A sa sortie de prison, l’Admour Hazaken resta, pendant trois heures, dans la maison d’un opposant de la ‘Hassidout qui s’appelait Notkin et l’on dit que le Rabbi souffrit, pendant ces trois heures, beaucoup plus que pendant la totalité de son incarcération.
Par le Rav Haim Mellul
Le Rabbi expliqua, à ce propos, le 19 Kislev 5726-1965 :
« Pourquoi l’emprisonnement s’acheva-t-il dans la maison d’un opposant à la ‘Hassidout ? Tout est effet de la divine Providence et, lorsque l’accusation fut supprimée là-haut, la libération n’aurait-elle pas dû être immédiate et sans obstacle ? Il faut en conclure que ceci fut partie intégrante de sa délivrance. La libération de l’Admour Hazaken fut conforme au verset « Il a libéré mon âme dans la paix ». Il y avait donc antagonisme entre deux éléments et « ils furent nombreux avec moi ». En conséquence, il fallait que l’Admour Hazaken parvienne chez un opposant à la ‘Hassidout, qui lui marque de la déférence. Il est dit que « je le chasserai peu à peu » et un certain temps fut donc nécessaire à cet opposant pour intérioriser l’enseignement de l’Admour Hazaken. Et, c’est alors, précisément, que la libération de l’Admour Hazaken s’exprima dans toute son essence. En effet, celle-ci n’était nullement comparable à la victoire que l’on obtient à l’issue d’une guerre, par exemple. Car, il s’agissait là d’un frère, selon le terme qu’emploie l’Admour Hazaken lui-même, dans Iguéret Ha Kodech. Il résulte de tout cela un enseignement sur la manière dont les sources de la ‘Hassidout doivent être diffusées à l’extérieur. »
Le 19 Kislev 5738-1987, le Rabbi ajoute :
« Après avoir souffert dans la maison de l’opposant à la ‘Hassidout, l’Admour Hazaken déclara qu’il souhaitait rester encore chez lui pendant le temps nécessaire pour prendre un verre de thé, puisque son hôte l’avait préparé pour lui. De la sorte, il adopta un comportement qui était ‘bon pour les créatures’. Les ‘créatures’ n’ont d’autre qualité que d’avoir été créées par D.ieu et l’Admour Hazaken s’employa à être bon envers elles. En l’occurrence, l’opposant à la ‘Hassidout fit souffrir le Rabbi, par toutes les manières possibles. Il voulut, de nouveau, susciter en lui l’état d’esprit qui était le sien avant sa délivrance. Une telle attitude défiait la raison. Bien plus, cet homme était convaincu de bien agir et il prenait donc, à proprement parler, l’obscurité pour de la lumière. De ce fait, il pouvait être considéré comme une ‘créature’, faisant un usage négatif du libre arbitre qui lui était accordé. Malgré cela, l’Admour Hazaken fut ‘bon envers les créatures’. »
Après sa libération, l’Admour Hazaken apprit que son fils, l’Admour Haémtsahi venait d’avoir une fille. Il dit alors : « Désormais nos connaîtrons la tranquillité (Menou’ha) ». En conséquence, l’enfant fut appelée Menou’ha Ra’hel.
Dans le Likouteï Dibbourim, tome 1, page 84, le Rabbi Rayats relate :
« Le soir du 21 Kislev, deux hommes, des personnes simples, se présentèrent devant l’Admour Hazaken et lui demandèrent de prononcer un discours de ‘Hassidout. Le Rabbi dit alors un discours introduit par le verset ‘Comme le visage se reflète dans l’eau’. En guise d’introduction, il expliqua : Il est dit : Chaque génération a ceux qui la recherchent, qui désirent ta face, Yaakov, pour l’éternité. Ainsi, ceux qui, dans la génération, recherchent, au même titre que Yaakov, réclament la dimension profonde de la Lumière infinie de D.ieu. »
Le Rabbi précisa, le 19 Kislev 5718-1957 :
« On peut déduire de cette affirmation l’enseignement suivant. Chacun doit rechercher sa propre dimension profonde et, de manière amicale, demander à son prochain qu’il en fasse de même, qu’il mette, à son tour, en éveil la profondeur de lui-même, la dimension cachée de son âme, qui est éternelle, étant liée à la puissance et à l’éternité de la Lumière infinie de D.ieu. »
Et, le Likouteï Si’hot, tome 20, page 469, conclut ce récit par la précision suivante :
« L’Admour Hazaken arriva dans la ville de Vitebsk, le mardi, troisième jour de ‘Hanoukka. Il y resta pendant tout le reste de cette fête. »
Le 19 du mois de Kislev, le Youd Teth Kislev, est le jour anniversaire de la libération de Rabbi Schnéour Zalman de Liady, fondateur de la ‘Hassidout ‘Habad, des prisons tsaristes. Cet évènement, pris dans sa linéarité, semble assez simple. Et pourtant, les ’hassidim lui accordent une signification de toute évidence très profonde.
Les faits : en 1798 Rabbi Schnéour Zalman est, à la suite du Baal Chem Tov et du Maguid de Mézeritch dont il a été le disciple, l’un des grands Maîtres du ‘hassidisme en plein essor. Il se heurte à l’opposition souvent farouche des tenants du judaïsme synagogal d’alors, inquiets de ce mouvement qui embrase les masses juives laissées jusque-là à l’écart. Calomnies et machinations (on osera, par exemple, dénoncer l’envoi de subsides aux ‘hassidim de Terre Sainte, laquelle est sous la domination de l’empire turc, le grand ennemi de la Russie) aboutiront à l’arrestation du Rabbi par la police tsariste. Crime de haute trahison : Rabbi Schnéour Zalman est conduit à Petersbourg dans le sinistre fourgon noir dont la seule vue inspire la terreur. Il est emprisonné dans la terrible forteresse bâtie sur une ile au milieu de la Neva.
A son procès, le Rabbi doit répondre à de nombreuses questions sur les pratiques et la foi juives. On fait traduire en russe le Tanya, l’immense livre sur lequel il a travaillé vingt ans, dont il a pesé chaque mot, chaque lettre, un ouvrage fondamental de la ‘Hassidout.
Le 19 Kislev enfin, cinquante-trois jours après son arrestation, on annonce à Rabbi Schnéour Zalman qu’il a été reconnu innocent des crimes dont on l’accusait. Il est libre. Depuis, le 19 Kislev est une grande fête ‘hassidique : on l’appelle le « Roch Hachana, le Nouvel an, de la ‘Hassidout ». C’est que, pour les ‘hassidim, ce moment dépasse infiniment sa ponctualité historique. Il marque un tournant capital de notre histoire spirituelle telle qu’elle s’inscrit dans ce monde.
Un tribunal, ici-bas, a en effet tranché. Mais quelle était la question vraiment posée ? Le tribunal d’en-bas, le tribunal russe, renvoie à celui d’En-Haut. Et la question réellement débattue, celle qui était posée En-Haut et à la résolution de laquelle était attachée la sentence des magistrats tsaristes était celle-ci : Rabbi Schnéour Zalman, le grand Maître qui avait porté à un tel degré d’achèvement la pensée ‘hassidique, pouvait-il propager son enseignement ?
Quelques siècles auparavant déjà, Rabbi Yts’hak Louria avait annoncé que, dans les dernières générations, il deviendrait nécessaire de dévoiler la sagesse de la Cabbale. La ’Hassidout la porte en elle. Et les ‘hassidim savent aussi que le Baal Chem Tov a interrogé, au cours d’une élévation que nous sommes impuissants à seulement imaginer, le Machia’h, le Messie lui-même :
« Maître, quand viendras-tu ?
– Lorsqu’au dehors seront répandues les sources de ton enseignement ».
Mais pourquoi, peut-on s’interroger, les dernières générations au mérite semble-t-il plus limité que les générations plus anciennes, doivent-elles recevoir pareille révélation ? Parce que, nous dit le Rabbi dans l’un de ses discours, « l’obscurité de l’exil se fait de plus en plus intense. Pour la vaincre, il faut donc avoir recours à une lumière de plus en plus forte. C’est pour cela qu’a été révélée l’âme de la Torah mettant en éveil et révélant les forces les plus profondes de l’âme juive ».
Bien sûr, la dissémination de ces « sources » avait déjà commencé. Les disciples du Baal Chem Tov d’abord, puis ceux du Maguid (qui a quitté ce monde le 19 Kislev de l’année 1772) en avaient reçu le premier surgissement. Il s’exprimait par des commentaires d’une grande concision. Rabbi Schnéour Zalman, cependant, avait voulu aller bien plus loin. Expliquant largement chaque concept, il entendait apporter la dimension la plus profonde de la Torah à la population la plus large, à ce petit peuple à la vie humble et difficile, ignoré des pesants docteurs de la Loi.
Certes, le Tanya peut être l’objet d’une étude méditative toute une vie durant sans même que soit dépassé un niveau encore assez superficiel de son sens. Mais l’important est d’entrer dans ce champ de sens-là dont la plénitude apparaitra avec l’ultime libération, celle des temps messianiques. Or, chacun, dans le Tanya comme dans toute la ‘Hassidout héritée de Rabbi Schnéour Zalman, peut trouver une entrée à sa mesure. Chacun peut recevoir les vivifiantes sources.
Ainsi, la libération de Rabbi Schnéour Zalman par un tribunal terrestre ne peut que signifier l’acquiescement du Tribunal céleste. Oui, les temps annoncés peuvent maintenant s’accomplir, désormais les sources de la Hassidout peuvent être pleinement libérées, jaillir avec une force encore inconnue et, partout, se répandre.
Alors aussi, c’est l’horizon même du temps qui apparait et la fin de l’Histoire qui peut être aperçue. Comment les ‘hassidim pourront-ils jamais danser toute la grandeur, chanter toute la joie d’un tel moment ?
« L’emprisonnement insuffla une vigueur particulière à l’étude de la ‘Hassidout. Ceci peut être comparé à un acte officiel dont la valeur est contestée. Lorsque, par la suite, celui-ci est certifié par le tribunal, il reçoit une force particulière, car, même s’il a été mis en cause, il est clair, désormais, qu’il ne peut plus l’être, qu’il restera toujours valable, de sorte que sa qualité résulte effectivement de la contestation.
Il en est de même pour le 19 Kislev. Avant l’emprisonnement, la ‘Hassidout était déjà connue. Puis, l’Admour Hazaken fut arrêté. Une accusation fut portée devant le Tribunal céleste et, en conséquence, également ici-bas. Par la suite, la diffusion des sources de la ‘Hassidout put donc être beaucoup plus forte. »
Diffusion grâce à l’emprisonnement
Dans le Séfer Ha Si’hot Torat Chalom, page 26, le Rabbi Rachab explique :
« Quand l’Admour Hazaken revint de Pétersburg, la ‘Hassidout reçut une dimension profonde. En effet, on écrase une olive pour que celle-ci donne l’huile. De même, les accusations et l’emprisonnement avaient révélé cette dimension profonde ».
A ce sujet, le Rabbi précise (Séfer Ha Maamarim Meloukat, tome 1, page
416) :
« L’ajout obtenu de cette façon fut sans aucune commune mesure avec ce que l’on possédait au préalable. De ce fait, il est précisé que l’olive écrasé ‘donne l’huile’ et l’on sait que ‘quiconque donne le fait avec largesse’. »
Le Rabbi Rachab dit encore (Séfer Ha Si’hot Torat Chalom, page 112) :
« Je considère que la diffusion des sources a essentiellement commencé après Pétersburg, car c’est là que l’Admour Hazaken vit le Baal Chem Tov. »
Le Rabbi explique (Séfer Itvaadouyot 5745-1984, tome 2, page 845) :
« L’emprisonnement et la libération par les autorités, ici-bas, furent, comme on le sait la conséquence d’événements similaires qui se déroulèrent là-haut.
L’Admour Hazaken fut emprisonné parce que l’on se demandait, là-haut, si l’on pouvait, si l’on avait le droit de diffuser l’enseignement profond de la Torah. Et, le Rabbi fut arrêté, dans ce monde, précisément parce que le Tribunal céleste avait formulé cette interrogation.
Par la suite, le Tribunal céleste prit la décision que l’on avait non seulement le droit, mais aussi le devoir de diffuser ces connaissances, bien plus qu’il fallait en diffuser les sources à l’extérieur, sans se demander si celui qui les recevait était apte à les intégrer ou non.
Grâce aux souffrances de l’exil, aux épreuves que les Juifs avaient surmontées jusqu’à cette époque-là, tous étaient aptes à étudier les sources de la Torah, en plus du Talmud et des écrits des Décisionnaires. »
Le 19 Kislev 5730-1969, le Rabbi dit encore :
« Il fallut avoir recours à un emprisonnement, même si, déjà avant celui-ci, les Juifs faisaient don d’eux mêmes pour étudier la ‘Hassidout. De fait, ils sont coutumiers de tels sacrifices. Ainsi, ils reçurent la Torah grâce à l’abnégation dont ils furent preuve en Egypte et qui leur permit, en outre, de quitter ce pays. Puis, la Torah leur fut donnée avec largesse et, quand ils entrèrent en Erets Israël, ils en pratiquèrent les Mitsvot également avec largesse.
Il en fut de même pour la ‘Hassidout. D.ieu voulut la donner pleinement, avec toute sa profondeur et toute sa largesse, la révéler jusqu’à l’extérieur. Les autorités du pays devaient donc décider la libération de l’Admour Hazaken, reconnaître que les Juifs étaient en droit d’accepter cette conception de la Torah. Un non Juif devait également pouvoir comprendre tout cela. »
Le Séfer Ha Maamarim Meloukat, tome 1, page 396, dit :
« C’est précisément pour cette raison que l’Admour Hazaken fut incarcéré pendant cinquante trois jours, valeur numérique du mot Gan, jardin.
Car c’est bien grâce à cela que, par la suite, il fut possible de diffuser les sources de la ‘Hassidout dans ce monde matériel, qui est le jardin du Saint béni soit-Il. »
Le Chabbat Parchat Vaychla’h 5733-1972, le Rabbi expliqua :
« Il y eut un miracle, le 19 Kislev, parce que la situation, dans un premier temps, était plus basse que la nature. Il fallut donc avoir recours aux voies surnaturelles.
Commentant le verset ‘C’est un moment de détresse pour Yaakov et de lui, il sera sauvé’, le Baal Chem Tov souligne que la détresse elle-même, la situation la plus basse, conduit vers le sommet le plus élevé.
C’est pour cela qu’après la libération, la diffusion des sources prit des proportions nouvelles. Et, cet enseignement permet de répondre à la question de ceux qui se demandent pourquoi, dans la mesure où l’on attend d’eux de diffuser les sources, des obstacles se dressent devant eux, lors de cette diffusion. En effet, le 19 Kislev montre que l’élévation la plus grande est celle qui fait suite à la chute. »
Les discours ultérieurs
Le Rabbi Rachab explique, dans le Séfer Ha Si’hot Torat Chalom, page 26 :
« Les ‘Hassidim savaient qu’avant Pétersburg, avant l’emprisonnement et la libération, la ‘Hassidout de l’Admour Hazaken faisait brûler le monde, car elle se limitait à entourer les concepts. Or, par nature, ce qui ne fait qu’entourer brûle. Nul ne pouvait alors entendre son enseignement et rester ce qu’il était au préalable.
Puis, après Pétersburg, tout fut différent. Car, après sa libération, il introduisit la ‘Hassidout dans la dimension intérieure. »
Le Rabbi Rayats donne, à ce sujet, une explication légèrement différente, dans le Likouteï Dibbourim, page 28. Et, le Chabbat Parchat Chemot 5737- 1976, le Rabbi précise :
« Alors, commença la diffusion des sources et c’est pour cela qu’après la libération du 19 Kislev, les discours ‘hassidiques de l’Admour Hazaken purent être intégrés en soi, mieux compris. »
Le Rabbi Rachab dit encore (Séfer Ha Maamarim 5679-1919, additifs) :
« Le Baal Chem Tov vint révéler l’enseignement profond de la Torah, mais il ne fit pas en sorte qu’on la comprenne pleinement et l’on sait que le Maguid de Mézéritch, avant de la commenter, disait toujours : ‘Venez écouter les secrets de la Torah !’.
Le monde n’était pas encore capable de contenir un dévoilement aussi élevé. Le service de D.ieu était, à l’époque, particulièrement haut. Pour autant, l’essence de la Torah n’était pas encore dévoilée. L’expression rationnelle de la ‘Hassidout est l’œuvre de l’Admour Hazaken et, grâce à lui, cette essence devint perceptible. »
La source
Le 19 Kislev 5715-1954, le Rabbi expliqua :
« Une source contient de l’eau, mais cette eau vive n’a pas d’existence indépendante. Elle est partie intégrante de la source, jusque dans la moindre goutte qui la constitue.
L’eau fait allusion à la Torah, qui a une partie révélée et une dimension profonde, tout comme on distingue l’eau qui sort de la source et reçoit une existence propre de celle qui reste dans la source et en est une partie.
La partie révélée de la Torah reçut d’emblée une formulation logique, appliquée aux préoccupations de ce monde. Elle fait même état de mensonges et, de ce point de vue, elle a effectivement quitté la source. La dimension profonde de la Torah, par contre, se trouve toujours dans la source, dont elle reste une partie.
C’est pour cela que les sources doivent être diffusées à l’extérieur. Leur eau, proche de son origine, conserve la qualité de la soumission. Elle peut donc, sans crainte, se rendre à l’extérieur. Elle y reste la source elle-même et n’a pas d’autre motivation que de mettre en pratique la Volonté de D.ieu, dans l’espace et dans le temps, d’illuminer par ‘la bougie (qui) est une Mitsva et la Torah (qui) est une lumière’.
C’est de cette façon que l’on se prépare à la venue du Machia’h, lorsque ‘tous Le serviront d’une seule épaule’. »
La diffusion
Le 19 Kislev 5735-1974, le Rabbi dit :
« Un Juif peut se trouver ‘à l’extérieur’. Certes, la Torah plaide sa cause, mais l’on ne peut ne trouver aucun élément permettant de justifier qu’il soit à l’intérieur. Or, la Torah et les Mitsvot doivent pouvoir lui parvenir également. Plus encore, on les lui donnera telles qu’elles se trouvent dans la source, dans l’essence de l’âme.
Comment obtenir un tel résultat ? Grâce à la diffusion, qui doit être menée avec une grande force, de la manière la plus large. »
Le 11 Nissan 5737-1977, le Rabbi poursuivit :
« La diffusion consiste, avant tout, à étudier et à propager avec force. Et, l’on ne peut se contenter d’apporter à l’autre un verre d’eau provenant de la source, ni même un fleuve relié à la source. On ne peut lui offrir la puissance de ce fleuve tout en conservant la source pour soi-même. C’est, à proprement parler, la source qui doit se trouver à l’extérieur.
Bien plus, il ne suffit pas de placer cette source à quatre coudées de soi-même, ou même dans toute la ville, dans tout le pays. Il faut l’envoyer à l’étranger, jusqu’à l’extérieur le plus éloigné. Là, les sources elles-mêmes participeront à cette diffusion. »
Et, le Likouteï Si’hot, tome 30, page 292, précise :
« Il est dit que les sources doivent se diffuser à l’extérieur. Cela veut dire que la voie de la ‘Hassidout ‘Habad est la compréhension et la rationalisation de tous les concepts ‘hassidiques. »
L’effet de la diffusion
Dans le Séfer Ha Maamarim Meloukat, tome 6, page 72, le Rabbi explique :
« Il ne suffit pas de placer l’eau vive à l’extérieur. Les sources elles-mêmes doivent s’y trouver. De la sorte, on peut mettre en évidence la nature profonde de l’extérieur et s’apercevoir qu’il est, en réalité, lui-même une source.
La diffusion des sources à l’extérieur commença le 19 Kislev parce qu’une Lumière céleste transcendant l’enchaînement des mondes, à l’image de l’huile qui ne se confond pas aux autres liquides, se révéla alors. De ce fait, la diffusion put commencer après la libération et la source se plaça en tout endroit, tout comme l’huile imbibe toute chose. »
Et, le Séfer Ha Maamarim Meloukat, tome 1, page 416, dit aussi :
« On peut comprendre l’importance de la révélation qui résulta de l’emprisonnement si l’on sait que l’Admour Hazaken l’accepta de son plein gré. En effet, un Juste est maître de tout événement physique qui lui arrive. Chaque événement de sa vie doit donc recevoir son accord.
L’Admour Hazaken accepta la prison, malgré les souffrances qu’il en conçut, l’impossibilité d’enseigner la ‘Hassidout pendant son incarcération. On peut en déduire l’importance de diffuser les sources à l’extérieur, comme il put le faire après sa libération. Car c’est bien cette diffusion qui justifia l’emprisonnement. »
Dans une lettre (Iguerot Kodech, tome 10, page 304), le Rabbi Rayats ajoute :
« En ce jour, prêtez attention à ce qui est le besoin du moment, la diffusion de l’enseignement de la ‘Hassidout dans tous les cercles de nos frères, les enfants d’Israël.
L’étude de la ‘Hassidout n’est pas le fait d’un groupe. L’obligation en incombe à tous les Juifs, en général et aux érudits de la Torah, en particulier. »
La soumission
Le 19 Kislev 5723-1962, le Rabbi dit :
« Chacun s’efforcera de diffuser les sources de la ‘Hassidout auprès des autres.
Pour mener à bien une telle mission, il faut soi même être profondément soumis. C’est seulement dans ce cas que s’accomplissent les termes du verset : ‘Comme le visage se reflète dans l’eau, le cœur de l’homme se reflète dans celui de son prochain’. »
L’extérieur de l’homme
Le Séfer Itvaadouyot 5744-1893, tome 2, page 601, rapporte :
« En enseignant la ‘Hassidout, surtout après la libération du 19 Kislev, l’Admour Hazaken introduisit un fait nouveau en permettant que les sources en soient diffusées à l’extérieur.
Ceci est vrai pour l’extérieur, au sens littéral, mais aussi pour l’extérieur de la personne qui étudie la ‘Hassidout. De cette façon, la ‘Hassidout sera clairement comprise, appliquée à l’action concrète. Elle pénétrera toutes les forces de l’âme, de l’intellect à la force d’action. »
Unité d’Israël
Le 19 Kislev 5726-1965, le Rabbi expliqua :
« Après sa libération, l’Admour Hazaken s’efforça que tout soit pacifique, que tous les Juifs s’unissent dans un même but, ‘accomplir Ta Volonté d’un cœur entier’, grâce à la lumière et à la vitalité de la dimension profonde de la Torah.
Pour cela, il fallait convaincre d’autres personnes, se rapprocher d’elles, accomplir de plus en plus fortement les termes de la mission confiée par D.ieu, celle de diffuser les sources à l’extérieur, jusqu’à parvenir au sommet de la perfection, la période du Machia’h. »
Révélation de la source
Le Chabbat Parchat Vayéchev 5730, 1969, le Rabbi souligna :
« C’est le 19 Kislev que ‘Il a libéré mon âme dans la paix’. Il faut donc diffuser les sources à l’extérieur, en sorte que celles-ci parviennent en tout endroit, car c’est bien la le sens de cette paix, supprimant les différences, réalisant l’union.
Bien plus, c’est en l’occurrence la source qui se révèle et celle-ci ne connaît pas la limite. Elle confère la pureté, par quarante Séa d’eau ou bien avec une seule goutte, de manière totalement identique. Et, cette absence de limite se marque également dans le temps, puisque l’on peut étudier la ‘Hassidout à n’importe quel moment de la semaine.
C’est la raison pour laquelle nos maîtres, en général et mon beau-père, le Rabbi, chef de notre génération, en particulier, demandèrent de diffuser les sources de manière pacifique. Tel fut précisément l’apport du 19 Kislev. »
L’enseignement pour le 19 Kislev
Le Séfer Ha Itvaadouyot 5743-1982, tome 1, page 559 dit :
« Chaque année, quand revient le 19 Kislev, on doit éveiller en soi une motivation particulière, intensifier la diffusion des sources à l’extérieur. Bien plus, cet ajout doit être une ‘délivrance’ par rapport à la situation antérieure, à la manière dont ont diffusait ces sources avant le 19 Kislev.
En d’autres termes, la différence entre la diffusion précédant le 19 Kislev est celle qui la suit, chaque année, est comparable au passage de l’emprisonnement à l’état d’homme libre, comme ce fut le cas la première fois. »
Le Séfer Ha Maamarim Meloukat, tome 6, page 56, explique encore :
« La diffusion des sources de la ‘Hassidout consiste à les conduire jusqu’au point le plus extérieur que l’on puisse imaginer, afin que leur profondeur s’y révèle pleinement.
C’est précisément de cette manière que cette diffusion des sources provoquera la venue du roi Machia’h, qui, lui aussi, révélera le stade le plus élevé jusqu’au point le plus bas. »
Successeur du Baal Chem Tov, Rabbi Dov Ber, qui structura la ‘Hassidout, naquit à Loukatch, vers 5464 (1704), à son père, Rabbi Avraham. Encore enfant, il apparut qu’il possédait des capacités hors du commun et il fut envoyé à Lvov, dans la Yechiva du « Pnei Yochoua ». Là, il accumula de profondes connaissances du Talmud.
Après son mariage, il enseigna la Torah aux enfants d’un village et en profita pour s’isoler, se plongeant dans l’étude de la Kabbalah. Il eut alors une vie de jeûnes et de mortifications, qui affaiblirent sa santé. Il devint ensuite un « Maguid », personnage central dans la vie des communautés à cette époque. Voyageant dans les villes et villages de Podolie et de Wholinie, il conduisait les Juifs à la Techouva par ses commentaires et ses discours publics.
Peu après, Rabbi Dov Ber se rapprocha du Baal Chem Tov qui, d’emblée, se révéla à lui dans toute sa grandeur. Il devint son ‘Hassid et le Baal Chem Tov lui enseigna les secrets de la Kabballa et même le langage des oiseaux et des arbres.
Un an après que la Baal Chem Tov ait quitté ce monde, le Maguid prit la tête des ‘Hassidim et s’installa à Mézéritch. C’est de là qu’il délégua ses émissaires auprès de toutes les communautés d’Europe Orientale, afin de diffuser les idées de la ‘Hassidout. En effet, si le Baal Chem Tov fit de nombreux voyages, le Maguid resta chez lui. Du reste, la ‘Hassidout était d’ores et déjà connue, jusque dans les contrées les plus reculées. Mézéritch devint alors un grand centre, attirant des milliers de Juifs qui, ayant eu connaissance des enseignements délivrés par les émissaires, étaient désireux de rencontrer le maître. Ainsi, le cercle de ceux qui étudiaient la ‘Hassidout s’élargit considérablement et, en 5525 (1765), trois grands centres furent créés, l’un à Loubavitch, dirigé par Rabbi Issakhar Dov, le second à Karlin, dirigé par Rabbi Aharon et le troisième à Horodok, dirigé par Rabbi Mena’hem Mendel de Vitebsk.
Les trois livres présentant l’enseignement du Maguid furent rédigés par ses disciples, « Maguid Devarav LeYaakov » par Rabbi Chlomo de Loutsk, « Or Hatorah » par Rabbi Ichaya de Donivitch et « Or HaÉmet » par Rabbi Lévi Its’hak de Berditchev.
Le Maguid de Mézéritch aimait tout particulièrement Rabbi Chnéour Zalman de Lyadi, son disciple. C’est à lui qu’il confia la mission de rédiger un Choul’hane Aroukh. Il le rapprocha également de son fils, Rabbi Avraham HaMalakh (« l’Ange »). Ainsi, jour après jour, pendant de nombreuses années, Rabbi Chnéour Zalman enseignait la Guemara à Rabbi Avraham pendant trois heures, puis, pendant trois autres heures, Rabbi Avraham enseignait la ‘Hassidout à Rabbi Chnéour Zalman.
C’est à l’époque du Maguid, à partir de 5530 (1770), que les Mitnagdim, opposants à la ‘Hassidout, se renforcèrent. Le Maguid, à plusieurs reprises, confia à Rabbi Chnéour Zalman des missions secrètes, qui le conduisirent dans les bastions de l’opposition. En 5532 (1772), le Maguid organisa lui-même une confrontation publique entre ‘Hassidim et Mitnagdim. Les idées de la ‘Hassidout furent défendues par Rabbi Chnéour Zalman et par Rabbi Avraham de Kalisk.
A la veille de Roch Hachana 5533 (1773), le Maguid écrivit son testament, indiquant ce que devait être, après son décès, le comportement des ‘Hassidim en général et de son fils, Rabbi Avraham, en particulier. Il écrivit que « l’avis de mon élève, Rabbi Zalman, auteur du Choul’hane Aroukh, peut être considéré comme une petite prophétie. Il faudra, en tout point, se conférer à son opinion, car, même s’il avait vécu à l’époque du Baal Chem Tov, sa personnalité aurait été tout à fait remarquable. »
Peu après, le 19 Kislev 5533 (1773), le Maguid quitta ce monde, à Anipoli.
Les disciples de Maguid se réunirent par la suite. Il fut décidé que quelques uns d’entre eux, conduits par Rabbi Mena’hem Mendel de Horodok, se rendraient en Erets Israël. Rabbi Chnéour Zalman accompagna Rabbi Mena’hem Mendel jusqu’à Mogilev, au bord du fleuve Dniester. Il fut alors chargé de diriger les ‘Hassidim de Lituanie et d’organiser la défense de la ‘Hassidout contre les attaques des Mitnagdim.
Extrait de « Habad Loubavitch: Repères et Définitions », ed. Beth Loubavitch.
L’Admour Haémtsahi, tout au long de sa vie, n’a jamais connu la forme des différentes pièces de monnaie et son gendre, le Tséma’h Tsédek, expliqua, à ce propos :
“L’apparence physique des pièces de monnaie est un aspect de la matière qui n’a pas encore été affiné, tant que ces pièces n’ont pas été utilisées pour la Tsedaka ou pour tout ce qui est lié au domaine de la sainteté. Ces pièces sont alors grossières et elles peuvent même suggérer à l’homme l’idée que : ‘ma force et la puissance de ma main’ m’ont permis de les obtenir. Dès lors, cet homme devient orgueilleux et prétentieux.”
Second jour de fête
L’Admour Haémtsahi enseigne :
“Le jour de Sim’hat Torah ou, plus généralement, le second jour de chaque fête sont un niveau qui n’est pas accessible à tous. Quand le Machia’h viendra, on percevra le niveau de ce second jour et l’on aura la nostalgie de ces jours.
En outre, il convient d’éprouver une profonde pitié envers ceux qui résident en Erets Israël (et n’ont qu’un seul jour de Fête), car ils mélangent la viande et les légumes.”
Enseignants
L’Admour Haémtsahi accordait une grande importance aux enseignants, qui constituaient, pour lui, la première priorité.
Il dit, une fois, à propos de Nevel, qui était connue comme une ville ‘hassidique :
“Nevel est devenue ce qu’elle est, non pas grâce aux Rabbanim, mais bien grâce aux enseignants.”
Podlig le bouffon
L’Admour Haémtsahi avait un bouffon, que tous appelaient Podlig le bouffon. Une fois, celui-ci dit au Rabbi :
“Quelle différence y a-t-il entre vous et moi ? Ce que je sais, vous le savez aussi et ce que vous ne savez pas, je ne le sais pas non plus.”
Puis, aussitôt, Podlig poursuivit :
“En réalité, une immense différence nous sépare. Ce que le Rabbi sait, moi, je ne le sais pas.”
Manque
D’une manière plaisante, les ‘Hassidim avaient coutume de dire :
“A l’époque de l’Admour Haémtsahi, le Machia’h n’aurait rien eu à apporter aux ‘Hassidim. En effet, dans le domaine spirituel, incontestablement, ceux-ci ne manquaient de rien. Quant aux biens matériels, aucun d’entre eux n’en avait besoin”.
Inspiration divine
Rabbi Its’hak Aïzik Epstein de Homyl dit :
“L’Admour Haémtsahi déclara : ‘Je peux avoir l’inspiration divine quand je le désire’.
Et, cette formulation permet d’établir qu’à certains moments, il ne le voulait pas ! En effet, celui qui est inspiré par D.ieu est guidé, pour Le servir. Or, l’Admour Haémtsahi ne voulait pas
être aidé, dans son service de D.ieu. Il voulait Le servir par ses forces propres !’”.
‘Habadnitsé
Il était d’usage, à l’époque, d’aménager une seconde pièce, dans la synagogue, où se réunissaient ceux qui souhaitaient allonger le temps de la prière, afin de mettre en éveil toute leur ferveur.
Cette pièce était appelée une ‘Habadnitsé.
Une fois, on construisit une synagogue dans le village de Koulyéné, à proximité de Loubavitch, sans y prévoir une ‘Habadnitsé. L’Admour Haémtsahi, quand il eut connaissance de cette omission, déclara :
“Il est interdit de prier dans cet endroit. Une synagogue sans ‘Habadnitsé n’a pas lieu d’être.
On ne peut pas y réciter la Kedoucha, ni le Bare’hou. Que l’on allonge sa prière ou non, la présence, dans une synagogue, d’un lieu où il est possible de le faire est indispensable !”.
Plaisir de l’âme
Un domestique de l’Admour Haémtsahi avait l’habitude de lire, chaque jour, un passage de la Michna et un autre du Zohar. Une fois, l’Admour Haémtsahi lui demanda :
“Quelle est l’étude qui te procure le plus de satisfaction, celle de la Michna ou celle du Zohar ?”.
L’homme répondit :
“Rabbi, il est vrai que je comprends plus ou moins le sens de la Michna que j’étudie, alors que je ne comprends rien au Zohar. Mais, malgré cela, je dois dire que le Zohar me procure une
plus grande satisfaction que la Michna.”
L’Admour Haémtsahi conclut :
“Il en est bien ainsi. L’âme a plus de plaisir à étudier le Zohar et l’âme le comprend”.
Extase
Le Rav Haïm Sinaï David Halbershtam, qui assura le service, dans la maison du Rabbi, pendant de nombreuses années, raconte :
“Une fois, la Rabbanit ‘Haya Mouchka, épouse du Rabbi, m’a relaté le récit suivant :
L’Admour Haémtsahi avait un domestique, qui ne se distinguait pas par une profonde intelligence et cet homme, en échange d’un paiement, montrait le Rabbi, à quiconque le désirait, quand
il connaissait l’extase et se libérait des limites de la matière.
L’Admour Haémtsahi était alors assis sur son fauteuil, avec les yeux ouverts. Son état extatique lui ôtait toute perception de ce qui se passait autour de lui. Le domestique venait alors, avec
ceux qui désiraient voir le Rabbi. Il tournait son fauteuil vers eux, afin qu’ils puissent voir son visage, puis il le remettait à sa place.
L’Admour Haémtsahi ne s’apercevait de rien.”
Le foulard rouge
Le Tséma’h Tsédek, neveu et gendre de l’Admour Haémtsahi, résidait, au début de son mariage, dans la même maison que son beau-père.
Il en occupait le rez-de-chaussée, alors que la demeure de l’Admour Haémtsahi était au premier étage.
Une fois, le soir de Pessa’h, chacun célébrait le Séder chez lui, lorsque, soudain, le Tséma’h Tsédek connut l’extase et il perdit connaissance.
On tenta de le ranimer, sans succès et la Rabbanit, épouse du Tséma’h Tsédek et fille de l’Admour Haémtsahi, courut donc chez son père, au premier étage, pour lui relater ce qui s’était passé.
L’Admour Haémtsahi lui donna alors un foulard rouge, en précisant qu’il avait appartenu à son père, l’Admour Hazaken. Il lui demanda de le poser sur le visage du Tséma’h Tsédek, puis de le
lui restituer aussitôt. La Rabbanit s’exécuta et le Tséma’h Tsédek retrouva immédiatement ses esprits.
Le Séder se poursuivit donc, mais, peu après, le Tséma’h Tsédek connut l’extase encore une fois et il perdit de nouveau connaissance. On ne parvint pas à le ranimer et la Rabbanit se rendit
donc, de nouveau, chez son père, qui lui confia encore le foulard rouge, mais, cette fois-là, le Tséma’h Tsédek resta sans connaissance, même après que le foulard ait été posé sur son visage.
La Rabbanit retourna chez son père et lui fit part de ce qui se passait. L’Admour Haémtsahi s’exclama alors :
“Ah, les jeunes de nos jours !”.
Il se leva de table, descendit lui-même au rez-dechaussée, plaça personnellement le foulard rouge sur le visage du Tséma’h Tsédek. Celui-ci retrouva aussitôt ses esprits et il ne s’évanouit plus par la suite.
Bar Mitsva
Lorsque l’Admour Haémtsahi était un jeune enfant, son père loua les services d’un professeur particulier, qui s’installa dans sa chambre et lui enseignait la Torah, chaque jour. Deux fois par an, avant la fête de Pessa’h et avant Yom Kippour, le professeur se présentait devant l’Admour Hazaken et il recevait son salaire des six derniers mois, puis il rentrait chez lui, pour la fête. A chaque fois, l’Admour Hazaken, après lui avoir souhaité un bon voyage, ajoutait : «Tu n’oublieras pas de revenir, après la fête, afin de reprendre ton enseignement.»
Une fois, durant la treizième année de l’Admour Haémtsahi, le professeur se présenta devant l’Admour Hazaken, à la veille de Yom Kippour et le Rabbi lui donna son salaire. En revanche, le Rabbi ne lui demanda pas de revenir après les fêtes et le professeur en fut particulièrement surpris. Pourquoi l’Admour Hazaken avaitil modifié son habitude ? Puis, il se dit qu’il n’y avait sans doute là qu’un simple oubli.
Après les fêtes, le professeur s’en revint, il s’installa dans la chambre de l’Admour Haémtsahi et il commença à lui délivrer son enseignement, comme à son habitude mais il s’aperçut aussitôt qu’il n’avait plus rien à lui apprendre, que le jeune garçon en savait bien plus que lui. Le professeur manifesta sa surprise et il lui demanda ce qui avait bien pu se passer, en si peu de temps. L’Admour Haémtsahi lui répondit :
«Le 9 Tichri, deux mois avant ma Bar Mitsva, j’ai commencé à mettre les Tefillin chaque jour et mon père m’a dit, à cette occasion :
‘Lorsque tu porteras les Tefillin du bras, ton coeur s’ouvrira. Lorsque tu porteras les Tefillin de la tête, ton cerveau s’ouvrira ;’
Depuis lors, je comprends la Torah d’une manière totalement différente.»
Le professeur comprit alors qu’il n’y avait eu ni oubli, ni erreur, de la part de l’Admour Hazaken, mais que sa mission auprès de l’Admour Haémtsahi était effectivement parvenue à son terme.
Plus haut que le Char céleste
Une fois, Rabbi Lévi Its’hak de Berditchev rendit visite à l’Admour Hazaken et il lui dit :
«J’ai entendu que votre fils, Rabbi Dov Ber, lorsqu’il commente la ‘Hassidout, révèle des secrets de la Torah saints et redoutables.»
L’Admour Hazaken appela alors son fils et il lui dit :
«Je t’ordonne, au titre du respect que tu dois à ton père, de commenter la ‘Hassidout.»
L’Admour Haémtsahi s’exécuta. Au milieu de son propos, Rabbi Lévi Its’hak de Berditchev bondit soudain et il s’exclama :
«Sa perception dépasse la vision du Char céleste qui fut accordée au prophète Yé’hezkel.»
Flammes
L’Admour Haémtsahi fut désigné par son père, l’Admour Hazaken, comme guide spirituel des jeunes ‘Hassidim. Durant la nuit de Chavouot, ceux-ci lui demandèrent :
«Que faut-il demander à D.ieu, pendant la fête de Chavouot ?».
Ces jeunes gens pensaient que l’Admour Haémtsahi leur conseillerait de demander à D.ieu le succès dans l’étude de la Torah, par exemple, mais sa réponse fut la suivante :
«Demandez à D.ieu d’avoir un rapport avec les flammes qui accompagnèrent le don de la Torah. En effet, comme la Torah nous l’ordonne dans la Parchat Vaét’hanan, il est nécessaire de se rappeler non seulement de la Torah qui fut donnée sur le mont Sinaï, mais aussi des voix et des éclairs qui entourèrent alors le mont Sinaï».
Chofar
Au cours d’un repas de Roch Hachana 5702 (1941), dans la maison du Rabbi Rayats, l’un des convives, invités du Rabbi, déclara :
«On raconte que l’un de nos maîtres ne savait pas sonner du Chofar.»
Le Rabbi Rayats dit alors :
«Il s’agit sans doute de l’Admour Haémtsahi.»
Souffrances
L’Admour Haémtsahi dit, à une certaine occasion : «Les amères souffrances qu’impose la nécessité de gagner sa vie sont justifiées si, de cette façon, l’âme peut connaître l’élévation et atteindre un niveau supérieur.
C’est de cette façon que l’on peut expliquer toutes les peines et les pressions que les Juifs subissent, pendant la période de l’exil. De la sorte, le point profond de leur coeur peut s’ouvrir uniquement pour D.ieu.»
Comment aider un jeune homme
Une fois, l’Admour Haémtsahi se trouvait en chemin vers Jlobine, avec ses ‘Hassidim. Ils approchèrent de la ville d’Agatchov et ils s’arrêtèrent dans une auberge, afin d’y prendre un peu de repos. Soudain, l’Admour Haémtsahi s’enferma dans sa chambre et il se mit à lire des Tehilim, du fond de son coeur, avec une intense ferveur. Il n’ouvrit à personne l’accès de sa chambre, trois jours durant et il jeûna pendant tout ce temps. Les ‘Hassidim qui accompagnaient le Rabbi furent très peinés, mais aucun d’entre eux n’eut l’audace de prendre l’initiative d’entrer dans la chambre du Rabbi, pendant ces trois jours.
Puis, à l’issue de ces trois jours, l’Admour Haémtsahi sortit de sa chambre et il demanda que l’on reprenne la route. Pendant tout le reste du voyage, jusqu’à Jlobine, le Rabbi avait un visage très sérieux. Quelques jours s’écoulèrent encore, puis l’Admour Haémtsahi retrouva son attitude habituelle.
C’est alors seulement que les ‘Hassidim âgés lui demandèrent s’ils pouvaient se permettre de l’interroger sur ce qui s’était passé pendant ces trois jours et sur la raison de son sérieux, pendant les jours suivants. Le Rabbi leur répondit:
«Pendant ce voyage, un jeune homme est venu me consulter et il m’a expliqué qu’il commettait une faute dont il ne parvenait pas à se défaire. Tous les soirs, il étudie la Torah à la lumière d’une bougie de graisse, puis, quand celle-ci est prête à se consumer, il est saisi par un esprit de folie et, victime de son mauvais penchant, il mange la graisse qui reste de cette bougie.
Or, chaque fois que l’on me demande de quelle manière réparer une certaine faute, je m’efforce de trouver, en mon âme, son équivalent, afin de pouvoir apporter une réponse à celui qui me consulte. Cependant, en l’occurrence, je n’y suis pas parvenu et je ne savais donc pas comment je pouvais venir en aide à ce jeune homme. Puis, après trois jours de recherche et de méditation approfondie, j’ai enfin pu découvrir un moyen de l’aider.»
Nikolaïev
En 5577 (1817), l’Admour Haémtsahi visita les colonies agricoles qu’il avait créées, afin de permettre aux Juifs de vivre à l’écart des grandes villes et des persécutions qui y étaient perpétrées. Il se rendit, dans un premier temps, dans la grande ville de Nikolaïev. Le jour de son arrivée, vers midi, il demanda soudain que l’on ferme les volets de la pièce dans laquelle il se trouvait et de reprendre toutes ses affaires. Il quitta ensuite l’endroit très rapidement.
Les ‘Hassidim rapportent que le Rabbi avait alors observé, par la fenêtre de cette pièce, le mauvais comportement des habitants de cette ville. En effet, Nikolaïev était une ville de loisirs, au bord de la mer, visitée par de nombreux touristes. Ses habitants affichaient une attitude libérée.
Observant tout cela, le Rabbi en fut très mécontent et il décida de quitter la ville immédiatement. Cet épisode eut une conséquence à long terme. Par la suite, aucun Rabbi de ‘Habad, en chaque génération, ne se rendit à Nikolaïev, pas même en traversant cette ville pour se rendre vers une autre destination, y compris quand il en résultait un très large détour. Ceci devint un principe établi, qui ne fut jamais remis en cause.
Dernières ablutions
Lors du repas du premier jour de la fête de Pessa’h 5702 (1942), à la table du Rabbi Rayats, ceux qui étaient chargés du service voulurent apporter l’eau des dernières ablutions, à la fin du repas, dans une coupe en argent, mais le Rabbi s’y opposa et il demanda que cette eau soit apportée dans un verre ordinaire. Il en expliqua la raison :
«Une fois, l’Admour Haémtsahi demanda à son père, l’Admour Hazaken :
‘De quelle manière effectuera-t-on les dernières ablutions, après la venue du Machia’h ? Quel sera le rôle de ces eaux purificatrices, lorsque se seront réalisés les termes du verset : ‘Je supprimerai l’esprit d’impureté de la terre’ ?’.
L’Admour Hazaken répondit à l’Admour Haémtsahi : ‘Après la venue du Machia’h, les eaux des dernières ablutions seront réservées à ceux qui auront accompli dans la pureté toutes les actions de ce monde.’»
Le Rabbi Rayats conclut : «C’est alors seulement que l’on se servira, pour les dernières ablutions, d’une coupe en argent.»
L’Admour Hazaken arriva, le 14 Mena’hem Av 5561 (1801), dans la ville de Lyadi, accompagné par cinq mille ‘Hassidim et il s’y installa, ce vendredi, veille du Chabbat Na’hamou (voir le 11 Mena’hem Av).
Les années que l’Admour Hazaken vécut à Lyadi furent une période de tranquillité. Son activité communautaire s’étendit à l’ensemble de la Biélorussie et de l’Ukraine. Les opposants à la ‘Hassidout perdirent leur virulence et l’Admour Hazaken fut ainsi en mesure de mener son action, sans subir la moindre limite.
Dès l’installation de l’Admour Hazaken à Lyadi, des dizaines de milliers de personnes se joignirent à la communauté des ‘Hassidim, qui devint extrêmement nombreuse. Les ‘Hassidim ne craignaient plus leurs opposants et ils menaient leur action sans obstacle.
(Séfer Ha Toledot Admour Hazaken, tome 4, à la page 1006
ואתה תצוה את בני ישראל ויקחו אליך שמן זית זך כתית למאור להעלות נר תמיד1, וידועים הדיוקים בזה2 דבכל הציווים שבתורה נאמר צו את בני ישראל וכיו’ב, וכאן נאמר ואתה תצוה את בני ישראל. ולהוסיף, דהדיוק מ’ש ואתה תצוה הוא לא רק בהלשון אלא גם בהתוכן, דלשון ואתה תצוה משמע שמשה הוא המצַוה, וצריך להבין, הרי משה הוא השליח למסור לישראל את ציווי הקב’ה, ולמה נאמר ואתה תצוה. גם צריך להבין מ’ש ויקחו אליך, שיביאו השמן למשה3 (אליך), דלכאורה, כיון שהעלאת הנרות היתה ע’י אהרן, למה הוצרך להביא את השמן למשה. גם צריך להבין מ’ש שמן גו’ כתית למאור, דלכאורה הול’ל שמן גו’ להאיר. גם צריך להבין, דבפסוק שלאח’ז4 נאמר מערב עד בוקר וכאן נאמר להעלות נר תמיד.
ב) ומבאר כ’ק מו’ח אדמו’ר (במאמרו הידוע ד’ה וקבל היהודים5 שנאמר בפורים קטן תרפ’ז6), דציווי (תצוה) הוא צוותא וחיבור7. וזהו ואתה תצוה את בני ישראל, שמשה הוא מקשר ומחבר את בני ישראל עם אוא’ס8. וע’י שמשה משפיע לישראל (שמקשר אותם עם אוא’ס), עי’ז נעשה יתרון והוספה במשה. [דמשה וישראל הם דוגמת ראש ורגל, כמ’ש9 שש מאות אלף רגלי העם אשר אנכי בקרבו, דכל ישראל הם הרגלים דמשה, ומשה הוא הראש שלהם. וכמו שבאדם הרגלים מוליכים את הראש למקום שהראש מצד עצמו אינו יכול להגיע לשם, כמו’כ הוא במשה וישראל, שע’י ישראל (הרגלים דמשה) מיתוסף עילוי במשה. דזהו מ’ש שש מאות אלף רגלי העם אשר אנכי בקרבו, שע’י רגלי העם נמשך הגילוי דאנכי בקרבו של משה10]. וזהו ואתה תצוה את בני ישראל ויקחו אליך שמן זית גו’, דע’י שמשה יצַוה ויקשר את בני ישראל עם אוא’ס, עי’ז יביאו בני ישראל שמן זית למשה (ויקחו אליך), שיוסיפו תוספות אור במשה.
ג) ולבאר זה, מקדים בהמאמר11 שמשה רבינו נקרא רעיא מהימנא, דשני פירושים בזה. שהוא רועה נאמן של ישראל ושהוא זן ומפרנס את ישראל בענין האמונה. דהאמונה שישנה בישראל מצד עצמם, שישראל הם מאמינים בני מאמינים12, אפשר שתהי’ בבחינת מקיף, וזה שמשה רועה ומפרנס את ישראל בענין האמונה הוא שהאמונה תהי’ בפנימיות. וזהו מ’ש בזהר13 ההיא אמונה דלעילא יתזן ויתפרנס מני’ על ידך (ע’י משה), דזה שמשה זן ומפרנס את האמונה הוא שממשיך אותה בפנימיות. וממשיך בהמאמר, דזה שמשה הוא רעיא מהימנא, הכוונה בזה היא גם לאתפשטותא דמשה שבכל דור14, דראשי אלפי ישראל שבכל דור הם מחזקים את האמונה דישראל (שבדורם), שהאמונה שלהם תהי’ בפנימיות. וכמו מרדכי15, שהי’ האתפשטותא דמשה שבדורו, כמארז’ל16 שמרדכי בדורו כמשה בדורו, שגם בזמן גזירת המן, שלימוד התורה וקיום המצוות אז הי’ קשור עם מס’נ, הקהיל קהילות ברבים לחזק את אמונתם של ישראל בהוי’ ולעמוד חזק בלימוד התורה וקיום המצוות. ולאחרי שמבאר בארוכה שמשה ואתפשטותא דילי’ שבכל דרא מחזקים את האמונה דישראל, מבאר17 דיוק לשון הכתוב שמן גו’ כתית למאור (למאור ולא להאיר), שבזמן הגלות, שכאו’א הוא נשבר ונדכא, כתית, עי’ז מגיעים למאור (העצם) שממנו נמצא האור. וצריך להבין השייכות דהפירוש בכתית למאור להמבואר (בהמאמר) לפנ’ז שמשה [ואתפשטותא דילי’ שבכל דרא] זן ומפרנס את האמונה שתהי’ בפנימיות.
ד) והנה הביאור בפסוק ואתה תצוה בא (בהמאמר) בהמשך להמבואר בתחלת המאמר, דפירוש וקבל היהודים את אשר החלו לעשות18 הוא שקבלו מה שהחלו בהזמן דמתן תורה19. דבמתן תורה היתה ההתחלה (החלו לעשות), ובימי אחשורוש (בזמן גזירת המן) היתה הקבלה, וקבל היהודים. [וע’ד מארז’ל20 עה’פ21 קיימו וקבלו היהודים, קיימו מה שקבלו כבר, דזה שהקדימו נעשה לנשמע במ’ת היתה רק הקבלה, ובימי אחשורוש22 קיימו מה שקבלו23]. ומדייק בהמאמר, שלכאורה הוא דבר פלא24, דבמתן תורה היו ישראל בתכלית העילוי, והי’ אז אצלם גילוי אלקות בדרגא הכי נעלית [דנוסף לזה שגם קודם מ’ת היו גילויים נעלים ביותר, הגילוי שהי’ ביציאת מצרים ובפרט בקריעת ים סוף, הנה הגילוי שהי’ בשעת מ’ת הי’ גילוי נעלה עוד יותר], ובימי אחשורוש היו ישראל בתכלית הירידה, דנוסף לההעלם וההסתר שבכל גלות [דכל גלות הוא בדוגמת גלות מצרים25, וכמו שבגלות מצרים כתיב26 ולא שמעו אל משה מקוצר רוח ומעבודה קשה, עד’ז הוא בכל גלות, שישנם כמה נסיונות בקיום התורה והמצוות], הנה אז (בזמן גזירת המן) הי’ ההעלם וההסתר עוד יותר, ואעפ’כ, בזמן מתן תורה, כשהיו ישראל בתכלית העילוי, היתה רק ההתחלה (החלו לעשות), ובזמן גזירת המן, כשהיו בתכלית השפלות, אז דוקא קבלו מה שהחלו במתן תורה. ומבאר בזה, דבזמן הגזירה, הי’ קיום התומ’צ שלהם במס’נ. [דנוסף לזה שהי’ להם מס’נ שלא לכפור ח’ו [כמבואר בתו’א27, שבאם היו ממירים דתם לא היו עושים להם כלום, כי הגזירה היתה רק על היהודים, ואעפ’כ לא עלתה על דעתם מחשבת חוץ ח’ו], הי’ להם מס’נ גם על קיום התומ’צ28, ועד שהקהילו קהילות ברבים ללמוד תורה במס’נ29]. והתעוררות המס’נ שלהם היתה ע’י מרדכי היהודי, משה שבדורו. וזהו וקבל היהודים את אשר החלו לעשות, דבמתן תורה היתה רק ההתחלה ובזמן גזירת המן היתה הקבלה, כי ע’י שהי’ להם אז מס’נ בפועל על תומ’צ נתעלו (בענין זה) למדריגה נעלית יותר מכמו שהיו בזמן מתן תורה, ולכן אז דוקא היתה הקבלה, וקבל היהודים.
ולכאורה יש לומר, שהפירוש בכתית למאור, שע’י כתית (נשבר ונדכא) מגיעים להמאור, הוא ביאור על זה שבזמן הגזירה דוקא באו למס’נ באופן נעלה ביותר30. כי מס’נ היא מצד עצם הנשמה שלמעלה מגילוי, מאור (שממנו נמצא האור), וע’י שהיו אז במצב דכתית (נשבר ונדכא), נתגלה עצם הנשמה, מאור. אבל מהמשך וסדר הענינים בהמאמר שהפירוש בכתית למאור בא לאחרי הענין דרעיא מהימנא, משמע, דענין כתית למאור שייך גם לזה שמשה זן ומפרנס את האמונה שתהי’ בפנימיות.
ה) ויש לבאר זה ע’פ הידוע31 דזה שישראל מאמינים באלקות באמונה פשוטה ואין צריכים ראיות על זה הוא מצד שני טעמים. לפי שמזלייהו חזי32. דהנשמה שלמעלה רואה אלקות (ראי’ שלמעלה משכל), וזה פועל בהנשמה שבגוף האמונה באלקות. ועוד ביאור, דשורש האמונה הוא מעצם הנשמה (שלמעלה ממזלי’ חזי). דזה שעצם הנשמה מקושרת באלקות היא התקשרות עצמית (שאינה תלוי’ בסיבה, גם לא בענין הראי’ שלמעלה משכל). ויש לומר, דמהחילוקים שבין שני הביאורים (הענינים) הוא, דהאמונה בהנשמה המלובשת בגוף הבאה מראיית הנשמה שלמעלה היא בבחינת מקיף. דכיון שהנשמה שלמעלה היא למעלה מהתלבשות לכן פעולתה בהנשמה המלובשת בגוף היא בבחינת מקיף. ובכדי שהאמונה (בהנשמה המלובשת בגוף) תהי’ בפנימיות, הוא ע’י גילוי ההתקשרות עצמית דעצם הנשמה. כי עצם הנשמה היא העצם של הנשמה המלובשת בהגוף, ולכן, האמונה דהנשמה המלובשת בהגוף שמצד עצם הנשמה היא בפנימיותה.
ועפ’ז יש לבאר קשר הענינים שבהמאמר, שהענין ד(כתית) למאור בא בהמשך לביאור הענין דרעיא מהימנא, כי זה שמשה זן ומפרנס את האמונה שתהי’ בפנימיות הוא ע’י שהוא מגלה את עצם הנשמה (שלמעלה ממזלי’ חזי), מָאור שלמעלה מאור. ומ’ש כתית למאור, ומבאר בהמאמר שבכדי להגיע להמאור הוא ע’י הענין דכתית שבזמן הגלות, הוא, כי עיקר הגילוי דעצם הנשמה (מאור) הוא בענין המס’נ (שעיקרו הוא בזמן הגלות), כדלקמן.
ו) והענין הוא, דזה שהאמונה דישראל היא באופן שהוא מוסר נפשו על זה, הוא (בעיקר) בהאמונה שמצד עצם הנשמה. דהאמונה מצד זה שהוא רואה (מזלי’ חזי), הגם שהיא בתוקף גדול [כידוע דההתאמתות שמצד הראי’ היא התאמתות גדולה ביותר33], מ’מ, כיון שהאמונה שלו היא מצד סיבה (מצד זה שרואה) ואינה קשורה עם עצם מציאותו, אינו מוכרח שימסור נפשו על זה, וזה שהאמונה דישראל היא באופן שהוא מוסר נפשו על זה הוא מפני שהאמונה באלקות היא העצם שלו, ולכן אי אפשר כלל שיכפור ח’ו.
ועפ’ז יש לבאר מ’ש בהמאמר דזה שמשה הוא רעיא מהימנא (שהוא זן ומפרנס את האמונה) הוא גם בנוגע לרועי ישראל שבכל דור (אתפשטותא דמשה שבכל דרא) שהם מחזקים את האמונה דישראל שיעמדו במס’נ בקיום התומ’צ. דלכאורה, זה שמשה זן ומפרנס את האמונה הוא (כמבואר בכ’מ34 וגם במאמר זה עצמו35) ע’י שמשפיע לישראל דעת באלקות שעי’ז באה האמונה בפנימיות, וזה שרועי ישראל שבכל דור מחזקים האמונה (המבואר במאמר זה36) הוא שהאמונה דישראל תהי’ באופן דמס’נ. וע’פ הנ’ל יש לומר, שעיקר הענין דרעיא מהימנא הוא זה שהוא זן ומפרנס את האמונה עצמה, שהאמונה תהי’ לא רק כמו שהיא מצד הגילויים (מצד זה שהנשמה שלמעלה רואה אלקות) אלא מצד עצם הנשמה. וזה שמשה ממשיך את האמונה בפנימיות (בדעת והשגה) הוא תוצאה מזה שהוא זן ומפרנס את האמונה עצמה (המשכת וגילוי האמונה כמו שהיא מצד עצם הנשמה). וכנ’ל (סעיף ה), דהמשכת האמונה בפנימיות (בדעת) הוא ע’י גילוי ההתקשרות עצמית דעצם הנשמה. ועפ’ז יש לומר, דבזה שבהדורות שהוצרכו למס’נ בפועל חיזקו רועי ישראל (אתפשטותא דמשה) את האמונה דישראל שתהי’ במס’נ, נתגלה הענין דרעיא מהימנא (בענין זה37) עוד יותר מבמשה עצמו. כי המשכת וגילוי האמונה כמו שהיא מצד עצם הנשמה [שע’י משה ואתפשטותא דילי’ שבכל דרא], עיקר התגלותה הוא מס’נ בפועל.
ז) והנה ידוע שהמס’נ בפועל על תומ’צ של כל ישראל היתה בפורים (בזמן גזירת המן). שהמס’נ דחנוכה (בזמן גזירת יון) היתה (בעיקר) במתתיהו ובניו, והמס’נ בזמן גזירת המן היתה בכל ישראל. ועפ’ז יש לבאר מה שמובא בהמאמר38 ממדרש16 שמרדכי הי’ שקול בדורו כמשה בדורו, דהגם שאתפשטותא דמשה הוא בכל דור מ’מ איתא במדרש שמרדכי (דוקא) הי’ שקול בדורו כמשה בדורו. ויש לומר, שמהמעלות דמרדכי היהודי הוא שהוא הי’ הרעיא מהימנא (בגילוי) של כל ישראל שבדורו. בדוגמת משה רעיא מהימנא שהמשיך דעת לכל ישראל שבדורו, כמובן גם מזה שדורו של משה (כל אנשי דורו) נק’ דור דעה39. [אלא שבמשה הי’ גילוי ענין זה (שהוא רעיא מהימנא דכל ישראל) ע’י שהמשיך דעת לכל אנשי דורו, ובמרדכי הי’ גילוי ענין זה ע’י שגילה כח המס’נ שבכל אנשי דורו]. ויש לומר, דע’י שמביא בהמאמר מ’ש במדרש שמרדכי בדורו הי’ שקול כמשה בדורו, עי’ז פסק בעל המאמר את הדין על עצמו40, שהוא הרעיא מהימנא (בגילוי) של כל אנשי הדור.
ח) ועפ’ז יש לבאר קשר (וסדר) הענינים (בהמאמר) בביאור הפסוק ואתה תצוה גו’, שבתחלה מבאר את הפירוש דואתה תצוה את בני ישראל, שמשה הוא מקשר ומחבר את בני ישראל (עם אוא’ס) ע’י שהוא זן ומפרנס את האמונה, ולאח’ז מבאר שגם רועי ישראל שבכל דור (אתפשטותא דמשה) מחזקים את האמונה דישראל וכמו מרדכי (משה שבדורו) שחיזק את אמונתם של ישראל לעמוד חזק בלימוד התורה וקיום המצוות, ולאח’ז מבאר הפירוש בכתית למאור (שבפסוק ואתה תצוה שמדבר לכאורה במשה עצמו), כי זה שמשה מגלה בחינת המאור דישראל (עצם הנשמה), הוא בעיקר ע’י אתפשטותא דילי’ שבזמן הגלות (כתית) שעוררו בישראל כח המס’נ שלהם, שעי’ז הוא עיקר גילוי עצם הנשמה, מאור.
וצריך להבין, דלפי ביאור הנ’ל, הענין דכתית למאור שייך לואתה תצוה את בני ישראל, לזה שמשה ואתפשטותא דילי’ שבכל דור מקשרים ומחברים את ישראל עם אוא’ס, ובהכתוב נאמר כתית למאור בהמשך לויקחו אליך שמן זית זך, דענין ויקחו אליך גו’ (שישראל מביאים שמן למשה) הוא שישראל מוסיפים תוספות אור במשה (כמובא לעיל ס’ב מהמאמר).
ט) והנה הכתוב וקבל היהודים את אשר החלו לעשות מדבר (בפשטות) בהזמן שלאחרי הנס דפורים. ויש לומר, דמ’ש בהמאמר דפירוש וקבל היהודים את אשר החלו לעשות הוא שבימי אחשורוש קיבלו מה שהחלו במתן תורה, הוא גם לפי פשטות הכתוב שוקבל גו’ הי’ לאחרי הנס. ועפ’ז, בזה שבימי אחשורוש קיבלו מה שהחלו במתן תורה, שני ענינים. הקבלה שהיתה בזמן הגזירה ע’י המס’נ שלהם (כמפורש בהמאמר), והקבלה שהיתה לאחרי הנס דפורים, שהיא נעלית יותר גם מהקבלה בזמן הגזירה (כדלקמן). ויש לומר, שעד’ז הוא בנוגע כתית למאור, שע’י הענין דכתית שבזמן הגלות מגיעים להמאור, דשני ענינים בזה. כשישראל נמצאים במצב של כתית מצד זה שישנם גזירות על קיום התומ’צ (כמו שהי’ בזמן אמירת המאמר), ועי’ז מגיעים להמאור ע’י המס’נ שלהם. ועוד ענין בכתית למאור, שגם כשישראל נמצאים במצב של הרחבה, הרחבה בגשמיות וגם הרחבה ברוחניות, אלא שהם נמצאים בגלות41 [וע’ד המצב שהי’ לאחרי הנס דפורים, שליהודים היתה אורה ושמחה וששון ויקר42, בפשטות וגם ברוחניות43 [ויתירה מזה שגם בית המן ניתן לאסתר44, שהי’ אז גם המעלה דאתהפכא], אלא שאכתי עבדי אחשורוש אנן45], הם שבורים ונדכאים (כתית) מזה שהם בגלות. וע’י הכתית דישראל מזה שנמצאים בגלות, מגיעים להמאור.
והענין הוא, דזה שישראל הם שבורים מזה שהם בגלות (גם כשיש להם הרחבה בגשמיות וברוחניות), הוא, כי רצונו האמיתי של כל אחד מישראל הוא שיהי’ גילוי אלקות, ועד שזה (גילוי אלקות) נוגע לעצם מציאותו, ולכן, זה שבזמן הגלות אין מאיר גילוי אלקות כמו שהי’ בזמן הבית [ובפרט כשמתבונן בזה שארז’ל46 כל מי שלא נבנה ביהמ’ק בימיו ה’ז כאילו נחרב בימיו], הנה מזה עצמו איז ער אינגאַנצן צוטרייסלט, כתית. וגם כשהוא בדרגא נעלית ביותר שמאיר אצלו גילוי אלקות בדוגמת הגילוי שהי’ בזמן הבית47, מ’מ, מזה שבכללות העולם אין מאיר הגילוי, מוכח, שגם הגילוי שמאיר אצלו הוא גילוי מוגבל. דכשמאיר גילוי אוא’ס הבל’ג הגילוי הוא בכל מקום, וכשישנו מקום אחד (אפילו פינה נדחת) שאין מאיר שם גילוי אלקות, הוא מפני שהגילוי (גם בהמקום שהוא מאיר) הוא גילוי מוגבל. [וזהו מה שמובא במאמר אדמו’ר הזקן48 דאיתא בתיקונים49 שאפילו אם הי’ צדיק אחד חוזר בתשובה שלימה בדורו הי’ בא משיח, כי ע’י תשובה שלימה ממשיכים גילוי אוא’ס הבל’ג, וגילוי זה הוא בכל מקום]. ומזה שאין מאיר אצלו גילוי עצמות אוא’ס, הוא נשבר ונדכא, כתית. [וע’ד הידוע שחולה בגימטריא מ’ט, שגם כשמשיג מ’ט שערי בינה אלא שחסר לו שער הנו’ן, הוא חולה50]. וידוע מ’ש הצ’צ51 שהי’ נשמע ממורינו ורבינו נ’ע (אדמו’ר הזקן) איך וויל זע גאָר ניסט איך וויל ניט דאיין ג’ע איך וויל ניט דאיין עוה’ב כו’ איך וויל מער ניט אַז דיך אַליין. וע’י שהי’ נשמע לשון זה מאדמו’ר הזקן [דפירוש הי’ נשמע הוא שזה הי’ לא רק בזמנים מיוחדים אלא שזה הי’ דבר הרגיל], ובפרט לאחרי שנתפרסם זה ע’י הצ’צ, ניתן הכח לכאו’א מישראל שעיקר רצונו יהי’ גילוי העצמות, ועד כדי כך, שכשאין מאיר גילוי זה, ומכש’כ בזמן הגלות שאין מאיר אפילו הגילוי (גילוי אור) שהי’ בזמן הבית, הוא במצב דכתית, ומבקש ג’ פעמים בכל יום (או יותר) ותחזינה עינינו בשובך לציון ברחמים, שאז יהי’ גילוי אלקות ועד לגילוי העצמות. וזהו כתית למאור, שע’י הענין דכתית מזה שנמצאים בגלות מגיעים להמאור, כי זה שהרצון דכל אחד מישראל הוא גילוי אלקות ועד שזה נוגע לעצם מציאותו [שלכן הוא נשבר ונדכא (כתית) מזה שבזמן הגלות לא יש גילוי אלקות] הוא מצד עצם הנשמה, מאור שבנשמה, שהתקשרותה באלקות היא התקשרות עצמית.
יו’ד) ויש לומר, שבחינת המאור דהנשמה המתגלית ע’י הענין דכתית מזה שנמצאים בגלות, היא נעלית יותר מבחינת המאור דהנשמה שמתגלית ע’י מס’נ. והענין הוא, דמהטעמים על זה שבמתן תורה היתה רק ההתחלה (החלו לעשות) ובימי אחשורוש היתה הקבלה (וקבל היהודים) הוא, כי זה שהקדימו נעשה לנשמע במתן תורה הי’ מפני שכפה עליהם הר כגיגית52, גילוי מלמעלה53, ובימי אחשורוש היתה הקבלה מצד עצמם. ויש לומר, שהאמונה דישראל מצד זה שהנשמה שלמעלה רואה אלקות (אמונה שמצד סיבה) הוא ע’ד שהקדימו נעשה לנשמע (במ’ת) מצד הגילוי דלמעלה54, וזה שבימי אחשורוש היתה הקבלה מצד עצמם, הוא, כי אז נתגלה ההתקשרות באלקות שמצד עצם הנשמה, התקשרות עצמית שמצד עצם מציאותם. ובפרטיות יותר יש לומר, שגם בגילוי עצם הנשמה, ישנם (דוגמת) שני ענינים הנ’ל. דגילוי עצם הנשמה בענין המס’נ, יש לומר, שבנוגע לכחות הגלויים הוא כמו דבר נוסף. וכמו שרואים בפועל בכמה אנשים, שבהיותם במקום שהיו שם גזירות על תומ’צ, הי’ להם מס’נ בפועל משך כו’כ שנים, וכשבאו אח’כ למדינות שאפשר לעסוק בתומ’צ מתוך הרחבה, אין ניכר בהם (כ’כ) המס’נ שהי’ להם מקודם. כי זה שעמדו במס’נ משך כו’כ שנים הוא לפי שהאיר בהם גילוי עצם הנשמה שלמעלה מכחות הגלויים ולא נעשה עי’ז שינוי בכחות הגלויים עצמם55. [דזה שעצם הנשמה היא העצם (גם) דכחות הגלויים (כנ’ל סעיף ה), הוא, שעצם הנשמה הוא העצם שלהם ואין זה שייך לענינם של כחות הגלויים עצמם, להציור שלהם]. והגילוי דעצם הנשמה בזה שהוא נשבר ונדכא מזה שהוא נמצא בגלות הוא שגם כחות הגלויים שלו (הציור דכחות הגלויים) הם כמו חד עם העצם56. ויש לומר, דזה שעצם הנשמה והציור דהכחות הם (דוגמת) שני ענינים, הוא לפי שגם עצם הנשמה היא מוגדרת בגדר, והגדר שלה היא למעלה מהציור דהכחות. אבל מצד עצם הנשמה כמו שהיא מושרשת בהעצמות, הפשיטות דהנשמה והציור דהכחות שלה הם כולא חד57. ועפ’ז יש לומר, דבחינת המאור דהנשמה שמתגלית ע’י מס’נ היא עצם הנשמה כמו שהיא מוגדרת בענין הפשיטות שלמעלה מציור דכחות, ובחינת המאור דהנשמה שמתגלית ע’י הענין דכתית מזה שנמצאים בגלות, הוא גילוי עצם הנשמה כמו שהיא מושרשת בהעצמות.
יא) ויש לקשר זה עם המבואר בהמאמר58 בפי’ הכתוב ואתה תצוה את בני ישראל ויקחו אליך שמן זית גו’, דלאחרי שמשה יצַוה ויקשר את בני ישראל אזי יביאו ישראל למשה שמן זית גו’, שישראל ע’י עבודתם יוסיפו גילוי אור במדריגת משה. ויש לומר מהביאורים בזה בעבודת האדם, דזה שמשה מצוה ומקשר את בני ישראל, הוא, שהוא זן ומפרנס את האמונה, שהאמונה תהי’ נוסף על כמו שהיא מצד הגילויים דהנשמה (מצד זה שהנשמה שלמעלה רואה אלקות) גם מצד עצם הנשמה. [ויש לומר, דזהו מ’ש ואתה תצוה את בני ישראל, דלשון ואתה תצוה את בני ישראל משמע שמשה מצַוה (מקשר ומחבר) את בני ישראל עצמם, כי מצד עצם הנשמה, כל ישראל הם חד59]. וע’י העבודה דישראל (לאחרי שנמשך בישראל גילוי עצם הנשמה ע’י משה), שגם כחות הגלויים שלהם (הציור דהכחות) יהיו מתאימים לעצם הנשמה, עי’ז נעשה יתרון והוספה בבחינת עצם הנשמה שנמשכה ונתגלתה בהם ע’י משה (ויקחו אליך), כי עי’ז מתגלה בה שרשה האמיתי כמו שהיא מושרשת בהעצמות.
[ולהעיר,שעי’ז ניתוסף גם בהאחדות דישראל. שהאחדות דישראל ע’י עצם הנשמה שמתגלית בהם היא כמו דבר נוסף על מציאותם. ולכן, אחדות זו היא ע’י שעושים נפשם עיקר וגופם טפל60. וע’י גילוי עצם הנשמה כמו שהיא מושרשת בהעצמות, שעי’ז גם הציור דכחות הגלויים הוא חד עם העצם, האחדות דישראל היא בכל הענינים שלהם, גם בענינים השייכים להגוף].
ועפ’ז יובן מ’ש בהמאמר61, דע’י שישראל מוסיפים (ע’י עבודתם) במדריגת משה, עי’ז יהי’ נר תמיד, דלכאורה, זה שהנר דהנשמה (נר62 הוי’ נשמת אדם63) הוא תמיד (בשוה, בלי שינוי), הוא ע’י גילוי עצם הנשמה שנמשך ע’י משה (ואתה תצוה), דבעצם הנשמה אין שייך שינוי, ובהמאמר אומר שהענין דנר תמיד הוא ע’י שישראל מוסיפים במדריגת משה, ויקחו אליך. ויש לומר, שבהגילוי דעצם הנשמה בדרך מלמעלה למטה ע’י ואתה תצוה, יש חילוק בין ערב ובוקר. שעיקר הגילוי שלה הוא כשישנם העלמות והסתרים (ערב) שעי’ז מתעורר ומתגלה כח המס’נ, וכמו שנתבאר לעיל (סעיף יו’ד), שגם אלה שבזמן הגזירה (ערב) עמדו במס’נ, כשבאו למקום שאפשר לעסוק בתומ’צ מתוך הרחבה (בוקר), אין ניכר בהם המס’נ שהי’ להם מקודם. ואמיתית הענין דנר תמיד (שאין שייך בו שינוי) הוא ע’י עבודתם של ישראל שגם כחות הגלויים יהיו חד עם עצם הנשמה, ויקחו אליך.
ועפ’ז יש לבאר זה שכתית למאור נאמר בכתוב בהמשך לויקחו אליך גו’, כי בכתית למאור נכלל גם זה שישראל הם שבורים ונדכאים (כתית) מזה שהם בגלות, דענין זה הוא ע’י עבודתם של ישראל שגם כחות הגלויים שלהם יהיו מתאימים לעצם הנשמה, ובחי’ המאור דהנשמה שמתגלית עי’ז היא עצם הנשמה כמו שהיא מושרשת בהעצמות, ולכן נאמר כתית למאור בהמשך לויקחו אליך גו’.
יב) והנה הפירוש (בפשטות) בואתה תצוה את בני ישראל ויקחו אליך גו’ הוא שמשה יצַוה את בני ישראל שיקחו אליך גו’. ומזה מובן גם בפנימיות הענינים, דזה שמשה מצוה ומקשר את בני ישראל הוא באופן שממשיך להם נתינת כח גם על ויקחו אליך גו’. וכמו’כ הוא בנוגע למשה שבדורנו, כ’ק מו’ח אדמו’ר נשיא דורנו, שעבודתו לעורר ולגלות את האמונה שבכל אחד מישראל שמצד עצם הנשמה היא באופן שאח’כ יעבדו עבודתם בכח עצמם, ועד שיהיו נר תמיד שאין שייך בו שינוי גם מצד כחות הגלויים.
ועי’ז זוכים בקרוב ממש לגאולה האמיתית והשלימה, שאז יהי’ גילוי אלקות גם מצד המטה. ויהי’ אז הבאת השמן והדלקת הנרות (ויקחו אליך שמן גו’ להעלות נר תמיד) גם בגשמיות, בבית המקדש השלישי, בגאולה האמיתית והשלימה ע’י משיח צדקנו, בקרוב ממש.
הערות שוליים *.) יצא לאור בקונטרס* פורים-קטן – תשנ’ב**, ‘לקראת יום ג’ שהוכפל בו כי טוב, פורים קטן .. יום א’ פ’ כי תשא, ה’תשנ’ב’.
*) קונטרס זה חילק כ’ק אדמו’ר שליט’א בידו הק’ לכאו’א מאנשים נשים וטף.
**) על הדו’ח אודות הדפסת והפצת המאמר ענה כ’ק אדמו’ר שליט’א: ‘ויה’ר שיפעל הפעולה הרצוי’ והזמ’ג וברי מזלי’ כו’. אזכיר עה’צ’.
8. כ’ה בסד’ה ואתה תצוה עטר’ת (סה’מ עטר’ת ע’ רנו). ובכ’מ. ובד’ה זה תרפ’ז ס’ד בתחלתו (ועד’ז רסט’ו) ‘תקשר את בני ישראל’ ואינו מוסיף ‘עם אוא’ס’. ויש לומר, דבהמאמר מפרש שמשה מקשר את בני ישראל עצמם, כדלקמן סי’א.
9. בהעלותך יא, כא.
10. ראה בכ’ז בד’ה הנ’ל תרפ’ז ס’ה.
11. סעיף ד.
12. שבת צז, א.
13. ח’ג רכה, ב.
14. תקו’ז תס’ט (קיב, א. קיד, א).
15. ראה בד’ה הנ’ל תרפ’ז ס’ג וסט’ו.
16. אסת’ר פ’ו, ב.
17. בד’ה הנ’ל תרפ’ז סט’ו.
18. אסתר ט, כג.
19. כ’ה גם ברד’ה וקבל היהודים בתו’א מג’א צו, ג. ובכ’מ – נסמנו ברד’ה וקבל היהודים ה’תשי’א (לקמן ע’ נד הערה 4).
20. שבת פח, א.
21. אסתר ט, כז.
22. מהמשך הענינים בהמאמר ובתו’א שבהערה הבאה (וראה גם תו’א שם צט, רע’א. ובכ’מ) משמע, דזה שקבלוה בימי אחשורוש הוא בזמן הגזירה. ובפרש’י ד’ה בימי אחשורוש ‘מאהבת הנס שנעשה להם’. ואולי יש לומר דשני ענינים בזה – ראה לקמן ס’ט.
23. כ’ה גם בתו’א מג’א צח, א דוקבל היהודים את אשר החלו לעשות הוא ע’ד ‘קיימו מה שקבלו’ – אף שלכאורה הם שני ענינים שונים, ראה לקמן ע’ נד הערה 4.
24. הביאור בדיוק לשון זה – ראה ד’ה וקבל היהודים דפורים קטן ה’תשל’ח ס’א (לקמן ע’ מד).
25. ראה ב’ר פט’ז, ה ‘כל המלכיות נקראו על שם מצרים על שם שהם מצירות לישראל’.
26. וארא ו, ט.
27. מג’א צא, ב. צז, א. צט, ב. וראה גם במקומות שנסמנו לקמן ריש ע’ נה הערה 12.
28. שזהו חידוש גדול יותר, כי בנוגע לאמונה, גם קל שבקלים מוסר נפשו (תניא פי’ח. ובכ’מ).
29. שזהו חידוש גדול עוד יותר, כמובן בפשטות.
30. ראה הערות הקודמות.
31. ראה המשך תער’ב ח’א פס’א (ע’ קיד). וראה גם המשך הנ’ל ח’ב ע’ א’קפב ‘האמונה כו’ משום דמזלי’ חזי, דהנשמה כמו שהיא למעלה היא רואה כו’, וכן ענין האמונה שמצד עצם הנשמה’.
32. לשון הגמרא – מגילה ג, א.
33. שלכן ‘אין עד נעשה דיין’ (ר’ה כו, א). וראה לקו’ש ח’ו ע’ 121. וש’נ.
34. תו’א משפטים עה, ב. ובכ’מ. וראה גם תניא רפמ’ב.
35. סעיף יא.
36. משא’כ בתניא שם ‘יורדין ניצוצין מנשמת מרע’ה כו’ ללמד דעתאת העם’.
37. ראה לקמן הערה 56.
38.סעיף ג.
39.ראה ויק’ר פ’ט, א. במדב’ר פי’ט, ג. וש’נ.
40.ע’ד הפירוש בלשון המשנה (אבות רפ’ג) ‘דין וחשבון’ (דין ואח’כ חשבון) – ע’פ דברי המשנה (שם מט’ז) ש’נפרעין ממנו מדעתו ושלא מדעתו’, שלאחרי שהאדם פוסק מדעתו דינו של חבירו, פוסק דין לעצמו שלא מדעתו, כיון שע’פ ‘דין’ זה עושים ‘חשבון’ בנוגע למצבו הוא (ראה לקו’ש ח’ו ע’ 283. וש’נ).
55.וראה ד’ה בלילה ההוא ה’תשכ’ה ס’ח, ובהערה 49 שם (לקמן ע’ עח).
56.ועד’ז הוא בנוגע להמשכת האמונה בפנימיות (בדעת), דזה שהאמונה פועלת על הדעת הוא יתרון ועילוי לגבי ענין המס’נ.
ויש לומר, דבהמשכת האמונה בדעת, זה שנמשך בגילוי היא האמונה שמצד מזלי’ חזי (מקיף דחי’*), אלא שהחיבור דהאמונה שלמעלה מדעת עם הדעת הוא ע’י המשכת עצם הנשמה [היינו שהגילוי דעצם הנשמה הוא רק נתינת כח לבחי’ האמונה שמצד המקיף דחי’ שתתחבר עם הדעת, ולא שמתגלית עצם הנשמה עצמה].
משא’כ זה שגילוי אלקות נוגע לעצם מציאותו, שלכן הוא נשבר ונדכא מזה שבזמן הגלות לא יש גילוי אלקות (ראה לעיל ס’ט) – הרי הגילוי דהתקשרות העצמית שמצד עצם הנשמה שמתגלית בזה שגילוי אלקות נוגע לעצם מציאותו הוא [נוסף על אופן דנתינת כח, גם] שהתקשרות העצמית עצמה מאירה בגילוי (בדוגמת הגילוי שלה בענין המס’נ), וגם גילוי זה (דעצם הנשמה עצמה) מתחבר עם הציור דכחות הגלויים.
*) ראה סה’מ עת’ר ס’ע קנד. ובכ’מ.
57.ראה גם לקמן ח’ד ע’ רנד.
58.סעיף ד – הובא לעיל ס’ב.
59.וראה המשך תער’ב ח’א פס’א, שבראי’ ישנם חילוקי דרגות, וזה שהאמונה היא בכל ישראל בשוה הוא לפי ששרשה הוא התקשרות העצמית שמצד עצם הנשמה (שלמעלה ממזלי’ חזי).
Le Rav Asher Farkash est le principal Machpia de la Grande Yeshiva Habad à Buenos Aires, Argentine, et l’un des principaux Machpias Habad.
Il est né à Jérusalem le 2 Menachem Av 5731 (1971) de son père le Rav Yakutiel Farkash, l’un des éminents Rabbanim Habad de Jérusalem, et un célèbre maître en Hala’ha dans tous les cercles des fidèles. Sa famille est issue du Rav Amram Blau, l’un des leaders des groupes Neturei Karta, et au fil des ans, la famille s’est rapprochée du mouvement Habad.
Il a étudié à la Yeshiva Torat Emet et a ensuite poursuivi ses études à la Yeshiva Tomchei Tmimim de Montréal, où il a été parmi les élèves proches de l’Machpia, le Rav Menahem Zeev Greenglass.
Entre les années 5750 et 5752 (1990-1992), il a été parmi les étudiants envoyés à la Yeshiva Tomhei Tmimim de Melbourne, en Australie, et pendant l’été de 5752, il est retourné étudier à la Yeshiva Tomchei Tmimim centrale du 770.
Après son mariage en 1994 avec Rina, fille de l’homme d’affaires Eliezer Haim Lapidot, il a été nommé principal Machpia à la Grande Yeshiva de Buenos Aires, où il a formé des centaines d’étudiants.
Le Rav Asher Farkash est un Machpia éminent dont beaucoup se assistent à ses cours brillants et à ses Farbrenguen inspirants.
En 5782 (2022), une chaîne YouTube a été lancée où ses nombreux cours sur le hassidisme sont mis en ligne.
En 5783 (2023), le Rav Farkash a commencé à donner un cours hebdomadaire en hébreu qui donne un sens intérieur et une vitalité à la Torah et aux commandements, dans un style à la portée de tous.
Sa famille
Son fils, le Rav Levi Yitzhak Farkash, est un éditeur dans la bibliothèque Mayanei Hayeshua.
Son gendre, le Rav Israel Steiner
Son gendre, le Rav Shalom Lazar, l’envoyé du Rav à la ville de Sochi, en Russie.
Son gendre, le Rav Mendy Bergman, Buenos Aires.
ואתה תצוה את בני ישראל ויקחו אליך שמן זית זך כתית למאור להעלות נר תמיד1, וידועים הדיוקים בזה2 דבכל הציווים שבתורה נאמר צו את בני ישראל וכיו’ב, וכאן נאמר ואתה תצוה את בני ישראל. ולהוסיף, דהדיוק מ’ש ואתה תצוה הוא לא רק בהלשון אלא גם בהתוכן, דלשון ואתה תצוה משמע שמשה הוא המצַוה, וצריך להבין, הרי משה הוא השליח למסור לישראל את ציווי הקב’ה, ולמה נאמר ואתה תצוה. גם צריך להבין מ’ש ויקחו אליך, שיביאו השמן למשה3 (אליך), דלכאורה, כיון שהעלאת הנרות היתה ע’י אהרן, למה הוצרך להביא את השמן למשה. גם צריך להבין מ’ש שמן גו’ כתית למאור, דלכאורה הול’ל שמן גו’ להאיר. גם צריך להבין, דבפסוק שלאח’ז4 נאמר מערב עד בוקר וכאן נאמר להעלות נר תמיד.
ב) ומבאר כ’ק מו’ח אדמו’ר (במאמרו הידוע ד’ה וקבל היהודים5 שנאמר בפורים קטן תרפ’ז6), דציווי (תצוה) הוא צוותא וחיבור7. וזהו ואתה תצוה את בני ישראל, שמשה הוא מקשר ומחבר את בני ישראל עם אוא’ס8. וע’י שמשה משפיע לישראל (שמקשר אותם עם אוא’ס), עי’ז נעשה יתרון והוספה במשה. [דמשה וישראל הם דוגמת ראש ורגל, כמ’ש9 שש מאות אלף רגלי העם אשר אנכי בקרבו, דכל ישראל הם הרגלים דמשה, ומשה הוא הראש שלהם. וכמו שבאדם הרגלים מוליכים את הראש למקום שהראש מצד עצמו אינו יכול להגיע לשם, כמו’כ הוא במשה וישראל, שע’י ישראל (הרגלים דמשה) מיתוסף עילוי במשה. דזהו מ’ש שש מאות אלף רגלי העם אשר אנכי בקרבו, שע’י רגלי העם נמשך הגילוי דאנכי בקרבו של משה10]. וזהו ואתה תצוה את בני ישראל ויקחו אליך שמן זית גו’, דע’י שמשה יצַוה ויקשר את בני ישראל עם אוא’ס, עי’ז יביאו בני ישראל שמן זית למשה (ויקחו אליך), שיוסיפו תוספות אור במשה.
ג) ולבאר זה, מקדים בהמאמר11 שמשה רבינו נקרא רעיא מהימנא, דשני פירושים בזה. שהוא רועה נאמן של ישראל ושהוא זן ומפרנס את ישראל בענין האמונה. דהאמונה שישנה בישראל מצד עצמם, שישראל הם מאמינים בני מאמינים12, אפשר שתהי’ בבחינת מקיף, וזה שמשה רועה ומפרנס את ישראל בענין האמונה הוא שהאמונה תהי’ בפנימיות. וזהו מ’ש בזהר13 ההיא אמונה דלעילא יתזן ויתפרנס מני’ על ידך (ע’י משה), דזה שמשה זן ומפרנס את האמונה הוא שממשיך אותה בפנימיות. וממשיך בהמאמר, דזה שמשה הוא רעיא מהימנא, הכוונה בזה היא גם לאתפשטותא דמשה שבכל דור14, דראשי אלפי ישראל שבכל דור הם מחזקים את האמונה דישראל (שבדורם), שהאמונה שלהם תהי’ בפנימיות. וכמו מרדכי15, שהי’ האתפשטותא דמשה שבדורו, כמארז’ל16 שמרדכי בדורו כמשה בדורו, שגם בזמן גזירת המן, שלימוד התורה וקיום המצוות אז הי’ קשור עם מס’נ, הקהיל קהילות ברבים לחזק את אמונתם של ישראל בהוי’ ולעמוד חזק בלימוד התורה וקיום המצוות. ולאחרי שמבאר בארוכה שמשה ואתפשטותא דילי’ שבכל דרא מחזקים את האמונה דישראל, מבאר17 דיוק לשון הכתוב שמן גו’ כתית למאור (למאור ולא להאיר), שבזמן הגלות, שכאו’א הוא נשבר ונדכא, כתית, עי’ז מגיעים למאור (העצם) שממנו נמצא האור. וצריך להבין השייכות דהפירוש בכתית למאור להמבואר (בהמאמר) לפנ’ז שמשה [ואתפשטותא דילי’ שבכל דרא] זן ומפרנס את האמונה שתהי’ בפנימיות.
ד) והנה הביאור בפסוק ואתה תצוה בא (בהמאמר) בהמשך להמבואר בתחלת המאמר, דפירוש וקבל היהודים את אשר החלו לעשות18 הוא שקבלו מה שהחלו בהזמן דמתן תורה19. דבמתן תורה היתה ההתחלה (החלו לעשות), ובימי אחשורוש (בזמן גזירת המן) היתה הקבלה, וקבל היהודים. [וע’ד מארז’ל20 עה’פ21 קיימו וקבלו היהודים, קיימו מה שקבלו כבר, דזה שהקדימו נעשה לנשמע במ’ת היתה רק הקבלה, ובימי אחשורוש22 קיימו מה שקבלו23]. ומדייק בהמאמר, שלכאורה הוא דבר פלא24, דבמתן תורה היו ישראל בתכלית העילוי, והי’ אז אצלם גילוי אלקות בדרגא הכי נעלית [דנוסף לזה שגם קודם מ’ת היו גילויים נעלים ביותר, הגילוי שהי’ ביציאת מצרים ובפרט בקריעת ים סוף, הנה הגילוי שהי’ בשעת מ’ת הי’ גילוי נעלה עוד יותר], ובימי אחשורוש היו ישראל בתכלית הירידה, דנוסף לההעלם וההסתר שבכל גלות [דכל גלות הוא בדוגמת גלות מצרים25, וכמו שבגלות מצרים כתיב26 ולא שמעו אל משה מקוצר רוח ומעבודה קשה, עד’ז הוא בכל גלות, שישנם כמה נסיונות בקיום התורה והמצוות], הנה אז (בזמן גזירת המן) הי’ ההעלם וההסתר עוד יותר, ואעפ’כ, בזמן מתן תורה, כשהיו ישראל בתכלית העילוי, היתה רק ההתחלה (החלו לעשות), ובזמן גזירת המן, כשהיו בתכלית השפלות, אז דוקא קבלו מה שהחלו במתן תורה. ומבאר בזה, דבזמן הגזירה, הי’ קיום התומ’צ שלהם במס’נ. [דנוסף לזה שהי’ להם מס’נ שלא לכפור ח’ו [כמבואר בתו’א27, שבאם היו ממירים דתם לא היו עושים להם כלום, כי הגזירה היתה רק על היהודים, ואעפ’כ לא עלתה על דעתם מחשבת חוץ ח’ו], הי’ להם מס’נ גם על קיום התומ’צ28, ועד שהקהילו קהילות ברבים ללמוד תורה במס’נ29]. והתעוררות המס’נ שלהם היתה ע’י מרדכי היהודי, משה שבדורו. וזהו וקבל היהודים את אשר החלו לעשות, דבמתן תורה היתה רק ההתחלה ובזמן גזירת המן היתה הקבלה, כי ע’י שהי’ להם אז מס’נ בפועל על תומ’צ נתעלו (בענין זה) למדריגה נעלית יותר מכמו שהיו בזמן מתן תורה, ולכן אז דוקא היתה הקבלה, וקבל היהודים.
ולכאורה יש לומר, שהפירוש בכתית למאור, שע’י כתית (נשבר ונדכא) מגיעים להמאור, הוא ביאור על זה שבזמן הגזירה דוקא באו למס’נ באופן נעלה ביותר30. כי מס’נ היא מצד עצם הנשמה שלמעלה מגילוי, מאור (שממנו נמצא האור), וע’י שהיו אז במצב דכתית (נשבר ונדכא), נתגלה עצם הנשמה, מאור. אבל מהמשך וסדר הענינים בהמאמר שהפירוש בכתית למאור בא לאחרי הענין דרעיא מהימנא, משמע, דענין כתית למאור שייך גם לזה שמשה זן ומפרנס את האמונה שתהי’ בפנימיות.
ה) ויש לבאר זה ע’פ הידוע31 דזה שישראל מאמינים באלקות באמונה פשוטה ואין צריכים ראיות על זה הוא מצד שני טעמים. לפי שמזלייהו חזי32. דהנשמה שלמעלה רואה אלקות (ראי’ שלמעלה משכל), וזה פועל בהנשמה שבגוף האמונה באלקות. ועוד ביאור, דשורש האמונה הוא מעצם הנשמה (שלמעלה ממזלי’ חזי). דזה שעצם הנשמה מקושרת באלקות היא התקשרות עצמית (שאינה תלוי’ בסיבה, גם לא בענין הראי’ שלמעלה משכל). ויש לומר, דמהחילוקים שבין שני הביאורים (הענינים) הוא, דהאמונה בהנשמה המלובשת בגוף הבאה מראיית הנשמה שלמעלה היא בבחינת מקיף. דכיון שהנשמה שלמעלה היא למעלה מהתלבשות לכן פעולתה בהנשמה המלובשת בגוף היא בבחינת מקיף. ובכדי שהאמונה (בהנשמה המלובשת בגוף) תהי’ בפנימיות, הוא ע’י גילוי ההתקשרות עצמית דעצם הנשמה. כי עצם הנשמה היא העצם של הנשמה המלובשת בהגוף, ולכן, האמונה דהנשמה המלובשת בהגוף שמצד עצם הנשמה היא בפנימיותה.
ועפ’ז יש לבאר קשר הענינים שבהמאמר, שהענין ד(כתית) למאור בא בהמשך לביאור הענין דרעיא מהימנא, כי זה שמשה זן ומפרנס את האמונה שתהי’ בפנימיות הוא ע’י שהוא מגלה את עצם הנשמה (שלמעלה ממזלי’ חזי), מָאור שלמעלה מאור. ומ’ש כתית למאור, ומבאר בהמאמר שבכדי להגיע להמאור הוא ע’י הענין דכתית שבזמן הגלות, הוא, כי עיקר הגילוי דעצם הנשמה (מאור) הוא בענין המס’נ (שעיקרו הוא בזמן הגלות), כדלקמן.
ו) והענין הוא, דזה שהאמונה דישראל היא באופן שהוא מוסר נפשו על זה, הוא (בעיקר) בהאמונה שמצד עצם הנשמה. דהאמונה מצד זה שהוא רואה (מזלי’ חזי), הגם שהיא בתוקף גדול [כידוע דההתאמתות שמצד הראי’ היא התאמתות גדולה ביותר33], מ’מ, כיון שהאמונה שלו היא מצד סיבה (מצד זה שרואה) ואינה קשורה עם עצם מציאותו, אינו מוכרח שימסור נפשו על זה, וזה שהאמונה דישראל היא באופן שהוא מוסר נפשו על זה הוא מפני שהאמונה באלקות היא העצם שלו, ולכן אי אפשר כלל שיכפור ח’ו.
ועפ’ז יש לבאר מ’ש בהמאמר דזה שמשה הוא רעיא מהימנא (שהוא זן ומפרנס את האמונה) הוא גם בנוגע לרועי ישראל שבכל דור (אתפשטותא דמשה שבכל דרא) שהם מחזקים את האמונה דישראל שיעמדו במס’נ בקיום התומ’צ. דלכאורה, זה שמשה זן ומפרנס את האמונה הוא (כמבואר בכ’מ34 וגם במאמר זה עצמו35) ע’י שמשפיע לישראל דעת באלקות שעי’ז באה האמונה בפנימיות, וזה שרועי ישראל שבכל דור מחזקים האמונה (המבואר במאמר זה36) הוא שהאמונה דישראל תהי’ באופן דמס’נ. וע’פ הנ’ל יש לומר, שעיקר הענין דרעיא מהימנא הוא זה שהוא זן ומפרנס את האמונה עצמה, שהאמונה תהי’ לא רק כמו שהיא מצד הגילויים (מצד זה שהנשמה שלמעלה רואה אלקות) אלא מצד עצם הנשמה. וזה שמשה ממשיך את האמונה בפנימיות (בדעת והשגה) הוא תוצאה מזה שהוא זן ומפרנס את האמונה עצמה (המשכת וגילוי האמונה כמו שהיא מצד עצם הנשמה). וכנ’ל (סעיף ה), דהמשכת האמונה בפנימיות (בדעת) הוא ע’י גילוי ההתקשרות עצמית דעצם הנשמה. ועפ’ז יש לומר, דבזה שבהדורות שהוצרכו למס’נ בפועל חיזקו רועי ישראל (אתפשטותא דמשה) את האמונה דישראל שתהי’ במס’נ, נתגלה הענין דרעיא מהימנא (בענין זה37) עוד יותר מבמשה עצמו. כי המשכת וגילוי האמונה כמו שהיא מצד עצם הנשמה [שע’י משה ואתפשטותא דילי’ שבכל דרא], עיקר התגלותה הוא מס’נ בפועל.
ז) והנה ידוע שהמס’נ בפועל על תומ’צ של כל ישראל היתה בפורים (בזמן גזירת המן). שהמס’נ דחנוכה (בזמן גזירת יון) היתה (בעיקר) במתתיהו ובניו, והמס’נ בזמן גזירת המן היתה בכל ישראל. ועפ’ז יש לבאר מה שמובא בהמאמר38 ממדרש16 שמרדכי הי’ שקול בדורו כמשה בדורו, דהגם שאתפשטותא דמשה הוא בכל דור מ’מ איתא במדרש שמרדכי (דוקא) הי’ שקול בדורו כמשה בדורו. ויש לומר, שמהמעלות דמרדכי היהודי הוא שהוא הי’ הרעיא מהימנא (בגילוי) של כל ישראל שבדורו. בדוגמת משה רעיא מהימנא שהמשיך דעת לכל ישראל שבדורו, כמובן גם מזה שדורו של משה (כל אנשי דורו) נק’ דור דעה39. [אלא שבמשה הי’ גילוי ענין זה (שהוא רעיא מהימנא דכל ישראל) ע’י שהמשיך דעת לכל אנשי דורו, ובמרדכי הי’ גילוי ענין זה ע’י שגילה כח המס’נ שבכל אנשי דורו]. ויש לומר, דע’י שמביא בהמאמר מ’ש במדרש שמרדכי בדורו הי’ שקול כמשה בדורו, עי’ז פסק בעל המאמר את הדין על עצמו40, שהוא הרעיא מהימנא (בגילוי) של כל אנשי הדור.
ח) ועפ’ז יש לבאר קשר (וסדר) הענינים (בהמאמר) בביאור הפסוק ואתה תצוה גו’, שבתחלה מבאר את הפירוש דואתה תצוה את בני ישראל, שמשה הוא מקשר ומחבר את בני ישראל (עם אוא’ס) ע’י שהוא זן ומפרנס את האמונה, ולאח’ז מבאר שגם רועי ישראל שבכל דור (אתפשטותא דמשה) מחזקים את האמונה דישראל וכמו מרדכי (משה שבדורו) שחיזק את אמונתם של ישראל לעמוד חזק בלימוד התורה וקיום המצוות, ולאח’ז מבאר הפירוש בכתית למאור (שבפסוק ואתה תצוה שמדבר לכאורה במשה עצמו), כי זה שמשה מגלה בחינת המאור דישראל (עצם הנשמה), הוא בעיקר ע’י אתפשטותא דילי’ שבזמן הגלות (כתית) שעוררו בישראל כח המס’נ שלהם, שעי’ז הוא עיקר גילוי עצם הנשמה, מאור.
וצריך להבין, דלפי ביאור הנ’ל, הענין דכתית למאור שייך לואתה תצוה את בני ישראל, לזה שמשה ואתפשטותא דילי’ שבכל דור מקשרים ומחברים את ישראל עם אוא’ס, ובהכתוב נאמר כתית למאור בהמשך לויקחו אליך שמן זית זך, דענין ויקחו אליך גו’ (שישראל מביאים שמן למשה) הוא שישראל מוסיפים תוספות אור במשה (כמובא לעיל ס’ב מהמאמר).
ט) והנה הכתוב וקבל היהודים את אשר החלו לעשות מדבר (בפשטות) בהזמן שלאחרי הנס דפורים. ויש לומר, דמ’ש בהמאמר דפירוש וקבל היהודים את אשר החלו לעשות הוא שבימי אחשורוש קיבלו מה שהחלו במתן תורה, הוא גם לפי פשטות הכתוב שוקבל גו’ הי’ לאחרי הנס. ועפ’ז, בזה שבימי אחשורוש קיבלו מה שהחלו במתן תורה, שני ענינים. הקבלה שהיתה בזמן הגזירה ע’י המס’נ שלהם (כמפורש בהמאמר), והקבלה שהיתה לאחרי הנס דפורים, שהיא נעלית יותר גם מהקבלה בזמן הגזירה (כדלקמן). ויש לומר, שעד’ז הוא בנוגע כתית למאור, שע’י הענין דכתית שבזמן הגלות מגיעים להמאור, דשני ענינים בזה. כשישראל נמצאים במצב של כתית מצד זה שישנם גזירות על קיום התומ’צ (כמו שהי’ בזמן אמירת המאמר), ועי’ז מגיעים להמאור ע’י המס’נ שלהם. ועוד ענין בכתית למאור, שגם כשישראל נמצאים במצב של הרחבה, הרחבה בגשמיות וגם הרחבה ברוחניות, אלא שהם נמצאים בגלות41 [וע’ד המצב שהי’ לאחרי הנס דפורים, שליהודים היתה אורה ושמחה וששון ויקר42, בפשטות וגם ברוחניות43 [ויתירה מזה שגם בית המן ניתן לאסתר44, שהי’ אז גם המעלה דאתהפכא], אלא שאכתי עבדי אחשורוש אנן45], הם שבורים ונדכאים (כתית) מזה שהם בגלות. וע’י הכתית דישראל מזה שנמצאים בגלות, מגיעים להמאור.
והענין הוא, דזה שישראל הם שבורים מזה שהם בגלות (גם כשיש להם הרחבה בגשמיות וברוחניות), הוא, כי רצונו האמיתי של כל אחד מישראל הוא שיהי’ גילוי אלקות, ועד שזה (גילוי אלקות) נוגע לעצם מציאותו, ולכן, זה שבזמן הגלות אין מאיר גילוי אלקות כמו שהי’ בזמן הבית [ובפרט כשמתבונן בזה שארז’ל46 כל מי שלא נבנה ביהמ’ק בימיו ה’ז כאילו נחרב בימיו], הנה מזה עצמו איז ער אינגאַנצן צוטרייסלט, כתית. וגם כשהוא בדרגא נעלית ביותר שמאיר אצלו גילוי אלקות בדוגמת הגילוי שהי’ בזמן הבית47, מ’מ, מזה שבכללות העולם אין מאיר הגילוי, מוכח, שגם הגילוי שמאיר אצלו הוא גילוי מוגבל. דכשמאיר גילוי אוא’ס הבל’ג הגילוי הוא בכל מקום, וכשישנו מקום אחד (אפילו פינה נדחת) שאין מאיר שם גילוי אלקות, הוא מפני שהגילוי (גם בהמקום שהוא מאיר) הוא גילוי מוגבל. [וזהו מה שמובא במאמר אדמו’ר הזקן48 דאיתא בתיקונים49 שאפילו אם הי’ צדיק אחד חוזר בתשובה שלימה בדורו הי’ בא משיח, כי ע’י תשובה שלימה ממשיכים גילוי אוא’ס הבל’ג, וגילוי זה הוא בכל מקום]. ומזה שאין מאיר אצלו גילוי עצמות אוא’ס, הוא נשבר ונדכא, כתית. [וע’ד הידוע שחולה בגימטריא מ’ט, שגם כשמשיג מ’ט שערי בינה אלא שחסר לו שער הנו’ן, הוא חולה50]. וידוע מ’ש הצ’צ51 שהי’ נשמע ממורינו ורבינו נ’ע (אדמו’ר הזקן) איך וויל זע גאָר ניסט איך וויל ניט דאיין ג’ע איך וויל ניט דאיין עוה’ב כו’ איך וויל מער ניט אַז דיך אַליין. וע’י שהי’ נשמע לשון זה מאדמו’ר הזקן [דפירוש הי’ נשמע הוא שזה הי’ לא רק בזמנים מיוחדים אלא שזה הי’ דבר הרגיל], ובפרט לאחרי שנתפרסם זה ע’י הצ’צ, ניתן הכח לכאו’א מישראל שעיקר רצונו יהי’ גילוי העצמות, ועד כדי כך, שכשאין מאיר גילוי זה, ומכש’כ בזמן הגלות שאין מאיר אפילו הגילוי (גילוי אור) שהי’ בזמן הבית, הוא במצב דכתית, ומבקש ג’ פעמים בכל יום (או יותר) ותחזינה עינינו בשובך לציון ברחמים, שאז יהי’ גילוי אלקות ועד לגילוי העצמות. וזהו כתית למאור, שע’י הענין דכתית מזה שנמצאים בגלות מגיעים להמאור, כי זה שהרצון דכל אחד מישראל הוא גילוי אלקות ועד שזה נוגע לעצם מציאותו [שלכן הוא נשבר ונדכא (כתית) מזה שבזמן הגלות לא יש גילוי אלקות] הוא מצד עצם הנשמה, מאור שבנשמה, שהתקשרותה באלקות היא התקשרות עצמית.
יו’ד) ויש לומר, שבחינת המאור דהנשמה המתגלית ע’י הענין דכתית מזה שנמצאים בגלות, היא נעלית יותר מבחינת המאור דהנשמה שמתגלית ע’י מס’נ. והענין הוא, דמהטעמים על זה שבמתן תורה היתה רק ההתחלה (החלו לעשות) ובימי אחשורוש היתה הקבלה (וקבל היהודים) הוא, כי זה שהקדימו נעשה לנשמע במתן תורה הי’ מפני שכפה עליהם הר כגיגית52, גילוי מלמעלה53, ובימי אחשורוש היתה הקבלה מצד עצמם. ויש לומר, שהאמונה דישראל מצד זה שהנשמה שלמעלה רואה אלקות (אמונה שמצד סיבה) הוא ע’ד שהקדימו נעשה לנשמע (במ’ת) מצד הגילוי דלמעלה54, וזה שבימי אחשורוש היתה הקבלה מצד עצמם, הוא, כי אז נתגלה ההתקשרות באלקות שמצד עצם הנשמה, התקשרות עצמית שמצד עצם מציאותם. ובפרטיות יותר יש לומר, שגם בגילוי עצם הנשמה, ישנם (דוגמת) שני ענינים הנ’ל. דגילוי עצם הנשמה בענין המס’נ, יש לומר, שבנוגע לכחות הגלויים הוא כמו דבר נוסף. וכמו שרואים בפועל בכמה אנשים, שבהיותם במקום שהיו שם גזירות על תומ’צ, הי’ להם מס’נ בפועל משך כו’כ שנים, וכשבאו אח’כ למדינות שאפשר לעסוק בתומ’צ מתוך הרחבה, אין ניכר בהם (כ’כ) המס’נ שהי’ להם מקודם. כי זה שעמדו במס’נ משך כו’כ שנים הוא לפי שהאיר בהם גילוי עצם הנשמה שלמעלה מכחות הגלויים ולא נעשה עי’ז שינוי בכחות הגלויים עצמם55. [דזה שעצם הנשמה היא העצם (גם) דכחות הגלויים (כנ’ל סעיף ה), הוא, שעצם הנשמה הוא העצם שלהם ואין זה שייך לענינם של כחות הגלויים עצמם, להציור שלהם]. והגילוי דעצם הנשמה בזה שהוא נשבר ונדכא מזה שהוא נמצא בגלות הוא שגם כחות הגלויים שלו (הציור דכחות הגלויים) הם כמו חד עם העצם56. ויש לומר, דזה שעצם הנשמה והציור דהכחות הם (דוגמת) שני ענינים, הוא לפי שגם עצם הנשמה היא מוגדרת בגדר, והגדר שלה היא למעלה מהציור דהכחות. אבל מצד עצם הנשמה כמו שהיא מושרשת בהעצמות, הפשיטות דהנשמה והציור דהכחות שלה הם כולא חד57. ועפ’ז יש לומר, דבחינת המאור דהנשמה שמתגלית ע’י מס’נ היא עצם הנשמה כמו שהיא מוגדרת בענין הפשיטות שלמעלה מציור דכחות, ובחינת המאור דהנשמה שמתגלית ע’י הענין דכתית מזה שנמצאים בגלות, הוא גילוי עצם הנשמה כמו שהיא מושרשת בהעצמות.
יא) ויש לקשר זה עם המבואר בהמאמר58 בפי’ הכתוב ואתה תצוה את בני ישראל ויקחו אליך שמן זית גו’, דלאחרי שמשה יצַוה ויקשר את בני ישראל אזי יביאו ישראל למשה שמן זית גו’, שישראל ע’י עבודתם יוסיפו גילוי אור במדריגת משה. ויש לומר מהביאורים בזה בעבודת האדם, דזה שמשה מצוה ומקשר את בני ישראל, הוא, שהוא זן ומפרנס את האמונה, שהאמונה תהי’ נוסף על כמו שהיא מצד הגילויים דהנשמה (מצד זה שהנשמה שלמעלה רואה אלקות) גם מצד עצם הנשמה. [ויש לומר, דזהו מ’ש ואתה תצוה את בני ישראל, דלשון ואתה תצוה את בני ישראל משמע שמשה מצַוה (מקשר ומחבר) את בני ישראל עצמם, כי מצד עצם הנשמה, כל ישראל הם חד59]. וע’י העבודה דישראל (לאחרי שנמשך בישראל גילוי עצם הנשמה ע’י משה), שגם כחות הגלויים שלהם (הציור דהכחות) יהיו מתאימים לעצם הנשמה, עי’ז נעשה יתרון והוספה בבחינת עצם הנשמה שנמשכה ונתגלתה בהם ע’י משה (ויקחו אליך), כי עי’ז מתגלה בה שרשה האמיתי כמו שהיא מושרשת בהעצמות.
[ולהעיר,שעי’ז ניתוסף גם בהאחדות דישראל. שהאחדות דישראל ע’י עצם הנשמה שמתגלית בהם היא כמו דבר נוסף על מציאותם. ולכן, אחדות זו היא ע’י שעושים נפשם עיקר וגופם טפל60. וע’י גילוי עצם הנשמה כמו שהיא מושרשת בהעצמות, שעי’ז גם הציור דכחות הגלויים הוא חד עם העצם, האחדות דישראל היא בכל הענינים שלהם, גם בענינים השייכים להגוף].
ועפ’ז יובן מ’ש בהמאמר61, דע’י שישראל מוסיפים (ע’י עבודתם) במדריגת משה, עי’ז יהי’ נר תמיד, דלכאורה, זה שהנר דהנשמה (נר62 הוי’ נשמת אדם63) הוא תמיד (בשוה, בלי שינוי), הוא ע’י גילוי עצם הנשמה שנמשך ע’י משה (ואתה תצוה), דבעצם הנשמה אין שייך שינוי, ובהמאמר אומר שהענין דנר תמיד הוא ע’י שישראל מוסיפים במדריגת משה, ויקחו אליך. ויש לומר, שבהגילוי דעצם הנשמה בדרך מלמעלה למטה ע’י ואתה תצוה, יש חילוק בין ערב ובוקר. שעיקר הגילוי שלה הוא כשישנם העלמות והסתרים (ערב) שעי’ז מתעורר ומתגלה כח המס’נ, וכמו שנתבאר לעיל (סעיף יו’ד), שגם אלה שבזמן הגזירה (ערב) עמדו במס’נ, כשבאו למקום שאפשר לעסוק בתומ’צ מתוך הרחבה (בוקר), אין ניכר בהם המס’נ שהי’ להם מקודם. ואמיתית הענין דנר תמיד (שאין שייך בו שינוי) הוא ע’י עבודתם של ישראל שגם כחות הגלויים יהיו חד עם עצם הנשמה, ויקחו אליך.
ועפ’ז יש לבאר זה שכתית למאור נאמר בכתוב בהמשך לויקחו אליך גו’, כי בכתית למאור נכלל גם זה שישראל הם שבורים ונדכאים (כתית) מזה שהם בגלות, דענין זה הוא ע’י עבודתם של ישראל שגם כחות הגלויים שלהם יהיו מתאימים לעצם הנשמה, ובחי’ המאור דהנשמה שמתגלית עי’ז היא עצם הנשמה כמו שהיא מושרשת בהעצמות, ולכן נאמר כתית למאור בהמשך לויקחו אליך גו’.
יב) והנה הפירוש (בפשטות) בואתה תצוה את בני ישראל ויקחו אליך גו’ הוא שמשה יצַוה את בני ישראל שיקחו אליך גו’. ומזה מובן גם בפנימיות הענינים, דזה שמשה מצוה ומקשר את בני ישראל הוא באופן שממשיך להם נתינת כח גם על ויקחו אליך גו’. וכמו’כ הוא בנוגע למשה שבדורנו, כ’ק מו’ח אדמו’ר נשיא דורנו, שעבודתו לעורר ולגלות את האמונה שבכל אחד מישראל שמצד עצם הנשמה היא באופן שאח’כ יעבדו עבודתם בכח עצמם, ועד שיהיו נר תמיד שאין שייך בו שינוי גם מצד כחות הגלויים.
ועי’ז זוכים בקרוב ממש לגאולה האמיתית והשלימה, שאז יהי’ גילוי אלקות גם מצד המטה. ויהי’ אז הבאת השמן והדלקת הנרות (ויקחו אליך שמן גו’ להעלות נר תמיד) גם בגשמיות, בבית המקדש השלישי, בגאולה האמיתית והשלימה ע’י משיח צדקנו, בקרוב ממש.
הערות שוליים
*.
) יצא לאור בקונטרס* פורים-קטן – תשנ’ב**, ‘לקראת יום ג’ שהוכפל בו כי טוב, פורים קטן .. יום א’ פ’ כי תשא, ה’תשנ’ב’.
*) קונטרס זה חילק כ’ק אדמו’ר שליט’א בידו הק’ לכאו’א מאנשים נשים וטף.
**) על הדו’ח אודות הדפסת והפצת המאמר ענה כ’ק אדמו’ר שליט’א: ‘ויה’ר שיפעל הפעולה הרצוי’ והזמ’ג וברי מזלי’ כו’. אזכיר עה’צ’.
8. כ’ה בסד’ה ואתה תצוה עטר’ת (סה’מ עטר’ת ע’ רנו). ובכ’מ. ובד’ה זה תרפ’ז ס’ד בתחלתו (ועד’ז רסט’ו) ‘תקשר את בני ישראל’ ואינו מוסיף ‘עם אוא’ס’. ויש לומר, דבהמאמר מפרש שמשה מקשר את בני ישראל עצמם, כדלקמן סי’א.
9. בהעלותך יא, כא.
10. ראה בכ’ז בד’ה הנ’ל תרפ’ז ס’ה.
11. סעיף ד.
12. שבת צז, א.
13. ח’ג רכה, ב.
14. תקו’ז תס’ט (קיב, א. קיד, א).
15. ראה בד’ה הנ’ל תרפ’ז ס’ג וסט’ו.
16. אסת’ר פ’ו, ב.
17. בד’ה הנ’ל תרפ’ז סט’ו.
18. אסתר ט, כג.
19. כ’ה גם ברד’ה וקבל היהודים בתו’א מג’א צו, ג. ובכ’מ – נסמנו ברד’ה וקבל היהודים ה’תשי’א (לקמן ע’ נד הערה 4).
20. שבת פח, א.
21. אסתר ט, כז.
22. מהמשך הענינים בהמאמר ובתו’א שבהערה הבאה (וראה גם תו’א שם צט, רע’א. ובכ’מ) משמע, דזה שקבלוה בימי אחשורוש הוא בזמן הגזירה. ובפרש’י ד’ה בימי אחשורוש ‘מאהבת הנס שנעשה להם’. ואולי יש לומר דשני ענינים בזה – ראה לקמן ס’ט.
23. כ’ה גם בתו’א מג’א צח, א דוקבל היהודים את אשר החלו לעשות הוא ע’ד ‘קיימו מה שקבלו’ – אף שלכאורה הם שני ענינים שונים, ראה לקמן ע’ נד הערה 4.
24. הביאור בדיוק לשון זה – ראה ד’ה וקבל היהודים דפורים קטן ה’תשל’ח ס’א (לקמן ע’ מד).
25. ראה ב’ר פט’ז, ה ‘כל המלכיות נקראו על שם מצרים על שם שהם מצירות לישראל’.
26. וארא ו, ט.
27. מג’א צא, ב. צז, א. צט, ב. וראה גם במקומות שנסמנו לקמן ריש ע’ נה הערה 12.
28. שזהו חידוש גדול יותר, כי בנוגע לאמונה, גם קל שבקלים מוסר נפשו (תניא פי’ח. ובכ’מ).
29. שזהו חידוש גדול עוד יותר, כמובן בפשטות.
30. ראה הערות הקודמות.
31. ראה המשך תער’ב ח’א פס’א (ע’ קיד). וראה גם המשך הנ’ל ח’ב ע’ א’קפב ‘האמונה כו’ משום דמזלי’ חזי, דהנשמה כמו שהיא למעלה היא רואה כו’, וכן ענין האמונה שמצד עצם הנשמה’.
32. לשון הגמרא – מגילה ג, א.
33. שלכן ‘אין עד נעשה דיין’ (ר’ה כו, א). וראה לקו’ש ח’ו ע’ 121. וש’נ.
34. תו’א משפטים עה, ב. ובכ’מ. וראה גם תניא רפמ’ב.
35. סעיף יא.
36. משא’כ בתניא שם ‘יורדין ניצוצין מנשמת מרע’ה כו’ ללמד דעתאת העם’.
37. ראה לקמן הערה 56.
38.סעיף ג.
39.ראה ויק’ר פ’ט, א. במדב’ר פי’ט, ג. וש’נ.
40.ע’ד הפירוש בלשון המשנה (אבות רפ’ג) ‘דין וחשבון’ (דין ואח’כ חשבון) – ע’פ דברי המשנה (שם מט’ז) ש’נפרעין ממנו מדעתו ושלא מדעתו’, שלאחרי שהאדם פוסק מדעתו דינו של חבירו, פוסק דין לעצמו שלא מדעתו, כיון שע’פ ‘דין’ זה עושים ‘חשבון’ בנוגע למצבו הוא (ראה לקו’ש ח’ו ע’ 283. וש’נ).
55.וראה ד’ה בלילה ההוא ה’תשכ’ה ס’ח, ובהערה 49 שם (לקמן ע’ עח).
56.ועד’ז הוא בנוגע להמשכת האמונה בפנימיות (בדעת), דזה שהאמונה פועלת על הדעת הוא יתרון ועילוי לגבי ענין המס’נ.
ויש לומר, דבהמשכת האמונה בדעת, זה שנמשך בגילוי היא האמונה שמצד מזלי’ חזי (מקיף דחי’*), אלא שהחיבור דהאמונה שלמעלה מדעת עם הדעת הוא ע’י המשכת עצם הנשמה [היינו שהגילוי דעצם הנשמה הוא רק נתינת כח לבחי’ האמונה שמצד המקיף דחי’ שתתחבר עם הדעת, ולא שמתגלית עצם הנשמה עצמה].
משא’כ זה שגילוי אלקות נוגע לעצם מציאותו, שלכן הוא נשבר ונדכא מזה שבזמן הגלות לא יש גילוי אלקות (ראה לעיל ס’ט) – הרי הגילוי דהתקשרות העצמית שמצד עצם הנשמה שמתגלית בזה שגילוי אלקות נוגע לעצם מציאותו הוא [נוסף על אופן דנתינת כח, גם] שהתקשרות העצמית עצמה מאירה בגילוי (בדוגמת הגילוי שלה בענין המס’נ), וגם גילוי זה (דעצם הנשמה עצמה) מתחבר עם הציור דכחות הגלויים.
*) ראה סה’מ עת’ר ס’ע קנד. ובכ’מ.
57.ראה גם לקמן ח’ד ע’ רנד.
58.סעיף ד – הובא לעיל ס’ב.
59.וראה המשך תער’ב ח’א פס’א, שבראי’ ישנם חילוקי דרגות, וזה שהאמונה היא בכל ישראל בשוה הוא לפי ששרשה הוא התקשרות העצמית שמצד עצם הנשמה (שלמעלה ממזלי’ חזי).
Photo ci-dessus : Le Serpa Pinto à bord duquel le Rabbi et la Rabbanit arrivèrent aux Etats-Unis
Pendant la seconde guerre mondiale, le Rabbi et la Rabbanit se trouvaient en France occupée par les nazis. Le Rabbi précédent fit de nombreuses démarches pour les en libérer et leur permettre de le rejoindre aux Etats-Unis.
Des efforts répétés permirent d’obtenir un visa, mais il fallait encore trouver un moyen, pour le couple, de quitter la France.
La seule possibilité était de passer par le Portugal. Le Rabbi et la Rabbanit, après être parti de Nice, arrivèrent à Lisbonne, au Portugal. Ils ont difficilement obtenu deux billets sur un bateau. Mais, après avoir informé le Rabbi Rayatz de leur départ sur ce bateau, le Rabbi Rayatz leur envoya un télégramme leur demandant de ne pas prendre ce navire, mais le prochain, le « Serpa Pinto », qu’ils prirent le jeudi 12 juin 1941, 17 Sivan 5701. Il s’avéra plus tard, que le premier navire avait été coulé par un sous-marin allemand.
Le lundi 23 juin 1941, 28 Sivan 5701, à 10h30 du matin, le Rabbi et la Rabbanit arrivèrent aux Etats-Unis. Du fait de son état de santé, le Rabbi précédent ne put venir au port les recevoir mais il envoya, pour ce faire, une délégation de quatre importants Rabbanim.
La veille de l’arrivée du bateau à New-York, le Rabbi précédent les appela tous les quatre et leur dit: « Je fais de vous des émissaires pour aller accueillir mon gendre et ma fille, qui arrivent demain. Je vais d’abord vous révéler qui est mon gendre. Il dit le Tikoun ‘Hatsot chaque nuit, il connaît par coeur: – le Talmud de Babylone avec tous les commentaires de Rabbenou Nissim, du Roch et du Rif, – le Talmud de Jérusalem avec tous ses commentaires, – le Rambam – et le Likoutei Torah, avec toutes les références auxquelles il renvoie. Allez maintenant l’accueillir! ».
C’est uniquement trois jours après leur arrivée que le Rabbi Rayats rencontra le Rabbi et la Rabbanit pour la première fois.
Le Rabbi expliqua, une fois, que le Rabbi Rayats était très émotif. On peut donc imaginer les sentiments profonds qu’il aurait éprouvés, s’il avait immédiatement vu sa fille et son gendre. Pour la même raison, quand ils vinrent le voir, trois jours plus tard, il précisa qu’il les recevrait séparément, non pas ensemble.
Le 28 Sivan devint ainsi un jour de fête du calendrier ‘hassidique, la date en laquelle le Rabbi et la Rabbanit furent sauvés des griffes nazies. En effet, les allemands prirent Paris en Sivan 5700 (1940). Le Rabbi et la Rabbanit avaient donc vécu sous la botte nazie pendant un an.
A partir du 28 Sivan, une impulsion nouvelle fut donnée à la diffusion du Judaïsme et des sources de la ‘Hassidout. C’est alors que furent fondées les trois institutions centrales du mouvement Loubavitch, le Ma’hané Israël, les éditions Kehot et le Merkaz Le Inyaneï ‘Hinou’h. Le Rabbi Rayats confia au Rabbi la direction de ces trois institutions à la fois et il lui demanda, en outre, de conduire la réunion ‘hassidique, dans la synagogue du 770, Eastern Parkway, chaque Chabbat bénissant le mois et précédant le Roch ‘Hodech. (Yemeï ‘Habad, à la page 197)
Dans un premier temps, le Rabbi, qui s’installa aux Etats-Unis en ce jour, résida, avec son épouse, dans le bâtiment du 770, Eastern Parkway, puis, par la suite, il loua un appartement sur la rue New York, dans le quartier de Crown Heights, à Brooklyn. Dès lors, la pièce qu’il occupait, dans le 770, devint son bureau personnel.
On notera qu’avant l’arrivée du Rabbi aux Etats-Unis, le Rabbi Rayats accorda des audiences à certaines personnes dans ce bureau. Il y prononçait également un discours ‘hassidique, tous les lundis soirs. Le Rabbi Rayats dit, une fois : «Les ‘Hassidim appelaient cette pièce ‘Sanctuaire du Machia’h’.» (Séfer Ha Si’hot 5696, à la page 1)
Le 28 Sivan 5707 (1947)
La Rabbanit ‘Hanna Schneerson, mère du Rabbi, arriva au port de New York, en compagnie du Rabbi. Elle venait de Paris.
Le 28 Sivan 5744 (1984) C’est en 1984 que la date lumineuse du 28 Sivan fut célébrée publiquement, pour la première fois. Cette date avait été découverte à l’occasion de la publication des lettres du Rabbi Rayats, dans le tome 5 de ses Iguerot Kodech, qui avait été édité à la fin de 5743 (1983). C’est alors que le grand public apprit la date à laquelle le Rabbi et la Rabbanit étaient arrivés à New York, le 28 Sivan.
Le 28 Sivan 5751 (1991)
A l’occasion du cinquantième anniversaire du 28 Sivan 5701, fut édité un recueil particulier, le «recueil du 28 Sivan, cinquantenaire», présentant le récit du sauvetage miraculeux du Rabbi et de la Rabbanit, les grandes lignes de l’action menée par le Rabbi, des causeries et des discours ‘hassidiques prononcées, au préalable, en relation avec les dates du 28 Sivan et du 9 Adar, jour de l’arrivée du Rabbi Rayats aux Etats-Unis.
Le Rabbi demanda la publication de ce recueil, puis, le 28 Sivan, il le distribua à tous les présents, avec un dollar pour la Tsedaka. Ce fut le seul recueil distribué par le Rabbi qui comptait non seulement des causeries et des discours ‘hassidiques, mais aussi des récits et une présentation historique.
Le lendemain, quand le Rabbi arriva pour la prière de Cha’harit, les présents chantèrent la «mélodie mettant en éveil la grande miséricorde de D.ieu», celle du Tsaddik, Rabbi Mi’hélé de Zlotchov. Aussitôt, le Rabbi encouragea le chant. En effet, il était indiqué, dans ce recueil, que c’est le Rabbi lui-même qui avait enseigné cette mélodie aux ‘Hassidim, lors de son arrivée aux Etats-Unis.
Le Rabbi Rayats, une partie de sa famille et quelques ‘Hassidim, parmi les plus proches, ont été miraculeusement sauvés de l’enfer nazi. Après leur libération, ils ont réussi à atteindre Riga le dimanche 5 Tévet 5700-1940. Ils ont séjourné là-bas pendant près de trois mois, jusqu’au 24 Adar Richon, date à laquelle ils ont embarqué à bord du bateau « Le Dratinghalm » à destination des États-Unis.
Alors qu’ils étaient déjà à bord du bateau, le Rabbi Rayats a envoyé une lettre à un responsable communautaire de Jérusalem, lui demandant d’expédier de la Matsa Chemoura à Paris pour son gendre, le Rabbi.
Arrivé à New York le 9 Adar Chéni 5700-1940, le précédent Rabbi a entrepris de multiples démarches pour venir en aide aux Juifs encore présents en Europe. Il a particulièrement œuvré pour sauver les autres membres de sa famille, ses deux filles et ses gendres.
À partir de cette date, l’action de sauvetage du Rabbi a été directement menée par son beau-père, avec une abnégation sans limite et un profond désir d’aboutir à une issue positive.
Le transfert des documents à Paris
Avant l’entrée des Nazis à Paris au printemps 5700-1940, le Rabbi a réussi à se procurer un document prouvant son inscription dans l’armée française. Ce document lui permettait de circuler librement dans les rues sans être arrêté. À plusieurs reprises, des policiers l’ont interpellé pour vérifier son identité, mais ce certificat l’a préservé des recherches, des vérifications ultérieures et même d’une arrestation en tant que déserteur.
Le 25 Iyar 5700-1940, une réunion a eu lieu aux États-Unis entre l’avocat Butler et les représentants du Département d’État. Butler leur a demandé de télégraphier au consul à Paris pour vérifier si l’autorisation d’immigrer avait été accordée au Rabbi en tant que membre du groupe bénéficiant d’un visa exceptionnel.
Les représentants du Département d’État ont informé, au nom du consulat de Paris, que le dossier contenant les documents relatifs au visa exceptionnel du Rabbi, demandé à Riga, avait été transféré à Bordeaux, d’où il serait ultérieurement envoyé à Paris.
Peu après, le secrétariat du Rabbi Rayats a appris que le dossier du Rabbi était effectivement arrivé à Paris, mais qu’il y avait encore un problème pour lui délivrer un visa d’entrée aux États-Unis. Butler a alors demandé aux représentants du Département d’État de contacter le consul à Paris à ce sujet.
Le 28 Iyar, le consul a envoyé un télégramme précisant sa position pour la première fois. Il a déclaré ne pas être convaincu que le demandeur du visa exerçait réellement des fonctions rabbiniques, sachant qu’il possédait un diplôme d’ingénieur. L’avocat Butler a donc demandé aux responsables de l’association des ‘Hassidim ‘Habad de fournir d’autres documents justifiant que le Rabbi était bien en droit de demander un visa exceptionnel.
La fuite devant la tentacule nazie
Au début de Sivan, les Nazis prirent Paris et le Rabbi décida aussitôt de s’éloigner de cette ville. Un influent général de l’armée française lui proposa de le cacher dans sa maison, qui se trouvait dans les faubourgs de la capitale, jusqu’à ce que tout danger soit écarté. Ce général, qui était un ami, était, certes, animé d’une bonne intention, mais sa proposition dénotait surtout l’incapacité des Français, à l’époque, d’imaginer ce que pouvait être l’occupation nazie. Le Rabbi, pour sa part, anticipa le danger et déclina cette proposition. Il opta pour la fuite, franchit la frontière de la zone occupée et se rendit à Vichy.
Le Rabbi et la Rabbanit abandonnèrent Paris quelques jours avant la fête de Chavouot. Ils prirent place dans un des derniers trains qui quitta la ville. Après avoir traversé la frontière, au prix d’un immense danger, ils parvinrent à Vichy, à la veille de Chavouot.
Avant de quitter Paris, le Rabbi fit un discours, par lequel il prit congé de ses connaissances. Il encouragea ceux qui restaient, leur souligna à quel point il était indispensable de s’en remettre à D.ieu, de Le servir dans toutes les situations. De fait, aucune preuve n’était nécessaire pour établir qu’il était effectivement possible de remplir cette dernière condition. Il suffisait, pour s’en persuader, d’observer le comportement du Rabbi lui-même.
A l’époque, les Juifs de Paris parlaient d’ores et déjà des miracles du Rabbi. Tous connaissaient sa fierté d’être Juif, son attitude sans compromis, le don de sa propre personne dont il faisait preuve pour mettre les Mitsvot en pratique de la meilleure manière qui soit.
L’espoir en la venue prochaine du gendre du Rabbi aux Etats Unis était si fort que les statuts officiels de l’association des ‘Hassidim ‘Habad, ratifiés le 19 Tamouz 5700-1940, mentionnaient déjà son nom parmi les vingt membres de son conseil d’administration, placé sous la présidence du Rabbi Rayats.
L’accumulation des difficultés
Le Rabbi et la Rabbanit ont passé quelques mois à Vichy. Ensuite, le beau-frère du Rabbi, le Rav Chmaryahou Gurary, a informé l’avocat Butler le 26 Av qu’ils avaient quitté cette ville et s’étaient installés à Nice, dans le sud de la France. Nice était alors sous la domination de l’Italie et de nombreux Juifs s’y étaient réfugiés à l’époque.
Dans sa réponse au Rav Gurary le 30 Av, Butler a indiqué qu’il n’avait toujours pas obtenu l’accord du consul à Paris et qu’il avait demandé au Département d’État de transférer le dossier du Rabbi à Nice. Ce transfert a été effectué.
Le 20 Elloul, les représentants du Département d’État ont déclaré avoir reçu un télégramme du consul à Nice, dont les frais d’envoi avaient été payés par le Rabbi lui-même. Le consul exprimait son intention d’accorder au Rabbi et à la Rabbanit des visas exceptionnels. Cependant, il était alors difficile de quitter le territoire français.
Le 12 ‘Hechvan 5701-1940, ceux qui étaient engagés dans ce sauvetage ont appris que de nouvelles difficultés étaient survenues pour obtenir le visa d’entrée aux États-Unis. En effet, les autorités américaines, après avoir reçu la réponse du consul à Nice, ont procédé à un nouvel examen du dossier. Le consul avait remarqué que le Rabbi était ingénieur, qu’il avait des connaissances en physique et qu’il était également « journaliste » en raison de sa contribution au périodique HaTamim. Par conséquent, il préconisait l’attribution d’un visa ordinaire plutôt qu’un visa exceptionnel, qui était spécifiquement lié aux fonctions rabbiniques.
Par la suite, le consul américain à Nice a également posé des problèmes pour accorder un visa ordinaire. Il a exigé un nouvel engagement financier, arguant que celui figurant dans le dossier n’émanait pas d’un membre de la famille et qu’il n’était pas précisé combien de temps ce soutien financier serait accordé au Rabbi.
En réponse à ces informations, l’avocat Butler a informé les responsables de l’association des ‘Hassidim ‘Habad le 14 ‘Hechvan qu’il prévoyait de poursuivre ses interventions auprès des plus hautes instances du Département d’État afin de maintenir la position antérieure et d’obtenir l’accord pour que le Rabbi obtienne un visa exceptionnel malgré les difficultés soulevées par le consul. Butler a réaffirmé son intention de procéder de cette manière le 22 puis le 28 ‘Hechvan.
Parallèlement aux actions de l’avocat Butler, en coordination avec l’association des ‘Hassidim ‘Habad, le précédent Rabbi a fait intervenir un autre responsable communautaire, un avocat dynamique établi à Washington et fils d’un important ‘Hassid, du nom d’Acher Rabinovitch. Ce dernier avait réussi à intervenir avec succès pour son propre sauvetage.
Dans une lettre qu’il a adressée à Rabinovitch le 6 Kislev 5701-1940, le Rabbi Rayats écrivait : « Malheureusement, toutes les grandes promesses qui vous ont été faites, toutes les douces paroles qui ont été prononcées devant vous, n’ont pour l’instant eu aucun effet. Je suis profondément blessé et cela me cause une immense peine. » Dans la suite de sa lettre, il demande à Rabinovitch d’intervenir auprès du consul à Nice pour obtenir un visa d’immigration aux États-Unis pour le Rabbi, ainsi qu’une autorisation de quitter la France.
Le 13 Kislev 5701-1940, l’association des ‘Hassidim ‘Habad a envoyé une lettre au consul à Nice, à laquelle était joint un « certificat de fonction rabbinique » établi pour le Rabbi. Le Rabbi Rayats était en contact permanent avec lui par des télégrammes, en utilisant le nom « Avram » comme destinataire.
Deux jours plus tard, le 15 Kislev, le Rabbi Rayats a écrit à Rabinovitch, faisant référence à la lettre contenant le « certificat de fonction rabbinique » et lui demandant d’obtenir de la part du Département d’État la promesse qu’il exercerait des pressions sur le consul à Nice pour que cette démarche soit couronnée de succès. La lettre se termine par une bénédiction : « Puissions-nous être sauvés, que nos filles et nos gendres arrivent de la manière appropriée, avec succès, tant sur le plan matériel que spirituel. »
Dans une autre lettre datée du même jour, le précédent Rabbi écrit également : « Les difficultés s’accumulent, comme en témoigne le fait que plusieurs mois se sont écoulés depuis la promesse d’accorder une autorisation au Rav Mena’hem Schneerson et à son épouse. Pour l’instant, rien de tout cela n’a encore été obtenu de manière positive. »
Les visas d’entrée aux Etats Unis
Le 22 Kislev, Acher Rabinovitch est venu de Washington à New York pour rendre compte au Rabbi Rayats de ses actions visant à sauver son gendre. Le lendemain, dans une lettre datée du 23 Kislev, le précédent Rabbi a précisé son sentiment quant à l’avancement de la procédure en écrivant : « Pour ma part, je ne suis pas encore tranquillisé. »
C’est à peu près à la même période que le Rabbi a demandé le transfert de son dossier d’immigration de Nice à Marseille. À l’époque, aux États-Unis, la raison de cette demande n’était pas connue, et le Rabbi Rayats a interrogé le Rabbi à ce sujet par un télégramme daté du 14 Tévet.
La raison de cette demande n’a pas encore pu être établie avec certitude. Cependant, la consultation d’ouvrages historiques ultérieurs décrivant la personnalité du consul américain à Nice permet de comprendre qu’il était antisémite et ne manquait pas d’occasion de nuire aux Juifs. En revanche, le consul de Marseille était un ami des Juifs.
Cette demande a été transmise à Washington par le Rav Chmaryahou Gurary, qui s’est rendu personnellement dans cette ville le 19 Chevat. L’avocat de l’association des ‘Hassidim ‘Habad, intervenant au plus haut niveau, a réussi à faire envoyer tous les éléments du dossier à Marseille. Il en a informé par télégramme le consul américain de cette ville.
Le 21 Chevat, l’avocat a communiqué par lettre au Rav Chmaryahou Gurary l’information suivante : le Département d’État a précisé au consul de Marseille qu’il n’était pas nécessaire d’exiger un engagement financier une fois l’immigration réalisée. En effet, il a été établi que cette question était réglée.
Dans de tels cas, précise l’avocat, le consul se conforme généralement à la position adoptée par le Département d’État. Malgré cela, l’ancien engagement financier a également été envoyé à Marseille, mais le consul n’en a pas été informé par télégramme afin de ne pas ralentir la procédure en attendant ce document.
Dans une lettre du 26 Adar 5701-1941, la Rabbanit a fait savoir que le consul américain avait enfin promis d’accorder des autorisations d’immigration aux États-Unis à tous les deux. Lorsqu’ils les recevraient, poursuivait-elle, ils entreprendraient eux-mêmes les démarches nécessaires pour obtenir les documents requis.
L’espoir est revenu à ce moment-là, et le Rabbi Rayats a écrit dans une lettre du 9 Nissan : « Notre fille ‘Haya Mouchka et son mari, le Rav Mena’hem Mendel, se trouvent encore en France. Mais nous avons bon espoir qu’après Pessa’h, ils arriveront enfin ici. »
Effectivement, le 2 Nissan, le Rabbi et la Rabbanit ont reçu à Marseille leurs visas d’immigration pour les États-Unis. Ainsi, une grande partie de cette difficile opération de sauvetage a été couronnée de succès.
L’obtention des billets et le voyage en bateau
Le départ du Rabbi et de la Rabbanit vers les États-Unis devait se faire par le Portugal. Cependant, des difficultés sont survenues, comme décrit dans une lettre du précédent Rabbi datée du 8 Iyar 5701-1941, où il dit : « Mon gendre, le grand érudit Rav Mena’hem Mendel Chlita Schneerson, et ma fille, son épouse Mouchka, se trouvent actuellement à Nice. Dieu merci, ils ont réussi à obtenir des autorisations d’immigration dans ce pays. Le problème qui subsiste est l’obtention de visas de transit portugais et de billets pour un grand bateau, en classe économique, pour la première date disponible. » Les interventions du précédent Rabbi ont permis d’obtenir ces visas de transit et ces billets.
On raconte qu’après avoir obtenu des places sur un bateau qui devait être le dernier à faire ce voyage, ils ont soudainement reçu un télégramme urgent du précédent Rabbi, les enjoignant, de manière surprenante, de ne pas monter à bord de ce bateau. Par la suite, il a été appris que ce bateau avait été capturé par les Italiens.
Il fallait donc trouver d’autres billets, ce qui était pratiquement impossible dans les conditions de l’époque. Finalement, grâce à l’intervention du Rav Morde’haï Bistritski, qui résidait aux États-Unis, il a été possible d’obtenir ces billets. Ce dernier possédait deux places pour un voyage en bateau qu’il avait achetées pour ses beaux-parents, le Rav Lévi Lugwir et son épouse Ra’hama. Le couple Lugwir s’était enfui d’Anvers et était arrivé à Nice, mais leurs visas de transit par le Portugal leur avaient été refusés, de sorte que les billets ne leur étaient d’aucune utilité. Malheureusement, le couple Lugwir a été par la suite assassiné dans le camp d’extermination d’Auschwitz.
Le gendre des Lugwir, touché par la peine du Rabbi Rayats, qui n’avait pas les moyens d’acheter des billets pour sa fille et son gendre, a accepté de donner les billets qu’il possédait pour le Rabbi et la Rabbanit. Par la suite, le précédent Rabbi lui a demandé d’accepter que ces billets lui soient remboursés. En effet, il avait l’intention de les payer de sa propre poche.
Le 17 Sivan 1941, le Rabbi et la Rabbanit ont pris place à bord du paquebot « Surpa Pinta » qui quittait Lisbonne, au Portugal, en direction des États-Unis. Ce voyage était particulièrement dangereux, et c’est par miracle que le bateau a échappé aux tirs des nazis. Pendant le voyage, le Rabbi a envoyé un télégramme à son beau-père pour le prévenir qu’ils avaient quitté les eaux territoriales de l’Europe.
Traduit par le Rav Haïm Mellul – Editions du Beth Loubavitch
Traduction du Rav Haim Mellul – Editions du Beth Loubavitch
Le 16 Sivan 5573 (1813)
C’est en ce jour que la Rabbanit Freïda, fille aînée de l’Admour Hazaken, quitta ce monde, six mois après son père, à l’âge de quarante-neuf ans. En effet, elle naquit en 5524. A sa demande, elle fut enterrée à Haditch, près de son père (voir le 24 Tévet).
Avant de quitter ce monde, elle demanda aux ‘Hassidim de venir dans sa maison et de se tenir tout autour de son lit. Elle commença alors à dire :
«Mon D.ieu, l’âme que Tu as placée en moi est pure, Tu l’as créée, Tu l’as façonnée, Tu l’as insufflée en moi et Tu la conserves en moi».
Puis, avant de dire les mots : «Et, Tu me la reprendras», elle leva les bras vers le ciel et elle s’écria, à haute voix : «Mon père, attends ! Me voici ! J’arrive !» et elle rendit l’âme.
La Rabbanit Freïda était une personnalité très importante. Son père, l’Admour Hazaken éprouvait une affection particulière pour elle et il commentait la ‘Hassidout devant elle. Quand son frère, l’Admour Haémtsahi voulait vérifier une certaine explication de ‘Hassidout auprès de son père, il demandait à la Rabbanit Freïda de lui poser la question. Lui-même se cachait et il écoutait la réponse de son père, depuis sa cachette.
(Beth Rabbi, à la page 114)
Une fois, l’Admour Hazaken dit de sa fille, la Rabbanit Freïda, qui quitta ce monde en ce jour, qu’elle possédait une âme : «issue du monde masculin», mais que, pour une certaine raison, celle-ci avait été introduite dans le corps d’une femme.
(Yemeï ‘Habad, à ka page 193)
Le 16 Sivan 5735 (1975)
En souhaitant un bon voyage aux invités venus d’Angleterre, le Rabbi prononça, devant eux, une causerie particulière, à la porte du 770, Eastern Parkway, pendant une dizaine de minutes.
Par la suite, le Rabbi distribua à ses émissaires d’Amérique et d’Angleterre un Tanya avec une traduction anglaise, d’une nouvelle édition, qui venait d’être imprimé. A ceux qui ne parlaient pas l’anglais et aux enfants, le Rabbi donna un Tanya, d’un format de poche. Aux femmes et aux jeunes filles, il donna deux dollars, l’un pour la Tsedaka et l’autre pour les bougies du saint Chabbat.
C’est en ce jour que se marièrent les parents du Rabbi, le grand Rav et ‘Hassid, Rabbi Lévi Its’hak, à l’âge de vingt-deux ans et la Rabbanit ‘Hanna, fille du grand Rav et ‘Hassid, Rav Meïr Chlomo et de la Rabbanit Ra’hel, fille du grand Rav Its’hak Poshnitz, Rav du village de Dobrianka. Leur union fut proposée par le Rabbi Rachab.
La date du mariage fut fixée à la veille du Chabbat suivant la fête de Chavouot. La fiancée, la Rabbanit ‘Hanna contracta une maladie et son père, le ‘Hassid, Rav Meïr Chlomo voulut repousser la date du mariage. Il délégua un émissaire auprès du Rabbi Rachab afin de solliciter son autorisation pour le faire, mais le Rabbi ne fut pas de cet avis et il accorda sa bénédiction pour que tout se passe de la meilleure façon possible. Il affirma qu’il n’y avait rien à craindre et, de fait, le mariage fut effectivement célébré comme prévu, dans la maison d’un des hommes riches de la ville, monsieur Brichkovski.
Rabbi Lévi Its’hak était, à l’époque, pris en charge par son beau-père, pour une dizaine d’années, jusqu’en 5669. Il se consacrait donc à l’étude de la Torah, jour et nuit. Puis, en 5669, il devint le Rav de Yekatrinoslav, à l’âge de trente et un ans.