Dans le Dvar Mal’hout sur la Paracha Vayé’hi le Rabbi mentionne un enseignement au sujet du mois de Tévet qui est le mois le plus froid de l’année selon lequel : ‘Le corps a du plaisir du corps’.
La ‘Hassidout nous enseigne que la lumière du soleil est une allusion à la lumière divine de l’âme.
Chaque Juif doit dévoiler la lumière qui provient des forces de son âme et du fait que l’âme se dévoile dans le corps (et par son intermédiaire) nous devons accomplir un travail de raffinement et de purification du corps afin que celui-ci perde sa grossièreté et devienne un bon réceptacle pour la lumière de l’âme.
A l’exemple du soleil qui brille avec force pendant les mois d’été, notre service divin pendant cette saison consiste essentiellement à dévoiler la lumière des forces de notre âme. Pour se faire nous devons purifier le corps afin que celui-ci ne constitue pas un obstacle à ce dévoilement. Cependant l’essentiel de notre travail consistera à dévoiler la force de la lumière de l’âme.
A l’opposé pendant les mois d’hiver (et tout particulièrement pendant le mois Tévet) le soleil se fait beaucoup moins influent et le froid est alors dominant. De manière profonde cela signifie que la lumière de l’âme ne brille pas avec la même force que pendant les mois d’été et c’est la raison pour laquelle l’essentiel de notre travail sera alors de purifier notre corps précisément au moyen du corps lui-même et non pas au moyen de la lumière de l’âme. Purifier le corps, c’est agir sur l’âme animale afin de la raffiner, de la purifier, de ‘transformer l’obscurité en lumière’ c’est-à-dire de transformer sa grossièreté afin qu’elle-même éclaire.
Le Rabbi illustre ce principe au moyen d’une histoire du Baal Chem Tov que son beau-père le Rabbi Rayats lui rapporta au nom du Tséma’h Tsédek : ‘Un jour, alors qu’il n’y avait pas suffisamment de lumière dans le Beïth Ha Midrache, les élèves du Baal Chem Tov demandèrent à leur Maitre ce qu’ils devaient faire.
Le Baal Chem Tov leur répondit de détacher quelques stalactites de glace qui étaient accrochées sur le bord du toit du Beïth-Ha- Midrache. Les élèves partirent alors en chercher et lorsqu’ils les déposèrent sur les tables du Beïth-Ha-Midrache elles se mirent à briller et le Beït-Ha-Midrache fut alors inondé de lumière.
Cette histoire met en évidence une des deux façons de transformer l’obscurité en lumière. Une première façon consiste à amener de la lumière et dans ce cas la lumière va remplacer l’obscurité. Une deuxième façon consiste à ce que l’obscurité elle-même (‘les stalactites’) se mette à éclairer, ainsi qu’il est dit : ‘Dans les temps futurs la nuit brillera comme le jour’.
Le Rabbi nous explique que la raison pour laquelle on parvient à transformer un corps grossier en un corps saint précisément au moyen du corps lui-même (et non pas au moyen de la lumière de l’âme) vient du fait que l’origine du corps est supérieure à celle de l’âme. Et au Rabbi de nous enseigner que ‘la force de l’Essence divine qui est dans le corps se dévoile précisément lorsque la lumière de l’âme ne brille pas de façon manifeste. A l’exemple de la force de Messirout-néfèch qui se dévoile davantage dans le talon du pied que dans la tête’.
Comme il a été dit précédemment, l’été est une période propice pour dévoiler la lumière de l’âme et l’hiver est lui-même une période propice pour dévoiler l’Essence divine qui se cache dans le corps. C’est à ce sujet qu’il est dit : ‘Le corps a du plaisir du corps’ car le Rabbi nous enseigne que le ‘corps’ désigne ici Atsmout (‘le corps du Roi’ : l’Essence divine), et cette déclaration signifie que le plaisir de D.ieu n’est pas provoqué par le fait ‘d’annuler’ l’obscurité du corps afin qu’il ne s’oppose plus au dévoilement de l’âme mais par le fait d’agir dans le but que le corps lui-même se mette à éclairer.
Le Rabbi Rachab nous donne à ce sujet l’exemple de l’encens (voir ‘Bé chaa ché hikdimou’, Hélek guimel, page 1326). L’odeur de l’encens n’est plus la même lorsqu’on la brûle et ce passage de l’amertume à la douceur est comparable au travail que l’on doit accomplir sur notre âme animale afin de transformer son obscurité en lumière :
Il est possible d’élever l’âme animale grâce à la lumière de l’âme divine, cela est allusionné par le fait que pendant les jours de l’année on allumait la Ménorah du Temple, laquelle symbolise la lumière de l’âme divine, en même temps que l’on brûlait les encens. Nous voyons donc dans ce cas que la transformation de l’âme animale est réalisée au moyen de l’âme divine.
Il n’en est pas ainsi le Jour de Yom Kippour, car en ce jour l’âme animale s’élève d’elle-même. En effet nous pouvons nous rendre compte que même celui qui est totalement détaché du Divin pendant tous les jours de l’année revient vers D.ieu au moment de la prière de la Neïla. Et cela, même si ses nombreux péchés ont complètement obscurci la lumière de son âme divine.
Ce sujet est aussi celui du son du grand Choffar dont le pouvoir est de ramener tous ceux qui se sont égarés au point qu’ils sont véritablement incapables de retrouver leur chemin. Ce sujet est également celui des enfants d’Israël lorsqu’ils étaient esclaves en Egypte. Comme il est enseigné dans la ‘Hassidout, la matière n’a pas été créée selon le processus de l’enchaînement des mondes mais elle provient de l’Essence divine, c’est pourquoi L’Eternel a entendu le cri de Ses enfants, car ce cri provenait de l’âme animale et du corps qui ne pouvait plus supporter les terribles souffrances qu’on lui infligeait. Hachem ne pouvait pas supporter que l’on touche à Son Essence, laquelle est cachée dans le corps de Ses enfants.
Aussi, le Rabbi Rachab nous enseigne que dans notre service divin cela correspond précisément au cri de l’âme animale qui a pour effet de révéler ici-bas la force de l’Essence divine. A l’exemple du son du Choffar (fait à partir de la corne du bélier : d’un animal : allusion au cri de l’âme animale) qui est lui-même un cri qui vient de la profondeur du cœur.
Ainsi, à la lumière de ces enseignements, le Rabbi nous enseigne qu’à partir de l’obscurité la plus profonde la possibilité nous est donnée de faire de ce monde une demeure pour l’Essence divine. De fait, la force de l’Essence divine qui est dans le corps se dévoile dans l’obscurité, c’est à dire lorsque la lumière de l’âme divine ne brille pas manifestement en nous-mêmes, dans ce cas précisément se révèle la force de Atsmout.
L’exemple de ‘la force de messirout néfech qui se dévoile davantage dans le talon que dans la tête’ exprime cette idée. Notre génération est celle du ‘talon’, cela signifie que nous sommes capables d’agir avec la plus totale soumission (messirout néfech) en accomplissant un service divin basé davantage sur notre acceptation du joug divin que sur le dévoilement des forces de l’intellect.
Comme il a été dit précédemment : ‘le plaisir de D.ieu n’est pas provoqué par le fait ‘d’annuler’ l’obscurité du corps afin qu’il ne s’oppose plus au dévoilement de l’âme mais par le fait d’agir dans le but que le corps lui-même se mette à éclairer’. Conformément à cette déclaration le Rabbi mentionne un enseignement du Rabbi Rachab (‘Yom Tov chel Roch-ha-Chana’, Page 210) dans lequel il est expliqué qu’il existe ‘ceux qui servent Hachem avec leurs âmes’ et ‘ceux qui servent Hachem’ avec leurs corps’.
Ceux qui ont ‘le cœur brisé’, c’est à dire ceux qui s’attachent à briser la matérialité du cœur pour faire disparaître sa grossièreté sont ‘ceux qui servent D.ieu avec leurs corps’. Ils accomplissent les Mitsvoth avec la Emouna sans vraiment éveiller l’amour et la crainte de D.ieu qui naissent de l’intellect, mais en éveillant l’amour et la crainte de D.ieu naturels en chaque Juif. L’essentiel de ce travail est le niveau appelé ‘Bitoul ha Yèch’.
‘L’acte est essentiel’ et le Rabbi déclare dans le ‘Likouteï Sihot’ (11, Chemot, page 326-327) que ‘Le corps a du plaisir du corps’ du fait que l’intention divine est véritablement réalisée au moyen des Mitsvoth maassiot.
A l’évidence c’est par l’action des Mitsvoth accomplie avec le corps et en ayant conscience que le corps est lui-même lié à l’Essence divine, que nous aurons le mérite de’faire de ce monde une demeure pour l’Essence divine’ avec le dévoilement de notre Juste Machia’h, très bientôt et de nos jours, avec l’aide de D.ieu.
Le Rabbi explique Dans le Dvar Mal’hout sur la Paracha Vayigach que la force dont un Juif a besoin pour faire face à l’exil peut s’exprimer de deux façons.
Dans un premier cas la force d’un Juif reste limitée car il compose avec le monde et ne sort pas des limites qu’il lui impose. Dans un deuxième cas, le fait de vivre dans l’obscurité de l’exil n’empêche absolument pas ce Juif de vivre en étant totalement détaché de tous les sujets de l’exil. Il renforce tellement le lien qui l’unit à Hachem que ses pensées ses paroles et ses actions ont pour effet de transformer la réalité au point que même la plus grande autorité du pays dans lequel il se trouve se pliera à sa volonté (laquelle se fond dans la Volonté du Saint béni soit-Il). Ainsi, le Rabbi explique que la force d’un Juif consiste à s’élever bien au-delà du monde et de l’exil afin d’en briser les limites pour en faire le réceptacle de la Lumière infinie de D.ieu.
L’exemple donné ici est celui Mordé’haï au temps de Pourim. Il est écrit au sujet du festin que donna le Roi A’hachvéroch (Méguila d’Esther, 1, 8) : ‘On buvait à volonté, sans aucune contrainte, car le Roi avait recommandé à tous les sujets de sa maison de faire la volonté de l’un et de l’autre’.
La Guémara (Méguila, 12, chapitre 1) explique que l’expression ‘faire la volonté de l’un et de l’autre’, signifie que le roi A’hachvéroch ordonna de faire en même temps, ‘selon la volonté de Mordé’haï et d’Aman’.
Or, comment est-il possible de faire en même temps, selon la volonté de Mordé’haï, ‘un homme Juif’, et d’Aman, ‘un oppresseur et un ennemi’ d’Israël’ ?
Peut-on ‘Faire la volonté de l’un et de l’autre ? Le vent peut-il souffler en même temps dans deux directions opposées pour permettre à deux bateaux de naviguer dans deux directions opposées ? ‘. Il est impossible d’assouvir, en une seule fois, deux désirs qui s’opposent l’un avec l’autre : la volonté de Mordé’haï en même temps que celle d’Aman.
Il est écrit (Méguila, 3, 2) : ‘Tous les serviteurs du roi, admis à la cour royale, s’agenouillaient et se prosternaient devant Aman, car tel était l’ordre donné par le roi en son honneur, mais Mordé’haï ne s’agenouillait ni ne se prosternait’.
L’opposition entre Mordé’haï et Aman est telle l’opposition qui existe entre notre façon de combattre l’exil : en composant avec le monde et donc en restant soumis aux limites que cet exil nous impose (Aman), ou bien en nous attachant à D.ieu d’un lien si intense que cela nous permet de nous élever bien au-delà de toutes les limites (Mordé’haï).
Chaque Juif a le devoir de se soumettre aux lois du pays dans lequel il vit, évidemment c’est seulement dans le cas ou ces lois ne contredisent pas la Hala’ha. Personne ne peut imposer à un Juif d’agir contrairement à la Volonté de D.ieu. Le point que le Rabbi soulève ici ne concerne pas les sujets qui sont liés à la Torah et aux Mitsvoth. Il concerne les sujets qui sont permis par la Torah. Un Juif peut-il vivre selon les normes et les usages de ce monde conformément à la volonté d’Aman et en même temps selon la volonté de Mordé’haï qui ‘ne s’agenouillait pas et ne se prosternait pas’ ?
A priori nous pouvons penser que le fait que L’Eternel nous a envoyé en exil implique que nous soyons obligés de nous plier aux limites et aux usages qu’il nous impose, et dans ce cas comment est-ce possible d’agir à l’exemple de Morde’haï ? En effet l’attitude de Mordé’haï, contrairement à la volonté d’Aman, exclut totalement l’idée de composer avec le monde et dans ce cas comment est-il possible de ‘faire la volonté de l’un (Aman) et de l’autre (Mordé’haï)’ ?
S’il se soumet aux lois et aux usages du pays (la volonté d’Aman) comment pourra-t-il dans ce cas faire la volonté de Mordé’haï qui consiste à ne ‘jamais s’agenouiller ni de se prosterner’ ?
De fait, les usages et les normes d’un pays, même s’ils ne sont pas contradictoires avec la Hala’ha peuvent constituer des limites dans nos actions qui ont pour but de provoquer la Délivrance. Or, le ‘Hidouch que le Rabbi nous enseigne ici est que si nous nous attachons à l’Essence de D.ieu alors nous pouvons accomplir même en exil la volonté de Mordé’haï car nous nous trouvons au-dela de toutes les limites (par le fait d’être attachés à l’Essence divine). En autres termes, lorsqu’un Juif s’attache de manière profonde à D.ieu, il parvient à unir deux contraires, à faire pénétrer dans ce monde limité une lumière illimitée. Même en exil il agira à l’exemple de Mordé’haï, au sujet duquel il est dit : ‘Il ne s’agenouillait ni ne se prosternait’.
La qualité de Mordé’haï qui est allusionnée dans son nom : Mordé’haï ‘Ha Yéhoudi’, est aussi celle Yéhoudah.
‘Yéhoudah’ exprime le fait de reconnaître (‘Hodaa’ : ‘reconnaissance’) à chaque instant et dans chaque situation ‘qu’il n’y a rien en dehors de Lui’.
Le Rabbi nous enseigne que Yéhoudah n’a pas agi en étant soumis aux normes et aux usages de ce monde. Il ‘s’approcha de Yossef’ sans même en avoir reçu l’autorisation. Bien que Yéhoudah savait que pour libérer son frère Benyamin il devait avant tout se soumettre à Yossef, ainsi qu’il est dit (Vayigach, 44, 18) : ‘De grâce, mon maître…Car tu es comme Pharaon…’, une force redoutable l’animait. Yéhoudah était même d’un niveau supérieur à celui de Mordé’haï. Contrairement à Mordé’haï qui fut nommé comme associé du roi par A’hachvéroch, ou comme Yossef qui fut nommé vice-roi par Pharaon, Yéhoudah agit seulement par ses propres forces lorsqu’il ‘s’approcha de Yossef’, et au Rabbi de nous apprendre que c’est par cette attitude que Yéhoudah donna la force aux enfants d’Israël de combattre l’exil de l’Egypte, et de s’y installer dans la largesse.
Cet enseignement du Rabbi n’est pas sans nous rappeller cet autre enseignement du Maguid de Mézeritch. A celui qui désirait obtenir la richesse, le Maguid conseilla ‘d’aller vers le nord, car la Table des pains de proposition se trouve au nord, dans le Temple’. S’il désirait la Torah, ‘il lui fallait se diriger vers le sud, car la Ménorah se trouve vers le sud, dans le Temple’. Enfin, s’il désirait les deux, ‘il lui fallait se diriger vers l’endroit de l’Arche, car l’Arche ne prenait pas de place dans le Temple’.
Cet enseignement du Maguid s’accorde à celui du Rabbi, car un Juif détient le pouvoir d’unir deux contraires, d’attirer la lumière infinie de D.ieu dans ce monde inférieur. Il lui suffit pour cela de ‘se diriger vers l’endroit de l’Arche’, c’est-à-dire d’agir par la force de l’Essence de son âme, laquelle se situe bien au-delà de ce monde puisqu’elle est enracinée dans l’Essence divine. Chaque Juif détient la capacité de dévoiler en lui-même la force du lien qui unit son âme à D.ieu. Il doit tout d’abord utiliser les forces de la partie de l’âme qui s’habille dans le corps (l’intellect, les sentiments, la force de l’action), et c’est par elles qu’il parviendra ensuite à révéler en lui-même la force infinie de la partie de l’âme qui ne s’habille pas dans le corps, l’Essence de l’âme.
En révélant l’Essence de son âme, un Juif parvient à atteindre le niveau de l’Arche, laquelle ‘ne prend pas de place dans le Saint des Saints’ et dont le niveau se situe bien au-delà de toutes les limites de ce monde matériel.
Comme pour Mordé’haï dont l’attitude permit l’annulation du décret d’Aman, et comme ce fut le cas pour Yéhoudah qui permit à son père Yaakov de vivre en Egypte, en exil, les plus belles années de sa vie, c’est par notre soumission vis-à-vis de l’Eternel et notre soumission vis-à-vis du Rabbi qu’Il a choisi pour nous conduire jusqu’à la Délivrance finale, que nous aurons enfin le mérite de provoquer la Délivrance et le dévoilement de notre juste Machia’h, très bientôt et de nos jours, avec l’aide de D.ieu.
Erratum : Le Machia’h est apparu au Baal Chem Tov le jour de Roch Ha Chana, et non pas le jour du 19 Kislev ! Bien que le jour du 19 Kislev soit appelé ‘ le Roch ha Chana de la ‘Hassidout’ il n’est ‘que’ le départ des diffusion des sources à l’extérieur…
Dans le Dvar Mal’hout sur notre Paracha, le Rabbi écrit que la Torah est appelée Lumière, Torah Or, car elle chasse l’obscurité et apporte la paix dans le monde. De fait, plus l’obscurité se renforce dans le monde, plus il est nécessaire de dévoiler la profondeur de la Torah.
Ainsi quand les Grecs se sont levés contre le peuple d’Israël il y eut un renforcement de la Lumière de la Torah, le dévoilement d’un niveau supérieur, que le Rabbi appelle : l’Huile de la Torah.
Le Rabbi nous enseigne que la ‘Sagesse’ des Grecs dérive de l’autre côté de la Sainteté, c’est pourquoi ils avaient pour but de faire oublier la Torah au peuple Juif. Tout simplement, ils ne pouvaient supporter le fait que la Torah est la Sagesse de D.ieu, ainsi qu’il est dit dans le Zohar de Rabbi Shimon Bar Yo’haï : ‘la Torah et D.ieu béni soit-Il ne font qu’Un’ (voir Tanya, chapitre 4).
Les Grecs avaient donc pour désir de rendre l’Huile de la Torah impure. Cela signifie qu’ils ne pouvaient absolument concevoir qu’il puisse exister un lien entre le Saint béni soit-Il et la Torah, et plus encore, qu’il puisse exister un lien entre D.ieu Israël et la Torah, car toujours selon l’enseignement de Rabbi Shimon Bar Yo’haï : ‘D.ieu Israël et la Torah ne font qu’Un’.
La petite fiole d’huile, marquée par le tampon du Cohen gadol est à l’origine du miracle de ‘Hannoucah. Lorsque les Juifs découvrirent la petite fiole d’huile, et que par un miracle divin celle-ci brûla pendant huit jours, l’Eternel fit apparaître aux yeux de tous et dans la plus grande clarté que la Torah était divine.
En fait, les grecs n’étaient pas contre le fait que les Juifs étudient la Torah. La partie révélée de la Torah, laquelle traite des lois relatives à ce monde physique et matériel, n’excitait pas leur désapprobation. Par contre, ils ne pouvaient supporter le fait que la Torah soit considérée et qualifiée par les Juifs comme étant la Sagesse de D.ieu, qu’elle soit Sainte. Par leur désir de rendre impure la Torah les Grecs s’attaquaient au lien qui unit le Saint béni soit-Il avec les enfants d’Israël. Un des enseignements que nous délivre ici le Rabbi, est que la Torah est la Torah de D.ieu, et cela ne doit jamais quitter l’esprit de celui qui l’étudie. C’est en agissant de la sorte, qu’il ressentira la Sainteté de la Torah. Même lorsqu’il étudie des lois liées à ce monde matériel, il percevra le souffle divin qui est à leur origine.
L’Huile de la Torah exprime le fait qu’il existe un niveau de la Torah qui surpasse tous les autres paliers d’interprétation de la Torah. Comme l’huile qui flotte au-dessus de tous les autres liquides, l’Huile de la Torah correspond au niveau qui surpasse tous les autres niveaux de la Torah car il en constitue l’Essence même.
L’Huile de La ‘Hassidout, à l’exemple de l’huile que l’on verse sur les aliments pour leur donner du goût, donne le goût à la partie révélée de la Torah. A ce sujet, dans le Dvar Mal’hout le Rabbi rapporte les versets suivants :
Pharaon demanda à Yaacov :
‘Combien sont les jours des années de ta vie ?’,
Et Yaakov répondit à Pharaon (Vayigach, 47, 8, 9) :
‘Peu nombreux et malheureux étaient les jours des années de ma vie et ils n’ont pas atteint le nombre des jours des années de la vie de mes pères…’.
Le Rabbi explique que Yaakov considérait que les jours de sa vie étaient ‘peu nombreux’ et ‘malheureux’ car tant que l’exil persiste et que la Délivrance n’arrive pas, sa vie ne représente que ‘peu’ à ses yeux car il manque l’essentiel. Aussi, bien que Pharaon donne à Yaakov ‘la meilleure partie du pays’ afin qu’il s’y installe avec ses fils, Yaakov lui fait savoir qu’il ne peut pas se suffire de cela, et que son installation en Egypte n’a pour seul but que celui de provoquer la Délivrance.
Aussi, le Rabbi insiste sur l’importance de désirer de toutes nos forces et du plus profond de nous-mêmes la Délivrance, car tant qu’elle n’est pas encore là, notre vie ne représente que ‘peu’ de chose.
A la lumière de cette explication du Rabbi, il est possible d’expliquer que la déclaration de Yaakov selon laquelle ‘peu nombreux étaient les jours des années de ma vie’ exprime le très profond désir de Yaakov du dévoilement de la Torah du Machia’h, de la ‘Cinquantième porte de la Connaissance’.
Il est rapporté dans le Traité Nédarim (38a) que cinquante portes de la Connaissance ont étés créées dans le monde, et toutes ont été données à Moché, ‘à l’exception d’une seule’ ainsi qu’il est écrit dans le livre des Téhilim du Roi David (8, 6) :
‘Or, Tu fis de lui (de Moché) un peu moins que les anges célestes’. L’expression ‘un peu moins’ vient pour nous dire qu’il manque à Moché le niveau de ‘la Cinquantième porte de la Connaissance’.
La ‘Hassidout nous enseigne que cette porte correspond à la signification des Commandements divins. Or, les lettres du mot מעט (méat) forment dans un ordre différent le mot טעם (taam) qui signifie : le sens (la raison profonde des Commandements divins).
Yaakov considérait les jours de sa vie comme ‘peu nombreux et malheureux’ tant qu’il ne percevait pas la raison, le sens, la signification et le ‘goût’ des Commandements divins (‘Taam’ signifie aussi ‘goût’).
Le Rabbi nous enseigne donc que le dévoilement de l’Huile de la Torah est nécessaire pour deux raisons. La première est que l’Huile de la Torah donne du goût à la partie révélée de la Torah, mais plus encore, elle est l’ingrédient principal de la nourriture de notre âme.
Comme il a été dit précédemment, plus l’exil se renforce plus se renforce le dévoilement de l’Huile de la Torah, mais le Rabbi vient ajouter à cela que ce dévoilement se renforce car nous nous rapprochons du dévoilement du Machia’h. Le Rabbi souligne alors que le nom Machia’h désigne le Roi dont la tête est ‘ointe’ d’Huile.
Le Tséma’h Tsédèk a déclaré à ce sujet que ‘dans les temps futurs ‘il y aura un dévoilement des ‘Taameï Torah’ (le sens profond des Commandements divins)’. ‘Le dévoilement des Taameï Torah’ signifie que dans les temps messianiques le Machia’h dévoilera les raisons profondes des Commandements car Taam signifie Raison, Sens, et désigne aussi le Goût (d’un aliment). Ainsi, ‘le dévoilement des Taameï Torah’ est une allusion au dévoilement de la lumière d’Or Sovev par l’intermédiaire de la Manne, ainsi qu’il est écrit (Séfer HaLikoutim, lettre Mêm) :
‘Et donc grâce à la manne qui représente la profondeur de la Torah, la profondeur de l’âme s’unit avec la profondeur d’Or Ein Sof’, et c’est le sens du verset : ‘Il t’a nourri de la manne…afin de te faire savoir’ (Dévarim, 8, 3) car le pain permet l’union de la partie dévoilée de l’âme (l’âme qui s’habille dans le corps) avec la lumière dévoilée de D.ieu (Or Mémalé, la lumière divine qui s’habille dans le monde), mais le niveau de la Manne exprime le lien entre le niveau caché de l’âme (l’âme qui ne s’habille pas dans le corps : les niveaux de ‘Haya et de Yé’hida) et la lumière cachée de D.ieu’ (‘Or Sovev’, la lumière divine qui ne s’habille pas dans le monde).
Le Rabbi ne se lasse jamais de définir la ‘Hassidout, l’Essence de la Torah, à l’image de cette fiole d’huile pure. Comme de l’huile que l’on verse, goutte à goutte, et qui pénètre dans les aliments et leur donne du goût, la ‘Hassidout donne le goût à toutes les parties de la Torah que nous étudions.
Comme l’huile, l’Essence de l’âme pénètre et se révèle dans toutes les forces de la partie de l’âme qui s’habille dans le corps. Elle illumine notre cerveau et notre cœur et c’est en éveillant sa lumière que nous éveilleront le désir d’Hachem de révèler Son Essence dans ce monde matériel avec le dévoilement du Machia’h, très bientôt et de nos jours.
Lorsque nous méditons à notre propre existence, nous ressentons que nous ne devons notre existence qu’à nous-mêmes, c’est à dire que nous ne ressentons pas que la source véritable de notre vie n’est autre que la Parole de D.ieu qui crée et maintient en vie à chaque instant tous les êtres de Sa Création. Dans le Dvar Mal’hout sur la Paracha Vayéchev le Rabbi nous explique la raison pour laquelle nous avons le sentiment que nous sommes à l’origine de notre existence.
En réalité, seulement Hachem ne doit Son existence qu’a Lui-même car rien ne Le précède, et seulement Hachem possède la capacité de créer la matière à partir du néant. Or, du fait que notre existence provient de l’Essence divine et que Celle-ci se cache au plus profond de nous-même nous avons le sentiment d’être à l’origine de notre propre existence.
Les mondes spirituels supérieurs proviennent d’un niveau inférieur à celui de l’Essence divine. Leurs existences viennent d’un reflet de l’Essence divine, contrairement au monde dans lequel vivons qui est lui-même matériel. En effet, c’est précisément parce qu’il s’agit d’un monde matériel et que la matière doit son existence à l’Essence divine (et non pas à un de Ses reflets) que ce monde peut devenir une demeure pour D.ieu, car en accomplissant les Commandements divins chaque Juif dévoile l’Essence divine qui est enfouie dans la matière.
Au sujet de notre Paracha, le Maguid de Mèzeritch explique de la manière suivante le sens du verset ‘Yaakov s’installa dans le pays des séjours de son père dans la terre de Canaan’ : Séjours se dit en hébreu Mégourei dont la racine ‘Agar’ signifie entasser. Ainsi, ‘Yaakov s’installa’ exprime le fait que Yaakov amassa et raffina les étincelles divines enfouies dans ce monde matériel (‘la terre de Canaan’), et les éleva vers ‘son père’ lequel est une allusion au Saint béni soit-Il.
Dans le Dvar Mal’hout, le Rabbi explique que le raffinement du monde tout entier atteindra sa perfection lorsque nous parviendrons à l’achèvement du raffinement et de la purification de la France. De fait, Tsarfat (la France) vient du mot Tsirouf : Raffinement, comme l’action de raffiner de l’or afin de le rendre pur.
Les Maîtres de ‘Habad, le Rabbi Maharach, le Rabbi Rachab, le Rabbi Rayats et le Rabbi ont tous voyagé en France afin de la purifier car la Klipa de la France est la plus basse et la plus grossière parmi toutes les Klipoth. L’Admour Hazaken a lui-même prié pour la victoire de la Russie qui l’opposait à la France. Bien qu’une victoire de la France aurait été favorable à la condition matérielle des Juifs, cette éventuelle victoire impliquait pour les Juifs une descente spirituelle que l’Admour Hazaken voulut éviter. L’époque napoléonienne laissait transparaître et présager l’esprit de la révolution française lequel représentait un véritable danger pour le peuple Juif. L’image du peuple français en colère qui coupa la tête de leur Roi exprime le contenu profond de cette Klipa : le désir de ne pas se soumettre à l’autorité du Roi des rois, le Saint béni soit-Il.
La ‘Hassidout nous enseigne que c’est en élevant les endroits les plus bas et les plus grossiers que l’on élève en même temps tous les mondes de la Création. C’est la raison pour laquelle l’Essence de la Torah, la ‘Hassidout, est comparée à l’huile car comme l’huile qui a la capacité de pénétrer et d’imprégner les matières les plus dures et les plus résistantes, la ‘Hassidout possède la capacité d’éclairer les endroits les plus obscurs. Aussi, à l’exemple de L’Eternel Qui ‘regarda dans le plan de la Torah avant de construire le monde’, les Juifs en construisant des Mikvaoth, des Synagogues, des Yéchivoth élèvent les endroits les plus impurs en les transformant en des endroits de sainteté. La France une fois purifiée peut alors devenir le symbole et l’expression de la Délivrance finale.
Dans le Dvar Mal’hout le Rabbi nous enseigne que l’influence de chaque Juif doit être profonde, et pour parvenir à cela il doit révéler ses forces les plus profondes car seule les forces qui découlent de l’Essence de l’âme, laquelle est enracinée dans l’Essence divine, ont le pouvoir de transformer l’obscurité en lumière. *
Il ne s’agit pas seulement d’éclairer un endroit mais il s’agit de faire en sorte que l’endroit lui-même éclaire, et c’est en révélant l’Essence divine qui est cachée à cet endroit que l’on y parvient : en construisant des édifices de prières et d’études de la partie révélée et de la partie profonde de la Torah.
Le Rabbi nous enseigne alors que la valeur numérique de Tsarfat est égale à 770 et cela signifie que chaque endroit, même celui dont le niveau est le plus bas, peut devenir une source de lumière, à l’exemple de la Maison du Rabbi dont l’adresse est 770 Eastwern Parkway. Une Maison pleine de la lumière de la Délivrance finale, avec l’aide d’Hachem, très bientôt et de nos jours.
*Le Rabbi nous a enseigné que la valeur de l’existence consiste en ‘une vie de jours réellement vécus’.
‘Celui qui a des yeux mais ne voit pas, des oreilles mais n’entend pas ; qui ne voit ni n’entend le divin, ne vit pas une vie véritable…La véritable existence consiste en la perception, par les yeux et les oreilles du Divin’.
De fait, c’est par son lien avec le Rabbi, par la profondeur de son attachement à ses enseignements, par l’application concrète de ses instructions, par l’accomplissement de la mission qu’il lui a donnée, qu’un Juif, qu’un Hassid, parvient à percevoir le Divin.
La ‘Hassidout nous enseigne que les forces de l’âme d’un juif ne se limitent pas à la force de l’intellect (la capacité de réfléchir), à celle des sentiments (la capacité de ressentir), ni même à la force vitale qui vivifie son corps et le maintienne en vie à chaque instant.
En fait ces forces ne sont que celles de la partie de l’âme qui s’habille dans le corps. Il existe une partie de l’âme qui ne s’habille pas dans le corps, laquelle constitue l’essentiel de l’âme, et qui se nomme l’essence de l’âme.
Cette partie de l’âme représente ‘l’infini de l’âme’. Elle est enracinée dans l’Essence divine, et de ce fait ressent constamment la Présence de D.ieu et Le désire continuellement, éternellement.
Cette partie de l’âme est le Trésor que possède chaque juif, et c’est grâce à elle qu’un Juif est appelé ‘Roi’ (Zohar 2, 26b, début de l’introduction au Tikouné Zohar).
La ‘Hassidout donne souvent l’exemple du constructeur d’une maison qui regarde le plan que l’Architecte a conçu avant de commencer à construire concrètement cette maison. De la même façon, il est dit que ‘D.ieu regarda dans la Torah et créa le monde’. Cela doit nous faire comprendre que l’image du monde telle qu’elle apparaît à nos yeux cache des enseignements très profonds. L’observation des phénomènes physiques nous permet de comprendre des concepts divins très élevés.
Durant la première partie du mois de Kislev, c’est à dire du premier au 15, la lune s’éloigne progressivement du soleil. Le premier jour du mois (‘Roch ‘Hodèch : la ‘tête du mois’) la lune apparaît sous la forme d’un simple point (à l’exemple de la ‘tête’ : ‘Roch’) de lumière qui naît (naissance : nouveauté : ‘Hidouch : ‘Hodèch) dans le ciel, et ce point grandit peu à peu, jusqu’à ce que la lune soit pleine le 15 du mois qui est alors un jour de ‘pleine lune’.
Dans la seconde partie du mois, c’est à dire du 15 au 30, la lune se rapproche du soleil. Le jour du 15 (jour de ‘pleine lune’) la lumière du soleil se reflète sur toute la surface de la lune, puis du 15 jusqu’au 30 cette lumière va en diminuant progressivement, jusqu’à ce que le 30 elle ait complètement disparue.
D’après le principe selon lequel la lumière de la lune augmente lorsque la lune s’éloigne du soleil, et qu’elle diminue lorsqu’elle se rapproche du soleil, le Rabbi nous enseigne que la seconde partie du mois de Kislev (du 15 au 30) correspond à la révélation de l’Essence divine.
En effet, la date du 19 Kislev et celle de la fête de ‘Hannoucah tombent pendant la seconde partie du mois de Kislev, c’est à dire pendant la période où la lune se rapproche du soleil, et que sa lumière diminue progressivement jusqu’à finir par disparaître dans le ciel à la fin du mois.
Le Rabbi pose alors la question suivante : comment se fait-il que le jour lumineux du 19 Kislev, date de la libération de prison de l’Admour Hazaken, et les jour de ‘Hannoucah, la ‘fête des lumières’, coïncident avec la période où la lumière de la lune diminue dans le ciel ?
Nous aurions pu penser en effet que ces jours pleins d’une si grande lumière coïncident par exemple avec un jour où la lune, qui est comparée par les Sages à l’Assemblée d’Israël, est pleine.
Le jour de pleine lune symbolise en effet le fait qu’Israël (‘la lune’) reçoit une grande lumière d’Hachem (‘le soleil’). Or c’est le contraire qui se produit ici. Le 19 Kislev et ‘Hannoucah tombent précisément lorsque la lumière de la lune diminue dans le ciel.
La réponse à cette question peut être donnée à partir d’un enseignement du Rabbi Rachab. Le Rabbi Rachab explique dans son ouvrage intitulé ‘la Source’ (27, 1) que ‘l’intellect affaiblit la volonté’.
L’idée exprimée ici est que lorsqu’un Juif éveille la force de son intellect alors du même coup il n’agira pas au-delà de la raison. En d’autres termes quand un Juif est prêt à donner sa vie pour D.ieu, il ne réfléchit pas. Quand un Juif met sa vie en danger pour sanctifier le Nom de D.ieu, il est évident qu’il n’agit plus sous l’emprise de son intellect car il est alors animé par la force de l’Essence de son âme, laquelle est enracinée dans l’Essence divine.
Ainsi, ‘l’intellect affaiblit la volonté’ signifie ici que plus on révèle les forces de l’âme, comme l’intellect par exemple, plus on diminue la volonté qui est au-delà de l’intellect et de la raison, la force de l’Essence de l’âme. Et, plus on révèle la force de l’Essence de l’âme, plus on diminue la force de l’intellect.
Ainsi, la lumière de la lune est comparable à l’intellect (et à toutes les forces de l’âme), car de même que la lumière de la lune est un reflet de la lumière du soleil, l’intellect n’est qu’un reflet de l’Essence de l’âme. Dès-lors, le moment où la lumière de la lune diminue dans le ciel est comparable au moment où l’homme met son intellect de côté et révèle la force de l’Essence de son âme. Plus l’Essence se révèle, plus les forces de l’âme diminuent.
Le contraire est aussi vrai, car plus l’homme agit avec son intellect (la lumière de la lune augmente dans le ciel), moins il révèle la force de l’Essence de son âme (la force d’agir au-delà de la raison et de l’intellect).
A la lumière de ce qu’il vient d’être dit, nous pouvons comprendre à présent la raison pour laquelle le jour du 19 Kislev et la fête de ‘Hannoucah tombent pendant la deuxième moitié du mois de Kislev, quand la lumière de la lune diminue dans le ciel, car la diminution de la lumière correspond à la révélation de l’Essence. Ainsi, la période du 15 au 30 Kislev est un moment de l’année pendant lequel l’Essence divine se révèle tout particulièrement.
Dans le Dvar Mal’hout, le Rabbi décrit le dévoilement de l’Essence divine à l’exemple d’un Hassid qui entre dans le bureau du Rabbi. La lumière de la lune est en effet comparable à la lumière du ‘Hassid, et la lumière du soleil est elle-même comparable à la lumière du Rabbi.
A l’exemple d’une bougie que l’on allumerait en plein jour, bien que la lumière de la bougie continue de briller, elle s’annule totalement face à la lumière du jour, et ce n’est que lorsque le soleil se couchera que cette bougie brillera dans l’obscurité.
De la même façon, la lumière du ‘Hassid ne brille pas lorsqu’il se trouve en présence du Rabbi, car lorsqu’il se tient dans les quatre coudées du Rabbi il est alors occupé à recevoir la lumière du Rabbi. Mais plus encore, le ‘Hassid (le Mékabel : celui qui reçoit) s’unit et devient comme le Rabbi (le Machpia : celui qui donne) car lorsque l’Essence divine Se révèle la notion de Mékabel et de Machpia n’existe plus. Le Mékabel et le Machpia deviennent égaux. A l’exemple des temps futurs lorsque la lune et le soleil seront au même niveau. La lune ne recevra plus sa lumière du soleil comme c’est le cas à présent mais elle deviendra elle-même un luminaire.
Il est dit dans la Torah que ‘le Chalia’h d’une personne est comme la personne qui l’a envoyé’. La lumière du ‘Hassid, lorsqu’il se trouve devant le Rabbi s’unit à la lumière du Rabbi. Or, de même que la lumière de la lune apparaît quand elle s’éloigne du soleil, la lumière qui émane du ‘Hassid apparaît quand il quitte le bureau du Rabbi, et cette lumière n’est autre que celle du Rabbi. C’est par son lien au Rabbi, que chaque Juif a le mérite de dévoiler notre Juste Machia’h, avec l’aide d’Hachem.
L’Admour Haemtsaeï naquit et quitta ce monde le 9 du mois de Kislev, de même, Moché Rabbénou naquit et quitta ce monde le 7 du mois d’Adar, ainsi qu’il est dit : ‘Aujourd’hui ont été remplis mes jours et mes années, ce jour-ci je suis né et ce jour-ci je mourrai’ (Rachi, Dévarim, 31, 2).
Dans le Dvar Mal’hout le Rabbi souligne l’importance du fait qu’un Tsaddik naisse dans ce monde et quitte ce monde un même jour.
Dans la Paracha Michpatim (23, 26) L’Eternel déclare : ‘le nombre de tes jours Je remplirai’. De fait, L’Eternel remplit les jours de la Vie d’un Tsaddik au point que le nombre de ses années devienne un chiffre rond car la perfection de ce chiffre reflète la perfection de son service divin durant tous les jours de sa Vie. Nous pouvons dès-lors nous rendre compte que chez un Tsaddik comme Moché Rabbénou ou comme l’Admour Haemtsaeï le matériel est le miroir du spirituel.
Dans la ‘Hassidout, lorsque le matériel est le miroir du spirituel on parle de l’union entre la matière et l’esprit.
D’ailleurs, le qualificatif ‘Haemtsaeï’ signifie le ‘Milieu’ et peut également signifier le ‘Moyen’. ‘Haemtsaeï’ exprime donc la capacité de Rabbi Dov-Ber (l’Admour Haemtsaeï) d’unir la matière à l’esprit, de révéler le Divin abstrait dans ce monde physique et matériel. Le ‘chiffre rond’ des jours de sa Vie n’est pas non plus sans évoquer la lumière d’Or-Sovev qui ‘entoure les mondes’, et met en relief la force du Rabbi d’attirer dans un monde limité la lumière divine infinie.
Le Tsémah Tsédek en disant de l’Admour Haemtsaeï que ‘si l’on ouvrait son doigt on verrait couler des paroles de ‘Hasssidout’ exprimait le fait que les mots de la ‘Hassidout sont la vitalité : le sang qui vivifie tous les membres du corps de l’Admour Haemtsaeï. Le sang provient d’ailleurs des aliments que l’on mange et le Rabbi établit ici le lien qui existe entre la lumière divine les repas du Chabbat et l’Admour Haemtsaeï. A l’époque où le Rabbi exprima les propos du Dvar Mal’hout sur la Paracha Vayetsé, le jour du 9 Kislev tombait le jour du Chabbat. L’union entre le spirituel et le matériel apparaissait alors à l’évidence car le Chabbat qui était aussi le jour de l’anniversaire du Rabbi la Sainteté divine supérieure brille et pénètre dans le corps d’un Juif quand il mange, boit et même quand il dort. Le Rabbi déclarait aussi que tout ce qu’il nous reste à faire est d’ouvrir les yeux et de voir que le peuple d’Israël est déjà attablé à la Table du repas de la Délivrance, où l’on mange de la viande du Chor-ha-Bar (taureau sauvage) et de la chair du Léviathan, et où l’on boit du vin vieux. Cette déclaration du Rabbi nous enseigne que ce repas est en soi une élévation pour l’âme et pour le corps. La viande du taureau sauvage, la chair du poisson et le vin vieux deviendront un sang nouveau : une ‘vitalité nouvelle’ pour l’âme et le corps. Le contenu profond de ces aliments représente le dévoilement des ‘secrets des secrets’ de la partie le plus profonde de la Torah, de l’Essence de la Torah : la Torah ‘Hadacha.
Ce lien entre le spirituel et le matériel est développé par le Rabbi à travers l’histoire de notre Patriarche Yaacov. Il est écrit que ‘Yaacov sortit de Beer-Cheva et il alla vers ‘Harane’ (Vayetsé, 28, 10). La ‘Hassidout nous enseigne que le voyage de Yaacov lorsqu’il quitta la Maison de son père Itz’hak pour se rendre chez Lavan à ‘Harane est en soi une descente car Yaacov quitta la Maison d’un Tsaddik et se rendit dans la maison d’un racha. La ‘Hassidout compare donc cette descente, à partir d’un endroit de Sainteté (la maison d’Itz’hak) vers un endroit impur (la maison de Lavan), à la descente de l’âme dans le corps, car l’âme divine provient d’un endroit de Sainteté (elle fait ‘Un’ avec Hachem) et descend s’habiller dans un corps et une âme animale où la possibilité est donnée à l’homme de choisir entre le bien et le mal.
Cependant, le but de cette descente à ‘Harane est de parvenir à un niveau supérieur car lorsqu’un Juif parvient à faire face à tous les voiles (‘Harane) il s’élève à un niveau supérieur. Par exemple, le Rabbi Rachab nous enseigne que c’est précisément le corps qui nous permettra d’accéder à la vision du Divin : du fait que la racine du corps est plus élevée que la racine de l’âme, le corps une fois purifié nourrira l’âme divine ainsi qu’il est dit : ‘dans les temps futurs l’âme sera nourrie par le corps’.
Dans le Dvar Malhout le Rabbi souligne qu’il n’est pas écrit וילר לחרן mais il est écrit וילר חרנה
La ‘Hassidout nous enseigne que la lettre Hé (la dernière lettre du Nom Havayéh) représente le souffle divin qui crée et maintient en vie toute la Création. Ainsi, la lettre hé qui est à la fin du nom ‘Harana est une allusion au fait que Yaakov fait pénétrer le Divin, symbolisé par la lettre Hé, dans ‘Harane qui est la partie du monde la plus grossière. Dans ce cas ‘Harane devient ‘Harana et l’on peut alors se rendre compte que par ses actions Yaacov révèle la force divine au sein de la matière, qu’il transforme ce monde matériel et grossier en un endroit de Sainteté.
Il est raconté dans notre Paracha que Yaacov s’est endormi à l’endroit où allait être situé le Temple et le Rabbi nous enseigne que cette nuit fut donc liée au dévoilement de l’Essence divine. Par ailleurs, le Rabbi nous explique que lorsqu’un homme s’allonge pour dormir sa tête et ses pieds sont alors au même niveau, et nous pouvons donner à cela deux explications.
D’une part, le sens que l’on peut donner au fait que la tête et les pieds sont au même niveau est que lorsque l’âme divine descend et s’habille dans le corps sa lumière et sa force sont masquées par le corps et par l’âme animale. C’est pourquoi nous disons que ‘la tête est au même niveau que les pieds’ car la tête représente la force spirituelle de l’âme divine alors que les pieds représentent l’obscurité et la bassesse de l’âme animale. Dans ce cas le sommeil est comparé à l’obscurité de l’exil car les forces de l’âme sont dans l’obscurité, la tête et les pieds sont à égalité, au même niveau.
Cependant, par l’accomplissement des Mitsvoth, l’âme dans le corps, on libère et dévoile la lumière de l’âme divine et dans ce cas on transforme la ‘Homriouth (grossièreté) en ‘Gachmiouth’ au point que le corps matériel (‘gachmi’) s’unit à l’âme, au point qu’il devient le réceptacle de l’âme divine.
Dans le sens simple ‘être allongé’ représente comme il vient d’être dit une descente car le spirituel est au niveau du matériel, mais dans le sens profond ‘être allongé’ représente un niveau supérieur car il s’agit du dévoilement de l’Essence divine. Le ‘supérieur’ et ‘l’inférieur’ sont dans une totale égalité face au dévoilement de L’Essence qui est elle-même au-delà de toutes notion de haut et de bas, de ‘tête’ et de ‘pied’, face à elle tout est à égalité véritablement.
Il est écrit dans notre Paracha que Yaacov entoura sa tête de pierres pour se protéger des bêtes sauvages. La signification profonde du geste de Yaacov est qu’il voulut renforcer les forces de son âme afin de faire face aux forces du mal comparées ici a des ‘bêtes sauvages’. De ce fait, cette action de Yaacov s’accorde à la première explication du Rabbi sur le fait de libérer la lumière de l’âme divine afin de soumettre le corps et l’âme animale à la Volonté du Saint béni soit-Il. Le Rabbi rapporte le commentaire de Rachi selon lequel Yaacov entoura également son corps de pierres. De fait, le corps lui-même manifesta son désir d’être entouré de pierres, d’être comme la tête : renforcé, protégé (éclairé lui aussi par la lumière divine). Dans ce cas le corps n’est plus seulement le réceptacle de l’âme mais il atteint une parfaite égalité avec l’âme.
Ainsi, le Rabbi nous enseigne que la tête et le corps de Yaacov qui sont entourées de pierres exprime le dévoilement de l’Essence divine dans l’âme et dans le corps, car face au dévoilement de l’Essence le spirituel et le matériel sont au même niveau.
Mais peut-être pouvons-nous expliquer que le Rabbi sous-entend ici plus encore que cela. En effet, il est dit que ‘dans les temps futurs l’âme sera nourrie par le corps’. Dans ce cas il est possible de dire, sous la forme d’un ‘Hidouch, que les pierres qui entourent la tête et le corps de Yaacov représentent les mots de la Torah ‘Hadacha, en s’appuyant sur l’enseignement de l’Admour Hazaken dans le ‘Torah Or’ selon lequel les lettres hébraïques sont telles des pierres qui lorsqu’elles sont assemblées deviennent une Maison dans laquelle réside l’Esprit divin. Ainsi, la tête et le corps de Yaacov entourées de pierres évoque le dévoilement de la Torah ‘Hadacha lequel s’accorde au fait que dans les temps futurs Hachem dévoilera que la racine du corps est supérieure à celle de l’âme (‘l’âme sera nourrie par le corps’), et à l’exemple de la ‘Hassidout qui coule dans les veines de l’Admour Haemtsaeï, les mots de la ‘Torah nouvelle’ nous insuffleront une ‘vitalité nouvelle’ grâce au dévoilement du Machia’h, très bientôt et de nos jours, avec l’aide d’Hachem.
L’Assemblée d’Israël est comparée à la lune. Tout comme la lune reçoit toute sa lumière du soleil l’Assemblée d’Israël reçoit toute sa lumière du Saint béni soit-Il. Dans le Dvar Mal’hout sur la Paracha ‘Toldot’, le Rabbi met en évidence le lien qui existe entre la renaissance de la lune dans le ciel, le jour de Roch ‘Hodech, et la renaissance d’un Juif à son réveil. Ce lien s’exprime avec d’autant plus de force lorsque nous entrons dans le mois de Kislev et les enseignements du Dvar Mal’hout sur la Paracha Toldot nous préparent aux enseignements du Rabbi dans le Dvar Mal’hout de la Paracha Vayichla’h qui se basent aussi sur les changements de la lune et sur leurs significations profondes.
Pendant la nuit de Roch ‘Hodech la lune, dont la lumière n’était plus visible pendant le dernier jour du mois de Mar-‘Hechvan, réapparaît dans le ciel le premier jour du mois de Kislev sous la forme d’un simple point lumineux. C’est la raison pour laquelle on emploie l’expression Roch-‘Hodech.
Le mot ‘Hodech’ qui s’apparente au mot ‘hidouch’ (nouveau) évoque la renaissance de la lune et le mot ‘Roch’ : ‘la Tete’, fait allusion au point lumineux de la lune, or, ‘ce point, bien qu’il ne soit qu’un simple point est le point de la naissance de la lune et il inclut donc tout ce qui advient à la lune par la suite, à l’exemple de tout ce qui constitue l’existence d’un homme tout au long de sa Vie au moment de sa naissance, et c’est pourquoi on utilise les mots Roch- ‘Hodech, comme la tête qui est la source de vitalité de tous les membres du corps’.
La lumière de la lune qui comme il vient d’être dit apparaît sous la forme d’un simple point va tous les jours en grandissant, jusqu’au quinzième jour du mois qui est le jour de la pleine lune. A partir du 15, la lumière de la lune va en décroissant, jusqu’au dernier jour du mois quand sa lumière a totalement disparue dans le ciel.
L’usage en Israël est d’appeler le mois de Kislev le mois de la Délivrance. Nous aurions pu penser qu’il est plus judicieux de parler de Délivrance lorsque toute la face de la lune est éclairée c’est-à-dire le 15 du mois, mais le Rabbi nous enseigne que c’est précisément le jour de Roch ‘Hodech, lorsque l’on ne voit qu’un simple point de la lumière de la lune, qui exprime avec le plus de force le jour de la Délivrance finale. C’est la raison pour laquelle le Rabbi nous enseigne que le jour de Roch ‘Hodech, qui est celui de la renaissance de la lune dans le ciel, est comparé au réveil d’une personne car le réveil d’un Juif est celui de l’Essence de son âme.
Comme Il a été dit précédemment le mot ‘Roch’ désigne la ‘tête’ (le simple point de la lune qui apparaît dans le ciel) et de la même façon l’Essence de l’âme juive est elle-même la ‘tête’ de l’âme car elle est enracinée dans l’Essence divine et elle garde et nourrit tous les niveaux de l’âme. C’est à cela que se rapporte le verset (‘Elokaï néchamah’) : ‘Et Tu la gardes en moi’. ‘Tu’ représente l’Essence de l’âme ‘qui fait un avec D.ieu’, et ‘Tu la gardes en moi’ signifie que l’Essence de l’âme qui ne s’habille pas dans le corps garde et nourrit la partie de l’âme qui s’habille dans le corps (voir le discours du Rabbi ‘Vayéchèv Yaakov’).
Dès-lors, le simple point lumineux de la lune qui va en grandissant jour après jour fait allusion à la lumière de l’Essence de l’âme qui se révèle au moment où l’on ouvre les yeux et qui va en grandissant en éclairant toutes les forces de l’âme : ‘le plaisir la volonté, les forces de l’intellect, les sentiments et les actions, ses pensées ses paroles et ses actes, et son corps’.
Dans le Dvar Mal’hout le Rabbi souligne que le fait que le jour de ‘Hodech, et plus particulièrement Roch ‘Hodech Kislev, est lié à la Délivrance car il représente la naissance de la lune qui elle-même évoque le dévoilement de l’Essence divine dans l’âme de chaque Juif, et tout particulièrement dans celles des enfants.
En effet, lorsqu’un adulte s’adresse à D.ieu dans sa prière il ne le fait pas comme le fait un enfant. L’adulte sait qu’il existe plusieurs Noms divins, que chacun représente un attribut particulier. Il sait qu’il existe un enchaînement des mondes. Il a appris la différence qui existe entre l’Essence de D.ieu et les différents dévoilements de Sa lumière, mais contrairement à un enfant il ne se lie pas véritablement à Lui avec l’Essence de son âme. A l’opposé, Un enfant ne connait pas tous les Noms divins et tous les dévoilements divins, et quand il parle à D.ieu il dit seulement : Hachem ! Hachem fait partie de toute sa Vie. Pour un enfant il n’y a pas de différences entre la réalité divine et sa propre réalité car ces deux réalités ne sont qu’une seule et même réalité.
A l’évidence le Rabbi nous enseigne ici l’importance de dévoiler la force de l’Essence de notre âme en suivant l’exemple des enfants qui s’attachent à L’Eternel seulement par le lien qui unit l’âme d’un Juif à son Père qui est dans le ciel.
רגע המולד (‘Réga-ha-Molad’) signifie ‘le moment de la naissance’, et cette expression est employée par le Rabbi a plusieurs reprises dans le Dvar Mal’hout, car comme il a été dit le moment de la naissance de la lune exprime la Délivrance finale. Or, il est possible de dire (sous la forme d’un ‘hidouch) que la valeur numérique de l’expression : Réga-ha-molad, est elle-même une allusion à la Délivrance car elle est égale à la valeur numérique de Machia’h : 358 !
De fait, la ‘Hassidout elle-même est définie par le Rabbi comme une ‘vitalité nouvelle’, elle insuffle une vitalité nouvelle aux forces de notre âme et aux différents paliers d’interprétation de la Torah. C’est par notre attachement au Rabbi que nous recevons cette vitalité nouvelle grâce à laquelle nous aurons le mérite de recevoir une ‘Torah nouvelle’ (Torah ‘Hadacha) par l’intermédiaire du Machia’h, et de vivre sur une ‘Terre nouvelle’ et sous un ‘Ciel nouveau’, très bientôt et de nos jours avec l’aide d’Hachem !
Avraham envoya son serviteur Eliézer chercher un parti pour son fils Itz’hak. Rachi écrit qu’Avraham ‘avait écrit un acte de donation au profit d’Itz’hak qui incluait tout ce qu’il possédait, afin qu’ils s’empressent d’envoyer vers lui leur fille’. ‘Tous les biens de son Maître’ étaient dans la main d’Eliézer’, car d’après le sens simple Avraham voulut qu’à la vue de tout cet argent les parents de la fiancée n’hésiteraient pas à donner leur fille à Itz’hak.
Plus profondément, le Rabbi explique que ce mariage entre Itz’hak et Rivka est le premier mariage Juif après que fut ordonné par D.ieu la Mitsvah de la Mila. De ce mariage vient tout le peuple d’Israël, jusqu’à la fin de toutes les générations.
Le Rabbi met ici l’accent sur le fait qu’Avraham donna à son fils tout ce qu’il possédait. Avraham fit totalement don de lui-même et montra ‘qu’il est le Père de tous les enfants d’Israël, et c’est pour cela qu’il donna tout ce qu’il possédait pour la réussite de ce mariage’.
La Chli’hout qui commence avec Eliezer se termine avec le Machia’h mais il incombe aussi à chaque Juif de mener à bien la mission qui lui a été donnée de faire tout ce qui est en son pouvoir pour provoquer la Délivrance finale. Aussi, le Rabbi souligne que de même qu’Avraham a donné tout ce qu’il possédait à Eliezer pour la réussite du mariage de son fils, L’Eternel donne à chaque Juif tout ce qu’Il a pour qu’il réussisse sa mission.
Dans le Dvar Mal’hout le Rabbi nous enseigne que la qualité de notre Maître Moché est celle de ‘Machpia’. Moché enseigne la Sagesse de D.ieu exprimée dans la Torah aux enfants d’Israël. Il est donc à l’exemple du soleil dont la lumière éclaire la Terre. A l’opposé, Machia’h représente le ‘Mékabel’, ‘celui qui reçoit’, car il est totalement soumis à L’Eternel. C’est pourquoi la lumière du Machia’h est comparée à celle de la lune car toute la lumière de la lune provient du soleil.
Chaque Juif doit posséder ces deux qualités, ‘Machpia’ et ‘Mékabel’, pour accomplir sa mission.
D’un côté il doit être totalement soumis à la volonté de celui qui l’envoie. Comme la lune qui ne possède pas sa propre lumière car toute sa lumière provient du soleil lui-même, le Chalia’h doit accomplir la mission qui lui a été donnée sans en changer le moindre détail. Il doit suivre à la lettre les instructions de son Maître et faire preuve d’une totale soumission vis-à-vis de lui, à l’exemple du Machia’h dont la qualité essentielle est celle de ‘Mékabel’.
D’un autre côté, chaque Juif doit aussi posséder la qualité de Machpia de Moché, c’est-à-dire qu’il doit savoir exploiter les forces qui lui ont été données par D.ieu. C’est à ce sujet que le Rabbi explique que la valeur numérique de ‘Chalia’h’ est 348 et en ajoutant la valeur de 10, laquelle correspond aux 10 forces de l’âme, on obtient 358 qui est la valeur numérique de ‘Machia’h’. De fait, chaque Juif doit penser et comprendre au moyen des forces de son intellect. Il doit toujours se demander de quelle manière influencer les personnes de son entourage et le monde qui l’entoure. Il doit être un ‘Machpia’, à l’exemple de Moché qui est comparé au soleil dont la lumière éclaire la Terre.
A la lumière de ce qu’il vient d’être dit il apparaît que ‘Machpia’ et ‘Mekabel’ sont deux qualités opposées, et c’est précisément ce qui caractérise un Chalia’h. Le Chalia’h est celui qui possède la faculté d’unir les opposés. Il doit être capable de faire preuve de la plus grande soumission vis-à-vis de celui qui l’envoie et en même temps savoir exploiter son propre potentiel.
Dans le Dvar Mal’hout le Rabbi nous enseigne que le mariage d’Itzhak et de Rivka exprime l’union entre deux choses opposées : l’esprit et la matière. Itz’hak symbolise l’esprit (l’âme) et Rivka symbolise la matière (le corps).
(Dans le langage de la partie profonde de la Torah l’union de l’esprit avec la matière correspond à l’union des Noms divins ‘Mah’ et ‘Ban’, ‘Mah’ représente la spiritualité et ‘Ban’ représente la matérialité).
Plus encore, Le Rabbi souligne que ce Mariage est profondément lié à l’Union entre le Saint béni soit-Il et l’Assemblée d’Israël qui allait se réaliser plus tard sur le Mont Sinaï. La Torah est elle-même comparée au contrat de mariage, la Kétouba de cette Union. De manière profonde la Torah n’est pas non plus sans exprimer l’union entre l’esprit et la matière. Au sujet du verset ‘la voix est celle de Yaakov’ l’Admour Hazaken a expliqué que la Torah est appelée ‘la Voix’ car de même que la voix d’un homme unit le sentiment immatériel avec la parole qui est matérielle, la Torah unit l’Esprit divin, ‘immatériel’, avec les lettres matérielles de la Torah qui sont écrites au moyen de l’encre sur du parchemin.
Au sujet de l’union entre l’esprit et la matière il est bien de mentionner ici aussi l’enseignement du Rabbi sur la beauté de Sarah. En effet, le Rabbi explique que la beauté de Sarah venait du fait que ‘l’âme de Sarah puisait sa Lumière de la Lumière d’Or ein Sof (la Lumière infinie de D.ieu)’.
‘Sarah était belle à 7 ans comme à 20 ans comme à 100 ans’.
Ce verset de la Torah est au premier abord étonnant car toute personne est soumise à des changements. Le temps agit sur chacun et l’on voit bien que l’aspect du corps change au fil des années. Comment dans ce cas doit-on comprendre que Sarah était belle à tous les âges ? La réponse du Rabbi est que ‘l’âme de Sarah puisait sa Lumière dans la Lumière infinie de D.ieu’ et ‘la Lumière infinie de D.ieu’ est au-delà de l’espace et du temps, c’est-à-dire au-delà de toutes les limites que nous imposent ce monde matériel. Le corps de Sarah était empli de cette Lumière qui est au-delà du monde, de cette Lumière infinie qui a le pouvoir de briser les limites du temps et c’est pour cela que Sarah n’était pas affectée par les affres du temps. C’est pour cela précisément quelle était belle à 7 ans comme à 20 ans, comme à 100 ans, car le temps n’avait aucune emprise sur elle
Dans le ‘Séfer ha Sihot’ (5752, hélek alef, page 106), le Rabbi écrit que ‘le Machiah représente l’union entre Ban et Mah car d’un côté il est un homme de chair et de sang (Ban) et d’un côté il est comme le Saint béni soit-Il (Mah) car il est l’envoyé du Saint-béni-soit-Il et ‘l’envoyé est vraiment considéré comme celui qui l’envoie ».
A l’évidence, l’exemple du Rabbi est l’expression du lien de l’esprit avec la matière. Il est celui qui enseigne la Torah ‘Hadacha, l’Essence de la Torah dont le pouvoir est d’apporter la plus grande chaleur à la froideur de l’intellect.
C’est grâce aux enseignements du Rabbi qu’un homme éveille sa perception du Divin et qu’il parvient à voir et à ressentir la spiritualité qui vit en lui-même et dans ce monde matériel.
Le Rabbi parvient à unir l’âme de la Torah au corps des enfants d’Israël car il est celui qui élève nos perceptions et nos sensations, vers la sensibilité du Divin.
A la lumière de ces enseignements du Rabbi, il est possible de dire que le lien qui unit le Rabbi à ses émissaires venus des quatre coins du monde au ‘770’ pour le ‘Kinous-ha-Chlou’him’ est comparable à l’union entre Itz’hak et Rivkah. Le Rabbi est lui-même l’Essence de l’âme d’Israël. A l’image d’Itz’hak, il vit dans un endroit saint et il est lui-même saint. Les Chlou’him vivent en-dehors des quatre coudées du Rabbi, à l’image de Rivkah qui vit en-dehors de la Terre d’Israël, dans la maison de Bétouel et de Lavan, ‘telle une rose au milieu des épines’.
Le Rabbi s’unit à ses émissaires, en leur donnant une mission, et en leur donnant toutes les forces nécessaires pour l’accomplir. Aussi, le rassemblement du Rabbi et de ses émissaires, est telle une union que l’on célèbre sous la ‘Houpa. Or, la chose est connue qu’au moment de la ‘Houpa, le ciel s’ouvre pour entendre les prières des nouveaux mariés, et de la même façon pendant le Kinous-ha- Chlou’him le ciel s’ouvre au-dessus du 770 pour entendre la prière du Rabbi et de ses ‘Hassidim, comme ‘un seul homme avec un seul coeur’, pour demander la venue de notre Juste Machia’h, dès-à-présent avec l’aide de D.ieu.
La date du 20 Mar-‘Hechvan est celle de l’anniversaire du Rabbi Rachab, et dans le Dvar Mal’hout le Rabbi établit un lien entre le contenu profond de ce jour et celui de la paracha Vayéra.
Le chiffre 20 correspond à la lettre Kaf laquelle est la première lettre du mot Kéter qui désigne la Couronne qui surplombe l’enchainement des mondes. Par ailleurs, le mot hébreu ‘Essrim’ qui veut dire 20 a pour valeur numérique 620 comme la valeur numérique de Kéter.
La date du 20 Mar-‘Hechvan exprime donc de manière profonde le dévoilement de l’Essence divine dans ce monde profane car le mois de Mar ‘Hechvan qui succède au mois de Tichri représente le commencement de nos actions afin de faire de ce monde matériel une demeure pour l’Essence divine.
Toute la vie du Rabbi Rachab est consacrée au dévoilement de l’Essence divine dans ce monde inférieur, comme l’exprime tout particulièrement la remarque qu’il fit à son grand-père le Tséma’h Tsédek quand il lui demanda en pleurant, alors qu’il n’était qu’un enfant : ‘pourquoi L’Eternel apparut à Avraham et à nous Il n’est pas apparu ?’.
La ‘Hassidout souligne que ‘les cieux et les cieux des cieux ne peuvent pas contenir l’Essence divine’. L’Eternel Se révèle seulement dans le Beït-ha-Mikdache qui se trouve ici-bas, sur la terre. De fait, le niveau supérieur de l’Essence divine ne peut se révéler que dans ce monde inferieur, et ce principe s’applique aussi à la Mitsvah de la Brith-mila qui est la seule Mitsvah de la Torah où l’on voit que le dévoilement de l’Essence divine pénètre jusque dans la chair.
Le Rabbi nous enseigne que ‘L’Eternel lui apparut’ représente le dévoilement de l’âme divine dans le corps au moment de la circoncision. C’est pourquoi il est écrit que ‘L’Eternel lui apparut’. ‘Lui’ désigne chaque Juif. En effet, il n’est pas écrit que ‘L’Eternel apparut à Avraham’ mais il est écrit que ‘L’Eternel lui apparut’ car L’Eternel apparaît à chaque Juif (‘lui’) du fait que l’âme divine se révèle dans le corps de chaque Juif au moment de sa circoncision.
Dans le livre du Tanya l’Admour Hazaken explique le sens de la déclaration des Sages selon laquelle dans les temps messianiques ‘Le soleil sortira de son étui’. ‘La lumière du soleil’ représente la lumière du Nom Havayeh, et dans les temps messianiques ‘le soleil sortira de son étui’ c’est-à- dire que le Nom Hayayeh ne sera plus masqué par le Nom Elokim (qui est comparé ici à un étui). Ainsi, le Rabbi explique dans le Dvar Mal’hout que ‘la chaleur du jour’ est une allusion au dévoilement supérieur de l’Essence divine, laquelle est symbolisée par le nom ‘Havayeh’ qui eut lieu par le mérite de la Mitsvah de la Brith-Mila. Le Rabbi souligne aussi que la Torah mentionne qu’Avraham ‘ était assis à l’entrée de la tente’ (Vayéra, 18, 1).
Dans l’un de ses discours ‘Hassidiques l’Admour Hazaken compare l’âme à une tente et à la lumière de cette comparaison l’image d’Avraham ‘assis à l’entrée de la tente’ n’est pas sans évoquer ce moment pendant lequel l’âme ‘s’asseoit’ dans le corps au moment de la circoncision, de l’Alliance éternelle entre le Saint béni soit-Il et les enfants d’Israël, de l’Alliance entre l’âme divine et le corps.
Plus encore, dans le Dvar Malhout le Rabbi explique que le mot’Assis’ exprime l’idée qu’Avraham reçut ce dévoilement de manière profonde. En effet, ‘asseoir’ une chose(‘Hityachvout’) c’est lui donner toute la stabilité dont elle a besoin. Ce n’était pas la première fois que L’Eternel Se dévoila à Avraham mais avant qu’il ne se soit circoncit Avraham ne pouvait supporter le dévoilement de D.ieu sans tomber ‘face contre terre’, or, après qu’il se soit circoncis il demeura ‘assis’, il fut renforcé.
La Mitsvah de la Milah a en effet ceci de supérieur à toutes les autres Mitsvoth de la Torah, qu’elle attire la Sainteté, non seulement dans la matière du corps, mais également dans la matière de ce monde, la promesse que L’Eternel fit à Avraham, de donner la Terre d’Israël aux enfants d’Israël dépendit de cette Mitsvah.
Dans le Dvar Mal’hout de la Paracha ‘Le’h Lé’ha’, le Rabbi nous a enseigné que nous ne possédons pas la totalité de la Terre d’Israël car nous ne possédons à présent que sept des dix Terres qui constituent sa totalité (de manière profonde les sept Terres que nous avons reçues correspondent aux sept Midot : les sept attributs de l’émotion). Ce n’est que dans les Temps messianiques que nous parviendrons à sa totalité lorsque nous recevrons les Terres de ‘Kini’, ‘Knizi’ et ‘Kadmoni’ qui correspondent aux trois forces de ‘Habad : ‘Hohmah’, ‘Binah’ et ‘Daat’. Il y a d’ailleurs une allusion à l’acquisition de ces Terres dans notre Paracha (18, 2) : ‘Avraham leva les yeux, il vit, et voici trois hommes qui se tenaient debout devant lui’.
Le Rabbi Rachab enseigne que ces ‘trois hommes’ représentent l’Essence des 3 Mo’hin, des attributs divins de ‘Hokhmah’ ‘Binah’ et ‘Daat’, et ces ‘trois hommes’ évoquent ainsi le dévoilement de L’Essence de la Torah, lorsque L’Eternel dévoilera aux enfants d’Israël, par l’intermédiaire du Machia’h la ‘Cinquantième Porte de la Connaissance’, le don de la Torah ‘Hadacha qui aura lieu pendant la Délivrance finale, laquelle ‘se tient devant nous’, est proche de nous.
Le lien qui existe entre le corps et la Terre d’Israël apparaît ici à l’évidence car l’acquisition de la totalité de la Terre d’Israël dépend directement du fait de nous préparer à la venue du Machia’h, c’est à dire de faire tout ce qui est en notre pouvoir pour sanctifier notre corps, d’abord par la circoncision ‘matérielle’, qui consiste à faire pénétrer l’Alliance avec D.ieu dans notre propre chair, mais aussi par la circoncision ‘spirituelle’ qui consiste à étudier l’Essence de la Torah, la ‘Hassidouth, afin de devenir un réceptacle pour recevoir le dévoilement des trois Terres de ‘Kini’ ‘Knizi’ et ‘Kadmoni’, qui correspondent comme il vient d’être dit au dévoilement de la ‘Cinquantième porte de la Connaissance’, la ‘Torah Hadacha’, la Torah du Machia’h.
La ‘Hassidout revient constamment sur le fait que la Volonté du Saint béni soit-Il, le but de Sa Création, est Son désir de résider dans ce monde matériel. Or, ce monde est le plus bas d’entre tous les mondes, et force est de constater que ‘c’est précisément sur cette Terre inférieure que se révèle Son Essence’.
Ce principe essentiel s’exprime tout particulièrement par l’exemple de Moché. Hachem le choisit pour être le Berger d’Israël car ‘il est le plus humble parmi tous les hommes de la terre’. A l’exemple d’Avraham qui a déclaré de lui-même qu’il n’est que ‘poussière et cendre’, Moché est humble comme ‘la poussière de la terre que tout le monde piétine et qui ne s’en plaint jamais’. De manière profonde, la ‘terre’ représente la soumission la plus totale vis-à-vis de L’Eternel. C’est parce qu’il est humble, qu’il mérite que D.ieu se révèle à lui : ‘L’Essence divine Se révèle précisément sur la terre’. C’est à ce sujet que le Rabbi rapporte dans le Dvar Mal’hout la déclaration du Roi Chlomo selon laquelle ‘les cieux et les cieux des cieux ne peuvent pas Te contenir, mais le Beït-ha-Mikdache qui se trouve ici dans ce monde inférieur le peut’.
Dans ce Dvar Mal’hout, le Rabbi raconte l’histoire du Rabbi Rachab alors âgé de 4 ou 5 ans qui entra dans le bureau de son grand-père le Tséma’h Tsédek en pleurant et en lui demandant: ‘L’Eternel est apparu à Avraham mais à nous il ne nous est pas apparu’.
Cette histoire nous enseigne l’importance de désirer nous-même au point d’en pleurer le dévoilement de D.ieu. L’exemple du Rabbi Rachab lorsqu’il est un enfant parle de lui-même. Le Rabbi Rachab ne dit pas ‘LEternel ne m’est pas apparu’ mais il dit : ‘L’Eternel ne nous est pas apparu’. Le Rabbi Rachab désire que L’Eternel apparaisse aux yeux de tous et non pas seulement à ses propres yeux.
Par ailleurs, le Rabbi souligne ici la qualité des jeunes enfants d’Israël. Leur attachement à D.ieu ne dépend pas des forces de leur intellect, ni même de leurs sentiments. Leur attachement à D.ieu découle de l’Essence de leur âme, du lien qui dépasse la raison et l’intellect.
Dans son ouvrage intitulé : ‘La Source’, le Rabbi Rachab nous enseigne que ‘l’intellect affaiblit la volonté’. Cette volonté inébranlable de faire le bien et de s’éloigner du mal pour ne faire que la Volonté du Saint- béni-soit-Il. Cette volonté de voir avec nos yeux de chair le dévoilement de D.ieu, de Son Temple, de Sa Torah ‘Hadacha, et de Son Machia’h.
Un des points essentiels du Dvar Mal’hout sur notre Paracha, est que chaque Juif possède la capacité de dévoiler et de révéler dans nos actions, la partie la plus profonde son âme. Lorsqu’il nous enseigne ce sujet, le Rabbi déclare que ‘L’âme divine est une parcelle de divinité véritable, et lorsque l’on détient (‘tofès) une partie de l’Essence, on la détient dans sa totalité. On détient véritablement l’Essence divine’. Aussi, le mot ‘tofès’ (‘tfisa’ : ‘détention’) est lié à l’acquisition, au ‘kinian’, par lequel un homme devient propriétaire de la chose acquise.
Ainsi, chaque Juif ‘tofès’, acquiert, devient propriétaire de l’Essence divine de manière véritable’.
La circoncision est la première étape vers cette acquisition. ‘L’Eternel lui apparut’ désigne le dévoilement de l’âme divine dans le corps au moment de la Brith-Milah, puis par notre attachement à la partie profonde de la Torah, par notre attachement à tous les enseignements du Rabbi, nous parvenons à circoncire notre cœur, c’est à dire à parvenir à ce qu’il soit pur, au point d’aimer D.ieu de tout notre pouvoir’ et dans cas L’Eternel nous apparaîtra, et nous Le verrons avec nos yeux de chair, ainsi qu’il est dit : ‘De ma chair je verrais D.ieu !’, très bientôt et de nos jours, avec l’aide de D.ieu.
Dans le discours Hassidique qui commence par le premier verset de la Paracha : ‘L’Eternel dit à Avram : Va pour toi, hors de la terre de ton pays natal et de la maison de ton père’. Le Rabbi Rayats donne comme explication de ‘Le’h-Le’ha’ : ‘Le’h le atsme’ha’, c’est à dire ‘va jusqu’à la racine de ton âme. Atteint l’endroit de la source de ton âme qui est en-haut afin que tes actes inscrivent une empreinte dans le ciel et qu’il y est de ce fait un dévoilement divin ici-bas’.
C’est par un réveil ici-bas, en étudiant la Torah et en accomplissant les Commandements divins en ayant le cœur enflammé par notre amour pour D.ieu et en faisant don de nous-même que l’on parvient à atteindre l’Essence de notre âme, c’est le sens de ‘Leh-Le-ha’ : ‘Le Atsme’ha’ : ‘Va jusqu’à toi-même’ et ‘toi-même’ désigne l’Essence de l’âme Juive.
Dans le Dvar Mal’hout sur notre Paracha, le Rabbi nous enseigne que les sujets de la Paracha Le’h-Lé’ha ‘expriment le contenu général de toute la Torah et du Judaïsme’.
Dans la première Paracha de la Torah, ‘Béréchit’, il est question de la Création du monde par D.ieu.
Dans la deuxième Paracha, ‘Noa’h’, il est question du déluge qui tel un Mikveh vint pour purifier ce monde.
Enfin, dans la troisième Paracha, ‘Le’h-Lé’ha’, il est question de l’union entre le Divin et le monde, et de ce fait, cette Paracha représente la préparation nécessaire au Don de la Torah.
Avraham, le premier Juif, fut le premier à recevoir un ordre de D.ieu. L’ordre divin de quitter ‘l’endroit de sa naissance, la maison de son père’, afin de se rendre vers ‘la Terre que Je te montrerai’ : la Terre d’Israël.
Par ‘l’alliance entre les morceaux’, L’Eternel promet à Avraham de lui donner cette Terre, puis, à la fin de la Paracha, il est question de la Mitsvah de la ‘Milah’, une Alliance éternelle entre le Saint béni soit-Il et les enfants d’Israël, ‘une Alliance dans votre chair, une Alliance éternelle’.
L’entrée sur la Terre d’Israël, représente la mission d’Avraham et de tout le peuple Juif, de sanctifier la Terre d’Israël en y accomplissant les Commandements divins. Or, ce qui est vrai pour la Terre d’Israël l’est aussi pour le corps des enfants d’Israël.
En effet, la circoncision d’Avraham est liée à la promesse de l’Eternel au sujet du don de la Terre d’Israël. De même que nous devons sanctifier la Terre d’Israël, nous devons également sanctifier notre propre corps, et la Mitsvah de la circoncision exprime avec clarté l’union que nous devons établir entre la Sainteté et ce monde matériel.
Avraham fut donc le premier à accomplir cette Mitsvah, et ce faisant, il fit pénétrer l’Alliance établie avec D.ieu dans sa propre chair. C’est pour cette raison que la Paracha Le’h-Lé’ha nous prépare au don de la Torah sur le Mont-Sinaï, car le contenu profond du don de la Torah est aussi celui de l’union entre l’Esprit divin et ce monde matériel. Par le fait de circoncire le prépuce de notre chair, notre corps devient un réceptacle capable de contenir l’âme divine, cette ‘parcelle véritable de divinité d’en-haut’.
De la même façon, par l’accomplissement des Commandements de la Torah nous sanctifions le corps de ce monde afin qu’il devienne un réceptacle capable de recevoir le dévoilement de l’Esprit du Machia’h.
Le Baal Chem Tov a souligné le lien qui existe entre le peuple Juif et la Terre d’Israël. Comme la Terre qui possède la force illimitée de faire pousser des arbres et des fruits à l’infini, chaque Juif possède la force de faire pousser les fruits des Mitsvoth à l’infini.
L’Eternel établit Son Alliance avec Avraham en ‘gravant’ un signe dans sa chair, et Il agit de la même façon lorsqu’Il grava avec Ses lettres de feu les Dix Commandements sur les Tables de la Loi.
L’Admour Hazaken nous a enseigné dans le livre du Tanya que’L’Eternel a choisi le corps des enfants d’Israël’. L’un des plus beaux exemples de cela, est celui de l’Admour Haemtsaeï. En effet, ses ‘Hadissim disent à son sujet que si l’on ouvre ses veines, ‘on verra, non pas du sang, mais des Paroles de ‘Hassidout’.
Comme Avraham qui fit le premier un signe dans sa propre chair, l’Admour Haemtsaeï fit pénétrer au plus profond de lui-même l’Essence de la Torah au point que les Paroles de la ‘Hassidout coulèrent dans ses veines.
Ainsi, à la lumière de ce qu’il vient d’être dit, le lien entre le corps des enfants d’Israël et la Terre d’Israël apparaît à l’évidence. Cependant, le Rabbi pose la question suivante : la Paracha ‘Leh-Léha’ est une préparation au don de la Torah et elle nous prépare également à entrer sur la Terre d’Israël, mais pour quelle raison devons-nous nous préparer au don de la Torah, alors que nous l’avons déjà reçue, et pourquoi devons-nous nous préparer à entrer sur la Terre d’Israël alors que nous y sommes déjà ?
A cette question le Rabbi répond que nous n’avons pas encore reçu la totalité de la Terre d’Israël, et que nous n’avons pas encore reçu la Torah ‘Hadacha : la partie la plus profonde de la Torah, l’Essence de la Torah. C’est donc au don de la ‘Torah nouvelle’, et à celui de la totalité de la Terre d’Israël, que nous devons à présent nous préparer.
A la venue du Machia’h, le peuple d’Israël recevra en plus des sept terres déjà acquises, les trois terres qui lui manquent : ‘Kini’ ‘Knizi’ et ‘Kadmoni’.
Spirituellement, ces trois terres correspondent aux trois forces de l’intellect, les trois ‘Mo’hin’ : ‘Hokmah’ ‘Binah’ et ‘Daat’. Les sept parties de la Terre que nous possédons déjà correspondent aux sept ‘Midot’ : ‘Hessed, Gvurah, Tifferet, Netsa’h, Hod, Yessod, Mal’hout. A présent notre service divin est basé sur notre travail sur les sept ‘Midot’, mais dans les temps messianiques, quand nous recevrons les trois parties de la terre d’Israël, ‘Kini’ ‘Knizi’ et ‘Kadmoni’, nous atteindrons un niveau spirituel supérieur, du fait que nous percevrons l’Essence des ‘Mo’hin’, des trois forces de ‘Habad.
C’est la raison pour laquelle nous devons, dès-à-présent, nous préparer à ‘entrer sur la Terre d’Israël’, nous préparer à l’acquisition matérielle de la totalité de la Terre d’Israël, et à l’acquisition spirituelle de la Torah nouvelle, la ‘Torah ‘Hadacha’, que l’Eternel enseignera au Roi Machia’h.
D’après tout ce qu’il vient d’être dit, il n’est pas étonnant que le Rabbi souligne dans ses enseignements sur la Paracha ‘Le’h-Lé’ha’, où il est question de l’union du Divin avec notre monde matériel, l’importance d’étudier les discours ‘hassidiques de l’Admour Haemtsaeï. Celui dont il est dit que ‘les Paroles de ‘Hassidout coulent dans ses veines’. Ses discours élargissent notre compréhension et notre perception du divin, ils nous insufflent une vitalité nouvelle et nous préparent au don de la ‘Torah nouvelle’.
Comme il a été expliqué précédemment, la Terre d’Israël est liée au corps des enfants d’Israël. ‘L’Eternel a choisi le corps des enfants d’Israël’, et Il a choisi de leur donner la Terre d’Israël. Par ailleurs, il est dit que l’Eternel forma le corps du premier homme, Adam-Ha-Richon, avec la poussière de la Terre, ainsi qu’il est dit : ‘en prenant Sa poussière de l’endroit où allait être construit, par la suite, l’Autel des sacrifices et le Beït Ha Mikdache, (Rachi) ‘.
Aussi, lors des Temps messianiques, il est dit que ‘l’Eternel effacera l’esprit d’impureté de la terre’, et il nous est permis de supposer que ‘la terre’ mentionnée ici dans ce verset est également une allusion au corps des enfants d’Israël, lequel est formé à partir de la poussière de la terre.
‘L’Eternel effacera l’esprit d’impureté de la terre’, signifie dans ce cas, que l’Eternel effacera l’impureté du corps, ‘la terre’, afin qu’il devienne un réceptacle de l’Essence divine et de l’Essence de la Torah. C’est à cela que se rapporte le verset de notre Paracha (12, 1) : ‘Va vers la terre que Je te montrerai’ car ‘La terre que Je te montrerai’ est une allusion au corps débarrassé de toutes ses souillures ainsi qu’il est dit : ‘L’Eternel effacera l’impureté de la terre (du corps)’.
Par ailleurs, la ‘Hassidout nous enseigne que le fait de se trouver dans les quatre coudées du Rabbi a pour effet d’éveiller la force de l’Essence de notre âme. Force est donc de constater que l’acquisition de la Terre d’Israël dépend nécessairement du fait d’acquérir les ‘quatre coudées du Rabbi’, de s’attacher à lui au point d’éveiller en nous-même la force de l’Essence de notre âme. Dans ce cas nous pouvons expliquer que ‘la Terre que Je te montrerai’ représente la révélation de l’Essence de l’âme, laquelle n’est possible que lorsque l’on se trouve dans ‘les quatre coudées du Rabbi’, c’est-à-dire lorsque nous nous attachons à lui de la manière la plus profonde.
Dans son ouvrage intitulé ‘Iniana chel Torat ha Hassidout’, le Rabbi nous enseigne que la révélation de l’Essence divine dans la partie de l’âme qui s’habille dans le corps est réalisée par l’accomplissement des commandements divins au moyen d’objets matériels. Or, la façon d’attirer la lumière de l’Essence divine dépend de la force de l’intellect et des sentiments, lesquels sont appelés ‘les chemins de D.ieu’, car c’est par eux que l’on atteint l’Essence. Ainsi, l’ordre divin ‘Le’h-Lé’ha’ consiste à s’engager dans ‘les chemins de D.ieu’, c’est-à-dire à nous attacher de la manière la plus profonde qui soit, aux enseignements du Rabbi. Faire tout ce qui est en notre pouvoir pour révéler tout d’abord les forces de la partie de l’âme qui s’habillent dans le corps (l’intellect et les sentiments), et parvenir par ce mérite, à nous trouver ensuite dans les ‘quatre coudées du Rabbi’, à briser toutes les limites pour finir par provoquer et par atteindre enfin la venue de notre Juste Machia’h, très bientôt et de nos jours, avec l’aide de D.ieu.
Dans la Paracha Béréchit la Torah nous raconte la Création du monde, et à la fin de cette Paracha il est dit que D.ieu décida de détruire le monde car l’homme avait attenté à la perfection du monde qu’Il avait créé. De fait, nous voyons ici que L’Eternel n’avait pas encore donné à l’homme la possibilité de faire Téchouva. A l’opposé, dans la Paracha Noa’h, après que le déluge eût purifié le monde L’Eternel fit la promesse de le maintenir en vie éternellement et Il donna alors la possibilité à l’homme de le raffiner et de le purifier quelle que soit la descente qu’il ait pu connaître.
Le Chabbat de la Paracha Noa’h représente donc la perfection que le monde peut atteindre, non pas tel qu’il fut créé par D.ieu, comme nous l’avons vu dans la Paracha Béréchit, mais de la perfection que le monde peut atteindre lorsque l’homme y accomplit la Volonté du Saint béni soit-Il.
L’idée maîtresse que le Rabbi développe dans le Dvar Mal’hout sur la Paracha Noa’h se base donc sur le sujet de la mission de chaque Juif de ‘révéler le Nom Havayéh dans le Nom Elokim’, c’est à dire de faire de ce monde matériel (Elokim) une demeure pour L’Essence divine (Havayéh), de révéler dans les limites de ce monde une lumière illimitée qui est au-delà du monde.
Le Nom divin ‘Havayéh’ vient de ‘Hithavout’ : ‘Création’, et il désigne donc la force créatrice au moyen de laquelle l’Eternel crée la matière de ce monde à partir du néant. Cependant, c’est le Nom divin ‘Elokim’ qui est employé au sujet de la Création du monde, ainsi qu’il est écrit au début de la Torah (Béréchit, 1, 1) : ‘Béréchit bara Elokim’ (‘Au commencement D.ieu (Elokim) créa le ciel et la terre’).
Dans le Dvar Mal’hout sur notre Paracha, le Rabbi écrit que ‘bien que la force créatrice émane du Nom Havayéh, l’Eternel créa le monde de manière à ce que ‘le Nom Havayéh S’habille et Se cache dans le Nom Elokim’. Donc, c’est seulement le Nom Elokim qui se dévoile dans les créatures, mais non pas celui de Havayéh (la force créatrice)’.
Le fait que la valeur numérique d’Elokim est la même que celle du mot הטבע (la nature), nous indique que le Nom ‘Elokim’ masque la force créatrice du Nom Havayéh afin qu’un ordre fixe qui revient constamment sur lui-même transparaisse au fil des jours dans la Création sans que nous ayons conscience que cette vitalité qui anime le monde à chaque instant provient de D.ieu Lui-même. L’Eternel Se cache derrière le Nom ‘Elokim’ au point que notre conscience du monde matériel l’emporte sur notre perception du Divin. Dans ce cas, l’homme perçoit davantage le monde physique que sa dimension spirituelle et profonde, et de ce fait, au lieu de rechercher les plaisirs qui sont du domaine de l’esprit, comme l’étude de la Torah, il recherche continuellement à assouvir les plaisirs du corps.
La mission de chaque Juif consiste donc à dévoiler le Nom Havayéh qui se cache dans toute la Création, et c’est en accomplissant les Commandements divins que l’on y parvient. Rachi a écrit que ‘la majorité des Commandements est accomplie au moyen de la poussière de la terre’. ‘La poussière de la terre’ désigne la matière physique, comme par exemple la matière du parchemin sur lequel un Sofer écrit une Mézouzah des Téfinines ou un Séfer Torah. En accomplissant la Volonté de D.ieu exprimée dans la Torah un Juif parvient à purifier la matière (‘la poussière de la terre’) pour qu’elle devienne un réceptacle capable de recevoir le dévoilement de la lumière du Nom Havayéh.
Par ailleurs raffiner ‘la poussière de la terre’ ne consiste pas seulement à raffiner des objets matériels (comme une Mézouzah, une paire de Téfiline ou un Séfer Torah…), car il s’agit aussi de purifier notre propre corps, lequel a été créé au moyen de ‘la poussière du sol’ ainsi qu’il est écrit (Béréchit, 2, 7, commentaire de Rachi) : ‘D.ieu a pris Sa poussière de l’endroit dont il est dit : ‘Un Autel de terre tu feras pour Moi’, c’est à dire de l’endroit où le Temple et l’Autel devaient être situés par la suite’.
Purifier le corps c’est purifier l’âme animale, et c’est à ce sujet le Rabbi Rachab cite dans son ouvrage ‘Bé Chaa ché Hikdimou’ (chapitre 226), le verset : ‘A toi, il t’a été donné de voir pour reconnaître que L’Eternel (Havayéh) Lui est D.ieu (Elokim) (Vaèt’hanan, 4, 35).
‘La deuxième âme d’un Juif est véritablement une parcelle de D.ieu en haut’ (Tanya, chapitre 2), de ce fait cette deuxième âme, l’âme divine, n’a pas besoin d’être réparée, elle descend dans le corps dans le seul but de ‘faire voir le Divin à l’âme animale afin que celle-ci ‘reconnaisse que L’Eternel (Havayéh) Lui est D.ieu (Elokim’
‘L’Eternel (Havayéh) est D.ieu (Elokim)’ d’après les enseignements de la ‘Hassidout signifie que le Divin Se devoile dans le corps ou dans un objet materiel, cest a dire que la lumiere infinie de D.ieu Se devoile dans les limites du corps ou dans les limites dun objet.
Lorsqu’il s’agit d’un objet matériel, on peut citer l’exemple de l’Arche qui contient les Tables de pierre écrites du doigt de D.ieu. L’union entre Havayéh : la lumière infinie (la Parole de D.ieu gravée sur les Tables) et Elokim : l’Arche qui est un objet matériel qui possède des mesures et qui est donc limité) s’exprime par le fait que l’Arche lorsqu’elle était déposée dans le Saint des Saints ‘ne prenait pas de place’.
Il en va de même pour le corps d’un Juif. Le Rabbi Rachab nous enseigne que l’origine du corps est plus élevée que celle de l’âme. Nous pouvons nous rendre compte de cela par l’exemple de la vision. La vision des yeux est plus élevée que la vision que l’on a avec les yeux de notre intellect. Nos yeux nous permettent de voir ce que sont les choses de manière véritable, alors que les yeux de l’intellect nous laissent imaginer seulement ce que sont les choses.
Dans le chapitre 227 de son ouvrage ‘Bé Chaa ché Hikdimou’ nous enseigne qu’au départ l’âme divine doit ‘faire voir’ le Divin à l’âme animale. Au moyen d’exemples matériels l’homme doit méditer au fait que c’est ‘la Parole de D.ieu qui créé, à partir du néant, et maintient en vie toute la Création’. Cela l’âme animale peut parfaitement le comprendre car elle ressent fortement que la matière vieillit et se détériore, elle comprend alors qu’il y a une force qui est extérieure à elle, une force divine qui vitalise la matière de monde physique.
Aussi, lorsque l’âme divine s’attache ‘à donner à voir le Divin à l’âme animale’ , elle purifie l’âme animale au point que dans les temps futurs ‘lorsque les purifications seront terminées’ ‘l’âme divine sera nourrie par le corps’, c’est-à-dire que l’âme animale et le corps une fois purifiés permettront à l’âme divine d’accéder à un niveau supérieur au sien : le niveau de la vision du Divin, de voir et de reconnaître avec nos yeux de chair que ‘L’Eternel (Havayéh) est D.ieu (Elokim)’, très bientôt et de nos jours avec l’aide de D.ieu
Peut-être pour nous rappeler l’importance des versets ‘Et c’est nous que Tu as choisis entre tous les peuples et les langues et que Tu as approchés, notre Roi, à ton grand Nom avec amour, pour Te rendre hommage, proclamer Ton Unité et aimer Ton Nom. Béni sois-Tu Eternel, qui choisit Son peuple Israël avec amour’, que nous avons chanté pendant les prières des Fêtes du mois de Tichri, le Rabbi reprend dans le Dvar Mal’hout sur la Paracha Béréchit l’explication de l’Admour Hazaken sur le sens profond de cette déclaration unique des enfants d’Israël au Saint béni soit-Il.
De façon naturelle nous aurions pu penser que le choix de L’Eternel pour les enfants d’Israël s’exprime par le fait qu’Il a donné à chaque Juif une âme qui est ‘véritablement une parcelle de Divinité d’En-haut’, mais le sens du verset est tout autre. D.ieu a choisi le corps des enfants d’Israël car il ne peut y avoir de ‘choix’ entre l’âme d’un Juif et celle d’une personne qui ne l’est pas du fait que par définition un choix ne se fait seulement qu’entre deux choses qui sont absolument identiques, or les âmes des peuples du monde sont totalement différentes de celles du peuple Juif. Le choix d’Hachem s’est donc porte donc sur les corps des enfants d’Israël qui étaient, au départ, identiques à celui des autres peuples.
Quand il s’agit de choisir entre deux choses identiques, la préférence ne dépend pas de l’intellect mais d’un niveau qui le dépasse totalement. C’est pourquoi le Rabbi souligne ici que ce choix provenait de l’Essence divine (laquelle représente un niveau qui est au-delà de l’intellect) car lorsque l’on choisit entre deux choses qui se ressemblent en tout point notre décision ne vient pas de la réflexion et de l’analyse que nous faisons au moyen des forces de notre intellect, mais notre décision provient d’un niveau qui est au-delà de la logique et de la raison. Ainsi, »Et c’est nous que Tu as choisis entre tous les peuples’ signifie donc que L’Eternel a choisi le corps des enfants d’Israël.
Le Rav Yossef Weinberg explique ‘qu’Hachem a choisi le corps des enfants d’Israël afin qu’il soit un réceptacle de l’âme, et grâce aux actions que nous accomplissons au moyen du corps (en effet, toutes les actions matérielles des Commandements divins sont réalisées précisément au moyen du corps) un Juif s’unit avec D.ieu’.
Le Rabbi souligne que ‘le monde a été créé pour Israël et pour la Torah’ s’exprime tout particulièrement par les places qu’ils occupent non pas seulement dans les mondes supérieurs mais aussi et surtout par celles qu’ils occupent dans ce monde matériel. C’est à cela que se rapporte le verset ‘Tu nous as choisis entre tous les peuples’. Le fait que L’Eternel ait choisi le corps des enfants d’Israël met en évidence que le corps d’un Juif est différent de celui des peuples du monde, et même s’il s’agit d’un Juif dont l’âme divine est en exil car il n’accomplit pas encore la Torah et les Mitsvoth, il demeure, par son corps, l’élu de D.ieu.
Aussi, bien que la Torah soit au-delà de ce monde, elle atteint sa perfection précisément lorsqu’elle s’habille dans ce monde matériel. Et même si la Torah descend dans ce monde, on peut toujours se rendre compte de sa Sainteté et de sa grandeur.
Dans le même ordre d’idée, le Rabbi souligne que la chose est aussi vraie pour un Juif. Les Juifs font partie intégrante de ce monde matériel, et cela s’exprime tout particulièrement par le fait que le corps d’un Juif est semblable à celui d’un non-Juif. C’est à ce sujet que le Rabbi vient nous expliquer la notion de ‘choix’. Comme il a été dit précédement, un choix ne peut exister qu’entre deux choses qui sont identiques. Seulement dans ce cas, l’acte de choisir (qui comme on l’a dit dépasse l’intellect et la raison) vient pour faire la différence entre les deux. C’est donc précisément le corps des enfants d’Israël que L’Eternel a choisi, car il est identique à celui des Goyim.
A la lumière de ce qu’il vient d’être dit, il nous est donné de comprendre que même s’il se trouve dans ce monde matériel, en tant que partie intégrante de ce monde, avec un corps identique à celui des autres peuples, il n’en demeure pas moins que L’Eternel a distingué le corps des Juifs parmi ceux de tous les autres peuples.
Il convient ici d’établir un lien entre ce qu’il vient d’être dit et la Si’ha du Rabbi intitulée ‘Le cœur soulève les pieds’ (26 tichri 5738-8 Octobre 1977). Le Rabbi déclare dans cette Si’ha, que ‘le ‘Hassidisme explique que la fonction essentielle d’une route est de relier le coin le plus reculé du royaume, à la capitale, au palais du Roi, et finalement à la chambre privée, la salle du trône du Roi Lui-même. Il en est de même pour le chemin du Juif dans la vie : le long du chemin, sa mission demande qu’il s’investisse dans les choses matérielles, profanes, pour connaitre D.ieu dans toutes ses actions, et dans tous ses chemins. En accomplissant la Volonté de D.ieu, il relie les coins les plus reculés de la Création, même de ce monde, le plus bas de tous, avec la chambre privée du Roi des Rois, le Saint béni soit-Il. L’Action est essentielle et chaque Juif doit aller sur son chemin à l’exemple de notre père Yaakov. Quand il entendit la bonne nouvelle que D.ieu avait assuré sa protection, ‘son cœur fit lever son pied et il alla’, même sur son chemin pour ‘Haran (‘le lieu qui réveille la colère de D.ieu’). Il alla avec la bonne nouvelle de la Torah de Vérité, la Torah de vie qui est un guide pour la vie…Et la force nous est donnée pour l’accomplir’.
‘Relier le coin le plus reculé du royaume à la capitale, au palais du Roi, et finalement à la chambre privée, la salle du trône du Roi Lui-même’, c’est faire de ce monde qui est le plus bas de tous, une demeure pour l’Essence divine. Peut-être est-il possible de dire que le corps est lui-même d’une certaine manière ‘l’endroit le plus reculé du royaume’ car il est comme une ‘prison’pour l’âme divine, du fait qu’il abrite aussi une âme animale.
Or, le Rabbi souligne que L’Eternel en choisissant le corps des enfants d’Israël a placé le corps d’un Juif à un niveau supérieur : ‘Réchit’. Aussi, le Rabbi écrit que ‘non seulement les enfants d’Israël ne se trouvent nullement sous la domination des autres peuples (pas seulement du point de vue de leurs âmes, mais aussi du point de vue de leurs corps), mais au contraire : même pendant l’exil ils représentent l’essentiel, ‘réchit’, de la Création, et c’est pour eux qu’ont étés créés tous les peuples de la terre, et toutes les autres parties du monde…’.
Dans ce cas il est possible d’expliquer que ‘la bonne nouvelle’ que Yaakov entendit, selon laquelle ‘D.ieu avait assuré sa protection’, est liée au fait que ‘L’Eternel a choisi le corps des enfants d’Israël’. En effet, dans un grand nombre de ses discours ‘hassidiques, le Rabbi a enseigné que le corps est l’œuvre de D.ieu qui provient de Son Essence. Bien que d’un côté le corps soit ‘l’endroit le plus reculé du royaume’, car il est comme une prison pour l’âme, d’un autre côté le corps provient de l’Essence divine, et du fait de cette proximité la possibilité nous est donnée de la dévoiler, de faire de nous-même et de ce monde matériel une demeure pour l’Essence divine.
Aussi, à l’exemple de Yaakov qui comprit et ressentit que tout fut créé pour lui dans le but qu’il accomplisse sa mission sacrée, notre cœur doit ‘lever notre pied’ pour faire tout ce qui est en notre pouvoir pour relier ‘l’endroit le plus reculé du royaume’ : les mois ‘profanes’, avec la ‘salle du trône’ : le mois de Tichri. C’est-à-dire que nous devons faire tout ce qui est en notre pouvoir pour attirer la Sainteté dans ce monde profane, afin de provoquer la venue de notre Juste Machia’h très bientôt et de nos jours, avec l’aide de D.ieu.
Pour la Naissance de Lévi-Itz’hak ben Ména’hem-Mendel et ‘Haya-Mouchka Spitzer, et pour l’élévation de l’âme de Mah’louf (René) ben David et Esther
Avec l’aide d’Hachem pendant la fête de Sim’hat Torah nous lirons la Bénédiction que Moché adressa aux enfants d’Israël, ainsi qu’il est écrit :’Et voici la Bénédiction par laquelle Moché l’homme de D.ieu a béni les enfants d’Israël’.
Réuven fut béni afin qu’il vive dans ce monde et qu’il ne meure pas dans le monde futur. Yéhoudah fut béni pour qu’il retrouve son peuple en paix au retour de la guerre. Lévi fut béni pour enseigner les Lois de L’Eternel. La Bénédiction de Benjamin fut dans la construction du Temple, celle de Yossef dans la terre (‘Avec les délices des récoltes du soleil’), celle de Zévouloun pour le commerce, celle d »Issachar pour l’étude de la Torah…
Par ailleurs, il est intéressant de porter à présent notre regard sur la Bénédiction que le Rabbi adressa aux enfants d’Israël à l’occasion de la nouvelle année le 4 Tichri 5750 (le 3 Octobre 1989) :
‘Ce que nous avons dit au début de la réunion incluait tous les juifs, en particulier que ce soit une année bonne et douce et que nous soyons tous signés et scellés pour le bien, que ce soit une année de lumière, une année de bénédiction, une année de grandeur, une année d’abondance, une année de majesté, une année de splendeur, une année de bonne réunion, une année de grands mérites de bonne et longue vie avec un bien clair et tangible, une année de connaissance profonde en particulier dans le sens profond de la Torah, une année de subsistance, une année d’étude avec un grand succès, une année élevée en toutes choses, une année de miracles ouverts, une année d’aide divine et de bons signes, une année de force et de splendeur, une année de délivrance, une année de charité, une année où on est redressé, quand D.ieu nous conduira la tête haute sur notre Terre immédiatement, une année de bonne volonté dans la pratique des Mitsvot et l’étude de la Torah, accomplissant la parole de la Michna : ‘Fais de la Volonté de D.ieu ta volonté’, une année de grande joie, une année de salut, une année de prière, une année de louange et une année de repentance avec le plus haut degré de retour, et alors comme la Torah le promet: ‘Les juifs retourneront à D.ieu et ils seront immédiatement délivrés’ avec la Délivrance véritable et complète par Machia’h immédiatement…’ .
La Bénédiction de Moché et la Bénédiction du Rabbi sont toutes les deux adressées aux enfants d’Israël, cependant, la Bénédiction de Moché, bien qu’elle soit appelée par la Torah ‘la Bénédiction’ est elle-même composée par les 12 Bénédictions que Moché adressa à chacune des 12 tribus. A l’opposé, le Rabbi ne fait aucune différence et il bénit chaque juif de la même Bénédiction. La Bénédiction du Rabbi est la même pour tous les enfants d’Israël.
D’une certaine manière il est possible de dire que la Bénédiction du Rabbi représente l’Essence de l’âme Juive et la Bénédiction de Moché représente les forces particulières de l’âme Juive.
En effet l’Essence de l’âme est appelée Yé’hida car le terme de Yé’hida induit l’idée d’absolu, d’unité non-composite. C’est pourquoi le Rabbi souligne que ‘L’Essence est au-delà de tout nom’ car l’Essence de l’âme ne désigne pas une force, ou des forces, en particulier. L’Essence de l’âme ne peut pas avoir de Nom car un Nom la limiterait, or l’Essence est au-delà de toute définition, de toute forme de tout détail. L’Essence ne peut donc pas être limitée par un Nom. Elle est le ‘Point divin de l’âme’, le lien et la qualité qui unissent l’âme à L’Essence divine.
Le Rabbi écrit dans le Hayom-Yom (17 Tichri) : ‘Par l’intermédiaire de Yé’hida on peut lier son âme à D.ieu…Atteindre un enthousiasme intérieur et un sentiment de grand plaisir, d’intense réalisation dans le service divin’.
Dévoiler l’Essence de l’âme nous permet donc de ressentir grâce au lien qui nous unit à notre Père qui est dans le ciel un plaisir infini qui est au-delà de toutes les limites. Ce plaisir vient par notre service divin, au moyen de nos pensées, de nos paroles et de nos actes.
Le Rabbi représente L’Essence de l’âme du peuple d’Israël et lorsqu’un Juif s’attache à appliquer les enseignements du Rabbi il attire l’Essence divine, l’Essence du Rabbi, en lui-même, car l’Essence divine Se dévoile dans tous les Juifs. Cela ne dépend que de ses propres efforts, de sa volonté de dévoiler le Point divin de son âme, le dévoilement du désir le plus profond, le plus vital, le plus intense, le désir de vivre le Dévoilement de D.ieu.
Les Bénédictions que Moché adresse à chacune des 12 Tribus d’Israël ne sont pas sans évoquer les différentes forces de l’âme, les points particuliers, les différences et les aspects particuliers, les détails et les qualités qui composent l’âme Juive. La Bénédiction du Rabbi englobe tous les Juifs et elle évoque le Point unique de l’âme Juive.
De fait la bénédiction du Rabbi est l’Essence même de toutes les Bénédictions. Elle transcende et vivifie toutes les Bénédictions. La Bénédiction du Rabbi ne revêt aucun aspect particulier, elle est illimitée.
Plus que tout autre Sage de la partie profonde de la Torah Le Rabbi révèle l’Essence de l’âme. Il est ‘le Maître de l’Essence de l’âme Juive’ et sa Bénédiction est donc adressée à chaque juif : ‘Ce que nous avons dit au début de la réunion incluait tous les Juifs’. La Bénédiction du Rabbi permet à chaque Juif de s’imprégner par l’esprit de sacrifice et la volonté de tout faire pour attirer en ce monde ‘la lumière, la grandeur, la majesté, la splendeur… ».
De fait, l’Essence ne peut être dévoilée que par le don de soi, ‘Fais de la Volonté de D.ieu ta Volonté’, et le Rabbi nous bénit afin de nous donner les forces pour cela.
Dans le recueil intitulé ‘Iniana chel Torat ha Hassidouth’, le Rabbi explique que les mondes reçoivent à présent qu’un reflet de l’Essence divine, mais dans les temps messianiques l’Essence divine Se révèlera pleinement. Le Rabbi précise que la qualité de l’Essence est qu’elle n’est pas seulement illimitée par le fait qu’elle est éternelle, mais elle est également illimitée dans la teneur de ce qu’elle véhicule. Aussi lorsque l’Essence sera révélée, les mondes atteindront la perfection. C’est à ce monde parfait que la bénédiction du Rabbi nous prépare, ainsi qu’il le dit lui-même au nom de la Torah : ‘Les Juifs retourneront à D.ieu et ils seront immédiatement délivrés’.
(Mazal-Tov Mazal-Tov à Ménahem-Mendel et Haya-Mouchka Spitzer pour la naissance de leur fils Yom Kippour 5782)
La ‘Hassidout nous enseigne que dans les temps futurs la terre, aujourd’hui silencieuse, parlera. Celle que tout le monde piétine s’adressera à l’homme et lui demandera s’il a le droit de la piétiner ainsi alors qu’il ne prononce pas de paroles de Torah !
A l’évidence élever le corps nécessite que l’homme élève d’abord son esprit. Le cerveau doit dominer le cœur et cela implique que l’homme doit dominer les mauvaises pulsions de son cœur afin d’obéir seulement aux désirs de son âme divine. Celle-ci ne désire que D.ieu, Le servir par la prière et les bonnes actions. Ainsi, quand l’homme parvient à ce niveau, il purifie son corps le débarrassant de tous les déchets générés par le mauvais penchant.
C’est cette question que la terre posera à l’homme. Elle lui demandera s’il est parvenu à avoir le corps et le cœur purs, car seulement dans ce cas le mérite lui sera donné de se tenir debout sur la terre. C’est à ce sujet que se rapporte le verset selon lequel la pierre des murs et le bois des poutres témoigneront de nos actes et de nos paroles, ainsi qu’il est dit (‘Habakouk, 2, 11) : « Oui, la pierre des murs crie contre toi, et le chevron dans la charpente lui donne la réplique… »
Il est écrit dans la Paracha Haazinou (32, 1) : ‘Prêtez l’oreille cieux, et je parlerais et que la terre écoute les mots de ma bouche » :
Moché nomma le Ciel et la Terre comme témoins du service divin des enfants d’Israël. Du fait que ceux-ci vivent éternellement, nul autre qu’eux ne pouvaient aussi bien témoigner que les enfants d’Israël accomplissent la volonté du Saint béni soit-Il tout au long de toutes leurs générations.
Le Rabbi explique la raison profonde du choix de Moché. Dans le sens profond, le Ciel d’un juif représente sa pensée, les forces de son intellect. La Terre d’un juif ce sont ses paroles et ses actes. Aussi, quand il étudie la partie révélée et la partie profonde de la Torah, qu’il éveille les forces de son intellect en approfondissant et en comprenant ce qu’il étudie, un juif œuvre et compose le Ciel de son existence. De la même façon, quand il accomplit de manière concrète les commandements divins, il fonde la Terre sur laquelle il se tient.
Quand nous accomplissons une Mitsvah, notre action (la Terre) doit être inspirée et éclairée par une intention profonde : le Ciel. Dés-lors nous comprenons que la raison pour laquelle Moché a choisi le Ciel et la Terre pour témoigner de tous nos accomplissements dans notre service divin. Le Ciel et la Terre d’un juif ne sont pas deux choses distinctes l’une de l’autre. Un acte n’est mis en évidence que lorsqu’il est inspiré par une haute intention, et une intention n’est haute que lorsque sa finalité est de se fondre dans un acte.
Ainsi, au Rabbi de conclure que Moché choisit le Ciel et la Terre afin de nous donner les forces nécessaires pour accomplir notre service divin. Afin de servir D.ieu avec notre émounah la plus pure, au moyen de nos forces les plus profondes. Eveiller la partie la plus secrète de notre âme pour servir D.ieu avec la plus grande soumission.
Ce sentiment qui exprime notre plus grand désir, celui de la venue du Machia’h, de la Délivrance et du troisième Temple, peut s’inscrire dans l’image du ciel et la terre.
La terre et le ciel s’unissent en une ligne que l’on n’aperçoit qu’à une distance éloignée. Cette ligne qui s’appelle ‘l’horizon’ arrête notre regard, l’empêche d’aller plus loin et finit toujours par laisser la place à nos pensées, à notre vie. A ce qu’elle a été, ce qu’elle est et ce qu’elle sera. Le libre choix nous est donné. A nous de choisir et d’imaginer ce que seront nos pensées nos paroles, et nos actes.
Le Rabbi Yossef-Itz’hak déclara un jour qu’il entendait ‘les pas du Machia’h’. Le Rabbi, à son exemple, agit envers nous pour que nous percevions à notre tour la présence du Machia’h, pour que notre horizon soit le support des pensées qui découlent du côté de la sainteté. Plus précisément pour que ces pensées aient pour but de nous impliquer dans le projet divin.
Le Rabbi fait tout ce qui est en son pouvoir pour que notre Ciel (notre étude de la Torah) et notre Terre (nos Mitsvoth) s’unissent en un horizon où l’on voit se profiler la silhouette du Machia’h et du troisième temple. Il sème en notre esprit les graines qui donneront naissance aux pensées qui éveilleront dans nos cœur l’amour et la crainte de D.ieu, lesquels animeront nos actions les plus hautes qui susciteront le désir de D.ieu de provoquer finalement la venue de notre Juste Machia’h.
Ainsi, si nous laissons nos pensées se fondre vers l’horizon que nous trace le Rabbi, il est certain que le Ciel et la Terre témoigneront ensemble devant l’Eternel de la qualité de notre service divin. Dans ce cas rien ne s’opposera davantage à la révélation divine lors de la venue de notre juste Machia’h.
Les âmes orphelines retrouveront leur Père qui est dans le ciel, sans qu’Il ne se dissimule davantage derrière Ses nombreux vêtements. Sa pureté brillera pour toujours dans tous les mondes et dans toutes les âmes. Sa lumière resplendira sur la terre dans le ciel et dans la Torah et l’homme découvrira enfin ‘une Terre nouvelle, un Ciel nouveau, une Torah nouvelle’.
(Pour la Réfouah chéléma de Yé’hia Aharon ben Guemara)
Cette année nous avons lu la Paracha Nitsavim séparément de la Paracha Vayélekh que nous lirons ce Chabbat, qui précède le jour le plus saint de l’année, Yom Kippour.
Dans le Dvar Malkhout (page 370) le Rabbi nous enseigne que le Chabbat qui précède Roch-ha-Chana (Paracha Nitsavim) est semblable au Chabbat qui précèda le début de la Création du monde. Ce Chabbat Chouva (Paracha Vayélekh) qui succède à Roche ha Chana, est lui-même semblable au Chabbat qui vint après que fut achevée la Création du monde.
Ce Chabbat ‘Chouva’ est celui de la Téchouva. Entre Roch-ha-Chana et Yom Kippour il y a sept jours. Ces sept jours correspondent aux sept jours de la semaine de l’année entière. Pendant chacun de ces sept jours nous réparons tous les jours de l’année qui vient de passer. Le lundi des 10 jours de Téchouva nous réparons tous les lundis de l’année passée, le mardi nous réparons tous les mardis de l’année…De même pendant ce Chabbat Chouva nous réparons tous les Chabbat de toute l’année.
Dès-lors, il nous apparaît avec clarté la raison pour laquelle les lettres de Chabbat sont les mêmes que celles de Téchouva. Le mot Chouva signifie Retour. La mission de chaque juif est de faire retourner ce monde matériel vers son état spirituel. C’est à celà que se rapporte l’enseignement de la ‘Hassidout selon lequel ‘nous devons faire de ce monde matériel une demeure pour D.ieu’. C’est en cela que consiste notre réparation et il s’agit également de faire de notre corps et de notre âme animale une demeure pour D.ieu. Tout ce que nous accomplissons en ce sens durant les six jours de la semaine, connaît l’élévation le jour du Chabbat car en ce jour sacré toutes les choses de ce monde retournent à leur source, à leur racine céleste.
Cela est également vrai pour l’âme. L’âme descend dans le corps et dans ce monde inférieur pour y accomplir une mission. Les Maîtres de la ‘Hassidout ‘Habad insistent tous cependant sur le fait que cette descente de l’âme dans le corps a pour but une élévation à un endroit encore plus élevé que l’endroit d’où elle provient.
Le Rabbi (‘Dvar Mal’hout’, page 369) nous délivre à ce sujet de précieux enseignements. Il explique que la Paracha Nitsavim fait allusion à l’âme divine quand celle-ci se tient devant l’Eternel avant qu’elle ne descende dans le corps. Puis, par le fait que l’âme s’habille dans le corps et grâce au travail qu’elle accomplit ici-bas dans ce monde, elle connaît une élévation considérable. Cette élévation est allusionnée dans les premiers mots du verset : « Moché alla… ».
Il est écrit en effet (Vayélekh,31,1,2) : « Moché alla et adressa ces paroles à tout Israël. Il leur dit : c’est âgé de 120 ans que je suis aujourd’hui… ». Ces paroles de Moché nous parlent de sa situation alors qu’il parvient à la perfection et au terme de sa mission. Son exemple n’est pas sans nous rappeler notre propre mission, car chaque juif possède en lui-même une étincelle de Moché (Tanya, début du chapitre 42).
Dans la Si’ha qu’il prononça le 11 Chevat 5711 le Rabbi décrivit le bureau du Rabbi précédent comme un endroit où brille ‘une pleine beauté’ :
« Lorsqu’un ‘hassid recevait une instruction du Rabbi dans son bureau, alors dès qu’il passait la porte du bureau du Rabbi, c’était déjà ‘un lieu éloigné’ car par rapport à cette pièce, où il a tenu des audiences privées et où il a étudié et prié, l’autre côté du seuil est déjà un ‘lieu éloigné’ car il manquait déjà de la pleine beauté qui était à l’intérieur… ».
A la lueur de ces paroles nous comprenons que l’entretien privé du Rabbi avec son ‘hassid exprime le fait que ‘chaque juif possède en lui-même une étincelle de Moché’.
Le Rabbi réveille l’étincelle de Moché qui sommeille en chaque juif. Cette étincelle désigne l’attachement de l’âme divine à l’essence divine.
Aussi, « La pleine beauté qui est à l’intérieur du bureau du Rabbi » n’est autre que la lumière qui émane du Rabbi. Lui seul permet le dévoilement du plus haut niveau de nous- même. C’est là le sens du verset « Moché alla et adressa ces paroles à tout Israël ».
Moché lorsqu’il s’adresse à chaque juif, détient la force de révéler l’essence de son âme (appellée aussi ‘Israël’). Par ailleurs, la déclaration de Moché (Vayélekh,31,2) : « …je ne peux plus sortir et entrer et l’Eternel m’a dit tu ne traverseras pas ce Jourdain. » n’est pas sans évoquer ce propos du Rabbi, quand il déclara à ses ‘hassidim ‘qu’il fit tout ce qui était en son pouvoir et que tout dépendait désormais de leurs propres efforts’.
En fait, le Rabbi nous prépare à ce moment, lorsque l’on ‘passe la porte de son bureau’ et que l’on se retrouve seul dans ce monde pour y effectuer notre mission.
A l’évidence le Rabbi réveille l’Essence de notre âme et nous rassasie en même temps des forces dont nous avons besoin pour accomplir notre mission de faire de ce monde une demeure pour l’essence divine. Un ‘hassid se doit donc de suivre l’exemple de Moché qui « alla… », c’est à dire qu’il se doit ‘d’aller de prodiges en prodiges’…
Ce Chabbat ‘Chouva’ de la Paracha Vayélekh n’est donc pas sans exprimer notre attachement au Rabbi, qui est le Moché de notre génération. Il est celui qui nous permet de retourner vers D.ieu. De fait, l’entretien privé avec le Rabbi nous prépare à ce moment unique, le jour de Kippour, lors de la prière de la Neïla.
En effet, le Rabbi nous enseigne que le mot Neïla vient du mot Naoul qui signifie 4 : verrouillé. La prière de la Neïla, qui est la cinquième prière du jour de Kippour fait allusion au cinquième niveau de l’âme, Yé’hida, l’essence de l’âme. Pendant la Neïla, l’Eternel verrouille les portes de la pièce dans laquelle Il Se trouve avec Ses enfants pour un entretien privé.
‘Entretien privé’ se dit en hébreu : Yé’hidout et fait donc aussi allusion à l’essence de l’âme divine, Yé’hida. Durant cet entretien privé l’Eternel bénit Ses enfants en révélant l’Essence de leur âme, en dévoilant leur volonté la plus profonde, la volonté de toutes les volontés, celle de s’attacher à Lui, à tel point qu’à ce moment D.ieu devient véritablement Notre D.ieu.
Ce moment représente donc l’accession à l’aspect le plus profond du divin. Or, ce n’est que par son attachement au Rabbi qu’un Juif peut atteindre ce niveau. Ce n’est que par son attachement à ses enseignements qu’il peut dépasser l’aspect extérieur de la réalité, pour atteindre la perception du divin qui dépasse cette réalité.
Evidemment, notre travail consiste avant tout à nous attacher à la partie révélée de la Torah, tout en dévoilant les forces de la partie révélée de notre âme (dévoiler les forces de notre l’intellect, les sentiments qui naissent dans le coeur, et nos actions qui en découlent).
Mais, le Rabbi nous permet de parvenir au niveau de la Couronne qui surplombe l’enchaînement des mondes. Il nous permet d’accéder à l’Essence divine, à la partie profonde de notre âme, à la partie profonde de la Torah.
Ce Chabbat Téchouva, est donc celui du retour vers l’Essence de notre âme qui est enracinée dans l’Essence divine. Un retour vers l’Essence de la Torah du Rabbi.
Dès-lors, sans aucun doute nous ferons tout ce qui est en notre pouvoir pour ‘répandre à l’extérieur’ les forces qui nous seront données pendant ce Chabbat, afin de faire totalement don de nous-même pour provoquer la venue de notre Juste Machia’h, très bientôt et de nos jours, avec l’aide de D.ieu.
(Pour l’élévation de l’âme de Chlomo ben Yaacov et Yamna et de David Yrhi ben ‘Haya)
Dans son ouvrage intitulé ‘Bé chaa ché hikdimou’ (‘Et Yaakov sortit de Béer Chéva’, deuxième tome, page 750) le Rabbi Rachab explique que l’Essence de l’âme divine d’un juif est appelée : ‘la fille du Roi’.
Le Roi désigne le Machia’h du fait qu’il est effectivement la source de toutes les âmes d’Israël. Plus précisément il est la source de l’Essence de l’âme de chaque juif, c’est-à-dire de la partie de l’âme qui ne s’habille pas dans le corps.
La partie de l’âme qui s’habille dans le corps et qui n’est qu’un reflet de l’Essence de l’âme est appelée ‘Eved’ (Esclave) car elle est en exil, prisonnière du corps et de l’âme animale. Le travail de l’homme est de raffiner et de purifier sans cesse cette âme animale afin de se libérer de son état d’Eved. Par ailleurs le Rabbi Rachab explique que l’âme qui s’habille dans le corps est telle un esclave qui n’agit pas de son propre gré et qui travaille malgré lui sans pouvoir exprimer sa propre volonté.
A l’opposé, la partie de l’âme qui ne s’habille pas dans le corps n’est pas et n’est jamais en exil. Du fait qu’elle ne s’habille pas dans le corps, elle n’est jamais prisonnière de l’âme animale. Elle n’est jamais la proie de l’âme animale, n’est jamais liée à elle et n’a jamais le moindre lien avec elle.
Le Rabbi Rachab écrit que ‘la fille du roi’ désigne donc ‘le point du cœur’, ou encore ‘le point de vérité’ de l’âme d’Israël, et c’est à celà que se rapporte le verset : ‘Je dors en exil mais mon cœur est éveillé’ car la caractéristique de la vérité est qu’elle ne s’arrête jamais. Elle ne connaît aucune interruption ni aucune dissimulation et de la même façon l’Essence de l’âme est liée à D.ieu d’un lien éternel. Elle ressent constamment sa source et ne s’en sépare jamais. Elle désire continuellement D.ieu : » mon cœur est éveillé ».
Ainsi et contrairement au niveau d’Eved’ de l’âme, laquelle n’agit pas de son propre gré et travaille malgré elle sans pouvoir exprimer sa propre volonté, le niveau de ‘la fille du roi’ de l’âme exprime la volonté propre de l’Essence de l’âme, qualifiée de ‘pachout’ (simple) et de ‘atsmi’ (essentiel), qui est de s’unir à l’Essence divine.
Tout au long de tous les jours de l’année chaque juif s’efforce de raffiner et de purifier son corps en le soumettant à la royauté de son âme divine. Ce travail est celui de l’âme qui s’habille dans le corps (Eved), mais durant tout le mois d’Elloul, et le jour de Roche-ha- Chana, nous entendons le son du Choffar, lequel a le pouvoir d’unir l’essence de l’âme (‘la fille du roi’) à l’âme qui s’habille dans le corps (Eved).
A l’évidence, la force de la révélation de l’essence de l’âme qui exprime la royauté du Machia’h (puisqu’il est la source de l’essence de l’âme de tous les enfants d’Israël) dépend du travail de chaque juif tout au long de l’année. Ce travail, que l’on appelle ‘Réouta dé Liba’ (la Volonté du cœur) est réalisé au moyen de la prière et par le fait de méditer à la grandeur du Saint béni soit-Il, à Sa lumière bénie qui entoure les mondes, à Son Essence par laquelle Il crée les mondes à partir du néant. Tous les efforts qu’un juif accomplit en ce sens ont le pouvoir d’attirer à Roche-ha-Chana la Royauté de l’Eternel, du ‘Mélekh Ha Kadoch’ (Le Roi Saint) laquelle s’exprimera avec la plus grande clarté lors de la royauté du Machia’h.
La Paracha Nitsavim fait elle-même allusion à la royauté du Machia’h car il est écrit au début de cette Paracha (29, 9, 10) :
‘Vous vous tenez debout, vous tous aujourd’hui, devant l’Eternel votre D.ieu : vos chefs, vos tribus, vos anciens, vos officiers, tout homme d’Israël. Vos jeunes enfants, vos femmes et ton converti qui est à l’intérieur de ton camp, depuis celui qui taille ton bois jusqu’à celui qui puise tes eaux’.
L’Admour Hazaken explique en effet que Ce jour pendant lequel ‘Vous vous tenez debout, vous tous aujourd’hui’ est celui de Roche-ha-Chana et en Ce jour l’Eternel dévoile l’essence de l’âme de tous les enfants d’Israël. C’est à ce sujet qu’il est dit que ‘tout Ton peuple est un peuple de Justes’ car la force de l’essence de l’âme est la même pour chaque juif, pour ‘tout homme d’Israël’ qu’il soit chef ou qu’il soit un simple porteur d’eau.
C’est à ce sujet que la ‘Hassidout nous enseigne que nous devons sonner du Choffar le jour de Roche-Ha-Chana, afin d’exprimer notre désir à D.ieu, qu’Il continue à régner sur nous.
Dans le Dvar Mal’hout sur la Paracha Nitsavim, le Rabbi rapporte l’enseignement des Sages selon lequel Adam-Ha-Richon, le jour où il fut créé, appela et dit à toute la Création (à tous les règnes de la Création : l’inanimé, le végétal, l’animal) : ‘Venez, nous nous inclinerons, nous nous courberons et nous nous prosternerons devant L’Eternel, qui nous a fait’.
Le Rabbi explique que ‘L’Eternel, qui nous a fait’ évoque le niveau du divin qui est relatif à ce monde, qui permet de le créer et de le maintenir en vie.
Par ailleurs, il existe un autre niveau du divin, bien plus élevé que celui-ci. Le Rabbi explique en effet qu’Adam-Ha-Richon fit prosterner toute la Création devant le couronnement du Saint béni soit-Il, ainsi qu’il est dit (Téhilim, 93, 1) : ‘L’Eternel règne, Il est revêtu de Majesté’.
Ce verset évoque ‘la Royauté de D.ieu qui fut alors dévoilée dans le monde. C’est le niveau du divin qui est bien au-delà et sans aucune mesure avec ce monde. Le dévoilement de la racine de l’attribut de Mal’hout (l’attribut de la Royauté), laquelle dépasse toutes les autres Séfirot, le niveau de Kéter (la Couronne qui surplombe tout l’enchaînement des mondes), et jusque dans la partie la plus profonde de Kéter, et jusqu’à L’Essence divine elle-même’.
Il existe donc le dévoilement divin qui s’accorde à la Création et à tout ce qu’elle contient (y compris l’homme lui-même). Puis il y a le dévoilement qui dépasse totalement les limites de ce monde.
Ces deux dévoilements divins existent aussi dans la Torah. De fait, la partie révélée de la Torah s’accorde à ce monde matériel et aux limites qu’il nous impose, et la partie profonde de la Torah est liée à tout ce qui dépasse les limites de ce monde, et de la même façon dans l’âme : les forces de l’âme qui s’habillent et se révèlent dans le corps et les forces de l’Essence de l’âme laquelle ne s’habille pas dans le corps et est enracinée dans L’Essence divine.
De manière plus générale, ces deux dévoilements correspondent à la lumière d’Or Mémalé qui s’habille dans les mondes (‘L’Eternel, qui nous a fait’), et à la lumière d’Or Sovev qui ne se révèle pas dans le monde, et ne fait que l’entourer (‘L’Eternel règne, Il est revêtu de Majesté’).
Dans le Dvar Mal’hout sur notre Paracha, le Rabbi met donc l’accent sur notre devoir de nous attacher, non pas seulement aux aspects extérieurs de tous les sujets de ce monde, comme la partie révélée de la Torah et la partie révélée de notre âme, mais il consiste aussi à nous attacher à leurs aspects profonds, à dévoiler la Royauté de L’Eternel et de Son envoyé, le Roi Machia’h.
En révélant la partie profonde de la Torah et la partie profonde notre âme nous aurons le mérite de faire de ce monde une demeure pour Son Essence bénie pour avoir provoqué par le don total de nous-même le dévoilement de notre Juste Machia’h, très bientôt et de nos jours, avec l’aide de D.ieu.
Pour l’élévation de l’âme de René Ma’hlouf Klein ben David et Esther Sellem
Au commencement de la Paracha Ki Tavo (26, 1, 2), il est écrit que ‘les enfants d’Israël, après qu’ils aient conquis la terre, avaient l’obligation de prendre, de leurs champs, des prémices des sept fruits de la terre (le blé, l’orge, le raisin, la figue, la grenade, l’olive et la datte), de les placer dans un panier, et de les apporter au Cohen dans le Beït-ha-Mikdache’.
Le Rabbi de Loubavitch nous enseigne que cette Mitsva des prémices est à la base de notre service divin et de l’ensemble de tous les autres commandements.
Chaque juif dès son réveil récite la prière du ‘Modé ani’. La ‘Hassidout met l’accent sur le fait qu’en récitant cette prière il remercie l’Eternel, non pas seulement parce qu’Il lui donne à nouveau la vie, mais il Le remercie de l’avoir fait juif. Aussi, nous pouvons nous interroger sur la particularité de la Mitsva des prémices. En effet, nous remercions l’Eternel, et reconnaissons Ses bienfaits tout au long de notre vie, que ce soit dans nos prières, ou que ce soit dans les Bénédictions, que nous disons tout au long du jour. Pour quelle raison la Mitsva des prémices, qui exprime aussi notre reconnaissance pour D.ieu, précède-t-elle dans notre Paracha tous les autres commandements divins ?
Le Rabbi répond que l’âme possède trois vêtements, la pensée la parole et l’action, et que la Mitsva des prémices a ceci de particulier, que lorsqu’il accomplit cette Mitsva, un juif exprime sa reconnaissance vis à vis de l’Eternel, non pas seulement par la pensée, ou par la parole, mais il l’exprime par un acte, et ‘l’acte est essentiel’. En d’autres termes, la Mitsva des prémices exprime par un acte la prière de ‘Modé ani’ que l’on dit chaque matin, en ouvrant les yeux.
Par ailleurs, le Rabbi donne le sens profond de ‘Ki Tavo’ : ‘Quand tu entreras’. En quoi notre entrée sur la Terre d’Israël est-elle si importante, et cela à tel point que la Paracha elle-même est nommée sur ce nom : ‘Ki Tavo’, ‘Quand tu entreras ‘ ?
Le Rabbi nous explique alors que toute préparation à un évènement important (en l’occurrence ici notre entrée sur la Terre d’Israël) est essentielle. En réalité, tout ce qui nous paraît comme un détail de notre existence mérite toute notre attention. Aucun détail ne peut être négligé, et chaque évènement doit être vécu de manière intense. Aussi le Rabbi souligne l’importance de nous investir totalement à chaque moment de notre existence, dans tous les évènements et dans toutes les situations de notre vie, même pour tout ce qui nous paraît de moindre importance.
Au commencement de la Paracha ‘Ki Tavo’ (26, 1, 2), il est écrit que les enfants d’Israël, après qu’ils aient conquis la Terre, avaient l’obligation de prendre des prémices des sept fruits de la terre, le blé, l’orge, le raisin, la figue, la grenade, l’olive et la datte, de les placer dans un panier, et de les apporter au Cohen dans le Beït-ha-Mikdache.
De manière profonde, le mot ‘Bikourim’ s’apparente au mot ‘Békhor’ qui signifie ‘Premier-né’. Les ‘Prémices’ représentent donc les enfants d’Israël car ils sont les ‘Premiers-nés’ de l’Eternel, ainsi qu’il est dit au début du second chapitre du Tanya de l’Admour Hazaken, dans lequel il est question de l’âme divine : ‘Les âmes Juives apparurent dans la Pensée divine, ainsi qu’il est écrit : ‘Mon fils aîné Israël’ et : ‘Vous êtes des fils pour L’Eternel votre D.ieu’.
Ainsi, d’une part, le Rabbi nous donne à comprendre que l’entrée en Terre d’Israël est essentielle car toute préparation à un évènement important est en soi un évènement important, et d’autre part, le Rabbi introduit l’enseignement selon lequel ‘l’Essence de l’âme Juive est enracinée dans l’Essence divine.
La Torah désigne les enfants d’Israël comme étant les premiers-nés de l’Eternel, car l’âme des enfants d’Israël a précédé la Création du monde. Dans le Dvar Mal’hout de la Paracha Ki Tétsé, le Rabbi nous enseigne que l’âme juive, du fait ‘qu’elle est véritablement une parcelle de divinité d’En-haut’, existait déjà avant la Création du monde et de tout ce qu’il contient. C’est à cela que se rapporte l’enseignement de Rabbi Shimon Bar Yo’haï selon lequel ‘Le Saint béni soit-Il Israël et la Torah ne font qu’Un’, et Rabbi Shimon enseigne que trois liens les unissent, l’un avec l’autre.
Il existe un lien entre le Saint béni soit-Il et la Torah, un lien entre la Torah et Israël, et un lien direct entre le Saint béni soit-Il et Israël.
Le Rabbi souligne ici que l’âme d’Israël précède la Torah, et que l’existence de la Torah ne dépend que d’Israël, car les juifs sont la raison d’être de la Torah. Ainsi, dans une situation où un juif est en danger, l’Eternel nous ordonne de transgresser la Torah, s’il doit en être ainsi pour sauver la vie de ce juif (pikoua’h néfèch).
A l’opposé, l’existence de la Torah ne dépend que des juifs, que de leur accomplissement des commandements divins, lesquels représentent la Volonté du Saint béni soit-Il. C’est ce lien, ce lien essentiel qui unit l’Eternel à chaque juif, qui représente le contenu profond de la Mitsva des prémices.
Chaque juif est le premier-né de l’Eternel, et demeure lié à Lui d’un lien éternel, et lorsqu’un Juif apporte au Temple les prémices des fruits de son champ, il remercie L’Eternel, non seulement pour les bienfaits matériels qu’Il lui dispense, et de manière plus profonde il Le remercie pour avoir fait de lui Son premier-né, pour lui avoir donné une ‘parcelle véritable’ de Lui-même par laquelle il demeure constamment lié à Lui et accomplit Sa Volonté.
Le Tsémach Tsédèk rapporte dans le ‘Or ha Torah’ sur la Paracha ‘Ki Tavo’ un enseignement de la Guémara Sotah (page 46) dans lequel les Sages de la Torah comparent les Mitsvoth à des fruits. Autour de cette idée, le Tsémach Tsédek explique que de même que la terre possède en elle-même la force de faire pousser des arbres et des fruits à l’infini, chaque Juif est capable de faire don de lui-même au-delà de toutes les limites pour sanctifier le Nom de D.ieu.
Dans le Hayom-Yom du 18 Elloul, qui est le jour de l’anniversaire du Baal Chem Tov et de l’Admour Hazaken, le Rabbi rapporte à son tour une explication du Baal Chem Tov sur le premier verset de la Paracha Ki Tavo (26, 1), qui s’accorde parfaitement à cet enseignement du Tsémach Tsédek :
‘Et ce sera quand tu arriveras sur la Terre (le Pays) que l’Eternel ton D.ieu te donne en héritage, que tu en prendras possession et que tu t’y installeras’
En effet, le Baal Chem Tov explique que la ‘Terre’ (‘Erets’) est de la même étymologie que ‘Méroutsa’ (Empressement) et ‘Ratson’ (Volonté). Dans ce cas, ‘Arriver sur la Terre que l’Eternel ton D.ieu te donne en héritage’ signifie qu’un Juif parvient, grâce à ses efforts et à son travail, à recevoir comme don de D.ieu, la Volonté.
De fait, la Volonté est un don d’en-haut, et celui qui ressent en lui-même le profond désir de s’attacher à D.ieu et d’accomplir Ses Commandements, dans la plus grande soumission et le plus grand amour, peut estimer que cette Volonté qui l’anime n’est autre qu’un don qu’il a reçu de l’Eternel.
Ainsi, le Rabbi explique dans le Hayom-Yom au nom du Baal Chem Tov, que lorsque l’on a mérité d’être animé par une telle Volonté, on doit alors ‘prendre possession et s’installer sur cette Terre que l’on a reçue en héritage’, c’est-à-dire ‘que l’on doit intérioriser ce que l’on a obtenu, en le faisant descendre ici-bas de façon définitive’.
Cette explication mérite toute notre attention. Le Rabbi souligne ici l’importance ‘d’intérioriser ce que l’on a obtenu’, c’est-à-dire que nous devons faire tout ce qui est en notre pouvoir pour faire de nous-mêmes des réceptacles capables de recevoir des dévoilements divins supérieurs. ‘Intérioriser la Volonté’ signifie dans ce cas que nous devons nous préparer pour recevoir cette force, afin que celle-ci ne soit plus comme ‘ajoutée’ à nous-même, mais qu’elle fusionne véritablement avec notre personnalité, notre intellect et nos sentiments.
Cette idée qui revient sans cesse, tout au long de l’année dans le Dvar Mal’hout et les discours ‘hassidiques du Rabbi, consiste à recevoir et à intégrer dans les limites que nous impose le corps une lumière qui dépasse totalement les limites, afin de faire tout ce qui est en notre pouvoir pour provoquer la venue de notre Juste Machia’h, très bientôt et de nos jours, avec l’aide de D.ieu.
Photo de couverture : Rav Aharon Yossef Belintzky a’h à la Yéchiva de Brunoy dans les années 70
(Pour l’élévation de l’âme de ‘Hannania ben Yaacov et la Réfouah chéléma de Mahlouf (René) Klein ben Esther et de Katie Sellem)
Un ‘Hassid demanda au Rabbi Rachab : comment obtenir que vous vous souveniez de moi favorablement ? Le Rabbi Rachab lui répondit :
Si je me trouve dans ton cœur ton souvenir me viendra à l’esprit…
Cette réponse du Rabbi Rachab exprime le lien qui unit le Rabbi à un ‘Hassid, et de manière plus profonde le lien qui unit l’âme au Saint béni soit-Il. De fait, l’Essence de l’âme Juive est enracinée dans l’Essence divine, et c’est la raison pour laquelle l’Admour Hazaken définit l’âme Juive comme ‘étant véritablement une parcelle de divinité d’En-haut’.
C’est à ce sujet que le Rabbi nous donne dans le Dvar Mal’hout sur la Paracha Ki Tetsé une explication profonde du verset : ‘Quand tu sortiras en guerre contre ton ennemi’.
‘Tu sortiras’ est la sortie de l’âme de son véritable Endroit au sujet duquel il est dit ‘qu’Israël et le Saint béni soit-Il ne font qu’Un’. L’âme Juive vient de L’Essence de D.ieu. Elle sort de ‘L’endroit du monde’ (D.ieu est désigné par les Sages comme étant ‘L’Endroit du Monde’) et descend pour s’habiller dans un corps, dans ce monde matériel, car le désir du Saint béni soit-Il est de résider ici-bas. Avant que ne fut créé le monde il n’y avait que D.ieu et au moyen de l’enchaînement des mondes, de la descente d’un niveau vers un autre niveau, ce monde matériel fut créé. Parmi tous les mondes de la Création ce monde est celui qui cache le plus la Présence divine.
L’Eternel trouve Son plaisir dans le fait qu’un Juif soumet les forces du mal et transforme l’obscurité en lumière. Son désir est que ce monde inférieur devienne une demeure pour Son Essence. Cela implique que l’âme descende et combatte ‘l’ennemi’ dans un monde où existe le contraire de la Sainteté. Le Rabbi souligne que la mission de l’âme Juive consiste à faire de ce monde une demeure pour Son Essence, c’est à dire une demeure capable de recevoir le plus haut niveau du Divin, lequel dépasse totalement toutes les limites de ce monde. Aussi, accomplir cette mission implique que ‘même après que l’âme d’un homme soit descendue ici-bas, on voit sur cet homme que ‘son âme est une parcelle véritable de Divinité d’En-haut’, on voit chez ce Juif qu’il fait Un avec D.ieu’.
Cette déclaration du Rabbi est un enseignement qui reflète tout le sujet profond de la ‘Hassidout. En effet, ‘voir qu’un Juif fait Un avec D.ieu’ dans un monde où le choix est donné à l’homme entre le bien et le mal veut dire que ce Juif est parvenu à se soumettre totalement à la Volonté du Saint béni soit-Il. Il est parvenu à transformer son âme animale au point que toutes ses pensées toutes ses paroles et toutes ses actions soient consacrées à faire de lui-même et de ce monde matériel des réceptacles capables de recevoir le dévoilement de l’Essence divine.
‘La sortie de l’âme de son véritable Endroit’ n’est pas sans évoquer la promesse qu’elle fait à L’Eternel avant de descendre et de s’habiller dans un corps matériel : ‘Sois un Juste et ne sois pas un méchant ! ‘. Le Tanya nous enseigne qu’avant qu’elle ne descende (avant la naissance) L’Eternel rassasie l’âme des forces dont elle aura besoin pour combattre le mauvais penchant. Force est de constater que ce ‘véritable Endroit’ est celui de la Sainteté et le Rabbi souligne que malgré que ce monde où elle descend soit celui où la lumière divine est la moins perceptible parmi tous les mondes de la Création, il n’en demeure pas moins que l’on doit voir à l’évidence que ce Juif porte sur lui et garde de manière intacte la lumière de cet Endroit de Sainteté.
Il s’agit ici de comprendre l’intention du Rabbi lorsqu’il déclare que ‘l’on voit sur cet homme que son âme est véritablement une parcelle de Divinité d’En haut’.
Le Rav Yoël Kahn explique dans l’un de ses ouvrages que ‘le monde spirituel et le monde matériel sont très éloignés l’un de l’autre, mais la Création est elle-même encore plus éloignée du Créateur’ (voir Souguiot bé ‘Hassidout, page 190). ‘Malgré cette formidable distance qui sépare ce monde matériel et le Saint béni soit-Il, depuis le Don de la Torah, la Torah et les Mitsvoth agissent sur la Réalité et la transforment’. ‘La Force divine de la Torah étant illimitée, elle possède la capacité de se répandre et d’agir sur la matière physique’. On peut citer ici comme exemple la déclaration du Rabbi Rayats selon laquelle ‘l’étude de la Hassidout transforme la matière du cerveau’.
C’est à ce sujet que le Rabbi a lui-même déclaré que ‘chaque Juif est propriétaire de la Réalité’, de par le fait que ses Mitsvoth et son étude de la Torah agissent sur ce monde matériel et le transforment en une demeure pour D.ieu. La Force divine du travail qu’un Juif accomplit sur lui-même (sur son âme et sur son corps) et sur ce monde a le pouvoir de purifier la matière du corps et la matière de ce monde physique.
Nous comprenons alors le sens de la déclaration du Rabbi selon laquelle ‘on voit sur cet homme que son âme est véritablement une parcelle de Divinité d’En haut’, car lorsqu’un Juif accomplit les Commandements divins (dont la plupart sont accomplis au moyen de la matière physique) il sanctifie la matière et dès-lors celle-ci ne cache plus le Divin qui vit en elle.
Ainsi, le Rabbi déclare que ‘même après que l’âme d’un homme soit descendue ici-bas, on voit sur cet homme que ‘son âme est une parcelle véritable de Divinité d’En-haut’, on voit chez ce Juif qu’il fait Un avec D.ieu’.
Or, si un homme est capable de voir qu’une autre personne ‘fait Un avec D.ieu’ c’est que cet homme fait lui-même Un avec D.ieu. En effet, plus un homme se sanctifie plus il devient un réceptacle de la Sainteté, c’est à dire que sa perception du Divin devient de plus en plus forte, ses sens s’affinent de plus en plus, ses yeux voient de mieux en mieux le Divin qui se cache dans chaque homme et dans chaque chose. Plus un homme s’attache à se sanctifier et à accomplir la Volonté de D.ieu plus le Divin Se dévoilera en lui, à l’exemple de la réponse du Rabbi Rachab : ‘Si je me trouve dans ton cœur ton souvenir me viendra à l’esprit’, avec l’aide de D.ieu, lors du dévoilement du Machia’h et de la Délivrance finale, très bientôt et de nos jours….
(Pour l’élévation de l’âme de ‘Hannania ben Yaacov, et pour la guérison complète de Mah’louf (René) ben Esther et de Katie Sellem)
Un des points que le Rabbi nous enseigne dans le Dvar Mal’hout sur notre Paracha est le rapport que le Rabbi établit entre la Paracha Réeh et le mois d’Elloul.
Le Rabbi définit l’attitude que nous devons adopter avant de commencer le travail du mois d’Elloul. Durant ce mois, ‘le Roi est dans les champs’, et tout est propice pour établir le bilan de l’année et prendre de bonnes décisions pour l’année à venir. Cependant, avant même d’investir nos pensées nos paroles et nos actes dans les trois domaines de notre service divin, c’est-à-dire dans notre Prière, notre étude de la Torah, et nos actes de bonté, le Rabbi nous demande ‘d’ouvrir les yeux et de regarder’.
Aussi, dans le Dvar Mal’hout le Rabbi explique les mots que l’Eternel adresse aux enfants d’Israël, lesquels sont rapportés au début de notre Paracha (Réeh, 11, 26) : ‘Vois Je donne devant vous aujourd’hui la Bénédiction’.
‘Vois’ (‘Réeh’), l’Eternel nous ordonne de Voir, c’est-à-dire de comprendre, et aussi de ressentir la chose, comme si cette chose était devant nos yeux.
‘Je’ (‘Ano’hi’). ‘Ano’hi’ est le premier mot des 10 Commandements, et désigne l’Essence divine, qui comme il est souvent expliqué dans les discours du Rabbi, est le plus haut niveau divin, lequel est au-delà de toute la Création, de tous les mondes, de toutes les formes et de toutes les particularités. De fait, c’est l’Eternel Lui-même, Son Essence.
‘donne’ (‘noten’), et ‘tout celui qui donne, donne avec un bon oeil (avec largesse)’.
‘devant vous’ (‘lifné’hem’). ‘Lifne’hem’ s’apparente au mot ‘Pnimiout’ et désigne donc ici la ‘profondeur’, la profondeur de l’âme Juive, qui est l’essence de l’âme, enracinée dans l’Essence divine.
‘aujourd’hui’ (‘hayom’). Selon la ‘Hassidout, le ‘Jour’ représente la lumière et le dévoilement, de façon éternelle.
‘la bénédiction’ (‘bra’ha’). Il s’agit ici de toutes les bénédictions, que celles-ci soient dévoilées, ou bien que celles-ci se cachent dans ce qui nous semble être au premier abord des malédictions, que D.ieu nous en préserve. ‘
A la lumière de ces explications, le Rabbi nous donne à comprendre qu’avant même de commencer à penser, à parler ou à agir, au sujet de notre travail du mois d’Elloul, nous devons avant tout réaliser très profondément dans notre esprit, et cela au point de Voir, de ressentir, notre véritable réalité, qui est bien loin de se limiter à notre existence ‘révélée’. C’est-à-dire que notre véritable réalité est liée au dévoilement de la partie la plus profonde de notre âme, de son Essence. Notre travail consiste à dévoiler la partie cachée de notre âme, laquelle est enracinée dans l’Essence divine.
En effet, l’âme ne se limite pas à la partie de l’âme qui s’habille dans le corps car l’essentiel de l’âme ne s’habille pas dans le corps et il appartient à chaque Juif la possibilité de révéler l’essentiel de notre âme : le niveau d’Ano’hi’, dans ses pensées ses paroles et ses actes.
L’Essence de l’âme est au cœur des enseignements du car elle est le lien véritable de tout notre être avec D.ieu, et La dévoiler a pour effet d’élever nos pensées nos paroles et nos actions à un niveau supérieur et divin.
Dans le Dvar Mal’hout, le Rabbi déclare donc que l’Essence de l’âme est notre ‘véritable réalité’, qu’elle représente ce que nous sommes réellement, véritablement. L’Essence de l’âme est la partie ‘véritable’ de l’âme, car Elle fait Un avec D.ieu et seul D.ieu représente la Vérité vraie. L’Essence de l’âme ne peut donc pas être perçue et ressentie par un membre du corps en particulier. Elle ne se révèle dans le corps, dans les forces de l’âme qui s’habillent dans le corps, qu’à des moments particuliers, comme le jour du Chabbat ou le jour de Yom Kippour, mais elle peut aussi se révéler par le travail de l’homme, en particulier chez les Tsaddikim.
C’est cela même que l’Eternel déclare à Ses enfants (Réeh, 11, 26) : ‘Vois Je donne devant vous aujourd’hui la Bénédiction’. D’après les explications du Rabbi au sujet de ce verset, l’Eternel nous ordonne ici de méditer au fait qu’Il nous a donné, ‘d’un bon œil’, ‘une partie de Lui-même’, et que cette partie constitue notre véritable existence. C’est à cela que nous devons nous attacher, ‘de tout notre cœur, de toute notre âme, et de tout notre pouvoir’.
Dans le Dvar Mal’hout sur le Chabbat de la Paracha Rééh, durant lequel nous bénirons le mois d’Elloul, le Rabbi explique que l’Eternel bénit Ses enfants en leur donnant une âme dont l’Essence est divine (Rééh, 11, 26). Le Rabbi explique que l’Eternel nous demande de Voir, c’est-à-dire de prendre réellement conscience de la valeur infinie de notre âme, et de dévoiler les niveaux supérieurs qu’elle possède, car c’est en agissant en ce sens que nous aurons le mérite de dévoiler la présence du Machia’h.
La Paracha Rééh est donc liée au mois d’Elloul, du fait que ce Chabbat nous permet de commencer notre existence véritable en éveillant la force infinie de l’Essence de notre âme. C’est ce message que nous adresse le Rabbi, de nous préparer ce Chabbat avec l’intention de recevoir la Bénédiction de l’Eternel pour commencer notre service divin dès le début du mois d’Elloul en agissant par la force de l’Essence de notre âme, au-delà de toutes les limites, jusqu’à provoquer la Délivrance finale.
Paracha Rééh
‘Notre véritable réalité’
(Pour l’élévation de l’âme de ‘Hannania ben Yaacov, et pour la guérison complète de Mah’louf (René) ben Esther et de Katie Sellem)
Un des points que le Rabbi nous enseigne dans le Dvar Mal’hout sur notre Paracha est le rapport que le Rabbi établit entre la Paracha Réeh et le mois d’Elloul.
Le Rabbi définit l’attitude que nous devons adopter avant de commencer le travail du mois d’Elloul. Durant ce mois, ‘le Roi est dans les champs’, et tout est propice pour établir le bilan de l’année et prendre de bonnes décisions pour l’année à venir. Cependant, avant même d’investir nos pensées nos paroles et nos actes dans les trois domaines de notre service divin, c’est-à-dire dans notre Prière, notre étude de la Torah, et nos actes de bonté, le Rabbi nous demande ‘d’ouvrir les yeux et de regarder’.
Aussi, dans le Dvar Mal’hout le Rabbi explique les mots que l’Eternel adresse aux enfants d’Israël, lesquels sont rapportés au début de notre Paracha (Réeh, 11, 26) : ‘Vois Je donne devant vous aujourd’hui la Bénédiction’.
‘Vois’ (‘Réeh’), l’Eternel nous ordonne de Voir, c’est-à-dire de comprendre, et aussi de ressentir la chose, comme si cette chose était devant nos yeux.
‘Je’ (‘Ano’hi’). ‘Ano’hi’ est le premier mot des 10 Commandements, et désigne l’Essence divine, qui comme il est souvent expliqué dans les discours du Rabbi, est le plus haut niveau divin, lequel est au-delà de toute la Création, de tous les mondes, de toutes les formes et de toutes les particularités. De fait, c’est l’Eternel Lui-même, Son Essence.
‘donne’ (‘noten’), et ‘tout celui qui donne, donne avec un bon oeil (avec largesse)’.
‘devant vous’ (‘lifné’hem’). ‘Lifne’hem’ s’apparente au mot ‘Pnimiout’ et désigne donc ici la ‘profondeur’, la profondeur de l’âme Juive, qui est l’essence de l’âme, enracinée dans l’Essence divine.
‘aujourd’hui’ (‘hayom’). Selon la ‘Hassidout, le ‘Jour’ représente la lumière et le dévoilement, de façon éternelle.
‘la bénédiction’ (‘bra’ha’). Il s’agit ici de toutes les bénédictions, que celles-ci soient dévoilées, ou bien que celles-ci se cachent dans ce qui nous semble être au premier abord des malédictions, que D.ieu nous en préserve. ‘
A la lumière de ces explications, le Rabbi nous donne à comprendre qu’avant même de commencer à penser, à parler ou à agir, au sujet de notre travail du mois d’Elloul, nous devons avant tout réaliser très profondément dans notre esprit, et cela au point de Voir, de ressentir, notre véritable réalité, qui est bien loin de se limiter à notre existence ‘révélée’. C’est-à-dire que notre véritable réalité est liée au dévoilement de la partie la plus profonde de notre âme, de son Essence. Notre travail consiste à dévoiler la partie cachée de notre âme, laquelle est enracinée dans l’Essence divine.
En effet, l’âme ne se limite pas à la partie de l’âme qui s’habille dans le corps car l’essentiel de l’âme ne s’habille pas dans le corps et il appartient à chaque Juif la possibilité de révéler l’essentiel de notre âme : le niveau d’Ano’hi’, dans ses pensées ses paroles et ses actes.
L’Essence de l’âme est au cœur des enseignements du car elle est le lien véritable de tout notre être avec D.ieu, et La dévoiler a pour effet d’élever nos pensées nos paroles et nos actions à un niveau supérieur et divin.
Dans le Dvar Mal’hout, le Rabbi déclare donc que l’Essence de l’âme est notre ‘véritable réalité’, qu’elle représente ce que nous sommes réellement, véritablement. L’Essence de l’âme est la partie ‘véritable’ de l’âme, car Elle fait Un avec D.ieu et seul D.ieu représente la Vérité vraie. L’Essence de l’âme ne peut donc pas être perçue et ressentie par un membre du corps en particulier. Elle ne se révèle dans le corps, dans les forces de l’âme qui s’habillent dans le corps, qu’à des moments particuliers, comme le jour du Chabbat ou le jour de Yom Kippour, mais elle peut aussi se révéler par le travail de l’homme, en particulier chez les Tsaddikim.
C’est cela même que l’Eternel déclare à Ses enfants (Réeh, 11, 26) : ‘Vois Je donne devant vous aujourd’hui la Bénédiction’. D’après les explications du Rabbi au sujet de ce verset, l’Eternel nous ordonne ici de méditer au fait qu’Il nous a donné, ‘d’un bon œil’, ‘une partie de Lui-même’, et que cette partie constitue notre véritable existence. C’est à cela que nous devons nous attacher, ‘de tout notre cœur, de toute notre âme, et de tout notre pouvoir’.
Dans le Dvar Mal’hout sur le Chabbat de la Paracha Rééh, durant lequel nous bénirons le mois d’Elloul, le Rabbi explique que l’Eternel bénit Ses enfants en leur donnant une âme dont l’Essence est divine (Rééh, 11, 26). Le Rabbi explique que l’Eternel nous demande de Voir, c’est-à-dire de prendre réellement conscience de la valeur infinie de notre âme, et de dévoiler les niveaux supérieurs qu’elle possède, car c’est en agissant en ce sens que nous aurons le mérite de dévoiler la présence du Machia’h.
La Paracha Rééh est donc liée au mois d’Elloul, du fait que ce Chabbat nous permet de commencer notre existence véritable en éveillant la force infinie de l’Essence de notre âme. C’est ce message que nous adresse le Rabbi, de nous préparer ce Chabbat avec l’intention de recevoir la Bénédiction de l’Eternel pour commencer notre service divin dès le début du mois d’Elloul en agissant par la force de l’Essence de notre âme, au-delà de toutes les limites, jusqu’à provoquer la Délivrance finale.
Pour l’élévation de l’âme de ‘Hannania ben Yaacov et la guérison complète de Ma’hlouf, René, ben Esther et de Katie Sellem
Les initiales du mois de Av sont les premières lettres de l’expression ‘Elloul ba’ : ‘le mois de Elloul arrive’. Aussi ; le Rabbi écrit dans le Dvar Mal’hout (Ekev) ‘qu’un Juif est propriétaire de la Réalité’, ‘qu’il lui appartient la force de se réveiller et de réveiller d’autres Juifs, et essentiellement de ‘réveiller’ le Saint béni soit-Il’.
Par ailleurs, le Rabbi écrit dans le Likouteï Si’hot (Tome 21, page 55) que ‘D.ieu doit-être présent dans chaque endroit où se trouve un Juif…Même si l’on ne se trouve pas physiquement, dans un endroit saint, ni même dans une situation sainte, on peut cependant bâtir le sanctuaire de D.ieu’.
‘Bâtir le sanctuaire de D.ieu’ signifie construire ce monde et se construire nous-mêmes, notre corps et notre âme. Cet enseignement s’applique à tout moment de notre vie, et peut-être tout particulièrement durant cette période qui précède le mois d’Elloul qui approche. La chose est connue que le mois d’Elloul est propice à la Téchouva. ‘Le Roi est dans les champs’, et les lettres du nom du mois d’Elloul’ sont les initiales du verset : ‘Ani lé Dodi vé Dodi li’ (‘Je suis à mon bien-aimé et mon bien-aimé est à moi’). C’est-à-dire que le travail d’un Juif consiste à s’unir soi-même (Ani) à D.ieu (Dodi), et alors dans ce cas le Saint béni soit-Il se rapprochera de lui (Dodi li).
Plus profondément, ‘Ani lé Dodi vé Dodi li’ fait allusion à deux sortes de travaux que l’on doit accomplir pendant le mois d’Elloul.
‘Ani lé dodi’, représente l’action concrète, laquelle correspond aux Commandements divins, dont la majorité est accomplie au moyen de la matière. Ainsi, nous devons tout d’abord agir sur notre propre corps, afin de le raffiner, de le purifier et de le sanctifier, pour en faire un ‘Temple’ où peut résider L’Eternel, ainsi qu’il est dit : ‘Faites-Moi un sanctuaire et Je résiderais parmi vous’.
A l’évidence, il ne s’agit pas seulement d’agir sur nous-même, mais également d’agir de la même façon sur ce monde matériel. C’est la raison pour laquelle la majorité des Commandements divins est accomplie au moyen de la matière, car la mission de chaque Juif consiste à raffiner ce monde matériel, en dévoilant les étincelles divines qui y sont dissimulées. De fait, ‘nous préparer à la venue du Machia’h’ consiste à faire de nous-même, et de ce monde matériel, une demeure pour l’Essence divine.
Ce travail, ‘Ani lé Dodi’, s’accomplit ‘du bas vers le haut’ en agissant de manière progressive, à l’exemple des 42 étapes que vécurent les enfants d’Israël pendant leur traversée du désert. Aussi, le Rabbi revient ici sur l’enseignement selon lequel, notre action a pour effet de faire pénétrer la lumière divine de manière profonde en nous-mêmes et dans le monde.
‘Dodi li’, le second travail, est un dévoilement ‘du haut vers le bas’. Il correspond à l’étude de la Torah, laquelle se situe au-delà de ce monde. ‘Dodi-li’ consiste à dévoiler la force infinie de notre âme qui est ‘une parcelle véritable de divinité d’En-haut’, afin d’attirer un dévoilement divin illimité, du ‘haut vers le bas’.
Cependant, le Rabbi souligne que tous les dévoilements divins qui viennent ‘d’en-haut’ ne pénètrent pas profondément en nous-mêmes, car c’est seulement par notre propre travail, par un travail ‘du bas vers le haut’, que nous pouvons intégrer de manière profonde chaque dévoilement de la lumière divine.
Aussi, le Rabbi écrit dans le Dvar Mal’hout sur la Paracha Ekev, que ‘l’on atteint la perfection quand il y a l’union des deux sujets’. ‘Ani lé Dodi’ et ‘Dodi li’.
Lorsque le niveau du divin (Dodi), qui est au-delà du niveau de ‘Ani’, de la réalité de l’homme ici-bas, se dévoile de manière profonde dans le ‘Ani’, c’est-à-dire, dans les limites du niveau inférieur, et cela au point de devenir véritablement une seule chose, sans que rien ne puisse les différencier.
L’un des points essentiels de cet enseignement du Rabbi est que la perfection du dévoilement de ‘Dodi-li’, qui correspond au dévoilement de la ‘parcelle véritable de divinité d’En-haut’ (jusqu’au dévoilement de l’Essence de l’âme), dépend du travail qu’un Juif accomplit de manière progressive, ‘du bas vers le haut’, ‘Ani lé Dodi’.
Dans ce cas, le dévoilement de ‘Vé Dodi li’, ‘du haut vers le bas’ (Atsilout, Bryia, Yètsira, Assia) qui succède au travail de ‘Ani lé Dodi’, ‘du bas vers le haut’, consiste à la révélation du divin illimité dans le ‘Ani’, au point de faire Un avec lui, au point que ‘Ani’ devient ‘un être véritable et éternel’ (Yèch amiti vé nits’hi’).
A la lumière de ces enseignements, nous comprenons que le travail accompli au mois d’Elloul nous permet de parvenir au dévoilement de l’Essence de l’âme. C’est la raison pour laquelle le Rabbi met l’accent sur le fait que le travail ‘du bas vers le haut’, ‘Ani lé Dodi’, est plus essentiel que celui ‘du haut vers le bas’, ‘Dodi li’, car c’est en élevant les niveaux les plus inferieurs (‘du bas vers le haut’) que l’on élève aussi tous les autres niveaux, même les plus élevés et que l’on parvient à faire de ce monde une demeure pour D.ieu.
Le Rabbi établit alors ici un lien avec la Paracha de cette semaine : ‘Ekev’, durant laquelle nous bénissons le mois d’Elloul.
‘Ekev’ signifie ‘le talon’, et représente donc la partie la plus basse du corps de l’homme (et du corps de ce monde). Notre travail pendant le mois d’Elloul consiste avant tout à purifier le corps, ‘le talon’ (‘Ani le Dodi’), car c’est l’étape nécessaire qui précède le dévoilement de la lumière de l’Essence de l’âme, ‘Dodi li’.
Il est très important de rappeler ici l’enseignement que nous donne la ‘Hassidout au sujet du corps de l’homme. Le corps de l’homme a été créé par D.ieu, au moyen de Son Essence. Aussi, lorsque l’on s’attache à raffiner, à purifier, et à sanctifier le corps, on dévoile la force de l’Essence divine qui y est dissimulée.
Ce principe s’accorde avec le fait que dans les temps messianiques ‘la Séfira de Mal’hout (la dernière et la plus basse des Séfirot, le talon) s’élèvera au-dessus de toutes les autres Séfiroth’. ‘La lune deviendra alors aussi grande que le soleil’, ‘l’épouse vertueuse deviendra la couronne de son mari’, l’inanimé révèlera son véritable niveau ainsi qu’il est dit : ‘le mur criera et la poutre lui répondra’.
Tous ces exemples expriment le fait que ‘le talon’ bien qu’il soit la partie la plus basse du corps possède néanmoins un niveau supérieur qui apparaîtra au moment de la Délivrance finale. C’est donc en élevant les niveaux les plus bas, les plus ‘inanimés’ que l’on parvient au dévoilement de l’Essence divine.
C’est sans doute pour cela que le Rabbi écrit à la fin de ce Dvar Mal’hout, que nous devons atteindre les niveaux les plus extérieurs pour provoquer la venue de notre Juste Machia’h.
A la question du Baal Chem Tov : ‘Quand viendrez-vous Maître ? Le Machiah répondit : Quand tes sources se répandront à l’extérieur !’. En réfléchissant à ces paroles, le Rabbi conçut qu’il manquait à ‘la diffusion des Sources’ la diffusion de livres en Braille, afin que les personnes non-voyantes puissent aussi s’attacher à l’étude de la ‘Hassidout, l’Essence de la Torah.
D’une certaine manière, il est possible de qualifier une personne non-voyante comme ‘inanimée’. En effet, la Torah emploie le mot qui désigne ‘le contraire de la vie’ pour une personne non-voyante. Aussi, le Rabbi nous enseigne que les non-voyants seront les premiers à guérir au moment de la Délivrance finale. Le Rabbi met donc en évidence l’importance de leur donner dès à présent les moyens d’étudier la ‘Hassidout, car celle-ci détient le pouvoir d’insuffler à celui qui s’adonne à son étude une vitalité nouvelle. Elle redonne la vie à ‘l’Inanimé’, au ‘talon’.
Le lien qui existe entre ‘Ani lé Dodi vé Dodi li’ et la Paracha Ekev, s’exprime donc ici par le fait que c’est en nous attachant aux niveaux les plus bas, ‘du bas vers le haut’ : Ekev (‘Ani lé Dodi’), que nous aurons le mérite d’attirer en nous-mêmes, et dans ce monde, de manière profonde, et éternelle, l’Essence divine, lors de la Délivrance finale et de la venue de notre Juste Machia’h, dès à présent avec l’aide de D.ieu.