Hitkachrout : S’attacher au Rabbi – La voie de la connexion profonde et spirituelle

Hitkachrout : S’attacher au Rabbi – La voie de la connexion profonde et spirituelle

La Hitkachrout, ou s’attacher au Rabbi, est un concept essentiel dans la Hassidout. Cela va bien au-delà d’une simple affiliation, il s’agit d’une connexion profonde et spirituelle avec le Rabbi, qui implique une dévotion totale de l’âme. Dans cet article, nous explorerons la signification de la Hitkachrout et son importance, en mettant en lumière les éléments clés tels que l’amour, la révérence et la Emouna (foi).

 

« La connexion avec mon saint beau-père, le Rabbi, doit s’établir avec toutes les capacités de l’âme. Il ne doit pas subsister la moindre faculté ou préoccupation qui ne soit pas liée au Rabbi.

L’attachement, Hitkashrout,

  • de la faculté de la pensée se fait en pensant aux mots du Rabbi :
  • de la faculté de la parole se fait en prononçant les paroles du Rabbi;
  • de la faculté de l’action se fait en se consacrant aux activités que le Rabbi a instruites et instituées.

De plus, tout ce qui précède doit être fait avec

  • ferveur מדות,
  • avec compréhension et connaissance מוחין,
  • et avec רצון et תענוג

afin que par tout cela on lie toutes les facultés de son âme au Rabbi ».

Si’ha du Rabbi du 12 Tamouz 5717, Torat Menahem, p. 131

 

Dans l’analogie du corps humain, chaque membre reçoit son énergie grâce à sa connexion avec la tête. Tant que sa fonctionnalité est en accord avec le commandement de la tête, il est en bonne santé.

Lorsqu’ils sont correctement connectés, les membres particuliers ne prennent pas conscience de leur existence individuelle. Lorsqu’un membre ressent sa propre existence, généralement à cause d’un inconfort ou d’une douleur, cela est un signe de manque d’énergie, de déconnexion et c’est la cause de la maladie.

Il en va de même pour le lien des âmes d’une génération avec l’âme générale. La « tête » de la génération leur donne « la vitalité », « la sensibilité » et « le désir » pour D.ieu et la divinité. Ces âmes sont alors en bonne santé.

La terminologie hassidique nomme ce lien « Hitkashrout ». La qualité, l’intensité et le degré de l’Hitkachrout d’une personne avec la Néchama Klalit détermineront le degré auquel elle est influencée et énergisée par cette âme élevée et sainte.

התקשרות – Le lien entre deux qui se fusionnent en un seul.

Dans sa forme la plus élevée, Hitkacherout signifie une dévotion totale à celui avec qui on est lié, ואין לו בעולמו אלא הוא בלבד, et il n’y a dans son monde que lui seul.

Cependant, pour celui qui n’est pas à ce niveau, la Hitkacherout peut s’exprimer de manière spécifique et unique. Quel que soit le degré, le cœur de la Hitkachrout est la dévotion – qu’elle soit absolue ou relative.

L’essence de la Hitkachrout est le lien de l’âme individuelle avec celle du Rabbi dans tous les aspects – en commençant par אמונה, la foi, jusqu’à l’intellect et l’émotion, Ahava et Yirah, l’amour et la crainte, progressant jusqu’au Bitoul, l’annulation, dans l’acte.

Chez les Hassidim, le Rabbi et la Hassidout sont omniprésents. Le niveau de votre monde se reflète dans votre vie. Pour eux, c’était véritablement leur vie, et c’était leur paradis sur terre. Il en est de même pour les Hassidim liés par un véritable attachement.

 

EXPRESSIONS HASSIDIQUES QUI DÉCOULENT DE L’ATTACHEMENT

Pour réaliser la כוונה du Rabbi 

Il est courant chez les Hassidim d’exprimer leur souhait de mériter de réaliser la volonté du Rabbi et de se conformer à ses objectifs. Quelqu’un qui connaît cette coutume a une fois demandé au Rabbi : l’objectif ultime n’est-il pas d’identifier et de réaliser la volonté de D.ieu ; pourquoi y a-t-il donc le souhait d’accomplir la volonté du Rabbi ?

Dans une lettre (datée du 11 Nissan 5713), le Rabbi a répondu a abordé cette question :

« … là où quelqu’un, pour quelque raison que ce soit, ne compte pas sur lui-même pour exprimer correctement sa prière, et ressent qu’il a un ami qui lui souhaite absolument le meilleur, et qu’il a une compréhension plus grande, plus profonde et plus détaillée de ses besoins – il formule ses prières et sa demande pour que sa propre demande soit exaucée conformément aux intentions et aux souhaits de cette personne… »

« Donner de la satisfaction נחת רוח au Rabbi »

« Il est également courant chez les Hassidim d’exprimer leur souhait de mériter de « faire plaisir au Rabbi ». Cela soulève une question similaire : le souhait ultime ne devrait-il pas être de donner du plaisir à D.ieu ? »

« Maintenant, en plus de procurer du plaisir à un Juif, ce qui est une expression de l’Amour d’Israël qui donne du plaisir là-haut et suscite de grandes bénédictions. Comme le dit l’expression bien connue « Ce qu’un rassemblement chassidique peut accomplir, même l’ange Michael ne peut l’accomplir ; » et comme l’explique le Alter Rabbi, cela vient du plaisir incroyable que Hachem prend à l’amour que les Juifs se montrent les uns aux autres lors d’un rassemblement chassidique – quand nous donnons du plaisir à un Tsaddik. Cela cause un plaisir encore plus grand et plus profond Là-haut, si grand et si précieux qu’il est d’un autre ordre tout à fait. »

« Pour expliquer : à la fin de la Parachat Houkat, Rashi cite le Midrach Tanhoumah selon lequel Moché Rabbénou craignait d’emmener le peuple juif en guerre contre Og, roi de Bashan, car il craignait que le mérite d’Og d’avoir fait plaisir à Avraham Avinou ne le protège, et que les Juifs ne puissent pas le vaincre ».
(Lorsque Avraham partit pour sauver son neveu Lot qui avait été capturé pendant la guerre des rois, le Talmud (Niddah 61a) raconte que c’est Og qui l’a informé de la situation. Og espérait que Avraham serait tué lors de la tentative de sauvetage, ce qui lui donnerait la possibilité d’épouser Sarah, la femme d’Avraham. Par conséquent, bien qu’Og ait fait plaisir à Avraham en l’informant de l’enlèvement de Lot, son intention était loin d’être bienveillante).

« Considérons maintenant :

Moché, avec tous ses mérites, y compris avoir sorti le peuple juif d’Egypte, les avoir emmenés au Mont Sinaï pour recevoir la Torah, etc. ; avec lui, tout le peuple juif – craignaient Og, un individu malveillant qui, quatre cents ans plus tôt, a fait du Na’hat Roua’h à Avraham Avinou. De plus, Og avait l’intention de tuer  Avraham (selon le commentaire de Rashi, « [Il l’a fait] dans l’intention d’éliminer Avraham pour qu’il puisse épouser Sarah ») ! »

« La leçon que nous devons retenir de ce récit est que D.ieu porte un amour et une joie profonde pour le Tsaddik. Ainsi, le Na’hat Roua’h que nous causons au Tsaddik se manifeste comme une offrande et un sacrifice, procurant à D.ieu un plaisir incommensurable. Ce plaisir dépasse même celui qu’Il trouve dans notre propre étude de la Torah, l’accomplissement des Mitsvot et le service divin ».

« Les prières du Tsaddik, offertes en totale dévotion à D.ieu et empreintes d’un intense Ahavat Israël, sont particulièrement précieuses pour D.ieu. Comme le dit le proverbe : « D.ieu désire les prières des Tsaddikim ». C’est pour cette raison que nous nous adressons au Tsaddik, le sollicitant pour éveiller la miséricorde de D.ieu et intercéder en notre faveur. En effet, ses prières s’élèvent et attirent sur nous le salut et la bénédiction de D.ieu, car ses vertus et ses supplications sont véritablement précieuses aux yeux de D.ieu ».

« De même, la joie du Tsaddik et le Na’hat Roua’h qu’il ressent lorsque nous accomplissons la Volonté de D.ieu (qui est la seule préoccupation et le seul désir du Tsaddik) s’élèvent eux-mêmes pour causer du Na’hat Roua’h En-Haut ; et cela, à son tour, incite D.ieu à envoyer des bénédictions et du succès à ceux qui ont causé le Na’hat Roua’h au Tsaddik. C’est le sens du souhait de mériter de « procurer du Na’hat Roua’h au Rabbi », car le Na’hat Roua’h du Rabbi est le Na’hat Roua’h de D.ieu. »

« … Et ainsi, il se joint intimement à ceux qui sont rassemblés ici, et grâce au plaisir que son âme reçoit, il ajoute de la force – il dispense des bénédictions qui augmentent la force, tant sur le plan matériel que spirituel… ».

Si’ha de Youd Chevat 5735 – Si’hot Kodesh p. 323

La Emouna אמונה

« Un Hassid possède la Emouna (la foi) que le Rabbi se trouve à un niveau incommensurablement supérieur au sien, car la Emouna concerne ce qui dépasse notre compréhension et notre portée. Il accepte les paroles du Rabbi comme étant divines, comme l’expression de la vérité absolue, et comme étant dans son propre intérêt, même s’il ne comprend pas comment cela est possible.

« De façon concrète, nous voyons que le fondement de tout est la Emouna en celui qui est à la tête de tous les commandants de la guerre, le roi et le Nassi. Dans cette guerre spirituelle, il est le prince, le chef de chaque génération. Et dans notre génération en particulier – c’est notre Rabbi, qui a ordonné et placé chacun d’entre nous à un endroit particulier sur le champ de bataille contre ‘le côté opposé’. Cette Emouna a également besoin de se renforcer de temps à autre, pour ne pas rester dans un état enveloppant mais pour dominer toutes les forces de l’âme ainsi que la pensée, la parole et l’action dans la vie quotidienne. »
Lettre du 10 Elul, 5710

Amour

Toute sa Hitkacherout  se fait à travers l’amour. Cet amour peut s’exprimer de différentes manières.

Il existe l’amour qui coule naturellement, tel le reflet d’un visage dans l’eau כמים הפנים לפנים, reflétant le grand amour du Rabbi pour le peuple juif dans son ensemble, ou comme un individu ressent l’amour spécifique que le Rabbi lui porte. Cela peut découler de sa reconnaissance de la grandeur du Rabbi, ou de sa méditation sur la position du Rabbi « entre D.ieu et toi, pour te dire les paroles de D.ieu (Devarim 5:5) », servant de canal pour les bénédictions spirituelles et matérielles de D.ieu.

« L’amour est l’esprit de vie dans le service de la piété, le fil qui lie les hassidim les uns aux autres, et le fil qui lie le rabbi aux hassidim et les hassidim au rabbi. Que ce soit par la lumière directe ou par la lumière réfléchie, il n’a pas de barrières, et il est au-delà de la limitation de l’espace et du temps ».
Hayom Yom 26 Chevat

Révérence

La prise de conscience, même minime, par un Hassid de l’immense personnalité et de la grandeur du Rabbi, éveille en lui un sentiment de crainte et de respect. Cela inclut la reconnaissance de l’écart qui sépare son propre niveau de celui du Rabbi, ainsi que la sensibilité à ne pas enfreindre les directives et la volonté du Rabbi.

« S’il écoute ma voix, il renoncera à ses plaintes excessives ressenties quant à ce qui lui manque et ce qu’il possède. Il méditera sur le beau rôle qui lui a été attribué d’être parmi les élèves et les disciples de notre dirigeant, le Rabbi (précédent). Il se réjouira d’une grande joie dans ce rôle et continuera à exprimer cette joie à travers des actions concrètes et accomplir la volonté de celui qui l’a envoyé. Car les forces pour cela lui ont été données et il ne lui manque que la volonté. Et lorsque sa volonté sera annulée au profit de la volonté du Rabbi qui lui a transmis la volonté du Saint, béni soit-Il, alors cela même deviendra un réceptacle à travers lequel la vie sera attirée vers lui dans toutes ses actions, en accomplissant la volonté du Rabbi ».
Extrait d’une lettre du Rabbi du 17 Elloul, 5710

Bitoul, annulation

« Un Hassid reconnaît à quel point il est insignifiant en comparaison de la grandeur du Rabbi ; il prend conscience de sa propre insuffisance par rapport au Rabbi. De plus, comme expliqué dans le chapitre précédent, le Rabbi est la « tête » de tout le peuple juif, le canal par lequel toutes les bénédictions de D-ieu se répandent ; cela constitue une raison pour une personne d’abandonner sa volonté et d’aligner son comportement sur les directives du Rabbi ».

« … Nous constatons même pratiquement qu’atteindre le niveau d’abandon de sa propre volonté, de son intellect et de toutes les capacités de son âme sans aide – est extrêmement difficile : pour reconnaître sa propre valeur, on ne trouverait pas suffisamment de raisons pour annuler complètement sa propre volonté. Au contraire, s’il parvient à la réalisation et décide qu’il a besoin d’abandonner sa propre volonté, il est une personne craignant D-ieu à un niveau significatif, et donc on ne comprend pas pourquoi il ne devrait pas se fier à son propre intellect et volonté. Le conseil approprié alors est qu’il devrait chercher de l’aide auprès d’une personne qu’il reconnaît comme étant à un niveau supérieur au sien, et qui n’a aucun parti pris ni intérêt personnel en la matière ; car alors il suivra la direction que cette personne lui donnera dans la poursuite d’un chemin dans ‘עבודת ה ».
Igurot kodech, v. 2, page 255

 

« Il est connu que le flux de vitalité vers tous les enfants d’Israël provient des « chefs des milliers d’Israël dont les âmes sont dans l’aspect de la tête et du cerveau », à l’instar du flux de vitalité des membres du corps provenant du cerveau qui se trouve dans la tête,. L’essentiel est qu’il ne doit pas y avoir d’interruption, D.ieu nous en préserve, entre les membres du corps et la tête. Tous les membres du corps doivent être connectés à la tête, car alors la vitalité s’écoule du cerveau, dans la tête, à tous les membres du corps. Par conséquent, nous devons être connectés au Rabbi, qui est la tête, et par lui, la vitalité s’écoule à tous ceux qui sont connectés à lui.
Discours du jour de Simhat Torah 5741

 

Pour recevoir l’influence de Moïse, le berger d’Israël, et sa propagation dans chaque génération – nous devons nous tenir en annulation et en connexion avec lui. Nous devons être dévoués comme un troupeau à son berger, un troupeau qui n’a pas ses propres désirs, et va là où le berger les conduit. Et lorsqu’il nous n’avons pas de désirs personnels, ni dans les affaires terrestres, ni dans les affaires célestes et sommes complètement dévoués à Moïse, alors nous devenons un réceptacle pour recevoir la bénédiction : « Et voici la bénédiction que Moïse a bénie » « De la magnificence des cieux » – des affaires spirituelles, « et de l’abîme qui repose en dessous » – des affaires matérielles.
Veille de Sim’hat Torah 5718

 

« C’est également le cas en ce qui concerne les promesses de mariage : Certes, il fera ce qui lui est dit, mais avant tout, il doit intégrer les choses avec les dix forces de son âme, celles de la mariée et celles des beaux-parents. Et une fois que ces choses ont imprégné toutes les dix forces de l’âme, totalisant cent forces lorsqu’elles sont combinées dix fois, alors…

Le comportement requis est le suivant : lorsque le Rabbi dit quelque chose, il faut l’exécuter immédiatement, sans pensée préalable et apaisement de l’esprit. Et dans ce sens – accomplir les paroles du Rabbi avec annulation, dans un état de non-existence, et par cela, »viendra mon aide ».
Discours du Chabbat ‘Vayeshev’ 5741

Parmi les perles de sagesse du Hassid et Mashpia, R. Shlomo Haïm Kesselman :
Peu de personnes ont le privilège d’entrer dans la chambre intérieure du palais du roi. Seuls les ministres, ses conseillers et les plus hauts niveaux de la société ont le droit d’entrer. Tout le monde comprend que c’est un privilège d’entrer dans la chambre du roi. On peut se demander, cependant, pourquoi la tête du ministre est admise dans la chambre du roi ; mais pourquoi les chaussures du ministre, sans parler de la poussière sur elles, méritent-elles également d’entrer ? La poussière sur les chaussures du ministre est-elle plus importante que ma tête ? La réponse réside dans l’aphorisme que « le corps suit la tête ». Lorsque le ministre entre dans la chambre du roi, les chaussures qu’il porte et la poussière sur elles entrent également. Le Rabbi est la « tête » ; lorsqu’on est Mékouchar, attaché au Rabbi, on « mérite de suivre » le Rabbi.

Rav Shmouel M. Butman : « Se préparer au Guimel Tamouz »

Rav Shmouel M. Butman : « Se préparer au Guimel Tamouz »

 

À l’approche du Guimel Tamouz, les hassidim et les admirateurs du Rabbi dans le monde entier s’unissent dans une triple campagne d’étude, d’unité et de Hitkashrout, dans laquelle toute la Torah imprimée du Rabbi sera étudiée.

 

La Torah du Rabbi est une bibliothèque complète de plus de 250 – oui, 250 ! – volumes. Cela comprend les Likoutei Sihot, Torat Menahem, Iguerot Kodech, et bien d’autres encore.

Pour aider le grand public à choisir quel sefer étudier, Tzeirei Agudas Chabad HaMerkozis, l’Organisation de la Jeunesse Loubavitch, a mis en place un site web spécial où apparaissent tous les livres du Rabbi. Chacun peut y accéder et choisir à sa guise autant qu’il le souhaite, que ce soit les discours du Rabbi pour une parasha ou un volume entier des discours du Rabbi. De plus, si ce qu’il veut apprendre est déjà « pris », il peut trouver ce qu’il veut « ouvert » dans une autre distribution.

Le fondement de cette initiative se trouve dans les paroles du Rabbi dans le Hayom Yom du 24 Sivan (et dans de nombreux endroits avec des expressions similaires) selon lesquelles « le désir de Hitkashrout ne peut être satisfait que lorsqu’on étudie les Maamarim et les Sihot que le Rabbi dit et écrit. » Et le Rabbi utilise le mot « que ».

« Le génie incroyable du Rabbi s’étendait à toutes les disciplines. Il n’y a aucun domaine du Talmud – babylonien et de Jérusalem – ainsi que des décisionnaires, des commentateurs anciens et récents, etc., avec lequel il n’était pas intimement familier… allant même jusqu’à différencier des sujets qui semblent identiques, et à relier des sujets qui semblaient totalement disparates et sans lien apparent », a déclaré le Rav Israel Itshak Piekarsky, Rosh Yeshiva de la Yeshiva Centrale Tomchei T’mimim. « C’est l’unicité du Rabbi, la complétude de son étude dans chaque catégorie de grandeur. »

Tout le monde est conscient du grand leadership du Rabbi et de son vaste effort pour revitaliser et élever le prestige du judaïsme parmi les Juifs partout. Cependant, tout le monde n’est pas conscient de la grandeur du Rabbi en tant qu’érudit de la Torah. Peut-être parce qu’il est si connu pour son leadership, on n’a pas suffisamment mis l’accent sur sa grandeur et son génie en Torah.

Il est au-delà de la capacité des gens ordinaires d’offrir une évaluation du génie du Rabbi. Quiconque regarde, même superficiellement, un discours du Rabbi est stupéfait par sa maîtrise extraordinaire de toutes les disciplines de la Torah. Chacun des discours du Rabbi est orné de dizaines, voire de centaines de références à chaque partie de la Torah, y compris les deux Talmuds et leurs commentaires, les versets des Écritures, les responsa, la halakha, la Kabbale, le Midrash, et les commentaires des plus anciens aux plus récents. Il est douteux que l’on puisse trouver aujourd’hui, et seulement très peu dans les générations précédentes, quelqu’un qui a autant innové dans la Torah, et dont l’immense œuvre créative s’étend sur 250 volumes englobant tous les aspects de la Torah.

 

Rav Yoel Kahn : « vivre à la hauteur de la confiance que le Rabbi place en nous pour accomplir notre mission »

Rav Yoel Kahn : « vivre à la hauteur de la confiance que le Rabbi place en nous pour accomplir notre mission »

À l’approche de Guimmel Tamouz, voici un discours du Hozere du Rabbi, Reb Yoël Kahn, prononcé lors du Kinouss Hatmimim Haolami de l’année 5771. Dans ce discours, il rappelle aux Bahourim d’aujourd’hui le privilège d’être des Hassidim du Rabbi et les encourage à vivre à la hauteur de la confiance que le Rabbi place en eux, particulièrement en ces temps difficiles.

Histoire d’introduction : Un fiancé pensait que le Rabbi signait ses lettres de bénédiction de façon mécanique. Le Rabbi a exceptionnellement dévié de ses habitudes pour lui dire personnellement qu’il avait signé sa lettre, prouvant son attention personnelle.

Enseignement principal : Comme D.ieu aime chaque Juif comme un enfant unique (selon le Baal Chem Tov), le Rabbi se consacre entièrement à chaque Hassid individuellement, malgré leur grand nombre.

Point central : Rien n’a changé depuis Guimmel Tamouz dans cette relation. Le Rabbi continue de penser à chaque Hassid et de se préoccuper de son bien-être.

Différence fondamentale : « Un orphelin se plaint, un enfant pleure » – nous ne sommes pas des orphelins spirituels car le Rabbi est notre père. Il faut s’adresser à lui comme un enfant à son père.

Responsabilité : Cette attention paternelle nous oblige à vivre à la hauteur de la confiance du Rabbi et accomplir notre mission spirituelle.

Outils donnés : Le Rabbi nous a fourni les enseignements les plus profonds de la Hassidout (comme un roi qui dépense ses trésors en temps de guerre) pour nous aider à amener la Géoulah.

Preuve concrète : Une lettre du Rabbi réfute l’idée fausse qu’il traiterait mieux un « étranger » qu’un Hassid – au contraire, il applique le principe talmudique de s’occuper d’abord des siens.

Conclusion : Réaliser cette relation personnelle continue doit renforcer notre attachement au Rabbi et nous motiver à accomplir notre mission avec détermination.

 

Discours de Reb Yoël Kahn au Kinouss Hatmimim Haolami 5771

Je souhaite commencer par une histoire que j’ai déjà racontée plusieurs fois. Je suis certain que nombreux d’entre vous s’en souviennent, mais je vais néanmoins la répéter.

Durant les dernières années, lorsque le Rabbi n’organisait plus de Yehidout (entrevues individuelles), un groupe de Hatanim (fiancés) défilait devant le Rabbi pour recevoir sa bénédiction pour leurs mariages respectifs. À chacun d’entre eux, le Rabbi distribuait un dollar accompagné de la formule habituelle « Braha Vehatsla’ha » (bénédiction et réussite). Soudainement, le Rabbi s’adressa particulièrement à l’un des Hatanim et lui demanda : « As-tu reçu ma lettre en l’honneur de ton mariage ? Je l’ai déjà signée. »

Un des témoins remarqua cet incident singulier et, incapable de contenir sa curiosité, décida de découvrir les raisons de cette attention particulière. Pourquoi le Rabbi avait-il distingué ce Hatane plutôt qu’un autre dans le groupe ?

Il interrogea donc le jeune homme concerné, qui lui répondit en relatant un incident survenu quelques semaines auparavant :

Plusieurs Bahourim étaient assis ensemble, discutant des lettres que le Rabbi envoyait à chacun des Hassidim pour leurs Smahot (joies familiales). De manière générale, chaque lettre avait un contenu similaire – quelques bénédictions pour l’occasion – avec pour seules différences la date et le nom du destinataire. Le Rabbi apposait ensuite sa sainte signature au bas de chaque lettre.

Il y avait plusieurs opinions parmi les Bahourim concernant le degré d’implication personnelle du Rabbi dans chacune de ces lettres.

Certains Bahourim affirmaient qu’en apposant sa signature, le Rabbi s’impliquait incontestablement dans chaque lettre de manière personnelle. Réfléchissez un instant : lorsque quelqu’un donne sa parole à autrui – même par le simple biais de l’écriture et de la signature d’une lettre – s’il est sincère, il pense vraiment ce qu’il dit. Plus il est sincère, plus ses paroles sont authentiques. Par conséquent, nous pouvons affirmer avec certitude que le Rabbi envoie réellement ses bénédictions avec chaque lettre qu’il poste. Bien que la même bénédiction soit nécessaire pour chaque Hatane et qu’il envoie une lettre identique à tous, cela ne diminue en rien l’attention personnelle du Rabbi portée à chaque lettre.

D’autres Bahourim suggéraient que puisque le contenu de chaque lettre était pratiquement identique, il était exagéré de croire que le Rabbi avait vraiment transmis une bénédiction issue des profondeurs de sa Néchama (âme) dans chaque lettre. Cependant, ils croyaient qu’une pensée et une bénédiction personnalisées avaient été incluses dans chaque envoi.

Un Bahour se montrait sceptique et s’opposait à ces deux opinions. Il pensait que le Rabbi avait simplement signé une pile de lettres se trouvant sur son bureau sans leur accorder de considération particulière, après quoi les Mazkirim (secrétaires) les avaient postées. « Qui peut affirmer que le Rabbi ait prêté attention au nom inscrit en haut de la lettre ? » prétendait-il.

« J’étais celui qui avait naïvement suggéré ce troisième point de vue », conclut ce Hatane avec regret. « Il semblerait que le Rabbi ait exceptionnellement dévié de ses habitudes pour me rassurer personnellement sur le fait qu’il avait signé ma lettre en toute conscience. »

J’ai personnellement entendu ce récit de la bouche du témoin curieux qui avait pris l’initiative de découvrir les détails de cette histoire.

Quelques années plus tard, après Guimmel Tamouz, j’ai répété cette histoire lors d’un Farbrengen, précisant que je l’avais entendue d’une personne de confiance et que je pouvais donc être certain de son authenticité.

Après le Farbrengen, un jeune homme s’approcha de moi : « Vous dites connaître l’exactitude de cette histoire car vous l’avez entendue d’une personne fiable ? Permettez-moi de vous dire que le naïf Hatane, c’était moi ! Il va sans dire qu’aujourd’hui, je regrette profondément cette attitude. »

Enseignements de cette histoire

Cette histoire contient plusieurs points remarquables à méditer.

Tout d’abord, nous pouvons être certains que le premier groupe de Bahourim avait la bonne compréhension : le Rabbi investit évidemment tout son être dans chaque bénédiction qu’il donne.

Mais il y a un concept plus profond que l’on discerne dans cette histoire : à quel point chaque Bahour est précieux aux yeux du Rabbi. Ce Hatane devait vraiment faire preuve de naïveté pour penser que le Rabbi ne lisait même pas les lettres qu’il signait. Malgré cela, le Rabbi a exceptionnellement dévié de ses habitudes pour lui démontrer que même lui mérite et reçoit l’attention du Rabbi, lui offrant ainsi « l’échelle » qui lui permettrait de s’élever et de sortir de son inconscience.

Comme un enfant unique

Cette idée s’enracine dans les célèbres paroles du Baal Chem Tov, qui affirmait que l’amour de D.ieu pour chaque Juif est infiniment plus grand que l’amour de parents âgés envers leur enfant unique né dans leur vieillesse.

On pourrait se demander comment cela est possible. Après tout, on ne peut qualifier chaque Juif d’enfant unique alors qu’il existe des millions de Juifs. Comment peut-on considérer chacun comme un enfant unique alors qu’en réalité il n’est pas le seul ?

Le concept réside dans le fait que, puisque Hachem est illimité, Il possède la capacité infinie d’aimer chacun sans limites, comme si chacun était véritablement un enfant unique.

En tant que simples mortels, nous ne pouvons concevoir une telle réalité : lorsque nous sommes complètement investis dans un sujet, nous sommes incapables de nous investir dans la même mesure ailleurs. Hachem, en revanche, n’est limité par aucune restriction et est capable d’aimer chaque Juif comme s’il était son enfant unique.

Dans le même esprit, le Tsadik dont il est écrit : « אנכי עומד בין ה’ וביניכם » (Je me tiens entre l’Éternel et vous), celui qui est notre « רועה נאמן » (berger fidèle), a la capacité de se consacrer entièrement à chaque Juif, et particulièrement à ceux qui se considèrent comme ses Hassidim.

La bienveillance continue du Rabbi

À la lumière de cette histoire, il est important pour nous de réaliser, comprendre et apprécier qu’à cet égard, rien n’a changé depuis Guimmel Tamouz.

Chacun d’entre nous doit savoir qu’il y a quelqu’un qui pense à nous, tient à nous et se préoccupe de notre bien-être.

Nous parlons souvent de renforcer notre Hitkachrout (attachement) au Rabbi. L’une des façons d’y parvenir est de réfléchir à la connexion profonde qu’il entretient avec chacun d’entre nous.

Dans le Tanya (chapitre 46), l’Admour Hazaken écrit :

« ויש דרך ישר לפני איש… לעורר ולהאיר אורה אהבה התקועה ומסותרת בלבו… למסור נפשו לה’… והוא כאשר ישים אל לבו מ »ש הכתוב כמים הפנים לפנים… »

Après avoir présenté dans les chapitres précédents les différentes méthodes pour éveiller un véritable amour pour Hachem, l’Admour Hazaken commence ce chapitre par ce qu’il appelle le « chemin simple et direct » pour éveiller un amour qui revivifiera la Néchama (l’âme), un amour qui élèvera la personne à un niveau si élevé qu’elle sera prête à donner sa vie pour Hachem. Ceci peut être atteint grâce au principe « כמים הפנים לפנים » (comme l’eau reflète un visage) : l’amour qu’Hachem éprouve pour nous influence un sentiment similaire de notre part en retour.

Nous devons méditer sur la bienveillance et l’intérêt que le Rabbi nous porte, même aujourd’hui. Lorsque quelqu’un se rend au Ohel (ou envoie une lettre au Rabbi), cela ne devrait pas être perçu comme une simple cérémonie, quelque chose que l’on fait parce que c’est ce que font les Hassidim.

Il faudrait plutôt s’arrêter un moment et y réfléchir : vous vous rendez maintenant chez le Rabbi, chez celui dont on dit « אנכי עומד בין ה’ וביניכם », celui qui nous relie à D.ieu. Et comme nous l’avons souligné, il n’est pas seulement présent pour le Klal Israël en général, mais il est là pour chacun d’entre nous individuellement.

Le Rabbi ressent un intérêt personnel pour le bien-être de tous ses Hassidim. Lorsque quelqu’un vient au Ohel et demande une bénédiction pour quelque chose qui le préoccupe, le Rabbi se sent concerné et fait tout ce qu’il peut pour l’aider et lui apporter le réconfort. Inversement, quand cette personne retourne au Ohel plus tard pour annoncer au Rabbi que tout va bien, cela procure au Rabbi une grande joie.

Les pleurs d’un enfant

Le Rabbi Précédent écrit dans une lettre : « א יתום קלאגט, א קינד וויינט » (un orphelin se plaint, un enfant pleure).

Un orphelin n’a malheureusement personne vers qui se tourner ; il n’a donc d’autre alternative que de se plaindre de sa situation. En revanche, un enfant qui a un père ne se plaint pas désespérément : il pleure vers son père pour qu’il l’aide.

On ne saurait trop insister sur ce point : chacun doit comprendre qu’il a un père. Le Rabbi est notre père et il se préoccupe de chacun personnellement.

Certes, le Rabbi est impliqué et aide chacun d’entre nous dans ce monde, œuvrant pour amener Machia’h, construire une Dira Betahtonim (demeure pour D.ieu ici-bas), et ainsi de suite. Mais simultanément, il se préoccupe de chaque individu et prend soin de nous comme un père prendrait soin de son fils. Il croit en nos capacités et sait que nous avons confiance en lui.

En même temps, cela nous oblige à demeurer fidèles à notre mission. Nous ne sommes pas libres de vagabonder selon notre bon plaisir. Nous avons un travail à accomplir et le Rabbi nous fait confiance pour mener cette mission à bien.

De précieux trésors à notre disposition

Un point supplémentaire : dans le célèbre discours hassidique Hemsheh Bati Legani, le Rabbi Précédent rapporte l’exemple du roi qui possède des trésors remplis de diamants et de pierres précieuses. Certaines de ces pierres ne seront jamais touchées, même dans les situations les plus désespérées, et pourtant elles ont toutes un objectif particulier. Par exemple, les perles et diamants sertis sur la couronne du roi ne seront peut-être jamais retirés ou utilisés à d’autres fins, néanmoins ils rehaussent la beauté de la couronne et symbolisent la majesté de son royaume.

Vient ensuite le trésor gardé caché. Non seulement il ne sert à rien de particulier, mais de plus, il n’est jamais vu par quiconque. Cependant, en temps de guerre, lorsque le roi a besoin de sortir vainqueur, il dépensera librement ce trésor si précieux (Bizbouz Haotsrot) afin de remporter la victoire.

La guerre, dans notre cas, c’est « מלחמת בית דוד » (la guerre de la maison de David), l’épreuve pour amener la Géoulah. Et pour que nous puissions gagner cette guerre, même les parties les plus profondes et les plus élevées de la Torah nous ont été données avec une ouverture extraordinaire.

Aucun des Rebbéim précédents n’a publié autant de Hassidout que notre Rabbi, au bénéfice du monde entier. Le Rabbi lui-même, dans ses Sihot et ses Maamarim, a rendu accessibles et clairs des sujets très profonds de Hassidout comme personne auparavant.

Et tout ceci nous a été donné afin que nous puissions continuer à nous battre et en finir avec cette Galout.

C’est entre nos mains. Nous savons que le Nitzahon (victoire) final de « Didane Notsah » (notre victoire) est sur le point de se produire ; à nous de le faire advenir encore plus rapidement. En accomplissant notre part, en nous imprégnant des paroles de Hassidout que le Rabbi nous a transmises et, naturellement, en les diffusant à l’extérieur, nous hâterons la Géoulah et le Rabbi nous sortira de cette Galout, Tehef Oumiyad Mamash – immédiatement, maintenant !

Témoignage de sollicitude personnelle

Comme mentionné précédemment, la bienveillance et l’intérêt du Rabbi pour chaque Hassid se manifestaient tout au long des années.

Dans la lettre suivante, le Rabbi réfute une théorie mal avisée entretenue par quelques Hassidim, selon laquelle le Rabbi (ou les Rebbéim en général) accorderait plus facilement une bénédiction à un « étranger » (qui n’est pas un Hassid du Rabbi) qu’à un Hassid :

« J’ai été surpris que vous ne mentionniez rien dans votre lettre concernant la santé de votre épouse תחי’. J’espère que lorsque vous recevrez cette lettre, sa situation se sera déjà améliorée, malgré la lettre que j’ai reçue de Rav Moshe Levertov à ce sujet.

Concernant ce qu’il écrit en votre nom, que ‘ce cas devrait être traité comme s’il s’agissait d’un étranger plutôt que de la façon dont on s’occuperait de l’un des nôtres’ : je n’arrive pas à comprendre la signification de cette phrase.

N’y a-t-il pas une décision bien connue de nos Sages concernant les besoins d’autrui : « עניי עירך קודמין » – les pauvres (c’est-à-dire ceux dans le besoin) de ta propre ville passent en priorité pour recevoir ton aide ?

Vous ne me soupçonneriez certainement pas d’être réticent à agir conformément à ce principe… »

Conclusion

Cette lettre du Rabbi démontre clairement son attention et sa sollicitude pour chaque Hassid individuellement. Le Rabbi réfute catégoriquement l’idée qu’il traiterait un « étranger » avec plus d’attention qu’un de ses propres Hassidim. Au contraire, il cite le principe talmudique selon lequel on doit d’abord s’occuper des besoins de ceux qui nous sont proches avant ceux des étrangers.

Le Rabbi exprime également sa surprise et son inquiétude quant au fait que le Hassid n’ait pas mentionné la santé de sa femme dans sa lettre, témoignant ainsi de son intérêt personnel pour le bien-être de chaque membre de la famille de ses Hassidim.

Cette lettre, comme l’ensemble du discours de Reb Yoël Kahn, souligne l’importance de comprendre et d’apprécier la relation personnelle et profonde que le Rabbi entretient avec chacun de ses Hassidim, même après Guimmel Tamouz. Elle encourage les Hassidim à renforcer leur Hitkachrout (attachement) au Rabbi en réalisant à quel point ils sont précieux à ses yeux, et à vivre à la hauteur de la confiance qu’il place en eux pour accomplir leur mission dans ce monde.

 

 

Guimel Tamouz : Enseignements sur la connexion perpétuelle avec le Rabbi

Guimel Tamouz : Enseignements sur la connexion perpétuelle avec le Rabbi

La méditation sur le départ du monde
Extrait d’une Si’ha de Chabbat Parchat Bo 5736

Il faut donc que la pensée et la méditation sur le départ de ce monde soient comme la première fois. Comme il est expliqué dans les discours du Rabbi (Précédent – ndt), à propos de la pensée et de l’imagination : il faut revivre la chose comme elle a été la première fois. Comme il raconte l’histoire avec le militaire, que, quand il s’est représenté comment il s’était tenu devant le roi… il s’est évanoui bien que cela ait été des dizaines d’années plus tard. Il en est de même à propos du jour de la Hilloula du 10 Chevat, qu’il doit y avoir la méditation sur ce sujet comme cela était la première fois…

Et cela fait que s’évanouissent chez lui toutes les choses indésirables. Et s’annuleront chez lui toutes les choses qui ne sont pas conformes à la volonté du Rabbi et toutes celles qui viennent de l’esprit de folie. Et, quand tout cela va être annulé, il n’y a rien qui empêche de se lier à D.ieu. Et il transforme tout en sainteté…

 

L’étude de l’enseignement du Tsadik
Extrait d’une Si’ha du 10 Kislev 5744

Il ne faut pas se contenter d’étudier l’enseignement du Tsadik « comme si l’auteur de l’enseignement se tenait devant lui » – avec le mot « comme » seulement. Après cela, il faut aller à un degré plus haut – que l’auteur de l’enseignement se tient vraiment devant lui, sans le « comme ».

L’effet du Ohel du Rabbi
Extrait d’une Si’ha du 10 Chevat 5716

Ceux qui ont été sur le Ohel des Tsaddikim savent qu’il y a des Ohalim qui ont un effet d’amertume et de contraction et il y a des Ohalim qui ont un effet de joie et d’élévation. Le Ohel du Rabbi (Précédent – ndt) est de cette sorte-ci. Quand on arrive sur le Ohel, avant qu’on médite, cela a un effet d’élévation et de hauteur d’esprit, ce qui a rapport avec la joie.

Car l’oeuvre qu’il a accomplie pendant toute sa vie a aussi été dans ce sens: rapprocher et élever tous les Juifs, même les « créatures », sur un chemin de rapprochement et agréable, avec l’intention de réaliser le « et les rapprocher de la Torah », réaliser en eux le « contempler la douceur de D.ieu » et révéler leur part dans la Torah et dans les Mitsvot.

 

L’influence du Ohel sur le mauvais penchant
(Extrait d’une Si’ha du 10 Chevat 5714)

Il est certain que, quand on va sur le Ohel, l’aide est plus forte. Mais, même quand on se trouve près de l’endroit, cela aide aussi. Comme le Talmud dit que, quand on a « du pain dans son panier » la faim n’est pas aussi grande car on peut la calmer en mangeant.

De même, quand le mauvais penchant sait qu’il y a un moyen – se recueillir sur le tombeau du Tsaddik, et pas un simple Tsaddik mais le chef de la génération, dont lui-même est un élément, et donc l’aide est plus grande que celle d’un simple Tsaddik – aussi le mauvais penchant a priori ne vient pas avec la même puissance. Car il sait qu’on peut le briser complètement.

La connexion avec le Rabbi après son départ
Extrait d’une Si’ha de Chabbat Vaéra 5749

On ne doit pas dire que « dans le monde de vérité », on ne peut pas connaître les difficultés et les dangers de ce monde… car les directives en ce qui concerne l’accomplissement de la mission du Rabbi (Précédent – ndt), chef de notre génération, viennent aussi par le fait qu’on se recueille et qu’on lise des lettres sur le tombeau, dans ce monde-ci. Aussi, il y a ici également la supériorité de l’enseignement et de la décision d’un Maître qui se trouve dans ce monde.

Écrire au Rabbi sur le tombeau
Extrait d’une lettre du 10 Nissan 5710

J’ai reçu votre lettre du 9 Nissan et vous y trouverez une réponse en bref dans mon introduction au fascicule édité après le départ de ce monde et dans cette lettre, ce qu’il me semble à ce sujet.

Quant à ce que vous demandez qu’à présent on ne peut pas poser de questions au Rabbi (Précédent – ndt) quand on a un doute sur comment se conduire, si vous vous tenez fermement dans votre attachement à lui, sans faire attention aux tentations du mauvais penchant, et que vous envoyez une lettre sur le tombeau du Rabbi (Précédent – ndt), le Rabbi (Précédent – ndt) trouvera un moyen de vous répondre.

Comprendre l’action du Rabbi
Extrait d’une lettre du 17 Elloul 5710

A propos de ce que vous demandez de vous rappeler sur le tombeau du Rabbi (Précédent – ndt), je ferai selon votre demande. Quant à ce que vous écrivez que vous ne comprenez rien à cela, même quand vous mangez, buvez et dormez, il est certain que vous ne réfléchissez pas d’abord comment cela agit en votre corps et votre âme. Vous faites tout cela même si vous ne comprenez pas comment se réalise cette action. Il en est de même pour ce sujet…

L’attachement entre le demandeur et le Rabbi
Extrait d’une lettre du 9 Kislev 5714

La bénédiction est comparable à la pluie qui tombe après qu’on ait labouré et semé. Il en est de même au sujet du Pan (la lettre à lire sur le Ohel – ndt), c’est par l’attachement entre le demandeur et celui à qui on demande.

Puisque votre désir et votre volonté sont que je lise votre lettre sur le tombeau du Rabbi (Précédent – ndt), vous fixerez certainement un cours pour étudier son enseignement qu’il publia au cours des dernières années.

Les deux perceptions de l’élévation d’un Rabbi
Extrait d’une Si’ha du 20 Mena’hem Av 5713

Il en est de même à propos de faire descendre les « influences » par le Rabbi. Et d’abord ce que j’ai dit à quelqu’un il y a deux ans que « ce qu’on veut voir, on voit ».

1- Quand on explique le sujet de départ de ce monde au sens premier et on veut voir la grandeur de l’élévation du Rabbi, que le Gan Eden inférieur ne suffit pas, le « septième ciel » est certes très élevé mais le degré du Rabbi est encore plus élevé – puisque D.ieu est l’Essence du Bien, et la nature du Bien est de faire du Bien, D.ieu accomplit sa volonté et lui montre l’élévation du Rabbi, que le Rabbi se trouve plus haut que le « septième ciel » alors que lui se trouve en bas.

2 – Mais, quand on explique le sujet de départ de ce monde comme le Rabbi explique dans le discours ‘hassidique « Bati Légani » qu’il fit sortir pour le jour anniversaire du décès, qu’il s’agit d’un dévoilement de la lumière du niveau d’élévation. C’est-à-dire que, bien que ce soit un sujet d’élévation, cette élévation descend en bas. Et, comme il est expliqué dans le Zohar, que « le Tsadik qui quitte ce monde se trouve dans tous les mondes plus que de son vivant » – alors on lui montre d’en haut comment il « se trouve » dans le monde en bas (plus que de son vivant) et il voit de ses yeux de chair tout ce que le Rabbi fait descendre (dans ce monde).

La continuité de l’enseignement du Rabbi
Extrait d’une Si’ha du 12 Tamouz 5745

Puisque « sa descendance est en vie » – les ‘hassidim qui étudient son enseignement de la ‘Hassidout et accomplissent ce qu’il a instauré – alors « lui est en vie ». Et cela continuera ainsi tant que « sa descendance est en vie » jusqu’à la venue de Machia’h. Et encore plus après la venue de Machia’h, quand s’accomplira la promesse « réveillez-vous et chantez, ceux qui dorment dans la poussière », il est certain qu’on continuera à étudier son enseignement de la ‘Hassidout et qu’on continuera à avancer « dans la voie droite qu’il nous a montrée de ses voies.

Et nous irons dans ses chemins éternels. » Car, en même temps qu’on étudiera la Torah de la bouche du Machia’h, « une nouvelle Torah sortira de Moi », chaque ‘Hassid ira avec son Rabbi et nous tous, et chacun de nous – nous irons avec notre Rabbi, le chef de notre génération, qui, même aujourd’hui, « est en vie ».

 

L’attachement permanent en écrivant régulièrement au Rabbi
Extrait d’une Si’ha de Chabbat Parchat Yitro 5740

« Les bergers d’Israël ne se séparent pas de leur troupeau » et nous sommes attachés à présent exactement comme ce fut au premier instant et le premier jour après qu’il ait quitté ce monde !

Ainsi, il faut se tenir à la « poignée » (de la porte du Rabbi – ndt) jusqu’à se tenir à une porte ouverte, et aller sur le tombeau avec des questions et des demandes, écrire des lettres et demander miséricorde et bénédictions jusqu’à demander également que se réalise « et lui te nourrira » – qu’il fera les récipients avec quoi prendre les bénédictions.

Ceux qui se sont tenus à la « poignée » et ceux qui se tiennent maintenant à la « poignée » et ceux qui se tiendront à la « poignée » dans l’avenir ou bien ceux qui, par la Providence Divine, ont entendu son enseignement ou autre chose de lui, par cela ils se libèrent d’eux-mêmes car il y a « ce n’est pas moi seulement que D.ieu a libéré etc. » C’est simplement que la libération individuelle reste potentielle et qu’il faut la concrétiser. Ainsi, ce ne sera pas seulement la libération individuelle mais la Délivrance générale pour les Juifs.

 

Guimel Tamouz : « Enlever la poussière » – Rav Eli Wolf

Guimel Tamouz : « Enlever la poussière » – Rav Eli Wolf

Nous étions là, incapables de prononcer les mots à voix haute, nous ne le pouvions pas. La langue ne bougeait pas, les lèvres ne remuaient pas. Silence.

C’est ainsi que cela se passait les premières fois que nous tenions en main le texte du Maaneh Lashon.

Nous nous tenions dans l’Ohel avec un livret que nous n’avions guère utilisé jusqu’à ce jour, jusqu’au 3 Tamouz 5754, et nous y lisions des chapitres de Psaumes, un texte de requêtes inconnu, des passages du Zohar.

C’était difficile, difficile d’exprimer à voix haute ces expressions douloureuses. Nous étions là, la bouche essayait de parler, mais les yeux coulaient sans cesse. Comment, comment pouvait-on dire au Rabbi, dire près du Rabbi, sur le Rabbi : « Que la paix soit sur vous, notre maître et notre Rabbi, que la paix soit sur vous ». Comment, comment pouvait-on dire « Reposez en paix sur votre couche ». Comment… !?

Des années après 1994, l’un des hassidim importants m’a dit : Je ne suis pas capable de dire le Maaneh Lashon, c’est un texte qui blesse, je ne peux tout simplement pas. Je ne dis que des chapitres de Psaumes dans l’Ohel et je lis un Pan (demande de bénédiction)…

Et il n’est pas le seul, et il y en a qui jusqu’à aujourd’hui ne sont pas capables de dire ce texte dans l’Ohel.

C’est le « ressenti » d’un hassid qu’on ne peut pas balayer d’un revers de main, mais à mon humble avis, nous ne sommes pas de plus grands hassidim que le Rabbi lui-même.

Le Rabbi était un hassid du Rabbi Rayatz pas moins que nous nous persuadons d’être des hassidim du Rabbi, et le Rabbi, lui, disait bien le texte du Maaneh Lashon sur le Ohel de son Rabbi.

Quand nous entrons dans l’Ohel, nous allumons une bougie, car c’est ainsi que faisait le Rabbi. Le jour où nous allons à l’Ohel, nous jeûnons, mais nous buvons, car c’est ainsi que faisait le Rabbi. Quand nous nous apprêtons à entrer dans l’Ohel, nous mettons des chaussures en toile, car c’est ainsi que faisait le Rabbi –

Il en va de même pour ce que l’on fait à l’intérieur de l’Ohel. Nous disons le Maaneh Lashon car c’est ainsi que faisait le Rabbi.

Le « ressenti » hassidique a sa place dans une réunion hassidique, autour d’un verre de mashke, mais en ce qui concerne l’action concrète, avec tout le respect dû aux ‘sentiments’, il semble qu’il faille les mettre de côté et agir comme le Rabbi agissait.

Nous tenions le livret du Maaneh Lashon et il était difficile de dire les mots. Nous pleurions et nous disions, nous disions et nous pleurions. Mais finalement, nous avons dit le texte du Maaneh Lashon.

Mais quand nous sommes arrivés au « Yehi Ratzon » à la fin du livret : « …par le mérite des Tanaïm et des Amoraïm… et par le mérite des justes proches de ce lieu, et en particulier le mérite des justes, notre maître et Rabbi Rabbi Yosef Yitzchak fils de notre maître et Rabbi Rabbi Shalom Dov Ber et notre maître et Rabbi Rabbi … fils du Rabbi Rabbi Levi Yitzchak, que leur mérite nous protège » –

Nous n’étions pas capables de prononcer le nom saint complet du Rabbi. Simplement pas. Ce n’était pas concevable.

Nous ne le lisions que des yeux, des yeux mouillés de larmes, et nous n’étions pas capables de le prononcer. ‘Explicitement omis’. Simplement incapables. La peur nous saisissait.

Mais une année est passée, et encore une année, et encore une année, au début nous ne le lisions que dans notre pensée, après quelques années nous le murmurions furtivement comme qui dit-ne dit pas, et après d’autres années nous le « faisions disparaître » comme ce grand prêtre à l’époque du Second Temple, et avec les années, à notre grand regret – certes le cœur bat plus vite, mais nous disons le nom tel qu’il est écrit, comme c’est écrit dans le texte du Maaneh Lashon…

« L’habitude fait son œuvre, et il y a lieu de craindre que la chose ne vieillisse, et que la lumière et la chaleur de l’attachement à notre Nassi, à sa Torah et à ses directives – qui ne font qu’un – ne s’affaiblissent, à D.ieu ne plaise »…

Le cœur tendre, le sentiment hassidique pur, s’est recouvert de poussière et de rouille au fil des années. Quelque chose s’y est émoussé. La crainte naturelle de prononcer le nom du Rabbi s’est un peu estompée.

La peur paralysante s’est un peu dissipée, nous parvenons à le prononcer. Certes doucement, avec un tremblement au cœur, mais les lèvres bougent, la langue ne se bloque pas. Nous nous sommes h-a-b-i-t-u-é-s.

**

La semaine dernière, c’était l’anniversaire du décès de mon grand-père, le Rav Mordechai Shusterman, qui a eu le mérite d’être le lecteur de la Torah pour le Rabbi pendant environ quarante ans.

Chaque fois que le Rabbi montait à la Torah, mon grand-père proclamait de sa mélodie particulière : « Que se lève, notre maître et Rabbi fils du Rabbi Rabbi Levi Yitzchak ».

Mais « une fois par an », une seule fois par an, lors de la montée du Rabbi pour « Hatan Bereshit » le jour de Sim’hat Torah – mon grand-père proclamait le nom complet du Rabbi.

Je me souviens de mon grand-père la nuit précédant ce jour ou ce matin-là – il était simplement « hors de lui », ne tenait pas en place. Il allait proclamer à pleine voix et à haute voix le nom complet du Rabbi. La peur était visible sur lui.

Sans parler du tremblement qui le saisissait pendant la lecture de la Torah, tremblement qu’on entendait clairement dans sa voix, lorsqu’il proclamait et lisait le nom complet du Rabbi – – –

**

Nous nous sommes habitués, le temps est plus fort que nous, la routine a émoussé nos sens, « l’habitude fait son œuvre » –

Il faut enlever la poussière qui s’est accumulée, nettoyer la rouille qui s’est déposée sur l’âme.

Comment l’enlève-t-on, quelle est la méthode, je ne sais pas. Le cœur connaît l’amertume de son âme. Chacun selon son âme sait combien de poussière s’est déposée en lui, ce qui l’éveille et quelle est la façon de la nettoyer.

Mais sachons qu’il faut enlever la poussière.

Guimel Tamouz : Enseignements du Rabbi sur le sens de la Hilloula

Guimel Tamouz : Enseignements du Rabbi sur le sens de la Hilloula

DEMANDE DE BENEDICTION

Traduit par le Rav Haïm Mellul

• …J’ai reçu votre lettre du 9 Nissan et vous y trouverez une réponse en bref dans mon introduction au fascicule édité après le départ de ce monde et dans cette lettre, ce qu’il me semble à ce sujet.

« Quant à votre demande de poser des questions au Rabbi, lorsque vous avez des doutes sur la manière de vous comporter, il est important de comprendre que bien qu’il ne soit plus physiquement présent, si vous maintenez fermement votre attachement à lui et résistez aux tentations du mauvais penchant, il existe des moyens par lesquels le Rabbi peut vous répondre. Une façon de le faire est d’envoyer une lettre au Ohel du Rabbi, en exprimant vos préoccupations et vos questions. Par la Providence Divine, le Rabbi peut trouver un moyen de vous répondre ».

Extrait d’une lettre du 10 Nissan 5710


 

 » …Puisque «sa descendance est en vie» – les ‘Hassidim qui étudient son enseignement de la ‘Hassidout et accomplissent ce qu’il a instauré – alors « lui est en vie ». Et cela continuera ainsi tant que « sa descendance est en vie » jusqu’à la venue de Machia’h ».

« Et même après la venue de Machia’h, lorsque la promesse sera accomplie et que ceux qui dorment dans la poussière se réveilleront et chanteront, il est certain que nous continuerons à étudier son enseignement de la Hassidout et à suivre la voie droite qu’il nous a montrée à travers ses enseignements ».

Et nous irons dans ses chemins éternels. » Car, en même temps qu’on étudiera la Torah de la bouche de Machia’h, « une nouvelle Torah sortira de Moi », chaque ‘Hassid ira avec son Rabbi et nous tous, et chacun de nous – nous irons avec notre Rabbi, le chef de notre génération, qui, même aujourd’hui, « est en vie ».

Extrait d’une Si’ha du 12 Tamouz 5745


« Les bergers d’Israël ne se séparent pas de leur troupeau », et nous sommes attachés maintenant exactement comme au premier instant et au premier jour après la Histalkout du Rabbi.

« Ainsi, nous devons nous accrocher à la « poignée » (de la porte du Rabbi – ndt) et continuer à nous rapprocher, à nous rendre sur sa tombe avec des questions et des demandes, à écrire des lettres et à demander miséricorde et bénédictions. Nous devons également demander que se réalise la promesse « et lui te nourrira », qu’il fournisse les récipients pour recevoir les bénédictions ».

« Ceux qui se sont tenus à la « poignée », ceux qui se tiennent maintenant à la « poignée », et ceux qui se tiendront à la « poignée » à l’avenir, ainsi que tous ceux qui, par la Providence Divine, ont entendu son enseignement ou ont été touchés par lui d’une autre manière, se libèrent ainsi de leur propre limitation. Car, comme il est dit : « Ce n’est pas seulement moi que D.ieu a libéré, etc. », ils sont libérés de leur propre moi limité et s’élèvent vers une connexion plus profonde avec l’infini ».

« Effectivement, la libération individuelle reste potentielle et doit être concrétisée. Ainsi, ce ne sera pas seulement une libération individuelle, mais la Délivrance générale pour l’ensemble du peuple juif. La réalisation de la libération individuelle contribue à l’avènement de la Délivrance collective, où tous les Juifs seront affranchis des contraintes et des limites pour entrer dans une ère de rédemption et de plénitude spirituelle. C’est un processus qui nécessite l’engagement de chaque individu et qui mène finalement à la Délivrance complète pour tout le peuple d’Israël ».

Extrait d’une Si’ha de Chabbat Parchat Yitro 5740


« Ceux qui ont eu l’occasion de se rendre sur les tombes des justes (Ohel) savent qu’il y a des Ohel qui engendrent une sensation d’amertume et de contraction, tandis que d’autres Ohel apportent joie et élévation. Chaque lieu de repos des justes a une énergie spécifique qui peut avoir des effets différents sur ceux qui s’y rendent. Certains endroits peuvent susciter des sentiments de tristesse ou de limitation, tandis que d’autres inspirent la joie et une élévation spirituelle ».

« Le Ohel du Rabbi  possède cette caractéristique spécifique. Lorsque l’on se rend sur le Ohel, avant même de méditer, on ressent une élévation et une expansion de l’esprit qui sont associées à la joie. La proximité spirituelle avec le Rabbi peut engendrer une élévation de l’âme et une expérience de joie profonde. C’est un lieu où l’on peut ressentir une connexion intime avec le Rabbi et recevoir une inspiration spirituelle élevée ».

« En effet, tout au long de sa vie, l’œuvre du Rabbi a été orientée vers le rapprochement et l’élévation de tous les Juifs, même ceux considérés comme les plus éloignés ou les plus simples. Son intention était de réaliser la promesse divine de « les rapprocher de la Torah», de permettre à chaque individu de contempler la douceur de D.ieu et de révéler leur part dans l’étude de la Torah et l’accomplissement des Mitsvot ».

Extrait d’une Si’ha du 10 Chevat 5716

 


Il est certain que lorsque l’on se rend sur le Ohel, l’aide spirituelle est plus intense et palpable. Cependant, même lorsque l’on se trouve à proximité de cet endroit sacré, cela apporte également une assistance spirituelle. Cela est comparable à ce que dit le Talmud, lorsqu’on a « du pain dans son panier », la faim n’est pas aussi grande car on peut la calmer en mangeant. De la même manière, être proche du Ohel ou de tout lieu saint offre une présence et une influence bénéfiques qui peuvent apaiser et nourrir l’âme, même si elles peuvent ne pas être aussi puissantes que lorsque l’on se trouve directement sur le lieu saint lui-même.

« De même, lorsque le mauvais penchant sait qu’il existe un moyen de se recueillir sur la tombe d’un Tsaddik, et non seulement n’importe quel Tsaddik, mais le chef de la génération, dont il est lui-même un élément, il sait que l’aide spirituelle est plus puissante que celle d’un simple Tsaddik. En conséquence, le mauvais penchant ne se manifeste pas avec la même force initiale, car il sait qu’il peut être complètement brisé en présence d’une telle force spirituelle ».

Extrait d’une Si’ha du 10 Chevat 5714


C’est également le sens des paroles du Rabbi Rachab avant son départ de ce monde, quand il dit : « Je vais au Ciel. » Son intention est d’expliquer à son troupeau que même son élévation est liée à eux – puisque, même étant au Ciel, « il se tient et sert ».

Comme disent les Sages, « comme auparavant, il se tient et sert » pour faire descendre tout ce dont ils ont besoin, c’est-à-dire pas seulement pour les choses spirituelles, la Torah et ses Mitsvot, mais aussi pour les choses matérielles.

Nous le voyons pour Moché Rabbénou : par son mérite, la manne est descendue pour les Juifs (et le puits ainsi que les Nuées de Gloire sont revenus pour Moché), à tel point que, lorsque Moché a argumenté « d’où ai-je la viande pour tout ce peuple ? », D.ieu a montré que même le fait de recevoir de la viande doit être par Moché Rabbénou.

« Il en est de même après son départ de ce monde. C’est ce que dit le chef du peuple juif à son troupeau : puisque, pour réussir en tout, spirituellement et matériellement, il est nécessaire d’avoir le « réveil d’En-Haut », pour cela il monte au Ciel, pour qu’il puisse agir afin que le « réveil d’En-Haut » soit plus fort ».

D’autant plus que, d’année en année, l’obscurité se renforce, il y a donc besoin de forces plus grandes. Et puisque, dans chaque chose, il faut aussi une prise sur le matériel, pour cela, il continue et dit : « Les écrits, je vous les laisse. »

Puisque, dans ces « écrits », il a mis son essence lorsqu’il était vivant dans ce monde, par eux, son influence descend même à présent.

Extrait d’une Si’ha de A’haron Chel Pessa’h 5717


• … Il faut donc que la pensée et la méditation sur le départ de ce monde soient comme la première fois. Comme il est expliqué dans les Si’hot du Baal HaHilloula (le Rabbi Précédent – ndt), à propos de la pensée et de l’imagination : il faut revivre la chose comme elle a été la première fois.

Comme il raconte l’histoire avec le militaire, que, quand il s’est représenté comment il s’était tenu devant le roi… il s’est évanoui bien que cela ait été des dizaines d’années plus tard.

« Il en est de même à propos du jour de la Hilloula du 10 Chevat, qu’il doit y avoir la méditation sur ce sujet comme cela était la première fois… Et cela fait que s’évanouissent chez lui toutes les choses indésirables. Et s’annuleront chez lui toutes les choses qui ne sont pas conformes à la volonté du Baal HaHilloula et toutes celles qui viennent de l’esprit de folie ».

Et, quand tout cela va être annulé, il n’y a rien qui empêche de se lier à D.ieu. Et il transforme tout en sainteté…

Extrait d’une Si’ha de Chabbat Parchat Bo 5736


 

• La bénédiction est comparable à la pluie qui tombe après qu’on ait labouré et semé. Il en est de même au sujet du Pan (la lettre à lire sur le Ohel – ndt), c’est par l’attachement entre le demandeur et celui à qui on demande.

Puisque votre désir et votre volonté sont que je lise votre lettre sur le tombeau du Rabbi (Précédent – ndt), vous fixerez certainement un cours pour étudier son enseignement qu’il publia au cours des dernières années. 

(Extrait d’une lettre du 9 Kislev 5714)


• …Il ne faut pas se contenter d’étudier l’enseignement du Tsadik « comme si l’auteur de l’enseignement se tenait devant lui » – avec le mot « comme » seulement.

Après cela, il faut aller à un degré plus haut – que l’auteur de l’enseignement se tient vraiment devant lui, sans le « comme ».

Extrait d’une Si’ha du 10 Kislev 5744

 


 

• Il y en a certains chez qui on utilise l’expression « ils nous a abandonnés aux soupirs ». Une expression pareille – je ne la dirai pas car le Rabbi mon beau-père ne disait pas « soupirs » et aussi c’est le contraire du chemin de la ‘Hassidout… Donc, dire que « il nous a abandonnés aux soupirs » – c’est certainement un mensonge. « Aux soupirs » – certainement pas. Et même « a abandonné » – c’est seulement « si tu m’abandonnes » alors « Je t’abandonnerai ».

Mais, quand il n’y a pas la situation de « tu m’abandonnes », automatiquement il n’y a pas la situation de « Je t’abandonnerai », de telle sorte qu’il n’y a ici aucun sujet « d’abandonner ».

La différence entre avant la Histalkout et après la Histalkout n’est que par rapport au mauvais penchant.

Avant la Histalkout, le mauvais penchant ne pouvait pas prétendre : «Ce n’est pas ce que tu as entendu du Rabbi et ce n’est pas ce que le Rabbi t’a ordonné de faire.» Car on pouvait entrer avec le mauvais penchant en entrevue chez le Rabbi, de façon clairement visible, et demander – devant le mauvais penchant – quel ordre lui avait été donné.

Ce n’est pas le cas aujourd’hui – le mauvais penchant ne peut pas entrer là puisqu’on ne le laisse pas y entrer ! Et donc quand on lui dit : «Viens et on va éclaircir quel commandement on m’a donné.» Il répond qu’il est prêt à y aller et, quand on ne le laisse pas entrer, il dit que ce n’est pas de sa faute et, de toute façon, il ne croit pas dans les mots qu’on lui a transmis car ils n’ont pas été dits devant lui.

Aussi, il continue avec toutes les tentations comme auparavant. Et s’il a affaire à quelqu’un qui n’a pas la fermeté qui doit exister chez un ‘hassid – il peut se faufiler peu à peu, comme dit le Talmud : «Au début, on l’a appelé ‘passant’ et à la fin on l’a appelé ‘invité’ et à la fin ‘maître de maison’», D.ieu préserve.

Il faut donc savoir que tout cela vient du mensonge. Tout ce qui ne vient pas de la sainteté n’a pas de vraie existence. Il en est de même et encore plus pour tous les arguments cités – qui sont des arguments de mensonge.

Il faut donc savoir que la vérité est qu’il n’y a pas ici de sujet «d’abandonner». Et personne ne doit se laisser influencer que tout ce que le Rabbi lui a dit, ou qu’il a dit à d’autres en pensant à lui, n’ont pas d’actualité aujourd’hui car les temps ont changé.

Si les choses étaient dites aujourd’hui d’une façon différente, le changement s’exprimerait en cela qu’on lui aurait ordonné d’ajouter bien des fois plus.

Celui qui regarde bien la situation, sans être corrompu par des désirs et des arguments – voit que, depuis la Histalkout, la réussite s’est rajoutée dans tous les sujets dont le Rabbi a voulu qu’on s’occupe – sans commune mesure !

Extrait d’une Si’ha de Sim’hat Torah 5716

 


 

• …Il en est de même à propos de faire descendre les « influences » par le Rabbi. Et d’abord ce que j’ai dit à quelqu’un il y a deux ans que ce que l’on veut voir, on le voit.

Quand on explique le sujet de Histalkout au sens premier et on veut voir la grandeur de l’élévation du Rabbi, que le Gan Eden inférieur ne suffit, le « septième ciel » est certes très élevé mais le degré du Rabbi est encore plus élevé – puisque D.ieu est l’essence du Bien, et la nature du Bien est de faire du Bien, D.ieu accomplit sa volonté et lui montre l’élévation du Rabbi, que le Rabbi est plus haut que le « septième ciel » et lui, il se trouve en bas.

Mais, quand on explique le sujet de Histalkout comme le Rabbi explique dans le Maamar « Bati Légani » qu’il fit publier pour le jour anniversaire du décès, que la Histalkout est un dévoilement de la lumière du niveau d’élévation.

C’est-à-dire que, bien que ce soit un sujet d’élévation, cela descend en bas et, comme il est expliqué dans le Zohar, que « le Tsadik qui quitte ce monde se trouve dans tous les mondes plus que de son vivant » – alors on lui montre d’en haut comment il « se trouve » dans le monde en bas et il voit de ses yeux de chair tout ce que le Rabbi fait descendre.

Extrait d’une Si’ha du 20 Mena’hem Av 5713

 


 

• Bien que l’on nous demande chaque année d’introduire un changement sans commune mesure (avec la situation précédente – ndt), on ne fait pas obligatoirement référence à des « choses terribles ». On peut se consacrer à des choses qui restent dans le cadre de la nature, limitées.

Toutefois, cette mise en oeuvre ne doit pas être réalisée comme « un accomplissement habituel » mais avec la prise de conscience forte qu’ainsi on renforce son attachement au Rabbi.

De cette manière, même quand le Rabbi s’élève, il nous entraîne avec lui. Tout ce qu’on nous demande, c’est «ouvrez- moi… comme le chas d’une aiguille.»

De notre côté, nous devons faire une «ouverture» au moins «comme le chas d’une aiguille» mais avec la ferme résolution que, quoi qu’il arrive et quel qu’en soit le coût, nous accompagnerons le Rabbi.

Extrait d’une Si’ha du 10 Chevat 5712)

 


 

• En ce qui concerne le départ d’un Tsaddik, on trouve que la manière de se conduire va dans deux directions opposées.

D’un côté, il faut alors avoir un comportement de  « il pleure et porte le deuil » sur le fait qu’il soit parti. D’un autre côté, c’est aussi le moment d’apprendre de «ses actions, son enseignement et du service de D.ieu qu’il a accompli toute sa vie»… pour continuer à suivre le chemin qu’il nous a indiqué.

C’est ainsi que s’applique la parole de nos Sages selon laquelle si «sa descendance est en vie», alors «lui aussi est en vie.»

Extrait de Likoutei Si’hot vol. 18 p. 411

 


 

• Rav P. raconte : «Au début de la Nessiout, je suis venu de Montréal pour quelques jours pendant ‘Hol ‘Hamoëd. Je devais rentrer immédiatement le lendemain de la fête et j’ai demandé au Rabbi si je pouvais aller sur le Ohel (alors que c’était ‘Hol ‘Hamoëd ou Isrou ‘Hag). Il m’a répondu : « Si c’est pour vous un cimetière, alors dans un tel endroit on ne va pas. Mais si vous pensez que le Rabbi a déménagé quelques blocs plus loin, quelle est la différence entre ici et là-bas ? »

Rav Israël D. raconte : « En 5685, le Rabbi précédent a fait de moi un Chalia’h pour aller à Rostov, le 2 Nissan (jour du décès du Rabbi Rachab – ndt). Avant que je sorte de Ye’hidout, il m’a demandé : «Israël, sais-tu comment parler à mon père ?» Je suis resté interloqué. Il m’a dit : «A mon père, il faut parler comme en Ye’hidout ; tu es entré en Ye’hidout chez mon père. Tu dois dire : «Rabbi, je suis un Chalia’h de votre fils et de la Rabbanite. Ils ont fait de moi un Chalia’h. Ensuite, tu diras le Maané Lachon.»

On peut s’interroger: pourquoi faire un Farbrenguen en liaison avec un départ de ce monde. A priori, cet événement représente le contraire de la vie… et le contraire de la joie… alors que le Farbrenguen a pour but d’ajouter de la vie et de la joie dans le service de D.ieu?

Mais, quand un Juif réfléchit au fait que D.ieu conduit le monde entier et donc que c’est également Lui qui réalise le départ de ce monde, quand il sait aussi que la volonté de D.ieu est qu’un Juif Le serve avec joie en tout temps…, il en ressort qu’il n’y a pas de contradiction entre le départ de ce monde et la joie…

En effet, l’existence d’une âme éternelle est réelle même après le départ. De plus, quand il s’agit de l’âme d’un Nassi, cette éternité s’exprime aussi dans la Nessiout dont les effets dans le monde sont également éternels… C’est- à-dire que le Nassi continue d’aider chacun à accomplir la mission confiée par D.ieu : faire de ce monde une « demeure » et un « jardin » pour Lui…

Extrait d’une Si’ha du 10 Chevat 5743

Calendrier Hassidique : 15 Sivan – Les événements majeurs de ce jour

Calendrier Hassidique : 15 Sivan – Les événements majeurs de ce jour

Traduction du Rav Haim Mellul – Editions du Beth Loubavitch

Le 15 Sivan 5665 (1905) Le ‘Hassid, Rav Chmouel Betsalel Sheftel, le Rachbats quitta ce monde.

Il avait été le professeur du Rabbi Rayats, l’un des ‘Hassidim importants du Rabbi Tséma’h Tsédek, puis du Rabbi Maharach et du Rabbi Rachab.
Conformément à sa demande, Rav Chmouel Betsalel fut enterré à moins de vingt-cinq mètres des tombes du Rabbi Tséma’h Tsédek et du Rabbi Maharach.
(Loubavitch Ve ‘Hialeah, à la page 141)

 

Le 15 Sivan 5687 (1927)

Le Rabbi Rayats fut incarcéré dans la prison Shpolerki, à la veille du mercredi de la Parchat Chela’h, à deux heures quinze du matin.
(Likouteï Dibbourim, tome 4, à la page 611)

Le nom de la prison Shpolerki, dans laquelle le Rabbi Rayats, fut incarcéré en ce jour, inspirait à tous la peur, la terreur et l’effroi. Un homme y était conduit lorsque son verdict était déjà prononcé, ou bien quand il était encore nécessaire de l’interroger, avant d’appliquer ce verdict.
Le Rabbi, chef de notre génération, expliqua : «L’incarcération de mon beau-père, le Rabbi commença le 15 Sivan. Après la libération du 12 Tamouz, il fut établi que l’emprisonnement avait eu pour objet de semer, afin de pouvoir produire une abondante récolte et de développer la diffusion des sources de la ‘Hassidout».
(Séfer Ha Maamarim Meloukat, tome 3, à la page 188)

 

Le 15 Sivan 5695 (1935)

Le Rabbi Rayats quitta Varsovie (voir le 14 Elloul). Il s’établit dans la ville voisine d’Otwock, en Pologne. Il y resta jusqu’au 21 Elloul 5699.
Quand le Rabbi vint s’installer à Otwock, la Yechiva Tom’heï Temimim, qui était, au préalable, à Varsovie, fut également transférée dans cette ville.
Le Rabbi Rayats écrivit, à ce propos : «Le quinzième jour du mois de Sivan, en l’année 5695, sur le conseil des médecins, j’ai déplacé notre domicile de Varsovie à Otwock».
(Iguerot Kodech Rabbi Rayats, tome 3, à la page 282)

Guimel Tamouz 5784 : « Et ce fut dans la trentième année ! »

Guimel Tamouz 5784 : « Et ce fut dans la trentième année ! »

 

Alors que nous nous tenons dans les jours de préparation avant le grand et saint jour, le 3 Tamouz 5784 (mardi 9 juillet 2024), jour de la Hilloula de « Et ce fut dans la trentième année », nous, en tant que Hassidim qui savons que « le Rabbi a tout prévu », voulons tous savoir comment notre saint Rabbi, le leader de notre génération, nous a préparés à une telle date et un tel événement ?

 

En effet, lorsque nous étudions les discours et les lettres saintes prononcés et écrits à proximité de « la Hilloula de la trentième année » – selon ses termes saints dans le télégramme du 10 Chevat 5740 – on peut y voir et ressentir le « shturem » (l’effervescence) spécial que le Rabbi a fait de toute cette affaire de « Et ce fut dans la trentième année » pour la Hilloula, basé sur le verset au début de la prophétie d’Ézéchiel : « Et ce fut dans la trentième année, au quatrième mois, le cinquième jour du mois, alors que j’étais parmi les exilés près du fleuve Kebar, les cieux s’ouvrirent et je vis des visions divines. » (Ézéchiel 1:1)

Le Rabbi a souligné que cette prophétie était une chose merveilleuse sans comparaison avec toutes les prophéties précédentes, car c’est alors qu’Ézéchiel le prophète a vu le char céleste, qui est une question de voir la divinité de manière tangible, et que c’est aussi l’essence de la révélation de l’enseignement hassidique, qui est l’intériorité de la Torah, les secrets des secrets.

De même, a dit le Rabbi, le jour de la Hilloula de « Et ce fut dans la trentième année », une nouvelle et merveilleuse révélation se produit dans le monde, sans comparaison avec tout ce qui s’est passé dans les années précédentes. C’est-à-dire que la révélation de « tout son labeur dans lequel il a travaillé », le leader de notre génération, tout au long de ses années de leadership, qui continue et se révèle ici dans ce monde physique chaque année le jour de la Hilloula, et d’une manière qui « accomplit des délivrances au sein de la terre », eh bien le jour de la trentième Hilloula, la révélation est d’une manière merveilleuse et extrêmement élevée, sans comparaison avec toutes les années précédentes.

Lors des Farbrenguens spéciaux qui ont eu lieu à cette époque de « Et ce fut dans la trentième année », le Rabbi a expliqué en détail le mérite spécial qui existe à la fin de la période de « trente ans » –

C’est en préambule que lorsqu’une période de dix ans, vingt ans, etc. se termine, il y a un merveilleux renouvellement, et des extensions et révélations élevées sans comparaison avec ce qui existe à la fin d’une année supplémentaire ordinaire depuis le décès. Et c’est comme ce qui est expliqué dans la Mishna (Avot 5:21) « À vingt ans… à trente ans… à quarante ans », c’est-à-dire que dans chaque période de dix ans, un renouvellement et une innovation se produisent dans une autre affaire. Le Rabbi a expliqué la raison de cela selon ce qui est expliqué dans le Pardès que tout est fixé dans un ordre de dix, dix paroles, dix sefirot, et il en est de même pour le temps, qu’il y a une révélation et un renouvellement spécial à la fin d’une période de dix ans.

Mais à la fin d’une période de « trente ans », il y a un mérite supplémentaire et merveilleux par rapport à une période de dix ou vingt ans, comme l’explique le Rabbi Tsemach Tsedek sur le verset « Et ce fut dans la trentième année », qu’il correspond à dix vases, dix lumières intérieures et dix lumières enveloppantes, qui ensemble font trente qui sont la totalité de tout. De cela, on comprend que lorsque trente ans sont accomplis, une nouvelle extension est attirée dans le monde d’une manière merveilleuse et extrêmement élevée, sans comparaison avec toutes les années précédentes.

Le Rabbi a alors éveillé et exigé de tous les Hassidim que cette révélation de « Et ce fut dans la trentième année » doit produire un ajout et un embellissement, et un « ko’h » (enthousiasme) spécial avec un « shturem » (effervescence) merveilleux –

Tant – dans le renforcement de la lumière et de la chaleur de l’attachement à notre leader, à sa Torah et à ses directives, que nous devons savoir que nous sommes liés à lui, maintenant même comme au moment du décès, et donc il faut s’accrocher à la « poignée », et plus encore s’accrocher à la « porte ouverte » et aller au saint lieu de repos avec des questions et des demandes, écrire des pidyonot, et demander miséricorde et bénédictions !

Et – dans le comportement en acte concret de « sa descendance est vivante », son troupeau, ses disciples et les disciples de ses disciples, et tous ceux qui à partir de maintenant deviendront les disciples de ses disciples, dans le renforcement des saintes ordonnances du maître de la Hilloula, comme l’étude des leçons quotidiennes de Chitat, et dans le renforcement des saintes institutions fondées par le maître de la Hilloula, ou qui ont été fondées par « sa descendance est vivante » et sont gérées dans son esprit, selon sa Torah et à la lumière de sa méthode, et de faire tout cela avec plus de force et de vigueur, et selon ses termes saints « et avec élan comme il convient à ‘Et ce fut dans la trentième année' » !

Selon toutes les paroles susmentionnées du Rabbi, il est évident que cette révélation élevée et merveilleuse de la Hilloula de « Et ce fut dans la trentième année » qui approche, où l’on verra aux yeux de tous comment le Rabbi « devient encore plus vivant, fort et actif parmi nous, en nous, et à travers nous dans tout le peuple d’Israël et dans le monde entier », d’une manière merveilleuse qui n’a jamais existé dans toutes les années de leadership,

Cela doit produire en nous tous un véritable éveil pour renforcer l’attachement, avec une vitalité renouvelée et une fidélité absolue au Rabbi dans les liens d’un amour profond, et de nous dévouer à lui dans l’accomplissement de ses saintes directives et de marcher dans ses voies qu’il nous a enseignées,

Ainsi qu’un renforcement de la foi et de la confiance totale, dans la sainte mission et la tâche spéciale que le Rabbi a destinée à notre génération, la septième génération, la dernière génération de l’exil et donc la première génération de la rédemption, qui est « d’amener les jours du Messie » et de faire descendre la Présence Divine de manière concrète ici en bas sous dix poignées, et que chacun d’entre nous doit se préparer lui-même et sa famille et tout son entourage, jusqu’au monde entier, à recevoir le Messie,

Et cela en intensifiant et en élargissant le travail de la sainte mission, en établissant des maisons Chabad dans tous les coins du monde, et en s’engageant constamment dans toutes les saintes campagnes, et en renforçant la foi en la venue du Messie, par l’étude des sujets de la rédemption et du Messie, dans la Torah écrite et la Torah orale, et en particulier tels qu’ils ont été expliqués dans la Torah du leader de notre génération, et d’agir dans tout cela avec une énorme énergie et une vitalité renouvelée, qui correspondent à la merveilleuse et nouvelle révélation de « Et ce fut dans la trentième année ».

Il est entendu et évident que toutes les actions dans ces jours de préparation se font avec un espoir fort et une foi simple, que par le mérite de la préparation appropriée pour le grand et saint jour, nous mériterons encore avant le jour de la Hilloula de « Et ce fut dans la trentième année », la révélation la plus merveilleuse, de voir l’éclat du saint visage du Rabbi, « nos yeux verront le roi dans sa beauté », et selon ses termes saints à la fin du discours d’acceptation de la direction, « Je suis venu dans mon jardin », lors du Farbrenguen du 10 Chevat 5711 « et nous mériterons de voir le Rabbi ici en bas… et il nous rachètera », en ces jours mêmes !

 

18 Nissan 1902, jour de la Brit Mila du Rabbi, quatrième jour de ‘Hol Hamoëd Pessa’h

18 Nissan 1902, jour de la Brit Mila du Rabbi, quatrième jour de ‘Hol Hamoëd Pessa’h

La Brit Mila du Rabbi eut lieu le 18 Nissan, quatrième jour de ‘Hol Hamoëd Pessa’h (qui est également le jour de l’anniversaire de Rabbi Lévi Yits’hak Schneerson).

fr.chabad.org

On raconte que le ‘Hassid, Rav Achèr Grossman, le Cho’het de la ville de Nikolaïev était invité au repas. Cependant, comme il était particulièrement scrupuleux et – selon la tradition ‘hassidique – ne mangeait pas en dehors de chez lui, il ne goûta à rien.

Rabbi Méir Chlomo Yanovsky, père de la Rabbanit Hanna, le remarqua et en fut attristé mais il déclara : « De fait, je serais en droit d’être vexé et de vous en vouloir car, chez moi, vous pouvez manger sans crainte. Mais que puis-je faire ? Un jour, vous m’avez sauvé la vie ! »

Voilà ce qui s’était passé : un jour, Rabbi Méir Chlomo Yanovsky avait contracté la maladie du typhus – une maladie mortelle à l’époque, car on n’avait pas encore trouvé de remède efficace. Afin d’éviter la contamination d’autres personnes, les malades étaient envoyés de force par les autorités sanitaires dans des camps fermés, loin de la ville, sans médicaments. De fait, les malheureux souffraient terriblement jusqu’à leur mort inévitable dans ces conditions, que D.ieu nous en préserve. Seul le médecin était autorisé à leur rendre visite une fois par jour et à leur donner des médicaments qui ne faisaient qu’alléger un peu leurs douleurs. Personne d’autre n’avait le droit de les réconforter et de les aider dans leurs derniers moments sur terre tant était grande la crainte de la contagion. (Lire la suite)

Dès qu’on eut constaté son état, Rabbi Méir Chlomo fut lui aussi amené sans ménagements dans ce véritable mouroir, sans aucun espoir d’en sortir vivant.

Quand son plus proche ami, Rav Achère Grossman apprit la nouvelle, il se précipita en dehors de la ville avec un livre de Tanya sous le bras. Comme il n’était pas autorisé à entrer dans la chambre du malade ni même de se tenir à sa porte, il se tint debout non loin de sa fenêtre et se mit à lire à voix haute le Igrot Kodech 11 «Leaskilera Bina» dans lequel il est expliqué que rien de mauvais ne provient de D.ieu : l’homme doit se réjouir à chaque instant en plaçant sa confiance en D.ieu qui désire le combler de bienfaits à tout instant ; le croyant ne ressentira aucune souffrance car tout est pour le bien, véritablement et entièrement etc.

Après avoir achevé sa lecture, Rav Achère rentra chez lui sans avoir pu voir son ami mais il revint ainsi chaque jour, durant trente jours sans interruption, pour lire à voix haute ce chapitre.

Rabbi Méir Chlomo lui-même raconta par la suite que, dès la première lecture, il avait senti une petite amélioration de son état. Progressivement, il s’était renforcé et, au bout de trente jours dans cet enfer, il avait été déclaré guéri et avait pu en sortir, VIVANT !

 

11 Nissan – Elie Wiesel :  « Heureuse est la génération qui a le Rabbi comme chef de file »

11 Nissan – Elie Wiesel : « Heureuse est la génération qui a le Rabbi comme chef de file »

Eliezer Wiesel est un écrivain, philosophe et professeur d’université américain contemporain, d’origine roumaine, né le 30 septembre 1928 à Sighetu Marmațieiu Marmației, en Roumanie, et mort le 2 juillet 2016, à New York.

Issu d’une famille hassidique, il est déporté en 1944 dans le cadre de la politique d’extermination systématique des Juifs à Auschwitz puis Buchenwald. Ayant survécu à la Shoah, il est ensuite accueilli en France où il fait des études de littérature et journalisme, produisant une œuvre abondante en langues française, hébraïque, yiddish et anglaise, où les légendes des mondes juifs disparus et la Shoah occupent une part importante, souvent centrale. Émigré à New York, il y fait souche, continuant à écrire et enseigner, participant à la fondation du Mémorial américain de l’Holocauste ainsi qu’à de nombreux débats d’idées sur la conduite de l’humanité, la place des Juifs dans le monde et celle d’Israël dans les nations.

Grand-croix de la Légion d’honneur et commandeur de l’ordre de l’Empire britannique, ayant reçu aux États-Unis la médaille d’or du Congrès et la médaille présidentielle de la Liberté, fait docteur honoris causa par plus de cent universités parmi lesquelles Harvard, Yale, Stanford, Cambridge, Princeton, Columbia, l’École normale supérieure, Oxford, la Sorbonne et l’université hébraïque de Jérusalem, il reçoit le Prix Nobel de la paix en 1986. Son livre La Nuit est resté sur la liste des meilleures ventes du New York Times, The New York Times bestseller list, pendant neuf semaines d’affilée, un record inégalé pour un livre de non-fiction.

Elie Wiesel, l’une des voix juives les plus passionnées de notre temps, a entretenu une correspondance et une relation personnelle durables avec le Rabbi de Loubavitch. Étudiant passionné, enseignant recherché, survivant d’Auschwitz et de Buchenwald, Wiesel est l’auteur de nombreux livres sur le sujet, dont la Nuit à succès, la première d’une trilogie sur sa vie dans les camps de concentration. Récipiendaire de nombreux prix littéraires et diplômes honorifiques, M. Wiesel, professeur à l’Université de Boston, s’est entretenu avec Baila Olidort en mai 2013.

Vous étiez un étudiant enthousiaste dès votre jeune âge. Avez-vous recherché le caractère moral de vos professeurs?

Absolument. Je ne voudrais pas celui qui utilise la connaissance contre la dimension morale de la vie en tant que professeur. J’ai fait pression dans le monde entier pour plaider en faveur de cours obligatoires d’éthique dans chaque école – médecine, architecture, commerce.

Dans vos mémoires, vous écrivez sur l’étude de la Torah dans votre enfance à Sighetu Marmației, puis sur la façon dont vous avez continué à étudier après la guerre. Que continuez-vous d’étudier aujourd’hui?

J’etudie la Gemara — Bavli et Yeroushalmi, et tous les maîtres Hassidiques.

Vous décrivez vos relations avec plusieurs enseignants qui occupaient une place très importante dans votre vie. Et aujourd’hui, vous êtes enseignant. Avez-vous la même relation avec vos élèves que vos professeurs avaient avec vous?

J’espère. Je peux avoir ce genre de relation parce que je choisis mes élèves, je choisis mes matières.

La relation entre l’enseignant et l’élève est très mystérieuse. Vous savez que selon la Hala’ha, la loi juive, si un père et un enseignant sont kidnappés, nous avons la Mitsva de libérer d’abord l’enseignant. C’est donc très mystérieux. Les étudiants sont là pour recevoir, et je suis là pour donner.

Pensez-vous que ce type de relation intense entre l’élève et l’enseignant est intrinsèquement juif?

Eh bien, les Grecs l’avaient aussi. Socrate et Platon étaient après tout très proches. Mais le nôtre l’est davantage.

Parlez-moi du mystère de votre relation avec le Rabbi.

C’est trop personnel. Mais, quand le Rabbi était seul avec quelqu’un, c’était une ouverture. Il a ouvert des portes à son visiteur, à son élève ou à son ‘Hassid, portes secrètes que nous avons tous. Ce n’était pas une effraction. Ce n’était qu’une invitation. Et c’était vraiment la grandeur du Rabbi. Je pense que le Rabbi avait un grand talent pour cela – l’un des plus grands et des meilleurs que le judaïsme n’ait jamais connu.

Diriez-vous que le ‘Hassid et l’élève sont les mêmes?

Un ‘Hassid vient non seulement pour apprendre du Rabbi, mais plus que cela: pour vivre le Rabbi. Les rencontres, les Farbrenguens avec le Rabbi deviennent des chapitres de la vie d’un ‘Hassid. La partie intéressante est que dans les temps anciens, l’enseignant choisissait l’élève. À l’époque ‘Hassidique, c’est le ‘Hassid qui a choisi le Rabbi. Et à partir du moment où le ‘Hassid a choisi le Rabbi, le Rabbi n’a pas le droit de dire non.

Vous êtes un Vizhnitzer ‘Hassid.

Oui, et j’ai commencé chacune de mes rencontres avec le Rabbi en lui disant cela.

Qu’est-ce qui vous a poussé à vous rapprocher du Rabbi en premier lieu?

Feu Gershon Jacobson – c’était mon collègue. J’écrivais pour Yediot Aharonot en Israël et pour le Yiddish Forward, et il écrivait pour le [Yiddish] Tog Morgan Journal. Nous nous rencontrions souvent et il me disait: «Tu devrais aller voir le Rabbi.» Je lui dirais que je suis un Vizhnitzer. Il a dit, venez en tant que journaliste. Et c’est ce que j’ai fait. Je suis venu comme journaliste pour la première fois. Et une fois que j’ai rencontré le Rabbi, c’était pour toujours.

Qu’avez-vous emporté des Farbrenguens?

C’est personnel. Mais, une fois, je suis arrivé à un Farbrenguen, je pense que c’était en l’honneur du 70e anniversaire du Rabbi, et il y avait un grand livre [où les invités ont écrit des voeux] et j’ai écrit, « Ashrei hador sheAdmor manhigo ». « Heureuse est la génération qui a le Rabbi comme chef de file. »

Le Rabbi a créé un lien, tout d’abord entre ‘Hassid et ‘Hassid. Cela était vrai pour chaque Rabbi depuis le Ba’al Shem Tov. Lorsqu’un ‘Hassid arrivait au Farbrenguen, il ne s’agissait pas seulement du se lier avec le Rabbi. La Emounat Tsadikim [la foi dans le Tsadik] est une chose. Mais le Dibbouk ‘Haverim [liens entre amis) est autre chose. Et le Rabbi y est parvenu.

Après l’Holocauste, Vizhnitz et la vie ‘Hassidique plus généralement ont été transplantés d’Europe en Israël et en Amérique. Quelque chose a-t-il été perdu dans le processus?

Oui, l’authenticité. Ce que nous avons réussi à faire, c’est de sauver Vizhnitz en transférant la géographie. Vizhnitz est là, mais pas vraiment [comme c’était le cas] – tout est diminué. Le monde est diminué. Nos anciens professeurs disent que nous sommes plus loin du Sinaï.

Beaucoup de jeunes juifs estiment qu’aujourd’hui rien ne nous empêche d’intégrer et d’assimiler pleinement; qu’il est temps de laisser tomber le passé et de passer à autre chose. Comment vous situez-vous à propos de cela?

Je n’ai jamais pensé comme ça. Nous tenons bon, et c’est une bonne chose. Je ne serais pas qui je serais sans mon lien, mon lien ardent avec mon passé, avec mon enfance, avec Israël. J’ai essayé de le transmettre à mon fils, mon petit-fils et même à mes élèves et à mes lecteurs.

Que dites-vous à une jeune génération juive de son endettement envers l’histoire? Six millions de Juifs sont morts al Kiddouch Hachem, pour sanctifier le nom de D.ieu. Alors quoi?

Par conséquent, soyez juif!

Comment pensez-vous que nous pouvons compenser la perte?

Nous ne pouvons pas compenser ce que nous avons perdu. C’est mathématiquement impossible. Les chiffres ne sont pas des chiffres, ce sont des êtres humains. Puis-je recréer ce que j’ai perdu dans Sighetu Marmației? Et pourtant il y a du mouvement, il y a une volonté, il y a des idées créatives.

Vous avez consacré votre vie à faire prendre conscience de l’Holocauste, du mal dont les êtres humains sont capables. Et pourtant, l’antisémitisme continue.

Il y a quelques années, j’ai été invité à prendre la parole devant l’Assemblée générale des Nations Unies. J’ai donné à mon intervention le titre «Le monde apprendra-t-il jamais?» Et je suis rentré à la maison très triste, car le monde ne l’avait pas fait. Et pourtant, nous essayons d’enseigner le monde. Le peuple juif a essayé autant que possible de témoigner. Que peut-on faire d’autre?

En général, il y a une recrudescence d’antisémitisme dans le monde entier. Les intellectuels deviennent de plus en plus extrêmes dans leur condamnation d’Israël. N’est-ce pas démoralisant pour vous?

C’est triste, mais pas démoralisant. Je ne leur accorderais jamais cette victoire. Quoi qu’il en soit, je n’abandonnerai pas. Le principe de l’enseignement est un élément majeur de la survie de notre propre peuple.

Qu’avez-vous retiré de vos rencontres avec le Rabbi?

Tout était tellement personnel. Bien sûr, nous avons parlé de choses qui ne l’étaient pas. Il a lu chacun de mes livres en français. C’était un très bon lecteur. Parfois, nous avons eu des désaccords.

Dans vos mémoires, vous partagez certaines des conversations que vous avez eues avec le Rabbi à propos de D.ieu, et certaines de ces lettres ont été publiées. Il me semble qu’en fin de compte, il n’y a pas eu beaucoup de désaccord entre vous deux à ce sujet.

Oh, mais il y en avait. Le Rabbi a dit que nous ne pouvons pas comprendre. Nous ne sommes pas censés comprendre.

Et vosu avez répondu quoi?

Je veux comprendre.

Et au fil des années, vous êtes-vous rapprochée de la compréhension?

Un des premiers poètes juifs a dit: « Si je le connaissais [D.ieu], je serais Lui ».

Qu’est-ce qui propulse alors la quête?

Je me définis par ma quête, pas par ce que je trouve.

Vous avez mentionné que le Rabbi vous posait souvent des questions sur vos projets de mariage.

Oh oui. Le plus grand bouquet de fleurs que j’ai jamais reçu provenait du Rabbi pour mon mariage. Il me poussait à me marier. J’ai des lettres – une lettre dans laquelle nous parlons de théologie juive – sept, huit pages sur la théologie. À la fin de la lettre il a dit: « Et au fait, quand allez-vous vous marier? » Comme si les deux avaient quelque chose en commun.

Que voulait le Rabbi de vous?

Je ne peux pas te le dire. C’est entre lui et moi.

Que pensez-vous que le Rabbi voudrait voir se produire aujourd’hui?

Je suis sûr qu’il pensait que si le peuple juif savait ce que les Juifs devraient faire pour le Dieu d’Israël et pour le peuple d’Israël, Le Machia’h viendrait. C’était son rêve, préparer le monde à la sa venue.

Pensez-vous qu’il était satisfait de ses réalisations?

Non, mais injustement. Il a toujours senti qu’il n’en avait pas fait assez, et pourtant il en avait fait plus que quiconque que je sache. Il sentait que quelque part, peut-être quelque part au Népal – il n’a pas voyagé mais il savait ce qui se passait – il y a quelqu’un qui a besoin de quelque chose. Une fois que vous ressentez cela, vous ne pouvez pas être heureux. S’il y avait une personne qui, disons, avait faim de yiddishkeit. . .

C’est pourquoi il avait cette grande idée des Shluchim. L’une des plus grandes réalisations du Rabbi est le Shluchim. J’ai une immense affection pour chacun d’entre eux, ainsi que de l’admiration et de la gratitude. Parce qu’ils portent non seulement le message du Rabbi; ils portent la tristesse et la joie du Rabbi et le rêve du Rabbi. Ce sont des porteurs; ils sont les porteurs de sa vision.

11 Nissan : Le Rabbi de Loubavitch et la France

11 Nissan : Le Rabbi de Loubavitch et la France

 

Sim’hat Torah 5734 (1973) : c’était il y a quarante ans et Rabbi Ména’hem Mendel Schneerson, le Rabbi de Loubavitch, que les Juifs, dans le monde entier, ont toujours appelé simplement  » le Rabbi « , entonnait pendant les danses de la fête, à la stupéfaction générale, le cantique traditionnel  » Haadérèt Véhaémouna  » sur l’air de la Marseillaise. Ce chant fut alors, à la fois, la concrétisation et le catalyseur d’une véritable révolution spirituelle qui ne laissa pas la communauté juive de France inchangée.

Loubavitch.fr

Devant un groupe de jeunes juifs français, devant une assemblée essentiellement américaine qui ne comprenait pas ce qui se déroulait sous ses yeux, le Rabbi ouvrit ainsi un chemin qui ne s’est plus jamais refermé. Ce fut certes là un événement unique, sans équivalent. Cependant, on sait, depuis de longues années, que le Rabbi entretint toujours un rapport particulier avec la France. Il manifesta la chaleur de cette relation en de très nombreuses occasions dont l’épisode cité fut sans doute un des points culminants.

Il n’est, bien entendu, pas à notre portée de connaître les raisons profondes d’une telle attitude. Pourtant, peut-être peut-on en retracer l’origine à ces jours anciens de 5693 (1933), l’époque du précédent Rabbi de Loubavitch, Rabbi Yossef Its’hak Schneersohn, où le Rabbi quitta Berlin et la célèbre université où il étudiait, après l’arrivée au pouvoir des nazis, pour Paris et la Sorbonne ? Peut-être faut-il en effet voir en cela la base de ce lien qui se maintint ensuite par delà les océans et les événements d’un monde pris d’une folie meurtrière ? Ce n’est pas pour rien que, bien des années plus tard, alors que l’épouse d’un délégué en France rendait visite à la femme du Rabbi, qui n’était autre que la propre fille de Rabbi Yossef Its’hak, celle-ci, connaissant l’ampleur du succès rencontré par le mouvement loubavitch dans ce pays, lui déclara :  » Nous avons labouré et semé ; votre travail est de récolter.  »

C’est à cette histoire que ces pages sont consacrées. C’est une histoire importante pour chacun de nous, Juifs de France, car nous en sommes les héritiers et les continuateurs. Ce qui est présenté ici n’est, bien entendu, pas exhaustif et ne saurait l’être. Qu’il soit considéré comme un premier pas pour prendre la pleine mesure des transformations spirituelles connues par ce pays et par la communauté.

Nous sommes donc en 1933 et le père du Rabbi, Rabbi Lévi Its’hak, écrit à son fils :

 » C’est avec une âme animée d’un désir ardent que nous attendions ta lettre de Paris. Elle nous est finalement arrivée en fin de semaine dernière. Que votre arrivée soit en paix. Installez-vous dans votre nouvel endroit et soyez en paix, en tranquillité et sérénité pour toujours. Réussissez en tout et élevez-vous toujours plus haut… « 

Nous savons aujourd’hui ce qu’il en fut.

L’HISTOIRE

La résidence du Rabbi à Paris – Première période

Première partie : 5693 – 5696 (1933 – 1936)

Vers la fin de l’hiver 5693 (1933), Rabbi Yossef Its’hak vint à Paris. Il profita de ce déplacement pour aider à l’installation du Rabbi et de son épouse, la Rabbanit ‘Haya Mouchka.

Comme il l’avait fait à Berlin, le Rabbi continua à Paris à se consacrer, pendant l’essentiel de la journée à l’étude de la Torah, ne laissant que peu de temps pour l’acquisition des connaissances profanes requises par l’Université. A cette époque, un homme fut très proche du Rabbi, il répondait au nom de docteur Méir Chohètman. Il étudia avec le Rabbi à la Sorbonne et eut l’occasion de l’aider. Il raconte :

 » Il me fut demandé de l’aider à entrer à l’université. Mais d’abord, il (le Rabbi) voulut apprendre la langue. Je lui proposai un professeur particulier mais il souhaita avoir un cours par écrit. J’allai à la Sorbonne et on me dit d’amener le nouvel étudiant… Il voulait étudier la physique et les mathématiques pour poursuivre le cycle entrepris à Berlin bien que les diplômes obtenus là-bas ne soient pas encore arrivés…

Ils (le Rabbi et son épouse) vivaient dans un petit appartement. Il avait des études fixées dans le judaïsme – Talmud, Paracha, Midrach, ‘Hassidout – et j’étudiai avec lui. Il apprit le français avec une rapidité exceptionnelle et fréquentait les grandes bibliothèques publiques, essentiellement celle de l’université et celle de la communauté juive…

Il priait dans la synagogue ‘hassidique de Rav Avraham ‘Hen… Quand les ‘hassidim l’interrogeaient au sujet de ses études à l’université, il répondait que c’était nécessaire, que, pour savoir quoi répondre, il fallait étudier et connaître. On se rendait compte qu’il avançait dans la voie des membres du Sanhédrin antique qui devaient posséder toutes les langues et les sciences… « 

En fait, après son installation à Paris, le Rabbi ne souhaita pas reprendre vraiment ses études profanes. Pour cela, il fallut que son beau- père, Rabbi Yossef Its’hak, vienne à Paris pour des raisons médicales et demande au docteur Chohètman de transmettre à son gendre qu’il souhaitait lui voir continuer ses études universitaires. Une lettre, datée de 5696 (1936) écrite par le Rabbi depuis une maison de repos à Ville-d’Avray témoigne de ce lien particulier avec son beau-père et du rôle que ce dernier entendait lui voir assumer. En tout état de cause, la décision ne fut pas facile à prendre. De plus, il s’agissait de faire entrer le Rabbi à la Sorbonne en milieu d’année, alors que celui-ci ne maîtrisait pas encore le français et qu’il n’était pas en possession des diplômes obtenus à Berlin. Par ailleurs, dans l’université française d’avant-guerre, l’antisémitisme était une opinion répandue et qui semblait à beaucoup légitime. Cependant, des choses importantes étaient décidément en jeu car, malgré ces difficultés et grâce à l’intervention du docteur Chohètman, le Rabbi fut accepté à la grande satisfaction de son épouse et de son beau-père. Il entreprit l’étude de la construction navale et des mathématiques puis plus tard, semble-t-il, celle de la psychologie ainsi que celle d’un certain nombre d’autres domaines qui ne nous sont pas connus avec précision.

De manière générale, le Rabbi ne désirait pas être reconnu comme un érudit et encore moins comme le gendre du Rabbi de Loubavitch de ce temps, ce qui lui aurait valu renommée, manifestations de respect et nombreuses visites. Il prenait toutefois plaisir à discuter de Torah avec les Rabbanim qui, ayant appris sa présence dans la ville, venaient le voir. Les conditions de la vie juive dans le Paris d’alors étaient d’une grande difficulté. Les témoins racontent que le Rabbi et son épouse n’achetaient rien à l’extérieur par souci de cacherout et que la Rabbanit faisait elle-même le pain qu’ils mangeaient. Pour pouvoir consommer du lait, qui constituait l’essentiel de l’alimentation du Rabbi, la Rabbanit allait elle-même à pieds, presque chaque jour, pour en surveiller la traite dans une ferme. Il fallait, pour cela, marcher plusieurs kilomètres… De tels efforts n’arrêtaient pas non plus le Rabbi. Afin de permettre aux Juifs de la capitale de consommer du pain  » Pat Israël « , le Rabbi se rendait chaque semaine, à pieds également et aux petites heures du matin, dans une boulangerie lointaine dans un quartier peu recommandable, pour en allumer le four.

Pendant toute cette période, le Rabbi ne cessa pas d’écrire des pages d’érudition, des commentaires nouveaux qui attirèrent l’attention sur lui. C’est aussi à lui que, malgré l’éloignement, Rabbi Yossef Its’hak, qui se trouvait alors dans les pays baltes, décida de confier la tâche d’organiser et de préparer pour l’édition les lettres qu’il avait écrites à diverses occasions et qui traitaient essentiellement de matières spirituelles et du service de Dieu. Tout cela décrit, il est clair que le Rabbi attirait l’attention par son comportement général. Aussi, Juifs et non-Juifs, y compris au sein de l’université, le considérèrent très vite comme  » un homme saint « . Ce n’était évidemment pas de son fait. Ainsi, pour garder la tête couverte dans la Sorbonne d’avant-guerre, le docteur Chohètman lui suggéra d’utiliser un canotier, le chapeau en vogue dans le Paris d’alors, ce que le Rabbi accepta. De même, contrairement à la coutume d’Europe centrale, il portait une veste courte tous les jours de semaine au lieu du traditionnel vêtement rabbinique plus long. Bien plus tard, il parla de ce choix et indiqua qu’ainsi il put consacrer davantage de temps à l’étude car, dit-il,  » les ‘hassidim ne vinrent pas à moi quand je portai une veste courte.  »

Pendant la période 5695 – 5696 (1935 – 1936), le Rabbi ne cessa pas de voyager entre les lieux de résidence successifs de son beau-père en Lettonie et en Pologne et Paris. Il s’était en effet vu confier de nombreuses tâches et non des moindres. Cependant, son action dans Paris ne se démentait pas. Un homme, ‘Haïm Rudel, qui s’installa plus tard en Israël, raconte :

 » Je suis né à Paris en 5691 (1931). En 5696 (1936), je venais à la synagogue de la rue des Rosiers tous les lundi et jeudi où il n’y avait pas d’école. Dans une pièce, il y avait une classe où environ vingt-cinq enfants étudiaient la Torah avec un professeur…

Le Rabbi y venait régulièrement pour veiller au bon déroulement du cours. Il s’intéressait, conseillait et encourageait les élèves et le professeur. Il faisait également la prière de Min’ha et d’Arvit à la synagogue. Il n’habitait pas le quartier mais demeurait dans le 16ème arrondissement. Mon frère Méir, plus âgé que moi, étudiait alors l’ingénierie électrique à la Sorbonne avec le Rabbi. « 

Deuxième partie : 5697 – 5700 (1937 – 1940)

Pendant cette période, le Rabbi entreprit, à sa manière discrète et sereine, de diffuser la Hassidout dans Paris. Certes, il fréquentait la Sorbonne mais les témoins du temps attestent qu’il s’y trouvait moins de deux heures par jour et, parfois sautait des jours. Lorsqu’il venait pourtant assister au cours, c’était toujours avec un volume du Talmud ou de Maïmonide dans la main. Il écoutait alors le cours pendant dix à quinze minutes d’affilée avant de retourner à l’étude de l’ouvrage qu’il avait apporté. Quant aux devoirs qu’il devait remettre ou aux examens qu’il devait passer, il les terminait en un temps d’une brièveté surprenante. C’est dans ces conditions qu’il collectionna une série de diplômes dans des domaines très éclectiques, la plupart portant sur les sciences de la nature et le reste sur d’autres sujets.

Dans ce Paris où les ombres montaient, le Rabbi ne renonça à rien. Sur son chemin, il rencontra des Juifs parfois pris de doutes sur la nécessité de l’attachement au judaïsme. Tel rapporte que, fils de ‘hassid, il s’était retrouvé dans la capitale française et ne savait plus que penser du monde. Le Rabbi lui consacra une conversation quasi ininterrompue de dix-huit heures qui le maintint dans la fidélité au judaïsme pour toujours. Tel autre rapporte que, réfugié à Paris après avoir fui Berlin, il cherchait désespérément une Souccah pour la fête. Il finit par rencontrer le Rabbi dans la rue des Rosiers et lui demanda où il pourrait en trouver une. Il ne connaissait pas celui qu’il abordait ainsi et qu’il avait seulement reconnu comme un Juif religieux. Le Rabbi l’invita dans sa propre petite Souccah en plein quartier latin et l’homme garda toute sa vie en mémoire ce soir-là où il crut voir les invités spirituels de la fête apparaître tant l’atmosphère qui régnait dans l’humble demeure était différente. Outre cette référence au quartier latin, deux autres adresses où le Rabbi et son épouse auraient résidé à Paris, nous sont connues : 9 rue Boulard, dans le 14ème arrondissement, et 78 rue Blomet, dans le 15 ème arrondissement. Dans les deux cas, aucun détail n’est parvenu jusqu’à nous.

C’est alors que la guerre éclata. Les nazis, après leurs forfaits commis en Allemagne, déferlèrent sur l’Europe. Ils envahirent alors la Pologne. Rabbi Yossef Its’hak se trouvait, dans cette période, à Varsovie et il dut s’abriter pendant que l’aviation nazie bombardait la ville, et notamment les quartiers connus comme juifs. Il parvint finalement à quitter le pays et arriva à Riga d’où il put enfin s’embarquer pour les Etats-Unis. Paris n’était pas encore une ville occupée et le Rabbi y résidait encore. En ce début de temps de tragédie, c’est lui qui, depuis l’Europe, joua le rôle de plaque tournante pour les actions entreprises afin de sauver Rabbi Yossef Its’hak. C’est encore lui qui se chargea de transmettre toutes les informations à la communauté loubavitch déjà installée aux Etats-Unis.

Pendant cette période, dont chacun mesurait sans peine le danger, le Rabbi, à Paris, s’inquiétait également. Mais son souci était loin de s’attacher à son sort personnel. Il écrivit ainsi :

 » J’ai beaucoup de peine du fait que le courrier s’est beaucoup réduit en ce qui concerne la santé du Rabbi. Je m’adresse à vous, je vous prie de me faire connaître tout en détails…

Certainement, vous prenez par écrit les commentaires du Rabbi qui se trouve parmi vous à présent. Peut-être pouvez-vous m’en envoyer une copie ici ? « 

A la veille de l’entrée des nazis dans Paris, le Rabbi se fit recenser auprès du commandement militaire français. Cependant, il ne fut pas mobilisé. En Sivan 5700 (juin 1940), les nazis envahirent le pays et occupèrent la capitale. Une des pages les plus dramatiques de l’histoire du peuple juif allait s’ouvrir, donnant au mot martyr un nouveau sens. Pendant toute une année, jusqu’en Sivan 5701 (juin 1941), le Rabbi vécut dans la France de l’occupation. A aucun moment, il n’interrompit son œuvre d’enseignement de la Torah, s’adressant à des Juifs qui ressentaient avec encore plus de force le besoin d’encouragement et de soutien moral et spirituel.

Dès leur arrivée dans la capitale, les nazis entreprirent le recensement de ses habitants. C’était un recensement particulier : il indiquait la race et la religion de chacun. Le but apparaissait à tous : il s’agissait d’effectuer un premier repérage des Juifs. Les nouvelles qui transpiraient des pays occupés par l’envahisseur étaient suffisantes pour comprendre toute la gravité de l’opération. Des escouades de policiers entreprirent ainsi de visiter les habitations, ils arrivèrent à l’endroit où le Rabbi et son épouse demeuraient. Il se trouve que, lorsqu’ils se présentèrent, le Rabbi était absent. Sans doute aussi, son nom de famille n’était-il pas connu, en ce temps-là, comme manifestement juif. En tout état de cause, les enquêteurs repartirent avec, en face de l’identité du Rabbi, la mention  » orthodoxe « , ce qui pouvait s’interpréter comme juif ou chrétien orthodoxe. Lorsque le Rabbi rentra chez lui, il apprit ce qui s’était passé. Sans attendre, il se rendit directement au bureau chargé du recensement et demanda que l’on corrige la rubrique  » religion « . Il devait être inscrit comme  » Juif  » ! Le Rav Rubinstein, en ce temps-là à la tête de la communauté de la rue Pavée, raconta cette histoire des années plus tard, après la guerre, en ne cherchant pas à cacher son émotion devant une telle attitude, seulement comparable à celle de Mordé’haï qui, dans le Livre d’Esther, est désigné comme  » le Juif  » et décrit comme celui  » qui ne se courbe pas et ne se prosterne pas « . Le Rabbi n’avait pas cessé de fréquenter deux synagogues, dont la plus ancienne de Paris, au 17 et au 25 de la rue des Rosiers, y enseignant et y inspirant. Ainsi, dans les  » Réchimot  » du Rabbi, on trouve, depuis 5696 (1936), différents textes portant l’indication  » dit au 17 « .

Le Rabbi et son épouse quittèrent Paris quelques jours avant la fête de Chavouot 5700 (1940). Un ami non-Juif, général dans l’armée française, leur avait préalablement proposé de se cacher dans un pavillon qu’il possédait en dehors de la capitale mais le Rabbi avait refusé l’offre. C’est ainsi qu’il prit place, avec la Rabbanit, dans un des derniers trains qui quittaient la ville et que le couple put franchir la ligne de démarcation et parvenir en zone libre, à Vichy. Le Rabbi n’avait emporté que son talith et ses téfiline qu’il transportait dans une valise. C’était la veille de la fête de Chavouot. Voyant le soleil se coucher, le Rabbi arrêta un taxi, lui confia la valise et lui demanda de la déposer dans un hôtel qu’il lui indiqua. Puis lui-même et son épouse continuèrent le chemin à pieds pendant plusieurs heures après la tombée de la nuit.

La résidence à Vichy dura jusqu’à la fin de l’été puis le Rabbi décida de continuer le voyage jusqu’à Nice. A cette époque, la région n’était pas sous occupation allemande mais italienne, ce qui rendait le danger moins immédiat. Le Rabbi et son épouse y restèrent huit à neuf mois, jusqu’au début de l’été 5701 (1941). Même moins pressant, le péril demeurait. Aussi le Rabbi et la Rabbanit évitaient de sortir autant que possible, ce qui n’empêcha pas le Rabbi de continuer son action. C’est ainsi, raconte une femme bénéficiaire de l’opération, que le Rabbi veilla à la fabrication de faux papiers qui lui permirent de passer la frontière et, probablement, d’avoir la vie sauve. De même, dans cette époque troublée, seuls avaient accès à un hôtel ceux qui pouvaient montrer qu’ils possédaient un billet de cent dollars, une somme alors assez importante. Or ne pas avoir de lieu de résidence constituait, pour un Juif, un danger mortel. Le Rabbi allait donc par les rues de la ville et, lorsqu’il rencontrait un Juif en peine, il lui remettait le seul billet de cent dollars en sa possession afin qu’il trouve une place. Ce billet sauva ainsi bien des vies. Cette attitude fit que le respect de tous envers le Rabbi alla grandissant. Lorsqu’on s’aperçut que celui-ci ne mangeait quasiment rien du fait de ses scrupules particuliers en matière de cacherout, plusieurs personnes, y compris non-juives, s’efforcèrent de résoudre, autant que faire se pouvait, cette difficulté. Ainsi, malgré la pénurie, le propriétaire de l’hôtel remit régulièrement quelques morceaux de sucre à la Rabbanit. Soucieux de l’autre, le Rabbi ne renonça pas, pour autant, au moindre accomplissement spirituel personnel. Ainsi, à l’approche des fêtes du mois de Tichri 5741 (1941), le Rabbi se rendit secrètement à la frontière italienne pour se procurer un étrog qui lui convenait sans tenir compte du risque couru pour cela. De cette expédition, il ramena, du reste, deux étrog, l’un pour lui-même et le second qu’il offrit au Rav Rubinstein qui se trouvait également dans la ville. Et cette attitude ne se démentit jamais.

Pendant ce temps, Rabbi Yossef Its’hak, depuis New York, ne cessait pas ses efforts pour faire sortir le Rabbi et son épouse de l’Europe en flammes. Enfin, un visa d’entrée aux Etats-Unis leur fut accordé. Il devait être reçu à Marseille où une représentation américaine existait encore. Le Rabbi et son épouse durent donc quitter Nice pour Marseille où, bien que le séjour fut très court, le Rabbi fut vite entouré de nombreux Juifs venus chercher auprès de lui sagesse et réconfort. Enfin, le 20 Nissan 5701 (17 avril 1941), le Rabbi reçut le visa attendu. Les difficultés n’étaient pas terminées puisqu’il fallait encore passer en Espagne puis au Portugal avant de s’embarquer enfin de Lisbonne pour les Etats-Unis sur un des tout derniers bateaux à traverser l’Atlantique sous la menace des bombardements allemands et des arraisonnements en haute mer. Mais tout cela constitue une autre histoire. Dans ce cadre, il faut seulement se souvenir que le Rabbi et la Rabbanit arrivèrent dans le port de New York le 28 Sivan 5741 (23 juin 1941) à bord du paquebot Serpa Pinto.

La résidence du Rabbi à Paris – Deuxième période

Après la guerre, le Rabbi eut l’occasion de revenir à Paris dans des conditions tout à fait différentes. Cela se passa en 5707 (1947). Dans l’URSS de Staline, le père du Rabbi, Rabbi Lévi Its’hak Schneerson, avait été condamné, pour son activité religieuse – il était rabbin de Yékatrinoslav – à la relégation dans un village reculé de l’asie soviétique, où son épouse, la Rabbanit ‘Hannah choisit de le rejoindre. La dureté des conditions de vie, le dénuement absolu eurent raison de sa santé. Il quitta ce monde en 5704 (1944) à Alma Ata où il repose jusqu’à ce jour. Il restait à faire sortir la Rabbanit ‘Hannah d’URSS. Cela ne fut pas facile et nécessita de nombreux efforts. Enfin, en Adar 5707 (février 1947), ce fut chose faite. La Rabbanit ‘Hannah, après de nombreuses tribulations, rejoignit le monde libre. Le Rabbi quitta New York pour l’accueillir à Paris. C’est cette visite historique qui est abordée ici.

Le Rabbi arriva donc à Paris au début du mois d’Adar, il quitta la capitale avec sa mère plus de trois plus tard, après la fête de Chavouot. C’est dans cette période que le Rabbi commença à être connu par tous. De fait, dans cet immédiat après-guerre, nombreux furent les ‘hassidim qui avaient pu quitter l’URSS à la faveur de la fin des hostilités et se trouvaient alors à Paris. Ce fut, pour la plupart, leur première rencontre avec le Rabbi, qui leur permit de percevoir sa grandeur et son élévation particulières.

La Rabbanit ‘Hannah était hébergée chez le Rav Zalman Schneerson, qui avait à Paris une action communautaire et, dans ce but, avait créé une association qui s’était rendue propriétaire d’un petit immeuble de trois étages situé 10 rue D.ieu, près de la place de la République. C’est dans cet immeuble, qui existe toujours, que le Rabbi rendit deux fois par jour visite à sa mère et qu’il s’exprima devant les ‘hassidim rassemblés avant de quitter la France. La Rabbanit ‘Hannah y occupait une chambre indépendante tandis que le Rabbi demeurait à l’hôtel Edouard VII, avenue de l’Opéra. Le Chabbat et les jours de fête, le Rabbi se rendait à pieds jusqu’à la résidence de sa mère. Une synagogue se trouvant dans l’immeuble, il y écoutait la lecture de la Torah et, parfois, demandait à dire quelques mots. Puis il prenait le repas avec sa mère. A ce repas, venait se joindre un groupe de ‘hassidim.

Les anecdotes rapportées au sujet de cette période sont nombreuses. On se contentera ici d’en citer quelques unes. Un des témoins de cette période raconte qu’un certain vendredi un livre de ‘Hassidout nouvellement imprimé arriva au Rabbi. Ce Chabbat, la prière du matin se termina vers 12h30 et les présents ne tardèrent pas à rentrer chez eux, d’autant plus qu’il faisait particulièrement chaud. Le Rabbi attendit un instant puis il s’installa dans un coin de la synagogue et étudia l’ouvrage pendant six heures d’affilée jusqu’à l’avoir terminé. Pour lui, chaque instant était irremplaçable. C’est ainsi qu’un jour, un groupe de Juifs se présenta à son hôtel pour lui parler. Le Rabbi les fit attendre quelques instants et, lorsqu’il leur ouvrit la porte, s’en excusa après d’eux. L’un d’eux répondit naturellement :  » Ce n’est pas grave « . Le Rabbi fit observer très sérieusement :  » Que cela signifie-t-il ? Quelques minutes, c’est un laps de temps très précieux.  » Le Rav Ben Tsion Chemtov était un de ses proches et il allait rendre visite au Rabbi à son hôtel. Il eut ainsi l’occasion de remarquer que le lit du Rabbi était encombré de nombreux livres qui n’avaient pas manifestement été déplacés depuis plusieurs jours. Il en conclut que le Rabbi ne s’autorisait que très peu de sommeil et uniquement assis sur une chaise. Ce diagnostic fut confirmé par un autre ‘hassid qui entendit d’un des employés de l’hôtel que, dans la chambre du Rabbi,  » l’électricité était allumée toute la nuit  » et que  » l’on entendait les pas d’un homme allant de long en large.  »

Pendant ces quelques mois où le Rabbi résida à Paris, il apparaît qu’il rencontra de nombreuses personnes dans la plus grande discrétion. Il s’agissait d’entrevues essentielles pour le maintien et le renforcement du judaïsme. Dans de nombreux domaines, l’action du Rabbi se fit sentir avec une grande présence. C’est ainsi qu’existent des lettres retraçant son intervention dans l’accueil des réfugiés qui fuyaient alors l’Union Soviétique et débouchaient à Paris. Il s’occupa également, dans cette même période, de créer à Paris une branche du  » Merkaz Léinyanei ‘Hinou’h « , l’organisation loubavitch chargée des problèmes d’éducation, du  » Ma’hané Israël « , l’œuvre d’action sociale du mouvement loubavitch, une institution de jeunes filles  » Beth Rivka  » et une section des éditions loubavitch  » Kehat « . Il fit notamment éditer en français différents recueils sur le judaïsme. Cette action ne se fit pas sentir qu’en France mais eut des effets également dans d’autres pays d’Europe tels que l’Allemagne, l’Autriche ou la Tchécoslovaquie ainsi que dans les camps de réfugiés existant alors. Bien entendu, malgré l’éloignement, le lien avec son beau-père, Rabbi Yossef Its’hak, ne se distendit à aucun moment. Plus encore, sur un certain nombre de sujets, celui-ci répondit à ceux qui l’interrogeaient qu’il faudrait attendre le retour de son gendre.

Comme il l’avait fait avant-guerre, le Rabbi retrouva le chemin de la rue des Rosiers. Il fut invité un jour à donner un cours dans la synagogue du 25 de la rue. Ce cours exceptionnel a laissé une marque ineffaçable à tous ses auditeurs. La synagogue, pour ce rendez-vous, était comble. Un témoin raconte :

 » A la synagogue étaient venus des Rabbis, chefs de communauté, des érudits, des ‘hassidim et de simples Juifs de toute la communauté. Le Rabbi entra dans la synagogue avant la prière de Min’ha. Immédiatement, toute l’assemblée se leva. On conduisit le Rabbi à un endroit noble de la synagogue, devant le mur ‘est’, et on pria. Puis le Rabbi demanda ce qu’on avait l’habitude d’étudier. Il lui fut répondu qu’on étudiait ‘Eïn Yaacov’. Il prit le livre correspondant, y regarda quelques secondes et commença à parler du sujet auquel on s’était arrêté la fois précédente, recourant à tous les degrés d’interprétation du texte avec une clarté incomparable. Il parla ainsi pendant une grande heure. On fit alors la prière du soir puis les responsables de la synagogue demandèrent au Rabbi de dire encore quelques mots. Celui-ci commença par refuser mais, devant l’insistance de tous, finit par accepter. Il s’enquit du texte étudié habituellement : c’était le Choul’han Arou’h, lois des téfiline. Immédiatement le Rabbi se mit à expliquer. L’enseignement dura encore une heure dans un silence absolu. Lorsqu’il eut terminé, les responsables demandèrent au Rabbi de donner aussi le cours de Tanya qui avait normalement lieu à cette heure. Le Rabbi accepta et, en conclusion, relia les trois études qui venaient d’être faites de manière si éblouissante que les présents ne purent cacher leur enthousiasme. Puis il termina ainsi : ‘Yaacov – Rabbi Yossef Its’hak – est déjà prêt pour la Délivrance, le retard n’est dû qu’au ‘troupeau (qui) allaite’. Que chacun mérite d’aller à la rencontre de Machia’h avec son Rabbi et nous irons avec notre Rabbi rapidement, en notre temps, amen’.  »

Le Rabbi s’employa aussi à encourager les ‘hassidim. C’est ainsi que l’un d’eux, qui s’était auparavant trouvé dans un camp de réfugiés en Allemagne, se plaignit que des Juifs appartenant à un certain groupe faisaient quelques problèmes aux ‘hassidim parce que ces derniers s’occupaient de rapprocher des Juifs éloignés de la pratique des Mitsvot. Le Rabbi se contenta de lui répondre :  » Ils ont besoin de crier, nous avons besoin d’agir.  » A cette époque, beaucoup de ‘hassidim se trouvaient à Paris dans l’attente de refonder leur vie quelque part dans le monde. Ils avaient le statut de réfugiés et beaucoup d’entre eux habitaient, à tire provisoire, dans un hôtel, dénommé  » Prima, en banlieue parisienne. Le Rabbi parla longuement devant eux, dans le cadre d’une réunion ‘hassidique de Lag Baomer 5707 (1947), et cette rencontre laissa une marque profonde. Le Rabbi visita aussi diverses institutions éducatives, interrogeant les enfants, les invitant à poursuivre leurs efforts et insistant sur une idée que Rabbi Yossef Its’hak lui avait citée avant qu’il quitte les Etats-Unis :  » Nos enfants sont nos garants.  »

Mais le temps arriva de quitter Paris. Avant de partir, le Rabbi parla aux ‘hassidim pendant toute une nuit, dans la maison de Rav Zalman Schneerson. Cette réunion ‘hassidique est restée dans les mémoires. Tous en comprenaient le sens : c’était une cérémonie d’au revoir. Nombreux furent les participants. Au bout de plusieurs heures d’explication, de commentaires, alors qu’il était déjà minuit et que la plupart de ceux qui étaient venus étaient rentrés chez eux, le Rabbi s’adressa aux ‘hassidim encore là. Il demanda à chacun son nom, indiquant de dire  » lé’haïm  » et expliquant les implications spirituelles et matérielles du nom concerné. Ce n’est qu’après que le Rabbi eut terminé qu’ils se levèrent et dansèrent avec une joie intense jusqu’à huit heures du matin. Au total, cette réunion dura entre dix et onze heures.

Rav Aaron Mordé’haï Zilberstraum, qui y était présent, raconte :

 » J’étais responsable de la prière des enfants dans l’école (du Rav Zalman Schneerson). Aussi, j’étais obligé de partir à 6h30 du matin. Plusieurs des présents avaient déjà reçu la bénédiction du départ du Rabbi qui devait prendre le train, à la gare non loin de là, à environ 11h. Le Rabbi commença à me bénir également mais je lui dis que j’avais l’intention de revenir un peu plus tard spécialement pour son départ. Il ne répondit pas et continua à me bénir. J’avais calculé que je resterais avec les élèves de 7h30 à 9h. C’est ce que je fis et, à 9h30, j’allais prendre le train, à la gare près de l’école. Mais, à mon grand étonnement, les employés avaient entamé, à ce moment-là, une grève et je ne parvins pas non plus à trouver un taxi. En résumé, je ne réussis pas à dire au revoir au Rabbi et je dus me contenter de lui envoyer un télégramme. « 

Rabbi Yossef Its’hak avait demandé au Rabbi, pour ce voyage de retour avec sa mère, de ne pas prendre l’avion comme à l’aller mais le bateau. C’est ce que fit le Rabbi et beaucoup de Juifs de Paris, dont de nombreux ‘hassidim, l’accompagnèrent en car jusqu’au port pour saluer son embarquement à bord du paquebot Mauritania puis son départ.

Au fil des années

Une fois le Rabbi de retour aux Etats-Unis, et plus exactement à New York dans ce quartier de Crown Heights qu’il ne quitta plus, le souci de ce qui se passait à Paris continua de se faire jour de manière évidente. Cette relation s’exprima d’abord par une correspondance continue avec ceux qui habitaient la France. Les lettres sont, bien entendu, très nombreuses. On se contentera, dans ce cadre, d’en citer quelques-unes à titre d’exemple et dans l’ordre chronologique.

Ainsi, Le Rabbi s’empressa d’écrire aux ‘hassidim demeurant à Paris pour leur dire qu’il était bien arrivé et insister sur la nécessité d’agir dans la ville, y compris à l’extérieur du cercle de la communauté loubavitch. Parmi les encouragements donnés dans la lettre en question, datée de 5707 (1947), on trouve la participation à un groupe d’étude des Michnayot par cœur et notamment :

 » Le Rav Friedman, de la synagogue 25, a demandé que l’on associe des fidèles de la synagogue à ce groupe. Certainement, vous lui poserez maintenant la question à ce sujet et l’encouragerez à étendre cette activité.  »

Il s’agit ici de la synagogue du 25 de la rue des Rosiers où le Rabbi était intervenu à plusieurs reprises avant et après-guerre.

Au Rav Ben Tsion Chemtov, dont il a été rappelé plus haut qu’il fut un des proches du Rabbi, celui-ci écrit le 11 Nissan 5711 (17 avril 1951). Il souligne d’abord la responsabilité qui incombe à celui qui se trouve dans un quelconque endroit, relevant qu’il y a toujours été conduit par la Providence Divine pour y accomplir une mission spirituelle, de diffusion du judaïsme, nécessaire à l’endroit. Puis il complète la lettre d’une note manuscrite dans laquelle il cite une ville : Paris. Pour comprendre la portée de ce qui y est dit, sans doute faut-il retrouver l’atmosphère de l’époque. Rabbi Yossef Its’hak a quitté ce monde l’année précédente. Le Rabbi lui a succédé et ce passage a été d’une ampleur spirituelle, morale et émotionnelle dont on ne peut, encore aujourd’hui, que supposer les contours. C’est précisément tout cela qu’en quelques lignes bouleversantes, le Rabbi décrit à son ‘hassid :

 » J’ai lu aujourd’hui votre lettre sur le tombeau (de Rabbi Yossef Its’hak). Pessa’h 5747 (1947) à Paris n’était-il pas plus tranquille ? Seule consolation : quatre ans plus proches de la venue de Machia’h, très bientôt, en notre temps, amen. Mais, cela ne va pas. D’un autre côté, ‘quelque chose est-il extraordinaire pour D.ieu ?’ Vous pouvez agir pour Dieu. Et justement dès maintenant. « 

Les années passèrent mais elles ne touchèrent jamais à un véritable souvenir vivant. Il n’est donc pas surprenant que le Rabbi parle de la synagogue du 17 rue des Rosiers en ces termes (Iguerot Kodech, vol. XXII, p.148) :

 » …que cela se multiplie dans tous les sujets de la synagogue, tant dans le domaine de la prière que dans les cours de Torah étudiés publiquement, ou individuellement. Comme l’explication des sages est connue sur le verset : ‘D.ieu aime les portes de Sion plutôt que les demeures de Yaacov’, les portes indiquées dans la Hala’ha (Bra’hot 8a).

En particulier d’après ce dont je me souviens des années où j’ai demeuré à Paris et où j’ai souvent prié dans la synagogue en question ; ce petit sanctuaire est apte à ce qu’on y fasse grandir la prière et aussi la Torah, car il correspond à son nom, ‘petit sanctuaire’, maison du Roi, le Roi de l’univers (Méguila 27a). « 

Enfin, une lettre permet de comprendre tout ce que le Rabbi attendait de cette ville où il avait vécu. Datée du 12 Kislev 5723 (9 décembre 1962), elle est adressée aux  » jeunes qui s’occupent des actions de diffusion des sources (de la ‘Hassidout) à l’extérieur et, en particulier, dans la ville de Paris et ses environs « . En voici la traduction :

 » J’accuse réception de votre lettre du 7 Kislev où vous écrivez les grandes lignes des actions indiquées.

Certainement, tout cela est réalisé sans toucher à l’étude de la Torah, sa partie révélée et la ‘Hassidout, ainsi qu’à l’œuvre de la prière etc.

Cela est en effet possible et, comme l’ont enseigné nos Sages, ‘une Mitsva entraîne une autre Mitsva’.

D.ieu veuille que vos actions soient un succès. Le mois de Kislev est le mois des miracles et de la libération et, en particulier, le jour propice du 19 Kislev, la libération de Rabbi Chnéour Zalman et la libération et la délivrance de notre âme, et après cela les jours de ‘Hanoucca qui ajoutent et avancent dans la lumière de jour en jour.

Avec une bénédiction de réussite dans tout ce qui a été dit. « 

C’est à partir du début des années 70 que des Juifs français vinrent régulièrement rendre visite au Rabbi. Leur arrivée fut d’abord perçue comme une sorte d’événement. C’était là les prémices d’une communauté en voie d’éclosion. Ils étaient encore bien peu nombreux et fort jeunes mais le groupe allait vite grandir pour atteindre, dans les années 90, des centaines pendant la période des fêtes, et des milliers pendant les douze mois de l’année. L’enthousiasme qui les caractérisait fut rapidement reconnu comme un des éléments de base de leur personnalité nationale et il bouleversa certaines conceptions anciennes dont les porteurs n’avaient peut pas su voir et comprendre les attentes et les changements du monde.

A toute chose importante, il faut un début. Celui de cette évolution fut, sans aucun doute, cette étrange Marseillaise qui, en ce Sim’hat Torah 5734 (1973) retentit dans la synagogue du Rabbi, entonnée par lui entre ces murs du  » 770  » qui n’avaient connu, jusque là, que les harmonies de l’âme ‘hassidique. C’est cet événement qu’il convient, à présent, de décrire.

Il y a quarante ans, la Marseillaise

Tichri 5734 (1973) : les grandes fêtes avaient commencé, comme tous les automnes, mais, cette année-là, tout fut différent. Le jour de Yom Kippour, Israël dut, une fois de plus, affronter les armées coalisées de ses voisins. Le monde juif, bouleversé, ne savait pas de quoi l’avenir serait fait. Pendant tout l’été précédent, le Rabbi, sans jamais dire à quoi il faisait allusion, n’avait cessé de parler de  » l’ennemi qui veut se venger  » et avait demandé avec insistance que l’on aille voir les enfants, qu’on leur fasse donner la charité et réciter des versets de Torah, soulignant les fortes paroles des Psaumes qui proclament que, par ce moyen, on peut justement  » abattre l’ennemi et le vengeur.  » Les ‘hassidim, partout dans le monde, avaient répondu à cet appel et l’événement était arrivé auquel personne n’aurait pu croire dans l’euphorie maintenue depuis la guerre des six jours. L’histoire l’a retenu sous le nom de guerre de Kippour.

Pendant ce temps, chez le Rabbi, les fêtes avaient commencé avec toute la solennité requise. Cependant, face à la situation, le Rabbi avait choisi une réponse historique et immémoriale : la joie. C’est donc dans cette atmosphère étonnante que ce début d’année juive s’était déroulé. Un groupe de jeunes Français était là, une trentaine de personnes environ. Ils étaient parmi les premiers venus de France à retrouver leurs racines et, pour beaucoup d’entre eux, ils venaient pour la première fois rencontrer le Rabbi. Les fêtes de Souccot s’étaient passées avec une allégresse propre à repousser toutes les tentacules de l’inquiétude puis ce fut le temps de Sim’hat Torah. Chez le Rabbi, cette fête a toujours été un temps privilégié mais personne ne pouvait prévoir ce qui allait se passer cette fois-ci. Un témoin raconte :

 » Les Hakafot, les danses de la fête avec les Séfer Torah, s’étaient déroulées dans la plus grande allégresse, comme toujours chez le Rabbi. Et cette joie semblait briser toutes les barrières. La synagogue était pleine et chacun se tenait à sa place pour ne rien perdre de ces moments précieux. Arriva la cinquième Hakafa. On donna les Séfer Torah à quelques-uns des vieux ‘hassidim présents, comme c’était l’habitude et comme cela avait été le cas pour les danses précédentes.

L’un d’entre eux fut remis au Rav Azimov, le délégué du Rabbi à Paris. Tout cela n’avait rien d’étonnant et chacun attendait, avec une joie et une impatience contenues, le début de la Hakafa. C’est alors qu’on vit le Rabbi appeler son secrétaire et lui dire quelques mots que personne, sauf lui, ne pouvait entendre. Cela ne dura pas longtemps. Très vite, le bruit courut dans la vaste salle : le Rabbi voulait que tous les Français présents participent à cette Hakafa ! Il insistait, indiquant qu’ils devaient tous y participer même s’il n’y avait pas assez de Séfer Torah pour en donner un à chacun ! L’émotion envahit tous les cœurs. Compte tenu de l’affluence, quitter sa place et rejoindre le centre de la synagogue où la danse avait lieu n’était pas chose facile. Mais qui aurait refusé de répondre à la demande du Rabbi ? D’une manière ou d’une autre, chacun réussit dans cette entreprise et se trouva bientôt à l’endroit voulu, attendant le début de la Hakafa.

Un des vieux ‘hassidim agit comme la tradition le voulait : il lança un chant ‘hassidique traditionnel que tous allaient reprendre, donnant ainsi le signal du départ à cette cinquième danse de la fête. Le Rabbi avait coutume d’encourager les chants ainsi lancés depuis sa place, à son pupitre installé sur une estrade, afin que tous puissent le voir, dans le coin supérieur droit de la synagogue. Cette fois, cependant, il montra que ce n’était pas ce chant-là qu’il souhaitait en ne réagissant pas à son audition. Très vite, les présents le réalisèrent. Des  » chut… chut…  » se firent entendre et le silence fut rétabli. Le Rabbi quitta alors son pupitre, son livre de prières à la main. Il s’avança jusqu’au bord de l’estrade où il se tenait et entonna un chant que personne ne reconnut dans l’assistance.

Parmi les Français qui participaient à la Hakafa, certains finirent pourtant par identifier les bribes de mélodie qui parvenaient jusqu’à eux au travers de la distance qui les séparaient de l’estrade. Incrédules, ils se mirent à susurrer :  » C’est la Marseillaise, le Rabbi chante la Marseillaise !  » On les fit rapidement taire : c’était impossible. Que serait venu faire l’hymne national de la France dans une telle assemblée, en une telle occasion ? Mais le Rabbi continuait à chanter et il fallut se rendre à l’évidence.

Ne comprenant rien à ce qui arrivait, les Français commencèrent, à leur tour, à en chanter l’air sans les paroles puisque le Rabbi y avait manifestement mis d’autres mots. C’est dans une atmosphère indescriptible que la Hakafa s’acheva. Cependant, ce n’était pas encore fini. Le Rabbi demanda que tous les Français viennent le rejoindre sur l’estrade où lui-même se tenait. Il fit servir à chacun d’eux un peu de vodka et, accoudé sur son pupitre, attendit que, l’un après l’autre, ils disent  » lé’haïm « , souhaitant à chacun individuellement  » lé’haïm – à la vie  » avec un sourire éblouissant. Chacun retourna ensuite à sa place. On apprit aussi que le Rabbi avait chanté, sur l’air de la Marseillaise, les mots du cantique récité le Chabbat et les jours de fête,  » Haadérèt Véhaémouna « , qui proclame la grandeur de Dieu. Les Français, devenus les héros du jour, passèrent la nuit qui suivit dans un état d’esprit nouveau.

Le lendemain matin, dans la prière de la fête, l’officiant, impressionné par les événements de la veille comme tous ceux qui y avaient assisté, voulut, quand le moment en fut venu, chanter le cantique  » Haadérèt Véhaémouna  » sur l’air de la Marseillaise. Debout à son pupitre, le Rabbi ne fit que quelques très légers signes d’encouragement, manifestant que, sans condamner l’initiative, il ne l’approuvait cependant pas. Personne ne sut comment interpréter ce qui semblait un brutal revirement.

La réponse fut donnée le lendemain, lors de la traditionnelle réunion ‘hassidique qui concluait la fête. Le Rabbi y expliqua que ce chant était lié à la France et qu’il avait été donné spécifiquement aux Français, soulignant que le fait de le chanter à Brooklyn n’avait pas de signification. Puis il demanda, une fois de plus, à tous les Français présents de venir se grouper sur un côté de l’assemblée. L’entreprise fut, là encore, réalisée non sans mal car la trentaine de personnes concernées se trouvait disséminée dans toute la grande salle bondée.

Une fois que ce fut fait, le Rabbi appela le Rav Azimov et lui remit une bouteille de vodka pour en distribuer un peu à chacun des Français. Il lui remit également une ‘halla qui se trouvait devant lui en lui disant que, puisqu’il y avait également des jeunes filles et qu’elles n’avaient pas l’habitude de boire de la vodka, chacune en recevrait un morceau. Rav Azimov servit donc à chacun un peu de vodka et, comme le soir de la fête, le Rabbi dit  » lé’haïm  » à chacun, individuellement, avec ce sourire toujours littéralement éblouissant.

Puis, le Rabbi s’adressa à cette trentaine de personnes en français alors que des milliers d’autres restaient sans comprendre. Il prononça les mots suivants :

« C’est pour faire la révolution en France contre le Yétser Hara (le mauvais penchant – ndlr) as soon as possible (aussi tôt que possible – ndlr) Bésim’ha, avec joie et inspiration. Et le bon D.ieu vous bénira pour être Mékabel Pné Machia’h Tsidkénou (pour accueillir le Messie – ndlr) ».
Ces mots résonnent encore dans la tête de ceux qui les entendirent comme s’ils avaient retenti hier. 

Depuis lors, la Marseillaise s’élève avec les mots de  » Haadérèt Véhaémouna « , chaque Chabbat et jour de fête, dans toutes les synagogues loubavitch de France. Il faut sans doute indiquer que le Rabbi se fit là le continuateur d’une œuvre entamée, d’une autre manière, par Rabbi Chnéor Zalman, le fondateur du ‘hassidime ‘Habad, au début du XIXème siècle. En effet, Rabbi Chnéor Zalman, contemporain de Napoléon Ier et son adversaire, avait adopté une marche militaire de l’armée impériale et en avait fait un chant ‘hassidique, entonné encore aujourd’hui, dans toutes les synagogues loubavitch, à la fin de Yom Kippour, en signe de victoire spirituelle. Dans les deux cas, il s’était agi de transformer un monde, de faire qu’y règnent le souci et la recherche du lien avec Dieu. C’est cette idée que le Rabbi devait expliciter plus tard, notamment dans les deux commentaires dont une traduction est présentée ci-après.

La révolution française spirituelle

C’était le Chabbat 23 Kislev 5752 (30 novembre 1991), au lieu de commencer son enseignement par une référence à ‘Hanoucca, dont on allumait la première flamme le lendemain soir ou à la section de la Torah qu’on lisait cette semaine, le Rabbi adressa en ouverture quelques mots de bienvenue à un groupe de Juifs de France venus en visite. En retour, ils dirent tous  » lé’haïm  » au Rabbi qui répondit d’un signe de tête à chacun. L’assemblée, sentant que ces Français allaient être, en quelque sorte, les invités d’honneur de la réunion, entonna l’air de la Marseillaise avec les mots du cantique  » Haadérèt Véhaémouna.  » Ce chant est un des thèmes majeurs de l’enseignement présenté synthétiquement ci-après, qui reprend également celui prononcé le Chabbat précédent qui en annonçait les grandes lignes.

Lorsque Napoléon, à la tête de ses armées, envahit l’Europe de l’Est, certains chefs spirituels du judaïsme apportèrent leur soutien aux forces françaises ; espérant que leur victoire apporterait une amélioration au statut des Juifs. L’Admour Hazakène (Rabbi Chnéor Zalman, fondateur du ‘hassidisme ‘Habad – ndt), lui, prit le parti du tsar Alexandre Ier . Il expliqua que la victoire de Napoléon aurait, sans aucun doute, un effet positif sur la condition économique et sociale des Juifs mais qu’elle affaiblirait leur engagement spirituel comme leur pratique des commandements de D.ieu. Une victoire de la Russie, inversement, maintiendrait des conditions économiques difficiles mais, en même temps, nourrirait l’atmosphère spirituelle de crainte de D.ieu qui prévalait alors.

Pourquoi l’Admour Hazakène s’opposa-t-il si fermement à Napoléon ? C’est qu’au cœur de la révolution française se trouve le mépris de toute autorité supérieure. Certes, le rejet de la monarchie par les révolutionnaires français fut bien inspiré par des idéaux humanistes de justice et d’égalité. Cependant, ceux-ci n’étaient pas enracinés dans la foi en D.ieu. Aussi, certaines des lointaines répercussions de ce bouleversement idéologique peuvent être considérées comme un refus de toute forme d’autorité morale et, en dernière analyse, comme une volonté de se révolter contre la souveraineté de D.ieu. Cette attitude conduisit à une recherche constante des plaisirs matériels et de la satisfaction des sens au détriment du souci spirituel.

Il convient, toutefois, de se garder de toute interprétation erronée : le judaïsme ne s’oppose pas à la prise en compte de l’aspect matériel de la vie. Cependant, la Torah demande que cette préoccupation n’ait pas pour motivation la seule recherche d’une satisfaction personnelle. Elle doit être, au contraire, orientée vers le service de D.ieu. C’est là que réside la difficulté car l’homme a une tendance naturelle à se préoccuper de son plaisir personnel plutôt que du plaisir Divin. Cependant, notre action sur les choses matérielles est nécessaire pour nous permettre d’accomplir l’intention de D.ieu. En effet, la ‘Hassidout explique que chaque élément constitutif de l’univers contient des  » étincelles  » Divines qui s’y trouvent cachées. Grâce à son potentiel spirituel, l’homme a la capacité de révéler cette énergie Divine qui y est investie. La ‘Hassidout désigne cette œuvre à accomplir sur le monde sous le nom hébraïque de  » tsirouf – raffinement « . C’est ce même mot qui désigne la fonte du minerai. Dans ce processus, les scories sont rejetées et seul le métal précieux est retenu. Dans le même sens, notre rapport au monde exige que nous détournions notre attention des préoccupations matérielles et que nous nous concentrions sur la Divinité Qui s’y trouve.

Le mot qui désigne la France en hébreu,  » Tsarfat « , a étymologiquement la même racine que le terme  » tsirouf « , ce qui implique que ce pays possède un lien étroit avec un tel mode de service de D.ieu. C’est que la France incarne les deux approches qui ont été décrites plus haut : celle qui se résume à la recherche du plaisir matériel et celle qui assume la tâche de raffinement du monde et de révélation de la Divinité. A l’origine, c’est avec la première que la France était associée. Aujourd’hui, au contraire, c’est la deuxième qui y domine. Ce renversement de tendance commença avec les différentes visites qu’y fit le Rabbi Maharach (Rabbi Chmouel, le quatrième Rabbi de Loubavitch) et, plus tard et plus fréquemment, le Rabbi Rachab (Rabbi Chalom Dov Ber, le cinquième Rabbi de Loubavitch). Dans la génération suivante, le Rabbi (Précédent) ne fit pas que séjourner en France. Il y envoya des membres de sa famille en tant qu’émissaires. Cette évolution atteignit son apogée lorsque, après son installation en Amérique, il établit en France différentes branches de  » Tom’hei Temimim  » (la yéchiva loubavitch) ainsi que d’autres institutions éducatives.

Cette dernière étape a entraîné une révolution spirituelle, une véritable renaissance. De ce fait, de nombreux textes ‘hassidiques ainsi que des ouvrages classiques du judaïsme ont été édités en France et des milliers de Juifs venus d’autres pays y ont retrouvé leurs racines juives. Plus encore, nous voyons aujourd’hui des Juifs élevés en France et qui présentent les traits de caractère particulier de ce pays, prendre l’initiative et se consacrer à y répandre le judaïsme.

La pensée ‘hassidique explique que notre rapport au monde doit avoir une double motivation. Outre l’œuvre consistant à élever les étincelles Divines analysée plus haut, nous devons consacrer nos efforts à faire de ce monde une demeure pour D.ieu. Cet effort, qui aboutit à regarder le monde comme la  » demeure de D.ieu « , constitue une ouverture vers une dimension infinie car, de même qu’un homme se montre tel qu’il est vraiment dans sa maison, ainsi D.ieu Se révèlera sans restriction dans ce monde. C’est cette dimension qui apparaîtra aux temps messianiques. Dans ce contexte, nos Sages font référence à Machia’h (le Messie) comme à  » celui qui brise – Haporètz  » (les barrières). Il aura pour tâche de briser les limites du monde et de révéler comme il est, en fait, la demeure de D.ieu.

Là encore, on observe un lien particulier avec la France. Les lettres qui forment son nom en hébreu,  » Tsarfat « , constituent aussi, dans un ordre différent, le mot  » Paratsta « . Ce mot renvoie au verset  » Ouparatsta – Tu t’étendras avec force vers l’ouest, vers l’est, vers le nord et vers le sud.  » La France accomplit ce verset, diffusant les sources de la ‘Hassidout dans toutes les directions et préparant ainsi le monde à l’avènement de la Délivrance. De manière significative, on relève aussi que le mot  » Tsarfat  » équivaut numériquement, en hébreu, à 770, l’adresse du centre de diffusion de la ‘Hassidout établi par le Rabbi (Précédent).

D’après des enseignements du Rabbi de Loubavitch,
Chabbat Parchat Vayichla’h et Chabbat Parchat Vayéchèv,
16 et 23 Kislev 5752 – 23 et 30 novembre 1991

 

Une œuvre nouvelle

En 5789 (1989), le Rabbi avait déjà donné quelques grandes lignes de réflexion sur le même sujet. En voici la traduction.

On connaît le rapport que l’Admour Hazakène eut avec la Russie et la France. A l’époque de la guerre entre ces deux pays, l’Admour Hazakène voulut la victoire de la Russie sur la France car la situation spirituelle des Juifs, en ce qui concerne la crainte de D.ieu etc., serait meilleure sous la domination de la Russie que sous celle de la France. Nous le voyons clairement : pendant toutes les générations (depuis le Baal Chem Tov jusqu’au Rabbi [Précédent – ndt], chef de notre génération, dans les premières années de sa direction) la révélation et la diffusion de l’enseignement de la ‘Hassidout se firent précisément en Russie.

On voit donc que, après la libération de l’Admour Hazakène (des prisons tsaristes – ndt) le 19 Kislev de façon que  » D.ieu a accompli des prodiges… aux yeux des princes et de tous les peuples qui se trouvent dans tous les pays du roi « , le raffinement de la France n’avait pas encore été réalisé. Elle était et restait au degré inférieur en ce qui concerne le comportement en application de la crainte de D.ieu dans le chemin de la ‘Hassidout etc.

A ce sujet, une nouveauté a été accomplie par le chef de notre génération. Avant même qu’il ne prenne la direction, il visita lui-même, agit et raffina etc. également la France. Puis, après qu’il soit sorti de Russie – après la libération des 12 et 13 Tamouz (des prisons staliniennes – ndt) – il envoya des émissaires en France, ainsi que des textes de ‘Hassidout etc. et cela continue et se renforce jusqu’à ce jour. Ainsi, nous voyons clairement, dans les dernières années, l’ampleur de l’action de diffusion des sources (de la ‘Hassidout – ndt) à l’extérieur, en France. Beaucoup de Juifs s’y sont rapprochés de la Torah et du judaïsme, se sont attachés au chef de la génération, dont c’est l’anniversaire de la libération, et étudient son enseignement au point d’être devenus  » des lumières pour éclairer  » par leur engagement dans la diffusion de la Torah, du judaïsme et des sources (de la ‘Hassidout – ndt) à l’extérieur et au point d’agir sur les peuples du monde, dans ce pays-là, pour qu’ils respectent les sept lois noa’hides.

Cela signifie que la libération des 12 et 13 Tamouz souligne l’action et l’influence sur les peuples du monde jusqu’au plus bas etc. (même dans un pays dont l’Admour Hazakène craignit l’influence de la domination sur la situation spirituelle des Juifs.) Ainsi se complète la préparation à la Délivrance véritable et complète où il y aura concrètement et manifestement la demeure de D.ieu en-bas, dans le degré le plus bas existant.

Ce qui a été dit reçoit un accent supplémentaire du fait que, dans cette réunion de la fête de la libération du 12 Tamouz, dans les quatre coudées de celui qui a été libéré ce jour, se trouve également un groupe de Juifs de France, qui ont été rapprochés de la Torah et des commandements comme ils sont imprégnés par le luminaire de la Torah, la ‘Hassidout, en conséquence de la nouveauté introduite par celui qui a été libéré, dans la diffusion des sources (de la ‘Hassidout – ndt) à l’extérieur.

Aussi, il est juste de les honorer en disant  » lé’haïm  » et un chant de joie – le chant de la France tel qu’il a été transformé en sainteté, que l’on chante avec les mots  » Haadérèt Véhaémouna – La beauté et la foi à Celui Qui vit éternellement etc.  » jusqu’à  » Hatehila Vehatiférèt – La louange et la splendeur à Celui Qui vit éternellement « , le sens de ces mots montrant la révélation de  » Celui Qui vit éternellement  » dans tous les domaines du monde qui sont inclus dans les 62 lettres du  » Alef  » jusqu’au  » Tav  » par lesquelles le monde a été créé.

D.ieu veuille qu’ainsi se rajoute chez eux (ainsi que chez tous ceux qui sont réunis ici, parmi tous les Juifs où qu’ils soient) dans tout ce qui a été dit et qu’ils continuent et ajoutent encore en rentrant dans leur endroit jusqu’à ce qu’ils réalisent, dans le monde entier, la révélation de  » Haadérèt Véhaémouna – La beauté et la foi à Celui Qui vit éternellement  » jusqu’à  » Hatehila Vehatiférèt – La louange et la splendeur à Celui Qui vit éternellement.  »

 

Extrait d’un commentaire du Rabbi de Loubavitch,
Chabbat Parchat ‘Houkat-Balak,
12 Tamouz 5749 – 15 juillet 1989

21 Chevat : Yortzait de Moussia Schneerson (1890-1920), petite fille du Rabbi Maharach, enterrée au cimetière de Montparnasse

21 Chevat : Yortzait de Moussia Schneerson (1890-1920), petite fille du Rabbi Maharach, enterrée au cimetière de Montparnasse

 

 

Récemment a été retrouvé l’endroit la tombede  Melle Moussia Schneerson, la petite fille du Rabbi Maharach.

C’est le Rav Moché Nissan Azimov, frère du Rav Chmouel Azimov, qui a découvert l’endroit dans le petit carré juif du cimetière de Montparnasse.

Melle Moussi Schneerson était la fille du Rav Menahem Mendel Schneerson, le plus jeune fils du Rabbi Maharach.

Elle naquit en Russie en 1890 et quitta ce monde à Paris, à l’âge de 30 ans, en 1920 où elle travaillait en tant que médecin à l’hôpital Rotschild.

 

 

13 Chevat  5702-1942, la Rabbanit Shterna Sarah, épouse du Rabbi Rachab et mère du Rabbi Rayats, quitta ce monde

13 Chevat 5702-1942, la Rabbanit Shterna Sarah, épouse du Rabbi Rachab et mère du Rabbi Rayats, quitta ce monde

C’est en ce jour, le saint Chabbat Parchat Bechala’h, à dix heures quarante-cinq du matin, que la Rabbanit Shterna Sarah, épouse du Rabbi Rachab et mère du Rabbi Rayats, quitta ce monde, à l’âge de quatre-vingt-trois ans. Elle est enterrée à New York, près de son fils, le Rabbi Rayats.

Le matin, avant la prière, la Rabbanit déclara :

« C’est aujourd’hui le Chabbat du Cantique de la mer et la prière doit donc être totalement différente ».

Au milieu de cette prière, quand elle parvint au passage Nichmat, « l’âme de tout être vivant… », elle rendit l’âme, alors qu’elle tenait encore son Siddour dans ses mains.

Le Rabbi Rayats ne se trouvait pas à New York, quand sa mère quitta ce monde. Il était alors à Chicago pour une rencontre communautaire. De ce fait, l’enterrement fut retardé jusqu’à son retour à New York, le lundi 15 Chevat. La même année, le Rabbi Rayats fonda un réseau d’écoles de filles qu’il appela Beth Sarah.

 

Calendrier Hassidique : Cela s’est passé le 19 Tevet

Calendrier Hassidique : Cela s’est passé le 19 Tevet

 

5660 (1899)

En ce jour, le ‘Hassid, Rav ‘Hano’h Hendel Kugel, de Kurnits, quitta ce monde. Il avait été le premier guide spirituel de la Yechiva Tom’heï Temimim, à Loubavitch, lors de sa création, en 5657. Voici ce qu’il déclara, avant de quitter ce monde :

« On sait qu’il y a deux sortes de punitions divines que l’on inflige, là-haut, après les cent-vingt ans de l’existence physique, celles qui se prolongent, dans la durée et celles qui sont brèves. Dans ce dernier cas, lorsque la punition est courte, les souffrances sont intenses et terribles, au point que les anges qui punissent sont eux-mêmes incapables de regarder celui qui les subit. Malgré cela, je demande que l’on m’inflige cette punition courte, car je souhaite me trouver, d’ores et déjà, dans le sanctuaire de l’Admour Hazaken, au jour de sa Hilloula, le 24 Tévet.

Le Rabbi Rachab demanda que l’on grave sur la pierre tombale de Rav ‘Hano’h Hendel la mention suivante :
« Il a fait regretter la faute à des nombreuses personnes ».

Par la suite, le Rabbi affirma que Rav ‘Hano’h Hendel n’avait pas du tout subi les punitions du Guéhénom. Il n’avait fait qu’en sentir l’odeur, puis il était aussitôt entré dans le Gan Eden.

Le Rabbi Rayats écrivit, à son propos :

« Le ‘Hassid, Rav ‘Hano’h Hendel était un véritable pédagogue. Il ne se suffisait pas d’agir personnellement, d’étudier pour lui-même. Il intervenait également avec abnégation et dévouement, avec un désintéressement ‘hassidique, pour enseigner aux autres. Il accomplissait tout cela avec la flamme de l’amour du prochain et avec le caractère agréable de la ‘Hassidout ‘Habad ».

Thème de réflexion : le Rabbi fit l’éloge de ce ‘Hassid précisément parce qu’il rapprocha les autres
de la pratique juive. Nul ne peut se contenter d’être un ‘Hassid pour lui-même.

5750 (1990)

C’est en ce jour que la victoire, dans le jugement des livres sacrés de nos maîtres, appartenant à la bibliothèque Loubavitch, fut obtenue d’une façon définitive, aux yeux de toutes les nations, après le rejet du dernier appel interjeté par l’autre partie.

C’est de cette façon que la victoire du 5 Tévet 5747 prit un caractère définitif. Après que toute contestation ait été écartée, l’appartenance des livres à la bibliothèque Loubavitch fut confirmée, sans qu’il soit possible de la remettre en cause.

 

 

Youd Teth Kislev : La visite du Baal Chem Tov et du Maguid dans la cellule de l’Admour Hazaken

Youd Teth Kislev : La visite du Baal Chem Tov et du Maguid dans la cellule de l’Admour Hazaken

 

Par le Rav Haim Mellul

Le Rabbi Rayats relate, dans Likouteï Dibbourim, tome 1, page 29a :
« Quand on lui annonça qu’il était libre, l’Admour Hazaken ne le souhaita pas, car il avait prononcé les trois prières du 19 Kislev avec le Maguid de Mézéritch et le Baal Chem Tov. Et, à Min’ha, il avait clairement ressenti ‘la Volonté de toutes les Volontés’.
Nous n’adoptons pas la conception des ‘Hassidim de Pologne, privilégiant systématiquement les miracles. Pour autant, il est clair que, si l’Admour Hazaken n’avait pas signifié son accord, il n’aurait pas été emprisonné. Son incarcération avait donc une portée spirituelle et, quand on le libéra, il fut établi qu’il avait emporté la victoire. Dès lors, qu’importe s’il quittait sa cellule un jour plus tard ?
Il se trouvait avec le Maguid, entendait le Baal Chem Tov. C’est effectivement là les termes qui ont été utilisés devant moi, ‘se trouvait’, ‘entendait’. Et, l’on peut donc comprendre la peine que lui inspira le départ de cet endroit. Bien plus, il dut alors se rendre dans la maison d’un opposant à la ‘Hassidout ! »

Le Rabbi dit, le 19 Kislev 5727-1966 : « L’accusation portait sur la diffusion des sources de la ‘Hassidout du Baal Chem Tov et du Maguid. La Guemara dit que, dans le monde futur, Rabbi ‘Hya ira à la rencontre de celui qui a étudié son enseignement. De même, le Baal Chem Tov et le Maguid vinrent rendre visite à l’Admour Hazaken, au dernier jour de son emprisonnement.
Pendant tous les jours de son emprisonnement, leur présence ne fut pas ressentie clairement. Au jour de sa délivrance, en revanche, le Baal Chem Tov et le Maguid passèrent avec lui les vingt quatre heures de la journée. Et, ils furent donc présents pendant les prières de ce jour.
On peut donner, à ce propos l’explication suivante. Une âme se trouvant dans un corps peut s’unir à celles qui sont dans le monde de la Vérité par l’intermédiaire des Mitsvot que l’on accomplit concrètement, ici-bas. C’est ainsi que Rabbi Yehouda le Prince, après avoir quitté ce monde, retournait chez lui, tous les vendredis soirs, pour réciter le Kiddouch devant les membres de sa famille.
Le moment de la journée qui apporte l’élévation, non seulement à l’âme mais aussi au corps, est celui de la prière. Pendant les trois prières du 19 Kislev, le Baal Chem Tov et le Maguid se trouvaient donc avec l’Admour Hazaken. Et, celui-ci put ainsi ressentir à quel point chaque prière était plus élevée que la précédente. »

Le Rabbi expliqua, le 19 Kislev 5713-1952 :
« Quand le Baal Chem Tov et le Maguid vinrent rendre visite à l’Admour Hazaken, celui-ci leur demanda pourquoi il avait été puni en étant incarcéré. Ils lui répondirent qu’on lui reprochait sa diffusion de la ‘Hassidout. L’Admour Hazaken demanda encore si, après sa libération, il devait l’interrompre. Le Baal Chem Tov et le Maguid lui répondirent par la négative. Bien plus, ajoutèrent-ils, cette diffusion devait être renforcée.
Quand mon beau-père, le Rabbi, revint de Petersburg, son père, le Rabbi Rachab lui demanda s’il y avait, dans la cellule de l’Admour Hazaken, de la place pour d’autres personnes. On peut en déduire que la présence du Baal Chem Tov et du Maguid fut effectivement physique.
On peut donner, à ce sujet, l’explication suivante. La ‘Hassidout fut donnée pour modifier les comportements naturels, issus de l’âme animale et liés au corps. La partie révélée de la Torah ne suffit pas pour obtenir un tel accomplissement. L’Admour Hazaken donna donc à la ‘Hassidout une formulation rationnelle, afin que le corps et l’âme animale l’intériorisent profondément. Et, quand il souhaita recevoir un accord sur cette conception, celui-ci ne pouvait lui être donné que par une âme vêtue d’un corps. »

Le Hayom Yom, à la date du 19 Kislev, dit :
« L’Admour Hazaken fut libéré de son premier emprisonnement le 19 Kislev, au soir du mardi de la Parchat Vayéchev 5559. »

Et, le Rabbi expliqua, à ce propos, le 19 Kislev 5727-1966 :
« La libération intervint au moment de la prière de Min’ha et l’Admour Hazaken précise lui-même qu’elle est liée au mardi, troisième jour de la semaine, lorsque deux fois fut dit le mot ‘bon’, lors de la création. Elle est, en outre, également liée à la Hilloula du Maguid. Ces deux caractéristiques s’étendent à tous les vingt quatre heures de ce jour.
En conséquence, la libération, même si elle eut lieu avant que le jour s’écoule en totalité, concerne bien l’ensemble de cette date, de sorte que toute cette journée est celle de sa délivrance. »