Conseiller !
La première Mitsva de notre Paracha est d’instituer des juges pour trancher la loi d’après la Torah en cas de conflit, et des policiers pour assurer que la loi tranchée est appliquée. Ils pourront même faire usage de la force, tout est mis en œuvre pour que les lois de la Torah soit bien appliquées.
D’autre part, il est dit à propos de la période de la Gueoula, la Délivrance finale : « Je restaurerai tes juges comme autrefois, et tes conseillers comme à l’origine ».
C’est la promesse d’Hachem pour le rétablissement de la justice parfaite et intégrale à la venue de Machia’h. Mais où ont disparu les policiers !?
D’ici nous avons la preuve, qu’à l’époque de Machia’h nous n’aurons plus besoin d’avoir recours à la force pour accomplir les Mitsvot.
Au contraire : au lieu des policiers, il y aura des conseillers dont la mission consiste en donner de bons conseils, expliquer à chacun et chacune d’entre nous la véracité et la beauté de la Torah – afin que nous réalisions les Mitsvot avec joie.
Le conseiller agit pour que la loi tranchée par le juge ne soit pas seulement quelque chose qu’on est obligé de réaliser même à contre gré.
Plus que cela, le conseiller fait en sorte que cette loi soit intégrée et acceptée, de telle façon que la personne réalise à quel point cette loi veut son bien, et par conséquent voudra faire les Mitsvot de par sa propre volonté !
Réflexion : vivons la Gueoula ! Suivons les conseils du conseiller de notre temps, réveillons notre plaisir à accomplir les Mitsvot !
Dans la Amida, nous prions aussi tous les jours pour la réalisation de cet objectif ! Nous disons: « Restaure nos juges comme autrefois, et nos conseillers comme à l’origine ».
Concentrons-nous en disant cette phrase, prions à Hachem de toutes nos forces et agissons pour que la Guéoula soit enfin là concrètement !
Chabat Chalom !
Mardi prochain 10 Elloul est le 7ème Yortshaït de notre cher Chnéor Zalman ZAL. Prière d’accomplir une Mitsva pour son mérite. Merci
La ‘Sagesse’ se dit en hébreu ‘Ho’hmah, et d’après la déclaration des Sages, la vision vient de la Sagesse car il est écrit : ‘Qui est le Sage (‘Ha’ham) ? Celui qui voit ce qui nait !’. Cest à ce sujet que dans le ‘Séfer ha Likoutim’ (lettre Rech, page 286) le Tséma’h-Tsédek nous enseigne que la vision spirituelle vient de ‘Ho’hmah du fait que ‘les Sages sont les yeux de l’Assemblée d’Israël’. La raison donnée est que ‘la force de l’intellect consiste à saisir une chose, comment est-elle ? Quelle est-elle ? Exactement comme la vision qui consiste à saisir et à connaître une chose (au moyen de notre regard). C’est pour cela qu’il est écrit que ‘l’insensé marche dans l’obscurité’ (Kohélet, 2, 14) car celui à qui il manque la force de l’intellect ne possède aucune vision spirituelle, il est comme une personne qui avance dans l’obscurité qui ne voit rien de ce qui se trouve dans la maison’. Par ailleurs, même la vision matérielle, c’est à dire au moyen de nos yeux, provient aussi de la qualité de ‘Ho’hmah mais d’un niveau qui est extérieur à l’intellect’.
Il existe donc deux sortes de vision, la vision au moyen de nos yeux de chair et la vision au moyen des yeux de notre intellect, et le Rabbi Rachab nous enseigne que la vision des yeux est plus élevée que la vision des yeux de l’intellect (‘Bé Chaa ché Hikdimou’, chapitre 226, au sujet du verset : ‘A toi, il t’a été donné de voir pour reconnaître que L’Eternel (Havayéh) Lui est D.ieu (Elokim) (Vaèt’hanan, 4, 35).
En effet, le Rabbi Rachab nous enseigne que nos yeux nous permettent de voir une chose telle qu’elle est vraiment, alors que les yeux de l’intellect ne nous permettent que de l’imaginer. Dans le chapitre 227 de son ouvrage ‘Bé Chaa ché Hikdimou’ le Rabbi Rachab écrit que ‘la vision au moyen de nos yeux de chair est liée au corps et à l’âme animale, et dans les temps futurs ‘l’âme divine recevra cette vision de l’âme animale ».
De fait, le Rabbi nous enseigne que l’âme divine ne descend dans le monde que pour donner à voir le Divin à l’âme animale. Au départ l’âme divine doit raffiner l’âme animale et le corps. Cela signifie que l’âme divine doit ‘faire voir’ le Divin à l’âme animale : au moyen d’exemples matériels l’homme doit méditer au fait que c’est ‘la Parole de D.ieu qui créé, à partir du néant, et maintient en vie toute la Création’. Cela l’âme animale peut parfaitement le comprendre car elle ressent fortement que la matière vieillit et se détériore, elle comprend ‘comme si elle voyait’ qu’il y a une force qui est extérieure à elle, une force divine qui vitalise la matière de monde physique. C’est le sens du verset ‘de ma chair je verrais D.ieu’.
Ainsi, lorsque l’âme divine s’attache ‘à donner à voir le Divin à l’âme animale’, elle purifie l’âme animale au point que dans les temps futurs ‘lorsque les purifications seront terminées’ ‘l’âme divine sera nourrie par le corps’, c’est-à-dire que l’âme animale et le corps une fois purifiés permettront à l’âme divine d’accéder à un niveau supérieur au sien : le niveau de la vision du Divin, de voir et de reconnaître avec nos yeux de chair que ‘L’Eternel (Havayéh) est D.ieu (Elokim)’. Il ne s’agit plus d’une perception du Divin au moyen des yeux de l’intellect, mais d’une vision avec nos yeux de chair.
Tout cela s’explique par le fait que l’origine du corps est supérieure à l’origine de l’âme. L’origine de l’âme est du niveau de la lumière qui remplit les mondes, qui est dévoilée dans les mondes. L’origine du corps est du niveau de la lumière qui entoure les mondes. Dans les temps futurs ‘le corps sera au niveau de la lumière d’or sovev’, l’origine cachée du corps se dévoilera. C’est pourquoi il est dit que ‘l’âme sera nourrie par le corps’ : l’âme recevra du corps, car une fois purifié le corps ne constitue plus un obstacle pour l’âme divine, au contraire, il lui permet d’accéder à une vision véritable du Divin.
Cette année, comme pendant l’année 5751 qui est à l’origine du Dvar Mal’hout de notre Paracha, Roche-‘Hodech durera deux jours avec l’aide d’Hachem : le jour du Chabbat ‘Réeh’, et le lendemain, Yom-Richon.
A ce sujet, le Rabbi approfondit certains concepts déjà abordés dans le Dvar Mal’hout de la Paracha précédente, ‘Ekev’. Un des points les plus essentiels que le Rabbi nous enseigne est le rapport que le Rabbi établit entre la Paracha Réeh et le mois d’Elloul. Le Rabbi définit en effet l’attitude que nous devons adopter avant de commencer notre travail pendant le mois d’Elloul. Durant Elloul ‘le Roi est dans les champs’ et tout est propice pour établir le bilan de l’année et prendre de bonnes décisions pour l’année à venir.
Cependant, avant même d’investir nos pensées nos paroles et nos actes dans les trois domaines de notre service divin, c’est-à-dire dans notre Prière, notre étude de la Torah et nos actes de bonté, le Rabbi nous demande d’ouvrir les yeux et de regarder.
Aussi, dans le Dvar Mal’hout le Rabbi explique les mots que l’Eternel adresse aux enfants d’Israël, lesquels sont rapportés au début de notre Paracha (Réeh, 11, 26) : ‘Vois Je donne devant vous aujourd’hui la Bénédiction !’ :
‘Vois !’ (‘Réeh !’), l’Eternel nous ordonne de Voir, c’est-à-dire de comprendre, et aussi de ressentir la chose, comme si cette elle était devant nos yeux.
‘Je‘ (‘Ano’hi‘). ‘Ano’hi’ est le premier mot des 10 Commandements, et désigne l’Essence divine, qui comme il est souvent expliqué dans les discours du Rabbi, est le plus haut niveau divin, lequel est au-delà de toute la Création, de tous les mondes, de toutes les formes et de toutes les particularités. De fait, c’est l’Eternel Lui-même, Son Essence.
‘donne‘ (‘noten‘), et ‘tout celui qui donne, donne avec un bon œil (avec largesse)’.
‘devantvous‘ (‘lifné’hem‘). ‘Lifné’hem’ s’apparente au mot ‘Pnimiout’ et désigne donc ici la ‘profondeur’, la profondeur de l’âme Juive, qui est l’Essence de l’âme, enracinée dans l’Essence divine.
‘aujourd’hui‘ (‘hayom‘). Selon la ‘Hassidout, le ‘Jour’ représente la lumière et le dévoilement, de façon éternelle.
‘labénédiction‘ (‘bra’ha‘). Il s’agit ici de toutes les bénédictions, que celles-ci soient dévoilées, ou bien que celles-ci se cachent dans ce qui nous semble être au premier abord des malédictions, que D.ieu nous en préserve.’
A la lumière de ces explications, le Rabbi nous donne à comprendre qu’avant même de commencer à penser, à parler ou à agir, au sujet de notre travail du mois d’Elloul, nous devons avant tout réaliser très profondément dans notre esprit (et cela au point de ‘voir’ et donc de ressentir), notre véritable réalité, qui ne se limite pas à notre existence ‘révélée’. C’est-à-dire que notre réalité ne doit pas seulement être l’expression de la partie révélée de notre âme, mais elle doit aussi exprimer sa partie cachée, l’Essence de l’âme qui est enracinée dans l’Essence divine.
Le Rabbi revient inlassablement sur cet enseignement. L’âme ne se limite pas à la partie de l’âme qui s’habille dans le corps, car l’essentiel de l’âme ne s’habille pas dans le corps, et il appartient à chaque Juif la possibilité de révéler ce niveau (‘Ano’hi’) dans ses pensées ses paroles et ses actes.
C’est cela même que l’Eternel déclare (Réeh, 11, 26) : ‘Vois Je donne devant vous aujourd’hui la Bénédiction !’.
D’après les explications du Rabbi au sujet de ce verset, l’Eternel nous ordonne ici de méditer au fait qu’Il nous a donné, ‘d’un bon œil’, ‘une partie de Lui-même’, et que cette partie constitue notre véritable existence.
C’est à cela que nous devons attacher ‘de tout notre cœur, de toute notre âme, et de tout notre pouvoir’, notre regard (‘Vois !’), afin de faire tout ce qui est en notre pouvoir pour dévoiler ce niveau. Le Rabbi explique que c’est en agissant au-delà de nos propres limites que l’on éveille le désir de D.ieu d’agir à son tour au-delà de toutes les limites.
Rabbi Tsvi vit une nuit en rêve son père le Baal Chem Tov sous la forme d’un volcan en éruption. Le père s’adressa ainsi à son fils :
‘Comme ce volcan, j’ai servi le Saint béni soit-Il tout au long de mon existence !’.
Comme il a été dit précédemment, le Rabbi nous enseigne que notre mission la plus essentielle consiste à dévoiler la partie la plus pure et la plus élevée de nous-même, l’Essence de notre âme, car elle est le lien véritable qui nous unit à D.ieu. Dévoiler l’Essence de notre âme a pour effet dans nos vies, quel que soit notre niveau ou notre situation, d’élever nos pensées nos paroles et nos actions à un niveau supérieur et divin.
Dans le Dvar Mal’hout le Rabbi déclare que l’Essence de l’âme est notre ‘véritable réalité’, qu’elle représente ce que nous sommes réellement, véritablement. L’Essence de l’âme est la partie ‘véritable’ de l’âme, car les forces de l’âme qui s’habillent dans le corps (néfèch: la vitalité du corps, roua’h: les sentiments et néchamah: l’intellect) ne sont pa l’essentiel de notre âme.
Les forces de l’intellect s’habillent dans le cerveau, les sentiments dans le cœur et la vitalité dans le sang (le foie), mais l’Essence de l’âme dépasse toutes ces forces car ‘elle fait Un avec D.ieu’, et de même que l’on ne limite pas le Saint béni soit-Il comme étant seulement le Créateur du monde car Il est infiniment plus que cela (‘les mondes ne sont rien en comparaison à Lui’), on ne limite pas l’Essence de l’âme à être la source des forces de l’âme, car elle infiniment plus que cela. Elle est tout simplement divine.
C’est aussi la raison pour laquelle le Rabbi définit l’Essence de l’âme comme ‘véritable’, car elle est unie à l’Essence divine, fait Un avec D.ieu, et seul D.ieu représente ‘la Vérité vraie’.
Mais aussi, et surtout, l’Essence de l’âme n’est pas perçue et ressentie par un membre du corps en particulier. Elle ne se révèle dans le corps (dans les forces de l’âme qui s’habillent dans le corps) qu’à des moments particuliers (comme le jour du Chabbat, ou le jour de Yom Kippour). Elle peut aussi se révéler par le travail de l’homme (en particulier chez les Tsaddikim).
Le Tséma’h-Tsédèk déclare que ‘la profondeur attire la profondeur’. C’est exactement ce que nous demande le Rabbi. Attirer l’Essence divine dans ce monde en dévoilant la partie la plus profonde de notre âme. Comme un volcan dont jaillit un feu divin. Du cratère du volcan jaillit le feu qui se cache sous la terre, et de la même façon, le feu de l’Essence de l’âme se cache sous ‘la terre’ de l’âme animale et du corps.
C’est en purifiant le corps qui a été créé par D.ieu, à partir de la poussière de la terre, que l’on attire la force de l’Essence de l’âme dans notre corps, dans nos pensées nos paroles et nos actes, et à la lumière de ce qu’il vient d’être dit, nous comprenons à présent que ‘le Baal Chem Tov servit D.ieu comme un volcan’. Il révéla du plus profond de ‘la terre’, c’est-à-dire du plus profond de lui-même et de son corps la ‘partie’ la plus profonde de son âme, dans ses actes. Celle-ci jaillit comme le feu qui jaillit d’un volcan et qui illumine l’obscurité du monde.
Dans le Dvar Mal’hout sur le Chabbat de la Paracha Réeh, le Rabbi explique que l’Eternel bénit Ses enfants en leur donnant une âme dont l’Essence est divine (Réeh, 11,26). Le Rabbi explique que l’Eternel nous demande de ‘voir’, c’est-à-dire de prendre réellement conscience de la valeur infinie de notre âme. De réaliser les niveaux supérieurs qu’elle nous permet d’atteindre, puisque c’est par elle que nous pouvons dévoiler le Machia’h.
La Paracha Réeh est liée au mois d’Elloul, du fait que ce Chabbat nous permet de commencer notre existence la plus véritable en éveillant la force infinie de l’Essence de notre âme. C’est là le message que nous adresse le Rabbi. Celui de nous préparer ce Chabbat avec l’intention de recevoir la Bénédiction de l’Eternel, pour commencer notre service divin dès le début du mois d’Elloul en agissant avec la force de l’Essence de notre âme, au-delà de toutes les limites.
C’est de cette façon que notre service divin accompli à l’image du volcan du Baal Chem Tov, nous permettra de devenir le réceptacle de la lumière du plus haut dévoilement. Celui de la révélation du Machia’h. Aussi, nous pouvons comprendre le fait que la Paracha Réeh nous parle des animaux qui sont permis à la consommation car l’importance de purifier notre corps est essentielle, et tout doit être fait pour faire de notre corps un écrin à la hauteur du diamant de lumière que l’Eternel s’apprête à nous donner. Le dévoilement ‘d’une Torah nouvelle sortira de Moi’ par l’intermédiaire de notre Juste Machia’h, très bientôt et de nos jours. Avec l’aide d’Hachem.
« Le grand et redoutable désert avec ses serpents et ses scorpions, une soif sans eau, ( Dévarim 8,15)
Puisque nous nous trouvons en exil, et que la Délivrance Finale n’est pas encore venue, nous nous trouvons dans la même situation que les Juifs dans le désert lorsqu’ils étaient en chemin vers la Terre Sainte.
Dans le verset ci-dessus, nous avons une description assez péjorative du désert puisque la Torah le décrit comme un endroit rempli de scorpions et de serpents, un endroit hostile et aride.
Tous ces détails font référence aux différentes étapes qu’un homme peut rencontrer lors d’une éventuelle descente spirituelle au moment de l’exil.
En effet, tout d’abord il faut savoir que si quelqu’un veut s’extraire d’un exil spirituel, il doit tout d’abord connaître son ennemi et savoir ce qu’est exactement un exil. C »est seulement à ce moment-là qu’il aura la possibilité de sortir de l’exil et d’arriver à la Délivrance, comme nous le dit le proverbe « connaître la maladie représente la moitié de la guérison ».
Expliquons donc le verset ci-dessus à l’appui de ce que nous avons dit:
1 – « Le grand (désert) »:
Tout d’abord, le désert est un endroit « où les hommes ne s’installent pas ». Etant donné qu’il est dit seulement à propos des enfants d’Israël, « Vous êtes appelés des hommes », on peut en déduire que le désert fait référence à un endroit où vivent les autres nations du monde.
C’est aussi la raison pour laquelle il est appelé « le grand désert », faisant référence au fait que les nations du monde sont démographiquement plus importantes que le peuple Juif.
Aussi, la première étape de la descente spirituelle d’un juif est le fait de percevoir le «désert des peuples» comme étant plus important et donc se percevoir lui-même comme étant «plus petit».
2 – «Et redoutable désert» :
Cela représente l’étape suivante dans la descente. C’est le moment où le juif a «peur» du désert, du monde qui l’entoure.
En effet, dans cette étape, le juif craint le fait que les nations du monde aient un contrôle sur lui. Il craint leur regard et ce qu’elles pensent de lui.
3 – « Ses serpents » :
À cette étape, l’homme arrive à un niveau de passion et d’enthousiasme pour les plaisirs du monde, comme le serpent. C’est à ce moment que l’exil peut commencer à faire ses ravages à l’intérieur du juif et à en prendre le contrôle.
4- « Ses scorpions » :
Lorsqu’un homme a de l’enthousiasme, alors même si celui-ci n’est pas pour l’instant dirigé vers la sainteté, il pourra le rediriger vers les choses saintes.
Mais, dans cette quatrième étape de la descente, l’homme est arrivé au niveau du «scorpion», qui est le symbole de la froideur.
Cela fait référence au fait que lorsque s’est installée en l’homme une certaine froideur dans son service de D.ieu, cette froideur peut, progressivement l’amener à une mort spirituelle. C’est précisément dans cette étape que l’étincelle de vitalité qui se trouve en lui commence à s’éteindre.
5 – « Et une soif sans eau » :
Dans cette étape, l’homme est arrivé à un tel niveau de descente spirituelle que lorsqu’il a «soif», celui-ci ne comprend pas qu’il n’a soif que d’une seule chose, de la Torah qui est comparée à l’eau.
Alors, à nous de nous questionner: comment peut-on en arriver là ? La réponse est claire : le «grand désert» ! C’est lorsqu’un juif commence à considérer le monde qui l’entoure et lui donner de l’importance, qu’il ouvre le chemin à toutes les descentes possibles.
C’est la raison pour laquelle il est très important de ne pas franchir la première des cinq étapes, la plus dangereuse, «le grand désert».
En ne donnant pas d’importance au monde qui l’entoure, le juif ne s’enflammera pas pour les plaisirs matériels.
Il est également important de se rappeler que D.ieu « nous a choisi d’entre tous les peuples » et nous avons donc le contrôle sur tout ce qui se passe dans le monde, pour l’éternité.
Il est important de prendre conscience de tout cela afin ne plus subir l’exil et provoquer ainsi, le plus rapidement possible, la Délivrance finale, bientôt et de nos jours Amen !
Pour expliquer que le don de soi, la force de messirout-néfèch est plus révélée dans notre génération que dans toutes les autres, y compris celle des Juifs qui connurent le dévoilement de la présence divine dans le Temple de Jérusalem le Rabbi précédent donne l’exemple du talon : ‘Ekev’.
La force de la volonté de l’âme humaine, bien qu’elle soit ‘makif’ c’est à dire bien qu’elle ne s’habille pas plus dans le cerveau que dans les autres membres du corps, se révèle plus particulièrement, essentiellement et principalement, dans les talons. Ainsi, un homme peut entrer son talon beaucoup plus facilement dans de l’eau brûlante que sa tête.
Le Rabbi précédent nous enseigne qu’il en va de même au sujet du corps constitué par toutes les générations des enfants d’Israël. La force de messirout-néfèch est en effet plus dévoilée dans notre génération (appelée la génération du ‘talon du Machia’h’) que dans toutes les autres générations.
Comme le talon qui est la partie inférieure du corps, notre génération est appelée le ‘talon’ en comparaison à la génération de Moché qui est elle-même appelée ‘la tête’ du grand corps constitué par toutes les générations des enfants d’Israël.
Cela est aussi vrai pour le corps constitué par les différentes ‘catégories’ de Juifs, car la force de messirout-néfèch est plus dévoilée chez les juifs simples qui sont du niveau du ‘talon’ que chez les érudits, les baal-mo’hin, qui eux-mêmes représentent le niveau de ‘la tête’, du cerveau.
Le Rabbi nous révèle à partir de cet enseignement de son beau-père un autre enseignement d’une force incroyable : L’obscurité de l’exil réveille et dévoile la force de messirout-néfèch, et ce même si l’obscurité et le dévoilement sont deux contraires qui s’opposent l’un à l’autre car la racine, l’origine de l’obscurité de l’exil, est l’obscurité du premier Tsimtsoum dont le but est de dévoiler la Présence de D.ieu dans le monde.
Le fait que l’Eternel dissimula Sa ‘Grande lumière’ et créa un ‘grand espace vide’ (le premier Tsimtsoum) peut être perçu comme obscur du fait que l’Eternel cacha véritablement Son Essence, ne laissant apparaître qu’un mince reflet de Sa lumière infinie.
Cependant le Rabbi nous explique que ce retrait, cette obscurité n’est pas une fin en soi, elle n’a pour seul but que le dévoilement futur d’une lumière ‘qu’aucun œil n’a vu’ : la lumière de la Délivrance. Cette ‘obscurité’ du premier Tsimtsoum est à l’exemple évoque celle d’un fils qui cherche son père et qui ne le trouve pas. En effet, D.ieu Se cacha dans la Création pour nous donner l’occasion de Le chercher et de Le trouver, exactement comme un père qui se cache dans le seul but que son fils lui exprime son amour en le cherchant de toutes ses forces.
L’obscurité de notre exil est donc à l’exemple d’un enfant (l’Assemblée d’Israël) qui cherche son Père (le Saint béni soit-Il) et la racine de notre exil, son origine, est liée au premier Tsimtsoum car la raison profonde du premier Tsimtsoum est la même que la raison profonde de notre exil : le dévoilement de la Lumière nouvelle et de la Torah du Machia’h.
Finalement, l’obscurité du premier Tsimtsoum est comme une braise, un morceau de bois qui a brûlé et qui nous semble éteint. Hachem a créé un ‘grand espace vide’ mais cela ne signifie pas que cet espace soit vide de Lui de Son Essence car Son Essence Se trouve là mais nous ne La percevons pas.
Comme l’étincelle cachée dans un morceau de bois brûlé qui nous semble éteint. Cependant, lorsque l’on souffle sur ce morceau de bois l’étincelle se ravive et devient cette flamme qui apparait avec encore plus de force. Ce souffle représente la force de messirout-néfèch. C’est précisément grâce au travail basé sur la force de messirout-néfèch que l’on révèle de manière concrète la Lumière (‘la raison profonde’) qui se cache dans l’obscurité.
En fait l’obscurité n’a été créée que pour le dévoilement de la lumière qu’elle dissimule de manière profonde. Aussi nous pouvons comprendre à présent que notre génération, celle du talon, celle de l’obscurité la plus profonde, détient le pouvoir de révéler la force de messirout-néfèch, car l’origine de l’obscurité (le premier Tsimtsoum) c’est le désir de D.ieu de dispenser Sa lumière bénie.
Aussi, la Paracha Ekev vient nous rappeler l’importance de faire don de nous-même de manière véritable (messirout-néfèch signifie donner son âme). La force de messirout-néfech qui découle de l’Essence de l’âme consiste à chercher de toutes nos forces notre Père Qui Se cache à notre regard et le Rabbi déclare que ‘le plus grave n’est pas de ne pas Le trouver, mais d’arrêter de Le chercher’.
De fait, l’Essence de l’âme d’un Juif est comparable à cette étincelle qui se cache dans un morceau de bois. ‘Souffler sur ce morceau de bois’ signifie que l’on révèle les forces cachées les plus fortes et les plus profondes de notre âme. C’est réveiller l’amour de D.ieu, qui dépasse la raison et l’intellect.
Le Rabbi écrit dans le Dvar Mal’hout de notre Paracha ‘qu’un Juif est propriétaire de la Réalité’, ‘qu’il lui appartient la force de se réveiller et de réveiller d’autres Juifs, et essentiellement de ‘réveiller’ le Saint béni soit-Il’.
Par ailleurs, le Rabbi écrit dans le Likouteï Si’hot (Tome 21 page 55) que ‘D.ieu doit-être présent dans chaque endroit où se trouve un Juif…Même si l’on ne se trouve pas physiquement, dans un endroit saint, ni même dans une situation sainte, on peut cependant bâtir le sanctuaire de D.ieu’.
‘Bâtir le sanctuaire de D.ieu’ signifie faire de ce monde matériel et de nous-même une demeure pour l’Essence divine. Cet enseignement s’applique à tous les moments de notre Vie, et aussi tout particulièrement durant le mois d’Elloul.
Pendant ce Chabbat de la Paracha ‘Ekev’ nous bénirons, avec l’aide d’Hachem le mois d’Elloul. Or, la chose est connue des ‘Hassidim que les lettres qui composent le mot ‘Elloul’ sont les initiales du verset : ‘Ani lé Dodi vé Dodi li’, ‘Je suis à mon bien-aimé et mon bien-aimé est à moi’.
De fait, le mois d’Elloul est propice à la Téchouva, et la partie profonde de la Torah nous enseigne que pendant le mois dElloul’, les 13 attributs divins de la Miséricorde nous illuminent, et illuminent ce monde, de manière particulière. L’Eternel Se dévoile à celui qui Le recherche, comme il est dit : ‘le Roi est dans les champs’, et dans ce cas il est donné à chacun, ‘Ani’, la possibilité de s’unir à D.ieu, ‘Dodi’, afin que le Saint béni soit-Il Se rapproche aussi de lui, ‘Dodi li’.
C’est-à-dire que le travail d’un Juif consiste à s’unir soi-même (‘Ani’) à D.ieu (‘Dodi’), et alors dans ce cas le Saint béni soit-Il se rapprochera de lui (‘Dodi li’).
Plus précisément, ‘Ani lé Dodi vé Dodi li’ fait allusion à deux types de travail qu’un Juif se doit d’accomplir durant cette période de l’année.
‘Ani lé dodi’, représente le travail qui vient de l’homme, du bas vers le haut, qui consiste à purifier le corps. On accomplit ce travail en agissant de manière progressive (du plus facile vers le plus difficile). Par ailleurs, le Rabbi souligne que bien que notre action demeure limitée, car nous agissons avec nos propres forces, l’avantage est que le fruit de nos efforts a pour effet de pénétrer profondément en nous-mêmes.
‘Dodi li’, le second travail à accomplir, consiste à dévoiler la force infinie de notre âme qui est ‘une parcelle véritable de divinité d’En-haut’, afin d’attirer un dévoilement divin illimité, du haut vers le bas. Cependant, comme il s’agit ici d’un dévoilement du haut vers le bas, et bien qu’il s’agisse ici d’un dévoilement divin supérieur, il ne pénètre pas aussi profondément en nous-même, comme c’est le cas pour un dévoilement du bas vers le haut.
Aussi, le Rabbi écrit que ‘l’on atteint la perfection quand il y a l’union des deux sujets. ‘Ani lé Dodi’ et ‘Dodi li’, ensemble. Lorsque le niveau du divin (‘Dodi’), qui est au-delà du niveau de ‘Ani’ (la réalité de l’homme ici-bas) se dévoile de manière profonde dans le ‘Ani’, c’est-à-dire dans les limites du niveau inférieur, au point de devenir véritablement une seule chose, sans qu’aucune chose ne puisse les différencier.
L’un des points essentiels de cet enseignement du Rabbi est que la perfection du dévoilement de ‘Dodi li’ (le dévoilement de la ‘parcelle véritable de divinité d’En-haut’), jusqu’au dévoilement de l’Essence divine, peut être réalisé grâce au travail de l’homme ici-bas, progressivement du bas vers le haut. Puis le travail ‘Vé Dodi li’ du haut vers le bas (Atsilout, Bryia, Yètsira, Assia) qui succède au travail de ‘Ani lé Dodi’, permet au Divin qui est au-delà de ce monde inférieur de Se dévoiler également dans le ‘Ani’, au point de faire Un avec lui et de devenir un ‘être vrai et éternel’ (‘Yèch amiti vé nits’hi’), au-delà des limites du temps et de l’espace qui sont eux-mêmes soumis à des changements.
A la lumière de ces enseignements du Rabbi, il nous est donné de comprendre que le travail accompli au mois d’Elloul représente la possibilité d’atteindre le dévoilement supérieur de l’Essence de l’âme.
Aussi, le Rabbi met l’accent sur le fait que le travail ‘du bas vers le haut’ de ‘Ani lé Dodi’ est plus essentiel que celui du haut vers le bas de ‘Dodi li’. De fait, ce point s’exprime tout particulièrement par le fait que ‘l’Eternel désire une demeure ici-bas’, et le Rabbi explique au sujet de cette déclaration que c’est en élevant les niveaux inférieurs, ‘ici-bas’, par le travail ‘du bas vers le haut’, que l’on parvient à élever les niveaux supérieurs.
Le Rabbi établit alors ici un lien avec la Paracha ‘Ekev’, durant laquelle nous bénissons le mois d’Elloul.
De fait, ‘Ekev’ signifie ‘le talon’, et représente donc la partie la plus basse du corps de l’homme (et du corps de ce monde). Notre travail pendant le mois d’Elloul consiste avant tout à purifier le corps, ‘le talon’, car c’est l’étape nécessaire qui précède au dévoilement de la lumière de l’Essence de l’âme, ‘Dodi li’.
Purifier et raffiner le corps signifient que l’on doit soumettre le corps à l’accomplissement des Mitsvoth, afin de parvenir à son ‘annulation’, à sa fusion, avec le divin, de la même manière que l’on soumet l’âme au divin : ‘Que je sois aux yeux de tous comme de la poussière’.
D’une certaine manière, le travail de ‘Ani lé Dodi’, les jours de la semaine, représente donc l’annulation du corps par l’accomplissement des Mitsvoth, ‘du bas vers le haut’, et le travail de ‘Dodi li’ représente l’annulation de l’âme le jour du Chabbat, au moyen de l’étude de la Torah, ‘du haut vers le bas’.
Il est important de mentionner ici que l’existence d’un Juif commence réellement au moment où le corps et l’âme fusionnent avec le divin. C’est à ce sujet que le Rabbi déclare que ‘la fusion de l’âme d’Israël avec le divin atteint un niveau de perfection au moment de l’étude de la Torah et lors de l’accomplissement des Commandements divins, de toutes les façons, du fait qu’Israël et le Saint béni soit-Il ne font qu’Un, cette fusion n’exclut pas la réalité des enfants d’Israël. Au contraire c’est cette fusion qui est leur réalité’.
La ‘Hassidout nous enseigne que les Mitsvoth sont liées aux dévoilements de la résurrection des morts, car elles représentent le corps, le ‘talon’, de la Torah, du fait qu’elles sont accomplies avec et au moyen de la matière de ce monde.
Dans le Likouteï Torah (Vaèt’hanan) l’Admour Hazaken explique que l’action matérielle a un effet sur notre vie spirituelle. L’accomplissement des Commandements divins a pour effet de grandir notre Emounah.
Nous devons agir constamment afin de grandir notre Emounah en la venue de Machia’h, à nous attacher à l’enseignement du Rabbi, conformément à ses pensées ses paroles et ses actes, en étant ‘constamment occupés par la pensée et par la parole au sujet de la Délivrance finale, en cherchant à unir tous les sujets de notre temps avec la Délivrance, le travail des enfants d’Israël est de précipiter la Délivrance’ (Le Rabbi).
Très bientôt et de nos jours, avec l’aide d’Hachem,
La Torah nous enseigne que les paroles que Moché adressa aux enfants d’Israël juste avant qu’ils n’entrent en Erets Israël sont inscrites dans le livre de Dévarim.
Le Rabbi explique que ce Livre (le dernier des 5 livres de la Torah) prépare spirituellement le peuple Juif à l’action concrète de faire de la Terre d’Israël une demeure pour D.ieu.
Un parallèle peut être établi entre la génération de Moshé et notre génération attendu que nous nous apprêtons à entrer en Erets Israël avec le Machia’h, et cela s’exprime avec d’autant plus de force quand la Paracha Dévarim tombe avec le Chabbat ‘Hazon.
En effet, pendant le jour du Chabbat ‘Hazon Hachem nous donne à voir le troisième Temple ; cependant c’est d’une vision ‘superficielle’ dont il s’agit, et pour comprendre ce que signifie ‘une vision superficielle’ il convient auparavant de comprendre la différence établie par le Rabbi entre les deux niveaux de l’âme divine : ‘Haya et Yé’hida.
Dans son discours intitulé : ‘Et tu ordonneras aux enfants d’Israël’, le Rabbi explique que ‘Haya est la partie de l’âme ‘qui est en-haut’, c’est-à-dire la partie de l’âme qui ne s’habille pas dans le corps. Un juif croit en D.ieu car son âme ‘qui est en-haut’ voit le divin et ‘transmet’ sa vision à ‘l’âme qui est en bas’ (l’âme qui s’habille dans le corps), mais du fait que ‘Haya est la partie de l’âme qui ne s’habille pas dans le corps, la vision du divin qu’elle nous transmet reste extérieure à nous-mêmes et ne nous touche que superficiellement, en conséquence notre foi en D.ieu qui en dépend ne peut être profonde.
Le second niveau, plus élevé, est Yé’hida, c’est ‘le point de l’âme’ qui est enracinée véritablement dans l’Essence divine. ‘Yé’hida’, l’Essence de l’âme, possède la qualité de l’huile d’imbiber chaque chose, et elle détient donc le pouvoir d’éclairer profondément les forces de l’âme qui s’habillent dans le corps (l’intellect et les sentiments). Lorsque Yé’hida se révèle dans le corps notre foi en D.ieu devient alors intérieure et profonde.
A la lumière de ces enseignements du Rabbi nous comprenons que la vision du troisième Temple que nous recevons pendant le Chabbat ‘Hazon est superficielle, à l’exemple du niveau de ‘Haya, et que notre travail consiste à ce qu’elle nous imprègne de manière profonde, a l’exemple du dévoilement de Yé’hida.
Le Rabbi nous enseigne que Moché nourrit de émouna les enfants d’Israël. Le terme ‘nourrit’ est employé ici afin que nous comprenions que notre émouna doit devenir profonde et que c’est précisément par l’action de Moché que cela devient possible. De même que l’aliment que nous mangeons est assimilé par le corps, s’intègre au corps et devient une partie de lui. De la même façon, notre émouna doit être intérieure et profonde et non pas demeurer extérieure à nous-mêmes.
Le dévoilement de Yé’hida implique donc un travail de notre part. A ce sujet, l’Admour Haemtseï (Amreï Binah, 148) parle de l’importance de purifier notre corps et de faire totalement abstraction de toutes nos volontés afin de n’accomplir que la seule volonté de D.ieu. Il est évidemment essentiel de réaliser aussi à quel point notre attachement au Rabbi est important. De fait, la mission du Rabbi consiste à révéler l’Essence de l’âme de chaque Juif et grâce à l’influence que le Rabbi sur ceux qui sont profondément attachés à lui la vision que l’on reçoit ‘d’en-haut’ apparait toujours avec plus de clarté ; comme l’huile qui imbibe toutes choses, grâce au Rabbi cette vision imbibe nos pensées nos parole et nos actes avec toujours plus de force.
Du fait que nous ne voyons que l’aspect superficiel de la réalité, il est essentiel d’étudier la Torah du Rabbi afin de découvrir, ‘Voir’, la profondeur de l’existence, l’Essence de la Torah. Le Rabbi explique par exemple que le jour du 9 Av n’est pas, comme tout nous porte à le croire, le jour où le Temple a été détruit. L’apparente destruction du Temple cache en réalité quelque chose de bien plus élevé. En effet, Hachem n’a détruit le Temple que dans le but de le reconstruire, et contre toute attente le jour du 9 Av cache une lumière infinie.
C’est précisément cette lumière que le Rabbi dévoile dans le Dvar Mal’hout du Chabbat de la Paracha Dévarim de l’année 5751, lequel tombe le jour du 9 Av, exactement comme cette année, 5772.
De manière générale, lorsque le 9 Av tombe un jour de semaine, il garde sa lumière cachée et celle-ci n’apparaît que six jours après, le 15 Av. En effet, d’après le principe bien connu selon lequel ‘une descente a toujours pour but une élévation’, le jour du 15 Av vient dévoiler la lumière infinie que le 9 Av garde en secret. Le 15 Av est donc lié à la Délivrance finale, et au Rabbi de souligner qu’il est un jour de pleine lune, laquelle n’est pas sans évoquer la perfection atteinte par l’Assemblée d’Israël qui est elle-même comparée à la lune.
Si le jour du 9 Av tombe le jour du Chabbat, comme c’est le cas cette année, alors la force du Chabbat a pour effet de dévoiler le secret du 9 Av, et dés-lors nul n’est besoin d’attendre le 15 Av pour découvrir le bien que cache la destruction du Temple. Aussi, lorsque le jour du 9 Av tombe le jour du Chabbat, le Jeûne est repoussé au lendemain ; tout le côté négatif est repoussé au jour suivant. En d’autres termes, ‘l’ombre’ est chassée pour ne laisser la place qu’à la lumière du 9 Av.
Le Rabbi révèle cette lumière à travers une histoire qui est mentionnée dans le Talmud Yérouchalmi (2a, 5a), dans laquelle il est dit que le Machia’h est né le jour de la destruction (physique) du Temple de Jérusalem.
A son voisin qui l’interrogeait sur le fait qu’une vache meugla à deux reprises, un Juif répondit que le premier meuglement était dû à la destruction du Temple, et le second à la naissance du Machia’h. Le Machia’h est né le jour où le Temple fut détruit, et du fait que le Mazal d’une personne domine le jour de son anniversaire, le Rabbi nous enseigne que le jour du 9 Av est particulièrement propice à la venue du Machia’h. Aussi, du fait que la venue du Machia’h correspond au dévoilement de l’Essence divine, le Rabbi établit ici le rapport qui existe entre le jour du 9 Av qui tombe le jour du Chabbat, et le jour de Kippour.
Ces deux jours sont tous les deux liés au dévoilement de l’Essence divine et à celui de l’Essence de l’âme Juive, le niveau de ‘Yé’hida’. La ‘Hassidout nous enseigne que la prière de la ‘Neïla’ qui est la cinquième prière du jour de Kippour, entre la prière de Min’ha et la prière d’Arvith, correspond au dévoilement de l’Essence de l’âme, Yé’hida. Or, le Rabbi enseigne que le moment le plus propice à la venue du Machia’h, dans la journée du 9 Av qui tombe le Chabbat, se situe aussi entre la prière de Min’ha et celle d’Arvith (Ce moment correspond au commencement du Jeûne).
Notre service divin pendant le jour de Kippour s’accorde au dévoilement du plus haut niveau de l’âme : l’Essence de l’âme-Yé’hida. Il apparaît clairement en ce jour ‘qu’un Juif fait Un avec le Saint béni soit-Il, chaque jour, tout au long de l’année, à chaque instant, et dans chaque endroit’.
D’après l’enseignement du Rabbi le dévoilement de Yé’hida correspond au travail de ‘la Téchouva supérieure’ laquelle doit être réalisée ‘dans une grande et profonde joie’. C’est pourquoi ‘la Téchouva supérieure’ est liée aux secondes Tables qui furent données par Moché le jour de Kippour.
A la lumière de ce qui vient d’être dit, nous pouvons comprendre la déclaration des Sages selon laquelle ‘Il n’y a pas eu de meilleurs jours pour Israël, que le 15 du mois de Av et le jour de Kippour’, et entrevoir un tant soit peu de la lumière cachée de la destruction du Temple. Nous pouvons comprendre que les cendres du Temple cachent en réalité le feu de la Délivrance finale.
Peut-être est-il possible ici d’étendre cet enseignement à la Mitsvah d’Ahavat Israël. En effet, D.ieu déclare : ‘Faites-Moi un sanctuaire et Je residérais parmi vous !’. Chaque Juif est lui-même un Temple où doit résider Hachem. Chaque Juif a pour devoir d’attirer le Divin dans ses pensées, ses paroles, et ses actes. Ainsi, lorsque le 9 Av tombe le Chabbat nous devons ‘repousser le Jeûne au lendemain’. Nous ne gardons que le positif du 9 Av, et nous repoussons au lendemain tout ce qu’il contient de négatif.
Peut-être devons-nous adopter cette attitude vis-à-vis de notre prochain. C’est-à-dire de ne regarder et de ne considérer que ce qui est positif chez lui, et de ne jamais considérer, ‘repousser au lendemain’, son côté négatif. Ce qui est vrai pour le Temple, l’est pour chaque Juif. Aussi, même quand il s’agit d’un Juif qui nous semble totalement éloigné de la Torah et des Commandements divins, à l’image des cendres qui subsistent du Temple après sa destruction, nous devons ‘voir entre les fentes des murs’, voir que ces cendres cachent une étincelle divine que nous avons pour devoir de ranimer, afin d’avoir le mérite de voir la venue du Machia’h très bientôt et de nos jours, avec l’aide de D.ieu.
Dans la Paracha Masseï, la Torah nous raconte au sujet « des voyages » des enfants d’Israël dans le désert. Il est écrit « des voyages » et non pas un (seul) voyage. Depuis leur sortie d’Egypte, les juifs effectuèrent 42 étapes avant d’arriver sur la terre d’Israël. L’Egypte symbolise l’étroitesse et les limites. En Egypte les enfants d’Israël étaient noyés dans les 49 portes de l’impureté et vécurent de terribles souffrances. Leur premier voyage quand ils quittèrent l’Egypte fut celui de la délivrance de leur esclavage, mais la délivrance au-delà de toutes les limites n’était pas encore atteinte. D’autres voyages furent nécessaires avant de parvenir sur une terre « bonne et large ». Les juifs devaient avancer et s’élever encore et encore. D’une étape vers une autre ils dépassaient une limite pour en atteindre une deuxième jusqu’à parvenir en Erets Israël.
Le passage de la limite vers l’infini s’accorde à l’histoire des enfants d’Israël. Chaque juif possède les moyens de briser les limites de lui-même et les limites de ce monde. C’est le droit de chacun, du coupeur de bois et du porteur d’eau jusqu’au grand Sage de la Torah. Chaque étape de notre vie nous élève vers un niveau toujours plus élevé, et le but ultime est d’arriver dans un endroit qui n’a pas de limites.
A la fin de la lecture du quatrième livre de la Torah que nous lisons le Chabbat ‘Matot-Massei’, l’Assemblée dit d’une voix forte : ‘Hazak ‘Hazak vé Nit’hazèk’, ‘Sois fort ! Sois fort ! Et puissions-nous être renforcés !’.
Exprimer à trois reprises le désir d’être fort pour accomplir notre mission de faire de ce monde une demeure pour l’Essence divine, est l’occasion donnée au Rabbi de souligner l’importance et la signification du chiffre 3.
De fait, Le Chiffre 1 représente la Sainteté, telle qu’elle est et que rien ne vient perturber. Le chiffre 2 représente une situation dans laquelle la Sainteté est opposée aux forces du mal, à ‘l’autre côté de la Sainteté’ (‘Sitra A’hara’). Enfin le chiffre 3 représente la victoire de l’homme sur les forces du mal.
Le Rabbi, décrit deux façons de vaincre le mal. La première est qualifiée comme étant une révélation ‘du haut vers le bas’. ‘du haut’, car il s’agit d’un dévoilement de la lumière divine, ‘vers le bas’, car cette lumière a pour effet d’éliminer le mal qui s’oppose à l’homme dans ce monde ici-bas.
La deuxième façon de vaincre le mal est un travail que le Rabbi qualifie comme étant ‘du bas vers le haut’, car il s’agit du travail personnel de l’homme lui-même, afin de faire tout ce qui est en son pouvoir pour raffiner le mal, et même pour parvenir à le transformer en bien.
L’avantage d’un dévoilement ‘du haut vers le bas’ est qu’il s’agit du dévoilement d’une lumière illimitée, car celle-ci vient de D.ieu. Ce n’est pas le cas quand il s’agit du travail de l’homme qui est ‘du bas vers le haut’, car même si l’homme possède une âme divine, il demeure malgré tout soumis aux limites que lui imposent le corps et ce monde matériels.
Cependant, et c’est là le point central essentiel de cet enseignement du Rabbi, le travail réalisé par l’homme possède un avantage incontestable. Certes, la lumière qui vient d’en-haut a pour effet de neutraliser le mal, mais il se peut que cet effet soit temporaire. Pour se débarrasser totalement du mal, pour parvenir à le transformer, à ‘élever le mal vers le bien’, ‘du bas vers le haut’, l’action de l’homme est nécessaire.
Dans le discours ‘hassidique intitulé ‘Vé Atah Tètsavéh’, le Rabbi explique qu’il peut y avoir une situation dans laquelle un Juif agit durant une longue période en étant éclairé par une lumière divine (‘du haut vers le bas’) qui le pousse à faire véritablement don de lui-même pour accomplir la Volonté de son Père qui est dans le ciel.
Il sera même prêt à renoncer à sa propre vie, si cela s’avère nécessaire pour préserver son Judaïsme. Dans ce cas, nul n’est besoin d’ajouter que le mal n’a aucune emprise sur lui, bien au contraire il agit au-delà de la raison et de l’intellect, avec une inébranlable détermination pour faire le bien et fuir le mal, afin de faire de ce monde une demeure pour D.ieu.
Cette lumière divine inspiratrice provient de l’Essence de son âme. Celle-ci se révèle aux forces de son âme, à son intellect et à ses émotions, et c’est pour cela qu’il parvient à faire don de lui-même, ‘messirout-néfèch’. Cependant, si cet éclairage divin venait à disparaître, il redeviendrait exactement ce qu’il était auparavant, avant de recevoir l’inspiration divine. C’est-à-dire qu’il retrouverait son intellect et ses sentiments dans leurs états naturels, sans que rien n’ait changé. De fait la force qui le poussait à agir au-delà de ses propres limites était comme une chose ajoutée à son état naturel.
Aussi, le Rabbi explique que l’éclairage divin, sans un travail personnel de l’homme, demeure insuffisant pour changer la nature des forces de l’âme. Ce changement n’est possible que si l’homme accomplit un travail ‘du bas vers le haut’.
La partie profonde de la Torah nous enseigne que seule l’Essence divine a le pouvoir de transformer le mal en bien (voir par exemple le recueil du Rabbi intitulé ‘Iniana chel Torat ha ‘Hassidout’), et un Juif ne peut atteindre l’Essence divine que s’il réalise l’union entre la lumière divine qui vient d’en-haut, de l’Essence de son âme ‘qui est enracinée dans l’Essence divine’, et la lumière qui vient de lui-même (‘d’en-bas’) de son propre travail, au moyen de ses propres forces, des forces naturelles de son intellect, de ses sentiments, et de ses actes.
Ainsi, cet enseignement du discours ‘hassidique ‘Vé Atah Tètsavéh’ s’accorde parfaitement au contenu profond du Dvar Mal’hout sur notre Paracha. Le Rabbi nous enseigne en effet que l’union des Parachiot ‘Matot-Massei’ représente l’union de ces deux niveaux :
la Paracha ‘Matot’ représente le dévoilement du haut vers le bas de la lumière divine, ainsi qu’il est écrit (30,2) : ‘Ceci est le sujet que L’Eternel a ordonné’, et la Paracha ‘Massei’ représente le dévoilement du bas vers le haut de l’action et du travail de l’homme, ainsi qu’il est dit: ‘Ce sont les voyages des enfants d’Israël…’.
Nous n’avons pas toujours véritablement conscience du fait que nous ne sommes pas seul à agir dans notre vie lorsque nous accomplissons notre mission sacrée. Nous ne réalisons pas vraiment que la possibilité nous est donnée d’accéder à un niveau, que nous ne pourrions atteindre seul, car il s’agit de briser nos propres limites et d’atteindre l’illimité, en unifiant à la lumière de nos actes la lumière infinie de D.ieu.
Bien que les forces de l’âme de l’homme soient limitées, il n’en demeure pas moins que par son travail chaque Juif peut atteindre l’Essence. C’est-à-dire que la force illimitée de l’Essence divine s’unisse à ses propres forces.
Cela peut être comparé à la déclaration de l’Admour Hazaken dans le livre du Tanya, selon laquelle l’âme d’un Juste parfait peut descendre et se révéler dans le corps d’un Juif méritant, afin de l’élever au rang de Juste.
Dans le Dvar Mal’hout le Rabbi dévoile la définition du titre de notre Paracha. De manière profonde, le mot ‘Voyages’-‘Massei’ désigne l’action de se déraciner d’un état spirituel, pour atteindre un état supérieur et sans commune mesure avec l’état précédent. (De fait, le mot ‘voyage’ n’est pas sans exprimer ‘la distance’ qui sépare les forces de l’âme de l’Essence de l’âme, car celle-ci représente l’ultime point qui se situe au-delà de tous les détails, de toutes les formes). Le travail nécessaire pour atteindre ce niveau supérieur, qui n’est autre que celui de l’Essence divine, est décrit par le Rabbi dans le discours ‘hassidique ‘Vé Atah Tètsavéh’. Ce travail est celui de ‘Katit lé Maor’. Un Juif doit dévoiler la partie la plus profonde de son âme. Le désir le plus profond qui vit au fond de son cœur. Il doit révéler ce cri qu’il ne cesse de pousser tout au fond de lui-même, qui n’est autre que l’expression du désir du dévoilement de D.ieu.
Rabbi Yé’hièl Mikhaël de Zlotchov (qui fut un disciple du Baal Chem Tov) bien après qu’il eut quitté ce monde apparut en songe au jeune Rabbi Tsvi Hirsh de Jydatchov et il lui parla :
« Sache que depuis que j’ai quitté ce monde, je ne cesse d’aller de monde en monde, et le monde qui était hier déployé comme un ciel au-dessus de ma tête, c’est aujourd’hui la terre sous mes pieds, et le ciel d’aujourd’hui, c’est la terre de demain… ».
Dans le Hayom Yom du 27 Tévet le Rabbi rapporte une déclaration de l’Admour Hazaken:
‘Le matériel d’un juif est spirituel. D.ieu nous donne la matière afin que nous la transformions en esprit…’.
Cette déclaration s’accorde avec un autre enseignement de l’Admour Hazaken (Likouteï Torah, Masseî, 91) selon lequel le désert, qui est une terre désolée où il ne peut rien pousser, représente la source de toutes les forces du mal. Ainsi, tous les voyages que firent les enfants d’Israël dans le désert donnèrent aux générations suivantes la possibilité et la force de transformer ‘le désert’ de leur corps et de leur âme animale en une terre soumise à la volonté divine, en une terre « bonne et large », la terre d’Israël ; lors du dévoilement de notre Juste Machia’h, dès-à-présent avec l’aide d’Hachem.
Fais ici la Terre d’Israël ! C’est ce que répondit le Tséma’h Tsédek à un Juif qui demanda la Bénédiction du Rabbi pour aller vivre sur la Terre sainte. Le contenu profond de cette histoire que le Rabbi entendit du Rabbi précédent est lié à la Paracha Pin’has dans laquelle il est question du partage de la Terre d’Israël entre toutes les tribus d’Israël.
Rachi explique dans son commentaire qu’Eléazar, le prêtre, était revêtu du pectoral avec les ‘Ourim’ et les ‘Toumim’ et qu’il disait avec l’inspiration Sainte : ‘Si telle tribu est tirée dans le tirage au sort, c’est tel terrain qui lui sera attribué’.
On écrivait les noms des tribus sur douze billets et sur douze autres billets, douze délimitations de terrains. On mélangeait tous les billets dans une urne, et le prince de chaque tribu introduisait sa main à l’intérieur, et prenait deux billets. Il se trouve que sur les deux billets étaient inscrits le nom de la tribu et le terrain attribué, exactement comme l’avait déclaré auparavant par inspiration sainte le prêtre Eléazar.
Plus encore que cela, le sort lui-même (le billet) criait et disait : ‘Moi le sort, j’ai désigné telle frontière pour telle tribu’, comme il est dit (verset 56) : ‘Par la bouche du sort’.
De manière générale la prière correspond à la pensée, l’étude de la Torah à la parole, et l’accomplissement des Commandements divins à l’action. Par ailleurs, il existe des Mitsvoth que l’on accomplit sans avoir une intention particulière. Par exemple, nous sommes quittes de la Mitsva de la Tsédaka uniquement par l’action de donner de l’argent à une personne nécessiteuse, et nous ne sommes pas obligés d’avoir une pensée particulière dans ce cas (‘Cavanna’ : ‘intention’). Cependant le Rabbi nous enseigne que la perfection est atteinte lorsque nous accomplissons cette Mitsvah au moyen de la pensée, de la parole, et de l’action. Ainsi la perfection de la Mitsvah de la Tsédaka nécessite d’associer à notre acte une bonne pensée, en donnant cet argent avec un visage bienveillant.
Le Rabbi explique donc que ‘le sort qui parle’ exprime cette idée. En effet, le Goral rassemble à lui tout seul les trois éléments que sont la pensée, la parole et l’action. La pensée et l’action, par le fait que l’on pensait et que l’on écrivait chaque nom sur un billet, et la parole par le fait que le billet lui-même parlait et désignait ‘telle tribu et tel territoire’.
Le Rabbi souligne ici que l’enseignement selon lequel on atteint la perfection d’une Mitsvah lorsque nous l’accomplissons au moyen de la pensée, de la parole et de l’action ne se limite pas seulement à son accomplissement, mais également à sa préparation. C’est la raison pour laquelle le Goral rassemblait les trois éléments que sont la pensée, la parole et l’action, car même si le Goral n’était qu’une préparation à l’acquisition de la Terre d’Israël, il devait néanmoins être parfait. A travers l’exemple du Goral le Rabbi démontre que toutes les choses qui appartiennent au domaine de la Sainteté, même celles qui nous semble être les plus secondaires, ont toutes une importance.
Le Rabbi élargit encore un peu plus notre vision lorsqu’il déclare que nous devons accorder de l’importance pour chaque instant qu’il nous est donné de vivre. Nous devons considérer chaque instant, chaque situation et rien ne doit être laissé pour compte. Même ce qui semble être à nos yeux comme un simple détail possède en réalité un contenu qui mérite qu’on lui accorde toute notre attention, que l’on investisse tout notre être. C’est à ce sujet que le Rabbi Rachab a déclaré que ‘l’homme profond est celui qui s’engage totalement dans tout ce qu’il fait’ et que ‘là où nous sommes nous devons être vraiment !’.
‘Faire ici la Terre d’Israël’ implique donc forcément de faire maintenant la Terre d’Israël. Il s’agit de faire de l’endroit où l’on se trouve et à tous les moments de notre existence, la Terre d’Israël.
‘Faire ici et maintenant la Terre d’Israël’ signifie d’après l’enseignement du Rabbi que chaque Juif doit s’habituer à la Guéoulah. Il doit ressentir un sentiment de Guéoulah par le fait de transformer ses journées en se libérant lui-même et en faisant de son endroit personnel la Terre d’Israël. Il accomplit son travail à chaque moment de son existence et à tout endroit où il se trouve, au moyen de ses pensées, de ses paroles et ses actes qui ont eux-mêmes atteint la perfection : le niveau de la Terre d’Israël.
Le Rabbi Rachab nous enseigne par exemple que nous devons laver les vêtements des Mitsvoth avec ‘l’eau de la ‘Ho’hmah’. La qualité de ‘Ho’hmah c’est le ‘Bitoul’, la soumission la plus totale. Il n’est pas suffisant d’accomplir les Commandements divins, mais il faut aussi laver les Mitsvoth afin qu’elles soient imprégnées de soumission. Un Juif lave ses Mitsvoth quand il médite et ressent pendant sa Téfila que tous les mondes sont soumis à la Parole divine qui les crée et les maintient en vie à chaque instant. Nous pouvons aussi prendre ici l’exemple de la prière de Nétilat-Yadaïm. ‘L’eau de ‘Hohmah’ représente le travail des Mo’hin et les mains représentent les Midot, ainsi, Nétilat-Yadaïm représente le fait d’attirer le Bitoul de ‘Ho’hmah dans les Midot. Atteindre le niveau de la Terre d’Israël représente donc aussi le fait de laver les vêtements de l’âme afin que ceux-ci soient imprégnées de la qualité de ‘Ho’hmah, qu’ils soient tous consacrés au projet divin de faire de ce monde matériel une demeure pour l’Essence divine.
Le Rabbi souligne que le fait de se libérer soi-même provoque la Délivrance des autres, et chacun se doit de parler, à l’exemple du Goral, aux membres de sa famille, à ses proches et à ses élèves de l’action de Faire ici la Terre d’Israël. Aussi, du fait que les paroles dites avec le cœur pénètrent dans le cœur et y font leur effet et que la personne qui les prononce est elle-même un exemple vivant, la personne qui les entend les prononcera à son tour
Bien que cela ne soit pas mentionné dans la Si’ha du Dvar Mal’hout nous pouvons ici établir un lien avec notre travail qui consiste à nous préparer à recevoir le Rabbi et ses enseignements. Cela signifie que nous devons nous préparer au dévoilement du Machia’h, lequel n’est autre que le dévoilement de l’Essence divine. Or, du fait que nous sommes tous, de manière générale, noyés dans la matérialité (qu’il s’agisse de la matérialité de ce monde physique ou qu’il s’agisse de la matérialité de notre âme animale) nous ne sommes pas des réceptacles capables de recevoir, de percevoir et de ressentir de manière profonde, l’Essence des choses. L’étude de la ‘Hassidout nous habitue à l’abstraction des concepts divins spirituels très élevés. Comprendre et ressentir par exemple que la Parole divine crée et maintient en vie à chaque instant la matière de ce monde. A l’évidence, c’est en purifiant le corps et l’esprit que l’on parvient à découvrir le Divin qui est caché par l’écorce de la matière. Aussi, c’est donc en affinant notre corps et notre esprit, au moyen de l’étude et de la prière que l’on efface la matière pour découvrir le Divin abstrait qui vit en elle. Dans ce cas nous faisons la Terre d’Israël dans notre corps lui-même et dans les 4 coudées qui nous entourent, et nous nous préparons à vivre la Délivrance finale et à voir la Parole de D.ieu qui crée et anime à chaque instant toute la Création, dès à présent avec l’aide d’Hachem.
Le Rabbi illustre ces propos par l’histoire suivante. Lors d’une Hitvaadouth (rassemblement des ‘Hassidim autour du Rabbi), le Rabbi Rachab ressentit que les jeunes ‘hassidim se pressèrent de chanter le ‘Niggun’ (‘la Mélodie ‘hassidique’) qui précède le discours du Rabbi, car ils étaient impatients d’écouter les paroles sacrées de leur Maître. Le Rabbi expliqua alors à ses jeunes élèves qu’il s’agissait bien là d’une erreur. S’imprégner profondément du discours du Rabbi implique de s’y préparer auparavant avec la plus grande attention.
Chanter en y mettant tout notre être, c’est-à-dire en investissant toutes nos forces, est aussi important que d’écouter ‘de tout notre cœur, de toute notre âme et de tout notre pouvoir’ le discours du Rabbi. Un ‘Hassid doit être profond dans toutes les situations. ‘Vivre’ c’est être vraiment là ! Même lorsqu’il ne s’agit que d’une préparation).
Dans le Dvar Mal’hout sur la Paracha Balak, le Rabbi explique la signification du jeûne du 17 Tamouz quand il tombe le jour du Chabbat, comme c’est le cas cette année. Dans un tel cas, le jeûne est repoussé au lendemain du Chabbat, car le Chabbat est un jour de joie qui ne laisse aucune place à la mortification et au jeûne. Plus encore, le Rabbi nous enseigne que les repas de ce Chabbat, et cela inclut aussi le repas de ‘Mélaveh Malka’ de Motsaeï-Chabbat, doivent être plus copieux que d’habitude.
D’après l’enseignement donné ici par le Rabbi, chaque jour de jeûne possède deux aspects. Un aspect superficiel et négatif et un aspect profond et positif.
L’aspect superficiel du jeûne du 17 Tamouz s’exprime par le fait qu’en ce jour commença le siège de Jérusalem qui a fini par aboutir à la destruction du Temple le jour du 9 Av, le début de l’exil. Cependant, ‘toute descente a pour but une élévation’, et le Rabbi nous explique ici que l’exil est une préparation à la Délivrance :
‘Le but de chaque chose est la profondeur de cette chose, et la profondeur du jour du 17 Tamouz est qu’il est une préparation à la Délivrance, comme cela est allusionné par le fait que 17 est la valeur numérique du mot ‘Tov’ (‘Bien’).
La ‘Hassidout nous enseigne que le jour du Chabbat représente le dévoilement de la Volonté profonde et intérieure du Saint béni soit-Il. De ce fait, lorsque le jour du jeûne du 17 Tamouz tombe le jour du Chabbat l’aspect négatif du jeûne est alors repoussé au lendemain. L’accent est donc mis sur l’aspect positif du jeûne : le second Temple ne fut détruit que dans le but d’être reconstruit.
Ce fut aussi le cas pour les premières Tables que Moché brisa précisément le jour du 17 Tamouz. En effet, les secondes Tables que reçut Moché sont beaucoup plus élevées que les premières car elles contiennent toute la Torah orale. Ainsi, comme pour le Temple, la destruction des premières Tables avait pour but l’élévation des secondes, conformément à l’enseignement du Rabbi selon lequel ‘le but de chaque chose est la profondeur de cette chose’.
En se conformant au principe selon lequel ‘toute descente a pour but une élévation’, le second Temple ne fut détruit que pour l’édification du troisième Temple, lequel sera infiniment plus élevé que les deux premiers.
C’est pourquoi le Rabbi nous demande d’ajouter en nourriture et en boisson, en ce jour du Chabbat du 17 Tamouz (contrairement aux jours de jeûne pendant lesquels nous nous privons de toute nourriture et de toute boisson), car en agissant de la sorte nous exprimons le lien de ce jour avec la Délivrance finale, pendant laquelle ‘les jours de jeûnes seront transformés en jours de fêtes’.
Cet enseignement du Rabbi s’accorde à cet autre enseignement du Rabbi, extrait du Dvar Malhout, sur la Paracha Balak, d’après lequel L’Eternel transforma les malédictions de Bilam en Bénédictions tout comme il transformera les jours de jeûnes en jours de fêtes lors de la Délivrance finale. Aussi, le Rabbi nous enseigne que ‘lorsque le jour du jeûne du 17 Tamouz tombe le jour du Chabbat, alors les jours des 3 semaines d’afflictions (qui commencent le lendemain du Chabbat et qui se terminent le 9 Av) sont illuminés par la lumière cachée du 17 Tamouz qui tombe le jour du Chabbat’.
A la lumière de cette leçon du Rabbi, nous comprenons que nous ne pouvons absolument pas nous suffire de l’aspect superficiel de la réalité. Au contraire, le regard et le comportement que nous devons adopter est celui de nous attacher profondément aux enseignements du Rabbi afin de toujours percevoir le contenu profond des évènements que nous vivons. L’étude de la partie profonde de la Torah nous donne à voir la profondeur de la Réalité afin que nos pensées nos paroles et nos actes s’inscrivent dans le projet divin qui n’est autre que le dévoilement de l’Essence de D.ieu.
Percevoir le contenu profond de chaque chose est une priorité dans notre mission de faire de ce monde une demeure pour D.ieu. C’est la raison pour laquelle le Rabbi nous demande d’ajouter dans notre étude des sujets du Machia’h et de la Guéoula car de cette façon nous pourrons vivre véritablement ces sujets de manière profonde, ainsi qu’il est écrit dans le Dvar Mal’hout sur notre Paracha : ‘L’intellect doit être pénétré de ces sujets, et la lumière de notre compréhension doit également se répandre et pénétrer nos sentiments dans le cœur, jusqu’à atteindre notre action concrète, nos pensées nos paroles et nos actes.’
Au Baal Chem Tov qui lui demanda quand il viendrait, le Machia’h répondit : ‘Quand tes sources se répandront à l’extérieur !’.
C’est précisément sur cette déclaration du Machia’h que le Rabbi écrit au chapitre18 de son ouvrage intitulé ‘Iniana chel Torat ha Hassidout’ que ‘Plus la ‘Hassidout est diffusée jusqu’aux niveaux les plus bas de l’être et de la Création et plus la nature de la ‘Hassidout se trouve intensément exprimée. C’est pourquoi Rabbi Yossef-Itzhak soulignait tant, lors de ses interventions, le fait que chaque concept étudie en ‘Hassidout doit être cristallisé par les actes, car c’est seulement dans sa concrétisation qu’est appréhendée la nature essentielle de la ‘Hassidout’.
Le Rabbi nous apprend que notre devoir est de ‘diffuser la ‘Hassidout jusqu’aux aspects les plus triviaux de la Création, pour transformer jusqu’à la nature de l’âme animale laquelle constitue un ‘extérieur’ au sein même de l’individu, au point même que l’individu parvienne à sublimer la part du monde qui lui a été assignée à cet effet, et qui caractérise son extérieur véritable’.
A la lumière de ce qui vient d’être dit il nous apparait que le Rabbi définit ‘l’extérieur’ de deux façons. ‘Répandre les sources à l’extérieur’ signifie que l’étude de la ‘Hassidout et le fait d’adopter un comportement ‘hassidique nous permettent de transformer la nature de l’âme animale, laquelle constitue un ‘extérieur’ au sein même de l’individu. D’autre part, ‘répandre les sources à l’extérieur’ désigne nos actions ‘à l’extérieur’, c’est à dire dans la part du monde qui nous a été assignée, en diffusant la ‘Hassidout à travers le monde jusqu’à atteindre les lieux et les êtres qui lui sont le plus étrangers.
Il est également possible d’expliquer la réponse du Machia’h au Baal Chem Tov à partir de l’enseignement du Rabbi Rayats selon lequel ‘Lè’h-Lé’ha’ (‘Va pour toi’) signifie de manière profonde : ‘Lè’h lé-atsmé’ha !’ c’est à dire ‘Va jusqu’à la source et la racine de ton âme !
Dans cet enseignement le Rabbi Rayats définit l’Essence de l’âme comme étant ‘la source et la racine de l’âme’. Dans ce cas, peut-être que lorsque le Machia’h assigne au Baal Chem Tov la mission de ‘répandre les sources à l’extérieur’, son intention est que le Baal Chem Tov dévoile ‘la source et la racine de l’âme’, l’Essence de l’âme, des enfants d’Israël. Au point d’atteindre ceux qui sont le plus à l’extérieur.
La réponse du Machia’h au Baal Chem Tov met en évidence que le dévoilement de l’Essence de notre âme dans la partie de l’âme qui s’habille dans le corps (les forces révélées de notre âme qui sont l’intellect les sentiments et l’action) détient le pouvoir de percevoir la profondeur de l’existence. Le fait de nous attacher à l’étude de l’Essence de la Torah nous permet de voir que nous entendons habituellement. Chaque force de l’âme s’habille dans l’un des membres du corps (la force de la vision s’habille dans l’œil, la force de l’audition dans l’oreille). Or, le membre qui habille cette force la limite. A l’opposé, lorsque cette force de l’âme se trouve dans l’Essence de l’âme (avant de s’habiller dans l’un des membres du corps) elle est illimitée.
Pendant le don de la Torah, l’Essence de l’âme fut dévoilée et il fut donc permis à l’œil de ‘voir ce que l’on entend’ c’est-à-dire de voir ce qu’il n’a pas l’habitude de voir. C’est le sens que donne le Rabbi du verset : ‘le Peuple vit les Voix’.
‘Voir ce que l’on entend habituellement’ signifie que notre perception s’élève à un niveau supérieur. Aujourd’hui nous ne faisons qu’entendre la Torah, c’est à dire que notre étude ne nous permet pas de voir vraiment l’enseignement que nous étudions. Nous ‘entendons’ exprime l’idée que la chose est encore loin de nous. En revanche, lorsque nous voyons une chose avec nos yeux alors cette chose est vraiment proche de nous, à notre portée, notre proximité. Au moment de notre Délivrance ‘la permission nous sera donnée de voir la Parole divine qui vit en chaque chose, la porte à l’existence et la maintient en vie’. De la sorte, le Machia’h nous donnera à voir l’Essence de la Torah et en même temps nous percevrons la profondeur de notre existence, sans aucuns voiles. Très bientôt et de nos jours, avec l’aide d’Hachem.
Rav Yoseph Pevzner Pour le mérite de Chnéor Zalman ZAL
Dans sa prophétie, Bil’am loue le peuple juif et le compare à un lion, qui se courbe et s’allonge avant d’attraper sa proie. Que veut-il dire par là ? Quelle est la louange ?
D’autre part il est écrit qu’un Juste (Tsadik), chute sept fois puis se relève. La même question se pose ici ! Comment le fait de descendre de son niveau fait-il partie de sa louange ?
L’explication est, que le lion ne s’allonge rien que pour préparer son saut pour mieux attraper sa proie ! Sans s’être complètement allongé – étalé sur le sol – auparavant, le lion n’aurait pas été capable de viser correctement sa proie.
De même pour le Tsadik : on aurait pu penser que – « ah ! il ferait mieux de rester concentré dans son étude de la Torah et son accomplissement des Mitsvot, il en est à un très haut niveau ! ». La Torah nous dit – non ! Sache que, justement en te baissant, en jetant un regard vers ceux qui en sont encore bien loin de où tu en es et en leur apportant ta précieuse aide, « tu attraperas ta proie » – ton lien personnel avec Hachem aussi s’améliorera de manière significative !
Réflexion : Bil’am reconnaît qu’une des qualités premières et primordiales de chaque Juif est son dévouement pour un deuxième Juif nécessitant de l’aide ! Et, justement grâce à cette « descente » vers le Juif nécessitant une aide matérielle ou spirituelle, il mérite d’être béni de manière spéciale quantitativement et qualitativement !
De manière similaire, le mouvement du lion fait référence à l’exil actuel, qui n’est en vérité qu’une préparation et un entraînement pour la période suivant de dévoilement complet du Roi Machia’h – où nous pourrons réaliser toutes les Mitsvot à la perfection ! Nous voulons Machia’h maintenant !
Le Rabbi a déclaré que ‘les sujets de la Paracha Le’h-Lé’ha expriment le contenu général de toute la Torah et du Judaïsme’. Sa declaration se fonde notamment sur le premier verset de cette Paracha : ‘L’Eternel dit à Avram : Va pour toi, hors de la terre de ton pays natal et de la maison de ton père’ (‘Lè’h-Lé’ha’)
Dans le discours ‘hassidique intitulé ‘Va pour toi…’ (Chabbat Parachat Lè’h-Lé’ha, 5702) le Rabbi Rayats nous enseigne que ‘Lè’h-Lé’ha’ (‘Va pour toi’) signifie de manière profonde : ‘Lè’h lé-atsmé’ha !’ c’est à dire ‘Va jusqu’à la racine et la source de ton âme !
En d’autres termes, ‘Lè’h lé-atsmé’ha !’ signifie :’Va jusqu’à toi-même !’ et ‘toi-même’ désigne l’Essence de l’âme Juive.
L’expression ‘Lè’h-Lé’ha’ exprime donc en plus de l’action de marcher, de quitter physiquement l’endroit où l’on se trouve pour se rendre à un autre endroit, l’action de s’élever spirituellement, de quitter un niveau spirituel pour atteindre un niveau qui lui est supérieur et d’après l’explication du Rabbi Rayats, il s’agit d’atteindre le plus haut niveau de l’âme Juive : l’Essence de l’âme.
Aussi, le Rabbi Rayats nous enseigne que l’âme qui s’habille dans le corps est un reflet de l’Essence de l’âme qui est enracinée dans l’Essence divine et qui ne s’habille pas dans le corps. Cependant, le Rabbi Rayats rapporte le verset selon lequel ‘Yaakov est la corde de Son héritage’ (Dévarim, 32, 9), comme une corde dont l’extrémité supérieure est attachée en haut, et l’extrémité inferieure en bas.
Lorsque l’on agite la partie inférieure de la corde le mouvement se répercute jusqu’à l’extrémité supérieure de la corde. De la même façon lorsque l’on réveille les forces de l’âme qui s’habille dans le corps, c’est à dire lorsque l’on investit les forces de l’intellect, des sentiments et de l’action dans l’étude de la Torah et l’accomplissement des Mitsvoth en étant animé par de la passion, et que plus encore, nos prières sont dites avec un cœur enflammé par l’amour de D.ieu, alors dans ce cas, par la profondeur du cœur et par le don de nous-mêmes nous parvenons à l’Essence de notre âme. C’est cela le sens profond de ‘Va jusqu’à toi-même !’. De fait, de même qu’une corde relie deux choses, de même la corde de l’âme unit l’homme qui se trouve ici-bas avec le Saint béni-soit-Il.
Le Rabbi Rayats écrit alors que lorsqu’un Juif parvient à dévoiler la force de l’Essence de l’âme dans la partie de l’âme qui s’habille dans le corps (l’intellect, les sentiments et l’action) alors les actions de cet homme et sa prière ‘inscrivent une empreinte dans le ciel ‘ dont l’effet est de provoquer un dévoilement divin dans ce monde matériel.
A la lumière de ces enseignements du Rabbi Rayats nous comprenons la déclaration du Rabbi selon laquelle ‘les sujets de la Paracha Le’h-Lé’ha expriment le contenu général de toute la Torah et du Judaïsme’.
Cette année, la date de ce Chabbat de la Paracha ‘Houkat tombe le 10 Tamouz (en France), comme ce fut le cas en 5751 car le Chabbat de la Paracha ‘Houkat tombait aussi le 10 Tamouz. Ainsi, l’enseignement que le Rabbi délivra en 5751 dans le Dvar Mal’hout s’applique donc également aujourd’hui.
L’enseignement du Rabbi se base sur la signification profonde du chiffre 7 et du chiffre 10 du fait que la date du Chabbat du 10 Tamouz réunit ces deux chiffres : le jour du Chabbat est le septième jour de la semaine et ce jour tombe le dixième jour du mois de Tamouz.
De façon générale, le Rabbi explique que ‘le compte d’après les jours de la semaine’ correspond à la Création du monde par D.ieu du fait que le monde a été créé en 6 jours et L’Eternel S’est reposé le septième jour. Aussi, ces 7 jours correspondent aux 7 Midoth du monde d’Atsilout.
Quant au ‘compte des jours du mois’, il correspond au travail de l’homme. En effet, le mot hébreu ‘Hodèch’ (‘Mois’) s’apparente au mot ‘Hidouch (‘Nouveauté’) et ‘Hodech désigne donc la nouveauté que l’homme apporte à ce monde par le travail qu’il accomplit dans ce monde, sa participation à l’œuvre de la Création réalisée par D.ieu.
Ainsi, le chiffre 7 représente le niveau du divin qui s’habille dans le monde (‘Hessed, Gvurah, Tiféreth, Nétsa’h Hod Yessod Mal’hout), et le chiffre 10 représente le niveau du divin qui est au-delà de ce monde (‘Ho’hmah, Binah, Daat).
Du fait que le chiffre 7 est lié à la Création du monde, qui ne dépend que de D.ieu, et qu’à l’opposé, le chiffre 10 évoque précisément le travail de l’homme et l’ajout qu’il apporte à la Création de ce monde par D.ieu, le Rabbi nous donne différentes significations que l’on peut donner à ces deux chiffres :
Le chiffre 7 représente la Torah écrite car celle-ci provient de D.ieu. Le chiffre 10 représente la Torah orale, car celle-ci provient de l’homme. Le chiffre 10 représente le travail de l’âme telle que celle-ci désire s’élever au-delà de ce monde et des limites qu’il nous impose. Lorsque l’âme tend à s’élever au-delà des limites du corps, afin d’atteindre le divin illimité. C’est le mouvement de l’âme appelé : ‘Ratso’. Le chiffre 7 représente le mouvement de l’âme appelé ‘Chov’. C’est le travail du haut vers le bas, que l’âme accomplit précisément lorsqu’elle s’habille dans le corps, et qui consiste à attirer les lumières célestes supérieures, ici-bas dans ce monde inférieur.
Le Rabbi souligne ici que notre travail consiste à unir le niveau du chiffre 7 au niveau du chiffre 10. Unir ‘Ratso’ à ‘Chov’ : ‘La perfection du travail consiste à l’union des 2 ensemble : en même temps que la volonté de l’âme de quitter le corps doit demeurer le travail de l’âme dans le corps, et le désir de l’âme de quitter le corps ne doit pas être dissocié du sentiment d’agir pour dévoiler le divin ici-bas (dans le corps, et dans le monde)’.
Dans le discours ‘hassidique ‘Vé Atah Tetsaveh’, le Rabbi explique longuement que ‘Atsmouth’ (‘l’Essence divine’) ‘transcende toutes les divisions’ et détient donc le pouvoir de s’unir avec les forces limitées de l’âme, de faire de ce monde (‘le chiffre 7’) le réceptacle de l’Essence divine (‘le chiffre 10’), ainsi qu’il est écrit (‘Vé Atah Tetsaveh’, chapitre 11) : ‘Par le travail de Moche et celui des enfants d’Israël même les forces dévoilées de l’âme s’unissent à l’Essence de l’âme’.
Dans l’ouvrage intitulé ‘la Hassidout, étude et enseignement’, (édition du Beth Loubavitch), le Rabbi Rayats rapporte une histoire du Baal Chem Tov qui s’accorde aux enseignements du Rabbi de ce Dvar Mal’hout :
‘A l’époque de notre Maître le Baal Chem Tov, une communauté Juive fut menacée de destruction, ce qu’à D.ieu ne plaise. Le Baal chem Tov mesura la gravité de la situation et, pendant Roch Hachana et Yom Kippour, multiplia les prières et les supplications.
Pendant la prière de la Neïla, ses saints disciples, considérant sa prière, comprirent que l’accusation portée était particulièrement grave. A leur tour, ils se concentrèrent dans leurs prières et dans leurs supplications, entrecoupées de sanglots déchirants qui émanaient du fond de leur cœur.
Lorsque les présents, hommes et femmes, virent le Baal Chem Tov et ses disciples se concentrer dans la prière, lorsqu’ils les entendirent crier et gémir amèrement, pleurer et implorer, ils en eurent le cœur brisé et, à leur tour, pleurèrent durant leur prière.
Depuis quelques années, un jeune villageois venait passer les jours redoutables dans la synagogue du Baal Chem Tov. Etant totalement ignorant, il restait debout, se contentant d’écouter l’officiant sans prononcer un mot.
Ce villageois connaissait parfaitement le cri des animaux, chèvres, moutons, oiseaux, volaille. Mais d’entre tous, il préférait le chant du coq. Considérant l’émotion qui étreignait la synagogue, entendant les pleurs et les terribles cris des hommes et des femmes, il eut, lui aussi, le cœur brisé, et, à son tour, se mit à hurler : ‘Cocorico, Eternel, aie pitié !’.
Lorsque le cri du coq retentit dans la Synagogue, les hommes eurent peur et les femmes furent saisies de panique. L’un des présents, qui se tenait près de lui, lui intima l’ordre de se taire et l’on voulut même le renvoyer.
Il dit alors : ‘Je suis un Juif moi aussi et votre D.ieu est le mien !’.
Le vieux bedeau, Reb Yossef Youzpa, calma les esprits et demanda au jeune villageois de rester à sa place.
Quelques instants après cet incident, on entendit la voix du Baal Chem Tov, puis celle de ses disciples. Tous achevèrent très vite la prière silencieuse de la Neïla. Le visage du Baal Chem Tov était alors rayonnant de joie.
Avec un plaisir particulier, le Baal Chem Tov commença la prière de l’officiant et, particulièrement ému, il prononça les versets proclamant l’Unité de D.ieu, ‘Ecoute Israël, L’Eternel est notre D.ieu, L’Eternel est Un’, ‘Beni soit le Nom de l’honneur de Son règne pour l’Eternité’, ‘L’Eternel est D.ieu’.
Par la suite, notre Maître, le Baal Chem Tov, entonna des chants joyeux.
Durant le repas que le Baal Chem Tov partagea avec ses disciples, à l’issue de Yom Kippour, il leur raconta, par le détail, l’accusation qui était portée, ce qu’à D.ieu ne plaise, à l’encontre d’une communauté Juive. Il se concentra donc dans sa prière afin d’invoquer la miséricorde divine.
On examina les actions de ces villageois, et je compris que la situation était très difficile. Ma position était particulièrement défavorable. Puis, tout à coup, retentit dans les cieux le cri de cet intègre villageois : ‘Cocorico, Eternel aie pitié !’. Ces mots purs causèrent du plaisir jusque dans les sphères célestes les plus élevées. Dès-lors, les accusations portées contre cette communauté et contre moi-même disparurent’.
Cette histoire du Baal Chem Tov illustre l’enseignement du Rabbi dans le Dvar Mal’hout, selon lequel la mission de chaque Juif consiste à unir le chiffre 7 qui représente le niveau de la lumière divine qui s’habille dans le monde, au chiffre 10 qui représente la lumière divine qui est au-delà de ce monde et qu’un Juif dévoile au moyen des 10 forces de son âme.
Le personnage du jeune villageois qui venait passer les jours redoutables dans la synagogue du Baal Chem Tov est décrit comme une personne ‘totalement ignorante, qui restait debout, se contentant d’écouter l’officiant sans prononcer un mot’. Cependant, c’est précisément le cri de l’intègre villageois au cœur brisé qui retentit dans les cieux. Ce sont précisément ses mots purs qui causèrent du plaisir jusque dans les sphères célestes les plus élevées, et qui annulèrent toutes les accusations portées contre une communauté, et contre le Baal Chem Tov lui-même.
La raison à cela est que la simplicité apparente du jeune villageois cache en réalité la qualité de l’Essence divine. Le Rabbi souligne à de très nombreux endroits que chaque Juif est lié à D.ieu d’un lien essentiel. L’âme Juive, d’un porteur d’eau, et d’un coupeur de bois, jusqu’au plus érudit, est enracinée dans l’Essence divine : ‘je suis un Juif moi aussi et votre D.ieu est le mien !’.
Ainsi, l’apparente ‘ignorance’ du jeune villageois exprime en réalité que son cri ‘Cocorico’ provient du niveau de l’âme qui dépasse totalement la raison et l’intellect. De fait, la ‘Hassidout nous enseigne que les mots sont beaucoup trop petits pour contenir ce qui les dépasse, pour contenir la lumière d’un cri qui provient de la profondeur du cœur (‘Oumka de Liba’).
Ce cri qui provient de la profondeur du cœur brisé d’un Juif a le pouvoir de retentir dans les cieux les plus élevés car il provient de l’Essence de l’âme. La force de l’Essence de l’âme a le pouvoir de briser toutes les limites, aussi, notre histoire reflète les deux formes de notre service divin. L’assemblée des fidèles qui prient dans la Synagogue du Baal Chem Tov symbolise le travail que l’on accomplit au moyen des forces de notre âme telles que celles-ci s’habillent dans le corps et demeurent donc malgré tout limitées. De ce fait, cette assemblée est à l’image du chiffre 7, qui, comme il a été expliqué, représente le niveau de la lumière divine qui s’habille dans le monde. A l’opposé, le cri du jeune villageois représente la force de l’Essence de l’âme, le chiffre 10, qui évoque la lumière divine qui est au-delà de ce monde que le jeune villageois dévoila en poussant le ‘cri du coq’.
Dans le Dvar Mal’hout, le Rabbi déclare que ce Chabbat septième jour de la semaine qui tombe le dixième jour du Mois nous donne la force d’unir ce qui est au-delà du monde (‘le chiffre 10’) avec le monde lui-même (‘le chiffre 7’).
Le ‘cri du coq’ du villageois s’ajouta aux prières des fidèles, et de la même façon nous devons ajouter à notre service divin naturel la force du ‘cri’ qui provient de l’Essence de notre âme, dans nos pensées nos paroles et dans nos actes. Dans ce cas nous aurons le mérite de provoquer le dévoilement de notre Juste Machia’h, très bientôt et de nos jours, avec l’aide de D.ieu, ainsi qu’il a été dit précédemment au nom du Rabbi Rayats :
‘Lorsqu’un Juif parvient à dévoiler la force de l’Essence de l’âme dans la partie de l’âme qui s’habille dans le corps (l’intellect, les sentiments et l’action) alors les actions de cet homme et sa prière ‘inscrivent une empreinte dans le ciel ‘ dont l’effet est de provoquer un dévoilement divin dans ce monde matériel’.
L’Admour Hazaken nous enseigne qu’Hachem éprouve de la miséricorde ou de la bonté pour l’homme face à sa condition, sa petitesse…Cependant, il existe un niveau du Divin qui est au-delà des mondes et de toute la Création. Il est possible d’expliquer la déclaration de la Torah selon laquelle ‘Il n’y a rien en-dehors de Lui’ en disant que rien ne peut exister en Sa Présence. En effet l’Admour Hazaken explique que l’existence de l’homme commence seulement au moment où L’Eternel dissimule Sa Présence, qu’Il ‘met Sa grande lumière de côté’ (Livre duTanya). Seulement dans ce cas, seulement lorsque Hachem met des limites à Sa grande lumière infinie et qu’Il créé un monde limité par l’espace et par le temps, seulement dans ce cas apparaissent l’existence des mondes et des êtres qu’ils contiennent ; mais quand il s’agit de L’Essence divine et donc d’un niveau qui précède la Création, c’est-à-dire avant-même qu’Hachem ne dissimule ‘Sa grande lumière infinie’ pour nous donner la possibilité d’exister, il ne convient pas de Lui attribuer la qualité de bonté ou de miséricorde, ou tout autre qualificatif, car lorsqu’Il s’agit de D.ieu tel qu’Il est au-delà de la réalité de notre existence, c’est-à-dire tel qu’Il est Lui-même, il nous est impossible de Le définir ou de Le limiter par une qualité ou par une autre, car ‘il n’y a rien en dehors de Lui’. De fait, ‘Lui’ exclut toutes les limites imposées par les mots qui voudraient Le décrire.
L’Eternel dissimule Sa Présence pour donner la possibilité à l’homme d’exister, et plus l’homme s’annule devant Hachem, plus il se soumet à Sa Volonté plus son existence devient véritable. Le Rabbi nous enseigne en effet que nous aurions pu penser que du fait qu’un Juif s’annule totalement devant D.ieu sa propre existence ‘disparait’, mais en réalité c’est le contraire qui est vrai car ‘L’Eternel ne réside que dans un endroit qui Lui est parfaitement soumis’
Ainsi, lorsqu’un Juif agit dans une profonde humilité et la plus grande soumission il a le mérite que L’Eternel réside en lui et dans ce cas sa véritable existence apparait.
Dans le Dvar Mal’hout sur le jour du 28 Sivan, le Rabbi revient sur la valeur numérique et le contenu profond du chiffre 770, adresse de la Synagogue et Beïth-ha-Midrache fondée par le Rabbi précèdent. Le Rabbi enseigne que 770 est la valeur numérique de ‘Faratsta’ פרצת
D’un côté ‘Faratsta’ représente la perfection du monde tel qu’il a été créé avec ses limites ‘en 7 jours et au moyen des 7 Attributs divins supérieurs, et la perfection de ce chiffre est obtenu en multipliant par 100 le chiffre 7 et en lui ajoutant 10 fois le chiffre 7’.
Cependant, bien que le chiffre 770 représente la perfection de ce monde limité, il n’en demeure pas moins que ‘Faratsta’ désigne l’action de ‘briser’, et dans notre cas cela exprime le fait de faire éclater toutes les barrières toutes les limites. Le Rabbi nous enseigne donc que la signification véritable de ‘Faratsta’ ne veut pas dire de briser et annuler les limites du temps et de l’espace, mais cela signifie au contraire que l’on brise toutes les limites au moyen du temps et de l’espace sans que ceux-ci ne soient annulés. Ainsi, le Rabbi écrit que l’espace et le temps sont alors eux-mêmes dans une situation de ‘Faratsta’ car ils atteignent la perfection par le fait que ‘le monde s’élève au-delà de toutes les limites et en même temps l’espace et le temps continuent d’exister’.
Un ‘Hassid rapporta qu’il rencontra le Rabbi il y a bien des années de cela lorsque le Rabbi habitait à Paris. Le Rabbi l’avait invité à manger avec lui dans sa Souccah, et le ‘Hassid bien qu’il fût très intimidé accepta son invitation. Le ‘Hassid raconta que lorsqu’il se trouva assis sous le Sra’h, dans la Souccah du Rabbi, et qu’il écoutait avec une profonde attention les paroles que le Rabbi lui adressait, il eut l’impression que les parois de la Souccah s’agrandissaient en même temps que le Rabbi lui parlait. Plus le Rabbi racontait, plus le toit de la Souccah s’élevait un peu plus haut vers le ciel, et plus la Souccah s’élargissait…
Aussi, à la lumière de ce qui vient d’être dit le Rabbi décrit le lieu du 770, qui est le centre du mouvement ‘Habad d’où se répand dans le monde entier les sources de la ‘Hassidout, comme un endroit qui au départ n’était pas dans une situation ‘avantageuse’ du fait que géographiquement il se trouve dans l’hémisphère inférieur dans lequel le don de la Torah ne fut pas dévoilé comme il le fut sur le Mont-Sinaï. Or, c’est précisément dans l’endroit le plus inferieur que les plus hauts dévoilements se produisent et ce principe s’applique par le fait que ‘la Terre a des avantages sur tout le reste’ et c’est donc dans l’hémisphère inférieur que la perfection du dévoilement du don de la Torah et de sa partie la plus profonde s’est réalisée.
Le chiffre 770 est associe au lieu qui est lui-même tel un Luminaire qui éclaire le monde entier de la lumière de l’Essence de la Torah. Le 770 est le lieu du Rabbi et de ses ‘Hassidim, de l’endroit de ce bâtiment le Rabbi insuffle une vitalité nouvelle a tous ceux qui lui sont attachés.
Il a été expliqué précédemment que le chiffre ‘770’ qui est la valeur numérique de ‘Faratsta’ représente la perfection d’un monde qui possède ses propres limites et qu’en même temps il représente l’action de ‘briser’ et de s’élever au-delà de toutes les barrières et de toutes les limites. Seul D.ieu est capable de révéler Sa lumière infinie dans ce monde qui possède ses propres mesures et ses propres limites sans que celui-ci ne s’annule face à ce dévoilement divin.
L’exemple de l’Arche Sainte convient à notre propos. Bien que l’Arche Sainte soit un objet matériel qui possède des mesures précises, lorsqu’elle était déposée dans le Saint des Saints ‘Elle ne prenait pas de place’. En effet, la largeur du Saint des Saints est de 20 ama, or si l’on mesurait à partir de l’extrémité gauche de l’Arche Sainte jusqu’au mur de gauche du Saint des Saint on obtenait 10 ama, et si l’on mesurait de l’extrémité droite de l’Arche Sainte jusqu’au mur de droite, on obtenait aussi 10 ama. Il se trouvait donc que l’Arche Sainte ne prenait pas de place. L’exemple de l’Arche Sainte illustre donc le principe que le Rabbi développe dans le Dvar Mal’hout selon lequel ‘le monde s’élève au-delà de toutes les limites et en même temps l’espace et le temps continuent d’exister’. De la même façon nous voyons que dans le Saint des Saints l’Arche Sainte s’élève au-delà de toutes les limites car ‘elle ne prend pas de place’ tout en continuant d’exister comme un objet matériel qui possède ses propres mesures, et ses propres limites.
Un ‘Hassid dit un jour à son fils que ‘le Rabbi est pour nous comme l’Arche Sainte’. Nous pouvons expliquer ces paroles en disant que le Rabbi est un être de chair et de sang et en même temps il est comme ‘l’Arche Sainte qui ne prend pas de place’ car il est élevé au-delà de toutes les barrières et de toutes les limites de ce monde matériel du fait qu’il est l’émissaire du Saint béni soit-Il, et ‘l’émissaire est comme celui qui l’envoie’.
Le Rabbi nous donne la force de faire tout ce qui est en notre pouvoir pour devenir de véritables émissaires.
La Terre est très souvent citée dans la ‘Hassidout du fait qu’elle représente un niveau de totale soumission. Or c’est précisément le manque de soumission qui fit défaut à Kora’h et celui-ci fut finalement ‘avalé par la terre’. Ainsi, pendant le jour du ‘3 Tamouz’ nous étudions le discours du Rabbi ‘Vé Atah Tètsaveh’ dans lequel le Rabbi met en évidence l’importance de nous attacher au Rabbi avec toutes les forces de notre âme et avec notre corps.
L’Admour Hazaken souligne dans le Livre du Tanya que ‘L’Eternel a choisi le corps des Juifs’, car de même que la Terre d’Israël est appelée la ‘Terre de Mon désir’ D.ieu a choisi le corps des Juifs.
De fait, la Volonté de L’Eternel est que nous fassions une demeure pour Son Essence, et c’est précisément par l’action concrète accomplie au moyen du corps que l’Essence de l’âme du Rabbi, laquelle ne fait qu’Un avec l’Essence de la Torah, se trouve le plus exprimée. Que le dévoilement du Machia’h et la Délivrance s’accomplissent dès-à-présent avec l’aide d’Hachem.
Un ‘Hassid demanda à son ami la signification de ‘Pchitout’, nom que l’on emploie pour qualifier l’Essence divine. Le ‘Hassid qui n’arrivait pas à comprendre de manière claire le sens de ce nom espérait que son ami lui répondrait mais ce ne fut pas le cas car il lui était également impossible d’expliquer avec des mots le sens de ‘Pchitout’. Cependant, le ‘Hassid insista et il insista tellement que son ami finit par lui dire : la seule chose que je peux te dire sur la Pchitout c’est que tous les qualificatifs que l’on peut trouver pour la définir, ne la définissent pas !
La lecture de la Torah du Chabbat de la Paracha Chela’h a pour sujet l’histoire des explorateurs qui furent envoyés par Moché en Erets Israël, et la Haftara que nous lisons juste après, raconte l’histoire des explorateurs que Yéochoua envoya par la suite en Erets Israël.
Dans le Dvar Mal’hout sur la Paracha Chela’h, le Rabbi établit la différence entre les forces de l’âme et l’Essence de l’âme à travers les différences qui existent entre la mission des explorateurs de Moché et la mission des explorateurs de Yéochoua.
La mission des explorateurs de Moché correspond au service divin que l’on accomplit au moyen des forces de l’âme qui s’habillent dans le corps, et la mission des explorateurs de Yéochoua correspond au service divin que l’on accomplit par la force de l’Essence de l’âme.
Ainsi, le Rabbi traite du sujet du dévoilement de l’Essence de l’âme dans les forces de l’âme qui s’habillent dans le corps. Le Rabbi traita de ce sujet dès le premier jour de son investiture officielle en tant que Rabbi et dirigeant de Habad. Dans la première Si’ha qu’il prononça ce jour-là, le Rabbi souligna la différence qui existe entre les forces de la partie de l’âme qui s’habille dans le corps (l’intellect, les sentiments, et l’action), et l’Essence de l’âme (qui ne s’habille pas dans le corps).
C’est le dévoilement de la force de l’Essence de notre âme dans notre âme qui provoquera la Délivrance finale et c’est pour cela que toute la Torah du Rabbi traite du sujet de l’Essence de l’âme Juive et des moyens qui nous sont donnés pour dévoiler sa force dans nos actes, au jour le jour.
Les explorateurs de Moché sont au nombre de douze. De manière profonde les 12 princes des tribus que Moché envoya pour explorer la Terre d’Israël représentent les forces de la partie de l’âme qui s’habille dans le corps, car de même que l’âme vivifie chaque membre du corps (l’intellect dans le cerveau, les sentiments dans le cœur, la force de la vision dans les yeux..) les explorateurs de Moché visitèrent chaque partie du ‘corps’ que représente la Terre d’Israël.
A l’opposé du chiffre 12 qui représente comme il vient d’être dit la ‘Hit’halkout’ (la pluralité, la division) le nombre des explorateurs de Yéochoua fut de 2, chiffre qui représente la ‘A’hdout’ : l’Unité.
Les explorateurs de Yéochoua sont donc une allusion à l’Essence de l’âme, du fait que le caractère de ‘l’Essence’ est celui de l’Unité qui est au-delà de toutes formes, de toutes divisions. L’Essence de l’âme Juive peut être définie comme le ‘point divin’ qui échappe à toutes les limites. Pour cette même raison les deux explorateurs sont décrits dans le texte de la Haftarah comme étant ‘deux hommes simples’ car la simplicité est précisément la qualité de l’Essence divine, laquelle est indivisible.
Le Rabbi poursuit son enseignement en soulignant que l’endroit où les deux explorateurs de Yéochoua arrivèrent fut Yéri’ho qui est appellé ‘le verrou’ (‘nahoul’), la ‘clef’ de la terre d’Israël. Or, nahoul a la même racine que Neïla, la cinquième prière du jour de Kippour. Pendant cette prière Hachem verrouille les portes de la Synagogue pour S’entretenir en privé avec le peuple d’Israël.
Ce moment est unique, car pendant le temps de la Neïla l’Essence de l’âme de chaque Juif Se dévoile. Ainsi, Yéri’ho (‘nahoul’), la ville dans laquelle parvinrent les deux explorateurs est une allusion à ce dévoilement, et leur mission évoque la révélation de l’Essence de l’âme dans le corps.
Il est écrit dans la Haftarah que les explorateurs de Yéochoua demeurèrent ‘en dehors de la ville’ et il est possible d’établir ici un lien avec l’enseignement de l’Admour Hazaken selon lequel ‘la ville’ est une allusion au corps de l’homme. En effet, dans le livre du Tanya l’Admour Hazaken emploie l’exemple de deux Rois qui luttent pour conquérir une ville pour décrire la lutte qui oppose le bon au mauvais penchant qui désirent tous les deux prendre le contrôle du corps (lui-même comparé à une ville). A la lumière de cet exemple, ‘les deux explorateurs de Yéochoua qui demeurèrent en dehors de la ville’ ne sont pas sans évoquer l’enseignement du Rabbi selon lequel l’Essence de l’âme ne réside pas dans le corps mais dans les quatre coudées qui l’entourent, ‘en dehors de la ville’ : en dehors du corps (voir Iniana chel Torat-ha-‘Hassidout, Chapitre 20).
Il est écrit que les deux explorateurs de Yéochoua ‘agirent en silence’ et il convient ici de se rapporter à l’enseignement du Rabbi Rachab selon lequel ‘la Séfira de Kéter représente 3 choses : le silence l’attente et l’espoir…L’attente et l’espoir que l’Eternel insuffle Sa Sagesse dans notre esprit…’. Plus encore, le Roi David écrit (Téhilim 4, 5) : ‘Tremblez et ne commettez pas de fautes. Méditez en votre cœur, sur votre couche et restez silencieux pour toujours’ et le Pirkeï Avoth enseigne (Chapitre premier, 17) : ‘Shimon le fils de Rabban Gamliel disait : J’ai passé toute ma vie parmi les Sages, et je n’ai rien trouvé de mieux pour le corps que le silence. Ce n’est pas l’étude qui est essentiel mais l’action. Celui qui augmente ses paroles occasionne des péchés’.
Il est aussi écrit (Chemini, 10, 3) : ‘Aaron se tut’ et Rachi écrit ‘qu’Aaron reçut une récompense pour son silence. Et quelle récompense reçut-il ? Que la Parole de D.ieu s’isolât avec lui, car c’est à lui seul que lui a été dite la section à propos de ceux qui sont ivres et ne doivent pas entrer dans le Sanctuaire’.
Le silence est l’expression de notre plus totale soumission face à L’Eternel comme c’est par exemple le cas lorsque nous prions la Amida en demeurant dans le plus grand silence. Peut-être pouvons-nous aussi parler de silence au sujet de l’Essence de l’âme et dire que l’Essence de l’âme demeure silencieuse car elle se tient constamment devant D.ieu et ressent Sa Présence du fait qu’Elle est liée à l’Essence divine d’un lien essentiel ainsi que l’écrit le Rabbi : L’Essence de l’âme est enracinée dans L’Essence divine, et Rabbi Shimon Bar- Yohaï déclare lui-même : ‘Je suis attaché par un lien, en lui je m’unifie, en lui je m’enflamme’.
Ainsi, conformément à l’enseignement du Rabbi selon lequel les deux explorateurs représentent l’Unité de l’âme, c’est à dire son Essence, le fait que ces deux explorateurs agirent en silence exprime la qualité de soumission et d’annulation de l’âme face à L’Eternel.
Par ailleurs, le Rabbi souligne aussi le fait que contrairement aux explorateurs de Moché, qui étaient connus de tous les membres de l’Assemblée d’Israël, l’identité des deux explorateurs de Yéochoua demeura inconnue pour la plupart. L’absence des noms des explorateurs n’est pas non plus sans évoquer le fait que l’Essence de l’âme ne possède pas de nom. De fait, l’Essence de l’âme est bien au-delà du monde, de ses mesures et de ses limites. Elle ne possède pas de nom car un nom la limiterait.
La mission des explorateurs de Yéochoua évoque donc l’unité, L’Essence divine, à l’exemple de l’Arche Sainte contenant les Tables écrites du doigt de D.ieu dont il est dit ‘qu’elle ne prenait pas de place’ quand on la déposait dans le Saint des Saints’. Cependant, l’Arche Sainte est un objet matériel qui a ses propres dimensions, et que l’on peut mesurer, à l’exemple de la mission des explorateurs de Moché qui représente le travail que l’on accomplit au moyen des forces de l’âme, lesquelles possèdent aussi des mesures, et sont également limitées.
Le Rabbi explique dans le Dvar Mal’hout que la mission des explorateurs de Moché et la mission des explorateurs de Yéochoua ont toutes les deux un même but. Celui de purifier la Terre d’Israël. De fait, notre mission consiste à faire de notre corps, et du corps de ce monde, une demeure pour L’Eternel, pour Son Essence bénie. Ces deux missions correspondent donc à deux services divins qui sont tous les deux nécessaires, et qui se complètent. Les explorateurs de Moché sont une allusion à la purification du corps au moyen des forces de l’âme, et ce travail a pour effet d’attirer un dévoilement divin qui est relatif aux limites imposées par ce monde matériel. Les explorateurs de Yéochoua sont une allusion à la purification du corps au moyen de la force de l’Essence de l’âme, et ce travail a pour effet d’attirer un dévoilement divin qui est totalement au-delà des limites de ce monde.
Ainsi, raffiner et purifier le corps et ce monde matériel ne doit pas se limiter à exploiter seulement les forces de de la partie de l’âme qui s’habille dans le corps, il s’agit aussi de ‘vider les trésors du palais’, c’est à dire de révéler la partie la plus profonde et la plus intérieure de l’âme, l’Essence de l’âme, pour faire de ce monde une demeure pour ‘Son Essence’. Ce n’est qu’en dévoilant la partie profonde de l’âme, et la partie profonde de la Torah, que le travail de raffinement et de purification de la Terre d’Israël atteint la perfection.
C’est à cela que se rapporte la déclaration du Zohar selon laquelle ‘le point se trouve au milieu du palais’, car la perfection de notre service divin est atteinte lorsque l’on parvient à unir la mission des explorateurs de Yéochoua, ‘le point’, à la mission des explorateurs de Moché, ‘le palais’. Lorsque l’Essence de l’âme, ‘le point’ , illumine les forces de l’âme, ‘le palais’. Lorsque notre étude de la partie profonde de la Torah, le point, éclaire notre étude de la partie révélée de la Torah, le palais.
Dans son ouvrage intitulé ‘Iniana chel Torat-ha’Hassidout’ (chapitre 20) le Rabbi nous enseigne que l’Essence de l’âme qui est enracinée dans l’Essence divine se dévoile précisément lorsqu’un Juif raffine et sanctifie un objet matériel en accomplissant une Mitsvah au moyen de cet objet. Cependant, bien que la manifestation de l’Essence de l’âme se produise à travers l’observance active des Mitsvoth, il demeure que l’effusion de l’Essence dans les actes accomplis est tributaire des ressources intérieures humaines, intellectuelles et émotionnelles. C’est pour cette raison que l’amour et la crainte sont appelés ‘les voies de D.ieu’.
Ainsi, le Rabbi met en évidence l’importance de dévoiler l’amour et la crainte de D.ieu dans notre cœur et l’Admour Hazaken, dans le Livre du Tanya, décrit lui-même plusieurs niveaux d’amour et de crainte. Or, c’est précisément par notre attachement à ces enseignements et aux directives du Rabbi que nous aurons le mérite d’atteindre avec l’aide d’Hachem les plus hauts niveaux d’amour et de crainte et réveiller ainsi le désir divin de résider en ce monde avec le dévoilement de notre Juste Machia’h, très bientôt et de nos jours.
Le Rabbi Rachab, dans le discours commençant par le verset תתן אמת ליעקב délivre plusieurs enseignements essentiels sur le chant. Il décrit deux sortes de chants. Le premier est lié au service divin du ‘Bénoni’, alors que le second est lié au service divin du ‘Tsaddik’. Les différences qui existent entre les deux sont les mêmes que les différences qui existent entre le niveau de ‘Yaakov’ et le niveau ‘d’Israël’.
Le service divin de Yaakov est le travail qu’il doit mener pour dévoiler en lui-même la lumière d’Havayeh. C’est le combat que l’on mène au moment de la Téfilah et qui consiste à ôter les voiles de l’âme animale laquelle nous empêche et le perturbe par de mauvaises pensées) afin de dévoiler la lumière de l’âme divine. C’est précisément en éveillant l’amour et la crainte de D.ieu que l’on parvient à vaincre l’âme animale.
Le fait que l’âme animale est tel un voile qui obscurcit la lumière de l’âme divine est conséquent au fait que la lumière d’Havayeh est cachée par le Nom Elokim. Depuis le peche de larbre de la Connaissance du bien et du mal la dissimulation de la lumière divine au moyen du Tsimtsoum (Elokim) a donné la possibilité à l’homme de choisir entre le bien et le mal, car si la lumière d’Havayeh brillait dans ce monde de façon manifeste sans que le monde ne reçoive sa vitalité de Klipat noga (comme c’était le cas avant le péché de l’arbre) l’âme animale naurait plus aucun pouvoir car elle ne recevrait aucune vitalité. Ainsi, le service divin de Yaakov n’est pas éclairé par le dévoilement de la lumière d’Havayeh mais à l’opposé, le service divin d’Israël représente le dévoilement de la lumière d’Havayeh et il ne consiste donc pas à raffiner ni à réparer ; même pour ce qui concerne les prières c’est un service divin qui est accompli sans efforts et sans peines. Dans le cas d’Israël le Divin brille chez lui de façon manifeste.
Le niveau d’Israël est celui du Tsaddik et en ce qui le concerne la ‘Hassidout n’emploie pas l’expression ‘d’ame animale’ car le nom ‘animal’ exprime l’impulsion et le désir de l’homme pour des choses et des plaisirs matériels et grossiers, et du fait que le Tsaddik n’a pas de Yetser ha-ra et qu’il n’a aucune attirance pour tout ce qui n’est pas lié à la Sainteté, la ‘Hassidout emploie l’expression ‘d’âme vitale’ au lieu ‘d’âme animale’. Chez le Tsaddik l’âme vitale ne cache pas et ne voile pas la lumière de l’âme divine. Ainsi, chez le Bénoni le moment de la prière est celui d’un combat contre lame animale alors que chez Israël la prière des jours de la semaine est du niveau de la prière de Chabbat pendant laquelle l’âme ressent le plaisir d’être liée à D.ieu car l’Essence de l’âme Juive est enracinée dans l’Essence divine et elle ressent le Divin. C’est pourquoi la ‘Hassidout établit la différence entre le niveau d’Israël qui sert D.ieu avec son âme et Yaakov qui sert D.ieu avec son corps.
L’impulsion naturelle de l’âme divine vers sa source fait est liée à l’amour qu’un Juif ressent pour son Créateur. La ‘Hassidout emploie le terme de ‘Hitpaalout’ pour qualifier ‘l’Essence du plaisir’ que l’âme ressent du fait de son attachement à D.ieu, du fait ‘qu’elle est véritablement une parcelle de divinité d’en-haut’, liée, attachée, à D.ieu par un lien essentiel. Le Rabbi Rachab décrit le niveau de Ahava-bé-taanouguim comme un plaisir ressenti par l’âme qui est si fort que l’âme se libère du corps pour retrouver sa source divine.
Le Rabbi Rachab souligne ici que l’impulsion de l’âme vers sa source et le plaisir qu’elle ressent sont dévoilés chez le Tsaddik alors que chez le Bénoni ce n’est pas le cas. L’exemple que donne le Rabbi Rachab est celui du Chant. Chez le Bénoni le Chant réveille l’amour et la crainte de D.ieu mais chez le Tsaddik l’amour et la crainte sont constamment dévoilées dans son cœur et dans ce cas le Chant ne provoque pas la ‘Hitpaalout’ mais au contraire de la ‘Hitpaalout’ vient le Chant. Cela signifie que le Tsaddik n’a pas besoin du Chant pour éveiller la crainte et l’amour de D.ieu car au contraire le Chant vient de la crainte supérieure et du très grand amour qu’il ressent à tous les moments pour D.ieu. C’est la raison pour laquelle le Rabbi Rachab écrit que chez le Tsaddik ‘le Chant vient de lui-même’, sans qu’il n’ait besoin de faire des efforts comme pour le Benoni qui doit d’abord dévoiler l’amour et la crainte de D.ieu. Chez le Tsaddik, le Chant vient de lui-même comme ‘une flamme qui monte par elle-même’.
‘Une flamme qui monte par elle-même’
‘Quand tu allumeras les lumières vers la face de la Ménorah’, ce verset qui est au début de notre Paracha possède de nombreuses explications. Rachi explique dans son commentaire que ‘quand tu allumeras signifie en fait quand tu feras monter’.
Dans le Dvar Mal’hout, le Rabbi fonde son enseignement à partir de cet enseignement de Rachi et du fait que L’Eternel désirait qu’Aaron allume la Ménorah ‘en tenant le feu près de la mèche jusqu’à ce que la flamme monte par elle-même’.
Le corps d’un Juif est précieux aux yeux de l’Eternel et Il désire que nous accomplissions Sa Volonté au moyen des forces de notre âme, et au moyen de notre corps. Cependant, le Rabbi souligne que ‘le corps par lui-même n’est pas lié au service divin et la preuve de cela est que nous devons l’habituer à ce travail, afin que l’habitude devienne une seconde nature’.
En effet, par sa nature, l’âme animale incite l’homme à assouvir constamment des désirs matériels et grossiers, aussi, la mission de chaque Juif consiste à habituer le corps et l’âme animale à la pratique des Mitsvoth et à l’étude de la Torah. En d’autres termes habituer le corps signifie qu’on le rend docile aux Commandements en domptant peu à peu l’âme animale. Comme on dompte un animal pour lui imposer notre volonté, nous devons forcer notre âme animale à aimer D.ieu. Ce faisant nous réalisons l’injonction divine d’aimer notre D.ieu ‘de tout notre cœur’, c’est à dire ‘avec nos deux penchants’.
Habituer notre mauvais penchant en habituant notre corps à accomplir des Mitsvoth, au point que ‘l’habitude devient une seconde nature’. Dans ce cas la nature du corps et de l’âme animale se transforment peu à peu, et avec beaucoup de travail nous pouvons même parvenir à ‘transformer l’obscurité en lumière’, à l’exemple des Tsaddikim qui raffinent et purifient l’âme animale afin que celle-ci s’unisse à l’âme divine d’un lien parfait.
D’une certaine manière, l’union de la force de l’âme animale avec la force de l’âme divine est comparable à deux flammes qui s’unissent et ne forment plus qu’une seule flamme. Aussi, à la lecture des versets de notre Paracha : ‘Quand tu allumeras les lumières vers la face de la Ménorah…En tenant le feu près de la mèche jusqu’à ce que la flamme monte par elle-même’, nous pouvons expliquer qu’il y a ici une allusion au fait que lorsque l’on habitue le corps à accomplir les Commandements divins : ‘en tenant le feu près de la mèche’, alors la force de l’âme animale s’unit avec la force de l’âme divine et dans ce cas : ‘la flamme monte par elle-même’.
A la lumière de ce qu’il vient d’être dit nous comprenons la déclaration du Rabbi selon laquelle ‘Un Juif dévoile la force de l’Essence divine qui est dans le corps en le purifiant.’
Le travail qui consiste à dompter l’âme animale est une étape vers le niveau supérieur du dévoilement de l’Essence divine dans le corps. Purifier le corps débarrasse le corps de ses limites. A l’exemple de l’Arche qui bien qu’elle possède des mesures précises ‘ne prenait pas de place dans le Saint des Saints’ parce qu’elle contient les Tables de l’Alliance écrites du doigt de D.ieu, lorsque le corps est débarrassé de ses impuretés il devient un réceptacle de l’Essence divine et dans ce cas, comme l’Arche, ‘il ne prend pas de place’, c’est à dire qu’il s’élève au-delà de toutes les limites matérielles de ce monde.
Comme le Rabbi nous l’enseigne dans le Dvar Mal’hout, lorsqu’un Juif parvient à habituer le corps à accomplir les Commandements divins alors ‘l’accomplissement des Mitsvoth n’est plus une chose ajoutée’, mais font partie intégrante de son être et de son existence. Ce Juif fait alors Un avec D.ieu, en purifiant son corps il est parvenu en même temps à dévoiler que ‘même le corps matériel d’un Juif est lié au Saint béni soit-Il’.
La profondeur de tous ces enseignements ne se limite pas à l’âme Juive. En effet, le monde matériel est lui-aussi tel ‘une mèche qui a besoin d’huile’.
Le Rabbi nous enseigne que notre mission consiste aussi à introduire la sainteté dans la matière de ce monde. De fait, la majorité des Commandements divins est accomplie au moyen de la matière, et depuis le don de la Torah, chaque Juif détient la capacité de sanctifier ce monde profane.
A partir de la matière profane, la peau d’une vache, et de l’encre que l’on obtient en broyant des végétaux, un Sofer écrit des Parachiot sur du parchemin et crée ainsi un objet de sainteté, une Mézouzah, une paire de Téfilines, un Séfer Torah. L’un des points essentiels du Dvar Mal’hout, est que lorsqu’il a introduit la sainteté dans cet objet matériel, cet objet devient comme cette flamme qui monte d’elle-même, car une fois que le Sofer a introduit la sainteté dans cette Mézouzah, ou dans ces Parachiot, ou dans ce Séfer Torah, la sainteté ne quitte plus son endroit. L’image du Sofer en train d’écrire est donc comparable à celle d’Aaron ‘tenant le feu près de la mèche’, puis lorsqu’il a fini d’écrire alors cette Mézouzah, cette paire de Téfilines, ou ce Sefer Torah, deviennent comme ces ‘flammes qui montent par elles-mêmes’. Ils deviennent indépendants, du fait qu’ils sont désormais des objets emplis d’une sainteté qui ne les quittera plus, à l’exemple de cet élève qui peut se ‘tenir seul debout sur ses pied’, et diffuser à son tour la lumière qu’il a reçu de son Maître, ainsi qu’il a été dit précédemment.
A travers cet enseignement, selon lequel le monde matériel doit être ‘une flamme qui monte d’elle-même’, le Rabbi souligne que c’est précisément en élevant le niveau le plus bas, que l’on parvient à élever tous les autres niveaux, y compris le plus haut niveau, et que l’on finit par provoquer finalement le dévoilement de l’Essence divine, avec la venue de notre Juste Machia’h, très bientôt et de nos jours, avec l’aide de D.ieu.
‘Le Rabbi Rayats ne redescendit pas immédiatement de la montagne… ‘
Une certaine année, pendant les jours qui suivirent le Jour de Chavouot, le Rabbi Rayats s’isola et ne reçut personne comme il en avait l’habitude. Certains s’interrogeaient sur le comportement du Rabbi mais après quelques jours le Rabbi précédent repris ses anciennes habitudes. A une personne qui interrogea le Rabbi en lui demandant la raison de cet isolement soudain, le Rabbi répondit que depuis le jour de Chavouot il se trouvait sur la montagne et venait seulement de redescendre…
L’attachement du Rabbi a la Torah de D.ieu s’exprime dans ses pensées ses paroles et ses actes, et à l’évidence dans ses écrits. Le Rabbi Rayats a de qui tenir, son père, le Rabbi Rachab, lui écrivit pour le jour de sa Bar-Mitsvah un discours ‘Hassidique qu’il appela un ‘baiser ‘Hassidique’. En fait, le Rabbi Rachab a décrit ce Discours comme un ‘baiser’ car son intention fut de faire pénétrer dans les mots matériels et limites de son Discours une Sagesse et des sentiments qui sont abstraits et illimités. L’Admour Hazaken a écrit qu’un Tsaddik ‘unit les mondes entre-eux’, et cela s’accorde à l’attitude du Rabbi Rachab, celle de son fils ou encore celle de tous les Maîtres de la ‘Hassidout ‘Habad, d’unir un texte fait de mots avec la lumiere d’Or-ein-sof, l’aptitude d’introduire dans leurs Maamarim (Discours ‘Hassidiques) la lumière de la Sagesse divine et des sentiments divins.
Un ‘baiser ‘Hassidique’ ne s’exprime pas seulement au moyen des mots d’un Discours ‘Hassidique. Il peut s’exprimer par tous les moyens. Chaque pensée chaque parole chaque action peut devenir un ‘baiser ‘Hassidique’ à partir du moment où notre intention est de provoquer la Délivrance et que pour cela nous dévoilons la force du plus haut niveau de notre âme. Le Rabbi a expliqué que dans les temps futurs D.ieu ne nous ordonneras pas, comme c’est le cas aujourd’hui d’accomplir Ses Commandements. Le terme de ‘Mitsvah’ signifie ‘ordre’, mais pendant la Délivrance nous n’aurons plus besoin d’être ordonnés. Nous accomplirons alors la Volonté de D.ieu naturellement car à ce moment-là nous ne ferons plus qu’Un avec D.ieu et n’aurons plus besoin de recevoir d’ordres de Lui du fait que notre volonté sera fondue dans la Sienne.
Ainsi, chaque situation de notre vie est l’occasion de donner un ‘baiser ‘Hassidique’, par la pensée, comme le fait de méditer à un Discours ‘Hassidique du Rabbi, par la parole et par l’action qui naissent de cette pensée, on parvient à faire don de nous-mêmes c’est à dire à donner un ‘baiser ‘Hassidique’ dont la force est d’éveiller l’amour de celui qui le reçoit et l’amour de notre Père qui est dans le ciel.
Lorsque le Rabbi nous incite à demander le dévoilement du Machia’h en criant du plus profond de nous-mêmes ‘jusqu’à-quand ?’, nous devons forcément nous demander de quelle manière crier car en réalité même ce cri doit être tel un ‘baiser Hassidique’. C’est à dire qu’il doit provenir de la profondeur de notre cœur. Sommes-nous parvenus à l’exemple du Rabbi à introduire dans notre service divin cette lumière infinie qui a le pouvoir de donner à nos pensées nos paroles et nos actions la dimension d’un ‘baiser ‘Hassidique’ ?
Il est écrit (Béréchit, 1, 1, 2) : ‘Au commencement D.ieu créa le ciel et la terre. Or, la terre était informe et vide, et les ténèbres étaient sur la face de l’abîme et l’Esprit de D.ieu planait sur la surface des eaux’.
Le Midrache déclare que ‘l’Esprit de D.ieu’ désigne l’esprit du Machia’h. Ainsi, la lecture de ce premier verset de la Torah nous permet de comprendre que le monde est ‘informe et vide’ car l’Esprit du Machia’h ne fait que ‘planer au-dessus du monde’. En d’autres termes, la terre est ‘informe et vide’ car ‘l’autorisation ne nous a pas été donnée de voir la Parole divine qui anime chaque être et chaque créature’ (Livre du Tanya).
‘Vide’ signifie ici ‘vide de sens’. Tant que l’esprit du Machia’h ne fait que planer au-dessus de la terre tout est vide de sens. Ce n’est qu’avec le dévoilement du Machia’h et de la Torah ‘Hadacha que la terre ne sera plus ‘vide’ car ‘l’Esprit de D.ieu’ ne planera plus au-dessus de nous-mêmes mais au contraire, Il Se dévoilera dans la Création tout entière. C’est pourquoi nous devons faire tout ce qui est en notre pouvoir pour attirer et dévoiler ici-même l’Esprit du Machia’h.
Dans le Dvar Mal’hout sur la Paracha Béar-Be’houkotai, le Rabbi explique les raisons pour lesquelles la Torah a été donnée dans un désert. Parmi ces raisons le Rabbi explique que le désert est un endroit qui n’a rien à voir avec l’homme. Personne n’habite dans le désert, c’est un endroit isolé, ‘en-dehors’ du monde. De la même façon, la Torah vient de la pensée du Saint béni soit-Il, elle est au-delà du monde, ‘en dehors du monde’.
Le Zohar déclare cependant que ‘l’Eternel Israël et la Torah ne font qu’Un’, aussi, bien que ‘la Torah fait Un avec D.ieu’, elle ‘fait aussi Un avec Israël’. Depuis le don de la Torah la possibilité est donnée à chaque Juif de faire de lui-même et de ce monde une demeure pour D.ieu. Depuis le don de la Torah, ‘l’Esprit de D.ieu’ ne fait plus que ‘planer plus au-dessus de ce monde’ car la possibilité nous a été donnée de L’attirer dans tous les sujets de notre existence.
Le Rabbi souligne dans le Dvar Mal’hout que ‘le désert que tout le monde piétine et qui ne se plaint jamais’ exprime l’humilité et la soumission, qui sont des qualités essentielles pour recevoir la Torah de manière profonde.
L’intention du don de la Torah fut d’unir les mondes supérieurs à ce monde inférieur, ‘les mondes supérieurs descendirent dans les mondes inférieurs, et les mondes inférieurs s’élevèrent vers les mondes supérieurs’.
Le Rabbi explique que le lien entre les mondes supérieurs et les mondes inférieurs n’est véritable, non pas lorsque le niveau supérieur ‘descend de sa supériorité’ pour s’unir au niveau inférieur mais ‘lorsque le niveau supérieur tel qu’il est dans toute sa supériorité s’unit au niveau inférieur tel que celui-ci se trouve dans toute son infériorité’.
Aussi, le Rabbi nous enseigne que ce lien, entre le supérieur et l’inférieur, est réalisé au moyen du compte de l’Omer. Bien que l’Eternel Se soit révélé aux enfants d’Israël lors de la sortie d’Egypte ce n’est qu’au lendemain de Pessa’h que commença le travail d’attirer et de dévoiler de manière profonde l’Essence divine dans ce monde matériel.
Tous les contenus de tous les enseignements du Dvar Mal’hout ont pour unique but de nous donner les moyens de dévoiler l’Essence divine. En ce sens, l’enseignement du Rabbi ne doit plus ‘planer au-dessus de nous’ mais pénétrer au plus profond de toutes nos pensées de toutes nos paroles et de tous nos actes.
Le Rabbi met toujours en évidence la comparaison de la ‘Hassidout avec l’huile dont le pouvoir est de pénétrer dans toutes les matières, même les plus résistantes. De fait, la ‘Hassidout est l’Essence de la Torah et elle possède la force d’imprégner nos pensées nos paroles et nos actes de manière profonde, et dans ce cas de réveiller le désir de D.ieu de résider dans ce monde, avec le dévoilement du Machia’h, très bientôt et de nos jours, avec l’aide de D.ieu.
Dans le Dvar Mal’hout sur la Paracha Emor le Rabbi poursuit l’enseignement sur les Parachiot A’hareï-Kédochim et nous donne des approfondissements sur la signification des mots Gola et Guéoulah.
Il est écrit au tout début de la Torah : ‘Au commencement D.ieu créa le ciel et la terre. Or la terre était informe et vide, et les ténèbres étaient sur la face de l’abîme, et l’Esprit de D.ieu planait sur la surface des eaux. »
A la lecture de ce premier verset de la Torah il est possible de comprendre que le monde tel qu’il fut créé n’avait pas atteint la plus totale perfection car l’Esprit de D.ieu n’était pas dévoilé sur la terre car il ne faisait que ‘planer au-dessus des eaux’.
Il est ecrit dans le Midrache Raba que ‘l’Esprit de D.ieu’ désigne l’esprit du Machia’h. Ainsi, le but de la Création est le dévoilement de la Présence divine et du Roi Machia’h (‘l’Esprit de D.ieu’) afin que le monde atteigne sa perfection, que la terre ne soit plus ‘informe et vide’ et que la lumière remplace ‘les ténèbres’.
A l’évidence, c’est précisément par l’action de l’homme que le monde atteint sa perfection, qu’il n’est plus ‘informe et vide’ et notre mission consiste à faire pénétrer la lumière divine, symbolisée par la lettre ‘Aleph’ car elle est la première lettre de ‘Aloupho chel olam’ (‘Maître du monde’) dans l’obscurité de l’exil. Cela s’exprime par le fait d’ajouter la lettre ‘Aleph’ au mot ‘Gola’ (‘l’Exil’) car on obtient dans ce cas le mot ‘Guéoulah’ (‘la Délivrance’).
Dans le Dvar Mal’hout sur notre Paracha le Rabbi nous enseigne trois niveaux de la lettre ‘Aleph’ lesquels correspondent aux trois étapes nécessaires dans notre service divin.
Le premier niveau est celui de la lettre ‘Aleph’ telle que la première lettre de ‘Aloupho chel olam’ (‘Maître du monde’) : faire pénétrer le ‘Aleph’ dans le mot ‘Gola’ afin d’obtenir la Guéoulah, signifie dans ce cas que l’on a pour devoir de comprendre, de ressentir, et d’enseigner à l’exemple d’Avraham qui reconnaissait l’Eternel à travers tous les détails de la Création, ‘qu’il n’y a rien en dehors de Lui’. Il est le Saint béni soit-Il, Le Maître du monde et de tout ce qu’il contient.
Reconnaitre quil ny a rien en dehors dHachem sexprime tout particulièrement dans la prière de Mode-ani que nous recitons a notre réveil dès que nous ouvrons les yeux. D’après le sens simple (le Pchat), nous récitons la prière de ‘Modé Ani’ afin d’exprimer notre reconnaissance au Roi du monde de nous redonner la vie en nous rendant notre âme. Cependant, la ‘Hassidout ne contredit pas cette explication, mais elle vient ajouter qu’il ne s’agit pas de n’importe quelle âme, ni de n’importe quelle vie. La ‘Hassidout met l’accent sur l’importance de rendre grâce à L’Eternel de nous avoir donné une âme Juive par laquelle nous pouvons percevoir le Divin caché en nous-même et dans ce monde.
Le second niveau est celui de l’étude de la Torah car ‘Aleph’ s’apparente également au mot ‘Oulpena’ qui désigne l’étude. De fait, ‘Aleph’ est également liée à l’expression ‘Aalphé’ha ‘Ho’hmah’ : ‘Je t’enseignerai la Sagesse’ (Livre de Job, 33, 33).
Dans le Likoutey Si’hot (‘Hélek 7, page 327), le Rabbi commente le premier verset de notre Paracha : ‘Dis aux Cohanim, les fils d’Aaron, et tu leur diras…’.
Apparemment ce verset dit deux fois la même chose : ‘Dis aux Cohanim’ et ‘tu leur diras’.
Les Sages expliquent que ‘Dis’ et ‘tu leur diras’ signifient que les grands doivent expliquer aux petits.
Par ailleurs, l’homme est appelé ‘Olam katan’ : ‘petit monde’, et de même qu’il existe dans le monde des petits et des grands, de-même dans l’homme lui-même (‘le petit monde’) il y a le ‘grand’ et il y a le ‘petit’. Le ‘grand’ qui est dans l’homme c’est sa ‘tête’, les forces de son intellect, sa sagesse, lesquelles représentent le plus haut niveau de l’homme.
Le ‘petit’ qui est dans l’homme ce sont les autres membres du corps. Ce sont les actes qu’il accomplit, qui correspondent à un niveau inférieur à la tête.
Aussi, le principe selon lequel ‘le grand doit prévenir le petit’ s’applique à l’homme lui-même c’est-à-dire que la tête doit contrôler et guider nos actions.
C’est à cela que s’applique l’enseignement d’après lequel ‘Grande est l’étude qui mène à l’action’. L’objectif de l’étude de la Torah est qu’elle doit provoquer que l’élève l’enseigne à son tour. Pour que la Torah soit préservée et que soit maintenue vivante la Parole divine. Une étude qui n’agit pas en ce sens n’a pas de réelle valeur. L’étude véritable est celle qui amène à l’action concrète.
Enfin le troisième niveau de la lettre ‘Aleph’ représente l’Essence divine. Les trois lettres du mot ‘Aleph’ : Aleph, Lamed, Pé sont aussi celles du mot Pélé : Miraculeux et ce troisième niveau est donc celui de la révélation de l’Essence divine dans ce monde.
Dans le Kountrass Ha-Hitpaalouth l’Admour Haemtsaeï définit le point de l’essence de l’âme comme le point qui relie l’âme avec le corps et dans lequel s’habille la volonté de l’âme de s’attacher à sa source divine dont il ressent la proximité.
Le plus haut niveau de l’âme Juive est l’essence de l’âme, laquelle est enracinée dans l’Essence divine. L’essence de l’âme est si proche du divin quelle le ressent. Ce plaisir qu’elle ressent anime son désir, sa volonté, de rejoindre sa source divine, de se lier à D.ieu d’un lien jamais interrompu et dont aucune raison n’est la cause.
La volonté de l’âme de s’attacher à D.ieu transcende tous les autres désirs. Elle est la volonté de toutes les volontés. Toutes les autres volontés d’un juif ne sont rien en comparaison à cette volonté, exactement de la même façon que les rayons du soleil ne sont rien en comparaison au soleil.
Dans le ‘Kountrass ha Hitpaalouth’ l’Admour Haemtsaeï l’explique au moyen de l’exemple d’un Juif à qui on tente de lui arracher la vie. Dans ce cas, que D.ieu nous en préserve, on touche à l’essence même de son âme. Tout le ‘point’ de la volonté de l’essence de son âme s’anime alors car ce Juif est alors touché au plus profond de lui-même. Toutes ses autres volontés ne sont rien en comparaison à ce ‘point’ qui relie son âme à son corps, et dans lequel s’habille sa volonté de vivre, de rester attaché au D.ieu vivant.
Ce qui vient d’être dit concerne un homme à qui l’on essaie d’ôter la vie sans que cela ait un rapport avec le fait qu’il soit Juif. A l’évidence cela est aussi vrai quand on menace de le tuer s’il ne renonce pas à sa judaïcité. L’Admour Haemtsaeï explique en effet que pour sanctifier le Nom de D.ieu et pour sauver la vie de son âme divine qui est unie et liée à D.ieu, chaque Juif désire se séparer de sa vie physique car il ne peut absolument pas commettre un péché qui couperait son âme de D.ieu.
L’Admour Haemtsaeï rapporte aussi l’exemple du Baal-Téchouva. Celui-ci ne ressent que du dégoût pour la vie quand celle-ci n’est que matérielle et totalement dénuée de spiritualité et de divin. Tout le ‘point’ de la volonté de l’essence de son âme, de s’attacher au D.ieu vivant, est alors en éveil, à l’exemple de celui qui pour sanctifier le Nom de D.ieu et pour sauver la vie de son âme désire se séparer de sa vie physique, comme ce fut le cas d’un enfant d’Israël dont l’âme quitta le corps tant il pleura et regretta tous les péchés qu’il avait commis. L’Admour Haemtsaeï nous enseigne à ce sujet que “Seulement l’âme de celui qui possède une grande force ne se sépare pas de son corps”. Cette force vient de la volonté de cet homme qui est constamment soumise à la Volonté du Saint béni soit-Il d’avoir une demeure ici-bas, dans les mondes inférieurs. L’âme doit impérativement rester dans le corps car il est une demeure pour elle.
L’Admour Haemtsaeï nous enseigne que l’âme peut aussi quitter le corps par la force du plaisir que connaissent les Tsadikim laquelle est due à la profondeur et la force intense de l’attachement de leur âme, de leur être tout entier avec D.ieu. Le Rabbi souligne qu’il est aussi vrai que la lumière de l’essence de l’âme illumine“en secret” l’âme de chaque Juif le jour du Chabbat de telle manière qu’il trouve son plaisir en tirant profit des Mitsvoth accomplies précisément au moyen de son corps comme pour la Téfilah et les trois repas du Chabbat. Il est dit “en secret”du fait que l’âme de chaque Juif, même s’il n’est pas encore parvenu au niveau de Tsadik, est liée à l’Essence divine et la désire continuellement. C’est la raison pour laquelle tous les enfants d’Israël ressentent du plaisir par le simple fait d’écouter les mots de la Torah de D.ieu même s’ils ne les comprennent pas. Cela provient de l’essence de son âme, car bien que ce niveau soit caché (“en secret”) chez un Juif simple et qu’il soit révélé chez le Juste parfait, le niveau de l’essence de l’âme est le même pour chaque Juif.
L’Admour Haemtsaeï explique que le fait d’aimer D.ieu “de tout son pouvoir” vient de l’essence de l’âme. Cet amour illumine le Juste parfait et c’est à leur sujet qu’il est dit : “Vous qui êtes véritablement attachés à D.ieu”. De fait, la volonté de l’âme de s’attacher à D.ieu est appellée ‘Chir Pachout’et ce Chant exprime le plaisir sublime que ressentent les Tsaddikim d’Israël et que chaque Juif ressentira lors du dévoilement du Machia’h, très bientôt et de nos jours, avec l’aide d’Hachem.
La Délivrance est au centre de l’enseignement du Rabbi, qu’il s’agisse de ses discours ‘hassidiques ou bien des nombreux écrits qu’il adresse à tous ceux qui sollicitent son conseil et sa bénédiction. Dans tous les cas la Délivrance transparaît dans les pensées les paroles et les actes du Rabbi.
Dans le Dvar Mal’hout sur les Parachiot A’hareï-Kédochim le Rabbi nous enseigne la signification profonde du mot ‘Guéoulah’.
Les mot Guéoulah : la Délivrance et le mot Gola : l’Exil, sont tous les deux constitués par les mêmes lettres, à l’exception de la lettre Aleph que possède le mot Guéoulah mais qui est absent du mot Gola. Aussi, le Rabbi nous enseigne que de même que le mot Gola constitue une partie du mot Guéoulah de même l’Exil constitue une partie de la Délivrance.
En effet, dans le Dvar Mal’hout (Tazria-Metsora) le Rabbi déclare que ‘la racine de l’obscurité est plus élevée que la lumière’. En d’autres termes, l’obscurité de l’exil peut devenir partie intégrante de la Délivrance et notre mission dans ce cas consiste simplement à lever le voile de l’obscurité de l’Exil afin de révéler le divin qu’il cache à nos yeux dans tous les sujets de cet Exil.
Le mot Délivrance désigne l’objectif de notre mission qui consiste à délivrer le divin qui se cache dans l’obscurité et c’est donc pour cela que le Rabbi souligne que le mot Gola fait partie du mot Guéoulah car finalement l’obscurité de ce monde ne contredit, ni ne s’oppose, à la Délivrance finale.
Le Rabbi nous explique donc que si l’on ajoute la lettre Aleph, la première lettre de Aloupho chel Olam : Maître du monde, au mot Gola (l’obscurité de l’exil) on obtient le mot Guéoulah.
Il est écrit dans la Paracha Kédochim (19, 17, 18) que nous lirons ce Chabbat : ‘Tu ne haïras pas ton frère dans ton cœur…Tu aimeras ton prochain comme toi-même’. Hillel l’Ancien disait à propos de l’accomplissement de ce commandement divin : ‘Là est toute la Torah, le reste n’est que commentaire’ (Chabbat, 31a).
Tous les Maîtres de la ‘Hassidout depuis le Baal Chem Tov ont donné jusqu’à leur dernière goutte de sang’ (d’après l’expression du Rabbi Rayats) pour enseigner l’importance de ce Commandement. L’enseignement du Rabbi au sujet de ce Commandement s’inscrit dans cette lignée sacrée car le Rabbi nous enseigne le moyen d’atteindre les plus hauts niveaux de cette Mitsvah.
Dans le chapitre 32 du livre du Tanya (’32’ comme la valeur numérique du mot hébreu Lev : le Cœur) l’Admour Hazaken nous enseigne que le moyen d’accomplir la Mitsvah d’aimer son prochain consiste à réparer le regard que l’on porte sur lui de manière à faire abstraction du mal qui est en lui et de ne considérer que le bien de son âme divine. Aussi, l’Admour Hazaken écrit dans ce chapitre que ‘l’on doit éveiller de la compassion pour l’âme divine, car elle est captive du mal…La compassion détruit la haine et suscite l’amour’.
L’âme animale (le corps) nous pousse sans cesse à assouvir des désirs grossiers et dénués de divin et l’Admour Hazaken préconise de ‘regarder notre propre corps avec dédain et mépris, et ne trouver de satisfaction que dans la joie de l’âme’. ‘Regarder notre propre corps avec dédain et mépris’ implique de réaliser la bassesse de nos pensées de nos paroles et de nos actes lorsque ceux-ci ne fondent pas à la Volonté du Saint béni soit-Il et ‘ne trouver de satisfaction que dans la joie de l’âme’ signifie qu’un Juif ne connaît la joie véritable que lorsqu’il parvient à libérer son âme divine, laquelle désire D.ieu, de l’obscurité du corps et de l’âme animale.
L’Admour Hazaken enseigne alors que ‘regarder son corps avec mépris et ne trouver de satisfaction que dans la joie de l’âme’ est ‘un moyen direct et facile d’atteindre l’accomplissement du Commandement : ‘Tu aimeras ton prochain comme toi-même’.
‘Mépriser le corps’ d’un autre Juif signifie que l’on méprise le mauvais penchant de l’autre, c’est-à-dire que l’on ne porte pas attention à son mauvais penchant et que l’on porte toute notre attention et notre regard sur le fait que ce Juif possède une âme divine.
C’est ce regard qui va éveiller notre amour pour ce Juif. C’est grâce à ce regard que l’on va ‘trouver de la satisfaction et de l’amour dans la joie de l’âme’.
Cet enseignement de l’Admour Hazaken est essentiel car il nous fait réaliser que les Juifs ont Le même Père, et c’est pourquoi ‘ils sont appelés de vrais frères en vertu du fait que leurs âmes ont la même source, en un D.ieu unique’.
Cependant même si les Juifs sont unis par leurs âmes, il n’en demeure pas moins qu’ils sont ‘séparés par leur corps’. Nous ne sommes appelés frères que par notre âme mais non pas par notre corps, ainsi qu’il est écrit : ‘séparés par leur corps’.
Le Rabbi décrit alors un niveau encore plus élevé car selon l’enseignement du Rabbi il est également possible d’aimer le ‘corps’ de l’autre, c’est à dire d’aimer ce qui nous sépare de lui (l’âme animale et le mauvais penchant).
Dans son discours intitulé Vé Ata Tetsavé le Rabbi explique que le niveau de Yé’hida désigne l’âme telle que celle-ci est dans ‘le cerveau de son Père’ Yé’hida est l’essence de l’âme et elle fait Un avec l’essence divine.
Lorsque la lumière divine de l’essence de l’âme se révèle dans le corps elle s’unit avec toutes les forces de l’âme qui s’habillent dans le corps (l’intellect et les sentiments) et cela a pour effet d’élever ces forces : de transformer l’obscurité du corps et de l’âme animale. Dans ce cas, il devient possible d’aimer un juif sans que ‘le corps nous sépare’.
Lorsque nous dévoilons en nous-même la force de Yé’hida, nous voyons chaque chose telle quelle est à sa racine. Nous ne voyons plus le mauvais penchant un instrument du mal mais nous le voyons tel qu’il est à sa racine, c’est à dire comme un serviteur du Saint béni soit-il : capable lui-aussi d’accomplir Sa Volonté. De la même façon nous porterons un regard nouveau sur l’âme animale. Cet œil nouveau c’est le regard du Tsaddik. C’est le regard du Rabbi face à toutes les âmes d’Israël.
La force du Rabbi est de voir le corps de l’autre, non plus ‘avec dédain et mépris’, mais de le voir et de le considérer tel qu’il est à sa racine dans la Pensée de D.ieu : l’écrin, un réceptacle qui contient une perle : l’âme.
Ce niveau de l’amour du prochain peut être atteint par chaque Juif, quand le Rabbi révèle la lumière de l’essence de son âme et que celle-ci s’unit à son regard et à sa perception. Dans ce cas la force de l’essence de l’âme représente la lettre Aleph qui comme il a été expliqué est la première lettre de Aloupho chel Olam : Maître du monde, que l’on ajoute au mot Gola lequel représente dans ce cas l’obscurité du corps et de l’âme animale, pour obtenir enfin le mot Guéoulah : la Délivrance du corps de tout ce qui l’empêche ‘d’aimer son prochain comme soi-même’.
Ce juif parvient alors à l’Essence des choses, il ne voit plus de différences entre le corps et l’âme car ceux-ci sont égaux dans ‘le cerveau du Père’. Ainsi, l’amour du prochain tel qu’il est défini par le Rabbi a ceci d’exceptionnel, que nous pouvons parvenir à être encore plus que des frères. En effet, frères désigne les âmes qui ont déjà été créées :’la goutte qui provient du cerveau du Père’, mais quand ces âmes sont encore dans le cerveau du Père, conformément à l’expression du Rabbi : ‘l’essence de l’âme est enracinée dans l’Essence divine’ il s’agit du niveau de l’Essence laquelle est indivisible.
Ainsi, c’est par notre attachement au Rabbi que nous parviendrons à ne plus être divisés les uns les autres par le corps et à aimer chacun comme nous-mêmes et à provoquer ainsi notre propre Délivrance et la Délivrance finale de tout le peuple d’Israël, avec le dévoilement de notre Juste Machia’h, très bientôt et de nos jours, avec l’aide d’Hachem.
Discours du Rabbi, Likoutei Si’hot, tome 2, page 299 – Traduit par le Rav Haïm Mellul
La Parchat Kedochim énonce l’Injonction qui est : « un grand principe de la Torah »(1), celle de l’amour du prochain, ainsi qu’il est dit : « Tu aimeras ton prochain comme toi-même ». C’est la clé de toute la Torah(2).
Quelle est la manière précise de mettre en pratique cette Mitsve ? Les Grands de la ‘Hassidout ont défini trois formes d’amour du prochain, dans sa dimension profonde. Toutes permettent d’établir la valeur intrinsèque de chaque Juif, qui qu’il soit.
Le Baal Chem Tov souligne l’importance d’aimer également les Juifs les plus simples(4). Il précise que ces personnes, mettant en pratique les Mitsvot avec candeur, possèdent une qualité que n’ont pas les érudits de la Torah(5).
Dans l’un de ses enseignements, commentant l’affirmation de la Guemara(6) selon laquelle les Tefilines du Saint béni soit-II sont les enfants d’Israël, Le Baal Chem Tov expliqua que les personnes simples sont les Tefilines du bras, ceux de l’action(7), alors que les érudits sont les Tefilines de la tête, correspondant à la compréhension et à la connaissance.
L’ordre établi veut que l’on mette les Tefilines du bras avant ceux de la tête, car ceux qui se distinguent par leur action concrète ont la préséance sur les érudits de la Torah. Et, l’on observe ici de quelle manière il faut considérer l’amour du prochain, y compris envers les personnes simples, qui ne possèdent pas la qualité de la connaissance et du savoir. Ils n’en sont pas moins de bons Juifs, intègres et craignant D.ieu, même s’ils sont des personnes simples.
Le Maguid de Mézéritch, successeur du Baal Chem Tov, développa la signification de cette Mitsva. Il convoqua, une fois, l’un de ses disciples les plus proches et lui dit : « Ecoute ce que l’on enseigne maintenant dans la maison d’étude céleste : l’amour du prochain consiste à aimer un impie avéré de la même façon qu’un Tsaddik parfait »(8).
Il y a là l’expression la plus merveilleuse de l’amour de son prochain ! Il faut aimer non seulement le Juif le plus simple, mais aussi un impie avéré ! Bien plus, il est nécessaire de l’aimer autant qu’un Tsaddik parfait !
Le Maguid de Mézéritch révéla ainsi la quintessence profonde de la personnalité, que chaque Juif possède, en son for intérieur. Quand on la met en évidence, on peut constater que l’impie avéré n’est pas différent du Tsaddik parfait(9).
Cependant, un tel amour reste mesuré, limité et, de fait, demander de : « aimer de la même façon » (10) revient effectivement à établir une différence entre les Juifs, tout en affirmant, malgré cela, la nécessité de tous les aimer.
L’Admour Hazaken, auteur du Tanya, précise cette notion. Il écrit, dans son livre(11), que l’amour du prochain doit dépasser toutes les limites, être un amour fraternel, un sentiment qui est implanté au plus profond de son être.
L’Admour Hazaken affirme que l’Injonction : « Tu aimeras ton prochain comme toi-même » doit être interprétée au sens le plus littéral. Tout comme un homme aime sa propre personne, d’une manière toujours identique, même s’il est conscient de ne pas être parfait, d’avoir des défauts, car : « l’amour-propre recouvre toutes les fautes »(12), il doit, de la même façon, aimer chaque Juif, d’un amour profond qui dépasse toutes les contingences.
Comment parvenir à ressentir un amour aussi profond envers chaque Juif ? La ‘Hassidout donne la réponse à cette question(13). Tout d’abord, elle affirme que l’amour du prochain est un corollaire de l’amour de D.ieu.
En effet, chaque Juif aime le Saint béni soit-II et cet amour est implanté au plus profond de son être, car : « vous êtes des fils pour l’Eternel votre D.ieu »(14). Il doit donc aimer chaque Juif, car, quand on aime quelqu’un, on aime aussi ceux qu’il aime (15).
En outre et à une dimension plus profonde, en la source de l’âme, tous les enfants d’Israël ne forment qu’une seule et même entité, une «parcelle de Divinité céleste véritable »(16). L’amour du prochain n’est donc pas un sentiment que l’on éprouve envers une autre personne. Il est bien l’amour de sa propre personne, d’une partie de son être. C’est la source de cet amour du prochain. (17).
NOTES
(1) Selon le commentaire de Rachi sur le verset Kedochim 19, 18, basé sur le Torat Cohanim. Rachi précise que l’auteur de cet enseignement est Rabbi Akiva. (2) Kedochim 19, 18. D’après la formulation de Hillel l’ancien : « ne fais pas à ton prochain ce que tu ne souhaites pas qu’il te fasse ». (3) En d’autres termes, comment parvenir à aimer son prochain autant que l’on aime sa propre personne ? Le texte rapporte trois réponses à cette question, celle du Baal Chem Tov, celle du Maguid de Mézéritch et celle de l’Admour Hazaken. (4) Ceux qui ne présentent aucun trait de caractère justifiant un tel amour. (5) Et, c’est cette qualité qui conduit à les aimer. (6) Dans le traité Bera’hot 6a. Ainsi, le Saint béni soit-Il a un amour profond pour chaque Juif, comme celui qui embrasse ses Tefilines avec amour, quand il les met et quand il les enlève. (7) Nos Sages, dont la mémoire est une bénédiction, disent que : « l’acte est essentiel ». Or, cette qualité de l’action concrète est possédée, plus particulièrement, par les personnes simples, qui ne se distinguent pas par leur compréhension profonde. (8) Selon le Sefer Ha Si’hot du Rabbi Rayats, été 5700 (1940), à la page 116. Il est pourtant bien clair que cet « impie avéré » ne se distingue pas par son intégrité et sa crainte de D.ieu. (9) C’est pour cette raison que l’un et l’autre doivent être aimés de la même façon. (10) Ce qui sous-entend que cela pourrait ne pas être le cas, qu’il faudrait aimer l’un plus que l’autre. (11) On verra, à ce propos, le chapitre 32 du Tanya. Il s’agit donc de s’élever au-dessus de toutes les considérations, de ne pas rechercher les qualités, de ne pas même envisager la différence entre les Juifs. (12) Michlé 10, 12. C’est pour cette raison qu’un homme n’est pas objectif, quand il parle de lui-même. Il minimise systématiquement ses défauts et grossit ses qualités. Il doit donc en faire de même pour son prochain. (13) On consultera, sur ce point, en particulier, les Iguerot Kodech du Rabbi Rayats, tome 3, à la page 425. (14) Devarim 14, 1. Et, il est clair qu’un Père aime tous Ses enfants de la même manière. (15) C’est assurément là la forme la plus haute de l’amour. (16) D’après l’expression du chapitre 2 du Tanya. Chaque Juif possède cette âme divine et, selon l’expression du Tanya, « nous avons tous un même Père ». (17) Et, c’est de cette manière qu’il peut être : « comme toi-même ».
Le Rabbi délivre un enseignement basé sur le verset : ‘Quand tu sortiras en guerre contre ton ennemi’ que l’on peut lier à l’enseignement de l’Admour Hazaken selon lequel ‘Dans les temps futurs D.ieu fera sortir le soleil de son étui…’.
‘Le soleil sortira de son étui’ est une allusion au fait que dans les temps messianiques, l’Eternel révèlera la lumière de Son Essence, symbolisée par la lumière du ‘soleil’ : ‘Havayeh’, qui pour l’instant est cachée par un ‘étui’ : ‘Elokim’, lequel masque l’Essence divine et ne laisse pour lumière à la Création qu’un mince reflet, au moyen duquel l’homme ne peut absolument pas ressentir la Présence divine.
Aussi, la déclaration du Tanya selon laquelle ‘Havayeh Elokim est un soleil et un bouclier’ exprime la dissimulation (le Tsimtsoum) : ‘Elokim’, ‘le bouclier’, de la lumière infinie de D.ieu : ‘Havayeh’.
Ce principe s’applique également à notre âme, car son essence est elle-même ‘en exil’, et ce n’est que dans les temps futurs que l’Essence de l’âme ‘sortira de son étui’ : l’Essence de l’âme Juive sortira de son ‘exil’, et sa force illuminera notre être tout entier et nous pourrons dès-lors recevoir les plus hauts dévoilements.
Il existe une très belle image du Tséma’h Tsédek au sujet de l’âme (Séfer ha Likoutim, lettre Youde, ‘Yonah’). Le Tséma’h Tsédek citant le verset du ‘Cantique des Cantiques’ (2, 14) :
‘Ma colombe, nichée dans les fentes du rocher…’, explique que le nom du prophète ‘Yonah’, qui fut jeté à la mer et englouti par un énorme poisson, est une allusion à l’âme divine. La signification de l’image de Yonah, qui adressa à l’Eternel une prière du fond des entrailles de cet énorme poisson évoque donc l’âme divine prisonnière du corps et de l’âme animale, contre lesquels elle doit mener un combat incessant pour imposer sa volonté.
La mission de chaque Juif est de faire de ce monde une demeure pour l’Essence divine. L’enseignement du Rabbi dans le Dvar Mal’hout sur les Parachiot ‘Ahareï-moth-Kédochim’ est que c’est précisément ici-bas que peut être dévoilée l’Essence divine. C’est précisément quand l’âme descend dans un corps matériel qu’elle peut dévoiler le but de la Création : l’intention divine d’avoir une demeure ici-bas.
Faire une demeure pour D.ieu consiste à purifier le corps, l’âme animale, et la matière de ce monde. C’est dans ce but que la majorité des Commandements divins est accomplie, au moyen de choses matérielles, afin que cet accomplissement nous permette de purifier les objets matériels, y compris le corps d’un Juif qui accomplit ces Commandements.
En fait, qu’il s’agisse du corps d’un Juif ou du corps de ce monde, chacun deux représentent l’exil : ‘Gola’. En effet, ‘l’âme que D.ieu nous a donnée est pure’ et elle descend ensuite dans un endroit qui est le contraire de la pureté, puisqu’elle s’habille dans une âme animale, dans un corps, et dans un monde où dominent les forces du mal, ou la possibilité est donnée à l’homme de choisir entre le bien et le mal.
Or, c’est précisément lorsque l’âme agit dans l’exil du corps et de ce monde quelle peut connaitre l’élévation à un niveau supérieur de celui d’où elle vient. Cette exceptionnelle élévation procède du dévoilement de l’Essence divine.
‘Gola’, l’exil, représente finalement l’unique moyen de dévoiler l’Essence divine. C’est la raison pour laquelle le Rabbi nous enseigne dans ce Dvar Mal’hout que la Délivrance finale n’exclut pas l’exil, et que bien au contraire ‘c’est par notre travail et par nos actions dans cet exil que l’on parvient à provoquer la Délivrance’ comme l’a écrit l’Admour Hazaken dans le livre du Tanya.
Notre travail et nos actions consistent à introduire le Divin dans la réalité afin de la transformer en révélant son contenu véritable. C’est à ce sujet qu’il est dit que si l’on ajoute la lettre א au mot גולה on obtient la Délivrance : גאולה
On peut donner ici l’exemple que le Rabbi a donné dans le Dvar Mal’hout sur la Paracha Chemot : quand Rabbi El’azar-ben-Azaria remplaça Raban Gamliel à la tête du Sanhédrin, il fit congédier le gardien du Beït-ha-Midrache afin de donner libre accès à tous ceux qui désiraient étudier la Torah. Il n’était pas question selon le nouveau Prince d’Israël de faire de différences entre ceux qui étaient des érudits et ceux qui ne l’étaient pas encore.
L’attitude de Rabbi El’azar-ben-Azaria, s’accorde parfaitement à la déclaration du Machia’h selon laquelle ‘les sources de l’enseignement du Baal Chem Tov doivent se répandre à l’extérieur’. ‘A l’extérieur’ : à tout endroit, même chez celui qui n’a pas encore atteint la perfection dans son service divin. A travers cet exemple nous comprenons que rien qui n’appartient à cet exil ne doit être épargné et que chaque chose de ce monde doit connaitre l’élévation.
Au début de ce Dvar Mal’hout, le Rabbi explique que le nom d’une chose exprime son contenu profond. Aussi, le mot Gola et le mot Guéoula ont des sens opposés. Gola signifie ‘Exil’ alors que Guéoula signifie ‘Délivrance’. Or, si l’on dit que le nom d’une chose exprime son contenu profond comment est-il possible de dire que ces noms désignent tous les deux la Délivrance ?
‘Guéoula’, la Délivrance, et Gola, l’Exil, sont constitués en effet par les mêmes lettres, à l’exception de la lettre Aleph que possède le mot Guéoula mais qui est absent du mot Gola. Aussi, le Rabbi nous enseigne que de même que le mot Gola constitue une partie du mot Guéoula, de même l’Exil constitue une partie de la Délivrance.
Dans le Dvar Mal’hout des Parachiot ‘Tazria-Metsora’ le Rabbi déclare que ‘la racine de l’obscurité est plus élevée que la lumière’. En d’autres termes, l’obscurité du monde dans lequel nous vivons peut devenir partie intégrante de la Délivrance, et notre mission dans ce cas, consiste à lever le voile de l’obscurité de l’exil afin de révéler le divin qu’il cache à nos yeux, et cela dans tous les sujets de l’exil.
C’est là le sens du mot ‘Délivrance’, car ce mot désigne l’objectif de notre mission, de délivrer le divin qui se cache dans l’exil. C’est donc pour cela que le Rabbi nous enseigne que le mot Gola fait partie du mot Guéoula, car finalement l’obscurité de ce monde ne contredit, ni ne s’oppose, à la Délivrance finale. Bien au contraire, c’est en dévoilant la lumière qui se cache derrière l’obscurité de l’exil, que l’on parviendra à ce que l’Eternel insuffle au monde la lumière nouvelle de la Guéoula.
Le Rabbi nous explique donc que si l’on ajoute la lettre ‘Aleph’, la première lettre de ‘Aloupho chel Olam’ (‘le Maître du monde), au mot Gola (l’obscurité de l’exil) on obtient le mot Guéoula.
Un des exemples donnés par le Rabbi dans le Dvar Mal’hout, est celui du Compte de l’Omer, dont le but consiste à raffiner, à purifier, le corps et l’âme animale (l’Exil, Gola). Faire pénétrer la lumière du ‘Aleph’, le divin, dans l’obscurité du corps, signifie que l’on agit afin de réparer, de rectifier, l’incitation de notre âme animale, qui nous pousse sans-cesse à assouvir des plaisirs grossiers et dénués de divin.
Le point essentiel de l’enseignement du Rabbi, est qu’il ne s’agit pas ‘d’éliminer’ l’âme animale. Il ne s’agit pas de supprimer sa force mais au contraire de l’utiliser, en la libérant de l’emprise du mal, c’est-à-dire de détourner sa force, du côté de l’impureté vers le côté de la sainteté, en se détournant des plaisirs grossiers, pour accéder à des plaisirs raffinés qui s’accordent à la Volonté de D.ieu d’avoir une demeure en nous-mêmes, et en ce monde.
Ainsi, il en va de même pour ce monde matériel, du fait que celui-ci est comparable à un ‘grand corps’, et notre mission consiste à libérer l’âme vitale qui le vivifie à chaque instant, de son emprise. En d’autres termes, de libérer les étincelles divines qui sont enfouies, et se cachent dans la matière de ce monde.
C’est à ce sujet que l’Admour Hazaken déclare dans le livre du Tanya, que tout au long de son existence un Juif a pour mission de raffiner et de purifier une certaine part de ce monde physique. Par exemple, lorsque le propriétaire d’un champ réserve un des coins de son champ pour les pauvres, il introduit la lumière divine, le ‘Aleph’, dans l’obscurité de ce champ.
Ajouter la lettre ‘Aleph’ au mot Gola signifie donc réaliser le but divin de faire de l’exil une demeure pour le ‘Aleph’, une demeure pour l’Essence divine et de dévoiler ainsi notre Juste Machia’h, très bientôt et de nos jours avec l’aide d’Hachem.
L’orgueil est décrit par le Rabbi comme ‘la source de toutes les maladies’
Le Rabbi explique dans le discours intitulé Vé Atah tètsaveh que le Dévoilement de D.ieu est ce qu’un juif désire le plus profondément. Cela le touche au point d’en être malade et rien ne peut le guérir tant que la 50ième Porte de la Connaissance n’a pas été dévoilée car cette Porte s’ouvre sur le dévoilement de D.ieu et de la Torah ‘Hadacha. Le Rabbi nous enseigne alors que la valeur numérique du mot malade : חולה est égale à 49. De fait, il manque 1 à 49 pour atteindre le chiffre 50 qui lui-même représente le Dévoilement de la Torah ‘Hadacha, de la cinquantième Porte de la Connaissance, laquelle s’ouvre sur la perfection de l’âme et du monde.
‘D.ieu créa chaque chose et son contraire’ (Kohélèth, 7, 14)
Le chiffre 49 représente les qualités de l’âme. En effet, la ‘Hassidouth nous enseigne que l’âme divine possède 7 attributs et chacun de ces attributs inclut en lui-même les 7 attributs (7 fois 7 qui font au total 49). De la même façon l’âme animale possède 7 attributs et chacun de ces attributs inclut en lui-même les 7 attributs.
Le Rabbi Rachab explique dans le deuxième chapitre de son ouvrage intitulé ‘La Source’ qu’avant le péché de l’Arbre de la Connaissance du bien et du mal Adam possédait déjà un Yétsère Hara. Le Talmud (Bérakhot, 61a) dit qu’Adam fut créé avec deux Yétsère, deux ‘impulsions’. Cependant, la perceptivité spirituelle était alors si prédominante en Adam qu’il était insensible aux désirs insignifiants de l’âme animale (aux choses de la nature). Il était alors très sensible aux choses divines et tout son intérêt portait sur le divin, grâce aux forces intellectuelles de l’âme divine qui rayonnaient manifestement en lui-même. Après le péché, le changement fut radical et sa sensibilité ‘naturelle’ s’intensifia et l’homme devint alors pleinement soumis à l’attirance du monde matériel. Il sentit profondément chaque phénomène naturel et physique, et de cette sensibilité aux choses matérielles résulte la diminution de la perceptivité divine pour reconnaitre et sentir ce qui est le bien véritable pour lui.
Dans le discours intitulé ‘Et vous compterez pour vous’ qu’il prononça le jour de Lag-ba-Omer de l’année 5711, le Rabbi explique que pendant le compte du Omer nous devons raffiner tous les composants de tous les attributs de l’âme animale au moyen des composants des attributs de l’âme divine.
L’attribut de ‘hessed, par exemple, lequel désigne la bonté de l’âme divine inclut en lui-même les 7 attributs. ‘Hessed représente l’amour de D.ieu.
‘Hessed ché ba ‘hessed, ‘la bonté qui est dans la bonté’ convient à l’homme qui ressent de l’amour vis à vis de celui qui se consacre à l’étude de la Torah et à la pratique des Mitsoth avec la crainte de D.ieu.
Plus encore l’amour que cet homme ressent pour D.ieu le pousse à accomplir les Commandements divins avec empressement.
Gvurah ché ba ‘hessed, la rigueur qui est dans la bonté, convient à celui qui par son amour pour D.ieu parvient à détester ceux qui s’opposent à Lui.
Tiférèth ché ba ‘hessed, la beauté qui est dans la bonté, convient à celui est éblouit face à la bonté. Devant un homme qui étudie la Torah et accomplit les Mitsvoth avec un cœur enflammé, il est ébloui par la beauté de la Torah et des Commandements et à quel point Celle-ci peut toucher un homme.
Nètsa’h ché ba ‘hessed, l’attribut de la victoire qui est dans la bonté, convient à celui qui du fait de son amour pour D.ieu combat tous les obstacles extérieurs et tous ceux qui l’empêchent de Le servir.
Hod ché ba ‘hessed, la splendeur qui est dans la bonté, convient à celui qui doit faire face à des obstacles extérieurs qu’il n’a pas la force de combattre mais qui grâce à son amour pour D.ieu parvient à lutter avec lui-même afin de se débarrasser de tout ce qui s’opposait à sa victoire.
Yéssod ché ba ‘hessed , le fondement qui est dans la bonté, convient à celui qui pour une raison ou pour une autre ne ressent plus de désir pour accomplir la Volonté de D.ieu mais qui par amour pour D.ieu s’attache à Lui de toute son âme au point qu’il finit par réveiller le désir profond de son âme de se lier à Lui, à Sa Torah et à Ses commandements.
Mal’hout ché ba ‘hessed, la royauté qui est dans la bonté, convient à celui qui aime D.ieu et qui est lié à Lui au point que toutes ses pensées toutes ses paroles et tous ses actes sont exclusivement réservés à la Torah et aux Mitsvoth.
De la même façon, ainsi qu’il a été dit précédemment, l’âme animale possède également 7 attributs et chacun de ces attributs inclut en lui- même les 7 attributs. Aussi, l’attribut de ‘hessed de l’âme animale inclut en lui les 7 attributs :
‘Hessed ché ba ‘hessed de l’âme animale s’applique à celui dont l’amour pour les choses matérielles s’exprime dans une attirance et un désir non-dissimulés.
Gvurah ché ba »hessed s’applique à celui dont l’amour et le désir pour le matériel sont forts au point qu’il ne peut pas supporter et qu’il déteste celui qui s’y oppose en lui disant qu’il ne convient pas de s’investir dans des sujets qui sont indignes d’un homme.
Tiféreth ché ba ‘hessed s’applique à celui qui en plus de la forte attirance qu’il a pour les sujets matériels éprouve à leur égard de l’émerveillement, et en conçoit de l’orgueil et de la passion.
Nétsa’h ché ba ‘hessed s’applique à celui qui pour une raison ou pour une autre n’éprouve plus d’attirance pour le matériel et qui malgré cela obtient la victoire sur lui-même pour parvenir à nouveau à rallumer le feu éteint de sa passion.
Hod ché ba ‘hessed s’applique à celui qui, lorsque certains de l’extérieur s’opposent à lui en lui disant : ‘Comment un juif, fils d’Avraham d’Itz’hak et de Yaakov peut-il se perdre dans des sujets aussi bas, et plus encore faire des choses interdites ?’ n’hésite pas à les contrer afin que rien ne puisse contrarier son plaisir.
Yéssod ché ba ‘hessed désigne l’attachement aux plaisirs matériels, et lorsque cet attachement est fort au point que toutes ses pensées ses paroles et ses actes sont consacrés à ces plaisirs grossiers, et ce au point qu’il finit même par transgresser la parole divine, alors il s’agit de Mal’hout ché ba ‘hessed de l’âme animale.
Nous devons comprendre que lorsque nous accomplissons la Mitsvah du compte du Omer de manière profonde nous effectuons un travail sur notre âme animale au point de retourner à notre état premier : C’est à dire que nous intensifions notre perceptivité spirituelle et devenons insensibles aux plaisirs grossiers et dénués de divin de ce monde physique.
Lorsque nous accomplissons la Mitsvah du compte du Omer de manière profonde, il ne s’agit pas d’affaiblir la force du désir de notre Yétsère Hara et de notre âme animale, mais au contraire de l’utiliser et de la détourner des choses de la nature vers les choses divines.
C’est à cela que se rapporte la déclaration selon laquelle ‘de mon corps je verrais D.ieu’. L’âme animale s’habille dans Le corps, et lorsque l’on raffine l’âme l’animale le corps devient pur et un réceptacle de la lumière de l’essence divine. Plus rien n’interdit la révélation et la perception du divin car la lumière de l’essence divine ne se heurte plus à la matière de l’âme animale qui s’opposait jusqu’alors au divin. Au contraire, l’âme animale devient elle aussi divine comme il est sous-entendu dans l’expression : ‘la nuit (l’âme animale) brillera comme le jour (l’âme divine)’.
C’est également à tout celà que se rapporte l’enseignement du Rabbi dans le Hayom Yom du 29 Adar chéni 5703 : ‘D.ieu créa le monde et toutes les créatures matérielles à partir du néant. Les Juifs, cependant, doivent transformer la matière en néant, en faire du spirituel. Transmuter la matière en esprit, faire qu’elle soit un réceptacle pour la divinité est une obligation qui incombe à tous. Chacun en particulier y est astreint’.
‘Transformer la matière en néant’ signifie transformer la matière de l’âme animale, c’est à dire combattre l’attirance de l’âme animale pour les désirs grossiers et matériels afin que l’âme animale finisse par désirer le divin. Ainsi, c’est bien par le travail du compte de l’Omer que l’on parvient à ‘Transmuter la matière (du corps) en esprit, faire qu’elle soit un réceptacle pour la divinité’.
Le compte du Omer aboutit au dévoilement de l’Essence divine. Il permet d’unir l’âme animale à la lumière de l’Ein-Sof afin que cette Lumière puisse se révéler de manière profonde dans les pensées les paroles et les actes des enfants d’Israël.
*
Le troisième repas de fête qui a été instauré le dernier jour de Pessa’h a été appelé par le Baal Chem Tov : ‘le repas du Machia’h’.
Le Rabbi (Likoutey Si’hot, Tome 7, page 272), explique que durant ce repas la lumière du Machia’h brille manifestement.
De fait, les premiers jours de Pessa’h célèbrent et marquent la sortie d’Égypte, mais les derniers jours de la fête, et plus particulièrement le ‘festin du Machia’h’, sont liés avec la Délivrance finale.
Aussi, l’Admour Hazaken, dans son Choul’han Aroukh, écrit qu’il est permis de manger du ‘Hamets durant le repas du huitième jour de Pessa’h : ‘A’haron Chel Pessa’h, après la sortie des étoiles, et bien qu’il n’ait pas encore dit la prière d’Arvit, et qu’il n’ait pas encore dit ‘Tu as effectué, Éternel notre D.ieu, une distinction entre le Saint et le profane’.
Aussi, durant ce repas l’usage ‘hassidique est de manger de la Matsah que l’on a trempée dans un liquide, et cela paraît étonnant. En effet, nous sommes encore sous la dépendance du jour de Pessa’h, ainsi que nous le mentionnons dans les bénédictions qui suivent ce repas : ‘En ce jour de la fête des Matsot’.
C’est en cela que s’exprime la signification du ‘repas du Machia’h’. Il est permis de manger du ‘Hamets (et de tremper la Matsah) car ‘le mal a été transformé en bien’.
Le Rabbi explique, en effet, que les premiers jours de Pessa’h sont ceux pendant lesquels nous sommes sortis d’Égypte, c’est-à-dire que nous avons fui le mal. Et en ce sens nous nous efforçons de ne pas tremper la Matsah pour éviter qu’elle ne gonfle, et l’on sait que le Rabbi pendant le soir du Séder a pour habitude de sécher ses gencives avec des serviettes afin que la Matsah reste sèche lorsqu’il la mange. La Matsah trempée et le ‘Hamets symbolisent la domination et l’orgueil, lesquels représentent la racine du mal. A l’opposé le dernier jour de Pessa’h est celui de notre Délivrance, et c’est pourquoi durant le repas du Machia’h nous mangeons de la Matsah trempée car il n’y a plus lieu de fuir le mal, ainsi qu’il est dit (Zekharia, 13, 2) : ‘J’effacerais l’esprit d’impureté de la terre’.
L’usage ‘hassidique de ne pas tremper la Matsah témoigne donc du fait de s’éloigner le plus possible de l’orgueil lequel est décrit par le Rabbi comme étant la source de toutes les maladies.
Dès-lors, le fait de ne pas tremper la Matsah signifie que l’on se préserve de toutes les maladies. C’est la raison pour laquelle la Matsah est appelée ‘l’aliment de la guérison’.
A l’évidence, celui qui s’efforce durant tous les jours de la fête de Pessa’h à ne pas tremper la Matsah parvient à transformer le mal en bien et la Matsah qu’il trempe pendant le repas du Machia’h possède une Lumière toute particulière.
Dans son ouvrage intitulé ‘Iniana Chel Torat ha ‘Hassidout’ le Rabbi définit ainsi l’Essence divine :
‘L’essence de toute force de vie n’est pas seulement illimitée au sens où elle est éternelle, et n’est pas sujette aux mutations liées au temps, car c’est là la caractéristique de toute essence, mais elle est également illimitée dans la teneur de ce qu’elle véhicule. Elle n’est que perfection et absolu. C’est pourquoi lorsque le degré de l’Essence sera révélé dans les mondes et que ceux-ci seront imprégnés de cette essence de vie, ils atteindront la perfection et l’intégrité véritables. C’est là une des raisons pour lesquelles la vie sera éternelle dans le monde futur. Au temps présent en effet, du fait que le monde ne reçoit qu’un reflet de l’essence de vie la mort est présente, car ce qui procède d’une émanation (contrairement à l’essence) peut être sujet au changement jusqu’à cesser d’être ou d’être détruit. Aux temps futurs en revanche, c’est l’essence de la vie qui prévaudra, et l’essence est immuable’.
A la lumière de ces paroles du Rabbi nous pouvons comprendre que le Rabbi Rachab instaura l’usage de boire 4 coupes de vin et de manger de la Matsah (comme pour le soir du Séder) pendant la ‘Séoudat Machia’h’. Ce repas contient une vitalité toute particulière qui procède de l’essence de vie telle que la définit le Rabbi : ‘Lorsque cette essence de vie se révélera dans les mondes, ils atteindront la perfection et l’intégrité véritables’. Cela est aussi vrai pour l’âme et pour le corps, car dans les temps messianiques ceux- ci s’uniront à l’essence de vie.
Lorsque Moché demanda à l’Éternel de voir ‘Sa face’, D.ieu lui répondit : ‘Tu ne pourras pas voir Ma face et vivre !’.
Il est possible de donner à cette déclaration l’explication suivante : ‘Si tu vois Ma face tu ne pourras plus vivre comme auparavant… ‘.
Voir la Face divine signifie en effet découvrir ‘Son Essence’, laquelle se révèlera dans l’essence de l’âme et dans l’essence de la Torah. C’est à cela que se rapporte la déclaration du Rabbi selon laquelle durant le repas du Machia’h brille la lumière de la Délivrance, car la Matsah trempée est, comme il a été dit, une allusion à la transformation du mal en bien.
Par ailleurs, il est expliqué que l’eau salée que l’on emploie le soir du Séder (dans laquelle on trempe le Karpas) est une allusion aux larmes versées en Égypte par les enfants d’Israël, or ces larmes de douleurs deviendront des larmes de Téchouva et des larmes de joie ainsi qu’il est écrit :’D.ieu effacera les larmes de tout visage et la mort sera avalée’, très bientôt et de nos jours avec l’aide d’Hachem.
Dans le Dvar Mal’hout (Paracha Tsav), le Rabbi déclare que le contenu profond du mois de Nissan est celui de la Délivrance. Ce mois est le mois de la fête de Pessa’h ‘le temps de notre liberté’ et cela s’exprime plus particulièrement pendant le Chabbat avant Pessa’h, Chabbat Ha Gadol.
L’Admour Hazaken rapporte dans son Choul’hane Aroukh le miracle qui fut à l’origine de ce nom : le Grand Chabbat.
Les Egyptiens qui furent avertis par les Juifs que l’Eternel s’apprêtait à frapper l’Egypte de la plaie des premiers-nés allèrent se plaindre à Pharaon de son refus de laisser partir les enfants d’Israël. Pharaon demeura insensible à cette plainte et les premiers-nés d’Egypte entreprirent alors une guerre contre son armée. Parmi les nombreux égyptiens qui furent tués, il y avait ceux qui commirent des atrocités aux enfants d’Israël. Le Rabbi explique que la raison pour laquelle cette guerre fut appelée grand miracle et aussi le début des miracles de la Délivrance est qu’elle résulte d’un très haut dévoilement divin qui est lui-même allusionné par la lettre Kouf du mot Tsaddik.
Le pied de la lettre Kouf descend très bas et évoque donc de ce fait la force de l’Essence divine qui, Elle seule, a le pouvoir de descendre ici-bas pour transformer l’obscurité de l’exil en un réceptacle capable de recevoir les lumières les plus élevées. Plus encore, au sujet de la lettre Tsaddik, le Rabbi rapporte le Téhilim 90 (’90’ comme la valeur numérique de la lettre Tsaddik), dans lequel il est dit (90, 17) : ‘Que le plaisir de mon Maître notre D.ieu soit avec nous, établis pour nous l’action de nos mains, et que l’accomplissement de nos mains soit établi’.
Selon le Midrach les versets de ce Téhilim furent rédigés par Moché et le Roi David les intégra dans son livre. Après avoir édifié le Michkan (le Temple portatif), Moché pria afin que l’Eternel S’y révèle. Rachi explique que Moché dit deux fois ‘établis l’action de nos mains’ :
Une fois pour implorer D.ieu de Se révéler dans le Michkan, et une fois pour révéler Sa grande Lumière infinie dans les actes du Peuple d’Israël.
Le Rabbi souligne que l’action de Moché détient le pouvoir d’attirer la lumière d’Or-Sovev (la lumière qui entoure les mondes) afin que celle-ci Se dévoile et réside dans le Michkan.
C’est aussi l’action de Moché qui permet à la lumière d’Or-Sovev de se révéler dans le monde et dans les actions des enfants d’Israël.
De fait, Moché est l’intermédiaire qui unit les enfants d’Israël avec le Saint béni soit-il. D’un côté, il est celui qui reçoit les plus hauts Dévoilements divins et d’un autre côté il est celui qui transmet ces Dévoilements aux enfants d’Israël.
Il est essentiel de comprendre que tous les bienfaits matériels et spirituels nous parviennent de D.ieu par l’intermédiaire de Moché. Aussi, en ces derniers moments de l’exil, nous devons réaliser que la réussite de toutes nos actions dépend de la valeur que nous donnons à notre attachement au Moché de notre génération, le Rabbi.
Paracha Metsora
L’un des points essentiels de l’enseignement de la ‘Hassidout sur la lèpre, est que bien qu’elle soit fixée par la Torah et par l’intermédiaire des Cohanim comme un signe d’impureté, la lèpre cache en réalité une très grande lumière. Le Rabbi rapporte à ce sujet l’enseignement de son père, Rabbi Lévi-Itz’hak, selon lequel la valeur numérique de l’expression Ha Metsora, le lépreux, est égale à 411 comme la valeur numérique du nom Tohou les lumières sont d’une très grande puissance .
Dans le même ordre d’idée, la ‘Hassidout nous enseigne que les lettres de Néga, ‘la tache de lèpre’, sont les mêmes que celles de Oneg, ‘le plaisir’. De fait, la lumière spirituelle de la lèpre (‘Néga’) est liée au ‘plaisir supérieur’ de D’Hachem : ‘Oneg Ha Elion’.
Il nous est donné ici à comprendre que la lumière spirituelle de la lèpre est tellement élevée qu’elle ne peut trouver ici-bas un réceptacle capable de la contenir. De ce fait, lorsque cette lumière s’échappe du réceptacle au moment où il se brise, car il n’est pas assez solide pour supporter son intensité, la lumière est alors détournée vers l’autre côté de la Sainteté, et finalement utilisée par les forces du mal. Ainsi, ce que l’on appelle ‘l’obscurité’, ‘la lèpre’, résulte du fait qu’une lumière excessivement élevée n’a pas trouvé de réceptacle capable de la supporter de la contenir et de la garder.
Le Rabbi nous donne un exemple concret. Lorsqu’un Juif ressent durant sa prière un amour très fort pour D.ieu et que son âme est alors attirée vers sa source, à tel point qu’elle serait prête à quitter le corps, ‘Ratso’, il est alors essentiel de faire descendre, après la prière, la lumière de cet amour pour D.ieu dans le réceptacle de l’étude de la Torah, ou dans celui de l’accomplissement des Commandements divins, ‘Chov’.
S’il n’agit pas ainsi, les signes de la lèpre apparaîtront alors sur sa peau. C’est-à-dire que si la lumière de cet amour pour D.ieu ne s’habille pas dans le réceptacle de l’étude, ou dans celui de l’action concrète, alors cette lumière ‘excessivement élevée qui n’a pas trouvé de réceptacle capable de contenir son intensité, sera finalement détournée vers l’autre côté de la Sainteté et finalement utilisée par les forces du mal’, ainsi qu’il a été expliqué précédemment. De fait, le Rabbi enseigne à ce sujet que celui qui n’étudie pas, ou qui n’accomplit pas une Mitsva après sa prière, ressentira une vive intolérance vis-à-vis de son prochain, et tombera facilement dans la colère, ce qu’à D.ieu ne plaise.
D’après l’enseignement du Rabbi, Chov, le retour de l’âme dans le corps, représente la solution, le remède et la guérison de la lèpre. Chov est lié à la faculté du Bitoul, c’est-à-dire à la soumission la plus totale vis-à-vis de D.ieu et de Sa Volonté bénie.
Par cette soumission, un Juif ajoutera dans son étude de la Torah, et dans son accomplissement des Commandements divins. Grâce à cela son action aura finalement pour effet d’unir les Lumières les plus élevées à des réceptacles capables de les contenir.
Anniversaire du Rabbi
‘Quand il naquit toute la maison s’est emplit de lumière (Sotah, 12a)’
Le jour d’un anniversaire est un jour de joie car il rappelle le jour de la naissance, lorsqu’ une nouvelle âme naît dans ce monde, et qu’alors peut commencer le début du service divin. De fait, chaque Juif, le jour de son anniversaire, se doit de méditer à la promesse qu’il fit à l’Eternel avant de descendre dans ce monde : ‘Sois un Juste et ne sois pas un méchant, et même si tout le monde te dit que tu es un Juste, tu seras à tes yeux comme un méchant’.
La ‘Hassidout souligne qu’au moment de cette promesse, l’Eternel rassasie l’âme des forces dont elle aura besoin pour assumer sa mission, mais il est évident que l’homme doit faire tout ce qui est en son pouvoir pour ‘nourrir’ son âme tout au long de son existence. Aussi, l’étude de la ‘Hassidout est indispensable à chaque juif pour mener la mission qui lui est confiée de faire de ce monde matériel une demeure spirituelle pour D.ieu.
Il apparaît à l’évidence que le jour de l’anniversaire d’un Juste est un jour particulièrement lumineux, car le monde et l’Assemblée d’Israël reposent sur ce Juste, et ‘le Juste est le fondement du monde’.
Rachi écrit au sujet de la naissance de Moché (Chemoth 2, 2) que ‘quand il naquit toute la maison s’emplit de lumière’ (Sotah, 12a).
La ‘maison’ qui ‘s’emplit de lumière’ ne désigne pas seulement la maison où Moché naquit, mais elle représente aussi la ‘maison d’Israël’ car Moché éclaire tous les enfants d’Israël. Il est lui-même la ‘tête’ et les enfants d’Israël sont les ‘pieds’ de Moché. Comme la tête dirige et illumine chaque membre du corps, à chaque génération il y a un Moché qui guide et illumine l’âme du Peuple d’Israël. Aussi, le jour de la venue du Machia’h, très bientôt et de nos jours avec l’aide D.ieu, est une naissance, car en ce jour le monde entier s’emplira de lumière, ainsi qu’il est dit (Iguéreth HaKodech du Rabbi Yossef Itz’hak, tome 1, lettre 274) :
‘Sais-tu qui est le Machia’h ? C’est celui qui révèlera l’enseignement caché de la Torah dans toute sa profondeur, de sorte que tous en ressentent la clarté.’
Par ailleurs, l’Admour Haemtsaeï écrit au sujet du Machia’h (Droucheï ‘Hatouna, Tome 2, page 522) :
‘Il agira pour celui qui l’attend’, c’est-à-dire que le Machia’h révèlera le plaisir infini à ceux qui l’attendent et souhaîtent sa venue, ainsi qu’il est dit : ‘S’il tarde, sois patient’. Cette attente doit s’emplir d’espoir en sa venue ainsi qu’il est écrit : ‘Voici, c’est notre D.ieu, nous avons placé notre espoir en Lui’ et ‘notre âme l’attend’. On évoque également ‘Ceux qui placent leur espoir en D.ieu’.
‘Machia’h agira pour celui qui l’attend’ ne signifie pas (seulement) que nous devons être patients. Bien au contraire, nous devons aussi être impatients. En effet, l’Admour Haemtsaeï définit ici l’attente comme un désir. Certes, l’attente inclut en elle ‘l’espoir de sa venue’, mais ce qu’elle exprime par-dessus tout c’est le ‘désir de sa venue’, lequel est en fait l’expression du lien le plus profond de l’âme juive avec D.ieu : ‘Kécher atsmi’ : le niveau de Yé’hida.
A la lumière de ce qu’il vient d’être dit, le verset que rapporte Rachi au sujet de la naissance de Moché: (Chemoth 2, 2)’Quand il naquit toute la maison s’emplit de lumière’ (Sotah, 12a) peut être expliqué de la manière suivante.
‘Quand il naquit’, la naissance de Moché, peut tout aussi bien faire allusion à la naissance du Rabbi, qui est lui-même l’équivalent de Moché dans notre génération (‘Hitpachtouta dé Moché’).
Le Rabbi représente l’Essence de l’âme d’Israël, car son âme est une âme collective, et il possède de ce fait la force de révéler l’essence de l’âme de chaque Juif. Or, du fait que l’âme est comparable à une maison (l’Eternel déclare en effet : ‘Faites-Moi un sanctuaire et Je résiderais parmi vous’ et la ‘Hassidout explique que le sanctuaire n’est autre que notre âme), nous pouvons expliquer que ‘Quand il naquit toute la maison s’emplit de lumière’ est une allusion à la Lumière de l’Essence de l’âme qui se révèle dans le corps.
La ‘maison’ désigne en fait la partie de l’âme qui s’habille dans le corps, et ‘Quand il naquit’ est une allusion à la naissance du Rabbi, laquelle représente la révélation de l’Essence de l’âme de chaque Juif.
Dans son discours intitulé ‘Vé Ata Tétsavé’, le Rabbi explique que le niveau supérieur de la révélation de Yé’hida, l’Essence de l’âme, est atteint lorsque la Lumière de l’Essence divine s’unit véritablement aux forces de l’âme (l’intellect et les sentiments). Dans ce cas, le caractère divin et immuable qui ne change pas, ainsi que dit L’Eternel : ‘Je n’ai pas changé’, s’unit aux forces limitées de l’âme qui s’habillent dans le corps (l’intellect, les émotions, la vie du corps).
L’homme parvient alors à la perception véritable du divin. L’infini divin s’unit aux forces limitées de son âme. Telle est la mission du Rabbi. Il est celui qui permet l’union de l’infini avec le fini. Celui par l’intermédiaire de qui, l’âme d’un juif devient un feu perpétuel, car il unit l’Essence de l’âme avec l’âme qui s’habille dans le corps.
C’est cela ‘la maison qui s’emplit de lumière’, lorsque la Lumière de l’Essence divine éclaire l’âme et le corps d’un Juif.
Ainsi, c’est peut-être au sujet de cette union que l’Admour Haemtsaeï déclare que ‘le Machia’h révèlera le plaisir infini à ceux qui l’attendent et souhaîtent sa venue’, car le plaisir dont il est ici question n’est autre que celui de la révélation de l’Essence de l’âme, ‘l’infini divin’, dans le corps (‘la maison’)
Dès-lors, il est aisé de réaliser l’importance de ce jour du 11 Nissan, lequel précède notre sortie de l’Egypte et de toutes les limites de ce monde matériel, le soir du Séder. Ce jour contient la force de l’Essence divine, le ‘plaisir infini’, qui est sur le point de se dévoiler, avec l’aide de D.ieu, de manière véritable avec la venue de notre Juste Machia’h, lors de la délivrance finale, très bientôt et de nos jours.
120 ans
‘Celui qui est profond sait qu’il est inutile de demander une bénédiction pour le service de D.ieu. Il faut que ‘l’effort pèse sur les hommes’.
Ce proverbe du Tséma’h Tsédek qui est rapporté dans le Hayom-Yom du 24 Tamouz 5703 s’accorde à la déclaration du Rabbi Rachab selon laquelle ‘L’homme profond est celui qui s’engage totalement dans tout ce qu’il fait’.
A la lumière de ces enseignements, le Rabbi souligne dans le Dvar Mal’hout (Paracha Pin’has) l’importance que nous devons donner à chaque instant de notre vie et à chaque situation que nous vivons. Rien ne doit être laissé pour compte. Même ce qui semble être à nos yeux comme un simple détail, s’inscrit de manière profonde dans notre vie, car il possède en réalité un contenu qui mérite qu’on lui accorde toute notre attention, que l’on investisse tout notre être, pour mener à bien notre mission sacrée.
‘Là où nous sommes nous devons être vraiment !’. Le Rabbi illustre ce propos par l’histoire suivante. Lors d’une Hitvaadouth (rassemblement des ‘Hassidim autour du Rabbi), le Rabbi Rachab ressentit que les jeunes ‘hassidim se pressèrent de chanter le ‘Nigun’ (‘la Mélodie ‘hassidique’) qui précède le discours du Rabbi, car ils étaient impatients d’écouter les Paroles sacrées du Rabbi Rachab, leur Maître.
Le Rabbi expliqua alors à ses jeunes élèves qu’il s’agissait bien là d’une erreur. S’imprégner profondément du discours du Rabbi implique de s’y préparer auparavant avec la plus grande attention.
Chanter en y mettant tout notre être, c’est-à-dire en investissant toutes nos forces, est aussi important que d’écouter ‘de tout notre cœur, de toute notre âme et de tout notre pouvoir’ le Discours du Rabbi. Un ‘Hassid doit être profond dans toutes les situations. ‘Vivre’ c’est être vraiment là ! Même lorsqu’il ne s’agit que d’une préparation.
Il est possible d’établir ici un lien avec une Si’ha que le Rabbi prononça lors de l’anniversaire du décès de son père, Rabbi Lévi-Itz’hak.
Le Rabbi rapporte un enseignement du Arizal selon lequel la valeur numérique du mot ‘Dimah’ (‘Larme’) est égale à 120, et le chiffre ‘120’ dans la Torah représente ‘une Vie entière’.
Or, le Rabbi nous fait remarquer que si l’on additionne les lettres du mot ‘Dimah’, on n’obtient seulement qu’un total de 119.
En fait, le Arizal compte le mot ‘Dimah’ en entier pour 1 de plus, ce qui fait donc un total de 120. ‘De fait, le calcul réclame que l’on compte en plus le mot en tant qu’ensemble, pour montrer qu’il y a un but plus haut qui donne du sens à tous les détails…Quand on essaie de comprendre le sens des larmes, on doit regarder le but plus large auquel elles servent’.
La faute commise par Adam et ‘Hava, lorsqu’ils désobeïrent à D.ieu en goûtant du fruit de l’Arbre de la Connaissance du bien et du mal, ‘amena la mort et les larmes dans le monde’. C’est pourquoi le Rabbi nous enseigne que le but des larmes est de ‘nettoyer la faute, pour amener l’homme au repentir complet’. Dès-lors, nous comprenons que c’est à ce ‘repentir complet’ que correspond le chiffre ‘1’ que l’on ajoute au total de 119, ainsi que nous l’enseigne le Rabbi : ‘Dimah’, ‘les Larmes’, sans le repentir sont un service incomplet, n’équivalent qu’à 119, Mais quand on ajoute le repentir cela devient complet-120.
Cet enseignement du Rabbi exprime l’importance des larmes du vrai repentir, car celles-ci ont le pouvoir d’éveiller le désir de D.ieu de nous délivrer. Les larmes de Téchouva amèneront finalement les larmes de joies de la Délivrance finale. C’est pourquoi le Rabbi rapporte également dans cette Si’ha, l’explication de Maïmonide dans ses ‘Lois du deuil’, selon laquelle le but du deuil et des larmes est le repentir. Le remord pour des fautes passées pousse l’homme au repentir complet dans ce monde. Ses fautes sont pardonnées, et plus encore, elles deviennent ‘comme des mérites’, ainsi que l’explique l’Admour Hazaken dans le livre du Tanya.
L’occasion nous est donnée ici d’approfondir cet enseignement du Rabbi, en établissant un lien entre le mot ‘Dimah-Larme’ et le mot ‘Nigun-Mélodie’. En effet, le compte de la valeur numérique du mot ‘Nigun’, ‘Mélodie’, est semblable à celui du mot ‘Dimah’, car Si l’on additionne les lettres du mot ‘Nigun’, on n’obtient un total de 119.
Ainsi ‘Nigun’, Chanter une mélodie ‘hassidique sans ressentir un sentiment profond est ‘un service incomplet’ et n’équivaut qu’à 119, mais quand on ajoute à la mélodie le sentiment cela devient complet-120.
Nous constatons donc que ce qui est vrai pour les ‘Larmes’ l’est également pour la ‘Mélodie’ car elles sont toutes deux une préparation à la Délivrance finale. A l’évidence, le Rabbi Rachab ne pouvait laisser passer une telle négligence de la part de ses élèves, lorsque ceux-ci ne prirent pas le temps de chanter la Mélodie ‘hassidique avec toutes les forces de leurs âmes. Le ‘Nigun’ doit exprimer le sentiment le plus profond, le désir le plus intérieur de chaque Juif, qui n’est autre que le dévoilement de D.ieu. C’est pour cela que l’on chante le ‘Nigun’ juste avant le discours du Rabbi, car le ‘Nigun’ fait allusion au don de nous-même durant l’exil, et le discours du Rabbi nous prépare et fait lui-même partie de la Torah ‘Hadacha qui sera devoilee très bientôt et de nos jours avec l’aide d’Hachem pendant les Temps messianiques symbolisés par le chiffre 120 : ‘une Vie entière’.