Quand persévérance et foi se rencontrent sur une île tropicale : après dix années d’obstacles et de tentatives infructueuses, quatre jeunes Chlou’him ont finalement réussi à imprimer le livre fondamental de la Hassidout Habad sur l’île hondurienne de Roatán. Une mission spirituelle accomplie pendant Pourim qui illumine désormais ce joyau des Caraïbes d’une lumière nouvelle.
C’est avec une joie indescriptible que nous partageons aujourd’hui une nouvelle qui réchauffe le cœur : après plus de dix ans d’attente et d’espoir, le Tanya, livre fondamental de la Hassidout, a enfin été imprimé sur la magnifique île de Roatán, au Honduras ! Cette réalisation, qui pourrait sembler modeste aux yeux du monde, représente une victoire extraordinaire pour tous ceux qui croient à la diffusion de la lumière spirituelle dans chaque recoin de notre planète.
Imaginez un instant cette scène : sous le soleil tropical de Roatán, partie des Islas de la Bahía, tandis que les vagues des Caraïbes caressent doucement les récifs coralliens de l’immense barrière méso-américaine, quatre jeunes hommes déterminés déballent une petite imprimante. Le contraste est saisissant : au bord de ces eaux cristallines mondialement reconnues pour leur richesse marine et leurs requins-baleines, ces émissaires s’apprêtent à accomplir une mission qui semblait presque impossible pendant une décennie entière.
L’histoire commence il y a plus de dix ans, lorsque la vision d’établir une présence Habad sur cette île paradisiaque commençait à prendre forme. Suivant fidèlement la directive du Rabbi d’établir des sources de Torah dans chaque coin du monde, des efforts avaient été entrepris pour imprimer le Tanya sur l’île. Une maquette avait même été préparée, incluant Roatán parmi les lieux d’impression sur sa couverture, et des impressions similaires avaient été réalisées partout en Amérique centrale… mais Roatán, malgré ses plages de rêve comme West Bay Beach et ses récifs coralliens accessibles depuis la rive, restait obstinément hors de portée.
Chaque tentative pour atteindre physiquement l’île se heurtait à des obstacles imprévus. Les années passaient, et ce rêve semblait s’éloigner, comme un bateau dérivant lentement vers l’horizon au-delà de Coxen Hole, la capitale où font escale les navires de croisière. Mais comme l’enseigne justement le Tanya, aucun effort spirituel n’est jamais vain, et ce qui semble impossible aujourd’hui peut devenir réalité demain.
C’est finalement cette année qu’un groupe de Bochurim intrépides – Sruli Lebovic, Bentzy Mishulovin, Yonah Greenwald et Mendel Dahan – ont quitté New York pour se rendre à Roatán à l’occasion de Pourim. Profitant de l’affluence des bateaux de croisière qui font halte dans la capitale ou dans la proche baie de Mahogany, leur mission première était de lire la Meguila pour les quelques hommes d’affaires israéliens installés sur l’île et les voyageurs juifs de passage.
Mais dans leurs bagages, ils portaient également cet ancien rêve. Et c’est ainsi que, pendant Pourim – jour empreint de miracles cachés – ils ont saisi l’opportunité pour finalement imprimer le Tanya, accomplissant ce qui semblait impossible pendant si longtemps.
« Il y avait quelque chose de profondément émouvant à voir ces pages sortir de l’imprimante, » confie l’un des jeunes hommes. « C’était comme si nous assistions à la naissance d’une lumière nouvelle dans un endroit où elle attendait depuis si longtemps de briller – un contraste saisissant avec la beauté naturelle qui nous entourait. »
Ce moment représente bien plus qu’une simple impression de livre – c’est un témoignage vibrant que la persévérance spirituelle finit toujours par porter ses fruits. Dans la tradition hassidique, chaque lieu où le Tanya est imprimé devient un point d’ancrage pour la sagesse divine, créant un lien tangible entre cet endroit et la source de la Torah. Et maintenant, ce lien s’étend jusqu’aux petites communautés dispersées sur l’île, jusque dans les villages comme Punta Gorda à l’est, où vit la communauté garifuna.
Aujourd’hui, Roatán possède son propre Tanya, un rappel concret qu’aucun effort dans la sainteté n’est jamais perdu. Même quand cela prend une décennie, ce qui est destiné à être trouvera toujours son chemin. Comme une graine plantée dans un sol fertile qui finit par percer, la patience et la foi ont permis à cette mission de finalement s’épanouir sous le soleil des Caraïbes.
Cette réalisation nous rappelle à tous que la lumière finit toujours par trouver son chemin, même dans les endroits qui semblent les plus inaccessibles. Et peut-être est-ce là le plus beau message de Pourim : derrière les apparences et les obstacles, le plan divin se déploie, à son rythme mais avec une précision infaillible – comme les eaux transparentes de Roatán qui, malgré leur apparente simplicité, abritent l’un des écosystèmes marins les plus riches et les plus complexes du monde.
Le soleil de Floride brillait sur Surfside tandis que plus de 200 hommes et femmes en uniforme convergeaient vers un événement unique en son genre. Leurs grades et insignes divers — de toutes les branches des forces armées américaines — contrastaient avec ce qui les unissait : leur héritage juif et leur double engagement envers leur pays et leur foi millénaire.
Une oasis spirituelle dans la vie militaire
« Imaginez être souvent le seul juif sur votre base, parfois à des milliers de kilomètres de la synagogue la plus proche, » explique l’aumônier, Major Elie Estrin de l’US Air Force, qui coordonne les relations avec le personnel militaire pour l’Institut Aleph. « Pour beaucoup d’entre nous, ce symposium est bien plus qu’une simple conférence — c’est un retour aux sources, une bouffée d’air frais spirituel qui nous nourrit pour toute l’année. »
Du 5 au 9 mars, le 18e Symposium militaire annuel organisé par l’Institut Aleph a transformé un hôtel de Surfside en une communauté juive éphémère mais vibrante. L’événement a habilement tissé formation militaire rigoureuse et immersion religieuse, offrant un espace rare où ces deux identités — souvent difficiles à concilier — pouvaient coexister harmonieusement.
Des étoiles et des histoires inspirantes
La liste des intervenants ressemblait à un who’s who militaire impressionnant : le Colonel Jack Jacobs, récipiendaire de la Médaille d’Honneur; le Lieutenant Général Michael Cederholm des Marines; le Major Général Boris Krementskyi, attaché ukrainien; et le Capitaine Royi Sela de la marine israélienne. Ces officiers de haut rang partageaient non seulement leur expertise militaire, mais aussi leurs expériences personnelles de navigation entre deux mondes.
L’un des moments les plus mémorables fut le témoignage poignant du Sergent Boaz Hochstein, vétéran de Tsahal grièvement blessé au combat, qui a captivé l’audience avec son histoire de résilience et de renaissance. « Son parcours incarne parfaitement ce que nous essayons d’enseigner ici, » a commenté le Rav Aaron Lipskar, directeur de l’Institut Aleph. « Cette capacité à puiser dans ses racines spirituelles pour trouver la force de surmonter l’adversité. »
Au-delà des sessions: une communauté retrouvée
Si le programme officiel — sessions sur l’équilibre entre observance religieuse et devoirs militaires, ateliers sur le maintien de la cacheroute en déploiement, discussions sur la gestion du SSPT — était substantiel, les moments informels étaient tout aussi précieux.
« Les connaissances acquises ici sont inestimables, mais les connexions humaines sont irremplaçables, » confie le Capitaine Eitan Lessing, aumônier de bataillon stationné à Hawaï. « Ma famille et moi vivons habituellement dans un désert juif. Passer un Chabbat entouré de personnes qui comprennent notre réalité unique est un cadeau dont nous nous nourrissons pendant des mois. »
Cette année, une attention particulière a été portée aux conjoints des militaires, ces héros de l’ombre dont la résilience soutient les carrières en uniforme. « Être l’épouse d’un militaire juif signifie souvent une double dose de défis, » partage une participante, dont le mari sert depuis 12 ans. « Je repars avec des stratégies concrètes, mais surtout avec la certitude que nous ne sommes pas seuls dans cette aventure. »
L’impact transformateur du Chabbat
Le point culminant du symposium fut sans conteste le Chabbat communautaire. Dans une salle magnifiquement préparée, les uniformes ont côtoyé les costumes et les robes élégantes tandis que les prières traditionnelles s’élevaient à l’unisson. Les conversations animées autour des tables du dîner de Chabbat tissaient des liens qui transcendaient les différences de grade et d’origine.
La cérémonie de Havdalah, marquant la fin du Chabbat, a offert un tableau particulièrement émouvant : dirigée par un groupe de jeunes cadets de West Point, elle s’est spontanément transformée en une célébration joyeuse où chants et danses ont uni officiers supérieurs et jeunes recrues dans un cercle énergique.
« Voir ces futurs officiers, encore en formation, prendre ainsi le leadership spirituel est peut-être le signe le plus encourageant pour l’avenir, » observe le Rav Sanford Dresin, ancien colonel et responsable des accréditations d’aumôniers.
Un impact durable
Alors que les participants bouclaient leurs valises dimanche, l’atmosphère était empreinte d’une douce nostalgie mêlée d’anticipation. « Cette semaine nous rappelle pourquoi nous faisons ce que nous faisons, » résume un sergent-chef de l’Armée. « Nous retournons à nos unités non seulement revigorés spirituellement, mais aussi avec la confiance renouvelée que notre double identité est une force, pas un obstacle. »
Pour l’Institut Aleph, dont la mission comprend le soutien aux militaires juifs à travers le monde, le succès du symposium se mesure au-delà des chiffres d’assistance. « Chaque personne qui repart d’ici est un ambassadeur, » conclut le Rav Lipskar. « Ces hommes et femmes exemplaires démontrent quotidiennement que l’on peut servir fidèlement son pays tout en honorant une tradition ancestrale. Leur dévouement incarne les plus hautes valeurs tant américaines que juives. »
Alors que l’événement se terminait, les dates du prochain symposium étaient déjà marquées dans les agendas — un phare lumineux dans le calendrier militaire, promesse d’un nouveau moment de connexion, d’inspiration et de renouveau.
Les émissaires Habad des Émirats arabes unis (EAU) se sont récemment rendus pour un court mais puissant voyage afin de prier au Ohel du père du Rabbi à Almaty, au Kazakhstan. Sur leur vol de retour, ils ont eu la surprise de rencontrer un visage familier parmi l’équipage.
Dans l’obscurité veloutée d’un cimetière juif historique d’Almaty, un groupe d’émissaires Habad se tenait en cercle, leurs silhouettes à peine éclairées par quelques bougies vacillantes. Ils étaient venus de loin – des Émirats arabes unis, cette terre autrefois inimaginable pour l’implantation juive – pour puiser force et inspiration auprès d’un géant spirituel du siècle dernier. Personne ne pouvait prévoir que leur voyage se conclurait par une rencontre qui semblait orchestrée par la Providence elle-même.
Un pèlerinage impromptu mais profondément ressenti
« Ce voyage n’était pas dans nos agendas il y a encore deux semaines, » confie le Rav Levi Duchman, Grand Rabbin des Émirats arabes unis, son regard reflétant l’intensité de l’expérience vécue. « Mais certains appels du cœur ne peuvent simplement pas attendre un créneau dans le calendrier. »
C’est ainsi qu’une délégation remarquable s’est formée presque spontanément: le Rav Mendel Duchman, pilier de la communauté internationale de Dubaï; le Rav Mendy Blau, dont l’énergie infatigable propulse les projets Habad aux ÉAU; le Rav Tzemach Gansbourg, dont la présence chaleureuse unit la communauté francophone; le Rav Yehuda Marsow, qui guide avec douceur la communauté d’Abu Dhabi; le Rav Mendel Stolik, dont l’enthousiasme contagieux attire les jeunes professionnels; et le Rav Shimon Frankel, qui veille méticuleusement sur la cacheroute dans la péninsule arabique.
Les accompagnaient plusieurs membres de la communauté qui avaient tout laissé en suspens pour se joindre à ce voyage imprévu, ainsi que deux jeunes étudiants débordants d’énergie, Levi Blau et Binyamin Sobol, qui coordonnent les activités pour les Israéliens résidant à Dubaï.
« Il y avait quelque chose dans l’air ces dernières semaines, » explique le Rav Mendy Blau en ajustant son chapeau noir. « Après tout ce que notre communauté a traversé, particulièrement suite à la perte tragique de notre cher ami et collègue, le Rav Zvi Kogan Hy’d, nous ressentions tous le besoin de nous reconnecter à la source – de puiser dans la force spirituelle d’un homme qui incarnait la résilience face à l’adversité. »
L’accueil kazakh : une chaleur au cœur de l’Asie centrale
L’avion s’est posé à Almaty sous un ciel gris perlé, typique de cette saison. Mais le froid extérieur s’est immédiatement dissipé lorsque les émissaires ont été accueillis au Beth Habad local par leurs homologues kazakhs. Le Rav Elchanan Cohen, dont le visage rayonnant témoignait de décennies consacrées à ranimer la flamme juive dans cette région post-soviétique, et son gendre dévoué, le Rav Yossi Glitzenstein, les ont reçus comme de véritables frères longtemps séparés.
« Vous venez du désert, nous vivons près des montagnes, mais nous sommes tous des enfants du même Rabbi, » a déclaré le Rav Cohen en embrassant chaleureusement ses visiteurs. Dans la pièce principale du Beth Habad, une large table avait été dressée, couverte de plats traditionnels préparés avec soin par les femmes de la communauté locale.
Le dîner, qui devait initialement être une simple formalité pour satisfaire les besoins physiques avant la visite spirituelle, s’est transformé en une véritable célébration hassidique – un farbrengen impromptu où les barrières entre les cultures et les géographies se sont évaporées au rythme des nigounim (mélodies hassidiques) entonnés collectivement.
« Je me souviens avoir regardé autour de moi, » raconte l’un des participants, les yeux brillants d’émotion, « et réalisé que nous étions en train de vivre quelque chose d’extraordinaire. Ici, à des milliers de kilomètres de Crown Heights, de Jérusalem ou de Dubaï, nous étions tous unis par un fil invisible plus fort que toutes les distances. »
Sous le ciel kazakhstanais : une communion avec l’âme du père du Rabbi
Après une immersion purificatrice au mikvé local, le groupe s’est dirigé vers le cimetière juif d’Almaty, où repose Rabbi Levi Its’hak Schneerson, père du Rabbi de Loubavitch. Figure légendaire de courage spirituel, Rav Levi Its’hak avait défié le régime soviétique, refusant d’abandonner sa foi et sa pratique du judaïsme malgré les persécutions. Son exil à Almaty (alors appelée Alma-Ata) et les conditions extrêmement difficiles qu’il y endura n’avaient pas affaibli sa détermination à vivre et enseigner la Torah.
Dans le silence du cimetière, seulement interrompu par le bruissement des feuilles et le murmure des prières, les émissaires se sont tenus en cercle autour de l’Ohel (tombeau). Chacun tenait un petit bout de papier – un « kvitel » – sur lequel étaient inscrites ses demandes personnelles et celles des communautés qu’ils représentaient.
« Nous portions tous dans nos cœurs le souvenir du Rav Kogan, » explique doucement le Rav Marsow. « Son dévouement total jusqu’au sacrifice ultime nous accompagnait dans ce lieu sacré, comme si sa présence spirituelle nous guidait. »
Le Rav Mendy Blau, dont le visage habituellement animé reflétait maintenant une profonde introspection, ajoute: « Dans ce moment de communion, aucun grand discours n’était nécessaire. Chaque tefilah (prière) semblait porter en elle le poids de notre mission collective et l’espoir d’un avenir meilleur. C’était comme si chaque mot s’élevait directement vers les cieux, porté par la force spirituelle du lieu. »
Les émissaires sont restés immobiles pendant près d’une heure, absorbés dans une méditation profonde, chacun connecté à ses pensées intimes tout en étant uni aux autres par cette expérience partagée. La nuit était fraîche, mais personne ne semblait le remarquer, enveloppés qu’ils étaient dans ce cocon spirituel.
La surprise divine : un pilote pas comme les autres
Le voyage spirituel s’achevait, mais la Providence divine – cette orchestration subtile des événements que les hassidim reconnaissent comme la main de D.ieu dans le monde – réservait encore une surprise aux voyageurs.
Épuisés mais spirituellement revigorés, les émissaires se sont rendus à l’aéroport pour leur vol de retour vers Dubaï. Alors qu’ils s’installaient dans l’appareil, une annonce retentit dans les haut-parleurs: « Mesdames et messieurs, votre commandant de bord, David, vous souhaite la bienvenue à bord du vol à destination de Dubaï… »
Les rabbins échangèrent des regards étonnés. « David? Notre David? » murmura le Rav Stolik. Quelques instants plus tard, le mystère fut résolu lorsque le commandant de bord, après avoir terminé les procédures de décollage, quitta brièvement le cockpit pour venir saluer personnellement le groupe de Habad.
« Je n’en croyais pas mes yeux quand j’ai vu vos noms sur la liste des passagers, » sourit David, dont le visage familier était maintenant orné de l’uniforme de pilote. « Quelle chance que ce soit moi qui vous ramène à la maison! »
David n’était pas n’importe quel membre de la communauté – il faisait partie des premiers Juifs à s’être installés à Dubaï bien avant les Accords d’Abraham, fréquentant discrètement les services de Habad depuis plus d’une décennie. Son travail comme pilote l’amenait rarement sur cette ligne particulière, et la probabilité qu’il soit aux commandes précisément ce jour-là relevait presque du miracle.
« La dernière fois que nous nous sommes vus, c’était à la Bar Mitsva de mon fils, » raconta David, visiblement ému. « Et maintenant, je vous retrouve tous ici, au retour d’un voyage auprès de l’Ohel du père du Rabbi. Si ce n’est pas un signe du ciel, je ne sais pas ce que c’est! »
Durant le vol, David fit une annonce spéciale, informant discrètement les passagers qu’ils avaient l’honneur de voyager avec le Grand Rabbin des Émirats et plusieurs autres émissaires Habad. Cette attention suscita curiosité et respect parmi les voyageurs multinationaux, certains venant même saluer les rabbins et leur poser des questions sur leur mission dans le Golfe.
« C’était comme si notre voyage se prolongeait d’une façon inattendue, » observe le Rav Gansbourg. « Soudain, l’avion lui-même devenait un espace de rayonnement, une opportunité de partager notre expérience et notre mission avec des personnes que nous n’aurions jamais rencontrées autrement. »
À l’atterrissage à Dubaï, tandis que les lumières scintillantes de la ville futuriste accueillaient les voyageurs, le Rav Blau résuma l’expérience avec des mots qui résonnèrent profondément chez tous les participants: « Ce petit détail – retrouver David aux commandes de notre avion – nous rappelle que, où que nous allions dans le monde, les Juifs ne sont jamais vraiment séparés les uns des autres. Et peut-être, plus important encore, que le Tout-Puissant orchestre nos rencontres d’une manière qui dépasse notre compréhension. »
Alors que les émissaires reprenaient leur travail quotidien dans leurs communautés respectives à travers les Émirats, ils portaient en eux non seulement l’inspiration spirituelle puisée à l’Ohel, mais aussi ce rappel tangible que leur mission, aussi isolée qu’elle puisse parfois sembler dans cette région du monde, s’inscrit dans un réseau de connexions divines qui transcendent le temps et l’espace.
« Parfois, » conclut le Rav Duchman avec un sourire serein, « c’est dans les moments les plus inattendus – comme retrouver un ami dans le cockpit d’un avion – que nous recevons la confirmation que nous sommes exactement là où nous devons être, faisant exactement ce que nous sommes appelés à faire. »
Entre les cendres de ce qui fut et les eaux vives du présent, le rituel ancestral de la Vache Rousse nous révèle le chemin mystérieux de la résilience humaine. Comment, à l’image de Moïse questionnant l’incompréhensible, nous parvenons à transcender la rupture ultime pour retrouver le souffle de la vie.
Face à la mort, l’être humain se retrouve dans une position de vulnérabilité absolue. La mort représente l’ultime frontière de notre existence, celle qui défie notre compréhension et notre contrôle. Elle ne se contente pas de mettre fin à une vie ; elle ébranle profondément notre perception du monde et notre rapport au temps. Dans la tradition juive, cette rencontre avec la finitude est symbolisée par la loi de la Vache Rousse (Para Adouma), un rituel dont la profondeur mystique continue de résonner à travers les âges.
Le cri de Moïse : L’écho de notre désespoir
Lorsque Moïse découvre les lois concernant l’impureté liée à la mort, sa réaction est viscérale. « Comment peuvent-ils être purifiés ? » s’écrie-t-il. Cette question n’est pas simplement technique ; elle traduit l’incompréhension fondamentale face à la possibilité même de surmonter la rupture causée par la mort. Le silence initial de D.ieu face à cette interrogation reflète l’apparent mutisme de l’univers devant nos propres questions existentielles après une perte.
Ce silence divin symbolise le vide ressenti après le départ d’un être cher – cette période où les réponses semblent inaccessibles, où les prières paraissent se perdre dans l’immensité. Moïse incarne ici tous ceux qui ont été confrontés à l’inexplicable, ceux qui ont cherché désespérément un sens à ce qui semble en être dépourvu.
Le Défi existentiel de la mort
La mort ne se contente pas de nous priver d’une présence ; elle met en question le sens même de notre existence. Elle semble rendre dérisoires nos ambitions, nos accomplissements, nos espoirs. Comme l’exprime l’Ecclésiaste, elle nous rappelle brutalement notre condition : « Tout vient de la poussière et tout retourne à la poussière. » Cette réalité provoque une crise existentielle profonde : pourquoi s’investir, pourquoi créer, pourquoi aimer si tout est voué à disparaître ?
Plus troublant encore, la mort semble créer une rupture dans notre relation au divin. Comment réconcilier la présence d’un D.ieu de vie avec l’expérience de la perte ? Comment comprendre que celui qui donne puisse aussi reprendre ? Cette tension théologique s’ajoute à la douleur émotionnelle, créant ce que les mystiques ont appelé « la nuit obscure de l’âme » – un moment où la présence divine elle-même semble s’être retirée.
Le Rituel de la Vache Rousse : Une alchimie spirituelle
La réponse divine vient sous la forme d’un rituel dont la symbolique est aussi riche que mystérieuse. La purification s’effectue par le mélange des cendres de la Vache Rousse avec de « l’eau vive ». Cette combinaison représente une véritable alchimie spirituelle :
Les cendres incarnent la finalité, le résultat ultime de la destruction, le témoin silencieux de ce qui n’est plus.
L’eau vive, puisée d’une source naturelle, représente le mouvement perpétuel, le renouvellement constant, la vitalité qui persiste malgré tout.
Ce mélange paradoxal nous enseigne que la vie et la mort ne sont pas simplement opposées mais interconnectées dans un cycle plus grand. La purification ne vient pas de l’effacement de la perte, mais de son intégration dans une nouvelle manière d’être.
La résistance et l’acceptation
Même après avoir reçu l’explication du rituel, Moïse résiste : « Est-ce vraiment une purification ? » Cette résistance reflète notre propre difficulté à accepter les voies de guérison qui nous sont proposées. Le deuil nous fait souvent ressentir une forme de loyauté envers la douleur, comme si l’acceptation de continuer à vivre constituait une forme de trahison envers celui qui n’est plus.
La réponse divine – « J’ai décrété une Loi » – n’est pas l’imposition arbitraire d’une autorité, mais plutôt l’affirmation d’une vérité fondamentale inscrite dans la trame même de l’existence : la capacité de résilience est inhérente à la vie. Cette réponse ne diminue pas la réalité de la souffrance, mais affirme la possibilité de la transcender.
Le processus de transformation
Le processus de purification après contact avec la mort n’est pas instantané dans la tradition juive. Il requiert plusieurs jours, incluant des aspects spécifiques du rituel au troisième et au septième jour. Cette temporalité reconnaît que la guérison n’est pas un événement mais un processus qui se déploie graduellement :
La reconnaissance : Accepter pleinement la réalité de la perte
L’expression : Permettre à la douleur du deuil de s’exprimer
Le souvenir : Honorer la mémoire de ce qui a été perdu
La réorientation : Redéfinir son identité et son chemin à la lumière de cette expérience
Ce processus transforme progressivement les cendres de notre douleur en terreau fertile pour une nouvelle croissance.
La Vie comme réponse
Ultimement, ce que nous enseigne le rituel de la Vache Rousse, c’est que la réponse à la mort n’est pas conceptuelle mais existentielle. Elle ne réside pas dans une explication satisfaisante, mais dans l’acte même de continuer à vivre avec intention et profondeur. Vivre devient ainsi un acte de foi et de résistance face au néant.
Cette vie renouvelée se manifeste de plusieurs façons :
Dans le service aux autres : Transformer notre douleur en compassion active
Dans la création : Générer de la beauté et du sens face à la destruction
Dans la transmission : Perpétuer les valeurs et les enseignements qui transcendent notre existence individuelle
Dans la célébration : Affirmer la valeur de chaque moment malgré sa fugacité
La dimension collective de la guérison
Un aspect souvent négligé du rituel de purification est sa dimension communautaire. La personne en deuil ne se purifie pas seule ; elle a besoin de quelqu’un d’autre pour l’asperger des eaux mêlées aux cendres. Cette interdépendance nous rappelle que le chemin du deuil à la guérison n’est pas un parcours solitaire. La communauté joue un rôle essentiel dans le soutien, la validation et l’accompagnement de ceux qui traversent la vallée de l’ombre.
Dans le judaïsme, les rituels de deuil comme la shiva (les sept jours de deuil intense) créent un espace sacré où la communauté entoure l’endeuillé, partage ses souvenirs, et affirme par sa présence que la vie continue. Ces pratiques reconnaissent que la guérison vient non seulement de l’intérieur, mais aussi de la connexion avec les autres.
Vers une compréhension plus profonde
La mort reste un mystère, mais notre relation à elle peut évoluer. De la révolte initiale de Moïse à l’acceptation finale du Décret divin, nous voyons se dessiner un parcours spirituel qui transforme notre perception de la finitude. La mort n’est plus simplement l’ennemi à combattre, mais devient un passage mystérieux qui nous invite à une conscience plus aiguë de la valeur de chaque instant.
Cette compréhension plus profonde nous permet de vivre différemment, avec une présence intensifiée. Comme l’exprime le Psalmiste : « Apprends-nous à compter nos jours, afin que nous puissions acquérir un cœur sage. » La confrontation avec la mort devient ainsi, paradoxalement, une invitation à une vie plus authentique et plus consciente.
Conclusion : entre mémoire et espérance
Le rituel de la Vache Rousse nous enseigne finalement que le chemin de la guérison passe par l’intégration paradoxale de la perte et du renouveau. Les cendres et l’eau, symboles opposés, s’unissent pour créer quelque chose de nouveau – ni déni de la mort, ni capitulation devant elle, mais transformation.
Cette sagesse ancienne résonne avec notre expérience contemporaine. Elle nous invite à honorer nos pertes tout en restant ouverts à ce qui peut encore naître. Elle nous rappelle que même après avoir « rencontré la fin », il reste possible de « revenir à la vie » – non pas identiques à ce que nous étions, mais enrichis par ce passage à travers la vallée des ombres, porteurs d’une lumière plus douce mais peut-être plus profonde.
Dans cette tension entre la mémoire de ce qui a été et l’espérance de ce qui peut encore être, nous trouvons notre chemin unique vers la guérison et le renouveau.
Il arriva, le jour où Moïse eut achevé de dresser le Tabernacle, qu’il l’oignit et le consacra, ainsi que tous ses ustensiles, de même que l’autel et tous ses ustensiles ; il les oignit et les consacra. Alors les princes d’Israël, chefs de leurs maisons paternelles, présentèrent leurs offrandes : c’étaient les princes des tribus, ceux qui présidaient aux dénombrements. Ils amenèrent leur offrande devant l’Éternel : six chariots couverts et douze bœufs, un chariot pour deux princes et un bœuf pour chacun, et ils les présentèrent devant le Tabernacle.
L’Éternel parla à Moïse, en disant : « Prends-les de leur part, afin qu’ils servent au service de la Tente d’Assignation, et tu les donneras aux Lévites, à chacun selon son service. » Moïse prit les chariots et les bœufs, et les donna aux Lévites. Il donna deux chariots et quatre bœufs aux fils de Guerschon, selon leur service. Il donna quatre chariots et huit bœufs aux fils de Merari, selon leur service, sous la direction d’Ithamar, fils d’Aaron, le prêtre. Mais aux fils de Kehath, il n’en donna point, car le service des choses saintes leur incombait : ils devaient les porter sur l’épaule. Les princes présentèrent l’offrande pour la dédicace de l’autel, le jour où il fut oint ; les princes présentèrent leur offrande devant l’autel. L’Éternel dit à Moïse : « Un prince par jour, un prince par jour, ils présenteront leur offrande pour la dédicace de l’autel. »
Qu’il soit Ta volonté, Éternel mon D.ieu et D.ieu de mes pères, d’illuminer aujourd’hui, par Ta grande bonté, les saintes âmes qui se renouvellent comme des oiseaux, qui pépient, louent et prient pour le saint peuple d’Israël. Maître de l’Univers, fais entrer et introduis ces saints oiseaux dans le lieu saint dont il est dit : « Aucun œil ne l’a vu, ô D.ieu, en dehors de Toi ». > Qu’il soit Ta volonté, devant Toi, Éternel mon D.ieu et D.ieu de mes pères, que si moi, Ton serviteur, je suis de la tribu de Yehouda, dont j’ai lu aujourd’hui la section du Prince dans Ta Torah, alors que brillent sur moi toutes les saintes étincelles et toutes les saintes lumières incluses dans la sainteté de cette tribu, pour comprendre et m’instruire dans Ta Torah et dans Ta crainte, pour accomplir Ta volonté tous les jours de ma vie, moi, ma descendance et la descendance de ma descendance, dès maintenant et pour l’éternité. Amen.
Sous le slogan « Meguilah sans interruption », le mouvement Habad de Netanya a mis en place 28 points de rassemblement à travers la ville, offrant une atmosphère festive, des lectures de la Meguilah (le Livre d’Esther) chaque heure tout au long de la soirée et de la journée de Pourim, ainsi qu’une multitude d’activités pour les enfants et leurs parents. L’événement a également été marqué par la distribution de dizaines de milliers de Michloah Manot.
Le point culminant des célébrations a été l’impressionnant « chapiteau de la Meguilah » érigé à l’entrée d’une zone commerciale centrale de la ville. Plus de 1 200 personnes s’y sont réunies pour écouter la lecture de la Meguilah et accomplir les Mitsvot de Pourim.
Ces festivités ont été organisées par la maison Habad centrale de Netanya, sous la direction du Rav Menahem Wolpa, émissaire principal du Rabbi, Rav de la communauté et président des institutions Habad. Il a été secondé par le Rav Its’hak Teichtal, directeur adjoint des institutions, et le Rav Noah Solish, directeur des activités, ainsi que par plus de 50 émissaires Habad répartis dans toute la ville de Netanya.
Des activités adaptées à tous les publics
Les célébrations, qui comprenaient également des spectacles colorés et festifs pour les habitants des quartiers et du centre-ville, ont été adaptées à chaque lieu pour répondre aux besoins des enfants et des parents.
Une distribution massive de cadeaux traditionnels
En plus du chapiteau de la Meguilah, le Beth Habad de Netanya a distribué cette année 43 000 Michloah Manot (cadeaux alimentaires traditionnels de Pourim) grâce à des dizaines de bénévoles. Ces Michloah Manot ont été remis aux soldats de Tsahal, aux policiers, aux personnes hospitalisées et au grand public. Cette opération d’envergure a été dirigée par le Rav Yaakov Mazouz et son fils Moshe, directeurs du Beth Habad francophone de la ville.
Un message de solidarité
« Notre joie personnelle de Pourim ne peut être complète tant qu’il y a des Juifs qui n’ont pas la possibilité de célébrer Pourim pour diverses raisons », a déclaré le Rav Menahem Wolpo, Chalia’h Harashi Rav de la communauté Habad et président des institutions Habad de la ville. « Nous remercions le public nombreux qui est venu célébrer avec nous dans les 28 points de rassemblement et chapiteaux de la Meguilah installés à Netanya. Et surtout, d’être joyeux. »
Une tradition de partage et de joie
Cette célébration massive à Netanya s’inscrit dans la tradition de Pourim, une fête qui commémore la délivrance miraculeuse du peuple juif dans la Perse antique, comme raconté dans le Livre d’Esther. Les commandements de cette fête incluent l’écoute de la lecture de la Meguilah, l’échange de cadeaux alimentaires, les dons aux nécessiteux et un repas festif.
L’ampleur de l’événement témoigne de la vitalité de la communauté juive de Netanya et de l’impact du mouvement Habad dans cette ville côtière israélienne. En organisant des célébrations accessibles dans différents quartiers de la ville, les émissaires Habad ont permis à des milliers de personnes de diverses origines et niveaux de pratique religieuse de participer aux festivités et de se connecter à leur héritage culturel et spirituel.
Alors que la situation sécuritaire en Israël reste complexe, ces moments de joie collective prennent une signification particulière, offrant à la communauté une occasion de se rassembler, de renforcer les liens sociaux et de puiser dans les ressources spirituelles de leur tradition.
À la veille de Pourim, le gouvernement sibérien a annoncé qu’il financera la rénovation complète de l’historique synagogue en bois de Tomsk, construite il y a deux siècles par des « Cantonistes » juifs. Après sa nationalisation par le régime communiste et des années de négociations menées par le Rav Levi Kaminetzky, ce monument historique avait été restitué à la communauté juive il y a sept ans lors d’une cérémonie en présence du Grand Rabbin de Russie, Rav Berel Lazar. Cette heureuse nouvelle coïncide avec les célébrations de Pourim dans cette communauté dynamique de Sibérie.
18 Mars 2025 – 18 Adar 5785
Un patrimoine historique juif préservé
À la veille de Pourim, une nouvelle réjouissante est parvenue à la communauté juive de Tomsk en Sibérie : le gouvernement sibérien a décidé de financer la rénovation complète de l’historique synagogue en bois de la ville, un monument d’une importance historique et spirituelle exceptionnelle.
Cette synagogue historique, entièrement construite en bois, représente un témoignage poignant de la résilience juive face à l’oppression. Elle fut érigée il y a environ deux siècles par des « Cantonistes » juifs – de jeunes garçons arrachés à leurs familles par le gouvernement tsariste pour être endoctrinés et enrôlés dans l’armée russe dès leur plus jeune âge. Malgré les tentatives d’effacer leur identité juive, ces soldats maintinrent leur foi et construisirent de leurs propres mains ce lieu de culte orné de sculptures sur bois remarquables.
Un long chemin vers la restitution
Le bâtiment, reconnu comme site du patrimoine national russe, a connu un destin tumultueux. Après avoir servi de lieu de prière pendant de nombreuses années, il fut nationalisé par le régime communiste et transformé en immeuble résidentiel où s’installèrent des familles locales.
Ce n’est qu’après des années de négociations menées par le Rav Levi Kaminetzky, émissaire du mouvement Habad-Loubavitch et dirigeant de la communauté juive de Tomsk, que les autorités ont accepté de restituer l’édifice. Pour faciliter ce processus, le gouverneur a organisé le relogement des 17 familles qui s’étaient établies dans ce bâtiment historique et sacré au fil des ans.
Il y a environ sept ans, lors d’une cérémonie émouvante, les clés du bâtiment furent officiellement remises au Grand Rabbin de Russie, Rav Berel Lazar, symbolisant le retour de la synagogue à la communauté juive. Cependant, un long processus bureaucratique s’ensuivit, qui vient enfin de s’achever avec l’heureuse nouvelle que la rénovation du site sera entièrement prise en charge et financée par le gouvernement sibérien.
Une symbolique particulière
L’annonce de cette rénovation à la veille de Pourim revêt une symbolique particulière. Cette fête commémore la délivrance miraculeuse du peuple juif dans la Perse antique, lorsque le décret d’extermination fut transformé en jour de joie et de célébration. De façon similaire, cette synagogue, construite par des jeunes hommes arrachés à leurs foyers dans le but d’effacer leur identité juive, sera désormais préservée comme témoignage de la persistance de cette même identité.
Cette nouvelle a suscité un grand enthousiasme parmi tous les membres de la communauté de Tomsk, qui comprend aujourd’hui plusieurs institutions éducatives et caritatives. De nombreux fidèles sont attendus pour participer aux événements organisés par la communauté à l’occasion de Pourim, avec une joie redoublée par cette annonce providentielle.
Les Cantonistes : une page douloureuse de l’histoire juive russe
Pour comprendre pleinement l’importance de cette synagogue, il est nécessaire de revenir sur l’histoire des Cantonistes juifs. Entre 1827 et 1856, sous le règne du tsar Nicolas Ier, des milliers d’enfants juifs, parfois âgés d’à peine sept ans, furent enlevés à leurs familles et envoyés dans des écoles militaires appelées « cantons ». Ils y subissaient un entraînement militaire brutal et des pressions intenses pour se convertir au christianisme orthodoxe.
Ces jeunes garçons devaient ensuite servir dans l’armée russe pendant 25 ans. Beaucoup furent envoyés dans les régions les plus reculées de l’empire, comme la Sibérie, où se trouve Tomsk. Malgré ces épreuves terribles, nombre d’entre eux maintinrent secrètement leur pratique du judaïsme.
La synagogue de Tomsk représente donc bien plus qu’un simple bâtiment religieux : elle est le témoignage de la volonté inébranlable de ces jeunes hommes de préserver leur foi et leur identité, même dans les conditions les plus adverses.
Une rénovation qui s’inscrit dans un contexte plus large
Cette décision du gouvernement sibérien s’inscrit dans une tendance plus large de reconnaissance et de préservation du patrimoine juif en Russie. Depuis la chute de l’Union soviétique, de nombreuses synagogues historiques ont été restituées aux communautés juives à travers le pays, souvent avec le soutien des autorités locales et nationales.
La rénovation de la « Synagogue des Cantonistes » de Tomsk témoigne de l’importance croissante accordée à la préservation de la diversité culturelle et religieuse au sein de la Fédération de Russie. Elle représente également une reconnaissance officielle de la contribution des Juifs à l’histoire et à la culture sibériennes.
Pour la communauté juive de Tomsk, dirigée par le Rav Kaminetzky, cette rénovation marque l’aboutissement d’années d’efforts et ouvre de nouvelles perspectives pour la vie juive dans cette région éloignée. Au-delà de sa fonction religieuse, cette synagogue historique pourra également servir de centre culturel et éducatif, permettant de faire connaître l’histoire des Cantonistes et la riche tradition juive de Sibérie.
Alors que les travaux de rénovation vont bientôt commencer, c’est toute une page de l’histoire juive russe qui s’apprête à retrouver son lustre d’antan, préservant pour les générations futures le témoignage poignant de la foi et de la persévérance des Cantonistes juifs de Tomsk.