La veille de Roch Hachana n’est pas un jour comme les autres : elle marque aussi la naissance du Tsemah Tsedek, dont on célèbre ici le deux-centième anniversaire. Un anniversaire de cette ampleur, rappelle le Rabbi, doit se traduire par un attachement au Rabbi.
À l’entrée du mois d’Elloul, dans un chalet de l’Alpe d’Huez, une assemblée de ‘Hassidim se réunit autour d’un Farbrenguen où se mêlent les enseignements du Rabbi, les coutumes d’Israël et l’attente de la Gueoula. On y parle du Roi qui sort à la rencontre de chacun dans le champ, de la force de la parole adressée à un autre juif, et du devoir de ne jamais se décourager. La soirée se conclut par un hommage au Rav Chmouel Azimov, qui célébrait ce jour-là ses quarante-neuf ans.
Ce soir, nous entrons vraiment dans le mois d’Elloul
Souvenez-vous que ce n’est pas la fête toute l’année. Et voici que dès ce soir, nous sommes véritablement entrés dans le mois d’Elloul. Aujourd’hui, c’était le premier jour de Roch Hodech, qui est en réalité le trentième jour du mois d’Av ; ce soir, en revanche, commence le premier jour d’Elloul proprement dit. C’est le moment de Ani lédodi védodi li, « je suis à mon Bien-aimé et mon Bien-aimé est à moi ». C’est le moment le plus élevé de l’année.
Le Rabbi explique qu’à l’entrée de ce mois, nous commençons à réciter LeDavid Hachem ori véyich’i, le chapitre vingt-sept des Psaumes, que l’on dit désormais deux fois par jour. Le Rabbi enseigne que le roi David a composé ce chapitre en pensant à la construction du Beth Hamikdach. Tel est le sens de ce verset : D.ieu éclaire et D.ieu porte secours à chacun. Et il s’y trouve surtout une allusion, un remez, au troisième Beth Hamikdach.
Puisse donc D.ieu nous aider, au moment même où nous pénétrons véritablement dans ce mois d’Elloul qui est celui de Ani lédodi védodi li, à recevoir la Gueoula Chelema très prochainement, et que le Rabbi revienne pour nous conduire en Terre d’Israël. Amen.
Le Roi dans le champ, une joie qui n’a pas besoin d’être ordonnée
C’est le temps le plus grand de tout notre calendrier, ce mois d’Elloul, parce que D.ieu se tient proche de chacun d’entre nous : Mélekh bassadé, le Roi est dans le champ, et Il montre à tous un visage souriant.
Le Rabbi pose la question : pourquoi cette joie n’est-elle nulle part explicitement prescrite ? Parce qu’un commandement, par définition, se donne à celui qui doit être contraint. Or il s’agit ici de quelque chose qui vient de l’essence même, de la manière dont nous sommes attachés à D.ieu. Et puisque nous ne faisons qu’un avec D.ieu, il est parfaitement normal, parfaitement naturel, parfaitement évident, qu’il faille se réjouir. Durant le mois d’Elloul, la joie doit être immense, une grande sim’ha, précisément parce que D.ieu est proche de chacun d’entre nous. Ce qui va de soi, ce qui relève de la nature même des choses, n’a pas besoin d’être ordonné.
Le Rabbi rappelle qu’il existe toute une discussion à propos du ‘hinoukh, l’éducation des enfants : s’agit-il d’une Mitsva mideoraïta, d’ordre de la Torah, ou miderabbanan, d’institution rabbinique ? On peut légitimement s’étonner : comment imaginer un seul instant qu’éduquer ses enfants pourrait ne pas être une Mitsva ? C’est une obligation absolue. Le Rabbi explique justement qu’il s’agit d’une obligation, et que lorsqu’une obligation est à ce point naturelle et évidente, il n’est pas nécessaire de l’inscrire : chacun la comprend de lui-même.
Il en va de même pour le mois d’Elloul, que le Rabbi explique longuement : c’est Mélekh bassadé, D.ieu se trouve proche de chacun d’entre nous. Il faut donc utiliser ce moment au maximum pour étudier la Torah, pour accomplir des Mitsvot, et surtout ne pas se contenter de ce que l’on fait déjà. Ne pas dire : « J’étudie déjà suffisamment, à quoi bon en ajouter encore, qu’est-ce qu’un peu plus de Torah pourrait bien apporter ? » Car cela non plus n’a pas besoin d’être ordonné.
Il est des choses que l’on comprend de soi-même, comme le Rabbi l’a expliqué à maintes reprises : celui qui aime D.ieu et qui sait pertinemment que le seul moyen de s’unir à Lui passe par la Torah, celui-là n’a pas besoin qu’on lui prescrive un minimum d’étude. Il sait très bien que s’il aime D.ieu, le moyen de s’attacher à Lui, c’est l’étude de la Torah.
Cela vaut toute l’année, mais plus encore durant le mois d’Elloul, comme le Rabbi en parle dans les si’hot et dans les maamarim. Ce mois, dit le Rabbi, comporte vingt-neuf jours que D.ieu nous donne à la manière des villes de refuge : même si nous avons commis des actes qui ne sont pas bons, en nous réfugiant dans le mois d’Elloul et en accomplissant la techouva, D.ieu nous accorde une très bonne année, begachmiout ouverou’haniout, matériellement et spirituellement, kifchouto oukemachma’o, au sens le plus littéral, comme le Rabbi l’a répété bien des fois.
Voilà pourquoi c’est maintenant, alors que nous entrons dans ce mois, que chacun d’entre nous doit s’efforcer de progresser encore dans l’étude de la Torah, même s’il a déjà fixé ses temps d’étude, et d’apprendre davantage encore. Il faut avancer dans tous les inyanim de Torah et de Mitsvot. Et nous sommes assurés que par cela même nous hâterons la venue de la Gueoula Chelema, très bientôt.
Les coutumes d’Israël et l’anniversaire, une institution du Rabbi
Le Rabbi a expliqué dans les si’hot, à plusieurs reprises, que lorsque Moché Rabbénou reçut la Torah et qu’il traversa les quatre mondes, Atsilout, Beria, Yetsira et Assia, on lui fit en chaque lieu des présents. Et quels étaient ces présents ? Les minhaguei Israël, les coutumes juives. Dans chaque monde, un cadeau lui fut remis. Ce sont ces coutumes d’Israël, dont certaines ne sont même pas mentionnées explicitement et n’apparaissent que plus tard dans les livres, et qui sont pourtant d’une importance considérable.
Le Rabbi rapporte au nom du Baal Chem Tov et de l’Admour Hazaken, qui le transmit au Tséma’h Tsédek, que tous les minhaguim des ‘Hassidim, toutes les coutumes supplémentaires que nous avons chez les ‘Hassidim, relèvent de Halakha leMoché miSinaï : Moché Rabbénou les reçut parmi les présents qui lui furent donnés lorsqu’il descendit à travers les mondes pour apporter la Torah ici-bas.
C’est également le cas de la coutume de célébrer son anniversaire. Il s’agit d’une takana du Rabbi, une institution que le Rabbi a demandée : que chacun célèbre son anniversaire. Certes, on trouve déjà dans la Guemara des avis divergents sur la question de savoir s’il convient ou non de le faire. Mais le Rabbi a soutenu et dévoilé que cette coutume s’inscrit parmi les usages des ‘Hassidim et remonte à Halakha leMoché miSinaï. Or, sur ce qui est Halakha leMoché miSinaï, il n’y a pas de discussion possible : c’est ainsi et pas autrement. Voilà pourquoi il faut faire un Farbrenguen le jour de son anniversaire.
On peut alors s’interroger, comme beaucoup le font : est-ce vraiment si important ? Ne pourrait-on pas s’en dispenser, ou n’en faire que la moitié, ou le quart ? À quoi il faut répondre que la première chose dans le judaïsme, c’est le sérieux. Le sérieux en tout. Le sérieux jusque dans la dernière des coutumes juives. Et à plus forte raison lorsque c’est le Rabbi lui-même qui nous a dévoilé l’importance de fêter un anniversaire : dès lors, que l’on en ait envie ou non, que l’occasion s’y prête ou non, il faut absolument le faire. Parce que cela relève de Moché miSinaï, que c’est ainsi et pas autrement, et qu’il n’y a même pas matière à discussion.
On pourrait dire : ce n’est qu’une coutume, l’un la suit, l’autre non, et l’on pourrait croire que ce n’est pas là l’essentiel. Or c’est précisément ce que l’on nous enseigne : il existe dans le judaïsme toute une part immense, faite de choses extrêmement importantes, si importantes qu’il n’est même pas besoin d’en donner l’ordre parce qu’elles se comprennent d’elles-mêmes. Et parmi elles se trouvent les coutumes juives. Minhag Israël Torah hi, la coutume d’Israël est Torah, et en un sens elle dépasse même la Torah.
Il est donc essentiel de célébrer ces jours. Chacun, lorsque vient son anniversaire, doit se réunir avec d’autres, s’asseoir, dire Le’haïm, et demander à D.ieu qu’Il nous accorde au plus vite le retour du Rabbi ici-bas, kifchouto, au sens propre. Amen.
Pourquoi accorde-t-on des vacances dans les Yechivot
Ce n’est pas un ordre imposé à l’esprit : c’est plus élevé encore qu’un ordre, et c’est à ce titre que cela devient absolument obligatoire.
Il en va de même, dit le Rabbi, pour cette autre question : pourquoi accorde-t-on des périodes de liberté aux élèves des Yechivot ? Ainsi va le monde, il y a des moments de vacances. Mais pourquoi les donne-t-on ? Pour éprouver où se situe la véritable volonté de la personne.
Le Rabbi a dit : lorsque quelqu’un étudie dans une Yechiva ou dans un ‘heder, on peut toujours prétendre qu’il étudie parce qu’il y est tenu, par obligation scolaire, par le règlement de la Yechiva. Le Rabbi a d’ailleurs toujours soutenu que même dans les Yechivot, il devait y avoir des examens et des notes, comme dans les écoles, parce qu’un certain régime scolaire est nécessaire. Mais lorsque viennent les moments de liberté et que l’on constate que, même sans Roch Yechiva, sans machguia’h et sans aucun cadre, l’élève s’attache encore à étudier au maximum, c’est le signe qu’au moment même où il étudiait par obligation, ce n’était pas seulement par obligation : il le faisait parce qu’il veut réellement étudier la Torah, parce qu’il veut s’attacher à D.ieu.
C’est ainsi que le Rabbi développe, dans toute une longue si’ha, la raison pour laquelle on accorde ces semaines de liberté dans toutes les Yechivot. Il s’agit à l’origine d’une institution du Rama, portant sur ‘hodech Nissan et ‘hodech Tichri, durant lesquels il n’y avait pas d’école. Aujourd’hui les choses ont changé : ce n’est plus Nissan et Tichri, cela s’est déplacé vers l’été, mais c’est un usage auquel le Rabbi ne s’est pas opposé. Et pour quelle raison ? Le Rabbi l’a dit : pour que chacun voie lui-même où il en est réellement.
Lorsque quelqu’un étudie la Torah toute l’année, et qu’ensuite, une fois venues les vacances, alors qu’il n’a plus aucune obligation, il continue malgré tout d’étudier la Torah, de prier comme il convient et d’accomplir les Mitsvot, tout en prenant certes un peu de temps pour se reposer afin de mieux étudier encore, alors c’est le signe véritable que notre vie entière est liée à la Torah.
Voilà ce qu’il faut bien observer, comme nous en avons déjà parlé plusieurs fois. Quand on étudie sérieusement les si’hot et les maamarim du Rabbi, on découvre à quel point le Rabbi nous a éclairés, selon les mots du roi David : LeDavid Hachem ori véyich’i. Et même si le Rabbi nous a quittés pour un temps, il nous a laissé cette lumière ; il nous a montré comment considérer la vie et comment s’y conduire, et c’est en scrutant ses si’hot et ses maamarim que nous comprenons ce qu’est la vie. Puisse D.ieu nous aider, puisque nous sommes au mois d’Elloul, à prêter encore davantage attention aux si’hot et aux maamarim du Rabbi, qui sont véritablement LeDavid Hachem ori véyich’i pour le troisième Beth Hamikdach. Amen.
Maamar : Le quinze Av et Yom Kippour, les jours les plus joyeux d’Israël
Cette intervention, prononcée en yiddish, portait sur le lien entre le quinze Av et Yom Kippour, la fin de l’exil, la venue du Libérateur et le rassemblement des exilés.
Le Rabbi y pose une question apparente : quel rapport existe-t-il entre ces deux réalités que l’on associe l’une à l’autre, le quinze Av d’une part et Yom Kippour de l’autre ? Le Rabbi s’appuie sur le maamar du Rabbi précédent, qui soulève la difficulté suivante, à partir de l’enseignement du traité Taanit : « Israël n’a pas connu de jours de fête comparables au quinze Av et à Yom Kippour. » Puisqu’il en est ainsi, c’est donc qu’il s’agit d’une réalité d’une portée considérable, d’une très grande fête, d’un accomplissement immense.
Bien plus, et c’est là que la difficulté se renforce : s’il est écrit qu’Israël n’a pas connu de jours de fête comparables au quinze Av et à Yom Kippour, cela signifie que la joie de ces deux jours dépasse celle d’une fête ordinaire, dont il est pourtant dit vessama’hta be’haguekha, « tu te réjouiras en ta fête ». Comment le comprendre ? Une fête ordinaire comporte une Mitsva positive de la Torah, celle de se réjouir ; comment dire alors que la joie du quinze Av et de Yom Kippour lui est supérieure ?
La réponse tient à la nature du service divin qui s’accomplit en ces jours. Là où l’on parvient à un accomplissement parfait, on attire de grandes lumières sur l’ensemble d’Israël et une force nouvelle est donnée. Mais lorsqu’il s’agit du quinze Av, cela procède d’un don de soi, de la messirout nefech, et cela se situe au-delà de tout ; c’est par là que l’on accède à un niveau supérieur.
Et à la fin du maamar, le Rabbi apporte une allusion : tel est le sens du quinze Av, et tel est également le sens de Yom Kippour, ces deux jours que la Torah rapproche l’un de l’autre.
Emor, la force de la parole adressée à un autre juif
Dans une si’ha, une longue si’ha du Likoutei Si’hot sur la Paracha Emor, le Rabbi parle de l’importance de la parole. Emor signifie « parle ». Le Rabbi y explique à quel point il est important d’adresser la parole à autrui, de parler avec un autre juif.
Car bien souvent nous pensons que nous sommes occupés, que nous n’avons pas le temps de parler : nous partons au travail, nous en revenons, nous sortons de l’école ou de la faculté, et il n’y a plus de temps pour la parole. Et lorsque nous y songeons, le yétser hara arrive avec une idée supplémentaire : « Ta parole apportera-t-elle vraiment quelque chose ? Produira-t-elle le moindre effet ? Ce ne sont que des mots. »
Comme le dit le Rabbi, lorsque le yétser hara nous souffle une idée que nous pourrions attribuer au yétser tov, il faut toujours se demander : est-ce vraiment le bon penchant qui parle, dans une bonne intention ? Ou bien est-ce le mauvais penchant qui parle, dans le but d’affaiblir la personne pour qu’elle n’accomplisse pas ce qu’elle devait accomplir ?
Bien souvent, on se trouve un prétexte de modestie. On demande à quelqu’un : « Va donner un cours, va parler avec un juif. » Et il répond : « Je ne peux pas, je n’en suis pas capable. » La personne croit alors avancer un bon argument, elle croit que c’est le yétser tov qui lui parle de discrétion, de timidité, d’humilité, et elle peut se trouver mille raisons. Mais le Rabbi dit qu’il faut d’abord bien savoir, lorsqu’une telle idée survient, si c’est réellement le yétser tov qui s’exprime, ou si ce n’est pas plutôt le yétser hara qui, ne voulant pas que l’on accomplisse quelque chose de bien, glisse cet argument dans l’esprit.
Il en va de même chaque fois que l’on a eu l’occasion de parler à un juif d’une Mitsva, des Téfilines, d’une Mezouza, de n’importe quel mot que l’on aurait pu lui dire, et que l’on a laissé passer cette occasion. Et si on la laisse passer, c’est parce que le yétser hara souffle : « Qu’y gagneras-tu ? Que t’en restera-t-il ? Tu n’y gagneras probablement rien. » Et ainsi, peu à peu, on néglige.
C’est pourquoi il faut savoir qu’il faut toujours être dans Emor véamarta, toujours être en train de parler. Lorsque nous marchons dans la rue, nous devons savoir que nous n’y allons pas pour nos affaires : nous y allons parce que nous rencontrerons peut-être un juif à qui parler d’une Mitsva, puis d’une autre. Nous lui dirons ne serait-ce que « bonjour », et nul ne sait ce qui, en réalité, est important. Voilà le but de notre marche dans la rue, le but de notre présence au travail, le but de nos trajets en métro ou en train : peut-être rencontrerons-nous un juif. Et quel est alors notre devoir ? Parler. Emor, il faut parler.
Il ne faut chercher aucun prétexte et prétendre que l’on n’en est pas capable. Chacun est capable de dire Chalom à un juif. Chaque juif est capable de demander : « As-tu mis les Téfilines aujourd’hui ? As-tu une Mezouza ? » Qu’il le dise bien ou moins bien, il existe toujours une manière de parler. Et voilà ce qu’il faut savoir : lorsque le yétser hara nous empêche de parler, c’est le signe que la chose est importante. C’est cela que le Rabbi nous dit : Emor, il faut parler.
Or nous sommes au mois d’Elloul. Le mois d’Elloul est le mois de la techouva, le mois où il faut rattraper, où il faut prendre de bonnes résolutions, afin que chacun, en rentrant chez lui, devienne un medaber, quelqu’un qui parle.
Le don de soi du Rabbi et les dernières distributions de dollars
Nous avons vu le Rabbi lorsqu’il distribuait des dollars : outre les berakhot qu’il prononçait chaque fois, il trouvait à chaque occasion, pour chaque personne qui passait devant lui, un mot lui indiquant comment progresser davantage dans son service.
On parle sans cesse de la messirout nefech du Rabbi. Et l’on rapporte, de la bouche même du secrétaire du Rabbi, que le dernier dimanche précédant la maladie du Rabbi, survenue le lundi soir, le Rabbi avait déjà été atteint d’un début d’attaque cérébrale avant la distribution des dollars. Les secrétaires demandèrent alors que la distribution soit annulée. Le Rabbi fit malgré tout tout son possible pour aller distribuer les dollars, se sentant encore capable de le faire. Il a accompli, comme nous l’avons dit tout à l’heure, bekhol meodekha, de toute ta force, qui est le niveau le plus élevé de tous, et c’est cela même, le troisième Beth Hamikdach.
Et nous, qui nous trouvons à une telle époque, dans un temps où l’on voit véritablement le monde entier changer, nous savons que ce n’est plus le monde que nous avons connu, que ce n’est plus la même chose. Chacun sait qu’autrefois nous n’étions pas seulement gâtés : nous avions notre tête, nous avions le Rabbi avec nous. On se sentait alors à l’aise, on se sentait bien. Chacun savait qu’il avait quelqu’un sur qui compter, à qui demander une berakha, à qui demander un conseil, et aujourd’hui il n’en va manifestement plus ainsi.
Ce n’est pourtant pas le moment de se décourager, bien au contraire. Si autrefois nous savions déjà que nous vivions les derniers instants de l’exil, al a’hat kama vekhama, à combien plus forte raison aujourd’hui. Nous sommes vraiment dans les derniers instants avant la venue de Machia’h. Car si une telle chose a pu survenir, c’est bien que s’accomplissent tous les Midrechei ‘Hazal et tout ce qui est écrit dans les livres de Kabbale au sujet de l’obscurité totale qui doit précéder la venue de Machia’h.
Alors, plus encore que jamais, chacun doit se dire, sans qu’on ait besoin de le lui rappeler, sans qu’on ait besoin de le réveiller : « Je suis tenu de faire quelque chose, parce que le Rabbi ne veut pas de cette situation, le Rabbi ne veut pas de ce départ. » Le Rabbi n’en est pas satisfait, comme nous le savons parfaitement d’après ce qu’il a dit au secrétariat dans les dernières heures. Il a dit qu’il n’était pas satisfait de toute cette situation à venir. Et le Rabbi a dit beaucoup de choses en ce moment-là ; il a dit qu’il s’agissait véritablement d’un don de sa propre vie pour le Klal Israël. Il a donné sa vie de manière à atteindre une étape plus élevée encore. Et quelle est cette étape la plus haute ? Celle d’amener la Gueoula Chelema.
Une Mitsva de plus, un mot de Torah de plus, et la Gueoula est plus proche
C’est pourquoi chacun d’entre nous doit se sentir concerné non par obligation ni par simple attachement à une coutume, mais en se disant : le Rabbi est parti, et pourquoi est-il parti ? Pour amener la Gueoula. Et nous, nous en avons les moyens, cela est absolument certain.
Comme le Rabbi l’a dit, chaque jour nous devons savoir que D.ieu répète pakod pakadeti, qu’Il dit au peuple juif : « Je suis là pour vous délivrer. » Et comment hâter cette délivrance ? Par chaque bonne action, par chaque Mitsva, par la pensée, la parole et l’acte. C’est-à-dire en étudiant la Torah, encore un peu de Torah, puis encore un peu, une Mitsva, une deuxième Mitsva, une troisième Mitsva. Ainsi accélérons-nous les choses, comme l’écrit le Rambam, en faisant pencher le monde entier du côté du mérite.
Et ce n’est plus le temps où le monde n’était pas prêt. Maintenant le moment est venu, le Rabbi a préparé le monde, le Rabbi nous a donné cette certitude de la Gueoula. Et désormais, la Gueoula doit devenir plus sensible encore dans le cœur de chacun d’entre nous. Alors nous sortirons dans la rue en nous demandant : comment amener la Gueoula ? Et le Rabbi nous a dit comment faire, à la suite du Rambam : une Mitsva de plus, un mot de Torah de plus, une pièce de plus pour la Tsedaka, encore une Mitsva accomplie. C’est ainsi que l’on rapproche la Gueoula, parce que D.ieu déclare chaque matin pakod pakadeti : le moment est venu de vous faire sortir de ce Galout.
Et cela doit être une évidence : nous ne sommes pas repartis en Galout pour des dizaines et des dizaines d’années. Nous sommes entrés dans un Galout très court, bien plus court que nous ne l’imaginons. Il revient donc à chacun d’entre nous d’éclairer le monde, à chacun de commencer à parler.
Certains pensent que nous serions bloqués, que ce serait le moment de se taire, de se retenir, de faire preuve de réserve. Non, bien au contraire. Il faut savoir que la Torah nous enjoint de parler. Il ne faut pas être de ceux qui gardent leur langue dans leur bouche : il faut parler. Et lorsque chacun d’entre nous se mettra à parler, le monde entier se mettra en mouvement, il y aura davantage de juifs qui étudieront la Torah, davantage de juifs qui accompliront des Mitsvot. Nous en sommes alors assurés, c’est une promesse formulée par le Rambam : encore un mot de Torah, encore une Mitsva, et nous faisons basculer le monde du côté positif.
Cela, il faut l’inscrire dans votre esprit, dans l’esprit de nos enfants, dans l’esprit de tous : nous devons savoir qu’il n’y a plus désormais qu’un seul combat, celui de ramener la Gueoulakifchouto, lemata mé’assara tefa’him, ici-bas dans ce monde matériel, comme nous en avons parlé à propos du maamar. Ce maamar n’était jamais paru du vivant du Rabbi ; il avait été corrigé, il était resté sur la table du Rabbi, et c’est là qu’on l’a retrouvé et qu’il a été publié. Le Rabbi y explique ce qu’est la fête de Tou Beav.
Tou Beav est la plus grande élévation, la plus grande aliya, parce qu’elle succède à la plus grande chute qui puisse être, celle de Ticha Beav. Le quinze Av est donc la plus grande aliya, celle qui vient après la plus grande yerida. Et le Rabbi explique que quelle que soit la chute considérée, celle du Galout Mitsrayim ou même celle d’une faute personnelle, aucune n’est comparable à la yerida qui s’est produite lorsque D.ieu a détruit le Temple, parce qu’il s’agit là d’une réalité qui a touché le monde begachmiout, matériellement.
Voilà pourquoi, aujourd’hui, dans le bouleversement que nous traversons et que nous vivons, c’est comme serefat Beth Elokeinou, l’incendie de la maison de notre D.ieu, c’est comme Ticha Beav. Nous avons vécu cette année un véritable Ticha Beav. Autrefois nous savions qu’il s’agissait d’un Ticha Beav vieux de deux mille ans ; cette année, nous avons su ce qu’était un Ticha Beav à notre propre époque. Serefat Beth Elokeinou.
Et à présent, nous devons savoir que nous nous trouvons déjà dans l’élévation qui succède à la chute. Et qu’est-ce qui produit cette aliya après la yerida ? Le travail du peuple juif, qui se situe au-delà de toutes choses. Cela signifie que chacun d’entre nous doit agir bekhol meodekha, et s’efforcer de parler.
Il n’est pas nécessaire d’en faire plus que ce que le Rabbi nous a demandé ; il suffit d’accomplir ce que le Rabbi nous demande : étudier la Torah, et surtout avoir le courage de parler autour de nous, dans la rue, dans un aéroport, dans un commerce, partout où une rencontre est possible. Car il faut bien savoir, comme il est écrit dans les livres, que la Torah est vérité, Torat emet.
Puisse D.ieu nous aider dans tout ce que nous entreprendrons, car chacun est un arbre, et parce que nous vivons dans le dor hachevi’i, la septième génération. Et que le Rabbi nous fasse sortir très bientôt de cet exil pour nous conduire en Erets Israël. Amen.
Hommage d’un Rav de Marseille pour les quarante-neuf ans du Rav Chmouel Azimov
Chers amis, les papiers vous tombent des mains et l’on reste sans rien dire. Aujourd’hui, bien entendu, le Rav Azimov célèbre son yom houlédet, son anniversaire, et nous sommes ici, là où nous sommes.
Voilà la deuxième année que je viens ici. Chaque fois que je viens, j’y puise des ko’hot, des forces, que je ramène à Marseille pour faire davantage encore, comme le Rav Azimov vient de le dire. Et si j’évoque le Rav Azimov, ce n’est pas seulement pour Paris ou pour la région parisienne : ici aussi, partout, lo yanoum velo yichan, il ne sommeille ni ne dort, il est là pour chacun et chacune d’entre nous. Nous lui devons beaucoup.
Je voudrais lui faire un petit cadeau. Tout à l’heure, je me suis enfermé dans ma chambre, là-haut, et j’ai commencé à écrire quelques lignes à l’occasion de ce jour qui est aussi notre sim’ha à nous tous. Car c’est grâce à cela que nous sommes réunis. Nous nous sommes rassemblés il y a un moment, nous avons chanté, et soudain nous nous sommes serré les coudes, nous sommes devenus comme une seule personne. Et chacun d’entre nous, en repartant d’ici, agira au nom de tous, il aura la force de nous tous. Chacun aura la force de tout le monde. Il y aura donc des ko’hot. Si cela ne vous dérange pas, écoutez-moi.
Le poème, composé en hébreu et lu devant l’assemblée, était daté du dimanche premier jour de Roch Hodech, premier Elloul 5754 (1994), à l’Alpe d’Huez. En voici la teneur en français.
Avec la permission de mes maîtres et de mes enseignants. Que vous soyez inscrits pour une bonne année en tout ce dont vous avez besoin, et pour un mois d’Elloul bon et béni. À l’honneur de mon ami, tête et couronne, en haut comme en bas, qui vise le but et jamais ne le manque, le Rav Chmouel Azimov chelita.
Au soir précédant le lundi, second jour de Roch Hodech, en ce premier Elloul 5754 (1994), le Rav Azimov, qu’il vive, célèbre en cette assemblée le jour de sa naissance.
Qu’il est honoré, ce jour de sa joie. Que le Créateur du monde édifie dans les cieux son degré. Ani lédodi védodi li, et vers moi va son désir.
Aujourd’hui il accomplit quarante-neuf années, ici à l’Alpe d’Huez, au lieu où il a établi son camp.
Au mois d’Elloul, celui-ci est mon D.ieu, et plus encore ici, à l’Alpe d’Huez. Et moi, ma prière s’adresse à Toi, Hachem, viens à notre secours.
Qu’il voie une descendance et prolonge ses jours, jusqu’à cent quatre-vingts ans, et jusqu’à ce que la main du libérateur le mène à la cité de David.
Qu’il prolonge ses jours sur son royaume, lui, ses fils et sa maison, c’est-à-dire son épouse.
Qu’au sein d’Israël sa vaillance grandisse, comme le soleil se levant dans sa puissance. Amen.
Tous sont bien-aimés, venus un d’une ville et deux d’une famille, auprès du Rav Chmouel Azimov, pour étudier et pour enseigner, dans de verts pâturages, en sécurité.
Voici des frères assis ensemble, et des bénédictions à jamais renouvelées dans la joie. La droite rapproche tandis que la gauche repousse.
Qu’il fleurisse, et que ses jours soient des jours de festin et d’allégresse, car le mot vehaya n’exprime jamais que la joie.
Que leur cœur soit tourné vers le soutien et vers l’entraide, car le monde entier n’est nourri que par le mérite de la Torah.
Vie et paix sur Israël et sur les Rabbanim. Israël accomplit des prouesses et tire son discernement des anciens.
Que le vin de la Torah emplisse leur gorge, que la lumière de la Torah, la Torah de la ‘Hassidout, les éclaire, et qu’ils demeurent à l’ombre du Tout-Puissant.
Qu’Il envoie Sa parole et qu’en jaillissent le salut et la Tsedaka, que le peuple s’en réjouisse et proclame sa joie de donner généreusement le pain de sa subsistance.
Que D.ieu le couronne de gloire et de splendeur, que la bonté l’environne et l’entoure, que celui qui travaille pour lui tout au long du jour le bénisse.
Que la grandeur de son œuvre s’élève et se déploie, et qu’il réussisse en tout ce qu’il entreprendra. Amen.
Qu’ici même se scellent les bénédictions, soir, matin et midi.
Qu’il brille comme la lumière du soleil, sept fois plus fort, jusqu’à ce que vienne le Roi et qu’il rétablisse Jérusalem.
Alors David bénira de toute sa force, le Roi Machia’h véritablement, ici à l’Alpe d’Huez.
Telles sont les paroles de l’auteur, en un chant d’amitié, pour signe et pour prodige, en cette année de merveilles insignes.
Celui qui espère les miséricordes du Ciel, qui souhaite offrir au plus grand nombre la lumière des yeux, corps et âme, faire miséricorde et consoler la pauvre, battue par la tempête, qui n’a pas encore été consolée.
Et qu’il soit Sa volonté que s’accomplisse aujourd’hui cette parole : « Réveillez-vous et chantez, vous qui reposez dans la poussière », pour les âmes d’élite, et à leur tête notre Rabbi.
Alors nous ferons une hiloula, à voix haute et forte, et très bientôt véritablement. Amen.
La prière du mois d’Elloul et la coutume du Tanya
Le Rabbi explique dans les si’hot que le mois d’Elloul n’est pas, comme certains le pensent, un mois où il faudrait se retirer complètement du monde. Bien au contraire : c’est un mois où l’on demeure dans le ‘hol, dans le quotidien, où l’on travaille, où l’on vit dans le monde, mais où l’on se situe plus haut que le monde, parce que c’est Mélekh bassadé, parce que D.ieu est proche de chacun d’entre nous.
Chacun doit préparer le keli, le réceptacle, en fournissant un effort supplémentaire durant le mois d’Elloul, car c’est ce réceptacle qui permet de recevoir toutes les bénédictions divines. Le mois d’Elloul est en effet celui des Yemei HaRa’hamim, les jours de miséricorde.
Voilà pourquoi le Rabbi nous dit, dans cette lettre que nous avons déjà répétée, comment il est possible d’être proche de D.ieu : par la prière, en priant comme il convient. C’est alors que nous parlons directement avec D.ieu. Et c’est cela, le mois d’Elloul, ce mois où chacun peut sortir à la rencontre de D.ieu. Comment Le retrouver directement ? Par la prière. Autrement dit, la prière est la première chose sur laquelle il faut se concentrer davantage durant le mois d’Elloul.
À plus forte raison ici, dans un lieu où personne ne travaille, où tous sont venus passer des vacances. C’est alors, plus que jamais, le moment de prier davantage et de mieux se concentrer encore dans la prière.
C’est à ce propos que le Rabbi rapporte, dans une si’ha, une ancienne coutume ‘hassidique : autrefois, lorsque le Rabbi descendait pour la prière de Chabbat, il descendait toujours avec son livre de Tanya, comme il prenait ses sidourim. Certains s’en souviennent encore.
Le 11 Nissan 5772 (2012), une assemblée fervente s’est réunie au Beth Haya Mouchka de Paris pour célébrer le 110e anniversaire du Rabbi, dont la présence spirituelle demeure vivace au cœur de chaque rassemblement hassidique. Au fil d’un discours nourri d’enseignements profonds, le Rav Azimov a exploré la signification de cet anniversaire exceptionnel, le rôle des écrits laissés en héritage, l’appel à l’unité du peuple juif et la mission urgente d’accélérer la Guéoula. Des chants et des histoires touchantes ont jalonné cette soirée d’une intensité rare, rappelant à chacun sa capacité à transformer le monde.
Ce soir, nous sommes tous réunis pour célébrer l’anniversaire du Rabbi, qui atteint aujourd’hui ses 110 ans. Mais une question se pose naturellement : quel sens donner à un anniversaire lorsque la personne en question ne se trouve plus dans ce monde physiquement ? Il est tout à fait naturel de fêter l’anniversaire d’une personne qui vit parmi nous, dans un corps, dans le monde matériel. Mais lorsque quelqu’un se trouve déjà dans les sphères supérieures, les mots semblent manquer pour expliquer cette réalité.
C’est là qu’intervient l’enseignement du Rabbi lui-même, qu’il a expliqué à de nombreuses reprises, et de façon limpide : il ne s’agit pas d’une question de présence ou d’absence. Le Rabbi a eu recours à la métaphore d’une maison à plusieurs étages. Lorsque quelqu’un quitte ce monde, cela ne signifie pas qu’il a quitté la maison — cela signifie qu’il est monté au premier étage, puis peut-être au deuxième, et encore au-delà. Il est toujours dans la même demeure. C’est pourquoi il est difficile de dire simplement que la Nechama se trouve « en paradis » dans un sens qui impliquerait un éloignement. On sait parfaitement que le Rabbi se trouve dans les hauteurs — mais il est avec nous. Il est avec nous, il nous guide, il est en train de nous inspirer. Sa présence est certaine, même si elle n’est plus comparable à ce qu’elle était lorsqu’il était parmi nous physiquement.
Pour un homme ordinaire que l’on ne voit plus, on pourrait dire : il n’est plus là. Mais pour le Rabbi — et cela est attesté dans les sources saintes — son attachement à ses Chlou’him et à son peuple ne disparaît pas avec le corps. Il est gravé dans les cœurs, et il demeure toujours présent à travers ses écrits, ses enseignements, et la force qu’il continue de transmettre.
L’anniversaire : un moment de montée et de réflexion
Le jour de l’anniversaire est un terme d’une importance capitale, comme l’a explicité le Rabbi lui-même. Ce jour est important pour le monde matériel, et à plus forte raison pour les sphères supérieures. Le Rabbi en a parlé lorsqu’il a eu 80 ans — il y a 30 ans de cela — et il a décrit en détail ce que représente l’arrivée du jour anniversaire pour une âme.
C’est le moment où chacun est invité à réfléchir : est-ce que je suis en train d’accomplir la mission pour laquelle je suis venu en ce monde ? Est-ce que je la réalise comme il le faut ? Tout le monde est interpellé en ce jour : est-ce que l’on fait ce que D.ieu demande ? C’est le sens profond du Yom Houledet — le jour de la naissance.
Pour le Rabbi, cet aspect est encore plus important. Comme il l’a dit lui-même : il est en train de monter au ciel, et il laisse un héritage unique. Lorsqu’un grand maître place sous son idéal tout un peuple, et lui lègue son enseignement sous forme de manuscrits, de livres, de discours — cet héritage le rend toujours présent. De même que D.ieu a dit par la Torah : « Je suis dans la Torah » — et que la Torah reste toujours présente parce qu’Il est présent à travers elle — de même le Rabbi a dit : « Je monte au ciel, et je vous laisse mes écrits. » Ses écrits, c’est lui. Et c’est la raison pour laquelle, même après son départ de ce monde, le jour de son anniversaire continue de vivre et de rayonner.
Il est enseigné que les grandes âmes, en paradis, font une fête le jour de leur anniversaire — un jour de descente de bénédictions sur ceux qui sont encore dans ce monde. Aujourd’hui, le Rabbi est en train de faire une très grande célébration là-haut, dans les sphères supérieures. Et il regarde avec amour la mission que ses Chlou’him sont en train d’accomplir, et les écrits qu’il a laissés pour nous guider.
Pourquoi se réunir ensemble pour cet anniversaire ?
Une question peut sembler légitime : pourquoi est-il nécessaire de se rassembler tous ensemble pour fêter cet anniversaire ? Ne suffit-il pas que chacun, chez soi, à la maison, prenne de bonnes résolutions dans son cœur ? Ne pourrait-il pas décider seul, en silence, ce qu’il va faire de mieux désormais ?
La Torah répond très clairement à cela. Lorsque l’on prend une décision collectivement, lorsque l’on est tous réunis ensemble, cette décision prend une force incomparablement plus grande. C’est quelque chose qui touche bien davantage les cœurs, parce que l’union des forces décuple l’engagement. On ne peut pas imaginer combien cela est important aux yeux de D.ieu lorsque tous ses enfants se trouvent réunis ensemble.
Voici la plus grande joie, la plus grande satisfaction pour des parents : voir leurs enfants tous unis, en bonne entente entre eux, avançant tous dans la même direction, avec la même idée de progresser dans la Torah et dans le service de D.ieu. Nous sommes les enfants du Rabbi. Il est tout à fait naturel que des enfants assistent à l’anniversaire de leur père. De même qu’il est normal que des enfants se rendent à l’anniversaire de leurs parents, il est tout à fait normal que nous, les enfants du Rabbi, venions assister à son anniversaire. Et lorsque nous sommes tous là, ensemble, cherchant tous à progresser et à faire mieux — c’est cela la plus grande source de joie et de Nah’at pour le Rabbi.
Et il y a encore un point capital : le Rabbi lui-même est en train de monter de niveau. Chaque anniversaire marque une ascension supplémentaire dans les sphères supérieures. Et comme lui monte, nous montons avec lui — chacun à son niveau, mais tous en mouvement vers le haut. L’anniversaire du Rabbi ouvre un nouveau courant, une nouvelle époque dans la vie du peuple juif. Même si l’on a été bien jusqu’à présent, on peut faire encore mieux — et c’est précisément le sens de cette réunion.
Ce que le Rabbi a montré : même un lundi ordinaire peut devenir autre chose
Voici quelque chose que l’on peut percevoir ce soir même. Chacun d’entre vous était chez soi avant de venir ici. Chacun se trouvait à son niveau, dans son quotidien. Et regardez maintenant : après avoir dansé ensemble, après avoir étudié ensemble, après s’être retrouvés tous réunis — on repart chez soi dans un tout autre état d’esprit. C’est tout à fait différent de ce que l’on était en arrivant.
C’est cela que le Rabbi a montré au monde : même un lundi ordinaire peut devenir autre chose. Lorsque quelqu’un étudie la Torah, lorsqu’il fait des visites tout au long de la semaine et consacre ses journées à D.ieu — c’est une façon d’être totalement différente. Et lorsqu’arrivent les jours de fête, de Chabbat, d’anniversaire — ces jours sont encore plus différents. Le Rabbi a enseigné que dans les jours de fête, c’est l’entourage qui doit ressembler à la personne, et non la personne à son entourage. On ne se laisse pas emporter par l’ambiance du monde environnant — c’est l’ambiance du monde qui se transforme autour de celui qui vit selon la Torah.
110 ans : le parallèle avec Yossef Hatsaddik
Le chiffre 110 n’est pas anodin dans la tradition juive, et il est important de s’y arrêter. Il est rapporté que David Hamelekh n’avait pas d’années à lui — plusieurs personnes lui avaient donné des années de leur vie, si bien que sa durée de vie fut en quelque sorte composée des dons d’autrui. Mais Yossef Hatsaddik, lui, a vécu 110 ans qui lui appartenaient pleinement. C’est dit explicitement dans la Torah : Yossef a vécu 110 ans. Et après lui, après sa génération, c’est au tour des générations suivantes — les enfants de Yossef, ses petits-enfants — de porter l’héritage.
De même pour le Rabbi : en atteignant 110 ans, il entre dans une dimension analogue à celle de Yossef. Et comme après Yossef les générations suivantes ont pris le relais, de même c’est à nous maintenant — les enfants du Rabbi, ses Chlou’him dans ce monde — de porter son héritage et de le faire avancer encore plus loin. Tout ce que les générations précédentes ont accompli depuis le Baal Chem Tov sert de fondation. Et maintenant, avec les forces nouvelles que cet anniversaire ouvre, on peut faire encore plus.
Le 110e anniversaire est donc un anniversaire tout à fait particulier. Le Rabbi monte encore d’un niveau — comme Yossef a progressé dans les niveaux les plus élevés — et nous, ses enfants spirituels, nous progressons avec lui.
La lettre du Rabbi : celui qui donne sa vie pour la diffusion mérite la bénédiction divine
Il y a trente ans, une nouvelle époque s’est ouverte, et la force du Rabbi — les bénédictions qu’il accorde — se trouve infiniment plus puissante, et toujours plus importante. Il existe une lettre du Rabbi dans laquelle il dit, avant même de quitter ce monde : lorsque quelqu’un fait tout son possible pour le travail de la diffusion de la Torah, lorsqu’il a donné sa vie pour ce travail de rapprochement des Juifs et de sanctification du monde, il mérite d’être béni par D.ieu — non seulement d’une bénédiction ordinaire, mais d’une bénédiction où même le bien caché se révèle au grand jour.
Cette lettre est une promesse du Rabbi à tous ses Chlou’him : prenez de bonnes décisions, engagez-vous pleinement dans la mission, et tous les membres de la maison Habad ainsi que tous les Rabbanim seront non seulement présents pour la Guéoula — mais ils seront là pour l’accueillir pleinement, dans toute sa splendeur.
Les écrits du Rabbi : comme un feu inépuisable
On dit que lorsque l’on s’approche d’un grand feu — même si l’on vient pour la deuxième, la troisième fois — on trouve à chaque fois encore plus de richesse, encore plus de chaleur, encore plus de lumière. C’est exactement ce que sont les écrits du Rabbi. On peut les lire une fois, deux fois, trois fois : à chaque lecture, on y découvre des profondeurs nouvelles, des niveaux insoupçonnés.
C’est pourquoi chaque fois que l’on se rassemble, chaque fois que l’on étudie ses enseignements, on ne revient pas à quelque chose de déjà connu — on s’élève encore davantage. Cette richesse inépuisable est le témoignage vivant de la grandeur du Rabbi et de l’éternité de son œuvre.
La table de Chabbat et la Mezouza : un enseignement pour notre époque
Le Rabbi a livré sur ce sujet un enseignement halakhique d’une grande profondeur. On sait que lors du Kiddouch de Chabbat, les Hallot restent sur la table, recouvertes par la nappe — on ne les déplace pas, on ne soulève pas le plateau pour laisser passer. Certains ont l’habitude de procéder d’une certaine façon, d’autres différemment. La pratique répandue est de laisser les Hallot sur la table, couvertes, et de dévoiler légèrement la nappe pour montrer que l’on s’en occupe — mais ni le plateau ni les pains ne sont déplacés.
La question que l’on peut poser est la suivante : pourquoi agit-on ainsi ? Pourquoi ne soulève-t-on pas les pains, ne les déplace-t-on pas sur le côté le temps du Kiddouch ? Et là, le Rabbi donne une explication d’une grande portée : c’est que l’on doit montrer que l’on s’occupe de tous les détails — la table, les pains, chaque élément. Rien ne doit être écarté du côté, même pour un instant.
Puis le Rabbi élargit cet enseignement à notre époque tout entière. Il dit : dans notre génération, on ne peut pas marcher 300 mètres sans rencontrer la grandeur de D.ieu — mais aussi toutes les tentations et les épreuves que le monde matériel présente. C’est pourquoi on ne peut pas laisser la Torah « du côté ». On ne peut pas écarter les Mitsvot un instant, en se disant qu’on y reviendra plus tard. On est obligé de les garder présentes, sur la table de la vie, à chaque instant, en toutes circonstances.
Il faut aller dans la rue et s’occuper de tous les détails qui existent dans le monde. Lorsqu’on est dans la rue et qu’on rencontre quelqu’un, il faut lui dire un mot de Torah, lui montrer la grandeur de D.ieu. Il faut que la rue elle-même devienne un lieu de sanctification. C’est cela l’enseignement du Rabbi pour cette nouvelle année qui s’ouvre : s’occuper de chaque détail qui existe dans le monde, ne rien laisser de côté.
Ce que le Rabbi a apporté à cette génération plus que toutes les précédentes
Beaucoup de gens ont écrit sur les qualités du Rabbi, beaucoup d’auteurs, beaucoup d’écrivains ont essayé de les décrire. Mais ce soir, on peut en percevoir l’essence d’une manière particulière. La question fondamentale est : qu’est-ce que le Rabbi a apporté à cette génération, plus qu’aucune des générations qui l’ont précédé ? Depuis le Baal Chem Tov, chaque génération de Rebbeïm a ajouté quelque chose, a apporté sa contribution unique. Qu’est-ce que le Rabbi de notre génération a apporté, que l’on ne trouvait pas auparavant ?
Il y a une histoire qui illustre cela de manière frappante. Un enfant se trouvait dans un camp de vacances juif. Au cours de l’été, il avait entendu un Rav parler depuis la synagogue — un Rav de qualité, des paroles de Torah. Quand il rentra et téléphona à son père, le père sentit que son fils était profondément ému, touché d’une façon inhabituellе. Il lui demanda : « Pourquoi ces paroles t’ont-elles tellement touché ? Tu entends des Rabbanim parler régulièrement dans la synagogue. En quoi était-ce différent ? »
L’enfant répondit : « Papa, c’était différent. Ce Rav-là — j’ai vu comment il parlait. Il parlait non pas en général, mais de chaque enfant, de chaque personne individuellement. Et on voyait clairement qu’il parlait de tout son cœur, comme si chaque enfant était personnellement son propre enfant. »
Voilà ce que le Rabbi a apporté à sa génération : non pas des paroles en général destinées aux masses, mais un regard et une parole adressés à chaque âme individuelle, avec l’amour d’un père pour son enfant.
L’étudiant de Yechiva et l’enfant qui se noie : la mission du Chalia’h
Une autre histoire, rapportée à propos du Rabbi lui-même, illustre encore davantage cet enseignement fondamental. Un jeune homme vint un jour trouver le Rabbi. Il étudiait dans une grande Yechiva, entièrement absorbé par l’étude — rien d’autre ne l’intéressait. Il posa au Rabbi une question sincère : « Pourquoi dois-je quitter ma Yechiva pour aller faire des Mitsvot dans la rue, pour aller à la rencontre de gens qui ne savent peut-être rien ? »
Le Rabbi lui répondit par une question en retour. « Imaginez, lui dit-il, que vous soyez assis au bord de la mer, dans une grande Yechiva. Tous les plus grands sages du monde sont là, en train d’étudier. Et soudain quelqu’un entre en criant : ‘Au secours ! Il y a un enfant dans la mer, il est peut-être en train de se noyer !’ Que se passerait-il à votre avis ? » La réponse est évidente : tout le monde fermerait immédiatement ses livres, quitterait la salle d’étude, et courrait sauver cet enfant. Même les plus grands maîtres.
Puis le Rabbi ajouta : « Cet enfant dont je te parle — l’enfant qui se trouve dans la rue, perdu dans les structures du monde, qui risque de se noyer loin de la Torah et des Mitsvot — c’est mon enfant. C’est l’enfant de D.ieu. Je ne sais pas toujours comment l’aider pour qu’il ne se noie pas dans les structures du pays, loin du cadre de la Torah. Mais ce que je sais, c’est que quand quelqu’un de mal à l’aise passe dans la rue — il n’est jamais seul. Il est l’enfant de D.ieu. Et pour lui, il faut faire tout ce qui est humainement possible. »
C’est cela la mission du Chalia’h selon le Rabbi : ne pas quitter la table — c’est-à-dire ne pas abandonner la Torah — mais apporter la Torah avec soi dans la rue, s’occuper de chaque détail, de chaque âme, et faire de chaque rencontre dans la rue un acte de sanctification. Le Rabbi ne veut pas que les Mitsvot soient laissées sur le côté. Il veut qu’elles demeurent sur la table de la vie quotidienne, présentes et vivantes.
Le Rabbi est partout : il faut sortir dans la rue
Le Rabbi a dit à plusieurs reprises une chose essentielle : il est là-haut, mais il est partout. Et il ne suffit pas qu’on le garde pour soi, dans nos maisons ou dans nos synagogues. Il faut sortir dans la rue. Il faut aller dans la rue — et alors, tous les obstacles disparaîtront d’eux-mêmes.
On peut parfois penser que les difficultés sont trop grandes, que la mission est trop lourde, que le monde est trop éloigné. Mais le Rabbi dit : sors dans la rue et fais ce que tu as à faire — et tout s’arrangera. Il faut savoir que dans ce monde, on n’est pas venu pour se mettre à l’écart, mais pour apporter le dernier détail qui permettra d’amener la Guéoula. Car c’est ainsi que la Guéoula viendra : non pas par un grand geste unique, mais par l’accumulation de chaque détail, de chaque Mitsva, de chaque âme rapprochée.
Comme il est dit : j’ai entendu des paroles de Rabbanim, mais lorsqu’on entend la parole du Rabbi, c’est une parole prononcée de tout son cœur. Et c’est cette force de tout le cœur que le Rabbi donne à chacun de ses Chlou’him et à chaque membre du peuple juif : la capacité d’augmenter dans sa mission, de surmonter tous les problèmes, de traverser tous les obstacles.
Le Rabbi a brisé toutes les barrières : chacun est capable
L’un des enseignements les plus révolutionnaires du Rabbi est celui-ci : tout le monde est capable. Le Rabbi a brisé toutes les limites, toutes les frontières, tous les obstacles que l’on pouvait dresser. On pourrait croire que seule une élite, que seuls ceux qui ont beaucoup appris, peuvent atteindre les niveaux les plus élevés du service de D.ieu. Mais c’est exactement ce que le Rabbi a réfuté de toutes ses forces : chacun est capable. Non pas « certains sont capables et d’autres ne le sont pas » — mais chacun, chaque individu, est capable d’accomplir tout ce qui se trouve dans la Torah, dans la prière, dans la vie.
Il y a, dans les temps modernes, une comparaison frappante. Avant que l’aviation n’existe, avant la radio, avant les télécommunications, des choses que personne n’aurait osé imaginer comme possibles sont devenues des réalités quotidiennes. Des capacités que l’on croyait réservées à quelques-uns se sont révélées accessibles à tous. De même dans le judaïsme : avant le Rabbi, on pensait que certains niveaux spirituels étaient inaccessibles à l’homme ordinaire. Le Rabbi est venu dans ce monde pour enlever tous ces obstacles, pour soulever tous les « stumbling blocks » de la rue spirituelle, et pour dire à chacun : tu es capable.
Soyez prêts : l’appel à la Guéoula
Le Rabbi dit aujourd’hui ce que D.ieu a dit aux enfants d’Israël la nuit de la sortie d’Égypte : soyez prêts. En Égypte, le peuple juif a mangé la Pessa’h les reins ceints, le bâton à la main, les sandales aux pieds — prêts à partir avant même que la délivrance ne se manifeste pleinement. Ils n’ont pas attendu d’être sortis pour se préparer à la sortie. Ils se sont préparés alors qu’ils étaient encore en Égypte.
De même le Rabbi nous dit : soyez prêts pour la Guéoula maintenant. Ne dites pas « je ne suis pas encore capable » ou « je ferai mieux demain ». Quand quelqu’un dit qu’il n’est pas capable, le Rabbi lui répond : si, tu es capable. Tu es capable de te conduire parfaitement. Tu es capable de te préparer à la Guéoula dès maintenant. Un simple coup de téléphone peut suffire. Un geste simple, une Mitsva accomplie aujourd’hui : c’est ce que D.ieu te demande en ce moment précis. Fais ce que D.ieu te demande aujourd’hui — et demain tu feras ce qu’Il te demandera demain.
Nous sommes entrés dans une nouvelle époque — l’époque du 110e anniversaire — ce qui signifie que les forces, les capacités et les bénédictions disponibles pour chacun d’entre nous sont désormais décuplées. Le travail du Rabbi, ce travail social et spirituel gigantesque qu’il a accompli tout au long de sa vie, nous dit une chose : on est capable. Nous pouvons maintenant avancer vers la Guéoula et la faire descendre dans ce monde.
La Mitsva reste sur la table : tout sera selon la volonté de D.ieu
Pour conclure, revenons à l’image de la table. Le Rabbi a mis les Mitsvot « sur la table » — il a rendu le service de D.ieu accessible, présent, concret dans le quotidien de chaque Juif. Et il a dit : « Je ne bouge pas. » Cela signifie : la Torah ne disparaîtra pas, elle ne sera pas écartée. Tout ce que nous faisons dans ce monde, toutes les Mitsvot, tous les actes de bonté et de sanctification — tout cela va devenir, et demeure, conforme à la volonté de D.ieu.
Comprenons-nous vraiment la profondeur de ce que le Rabbi veut nous dire ? Pas seulement la table — tout ce qui l’accompagne. La rue, le monde, chaque âme juive. Tout cela sera comme la volonté de D.ieu — et cela, c’est la Guéoula elle-même. Puisse-t-elle arriver dès maintenant, immédiatement et sans délai.
Dans un Farbrenguen prononcée en Elloul 5749 (1989), le Rav Chemouel Azimov aborde un enseignement prophétique majeur du Rabbi Rachab concernant l’époque messianique et les défis spirituels des générations futures. Cette intervention met en lumière la vision visionnaire du cinquième Rabbi de Loubavitch sur l’évolution du judaïsme et le rôle providentiel du mouvement Habad dans la préservation de la foi juive. Le Rav Azimov souligne comment cette prophétie s’accomplit sous nos yeux et pourquoi elle doit être source de joie et d’inspiration pour notre génération.
Extraits des cours de Tanya donné par le Rav Chmouel Azimov tous les jeudis au Beth Loubavitch.
A la mémoire de Meir ben Chlomo BOUNI a’h – 9 Chevat 5771 Esther bat Yéchoua BOUNI a’h – 29 Kislev 5778 Haya bat Rivka ELEB a’h – 10 Iyar 5770 Puissent-ils être au Gan Eden et reposer parmi les justes. Offert par la famille
Nous publions cette vidéo à l’occasion du Yortzait du Rav Yossef Haim Sitruk le 22 Elloul
Ci-dessous : Video de l’inauguration du Beth Haya Mouchka – Novembre 2000
Cette manifestation s’est tenue en présence du Rav Shmouel AZIMOV, Président du Beth Loubavitch, du Rav Yossef SITRUK, Grand Rabbin de France, du Rav David MESSAS, Grand Rabbin de Paris, de Monsieur Jacques REVAH, Ministre plénipotentiaire, chargé d’affaires auprès de l’Ambassade d’Israël, de Monsieur Henri HAJDENBERG, Président du CRIF, de Monsieur Jean KAHN, Président du Consistoire Central et de Monsieur Moïse COHEN, Président du Consistoire de Paris.