Article publié sans une brochure en souvenir du mariage de Tsion Tsemach & ‘Haya Mouchka Mimoun
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Le 28 de Sivan en 1941, le Rabbi est arrivé aux États-Unis avec la Rebbetzin ‘Haya Moushka. Le Rabbi parlait souvent de la grandeur de l’Amérique et de l’importance d’éduquer ses enfants correctement.
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Tous les ‘hassidim ‘Habad fêtent aujourd’hui, 2 Iyar, l’anniversaire de la naissance du Rabbi Maharach, 4ème Rabbi de Loubavitch.
Rabbi Chmouel Shneersohn nâquit à Loubavitch, le 2 Iyar 1834 (Tiférèt de Tiférèt). Le Tséma’h Tsédèk lui donna le nom d’un Tsadik caché, qui était porteur d’eau dans la ville de Polotsk. Le Tséma’h Tsédek eut sept fils et deux filles. Rabbi Chmouel est le cadet des fils.
Dans son jeûne age, il se distingua par sa mémoire et son intelligence prodigieuse. Ses étude furent particulièrement fructueuses. En 1848, il épousa, en première noce, la Rabbanit Sterna, fille de son frère, Rabbi ‘Haim Chnéor Zalman, le Rabbi de Lyadi. Mais la Rabbanit tomba malade et quitta ce monde trois mois après son mariage. En 1849, il épousa la Rabbanit Rivka.
C’est en 1855 qu’il se consacra, sur l’ordre de son père, aux besoins de la communauté. Son activité le conduisit également à rencontrer les responsables communautaires cd’autres pays. C’est pour cela qu’il se rendit en Italie (1858), en Allemagne (1859) et en France (1868).
C’est en Nissan 1866 qu’il prit la tête des ‘hassidim ‘Habad. cDes le début de l’année, son père l’avait chargé de commenter publiquement la ‘Hassidout et avait dit aux ‘hassidim: « Vous l’écouterez comme vous m’avez écouté. » A la fin de l’année 1882, il tomba malade et quitta ce monde dans la nuit du mardi 13 Tichri 1882. Il fut enterré à Loubavitch, près de son père.
On ne sait, somme toute peu de choses de la vie du Rabbi Maharach, qui ne dura que 48 ans et demi. Même ses interventions communautaires restèrent secrètes et, pour la plupart, ne furent pas révélées. Par ailleur il fut malade et faible tout au long de sa vie et ses multiples activités l’empéchèrent de recouvrer plainement la santé.
Il eut quatre fils et deux filles: Rabbi Chnéor Zalman, le Razo, Rabbi Chalom Dov ber, le Rabbi Rachab qui allait lui succéder, Rabbi Avraham Sender, qui décéda à l’âge de huit ans. Doué de capacités hors du commun, il avait l’âme de l’Admour Hazaken. Le quatrième fils fut Rabbi Mena’hem Mendel qui est enterré à Tsfat. Les filles du Rabbi Maharach furent la Rabbanit Devora Léa et la Rabbanit ‘Haya Mouchka.
Naftali Silberberg / fr.chabad.org
Le 27 Adar marque un triste anniversaire. Ce jour-là, en 1992, Rabbi Mena’hem Mendel Schneerson, « le Rabbi », subit un grave accident vasculaire cérébral, qui lui ravit la faculté de parler et conduisit à la maladie dont il ne se remit jamais. C’est la date à laquelle la voix qui éduqua, inspira et encouragea des millions de Juifs et de Non-Juifs fut réduite au silence.
Comme le Rabbi nous l’a toujours enseigné, c’est vers la paracha de la semaine que nous nous tournons pour enrichir notre compréhension et notre perspective. Or, de manière tout à fait remarquable, la lecture de la Torah de cette semaine offre un message aussi clair que puissant concernant cet anniversaire, ainsi que l’état apparent d’« absence de direction » du mouvement Habad-Loubavitch.
Cette semaine, nous avons une paracha double, composée des portions Vayakhel et Pekoudei. Le Rabbi a souligné à maintes reprises que ces deux noms véhiculent un message important. Vayakhel signifie « rassembler » et « se rassembler ». Moïse a rassemblé la nation en un kahal, une communauté. Le tout est plus que la somme de ses parties ; la communauté est une nouvelle entité qui, comme dans un mariage, est supérieure à la somme de ses membres. Chacun et chacune d’entre nous est une partie de ce grand corps qu’est le peuple juif, unifiée, mélangée et fondue avec toutes les autres.
Une fois ceci établi, nous passons à Pekoudei, « nombres » : le dénombrement et le comptage de chaque ustensile du Sanctuaire. Certes, le total est supérieur à la somme de ses parties, mais Moïse compte les ustensiles individuellement, car chaque élément individuel possède son importance propre. La même chose est vraie de la nation juive : chaque Juif est doté par le Créateur d’une personnalité dont la valeur est unique, et qui possède une importance au niveau individuel, et pas seulement comme partie de l’ensemble. Chaque Juif sert D.ieu d’une manière unique et inimitable. Aussi bien Vayakhel, la communauté, que Pekoudei, l’individu, sont des éléments absolument essentiels dans la construction d’un tabernacle où la présence de D.ieu sera manifeste.
En 1950, le Rabbi fut couronné comme septième leader du vénérable mouvement ‘Habad-Loubavitch. À ce moment, ‘Habad possédait une histoire prestigieuse, mais pas vraiment de présent, et ne paraissait pas avoir un brillant avenir devant soi. Ce mouvement glorieux, qui avait autrefois compté des centaines de milliers d’adhérents à travers l’Europe, avait été presque entièrement décimé par la Gestapo et le KGB soviétique. La « grande » synagogue Loubavitch à Brooklyn où le Rabbi priait et discourait ne pouvait pas accueillir confortablement plus de 150 personnes !
Au cours des décennies qui suivirent, le Rabbi développa ‘Habad, le faisant devenir l’un des plus grands mouvements juifs des temps modernes. Il le fit à travers « Vayakhel » : en unissant tous les Juifs en s’adressant à l’âme juive collective. Le Rabbi parlait le langage de l’âme et, dans le monde entier, des âmes entendirent son appel et affluèrent par milliers vers sa synagogue en éternelle expansion. Le Rabbi retira ensuite les couches de rouille qui les ternissait, révélant des âmes juives d’une beauté époustouflante.
Je me souviens très bien des rassemblements publics du Rabbi. Mon cœur saigne encore quand je me rappelle le sentiment de « Vayakhel » en me trouvant au milieu d’une mer de milliers de Juifs qui avaient « perdu » leurs identités individuelles, leurs egos, leurs talents, leurs désirs, etc, et se retrouvaient pris dans une atmosphère de sainteté et de pureté qui transcendait leur propre existence. Je ne répète pas là des histoires que j’ai entendues de mon père ou de mon maître, ni des contes d’une autre génération ou d’un pays lointain… J’exprime ce que mes propres yeux ont vu et ce que ma propre âme a vécu.
Aussi beau et exaltant que fût tout cela, pour que la présence divine se révèle, nous devons désormais passer en mode « Pekoudei ». Il nous appartient maintenant de prendre le message du Rabbi et, au lieu de l’utiliser pour transcender nos êtres pour devenir une partie d’un tout, laisser ce message pénétrer et transformer les forces et les capacités uniques que D.ieu nous a données. La passion et le feu du Rabbi doivent maintenant être la lumière qui fera étinceler et danser les millions de couleurs uniques du kaléidoscope de notre peuple.
De manière incroyable, le dernier discours du Rabbi fut prononcé le Chabbat Vayakhel. La semaine suivante, le Chabbat Pekoudei, la voix du Rabbi était silencieuse. Peut-être peut-on dire qu’elle peut maintenant être entendue à travers les voix de tous ses innombrables disciples et admirateurs qui vivent son message, et attendent avec impatience le moment où ils seront réunis avec lui avec la venue de Machia’h.

En l’honneur du mois de Tichri, les Hassidim affrétèrent un avion-charter d’Erets Israël pour New-York, comme ils l’avaient déjà fait dans le passé.
Après Tichri, l’avion s’envola pour Erets Israël ; après un petit moment, le Rabbi demanda à son secrétariat : qu’est-il arrivé avec le charter ? Ils ne comprenaient pas ce que le Rabbi demandait, l’avion venait de décoller.
Quelques instants plus tard, la nouvelle est arrivée au 770 que l’un des moteurs de l’avion avait pris feu en plein vol, et qu’ils avaient pu retourner à New-York, sains et saufs.
Le Rabbi leur donna des instructions, en autres de réciter un maamar de Hassidout à l’aéroport, ils purent ainsi repartir le lendemain matin.
Ceci est la fameuse histoire du charter. Mais moins connue est la partie qui se cache derrière cette histoire. Mes parents Rav Chmouel et Bassie Azimov faisaient partie de ce voyage auquel ils s’étaient joints lors de son escale parisienne.
Le jour du départ, avant même que soit programmé le vol de retour, mes parents rendirent visite à la Rebbetsen, avec mon frère Mendel, bébé à cette époque, et mon grand-père Rav Bentzion Chemtov.
Durant leur conversation, la Rebbetzen demanda : ‘’Quand partez-vous ? ‘’ Mon père répondit :’’ce soir.’’
La Rebbetzen demanda encore, à deux reprises :’’Quand partez-vous ? Mon père répondit : ‘’ce soir’’.
Quand ils se séparèrent, mon père discuta avec son beau-père, Rav Bentsion Chemtov, et tous deux comprirent qu’il y aurait un problème avec ce voyage, peut-être devraient-ils y renoncer ?
Finalement, ils décidèrent de prendre ce vol et c’est là que le moteur prit feu.
Il y a plusieurs messages que l’on peut tirer de cette histoire. Le premier est évidemment le roua’h hakodech de la Rebbetzen. Mais à un niveau différent, peut-être plus profond, c’est une leçon sur la manière d’être un Hassid. Beaucoup, présents devant une telle situation auraient haussé les épaules, s’étonnant qu’elle ait posé la question trois fois. Qui aurait pu dire que cela avait une signification ?
Mais des Hassidim plus engagés savaient qu’il y avait là un sens plus profond.
Après le déroulement de l’histoire, le roua’h hakodech se révéla de manière flagrante, peu de temps après.
C’est ainsi que mon père nous racontait cette histoire, pour illustrer la façon dont on doit prendre en compte un mot de la Rebbetzen.
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Lors d’une visite chez la Rebbetzen, mes parents remarquèrent un certain cadeau que quelqu’un avait offert.
A leur départ, la Rebbetzen les accompagna à la porte et ma mère la complimenta sur le cadeau.
La Rebbetzen répondit :
’’ ce ne sont pas des cadeaux comme ceux-là dont nous avons besoin.’’
Ma mère saisit l’opportunité de demander :
’’ Quels sont les cadeaux qui pourraient satisfaire le Rabbi et la Rebbetzen ?’’
La Rebbetzen répondit : ‘
’un cours pour les jeunes, c’est cela qui nous procure de la satisfaction.’’
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Roch Hodech Kislev 5748 (1987) fut un moment de grande joie pour Loubavitch. Le procès des livres était définitivement terminé et ma famille, comme de nombreux Hassidim du monde entier, vinrent célébrer ce moment, avec le Rabbi.
Quand les livres arrivèrent, lundi 2 Kislev, ma mère se rendit immédiatement à une cabine téléphonique pour appeler la Rebbetzen et lui souhaiter Mazal Tov.
La Rebbetzen lui demanda immédiatement :
’’Qui est ici (de la famille) ? »
Ma mère lui dit que toute la famille était là et que même ma soeur Esthy avait voyagé de Paris.
La Rebbetzen lui dit :
’’ Vous pouvez venir demain.’’
C’était là quelque chose de très spécial, car nous n’avions jamais rendu visite, la famille au complet.
Du fait que la Rebbetzen avait demandé que chacun vienne, ma mère comprit que cela concernait la famille élargie, et Rav Nachman Sudak et son épouse (la soeur et le beau-frère de ma mère) vinrent donc avec nous.
Durant cette visite, mon père et Rav Sudak firent un compte-rendu de leurs activités, et la Rebbetzen parla peu à l’exception de quelques mots de temps en temps.
A un moment, elle dit :
‘’Vous devez savoir que nous sommes contents de vous.’’
Plus d’une fois lors de la conversation, la Rebbetzen remarqua :
’’Maintenant une nouvelle ère commence.’’
Quelques mois plus tard, ce fut ‘Haf Beth Chevat…
Article publié sans une brochure en souvenir du mariage de Tsion Tsemach & ‘Haya Mouchka Mimoun
♦ Avant le mariage de la Rabbanit, son père, le précédent Rabbi de Loubavitch, Rabbi Yossef Its’hak l’envoya plusieurs fois à la Yechiva Novardok qui fonctionnait clandestinement à Rostov, afin d’y apporter de la nourriture cachère et des bougies. C’était juste après la Révolution d’Octobre, quand de féroces combats déchiraient la population civile et que les gens étaient abattus dans les rues sans autre forme de procès. Confiante dans la nécessité absolue de ravitailler des jeunes gens désireux d’étudier la Torah, la Rabbanit ‘Haya Mouchka n’hésita pas à mettre sa vie en danger et à acheminer la nourriture et les bougies à cette Yechiva.
♦ Après son mariage (en 1927), la Rabbanit s’installa avec le Rabbi à Berlin où il poursuivait ses études. Avec l’ascension des Nazis au pouvoir, tous deux s’enfuirent en France. Le frère du Rabbi, Rabbi Israël Arié Leib vivait également en France à cette époque et désirait s’établir en Terre Sainte, en Erets Israël qu’on appelait la Palestine. Pour cela, il avait besoin de certificats que seul le gouvernement allemand pouvait lui procurer. Le Rabbi voulut d’abord se rendre en Allemagne pour son frère mais sachant que les Nazis emprisonnaient à tour de bras tous les rabbins et notables juifs importants, la Rabbanit proposa de s’y rendre elle-même. Cela signifiait se jeter dans la gueule du lion mais elle n’hésita pas.
Quand elle arriva en Allemagne, les officiers nazis lui demandèrent de décliner son identité et celle des membres de sa famille. Quelle ne fut pas leur surprise quand elle déclara s’appeler Schneersohn, que son père aussi s’appelait Schneersohn (de fait, elle était une lointaine cousine de son mari) et même le nom de jeune fille de sa mère était Schneersohn. On la soupçonna de mentir (or, bien plus tard, la Rabbanit remarquait qu’elle n’avait jamais dit quelque chose qui ne soit pas vrai…). Les officiers nazis enregistrèrent sa déposition dans leurs dossiers tout en promettant que, dès qu’ils prendraient Paris (!), ils se mettraient à sa recherche ! Mais malgré leurs soupçons, elle réussit à obtenir les précieux documents…
♦ Après la Histalkout (le décès) de son père, Rabbi Yossef Its’hak, ce fut elle qui persuada le Rabbi son époux de prendre sa succession, sachant fort bien ce que cela impliquerait pour elle. Elle restait éveillée jusqu’à ce que le Rabbi rentre, le soir, tard, à la maison. Et elle se levait tôt le matin pour prendre avec lui une tasse de café. Par tous les moyens possibles, elle assurait au Rabbi un maximum de sérénité, en évitant de lui causer souci et peine.
♦ Quand elle faisait des courses, elle demandait à son secrétaire de l’emmener dans un centre commercial où personne ne la reconnaîtrait. C’est ainsi qu’un jour, elle se rendit dans un certain magasin pour acheter un manteau : or la Rabbanit de Satmar s’y trouvait justement elle aussi ! La dame accompagnant la Rabbanit de Satmar reconnut la Rabbanit ‘Haya Mouchka et en informa à voix basse la Rabbanit de Satmar. Aussitôt, celle-ci se précipita à la rencontre de l’illustre cliente, lui serra chaleureusement la main et entama avec elle une conversation animée et cordiale.
En quittant le magasin, la Rabbanit ‘Haya Mouchka déclara qu’elle ne se rendrait plus dans ce magasin où elle était maintenant reconnue.
Une autre fois elle affirma : « Je ne peux pas faire mes courses dans des magasins où on me connaît parce que les gens se croiraient obligés de m’accorder une attention particulière, ce que je ne souhaite absolument pas ! »
De fait, nombreux étaient les gens qui habitaient durant des années dans son quartier et qui ne l’avaient jamais vue. Nombreux sont ceux qui n’ont connu son visage qu’après son départ de ce monde, quand on publia de rares photos d’elle.
Telle était la Rabbanit ‘Haya Mouchka : l’exemple même de la dignité, de l’humilité et de la royauté véritable.
Malka Schwartz – N’shei Chabad Newsletter
♦ Un jour, la Rabbanit tomba et se brisa une côte. Elle aurait dû être opérée immédiatement mais cela n’était pas possible, à cause d’un autre problème de santé. Hospitalisée, elle souffrait énormément et était très pâle. J’organisais pour elle un roulement de trois infirmières privées qui s’occupaient uniquement d’elle, huit heures par jour.
A la fin du jeûne du 9 Av, nous avons appris que le Rabbi allait se rendre à l’hôpital. Je dois préciser que, durant toutes ses hospitalisations, je n’ai jamais pénétré dans la chambre de la Rabbanit afin de respecter son besoin d’intimité. Je restais dans le couloir afin d’être disponible pour les infirmières.
Après avoir entendu que le Rabbi allait arriver, je vis l’infirmière sortir bouleversée de la chambre. Des larmes coulaient même sur ses joues tandis qu’elle m’expliqua : « Jamais je n’ai vu une femme aussi extraordinaire. Quand elle a appris que son mari – le Rabbi – allait arriver, elle m’a demandé de l’aider à mieux s’habiller et à se maquiller afin de masquer sa pâleur et ne pas lui causer de peine ! »
Même après qu’elle eut quitté l’hôpital, nous avons continué avec des infirmières privées qui se succédaient à son chevet toutes les huit heures. Ceci dura environ un an. C’est moi qui m’occupais de tout et je demandai à la présidente de cet organisme privé de ne proposer que des infirmières particulièrement courtoises et discrètes.
♦ Je dois préciser que jamais la Rabbanit ne m’avait demandé quoi que ce soit. Elle ne supportait pas d’importuner les autres bien que tous se seraient fait une joie et un honneur de lui rendre service.
Cependant un dimanche particulièrement froid et pluvieux, elle me téléphona : « J’ai un très grand service à te demander, s’excusa-t-elle, mais il m’est pénible de te déranger ! »
– Rabbanit, m’empressais-je d’affirmer, c’est avec joie que je ferai pour vous tout mon possible ! C’est un grand privilège !
– Voilà ! Je me sens beaucoup mieux mais il est déjà huit heures vingt et l’infirmière suivante n’est pas encore arrivée. En ce qui me concerne, cela ne me dérange pas mais mon mari refuse de quitter la maison pour se rendre au « 770 » tant que je serai seule. Pourrais-tu téléphoner au bureau des infirmières pour t’informer de la raison de ce retard ?
Tout en l’écoutant, je me disais qu’à l’étage, le Rabbi disposait d’une pièce dans laquelle il pouvait travailler, avec des dizaines, des centaines de livres à sa disposition. Mais la Rabbanit savait que du travail important l’attendait au « 770 », qu’il avait peut-être besoin de ses secrétaires, que des gens cherchaient probablement à lui parler… Pour éviter de faire perdre son temps au Rabbi, la Rabbanit avait fait une entorse à ses principes et, contrairement à son habitude, elle m’avait demandé un service…
Bien sûr, j’ai immédiatement téléphoné à la compagnie afin d’obtenir qu’une infirmière se déplace dans les plus brefs délais : nous lui avons payé le taxi et l’avons généreusement rémunérée afin de rassurer le Rabbi et la Rabbanit.
♦ Un jour, un docteur arriva de Floride et sonna à la porte de la maison du Rabbi. Il apportait une corbeille de fruits et de fleurs pour le Rabbi, de son propre jardin.
Une femme lui ouvrit. Il lui tendit le panier en précisant : « C’est un panier pour le Rabbi en l’honneur de la fête de Pourim de la part de Docteur P. ». La femme le remercia et, pensant que c’était un livreur, partit chercher un billet de cinq dollars pour lui donner un pourboire.
– Non ! Je suis moi-même le Docteur P. et je n’ai pas besoin de pourboire ! s’écria-t-il.
– Alors venez ! Entrez !
– Qui êtes-vous ? demanda-t-il, curieux.
– Je suis la personne qui s’occupe de la maison, répondit-elle ; par ailleurs, je suis aussi la cousine du Rabbi.
Le Docteur se dit que c’était vraiment une très bonne idée que le Rabbi et la Rabbanit disposent d’une aide aussi agréable et d’aussi noble caractère, sans doute une femme d’origine russe à en juger par son accent…
Il lui raconta qu’il possédait un très beau jardin derrière sa maison et qu’il aurait tant voulu inviter le Rabbi et la Rabbanit chez lui. Ils jouiraient de tout le confort et d’une discrétion parfaite puisque le jardin était entouré d’arbres très serrés. De plus, en Floride, il fait chaud même en hiver etc… « Pourriez-vous transmettre cette proposition au Rabbi et à la Rabbanit ? »
Elle répondit avec beaucoup de naturel : « Je transmettrai vos paroles exactement. »
Ce docteur sortit, émerveillé : « Quelle femme remarquable. Quelle bénédiction que le Rabbi et la Rabbanit aient à leur disposition une femme aussi distinguée ! »
Il en parla à ses amis, les ‘Hassidim. Ceux-ci, suspicieux, l’écoutèrent et lui demandèrent plus de détails. Finalement l’un d’eux remarqua : « Ce devait être la Rabbanit elle-même ! »
– Pourquoi ne me l’a-t-elle pas dit ? protesta le Docteur P. Puis il réfléchit : « Elle m’a dit qu’elle s’occupe de la maison, et c’est vrai ; qu’elle était la cousine du Rabbi et c’est vrai aussi… »
♦ Nous ne connaissons pas grand-chose de la Rabbanit ‘Haya Mouchka Schneerson, la défunte épouse du Rabbi de Loubavitch. Elle tenait par dessus tout à ne pas se faire remarquer : quand elle allait au 770 Eastern Parkway, le quartier général du mouvement Loubavitch à Brooklyn, pour rendre visite à sa mère et sa sœur, elle veillait à ce que ce soit un moment où nul ne se trouvait alentour.
Pour elle, la discrétion était innée. C’est le propre de la fondation d’une maison : peu importe les apparences (d’ailleurs on ne les voit pas) mais sur elle repose tout le bâtiment…
♦ En 1950, à la mort du précédent Rabbi de Loubavitch, les ‘Hassidim supplièrent Rabbi Mena’hem Mendel Schneerson, son gendre, de lui succéder. Mais il refusa de prendre la tête du mouvement. Ce fut son épouse, la Rabbanit ‘Haya Mouchka qui le persuada d’accepter cette charge écrasante quand elle déclara : « Je ne peux permettre au sacrifice personnel de mon père durant trente ans de s’arrêter ainsi ! » Elle savait mieux que quiconque ce que cela signifiait pour sa vie privée mais elle fit don de son mari et de sa propre vie au peuple juif.
♦ La Rabbanit se rendait souvent dans une bibliothèque à Manhattan. Un jour, alors qu’elle présentait sa carte de membre, l’employée remarqua son nom et lui demanda :
– Êtes-vous de la famille du célèbre Rabbi, à Brooklyn ? »
– Oui.
– De quelle façon ? insista la jeune femme.
– C’est mon mari, avoua la Rabbanit.
L’employée se mit alors à se plaindre du Rabbi. Elle expliqua que, mariée depuis plusieurs années, elle n’avait pas d’enfant : « Sur le conseil de mes amis, j’ai fait l’effort d’aller voir le Rabbi ; il m’a bénie et m’a conseillé de m’engager à accomplir une Mitsva supplémentaire. En effet, me dit-il, la bénédiction agit comme la pluie qui peut rendre fertile un champ préparé et labouré. Je m’engageai à allumer les bougies de Chabbat le vendredi soir. Cela fait deux ans et nous n’avons toujours pas d’enfant !
La Rabbanit tenta de la calmer : « Moi non plus… »
Mais la bibliothécaire éclata en sanglots : « Je suis désolée pour vous mais moi, je suis une rescapée de la Shoa. J’ai survécu aux camps d’extermination et je suis la seule survivante de toute ma famille. C’est pourquoi il est si important pour moi d’avoir des enfants, afin que notre famille ne soit pas effacée ! »
La Rabbanit demanda : « Qu’est-ce que mon mari vous a dit, exactement ? »
– Il m’a dit d’allumer les bougies de Chabbat !
– C’est bien ce que vous faites ?
– Mais oui !
– Et comment le faites-vous ? continua la Rabbanit.
– Chaque vendredi, quand mon mari revient du travail, j’allume les bougies vers 19h ou 20h.
Patiemment, la Rabbanit expliqua qu’il fallait allumer les bougies avant le coucher du soleil, en accord avec les horaires imprimés sur les calendriers hébraïques.
La bibliothécaire avait écouté attentivement : elle s’engagea à allumer les bougies à l’heure voulue.
Dix mois plus tard, elle serrait son fils dans ses bras… Elle garda contact avec la Rabbanit et lui rendit même visite plusieurs fois.
♦ Un jeune couple de Chlou’him (émissaires du Rabbi) eut le privilège de rendre visite à la Rabbanit avant son mariage.
Elle demanda au fiancé : « Êtes-vous le petit-fils du ‘Hassid, Reb… ? »
Il répondit par l’affirmative. Elle hocha la tête, joyeusement : « Dans ce cas, je suis sûre que vos enfants parleront le yiddish ! »
De nombreuses années passèrent. Le jeune couple n’avait toujours pas d’enfants mais ne désespérait pas : « Nous n’étions pas inquiets puisque la Rabbanit nous avait dit de parler yiddish à nos enfants : pour cela, il fallait bien que nous ayons des enfants ! Et nous étions sûrs que nous aurions plus qu’un enfant puisqu’elle avait parlé au pluriel : « Vos enfants ». Pas un instant nous n’avons perdu espoir puisque nous avions la bénédiction de la Rabbanit ! »
Après 14 ans de mariage, ce couple de Chlou’him mit au monde des jumeaux, un garçon et une fille. Ils les nommèrent Mena’hem Mendel et ‘Haya Mouchka.

A droite, la Rabbanit Haya Mouchka
La Rabbanit ‘Haya Mouchka, fille de l’Admour Haémtsahi et épouse du Tséma’h Tsédek, quitta ce monde, à la veille du vendredi de la Parchat Vaygach, à l’âge de soixante-et-onze ans. Elle est enterrée à Loubavitch, près de la Rabbanit Sternah, épouse de l’Admour Hazaken et de la Rabbanit Cheïna, épouse de l’Admour Haémtsahi.
Quand elle quitta ce monde, le Tséma’h Tsédek déclara : «Le monde est devenu obscur pour moi». Il devint, par la suite, particulièrement amer. (Séfer Ha Si’hot été 5700, à la page 95)
Après le décès de son épouse, le Tséma’h Tsédek cessa d’accorder des audiences privées à ceux qui le consultaient. Il expliqua : «Désormais, je n’ai plus de conseil à donner».
Ceux qui entraient dans son bureau étaient très peu nombreux. Pour la plupart, les ‘Hassidim lui transmettaient leurs questions, par écrit, par l’intermédiaire de ses secrétaires et c’est à eux qu’il confiait sa brève réponse, oralement ou par écrit.
De même, la ‘Hassidout qu’il commentait, en ces années-là, était difficile à entendre et à comprendre, du fait de sa faiblesse. Aussi confiait-il son manuscrit, à la veille du saint Chabbat, aux invités qui venaient lui rendre visite, afin qu’ils le consultent, pendant la nuit. Puis, le lendemain, il prononçait ce discours en public et il leur était alors plus aisé de le comprendre. (Beth Rabbi, à la page 238)
Après le décès de son épouse, le Tséma’h Tsédek dit à ses enfants : «Jusqu’à maintenant, vous avez eu une mère ici, dans ce monde. Désormais, vous avez une mère dans le Gan Eden. Mais, quant à moi, elle me manque». (Le Chema Ozen, à la page 67)
En ce jour, Rabbi Na’houm Douber, fils de Rabbi Yossef Its’hak d’Avroutch et petit-fils du Tséma’h Tsédek, quitta ce monde.
Après le décès deRabbi Yossef Its’hak d’Avroutch, Rabbi Na’houm Douber lui succéda, à Avroutch.
Le Rabbi Rachab dit : «Rav Na’houm Douber était humble et il avait le cœur brisé, de la façon la plus sincère». (Séfer Ha Si’hot été 5700, à la page 151)
Pendant les derniers mois de sa vie dans ce monde, Rabbi Na’houm Douber contracta une maladie et il se rendit à Kiev, où il subit une intervention chirurgicale, mais, quelques jours plus tard, il quitta ce monde. Il est enterré à Kiev.
Le 11 Nissan 5742-1982
Le 11 Nissan 1982, le Rabbi fêtait ses 80 ans. Alors, bien sûr, ses Hassidim voulaient venir à New York pour célébrer cet événement et assister au Farbrenguen que le Rabbi organisait en cette occasion.
Le problème était que tout le monde voulait venir, mais que tout le monde ne pouvait pas.
Certains Hassidim avaient même écrit au Rabbi pour lui dire à quel point ils se sentaient mal de ne pas pouvoir venir, soit parce qu’ils ne pouvaient pas payer le billet, soit parce que Pessah avait lieu quelques jours plus tard.
Ainsi, quelques semaines à l’avance, le Rabbi avait annoncé que personne ne devait faire de voyage uniquement pour son anniversaire.
De telles restrictions n’étaient pas nouvelles. En général, le Rabbi ne donnait la permission à ses émissaires à l’étranger, comme mes parents qui étaient les émissaires du Rabbi en France, de lui rendre visite que tous les deux ans. Pour voyager plus d’une fois en deux ans, il fallait une raison spéciale.
Heureusement, cette année, nous avions une bonne raison de voyager : ma Bar Mitsva devait avoir lieu le 12 Nissan, le lendemain de l’anniversaire du Rabbi, pas à Paris, mais chez le Rabbi.
Donc, mes parents et les Hassidim du groupe, avaient une bonne raison de se rendre à New York.
Ce fut une expérience incroyable. Le dimanche soir, le Rabbi organisa un Farbrenguen qui dura très tard dans la nuit.
À la fin du Farbrenguen, le Rabbi annonça qu’il voulait remercier tout le monde d’être venu et qu’il allait personnellement distribuer un exemplaire du Tanya, à toutes les personnes présentes. La distribution se termina à six heures du matin.
Après cela, eut lieu une Kiriat Hatorah avec le Rabbi dans la petite Shoul et j’ai été appelé à monter à la Torah pour la première fois.
Puis, mon père organisa un Farbrenguen dans la petite Shoul, en l’honneur de ma Bar Mitsva.
Avant de rentrer à Paris, ma famille rendit visite à la Rabbanit Haya Mouchka. Ma mère avait une relation étroite avec elle, et elle était parfois invitée lorsque nous étions à New York. Cette année-là, je reçus une bénédiction de la Rabbanit pour ma Bar Mitsva.
Le sujet de l’interdiction de voyager à l’occasion de l’anniversaire du Rabbi avait été abordé dans notre discussion avec la Rabbanit. « Zalman Jaffe était aussi là », avait-t-elle remarqué, faisant référence à un Hassid de Manchester qui avait également décidé de venir pour fêter l’anniversaire du Rabbi, malgré les objections du Rabbi et n’était pas sûr d’avoir fait le bon choix. La Rabbanit l’avait cependant rassuré : « Les bons amis », nous avait-elle répété, « n’étaient pas inclus dans la règle ».
Nous avons donc compris que nous avions fait le bon choix : celui qui n’était pas venu à New York pour l’anniversaire n’était pas venu, mais celui qui était venu pouvait être considéré comme un « bon ami » du Rabbi et de la Rabbanit.
Un « bon ami » sait qu’il doit d’être présent pour une occasion heureuse, mais il sait aussi qu’il doit apporter son soutien dans les moments difficiles, comme ce fut le cas quelques années plus tard, en 1986, ce fut une année très difficile pour la communauté Loubavitch (Le procès des livres).
Le 5 Tevet 5747-1986
La saga entourait la bibliothèque du Rabbi. Elle avait appartenu au précédent Rabbi, qui possédait une vaste collection de livres saints et de manuscrits qui, après son décès, devenait la possession du Rabbi. En 1985, on avait découvert que des livres commençaient à disparaître de la bibliothèque et que le neveu du Rabbi les avait volés. Il avait fini par contester le fait que la collection était la propriété du Rabbi et, dans un sens plus profond, il avait contesté le Rabbi lui-même.
Ce conflit avait fini par être porté devant les tribunaux. Le Rabbi avait pris toute cette affaire très à cœur. Cela s’était manifesté notamment par la fréquence à laquelle le Rabbi se rendait au Ohel, le lieu de repos du précédent Rabbi.
En temps normal, le Rabbi se rendait au Ohel deux fois par mois, en plus de quelques autres occasions spéciales. Il était donc très surprenant qu’après le début du procès, il s’y rendait tous les jours.
L’importance de ces visites ne peut être sous-estimée. Le Ohel est un lieu de grande sainteté, le lieu de sépulture non seulement du beau-père du Rabbi, mais aussi de son Rabbi.
Par conséquent, il investissait beaucoup d’énergie chaque fois qu’il s’y rendait. Il s’immergeait d’abord dans les eaux d’un Mikvé, puis se rendait au cimetière du Queens où se trouve le Ohel. Il y passait de nombreuses heures, debout tout le temps, avant de retourner au 770 pour les prières, souvent tard dans la soirée. Il faut savoir que le Rabbi jeûnait les jours où il se rendait au Ohel et qu’il ne mangeait quelque chose qu’après les prières du soir. Et le lendemain matin, il se rendait à nouveau au Ohel, encore et encore.
Pour les Hasidim, il était difficile de voir tout cela. Nous étions inquiets pour la santé du Rabbi et voulions le soutenir dans cette lutte spirituelle. Nous avons donc essayé de faire tout ce que nous pouvions pour lui faciliter la vie et le rendre plus heureux.
À l’époque, j’étais étudiant à la Yéchiva Loubavitch de Londres. Chaque jour du procès, nous nous levions une heure et demie plus tôt pour réciter le livre entier des Psaumes. Nous prenions sur nous d’étudier davantage la Torah, en particulier les enseignements du Rabbi, ainsi que d’autres activités supplémentaires. Nous espérions apporter au Rabbi, un peu de réconfort et de joie.
A cette époque, mon père, Rav Shmuel Azimov, a voyagé à New York pendant quelques jours au cours de l’hiver 1986. Il était là pour le début du procès et l’avait trouvé très pénible.
« Ce ne sont pas seulement les Hassidim qui sont assis devant le juge », s’exclamait-il. « C’est le Rabbi qui a été traîné au tribunal ! »
L’idée que le Rabbi soit contesté devant un tribunal avait profondément bouleversé mon père. Lorsqu’il était rentré à Paris, il avait décidé de faire quelque chose pour soulager la douleur du Rabbi.
Un samedi soir à Paris, mon père avait invité tous les Hassidim à une grande réunion. Lors de cet énorme rassemblement, il avait demandé à chacun de s’engager à faire plus pour les campagnes des Mitsvot du Rabbi : aider plus de gens à mettre les Tefilines, à apposer une Mezouza sur leur porte, à allumer la Ménorah de Hanoucca, et d’autres activités de sensibilisation.
Plus tard ce soir-là, mon père avait écrit un compte rendu complet sur l’événement. Le nom de chaque personne qui y avait participé, ainsi que les résolutions qu’elle avait prises. Puis il l’avait envoyé au Rabbi, par fax.
Le lendemain, c’était dimanche. Comme il le faisait toujours avant de se rendre au Ohel, le Rabbi était allé s’immerger dans le Mikvé, puis était revenu au 770, d’où il s’était rendu au Ohel dans le Queens. Mais avant cela, le secrétaire du Rabbi, Rav Binyamin Klein, avait remis le rapport de mon père au Rabbi. Le Rabbi avait lu le rapport attentivement, puis s’était tourné vers le Rav Klein : « Aujourd’hui, je n’ai pas besoin d’aller au Ohel ! »
Il n’avait pas donné d’explications, mais tout ce que nous savons, c’est qu’il y eut un changement soudain de plan et qu’il était resté à Crown Heights ce jour-là.
À la surprise générale, la prière de Min’ha eut lieu à l’heure habituelle. Il y avait là une grande leçon à tirer : lorsque nous ajoutons de bonnes actions et prenons de bonnes résolutions à Paris, cela peut faire la différence à New York !
Plus tard, mon père avait rappelé cette idée à de nombreuses reprises pour illustrer tout ce que nous pouvons faire pour aider le Rabbi dans son travail et pour rapprocher la venue du Machia’h.
Le Rabbi écrit que le jour de la Hilloula d’un Tsadik, ce dernier prie pour tout le peuple juif.
A cette occasion, il est coutume de mentionner le prénom et le prénom de la mère de chaque membre de la famille sur la tombe du Tsadik.
Le Rabbi avait fixé un certain nombre de coutumes à respecter à l’occasion de la Hilloula du Rabbi précédent. Ce sont ces mêmes coutumes qui ont été reprises pour le 3 Tamouz. En voici quelques-unes :
Le “Ohel” est le lieu où le Rabbi de Loubavitch, Rabbi Mena’hem Mendel Schneerson, repose depuis le 3 Tamouz 5754 (le 12 Juin 1994), à côté de son beau-père, le sixième Rabbi de Loubavitch, Rabbi Yossef Yts’hak Schneersohn.
Le terme “Ohel” (littéralement: “tente”) désigne la structure édifiée au-dessus du tombeau d’un Tsadik, d’un Juste.
Le Rabbi a toujours été à l’écoute de chacun, quels qu’aient été son degré d’éducation ou de pratique religieuses.
Ceux qui ont approché le Rabbi savent l’extrême attention qu’il portait à chaque situation. Ils ont trouvé un puissant réconfort dans ses conseils et ses bénédictions.
Aujourd’hui, rien n’a changé : des milliers d’hommes et de femmes se rendent au Ohel ou écrivent au Rabbi pour le prier d’intercéder en leur faveur auprès du Tout-Puissant. Elles en ressentent une inspiration et une vitalité renouvelées.
A défaut de se rendre personnellement au Ohel, on peut lui écrire des lettres, des fax ou des mails.
“Un Tsaddik, un Juste, qui quitte ce monde n’en disparaît pas. Il s’y trouve avec une intensité encore plus grande”, nous enseigne le Zohar. Le 3 Tamouz, jour où le Rabbi quitta matériellement ce monde, cette phrase, immanquablement, résonne dans l’esprit et dans l’âme de chacun.
Par conséquent, avec le déroulement du temps, chacun constate à quel point la présence du Rabbi semble être encore plus sensible avec les années. Par ses enseignements, par les actions croissantes qu’il suscite aux quatre coins du monde, le Rabbi continue de guider. Il conduit, vivifie des centaines de milliers de personnes, diverses tant par leur origine que par leur mode de vie, leurs opinions ou leur situation géographique.
Le Rabbi recevait des centaines de lettres chaque jour. Des gens de tous les milieux lui écrivaient, quels qu’aient été leur origine sociale, leur âge, leur niveau de pratique religieuse, leur lieu de résidence.
Aujourd’hui encore, des milliers de personnes continuent d’écrire au Rabbi pour solliciter ses bénédictions et ses conseils.



Même s’il ne succéda officiellement à son beau-père qu’un an après son décès, le Rabbi, dès le 10 Chevat 5710-1950,devint, pour tous les ‘Hassidism, celui que l’on consultait pour poser une question ou solliciter une bénédiction
Le monde était alors si différent. Malgré les bouleversements de l’après-guerre, le temps paraissait plus lent. Les Juifs étaient enfermés dans leur indicible douleur, survivants, étrangers à la vie.
Les ‘Hassidim regardaient cependant vers New-York. Là-bas était le plus ferme espoir, la permanence. Mais New York, en ce temps-là, était si loin, un mythe plus qu’une ville réelle pour les autres habitants de la vieille Europe.
le Rabbi, comme un miraculeux surgissement, comme un jaillissement prodigieux d’énergie, donne une autre dimension au temps. Tout va désormais plus vite. Tout est urgence.
D’abord sont renforcées les institutions laissées par le Rabbi précédent. Très vite, une nouvelle dimension apparaît. « Oufaratsta » (« et tu te répandras »): les mots de la promesse faite à Yaakov (Genèse 28. 14) guident l’action. L’enseignement de la ‘Hassidout s’étend au plus loin de ses sources.
Et bientôt naissent les premiers « Beth ‘Habad » qu’on trouvera, vingt ans plus tard, jusque dans les contrées les plus reculées. Puis viennent les différentes campagnes, celle des Téfilines, celle des bougies de Chabbat…
Agir, agir toujours, rendre les Juifs à eux-mêmes, changer quelque chose de ce monde. Le temps tout entier s’accélère. Alors l’horizon rétrécit, les distances se font plus courtes. Les immenses réseaux de communication de la nouvelle modernité, avions à réactions, téléphones automatiques, fax, satellites s’entrecroisent à New-York et là, 770 Eastem Parkway Brooklyn, trouvent leur sens véritable. C’est un peuple innombrable qui peut, à présent, voir le Rabbi, l’entendre, lui parler.
Celui qui a eu le privilège de se rendre la-bas, à Brooklyn, se souvient en son cœur. Lui revient alors l’image du Rabbi dirigeant un chant d’un puissant mouvement du bras. L’histoire alors semble toute entière en mouvement comme lorsque furent pressentis les grands effondrements de l’Est et la libération des Juifs de la nuit soviétique.
Le Rabbi nous a aussi enseigné le mouvement, et même la vitesse. Non pas celle, vaine, qui n’a de sens qu’elle-même et irréaliste le monde, mais la vitesse comme mise en actes, d’une pensée de l’urgence, celle de l’ultime libération. Cette ligne d’arrivée là, bien que proche, n’est pas encore atteinte: plus que jamais, le Rabbi nous demande aujourd’hui de courir à sa rencontre.
Ce Youd Teth Kislev, les communautés Loubavitch du monde entier s’uniront en regardant et en apprenant une si’ha spéciale du Rabbi.
Youd Teth Kislev marque le jour où l’amour Hazaken a été libéré de prison. Ce fut un moment décisif dans l’histoire de ‘Habad et a servi d’élan pour la diffusion de la ‘Hassidout à travers le monde.
Dans une si’ha du Farbrengen de Youd Teth Kislev 5742 (1981), le Rabbi a abordé le thème de la lettre de l’Admour Hazaken qu’il a écrit après sa libération.
Dans la lettre, l’Admour Hazaken s’est concentré sur le thème de la paix. Pourquoi n’a-t-il pas choisi de mettre l’accent sur le sacrifice de soi pour la Torah et le judaïsme?
Dans ce discours de grande envergure sur l’anniversaire de la libération de l’Admour Hazaken en 1981, le Rabbi identifie la meilleure façon d’accomplir notre mission donné par D…
fr.chabad.org / par Yerachmiel Tilles
Reb Pin’has Reizes était un hassid du deuxième Rabbi de ‘Habad-Loubavitch, Rabbi DovBer (connu en Yiddish sous le surnom de « Mitteler Rebbe », en hébreu « l’Admour HaEmtsayi », ce qui en français signifie « le Rabbi Intermédiaire »). Lorsque Reb Pin’has décéda, son seul héritier était un neveu, qui malheureusement était un parfait gredin.
Parmi les objets qui entrèrent en possession du neveu se trouvait une lettre écrite par le Rabbi à son oncle, demandant à Reb Pin’has de siéger dans un comité spécial qui devait allouer des fonds à des causes charitables. La somme citée dans la lettre était de 4000 roubles.
Le neveu vit cela comme une occasion en or de faire chanter le Rabbi. Si le Rabbi ne lui donnait pas d’argent, menaça-t-il, il irait dire aux autorités que Rabbi Dovber collectait des fonds à des fins clandestines et illégales. Mais le Rabbi ne se laissa pas intimider. « Vous n’obtiendrez pas un sou de moi, lui dit-il. Faites ce que vous voulez, car je n’ai rien fait de mal et je n’ai pas peur de vos calomnies. »
Rendu furieux par la réponse du Rabbi, le neveu mit sa menace à exécution. Avec l’aide de quelques associés peu recommandables, il modifia la lettre originale de manière à faire apparaître que le Rabbi disposait de 104 000 roubles au lieu de 4000, une véritable fortune en ce temps-là. Le Rabbi fut alors accusé de diverses activités criminelles, comme d’essayer de soudoyer le sultan turc, et il fut également allégué que la salle d’étude du Rabbi avait été construite selon les mesures exactes du Temple de Jérusalem, ce qui était supposé révéler ses prétentions au trône.
Le samedi soir 28 Tichri 5587 (1826), des enquêteurs se présentèrent à la maison de Rabbi Dovber. Ils menèrent une perquisition approfondie des lieux. Ils firent un inventaire détaillé de tous les documents écrits et de tout ce qu’ils considéraient comme suspect. Au même moment, un groupe distinct d’enquêteurs s’affairaient à mesurer la salle d’étude du Rabbi. Les ‘hassidim perplexes ne parvenaient pas à comprendre ce qu’ils essayaient de trouver.
Pendant ce temps ; une grande foule s’était rassemblée devant la maison du Rabbi, et chacun pouvait entendre les supplications que la famille en larmes du Rabbi adressait aux policiers. Le seul qui semblait prendre les choses avec sérénité était Rabbi DovBer. Comme si rien d’inhabituel n’était en train de se passer, il se retira dans sa chambre pour écrire un discours ‘hassidique. Un peu plus tard, il annonça qu’il recevrait les gens en audience privée, ce qu’il fit.
Le lendemain matin, le Rabbi reçut l’ordre de suivre les policiers à leur quartier général à Vitebsk. La nouvelle de l’arrestation du Rabbi se répandit rapidement et dans chaque ville et village le long du chemin, des centaines de Juifs sortirent pour le saluer. Grâce aux efforts de plusieurs Juifs influents, il fut convenu que le long voyage se ferait en plusieurs étapes, avec de nombreux arrêts pour permettre au Rabbi de se reposer.
Quand l’attelage parvint à Dobromysl, le Rabbi demanda à être autorisé à prier l’office de l’après-midi dans la synagogue locale. Ensuite, à la surprise générale, il prononça un discours ‘hassidique sur le verset du Cantique des Cantiques « Les eaux nombreuses ne peuvent éteindre l’amour ». L’allusion à sa situation présente était claire.
Le Rabbi fut ensuite emprisonné dans la ville de Vitebsk et placé sous haute sécurité. Quelque temps plus tard, on apprit que le chef d’accusation retenu contre lui était la rébellion contre le gouvernement.
Le Rabbi demeura en prison pendant un mois et dix jours, mais depuis le début, il lui fut accordé certains privilèges. Trois personnes furent autorisées à rester avec lui et, trois fois par jour, vingt Juifs étaient autorisés à entrer dans sa chambre pour prier avec lui. Il fut également permis au Rabbi de prononcer un discours ‘hassidique deux fois par semaine devant une cinquantaine de personnes, après que son médecin ait témoigné que c’était vital pour sa santé.
Dans l’intervalle, des efforts pour obtenir la libération du Rabbi étaient entrepris en coulisse. Plusieurs responsables gouvernementaux de haut rang qui avaient entendu parler du Rabbi et le tenaient en grande estime tentèrent d’exercer leur influence. Le Rabbi fut interrogé à de nombreuses reprises, au cours desquelles il prouva non seulement que ses liens avec le sultan turc étaient complètement inventés, mais aussi que ses vues sur le trône du tsar étaient également fictives.
Au bout de plusieurs semaines, les résultats de l’enquête furent remis au ministre de l’Intérieur. Le ministre fut très impressionné par les réponses du Rabbi à toutes les questions, et décida qu’une confrontation directe entre Rabbi DovBer et son accusateur s’imposait.
Au jour désigné, le Rabbi revêtit sa parure blanche de Chabbat. Quand il entra dans le bureau du ministre, celui-ci fut si déconcerté par son apparence angélique qu’il ordonna à ses serviteurs d’apporter au Rabbi une chaise.
Le délateur commença à couvrir le Rabbi d’invectives, mais, une par une, le Rabbi rejeta entièrement ses accusations. À un certain moment dans la procédure, l’accusateur appela Rabbi DovBer « Rabbi ». Immédiatement, le Rabbi se tourna vers le ministre et remarqua : « Avez-vous vu cela ? D’abord, il me traite de charlatan et de révolutionnaire et dans le même souffle, il m’appelle “Rabbi” ! »
À partir de là, les allégations de l’accusateur se firent de plus en plus illogiques. Le ministre était si irrité par son comportement qu’il lui ordonna de « cesser d’aboyer », et il fut emmené dans l’humiliation. Le Rabbi fut escorté jusqu’à sa chambre avec une grande déférence et informé qu’il allait bientôt être libéré.
Rabbi DovBer fut libéré le 10 Kislev, ayant été informé de la décision du gouvernement au moment où il récitait le verset du Psaume 55 : « Il a sauvé mon âme dans la paix. » Depuis lors, cette libération est célébrée chaque année à cette date par la communauté ‘Habad-Loubavitch.
Le Rabbi Rayats se rendit dans plusieurs endroits de la ville de ‘Hévron:
Traduit par le Rav Haim Mellul
2 Mena’hem Av 5689 (1929)
Le Rabbi Rayats arriva en Erets Israël, afin de visiter le pays.
(Séfer Ha Si’hot 5688, à partir de la page 18)
L’objectif de cette visite en Erets Israël était de prier dans les lieux saints. Le Rabbi Rayats écrivit, à ce sujet : « J’avais l’usage, dans mon pays d’origine, de me rendre, de temps à autre, dans les saints sanctuaires que sont les tombeaux de nos saints ancêtres, afin d’y prier et d’implorer, de mettre en éveil une grande miséricorde pour nous, pour tous nos élèves, pour les ‘Hassidim, au sein de tous nos frères, les enfants d’Israël auxquels D.ieu accordera une longue vie.
A l’heure actuelle, la possibilité de rentrer dans mon pays d’origine m’a été ôtée. J’ai donc pris la décision, avec l’aide de D.ieu, béni soit-Il, d’effectuer un voyage en Terre sainte, puisse-t-elle être restaurée et rebâtie, afin de me rendre dans les lieux saints. »
(Iguerot Kodech du Rabbi Rayats, tome 2, aux pages 185, 187 et 193)
Le Rabbi se rendit à Jérusalem, à Afula, à Tibériade, à Tsfat, le 5 Mena’hem Av, date de la Hilloula du Ari Zal, à Miron, à ‘Hévron, à Tel Aviv, à Bneï Brak et à Péta’h Tikva.
(Yemeï ‘Habad, à la page 221)
Par la suite, le ‘Hassid, Rav Moché Ha Cohen Horenstein, gendre du Rabbi Maharach, se joignit à lui et il l’accompagna dans son voyage.
(Séfer Ha Si’hot 5688)
1er Mena’hem Av 5750 (1990)
Le Rabbi se rendit, en ce jour, près du tombeau de son beau-père, le Rabbi Rayats. Il y allait, pour la première fois, un jour de Roch ‘Hodech.
La seconde fois fut le premier jour du Roch ‘Hodech Elloul de la même année. Par la suite, on établit un lien entre ces visites et les événements qui précédèrent la guerre du Golfe.
(Chnat Nissim Be Beth ‘Hayénou, à la page 217)