(Pour l’élévation de l’âme de Meïr ben Yossef et de l’âme de Yossef ben Meïr, et aussi pour le mérite du Rav Its’hak ben Meïr Ha-Cohen)

 

Décrire le Plaisir que l’on ressent lorsque l’on se trouve dans les quatre coudées du Rabbi au 770 Eastern Parkway, c’est essayer de dire avec des mots ce qui est au-delà des mots. Le mot ‘Unique’ que l’on traduit en hébreu par le mot ‘Yé’hida’ est celui que je choisis ici car ‘Yé’hida’ désigne le niveau de l’âme Juive qui correspond au monde spirituel de ‘Kéter’ : ‘la Couronne qui surplombe l’enchaînement des mondes’, et le plus haut niveau de Kéter est celui du Plaisir : le ‘Taanoug’.

Cette année, mon épouse et moi-même avions pour projet de voyager chez le Rabbi pendant le mois de Yiar car le jour de Lag-Ba-Omer est le jour de l’anniversaire de nos deux fils qui sont des frères jumeaux. Grâce à D.ieu notre désir se réalisa. Merci mon D.ieu de nous avoir permis de vivre tous ensemble ces journées au 770. Chaque moment du jour et de la nuit était empli de lumière. Se trouver dans les quatre coudées du Rabbi c’est être un rayon du soleil à l’intérieur du soleil. Le Rabbi dévoile l’Essence de l’âme de chaque Juif qui se trouve près de lui, et le plaisir que l’on ressent dans cette situation extraordinaire est celui du dévoilement des plus hauts sentiments dans le cœur, et des plus hauts dévoilements spirituels dans les forces de l’intellect.

Aussi, lorsque est venu pour nous le moment de partir et que j’ai repensé à tous les moments que nous avions vécus, que j’ai revu toutes les images de notre séjour qui se sont imprimées dans ma mémoire, ce sont des paroles du Baal-Chem-Tov qui m’ont réconforté. Le Baal-Chem-Tov disait qu’il aime tout particulièrement les jours qui suivent la Fête de Chavouoth car il aime à regarder la façon dont la lumière de la Torah que nous avons reçu le jour de Chavouoth se répand pendant les jours qui suivent la Fête dans tous les aspects de notre Vie.

Vivre dans les 4 coudées du Rabbi c’est être comme un rayon de soleil à l’intérieur du soleil, mais quitter la Maison du Rabbi c’est devenir un rayon du soleil qui éclaire le monde extérieur, car le rayon ne commence à éclairer que lorsqu’il qu’il quitte sa source et qu’il s’en éloigne. C’est pourquoi les paroles du Baal-Chem-Tov furent pour moi d’un grand réconfort, car quitter la Maison du Rabbi allait finalement nous permettre de voir de quelle manière la lumière du Rabbi allait se répandre dans tous les aspects de l’Existence durant les jours qui suivirent notre retour sur la Terre d’Israël.

Les choses ne se firent pas attendre car quelques jours après notre arrivée ma famille et moi-même furent conviés aux soirées du Hakhel qui commémoraient le premier Yortseït du Rav Eliézer ben Rav Moshé Nisilevitch. Lors de la première soirée, il fut conclu l’écriture d’un Séfer-Torah et j’eus alors l’occasion de réfléchir au fait que le jour du Yortseït tombait dans la semaine de la Paracha Béaaloté’ha. L’Admour Hazaken a souligné l’importance d’ouvrir les yeux sur le lien entre le contenu spirituel de la Paracha de la semaine avec les évènements de notre vie qui se produisent pendant cette semaine. Il existait un rapport que je me devais de trouver entre les enseignements du Rabbi sur la Paracha Béaaloté’ha et le jour du Yortseît du Rav Eliézer Nisilevitch.

Dans le Dvar Mal’hout sur la Paracha Chemot le Rabbi rapporte que Rabbi El’azar ben Azaria lorsqu’il remplaça Raban Gamliel à la tête du Sanhédrin déclara qu’il fallait évoquer la sortie d’Egypte également ‘pendant la nuit’ (Brakhot, 28a). A l’opposé de l’avis Rabbi El’azar ben Azaria, les Sages pensaient que l’on doit mentionner la sortie d’Egypte seulement pendant le ‘jour’ car ils excluaient la possibilité de se confronter pendant la ‘nuit’ aux forces du mal.

Le Rabbi illustre l’attitude des Sages par le fait que Raban Gamliel interdisait l’entrée dans le Beït-ha-Midrache aux élèves qui n’avaient pas atteint une parfaite intégrité dans leur service divin. A l’opposé, lorsque Rabbi El’azar-ben-Azaria remplaça Raban Gamliel à la tête du Sanhédrin, il fit congédier le gardien du Beït-ha-Midrach, afin de donner libre accès à tous ceux qui désiraient étudier la Torah de D.ieu.
Il n’était pas question, selon le nouveau Prince d’Israël, de faire de différences entre la ‘nuit’ et le ‘jour’, entre ceux qui avaient atteint un niveau supérieur et ceux qui ne l’avaient pas encore atteint.

L’attitude de Rabbi El’azar telle quelle est décrite ici dans ces enseignements du Rabbi s’accorde parfaitement à l’attitude de tous les Chlou’him (Emissaires) du Rabbi en général, et tout particulièrement avec celle du Rav Nisilevitch dont le prénom Eliézer n’est pas sans être lié à celui de Rabbi El’azar ben Azaria.

En effet, l’attitude du Rav Eliézer, de son épouse Mora-‘Haya, de leurs enfants et de tous leurs proches, est telle l’attitude préconisée par Rabbi El’azar-ben-Azaria, laquelle s’accorde parfaitement à la déclaration du Machia’h au Baal-Chem-Tov selon laquelle : ‘Je viendrai lorsque tes sources se répandront à l’extérieur !’,

‘à l’extérieur !’ : ‘à tout endroit !’, ce qui signifie que les enseignements du Baal-Chem-Tov doivent toucher le cœur des plus insensibles, ils doivent atteindre même celui qui n’a pas encore atteint la perfection dans son service divin.

Depuis l’arrivée à Aubervilliers, en 1960, du Rav et de la Rabbanite Kalmenson jusqu’à aujourd’hui, les efforts de chacun allèrent en ce sens. En fait, après le décés du Rabbi Rachab ont commencé en Russie les décrets émis à l’encontre de la Torah et en 5662 le Rabbi Yossef-Yits’hak et neufs élèves de la Yéchiva Tom’heï Temimim prêtèrent serment de donner leurs Vies pour la Torah, jusqu’à leur dernière goutte de sang.

A l’évidence le Tsaddik véritable est bien celui qui ne recherche jamais son propre bien, même pas celui d’assouvir sa soif de servir D.ieu, le Tsaddik véritable est celui qui désire continuellement dévoiler l’Essence divine dans le monde. Peut-être que lorsqu’en 1965 eut lieu l’achat de l’établissement actuel de la communauté Chné-Or dans la rue André Karman qui était alors la rue de la Goutte d’or, que le Rav Kalmenson fit le rapport avec le serment du Rabbi Rayats et de ses neuf élèves. Peut-être que la Providence divine lui fit voir dans le nom de la rue de la ‘goutte d’or’ la force de sa mission et de la mission de tous ceux qui l’entouraient, car la valeur de cette ‘dernière goutte de sang’ est celle d’une ‘goutte d’or’, et même plus encore.

Toujours est-il qu’à l’exemple du Rabbi Précédent et de ses 9 élèves, la famille Kalmenlson et la famille Nisilevitch consacrent leur Vie jusqu’à aujourd’hui pour la Torah et pour l’Education Juive.

J’observais de ma place les personnes présentes à la soirée du Yortseït du Rav Nisilevitch, j’écoutais leurs témoignages et comprenais davantage la correspondance entre le contenu profond de la Paracha Béaalotéha et le jour du Yortseït de Rav Eliézer.

Il est écrit dans la Paracha Béaaloté’ha (8, 1) :
‘L’Eternel parla à Moché en ces termes : ‘Parle à Aaron et dis-lui : quand tu feras monter les lumières, de la Ménorah….’
Rachi explique que puisque la flamme monte, on emploie pour l’allumage de ces lumières l’expression « monter ». Il fallait allumer jusqu’à ce que la flamme monte d’elle-même.

L’âme d’un juif est elle-même comparée à une flamme, car de même que la flamme du feu s’élève constamment vers le haut car elle désire retourner dans sa source qui est dans le ciel, l’âme d’un Juif s’élève vers le haut, car elle désire constamment retourner à sa source, à retrouver son Père qui est dans le ciel.

Aussi, comme pour les flammes de la Ménorah qu’il fallait allumer jusqu’à ce qu’elles montent d’elles-mêmes, les ‘Hassidim du Rabbi ont pour mission de réveiller la flamme qui brûle dans le cœur de chaque Juif, et c’est à ce sujet que le Rabbi nous enseigne que ‘le désir le plus profond qui se trouve dans le cœur de chaque Juif est le dévoilement de D.ieu’. La raison en est simple, ‘l’Essence de l’âme Juive est enracinée dans l’Essence divine’. Dans ce cas, le Rav enseignera la Torah à son élève en lui donnant les moyens de pouvoir l’étudier ensuite avec ses propres moyens, c’est à dire sans qu’il n’ait plus besoin de l’aide du Rav pour se consacrer à l’étude. Le Rav devra pour cela éveiller l’amour et la crainte de D.ieu de son élève et quand il y parvient, quand l’élève désire de lui-même accomplir la Volonté de D.ieu qui est exprimée dans la Torah et étudier la Torah pour unir son esprit à l’Esprit divin, alors le Rav peut se réjouir d’être parvenu à ce que la flamme de son élève ‘monte d’elle-même’, comme les flammes de la Ménorah qu’Aaron avait pour mission de ‘faire monter’.

Rav David Nisilevitch, le frère de Rav Eliézer, était assis à côté de moi, et peu de temps après avoir engagé une discussion avec lui, il me dit que leur père, Rav Moshé Nisilevitch, pleurait quand il disait la Prière de la Amida. J’imaginais la force de ces larmes, j’imaginais qu’elles étaient aussi le ciment de l’éducation que Rav Moshé avait donnée à ses enfants, et je voyais ces mêmes larmes qui brillaient dans la couleur bleue des yeux de son fils, Rav David. J’écoutais ensuite avec une grande attention Rav Arié, le fils de Rav Eliézer, parler de son père. Rav Arié racontait que peu de temps avant de quitter ce monde, son père, Rav Eliézer, lui fit le geste que le Rabbi avait l’habitude de faire : ce mouvement impulsif du bras qui part du bas et va vers le haut, ce mouvement qui inspire le passage de l’obscurité vers la lumière et qui nous intime l’ordre de réagir et de faire tout ce qui est en notre pouvoir pour nous dégager de l’exil et provoquer la Délivrance.

Rabbi Yossef-Yit’hak rapporte un discours ‘Hassidique de son père, le Rabbi Rachab, dans lequel il est dit que la Torah ne peut être acquise que par le don de soi. Certes on peut étudier la Torah sans faire le don de sa propre personne, mais c’est grâce à ce don que l’on peut en révéler l’Essence. En écoutant les témoignages de ceux qui avaient connu le Rav Eliézer, je me rendais compte à quel point ils s’accordaient aux paroles du Rabbi Rachab. D.ieu Hachem Israël et la Torah ne font qu’Un.

Il est écrit dans la Paracha Béaaloté’ha (10, 2) : ‘Fais pour toi deux trompettes en argent massif’.
Au sujet de ce verset, le Rabbi rapporte l’enseignement du Maguid de Mèzeritch selon lequel le mot ‘hatsotséroth (trompettes) se decompose de la manière suivante : ‘Hètsi-tsoura qui signifie : la moitié d’une forme. Comme les deux moitiés d’une seule et même forme, Hachem et l’Assemblée d’Israël sont comme deux moitiés qui une fois réunies ne font qu’Un. Plus encore, le Rabbi applique cet enseignement a la Mitsvah dAhavat Israel et nous enseigne que chaque Juif doit savoir et ressentir ‘qu’à lui seul il n’est qu’une moitié et que pour atteindre l’entièreté, la totalité, il doit s’unir avec l’autre, ainsi qu’il est dit : ‘Tu aimeras ton prochain comme toi-même’.

Le Rabbi établit le lien entre ces deux explications :
Ressentir qu’Hachem et Israël ne font qu’Un nous amène à ressentir que nous faisons Un avec un autre Juif, car tous les enfants d’Israël sont des frères par le fait que leurs âmes ont toutes les deux un même Père, ainsi que l’explique l’Admour Hazaken au chapitre 32 du Livre du Tanya.

Le Rav Nisilevitch a donné tout ce qu’il possédait pour l’Ecole ‘Chné-Or’. Le nom ‘Chnéor’ signifie ‘deux lumières’ et le Rabbi nous fait remarquer que ces ‘deux lumières’ se fondent en Un seul nom. D’après l’enseignement du Rabbi, ces ‘deux lumières’ représentent la partie révélée et la partie profonde de la Torah, ainsi le nom de l’Admour Hazaken : Chnéor-Zalman, l’Auteur du Choul’han-Aroukh et du Livre du Tanya, exprime le fait que l’Admour Hazaken a établi le lien entre la partie révélée de la Torah (le Choul’han Aroukh) et sa partie cachée (le Livre du Tanya). L’Admour Hazaken est parvenu à unir le monde spirituel avec le monde matériel, à dévoiler l’Essence cachée dans ce monde matériel.

Peut-être nous est-il permis de dire que les parents et les enfants de l’Ecole Chné-Or apportent eux-mêmes une lumière dans l’Ecole, et que les dirigeants et les enseignants apportent eux-aussi leurs propres lumières. Dans ce cas, le Nom de l’Ecole ‘Chné-Or’ exprime le fait que ces deux lumières se fondent en Une seule Lumière : la Lumière du Rabbi, cette Lumière que ma famille et moi-même avions vu quand nous étions au 770, cette même Lumière que nous avons vue se répandre pendant le Hakhel qui commémorait le premier Yortseït du Rav Nisilevitch. Cette Lumière qui brillait dans les pensées les paroles et les actes de Mora ‘Haya, l’épouse de Rav Eliézer, et dans ceux de chacun de ses enfants, et de tous les membres de sa famille et de tous leurs amis qui étaient présents.

Qu’Hachem les bénissent et les protègent, afin que chacun d’entre-eux aille ‘de prodiges en prodiges’ pour continuer sa mission sacrée, à l’exemple de Rabbi El’azar ben Azaria qui ouvrit les portes de la Yéchiva à tous ceux qui désiraient étudier la Torah de D.ieu, sans faire de sélection, sans considérer le niveau de chacun.

Le Rabbi nous enseigne que Rabbi El’azar ben Azaria reçut une aide d’un niveau Divin qui dépasse celui de l’enchaînement des mondes, et qu’avec l’aide d’HAchem qu’il en soit ainsi pour tous ceux qui se consacrent à l’épanouissement de l’Ecole ‘Chné-Or’, qu’il s’agisse de tous les membres de la famille du Rav Eliézer Nisilévitch, ou qu’il s’agisse des dirigeants de l’Ecole Chné-Or, de ses élèves et de leurs parents, qu’Hachem les place toujours sous la Lumière du Rabbi, la Lumière de l’Essence de la Torah, jusqu’au moment du Dévoilement de notre Juste Machia’h, avec l’aide de D.ieu, dès-à-présent.

Dédié au Rav Eliézer Nisilévitch.

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