Pour l’élévation de l’âme de ‘Hanna Bat Moché-Yaakov Marques

‘Rien ne sépare le mot ‘Li’ (‘Moi’) du mot ‘Terouma’ (‘la Torah’) pour la simple et bonne raison que ‘le Saint béni soit-Il et la Torah ne font qu’Un’ (L’Admour Hazaken) ‘.

L’attachement profond au Rabbi :

Le Chabbat de la Paracha ‘Terouma’ qui tombe toujours au début du mois d’Adar, souligne l’importance de notre attachement au Rabbi. En effet, une des raisons pour laquelle nous devons multiplier notre joie pendant tout le mois d’Adar, est que ce mois est celui de la naissance de Moché (le 7 Adar).

De fait, la joie et le plaisir véritable commencent avec Moché, car il est celui qui qui nous unit avec Or Ein Sof. Aussi, combien cela est vrai pour toute notre génération. Le Rabbi est le Moché de notre génération. Avec lui commence notre joie véritable, car il est celui qui nous prépare à la vie éternelle.

Il est celui qui fait de chacun d’entre nous un ‘Temple’, un ‘Michkan’ capable de contenir le plaisir divin, révélé dans la Torah du Machia’h, ‘la Torah ‘Hadacha’, ‘Terouma’. Il est celui qui révèle et unit le plaisir de D.ieu à celui des enfants d’Israël.

‘Faites-Moi un sanctuaire et Je résiderais parmi vous’ :

Dans le Dvar Mal’hout sur la Paracha Terouma, il est question du Michkan (le temple portatif), et de tous ses ustensiles. C’est dans cette Paracha que L’Eternel déclare aux enfants d’Israël : ‘Faites-Moi un sanctuaire et Je résiderais parmi vous’. Aussi, au début de la Paracha, L’Eternel demande à Moché de parler aux enfants d’Israël afin que ceux-ci ‘mettent à part une partie de leur fortune comme offrande’ (Rachi), pour le Tabernacle.

Lorsque L’Eternel énumère les matériaux de l’offrande des enfants d’Israël il commence par l’or, puis viennent ensuite l’argent et le cuivre. Le Rabbi explique que la raison pour laquelle l’or est cité en premier est parce qu’il désigne les enfants d’Israël eux-mêmes, qui sont aux yeux de L’Eternel comme de l’or.

Plus précisément, l’or désigne le trésor véritable que possède chaque Juif, par le fait que son âme est véritablement ‘une parcelle de divinité d’en-haut’. ‘L’Essence de l’âme Juive est enracinée dans l’Essence divine’ (le Rabbi).

‘Afin que soyez une terre de convoitise’ :

Dans le Hayom-Yom du trente-deuxième jour de l’Omer, il est écrit qu’à Lag Baomer, aux alentours de 5604 (1844), le Tséma’h Tsédek rapporta l’explication suivante du Baal-Chem-Tov : ‘Il est écrit afin que soyez une terre de convoitise, parole de L’Eternel, D.ieu des Armées célestes’. Tout comme les plus grands Sages n’arriveront jamais à atteindre les grands trésors naturels que D.ieu a placé dans la terre ‘car tout vient de la poussière et tout retourne à la poussière’ de même personne ne pourra jamais atteindre et comprendre tous les niveaux, tous les trésors qui se trouvent en chaque Juif, lequel est la terre de convoitise de D.ieu’.

‘La plus grande joie qu’un Juif peut ressentir’ :

On ne peut se limiter à définir D.ieu comme étant à l’origine des mondes, car les mondes ne sont rien en comparaison à Son Essence. Comme l’a dit notre Maître l’Admour Hazaken : en comparaison à l’Essence divine, les mondes sont tels une goutte par rapport à l’océan. Il en va de même pour l’Essence de l’âme Juive, du fait qu’elle est enracinée dans l’Essence divine on ne peut se limiter à la définir comme étant l’origine de l’intellect et des sentiments (des forces de la partie de l’âme qui est révélée dans le corps).

L’Essence de l’âme Juive est véritablement divine, elle est au-delà de toute forme, de toute définition, et c’est pour cela que le Baal-Chem-Tov déclare ‘qu’il est impossible d’atteindre et de comprendre tous les trésors qui se trouvent en chaque Juif’. Le trésor qui se trouve en chaque Juif c’est l’Essence de son âme, cette étincelle divine véritable qui est en lui et qui échappe à notre compréhension. C’est par elle qu’un Juif est lié à D.ieu d’un lien essentiel et éternel. Grâce à elle qu’il peut percevoir le Divin et qu’il possède la capacite de faire de ce monde matériel une demeure pour l’Essence divine.

Le Rabbi écrit que la plus grande joie qu’un Juif peut ressentir, et tout particulièrement pendant le mois d’Adar est de prendre conscience que même dans l’exil le plus profond il demeure lié à D.ieu. De fait, le Rabbi écrit que pendant le mois d’Adar ‘chacun ressent une profonde soumission vis-à-vis de D.ieu’.

C’est peut-être pour cette raison que dans l’explication du Baal-Chem-Tov rapportée par le Tséma’h-Tsédek il est mentionné que ‘tout vient de la poussière et tout retourne à la poussière’, car la poussière désigne la soumission la plus totale vis-à-vis de L’Eternel, et que c’est précisément par la soumission qu’un Juif parvient à réveiller en lui la force de l’Essence de son âme, ainsi qu’il est dit (Tanya) : ‘L’Eternel ne réside que dans un endroit qui lui est parfaitement soumis’, sur sa terre de convoitise.
Lorsque nous éveillons la force de l’Essence de l’âme sa lumière se révèle dans l’intellect et les sentiments, et dans tous les vêtements de l’âme, c’est à dire dans la pensée la parole et dans l’action. Dans ce cas un Juif n’agit pas comme il a l’habitude d’agir en considérant ce qui lui convient, mais il agira comme il convient d’agir selon L’Eternel.

‘Augmenter notre joie durant tout le mois d’Adar’ :

Au sujet de la déclaration des Sages selon laquelle ‘de même que durant le mois de Av nous devons diminuer notre Joie (car c’est pendant ce mois que le Temple de Jérusalem a été détruit, le 9 Av), de même au mois d’Adar nous devons multiplier notre Joie’, le Rabbi explique que le fait d’augmenter notre joie durant tout le mois d’Adar a pour effet de transformer la période de deuil du mois de Av en une période de Joie.

Seule l’Essence divine a le pouvoir de transformer l’obscurité en lumière, et l’âme que D.ieu nous a donnée est ‘une parcelle véritable de divinité d’En-haut’ grâce à laquelle nous pouvons agir sur ce monde profane et le transformer en une demeure pour D.ieu. C’est précisément cela la raison de notre joie et de notre soumission pendant le mois d’Adar. C’est en effet le fait de posséder une âme Juive qui est notre plus grande joie. Le dévoilement de l’Essence de l’âme, est le dévoilement du lien le plus profond qui nous unit à notre Père qui est dans le ciel, ainsi que l’a exprimé Rabbi Shimon Bar Yo’haï : ‘Je suis attaché par un lien, en lui je m’unifie, en lui je m’enflamme’.

‘Chanter et louer la grandeur de la Sagesse divine’ :

Par ailleurs, il est écrit dans le livre des Proverbes (1, 20) : ‘La Sagesse de D.ieu est louée, chantée dans la rue’ (‘Ha ‘Ho’hmot ba’houts tarona’), et l’Admour Hazaken explique que la Sagesse de D.ieu (‘Ho’hma) doit se répandre à l’extérieur de sa source (‘ba’houts’) afin que son niveau soit révélé et apprécié dans ce monde. Chaque Juif se doit donc de chanter et de louer la grandeur de la Sagesse divine, de vanter les possibilités qu’elle nous offre, et les actions merveilleuses qu’elle suscite (voir le livre ‘Torah Or’, Parachat Yitro). En louant et en chantant la Sagesse divine, les Juifs dévoilent le plaisir de D.ieu.

Le livre du Zohar (Parachat Toldot, 141b) cite le verset : ‘La Sagesse de D.ieu est louée, chantée dans la rue’, juste après avoir mentionné cet autre extrait des Proverbes (Michleï, 5, 16) : ‘Tes sources se répandent à l’extérieur, dans les rues coulent tes ruisseaux’.

Lorsque le Baal-Chem-Tov questionna le Machia’h sur sa venue, le Machia’h lui répéta le verset des Proverbes : ‘Je viendrai quand tes sources se répandront à l’extérieur’.
Il apparaît clairement que la venue du Machia’h dépend du dévoilement du plaisir divin. Sa Sagesse bénie doit se répandre à l’extérieur, être louée, chantée et glorifiée par les enfants d’Israël, à l’image de ‘ces sources et de ces ruisseaux qui coulent dans les rues’. Dans ce cas, comme le déclare le Rabbi en reprenant les mots de l’Admour Hazaken :

‘La matérialité du corps et de l’univers sera transfigurée’, ce qui signifie qu’il y aura matérialité, mais quelle sera transcendée, et la lumière divine luira sur Israël sans aucun voile, et le débordement de lumière qui jaillira sur Israël illuminera l’obscurité des nations’ (voir au chapitre 20 de Iniana chel Torat ha ‘Hassidout).

Par ailleurs, dans le Hayom-Yom du du 28 Elloul, il est écrit que c’est la Bénédiction de D.ieu qui enrichit, et le Rabbi nous enseigne que ‘c’est particulièrement vrai pour celui qui consacre son temps aux besoins communautaires et au renforcement du Judaïsme. On dit que D.ieu ne reste pas en dette. Pour chaque action qu’un Juif réalise, Il lui accorde la meilleure récompense, enfants, santé et prospérité matérielle’.

‘Saisir D.ieu Lui-même’ :
L’Admour Hazaken rapporte dans le livre du Tanya un verset de la Paracha Terouma : ‘Et qu’ils prennent pour Moi une offrande’ : ‘Vé-ik’hou-Li Terouma’.
En hébreu le mot Terouma est compose par les lettres du mot Torah avec un Mèm supplémentaire. Le mot Terouma se décompose donc de la manière suivante :
תרומה
תורה-מ

Le Zohar explique que la lettre Mem qui a pour valeur numérique 40 est une allusion aux 40 jours (et aux 40 nuits) pendant lesquels Moché demeura avec L’Eternel sur le Mont-Sinaï. La façon dont le Zohar décompose le nom Terouma : Torah-Mem exprime donc le fait que D.ieu a enseigne la Torah à Moché sur le Mont-Sinaï pendant quarante jours et quarante nuits.

Par ailleurs le Zohar explique que le mot ‘Li’ (‘pour Moi’) a la même signification que ‘Oti’ : ‘Moi’.
Dans ce cas l’expression du verset : ‘Et qu’ils prennent pour Moi’ signifie aussi : ‘Qu’ils Me prennent.

De fait, l’Eternel a véritablement donné une partie de Lui-même dans la Torah, ainsi qu’Il le déclare Lui-même : ‘J’ai écrit (dans la Torah) Mon Essence et Je l’ai donnée’, et au Zohar d’expliquer que ce verset ‘Et qu’ils prennent, pour Moi, une offrande’ (‘Vé- ik’hou-Li-Terouma’) signifie aussi, qu’au moyen de la Torah nous parvenons à ‘saisir D.ieu Lui-même’, Son Essence (‘qu’ils Me prennent’).

L’Eternel, par le don de la Torah, fit don de Lui-même et donna aux enfants d’Israël la possibilité de s’attacher à Lui de manière profonde.
Dans le livre du Tanya, dans lequel est rapporté cet enseignement de Rabbi Chimon Bar Yo’haï (chapitre 47), l’Admour Hazaken souligne le fait que rien ne sépare le mot ‘Li’ (‘Moi’) du mot ‘Terouma’ (‘la Torah’) pour la simple et bonne raison que ‘le Saint béni soit-Il et la Torah ne font qu’Un’.

Cet enseignement est souvent exprimé dans la partie profonde de la Torah, le Zohar déclare en effet que ‘le Saint béni soit-Il, Israël et la Torah ne font qu’Un’.
De fait, « l’âme divine d’un juif est véritablement une parcelle de divinité d’En-haut », et la déclaration de l’Eternel selon laquelle : « J’ai écrit (dans la Torah) Mon Essence et Je l’ai donnée », s’applique tout aussi bien à l’âme juive, laquelle peut être comparée à ‘l’offrande’ (‘Terouma’) que l’Eternel a donnée à chaque juif, et qui n’est autre qu’une partie de Lui-même.