Photo : ‘La Vie et l’œuvre de Charlotte Salomon’, née à Berlin le 16 Avril 1917 et qui a quitté ce monde à Auschwitz le 10 octobre 1943.

 

 

(Pour la réussite matérielle et spirituelle de Yamna bat Esther-Malka)

Dans le Dvar Mal’hout sur les Parachiot Tazria-Metsora, le Rabbi explique que selon l’enseignement de la ‘Hassidout, la lèpre, bien qu’elle soit fixée par la Torah par l’intermédiaire des Cohanim comme un signe d’impureté, elle cache en réalité une très haute lumière.

Ce qui ressort dans le Dvar Mal’hout est donc la supériorité de la lumière qui provient de l’obscurité. Il y a quelques jours c’était le jour de la Shoah, et l’occasion nous est donnée ici de nous rappeler de l’Artiste Charlotte Salomon qui naquit à Berlin le 16 Avril 1917 et qui quitta ce monde à Auschwitz le 10 octobre 1943.

Charlotte Salomon s’est consacrée à son œuvre autobiographique ‘Leben ? Oder Theater ?’ Titre que l’on pourrait traduire par ‘Est-ce la vie ou du Théâtre ?’

En 18 mois, elle peint environ 1325 gouaches ou aquarelles à partir des trois seules couleurs primaires : rouge, jaune et bleu.

De l’incompréhension mêlée à de la douleur d’une jeune femme Juive face aux horreurs et aux persécutions que les nazis infligèrent au peuple Juif transparaissent dans le titre que Charlotte Salomon choisit pour intituler cette œuvre autobiographique : ‘Est-ce la vie, ou du Théâtre ?’

A l’évidence ce titre exprime le fait que la réalité était alors si choquante et si dure qu’elle semblait presque ne pas être réelle. A l’exemple d’un acteur qui se déguise pour incarner sur la scène un personnage et qui retrouve après la représentation ses propres vêtements et sa véritable existence, les persécuteurs étaient si cruels que l’on pouvait se demander s’ils étaient vrais, sils n’étaient pas déguisés. Cela ne pouvait être réel, cette réalité ne pouvait exister. Il devait s’agir d’une pièce de Théâtre, d’un jeu de rôles, avec des personnages qui n’existent pas vraiment.

Nous voyons donc qu’à travers le choix de son titre le ‘Théâtre’ désigne ici l’exil que l’Artiste oppose de manière évidente à ‘la Vie’, la véritable Vie.

Cette idée s’accorde très bien à l’enseignement de la ‘Hassidout. En effet, tous les Maîtres de la ‘Hassidout, depuis le Baal Chem Tov jusqu’au Rabbi, nous enseignent la différence entre le Nom ‘Havayeh’ et le Nom ‘Elokim’. Le Nom divin Elokim est lié à la nature, au monde tel qu’il fut créé par D.ieu, avec ses limites. A l’opposé le Nom divin ‘Havayeh’ désigne la lumière divine illimitée qui ne s’habille pas dans ce monde limité.

‘La Vie’ que l’Artiste oppose au ‘Théatre’ n’est donc pas sans évoquer l’opposition du Nom Havayeh avec le Nom Elokim.

Le Nom Havayeh représente ‘la Vie’, c’est à dire la lumière infinie que l’Eternel dévoilera au moment de la Délivrance finale. A l’opposé le Nom Elokim correspond au ‘Théatre’, car le Nom Elokim ne nous laisse voir qu’un aspect très superficiel et très limité de la lumière divine. Cela, à tel point, que notre monde est l’endroit des ‘Klipot’, de l’exil, car il est donné à l’homme la possibilité de choisir entre le bien et le mal.

Cependant, la ‘Hassidout nous enseigne notre mission de dévoiler l’illimité divin précisément à partir, et dans, les limites, de ce monde. Le Rabbi Rachab nous enseigne par exemple à ce sujet que lorsque le Rav délivre un enseignement à travers un exemple, l’élève peut retrouver à partir de cet exemple donné, l’essence même du concept divin de cet enseignement. Si le Rav avait commencé par nous enseigner ce concept sans l’habiller dans un exemple, l’élève n’aurait pas été en mesure de comprendre. Le fait de faire descendre ce concept dans un exemple qui est à la portée de l’élève, lui permet par la suite de remonter jusqu’à la source, de découvrir le concept divin tel qu’il est dans son essence.

Il en va de même pour le Nom Havayeh qui représente le dévoilement de la lumière divine qui aura lieu dans les temps messianiques, et le Nom Elokim qui représente l’exil de ce monde, car c’est un monde limité dans lequel le divin est imperceptible.

De fait, Havayeh représente ‘la Vie’, le concept divin tel qu’il est à sa source, illimité : L’essence de la Torah que l’Eternel dévoilera par l’intermédiaire du Machia’h.

Elokim représente ‘le Théatre’, l’exemple donné par le Rav dans lequel s’habille et se cache l’essence de la lumière divine.

L’enseignement du Rabbi Rachab est clair, c’est à partir de ‘l’exemple’, c’est à dire de ce monde, l’exil, que l’on parvient à la Délivrance, et il rejoint l’enseignement du Rabbi du Dvar Mal’hout sur notre Paracha car le Rabbi nous y enseigne que ‘le vrai sujet de l’exil c’est la Délivrance’.

Charlotte Salomon seulement à partir de 3 couleurs réalise 1325 œuvres. L’exil de la Shoah ne l’arrête nullement à réaliser son œuvre. A l’exemple de l’olive que l’on presse pour en extraire l’huile, l’oppression n’eût pour effet sur elle que celui de dévoiler la lumière qui vient de l’obscurité, cette lumière que l’on peut voir dans ses œuvres.

Peu avant son arrestation Charlotte Salomon confia les 1325 gouaches à un ami proche, le docteur Moridis, afin qu’il les remette à Ottilie Moore et que celle-ci les transmette à ses parents. En remettant son travail au docteur Moridis, Charlotte lui déclara : ‘Gardez-les bien, c’est toute ma vie’. Ces mots expriment bien le fait que la réalisation de son œuvre picturale est en soi le don véritable de sa propre personne.

Ainsi, comme il a été dit précédemment, dans le Dvar Mal’hout le Rabbi souligne la supériorité de la lumière qui provient de l’obscurité. Aussi, la lèpre, bien qu’elle soit fixée par la Torah comme un signe d’impureté, cache en réalité une très haute lumière. Le Rabbi rapporte à ce sujet l’enseignement de son père, le Rabbi Lévi-Itz’hak, selon lequel la valeur numérique de l’expression ‘ha metsora’ : ‘le lépreux’, est égale à 411 qui est la valeur numérique de ‘Tohou’ qui désigne la Séfira de Kéter, la Couronne qui surplombe l’enchaînement des mondes.

Kéter correspond au niveau de Yé’hida de l’âme Juive, et selon la déclaration du Tsémah Tsédek d’après laquelle ‘La profondeur attire la profondeur’, c’est précisément en dévoilant le niveau de Yé’hida, en dévoilant notre soumission la plus totale vis-à-vis d’Hachem, que nous aurons le mérite de dévoiler Sa Volonté la plus profonde, celle de résider en ce monde pour un Chabbat éternel, avec la venue de notre Juste Machia’h et connaitre enfin une Vie véritable, très bientôt et de nos jours, avec l’aide de D.ieu.

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