Texte et Audio : Matot-Masseï à la lumière du Dvar Mal’hout – Rav Yaacov Abergel

Texte et Audio : Matot-Masseï à la lumière du Dvar Mal’hout – Rav Yaacov Abergel

 (Pour la santé et la réussite de Aaron ben Rachel et de Sim’ha bat Esther Malka, ainsi que de leurs enfants)

Dans la Paracha Masseï, la Torah nous raconte au sujet ‘des voyages’ des enfants d’Israël dans le désert. Il est écrit ‘des voyages’ et non pas un (seul) voyage. Depuis leur sortie d’Egypte, les juifs effectuèrent 42 étapes avant d’arriver sur la terre d’Israël. L’Egypte symbolise l’étroitesse et les limites. En Egypte les enfants d’Israël étaient noyés dans les 49 portes de l’impureté et vécurent de terribles souffrances. Leur premier voyage quand ils quittèrent l’Egypte fut celui de la délivrance de leur esclavage, mais la délivrance au-delà de toutes les limites n’était pas encore atteinte. D’autres voyages furent nécessaires avant de parvenir sur une terre ‘bonne et large’. Les juifs devaient avancer et s’élever encore et encore. D’une étape vers une autre ils dépassaient une limite pour en atteindre une deuxième jusqu’à parvenir en Erets Israël.

Le passage de la limite vers l’infini s’accorde à l’histoire des enfants d’Israël. Chaque juif possède les moyens de briser les limites de lui-même et les limites de ce monde. C’est le droit de chacun, du coupeur de bois et du porteur d’eau jusqu’au grand Sage de la Torah. Chaque étape de notre vie nous élève vers un niveau toujours plus élevé, et le but ultime est d’arriver dans un endroit qui n’a pas de limites.

A la fin de la lecture du quatrième livre de la Torah l’Assemblée dit d’une voix forte : ‘Hazak ‘Hazak vé Nit’hazèk’, ‘Sois fort ! Sois fort ! Et puissions-nous être renforcés !’.

Du fait que nous exprimons à trois reprises le désir d’être fort pour accomplir notre mission de faire de ce monde une demeure pour l’Essence divine, le Rabbi nous donne ici la signification du chiffre 3 :
Le Chiffre 1 représente la Sainteté, telle qu’elle est et que rien ne vient perturber.
Le chiffre 2 représente une situation dans laquelle la Sainteté est opposée aux forces du mal, à ‘l’autre côté de la Sainteté’ (‘Sitra A’hara’).
Enfin le chiffre 3 représente la victoire de l’homme sur les forces du mal. Le Rabbi, décrit alors deux façons de vaincre le mal.

La première est qualifiée comme étant une révélation ‘du haut vers le bas’.
‘Du haut’, car il s’agit d’un dévoilement de la lumière divine, ‘vers le bas’, car cette lumière a pour effet d’éliminer le mal qui s’oppose à l’homme dans ce monde ici-bas.

La deuxième façon de vaincre le mal est un travail que le Rabbi qualifie comme étant ‘du bas vers le haut’, car il s’agit du travail personnel de l’homme lui-même, afin de faire tout ce qui est en son pouvoir pour raffiner le mal, et même pour parvenir à le transformer en bien.

L’avantage d’un dévoilement ‘du haut vers le bas’ est qu’il s’agit du dévoilement d’une lumière illimitée, car celle-ci vient de D.ieu. Ce n’est pas le cas quand il s’agit du travail de l’homme qui est ‘du bas vers le haut’, car même si l’homme possède une âme divine, il demeure malgré tout soumis aux limites que lui imposent son corps.

Cependant, et c’est là le point central essentiel de cet enseignement du Rabbi, le travail réalisé par l’homme possède un avantage incontestable. Certes, la lumière qui vient d’en-haut a pour effet de neutraliser le mal, mais il se peut que cet effet soit temporaire. Pour se débarrasser totalement du mal, pour parvenir à le transformer, à ‘élever le mal vers le bien’, ‘du bas vers le haut’, l’action de l’homme est nécessaire :

Dans le discours ‘Hassidique intitulé ‘Vé Atah Tètsavéh’, le Rabbi explique qu’il peut y avoir une situation dans laquelle un Juif agit durant une longue période en étant éclairé par une Lumière divine (‘du haut vers le bas’) qui le pousse à faire don de lui-même pour accomplir la Volonté divine. Il sera même prêt à renoncer à sa propre vie si cela s’avère nécessaire pour préserver son Judaïsme. Dans ce cas, le mal n’a aucune emprise sur lui, bien car ‘il agit au-delà de la raison et de l’intellect, avec une inébranlable détermination pour faire le bien et fuir le mal pour faire de ce monde une demeure pour D.ieu’ (‘La Source’, Rabbi Rachab).
Cette lumière divine inspiratrice se révèle en s’unissant aux forces de son âme, à son intellect et à ses émotions, et c’est pour cela qu’il parvient à faire don de lui-même (c’est ‘le don total de soi’ : la force de ‘messirout-néfèch’).

Cependant, si cet éclairage divin venait à disparaître, il redeviendrait exactement ce qu’il était auparavant, avant de recevoir l’inspiration divine. C’est-à-dire qu’il retrouverait son intellect et ses sentiments dans leurs états naturels, sans que rien n’ait changé. De fait la force qui le poussait à agir au-delà de ses propres limites était comme ‘une chose ajoutée à son état naturel’. Aussi, le Rabbi explique que l’éclairage divin, sans un travail personnel de l’homme, demeure insuffisant pour changer la nature des forces de l’âme. Ce changement n’est possible que si l’homme accomplit un travail ‘du bas vers le haut’.

Peu à peu, nous nous approchons du mois d’Elloul et des jours redoutables du mois de Tichri. Pendant cette période la Téchouva est au centre de notre service divin et celle-ci doit aussi être inspirée par le lien qui unit nos efforts personnels ‘du bas vers le haut’ (Masseï), avec le dévoilement de la Lumière divine ‘du haut vers le bas’ (Matot) :

Le Rabbi nous enseigne que pendant le mois de Tichri notre service divin est animé par un mouvement qui nous élève au-dessus des limites de ce monde. En ce sens, notre service divin pendant le mois de Tichri s’accorde à lumière du Nom Havayeh qui représente le niveau du Divin qui est au-delà de ce monde matériel.

A l’opposé, à la fin du mois de Tichri commence notre service divin qui consiste à agir de manière concrète dans ce monde matériel et dévoiler de cette façon la lumière du Nom Havayeh cachée par le Nom Elokim.

Pour se faire, cela implique forcément d’examiner de temps en temps notre situation en établissant un bilan moral, spirituel. Il s’agit dans ce cas de parfaire les aspects négatifs de notre comportement. Le Rabbi souligne que lorsque l’on établit un tel bilan et que l’on s’efforce ensuite de corriger concrètement nos pensées nos paroles et nos actes, nos performances n’atteignent pas un niveau supérieur car nos capacités sont elles-mêmes limitées (‘même si l’homme possède une âme divine, il demeure malgré tout soumis aux limites que lui imposent son corps’).

Il existe donc une seconde manière d’agir. Celle de se plonger dans la Téfilah et dans l’étude de la Torah. De fait, la lumière de la Torah étant illimitée détient le pouvoir de repousser tous les aspects négatifs de notre vie. Cela s’accorde au principe selon lequel ‘un peu de lumière chasse beaucoup d’obscurité’, et à plus forte raison quand il s’agit de beaucoup de lumière.

Cependant, ce bain de Lumière dans lequel se trouve celui qui étudie la Torah et accomplit les Commandements divins n’a pas pour effet de faire disparaître totalement les aspects négatifs de notre personnalité. En effet, l’ensemble de ces aspects négatifs n’a été que repoussé pendant le temps de notre prière ou celui de notre étude de la Torah, sans que nous ayons examiné chacun de ces aspects en particulier afin de pourvoir nous-mêmes à leur réparation. Le Rabbi préconise donc que la perfection véritable de notre Téchouva consiste à unir ensemble ces deux niveaux. Nous devons effectivement réparer chaque détail négatif de notre comportement tout en nous élevant en même temps, au niveau supérieur de la Torah et des Mitsvoth. Cette manière d’agir nous permet d’attirer dans chaque détail que nous nous efforçons de corriger, en agissant avec nos forces limitées, la lumière illimitée qui est le fruit de notre prière et de notre étude de la Torah.

On ne parvient donc à transformer les aspects négatifs de notre personnalité que lorsque l’on unit ces deux manières d’agir, c’est à dire lorsque l’on unit notre travail personnel qui est du bas vers le haut (Elokim) avec la Lumière divine qui vient du haut vers le bas (Havayeh). On accède de cette façon à une Téchouva supérieure car d’après l’enseignement du Rabbi l’union de ces deux niveaux est l’expression véritable de la révélation du Nom Havayeh dans le Nom Elokim. Le travail personnel du bas vers le haut (Elokim) nous permet d’agir sur tous les différents aspects négatifs de notre personnalité, et la Lumière divine qui descend du haut vers le bas (Havayeh) par le fait de prier et d’étudier la Torah vient parfaire nos efforts en transformant définitivement l’obscurité des éléments négatifs de notre personnalité en lumière.

Il s’agit donc de réaliser l’union de lumière divine qui vient d’en-haut avec la lumière qui vient de lui-même (‘d’en-bas’), de son propre travail, au moyen de ses propres forces, des forces naturelles de son intellect, de ses sentiments, et de ses actes.
Cet enseignement qui provient du discours ‘Hassidique ‘Vé Atah Tètsavéh’ s’accorde donc parfaitement au contenu profond du Dvar Mal’hout sur l’union des Parachiot ‘Matot-Massei’. De fait, ‘Matot’ représente le dévoilement ‘du haut vers le bas’ de la lumière divine, ainsi qu’il est écrit (30,2) : ‘Ceci est le sujet que L’Eternel a ordonné’, et ‘Massei’ représente le dévoilement ‘du bas vers le haut’ de l’action et du travail de l’homme, ainsi qu’il est dit : ‘Ce sont les voyages des enfants d’Israël’.

C’est précisément à ce sujet que le Rabbi nous donne l’explication profonde de l’expression ‘Hazak ‘Hazak vé Nit’hazèk’, ‘Sois fort ! Sois fort ! Et puissions-nous être renforcés !’ :

Le premier ‘Hazak est celui de la Paracha ‘Matot’. Il correspond au dévoilement d’une lumière divine supérieure, dans ce monde inférieur. Un dévoilement ‘du haut vers le bas’
le ‘Hazak de la Paracha Masseï correspond à un dévoilement ‘du bas vers le haut’. Ce dévoilement est dû au travail de l’homme, à ses efforts continus pour raffiner le monde matériel afin de l’élever vers la Sainteté.

Comme il a été expliqué précédemment, le point fondamental du Dvar Mal’hout se fonde sur la différence qui existe entre le dévoilement ‘du haut vers le bas’ et le dévoilement ‘du bas vers le haut’. Quand il s’agit d’un dévoilement ‘du haut vers le bas’, D.ieu dévoile une lumière illimitée qui détient le pouvoir de neutraliser les forces du mal. Cependant ce dévoilement n’a pas un effet permanent. A l’opposé, par son propre travail, ‘du bas vers le haut’, l’homme a la possibilité de se transformer, et de transformer ce monde matériel, en y faisant pénétrer la Sainteté de manière profonde (voir le Discours ‘Ve Ata Tetsaveh’). La notion de ‘dévoilement du bas vers le haut’ exprime donc l’idée de transformer ‘le bas’ en un réceptacle capable de recevoir de façon permanente les plus hauts dévoilements divins, ‘le haut’.

La situation idéale est celle du troisième ‘Hazak, l’union entre la Paracha Matot avec la Paracha Masseï. C’est à dire. L’union entre le dévoilement de la lumière infinie de D.ieu, ‘du haut vers le bas’, avec le travail de l’homme, ‘du bas vers le haut’.

En effet, l’avantage d’un dévoilement du ‘haut vers le bas’ est qu’il s’agit du dévoilement d’une lumière illimitée, car celle-ci vient de D.ieu (ce n’est pas le cas quand il s’agit du travail de l’homme, car il demeure malgré tout soumis aux limites que lui imposent le corps et ce monde matériel). L’avantage du dévoilement du ‘bas vers le haut’ est que l’homme, par son travail, ne neutralise pas le mal de manière temporaire mais le transforme véritablement. Le troisième ‘Hazak représente donc l’union entre ces deux dévoilements. Dans ce cas, l’homme n’agit plus seulement avec ses propres forces (Masseï), car L’Eternel participe à son action, en lui donnant la possibilité d’agir au-delà des limites (Matot).

D’une certaine manière, le ‘Hazak de Matot-Masseï, exprime l’union entre la partie de l’âme qui s’habille dans le corps, dont la force est limitée (Masseï), avec la partie de l’âme Juive qui est ‘enracinée dans L’Essence divine’, dont la force est illimitée. Ce niveau de L’Essence de l’âme est celui d’Aaron Ha Cohen. Le Rabbi souligne que la date du jour de la Histalkout d’Aaron est mentionnée dans la Torah : Roch Hodech Av. Le chiffre ‘Un’ (le premier jour du mois) fait allusion au niveau de l’âme de Yéhida (Unique).

Le mérite d’Aaron est incarné par la Nuée qui planait au- dessus de l’Assemblée d’Israël. De la même façon, l’Essence de l’âme ‘plane au-dessus’ de partie de l’âme qui s’habille dans le corps. Pendant ce Chabbat, avec l’aide d’Hachem, nous recevrons la force d’unir ces deux parties de l’âme. La force d’attirer Yé’hida, le point de notre âme qui échappe à toutes les limites, afin qu’il ne ‘plane’ plus au-dessus de nous-même et éclaire notre intellect et nos sentiments de manière profonde.

 

Résumé :
Le Rabbi nous enseigne que le mot ‘Masseï’ : ‘Voyages’ désigne l’action de se déraciner d’un état spirituel, pour atteindre un état supérieur et sans commune mesure avec l’état précédent. De ce fait, le mot ‘Voyages’ n’est pas sans exprimer ‘la distance’ qui sépare les forces de l’âme (Masseï) de Yé’hida (Matot), car Yé’hida représente l’ultime point qui se situe au-delà de ce monde, de tous ses détails, de toutes ses formes, de toutes ses limites. Aussi, l’union entre la Paracha Matot et la Paracha Masseï évoque la possibilité qui nous est donnée d’atteindre ce point ultime, car L’Eternel nous donne pendant ce Chabbat des forces illimitées pour parcourir cette distance.
Dans ce cas, nous recevrons l’inspiration divine pour mener à bien notre mission sacrée. Nos pensées nos paroles et nos actes ne seront plus sous aucune emprise, mais briseront véritablement toutes les limites, et nous attacheront au Rabbi de manière profonde, en provoquant le désir de D.ieu de résider dans ce monde, avec la venue du Machia’h, dès à présent, avec l’aide de D.ieu.

 

Texte et Audio : Pin’has à la lumière du Dvar Mal’hout,par le Rav Yaacov Abergel

Texte et Audio : Pin’has à la lumière du Dvar Mal’hout,par le Rav Yaacov Abergel

 

‘Fais ici maintenant la Terre d’Israël !’ :

‘Fais ici maintenant la Terre d’Israël !’, c’est ce que répondit le Tséma’h Tsédek à un ‘Hassid qui lui demandait sa Bénédiction pour aller s’installer en Terre sainte. Le contenu profond de cette histoire que le Rabbi entendit du Rabbi précédent est lié à la Paracha Pin’has dans laquelle il est question du partage de la Terre d’Israël entre toutes les tribus d’Israël.

Rachi explique dans son commentaire qu’Eléazar, le prêtre, était revêtu du pectoral avec les ‘Ourim’ et les ‘Toumim’ et qu’il disait avec l’inspiration Sainte : ‘Si telle tribu est tirée dans le tirage au sort, c’est tel terrain qui lui sera attribué’.

On écrivait les noms des tribus sur douze billets et sur douze autres billets, douze délimitations de terrains. On mélangeait tous les billets dans une urne, et le prince de chaque tribu introduisait sa main à l’intérieur, et prenait deux billets. Il se trouve que sur les deux billets étaient inscrits le nom de la tribu et le terrain attribué, exactement comme l’avait déclaré auparavant par inspiration divine le prêtre Eléazar.
Plus encore que cela, le sort lui-même (le billet) criait et disait : ‘Moi le sort, j’ai désigné telle frontière pour telle tribu’, comme il est dit (verset 56) : ‘Par la bouche du sort’.

De manière générale la prière correspond à la pensée, l’étude de la Torah à la parole, et l’accomplissement des Commandements divins à l’action. Par ailleurs, il existe des Mitsvoth que l’on accomplit sans avoir une intention particulière. Par exemple, nous sommes quittes de la Mitsvah de la Tsédaka uniquement par l’action de donner de l’argent à une personne nécessiteuse, et nous ne sommes pas obligés d’avoir une pensée particulière dans ce cas (‘Cavanna’ : ‘intention’). Cependant le Rabbi nous enseigne que la perfection est atteinte lorsque nous accomplissons cette Mitsvah au moyen de la pensée, de la parole, et de l’action. Ainsi la perfection de la Mitsvah de la Tsédaka nécessite d’associer à notre acte une bonne pensée, en donnant cet argent avec un visage bienveillant.
Le Rabbi explique donc que ‘le sort qui parle’ exprime cette idée. En effet, le Goral inclut en lui-même les trois éléments de la pensée, de la parole et de l’action. La pensée et l’action, par le fait que l’on pensait et que l’on écrivait chaque nom sur un billet, et la parole par le fait que le billet lui-même parlait et désignait ‘telle tribu et tel territoire’.

Le Rabbi souligne ici que l’enseignement selon lequel on atteint la perfection d’une Mitsvah lorsque nous l’accomplissons au moyen de la pensée, de la parole et de l’action ne se limite pas seulement à son accomplissement, mais également à sa préparation. C’est la raison pour laquelle le Goral rassemblait les trois éléments que sont la pensée, la parole et l’action, car même si le Goral n’était qu’une préparation à l’acquisition de la Terre d’Israël, il devait néanmoins être parfait. A travers l’exemple du Goral le Rabbi démontre que toutes les choses qui appartiennent au domaine de la Sainteté, même celles qui nous semble être les plus secondaires, ont toutes une importance.

Le Rabbi élargit encore un peu plus notre vision lorsqu’il déclare que nous devons accorder de l’importance pour chaque instant qu’il nous est donné de vivre. Nous devons considérer chaque instant, chaque situation et rien ne doit être laissé pour compte. Même ce qui semble être à nos yeux comme un simple détail possède en réalité un contenu qui mérite qu’on lui accorde toute notre attention, que l’on investisse tout notre être. C’est à ce sujet que le Rabbi Rachab a déclaré que ‘l’homme profond est celui qui s’engage totalement dans tout ce qu’il fait’ et que ‘là où nous sommes nous devons être vraiment !’.

‘Faire ici la Terre d’Israël’ implique donc forcément de faire maintenant la Terre d’Israël. Il s’agit de faire de l’endroit où l’on se trouve et à tous les moments de notre existence, la Terre d’Israël.
‘Faire ici et maintenant la Terre d’Israël’ signifie d’après l’enseignement du Rabbi que chaque Juif doit s’habituer à la Guéoulah. Il doit ressentir un sentiment de Guéoulah par le fait de transformer ses journées en se libérant lui-même et en faisant de son endroit personnel la Terre d’Israël. Il accomplit son travail à chaque moment de son existence et à tout endroit où il se trouve, au moyen de ses pensées, de ses paroles et ses actes qui ont eux-mêmes atteint la perfection : le niveau de la Terre d’Israël.

Le Rabbi Rachab nous enseigne par exemple que nous devons laver les vêtements des Mitsvoth avec ‘l’eau de la ‘Ho’hmah’. La qualité de ‘Ho’hmah c’est le ‘Bitoul’, la soumission la plus totale. Il n’est pas suffisant d’accomplir les Commandements divins, mais il faut aussi laver les Mitsvoth afin qu’elles soient imprégnées de soumission. Un Juif lave ses Mitsvoth quand il médite et ressent pendant sa Téfila que tous les mondes sont soumis à la Parole divine qui les crée et les maintient en vie à chaque instant. Nous pouvons aussi prendre ici l’exemple de la prière de Nétilat-Yadaïm. ‘L’eau de ‘Hohmah’ représente le travail des Mo’hin et les mains représentent les Midot, ainsi, Nétilat-Yadaïm représente le fait d’attirer le ‘Bitoul de ‘Ho’hmah’ dans les Midot. Atteindre le niveau de la Terre d’Israël représente donc aussi le fait de laver les vêtements de l’âme afin que ceux-ci soient imprégnées de la qualité de ‘Ho’hmah, qu’ils soient tous consacrés au projet divin de faire de ce monde matériel une demeure pour l’Essence divine.

Le Rabbi souligne également que le fait de se libérer soi-même provoque la Délivrance de notre entourage, et chacun se doit de parler, à l’exemple du Goral, aux membres de sa famille, à ses proches et à ses élèves de l’action de Faire ici la Terre d’Israël. Aussi, du fait que les paroles dites avec le cœur pénètrent dans le cœur et y font leur effet et que la personne qui les prononce est elle-même un exemple vivant, la personne qui les entend les prononcera à son tour

Bien que cela ne soit pas mentionné dans la Si’ha du Dvar Mal’hout nous pouvons ici établir un lien avec notre travail qui consiste à nous préparer à recevoir le Rabbi et ses enseignements. Cela signifie que nous devons nous préparer au dévoilement du Machia’h, lequel n’est autre que le dévoilement de l’Essence divine. Or, du fait que nous sommes tous, de manière générale, noyés dans la matérialité (qu’il s’agisse de la matérialité de ce monde physique ou qu’il s’agisse de la matérialité de notre âme animale) nous ne sommes pas des réceptacles capables de recevoir, de percevoir et de ressentir de manière profonde, l’Essence des choses. L’étude de la ‘Hassidout nous habitue à l’abstraction des concepts divins spirituels très élevés. Comprendre et ressentir par exemple que la Parole divine crée et maintient en vie à chaque instant la matière de ce monde. A l’évidence, c’est en purifiant le corps et l’esprit que l’on parvient à découvrir le Divin qui est caché par ‘l’écorce’ de la matière. Aussi, c’est donc en affinant notre corps et notre esprit, au moyen de l’étude et de la prière que l’on efface la matière pour découvrir le Divin abstrait qui vit en elle. Dans ce cas nous faisons la Terre d’Israël dans notre corps lui-même et dans les 4 coudées qui nous entourent, et nous nous préparons à vivre la Délivrance finale et à voir la Parole de D.ieu qui crée et anime à chaque instant toute la Création.

L’obstiné se comporte d’une façon irrationnelle, sa volonté est bien plus forte que celle de l’homme qui s’appuie sur la raison :

Le Rav ‘Hadakov, qui fut le secrétaire du Rabbi, déclara qu’il était stupéfait par la capacité du Rabbi à bouleverser et à changer, si cela s’avérait nécessaire, le programme de sa journée. Nullement soumis aux situations et aux imprévus qui se présentaient à lui, le Rabbi savait briser les limites que nous imposent ce monde.
Le Rabbi lui-même enseigna qu’à l’exemple du saumon, qui pour survivre remonte le courant des rivières pour aller pondre dans le fleuve où il est né, un juif doit parfois savoir ‘remonter le courant’ c’est à dire s’élever au-dessus de la réalité pour avoir un champ de vision plus large, un nouvel angle de vue qui, une fois découvert, lui permet d’agir contre toute attente. L’exemple de Pin’has convient a notre propos :

Zimri avait péché, et tous ignoraient le ‘din’, la loi qu’il convenait de suivre. Moché Aaron et tous les Anciens ne savaient que faire.
Le jeune Pin’has vit l’action de Zimri et se souvenant de la loi que Moché avait oubliée, il lui dit : -J’ai appris de toi que dans un tel cas la Hala’ha est que Zimri doit-etre tué !
Moché lui répondit alors :
-Tu t’es souvenu de cette loi, tu mérites donc de l’appliquer !
Immédiatement Pin’has « prit un javelot dans sa main » (Sanhédrine 82a).

Le Rabbi explique que Pin’has ne s’est pas dit : ‘de quoi devrais-je m’inquiéter ? Il y a ici des Tsadikim, des grands du peuple d’Israël qui sont plus sages que moi. Ils sauront bien quoi faire ! Pour quelle raison devrais-je intervenir ?’.
Au contraire Pin’has se leva immédiatement et dit à Moché ce qu’il convenait de faire d’aprés la loi de D.ieu. Pin’has mérita pour cela de recevoir la prêtrise.

Son attitude est un exemple pour chaque juif. Il y a parfois des sujets qui ne sont pas abordés par les grands de notre génération. Ce n’est pas une raison pour ne pas agir nous-même. Il nous est interdit de penser que si tel grand n’a pas donné d’ordre et si tel autre n’a pas agi, alors nous-mêmes sommes dispensés d’agir. Il ne convient pas de nous justifier, ni d’échapper à nos responsabilités. Si D.ieu nous donne l’occasion d’agir, si nous savons que nous avons les moyens d’agir, alors cela devient une obligation. Si D.ieu nous donne une mission à accomplir alors Il nous donne en même temps les forces nécessaires pour la réaliser, et pour réussir.

Comme pour Pin’has qui avait une mission et trouva la force de l’accomplir sans être intimidé par la présence de tous les Grands d’Israël, nous même possédons notre part dans la Torah et les Mitsvoth, et avons l’obligation d’agir quelque soient les circonstances.

Cet enseignement du Rabbi est précieux, il sous-entend que l’humilité n’exclut pas l’audace et l’obstination. Dans son ouvrage intitulé ‘la Source’ (27ième discours, chapitre 1) le Rabbi Rachab donne l’explication suivante du verset (Chémoth, 34, 9) : ‘Car c’est un peuple au cou raide !’ :Ce ‘cou raide’ n’est pas péjoratif, au contraire c’est la qualité des enfants d’Israël, leur vertu. C’est la détermination inébranlable qu’ils possèdent à se détourner du mal et faire le bien sans aucune argumentation rationnelle ni discussion. L’obstiné se comporte d’une façon irrationnelle, sa volonté est bien plus forte que celle de l’homme qui s’appuie sur la raison. L’intellect affaiblit le désir et lui impose des limites tandis que la volonté, l’aspiration résolue que l’intellect ne gouverne pas, sont sans bornes. C’est pourquoi la détermination de l’obstiné est solide et ferme ».

Chaque juif possède ‘cette obstination irréductible dans sa quête de la sainteté’, elle lui donne la force de remonter le courant des rivières, de faire face à tous les obstacles, de mener à bien sa mission.

‘L’homme profond est celui qui s’engage totalement dans tout ce qu’il fait et là où nous sommes nous devons être vraiment !’ (Rabbi Rachab) :
‘Celui qui est profond sait qu’il est inutile de demander une bénédiction pour le service de D.ieu. Il faut que ‘l’effort pèse sur les hommes’.

Ce proverbe du Tséma’h Tsédek qui est rapporté dans le Hayom-Yom du 24 Tamouz 5703, s’accorde à la déclaration du Rabbi Rachab selon laquelle ‘L’homme profond est celui qui s’engage totalement dans tout ce qu’il fait’.

A la lumière de ces enseignements, le Rabbi souligne dans le Dvar Mal’hout sur la Paracha Pin’has, l’importance que nous devons donner à chaque instant de notre vie et à chaque situation que nous vivons. Rien ne doit être laissé pour compte. Même ce qui semble être à nos yeux comme un simple détail, s’inscrit de manière profonde dans notre vie, car il possède en réalité un contenu qui mérite qu’on lui accorde toute notre attention, que l’on investisse tout notre être, pour mener à bien notre mission sacrée.

‘Là où nous sommes nous devons être vraiment !’.

 

Texte et Audio :  Houkat- Balak à la lumière du Dvar Mal’hout – Rav Yaacov Abergel

Texte et Audio : Houkat- Balak à la lumière du Dvar Mal’hout – Rav Yaacov Abergel

 

Significations du nom ‘Houkat :
Le mot hébreu ‘Hok signifie ‘décret’. Il désigne une loi divine qui échappe totalement à notre compréhension. Il n’en demeure pas moins que nous devons à l’évidence obéir à ce décret, à l’accomplir, car même s’il échappe à notre compréhension il s’agit de la Volonté bénie de D.ieu. Aussi, en obéissant à un tel décret, l’occasion nous est donnée d’exprimer notre attachement à D.ieu, du lien qui nous unit à Lui et qui dépasse totalement l’intellect et la raison. Poursuivre et désirer D.ieu au point d’agir uniquement selon Son désir, et en faisant totalement abstraction de nous-même, de nos propres désirs et même de notre compréhension. Sans les ‘Houkim’, il aurait été impossible d’exprimer notre attachement à D.ieu qui est au-delà de notre raison et de notre intellect.

Par ailleurs, le Rabbi nous explique que le mot ‘Houkat qui désigne le décret, le commandement divin de la vache rousse est apparenté au mot ‘Hakika (gravure) qui évoque les lettres que l »Eternel grava dans la pierre des Tables de l’Alliance (voir le Likouteï Si’hot, 28, 129-130).

‘Hachem a gravé en Lui-même le désir d’être Roi’ :
Dans un discours Hassidique de l’année 5665, le Rabbi Rachab rapporte un enseignement du Zohar selon lequel L’Eternel, uniquement par bonté (car rien ne L’oblige), a ‘gravé’ en Lui-même le désir d’être Roi sur l’Assemblée d’Israël. Le Rabbi Rachab écrit précisément que ‘la Volonté de D.ieu d’être Roi est ancrée dans Son Essence.’

L’étude de ce discours nous amène à réfléchir sur le fait que l’âme d’Israël est ancrée dans l’Essence divine, ce qui signifie que L’Eternel en a décidé ainsi. Ce qui nous touche tout particulièrement dans l’étude que fait le Rabbi Rachab sur le fait que ‘la Volonté de D.ieu d’être Roi sur Israël est ancrée dans Son Essence’ est qu’un Juif peut agir afin d’attiser le désir de D.ieu d’être Roi au point que ce désir se réalise concrètement.

La ‘Hassidout rapporte souvent l’exemple ‘du visage qui se reflète dans l’eau’ pour expliquer que lorsque l’on manifeste de l’amour a une personne, celle-ci nous renvoie à son tour de l’amour. Ce principe est compréhensible quand il s’agit de deux personnes qui sont toutes les deux au même niveau, mais comment est-il possible que D.ieu renvoie à l’homme l’amour qu’il lui manifeste ? L’homme est limité et D.ieu ne l’est pas. Dans ce cas comment un homme peut-il éveiller le désir de D.ieu d’être Roi ?

La réponse donnée par le Rabbi est que D.ieu a Lui-même décidé que lorsqu’un Juif accomplit les Commandements divins il attire dans ce monde la Lumière d’Or-ein-sof. Rien n’oblige D.ieu apprendre une telle décision. C’est uniquement par bonté que L’Eternel agit en ce sens en gravant dans Son Essence le désir d’être Roi sur l’Assemblée d’Israël (voir le Séfer-ha-Maamarim de l’année 5665 (‘Yom-tov chel Roch-ha-Chana ché ‘Hal liyot bé Chabbat’).

Le Rabbi Rachab nous enseigne que c’est le ‘Bitoul’, c’est à dire la soumission la plus totale vis-à-vis de D.ieu qui donne la possibilité à un Juif de ‘réveiller la Volonté et le Plaisir de D.ieu d’être Roi’. Le Rabbi Rachab précise que le son du Choffar est l’expression même du ‘Bitoul’ car il est un ‘cri qui provient de la profondeur du cœur’ et qui exprime donc notre désir le plus profond de vivre enfin le dévoilement de D.ieu.

A la lumière de ces enseignements du Rabbi Rachab, il nous apparait que L’Eternel répond aux prières des enfants d’Israël lorsque ceux-ci dévoilent l’Essence de leur âme, comme c’est le cas lorsque les enfants d’Israël sonnent du Choffar et recitent les versets de la prière de Roch-ha-Chana en implorant L’Eternel d’être Roi sur eux. L’Essence de l’âme Juive fait Un avec D.ieu car Elle est enracinée dans l’Essence divine. Elle est totalement soumise au Divin car Elle Lui est unie. Dévoiler l’Essence de l’âme représente donc le fait d’être totalement soumis à D.ieu.

Enseignements du Rabbi Rayats :
Dans son discours commençant par les mots du verset (Yitro, 20 18) : ‘Et Moché s’approcha du brouillard où était là-bas D.ieu’, le Rabbi Rayats explique la signification profonde des mots de la prière du Chéma selon lesquels nous nous devons ‘d’aimer L’Eternel notre D.ieu, de tout notre coeur, de toute notre âme, et de tout notre pouvoir’.

De fait, un ‘Hassid ne peut vivre sans méditer au fait que la vie qui l’anime à chaque instant lui est dispensée par D.ieu. Cette idée doit le pénétrer au plus profond de lui-même. C’est-à-dire que cette idée doit toucher, influencer, et transformer, la partie la plus basse et la plus grossière de son être, laquelle n’est autre que son âme animale.

En effet, chaque Juif se doit de réaliser l’injonction selon laquelle ‘nous devons aimer D.ieu avec nos deux penchants’. Aussi, il convient d’expliquer à notre âme animale, qu’il est insensé de s’attacher aux plaisirs de ce monde car ils sont totalement dénués de Divin.

Un ‘Hassid s’efforce continuellement de faire comprendre à son âme animale la valeur et l’importance des Commandements divins. Il lui parlera longuement du bien véritable et de la profonde joie qu’elle connaîtra, lorsqu’elle commencera à aimer D.ieu. Ainsi, lorsqu’il parvient à convaincre l’âme animale de tout cela, il réalise l’injonction ‘d’aimer l’Eternel notre D.ieu de tout notre coeur’, avec nos deux penchants, avec notre âme divine, et avec notre âme animale.

Cependant notre travail ne s’arrête pas là, et dans son discours le Rabbi Rayats explique que nous devons atteindre le second niveau en aimant D.ieu de ‘toute notre âme’.

Cet amour exprime le désir qui doit nous animer après la prière du matin. Le désir que la Sainteté divine éclaire par la force de la lumière de la Torah les forces de notre âme, l’intellect et les sentiments, ainsi que ses vêtements, la pensée la parole et l’action.
Puis, enfin, vient le niveau le plus élevé qui n’est autre que celui ‘d’aimer L’Eternel notre D.ieu de tout notre pouvoir’. Rabbi Yossef-Itz’hak écrit que cet amour, qui ne connaît pas de limites, naît lorsque l’on médite au fait ‘qu’aucune pensée ne peut appréhender l’Essence divine’.

Aussi, du fait qu’il est impossible de saisir l’Essence divine au moyen des forces de l’intellect, le Rabbi demande par quelle force et par quel moyen un Juif attire-t-il un amour aussi grand et aussi illimité en son âme ?

‘L’amour de tout ton pouvoir’ découle de l’Essence de l’âme, laquelle est enracinée dans l’Essence divine. Le Rabbi nous enseigne que la révélation de l’Essence divine dans l’âme est réalisée au moyen des 5 sens (et plus particulièrement par la vision).

La ‘sens-ibilité’ d’une personne est liée à ses sens, et c’est la raison pour laquelle un être sensible possède des aptitudes particulières qui ne dépendent absolument pas de l’intellect et de la raison, car l’Essence se révèle, non pas dans les forces de l’âme, mais dans les 5 sens.

Une personne aux mains sensibles (douée de ses mains), même si elle ne connaît pas les techniques du métier, est capable grâce à sa sensibilité d’accomplir avec ses mains des choses remarquables.

Le Rabbi écrit également que ‘l’Essence même du plaisir se révèle dans les sens’. Il donne à ce sujet l’exemple d’une très belle musique qui a pour effet sur l’âme, qu’en l’écoutant elle connaît un tel amour et une telle extase qu’elle est à même de quitter le corps.

C’est là le point essentiel de cet enseignement du Rabbi, du fait qu’ils ont le pouvoir de réveiller et d’intensifier les forces de l’âme, les 5 sens détiennent le pouvoir d’ajouter considérablement à notre amour et à notre crainte de D.ieu. C’est ici que l’on peut établir un lien entre l’enseignement du Rabbi Rayats et celui de son gendre, le Rabbi.

‘Dans le Dvar Mal’hout sur la Paracha Balak’ :
A travers les enseignements du Rabbi nous comprenons que nous ne pouvons absolument pas nous suffire de l’aspect superficiel de la réalité. Au contraire, le regard et le comportement que nous devons adopter est celui de nous attacher profondément aux enseignements du Rabbi afin de toujours percevoir le contenu profond des évènements que nous vivons. L’étude de la partie profonde de la Torah nous donne à voir la profondeur de la Réalité afin que nos pensées nos paroles et nos actes s’inscrivent dans le projet divin qui n’est autre que le dévoilement de l’Essence de D.ieu.

Percevoir le contenu profond de chaque chose est une priorité dans notre mission de faire de ce monde une demeure pour D.ieu. C’est la raison pour laquelle dans le Dvar Mal’hout de la Paracha Balak, le Rabbi écrit que nous devons ajouter dans notre étude des sujets du Machia’h et de la Guéoulah, afin de vivre véritablement ces sujets de manière profonde. le Rabbi nous demande donc d’ajouter dans notre étude des sujets du Machia’h et de la Guéoula car de cette façon nous pourrons vivre véritablement ces sujets de manière profonde, ainsi qu’il est écrit dans le Dvar Mal’hout sur notre Paracha : ‘L’intellect doit être pénétré de ces sujets, et la lumière de notre compréhension doit également se répandre et pénétrer nos sentiments dans le cœur, jusqu’à atteindre notre action concrète, nos pensées nos paroles et nos actes.’

Le Rabbi Rayats a expliqué que l’âme divine et l’âme animale doivent être animées d’une même sensation. Chacune doit ressentir qu’elle est encore éloignée de D.ieu, tant que le Machia’h n’est pas encore là. Le Rabbi déclare que l’on parvient à aimer D.ieu ‘de tout son pouvoir’ précisément grâce à l’âme animale, car lorsque celle-ci parvient à aimer D.ieu, elle élève l’âme divine à un niveau qu’elle n’aurait pu atteindre seule, sans la participation de l’âme animale. C’est la signification du verset ‘De ma chair je verrais D.ieu’, car ce verset signifie que c’est par la transformation de l’obscurité de l’âme animale (‘ma chair’) en lumière, qu’un Juif atteint l’Essence divine (‘je verrais D.ieu’).

A la lumière de ce qui vient d’être dit, nous comprenons que notre travail qui consiste à transformer l’obscurité en lumière, implique d’éveiller nos sens, afin que ceux-ci éveillent à leur tour et renforcent notre crainte et notre amour de D.ieu.

Du fait que l’Essence divine se révèle précisément dans la vue, l’ouïe, l’odorat, le toucher, et le goût, nous comprenons par exemple, l’attention particulière que le Rabbi donne aux Niggunim, ou à celle de regarder les mots de la prière lorsque nous les prononçons. Le Rabbi Rayats écrit ‘qu’un Juif a la capacité (le ‘Houch) de ressentir très profondément le Divin au moyen de la force de la Emounah’.
C’est précisément par une totale soumission à D.ieu que l’on parvient à dévoiler l’Essence divine, et au Rabbi de nous enseigner que ‘l’Essence même du plaisir se dévoile plus dans la vision que dans tous les autre sens’.

Peut-être que cela est dû à la petitesse de la dimension de la pupille de l’œil, qui n’est pas sans évoquer la soumission la plus totale vis-à-vis de l’Eternel, conformément à l’enseignement de l’Admour Hazaken, selon lequel ‘L’Eternel ne réside que dans un endroit qui lui est parfaitement soumis’.

 

Texte et Audio : Kora’h-‘Houkat à la lumière du Dvar-Mal’hout – Rav Yaacov Abergel

Texte et Audio : Kora’h-‘Houkat à la lumière du Dvar-Mal’hout – Rav Yaacov Abergel

Un grand Mazal Tov pour les fiançailles de Raphaël ben Aaron et Sim’ha ha-Cohen et Esther,
et pour la réussite de Ouriel ben Aaron et Simha ha-Cohen

 

Kora’h :

Le mot hébreu ‘Hok signifie ‘décret’. Il désigne une loi divine qui échappe totalement à notre compréhension. Il n’en demeure pas moins que nous devons à l’évidence obéir à ce décret, à l’accomplir, car même s’il échappe à notre compréhension il s’agit de la Volonté bénie de D.ieu. Aussi, en obéissant à un tel décret, l’occasion nous est donnée d’exprimer notre attachement à D.ieu, du lien qui nous unit à Lui et qui dépasse totalement l’intellect et la raison. Poursuivre et désirer D.ieu au point d’agir uniquement selon Son désir, et en faisant totalement abstraction de nous-même, de nos propres désirs et même de notre compréhension. Sans les ‘Houkim’, il aurait été impossible d’exprimer notre attachement à D.ieu qui est au-delà de notre raison et de notre intellect.

Dans le Dvar-Mal’hout sur la Paracha Kora’h, le Rabbi nous enseigne que Kora’h avait parfaitement conscience de ce niveau de l’âme Juive qui dépasse la raison et l’intellect, mais sa grande erreur fut de se limiter à la Pensée et à la Parole. Kora’h n’a pas reconnu la valeur de l’Action. Le Rabbi explique l’attitude de Kora’h en nous donnant la signification profonde des lettres de son nom.

Kora’h est composé par les lettres ‘Kouf’, ‘Rèch’, ‘Hèt’.
Les lettre ‘Kouf’ et ‘Het’ composent le mot ‘Hok’ qui signifie ‘décret’. Comme il vient d’être expliqué, un Juif accomplit les décrets divins avec une totale soumission, c’est à dire sans faire intervenir l’intellect. Il possède donc cette qualité de l’âme qui lui permet d’agir avec une inébranlable détermination. Il agit tout simplement parce que c’est la Volonté de D.ieu et que son âme fait Un avec Lui. Kora’h, possède les deux lettres du mot ‘Hok (‘Hèt et Kouf) et cela nous montre qu’il possède lui aussi cette qualité des enfants d’Israël ; cependant, la deuxième lettre de son nom, ‘Réch’, représente la faiblesse de Kora’h :

L’axe horizontal de la lettre Rèch correspond à la Pensée, et son axe vertical correspond à la Parole, mais il manque à la lettre Rèch le troisième axe qui correspond à l’action. Il manquait donc à Kora’h une chose essentielle : l’Action.

‘Houkat :

En 5751, le Chabbat de la Paracha ‘Houkat tombait le 10 Tamouz. Le Chabbat correspond au septième jour de la semaine, et le 10 Tamouz correspond au dixième jour du mois. Dans le Dvar-Mal’hout, le Rabbi nous donne donc la signification du chiffre 7 et du chiffre 10.

*Le compte des jours de la semaine :
De façon générale, le Rabbi explique que ‘le compte d’après les jours de la semaine’, de manière profonde, correspond à la Création du monde par D.ieu, du fait que le monde a été créé en 6 jours et que L’Eternel S’est reposé le septième jour. Ainsi, ces 7 jours correspondent aux 7 Midoth du monde d’Atsilout.

*Le compte des jours du mois :
Le ‘compte des jours du mois’ correspond au travail de l’homme. En effet, le mot hébreu ‘Hodèch’ (‘Mois’) s’apparente au mot ‘Hidouch (‘Nouveauté’).

‘Hodech désigne donc la nouveauté que l’homme apporte par le travail qu’il accomplit dans ce monde, sa participation à l’œuvre de la Création réalisée par D.ieu.

Le ‘compte des mois’ correspond au chiffre 10 car ce chiffre englobe (en plus des 7 Séfirot qui sont à l’origine de la Création du monde) les 3 Séfirot supérieures qui sont au-delà de ce monde : les 3 Mo’hin de ‘Habad (‘Ho’hmah, Binah, Daat).

Ainsi, le Rabbi nous enseigne que la mission de chaque Juif consiste à ‘apporter la nouveauté à ce monde’ (créé au moyen des 7 Midoth du monde d’Atsilout) ‘en le menant à la perfection du chiffre 10’, en dévoilant les 3 Mo’hin de ‘Habad. Lla perfection de ce dévoilement spirituel qui aura lieu dans les temps messianiques se réalisera aussi matériellement, par l’acquisition des Terres de ‘Kini’ ‘Knizi’ et ‘Kadmoni’, qui correspondent aux attributs divins de ‘Ho’hmah Binah et Daat.

Ainsi, le chiffre 7 représente le niveau du divin qui s’habille dans le monde (‘Hessed, Gvurah, Tiféreth, Nétsa’h Hod Yessod Mal’hout), et le chiffre 10 représente le niveau du divin qui est au-delà de ce monde (‘Ho’hmah, Binah, Daat).
Du fait que le chiffre 7 est lié à la Création du monde (qui ne dépend que de D.ieu), et qu’à l’opposé, le chiffre 10 évoque le travail de l’homme et l’ajout qu’il apporte à la Création, le Rabbi nous donne différentes significations que l’on peut donner à ces deux chiffres :

*Le chiffre 7 représente la Torah écrite car celle-ci provient de D.ieu.
*Le chiffre 10 représente la Torah orale, car celle-ci provient de l’homme.
*Le chiffre 10 représente le travail de l’âme telle que celle-ci désire s’élever au-dela de ce monde et des limites qu’il nous impose.

Lorsque l’âme tend à s’élever au-delà des limites du corps, afin d’atteindre le divin illimité. C’est le mouvement de l’âme appelé : ‘Ratso’.
*Le chiffre 7 représente le mouvement de l’âme appelé ‘Chov’. C’est le travail du haut vers le bas, que l’âme accomplit précisément lorsqu’elle s’habille dans le corps, et qui consiste à attirer les lumières célestes supérieures, ici-bas dans ce monde inférieur.

Le lien entre Kora’h et ‘Houkat : révéler la force de l’Essence de l’âme dans l’action concrète :
Comme nous venons de le mentionner au sujet de la Paracha Kora’h, le Rabbi nous enseigne que Kora’h avait parfaitement conscience de la force de l’âme qui dépasse la raison et l’intellect, mais sa grande erreur fut de limiter le dévoilement de cette force supérieure à la pensée et à la parole. Il manquait à Kora’h la force de l’Action.

Le Rabbi souligne donc ici que le travail des enfants d’Israël consiste à unir le niveau du chiffre ‘7’ au niveau du chiffre ’10’. Unir ‘Ratso’ à ‘Chov’ : ‘La perfection du travail consiste à l’union des 2 ensemble : en même temps que la volonté de l’âme de quitter le corps doit demeurer le travail de l’âme dans le corps, et le désir de l’âme de quitter le corps ne doit pas être dissocié du sentiment d’agir pour dévoiler le divin ici-bas (dans le corps, et dans le monde)’.

Dans le discours ‘hassidique ‘Vé Atah Tetsaveh’, le Rabbi explique longuement que ‘Atsmouth’ (‘l’Essence divine’) ‘transcende toutes les divisions’ et détient donc le pouvoir de s’unir avec les forces limitées de l’âme, de faire de ce monde (‘7′) le réceptacle de l’Essence divine (’10’), ainsi qu’il est écrit (‘Vé Atah Tetsaveh’, chapitre 11) : ‘Par le travail de Moché et par celui des enfants d’Israël même les forces dévoilées de l’âme s’unissent à l’Essence de l’âme’.

Dans l’ouvrage intitulé ‘la Hassidout, étude et enseignement’, (édition du Beth Loubavitch), le Rabbi Rayats rapporte cette histoire du Baal-Chem-Tov :

‘A l’époque de notre Maître le Baal Chem Tov, une communauté Juive fut menacée de destruction, ce qu’à D.ieu ne plaise. Le Baal chem Tov mesura la gravité de la situation et, pendant Roch Hachana et Yom Kippour, multiplia les prières et les supplications.
Pendant la prière de la Neïla, ses saints disciples, considérant sa prière, comprirent que l’accusation portée était particulièrement grave. A leur tour, ils se concentrèrent dans leurs prières et dans leurs supplications, entrecoupées de sanglots déchirants qui émanaient du fond de leur cœur.

Lorsque les présents, hommes et femmes, virent le Baal Chem Tov et ses disciples se concentrer dans la prière, lorsqu’ils les entendirent crier et gémir amèrement, pleurer et implorer, ils en eurent le cœur brisé et, à leur tour, pleurèrent durant leur prière.
Depuis quelques années, un jeune villageois venait passer les jours redoutables dans la synagogue du Baal Chem Tov. Etant totalement ignorant, il restait debout, se contentant d’écouter l’officiant sans prononcer un mot.

Ce villageois connaissait parfaitement le cri des animaux, chèvres, moutons, oiseaux, volaille. Mais d’entre tous, il préférait le chant du coq. Considérant l’émotion qui étreignait la synagogue, entendant les pleurs et les terribles cris des hommes et des femmes, il eut, lui aussi, le cœur brisé, et, à son tour, se mit à hurler : ‘Cocorico, Eternel, aie pitié !’.

Lorsque le cri du coq retentit dans la Synagogue, les hommes eurent peur et les femmes furent saisies de panique. L’un des présents, qui se tenait près de lui, lui intima l’ordre de se taire et l’on voulut même le renvoyer.
Il dit alors : ‘Je suis un Juif moi aussi et votre D.ieu est le mien !’.

Le vieux bedeau, Reb Yossef Youzpa, calma les esprits et demanda au jeune villageois de rester à sa place.
Quelques instants après cet incident, on entendit la voix du Baal Chem Tov, puis celle de ses disciples. Tous achevèrent très vite la prière silencieuse de la Neïla. Le visage du Baal Chem Tov était alors rayonnant de joie.

Avec un plaisir particulier, le Baal Chem Tov commença la prière de l’officiant et, particulièrement ému, il prononça les versets proclamant l’Unité de D.ieu, ‘Ecoute Israël, L’Eternel est notre D.ieu, L’Eternel est Un’, ‘Beni soit le Nom de l’honneur de Son règne pour l’Eternité’, ‘L’Eternel est D.ieu’.

Par la suite, notre Maître, le Baal Chem Tov, entonna des chants joyeux.

Durant le repas que le Baal Chem Tov partagea avec ses disciples, à l’issue de Yom Kippour, il leur raconta, par le détail, l’accusation qui était portée, ce qu’à D.ieu ne plaise, à l’encontre d’une communauté Juive. Il se concentra donc dans sa prière afin d’invoquer la miséricorde divine.

On examina les actions de ces villageois, et je compris que la situation était très difficile. Ma position était particulièrement défavorable. Puis, tout à coup, retentit dans les cieux le cri de cet intègre villageois : ‘Cocorico, Eternel aie pitié !’. Ces mots purs causèrent du plaisir jusque dans les sphères célestes les plus élevées. Dès-lors, les accusations portées contre cette communauté et contre moi-même disparurent’.

D’une certaine manière, cette histoire du Baal-Chem-Tov illustre les enseignements du Rabbi dans le Dvar Mal’hout. La mission de chaque Juif consiste à unir le chiffre ‘7’ qui représente le niveau de la lumière divine qui s’habille dans le monde, au chiffre ’10’ qui représente la lumière divine qui est au-delà de ce monde (qu’un Juif dévoile au moyen des 10 forces de son âme).

Le personnage du jeune villageois qui venait passer les jours redoutables dans la synagogue du Baal Chem Tov est décrit comme une personne ‘totalement ignorante, qui restait debout, se contentant d’écouter l’officiant sans prononcer un mot’. Cependant, c’est précisément le cri de l’intègre villageois au cœur brisé qui retentit dans les cieux. Ce sont précisément ses mots purs qui causèrent du plaisir jusque dans les sphères célestes les plus élevées, et qui annulèrent toutes les accusations portées contre une communauté, et contre le Baal-Chem-Tov lui-même.

La raison à cela est que la simplicité apparente du jeune villageois cache en réalité la qualité de l’Essence divine. Le Rabbi souligne à de très nombreux endroits que chaque Juif est lié à D.ieu d’un lien essentiel. L’âme Juive, d’un porteur d’eau, et d’un coupeur de bois, jusqu’au plus érudit, est enracinée dans l’Essence divine : ‘je suis un Juif moi aussi et votre D.ieu est le mien !’.

Ainsi, l’apparente ‘ignorance’ du jeune villageois exprime en réalité que son cri ‘Cocorico’ provient du niveau de l’âme qui dépasse totalement la raison et l’intellect. De fait, la ‘Hassidout nous enseigne que les mots sont beaucoup trop petits pour contenir ce qui les dépasse, pour contenir la lumière d’un cri qui provient de la profondeur du cœur (‘Oumka de Liba’).

Ce cri qui provient de la profondeur du cœur brisé d’un Juif a le pouvoir de retentir dans les cieux les plus élevés car il provient de l’Essence de l’âme. La force de l’Essence de l’âme a le pouvoir de briser toutes les limites, aussi, notre histoire reflète les deux formes de notre service divin. L’assemblée des fidèles qui prient dans la Synagogue du Baal Chem Tov symbolise le travail que l’on accomplit au moyen des forces de notre âme telles que celles-ci s’habillent dans le corps et demeurent donc malgré tout limitées. De ce fait, cette assemblée est à l’image du chiffre ‘7’, qui, comme il a été expliqué, représente le niveau de la lumière divine qui s’habille dans le monde. A l’opposé, le cri du jeune villageois représente la force de l’Essence de l’âme, le chiffre ’10’, qui évoque la lumière divine qui est au-delà de ce monde que le jeune villageois dévoila en poussant le ‘cri du coq’.

Dans le Dvar Mal’hout, le Rabbi déclare que ce Chabbat septième jour de la semaine qui tombe le dixième jour du Mois nous donne la force d’unir ce qui est au-delà du monde (‘le chiffre 10’) avec le monde lui-même (‘le chiffre 7’).

Le ‘cri du coq’ du villageois s’ajouta aux prières des fidèles, et de la même façon nous devons ajouter à notre service divin naturel la force du ‘cri’ qui provient de l’Essence de notre âme, dans nos pensées nos paroles et dans nos actes. Dans ce cas nous aurons le mérite de provoquer le dévoilement de notre Juste Machia’h, dès-à-présent avec l’aide de D.ieu, conformément à la déclaration du Rabbi précédent, le Rabbi Rayats :

‘Lorsqu’un Juif parvient à dévoiler la force de l’Essence de l’âme dans la partie de l’âme qui s’habille dans le corps (l’intellect, les sentiments et l’action) alors les actions de cet homme et sa prière ‘inscrivent une empreinte dans le ciel ‘ dont l’effet est de provoquer un dévoilement divin dans ce monde matériel’.

 

Kora’h  « La communauté et l’individu »  : Likouté Si’hot volume 33, Si’ha sur Kora’h

Kora’h « La communauté et l’individu » : Likouté Si’hot volume 33, Si’ha sur Kora’h

Au plus fort de la querelle de Kora’h, Moché fait une requête spéciale à D.ieu. Dans le verset 16:15 du livre de Kora’h, Moché, fort irrité, dit à D.ieu : « Ne Te tourne pas vers leur offrande (oblation) ! Je n’ai jamais pris à un seul d’entre eux son âne, je n’ai jamais fait de mal à un seul d’entre eux ».

Rachi commente ce verset en expliquant que Moché demande à D.ieu de ne pas accepter l’offrande d’encens que les rebelles apporteront le lendemain. Moché sait que ces rebelles ont une part dans les offrandes perpétuelles de la collectivité, mais il souhaite que D.ieu n’accueille pas favorablement leur part et que le feu ne la consume pas.

Dans le développement de l’histoire, on analyse la première réaction de Moché à cette querelle. Dans les versets 16:6-7, Moché demande à Kora’h et à son parti de se munir d’encensoirs et de mettre du feu et du parfum dedans devant D.ieu. Il leur dit que celui que D.ieu choisira sera celui qui est saint. Rachi explique que Moché propose aux rebelles de s’adonner au service éminent de la combustion de l’encens, qui est une offrande particulière, mais il leur rappelle également que cette offrande a été la cause de la mort de Nadav et Avihou.

Moché tente ensuite de calmer la situation en disant à Kora’h dans le verset 16:8 : « …est-ce donc peu, pour vous, que le D.ieu d’Israël vous ait distingués de la communauté d’Israël, en vous admettant auprès de lui pour faire le service du tabernacle divin, et en vous plaçant en présence de la communauté pour la servir ? ». Moché envoie chercher Dathan et Aviram, mais ils refusent de se présenter.

Le texte continue en expliquant que Moché demande à D.ieu de ne pas prêter attention à Kora’h et à son groupe, ni à leurs offrandes. Cette demande est faite en raison de leur persistance dans leur rébellion, ce qui pousse Moché à demander une punition plus radicale.

Le texte se poursuit en évoquant l’idée que Moché savait que les rebelles avaient une part dans les offrandes perpétuelles. Dans le midrash Bamidbar Rabba Kora’h 18:10, Moché déclare devant D.ieu qu’il sait qu’ils ont une part dans cette offrande qu’ils apportent, se référant à l’offrande quotidienne du Tamid.

Selon Rachi, ce qui vaut moins d’une Perouta n’est pas considéré comme étant « à soi ». Il modifie donc le texte du midrash et explique que les rebelles ont une part dans les offrandes quotidiennes, celles de toute l’année, car la part de toute l’année a une valeur supérieure à une Perouta.

Le texte approfondit ensuite la question de savoir si un sacrifice collectif peut appartenir à un individu. Selon le Likouté Si’hot, la définition d’une « collectivité » ne se limite pas à une simple association d’individus, mais elle crée une nouvelle entité dans laquelle les individus ne sont plus considérés individuellement, mais indissociables. Ainsi, un sacrifice collectif ne peut jamais être détaché de sa relation avec l’individu qui l’a offert, en tout ou en partie.

Dans ce contexte, Moché précise « je sais qu’ils ont une part… » pour souligner que la part des rebelles dans les offrandes perpétuelles ne peut être dissociée d’eux. Moché, en tant que chef de la génération, est capable de relier les qualités de la communauté et de l’individu, et il sait comment gérer cette relation complexe.

Cet enseignement trouve également un lien avec le 3 Tamouz, qui marque à la fois la libération du Rabbi précédent et la Hilloula du Rabbi actuel. Le Likouté Si’hot souligne que le Rabbi, dans ses actions et son engagement envers le judaïsme, a réussi à concilier l’attention portée à l’ensemble du peuple juif et celle portée à chaque individu. Il était capable de se dévouer au bien-être matériel et spirituel de chaque personne, tout en travaillant pour la délivrance collective et individuelle de la communauté.

Ainsi, cet enseignement souligne l’importance de l’engagement du leader envers la communauté tout en prenant soin de chaque individu. Le Rabbi transmet cette qualité à ceux qui marchent dans ses voies, contribuant ainsi à la délivrance collective et individuelle du peuple juif.

Texte et Audio : Chela’h et Kora’h à la lumière du Dvar-Mal’hout – Rav Yaacov Abergel

Texte et Audio : Chela’h et Kora’h à la lumière du Dvar-Mal’hout – Rav Yaacov Abergel

 

Chela’h :

La lecture de la Torah du Chabbat de la Paracha Chela’h a pour sujet l’histoire des explorateurs qui furent envoyés par Moché en Erets Israël, et la Haftara que nous lisons juste après, raconte l’histoire des explorateurs que Yéochoua envoya par la suite en Erets Israël.

Dans le Dvar Mal’hout sur la Paracha Chela’h, le Rabbi établit la différence entre les forces de l’âme et l’Essence de l’âme à travers les différences qui existent entre la mission des explorateurs de Moché et la mission des explorateurs de Yéochoua.

*Les explorateurs de Moché sont au nombre de douze. De manière profonde les 12 princes des tribus que Moché envoya pour explorer la Terre d’Israël représentent les forces de la partie de l’âme qui s’habille dans le corps, car de même que l’âme vivifie chaque membre du corps (l’intellect dans le cerveau, les sentiments dans le cœur, la force de la vision dans les yeux.) les explorateurs de Moché visitèrent chaque partie du ‘corps’ que représente la Terre d’Israël.

*A l’opposé du chiffre 12 qui représente comme il vient d’être dit la ‘Hit’halkout’ (la pluralité, la division) le nombre des explorateurs de Yéochoua fut de 2, chiffre qui représente la ‘A’hdout’ : ‘l’Unité’.

Les explorateurs de Yéochoua sont donc une allusion à l’Essence de l’âme, du fait que le caractère de ‘l’Essence’ est celui de l’Unité qui est au-delà de toutes formes, de toutes divisions. L’Essence de l’âme Juive peut être définie comme le ‘point divin’ qui échappe à toutes les limites. Pour cette même raison les deux explorateurs sont décrits dans le texte de la Haftarah comme étant ‘deux hommes simples’ car la simplicité est précisément la qualité de l’Essence divine, laquelle est indivisible.

Ainsi, la mission des explorateurs de Moché correspond au service divin que l’on accomplit au moyen des forces de l’âme qui s’habillent dans le corps, et la mission des explorateurs de Yéochoua correspond au service divin que l’on accomplit par la force de l’Essence de l’âme.

Le Rabbi traita du sujet du dévoilement de l’Essence de l’âme dans les forces de l’âme qui s’habillent dans le corps dès le premier jour de son investiture officielle en tant que Rabbi et dirigeant de ‘Habad. Dans la première Si’ha qu’il prononça ce jour-là, le Rabbi souligna la différence qui existe entre les forces de la partie de l’âme qui s’habille dans le corps (l’intellect, les sentiments, et l’action), et les forces de la partie de l’âme qui ne s’habille pas dans le corps (la Volonté qui dépasse la raison et l’intellect, la Emounah).

Dévoiler la force de l’Essence de l’âme c’est faire tout ce qui est en notre pouvoir pour provoquer la Délivrance finale. C’est pour cela que toute la Torah du Rabbi traite du sujet de l’Essence de l’âme Juive et des moyens qui nous sont donnés pour dévoiler sa force dans nos pensées, nos paroles et nos actes, au jour le jour.

Kora’h :

A partir des lettres du nom de Kora’h, le Rabbi délivre un enseignement sur la personnalité de Kora’h, laquelle s’oppose radicalement aux qualités que l’on doit trouver chez un ‘hassid.

Le nom Kora’h est composé par les lettres Kouf Rèch et ‘Hèt. Chacune de ces trois lettres ressemblent à la lettre Hé, laquelle symbolise le côté de la sainteté. Cependant les différences qui existent entre ces trois lettres et la lettre Hé témoignent du fait que ces trois lettres s’opposent au côté de la sainteté.

La lettre Hé est constituée de trois traits, un en haut, un à droite et un à gauche. L’Admour Hazaken explique dans le Torah Or (95a) que le trait d’en haut et celui de droite évoquent la pensée et la parole, et le trait de gauche correspond à l’action.
Ces trois traits s’inscrivent dans un carré et ils définissent une forme parfaitement équilibrée. De ce fait la lettre Hé exprime donc l’équilibre nécessaire entre la pensée, la parole et l’action.

Ainsi, le trait de gauche n’est pas relié aux deux autres, car entre la pensée et la parole d’une part et l’action d’autre part, il doit y avoir un temps d’arrêt. C’est bien là une des qualités d’un ‘hassid car celui-ci prend son temps avant d’agir et il se doit de méditer à l’action qu’il est sur le point d’accomplir afin qu’elle soit conforme à la volonté divine.

Comme il vient d’être dit, les lettres qui composent le nom de Kora’h s’opposent au côté de la sainteté (symbolisé par la lettre Hé) :
La lettre Kouf ressemble à la lettre Hé car le Kouf est lui aussi constitué de trois traits, un en haut, un à droite et un à gauche. Comme pour la lettre Hé le trait d’en haut est relié à celui de droite, mais contrairement au trait de gauche du Hé le trait gauche du Kouf (qui correspond à l’action) est très long.

Le Rabbi explique que le trait gauche du Kouf descend très bas en un endroit que le trait droit n’atteint pas et évoque la personne qui s’investit dans le monde matériel au-delà de toute mesure. De fait la lettre Kouf est le contraire du Hé et désigne celui qui consacre tout son temps au travail sans fixer de temps pour l’étude de la Torah.

Il apparait dans ce cas que la lettre Kouf est liée à l’autre côté de la sainteté car même les actions dans les domaines permis ne doivent pas empièter sur le temps fixé pour étudier la Torah. Il est en effet expliqué dans le Tanya (chapitre 36, 37) que « l’acte est essentiel » et le Rabbi (Chabbat Parachat Kora’h, 5724-1964 et 5727-1967) nous enseigne donc que la demeure de D.ieu dans ce monde est bâtie, non pas seulement en étudiant la Torah par la pensée et la parole mais aussi en mettant en pratique les Mitsvoth d’une manière concrète.

Par ailleurs le Tséma’h Tsédek (Séfer ha-Likoutim, parachat Reeh) explique que la barre du Kouf ‘qui descend très bas, ‘en un endroit que le trait droit n’atteint pas’, évoque le verset : ‘Ses pieds descendent vers l’endroit de la mort’ et ce n’est pas sans évoquer le sort de Kora’h et de tous les hommes de son assemblée dont il est dit qu’ils furent tous avalés par la terre pour avoir « offensé l’Eternel’ et s’être opposés à Moché.

La deuxième lettre du nom de Kora’h est la lettre Rèch. Cette lettre ressemble également à la lettre Hé. La seule différence entre les deux est l’absence du trait de gauche qui correspond à l’action. La lettre Rèch s’oppose ainsi à l’action concrète, à l’affirmation selon laquelle « l’acte est essentiel ».

Par ailleurs, le fait qu’il manque à la lettre Rèch un seul petit point pour que celle-ci devienne un Hé n’est pas sans exprimer que le Rèch du nom de Kora’h appartient à l’autre côté de la sainteté. En effet ce petit point manquant est semblable à la lettre Youd qui est la plus petite des toutes les lettres de l’alphabet et qui symbolise pour celà la qualité de la soumission et celle de l’humilité. Ces deux qualités manquaient à Kora’h de par l’opposition évidente qu’il manifesta à l’égard de Moché. Le Rabbi écrit en effet au sujet de Kora’h « qu’il désirait le contraire de la paix, introduite par la Torah…Il voulait la controverse… ».

Il est aussi rapporté dans le Séfer ha Harakhim ‘Habad (du Rav Yoël Kahn et du Rav ‘Haïm Dov Beer Lipsker) que le Rèch est la première lettre du mot Roch (la tête) et du fait qu’elle est aussi la première lettre du mot Ra (le mal), elle représente la tête des klipoth (la tête des forces du mal), c’est-à-dire la source de la vitalité des klipoth des mondes inférieurs.

La lettre ‘Hèt ressemble beaucoup à la lettre Hé mais il y a une différence entre elles. Le pied gauche du Hé est séparé du trait supérieur, alors que celui du ‘Hèt est relié au trait supérieur.

Le Rabbi conclut de cela l’enseignement suivant : celui qui est soumis à D.ieu ressent en permanence qu’il est séparé de la Torah (comme le pied du Hé qui est séparé du trait supérieur) et il éprouve un désir permanent de connaître l’élévation (voir Discours du Rabbi, Chabbat, Parachat Kora’h 5724 et 5727). Dés-lors nous comprenons que la forme du ‘Hèt, qui ne possède aucune rupture entre le pied gauche et le trait supérieur, évoque bien l’orgueil de celui qui n’a pas conscience de son éloignement de D.ieu. Le ‘Hèt du nom de Kora’h n’est donc pas sans évoquer l’orgueil de Kora’h qui s’est opposé à Moché dont il est dit qu’il est ‘le plus humble parmi tous les hommes’.

Un lien entre la Paracha Chela’h et la Paracha Kora’h :

Dans son ouvrage intitulé ‘Iniana chel Torat-ha’Hassidout’ (chapitre 20) le Rabbi nous enseigne que l’Essence de l’âme qui est enracinée dans l’Essence divine se dévoile précisément lorsqu’un Juif raffine et sanctifie un objet matériel en accomplissant une Mitsvah au moyen de cet objet. Cependant, bien que la manifestation de l’Essence de l’âme se produise à travers l’observance active des Mitsvoth, il demeure que ‘l’effusion de l’Essence dans les actes accomplis est tributaire des ressources intérieures humaines, intellectuelles et émotionnelles’. C’est pour cette raison que l’amour et la crainte sont appelés ‘les voies de D.ieu’.

Le Rabbi donne un parallèle à ce phénomène dans le pouvoir de l’Essence divine ‘dont l’existence ne provient que d’elle-même’. Bien que ce pouvoir se caractérise tout particulièrement par la création d’un être physique, il n’en demeure pas moins que l’effusion de ce pouvoir essentiel en un être indépendant ne se réalise qu’à travers la ‘Lumière’. La Lumière étant l’intermédiaire entre ‘l’existence vraie’ et ‘l’existence créée’. Ainsi par l’entremise de la Lumière, le pouvoir de l’Essence peut porter à l’existence un ‘objet’ à partir du véritable néant (Maamar Ye’hayénou, 5694). De la même façon l’effusion de l’Essence dans les actes accomplis est tributaire de l’amour et de la crainte de D.ieu.

D’après les enseignements du Rabbi dans le Dvar-Mal’hout, le contenu profond de la Paracha Chela’h est celui du dévoilement des forces les plus profondes de l’âme Juive et le contenu profond de la Paracha Kora’h est celui de l’importance de l’action dans notre service divin. Dans son ouvrage intitulé ‘Iniana chel Torat-ha-‘Hassidout’ le Rabbi nous enseigne que l’Essence de l’âme Se dévoile précisément au moyen de l’action concrète, c’est à dire lorsque l’on accomplit un Commandement divin et que l’on sanctifie un objet matériel. Le Rabbi souligne cependant que ‘l’effusion de l’Essence dans les actes accomplis est tributaire de l’amour et de la crainte de D.ieu’.

Le 2 mars 1961 (Pourim 5721) Le Rabbi de Loubavitch déclara :
« Ecoute, il y a une terre désolée qui est spirituellement sous-développée. Il y a des juifs là-bas qui ne savent même pas qu’il leur manque quelque chose…Va chez le Juif qui est dans un tel besoin, sois là-bas un jour, une semaine, un mois, une année, dix ans. D.ieu a assez d’années à partager, autant d’années que le travail demande, il te donnera ».

Cette déclaration du Rabbi peut servir de synthèse des différents enseignements que nous avons rapportés ici. Certes notre mission de purifier la Terre d’Israël consiste d’abord à nous purifier et a sanctifier la part du monde qui nous a été assignée, mais le Rabbi vient ici pour nous rappeler qu’il existe ‘une terre désolée ou vivent des Juifs qui ne savent même pas qu’il leur manque quelque chose’.

 

Chela’h – La crainte des explorateurs : Un choix entre le matériel et le spirituel

Chela’h – La crainte des explorateurs : Un choix entre le matériel et le spirituel

Dans les plis du temps ancestral, une histoire se révèle, issue de la Paracha de notre peuple. Les Explorateurs, ces agents du doute, ont jadis porté un regard sombre sur la Terre d’Israël.

« Cette terre est celle qui dévore ses enfants », ont-ils murmuré, « et le peuple que nous y avons aperçu est d’une stature colossale. Les Nefilim, ces enfants d’Anak, y règnent, faisant de nous, simples mortels, de pâles sauterelles dans leur regard. » Ces paroles, inscrites dans le sillage du temps, résonnent encore dans le verset treize du chapitre Chela’h.

Au cœur de ces mots se dessinent les Nefilim, ces géants de l’ancienne époque. Enfants des princes et des juges, selon certaines interprétations, ou bien envoyés divins selon d’autres, ils étaient connus pour leur stature imposante et leur grandeur. Mais derrière ce grand nom se cache une autre vérité. Le terme « Nefilim » en hébreu signifie « ceux qui sont tombés », allusion à leur chute de la grandeur et à la chute qu’ils ont infligée à l’humanité.

Et la question se pose, au cœur de l’encre et du parchemin : pourquoi ces Explorateurs mentionnent-ils à nouveau ces géants? Ils décrivent déjà une terre peuplée d’ennemis puissants, de cités fortifiées, et de descendants d’Anak, le géant. Cependant, dans leur deuxième discours, ils ajoutent une information cruciale, transformant la nature de ces géants. Ces Nefilim ne sont plus seulement des géants de chair et d’os, mais des êtres d’un genre différent, descendants des anges tombés du ciel.

Calev, lui, tente de faire taire le tumulte, de réconforter le peuple en rappelant les miracles accomplis par Moché. « Montons, prenons possession de cette terre, car nous serons vainqueurs », clame-t-il. Pourtant, ces paroles sont balayées par le vent du doute, car ces hommes voient dans ces géants des adversaires plus puissants qu’eux, plus puissants même que Dieu, si l’on ose prononcer de telles paroles.

Ces anges révoltés, ceux qui ont osé défier la volonté divine, étaient liés à la génération d’Enoch. Dans cette époque, les hommes rendaient un culte idolâtre, élevant les mortels au rang de dieux. Ces anges tombés du ciel, descendants des Nefilim, furent épargnés du déluge qui a éradiqué toute existence, une preuve supplémentaire de leur puissance colossale. Même une punition divine n’a pu les atteindre.

Ces Nefilim, nommés Chem’hazaï et ‘Azael, portent des noms qui évoquent destruction et férocité. Ils sont liés à l’histoire des Explorateurs, à leur préférence pour une vie d’isolement dans le désert, consacrée uniquement au service divin, à l’écart des tracas matériels. C’est là que réside leur erreur, cette croyance erronée que la matérialité et la spiritualité sont intrinsèquement opposées, qu’une vie dévouée à Dieu ne peut pas coexister avec les obligations matérielles.

Ces Explorateurs, dans leur rapport terrifiant, ont évoqué la présence des Nefilim, non par hasard, mais en raison du précédent que ces êtres divins déchus avaient établi. En dépit de leurs nobles intentions initiales lors de leur descente sur terre, ces Nefilim n’avaient pas réussi à maîtriser la matérialité de ce monde, causant leur chute. C’est ce même sort que les Explorateurs redoutaient pour eux-mêmes s’ils venaient à entrer en Terre d’Israël.

Cependant, Yehochoua et Calev ont répliqué avec force et foi. « Si l’Éternel nous désire, Il nous fera entrer dans ce pays et nous le livrera! … Ne craignez pas le peuple de ce pays, car ils seront notre pâture… » Proclame-t-ils. Contrairement aux anges déchus, les enfants d’Israël ont une place spéciale dans le cœur de Dieu. L’âme juive, étant une « partie du D.ieu suprême, littéralement », possède une puissance qui surpasse celle des anges. Elle a le pouvoir de relier les contraires, le matériel et le spirituel, la matière et l’esprit.

Ainsi, les enfants d’Israël n’ont pas à craindre le « peuple de ce pays ». Au contraire, « ils seront notre pâture », car ils ont le pouvoir non seulement de survivre dans ce monde, mais aussi de le transformer, de le raffiner, d’en faire une demeure digne de Dieu. Les enfants d’Israël ne sont pas des anges tombés, mais des serviteurs ascendants, déterminés à unir le matériel et le spirituel en une harmonie divine.

Ce récit, avec ses nuances de crainte et d’espérance, de doute et de foi, est en fait plus qu’une histoire d’explorateurs et de géants. C’est une histoire de l’humanité et de sa quête de l’équilibre entre le matériel et le spirituel, la terre et le ciel.

Au fond de nous, il se trouve un explorateur, une âme qui a été envoyée dans le désert de ce monde pour y chercher une Terre Promise. Mais en chemin, nous sommes confrontés à des défis qui peuvent sembler aussi insurmontables que des géants.

Nous avons tous nos propres « Nefilim » : des obstacles qui semblent trop grands pour être surmontés, des problèmes qui paraissent démesurés, des craintes qui nous rabaissent à la taille d’insectes. Les Nefilim peuvent être des problèmes matériels, des luttes spirituelles, des doutes personnels ou des peurs collectives. Ils sont les géants qui nous font douter de notre capacité à conquérir notre Terre Promise.

Comme les Explorateurs, nous pouvons être tentés de céder à la peur, de croire que ces géants sont trop grands pour nous. Nous pouvons être tentés de penser que notre mission est impossible, que notre Terre Promise est hors de portée. Mais nous devons nous rappeler les paroles de Yehochoua et Calev. Nous devons nous rappeler que nous sommes désirés par l’Éternel, que nous avons en nous la puissance de Dieu pour relever tous les défis.

Nous sommes plus que des explorateurs. Nous sommes plus que des conquérants. Nous sommes des âmes divines envoyées dans ce monde pour le transformer, pour en faire une demeure digne de Dieu. Nous sommes des âmes juives, dotées de la capacité de relier le matériel et le spirituel, la matière et l’esprit. Nous sommes appelés à être les maîtres de ce monde, non par la domination, mais par la transformation, en raffinant la terre et en faisant d’elle une demeure pour Dieu.

Alors, ne craignons pas les géants de notre vie. Ne permettons pas à la peur de nous réduire à la taille de sauterelles. Souvenons-nous que nous avons la puissance de Dieu en nous. Souvenons-nous que nous sommes désirés par l’Éternel. Et avec cette conviction, marchons avec courage vers notre Terre Promise.

Behaalote’ha-Chela’h à la lumière du Dvar-Mal’hout – Rav Yaacov Abergel

Behaalote’ha-Chela’h à la lumière du Dvar-Mal’hout – Rav Yaacov Abergel

 (Pour le mérite et la réussite de Itz »hak Tangi)

 

A partir des enseignements du Dvar-Mal’hout, l’union entre le contenu profond de la Paracha Behaalote’ha et celui de la Paracha Chela’h peut être définie de la manière suivante :

Dans la Paracha Behaalote’ha il est question du fait d’habituer le corps et l’âme animale à accomplir les Commandements divins. Ce travail est longuement décrit dans le Livre du Tanya qui est appellé ‘le Livre de l’Homme moyen’ : ‘le Livre du Bénoni’. Les enseignements de l’Admour Hazaken dans ce Livre portent donc essentiellement sur l’action de lutter contre le mal qui est en nous afin d’accomplir toujours la Volonté du Saint béni soit-Il. L’action, beaucoup plus élevée, de transformer le mal en bien n’est pas à la portée de tout le monde. Seulement les Tsaddikim en sont capables. Les Hassidim racontent que l’Admour Hazaken avait écrit un Livre sur le travail des Tsaddikim qui a disparu dans un incendie, cependant, l’œuvre du Rabbi a travers ses enseignements, et tout particulièrement dans le Dvar-Mal’hout, peut être considérée comme le Livre des Tsaddikim que le Rabbi nous a donné afin de parvenir au niveau du Tsaddik.

Dans le Dvar-Mal’hout de la Paracha Behaalote’ha, le Rabbi nous apprend à ‘habituer le corps et l’âme animale à l’accomplissement des Commandements divins afin que cet accomplissement devienne une seconde nature’. Cet enseignement est la première étape pour élever notre service divin. Puis le Rabbi décrit un niveau supérieur, c’est la deuxième étape qui consiste à dévoiler que ‘la véritable réalité de chaque Juif, même son propre corps, est liée au Saint béni soit-Il’

Dans le Dvar-Mal’hout sur la Paracha Chela’h, le Rabbi définit plus précisément ces deux façons de servir D.ieu : la première façon, la première étape qui est liée au travail du ‘Bénoni’, consiste à exploiter les forces de l’âme qui s’habillent dans le corps afin de purifier le corps pour qu’il devienne un réceptacle capable de recevoir le dévoilement des forces de la partie de l’âme qui ne s’habillent pas dans le corps : c’est la deuxième étape : dévoiler l’Essence de l’âme dont la force est de transformer l’obscurité en lumière, et parvenir ainsi au niveau de Tsaddik, avec l’aide d’Hachem.

Behaalote’ha :
‘Quand tu allumeras les lumières vers la face de la Ménorah’, le verset du début de notre Paracha possède de nombreuses explications. Rachi explique dans son commentaire que ‘quand tu allumeras signifie en fait quand tu feras monter’.

Dans le Dvar Mal’hout, le Rabbi fonde son enseignement à partir de cet enseignement de Rachi et du fait que L’Eternel désirait qu’Aaron allume la Ménorah ‘en tenant le feu près de la mèche jusqu’à ce que la flamme monte par elle-même’.

Le corps d’un Juif est précieux aux yeux de l’Eternel et Il désire que nous accomplissions Sa Volonté au moyen des forces de notre âme, et au moyen de notre corps. Cependant, le Rabbi souligne que ‘le corps par lui-même n’est pas lié au service divin et la preuve de cela est que nous devons l’habituer à ce travail, afin que l’habitude devienne une seconde nature’.

En effet, par sa nature, l’âme animale incite l’homme à assouvir constamment des désirs matériels et grossiers, aussi, la mission de chaque Juif consiste à habituer le corps et l’âme animale à la pratique des Mitsvoth et à l’étude de la Torah. En d’autres termes habituer le corps signifie qu’on le rend ‘docile’ aux Commandements en ‘domptant’ peu à peu l’âme animale. Comme on dompte un animal pour lui imposer notre volonté, nous devons forcer notre âme animale à aimer D.ieu. Ce faisant nous réalisons l’injonction divine d’aimer notre D.ieu ‘de tout notre cœur’, c’est à dire ‘avec nos deux penchants’.

Habituer notre mauvais penchant en habituant notre corps à accomplir des Mitsvoth, au point que ‘l’habitude devient une seconde nature’. Dans ce cas la nature du corps et de l’âme animale se transforment peu à peu, et avec beaucoup de travail nous pouvons même parvenir à ‘transformer l’obscurité en lumière’, à l’exemple des Tsaddikim qui raffinent et purifient l’âme animale afin que celle-ci s’unisse à l’âme divine d’un lien parfait.

D’une certaine manière, l’union de la force de l’âme animale avec la force de l’âme divine est comparable à deux flammes qui s’unissent et ne forment plus qu’une seule flamme. Aussi, à la lecture des versets de notre Paracha : ‘Quand tu allumeras les lumières vers la face de la Ménorah…En tenant le feu près de la mèche jusqu’à ce que la flamme monte par elle-même’, nous pouvons expliquer qu’il y a ici une allusion au fait que lorsque l’on habitue le corps à accomplir les Commandements divins : ‘en tenant le feu près de la mèche’, alors la force de l’âme animale s’unit avec la force de l’âme divine et dans ce cas : ‘la flamme monte par elle-même’.

Chela’h :
La lecture de la Torah du Chabbat de la Paracha Chela’h a pour sujet l’histoire des explorateurs qui furent envoyés par Moché en Erets Israël, et la Haftara que nous lisons juste après, raconte l’histoire des explorateurs que Yéochoua envoya par la suite en Erets Israël.

Dans le Dvar Mal’hout sur la Paracha Chela’h, le Rabbi établit la différence entre les forces de l’âme et l’Essence de l’âme à travers les différences qui existent entre la mission des explorateurs de Moché et la mission des explorateurs de Yéochoua.
La mission des explorateurs de Moché correspond au service divin que l’on accomplit au moyen des forces de l’âme qui s’habillent dans le corps, et la mission des explorateurs de Yéochoua correspond au service divin que l’on accomplit par la force de l’Essence de l’âme.

Ainsi, le Rabbi traite du sujet du dévoilement de l’Essence de l’âme dans les forces de l’âme qui s’habillent dans le corps. Le Rabbi traita de ce sujet dès le premier jour de son investiture officielle en tant que Rabbi et dirigeant de Habad. Dans la première Si’ha qu’il prononça ce jour-là, le Rabbi souligna la différence qui existe entre les forces de la partie de l’âme qui s’habille dans le corps (l’intellect, les sentiments, et l’action), et l’Essence de l’âme (qui ne s’habille pas dans le corps).

C’est le dévoilement de la force de l’Essence de notre âme dans notre âme qui provoquera la Délivrance finale et c’est pour cela que toute la Torah du Rabbi traite du sujet de l’Essence de l’âme Juive et des moyens qui nous sont donnés pour dévoiler sa force dans nos actes, au jour le jour.

Les explorateurs de Moché sont au nombre de douze. De manière profonde les 12 princes des tribus que Moché envoya pour explorer la Terre d’Israël représentent les forces de la partie de l’âme qui s’habille dans le corps, car de même que l’âme vivifie chaque membre du corps (l’intellect dans le cerveau, les sentiments dans le cœur, la force de la vision dans les yeux) les explorateurs de Moché visitèrent chaque partie du ‘corps’ que représente la Terre d’Israël.

A l’opposé du chiffre 12 qui représente comme il vient d’être dit la ‘Hit’halkout’ (la pluralité, la division) le nombre des explorateurs de Yéochoua fut de 2, chiffre qui représente la ‘A’hdout’ : l’Unité.
Les explorateurs de Yéochoua sont donc une allusion à l’Essence de l’âme, du fait que le caractère de ‘l’Essence’ est celui de l’Unité qui est au-delà de toutes formes, de toutes divisions. L’Essence de l’âme Juive peut être définie comme le ‘point divin’ qui échappe à toutes les limites. Pour cette même raison les deux explorateurs sont décrits dans le texte de la Haftarah comme étant ‘deux hommes simples’ car la simplicité est précisément la qualité de l’Essence divine, laquelle est indivisible.

Le Rabbi poursuit son enseignement en soulignant que l’endroit où les deux explorateurs de Yéochoua arrivèrent fut Yéri’ho qui est appellé ‘le verrou’ (‘nahoul’), la ‘clef’ de la terre d’Israël. Or, nahoul a la même racine que Neïla, la cinquième prière du jour de Kippour. Pendant cette prière Hachem verrouille les portes de la Synagogue pour S’entretenir en privé avec le peuple d’Israël.
Ce moment est unique, car pendant le temps de la Neïla l’Essence de l’âme de chaque Juif Se dévoile. Ainsi, Yéri’ho (‘nahoul’), la ville dans laquelle parvinrent les deux explorateurs est une allusion à ce dévoilement, et leur mission évoque la révélation de l’Essence de l’âme dans le corps.

Il est écrit dans la Haftarah que les explorateurs de Yéochoua demeurèrent ‘en dehors de la ville’ et il est possible d’établir ici un lien avec l’enseignement de l’Admour Hazaken selon lequel ‘la ville’ est une allusion au corps de l’homme. En effet, dans le livre du Tanya l’Admour Hazaken emploie l’exemple de deux Rois qui luttent pour conquérir une ville pour décrire la lutte qui oppose le bon au mauvais penchant qui désirent tous les deux prendre le contrôle du corps (lui-même comparé à une ville). A la lumière de cet exemple, ‘les deux explorateurs de Yéochoua qui demeurèrent en-dehors de la ville’ font allusion a la partie de l’ame qui ne s’habille pas dans le corps et évoquent donc l’enseignement du Rabbi selon lequel l’Essence de l’âme ne réside pas dans le corps mais dans les quatre coudées qui l’entourent, ‘en dehors de la ville’ : en dehors du corps (voir Iniana chel Torat-ha-‘Hassidout, Chapitre 20).

Il est écrit que les deux explorateurs de Yéochoua ‘agirent en silence’ et il convient ici de se rapporter à l’enseignement du Rabbi Rachab selon lequel ‘la Séfira de Kéter représente 3 choses : le silence l’attente et l’espoir…L’attente et l’espoir que l’Eternel insuffle Sa Sagesse dans notre esprit…’. Plus encore, le Roi David écrit (Téhilim 4, 5) : ‘Tremblez et ne commettez pas de fautes. Méditez en votre cœur, sur votre couche et restez silencieux pour toujours’ et le Pirkeï Avoth enseigne (Chapitre premier, 17) : ‘Shimon le fils de Rabban Gamliel disait : J’ai passé toute ma vie parmi les Sages, et je n’ai rien trouvé de mieux pour le corps que le silence. Ce n’est pas l’étude qui est essentiel mais l’action. Celui qui augmente ses paroles occasionne des péchés’.

Il est aussi écrit (Chemini, 10, 3) : ‘Aaron se tut’ et Rachi écrit ‘qu’Aaron reçut une récompense pour son silence. Et quelle récompense reçut-il ? Que la Parole de D.ieu s’isolât avec lui, car c’est à lui seul que lui a été dite la section à propos de ceux qui sont ivres et ne doivent pas entrer dans le Sanctuaire’.

Le silence est l’expression de notre plus totale soumission face à L’Eternel comme c’est par exemple le cas lorsque nous prions la Amida en demeurant dans le plus grand silence. Peut-être pouvons-nous aussi parler de silence au sujet de l’Essence de l’âme et dire que l’Essence de l’âme demeure silencieuse car elle se tient constamment devant D.ieu et ressent Sa Présence du fait qu’Elle est liée à l’Essence divine d’un lien essentiel ainsi que l’écrit le Rabbi : L’Essence de l’âme est enracinée dans L’Essence divine, et Rabbi Shimon Bar- Yohaï déclare lui-même : ‘Je suis attaché par un lien, en lui je m’unifie, en lui je m’enflamme’.

Ainsi, conformément à l’enseignement du Rabbi selon lequel les deux explorateurs représentent l’Unité de l’âme, c’est à dire son Essence, le fait que ces deux explorateurs agirent en silence exprime la qualité de soumission et d’annulation de l’âme face à L’Eternel.

Par ailleurs, le Rabbi souligne aussi le fait que contrairement aux explorateurs de Moché, qui étaient connus de tous les membres de l’Assemblée d’Israël, l’identité des deux explorateurs de Yéochoua demeura inconnue pour la plupart. L’absence des noms des explorateurs n’est pas non plus sans évoquer le fait que l’Essence de l’âme ne possède pas de nom. De fait, l’Essence de l’âme est bien au-delà du monde, de ses mesures et de ses limites. Elle ne possède pas de nom car un nom la limiterait.

La mission des explorateurs de Yéochoua évoque donc l’unité, L’Essence divine, à l’exemple de l’Arche Sainte contenant les Tables écrites du doigt de D.ieu dont il est dit ‘qu’elle ne prenait pas de place’ quand on la déposait dans le Saint des Saints’. Cependant, l’Arche Sainte est un objet matériel qui a ses propres dimensions, et que l’on peut mesurer, à l’exemple de la mission des explorateurs de Moché qui représente le travail que l’on accomplit au moyen des forces de l’âme, lesquelles possèdent aussi des mesures, et sont également limitées.

Lien entre Behaalote’ha et Chela’h :
Le Rabbi explique dans le Dvar Mal’hout que la mission des explorateurs de Moché et la mission des explorateurs de Yéochoua ont toutes les deux un même but. Celui de purifier la Terre d’Israël. De fait, notre mission consiste à faire de notre corps, et du corps de ce monde, une demeure pour L’Eternel, pour Son Essence bénie. Ces deux missions correspondent donc à deux services divins qui sont tous les deux nécessaires, et qui se complètent. Les explorateurs de Moché sont une allusion à la purification du corps au moyen des forces de l’âme, et ce travail a pour effet d’attirer un dévoilement divin qui est relatif aux limites imposées par ce monde matériel. Les explorateurs de Yéochoua sont une allusion à la purification du corps au moyen de la force de l’Essence de l’âme, et ce travail a pour effet d’attirer un dévoilement divin qui est totalement au-delà des limites de ce monde.

Ainsi, raffiner et purifier le corps et ce monde matériel ne doit pas se limiter à exploiter seulement les forces de de la partie de l’âme qui s’habille dans le corps, il s’agit aussi de ‘vider les trésors du palais’, c’est à dire de révéler la partie la plus profonde et la plus intérieure de l’âme, l’Essence de l’âme, pour faire de ce monde une demeure pour ‘Son Essence’. Ce n’est qu’en dévoilant la partie profonde de l’âme, et la partie profonde de la Torah, que le travail de raffinement et de purification de la Terre d’Israël atteint la perfection.

C’est à cela que se rapporte la déclaration du Zohar selon laquelle ‘le point se trouve au milieu du palais’, car la perfection de notre service divin est atteinte lorsque l’on parvient à unir la mission des explorateurs de Yéochoua, ‘le point’, à la mission des explorateurs de Moché, ‘le palais’. Lorsque l’Essence de l’âme, ‘le point’, illumine les forces de l’âme, ‘le palais’. Lorsque notre étude de la partie profonde de la Torah, le point, éclaire notre étude de la partie révélée de la Torah, le palais.

Dans son ouvrage intitulé ‘Iniana chel Torat-ha’Hassidout’ (chapitre 20) le Rabbi nous enseigne que l’Essence de l’âme qui est enracinée dans l’Essence divine se dévoile précisément lorsqu’un Juif raffine et sanctifie un objet matériel en accomplissant une Mitsvah au moyen de cet objet. Cependant, bien que la manifestation de l’Essence de l’âme se produise à travers l’observance active des Mitsvoth, il demeure que l’effusion de l’Essence dans les actes accomplis est tributaire des ressources intérieures humaines, intellectuelles et émotionnelles. C’est pour cette raison que l’amour et la crainte sont appelés ‘les voies de D.ieu’.

Ainsi, le Rabbi met en évidence l’importance de dévoiler l’amour et la crainte de D.ieu dans notre cœur et l’Admour Hazaken, dans le Livre du Tanya, décrit lui-même plusieurs niveaux d’amour et de crainte. Or, c’est précisément par notre attachement à ces enseignements et aux directives du Rabbi que nous aurons le mérite d’atteindre avec l’aide d’Hachem les plus hauts niveaux d’amour et de crainte et réveiller ainsi le désir divin de résider en ce monde avec le dévoilement de notre Juste Machia’h, très bientôt et de nos jours.

A la lumière de ce qu’il vient d’être dit nous comprenons la déclaration du Rabbi selon laquelle ‘Un Juif dévoile la force de l’Essence divine qui est dans le corps en le purifiant.’
Le travail qui consiste à dompter l’âme animale est une étape vers le niveau supérieur du dévoilement de l’Essence divine dans le corps. Purifier le corps débarrasse le corps de ses limites. A l’exemple de l’Arche qui bien qu’elle possède des mesures précises ‘ne prenait pas de place dans le Saint des Saints’ parce qu’elle contient les Tables de l’Alliance écrites du doigt de D.ieu, lorsque le corps est débarrassé de ses impuretés il devient un réceptacle de l’Essence divine et dans ce cas, comme l’Arche, ‘il ne prend pas de place’, c’est à dire qu’il s’élève au-delà de toutes les limites matérielles de ce monde. Comme le Rabbi nous l’enseigne dans le Dvar Mal’hout, lorsqu’un Juif parvient à habituer le corps à accomplir les Commandements divins alors ‘l’accomplissement des Mitsvoth n’est plus une chose ajoutée’, mais font partie intégrante de son être et de son existence. Ce Juif fait alors Un avec D.ieu, en purifiant son corps il est parvenu en même temps à dévoiler que ‘même le corps matériel d’un Juif est lié au Saint béni soit-Il’.

A la lumière de tout ce qui a été dit il apparait que l’un des points essentiels de notre service divin, d’après les enseignements du Rabbi est l’importance d’habituer le corps au dévoilement de la force de l’Essence l’âme. Le Rabbi a déclaré que ‘nous devons multiplier les paroles à propos de la venue effective de notre Juste Machia’h, nous manifesterons notre mécontentement ici-bas et surtout là-haut. Alors, D.ieu n’aura pas le choix, si l’on peut ainsi s’exprimer et Il accordera la Délivrance. Puisse D.ieu faire que ce rêve s’accomplisse, mon rêve qui, en réalité, est également le vôtre, celui de la venue de notre Juste Machia’h, de façon immédiate, en ce Chabbat, avant la Prière de Min’ha’.

 

Rav Eliézer Nisilevitch « Du 770 à l’école Chné-Or d’Aubervilliers », par le Rav Yaakov Abergel

Rav Eliézer Nisilevitch « Du 770 à l’école Chné-Or d’Aubervilliers », par le Rav Yaakov Abergel

(Pour l’élévation de l’âme de Meïr ben Yossef et de l’âme de Yossef ben Meïr, et aussi pour le mérite du Rav Its’hak ben Meïr Ha-Cohen)

 

Décrire le Plaisir que l’on ressent lorsque l’on se trouve dans les quatre coudées du Rabbi au 770 Eastern Parkway, c’est essayer de dire avec des mots ce qui est au-delà des mots. Le mot ‘Unique’ que l’on traduit en hébreu par le mot ‘Yé’hida’ est celui que je choisis ici car ‘Yé’hida’ désigne le niveau de l’âme Juive qui correspond au monde spirituel de ‘Kéter’ : ‘la Couronne qui surplombe l’enchaînement des mondes’, et le plus haut niveau de Kéter est celui du Plaisir : le ‘Taanoug’.

Cette année, mon épouse et moi-même avions pour projet de voyager chez le Rabbi pendant le mois de Yiar car le jour de Lag-Ba-Omer est le jour de l’anniversaire de nos deux fils qui sont des frères jumeaux. Grâce à D.ieu notre désir se réalisa. Merci mon D.ieu de nous avoir permis de vivre tous ensemble ces journées au 770. Chaque moment du jour et de la nuit était empli de lumière. Se trouver dans les quatre coudées du Rabbi c’est être un rayon du soleil à l’intérieur du soleil. Le Rabbi dévoile l’Essence de l’âme de chaque Juif qui se trouve près de lui, et le plaisir que l’on ressent dans cette situation extraordinaire est celui du dévoilement des plus hauts sentiments dans le cœur, et des plus hauts dévoilements spirituels dans les forces de l’intellect.

Aussi, lorsque est venu pour nous le moment de partir et que j’ai repensé à tous les moments que nous avions vécus, que j’ai revu toutes les images de notre séjour qui se sont imprimées dans ma mémoire, ce sont des paroles du Baal-Chem-Tov qui m’ont réconforté. Le Baal-Chem-Tov disait qu’il aime tout particulièrement les jours qui suivent la Fête de Chavouoth car il aime à regarder la façon dont la lumière de la Torah que nous avons reçu le jour de Chavouoth se répand pendant les jours qui suivent la Fête dans tous les aspects de notre Vie.

Vivre dans les 4 coudées du Rabbi c’est être comme un rayon de soleil à l’intérieur du soleil, mais quitter la Maison du Rabbi c’est devenir un rayon du soleil qui éclaire le monde extérieur, car le rayon ne commence à éclairer que lorsqu’il qu’il quitte sa source et qu’il s’en éloigne. C’est pourquoi les paroles du Baal-Chem-Tov furent pour moi d’un grand réconfort, car quitter la Maison du Rabbi allait finalement nous permettre de voir de quelle manière la lumière du Rabbi allait se répandre dans tous les aspects de l’Existence durant les jours qui suivirent notre retour sur la Terre d’Israël.

Les choses ne se firent pas attendre car quelques jours après notre arrivée ma famille et moi-même furent conviés aux soirées du Hakhel qui commémoraient le premier Yortseït du Rav Eliézer ben Rav Moshé Nisilevitch. Lors de la première soirée, il fut conclu l’écriture d’un Séfer-Torah et j’eus alors l’occasion de réfléchir au fait que le jour du Yortseït tombait dans la semaine de la Paracha Béaaloté’ha. L’Admour Hazaken a souligné l’importance d’ouvrir les yeux sur le lien entre le contenu spirituel de la Paracha de la semaine avec les évènements de notre vie qui se produisent pendant cette semaine. Il existait un rapport que je me devais de trouver entre les enseignements du Rabbi sur la Paracha Béaaloté’ha et le jour du Yortseît du Rav Eliézer Nisilevitch.

Dans le Dvar Mal’hout sur la Paracha Chemot le Rabbi rapporte que Rabbi El’azar ben Azaria lorsqu’il remplaça Raban Gamliel à la tête du Sanhédrin déclara qu’il fallait évoquer la sortie d’Egypte également ‘pendant la nuit’ (Brakhot, 28a). A l’opposé de l’avis Rabbi El’azar ben Azaria, les Sages pensaient que l’on doit mentionner la sortie d’Egypte seulement pendant le ‘jour’ car ils excluaient la possibilité de se confronter pendant la ‘nuit’ aux forces du mal.

Le Rabbi illustre l’attitude des Sages par le fait que Raban Gamliel interdisait l’entrée dans le Beït-ha-Midrache aux élèves qui n’avaient pas atteint une parfaite intégrité dans leur service divin. A l’opposé, lorsque Rabbi El’azar-ben-Azaria remplaça Raban Gamliel à la tête du Sanhédrin, il fit congédier le gardien du Beït-ha-Midrach, afin de donner libre accès à tous ceux qui désiraient étudier la Torah de D.ieu.
Il n’était pas question, selon le nouveau Prince d’Israël, de faire de différences entre la ‘nuit’ et le ‘jour’, entre ceux qui avaient atteint un niveau supérieur et ceux qui ne l’avaient pas encore atteint.

L’attitude de Rabbi El’azar telle quelle est décrite ici dans ces enseignements du Rabbi s’accorde parfaitement à l’attitude de tous les Chlou’him (Emissaires) du Rabbi en général, et tout particulièrement avec celle du Rav Nisilevitch dont le prénom Eliézer n’est pas sans être lié à celui de Rabbi El’azar ben Azaria.

En effet, l’attitude du Rav Eliézer, de son épouse Mora-‘Haya, de leurs enfants et de tous leurs proches, est telle l’attitude préconisée par Rabbi El’azar-ben-Azaria, laquelle s’accorde parfaitement à la déclaration du Machia’h au Baal-Chem-Tov selon laquelle : ‘Je viendrai lorsque tes sources se répandront à l’extérieur !’,

‘à l’extérieur !’ : ‘à tout endroit !’, ce qui signifie que les enseignements du Baal-Chem-Tov doivent toucher le cœur des plus insensibles, ils doivent atteindre même celui qui n’a pas encore atteint la perfection dans son service divin.

Depuis l’arrivée à Aubervilliers, en 1960, du Rav et de la Rabbanite Kalmenson jusqu’à aujourd’hui, les efforts de chacun allèrent en ce sens. En fait, après le décés du Rabbi Rachab ont commencé en Russie les décrets émis à l’encontre de la Torah et en 5662 le Rabbi Yossef-Yits’hak et neufs élèves de la Yéchiva Tom’heï Temimim prêtèrent serment de donner leurs Vies pour la Torah, jusqu’à leur dernière goutte de sang.

A l’évidence le Tsaddik véritable est bien celui qui ne recherche jamais son propre bien, même pas celui d’assouvir sa soif de servir D.ieu, le Tsaddik véritable est celui qui désire continuellement dévoiler l’Essence divine dans le monde. Peut-être que lorsqu’en 1965 eut lieu l’achat de l’établissement actuel de la communauté Chné-Or dans la rue André Karman qui était alors la rue de la Goutte d’or, que le Rav Kalmenson fit le rapport avec le serment du Rabbi Rayats et de ses neuf élèves. Peut-être que la Providence divine lui fit voir dans le nom de la rue de la ‘goutte d’or’ la force de sa mission et de la mission de tous ceux qui l’entouraient, car la valeur de cette ‘dernière goutte de sang’ est celle d’une ‘goutte d’or’, et même plus encore.

Toujours est-il qu’à l’exemple du Rabbi Précédent et de ses 9 élèves, la famille Kalmenlson et la famille Nisilevitch consacrent leur Vie jusqu’à aujourd’hui pour la Torah et pour l’Education Juive.

J’observais de ma place les personnes présentes à la soirée du Yortseït du Rav Nisilevitch, j’écoutais leurs témoignages et comprenais davantage la correspondance entre le contenu profond de la Paracha Béaalotéha et le jour du Yortseït de Rav Eliézer.

Il est écrit dans la Paracha Béaaloté’ha (8, 1) :
‘L’Eternel parla à Moché en ces termes : ‘Parle à Aaron et dis-lui : quand tu feras monter les lumières, de la Ménorah….’
Rachi explique que puisque la flamme monte, on emploie pour l’allumage de ces lumières l’expression « monter ». Il fallait allumer jusqu’à ce que la flamme monte d’elle-même.

L’âme d’un juif est elle-même comparée à une flamme, car de même que la flamme du feu s’élève constamment vers le haut car elle désire retourner dans sa source qui est dans le ciel, l’âme d’un Juif s’élève vers le haut, car elle désire constamment retourner à sa source, à retrouver son Père qui est dans le ciel.

Aussi, comme pour les flammes de la Ménorah qu’il fallait allumer jusqu’à ce qu’elles montent d’elles-mêmes, les ‘Hassidim du Rabbi ont pour mission de réveiller la flamme qui brûle dans le cœur de chaque Juif, et c’est à ce sujet que le Rabbi nous enseigne que ‘le désir le plus profond qui se trouve dans le cœur de chaque Juif est le dévoilement de D.ieu’. La raison en est simple, ‘l’Essence de l’âme Juive est enracinée dans l’Essence divine’. Dans ce cas, le Rav enseignera la Torah à son élève en lui donnant les moyens de pouvoir l’étudier ensuite avec ses propres moyens, c’est à dire sans qu’il n’ait plus besoin de l’aide du Rav pour se consacrer à l’étude. Le Rav devra pour cela éveiller l’amour et la crainte de D.ieu de son élève et quand il y parvient, quand l’élève désire de lui-même accomplir la Volonté de D.ieu qui est exprimée dans la Torah et étudier la Torah pour unir son esprit à l’Esprit divin, alors le Rav peut se réjouir d’être parvenu à ce que la flamme de son élève ‘monte d’elle-même’, comme les flammes de la Ménorah qu’Aaron avait pour mission de ‘faire monter’.

Rav David Nisilevitch, le frère de Rav Eliézer, était assis à côté de moi, et peu de temps après avoir engagé une discussion avec lui, il me dit que leur père, Rav Moshé Nisilevitch, pleurait quand il disait la Prière de la Amida. J’imaginais la force de ces larmes, j’imaginais qu’elles étaient aussi le ciment de l’éducation que Rav Moshé avait donnée à ses enfants, et je voyais ces mêmes larmes qui brillaient dans la couleur bleue des yeux de son fils, Rav David. J’écoutais ensuite avec une grande attention Rav Arié, le fils de Rav Eliézer, parler de son père. Rav Arié racontait que peu de temps avant de quitter ce monde, son père, Rav Eliézer, lui fit le geste que le Rabbi avait l’habitude de faire : ce mouvement impulsif du bras qui part du bas et va vers le haut, ce mouvement qui inspire le passage de l’obscurité vers la lumière et qui nous intime l’ordre de réagir et de faire tout ce qui est en notre pouvoir pour nous dégager de l’exil et provoquer la Délivrance.

Rabbi Yossef-Yit’hak rapporte un discours ‘Hassidique de son père, le Rabbi Rachab, dans lequel il est dit que la Torah ne peut être acquise que par le don de soi. Certes on peut étudier la Torah sans faire le don de sa propre personne, mais c’est grâce à ce don que l’on peut en révéler l’Essence. En écoutant les témoignages de ceux qui avaient connu le Rav Eliézer, je me rendais compte à quel point ils s’accordaient aux paroles du Rabbi Rachab. D.ieu Hachem Israël et la Torah ne font qu’Un.

Il est écrit dans la Paracha Béaaloté’ha (10, 2) : ‘Fais pour toi deux trompettes en argent massif’.
Au sujet de ce verset, le Rabbi rapporte l’enseignement du Maguid de Mèzeritch selon lequel le mot ‘hatsotséroth (trompettes) se decompose de la manière suivante : ‘Hètsi-tsoura qui signifie : la moitié d’une forme. Comme les deux moitiés d’une seule et même forme, Hachem et l’Assemblée d’Israël sont comme deux moitiés qui une fois réunies ne font qu’Un. Plus encore, le Rabbi applique cet enseignement a la Mitsvah dAhavat Israel et nous enseigne que chaque Juif doit savoir et ressentir ‘qu’à lui seul il n’est qu’une moitié et que pour atteindre l’entièreté, la totalité, il doit s’unir avec l’autre, ainsi qu’il est dit : ‘Tu aimeras ton prochain comme toi-même’.

Le Rabbi établit le lien entre ces deux explications :
Ressentir qu’Hachem et Israël ne font qu’Un nous amène à ressentir que nous faisons Un avec un autre Juif, car tous les enfants d’Israël sont des frères par le fait que leurs âmes ont toutes les deux un même Père, ainsi que l’explique l’Admour Hazaken au chapitre 32 du Livre du Tanya.

Le Rav Nisilevitch a donné tout ce qu’il possédait pour l’Ecole ‘Chné-Or’. Le nom ‘Chnéor’ signifie ‘deux lumières’ et le Rabbi nous fait remarquer que ces ‘deux lumières’ se fondent en Un seul nom. D’après l’enseignement du Rabbi, ces ‘deux lumières’ représentent la partie révélée et la partie profonde de la Torah, ainsi le nom de l’Admour Hazaken : Chnéor-Zalman, l’Auteur du Choul’han-Aroukh et du Livre du Tanya, exprime le fait que l’Admour Hazaken a établi le lien entre la partie révélée de la Torah (le Choul’han Aroukh) et sa partie cachée (le Livre du Tanya). L’Admour Hazaken est parvenu à unir le monde spirituel avec le monde matériel, à dévoiler l’Essence cachée dans ce monde matériel.

Peut-être nous est-il permis de dire que les parents et les enfants de l’Ecole Chné-Or apportent eux-mêmes une lumière dans l’Ecole, et que les dirigeants et les enseignants apportent eux-aussi leurs propres lumières. Dans ce cas, le Nom de l’Ecole ‘Chné-Or’ exprime le fait que ces deux lumières se fondent en Une seule Lumière : la Lumière du Rabbi, cette Lumière que ma famille et moi-même avions vu quand nous étions au 770, cette même Lumière que nous avons vue se répandre pendant le Hakhel qui commémorait le premier Yortseït du Rav Nisilevitch. Cette Lumière qui brillait dans les pensées les paroles et les actes de Mora ‘Haya, l’épouse de Rav Eliézer, et dans ceux de chacun de ses enfants, et de tous les membres de sa famille et de tous leurs amis qui étaient présents.

Qu’Hachem les bénissent et les protègent, afin que chacun d’entre-eux aille ‘de prodiges en prodiges’ pour continuer sa mission sacrée, à l’exemple de Rabbi El’azar ben Azaria qui ouvrit les portes de la Yéchiva à tous ceux qui désiraient étudier la Torah de D.ieu, sans faire de sélection, sans considérer le niveau de chacun.

Le Rabbi nous enseigne que Rabbi El’azar ben Azaria reçut une aide d’un niveau Divin qui dépasse celui de l’enchaînement des mondes, et qu’avec l’aide d’HAchem qu’il en soit ainsi pour tous ceux qui se consacrent à l’épanouissement de l’Ecole ‘Chné-Or’, qu’il s’agisse de tous les membres de la famille du Rav Eliézer Nisilévitch, ou qu’il s’agisse des dirigeants de l’Ecole Chné-Or, de ses élèves et de leurs parents, qu’Hachem les place toujours sous la Lumière du Rabbi, la Lumière de l’Essence de la Torah, jusqu’au moment du Dévoilement de notre Juste Machia’h, avec l’aide de D.ieu, dès-à-présent.

Dédié au Rav Eliézer Nisilévitch.


Chavouot à la lumière du Dvar Mal’hout, par le Rav Yaacov Abergel

Chavouot à la lumière du Dvar Mal’hout, par le Rav Yaacov Abergel

(Pour le mérite de David, Rou’hama et ‘Haya Mouchka Silverstein et de Mickaël et Léa Engelson) 
‘Les gens pensent que la ‘Hassidouth est une explication du Zohar, mais en réalité c’est le contraire qui est vrai’ :
Les enseignements nouveaux : les ‘Hidouchim que les Sages d’Israël ont dévoilés jusqu’à aujourdhui furent tous donnés à Moché le jour du don de la Torah. Ainsi, lorsqu’un Juif fait un ‘Hidouch, il révèle un enseignement qui existait déjà mais qui demeurait jusqu’à présent caché. Le Rabbi explique la raison à cela en expliquant que chaque enseignement nouveau qu’un Sage a le mérite de révéler vient précisément à un moment opportun, c’est à dire quand il est nécessaire que le peuple d’Israël découvre cet enseignement.
Aussi, bien que la ‘Hassidouth fut donnée à Moché sur le Mont-Sinaï, elle demeura cachée et ne fut révélée que bien plus tard, à l’époque du Baal Chem Tov, car c’est précisément en ce temps-là que le peuple d’Israël en avait besoin. En effet, à cet époque le peuple d’Israël fut dévasté par les pogroms et il était tel un homme qui avait perdu connaissance. Or, il est connu que pour réveiller une personne évanouie, on lui murmure à l’oreille son nom.
Ce fut la mission du Baal-Chem-Tov dont le prénom est ‘Israël’ car il murmura à l’oreille de chaque Juif, du plus simple au plus érudit, des paroles de Torah qui eurent le pouvoir de les ramener à la vie.
Le Rabbi rapporte dans son ouvrage intitulé ‘Iniana chel Torat ha-‘Hassidout’ la déclaration du Rabbi Rachab selon laquelle ‘les gens pensent que la ‘Hassidouth est une explication du Zohar, mais en réalité c’est le contraire qui est vrai’. De fait, la ‘Hassidouth est l’Essence de la Torah et si dans le temps, sa révélation fut précédée par celle de la Kabbale ce n’est pas parce qu’elle a moins d’importance qu’Elle. Bien au contraire, la ‘Hassidouth est comparée à l’Huile car de même que l’Huile flotte au-dessus de tous les autres liquides, la ‘Hassidout se situe au-dessus de tous les paliers d’interpretation de la Torah a lexemple de ‘L’Esprit du Machia’h qui planait au-dessus des eaux’ au moment de la Création du monde. Le Rabbi nous enseigne que la ‘Hassidouth fut dévoilée par le Baal Chem Tov car c’est à son époque que le Peuple d’Israël en avait le plus besoin. A ce sujet, Rabbi Zushé d’Anipoli a lui-même déclaré que ‘le Livre du Tanya nous conduira à la Délivrance’.
‘Israël ne connaîtra la guérison complète que lorsqu’il découvrira la 50ième Porte de la Connaissance’ :
Le jour de Chavouoth est lié au Don de ‘la Torah ‘Hadacha’ (‘la Torah Nouvelle’) au sujet de laquelle l’Eternel déclare : ‘Une nouvelle Torah sortira de Moi. Hachem dévoilera à tous les enfants d’Israël par l’intermédiaire du Machia’h ‘la 50ième Porte de la Connaissance’. C’est à ce sujet que le Rabbi explique que la valeur numérique du mot ‘holé’ (‘malade’) est égale à ’49’ car Israël ne connaîtra la guérison complète que lorsqu’il découvrira la 50ième Porte de la Connaissance. Par ailleurs, Chavouoth est le jour où l’âme du Roi David et celle du Baal Chem Tov s’élevèrent vers les mondes supérieurs. Le Rabbi nous enseigne que le Machia’h est lui-même un Roi (comme le Roi David) et aussi un Rav (comme le Baal Chem Tov). Il est celui grâce à qui Israël reprendra véritablement connaissance, ainsi qu’il est dit (fin d’Ychaya) : ‘Le monde sera imprégné de la connaissance de D.ieu comme l’eau de la mer recouvre le sable’.
Le Don de la Torah représente le dévoilement de l’Essence divine. Le Rabbi nous enseigne que le ‘Hidouch essentiel de Matan-Torah fut que la force de l’Essence divine se dévoila dans la Torah. Par cela il y eu un ‘Hidouch dans la Torah et dans les Mitsvoth (lesquels ont le pouvoir de transformer le monde). Il y eut également un ‘Hidouch pour les enfants d’Israël qui reçurent la Torah et en devinrent les propriétaires du fait que la Torah a le pouvoir de dévoiler l’Essence de l’âme des enfants d’Israël.
La qualité de l’Essence divine est qu’elle agit dans le monde, du fait ‘qu’elle est élevée au-dessus du monde et au-dessus de ce qui est au-delà du monde’. C’est précisément pour cela que l’Essence divine peut pénétrer et agir dans tous les endroits, qu’ils soient matériels ou spirituels, et tout cela provient de la perfection infinie de l’Essence. La force de l’Essence divine qui pénétra dans la Torah et les Mitsvoth pénétra aussi dans le monde et le transforma.
Le dévoilement de l’Essence divine à Matan-Torah s’exprime par le fait que le Nom divin ‘Havayéh’ Se révéla dans l’âme et dans le corps de chaque Juif. Hachem dévoila Son Essence dans la Torah ainsi qu’il est écrit ‘J’ai écrit Mon Essence et Je L’ai donnée’. Cela eut pour effet que même lorsque l’Ame descend dans l’obscurité du monde et s’habille dans le corps, Elle est toujours ‘une parcelle véritable de Divinité d’en-haut’ , et quand un Juif étudie la Torah ou accomplit les Commandements divins, la force du lien qui l’unit à l’Essence de D.ieu se dévoile en Lui.
C’est à ce sujet qu’il est dit : ‘Je (Anohi) suis L’Eternel (Havayéh) Ton D.ieu (Elokeï’ha) : Ano’hi représente ici le dévoilement de l’Essence divine et avec Matan-Torah L’Eternel (Havayéh) est devenu Ton D.ieu (Elokeï’ha), c’est à dire que la possibilité nous fut donnée de dévoiler en nous-mêmes, l’âme dans le corps, l’Essence divine.
Le Rabbi nous enseigne que plus le niveau de Divin se dévoile en nous-même lorsque notre soumission est la plus profonde. En d’autres termes, plus un Juif Se rapproche du Divin et plus il est soumis et plus Il se soumet à D.ieu plus il attire le Divin, car ‘D.ieu ne réside que dans un endroit qui lui est parfaitement soumis’. Aussi, chaque Juif possède la force de se soumettre totalement à D.ieu et cela au point d’être prêt à sacrifier sa propre vie si cela est nécessaire. C’est précisément parce qu’il possède cette force de soumission qu’il est capable d’agir dans ce monde matériel et de combattre le mauvais penchant. C’est aussi pour cette raison que la Torah a été donnée dans ce monde ici-bas, afin de purifier ce monde matériel et de vaincre le mauvais penchant.
Le dévoilement de l’Essence divine à Matan-Torah s’exprime par le fait que le Nom divin ‘Havayéh’ Se révéla dans l’âme et dans le corps de chaque Juif. Les quatre Lettres du Nom Havayéh correspondent aux dix forces de l’âme : ‘Ho’hmah (Lettre ‘Youde’) Binah (Lettre ‘Hé’) les six Midot (Lettre ‘Vav’) et Mal’hout (Lettre ‘Hé) ‘ et pour que la lumière divine puisse se dévoiler aussi dans le corps matériel, car c’est cela l’essentiel du ‘Hidouch de Matan-Torah, D.ieu créa le corps des Juifs de manière qu’il convienne à l’âme. C’est la raison pour laquelle D.ieu a formé le corps matériel des Juifs à l’image du Nom Havayéh, afin qu’il soit apte à recevoir le dévoilement de la lumière de l’âme (‘Tsourat ha-nafchi’ d’après le Rabbi Maharach) : la tête est à l’image de la Lettre Youde (telle un point) et le corps est tel la Lettre Vav (tel un axe), les cinq doigts de la main et les cinq doigts des pieds sont comme les deux Lettres Hé du Nom Havayéh (la valeur numérique de la lettre Hé est égale à cinq).
‘Mal’hout ché bé Mal’hout’ :
Dans le compte du Omer le jour de ‘Mal’hout ché bé Mal’hout’ est le jour qui précède le Jour du don de la Torah, le Jour de Chavouot. Pendant tous les jours du compte de l’Omer (49 jours qui correspondent à la transformation des 7 midot de l’âme animale. Chaque ‘mida’ de l’âme animale inclut en elle les 7 ‘midot’ (‘Hessed, Gvurah, Tifféreth, Netsa’h, Hod Yessod et Mal’hout), donc les 7 midot sont composées par 49 facettes (7 fois 7) et à la fin de 49 jours on parvient à la fin du raffinement des 49 facettes de l’âme animale. On a alors transformé ces 49 aspects négatifs de l’âme animale en des aspects positifs et sommes désormais aptes à recevoir le dévoilement de l’Essence divine le jour de Chavouoth.
Dans l’âme de l’homme il y a la mida de Mal’hout qui correspond au second ‘Hé’ du Nom divin Havayéh. Dans le Livre du Tanya l’Admour Hazaken écrit que la séfira de Mal’hout exprime ‘la crainte inférieure’ ou, autrement dit, ‘Kabalat ol Mal’hout Chamaïm’ : ‘l’acceptation du joug divin’ à l’exemple d’un serviteur qui sert son maître tout en ressentant de la crainte.
La séfira de Mal’hout représente la Parole divine : ‘les dix Paroles’ au moyen desquelles L’Eternel créé et vivifie tous les mondes et tous les êtres de la Création. L’Admour Hazaken ajoute dans ‘Iguéreth ha Téchouva’ qu’un roi de chair et de sang gouverne son peuple également au moyen de sa parole. De fait, la force de la parole est allusionnée par la lettre ‘Hé’ car la source de la parole de l’homme est ce souffle qui provient de son cœur et que l’on entend lorsque l’on prononce la lettre Hé.
‘Mal’hout ché bé Mal’hout’ représente l’Essence même de ‘Kabbalat ol’, c’est à dire l’Essence de notre acceptation du joug divin. Un Juif, après avoir compté tous les jours du compte de l’Omer doit parvenir à la décision d’accepter de prendre sur lui le joug de la Torah et des Commandements divins.
Le désir le plus essentiel qui se cache dans le cœur de chaque Juif est que sa propre volonté se fonde en celle de D.ieu, et lorsqu’il décide que D.ieu est son Roi il ne fait qu’exprimer le désir de son âme. L’Essence de l’âme Juive (qui est enracinée dans l’Essence divine) ressent le Divin et Le désire constamment, aussi, ‘Mal’hout ché bé Mal’hout’ est l’expression de notre plus profond désir : celui de recevoir le dévoilement de D.ieu dans notre âme et dans notre corps. Ainsi, à la veille du Jour de Chavouot, chaque Juif décide de manière profonde d’être un serviteur de D.ieu au point que L’Eternel soit son D.ieu ainsi qu’il est dit : ‘Je (Anohi) suis L’Eternel (Havayéh) Ton D.ieu (Elokeï’ha). Par cette décision il devient un réceptacle pour recevoir, par l’intermédiaire de la Torah, l’Essence divine ainsi que D.ieu l’a déclaré : ‘J’ai écrit Mon essence et Je L’ai donnée’.
C’est à l’évidence grâce à notre attachement au Rabbi que nous pourrons recevoir un tel dévoilement. L’œuvre du Rabbi intitulée Dvar Mal’hout n’exprime-t-il pas le fait que le Rabbi lui-même est le Roi (Mal’hout) qui dirige le peuple au moyen de sa parole (Dvar). Les paroles des enseignements du Rabbi nous dirigent véritablement et nous donnent les moyens de nous soumettre à D.ieu au point que toutes nos pensées toutes nos paroles et toutes nos actions ont pour but de faire tout ce qui en notre pouvoir pour provoquer le dévoilement du Machia’h.
Le cinquantième jour de l’Omer représente lui-même le dévoilement de l’Essence de la Torah (la Torah ‘Hadacha) au moment de la Délivrance finale. Or, la Torah ‘Hadacha est liée à l’attribut divin de ‘Binah’ du fait qu’elle elle est ‘le dévoilement de la cinquantième porte de la Connaissance’. L’attribut de ‘Binah’ est lui-même défini par la ‘Hassidout comme la qualité de comprendre une chose à partir d’une (autre) chose : ‘léavin davar mito’h davar’.
Rabbi Shimon Bar Yo’haï nous a enseigne que D.ieu Israël et la Torah ne font qu’Un. Il est possible d’expliquer cet enseignement en disant que comprendre de manière très profonde la Torah de D.ieu et ne faire qu’Un avec Elle implique forcement de ne faire qu’Un avec un autre Juif. C’est à dire que plus nous nous efforçons d’aimer un autre Juif plus L’Eternel nous ouvre la Porte de la compréhension de la Torah. Or, c’est précisément grâce au Rabbi que nous parvenons à ce niveau. Chacun doit commencer par ‘s’accrocher à la poignée du Wagon dans lequel voyage le Rabbi’, en apprenant à consacrer toutes ses pensées, toutes ses paroles et toutes ses actions au dévoilement de notre Juste Machia’h, car telle est la définition que le Rabbi nous donne du contenu profond de. Parvenir à la Royauté du Machia’h en devenant nous-mêmes Rois sur nos pensées nos paroles et nos actes de façons à ce qu’elles soient toutes l’expression de notre désir le plus profond : le dévoilement de D.ieu, du Machia’h et de la Torah ‘Hadacha, avec l’aide d’Hachem, dès à présent.
Bamidbar : Questions-réponses d’après les enseignement du Rabbi sur la Paracha

Bamidbar : Questions-réponses d’après les enseignement du Rabbi sur la Paracha

 

QUESTION : Qu’est-ce que le nom de la Paracha, Bamidbar, reflète par rapport au fait que cette Paracha précède toujours Chavouot ?

RÉPONSE : En préparation pour recevoir la Torah, un Juif doit étudier la Torah dans un état comme s’il était situé dans le désert, un lieu désolé où seule la Torah existe. (Torat Menachem Hitvaaduyot, Tashan, volume 3, page 241)

QUESTION : Hachem n’a pas fait compter les gens pour connaître le nombre de personnes ; plutôt, le comptage exprimait Son amour pour chaque Juif. Comment le comptage, qui ne tient pas compte de l’individualisme de chaque personne unique, exprime-t-il cet amour ?

RÉPONSE : Dans le comptage réel, Hachem n’a jugé chaque personne pour une « valeur » relative. C’est précisément alors que l’Amour est exprimé pour l’essence de chaque Juif, qui est égale à chaque personne. Aux « yeux » de Hachem, aucune distinction n’existe entre l’un et l’autre. Il aime chaque personne de la même manière que l’on compte chaque article, de sorte que chaque article ait la même valeur pour le compteur. (Likoutei Si’hot, volume 8, page 1)

QUESTION : Rashi explique en référence au campement des Tribus autour du Michkan, que le mot מנגד signifie de loin (pas près) d’un mil, mais est pourtant à moins de 2000 amot pour que l’on puisse venir au Michkan le Chabbat. Quelle est la leçon pour nous ?

RÉPONSE : Pendant la semaine, on doit s’éloigner des lieux les plus saints pour accomplir son but dans le monde. Cependant, le Chabbat, on doit se rapprocher des choses saintes, puisque le Chabbat fait que toutes les actions de la semaine sont pour l’amour du ciel. (Likoutei Si’hot, volume 13, page 1)

QUESTION : Quelle est la leçon spirituelle du deuxième jour de Sivan au Har Sinai (début de la période de préparation pour recevoir la Torah) ?

RÉPONSE : Le deuxième jour de Sivan est lié aux trois messages de Hachem au peuple juif : והייתם לי סגולה le point initial du service à D.ieu est d’être choisi par Hachem. ממלכת כהנים le prochain point du service existe dans les choses permises faites pour le ciel, que dans toutes les actions de l’on devrait se connecter à Hachem. וגוי קדוש l’expression finale du service à D.ieu est dans l’apprentissage de la Torah et la pratique des Mitzvot d’une manière « séparée » du profane. (Likoutei Si’hot, volume 18, page 81)

QUESTION : Quelle est la leçon que trois types de Juifs concernant le fait d’être compté ?

RÉPONSE : Ces types indiquent les types de relation qu’un Juif peut établir avec Hachem. Le premier type de comptage a été fait pour la majorité de la nation juive par des méthodes conventionnelles. Ce type est indicatif de ceux qui font des Mitzvot et des bonnes actions. Les Lévites étaient comptés par annonce divine, ce qui indique le niveau des Juifs qui étudient la Torah. Et Aharon HaCohen n’était pas compté, ce qui indique le niveau de connexion à D.ieu à travers la Mesiras Nefesh (l’auto-sacrifice). (Likoutei Si’hot, volume 33, page 1)

Texte et Audio : Matot-Masseï à la lumière du Dvar Mal’hout – Rav Yaacov Abergel

Texte et Audio : Emor à la Lumière du Dvar Mal’hout – Rav Yaakov Abergel

 

(Pour le mérite d’Itz’hak Tangi, avec une pluie de Bénédictions pour ‘aller de prodiges en prodiges’ avec l’aide d’Hachem)

 

Dans le Dvar Mal’hout sur la Paracha Emor le Rabbi poursuit l’enseignement sur les Parachiot A’hareï-Kédochim et nous donne des approfondissements sur la signification des mots Gola et Guéoulah :

Il est écrit au tout début de la Torah : ‘Au commencement D.ieu créa le ciel et la terre. Or la terre était informe et vide, et les ténèbres étaient sur la face de l’abîme, et l’Esprit de D.ieu planait sur la surface des eaux’.

A la lecture de ce premier verset de la Torah il est possible de comprendre que le monde tel qu’il fut créé n’avait pas atteint la plus totale perfection car l’Esprit de D.ieu n’était pas dévoilé sur la terre car il ne faisait que ‘planer au-dessus des eaux’.

Il est écrit dans le Midrach Raba que ‘l’Esprit de D.ieu’ désigne l’esprit du Machia’h. Ainsi, le but de la Création est le dévoilement de la Présence divine et du Roi Machia’h (‘l’Esprit de D.ieu’) afin que le monde atteigne sa perfection, que la terre ne soit plus ‘informe et vide’ et que la lumière remplace ‘les ténèbres’. C’est précisément par l’action de l’homme que le monde atteint sa perfection, qu’il n’est plus ‘informe et vide’ et notre mission consiste à faire pénétrer la lumière divine, symbolisée par la lettre ‘Aleph’ car elle est la première lettre de ‘Aloupho chel olam’ (‘Maître du monde’) dans l’obscurité de l’exil. Cela s’exprime par le fait d’ajouter la lettre ‘Aleph’ au mot ‘Gola’ (‘l’Exil’) car on obtient dans ce cas le mot ‘Guéoulah’ (‘la Délivrance’).

Les trois niveaux de la Lettre ‘Aleph’ :
Dans le Dvar Mal’hout sur notre Paracha, le Rabbi nous enseigne trois niveaux de la lettre ‘Aleph’ qui correspondent aux trois étapes nécessaires dans notre service divin :

*Le premier niveau est celui de la lettre ‘Aleph’ telle que la première lettre de ‘Aloupho chel olam’ (‘Maître du monde’) : faire pénétrer le ‘Aleph’ dans le mot ‘Gola’ afin d’obtenir la Guéoulah, signifie dans ce cas que l’on a pour devoir de comprendre, de ressentir, et d’enseigner à l’exemple d’Avraham qui reconnaissait l’Eternel à travers tous les détails de la Création, ‘qu’il n’y a rien en dehors de Lui’. Il est le Saint béni soit-Il, Le Maître du monde et de tout ce qu’il contient.

Reconnaitre qu’il n’y a rien en dehors d’Hachem s’exprime tout particulièrement dans la prière de ‘Modé-ani’ que nous recitons a notre réveil dès que nous ouvrons les yeux. D’après le sens simple (le Pchat), nous récitons la prière de ‘Modé Ani’ afin d’exprimer notre reconnaissance au Roi du monde de nous redonner la vie en nous rendant notre âme. Cependant, la ‘Hassidout ne contredit pas cette explication, mais elle vient ajouter qu’il ne s’agit pas de n’importe quelle âme, ni de n’importe quelle vie. La ‘Hassidout met l’accent sur l’importance de rendre grâce à L’Eternel de nous avoir donné une âme Juive par laquelle nous pouvons percevoir le Divin caché en nous-même et dans ce monde.

*Le second niveau est celui de l’étude de la Torah car ‘Aleph’ s’apparente également au mot ‘Oulpena’ qui désigne l’étude. De fait, ‘Aleph’ est également liée à l’expression ‘Aalphé’ha ‘Ho’hmah’ : ‘Je t’enseignerai la Sagesse’ (Livre de Job, 33, 33).

Dans le Likouteï-Si’hot (‘Hélek 7, page 327), le Rabbi commente le premier verset de notre Paracha : ‘Dis aux Cohanim, les fils d’Aaron, et tu leur diras’.
Apparemment ce verset dit deux fois la même chose : ‘Dis aux Cohanim’ et ‘tu leur diras’.

Les Sages expliquent que ‘Dis’ et ‘tu leur diras’ signifient que les grands doivent expliquer aux petits.

Par ailleurs, l’homme est appelé ‘Olam katan’ : ‘petit monde’, et de même qu’il existe dans le monde des petits et des grands, de-même dans l’homme lui-même (‘le petit monde’) il y a le ‘grand’ et il y a le ‘petit’. Le ‘grand’ qui est dans l’homme c’est sa ‘tête’, les forces de son intellect, sa sagesse, lesquelles représentent le plus haut niveau de l’homme.

Le ‘petit’ qui est dans l’homme ce sont les autres membres du corps. Ce sont les actes qu’il accomplit, qui correspondent à un niveau inférieur à la tête.
Aussi, le principe selon lequel ‘le grand doit prévenir le petit’ s’applique à l’homme lui-même c’est-à-dire que la tête doit contrôler et guider nos actions.
C’est à cela que s’applique l’enseignement d’après lequel ‘Grande est l’étude qui mène à l’action’. L’objectif de l’étude de la Torah est qu’elle doit provoquer que l’élève l’enseigne à son tour. Pour que la Torah soit préservée et que soit maintenue vivante la Parole divine. Une étude qui n’agit pas en ce sens n’a pas de réelle valeur. L’étude véritable est celle qui amène à l’action concrète.

*Enfin le troisième niveau de la lettre ‘Aleph’ représente l’Essence divine. Les trois lettres du mot ‘Aleph’ : Aleph, Lamed, Pé sont aussi celles du mot Pélé : Miraculeux et ce troisième niveau est donc celui de la révélation de l’Essence divine dans ce monde.

‘La Parole divine n’est pas comme celle des hommes, car la parole humaine est inerte, alors que les articulations de la parole divine sont douées de volonté et de sagesse’ :

Il est intéressant de remarquer que la première lettre du mot hébreu : ‘Emor’ est un ‘Aleph’.
La première lettre de chaque mot de la Torah a une importance particulière. En effet, la première place qu’elle occupe dans le mot indique qu’elle influence la signification profonde du mot lui-même.

Cela s’accorde ici avec cet enseignement du Rabbi selon lequel ‘la tête doit contrôler et guider nos actions’.
De fait, ‘la tête’, la première lettre du mot ‘Emor’, la lettre ‘Aleph’, première de l’alphabet hébraïque, ‘contrôle et guide tous les membres du corps’, c’est à dire les autres lettres de ce mot (la lettre ‘Mem’ et la lettre ‘Rech’).

Les Lettres du mot ‘Emor’ :
*La première lettre du mot ‘Emor’, la lettre Aleph désigne le Maître du monde : ‘Aloupho chel Olam’. Par ailleurs Aleph est la premiere Lettre du mot ‘Ano’hi’ : ‘Je suis l’Eternel Ton D.ieu…’, premier mot des Dix Commandements que l’Eternel prononça le jour du don de la Torah.

*La lettre ‘Mem’, seconde lettre du mot ‘Emor’, qui a pour valeur numérique 40, fait allusion aux quarante jours et aux quarante nuits durant lesquels l’Eternel enseigna la Torah à Moché sur le Mont Sinaï.

La place du ‘Aleph’ (l’Essence divine) juste devant la lettre Mem (l’étude de la Torah) est une allusion au fait que ‘l’Essence divine, l’Essence de l’âme d’un juif et l’Essence de la Torah ne font qu’Un’.

De même que ‘la tête contrôle et guide nos actions’, l’Essence divine, ‘la Tête’, est unie avec notre Torah et avec notre âme.
Aussi, lorsque nous révélons en nous-même la force de l’Essence de notre âme, nous parvenons au niveau de Moché, lequel étudia pendant quarante jours et quarante nuits avec l’Eternel. La Torah doit faire ‘Un’ avec nous-même, qu’il fasse jour ou qu’il fasse nuit, que nous soyons dans une situation obscure, ou que nous soyons dans une situation lumineuse, ainsi qu’il est écrit ‘la nuit brillera comme le jour’.

*La Lettre ‘Rech’ qui est la troisième et dernière du mot ‘Emor’, d’après l’enseignement des Sages, ressemble à la lettre ‘Daleth’. Le seul détail qui différencie le ‘Rech’ du ‘Daleth’ est un ‘Youde’. En effet, si on ajoute un petit ‘Youde’ dans le coin arrondi supérieur droit du ‘Rech’, le ‘Rech’ devient alors un ‘Daleth’.
Le ‘Youde’ qui est la plus petite lettre de l’alphabet, représente l’humilité, il exprime la soumission, et c’est précisément cette qualité qui est absente dans la lettre ‘Rech’.

C’est pourquoi le ‘Rech’ est la première des lettres du mot ‘Racha’ (Méchant). Car le Méchant ne se soumet pas à la Volonté du Saint béni soit-Il. C’est également pour cela que le ‘Rech’ qui est aussi la première Lettre du mot ‘Roch’ (la ‘Tête’) représente la ‘Tête des Klipoth’ c’est à dire ‘la Tête des forces du mal’ qui n’est autre que la Séfira de Mal’hout (le souffle divin qui crée et maintient en vie toute la Création), lorsque celle-ci est dans un état d’exil.

Cependant, selon le principe que ‘chaque chose qui descend très bas (les Klipoth) peut être élevée à un niveau supérieur’, la Lettre ‘Rech’ peut aussi désigner le niveau supérieur de Kéter du fait que Kéter désigne la Couronne de la Tête qui surplombe l’enchaînement des mondes.

Ainsi, d’après le principe selon lequel ‘le commencement est ancré dans la fin’, lorsque la Lettre Aleph, le ‘commencement’ du mot ‘Emor’, illumine la lettre ‘Rech’, la ‘fin’ du mot, le ‘Rech’ s’élève au niveau supérieur de Kéter.

Comme il a été dit précédemment c’est la qualité de soumission laquelle est symbolisée par la Lettre ‘Youde’ qui manque à la lettre ‘Rech’. La forme du Youde qui est un simple petit point symbolise l’humilité et la soumission et dans ce cas il apparait à l’évidence que la soumission est indispensable pour être un réceptacle capable de recevoir la lumière du ‘Aleph’ et parvenir grâce à cette lumière à un niveau supérieur.

La Lettre Aleph représente la Lumière du Rabbi qui est lui-même telle une ‘Couronne qui surplombe’ l’Assemblée d’Israël. Le Rabbi dévoile l’Essence de l’âme des enfants d’Israël dont le niveau est même supérieur au niveau de l’âme appelé Yé’hida qui correspond au niveau de Kéter. La Lumière du Rabbi est Celle du dévoilement de l’Essence divine et du fait que ‘L’Eternel ne réside que dans un endroit qui Lui est parfaitement soumis’ il est indispensable d’être totalement soumis au Rabbi pour recevoir ce dévoilement supérieur de la Lumière du Rabbi.

Cela s’exprime avec d’autant plus de force, pendant cette période. Nous lisons, en effet, ce Chabbat la Paracha Emor, et à la sortie du Chabbat commence à briller le trente-troisième jour de l’Omer, qui est celui de la lumière de Rabbi Chimon Bar Yo’haï.

De fait, notre attachement aux Maîtres de l’enseignement de la partie profonde de la Torah s’exprime pendant la période du compte de l’Omer et tout particulièrement en ce jour.

A la lumière de ce qu’il vient d’être dit, nous comprenons que notre attachement au Rabbi (‘Aleph’) et à son enseignement (‘Mem’) permettent de transformer la nature de notre âme animale (‘Rech’) et ce faisant nous prépare au dévoilement de l’Essence de la Torah. C’est également à cela que s’accorde l’enseignement des Sages selon lequel, en prolongeant la lettre ‘Rech’ (le ‘Rech’ du mot ‘Racha’), celui-ci devient la lettre Kaf, laquelle est la première lettre du mot ‘Kéter’ : ‘Couronne’.

 

La Lettre ‘Youde’ :
Le ‘Youde’ rappelle l’attitude d’un ‘Hassid qui se fait tout petit lorsqu’il se trouve en présence du Rabbi. Cela n’est donc pas sans évoquer l’enseignement de l’Admour Hazaken dans le Livre du Tanya selon lequel ‘L’Eternel ne peut résider que dans un endroit qui Lui est parfaitement soumis’.
La soumission du ‘Hassid est symbolisée par la petitesse de la Lettre ‘Youde’ dont la forme se réduit à un simple point. Le Rabbi a déclaré que la ‘Pchitout’ (la Simplicité de l’homme) est le réceptacle de la Simplicité divine c’est à dire de l’Essence divine qui est aussi appelée aussi ‘Pchitout’.
L’Eternel ne fusionne avec le réceptacle qui reçoit Sa lumière que si celui-ci est parfaitement conforme à Sa Volonté. Ainsi, un Juif ne fait qu’Un avec D.ieu que s’il s’annule totalement devant le Saint béni soit-Il. Le Rav Haïm Morde’haï Aïzik ‘Hadakov, chef du secrétariat du Rabbi et son homme de confiance a dit que ‘tout le monde veut suivre les instructions du Rabbi, mais il y a une grande différence entre ceux qui préfèrent que le Rabbi comprenne leur volonté et adapte ses instructions en conséquence, et ceux qui, dès le départ, ne tiennent pas compte de leur volonté personnelle et agissent entièrement selon la volonté du Rabbi. C’est ainsi qu’il faut se comporter’.

Texte et Audio : A’harei-Kedochim à la lumière du Dvar Mal’hout – Rav Yaacov Abergel

Texte et Audio : A’harei-Kedochim à la lumière du Dvar Mal’hout – Rav Yaacov Abergel

 

Dans le Dvar Mal’hout sur les Parachiot ‘A’hareï-Kédochim’ le Rabbi nous enseigne la signification profonde du mot ‘Guéoulah’.

Le mot ‘Guéoulah’ : la Délivrance et le mot ‘Gola’ : ‘l’Exil’, possèdent les mêmes lettres, à l’exception de la lettre Aleph que possède le mot ‘Guéoulah’mais qui est absent du mot ‘Gola’. Aussi, le Rabbi nous enseigne que de même que le mot ‘Gola’ fait partie du mot ‘Guéoulah’ de même l’Exil fait partie de la Délivrance.

En effet, dans le Dvar Mal’hout (Tazria-Metsora) le Rabbi déclare que ‘la racine de l’obscurité est plus élevée que la lumière’. En d’autres termes, l’obscurité de l’exil peut devenir partie intégrante de la Délivrance, et notre mission dans ce cas consiste simplement à lever le voile de l’obscurité de l’Exil afin de révéler le divin caché dans tous les sujets de cet Exil.

Le mot Délivrance désigne l’objectif de notre mission qui consiste à délivrer le divin qui se cache dans l’obscurité et c’est donc pour cela que le Rabbi souligne que le mot Gola fait partie du mot Guéoulah car finalement l’obscurité de ce monde ne contredit, ni ne s’oppose, à la Délivrance finale. Le Rabbi nous explique donc que si l’on ajoute la lettre Aleph, la première lettre de Aloupho chel Olam : Maître du monde, au mot Gola (l’obscurité de l’exil) on obtient le mot Guéoulah.

Il est écrit dans la Paracha Kédochim (19, 17, 18) : ‘Tu ne haïras pas ton frère dans ton cœur…Tu aimeras ton prochain comme toi-même’. Hillel l’Ancien disait à propos de l’accomplissement de ce commandement divin : ‘Là est toute la Torah, le reste n’est que commentaire’ (Chabbat, 31a).

Tous les Maîtres de la ‘Hassidout ‘Habad depuis le Baal Chem Tov ‘ont donné jusqu’à leur dernière goutte de sang’ (d’après l’expression du Rabbi Rayats) pour enseigner l’importance de ce Commandement. L’enseignement du Rabbi au sujet de ce Commandement s’inscrit dans cette lignée sacrée car le Rabbi nous enseigne le moyen d’atteindre les plus hauts niveaux de cette Mitsvah.

Dans le chapitre 32 du livre du Tanya (’32’ comme la valeur numérique du mot hébreu Lev : le Cœur), l’Admour Hazaken nous enseigne que le moyen d’accomplir la Mitsvah d’aimer son prochain consiste à ‘réparer’ le regard que l’on porte sur lui de manière à faire abstraction du mal qui est en lui et de ne considérer que le bien de son âme divine. Aussi, l’Admour Hazaken écrit dans ce chapitre que ‘l’on doit éveiller de la compassion pour l’âme divine, car elle est captive du mal’ et ‘la compassion détruit la haine et suscite l’amour’.

L’âme animale (le corps) nous pousse sans cesse à assouvir des désirs grossiers et l’Admour Hazaken préconise de ‘regarder notre propre corps avec dédain et mépris, et ne trouver de satisfaction que dans la joie de l’âme’.

‘Regarder notre propre corps avec dédain et mépris’ implique de réaliser la bassesse de nos pensées de nos paroles et de nos actes lorsque ceux-ci ne s’accordent pas avec la Volonté du Saint béni soit-Il et ‘de ne trouver de satisfaction que dans la joie de l’âme divine’. De fait, un Juif ne connaît la joie véritable que lorsqu’il parvient à libérer son âme divine de l’obscurité du corps et de l’âme animale.

L’Admour Hazaken nous enseigne que ‘regarder son corps avec mépris et ne trouver de satisfaction que dans la joie de l’âme divine’ est ‘un moyen direct et facile d’atteindre l’accomplissement du Commandement : ‘Tu aimeras ton prochain comme toi-même’.

‘Mépriser le corps’ d’un autre Juif signifie que l’on méprise le mauvais penchant de l’autre, c’est-à-dire que l’on ne porte pas attention à ses mauvais côtés et que l’on ne porte notre regard que sur le fait que ce Juif possède une âme divine. C’est ce regard qui va éveiller notre amour pour ce Juif. C’est grâce à ce regard que l’on va ‘trouver de la satisfaction et de l’amour dans la joie de l’âme divine’.

Cet enseignement de l’Admour Hazaken est essentiel car il nous fait réaliser que les Juifs ont Le même Père, et c’est pourquoi ‘ils sont appelés de vrais frères en vertu du fait que leurs âmes ont la même source, en un D.ieu unique’. Cependant même si les Juifs sont unis par leurs âmes, il n’en demeure pas moins qu’ils sont ‘séparés par leur corps’. Nous ne sommes appelés frères que par notre âme mais non pas par notre corps, ainsi qu’il est écrit : ‘séparés par leur corps’.

C’est précisément à ce sujet que le Rabbi nous dévoile un niveau encore plus élevé de la Mitsvah d’aimer son prochain. Selon l’enseignement du Rabbi il est également possible de ne plus mépriser le ‘corps de l’autre’ et de parvenir ainsi à aimer tout ce qui nous sépare de lui (l’âme animale et le mauvais penchant).

Dans son discours intitulé Vé Ata Tetsavé le Rabbi explique que le niveau de Yé’hida désigne l’âme telle que celle-ci est dans ‘le cerveau de son Père’, Yé’hida est l’Essence de l’âme et elle fait Un avec l’Essence divine. Lorsque la lumière divine de l’Essence de l’âme éclaire notre âme nous ne voyons plus le mauvais penchant et l’âme animale d’un autre Juif avec ‘dédain et mépris’ mais au contraire nous nous attachons à transformer l’obscurité du corps et de l’âme animale de notre frère Juif et de parvenir ainsi à aimer ce Juif sans que ‘le corps nous sépare’.

Lorsque nous dévoilons en nous-même la force de Yé’hida, nous voyons chaque chose telle quelle est à sa racine. Nous ne voyons plus le mauvais penchant simplement comme un instrument du mal mais nous le voyons tel qu’il est à sa racine c’est à dire comme un serviteur du Saint béni soit-il. En effet, l’Admour Hazaken explique dans le Livre du Tanya que le mauvais penchant désire du plus profond de lui-même que l’homme ne tombe pas dans les pièges qu’il lui tend.

La force du Rabbi est de voir le corps de l’autre non pas ‘avec dédain et mépris’, mais de ne voir que la possibilité qui nous est donnée de transformer l’obcurité en lumière.

Ce niveau de l’amour du prochain peut être atteint par chaque Juif lorsque l’Essence de son âme éclaire son regard. La force de l’Essence de l’âme représente la lettre Aleph qui est la première lettre de ‘Aloupho chel Olam’ : ‘Maître du monde’, que l’on ajoute au mot ‘Gola’ lequel représente dans ce cas l’obscurité du corps et de l’âme animale, pour obtenir enfin le mot ‘Guéoulah’ : se délivrer de tout ce qui nous empêche ‘d’aimer son prochain comme soi-même’.

Parvenir à l’Essence signifie que l’on ne voit plus de différences entre le corps et l’âme car ceux-ci sont égaux dans ‘le cerveau du Père’. Ainsi, l’amour du prochain tel qu’il est défini par le Rabbi a ceci d’exceptionnel, que nous pouvons parvenir à être encore plus que des ‘frères’. En effet, le mot ‘frères ‘désigne les âmes qui ont déjà été créées :’la goutte qui provient du cerveau du Père’, mais quand ces âmes sont encore dans le cerveau du Père, conformément à l’expression du Rabbi : ‘l’Essence de l’âme est enracinée dans l’Essence divine’ il s’agit du niveau de l’Essence, laquelle est indivisible.

Il est intéressant de remarquer que c’est précisément dans le chapitre 37 du Tanya que l’Admour Hazaken déclare que ‘la Délivrance dépend de notre travail et de nos actions pendant l’exil’ car ’37’ est la valeur numérique de ‘Yé’hida’, qui désigne l’Essence de l’âme.

Ainsi, c’est par notre attachement au Rabbi que nous parviendrons à ne plus être ‘divisés les uns les autres par le corps’ et à ‘aimer chacun comme nous-mêmes’ et à provoquer ainsi notre propre Délivrance et la Délivrance finale de tout le peuple d’Israël, avec le dévoilement de notre Juste Machia’h, très bientôt et de nos jours, avec l’aide d’Hachem.

Il existe une très belle image du Tséma’h Tsédek au sujet de l’âme (Séfer ha Likoutim, lettre Youde, ‘Yonah’). Le Tséma’h-Tsédek citant le verset du ‘Cantique des Cantiques’ (2, 14) :

‘Ma colombe, nichée dans les fentes du rocher…’, explique que le nom du prophète ‘Yonah’, qui fut jeté à la mer et englouti par un énorme poisson, est une allusion à l’âme divine. La signification de l’image de Yonah, qui adressa à l’Eternel une prière du fond des entrailles de cet énorme poisson évoque donc l’âme divine prisonnière du corps et de l’âme animale, contre lesquels elle doit mener un combat incessant pour imposer sa volonté.

La mission de chaque Juif est de faire de ce monde une demeure pour l’Essence divine. L’enseignement du Rabbi dans le Dvar Mal’hout sur les Parachiot ‘Ahareï-moth-Kédochim’ est que c’est précisément dans ce monde matériel, ici-bas, que peut être dévoilée l’Essence divine. C’est précisément quand l’âme descend dans un corps matériel qu’elle peut dévoiler l’intention divine d’avoir une demeure ici-bas.

Faire une demeure pour D.ieu consiste à purifier le corps, l’âme animale, et la matière de ce monde. C’est dans ce but que la majorité des Commandements divins est accomplie, au moyen de choses matérielles, afin que cet accomplissement nous permette de purifier les objets matériels, y compris le corps d’un Juif qui accomplit ces Commandements.

En fait, qu’il s’agisse du corps d’un Juif ou du corps de ce monde, chacun deux représentent l’exil : ‘Gola’. En effet, ‘l’âme que D.ieu nous a donnée est pure’ et elle descend ensuite dans un endroit qui est le contraire de la pureté, puisqu’elle s’habille dans une âme animale, dans un corps, et dans un monde où dominent les forces du mal, ou la possibilité est donnée à l’homme de choisir entre le bien et le mal.

Or, c’est précisément lorsque l’âme agit dans l’exil du corps et de ce monde quelle peut connaitre l’élévation à un niveau supérieur de celui d’où elle vient. Cette exceptionnelle élévation procède du dévoilement de l’Essence divine.

‘Gola’, l’exil, représente finalement l’unique moyen de dévoiler l’Essence divine. C’est la raison pour laquelle le Rabbi nous enseigne dans ce Dvar Mal’hout que la Délivrance finale n’exclut pas l’exil, et que bien au contraire ‘c’est par notre travail et par nos actions dans cet exil que l’on parvient à provoquer la Délivrance’ comme l’a écrit l’Admour Hazaken dans le livre du Tanya.

Notre travail et nos actions consistent à introduire le Divin dans la réalité afin de la transformer en révélant son contenu véritable. C’est à ce sujet qu’il est dit que si l’on ajoute la lettre א au mot גולה on obtient la Délivrance : גאולה

Machiah Now !

Texte et Audio : Chemini à la lumière du Dvar-Mal’hout, par le Rav Yaacov Abergel

Texte et Audio : Chemini à la lumière du Dvar-Mal’hout, par le Rav Yaacov Abergel

 

Une signification du Titre ‘Dvar-Mal’hout’

Le Rabbi déclare dans le ‘Dvar Mal’hout’ (Chemini) que ‘Moché a la capacité d’unir les enfants d’Israël avec le Saint béni soit-Il, car l’infini et le fini sont en lui’. En d’autres termes, ‘l’infini est en lui’ signifie que la force de la partie la plus profonde de l’âme de Moché, l’Essence de l’âme de Moché, ‘l’infini’, est dévoilée dans la partie ‘finie’ de son âme (la partie de son âme qui s’habille dans son corps : les forces de l’intellect dans le cerveau, les sentiments dans le cœur, la vitalité dans le sang).

Le Rabbi nous enseigne alors que l’humilité de Moché est la raison pour laquelle il a le mérite que l’infini soit dévoilé en son âme, et c’est à cela que se rapporte la déclaration du Pirkeï Avot selon laquelle : ‘Moché a reçu la Loi du Sinaï et l’a transmise à Yéochoua’ : la Montagne du Sinaï, par le fait qu’elle soit la plus basse parmi toutes les montagnes, exprime l’humilité et la soumission la plus totale vis à vis de l’Eternel, et le Rabbi révèle que ‘Moché a reçu la Loi du Sinaï’ signifie qu’il apprend du ‘Sinaï’, qu’il est animé par la plus grande humilité, et parfaitement soumis à D.ieu.

D’une certaine manière, la force de soumission de Moché et son exceptionnelle humilité sont peut-être liées au titre donné à l’ouvrage du Rabbi : ‘Dvar Mal’hout’. En effet, la ‘Hassidout nous enseigne que la Séfira de Mal’hout (la dernière Séfira du monde d’Atsilout) est qualifiée de ‘pauvre’ car elle ne possède pas une lumière qui lui est propre. Comme la lune qui reçoit toute sa lumière du soleil, la Séfira de Mal’hout reçoit toute sa lumière des autres Séfirot du monde d’Atsilout. A l’exemple de l’élève qui est parfaitement soumis à son Maître et qui de ce fait parvient finalement à le dépasser, la Séfira de Mal’hout finira dans les temps messianiques par s’élever au- dessus de toutes les Séfirot et à leur dispenser sa propre lumière, ainsi qu’il est dit au sujet des temps messianiques : ‘une épouse vertueuse est la couronne de son mari’.

Il en va de même pour la lune car dans les temps messianiques celle-ci ne recevra plus sa lumière du soleil mais dispensera sa propre lumière et deviendra aussi grande que le soleil, ainsi qu’il est dit : ‘la nuit brillera comme le jour’.

Le principe selon lequel l’annulation vis-à-vis de D.ieu provoque les plus hauts dévoilements divins transparaît à travers tous les enseignements du ‘Dvar Mal’hout’. L’image donnée par la ‘Hassidout d’une graine qui se putréfie dans le sol avant de donner naissance à une plante en est le parfait exemple, et elle s’accorde à l’image de la lune dont la taille diminue jour après jour dans l’obscurité du ciel jusqu’à finir par disparaître puis y renaître ensuite à nouveau.

‘Ton absence sera remarquée, ta place étant vide’ 

Dans le ‘Dvar Mal’hout’ (Chemini) le Rabbi cite le livre de Chmouel (1, 20, 18) : ‘Ton absence sera remarquée, ta place étant vide’. Dans ce verset, Yonathan s’adresse à David en lui faisant remarquer que son absence à la table du roi ne peut passer inaperçue. Sans l’ombre d’un doute, le Roi Chaoul se souviendra de David, en voyant qu’il ‘manque à sa place’. C’est précisément parce que David ‘manque’ à sa place que le Roi se ‘souvient’ de lui. Le Rabbi déclare qu’il en va de même pour la lune le jour de Roch ‘Hodech : c’est précisément après avoir diminuée de taille au point de disparaître (de ‘manquer à sa place’) que la lune renaît et grandit à nouveau dans le ciel.

D’après l’enseignement du Rabbi, ce principe s’applique à celui de l’obscurité qui précède la Délivrance. La Délivrance ‘manque à sa place’, c’est précisément ‘Parce qu’un Juif ne se trouve pas à sa véritable place, à la table de son Père, sur la terre sainte à Jérusalem, la ville sainte, dans le Beït-Ha-Mikdache, et c’est cette absence précisément qui aura pour effet que l’Eternel se souviendra de lui et le délivrera.’

A travers ces paroles du Rabbi, nous devons comprendre que c’est ce qui nous fait défaut qui nous permet par la suite d’atteindre le divin illimité. L’absence de David à la Table du Roi Chaoul est une allusion à l’attribut de Gvurah, au Tsimtsoum, à la limitation et à la dissimulation de la lumière divine. Le Rabbi nous dévoile que c’est précisément par l’attribut de Gvurah, le ‘fini’, que l’on peut accéder à ‘l’infini’, ainsi qu’il est dit : ‘celui qui accomplit la Torah dans la pauvreté finira par l’accomplir dans l’opulence’ (Rabbi Yonathan, Pirkeï Avoth).

Ainsi, peut-être est-ce à travers l’idée selon laquelle tout dévoilement divin passe nécessairement par la révélation de notre petitesse, que le Rabbi intitula son recueil ‘Dvar Mal’hout’. En effet, notre petitesse doit être comparable à celle de la Séfira de Mal’hout. A l’évidence, Mal’hout représente la ‘pauvreté’ qui mène à l’opulence, à l’exemple de cette graine qui disparaît dans la terre pour renaître ensuite, à celui de la lune qui disparaît pour réapparaître ensuite.

A l’exemple de Moché dont le nom disparaît dans la Paracha Tetsaveh, à celui du Rabbi qui demande à ses émissaires de ne pas mentionner son nom si cela s’avère nécessaire, c’est par le fait de s’annuler totalement à la volonté du Rabbi, le Moché de notre génération, que l’on parvient à renaître ensuite, à s’élever dans notre service divin dans la plus grande opulence.

‘Celui qui dit une chose qu’il n’a pas entendu de la bouche de son Maître, provoque que la présence divine quitte l’Assemblée d’Israël’ :

Dans notre Paracha, il est question du travail de Moché et d’Aaron, le huitième jour des Milouim, quand ils terminèrent d’apporter des sacrifices.
Il est écrit (9, 24) : ‘un feu sortit de devant l’Eternel et consuma sur l’Autel…Le peuple vit, ils prièrent’.

Dans le Likoutei Si’hot (‘Hélek 12, pages 49-51), le Rabbi explique que les mots ‘un feu sortit’ évoquent le ‘salaire’ d’Israël. De fait, leur service divin fut agréé par le Saint béni soit-Il quand Il fit régner alors sa présence au sein de l’Assemblée des enfants d’Israël.

Puis, dans les versets suivants (10, 1, 2) il est question des enfants d’Aaron, Nadav et Avihou, lesquels ‘apportèrent devant l’Eternel un feu étranger qu’Il ne leur avait pas ordonné (d’apporter). ‘Un feu sortit de devant l’Eternel, les consuma et ils moururent devant l’Eternel’.
Ainsi, les mêmes mots, ‘un feu sortit’, sont employés, une fois au début de la Paracha pour exprimer la présence de l’Eternel au milieu des enfants d’Israël, et une seconde fois pour exprimer la terrible punition que le Saint béni infligea aux fils d’Aaron.

Rachi explique, au nom de Rabbi Eliézer, que ‘Nadav et Avihou ne moururent que, parce qu’ils enseignèrent une loi devant Moché leur Maître’.

Les enfants d’Aaron ne sont pas morts à cause de leur service divin, au contraire, quand ils apportèrent des encens, ils provoquèrent un dévoilement divin, ‘un feu sortit’, comme ce fut le cas lorsque Moché et Aaron apportèrent des sacrifices. Cependant ils n’agirent pas selon un ordre divin, et le feu qui représente un dévoilement divin lorsqu’il est ordonné par D.ieu, ‘les consuma et ils moururent’.

Le Rabbi explique au sujet de Rabbi Eliézer que sa grande sagesse fut de nombreuses fois louées par les Sages d’Israël. Cependant, et malgré sa grandeur, Rabbi Eliézer déclara que ‘Celui qui dit une chose qu’il n’a pas entendu de la bouche de son Maître, provoque que la présence divine quitte l’Assemblée d’Israël’.

De fait, s’il nous est interdit de dire une chose que l’on n’a pas entendu de la bouche de notre Maître, combien est plus grande encore notre punition quand nous disons une telle chose devant notre Maitre lui-même.

Nadav et Avihou, enseignèrent une Halakha devant Moché qui était leur Maître, et ils en furent punis, et cela, même s’ils étaient eux-mêmes des Justes de ce monde.

A la lueur de cet enseignement de Rabbi Eliézer, rapporté par Rachi, le Rabbi semble faire une allusion à l’attachement qui nous lie à lui.

Le silence de l’Admour Hazaken

On raconte que l’Admour Hazaken gardait le silence lorsqu’il était assis à la table du Maguid de Mézeritch, son Maître, quand celui-ci donnait un cours de Torah.

Bien des années après avoir quitté le Maguid, un des élèves du Maguid se rendit chez l’Admour Hazaken. Il découvrit alors combien l’Admour Hazaken mit à profit l’enseignement qu’il reçut à la table du Maguid, et il déclara que de tous les élèves de Rabbi Dov Ber (le Maguid), l’Admour Hazaken fut celui qui ‘prit les meilleurs morceaux’.

Certes, tous ceux qui eurent le mérite d’entendre de la bouche du Maguid des paroles de Torah furent tous marqués par son enseignement, mais l’Admour Hazaken fut celui qui en fut le plus imprégné. L’explication à cela est toute simple. L’Admour Hazaken gardait le silence devant son Maitre. Cela signifie qu’il était un élève totalement soumis aux pensées, aux paroles et aux actes de son Maître. Et c’est précisément grâce à cette soumission que l’influence de son Maître le toucha au plus profond de son être, et ne le quitta pas tout au long de son existence en ce monde.

L’infini du ciel n’est pas sans évoquer la Sagesse de D.ieu, laquelle est insaisissable. La profondeur des mers et des océans n’est pas sans évoquer les secrets qui se cachent dans les mots divins de la Torah. La force infinie contenue dans la terre silencieuse, de faire pousser des fruits, des plantes et des arbres, n’est pas sans évoquer les commandements divins, lesquels sont justement accomplis au moyen de la poussière de la terre (Rachi).

Le Maître est celui qui nous permet de saisir cette sagesse infinie. Plus nous lui sommes soumis, plus nous voyageons avec lui au centre de la mer de la Torah, et découvrons la profondeur de ses secrets. Il nous élève vers les hauteurs des cieux de la Torah afin de libérer notre âme divine de ‘tout ce qui l’empêche de voir la lumière de l’Eïn-Sof’ (Tanya). Il nous fait voyager sur cette terre que nous foulons avec nos pieds et qui ne se plaint jamais pour cela, et nous enseigne ce que nous gagnons à lui ressembler.
Ainsi, lorsque nous parvenons à nous attacher à notre Maître, c’est un feu de vie et de bénédictions que nous faisons descendre du ciel.

Ce qui fait la particularité du Rabbi, c’est que notre soumission à ses enseignements n’exclut pas qu’il attend de chacun d’entre nous d’exprimer nos particularités. Chaque juif possède en effet une chose que l’autre ne possède pas. Aussi, nous devons faire tout ce qui est en notre pouvoir pour exploiter les dons particuliers que l’Eternel nous a donnés. Nous devons exprimer nos propres qualités dans nos actes, et les inscrire dans le projet divin, de révéler le Machia’h en faisant de ce monde une demeure pour D.ieu. D’un autre côté, c’est précisément en nous soumettant aux enseignements du Rabbi que nous pouvons y parvenir, afin de provoquer, enfin, le dévoilement de notre Juste Machia’h, dès-à-présent avec l’aide de D.ieu.

Il est bien de mentionner ici que dans le Likouteï-Torah sur la Paracha Chemini, l’Admour Hazaken nous enseigne que le ‘Léviathan’ désigne le Tsaddik qui est attaché à la partie profonde de la Torah, et que le ‘Chor-ha-bar’ désigne le Tsaddik qui est attaché à la partie révélée de la Torah. Or, la Séouda Chlichit du Chabbat a précisément lieu au moment où se dévoile tout particulièrement le niveau de Yé’hida, l’Essence de l’âme Juive. Ce précieux moment est celui du dévoilement des secrets de la Torah, ‘Razin de Razin’. C’est aussi la raison pour laquelle nous avons l’usage à cette occasion de chanter des Nigunim et d’écouter avec attention, juste après avoir chanté, un discours ‘Hassidique du Rabbi.

Le Rabbi sur le fait que le jour du 9 Av qui est le jour ou le Temple de Jérusalem fut détruit est aussi le jour de la naissance du Machia’h, le Rabbi souligne que la naissance du Machia’h eut lieu au moment de la prière de Min’ha qui précède ce moment du Chabbat, ‘Razin de Razin’.

Chaque Séouda Chlichit, durant chaque Chabbat, nous rappelle le festin de la Délivrance finale. Les Sages nous enseignent en effet que lors de la Délivrance, L’Eternel dressera une table pour les Tsaddikim et que chacun mangera de la chair du poisson (le Léviathan) de la viande du taureau sauvage (le Chor-ha-Bar), et boira du vin que L’Eternel garde en secret (le vin Méchoumar). A l’évidence ce festin possèdera une dimension spirituelle très élevée, notamment par le fait que chacun ressentira le lien profond entre la partie révélée de la Torah (symbolisée par le Chor-ha-Bar) et la partie la plus profonde de la Torah (symbolisée par le Léviathan). A l’image de l’Admour Hazaken et de tous les Maîtres de ‘Habad qui possèdent, chacun, la Connaissance des deux Luminaires de la Torah, et qui surtout, révèlent le lien qui les unit.

Texte et Audio : A la lumière du Dvar Mal’hout –  Tsav, Chabbat Hagadol et 11 Nissan –  Rav Yaacov Abergel

Texte et Audio : A la lumière du Dvar Mal’hout – Tsav, Chabbat Hagadol et 11 Nissan – Rav Yaacov Abergel

 

 

 

L’origine du nom ‘Chabbat-Ha-Gadol’ (‘le Grand Chabbat’) :

Dans le Dvar Mal’hout (Paracha Tsav), le Rabbi déclare que le contenu profond du mois de Nissan est celui de la Délivrance. Ce mois est le mois de la fête de Pessa’h ‘le temps de notre liberté’ et cela s’exprime plus particulièrement pendant le Chabbat avant Pessa’h, Chabbat Ha Gadol.
L’Admour Hazaken rapporte dans son Choul’hane Aroukh le miracle qui fut à l’origine de ce nom : le Grand Chabbat.

Les Egyptiens qui furent avertis par les Juifs que l’Eternel s’apprêtait à frapper l’Egypte de la plaie des premiers-nés allèrent se plaindre à Pharaon de son refus de laisser partir les enfants d’Israël. Pharaon demeura insensible à cette plainte et les premiers-nés d’Egypte entreprirent alors une guerre contre son armée. Parmi les nombreux égyptiens qui furent tués, il y avait ceux qui commirent des atrocités aux enfants d’Israël. Le Rabbi explique que la raison pour laquelle cette guerre fut appelée grand miracle et aussi le début des miracles de la Délivrance est qu’elle résulte d’un très haut dévoilement divin qui est lui-même allusionné par la lettre Kouf du mot Tsaddik.

Le pied de la lettre Kouf descend très bas et évoque donc de ce fait la force de l’Essence divine qui, Elle seule, a le pouvoir de descendre ici-bas pour transformer l’obscurité de l’exil en un réceptacle capable de recevoir les lumières les plus élevées. Plus encore, au sujet de la lettre Tsaddik, le Rabbi rapporte le Téhilim 90 (’90’ comme la valeur numérique de la lettre Tsaddik), dans lequel il est dit (90, 17) : ‘Que le plaisir de mon Maître notre D.ieu soit avec nous, établis pour nous l’action de nos mains, et que l’accomplissement de nos mains soit établi’.

Selon le Midrach les versets de ce Téhilim furent rédigés par Moché et le Roi David les intégra dans son livre. Après avoir édifié le Michkan (le Temple portatif), Moché pria afin que l’Eternel S’y révèle. Rachi explique que Moché dit deux fois ‘établis l’action de nos mains’ :
Une fois pour implorer D.ieu de Se révéler dans le Michkan, et une fois pour révéler Sa grande Lumière infinie dans les actes du Peuple d’Israël.
Le Rabbi souligne que l’action de Moché détient le pouvoir d’attirer la lumière d’Or-Sovev (la lumière qui entoure les mondes) afin que celle-ci Se dévoile et réside dans le Michkan.

C’est aussi l’action de Moché qui permet à la lumière d’Or-Sovev de se révéler dans le monde et dans les actions des enfants d’Israël.

De fait, Moché est l’intermédiaire qui unit les enfants d’Israël avec le Saint béni soit-il. D’un côté, il est celui qui reçoit les plus hauts Dévoilements divins et d’un autre côté il est celui qui transmet ces Dévoilements aux enfants d’Israël.

Il est essentiel de comprendre que tous les bienfaits matériels et spirituels nous parviennent de D.ieu par l’intermédiaire de Moché. Aussi, en ces derniers moments de l’exil, nous devons réaliser que la réussite de toutes nos actions dépend de la valeur que nous donnons à notre attachement au Moché de notre génération, le Rabbi.

Le 11 Nissan, l’anniversaire du Rabbi’ :
‘Quand il naquit toute la maison s’est emplit de lumière (Sotah, 12a)’

Le jour d’un anniversaire est un jour de joie, car il rappelle le jour de la naissance, lorsqu’ une nouvelle âme naît dans ce monde, et qu’alors peut commencer le début du service divin.

De fait, chaque juif, le jour de son anniversaire, se doit de méditer à la promesse qu’il fit à l’Eternel avant de descendre dans ce monde, ‘Sois un Juste et ne sois pas un méchant, et même si tout le monde te dit que tu es un Juste, tu seras à tes yeux comme un méchant’.

La ‘Hassidout souligne qu’au moment de cette promesse, l’Eternel rassasie l’âme des forces dont elle aura besoin pour assumer sa mission, mais il est évident que l’homme doit faire tout ce qui est en son pouvoir pour nourrir son âme tout au long de son existence.

Aussi, l’étude de la ‘Hassidout est indispensable à chaque juif pour mener la mission qui lui est confiée de faire de ce monde matériel une demeure spirituelle pour D.ieu, et l’aboutissement de cette mission n’est autre que la révélation du Machia’h.

Il apparaît à l’évidence que le jour de l’anniversaire d’un Juste est un jour particulièrement lumineux, car le monde et l’Assemblée d’Israël reposent sur ce Juste, et ‘le Juste est le fondement du monde’.

Rachi écrit au sujet de la naissance de Moché (Chemoth 2, 2) que ‘quand il naquit toute la maison s’emplit de lumière’ (Sotah, 12a).
La ‘maison’ qui ‘s’emplit de lumière’ ne désigne pas seulement la maison où Moché naquit, mais elle représente aussi la ‘maison d’Israël’, car Moché iIlumine tous les enfants d’Israël.

Il est lui-même la ‘tête’ et les enfants d’Israël sont les ‘pieds’ de Moché. Comme la tête dirige et illumine chaque membre du corps, à chaque génération il y a un Moché qui guide et illumine l’âme de chaque enfant d’Israël.

Aussi, le jour de la venue du Machia’h, très bientôt et de nos jours, avec l’aide D.ieu, est une naissance, car en ce jour le monde entier s’emplira de lumière, ainsi qu’il est dit (Iguéreth HaKodech du Rabbi Yossef Itz’hak, tome 1, lettre 274) :

‘Sais-tu qui est le Machia’h ? C’est celui qui révèlera l’enseignement caché de la Torah dans toute sa profondeur, de sorte que tous en ressentent la clarté.’

Par ailleurs, l’Admour Haemtsaeï écrit au sujet du Machia’h (Droucheï ‘Hatouna, Tome 2, page 522) :
‘Il agira pour celui qui l’attend’, c’est-à-dire que le Machia’h révèlera le plaisir infini à ceux qui l’attendent et souhaîtent sa venue, ainsi qu’il est dit : ‘S’il tarde, sois patient’. Cette attente doit s’emplir d’espoir en sa venue ainsi qu’il est écrit : ‘Voici, c’est notre D.ieu, nous avons placé notre espoir en Lui’ et ‘notre âme l’attend’. On évoque également ‘Ceux qui placent leur espoir en D.ieu’.

‘Machia’h agira pour celui qui l’attend’ ne signifie pas (seulement) que nous devons être patients. Bien au contraire, nous devons aussi être impatients. En effet, l’Admour Haemtsaeï définit ici l’attente comme un désir.

Certes, l’attente inclut en elle ‘l’espoir de sa venue’, mais ce qu’elle exprime par-dessus tout c’est le ‘désir de sa venue’, lequel est en fait l’expression du lien le plus profond de l’âme juive avec D.ieu, ‘Kécher atsmi’ : le niveau de Yé’hida.

A la lumière de ce qu’il vient d’être dit, le verset ‘Quand il naquit toute la maison s’emplit de lumière’ peut être expliqué de la manière suivante :
‘Quand il naquit’, la naissance de Moché, peut tout aussi bien faire allusion à la naissance du Rabbi, qui est lui-même l’équivalent de Moché dans notre génération (‘Hitpachtouta dé Moché’).

Le Rabbi représente l’Essence de l’âme d’Israël, car son âme est une âme collective, et il possède de ce fait la force de révéler l’essence de l’âme de chaque juif.
Or, du fait que l’âme est comparable à une maison (l’Eternel déclare en effet : ‘Faites-Moi un sanctuaire et Je résiderais parmi vous’ et la ‘Hassidout explique que le sanctuaire n’est autre que notre âme), nous pouvons expliquer que ‘Quand il naquit toute la maison s’emplit de lumière’ est une allusion à la lumière de l’essence de l’âme qui se révèle dans le corps.

‘La maison’ désigne en fait la partie de l’âme qui s’habille dans le corps, et ‘Quand il naquit’ est une allusion à la naissance du Rabbi, laquelle représente la révélation de l’Essence de l’âme de chaque Juif.

Dans son discours intitulé ‘Vé Ata Tétsavé’, le Rabbi explique que le niveau supérieur de la révélation de Yé’hida, l’essence de l’âme, est atteint lorsque la lumière de l’Essence divine s’unit véritablement aux forces de l’âme (l’intellect et les sentiments).
Dans ce cas, le caractère divin et immuable qui ne change pas, ainsi que dit l’Eternel : ‘Je n’ai pas changé’, s’unit aux forces limitées de l’âme qui s’habillent dans le corps (l’intellect, les émotions, la vie du corps).

L’homme parvient alors à la perception véritable du divin. L’infini divin s’unit aux forces limitées de son âme.

Telle est la mission du Rabbi. Il est celui qui permet l’union de l’infini avec le fini. Celui par l’intermédiaire de qui, l’âme d’un juif devient un feu perpétuel, car il unit l’essence de l’âme avec l’âme qui s’habille dans le corps.

C’est cela ‘la maison qui s’emplit de lumière’, lorsque la lumière de l’Essence divine éclaire l’âme et le corps d’un juif.

Ainsi, c’est peut-être au sujet de cette union que l’Admour Haemtsaeï déclare que ‘le Machia’h révèlera le plaisir infini à ceux qui l’attendent et souhaîtent sa venue’ car le plaisir dont il est ici question n’est autre que celui de la révélation de l’Essence de l’âme, ‘l’infini divin’, dans le corps (‘la maison’). Dès-lors, il est aisé de réaliser l’importance de ce jour du 11 Nissan, lequel précède notre sortie de l’Egypte et de toutes les limites de ce monde matériel, le soir du Séder.

Ce jour contient la force de l’Essence divine, le ‘plaisir infini’, qui est sur le point de se dévoiler, avec l’aide de D.ieu, de manière véritable avec la venue de notre Juste Machia’h, lors de la délivrance finale, très bientôt et de nos jours.

‘L’importance d’enseigner aux peuples du monde les 7 Mitsvoth Bneï-Noa’h :

Le Rabbi nous rappelle que le nom ‘Moché’ vient du fait que Batia, la fille de Pharaon, ‘tira’ Moché de l’eau du fleuve lorsqu’elle vit ‘le panier au milieu des joncs’, ainsi qu’il est dit (Chemot, 2, 10) : ‘Elle appela son nom : Moché, et dit ‘Car de l’eau je l’ai tiré’.

Rachi explique que l’expression ‘je l’ai tiré’ signifie ‘l’action de faire sortir’.
Aussi, peut-être nous est-il permis d’expliquer que cette expression évoque la déclaration que fit le Machia’h au Baal Chem Tov : ‘Je viendrai lorsque tes sources se repandront à l’extérieur’.

La délivrance dépend de ‘l’action de faire sortir’ les sources du Baal Chem Tov à l’extérieur. Ainsi, à la lumière de cette explication, il apparait à l’évidence l’importance de la mission qui nous a été confiée par le Rabbi d’enseigner les ‘7 Mitsvoth-Bneï-Noa’h’ aux personnes qui ne sont pas de confession Juive. Le Rabbi souligne souvent le fait que les mondes et tout ce qu’ils contiennent attendent tous de connaitre l’élévation. La lumière d’Or-Ein-Sof, ‘la lumière qui n’a pas de fin’, comme son nom l’indique illuminera la Création tout entière, c’est-à-dire dans ses plus petits et ses moindres détails, car si ce n’est pas le cas alors il ne s’agira pas du dévoilement de la lumière infinie de D.ieu. Or, c’est précisément notre mission d’enseigner aux peuples du monde les 7 Mitsvoth Bneï-Noa’h, car c’est de cette manière que ceux-ci pourront connaître l’élévation en accomplissant la Volonté du Saint béni soit-Il.

Il est important de savoir au point de ressentir que les peuples du monde attendent et espèrent de connaître cette élévation. Un exemple parmi tant d’autres exprime avec une force redoutable ce désir. Vincent Van-Gogh est un Artiste-Peintre mondialement connu. Il était par la force des choses un homme très solitaire qui peignit 800 Tableaux en seulement 10 ans. Il vécut grâce à l’aide de son frère Theo qui lui envoya régulièrement de l’argent pour qu’il puisse subvenir à ses besoins et qu’il puisse acheter le matériel nécessaire à la réalisation de son œuvre picturale. Il n’y a donc rien d’étonnant à ce que Van-Gogh parle en ces termes de son existence : ‘Quelqu’un aurait assisté pour un peu de temps seulement au cours gratuit de la grande université de la misère…’. Cependant Van-Gogh est très loin d’être une personne superficielle, préoccupée seulement par le fait d’assouvir des désirs uniquement matériels, comme on peut s’en rendre compte en lisant la suite de ce même propos : ‘…Et aurait fait attention aux choses qu’il voit de ses yeux, et qu’il entend de ses oreilles, et aurait réfléchi là-dessus, […] en apprendrait peut-être plus long qu’il ne saurait dire. Cherchez à comprendre le dernier mot de ce que disent dans leurs chefs-d’œuvre les grands Artistes, les Maîtres sérieux, il y aura D.ieu là-dedans’.
Ainsi, le désir le plus profond de Van-Gogh, son ‘dernier mot’ ainsi qu’il le définit ici, n’est autre que Celui au sujet duquel il est dit : ‘Mais L’Eternel ne vous a pas donné de cœur pour comprendre, des yeux pour voir et des oreilles pour entendre, jusqu’à ce jour’. (Ki Tavo, 29, 3, Livre Devarim). De fait, lorsque Van-Gogh parle de ‘la grande université de la misère’, il n’évoque pas la misère matérielle, non, il fait essentiellement allusion à la misère spirituelle. Vincent Van-Gogh cherche D.ieu et ne s’en cache pas, il écrit : ‘Cela n’empêche que j’ai un besoin terrible de, dirai-je le mot, religion, alors je vais la nuit dehors pour peindre des étoiles et je rêve toujours un Tableau comme cela avec un groupe de figures vivantes, des copains…’.

Pour en revenir à ce qui a été dit précédemment au sujet de l’enseignement du Rabbi selon lequel les peuples du mondent attendent de connaître l’élévation, il suffit de lire attentivement entre les mots de Vincent : ‘En somme je n’en sais rien, mais justement ce sentiment de ne pas savoir rend la vie réelle que nous vivons actuellement, comparable à un simple trajet en chemin de fer. On marche vite, mais on ne distingue aucun objet de très près, et surtout, on ne voit pas la locomotive’.

Les peuples du monde ‘ne voient pas la locomotive’, car la Torah a été au peuple Juif, et lui-seul détient la capacité de ‘voir la locomotive’, c’est-à-dire de percevoir le Divin, de percevoir Celui qui ‘crée et maintient en vie le monde et tout ce qu’il contient’, au moyen de l’étude de la Torah et par l’accomplissement des Mitsvoth. Cependant, ces écrits de Van-Gogh témoignent tous de ce désir de D.ieu qui brûle au profond de lui-même. Aussi, comme nous nous trouvons à la veille de la fête de Pessa’h, il est bien de citer pour finir par ces paroles que l’Artiste adressa à son frère Theo, lesquelles expriment bien la sortie d’Egypte, aussi bien pour ce qui concerne les enfants d’Israël que pour ce qui concerne les enfants de Noa’h : ‘Sais-tu ce qui fait disparaître la prison, c’est toute affection profonde, sérieuse. Être amis, être frères, aimer, cela ouvre la prison par puissance souveraine, par charme très puissant. Mais celui qui n’a pas cela demeure dans la mort. Puis la prison s’appelle quelquefois : préjugé, malentendu, ignorance fatale de ceci ou de cela, méfiance, fausse honte. Mais là où la sympathie renaît, renaît la vie’.

 

Texte et Audio : Vayikra à la lumière du Dvar Mal’hout – Rav Yaacov Abergel

Texte et Audio : Vayikra à la lumière du Dvar Mal’hout – Rav Yaacov Abergel

 

Chaque Juif possède une étincelle de Moché :

Dans le Dvar Mal’hout sur la Paracha Vayikra, le Rabbi nous enseigne que ‘lorsque le jour de Roch ‘Hodech Nissan tombe le jour du Chabbat nous sortons trois Sefer-Torah, et cela a pour effet de renforcer considérablement les enfants d’Israël, même durant les années pendant lesquelles Roch ‘Hodech Nissan ne tombe pas Chabbat, (comme c’est le cas cette année)’.

Chaque fois que nous sortons un Séfer-Torah nous disons le verset (Bamidbar, 10, 35): ‘C’était quand l’Arche se mettait en voyage, Moché disait lève-toi Eternel, que Tes ennemis se dispersent et que ceux qui te haïssent fuient de devant Toi…’.

Le Rabbi nous rappelle ici l’enseignement du Tanya selon lequel chaque Juif possède en lui-même une étincelle de Moché. Aussi, quand Moché s’adresse à D.ieu en disant ‘Lève-Toi Eternel’, il exprime l’importance pour chaque Juif d’ajouter dans le domaine de la Sainteté, et lorsque Moché déclare ‘que tes ennemis se dispersent et que ceux qui te haïssent fuient de devant Toi’, il souligne l’importance d’effacer tout ce qui s’oppose à notre élévation et qui perturbe notre service divin.

Par ailleurs, dans la Paracha Vayikra il est écrit : ‘Il appela Moché et D.ieu lui parla depuis la tente d’assignation en disant’ (Vayikra, 1, 1). Le sujet de ‘Vayikra’ est que Moché reçoit de D.ieu la force nécessaire qui lui permet d’entrer dans la tente d’assignation où l’Eternel se dévoile à lui. Or, comme il vient d’être dit, chaque Juif possède une étincelle de Moché, et de ce fait il peut attirer et dévoiler en lui-même un reflet de cette force que reçut Moché ; chaque Juif détient la force d’attacher sa pensée à D.ieu d’un lien si puissant qu’il peut ressentir et ‘voir avec ses yeux’ les plus hauts dévoilements divins, comme ce sera effectivement le cas au moment de la Délivrance finale.

L’Arche est l’endroit où se révèle la lumière qui entoure les mondes :

Un jour un ‘Hassid qui vivait à Loubavitch emmena son fils qui venait d’atteindre l’âge de rentrer au ‘Héder à un entretien privé avec le Rabbi. Le Rabbi bénit le jeune enfant en ces termes : Investis ton ardeur dans l’étude et ne perds pas ton temps, D.ieu béni soit-Il, te viendra en aide pour que tu sois un érudit et un ‘Hassid. Quand l’enfant et son père sortirent du bureau du Rabbi, le père expliqua à son fils que le Rabbi est pour ses ‘Hassidim ‘l’Arche Sainte’ dans laquelle se trouve les Tables de la Torah écrites du doigt de D.ieu, béni soit-Il’.

Pour comprendre un tant soit peu, la profondeur des paroles du ‘Hassid à son fils ‘hassidiques, il est nécessaire de savoir que les Tables de la Loi sont ‘écrites du doigt de D.ieu’, c’est à dire qu’elles sont un acte divin. Nous devons comprendre que l’Arche de l’Alliance qui contient ces Tables n’est pas un simple objet matériel. Le traité ‘Yoma’ nous enseigne que bien que l’on puisse en mesurer sa hauteur sa longueur et sa largeur, l’Arche ne prend pas de place dans le Saint des Saint ou elle est déposée. En effet, la largeur totale du Saint des Saints est de 20 ama (environ une dizaine de mètres) et la longueur de l’Arche est de 2,5 ama. Or quand l’Arche est déposée dans le Saint des Saints elle perd ses mesures : elle ne prend plus de place. En effet, si l’on mesure les distances entre les deux extrémités de l’Arche et les deux murs entre lesquels elle se trouve, elles sont chacune de 10 ama.
L’explication à ce phénomène physique est que l’Arche contient en elle-même une lumière infinie. En effet, l’écriture, gravée sur les Tables, est une lumière infinie qui n’a ni fin, ni mesure. De ce fait, l’Arche perd ses propres mesures et échappe aux lois physiques de ce monde lorsqu’elle est déposée dans le Saint des Saints, et le Tsémah Tsédek nous en donne la raison :

‘L’Arche est l’endroit où se révèle la lumière qui entoure les mondes, car elle contient les ‘Tables écrites du doigt de D.ieu’. Or, ‘la lumière qui entoure les mondes’ est l’origine même de l’espace et du temps, et ceux-ci lui sont totalement soumis. A l’évidence donc, l’espace matériel de l’Arche est totalement soumis à cette lumière qui entoure les mondes, qui n’a ni fin ni mesure. L’Arche ne prend donc pas de place’.

D’une certaine manière, il en va de même pour le Rabbi, lequel est ‘l’Arche sainte’ pour ses ‘Hassidim, car le Rabbi, du fait qu’il consacre continuellement son existence aux autres Juifs, considère leur existence plus que la sienne propre. Le Rabbi est comme ‘l’Arche qui n’a pas de mesures’, et le seul but qu’il poursuit est d’attirer l’Essence divine en ce monde matériel. En d’autres termes le Rabbi ‘ne prend pas de place’ car la toute la place qu’il donne à l’Existence est celle du Saint béni soit-Il. Autrement dit, du fait que la volonté du Rabbi se fond en celle de D.ieu, (ainsi qu’il est rapporté dans le livre du Tanya au sujet des Patriarches qui sont tels des ‘chars de la volonté de D.ieu’), c’est l’Existence de D.ieu et l’expression véritable et authentique de Sa volonté qui transparaissent à travers l’Existence du Rabbi.

Par ailleurs, il y a un deuxième enseignement que l’on peut tirer du fait que lorsque l’Arche était déposée dans le Saint des Saints ‘elle ne prenait pas de place’. De fait, chaque Juif doit être à l’image de l’Arche. Quand il sert D.ieu, il se doit d’agir au-delà de toutes les mesures, de toutes les limites, à l’exemple de l’Arche ‘qui ne prend pas de place’ et que l’on ne peut mesurer lorsqu’elle est déposée dans le Saint des Saints. Cependant, tout en servant D.ieu, l’âme, même si elle connaît la plus haute élévation, doit demeurer dans le corps, à l’exemple de l’Arche qui bien qu’elle soit l’œuvre de D.ieu, un objet Divin, demeure aussi être un objet matériel que l’on peut mesurer.
De la même façon, la qualité d’un ‘Hassid consiste à unir la lumière divine infinie aux limites de ce monde matériel. Il accomplit les Commandements divins, qui possèdent des mesures et des limites, avec un amour infini pour D.ieu.

Un enseignement de l’Admour Hazaken sur l’âme des lettres de la Torah :

On raconte que lorsque le Tséma’h Tsédek était un jeune enfant, son grand-père l’Admour Hazaken, le fit entrer au ‘Héder. L’Admour Hazaken demanda à son professeur d’enseigner au jeune enfant la première Paracha du livre de Vayikra. Lorsqu’il revint de son étude, le Tséma’h Tsédek demanda à son grand-père : ‘Pourquoi le mot ‘Vayikra’ est-il écrit avec un petit aleph ? Pourquoi-donc la lettre aleph est-elle plus petite que toutes les autres lettres de ce mot ? ‘. L’Admour Hazaken se concentra profondément puis il répondit à son petit-fils de la manière suivante :
Il existe trois dimensions dans les lettres de la Torah : les petites, les moyennes et les grandes. Par exemple, lorsqu’elle est de grande taille, la lettre aleph est une allusion au sentiment de fierté qui naquit dans le cœur d’Adam-Ha-Richon lorsqu’il médita au fait que le Saint béni soit-Il Lui-même avait formé son corps. Adam se considéra pour cela comme un être important, et cela ne fut d’ailleurs pas sans provoquer par la suite sa chute, quand il commit le péché de l’Arbre de la connaissance du bien et du mal. Quant à la petite lettre aleph du mot ‘Vayikra’, elle fait allusion au fait que Moché était d’une extrême humilité. Même s’il avait conscience de sa position, Moché n’en concevait jamais de la fierté, et il ne se considérait pas comme important.

La Torah est écrite avec des lettres de taille moyenne afin de nous montrer le niveau que nous devons atteindre : le niveau de ‘l’homme moyen’, le ‘Bénoni’. D’un côté, nous devons apprendre d’Adam-Ha-Richon que nous possédons des qualités. Avoir conscience, par exemple, du fait que nous possédons une âme divine, et que par elle nous percevons le divin.

D’un autre côté, nous devons apprendre de Moché, de ne jamais céder à l’orgueil. Aussi, quand nous demandons à un enfant juif d’ajouter dans la Torah et les Mitsvoth, l’enfant ne doit jamais penser : qui suis-je ? Que suis-je ? Comment pourrais-je réussir ?

Bien au contraire, il doit savoir et ressentir la qualité de l’existence d’un Juif, la force de l’âme d’Israël, à l’exemple d’Adam-Ha-Richon qui connaissait ses qualités, mais sans pour autant ressentir le moindre orgueil, à l’exemple de Moché, lequel est le plus humble parmi tous les hommes. En d’autres termes il doit savoir concilier le fait qu’il possède une âme Divine qui est au-delà de toutes les limites avec le fait de vivre dans un monde matériel qui est limité. La lettre Aleph de taille moyenne exprime le fait qu’un Juif doit ‘avoir conscience de sa petitesse et de la possibilité qui lui est donner de s’élever’ en faisant de ce monde une demeure pour l’Essence divine (Le Rabbi).

Cela s’accorde à un autre point qui est essentiel parmi les enseignements du Rabbi. De fait, même si l’on atteint le plus haut dévoilement, il est impératif que l’âme demeure dans le corps. En effet, la ‘Hassidout nous enseigne qu’un Juste parfait, même lorsqu’il connaît l’extase, tant est grande sa perception du Divin, ne perd jamais de vue le désir de D.ieu d’avoir une demeure ici-bas.

Les fils d’Aaron, Nadav et Avihou, perdirent leurs Vies car leur désir de s’attacher à D.ieu était plus fort que la nécessité que l’âme demeure dans le corps. Contrairement à leurs attitudes, nous devons toujours élever notre âme vers les cimes les plus élevées, mais en ayant conscience que l’âme ne doit jamais quitter le corps. Bien que le désir de l’âme de quitter le corps pour s’unir à D.ieu soit très fort, il ne doit jamais mettre en danger notre existence. Aussi, nous devons faire tout ce qui est en notre pouvoir pour nous élever aux plus hauts niveaux et en même temps garder à l’esprit que cette élévation a pour but d’agir dans ce monde.

La voix qui sortait du ciel :

Il est écrit dans la Torah que durant le séjour des enfants d’Israël dans le désert, lorsque L’Eternel S’adressait à Moché, la Voix de l’Eternel ‘sortait du ciel et passait entre les deux chérubins’ qui se trouvent sur l’Arche de l’Alliance, ainsi qu’il est écrit (Nasso, 7, 89) :

‘Et quand Moché venait à la tente d’assignation pour Lui parler, il entendait La voix d’au-dessus du couvercle qui était sur l’Arche du témoignage, d’entre les deux chérubins et Il lui parlait’.

Rabbi Yom-Tov Lippman explique dans son livre intitulé ‘Alpha-Beïta’ que la lettre Aleph est une allusion à ‘La voix qui sortait du ciel et qui passait entre les deux chérubins’. En effet, la forme du Aleph est composée d’un Vav et de deux Youd. Les deux Youd font allusion aux deux chérubins. Vav est une allusion à ‘la voix de L’Eternel qui passait entre les deux chérubins’.

Na’hchon ben Aminadav :

Par ailleurs, dans une Si’ha (Likoutey Si’hot, ‘Helek Aleph, pages 134-138), le Rabbi nous enseigne que ‘la mer s’ouvrit par le mérite d’un seul juif, du nom de Na’hchon ben Aminadav’. Ce juste du Peuple juif savait que le Saint béni soit-Il a libéré Ses enfants de l’Egypte afin de les conduire au pied du Mont-Sinaï et de leur donner la Torah, laquelle n’est autre que l’Arbre de vie, la Sagesse de D.ieu grâce à laquelle les enfants d’Israël pourraient s’attacher à Lui et feraient de ce monde matériel une demeure pour Son Essence bénie. Na’hchon ne fut donc pas du tout impressionné par tous les évènements extérieurs qui se produisirent autour de lui. Alors qu’une partie de l’Assemblée d’Israël désirait retourner en Egypte, qu’une autre partie envisageait de combattre les Egyptiens qui les poursuivaient, et que d’autres souhaitaient fuir dans le désert, il n’y avait seulement qu’un groupe d’hommes qui pensait que la solution était de rentrer dans la mer.

Na’hchon fut l’un de ces hommes. Il ressentait profondément le projet divin, et ne fut donc nullement apeuré par l’image des Egyptiens qui approchaient. La seule chose qui importait à ses yeux était de gagner le plus vite possible le Mont-Sinaï pour y recevoir la Torah. Il agit donc au-delà de la raison, de la logique, et de l’intellect, et sauta dans la mer. De même, notre attitude doit être semblable à la sienne et nous devons savoir et ressentir profondément que notre objectif est le dévoilement du Machia’h et dans ce cas tous les obstacles qui nous séparent du Machia’h ne doivent absolument pas nous impressionner. Chaque épreuve qui se dresse devant nous doit être ‘traversée’ à l’exemple de Nah’chon qui se jeta dans la mer avec le désir de recevoir la Torah. Lorsqu’un Juif se trouve dans les 4 coudées du Rabbi il est animé par le désir de recevoir la Torah ‘Hadacha et cette Volonté ‘fait lever ses pieds’ et lui permet de traverser tout ce qui s’oppose au dévoilement du Machia’h.

Dans le Dvar Mal’hout sur notre Paracha, le Rabbi rapporte le Midrache Raba selon lequel le nom Na’hchon vient de Na’hchol qui désigne ‘les grandes vagues de la mer’ que Na’hchon n’eut pas peur d’affronter lorsqu’il entra, le premier, dans la mer.

Le nom de Na’hchon n’est donc pas sans évoquer la force de Messirout -néfech, et la soumission la plus totale vis-à-vis du Saint béni soit-Il.

Le Midrache nous révèle que Na’hchon avança dans la mer jusqu’à ce que le niveau de l’eau atteint celui de ses yeux, bien que cela l’empêchait de respirer, et alors seulement après cela la mer s’ouvrit devant lui. Nous comprenons de cela que lorsqu’un juif dépasse le niveau de l’intellect, comme ‘l’eau de la mer dépassa le niveau de son nez et atteint celui de ses yeux’, alors l’Eternel ouvre la mer devant lui. Le Rabbi souligne à ce sujet que la Mitsva de la Tsédaka, plus que tout autre Mitsvah, doit être accomplie avec le plus grand dévouement, au-delà de toutes les limites. Dès-lors, rien ne pourra constituer d’obstacle, pas même ces ‘grandes vagues de la mer’, pour voir enfin avec nos yeux de chair, la Délivrance finale avec la venue de notre juste Machia’h, très bientôt et de nos jours. Avec l’aide de D.ieu.

 

La vérité sur l’or du Tabernacle : Comment Moïse a-t-il comblé le manque ? La réponse du Rabbi

La vérité sur l’or du Tabernacle : Comment Moïse a-t-il comblé le manque ? La réponse du Rabbi

Le rapport de Moïse : Et qu’en est-il de l’or ? On peut dire que l’explication simple est que Moïse n’a pas eu besoin de rendre compte de l’utilisation de l’or, car sa quantité n’était pas grande, seulement vingt-neuf talents et trente sicles.

 

Sur les mots qui ouvrent la Paracha de Pekudei, « אֵלֶּה פְקוּדֵי הַמִּשְׁכָּן » (Voici les comptes du Tabernacle), Rachi dit : « Dans cette Paracha, tous les poids des dons du Tabernacle sont comptés, pour l’argent, l’or et le bronze, et tous ses ustensiles sont comptés. »

Nous avons donc ici un rapport de Moïse à la nation d’Israël, détaillant les matériaux que le public a donnés pour la construction du Tabernacle et leur utilisation.

La Torah énumère les poids des métaux collectés. Le poids de l’or collecté apparaît également : « וַיְהִי זְהַב הַתְּנוּפָה תַּשַׁע וְעֶשְׂרִים כִּכָּר, וּשְׁבַע מֵאוֹת וּשְׁלֹשִׁים שֶׁקֶל בְּשֶׁקֶל הַקְדֶשׁ » (L’or de l’offrande était de vingt-neuf talents et sept cents trente sicles, selon le sicle sacré).

Mais que faisait-on de l’or ? – Cela, Moïse ne le précise pas. Alors qu’il est dit que l’argent a été utilisé pour les socles du sanctuaire et les socles du voile, les crochets et les chapiteaux des colonnes, et même l’utilisation du bronze est détaillée – il n’y a pas de détail sur l’utilisation de l’or.

Certains expliquent qu’à ce stade, les vêtements sacerdotaux, dans lesquels l’or était tissé, n’étaient pas encore terminés, et donc Moïse a retardé le bilan final. Cependant, cette explication n’est pas satisfaisante, car il aurait dû rendre compte de toute façon, même de manière générale, afin d’écarter les soupçons des cœurs des enfants d’Israël. Il faut dire que l’explication simple est que Moïse n’a pas eu besoin de rendre compte de l’utilisation de l’or, car sa quantité n’était pas grande, seulement vingt-neuf talents et trente sicles.

Le soupçon de détournement pourrait être écarté si le public savait dans quelle mesure la contribution a été utilisée pleinement, et si l’on craignait que quelqu’un parmi les responsables n’en profite. Cependant, lorsque tout le monde sait que l’or collecté n’était pas suffisant pour les utilisations prévues, et qu’en fin de compte, Moïse a dû ajouter plus d’or, il n’y a plus besoin d’explications sur ce qui a été fait avec l’or.

Moïse a annoncé que l’or collecté pesait vingt-neuf talents et trente sicles. C’est une petite quantité par rapport au poids de l’argent, qui était de cent talents, et du bronze qui pesait soixante-dix talents. Il n’y a donc pas de crainte de détournement, car la quantité d’or requise pour le travail du Tabernacle était en réalité le double de celle qui avait été donnée ! Même un calcul rapide montre que l’or était insuffisant. Comment Moïse a-t-il pu combler l’or manquant?

La réponse à cela se trouve déjà dans la Paracha de Ki Tissa, lorsque Moïse a été ordonné de sculpter de nouvelles Tables. Rachi dit : « Le Saint béni soit-Il lui a montré un tailleur de pierres saphir du milieu de sa tente et lui a dit : Les déchets seront à toi, et de là Moïse s’est beaucoup enrichi »

(Hita’vaaduyot 5744, vol. 2, p. 1137).

Texte et Audio : A la lumière du Dvar Mal’hout – Vayakhel-Pékoudeï – Rav Yaacov Abergel

Texte et Audio : A la lumière du Dvar Mal’hout – Vayakhel-Pékoudeï – Rav Yaacov Abergel

L’action de Moché :
Dans les Parachiot Troumah et Tétsavé nous avons lu que l’Eternel ordonne à Moché de construire le Michkan, et dans les Parachiot Vayakhel et Pékoudei c’est Moché qui l’ordonne aux enfants d’Israël.
Le Rabbi nous fait remarquer que la Paracha Ki-Tissa dans laquelle il est raconté le péché du veau d’or sépare les Parachot Troumah et Tetsavé des Parachot Vayakhel et Pékoudei.

De ce fait, nous pouvons nous rendre compte qu’entre l’ordre de D.ieu à Moché et celui de Moché aux enfants d’Israël il y a une chose qui interrompt et perturbe l’ordre divin : le péché du veau d’or. Cependant, juste après que Moché eut ordonné aux enfants d’Israël de construire le Michkan (Paracha Vayakhel), son ordre fut exécuté immédiatement (Paracha Pékoudei).
Le Rabbi tire de cela l’enseignement suivant : bien que le mauvais penchant puisse s’immiscer dans le but de nous empêcher d’accomplir la volonté divine, l’action de Moché réduit à néant son influence malfaisante.

A la lumière de cet enseignement il apparait avec clarté que notre attachement au Rabbi nous permet de briser toutes les limites et de franchir tous les obstacles afin d’atteindre le but de notre mission de faire de ce monde une demeure pour L’Essence divine.

L’ensemble et ses particularités :
Le Rabbi explique dans le Dvar Mal’hout que la Paracha Vayakel met l’accent sur l’Assemblée d’Israël telle qu’elle est dans son ensemble, une unité non-composite : ‘Une grande Assemblée’, au singulier. En revanche, dans la Paracha Pékoudeï, l’accent est mis sur ‘le compte des enfants d’Israël’, c’est à dire sur l’importance de chaque Juif en particulier qui fait partie intégrante de cette ‘grande Assemblée’.

La différence entre le contenu profond de la Paracha Vayakel et celui de la Paracha Pékoudeï peut être comprise grâce à l’explication du Rabbi d’une Michnah de la fin du Traité Kidouchin dans laquelle il est écrit :’J’ai été créé pour servir mon Créateur’ et dans une autre Guirsa du Talmud Babli, il est écrit : ‘Je n’ai été créé que pour servir mon Créateur’.

Le Rabbi explique que lorsqu’il est écrit : ‘Je n’ai été créé que pour servir mon Créateur l’accent est mis sur l’Existence d’Hachem avant même qu’il ne soit question de notre propre existence. D’après cela, lorsque nous méditons au fait que Moché rassemble tout le Peuple pour lui donner l’ordre de construire le Michkan ainsi que cela est mis en évidence dans la Paracha Vayakel nous ressentirons par-dessus-tout ‘qu’il n’y a rien d’autre en dehors de D.ieu’ et que notre existence n’a pour seul but que celui de construire une demeure pour L’Eternel, comme il est écrit : ‘Et vous Me ferez un Sanctuaire’.

En revanche, le Rabbi explique que lorsqu’il est dit ‘Je n’aie été créé que pour servir mon Créateur’ l’accent est mis sur notre propre existence (‘Je n’aie’ ), conformément à l’enseignement selon lequel dans la Paracha Pékoudeï l’importance est mise sur les détails qui constituent un ensemble et non pas l’ensemble lui-même (‘le compte des enfants d’Israël’ et ‘l’énumération de tous les poids de l’offrande du Michkan, en argent et en or et en cuivre, et sont énumérés tous ses accessoires pour tout son service’.

Deux services divins, ‘Vayakel’ et ‘Pékoudeï’ :
Ainsi, le Rabbi nous enseigne que notre service divin qui correspond au contenu profond de ‘Pékoudeï’ consiste à attirer le Divin dans tous les éléments et dans tous les sujets de ce monde matériel (par l’accomplissement des Commandements divins que l’on accomplit au moyen d’objets matériels qui tirent leur vitalité de Klipat Noga, et que l’on sanctifie par le fait de réaliser la Volonté Supérieure du Saint béni soit-Il).
Le travail de Pékoudeï met donc l’accent sur le fait d’agir dans le monde afin d’y dévoiler un niveau du Divin qui s’accorde avec ses limites.
A l’opposé, le Rabbi décrit le travail de ‘Vayakhel’ comme un travail d’élévation : ‘élever tous les sujets de ce monde en y dévoilant le niveau du Divin qui est au-delà du monde’. De fait, le Rabbi souligne que chaque Juif a la possibilité de s’élever et d’élever le monde au-delà des limites au point d’atteindre le niveau de l’Essence divine.

D’une certaine manière nous pouvons expliquer que le niveau de ‘Vayakel’ correspond au niveau de l’Essence de l’âme Juive et que le niveau de ‘Pékoudeï’ représente les quatre degrés de Néfech Roua’h Néchama et ‘Haya du fait que ‘ces quatre catégories de Néfech Roua’h Néchama ‘Haya constituent chacune un degré particulier de l’âme alors que le niveau de l’Essence de l’âme transcende tous les aspects particuliers’.

Dans les notes ajoutées au chapitre 20 de l’ouvrage du Rabbi intitulé ‘Iniana chel Torat Ha ‘Hassidout’ le Rabbi nous enseigne que ‘seule l’Essence divine détient le pouvoir de créer un être physique. Cependant, l’effusion de ce pouvoir essentiel en un être indépendant ne se réalise qu’à travers la Lumière. La Lumière étant l’intermédiaire entre l’Existence ‘Vraie’ (Divine) et l’existence créée. Ainsi, par l’entremise de la Lumière, le pouvoir de l’Essence peut porter à l’existence un objet à partir du véritable néant (Maamar Ye’hayénou, 5694, chapitre 14. Sefer Ha Maamarim 5711, page 39. Voir également Igguéreth Ha Kodech, 20).

De façon similaire, dans le service de D.ieu, bien que la manifestation de l’Essence se produise à travers l’observance active des Mitsvoth, il demeure que l’effusion de l’Essence dans les actes accomplis est tributaire des ressources intérieures humaines (intellectuelles et émotionnelles). C’est pour cette raison que l’amour et la crainte sont appelés ‘les voies de D.ieu’ (Likouteï Si’hot 3, page 956).

‘L’effusion de l’Essence dans les actes accomplis’ représente le dévoilement de l’Essence de l’âme qui ne s’habille pas dans le corps (‘Vayakel’ : le niveau du Divin qui est au-delà du monde) dans les forces de l’âme Néfech Roua’h Néchama et ‘Haya qui sont liées avec le corps (‘Pékoudeï’ : le niveau du Divin qui est lié au monde).

*Notre mission de construire le Michkan implique d’agir dans ce monde avec toutes les forces qui nous ont été données, c’est à dire avec les 10 forces de l’âme qui s’habillent dans le corps : l’intellect, les sentiments et les actions. Ce travail est celui de ‘Pékoudeï’ ainsi qu’il a été expliqué précédemment : Le travail de ‘Pékoudeï ‘met donc l’accent sur le fait d’agir dans le monde et dans tous ses détails et de dévoiler un niveau du Divin qui est lié avec le monde.

*Par ailleurs le Rabbi décrit le travail de ‘Vayakel’ comme un travail d’élévation : ‘élever tous les sujets de ce monde en y dévoilant le niveau du Divin qui est au-delà du monde’.
La prière de ‘Modé Ani’ correspond d’une certaine façon au travail de ‘Vayakel’ car lorsque nous disons cette prière nous mettons en avant que ‘Je n’aie été créé que pour servir mon Créateur’ et l’accent est donc mis, d’abord, sur l’Existence d’Hachem avant même qu’il ne soit question de notre propre existence. Cette prière est le point de départ de notre service divin, le Rabbi l’a décrit comme étant ‘le fondement et le ferment de tout ce que chacun doit accomplir durant toute la journée, dans le domaine de la Torah. On doit dès le réveil considérer en présence de Qui on se tient : devant le suprême Roi des rois, le Saint béni soit-Il, et il convient d’en avoir conscience durant toute occupation ou loisir. C’est là un grand principe de la Torah, de même qu’une immense vertu des Justes qui marchent devant D.ieu, ainsi qu’il est dit : J’ai conscience de la Présence de L’Eternel en face de moi, constamment.

C’est ainsi que la journée entière doit être pénétrée de cette pensée. Tout ceci permet de comprendre le mot prononcé par Rabbi Chalom Dov-Ber de Loubavitch, lorsqu’il était jeune : Il convient, dit-il, de parsemer la journée entière du point qui suit le mot miséricorde (‘Bé Hèmela’) dans le Modé Ani. Il exprimait ainsi l’idée que le dévouement suggéré par le Modé Ani est requis à chaque moment de la journée’.

De fait, l’amour et la crainte d’Hachem désignent nos ‘ressources intérieures’ et dans ce cas ils représentent le travail de ‘Pékoudeï’ lequel s’accorde au sens du verset ‘J’ai été créé pour servir mon Créateur’ où l’accent est mis sur notre propre existence : J’ai : Ani.

Ainsi, dévoiler la force de l’Essence de notre âme qui est enracinée dans l’Essence divine dépend tout d’abord de notre propre travail et de nos propres forces, en exploitant tous les détails de tous les aspects de notre personnalité car ils sont les chemins qui nous conduisent vers D.ieu, vers le dévoilement de Son Essence, au point que celle-ci S’unisse aux forces de notre intellect, à nos sentiments et à nos actes. C’est précisément le contenu profond de la Paracha ‘Vayakel’ qui est celui de la A’hdout (l’Unité).

Vayakel-Pekoudeï : une allusion au prénom ‘Haya-Mouchka :
Il est intéressant de mentionner ici que la date de ce Chabbat est celle de l’anniversaire de la Rabbanite ‘Haya-Mouchka, l’épouse du Rabbi. Nous avons étudié dans le Dvar Mal’hout que le prénom de la Rabbanite ‘Haya-Mouchka est lui-même une allusion à l’union entre l’Essence de l’âme Juive (qui est enracinée dans l’Essence divine) et les forces de l’âme qui s’habillent dans le corps : Néfech Roua’h Néchama et ‘Haya. Dans ce cas le prénom de la Rabbanite, Haya-Mouchka, est lie de manière profonde aux contenus de ‘Vayakel’ et de ‘Pékoudeï’ qui comme il vient d’être expliqué représentent l’Essence de l’âme (‘Vayakel’) et les forces de l’âme (‘Pékoudeï’).
‘Haya désigne la ‘vitalité’ (‘Hayout) et fait donc allusion aux forces de l’âme qui s’habillent dans le corps, et Mouchka (qui est le nom d’un encens) représente l’Essence de l’âme qui ne s’habille pas dans le corps (Ko’hot ha makifim).

 

En guise de Resumé :
L’Admour Hazaken explique dans le Torah-Or sur la Paracha de cette semaine le sens profond de la déclaration des Sages selon laquelle ‘Celui qui se fatigue pendant la semaine mange le jour du Chabbat’.
‘La semaine’ représente le travail que l’on accomplit au moyen des forces de l’âme qui s’habillent dans le corps, et ‘le jour du Chabbat’ représente le dévoilement de l’Essence de l’âme.
Comme il a été dit précédemment ‘dévoiler la force de l’Essence de notre âme qui est enracinée dans l’Essence divine dépend tout d’abord de notre propre travail et de nos propres forces’. D.ieu dévoile la force divine de l’Essence de l’âme de celui qui se fatigue pendant la semaine pour servir D.ieu avec ses propres forces. Le prénom de la Rabbanite, ‘Haya-Mouchka, représente la perfection de notre service divin du fait qu’il exprime l’union entre l’Essence divine, le jour du Chabbat, et les forces de l’âme qui s’habillent dans le corps (l’intellect les sentiments et l’action). Nous parvenons à l’Unité et au dévoilement illimité de l’Essence divine en nous-mêmes par le fait de révéler et d’exploiter tous nos trésors personnels qui sont malgré tout limités. C’est en agissant en ce sens que nous aurons le mérite de susciter notre désir et le désir de D.ieu de résider en ce monde, avec le dévoilement de notre Juste Machia’h, très bientôt et de nos jours, avec l’aide d’Hachem.

Leçon de leadership de la Paracha Vayakhel : comment être un vrai chef selon la Torah

Leçon de leadership de la Paracha Vayakhel : comment être un vrai chef selon la Torah

Cette étude se base sur un discours du Rabbi, dans Likouteï Si’hot, tome 16, première causerie de la Parchat Vayakhel.

 

Les chefs des tribus ont tardé à apporter leur contribution à l’édification du Sanctuaire. Cette attitude peut sembler surprenante et conduire à se demander pourquoi la Torah fait part d’une telle histoire. Cette prise de position critique ne frôle-t-elle pas la médisance ? En fait, ce récit délivre un enseignement important sur la responsabilité communautaire, qui est également applicable au comportement de chacun.

Moché a réuni les enfants d’Israël et leur a communiqué le programme de la période à venir, à savoir l’édification du Sanctuaire avec leurs contributions. Ces contributions ont été très généreuses et, deux jours plus tard, Moché a donné l’ordre de cesser de les apporter car ce qui était nécessaire avait déjà été réuni.

Cependant, les douze chefs des tribus d’Israël sont restés en retrait. Ce n’est qu’après que tous les enfants d’Israël aient contribué, après que l’édification du Sanctuaire ait commencé, après que les femmes aient commencé à tisser les fils, qu’ils ont apporté leurs propres contributions, qui semblaient bien inutiles et, somme toute, très réduites.

Rachi explique : « Voici ce que se dirent les chefs : l’assemblée a tout donné. Que devons-nous faire ? Ils apportèrent donc des pierres de Choham ». Leur manque d’empressement a été retenu contre eux.

Ces chefs de tribu, de grands Tsaddikim, ont observé l’enthousiasme du peuple, au-delà de ce qu’ils avaient imaginé, et ont constaté qu’il avait apporté tout ce qui était nécessaire. Ils ont compris alors que leur réserve n’était pas la bonne attitude et la Torah le confirme. On peut donc se demander : pourquoi la Torah nous relate-t-elle tout cela ? Pourquoi dit-elle que les chefs de tribu ont contribué après que les femmes ont déjà commencé à tisser, alors que, d’ordinaire, « les versets ne disent pas de mal, pas même d’un animal impur » ?

Il n’y a pas que de bonnes manières, mais bien un principe général, celui de ne pas faire mention de termes négatifs. C’est ainsi que la Torah parle des « animaux qui ne sont pas purs » plutôt que de dire « impurs ». Dès lors, comment suggérer que les chefs de tribus ont manqué d’empressement et qu’ils ont été les derniers à contribuer, et qu’ils ne l’ont fait qu’avec parcimonie ?

En fait, on peut se demander comment des chefs de tribu auraient pu être empêchés de contribuer au Sanctuaire, et il faut bien en conclure que leur manière de participer était la bonne. En contribuant les derniers, ils ne fuyaient pas leurs responsabilités. Ils étaient des chefs de tribu pleinement assumés et, comme ils l’avaient observé chez Moché, notre maître, ils pensaient d’abord à leurs devoirs envers la communauté et seulement après cela à leurs besoins personnels.

Rachi avait dit au préalable que « Moché ne pensait pas à ses affaires personnelles. Descendant de la montagne, il se rendit directement auprès du peuple. » N’est-il pas évident qu’il s’est immédiatement acquitté de la mission que D.ieu lui avait confiée auprès du peuple ? En fait, il ne s’est pas consacré à sa propre préparation pour recevoir la Torah. Car, il est clair qu’une intense préparation morale était nécessaire pour vivre ce grand moment. Malgré cela, il a privilégié son action auprès du peuple, et c’est seulement ensuite qu’il s’est préparé moralement.

Au cours de la période précédant le don de la Torah, les enfants d’Israël se sont mis en condition pour la recevoir et Moché a pu constater qu’ils étaient prêts. Il ne s’est pas préoccupé de sa propre préparation, même morale, ne s’est pas enfermé dans une tente pour étudier et prier en attendant l’instant fatidique. Il a recherché uniquement le bien-être du peuple. Les chefs de tribu ont fait de même. Leur rôle était de faire en sorte que les enfants d’Israël apportent leurs contributions. C’est quand ils l’ont fait pleinement qu’ils ont pensé à ce qu’ils devaient faire eux-mêmes en tant que chefs de tribu qui s’étaient acquittés de la mission qui leur était confiée. Ils ont alors pensé à leur propre participation et ont apporté des pierres de Choham.

Ils considéraient leur mission comme un devoir, non comme un privilège. Ils ont fait passer les besoins de leur tribu avant les leurs, matériellement et spirituellement. Ils se sont employés à obtenir la participation de tous au projet grandiose qu’était l’édification du Sanctuaire, et à ce stade, ne se sont nullement préoccupés de leur propre personne. Ils l’ont fait uniquement après avoir pleinement assumé la mission qui leur était confiée. Il n’y avait donc aucune réserve de leur part. Bien au contraire, les chefs de tribu ont attendu le dernier moment parce qu’ils étaient pleinement conscients de leurs responsabilités.

Du reste, la Torah ne condamne pas leur attitude. Elle les voit comme de véritables responsables communautaires, s’employant à conduire les membres de leur communauté en s’engageant pleinement dans le service de D.ieu.

Une question subsiste, néanmoins, concernant l’attitude de ces chefs de tribu. Ils étaient persuadés d’avoir mal agi. On peut le comprendre en observant l’inauguration du Sanctuaire, quelques mois plus tard, car ils ont été ceux qui ont apporté leurs sacrifices en premier lieu. À cette occasion, ils n’ont pas cherché à compléter ce qui avait été apporté par les autres. Ils ont été les premiers à offrir leur contribution, jour après jour, pendant les douze jours de l’inauguration.

Les enfants d’Israël ont apporté de l’or, de l’argent et les autres matériaux précieux. En revanche, on ne disposait pas de pierres de Choham et les chefs de tribu ont donc complété ce qui manquait dans ce domaine. Cependant, ils ont également considéré que leurs contributions n’étaient pas déterminantes, puisque l’on disposait de suffisamment d’argent pour acheter les pierres qui manquaient. Au final, on aurait pu se passer de leur contribution. Ils ont alors tiré une leçon de cette situation et ont contribué en premier lors de l’occasion suivante.

L’attitude des chefs de tribu, bien qu’adaptée dans sa formulation générale, n’était pourtant pas appropriée dans ce cas précis. En effet, l’édification du Sanctuaire avait pour objectif de mettre en pratique les termes du verset : « Je résiderai parmi vous », afin d’établir que les enfants d’Israël avaient obtenu l’expiation pour la faute du veau d’or. Il fallait donc que chacun apporte sa propre contribution à cette édification et que le Sanctuaire soit prêt au plus vite. De ce fait, il n’était pas judicieux pour les chefs de tribu de ne pas faire preuve d’empressement et d’être les derniers à apporter une contribution. Les chefs de tribu auraient dû, au contraire, l’apporter rapidement afin de hâter l’édification du Sanctuaire.

Comment est-il concevable que des chefs de tribu aient commis une telle erreur, alors qu’ils privilégiaient les besoins de leur tribu ? Il faut bien conclure que leur soumission n’était pas totale, qu’ils conservaient la conscience de leur qualité de chefs. Ils ont donc eu le sentiment que les enfants d’Israël contribuaient grâce à eux et qu’il leur suffisait donc de compléter ce qui manquait. Il y avait donc, jusqu’à un certain point, une forme d’égoïsme. Les chefs de tribu se sont préoccupés des besoins communautaires, ce qui était leur rôle, mais ils n’ont pas fait en sorte que le Sanctuaire soit bâti au plus vite.

On peut tirer de cette analyse une conclusion paradoxale. Parfois, se considérer comme un chef, faire passer les besoins de la communauté avant les siens propres peut avoir pour effet de mettre en avant son ego. De ce fait, les chefs de tribu ont été punis en l’occurrence et ont dû convenir que les enfants d’Israël avaient apporté tout ce qui était nécessaire. De plus, ceci a été consigné dans la Torah afin de souligner l’importance de la pudeur et de l’humilité. Car s’ils possédaient réellement ces qualités, ils auraient eu à cœur de faire en sorte que le Sanctuaire soit achevé au plus vite.

Il découle de ce qui vient d’être dit, comme de chaque idée de la Torah, un enseignement pour chacun et chacune. Un Juif doit exercer une influence sur son entourage, sur ses amis, sur sa famille, en être le «chef». S’il veut le faire de manière parfaite, sans remettre en cause son Sanctuaire personnel, il doit pour cela être profondément soumis à D.ieu, ne pas ressentir qu’il est celui qui accorde l’influence, le chef, que les autres servent D.ieu grâce à lui. Un véritable chef doit être humble et discret, guidé par sa soumission à D.ieu dans l’exercice de sa fonction. Il doit délivrer son influence aux autres tout en se considérant comme faisant partie intégrante de la communauté. Il doit toujours se demander s’il a apporté sa contribution personnelle de la manière qui convient, en étudiant la Torah et en pratiquant les Mitsvot de la meilleure façon possible. En résumé, l’histoire de la contribution tardive des chefs de tribu à l’édification du Sanctuaire nous enseigne l’importance de la responsabilité communautaire et de l’humilité dans le leadership, ainsi que l’importance de ne pas laisser l’ego entraver notre service de D.ieu et notre influence positive sur les autres.

Si’ha du Rabbi sur la Parachat Ki Tissa : « Le Berger ne quitte jamais son troupeau »

Si’ha du Rabbi sur la Parachat Ki Tissa : « Le Berger ne quitte jamais son troupeau »

Torat Menachem Tichri 5745-1984, Vol. 5

Lorsque le péché du Veau d’or est survenu, Moché notre maître était sur le mont Sinaï, et l’Eternel lui a dit : « Descends, car ton peuple, que tu as fait sortir du pays d’Egypte, s’est corrompu. » (Exode 32, 7). L’Eternel insiste : « Ton peuple », le peuple de Moché.

Bien que les enfants d’Israël aient alors décliné dans leur niveau spirituel, Moché ne s’est pas détourné d’eux. En effet, les enfants d’Israël étaient avec lui, et donc il se tint pour leur défenseur fidèle et dit à l’Eternel : « Si tu portes leur péché, pardonne-leur, sinon efface-moi de Ton livre que Tu as écrit. » (Exode 32, 32).

« Viens avec eux »

Les sages de la Torah disent (Midrach Rabbah 19:13) que le lien profond entre Moché et Israël est la raison interne de l’incapacité de Moché à entrer en Terre Promise : « L’Eternel dit à Moché : Dans quelle mesure cherches-tu à entrer dans le pays ? C’est comme un berger qui sort avec les brebis du roi et qu’il a laissées tomber. Le berger voulait entrer dans la bergerie du roi. Le roi lui dit : Si tu entres maintenant, que diront les créatures ? Tu as perdu les moutons ! » Et le Midrash continue et précise la parabole : « De même ici, l’Eternel dit à Moché : tu es loué pour avoir fait sortir six cent mille personnes et les avoir enterrées dans le désert, et maintenant tu amènes une autre génération ? Maintenant, on dira que la génération du désert n’a pas de part dans le monde à venir ! Sois avec eux et viens avec eux… »

Cela signifie que la présence de Moché dans le désert avec les enfants de sa génération découle du lien profond qui les unit, de sorte qu’il ne peut se séparer d’eux.

Loin des événements

Moché est attaché aux enfants d’Israël par des liens d’amour profonds. Il est leur berger, et un berger ne peut pas abandonner son troupeau même dans les situations les plus difficiles. Bien qu’il n’ait aucun lien avec le péché du Veau d’or, car il était sur le mont Sinaï à ce moment-là, loin des événements qui ont conduit au péché, il ne pouvait pas non plus contester leurs actes.

Bien que la punition infligée aux enfants de la génération du désert, à savoir qu’ils ne pourraient pas entrer en Terre Promise, ait été due à leur manque de foi en l’Eternel, Moché n’a pas pu entrer en Terre Promise à cause de l’incident des eaux de Meriba. Comment peut-on alors lier Moché aux enfants de la génération du désert et lui dire « Sois avec eux » alors que la différence entre eux est extrême ?

Destiné à la rédemption

L’explication de cette profonde connexion entre Moché et les enfants d’Israël se trouve dans les paroles du texte biblique (Exode 3:1) : « Moché était un berger ». Selon le Midrash, cela signifie que Moché était spécialement prédestiné à cette mission de libérer le peuple d’Israël de l’esclavage en Égypte.

Dès sa naissance, les astres avaient annoncé à Pharaon que ce jour-là, naîtrait le sauveur d’Israël. Et lorsqu’il est devenu berger, Moché a appris à prendre soin de ses moutons, à les protéger contre les prédateurs et à les conduire vers de bons pâturages. Ces compétences l’ont préparé à devenir le leader dont Israël avait besoin pour être guidé hors de l’esclavage en Égypte.

Ainsi, la profonde connexion entre Moché et les enfants d’Israël est enracinée dans la destinée de Moché à les libérer de l’oppression égyptienne. Les enfants d’Israël savaient qu’ils avaient un leader divinement choisi pour les mener à la liberté, et Moché savait qu’il avait été choisi pour cette mission, et qu’il devait rester avec le peuple d’Israël jusqu’à ce qu’ils atteignent leur but.