Dans le Dvar Mal’hout sur la Paracha du Chabbat précédent (Yitro) le Rabbi soulignait que les 10 Commandements sont mentionnés 2 fois dans la Torah. La première fois représente la Parole d’Hachem et la deuxième fois représente la Parole de Moché. De fait, les enfants d’Israël ne purent supporter d’entendre les deux premiers Commandements de la Bouche de l’Eternel. Lorsque l’Eternel parlait, l’âme des enfants d’Israël quittait leurs corps, ainsi qu’il est écrit (Chabbat, 88b) : ‘A chaque expression divine, leur âme s’envolait…Mais L’Eternel la leur restituait avec la rosée dont Il fera revivre les morts’.

‘Leur âme s’envolait’ car ce fut un dévoilement trop élevé pour le peuple Juif, et c’est précisément pour cela que Moché dût répéter à son tour les Commandements divins, afin de mettre la Parole divine à la portée des enfants d’Israël. En d’autres termes, Moché réalise l’union entre la Parole divine avec l’intellect de l’homme. Lorsque Moché enseigne les 10 Paroles divines elles touchent l’âme et le cœur des enfants d’Israël de manière profonde. Elles sont comprises au moyen de l’intellect, ressenties dans le cœur, et surtout, elles inspirent concrètement l’action. C’est le sens de l’explication de Rachi sur le verset (Michpatim, 21, 1) : ‘Et voici les Lois que tu placeras devant eux’. Les Lois de D.ieu sont, comme des aliments, ‘dressées sur une table, prêts à être consommés’.

Par ailleurs, le Rabbi souligne que d’un autre côté, bien que la parole de Moché possède l’avantage d’être assimilée par l’homme, elle ne dévoile pas la dimension profonde de la Torah, son Essence (comme ce fut le cas quand l’Eternel s’adressa Lui-même aux enfants d’Israël). En fait, c’est le Machia’h qui terminera la mission de Moché car lorsqu’il parlera aux enfants d’Israël, il dévoilera l’Essence de la Torah et dans ce cas la dimension profonde de la Torah sera reçue de manière profonde, intégrée, par les Juifs sans que leurs âmes ne quittent leurs corps. Le Machia’h unira l’Essence divine avec les forces de la partie de l’âme qui s’habillent dans le corps (les forces de notre intellect, nos sentiments et nos actions concrètes dans ce monde matériel).

Dans l’un de ses discours hassidiques intitulé ‘Et tu ordonneras aux enfants d’Israël’, le Rabbi définit avec précision la différence qui existe entre les 2 niveaux de l’âme : le niveau de ‘Haya’ (ou ‘Mazal’) et le plus haut niveau : l’Essence de l’âme.
L’Essence de l’âme ne possède pas de nom car un nom la limiterait. L’Essence de l’âme désigne l’âme telle qu’elle est enracinée dans l’Essence divine et elle est donc (comme l’Essence divine) au-delà de tout nom, de toute définition, de toutes les limites que constituent les lettres et les noms qu’elles composent.

Le Rabbi nous donne alors deux raisons pour lesquelles Israël croit en Hachem. La première est que l’âme qui ne s’habille pas dans le corps (‘Haya) voit le Divin. Cette vision est donc au-delà de l’intellect (puisque cette vision vient du niveau de l’âme qui est supérieur au niveau de l’âme qui s’habille dans le corps et donc supérieur aux forces de l’intellect qui s’habillent dans le cerveau). Ainsi, comme ‘l’âme qui est en-haut’ voit le Divin elle influence l’âme qui est dans le corps en lui donnant la Emounah, Cependant, cette Emounah n’est pas profonde car elle ne vient pas de nous-mêmes mais d’une vision, et toute chose que nous voyons (même quand il s’agit d’une vision de l’esprit) demeure extérieure à nous-mêmes. D’un côté il y a nous-même et de l’autre la chose que nous voyons. A l’opposé, quand il s’agit du dévoilement de l’Essence de l’âme et de la Emounah qui naît de ce dévoilement, il ne s’agit plus d’une vision qui est extérieure à nous-mêmes mais du dévoilement du Divin qui fait ‘Un’ avec nous-même (car l’Essence de l’âme est enracinée dans l’Essence divine) et dans ce cas notre Emounah est profonde.

Le Rabbi définit l’Essence de l’âme comme étant l’Essence de toutes les forces de l’âme qui s’habillent dans le corps. L’influence de l’Essence de l’âme n’est donc pas ‘Makif’ (superficielle) et la possibilité nous est donnée de dévoiler et d’unir ce niveau supérieur de l’Essence divine avec les forces de notre intellect, de nos sentiments et de nos actes. Le prénom de la Rabbanite : ‘Haya-Mouchka est lui-même une allusion à cette union entre l’Essence divine et les forces de l’âme qui s’habillent dans le corps. ‘Haya désigne la ‘vitalité’ (‘Hayout) et fait donc allusion aux forces de l’âme qui s’habillent dans le corps vitalité ‘Pnimi’, et Mouchka (qui est le nom d’une odeur parfumée) désigne les forces de l’âme qui ne s’habillent pas dans le corps et l’Essence de l’âme elle-même (Ko’hot ha makifim).

Comme il a été dit précédemment, Moché réalise l’union entre la Parole divine avec l’intellect de l’homme et c’est au sujet du verset : ‘Et voici les Lois que tu placeras devant eux’ que Rachi explique que ‘les Lois de D.ieu sont, comme des aliments, ‘dressées sur une table, prêts à être consommés’.

De la même façon, le Rabbi est le Moché de notre génération, il est celui qui dévoile l’Essence de notre âme afin que notre Emounah soit profonde. Il unit les enfants d’Israël avec Or ein-sof. Aussi, l’expression employée par Rachi selon laquelle ‘les Lois de D.ieu sont, comme des aliments, ‘dressées sur une table, prêts à être consommés’ peut tout aussi bien s’appliquer aux concepts de la ‘Hassidout ‘Habad. Les enseignements du Rabbi sont comme des aliments car celui qui s’attache à les étudier avec toutes les forces de son âme finit par les intégrer de manière profonde. A l’exemple de l’Admour Haemtsaeï dont il est dit que ‘si l’on ouvrait ses veines on verrait couler des paroles de ‘Hassidout’, lorsque l’on s’applique à étudier la Torah du Rabbi alors on parvient à ce que ces enseignements qui sont au-delà de ce monde matériel car ils sont liés à l’Essence divine deviennent ‘prêts à être consommés’, c’est à dire qu’ils nous insufflent une nouvelle vitalité, aussi bien matérielle que spirituelle.
Le Rabbi ‘place devant nous’ l’Essence de la Torah ‘comme des aliments dressés sur une table’ signifie dans ce cas que le Rabbi met à notre portée l’Essence divine.

Peut-être que ces paroles de Rachi font aussi allusion à la table qu’Hachem dressera pour les Tsaddikim lors du dévoilement du Machia’h. Pendant ce festin chacun mangera de la chair du poisson, le Léviathan, de la viande du taureau sauvage, le Chor-ha-Bar, et boira du vin que L’Eternel garde en secret, le vin ‘Méchoumar’.

A l’évidence ce vin et ces aliments sont tous des allusions aux enseignements du Rabbi et à tous les secrets qu’ils renferment et qui seront alors dévoilés lors de la Délivrance finale très bientôt et de nos jours, avec l’aide de D.ieu.

 

Paracha-Michpatim
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