Dans le Dvar Mal’hout (‘Toldot’), le Rabbi approfondit le concept selon lequel le peuple d’Israël est comparé à la lune. Cette comparaison s’exprime avec d’autant plus de force lorsque nous entrons dans le mois de Kislev.
Le soir de Roch Hodèch la lune apparaît dans le ciel nocturne sous la forme d’un simple point lumineux. C’est la raison pour laquelle on emploie l’expression ‘Roch ‘Hodèch’. Le mot ‘Roch’ désigne la ‘tête’, laquelle représente le simple point de la lune qui apparaît dans le ciel, et le mot ‘Hodèch’ s’apparente au mot ‘Hidouch’ (‘nouveauté’), lequel désigne la naissance, la nouvelle apparition de la lune, le soir de Roch Hodèch.
Aussi, ce simple point lumineux qui apparaît le soir de Roch Hodèch va chaque jour en grandissant, et le quinzième jour du mois c’est la pleine lune, toute la face de la lune reflète alors la lumière du soleil.
Le Rabbi explique que des deux images de la lune, l’image du point lumineux naissant dans le ciel (le soir de Roch Hodèch), et l’image de la lune qui brille de toute sa face (le quinzième jour du mois), c’est l’image du point qui représente le plus la Délivrance.
En effet, la naissance de la lune correspond au réveil (naissance) d’un Juif. Lorsqu’un juif ouvre les yeux c’est l’essence de son âme qui s’éveille.
Comme Il a été dit précédemment, le mot ‘Roch’ désigne la ‘tête’, laquelle représente le simple point de la lune qui apparaît dans le ciel.
De la même façon, l’essence de l’âme juive, qui apparaît au réveil, est elle-même ‘la tête de l’âme’, car elle est la partie la plus élevée de l’âme juive, du fait qu’elle est enracinée dans l’Essence divine. L’essence de l’âme juive est ‘la tête’ qui garde et nourrit tous les niveaux de l’âme.
C’est à celà que se rapporte le verset de la prière du matin (‘Elokaï néchamah’): ‘Et Tu la gardes en moi’. ‘Tu’ représente l’essence de l’âme, laquelle fait un avec D.ieu, et ‘Tu la gardes en moi’ signifie donc que l’essence de l’âme, qui ne s’habille pas dans le corps, garde la partie de l’âme qui s’habille dans le corps (voir le discours du Rabbi ‘Vayéchèv Yaakov’).
A la lumière de ce qu’il vient d’être dit, nous comprenons à présent que le simple point lumineux de la lune qui va en grandissant jour après jour, représente la lumière de l’essence de l’âme qui se révèle après qu’un Juif ait ouvert les yeux, pour se répandre ensuite dans les forces de son âme, illuminant ainsi son service divin tout au long de la journée, à l’image du point lumineux de la lune qui va en grandissant jour après jour.
Le premier dévoilement de la lumière de l’essence de l’âme survient quand un Juif prononce le ‘Modé ani’. La lumière infinie de D.ieu s’habille alors dans les lettres du ‘Modé ani’ pour exprimer notre soumission et notre reconnaissance vis-à-vis de l’Eternel de nous avoir fait Juifs.
Peut-être est-il possible d’écrire que cet enseignement du Rabbi est lié au verset (Balak, 24, 17) : ‘Une étoile jaillit de Yaakov et un sceptre se lève d’Israël’ (‘Un roi qui domine et qui gouverne’, Rachi).
De fait, la lumière de la nouvelle lune, le soir de Roch Hodèch, et la lumière de l’essence de l’âme, jaillissent toutes les deux comme une étoile dans l’obscurité. C’est d’ailleurs le point le plus important de ce discours du Rabbi.
Le Rabbi établit en effet ici, avec une grande précision, la différence qui existe entre l’essence de l’âme et le niveau de Yé’hida. Yé’hida n’est pas l’essence de l’âme. Dans l’enchaînement des mondes, Yé’hida représente la Séfira de Kéter, laquelle désigne le plaisir et la volonté. A l’opposé, l’essence de l’âme représente l’essence divine, laquelle s’élève bien au-delà de toutes les qualités de l’âme, de toute ses particularités.
Peut-être qu’ici aussi nous pouvons expliquer la différence établie par le Rabbi, au moyen d’un exemple matériel.
Le cycle de la lune, tout au long du mois, laisse apparaître à nos yeux le passage d’un simple point lumineux qui grandit chaque jour jusqu’à ce que la lune devienne pleine dans le ciel, et diminue ensuite peu à peu, jusqu’à disparaître, et réapparaître à nouveau sous la forme d’un point…
Or, ce passage du néant à l’existence, c’est à dire du moment où la lune est invisible dans le ciel, jusqu’au moment où elle réapparaît le jour de Roch Hodèch, est comparable à celui d’une graine plantée dans la terre qui finit par donner des fruits.
En effet, la graine, plantée dans la poussière de la terre, est tout d’abord entière (à l’exemple de la pleine lune dans le ciel) puis elle se putréfie (tout comme la lumière de la lune qui diminue peu à peu pour finir par disparaître) et après s’être putréfiée, donne naissance au fruit qui jaillit de la terre, comme la nouvelle lumière de la lune qui réapparait dans le ciel le jour de Roch Hodech.
Cet exemple s’applique aussi à l’essence de l’âme car la poussière de la terre dans laquelle est plantée la graine évoque la soumission la plus totale d’un juif vis à vis de D.ieu.
Plus précisément, c’est par notre soumission aux enseignements du Rabbi, que nous parviendrons à dévoiler l’essence de notre âme, car le Rabbi n’est autre que celui qui détient le pouvoir de la dévoiler.
Aussi le Rabbi nous enseigne que l’apparition de la nouvelle lune le jour de Roch Hodèch correspond à l’apparition et la révélation de la lumière de l’essence divine, dans toutes les forces de l’âme d’un Juif, dans tous les vêtements de son âme, la pensée la parole et l’action, dans le corps de ce Juif, et enfin dans ce monde matériel.
Cette nouvelle lumière est celle de la Délivrance, ainsi qu’il est dit : ‘Une Torah nouvelle sortira de Moi’.
(Pour la réussite matérielle et spirituelle de Yéhoudah Serge Ben Yémina et de son épouse Emma Bat Jacqueline Blanche).
Dans le Dvar Mal’hout sur notre Paracha, le Rabbi nous enseigne que les sujets de la Paracha Le’h-Lé’ha ‘expriment le contenu général de toute la Torah et du Judaïsme’.
Dans la première Paracha de la Torah, ‘Béréchit’, il est question de la Création du monde par D.ieu.
Dans la deuxième Paracha, ‘Noa’h’, il est question du déluge qui, tel un Mikveh, vint pour purifier ce monde.
Enfin, dans la troisième Paracha, ‘Le’h-Lé’ha’, il est question de l’union entre le Divin et le monde, et de ce fait, cette Paracha représente la préparation nécessaire au Don de la Torah.
Avraham, le premier Juif, fut le premier à recevoir un ordre de D.ieu. L’ordre divin de quitter ‘l’endroit de sa naissance, la maison de son père’, afin de se rendre vers ‘la Terre que Je te montrerai’ : la Terre d’Israël.
Par ‘l’alliance entre les morceaux’, L’Eternel promet à Avraham de lui donner cette Terre, puis, à la fin de la Paracha, il est question de la Mitsvah de la ‘Milah’, une Alliance éternelle entre le Saint béni soit-Il et les enfants d’Israël, ‘une Alliance dans votre chair, une Alliance éternelle’.
L’entrée sur la Terre d’Israël, représente la mission d’Avraham et de tout le peuple Juif, de sanctifier la Terre d’Israël en y accomplissant les Commandements divins. Or, ce qui est vrai pour la Terre d’Israël l’est aussi pour le corps des enfants d’Israël.
En effet, la circoncision d’Avraham est liée à la promesse de l’Eternel au sujet du don de la Terre d’Israël. De même que nous devons sanctifier la Terre d’Israël, nous devons également sanctifier notre propre corps, et la Mitsvah de la circoncision exprime avec clarté l’union que nous devons établir entre la Sainteté et ce monde matériel.
Avraham fut donc le premier à accomplir cette Mitsvah, et ce faisant, il fit pénétrer l’Alliance établie avec D.ieu dans sa propre chair. C’est pour cette raison que la Paracha Le’h-Lé’ha nous prépare au don de la Torah sur le Mont-Sinaï, car le contenu profond du don de la Torah est aussi celui de l’union entre l’Esprit divin et ce monde matériel. Par le fait de circoncire le prépuce de notre chair, notre corps devient un réceptacle capable de contenir l’âme divine, cette ‘parcelle véritable de divinité d’en-haut’.
De la même façon, par l’accomplissement des Commandements de la Torah nous sanctifions le corps de ce monde afin qu’il devienne un réceptacle capable de recevoir le dévoilement de l’Esprit du Machia’h.
(A ce sujet, il est possible de dire sous la forme d’un ‘Hidouch, que la Mitsvah de la ‘Péa’ qui consiste à réserver un coin de notre champ aux pauvres, est d’une certaine manière comparable à une ‘circoncision’, grâce à laquelle nous sanctifions notre champ).
Le Baal Chem Tov a souligné le lien qui existe entre le peuple Juif et la Terre d’Israël. Comme la Terre qui possède la force illimitée de faire pousser des arbres et des fruits à l’infini, chaque Juif possède la force de faire pousser les fruits des Mitsvoth à l’infini.
L’Eternel établit Son Alliance avec Avraham en ‘gravant’ un signe dans sa chair, et Il agit de la même façon lorsqu’Il grava avec Ses lettres de feu les Dix Commandements sur les Tables de la Loi.
L’Admour Hazaken nous a enseigné dans le livre du Tanya que’L’Eternel a choisi le corps des enfants d’Israël’. L’un des plus beaux exemples de cela, est celui de l’Admour Haemtsaeï. En effet, ses ‘Hadissim disent à son sujet que si l’on ouvre ses veines, ‘on verra, non pas du sang, mais des Paroles de ‘Hassidout’.
Comme Avraham qui fit le premier un signe dans sa propre chair, l’Admour Haemtsaeï fit pénétrer au plus profond de lui-même l’Essence de la Torah au point que les Paroles de la ‘Hassidout coulèrent dans ses veines.
A la lumière de ce qu’il vient d’être dit, le lien entre le corps des enfants d’Israël et la Terre d’Israël apparaît à l’évidence. Cependant, le Rabbi pose la question suivante : la Paracha ‘Leh-Léha’ est une préparation au don de la Torah et elle nous prépare également à entrer sur la Terre d’Israël, mais pour quelle raison devons-nous nous préparer au don de la Torah, alors que nous l’avons déjà reçue, et pourquoi devons-nous nous préparer à entrer sur la Terre d’Israël alors que nous y sommes déjà ?
A cette question le Rabbi répond que nous n’avons pas encore reçu la totalité de la Terre d’Israël, et que nous n’avons pas encore reçu la Torah ‘Hadacha : la partie la plus profonde de la Torah, l’Essence de la Torah. C’est donc au don de la ‘Torah nouvelle’, et à celui de la totalité de la Terre d’Israël, que nous devons à présent nous préparer.
A la venue du Machia’h, le peuple d’Israël recevra en plus des sept terres déjà acquises, les trois terres qui lui manquent : ‘Kini’ ‘Knizi’ et ‘Kadmoni’.
Spirituellement, ces trois terres correspondent aux trois forces de l’intellect, les trois ‘Mo’hin’ : ‘Hokmah’ ‘Binah’ et ‘Daat’.
Les sept parties de la Terre que nous possédons déjà correspondent aux sept ‘Midot’ : ‘Hessed, Gvurah, Tifferet, Netsa’h, Hod, Yessod, Mal’hout.
A présent notre service divin est basé sur notre travail sur les sept ‘Midot’, mais dans les temps messianiques, quand nous recevrons les trois parties de la terre d’Israël, ‘Kini’ ‘Knizi’ et ‘Kadmoni’, nous atteindrons également un niveau spirituel supérieur, du fait que nous percevrons l’Essence des ‘Mo’hin’, des trois forces de ‘Habad.
C’est la raison pour laquelle nous devons, dès-à-présent, nous préparer à ‘entrer sur la Terre d’Israël’, nous préparer à l’acquisition matérielle de la totalité de la Terre d’Israël, et à l’acquisition spirituelle de la Torah nouvelle, la ‘Torah ‘Hadacha’, que l’Eternel enseignera au Roi Machia’h.
D’après tout ce qu’il vient d’être dit, il n’est pas étonnant que le Rabbi souligne dans ses enseignements sur la Paracha ‘Le’h-Lé’ha’, où il est question de l’union du Divin avec notre monde matériel, l’importance d’étudier les discours ‘hassidiques de l’Admour Haemtsaeï. Celui dont il est dit que ‘les Paroles de ‘Hassidout coulent dans ses veines’. Ses discours élargissent notre compréhension et notre perception du divin, ils nous insufflent une vitalité nouvelle et nous préparent au don de la ‘Torah nouvelle’.
Comme il a été expliqué précédemment, la Terre d’Israël est liée au corps des enfants d’Israël. ‘L’Eternel a choisi le corps des enfants d’Israël’, et Il a choisi de leur donner la Terre d’Israël. Par ailleurs, il est dit que l’Eternel forma le corps du premier homme, Adam-Ha-Richon, avec la poussière de la Terre, ainsi qu’il est dit : ‘en prenant Sa poussière de l’endroit où allait être construit, par la suite, l’Autel des sacrifices et le Beït Ha Mikdache, (Rachi) ‘.
Aussi, lors des Temps messianiques, il est dit que ‘l’Eternel effacera l’esprit d’impureté de la terre’, et il nous est permis de supposer que ‘la terre’ mentionnée ici dans ce verset est également une allusion au corps des enfants d’Israël, lequel est formé à partir de la poussière de la terre.
‘L’Eternel effacera l’esprit d’impureté de la terre’, signifie dans ce cas, que l’Eternel effacera l’impureté du corps, ‘la terre’, afin qu’il devienne un réceptacle de l’Essence divine et de l’Essence de la Torah. C’est à cela que se rapporte le verset de notre Paracha (12, 1) : ‘Va…vers la terre que Je te montrerai’.
‘La terre que Je te montrerai’ est en effet une allusion au corps débarrassé de toutes ses souillures ainsi qu’il est dit : ‘L’Eternel effacera l’impureté de la terre (du corps)’.
Par ailleurs, la ‘Hassidout nous enseigne que le fait de se trouver dans les quatre coudées du Rabbi a pour effet d’éveiller la force de l’Essence de notre âme. Force est donc de constater que l’acquisition de la Terre d’Israël dépend nécessairement du fait d’acquérir les ‘quatre coudées du Rabbi’, de s’attacher à lui au point d’éveiller en nous-même la force de l’Essence de notre âme. Dans ce cas nous pouvons expliquer que ‘la Terre que Je te montrerai’ représente la révélation de l’Essence de l’âme, laquelle n’est possible que lorsque l’on se trouve dans ‘les quatre coudées du Rabbi’, c’est-à-dire lorsque nous nous attachons à lui de la manière la plus profonde.
Dans son ouvrage intitulé ‘Iniana chel Torat ha Hassidout’, le Rabbi nous enseigne que la révélation de de l’Essence divine dans la partie de l’âme qui s’habille dans le corps est réalisée par l’accomplissement des commandements divins au moyen d’objets matériels. Or, la façon d’attirer la lumière de l’Essence divine dépend de la force de l’intellect et des sentiments, lesquels sont appellés ‘les chemins de D.ieu’, car c’est par eux que l’on atteint l’Essence.
Ainsi, l’ordre divin ‘Le’h-Lé’ha’ consiste à s’engager dans ‘les chemins de D.ieu’, c’est-à-dire à nous attacher de la manière la plus profonde qui soit, aux enseignements du Rabbi. Faire tout ce qui est en notre pouvoir pour révéler tout d’abord les forces de la partie de l’âme qui s’habillent dans le corps (l’intellect et les sentiments), et parvenir par ce mérite, à nous trouver ensuite dans les ‘quatre coudées du Rabbi’, à briser toutes les limites pour finir par provoquer et par atteindre enfin la venue de notre Juste Machia’h, très bientôt et de nos jours, avec l’aide de D.ieu.
(Pour l’élévation de l’âme de Nedjma, Perlette, bat Yaakov )
Il est écrit au tout début de la Torah que « l’esprit de D.ieu planait sur la surface des eaux’, et le ‘Midrache Raba’ explique que ‘l’esprit de D.ieu » désigne ici l’esprit du Machia’h (voir Béréchit, 1, 2).
Ainsi, à son commencement la Torah fait allusion au Machia’h, alors qu’à sa fin, à son tout dernier verset, la Torah nous parle de Moché, ainsi qu’il est dit (Dévarim, 34, 12) : ‘Et pour toute la main forte et pour toute la grande crainte que Moché a accomplies aux yeux de tout Israël’.
D’après leurs dates de naissance, il aurait été logique que la Torah nous parle de Moché avant de nous parler du Machia’h, mais d’après le principe selon lequel ‘la fin d’une action est au début dans la pensée’, Machia’h apparaît en premier dans la Torah car il représente le but de la Création, ‘la fin de l’action’ qui est apparue au début dans la pensée de D.ieu.
La Torah commence par le verset suivant (Béréchit, 1, 1) :
‘Au commencement D.ieu créa le ciel et la terre. Or la terre était informe et vide, et les ténèbres étaient sur la face de l’abîme, et l’esprit de D.ieu planait sur la surface des eaux. »
En inversant les deux parties du verset on aboutit au raisonnement suivant : c’est parce que l’esprit de D.ieu ne fait que ‘planer’ sur la surface des eaux, que la terre est ‘informe et vide’.
Aussi, nous devons faire tout ce qui est en notre pouvoir pour attirer la présence du Machia’h, au point que son esprit ne ‘plane plus au-dessus’ de ce monde, mais qu’il s’y révèle de manière profonde et évidente.
Par ailleurs, l’idée que ‘l’esprit du Machia’h plane au-dessus de la surface des eaux’ semble être liée au verset sur lequel l’Admour Hazaken a fondé le livre du ‘Tanya’ : ‘la chose est très proche de toi, dans ta bouche et dans ton coeur pour l’accomplir’.
Nous pouvons en effet expliquer que ‘la chose qui est très proche de toi’ représente la venue du Machia’h. Dans ce cas, ‘L’esprit du Machia’h plane au-dessus de toi’, signifie qu’il ne dépend que de ‘toi’ d’attirer sa venue.
‘Toi’ a un sens très profond. Il désigne en effet la partie la plus profonde et la plus intérieure de l’être. Le Rabbi a expliqué à ce sujet que lorsque Hachem s’adresse à Moché, dans la Paracha ‘Tetsaveh’, Il n’emploie jamais son nom. Il ne dit jamais ‘Moché !’, mais Il s’adresse à lui en disant : ‘Ata’, ‘Tu’.
De fait ‘Tu’ désigne l’Essence de l’âme de Moché. L’Essence de l’âme représente la partie supérieure de l’âme, laquelle ne peut aucunement être exprimée par un nom qui la limiterait. Chaque nom que l’on emploie ne représente qu’un reflet, mais l’Essence, ‘Tu’, se situe à un niveau supérieur.
Ainsi ‘la chose est très proche de toi’, signifie que la venue du Machiah : ‘la chose’, dépend de l’action qui consiste à révéler l’Essence de l’âme : ‘Toi’.
Faire tout ce qui est en notre pouvoir pour révéler la lumière de l’Essence de notre âme, dans toutes les forces de notre âme :’dans ta bouche et dans ton cœur’, afin de provoquer la venue du Machia’h : ‘pour l’accomplir’.
Cette idée s’accorde à l’enseignement du Rabbi du Dvar Mal’hout sur la Paracha Noa’h, selon lequel, le contenu de la Paracha Noa’h est lié à la perfection que l’homme apporte au monde par son propre travail, alors que dans la Paracha Béréchit il est question de la perfection du monde tel qu’il fut créé par D.ieu, sans la participation de l’homme.
Le Rabbi nous enseigne donc que le monde tel qu’il fut créé par D.ieu est du niveau du Nom divin : ‘Elokim’, ainsi qu’il est mentionné au début du premier verset de la Torah : ‘Béréchit bara Elokim’, dont le sujet est celui du Tsimtsoum, c’est à dire de la dissimulation de la lumière divine infinie.
Le dévoilement du niveau du Nom divin ‘Havayeh’, lequel représente l’Essence du Nom divin, la lumière divine qui est au-delà des limites de ce monde matériel, n’est possible que par l’action concrète de l’homme dans le monde.
Par le fait de le purifier et de le raffiner, l’homme fait de ce monde matériel un ‘kéli’, c’est à dire un réceptacle capable de contenir et de révéler la lumière du niveau d’Havayeh.
C’est pour cela que dans la Paracha Béréchit, l’accent est mis sur le Nom divin ‘Elokim’ car même lorsqu’il est fait mention dans cette Paracha du Nom Havayeh (Béréchit, 2, 4) : ‘Le jour ou Havayeh- Elokim, LEternel-D.ieu, fit la terre et les cieux’, il ne s’agit nullement du dévoilement de la lumière d’Havayeh, mais seulement du fait que ‘lorsqu’Il créa le monde au moyen du Nom Havayeh, celui-ci s’habilla (se dissimula) dans le Nom Elokim’.
Ainsi, le Rabbi écrit dans le Dvar Mal’hout que dans toute la Paracha Béréchit ‘le Nom divin ‘Havayeh’ n’est pas perçu par les êtres de la Création. Celle-ci ne perçoit que le Nom divin Elokim. Le ‘Hidouch de la Paracha Noa’h, lequel ‘trouva grâce aux yeux d’Havayeh’, est que par ce mérite, il se dévoila dans le monde (créé par le Nom Havayeh tel que Celui-ci S’habille dans le Nom Elokim) le Nom Havayeh, qui est Lui-même au-delà de ce monde. C’est à dire, que dans la réalité du monde, tel qu’il fut créé par le Nom Elokim, se révèle le Nom Havayeh, et cela au point qu’il apparaît à l’évidence que ‘Havayeh Hou Ha Elokim’ (Dvar Mal’hout Noa’h, Chapitre 3).
A la lumière de cet enseignement du Rabbi, nous pouvons à présent relire le premier verset de la Torah de la manière suivante (Béréchit, 1, 1) :
‘Au commencement D.ieu créa le ciel et la terre. Or la terre était informe et vide, et les ténèbres étaient sur la face de l’abîme, et l’esprit de D.ieu planait sur la surface des eaux. »
‘La terre était informe et vide et les ténèbres étaient sur la face de l’abîme’, car le Nom divin Havayeh n’est pas révélé dans la Création. Du fait que la lumière de l’Essence du Nom divin Havayeh est imperceptible par la Création, alors celle-ci est ‘informe et vide’, semblable aux ‘ténèbres qui sont sur la face de l’abîme’, ainsi qu’il a été expliqué précédemment : ‘C’est parce que l’esprit de D.ieu ne fait que planer sur la surface des eaux que la terre est informe et vide’.
Dès-lors, nous devons comprendre que c’est précisément par l’action de l’homme que le monde atteint sa perfection, qu’il n’est plus ‘informe et vide’, et le Chabbat de la Paracha Noa’h vient pour mettre en évidence notre action pour attirer la présence du Machia’h, au point qu’il ne ‘plane plus au-dessus de ce monde, mais qu’il s’y révèle de manière profonde et évidente’.
Révéler le Nom ‘Havayeh’ dans le Nom ‘Elokim’ signifie donc que nous devons révéler le Divin, symbolisé par le Nom ‘Havayeh’, dans notre réalité, dans cet exil comparable à cette ‘terre informe et vide’, à ces ‘ténèbres qui sont sur la face de l’abîme’. De fait, l’exil est symbolisé par le Nom ‘Elokim’, car ce Nom divin désigne le ‘bouclier’ qui cache la lumière du soleil, la lumière d’Havayeh, la lumière de la Guéoulah.
Aussi, le Rabbi souligne que lors de la Délivrance finale, la taille de la lune sera aussi grande que celle du soleil. De manière profonde, le soleil représente le Nom ‘Havayeh’ et le Nom ‘Elokim’ représente la lune. Dans l’enchaînement des mondes, le soleil représente les Séfirot du monde d’Atsilout, et la lune représente la Séfira de Mal’hout : ‘la bouche de L’Eternel’ dont le souffle crée et maintient en vie toute la Création.
A l’exemple du soleil qui illumine la lune et du Nom ‘Havayeh’ qui illumine le Nom ‘Elokim’, les Séfirot du monde d’Atsilout dispensent leurs lumières à la Séfira de Mal’hout. Cependant, il est dit que dans les temps messianiques ‘la lune sera aussi grande que le soleil’.
Le Rabbi nous enseigne que du fait que le Nom ‘Havayeh’ est comparé au soleil, et que le Nom ‘Elokim’ est comparé à la lune, ‘la lune sera aussi grande que le soleil’ est une allusion au fait que dans les temps futurs la Séfira de Mal’hout s’élèvera au-dessus de toutes les autres Séfirot du monde d’Atsilout (qui la précèdent pour l’instant). C’est à cela que se rapporte la déclaration que nous faisons à voix haute, à la fin de la prière de la Neïla du jour de Kippour : ‘Havayeh Hou Ha Elokim’.
Le Rabbi nous enseigne à ce sujet que la petitesse de la lune est à l’image de l’exil, mais lors de le Délivrance il apparaîtra que ‘Havayeh Hou Ha Elokim’, le Nom ‘Havayeh’ s’unira parfaitement au Nom ‘Elokim’, ‘la lune (le Nom divin ‘Elokim’) sera aussi grande que le soleil (le Nom divin ‘Havayeh’)’. La matière physique ne cachera plus la Parole divine qui s’y dissimule à présent, car L’Eternel dévoilera Son Essence.
Ce sujet est au centre même de l’enseignement du Rabbi dans le Dvar Mal’hout. Aussi, avec l’aide du Saint béni soit-Il, nous ferons tout ce qui est en notre pouvoir chaque semaine, pour nous attacher à cette étude, et à ce sujet en particulier, afin d’ajouter dans notre action, ‘au jour le jour’, pour provoquer la venue de notre Juste Machia’h, très bientôt et de nos jours avec l’aide de D.ieu.
(Pour la santé de ‘Hanania ben Yamna, et de Esther Malka bat Peïrel)
Dans le Hayom Yom du 11 Tichri, le lendemain de Yom Kippour, le Rabbi parle du lien qui unit l’essence de l’âme Juive à l’Essence divine.
A priori ce sujet semble être celui du jour de Yom Kippour lui-même, et dans ce cas pourquoi n’est-il rapporté dans le Hayom-Yom que le lendemain de Kippour ?
La réponse à cette question transparaît dans l’histoire suivante : le lendemain de Kippour, le Rabbi Rayats demanda à son père le Rabbi Rachab, ce qu’il convenait de faire au lendemain d’un jour aussi saint. Le Rabbi répondit alors à son fils que le moment est propice pour faire Téchouva.
De fait, la ‘Téchouva’ désigne le ‘retour’, et en l’occurence, il s’agit ici de retourner à la racine de notre âme, au lien essentiel qui unit l’âme de chaque Juif à son Père qui est dans le ciel.
‘L’essence de l’âme est enracinée dans l’Essence divine’ et à l’évidence, pour le Rabbi Rachab, ce travail qui consiste à dévoiler la force de l’essence de l’âme dans notre intellect, dans nos sentiments, et dans nos actions, est un travail de longue haleine. Ce travail commence dès le lendemain de Kippour, car nous avons reçu de D.ieu, durant le jour de Kippour, les forces nécessaires pour y parvenir.
En effet, le mot Neïla, qui désigne la cinquième prière du jour de Kippour (Yé’hida signifie ‘Unique’, et désigne le cinquième niveau de l’âme), s’apparente au mot ‘naoul’ qui signifie ‘verrouillé’.
Pendant la prière de la Neïla, L’Eternel ‘verrouille’ toutes les portes, pour S’entretenir en privé avec les enfants d’Israël. Pendant la prière de la ‘Neïla’, Hachem, L’Unique de ce monde, révèle le niveau de Yé’hida de l’âme de chaque juif.
C’est donc, aussi, pour cette raison que le Rabbi rapporte dans le Hayom-Yom du 11 Tichri, qui est le lendemain du jour de Kippour, un enseignement de l’Admour Hazaken sur l’Essence divine (le chiffre ’11’ n’est d’ailleurs pas sans évoquer le niveau de l’Essence, lequel dépasse totalement les 10 Séfirot du Monde d’Atsilout, et de tout l’enchaînement des Mondes).
Cet enseignement du Hayom-Yom se base sur le verset (Dévarim, 4, 7) : ‘Car quel est le grand peuple qui a un D.ieu proche de lui, comme L’Eternel notre Dieu chaque fois que nous L’appelons’.
L’idée qui est développée ici par le Rabbi, est liée à la façon dont nous devons nous adressons à D.ieu pendant la Prière.
L’Eternel crée le monde en habillant Sa grande lumière infinie dans des Noms divins (les 7 Noms que l’on ne peut effacer). Or, ces Noms ne désignent absolument pas ce qu’est D.ieu réelement, car L’Eternel est Lui-même פשוט בתכלית הפשיות , c’est à dire au-delà de tous les Noms qui Le limitent, car les 7 Noms de D.ieu, ‘que l’on ne peut pas effacer’, ne sont que des ‘vêtements’, des Kélim.
Ainsi d’après le Pardess Rimonim, l’expression’chaque fois que nous L’appelons’ (‘béhol karénou Elav’) signifie que lorsque nous prions, nous devons nous adresser à D.ieu, tel qu’Il est, bien au-dela de Sa ‘bonté’, de Sa ‘rigueur’, ou de tout autre Ses attributs.
L’exemple rapporté par le Pardess est celui de l’eau que l’on verse dans des récipients colorés, Dans un récipient de couleur rouge, l’eau apparaîtra rouge, dans un récipient de couleur bleue, elle apparaîtra bleue…Mais en vérité, l’eau n’a pas de couleur.
Il en va de même lorsque nous prions, nous devons penser à D.ieu tel qu’Il est, au-dela de tous les Noms divins. A l’exemple de l’eau qui n’a pas de couleur, l’Essence divine n’a pas de ‘Noms’.
C’est pourquoi il est dit dans le Hayom-Yom :
‘Le Pardess dit que ‘Elav’, ‘nous L’appelons’, fait référence aux lumières qui s’habillent dans les 10 Séfirot du monde dAtsilout’.
La lumière qui s’habille dans les dix Séfirot est une lumière infinie, à l’exemple de l’eau qui n’a pas de couleur, et à l’exemple de D.ieu qui est au-delà de tous les Noms divins. Aussi, notre attention pendant notre prière, lorsque ‘nous L’appelons’, doit être portée précisément sur cette lumière infinie, et non pas sur les Kélim limités dans lesquels elle s’habille, qui sont à l’exemple de ces verres colorés, à l’exemple des attributs divins.
L’explication du Baal Chem Tov de ‘nous L’appelons’ est encore plus profonde :
‘Le Rabbi, le Baal Chem Tov, dit : ‘Elav’, le Divin des Kélim des 10 Séfiroth du monde d’Atsilout’.
Le Tséma’h Tsédek explique que l’intention du Baal Chem Tov n’est pas sur les lumières qui s’habillent dans les Séfirot חיוהי, mais sur la vitalité des Kélim des Séfirot.
En effet, en plus des lumières qui s’habillent dans les Kélim חיוהי , il y a aussi la vitalité des Kélim.
On peut voir par exemple que lorsque l’âme quitte le corps (après 120 ans), le corps continue ‘d’exister’ du fait qu’il ne s’annule pas complètement. Force est donc de constater, que les Kélim (le ‘corps’) possèdent une vitalité, en plus des lumières qu’ils contiennent.
Ainsi, le Baal Chem Tov déclare que cette lumière qui vitalise les Kélim, est supérieure et bien plus profonde que celle qui s’habille dans les Séfirot.
Nous pouvons donner ici l’exemple du corps, le Kéli, et de l’âme, la lumière.
En effet, l’origine du corps est supérieure à celle de l’âme, et cela à tel point, que dans les temps futurs, ‘l’âme sera nourrie par le corps’.
Il en va de même ici, le Baal Chem Tov souligne que l’origine de la vitalité des Kélim (le corps) est bien plus plus profonde et supérieure à celle des lumières (l’âme) qui s’habillent dans les Kélim.
Ainsi, d’après le Baal Chem Tov l’expression ‘nous L’appelons’ (karénou Elav’) fait référence au niveau de : ‘Lui et Ses Kélim גרמוהי ne font qu’un’, qui est un niveau supérieur à celui de ‘Lui et Ses lumieres ne font qu’un’, ‘car L’Eternel détient la force de descendre plus bas et de s’unir (non pas seulement avec les lumières) mais aussi avec les Kélim’ (voir ‘Hayom-Yom Hamévoar’, ‘Editions Kehot’).
L’explication de l’Admour Hazaken vient alors pour nous donner le sens profond de ces deux explications. L’union de D.ieu avec Ses lumières (l’explication du Pardess selon laquelle ‘Elav’ désigne les lumières qui s’habillent dans les Kélim des 10 Séfirot d’Atsilout), et l’union de D.ieu avec Ses Kélim (l’explication du Baal Chem Tov, selon laquelle ‘Elav’ désigne le Divin des Kélim des 10 Séfirot d’Atsilout), procède de L’Essence divine : ‘Elav’, et ce niveau est à la portée de chaque Juif.
Dans le verset : ‘Car quel est le grand peuple qui a un D.ieu proche de lui (‘Elav’), comme L’Eternel notre Dieu chaque fois que nous L’appelons (‘Elav’)’, il est écrit à deux reprises le mot ‘Elav’, une fois pour l’essence de l’âme et une fois pour l’Essence de D.ieu, aussi la Téfila consiste au fait de s’adresser à L’Essence de D.ieu, du plus profond de nous-même, au moyen de l’essence de notre âme.
Dans cet enseignement que rapporte le Rabbi dans le Hayom Yom, l’Admour Hazaken souligne donc que la qualité de l’Essence divine, est ce pouvoir unique d’unir l’esprit, la lumière, à la matière, le ‘corps’.
Or, bien que cet enseignement concerne la Téfila, on peut aussi l’étendre à l’action concrète.
La mission d’un Juif consiste aussi à unir sa prière à son action concrète : ‘Grande est l’étude qui mène à l’action’.
Notre étude de la ‘Hassidout doit, elle-même, être cristallisée par un acte. Notre cri, ‘Ad Mataï ?’, notre prière de demander le Machia’h, doit se fondre dans notre action concrète, ‘au lendemain de Kippour’, après que L’Eternel ait dévoilé le niveau de Yé’hida de notre âme.
Notre action doit crier notre désir du Machia’h.
Et, peut-être est-il possible d’expliquer le premier verset de notre Paracha (Haazinou, 32, 1) : ‘Prêtez l’oreille cieux, et je parlerai et que la terre écoute les mots de ma bouche’. De la manière suivante. La ‘terre’ désigne notre action concrète, matérielle, et ‘les mots de ma bouche’ désignent notre prière, notre demande du Machia’h.
‘La terre écoute les mots de ma bouche’ signifie donc que notre prière, ‘Ad mataï ?’, se fond dans nos actions, et notre travail, pendant l’exil pour provoquer la venue du Machia’h, avec l’aide de D.ieu, très bientôt et de nos jours.
(pour la santé, et la réussite spirituelle et matérielle, de Chnéor-Zalman ben Liba, et de Yéchouroun ben Liba)
Dans le discours ‘hassidique commençant par les mots : ‘Et Yaakov sortit de Béer Chéva’ (‘Bé chaa ché hikdimou’, deuxième tome, page 750), le Rabbi Rachab délivre des enseignements sur l’essence de l’âme Juive qu’il définit comme étant ‘la fille du Roi’.
Ici, le ‘Roi’ désigne le Roi Machia’h qui est lui-même la source de toutes les âmes d’Israël, et ‘la fille du Roi’ représente l’essence de l’âme de chaque Juif, c’est-à-dire la partie la plus essentielle de l’âme, qui ne s’habille pas dans le corps, mais qui réside autour de lui, dans les 4 coudées qui l’entourent.
Le Rabbi Rachab continue sa description en disant que la partie de l’âme qui s’habille dans le corps qui n’est qu’un reflet de l’essence de l’âme, est appellée ‘eved’ (esclave), car elle est en exil, prisonnière du corps et de l’âme animale.
A la lumière de ces exemples le Rabbi Rachab nous donne à comprendre que le travail des enfants d’Israël consiste à raffiner et à purifier constamment l’âme animale afin de libérer l’âme divine de son état ‘d’esclave’.
De fait, l’âme divine qui est prisonnière du corps et de l’âme animale est telle un esclave car elle n’agit pas de son propre gré, et elle travaille malgré elle sans pouvoir exprimer sa propre volonté.
A l’opposé, l’essence de l’âme n’est jamais en exil car elle ne s’habille pas dans le corps et n’est donc pas prisonnière de l’âme animale. Elle n’est jamais sa proie, jamais liée à elle, n’a jamais le moindre lien avec elle.
Le Rabbi Rachab décrit encore ‘la fille du roi’ comme ‘le point du cœur’, ou encore, ‘le point de vérité’ de l’âme, et c’est à ce sujet qu’il est dit : ‘Je dors en exil mais mon cœur est éveillé’.
En effet, la Hassidout définit la Vérité comme une chose qui ne s’arrête jamais. La Vérité ne connaît aucune interruption ni aucune dissimulation, et de la même façon l’essence de l’âme Juive qui est liée à D.ieu d’un lien éternel, ressent constamment sa source et ne s’en sépare jamais. L’essence de l’âme désire continuellement D.ieu, ainsi qu’il est dit : ‘mon cœur est éveillé !’.
Contrairement au niveau d’éved’ qui désigne l’âme quand elle ‘n’agit pas de son propre gré et travaille malgré elle sans pouvoir exprimer sa propre volonté’, le niveau de ‘la fille du roi’ exprime la volonté propre de l’essence de l’âme, qualifiée de ‘pachout’ (simple) et de ‘atsmi’ (essentiel), qui est de s’unir à l’essence divine.
Tout au long de tous les jours de l’année chaque juif s’efforce de raffiner et de purifier son corps en le soumettant à la royauté de son âme divine. Ce travail est celui de l’âme qui s’habille dans le corps, ‘éved’, mais durant tout le mois d’Elloul et pendant le jour de Roch-ha-Chana, nous entendons le son du Choffar, car il détient le pouvoir d’unir l’essence de l’âme, ‘la fille du roi’, à l’âme qui s’habille dans le corps, ‘éved’.
La puissance de la révélation de l’essence de l’âme exprime la royauté du Machia’h. Cette révélation dépend du travail de chaque juif tout au long de l’année. Il consiste à révéler ‘le point de vérité’, la volonté la plus profonde du cœur, ‘Réouta dé Liba’, au moyen de la prière, et par le fait de méditer à la grandeur de D.ieu, à Sa lumière bénie qui remplit les mondes, ‘éved’, et qui entoure les mondes, ‘la fille du Roi’, à Son Essence par laquelle Il crée les mondes à partir du néant.
Aussi, tous les efforts qu’un juif accomplit en ce sens ont le pouvoir d’attirer à Roch-ha-Chana, la Royauté de l’Eternel, ‘Mélekh Ha Kadoch’, Le ‘Roi Saint’.
Cette année, nous avons lu la Paracha ‘Nitsavim’ séparément de la Paracha ‘Vayéle’h’. Avec l’aide de D.ieu nous lirons la Paracha ‘Vayéle’h’ ce Chabbat, lequel précède Yom Kippour.
Dans le Dvar Mal’hout (page 370), le Rabbi nous enseigne que le Chabbat ‘Nitsavim’ qui précède Roch-ha-Chana, est comparé au Chabbat qui a précèdé la Création du monde, et le Chabbat ‘Vayéle’h’, appellé aussi ‘Chabbat-Chouva’, qui succède à Roch-ha-Chana, est lui-même comparé au Chabbat qui vint après que fut achevée la Création du monde.
Les sept jours qui séparent Roch-ha-Chana de Yom Kippour correspondent aux sept jours de la semaine de l’année entière. Pendant chacun de ces sept jours nous réparons tous les jours de l’année qui vient de passer. Le lundi des 10 jours de Téchouva nous réparons tous les lundis de l’année passée, le mardi nous réparons tous les mardis de l’année…De même pendant ce Chabbat Chouva, nous réparons tous les Chabbat de toute l’année.
Le Chabbat a ceci de particulier, qu’en ce jour sacré toutes les choses de ce monde retournent à leur source, à leur racine céleste. C’est la raison pour laquelle le Rabbi souligne que les lettres de ‘Chabbat’ sont les mêmes que celles de ‘Téchouva’. Le mot ‘Chouva’ signifie ‘Retour’.
Ainsi, à la lumière de ce qu’il vient d’être dit, il apparaît que ce ‘Chabbat Chouva’ met en évidence la mission de chaque juif de faire retourner ce monde matériel vers son état spirituel, le niveau du Chabbat.
C’est à cela que se rapporte la déclaration du Baal-ha-Tanya, que le Rabbi rapporte dans le Hayom-Yom, selon laquelle ‘la mission d’un Juif est de faire du spirituel à partir du matériel’.
C’est en cela que consiste notre réparation durant les 10 jours de Téchouva. Agir sur nous-même et sur ce monde afin de passer de l’état de ‘éved’ à celui de ‘la fille du Roi’. Agir de manière à retourner vers la racine de notre âme pour révéler sa puissance, et faire de nous-même et de monde matériel une demeure pour l’Essence divine.
Tout ce que nous accomplirons en ce sens durant les jours de la semaine de ces 10 jours de Téchouva, connaîtra l’élévation le jour du ‘Chabbat Chouva’, et permettra de ce fait de réparer tous les jours, et tous les Chabbat, de l’année qui viennent de passer.
Il est publié dans les Ma’hzorim de la prière de Roch-ha-Chana et de Yom Kippour un discours ‘hassidique de l’Admour Hazaken intitulé ‘Ha Kol Kol Yaakov’. Dans ce discours, l’Admour Hazaken nous enseigne que la Tsédaka est le moyen d’attirer et de ‘révéler ‘la lumière de la Face du Roi’ dans ce monde matériel, et de redonner ainsi la vie à tous les esprits abbatus…’.
A présent, ce monde reçoit sa vitalité de ‘Klipat Noga’, et la matérialité de ce monde nous empêche de voir et de percevoir ‘la lumière de la Face du Roi’. Or, le fait de donner la Tsédaka consiste à planter une graine qui aura le pouvoir de faire pousser, c’est-à-dire de faire naître dans l’obscurité de ce monde inférieur, ‘la lumière de la Face du Roi’.
‘La voix est la voix de Yaakov’, ‘Ha Kol Kol Yaakov’, et le nom de ‘Yaakov’ se décompose en ‘Youd-Ekev’. Ainsi, l’Admour Hazaken nous enseigne ici que la lettre ‘Youde’ de ‘Yaakov’ représente ‘la lumière de la Face du Roi’ que l’on dévoile à partir de la matière de ce monde inférieur : ‘Ekev’, dans laquelle elle s’habille et se cache. C’est au moyen de l’attribut de la miséricorde, qui est l’attribut de Yaakov, et par l’accomplissement de La Mitsvah de la Tsédaka, que l’on parviendra à dévoiler cette lumière qui n’a pas de fin, ‘la lumière de la Face du Roi’.
L’Admour Hazaken dit dans son discours que cette lumière jaillira de l’obscurité ‘comme un éclair qui sort des nuages épais et obscurs dans lesquels il était caché, pour jaillir et éclairer le monde entier.
Cette image n’est pas sans nous rappeller que la Délivrance finale elle-même surgira de l’exil ‘en un clignement d’oeil’, à l’exemple de l’éclair qui jaillit dans le ciel en un instant furtif.
Dans ce cas ‘la lumière de la Face du Roi’ illuminera notre âme et ce monde pour un Chabbat éternel, dès-à-présent avec l’aide de D.ieu.
(Pour la réussite spirituelle et matérielle de Liba bat Esther)
Il est écrit au début de notre Paracha (Nitsavim, 29, 9, 10) :
« Vous vous tenez debout, vous tous aujourd’hui, devant l’Eternel votre D.ieu : vos chefs, vos tribus, vos anciens, vos officiers, tout homme d’Israël. Vos jeunes enfants, vos femmes et ton converti qui est à l’intérieur de ton camp, depuis celui qui taille ton bois jusqu’à celui qui puise tes eaux ».
L’Admour Hazaken nous enseigne que ce jour pendant lequel « Vous vous tenez debout, vous tous aujourd’hui » est celui de Roch-ha-Chana.
Par ailleurs, le Rabbi évoque dans le Dvar Mal’hout que le premier jour de sa création, Adam ha-Richon se prosterna, et fit se prosterner, toute la Création, devant l’Eternel, ainsi qu’il est écrit (Téhilim, 90, 6) :
« Venez, nous nous inclinerons, nous nous courberons, et nous nous prosternerons, devant l’Eternel Qui nous a faits ».
Le jour de Roch-ha-Chana n’est donc pas sans exprimer, à l’exemple d’Adam-ha-Richon, la reconnaissance et la plus totale soumission du peuple juif vis à vis de son Créateur, le Roi des rois, le Saint béni soit-Il. Cette histoire n’est donc pas non plus sans évoquer le lien, et la totale soumission, de l’Essence de l’âme Juive avec l’Essence divine.
Il est écrit dans les « Récits hassidiques » de Martin Buber, que « Peu de temps avant les fêtes, le Baal Chem Tov demanda à son élève le Rav Wolf Kizès, de se préparer afin de sonner du Choffar le jour de Roch Hachana. L’élève s’exécuta, et avec le plus grand soin travailla les « Kavanot’, les « intentions profondes’, qui animeraient chaque son qu’il émettrait en soufflant dans le Choffar. Le souffle devait provenir du plus profond de lui-même, devait naître d’une application et d’une méditation d’une extrême profondeur. Pour plus de sûreté, le Rav Wolf consigna les éléments de ses recherches sur un feuillet qu’il glissa sous son vêtement. Mais le papier tomba et se perdit, sur la volonté du Baal Chem Tov à ce que l’on dit. Quand vint le jour de Roch Hachana et que le moment des sonneries du Choffar arriva, Rabbi Wolf chercha en vain le papier. Le sang lui monta à la tête, et une sensation de vide se répandit dans tout son corps. Et quand il voulut se rappeler la « Kavana » de mémoire, il fut incapable de se souvenir de rien. Les larmes coulèrent lentement de ses yeux, et c’est en pleurant qu’il sonna du Choffar. Le Baal Chem Tov lui expliqua peu de temps après la prière de ce saint jour, que nombreuses sont les clefs qui ouvrent les portes du Palais du Roi des rois. Mais parmi toutes ces clefs, la plus précieuse d’entre toutes, celle face à laquelle aucune serrure ne peut résister, ce sont les larmes qui proviennent du plus profond du cœur.
Cette histoire du Baal Chem Tov est aussi celle du Rabbi car le Rabbi nous enseigne inlassablement, et il nous donne les moyens, de dévoiler la force infinie de l’Essence de notre âme, dans nos pensées, dans nos paroles, et dans nos actes. Le Rabbi nous demande par exemple de sortir ces « larmes » qui viennent de notre désir de la Délivrance finale et de la venue du Machia’h. Ces larmes qui crient « Ad Matai ? » proviennent du plus profond du cœur, et elles désignent la lumière qui provient de l’Essence de l’âme Juive.
Le Rabbi nous enseigne que « face à ces larmes aucune serrure ne peut résister !’, aussi, c’est en dévoilant la Volonté la plus profonde de notre âme que nous dévoileront la Volonté la plus profonde et la plus intérieure de D.ieu, « la Volonté de toutes les Volontés’, Sa Volonté de résider en ce monde.
Dans l’histoire que nous venons de raconter, il est rapporté que « le papier tomba et se perdit sur la volonté du Baal Chem Tov ». Rabbi Israël Baal Chem Tov souhaitait que son « Hassid agisse au-delà de l’intellect et de la raison, et en lui faisant perdre le papier, il l’éleva bien au-delà de l’intellect. Il l’éleva au niveau des « larmes qui proviennent de la profondeur du cœur ». Au niveau de ces larmes qui dépassent totalement l’intellect et la raison, car elles prennent leur source à un niveau qui est au-delà de toute la Création, au-dessus de l’enchaînement des mondes.
De la même façon, le Rabbi nous enseigne par ses Pensées, par ses Paroles, et par ses Actes, à atteindre ce niveau. Cela n’exclut pas le fait qu’un « Hassid se doit continuellement de travailler au moyen des forces de son intellect. Bien au contraire, c’est en exploitant d’abord toutes les forces de son âme qu’il parviendra ensuite à dépasser l’intellect.
Cela aussi apparaît clairement dans notre histoire. Nous voyons en effet, que le Rav Wolf Kizès apprit toutes les « Kavanot » avant « d’égarer » le papier sur lequel il les avait consignées. Il en va de même dans notre service divin, car nous ne pouvons dévoiler la partie la plus profonde de notre âme que si nous avons auparavant dévoilé sa partie révélée, notre intellect en l’occurence.
Il est écrit dans la Paracha Ekev (8, 3) : « Il t’a fait souffrir, t’a affamé et t’a nourri de la manne que tu ne connaissais pas et que tes pères ne connaissaient pas, afin de te faire savoir que ce n’est pas seulement par le pain que l’homme vit, mais c’est par tout ce qui sort de la bouche de L’Eternel que l’homme vit ».
Dans ce verset, nous pouvons nous rendre compte de la différence profonde qu’il existe entre le pain et la manne, De fait, c’est la même différence qui existe entre la partie révélée de la Torah et sa partie profonde, ou bien encore, entre la partie révélée de l’âme et l’Essence de l’âme.
Les Sages comparent le pain à la Torah, car de même que le corps a besoin de pain pour être maintenu en vie, l’âme a besoin de la Torah pour être maintenue en vie. Cependant le verset vient nous enseigner que « ce n’est pas seulement par le pain que l’homme vit, mais c’est par tout ce qui sort de la bouche de L’Eternel que l’homme vit ».
La Torah nous enseigne donc que la manne nous apporte une chose qui est à un niveau qui est au-delà du « simple » fait de vivre. Cela est allusionné par les mots du verset: Il est écrit qu’Hachem « t’a nourri de la manne que tu ne connaissais pas et que tes pères ne connaissaient pas ».
Le mot hébreu « Daat » désigne la « Connaissance’, et l’expression que la Torah emploie ici au sujet de la manne : « que tu ne connaissais pas’, vient pour nous enseigner que la manne représente l’Essence de la Torah, laquelle dépasse tous les paliers d’interprétation de la Torah (‘le pain’).
Par ailleurs, le verset nous apprend que L’Eternel nous a nourri de la manne afin de nous faire comprendre que « c’est par tout ce qui sort de la bouche de L’Eternel que l’homme vit ».
Il est souvent rapporté dans les discours « hassidiques du Rabbi la déclaration de L’Eternel selon laquelle : « Une Torah nouvelle sortira de Moi ».
Si l’on établit un lien entre ces deux versets : « c’est par tout ce qui sort de la bouche de L’Eternel que l’homme vit » et « Une Torah nouvelle sortira de Moi’, nous déduisons que c’est par le don de la Torah nouvelle, « qui sortira de Moi’, que l’homme vivra.
L’idée, ici, est que la vie que nous connaissons à présent, à l’exemple du « pain’, n’atteint pas la profondeur que nous connaîtrons, avec l’aide d’Hachem, lorsque D.ieu révèlera la partie la plus profonde de la Torah, l’Essence de la Torah. Il délivrera alors Ses secrets, les raisons de Ses Commandements. Il dévoilera pour cela la partie profonde notre âme, afin que nous soyons des réceptacles capables de recevoir, par l’intermédiaire du Machia’h, un tel dévoilement, le dévoilement de la Torah nouvelle.
Dès-lors, nous pouvons comprendre à présent l’importance de nous attacher aux enseignements du Rabbi, car il nous prépare à ces dévoilements, et il nous donne les moyens de les provoquer.
Le Rabbi enseigne dans le Dvar Mal’hout que la Paracha Nitsavim, qui commence par le verset : « Vous vous tenez debout, vous tous aujourd’hui, devant l’Eternel votre D.ieu’, est une allusion au moment où l’âme se tient debout devant D.ieu, avant de descendre dans le corps, lorsqu’elle promet à L’Eternel « d’être un Tsaddik et de ne pas être un Racha… ».
Par ailleurs le Rabbi explique la signification profonde du premier verset de la Paracha Vayéle’h : « Moché alla et adressa ces paroles à tout Israël ».
« Vayéle’h » exprime l’ascension d’un niveau vers un niveau supérieur. De ce fait, l’étude de la Paracha Nitsavim, qui se rapporte à l’âme avant sa descente dans ce monde, et celle de la Paracha Vayéle’h, qui se rapporte au travail que l’âme accomplit dans ce monde, nous rappellent que toute descente a pour but une élévation considérable, vers un endroit supérieur à celui d’où elle a commencé sa descente.
Le Rabbi est l’Essence de l’âme d’Israël, et chaque Juif qui se trouve dans « ses quatre coudées » atteint les plus hauts niveaux spirituels, ainsi qu’il est enseigné dans la partie profonde de la Torah : « le fait de se trouver dans les 4 coudées du Rabbi réveille l’Essence de notre âme ».
A l’évidence, c’est par un attachement profond au Rabbi que l’on parviendra à agir dans ce monde, par la force de ces larmes qui proviennent de la profondeur du cœur, et nous donneront le mérite de provoquer la venue de notre Juste Machia’h, très bientôt et de nos jours, avec l’aide de D.ieu.
(pour la réussite spirituelle et matérielle de ‘Haya-Mouchka bat Liba)
Le Rabbi nous enseigne deux points essentiels dans le Dvar Mal’hout sur notre Paracha. Le premier, c’est le sens profond que nous donne le Rabbi de ‘Ki Tavo’, ‘Quand tu entreras…‘. Nous aurions pu nous demander en quoi notre entrée sur la Terre d’Israël est si importante ? Et cela à tel point que la Paracha elle-même est nommée sur ce nom : ‘Ki Tavo’, ‘Quand tu entreras…’.
La réponse du Rabbi est claire. Chaque évènement de notre vie est important, même ce qui peut nous paraître comme un détail dans notre existence mérite toute notre attention. Rien ne peut être négligé, et chaque chose doit être vécue intensément. Aussi le Rabbi souligne dans le Dvar Mal’hout l’importance de s’investir totalement à chaque moment de notre existence, dans tous les évènements et dans toutes les situations de notre vie, même pour tout ce qui nous paraît de moindre importance.
Le deuxième point essentiel est lié à la Mitsvah de porter les prémices de la récolte. En effet, au commencement de la Paracha ‘Ki Tavo’(26, 1, 2), il est écrit que les enfants d’Israël, après qu’ils aient conquis la Terre, avaient l’obligation de prendre, de leurs champs, des prémices des sept fruits de la terre (le blé, l’orge, le raisin, la figue, la grenade, l’olive et la date), de les placer dans un panier, et de les apporter au Cohen dans le Beït-ha-Mikdache.
De manière profonde, le Rabbi nous enseigne que le mot ‘Bikourim’ s’apparente au mot ‘Békhor’ qui signifie ‘Premier-né’. Les ‘Prémices’ représentent donc les enfants d’Israël car ils sont les ‘Premiers-nés’ de l’Eternel, ainsi qu’il est dit au début du second chapitre du Tanya de l’Admour Hazaken, dans lequel il est question de l’âme divine : ‘Les âmes Juives apparurent dans la Pensée divine, ainsi qu’il est écrit : ‘Mon fils aîné Israël’ et : ‘Vous êtes des fils pour L’Eternel votre D.ieu‘, c’est-à-dire que, tout comme l’enfant émane du cerveau de son père, l’âme de chaque Juif, si l’on peut se permettre cet anthropomorphisme, découle de la Pensée et de la Sagesse de D.ieu, béni soit-Il’.
Ainsi, d’une part, le Rabbi nous donne à comprendre que l’entrée en Terre d’Israël est essentielle car toute préparation à un évènement important est en soi un évènement important, et d’autre part, le Rabbi souligne à nouveau que l’essence de l’âme Juive est enracinée dans l’Essence divine.
Ces deux points sont liés l’un avec l’autre, car lorsque l’on révèle la force de l’Essence de notre âme, celle-ci se révèle en nous-même, et dans tous les aspects de notre vie. A l’exemple de l’huile qui a la capacité d’imprégner les matières les plus dures, la force de l’Essence de l’âme imprègne notre être tout entier. Elle illumine les forces de notre intellect, nos sentiments, et nos actions.
L’exemple le plus révélateur et le plus expressif, qui nous permet de réaliser la qualité et la force de l’Essence, est celui du Rabbi.
Vis-à-vis de lui-même, nous voyons que le Rabbi s’investit totalement dans chacune de ses pensées, dans chacune de ses paroles et dans chacun de ses actes. De ce fait il n’existe pas pour lui de différences entre un évènement et un autre. Chaque moment de la vie est vécu avec la même intensité, et avec le même investissement de sa part.
Vis-à-vis des autres, la chose est aussi vraie, lorsque le Rabbi distribue des Dollars, par exemple, il s’adresse à chaque personne qui se tient devant lui avec toute son attention et en s’investissant totalement pour elle.
Tout cela vient du fait que le Rabbi est l’Essence de l’âme d’Israël, et que la qualité de l’Essence est d’imprégner, et d’illuminer, chaque chose. Aussi, lorsque nous nous trouvons dans‘les 4 coudées du Rabbi‘(‘Arba Amot’), c’est-à-dire lorsque nous nous attachons à ses enseignements et que nous nous efforçons de les appliquer concrètement, et de toutes nos forces, nous pouvons aussi parvenir à révéler la force de l’essence de notre âme, et ce faisant, à vivre chaque moment de notre vie en faisant totalement don de nous-même, et en illuminant les forces de notre âme, notre intellect, nos sentiments et nos actes, de cette lumière qui vient du lien qui unit notre âme avec notre Père qui est dans le ciel.
A la lumière de ce qu’il vient d’être dit, et en lisant entre les lignes du Dvar Mal’hout de manière encore plus profonde, il est possible de dire ‘qu’entrer en Terre d‘Israël’ signifie que l’on entre dans ‘les 4 coudées du Rabbi‘. Dans ce cas, la Mitsvah des ‘Prémices‘n’exprime plus seulement que les enfants d’Israël sont les ‘Premiers-nés’ de L’Eternel car‘Prémices’ exprime alors aussi le fait que celui qui s’attache au Rabbi avec toutes les forces de son âme, peut être aussi considéré comme le ‘Premier-né’ du Rabbi.
Dans le Dvar Mal’hout, le Rabbi nous enseigne que la Mitsvah des ‘Prémices‘ est à la base de notre service divin et de l’ensemble de tous les autres commandements. En effet, l’obligation de prendre de leurs champs des‘Prémices‘des sept fruits de la terre, de les placer dans un panier, et de les apporter au Cohen dans le Beït-ha-Mikdache, exprime toute la reconnaissance des enfants d’Israël pour L’Eternel de leur avoir donné la Terre d’Israël.
Mais surtout, ce qui fait la particularité et la spécificité de cette Mitsvah est que nous exprimons notre reconnaissance vis à vis de l’Eternel, non pas seulement par la pensée et par la parole, mais aussi par un Acte.
Reconnaître tous les bienfaits que nous accorde L’Eternel est une chose essentielle. Dès notre réveil nous réçitons la prière du ‘Modé-ani‘, afin de remercier Hachem de nous avoir rendu notre âme. Cependant, le Rabbi souligne clairement que notre reconnaissance est, et doit être, surtout liée au fait que l’âme qu’Il nous rend ‘est véritablement une parcelle de Divinité d’en-haut’. En d’autres termes, nous remercions l’Eternel, non pas seulement parcequ’Il nous donne à nouveau la vie, nous Le remercions essentiellement, et surtout, pour le fait de nous avoir fait Juif.
De la même façon, par la Mitsvah des ‘Prémices’ nous exprimons à L’Eternel toute notre reconnaissance pour avoir fait de nous Ses ‘Premiers-nés’. Cependant, du fait que nous l‘exprimons au moyen d’un Acte, fait que la conscience de ce bienfait pénètre véritablement et profondément en nous-mêmes.
Rabbi Shimon Bar Yo’haï nous enseigne que le Saint béni soit-Il Israël et la Torah ne font qu’Un. A l’évidence le Rabbi est celui qui dévoile ce lien essentiel, afin que l’Essence divine se révèle dans notre être, et dans ce monde.
A travers les enseignements du Dvar Mal’hout il nous est donné de comprendre que nous devons révéler notre attachement au Rabbi à tous les moments de notre vie, sans négliger le moindre détail. Dès-lors, notre existence et ce monde deviendront une demeure capable de recevoir le dévoilement de D.ieu, de Son Essence bénie, avec la venue de notre Juste Machia’h, très bientôt et de nos jours, dès-à-présent, avec l’aide d’Hachem.
(Pour la réussite spirituelle et matérielle de Eliahou ben Esther et de son épouse Tsipora bat Zimboul, de leurs enfants, et de tous leurs proches)
Il est écrit au commencement de notre Paracha (Choftim, 16, 18) : ‘Des juges et des policiers tu placeras pour toi dans toutes tes portes (de tes villes) que L’Eternel ton D.ieu te donne’.
Au sujet de ce verset, Rachi explique que les ‘juges’ sont ceux ‘qui tranchent la loi’, et que les ‘policiers’ sont ‘ceux qui ont autorité sur le peuple, pour sévir en cas de besoin ‘avec un bâton et une lanière’, afin de faire accepter au coupable la sentence du juge’.
Dans le Dvar Mal’hout, le Rabbi explique que dans les temps messianiques, lorsque ‘L’Eternel effacera l’esprit d’impureté de la terre’, les‘juges’ n’auront plus l’occasion d’appliquer la moindre sentence aux enfants d’Israël, car le mal sera ‘effacé’, et n’aura plus d’emprise sur l’homme.
Dès lors, la fonction du ‘juge’ sera d’enseigner la Torah, et le ‘policier’ sera remplacé par le ‘conseiller’, ainsi qu’il est dit (‘Ychaya’, 1, 26) :‘Je restaurerai tes juges comme autrefois, tes conseillers comme à l’origine’.
Ainsi, contrairement à la Paracha Choftim dans laquelle il est fait mention de ‘juges et de policiers’, la prophétie d’Ychaya mentionne des‘juges’ et des ‘conseillers’.
Dans le Dvar Mal‘hout, le Rabbi explique que le ‘conseiller’ est différent du ‘policier’, par le fait que le policier n’agit que par la force, alors que le conseiller est beaucoup plus proche de l’homme, et sait se mettre à son niveau.
Dans les temps messianiques, les ‘Juges’ enseigneront la Torah aux enfants d’Israël, des concepts divins très élevés, et la fonction des ‘conseillers’ sera alors de mettre ces concepts à leur portée. Le ‘conseiller’ est donc celui qui nous permettra d’intégrer la Torah de manière profonde.
Cette idée d’intégrer la Torah de manière profonde est au centre des enseignements du Rabbi. Aussi, le Rabbi nous donne une signification plus profonde encore, des ‘juges’ et des ‘conseillers’ que nous devons placer aux ‘portes de nos villes’.
Le Rabbi nous dévoile donc que le ‘juge’ correspond aux trois forces de l’intellect : ‘Ho’hmah Binah Daat (‘Habad), et le ‘conseiller’correspond aux sentiments : ‘Hessed Gvurah Tiféreth Netsa’h Hod Yessod Mal’hout. Enfin, les ‘portes’ correspondent aux membres du corps.
Pour comprendre cette définition donnée par le Rabbi, il faut revenir au Livre du ‘Tanya’. En effet, afin d’illustrer par un exemple la guerre entre le bon et le mauvais penchant, l’Admour Hazaken rapporte dans le livre du ‘Tanya’ l’enseignement de la Torah selon lequel le corps de l’homme est comparé à une ‘petite cité’.
Aussi, à l’exemple de deux rois qui se battent pour conquérir une cité et avoir son contrôle, les deux penchants de l’homme, l’âme divine et l’âme animale, se livrent un combat incessant pour prendre possession du corps ; c’est à dire pour prendre le contrôle des pensées des paroles et des actes de l’homme.
Chacun cherche à imposer sa volonté. Le bon penchant, représente l’impulsion vers le bien, l’accomplissement de la Volonté de D.ieu, alors que le mauvais penchant pousse l’homme à céder à des plaisir vains et grossiers, et totalement dénués de divin.
Le Rabbi explique donc que le ‘Juge’ que nous devons nommer pour chaque ville, le ‘corps’, représente en fait notre intellect. De fait, face aux désirs grossiers que nous inspire notre âme animale, nous nous trouvons sans cesse dans des situations où nous devons faire intervenir notre intellect, afin de juger et de prendre la bonne décision qui s’impose.
Le ‘Policier’, quant à lui, représente la force que nous devons employer pour accomplir les jugements et les bonnes décisions prises par notre intellect.
Ainsi, ‘le juge et le policier’ que nous devons ‘placer sur nous dans toutes nos villes’ ne sont pas sans évoquer le travail que nous devons accomplir tout au long de la semaine au moyen de notre intellect afin de parvenir à aimer D.ieu ‘de tout notre coeur’ ; cependant bien que nous devions constamment plier notre âme animale afin de lui imposer la volonté de notre âme divine, nous devons aussi avoir en tête l’enseignement de la ‘Hassidout d’après lequel, la possibilité nous est toujours donnée de transformer la force et le feu de l’âme animale en un feu sacré.
De manière générale seul le Tsaddik parvient à transformer totalement son âme animale, et c’est la raison pour laquelle nous disons qu’un Tsaddik possède une âme vitale et non pas une âme animale. Cependant, le Rabbi nous enseigne inlassablement que L’Eternel donne à Ses enfants, à tous les enfants d’Israël, le jour du Chabbat, une ‘âme supplémentaire’ grâce à laquelle chacun peut goûter au grand amour de D.ieu. Aussi, tous nos efforts durant la semaine doivent aller dans ce sens, c’est à dire que nous devons faire tout ce qui est en notre pouvoir pour éveiller la force de l’essence de notre âme, l’âme supplémentaire, même pendant la semaine.
Peut-être pouvons-nous dire ici, sous la forme d’un ‘Hidouch, qu’il y a une allusion à cela dans l’expression : ‘le Roi est dans les champs’.
De fait, le corps de l’homme a été formé ‘au moyen de la poussière de la terre sur laquelle allait être construit le Beit Ha Mikdache’ (Rachi), et de ce fait le corps de l’homme peut être allusionné par un ‘champ’. Par ailleurs, le Roi désigne l’Essence divine, et ‘le Roi est dans les champs’ est une allusion au dévoilement de l’Essence divine dans le corps de l’homme, et dans ce monde matériel (qui est aussi comparable à un ‘champ’).
Ainsi, le fait qu’au mois d’Elloul ‘le Roi Se trouve dans les champs’, exprime l’idée que chaque juif peut à tout moment, et avec beaucoup plus de facilité, révéler la force de son ‘âme supplémentaire’, l’essence de son âme, et parvenir ainsi à ressentir dans son cœur le grand amour de D.ieu.
Grâce à l’étude de ce Dvar Mal’hout du Rabbi, nous avons réalisé que ‘placer des juges et des policiers dans toutes tes portes’ signifie que tous les membres du corps (‘nos villes’) doivent obéir aux forces de l’intellect de l’âme divine (le ‘juge’), et aux sentiments qui naissent dans le côté droit du cœur où réside l’âme divine (le ‘conseiller’).
Cependant, entre les lignes de cet enseignement du Rabbi, il est aussi possible de dire sous la forme d’un ‘Hidouch, que le ‘Juge’ est une allusion au Saint béni soit-Il, et que le ‘conseiller’ est une allusion au Rabbi.
En effet, le ‘Juge’, tel qu’il est défini ici par le Rabbi correspond à un ‘réveil d’en-haut’, à un dévoilement ‘du haut vers le bas’, lequelest d’un niveau qui transcende l’homme.
A l’opposé, le ‘conseiller’ est proche de l’homme car, comme il a été expliqué, le conseiller sait se mettre au niveau de l’homme, en lui transmettant les dévoilements supérieurs et divins du ‘Juge’.
C’est d’ailleurs à ce sujet que le Rabbi déclare dans ce Dvar Mal’hout que les Maîtres de ‘Habad possèdent les deux qualités : la qualité du‘Juge’, et celle du ‘conseiller’, car à travers leurs enseignements, ils véhiculent la force supérieure de la Torah (le ‘Juge’), mais ils possèdent aussi la force de la transmettre et de la mettre à la portée de l’homme (le ‘conseiller’).
Dans le même ordre d’idée nous pouvons aussi dire que le ‘Juge’ correspond à l’essence de l’âme Juive, car celle-ci dépasse l’homme, le transcende (elle ne s’habille pas dans le corps), et le ‘conseiller’ représente la partie de l’âme qui est ‘proche’ de l’homme, car celle-ci s’habille dans le corps de l’homme.
Tout l’enseignement du Rabbi dans ce Dvar Mal’hout repose sur l’idée d’intégrer le divin de manière profonde. De ce fait le ‘Juge’représente le divin illimité qui nous dépasse totalement, alors que le ‘conseiller’ représente celui qui sert d’intermédiaire entre D.ieu, le divin illimité, et l’homme lui-même, avec toutes ses limites. C’est donc pour cela que de manière profonde, et bien que cela ne soit pas dit dans ce Dvar Mal’hout, le ‘conseiller’ est lui-même une allusion au Rabbi.
Il n’y a donc rien d’étonnant au fait que le Rabbi délivre à la fin du Dvar Mal’hout l’enseignement selon lequel le Moché de chaque génération est comparé à la pierre fondamentale sur laquelle repose le monde : ‘Even ha Chtia’.
Cette comparaison exprime le lien essentiel qui unit le Rabbi avec ses ‘Hassidim, et il est important ici de mentionner le Midrache d’après lequel ‘le nom du Machia’h est gravé sur la pierre fondamentale’.
De fait, cette image du nom du Machia’h qui est gravé sur la pierre fondamentale, exprime avec une grande clarté le fait que le Rabbi détient la force du ‘conseiller’, de graver dans ‘la pierre la plus dure’, c’est à dire dans l’esprit de celui qui est le plus éloigné de la Torah et des Mitsvoth, la Volonté de révéler la Présence du Machia’h, afin que cette Volonté ne fasse plus qu’Un avec lui-même.
Chaque Juif doit donc soumettre son corps aux enseignements divins tels que ceux-ci sont dispensés par le ‘Juge’, qui est aussi le ‘Conseiller’ que L’Eternel place à la tête de chaque génération, en l’occurrence, le Rabbi. Dès-lors, nous aurons le mérite de graver le Nom du Machia’h dans ce monde matériel, très bientôt et de nos jours, avec l’aide d’HAchem.
(Pour la réussite spirituelle et matérielle du Rav Arié Tsvi ben ‘Haya)
Le Mazal du mois de Av est le ‘Lion’, et dans le Dvar Mal’hout sur notre Paracha, le Rabbi nous rappelle l’enseignement des Sages, selon lequel, les lettres qui composent le mot ‘Arié’, le ‘Lion’, sont les premières lettres des mots suivants : ‘Elloul’ (Aleph), ‘Roch-ha-Chana’ (Rèch), ‘Yom Kippour’ (Youde), ‘Hochanna-Raba’ (Hé).
Cet enseignement souligne donc que le mois de Av, qui nous prépare aux dévoilements du mois d’Elloul, et des fêtes de Tichri, est un mois lié à la partie la plus profonde de notre âme, le niveau de ‘Yé’hida‘.
Le simple fait que le jour du 9 Av soit le jour de la naissance du Machia’h suffit lui-même à exprimer le contenu profond du mois de Av. Aussi, à la veille du mois d’Elloul, après avoir étudié les enseignements du Rabbi relatifs aux dévoilements de ‘Yéhida‘, nous avons acquis des forces particulières qui nous préparent au travail du mois d’Elloul, à la Téchouva.
La Téchouva ne consiste pas seulement au fait de regretter nos fautes, et nos erreurs du passé. Elle désigne aussi le fait de retourner vers D.ieu, ‘Tachouv-Hé‘, vers le lien qui unit notre âme à D.ieu. C’est la raison pour laquelle le Rabbi souligne dans ce Dvar Mal’hout l’importance d’ouvrir nos yeux face à ce qui constitue l’élément le plus important de notre existence, le fait que l’essence de notre âme est enracinée dans l’Essence divine.
Cette année 5779, tout comme l’année 5751, d’où provient l’enseignement du Dvar Mal’hout sur notre Paracha, Roche-‘Hodech dure deux jours : le jour du Chabbat de la Paracha Réeh, et le lendemain, Yom Richon.
A cette occasion le Rabbi approfondit certains concepts, qu’il avait déjà abordés dans le Dvar Mal’hout de la Paracha précédente, ‘Ekev’. Un des points les plus particuliers que le Rabbi nous enseigne dans le Dvar Mal’hout, et certainement l’un des plus essentiels, de part sa nouveauté, est le rapport que le Rabbi établit entre la Paracha ‘Réeh’ et le mois d’Elloul.
Le Rabbi définit l’attitude que nous devons adopter avant de commencer le travail du mois d’Elloul. Durant ce mois, ‘le Roi est dans les champs’, et tout est propice pour établir le bilan de l’année et prendre de bonnes décisions pour l’année à venir.
Cependant, avant même d’investir nos pensées nos paroles et nos actes dans les trois domaines de notre service divin, c’est-à-dire dans notre Prière, notre étude de la Torah, et nos actes de bonté, le Rabbi nous demande d’ouvrir les yeux et de regarder.
Aussi, dans le Dvar Mal’hout le Rabbi explique les mots que l’Eternel adresse aux enfants d’Israël, lesquels sont rapportés au début de notre Paracha (Réeh, 11, 26) : ‘Vois Je donne devant vous aujourd’hui la Bénédiction’.
‘Vois’ (‘Réeh’), l’Eternel nous ordonne de Voir, c’est-à-dire de comprendre, et aussi de ressentir la chose, comme si cette chose était devant nos yeux.
‘Je’ (‘Ano’hi‘). ‘Ano’hi‘ est le premier mot des 10 Commandements, et désigne l’Essence divine, qui comme il est souvent expliqué dans les discours du Rabbi, est le plus haut niveau divin, lequel est au-delà de toute la Création, de tous les mondes, de toutes les formes et de toutes les particularités. De fait, c’est l’Eternel Lui-même, Son Essence.
‘donne’ (‘noten’), et ‘tout celui qui donne, donne avec un ‘bon oeil’ (avec largesse)’.
‘devant vous’ (‘lifné’hem‘). ‘Lifné’hem‘ s’apparente au mot ‘Pnimiout‘ et désigne donc ici la ‘profondeur’, la profondeur de l’âme Juive, qui est l’essence de l’âme, enracinée dans l’Essence divine.
‘aujourd’hui’ (‘hayom‘). Selon la ‘Hassidout, le ‘Jour’ représente la lumière et le dévoilement, de façon éternelle.
‘la bénédiction’ (‘Bra’ha’). Il s’agit ici de toutes les bénédictions, que celles-ci soient dévoilées, ou bien qu’elles-ci se cachent dans ce qui nous semble être au premier abord des malédictions, que D.ieu nous en préserve. ‘
A la lumière de ces explications, le Rabbi nous donne à comprendre qu’avant même de commencer à penser, à parler ou à agir, au sujet de notre travail du mois d’Elloul, nous devons avant tout réaliser très profondément dans notre esprit (et cela au point de Voir, et donc de ressentir), notre véritable réalité, qui est bien loin de se limiter à notre existence ‘révélée’.
C’est-à-dire que notre réalité ne doit pas seulement être l’expression de la partie révélée de notre âme, mais elle doit aussi exprimer sa partie cachée, l’Essence de l’âme qui est enracinée dans l’Essence divine.
Le Rabbi revient inlassablement sur cet enseignement. L’âme ne se limite pas à la partie de l’âme qui s’habille dans le corps, car l’essentiel de l’âme ne s’habille pas dans le corps, et il appartient à chaque Juif la possibilité de révéler ce niveau (‘Ano’hi’) dans ses pensées ses paroles et ses actes.
C’est cela même que l’Eternel déclare à Ses enfants (Réeh, 11, 26) : ‘Vois Je donne devant vous aujourd’hui la Bénédiction’.
En effet, d’après les explications du Rabbi au sujet de ce verset, l’Eternel nous demande de méditer au fait qu’Il nous a donné ‘une partie de Lui-même’ qui représente l’essentiel de notre vie, ‘notre véritable existence’.
C’est à cela que nous devons attacher notre regard, ‘Vois !’, car nous devons faire tout ce qui est en notre pouvoir pour dévoiler la ‘partie’ la plus profonde et la plus élevée de notre âme.
A ce sujet, le Rabbi explique dans le Dvar Mal’hout que c’est en agissant au-delà de nos propres limites que l’on éveille le désir de D.ieu d’agir à son tour au-delà de toutes les limites. A l’évidence, ‘agir au-delà de nos limites’ implique de nous attacher de manière profonde au Rabbi, car la mission du Rabbi consiste précisément à dévoiler l’essence de notre âme, et c’est par notre soumission à ses enseignements que nous pouvons parvenir à ce niveau.
Peut-être, est-ce la raison pour laquelle la Paracha ‘Ekev’, qui désigne le ‘Talon’, précède la Paracha ‘Réeh’, ‘Vois !’.
En effet, le talon est la partie la plus basse du corps et désigne l’action, laquelle est toujours soumise à la tête. La Paracha ‘Ekev’ précède la Paracha ‘Réeh’, comme pour nous dire que c’est en nous soumettant, par nos actions, ‘Ekev ‘: le ‘Talon’, au Maitre de notre génération (la ‘Tête’), le Rabbi, que nous parviendrons au dévoilement de l’essence de l’âme (Réeh : Vois !). Dès-lors, nous aurons aussi le mérite de voir ‘avec nos yeux de chair’, la venue de notre Juste Machia’h, très bientôt et de nos jours, avec l’aide de D.ieu.
Pendant ce Chabbat de la Paracha « Ekev » nous bénirons, avec l’aide d’Hachem le mois d’Elloul. Or, la chose est connue des « Hassidim que les lettres qui composent le mot « Elloul » sont les initiales du verset : « Ani lé Dodi vé Dodi li », « Je suis à mon bien-aimé et mon bien-aimé est à moi ».
De fait, le mois d’Elloul est propice à la Téchouva, et la partie profonde de la Torah nous enseigne que pendant le mois dElloul », les 13 attributs divins de la Miséricorde nous illuminent, et illuminent ce monde, de manière particulière. L’Eternel Se dévoile à celui qui Le recherche, comme il est dit : « le Roi est dans les champs », et dans ce cas il est donné à chacun, « Ani », la possibilité de s’unir à D.ieu, « Dodi », afin que le Saint béni soit-Il Se rapproche aussi de lui, « Dodi li ».
Plus profondément, « Ani lé Dodi vé Dodi li » fait allusion à deux sortes de travaux que l’on doit accomplir pendant le mois d’Elloul.
« Ani lé dodi », représente l’action concrète, laquelle correspond aux Commandements divins, dont la majorité est accomplie au moyen de la matière. Ainsi, nous devons tout d’abord agir sur notre propre corps, afin de le raffiner, de le purifier et de le sanctifier, pour en faire un « Temple » où peut résider L’Eternel, ainsi qu’il est dit : « Faites-Moi un sanctuaire et Je résiderais parmi vous ».
A l’évidence, il ne s’agit pas seulement d’agir sur nous-même, mais également d’agir de la même façon sur ce monde matériel. C’est la raison pour laquelle la majorité des Commandements divins est accomplie au moyen de la matière, car la mission de chaque Juif consiste à raffiner ce monde matériel, en dévoilant les étincelles divines qui y sont dissimulées. De fait, « nous préparer à la venue du Machia’h » consiste à faire de nous-même, et de ce monde matériel, une demeure pour l’Essence divine.
Ce travail, « Ani lé Dodi », s’accomplit « du bas vers le haut » en agissant de manière progressive, à l’exemple des « 42 étapes » que vécurent les enfants d’Israël pendant leur traversée du désert. Aussi, le Rabbi revient ici sur l’enseignement selon lequel, notre action a pour effet de faire pénétrer la lumière divine de manière profonde en nous-mêmes et dans le monde.
« Dodi li », le second travail, est un dévoilement « du haut vers le bas ». Il correspond à l’étude de la Torah, laquelle se situe au-delà de ce monde. « Dodi-li » consiste à dévoiler la force infinie de notre âme qui est « une parcelle véritable de divinité d’En-haut », afin d’attirer un dévoilement divin illimité, du « haut vers le bas ».
Cependant, le Rabbi souligne que tous les dévoilements divins qui viennent « d’en-haut » ne pénètrent pas profondément en nous-mêmes, car c’est seulement par notre propre travail, par un travail « du bas vers le haut », que nous pouvons intégrer de manière profonde chaque dévoilement de la lumière divine.
Aussi, le Rabbi écrit dans le Dvar Mal’hout sur la Paracha Ekev, que « l’on atteint la perfection quand il y a l’union des deux sujets« . « Ani lé Dodi » et « Dodi li »,ensembles.
Lorsque le niveau du divin (‘Dodi’), qui est au-delà du niveau de « Ani », de la réalité de l’homme ici-bas, se dévoile de manière profonde dans le « Ani », c’est-à-dire, dans les limites du niveau inférieur, et cela au point de devenir véritablement une seule chose, sans que rien ne puisse les différencier.
L’un des points essentiels de cet enseignement du Rabbi est que la perfection du dévoilement de « Dodi-li », qui comme il a été dit correspond au dévoilement de la « parcelle véritable de divinité d’En-haut » (jusqu’au dévoilement de l’Essence de l’âme), dépend du travail qu’un Juif accomplit de manière progressive, « du bas vers le haut », « Ani lé Dodi ».
Dans ce cas, le dévoilement de « Vé Dodi li », « du haut vers le bas » (Atsilout, Bryia, Yètsira, Assia) qui succède au travail de « Ani lé Dodi », « du bas vers le haut », consiste à la révélation du divin illimité dans le « Ani », au point de faire Un avec lui, au point que « Ani » devient « un être véritable et éternel » : « Yèch amiti vé nits’hi« .
A la lumière de ces enseignements du Rabbi, il nous est donné de comprendre que le travail accompli au mois d’Elloul représente la possibilité d’atteindre le dévoilement supérieur de l’Essence de l’âme.
C’est la raison pour laquelle le Rabbi met l’accent sur le fait que le travail « du bas vers le haut », « Ani lé Dodi », est plus essentiel que celui du haut vers le bas, « Dodi li », car c’est en élevant les niveaux les plus inferieurs (‘du bas vers le haut’) que l’on élève aussi tous les autres niveaux, même les plus élevés. C’est donc en agissant de la sorte que l’on parvient à faire de ce monde, qui est le plus inférieur parmi tous les mondes de la Création, une demeure pour D.ieu.
Le Rabbi établit alors ici un lien avec la Paracha de cette semaine : « Ekev », durant laquelle nous bénissons le mois d’Elloul.
« Ekev » signifie « le talon », et représente donc la partie la plus basse du corps de l’homme (et du corps de ce monde). Notre travail pendant le mois d’Elloul consiste avant tout à purifier le corps, « le talon » (‘Ani le Dodi’), car c’est l’étape nécessaire qui précède le dévoilement de la lumière de l’Essence de l’âme, « Dodi li ».
Il est très important de rappeller ici l’enseignement que nous donne la « Hassidout au sujet du corps de l’homme. Le corps de l’homme a été créé par D.ieu, au moyen de Son Essence. Aussi, lorsque l’on s’attache à raffiner, à purifier, et à sanctifier le corps, on dévoile la force de l’Essence divine qui y est dissimulée.
Ce principe s’accorde avec le fait que dans les temps messianiques « la Séfira de Mal’hout (la dernière et la plus basse des Séfirot, le talon) s’élèvera au-dessus de toutes les autres Séfiroth ». « La lune deviendra alors aussi grande que le soleil », « l’épouse vertueuse deviendra la couronne de son mari« , l’inanimé révèlera son véritable niveau ainsi qu’il est dit : « le mur criera et la poutre lui répondra ».
Tous ces exemples expriment le fait que « le talon » bien qu’il soit la partie la plus basse et la plus inférieure du corps possède néanmoins un niveau supérieur qui apparaîtra au moment de la Délivrance finale. C’est donc en élevant les niveaux les plus bas, les plus « inanimés » que l’on parvient au dévoilement de l’Essence divine.
C’est sans doute pour cela que le Rabbi écrit à la fin de ce Dvar Mal’hout, que nous devons atteindre les niveaux les plus extérieurs pour provoquer la venue de notre Juste Machia’h.
A la question du Baal Chem Tov : « Quand viendrez-vous Maître ? (Eymataï kaate Mar ?), le Machiah répondit : Quand tes sources se répandront à l‘extérieur ! «
En réfléchissant à ces paroles, le Rabbi conçut qu’il manquait à « la diffusion des Sources » la diffusion de livres en Braille, afin que les personnes non-voyantes puissent aussi s’attacher à l’étude de la « Hassidout, l’Essence de la Torah.
D’une certaine manière, il est possible de qualifier une personne non-voyante comme « inanimée ». En effet, la Torah emploie le mot qui désigne le contraire de la vie pour une personne qui est aveugle. Aussi, le Rabbi nous enseigne que les aveugles seront les premiers à guérir au moment de la Délivrance finale.
Le Rabbi met donc en évidence l’importance de leur donner dès à présent les moyens d’étudier la « Hassidout, car celle-ci détient le pouvoir d’insuffler à celui qui s’adonne à son étude une vitalité nouvelle. Elle redonne la vie à « l’Inanimé », au « talon ».
Le lien qui existe entre « Ani lé Dodi vé Dodi li » et la Paracha Ekev, s’exprime donc ici par le fait que c’est en nous attachant aux niveaux les plus bas, « du bas vers le haut » : Ekev (‘Ani lé Dodi’), que nous aurons le mérite d’attirer en nous-mêmes et dans ce monde, de manière profonde, et éternelle, l’Essence divine, lors de la Délivrance finale et de la venue de notre Juste Machia’h, dès à présent avec l’aide de D.ieu.
De fait, nous pouvons réaliser à travers cet enseignement (de nous attacher aux niveaux les plus inférieurs) l’importance que le Rabbi donne à chaque Juif, à la mission qu’il donne à chacun de ses émissaires, d’élever chaque Juif, et en particulier celui qui est le plus éloigné de la Torah et des Mitsvoth (‘le talon’).
En réalité, le Rabbi représente l’Essence d’Israël, et face à l’Essence, le niveau le plus inférieur, le « talon », est égal au niveau le plus supérieur, la tête. C’est ce regard, cette profondeur, que nous devons atteindre.
(Pour la réussite spirituelle et matérielle de Yonathan ben Ra’hel)
Dans le Dvar Mal’hout sur la Paracha Vaèt’hanan, le Rabbi reprend le principe selon lequel notre service divin atteint la perfection lorsqu’il unit la limite à l’illimité, lorsqu’un Juif unit ses actions à celles du Saint béni soit-Il, lorsque la lumière dispensée par D.ieu s’unit à la lumière qui provient du travail de l’homme.
A ce sujet le Rabbi explique la raison pour laquelle les 10 Commandements sont dits à deux reprises dans la Torah. Une première fois dans la Paracha ‘Yitro’, et une seconde fois dans la Paracha ‘Vaèt’hanan’.
La Paracha ‘Yitro’ met l’accent sur le fait que le don de la Torah sur le Mont-Sinaï, le 6 du mois de Sivan, a eu pour effet de soumettre totalement le monde à la lumière divine qui s’est dévoilée ce jour-là. Ainsi, la Torah nous décrit ce jour en disant ‘qu’il y eut du tonnerre et des éclairs et une nuée lourde sur la montagne, et le son du Choffar était trés fort, tout le peuple trembla’ (Yitro, 19, 16). Face à ce dévoilement divin le peuple s’annula et se tint en retrait, ainsi qu’il est dit (Yitro, 20, 15) : ‘Le peuple vit et ils tremblèrent et se tinrent debout, de loin’.
A l’opposé, la Paracha ‘Vaèt’hanan’ exprime le but de tout dévoilement divin, lequel consiste à ce que l’homme parvienne à intérioriser de manière profonde la Parole et la lumière divines que lui a dévoilées L’Eternel, ainsi qu’il est dit (Yitro, 20, 19) : ‘Vous avez vu que c’est des cieux que Je vous ai parlé’.
Dans le Dvar Mal’hout sur notre Paracha, le Rabbi nous enseigne donc que la répétition des 10 Commandements, une première fois dans la Paracha ‘Yitro’, et une seconde fois dans la Paracha Vaèt’hanan, vient pour exprimer l’union de ces deux niveaux.
Les 10 Commandements de la Paracha ‘Yitro’ correspondent au dévoilement de la lumière divine qui provient d’Hachem, ‘d’En-haut’, et les 10 Commandements de la Paracha ‘Vaèt’hanan’ correspondent au dévoilement de la lumière qui provient ‘d’En-bas’, du travail de l’homme qui consiste à intégrer la lumière divine que l’on a reçue, dans nos pensées, nos paroles et nos actes.
C’est précisément l’union de ces deux lumières qui représente l’aboutissement de notre service divin, et l’étude du Dvar Mal’hout, tout au long de l’année, et tout au long des 53 Parachiot des 5 livres de la Torah, nous donne les moyens de faire tout ce qui est en notre pouvoir pour réaliser cette union sacrée.
De fait, nous avons déjà étudié dans les Parachiot précédentes l’idée que ‘notre service divin atteint la perfection lorsqu’il unit nos actions à celles du Saint béni soit-Il’.
Par exemple, dans le Dvar Mal’hout sur la ‘Paracha ‘Houkat’, le Rabbi nous enseigne que le chiffre 7 est lié à la Création du monde (le monde a été créé en 6 jours, et Hachem S’est reposé le septième jour) car il correspond au dévoilement de la lumière divine qui vient ‘d’en-haut’, et qu’à l’opposé, le chiffre 10 correspond au travail de l’homme, à l’ajoût qu’il apporte à ce monde qui a été créé par D.ieu.
Dans ce Dvar Mal’hout, le Rabbi explique par exemple que le chiffre 10 correspond au mouvement de l’âme appellé : ‘Ratso’. Lorsque l’âme désire s’élever au-delà de ce monde et des limites qu’il lui impose, afin d’atteindre le divin illimité.
Le chiffre 7 représente le mouvement de l’âme appellé ‘Chov’. C’est le travail du ‘haut vers le bas’ que l’âme accomplit précisément lorsqu’elle s’habille dans le corps, et qui consiste à attirer les lumières célestes supérieures, ici-bas dans ce monde inférieur. Aussi, notre travail consiste à unir le niveau du chiffre 7 au niveau du chiffre 10. Unir ‘Ratso’ à ‘Chov’, ainsi quil est écrit (Dvar Mal’hout, ‘Houkat) :
‘La perfection du travail consiste à l’union des 2 ensemble, en même temps que la volonté de l’âme de quitter le corps, doit demeurer le travail de l’âme dans le corps, et le désir de l’âme de quitter le corps ne doit pas être dissocié du sentiment d’agir pour dévoiler le divin ici-bas (dans le corps, et dans le monde)’.
Il en va de même pour l’enseignement du Dvar Mal’hout sur les Parachiot ‘Matot-Masseï’. Le Rabbi nous y enseigne la signification des 3 ‘Hazak que nous disons à voix haute, et dune voix forte, à la fin de la lecture de la Torah le jour du Chabbat : ‘Hazak ‘Hazak vé Nit’hazèk’, ‘Sois fort ! Sois fort ! Et puissions-nous être renforcés !’.
Le premier ‘Hazak, qui est celui de la Paracha ‘Matot’, correspond au dévoilement d’une lumière divine supérieure, dans ce monde inférieur. Un dévoilement du haut vers le bas, comme l’exprime le premier verset de la Paracha Matot : ‘Ceci est la chose que L’Eternel a ordonné’.
Le second ‘Hazak, qui est celui de de la Paracha ‘Masseï’, correspond à un dévoilement du bas vers le haut. Ce dévoilement est dû au travail de l’homme, à ses efforts continus pour raffiner ce monde matériel afin de l’élever vers la Sainteté.
A nouveau, le Rabbi nous enseigne dans ce Dvar Mal’hout, que la perfection de notre service divin consiste à unir ces deux niveaux. Le troisième ‘Hazak représente l’union de ces deux dévoilements, la lumière divine qui vient ‘d’en-haut’ avec la lumière qui provient ‘d’en-bas’, du travail de l’homme. Grâce à cette union, l’homme n’agit plus seulement avec ses propres forces (‘Masseï’), car L’Eternel participe à son action, en lui donnant la possibilité d’agir au-delà des limites (‘Matot’).
C’est pourquoi le ‘Hazak de ‘Matot-Masseï’ exprime de manière profonde, l’union entre la partie de l’âme qui s’habille dans le corps, dont la force est limitée (‘Masseï’), avec la partie de l’âme Juive qui est enracinée dans L’Essence divine, dont la force est illimitée (‘Matot’).
Cette union sacrée s’exprime tout particulièrement par le dévoilement du troisième Temple, car celui-ci contient aussi en lui les niveaux du premier et du second Temple. En effet, le premier Temple correspond au dévoilement de la lumière divine qui vient ‘d’en-haut’, alors que le second Temple correspond au dévoilement de la lumière qui provient ‘d’en-bas’, du travail de l’homme.
Cette idée se retrouve également dans tous les enseignements du Rabbi qui sont liés à notre service divin pendant le mois de Av, et également pendant le mois d’Elloul, lequel est basé sur le verset : ‘Je suis à mon bien-aimé et mon bien-aimé est à moi’, ‘Ani le Dodi vé Dodi li’.
Il n’est donc pas étonnant que les deux lettres qui composent le nom ‘Av’ sont les initiales de l’expression : ‘Elloul ba’, ‘Elloul arrive’. Aussi, à la lumière de ce qu’il vient d’être dit, nous comprenons que la répétition des 10 Commandements, une première fois dans la Paracha ‘Yitro’, et une seconde fois dans la Paracha ‘Vaèt’hanan’, exprime aussi le caractère essentiel de l’union de ces deux niveaux.
Les 10 Commandements de la Paracha ‘Yitro’ correspondent à la révélation de la Parole de D.ieu sur le Mont-Sinaï, une révélation du ‘haut vers le bas’, alors que les 10 Commandements de la Paracha ‘Vaèt’hanan’ correspondent au travail des enfants d’Israël pour intégrer cette Parole de manière profonde, un travail du ‘bas vers le haut’.
Le Rabbi exprime de très nombreuses fois l’importance de faire des ‘Hidouchim, et l’occasion nous est donnée ici, d’expliquer sous la forme d’un ‘Hidouch que cet enseignement du Dvar Mal’hout sur notre Paracha s’applique également à notre relation avec le Rabbi lui-même.
Les 10 Commandements de la Paracha ‘Yitro’ correspondent au ‘Maamar du Rabbi’, et les 10 Commandements de la Paracha Vaèt’hanan correspondent à notre travail en tant que Hassidim du Rabbi pour intégrer de manière profonde le ‘Maamar du Rabbi’.
Aussi, en ce jour du 15 Av, qui est un jour de pleine lune, la force nous est donnée pour réaliser l’union entre les deux.
La lune représente l’Assemblée des enfants d’Israël, et ce jour du 15 Av représente la pleine lumière que nous recevons du Rabbi. A l’évidence, c’est par le fait d’exploiter de toutes nos forces : ‘de tout ton cœur de toute ton âme et de tout ton pouvoir’, la lumière que nous donne le Rabbi, que nous parviendrons à dévoiler l’Essence divine en ce monde.
Dans le Dvar Mal’hout sur notre Paracha, le Rabbi nous enseigne que le chiffre ‘2’ ne désigne pas seulement la répétition d’une chose, mais il exprime aussi ‘la multiplication d’une chose à l’infini’.
En ce sens, le Rabbi explique que la Haftarah que nous lisons ce Chabbat intitulée ‘Na’hamou Na’hamou’, n’exprime pas seulement le fait que lors de la Délivrance finale L’Eternel consolera tous Ses enfants.
De fait, la répétition du mot ‘Na’hamou’ exprime le caractère infini des évènements qui auront lieu dans les Temps messianiques, la reconstruction du troisième Temple et le dévoilement de l’Essence de la Torah, ‘Une Torah nouvelle sortira de Moi’, par l’intermédiaire du Machia’h, très très bientôt , et de nos jours, avec l’aide de D.ieu.
(pour la réfouah chéléma de Messod ben Aïcha, Prosper)
Dans le Dvar Mal’hout sur la Paracha Dévarim, le Rabbi nous enseigne que lorsque le jour du 9 Av tombe le jour du Chabbat, le Jeûne est repoussé au lendemain.
Le Chabbat détient la force de repousser l’aspect négatif du jeûne, pour ne garder que la lumière, le contenu spirituel et profond du jour du 9 Av.
Au sujet de la naissance de Moché, Rachi rapporte dans son commentaire sur la Torah la déclaration des Sages selon laquelle, ‘quand il naquit toute la maison s’est emplie de lumière’ (voir le commentaire de Rachi, Chemot, 2, 2).
Ces paroles peuvent très bien s’appliquer ici, car la naissance du Machia’h illumine ce Chabbat de manière profonde.
De fait, le Rabbi rapporte dans le Dvar Mal’hout une histoire qui est mentionnée dans le Talmud Yérouchalmi (2a, 5a).
Le jour où le Temple fut détruit, un Juif entendit meugler une vache à deux reprises. Il en demanda la raison, et on lui répondit que la vache meugla une première fois parce que le Temple venait d’être détruit, et ensuite une seconde fois, parce que le Machia’h venait de naître.
Cette histoire n’est pas sans évoquer l’enseignement du Maguid de Mèzeritch selon lequel, un état de ‘néant’ précède la création de toutes choses.
L’exemple donné est celui d’une graine que l’on plante dans la terre. Une fois plantée, la graine se putréfie. Or, ce n’est qu’après ce stade de ‘néant’, de putréfaction, qu’elle donne ensuite naissance au germe d’une plante, d’une fleur…
Un peu de la même façon, nous voyons que la destruction du Temple est comparable à la putréfaction de cette graine, et précède la naissance du Machia’h, laquelle est comparable à la naissance de cette plante. Et, il en va de même au sujet de ce tout dernier exil que l’on peut définir comme un état de ‘néant’ qui précède la Délivrance finale, avec la venue de notre Juste Machia’h et la construction du troisième Temple.
Aussi, le Rabbi nous enseigne que le jour du 9 Av est propice à la venue du Machia’h, car c’est le jour de son anniversaire, et le Mazal d’une personne domine et brille tout particulièrement en ce jour.
Par ailleurs, l’un des points essentiels du Dvar Mal’hout est la correspondance que le Rabbi établit entre les jours du 9 et du 10 du mois de Av, avec les jours du 9 et du 10 du mois de Tichri.
Dans le traité ‘Yoma’ les Sages soulignent l’importance de bien manger la veille du jour de Kippour (le 9 Tichri). Dans ce cas, la Torah considère que c’est comme si l’on avait jeûné les jours du 9 et du 10.
L’explication à cela est que le fait de bien manger le jour du 9, la veille du jour de Kippour, dans le but d’être fort physiquement pour pouvoir jeûner sans difficultés le lendemain (le jour de Kippour), confère au jour du 9 un caractère de sainteté, et la Torah considère que c’est comme si l’on avait jeûné en ce jour.
De la même façon, lorsque le Chabbat tombe le jour du 9 Av, et que le jeûne est repoussé au lendemain (le 10 Av), c’est alors une Mitsvah de bien manger, et cela plus encore que pour tous les autres Chabbat de l’année.
Le lien entre le 9 Tichri et le 9 Av s’exprime donc par l’élévation spirituelle à laquelle nous accédons, par le fait de bien manger pendant ces deux jours.
Plus encore, le Rabbi met l’accent sur la Séouda Chlichit juste après la prière de Min’ha de ce Chabbat, car le Machia’h est né au moment de cette prière.
C’est à ce sujet que le Rabbi mentionne le festin que L’Eternel donnera au moment de la Délivrance finale. Quand nous mangerons du poisson, de la viande, et du vin vieux, du Léviathan, du Chor-ha-Bar, et du vin ‘ha-méchoumar’. A ce moment L’Eternel nous rassasiera par un festin, à la fois spirituel et matériel.
L’Admour Hazaken nous a enseigné que le Léviathan désigne le Tsaddik qui est attaché à la partie profonde de la Torah, et que le Chor-ha-Bar désigne le Tsaddik qui est attaché à la partie révélée de la Torah. Aussi, la Séouda Chlichit du Chabbat a précisément lieu au moment du dévoilement des secrets de la Torah, ‘Razin de Razin’. C’est d’ailleurs la raison pour laquelle nous avons alors l’usage, et cela tous les Chabbat, de chanter des Niggunim, et d’écouter juste après, le Maamar du Rabbi.
De fait, ces précieux moments expriment avec force le dévoilement de ‘Yé’hida’, l’essence de l’âme Juive, pendant le jour du Chabbat, et tout particulièrement après la prière de Min’ha, qui comme il a été dit, correspond au moment de la naissance du Machia’h, ‘Yé’hida’.
Aussi, le lien qui existe entre le jour du 9 Av qui tombe le jour du Chabbat, et le jour de Kippour apparaît ici à l’évidence. Ces deux jours sont tous les deux liés au dévoilement de ‘Yé’hida’.
Machia’h naquit le 9 du mois de Av au moment de la prière de Min’ha. Or, ce moment correspond ce Chabbat du 9 Av à ce moment pendant lequel L’Eternel dévoile ‘les secrets des secrets de la Torah’ (‘Razin de Razin’), et dévoile en même temps l’essence de l’âme de chaque Juif, le niveau de Yé’hida.
Or, la chose est aussi vraie après la prière de Min’ha du jour de Kippour, car à ce même moment L’Eternel dévoile aussi l’essence de l’âme de chaque Juif. Ce lien qui L’unit aux enfants d’Israël. C’est le moment de la ‘Neïla’, la cinquième prière du jour de Kippour qui vient juste après la prière de Min’ha et juste avant la prière d’Arvith.
Il est possible ici de donner sous la forme d’un ‘hidouch une signification de l’expression ‘Dvar Malhout’, le titre de l’oeuvre du Rabbi qui fait l’objet de notre étude.
Roch-ha-Chana désigne ‘Binian ha Mal’hout’, la ‘construction de Mal’hout’, car en ce jour, le peuple Juif, par sa prière, et par les sonneries du Chofar, attire une nouvelle lumière en ce monde. Cette lumière provient du désir et du plaisir divin (‘Taanoug ha atsmi’), et émane ensuite de manière concrète de la Séfira de Mal’hout, c’est à dire du ‘Souffle divin’ par lequel L’Eternel crée et vivifie toute la Création.
Or, la profondeur et le contenu de ce Souffle divin dépend des prières des enfants d’Israël. C’est pourquoi, le jour de Roch-ha-Chana est appelé ‘Binian ha Mal’hout’, ‘la construction de Mal’hout’, car la construction de ce monde, et de tout ce qu’il contient, dépend directement de nos prières.
Plus encore, le Rabbi nous enseigne que la perfection du jour de Roch-ha-Chana est réalisée pendant le jour de Kippour, lequel est lié au jour du Chabbat qui tombe le jour du 9 Av.
Ainsi, ce Chabbat du 9 Av de la Paracha Dévarim, n’est pas sans posséder la force du jour de Roch-ha-Chana et du jour de Kippour, pendant lesquels il nous est donné la possibilité d’attirer dans le Souffle de D.ieu, l’esprit du Machia’h qui ‘plane au-dessus des eaux’, de manière à ce que la présence du Machia’h devienne concrète, dans ce monde matériel.
Ainsi, l’étude du ‘Dvar Mal’hout’ du Rabbi, nous permet de construire la Mal’hout, de révéler le Machia’h, sa naissance, dans ce monde en ce jour du 9 Av.
Le Rabbi a déclaré que le moment le plus propice à la venue du Machia’h, dans la journée du 9 Av qui tombe le Chabbat se situe entre la prière de Min’ha et celle d’Arvith (Ce moment correspond au commencement du Jeûne).
Aussi, conformément à l’enseignement selon lequel ‘Quand il naquit toute la maison s’est emplie de lumière’, ce Chabbat sera un jour propice à sa venue, et dans ce cas, le monde s’emplira de lumière, avec l’aide de D.ieu.
(pour la réfouah chélémah de Messod ben Aïcha, ‘Prosper’)
Dans le Dvar Mal’hout sur la Paracha Pin’has, le Rabbi raconte que lors d’un rassemblement des ‘Hassidim autour du Rabbi Rachab, il se produisit une chose qui marqua tous ceux qui étaient présents.
Les jeunes ‘hassidim qui se trouvaient à cette Hitvaadouth, étaient tellement impatients d’entendre le Maamar (discours ‘hassidique) du Rabbi Rachab, qu’ils se pressèrent de chanter le ‘Nigun’ (‘la mélodie ‘hassidique’) que les ‘Hassidim ont l’usage de chanter juste avant que le Rabbi commence à prononcer son discours.
Quand, le Rabbi entendit les ‘hassidim chanter, il ne les entendit pas chanter le Nigun, il entendit surtout leur impatience. Alors, à la fin du chant, au lieu de prononcer son Maamar, le Rabbi se mit à expliquer à ses ‘Hassidim qu’ils n’avaient pas agi comme il convient d’agir. Il s’agissait bien là d’une erreur. S’imprégner profondément du discours du Rabbi implique auparavant de s’y préparer avec la plus grande attention. On ne peut entendre et intégrer le discours du Rabbi que si l’on s’y est convenablement préparé.
Aussi, le Nigun qui introduit le discours hassidique du Rabbi, est d’une importance capitale car il nous prépare à recevoir le discours de la manière la plus parfaite.
Chanter le Nigun en investissant toutes nos forces nous permet d’entendre ensuite le discours du Rabbi de manière profonde. C’est pourquoi le Rabbi Rachab définit un homme profond comme une personne qui vit intensément tous les moments de son existence. Même un moment qui nous prépare à un événement important doit être vécu de manière profonde : ‘là où nous sommes nous devons être vraiment !’.
Le ‘Hassid vit profondément toutes les situations de sa vie. Même ce qui semble être à nos yeux comme un ‘détail’, possède en réalité un contenu profond qui mérite qu’on lui accorde toute notre attention, que l’on investisse tout notre être, pour mener à bien notre mission sacrée.
A la lumière de cet enseignement du Rabbi Rachab, nous comprenons que le Nigun n’est pas dissociable du Maamar. En fait, cette mélodie fait partie du Maamar.
On pourrait donner ici, sous la forme d’un ‘Hidouch, l’exemple du Chofar. A Roch ha Chana nous exprimons notre désir le plus profond, que L’Eternel accepte d’être notre Roi. C’est la signification du son du Chofar. Seul le son du chofar peut exprimer ce désir, car il s’agit d’un désir qui ne peut être exprimé par des mots.
Le son du Chofar, est tel un cri qui provient de la profondeur du cœur. Et lorsque nous sonnons du Chofar pendant la prière du matin de Roch ha Chana, alors les sons du Chofar montent dans le ciel et sont entendus par le Saint béni soit-Il, qui exauce alors notre prière et devient notre Roi.
D’une certaine façon, le son du Chofar ressemble au Nigun qui précède le discours du Rabbi.
En effet, si l’on additionne les lettres du mot ‘Nigun’, on obtient un total de 119. Or, 119 est aussi la valeur numérique du mot larme (Dimah).
Le lien qui existe entre le mot ‘Dimah-Larme’ et le mot ‘Nigun-Mélodie’, exprime tout simplement le fait que le Nigun doit être chanté avec émotion.
De même que le Rabbi ressent l’émotion qui se dégage du chant des ‘Hassidim avant la récitation du Maamar, L’Eternel ressent l’émotion des enfants d’Israël lorsqu’ils sonnent du Chofar, pendant la prière de Roch ha Chana.
Dès-lors nous comprendrons que l’importance de notre attachement au Rabbi, à sa Parole sacrée qu’il nous livre lorsqu’il récite un Maamar, doit s’exprimer dans tous les moments de notre existence, et en particulier lorsque nous chantons la mélodie hassidique qui précède ce précieux moment. Nous devons chanter ‘avec nos larmes’, signifie que nous devons chanter en exprimant notre désir le plus profond et le plus intérieur, que le Rabbi soit notre guide, notre Rabbi, notre Roi.
Un exemple de la Paracha Pin’has illustre ce propos.
Dans cette Paracha, il est question du partage de la Terre d’Israël. Rachi explique dans son commentaire qu’Eléazar, le Prêtre était revêtu du pectoral avec les ‘Ourim’ et les ‘Toumim’ et il disait avec l’inspiration Sainte :‘Si telle tribu est tirée dans le tirage au sort, c’est tel terrain qui lui sera attribué’.
On écrivait les noms des tribus sur douze billets, et sur douze autres billets, douze délimitations de terrains. On mélangeait tous les billets dans une urne, et le prince de chaque tribu introduisait sa main à l’intérieur, et prenait deux billets. Il se trouve que sur les deux billets étaient inscrits le nom de sa tribu et le billet des frontières, exactement comme l’avait déclaré auparavant par inspiration sainte le prêtre Eléazar.
Plus encore que cela, le sort lui-même (le billet) criait et disait : ‘Moi le sort, j’ai désigné telle frontière pour telle tribu’, comme il est dit (verset 56) : ‘Par la bouche du sort’.
De manière générale la prière correspond à la pensée, l’étude de la Torah à la parole, et l’accomplissement des Commandements divins à l’action. Par ailleurs, il existe des Mitsvoth que l’on accomplit sans avoir une intention particulière. Par exemple, nous sommes quittes de la Mitsva de la Tsédaka uniquement par l’action de donner de l’argent à une personne nécessiteuse, et nous ne sommes pas obligés d’avoir une pensée particulière dans ce cas (une ‘cavana’ : une intention). Cependant le Rabbi nous enseigne que la perfection est atteinte lorsque nous accomplissons cette Mitsvah au moyen de la pensée, de la parole, et de l’action. Ainsi la perfection de la Mitsvah de la Tsédaka nécessite d’associer à notre acte une bonne pensée, en donnant cet argent avec un visage bienveillant.
Le Rabbi explique donc que ‘le sort qui parle’ exprime cette idée. En effet, le Goral rassemble à lui tout seul les trois éléments que sont la pensée, la parole et l’action. La pensée et l’action, par le fait que l’on pensait et que l’on écrivait chaque nom sur un billet, et la parole par le fait que le billet lui-même parlait et désignait ‘telle tribu et tel territoire…‘.
Il est aussi possible de faire le ‘hidouch suivant. Le ‘sort qui parle’ est une allusion aux temps futurs. La partie profonde de la Torah, la ‘Hassidout nous enseigne que dans les temps messianiques D.ieu dévoilera le niveau extrêmement élevé de ‘l’inanimé‘.
Il est dit, par exemple, que la terre s’adressera à l’homme en disant : ‘Comment oses-tu marcher sur moi sans dire des paroles de Torah ? ‘
La matière inanimée provient de l’Essence divine, aussi, le fait que les mots qui étaient écrits sur les billets parlaient, est une allusion à cela. De manière profonde, cela signifie que nous devons accomplir notre service divin, en insufflant de la vitalité à tous les détails qui remplissent notre existence. Tout ce qui nous paraît insignifiant, et qui demeure dénué de vie, ‘inanimé’, doit être employé et vitalisé. Ces simples mots écrits avec de l’encre sur du papier avaient le pouvoir de ‘parler’, de ‘crier‘.
Cet exemple exprime parfaitement le pouvoir des mots de la ‘Hassidout, car ceux-ci sont véritablement vivants, et ils nous insufflent une vitalité nouvelle.
Chaque situation, chaque moment, chaque détail, ne doivent pas demeurer inanimés, mais être vécus pleinement.
La Torah nous enseigne que le chiffre 120 représente une vie entière. Or nous avons expliqué que le compte de la valeur numérique du mot ‘Nigun’(mélodie) est égal à 119, comme celui du mot ‘Dimah’(larme)
Ainsi, ‘Nigun’, chanter une mélodie ‘hassidique, sans ressentir un sentiment profond est ‘un service incomplet’ et n’équivaut qu’à 119, mais quand on ajoute à la mélodie le sentiment cela devient complet, 120.
A l’évidence, le Rabbi Rachab ne pouvait laisser passer une telle négligence de la part de ses ‘Hassidim, lorsque ceux-ci ne prirent pas le temps de chanter la Mélodie ‘hassidique avec toutes les forces de leurs âmes. Le ‘Nigun’ doit exprimer le sentiment le plus profond, le désir le plus intérieur de chaque Juif, qui n’est autre que le dévoilement de D.ieu.
C’est pour cela que l’on chante le ‘Nigun’ juste avant le discours du Rabbi, car le ‘Nigun’ fait Un avec le Maamar du Rabbi, qui fait lui-même partie de la Torah ‘Hadacha que le Machia’h dévoilera lors de la Délivrance finale, pendant le ‘Chabbat éternel’, symbolisé par le chiffre 120, ‘une vie entière’, très bientôt et de nos jours, avec l’aide de D.ieu.
(Pour la réfouah chéléma de Messod ben Aïcha, ‘Prosper’)
Dans le Dvar Mal’hout sur la Paracha Balak, le Rabbi explique la signification du jeûne du 17 Tamouz quand il tombe le jour du Chabbat.
Dans un tel cas, le jeûne est repoussé au lendemain du Chabbat, car le Chabbat est un jour de joie qui ne laisse aucune place à la mortification et au jeûne.
Plus encore, le Rabbi nous enseigne que les repas de ce Chabbat, et cela inclut aussi le repas de Mélaveh Malka de Motsaeï-Chabbat, doivent être plus copieux que d’habitude.
D’après l’enseignement donné ici par le Rabbi, chaque jour de jeûne possède deux aspects. Un aspect superficiel et négatif, et un aspect profond et positif.
L’aspect superficiel du jeûne du 17 Tamouz s’exprime par le fait qu’en ce jour commença le siège de Jérusalem qui a fini par aboutir à la destruction du Temple le jour du 9 Av, le début de l’exil.
Cependant, toute descente a pour but une élévation, et le but de l’exil est la Délivrance qui en résulte.
‘Le but de chaque chose est la profondeur de cette chose, et la profondeur du jour du 17 Tamouz est qu’il est une préparation à la Délivrance, comme cela est allusionné par sa valeur numérique : 17 : valeur numérique du motטוב (‘Bien’)’.
Le jour du Chabbat représente le dévoilement de la Volonté la plus profonde et la plus intérieure du Saint béni soit-Il. De ce fait, lorsque le jour du jeûne du 17 Tamouz tombe le jour du Chabbat, alors l’aspect négatif du jeûne est repoussé au lendemain, et l’accent est mis précisément sur l’aspect positif du jeûne, lequel sera dévoilé lors de la Délivrance finale.
La ‘Hassidout nous enseigne que le second Temple ne fut détruit que dans le but d’être reconstruit. Ce fut également le cas pour les premières Tables que Moché brisa, précisément le jour du 17 Tamouz.
Les secondes Tables que reçut Moché sont beaucoup plus élevées que les premières, car elles contiennent toute la Torah orale. De ce fait, la destruction des premières Tables avait pour but l’élévation des secondes, comme il est dit :’le but de chaque chose est la profondeur de cette chose’.
Ainsi, de la même manière, et conformément au principe selon lequel ‘toute descente a pour but une élévation’, le second Temple ne fut détruit que pour laisser la place au troisième Temple, lequel sera beaucoup plus élevé que les deux premiers.
C’est la raison pour laquelle le Rabbi nous demande, pendant ce Chabbat du 17 Tamouz, d’ajouter en nourriture et en boisson (contrairement aux jours de jeûne pendant lesquels nous nous privons de toute nourriture et de toute boisson). En agissant de la sorte, nous soulignons le lien de ce jour avec la Délivrance finale, lorsque ‘les jours de jeûnes seront transformés en jours de fêtes’.
En effet, la Torah nous enseigne que lors de la Délivrance finale, L’Eternel dressera une table pour les Tsaddikim. Pendant ce festin, chacun mangera de la chair du poisson, le Léviathan, de la viande du taureau sauvage, le Chor-ha-Bar, et boira du vin que L’Eternel garde en secret, le vin ‘Méchoumar’.
A la lumière de ce qu’il vient d’être dit, nous comprenons que nous ne pouvons absolument pas nous suffire de l’aspect superficiel que nous offre la réalité, comme en témoigne l’histoire suivante.
‘Durant l’été 1994, le jour du 3 Tamouz, je me trouvais en plein milieu de l’Océan Pacifique, sur l’île de Bora-Bora. Alors que j’observais, admiratif, le paysage qui était devant mes yeux, je vis marcher à quelques mètres de moi un homme qui portait une médaille qui attira mon regard. C’était une étoile de David dont l’éclat d’or attira immédiatement mon attention. Je l’interpellais par un ‘Chalom’ amical, et en s’approchant de moi il me dit :
-Tu es Juif ? Sais-tu que le Rabbi de Loubavitch a ‘quitté’ ce monde aujourd’hui même ?
Ce moment se grava en mon âme. Ce voyage sur cette île paradisiaque me dévoila un enseignement qui allait me marquer pendant toutes les années qui me séparent de ce jour, et cela, jusqu’à aujourd’hui.
Lorsque j’étais sur l’île, une personne m’apprit que les îles de la Polynésie se sont toutes formées sur la cime de volcans qui ont été engloutis au fil des années par l’Océan.
En fait, me dit cette personne, nous sommes là debout sur la plage, mais en réalité nous nous trouvons dans le cratère d’un volcan ! Un volcan qui est éteint, mais un volcan tout de même !
L’île de Bora-Bora est la cime du volcan qui émerge de l’eau ! Le volcan est caché par l’océan qui ne laisse apparaître qu’un tout petit bout de sa cime, et ce petit bout c’est l’île toute entière, avec ses arbres, sa végétation, ses habitants, alors que le reste du volcan se trouve sous nos pieds, recouvert par l’Océan.…
La première question qui me vint à l’esprit fut de savoir s’il était possible que le volcan se réveille ? Avec les années, et grâce à l’étude la ‘Hassidout, je finis par trouver une réponse.
Observer la réalité sans considérer son contenu profond présente un danger certain. C’est comme se tenir debout dans le cratère d’un volcan allumé, et nous-mêmes nous sommes ‘éteints’.
A l’opposé, l’étude de la partie profonde de la Torah nous insuffle une vitalité nouvelle, qui nous permet de percevoir l’aspect profond de la réalité qui est devant nous. C’est alors comme si nous nous trouvions sur un volcan qui est éteint, et nous-mêmes, nous sommes vivants, car pleinement conscients de la réalité, ‘allumés’.
Cette constatation, née au milieu de l’Océan Pacifique, s’accorde à l’enseignement du Rabbi du Dvar Mal’hout sur la Paracha Balak. Dans cette Paracha l’Eternel transforme les malédictions de Bilam en Bénédictions. De la même façon, lors de la Délivrance finale Il transformera les jours de jeûnes en jours de fêtes.
Aussi, le Rabbi nous enseigne que lorsque le jour du jeûne du 17 Tamouz tombe le jour du Chabbat, alors les jours des 3 semaines d’afflictions qui commencent le lendemain du Chabbat (comme c’est le cas cette année) et se terminent le 9 Av, sont illuminés par la lumière du Chabbat de la Paracha Balak, par la lumière cachée du 17 Tamouz qui tombe le jour du Chabbat.
Percevoir le contenu profond de chaque chose est une priorité dans notre mission de faire de ce monde une demeure pour D.ieu. C’est la raison pour laquelle le Rabbi nous demande d’ajouter dans notre étude des sujets du Machia’h et de la Guéoula car de cette façon nous pourrons vivre véritablement ces sujets de manière profonde, ainsi qu’il est écrit dans le Dvar Mal’hout sur notre Paracha : ‘L’intellect doit être pénétré de ces sujets, et la lumière de notre compréhension doit également se répandre et pénétrer nos sentiments dans le coeur, jusqu’à atteindre notre action concrète, nos pensées nos paroles et nos actes.’
Notre étude doit toujours être cristallisée par un acte, lequel doit crier, révéler, notre désir le plus profond, ce désir caché dans la profondeur de notre cœur, à l’image d’un volcan caché dans la profondeur de l’Océan. Ce désir, de voir enfin le dévoilement de D.ieu dans ce monde matériel. Très bientôt et de nos jours, avec l’aide de D.ieu.
(Pour l’élévation de l’âme de Messod (Prosper) Ben Fré’ha)
‘Quand tu allumeras les lumières vers la face de la Ménorah’, ce verset qui est au début de notre Paracha possède de nombreuses, et profondes, explications. Rachi explique dans son commentaire que ‘quand tu allumeras signifie en fait quand tu feras monter‘, et dans le Dvar Mal’hout, le Rabbi fonde son enseignement à partir de celui de Rachi, et du fait que L’Eternel désirait qu’Aaron allume la Ménorah ‘en tenant le feu près de la mèche jusqu’à ce que la flamme monte par elle-même’.
L’Admour Hazaken rapporte dans le livre du Tanya l’enseignement de Yinouka selon lequel les Commandements divins représentent l’huile, et l’âme animale, la mèche d’une bougie. La Présence divine, la ‘Chrina’, qui est elle-même comparée à la flamme de la bougie, ne peut résider en un Juif que lorsque celui-ci accomplit les Commandements divins. La flamme ne peut s’accrocher à la mèche que si celle-ci est imbibée d’huile, de Mitsvoth.
L’exemple de la mèche qui brûle grâce à l’huile qu’elle contient, exprime l’idée que l’âme animale, la ‘mèche’, doit se consumer. Cela signifie que lorsqu’un Juif accomplit les Mitsvoth, il brûle tout ce qui est extérieur à son service divin. A l’exemple de la mèche qui trempe dans l’huile, lorsque l’âme animale ‘trempe dans l’huile’, c’est à dire lorsqu’elle s’implique dans l’action des Mitsvoth, elle attire le divin en elle-même, et elle se transforme en une âme sainte, conformément à la déclaration de Rachi selon laquelle ‘un Juif doit aimer D.ieu au moyen de ses deux penchants’. C’est seulement en agissant ainsi que le feu peut s’accrocher à la mèche, que la Présence divine peut Se révéler en celui qui accomplit Sa Volonté.
Aussi, le Rabbi préconise que lorsque que l’on s’attache à aider un Juif, on doit se tenir près de lui ‘jusqu’à ce que la flamme monte par elle-même’, c’est-à-dire jusqu’à ce que ce Juif devienne indépendant dans l’accomplissement de son service divin.
Cet enseignement s’exprime également dans la déclaration que fit le Machia’h au Baal Chem Tov : ‘Je viendrais quand tes sources se répandront à l’extérieur’. Il ne s’agit pas seulement d’apporter la lumière dans un endroit obscur, mais de faire de cet endroit une source, indépendante, capable de diffuser à son tour la lumière.
L’exemple donné par le Rabbi est celui du Rav et de son élève. Le Rav ne fait pas que dispenser des enseignements à son élève. Il s’attache aussi à développer les forces personnelles de l’élève, de telle manière qu’il puisse ‘tenir seul debout sur ses pied’, et diffuser à son tour la lumière à l’extérieur.
Le Rabbi explique que l’attitude du Rav est comparable à celle du Saint béni soit-Il. L’Eternel en donnant la Torah ne fit qu’allumer la flamme, mais ensuite cette flamme devait continuer à ‘monter par elle-même’.
A l’image de cet élève qui avance seul, l’Assemblée d’Israël ne compte que sur elle-même quand il s’agit de trouver dans la Torah des réponses aux questions qui se présentent chaque jour. C’est à cela que se rapporte la déclaration selon laquelle ‘la Torah n’est pas dans le ciel’.
Cependant, la profondeur de tous ces enseignements ne se limite pas à l’âme Juive. En effet, le monde matériel est lui-aussi tel ‘une mèche qui a besoin d’huile’.
Le Rabbi nous enseigne que notre mission consiste aussi à introduire la sainteté dans la matière de ce monde. De fait, la majorité des Commandements divins est accomplie au moyen de la matière, et depuis le don de la Torah, chaque Juif détient la capacité de sanctifier ce monde profane.
A partir de la matière profane, la peau d’une vache, et de l’encre que l’on obtient en broyant des végétaux, un Sofer écrit des Parachiot, et crée un objet de sainteté, une Mézouzah, une paire de Téfilines, un Sefer Torah. Le point essentiel que nous donne le Rabbi dans le Dvar Mal’hout, est que lorsque ce JUif a introduit la sainteté dans cet objet matériel, cet objet devient comme cette flamme qui monte d’elle-même, car une fois que le Sofer a introduit la sainteté dans cette Mézouzah, ou dans ces Parachiot, ou dans ce Séfer Torah, la sainteté ne quitte plus son endroit.
L’image du Sofer en train d’écrire est donc comparable à celle d’Aaron ‘tenant le feu près de la mèche’, puis lorsqu’il a fini d’écrire, alors cette Mézouzah, cette paire de Téfilines, ou ce Sefer Torah, deviennent comme ces ‘flammes qui montent par elles-même’. Ils deviennent indépendants, du fait qu’ils sont désormais des objets emplis d’une sainteté qui ne les quittera plus, à l’exemple de cet élève qui peut se‘tenir seul debout sur ses pied’, et diffuser à son tour la lumière qu’il a reçu de son Maître, ainsi qu’il a été dit précédemment.
A travers cet enseignement, selon lequel le monde matériel doit être ‘une flamme qui monte d’elle-même’, le Rabbi souligne que c’est précisément en élevant le niveau le plus bas, que l’on parvient à élever tous les autres niveaux, y compris le plus haut niveau, et que l’on finit par provoquer finalement le dévoilement de l’Essence divine.
Ainsi, le Rabbi déclare que bien que notre génération soit considérée sur le plan spirituel comme le ‘talon’, en comparaison à la génération de Moché, qui représente la ‘tête’, il n’en demeure pas moins que le talon soutient le corps tout entier, et qu’en élevant le talon, on apporte l’élévation au corps tout entier, c’est à dire à toutes les générations.
L’enseignement est clair. C’est en s’attachant à élever le Juif le plus éloigné que l’on parvient à élever toute l’Assemblée d’Israël. La ‘Hassidouth revient toujours sur le fait que ‘la lumière qui provient de l’obscurité est plus forte que la lumière elle-même’.
L’attitude d’un ‘Hassid du Rabbi consiste à apporter la lumière dans ces endroits obscurs, car ils cachent en réalité une lumière exceptionnelle.
Le Rabbi Rayats a expliqué dans l’un de ses discours ‘hassidiques que le talon, bien qu’il soit la partie la plus basse du corps, la partie la plus matérielle et la plus insensible, représente la capacité de Messirout néfech.
En effet, il nous est impossible de rentrer la tête dans de l’eau bouillante, par contre le talon peut supporter une telle chaleur.
Il en va de même pour notre génération, laquelle représente le ‘talon du pied’, elle seule possède la capacité de ‘rentrer dans l’eau bouillante’, c’est à dire de faire don de sa propre vie pour sanctifier et faire de ce monde une demeure pour D.ieu.
De ce fait, on peut comparer notre génération à la cinquième bougie de ‘Hannoucah. Le Rabbi enseigne que la cinquième bougie ne tombe jamais le jour du Chabbat car elle détient le pouvoir d’éclairer les endroits les plus obscurs, et provoquer ainsi la venue de notre Juste Machia’h, très bientôt et de nos jours, avec l’aide de D.ieu.
(Peinture à l’huile peinte par le Rav Yaacov Abergel, datée du 10 Sivan 5779. Dimension : 60 sur 70 cm)
Rabbi Yossef-Its’hak, sixième Rabbi de Loubavitch, parle dans ses écrits au sujet de la passion qu’il eût très tôt pour l’écriture. Son père, le Rabbi Rachab fut au départ surpris par cette passion naissante, mais, face à la détermination et au talent du jeune écrivain, il finit par l’accepter.
Le jeune Yossef-Its’hak remplissait de longues pages dans lesquelles il décrivait ce qu’il entendait sur les ‘Hassidim. Par exemple, lorsqu’il rendait visite à son oncle et sa tante, il prenait soin de les écouter très attentivement, puis lorsqu’il rentrait à la maison, il s’asseyait à son bureau et devant l’encrier et la feuille blanche, la plume à la main, il se mettait au travail.
Cette passion ne l’a plus jamais quitté, au fil des années Rabbi Yossef-Its’hak ‘écri-vit‘ de nombreux récits, parmi lesquels ‘les Mémoires’ , qui constituent une œuvre rare et exceptionnelle.
L’oeuvre écrite du Rabbi Rayats s’inscrit dans le projet divin. Il ne s’agit pas d’une ‘simple littérature’. Les récits du Rabbi véhiculent le divin. C’est la force du Rabbi, cette force remarquable qui fait descendre le divin des cîmes les plus élevées, jusqu’à le faire pénétrer dans les niveaux les plus bas, dans la matière brute de ce monde, en l’occurence ici, dans des mots matériels.
L’Eternel Lui-même agit de cette façon, et déclare au sujet du don de la Torah : ‘J’ai écrit Mon Essence et Je L’ai donnée !’
‘Ecrire L’Essence divine’, c’est écrire une chose qui est abstraite, au-delà de ce monde et de toutes formes, savoir introduire dans des mots, au départ limités, une lumière illimitée.
C’est à celà que se rapporte l’expression ‘Hassidique du Rabbi selon laquelle ‘les mots dits avec douceur pénètrent dans le cœur et y font leur effet’.
Ces ‘mots dits avec douceur’ expriment la qualité de la lumière infinie de D.ieu, laquelle, lorsqu’elle pénètre dans le cœur éveille un sentiment divin.
De ce fait le Rabbi Rayats est aussi un Artiste. Il réalise par son Art d’écrire l’injonction divine de ‘connaître D.ieu dans toutes Ses voies’. Connaître D.ieu également ‘dans toutes Ses voix’, car la voix d’un ‘Hassid unit le divin abstrait avec des mots matériels, au moyen de mots écrits, qui deviennent les Mémoires du peuple d’Israël, mais aussi et surtout son avenir.
Le Dvar Mal’hout de la Paracha Nasso a ceci de particulier que le Rabbi délivre de nombreux enseignements sur la ‘Torah ‘Hadacha’ que le Saint béni soit-Il dévoilera au moment de la Délivrance finale.
‘Une Torah nouvelle sortira de Moi‘.
‘Sortira’ exprime le fait que la Torah ‘Hadacha demeure cachée, jusqu’au moment où elle sortira de l’ombre à la lumière, par la force du Saint béni soit-Il, de ‘Moi’.
Le Rabbi nous enseigne que toute la Torah a été donnée à Moché sur le Mont-Sinaï. ‘Toute la Torah’ inclut aussi tous les ‘Hidouchim qu’on découvert les Sages depuis le jour de Matan Torah jusqu’à aujourd’hui.
En effet, la possibilité est donnée à chaque Juif de dévoiler à partir de la Torah de Moché un nouvel enseignement. Cet enseignement nouveau, ce ‘Hidouch, bien qu’il ait été aussi donné à Moché, demeure caché jusqu’à ce qu’un Juif vienne le révéler.
Cependant, et c’est le point essentiel de cette Si’ha du Rabbi, la Torah ‘Hadacha ne peut absolument pas être révélée par un homme, aussi Sage et érudit soit-il, et c’est donc le Saint béni soit-Il, Lui-même, Qui la révèlera.
Les Sages nous enseignent que la Torah que nous étudions aujourd’hui n’est qu’un simple souffle, ‘hével’, en comparaison à la Torah ‘Hadacha. Or, les lettres qui composent le mot‘hével’ sont identiques à celles qui composent l’expression ‘ha lev’, ‘le cœur’. Dès-lors, il est possible de dire que la Torah que nous étudions est telle un ‘souffle’, car elle comme l’haleine (hével) qui sort de la bouche, alors que la Torah ‘Hadacha sort du ‘cœur de L’Eternel’(ha lev), ce qui signifie d’un niveau bien plus intérieur et profond.
De fait, en dévoilant la ‘Torah nouvelle’, L’Eternel dévoilera Sa Volonté la plus profonde et la plus intérieure.
C’est à cela que se rapporte la déclaration du Saint béni soit-Il : ‘J’ai écrit Mon Essence et Je L’ai donnée’‘.
Dans le Dvar Mal’hout, le Rabbi établit la relation entre la Création du monde et le don de la Torah. Il explique que la réalité telle qu’elle nous apparaît dépend directement de la Torah. Les Sages nous ont enseigné que ‘D.ieu regarde dans la Torah et crée le monde’, ainsi la réalité créée résulte du regard que D.ieu porte dans la Torah. A l’exemple d’un Architecte qui bâtit un édifice en regardant dans le plan qu’il a conçu auparavant.
Ainsi, à la lumière de ce qu’il vient d’être dit, nous comprenons ce que la différence entre la Torah telle que nous l’étudions aujourd’hui et la Torah du Machia’h peut avoir comme effet.
A présent, D.ieu porte Son regard dans la Torah, qui comme il a été dit n’est qu’un ‘simple souffle’ en comparaison à la Torah ‘Hadacha, et de ce fait la réalité telle qu’elle nous apparaît n’est aussi qu’un ‘simple souffle’ en comparaison à la réalité qui apparaîtra au moment de la Délivrance finale.
La réalité au moment de la Délivrance résultera du regard que L’Eternel portera dans la Torah ‘Hadacha. Cette réalité ‘sortira’ de la profondeur du ‘cœur’ de L’Eternel, ‘une Torah nouvelle sortira de Moi’.
Dans la Si’ha du Dvar Mal’hout Le Rabbi a par ailleurs rapporté le commentaire de Rachi selon lequel, avant le don de la Torah, la Création était comme ‘suspendue’, et elle ne fut considérée comme achevée que lorsque D.ieu donna la Torah à Moché et aux enfants d’Israël.
De la même façon l’exil que nous vivons à présent résulte du fait que la Création demeure ‘suspendue’ tant que D.ieu n’a pas dévoilé la Torah ‘Hadacha.
A l’évidence nous devons faire tout ce qui est en notre pouvoir pour que ‘L’Esprit de D.ieu qui plane au-dessus des eaux’ Se révèle en ce monde (voir Béréchit, 1, 2).
‘L’eau’ représente la Torah, et ‘L’esprit de D.ieu qui plane au-dessus des eaux de la Torah’ représente donc la ‘Torah ‘Hadacha’, car celle-ci ne fait que ‘planer au-dessus de la Torah’.
Comme il a été dit précédemment, c’est seulement L’Eternel qui détient la capacité de faire descendre dans ce monde, de dévoiler, la ‘Torah nouvelle’. Cependant le Rabbi nous enseigne à réveiller le désir de D.ieu, de Se révéler dans ce monde.
Dans le Dvar Mal’hout de notre Paracha, le Rabbi souligne l’importance que chaque Juif écrive et diffuse ses propres ‘Hidouchim, car ceux-ci ont aussi le pouvoir de provoquer le ‘Hidouch de la Délivrance finale, lorsque D.ieu regardera dans la ‘Torah nouvelle’ , il naîtra alors ‘une terre nouvelle et un ciel nouveau’, très bientôt et de nos jours, avec l’aide de D.ieu.