retrouverait son intellect et ses sentiments dans leurs états naturels, sans que rien n’ait changé. De fait la force qui le poussait à agir au-delà de ses propres limites était comme une chose ajoutée à son état naturel.
Aussi, le Rabbi explique que l’éclairage divin, sans un travail personnel de l’homme, demeure insuffisant pour changer la nature des forces de l’âme. Ce changement n’est possible que si l’homme accomplit un travail ‘du bas vers le haut’.

La partie profonde de la Torah nous enseigne que seule l’Essence divine a le pouvoir de transformer le mal en bien (voir par exemple le recueil du Rabbi intitulé ‘Iniana chel Torat ha ‘Hassidout’), et un Juif ne peut atteindre l’Essence divine que s’il réalise l’union entre la lumière divine qui vient d’en-haut, de l’Essence de son âme ‘qui est enracinée dans l’Essence divine’, et la lumière qui vient de lui-même (‘d’en-bas’) de son propre travail, au moyen de ses propres forces, des forces naturelles de son intellect, de ses sentiments, et de ses actes.

Ainsi, cet enseignement du discours ‘hassidique ‘Vé Atah Tètsavéh’ s’accorde parfaitement au contenu profond du Dvar Mal’hout sur notre Paracha. Le Rabbi nous enseigne en effet que l’union des Parachiot ‘Matot-Massei’ représente l’union de ces deux niveaux :

la Paracha ‘Matot’ représente le dévoilement du haut vers le bas de la lumière divine, ainsi qu’il est écrit (30,2) : ‘Ceci est le sujet que L’Eternel a ordonné’, et la Paracha ‘Massei’ représente le dévoilement du bas vers le haut de l’action et du travail de l’homme, ainsi qu’il est dit: ‘Ce sont les voyages des enfants d’Israël…’.
Nous n’avons pas toujours véritablement conscience du fait que nous ne sommes pas seul à agir dans notre vie lorsque nous accomplissons notre mission sacrée. Nous ne réalisons pas vraiment que la possibilité nous est donnée d’accéder à un niveau, que nous ne pourrions atteindre seul, car il s’agit de briser nos propres limites et d’atteindre l’illimité, en unifiant à la lumière de nos actes la lumière infinie de D.ieu.

Bien que les forces de l’âme de l’homme soient limitées, il n’en demeure pas moins que par son travail chaque Juif peut atteindre l’Essence. C’est-à-dire que la force illimitée de l’Essence divine s’unisse à ses propres forces.
Cela peut être comparé à la déclaration de l’Admour Hazaken dans le livre du Tanya, selon laquelle l’âme d’un Juste parfait peut descendre et se révéler dans le corps d’un Juif méritant, afin de l’élever au rang de Juste.

Dans le Dvar Mal’hout le Rabbi dévoile la définition du titre de notre Paracha. De manière profonde, le mot ‘Voyages’-‘Massei’ désigne l’action de se déraciner d’un état spirituel, pour atteindre un état supérieur et sans commune mesure avec l’état précédent. (De fait, le mot ‘voyage’ n’est pas sans exprimer ‘la distance’ qui sépare les forces de l’âme de l’Essence de l’âme, car celle-ci représente l’ultime point qui se situe au-delà de tous les détails, de toutes les formes). Le travail nécessaire pour atteindre ce niveau supérieur, qui n’est autre que celui de l’Essence divine, est décrit par le Rabbi dans le discours ‘hassidique ‘Vé Atah Tètsavéh’. Ce travail est celui de ‘Katit lé Maor’. Un Juif doit dévoiler la partie la plus profonde de son âme. Le désir le plus profond qui vit au fond de son cœur. Il doit révéler ce cri qu’il ne cesse de pousser tout au fond de lui-même, qui n’est autre que l’expression du désir du dévoilement de D.ieu.

Rabbi Yé’hièl Mikhaël de Zlotchov (qui fut un disciple du Baal Chem Tov) bien après qu’il eut quitté ce monde apparut en songe au jeune Rabbi Tsvi Hirsh de Jydatchov et il lui parla :
« Sache que depuis que j’ai quitté ce monde, je ne cesse d’aller de monde en monde, et le monde qui était hier déployé comme un ciel au-dessus de ma tête, c’est aujourd’hui la terre sous mes pieds, et le ciel d’aujourd’hui, c’est la terre de demain… ».
Dans le Hayom Yom du 27 Tévet le Rabbi rapporte une déclaration de l’Admour Hazaken:
‘Le matériel d’un juif est spirituel. D.ieu nous donne la matière afin que nous la transformions en esprit…’.
Cette déclaration s’accorde avec un autre enseignement de l’Admour Hazaken (Likouteï Torah, Masseî, 91) selon lequel le désert, qui est une terre désolée où il ne peut rien pousser, représente la source de toutes les forces du mal. Ainsi, tous les voyages que firent les enfants d’Israël dans le désert donnèrent aux générations suivantes la possibilité et la force de transformer ‘le désert’ de leur corps et de leur âme animale en une terre soumise à la volonté divine, en une terre « bonne et large », la terre d’Israël ; lors du dévoilement de notre Juste Machia’h, dès-à-présent avec l’aide d’Hachem.

 

Texte et Audio : A la lumière du Dvar Mal’hout  – Pin’has  – « Faire ici et maintenant la Terre d’Israël » – Rav Yaacov Abergel

Texte et Audio : A la lumière du Dvar Mal’hout – Pin’has – « Faire ici et maintenant la Terre d’Israël » – Rav Yaacov Abergel

Fais ici la Terre d’Israël ! C’est ce que répondit le Tséma’h Tsédek à un Juif qui demanda la Bénédiction du Rabbi pour aller vivre sur la Terre sainte. Le contenu profond de cette histoire que le Rabbi entendit du Rabbi précédent est lié à la Paracha Pin’has dans laquelle il est question du partage de la Terre d’Israël entre toutes les tribus d’Israël.

Rachi explique dans son commentaire qu’Eléazar, le prêtre, était revêtu du pectoral avec les ‘Ourim’ et les ‘Toumim’ et qu’il disait avec l’inspiration Sainte : ‘Si telle tribu est tirée dans le tirage au sort, c’est tel terrain qui lui sera attribué’.

On écrivait les noms des tribus sur douze billets et sur douze autres billets, douze délimitations de terrains. On mélangeait tous les billets dans une urne, et le prince de chaque tribu introduisait sa main à l’intérieur, et prenait deux billets. Il se trouve que sur les deux billets étaient inscrits le nom de la tribu et le terrain attribué, exactement comme l’avait déclaré auparavant par inspiration sainte le prêtre Eléazar.
Plus encore que cela, le sort lui-même (le billet) criait et disait : ‘Moi le sort, j’ai désigné telle frontière pour telle tribu’, comme il est dit (verset 56) : ‘Par la bouche du sort’.

De manière générale la prière correspond à la pensée, l’étude de la Torah à la parole, et l’accomplissement des Commandements divins à l’action. Par ailleurs, il existe des Mitsvoth que l’on accomplit sans avoir une intention particulière. Par exemple, nous sommes quittes de la Mitsva de la Tsédaka uniquement par l’action de donner de l’argent à une personne nécessiteuse, et nous ne sommes pas obligés d’avoir une pensée particulière dans ce cas (‘Cavanna’ : ‘intention’). Cependant le Rabbi nous enseigne que la perfection est atteinte lorsque nous accomplissons cette Mitsvah au moyen de la pensée, de la parole, et de l’action. Ainsi la perfection de la Mitsvah de la Tsédaka nécessite d’associer à notre acte une bonne pensée, en donnant cet argent avec un visage bienveillant.

Le Rabbi explique donc que ‘le sort qui parle’ exprime cette idée. En effet, le Goral rassemble à lui tout seul les trois éléments que sont la pensée, la parole et l’action. La pensée et l’action, par le fait que l’on pensait et que l’on écrivait chaque nom sur un billet, et la parole par le fait que le billet lui-même parlait et désignait ‘telle tribu et tel territoire’.

Le Rabbi souligne ici que l’enseignement selon lequel on atteint la perfection d’une Mitsvah lorsque nous l’accomplissons au moyen de la pensée, de la parole et de l’action ne se limite pas seulement à son accomplissement, mais également à sa préparation. C’est la raison pour laquelle le Goral rassemblait les trois éléments que sont la pensée, la parole et l’action, car même si le Goral n’était qu’une préparation à l’acquisition de la Terre d’Israël, il devait néanmoins être parfait. A travers l’exemple du Goral le Rabbi démontre que toutes les choses qui appartiennent au domaine de la Sainteté, même celles qui nous semble être les plus secondaires, ont toutes une importance.

Le Rabbi élargit encore un peu plus notre vision lorsqu’il déclare que nous devons accorder de l’importance pour chaque instant qu’il nous est donné de vivre. Nous devons considérer chaque instant, chaque situation et rien ne doit être laissé pour compte. Même ce qui semble être à nos yeux comme un simple détail possède en réalité un contenu qui mérite qu’on lui accorde toute notre attention, que l’on investisse tout notre être. C’est à ce sujet que le Rabbi Rachab a déclaré que ‘l’homme profond est celui qui s’engage totalement dans tout ce qu’il fait’ et que ‘là où nous sommes nous devons être vraiment !’.

‘Faire ici la Terre d’Israël’ implique donc forcément de faire maintenant la Terre d’Israël. Il s’agit de faire de l’endroit où l’on se trouve et à tous les moments de notre existence, la Terre d’Israël.
‘Faire ici et maintenant la Terre d’Israël’ signifie d’après l’enseignement du Rabbi que chaque Juif doit s’habituer à la Guéoulah. Il doit ressentir un sentiment de Guéoulah par le fait de transformer ses journées en se libérant lui-même et en faisant de son endroit personnel la Terre d’Israël. Il accomplit son travail à chaque moment de son existence et à tout endroit où il se trouve, au moyen de ses pensées, de ses paroles et ses actes qui ont eux-mêmes atteint la perfection : le niveau de la Terre d’Israël.

Le Rabbi Rachab nous enseigne par exemple que nous devons laver les vêtements des Mitsvoth avec ‘l’eau de la ‘Ho’hmah’. La qualité de ‘Ho’hmah c’est le ‘Bitoul’, la soumission la plus totale. Il n’est pas suffisant d’accomplir les Commandements divins, mais il faut aussi laver les Mitsvoth afin qu’elles soient imprégnées de soumission. Un Juif lave ses Mitsvoth quand il médite et ressent pendant sa Téfila que tous les mondes sont soumis à la Parole divine qui les crée et les maintient en vie à chaque instant. Nous pouvons aussi prendre ici l’exemple de la prière de Nétilat-Yadaïm. ‘L’eau de ‘Hohmah’ représente le travail des Mo’hin et les mains représentent les Midot, ainsi, Nétilat-Yadaïm représente le fait d’attirer le Bitoul de ‘Ho’hmah dans les Midot. Atteindre le niveau de la Terre d’Israël représente donc aussi le fait de laver les vêtements de l’âme afin que ceux-ci soient imprégnées de la qualité de ‘Ho’hmah, qu’ils soient tous consacrés au projet divin de faire de ce monde matériel une demeure pour l’Essence divine.

Le Rabbi souligne que le fait de se libérer soi-même provoque la Délivrance des autres, et chacun se doit de parler, à l’exemple du Goral, aux membres de sa famille, à ses proches et à ses élèves de l’action de Faire ici la Terre d’Israël. Aussi, du fait que les paroles dites avec le cœur pénètrent dans le cœur et y font leur effet et que la personne qui les prononce est elle-même un exemple vivant, la personne qui les entend les prononcera à son tour

Bien que cela ne soit pas mentionné dans la Si’ha du Dvar Mal’hout nous pouvons ici établir un lien avec notre travail qui consiste à nous préparer à recevoir le Rabbi et ses enseignements. Cela signifie que nous devons nous préparer au dévoilement du Machia’h, lequel n’est autre que le dévoilement de l’Essence divine. Or, du fait que nous sommes tous, de manière générale, noyés dans la matérialité (qu’il s’agisse de la matérialité de ce monde physique ou qu’il s’agisse de la matérialité de notre âme animale) nous ne sommes pas des réceptacles capables de recevoir, de percevoir et de ressentir de manière profonde, l’Essence des choses. L’étude de la ‘Hassidout nous habitue à l’abstraction des concepts divins spirituels très élevés. Comprendre et ressentir par exemple que la Parole divine crée et maintient en vie à chaque instant la matière de ce monde. A l’évidence, c’est en purifiant le corps et l’esprit que l’on parvient à découvrir le Divin qui est caché par l’écorce de la matière. Aussi, c’est donc en affinant notre corps et notre esprit, au moyen de l’étude et de la prière que l’on efface la matière pour découvrir le Divin abstrait qui vit en elle. Dans ce cas nous faisons la Terre d’Israël dans notre corps lui-même et dans les 4 coudées qui nous entourent, et nous nous préparons à vivre la Délivrance finale et à voir la Parole de D.ieu qui crée et anime à chaque instant toute la Création, dès à présent avec l’aide d’Hachem.

 

 

Le Rabbi illustre ces propos par l’histoire suivante. Lors d’une Hitvaadouth (rassemblement des ‘Hassidim autour du Rabbi), le Rabbi Rachab ressentit que les jeunes ‘hassidim se pressèrent de chanter le ‘Niggun’ (‘la Mélodie ‘hassidique’) qui précède le discours du Rabbi, car ils étaient impatients d’écouter les paroles sacrées de leur Maître. Le Rabbi expliqua alors à ses jeunes élèves qu’il s’agissait bien là d’une erreur. S’imprégner profondément du discours du Rabbi implique de s’y préparer auparavant avec la plus grande attention.
Chanter en y mettant tout notre être, c’est-à-dire en investissant toutes nos forces, est aussi important que d’écouter ‘de tout notre cœur, de toute notre âme et de tout notre pouvoir’ le discours du Rabbi. Un ‘Hassid doit être profond dans toutes les situations. ‘Vivre’ c’est être vraiment là ! Même lorsqu’il ne s’agit que d’une préparation).

« La rencontre avec le Baal Chem Tov » – Morceaux choisis à partir d’un Farbrenguen du Rav Chmouel Azimov

« La rencontre avec le Baal Chem Tov » – Morceaux choisis à partir d’un Farbrenguen du Rav Chmouel Azimov

Source : Audio. Le Rav Chmouel Azimov raconte la rencontre du Maguid de Metzerich et du Baal Chem Tov. Hassidout.org-19 Iyyar 5779-24 Mai 2019. 

  

par le Rav Yaacov Abergel – Jérusalem

Dans cet audio le Rav Chmouel Azimov évoque la première rencontre du Maguid de Metzerich et du Baal Chem Tov. Dans cette histoire, il nous est rapporté que le Baal Chem Tov commenta un livre de Kabbale de façon surprenante. Le sujet traité par le ‘Ets ‘Haïm’ était celui des anges. Au départ, le Baal Chem Tov demanda au Maguid de commenter lui-même ce passage, mais à chaque fois que le Maguid donnait une explication le Baal Chem Tov se montrait insatisfait. Découragé, le Maguid tendit le livre sacré au Baal Chem Tov et lui demanda de le commenter lui-même à son tour. Le Baal Chem Tov acquiesça à sa demande, et commença à commenter l’ouvrage. Or, chaque fois que le Baal Chem Tov lisait le nom d’un ange, celui-ci apparaissait dans la pièce. Face à un tel miracle, le Maguid décida sur le champ de devenir un élève du Baal Chem Tov, et de demeurer près de lui. 

Le Rav Azimov se sert de cette histoire pour nous expliquer un principe fondamental de la ‘Hassidout.

Un homme peut être un Tsaddik, et posséder de très grandes connaissances de la Torah, sans savoir les transmettre. Ainsi, par exemple, quand nous écoutons cet homme parler des anges, nous restons sur terre et les anges restent au ciel.

A l’opposé, quand le Rabbi parle des anges, il les fait descendre dans l’endroit où nous nous trouvons, dans ce monde matériel, et nous pouvons alors nous rendre compte de ce qu’ils sont véritablement, car nous les voyons avec nos yeux de chair.

Le Rabbi rend présents, face à nos yeux, les sujets les plus abstraits et les moins accessibles. Dès-lors, ces sujets, qui viennent pourtant des mondes supérieurs, descendent dans ce monde et deviennent accessibles à nos sens. 

Nous pouvons donner ici aussi un autre exemple. Dans le ‘Likouteï Dibbourim’, le Rabbi Rayats raconte qu’un soir, dans la Synagogue des Parouchim, un homme érudit, une Guémara à la main, s’approcha de l’Admour Hazaken qui réchauffait ses mains à la chaleur d’un poële, dans un coin du Beït-ha-Midrache.

L’homme ignorait à qui il s’adressait, mais la sainteté qui se dégageait de l’Admour Hazaken l’avait attiré jusqu’à lui. Il lui dit que depuis plusieurs jours il étudiait un commentaire de Rachi sans parvenir à le comprendre. Il lui indiqua le passage en question en lui tendant son livre, mais l’Admour Hazaken sans même avoir besoin de relire le passage en question, se mit à dire par cœur le commentaire de Rachi.

Il se produisit alors un petit miracle, car seulement en écoutant l’Admour Hazaken redire le commentaire de Rachi, l’homme en comprit le sens.

Cette histoire peut paraître d’une certaine façon moins spectaculaire que l’histoire des anges qui apparaissaient quand le Baal Chem Tov prononçait leur noms, mais elle est aussi l’expression de la qualité du Rabbi, de rendre présents et accessibles les sujets divins les plus éloignés de nous-mêmes et de notre perception.

Enfin, nous pouvons aussi évoquer cette histoire de l’Admour Haemtsaeï, qui, alors qu’il était un enfant, avait l’habitude d’entendre la lecture de la Torah de la bouche de son père, l’Admour Hazaken. Un Chabbat, son père fut absent, et c’était précisément le jour où la Torah énumère les malédictions que l’Eternel afflige aux enfants d’Israël quand ‘ils n’écoutent pas Sa Voix’.

Lorsque L’Admour Haemtsaeï entendit les malédictions de la bouche du Baal Koré qui n’était pas son père, il s’évanouit.

La raison à cela est que lorsqu’un homme lit la Torah en ne révélant que son aspect extérieur, alors il y a de quoi s’évanouir, mais lorsque le Rabbi lit la Torah, alors il en dégage son aspect profond. Il fait descendre dans ce monde le sens caché des malédictions, et comme l’explique l’Admour Hazaken, chaque malédiction cache en réalité une Bénédiction, et dans ce cas il n’y a plus aucune raison de s’évanouir.

Le Rabbi est donc celui qui sait rendre présente la lumière divine qui se cache dans le monde, dans la Torah et dans nos âmes. Il est de ce fait l’intermédiaire entre le Saint béni soit-Il et l’Assemblée d’Israël, et c’est pour cette raison qu’il est dit que dans les temps messianiques ‘le Machia’h nous enseignera la Torah nouvelle par la vision’.

L’idée est qu’il nous donnera à voir ce que nous ne voyons pas avec nos propres yeux. C’est à cela que s’accorde l’enseignement du Rabbi (‘Iniana chel Torat Ha Hassidout’) selon lequel ‘la ‘Hassidout nous insuffle une vitalité nouvelle’.

C’est de cette vision dont il s’agit, car le Rabbi nous donne à voir, à ressentir le divin caché. C’est aussi pour cela que la Torah du Machia’h est appelée ‘Torah Hadacha’, une ‘Torah nouvelle’, car la nouveauté réside dans le fait que le Rabbi fait apparaître devant nous les anges du ciel, il dévoile le sens qui se cache dans les mots de Rachi, il nous fait entendre la Voix de la Torah…

Dans ce cas nous comprendrons la raison pour laquelle le Rabbi insiste toujours, inlassablement, sur le fait d’étudier les sujets du Machia’h et de la Guéoulah. Peut-être qu’en lisant le nom du Machia’h, si présent dans les Si’hot du Rabbi, nous finirons par le faire apparaître ‘dans la pièce’, à l’exemple du Baal Chem Tov qui faisait apparaître les anges du ciel simplement en lisant leurs noms.

 

Texte et Audio : Balak – A la lumière du Dvar Mal’hout – « Voir le Rabbi » – Rav Yaacov Abergel

Texte et Audio : Balak – A la lumière du Dvar Mal’hout – « Voir le Rabbi » – Rav Yaacov Abergel

 

Dans le Dvar Mal’hout sur la Paracha Balak, le Rabbi explique la signification du jeûne du 17 Tamouz quand il tombe le jour du Chabbat, comme c’est le cas cette année. Dans un tel cas, le jeûne est repoussé au lendemain du Chabbat, car le Chabbat est un jour de joie qui ne laisse aucune place à la mortification et au jeûne. Plus encore, le Rabbi nous enseigne que les repas de ce Chabbat, et cela inclut aussi le repas de ‘Mélaveh Malka’ de Motsaeï-Chabbat, doivent être plus copieux que d’habitude.

D’après l’enseignement donné ici par le Rabbi, chaque jour de jeûne possède deux aspects. Un aspect superficiel et négatif et un aspect profond et positif.

L’aspect superficiel du jeûne du 17 Tamouz s’exprime par le fait qu’en ce jour commença le siège de Jérusalem qui a fini par aboutir à la destruction du Temple le jour du 9 Av, le début de l’exil. Cependant, ‘toute descente a pour but une élévation’, et le Rabbi nous explique ici que l’exil est une préparation à la Délivrance :

‘Le but de chaque chose est la profondeur de cette chose, et la profondeur du jour du 17 Tamouz est qu’il est une préparation à la Délivrance, comme cela est allusionné par le fait que 17 est la valeur numérique du mot ‘Tov’ (‘Bien’).

La ‘Hassidout nous enseigne que le jour du Chabbat représente le dévoilement de la Volonté profonde et intérieure du Saint béni soit-Il. De ce fait, lorsque le jour du jeûne du 17 Tamouz tombe le jour du Chabbat l’aspect négatif du jeûne est alors repoussé au lendemain. L’accent est donc mis sur l’aspect positif du jeûne : le second Temple ne fut détruit que dans le but d’être reconstruit.

Ce fut aussi le cas pour les premières Tables que Moché brisa précisément le jour du 17 Tamouz. En effet, les secondes Tables que reçut Moché sont beaucoup plus élevées que les premières car elles contiennent toute la Torah orale. Ainsi, comme pour le Temple, la destruction des premières Tables avait pour but l’élévation des secondes, conformément à l’enseignement du Rabbi selon lequel ‘le but de chaque chose est la profondeur de cette chose’.

En se conformant au principe selon lequel ‘toute descente a pour but une élévation’, le second Temple ne fut détruit que pour l’édification du troisième Temple, lequel sera infiniment plus élevé que les deux premiers.

C’est pourquoi le Rabbi nous demande d’ajouter en nourriture et en boisson, en ce jour du Chabbat du 17 Tamouz (contrairement aux jours de jeûne pendant lesquels nous nous privons de toute nourriture et de toute boisson), car en agissant de la sorte nous exprimons le lien de ce jour avec la Délivrance finale, pendant laquelle ‘les jours de jeûnes seront transformés en jours de fêtes’.

Cet enseignement du Rabbi s’accorde à cet autre enseignement du Rabbi, extrait du Dvar Malhout, sur la Paracha Balak, d’après lequel L’Eternel transforma les malédictions de Bilam en Bénédictions tout comme il transformera les jours de jeûnes en jours de fêtes lors de la Délivrance finale. Aussi, le Rabbi nous enseigne que ‘lorsque le jour du jeûne du 17 Tamouz tombe le jour du Chabbat, alors les jours des 3 semaines d’afflictions (qui commencent le lendemain du Chabbat et qui se terminent le 9 Av) sont illuminés par la lumière cachée du 17 Tamouz qui tombe le jour du Chabbat’.

A la lumière de cette leçon du Rabbi, nous comprenons que nous ne pouvons absolument pas nous suffire de l’aspect superficiel de la réalité. Au contraire, le regard et le comportement que nous devons adopter est celui de nous attacher profondément aux enseignements du Rabbi afin de toujours percevoir le contenu profond des évènements que nous vivons. L’étude de la partie profonde de la Torah nous donne à voir la profondeur de la Réalité afin que nos pensées nos paroles et nos actes s’inscrivent dans le projet divin qui n’est autre que le dévoilement de l’Essence de D.ieu.

Percevoir le contenu profond de chaque chose est une priorité dans notre mission de faire de ce monde une demeure pour D.ieu. C’est la raison pour laquelle le Rabbi nous demande d’ajouter dans notre étude des sujets du Machia’h et de la Guéoula car de cette façon nous pourrons vivre véritablement ces sujets de manière profonde, ainsi qu’il est écrit dans le Dvar Mal’hout sur notre Paracha : ‘L’intellect doit être pénétré de ces sujets, et la lumière de notre compréhension doit également se répandre et pénétrer nos sentiments dans le cœur, jusqu’à atteindre notre action concrète, nos pensées nos paroles et nos actes.’

Au Baal Chem Tov qui lui demanda quand il viendrait, le Machia’h répondit : ‘Quand tes sources se répandront à l’extérieur !’.
C’est précisément sur cette déclaration du Machia’h que le Rabbi écrit au chapitre18 de son ouvrage intitulé ‘Iniana chel Torat ha Hassidout’ que ‘Plus la ‘Hassidout est diffusée jusqu’aux niveaux les plus bas de l’être et de la Création et plus la nature de la ‘Hassidout se trouve intensément exprimée. C’est pourquoi Rabbi Yossef-Itzhak soulignait tant, lors de ses interventions, le fait que chaque concept étudie en ‘Hassidout doit être cristallisé par les actes, car c’est seulement dans sa concrétisation qu’est appréhendée la nature essentielle de la ‘Hassidout’.

Le Rabbi nous apprend que notre devoir est de ‘diffuser la ‘Hassidout jusqu’aux aspects les plus triviaux de la Création, pour transformer jusqu’à la nature de l’âme animale laquelle constitue un ‘extérieur’ au sein même de l’individu, au point même que l’individu parvienne à sublimer la part du monde qui lui a été assignée à cet effet, et qui caractérise son extérieur véritable’.

A la lumière de ce qui vient d’être dit il nous apparait que le Rabbi définit ‘l’extérieur’ de deux façons. ‘Répandre les sources à l’extérieur’ signifie que l’étude de la ‘Hassidout et le fait d’adopter un comportement ‘hassidique nous permettent de transformer la nature de l’âme animale, laquelle constitue un ‘extérieur’ au sein même de l’individu. D’autre part, ‘répandre les sources à l’extérieur’ désigne nos actions ‘à l’extérieur’, c’est à dire dans la part du monde qui nous a été assignée, en diffusant la ‘Hassidout à travers le monde jusqu’à atteindre les lieux et les êtres qui lui sont le plus étrangers.

Il est également possible d’expliquer la réponse du Machia’h au Baal Chem Tov à partir de l’enseignement du Rabbi Rayats selon lequel ‘Lè’h-Lé’ha’ (‘Va pour toi’) signifie de manière profonde : ‘Lè’h lé-atsmé’ha !’ c’est à dire ‘Va jusqu’à la source et la racine de ton âme !

Dans cet enseignement le Rabbi Rayats définit l’Essence de l’âme comme étant ‘la source et la racine de l’âme’. Dans ce cas, peut-être que lorsque le Machia’h assigne au Baal Chem Tov la mission de ‘répandre les sources à l’extérieur’, son intention est que le Baal Chem Tov dévoile ‘la source et la racine de l’âme’, l’Essence de l’âme, des enfants d’Israël. Au point d’atteindre ceux qui sont le plus à l’extérieur.

La réponse du Machia’h au Baal Chem Tov met en évidence que le dévoilement de l’Essence de notre âme dans la partie de l’âme qui s’habille dans le corps (les forces révélées de notre âme qui sont l’intellect les sentiments et l’action) détient le pouvoir de percevoir la profondeur de l’existence. Le fait de nous attacher à l’étude de l’Essence de la Torah nous permet de voir que nous entendons habituellement. Chaque force de l’âme s’habille dans l’un des membres du corps (la force de la vision s’habille dans l’œil, la force de l’audition dans l’oreille). Or, le membre qui habille cette force la limite. A l’opposé, lorsque cette force de l’âme se trouve dans l’Essence de l’âme (avant de s’habiller dans l’un des membres du corps) elle est illimitée.

Pendant le don de la Torah, l’Essence de l’âme fut dévoilée et il fut donc permis à l’œil de ‘voir ce que l’on entend’ c’est-à-dire de voir ce qu’il n’a pas l’habitude de voir. C’est le sens que donne le Rabbi du verset : ‘le Peuple vit les Voix’.

‘Voir ce que l’on entend habituellement’ signifie que notre perception s’élève à un niveau supérieur. Aujourd’hui nous ne faisons qu’entendre la Torah, c’est à dire que notre étude ne nous permet pas de voir vraiment l’enseignement que nous étudions. Nous ‘entendons’ exprime l’idée que la chose est encore loin de nous. En revanche, lorsque nous voyons une chose avec nos yeux alors cette chose est vraiment proche de nous, à notre portée, notre proximité. Au moment de notre Délivrance ‘la permission nous sera donnée de voir la Parole divine qui vit en chaque chose, la porte à l’existence et la maintient en vie’. De la sorte, le Machia’h nous donnera à voir l’Essence de la Torah et en même temps nous percevrons la profondeur de notre existence, sans aucuns voiles. Très bientôt et de nos jours, avec l’aide d’Hachem.

Texte et Audio : ‘A la Lumière du Dvar Mal’hout’ ‘Houkat, par le Rav Yaacov Abergel

Texte et Audio : ‘A la Lumière du Dvar Mal’hout’ ‘Houkat, par le Rav Yaacov Abergel

Le Rabbi a déclaré que ‘les sujets de la Paracha Le’h-Lé’ha expriment le contenu général de toute la Torah et du Judaïsme’. Sa declaration se fonde notamment sur le premier verset de cette Paracha : ‘L’Eternel dit à Avram : Va pour toi, hors de la terre de ton pays natal et de la maison de ton père’ (‘Lè’h-Lé’ha’)

Dans le discours ‘hassidique intitulé ‘Va pour toi…’ (Chabbat Parachat Lè’h-Lé’ha, 5702) le Rabbi Rayats nous enseigne que ‘Lè’h-Lé’ha’ (‘Va pour toi’) signifie de manière profonde : ‘Lè’h lé-atsmé’ha !’ c’est à dire ‘Va jusqu’à la racine et la source de ton âme !
En d’autres termes, ‘Lè’h lé-atsmé’ha !’ signifie :’Va jusqu’à toi-même !’ et ‘toi-même’ désigne l’Essence de l’âme Juive.

L’expression ‘Lè’h-Lé’ha’ exprime donc en plus de l’action de marcher, de quitter physiquement l’endroit où l’on se trouve pour se rendre à un autre endroit, l’action de s’élever spirituellement, de quitter un niveau spirituel pour atteindre un niveau qui lui est supérieur et d’après l’explication du Rabbi Rayats, il s’agit d’atteindre le plus haut niveau de l’âme Juive : l’Essence de l’âme.

Aussi, le Rabbi Rayats nous enseigne que l’âme qui s’habille dans le corps est un reflet de l’Essence de l’âme qui est enracinée dans l’Essence divine et qui ne s’habille pas dans le corps. Cependant, le Rabbi Rayats rapporte le verset selon lequel ‘Yaakov est la corde de Son héritage’ (Dévarim, 32, 9), comme une corde dont l’extrémité supérieure est attachée en haut, et l’extrémité inferieure en bas.

Lorsque l’on agite la partie inférieure de la corde le mouvement se répercute jusqu’à l’extrémité supérieure de la corde. De la même façon lorsque l’on réveille les forces de l’âme qui s’habille dans le corps, c’est à dire lorsque l’on investit les forces de l’intellect, des sentiments et de l’action dans l’étude de la Torah et l’accomplissement des Mitsvoth en étant animé par de la passion, et que plus encore, nos prières sont dites avec un cœur enflammé par l’amour de D.ieu, alors dans ce cas, par la profondeur du cœur et par le don de nous-mêmes nous parvenons à l’Essence de notre âme. C’est cela le sens profond de ‘Va jusqu’à toi-même !’. De fait, de même qu’une corde relie deux choses, de même la corde de l’âme unit l’homme qui se trouve ici-bas avec le Saint béni-soit-Il.

Le Rabbi Rayats écrit alors que lorsqu’un Juif parvient à dévoiler la force de l’Essence de l’âme dans la partie de l’âme qui s’habille dans le corps (l’intellect, les sentiments et l’action) alors les actions de cet homme et sa prière ‘inscrivent une empreinte dans le ciel ‘ dont l’effet est de provoquer un dévoilement divin dans ce monde matériel.

A la lumière de ces enseignements du Rabbi Rayats nous comprenons la déclaration du Rabbi selon laquelle ‘les sujets de la Paracha Le’h-Lé’ha expriment le contenu général de toute la Torah et du Judaïsme’.

Cette année, la date de ce Chabbat de la Paracha ‘Houkat tombe le 10 Tamouz (en France), comme ce fut le cas en 5751 car le Chabbat de la Paracha ‘Houkat tombait aussi le 10 Tamouz. Ainsi, l’enseignement que le Rabbi délivra en 5751 dans le Dvar Mal’hout s’applique donc également aujourd’hui.

L’enseignement du Rabbi se base sur la signification profonde du chiffre 7 et du chiffre 10 du fait que la date du Chabbat du 10 Tamouz réunit ces deux chiffres : le jour du Chabbat est le septième jour de la semaine et ce jour tombe le dixième jour du mois de Tamouz.

De façon générale, le Rabbi explique que ‘le compte d’après les jours de la semaine’ correspond à la Création du monde par D.ieu du fait que le monde a été créé en 6 jours et L’Eternel S’est reposé le septième jour. Aussi, ces 7 jours correspondent aux 7 Midoth du monde d’Atsilout.

Quant au ‘compte des jours du mois’, il correspond au travail de l’homme. En effet, le mot hébreu ‘Hodèch’ (‘Mois’) s’apparente au mot ‘Hidouch (‘Nouveauté’) et ‘Hodech désigne donc la nouveauté que l’homme apporte à ce monde par le travail qu’il accomplit dans ce monde, sa participation à l’œuvre de la Création réalisée par D.ieu.

Ainsi, le chiffre 7 représente le niveau du divin qui s’habille dans le monde (‘Hessed, Gvurah, Tiféreth, Nétsa’h Hod Yessod Mal’hout), et le chiffre 10 représente le niveau du divin qui est au-delà de ce monde (‘Ho’hmah, Binah, Daat).

Du fait que le chiffre 7 est lié à la Création du monde, qui ne dépend que de D.ieu, et qu’à l’opposé, le chiffre 10 évoque précisément le travail de l’homme et l’ajout qu’il apporte à la Création de ce monde par D.ieu, le Rabbi nous donne différentes significations que l’on peut donner à ces deux chiffres :

Le chiffre 7 représente la Torah écrite car celle-ci provient de D.ieu. Le chiffre 10 représente la Torah orale, car celle-ci provient de l’homme. Le chiffre 10 représente le travail de l’âme telle que celle-ci désire s’élever au-delà de ce monde et des limites qu’il nous impose. Lorsque l’âme tend à s’élever au-delà des limites du corps, afin d’atteindre le divin illimité. C’est le mouvement de l’âme appelé : ‘Ratso’. Le chiffre 7 représente le mouvement de l’âme appelé ‘Chov’. C’est le travail du haut vers le bas, que l’âme accomplit précisément lorsqu’elle s’habille dans le corps, et qui consiste à attirer les lumières célestes supérieures, ici-bas dans ce monde inférieur.

Le Rabbi souligne ici que notre travail consiste à unir le niveau du chiffre 7 au niveau du chiffre 10. Unir ‘Ratso’ à ‘Chov’ : ‘La perfection du travail consiste à l’union des 2 ensemble : en même temps que la volonté de l’âme de quitter le corps doit demeurer le travail de l’âme dans le corps, et le désir de l’âme de quitter le corps ne doit pas être dissocié du sentiment d’agir pour dévoiler le divin ici-bas (dans le corps, et dans le monde)’.

Dans le discours ‘hassidique ‘Vé Atah Tetsaveh’, le Rabbi explique longuement que ‘Atsmouth’ (‘l’Essence divine’) ‘transcende toutes les divisions’ et détient donc le pouvoir de s’unir avec les forces limitées de l’âme, de faire de ce monde (‘le chiffre 7’) le réceptacle de l’Essence divine (‘le chiffre 10’), ainsi qu’il est écrit (‘Vé Atah Tetsaveh’, chapitre 11) : ‘Par le travail de Moche et celui des enfants d’Israël même les forces dévoilées de l’âme s’unissent à l’Essence de l’âme’.

Dans l’ouvrage intitulé ‘la Hassidout, étude et enseignement’, (édition du Beth Loubavitch), le Rabbi Rayats rapporte une histoire du Baal Chem Tov qui s’accorde aux enseignements du Rabbi de ce Dvar Mal’hout :

‘A l’époque de notre Maître le Baal Chem Tov, une communauté Juive fut menacée de destruction, ce qu’à D.ieu ne plaise. Le Baal chem Tov mesura la gravité de la situation et, pendant Roch Hachana et Yom Kippour, multiplia les prières et les supplications.

Pendant la prière de la Neïla, ses saints disciples, considérant sa prière, comprirent que l’accusation portée était particulièrement grave. A leur tour, ils se concentrèrent dans leurs prières et dans leurs supplications, entrecoupées de sanglots déchirants qui émanaient du fond de leur cœur.

Lorsque les présents, hommes et femmes, virent le Baal Chem Tov et ses disciples se concentrer dans la prière, lorsqu’ils les entendirent crier et gémir amèrement, pleurer et implorer, ils en eurent le cœur brisé et, à leur tour, pleurèrent durant leur prière.

Depuis quelques années, un jeune villageois venait passer les jours redoutables dans la synagogue du Baal Chem Tov. Etant totalement ignorant, il restait debout, se contentant d’écouter l’officiant sans prononcer un mot.

Ce villageois connaissait parfaitement le cri des animaux, chèvres, moutons, oiseaux, volaille. Mais d’entre tous, il préférait le chant du coq. Considérant l’émotion qui étreignait la synagogue, entendant les pleurs et les terribles cris des hommes et des femmes, il eut, lui aussi, le cœur brisé, et, à son tour, se mit à hurler : ‘Cocorico, Eternel, aie pitié !’.
Lorsque le cri du coq retentit dans la Synagogue, les hommes eurent peur et les femmes furent saisies de panique. L’un des présents, qui se tenait près de lui, lui intima l’ordre de se taire et l’on voulut même le renvoyer.
Il dit alors : ‘Je suis un Juif moi aussi et votre D.ieu est le mien !’.
Le vieux bedeau, Reb Yossef Youzpa, calma les esprits et demanda au jeune villageois de rester à sa place.
Quelques instants après cet incident, on entendit la voix du Baal Chem Tov, puis celle de ses disciples. Tous achevèrent très vite la prière silencieuse de la Neïla. Le visage du Baal Chem Tov était alors rayonnant de joie.
Avec un plaisir particulier, le Baal Chem Tov commença la prière de l’officiant et, particulièrement ému, il prononça les versets proclamant l’Unité de D.ieu, ‘Ecoute Israël, L’Eternel est notre D.ieu, L’Eternel est Un’, ‘Beni soit le Nom de l’honneur de Son règne pour l’Eternité’, ‘L’Eternel est D.ieu’.
Par la suite, notre Maître, le Baal Chem Tov, entonna des chants joyeux.

Durant le repas que le Baal Chem Tov partagea avec ses disciples, à l’issue de Yom Kippour, il leur raconta, par le détail, l’accusation qui était portée, ce qu’à D.ieu ne plaise, à l’encontre d’une communauté Juive. Il se concentra donc dans sa prière afin d’invoquer la miséricorde divine.

On examina les actions de ces villageois, et je compris que la situation était très difficile. Ma position était particulièrement défavorable. Puis, tout à coup, retentit dans les cieux le cri de cet intègre villageois : ‘Cocorico, Eternel aie pitié !’. Ces mots purs causèrent du plaisir jusque dans les sphères célestes les plus élevées. Dès-lors, les accusations portées contre cette communauté et contre moi-même disparurent’.

Cette histoire du Baal Chem Tov illustre l’enseignement du Rabbi dans le Dvar Mal’hout, selon lequel la mission de chaque Juif consiste à unir le chiffre 7 qui représente le niveau de la lumière divine qui s’habille dans le monde, au chiffre 10 qui représente la lumière divine qui est au-delà de ce monde et qu’un Juif dévoile au moyen des 10 forces de son âme.

Le personnage du jeune villageois qui venait passer les jours redoutables dans la synagogue du Baal Chem Tov est décrit comme une personne ‘totalement ignorante, qui restait debout, se contentant d’écouter l’officiant sans prononcer un mot’. Cependant, c’est précisément le cri de l’intègre villageois au cœur brisé qui retentit dans les cieux. Ce sont précisément ses mots purs qui causèrent du plaisir jusque dans les sphères célestes les plus élevées, et qui annulèrent toutes les accusations portées contre une communauté, et contre le Baal Chem Tov lui-même.

La raison à cela est que la simplicité apparente du jeune villageois cache en réalité la qualité de l’Essence divine. Le Rabbi souligne à de très nombreux endroits que chaque Juif est lié à D.ieu d’un lien essentiel. L’âme Juive, d’un porteur d’eau, et d’un coupeur de bois, jusqu’au plus érudit, est enracinée dans l’Essence divine : ‘je suis un Juif moi aussi et votre D.ieu est le mien !’.

Ainsi, l’apparente ‘ignorance’ du jeune villageois exprime en réalité que son cri ‘Cocorico’ provient du niveau de l’âme qui dépasse totalement la raison et l’intellect. De fait, la ‘Hassidout nous enseigne que les mots sont beaucoup trop petits pour contenir ce qui les dépasse, pour contenir la lumière d’un cri qui provient de la profondeur du cœur (‘Oumka de Liba’).

Ce cri qui provient de la profondeur du cœur brisé d’un Juif a le pouvoir de retentir dans les cieux les plus élevés car il provient de l’Essence de l’âme. La force de l’Essence de l’âme a le pouvoir de briser toutes les limites, aussi, notre histoire reflète les deux formes de notre service divin. L’assemblée des fidèles qui prient dans la Synagogue du Baal Chem Tov symbolise le travail que l’on accomplit au moyen des forces de notre âme telles que celles-ci s’habillent dans le corps et demeurent donc malgré tout limitées. De ce fait, cette assemblée est à l’image du chiffre 7, qui, comme il a été expliqué, représente le niveau de la lumière divine qui s’habille dans le monde. A l’opposé, le cri du jeune villageois représente la force de l’Essence de l’âme, le chiffre 10, qui évoque la lumière divine qui est au-delà de ce monde que le jeune villageois dévoila en poussant le ‘cri du coq’.

Dans le Dvar Mal’hout, le Rabbi déclare que ce Chabbat septième jour de la semaine qui tombe le dixième jour du Mois nous donne la force d’unir ce qui est au-delà du monde (‘le chiffre 10’) avec le monde lui-même (‘le chiffre 7’).

Le ‘cri du coq’ du villageois s’ajouta aux prières des fidèles, et de la même façon nous devons ajouter à notre service divin naturel la force du ‘cri’ qui provient de l’Essence de notre âme, dans nos pensées nos paroles et dans nos actes. Dans ce cas nous aurons le mérite de provoquer le dévoilement de notre Juste Machia’h, très bientôt et de nos jours, avec l’aide de D.ieu, ainsi qu’il a été dit précédemment au nom du Rabbi Rayats :

‘Lorsqu’un Juif parvient à dévoiler la force de l’Essence de l’âme dans la partie de l’âme qui s’habille dans le corps (l’intellect, les sentiments et l’action) alors les actions de cet homme et sa prière ‘inscrivent une empreinte dans le ciel ‘ dont l’effet est de provoquer un dévoilement divin dans ce monde matériel’.

 

Texte et Audio : Chabbat du 3 Tamouz  – « La Terre a des avantages sur tout le reste » – Rav Yaacov Abergel

Texte et Audio : Chabbat du 3 Tamouz – « La Terre a des avantages sur tout le reste » – Rav Yaacov Abergel

 

L’Admour Hazaken nous enseigne qu’Hachem éprouve de la miséricorde ou de la bonté pour l’homme face à sa condition, sa petitesse…Cependant, il existe un niveau du Divin qui est au-delà des mondes et de toute la Création. Il est possible d’expliquer la déclaration de la Torah selon laquelle ‘Il n’y a rien en-dehors de Lui’ en disant que rien ne peut exister en Sa Présence. En effet l’Admour Hazaken explique que l’existence de l’homme commence seulement au moment où L’Eternel dissimule Sa Présence, qu’Il ‘met Sa grande lumière de côté’ (Livre duTanya). Seulement dans ce cas, seulement lorsque Hachem met des limites à Sa grande lumière infinie et qu’Il créé un monde limité par l’espace et par le temps, seulement dans ce cas apparaissent l’existence des mondes et des êtres qu’ils contiennent ; mais quand il s’agit de L’Essence divine et donc d’un niveau qui précède la Création, c’est-à-dire avant-même qu’Hachem ne dissimule ‘Sa grande lumière infinie’ pour nous donner la possibilité d’exister, il ne convient pas de Lui attribuer la qualité de bonté ou de miséricorde, ou tout autre qualificatif, car lorsqu’Il s’agit de D.ieu tel qu’Il est au-delà de la réalité de notre existence, c’est-à-dire tel qu’Il est Lui-même, il nous est impossible de Le définir ou de Le limiter par une qualité ou par une autre, car ‘il n’y a rien en dehors de Lui’. De fait, ‘Lui’ exclut toutes les limites imposées par les mots qui voudraient Le décrire.

L’Eternel dissimule Sa Présence pour donner la possibilité à l’homme d’exister, et plus l’homme s’annule devant Hachem, plus il se soumet à Sa Volonté plus son existence devient véritable. Le Rabbi nous enseigne en effet que nous aurions pu penser que du fait qu’un Juif s’annule totalement devant D.ieu sa propre existence ‘disparait’, mais en réalité c’est le contraire qui est vrai car ‘L’Eternel ne réside que dans un endroit qui Lui est parfaitement soumis’
Ainsi, lorsqu’un Juif agit dans une profonde humilité et la plus grande soumission il a le mérite que L’Eternel réside en lui et dans ce cas sa véritable existence apparait.

Dans le Dvar Mal’hout sur le jour du 28 Sivan, le Rabbi revient sur la valeur numérique et le contenu profond du chiffre 770, adresse de la Synagogue et Beïth-ha-Midrache fondée par le Rabbi précèdent. Le Rabbi enseigne que 770 est la valeur numérique de ‘Faratsta’ פרצת
D’un côté ‘Faratsta’ représente la perfection du monde tel qu’il a été créé avec ses limites ‘en 7 jours et au moyen des 7 Attributs divins supérieurs, et la perfection de ce chiffre est obtenu en multipliant par 100 le chiffre 7 et en lui ajoutant 10 fois le chiffre 7’.
Cependant, bien que le chiffre 770 représente la perfection de ce monde limité, il n’en demeure pas moins que ‘Faratsta’ désigne l’action de ‘briser’, et dans notre cas cela exprime le fait de faire éclater toutes les barrières toutes les limites. Le Rabbi nous enseigne donc que la signification véritable de ‘Faratsta’ ne veut pas dire de briser et annuler les limites du temps et de l’espace, mais cela signifie au contraire que l’on brise toutes les limites au moyen du temps et de l’espace sans que ceux-ci ne soient annulés. Ainsi, le Rabbi écrit que l’espace et le temps sont alors eux-mêmes dans une situation de ‘Faratsta’ car ils atteignent la perfection par le fait que ‘le monde s’élève au-delà de toutes les limites et en même temps l’espace et le temps continuent d’exister’.

Un ‘Hassid rapporta qu’il rencontra le Rabbi il y a bien des années de cela lorsque le Rabbi habitait à Paris. Le Rabbi l’avait invité à manger avec lui dans sa Souccah, et le ‘Hassid bien qu’il fût très intimidé accepta son invitation. Le ‘Hassid raconta que lorsqu’il se trouva assis sous le Sra’h, dans la Souccah du Rabbi, et qu’il écoutait avec une profonde attention les paroles que le Rabbi lui adressait, il eut l’impression que les parois de la Souccah s’agrandissaient en même temps que le Rabbi lui parlait. Plus le Rabbi racontait, plus le toit de la Souccah s’élevait un peu plus haut vers le ciel, et plus la Souccah s’élargissait…

Aussi, à la lumière de ce qui vient d’être dit le Rabbi décrit le lieu du 770, qui est le centre du mouvement ‘Habad d’où se répand dans le monde entier les sources de la ‘Hassidout, comme un endroit qui au départ n’était pas dans une situation ‘avantageuse’ du fait que géographiquement il se trouve dans l’hémisphère inférieur dans lequel le don de la Torah ne fut pas dévoilé comme il le fut sur le Mont-Sinaï. Or, c’est précisément dans l’endroit le plus inferieur que les plus hauts dévoilements se produisent et ce principe s’applique par le fait que ‘la Terre a des avantages sur tout le reste’ et c’est donc dans l’hémisphère inférieur que la perfection du dévoilement du don de la Torah et de sa partie la plus profonde s’est réalisée.

Le chiffre 770 est associe au lieu qui est lui-même tel un Luminaire qui éclaire le monde entier de la lumière de l’Essence de la Torah. Le 770 est le lieu du Rabbi et de ses ‘Hassidim, de l’endroit de ce bâtiment le Rabbi insuffle une vitalité nouvelle a tous ceux qui lui sont attachés.

Il a été expliqué précédemment que le chiffre ‘770’ qui est la valeur numérique de ‘Faratsta’ représente la perfection d’un monde qui possède ses propres limites et qu’en même temps il représente l’action de ‘briser’ et de s’élever au-delà de toutes les barrières et de toutes les limites. Seul D.ieu est capable de révéler Sa lumière infinie dans ce monde qui possède ses propres mesures et ses propres limites sans que celui-ci ne s’annule face à ce dévoilement divin.

L’exemple de l’Arche Sainte convient à notre propos. Bien que l’Arche Sainte soit un objet matériel qui possède des mesures précises, lorsqu’elle était déposée dans le Saint des Saints ‘Elle ne prenait pas de place’. En effet, la largeur du Saint des Saints est de 20 ama, or si l’on mesurait à partir de l’extrémité gauche de l’Arche Sainte jusqu’au mur de gauche du Saint des Saint on obtenait 10 ama, et si l’on mesurait de l’extrémité droite de l’Arche Sainte jusqu’au mur de droite, on obtenait aussi 10 ama. Il se trouvait donc que l’Arche Sainte ne prenait pas de place. L’exemple de l’Arche Sainte illustre donc le principe que le Rabbi développe dans le Dvar Mal’hout selon lequel ‘le monde s’élève au-delà de toutes les limites et en même temps l’espace et le temps continuent d’exister’. De la même façon nous voyons que dans le Saint des Saints l’Arche Sainte s’élève au-delà de toutes les limites car ‘elle ne prend pas de place’ tout en continuant d’exister comme un objet matériel qui possède ses propres mesures, et ses propres limites.

Un ‘Hassid dit un jour à son fils que ‘le Rabbi est pour nous comme l’Arche Sainte’. Nous pouvons expliquer ces paroles en disant que le Rabbi est un être de chair et de sang et en même temps il est comme ‘l’Arche Sainte qui ne prend pas de place’ car il est élevé au-delà de toutes les barrières et de toutes les limites de ce monde matériel du fait qu’il est l’émissaire du Saint béni soit-Il, et ‘l’émissaire est comme celui qui l’envoie’.

Le Rabbi nous donne la force de faire tout ce qui est en notre pouvoir pour devenir de véritables émissaires.
La Terre est très souvent citée dans la ‘Hassidout du fait qu’elle représente un niveau de totale soumission. Or c’est précisément le manque de soumission qui fit défaut à Kora’h et celui-ci fut finalement ‘avalé par la terre’. Ainsi, pendant le jour du ‘3 Tamouz’ nous étudions le discours du Rabbi ‘Vé Atah Tètsaveh’ dans lequel le Rabbi met en évidence l’importance de nous attacher au Rabbi avec toutes les forces de notre âme et avec notre corps.

L’Admour Hazaken souligne dans le Livre du Tanya que ‘L’Eternel a choisi le corps des Juifs’, car de même que la Terre d’Israël est appelée la ‘Terre de Mon désir’ D.ieu a choisi le corps des Juifs.
De fait, la Volonté de L’Eternel est que nous fassions une demeure pour Son Essence, et c’est précisément par l’action concrète accomplie au moyen du corps que l’Essence de l’âme du Rabbi, laquelle ne fait qu’Un avec l’Essence de la Torah, se trouve le plus exprimée. Que le dévoilement du Machia’h et la Délivrance s’accomplissent dès-à-présent avec l’aide d’Hachem.

 

Texte et Audio : A la lumière du Dvar Mal’hout – « La clef de la Terre d’Israël », par le Rav Yaacov Abergel

Texte et Audio : A la lumière du Dvar Mal’hout – « La clef de la Terre d’Israël », par le Rav Yaacov Abergel

 

 

Un ‘Hassid demanda à son ami la signification de ‘Pchitout’, nom que l’on emploie pour qualifier l’Essence divine. Le ‘Hassid qui n’arrivait pas à comprendre de manière claire le sens de ce nom espérait que son ami lui répondrait mais ce ne fut pas le cas car il lui était également impossible d’expliquer avec des mots le sens de ‘Pchitout’. Cependant, le ‘Hassid insista et il insista tellement que son ami finit par lui dire : la seule chose que je peux te dire sur la Pchitout c’est que tous les qualificatifs que l’on peut trouver pour la définir, ne la définissent pas !

La lecture de la Torah du Chabbat de la Paracha Chela’h a pour sujet l’histoire des explorateurs qui furent envoyés par Moché en Erets Israël, et la Haftara que nous lisons juste après, raconte l’histoire des explorateurs que Yéochoua envoya par la suite en Erets Israël.

Dans le Dvar Mal’hout sur la Paracha Chela’h, le Rabbi établit la différence entre les forces de l’âme et l’Essence de l’âme à travers les différences qui existent entre la mission des explorateurs de Moché et la mission des explorateurs de Yéochoua.
La mission des explorateurs de Moché correspond au service divin que l’on accomplit au moyen des forces de l’âme qui s’habillent dans le corps, et la mission des explorateurs de Yéochoua correspond au service divin que l’on accomplit par la force de l’Essence de l’âme.

Ainsi, le Rabbi traite du sujet du dévoilement de l’Essence de l’âme dans les forces de l’âme qui s’habillent dans le corps. Le Rabbi traita de ce sujet dès le premier jour de son investiture officielle en tant que Rabbi et dirigeant de Habad. Dans la première Si’ha qu’il prononça ce jour-là, le Rabbi souligna la différence qui existe entre les forces de la partie de l’âme qui s’habille dans le corps (l’intellect, les sentiments, et l’action), et l’Essence de l’âme (qui ne s’habille pas dans le corps).

C’est le dévoilement de la force de l’Essence de notre âme dans notre âme qui provoquera la Délivrance finale et c’est pour cela que toute la Torah du Rabbi traite du sujet de l’Essence de l’âme Juive et des moyens qui nous sont donnés pour dévoiler sa force dans nos actes, au jour le jour.

Les explorateurs de Moché sont au nombre de douze. De manière profonde les 12 princes des tribus que Moché envoya pour explorer la Terre d’Israël représentent les forces de la partie de l’âme qui s’habille dans le corps, car de même que l’âme vivifie chaque membre du corps (l’intellect dans le cerveau, les sentiments dans le cœur, la force de la vision dans les yeux..) les explorateurs de Moché visitèrent chaque partie du ‘corps’ que représente la Terre d’Israël.

A l’opposé du chiffre 12 qui représente comme il vient d’être dit la ‘Hit’halkout’ (la pluralité, la division) le nombre des explorateurs de Yéochoua fut de 2, chiffre qui représente la ‘A’hdout’ : l’Unité.
Les explorateurs de Yéochoua sont donc une allusion à l’Essence de l’âme, du fait que le caractère de ‘l’Essence’ est celui de l’Unité qui est au-delà de toutes formes, de toutes divisions. L’Essence de l’âme Juive peut être définie comme le ‘point divin’ qui échappe à toutes les limites. Pour cette même raison les deux explorateurs sont décrits dans le texte de la Haftarah comme étant ‘deux hommes simples’ car la simplicité est précisément la qualité de l’Essence divine, laquelle est indivisible.

Le Rabbi poursuit son enseignement en soulignant que l’endroit où les deux explorateurs de Yéochoua arrivèrent fut Yéri’ho qui est appellé ‘le verrou’ (‘nahoul’), la ‘clef’ de la terre d’Israël. Or, nahoul a la même racine que Neïla, la cinquième prière du jour de Kippour. Pendant cette prière Hachem verrouille les portes de la Synagogue pour S’entretenir en privé avec le peuple d’Israël.
Ce moment est unique, car pendant le temps de la Neïla l’Essence de l’âme de chaque Juif Se dévoile. Ainsi, Yéri’ho (‘nahoul’), la ville dans laquelle parvinrent les deux explorateurs est une allusion à ce dévoilement, et leur mission évoque la révélation de l’Essence de l’âme dans le corps.

Il est écrit dans la Haftarah que les explorateurs de Yéochoua demeurèrent ‘en dehors de la ville’ et il est possible d’établir ici un lien avec l’enseignement de l’Admour Hazaken selon lequel ‘la ville’ est une allusion au corps de l’homme. En effet, dans le livre du Tanya l’Admour Hazaken emploie l’exemple de deux Rois qui luttent pour conquérir une ville pour décrire la lutte qui oppose le bon au mauvais penchant qui désirent tous les deux prendre le contrôle du corps (lui-même comparé à une ville). A la lumière de cet exemple, ‘les deux explorateurs de Yéochoua qui demeurèrent en dehors de la ville’ ne sont pas sans évoquer l’enseignement du Rabbi selon lequel l’Essence de l’âme ne réside pas dans le corps mais dans les quatre coudées qui l’entourent, ‘en dehors de la ville’ : en dehors du corps (voir Iniana chel Torat-ha-‘Hassidout, Chapitre 20).

Il est écrit que les deux explorateurs de Yéochoua ‘agirent en silence’ et il convient ici de se rapporter à l’enseignement du Rabbi Rachab selon lequel ‘la Séfira de Kéter représente 3 choses : le silence l’attente et l’espoir…L’attente et l’espoir que l’Eternel insuffle Sa Sagesse dans notre esprit…’. Plus encore, le Roi David écrit (Téhilim 4, 5) : ‘Tremblez et ne commettez pas de fautes. Méditez en votre cœur, sur votre couche et restez silencieux pour toujours’ et le Pirkeï Avoth enseigne (Chapitre premier, 17) : ‘Shimon le fils de Rabban Gamliel disait : J’ai passé toute ma vie parmi les Sages, et je n’ai rien trouvé de mieux pour le corps que le silence. Ce n’est pas l’étude qui est essentiel mais l’action. Celui qui augmente ses paroles occasionne des péchés’.

Il est aussi écrit (Chemini, 10, 3) : ‘Aaron se tut’ et Rachi écrit ‘qu’Aaron reçut une récompense pour son silence. Et quelle récompense reçut-il ? Que la Parole de D.ieu s’isolât avec lui, car c’est à lui seul que lui a été dite la section à propos de ceux qui sont ivres et ne doivent pas entrer dans le Sanctuaire’.

Le silence est l’expression de notre plus totale soumission face à L’Eternel comme c’est par exemple le cas lorsque nous prions la Amida en demeurant dans le plus grand silence. Peut-être pouvons-nous aussi parler de silence au sujet de l’Essence de l’âme et dire que l’Essence de l’âme demeure silencieuse car elle se tient constamment devant D.ieu et ressent Sa Présence du fait qu’Elle est liée à l’Essence divine d’un lien essentiel ainsi que l’écrit le Rabbi : L’Essence de l’âme est enracinée dans L’Essence divine, et Rabbi Shimon Bar- Yohaï déclare lui-même : ‘Je suis attaché par un lien, en lui je m’unifie, en lui je m’enflamme’.

Ainsi, conformément à l’enseignement du Rabbi selon lequel les deux explorateurs représentent l’Unité de l’âme, c’est à dire son Essence, le fait que ces deux explorateurs agirent en silence exprime la qualité de soumission et d’annulation de l’âme face à L’Eternel.

Par ailleurs, le Rabbi souligne aussi le fait que contrairement aux explorateurs de Moché, qui étaient connus de tous les membres de l’Assemblée d’Israël, l’identité des deux explorateurs de Yéochoua demeura inconnue pour la plupart. L’absence des noms des explorateurs n’est pas non plus sans évoquer le fait que l’Essence de l’âme ne possède pas de nom. De fait, l’Essence de l’âme est bien au-delà du monde, de ses mesures et de ses limites. Elle ne possède pas de nom car un nom la limiterait.

La mission des explorateurs de Yéochoua évoque donc l’unité, L’Essence divine, à l’exemple de l’Arche Sainte contenant les Tables écrites du doigt de D.ieu dont il est dit ‘qu’elle ne prenait pas de place’ quand on la déposait dans le Saint des Saints’. Cependant, l’Arche Sainte est un objet matériel qui a ses propres dimensions, et que l’on peut mesurer, à l’exemple de la mission des explorateurs de Moché qui représente le travail que l’on accomplit au moyen des forces de l’âme, lesquelles possèdent aussi des mesures, et sont également limitées.
Le Rabbi explique dans le Dvar Mal’hout que la mission des explorateurs de Moché et la mission des explorateurs de Yéochoua ont toutes les deux un même but. Celui de purifier la Terre d’Israël. De fait, notre mission consiste à faire de notre corps, et du corps de ce monde, une demeure pour L’Eternel, pour Son Essence bénie. Ces deux missions correspondent donc à deux services divins qui sont tous les deux nécessaires, et qui se complètent. Les explorateurs de Moché sont une allusion à la purification du corps au moyen des forces de l’âme, et ce travail a pour effet d’attirer un dévoilement divin qui est relatif aux limites imposées par ce monde matériel. Les explorateurs de Yéochoua sont une allusion à la purification du corps au moyen de la force de l’Essence de l’âme, et ce travail a pour effet d’attirer un dévoilement divin qui est totalement au-delà des limites de ce monde.

Ainsi, raffiner et purifier le corps et ce monde matériel ne doit pas se limiter à exploiter seulement les forces de de la partie de l’âme qui s’habille dans le corps, il s’agit aussi de ‘vider les trésors du palais’, c’est à dire de révéler la partie la plus profonde et la plus intérieure de l’âme, l’Essence de l’âme, pour faire de ce monde une demeure pour ‘Son Essence’. Ce n’est qu’en dévoilant la partie profonde de l’âme, et la partie profonde de la Torah, que le travail de raffinement et de purification de la Terre d’Israël atteint la perfection.

C’est à cela que se rapporte la déclaration du Zohar selon laquelle ‘le point se trouve au milieu du palais’, car la perfection de notre service divin est atteinte lorsque l’on parvient à unir la mission des explorateurs de Yéochoua, ‘le point’, à la mission des explorateurs de Moché, ‘le palais’. Lorsque l’Essence de l’âme, ‘le point’ , illumine les forces de l’âme, ‘le palais’. Lorsque notre étude de la partie profonde de la Torah, le point, éclaire notre étude de la partie révélée de la Torah, le palais.

Dans son ouvrage intitulé ‘Iniana chel Torat-ha’Hassidout’ (chapitre 20) le Rabbi nous enseigne que l’Essence de l’âme qui est enracinée dans l’Essence divine se dévoile précisément lorsqu’un Juif raffine et sanctifie un objet matériel en accomplissant une Mitsvah au moyen de cet objet. Cependant, bien que la manifestation de l’Essence de l’âme se produise à travers l’observance active des Mitsvoth, il demeure que l’effusion de l’Essence dans les actes accomplis est tributaire des ressources intérieures humaines, intellectuelles et émotionnelles. C’est pour cette raison que l’amour et la crainte sont appelés ‘les voies de D.ieu’.

Ainsi, le Rabbi met en évidence l’importance de dévoiler l’amour et la crainte de D.ieu dans notre cœur et l’Admour Hazaken, dans le Livre du Tanya, décrit lui-même plusieurs niveaux d’amour et de crainte. Or, c’est précisément par notre attachement à ces enseignements et aux directives du Rabbi que nous aurons le mérite d’atteindre avec l’aide d’Hachem les plus hauts niveaux d’amour et de crainte et réveiller ainsi le désir divin de résider en ce monde avec le dévoilement de notre Juste Machia’h, très bientôt et de nos jours.

 

 

Texte et Audio : ‘A la lumière du Dvar Mal’hout’ Béhaaloté’ha, « Chez le Tsaddik le Chant vient de lui-même », par le Rav Yaacov Abergel

Texte et Audio : ‘A la lumière du Dvar Mal’hout’ Béhaaloté’ha, « Chez le Tsaddik le Chant vient de lui-même », par le Rav Yaacov Abergel

 

Le Rabbi Rachab, dans le discours commençant par le verset תתן אמת ליעקב délivre plusieurs enseignements essentiels sur le chant. Il décrit deux sortes de chants. Le premier est lié au service divin du ‘Bénoni’, alors que le second est lié au service divin du ‘Tsaddik’. Les différences qui existent entre les deux sont les mêmes que les différences qui existent entre le niveau de ‘Yaakov’ et le niveau ‘d’Israël’.

Le service divin de Yaakov est le travail qu’il doit mener pour dévoiler en lui-même la lumière d’Havayeh. C’est le combat que l’on mène au moment de la Téfilah et qui consiste à ôter les voiles de l’âme animale laquelle nous empêche et le perturbe par de mauvaises pensées) afin de dévoiler la lumière de l’âme divine. C’est précisément en éveillant l’amour et la crainte de D.ieu que l’on parvient à vaincre l’âme animale.

Le fait que l’âme animale est tel un voile qui obscurcit la lumière de l’âme divine est conséquent au fait que la lumière d’Havayeh est cachée par le Nom Elokim. Depuis le peche de larbre de la Connaissance du bien et du mal la dissimulation de la lumière divine au moyen du Tsimtsoum (Elokim) a donné la possibilité à l’homme de choisir entre le bien et le mal, car si la lumière d’Havayeh brillait dans ce monde de façon manifeste sans que le monde ne reçoive sa vitalité de Klipat noga (comme c’était le cas avant le péché de l’arbre) l’âme animale naurait plus aucun pouvoir car elle ne recevrait aucune vitalité. Ainsi, le service divin de Yaakov n’est pas éclairé par le dévoilement de la lumière d’Havayeh mais à l’opposé, le service divin d’Israël représente le dévoilement de la lumière d’Havayeh et il ne consiste donc pas à raffiner ni à réparer ; même pour ce qui concerne les prières c’est un service divin qui est accompli sans efforts et sans peines. Dans le cas d’Israël le Divin brille chez lui de façon manifeste.

Le niveau d’Israël est celui du Tsaddik et en ce qui le concerne la ‘Hassidout n’emploie pas l’expression ‘d’ame animale’ car le nom ‘animal’ exprime l’impulsion et le désir de l’homme pour des choses et des plaisirs matériels et grossiers, et du fait que le Tsaddik n’a pas de Yetser ha-ra et qu’il n’a aucune attirance pour tout ce qui n’est pas lié à la Sainteté, la ‘Hassidout emploie l’expression ‘d’âme vitale’ au lieu ‘d’âme animale’. Chez le Tsaddik l’âme vitale ne cache pas et ne voile pas la lumière de l’âme divine. Ainsi, chez le Bénoni le moment de la prière est celui d’un combat contre lame animale alors que chez Israël la prière des jours de la semaine est du niveau de la prière de Chabbat pendant laquelle l’âme ressent le plaisir d’être liée à D.ieu car l’Essence de l’âme Juive est enracinée dans l’Essence divine et elle ressent le Divin. C’est pourquoi la ‘Hassidout établit la différence entre le niveau d’Israël qui sert D.ieu avec son âme et Yaakov qui sert D.ieu avec son corps.

L’impulsion naturelle de l’âme divine vers sa source fait est liée à l’amour qu’un Juif ressent pour son Créateur. La ‘Hassidout emploie le terme de ‘Hitpaalout’ pour qualifier ‘l’Essence du plaisir’ que l’âme ressent du fait de son attachement à D.ieu, du fait ‘qu’elle est véritablement une parcelle de divinité d’en-haut’, liée, attachée, à D.ieu par un lien essentiel. Le Rabbi Rachab décrit le niveau de Ahava-bé-taanouguim comme un plaisir ressenti par l’âme qui est si fort que l’âme se libère du corps pour retrouver sa source divine.

Le Rabbi Rachab souligne ici que l’impulsion de l’âme vers sa source et le plaisir qu’elle ressent sont dévoilés chez le Tsaddik alors que chez le Bénoni ce n’est pas le cas. L’exemple que donne le Rabbi Rachab est celui du Chant. Chez le Bénoni le Chant réveille l’amour et la crainte de D.ieu mais chez le Tsaddik l’amour et la crainte sont constamment dévoilées dans son cœur et dans ce cas le Chant ne provoque pas la ‘Hitpaalout’ mais au contraire de la ‘Hitpaalout’ vient le Chant. Cela signifie que le Tsaddik n’a pas besoin du Chant pour éveiller la crainte et l’amour de D.ieu car au contraire le Chant vient de la crainte supérieure et du très grand amour qu’il ressent à tous les moments pour D.ieu. C’est la raison pour laquelle le Rabbi Rachab écrit que chez le Tsaddik ‘le Chant vient de lui-même’, sans qu’il n’ait besoin de faire des efforts comme pour le Benoni qui doit d’abord dévoiler l’amour et la crainte de D.ieu. Chez le Tsaddik, le Chant vient de lui-même comme ‘une flamme qui monte par elle-même’.

‘Une flamme qui monte par elle-même’

‘Quand tu allumeras les lumières vers la face de la Ménorah’, ce verset qui est au début de notre Paracha possède de nombreuses explications. Rachi explique dans son commentaire que ‘quand tu allumeras signifie en fait quand tu feras monter’.

Dans le Dvar Mal’hout, le Rabbi fonde son enseignement à partir de cet enseignement de Rachi et du fait que L’Eternel désirait qu’Aaron allume la Ménorah ‘en tenant le feu près de la mèche jusqu’à ce que la flamme monte par elle-même’.

Le corps d’un Juif est précieux aux yeux de l’Eternel et Il désire que nous accomplissions Sa Volonté au moyen des forces de notre âme, et au moyen de notre corps. Cependant, le Rabbi souligne que ‘le corps par lui-même n’est pas lié au service divin et la preuve de cela est que nous devons l’habituer à ce travail, afin que l’habitude devienne une seconde nature’.

En effet, par sa nature, l’âme animale incite l’homme à assouvir constamment des désirs matériels et grossiers, aussi, la mission de chaque Juif consiste à habituer le corps et l’âme animale à la pratique des Mitsvoth et à l’étude de la Torah. En d’autres termes habituer le corps signifie qu’on le rend docile aux Commandements en domptant peu à peu l’âme animale. Comme on dompte un animal pour lui imposer notre volonté, nous devons forcer notre âme animale à aimer D.ieu. Ce faisant nous réalisons l’injonction divine d’aimer notre D.ieu ‘de tout notre cœur’, c’est à dire ‘avec nos deux penchants’.

Habituer notre mauvais penchant en habituant notre corps à accomplir des Mitsvoth, au point que ‘l’habitude devient une seconde nature’. Dans ce cas la nature du corps et de l’âme animale se transforment peu à peu, et avec beaucoup de travail nous pouvons même parvenir à ‘transformer l’obscurité en lumière’, à l’exemple des Tsaddikim qui raffinent et purifient l’âme animale afin que celle-ci s’unisse à l’âme divine d’un lien parfait.

D’une certaine manière, l’union de la force de l’âme animale avec la force de l’âme divine est comparable à deux flammes qui s’unissent et ne forment plus qu’une seule flamme. Aussi, à la lecture des versets de notre Paracha : ‘Quand tu allumeras les lumières vers la face de la Ménorah…En tenant le feu près de la mèche jusqu’à ce que la flamme monte par elle-même’, nous pouvons expliquer qu’il y a ici une allusion au fait que lorsque l’on habitue le corps à accomplir les Commandements divins : ‘en tenant le feu près de la mèche’, alors la force de l’âme animale s’unit avec la force de l’âme divine et dans ce cas : ‘la flamme monte par elle-même’.

A la lumière de ce qu’il vient d’être dit nous comprenons la déclaration du Rabbi selon laquelle ‘Un Juif dévoile la force de l’Essence divine qui est dans le corps en le purifiant.’

Le travail qui consiste à dompter l’âme animale est une étape vers le niveau supérieur du dévoilement de l’Essence divine dans le corps. Purifier le corps débarrasse le corps de ses limites. A l’exemple de l’Arche qui bien qu’elle possède des mesures précises ‘ne prenait pas de place dans le Saint des Saints’ parce qu’elle contient les Tables de l’Alliance écrites du doigt de D.ieu, lorsque le corps est débarrassé de ses impuretés il devient un réceptacle de l’Essence divine et dans ce cas, comme l’Arche, ‘il ne prend pas de place’, c’est à dire qu’il s’élève au-delà de toutes les limites matérielles de ce monde.

Comme le Rabbi nous l’enseigne dans le Dvar Mal’hout, lorsqu’un Juif parvient à habituer le corps à accomplir les Commandements divins alors ‘l’accomplissement des Mitsvoth n’est plus une chose ajoutée’, mais font partie intégrante de son être et de son existence. Ce Juif fait alors Un avec D.ieu, en purifiant son corps il est parvenu en même temps à dévoiler que ‘même le corps matériel d’un Juif est lié au Saint béni soit-Il’.

La profondeur de tous ces enseignements ne se limite pas à l’âme Juive. En effet, le monde matériel est lui-aussi tel ‘une mèche qui a besoin d’huile’.
Le Rabbi nous enseigne que notre mission consiste aussi à introduire la sainteté dans la matière de ce monde. De fait, la majorité des Commandements divins est accomplie au moyen de la matière, et depuis le don de la Torah, chaque Juif détient la capacité de sanctifier ce monde profane.
A partir de la matière profane, la peau d’une vache, et de l’encre que l’on obtient en broyant des végétaux, un Sofer écrit des Parachiot sur du parchemin et crée ainsi un objet de sainteté, une Mézouzah, une paire de Téfilines, un Séfer Torah. L’un des points essentiels du Dvar Mal’hout, est que lorsqu’il a introduit la sainteté dans cet objet matériel, cet objet devient comme cette flamme qui monte d’elle-même, car une fois que le Sofer a introduit la sainteté dans cette Mézouzah, ou dans ces Parachiot, ou dans ce Séfer Torah, la sainteté ne quitte plus son endroit. L’image du Sofer en train d’écrire est donc comparable à celle d’Aaron ‘tenant le feu près de la mèche’, puis lorsqu’il a fini d’écrire alors cette Mézouzah, cette paire de Téfilines, ou ce Sefer Torah, deviennent comme ces ‘flammes qui montent par elles-mêmes’. Ils deviennent indépendants, du fait qu’ils sont désormais des objets emplis d’une sainteté qui ne les quittera plus, à l’exemple de cet élève qui peut se ‘tenir seul debout sur ses pied’, et diffuser à son tour la lumière qu’il a reçu de son Maître, ainsi qu’il a été dit précédemment.

A travers cet enseignement, selon lequel le monde matériel doit être ‘une flamme qui monte d’elle-même’, le Rabbi souligne que c’est précisément en élevant le niveau le plus bas, que l’on parvient à élever tous les autres niveaux, y compris le plus haut niveau, et que l’on finit par provoquer finalement le dévoilement de l’Essence divine, avec la venue de notre Juste Machia’h, très bientôt et de nos jours, avec l’aide de D.ieu.

 

Rav Eliézer Nisselevitch, la force d’un Niggun

Rav Eliézer Nisselevitch, la force d’un Niggun

Avec un certain recul je réalise pour l’avoir vécu l’enseignement du Rabbi selon lequel on doit « aimer un Juif que l’on ne connait pas ». C’était tard dans la nuit, je me levais pour ouvrir la porte à mon épouse qui revenait d’une Hitvaadout à Kfar ‘Habad. Son visage était lumineux et souriant, et lorsque je lui demandai des détails de cette soirée dont la douce lumière reflétait sur son visage elle me tendit son téléphone et me fit voir une vidéo qu’elle avait filmée. Je regardai quelques extraits et tomba en arrêt en écoutant parler Mme Haya Nisselevitch qui disait avec une détermination et une force peu commune que « les femmes françaises n’avaient pas fait l’Alya par peur de l’antisémitisme. Elles n’avaient pas fui la France par peur d’affronter tout ce qui peut être un obstacle à une vie basée sur la Torah et les Mitsvoth. Non, ce n’était pas pour cela, elles étaient venues en Israël pour insuffler à la Terre, l’esprit de la Révolution française dans le domaine de la sainteté selon les directives et les enseignements du Rabbi ».

Je fus impressionné par ces propos. Peut-être que pour certains ils se fondaient dans la richesse du discours de Mme Nisselevitch mais à mes yeux ils avaient quelque chose de nouveau. Ils exprimaient un attachement au Rabbi particulier. Les paroles du Rabbi suivaient un chemin qui les menait à des pensées des paroles et des actions concrètes. Ces paroles ne restaient pas enfouies dans les livres ni dans l’esprit de Mme Nisselevitch qui les avait entendues. Le Rabbi les avait exprimées et elle les exprimaient à son tour à toutes les femmes présentes en éveillant dans leurs cœurs le désir de la Délivrance et du dévoilement du Machia’h.

Aussi, quelle ne fut pas ma surprise en apprenant que le Rav Eliézer Nisselevitch et son épouse « Mora-‘Haya » se trouvaient à présent chez ma mère qui les recevait pour la nuit à Jérusalem. Le lendemain je me rendais avec mon épouse à leur rencontre. C’était la première fois que je rencontrai le Rav Eliézer.

Avec une certaine crainte de me trouver en présence de tels Chlou’him du Rabbi je dis timidement bonjour en entrant dans la pièce où se trouvaient le Rav Eliézer, son épouse et leur fils qui était venu leur rendre visite. Quand il me vit le Rav Eliezer s’approcha de moi, m’embrassa, me prit les mains et commença à chanter et à danser avec moi. Tout en dansant je regardai son visage et commençai à peindre mentalement son portrait. Le portrait d’un ‘Hassid du Rabbi qui chante et qui danse au petit matin avec un juif qu’il voit pour la première fois. Difficile de ne pas penser au Baal Chem Tov qui nous enseigne « d’aimer un Juif que l’on ne connait pas » ou de ne pas penser au chapitre 32 du Livre du Tanya de l’Admour Hazaken dans lequel il est dit que du fait que l’Essence de l’âme de chaque Juif est enracinée dans l’Essence divine nous sommes tous des frères. En fait, qu’il s’agisse d’un Niggun ou d’une danse, ou des deux à la fois, ils vous emportent vers la Délivrance, vers la vie véritable.

L’Admour Hazaken définit le chant comme la plume du cœur et le Rabbi Rachab écrit que « chaque serrure a une clé qui lui est propre, mais un serrurier possède un passe-partout qui lui permet d’ouvrir toutes les portes, le chant est ce passe-partout ».

Le Rav Eliézer possédait ce passe-partout qui ouvre les portes. Toutes les portes. Il doit certainement tenir cela de ses parents, de son attachement au Rabbi et à l’évidence de son étude de la ‘Hassidout et de la tradition des ‘Hassidim ‘Habad.

Peu après, j’exprimais à son épouse ma surprise et ma satisfaction pour avoir entendu les propos qu’elle avait tenu la veille et à cela elle me répondit : « évidemment ! »

Insuffler l’esprit de la Révolution française dans le domaine de la sainteté en Israël était pour elle une évidence, une réalité que l’on devait faire exister à tout moment de notre vie. Quand il entendit la réponse de son épouse le Rav Eliézer éclata d’un rire que je n’oublierais jamais. C’était un rire qui était rempli de toute la reconnaissance et de toute l’admiration qu’il avait pour son épouse.

En une seule rencontre le Rav Eliézer m’ouvrit de nouvelles portes, et quelques années plus tard lors du Kinous-ha-Chlou’him, lorsque je le rencontrais une seconde fois, il m’en ouvrit d’autres encore. Pendant la nuit de Chabbat je me trouvais attablé parmi tous les Chlou’him dans une immense salle. Lorsque je le vis s’approcher de moi vers la fin du repas. Il me proposa de l’accompagner à un Farbrenguen avec son fils qui était avec lui.

Sans hésitations je me levai et nous nous rendîmes au Farbrenguen. Après avoir quitté le Farbrenguen, nous avons marché assez longtemps ensemble dans les rues de Crown-Heights. Je ne me souviens plus à présent de tout ce qu’il m’a dit. Je ne me souviens que de l’impression qu’il me faisait. Je garde l’image de son bras qui prit le mien et le garda tout en marchant et tout en me parlant.

Il y a une seule chose dont je me souviens, une chose qu’il m’a dite peu avant de me quitter. Il m’a dit que je devais toujours m’asseoir au Farbrenguen et que de cette façon mes enfants se marieraient sans difficultés aucune. C’est la dernière chose que j’ai entendu de lui. Mais je suis certain que toutes les paroles qu’il m’a dites, toutes ces paroles que je suis incapable de retransmettre à présent vivent en moi et m’influencent jusqu’à aujourd’hui, car comme l’a dit le Rabbi : ‘les paroles dites avec le cœur pénètrent dans le cœur et y font leur effet’.

*

Paracha Nasso

La réalisation d’un tableau commence par des croquis rapides, des études préparatoires, des ébauches qu’il dessine et réunit dans un carnet de croquis. C’est par rapport à cela que la ‘Hassidout compare la Torah au ‘carnet de croquis’ d’un Artiste, car de la même façon que l’Artiste regarde dans son carnet les premiers jets de son œuvre future, ‘D.ieu a regardé dans la Torah avant de créer le monde’.

Ainsi, la Torah a précédé le monde car c’est à partir d’Elle que D.ieu a créé le monde, et dans le Dvar Mal’hout sur la Paracha Nasso le Rabbi met l’accent sur la déclaration de la Torah selon laquelle’L’Eternel a regardé dans la Torah avant de créer le monde’ car il est écrit que dans les temps messianiques le Saint béni soit-Il dévoilera la Torah ‘Hadacha (la Torah nouvelle) ainsi qu’il est dit : ‘Une Torah nouvelle sortira de Moi’.

A la lumière de ce qui vient d’être dit, il apparaît que du fait que le Saint béni soit-Il a regardé dans la Torah pour créer le monde, le dévoilement de la Torah ‘Hadacha s’accorde au dévoilement d’un monde nouveau, ainsi que la déclaré Lui-même L’Eternel : ‘Comme ces cieux nouveaux et comme cette terre nouvelle que Je ferai naître dureront devant Moi, ainsi subsisteront votre descendance et votre nom’ (Ychaya, 66, 22).

Le Rabbi explique que les ‘cieux nouveaux’ et la ‘terre nouvelle’ que L’Eternel fera naître lors de la Délivrance représentent le dévoilement de la Parole divine qui est à l’origine même de la Création du ciel, de la terre, et de tout ce qu’ils contiennent.

Car à présent, durant l’exil, nous ne voyons pas la Parole divine et c’est à ce sujet que l’Admour Hazaken écrit dans le Livre du Tanya :

‘S’il était permis à l’œil de voir et de se rendre compte de la force vitale (la Parole divine) et de la spiritualité contenue dans toute chose créée, et qui prenant leur source dans ‘ce qui émane de la bouche de D.ieu’ et de ‘Son souffle’, y coulent constamment, alors la matérialité de la créature cesserait d’être perçue par nos yeux, celle-ci étant complètement annulée par rapport à la force vitale et la spiritualité qui sont en elle’ (Tanya, Chaar Ha Y’houde vé Ha Emounah, chapitre 3).

Le dévoilement de la Torah ‘Hadacha représente le dévoilement de l’Essence divine, comme ce fut le cas lors du Don de la Torah sur le Mont-Sinaï au sujet duquel il est dit : ‘Et tout le peuple vit les Voix’ (Yitro, 20, 15).

Lors de la Délivrance ‘La Voix de l’Eternel’ (‘la force vitale et la spiritualité’) qui est pour l’instant cachée nous apparaîtra. Un peu comme si nous disions que le monde tel qu’il est à présent est comme un tableau qui n’est pas signé, alors que dans les temps messianiques l’œuvre divine portera La signature du Saint béni soit-Il, c’est-à-dire qu’il apparaîtra à nos yeux que ‘toute la Création vient du souffle de Sa bouche’.

Dès-lors, nous pouvons comprendre la déclaration des Sages selon laquelle ‘la Torah que l’homme étudie à l’heure actuelle n’est rien (‘hével’) en comparaison à la Torah que nous enseignera le Machia’h’.
Le mot hébreu ‘hével’ exprime le néant, et l’emploi de ce mot par les Sages met l’accent sur la grandeur de la Torah qui sera dévoilée par le Machia’h, et au sujet de laquelle l’Eternel déclare : ‘Une Torah nouvelle sortira de Moi’, avec l’aide de D.ieu très bientôt et de nos jours.

 

Rav Eliézer Nisselevitch, « Les paroles dites avec le cœur pénètrent dans le cœur et y font leur effet »

Rav Eliézer Nisselevitch, « Les paroles dites avec le cœur pénètrent dans le cœur et y font leur effet »

Par le Rav Yaacov Abergel

Avec un certain recul je réalise pour l’avoir vécu l’enseignement du Rabbi selon lequel on doit « aimer un Juif que l’on ne connait pas ». C’était tard dans la nuit, je me levais pour ouvrir la porte à mon épouse qui revenait d’une Hitvaadout à Kfar ‘Habad. Son visage était lumineux et souriant, et lorsque je lui demandai des détails de cette soirée dont la douce lumière reflétait sur son visage elle me tendit son téléphone et me fit voir une vidéo qu’elle avait filmée. Je regardai quelques extraits et tomba en arrêt en écoutant parler Mme Haya Nisselevitch qui disait avec une détermination et une force peu commune que « les femmes françaises n’avaient pas fait l’Alya par peur de l’antisémitisme. Elles n’avaient pas fui la France par peur d’affronter tout ce qui peut être un obstacle à une vie basée sur la Torah et les Mitsvoth. Non, ce n’était pas pour cela, elles étaient venues en Israël pour insuffler à la Terre, l’esprit de la Révolution française dans le domaine de la sainteté selon les directives et les enseignements du Rabbi ».

Je fus impressionné par ces propos. Peut-être que pour certains ils se fondaient dans la richesse du discours de Mme Nisselevitch mais à mes yeux ils avaient quelque chose de nouveau. Ils exprimaient un attachement au Rabbi particulier. Les paroles du Rabbi suivaient un chemin qui les menait à des pensées des paroles et des actions concrètes. Ces paroles ne restaient pas enfouies dans les livres ni dans l’esprit de Mme Nisselevitch qui les avait entendues. Le Rabbi les avait exprimées et elle les exprimaient à son tour à toutes les femmes présentes en éveillant dans leurs cœurs le désir de la Délivrance et du dévoilement du Machia’h.

Aussi, quelle ne fut pas ma surprise en apprenant que le Rav Eliézer Nisselevitch et son épouse « Mora-‘Haya » se trouvaient à présent chez ma mère qui les recevait pour la nuit à Jérusalem. Le lendemain je me rendais avec mon épouse à leur rencontre. C’était la première fois que je rencontrai le Rav Eliézer.

Avec une certaine crainte de me trouver en présence de tels Chlou’him du Rabbi je dis timidement bonjour en entrant dans la pièce où se trouvaient le Rav Eliézer, son épouse et leur fils qui était venu leur rendre visite. Quand il me vit le Rav Eliezer s’approcha de moi, m’embrassa, me prit les mains et commença à chanter et à danser avec moi. Tout en dansant je regardai son visage et commençai à peindre mentalement son portrait. Le portrait d’un ‘Hassid du Rabbi qui chante et qui danse au petit matin avec un juif qu’il voit pour la première fois. Difficile de ne pas penser au Baal Chem Tov qui nous enseigne « d’aimer un Juif que l’on ne connait pas » ou de ne pas penser au chapitre 32 du Livre du Tanya de l’Admour Hazaken dans lequel il est dit que du fait que l’Essence de l’âme de chaque Juif est enracinée dans l’Essence divine nous sommes tous des frères. En fait, qu’il s’agisse d’un Niggun ou d’une danse, ou des deux à la fois, ils vous emportent vers la Délivrance, vers la vie véritable.

L’Admour Hazaken définit le chant comme la plume du cœur et le Rabbi Rachab écrit que « chaque serrure a une clé qui lui est propre, mais un serrurier possède un passe-partout qui lui permet d’ouvrir toutes les portes, le chant est ce passe-partout ».

Le Rav Eliézer possédait ce passe-partout qui ouvre les portes. Toutes les portes. Il doit certainement tenir cela de ses parents, de son attachement au Rabbi et à l’évidence de son étude de la ‘Hassidout et de la tradition des ‘Hassidim ‘Habad.

Peu après, j’exprimais à son épouse ma surprise et ma satisfaction pour avoir entendu les propos qu’elle avait tenu la veille et à cela elle me répondit : « évidemment ! »

Insuffler l’esprit de la Révolution française dans le domaine de la sainteté en Israël était pour elle une évidence, une réalité que l’on devait faire exister à tout moment de notre vie. Quand il entendit la réponse de son épouse le Rav Eliézer éclata d’un rire que je n’oublierais jamais. C’était un rire qui était rempli de toute la reconnaissance et de toute l’admiration qu’il avait pour son épouse.

En une seule rencontre le Rav Eliézer m’ouvrit de nouvelles portes, et quelques années plus tard lors du Kinous-ha-Chlou’him, lorsque je le rencontrais une seconde fois, il m’en ouvrit d’autres encore. Pendant la nuit de Chabbat je me trouvais attablé parmi tous les Chlou’him dans une immense salle. Lorsque je le vis s’approcher de moi vers la fin du repas. Il me proposa de l’accompagner à un Farbrenguen avec son fils qui était avec lui.

Sans hésitations je me levai et nous nous rendîmes au Farbrenguen. Après avoir quitté le Farbrenguen, nous avons marché assez longtemps ensemble dans les rues de Crown-Heights. Je ne me souviens plus à présent de tout ce qu’il m’a dit. Je ne me souviens que de l’impression qu’il me faisait. Je garde l’image de son bras qui prit le mien et le garda tout en marchant et tout en me parlant.

Il y a une seule chose dont je me souviens, une chose qu’il m’a dite peu avant de me quitter. Il m’a dit que je devais toujours m’asseoir au Farbrenguen et que de cette façon mes enfants se marieraient sans difficultés aucune. C’est la dernière chose que j’ai entendu de lui. Mais je suis certain que toutes les paroles qu’il m’a dites, toutes ces paroles que je suis incapable de retransmettre à présent vivent en moi et m’influencent jusqu’à aujourd’hui, car comme l’a dit le Rabbi : ‘les paroles dites avec le cœur pénètrent dans le cœur et y font leur effet’.

 

 

Texte et Audio : ‘A la lumière du Dvar Mal’hout’ Béar – Rav Yaacov Abergel

Texte et Audio : ‘A la lumière du Dvar Mal’hout’ Béar – Rav Yaacov Abergel

 

 

‘Le Rabbi Rayats ne redescendit pas immédiatement de la montagne… ‘

Une certaine année, pendant les jours qui suivirent le Jour de Chavouot, le Rabbi Rayats s’isola et ne reçut personne comme il en avait l’habitude. Certains s’interrogeaient sur le comportement du Rabbi mais après quelques jours le Rabbi précédent repris ses anciennes habitudes. A une personne qui interrogea le Rabbi en lui demandant la raison de cet isolement soudain, le Rabbi répondit que depuis le jour de Chavouot il se trouvait sur la montagne et venait seulement de redescendre…

L’attachement du Rabbi a la Torah de D.ieu s’exprime dans ses pensées ses paroles et ses actes, et à l’évidence dans ses écrits. Le Rabbi Rayats a de qui tenir, son père, le Rabbi Rachab, lui écrivit pour le jour de sa Bar-Mitsvah un discours ‘Hassidique qu’il appela un ‘baiser ‘Hassidique’. En fait, le Rabbi Rachab a décrit ce Discours comme un ‘baiser’ car son intention fut de faire pénétrer dans les mots matériels et limites de son Discours une Sagesse et des sentiments qui sont abstraits et illimités. L’Admour Hazaken a écrit qu’un Tsaddik ‘unit les mondes entre-eux’, et cela s’accorde à l’attitude du Rabbi Rachab, celle de son fils ou encore celle de tous les Maîtres de la ‘Hassidout ‘Habad, d’unir un texte fait de mots avec la lumiere d’Or-ein-sof, l’aptitude d’introduire dans leurs Maamarim (Discours ‘Hassidiques) la lumière de la Sagesse divine et des sentiments divins.

Un ‘baiser ‘Hassidique’ ne s’exprime pas seulement au moyen des mots d’un Discours ‘Hassidique. Il peut s’exprimer par tous les moyens. Chaque pensée chaque parole chaque action peut devenir un ‘baiser ‘Hassidique’ à partir du moment où notre intention est de provoquer la Délivrance et que pour cela nous dévoilons la force du plus haut niveau de notre âme. Le Rabbi a expliqué que dans les temps futurs D.ieu ne nous ordonneras pas, comme c’est le cas aujourd’hui d’accomplir Ses Commandements. Le terme de ‘Mitsvah’ signifie ‘ordre’, mais pendant la Délivrance nous n’aurons plus besoin d’être ordonnés. Nous accomplirons alors la Volonté de D.ieu naturellement car à ce moment-là nous ne ferons plus qu’Un avec D.ieu et n’aurons plus besoin de recevoir d’ordres de Lui du fait que notre volonté sera fondue dans la Sienne.

Ainsi, chaque situation de notre vie est l’occasion de donner un ‘baiser ‘Hassidique’, par la pensée, comme le fait de méditer à un Discours ‘Hassidique du Rabbi, par la parole et par l’action qui naissent de cette pensée, on parvient à faire don de nous-mêmes c’est à dire à donner un ‘baiser ‘Hassidique’ dont la force est d’éveiller l’amour de celui qui le reçoit et l’amour de notre Père qui est dans le ciel.

Lorsque le Rabbi nous incite à demander le dévoilement du Machia’h en criant du plus profond de nous-mêmes ‘jusqu’à-quand ?’, nous devons forcément nous demander de quelle manière crier car en réalité même ce cri doit être tel un ‘baiser Hassidique’. C’est à dire qu’il doit provenir de la profondeur de notre cœur. Sommes-nous parvenus à l’exemple du Rabbi à introduire dans notre service divin cette lumière infinie qui a le pouvoir de donner à nos pensées nos paroles et nos actions la dimension d’un ‘baiser ‘Hassidique’ ?

Il est écrit (Béréchit, 1, 1, 2) : ‘Au commencement D.ieu créa le ciel et la terre. Or, la terre était informe et vide, et les ténèbres étaient sur la face de l’abîme et l’Esprit de D.ieu planait sur la surface des eaux’.

Le Midrache déclare que ‘l’Esprit de D.ieu’ désigne l’esprit du Machia’h. Ainsi, la lecture de ce premier verset de la Torah nous permet de comprendre que le monde est ‘informe et vide’ car l’Esprit du Machia’h ne fait que ‘planer au-dessus du monde’. En d’autres termes, la terre est ‘informe et vide’ car ‘l’autorisation ne nous a pas été donnée de voir la Parole divine qui anime chaque être et chaque créature’ (Livre du Tanya).

‘Vide’ signifie ici ‘vide de sens’. Tant que l’esprit du Machia’h ne fait que planer au-dessus de la terre tout est vide de sens. Ce n’est qu’avec le dévoilement du Machia’h et de la Torah ‘Hadacha que la terre ne sera plus ‘vide’ car ‘l’Esprit de D.ieu’ ne planera plus au-dessus de nous-mêmes mais au contraire, Il Se dévoilera dans la Création tout entière. C’est pourquoi nous devons faire tout ce qui est en notre pouvoir pour attirer et dévoiler ici-même l’Esprit du Machia’h.

Dans le Dvar Mal’hout sur la Paracha Béar-Be’houkotai, le Rabbi explique les raisons pour lesquelles la Torah a été donnée dans un désert. Parmi ces raisons le Rabbi explique que le désert est un endroit qui n’a rien à voir avec l’homme. Personne n’habite dans le désert, c’est un endroit isolé, ‘en-dehors’ du monde. De la même façon, la Torah vient de la pensée du Saint béni soit-Il, elle est au-delà du monde, ‘en dehors du monde’.

Le Zohar déclare cependant que ‘l’Eternel Israël et la Torah ne font qu’Un’, aussi, bien que ‘la Torah fait Un avec D.ieu’, elle ‘fait aussi Un avec Israël’. Depuis le don de la Torah la possibilité est donnée à chaque Juif de faire de lui-même et de ce monde une demeure pour D.ieu. Depuis le don de la Torah, ‘l’Esprit de D.ieu’ ne fait plus que ‘planer plus au-dessus de ce monde’ car la possibilité nous a été donnée de L’attirer dans tous les sujets de notre existence.

Le Rabbi souligne dans le Dvar Mal’hout que ‘le désert que tout le monde piétine et qui ne se plaint jamais’ exprime l’humilité et la soumission, qui sont des qualités essentielles pour recevoir la Torah de manière profonde.

L’intention du don de la Torah fut d’unir les mondes supérieurs à ce monde inférieur, ‘les mondes supérieurs descendirent dans les mondes inférieurs, et les mondes inférieurs s’élevèrent vers les mondes supérieurs’.

Le Rabbi explique que le lien entre les mondes supérieurs et les mondes inférieurs n’est véritable, non pas lorsque le niveau supérieur ‘descend de sa supériorité’ pour s’unir au niveau inférieur mais ‘lorsque le niveau supérieur tel qu’il est dans toute sa supériorité s’unit au niveau inférieur tel que celui-ci se trouve dans toute son infériorité’.

Aussi, le Rabbi nous enseigne que ce lien, entre le supérieur et l’inférieur, est réalisé au moyen du compte de l’Omer. Bien que l’Eternel Se soit révélé aux enfants d’Israël lors de la sortie d’Egypte ce n’est qu’au lendemain de Pessa’h que commença le travail d’attirer et de dévoiler de manière profonde l’Essence divine dans ce monde matériel.

Tous les contenus de tous les enseignements du Dvar Mal’hout ont pour unique but de nous donner les moyens de dévoiler l’Essence divine. En ce sens, l’enseignement du Rabbi ne doit plus ‘planer au-dessus de nous’ mais pénétrer au plus profond de toutes nos pensées de toutes nos paroles et de tous nos actes.

Le Rabbi met toujours en évidence la comparaison de la ‘Hassidout avec l’huile dont le pouvoir est de pénétrer dans toutes les matières, même les plus résistantes. De fait, la ‘Hassidout est l’Essence de la Torah et elle possède la force d’imprégner nos pensées nos paroles et nos actes de manière profonde, et dans ce cas de réveiller le désir de D.ieu de résider dans ce monde, avec le dévoilement du Machia’h, très bientôt et de nos jours, avec l’aide de D.ieu.

 

Lag Baomer : ‘Un baiser ‘Hassidique’ ‘Le Rabbi Rachab a dit un jour à son fils’ – Rav Yaacov Abergel

Lag Baomer : ‘Un baiser ‘Hassidique’ ‘Le Rabbi Rachab a dit un jour à son fils’ – Rav Yaacov Abergel

Article écrit à l’occasion de la Bar Mitsvah et de l’anniversaire de Chnéor-Zalman et de Yéchouroun Abergel, le 18 Iyar 5782, qu’Hachem les bénisse et les protège.
(Par le Rav Yaakov Abergel)

 

Le Rabbi Rachab a dit un jour à son fils Rabbi Yossef-Itz’hak : ‘Il existe deux niveaux dans la recherche spirituelle : la recherche superficielle et la recherche intérieure. Il faut se détacher de la première pour s’engager dans la seconde, dans la recherche intérieure, car c’est la seule véritable’. Le Rabbi bénit ensuite son fils en lui disant : ‘D.ieu fasse que, du profond de toi tu te voues à la recherche de l’intériorité de l’Être’.

Ces paroles du Rabbi Rachab font écho de sa profondeur. Le Rabbi a un jour raconté qu’un soir le Rabbi Rachab interrompit son étude pour aller regarder son fils le Rabbi Yossef-Itz’hak qui dormait dans son berceau. En le regardant ainsi dormir le Rabbi Rachab ressentit le désir de l’embrasser quand une pensée surgit alors dans son esprit : les Juifs qui se rendaient au Beïth-ha-Mikdache n’apportaient pas seulement un animal pour l’offrir en sacrifice sur l’Autel, ils apportaient aussi de l’or et de l’argent qui servaient pour l’entretien du Temple. Le Rabbi Rachab eut alors une idée. Au lieu d’exprimer son amour pour son fils par un baiser, il lui écrirait un discours ‘Hassidique. Bien des années plus tard le Rabbi Rachab réalisa, son souhait en offrant à son fils le jour de sa Bar-Mitsvah un discours ‘Hassidique qu’il appela par ‘Baiser ‘Hassidique’.

Le Rabbi a expliqué que le baiser d’un père à son fils exprime un amour que l’on ne peut pas exprimer par des mots. Cet amour qui ne dépend d’aucune raison dépasse l’intellect et s’accorde au fait que le lien qui unit le père à son fils procède de l’Essence (lien ‘atsmi’). L’Admour Hazaken emploie l’exemple du père et de son fils pour décrire le lien qui unit chaque Juif à son Père qui est dans le ciel, car le fils provient de l’essence du père ainsi qu’il est écrit au deuxième chapitre du livre du Tanya : ‘De même qu’un enfant est le produit du cerveau de son père, ainsi l’âme de chaque Israélite est le produit de la pensée et de la sagesse de D.ieu, béni soit-Il’, et comme le déclare souvent le Rabbi : ‘l’âme Juive est enracinée dans l’Essence divine’. Ainsi, si le baiser d’un père à son fils est l’expression d’un amour enraciné dans l’essence de l’âme, et donc un amour qui dépasse toutes les limites de l’intellect et de la raison, pourquoi dans ce cas le Rabbi Rachab lui préféra un Discours ‘Hassidique ?

A cette question le Rabbi répond que la lumière d’un Discours Hassidique est plus élevée que celle d’un baiser. Toutes les explications que l’on peut trouver dans la ‘Hassidout au sujet de l’importance d’un Discours Hassidique nous aideront certainement à comprendre et ressentir la raison pour laquelle le Rabbi Rachab choisit d’écrire à son fils un Discours ‘Hassidique plutôt que de lui donner un baiser. Le Rabbi nous enseigne que la lumière d’un Discours du Rabbi est plus élevée que celle d’un baiser.

Peut-être est-il aussi vrai de penser que le Rabbi Rachab voulut donner ce qu’il a de plus précieux à son fils. Certes le Rabbi aurait lui-même ressenti du plaisir en donnant un baiser à son fils mais en sacrifiant ce baiser il semble sacrifier son propre plaisir pour ne considérer que celui de son fils. Le Rabbi chercha à lui donner mieux qu’un baiser et c’est la raison pour laquelle il lui offrit un Discours ‘Hassidique, cependant il appela ce discours ‘baiser Hassidique’ et ce n’est pas fortuit.

De fait, le Discours ‘Hassidique qu’il pressentit d’écrire à son fils devait aussi contenir toute la force du baiser qu’il avait désiré lui donner. Peut-être que le Rabbi Rachab pensa qu’il était plus judicieux d’écrire la force contenue dans ce baiser dans les mots d’un Discours ‘Hassidique qui resterait et s’inscrirait dans le temps, plutôt que de lui donner un baiser dont le souvenir serait moins bien gardé.

Les Maîtres de la ‘Hassidout ‘Habad nous montrent qu’il est possible que les mots qui sont pourtant limites contiennent une lumière illimitée. En fait c’est L’Eternel Qui le premier donna l’exemple ainsi qu’Il le déclara : ‘J’ai écrit Mon Essence et Je L’ai donnée !’

‘J’ai écrit (dans la Torah) Mon Essence et Je l’ai donnée’
Cette déclaration d’Hachem nous montre que les mots de la Torah contiennent Son Essence. Seul L’Eternel est capable d’unir deux choses qui sont contraires, opposées, comme révéler une lumière illimitée dans les limites du monde matériel.

L’Admour Hazaken à ce sujet définit la Torah de manière profonde en disant qu’elle représente l’union entre l’esprit et la matière. C’est à cela que se rapporte le verset selon lequel ‘la voix est celle de Yaakov’. De même que la voix d’un homme unit le sentiment immatériel avec la parole qui est matérielle, la Torah unit l’Esprit divin avec des lettres matérielles écrites avec de l’encre sur du parchemin.

Or, cette capacité appartient également aux Maîtres de la ‘Hassidout dont les Discours ‘Hassidiques sont enracinés dans l’Essence divine. C’est la raison pour laquelle le Rabbi déclara au sujet de la lumière d’un Discours ‘Hassidique qu’elle est plus élevée que celle d’un baiser.

Cependant, à l’exemple du Saint béni soit-Il qui a écrit Son Essence dans la Torah pour l’offrir aux enfants d’Israël le Rabbi Rachab eut le désir d’écrire son Essence pour l’offrir à son fils le jour de sa Bar-Mitsvah.

Le discours du Rabbi Rachab est appelé ‘un baiser ‘Hassidique’ car il exprime le fait qu’un Maamar du Rabbi procède de l’Essence divine qui a le pouvoir d’unir la profondeur de la Sagesse divine avec les lettres les mots et les paroles du Rabbi. Un Maamar du Rabbi peut être alors comparée dans ce cas à l’Arche de l’Alliance dont il est dit dans le Traité Yoma qu’elle ‘ne prenait pas de place dans le Saint des Saints’.

L’Arche de l’Alliance qui contient les Tables de pierre ‘écrites du doigt de D.ieu’ est un objet matériel et possède donc des dimensions très précises. Cependant, lorsqu’elle était déposée dans le Saint des Saints il se produisait un miracle et l’Arche perdait ses dimensions physiques et ne ‘prenait pas de place dans le Saint des Saints’*.

*La largeur du Saint des Saints est de 20 ama (environ une dizaine de mètres) et la longueur de l’Arche est de 2,5 ama. Or quand l’Arche est déposée dans le Saint des Saints elle perd ses mesures : elle ne prend plus de place car les deux distances entre les deux extrémités de l’Arche et les deux murs entre lesquels elle se trouve sont toutes les deux égales à 10 ama.

L’Arche ne prend pas de place dans le Saint des Saints car elle est un objet divin qui n’est pas soumis aux lois physiques du monde matériel et de la même façon chaque Maamar du Rabbi bien qu’il soit un objet matériel, un discours composé de mots, contient la lumière infinie de l’Essence de la Torah. Aussi, de même que L’Eternel grava sur les Tables de pierre Son Essence, le Rabbi Rachab grava son Essence, son amour infini : un baiser ‘Hassidique dans les lettres du Discours qu’il offrit à son fils.

Le Rabbi a maintes fois enseigné que ‘les mots dits avec douceur pénètrent dans le cœur et y font leur effet’. Cette déclaration s’accorde à ce Discours intitulé ‘baiser ‘Hassidique’ car l’intention du Rabbi Rachab fut de faire pénétrer dans le cœur de son fils les paroles du Discours qui lui était adressé. Un baiser n’est-il pas en effet l’expression véritable de l’amour que l’on veut transmettre ? Le Rabbi Rachab dit à son fils les mots de la ‘Hassidout avec douceur, par un baiser, afin d’éveiller dans le cœur de son fils un sentiment divin et éternel.

Il est enseigné dans ‘la Hassidout que le jour de Lag-ba-Omer est celui du don de la partie profonde de la Torah : מתן תורה דפנימיות התורה
Le trente-troisième jour du compte de l’Omer correspond à ‘Hod-ché-ba-Hod’ dont le Rabbi nous enseigne la signification profonde. ‘Hod’ représente la soumission au Roi des rois le Saint béni sur laquelle se fonde l’existence de chaque Juif. Le nom ‘Yéhoudi’ lui-même vient du nom ‘Hodaa’ qui représente la reconnaissance et la soumission. Ainsi, dès notre réveil et juste après avoir ouvert les yeux nous récitons la prière de ‘Modé Ani’ afin d’exprimer notre reconnaissance au Roi du monde de nous avoir rendu notre âme et de pouvoir revivre à nouveau. Le Rabbi souligne que nous disons d’abord le mot ‘Modé’ qui exprime notre reconnaissance à D.ieu avant même de dire le mot ‘ani’ : ‘je’, car nous reconnaissons d’abord L’Eternel avant même de considérer notre propre existence.

Le Rabbi délivre l’Essence même de la prière de ‘Modé-ani’. La ‘Hassidout ne contredit pas le sens simple (le Pchat) basé sur le fait de rendre grâce à D.ieu de nous avoir restitué notre âme mais elle vient ajouter l’élément le plus essentiel car elle met l’accent sur l’importance de rendre grâce à L’Eternel de nous avoir restitué une âme Juive, ‘une parcelle véritable de divinité d’en-haut’ grâce à laquelle nous ne faisons qu’Un avec D.ieu. Le Rabbi précise que l’attribut de ‘Hod’ s’exprime de deux façons différentes : le premier niveau de soumission découle du sentiment que la grandeur de D.ieu nous échappe totalement. Le second niveau de soumission est moins élevé que le premier contrairement au premier niveau la soumission d’un Juif ne vient pas dans ce cas d’une réflexion ni d’un sentiment, mais ‘il ne fait que reconnaitre qu’il doit reconnaitre’. Ce niveau est celui de ‘Hod ché ba Hod’ et exprime tout particulièrement l’influence de Rabbi Shimon Bar Yo’haï sur le peuple Juif et sur le fait qu’il parvint à toucher les plus simples et les moins érudits. Le Rabbi nous a enseigné que l’âme de Rabbi Shimon Bar Yo’haï est celle d’A’hia ha Shiloni qui est lui-même appelé ‘le Maître de l’Essence de l’âme’. Or, le pouvoir de l’Essence est ‘qu’elle se doit de pénétrer et d’être présente en chaque chose parce que l’Essence est par définition omniprésente’ (Iniana chel Torat ha Hassidout, chapitre 7). Rabbi Shimon a enseigné que ‘D.ieu Israël et la Torah ne font qu’Un’, aussi grâce au fait que ‘l’essence de l’âme Juive est enracinée dans l’Essence divine’ Rabbi Shimon put dévoiler ‘les secrets des secrets’ de la Torah à tous les enfants d’Israël.

‘Grande est l’étude qui mène à l’action, c’est pourquoi l’étude de la partie révélée de la Torah est indispensable pour mener à bien l’accomplissement des Commandements divins et l’étude de la partie profonde de la Torah est indispensable pour les accomplir avec Cavana’.

Cet enseignement du Rabbi s’accorde aux paroles que le Rabbi Rachab adressa à son fils, selon lesquelles ‘Il existe deux niveaux dans la recherche spirituelle : la recherche superficielle et la recherche intérieure. Il faut se détacher de la première pour s’engager dans la seconde, dans la recherche intérieure, car c’est la seule véritable’. Le Rabbi bénit ensuite son fils en lui disant : ‘D.ieu fasse que, du profond de toi tu te voues à la recherche de l’intériorité de l’Être’.

Ces paroles peuvent s’appliquer à notre étude de la Torah car nous nous devons d’étudier la partie révélée de la Torah mais savoir également nous consacrer à l’étude de sa partie profonde : la ‘Hassidout. Comme il a été dit précédemment l’essence de la Torah a le pouvoir d’imprégner et d’élever tous les paliers d’interprétation de la Torah et de leur donner leur véritable dimension. Cela est aussi vrai pour l’âme elle-même car le Rabbi nous enseigne les moyens de dévoiler la force infinie et profonde de l’essence de l’âme dans la partie de l’âme qui est révélée dans le corps, c’est à dire dans les forces de notre intellect, dans nos sentiments et dans nos actes. Le dévoilement de l’Essence divine de l’essence de l’âme et de l’essence de la Torah ‘ne fait qu’Un’ et doit être l’objet de notre ‘recherche intérieure’.

Le Rabbi écrit que le jour de Lag ba Omer est ‘le jour du don de la partie profonde de la Torah’ et qu’il est un jour propice pour recevoir des forces spéciales afin de mener à bien notre étude. Comme un père qui donne un baiser a son fils D.ieu nous a donné la Torah, comme le Rabbi Rachab a écrit un baiser Hassidique à son fils, un père fait tout ce qui est en son pouvoir le jour de la Bar Mitsvah de ses fils pour faire pénétrer dans leurs cœurs le sentiment que c’est par leur très profond attachement au Rabbi qu’ils parviendront à éveiller leur désir le plus profond, qui est dans leurs cœurs, et dans le cœur de chaque Juif, du dévoilement du Machia’h, très bientôt et de nos jours avec l’aide de D.ieu.