Yoni Asher, père de famille ayant vécu l’enfer de Gaza, a de nouveau témoigné devant les parlementaires européens, concluant son intervention par la récitation du Chema Israel. Cette démarche spirituelle au cœur des institutions démocratiques européennes illustre le travail remarquable du Rav Lévi Matusof, émissaire Habad auprès de l’Union européenne. Un moment où la résilience humaine et les traditions millénaires se rencontrent dans l’enceinte de la démocratie européenne.

 

Un témoignage bouleversant au cœur de l’Europe

Plus d’un an après sa première intervention marquante du 8 novembre 2023, Yoni Asher a de nouveau foulé les couloirs du Parlement européen à Bruxelles. Cet homme, dont l’épouse Doron et les deux jeunes filles Raz, 5 ans, et Aviv, 2 ans, ont été détenues par les terroristes du Hamas à Gaza pendant 49 jours, a livré un discours émouvant aux parlementaires européens.

« Je me dresse ici non seulement en tant que père, mais en tant que voix de tous ceux qui souffrent encore », a déclaré Asher lors de son allocution. Sa famille avait été libérée le 25 novembre 2023, dans le cadre d’un échange de prisonniers, après avoir vécu l’enfer de la captivité dans la bande de Gaza.

Comme lors de sa première venue, Yoni Asher a choisi de conclure son intervention par la récitation du Chema Israel, cette prière fondamentale du judaïsme qui proclame l’unicité divine. « Écoute Israël, l’Éternel notre D.ieu, l’Éternel est Un », a-t-il récité en hébreu, créant un moment de recueillement intense dans l’hémicycle européen. Cette démarche spirituelle transforme le témoignage politique en un acte de foi universel qui transcende les clivages.

Des rituels millénaires dans l’hémicycle européen

Après son discours, une réception a été organisée par Haim Regev, ambassadeur d’Israël auprès de l’Union européenne et de l’OTAN, ainsi qu’Idit Rosenzweig-Abu, ambassadrice d’Israël en Belgique et au Luxembourg. C’est dans ce cadre que Yoni Asher a accompli un geste religieux fort en revêtant les Tefilines.

Le Rav Levi Matusof, émissaire du mouvement Habad auprès des institutions européennes, l’a assisté dans ce rituel. Les Tefilines, ces phylactères contenant des versets de la Torah que les hommes juifs portent lors de la prière du matin, ont ainsi trouvé leur place dans l’enceinte du Parlement européen, symbole de la diversité religieuse européenne.

« Cette cérémonie représente bien plus qu’un simple rituel », explique un proche du Rav Matusof. « Elle incarne la capacité de l’Europe à accueillir toutes les expressions de foi, même dans ses instances les plus officielles. » L’épisode des Tefilines avec Yoni Asher ne constitue pas un événement isolé dans l’action du Rav Matusof. Il avait notamment offert des Matsot Chemourot au Président du Parlement européen, démontrant une approche cohérente visant à présenter les rituels et traditions juifs aux plus hautes autorités européennes.

Le Rav Lévi Matusof, ambassadeur spirituel des temps modernes

Le Rav Lévi Matusof, envoyé de l’Union européenne et représentant de l’Union des communautés juives d’Ukraine, incarne une figure unique dans le paysage religieux et diplomatique européen. Sa position illustre parfaitement l’évolution du mouvement Habad-Loubavitch, qui a toujours prôné la présence juive dans tous les espaces de la société.

Le magazine Michpa’ha l’a d’ailleurs classé parmi les 30 personnalités les plus influentes, reconnaissance de son impact significatif sur la scène juive internationale. Lors du Forum GLOBSEC 2023 à Bratislava, le Rav Matusof a rencontré plusieurs ministres des Affaires étrangères, notamment israélien (Elie Cohen), polonais (Zbigniew Rau) et macédonien (Bujar Osmani), discutant de la situation des communautés juives en Europe de l’Est et de l’importance du dialogue interculturel.

« Mon rôle consiste à construire des ponts entre les traditions juives et les valeurs européennes », confie le Rav Matusof. Sa présence aux dîners annuels du CRIF et ses rencontres avec les dirigeants français, notamment le Premier ministre Gabriel Attal, témoignent de son engagement actif dans la représentation de la communauté juive auprès des instances dirigeantes. La double responsabilité du Rav Matusof – représentant à la fois les intérêts européens et ceux de l’Union des communautés juives d’Ukraine – prend une dimension particulière dans le contexte actuel des tensions géopolitiques.

Un héritage familial dédié au service communautaire

Le Rav Lévi Matusof s’inscrit dans une remarquable lignée familiale d’émissaires Habad. Son père, le Rav Yehouda Leib Matusof, a commencé sa mission en 1978 à Metz et Nancy, puis s’est installé à Cannes en 1989 où il a établi un Beth Habad et une école juive. Les paroles du Rabbi avant son départ – « Partout où vous irez, vous éclairerez » – semblent avoir été prophétiques, vu le succès qu’il a eu dans la construction de la communauté, tant avec les habitants locaux qu’avec les nombreux touristes.

Son grand-père, feu le Rav Chlomo Matusof, fut un pionnier de l’éducation juive au Maroc, où il établit un réseau de 70 institutions éducatives qui formèrent des milliers d’élèves, dont l’actuel Grand Rav d’Israël, Rav Chlomo Amar. Cette tradition familiale d’engagement sur trois générations renforce la légitimité et l’expertise du Rav Lévi Matusof dans les relations communautaires et institutionnelles.

« Ma famille a toujours cru en l’importance de servir les communautés où qu’elles se trouvent », souligne le Rav Matusof. « Du Maroc à l’Europe, en passant par l’Ukraine, nous portons le même message d’ouverture et de service. » Cette continuité générationnelle confère une dimension particulière à son action diplomatique et spirituelle.

« Ma famille a survécu, mais d’autres continuent de souffrir », a souligné Yoni Asher lors de la réception. Son retour à Bruxelles témoigne de sa volonté de maintenir l’attention internationale sur le sort des otages encore détenus. En associant témoignage politique et expression religieuse, Yoni Asher offre une approche unique du dialogue interculturel au cœur des institutions européennes.

L’événement des Tefilines au Parlement européen, dans le contexte du témoignage de Yoni Asher, dépasse le simple geste rituel pour devenir un symbole puissant de résilience face à la barbarie. Le Rav Lévi Matusof incarne ainsi une nouvelle génération d’émissaires qui allient mission spirituelle traditionnelle et diplomatie moderne, transformant les institutions européennes en espaces d’inclusion et de dialogue interculturel authentique.