(Pour l’élévation de l’âme du Rav Yoel ben Raphaël-Na’hman Kahn,
et pour l’élévation de l’âme de ‘Hannania ben Yaakov.
Pour la réfouah chéléma de Ma’hlouf (René) ben Esther et de Katie Sellem)

 

Rav Yaacov Abergel

חוזר : ‘Hozer : circulaire, répétitif, action de revenir de retourner, de se rappeler…

Le Rav Yoel a’h Kahn était le ‘Hozer du Rabbi. Il était appelé ainsi car il revenait sur les enseignements du Rabbi et grâce à sa mémoire phénoménale il pouvait les mémoriser de manière à ce que grâce à la ‘Hazara (répétition) qu’il tenait après les Farbrenguen du Rabbi, on pouvait retranscrire fidèlement les paroles du Rabbi et permettre ainsi leurs publications.

Comme nous allons le voir avec l’aide d’Hachem, cette faculté si particulière que possédait le Rav Yoel Kahn s’accorde au sujet profond du Dvar Mal’hout sur la Paracha Dévarim. Cela s’exprime avec d’autant plus de force que l’âme de Rabbi Yoel a quitté ce monde le jour du 6 Av 5781 qui est lui-même lié au Chabbat Dévarim.

Le Rabbi explique au sujet du jour du 9 Av que l’apparente destruction du Temple dissimule sa reconstruction. L’Eternel n’a détruit le Temple que dans le but de le reconstruire, et contre toute attente le jour du 9 Av cache la Lumière de la Délivrance finale car ce jour est également celui de la naissance du Machia’h.

Comme cela est très souvent enseigné dans la ‘Hassidout, l’âme Juive est à l’image du Temple car de même que le Temple est l’endroit où réside la Présence divine, l’âme est elle-même ‘véritablement une parcelle de Divinité d’En-haut’, c’est à dire que le Saint béni soit-Il Se révèle dans l’âme Juive.

De ce fait, reconstruire le Temple signifie que l’on retrouve notre véritable réalité en dévoilant les qualités de notre âme divine. L’exil est un sommeil spirituel car lorsque l’homme est dominé par son mauvais penchant il ne perçoit plus le véritable sujet de son existence, sa mission de faire de ce monde une demeure pour D.ieu. Reconstruire le Temple signifie dans ce cas que l’on fait tout ce qui est en notre pouvoir pour se réveiller de ce sommeil en réveillant la force de notre divine afin que celle-ci domine toutes nos pensées nos paroles et nos actes dans le seul but d’attirer la Présence divine dans le troisième Temple et en nous-mêmes.

Le Rav Yoël Kahn souligne dans ses explications sur ‘Iniana chel Torat Ha Hassidout’ (le Sujet profond de la Hassidout) que la Connaissance de la Torah n’est possible que parce que l’homme a étudié toute la Torah lorsqu’il était dans le ventre de sa mère.

En effet, il est enseigné dans le Traité Nidda que pendant les 9 mois de la grossesse un Ange enseigne toute la Torah à l’enfant qui est alors dans le ventre de sa mère. Lorsque l’enfant naît un Ange ‘frappe de son doigt’ la bouche de l’enfant pour lui faire oublier tout ce qu’il a appris. Aussi, lorsqu’il grandit et que cet enfant étudie à nouveau la Torah, qu’il revient et apprend à nouveau ce qu’il avait déjà appris lorsqu’il était dans le ventre de sa mère, alors il acquiert ces enseignements de manière profonde et véritable.

Le Rav Yoel Kahn explique que le but de l’étude de l’enfant pendant les 9 mois de la grossesse est de donner à l’enfant la Torah telle qu’elle est ‘En-haut’, dans les mondes supérieurs. C’est à dire qu’il lui est donné de recevoir le niveau illimité de la Torah. Aussi, du fait que le don de la Torah implique nécessairement que l’homme fasse de nombreux efforts personnels, au moment de la naissance un Ange fait oublier à l’enfant tout ce qui lui a été enseigné afin que la compréhension de la Torah qu’il aura tout au long de sa vie soit le fruit de ses propres efforts. Cependant, du fait que toute la Torah lui a été déjà donnée, son étude personnelle ne consiste qu’à revenir et à savoir ce qu’on lui a déjà enseigné. Son étude consiste à donner une vitalité nouvelle a la Torah illimitée qu’il a reçue avant sa naissance, et c’est donc de cette manière qu’il parviendra à atteindre ce niveau du Divin illimité qui illumine notre sainte Torah. S’il n’avait pas appris auparavant toute la Torah, un Juif ne pourrait saisir qu’un aspect limité de la Torah et non pas toute sa profondeur.

L’étude de la Torah dans ce monde est une obligation qui incombe à chaque Juif à chaque instant de sa vie et qui l’amène à l’accomplissement des Commandements divins tout au long de son existence. Grâce à ses efforts pour étudier la Torah chaque Juif se libère de la réalité qui est dépourvue de toute profondeur et dans laquelle il peut facilement se perdre, ce qu’à D.ieu ne plaise. Par son étude un Juif s’échappe du vide spirituel et revient à la Réalité véritable. Il parvient à nouveau au niveau de la Torah infinie qui lui a été donnée lorsqu’il se trouvait dans le ventre de sa mère.

L’image de cet homme qui étudie la Torah est celle d’un homme qui se réveille, qui quitte l’obscurité de l’exil, de la nuit, et se retrouve à la lumière du Jour Les paroles du Rabbi représentent aussi la Lumière du Jour, et l’exemple du Rav Yoel Kahn, appelé le ‘Hozer du Rabbi, n’est pas sans évoquer ce retour à la Profondeur de la Torah, à ce ‘niveau du Divin illimité’ qu’il appartient à chaque Juif de retrouver. Le fait que chaque Juif étudie la Torah avant de naître, pendant les 9 mois durant lesquels il se trouve dans le ventre de sa mère, exprime le fait que ‘D.ieu Israël et la Torah font Un’. Chaque Juif, par son étude, réveille le lien essentiel qui l’unit à son Père qui est dans le ciel.

Comme il a été dit au nom du Rabbi au sujet du jour du 9 Av, ‘l’apparente destruction du Temple dissimule sa reconstruction. L’Eternel n’a détruit le Temple que dans le but de le reconstruire’.

Peut-être nous est-il permis de dire ici sous la forme d’un ‘Hidouch que la date du 9 Av est aussi une allusion aux 9 mois de la grossesse. Dans ce cas, la ‘destruction’ du Temple s’accorde avec le moment ou l’Ange fait oublier toute la Torah qui a été enseignée à l’enfant. Le Temple n’a été détruit que pour être reconstruit, et de la même façon on fait oublier la Torah à l’enfant pour qu’il la réapprenne. De même que la Torah ne peut être acquise véritablement qu’au moyen de nos propres efforts, de même le troisième Temple et le dévoilement du Machia’h dépendent de notre travail et de nos actions pendant l’exil.

A l’exemple du Rav Yoel Kahn, chaque Juif détient le pouvoir de revenir à ces moments pendant lesquels il étudiait la Profondeur de la Torah. Certes, c’est par l’étude des enseignements du Rabbi qu’il y parvient. C’est en revenant sans cesse aux Paroles du Rabbi qu’il parviendra finalement à provoquer la Délivrance finale, dès-à-présent, avec l’aide d’Hachem.

 

Paracha Dévarim