Dans notre communauté où la famille et les enfants occupent une place centrale, notre parcours à deux se dessine différemment. Mariés depuis plus de cinq ans, nous vivons cette attente d’un enfant comme un chemin singulier où l’Emunah – notre foi profonde – devient notre force quotidienne. À travers ce témoignage, nous souhaitons partager comment la confiance dans le plan divin nous permet de traverser les moments d’incertitude, tout en invitant chacun à redécouvrir la valeur du silence bienveillant face aux chemins de vie qui empruntent des sentiers moins conventionnels.
Mon mari et moi sommes mariés depuis un peu plus de cinq ans, et bien que nous n’ayons pas encore été bénis par la venue d’un enfant, le mot « encore » est devenu notre source d’espérance.
Ce petit mot porte en lui toute la promesse de l’avenir. « Non, nous n’avons pas encore d’enfants, » répondons-nous, la voix emplie d’une confiance tranquille, le sourire authentique. Au fil des saisons, cette phrase est devenue notre mantra, notre façon de réaffirmer notre foi dans le timing parfait de Hashem. C’est aussi parfois notre prière silencieuse que nous nous adressons l’un à l’autre.
Durant notre première année de mariage, nous avons eu le privilège de vivre loin des questions et des attentes. Les gens nous laissaient savourer cette nouvelle vie à deux, ce temps précieux de construction des fondations de notre foyer. Pendant cette période bénie, nous étions simplement « mariés », vivant pleinement chaque jour comme un cadeau.
Puis vinrent les deuxième et troisième années, où les premières questions commencèrent à surgir dans notre quotidien. Au début, nous gardions notre sérénité intacte. Après tout, notre confiance en Hashem était totale – Il dirige le monde avec sagesse et nous bénira au moment parfait, ni avant, ni après.
C’est vrai que parfois, ces interrogations extérieures nous amenaient à nous questionner nous-mêmes. « Devrions-nous nous inquiéter davantage ? » « Notre patience est-elle normale ? » Mais chaque fois, nous revenions à cette certitude fondamentale : notre parcours est entre Ses mains, et cette confiance demeure notre plus grande force.
La quatrième année : approfondir notre foi
À la quatrième année de notre mariage, nous avons commencé à sentir plus intensément le poids des attentes extérieures. Les regards, les questions, même bien intentionnées, se multipliaient. Notre chemin personnel devenait un sujet de conversation, et nous nous retrouvions souvent à devoir répondre à des interrogations très intimes.
« Vous essayez d’avoir des enfants ? »
« Avez-vous consulté des spécialistes ? »
« Peut-être devriez-vous essayer telle ou telle approche… »
Chacune de ces questions, même venue d’un bon cœur, nous rappelait notre situation et nous plaçait dans une position délicate. Dans ces moments, nous aurions parfois souhaité pouvoir nous éclipser discrètement, éviter ces conversations qui, malgré leur intention positive, ravivaient notre vulnérabilité.
Mais ces défis ont aussi approfondi notre lien, fortifié notre union. Ensemble, nous avons appris à transformer ces moments difficiles en occasions de renforcer notre Emunah. Car au-delà de ces interactions parfois maladroites, brillait toujours cette vérité fondamentale : notre bénédiction viendra en son temps. Notre parcours, aussi différent soit-il, a sa propre beauté et son propre sens dans le plan divin.
La cinquième année : une confiance renouvelée
À notre cinquième année de mariage, nous continuons de naviguer entre les attentes sociales et notre paix intérieure. Chaque naissance autour de nous est à la fois un rappel de notre attente et une occasion de renouveler notre confiance dans le temps de Hashem.
Nous avons découvert que l’infertilité, comme tant d’autres défis de la vie, est un chemin qui forge le caractère et approfondit la foi. Ce n’est pas un statut définitif, mais une période transitoire dans notre histoire. Le « pas encore » n’est pas un simple espoir vague, mais l’expression d’une certitude profonde que notre tour viendra.
Notre expérience nous a enseigné la valeur du silence respectueux. La délicatesse avec laquelle nous abordons les parcours différents des autres est un cadeau précieux. Le véritable וְאָהַבְתָּ לְרֵעֲךָ כָּמוֹךָ (aime ton prochain comme toi-même) s’exprime parfois par cette retenue bienveillante qui laisse à chacun l’espace de vivre son chemin sans avoir à le justifier constamment.
Le pouvoir de l’espérance partagée
Nous vivons dans une société qui valorise souvent l’expression et le partage. « Il faut en parler », nous dit-on. Mais nous avons aussi redécouvert la valeur du silence respectueux, de cette présence discrète qui soutient sans envahir.
Nous écrivons cet article pour offrir un rayon d’espoir à ceux qui traversent des chemins similaires. La fertilité est un sujet profondément personnel, enraciné dans l’intimité du couple. Ce n’est pas un sujet de conversation ordinaire, mais un espace sacré qui mérite d’être protégé.
Pour ceux qui connaissent des couples en attente d’enfant, votre compassion silencieuse est un trésor inestimable. Votre présence qui ne questionne pas, qui n’attend pas d’explications, qui accepte simplement le rythme unique de chaque parcours – c’est là un don précieux.
Et pour ceux qui, comme nous, vivent cette attente jour après jour, sachez que vous n’êtes pas seuls. Que votre « pas encore » est légitime, qu’il porte en lui toute la promesse de l’avenir. Que votre confiance dans le plan divin n’est pas naïveté, mais la plus profonde des sagesses.
La prochaine fois que vous rencontrerez un couple sans enfants, nous vous invitons à cette compassion discrète qui respecte leur parcours. Si quelqu’un souhaite partager ses difficultés, il le fera naturellement. D’ici là, votre présence aimante et non intrusive est le plus beau cadeau que vous puissiez offrir.
Notre parcours continue, porté par cette confiance que chaque jour nous rapproche de notre bénédiction. Notre Emunah n’est pas ébranlée mais renforcée par l’attente. Et au cœur de notre réponse « Nous n’avons pas d’enfants – pas encore » brille toute la lumière de notre espérance.
Avec foi et gratitude,
Un couple qui n’a pas d’enfants — pas encore
















