Pour l’élévation de l’âme de ‘Hanannia ben Yaacov

Il existe plusieurs niveaux d’amour et de crainte de D.ieu. L’Admour Hazaken s’attache à les définir et à les décrire dans le livre du Tanya, car tous ces niveaux doivent être comme autant de ‘proies’ que nous devons capturer. Comme un loup qui cherche sa proie nous devons poursuivre la crainte et l’amour de D.ieu.

Le Rabbi nous enseigne que le mot hébreu ‘Hok’ signifie ‘décret’ et désigne une Loi divine qui échappe à notre propre compréhension. Rachi déclare par exemple du fait que le décret de la vache rousse fut tranché par D.ieu, la possibilité ne nous est pas donnée de réfléchir ou de poser des questions. L’acceptation du joug divin sans faire intervenir l’intellect est donc une condition essentielle dans notre service divin car en obéissant à un tel décret l’occasion nous est donnée d’exprimer notre attachement le plus profond à D.ieu. Sans les ‘Houkim’, il aurait été impossible d’exprimer l’Attachement qui dépasse totalement notre raison et notre intellect. Il s’agit donc dans ce cas de faire totalement abstraction de notre compréhension et de nos propres désirs et de n’avoir pour seul but que celui d’accomplir le désir de D.ieu.

Le Rabbi souligne par ailleurs que le mot ‘Hok’ est apparenté au mot ‘Hakika’ : ‘gravure’ et qu’il n’est donc pas sans évoquer les Lettres des mots des 10 Commandements que l’Eternel grava sur les Tables de l’Alliance.

On peut effacer, en la grattant, une lettre écrite sur du parchemin, mais si l’on cherche à détruire une lettre qui est gravée dans la pierre on détruira en même temps et du même coup la pierre car la lettre qui y est gravée fait un avec elle. Le Rabbi nous enseigne donc qu’il en va de même pour un Juif car il fait Un avec la Torah. ‘Dieu Israël et la Torah ne font qu’Un’. Si l’on s’attaque à la Torah d’Israël c’est le peuple Juif que l’on agresse, que D.ieu nous en préserve.

Dans le Dvar Mal’hout sur la Paracha Kora’h, le Rabbi souligne que Kora’h avait parfaitement conscience du niveau supérieur de l’âme Juive, il n’avait pas conscience cependant de la valeur de l’action concrète.

Kora’h est composé par les lettres Kouf Rèch et ‘Hèt.

Le fait que Kora’h avait conscience que le niveau de l’âme Juive dépasse de loin celui de la raison et de l’intellect s’exprime par le fait que le nom ‘Kora’h’ possède les deux lettres ‘Hèt’ et ‘Kouf’ du mot ‘Hok’ qui, comme il a été expliqué, désigne une Loi qui est au-dela de notre compréhension.

Cependant, la deuxième lettre de son nom : ‘Réch’ exprime la faiblesse de Kora’h. En effet, le trait supérieur du ‘Rèch’ correspond à la Pensée, et son trait vertical correspond à la Parole. Par contre il manque à la lettre ‘Rèch’ le troisième axe qui correspond à l’Action. Il manquait à Kora’h une chose essentielle : l’Action.

‘L’Action est essentielle’. Dans son discours du 15 Sivan de l’année 5751 le Rabbi déclare que ‘l’âme d’un Juif, même s’il s’agit de l’âme d’un Juste parfait qui sert D.ieu avec crainte et amour, ne fusionne totalement avec le divin que lorsque ce Juif accomplit une Mitsvah’. Les Commandements divins représentent la profondeur de la Volonté divine et la vitalité qu’ils contiennent n’est pas, contrairement à l’âme, une chose ‘séparée’, car ‘la vitalité des Commandements divins se fond véritablement dans la Volonté de D.ieu’.

Lorsque nous accomplissons la Volonté de D.ieu notre volonté se fond en la Sienne, de ce fait nous pourrions penser que lorsque l’on accomplit une Mitsvah notre âme cesse d’exister car elle fusionne alors avec la lumière divine ! Il semblerait qu’au moment de cette fusion seule existe la réalité divine. Le Rabbi répond qu’en réalité c’est le contraire qui est vrai. Ce n’est qu’à partir du moment où son âme fusionne avec le Divin que commence véritablement la Vie d’un Juif. Ce n’est que lorsqu’il se soumet totalement à D.ieu qu’il commence vraiment à exister :

‘Bien que la fusion de l’âme d’Israël avec le divin atteint un niveau de perfection au moment de l’étude de la Torah et lors de l’accomplissement des Commandements divins, de toutes les façons, du fait qu’Israël et le Saint béni soit-Il ne font qu’Un, cette fusion n’exclut pas la réalité des enfants d’Israël. Au contraire c’est cette fusion qui est leur réalité’.

A la lumière de ce qu’il vient d’être dit nous réalisons l’importance de l’enseignement du Rabbi Rayats selon lequel notre étude de la Torah doit toujours être cristallisée par une action. Dans ce cas, l’étude de concepts divins très profonds aura pour effet que nos actions elles-mêmes seront profondes. Notre étude de la ‘Hassidout aura pour effet que nous agirons au-delà des forces de l’intellect et de la raison.

Le jour du 3 Tamouz, Hachem arrêta la course du soleil pour laisser le temps à Yéochoua et à son armée de vaincre leurs ennemis. Le Rabbi définit ce miracle comme un évènement qui bien qu’il soit au-delà de la nature s’habille dans la nature. Ce miracle s’habille dans la nature par le fait que les enfants d’Israël devaient gagner la guerre, non pas seulement grâce à un miracle divin, mais aussi, grâce à leurs propres forces : de manière naturelle.

Or, c’est précisément la soumission à D.ieu qui permet à un Juif de devenir ‘un réceptacle basé sur les Lois de la Torah, grâce auquel il méritera la double Bénédiction divine’, c’est grâce à ce réceptacle qu’il introduira des lumières divines qui sont au-delà des limites de la nature dans la nature.

Aussi, ce ‘miracle qui s’habille dans la nature’ n’est pas sans évoquer le dévoilement de l’Essence de l’âme (‘le miracle’) dans le corps (‘la nature’) : le dévoilement de la partie de l’âme qui ne s’habille pas dans le corps, qui est au-delà de l’enchaînement des mondes, dans les forces de l’âme qui s’habillent dans le corps (l’enchaînement des mondes).

C’est en autre pour cela que le jour du 3 Tamouz nous étudions le discours du Rabbi intitulé ‘Vé ata Tetsaveh’. Dans ce discours le Rabbi nous enseigne l’importance de dévoiler la partie la plus profonde de notre âme : l’Essence de notre âme. L’exemple choisi par le Rabbi au sujet du dévoilement de l’Essence de l’âme est celui de l’olive que l’on concasse pour en extraire son huile. La chair de l’olive est entièrement imprégnée d’huile, et la manière de l’extraire est de briser l’olive, de la concasser. De la même façon, pour provoquer la venue du Machia’h en suscitant le désir divin de nous délivrer, il convient de libérer la lumière et la force de l’Essence de l’âme. C’est ‘extraire’ le Divin qui est en nous, de manière à ce qu’il sorte de sa cachette, du plus profond de nous-même, pour enfin se répandre à l’extérieur, dans toutes les forces de notre âme, dans notre cerveau, et dans notre cœur, et puis dans nos pensées, dans nos paroles, et dans nos actes, comme le sous-entend la déclaration que fit le Machia’h au Baal Chem Tov : ‘Je viendrai quand tes sources se répandront à l’extérieur. La qualité de chaque enfant d’Israël est son attachement à D.ieu. Celui-ci dépasse totalement et infiniment son intellect et sa raison.

Or, c’est précisément celui qui se soumet aux décrets divins et qui agit au-delà de la raison et de l’intellect qui détient le pouvoir d’éveiller la force de l’Essence de l’âme. Dans ce cas, la nature et ses limites n’ont plus d’emprise sur lui. C’est comme s’il ordonne au soleil ‘d’arrêter sa course’ qu’il s’élève au-delà de toutes les limites et qu’il fait tout ce qui est au-delà de son pouvoir pour provoquer le dévoilement du Machia’h, dès-à-présent, avec l’aide de D.ieu.

Paracha Kora'h
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