Texte et Audio : Dvar Mal’hout sur la Paracha de Vayéra  « L’Attachement au Rabbi »,   par le Rav Yaakov Abergel

Texte et Audio : Dvar Mal’hout sur la Paracha de Vayéra « L’Attachement au Rabbi », par le Rav Yaakov Abergel

(Pour la réussite spirituelle et matérielle de Shimchon Benhamou et de Chlomo Tordjman)

 

‘L’Eternel lui apparut dans les plaines de Mamré, alors qu’il était assis à l’entrée de la tente, dans la chaleur du jour’.

Selon l’explication de Rachi ‘la chaleur du jour’ signifie que ‘Le Saint béni soit-Il fit sortir le soleil de son enveloppe afin de ne pas le fatiguer avec des invités’, et le Rabbi souligne que ‘le soleil qui sort de son enveloppe’ évoque le dévoilement du Nom divin ‘Havayéh’ (le soleil), lequel ‘sort de son enveloppe’, c’est-à-dire qu’il n’est plus caché par le Nom divin ‘Elokim’ (son enveloppe).’Le soleil qui sort de son enveloppe’ est donc une allusion au dévoilement supérieur de l’Essence divine, laquelle est symbolisée par le nom ‘Havayeh’.

La Mitsvah de la Milah a en effet ceci de supérieur à toutes les autres Mitsvoth de la Torah, qu’elle attire la Sainteté, non seulement dans la matière du corps, mais également dans la matière de ce monde. En effet la promesse que fit Hachem à Avraham de lui donner, et de donner à tous les enfants d’Israël, la Terre d’Israël, dépend de la Mitsvah de la Milah.

Dans le Dvar Mal’hout de la Paracha ‘Le’h Lé’ha’, le Rabbi nous explique que nous ne possédons pas à présent la totalité de la Terre d’Israël, car nous ne possédons que sept des dix Terres qui constituent sa totalité (de manière profonde les sept Terres que nous avons reçues correspondent aux sept Midot : les sept attributs de l’émotion, et chaque Mida inclut en elle les sept Midoth, ce qui fait un total de 49).

Ce n’est que dans les Temps messianiques que nous recevrons les trois Terres de ‘Kini’, ‘Knizi’ et ‘Kadmoni’, lesquelles correspondent aux trois forces de ‘Habad : ‘Hohmah’, ‘Binah’ et ‘Daat’. Il y a d’ailleurs une allusion à ce dévoilement, qui aura lieu au moment de la Délivrance, dans notre Paracha (Vayéra, 18, 2) : Avraham ‘leva les yeux, il vit, et voici trois hommes qui se tenaient debout devant lui’, car le Rabbi nous enseigne que ces ‘trois hommes’ représentent en réalité l’Essence des 3 attributs divins de ‘Hokhmah’ ‘Binah’ et ‘Daat’.

Ces ‘trois hommes’ ne sont donc pas sans évoquer le don des trois Terres et le dévoilement des trois Mo’hin qui auront lieu pendant la Délivrance, et qui de ce fait ‘se tiennent devant nous’, les enfants d’Avraham, car ‘la chose est proche de nous dans notre bouche et dans notre cœur pour l’accomplir’, et dans les Temps messianiques L’Eternel dévoilera enfin aux enfants d’Israël, par l’intermédiaire du Machia’h, la ‘Cinquantième Porte de la Connaissance’.

Le lien qui existe entre le corps et la Terre d’Israël apparaît ici à l’évidence car l’acquisition de la totalité de la Terre d’Israël dépend directement du fait de nous préparer à la venue du Machia’h, c’est à dire de faire tout ce qui est en notre pouvoir pour sanctifier notre corps, d’abord par la circoncision ‘matérielle’, qui consiste à faire pénétrer l’Alliance avec D.ieu dans notre propre chair, mais aussi par la circoncision ‘spirituelle’ qui consiste à étudier l’Essence de la Torah, la ‘Hassidouth, afin de devenir un réceptacle pour recevoir le dévoilement des trois Terres de ‘Kini’ ‘Knizi’ et ‘Kadmoni’, qui correspondent, comme il vient d’être dit, à la ‘Cinquantième porte de la Connaissance’ : ‘Torah Hadacha’, la Torah du Machia’h.

La ‘Hassidout revient constamment sur le fait que la Volonté du Saint béni soit-Il, le but de Sa Création, est Son désir de résider dans ce monde matériel. Or, ce monde est le plus bas d’entre tous les mondes, et force est de constater que ‘c’est précisément sur cette Terre inférieure que se révèle Son Essence’.

Ce principe essentiel s’exprime tout particulièrement par l’exemple de Moché. Hachem le choisit pour être le Berger d’Israël car ‘il est le plus humble parmi tous les hommes de la Terre’. A l’exemple d’Avraham qui a déclaré de lui-même qu’il n’est que ‘poussière et cendre’, Moché est humble comme ‘la poussière de la Terre que tout le monde piétine et qui ne s’en plaint jamais’.

De manière profonde, la ‘Terre’ représente la soumission la plus totale vis-à-vis de L’Eternel. C’est parce qu’il est humble, qu’il mérite que D.ieu se révèle à lui : ‘L’Essence divine Se révèle précisément sur la Terre’. C’est à ce sujet que le Rabbi rapporte dans le Dvar Mal’hout la declaration du Roi Chlomo selon laquelle : ‘Les cieux et les cieux des cieux ne peuvent pas Te contenir, mais le Beït Ha Mikdache qui se trouve ici, dans ce monde inférieur, le peut’.

Dans le Dvar Mal’hout le Rabbi explique que lorsqu’un Juif lit dans la Torah : ‘L’Eternel lui apparut’, il doit comprendre que le mot ‘lui’ s’adresse à lui-même. Le mot ‘lui’ ne désigne pas une seule personne, il vient inclure l’ensemble des enfants d’Israël, lesquels reçoivent ‘une parcelle de divinité d’En-Haut’, le huitième jour qui succède à leur venue au monde, au moment de la circoncision. L’Alliance avec l’Eternel s’inscrit alors dans la profondeur de leur chair, comme un signe gravé dans l’âme et dans le cœur.

‘L’Eternel lui apparut’ représente le moment de la circoncision, pendant lequel l’âme divine pénètre profondément dans le corps de l’enfant. Peut-être est-il possible de dire ici sous la forme d’un ‘Hidouch qu’il est aussi fait allusion à cela dans le verset décrivant Avraham ‘alors qu’il était assis à l’entrée de la tente’ (Vayéra, 18, 1).

En effet, l’Admour Hazaken dans l’un de ses discours ‘Hassidiques a comparé l’âme à une tente, et cette image d’Avraham assis à l’entrée de la tente n’est donc pas sans évoquer ce moment unique pendant lequel l’âme s’asseoit dans le corps, c’est à dire le moment de la circoncision, de l’Alliance éternelle entre le Saint béni soit-Il et les enfants d’Israël, de l’Alliance entre l’âme et le corps.

A la lumière de ce qu’il vient d’être dit, le Rabbi raconte l’histoire du Rabbi Rachab (dont l’anniversaire est le 20 du mois de Mar-Hechvan), lorsque âgé de 4 ou 5 ans, il entra dans le bureau de son grand-père, le Tsémach Tsédek en pleurant et en se plaignant, disant : ‘L’Eternel est apparu à Avraham mais à nous il ne nous est pas apparu’.

Cette histoire nous enseigne l’importance de désirer nous-même au point d’en pleurer le dévoilement de D.ieu. L’exemple du Rabbi Rachab lorsqu’il est un enfant parle de lui-même.

Un des mots employés par le Rabbi dans l’histoire qu’il nous raconte attire tout particulièrement notre attention. Le Rabbi Rachab ne dit pas ‘LEternel ne m’est pas apparu’, mais il dit : ‘LEternel ne nous est pas apparu !’. Le Rabbi Rachab désire que L’Eternel apparaisse aux yeux de tous :’ne nous est pas apparu’, et non pas seulement à ses propres yeux.

Par ailleurs, le Rabbi souligne ici la qualité des jeunes enfants d’Israël. Leur attachement à D.ieu ne dépend pas des forces de leur intellect, ni même de leurs sentiments. Leur attachement à D.ieu découle de l’Essence de leur âme, du lien qui dépasse la raison et l’intellect.

Dans son ouvrage intitulé : ‘La Source’, le Rabbi Rachab nous enseigne que ‘l’intellect affaiblit la volonté’. Cette volonté inébranlable de faire le bien et de s’éloigner du mal, pour ne faire que la Volonté du Saint- béni-soit-Il. Cette volonté de voir avec nos yeux de chair le dévoilement de D.ieu, de Son Temple, de Sa Torah ‘Hadacha, et de Son Machia’h.

Un des points essentiels du Dvar Mal’hout sur notre Paracha, est que chaque Juif possède la capacité de dévoiler et de révéler dans nos actions, la partie la plus profonde son âme. Lorsqu’il nous enseigne ce sujet, le Rabbi déclare que ‘L’âme divine est une parcelle de divinité véritable, et lorsque l’on détient, ‘tofès, une partie de l’Essence, on la détient dans sa totalité. On détient véritablement l’Essence divine’.

Aussi, le mot ‘tofès’ (‘tfisa’ : ‘détention’) est lié à l’acquisition, au ‘kinian’, par lequel un homme devient propriétaire de la chose acquise. Ainsi, chaque Juif ‘tofès’ et acquiert, devient propriétaire de l’Essence divine de manière véritable’.

La circoncision matérielle sur notre chair est la première étape vers cette acquisition. ‘L’Eternel lui apparut’ au moment désigne la première apparition de l’âme divine dans le corps au moment de la Brith-Milah, puis par notre attachement à la partie profonde de la Torah, par notre attachement à tous les enseignements du Rabbi, nous parviendrons à la circoncision de notre cœur, à ‘aimer D.ieu de tout notre pouvoir’, et dans cas L’Eternel nous apparaîtra, et nous Le verrons avec nos yeux de chair, ainsi qu’il est dit : ‘De ma chair je verrais D.ieu ! ‘

Très bientôt et de nos jours, avec l’aide de D.ieu.

Dvar Mal’hout – Le livre : Chabbat Parachat Vayéra 18 Mar-‘Hechvan 5752

Dvar Mal’hout – Le livre : Chabbat Parachat Vayéra 18 Mar-‘Hechvan 5752

Nous sommes tous Avraham Avinou

La Paracha de la semaine nous donne un enseignement pour chaque juif dans toutes les époques et dans tous les endroits. Il y a un lien et un enseignement particulier avec le moment exact où est lu la section hebdomadaire de la Torah. Compte tenu que chaque élément de la Torah est extrêmement précis, nous découvrons qu’un enseignement est également enfouit dans la date du mois où l’on lit la Paracha.

À nous de trouver, de ce fait, l’enseignement particulier de la Paracha Vayéra, dans la date à laquelle est lu cette Paracha : le 18 Mar’hechvan, un jour à proximité du 20 Mar’hechvan, jour anniversaire du Rabbi Rachab.

Est-on concerné et impliqué par le sujet ?

Il est raconté à propos du Rabbi Rachab, que lorsqu’il était âgé de 4 ou 5 ans, il s’est présenté à son grand père le Tsema’h Tsedek en pleurant et se plaignant : « pourquoi D.ieu s’est dévoilé à Avraham Avinou et à nous Il ne se montre pas ? »

Son grand père lui répondit « lorsqu’un juif Tsadik, (un juste parfait), décide à l’âge de 99 ans d’accomplir sur son corps, le commandement de la circoncision, il mérite que D.ieu se dévoile à lui ».

Le message de cette histoire dans un regard superficiel, annonce le fait accomplit que D.ieu s’est dévoilé à Avraham Avinou :  « Et D.ieu s’est montré à lui » ; ceci n’est en rapport qu’avec certains justes en particulier, d’entre ceux qui décident qu’à l’âge de 99 ans il doivent faire leur circoncision, et non les gens simples, et même ne serait que simplement des justes (et de ce fait D.ieu ne s’est pas même dévoilé au Rabbi Rachab qui était déjà un Tsadik depuis son enfance)…

On peut donc s’étonner, car en quoi cela est-il lié avec nous ? Quel est l’enseignement que l’on tire du verset : « et D.ieu s’est montré à lui », pour nous qui ne sommes pas des Tsadikim, et bien sûr qui ne sommes pas de ces justes particuliers dont nous avons parlé.

Le sens du commandement de la circoncision

D.ieu s’est dévoilé à Avraham bien avant la Paracha Vaéra dans laquelle : « et D.ieu s’est montré à lui », ceci car il se trouvait auparavant avant l’accomplissement du commandement de la circoncision.

Si la différence est grande, elle le sera dans deux détails : tout d’abord, d’un certain point, le dévoilement Divin le plus élevé, le nom Avayé dans sa totalité, ne s’est dévoilé à Avraham qu’après la circoncision.

Dans une autre vision des choses, ce dévoilement précédant pénétrait le corps d’Avraham à un tel degré qu’il tombait physiquement lorsque D.ieu se dévoilait à lui.

Ce qui est également en allusion dans le verset : « et il est assit à la porte de la tente dans la chaleur du jour », la définition de « la chaleur du jour » représente un dévoilement Divin extrêmement élevé, fort et puissant , et malgré cela, le dévoilement à été perçu et reçu chez lui dans une situation de : « et il est assis ».

Tout ceci s’enchaîne comme une résultante de l’accomplissement du commandement de la circoncision, car dans le commandement de la circoncision, il y a exactement les mêmes degrés d’élévation : d’un coté, elle est au dessus de toute la Torah (sur toute la Torah, D.ieu a conclu avec le peuple d’Israël trois alliances, alors qu’avec la circoncision a été conclu 13 alliances) ; et d’un autre coté, elle est un commandement unique qui pénètre dans le corps matériel du juif, elle est le seul commandement qui dévoile une alliance éternelle avec le Créateur qui est au dessus de l’intellect dans la chair physique.

Rajoutons une autre élévation dans le commandement de la circoncision : le fait qu’elle sanctifie, en plus du corps du juif, le monde également, car c’est uniquement par le mérite du commandement de la circoncision que D.ieu a promis à Avraham qu’il recevra la terre, et uniquement par le mérite de la circoncision qu’est transmis la force au juif de sanctifier la « terre de Canaan » matérielle, et de la transformer en « terre d’Israël », la terre de D.ieu.

Les deux degrés d’élévation de la circoncision (1, un niveau extrêmement élevé et 2, elle se continue ici bas dans le corps et dans le monde) dépendent l’un de l’autre, car justement par le fait d’une descente plus basse encore, nous parvenons à des niveaux plus élevés.

Nous savons en définitive, que le but de la création est dans l’accomplissement d’une maison ici bas pour le Créateur, et c’est dans ce monde ci précisément que se dévoile l’essence du Créateur et non dans les mondes supérieurs.

De ce fait particulièrement, par le biais de la descente ici bas, il nous est donné de parvenir au degré unique de l’essence de D.ieu.

Ainsi fut-il dit également pour le Temple, « les cieux et les cieux des cieux ne sauront pas Te contenir mais uniquement cette maison là », les mondes supérieurs ne peuvent contenir l’essence du Créateur mais justement dans le Temple, dans ce monde ci, là bas, Il se dévoile.

En général, nous savons que justement, dans ce monde ci au sein du « Yech haNivra» (la sensation) de l’existence créée,  se dévoile l’essence du Créateur, le « Yech haAmiti », l’existence véritable.

Non pas pour une Élite uniquement

Nous comprenons alors, que le dévoilement qui se continue dans l’intériorité du corps, par le biais du commandement de la circoncision, se trouve chez chaque juif.

Car l’accomplissement de la circoncision est liée à chaque juif, tel qu’il est dit : « et tu garderas mon alliance, toi et ta descendance après toi, dans toutes les générations », à un point tel que même les femmes et les juifs qui n’ont pas accomplit sur eux même le commandement de la circoncision sont considérés par la loi juive comme « étant circoncis ».

De ce fait, apparaît un dévoilement intrinsèque à chaque juif ; l’âme divine, qui pénètre dans le corps par le biais du commandement de la circoncision.

L’âme divine est extrêmement élevée, puisqu’elle est « une part de D.ieu », et lorsque tu te saisis « d’une part » de l’essence, tu te saisis de toute l’essence. De ce fait, l’essence du Divin se trouve chez chaque juif et dans sa possession.

Et « une part du divin » pénètre dans le corps de chacun et le vivifie de l’intérieur. Ce faisant, le corps de chaque juif est considéré comme un corps saint.

L’expression du divin dans un jeune âge

L’âme divine et le dévoilement divin exprimés dans ce commandement se dévoilent concrètement dans tous les détails de la vie de l’homme également durant la période de sa jeunesse.

En voici un bon nombre d’exemples : la connaissance du divin : les enfants savent également qu’il y a un D.ieu, et atteignent une élévation particulière dans leurs prières envers D.ieu car étant donné qu’ils ne comprennent pas les degrés du divin, leurs prières s’adresse au Créateur lui même.
Ce fait est également souligné dans la nourriture et la boisson, car on éduque même les enfants à réciter le Birkat Amazone (actions de grâces après le repas) et ils savent exactement qui ils bénissent.

Ainsi, à titre d’exemple il est raconté que lorsque Abbayé et Rabba étaient enfants, alors qu’ils se trouvaient ensemble, on leur a posé la question : « à qui adresse t-on les bénédictions ? » ils ont répondu : « au Saint bénit soit-il ». Et lorsqu’on leur a demandé « et où se trouve t-Il ? », Rabba à pointé du doigt en direction du plafond et Abbayé est sortit dehors et a pointé son doigt vers le ciel.

La chose est ressentie jusque dans les objets matériels de la maison : par la fixation d’une Mézouza dans chacune des pièces de la maison, par lesquelles on reconnaît que toute la maison appartient à D.ieu. Ainsi en est-il également pour le ‘Houmach, la boite de Tsedaka etc… qui se trouvent dans la maison, et qui transforment la maison en ce qui est un peu du Temple de Jérusalem, (la Mézouza est chérie en particulier par les petits enfants que l’on habitue à embrasser).

Puis la sainteté de la maison se repend également à l’extérieur, c’est pour cela que la Mézouza se trouve à proximité de l’extérieur, car lorsque l’homme sort à l’extérieur, il est pénétré de la nature sainte de la Mézouza et transmet ceci dans le monde, faisant du monde une maison pour le Créateur.

Pourquoi ne voit-on pas ?

Désormais nous pouvons comprendre la raison pour laquelle le Rabbi Rachab pleurait en se plaignant : « pourquoi D.ieu s’est dévoilé à Avraham Avinou et à nous, Il ne se montre pas ? », par ce même dévoilement divin qui fut appréhendé par Avraham par le biais du commandement de la circoncision, dans l’aspect de : « D.ieu s’est montré à lui », se trouve chez chaque juif, et cette situation transmet son influence jusque dans sa vie quotidienne et dans chaque détail (comme il est dit plus haut).

La question devient ensuite : « jusqu’à quel point il voit la chose ? ».

Avraham Avinou a eut le mérite de voir l’expression de la présence divine sur lui, et sur ce fait, le Rabbi Rachab a pleuré : « pourquoi n’avons nous pas le mérite de voir cela ? ». La réponse lui fut transmise « même si toutefois Avraham Avinou était plus élevé que nous, il est « Avraham Avinou » et toutes ses actions sont transmises en héritage à ses enfants, à chaque juif  !

Et de ce fait, si dans la manière dont D.ieu s’est dévoilé à lui, nous devons voir le dévoilement du niveau de « et D.ieu s’est dévoilé à lui » se rapportant à chaque juif  !

le Tsema’h Tsedek à répondu, lorsqu’un juif qui est aussi un juste, âgé de 99 ans décide de se circoncire, il mérite que D.ieu se dévoile à lui, car pour voir le dévoilement, il faut le mériter par un travail concret (et dans ce point, le mérite des pères ne suffit pas).

Notre rôle

Désormais on peut comprendre l’enseignement de « Il, (D.ieu) s’est montré à lui, », à nous, à chaque juif. Lorsqu’un juif lit dans la Torah « Et D.ieu s’est montré à lui », il doit savoir que l’essentiel de l’intention est : « à lui », (c’est pourquoi il n’est pas spécifiquement dit que D.ieu s’est montré à Avraham) étant donné qu’il (chaque juif) est le fils d’Avraham Avinou, et qu’il rentre dans son alliance, on comprend alors que D.ieu se dévoile également à lui.

Une telle conscience réveille de manière naturelle le désir et la volonté de voir ce dévoilement là, ainsi que nous l’avons appris à propos du Rabbi Rachab, lorsque même les petits enfants doivent avoir le désir de voir le dévoilement de D.ieu jusqu’à en pleurer.

De ce fait, il fera, c’est certain, tout ce qui est en son pouvoir pour arriver à cela, par le travail de la circoncision spirituelle : Il doit prendre soin que son corps, que ces 248 membres et 365 ligaments soient emplis de toutes les actions qu’il accomplit de manière à sanctifier sa part dans le monde et de la transformer « en terre d’Israël ».
Ce travail là lui permettra d’être apte au dévoilement « Il (D.ieu) s’est montré à lui, », dans lui et dans le monde entier.

18 Mar’hechvan

C’est également le sens de la date dans laquelle nous lisons la Parachat Vayéra. Le chiffre 18 symbolise l’âme divine, une part de D.ieu qui se continue pour vivifier le corps, et le 18 Mar’hechvan, le premier mois où l’on commence à s’occuper du monde, après le mois de Tichri qui est dans son ensemble rempli de fêtes, dévoile que la vitalité de l’âme se continue également dans le monde et dans le travail exécuté dans le monde, cette vitalité donne également la possibilité de sanctifier le monde.

La lecture de la Parachat Vayéra le jour du 18 Mar’hechvan signifie également que le niveau de « D.ieu s’est montré à lui » (dans le mérite de la circoncision) pénètre l’âme et vivifie le corps (18), et influence également son travail dans le monde (Mar’hechvan).

Ensuite nous arrivons au 20 Mar’hechvan, le ‘Haf est le commencement du mot Keter, et le mot 20, « Essrim », (la valeur numérique de la lettre ‘Haf), est aussi dans la valeur numérique de Keter (620), ceci démontre bien que même le dévoilement du 20 de par lui même, se continue et pénètre dans le mois des jours profanes, Mar’hechvan.

La vision du dévoilement dans la délivrance

Dans la délivrance complète, nous aurons le mérite que chacun verra la gloire de D.ieu, comme le dit l’enseignement : « et tes yeux verrons ton Maître », alors s’accomplira « et D.ieu s’est montré à lui » de manière complète.

Et plus encore, le monde entier verra la gloire de D.ieu comme il est dit « et se dévoilera la gloire de D.ieu et toute chair verra », la chair elle même, la créature elle même, verra la gloire de D.ieu, et ceci est le sens du 18 Mar’hechvan, et également du 20 Mar’hechvan (dont le sens est le dévoiement du Keter Mal’hout) est rattaché à la délivrance comme il est dit, D.ieu gouvernera (dans la délivrance) pour l’éternité.

Et comme « D.ieu s’est montré à lui » existe pour chacun, ainsi la délivrance également existe chez chacun. Chacun d’entre les enfants d’Israël possède une étincelle de l’âme du Machia’h.

Qui est l’essence de son âme, laquelle se trouve plus encore de manière dévoilée chez les petits enfants (de ce fait, à leur sujet, il est dit : « ne touchez pas à mes Méchi’hay, à ceux qui sont oint »), et les sages nous ont dit qu’il s’agit des enfants de la maison de leur maître. Par le fait que le juif accomplit sa mission, qui est de dévoiler l’étincelle de Machia’h, en lui et dans le monde entier, il dévoile le Machia’h général, notre juste Machia’h et la délivrance pour le monde entier.

Ceci est l’enseignement essentiel de la Parachat Vayéra : chaque juif doit désirer, et faire tout ce qui est en son pouvoir afin d’amener la délivrance, par le biais d’actions compatibles avec le temps de la délivrance.

Tom’hei Tmimim

Dans les dernières générations, s’est rajoutée une élévation particulière dans la continuité du dévoilement divin « D.ieu s’est montré à lui », dès la naissance du Rabbi Rachab, le 20 Mar’hechvan Kitra (dans l’année 5721) :

Déjà dans son enfance, comme nous l’avons raconté, et précisément dès le moment où il a été nommé prince de sa génération, le Rabbi Rachab tout particulièrement, a fait de son mieux pour que le degré de « D.ieu s’est montré à Avraham » soit accessible à tous les juifs.

La chose apparaît d’autant plus clairement établi par la fondation de la Yéchiva de Tom’hei Tmimim, dont le but est qu’ils étudient là bas également la ‘hassidout, les sujets divins, de manière organisée, à la façon dont on étudie les sujets du Talmud. C’est de cette manière que s’accomplira un peu du sujet de « D.ieu s’est montré à lui », qu’il soit enfin donné de percevoir clairement les sujets divins.

Ceci est également une préparation à la délivrance, car alors ils étudieront de manière parfaite l’intériorité de la Torah, alors tous connaîtront D.ieu, et pas seulement par l’intellect mais également réellement par la vision.

Et ceci était le but clairement exprimé devant les élèves des Yéchivot Tom’hei Tmimim, d’être « des soldats de la maison de David », combattre contre ceux qui ont « aggravé le retard de ton Machia’h » jusqu’à la victoire complète par la venue et le dévoilement du Machia’h.

En particulier maintenant

Tout ceci est souligné en particulier dans notre génération, car après 3 générations depuis le Rabbi Rachab, s’achève le travail des « soldats de la maison de David » afin d’amener le Machia’h, ainsi que le Rabbi Rayats nous l’a dit, nous avons déjà terminé le travail à réaliser et nous sommes prêts pour recevoir Machia’h. Ceci spécifiquement après 40 ans de plus des actions des soldats de la maison de David.

Dans notre génération, dans l’année du Tsadik (la valeur numérique du mot Tsadik est 90 par rapport au 90ème anniversaire du Rabbi Mhm) après le psaume 89 des Téhilim qui est lié à la victoire des soldats de la maison de David, et le psaume 90 se termine par le mot « Konénéou, soit établi » qui et lié au temple de Jérusalem, sur cela, il est dit : « le Temple de D.ieu soit établi par Tes mains ».

Cette année, nous sommes dans l’année 5752, dont les initiales hébraïques forment la phrase « que ce soit une année de merveilles en toute chose », des merveilles sont attachées à la délivrance sur laquelle il est dit « montre nous des merveilles » et la nouvelle Torah afin qu’elle soit elle aussi merveilleuse.

Et « dans tout », désigne le bien complet qu’il y aura dans la délivrance, comme nos sages de mémoire bénie étudient la lettre « Bakol, en tout », degré qui s’est accomplit chez les Patriarches, auxquels D.ieu a fait goûter un peu du monde futur.

Dans l’année 5752, nous nous trouvons déjà dans la Paracha Vayéra, jour du 18 Mar’hechvan qui démontre, comme on l’a dit auparavant, le dévoilement divin pour chaque juif et pour le monde entier.

Nous nous trouvons également dans les trois jours entre le Kaf, (20), le Keter qui représente le dévoilement de D.ieu dans le monde. Étant donné que le mois de ‘Hechvan entame les mois des jours profanes, son Keter (sa couronne) qui est en lui est également lié aux mois à venir : Keter du mois de Kislev qui se termine par ‘Hanouka, l’inauguration de l’autel et du temple, et le dévoilement de l’intériorité de la Torah, « l’huile de la Torah ».

Le Keter de Tevet, le mois dans lequel selon la ‘hassidout, D.ieu jouit du corps des enfants d’Israël. Le Keter du mois de Chvat, dont le 10ème jour est celui de la Hiloula (jour de l’élévation de l’âme du Rabbi Rayats). Enfin, le Keter des mois à venir, jusqu’à ce qu’on termine l’année du Tsadik (90) relié avec la construction du temple, par le roi Machia’h, immédiatement !

Puisque s’est déjà accomplit « ils ont demandé l’Éternel leur D.ieu et David leur serviteur, amen ».

Recevoir la face du Machia’h

Un autre point essentiel : en plus de l’étincelle de Machia’h qui se trouve en chaque juif, il y a également le Machia’h au sens simple, et s’il ne se mêlait pas à la chose de nombreux retard, il serait déjà venu concrètement. Car nous sommes dores et déjà après le témoignage du Rabbi Rayats, qui atteste que nous avons achevé le travail nécessaire, se sont annulées toutes les perturbations, il y a déjà déjà l’existence et le dévoilement du Machia’h, et nous devons désormais recevoir sa face.

Dans la manière de la Paracha, il ne reste plus qu’à recevoir le dévoilement de « D.ieu s’est montré à lui », au juif et concrètement dans le monde.

De ceci nous comprenons, que toutes les actions que l’on accomplit sont désormais pénétrées du sujet du Machia’h et de la délivrance ; un juif qui mange et qui boit se languit du repas du Léviatan et du Chor Abar, et argumente envers D.ieu qu’il ne peut pas réellement dire son Birkat Amazone (les bénédictions après le repas) car il est encore affamé du repas de la délivrance, et le Saint bénit soit-Il accède à sa demande dans le repas de ce Chabat, Parachat Vayéra.

L’essentiel est que tout ceci s’accomplisse concrètement, et chacun pourra pointer du doigt et dire « voici le Roi Machia’h, et voici le Rabbi Rayats, « et voilà notre D.ieu… c’est D.ieu dans lequel nous avons espérés, et nous serons remplis de joie de par sa sauvegarde ! » dans la joie de la délivrance complète car alors nous pourrons dire la bénédiction « qui nous a donné la vie, maintenus en vie et nous à permis d’atteindre le moment présent !» entier.

Paracha Ki Tavo  ‘La Volonté est dans les champs’  par le Rav Yaakov Abergel

Paracha Ki Tavo ‘La Volonté est dans les champs’ par le Rav Yaakov Abergel

Le Tsémach Tsédèk rapporte dans le Or ha Torah sur la Paracha Ki Tavo un enseignement de la Guémara Sotah (46) dans lequel les Sages de la Torah comparent les Mitsvoth à des fruits.

 

Autour de cette idée, le Tsémach Tsédek explique que de même que la terre possède en elle-même la force de faire pousser des arbres et des fruits à l’infini, chaque Juif est capable de faire don de lui-même au-delà de toutes les limites pour sanctifier le Nom de D.ieu.

Dans le Hayom-Yom du 18 Elloul, qui est le jour de l’anniversaire du Baal Chem Tov et de l’Admour Hazaken, le Rabbi rapporte à son tour une explication du Baal Chem Tov sur le premier verset de la Paracha Ki Tavo (26, 1), qui s’accorde parfaitement à cet enseignement du Tsémach Tsédek:

 ‘Et ce sera quand tu arriveras sur la Terre (le Pays) que l’Eternel ton D.ieu te donne en héritage, que tu en prendras possession et que tu t’y installeras’

En effet,  le Baal Chem Tov explique que la ‘Terre’(Erets) est de la même étymologie que ‘Méroutsa’ (Empressement) et ‘Ratson’ (Volonté). Dans ce cas,‘arriver sur la Terre que l’Eternel ton D.ieu te donne en héritage’, signifie qu’un Juif parvient, grâce à ses efforts et à son travail, à recevoir comme don de D.ieu, la Volonté.

De fait, la Volonté est un don d’en-haut, et celui qui ressent en lui-même le profond désir de s’attacher à D.ieu et d’accomplir Ses Commandements, dans la plus grande soumission et le plus grand amour, peut estimer que cette Volonté qui l’anime n’est autre qu‘un don qu’il a reçu de l’Eternel.

Ainsi, le Rabbi explique dans le Hayom-Yom au nom du Baal Chem Tov, que lorsque l’on a mérité d’être animé par une telle Volonté, on doit alors ‘prendre possession et s’installer sur cette Terre que l’on a reçu en héritage’, c’est-à-dire ‘que l’on doit intérioriser ce que l’on a obtenu, en le faisant descendre ici-bas de façon définitive.

Cette explication mérite toute notre attention. Le Rabbi souligne ici l’importance ‘d’intérioriser ce que l’on a obtenu’, c’est-à-dire que nous devons faire tout ce qui est en notre pouvoir pour faire de nous même des réceptacles capables de recevoir des dévoilements divins supérieurs.

 ’Intérioriser la Volonté’ signifie dans ce cas que nous devons nous préparer pour recevoir cette force, afin que celle-ci ne soit plus comme ‘ajoutée’ à nous-même, mais qu’elle fusionne véritablement avec notre personnalité, notre intellect et nos sentiments.

Cette idée qui revient sans cesse, tout au long de l’année dans le Dvar Mal’hout et les discours ‘hassidiques du Rabbi, consiste à recevoir et à intégrer dans les limites que nous impose le corps une lumière qui dépasse totalement les limites.

Ainsi, la ‘Terre’ que nous devons atteindre, n’est autre que la Volonté de servir D.ieu et de faire tout ce qui est en notre pouvoir pour provoquer la venue de notre Juste Machia’h.

A ce sujet, il ressort de l’enseignement du Tsémach Tsédèk qui est rapporté dans le Or ha Torah sur la Paracha Ki Tavo qu’il y a deux sortes de ‘Volonté’, deux niveaux de la ‘Terre’.

Le Tsémach Tsédek explique qu’un Juif doit tout d’abord ‘arriver sur la Terre’, c’est-à-dire qu’il doit avant tout dévoiler la Volonté que l’on acquiert par ses propres efforts. C’est le premier niveau de la Volonté, la Volonté ‘inférieure’ qui naît de notre propre réflexion et au moyen des forces de notre intellect et de nos sentiments. Cette Volonté se dévoile au moment de la récitation de la prière du Chéma, après avoir médité à la grandeur du Saint béni soit-Il, en récitant les louanges de ‘Psoukeï de Zimra’.

Or, c’est précisément cette ’Volonté inférieure’ qui constitue le réceptacle et l’étape nécessaire pour entrer sur la ‘Terre supérieure’, c’est-à-dire pour accéder au niveau de la ‘Volonté supérieure’ que l’on reçoit de D.ieu, ainsi qu’il est dit:  ‘La Terre que l’Eternel ton D.ieu te donne en héritage’.

C’est ici le point essentiel qui est au centre de cet enseignement. ‘La Terre supérieure’ est un don de l’Eternel aux enfants d’Israël, et elle représente ‘la Volonté simple (Ratson ha pachout) que possède chaque Juif. Cette Volonté qui est au-delà de l’intellect, consiste à faire don de soi-même aux moments où l’on dit ‘E’had’, et ‘Tu aimeras l’Eternel ton D.ieu de tout ton pouvoir’ (prière du Chéma).

De fait, cette ‘Terre’ qui est l’objet de notre désir le plus profond, est l’expression de notre amour pour D.ieu de ‘tout notre pouvoir’. La ‘Terre supérieure’ est l’expression du lien le plus profond qui unit l’Essence de l’âme d’un Juif à l’Essence divine.

Dès-lors, à la lumière de ce qu’il vient d’être dit, nous comprenons à présent l’enseignement du Rabbi selon lequel ‘faire tout ce qui est notre pouvoir pour provoquer la venue de notre Juste Machia’h’, signifie que l’on doit tout d’abord aimer l’Eternel au moyen de nos propres forces et en repoussant continuellement nos propres limites. Nous mériterons alors que l’Eternel nous élèvera et nous permettra de devenir un réceptacle capable de recevoir en cadeau l’amour de D.ieu ‘de tout notre pouvoir’, le niveau de la Terre et de la Volonté supérieures, qui n’est autre que le dévoilement de l’Essence divine dans nos pensées, nos paroles et nos actes.

A l’évidence c’est par notre attachement au Rabbi que nous parvenons à ce dévoilement. C’est par notre attachement à ses enseignements que nous aurons le mérite de recevoir en cadeau la ‘Terre supérieure’, dans notre coeur, et de manière concrète, avec la révélation du Machia’h, et du troisième Temple à Jérusalem, très bientôt et de nos jours, avec l’aide de D.ieu.

Choftim : Encourager son prochain à intégrer la Divinité dans sa vie quotidienne

Choftim : Encourager son prochain à intégrer la Divinité dans sa vie quotidienne

 

  1. Moché donne l’instruction de nommer des juges et des officiers de police dans chaque ville (chaque portail). La justice doit s’accomplir rigoureusement.
  2. Dans chaque génération, des hommes seront chargés d’enseigner la loi. Il faudra les écouter scrupuleusement.
  3. La Paracha comprend également l’interdiction de pratiquer l’idolâtrie et la sorcellerie, les lois de nomination du roi, l’obligation de construire des villes de refuge.
  4. Sont précisées les lois régissant la guerre.
  5. La Paracha se conclut par la loi concernant la découverte, dans un champ, d’un assassinat dont on ignore l’auteur et la responsabilité de la communauté dans ce cas.

Le jugement et son application

Depuis sa création, l’homme a ressenti le besoin de chercher la vérité. Cependant, il doit en même temps faire face aux limites de sa propre subjectivité et avoir la conscience que les perspectives qu’il découvre sont donc sujettes à ces limites.

En donnant la Torah, D.ieu fournit à l’humanité un standard de vérité absolue. Contrairement à notre point de vue subjectif, la Torah nous offre des valeurs et des directives objectives, valables dans toutes les situations, dans tous les lieux et à toutes les époques.

Quelle est la responsabilité humaine ? Juger. Se soumettre, lui et son environnement à un examen précis pour déterminer quelle est la conduite prescrite par la Torah. Ensuite, agir en fonction de ce jugement et entreprendre de modifier sa vie et son environnement. De cette manière, il s’élève et élève son environnement dans une connexion avec D.ieu qui transcende la conception humaine du bien.

Aux portes de la ville

Ces concepts se reflètent dans le nom de la Paracha de cette semaine, Choftim, « juges » et son verset d’introduction : « Nomme des juges et des officiers à tes portes ».

Mettre des juges aux portes d’une ville implique le désir que chaque élément de son fonctionnement soit conforme aux valeurs de la loi de la Torah. Les juges transmettront les édits de la Torah et les officiers veilleront à leur application.

C’est dans cet esprit que le Rambam (Maïmonide) utilise ce verset comme une preuve littérale du commandement de nommer des juges et une police dans chaque ville d’Erets Israël. Dans un sens plus large, ce verset sert également de leçon pour enseigner que chaque personne doit agir comme un juge et comme un policier dans son propre foyer, veillant à ce qu’il soit conduit selon les normes de la Torah.
Ce concept est approfondi par une interprétation de « tes portes » comme se référant aux organes sensoriels du corps : les yeux, la peau, le nez et la bouche. Ils servent de « portes » par lesquelles nous nous informons de notre environnement. Nous sommes enjoints de « nommer des juges » à ces portes de sorte que notre perception physique soit imprégnée des directives de la Torah.

De plus, la Torah utilise la deuxième personne du singulier dans l’expression « tes portes » pour signifier que ces efforts sont la responsabilité de chaque individu. Chaque personne est une ville en microcosme et doit « nommer des juges et des officiers » pour contrôler ses interactions avec le monde en général.

Le besoin de renforcement

Les juges, au sein de notre communauté et également dans notre propre personnalité ne peuvent se contenter d’un regard intérieur. Bien au contraire, nos Sages statuent qu’un juge doit « entourer son giron de bandes de fer, lever ses robes au-dessus de ses genoux et traverser les villes les unes après les autres… pour donner son enseignement au Peuple juif ».

Néanmoins, ce rayonnement comporte un inconvénient intrinsèque. Quelle est l’autorité du juge ? Les valeurs objectives dictées par la Torah. Et puisque la Torah est fondamentalement au-dessus de l’intellect humain limité, les hommes peuvent éprouver des difficultés à se lier aux directives du juge. Quand bien même ils en reconnaissant la vérité et admettent qu’ils devraient leur obéir, il se peut qu’il y ait un fossé entre cette prise de conscience et leur propre compréhension. Et cela peut empêcher l’application des directives.

Deux possibilités permettent de résoudre cette difficulté. La première est mentionnée dans le verset cité : désigner des officiers qui obligeront à exécuter les décrets des juges.

Cependant, cette approche présente une faiblesse. Car bien qu’obliger à respecter les valeurs de la Torah assure une conduite juste dans le monde en général, celui qui est astreint à le faire ne se raffine pas. Il ne s’y conforme que de manière superficielle.

Intérioriser la moralité

Une approche plus absolue est suggérée par un verset de Yichayahou (Isaïe) décrivant l’Ere de la Rédemption : « Et je ferai revenir vos juges comme dans les périodes antérieures et vos conseillers comme au commencement ». Cela implique que les valeurs édictées par les juges soient renforcées par des « conseillers ».

Un conseiller ne promulgue pas d’édits. Mais, comme son nom l’implique, il offre des suggestions constructives. Il est plus ou moins au même niveau que la personne qu’il conseille et lui parle comme un bon ami avec lequel il partage beaucoup de choses. Celui qui l’écoute se sent en confiance devant ses conseils et les accepte, non aveuglément, mais en comprenant qu’ils lui sont bénéfiques.

Ainsi, quand ces « conseillers » partagent et expliquent les lois promulguées par les juges, ces édits de la Torah ne changent pas seulement la conduite de la personne mais également son caractère.

L’esprit prophétique

La différence entre ces deux sortes d’observance : celle qui est coercitive et celle qui est comprise et consentie, peuvent s’illustrer en comparant la fonction d’un juge et celle d’un prophète, sujet également mentionné dans la Paracha.

Le Rambam propose deux fonctions du prophète : Enjoindre au peuple d’observer la Torah et ses Mitsvot, comme le proclame le prophète Mala’hi : « Rappelle-toi de la Torah de Moché, Mon serviteur ».

Donner des conseils concernant la conduite dans les aspects matériels. « D.ieu nous a donné des prophètes à la place d’astrologues, de sorciers et de devins pour que nous puissions les interroger sur des sujets d’ordre général et précis ».

En ce qui concerne l’implantation de la loi de la Torah, le Rambam poursuit : Le Saint béni soit-Il ne nous a pas permis d’apprendre des prophètes mais plutôt des Sages… Il n’est pas dit : « Et tu iras auprès du prophète de l’époque » mais plutôt : « et tu te rendras auprès… du juge de l’époque ».

Nous voyons donc un modèle qui ressemble à ce qui a été décrit plus haut : les Sages et les juges enseignent les édits de la loi de la Torah, prescrivant des modes de conduite. Et les prophètes apportent la parole de D.ieu à un niveau plus proche de l’expérience ordinaire des hommes, les encourageant à intégrer la Divinité dans leur vie quotidienne.

Un fondement de la foi fondamental

Pour insister sur l’importance de la prophétie, le Rambam statue : « L’un des fondements de (notre) foi est de savoir que D.ieu envoie Ses prophéties par l’intermédiaire d’hommes ».

Puisqu’il s’agit d’un « fondement de la foi », nous pouvons en conclure qu’il s’applique en tout temps. Nos Sages déclarent : « Depuis que les derniers prophètes, ‘Hagaï, Za’haria et Mala’hi, sont morts, l’esprit de prophétie a quitté Israël ». Néanmoins, le mot « morts » ne signifie pas qu’il a été totalement aboli. L’esprit de prophétie ne s’est pas interrompu mais il s’est plutôt élevé à un niveau supérieur.

Le message de nos juges et de nos prophètes

Tout ce que nous venons d’évoquer ne constitue pas un récit historique mais des idées particulièrement adéquates dans le temps présent. En avant-goût de l’accomplissement de la prophétie : « Et Je ferai revenir vos juges comme dans les temps anciens, et vos conseillers comme au commencement », dans la période précédant la venue de Machia’h, nous avons été pourvus de juges et de prophètes pour nous guider. Et bien souvent, ces qualités se trouvent personnifiées dans des individus particuliers comme les Rabbis.

Tout comme les juges, ces dirigeants nous ont donné des directives pour aujourd’hui. Et tout comme les conseillers, ils nous ont indiqué de quelle manière anticiper la Rédemption, dans notre vie et préparer un environnement qui permet de disséminer cet esprit de par le monde.