Maamar du Rabbi de Youd Chevat 5711-1951 traduit en Français
Traduit par le Rav Haim Mellul
Editions du Beth Loubavitch
Traduit par le Rav Haim Mellul
Editions du Beth Loubavitch
L’arrivée du Rabbi précédent en Amérique
En 1940, le Rabbi précédent arriva à New York, échappant ainsi à l’enfer européen provoqué par le régime nazi. Lors de son arrivée miraculeuse, il fut accueilli par des centaines de ‘Hassidim, de Juifs américains et de personnalités communautaires et civiles. Après avoir posé le pied sur le sol américain, il déclara : « L’Amérique n’est pas différente », s’engageant ainsi à reproduire dans cette Amérique assimilatrice un judaïsme authentique et chaleureux, tel qu’il avait existé dans le Vieux Continent. Nombreux furent ceux qui se montrèrent sceptiques, voire inquiets, face à de telles déclarations. Mais l’avenir donnera raison au Rabbi Yossef Its’hak de Loubavitch.
L’arrivée du futur Rabbi aux côtés de son beau-père
Une année plus tard, le Rabbi précédent fut rejoint par son gendre, notre Rabbi, et sa fille, la Rabbanite Haya Mouchka. Le futur Rabbi prit alors la tête des institutions du mouvement Loubavitch, en particulier le Merkaz Leinyanei ‘Hinoukh et le Ma’hané Israël, chargés de renforcer l’éducation juive et la diffusion du judaïsme. Tout cela se réalisa alors qu’effectivement « l’Amérique n’est pas différente ».
Pendant les années passées outre-Atlantique avec son beau-père, le Rabbi, appelé alors le Ramach, fit éditer de nombreux ouvrages ‘hassidiques dans plusieurs langues, ainsi que des livres et des revues destinés à la jeunesse. Il dirigeait les réunions ‘hassidiques, et ceux qui avaient perçu sa grandeur, malgré sa discrétion extrême et la virtuosité qu’il mettait à la cacher, lui demandaient des conseils et même des bénédictions.
Le départ du Rabbi précédent et la question de la succession
Lorsqu’en 1950, le Chabbat Parachat Bo, le 10 Chevat 5710, le Rabbi précédent quitta ce monde physique, nombreux furent les regards qui se tournèrent vers le Ramach pour assurer la pérennité de la chaîne des Rabbanim de Habad.
Pourtant, la majorité des ‘Hassidim ne connaissaient pas la grandeur exceptionnelle du Ramach, qui avait tout fait pour la dissimuler. Mais ceux qui avaient réalisé sa connaissance encyclopédique de la Torah, sa maîtrise de tous les livres de ‘Hassidout et de Kabbale, sa sainteté particulière, ses pouvoirs surnaturels et sa maîtrise de tous les domaines de la connaissance universelle savaient que D.ieu, dans Sa bonté, avait prévu un successeur au Rabbi précédent.
Le Rabbi précédent fut enterré au cimetière Montefiore de Queens, le dimanche 11 Chevat 1950.
La mobilisation des anciens ‘Hassidim
Le lendemain, les anciens ‘Hassidim se réunirent en urgence pour réfléchir à la pérennité du mouvement Loubavitch. Étaient présents Rav Shmaryahou Gurary, Rav Simpson, Rav Jacobson, Rav Kazarnovski et bien d’autres. Ils furent unanimes pour convenir que le Ramach devait prendre la succession de son beau-père.
Ils contactèrent des ‘Hassidim et des Rabbanim. Les Rabbanim Habad d’Israël se réunirent alors dans la grande synagogue Habad Nachalat Binyamin de Tel-Aviv : Rav Kessler, Rav Moché Gurary, Rav Zeev Paris, Rav Chlomo Yossef Zevin et Rav Avraham Pariz.
Rav Avraham Pariz prit la parole et dit : « J’ai travaillé à New York près de dix ans avec le Ramach. Mon bureau était collé au sien. Je l’ai observé. Il cache sa grandeur, mais je vous dis que c’est notre Rabbi. » Cette intervention eut un grand retentissement et poussa les Rabbanim Habad de Terre Sainte à écrire une déclaration d’allégeance au Rabbi.
Les premières démarches pour convaincre le Ramach
Dès les premières semaines suivant le départ du Rabbi précédent, le Rav Simpson visitait régulièrement le Ramach dans son bureau et tentait de le convaincre d’accepter la présidence du ‘hassidisme Loubavitch.
De nombreux ‘Hassidim exprimèrent clairement leur détermination à considérer le Ramach comme leur Rabbi. L’un d’entre eux, Rav Moché Dubinski, appela le Ramach « Rabbi » et demanda à être reçu en Yé’hidout, en audience privée avec le Rabbi.
Petit à petit, le Ramach commença à accepter les demandes de bénédiction et à recevoir quelques ‘Hassidim en audience privée. Le premier d’entre eux fut le Rav Ashkenazi, le recteur et le Rav de la Yechiva de Shanghai. Il supplia le Ramach d’accepter la présidence du mouvement Loubavitch et de le recevoir en Yé’hidout.
Devant le refus du Ramach, il lui dit : « J’ai donné ma vie en Russie, à Shanghai, pour le judaïsme. D.ieu m’a miraculeusement permis de venir ici. Mais à quoi tout cela aurait-il servi si je n’ai pas de Rabbi ? » Le Ramach accepta alors de le recevoir en Yé’hidout.
Les lettres d’allégeance du monde entier
En Europe également, de nombreux ‘Hassidim de France, de Belgique et d’Angleterre envoyèrent des lettres d’allégeance au Rabbi.
À Jérusalem également, les Rabbanim Shmaryahou Nissane Gurary et d’autres écrivirent une lettre au Ramach lui demandant d’accepter de diriger les ‘Hassidim.
Le Ramach avait l’habitude de répondre aux demandes pressantes des anciens ‘Hassidim en prétextant qu’il n’avait pas d’instruction du Rabbi précédent. Un comité de ces anciens ‘Hassidim décida alors de se rendre sur la tombe du Rabbi Yossef Its’hak. Ils supplièrent leur Rabbi de donner des instructions à son gendre pour qu’il accepte la direction des ‘Hassidim. Depuis ce moment, cet argument ne fut plus avancé par le Ramach.
L’espoir grandissant d’une acceptation
Pendant l’été, des ‘Hassidim demandèrent au Ramach de dire un Maamar, un discours ‘hassidique, ce qui aurait confirmé son acceptation de devenir le Rabbi. Celui-ci répondit que cela constituerait un changement par rapport aux prérogatives qu’il avait du vivant de son beau-père.
Le Ramach cependant répondit une fois à cette même question en disant que ce n’était pas obligatoire que la récitation d’un Maamar ait lieu maintenant, mais qu’elle pourrait avoir lieu à un autre moment. L’espoir grandissait donc, malgré l’extrême humilité dont le Ramach faisait preuve à l’égard de son beau-père.
Les rêves prophétiques des anciens ‘Hassidim
Un soir, le Rav Simpson fit un rêve. Il se voyait à un Farbrenguen du Rabbi précédent. On se bousculait fort et le Rabbi leva la voix et demanda : « Pourquoi les gens sont-ils si tristes ? » Puis il ajouta : « Je leur ai pourtant laissé mon Mena’hem Mendel. » Il répéta cette phrase trois fois. Puis il prit en aparté le Rav Simpson et lui dit : « Appelle le Rav Mendel, je veux l’investir dans ses fonctions de Rabbi. »
Un autre ancien ‘Hassid, le Rav Chlomo Aharon Kazarnovski, fit également un rêve. Le Rabbi précédent lui demandait : « Pourquoi les ‘Hassidim sont-ils si tristes ? » Il répondit : « C’est parce que nous n’avons pas de Rabbi. » Le Rabbi précédent lui dit alors : « Va chez le Ramach et dis-lui de ma part : « Ma Tits’ak Elaï ? » (Pourquoi m’implores-tu ?) Dis aux enfants d’Israël d’aller de l’avant. »
Il raconta ce rêve au Ramach qui le remercia en souriant. Il était clair que petit à petit l’espoir grandissait que le Ramach finirait par accepter.
L’intervention décisive de la Rabbanite
C’est cependant sans aucun doute grâce à l’intervention de la Rabbanite Haya Mouchka que le Rabbi accepta finalement. Elle lui dit en substance : « Accepterais-tu de voir s’effondrer toute l’œuvre de mon père ? »
Les miracles attribués au Ramach avant même son acceptation
Alors que le Ramach refusait encore d’accepter officiellement la fonction de Rabbi, des miracles impressionnants lui étaient déjà attribués. Nombreux avaient remarqué l’intuition divine et prophétique du Ramach.
Un jour où le Rav Yaakov Yehouda Hecht et le Rav Shemaryahou Gurary, beau-frère du Rabbi, étaient en voyage et s’apprêtaient à prendre l’avion pour revenir avant Chabbat à New York, ce dernier dit au Rav Hecht : « Nous passerons certainement le Chabbat loin de New York, car le Ramach, mon beau-frère, m’a souhaité Chabbat Shalom avant notre départ. Pour moi, il est clair que nous ne serons pas à New York pour Chabbat, et le Ramach a anticipé ce Chabbat Shalom. » Effectivement, l’avion, après avoir décollé, fut pris dans une tempête et dut rebrousser chemin. Ils passèrent donc le Chabbat loin de New York.
Le fils d’un ‘Hassid fut atteint d’une forte fièvre. Les médecins préconisaient de l’opérer. Ce ‘Hassid consulta le Ramach qui lui répondit de ne pas accepter l’opération et que tout irait bien. La maladie s’aggrava et les médecins insistaient fortement pour pratiquer cette opération. Le Ramach, consulté à nouveau, confirma que tout irait bien sans opération. Le lendemain, ce jeune homme se sentit mieux et finit par guérir complètement. Les médecins ne purent cacher leur étonnement et leur émerveillement.
Une autre fois, le jeune Avraham Seins fut trouvé inanimé dans une rue de Boston avec un traumatisme crânien. Il resta trois jours dans le coma et Rav Yehuda Krinsky sollicita pour lui la bénédiction du Ramach. Ce dernier répondit de souffler dans l’oreille du jeune homme le nom du Ramach et celui de son père : Mena’hem Mendel ben Levi Its’hak. Le Rav Krinsky exécuta la consigne du Ramach. Le jeune homme se réveilla brusquement et reconnut son entourage, à la stupéfaction des médecins.
On disait déjà dans l’entourage du Ramach que les miracles traînaient sous les tables et que l’on ne se baissait plus pour les ramasser.
La dernière tentative avant l’acceptation
Le 24 Tevet, jour de la Hiloula de l’Admour Hazaken, le premier Rabbi de Habad, les ‘Hassidim rentrèrent chez le Ramach avec une demande pressante d’accepter la direction. Le Ramach se mit à pleurer et leur demanda de sortir en prétextant que tout cela n’était pas pour lui.
Le 26 Tevet 1951, la presse juive de New York annonça que les ‘Hassidim du monde entier avaient accepté la présidence du Rabbi Mena’hem Mendel Schneerson à la tête des ‘Hassidim de Loubavitch, et que le 10 Chevat 1951, il accepterait de devenir le septième Rabbi de Habad.
Dès que le Ramach apprit cela, il demanda aussitôt à Rav Hodakov, son secrétaire, d’envoyer un démenti aux journaux concernés.
Affolé, le Rav Hodakov convoqua en urgence les anciens ‘Hassidim et leur fit part de la demande du Ramach. Immédiatement, le Rav Kazarnovski entra en larmes dans le bureau du Ramach en le suppliant de ne pas publier de démenti, car après tout, ce qui avait été écrit était véridique : tous les ‘Hassidim acceptent la présidence du Rabbi et espèrent son intronisation le jour de Youd Chevat.
Finalement, après énormément d’insistance et de supplications, le Ramach accepta de ne pas opposer de démenti, au grand soulagement de tous.
Le Youd Chevat 5711 : le jour de l’acceptation
Le premier anniversaire de la Hiloula du Rabbi Yossef Its’hak arriva : le 10 Chevat 5711 (1951).
Après la prière du matin, les ‘Hassidim écrivirent une lettre poignante au Ramach afin qu’il accepte de prendre la direction de tous les ‘Hassidim, lui souhaitant beaucoup de réussite. Cette lettre fut transmise au Ramach au Ohel de son beau-père, qui commença par la refuser, puis finalement il accepta de la lire en pleurant et en sanglotant.
Ce jour de Youd Chevat, le Rabbi rentra du Ohel quelques instants avant le coucher du soleil. Il pria Min’ha, puis on annonça qu’à 20 heures il y aurait un grand Farbrenguen dans le Beth Hamidrach du 770.
À 20 heures, la salle était comble. Une tension extrême régnait, palpable pour tous. Les yeux des ‘Hassidim étaient dirigés vers le ciel, en espérant que le Rabbi accepterait de réciter un Maamar et ainsi d’officialiser qu’il constituait le nouveau maillon de la chaîne des Rabbanim de Loubavitch.
Le premier Maamar du Rabbi
Le Ramach entra à 20 heures précises et prit la parole en expliquant l’importance des trois amours demandés à chaque ‘Hassid : l’amour de D.ieu, l’amour de la Torah et l’amour d’un autre Juif, et comment ces trois amours étaient intimement liés.
À 21h45, le ‘Hassid Rav Avraham Sender Nemetzov se leva et dit : « Le discours du Rabbi, très bien, mais nous voulons écouter un Maamar de ‘Hassidout. Que le Rabbi veuille bien dire un Maamar ! »
Un silence total régna dans la salle. La tension était à son comble et chacun retenait sa respiration.
Finalement, à 22h40, le Ramach prononça pour la première fois un Maamar commençant par « Bati Legani » (Je suis venu dans Mon jardin).
Après le Maamar, le Rav Nemetzov sauta sur la table et, remerciant le Tout-Puissant d’avoir un Rabbi, récita la bénédiction « Chéhé’héyanou », à laquelle tous répondirent Amen. Le Rabbi lui fit un sourire et lui fit signe de s’asseoir. Ce dernier s’exécuta après avoir béni le Rabbi au nom de tous les présents.
Le Rabbi avait récité le premier Maamar en trois séquences, entrecoupées des chants attribués aux Rabbéïm, depuis le chant affectionné par le Rabbi précédent jusqu’au chant de l’Admour Hazaken. Beaucoup de larmes d’émotion furent versées par le Rabbi et par tous les présents.
Le monde entier avait désormais un Rabbi qui allait transformer le monde juif et le préparer au dévoilement du Machia’h.
L’engagement du Rabbi envers les ‘Hassidim
Le Rabbi souligna à cette occasion qu’il acceptait d’être un Rabbi de Habad, c’est-à-dire que tous les ‘Hassidim devaient faire les efforts nécessaires dans leur service de D.ieu, et que lui serait là pour aider.
Lorsque le Rabbi quitta le Beth Hamidrach, tous les ‘Hassidim laissèrent exploser leur joie en dansant et en chantant jusqu’au matin.
Tous remarquèrent que l’année qu’ils vivaient, 5711, contenait les lettres du mot figurant dans le verset « Ki Tissa et Roch Bené Israël » (Quand tu élèveras la tête des enfants d’Israël). « Tissa » est constitué des mêmes lettres que Tav, Chin, Youd, Alef : 5711.
Les réactions du monde entier
Les ‘Hassidim du monde entier fêtèrent l’événement dans une grande allégresse et dépêchèrent des messages dans lesquels ils demandaient au Rabbi de leur donner toutes les instructions relatives à leurs institutions, s’engageant à les appliquer scrupuleusement.
Le Chabbat suivant, on appela le Rabbi pour la Haftara en le nommant « Adonénou Morénou Vérabénou » (Notre maître, notre guide et notre Rabbi).
Désormais, le Rabbi commença à recevoir tous les Juifs qui le désiraient en Yé’hidout et présida aux destinées de toutes les institutions du mouvement Loubavitch dans le monde.
La mission du Rabbi
Le Rabbi déclara en 5712 (1952) : « Ma mission dans ce monde est de faire progresser le judaïsme avec bonté et miséricorde. Je m’y appliquerai. Mon but est que vous soyez en joie et également de faire de vous des ‘Hassidim. »
Il ajouta : « Puisse D.ieu faire que les ‘Hassidim, le Rabbi précédent et moi-même méritions le dévoilement du Machia’h et de l’essence de D.ieu dans notre monde matériel. »
Le 10 Chevat 5710 – 1950 Rabbi Yossef Yits’hak , le Rabbi précédent, quitta ce monde (cette année le mercredi 5 janvier 2020).
Même s’il ne succéda officiellement à son beau-père qu’un an après son décès, le Rabbi, dès le 10 Chevat 5710-1950, devint, pour tous les ‘Hassidism, celui que l’on consultait pour poser une question ou solliciter une bénédiction.
Le monde était alors si différent. Malgré les bouleversements de l’après-guerre, le temps paraissait plus lent. Les Juifs étaient enfermés dans leur indicible douleur, survivants, étrangers à la vie.
Les ‘Hassidim regardaient cependant vers New-York. Là-bas était le plus ferme espoir, la permanence. Mais New York, en ce temps-là, était si loin, un mythe plus qu’une ville réelle pour les autres habitants de la vieille Europe.
1950, voici que commence le règne:
le Rabbi, comme un miraculeux surgissement, comme un jaillissement prodigieux d’énergie, donne une autre dimension au temps. Tout va désormais plus vite. Tout est urgence.
D’abord sont renforcées les institutions laissées par le Rabbi précédent. Très vite, une nouvelle dimension apparaît. « Oufaratsta » (« et tu te répandras »): les mots de la promesse faite à Yaakov (Genèse 28. 14) guident l’action. L’enseignement de la ‘Hassidout s’étend au plus loin de ses sources.
Et bientôt naissent les premiers « Beth ‘Habad » qu’on trouvera, vingt ans plus tard, jusque dans les contrées les plus reculées. Puis viennent les différentes campagnes, celle des Téfilines, celle des bougies de Chabbat…
Agir, agir toujours, rendre les Juifs à eux-mêmes, changer quelque chose de ce monde. Le temps tout entier s’accélère. Alors l’horizon rétrécit, les distances se font plus courtes. Les immenses réseaux de communication de la nouvelle modernité, avions à réactions, téléphones automatiques, fax, satellites s’entrecroisent à New-York et là, 770 Eastem Parkway Brooklyn, trouvent leur sens véritable. C’est un peuple innombrable qui peut, à présent, voir le Rabbi, l’entendre, lui parler.
Celui qui a eu le privilège de se rendre la-bas, à Brooklyn, se souvient en son cœur. Lui revient alors l’image du Rabbi dirigeant un chant d’un puissant mouvement du bras. L’histoire alors semble toute entière en mouvement comme lorsque furent pressentis les grands effondrements de l’Est et la libération des Juifs de la nuit soviétique.
Le Rabbi nous a aussi enseigné le mouvement, et même la vitesse. Non pas celle, vaine, qui n’a de sens qu’elle-même et irréaliste le monde, mais la vitesse comme mise en actes, d’une pensée de l’urgence, celle de l’ultime libération. Cette ligne d’arrivée là, bien que proche, n’est pas encore atteinte: plus que jamais, le Rabbi nous demande aujourd’hui de courir à sa rencontre. Loubavitch.fr
Regardez cette vidéo. Le Rabbi de Loubavitch, le 10 Chevat 5712-1952 – il y a exactement 70 ans, un an après son accession à la direction du Mouvement Loubavitch.
Le 10 Chevat 5710 – 1950 Rabbi Yossef Yits’hak , le Rabbi précédent, quitta ce monde (cette année le mercredi 12 janvier 2022).
Même s’il ne succéda officiellement à son beau-père qu’un an après son décès, le Rabbi, dès le 10 Chevat 5710-1950, devint, pour tous les ‘Hassidism, celui que l’on consultait pour poser une question ou solliciter une bénédiction.
Le “Ohel” est le lieu où le Rabbi de Loubavitch, Rabbi Mena’hem Mendel Schneerson, repose depuis le 3 Tamouz 5754 (le 12 Juin 1994), à côté de son beau-père, le sixième Rabbi de Loubavitch, Rabbi Yossef Yts’hak Schneersohn.
Le terme “Ohel” (littéralement: “tente”) désigne la structure édifiée au-dessus du tombeau d’un Tsadik, d’un Juste.
Le Rabbi a toujours été à l’écoute de chacun, quels qu’aient été son degré d’éducation ou de pratique religieuses.
Ceux qui ont approché le Rabbi savent l’extrême attention qu’il portait à chaque situation. Ils ont trouvé un puissant réconfort dans ses conseils et ses bénédictions.
Aujourd’hui, rien n’a changé : des milliers d’hommes et de femmes se rendent au Ohel ou écrivent au Rabbi pour le prier d’intercéder en leur faveur auprès du Tout-Puissant. Elles en ressentent une inspiration et une vitalité renouvelées.
A défaut de se rendre personnellement au Ohel, on peut lui écrire des lettres, des fax ou des mails.
“Un Tsaddik, un Juste, qui quitte ce monde n’en disparaît pas. Il s’y trouve avec une intensité encore plus grande”, nous enseigne le Zohar. Le 3 Tamouz, jour où le Rabbi quitta matériellement ce monde, cette phrase, immanquablement, résonne dans l’esprit et dans l’âme de chacun.
Par conséquent, avec le déroulement du temps, chacun constate à quel point la présence du Rabbi semble être encore plus sensible avec les années. Par ses enseignements, par les actions croissantes qu’il suscite aux quatre coins du monde, le Rabbi continue de guider. Il conduit, vivifie des centaines de milliers de personnes, diverses tant par leur origine que par leur mode de vie, leurs opinions ou leur situation géographique.
Le Rabbi recevait des centaines de lettres chaque jour. Des gens de tous les milieux lui écrivaient, quels qu’aient été leur origine sociale, leur âge, leur niveau de pratique religieuse, leur lieu de résidence.
Aujourd’hui encore, des milliers de personnes continuent d’écrire au Rabbi pour solliciter ses bénédictions et ses conseils.
L’importance de la préparation aux trente jours
Au fil des années, le Rabbi a encouragé une préparation adéquate en vue du grand et saint jour de Youd Chevat. Comme le Rabbi l’écrit dans son introduction au dernier Maamar de la série Bati Léguani, le jour du 2 Nissan comporte deux dimensions : la Hilloula du Rabbi Rachab et, ce qui nous concerne directement, le jour où a débuté la direction de notre génération.
Pour ce jour, le Maamar Bati Léguani a été donné afin d’être étudié. Chaque année, le Rabbi prononçait un Maamar sur un Ot spécifique, correspondant à l’Ot de cette année. Les discours relatifs au prochain Youd Chevat sont ceux des années 5726 et 5746, qui s’appuient sur le Ot 16 du Maamar original.
Une ferveur particulière autour de ces discours
Il règne une chaleur et un enthousiasme uniques autour des discours de Youd Chevat. C’est peut-être la seule période de l’année où tous les Hassidim et les Temimim étudient le même Maamar, s’y plongent avec ardeur et en débattent les différents points.
Afin de faciliter la tâche aux nombreuses personnes désireuses de comprendre le Maamar, un livret a été publié à nouveau cette année. Celui-ci contient le Ot 16 du Maamar original Bati Léguani, ainsi que le Bati Léguani de 5726 accompagné d’un commentaire intégré qui explique l’ensemble du discours dans un langage clair et accessible.
Un travail de commentaire en famille
Le commentaire a été rédigé par le Rav Chmouel Pevzner. Son père, le Rav Avraham Barouh Pevzner, Chaliah et Rav de la communauté Anash de Paris, en France, a relu l’intégralité du commentaire et y a apporté ses éclairages.
Un contenu enrichi pour une étude approfondie
Le livret comprend également le Maamar « Vayolekh Hachem », que le Rabbi a prononcé lors du Chabbat suivant Youd Chevat 5726, dans lequel plusieurs concepts du premier Maamar sont expliqués. Il présente aussi les enseignements de nos Rabbeim cités dans le Maamar. L’ensemble est publié avec l’autorisation des éditions Kehot Publication Society.
Même s’il ne succéda officiellement à son beau-père qu’un an après son décès, le Rabbi, dès le 10 Chevat 5710-1950, devint, pour tous les ‘Hassidism, celui que l’on consultait pour poser une question ou solliciter une bénédiction
Le monde était alors si différent. Malgré les bouleversements de l’après-guerre, le temps paraissait plus lent. Les Juifs étaient enfermés dans leur indicible douleur, survivants, étrangers à la vie.
Les ‘Hassidim regardaient cependant vers New-York. Là-bas était le plus ferme espoir, la permanence. Mais New York, en ce temps-là, était si loin, un mythe plus qu’une ville réelle pour les autres habitants de la vieille Europe.
le Rabbi, comme un miraculeux surgissement, comme un jaillissement prodigieux d’énergie, donne une autre dimension au temps. Tout va désormais plus vite. Tout est urgence.
D’abord sont renforcées les institutions laissées par le Rabbi précédent. Très vite, une nouvelle dimension apparaît. « Oufaratsta » (« et tu te répandras »): les mots de la promesse faite à Yaakov (Genèse 28. 14) guident l’action. L’enseignement de la ‘Hassidout s’étend au plus loin de ses sources.
Et bientôt naissent les premiers « Beth ‘Habad » qu’on trouvera, vingt ans plus tard, jusque dans les contrées les plus reculées. Puis viennent les différentes campagnes, celle des Téfilines, celle des bougies de Chabbat…
Agir, agir toujours, rendre les Juifs à eux-mêmes, changer quelque chose de ce monde. Le temps tout entier s’accélère. Alors l’horizon rétrécit, les distances se font plus courtes. Les immenses réseaux de communication de la nouvelle modernité, avions à réactions, téléphones automatiques, fax, satellites s’entrecroisent à New-York et là, 770 Eastem Parkway Brooklyn, trouvent leur sens véritable. C’est un peuple innombrable qui peut, à présent, voir le Rabbi, l’entendre, lui parler.
Celui qui a eu le privilège de se rendre la-bas, à Brooklyn, se souvient en son cœur. Lui revient alors l’image du Rabbi dirigeant un chant d’un puissant mouvement du bras. L’histoire alors semble toute entière en mouvement comme lorsque furent pressentis les grands effondrements de l’Est et la libération des Juifs de la nuit soviétique.
Le Rabbi nous a aussi enseigné le mouvement, et même la vitesse. Non pas celle, vaine, qui n’a de sens qu’elle-même et irréaliste le monde, mais la vitesse comme mise en actes, d’une pensée de l’urgence, celle de l’ultime libération. Cette ligne d’arrivée là, bien que proche, n’est pas encore atteinte: plus que jamais, le Rabbi nous demande aujourd’hui de courir à sa rencontre.
Le Rav Ebert a également visité l’emplacement de la synagogue « Bnei Reuven » dans le West Side de Chicago, où le Rabbi précédent se rendait lors de sa visite et où il avait dit un Maamar. La synagogue a depuis déménagé et l’emplacement d’origine est maintenant un terrain vague.

Même s’il ne succéda officiellement à son beau-père qu’un an après son décès, le Rabbi, dès le 10 Chevat 5710-1950,devint, pour tous les ‘Hassidism, celui que l’on consultait pour poser une question ou solliciter une bénédiction
Le monde était alors si différent. Malgré les bouleversements de l’après-guerre, le temps paraissait plus lent. Les Juifs étaient enfermés dans leur indicible douleur, survivants, étrangers à la vie.
Les ‘Hassidim regardaient cependant vers New-York. Là-bas était le plus ferme espoir, la permanence. Mais New York, en ce temps-là, était si loin, un mythe plus qu’une ville réelle pour les autres habitants de la vieille Europe.
le Rabbi, comme un miraculeux surgissement, comme un jaillissement prodigieux d’énergie, donne une autre dimension au temps. Tout va désormais plus vite. Tout est urgence.
D’abord sont renforcées les institutions laissées par le Rabbi précédent. Très vite, une nouvelle dimension apparaît. « Oufaratsta » (« et tu te répandras »): les mots de la promesse faite à Yaakov (Genèse 28. 14) guident l’action. L’enseignement de la ‘Hassidout s’étend au plus loin de ses sources.
Et bientôt naissent les premiers « Beth ‘Habad » qu’on trouvera, vingt ans plus tard, jusque dans les contrées les plus reculées. Puis viennent les différentes campagnes, celle des Téfilines, celle des bougies de Chabbat…
Agir, agir toujours, rendre les Juifs à eux-mêmes, changer quelque chose de ce monde. Le temps tout entier s’accélère. Alors l’horizon rétrécit, les distances se font plus courtes. Les immenses réseaux de communication de la nouvelle modernité, avions à réactions, téléphones automatiques, fax, satellites s’entrecroisent à New-York et là, 770 Eastem Parkway Brooklyn, trouvent leur sens véritable. C’est un peuple innombrable qui peut, à présent, voir le Rabbi, l’entendre, lui parler.
Celui qui a eu le privilège de se rendre la-bas, à Brooklyn, se souvient en son cœur. Lui revient alors l’image du Rabbi dirigeant un chant d’un puissant mouvement du bras. L’histoire alors semble toute entière en mouvement comme lorsque furent pressentis les grands effondrements de l’Est et la libération des Juifs de la nuit soviétique.
Le Rabbi nous a aussi enseigné le mouvement, et même la vitesse. Non pas celle, vaine, qui n’a de sens qu’elle-même et irréaliste le monde, mais la vitesse comme mise en actes, d’une pensée de l’urgence, celle de l’ultime libération. Cette ligne d’arrivée là, bien que proche, n’est pas encore atteinte: plus que jamais, le Rabbi nous demande aujourd’hui de courir à sa rencontre.
Par le Rav ‘Haim Mellul












6 Bati-Legani-5740-ch.-3-partie-2
5 Bati-Legani-5740-ch.-3-partie-1
4 Bati-Legani-5740-ch.-2-partie-1
3 Bati-Legani-5740-ch.-1-partie-3
2 Bati-Legani-5740-ch.-1-partie-2
10 Chevat 5711 Si’ha 1
10 Chevat 5711 Si’ha 2
10 Chevat 5711 Si’ha 3
PARTIE 1
PARTIE 2
PARTIE 3