Dans les régions où dominait la Hassidout, les influences étrangères n’ont pas réussi à progresser

Dans les régions où dominait la Hassidout, les influences étrangères n’ont pas réussi à progresser

 

 

Le 19 Kislev est la fête de tout Juif, de tout cercle et de toute communauté • C’est la fête de tous ceux qui bénéficient de la lumière et de l’influence de l’enseignement hassidique

 

Rav Menahem Brod

Dans le monde entier, des milliers de Juifs se sont rassembles les 19-20 Kislev pour célébrer la fête de la libération de Rabbi Shneor Zalman de Liadi, auteur du Tanya et du Choul’han Arou’h. Cette fête est célébrée depuis plus de 220 ans et sa vitalité ne faiblit pas.

Elle est célébrée chaque année avec une joie renouvelée et un profond sentiment d’actualité. C’est peut-être l’une des caractéristiques d’une fête authentique et éternelle.

Après sa libération, le Alter Rebbe déclara : « Ce jour sera fixé comme une célébration permanente en Israël, où le grand nom sera magnifié et sanctifié, et des milliers de cœurs juifs s’éveilleront au repentir et au service du cœur. » En effet, les milliers de rassemblements de la fête de la libération, qui se tiennent dans le monde entier, témoignent de la réalisation de ses paroles sacrées.

La braise brûle

Le 19 Kislev n’est pas seulement la fête de la libération personnelle de Rabbi Shneur Zalman. Ce n’est pas non plus uniquement celle des Hassidim Habad, ni même du mouvement hassidique seul. C’est la fête de tout Juif, de tout cercle et de toute communauté. C’est la fête de tous ceux qui bénéficient de la lumière et de l’influence de l’enseignement hassidique – et personne n’échappe à sa lumière et son influence.

Aujourd’hui, il est facile de voir le renouveau que le hassidisme a apporté au judaïsme dans son ensemble. Il a rallumé de nos jours la flamme du lien aux sources dans le cœur de milliers de Juifs du monde entier. En effet, le feu du Baal Shem Tov réchauffe les cœurs et maintient la braise jusqu’à ce jour.

Les voies du hassidisme – perçues à l’époque comme une innovation et suscitant controverse et forte opposition – ont été adoptées dans toutes les couches du judaïsme. Il suffit de mentionner l’attachement aux Tsaddikim, la ferveur dans la prière, le chant et la joie, l’embellissement des Mitsvot, l’observance du Mikvé, et d’autres éléments devenus aujourd’hui patrimoine commun.

Ses conceptions fondamentales en matière de foi et de vision du monde juive ont également été intégrées à la pensée juive générale.

Avec amour et bienveillance, le hassidisme a réussi à guérir les blessures du peuple. Grâce à l’adoption de ses voies et de ses idées, le judaïsme fidèle a pu se remettre des coups durs portés par le mouvement des Lumières et les tendances réformistes. Dans les régions où dominait le hassidisme, ces tendances étrangères n’ont pas réussi à s’enraciner.

Réjouissons-nous et renforçons-nous

Le 19 Kislev est donc la fête de nous tous. Ce jour-là, le hassidisme a reçu le « feu vert » du Ciel pour se répandre. Ce jour-là a commencé à se réaliser la prophétie-instruction du Messie au Baal Shem Tov (lors de la célèbre élévation de l’âme) : « Tes sources se répandront au-dehors ».

La fête de la libération nous rappelle à tous que le hassidisme est la révélation d’une partie de la Torah, vitale pour nous tous. Tout comme vint le temps où furent révélés la Mishna et le Talmud, les livres des Rishonim et la Kabbale de l’Ari zal – ainsi est venu le temps où la lumière du Messie a commencé à briller, et nous avons reçu la possibilité de goûter aux trésors de la dimension intérieure de la Torah.

Le hassidisme est destiné à chacun et chacune. Aux gens simples comme aux grands érudits, aux étudiants de la Torah comme aux travailleurs. Il ravive l’âme ; nourrit l’esprit d’une compréhension profonde de la grandeur du Créateur et du sens profond de la Torah et des Mitsvot ; insuffle joie et enthousiasme dans le service divin. C’est la vitalité intérieure de la vie juive.

Réjouissons-nous tous en cette fête de la libération, rassemblons-nous dans l’amour et l’amitié, et souhaitons-nous les uns aux autres, selon la coutume hassidique : Pour une bonne année dans l’étude de la Hassidout et les voies hassidiques, soyez inscrits et scellés.

Youd Teth Kislev : La visite du Baal Chem Tov et du Maguid dans la cellule de l’Admour Hazaken

Youd Teth Kislev : La visite du Baal Chem Tov et du Maguid dans la cellule de l’Admour Hazaken

 

Par le Rav Haim Mellul

Le Rabbi Rayats relate, dans Likouteï Dibbourim, tome 1, page 29a :
« Quand on lui annonça qu’il était libre, l’Admour Hazaken ne le souhaita pas, car il avait prononcé les trois prières du 19 Kislev avec le Maguid de Mézéritch et le Baal Chem Tov. Et, à Min’ha, il avait clairement ressenti ‘la Volonté de toutes les Volontés’.
Nous n’adoptons pas la conception des ‘Hassidim de Pologne, privilégiant systématiquement les miracles. Pour autant, il est clair que, si l’Admour Hazaken n’avait pas signifié son accord, il n’aurait pas été emprisonné. Son incarcération avait donc une portée spirituelle et, quand on le libéra, il fut établi qu’il avait emporté la victoire. Dès lors, qu’importe s’il quittait sa cellule un jour plus tard ?
Il se trouvait avec le Maguid, entendait le Baal Chem Tov. C’est effectivement là les termes qui ont été utilisés devant moi, ‘se trouvait’, ‘entendait’. Et, l’on peut donc comprendre la peine que lui inspira le départ de cet endroit. Bien plus, il dut alors se rendre dans la maison d’un opposant à la ‘Hassidout ! »

Le Rabbi dit, le 19 Kislev 5727-1966 : « L’accusation portait sur la diffusion des sources de la ‘Hassidout du Baal Chem Tov et du Maguid. La Guemara dit que, dans le monde futur, Rabbi ‘Hya ira à la rencontre de celui qui a étudié son enseignement. De même, le Baal Chem Tov et le Maguid vinrent rendre visite à l’Admour Hazaken, au dernier jour de son emprisonnement.
Pendant tous les jours de son emprisonnement, leur présence ne fut pas ressentie clairement. Au jour de sa délivrance, en revanche, le Baal Chem Tov et le Maguid passèrent avec lui les vingt quatre heures de la journée. Et, ils furent donc présents pendant les prières de ce jour.
On peut donner, à ce propos l’explication suivante. Une âme se trouvant dans un corps peut s’unir à celles qui sont dans le monde de la Vérité par l’intermédiaire des Mitsvot que l’on accomplit concrètement, ici-bas. C’est ainsi que Rabbi Yehouda le Prince, après avoir quitté ce monde, retournait chez lui, tous les vendredis soirs, pour réciter le Kiddouch devant les membres de sa famille.
Le moment de la journée qui apporte l’élévation, non seulement à l’âme mais aussi au corps, est celui de la prière. Pendant les trois prières du 19 Kislev, le Baal Chem Tov et le Maguid se trouvaient donc avec l’Admour Hazaken. Et, celui-ci put ainsi ressentir à quel point chaque prière était plus élevée que la précédente. »

Le Rabbi expliqua, le 19 Kislev 5713-1952 :
« Quand le Baal Chem Tov et le Maguid vinrent rendre visite à l’Admour Hazaken, celui-ci leur demanda pourquoi il avait été puni en étant incarcéré. Ils lui répondirent qu’on lui reprochait sa diffusion de la ‘Hassidout. L’Admour Hazaken demanda encore si, après sa libération, il devait l’interrompre. Le Baal Chem Tov et le Maguid lui répondirent par la négative. Bien plus, ajoutèrent-ils, cette diffusion devait être renforcée.
Quand mon beau-père, le Rabbi, revint de Petersburg, son père, le Rabbi Rachab lui demanda s’il y avait, dans la cellule de l’Admour Hazaken, de la place pour d’autres personnes. On peut en déduire que la présence du Baal Chem Tov et du Maguid fut effectivement physique.
On peut donner, à ce sujet, l’explication suivante. La ‘Hassidout fut donnée pour modifier les comportements naturels, issus de l’âme animale et liés au corps. La partie révélée de la Torah ne suffit pas pour obtenir un tel accomplissement. L’Admour Hazaken donna donc à la ‘Hassidout une formulation rationnelle, afin que le corps et l’âme animale l’intériorisent profondément. Et, quand il souhaita recevoir un accord sur cette conception, celui-ci ne pouvait lui être donné que par une âme vêtue d’un corps. »

Le Hayom Yom, à la date du 19 Kislev, dit :
« L’Admour Hazaken fut libéré de son premier emprisonnement le 19 Kislev, au soir du mardi de la Parchat Vayéchev 5559. »

Et, le Rabbi expliqua, à ce propos, le 19 Kislev 5727-1966 :
« La libération intervint au moment de la prière de Min’ha et l’Admour Hazaken précise lui-même qu’elle est liée au mardi, troisième jour de la semaine, lorsque deux fois fut dit le mot ‘bon’, lors de la création. Elle est, en outre, également liée à la Hilloula du Maguid. Ces deux caractéristiques s’étendent à tous les vingt quatre heures de ce jour.
En conséquence, la libération, même si elle eut lieu avant que le jour s’écoule en totalité, concerne bien l’ensemble de cette date, de sorte que toute cette journée est celle de sa délivrance. »

Youd Teth Kislev : A sa sortie de prison, l’Admour Hazaken resta, pendant trois heures, dans la maison d’un opposant de la ‘Hassidout

Youd Teth Kislev : A sa sortie de prison, l’Admour Hazaken resta, pendant trois heures, dans la maison d’un opposant de la ‘Hassidout

A sa sortie de prison, l’Admour Hazaken resta, pendant trois heures, dans la maison d’un opposant de la ‘Hassidout qui s’appelait Notkin et l’on dit que le Rabbi souffrit, pendant ces trois heures, beaucoup plus que pendant la totalité de son incarcération.

 

Par le Rav Haim Mellul

Le Rabbi expliqua, à ce propos, le 19 Kislev 5726-1965 :

« Pourquoi l’emprisonnement s’acheva-t-il dans la maison d’un opposant à la ‘Hassidout ? Tout est effet de la divine Providence et, lorsque l’accusation fut supprimée là-haut, la libération n’aurait-elle pas dû être immédiate et sans obstacle ? Il faut en conclure que ceci fut partie intégrante de sa délivrance.
La libération de l’Admour Hazaken fut conforme au verset « Il a libéré mon âme dans la paix ». Il y avait donc antagonisme entre deux éléments et
« ils furent nombreux avec moi ». En conséquence, il fallait que l’Admour Hazaken parvienne chez un opposant à la ‘Hassidout, qui lui marque de la déférence. Il est dit que « je le chasserai peu à peu » et un certain temps fut donc nécessaire à cet opposant pour intérioriser l’enseignement de l’Admour Hazaken.
Et, c’est alors, précisément, que la libération de l’Admour Hazaken s’exprima dans toute son essence. En effet, celle-ci n’était nullement comparable à la victoire que l’on obtient à l’issue d’une guerre, par exemple. Car, il s’agissait là d’un frère, selon le terme qu’emploie l’Admour Hazaken lui-même, dans Iguéret Ha Kodech.
Il résulte de tout cela un enseignement sur la manière dont les sources de la ‘Hassidout doivent être diffusées à l’extérieur. »

Le 19 Kislev 5738-1987, le Rabbi ajoute :

« Après avoir souffert dans la maison de l’opposant à la ‘Hassidout, l’Admour Hazaken déclara qu’il souhaitait rester encore chez lui pendant le temps nécessaire pour prendre un verre de thé, puisque son hôte l’avait préparé pour lui. De la sorte, il adopta un comportement qui était ‘bon pour les créatures’.
Les ‘créatures’ n’ont d’autre qualité que d’avoir été créées par D.ieu et l’Admour Hazaken s’employa à être bon envers elles. En l’occurrence, l’opposant à la ‘Hassidout fit souffrir le Rabbi, par toutes les manières possibles. Il voulut, de nouveau, susciter en lui l’état d’esprit qui était le sien avant sa délivrance. Une telle attitude défiait la raison.
Bien plus, cet homme était convaincu de bien agir et il prenait donc, à proprement parler, l’obscurité pour de la lumière. De ce fait, il pouvait être considéré comme une ‘créature’, faisant un usage négatif du libre arbitre qui lui était accordé. Malgré cela, l’Admour Hazaken fut ‘bon envers les créatures’. »

Après sa libération, l’Admour Hazaken apprit que son fils, l’Admour Haémtsahi venait d’avoir une fille. Il dit alors : « Désormais nos connaîtrons la tranquillité (Menou’ha) ». En conséquence, l’enfant fut appelée Menou’ha Ra’hel.

Dans le Likouteï Dibbourim, tome 1, page 84, le Rabbi Rayats relate :

« Le soir du 21 Kislev, deux hommes, des personnes simples, se présentèrent devant l’Admour Hazaken et lui demandèrent de prononcer un discours de ‘Hassidout. Le Rabbi dit alors un discours introduit par le verset ‘Comme le visage se reflète dans l’eau’. En guise d’introduction, il expliqua :
Il est dit : Chaque génération a ceux qui la recherchent, qui désirent ta face, Yaakov, pour l’éternité. Ainsi, ceux qui, dans la génération, recherchent, au même titre que Yaakov, réclament la dimension profonde de la Lumière infinie de D.ieu. »

Le Rabbi précisa, le 19 Kislev 5718-1957 :

« On peut déduire de cette affirmation l’enseignement suivant. Chacun doit rechercher sa propre dimension profonde et, de manière amicale, demander à son prochain qu’il en fasse de même, qu’il mette, à son tour, en éveil la profondeur de lui-même, la dimension cachée de son âme, qui est éternelle, étant liée à la puissance et à l’éternité de la Lumière infinie de D.ieu. »

Et, le Likouteï Si’hot, tome 20, page 469, conclut ce récit par la précision suivante :

« L’Admour Hazaken arriva dans la ville de Vitebsk, le mardi, troisième jour de ‘Hanoukka. Il y resta pendant tout le reste de cette fête. »

19 Kislev : Gut Yom Tov! Lechana Tova Belimoud Ha’ hassidout Ouverdarké Ha’ hassidout Tikatevou Vese’ hasemou !

19 Kislev : Gut Yom Tov! Lechana Tova Belimoud Ha’ hassidout Ouverdarké Ha’ hassidout Tikatevou Vese’ hasemou !

Le 19 du mois de Kislev, le Youd Teth Kislev, est le jour anniversaire de la libération de Rabbi Schnéour Zalman de Liady, fondateur de la ‘Hassidout ‘Habad, des prisons tsaristes. Cet évènement, pris dans sa linéarité, semble assez simple. Et pourtant, les ’hassidim lui accordent une signification de toute évidence très profonde.

Les faits : en 1798 Rabbi Schnéour Zalman est, à la suite du Baal Chem Tov et du Maguid de Mézeritch dont il a été le disciple, l’un des grands Maîtres du ‘hassidisme en plein essor. Il se heurte à l’opposition souvent farouche des tenants du judaïsme synagogal d’alors, inquiets de ce mouvement qui embrase les masses juives laissées jusque-là à l’écart. Calomnies et machinations (on osera, par exemple, dénoncer l’envoi de subsides aux ‘hassidim de Terre Sainte, laquelle est sous la domination de l’empire turc, le grand ennemi de la Russie) aboutiront à l’arrestation du Rabbi par la police tsariste. Crime de haute trahison : Rabbi Schnéour Zalman est conduit à Petersbourg dans le sinistre fourgon noir dont la seule vue inspire la terreur. Il est emprisonné dans la terrible forteresse bâtie sur une ile au milieu de la Neva.

A son procès, le Rabbi doit répondre à de nombreuses questions sur les pratiques et la foi juives. On fait traduire en russe le Tanya, l’immense livre sur lequel il a travaillé vingt ans, dont il a pesé chaque mot, chaque lettre, un ouvrage fondamental de la ‘Hassidout.

Le 19 Kislev enfin, cinquante-trois jours après son arrestation, on annonce à Rabbi Schnéour Zalman qu’il a été reconnu innocent des crimes dont on l’accusait. Il est libre. Depuis, le 19 Kislev est une grande fête ‘hassidique : on l’appelle le « Roch Hachana, le Nouvel an, de la ‘Hassidout ». C’est que, pour les ‘hassidim, ce moment dépasse infiniment sa ponctualité historique. Il marque un tournant capital de notre histoire spirituelle telle qu’elle s’inscrit dans ce monde.

Un tribunal, ici-bas, a en effet tranché. Mais quelle était la question vraiment posée ? Le tribunal d’en-bas, le tribunal russe, renvoie à celui d’En-Haut. Et la question réellement débattue, celle qui était posée En-Haut et à la résolution de laquelle était attachée la sentence des magistrats tsaristes était celle-ci : Rabbi Schnéour Zalman, le grand Maître qui avait porté à un tel degré d’achèvement la pensée ‘hassidique, pouvait-il propager son enseignement ?

Quelques siècles auparavant déjà, Rabbi Yts’hak Louria avait annoncé que, dans les dernières générations, il deviendrait nécessaire de dévoiler la sagesse de la Cabbale. La ’Hassidout la porte en elle. Et les ‘hassidim savent aussi que le Baal Chem Tov a interrogé, au cours d’une élévation que nous sommes impuissants à seulement imaginer, le Machia’h, le Messie lui-même :

« Maître, quand viendras-tu ?
– Lorsqu’au dehors seront répandues les sources de ton enseignement ».

Mais pourquoi, peut-on s’interroger, les dernières générations au mérite semble-t-il plus limité que les générations plus anciennes, doivent-elles recevoir pareille révélation ? Parce que, nous dit le Rabbi dans l’un de ses discours, « l’obscurité de l’exil se fait de plus en plus intense. Pour la vaincre, il faut donc avoir recours à une lumière de plus en plus forte. C’est pour cela qu’a été révélée l’âme de la Torah mettant en éveil et révélant les forces les plus profondes de l’âme juive ».

Bien sûr, la dissémination de ces « sources » avait déjà commencé. Les disciples du Baal Chem Tov d’abord, puis ceux du Maguid (qui a quitté ce monde le 19 Kislev de l’année 1772) en avaient reçu le premier surgissement. Il s’exprimait par des commentaires d’une grande concision. Rabbi Schnéour Zalman, cependant, avait voulu aller bien plus loin. Expliquant largement chaque concept, il entendait apporter la dimension la plus profonde de la Torah à la population la plus large, à ce petit peuple à la vie humble et difficile, ignoré des pesants docteurs de la Loi.

Certes, le Tanya peut être l’objet d’une étude méditative toute une vie durant sans même que soit dépassé un niveau encore assez superficiel de son sens. Mais l’important est d’entrer dans ce champ  de sens-là dont la plénitude apparaitra avec l’ultime libération, celle des temps messianiques. Or, chacun, dans le Tanya comme dans toute la ‘Hassidout héritée de Rabbi Schnéour Zalman, peut trouver une entrée à sa mesure. Chacun peut recevoir les vivifiantes sources.

Ainsi, la libération de Rabbi Schnéour Zalman par un tribunal terrestre ne peut que signifier l’acquiescement du Tribunal céleste. Oui, les temps annoncés peuvent maintenant s’accomplir, désormais les sources de la Hassidout peuvent être pleinement libérées, jaillir avec une force encore inconnue et, partout, se répandre.

Alors aussi, c’est l’horizon même du temps qui  apparait et  la fin de l’Histoire qui peut être aperçue. Comment les ‘hassidim pourront-ils jamais danser toute la grandeur, chanter toute la joie d’un tel moment ?

Barou’h Ziegelman

La diffusion des sources de la ‘Hassidout dans le monde, après le 19 Kislev

La diffusion des sources de la ‘Hassidout dans le monde, après le 19 Kislev

Par le Rav Haim Mellul

Un acte contesté

A A’haron Chel Pessa’h 5734-1974, le Rabbi dit :

« L’emprisonnement insuffla une vigueur particulière à l’étude de la ‘Hassidout. Ceci peut être comparé à un acte officiel dont la valeur est contestée. Lorsque, par la suite, celui-ci est certifié par le tribunal, il reçoit une force particulière, car, même s’il a été mis en cause, il est clair, désormais, qu’il ne peut plus l’être, qu’il restera toujours valable, de sorte que sa qualité résulte effectivement de la contestation.

Il en est de même pour le 19 Kislev. Avant l’emprisonnement, la ‘Hassidout était déjà connue. Puis, l’Admour Hazaken fut arrêté. Une accusation fut portée devant le Tribunal céleste et, en conséquence, également ici-bas. Par la suite, la diffusion des sources de la ‘Hassidout put donc être beaucoup plus forte. »

 

Diffusion grâce à l’emprisonnement

Dans le Séfer Ha Si’hot Torat Chalom, page 26, le Rabbi Rachab explique :

« Quand l’Admour Hazaken revint de Pétersburg, la ‘Hassidout reçut une dimension profonde. En effet, on écrase une olive pour que celle-ci donne l’huile. De même, les accusations et l’emprisonnement avaient révélé cette dimension profonde ».

A ce sujet, le Rabbi précise (Séfer Ha Maamarim Meloukat, tome 1, page
416) :

« L’ajout obtenu de cette façon fut sans aucune commune mesure avec ce que l’on possédait au préalable. De ce fait, il est précisé que l’olive écrasé ‘donne l’huile’ et l’on sait que ‘quiconque donne le fait avec largesse’. »

Le Rabbi Rachab dit encore (Séfer Ha Si’hot Torat Chalom, page 112) :

« Je considère que la diffusion des sources a essentiellement commencé après Pétersburg, car c’est là que l’Admour Hazaken vit le Baal Chem Tov. »

Le Rabbi explique (Séfer Itvaadouyot 5745-1984, tome 2, page 845) :

« L’emprisonnement et la libération par les autorités, ici-bas, furent, comme on le sait la conséquence d’événements similaires qui se déroulèrent là-haut.

L’Admour Hazaken fut emprisonné parce que l’on se demandait, là-haut, si l’on pouvait, si l’on avait le droit de diffuser l’enseignement profond de la Torah. Et, le Rabbi fut arrêté, dans ce monde, précisément parce que le Tribunal céleste avait formulé cette interrogation.

Par la suite, le Tribunal céleste prit la décision que l’on avait non seulement le droit, mais aussi le devoir de diffuser ces connaissances, bien plus qu’il fallait en diffuser les sources à l’extérieur, sans se demander si celui qui les recevait était apte à les intégrer ou non.

Grâce aux souffrances de l’exil, aux épreuves que les Juifs avaient surmontées jusqu’à cette époque-là, tous étaient aptes à étudier les sources de la Torah, en plus du Talmud et des écrits des Décisionnaires. »

Le 19 Kislev 5730-1969, le Rabbi dit encore :

« Il fallut avoir recours à un emprisonnement, même si, déjà avant celui-ci, les Juifs faisaient don d’eux mêmes pour étudier la ‘Hassidout. De fait, ils sont coutumiers de tels sacrifices. Ainsi, ils reçurent la Torah grâce à l’abnégation dont ils furent preuve en Egypte et qui leur permit, en outre, de quitter ce pays. Puis, la Torah leur fut donnée avec largesse et, quand ils entrèrent en Erets Israël, ils en pratiquèrent les Mitsvot également avec largesse.

Il en fut de même pour la ‘Hassidout. D.ieu voulut la donner pleinement, avec toute sa profondeur et toute sa largesse, la révéler jusqu’à l’extérieur. Les autorités du pays devaient donc décider la libération de l’Admour Hazaken, reconnaître que les Juifs étaient en droit d’accepter cette conception de la Torah. Un non Juif devait également pouvoir comprendre tout cela. »

Le Séfer Ha Maamarim Meloukat, tome 1, page 396, dit :

« C’est précisément pour cette raison que l’Admour Hazaken fut incarcéré pendant cinquante trois jours, valeur numérique du mot Gan, jardin.

Car c’est bien grâce à cela que, par la suite, il fut possible de diffuser les sources de la ‘Hassidout dans ce monde matériel, qui est le jardin du Saint béni soit-Il. »

Le Chabbat Parchat Vaychla’h 5733-1972, le Rabbi expliqua :

« Il y eut un miracle, le 19 Kislev, parce que la situation, dans un premier temps, était plus basse que la nature. Il fallut donc avoir recours aux voies surnaturelles.

Commentant le verset ‘C’est un moment de détresse pour Yaakov et de lui, il sera sauvé’, le Baal Chem Tov souligne que la détresse elle-même, la situation la plus basse, conduit vers le sommet le plus élevé.

C’est pour cela qu’après la libération, la diffusion des sources prit des proportions nouvelles. Et, cet enseignement permet de répondre à la question de ceux qui se demandent pourquoi, dans la mesure où l’on attend d’eux de diffuser les sources, des obstacles se dressent devant eux, lors de cette diffusion. En effet, le 19 Kislev montre que l’élévation la plus grande est celle qui fait suite à la chute. »

 

Les discours ultérieurs

Le Rabbi Rachab explique, dans le Séfer Ha Si’hot Torat Chalom, page 26 :

« Les ‘Hassidim savaient qu’avant Pétersburg, avant l’emprisonnement et la libération, la ‘Hassidout de l’Admour Hazaken faisait brûler le monde, car elle se limitait à entourer les concepts. Or, par nature, ce qui ne fait qu’entourer brûle. Nul ne pouvait alors entendre son enseignement et rester ce qu’il était au préalable.

Puis, après Pétersburg, tout fut différent. Car, après sa libération, il introduisit la ‘Hassidout dans la dimension intérieure. »

Le Rabbi Rayats donne, à ce sujet, une explication légèrement différente, dans le Likouteï Dibbourim, page 28. Et, le Chabbat Parchat Chemot 5737- 1976, le Rabbi précise :

« Alors, commença la diffusion des sources et c’est pour cela qu’après la libération du 19 Kislev, les discours ‘hassidiques de l’Admour Hazaken purent être intégrés en soi, mieux compris. »

Le Rabbi Rachab dit encore (Séfer Ha Maamarim 5679-1919, additifs) :

« Le Baal Chem Tov vint révéler l’enseignement profond de la Torah, mais il ne fit pas en sorte qu’on la comprenne pleinement et l’on sait que le Maguid de Mézéritch, avant de la commenter, disait toujours : ‘Venez écouter les secrets de la Torah !’.

Le monde n’était pas encore capable de contenir un dévoilement aussi élevé. Le service de D.ieu était, à l’époque, particulièrement haut. Pour autant, l’essence de la Torah n’était pas encore dévoilée. L’expression rationnelle de la ‘Hassidout est l’œuvre de l’Admour Hazaken et, grâce à lui, cette essence devint perceptible. »

 

La source

Le 19 Kislev 5715-1954, le Rabbi expliqua :

« Une source contient de l’eau, mais cette eau vive n’a pas d’existence indépendante. Elle est partie intégrante de la source, jusque dans la moindre goutte qui la constitue.

L’eau fait allusion à la Torah, qui a une partie révélée et une dimension profonde, tout comme on distingue l’eau qui sort de la source et reçoit une existence propre de celle qui reste dans la source et en est une partie.

La partie révélée de la Torah reçut d’emblée une formulation logique, appliquée aux préoccupations de ce monde. Elle fait même état de mensonges et, de ce point de vue, elle a effectivement quitté la source. La dimension profonde de la Torah, par contre, se trouve toujours dans la source, dont elle reste une partie.

C’est pour cela que les sources doivent être diffusées à l’extérieur. Leur eau, proche de son origine, conserve la qualité de la soumission. Elle peut donc, sans crainte, se rendre à l’extérieur. Elle y reste la source elle-même et n’a pas d’autre motivation que de mettre en pratique la Volonté de D.ieu, dans l’espace et dans le temps, d’illuminer par ‘la bougie (qui) est une Mitsva et la Torah (qui) est une lumière’.

C’est de cette façon que l’on se prépare à la venue du Machia’h, lorsque ‘tous Le serviront d’une seule épaule’. »

 

La diffusion

Le 19 Kislev 5735-1974, le Rabbi dit :

« Un Juif peut se trouver ‘à l’extérieur’. Certes, la Torah plaide sa cause, mais l’on ne peut ne trouver aucun élément permettant de justifier qu’il soit à l’intérieur. Or, la Torah et les Mitsvot doivent pouvoir lui parvenir également. Plus encore, on les lui donnera telles qu’elles se trouvent dans la source, dans l’essence de l’âme.

Comment obtenir un tel résultat ? Grâce à la diffusion, qui doit être menée avec une grande force, de la manière la plus large. »

Le 11 Nissan 5737-1977, le Rabbi poursuivit :

« La diffusion consiste, avant tout, à étudier et à propager avec force. Et, l’on ne peut se contenter d’apporter à l’autre un verre d’eau provenant de la source, ni même un fleuve relié à la source. On ne peut lui offrir la puissance de ce fleuve tout en conservant la source pour soi-même. C’est, à proprement parler, la source qui doit se trouver à l’extérieur.

Bien plus, il ne suffit pas de placer cette source à quatre coudées de soi-même, ou même dans toute la ville, dans tout le pays. Il faut l’envoyer à l’étranger, jusqu’à l’extérieur le plus éloigné. Là, les sources elles-mêmes participeront à cette diffusion. »

Et, le Likouteï Si’hot, tome 30, page 292, précise :

« Il est dit que les sources doivent se diffuser à l’extérieur. Cela veut dire que la voie de la ‘Hassidout ‘Habad est la compréhension et la rationalisation de tous les concepts ‘hassidiques. »

L’effet de la diffusion

Dans le Séfer Ha Maamarim Meloukat, tome 6, page 72, le Rabbi explique :

« Il ne suffit pas de placer l’eau vive à l’extérieur. Les sources elles-mêmes doivent s’y trouver. De la sorte, on peut mettre en évidence la nature profonde de l’extérieur et s’apercevoir qu’il est, en réalité, lui-même une source.

La diffusion des sources à l’extérieur commença le 19 Kislev parce qu’une Lumière céleste transcendant l’enchaînement des mondes, à l’image de l’huile qui ne se confond pas aux autres liquides, se révéla alors. De ce fait, la diffusion put commencer après la libération et la source se plaça en tout endroit, tout comme l’huile imbibe toute chose. »

Et, le Séfer Ha Maamarim Meloukat, tome 1, page 416, dit aussi :

« On peut comprendre l’importance de la révélation qui résulta de l’emprisonnement si l’on sait que l’Admour Hazaken l’accepta de son plein gré. En effet, un Juste est maître de tout événement physique qui lui arrive. Chaque événement de sa vie doit donc recevoir son accord.

L’Admour Hazaken accepta la prison, malgré les souffrances qu’il en conçut, l’impossibilité d’enseigner la ‘Hassidout pendant son incarcération. On peut en déduire l’importance de diffuser les sources à l’extérieur, comme il put le faire après sa libération. Car c’est bien cette diffusion qui justifia l’emprisonnement. »

Dans une lettre (Iguerot Kodech, tome 10, page 304), le Rabbi Rayats ajoute :

« En ce jour, prêtez attention à ce qui est le besoin du moment, la diffusion de l’enseignement de la ‘Hassidout dans tous les cercles de nos frères, les enfants d’Israël.

L’étude de la ‘Hassidout n’est pas le fait d’un groupe. L’obligation en incombe à tous les Juifs, en général et aux érudits de la Torah, en particulier. »

 

La soumission

Le 19 Kislev 5723-1962, le Rabbi dit :

« Chacun s’efforcera de diffuser les sources de la ‘Hassidout auprès des autres.

Pour mener à bien une telle mission, il faut soi même être profondément soumis. C’est seulement dans ce cas que s’accomplissent les termes du verset : ‘Comme le visage se reflète dans l’eau, le cœur de l’homme se reflète dans celui de son prochain’. »

 

L’extérieur de l’homme

Le Séfer Itvaadouyot 5744-1893, tome 2, page 601, rapporte :

« En enseignant la ‘Hassidout, surtout après la libération du 19 Kislev, l’Admour Hazaken introduisit un fait nouveau en permettant que les sources en soient diffusées à l’extérieur.

Ceci est vrai pour l’extérieur, au sens littéral, mais aussi pour l’extérieur de la personne qui étudie la ‘Hassidout. De cette façon, la ‘Hassidout sera clairement comprise, appliquée à l’action concrète. Elle pénétrera toutes les forces de l’âme, de l’intellect à la force d’action. »

 

Unité d’Israël

Le 19 Kislev 5726-1965, le Rabbi expliqua :

« Après sa libération, l’Admour Hazaken s’efforça que tout soit pacifique, que tous les Juifs s’unissent dans un même but, ‘accomplir Ta Volonté d’un cœur entier’, grâce à la lumière et à la vitalité de la dimension profonde de la Torah.

Pour cela, il fallait convaincre d’autres personnes, se rapprocher d’elles, accomplir de plus en plus fortement les termes de la mission confiée par D.ieu, celle de diffuser les sources à l’extérieur, jusqu’à parvenir au sommet de la perfection, la période du Machia’h. »

 

Révélation de la source

Le Chabbat Parchat Vayéchev 5730, 1969, le Rabbi souligna :

« C’est le 19 Kislev que ‘Il a libéré mon âme dans la paix’. Il faut donc diffuser les sources à l’extérieur, en sorte que celles-ci parviennent en tout endroit, car c’est bien la le sens de cette paix, supprimant les différences, réalisant l’union.

Bien plus, c’est en l’occurrence la source qui se révèle et celle-ci ne connaît pas la limite. Elle confère la pureté, par quarante Séa d’eau ou bien avec une seule goutte, de manière totalement identique. Et, cette absence de limite se marque également dans le temps, puisque l’on peut étudier la ‘Hassidout à n’importe quel moment de la semaine.

C’est la raison pour laquelle nos maîtres, en général et mon beau-père, le Rabbi, chef de notre génération, en particulier, demandèrent de diffuser les sources de manière pacifique. Tel fut précisément l’apport du 19 Kislev. »

 

L’enseignement pour le 19 Kislev

Le Séfer Ha Itvaadouyot 5743-1982, tome 1, page 559 dit :

« Chaque année, quand revient le 19 Kislev, on doit éveiller en soi une motivation particulière, intensifier la diffusion des sources à l’extérieur. Bien plus, cet ajout doit être une ‘délivrance’ par rapport à la situation antérieure, à la manière dont ont diffusait ces sources avant le 19 Kislev.

En d’autres termes, la différence entre la diffusion précédant le 19 Kislev est celle qui la suit, chaque année, est comparable au passage de l’emprisonnement à l’état d’homme libre, comme ce fut le cas la première fois. »

Le Séfer Ha Maamarim Meloukat, tome 6, page 56, explique encore :

« La diffusion des sources de la ‘Hassidout consiste à les conduire jusqu’au point le plus extérieur que l’on puisse imaginer, afin que leur profondeur s’y révèle pleinement.

C’est précisément de cette manière que cette diffusion des sources provoquera la venue du roi Machia’h, qui, lui aussi, révélera le stade le plus élevé jusqu’au point le plus bas. »

19 Kislev, Hilloula du Rabbi Dov Ber, le Maguid de Mézéritch, successeur du Baal Chem Tov (1704-1773)

19 Kislev, Hilloula du Rabbi Dov Ber, le Maguid de Mézéritch, successeur du Baal Chem Tov (1704-1773)

par Haim Mellul

Successeur du Baal Chem Tov, Rabbi Dov Ber, qui structura la ‘Hassidout, naquit à Loukatch, vers 5464 (1704), à son père, Rabbi Avraham. Encore enfant, il apparut qu’il possédait des capacités hors du commun et il fut envoyé à Lvov, dans la Yechiva du « Pnei Yochoua ». Là, il accumula de profondes connaissances du Talmud.

Après son mariage, il enseigna la Torah aux enfants d’un village et en profita pour s’isoler, se plongeant dans l’étude de la Kabbalah. Il eut alors une vie de jeûnes et de mortifications, qui affaiblirent sa santé. Il devint ensuite un « Maguid », personnage central dans la vie des communautés à cette époque. Voyageant dans les villes et villages de Podolie et de Wholinie, il conduisait les Juifs à la Techouva par ses commentaires et ses discours publics.

Peu après, Rabbi Dov Ber se rapprocha du Baal Chem Tov qui, d’emblée, se révéla à lui dans toute sa grandeur. Il devint son ‘Hassid et le Baal Chem Tov lui enseigna les secrets de la Kabballa et même le langage des oiseaux et des arbres.

Un an après que la Baal Chem Tov ait quitté ce monde, le Maguid prit la tête des ‘Hassidim et s’installa à Mézéritch. C’est de là qu’il délégua ses émissaires auprès de toutes les communautés d’Europe Orientale, afin de diffuser les idées de la ‘Hassidout. En effet, si le Baal Chem Tov fit de nombreux voyages, le Maguid resta chez lui. Du reste, la ‘Hassidout était d’ores et déjà connue, jusque dans les contrées les plus reculées. Mézéritch devint alors un grand centre, attirant des milliers de Juifs qui, ayant eu connaissance des enseignements délivrés par les émissaires, étaient désireux de rencontrer le maître. Ainsi, le cercle de ceux qui étudiaient la ‘Hassidout s’élargit considérablement et, en 5525 (1765), trois grands centres furent créés, l’un à Loubavitch, dirigé par Rabbi Issakhar Dov, le second à Karlin, dirigé par Rabbi Aharon et le troisième à Horodok, dirigé par Rabbi Mena’hem Mendel de Vitebsk.

Les trois livres présentant l’enseignement du Maguid furent rédigés par ses disciples, « Maguid Devarav LeYaakov » par Rabbi Chlomo de Loutsk, « Or Hatorah » par Rabbi Ichaya de Donivitch et « Or HaÉmet » par Rabbi Lévi Its’hak de Berditchev.

Le Maguid de Mézéritch aimait tout particulièrement Rabbi Chnéour Zalman de Lyadi, son disciple. C’est à lui qu’il confia la mission de rédiger un Choul’hane Aroukh. Il le rapprocha également de son fils, Rabbi Avraham HaMalakh (« l’Ange »). Ainsi, jour après jour, pendant de nombreuses années, Rabbi Chnéour Zalman enseignait la Guemara à Rabbi Avraham pendant trois heures, puis, pendant trois autres heures, Rabbi Avraham enseignait la ‘Hassidout à Rabbi Chnéour Zalman.

C’est à l’époque du Maguid, à partir de 5530 (1770), que les Mitnagdim, opposants à la ‘Hassidout, se renforcèrent. Le Maguid, à plusieurs reprises, confia à Rabbi Chnéour Zalman des missions secrètes, qui le conduisirent dans les bastions de l’opposition. En 5532 (1772), le Maguid organisa lui-même une confrontation publique entre ‘Hassidim et Mitnagdim. Les idées de la ‘Hassidout furent défendues par Rabbi Chnéour Zalman et par Rabbi Avraham de Kalisk.

A la veille de Roch Hachana 5533 (1773), le Maguid écrivit son testament, indiquant ce que devait être, après son décès, le comportement des ‘Hassidim en général et de son fils, Rabbi Avraham, en particulier. Il écrivit que « l’avis de mon élève, Rabbi Zalman, auteur du Choul’hane Aroukh, peut être considéré comme une petite prophétie. Il faudra, en tout point, se conférer à son opinion, car, même s’il avait vécu à l’époque du Baal Chem Tov, sa personnalité aurait été tout à fait remarquable. »

Peu après, le 19 Kislev 5533 (1773), le Maguid quitta ce monde, à Anipoli.

Les disciples de Maguid se réunirent par la suite. Il fut décidé que quelques uns d’entre eux, conduits par Rabbi Mena’hem Mendel de Horodok, se rendraient en Erets Israël. Rabbi Chnéour Zalman accompagna Rabbi Mena’hem Mendel jusqu’à Mogilev, au bord du fleuve Dniester. Il fut alors chargé de diriger les ‘Hassidim de Lituanie et d’organiser la défense de la ‘Hassidout contre les attaques des Mitnagdim.

Extrait de « Habad Loubavitch: Repères et Définitions », ed. Beth Loubavitch.

Youd Teth Kislev, jour de la libération de Rabbi Schnéour Zalman de Liady, fondateur de la ‘Hassidout ‘Habad

Youd Teth Kislev, jour de la libération de Rabbi Schnéour Zalman de Liady, fondateur de la ‘Hassidout ‘Habad

Le 19 du mois de Kislev, le Youd Teth Kislev, est le jour anniversaire de la libération de Rabbi Schnéour Zalman de Liady, fondateur de la ‘Hassidout ‘Habad, des prisons tsaristes. Cet évènement, pris dans sa linéarité, semble assez simple. Et pourtant, les ’hassidim lui accordent une signification de toute évidence très profonde.

 

Les faits : en 1798 Rabbi Schnéour Zalman est, à la suite du Baal Chem Tov et du Maguid de Mézeritch dont il a été le disciple, l’un des grands Maîtres du ‘hassidisme en plein essor. Il se heurte à l’opposition souvent farouche des tenants du judaïsme synagogal d’alors, inquiets de ce mouvement qui embrase les masses juives laissées jusque-là à l’écart. Calomnies et machinations (on osera, par exemple, dénoncer l’envoi de subsides aux ‘hassidim de Terre Sainte, laquelle est sous la domination de l’empire turc, le grand ennemi de la Russie) aboutiront à l’arrestation du Rabbi par la police tsariste. Crime de haute trahison : Rabbi Schnéour Zalman est conduit à Petersbourg dans le sinistre fourgon noir dont la seule vue inspire la terreur. Il est emprisonné dans la terrible forteresse bâtie sur une ile au milieu de la Neva.

A son procès, le Rabbi doit répondre à de nombreuses questions sur les pratiques et la foi juives. On fait traduire en russe le Tanya, l’immense livre sur lequel il a travaillé vingt ans, dont il a pesé chaque mot, chaque lettre, un ouvrage fondamental de la ‘Hassidout.

Le 19 Kislev enfin, cinquante-trois jours après son arrestation, on annonce à Rabbi Schnéour Zalman qu’il a été reconnu innocent des crimes dont on l’accusait. Il est libre. Depuis, le 19 Kislev est une grande fête ‘hassidique : on l’appelle le « Roch Hachana, le Nouvel an, de la ‘Hassidout ». C’est que, pour les ‘hassidim, ce moment dépasse infiniment sa ponctualité historique. Il marque un tournant capital de notre histoire spirituelle telle qu’elle s’inscrit dans ce monde.

Un tribunal, ici-bas, a en effet tranché. Mais quelle était la question vraiment posée ? Le tribunal d’en-bas, le tribunal russe, renvoie à celui d’En-Haut. Et la question réellement débattue, celle qui était posée En-Haut et à la résolution de laquelle était attachée la sentence des magistrats tsaristes était celle-ci : Rabbi Schnéour Zalman, le grand Maître qui avait porté à un tel degré d’achèvement la pensée ‘hassidique, pouvait-il propager son enseignement ?

Quelques siècles auparavant déjà, Rabbi Yts’hak Louria avait annoncé que, dans les dernières générations, il deviendrait nécessaire de dévoiler la sagesse de la Cabbale. La ’Hassidout la porte en elle. Et les ‘hassidim savent aussi que le Baal Chem Tov a interrogé, au cours d’une élévation que nous sommes impuissants à seulement imaginer, le Machia’h, le Messie lui-même :

« Maître, quand viendras-tu ?

– Lorsqu’au dehors seront répandues les sources de ton enseignement ».

 

Mais pourquoi, peut-on s’interroger, les dernières générations au mérite semble-t-il plus limité que les générations plus anciennes, doivent-elles recevoir pareille révélation ? Parce que, nous dit le Rabbi dans l’un de ses discours, « l’obscurité de l’exil se fait de plus en plus intense. Pour la vaincre, il faut donc avoir recours à une lumière de plus en plus forte. C’est pour cela qu’a été révélée l’âme de la Torah mettant en éveil et révélant les forces les plus profondes de l’âme juive ».

Bien sûr, la dissémination de ces « sources » avait déjà commencé. Les disciples du Baal Chem Tov d’abord, puis ceux du Maguid (qui a quitté ce monde le 19 Kislev de l’année 1772) en avaient reçu le premier surgissement. Il s’exprimait par des commentaires d’une grande concision. Rabbi Schnéour Zalman, cependant, avait voulu aller bien plus loin. Expliquant largement chaque concept, il entendait apporter la dimension la plus profonde de la Torah à la population la plus large, à ce petit peuple à la vie humble et difficile, ignoré des pesants docteurs de la Loi.

Certes, le Tanya peut être l’objet d’une étude méditative toute une vie durant sans même que soit dépassé un niveau encore assez superficiel de son sens. Mais l’important est d’entrer dans ce champ  de sens-là dont la plénitude apparaitra avec l’ultime libération, celle des temps messianiques. Or, chacun, dans le Tanya comme dans toute la ‘Hassidout héritée de Rabbi Schnéour Zalman, peut trouver une entrée à sa mesure. Chacun peut recevoir les vivifiantes sources.

Ainsi, la libération de Rabbi Schnéour Zalman par un tribunal terrestre ne peut que signifier l’acquiescement du Tribunal céleste. Oui, les temps annoncés peuvent maintenant s’accomplir, désormais les sources de la Hassidout peuvent être pleinement libérées, jaillir avec une force encore inconnue et, partout, se répandre.

Alors aussi, c’est l’horizon même du temps qui  apparait et  la fin de l’Histoire qui peut être aperçue. Comment les ‘hassidim pourront-ils jamais danser toute la grandeur, chanter toute la joie d’un tel moment ?

Barou’h Ziegelman

VIDÉO : Farbrengen du Rabbi, le 19 Kislev 5742 (1981)

VIDÉO : Farbrengen du Rabbi, le 19 Kislev 5742 (1981)

 

Ce Youd Teth Kislev, les communautés Loubavitch du monde entier s’uniront en regardant et en apprenant une si’ha spéciale du Rabbi.

Youd Teth Kislev marque le jour où l’amour Hazaken a été libéré de prison. Ce fut un moment décisif dans l’histoire de ‘Habad et a servi d’élan pour la diffusion de la ‘Hassidout à travers le monde.

Dans une si’ha du Farbrengen de Youd Teth Kislev 5742 (1981), le Rabbi a abordé le thème de la lettre de l’Admour Hazaken qu’il a écrit après sa libération.

Dans la lettre, l’Admour Hazaken s’est concentré sur le thème de la paix. Pourquoi n’a-t-il pas choisi de mettre l’accent sur le sacrifice de soi pour la Torah et le judaïsme?

Dans ce discours de grande envergure sur l’anniversaire de la libération de l’Admour Hazaken en 1981, le Rabbi identifie la meilleure façon d’accomplir notre mission donné par D…

 

VIDEO. Grande soirée de Youd Teth Kislev 5780 organisée par le Beth Loubavitch

VIDEO. Grande soirée de Youd Teth Kislev 5780 organisée par le Beth Loubavitch

 

Comme chaque année le Beth Loubavitch vous invite à venir fêter le jour de la libération du Rabbi Chneor Zalman auteur du Tanya et du Choul’han Arou’h.

Cette fête qui est appelée le Roch Hachana de la ‘Hassidout aura lieu cette année le mercredi 18 Décembre à partir de 20h aux docks de Paris.

Avec la participation exceptionnelle du chanteur Mendy Jerufi !

Vous trouverez sur notre site plusieurs articles sur le Rabbi Chneor Zalman en voici quelques-uns :

Sens et puissance du 19 Kislev

Un jour qui change le monde

Le livre du Tanya peut être trouvé sur notre application Apple ou Android ou à l’adresse suivante : http://le-tanya.fr/

Vous trouverez également les livres en français de Rabbi Chneor Zalman sur le site des Éditions du Beth Loubavitch

 

Soirée hassidique 19 kislev 2019 5780