par hassidout | 14 Mai, 2025 – 16 Iyyar 5785 | MAGAZINE |
La connaissance de D.ieu par l’étude et la compréhension personnelle, plutôt que par simple tradition, constitue l’essence de l’enseignement de Rabbi Shimon. Sa célèbre déclaration « Be’had ktira itkatarana » (Dans un nœud unique je suis attaché) offre une vision profonde de la relation entre l’homme et son Créateur, pertinente pour chaque juif aujourd’hui.
La foi par tradition ou par connaissance ?
Dans les cercles hassidiques, on raconte une anecdote révélatrice : lorsque le Gabbaï annonce l’heure exacte du molad (apparition de la nouvelle lune) avant le nouveau mois, tous les fidèles s’empressent de l’entendre avec précision. Pourtant, connaître l’heure du molad n’est qu’une coutume mentionnée dans les livres de prière, et non un commandement fondamental.
À plus forte raison devrions-nous être méticuleux dans l’accomplissement du commandement explicite de la Torah : « Tu sauras aujourd’hui et tu imprimeras dans ton cœur que l’Éternel est D.ieu » (Deutéronome 4:39). Cette connaissance ne doit pas se limiter à une simple affirmation verbale, mais doit s’ancrer profondément dans notre être.
Comme l’écrit Maïmonide dans le Guide des Égarés : « La foi n’est pas ce qui est dit par la bouche, mais ce qui est conçu dans l’âme, lorsqu’on croit que ce qui est conçu est tel qu’on l’a conçu. »
L’annulation du décret de séparation
Le Midrash explique qu’avant le don de la Torah, un « décret » séparait les mondes célestes et terrestres : « Les cieux sont les cieux de l’Éternel, mais la terre, Il l’a donnée aux fils de l’homme. » Lors du don de la Torah, ce décret fut annulé permettant deux mouvements : « les êtres d’en bas monteront vers ceux d’en haut, et ceux d’en haut descendront vers ceux d’en bas. »
Ce double mouvement représente deux formes de connexion spirituelle : d’une part, la révélation divine descendant vers l’homme (la foi reçue), et d’autre part, l’effort humain pour s’élever vers la compréhension divine (la foi acquise par connaissance).
Bien que la révélation au Sinaï commença par la « descente » divine (« Et l’Éternel descendit sur le mont Sinaï »), le but ultime est que « les êtres d’en bas montent » – que l’homme élève sa conscience jusqu’à comprendre et ressentir la présence divine par son propre effort.
« Be’had ktira itkatarana » – L’union parfaite avec D.ieu
Rabbi Shimon bar Yochaï déclara le jour de son départ de ce monde : « Be’had ktira itkatarana bei bekoudsha Bri’h hou… bei ahida, bei lehita, bei itdebakat » – « Dans un nœud unique je suis attaché au Saint, béni soit-Il… en Lui je suis uni, en Lui j’arde, en Lui je m’attache. »
Cette expression mystique révèle le niveau spirituel extraordinaire atteint par Rabbi Shimon : il ne se percevait pas comme une entité séparée de D.ieu, mais comme étant constamment dans Sa présence, uni à Lui.
Le Rabbi de Loubavitch enseignait que ce message devait être transmis même aux enfants lors des rassemblements de Lag BaOmer, car cette notion d’unité avec D.ieu est fondamentalement accessible à chaque âme juive, à son niveau.
La place intérieure de l’homme
Un niggun (mélodie) hassidique exprime poignamment le défi spirituel : « On mange – ça se mange, on boit – ça se boit, mais que faire quand ça ne prie pas ? »
Le hassid se lamente : pourquoi les actes physiques comme manger et boire se produisent-ils naturellement, sans effort, alors que la prière nécessite toujours un effort conscient ? Pourquoi doit-il constamment « sortir de lui-même » pour se connecter à D.ieu ?
La réponse se trouve dans la compréhension de notre véritable « place » intérieure. Tant que l’homme se perçoit comme séparé de D.ieu, il doit faire un effort pour « se déplacer » vers Lui. Mais lorsqu’il reconnaît que sa véritable essence est spirituelle, que sa « place » naturelle est auprès de D.ieu, alors la connexion divine devient sa seconde nature.
Le trésor caché dans chaque cœur
L’Admour Hazaken écrit dans le Tanya (chapitre 42) : « Comme un homme cherche un trésor caché dans les profondeurs de la terre et creuse après lui avec un grand effort, ainsi faut-il creuser avec un immense effort pour révéler le trésor de la crainte du ciel caché dans la compréhension du cœur de chaque Juif. »
Ce « trésor » n’est pas quelque chose d’extérieur à nous, mais notre essence véritable qui attend d’être découverte. Le service de D.ieu n’est pas la création d’une nouvelle réalité, mais la révélation de notre nature profonde, comme l’artisan qui polit une peau grossière pour révéler le parchemin fin qui s’y cache.
En étudiant la dimension intérieure de la Torah, particulièrement les enseignements de Rabbi Shimon bar Yochaï, nous acquérons progressivement cette conscience que le psalmiste exprime par « En l’Éternel mon âme se glorifiera » – une connexion si naturelle avec D.ieu qu’elle devient notre état d’être, plutôt qu’un effort extérieur.
Ainsi, même des concepts mystiques comme « Be’had ktira itkatarana » deviennent accessibles à chacun d’entre nous, à notre niveau, nous guidant vers une foi vécue et incarnée plutôt qu’une simple tradition héritée de nos pères.
par hassidout | 14 Mai, 2025 – 16 Iyyar 5785 | MAGAZINE |
La Torah nous offre une perspective unique sur les défis inhérents à l’éducation des enfants. À travers certains commandements spécifiques, elle met en lumière trois obstacles majeurs que les parents peuvent rencontrer. Ces enseignements millénaires nous rappellent que malgré les difficultés, l’éducation réussie reste possible avec amour et persévérance.
Adapte du Likoutei Sihot vol. 2 , Mi’htavim Tazrya
La triple injonction : un message pour éduquer les plus jeunes
« Parle aux Cohanim, fils d’Aaron, et dis-leur… » Cette répétition dans la paracha Emor intrigue. Rachi explique ce double commandement : « Pour avertir les grands à propos des petits ». Il s’agit de transmettre aux Cohanim adultes l’interdiction de se rendre impurs au contact d’un mort, charge à eux de la transmettre ensuite à leurs jeunes enfants.
Cette formulation n’apparaît que deux autres fois dans toute la Torah :
Concernant l’interdiction de consommer des créatures rampantes et celle de consommer du sang. Pour les créatures rampantes, il est écrit : « Ne les mangez point car ils sont une abomination ». Les Sages interprètent « Ne les mangez point » comme « Ne les faites pas manger », indiquant que les adultes doivent veiller à ne pas nourrir les enfants avec ces créatures. Quant à l’interdiction du sang, le verset « Aucune personne parmi vous ne mangera de sang » amène les Sages à conclure que même les enfants sont concernés.
Une question se pose alors : pourquoi ces commandements spécifiques méritent-ils une attention éducative particulière ? Les enfants sont-ils particulièrement attirés par l’impureté des morts ou la consommation de sang, au point qu’il faille insister sur le devoir parental d’éducation ?
Trois défis fondamentaux dans l’éducation
L’éducation des enfants présente trois situations particulièrement difficiles :
- un enfant au tempérament difficile ;
- une tentation extérieure massive et addictive ;
- la transmission de valeurs religieuses abstraites et pas suffisamment convaincantes.
Parfois c’est l’enfant qui est difficile, parfois ce sont les tentations extérieures qui menacent, et parfois c’est la valeur religieuse elle-même qui n’est pas suffisamment convaincante.
Enfant au tempérament difficile : Concernant l’interdiction des créatures rampantes, les Sages affirment que « l’âme humaine les abhorre naturellement ». Une personne ordinaire devrait ressentir du dégoût à l’idée de manger des animaux qui grouillent sur la terre. Un enfant que son père doit éloigner de ces créatures démontre un caractère hors norme. Le père est alors frustré : comment éduquer un enfant dont la « matière première » semble si problématique ?
Tentation extérieure massive et addictive : L’interdiction du sang représente le défi opposé. Les Sages affirment qu’en Égypte, « ils étaient plongés dans le sang ». C’était un aliment national auquel les gens étaient accoutumés. Le parent se retrouve alors impuissant : comment détacher l’enfant de l’écran ? Comment l’arracher à cette norme sociale à laquelle tous semblent accros ?
Transmission de valeurs religieuses abstraites et pas suffisamment convaincantes : L’impureté liée aux morts constitue le troisième défi. Tout le concept d’impureté est abstrait, mystérieux et considéré comme la « loi des lois » de la Torah. Même le roi Salomon ne comprenait pas comment le mort rend impur et comment la vache rousse purifie. Le père peine donc à connecter l’enfant à des concepts éloignés de sa compréhension, concepts que lui-même ne saisit pas pleinement.
La constance et l’amour : clés de la réussite éducative
Face à ces trois défis, la Torah nous dit : l’éducation reste possible. Faites confiance à vos enfants. Avec le commandement divin vient aussi la force de l’appliquer. L’enfant est une matière malléable, curieuse, intéressée et prête à apprendre de nouvelles choses.
Avec amour et constance, on peut espérer de bons résultats au fil du temps. Comme le souligne un principe éducatif fondamental : un message répété avec conviction finit par porter ses fruits.
Nous devons comprendre que chaque enfant présente des défis uniques. Certains enfants sont naturellement attirés par ce qui est défendu, d’autres sont plus influençables par leur environnement, et d’autres encore ont du mal à intégrer des concepts abstraits. Notre rôle d’éducateur est d’adapter notre approche à chaque situation.
La Torah, par ces trois exemples, nous enseigne que l’éducation doit tenir compte à la fois de la nature de l’enfant, des influences extérieures et de la complexité des valeurs à transmettre. La clé réside dans notre persévérance et notre cohérence face à ces défis.
Ces enseignements du Rabbi nous rappellent que malgré les difficultés apparentes, l’éducation juive a toujours su s’adapter aux défis de chaque génération, avec la même conviction et le même amour pour les enfants.
par hassidout | 14 Mai, 2025 – 16 Iyyar 5785 | INTERNATIONAL |
La police belge a mené trois perquisitions mercredi matin à Anvers, dont deux au sein de la communauté juive, saisissant des instruments de circoncision et réclamant les listes d’enfants circoncis au cours de l’année écoulée. Ces interventions s’inscrivent dans une enquête ouverte depuis l’automne dernier concernant des circoncisions prétendument pratiquées par des personnes sans formation médicale adéquate. Selon le parquet d’Anvers, l’enquête aurait été déclenchée par une plainte émanant de la communauté juive elle-même, créant une situation de tension sans précédent.
Une opération policière ciblant trois adresses anversoises
À l’aube, des policiers armés ont perquisitionné les domiciles du Rav Aaron Eckstein et du Rav Moshe David Landau, deux mohels reconnus de la communauté juive d’Anvers. Une troisième perquisition a été effectuée au domicile de David Rosenberg, membre du conseil de district pour le Vlaams Belang et participant à l’émission « Shalom Allemaal! » sur la chaîne Play4, situé dans le quartier ‘t Groen Kwartier.
« L’enquête se concentre sur des interventions chirurgicales pratiquées par des hommes sans formation médicale », a précisé Kristof Aerts, porte-parole du parquet d’Anvers. « En d’autres termes, les circoncisions n’auraient pas été pratiquées par ou auprès d’un médecin. »
Concernant la perquisition chez David Rosenberg, le porte-parole a tenu à clarifier : « La perquisition à cette adresse visait principalement à recueillir du matériel. Mais l’homme n’est pas directement considéré comme suspect ou impliqué. »
Des accusations qui soulèvent la question de la qualification des mohels
Les autorités ont saisi les instruments de circoncision rituelle lors de ces perquisitions, menées sur ordre d’un juge d’instruction anversois. Aucune interpellation n’a été effectuée à ce stade de l’enquête, mais la demande des enquêteurs concernant les listes d’enfants circoncis a particulièrement choqué la communauté.
L’Association juive européenne (EJA) a vivement réagi en soulignant que « le mohel est une personne spécialement formée aux aspects rituels et médicaux de la circoncision ». Cette précision vient contredire directement l’accusation selon laquelle ces pratiques seraient réalisées par des personnes non qualifiées.
« La police a confisqué tous les couteaux en leur possession et leur a demandé une liste des enfants qu’ils avaient circoncis au cours de l’année écoulée », a dénoncé l’EJA, qualifiant cette action de « nouvelle ligne rouge franchie dans l’intimidation des responsables religieux juifs en Belgique ».
Une enquête aux origines controversées
L’origine de cette affaire présente des zones d’ombre significatives. Selon le parquet, l’enquête aurait débuté à l’automne dernier suite à une plainte provenant de la communauté juive elle-même, ce qui soulève des questions sur d’éventuelles tensions internes.
Cependant, le premier article évoque une plainte civile déposée par « un acteur controversé, connu pour ses confrontations avec diverses institutions juives à travers l’Europe », qui aurait étendu ses accusations non seulement aux mohels mais également aux Rabbanim et leaders religieux ayant participé comme « sandak » (parrain) lors des cérémonies.
Cette divergence dans les sources de la plainte alimente les spéculations sur les véritables motivations de cette enquête, certains membres de la communauté y voyant une tentative de déstabilisation plus large des pratiques religieuses juives.
L’appel à une protection légale de la brit-mila comme liberté religieuse fondamentale
Face à cette situation, le Rav Menachem Margolin, président de l’EJA, a réagi avec fermeté : « Nous assistons à une véritable ligne rouge franchie. Cette intervention constitue un signal d’alarme clair concernant le statut de la liberté religieuse pour les juifs en Belgique. »
L’Association juive européenne a insisté sur le fait que « la circoncision doit faire partie de la liberté religieuse » et appelé les autorités belges à adopter rapidement une législation protégeant explicitement cette pratique millénaire.
« Le droit de préserver son identité religieuse doit être ancré dans la loi et protégé, sinon c’est une atteinte grave au cœur même de l’existence juive en Europe », a déclaré le Rav Margolin.
Pour la communauté juive d’Anvers, l’une des plus importantes d’Europe, cette affaire représente bien plus qu’une simple question de procédure médicale. Elle touche à l’essence même de l’identité juive et au droit fondamental de pratiquer librement sa religion dans un contexte européen où les débats sur les pratiques religieuses traditionnelles se font de plus en plus tendus.
par hassidout | 14 Mai, 2025 – 16 Iyyar 5785 | Rav Schneor Ashkenazi, MAGAZINE |
Des centaines de milliers d’enfants défilent dans les rues lors des processions de Lag BaOmer, illustrant une expression du judaïsme fière et visible. Cette manifestation publique représente parfaitement l’approche que nous devrions adopter envers notre judaïsme : fier, heureux et visible. La transmission d’une identité juive positive constitue le fondement d’une éducation réussie, comme le confirment tant éducateurs que textes sacrés.
L’éducation par la joie : la clé de la transmission
Un de mes proches dirige un système éducatif novateur offrant aux jeunes hommes de yeshiva nécessitant un cadre religieux personnalisé une opportunité unique. Cette institution permet aux adolescents de développer diverses compétences d’apprentissage sans compromettre leur niveau de crainte divine et l’esprit hassidique.
« Quelle est la qualité la plus importante pour réussir l’éducation, d’après votre expérience avec des milliers de familles ? » lui ai-je demandé. Sans hésiter, il a répondu : « La joie juive. Les enfants doivent grandir dans une serre vibrante et dynamique où la Torah et les mitsvot sont perçues comme un privilège qui nous a été accordé. »
Cette idée est suggérée au début de la paracha : « Parle aux Cohanim, fils d’Aaron, et dis-leur » concernant les restrictions liées à la proximité avec un défunt. Nos Sages élargissent ce commandement : « Pour avertir les grands concernant les petits ». Les adultes doivent transmettre cet avertissement aux jeunes Cohanim.
Créer un sentiment d’appartenance pour les générations futures
Une question se pose : pourquoi l’expression « Cohanim, fils d’Aaron » est-elle soulignée ? Existe-t-il des Cohanim qui ne sont pas descendants d’Aaron ?
Il y a ici un message profond. Vous devez rappeler aux Cohanim qu’ils sont « fils d’Aaron ». Renforcez en eux le privilège de grandir dans la famille noble d’Aaron le Cohen. Des justes et des érudits peuvent exceller dans n’importe quel domaine, mais ils ne deviendront jamais fils d’Aaron. C’est un privilège réservé à une seule famille.
C’est ainsi qu’on transmet un message aux générations futures. Le plus grand cadeau que des parents puissent offrir à leurs enfants est une histoire familiale forte. Une mission unique qui dépasse chaque individu et que personne d’autre ne pourrait accomplir mieux qu’eux.
Les Rebbeim de Loubavitch donnent une interprétation révolutionnaire au terme mentionné précédemment : « avertir » (lehaz’hir). Ce terme provient des mots « zohar » et « or » (lumière), comme lorsque les Sages se demandaient entre eux : « Ton père, dans quoi brillait-il particulièrement ? »
La fierté juive face aux défis quotidiens
Chaque âme possède sa mitsvah unique, son point lumineux qui renforce l’esprit et insuffle enthousiasme et passion dans l’ensemble des commandements. Ainsi, l’éducation efficace consiste à envelopper les avertissements stricts d’une lumière rayonnante qui donne un sens à la vie.
Le Gaon Rav Moshe Feinstein écrit au début de notre paracha que durant ses années en Amérique, l’observance du Shabbat représentait un défi considérable. Des juifs trouvaient un emploi en début de semaine pour être licenciés à la fin, après avoir annoncé qu’ils ne viendraient pas travailler le septième jour. Le Gaon a remarqué que dans certaines familles, les enfants poursuivaient le même chemin, tandis que dans d’autres, la génération suivante choisissait une voie différente.
La différence commençait avec le père. Le premier rentrait à la maison les yeux brillants : « J’ai gagné mon monde futur. L’argent n’a pas vaincu ma foi, et Celui qui m’a aidé par des miracles jusqu’à présent continuera de m’aider. » Le second rentrait abattu : « J’ai encore été licencié et j’ai perdu mon gagne-pain. Jusqu’à quand vais-je perdre à cause de ma piété ? » Les enfants écoutent la mélodie de leur père. Ils aiment ce que leurs parents aiment et s’éloignent d’un chemin sombre qui cause de la souffrance.
Célébrer le judaïsme au quotidien : témoignages inspirants
Voici une histoire impressionnante : les émissaires du Rabbi de Loubavitch se réunissent chaque année au milieu de l’hiver pour une conférence festive à New York, certaines accompagnées de leurs filles. Au plus fort de la pandémie de coronavirus, Hani et Moussia, deux fillettes de neuf et sept ans, étaient assises devant leur écran dans leur maison à Chengdu, en Chine, suivant le programme à distance.
La Chine était soumise à un confinement strict et elles n’étaient pas autorisées à voyager. Elles ont entendu l’animatrice dire : « Parmi nous, il y a des filles qui vivent dans des endroits éloignés et difficiles, et nous voulons nous adresser à elles pour leur dire : bravo, vous n’êtes pas seules. »
Hani et Moussia ont levé les yeux de l’écran et se sont exclamées : « Papa, Maman, avez-vous entendu ? Il y a des filles émissaires qui ont vraiment des difficultés. Elles vivent dans des conditions complexes. Wow, bravo à elles, elles sont si pieuses… »
De petites filles qui n’avaient pas quitté la Chine depuis deux ans, qui n’avaient pas vu leur famille élargie, sans amies qui leur ressemblent, sans école physique et sans glace casher, et elles vivaient avec un sentiment de privilège et de joie immense !
Nous devons célébrer le judaïsme : donner à chaque enfant l’opportunité de s’exprimer à la table du Shabbat par une parole de Torah, une histoire ou un chant. Valoriser les réussites d’apprentissage et récompenser de manière appropriée. Les parents doivent eux-mêmes assister à des cours de Torah et démontrer que rien dans les vanités de ce monde ne se compare à la Torah, qui comprend tous les bienfaits que le monde peut offrir.
par hassidout | 14 Mai, 2025 – 16 Iyyar 5785 | ISRAEL |
L’épidémie de rougeole qui sévit actuellement dans les communautés orthodoxes d’Israël, avec 38 nouveaux cas diagnostiqués en moins d’un mois, soulève de sérieuses inquiétudes parmi les autorités sanitaires. La majorité des personnes touchées sont des enfants non vaccinés, un constat alarmant à l’approche du pèlerinage de Lag Ba’Omer au Mont Meron qui rassemblera des centaines de milliers de fidèles.
La situation actuelle en Israël : une épidémie concentrée dans les zones orthodoxes
D’après les données publiées par le journal « Israël Hayom », l’épidémie se concentre essentiellement dans trois villes à forte population orthodoxe : Modi’in Illit avec 14 cas confirmés, Jérusalem et Bnei Brak comptant chacune 8 personnes infectées. D’autres cas ont également été signalés à Tel-Aviv, Baqa al-Gharbiyye et plusieurs autres localités israéliennes.
Les statistiques sont révélatrices : 74% des personnes infectées n’ont jamais été vaccinées, et 80% sont des jeunes de moins de 18 ans. Le ministère de la Santé israélien a précisé qu’actuellement, près de 350 000 enfants de moins de 10 ans dans le pays n’ont pas reçu leurs vaccins, dont approximativement 100 000 appartiennent aux communautés orthodoxes.
Ce qui préoccupe particulièrement les autorités sanitaires est la proximité de la célébration de Lag Ba’Omer au tombeau du Rav Shimon Bar Yohaï au Mont Meron. Gilat Shreibman, responsable du renseignement sanitaire au ministère de la Santé israélien, a souligné : « Un demi-million de personnes se rendront sur place en l’espace de 24 heures. La forte densité et le mélange entre différentes communautés représentent un risque réel de transmission. »
Comprendre la rougeole : transmission et symptômes
La rougeole est due à un paramyxovirus qui se transmet principalement par voie aérienne. Une personne infectée peut contaminer entre 15 et 20 personnes non immunisées, ce qui en fait l’une des maladies les plus contagieuses. La transmission se fait par les gouttelettes de salive projetées lors de la toux ou des éternuements, mais aussi par contact direct avec des objets contaminés, le virus restant actif pendant environ 2 heures sur les surfaces.
La maladie évolue selon plusieurs phases distinctes. Après une période d’incubation de 10 à 14 jours en moyenne, les premiers symptômes apparaissent : forte fièvre, toux, écoulement nasal et conjonctivite avec larmoiement. Un signe caractéristique est l’apparition de petites taches blanchâtres à l’intérieur des joues (signe de Koplik).
Suit ensuite la phase d’éruption cutanée : des petites taches rouges apparaissent d’abord sur le visage, puis s’étendent progressivement au reste du corps en suivant une direction descendante. À ce stade, la fièvre peut dépasser 40°C et le patient présente souvent un état de grande fatigue.
Les complications possibles et populations à risque
Si la rougeole guérit spontanément en une dizaine de jours dans la majorité des cas, des complications surviennent dans environ 20% des cas. Ces complications peuvent être graves et touchent principalement les enfants de moins de 5 ans et les adultes de plus de 20 ans.
Parmi les complications les plus fréquentes figurent les surinfections bactériennes comme les pneumonies, les otites moyennes aiguës, les laryngites et, plus rarement mais de façon plus grave, les encéphalites. Une complication neurologique tardive et fatale, la panencéphalite sclérosante subaiguë, peut survenir plusieurs années après l’infection initiale.
Chez les femmes enceintes, la rougeole peut entraîner des fausses couches, des accouchements prématurés ou des retards de croissance intra-utérins. C’est pourquoi les autorités israéliennes sont particulièrement vigilantes quant à la protection des populations vulnérables.
La vaccination : meilleure arme contre l’épidémie
Face à cette situation préoccupante en Israël, les autorités sanitaires ont lancé une vaste campagne de vaccination. Plus de 100 centres de vaccination sont désormais opérationnels à travers le pays, et l’installation d’un centre temporaire au Mont Meron est envisagée en prévision du pèlerinage.
La vaccination reste le moyen le plus efficace de prévention contre cette maladie. Le vaccin utilisé est le ROR (Rougeole-Oreillons-Rubéole), administré en deux doses. Pour éradiquer la rougeole, une couverture vaccinale de 95% de la population est nécessaire afin d’assurer une protection collective, notamment pour les personnes ne pouvant être vaccinées comme les nourrissons de moins d’un an, les femmes enceintes et les personnes immunodéprimées.
Dans le contexte israélien, les autorités sanitaires travaillent en étroite collaboration avec les leaders des communautés orthodoxes pour encourager la vaccination, invoquant notamment le principe biblique « Vénishmartem méod lénafshoteikhem » (« Veillez soigneusement sur vos âmes ») comme justification religieuse de cette démarche préventive.
Il n’existe pas de traitement spécifique contre la rougeole, la prise en charge se limitant à soulager les symptômes et à prévenir les complications. C’est pourquoi la prévention par la vaccination demeure l’arme la plus efficace contre cette maladie potentiellement grave, comme le rappelle la situation actuelle en Israël.l
Où se faire vacciner contre la rougeole en Israel ?
Recommandations pour l’immunisation contre la rougeole par groupe d’âge, statut vaccinal et exposition à la maladie
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Les bébés de 6 à 11 mois recevront un vaccin ROR gratuit à la station de la Goutte de lait.
- Les enfants âgés de 12 mois et jusqu’à cinq ans, qui ont déjà reçu une dose à l’âge d’un an, recevront gratuitement la deuxième dose à la station de la « Goutte de lait ».
Liste des stations de la « Goutte de lait »
- Les enfants du CP et à la Troisième, qui n’ont pas encore été vaccinés via deux doses, peuvent compléter gratuitement le vaccin dans le cadre des services de santé de l’élève.
- Les adolescents de la Seconde à la Terminale, qui n’ont pas encore été vaccinés via deux doses, peuvent compléter gratuitement la vaccination dans les dispensaires des Bureaux de la Santé.
Liste des cliniques de vaccination
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Les personnes âgées de 18 ans et plus pourront se faire vacciner dans les dis-pensaires (qui les vaccineront même si elles ne voyagent pas à l’étranger).
La décision d’administrer le vaccin RROV ou RORV sera prise à la discrétion du personnel professionnel de la clinique.
L’administration du vaccin se fait sur rendez-vous uniquement. Pour prendre rendez-vous, veuillez contacter la personne chargée de la vaccination.
par hassidout | 14 Mai, 2025 – 16 Iyyar 5785 | 0 Non classé |
par hassidout | 14 Mai, 2025 – 16 Iyyar 5785 | ISRAEL |
Face à l’escalade des tensions, l’armée israélienne appelle à l’évacuation immédiate des ports stratégiques de Ras Issa, Al-Hodeidah et As-Salif contrôlés par les Houthis. Cet avertissement intervient après le lancement de trois missiles depuis le Yémen vers Israël au cours des dernières 24 heures. Le contexte de ces frappes coïncide avec l’élimination récente de Mohammed Sinwar, figure majeure du Hamas.
Une mise en garde formelle aux civils yéménites
Le porte-parole de Tsahal en arabe, le lieutenant-colonel Avichaï Adraee, a émis ce mercredi matin un avertissement clair à tous ceux qui se trouvent dans les ports maritimes sous contrôle houthi. « Nous exhortons toutes les personnes présentes dans ces ports à les évacuer et à s’en éloigner jusqu’à nouvel ordre », a-t-il déclaré dans son communiqué officiel.
Le message adressé aux habitants du Yémen précise : « Avertissement à tous ceux qui se trouvent dans les ports maritimes sous contrôle du régime terroriste houthi : port de Ras Issa, port d’Al-Hodeidah et port d’As-Salif. Ceci est un avertissement urgent et important. En raison de l’utilisation par le régime terroriste houthi des ports maritimes pour ses activités terroristes, nous exhortons toutes les personnes présentes dans ces ports à les évacuer et à s’en éloigner jusqu’à nouvel ordre. Ne pas évacuer les ports jusqu’à nouvel ordre vous met en danger. »
Contexte d’escalade militaire
Des sirènes d’alerte ont retenti ce mardi matin dans plusieurs régions d’Israël, notamment dans la plaine côtière, Jérusalem, en Judée-Samarie et près de la mer Morte, suite au lancement d’un missile balistique depuis le Yémen. Tsahal a confirmé que le projectile a été intercepté avec succès. Suite à ce tir, le porte-parole de l’armée israélienne a précisé : « À la suite des alertes activées il y a peu dans plusieurs zones du pays, un missile tiré du Yémen a été intercepté. Les alertes ont été activées conformément à la politique établie. »
Les services de secours Magen David Adom ont rapporté qu’aucune victime n’a été signalée, à l’exception d’une femme légèrement blessée alors qu’elle se rendait dans un abri.
Il s’agit du troisième missile lancé depuis le Yémen au cours des dernières 24 heures, dans un contexte marqué par l’élimination de Mohammed Sinwar, considéré comme l’homme le plus recherché du Hamas.
Multiplication des alertes en Israël
La veille au soir, des sirènes d’alerte ont retenti dans tout le pays suite à des tirs de roquettes visant les communautés frontalières de Gaza, ainsi que les villes de Sderot et d’Ashkelon. Un missile balistique tiré depuis le Yémen a également été intercepté avec succès. Un autre projectile est tombé avant même d’avoir pénétré le territoire israélien, ce qui explique l’absence d’alertes pour ce tir spécifique.
Cette intensification des hostilités souligne l’élargissement du conflit à l’échelle régionale, avec l’implication croissante des Houthis dans les tensions entre Israël et les organisations palestiniennes.
Un avertissement qui se répète
Ce n’est pas la première fois que l’armée israélienne émet un tel avertissement. En début de semaine, le porte-parole de Tsahal en arabe avait déjà diffusé un message similaire aux citoyens yéménites, les appelant à évacuer d’urgence les ports maritimes contrôlés par l’organisation terroriste houthie.
Le message précédent indiquait : « Avertissement important et urgent ! En raison de l’utilisation par le régime terroriste houthi des ports maritimes pour des activités terroristes, nous appelons toutes les personnes présentes dans ces ports à évacuer et à s’en éloigner pour votre sécurité jusqu’à nouvel ordre. L’évacuation des ports assurera votre sécurité. »
Une stratégie d’avertissement préventif
Ces avertissements répétés reflètent la stratégie israélienne consistant à prévenir les populations civiles avant d’éventuelles frappes militaires. Ils suggèrent également que Tsahal pourrait envisager des opérations contre ces installations portuaires, considérées comme des points stratégiques pour l’acheminement d’armes et le soutien logistique aux activités militaires des Houthis.
L’armée israélienne accuse le groupe houthi d’utiliser ces infrastructures civiles à des fins militaires, transformant ainsi ces ports en cibles potentielles dans le cadre du conflit. Cette situation met en lumière la complexité du conflit régional, où les infrastructures civiles deviennent parfois des enjeux militaires, avec des conséquences humanitaires potentiellement graves pour les populations locales.
par hassidout | 13 Mai, 2025 – 15 Iyyar 5785 | ISRAEL |
Après 584 jours de captivité aux mains du Hamas, Idan Alexander a retrouvé sa famille dans un moment émouvant décrit par sa mère comme celui où « le temps s’est arrêté ». Le jeune homme a subi la faim, le manque d’eau et la terreur quotidienne des bombardements qui faisaient craindre à chaque instant pour sa vie.
« Le moment où j’ai serré pour la première fois mon Idan dans mes bras après 584 jours était le moment où le temps s’est arrêté. Mon pouls s’est synchronisé avec le sien, ma respiration est revenue quand je l’ai senti entre mes bras », a confié Yael Alexander, la mère d’Idan, lors d’une déclaration émue à l’hôpital Ichilov de Tel Aviv. Une libération qui marque la fin d’un calvaire pour cette famille, mais qui rappelle aussi la douleur persistante. « Ma famille est redevenue complète, mais la douleur est aussi présente », a-t-elle ajouté, consciente que d’autres familles attendent toujours le retour des leurs.
Le professeur Gil Fire, directeur adjoint de l’hôpital Ichilov, a précisé que l’état d’Idan est « globalement stable ». « Les conséquences médicales complètes de cette captivité prolongée dans des conditions insupportables continueront d’être examinées dans les jours à venir, conformément au protocole établi par le ministère de la Santé », a-t-il expliqué.
La terreur quotidienne: vivre sous les bombes en captivité
Selon les récits d’Idan à sa famille, la captivité était marquée par la faim constante, le manque d’eau et des conditions sanitaires qualifiées de « choquantes ». « Chaque jour qui passait semblait une éternité, chaque minute était une lutte entre espoir et désespoir », a rapporté sa mère.
Mais ce qui terrifiait le plus les otages étaient les bruits des combats qui se déroulaient au-dessus de leurs têtes. « Le son le plus terrible était celui de la guerre qui se déroulait au-dessus d’eux. Des explosions assourdissantes, des sifflements de missiles, des bruits d’effondrement et la terre qui tremblait. Chaque instant aurait pu être le dernier », a décrit Yael Alexander, transmettant le témoignage de son fils.
La libération d’Idan, obtenue suite à des négociations menées par les États-Unis avec le Hamas sans implication israélienne significative, a poussé sa mère à lancer un appel vibrant au Premier ministre Benjamin Netanyahu, alors que les pourparlers ont repris à Doha.
Yael Alexander a remercié le président américain Donald Trump, ses émissaires Steve Whitkoff et Adam Bohler ainsi que les membres de l’administration pour leurs efforts, avant de s’adresser directement au gouvernement israélien: « J’appelle le gouvernement israélien, et en premier lieu Netanyahu, à écouter cette voix. Le peuple est uni et demande que le retour de tous les otages soit prioritaire. Le retour de mon Idan doit n’être que le début. Tous les otages doivent rentrer chez eux rapidement – les vivants pour leur réhabilitation, et les morts pour une sépulture digne. Nous n’avons pas le droit de nous arrêter jusqu’à ce que cela se produise. Le temps presse. Le monde regarde. Et l’histoire s’en souviendra. »
« Home sweet home »: les premiers pas vers la reconstruction
Malgré un plan américain qui prévoyait de le transporter au Qatar pour une rencontre avec le président Donald Trump, la famille d’Idan a fait savoir qu’il préférait rester à l’hôpital pour se reposer. Steve Whitkoff, l’émissaire du président américain au Moyen-Orient, lui a rendu visite à l’hôpital Ichilov et l’a mis en contact téléphonique avec le président Trump, mais aussi avec le Premier ministre Netanyahu.
« Idan, c’est si bon de t’entendre. Nous sommes heureux, ton père et ta mère sont heureux, et le peuple d’Israël est heureux. Je veux que tu le saches, c’est simplement un moment merveilleux. Comment te sens-tu? », a demandé Netanyahu lors de cet appel. « Je vais bien. Faible, mais petit à petit, nous reviendrons à ce que nous étions avant. Tout est une question de temps », a répondu Idan.
Pour manifester ce retour à la liberté tant attendue, Idan a publié une première story sur les réseaux sociaux le montrant avec une bouteille de bière et des lunettes de soleil, accompagnée d’un simple message: « Home sweet home ». Une première étape vers la reconstruction d’une vie normale après 584 jours d’enfer.
par hassidout | 13 Mai, 2025 – 15 Iyyar 5785 | ISRAEL |
La Knesset a récemment approuvé en lecture préliminaire une loi visant à commémorer l’héritage du Rabbi de Loubavitch, suscitant un engouement médiatique immédiat. Cette initiative provoque de sérieuses inquiétudes au sein de la communauté Habad. Le Rav Shmuel Oirechman, directeur des relations gouvernementales de l’Association des Hassidim Habad en Israël, soulève les problèmes fondamentaux que pose cette démarche législative.
Une commémoration qui menace l’authenticité
Ces derniers mois, nous avons tous été émus par l’annonce d’une loi visant à perpétuer l’héritage du Rabbi. Les sites d’information, les groupes de discussion et les comptes sociaux se sont empressés de célébrer : « Incroyable ! La Knesset a approuvé en lecture préliminaire la loi sur l’héritage du Rabbi de Loubavitch ! » pouvait-on lire sur divers portails. Ou encore : « Les ministres ont approuvé la loi commémorant le Rabbi de Loubavitch : important qu’elle passe à l’unanimité », annonçait le site ‘Behadrei Haredim’.
En tant qu’émissaire du Rabbi et responsable des affaires publiques concernant le mouvement Habad, je me suis interrogé : pourquoi tant d’effervescence ? Que pourrait accomplir une loi de l’État d’Israël que nous, émissaires et fidèles du Rabbi, n’avons pas réussi jusqu’à présent ? J’ai donc étudié attentivement cette proposition de loi intitulée « Loi pour la transmission de l’héritage du Rabbi de Loubavitch et de la dynastie du mouvement Habad ».
Un centre de commémoration sous contrôle politique
L’objectif annoncé est de « créer un centre qui perpétuera pour les générations le travail et l’héritage du Rabbi, et de la dynastie du mouvement Habad ; ainsi que la contribution exceptionnelle du Rabbi… »
Concrètement, cette loi prévoit la création d’un centre comprenant un musée commémoratif, des archives et un institut de recherche. Mais qui dirigera ce centre ? Des politiciens et des fonctionnaires – pas Habad.
Selon le projet de loi, un « conseil public » de 13 membres, tous nommés directement par le ministre du Patrimoine – un responsable politique – avec l’approbation du gouvernement, sera responsable du centre. En d’autres termes, ce sont des représentants publics, des universitaires, des Rabbanim et des associations choisis uniquement par le ministre qui détermineront la composition du conseil, la direction du centre, ce qui sera exposé au musée et le contenu des programmes éducatifs.
« Le Rabbi n’est pas du passé, il est toujours présent »
Les termes employés dans l’exposé des motifs révèlent la problématique fondamentale. On y lit : « Rabbi Menahem Mendel Schneerson était le septième dirigeant du hassidisme Habad et l’un des leaders juifs les plus influents de l’histoire du peuple juif… »
L’expression « était le dirigeant » souligne précisément la difficulté conceptuelle. Le Rabbi de Loubavitch n’a pas « été » le leader du mouvement Habad, il en est le guide éternel jusqu’à la venue du Machiah. Notre Rabbi vit – sa vie se perpétue à travers ses émissaires, nous sommes ses enfants, nous sommes sa vie – et même davantage que durant son existence physique !
En d’autres termes : « L’héritage du Rabbi de Loubavitch est vivant, laissez-le vivre. »
Le 27 Adar 5752 (1992), seul les livres des émissaires étaientt sur le bureau du Rabbi. C’était et cela reste son héritage et sa vie. Avec toutes les différences qui s’imposent, Loubavitch n’est pas Hannah Senesh, Ben Gourion ou le Centre Peres pour la Paix !
Remplir la chaise vide : la véritable vision du Rabbi
Je conclurai par une anecdote bien connue. Lors d’une rencontre privée avec le Rabbi, au début des années 1950, un leader influent de la Fédération juive d’Amérique du Nord proposa que toutes les familles juives placent une chaise vide à côté de leur table du Séder, en mémoire des millions de Juifs qui ont péri dans la Shoah.
Le Rabbi répondit : « Votre idée est intéressante, mais, avec tout le respect que je vous dois, au lieu de laisser cette chaise vide – remplissons-la ! Invitons un Juif qui ne célèbre pas le Séder et faisons-le asseoir à notre table de fête. Ce sera un véritable héritage vivant et une victoire pour le peuple juif. »
Si le gouvernement israélien souhaite réellement soutenir Habad, il sait parfaitement comment s’y prendre. L’héritage du Rabbi, ce sont ses émissaires – tout désir d’honorer le Rabbi passe par le renforcement de ses émissaires et l’aide concrète dont ils ont besoin pour maintenir leurs institutions.
« Que le vivant prenne à cœur. »
par hassidout | 13 Mai, 2025 – 15 Iyyar 5785 | ISRAEL |
Le réseau des Kollelim Tiferet Levi Its’hak a organisé un voyage exceptionnel dans le sud d’Israël, rassemblant des dizaines de branches de tout le pays dans une expérience unificatrice et profondément émouvante. Ce « Voyage pour Tiferet » s’est déroulé sur deux jours, permettant à différents groupes de participants de vivre cette expérience marquante.
Une initiative unique pour honorer l’excellence dans l’étude
Le « Voyage pour Tiferet » représente bien plus qu’une simple excursion – il symbolise la reconnaissance du réseau envers ses membres les plus méritants. « Ce voyage a été organisé pour honorer nos avrékhim qui ont fait preuve d’une dévotion et d’une persévérance exceptionnelles dans leurs études durant l’hiver », explique l’un des organisateurs. Cette initiative a permis non seulement de renforcer les liens entre les différentes branches du réseau, mais également d’approfondir le sentiment d’appartenance et de mission commune qui unit tous les participants.
L’héritage spirituel du Rabbi de Loubavitch
Le Kollel « Tiferet Zekenim – Levi Its’hak » a été fondé en 1980 par le Rabbi de Loubavitch en mémoire de son père, Rabbi Levi Its’hak Schneerson. « Le Rabbi a créé cette institution pour honorer son père qui a guidé de nombreux Juifs en Union soviétique avant de décéder dans un village isolé au Kazakhstan, où il avait été exilé pour avoir diffusé le judaïsme », rappelle un des Rabbanim responsables du réseau. La vision du Rabbi était claire : offrir aux personnes retraitées un cadre d’étude significatif qui donne sens à leur quotidien. « Le Rabbi nous a enseigné que la vieillesse représente le sommet de la vie, un moment où, riche d’expériences et de sagesse, on peut se consacrer pleinement à l’étude de la Torah », souligne-t-il.

Un parcours émouvant à Sderot et sur les lieux du 7 octobre
Chaque journée débutait au Beth Habad de Sderot, où les participants étaient chaleureusement accueillis par le Rav Asher Pizam, émissaire local. « Les témoignages du Rav Pizam sur les miracles survenus pendant les événements du 7 octobre ont profondément touché nos cœurs », confie un participant. Après un repas festif, les groupes poursuivaient leur voyage vers le parc Reim, lieu emblématique des tragiques événements de Simhat Torah. « Être confrontés aux témoignages directs et aux vestiges de cette journée nous a permis de mesurer l’ampleur de la tragédie, mais aussi d’apercevoir des points de lumière dans l’obscurité », témoigne un autre participant. La visite s’est poursuivie au parc Tekuma, où les véhicules calcinés constituent un rappel douloureux mais aussi un symbole de la résilience du peuple juif.

Recueillement et prière au tombeau du Baba Sale
Le point culminant du voyage était sans doute la visite au tombeau du vénéré Baba Sali. « C’était un moment d’une intensité spirituelle rare », raconte l’un des Rabbanim accompagnateurs. Rassemblés autour du tombeau, les participants ont partagé un « l’chaïm », prié ensemble et demandé bénédictions et succès dans leur mission d’étude et de transmission. Ce moment de communion spirituelle a renforcé le sentiment d’unité et d’engagement partagé qui anime tous les membres du réseau Tiferet Levi Its’hak.

Une mission au service de la troisième génération
Le réseau Tiferet Levi Its’hak, fondé et soutenu par l’organisation caritative Kollel Habad avec l’appui de M. Lev Leviev, président du Congrès juif de Boukhara, se consacre principalement aux personnes du troisième âge. « Notre mission va bien au-delà de l’étude de la Torah – nous cherchons à renforcer les liens communautaires, la connexion spirituelle et l’identité juive vivante de nos aînés », souligne un responsable du réseau. Ce voyage a ainsi incarné les valeurs essentielles du réseau : respiration spirituelle, partenariat communautaire et reconnaissance de l’importance de chaque membre.

En définitive, ce « Voyage pour Tiferet » illustre parfaitement la philosophie du réseau Loubavitch qui vise à unir étude, spiritualité et solidarité communautaire. À travers cette expérience, les participants ont non seulement honoré la mémoire des victimes du 7 octobre, mais ont également puisé force et inspiration pour poursuivre leur mission essentielle auprès des aînés, contribuant ainsi à perpétuer et à renforcer la tradition et les valeurs juives au sein de la société israélienne contemporaine.




