par hassidout | 25 Mai, 2025 – 27 Iyyar 5785 | INTERNATIONAL |
À l’occasion du premier anniversaire du décès à 74 ans du Rav Moché a’h Kotlarsky le dimanche 27 Iyar 5785, plusieurs initiatives majeures seront dévoilées dans les prochains jours. Ces projets, développés par le département d’activités 302 du Centre pour les affaires éducatives, visent à renforcer et dynamiser le travail de Chli’hout à travers le monde. Une cérémonie virtuelle réunira les émissaires du Rabbi de tous les continents pour marquer cette date symbolique.
Une figure centrale de la Chli’hout mondiale
Le Rav Moché Kotlarsky, décédé il y a exactement un an le 27 Iyar, occupait des fonctions cruciales au sein de l’organisation mondiale Habad-Loubavitch. Vice-président du Merkaz L’Inyanei Hinukh (Centre pour les affaires éducatives), il dirigeait également le réseau d’activités des émissaires à travers le monde et présidait le comité du congrès mondial des émissaires. Son influence s’étendait bien au-delà des frontières, coordonnant les efforts de milliers d’émissaires répartis sur tous les continents.
Ses responsabilités multiples témoignaient de son engagement total pour la mission éducative et spirituelle du mouvement. Sous sa direction, le réseau des émissaires s’est considérablement développé, touchant des communautés dans les régions les plus reculées du globe.
Des projets innovants en cours de finalisation
Les détails complets de ces nouvelles initiatives seront révélés dans les prochains jours, mais elles concerneront différents aspects de la vie de Chli’hout. Ces projets, élaborés par l’unité d’activités 302 du Centre pour les affaires éducatives, promettent d’apporter « lumière et vitalité supplémentaires au travail de Chli’hout ».
L’ampleur de ces initiatives reflète la vision du Rav Kotlarsky, qui œuvrait pour une coordination toujours plus efficace entre les différentes missions à travers le monde. Ces projets s’inscrivent dans la continuité de son travail, visant à renforcer les liens entre les communautés et à optimiser l’impact de chaque émissaire.
Une commémoration virtuelle d’envergure internationale
Pour marquer ce premier anniversaire, une réunion virtuelle exceptionnelle rassemblera les émissaires du Rabbi du monde entier. Cette rencontre permettra aux dirigeants de la Chli’hout de s’adresser à l’ensemble du réseau mondial, créant un moment d’unité et de recueillement à la mémoire du défunt.
Parallèlement à cette réunion, une cérémonie de Siyoum HaShas (achèvement du Talmud) sera organisée pour marquer l’année écoulée. Cette tradition, qui consiste à étudier l’intégralité du Talmud babylonien, revêt une signification particulière dans le contexte commémoratif.
Introduction solennelle d’un Sefer Torah au 770
L’événement culminera avec l’introduction d’un nouveau Sefer Torah au 770, le siège historique du mouvement à Crown Heights, Brooklyn. Cette cérémonie se déroulera avec la participation de la famille Kotlarsky, des amis proches, de Rabbanim, d’émissaires venus du monde entier, de soutiens de l’œuvre de Chli’hout et de personnalités respectées.
Le Rav Moché Kotlarsky, l’homme du Kinouss et mentor des Chlou’him
Le Rav Moché Kotlarsky, décédé il y a exactement un an le 27 Iyar, occupait des fonctions cruciales au sein de l’organisation mondiale Habad-Loubavitch. Vice-président du Merkaz L’Inyanei Hinukh (Centre pour les affaires éducatives), il dirigeait également le réseau d’activités des émissaires à travers le monde et présidait le comité du congrès mondial des émissaires. Son influence s’étendait bien au-delà des frontières, coordonnant les efforts de milliers d’émissaires répartis sur tous les continents.
Ses responsabilités multiples témoignaient de son engagement total pour la mission éducative et spirituelle du mouvement. Sous sa direction, le réseau des émissaires s’est considérablement développé, touchant des communautés dans les régions les plus reculées du globe.
Des projets innovants en cours de finalisation
Les détails complets de ces nouvelles initiatives seront révélés dans les prochains jours, mais elles concerneront différents aspects de la vie de Chli’hout. Ces projets, élaborés par l’unité d’activités 302 du Centre pour les affaires éducatives, promettent d’apporter « lumière et vitalité supplémentaires au travail de Chli’hout ».
L’ampleur de ces initiatives reflète la vision du Rav Kotlarsky, qui œuvrait pour une coordination toujours plus efficace entre les différentes missions à travers le monde. Ces projets s’inscrivent dans la continuité de son travail, visant à renforcer les liens entre les communautés et à optimiser l’impact de chaque émissaire.
Une commémoration virtuelle d’envergure internationale
Pour marquer ce premier anniversaire, une réunion virtuelle exceptionnelle rassemblera les émissaires du Rabbi du monde entier. Cette rencontre permettra aux dirigeants de la Chli’hout de s’adresser à l’ensemble du réseau mondial, créant un moment d’unité et de recueillement à la mémoire du défunt.
Parallèlement à cette réunion, une cérémonie de Siyoum HaShas (achèvement du Talmud) sera organisée pour marquer l’année écoulée. Cette tradition, qui consiste à étudier l’intégralité du Talmud babylonien, revêt une signification particulière dans le contexte commémoratif.
Introduction solennelle d’un Sefer Torah au 770
L’événement culminera avec l’introduction d’un nouveau Sefer Torah au 770, le siège historique du mouvement à Crown Heights, Brooklyn. Cette cérémonie se déroulera avec la participation de la famille Kotlarsky, des amis proches, de Rabbanim, d’émissaires venus du monde entier, de soutiens de l’œuvre de Chli’hout et de personnalités respectées.
Rav Moché Kotlarsky : l’architecte de l’expansion mondiale du Habad-Loubavitch
Figure emblématique du mouvement Habad-Loubavitch, le Rav Moché Yehuda Kotlarsky a consacré sa vie à l’expansion du réseau mondial des émissaires du Rabbi. Né en 1949 à Brooklyn dans une famille marquée par l’histoire, il est devenu l’un des artisans majeurs de la présence Habad sur les cinq continents. Sa disparition le 4 juin 2024, quelques jours avant son 75e anniversaire, marque la fin d’une époque pour le mouvement hassidique.
Des racines familiales marquées par l’Histoire
Le Rav Moché Yehuda Kotlarsky naît le 29 mai 1949 à Brooklyn, au cœur du quartier de Crown Heights qui abrite le siège mondial du mouvement Habad-Loubavitch. Son père, le Rav Tzvi Yossef Kotlarsky, était un survivant de Pologne qui avait perdu la plupart de sa famille dans l’Holocauste. Étudiant à la Yechiva ‘Ha’hméi Lublin puis à Tomchéi Temimim-Loubavitch à Varsovie, il avait échappé à l’enfer nazi grâce à un visa délivré par le diplomate japonais Chiune Sugihara.
Sa mère, Golda, était américaine de naissance, représentant cette synthèse entre l’Europe détruite et l’Amérique refuge qui caractérise tant de familles hassidiques de l’après-guerre. Le jeune Moché grandit donc dans une atmosphère imprégnée à la fois de la mémoire douloureuse de l’Europe et de l’espoir de reconstruction en terre américaine.
L’entrée dans l’univers de la Cheli’hout
En 1968, lors de son mariage avec Rivka Kazen, fille du Rav Chlomo Chnéour Zalman Kazen, le Rav Kotlarsky entre au service de Merkos L’Inyonéi ‘Hinoukh, le bras éducatif du mouvement Habad-Loubavitch, sous l’égide directe du Rabbi. Ce mariage l’unit à une famille déjà profondément engagée dans l’œuvre du Rabbi.
Dès ses premières années de service, il est envoyé voyager vers les communautés juives isolées, identifiant leurs besoins et travaillant avec les dirigeants communautaires locaux pour planifier de futurs centres Habad. Cette mission fondamentale façonnera toute sa carrière : devenir l’éclaireur et l’architecte de l’implantation Habad dans le monde entier.
Le maître d’œuvre de l’expansion mondiale
Avec une personnalité attachante et une capacité remarquable à se connecter avec les autres, le Rav Kotlarsky a rencontré des milliers de personnes au cours de ses décennies de voyages, servant alternativement comme rabbin, collecteur de fonds et ami. Sa méthode était systématique : il évaluait les besoins éducatifs, rituels et communautaires, puis suggérait des moyens d’implanter ou de renforcer la présence Habad.
Au fil des années, il devient intimement impliqué dans la renaissance de l’infrastructure juive dans les pays de l’ex-Union soviétique après des décennies d’oppression. Son travail contribue directement à l’expansion du réseau jusqu’à presque 6 000 couples d’émissaires dans plus de 100 pays.
Le Rav Kotlarsky devient célèbre pour son rôle dans le Kinouss Hachlou’him annuel, dirigeant une armée de planificateurs pour que chaque détail de l’événement soit parfait. Il animait le banquet, annonçant la liste des émissaires par pays, culminant avec son appel légendaire aux « danses spontanées ».
Au-delà de cette image publique, il travaillait inlassablement dans l’ombre. Les émissaires savaient qu’ils pouvaient compter sur son mentorat et son soutien, qu’il s’agisse de conseils communautaires ou d’aide lors de difficultés personnelles. Connu pour sa disponibilité à toute heure, il fournissait assistance financière et médicale d’urgence à d’innombrables personnes.
Le Rav Moché et Rivka Kotlarsky s’installent à Crown Heights où ils élèvent neuf enfants. Son fils, le Rav Mendy Kotlarsky, dirige aujourd’hui Merkos 302. Le Rav Moché Yehuda Kotlarsky s’est éteint le 4 juin – 27 Iyar 2024 à l’âge de 74 ans, laissant un héritage incommensurable dans l’expansion mondiale du judaïsme.
par hassidout | 22 Mai, 2025 – 24 Iyyar 5785 | MAGAZINE |
Un Maamar hassidique révèle les trois dimensions progressives de l’observance religieuse et de l’étude de la Torah. Depuis la transformation personnelle par les Mitsvot jusqu’à l’union mystique avec la Volonté divine, ce texte explore comment l’âme humaine peut s’élever de la purification individuelle vers l’effacement total de soi dans l’essence divine. Une ascension spirituelle en trois étapes qui transforme l’observant d’un simple pratiquant en instrument conscient de la Création divine continue.
Rav Yaacov Goldshmidt
La purification de l’âme par l’observance
Dans sa première approche fondamentale, le Maamar explique que les Mitsvot ont été donnés pour « purifier les créatures » et « raffiner l’homme ». Cette dimension place l’être humain au centre du processus spirituel, révélant que chaque Mitsva accomplie transforme littéralement celui qui l’observe. Les Mitsvot sont données pour raffiner l’homme, pour clarifier l’homme qui accomplit la Mitsva et sa part dans ce monde.
Cette perspective révèle que chaque commandement accompli agit comme un véritable instrument de transformation personnelle. L’observant devient progressivement plus raffiné, plus élevé spirituellement, à travers la pratique constante et consciente des Mitsvot. Le processus de purification touche tous les aspects de l’être humain : l’âme animale, siège des instincts et des désirs matériels, reçoit une sanctification particulière qui transforme même les gestes les plus quotidiens en actes sacrés imprégnés de sens divin.
Cette alchimie spirituelle opère selon une logique de perfectionnement graduel et systématique. Chaque Mitsva accomplie dépose dans l’âme de l’observant une empreinte de sainteté qui s’accumule et s’intensifie avec le temps. La répétition consciencieuse des actes prescrits crée une seconde nature spirituelle qui finit par transformer non seulement les comportements extérieurs, mais la substance même de la personnalité. L’homme devient littéralement ce qu’il pratique : celui qui se sanctifie par ses actes voit sa nature profonde s’élever vers la pureté divine.
Cette transformation ne se limite pas à une amélioration morale abstraite, mais touche la réalité physique et matérielle de l’existence. Le corps de l’observant devient progressivement un réceptacle plus apte à accueillir la présence divine, ses sens s’affinent pour percevoir les dimensions spirituelles du réel, ses facultés s’orientent naturellement vers le bien et la vérité. Même l’environnement matériel de l’individu – sa maison, ses objets, ses relations – participe de cette élévation générale.
Cette première dimension, bien qu’essentielle et fondatrice, demeure paradoxalement la plus accessible à la compréhension humaine. Elle permet à chaque individu, quel que soit son niveau spirituel initial, de comprendre concrètement l’impact transformateur de l’observance religieuse sur sa propre existence. La main qui pose les téfilin devient plus sainte, l’œil qui évite de regarder ce qui est interdit s’élève, chaque membre du corps participant à cette élévation générale de l’être.
Cette accessibilité constitue la sagesse profonde de cette première approche : elle rend le divin tangible et expérimentable dans l’immédiat de l’existence humaine, créant un cercle vertueux où chaque accomplissement renforce la motivation et la capacité d’accomplir davantage. L’observant découvre ainsi empiriquement que la voie spirituelle n’est pas une abstraction, mais une réalité transformatrice qui modifie concrètement la qualité de son être et de sa relation au monde.
L’attachement au divin
La seconde dimension révélée transcende complètement l’amélioration personnelle pour atteindre l’union directe avec le Créateur. « Par les Mitsvot, le Juif s’attache au Saint béni soit-Il », enseigne la Hassidout, citant explicitement le verset fondamental « Et vous qui vous attachez à l’Éternel votre D.ieu, vous êtes tous vivants aujourd’hui ». Cette citation n’est pas anodine : elle établit un lien direct entre l’observance et la vitalité spirituelle éternelle.
Cette approche transforme radicalement la compréhension des Mitsvot. Ils cessent d’être perçus comme de simples outils de perfectionnement personnel pour devenir des canaux s de connexion directe avec la divinité. L’accomplissement d’une Mitsva crée un lien spirituel immédiat et tangible entre l’observant et le Créateur, établissant une communication vivante entre les mondes terrestres et célestes.
Cette transformation révèle une vérité fondamentale : chaque commandement accompli ne fait pas que purifier celui qui l’observe, il l’élève instantanément au niveau de l’union divine. L’acte rituel devient alors un pont ontologique qui abolit temporairement la séparation entre créature et Créateur. L’observant ne fait plus seulement l’expérience d’une amélioration de sa condition humaine, mais d’une participation directe à la vie divine elle-même.
« Les Mitsvot sont les voies du Nom », explique le Maamar avec une profondeur remarquable, référençant les mystérieux « 248 membres du Roi » mentionnés dans la tradition kabbalistique la plus authentique. Cette métaphore présente les Mitsvot comme les véritables « organes » spirituels du divin lui-même, permettant à l’homme de se connecter directement à l’essence divine la plus pure.
Cette vision divine, loin d’être une simple métaphore, révèle une réalité profonde : les Mitsvot constituent le « corps » du divin manifesté dans le monde. Chaque commandement accompli active l’un de ces « membres » divins, permettant au Créateur de s’exprimer et d’agir dans la réalité physique par l’intermédiaire de l’observant. L’homme devient ainsi littéralement la « main » divine qui agit dans le monde, les « yeux » divins qui perçoivent la création, la « voix » divine qui proclame la sainteté.
Cette symbiose crée une circulation permanente d’énergie spirituelle entre le divin et l’humain. L’observant reçoit la vitalité divine nécessaire à l’accomplissement, tandis que ses actes permettent au divin de se manifester concrètement dans la réalité matérielle. Cette réciprocité établit un partenariat où créature et Créateur collaborent activement à la sanctification du monde.
Dans cette dimension, l’observant reçoit une vitalité intérieure provenant directement de cette source infinie et éternelle, transformant sa conscience ordinaire et limitée en conscience divine. Cette vitalité ne provient plus de sources mondaines ou même spirituelles intermédiaires, mais jaillit directement de l’Infini divin vers l’âme de l’observant, créant un circuit fermé de sainteté.
Cette expérience d’attachement spirituel transforme complètement la vision que l’observant a de lui-même et du monde. Il découvre qu’il n’est plus un individu isolé qui accomplit des pratiques religieuses, mais qu’il fait partie intégrante du divin lui-même, participant activement à la vie divine. Cette prise de conscience change la nature de chaque geste : chaque rituel devient un acte sacré, chaque prière une rencontre directe avec le divin, chaque commandement accompli une participation à la révélation divine dans le monde.
L’observant réalise alors qu’à travers ses actes, le divin se manifeste concrètement dans la réalité. Il devient un canal vivant par lequel la sainteté divine s’exprime et transforme le monde matériel. Cette union transforme profondément sa compréhension : il ne pratique plus pour s’améliorer ou même pour se rapprocher du divin, mais parce qu’il est devenu l’instrument conscient de l’action divine dans le monde.
La volonté divine incarnée
La troisième et plus élevée des dimensions spirituelles révèle une vérité encore plus profonde : « les Mitsvot sont la Volonté du Très-Haut » dans sa manifestation la plus pure. Cette perspective révolutionnaire dépasse même l’attachement personnel pour atteindre une compréhension cosmique de l’observance religieuse. Dans cette approche transcendante, l’individu ne cherche plus son propre raffinement spirituel ni même sa propre connexion personnelle avec le divin.
À ce niveau, l’observant découvre une réalité surprenante : les Mitsvot ne sont pas des instructions données par le divin, ils sont la volonté divine elle-même. Accomplir une Mitsva ne signifie plus obéir à un ordre extérieur, mais permettre à la volonté divine de s’exprimer directement dans le monde. Cette révélation change tout : l’individu ne fait plus quelque chose pour le divin, il devient le moyen par lequel le divin agit.
Puisque la volonté qui se trouve dans les Mitsvot est entièrement au-dessus de toute limitation terrestre ou même spirituelle, celui qui accomplit la Mitsva est entièrement annulé. Cette annulation ne signifie nullement la disparition physique ou spirituelle de l’individu, mais plutôt sa transformation complète en instrument conscient et volontaire de la volonté divine créatrice.
Cette transformation profonde ne diminue pas la personne, elle la libère de ses préoccupations personnelles pour l’élever à un rôle supérieur. L’observant n’est plus centré sur ses propres besoins spirituels ou ses propres accomplissements. Il devient transparent à lui-même, permettant à la volonté divine de passer à travers lui sans déformation ni résistance.
Dans cette réalisation ultime, l’observant atteint une liberté paradoxale : en s’effaçant complètement devant la volonté divine, il participe à l’acte créateur le plus fondamental. Il ne fait plus qu’un avec le mouvement même par lequel le divin crée et maintient l’existence. Cette union parfaite représente l’accomplissement spirituel le plus élevé : devenir un agent conscient de la création divine continue.
L’étude de la Torah : trois niveaux parallèles de conscience
Cette analyse étend naturellement sa vision tripartite révolutionnaire à l’étude de la Torah, révélant des parallèles frappants avec les trois dimensions spirituelles des Mitsvot précédemment exposées.
Le premier niveau correspond à l’étude intellectuelle naturelle et spontanée, où l’étudiant se trouve naturellement attiré par la sagesse talmudique, la logique rabbinique et la beauté intellectuelle de l’enseignement. Celui qui aime l’intellect trouve ici une approche particulièrement stimulante et enrichissante.
Ce premier niveau d’étude évoque l’attraction naturelle qu’éprouve un esprit cultivé pour un débat d’idées stimulant ou pour une démonstration intellectuelle rigoureuse. L’étudiant apprécie la Torah pour ses qualités intrinsèques de sagesse, de logique et de beauté intellectuelle, à l’instar de toute autre discipline intellectuelle d’excellence.
Le deuxième niveau révèle l’étude comme moyen privilégié de connexion spirituelle directe avec le divin. L’étudiant ne se contente plus de comprendre intellectuellement les concepts présentés, mais cherche activement à se lier au divin à travers l’apprentissage lui-même. Cette approche se manifeste notamment dans la tradition hassidique où les disciples étudient assidûment les paroles du Rabbi non seulement pour leur contenu doctrinal, mais prioritairement pour maintenir un lien spirituel vivant et permanent avec leur maître.
Cette transformation marque un basculement fondamental dans l’intention d’étude. Là où le premier niveau privilégiait l’acquisition de connaissances et l’appréciation esthétique du savoir, ce deuxième niveau fait de l’acte d’étudier lui-même un véhicule de transcendance. L’étudiant perçoit désormais chaque mot, chaque phrase, chaque enseignement comme une opportunité de dvekut – cet attachement au divin qui constitue l’aspiration centrale de la spiritualité juive.
Dans cette perspective, le texte étudié devient un pont spirituel, un canal de communication privilégié avec la source divine de tout enseignement. L’étudiant ne cherche plus seulement à saisir le sens littéral ou même allégorique des paroles, mais à s’imprégner de leur essence spirituelle, à absorber la lumière divine qui les anime. Cette démarche s’accompagne souvent d’une intensité émotionnelle particulière : l’étude devient prière, méditation, communion .
Le troisième niveau atteint la dimension la plus élevée et la plus profonde : « La Torah elle-même » comme finalité absolue. À ce stade suprême, explique le Maamar avec une profondeur inégalée, « la finalité de l’étude de la Torah est la Torah elle-même, non pas que la Torah soit un simple instrument d’attachement au Saint béni soit-Il ». Cette perspective révèle que la Torah et le divin ne font littéralement qu’un, éliminant toute séparation conceptuelle entre l’étudiant, l’objet d’étude et le divin lui-même.
Cette réalisation transcende radicalement les deux niveaux précédents. Ni instrument de plaisir intellectuel, ni même moyen de connexion spirituelle, la Torah se révèle ici dans son essence la plus pure : elle est l’expression directe et immédiate de la volonté divine, indissociable du divin lui-même. Cette vision s’enracine dans l’enseignement kabbalistique selon lequel la Torah préexistait à la création du monde et constituait le plan architectural divin de toute réalité.
À ce niveau d’accomplissement spirituel, l’étudiant ne fait plus qu’un avec son étude. La distinction traditionnelle entre le sujet connaissant et l’objet de connaissance s’estompe jusqu’à disparaître complètement. L’acte d’étudier devient alors une forme de révélation divine continue, où chaque mot, chaque lettre même, participe de la manifestation de l’essence divine dans le monde. L’étudiant ne reçoit plus la Torah, il devient Torah ; il ne comprend plus le divin, il participe de sa révélation perpétuelle.
Cette unité transforme l’étude en acte théurgique : étudier la Torah à ce niveau, c’est collaborer à la révélation divine elle-même, participer à l’auto-dévoilement du divin dans et par sa Parole. L’étudiant atteint ainsi le sommet de la réalisation spirituelle, où toute dualité s’abolit dans l’unité absolue de la Torah, du divin et de la conscience qui les appréhende.
Cette unité fondamentale signifie que désirer la Torah équivaut exactement à désirer le Saint béni soit-Il, puisque « la Torah et le Saint béni soit-Il ne font qu’un ». L’étudiant qui atteint ce niveau ne cherche plus à utiliser la Torah comme moyen de connexion divine, mais désire la Torah pour elle-même, réalisant ainsi l’union parfaite avec l’essence divine qui s’est investie entièrement dans la Torah.
Cette révélation bouleverse radicalement la nature même du désir spirituel. Là où les niveaux précédents maintenaient encore une distinction subtile entre l’aspirant et l’objet de son aspiration, ce troisième niveau révèle l’illusion de toute séparation. Le désir de Torah devient désir divin pur, sans médiation ni intermédiaire, car la Torah n’est plus perçue comme un attribut ou une manifestation du divin, mais comme son essence même rendue accessible.
Cette transformation du désir s’accompagne d’une métamorphose profonde de la conscience. L’étudiant ne fait plus l’expérience d’un manque à combler ou d’une distance à franchir, mais d’une plénitude qui se révèle à elle-même. Son désir de Torah devient alors l’expression de la Torah désirant se connaître en lui, du divin s’appréhendant par sa propre essence. Cette circularité abolit toute extériorité : étudier la Torah, c’est permettre au divin de s’étudier lui-même à travers la conscience humaine.
L’union parfaite ainsi réalisée ne relève plus de l’effort ou de la technique spirituelle, mais de la reconnaissance d’une réalité toujours déjà présente. L’étudiant découvre qu’il n’a jamais été séparé de ce qu’il cherchait, que la Torah l’habitait déjà entièrement avant même qu’il ne commence à l’étudier. Cette réalisation marque l’aboutissement ultime du processus spirituel : la révélation que chercheur, chemin et but ne font qu’un dans l’unité indivisible de la Torah éternelle.
par hassidout | 22 Mai, 2025 – 24 Iyyar 5785 | MAGAZINE |
En chacun de nous se joue un drame constant, une lutte entre des forces opposées qui nous attirent vers des chemins divers et parfois étranges. Comment peut-on faire face aux deux voix qui résident en nous, aux contradictions et au déséquilibre qui nous habitent ? Cette quête d’harmonie intérieure constitue l’un des plus grands défis de notre existence.
Par le Rav Shabtaï Slavitsky
Le Drame Intérieur de l’Être Humain
Chacun ressent qu’il y a en lui deux personnes qui le tirent dans des directions différentes. Quand nous manquons d’harmonie dans notre âme, cela nous cause souffrance, confusion et impression de division intérieure. Nous ressentons souvent un écart immense entre notre moi véritable et notre moi idéal — celui que nous aspirons à devenir ou celui que les autres attendent de nous.
Combien de fois nous disons-nous : « J’ai envie de manger ce gâteau qui semble délicieux, mais je devrais prendre soin de ma santé et éviter trop de sucre. » Nombreux sont ceux qui affirment se préoccuper de leur santé tout en continuant à fumer ou à adopter des comportements nuisibles. Nous souhaitons souvent investir davantage dans notre travail pour gagner plus d’argent, mais nous voulons aussi consacrer plus de temps à nos enfants, à notre relation de couple. Nous sommes tiraillés entre ces désirs contradictoires sans savoir vers lequel nous tourner, et celui qui est le plus fort finit par nous entraîner.
Nous voulons que nos enfants soient indépendants et forts, mais nous voulons aussi les protéger et leur éviter les difficultés. Nous désirons préserver notre relation conjugale, mais nous sommes épuisés après une longue journée de travail, de stress et de soins aux enfants. Beaucoup disent vouloir consacrer plus de temps à l’étude des textes sacrés, à la prière, aux bonnes actions, mais les tâches quotidiennes accaparent notre attention.
D’un côté nous menons parfois une vie matérielle, mais nous aspirons profondément à une vie spirituelle. Et souvent, nous faisons des choses qu’au fond de nous-mêmes nous savons incorrectes, mais vers lesquelles nous sommes néanmoins attirés. Il n’y a pas longtemps, un homme qui peine à gagner sa vie avec son commerce confiait : « Je n’aurais jamais cru que je pourrais faire cela, mais quand des clients me demandent si un produit est bon, je le vante bien au-delà de ses qualités réelles. Je coupe les coins ronds. »
Quand nous ne vivons pas en harmonie avec nous-mêmes, nous ressentons une impression de fausseté, de division. Nous avons du mal à prendre des décisions, cela nous épuise spirituellement et complique nos relations avec les autres. Nous avons l’impression d’être bloqués.
L’Exception Humaine : Une Complexité Voulue
Contemplons la création : D.ieu a créé tous les êtres du monde — le végétal, le minéral et l’animal — parfaits, prêts pour leur finalité. Tous les animaux qui ont été créés ont ce dont ils ont besoin. Ils ont besoin de chaleur ? Ils ont une fourrure pour se protéger du froid. Les oiseaux doivent voler ? Ils ont des ailes. Les poissons ont des nageoires pour se déplacer dans l’eau.
Leur nourriture est disponible ; ils n’ont pas à travailler pour gagner de l’argent, ils n’ont pas à aller au magasin pour acheter de la nourriture, ils n’ont pas à la cuisiner ensuite, ni à nettoyer après. Tout est prêt : les vêtements, la nourriture, tout est prêt pour eux. Ils n’ont qu’à aller le prendre. Ils n’ont pas besoin de construire des maisons, de réfléchir à l’architecture, aux permis. Ils ont une maison partout où ils se trouvent. D.ieu a fait tout ce dont ils ont besoin pour subsister et vivre. Le luxe de la vie.
Mais regardons l’homme, nous. L’homme a été créé d’une façon complètement différente. Il est arrivé dans le monde comme une créature pas prête à l’emploi. À sa naissance, il est totalement impuissant. Il ne sait pas comment obtenir de la nourriture, comment se protéger du froid, de la chaleur, comment construire une maison. Il dépend entièrement des autres pour tous ses besoins les plus fondamentaux.
Au zoo, on peut observer une chèvre donner naissance à son petit et c’est incroyable : en 20 minutes, ce petit bébé apprend à marcher, sans que sa mère l’aide du tout. Il pose simplement une patte, puis une autre, tombe, et après 20 minutes, il commence à courir avec toutes les chèvres, et on ne peut même pas distinguer qu’il vient juste de naître.
L’homme, lui, n’a pas les choses les plus basiques. Et même quand il grandit, pour obtenir de la nourriture, il doit travailler, gagner de l’argent, aller acheter ce qui est bon, ce qui ne l’est pas, ce qui est sain, ce qui ne l’est pas. Chez l’animal, il sait instinctivement ce qui est sain. Il sent immédiatement ce qui est bon pour lui.
L’homme doit acheter des tissus, créer des vêtements, fabriquer des chaussures, un manteau pour l’hiver et un chapeau pour l’été, concevoir la maison. Toute une histoire. Il a besoin de systèmes électriques, de moyens pour chauffer l’eau et chauffer la maison. Des radiateurs, une cuisine avec un four, des plaques de cuisson, un réfrigérateur, de la vaisselle.
L’homme est la seule créature qui doit apprendre comment manger, comment boire, comment créer des relations, comment élever des enfants, comment se marier, comment gérer une entreprise. Ne cela nous interpelle-t-il pas, que l’homme soit différent ? Cela ne nous interpelle-t-il pas que sa mission soit différente, que son but soit différent de tout ce que D.ieu a créé ?
Pourquoi D.ieu, qui a créé l’homme comme l’élu des créatures, un homme doté d’intelligence, un homme qui, chez le peuple juif, possède une part divine venue d’en haut, pourquoi l’a-t-il créé si complexe, si compliqué, si dépendant, si peu préparé à la vie ? Combien de personnes dans notre vie n’arrivent pas à s’en sortir ? Stress, dépressions, mauvais sentiments, consultations chez les psychologues. Les animaux n’ont pas toute cette histoire. Avez-vous déjà entendu parler d’un animal qui va chez le psychologue, qui souffre de complications mentales, qui est constamment préoccupé par la façon dont il s’entend avec sa famille ou avec sa machine à laver ?
L’animal n’a même pas la pensée de savoir si c’est correct de faire ou de ne pas faire. S’il devait éclairer l’autre, parler ou ne pas parler, il fait tout spontanément. Il n’a pas de question de conscience ou de morale. Il ne se demande pas si ce qu’il a fait était correct ou non. Il n’a pas du tout de souvenirs du passé. Il ne regrette jamais ce qu’il a fait. Il ne prend pas crédit pour ce qu’il a fait.
Ce sont toutes les complications que l’homme a. Avez-vous déjà vu un chien qui s’arrête et cesse d’aboyer contre le facteur qui entre dans sa cour, dans sa maison ? Ou avez-vous vu le chat qui se tient près de la nourriture et hésite : est-ce casher ou non, puis-je manger ceci ou non ? Les animaux vivent en harmonie complète avec eux-mêmes.
Il n’y a pas de contradictions, pas de complications, pas de déséquilibre, ils sont tous d’une seule pièce. Et cet homme qui est complexe, il est complexe non seulement dans la matière, mais aussi sur le plan mental, avec des pensées contradictoires, des doutes. Quel est mon but, quelle est ma vie, en quoi suis-je bon et en quoi ne le suis-je pas ?
L’homme est la seule création au monde qui porte sur ses épaules toutes ces pensées, toute cette complexité de deux personnes en lui. Quand le chien rencontre la chienne, il ne lui dit même pas bonjour. Il ne lui demande pas comment elle se sent après avoir eu des petits. Comment cela se passe-t-il ? Pourquoi cela ? Pourquoi cela ?
Les Origines de Notre Dualité
Revenons alors à la racine de la chose. Revenons aux origines, à la création où D.ieu a créé le monde. Quand D.ieu a créé l’homme à l’origine, il l’a créé avec des contradictions, de façon complexe. Le midrash dit que tout ce que vous voyez dans l’histoire des cieux et de la terre a été créé immédiatement au début dans une certaine forme.
Le midrash dit : « Au commencement, D.ieu créa les cieux et la terre. » Le deuxième jour, il créa à partir des supérieurs, comme il est dit : « D.ieu dit : Qu’il y ait une étendue. » Le troisième jour, il créa à partir des inférieurs : « D.ieu dit : Que la terre produise de la verdure. » Le quatrième jour, il créa à partir des supérieurs : « D.ieu dit : Qu’il y ait des luminaires. » Le cinquième jour, il créa à partir des inférieurs : « D.ieu dit : Que les eaux pullulent. »
Le sixième jour, quand il s’apprêtait à créer l’homme, D.ieu dit : « Comment vais-je le créer, à partir des supérieurs ou des inférieurs ? » Puisque les supérieurs et les inférieurs se disputent et qu’il n’y a pas de paix, si je le crée à partir des inférieurs, il sera en contradiction avec les supérieurs ; si je le crée à partir des supérieurs, il sera en contradiction avec les inférieurs.
Le midrash dit : « D.ieu dit alors : ‘L’Éternel D.ieu forma l’homme de la poussière de la terre’ — à partir des inférieurs — ‘et insuffla dans ses narines un souffle de vie’ — à partir des supérieurs. »
Le Talmud, le midrash, Rabbi Acha dit : « Les supérieurs ont été créés à l’image et à la ressemblance, mais ne se reproduisent pas. » Tous les anges ne se reproduisent pas ; ils sont à l’image de D.ieu. « Les inférieurs se reproduisent mais n’ont pas été créés à l’image et à la ressemblance de D.ieu. »
« Et D.ieu dit : ‘Voici, je le crée à l’image et à la ressemblance des supérieurs, et il aura aussi la reproduction des inférieurs.' » C’est-à-dire que dans l’essence de l’homme, il l’a créé à partir de contradictions. Tous les animaux, comment sont-ils venus au monde ? Il est écrit qu’ils sont sortis de la terre — de la terre est sortie la vache, est sorti le cheval, est sorti l’éléphant. Le végétal est sorti de la terre. D.ieu a créé l’homme à partir de contradictions.
Pourquoi ? Pourquoi a-t-il besoin de tout ce désordre, de tous ces problèmes ?
Notre Mission : Créer l’Harmonie à Partir des Contradictions
Le grand message que D.ieu dit à l’homme est : « Tu as une mission. Tu as la mission de créer l’harmonie entre ces contradictions, d’unir les supérieurs et les inférieurs. »
Et c’est ce qui est écrit dans le midrash : « Tout ce que D.ieu a créé pendant les six jours de la création a besoin d’être fait, comme il est écrit : ‘que D.ieu créa pour faire.' » Que signifie « pour faire » ? Il n’est pas écrit « que D.ieu créa et fit », mais « pour faire ». Le midrash dit : « pour faire », pour dire que tout a besoin d’être réparé.
D.ieu t’a créé comme l’être le plus élevé. En quoi es-tu élevé ? Dans tes contradictions. Quelles sont les contradictions ? Est-ce une élévation, est-ce un immense défaut ? Non, non, non. Tu as le pouvoir de créer cette harmonie entre les supérieurs et les inférieurs. De faire descendre, de révéler les supérieurs dans les inférieurs et de révéler dans les inférieurs qu’il y a les supérieurs.
Dans le Cantique des Cantiques, il est écrit : « Reviens, reviens, ô Sulamite. » Que signifie « Reviens, reviens, ô Sulamite » ? Le midrash dit une chose merveilleuse : « Peuple d’Israël, vous êtes une nation qui a fait la paix entre moi et mon monde. Vous faites la paix entre moi et mon monde. » D.ieu, c’est la divinité. C’est sans limite, infini. Le monde est matériel.
Le Juif qui observe la Torah et les commandements réalise cette harmonie. Il fait l’harmonie. « Reviens, reviens, ô Sulamite. » Mais vient la question : pourquoi l’homme, l’élu des créatures, est-il « puni » entre guillemets par cette complexité ? Pourquoi l’être le plus élevé est-il justement celui « que D.ieu a créé pour faire », pour réparer ? Pour réparer le monde matériel qui est 100% inférieur.
Quel est le but de la création du monde ? « D.ieu a désiré avoir une demeure dans les mondes inférieurs. » D.ieu veut que ce soit précisément dans les inférieurs, au niveau le plus bas, que la divinité soit attirée. Que précisément là, tu révèles la divinité, les supérieurs dans les inférieurs. Que tu révèles précisément dans les inférieurs qu’ils ont un lien avec les supérieurs. Tout l’objectif de la création, dit le midrash : « Au commencement, D.ieu créa. » Que signifie « au commencement » ? Pour Israël, qui est appelé « commencement ». « Au commencement » pour Israël, qui est appelé « commencement ». Qu’est-ce qui est aussi appelé « commencement » ? La Torah est aussi appelée « commencement ». « Au commencement » pour la Torah, qui est appelée « commencement ».
Et c’est la grandeur que possède l’homme. Aucune créature ne peut unir deux choses si différentes, si diverses. C’est précisément nous, les hommes, qui pouvons le faire.
Dans l’une des maisons Chabad aux États-Unis, il y avait un homme riche mais très éloigné de la pratique religieuse. Il soutenait la maison Chabad, mais lui-même n’observait pas vraiment ce qu’il savait — les Tefilines, le shabbat, ainsi de suite. Une fois, l’émissaire, le rabbin de la synagogue, a décidé de leur enseigner un peu les lois des bénédictions. Lors de la première leçon, il a parlé de ce qu’est une bénédiction, de son sens intérieur. Puis il a dit que lorsque, avant de profiter de quelque chose que D.ieu a faite, nous faisons une bénédiction « que tout existe par Sa parole ».
Le lendemain, le rabbin rencontre cet homme, et l’homme dit au rabbin : « Tu as changé ma vie, tu as vraiment changé ma vie. » « Que s’est-il passé ? » Il répond : « Je me lève tous les matins — il a une belle villa, une belle piscine — et je saute dans la piscine chaque jour. J’en profite un peu et c’est tout. Ce matin, je vais à la piscine et je me souviens soudain que tu m’as dit qu’il faut remercier D.ieu pour tout le bien qu’il me donne, m’a donné une maison, m’a donné une telle piscine, m’a donné la santé pour que je puisse sauter dans la piscine et en profiter. J’ai dit avec une grande intention : ‘Béni sois-tu, Éternel, notre D.ieu, Roi de l’univers, que tout existe par Sa parole’, et j’ai sauté dans l’eau. Et tu ne sais pas, toute ma journée a changé. Toute ma journée, je sens D.ieu avec moi, je le sens, wow, regarde ce qu’il m’a donné. »
Plus tard, lorsque l’émissaire invite son frère qui a étudié en Israël, cet homme lui raconte comment le rabbin a changé sa vie en lui enseignant à faire une bénédiction avant la piscine. Le jeune homme, spontanément, s’exclame : « Quoi ? Une bénédiction en vain ? Que fais-tu, une bénédiction en vain ? » Confronté à cette contradiction, le rabbin explique : « Jusqu’à maintenant, ce n’était pas en vain. À partir de maintenant, ce serait une bénédiction en vain. »
Voyez quel lien un Juif ressent, comme il le ressent. Il fait descendre dans la piscine, dans ce monde, et y introduit D.ieu. Sentir D.ieu, c’est « D.ieu a désiré avoir une demeure dans les mondes inférieurs », connecter les supérieurs et les inférieurs. Seul l’homme peut le faire ; aucune autre créature ne peut le faire.
Napoléon, une fois, des gens sont venus à lui et lui ont dit qu’il fallait brûler tout le Talmud. Il demande : « Pourquoi ? » Ils répondent : « Il y a là-dedans des choses sans intérêt. » « Comme quoi ? Donnez-moi un exemple. » Alors ils disent : « Quelqu’un nous a dit qu’il y a une loi dans le Choulhan Aroukh sur la façon de se comporter dans un endroit où le roi entre seul aux toilettes, comment se comporter exactement là, comment faire là. D.ieu est là, Maître du monde, quelle absurdité est-ce ! »
Napoléon était un homme très sage, et il est sorti de ses gonds. Il a dit : « Wow, leur D.ieu est si grand qu’il est même là ! » Parce que la profondeur de la question est essentiellement que D.ieu est sans limite ; pour lui, il est au-dessus de ces choses. L’endroit avec le parfum le plus agréable et l’endroit avec le parfum le moins agréable, pour D.ieu, c’est au-dessus, ça ne prend pas de place, c’est égal et équivalent.
Et chacun de nous qui peut faire de bonnes actions, avec ces bénédictions, réalise cette affaire : « Reviens, reviens, ô Sulamite. » Il fait la paix, il fait la paix. Sa complexité, ses défis, il donne le plus grand cadeau à l’homme. Pourquoi ? Tu donnes à l’homme la possibilité de choisir, de créer quelque chose de nouveau dans le monde. C’est précisément ce choix, ces complications, ces contradictions, comment et quoi et qui et combien je choisis correctement et je fais correctement, je révèle la divinité dans le monde. Cela donne à l’homme la possibilité de créer et de choisir quelque chose de nouveau.
Quand les enfants veulent qu’on leur achète un puzzle, veulent-ils qu’il soit en morceaux ou déjà assemblé, entier, qu’on ne peut pas diviser en morceaux ? Ils veulent prendre les détails et créer quelque chose de nouveau. C’est quand je crée l’harmonie en moi-même, je prends aussi des questions matérielles, des désirs matériels, et je les utilise pour des questions de sainteté. Je crée de la sainteté dans un temps et un lieu qui ne semblent pas du tout appartenir à la sainteté.
Introduire la Divinité dans le Monde Matériel
Le 7 octobre, il y avait un jeune homme américain qui était là, à cet endroit, et il a été tué. Puis on l’annonce à son père, et son père prend l’avion, voyage des États-Unis pour les funérailles, pour enterrer l’enfant en Israël. Il ne voulait pas l’emmener en Amérique pour qu’il soit enterré là-bas, mais en terre d’Israël.
Et puis il pense : « Mon fils est décédé. Que puis-je faire pour lui ? » C’est un homme qui n’observe pas les commandements, ni le Shabbat, ni les Tefilines, ni rien de lié. Et puis il voit quelqu’un dans l’avion, quelques rangées plus loin, mettre des Tefilines. Il se souvient : « Wow, c’est ça ! Je vais mettre des Tefilines pour le mérite de mon fils. » Il va voir cet homme et lui dit : « Puis-je, s’il te plaît, t’emprunter tes Tefilines ? » « Oui. Veux-tu que je t’explique un peu comment faire ? Je connais à peu près depuis ma bar-mitsva, mais oui. » Il s’est assis, lui a expliqué, a mis les Tefilines.
Puis il se dit : « Je mets les Tefilines pour mon fils. Allons voir d’autres personnes, demandons-leur s’ils sont juifs et qu’ils mettent aussi les Tefilines. » Alors il se lève, va vers les gens et demande à un, deux ici : « Es-tu juif ? » Et il y en avait quelques-uns qui lui ont dit : « Oui, je suis juif. » Alors il dit : « Peut-être voudrais-tu mettre les Tefilines ? » Ils le regardent, il ne leur semble pas être un Loubavitch. Il n’a pas de barbe, pas de kippa.
Alors ils ont dit : « Non, ce n’est pas pour nous, nous n’observons pas les commandements, nous ne mettons pas les Tefilines. » Il est allé d’un bout à l’autre de l’avion, personne ne veut mettre les Tefilines, et cela lui a fait mal, et il ne savait pas quoi faire, que faire.
Et puis soudain, une idée lui vient à l’esprit. Alors il va vers le premier Juif qui était dans l’avion, et il lui dit : « Je veux te dire quelque chose. Mon fils vient d’être tué. Voudrais-tu mettre les Tefilines pour le mérite de mon fils ? » Et cet homme, qui quelques minutes auparavant lui avait dit : « Non, non, ce n’est pas pour moi », répond : « S’il te plaît, s’il te plaît, avec plaisir », et il a mis les Tefilines.
Et puis il va vers encore un autre, et puis encore un autre, et il y a eu du bruit dans l’avion, et des gens qui avant disaient « nous ne voulons pas » se lèvent et disent « nous voulons », et le capitaine voit des gens debout, mettant les Tefilines, le capitaine sort aussi et dit : « Moi aussi, je suis juif, je veux aussi mettre les Tefilines », et il les met aussi. Tous les Juifs dans l’avion ont mis les Tefilines avec une grande joie.
Maintenant, arrêtons-nous un moment et réfléchissons à ce qui s’est passé ici. Qu’est-ce qui s’est passé ici ? Comment est-il possible que des gens qui, quelques minutes auparavant, ne voulaient en aucun cas mettre les Tefilines, veuillent soudain mettre les Tefilines, sans attendre que quelqu’un vienne, ils veulent d’eux-mêmes ? Et non seulement ils l’ont fait, mais ils ont ressenti un bon sentiment, ils ont ressenti l’harmonie avec eux-mêmes, l’harmonie avec eux-mêmes, ils ont senti qu’ils mettraient les Tefilines.
Mais maintenant, j’ai encore une question. Qu’est-ce qui se serait passé si cet homme leur avait dit : « Mon fils est décédé, je veux que vous vous tapiez sur la tête 10 fois, que vous preniez votre téléphone, que vous le mettiez dans ou sur votre tête. » L’auraient-ils fait ? Alors pourquoi les Tefilines, oui ? Pourquoi ? Il n’observe pas les commandements, il ne croit pas. Pourquoi ? Qu’est-ce qui s’est passé pour qu’ils changent ?
Ils n’ont pas changé. Ils étaient aussi avant des Juifs. À l’intérieur, l’âme est pure. Mais ils avaient des habitudes, leur passé, leur éducation. Cela a couvert le lien avec l’âme. Et soudain, cette demande émotionnelle a éliminé les barrières. Soudain, cette barrière a fondu comme du beurre au soleil. Et puis la barrière est tombée, l’intériorité s’est révélée, et puis soudain le corps et l’âme ont compris qu’ils sont dans la même équipe. Il y a un ennemi extérieur, mais soudain toutes les batailles intérieures ont été annulées, et ils sont soudain allés mettre les Tefilines.
Si on leur avait demandé de prendre leur cravate et de la mettre sur leur bras, ils ne l’auraient pas fait, j’en suis sûr, et nous en sommes tous sûrs que la mise des Tefilines de ces chers Juifs a fait un grand bruit dans le ciel. Wow !
C’est pourquoi l’homme est fait des supérieurs et des inférieurs. Il a un corps qui est lié à la matérialité, une matière grossière et limitée comme les animaux, mais il a une âme, une part divine venue d’en haut, il a une étincelle divine, et quand tu crées l’harmonie, c’est ton but dans la création, de créer l’harmonie entre toutes tes forces. Même les forces négatives, utilise-les pour la sainteté. Même les forces qui t’entraînent vers des lieux qui ne sont pas bons, transforme-les en sainteté. Révèle-les en eux.
Notre mission n’est pas de briser le corps ni de courir après le corps. Notre mission est de créer l’harmonie, l’équilibre et une unité merveilleuse. Tu vis dans le monde, et tu introduis la sainteté dans le monde. Quand tu sanctifies ta vie de famille, quand tu utilises ta force physique pour des actes de bonté, tes talents matériels, tu les utilises pour le service de D.ieu. Tu fais un pont entre les supérieurs et les inférieurs.
Une mère avait des enfants adorables. Et ses deux aînés, elle voulait qu’ils apprennent à jouer de la musique. Alors l’un est allé apprendre à jouer du piano, l’autre est allé apprendre à jouer du violon, et puis ils rentrent à la maison, l’un joue du piano, l’autre du violon, wow, un bruit énorme dans le ciel. Que faire ? Alors la mère a dit : « Toi, tu joueras de sept à huit heures du piano, et de huit à neuf heures, toi, tu joueras du violon. » Et alors il y a eu du calme, mais ce n’est pas la perfection, ce n’est pas l’harmonie, c’est une guerre.
À un stade ultérieur, quand chacun pouvait déjà bien jouer, la mère leur a appris à jouer ensemble une mélodie avec les deux instruments, et alors quelque chose de complètement nouveau a été créé, une mélodie merveilleuse qui a conquis tout le cœur. Cette harmonie, tu n’entends plus le piano et le violon, tu entends la mélodie, tu entends l’unité, qui les unit en une mélodie.
En chacun de nous, il y a beaucoup d’instruments de musique : le corps, l’âme, les sentiments, les pensées, les désirs, et parfois ils jouent chacun quelque chose de différent. Cela crée un bruit, un grand bruit dans notre âme, dans notre cœur. Mais quand nous trouvons le chef d’orchestre, que nous dirigeons tout vers un seul but, que nous réalisons soudain que je suis le chef d’orchestre ici, que je crée la mélodie, une merveilleuse musique en sort, une musique que les cieux aiment entendre.
Et cette audition de l’harmonie que je crée n’affecte pas seulement moi, elle affecte le monde entier. Quand l’homme atteint l’harmonie, pas parfaite même, mais à un certain stade, et chacun d’entre nous doit penser quand j’ai atteint une certaine harmonie, quand j’ai atteint un état où le corps et l’âme se sont soudain unis en moi ensemble, je n’ai pas ressenti de contradictions en elle, j’ai accompli le commandement, la bonté, la charité, la prière, le shabbat avec un bon sentiment. Avec un sentiment que le corps aussi vivait en lui, que même ces sentiments matériels y participaient.
Si nous nous en souvenons, une nouvelle lumière nous vient. Et nous devons de temps en temps penser : je vais faire cela, je ne peux pas le faire 24 heures sur 24, mais quand je le fais, il est expliqué dans les livres hassidiques que l’influence n’est pas seulement sur toi ; cet acte influence l’intériorité de l’homme et la réalité extérieure, comme il est écrit : « Pour moi, le monde a été créé. » Et Maïmonide dit qu’un homme qui accomplit un commandement agit et influence le monde entier. La lumière divine n’a pas de limites, elle n’est pas dans un état où il y a Internet ou pas Internet, elle agit toujours sur tous.
La Vision du Monde Futur : Quand les Contradictions Deviennent Harmonie
Revenons à ce dont nous avons parlé au début, dans la section de la Torah de Behar-Bechukotai, il est écrit qu’à l’avenir : « J’établirai la paix dans le pays ; vous vous coucherez et nul ne vous troublera ; je ferai disparaître du pays les bêtes féroces, et l’épée ne traversera pas votre territoire. »
Que signifie « je ferai disparaître les bêtes féroces du pays » ? Le Talmud et les midrashim nous rapportent une controverse. Rabbi Yehouda dit qu’Il les fera disparaître du monde — il n’y aura plus de bêtes féroces ni de créatures nuisibles. Rabbi Shimon dit qu’Il les transformera pour qu’elles ne nuisent plus. C’est-à-dire que les mêmes bêtes existeront toujours, mais elles deviendront douces et inoffensives pour l’homme.
Quelle est la racine de cette controverse ? Le Rogatchover (Rabbi Yosef Rosen), auteur du « Tzafnat Paneach », explique magnifiquement que chaque chose dans le monde a sa matière — l’essence de la chose, l’être créé lui-même, son existence — et sa forme — sa finalité, son but, la qualité intérieure de la matière. Par exemple, une table a sa matière physique, faite de bois ou de métal, mais aussi sa forme, qui est sa finalité, son utilité.
Il explique que c’est précisément l’objet de la controverse : Rabbi Shimon regarde toujours le contenu intérieur, la forme intérieure. C’est pourquoi il dit que lorsqu’il y a des animaux nuisibles et que l’Éternel dit « Je les ferai disparaître », leur matière existera toujours, mais leur essence — qui est l’essentiel, leur finalité, leur qualité — ne sera plus là. Rabbi Yehouda, lui, considère la matière, et donc quand D.ieu dit qu’Il fera disparaître les bêtes féroces de la terre, ces bêtes n’existeront plus.
Le Rogatchover note qu’on trouve plusieurs autres controverses similaires. Voyons deux autres exemples intéressants. Nous avons tous récemment célébré la Pâque. La Torah nous commande de faire disparaître le hametz (pain levé). Comment le fait-on ? Rabbi Yehouda dit : « La seule façon d’éliminer le hametz est de le brûler. » Les sages, dont Rabbi Shimon, disent non : on peut l’émietter, le disperser au vent ou le jeter à la mer, et cela compte aussi comme élimination du hametz.
Quelle est la controverse ici ? La même chose. Rabbi Shimon se concentre sur la forme, l’usage, pas sur la matière. Une fois que j’ai émietté le hametz, l’ai dispersé au vent ou jeté à la mer, sa forme, sa finalité, son but sont complètement annulés. Rabbi Yehouda dit non : l’essence, la matière existe toujours, donc je dois la brûler.
Voici une autre controverse intéressante. Nous savons tous qu’il y a 39 travaux interdits le jour du Shabbat. Quelle serait la loi si quelqu’un déplaçait un banc et que cela creusait un sillon dans le sol ? Selon la loi, il est interdit pendant Shabbat de faire un trou ou un sillon, mais cette personne n’avait aucunement l’intention de creuser le sol ; elle a simplement déplacé le banc, et un sillon s’est formé. Rabbi Shimon l’autorise, Rabbi Yehouda l’interdit.
Pourquoi ? Rabbi Yehouda dit : quand je considère le travail du Shabbat, sur quoi dois-je me concentrer ? Sur la matière du travail, l’acte lui-même, ou sur sa finalité, son intention, son but ? Il est interdit pendant Shabbat de creuser des sillons ou des trous. Rabbi Yehouda dit : il a fait un trou. C’est vrai qu’il n’avait pas l’intention de faire un trou, qu’il n’en avait pas besoin, mais comme il a fait un trou, c’est interdit. Rabbi Shimon dit : on regarde la forme de la chose. Quand D.ieu a dit qu’il est interdit de faire des trous et des sillons pendant Shabbat, cela signifie que j’ai l’intention de faire ce trou ou ce sillon. Ici, je n’avais pas du tout cette intention ; j’ai simplement déplacé le banc, et cela s’est produit.
C’est la racine de leurs controverses en de nombreux endroits. Il y a des dizaines de controverses dans tout le Talmud entre Rabbi Shimon et Rabbi Yehouda sur le même point. Le Rabbi de Loubavitch dit qu’il semble, d’après les décisionnaires, que dans cette controverse sur ce qui arrivera dans le futur, ce sera comme Rabbi Shimon : il y aura ces animaux, mais ces mêmes animaux qui dévorent et nuisent deviendront des animaux doux et gentils qui ne feront de mal à personne.
Rabbi Shimon a dit : Quand est la louange de D.ieu ? Quand il n’y a pas de nuisibles ou quand il y a des nuisibles et qu’ils ne nuisent pas ? Certainement quand il y a des nuisibles et qu’ils ne nuisent pas. Et il en a apporté une preuve : il est écrit « Psaume, chant pour le jour du Shabbat. » Qu’est-ce que « pour le jour du Shabbat » ? Qui fait cesser les nuisibles du monde, qui fait qu’ils ne nuisent pas.
Si les bêtes féroces disparaissaient et n’existaient plus du tout, nous ne verrions pas l’harmonie, nous ne verrions pas qu’une bête féroce soudain s’annule devant D.ieu. C’est précisément quand il y a les bêtes qui sont en fait nuisibles, et soudain tu vois que la révélation divine à la venue du Machia’h les a changées pour qu’elles ne nuisent pas. Cela révèle l’idée que même dans les inférieurs, les bêtes féroces, même en elles se révèlent les supérieurs, se révèle l’infini de D.ieu.
Et selon cela, nous pouvons aussi comprendre l’une des descriptions de ce qui sera au temps du Machia’h : « Le loup habitera avec l’agneau. » Est-ce que cela nous intéresse, est-ce important pour nous ? Il y a une blague selon laquelle dans un certain zoo, ils ont fait une affiche : « Chez nous, on peut voir le loup habiter avec l’agneau », et des gens sont vraiment entrés et ont vu un loup et un agneau vivant au même endroit. Quelqu’un est allé se renseigner auprès des employés, qui ont dit : « En secret, en secret, en secret, toutes les heures, on met un autre agneau. »
Mais nous savons qu’à l’avenir, ce sera la réalité normale du monde, il y aura cette merveilleuse harmonie entre la divinité et la matérialité, entre la matière et l’esprit, la réalité changera, « et le loup habitera avec l’agneau, et ils ne feront pas de mal et ne détruiront pas sur toute ma montagne sainte, car la terre sera remplie de la connaissance de l’Éternel comme les eaux couvrent la mer. »
Le concept de reconnaissance de D.ieu, d’annulation devant D.ieu, sera chez tous, et c’est la merveilleuse perfection, et c’est notre mission que nous avons dans ce monde, de créer en nous-mêmes, dans ce grand changement que D.ieu a fait en nous, que parfois nous ne comprenons pas pourquoi.
C’est notre mission dans la nourriture, dans le commerce, dans les affaires : je révèle la divinité. Et chacun d’entre nous qui le fait rapproche le Machia’h.
Que demande-t-on à un homme après 120 ans ? Le Talmud dit, traité Shabbat : « Rava a dit : À l’heure où l’on introduit un homme en jugement après 120 ans, on lui pose toutes sortes de questions. » Quelle est la première question ? Nous dirions ici : As-tu observé le Shabbat, as-tu mis les Tefilines, as-tu mangé casher ? Non. « À l’heure où l’on introduit un homme en jugement, on lui dit : As-tu conduit tes affaires avec intégrité ? » Tes affaires, ton commerce, était-ce avec intégrité ?
Qu’est-ce que cela signifie ? Le sens simple est que c’était selon la Torah, selon la droiture. Mais qu’est-ce que « avec intégrité » ? Intégrité signifie que tu es allé faire des affaires, tu as gagné de l’argent, mais tu n’as pas dit « ma force et la puissance de ma main m’ont procuré cette richesse. » Je crois que tout vient de D.ieu. Tout vient de ce que D.ieu a arrangé mes occasions. Il m’a mis exactement dans la tête l’idée d’acheter cette chose qui est bon marché ici et chère là. Il m’a mis dans la tête l’idée d’acheter ce diamant, de le polir de cette façon pour qu’il soit bon.
C’est la première question. Oui. Pourquoi la première question ? C’est le lien entre les supérieurs et les inférieurs. C’est le lien dans les affaires où il est facile pour l’homme de dire : ma sagesse, ma force, ma puissance, c’est sans D.ieu.
Que D.ieu nous donne à tous abondance, bénédiction et subsistance, que nous méritions bientôt de voir ces bêtes féroces nuisibles qui ne nuisent pas.