Alors que le soleil descend sur la Ville Sainte, les rues de Jérusalem s’animent d’une énergie particulière. Entre tradition millénaire et quotidien moderne, les préparatifs du Chabbat transforment la cité en un théâtre vivant où chaque habitant joue son rôle dans ce rituel hebdomadaire sacré.

 

La veille du Chabbat Parchat Pekudei à Jérusalem offre un spectacle unique que le photographe Muli Berger a su capturer avec sensibilité. Dans les quartiers historiques comme dans les artères modernes, la frénésie des dernières courses côtoie le recueillement des premières prières.

Au Mahane Yehuda, le célèbre marché de la ville, l’effervescence atteint son paroxysme. Les étals débordent de halla fraîchement cuites, leur odeur caractéristique embaumant les allées bondées. Les commerçants, conscients de l’imminence du coucher du soleil, appellent les derniers clients avec une énergie renouvelée. Les prix baissent à mesure que l’heure avance, dans cette course contre la montre où rien ne doit être gaspillé.

Dans le quartier de Mea Shearim, les hommes en habits traditionnels se pressent vers les mikvaot pour la purification rituelle, tandis que dans les foyers, les femmes allument les bougies de Chabbat avec délicatesse, instant suspendu de méditation avant quarante-huit heures de repos.

Le long du Kotel, le Mur des Lamentations, les fidèles se rassemblent progressivement. Certains y sont depuis l’aube, d’autres arrivent pour Mincha, la prière de l’après-midi. Les touristes observent avec curiosité ce ballet où chaque geste est empreint de signification.

Parchat Pekudei, qui conclut le livre de l’Exode, rappelle l’achèvement du Mishkan, le Tabernacle. Un parallèle saisissant avec cette journée de vendredi où chaque foyer jérusalémite devient, à sa manière, un petit sanctuaire en préparation pour accueillir la sainteté du Chabbat.

À mesure que le jour décline, le rythme de la ville se transforme. Les bus effectuent leurs dernières rotations, les commerces baissent leurs rideaux, et le silence commence à envelopper Jérusalem. Les sirènes retentissent, marquant officiellement l’entrée du Chabbat, et la métamorphose est complète.

Ce reportage photographique de Muli Berger pour COLlive ne capture pas seulement des scènes quotidiennes, mais immortalise l’âme même de Jérusalem, cette capacité unique à vivre pleinement la rencontre entre le temporel et l’éternel, semaine après semaine, dans un cycle immuable qui transcende le temps.