Au sujet ses Parachiot Vayakhel et Pékoudeï le Rabbi nous enseigne que lorsque l’on médite au fait que Moché rassemble tout le Peuple pour lui donner (de manière générale) l’ordre de construire le Michkan (Vayakhel) on ressentira avant tout ‘qu’il n’y a rien d’autre en dehors de D.ieu’ et que toute notre existence n’a pas d’autre but que celui de Lui construire une demeure, ainsi qu’il est dit : ‘Et vous Me ferez un Sanctuaire’.
A l’opposé, si l’on commence par méditer à tous les éléments et à tous les détails qui composent le Michkan (Pékoudeï), alors on ressentira avant tout la réalité de ce monde, son importance et son contenu profond, et notre travail consistera alors à ce que cette réalité soit ’employée’ pour la construction du Michkan.

Le Rabbi rapporte la Michnah à la fin du Traité Kidouchin dans laquelle il est écrit : ‘J’ai été créé pour servir mon Créateur’, et dans une autre Guirsa du Talmud Babli, il est écrit : ‘Je n’ai été créé que pour servir mon Créateur’.
Le Rabbi explique la différence de sens de ces deux versets de la manière suivante : lorsqu’il est dit ‘J’ai été créé pour servir mon Créateur’ l’accent est mis sur notre propre existence (J’ai : Ani), ainsi qu’il vient d’être dit au sujet de la Paracha Pékoudeï), et quand il est écrit ‘Je n’ai été créé que pour servir mon Créateur’ l’accent est d’abord mis sur l’Existence d’Hachem avant même qu’il ne soit question de notre propre existence et de notre devoir de construire un Michkan, ainsi qu’il a été dit au sujet de la Paracha Vayakel.

Aussi, le Rabbi nous enseigne que notre service divin qui correspond au contenu profond de la Paracha Pékoudeï consiste à attirer (Hamcha’ha) le Divin dans ce monde matériel, dans tous les éléments qui le composent ; à l’exemple des Commandements divins que l’on accomplit au moyen d’objets matériels qui tirent leur vitalité de Klipat Noga, et que l’on sanctifie par le fait de réaliser la Volonté Supérieure du Saint béni soit-Il.
Le travail de Pékoudeï met donc l’accent sur le fait d’agir dans le monde et dans tous ses détails et de dévoiler un niveau du Divin qui est lié avec le monde.
A l’opposé, le Rabbi décrit le travail de ‘Vayakhel’ comme un travail d’élévation : ‘élever tous les sujets de ce monde en y dévoilant le niveau du Divin qui est au-delà du monde’.
De fait, le Rabbi souligne que chaque Juif a la possibilité de s’élever et d’élever le monde au-delà de leurs limites au point de s’unir à l’Essence divine.

Dans les notes ajoutées au chapitre 20 de ‘Iniana chel Torat Ha ‘Hassidout’ (traduction de Chlomoh Brodowicz) le Rabbi nous enseigne que seule ‘L’Essence divine détient le pouvoir de créer un être physique. Cependant, l’effusion de ce pouvoir essentiel en un être indépendant ne se réalise qu’à travers la Lumière. La Lumière étant l’intermédiaire entre l’Existence ‘Vraie’ (Divine) et l’existence créée.

Ainsi, par l’entremise de la Lumière, le pouvoir de l’Essence peut porter à l’existence un objet à partir du véritable néant (Maamar Ye’hayénou, 5694, chapitre 14. Sefer Ha Maamarim 5711, page 39. Voir également Igguéreth Ha Kodech, 20). De façon similaire, dans le service de D.ieu, bien que la manifestation de l’Essence se produise à travers l’observance active des Mitsvoth, il demeure que l’effusion de l’Essence dans les actes accomplis est tributaire des ressources intérieures humaines (intellectuelles et émotionnelles). C’est pour cette raison que l’amour et la crainte sont appelés ‘les voies de D.ieu’ (Likouteï Si’hot 3, page 956).

‘L’effusion de l’Essence dans les actes accomplis’ représente le dévoilement de l’Essence de l’âme qui ne s’habille pas dans le corps (Vayakhel : le niveau du Divin qui est au-delà du monde) dans les forces de l’âme qui s’habillent dans le corps (Pékoudeï : le niveau du Divin qui est lié au monde). Notre mission de construire le Michkan implique d’agir dans ce monde avec toutes les forces qui nous ont été données, c’est à dire avec les 10 forces de l’âme qui s’habillent dans le corps : l’intellect, les sentiments et les actions. Ce travail est celui de Pekoudeï ainsi qu’il a été expliqué précédemment : Le travail de Pékoudeï met donc l’accent sur le fait d’agir dans le monde et dans tous ses détails et de dévoiler un niveau du Divin qui est lié avec le monde.

Par ailleurs le Rabbi décrit le travail de ‘Vayakhel’ comme un travail d’élévation : ‘élever tous les sujets de ce monde en y dévoilant le niveau du Divin qui est au-delà du monde’.

La prière de Modé Ani s’accorde au travail de Vayakhel car lorsque nous disons cette prière nous mettons en avant que ‘Je n’ai été créé que pour servir mon Créateur’ et l’accent est d’abord mis sur l’Existence d’Hachem avant même qu’il ne soit question de notre propre existence. Cette prière est le point de départ de notre service divin, le Rabbi l’a décrit comme étant ‘le fondement et le ferment de tout ce que chacun doit accomplir durant toute la journée, dans le domaine de la Torah. On doit dès le réveil considérer en présence de Qui on se tient : devant le suprême Roi des rois, le Saint béni soit-Il, et il convient d’en avoir conscience durant toute occupation ou loisir. C’est là un grand principe de la Torah, de même qu’une immense vertu des Justes qui marchent devant D, ainsi qu’il est dit : J’ai conscience de la Présence de L’Eternel en face de moi, constamment. C’est ainsi que la journée entière doit être pénétrée de cette pensée. Tout ceci permet de comprendre le mot prononcé par Rabbi Chalom Dov-Ber de Loubavitch, lorsqu’il était jeune : Il convient, dit-il, de parsemer la journée entière du point qui suit le mot miséricorde (‘Bé Hèmela’) dans le Modé Ani. Il exprimait ainsi l’idée que le dévouement suggéré par le Modé Ani, est requis à chaque moment de la journée’.

Le fait que nous lirons ce Chabbat, avec l’aide d’Hachem, la Paracha Pékoudeï séparemment de la Paracha Vayakhel (que nous avons lue le Chabbat précédent) met en relief notre travail qui consiste à agir dans le monde et l’accent sur l’enseignement du Rabbi selon lequel ‘dans le service de D.ieu, bien que la manifestation de l’Essence se produise à travers l’observance active des Mitsvoth, il demeure que l’effusion de l’Essence dans les actes accomplis est tributaire des ressources intérieures humaines (intellectuelles et émotionnelles). C’est pour cette raison que l’amour et la crainte sont appelés ‘les voies de D.ieu’.

De fait, l’amour et la crainte d’Hachem désignent nos ‘ressources intérieures’ et dans ce cas ils représentent le travail de Pékoudeï, lequel s’accorde au sens du verset ‘J’ai été créé pour servir mon Créateur’ où l’accent est mis sur notre propre existence : J’ai : Ani.

Ainsi, dévoiler la force de l’Essence de notre âme qui est enracinée dans l’Essence divine dépend tout d’abord de notre propre travail et de nos propres forces, en exploitant tous les détails de tous les aspects de notre personnalité car ils sont les chemins qui nous conduisent vers D.ieu, vers le dévoilement de Son Essence, au point que celle-ci S’unisse aux forces de notre intellect, à nos sentiments et à nos actes. C’est précisément le contenu profond de la Paracha Vayakhel qui est celui de la A’hdout (l’Unité). On parvient à l’Unité par le fait de révéler et d’exploiter tous les trésors personnels qui sont en nous-mêmes. Et c’est en agissant en ce sens que nous aurons le mérite de susciter notre désir et le désir de D.ieu de résider en ce monde, avec le dévoilement de notre Juste Machia’h, très bientôt et de nos jours, avec l’aide d’Hachem.

‘Le Point du Modé Ani’

Un roi avait trois fils à qui il voulut un jour offrir trois précieux présents. Il les réunit un jour dans l’une des pièces de son palais, et il demanda à l’aîné de ses fils de regarder par la fenêtre, et de lui dire ce qu’il voyait. L’aîné s’approcha de la fenêtre et lui dit qu’il y avait dans la cour une calèche attelée de puissants chevaux. Le roi lui fit alors cadeau de cette calèche avec ces beaux chevaux, en lui disant qu’elle possédait une très grande valeur.

Cette calèche avec ces chevaux te conduira dans n’importe quel endroit où tu désires aller, en un rien de temps ! Même si cet endroit se trouve à l’autre bout du monde, tu l’atteindras a une vitesse qui défie les lois de la nature !

Puis, le roi fit cadeau d’un miroir a son fils cadet, en lui disant que celui qui regarde dans ce miroir peut découvrir tout ce qui se passe d’un bout à l’autre du monde. Enfin, le roi donna une pomme a son plus jeune fils. Il lui dit alors que cette pomme avait le pouvoir de guérir n’importe quelle maladie.

Les trois fils quittèrent alors leur père en le remerciant de ces merveilleuses attentions qu’il avait eu à leur égard.

Quelque temps plus tard, le fils cadet vit dans le miroir que la fille du roi d’un pays voisin était gravement malade, et qu’aucun des médecins du palais de parvenait à la guérir. Il s’empressa de convoquer ses deux frères, et une fois réunis, il leur fit voir dans le miroir. Quand ils virent la situation désespérée de la princesse, l’accablement de ses parents, du roi et de la reine et celui des gens du palais, ils n’hésitèrent pas un seul instant, et les trois frères prirent place dans la calèche pour se rendre au palais de la princesse malade. Dans le temps d’un clignement d’œil ils arrivèrent devant le palais, et coururent vers les gardes du palais en leur demandant de les conduire immédiatement dans la chambre de la princesse afin de lui donner le médicament qui pouvait la guérir.

Les gardes s’exécutèrent, escortèrent les trois hommes et prévinrent le roi. Ils trouvèrent la princesse dans un état alarmant et se dépêchèrent de lui administrer le médicament. Tous les gens du palais attendaient en regardant plein d’espoir la princesse macher lentement la pomme. Aussitôt, le miracle s’accomplit, en un rien de temps la douleur s’évanouit et le visage de la princesse s’éclaira. Le roi et la reine pleuraient de joie et un soulagement indescriptible envahit la chambre de la princesse. Le roi se tourna alors vers les trois fils et sans cacher son émotion leur exprima sa plus grande reconnaissance.

Vous avez tous les trois un très grand mérite, et je me dois de vous remercier comme il convient de la faire, leur dit-il. Cependant, je tiens à faire cadeau au plus méritant d’entre vous un cadeau exceptionnel. Dites-moi, selon vous, qui d’entre vous a le plus de mérite, et je lui offrirai la plus belle terre de mon royaume !

L’un des fils s’avança vers le roi et lui dit :
« Je suis le plus méritant ! Sans moi, nous n’aurions jamais su que votre fille la princesse était très malade ! C’est grâce au miroir que j’ai reçu de mon père, il possède le pouvoir de voir d’un bout à l’autre du monde, et grâce à ce miroir j’ai pu voir que votre fille avait besoin de notre aide ! »

Le fils cadet prit à son tour la parole et dit au roi :
« C’est grâce à moi, grâce à la calèche que mon père m’a offert que nous avons pu arriver à temps pour sauver votre fille ! Cette calèche avec son attelage a le pouvoir de traverser des pays entiers en un rien de temps, sans cela nous ne serions pas arrivés à temps ! »

Enfin le troisième fils déclara :
« C’est évidemment grâce à la pomme que m’a donné mon père que votre fille est saine et sauve aujourd’hui, car cette pomme a le pouvoir de guérir toutes les maladies ! »

Le roi après avoir entendu les trois fils resta pensif un long moment. Il regardait le sol, en caressant sa barbe de sa main, puis il leva les yeux et en regardant les trois hommes leur dit la chose suivante :

Vous avez tous les trois un très grand mérite, je n’en ai aucun doute ! En disant cela, le roi se tourna ensuite vers celui qui avait don de sa pomme et lui dit :

« C’est toi qui as le plus de mérite ! Tes frères n’ont pas hésité à faire tout ce qui était en leur pouvoir pour sauver ma fille, mais ils possèdent encore à présent le miroir et la calèche qui ont permis sa guérison, mais toi c’est différent ! La pomme n’est plus en ta possession ! Tu en a as fait don pour sauver la princesse, et contrairement à tes frères, il ne te reste rien ! C’est donc toi qui as le plus grand mérite, car tu as fait don de tout ce que tu possédais ! »

Cette histoire est un exemple de ce que représente l’Essence de l’âme Juive. Lorsqu’un Juif réveille la force de l’Essence de son âme il donne tout ce qu’il a pour Hachem, même ‘s’il ne lui reste plus rien’ !

 

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