Dans un enseignement profond sur Pessa’h explore la relation entre la foi (émouna) et l’intellect à travers le symbolisme de la Matsa. Cet enseignement s’inscrit dans la tradition de la pensée ‘hassidique, qui cherche à éclairer les dimensions spirituelles des Mitsvot et à révéler comment les rituels pratiques reflètent des réalités métaphysiques profondes.
Au commencement, il s’agit d’expliquer qu’il existe deux aspects de la Matsa :
La Matsa comme commandement divin – Nous mangeons la Matsa simplement parce que D.ieu nous l’a ordonné, sans lien avec une raison historique.
La Matsa commémorative – Nous mangeons la Matsa « parce que la pâte de nos ancêtres n’a pas eu le temps de lever », comme l’explique Rabban Gamliel dans la Haggada.
Cette dualité sert de point de départ pour une réflexion plus large sur les différentes dimensions de la foi.
Les trois niveaux de la foi illustrés par la relation père-enfant
Pour expliquer les différents niveaux de foi, on utilise l’analogie de la relation entre un père et son enfant à différents stades de développement :
1. La foi du nourrisson – La foi pré-intellectuelle
Le nourrisson est attaché à son père d’une manière qui précède toute compréhension intellectuelle. Le bébé ne reconnaît pas encore son père et n’a aucune compréhension de ce que le père fait pour lui. Ce lien est pré-intellectuel mais, paradoxalement, reflète un attachement essentiel qui transcende l’intellect.
En termes kabbalistiques, cet état est appelé « katnout mo’hin d’Abba » (l’état restreint de l’intellect paternel). Bien que cette connexion soit sous-intellectuelle, elle reflète en fait un lien supra-intellectuel dans sa pureté, car elle n’est pas limitée par les constructions mentales.
2. La foi basée sur la raison – La foi intellectuelle
L’enfant plus âgé qui base sa relation avec son père sur des raisons intellectuelles – « mon père est bon pour moi, il me soutient, il m’éduque » – possède ce qu’on appelle « mo’hin d’Ima » (l’intellect maternel). Sa connexion est fondée sur la compréhension et l’appréciation rationnelles des bienfaits que lui procure son père.
Paradoxalement, cette compréhension intellectuelle peut masquer la connexion essentielle et supra-intellectuelle qui existe naturellement entre le père et l’enfant. La relation devient conditionnelle et définie par ce que le père fait plutôt que par qui il est fondamentalement par rapport à l’enfant.
3. La foi supra-intellectuelle consciente – La foi mature
Le niveau le plus élevé est atteint lorsque l’adulte mature reconnaît intellectuellement que sa relation avec son père transcende l’intellect. Il comprend que le lien père-fils est essentiel et indépendant de tout calcul rationnel. Même si le comportement du père peut sembler ne pas mériter de respect ou d’amour selon un raisonnement superficiel, le fils comprend que le lien essentiel demeure et transcende ces considérations.
En termes kabbalistiques, c’est appelé « gadlout mo’hin d’Abba » (l’état développé de l’intellect paternel), où l’intellect lui-même reconnaît ses propres limites et s’incline devant une vérité plus élevée.
Les dimensions kabbalistiques : ‘Ho’hma et Bina
Cette compréhension s’approfondit en faisant référence aux concepts kabbalistiques de ‘Ho’hma (sagesse) et Bina (compréhension) :
Bina (associée à la mère/Ima) représente l’analyse, la compréhension détaillée, l’élaboration intellectuelle.
‘Ho’hma (associée au père/Abba) représente l’intuition fulgurante, le point de sagesse qui précède l’analyse, et la capacité à transcender le raisonnement analytique.
L’enfant qui comprend son père uniquement à travers des raisons intellectuelles utilise principalement Bina (mo’hin d’Ima). L’adulte qui reconnaît le lien transcendant avec son père utilise ‘Ho’hma dans sa forme développée (gadlout mo’hin d’Abba) – la capacité de comprendre intellectuellement ce qui transcende l’intellect.
Le nourrisson, quant à lui, manifeste une forme restreinte de cette connexion (‘katnout mo’hin d’Abba’) – non pas parce qu’il comprend la transcendance, mais parce qu’il n’a pas encore d’intellect qui puisse s’interposer.
Application à la foi en D.ieu
Cette analogie se transpose ensuite à notre relation avec D.ieu, en distinguant deux niveaux de foi :
1. La foi en D.ieu comme « memalé kol almin » (celui qui remplit tous les mondes)
Cette foi reconnaît D.ieu comme le créateur et le gestionnaire du monde, comme celui qui maintient l’existence et supervise toutes les créatures. Cette croyance est accessible à l’intellect humain et correspond à une compréhension naturelle – tout comme on peut comprendre qu’un bâtiment magnifique nécessite un architecte et un constructeur.
Cette connaissance n’est pas véritablement de la « foi » car elle est accessible à la raison humaine. Même de nombreuses nations non-juives peuvent accéder à ce niveau de compréhension. C’est comparable à « croire » que 2+2=4 – ce n’est pas vraiment une question de foi, mais simplement de logique.
2. La foi en D.ieu comme « sovev kol almin » (celui qui transcende tous les mondes)
La véritable foi concerne la reconnaissance que D.ieu transcende complètement nos catégories de pensée et d’existence. Il est au-delà même du concept de sagesse (‘Ho’hma) le plus élevé. Il n’est pas seulement que nous ne pouvons pas le comprendre – il est totalement en dehors du domaine de la compréhension possible.
D.ieu est tellement au-delà de l’intellect qu’on ne peut même pas dire qu’on ne peut pas le comprendre – car cela impliquerait encore qu’il existe dans le domaine de ce qui pourrait potentiellement être compris. C’est comme dire qu’on ne peut pas toucher la sagesse avec ses mains – cette affirmation est absurde car la sagesse n’appartient pas du tout au domaine du tangible.
Cette foi transcendante est unique au peuple juif et constitue le lien essentiel entre le Juif et D.ieu – une connexion qui dépasse toute raison et tout calcul.
La Matsa et les niveaux de foi
Revenant au thème initial de la Matsa, nous pouvons maintenant comprendre ses deux dimensions à la lumière de ces niveaux de foi :
La Matsa comme commandement divin simple représente notre relation supra-intellectuelle avec D.ieu (sovev kol almin) – nous l’observons simplement parce que c’est la volonté divine, transcendant toute explication rationnelle.
La Matsa comme commémoration historique (« car la pâte n’a pas eu le temps de lever ») représente notre relation intellectuelle avec D.ieu (memalé kol almin) – nous comprenons la raison historique et apprécions comment D.ieu interagit avec l’histoire humaine.
Conclusion
Le message profond de cet enseignement est que la foi authentique d’un Juif n’est pas simplement une croyance intellectuelle en D.ieu comme créateur et superviseur du monde – cette « foi » est accessible à l’intellect de tous les êtres humains. La véritable foi juive est la reconnaissance d’un lien essentiel avec D.ieu qui transcende complètement les catégories de l’intellect.
Au cœur de l’Amérique latine, loin des centres traditionnels de la vie juive mondiale, se déploie un phénomène remarquable qui défie les attentes. Buenos Aires, capitale de l’Argentine, abrite aujourd’hui l’une des plus impressionnantes infrastructures communautaires juives au monde, fruit d’une vision portée depuis près d’un demi-siècle par un homme et son équipe de dévoués collaborateurs.
L’histoire commence en 1978, quand le Rav Tzvi Grinblatt, jeune homme né en Argentine et récemment attiré vers le mouvement Habad-Loubavitch, reçoit une mission inattendue. À la suite du décès du Rav Berel Boimgarten, émissaire du Rabbi de Loubavitch en Argentine, une petite assemblée de fidèles se réunit et, suivant les directives du Rabbi Menachem Mendel Schneerson, choisit le jeune Tzvi comme successeur.
« Je n’étais même pas marié. Comment un célibataire pourrait-il devenir émissaire principal dans un grand pays ? », s’était alors interrogé Grinblatt. La réponse du Rabbi fut sans équivoque : « Qu’il trouve une épouse et parte en mission. »
Dans la semaine qui suivit, trois personnes différentes lui proposèrent le même Chidou’h : une jeune femme de la prestigieuse famille Kazarnovsky, petite-fille d’un éminent érudit de Brooklyn. Peu après leur mariage à New York, contrairement à la tradition qui veut que les jeunes couples étudient au moins un an avant de partir en mission, les Grinblatt prirent l’avion pour Buenos Aires.
Leur arrivée fut marquée par un présage troublant. Leurs bagages, placés par erreur dans un autre avion, périrent dans un incendie qui ravagea l’appareil. Le jeune couple se retrouva dans un pays étranger (pour l’épouse américaine) sans aucune possession matérielle. Ils n’avaient que les vêtements qu’ils portaient. Un signe avant-coureur des défis à venir, mais aussi une promesse de renaissance, comme le Rabbi le leur confirma : « Après un incendie, on s’enrichit. »
Une amitié présidentielle sans précédent
Le phénomène le plus frappant dans l’Argentine d’aujourd’hui est sans doute la relation exceptionnelle entre le président Javier Milei et la communauté juive. Dans un contexte mondial où l’antisémitisme resurgit fréquemment, ce dirigeant manifeste un attachement profond et sincère envers Israël et les Juifs de son pays.
Cette relation dépasse largement le cadre diplomatique habituel. Milei a exprimé à plusieurs reprises son admiration pour le judaïsme et a même cité publiquement les enseignements du Rabbi de Loubavitch lors de cérémonies officielles, sans sentir le besoin d’expliquer qui était ce « Rabbi » qu’il mentionnait avec révérence.
Lors d’un événement commémorant l’anniversaire du décès du Rabbi Schneerson, le président Milei a insisté pour être présent mais a catégoriquement refusé toute cérémonie protocolaire. « Je ne viens pas pour vous, mais pour moi-même, » a-t-il confié aux organisateurs. « Je souhaite participer à cette soirée sacrée. Je n’accepterai pas qu’un seul instant de cette soirée, entièrement dédiée à la mémoire du saint et pur tzadik, soit consacré à des hommages à mon égard. »
Le président est arrivé discrètement par une entrée latérale, s’est installé dans une loge en hauteur et a suivi l’intégralité de la cérémonie, visiblement ému par les vidéos et discours retraçant la vie du Rabbi. Ce n’est que le lendemain que les médias ont révélé sa participation, suscitant l’étonnement dans tout le pays.
Cette amitié se traduit également par des liens étroits entre les plus proches collaborateurs du président et les responsables de Habad, notamment le Rav Chaim Baruch Avirchman, gendre du Rav Grinblatt, qui joue un rôle d’intermédiaire crucial dans cette relation privilégiée.
Ce qui frappe immédiatement les visiteurs de Buenos Aires, c’est l’ampleur des institutions développées par Habad. Le complexe central s’élève sur neuf étages au cœur de la ville, abritant une yeshiva florissante où des étudiants du monde entier viennent étudier.
Sous la direction du Rav Asher Farkash, fils d’un célèbre décisionnaire Ravique de Jérusalem, les cours dispensés dans cette yeshiva sont réputés pour leur profondeur et leur accessibilité. Ses enseignements sur la philosophie hassidique sont enregistrés et partagés avec des « chercheurs » du monde entier.
Mais la véritable révolution se trouve dans le système scolaire primaire. Le « Ahalei Chinuch », école primaire ultramoderne sur sept étages, représente une vision radicalement nouvelle de l’éducation juive traditionnelle. Loin des couloirs étroits bordés de salles de classe fermées, l’école propose des espaces ouverts avec des parois vitrées sur la moitié de leur hauteur, créant un sentiment d’espace et de communauté.
« Si nos sages affirment qu’une belle demeure élargit l’esprit d’un homme, le bonheur rayonnant des enfants qui évoluent entre ces murs confirme amplement cette vérité, » observe un visiteur.
Plus révolutionnaire encore : chaque enseignant dispose de son propre bureau dans une « section des enseignants » dédiée. Leur salaire inclut deux heures supplémentaires quotidiennes après la fin des cours, pendant lesquelles ils restent dans l’établissement pour préparer leurs leçons du lendemain. Ainsi, ils rentrent chez eux libérés du fardeau de la préparation des cours.
La bibliothèque, conçue avec des gradins de lecture qui lui confèrent une atmosphère décontractée et invitante, attire des enfants de tous âges qui profitent d’une riche collection d’ouvrages juifs adaptés à chaque niveau. Les terrains de jeux, couverts et découverts, sont immenses et soigneusement aménagés.
Le succès de cette approche est tel qu’un terrain de 5000 mètres carrés a déjà été acquis pour construire un établissement similaire mais encore plus grand pour les filles.
Des stratégies innovantes de rapprochement
Comment attirer des jeunes juifs éloignés de leur tradition ? Habad Argentine a développé des réponses créatives et adaptées aux réalités locales.
Le centre « Aïeka » (inspiré de la question divine « Où es-tu ? » posée à Adam dans le jardin d’Eden) se trouve stratégiquement placé près des lycées juifs séculiers de la ville. Les étudiants s’y rendent pendant les pauses déjeuner, attirés initialement par les boissons gratuites, la nourriture casher abordable et une ambiance accueillante.
Sans pression, ils sont progressivement exposés à des discussions sur le judaïsme et invités à participer à des programmes plus structurés. Les plus assidus peuvent gagner des voyages éducatifs en Israël, à New York ou dans les camps de concentration polonais. Pour beaucoup d’entre eux, ces expériences deviennent la première étincelle d’un retour vers leurs racines juives.
Dans le quartier Palermo, à minuit, un spectacle étonnant se déroule régulièrement : quatre cents adolescents se réunissent autour de longues tables pour écouter les enseignements du Rav Shlomo Levy, dont la barbe blanche et le visage rayonnant captent immédiatement l’attention. Bien que ne comprenant pas l’espagnol argentin, les visiteurs étrangers sont fascinés par la dynamique : en quelques minutes, les jeunes passent du rire à l’émotion profonde, certains essuyant discrètement des larmes.
Après une heure d’enseignement portant sur la section hebdomadaire de la Torah, des plateaux de viandes fraîchement grillées sont servis aux participants. La nourriture devient ainsi un vecteur de transmission culturelle et spirituelle.
Pour les étudiants universitaires, des centres dédiés offrent des espaces de travail gratuits, une forme de « WeWork » juif qui renforce leur connexion avec la communauté tout en répondant à leurs besoins pratiques.
Pour les plus âgés, des institutions comme « Tiferet Zkenim » offrent aux seniors un lieu de rencontre et d’étude adapté à leurs besoins, tandis que « Yeladenu » prend en charge les enfants en situation précaire, leur offrant un cadre familial de substitution.
Le réseau éducatif élargi : des ponts vers la tradition
Au-delà des institutions strictement religieuses, Habad gère également d’importants établissements scolaires comme « Wolfsohn » et « Hillel », qui accueillent des enfants de familles juives non pratiquantes. Ces écoles servent de plateforme pour établir des liens profonds avec les parents.
« Chaque enfant qui quitte Wolfsohn pour rejoindre le Ahalei Chinuch l’année suivante nous remplit de joie, » confie le Rav Mendel Gourwitz, gendre du Rav Grinblatt, avec un sourire énergique qui trahit ses origines. « Notre véritable réussite se mesure par les familles entières qui redécouvrent leur héritage juif. »
Ces établissements bénéficient du soutien de la Fondation Yael, dont l’aide précieuse est saluée par le Rav Grinblatt.
À l’autre extrémité de la ville, dans un quartier défavorisé, le Rav Yossi Loodman dirige l’école « Ilan » dans des conditions rappelant les débuts difficiles du mouvement en Argentine. L’établissement, sauvé de la fermeture après une bataille contre des opposants réformistes, offre une éducation juive à des enfants de familles modestes qui ne peuvent payer que des frais symboliques.
Une vision transformée en réalité
À 70 ans passés, alors que beaucoup de ses contemporains se reposent sur leurs lauriers, le Rav Grinblatt continue d’innover et de construire. Son projet actuel ? Un gratte-ciel de treize étages dans le quartier huppé de Busquíaso qui deviendra, selon ses mots, le « Waldorf-Astoria » de Habad.
Ce bâtiment comprendra, outre les éléments traditionnels (synagogue, bain rituel, salles d’étude), un étage VIP destiné aux rencontres entre bienfaiteurs fortunés et émissaires, une cuisine industrielle, et une terrasse panoramique qui servira à la fois pour la fête de Souccot et comme espace de détente offrant une vue imprenable sur la ville et son front de mer.
« Tout sera prêt pour Rosh Hashana 5787 (2027), » promet le Rav Mendel Grinblatt, fils du fondateur, avec une confiance évidente. Sa propre histoire illustre la providence divine qui guide l’œuvre familiale : après des années à dépendre de la générosité d’un voisin pour utiliser sa piscine comme bain rituel avant la prière matinale, il a pu acquérir la maison de ce même voisin dans des conditions particulièrement favorables.
À l’autre bout de la ville, près de la résidence présidentielle, le Rav Haim Baruch Avirchman dirige un centre Habad installé dans un bâtiment historique classé, au cœur du quartier le plus exclusif de Buenos Aires. Après avoir longtemps loué des salles d’hôtel pour ses activités, il a réussi à acquérir ce lieu prestigieux où convergent désormais l’élite économique et sociale juive de la capitale.
Un héritage vivant qui transcende les murs
L’histoire du succès de Habad en Argentine ne se mesure pas seulement en bâtiments. Le Rav Grinblatt aime rappeler une anecdote significative : son prédécesseur, le Rav Boimgarten, s’était un jour présenté devant le Rabbi sans son rapport habituel. Interrogé sur cette omission, il avait confié avoir visité sa fille à Londres et s’être senti découragé en voyant le grand « Lubavitch House » récemment construit – lui qui n’avait pas d’édifice comparable à montrer.
Le Rabbi avait alors ouvert son tiroir et en avait sorti une liste jaunie, montrant les noms des étudiants que le Rav Boimgarten avait rapprochés de la tradition et envoyés étudier à New York. « Ce sont vos bâtiments, » avait dit le Rabbi, pointant spécifiquement le nom de Tzvi Grinblatt et de ses compagnons. « Ils font du bon travail. »
Cette philosophie imprègne toujours l’œuvre de Habad Argentine : derrière chaque bâtiment impressionnant se trouve une multitude d’histoires personnelles de retour aux sources, d’âmes reconnectées à leur héritage millénaire, et de vies transformées par la chaleur d’un judaïsme vivant et accessible.
La réussite extraordinaire de cette entreprise repose sur une combinaison unique : un dévouement inébranlable à la tradition juive, une vision éducative avant-gardiste, une capacité exceptionnelle à créer des liens avec les décideurs économiques et politiques du pays, et une attention constante aux besoins spécifiques de chaque segment de la population juive.
Dans les rues de Buenos Aires, ce réseau d’institutions représente bien plus qu’un simple service communautaire. Il incarne un modèle de renaissance juive qui inspire au-delà des frontières argentines, prouvant que même dans les contextes les plus improbables, la persévérance et la vision peuvent transformer une petite flamme en phare rayonnant pour des générations à venir.
Le chantre international, hassid Habad avec 30 ans d’expérience dans le domaine, le Rav David Eliahou Partouche, connu sous le nom de ‘Reb David’, dont la voix particulière transmet dans sa prière émotion, énergie et inspiration unique à ses auditeurs, lance son premier single – « Une génération crie Chema Israël ». Il s’agit d’une chanson émouvante et inspirante, spécialement adaptée à l’esprit de l’époque et à la réalité de la vie du peuple juif aujourd’hui.
Après de nombreuses années de prières sincères à travers le monde, lors de séminaires, de célébrations de Bar Mitzvah et de circoncisions – le Rabbin Partouche a décidé de franchir une nouvelle étape dans sa création et de publier une chanson qui exprime la voix de la génération actuelle. La chanson touche au cri du peuple pour l’unité, la rédemption et le rapprochement du Créateur.
« La décision de sortir cette chanson est née d’un sentiment de douleur profonde face à la réalité de l’exil dans lequel nous vivons. Le peuple d’Israël a besoin, plus que jamais, d’une connexion authentique et d’un appel sincère à l’Éternel – ‘Gardien d’Israël’. Cette chanson est la prière de toute une génération qui demande la rédemption », déclare Reb David.
Dans notre communauté où la famille et les enfants occupent une place centrale, notre parcours à deux se dessine différemment. Mariés depuis plus de cinq ans, nous vivons cette attente d’un enfant comme un chemin singulier où l’Emunah – notre foi profonde – devient notre force quotidienne. À travers ce témoignage, nous souhaitons partager comment la confiance dans le plan divin nous permet de traverser les moments d’incertitude, tout en invitant chacun à redécouvrir la valeur du silence bienveillant face aux chemins de vie qui empruntent des sentiers moins conventionnels.
Mon mari et moi sommes mariés depuis un peu plus de cinq ans, et bien que nous n’ayons pas encore été bénis par la venue d’un enfant, le mot « encore » est devenu notre source d’espérance.
Ce petit mot porte en lui toute la promesse de l’avenir. « Non, nous n’avons pas encore d’enfants, » répondons-nous, la voix emplie d’une confiance tranquille, le sourire authentique. Au fil des saisons, cette phrase est devenue notre mantra, notre façon de réaffirmer notre foi dans le timing parfait de Hashem. C’est aussi parfois notre prière silencieuse que nous nous adressons l’un à l’autre.
Durant notre première année de mariage, nous avons eu le privilège de vivre loin des questions et des attentes. Les gens nous laissaient savourer cette nouvelle vie à deux, ce temps précieux de construction des fondations de notre foyer. Pendant cette période bénie, nous étions simplement « mariés », vivant pleinement chaque jour comme un cadeau.
Puis vinrent les deuxième et troisième années, où les premières questions commencèrent à surgir dans notre quotidien. Au début, nous gardions notre sérénité intacte. Après tout, notre confiance en Hashem était totale – Il dirige le monde avec sagesse et nous bénira au moment parfait, ni avant, ni après.
C’est vrai que parfois, ces interrogations extérieures nous amenaient à nous questionner nous-mêmes. « Devrions-nous nous inquiéter davantage ? » « Notre patience est-elle normale ? » Mais chaque fois, nous revenions à cette certitude fondamentale : notre parcours est entre Ses mains, et cette confiance demeure notre plus grande force.
La quatrième année : approfondir notre foi
À la quatrième année de notre mariage, nous avons commencé à sentir plus intensément le poids des attentes extérieures. Les regards, les questions, même bien intentionnées, se multipliaient. Notre chemin personnel devenait un sujet de conversation, et nous nous retrouvions souvent à devoir répondre à des interrogations très intimes.
« Vous essayez d’avoir des enfants ? »
« Avez-vous consulté des spécialistes ? »
« Peut-être devriez-vous essayer telle ou telle approche… »
Chacune de ces questions, même venue d’un bon cœur, nous rappelait notre situation et nous plaçait dans une position délicate. Dans ces moments, nous aurions parfois souhaité pouvoir nous éclipser discrètement, éviter ces conversations qui, malgré leur intention positive, ravivaient notre vulnérabilité.
Mais ces défis ont aussi approfondi notre lien, fortifié notre union. Ensemble, nous avons appris à transformer ces moments difficiles en occasions de renforcer notre Emunah. Car au-delà de ces interactions parfois maladroites, brillait toujours cette vérité fondamentale : notre bénédiction viendra en son temps. Notre parcours, aussi différent soit-il, a sa propre beauté et son propre sens dans le plan divin.
La cinquième année : une confiance renouvelée
À notre cinquième année de mariage, nous continuons de naviguer entre les attentes sociales et notre paix intérieure. Chaque naissance autour de nous est à la fois un rappel de notre attente et une occasion de renouveler notre confiance dans le temps de Hashem.
Nous avons découvert que l’infertilité, comme tant d’autres défis de la vie, est un chemin qui forge le caractère et approfondit la foi. Ce n’est pas un statut définitif, mais une période transitoire dans notre histoire. Le « pas encore » n’est pas un simple espoir vague, mais l’expression d’une certitude profonde que notre tour viendra.
Notre expérience nous a enseigné la valeur du silence respectueux. La délicatesse avec laquelle nous abordons les parcours différents des autres est un cadeau précieux. Le véritable וְאָהַבְתָּ לְרֵעֲךָ כָּמוֹךָ (aime ton prochain comme toi-même) s’exprime parfois par cette retenue bienveillante qui laisse à chacun l’espace de vivre son chemin sans avoir à le justifier constamment.
Le pouvoir de l’espérance partagée
Nous vivons dans une société qui valorise souvent l’expression et le partage. « Il faut en parler », nous dit-on. Mais nous avons aussi redécouvert la valeur du silence respectueux, de cette présence discrète qui soutient sans envahir.
Nous écrivons cet article pour offrir un rayon d’espoir à ceux qui traversent des chemins similaires. La fertilité est un sujet profondément personnel, enraciné dans l’intimité du couple. Ce n’est pas un sujet de conversation ordinaire, mais un espace sacré qui mérite d’être protégé.
Pour ceux qui connaissent des couples en attente d’enfant, votre compassion silencieuse est un trésor inestimable. Votre présence qui ne questionne pas, qui n’attend pas d’explications, qui accepte simplement le rythme unique de chaque parcours – c’est là un don précieux.
Et pour ceux qui, comme nous, vivent cette attente jour après jour, sachez que vous n’êtes pas seuls. Que votre « pas encore » est légitime, qu’il porte en lui toute la promesse de l’avenir. Que votre confiance dans le plan divin n’est pas naïveté, mais la plus profonde des sagesses.
La prochaine fois que vous rencontrerez un couple sans enfants, nous vous invitons à cette compassion discrète qui respecte leur parcours. Si quelqu’un souhaite partager ses difficultés, il le fera naturellement. D’ici là, votre présence aimante et non intrusive est le plus beau cadeau que vous puissiez offrir.
Notre parcours continue, porté par cette confiance que chaque jour nous rapproche de notre bénédiction. Notre Emunah n’est pas ébranlée mais renforcée par l’attente. Et au cœur de notre réponse « Nous n’avons pas d’enfants – pas encore » brille toute la lumière de notre espérance.
Avec foi et gratitude,
Un couple qui n’a pas d’enfants — pas encore
La préparation de Pessah qui tombe à la sortie de Chabbat nécessite une organisation méticuleuse. Cette fête, qui commémore la libération du peuple juif de l’esclavage en Égypte, est caractérisée par l’élimination totale du hametz (levain) et par la célébration du Séder, repas rituel riche en symboles. Les jours précédant Pessah sont consacrés au nettoyage approfondi de la maison et à la préparation des éléments nécessaires pour le Séder et les huit jours de fête.
La liste ci-dessous, établie par le Rav Avraham Barouh Pevzner, offre un guide pratique pour s’assurer que tous les aspects essentiels sont couverts.
À se procurer:
Médicaments Cacher LePessah
Nourriture pour bébés Cacher LePessah
Bougie de 72 heures
Pitotes MOTZI pour les 2 repas de CHABBAT
Sidourim propres (livres de prières)
Houmachim, Tanya et Rambam (ou Dvar Malkhout) propres
Hagadot propres (qui n’ont pas traîné à la maison durant l’année)
Acheter pour son épouse un habit ou un bijou
À exécuter avant Chabbat:
Râper le raifort (et l’enfermer hermétiquement)
Écraser pomme, poire, noix pour le harosset (ne pas mettre de vin)
Griller le cou de poulet pour le zéroa
Laver et vérifier la laitue pour marror et corekh (et mettre au réfrigérateur)
Préparer les bougies pour 3 jours (en diaspora et 2 jours en Israël)
Dans cette leçon profonde sur la signification de la Matsa, l’enseignement hassidique nous invite à explorer les différentes dimensions de la foi que symbolise ce pain azyme consommé pendant Pessah.
L’enseignement commence par soulever une question fondamentale concernant la Haggadah de Pessah. Selon Rabban Gamliel, nous mangeons la Matsa parce que « la pâte de nos ancêtres n’a pas eu le temps de lever avant que le Saint béni soit-Il ne se révèle à eux et les libère. » Cette explication fait référence à l’épisode où les Israélites ont dû quitter l’Égypte précipitamment.
Cependant, lors du premier Pessah en Égypte, nos ancêtres ont mangé la Matsa en deux occasions distinctes :
D’abord le soir du 15 Nissan, avant leur sortie d’Égypte, suivant le commandement divin : « Ce même soir, ils mangeront la chair [de l’agneau pascal] avec des pains azymes et des herbes amères »
Puis après minuit, lors de leur exode précipité, quand « ils firent avec la pâte qu’ils avaient emportée d’Égypte des gâteaux sans levain, car elle n’avait pas fermenté »
Pourquoi la Haggadah se concentre-t-elle uniquement sur la seconde raison (la pâte qui n’a pas eu le temps de lever) et non sur le commandement divin originel, qui semble pourtant plus fondamental?
Les trois niveaux de foi
La Hassidout identifie trois niveaux distincts de foi qui correspondent à trois étapes de l’expérience des Israélites en Égypte :
1. La foi avant la consommation de la Matsa
C’est la foi que possédaient déjà les Israélites pendant leur servitude, avant même la sortie d’Égypte. « Le peuple eut foi » (Exode 4:31). Cette foi était présente mais pas encore pleinement développée.
2. La foi liée à la Matsa du commandement
C’est la foi qui s’exprime dans l’obéissance au commandement divin de consommer la Matsa avec l’agneau pascal avant minuit. Cette foi est structurée par l’obéissance et le cadre rituel.
3. La foi de l’expérience immédiate
C’est la foi qui naît de l’expérience directe de la délivrance, symbolisée par la Matsa consommée après minuit, celle qui n’a pas eu le temps de lever à cause de la précipitation du départ.
La métaphore de la relation père-enfant
Pour expliquer ces niveaux de foi, l’enseignement hassidique utilise l’analogie profonde de la relation père-enfant, qui se développe en plusieurs étapes :
L’absence initiale de reconnaissance
À sa naissance, le bébé ne reconnaît pas encore son père – c’est l’absence totale de connexion.
La reconnaissance pré-intellectuelle
Progressivement, comme l’indiquent les Sages en disant qu' »un enfant ne sait pas appeler ‘papa’ avant d’avoir goûté aux céréales », l’enfant commence à reconnaître son père. Cette reconnaissance n’est pas encore intellectuelle – l’enfant ne peut pas expliquer ce qu’est un père – mais elle est authentique.
L’enseignement souligne la double nature de cette reconnaissance :
Elle est « en-dessous de l’intellect » car elle ne procède pas d’une compréhension rationnelle
Mais paradoxalement, elle est aussi « au-dessus de l’intellect » car elle touche à un lien essentiel que même la raison adulte ne pourra jamais pleinement expliquer
La relation mature mais risquée
Plus tard, lorsque l’enfant grandit et développe son intellect, il peut comprendre rationnellement pourquoi son père est important : il le nourrit, l’éduque, pourvoit à ses besoins. Cette compréhension intellectuelle est positive, mais elle comporte un risque : si l’enfant base sa relation uniquement sur ces aspects fonctionnels, le lien peut s’affaiblir si le père cesse de remplir ces fonctions.
L’enseignement hassidique insiste : même l’enfant mature doit comprendre que sa relation avec son père transcende ces considérations utilitaires. Le lien père-fils est essentiel, ontologique, et ne dépend pas des circonstances.
Pourquoi privilégier la Matsa de l’urgence ?
L’enseignement explique finalement pourquoi la Haggadah met l’accent sur la Matsa qui n’a pas eu le temps de lever plutôt que sur celle du commandement :
La Matsa du commandement, consommée avant minuit, représente une foi plus élevée en apparence, car elle découle directement de l’obéissance à D.ieu. Mais la Matsa de l’urgence, consommée après minuit, révèle une dimension plus profonde de la foi – celle qui naît non pas du commandement mais de l’expérience directe de la délivrance divine.
Cette seconde Matsa, qui semble circonstancielle et presque accidentelle, symbolise en réalité une rencontre authentique et immédiate avec D.ieu, semblable à la reconnaissance instinctive qu’a l’enfant de son père, avant toute rationalisation.
La Matsa comme « nourriture de la foi »
L’enseignement hassidique nous révèle ainsi que la Matsa n’est pas simplement un aliment rituel ou un symbole historique. Elle est véritablement, comme le dit le Zohar, « mikhlah dimehemnouta » – la nourriture de la foi. En la consommant, nous intégrons ces différents niveaux de foi dans notre être, en particulier cette foi directe et authentique qui transcende l’intellect tout en le traversant.
Ainsi, chaque année à Pessah, nous revivons ce parcours spirituel qui nous conduit d’une foi simple à une foi commandée, puis à une foi expérientielle et immédiate. La Matsa devient alors un véritable chemin de conscience et de connexion au divin.
En présence de représentants officiels de l’État de New York, un panneau historique a été dévoilé : «La Voie du Rabbi de Loubavitch» durant la semaine du 11 Nissan 5785.
Dans une atmosphère de joie et de solennité, Crown Heights a vécu un moment historique ce 8 Nissan avec le dévoilement officiel du panneau « Voie du Rabbi de Loubavitch » sur President Street, entre Brooklyn Avenue et New York Avenue. Cette cérémonie, qui s’est déroulée en présence de nombreux élus et d’une foule enthousiaste, marque une reconnaissance officielle de l’héritage du Rabbi Menachem Mendel Schneerson, figure emblématique du judaïsme moderne.
La rue President Street a été fermée pour l’occasion, transformée en espace de célébration communautaire où Torah, prière, charité, musique et témoignages se sont entremêlés. Comme l’a fait remarquer la sénatrice Zellnor Myrie, native de Crown Heights : « Regardez l’ordre divin – les nuages se sont écartés et le soleil brille sur cette communauté en ce jour. »
Une reconnaissance institutionnelle au plus haut niveau
La cérémonie a rassemblé un impressionnant panel de personnalités politiques, démontrant l’impact du Rabbi bien au-delà de la communauté juive :
Le maire Eric Adams, qui a partagé sa connexion personnelle avec l’héritage du Rabbi, mentionnant ses visites fréquentes à l’Ohel, le lieu de repos du Rabbi
La procureure générale de l’État de New York, Letitia James, ancienne conseillère municipale de Crown Heights
La présidente du Conseil municipal de New York, Adrienne Adams
Le défenseur public de la ville, Jumaane Williams
Le président de l’arrondissement de Brooklyn, Antonio Reynoso
Le président de l’arrondissement de Manhattan, Mark Levine
De nombreux membres du Conseil municipal et de l’Assemblée de l’État
Crystal Hudson, conseillère municipale du district, a été saluée comme la force motrice derrière cette initiative de co-désignation. Elle a annoncé qu’elle présenterait prochainement une résolution au Conseil municipal pour commémorer le 6 avril comme « Journée du Rabbi de Loubavitch » à New York, s’alignant sur des initiatives similaires au Sénat et à l’Assemblée de l’État.
Un hommage à un héritage transformateur
La conseillère Hudson a rappelé l’impact profond du Rabbi : « Après avoir échappé à l’Holocauste et être arrivé aux États-Unis en 1941, le leadership du Rabbi a étendu la portée mondiale de Habad-Loubavitch, établissant d’innombrables institutions comme des écoles maternelles, des centres de réhabilitation pour toxicomanes, des maisons de soins et des synagogues. »
Elle a illustré cet impact à travers l’histoire touchante de Shirley Chisholm, première femme noire élue au Congrès américain, qui avait été découragée par son affectation au Comité de l’agriculture. Le Rabbi, voyant une opportunité là où d’autres ne voyaient qu’un obstacle, l’avait encouragée à utiliser cette position pour répondre au problème de la faim en Amérique. Cette conversation a inspiré Chisholm à élaborer une législation qui a conduit au programme fédéral de bons alimentaires, qui nourrit encore aujourd’hui des millions d’Américains.
Le rayonnement mondial de Loubavitch
Plusieurs intervenants ont souligné la croissance extraordinaire du mouvement Habad-Loubavitch sous la direction du Rabbi. « À l’époque où le Rabbi et la Rebbetzin ont emménagé au 1304 President Street, la communauté Habad comptait peut-être 30 familles avec une poignée de chlouchim (émissaires) », a-t-on rappelé. « Aujourd’hui, Habad est la plus grande force du judaïsme avec plus de 5 000 émissaires dans 100 pays et dans les 50 États américains. Crown Heights compte aujourd’hui plus de 4 500 familles Loubavitch. »
Mark Levine, président de l’arrondissement de Manhattan, a partagé une observation personnelle : « Je n’ai pas eu l’honneur de rencontrer le Rabbi, mais il a directement influencé ma vie. Je sais maintenant comment prier grâce aux chlouchim de Habad, et mon histoire n’est pas unique. Il y a littéralement des millions de Juifs dans le monde qui allument les bougies du Chabbat, qui mettent les tefilines, grâce au Rabbi. »
« Une voie, pas seulement une rue »
La procureure générale Letitia James a mis l’accent sur la signification profonde de cette désignation : « Ce n’est pas une rue, c’est une voie. C’est une façon de vivre. Si vous avez perdu votre chemin, vous trouverez toujours votre voie sur le chemin du Rabbi Schneerson. »
Cette distinction a été reprise par le Rav Shalom Paltiel, qui a raconté l’anecdote d’un collègue confronté à un donateur souhaitant des compromis dans la construction d’une maison Habad. Face à l’insistance du donateur qui demandait « Pendant combien de temps allons-nous continuer à faire tout exactement à la manière du Rabbi ? », l’émissaire avait répondu : « Je suis un hassid du Rabbi, et tant que je serai là, ce sera fait selon la voie du Rabbi de Loubavitch. »
Une présence continue
L’un des thèmes récurrents de la cérémonie était la conviction que le Rabbi, bien que physiquement absent depuis 1994, continue d’être présent et d’influencer la vie de ses fidèles et au-delà.
Le Rav Paltiel a évoqué une expression yiddish, « Vu der rebbe gayt, dort gayt der hassid » (Où va le Rabbi, le hassid va aussi), illustrée par une anecdote touchante : un hassid anglais avait offert au Rabbi un ensemble de Talmud signé par tous les participants d’un voyage en avion, demandant au Rabbi d’ajouter sa signature. Quand le Rabbi avait objecté qu’il n’était pas dans l’avion, le hassid avait répondu : « Mais tout le monde sait que partout où va un Juif, le Rabbi va aussi. » Le Rabbi avait alors souri et signé.
Dans le même esprit, le Rav Paltiel a évoqué l’histoire de la fille du Rav Sholom Ber Lipskar, qui à l’âge de huit ans avait rencontré le Rabbi après plusieurs années, et celui-ci lui avait dit : « Enfants, vous souvenez-vous de moi ? Je me souviens de vous. » Ce souvenir résonne particulièrement 30 ans après : « Parfois, nous nous demandons : se souvient-il de moi ? Est-il vraiment sur mon épaule ? Le Rabbi nous dit : ‘Je me souviens de vous et je serai avec chacun d’entre vous. La seule question est : ne m’oubliez pas.' »
Un moment d’unité communautaire
Dans une période marquée par des tensions, cette cérémonie a été un moment de convergence et d’unité. Letitia James a rappelé ses dix années en tant que conseillère municipale représentant Crown Heights : « Durant mon mandat, nous n’avons eu aucun incident parce que nous nous tenions épaule contre épaule, bras dessus bras dessous – la communauté juive, la communauté noire, la communauté caribéenne – dans le respect de toutes nos différences, mais en reconnaissant que nous faisons tous partie d’une seule communauté. »
Le procureur de district Eric Gonzalez a souligné sa responsabilité particulière : « En tant que procureur de district, mon travail est toujours de garantir la sécurité de nos communautés. J’assume la responsabilité de garantir la sécurité de la communauté juive à New York et, bien sûr, dans notre Brooklyn bien-aimé, avec une responsabilité supplémentaire énorme, comprenant que le siège mondial, le 770, se trouve dans notre juridiction. »
Le point culminant : le dévoilement du panneau
Le moment le plus attendu de la cérémonie est arrivé lorsque les élus locaux se sont rassemblés pour dévoiler le panneau « Voie du Rabbi de Loubavitch ». Sous les applaudissements et les chants, le nouveau panneau a été révélé, placé juste en dessous du panneau existant de President Street.
Ce geste symbolique assure que le nom et l’héritage du Rabbi resteront visibles dans le quartier qu’il a tant aimé et transformé. Comme l’a remarqué le maire Adams : « Alors que les gens se déplacent dans cette communauté, ils se souviendront du nom du Grand Rabbi et de ce qu’il représentait. Les enfants se lèveront, regarderont ce panneau et comprendront le pouvoir de ce grand leader qui était parmi nous pendant de nombreuses années. »
Un héritage de bonté qui se perpétue
La cérémonie s’est conclue sur une note d’espoir et de détermination. Le Rav Paltiel a partagé une anecdote touchante sur sa fille qui, enfant, avait peur du noir et demandait : « Tati, est-ce bientôt le matin ? » Il a établi un parallèle avec les moments sombres que nous traversons parfois : « Parfois, nous nous trouvons dans des moments sombres, et nous nous tournons vers notre père céleste et vers notre Rabbi qui veille sur nous, et nous disons ‘Il fait noir’, et le Rabbi dit : ‘N’ayez pas peur, nous sommes avec vous, Hashem est avec vous, le Rabbi est avec nous… Est-ce presque le matin ? N’est-il pas temps que les lumières s’allument pour voir un monde sans antisémitisme, sans haine d’aucune sorte, un monde de paix et d’unité avec la venue du Machia’h ?' »
La conseillère Jennifer Rajkumar a conclu : « Le Rabbi de Loubavitch nous a enseigné qu’une seule Mitsva, un seul acte de bonté, peut changer le monde. Et nous voilà tous ici aujourd’hui. »
Le panneau « Voie du Rabbi de Loubavitch » restera comme un témoignage visible de l’impact durable d’un homme dont la vision et les enseignements continuent d’inspirer des millions de personnes à travers le monde, encourageant chacun à apporter plus de lumière et de bonté dans un monde qui en a tant besoin.
Regardez la rediffusion de cet événement historique :
Des documents saisis dans les tunnels du Hamas à Gaza révèlent une demande de financement de 500 millions de dollars adressée à l’Iran pour mener l’attaque contre Israël. Le ministre de la Défense israélien, Israël Katz, qualifie Téhéran de « tête du serpent » et promet de continuer la lutte contre « l’axe du mal iranien » dans toute la région. L’Iran, qui fait face à ces accusations explosives, continue de nier toute implication directe dans les événements du 7 octobre.
JÉRUSALEM — Dans une conférence de presse tendue tenue hier à Tel-Aviv, le ministre israélien de la Défense, Israël Katz, a dévoilé ce qu’il présente comme la preuve irréfutable de l’implication iranienne dans le financement de l’attaque du 7 octobre 2023 contre Israël.
« L’Iran est la tête du serpent, » a déclaré Katz, brandissant des documents qui, selon lui, ont été découverts dans les tunnels souterrains du Hamas à Gaza lors des opérations militaires en cours.
Des documents incriminants
Les documents présentés détailleraient des échanges entre les dirigeants du Hamas, notamment Yahya Sinwar et Mohammed Deif, et des hauts responsables des Gardiens de la révolution iranienne. Selon le ministre, ces communications prouvent un transfert de 500 millions de dollars destinés spécifiquement à « la destruction de l’État d’Israël. »
« Malgré tous ses démentis publics, l’Iran continue de financer et de promouvoir le terrorisme sur tous les fronts, » a affirmé le ministre, le visage grave.
Une unité spéciale de renseignement
Ces révélations sont le fruit du travail d’une unité de renseignement créée spécialement après les attaques d’octobre. Baptisée « AMSHAT », cette cellule est composée principalement de réservistes mobilisés dans l’urgence après le 7 octobre.
Un officier de cette unité, s’exprimant sous couvert d’anonymat, a confié à notre journal : « Ces documents montrent clairement la chaîne de commandement et le flux financier. La réponse favorable d’Izadi, responsable du département palestinien des Gardiens de la révolution, ne laisse aucune place au doute. »
Tensions régionales exacerbées
Ces révélations surviennent dans un contexte régional déjà extrêmement tendu, avec des échanges de feu quotidiens à la frontière libano-israélienne et des attaques de navires commerciaux en mer Rouge par les rebelles Houthis du Yémen, soutenus par l’Iran.
« Israël fera tout pour empêcher l’Iran d’obtenir l’arme nucléaire et continuera à frapper ses mandataires dans la région, » a promis Katz en conclusion de sa déclaration.
Les États-Unis, par la voix du Département d’État, ont indiqué qu’ils « examinent avec la plus grande attention » les documents présentés par Israël, tout en réaffirmant leur engagement pour la sécurité de leur allié au Moyen-Orient.
Le Conseil de sécurité des Nations Unies n’a pas encore réagi officiellement à ces nouvelles allégations qui pourraient, si elles sont confirmées, justifier de nouvelles sanctions internationales contre Téhéran.
Le Rav Pini Deutsch, émissaire travaillant avec les jeunes à Beitar Illit, en Israel, a célébré la coupe de cheveux de son fils de trois ans. Outre l’attraction de la coupe des cheveux de l’enfant, une autre surprise attendait les participants : deux paires de Tefilines.
Dans le paysage riche en traditions de Beitar Illit, véritable joyau de Torah et de Hassidout niché dans les collines de Judée, un événement apparemment ordinaire s’est transformé en une occasion extraordinaire de mitsva et de connexion spirituelle.
C’est lors de la célébration de l’Upshernish – cette première coupe de cheveux rituelle marquant les trois ans d’un enfant – du fils du Rav Pini Deutsch qu’un moment inattendu mais profondément significatif s’est manifesté. Le Rav Deutsch, dont le dévouement au renforcement spirituel des jeunes de la ville est bien connu, a vu la joie familiale de cette étape importante se doubler d’une autre célébration touchante.
Au cœur de cette journée festive, une cérémonie émouvante de remise de Tefilines a été organisée pour deux soldats qui participent régulièrement aux activités dirigées par le Rav Deutsch. Ces jeunes hommes, portant l’uniforme de Tsahal tout en restant connectés à leurs racines spirituelles, se sont engagés à accomplir quotidiennement cette mitsva fondamentale du judaïsme.
Les précieuses paires de Tefilines provenaient de l’organisation respectée « Ezer LaHayal » de Kfar Habad, dirigée avec passion par le Rav Eliyahou Gutman. Cette organisation, qui tisse des liens privilégiés entre le monde de la spiritualité hassidique et les défenseurs d’Israël, poursuit inlassablement sa mission de soutien aux soldats de Tsahal, particulièrement en ces temps troublés.
La signification de ce moment a été amplifiée par la présence de dignitaires locaux. Le Rav Gedaliah Eisenstein, maire adjoint, et le Rav Moshe Kahana, qui préside le comité de la communauté Habad de Beitar Illit, ont honoré l’assemblée de leur présence. Avec une chaleur toute hassidique, ils ont remis l’un des précieux paquets au premier soldat, dont l’émotion était palpable dans chaque trait de son visage.
Bien qu’absent physiquement, le Rav Meir Bar Lev, maire adjoint et représentant officiel de Habad, a tenu à faire parvenir ses bénédictions chaleureuses, soulignant ainsi l’importance communautaire de ce geste.
Dans un moment particulièrement chargé en émotion, le Rav David Beck, accompagné de R’ Shmuel Pachtowitz – dont le lien familial avec le regretté Rav Zvi Kogan Hy »d, émissaire assassiné à Dubaï, rappelle les sacrifices parfois consentis par les émissaires du Rabbi – a remis la seconde paire de Tefilines à un autre jeune soldat, tout aussi ému que son camarade.
Ainsi, dans cette convergence improbable entre la célébration d’un enfant commençant son parcours dans les mitsvot et des soldats renforçant leur engagement spirituel, s’est manifestée la beauté du judaïsme vivant : un continuum sacré où chaque étape de vie devient l’occasion de fortifier les liens entre les générations, entre la tradition et son application contemporaine, entre l’innocence de l’enfance et le courage de ceux qui défendent la Terre Sainte.