Couverure : Mme Dabé Gurevitch lisant le livre des Psaumes
À la suite du chapitre précédent et fascinant sur Mme Malka Schiff, de mémoire bénie, mère de l’auteur de ces lignes, R. Betzalel Schiff, et l’héroïsme juif rare qu’elle a démontré, le président de l’association Shamir poursuit avec un chapitre supplémentaire sur l’héroïsme d’une autre femme juive, sa tante Dabé, surnommée ‘la Reine du Marché aux Puces’ | Pourquoi a-t-elle mérité ce surnom et aussi à propos de l’éducation traditionnelle à Samarcande – tout cela dans le merveilleux chapitre suivant écrit par R. Betzalel Schiff.
Betzalel Schiff – Série « La Vie des Hassidim »
L’appel du chef de police
Les dimanches en Union soviétique se drapaient d’un silence particulier, jour où le labeur s’assoupissait et où les âmes pouvaient, l’espace d’une journée, goûter à l’illusion de la liberté. Ce lundi-là, alors que l’aube avait à peine dissipé les dernières ombres de la nuit, le téléphone résonna dans notre modeste demeure. La voix grave du chef de police du quartier de Siab à Samarcande traversa le combiné, cherchant mon père.
« Salam aleikum, Joseph ! » La formule de politesse orientale s’éleva, prélude à une conversation qui allait bientôt nous plonger dans l’inquiétude. « On m’informe que Dabé Gurevitch appartient à votre cercle familial. »
« En effet », répondit mon père, la voix empreinte de cette dignité tranquille qui ne le quittait jamais, même face à l’autorité. « Madame Gurevitch est la sœur de mon épouse. Puis-je connaître la raison de votre appel ? »
« Joseph », murmura le chef de la police d’une voix confidentielle, « nous sommes liés par les fils invisibles d’une amitié de longue date. Vous n’êtes pas sans savoir que votre belle-sœur Dabé Gurevitch officie au cœur du marché aux puces. Elle y règne tel un juge de paix, résolvant les querelles qui s’élèvent entre marchands comme entre acheteurs. Son aide nous est précieuse, inestimable même, dans ce lieu où la loi peine parfois à faire entendre sa voix. »
« Or, dimanche dernier, le sort s’est montré cruel envers l’une de ses amies : une valise entière, tout son avoir, lui fut dérobée sous ses yeux. Des témoins ont relaté comment un cercle de tziganes s’est formé autour d’elle — un piège humain — et comment l’un d’eux, profitant du tumulte, s’est emparé de ce bien avec l’habileté qui caractérise leur art ancestral du larcin. »
« La victime, éplorée, s’est tournée vers Dabé, comme vers une lumière dans la nuit de son désespoir. Ensemble, elles ont franchi le seuil de notre commissariat, déposant une plainte en bonne et due forme. Hélas ! Mes hommes, paralysés par la crainte ou l’indifférence, n’ont pas daigné se précipiter vers le campement tzigane pour y retrouver ce bien volé. »
« C’est alors que Dabé, dans un élan de bravoure que seule l’amitié peut inspirer, a décidé de se rendre elle-même, accompagnée de son amie, jusqu’au cœur du campement tzigane. Cette valise, voyez-vous, ne contenait pas de simples possessions, mais l’espoir tangible de nourrir trois enfants affamés grâce à la vente de ces objets précieux. »
« Quand j’ai appris cette folie, j’ai rassemblé en hâte tous mes hommes pour voler au secours de Dabé. Qui ignore que les tziganes gardent jalousement ce qu’ils ont pris ? Qui peut prédire jusqu’où aurait pu sombrer cette situation ? »
« Ce matin, on m’a amené Dabé saine et sauve, et pour éviter que cette histoire ne devienne la fable de toute la ville, je l’ai immédiatement dirigée vers vous. Je vous prie, Joseph, faites comprendre à cette femme intrépide la témérité de ses actions. Expliquez-lui qu’une femme, fût-elle aussi courageuse qu’un lion, ne devrait jamais s’aventurer dans l’antre des tziganes, où les règles qui gouvernent notre monde n’ont pas cours. »
Le courage d’une femme juive
Mon père, après avoir raccroché, fit venir Dabé dans la pièce où nous nous tenions. Son visage ne trahissait aucune peur, seulement cette détermination tranquille qui semblait l’habiter depuis toujours. Les yeux de mon père, habituellement si sévères, s’adoucirent en la voyant. Entre eux passa ce regard que seuls les êtres qui ont traversé ensemble les tempêtes de l’histoire peuvent échanger.
Dabé, sans attendre les reproches, commença à dérouler le fil de son récit. Sa voix, claire comme l’eau d’un ruisseau de montagne, ne tremblait pas lorsqu’elle évoqua sa décision.
« Il s’agissait avant tout de rendre à cette femme ce que le destin lui avait injustement arraché », expliqua-t-elle. « Ces objets dans la valise ne sont pas de simples possessions ; ils sont la différence entre la vie et la faim pour ses trois enfants. Lorsque nous avons compris que la justice officielle sommeillait, qu’aurions-nous dû faire ? Attendre que cette valise se disperse comme les graines d’un pissenlit au vent ? »
Puis, avec une simplicité désarmante, elle ajouta : « Et voilà, Joseph, je viens te voir avec cette valise qu’on m’a remise ce matin au lever du jour. Dans leur campement, j’ai rencontré une vieille tzigane aux yeux aussi anciens que les steppes. Elle a regardé en moi comme si elle lisait un livre ouvert, puis a promis de retrouver la valise. Avant le chant du coq, la valise est revenue, intacte comme au premier jour. Le reste — mes craintes, les dangers — tout cela n’a plus d’importance. »
Telle était notre tante Dabé. Pour elle, les Mitsvot, ces commandements divins qui tissent la trame de l’existence juive, pesaient plus lourd dans la balance que toutes les peurs et tous les périls.
Cette valise, témoin silencieux de son courage, renfermait les trésors modestes d’une vie : des chandeliers aux reflets d’argent terni, des bougies façonnées à la main avec une patience d’ange, un délicat tissu brodé pour couvrir les hallot lors du shabbat, des robes aux couleurs de fête pour la mère et la fille, et mille autres objets qui transformaient une simple table en autel du souvenir lors des célébrations. Ces objets, son amie ne voulait pas s’en séparer, mais la faim est une conseillère impitoyable. Il fallait nourrir une famille, résister à un hiver de plus dans ce pays où le froid mord jusqu’à l’âme. Et après ? Après, comme le disait toujours Dabé avec ce sourire qui creusait des fossettes aux coins de ses lèvres : « Dieu aidera. Il aide toujours, béni soit-Il. »
Les souvenirs de Yom Tov Ehrlich
Mon cousin Gershon Dov Ber Jacobson entretenait une amitié profonde avec un homme remarquable nommé Yom Tov Ehrlich, un badhan dont l’art consistait à faire éclore le rire et la joie au milieu des déserts de tristesse. Dans notre tradition, le badhan n’est pas un simple amuseur ; il est celui qui, par ses mots et ses chants, transforme les moments de passage en instants d’éternité. Jadis, cette profession fleurissait dans chaque communauté, aussi essentielle que le rabbin ou le mohel.
Gershon, quant à lui, maniait une autre forme de magie : celle des mots imprimés. Rédacteur en chef du populaire « Allgemeiner Journal » en yiddish, sa plume servait aussi le quotidien israélien « Yediot Aharonot » à New York, et il enrichissait régulièrement les colonnes du vénérable « Forward ». Par ses écrits, il tissait des ponts invisibles entre les communautés juives dispersées aux quatre vents.
Durant les années sombres de la guerre, Yom Tov Ehrlich avait trouvé refuge à Samarcande. Jeune homme au regard déjà ancien, il gagnait sa subsistance en semant la joie lors des rares célébrations qui osaient défier la grisaille soviétique. Lorsqu’il atteignit enfin les rivages américains, il prit épouse et, béni soit le Créateur, vit naître une lignée nombreuse – certains de ses fils sont aujourd’hui mes voisins dans les ruelles ombragées de Jérusalem. Jamais il n’abandonna son art, continuant à illuminer les visages lors des mariages et des fêtes. Le public hassidique le portait dans son cœur, et il nous a légué treize disques précieux, véritables écrins de mémoire sonore. Son talent particulier consistait à s’emparer des mélodies soviétiques les plus populaires, à les dépouiller de leur message originel, et à les revêtir de paroles juives, créant ainsi une fusion miraculeuse, un pont jeté entre deux mondes.
Ma première rencontre avec Yom Tov Ehrlich eut lieu dans la demeure chaleureuse de Gershon. Écouter ses récits de Samarcande, c’était comme ouvrir une fenêtre sur un monde disparu, un présent précieux descendu du ciel. Un délice pur, sans mélange, qui nourrissait l’âme autant que l’esprit. J’ai eu le privilège de consigner par écrit quelques-unes de ces histoires entendues lors de nos rencontres, perles précieuses sauvées de l’oubli.
Un jour, comme une révélation, j’appris que Yom Tov Ehrlich avait connu ma tante Dabé, cette sœur aînée de ma mère dont la piété n’avait d’égale que la tragédie de son destin.
Les racines d’une famille en exil
Dabé, première-née de sa fratrie, avait grandi dans l’ombre bienveillante de mon grand-père, homme de foi qui servait comme « keli kodesh » — vase sacré — dans la ville de Petrozavodsk. Lorsque le pouvoir soviétique lança sa campagne des « privés de droits », arrachant aux serviteurs du culte jusqu’à leur humanité légale, mon grand-père dut fuir avec ses quatre filles et son fils unique vers Mamontovka., humble bourgade aux portes de Moscou. À cette époque déjà, Dabé avait uni son destin à celui d’un jeune homme nommé Samuel Gurevitch, et ils vivaient tous deux à Nével. La tradition familiale murmure que leur mariage fut probablement la seule célébration à laquelle assista ma grand-mère, Dvora Hoda, avant que le couteau des pogroms ne tranche sa gorge, faisant d’elle une martyre sanctifiant le Nom divin de son sang.
Après les noces, mes parents prirent le chemin de Voronej, ville où mon père, Joseph, poussa son premier cri. La tante Dabé et Samuel Gurevitch les y rejoignirent bientôt, eux aussi pourchassés par le spectre omniprésent de la persécution, ce chien fidèle et affamé qui suivait chaque pas juif sur la terre russe.
Sur la 3e rangée, de droite à gauche debout , Batia Schiff et Dabé Gurevitch, sur la 2e rangée (avec une barbe) le Rav Rahmiel Hadash, père de Dabé Gurevitch
L’exode vers l’Orient
C’est alors que le ciel s’embrasa sous les feux de la guerre, cette bête immonde aux mille gueules affamées. Mon père, comme tant d’autres, fut happé par la mobilisation, arraché à notre foyer pour se fondre dans la masse anonyme des uniformes. À la synagogue — dernier havre où les âmes juives pouvaient encore se réchauffer à la flamme vacillante de la tradition —, on conseilla à ma mère de fuir vers les profondeurs de l’empire, loin de la ligne de front où la mort dansait sa ronde macabre.
La tante Dabé, cette étoile au firmament de notre famille, n’hésita pas un instant à se joindre à notre exode. Le train qui nous emportait semblait lui-même fuir quelque monstre invisible, traversant steppes et forêts avant de s’immobiliser finalement au Kazakhstan, dans cette halte perdue de Kamysh-Lbash dont le nom même semblait un soupir de désespoir. Là, nous louâmes un appartement collectif où chacun disposait d’une chambre — luxe dérisoire dans ce dénuement partagé.
La renaissance à Samarcande
Les conditions d’existence y étaient d’une cruauté sans nom, comme si la vie elle-même s’était retirée de ces lieux. Puis survint ce qu’on ne peut appeler autrement qu’un miracle : nous apprîmes que Samarcande, cette perle de l’Orient aux coupoles bleues comme le regard de Dieu, avait attiré en son sein de nombreuses familles de hassidim de Loubavitch.
Dès le lendemain de notre arrivée, avec cette détermination qui caractérise ceux pour qui l’étude est aussi vitale que l’air qu’ils respirent, le grand-père rassembla tous ses petits-enfants et les conduisit à la yeshiva de Samarcande. Pendant ce temps, le typhus, ange noir des temps de guerre, emporta l’époux de Dabé loin des siens. En 1943, mon père revint du front, son corps portant les stigmates du combat — un bras amputé, pris en tribut par la guerre., mais sa présence parmi nous allégea quelque peu le fardeau de nos jours.
Voici venu le moment de dévoiler les récits que me confia Yom Tov Ehrlich, ces fenêtres ouvertes sur un passé où, même au cœur des ténèbres, la vie s’obstinait à tracer son chemin. Car oui, même en ces temps d’affliction, les hommes continuaient à célébrer mariages et fêtes, à marquer les passages de l’existence par des rituels où Yom Tov Ehrlich venait semer les graines de la joie. Vivre, malgré tout, demeurait un impératif : nourrir les corps affamés, élever les enfants dans la tradition, leur transmettre le flambeau de l’étude que nulle tempête ne devait éteindre.
La Reine du marché aux puces
Yom Tov Ehrlich parlait de la tante Dabé avec une admiration qui éclairait son regard. Il la surnommait « la Reine du marché aux puces », titre qui, sous son apparente simplicité, résumait toute l’influence et le respect qu’elle avait su gagner. En ces temps de disette, le marché aux puces constituait la seule arche où l’on pouvait trouver ce que la vie officielle refusait aux citoyens : nourriture pour les estomacs creux, vêtements pour les corps transis, médicaments pour les malades, ustensiles pour préparer les repas, et parfois même les armes permettant de défendre ce qu’il restait à protéger. Dans ce microcosme où la survie se négociait chaque jour, les gens vendaient jusqu’à leurs dernières possessions. De l’humble citoyen au collectionneur raffiné, tous convergeaient vers ce lieu où l’offre et la demande dansaient leur valse éternelle, où l’on pouvait encore trouver ou vendre ce que le système rationné ne fournissait plus.
La peur de la police, cette ombre qui planait sur chaque transaction, était la compagne constante des vendeurs et des acheteurs. Si les marchands réguliers avaient leurs codes et leurs territoires, le marché accueillait aussi une foule hétéroclite de réfugiés, de nomades et de commerçants de fortune pour qui chaque vente représentait un jour de plus arraché à la famine. Dans ce théâtre quotidien de la survie, les conflits éclataient comme des étincelles au contact du silex, menaçant à tout moment d’embraser la fragile économie du lieu. C’est alors que, par une sagesse collective dont seuls les peuples éprouvés ont le secret, le marché désigna la tante Dabé comme son juge et sa gardienne.
Investie de cette autorité que nul décret officiel ne sanctionnait, mais que tous reconnaissaient, elle décidait de l’emplacement de chaque étal, arbitrait les différends entre vendeurs, et — talent plus précieux encore dans la Russie soviétique — servait d’intermédiaire discret pour les versements qui garantissaient la bienveillante distraction de la police. Médiatrice née, elle facilitait parfois les transactions délicates entre vendeurs hésitants et acheteurs méfiants. Sa présence était un baume pour ceux qu’effrayait l’idée même de s’exposer au marché : les porteurs de papiers douteux, les déserteurs cachés, tous ceux que le système avait marqués de son sceau d’infamie.
Le bruit courait, sur les allées du marché, que la tante Dabé possédait des entrées dans toutes les sphères du pouvoir. Son approche des puissants ne connaissait pas les détours de l’humilité feinte : sans même frapper aux portes des bureaux, elle entrait, s’asseyait face au fonctionnaire stupéfait, et engageait la conversation sur des banalités — le temps, les petits tracas du quotidien, les ravages de la vodka — avant d’aborder, avec un art consommé de la transition, le véritable objet de sa visite. « Un de mes amis a été arrêté », commençait-elle d’une voix où nulle supplication ne perçait, « il s’agit certainement d’une méprise. Sa famille attend au marché, prête à discuter des conditions de sa libération ». Puis, avec un naturel désarmant, elle tirait de son sac les billets qui allaient huiler les rouages grippés de la justice. Proposer un pot-de-vin est un art; elle en était la virtuose incontestée. Dans les échoppes et les ruelles du marché, des prières s’élevaient spontanément pour sa protection.
Les notables de la communauté boukhariote — cette branche méconnue du judaïsme dont les racines plongent dans l’Asie centrale — entretenaient avec la tante Dabé des relations empreintes d’un respect qui transcendait les différences de rites. Ils honoraient en elle ce triple joyau : l’intégrité qui ne fléchit pas, le courage qui ne calcule point, et cet amour indéfectible pour ses frères juifs qui la poussait à risquer sa sécurité pour la leur. Le grand-père, avec cette sagesse qui sait voir au-delà des apparences, ne cachait pas son inquiétude face aux périls qu’elle affrontait quotidiennement. Mais elle lui répondait, avec cette simplicité qui était sa marque : « Papa, je ne vais jamais seule chez les autorités. Le Rabbi de Loubavitch m’accompagne invisiblement, et au-dessus de nous veille le Maître de l’univers ».
L’héritage spirituel
En 1946, alors que les frontières, momentanément fluidifiées par les mouvements de populations d’après-guerre, offraient une mince opportunité, la tante Dabé entreprit avec ses fils le périlleux voyage vers Lvov. Leur plan : se faire passer pour des Juifs polonais retournant dans leur patrie après les horreurs de la guerre, et de là, franchir la frontière vers la liberté. Sa sœur Berta se joignit à cette tentative désespérée. Mais le destin, ce joueur imprévisible, leur refusa ce passage tant espéré. Le mari de Berta, R. Mendel Gourlick, tomba dans les filets de la police et fut condamné à sept années d’emprisonnement. La mort dans l’âme, Berta et Dabé durent rebrousser chemin vers Samarcande, leur prison à ciel ouvert. Yom Tov Ehrlich, témoin direct de ce drame, me l’a relaté avec une émotion qui, des années plus tard, vibrait encore dans sa voix.
Sous le regard attentif de cet homme qui savait transformer la douleur en chansons, grandirent les enfants de la tante Dabé ainsi que mes propres frères. Leur maître, le hassid Berké Hen, incarnait tout ce que l’éducation juive traditionnelle pouvait offrir de plus précieux. Lorsque Berké Hen réalisa enfin son rêve d’aliya et foula le sol sacré d’Israël, Yom Tov Ehrlich n’hésita pas à se rendre jusqu’à Kfar Habad pour y retrouver celui qu’il considérait comme un frère d’âme.
Les dirigeants du mouvement Habad contemplaient Berké Hen avec cette fierté que l’on réserve aux trésors vivants. Enseignant par vocation plus que par formation, il avait instruit les enfants dans l’ombre des caves soviétiques, avait connu les geôles du régime, s’était fondu dans la clandestinité pour échapper au regard omniscient du KGB. À défaut de diplômes accrochés aux murs d’un bureau qu’il n’avait jamais possédé, il détenait ce que nulle université ne peut conférer : le don inné de faire naître chez les enfants cette soif de connaissance qui est, peut-être, le plus bel héritage juif.
Tel était son rayonnement que les membres des délégations officielles — émissaires du ministère de l’Éducation, représentants d’organisations prestigieuses comme le Joint ou la WIZO, porteurs de titres ronflants et de théories pédagogiques modernes — étaient invariablement dirigés vers sa classe. Là, parmi les pupitres usés et les livres aux pages jaunies, ils venaient observer, souvent incrédules, comment cet homme sans qualification formelle parvenait à allumer dans les yeux des enfants cette flamme que tous les manuels du monde ne sauraient faire naître.
R. Berké Hen (au centre) dans une danse hassidique enthousiaste. À droite Menahem Begin, à gauche R. Zouche Vilimovsky (le partisan)
Le regard attentif du maître
Un jour, une délégation officielle vint observer la classe de Berké Hen. Le silence respectueux qui régnait dans la salle n’était troublé que par la voix mélodieuse du maître et le froissement des pages que l’on tournait avec déférence. Pourtant, dans ce tableau harmonieux, une note discordante attira l’œil exercé de Berké Hen : un enfant, assis au fond de la classe, semblait absent, son regard perdu dans un ailleurs que lui seul pouvait voir.
Sans interrompre sa leçon, le maître s’approcha de l’enfant comme une barque glisse sur l’eau, et se pencha vers lui. Quelques mots murmurés à l’oreille de l’élève, une réponse chuchotée, puis Berké Hen, avec une délicatesse inattendue chez cet homme à la carrure imposante, prit l’enfant sous son aile — littéralement sous son bras — et l’emmena dans le couloir, sous les regards intrigués de la délégation.
Lorsqu’ils revinrent quelques instants plus tard, une métamorphose s’était opérée : l’enfant, le visage éclairé d’une sérénité nouvelle, reprit sa place tandis que Berké Hen poursuivait son enseignement comme si cette parenthèse n’avait jamais existé.
La pédagogie des eaux purificatrices
La curiosité des visiteurs était à son comble. Qu’avait donc fait ce maître singulier avec son élève dans ce couloir ? Quelle méthode pédagogique révolutionnaire cachait ce rituel discret ? Le directeur de l’école, avec ce sourire énigmatique de celui qui connaît déjà la réponse, suggéra de poser directement la question à l’intéressé.
Berké Hen accueillit leur interrogation avec une simplicité désarmante.
« Cet élève », expliqua-t-il, « est habituellement l’un de mes meilleurs. Son esprit vif absorbe mes enseignements comme une éponge sèche boit l’eau. Mais aujourd’hui, quelque chose obscurcissait sa pensée, un voile s’était posé entre lui et les saintes lettres. »
Il marqua une pause, puis reprit : « Je me suis penché vers lui et lui ai demandé si sa mère lui avait fait le « negel vasser » ce matin — cette ablution rituelle des mains au réveil. L’enfant m’a avoué que non, dans la précipitation matinale, ce geste avait été oublié. »
Un sourire illumina le visage barbu du maître : « Tout s’éclairait alors ! Selon notre tradition, sans le « negel vasser », il est interdit de parcourir plus de quatre « amot » — ces coudées qui mesurent notre espace rituel. L’âme de l’enfant était entravée par cette omission. Je n’avais d’autre choix que de l’accompagner pour qu’il puisse purifier ses mains. Une fois ce simple rituel accompli, voyez comme son esprit s’est libéré, comme l’eau a lavé non seulement ses mains, mais aussi les obstacles à son apprentissage. »
Les membres de la délégation échangèrent des regards où l’incrédulité le disputait à l’admiration. Comment une pratique si ancienne, si éloignée des théories pédagogiques modernes, pouvait-elle produire un effet si visible ? Dans leurs carnets remplis de notes savantes, cette leçon-là ne figurait dans aucun manuel.
Et voici une autre perle des jours de Samarcande…
Le stylo disparu
La classe de Berké Hen fut un jour le théâtre d’un événement troublant. Un élève, le cœur gonflé de fierté, avait apporté le stylo de son père — objet précieux en ces temps de pénurie, symbole de l’autorité paternelle prêtée pour un jour. Mais à la récréation, le stylo disparut, volatilisé comme un rêve au réveil.
L’enfant, dévasté par la perte qui l’exposait à la déception paternelle, confia son chagrin à Berké Hen. Le maître, dont le visage semblait sculpté dans le bois d’olivier tant les épreuves y avaient creusé leurs sillons, rassembla sa classe dans un silence lourd de gravité.
La méthode des yeux fermés
« Mes enfants », déclara-t-il d’une voix où nulle accusation ne perçait, « nous allons tous nous tourner face au mur. Et pour que la vérité puisse se révéler sans que personne ne soit humilié, je vous demande de fermer les yeux. »
Dans cette étrange chorégraphie où vingt enfants contemplaient le plâtre écaillé du mur, les paupières closes, Berké Hen passa parmi eux comme un fantôme bienveillant. Ses mains expertes fouillèrent poches et cartables avec la délicatesse d’un horloger manipulant les rouages d’une montre précieuse. Et comme il l’avait pressenti, le stylo réapparut, niché dans la poche d’un élève dont le nom reste tu dans notre histoire, mais qui, par un étrange retournement du destin, devint plus tard un hassid respecté de tous pour sa droiture.
La leçon de rédemption
Une fois le stylo retrouvé et remis à son propriétaire légitime, Berké Hen invita les enfants à reprendre leurs places et poursuivit la leçon comme si cette parenthèse n’avait jamais existé. Le jeune voleur, le cœur battant la chamade, attendait la sentence, la punition, l’humiliation publique qui ne manquerait pas de s’abattre sur lui. Mais les minutes s’égrenaient et rien ne venait troubler le cours paisible de l’enseignement.
Dévoré par l’incompréhension plus encore que par le remords, l’enfant — après la classe — rassembla son courage et approcha le maître.
« Rav », demanda-t-il d’une voix tremblante, « pourquoi ne me punissez-vous pas pour ma faute ? »
Berké Hen leva vers lui un regard où brillait une étincelle d’étonnement : « Te punir ? Mais de quoi parles-tu, mon enfant ? »
Le garçon, stupéfait par cette apparente amnésie, raconta en détail l’incident du stylo volé, comment il s’était retrouvé dans sa poche, comment le maître l’y avait découvert. Berké Hen hocha lentement la tête.
« Vois-tu », répondit-il avec une douceur infinie, « quand j’ai fouillé dans les poches des élèves, mes yeux étaient fermés, tout comme les vôtres. »
Le jeune garçon resta saisi devant cette réponse qui, dans sa simplicité, contenait tout un enseignement sur la dignité humaine, le pardon et la possibilité de la rédemption.
Tels étaient les maîtres qui façonnaient les âmes dans le heder de Samarcande, forgeant dans l’adversité une génération d’enfants qui porteraient en eux, comme un trésor inviolable, la mémoire d’un monde que l’Histoire s’acharnait à effacer.
Description du Machpia, le Rav Yossef Its’hak Ofen, dans laquelle il partage avec beaucoup d’émotion ses souvenirs des veillées de Pessah organisées par le Rabbi, auxquelles il a eu la chance de participer dans sa jeunesse.
Le Rav Yossef Its’hak Ofen fait également entendre la mélodie originale avec laquelle le Rabbi lisait le Haggadah, la mélodie du « Hallel », la mélodie de « Neshama Kol Hai » et d’autres révélations en abondance. Regardez.
Le Rabbi Rachab quitta ce monde à l’issue du Chabbat Vaykra, veille du dimanche 2 Nissan 1920, à trois heures et demie du matin.
A l’inssue du Chabbat vers 22 heures, le Rabbi Rayats se tenait près du lit de son père, lorsque le Rabbi Rachab s’adressa à lui d’une voix très claire:
« Je pars pour le ciel, mais je vous laisse mes manuscrits. » Tous les Juifs de Rostov participèrent à l’enterrement, qui eut lieu dans le vieux cimetière de la ville. En 5700-1940, les autorités voulurent le détruire et son tombeau fut transféré dans le nouveau cimetière.
Rabbi Shalom Dov Ber Schneersohn vit le jour à Loubavitch le 20 Mar’Hechvan 5621 (1860), un lundi de la Parasha ‘Hayé Sarah, à neuf heures du matin. Sa naissance avait été annoncée en rêve à sa mère quelques mois auparavant par l’Admour Haemtsahi et sa fille, la Rabbanit Sarah, qui lui conseillèrent de faire écrire un Séfer Thora pour cette occasion. Cet ouvrage fut achevé discrètement après Yom Kippour, et le Rabbi Rachab naquit peu après. Sur l’ordre de son père, le Rabbi Maharach, et sur conseil du Mohel, sa circoncision fut reportée au troisième jour de ‘Hanouccah, célébrée avec la même discrétion que l’achèvement du Sefer Thora.
Dès son plus jeune âge, tous remarquèrent sa profonde crainte de D.ieu et son ardeur exceptionnelle pour l’étude. Le décès de son grand-père, le Tséma’h Tsédek, l’affecta profondément, au point qu’il demanda à son professeur l’autorisation d’assister à la prière de son père pendant toute l’année de deuil. En 5634 (1874), il célébra sa Bar Mitsvah dans une atmosphère particulièrement joyeuse. À cette époque, il possédait déjà des connaissances remarquables en matière talmudique et hala’hique, ainsi que de solides notions de ‘Hassidout. Dès 5636 (1875), il reprenait lui-même les commentaires publics de son père.
Mariage et études intensives
Il épousa la Rabbanit Shterna Sarah, la plus jeune fille de son oncle, Rabbi Yossef Its’hak, le samedi soir 11 Elloul 5635 (1875). Le mariage eut lieu à Avroutch, ville de son beau-père, avant qu’il ne regagne Loubavitch le dimanche 19 Elloul. Pendant les cinq années suivantes, il se consacra intensivement à l’étude de la Thora.
Responsabilités communautaires
C’est en 5640 (1880) qu’il commença à assumer des responsabilités communautaires, devenant le confident de son père dans ce domaine. Son action fut aussi intense que variée. En 5625 (1892), il multiplia les démarches pour annuler l’expulsion des Juifs de Moscou, parvenant à retarder cette mesure jusqu’à l’été et collectant des fonds pour permettre aux expulsés de s’installer dans leurs nouvelles implantations. Dès 5653 (1893), il réactiva le comité des responsables communautaires de Pétersbourg, créé par son père.
En 5662 (1902), il obtint le concours des frères Yaakov et Eliezer Poliakov, philanthropes renommés, ainsi que l’aide matérielle de l’I.C.A pour fonder une usine de tissage et de filage de laine à Doubrovna, près de Mogilev, offrant ainsi des moyens de subsistance à deux mille Juifs. Son action pour mettre fin aux pogroms fut couronnée de succès et, en 5666 (1906), il réussit à apaiser les persécutions.
À l’instar de son père, il voyagea sans relâche pour résoudre les problèmes des communautés juives. Il se rendit ainsi en 5654 (1894) dans la région de ‘Herson, puis en 5658 (1898) à Kiev et à Odessa. Dépassant les frontières russes, il visita en 5661 (1901) l’Allemagne, la France et la Hollande. En 5668 (1908), il participa à la réunion des responsables communautaires tenue à Berlin.
Succession et leadership spirituel
Il prit la tête des ‘Hassidim ‘Habad en 5643 (1883). Profondément affecté par le décès de son père le Rabbi Maharach, il passa l’année de deuil dans la chambre de son père, se consacrant exclusivement à l’étude et à la prière, sans recevoir quiconque ni répondre aux questions. Par la suite, sa santé fragilisée l’obligea à séjourner dans des pays au climat plus clément, notamment à Paris, La Bourboule, Menton, ainsi qu’en Allemagne, Bohême, Autriche et Italie.
Ce n’est 10 ans plus tard, en 5654 (1894) qu’il succéda pleinement à son père, prenant sa place à la synagogue, recevant les ‘Hassidim, répondant à leurs questions et commentant publiquement la ‘Hassidout. En 5655 (1895), son fils, Rabbi Yossef Its’hak, devint son secrétaire particulier pour tous les problèmes communautaires.
Actions pendant les crises
Il se préoccupa activement du sort des soldats juifs combattant en Extrême-Orient et, en 5664-5665 (1904-1905), créa des comités chargés de leur envoyer des Matsot pour Pessa’h. Grâce à son intervention, 2382 responsables communautaires, Rabbanim, ‘Hazanim et Cho’hatim furent réformés en 5777 (1917).
Fondation d’institutions éducatives
Le dimanche 15 Elloul 5657 (1897), il fonda la Yeshiva Tom’heï Temimim, permettant que la Guemara et la ‘Hassidout puissent être étudiées en un seul et même lieu. Cette réalisation constitua l’œuvre majeure de sa vie. Plus tard, en 5671 (1911), il fonda dans le même esprit la Yéshiva Torat Emet à ‘Hevron, en Terre Sainte, dont il confia la direction à Rabbi Shlomo Leïb Eliezerov, déléguant Rabbi Chnéor Zalman Havlin pour superviser cette implantation. Durant l’été 5676 (1916), il étendit le réseau de la Yeshiva avec de nombreuses succursales en Géorgie, puis dans le Caucase.
« Maïmonide de la ‘Hassidout »
Son enseignement revêt une importance particulière dans l’histoire du mouvement. Il développa les idées de la ‘Hassidout en les présentant de manière structurée, ce qui lui valut le surnom de « Maïmonide de la ‘Hassidout ». Ses nombreux discours sont aujourd’hui en grande partie publiés.
En 5659 (1899), il affirma sans ambiguïté son opposition au sionisme dans une lettre largement diffusée. Il s’engagea également dans la lutte contre la Haskala (mouvement des Lumières juif). Il collabora avec des responsables d’autres communautés, notamment Rabbi Its’hak El’hanan Spector de Kovno, le baron Guinsbourg de Pétersbourg, et de nombreux autres rabbins influents de l’époque, ainsi qu’avec le docteur Tsadok Kahn, grand Rabbin de France, et le Rav Ritter, grand Rabbin de Hollande.
En 5667 (1907), il créa « l’union des Juifs observants », dotée d’un programme d’action détaillé dont il confia l’exécution au Rav Breur et au Rav Yaakov Rosenheim. Toutefois, lors de la réunion de Katowitch en 5669 (1909), il annonça officiellement son retrait d’Agoudat Israël, expliquant que cette organisation, initialement destinée à unir toutes les tendances du peuple juif pour défendre les valeurs de la Thora, s’orientait désormais vers des intérêts politiques étrangers à sa vocation première.
Dernières années
Il quitta Loubavitch avec toute sa famille le dimanche 16 Mar ‘Hechvan 5676 (1915) pour s’installer à Rostov sur le Don. De 5678 à 5780 (1918-1920), pendant que la Russie traversait la guerre civile, le Rabbi se consacra à mettre en ordre les manuscrits des précédents Rebbeïm.
À l’issue du Chabbat Vayikra, à l’aube du dimanche 2 Nissan 5680 (1920), à trois heures trente du matin, il quitta ce monde. Il est enterré à Rostov sur le Don. Dans les trente jours suivant son décès, un incendie détruisit la maison qu’il habitait à Loubavitch, avant son départ pour Rostov.
Son fils unique, Rabbi Yossef Its’hak, le Rabbi Rayats, lui succéda pour poursuivre son œuvre.
Le président américain durcit son discours envers Téhéran qui refuse les négociations directes mais reste ouvert à des pourparlers indirects. Parallèlement, Donald Trump exprime sa colère contre Vladimir Poutine concernant l’Ukraine, marquant une rare critique du dirigeant russe.RéessayerClaude peut faire des erreurs. Assurez-vous de vérifier ses réponses.
Dans une escalade significative des tensions entre les États-Unis et l’Iran, le président américain Donald Trump a menacé Téhéran de bombardements sans précédent si un nouvel accord sur le nucléaire n’est pas conclu.
« S’ils ne font pas d’accord, il y aura des bombes. Des bombes d’un type qu’ils n’ont jamais vu auparavant », a déclaré Trump lors d’une interview accordée à NBC. Cette déclaration intervient le même jour où l’Iran a rejeté l’idée de négociations directes avec les États-Unis, tout en laissant la porte ouverte à des pourparlers indirects.
Contexte diplomatique tendu
Le président iranien, Massoud Pezeshkian, a précisé : « En réponse au message de Trump, nous avons confirmé notre refus de négociations directes, mais la voie du dialogue indirect reste ouverte. » Il a ajouté que « le comportement des responsables américains déterminera le cours des négociations », faisant référence au retrait unilatéral de Trump de l’accord nucléaire précédent en 2018, trois ans après sa signature sous l’administration Obama.
Selon plusieurs sources, Trump aurait fixé un délai de deux mois pour parvenir à un nouvel accord dans une lettre adressée au Guide suprême iranien, Ali Khamenei. Les autorités iraniennes insistent sur le fait qu’aucun dialogue direct n’est possible tant que les États-Unis continueront de menacer leur pays et d’imposer des sanctions.
Renforcement militaire américain
Pour appuyer ses menaces, Trump a ordonné un renforcement significatif de la présence militaire américaine dans la région. La semaine dernière, il a été révélé que l’armée américaine a déployé au moins cinq bombardiers furtifs stratégiques B-2 sur l’île de Diego Garcia dans l’océan Indien, à environ 3 700 kilomètres de l’Iran.
Ce déploiement a été perçu comme une menace directe par Téhéran, qui, selon le quotidien britannique Telegraph, aurait menacé d’attaquer la base de Diego Garcia en représailles à toute frappe américaine.
Tensions avec la Russie sur l’Ukraine
Dans la même interview, Trump a également exprimé son mécontentement vis-à-vis du président russe Vladimir Poutine concernant le conflit en Ukraine. Il s’est dit « très en colère » après que Poutine a remis en question la légitimité du gouvernement du président ukrainien Volodymyr Zelensky et proposé la mise en place d’un gouvernement alternatif à Kiev sous l’égide de l’ONU.
« Cela ne va pas dans la bonne direction », a déclaré Trump, menaçant d’imposer des tarifs supplémentaires sur le pétrole russe si un accord pour mettre fin à la guerre n’est pas trouvé. Il a également annoncé son intention de s’entretenir avec Poutine cette semaine, dans ce qui serait leur troisième conversation depuis son retour à la Maison Blanche.
Ces développements surviennent à un moment critique où les experts israéliens estiment que les moments décisifs concernant la question nucléaire iranienne approchent, notamment face à la possibilité d’un échec des négociations indirectes qui pourraient débuter prochainement.
Dans un climat marqué par la persistance de l’antisémitisme et l’isolement des petites communautés juives en province, Partager la Lumière – Merkaz Chlihout, sous l’égide du Bureau Loubavitch Européen, déploie des actions concrètes pour raviver l’espoir et renforcer les liens. Une lueur de solidarité face à l’obscurité.
Face à l’antisémitisme et à l’isolement, une association fait briller l’espoir en soutenant les foyers et communautés juives oubliées en province. Dans un monde où l’antisémitisme persiste sous diverses formes, des initiatives émergent pour contrer l’obscurité par la lumière, l’isolement par la solidarité. L’association Partager la Lumière – Merkaz Chlihout, opérant sous l’égide du Bureau Loubavitch Européen, s’engage avec cœur et détermination dans cette mission, en apportant soutien et chaleur aux foyers juifs isolés ainsi qu’aux petites communautés juives disséminées en province. À travers des actions concrètes et un message d’espoir, elle œuvre pour renforcer le lien entre les membres de la communauté juive, où qu’ils se trouvent.
Une réponse face à l’isolement et à la haine
Les foyers juifs en province, souvent éloignés des grands centres urbains où la vie communautaire est plus structurée, peuvent se sentir vulnérables. L’isolement géographique, combiné à la montée des actes antisémites, crée un défi majeur pour ces familles qui aspirent à vivre leur judaïsme pleinement et en sécurité. C’est dans ce contexte que Partager la Lumière intervient, avec pour ambition de tisser des ponts entre ces îlots de vie juive et de leur offrir un soutien tant spirituel que matériel. Sous la direction du Bureau Loubavitch Européen, l’association, comme illustré dans la vidéo, met en lumière les efforts déployés pour atteindre ces communautés. Que ce soit par l’envoi de matériel éducatif, l’organisation d’événements festifs ou encore la présence de chlou’him (émissaires) pour accompagner les familles, Merkaz Chlihout s’attache à raviver la flamme juive là où elle risque de s’éteindre.
Des actions concrètes pour illuminer les vies
Partager la Lumière ne se contente pas de belles paroles : ses actions sont ancrées dans le réel. Parmi les initiatives phares, on trouve la distribution de kits pour les fêtes juives (comme des menorahs pour Hanoucca ou des provisions pour Pessah), permettant aux familles isolées de célébrer avec dignité et joie. L’association organise également des activités éducatives pour les enfants, des cours de Torah pour les adultes et des rencontres communautaires qui brisent la solitude. Ces gestes, bien que simples en apparence, ont un impact profond. Ils rappellent aux Juifs de province qu’ils ne sont pas oubliés, qu’ils font partie d’une grande famille mondiale. En renforçant leur identité et leur sentiment d’appartenance, Merkaz Chlihout offre une réponse puissante à l’antisémitisme : la résilience par la connexion et la fierté.
Un appel à la mobilisation collective
L’antisémitisme ne peut être vaincu par le silence ou l’inaction. Partager la Lumière, soutenue par le Bureau Loubavitch Européen, incarne une approche proactive, où chaque foyer soutenu devient un bastion de résistance face à l’intolérance. Mais cette mission ne peut réussir seule. L’association appelle à la mobilisation de tous – dons, bénévolat, ou simplement partage de leur message – pour étendre cette lumière encore plus loin.
En fin de compte, répondre à l’antisémitisme, c’est refuser de céder à la peur. C’est choisir d’allumer une bougie plutôt que de maudire l’obscurité, comme le veut l’adage. À travers son travail, Partager la Lumière – Merkaz Chlihout montre la voie : une voie d’unité, de courage et d’espoir pour les communautés juives, où qu’elles soient.
Dans l’univers de la musique juive contemporaine, certaines collaborations transcendent les frontières linguistiques et culturelles, touchant le cœur des auditeurs par-delà les mots. L’adaptation française du célèbre titre « Crack of Dawn », fruit du talent du compositeur Yossi Green et magnifié par l’interprétation de Mordechai Ben David (surnommé affectueusement « MBD » ou « The King » par ses fans), constitue l’un de ces moments rares où l’art dépasse ses origines pour atteindre une dimension universelle.
La genèse d’un chef-d’œuvre
Yossi Green, figure emblématique de la composition musicale juive contemporaine, a su créer avec « Crack of Dawn » une mélodie qui résonne profondément avec les thèmes de l’espoir et de la rédemption. Ces thèmes, centraux dans la tradition juive, prennent une dimension particulière lorsqu’ils sont incarnés par la voix puissante et émotive de Mordechai Ben David, souvent considéré comme le roi de la musique juive moderne.
L’œuvre originale, en anglais et en hébreu, explore la métaphore de l’obscurité et de la lumière, symboles universels de l’exil et de la rédemption dans la tradition juive. La Galout (l’exil) représentée par les ténèbres, contraste avec l’espoir de la Geoula (rédemption) symbolisée par la lumière qui point à l’horizon.
Les paroles de « Le Jour se Lève »
L’adaptation française de Rivka Sudry, intitulée « Le Jour se Lève » et interprétée par Haïm-Hillel Zekri, met en avant des paroles profondément symboliques qui suivent la structure narrative de l’original « Crack of Dawn ». Les voici dans leur intégralité :
Plongé dans les ténèbres En rampant il progresse Soudain, le soldat se fige Chaque bruissement le paralyse!
Oh! Mon D-ieu!! Son coeur bat à tout rompre, Une prière il prononce Il sait, qu’en un éclair, Toute sa vie peut disparaître!
Attends, le jour se lève! Ressaisis toi, observe tes prouesses Tu rejoindras tes frères d’arme Ensemble vous chanterez votre victoire
Et là, sous le soleil, Instants magiques, c’est la conquête Tes anxiétés, sont parties Comme la lumière qui chassa la nuit.
Tremblants dans les ténèbres Implorant la lumière Elle semble inatteignable Tant subsiste encore le mal
Oh oui! Cette Galout est tellement sombre Un chant de bataille incertain Ya t’il au bout du chemin La lumière de la rédemption?
Attends, le jour se lève! L’horizon s’éclaire, bientôt le soleil Observe Machia’h apparaître Nos angoisses nos peurs vont disparaître
Le passé, n’est qu’un rêve! A Yerushalayim, au Beth Hamikdach Oui cette Galout est finie Comme la lumière qui chassa la nuit
Célébration!! Exaltation!! Jeunes et vieux tous dansent joyeusement! Nous y avons cru, fermement tenu Paradis éternel, euphorie!!
Le passé, n’est qu’un rêve! A Yerushalayim, au Beth Hamikdach Oui cette Galout est finie Comme la lumière qui chassa la nuit
Une peine si longue terminée, Nuit finie à jamais, Le jour se lève L’aube a pointé !!!!
Premier mouvement : L’obscurité et l’angoisse
Les premières strophes dépeignent un soldat avançant dans les ténèbres, paralysé par chaque bruissement, le cœur battant la chamade. Cette image puissante représente l’âme en exil, confrontée à ses peurs et à l’incertitude. La prière qu’il prononce évoque la fragilité de l’existence et la foi comme refuge.
Le refrain : L’espoir qui se lève
Le refrain constitue le pivot émotionnel de l’œuvre avec son appel rassurant : « Attends, le jour se lève ! ». Cette promesse d’une aube nouvelle symbolise l’espérance messianique, la confiance que l’obscurité n’est que temporaire.
Second mouvement : La Galout et l’attente
La seconde partie plonge plus explicitement dans les thèmes spirituels avec des références directes à la Galout (l’exil) décrite comme « tellement sombre » et à l’incertitude du « chant de bataille ». La question existentielle est posée : « Y a-t-il au bout du chemin la lumière de la rédemption ? »
L’apothéose : La rédemption et la célébration
L’œuvre culmine avec l’évocation de l’arrivée de Machia’h (le Messie), de Yerushalayim (Jérusalem) et du Beth Hamikdach (le Temple). La « célébration » et « l’exaltation » remplacent l’angoisse, avec l’image de « jeunes et vieux » dansant ensemble, symbolisant l’unité retrouvée. La conclusion « L’aube a pointé ! » referme magnifiquement le cycle narratif.
L’adaptation française conserve ainsi la puissance des images originales tout en les rendant accessibles au public francophone. La progression thématique de l’obscurité vers la lumière, de l’angoisse vers la joie, reflète fidèlement le message d’espoir de l’œuvre originale de Yossi Green.
Une production de qualité
L’interprétation de cette adaptation française a été confiée à Haïm-Hillel, dont la voix parvient à transmettre l’émotion et la profondeur du message. La production réalisée par Spin Records et l’Agence Exister témoigne d’un souci de qualité et d’authenticité dans la transmission de cette œuvre.
Un pont entre les cultures
Cette adaptation française de « Crack of Dawn » intitulée « Le Jour se Lève » représente bien plus qu’une simple traduction : elle constitue un véritable pont culturel permettant au public francophone d’accéder à la richesse de la musique juive contemporaine. Elle illustre également comment les thèmes universels de l’espoir, de la foi et de la rédemption peuvent transcender les barrières linguistiques et culturelles.
Le travail d’adaptation réalisé par Rivka Sudry témoigne d’une sensibilité particulière aux nuances spirituelles et culturelles du texte original, tout en créant une œuvre qui résonne avec la sensibilité francophone. Les images poétiques choisies, comme celle du soldat dans l’obscurité ou de l’aube qui pointe, sont universelles et permettent une appropriation immédiate par le public, quelle que soit sa familiarité avec la tradition juive.
Un message intemporel
Le succès de cette adaptation réside dans sa capacité à conserver la puissance émotionnelle et spirituelle de l’œuvre originale tout en la rendant accessible à un nouveau public. La métaphore de la nuit qui cède la place à l’aube nous rappelle que même dans les moments les plus sombres, l’espoir d’un avenir meilleur demeure.
En définitive, cette adaptation française de « Crack of Dawn » constitue un exemple remarquable de la façon dont la musique peut unir les traditions, les langues et les cœurs autour de valeurs et d’aspirations communes. Elle témoigne également de la vitalité de la création musicale juive contemporaine, capable de toucher un public toujours plus large tout en restant fidèle à ses racines.
Une tragédie a frappé la communauté juive orthodoxe de Flatbush, Brooklyn, vendredi soir, lorsque Natasha (Sara) Saada, une mère de famille, et ses deux filles, Diana, âgée de 7 ans, et Debra, âgée de 5 ans, ont été mortellement renversées par un véhicule alors qu’elles rentraient chez elles après la prière du Chabbat à la synagogue. Le jeune fils de la famille, dont l’âge n’a pas été précisé, a également été grièvement blessé dans l’accident et se trouve dans un état critique à l’hôpital.
L’incident s’est produit peu après la fin des prières du Chabbat, alors que la famille traversait une rue dans le quartier de Flatbush, une zone connue pour sa forte population juive orthodoxe. Selon les premiers rapports de la police de New York, la conductrice, identifiée comme Miriam Yarimi, a perdu le contrôle de son véhicule avant de percuter les piétons. Les circonstances exactes de l’accident font encore l’objet d’une enquête, mais les autorités ont confirmé que Yarimi avait déjà eu son permis de conduire suspendu par le passé pour des infractions non précisées.
Des témoins oculaires ont décrit une scène de chaos et de désespoir. « C’était horrible », a raconté un résident local qui a souhaité rester anonyme. « Nous revenions tous de la synagogue, et soudain, nous avons entendu un bruit assourdissant, suivi de cris. Les gens ont couru pour aider, mais il était clair que c’était trop tard pour la mère et les petites filles. »
Les services d’urgence sont rapidement intervenus sur les lieux, mais malgré leurs efforts, Natasha Saada et ses deux filles ont été déclarées mortes sur place. Le jeune garçon, grièvement blessé, a été transporté d’urgence dans un hôpital voisin, où les médecins luttent pour le maintenir en vie. Son état reste critique, et la communauté prie pour son rétablissement.
La conductrice, Miriam Yarimi, est actuellement interrogée par la police. Les autorités n’ont pas encore déterminé si des charges seront retenues contre elle, mais son historique de suspension de permis soulève des questions sur les circonstances ayant conduit à cet accident tragique. Les enquêteurs examinent également les images des caméras de surveillance de la zone pour reconstituer la séquence des événements.
La communauté juive orthodoxe de Flatbush est en deuil suite à cette perte dévastatrice. Des voisins et des membres de la synagogue où la famille priait ont exprimé leur choc et leur tristesse. « Sara était une femme merveilleuse, toujours souriante, et ses enfants étaient adorables », a déclaré un proche de la famille. « C’est une tragédie qui nous touche tous profondément. »
Une veillée a été organisée dans la soirée de vendredi pour rendre hommage à la famille et soutenir le père, qui doit maintenant faire face à la perte de sa femme et de ses filles, ainsi qu’à l’incertitude concernant la survie de son fils. Les responsables communautaires ont appelé à des prières pour la guérison du garçon et à une collecte de fonds pour aider la famille dans cette période difficile.
Cet accident met également en lumière les préoccupations persistantes concernant la sécurité routière dans les zones résidentielles densément peuplées comme Flatbush. Les résidents ont souvent critiqué la vitesse excessive des véhicules et le manque de mesures de sécurité adéquates aux intersections fréquentées par les piétons, en particulier le vendredi soir et le samedi, lorsque de nombreuses familles se déplacent à pied pour respecter le Chabbat.
La police de New York a promis une enquête approfondie pour déterminer les causes exactes de l’accident et pour établir les responsabilités. En attendant, la communauté pleure la perte de trois vies et espère un miracle pour le jeune survivant.
À l’approche du 11 Nissan (mercredi 9 avril 2025), date marquant le 123e anniversaire de la naissance du Rabbi Menachem Mendel Schneerson, le mouvement Habad-Loubavitch qu’il a façonné continue de se réinventer tout en restant fidèle à ses racines historiques. Son approche unique de l’éducation juive et son réseau international d’émissaires transforment discrètement mais profondément le paysage du judaïsme contemporain.
L’héritage vivant d’un leader visionnaire
Le mouvement Habad-Loubavitch, fondé au XVIIIe siècle dans la ville de Loubavitch en Russie par Rabbi Schneur Zalman de Liadi, a connu une expansion sans précédent sous la direction du Rabbi, septième leader de la dynastie Loubavitch. Alors que les préparatifs s’intensifient pour marquer le 11 Nissan, jour de sa naissance en 1902, son influence continue de croître, avec plus de 5 000 centres Habad dans plus de 100 pays.
« Le 11 Nissan n’est pas simplement l’anniversaire du Rabbi, c’est une journée qui nous invite à renouveler notre engagement envers sa vision universelle, » explique Rabbi Yossef Kantor, coordinateur régional pour l’Asie du Sud-Est. « Cette année, nous lançons 123 nouvelles initiatives éducatives à travers le monde, symbolisant les 123 ans de son héritage vivant. Des jungles amazoniennes aux métropoles chinoises, nous continuons à créer des foyers de judaïsme authentique adaptés aux réalités locales, exactement comme il nous l’a enseigné. »
À Brooklyn, au siège mondial du mouvement situé au 770 Eastern Parkway, les préparatifs pour le 11 Nissan ont commencé des mois à l’avance. Des milliers de visiteurs sont attendus pour cette journée spéciale, transformée en un moment de réflexion collective et d’engagement renouvelé.
La vision éducative : plus pertinente que jamais
« J’ai grandi dans une famille complètement non-religieuse à San Diego, » explique Ethan Miller, 24 ans, étudiant à la yeshiva centrale de Brooklyn. « Ce qui me fascine dans l’approche du Rabbi, dont nous étudions intensément les enseignements à l’approche du 11 Nissan, c’est sa capacité à voir au-delà des divisions apparentes. Il nous a appris que l’éducation juive authentique doit combiner tradition immuable et adaptation constante aux défis contemporains. Pour ce jour spécial, notre groupe d’étudiants lance une plateforme éducative en ligne inspirée directement de cette vision. »
Cette philosophie éducative, pierre angulaire du leadership du Rabbi, reste au cœur du mouvement Habad. « Le Rabbi n’a jamais cessé d’insister sur l’importance cruciale de l’éducation, » détaille Rabbi Menachem Cohen, directeur pédagogique du réseau d’écoles Or Avner. « Pour célébrer le 11 Nissan de cette année, nous publions une compilation de ses enseignements pédagogiques traduits en 23 langues. Sa vision anticipait les défis éducatifs du XXIe siècle avec une précision remarquable. »
Des témoignages qui transcendent les générations
« Mon fils a des difficultés d’apprentissage, » confie Sarah Blumenthal, mère de trois enfants à Montréal. « À l’école Habad, ils appliquent l’approche personnalisée que le Rabbi préconisait. Pour le 11 Nissan, l’école organise une exposition où chaque enfant présente un projet personnel inspiré d’un enseignement du Rabbi. Mon fils a choisi d’illustrer le concept ‘chaque enfant est un diamant unique qui nécessite sa propre taille spécifique’. Voir sa confiance en lui s’épanouir est le plus bel hommage à cet héritage éducatif. »
L’impact du réseau mondial d’émissaires, établi selon la vision du Rabbi, continue de toucher des vies aux quatre coins du monde.
« Quand nous sommes arrivés à Bangkok il y a 27 ans, suivant l’appel du Rabbi d’établir une présence juive partout dans le monde, nous ne connaissions personne, » se souvient Rav Nehemya Wilhelm, émissaire Habad en Thaïlande. « Pour ce 11 Nissan 5785, nous inaugurons un nouveau centre éducatif qui accueillera des centaines d’enfants de résidents permanents et de familles en voyage. Le Rabbi nous répétait que chaque enfant éduqué dans la tradition juive rapproche le monde de sa rédemption. Ce nouveau centre est notre cadeau pour son anniversaire. »
L’action sociale : concrétiser les enseignements
Les initiatives sociales du mouvement, directement inspirées par les nombreux appels du Rabbi à l’action concrète, se multiplient à l’approche du 11 Nissan.
À Moscou, Yakov Fridman, 83 ans, survivant de la Shoah, partage avec émotion : « Pour célébrer le 11 Nissan, le centre Habad local lance un programme de documentation des histoires des survivants encore vivants en Russie. Le Rabbi insistait sur l’importance de préserver ces témoignages pour les générations futures. Je suis honoré que mes mémoires fassent partie de ce projet qui sera inauguré en ce jour sacré pour le mouvement. »
À Buenos Aires, leur centre communautaire a choisi cette date symbolique pour lancer la deuxième phase de leur incubateur d’entreprises sociales. « Nous avons étudié les discours du Rabbi sur la responsabilité sociale et l’autonomie économique, » explique Mia Abramovich. « Pour le 11 Nissan de cette année, nous lançons un fonds d’investissement éthique basé sur ces principes, destiné à soutenir les entrepreneurs sociaux de toute l’Amérique latine. »
Une célébration mondiale et unifiée
« Le 11 Nissan de cette année sera marqué par un événement global sans précédent, » annonce Rav Simon Jacobson, auteur et conférencier Habad à New York. « Grâce à la technologie, des milliers de communautés Habad à travers le monde participeront simultanément à une journée d’étude et d’action. Le Rabbi nous enseignait que l’unité ne signifie pas uniformité : chaque communauté célébrera selon ses traditions locales, tout en restant connectée à l’ensemble du mouvement mondial. »
Maya Rosenberg, psychologue et membre active de la communauté Habad de Californie, conclut : « Le génie du Rabbi était sa capacité à voir l’universel dans le particulier, et le particulier dans l’universel. À Paris, nous marquerons le 11 Nissan par l’ouverture d’un centre communautaire inspiré de ses enseignements sur le respect mutuel et la compréhension entre les traditions. En ces temps troublés, sa vision d’un monde où la diversité renforce l’unité plutôt que de la menacer est plus nécessaire que jamais. »
Alors que le monde Habad se prépare à marquer ce 11 Nissan 5785 (mercredi 9 avril 2025), l’influence du Rabbi continue de s’étendre bien au-delà des frontières de la communauté juive, offrant un modèle de combinaison harmonieuse entre fidélité à la tradition et ouverture audacieuse au monde contemporain.
Alors que le soleil descend sur la Ville Sainte, les rues de Jérusalem s’animent d’une énergie particulière. Entre tradition millénaire et quotidien moderne, les préparatifs du Chabbat transforment la cité en un théâtre vivant où chaque habitant joue son rôle dans ce rituel hebdomadaire sacré.
La veille du Chabbat Parchat Pekudei à Jérusalem offre un spectacle unique que le photographe Muli Berger a su capturer avec sensibilité. Dans les quartiers historiques comme dans les artères modernes, la frénésie des dernières courses côtoie le recueillement des premières prières.
Au Mahane Yehuda, le célèbre marché de la ville, l’effervescence atteint son paroxysme. Les étals débordent de halla fraîchement cuites, leur odeur caractéristique embaumant les allées bondées. Les commerçants, conscients de l’imminence du coucher du soleil, appellent les derniers clients avec une énergie renouvelée. Les prix baissent à mesure que l’heure avance, dans cette course contre la montre où rien ne doit être gaspillé.
Dans le quartier de Mea Shearim, les hommes en habits traditionnels se pressent vers les mikvaot pour la purification rituelle, tandis que dans les foyers, les femmes allument les bougies de Chabbat avec délicatesse, instant suspendu de méditation avant quarante-huit heures de repos.
Le long du Kotel, le Mur des Lamentations, les fidèles se rassemblent progressivement. Certains y sont depuis l’aube, d’autres arrivent pour Mincha, la prière de l’après-midi. Les touristes observent avec curiosité ce ballet où chaque geste est empreint de signification.
Parchat Pekudei, qui conclut le livre de l’Exode, rappelle l’achèvement du Mishkan, le Tabernacle. Un parallèle saisissant avec cette journée de vendredi où chaque foyer jérusalémite devient, à sa manière, un petit sanctuaire en préparation pour accueillir la sainteté du Chabbat.
À mesure que le jour décline, le rythme de la ville se transforme. Les bus effectuent leurs dernières rotations, les commerces baissent leurs rideaux, et le silence commence à envelopper Jérusalem. Les sirènes retentissent, marquant officiellement l’entrée du Chabbat, et la métamorphose est complète.
Ce reportage photographique de Muli Berger pour COLlive ne capture pas seulement des scènes quotidiennes, mais immortalise l’âme même de Jérusalem, cette capacité unique à vivre pleinement la rencontre entre le temporel et l’éternel, semaine après semaine, dans un cycle immuable qui transcende le temps.
Un incident grave s’est produit vendredi dans le quartier du Carmel à Haïfa, lorsqu’un homme a menacé avec un couteau des émissaires de Habad et un élève qui posaient les Tefilines près d’un lycée. Cet acte, qualifié de possible « haine antisémite » par des responsables politiques, a suscité indignation et appels à une réponse ferme des autorités.
Un événement choquant s’est déroulé vendredi dans le quartier du Carmel à Haïfa, alors que deux jeunes hassidim étaient présents, comme chaque vendredi, pour promiser aux élèves du lycée municipal de miser les Tefilines.
Comme à leur habitude, les hassidim se tenaient à l’extérieur de l’établissement scolaire, rue Bikourim, où les élèves venaient volontairement les rejoindre pour accomplir cette mitzva. Mais ce vendredi, vers midi, selon un reportage du site « 970 », la situation a dégénéré. Alors qu’un élève sortait de l’école et demandait aux jeunes hommes de l’aider à miser les Tefilines, un individu s’est approché et leur a ordonné de quitter les lieux, alors que l’adolescent enroulait les lanières autour de son bras.
« Il nous a dit : ‘Partez d’ici, partez d’ici’ », ont raconté les membres de Habad. « À un moment, un affrontement a éclaté entre cet homme et l’élève qui posait les Tefilines, après qu’il a donné un coup de pied dans nos affaires. » Au cours de cette altercation, l’homme a sorti un couteau et a menacé l’adolescent qui portait les Tefilines.
Face à cette escalade, l’un des jeunes hassidim a immédiatement appelé la police. L’élève, pressé de prendre son bus pour rentrer chez lui, a quitté les lieux. Lorsque les agents de la police municipale sont arrivés, ils ont interrogé l’individu. Cependant, faute de plainte formelle déposée à ce moment-là, il a été relâché.
La police a ensuite précisé au site « 970 » que des officiers du district de la côte, basés à la station de Haïfa, s’étaient rendus au domicile du suspect pour l’arrêter et l’interroger. « À l’issue de l’enquête, et en fonction de ses résultats, une décision sera prise concernant la prolongation de sa détention », a indiqué un porte-parole.
Le ministre de l’Éducation, Haïm Biton, a réagi avec consternation à cet incident grave : « Dans l’État d’Israël, l’État des Juifs, il est impératif de garantir à chacun le droit d’accomplir les commandements. Malheureusement, cet incident s’ajoute à une série d’actes violents liés à la mise des Tefilines dans l’espace public. Je suis convaincu que la police usera de fermeté face à ce type de violence pour assurer la sécurité des citoyens et continuera de protéger les droits religieux de chacun dans ce pays. »
Il a ajouté : « L’action de Habad à travers le pays, et en particulier la mise des Tefilines dans les lieux publics, est un exemple positif et essentiel de diffusion de la Torah et de la lumière du judaïsme. Elle contribue à renforcer l’identité juive dans l’État d’Israël. »
Le ministre du Bien-être, Yaakov Margi (Shas), a également pris la parole : « Le discours violent au sein de la société israélienne doit cesser. Tolérer l’agression contre ceux qui pensent différemment ou diffamer sans retenue toute opinion divergente pousse des individus ordinaires à commettre des actes violents et antisémites. À l’étranger, nous qualifierions cela d’acte de haine antisémite. J’appelle la police israélienne et le parquet à intensifier l’application de la loi et les sanctions contre ces fauteurs de troubles. »